Dans l'Océan de mes nuits, je vois apparaître des corps opalescents qui nagent devant mes yeux clos. Rêverais-je ? Quelles sont ces comètes traversant les aurores boréales dans un déshabillé de mousseline ?
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Ces simulacres sont parfaitement silencieux, comme le sont les esprits de mes songes, mais se livrent, lors de danses très lentes, à des métamorphoses inouïes.
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Ces filles de Protée et de Salomé abusent de mes sens qui dérivent avec elles, et sombrent dans une torpeur louche.
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Lentement j'échappe à l'ivresse des profondeurs, et tente d'y voir clair. Sont-ce là des Suminagashi, encres fluides échappées d'un calame et réagissant au souffle avisé d'un Maître du papier marbré ?
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Des rayons X traversent-ils les os diaphanes de quelques petits oiseaux extraits d'une pelote de Hulotte ?
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Dans le Train de la Nuit de la Voie Lacté, avons-nous atteint la constellation du Chat ?
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Un Oiseau de Braque se déforme-t-il dans les moirés de mes souvenirs ?
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Ces demoiselles aux robes vaporeuses et aux voiles de gaze forment des rondes aux effets narcotiques.
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Et puis ces anges du Mystère soudain ouvrent leurs ailes et glissent vers d'autres Cieux.
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Ces squelettes de ptérodactyles s'animent et valsent avec des chiroptères.
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Ces cirrus épousent des stratus où étrangement viennent se refléter des fragments d'arc-en-ciel .
Nuages, merveilleux nuages de quelque cigarette aux opiums toxiques...
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Cette station orbitale m'emporte, pour où, et pour combien de temps, dans d'infinis espaces qui, forcément, m'effraient.
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Les plus étranges créatures surgissent devant les hublots et s'évanouissent, sans que j'ai le temps de deviner la question qu'il faudrait ici poser pour rompre le maléfice.
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Fantômes de mes insomnies, disparaissez, abracadabra !
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Mnemiopsis leidyi, A. Agassiz, 1865, photographié à Océanopolis (Brest), doit son nom de genre aux racines grecques mnem-, "souvenir", et opsis, "forme". Ce sont donc bien, comme mes rêves me le suggéraient, des souvenirs qui prennent forme devant nos yeux, se transforment et se déforment par ces condensations, déplacements, et figurations du travail du rêve afin de mieux brouiller les pistes du songeur, "permettant à la satisfaction hallucinatoire de désirs inconscients de se déguiser".
En me livrant à une élaboration secondaire des figures oniriques, j'ai donc dévoilé un Ça fait d'Oiseaux du Paradis aux plumes électriques, de Papillons irisés comme les ocelles des Paons du Jour, de Poisson-Chats, de Sirènes, de Licornes et de Mélusines, dont je n'ai pas à rougir. Les recoins pélagiques de mon esprit conservaient un Bestiaire pulsionnel longuement sédimenté mais fort enchanteur.
Joseph — chaque Moi pharaonique a un Joseph à son service—, lorsqu'il délaisse les bras de ma Putiphar pour explorer ceux de ma Morphée, soutient que je suis un songe-creux, nourrissant ses rêves de billevesées, ces outres ventrues mais remplies de vent, et de pensées fumeuses. Et qu'aucun projet d'avenir ne s'y élabore. Certes, mais n'est-ce pas le privilège de l'âge et de l'hypertrophie cétacée de la mémoire de faire de ses souvenirs passés son plancton, son krill, sa source énergétique , à défaut de croquer l'avenir à pleine dents ?
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Ajoutons que l'épithète spécifique, leydii, rend hommage au paléontologue américain Joseph Leidy (1823-1891).
Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
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PRÉSENTATION.
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L'église de Rosnoën porte à l'extérieur deux inscriptions lapidaires de fondation en caractères gothiques portant les dates de 1562 et de 1604 et le nom des fabriciens.
À l'intérieur, deux autres plaques plus tardives sont en caractères romains en lettres capitales. L'une porte le nom du recteur de Rosnoën Jean Boulart et la date de 1674, l'autre porte le nom d'un autre recteur plus tardif, François Luguern, décédé en 1732. Ceci a déjà été présenté ici.
Le calvaire visible actuellement a été construit en 1648 et porte le nom du recteur Maturin La Baron .
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Description.
Ce calvaire porte sur sa base les noms des commanditaires, prêtres et fabriciens, et la date de 1648. Il figure à son emplacement d'origine sur un plan de 1878. Ce calvaire a été remonté à une cinquantaine de mètres à l'ouest de son emplacement d'origine. Lors du déplacement et de la restauration intervenus en 1895, on remplace des statues géminées exécutées en 1648 par le sculpteur Roland Doré par des copies ; les originaux ont été remployés dans le monument aux Morts de la commune. La statue de la Vierge à l'Enfant, également l'œuvre de Doré, est placée dans une niche de l'élévation ouest de l'église.
Je ne parviens à connaître ni la raison de ce remplacement des statues, ni l'auteur des copies, de facture tout à fait honorable.
Le nouveau calvaire perd d'une part son orientation correcte (le crucifix fait désormais face à l'est, au lieu d'être symboliquement tourné vers le couchant), mais aussi sa cohérence, puis ce Christ en croix n'est plus encadré au pied de la croix par Marie et par Jean (ils sont remplacés par saint Pierre et saint Paul).
Les inscriptions du socle, fort précieuses sur le plan historique, et la base des statues de Roland Doré, sont partiellement dissimulées aujourd'hui par des potées de géranium.
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La quittance du 25 août 1649 de Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne, pour Ollivier Camus, fabrique, pour le calvaire de l'église de Rosnoën est conservée aux Archives départementales du Finistère (234G2, comptes de fabriques de Rosnoën, f°140 r°).
"Je soubsigné Rolland Dorée, sculpteur du Roy en Bretaigne cognois avoir receu de Ollivier Camus fabrique esté en l église parochiale de Rosnohen la somme soixante cinq livres moins (?) deux souls en parpayement de quatre cents cinquante [livres] ? dix livres à moy deubs pour la construction d'une novelle croix par moy faitte à l'yssue du bourg parochial dudist Rosnohen ; dont quitte tant le dist Camus que les précédants fabriq(ue) : les deniers desquels j'avois receu avant l'année dudist Camus en fabriq(ue) et dist ledist Camus comme je cognois avoir touché par ses mains la somme de cent soixante livres t(ournoi)s qi il debvoit par accord et acte raporté par noble Charles Robin notaire que ladiste somme soit à décompter et déclarer a (illisible) pour debvoir par le compte cydevant à Guill(aume) Bihan et Charles Crenen à p(rese)nt fabriques à la diste église le diste Bihan présent en tesmoign de quoy soubs mon segin (seing) le quitte généralement et enthierement [jusqu'] à ce jour ; faist le vingt et cinquiesme jour d'aoust mil six cents quarante et neuff le dist Bihan ne sachant signer a priè m(ess)ire Guill(aume) Camus de signer à sa requête."
L'acte est signé R le doré d'une écriture cursive nette et soignée.
Nous apprenons que ce calvaire de 1648 en remplace un autre, et qu'il est placé à la sortie du bourg. La somme de 460 livres est à comparer à celle de 198 livres déboursée par les commanditaires à Roland Doré pour la tombe de Jacques Barbier dans un acte du 23 février 1638.
Le nom du fabrique pour 1648, Olivier Camus, se retrouve inscrit sur le socle, comme celui de messire Guillaume Camus, curé de Rosnoën. Ses successeurs pour 1649 sont Guillaume Bihan et Charles Crenen. Mais il faut lire "Charles CREVEN", un nom propre bien attesté à Rosnoën. Charles Creven et Françoise Mallegol se sont mariés en 1630, et ont eu notamment un fils Jean Creven, prêtre, cité sur la plaque d'inscription de l'intérieur de l'église.
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I. LE CALVAIRE DE 1648/1895.
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Il est placé devant la mairie et il atteint 6 mètres de haut .
L'emmarchement et le soubassement sont en microdiorite quartzique ("pierre de Logonna"). Quatre degrés à moulurations portent un soubassement à niches vides.
Le socle cubique en kersantite porte des inscriptions sur trois de ses faces, elles seront étudiées infra. Le fût à pans y est érigé. Le calvaire est en kersantite.
Le croisillon porte des statues géminées. On identifie sur la face ouest : un saint évêque, une Vierge à l'Enfant au centre, et encore un saint évêque. Et sur la face est saint Pierre, puis au centre l'inscription RESTAUREE 1893, puis saint Paul tenant l'épée. Plus haut, le Christ en croix.
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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
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Au centre : le Crucifié.
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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
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Sur le croisillon à notre gauche : saint Pierre.
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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
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Sur le croisillon à notre droite : saint Paul tenant l'épée de sa décollation.
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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
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LA FACE OUEST.
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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
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Au centre : la Vierge à l'Enfant.
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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
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Le saint évêque de gauche.
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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
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Le saint évêque à notre droite.
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Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (1895) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
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Le socle et ses inscriptions.
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Base du calvaire de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
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L'inscription du coté est :
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MIRE : MATVRIN : /LE : BARON : RECTEVR
Soit "messire Maturin Le Baron, recteur".
Cette inscription est en réserve (en relief), les autres sont en creux.
Les auteurs y ont lu la date de 1648 que je n'ai pas trouvée.
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-Ce recteur est attesté en 1647 ("recteur de Rosnohen") comme parrain de Louise de Kersulguen, fille de François, et de Louise Menez. :
-Les archives mentionnent le 11 juillet 1649 la fondation par ses parents : "Maître Jacques Le Baron et Yvonne Le Dérédec, sa femme, fondent 3 livres 4 sols, pour jouir de la tombe où fut enterré Missire Mathurin Le Baron, leur fils, recteur de Rosnoën. " Les généalogistes signalent le couple Jacques Le Baron (v. 1595-1650) x Jeanne le Dérédec (Rosnoën 1595 -) et leurs sept enfants.
Socle (kersanton, 1648) du calvaire de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
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II. LES STATUES DE ROLAND DORÉ (FRAGMENTS DU CALVAIRE de 1648) REMONTÉS AUTOUR DU MONUMENT AUX MORTS.
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La Vierge au calvaire.
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Chacune de ces statues illustre de façon exemplaire l'expressivité du sculpteur landernéen.
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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
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Saint Jean au pied du calvaire (géminé avec Barthélémy).
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La statue de saint Jean d'un calvaire de Roland Doré est toujours l'une des plus remarquables ; mais hélas celle-ci a été abîmée au niveau de l'œil et de la tempe gauche. Nous retrouvons la chevelure bouclée triangulaire en perruque, l'ovale longiligne du visage, les narines larges, la bouche aux commissures évasées, les deux mains croisées sur la poitrine, le pan du manteau unique qui retombe sous l'avant-bras gauche, déjà détaillés à Croaz-Moudennou.
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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
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Saint Barthélémy (au dos de Jean).
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Cet apôtre se reconnaît par le couteau qu'il tient contre lui : ce fut l'instrument de son supplice puisqu'il fut dépecé.
Sa présence est rare sur un calvaire.
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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
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Un saint évêque (au dos de la Vierge).
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C'est cet évêque qui a servi de modèle aux deux évêques du calvaire de 1895, mais ici il porte une croix, et non une crosse.
Sa mitre évasée évoque le bonnet carré des docteurs et recteurs, et cela se retrouve souvent chez Roland Doré ; on le retrouvera chez saint Audoën infra.
Le visage est en ovale allongé.
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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648), monument au morts de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
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La Vierge de Pitié.
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Liste des Vierges de Pitié de l'atelier de Roland Doré (1618-1663) :
Elle se distingue des nombreuses Vierge de Pitié (pietà) du Finistère, car le corps du Christ est orienté tête à la gauche de la Vierge. L'inclinaison de la tête et du haut du buste de la Mère vers la gauche rompt avec l'habituelle composition parfaitement triangulaire des Prigent et rend la Vierge plus présente.
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Le dos du groupe est creusé, ce qui montre bien comment il se moulait sur le fût du calvaire.
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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.
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Saint Audoën, patron de la paroisse.
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Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.
Fragments d'un calvaire (kersanton, Roland Doré, 1648) de l'église de Rosnoën. Photographie lavieb-aile 25 juillet 2021.
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LA VIERGE À L'ENFANT DE ROLAND DORÉ DU CALVAIRE DE 1648 REMONTÉE AU PORCHE OUEST.
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Le visage à l'ovale allongé, les yeux aux pupilles creusées, le nez en tour Effel (triangulaire à base élargie), la bouche aux commissures creusées montrent que nous avons affaire à une œuvre de Roland Doré.
Cette Vierge à l'Enfant très élancée ressemble à celle du porche sud de l'église de Plougourvest, mais cette dernière ne présente pas, comme ici, un fruit à son fils.
Ce calvaire est digne d'intérêt, notamment en raison de sa Vierge de Pitié qu'Emmanuelle Le Seac'h a attribuée à l'atelier Prigent dans son Catalogue raisonné de 2014. Mais je suis passé très souvent par cette rue (tronçon de la D712 par laquelle, longeant l'Élorn, on va ou on revient de La Roche-Maurice et Landivisiau) sans le remarquer. Il se situe entre le n°78 et le n°80 de la rue, à la sortie de Landerneau, avant le premier pont de chemin de fer, en amont de l'École Marie-Curie, dans un petit enclos fleuri d'hortensias.
Il est difficile pour moi de savoir s'il a été déplacé d'un autre emplacement, car il ne figure pas sur les cartes comme celle d'Etat-Major et de Cassini. En tout cas, cette route n'était pas employée par les voyageurs, sous l'Ancien Régime et jusqu'au premier quart du XIXe siècle, car la route vers Landivisiau (Grande route de Morlaix) passait alors au sud de l'Élorn (Cadastre 1827).
Sur le cadastre 1827, la parcelle 229 porte la mention "Signal Vierge", et sur le carrefour, le symbole d'une croix. Est-ce un indice ?
Mais tout laisse à penser qu'il fut déplacé. À commencer par le fait qu'il n'est pas orienté (face principale portant le Crucifix tournée vers l'occident), sauf par l'alignement urbain. Puis, par le fait qu'il est composite, une Pietà du XVIe siècle posée au pied d'un calvaire du XVIIe. Enfin, cet encadrement par des palmiers évoque la décision d'un décideur de l'embellissement urbain du début du XXe siècle.
