Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
16 février 2019 6 16 /02 /février /2019 10:15

La verrière de la Création ou baie 120, offerte vers 1550-1560 par la Confrérie de la Charité à l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Un document ethnologique, la procession de la Confrérie.

.

 

 

.

 

.

.

Voir aussi :

.

PRÉSENTATION.

.

 

Les verrières de l'ancienne collégiale Notre-Dame (d'après Gatouillat 2001)

 

L'église Notre-Dame des Andelys, appelée collégiale à cause de la présence d'un collège de chanoines au Chapitre, a été construite, — alors que le duché normand avait été rattaché à la France par Philippe-Auguste par la prise de Château-Gaillard en 1204 —,  en 1215-1220 sur les ruines d'une abbaye de femmes fondée en 511, par sainte Clotilde, épouse de Clovis Ier, et détruite vers 900 par les vikings . Il ne reste rien des vitraux du XIIIe siècle où fut bâti l'essentiel de la nef et du chœur Une seconde grande campagne de construction vers 1330-1345 concerna l'achèvement des façades est et ouest, et la mise en place des voûtes . Au tout début du XVIe siècle, l'édifice connut de grandes transformations , dont témoignent en baie 16 des éléments d'un vitrail dû au verrier Arnoult de Nimègue. 

La campagne concerna le coté sud de l'édifice, correspondant à la reconstruction  des baies et à l'ouverture des chapelles. L'ensemble des baies sud furent vitrées de couleur entre 1510 et 1560. 

Les six  baies hautes du coté sud de la nef illustrent les premiers Livres de la Bible  se succèdent ainsi :

  • baie 120 : Genèse : la Création ; offerte par la Confrérie de la Charité vers 1540-1560.
  • baie 122 : Genèse, l'histoire d'Adam et Ève, vers 1550-1560.
  • baie 124 :  Genèse,  l'histoire de Noé, offerte vers 1550-1560 par Georges Le Picart de Radeval.
  • baie 126 : Genèse et  Exode : Isaac, Joseph et Moïse, datée de 1560, réalisée par Romain Buron.
  • baie 128 : Exode et Deutéronome : histoire de Moïse, datée vers 1560.
  • baie 130 : Deutéronome, Moïse , datée vers 1560, offerte par donateurs non identifiés.

.

Parmi ces six baies, la verrière la plus proche du chœur se distingue par la représentation en son soubassement de la Confrérie de la Charité en procession sur quatre lancettes.

On connaît l'ampleur de développement de ces confréries en Normandie, et en particulier dans l'Eure, dont les membres ou charitons se vouent à la participation aux inhumations et au soutien des familles en deuil, et qui se distinguent par leur costume et par le port d'un chaperon, par leur hiérarchie (maître, prévôt, clerc, tintenellier sonnant ses clochettes et frères), par leurs bannières et leurs torchères ouvragées.

J'ai présenté ces confréries dans un article sur Hauville où je les ai découvert :

http://www.lavieb-aile.com/2018/08/l-eglise-de-hauville-eure-vitraux-anciens-poutre-de-gloire-et-bannieres.html

Nous voyons une procession semblable à Louviers où défile pour la Fête-Dieu la confrérie des Drapiers (vers 1495).

http://www.lavieb-aile.com/2018/11/la-verriere-du-bapteme-du-christ-et-de-la-procession-des-drapiers-de-l-eglise-de-louviers.html

...ou à Pont-Audemer où la procession de la  confrérie de l'Eucharistie occupe le soubassement de deux verrières  en baie 18 et 20 (vers 1515).

http://www.lavieb-aile.com/2018/12/la-verriere-de-la-vie-de-saint-ouen-en-l-eglise-de-pont-audemer.html

http://www.lavieb-aile.com/2018/12/la-verriere-de-l-eucharistie-de-l-eglise-de-pont-audemer.html

Mais sur cette baie 120 des Andelys, nous avons bien affaire à une procession des Charitons des Andelys, à but d'entraide funéraire, comme l'atteste les draps mortuaires que nous allons découvrir. Leur confrérie avait été fondée en 1539, mais une autre, dite du Saint-Sacrement avait été fondée en 1316 en l'église Saint-Sauveur des Andelys.

.

Description de la baie 120.

Haute de 5,20 m et large de 3,80 m, elle se compose de 4 lancettes trilobées et d'un tympan à 4 quadrilobes, 2 mouchettes et 6 écoinçons.

Au tympan débute le récit de la Création : dans les quadrilobes, Dieu sépare les éléments, puis sépare la lumière d'avec les ténèbres et crée les anges, puis il crée le soleil, la lune et les étoiles et enfin  les oiseaux et les poissons.

Au registre supérieur, Dieu crée les animaux de la terre (deux lancettes de gauche) puis Adam et Ève (deux lancettes de droite).

Le registre inférieur montre la procession de la Confrérie de la Charité.

.

 

 

Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

.

TYMPAN.

 

.