Cette situation me contrarie, car la Vierge de Pitié qui m'intéresse est tournée vers le nord-ouest, sous le Crucifix, et elle est restée dans l'ombre du contre-jour lors de mes différentes visites. Aurai-je dû me présenter au couchant d'une belle journée d'été ?
De même, le saint Pierre de la face tournée vers le sud-est reste à l'ombre partielle de son palmier ...
Néanmoins, j'ai obtenu la réponse à ma question principale. Cette Vierge de Pitié de l'atelier Prigent présente-t-elle les trois larmes si caractéristiques de celui-ci ? La réponse est oui, sans atermoiement. Et les photos, insatisfaisantes sur le plan artistique, montre clairement les autres détails stylistiques.
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I. LA VIERGE DE PITIÉ (kersanton, vers 1527-1570, atelier Prigent de Landerneau).
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Introduction.
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L'article Wikipedia Statues of Pietà in Finistere propose plus de 80 photos des Pietà du Finistère, puisque le terme, plus correct, de "Vierge de Pitié" n'est pas encore complètement passé dans les usages. Mais on trouve regroupées sous ce terme, comme dans l'article de l'abbé Castel Les Pietà du Finistère, les "Vierges de pitié" proprement dites (la Vierge et le Christ mort), et les "Déplorations" (groupe incluant Jean et Madeleine, ou une sainte femme, ou un disciple).
Si, parmi les 80 "pietà" de l'article de Wikipedia , nous retenons celles qui sont en pierre (et, alors, en kersantite) et non en bois, et celles qui ne sont pas des Déplorations, le nombre des œuvres est inférieur à 25.
Le nombre des Vierges de pitié en kersanton dans le Finistère est bien plus élevé, car on les trouve, au nœud d'un croisillon, sur de très nombreux calvaires sortis des ateliers landernéens des Prigent (1527-1577), du Maître de Plougastel (1570-1621) et de Roland Doré (1618-1663), ou d'ateliers anonymes.
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Les Vierges de Pitié et aux Déplorations des Prigent (E. Le Seac'h):
Selon le schéma adopté par les Prigent, la Vierge est en chevalier servant, le genou droit fléchi soutenant le dos du Fils, et le genou gauche posé à terre. Sa main droite soutient le dos, et sa main gauche soulève celle de son fils. Sa tête est recouverte par le grand manteau qui l'enveloppe en formant une pyramide.
Cette forme triangulaire est barrée par le corps du Christ, lequel est comme disloqué en ligne brisée à cinq segments. Les bras le brisent plus encore puisque le bras droit tombe verticalement, le coude fléchi et la main demi-fermée paume vers le haut, alors que le gauche est horizontal, droit jusqu'à la main paume vers le haut.
Il y a donc un contraste entre la pyramide "monolithique" maternel, exprimant l'effondrement par le deuil, et la dislocation du Christ défunt, témoin de sa crucifixion.
Le regard se porte naturellement vers le visage de la Mère, encadré par le voile empesé et aux plis cassés et par la guimpe. Ce visage est sévère mais peu expressif, comme figé par le chagrin, et c'est toute la valeur des trois larmes aux longs filets sous chaque paupière d'exprimer, en épanchement venant du cœur et impossible à retenir, la douleur d'une mère recevant le corps de son enfant.
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Le corps du Fils s'abandonne au gré des appuis qu'il reçoit, sa nudité bien charpentée n'étant couverte que par un pagne, dont un pan ressort du coté droit. Les plaies sont peu visibles, sauf sur le pied . Les jambes restent parallèles et les pieds ne sont pas croisés.
Du visage au nez fort et aux yeux clos, nous remarquons surtout la moustache qui nait des coins des narines et trace un V inversé en deux virgules bouclées. La bouche est entrouverte sur une rangée de dents. La barbe aligne des mèches peignées, à peine bouclées. Les cheveux longs forment un triangle avec deux longues mèches peignées se dirigeant vers les épaules.
La statue montre plusieurs fissures, correspondant ou non à des lignes de faille sur le bloc de kersantite.
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La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
La Vierge de Pitié (kersanton, vers 1550, atelier Prigent) du calvaire de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
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Autour du Crucifix, la statue de la Vierge et de Jean.
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Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
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II. SAINTE MARIE-MADELEINE ET SAINT PIERRE (kersanton, 1681).
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Je n'ai pu lire la date de 1681 signalée par Y.-P. Castel. Mais elle indique une réalisation plus tardive que les productions des grands ateliers de sculpture du kersanton, venu de ses sites d'extraction en Rade de Brest et achelminés à Landerneau, puisque l'atelier de Roland Doré s'achève en 1663. Parmi les "Petits Maîtres" dénombrés par E. Le Seac'h, seul Jean Le Bescont (vers 1664-1682) serait à envisager.
On remarque dans ces statues de belle facture un élément stylistique particulier, les yeux en drupes saillantes, mais dont les pupilles ne sont pas creusées, comme le faisait Roland Doré.
Marie-Madeleine s'identifie par ses cheveux longs et défaits et son flacon d'aromates, et Pierre par ses pieds nus, sa barbe et sa clef, tandis que son fameux toupet frontal est omis.
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Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
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Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
Le calvaire (kersanton, 1681), de la rue de la Tour d'Auvergne à Landerneau. Photographie lavieb-aile mai 2021.
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SOURCES ET LIENS.
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— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère, Landerneau, n° 998.
998. Landerneau, rue de La Tour-d’Auvergne, Croix-de-la-Vierge, g. k. 1. 6 m. XVIè s. 1681. Petit enclos fleuri. Base à larges pans. Socle cubique, griffes, Vierge de Pitié. Fût, croisillon, date 1681, statues géminées: Vierge-Madeleine, Jean-Pierre, fleurons-boules godronnés, crucifix. [YPC 1980]
L'article Wikipedia Statues of Pietà in Finistere propose plus de 80 photos des Pietà du Finistère, puisque le terme, plus correct, de "Vierge de Pitié" n'est pas encore complètement passé dans les usages. Mais on trouve regroupées sous ce terme, comme dans l'article de l'abbé Castel Les Pietà du Finistère, les "Vierges de pitié" proprement dites (la Vierge et le Christ mort), et les "Déplorations" (groupe incluant Jean et Madeleine, ou une sainte femme, ou un disciple).
Si, parmi les 80 "pietà" de l'article de Wikipedia , nous retenons celles qui sont en pierre (et, alors, en kersantite) et non en bois, et celles qui ne sont pas des Déplorations, le nombre des œuvres est inférieur à 25.
Le nombre des Vierges de pitié en kersanton dans le Finistère est bien plus élevé, car on les trouve, au nœud d'un croisillon, sur de très nombreux calvaires sortis des ateliers landernéens des Prigent (1527-1577), du Maître de Plougastel (1570-1621) et de Roland Doré (1618-1663), ou d'ateliers anonymes.
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Les Vierges de Pitié et les Déplorations des Prigent (E. Le Seac'h):
Pourtant, parmi toutes ces sculptures de kersanton, très rares sont celles qui ont gardé leur polychromie. C'est dire tout l'intérêt de la Vierge de pitié de l'église de Camaret.
Cette église datant de 1930, il est probable que les statues qui y sont regroupées proviennent soit de l'ancienne église (elle-même datant du XVIIIe en reconstruction d'un édifice antérieure), soit, pour le cas de notre pietà, d'un calvaire, comme par exemple celui de 1538 qui jouxte l'église et qui a perdu ses personnages. En 1908, Abgrall ne donne qu'une description très succincte de l'église et ne mentionne pas cette Vierge. En 1980, Couffon la signale dans sa Notice en la datant du XVIe siècle.
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La composition est celle adoptée par les ateliers landernéens, où le triangle maternel est barré par la diagonale du corps du Fils, elle-même en ligne brisée où les deux bras, l'un vertical et l'autre horizontal, participe à une croix schématique.
Elle pourrait évoquer celle de l'atelier Prigent, et, alors, nous sommes amenés à y rechercher les trois larmes que Bastien et Henry Prigent sculpte volontiers sous les paupières de Marie. Cette recherche est ici restée vaine, même si les couches de peinture peuvent dissimuler ce que la pierre nue dévoile mieux. Deux reliefs en forme de goutte sont en effet visibles.
Les couleurs choisies sont celles qui sont attendues : bleu à galon d'or pour le manteau, blanc pour la robe, rouge pour le pagne.
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Transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
Vierge de pitié (kersanton polychrome, XVIe siècle) du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
Vierge de pitié (kersanton polychrome, XVIe siècle) du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
Vierge de pitié (kersanton polychrome, XVIe siècle) du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
Vierge de pitié (kersanton polychrome, XVIe siècle) du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
Vierge de pitié (kersanton polychrome, XVIe siècle) du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
Vierge de pitié (kersanton polychrome, XVIe siècle) du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
Vierge à l'Enfant du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
Vierge à l'Enfant du transept nord de l'église Saint-Rémy. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
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SOURCES ET LIENS.
— ABGRALL, Jean-Marie, PEYRON, Paul. Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon. Quimper, 1908, vol. 2, p. 3-15.
— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988, p. 46-47.
Les vitraux en dalle de verre sur béton réalisés à partir de dalles de verre de 22 mm d'épaisseur (et jusqu'à 30 ou 40 mm), colorées dans la masse.
Le Maître verrier taille la dalle de verre à la marteline et en éclate la surface pour que la lumière soit diffractée. Après avoir disposé les verres sur la table de coulage et réalisé un coffrage aux dimensions du panneau, il "coule" un mortier de ciment avec armature métallique (ou ensuite de résine époxy) pour les sertir. https://www.ateliers-loire.fr/fr/dalle-de-verre.php
"Mise au point au début des années 30 (Jean Godin, Jules Albertini), les réalisations en Dalles de Verre sont un élément architectural du patrimoine national (religieux et civil) et, néanmoins, un univers peu connu du grand public. Le Métier d’Art associé est une « niche » dans les Métiers d’Art du vitrail. Contemporaine, la Dalle de Verre offre un éventail élargi de visions et de formes où les signatures de peintres, de maîtres verriers et de mosaïstes se sont exercées, dont certaines reconnues sur la scène internationale : Jean Godin [en 1929 dans la verrerie Albertini], Gabriel Loire, Fernand Léger, Henri Guérin, Max Ingrand, Louis Barillet, Jacques Le Chevallier, Joseph Guevel, Jean Lesquibe, Henri Martin Granel, Claude Idoux, Tristan Ruhlmann, Pierre Soulage, Frédérique Duran, et d’autres. Depuis la fin du XXème siècle, une nouvelle dimension artistique contemporaine est en voie de développement grâce à des créateurs de talent dont l’ambition est de redonner ses lettres de noblesse à cette matière et à son Métier d’Art oublié. "
Parmi ces noms, il ne faut pas oublier celui d'Auguste Labouret, qui avait déposé un brevet dès 1933 et qui a créé les vitraux de Roscanvel.
Cette technique a été reprise par l'atelier monastique d'En-Calcat et de Saint-Benoit-sur-Loire et se retrouve en Bretagne pour les vitraux de l'Île d'Hoedic, ou en Normandie pour ceux de l'Île de Chausey.
Parmi ces ateliers, celui de Félix Razin, installés à Nantes a réalisé en Bretagne des vitraux pour les églises de Camaret et de Crozon, pour celle de Landeleau en 1944, celle de l'Île de Batz, pour celle de Saint-Malo, ou dans le Morbihan pour celle de Noyalo, de Saint-Avé, de Saint-Laurent-su-Oust ou de Glénac, dans une liste non exhaustive.
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Notre conseil :
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Vitraux (dalle de verre, Félix Razin, 1931) de la nef de l'église Saint-Rémy de Camaret-sur-Mer. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
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Bas-coté sud de la nef.
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1. Les Litanies de la Vierge : Maison dorée, porte du ciel, arche d'alliance.
Voir les Litanies de Lorette :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Litanies_de_Lorette
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Vitraux (dalle de verre, Félix Razin, 1931) de la nef de l'église Saint-Rémy de Camaret-sur-Mer. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
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2. Les Litanies de la Vierge :Reine des anges, Tour d'ivoire, reine des martyrs .
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Vitraux (dalle de verre, Félix Razin, 1931) de la nef de l'église Saint-Rémy de Camaret-sur-Mer. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
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3. Baie non figurative.
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Vitraux (dalle de verre, Félix Razin, 1931) de la nef de l'église Saint-Rémy de Camaret-sur-Mer. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
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Élévation ouest (fond de la nef), coté sud.
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4. Baie non figurative.
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Vitraux (dalle de verre, Félix Razin, 1931) de la nef de l'église Saint-Rémy de Camaret-sur-Mer. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
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5. Saint Joseph. Ses attributs sont la hache de charpentier et le lis blanc de son élection.
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Vitraux (dalle de verre, Félix Razin, 1931) de la nef de l'église Saint-Rémy de Camaret-sur-Mer. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
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Élévation ouest (fond de la nef), coté nord.
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6. La Vierge terrassant le serpent. Signature R. RAZIN.
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Vitraux (dalle de verre, Félix Razin, 1931) de la nef de l'église Saint-Rémy de Camaret-sur-Mer. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
Vitraux (dalle de verre, Félix Razin, 1931) de la nef de l'église Saint-Rémy de Camaret-sur-Mer. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
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Le fond de la nef, au dessus de la tribune.
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7. Panneau non figuratif, teintes vertes, jaunes et brunes.
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Vitraux (dalle de verre, Félix Razin, 1931) de la nef de l'église Saint-Rémy de Camaret-sur-Mer. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
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8. Panneau à médaillons rectangulaires figuratifs (croix, calice,), teintes vertes, jaunes, rouges et brunes.
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Vitraux (dalle de verre, Félix Razin, 1931) de la nef de l'église Saint-Rémy de Camaret-sur-Mer. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
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Le bas-coté nord.
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9. Les Litanies de la Vierge, suite. Vase d'honneur, Rose mystique, étoile du matin.
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Vitraux (dalle de verre, Félix Razin, 1931) de la nef de l'église Saint-Rémy de Camaret-sur-Mer. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
Vitraux (dalle de verre, Félix Razin, 1931) de la nef de l'église Saint-Rémy de Camaret-sur-Mer. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
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Stella matutina.
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Vitraux (dalle de verre, Félix Razin, 1931) de la nef de l'église Saint-Rémy de Camaret-sur-Mer. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
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10. Les Litanies de la Vierge, suite. Reine des apôtres, miroir de justice, Reine des prophètes.
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Vitraux (dalle de verre, Félix Razin, 1931) de la nef de l'église Saint-Rémy de Camaret-sur-Mer. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
Vitraux (dalle de verre, Félix Razin, 1931) de la nef de l'église Saint-Rémy de Camaret-sur-Mer. Photographie lavieb-aile 13 juillet 2021.
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SOURCES ET LIENS.
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— Camaret, son histoire, ses monuments religieux. Sans auteur ni date.
Quelque soit la saison ou l'heure à laquelle le visiteur se présente, il n'aura pas un point de vue spectaculaire du calvaire de l'entrée nord-est de l'enclos de Saint-Divy, trop abrité par le feuillage des chênes et châtaigniers qui le dominent. Et quelque soit le point de vue qu'il adopte, la Marie-Madeleine placée au pied de la croix ne sera sans doute pas aussi visible qu'il le faudrait. Ou bien l'une des trois croix (celle du calvaire et les deux gibets des larrons) restera dans l'ombre et pourrait lui échapper. C'est que ce calvaire n'occupe pas son emplacement initial.
En effet, cet ensemble de trois croix édifiées sur les pilastres de l’entrée est a été déplacé pour permettre l’élargissement de la rue ouest au cours du XXe siècle, alors qu'il était placé à l’entrée opposée, au nord-ouest du cimetière. En outre, on a cru bon de le désorienter, c'est-à-dire de tourner la face principale vers l'est, alors que la règle, et la symbolique de la mort, veut que le Christ en Croix soit tourné vers l'ouest, coté du coucher du soleil. Hélas, cette licence que se permette les décideurs est fréquente.
Si notre visiteur distingue les trois croix, et s'il constate sur la croix principale l'existence d'un croisillon convexe et à deux consoles, il classera ce monument dans la typologie des calvaires bas-bretons (sans croisillon, avec un seul, ou deux croisillons). Mais hélas, les consoles ont ici perdu les statues (sans doute géminées) qu'elles portaient.
La formule adoptée, à trois croix séparées et avec un seul croisillon se montre finalement assez originale, sauf pour les grands calvaires monumentaux de Tronoën ou réalisés par les Prigent à Pleyben en 1555. Un calvaire proche de celui-ci, celui de Pencran, dispose de deux croisillons.
L'autre critère permettant des regroupements, c'est la Marie-Madeleine au pied de la croix, son manteau retombant sur ses reins. On retrouve cette statue bien reconnaissable à Pencran, Lopérec, Sainte-Marie du Ménez-Hom en Plomodiern, La Forest-Landerneau.
Emmanuelle Le Seac’h (Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne) a attribué ce calvaire à Henry Prigent, et on sait que l’atelier de Bastien et Henry Prigent a été actif à Landerneau de 1527 à 1577.
L'un des traits stylistiques de l'atelier Prigent repose sur les trois larmes s'écoulant des yeux de la Vierge et de Jean au calvaire (nous ne pouvons en juger ici puisque ces statues sont absentes des croisillons), de la Vierge de Pitié et de Marie-Madeleine. Sur ces deux sculptures, les larmes sont absentes (ou indiscernables).
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Description.
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Sa première et principale description est celle d'Yves-Pascal Castel pour son Atlas des Croix et calvaires du Finistère sous le n° 2694 Saint-Divy entrée est. Elle a été rédigée en 1980.
Les trois croix érigées sur les pilastres de la porte forment un monument de 7 mètres de haut en granite (soubassement) et kersanton (fût et statues). Le fût central, rond comme ceux des larrons, porte des écots, et Marie-Madeleine est agenouillée à son pied . Les culots de l'unique croisillon sont vides. Le nœud du croisillon porte coté principal la date de 1562 sous une inscription non déchiffrée, et l'écu des Rohan dont une des neuf macles est martelée. La croix est à fleurons feuillagés, au dessus de la statue d'un saint évêque portant une croix, tandis qu'un Christ au lien et une Vierge de Pitié occupent le revers.
Les lichens en altèrent déjà la lecture.
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Selon une tradition populaire tenace mais guère validée, le fût à écots témoignerait d'une épidémie de peste, par comparaison (guère crédible visuellement ici comme ailleurs) entre les écots et les bubons (abcès) de la peste bubonique.
Mais si on ouvre les yeux sur la réalité, ce sont bien des amorces de branches écotées qui sont sculptés, avec des tranches de section bien nettes, faisant du fût un arbre taillé pour le supplice, et reprenant la réflexion théologique initiée par sainte Hélène et développée dans la Légende de la Vraie Croix. L'arbre de la Croix aurait poussé sur la tombe du vieil Adam à partir de l'Arbre de Vie, et le Christ crucifié s'y présente comme le Nouvel Adam. Les fûts de l'atelier Prigent portent ces écots par exemple sur la calvaire monumental de Plougonven (1554) et sur celui de Pleyben (1555)
https://fr.wikipedia.org/wiki/Vraie_Croix
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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
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LA FACE PRINCIPALE. LE CHRIST ; SAINT DIVY ; INSCRIPTION DATÉE ; LA MADELEINE ÉPLORÉE.
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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
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Le Christ en croix.
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Au sommet de la croix, les lettres I.N.R.I du titulus sont de belle facture, perlées, aux hampes bifides, et s'inscrivent sur un phylactère aux extrémités élégamment torsadées.
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Le Christ, tête couronnée d'épines inclinée sur la droite, les yeux clos, porte un pagne noué sur le coté gauche.
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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
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Saint Divy en évêque.
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Saint Divy, fils de sainte Nonne, est le patron de l'église paroissiale, église où sa vie est peinte sur les lambris, mais il très représenté aussi à Dirinon, où il donne aussi son nom à une chapelle et à une fontaine.
Il est un peu rapide d'écrire qu'il est représenté en évêque, car malgré la mitre, les chirothèques, les pantoufles épiscopales et la chape, il tient une croix à trois extrémités pommées, plutôt qu'une crosse. Laissons cette subtilité aux spécialistes du saint, de son iconographie en Bretagne et Outre-Manche.
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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
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L'inscription datée de 1562.
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De cette inscription en caractères gothiques occupant le nœud du croisillon, seule la date, inscrite dans un cartouche en forme de parchemin aux extrémités enroulées en cornets, est parfaitement lisible : 1562.
L'inscription sculptée en réserve sur deux lignes dans des cartouches aux contours perlés n'a jamais été déchiffrée par les auteurs de référence, alors qu'elle semble accessible à une lecture pour peu qu'on s'en donnerait les moyens (accès rapproché ; éclairage adapté ; voire relevé par estampage comme le pratiquait ailleurs l'abbé Castel).
Dans l'ombre des arbres, je débute ici une première tentative afin de stimuler les érudits et les édiles (en rouge les éléments certains) :
P. LE GUERN
LORS : DE
1562.
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Le site Geneanet ne mentionne le patronyme Le Guern qu'à partir de 1672 à Saint-Divy (ou à Landerneau), mais cela témoigne peut-être des lacunes des actes paroissiaux. Néanmoins, cela incite à préciser mon incertaine lecture.
Une autre possibilité est de lire IORS, comme sur le socle de l'enclos portant l'inscription "LE PREMIER IOR DAOUEST L’AN MIL VCV, en belles lettres gothiques" (Castel, atlas n° 2693). Mais je ne parviens pas à intégrer cela dans l'emplacement disponible. Et le L est certain.
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Pour placer cette date de 1562 au sein de la production des Prigent (dont quelques œuvres sont datées), notons que la première date est celle du saint They de Plouguerneau (1527), puis du bénitier de Tréflez (1545), suivie par celle du calvaire de Plougonven (1554), de celui de Pleyben (1555), ou de Guisseny (1555), de la sainte Apolline de Pencran (1555), du porche de Landivisiau (1554-1565) et de celui de Guipavas (1563), de la croix de Kerabri en Lothey (1556), de la croix de Brondusval à Plouider (1562), du moine cordelier d'Irvillac (1566), du calvaire de Guiclan (1577). (E. Le Seac'h)
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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
-chapelle Saint-Tugen en Primelin, contrefort sud-ouest.
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Les points communs (avec des exceptions à chaque fois) sont la posture agenouillée bras écartés, regard et tête levée ; les trois larmes ; le bandeau occipital ; la robe serrée par une ceinture nouée ; le manteau retombant en un éventail plissé derrière les reins ; le pot d'aromates.
Parfois (Plougonven), la sainte regarde vers le bas, et ouvre son flacon.
Ici, ces éléments sont présents, hormis les trois larmes. Le bandeau occipital, un large tissu de trois torons, vient entourer par des spires les longs cheveux devant la poitrine. La robe est luxueuse, avec deux manches ou fausses manches bouffantes, un épais plissé laissant deviner la préciosité de l'étoffe, et un revers de poignet en torsade. La ceinture, simple bande d'étoffe, est nouée en rosette.
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Je prends plusieurs clichés du visage pour y rechercher les larmes, recherche difficile en raison de la prolifération des lichens. En outre, ces larmes ne sont parfois bien visibles qu'à jour frisant. Mais je n'en vois pas la trace.
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L'ombre de la croix tourne comme l'aiguille d'un cadran autour de la sainte.
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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
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LA FACE SECONDAIRE. LE CHRIST AUX LIENS ; LA VIERGE DE PITIÉ ; LES ARMES DES ROHAN.
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Le Christ aux liens.
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Comparer aux statues issus de l'atelier des Prigent (E. Le Seac'h) :
-Guisseny, calvaire n° 706
-Loc-Brévalaire, calvaire, atlas n°1160.
-Saint-Servais, calvaire atlas n° 2821
-Le Tréhou calvaire atlas n° 3063
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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
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La Vierge de Pitié.
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Comparer aux Vierges de Pitié et aux Déplorations des Prigent (E. Le Seac'h):
Et plus généralement voir Castel, Les Pietà du Finistère, SAF. Ou taper vierge de pitié ou pietà sur l'onglet "rechercher", qui est là pour ça.
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La première chose que je dois dire, c'est que je suis venu ici, devant ce calvaire, pour chercher les larmes de la Vierge. Et que, comme pour Marie-Madeleine, je ne les ai pas trouvé, les larmes de Marie. Malgré le zoom, malgré l'éclaircissement du cliché cherchant à pénétrer l'obscurité du visage voilé.
Le visage est grave et beau, recueilli sur son intériorité plus que douloureux, les lèvres sont desserrées.
La Vierge est voilée dans son manteau, son corps formant une pyramide à base étroite, elle est en position de chevalier servant, le genou gauche posé à terre tandis que le genou droit soutient le dos du Fils, la main droite soulevant le flanc. Sa main gauche élève le bras gauche du Fils. Ainsi, le corps défunt du Christ forme une diagonale orientée vers le haut et la gauche, mais cette diagonale est brisée en quatre segments en M, et les deux bras, l'un vertical et l'autre horizontal, la traverse en croix. C'est le schéma le plus constamment adopté par l'atelier Prigent pour ses "pietà".
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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
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Les armes des Rohan.
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Un autre calvaire des Prigent porte le blason armorié aux armes d'un seigneurs prééminenciers et/ou commanditaires, la croix de Saint-Sauveur à Kerlouan (Poulpry), et hormis les calvaires, d'autres œuvres sont blasonnées, à Plourin-Ploudalmézeau, à la chapelle N.-D. de Traon de Plouguerneau. À La Forest-Landerneau, le calvaire du cimetière bas porte les armes de France et de Bretagne (hors atelier ?).
Les armes des Rohan comporte un nombre variable de macles (losanges évidés), le plus souvent neuf comme ici, posées 3, 3, 3, où le dernier a été martelé.
Les armes des Rohan sont présentes à Landerneau (fondation du pont en 1510 et de l'hôpital Saint-Julien en 1521), ou, dans la vallée de l'Elorn, à La Martyre et sur le porche de La Roche-Maurice. On peut les trouver aussi à Sizun, sur l'ossuaire, ou, en Morbihan sur le château de Jean II à Josselin, ou à Quimper sur le palais épiscopal de Claude de Rohan son fils, ou à Daoulas, à Merléac, etc, etc.
Saint-Divy étant une ancienne trève de La Forest-Landerneau (sur l'Elorn juste en aval de Landerneau), ce sont celles de Landerneau qui sont les plus significatives. Mais en 1562, date de ce calvaire, ni Jean II, ni ses fils Jacques (1478-1527) et Claude (évêque de 1501 à 1540), ni sa fille Anne (1485-1529) héritière du titre,. Après son mariage avec Pierre II de Rohan-Gié, leur fils René Ier de Rohan (1516-1552) donne naissance à Henri Ier qui devient le 19ème vicomte de Rohan et adhère au protestantisme.
Il est impossible, à défaut d'archives, de savoir si ces armoiries témoignent d'une donation et d'une commande pieuse de Henri Ier de Rohan, alors qu'il ne fréquente pas le Léon mais le château de Blain, où il devient le protecteur du culte réformé comme à Josselin et Pontivy.
Pour ma part, j'y vois plutôt l'effet de la vigilance de ses lieutenants pour faire exercer ses droits, comme sur l'ossuaire de Sizun vers 1585.
Les armes figurent sur un calvaire de Camaret daté de 1538 (Atlas n° 175), ou encore sur la Croix de Penmarc'h à La Roche-Maurice, daté de 1625.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
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LES DEUX LARRONS SUR LEUR GIBET.
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Conformément à l'iconographie des calvaires bas-bretons et des enluminures, l'une des jambes est liée au gibet, tandis que l'autre est pliée à 90° pour témoigner du texte évangélique dans lequel Pilate donne l'ordre aux soldats de briser les jambes des larrons pour mettre un terme à leur agonie (en leur ôtant l'appui nécessaire pour respirer).
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Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
Le calvaire (kersanton, 1562, Prigent) de l'entrée de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile.