"De même que celles du chœur, les fenêtres méridionales de la nef sont ornées de peintures sur verre. Mais si tout parle, sur les premières, du Fondateur et des premiers défenseurs de la Loi nouvelle, tout parle, sur les secondes, de l'Auteur et des prévaricateurs, depuis Adam jusqu'à Nabab, de l'ancienne Loi. Nous allons examiner, l'un après l'autre, les sujets représentés.

Première fenêtre, 1er vitrail, au sommet de l'ogive : « Dieu séparant les éléments. » Dieu est représenté sous la figure d'un vieillard à chevelure et barbe blanches, revêtu d'une tunique de même couleur et d'un manteau rouge flottant, pieds nus, les bras étendus, planant dans une gloire rayonnante, ayant le nimbe entourant, à rayons d'or. La lumière est figurée par des nuages lumineux, les ténèbres par des nuages obscurs, les eaux par un torrent, et la terre par une sphère enverdurée.

2e vitrail : « Dieu, créant la terre. » Dieu vêtu de même, porté sur les nues et entouré d'anges sous la forme de têtes ailées; la terre sous celle d'un globe cerclé horizontalement par le milieu et à demi par la partie haute. La moitié supérieure contient les mers, la moitié inférieure les continente.

3e vitrail : « Dieu créant les astres. » Dieu vêtu de même, debout, marchant sur la terre couverte de plantes; le soleil sous la forme d'une masse ignée et radieuse ; la lune sous la forme d'un disque incandescent et radié; les étoiles sous celle d'escarboucles scintillantes.

4* vitrail: « Dieu créant les oiseaux et les poissons. » Dieu vêtu de même, debout, bénissant; paysage avec rivière où nagent des poissons et un cygne et avec des arbres où sont perchés toutes sortes d'oiseaux.(Brossard de Ruville)

.

.

 

Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

 

LES LANCETTES.

.

Lancette A : Dieu crée les animaux terrestres.

.

Inscription :

TOUT FUT CRÉE PAR DIEU EN SA BONTÉ.

.

Elle appartient à une phrase qui court tout le long des quatre lancettes : "Tout fut créé par Dieu en sa bonté, Ciel, terre et eau et tout ce qui a vie, Lune, soleil, homme hélas frivole Et les pr[ieres] o-- de vi-- pour leur vie". Mais ni E. Didron ni Brossard de Ruville n'ont pu en déchiffrer entièrement le texte avant la restauration en 1864 par Oudinot, j'ignore donc la part qui est réellement ancienne. Je n'en trouve pas la source.

 

"5e et 6e vitrail : « Dieu créant les animaux terrestres. » Dieu revêtu d'un manteau en forme de chape, attaché avec une riche agrafe, debout et bénissant, ayant le nimbe à double cercle, traversé par mille rayons pressés; groupe d'animaux, tels que chevaux, taureau, vache, âne, mouton, chien et lapin; le paradis représenté par un site couvert de plantes, d'arbres, d'un champ de blé mûr, traversé par une rivière et borné par une montagne." Au-dessous des 4 derniers sujets existe une inscription trop mutilée pour être reproduite." (Brossard de Ruville)

.

 

Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

.

Lancette B. Dieu crée les animaux terrestres, suite.

.

Inscription :

 

 

SIEL TERRE ET EAU TOUT CE QUI AT VIE.

.

Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

.

Lancette C et D : Dieu crée la femme à partir de la côte d'Adam.

.

Inscription :

LUNE SOLLEIL ET HOM[M]E LAS FRIVOLLE ET LES PR[IERES ?] DE V--- POUR LEUR VIE.

.

 

"7e et 8e vitrail : « Dieu créant la première femme. » Dieu, vêtu de même, un genou en terre, bénissant; Adam jeune, imberbe, cheveux courts et châtains, couché sur la terre et endormi, la main droite passée sous sa tête et la gauche reposant sur sa cuisse; Ève, longue chevelure blonde, vue à mi-corps, tournée vers son créateur, qu'elle adore; le premier père et la première mère du genre humain entièrement nus : le peintre n'ayant pas su éviter la partie scabreuse du sujet; continuation du paysage précédent, où se voient des lions, une licorne, un renard, un singe et un perroquet.

Les écoinçons représentent des nuages et de la verdure.

Il ne faut pas chercher, dans chaque cadre, la reproduction fidèle de chaque jour de la création.A la vérité tous s'y trouvent, mais point d'une manière tranchée. Le peintre-verrier, on peut le remarquer, a presque toujours fait figurer les êtres avant l'époque fixée par les Livres saints. Ainsi, selon la Bible, le 1e jour la terre n'était qu'une masse informe et vide; sous le pinceau de l'artiste elle a pris la forme d'un globe et s'est couverte de gazon; le 2e jour s'est fait seulement le partage des eaux du ciel, le peintre y ajoute le partage du globe en mers et en terres, qui se fit le 3e. Ce même 3e jour ne furent créés que les plantes et les arbres portant fruits: ils figurent ici en même temps que les animaux aquatiques et amphibies, qui n'ont été créés que le 5e. En dernier lieu, nous ne voyons point la création d'Adam, mais celle d'Eve, qui s'opéra plus tard." (Brossard de Ruville)

.

.

Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

.

REGISTRE INFÉRIEUR : LA PROCESSION.

.