"Du retable subsistent les ailes à colonnes torses et pilastres ; sur leur soubassement, inscription : " FAITE. PAR. MOI. NORLL. 1781. - CHARLES. LE. GALL. FABRIQVE. 1781. ", et dans les niches, statues de Notre Dame de Pitié avec un ange soutenant la main de Jésus et de saint Etienne tenant des pierres dans sa main. Au mur du chevet, panneau de bois sculpté et peint avec le Christ de l'Ascension en haut-relief. Clôture de chœur à balustres tournés, 1762." (Couffon)
Et en 2003 avant restauration :
"Les travaux récents n’ont pas encore permis la remise en place de la totalité du mobilier. Le maître-autel en tombeau galbé n’est plus surmonté du retable qui datait de 1781 ; le groupe de la Pietà à quatre personnages, en bois polychrome (XVIIe s.), ainsi qu’une statue de saint Étienne, revêtu de sa dalmatique de diacre, tenant d’une main la palme du martyre et de l’autre les pierres de sa lapidation, reposent sur le plancher du chœur."
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Chœur de la chapelle de Trévarn. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
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L'inscription peinte.
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FAITE PAR MOY NORLL 1781. - CHARLLES LE GALL FABRIQVE 1781.
1°) NORLL.
Le Dictionnaire des artistes et artisans d'Yves-Pascal Castel nous donne une information sur le premier nom mentionné :
"NOREL. Peintre vitrier. Sa signature figure sur la pietà de la chapelle de Trévarn , en Saint-Urbain , avec la date de 1781 . Travaille à Sizun en 1784 ( pour 8 livres 10 sols ), en 1786 ( 5 livres 10 sols ), en 1787 ( 12 livres ) et 1791 ; au Tréhou en 1792. ( Voir Nory ) . Arch . dép ."
NORY Peintre vitrier . A Locmélar , en 1789 , reçoit 18 livres pour des vitrages au dessus de l'autel de saint Hervé et à la sacristie. De plus, « décrasse » le tableau de saint Hervé. La mauvaise graphie du nom fait qu'on est tenté de le confondre avec un NORET, œuvrant à Locmélar en 1785, et avec un NOREL (cf.)
2°) Charles Le Gall.
Les généalogistes reconnaissent là Charles Marie LE GALL, un cultivateur né en 1751 au manoir de Kerguern en Dirinon et décédé en 1816 à Cleus Braz (hameau proche de Trévarn). Il est très émouvant de retrouver ici le frère de Jérôme LE GALL, dont le nom est gravé sur le bénitier du fond de la nef avec la date de son décès en 1776 (voir mon article sur les inscriptions).
Charles Le Gall a épousé Marie-Anne LE BRIS en juin 1785 à Trévarn.
Il est difficile de savoir si la niche de ce retable à colonne torve et rinceaux est destinée à recevoir la Vierge de Pitié qui s'y trouve aujourd'hui.
Il est délicat d'attribuer à ce groupe sculpté la date de 1781 portée par l'inscription.
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Retable du chœur de la chapelle de Trévarn. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
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La Vierge de Pitié à l'ange de compassion (bois polychrome).
C'est cet ange, agenouillé aux pieds du Christ et approchant la main ensanglantée de son visage, qui retient l'attention.
D'autant que le thème de la Vierge de Pitié aux anges de tendresse apparaît en Basse-Bretagne au XVe siècle.
Dans son ouvrage, E. Le Seac'h, après avoir décrit le calvaire de Tronoën (vers 1470) et le geste charmant des anges qui y écartent le voile de la Vierge de Pitié, consacre un paragraphe à cette gestuelle de l'ange de douceur de quelques sept pietà sortis du même atelier du Maître de Tronoën (à Kerbreudeur et ossuaire de Saint-Hernin, calvaires de Béron et Moustoir à Châteauneuf-du-Faou, Croas-an-Teurec à Saint-Goazec, Collorec, Laz, Saint-Trémeur de Carhaix, Kergloff, Le Moustoir, Plusquellec, Pennanvern à Gourin).
Puis elle décrit "les héritiers de la gestuelle de l'ange", dans cinq piétà du Finistère à Plonévez-du-Faou, Plozévet, Penmarc'h et Névez — toutes en pierre calcaire polychrome—, au Faouët (granite) et à Meslan (granite polychrome).
Ces anges sont déjà présents sur la Grande Pietà Ronde conservée au Louvre et peinte par Jean Malouel au début du XVe siècle.
— Sur les anges de compassion, et la gestuelle de l'ange, voir :
Retable du chœur de la chapelle de Trévarn. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
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LE RETABLE DE DROITE : SAINT ÉTIENNE.
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Le saint vêtu de la dalmatique des diacres (cf. Actes des Apôtres) présente les pierres de sa lapidation et porte la palme de son martyre. L'ange présent à sa droite n'est pas accordé à la scène (il est agenouillé en adoration vers le tabernacle), ce qui renforce l'impression d'un remontage d'éléments composites (comme sur le retable nord).
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Retable du chœur de la chapelle de Trévarn. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
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Le médaillon du sommet : l'Ascension du Christ.
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Médaillon sommital du chœur de la chapelle de Trévarn. Photographie Brigitte Thibault 4 juillet 2021.
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NOTRE BONUS : NOTRE-DAME DE TRÉVARN.
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C'est une Vierge à l'Enfant, mais dont la particularité est que la Vierge "apprend à lire" à son Fils en lui présentant un livre ouvert, ce qui évoque la scène analogue d'Anne éducatrice de la Vierge enfant.
Toute la subtilité, toute la profondeur théologique et spirituelle provient du fait que c'est la Vierge qui pose les yeux sur la page ouverte, tandis que l'enfant, qui regarde au loin, pose l'index sur la page. Autrement dit, il commente et révèle à sa Mère le sens des Écritures, avec la même science dont il fera preuve dans l'épisode évangélique de Jésus parmi les Docteurs de la Loi.
La Vierge est couronnée, ses longs cheveux tombent dans son dos, elle est légèrement déhanchée et porte une robe dorée sous un manteau bleu. L'enfant, aux cheveux courts, porte une tunique rouge qui descend jusqu'à ses pieds nus. La main gauche de la mère, qui supporte son fils assis, est gracieusement rendue.
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Notre-Dame de Trévarn. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Notre-Dame de Trévarn. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Notre-Dame de Trévarn. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Notre-Dame de Trévarn. Photographie Brigitte Thibault 4 juillet 2021.
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DU COTÉ DROIT : SAINT JOSEPH (?).
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Il est pieds nus et tient en main gauche une tige verte.
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Notre-Dame de Trévarn. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Notre-Dame de Trévarn. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
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SOURCES ET LIENS.
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— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice de Saint-Urbain
"La commune de Saint-Urbain, située à quelques kilomètres au sud de Landerneau, a été constituée, lors de la Révolution, par la réunion de deux trèves détachées de la paroisse de Dirinon et devenues communes en 1790 : la trève de Saint-Urbain et la trève de Trévarn. En 1792, la commune de Trévarn fut rattachée à Saint-Urbain. Après le Concordat, Saint-Urbain devint paroisse, Trévarn n’étant plus que simple chapelle, dédiée à Notre-Dame.
C’est son statut d’ancienne église tréviale qui explique sans doute l’importance de cette dernière. L’existence d’une église en ce lieu est attestée depuis le Moyen Âge : en 1219 est mentionnée là une ecclesia sancti Baharni (nom de saint obscur) ; en 1324, le village portait le nom de Treffbarn. Ultérieurement, l’église fut dédiée à Notre-Dame-de-Pitié. Aujourd’hui, le placitre est entouré d’un mur d’enclos que l’on franchit par une ouverture encadrée de deux piliers supportant les statues en kersanton de saint Sébastien et de l’ermite saint Antoine. Un calvaire du XVIe s. porte une représentation du Christ aux Liens, une autre du Christ en Croix, le groupe d’une Pietà et, sur les extrémités de la traverse, deux saints dont saint Pierre. Les têtes du Christ en Croix et d’une sainte Femme, dont le style diffère de celui des autres, portent la marque de l’atelier du sculpteur landernéen Roland Doré (première moitié du XVIIe siècle). Hors de l’enclos, une fontaine de dévotion est l’indice, très vraisemblablement, de l’origine ancienne du lieu de culte.
L’église, en pierre de Logonna aux chaudes couleurs, a été construite à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe s. (plusieurs inscriptions portent les dates de 1666, 1683, 1700, 1701, 1719), selon un plan simple de croix latine, avec une abside à pans coupés. La façade occidentale est très dépouillée : un grand mur-pignon dans lequel s’ouvre un portail en plein cintre avec entablement en faible saillie, reposant sur deux colonnes en kersanton, le tout surmonté d’un clocher à une seule galerie, deux chambres de cloches et une courte flèche. Du côté sud, le transept fait une énorme saillie sur le mur gouttereau : de façon inhabituelle, il est percé d’une grande fenêtre et d’une porte en plein cintre datée 1700, (dont l’agrafe représente un angelot) ; elle est flanquée de deux pilastres ; son fronton cintré abrite une statuette de la Vierge. Une porte identique s’ouvre sur la nef, mais l’agrafe est ici constituée d’une simple volute. Une petite sacristie d’angle a été construite entre le bras sud du transept et le chevet.
Les travaux récents n’ont pas encore permis la remise en place de la totalité du mobilier. Le maître-autel en tombeau galbé n’est plus surmonté du retable qui datait de 1781 ; le groupe de la Pietà à quatre personnages, en bois polychrome (XVIIe s.), ainsi qu’une statue de saint Étienne, revêtu de sa dalmatique de diacre, tenant d’une main la palme du martyre et de l’autre les pierres de sa lapidation, reposent sur le plancher du chœur.
La chaire à prêcher a été démontée, et une partie de ses éléments sont remisés dans le bras nord du transept, où un autel est surmonté d’un grand retable du Rosaire, en bois polychrome : dans le corps central, le tableau qui représentait l’Enfant Jésus debout sur le globe du monde, a disparu – il avait lui-même succédé à une représentation du groupe du Rosaire -, mais subsistent treize médaillons sur les quinze traditionnels, et une longue inscription en breton, datant du xixe siècle : Ra zeuio en hano Jesus / Peb glin da staouet en ÂÂ / var an Douar ac en ifern / a ra zeui peb Teod da anzao / penaus on autrou Jesus Christ / a so asezet e gloar Doue an Tad (« Qu’en vienne, au nom de Jésus, / chaque genou à plier, au ciel, / sur la terre et en enfer, / et qu’en vienne chaque langue à reconnaître / comment Notre Seigneur Jésus-Christ / est assis dans la gloire de Dieu le Père ») ; de part et d’autre, des niches encadrées de colonnes torses à pampres abritent, à gauche un groupe de sainte Anne et de la Vierge portant l’Enfant Jésus, à droite un groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (groupe qui, à l’origine, ne figurait probablement pas dans ce retable, puisqu’on peut lire sous la niche le nom de Joseph) ; chacune de ces niches est elle-même surmontée d’une niche plus petite servant de cadre à des statuettes d’évêques non identifiés.
Le reste de la statuaire, dans le transept, comprend un panneau de bois polychrome représentant l’Ascension, une statue de la Vierge tenant un livre ouvert sur les genoux de l’Enfant qu’elle porte sur le bras gauche (c’est Notre-Dame de Trévarn), et la statue d’un saint non identifié.
Au fond de la nef, près de la porte occidentale, deux bénitiers en pierre : l’un, en forme de vasque ovale décorée d’un angelot et d’un écusson martelé, porte la date de 1666, un autre, de forme cylindrique, celle de 1776 ; une pierre tombale en ardoise remonte à 1719.
D’importants travaux de restauration ont été entrepris au cours de la dernière décennie. Entre 1992 et 1996, avec l’aide d’une association locale, la commune a fait procéder à des interventions sur le clocher et la nef. À cette occasion, de graves désordres sont apparus dans la charpente, et un échafaudage de soutien fut placé dans le chœur ; par la suite, la charpente a été entièrement reprise, en gardant le maximum d’éléments d’origine ; arbalétriers, entraits, voliges, couverture d’ardoises ont été changés.
La Sauvegarde de l’Art français a participé au financement de ces travaux pour une somme de 24 392 € qui ont été versés en 2001. "T. D.
— LE GUENNEC (Louis), 1981, Le Finistère monumental, t. III. Brest et sa région, Quimper, 1981, p. 562-564.
— POL DE COURCY signale à Trévarn la présence d'une roue de la fortune comme à Confort
—Note : en 1721, les armes des Rohan furent apposées sur la façade de la chapelle de Trévarn.
"L'existence d'un lieu de culte à Trévarn est attestée au 12e siècle : lors de la seconde fondation de l'abbaye de Daoulas en 1172 par Guiomar de Léon et sa femme Nobile, l'église Sanctii Baharnii lui fut donnée à perpétuité. Jusqu'en 1805 elle constituait une trêve de Dirinon. L'édifice présente un plan en croix latine avec transept saillant et chevet à trois pans. Sur le bras sud du transept se trouve une petite sacristie de plan carré, greffée à l'est. L'édifice actuel est daté par inscriptions intérieures et extérieures. Les travaux de construction s'échelonnent entre 1682 et 1701. Dans le placître, côté sud, se trouve un calvaire à personnages restauré partiellement par le sculpteur Landernéen Roland Doré vers 1630."
La chapelle de Trévarn est dédiée à Notre Dame. Ancienne église tréviale de Dirinon jusqu'en 1792, puis rattachée à Saint-Urbain, elle était au XVIIIe siècle sous le vocable de Notre-Dame de Pitié.
En forme de croix latine avec chevet à pans coupés, elle date de la fin du XVIIe siècle et des débuts du XVIIIe siècle (1682-1701) mais son mobilier fut complété jusqu'à la fin du XVIIIe.
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LE RETABLE NORD.
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C'est un ensemble composite du XVIIIe et XIXe siècle rassemblant autour d'un élément central jadis dédié à Notre-Dame du- Rosaire divers statues ou groupes d'origine extérieure et inconnue.
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Une partie centrale forme un rectangle entouré de treize médaillons consacrés aux mystères (joyeux, douloureux et glorieux) du Rosaire. Ces mystères étant toujours au ombre de quinze, il en manque donc deux.
Le panneau central a peut-être été occupé par la Remise du Rosaire à saint Dominique Guzman et sainte Catherine de Sienne, comme partout ailleurs, mais ce sujet a été remplacé par une peinture sur bois représentant l'Enfant Jésus en Sauveur du Monde, debout sur le globe sous la bénédiction de Dieu le Père et entouré d'anges portant la colonne et la croix des Instruments de la Passion.
Sous ce panneau, un autre porte une inscription peinte en breton datant du XIXe siècle :
Ra zeuio en hano Jesus / Peb glin da staouet en ÂÂ / var an Douar ac en ifern / a ra zeui peb Teod da anzao / penaus on autrou Jesus Christ / a so asezet e gloar Doue an Tad
« Qu’en vienne, au nom de Jésus, / chaque genou à plier, au ciel, / sur la terre et en enfer, / et qu’en vienne chaque langue à reconnaître / comment Notre Seigneur Jésus-Christ / est assis dans la gloire de Dieu le Père »
De part et d’autre, des niches encadrées de colonnes torses à pampres abritent, à gauche un groupe de sainte Anne (ou Elisabeth ?) et de la Vierge à l’Enfant, à droite un groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (groupe qui, à l’origine, ne figurait probablement pas dans ce retable, puisqu’on peut lire sous la niche le nom de Joseph) ; chacune de ces niches est elle-même surmontée d’une niche plus petite servant de cadre à des statuettes d’évêques non identifiés. (d'après T. Daniel)
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Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
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LE GROUPE DE SAINT YVES ENTRE LE RICHE ET LE PAUVRE. BOIS POLYCHROME, 1ERE MOITIÉ XVIIe SIÈCLE.
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Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
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Saint Yves, au centre et placé sur une estrade qui le surélève, porte sur la tête la barrette des recteurs (il a été recteur de Louannec les onze dernières années de sa vie) et il est vêtu d'une cotte talaire (qui descend jusqu'aux talons, mais laisse voir ses solides chaussures ) de couleur noire, d'un surplis blanc et d'un camail noir qui couvre ses épaules. Autrement dit, il n'est pas représenté en juriste, conforme à ses fonctions d'official du diocèse de Tréguier, juge des affaires relevant des compétences religieuses. Néanmoins, il écarte les bras, jambe droite avancée, dans un geste d'éloquence judiciaire. Il n'est tourné ni vers le Riche, ni vers le Pauvre.
Saint Yves, —comme les médecins anargyres Côme et Damien qui soignaient gratuitement —, exerce la justice en toute indifférence des sommes qu'on lui propose : il juge "en droit".
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Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
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Le Pauvre.
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À sa droite, le Pauvre est pieds nus, tête nue, vêtu d'un sarrau jaune ouvert devant les cuisses (pour faciliter les travaux des champs) et serré par une ceinture. Il ne porte ni braies (bragou), ni guêtres (huseaux), c'est donc la version minimale du costume paysan.
Mais à l'inverse, l'artiste n'a pas versé dans le misérabilisme et n'a montré ni empiècement ni déchirures et pas d'avantage de blessure, d'amputation, de déformation des membres, d'orthèses ou de cannes, à l'inverse de divers groupes analogues.
Il porte sur le bras gauche un bissac dont le fond est moulé sur des objets arrondis. Il s'agit très vraisemblablement des pièces de son procès. La rhétorique est la suivante : le Pauvre s'épuise à défendre la justesse de sa cause par de nombreux écrits (dont la rédaction par des officiers et auxiliaires le ruine), tandis que le Riche se contente de tendre au juge une simple pièce d'or, et gagne le procès.
Aujourd'hui, le Pauvre, monsieur Casauce, sera défendu par l'Aide juridictionnelle, mais gagnerait-il face au brillant et influent avocat d'affaire largement rétribué ?
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Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
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Le Riche.
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Ce dernier, et c'est la loi du genre, est haut en couleurs, fort pittoresque, et attire nos regards. Nous admirons son couvre-chef et son volumineux bijou central, sa perruque bouclée et poudrée, sa moustache Louis XIII, son pourpoint rouge (ne porte pas cette couleur qui veut) à large col blanc rabattu et à parements bleus, fermée par devant par une série de petits boutons ronds, ses hauts-de-chausse cramoisis, ses bas noués par un ruban bleu, et ses chaussures vernis et à tige.
Sa posture ne témoigne pas de l'éloquence judiciaire, mais de l'éloquence financière : la main gauche sur son aumônière bien mal nommée, mais bien pleine et bien ornée de glands de passementerie, et les doigts de la main droite tendant au juge un louis d'or, aujourd'hui perdu.
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Les colonnes.
Elles sont ornées de rinceaux de vigne, symbole eucharistique, et dont les oiseaux viennent picorer les grappes.
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Retable nord (XVIIe siècle), chapelle de Trévarn en Saint-urbain. Photographie lavieb-aile 4 juillet 2021.
Photo Brigitte Thibault 4 juillet 2021.
Photo Brigitte Thibault 4 juillet 2021.
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Remarque.
Si nous nous basons sur la moustache, la perruque et le vêtement du Riche, nous datons le groupe d'Yves et les Plaideurs du règne de Louis XIII, soit avant 1643. Ce qui suppose qu'il soit antérieur à la chapelle actuelle, dont la construction a débuté vers 1682 (date inscrite sur le clocher). Mais tout indique que l'édifice actuelle était précédé d'autres sanctuaires.
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SOURCES ET LIENS.
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— AVRIL (Yves), DE CHARNACÉ (Suzanne), 2021, Saint Yves en images. Ed. Hugues de Chivré.
— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice de Saint-Urbain
"La commune de Saint-Urbain, située à quelques kilomètres au sud de Landerneau, a été constituée, lors de la Révolution, par la réunion de deux trèves détachées de la paroisse de Dirinon et devenues communes en 1790 : la trève de Saint-Urbain et la trève de Trévarn. En 1792, la commune de Trévarn fut rattachée à Saint-Urbain. Après le Concordat, Saint-Urbain devint paroisse, Trévarn n’étant plus que simple chapelle, dédiée à Notre-Dame.
C’est son statut d’ancienne église tréviale qui explique sans doute l’importance de cette dernière. L’existence d’une église en ce lieu est attestée depuis le Moyen Âge : en 1219 est mentionnée là une ecclesia sancti Baharni (nom de saint obscur) ; en 1324, le village portait le nom de Treffbarn. Ultérieurement, l’église fut dédiée à Notre-Dame-de-Pitié. Aujourd’hui, le placitre est entouré d’un mur d’enclos que l’on franchit par une ouverture encadrée de deux piliers supportant les statues en kersanton de saint Sébastien et de l’ermite saint Antoine. Un calvaire du XVIe s. porte une représentation du Christ aux Liens, une autre du Christ en Croix, le groupe d’une Pietà et, sur les extrémités de la traverse, deux saints dont saint Pierre. Les têtes du Christ en Croix et d’une sainte Femme, dont le style diffère de celui des autres, portent la marque de l’atelier du sculpteur landernéen Roland Doré (première moitié du XVIIe siècle). Hors de l’enclos, une fontaine de dévotion est l’indice, très vraisemblablement, de l’origine ancienne du lieu de culte.
L’église, en pierre de Logonna aux chaudes couleurs, a été construite à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe s. (plusieurs inscriptions portent les dates de 1666, 1683, 1700, 1701, 1719), selon un plan simple de croix latine, avec une abside à pans coupés. La façade occidentale est très dépouillée : un grand mur-pignon dans lequel s’ouvre un portail en plein cintre avec entablement en faible saillie, reposant sur deux colonnes en kersanton, le tout surmonté d’un clocher à une seule galerie, deux chambres de cloches et une courte flèche. Du côté sud, le transept fait une énorme saillie sur le mur gouttereau : de façon inhabituelle, il est percé d’une grande fenêtre et d’une porte en plein cintre datée 1700, (dont l’agrafe représente un angelot) ; elle est flanquée de deux pilastres ; son fronton cintré abrite une statuette de la Vierge. Une porte identique s’ouvre sur la nef, mais l’agrafe est ici constituée d’une simple volute. Une petite sacristie d’angle a été construite entre le bras sud du transept et le chevet.
Les travaux récents n’ont pas encore permis la remise en place de la totalité du mobilier. Le maître-autel en tombeau galbé n’est plus surmonté du retable qui datait de 1781 ; le groupe de la Pietà à quatre personnages, en bois polychrome (XVIIe s.), ainsi qu’une statue de saint Étienne, revêtu de sa dalmatique de diacre, tenant d’une main la palme du martyre et de l’autre les pierres de sa lapidation, reposent sur le plancher du chœur.
La chaire à prêcher a été démontée, et une partie de ses éléments sont remisés dans le bras nord du transept, où un autel est surmonté d’un grand retable du Rosaire, en bois polychrome : dans le corps central, le tableau qui représentait l’Enfant Jésus debout sur le globe du monde, a disparu – il avait lui-même succédé à une représentation du groupe du Rosaire -, mais subsistent treize médaillons sur les quinze traditionnels, et une longue inscription en breton, datant du xixe siècle : Ra zeuio en hano Jesus / Peb glin da staouet en ÂÂ / var an Douar ac en ifern / a ra zeui peb Teod da anzao / penaus on autrou Jesus Christ / a so asezet e gloar Doue an Tad (« Qu’en vienne, au nom de Jésus, / chaque genou à plier, au ciel, / sur la terre et en enfer, / et qu’en vienne chaque langue à reconnaître / comment Notre Seigneur Jésus-Christ / est assis dans la gloire de Dieu le Père ») ; de part et d’autre, des niches encadrées de colonnes torses à pampres abritent, à gauche un groupe de sainte Anne et de la Vierge portant l’Enfant Jésus, à droite un groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (groupe qui, à l’origine, ne figurait probablement pas dans ce retable, puisqu’on peut lire sous la niche le nom de Joseph) ; chacune de ces niches est elle-même surmontée d’une niche plus petite servant de cadre à des statuettes d’évêques non identifiés.
Le reste de la statuaire, dans le transept, comprend un panneau de bois polychrome représentant l’Ascension, une statue de la Vierge tenant un livre ouvert sur les genoux de l’Enfant qu’elle porte sur le bras gauche (c’est Notre-Dame de Trévarn), et la statue d’un saint non identifié.
Au fond de la nef, près de la porte occidentale, deux bénitiers en pierre : l’un, en forme de vasque ovale décorée d’un angelot et d’un écusson martelé, porte la date de 1666, un autre, de forme cylindrique, celle de 1776 ; une pierre tombale en ardoise remonte à 1719.
D’importants travaux de restauration ont été entrepris au cours de la dernière décennie. Entre 1992 et 1996, avec l’aide d’une association locale, la commune a fait procéder à des interventions sur le clocher et la nef. À cette occasion, de graves désordres sont apparus dans la charpente, et un échafaudage de soutien fut placé dans le chœur ; par la suite, la charpente a été entièrement reprise, en gardant le maximum d’éléments d’origine ; arbalétriers, entraits, voliges, couverture d’ardoises ont été changés.
La Sauvegarde de l’Art français a participé au financement de ces travaux pour une somme de 24 392 € qui ont été versés en 2001. "T. D.
— LE GUENNEC (Louis), 1981, Le Finistère monumental, t. III. Brest et sa région, Quimper, 1981, p. 562-564.
— POL DE COURCY signale à Trévarn la présence d'une roue de la fortune comme à Confort
"L'existence d'un lieu de culte à Trévarn est attestée au 12e siècle : lors de la seconde fondation de l'abbaye de Daoulas en 1172 par Guiomar de Léon et sa femme Nobile, l'église Sanctii Baharnii lui fut donnée à perpétuité. Jusqu'en 1805 elle constituait une trêve de Dirinon. L'édifice présente un plan en croix latine avec transept saillant et chevet à trois pans. Sur le bras sud du transept se trouve une petite sacristie de plan carré, greffée à l'est. L'édifice actuel est daté par inscriptions intérieures et extérieures. Les travaux de construction s'échelonnent entre 1682 et 1701. Dans le placître, côté sud, se trouve un calvaire à personnages restauré partiellement par le sculpteur Landernéen Roland Doré vers 1630."
La chapelle de Trévarn est dédiée à Notre Dame. Ancienne église tréviale de Dirinon, elle était au XVIIIe siècle sous le vocable de Notre-Dame de Pitié.
En forme de croix latine avec chevet à pans coupés, elle date de la fin du XVIIe siècle et des débuts du XVIIIe siècle .
Situation
On note, comme c'est la règle pour nombre des chapelles bretonnes, sa situation à 300 mètres en hauteur d'une rivière, ici la Mignonne qui s'achemine vers Daoulas, avec sa fontaine alimentant un petit ruisseau qui s'y jette. Juste en face, sur l'autre rive du vallon, nous repérons les fontaines de Saint-Divy et de Sainte-Nonne, déjà présentées dans ce blog dans les articles consacrés à Dirinon.
Qui dit rivière, dit moulin, et donc propriété des nobles, ou ici sans doute des abbés de Daoulas. Et si ces moulins sont à eau, ils peuvent être moulins à foulons. Voir sur un autre ruisseau, mais dépendant de la trève de Trévarn, le moulin de Guern ar C'hoadig relevant de la seigneurie du Plessis.
On pourra aussi localiser sur la carte les écarts de Cleuz-Braz et de Penbran, retrouvés associés à Trévarn sur les actes paroissiaux.
Le hameau de Cleuz-Bras compte une quinzaine d'habitations sur les cartes.
Les inscriptions font revivre, si on les croise avec les travaux des généalogistes, des familles installées à Trévarn et Cleuz Braz et enrichies dans la production et le commerce des toiles de lin :
"Après une étude sur le cadastre et la toponymie voici 3 ans, Jean-Luc et Marie-Louise Richard persistent et signent une étude « au temps du lin » avec le concours des amis de Trévarn et du patrimoine et de livre échange. C'est en consultant les archives départementales sur les inventaires après décès au XVIII e sur Saint Urbain, que Jean-Luc et Marie-Louise Richard se sont rendus compte que le lin était omniprésent dans les foyers sous la forme de gros fil, de toile fine, de fil d'étoupe, de fil de reparon. Les marchands de toile, les julods étaient nombreux et riches." (Le Télégramme 1-11-2000)
"De la renaissance au siècle des Lumières, les graines de lin en provenance de la Baltique sont débarquées au port de Roscoff et semées sur les terres de la zone côtière riches en alluvions. Semé au printemps dans des terres chaudes, le lin fleurit 100 jours plus tard. Arraché à la main pour récupérer des tiges les plus longues possibles, il subit une suite d’opérations pour séparer les différents éléments qui le composent : graines, fibres, bois. Les opérations de transformation demandent une main d’œuvre importante et qualifiée. La fibre est d’abord travaillée sur place par les paysans (arrachage, égrenage, rouissage), puis vendue pour être transformée dans l’arrière-pays. Teillage, filage et blanchiment sont les étapes suivantes. Les « poull-lin », mare d’eau servant à rouir les fibres de lin, et « kanndi », lieu de blanchissage des fils de lin, témoignent de cette activité. Le fil de lin blanchi et tissé sert à produire des toiles, les « crées », dont la fabrication répond à un règlement. Tissage, pliage, longueur, largeur sont contrôlés au bureau des toiles tenu par les négociants sur la place du Marché, au 1er étage des Halles (aujourd’hui disparues). Elles sont ensuite exportées via les ports autorisés (Morlaix et Landerneau) vers l’Angleterre, l’Espagne et le Nouveau Monde." (Guide EPL)
En effet les "fabriques" de Trévarn, recrutés comme ailleurs parmi les notables aisés, sont parfois qualifiés de "marchands" ou d'Honorable Homme sur les actes paroissiaux.
On sait que les enclos paroissiaux du Léon sont étroitement liés à la prospérité économique générée par le commerce des toiles de lin et de chanvre commercialisés par les ports de Landerneau et de Saint-Pol/Roscoff.
On visite encore les maisons buandières ou kandii, notamment celle de Penbran.
Inscriptions de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 4 juin 2021.
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LES INSCRIPTIONS DANS L'ORDRE CHRONOLOGIQUE.
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Pour mention. Sur la base de la statue de saint Antoine à l'entrée de l'enclos est gravée le nom LEON. Cette statue de kersanton est attribuée à l'atelier Prigent (1527-1577).
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Inscriptions de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 4 juin 2021.
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Inscriptions de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 4 juin 2021.
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Les fonts baptismaux (ou "bénitier"). 1666.
Le bénitier mesure 93 centimètres de haut, 70,7 centimètres de large et 51,5 centimètres de profondeur (Le Seac'h).
La vasque ovale en kersantite est sculptée de godrons en creux et de têtes ailés. Un blason martelé avec l'écu en bannière et encadré de palmes ne permet pas une attribution.
L'inscription en réserve occupe un cartouche :
DOM . GVENOLE. CARIOV/CVRE / F. MORVAN. F: 1666.
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Soit "Dom (dominicain) Guénolé Cariou curé; F[rançois] Morvan fabricien 1666"
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Note : cette vasque m'évoque celles sculptées en kersantite par Jean Le Bescont en 1675 (et 1715) à Ploudiry, et d'avantage encore (à cause des têtes d'anges) celle qu'il sculpta à La Martyre en 1681.
Mais Emmanuelle Le Seac'h attribue (p. 352) la vasque à l'atelier de Roland Doré, tout en mentionnant qu'en 1666, ce sculpteur est décédé. Elle décrit les têtes ailées avec précision :
"Les plumes de leurs ailes sont disposées sur trois niveaux des plus petites aux plus grandes vers le bas. Sur deux têtes, les cous sont ornés d'une collerette froncée. Les yeux aux iris creusées et leurs cheveux méchés disposés comme une perruque rappellent les têtes des gisants ou des nobles du sculpteur."
Elle ajoute :
"Les sculptures ont dû être réalisées du vivant de Roland Doré et la finition avec la datation assurée par des compagnons du sculpteur après sa mort. Que devenaient les ouvriers qui y étaient employés après la mort de leur maître ? Étaient-ils autorisés à copier son style ? C'est peu probable et cette pièce est la seule qui soit retrouvée après sa mort. Les ouvriers ont dû trouver à s'employer ailleurs, peut-être dans l'atelier de Jean Le Bescont (vers 1664-1682)"
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Ces fonts attesteraient d'une construction de la chapelle dès le troisième tiers du XVIIe siècle, en débutant par le fond de la nef, ou plutôt d'un édifice antérieur — dont atteste le calvaire du XVIe siècle — réédifié progressivement en partant de la nef et en progressant vers le chœur.
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1°) Dom Guénolé Cariou.
Je ne trouve pas mention de ce Guénolé CARIOU à Trévarn (on sait que les curés exercent leur fonction dans le bourg dont ils sont natifs), mais une famille CARIOU est établie à Trévarn à cette époque :
On peut lire François Morvan plus probablement que Fabrique Morvan. Plusieurs François Morvan sont attestés à Trévarn, ou à Dirinon, mais un seul est compatible avec la date de 1666.
François Morvan (Dirinon ?- ??) épouse Margaritte Quinnec en 1636, d'où dix enfants dont Goulhen, prêtre qualifié du titre de Messire et né en 1646 ; Nouel (1649-Trévarn 1705), portant le titre d'Honorable Homme, François (1652) et Olivier, marchand qualifié d'Honorable Homme. Sa fille Marie épouse à Trévarn en 1672 François INISAN. Les titres d'Honorables Hommes laissent penser qu'il s'agit d'une famille de marchands de toile, dans ce pays du lin et du chanvre.
Inscriptions de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 4 juin 2021.
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FACE SUD DE LA TOUR DU CLOCHER SOUS LA GALERIE. 1682.
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Elle n'a pas été déchiffrée. Je lis :
MRE : DOM : F : ROLLAND
CVRE : L : QVEMENER
– H : MORVAN : R : 1682
Soit : Messire Dom F. Rolland curé, D. Quéméner [P?], H. Morvan R 1682.
1°) Le curé François Rolland est attesté comme parrain à Trévarn en 1683. La mention Dom signale qu'il s'agit d'un dominicain.
L'acte de baptême d'Alain Morvan le 10 octobre 1683 à Trévarn bourg précise : parrain François Rolland curé de Trévarn.
François Rolland, curé est également mentionné sur l'inscription de 1701.
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2°) L. Quéméner.
Les généalogistes mentionnent Laurent Quéméner Dirinon 1655-Bourg Trévarn 1736, marié à Trévarn en 1679 avec Anne MAGUET Honorable femme, d'où au moins trois enfants mentionnnés lors de son décès, Joseph, Yves, et Goulven. La lettre effacée serait le F. le qualifiant de fabricien.
La famille Morvan est bien attestée à Trévarn. On trouve notamment un Hervé MORVAN (Trévarn, 1652-Bourg, Trévarn, 1723), qui a épousé Catherine Morvan, dont sept enfants dont Olivier né en 1678.
La lettre qui suit son nom, et où je crois reconnaître un R. serait plus volontiers un F.
Inscriptions de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 4 juin 2021.
Inscriptions de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 4 juin 2021.
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Inscription de la sablière nord (à l'intérieur, dans la nef) :1683.
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HONORABLES MARCHANDS PIERRE MOBIAN ET IEAN DENIEL MARGVILLIERS. 1683.
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La mention "marguillier" est équivalente à "fabricien" : ils sont élus chaque année au nombre de deux pour s'occuper des comptes de la fabrique et superviser les travaux.
Après le clocher, la construction progresse d'ouest vers l'est. La nef est bâtie en 1683, puis il faut attendre 18 ans avant de voir s'élever le transept sud et, a priori, le chœur.
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1°) Pierre Mobian.
Il s'agit sans doute de Pierre Le MAUBIAN, né à Dirinon en 1643, marié à Jeanne QUEMENEUR, puis, devenu veuf, avec Jeanne LE ROUX en 1709, mais à Saint-Divy.
Il est né en 1637 et décédé à Trévarn, Cleus Bras, en avril 1703. Il épouse Catherine LE SANQUER en 1675, d'où neuf enfants. Il est qualifié de "marchand de toiles"
Le curé de Trévarn François ROLLAND signe comme témoin au baptême de sa fille Marie en 1679. (cf. inscription de 1682)
En 1692, Anne Maguet, épouse de Laurent QUEMENER est la marraine de sa fille Anne. (cf. inscription de 1682)
Inscription à gauche de la porte du transept. 1700.
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O : MORVAN : ET
G : CARIOV : F :
1700
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Soit O. MORVAN et G. CARIOU f[abricien] [l'an] 1700.
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1°) O. MORVAN fabricien.
Il est plausible de voir ici le fils d'Hervé Morvan de l'inscription précédente.
Olivier MORVAN est né le 22 février 1678 au bourg de Trévarn et décédé le 16 mars 1741 au même lieu. Il aurait donc 22 ans, âge où il peut sans doute être fabricien .
Une plaque tombale en ardoise (voir infra), conservée dans l'église, indique : "Missire Geroum MIOSSEC decede en 1719".
Il est le parrain au baptême de Jérôme LE GALL, fils de François LE GALL et Jeanne LE CANN, demeurant à KLeuz-Braz, en Trévarn : : "le 12.O5.1691, LE GALL Jérôme, ¨Parrain et Marraine Messire Hierosme MIOSSEC, prêtre de Trévarn et Marie ROC'HOU, épouse de Christophe LE CANN du Brettin."
En 1684, un Hierosme MIOSSEC est nommé parmi les prêtres de Loperhet.
La famille MOBIAN est attestée à Dirinon, sans mention de Trévarn, et sans prénom correspondant à l'initiale P.
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4°) D. Cariou fabricien
Sans doute Denis CARIOU, fils d'Olivier, né en 1665 à Dirinon, et décédé à Trévarn Kerguélen en 1721. Il épousa Marie LE MOAL à Trévarn en 1700, d'où 5 enfants.
Les généalogistes signalent René Quillien (1650-1722), d'Irvillac, fils de Jean Quillien (1614 -1689) qui épousa à la chapelle de Trévarn Jeanne Kerdoncuff, dont 10 enfants, parmi lesquels Jean, né en 1682 et Jean, né en 1686.
Inscriptions de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 4 juin 2021.
Inscriptions de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 4 juin 2021.
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La plaque tombale de Jérôme Miossec . 1719.
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Sous un calvaire à trois degrés, l'inscription est encadrée par une étole sommée d'une barrette de prêtre voire de recteur, et centrée par un calice et des palmes. On y lit :
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MISSIRE :
GEROUM:
MIOSSEC:D
ECEDE : 1719
NICOLAS : PER
ROT : OLIER : --- (1721 ?)
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Soit Missire Geroum Miossec décédé (en) 1719. Nicolas Perrot Olier (décédé en ) 1721?
Inscriptions de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 4 juin 2021.
Inscriptions de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 4 juin 2021.
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Le bénitier de 1776.
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Sur un plateau carré occupant la face antérieure du bénitier de granite, on lit :
[a]ENEBA
N JERO
ME 8ALL
1776.
. Soit A Eneban Jérôme Gall (?) 1776.
Ma leçon est confortée par les généalogistes qui mentionnent :
Jérôme LE GALL, baptisée le 18 avril 1753 au manoir de Kerguern à Dirinon, et décédé le 6 décembre 1776 à Trévarn, à l'âge de 23 ans. Il est le fils de Jérôme LE GALL (Kerloziou Dirinon 1718-Cleuz Bras, Trévarn 1781) et de Catherine QUENECADEC (Daoulas 1728-Cleuz Bras, Trévarn 1761), qui furent parents de onze enfants. La mère, décédée à 33 ans, était la fille d'Honorable Homme Jean QUENECADEC et de Gilette KERDONCUFF, de Daoulas.
Quand à la formule initiale, elle est en breton, et on la retrouve sur un monument funéraire de 1914-1918 :
Inscriptions de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 4 juin 2021.
Inscriptions de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 4 juin 2021.
Inscriptions de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 4 juin 2021.
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Le retable du chœur. 1781.
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On y lit au nord :
FAICT PAR MOY -NORLL-1781
et au sud :
CHARLES LE GALL FABRIQUE- 1781
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Inscriptions de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 4 juin 2021.
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La cloche de 1823.
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La face accessible au photographe permet de lire :
A BREST EN 1823 POUR L'EGLISE
MARIE NOELLE PAULINE PERIN
ET MELLE PAULINE DE GOESB
DE CETTE PAROISSE NICOLAS
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Nous la rapprocherons de l'inscription de l'église paroissiale de Saint-Urbain : le parrainage par la famille de Goesbriant leur est commune.
" IAY ETE NOMMEE MARIE THERESE DESIREE PAR HAUT ET PUISSANT SEIGNEUR MONSIEUR LE COMTE ET MADAME LA COMTESSE DE GOESBRIANT. MISSIRE IEAN KERVELLA CURE. TRANVOEZ FABRIQUE. 176( ?)./ETIENNE LE MOYNE MESTRE FONDEUR. "
On sait qu'à la Révolution, les cloches des paroisses du Finistère ont été requises pour être fondues à Brest, à l'exception d'une, nécessaire au tocsin. La cloche de Trévarn n'a sans doute pas été épargnée, et une nouvelle cloche a été commandée à la Restauration.
Pierre Désiré de Goësbriand a été maire de Saint-Urbain de 1813 à 1821 et possédait le manoir de Kerdaoulas ; il traduisit les Fables de la Fontaine en breton. Je ne peux préciser qui est mademoiselle Pauline de Goesbriand.
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Inscriptions de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 4 juin 2021.
Inscriptions de la chapelle de Trévarn en Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 4 juin 2021.
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SOURCES ET LIENS.
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— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice de Saint-Urbain
"L'existence d'un lieu de culte à Trévarn est attestée au 12e siècle : lors de la seconde fondation de l'abbaye de Daoulas en 1172 par Guiomar de Léon et sa femme Nobile, l'église Sanctii Baharnii lui fut donnée à perpétuité. Jusqu'en 1805 elle constituait une trêve de Dirinon. L'édifice présente un plan en croix latine avec transept saillant et chevet à trois pans. Sur le bras sud du transept se trouve une petite sacristie de plan carré, greffée à l'est. L'édifice actuel est daté par inscriptions intérieures et extérieures. Les travaux de construction s'échelonnent entre 1682 et 1701. Dans le placître, côté sud, se trouve un calvaire à personnages restauré partiellement par le sculpteur Landernéen Roland Doré vers 1630."
L'existence d'un lieu de culte à Trévarn est attestée dès le XIIe siècle : lors de la seconde fondation de l'abbaye de Daoulas en 1172 par Guiomar de Léon et sa femme Nobile, l'église Sanctii Baharnii lui fut donnée à perpétuité. Jusqu'en 1805 elle constituait une trêve de Dirinon. L'édifice actuel est daté par inscriptions intérieures et extérieures : les travaux de construction s'échelonnent entre 1682 et 1701.
Le toponyme, anciennement Treb Baharn, puis Trevaharn, qui avait en 1324 la forme Treffbarn trouve là son explication : du breton treff "trève" ou "habitat" et Barn, Baharn nom de saint.
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L'ensemble cultuel, à savoir la chapelle en totalité, le calvaire, les murs de clôture et la fontaine de dévotion est inscrit MH par arrêté du 18 août 1998.
Ce calvaire occupe le coté sud du placître (l'enclos) de la chapelle de Trévarn. Mais il est antérieur à la chapelle actuelle, car le style des sculptures le date du XVIe siècle. Il a été restauré une première fois par Roland Doré —dont le style toute en finesse se reconnaît très bien sur le Christ en croix et sur une tête de Sainte Femme —, et une seconde fois en 1995, grâce à l'Association des Amis de Trévarn et du Patrimoine. À cette occasion, une étude a dû être menée par des experts, et sa lecture serait passionnante, mais elle n'est accessible en ligne.
On peut remarquer, pour estimer la date de son érection, que, sur le territoire de la commune de Saint-Urbain, la croix en kersanton de Croas-Madec porte la date de 1570, que le calvaire en kersanton de l'église est daté de 1575, celui de Cleuz Braz celle de 1580 (ou, Atlas, 1518), tandis que celui du Quinquis porte sur son fût la date de 1543.
Mais puisque Trévarn était une trève de Dirinon, c'est à cette paroisse que nous devons nous intéresser : elle possède encore deux croix du Moyen-Âge, cinq croix du XVe siècle (Ty Croas, Cimetière, Bourg, le calvaire de Croas ar Vossen de La Grange, et Kerniouarn), quatre croix du XVIe siècle (Kermélénec vers 1550, Kergavarec en 1595, Comenec et Trébéolin), et le calvaire de La Croix Rouge réalisé par Roland Doré vers 1640.
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Ce calvaire est décrit dans l'Atlas des croix et calvaires du Finistère par Yves-Pascal Castel en 1980, avec un beau dossier photo de G. Lemoine 2009 sous le n°2882 :
2882. Trévarn, chapelle, l. k. XVIè s., vers 1630. Trois degrés. Socle cubique. Fût rond, écots, Christ lié, console-masque. Croisillon, entrelacs, culots godronnés, statues géminées: Vierge-Paul Aurélien, Jean-Pierre, au revers, angelots nus tenant la couronne d’épines. Croix, fleurons-boules godronnés, crucifix, groupe de la Vierge de Pitié, une tête refaite par Doré. Croix disparue: Pouldour. [YPC 1980]
Mais 15 ans plus tard, et juste avant la restauration de 1995, Yves-Pascal Castel en donna une description et une analyse précieuse. Je me suis permis de l'annoter (en rouge) :
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"Comme tout enclos d'église, Trévarn, trève paroissiale ancienne de Dirinon avait sa croix. On a exhumé récemment le socle de schiste du monument qui précéda le calvaire actuel. On peut découvrir cette dalle derrière le tronc d'un gros chêne à l'ouest de l'enceinte : il porte en son centre une cavité de 25 cm sur 35 cm approximativement, et ces dimensions correspondent à l'embase rectangulaire du fût.
Celui-ci fut érigé vers 1550 par un atelier de pierre de kersanton héritier du style du grand atelier de Bastien et Henry Prigent qui élevèrent le grand calvaire de Plougonven.Ce même atelier des Prigent, actif de 1527 à 1577, a sculpté le saint Antoine qui borne l'entrée dans l'enclos, du coté droit. Emmanuelle Le Seac'h a identifié (Les ateliers de sculpture sur pierre de Basse-Bretagne ...) trois "héritiers" des Prigent, dont l'un est actif à Pleyben en 1555, l'autre, désigné sous le nom pour moi douteux de "Fayet", actif de 1552 à 1563, et dont le style se confond avec celui des Prigent et ne correspond pas à celui de l'anonyme de Trévarn, et enfin Jacques Mazé, actif à Plounéventer en ... 1679 !
À l'atelier Prigent a succédé (dans le temps et le lieu landernéen, et peut-être par compagnonnage) celui du Maitre de Plougastel, actif de 1570 à 1620, et dont les calvaires se remarquent par les hiératisme sévère des personnages.
Ici, à Trévarn, tout comme à La Magdeleine de Briec-sur-Odet, nous pouvons retenir deux caractéristiques stylistiques assez faciles à reconnaître : les cheveux en boule de saint Jean, et des mains très malhabilement exécutées, en large palette digitée. On peut ajouter des drapés de Marie et Jean comparable entre les deux sites. Les éléments propres aux Prigent, les trois larmes des éplorés du Calvaire et des Déplorations, la forme en ovale des figures, la manière de disposer les cheveux avec un jour entre les mèches et l'épaule, les replis accentués des voiles "coqués" de la Vierge, sont absents.
Vu les boutons que porte le fût de Trévarn on se demande si l'érection du monument n'est pas consécutive à quelques recrudescence de la peste sur ces bords-ci de l'Elorn.
L'hypothèse qui attribue les écôts des fûts de calvaires bretons à des épidémies de peste en les comparant à des bubons, d'où leur surnom de croas ar vossen "croix de peste" relève plutôt, de l'avis même de l'abbé Castel, de la légende ; une hypothèse plus sérieuse y voit le rappel que la croix s'apparente à l'Arbre de la Connaissance, pierre d'achoppement d'Adam et Ève qui rendit nécessaire la Rédemption. Ou plutôt de l'Arbre de la Vie, dont une graine a germé, selon la Légende Dorée, de la bouche d'Adam pour former un arbre du Temple de Salomon, une poutre pour la piscine de Siloé, avant de fournir le bois de la Croix.
je crois qu'il s'agit plutôt de l'autre arbre de l'Eden,si l'on s'accorde pour effacer les bubons de la peste, l'arbre de Vie dont la graine placée dans la bouche d'Adam devait faire surgir un arbre pour le Temple de Salomon, une poutre pour la piscine de Siloé, avant d'être retrouvé pour fournir le bois de la croix, selon la légende dorée.
En revanche, on est sûr qu'il subit une grave agression trois ou quatre décennies après sa création. En effet, vers 1630, l'atelier landernéen de Roland Doré est appelé pour le réparer.
Les nombreuses restaurations effectuées à cette même époque semblent devoir être mises en relation avec les dégâts occasionnés au cours des troubles de la Ligue. Roland Doré restaure vers 1630 le calvaire du Quinquis et réalise un Crucifié comparable à celui de Trévarn. Il réalise aussi le calvaire de La Croix Rouge à Dirinon.
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Un monument attachant.
Au travers de ses avatars, l'analyse fine du monument n'en demeure que plus intéressante. Sur un emmarchement à trois degrés le socle cubique porte un fût à écots sur lequel est représenté le Christ lié, un roseau à la main, évoquant la scène de la Passion appelée Dérision du Christ. Le relief pris dans le même bloc que le fût est soutenu par une console au large masque, pur ornement sans signification religieuse particulière.
La branche terminée par des culots à godrons est ornée d'entrelacs et sur le revers deux angelots nus présentent une large couronne d'épines. Les statues géminées, c'est-à-dire à double face, sont à gauche la Vierge à laquelle s'adosse saint Pol terrassant le dragon, et à droite saint Jean appuyé à un saint Pierre. Ce saint Pierre inhabituel n'est pas représenté en apôtre, mais en pape, coiffé de la tiare.
Au revers du crucifix, une Déposition de croix groupe autour de Notre-Dame-de-Pitié portant son fils mort, une sainte femme et une Marie-Madeleine.
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Restauré par Roland Doré vers 1630.
Le travail de restauration du calvaire par Roland Doré n'a pas été une petite affaire. Le sculpteur de Landerneau refait de neuf le Christ, ménageant des trous latéraux dans le pagne destinés à fixer les anges porteurs de calices pour recueillir le sang du crucifié. Cette manière de faire particulière à l'atelier de Roland Doré s'est révélée peu efficace car peu solide. Les anges sont un jour tombés. L'un d'eux a été placé dans la fontaine de dévotion au Nord de la chapelle. Un second a été retrouvé dans le bénitier de la chapelle.
Roland Doré a eu d'autres problèmes à régler. Conservant le corps primitif du saint Jean, il en retaille la tête qui était fort abîmée. [ en légende de la photo de cette statue : "Roland Doré a retravaillé la tête de l'apôtre, dans le bloc même de la précédente qui avait subi de légères mutilations"]. On le voit bien, le style de cette tête, quelque peu menue, ne correspond pas à celui du bas du personnage. Voir discussion infra. En revanche, la tête de la sainte femme à gauche de la pietà étant trop mutilée, Doré en sculpte une nouvelle sans trop se préoccuper du raccord visible sur l'arrière.
Les anciens étaient respectueux du plus humble vestige, le Christ, trop mutilé pour être conservé dans la restauration de 1630, se trouve aujourd'hui posé dans une niche à la façade de l'église paroissiale de Saint-Urbain.
Et l'on se sera peut-être étonné de rencontrer sur ce calvaire cornouaillais, la représentation de Paul Aurélien et non pas celle de saint Corentin. Nous sommes ici sur un territoire proche de Daoulas qui releva longtemps des comtes de Léon et la commune de Saint-Urbain possède un lieu-dit toujours nommé Kerbaol.
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Restauration de 1995.
La restauration actuelle entreprise grâce au journal « Le Pèlerin » va être de réalisation délicate. Le restaurateur de 1995 aura à résoudre des problèmes différents de ceux auxquels fut affronté Roland Doré il y a trois cent cinquante ans. Il s'agit certes avant tout de consolidation d'un monument en relatif bon état. Mais saura-t-on y replacer les anges qui recueillent le sang ? Aux responsables de réfléchir.
L'équipe des restaurateurs bénévoles de Trévarn était composée de Jeanne Jézéquel, Marie-Louise Richard, Hélène Kernéis, Jean-Paul Kernéis conseiller municipal, et Francis Jézéquel, conseiller paroissial. Le président de l'Association était Jean-Luc Richard.
Les anges n'ont pas été replacés.
Et puis profitera-t-on de la liberté qu'on a ici ? Le calvaire n'étant point classé monuments historiques — il le sera en 1998 —, on pourrait envisager de le mettre en valeur. Les sculpteurs d'antan livraient rarement leurs œuvres brutes, sous le coup de l'outil. Ils confiaient au peintre le soin d'en faire de grandes choses polychromes. Une première qui vaut la peine d'être tentée. https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/bc9edb4c78f76877bd9fc64969d3156d.jpg
Le projet de rendre au calvaire sa probable polychromie (dont il ne reste aucune trace) n'a pas été retenu. Une association "Quand les calvaires étaient peints" a repeint trois croix de Plougastel-Daoulas. L'un des mérites de cette idée est, à mes yeux, de protéger sans doute les œuvres de l'attaque, parfaitement révoltante, des calvaires par les lichens nitrophiles, mais d'autres procédés plus conservateurs de lutte contre les saprophytes, et qui préserveraient l'exceptionnelle beauté du kersanton brute, auraient ma préférence.
On verra ici combien le visage de saint Jean, défiguré par les excroissances blanches ou grises des lichens, perd sa lisibilité, et, accessoirement, ne permet plus d'analyser finement l'intervention de Roland Doré.
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Sur cette restauration, voir le dossier photo du blog de l'Association des Amis de Trévarn
En mai 1995, Yves-Pascal Castel, comme pour répondre à ma sainte colère contre les lichens écrit dans un bref article :
"On a pu admirer le travail accompli par Michel Cann de Plounéventer qui a lavé les sculptures. Désormais, les sculptures apparaissent telles qu'elles sont sorties il y a bientôt un demi-millénaire du ciseau des sculpteurs de kersanton. Et le plus étonnant, c'est que chacun s'accorde à dire que débarrassé de ses lourds et disgracieux lichens, le calvaire resplendit de jeunesse. Les "putti" du revers du nœud, en particulier, révèlent la maîtrise des sculpteurs d'antan."
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En août 1995, Yves-Pascal Castel revient sur la description de ce chantier à l'occasion de la bénédiction du calvaire :
"Le remontage récent du calvaire confié à Michel Cann de Plounéventer a été fait de manière originale. Après avoir ceinturé le fût auquel était resté scellé le socle, le tout soulevé fut maintenu en suspens au milieu de l'échafaudage. Cela resta ainsi, tout le temps qu'il fallut pour réorganiser l'assise des degrés du triple emmarchement. On sait que dans cette partie des calvaires les pierres se disjoignent suite à l'envahissement de la végétation et au lavage des joints par les pluies. Il en est qui sont aussi bousculées par des engins lourds qui les accrochent par mégarde. Si on ne remédie pas à ces déplacements, minimes dans les débuts, des désordres graves se produisent qui peuvent entraîner la chute du monument.
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Le dimanche 27 août, l'abbé Kerléguer a procédé à la bénédiction du calvaire dûment consolidé et lavé afin de permettre de mieux en apprécier les sculptures et partant les personnages posés sur es branches.
François Lair du Pèlerin Magazine était présent, ainsi que Alain Denéchaux, président de l'Association Notre-Dame-de la Source, très impliqué dans la sauvegarde de ce qu'on pourrait appeler le petit patrimoine religieux."
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LA FACE PRINCIPALE. LE CRUCIFIÉ ENTRE LA VIERGE ET JEAN. LE CHRIST AU LIEN.
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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
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Le Christ crucifié (kersanton, Roland Doré vers 1630).
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"Les représentations du Crucifié [de R. Doré] sont caractérisées par des corps allongés, aux longs bras noueux et aux torses presque rectangulaires avec les muscles de l'abdomen en forme de poire. Les veines du cou sont saillantes, le Crucifié penche la tête sur le coté droit, les yeux clos. Les pagnes plats sont noués sur le coté gauche. Les visages sont presque émaciés, les joues creuses mangées par une barbe et une moustache aux mèches fines. Les crucifix courts dont le canon est à cinq têtes se différencient des crucifix longs à sept hauteur de tête. " (Le Seac'h)
On remarquera aussi la chevelure qui forme un voile triangulaire de la couronne jusqu'aux épaules.
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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
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"Dans la manière dont Doré a taillé ce Christ, on remarque un détail difficile à expliquer. Auprès de la grosse tête de clou en relief aux creux de chaque paume, est percée une petite cavité peu profonde. Nécessaire, pour fixer le condamné au gibet quand il s'agit d'un Christ en bois, on ne voit nullement la nécessité de pratiquer ce trou dans un Christ en kersanton. Est-ce un clin d'œil malicieux lancé aux ouvriers du bois affairés dans le même temps sur la charpente de l'église ?" (Y.-P. Castel 1995)
L'explication que je suggère est d'imaginer deux anges placés en diagonale entre les mains du Christ et son torse, et tenant le calice qui recueille le sang des plaies (comme nous en avons tant d'exemples, même s'ils sont rares chez R. Doré) : ces trous servent alors à leur fixation.
Le même détail se remarque sur le calvaire de Seven-Léhart.
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La Vierge au calvaire (anonyme, kersanton, vers 1550).
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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
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Saint Jean au calvaire (anonyme, kersanton, vers 1550).
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Je suis incapable — en partie à cause des lichens — de reconnaître ici l'intervention de restauration de Roland Doré. En tout cas, elle est fort minime, car les belles têtes de saint Jean de ce sculpteur, très caractéristiques avec des chevelures proches de perruques bouclées, et très vivantes, n'ont rien à voir avec celle-ci.
"Comme beaucoup d'ouvrages du genre, le calvaire de Trévarn a subi les outrages aux temps troublés de la Ligue. Si bien que, comme on le constate en d'autres endroits, le célèbre sculpteur landernéen Roland Doré a été appelé par la fabrique pour refaire entièrement le Christ. Il en profita pour retailler à même le bloc, avec son ingéniosité habituelle, la tête du saint Jean objet d'avaries de la part de gens qui s'arrêtèrent néanmoins leurs marteaux face au visage de la Vierge." (Castel)
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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
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Comparez avec le saint Jean du calvaire de la chapelle de la Magdeleine à Briec : le port de tête fortement inclinée et tournée vers le Christ, le livre sous le bras, le pli du manteau formant une boucle, la ceinture, et, une fois encore, les cheveux en boules, sont identiques.
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calvaire de la chapelle de la Magdeleine à Briec
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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
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Le Christ aux liens (anonyme, kersanton, vers 1550).
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Cette façon de sculpter en moyen relief un personnage inclus dans le fût, ce qui suppose un débitage important du bloc de pierre initial, est un point commun de nombreux calvaires de Basse-Bretagne.
Le Christ, les bras liés devant le bassin, tient, en dérision de la prétention qu'on lui reproche à la royauté, un roseau en guise de sceptre, sa nudité est recouverte d'un manteau (cape) pourpre, et on l'afflige d'une couronne tressée dans des rameaux épineux. Sa figure devient un exemple de l'abnégation devant les épreuves.
Je ne peux me livrer ici à une iconographie comparée des Christ aux liens de nos calvaires, mais on peut consulter ce travail de Charlotte CIRRET:
Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
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Le culot : un masque disgracieux (anonyme, kersanton, vers 1550).
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On peut y voir une figure démoniaque, équivalent des diablotins qui occupent sur de nombreux calvaires le revers des bras des croisillons.
Ou le vieil Adam ?
Ou, mon hypothèse préférée, l'un des hideux bourreaux ?
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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
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LA FACE ORIENTALE. UNE DÉPLORATION ENTRE SAINT PIERRE ET SAINT POL AURÉLIEN. DEUX ANGES PORTANT LA COURONNE D'ÉPINES.
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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
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La Déploration à quatre personnages (kersanton, anonyme, vers 1550).
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Le dos du Christ, déposé de la croix, dépourvu de sa couronne d'épines , repose sur le genou droit de la Vierge, son bassin sur le genou posé à terre de sa Mère, tandis que sa tête est soutenu par une des saintes femmes (Marie Salomé ou Marie Jacobé, au choix). Son bras droit retombe sur les pieds de Marie, sa main gauche est posée sur le pagne. Seule la plaie du flanc nous est montrée.
La Vierge, les bras croisés devant la poitrine, contemple son visage, d'un air grave. Elle porte, comme il se doit, le voile (au pli à peine marqué au dessus du front) et la guimpe.
Comme toujours, c'est sainte Marie-Madeleine qui me séduit le plus. Non seulement parce qu'elle choisit toujours la meilleure part, la plus humble, cette place près des pieds de son Maître, son Rabouni, qu'elle vénère et qu'elle a jadis baigné d'un parfum hors de prix. Mais aussi parce qu'elle brille par son élégance, ses cheveux défaits et longs, forcément blonds, par sa robe au décolleté carré, par son bustier moulé sur la poitrine (pas un pli), ses manches plissées, par sa taille fine soulignée par une ceinture dont la boucle et l'ardillon, tout comme l'extrémité libre qui retombe verticalement, sont soigneusement détaillés et qui donne le départ de l'éventail du plissé de la robe.
Elle tient une albarelle dotée de son couvercle, et qui contient les aromates destinées à l'embaumement.
Son lourd manteau a glissé de ses épaules et est retombé au dessus de ses reins. Ce détail n'est pas anecdotique, puisqu'il s'agit d'une des caractéristiques de Madeleine au pied de la Croix des calvaires sculptés par les Prigent.
Voir le dernier article qui donne à voir ce détail et en recense l'iconographie :
Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
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Le visage de la sainte femme (kersanton, Roland Doré, vers 1630).
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Il pourrait servir d'archétype de l'art doréen, avec ses paupières soulignant d'un double trait leur forme en amande acérée, ses yeux en drupe et ses pupilles creuses, son nez à la tige fine s'évasant en triangle, sa bouche petite, concave et lippue ou son menton pointu. C'en est en tout cas un bel exemple.
Une fissure en diagonale la menace.
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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
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La Vierge.
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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
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Marie-Madeleine.
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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
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Les anges nus présentant la couronne d'épines sur le nœud du croisillon (kersanton, anonyme, vers 1550).
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Ce tableau faisait l'admiration de l'abbé Castel :
"Érigé dans les années 1550, le calvaire de Trévarn, traditionnel comme tout calvaire analogue, montrait néanmoins une trace de modernité, dans le couple de jumeau qui tient la couronne d'épines au revers du nœud. Les anges médiévaux aux longues tuniques bien plissés ont laissé place ici à des putti ailés entièrement nus, bien dans le ton de la Renaissance et de l'âge classique qui s'annonce."
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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
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Saint Pierre en pape portant la tiare (kersanton, anonyme, vers 1550).
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Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
Le calvaire (vers 1550 et 1630) de la chapelle de Trévarn à Saint-Urbain. Photographie lavieb-aile 3 juillet 2021.
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Saint Pol Aurélien tenant le dragon en laisse avec son étole (kersanton, anonyme, vers 1550).
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On connait sans-doute la légende selon laquelle Pol Aurélien, né au pays de Galles et ayant traversé la Manche pour évangéliser l'Armorique, débarrassa l'île de Batz et la région de Roscoff du dragon qui l'infestait, métaphore du paganisme, en l'asservissant de son étole. Il deviendra le premier évêque du diocèse de Saint-Pol-du-Léon au VIe siècle.
Vous pouvez réviser en lisant mon commentaire sur la jouée des stalles de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon : vous y trouverez le texte des Vita du saint.
— CASTEL (Yves-Pascal), 2001, Les Pietà du Finistère. numéro 69 de la revue Minihy-Levenez de juillet-août 2001. L'auteur y étudie une centaine de Pietà et de Déplorations.
"La commune de Saint-Urbain, située à quelques kilomètres au sud de Landerneau, a été constituée, lors de la Révolution, par la réunion de deux trèves détachées de la paroisse de Dirinon et devenues communes en 1790 : la trève de Saint-Urbain et la trève de Trévarn. En 1792, la commune de Trévarn fut rattachée à Saint-Urbain. Après le Concordat, Saint-Urbain devint paroisse, Trévarn n’étant plus que simple chapelle, dédiée à Notre-Dame.
C’est son statut d’ancienne église tréviale qui explique sans doute l’importance de cette dernière. L’existence d’une église en ce lieu est attestée depuis le Moyen Âge : en 1219 est mentionnée là une ecclesia sancti Baharni (nom de saint obscur) ; en 1324, le village portait le nom de Treffbarn. Ultérieurement, l’église fut dédiée à Notre-Dame-de-Pitié. Aujourd’hui, le placitre est entouré d’un mur d’enclos que l’on franchit par une ouverture encadrée de deux piliers supportant les statues en kersanton de saint Sébastien et de l’ermite saint Antoine. Un calvaire du XVIe s. porte une représentation du Christ aux Liens, une autre du Christ en Croix, le groupe d’une Pietà et, sur les extrémités de la traverse, deux saints dont saint Pierre. Les têtes du Christ en Croix et d’une sainte Femme, dont le style diffère de celui des autres, portent la marque de l’atelier du sculpteur landernéen Roland Doré (première moitié du XVIIe siècle). Hors de l’enclos, une fontaine de dévotion est l’indice, très vraisemblablement, de l’origine ancienne du lieu de culte.
L’église, en pierre de Logonna aux chaudes couleurs, a été construite à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe s. (plusieurs inscriptions portent les dates de 1666, 1683, 1700, 1701, 1719), selon un plan simple de croix latine, avec une abside à pans coupés. La façade occidentale est très dépouillée : un grand mur-pignon dans lequel s’ouvre un portail en plein cintre avec entablement en faible saillie, reposant sur deux colonnes en kersanton, le tout surmonté d’un clocher à une seule galerie, deux chambres de cloches et une courte flèche. Du côté sud, le transept fait une énorme saillie sur le mur gouttereau : de façon inhabituelle, il est percé d’une grande fenêtre et d’une porte en plein cintre datée 1700, (dont l’agrafe représente un angelot) ; elle est flanquée de deux pilastres ; son fronton cintré abrite une statuette de la Vierge. Une porte identique s’ouvre sur la nef, mais l’agrafe est ici constituée d’une simple volute. Une petite sacristie d’angle a été construite entre le bras sud du transept et le chevet.
Les travaux récents n’ont pas encore permis la remise en place de la totalité du mobilier. Le maître-autel en tombeau galbé n’est plus surmonté du retable qui datait de 1781 ; le groupe de la Pietà à quatre personnages, en bois polychrome (XVIIe s.), ainsi qu’une statue de saint Étienne, revêtu de sa dalmatique de diacre, tenant d’une main la palme du martyre et de l’autre les pierres de sa lapidation, reposent sur le plancher du chœur. La chaire à prêcher a été démontée, et une partie de ses éléments sont remisés dans le bras nord du transept, où un autel est surmonté d’un grand retable du Rosaire, en bois polychrome : dans le corps central, le tableau qui représentait l’Enfant Jésus debout sur le globe du monde, a disparu – il avait lui-même succédé à une représentation du groupe du Rosaire -, mais subsistent treize médaillons sur les quinze traditionnels, et une longue inscription en breton, datant du xixe siècle : Ra zeuio en hano Jesus / Peb glin da staouet en ÂÂ / var an Douar ac en ifern / a ra zeui peb Teod da anzao / penaus on autrou Jesus Christ / a so asezet e gloar Doue an Tad (« Qu’en vienne, au nom de Jésus, / chaque genou à plier, au ciel, / sur la terre et en enfer, / et qu’en vienne chaque langue à reconnaître / comment Notre Seigneur Jésus-Christ / est assis dans la gloire de Dieu le Père ») ; de part et d’autre, des niches encadrées de colonnes torses à pampres abritent, à gauche un groupe de sainte Anne et de la Vierge portant l’Enfant Jésus, à droite un groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (groupe qui, à l’origine, ne figurait probablement pas dans ce retable, puisqu’on peut lire sous la niche le nom de Joseph) ; chacune de ces niches est elle-même surmontée d’une niche plus petite servant de cadre à des statuettes d’évêques non identifiés.
Le reste de la statuaire, dans le transept, comprend un panneau de bois polychrome représentant l’Ascension, une statue de la Vierge tenant un livre ouvert sur les genoux de l’Enfant qu’elle porte sur le bras gauche (c’est Notre-Dame de Trévarn), et la statue d’un saint non identifié.
Au fond de la nef, près de la porte occidentale, deux bénitiers en pierre : l’un, en forme de vasque ovale décorée d’un angelot et d’un écusson martelé, porte la date de 1666, un autre, de forme cylindrique, celle de 1776 ; une pierre tombale en ardoise remonte à 1719.
D’importants travaux de restauration ont été entrepris au cours de la dernière décennie. Entre 1992 et 1996, avec l’aide d’une association locale, la commune a fait procéder à des interventions sur le clocher et la nef. À cette occasion, de graves désordres sont apparus dans la charpente, et un échafaudage de soutien fut placé dans le chœur ; par la suite, la charpente a été entièrement reprise, en gardant le maximum d’éléments d’origine ; arbalétriers, entraits, voliges, couverture d’ardoises ont été changés.
La Sauvegarde de l’Art français a participé au financement de ces travaux pour une somme de 24 392 € qui ont été versés en 2001. "T. D.
— DEBIDOUR (V-H.), 1953, La sculpture bretonne, Rennes 1953, p. 109-116
— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Presses Universitaires de Rennes
"L'existence d'un lieu de culte à Trévarn est attestée au 12e siècle : lors de la seconde fondation de l'abbaye de Daoulas en 1172 par Guiomar de Léon et sa femme Nobile, l'église Sanctii Baharnii lui fut donnée à perpétuité. Jusqu'en 1805 elle constituait une trêve de Dirinon. L'édifice présente un plan en croix latine avec transept saillant et chevet à trois pans. Sur le bras sud du transept se trouve une petite sacristie de plan carré, greffée à l'est. L'édifice actuel est daté par inscriptions intérieures et extérieures. Les travaux de construction s'échelonnent entre 1682 et 1701. Dans le placître, côté sud, se trouve un calvaire à personnages restauré partiellement par le sculpteur Landernéen Roland Doré vers 1630."
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1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
"Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)