 

 

.

Lancette A. La tête de la procession.

Un enfant de chœur tient le goupillon et le seau d'eau bénite. Puis vient un prêtre (en surplis, l'étole autour du cou, coiffé de la barrette) tenant un missel ouvert, puis le tintenellier portant un manteau à manches mi-courtes bariolé de croisillons, et agitant ses deux cloches. il est suivi de deux confrères portant des bannières ou plutôt des torches. Ceux-ci portent le chaperon bleu en bandoulière sur leur manteau ; ils sont coiffés de la barrette.

.

"Plus bas encore est représenté le portement en terre d'un membre de la confrérie de la Charité. En tête marche un prêtre vêtu d'un surplis et portant un livre à demi ouvert, accompagné d'un acolyte, vêtu de même et portant bénitier et goupillon. Ensuite vient un tintérelleux, vêtu d'une tunique courte et à larges manches, agitant deux clochettes. Suivent deux massiers, vêtus d'une tunique et d'un pardessus ouvert" (Brossard de Ruville)

.

"Le sonneur de tintenelles, le « cliqueteux », bénéficie d’une dalmatique byzantine, d’une mandille plus riche encore. Tout cela, il y a seulement vingt ans, s’en allait au travers des campagnes, sans corbillards, mettant son orgueil à promener à bras les plus lourdes châsses et par les plus mauvais chemins." (Jean de la Varende)

.

Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

.

Lancette B.  Six  "frères servants" précédés de l'échevin et du prévôt portent le cercueil recouvert du drap noir à tête de mort et tibias entrecroisés.

Les quatre premiers frères portent des torchères ; le dernier tient un livre sous le coude. 

Curieusement, les 8 personnages portent la tonsure, comme des clercs. Les frères servants sont vêtus d'une robe flottante gris-noir serrée à la taille par un ruban de même étoffe : c'est sans doute la soutanelle (décrite infra par Jean de la Varende). L'échevin et son prévôt portent leur vêtement civil, un court manteau dégageant aux avant-bras les manches d'une tunique, et des chausses moulantes et de couleur vive et variée.

 .

" quatre frères, vêtus d'une longue robe ceinte aux reins et le chaperon doctoral sur l'épaule gauche, portant sur deux bâtons le cercueil du défunt, recouvert du drap mortuaire; "(Brossard de Ruville)

Extrait des statuts de la confrérie :

 

» Pour gouverner la Charité seront établis un prevost, un échevin, douze frères servants, un greffier et un clerc du nombre des associés en icelle confrairie, demeurant au Grand Andely où en la Madeleine, lesquels, moitié pour le prevost et l'autre moitié pour l'eschevin; tous auront chacun un chaperon bleu, aux dépens de la Charité, qu'ils porteront sur les épaules senestres, toutes les fois qu'ils s'assembleront en corps et feront service à la charité; et, pour distinction des charges, le chaperon du prevost sera bordé de trois passemens bleus et celui de l'eschevin de deux et des autres frères servants, greffier et clerc, d'un seul passement.

Le prevost, l'échevin et les douze frères servants auront chacun une torche de cire, les deux premiers aux frais de la Charité et les autres à leurs dépens , à laquelle torche sera attaché un écusson de bois où sera dépeint la descente du Saint-Esprit sur les Apôtres.

.

J'ai beau scruté le vitrail, je ne vois pas sur les torchères  l'écusson de bois peint de la Pentecôte. Mais je me les représente facilement puisque les Processions des autres vitraux me les ont montré, comme l'ont fait les documents consultés, ou le Musée de Honfleur.

Je scrute encore, et je ne vois pas les passements simple, double ou triple des chaperons, sous forme de bandes de tissu plat "formé par l'entrelacement réguliers de fils d'or, d'argent ou de soie" (CNRTL)

Je poursuis ma lecture des statuts :

"Le prevost et l'echevin serviront pendant quatre années et les autres frères servants chacun deux ans.

Si quelqu'un des frères ou sœurs devient nécessiteux et tellement pauvre qu'il ne puisse gagner sa vie, les prévost et echevin luy pourront subvenir des deniers de la Charité.

Que si quelqu'un des associés à la dite confrairie décédait pauvre et  sans aucun moyen, il lui sera baillé un drap aux dépens de la Charité, pour estre enseveli par les parents du défunt, ou à défaut d'iceux en cas de nécessité, par le frère semainier à l'aide et assistance des autres frères du e mois.

Si c'est un étranger ou autre pauvre personne, encore qu'il ne soit associé, sera assisté par les dits chapelains et porté par les dits frères."

.

"On ne sait pas très exactement quels furent jadis leurs uniformes. Aujourd’hui, leurs signes distinctifs datent, et au plus tard, de la Restauration. C’est cependant très particulier. Ils revêtent d’abord une soutanelle, une blouse longue et flottante de lustrine noire, avec des galons aux manches qui indiquent les grades et les anciennetés.  Ils se couvrent d’une barrette ecclésiastique à trois cornes et houppette de soie, galonnée aussi. Enfin la pièce essentielle, le chaperon : une énorme étole deux fois large comme celle des prêtres, qu’ils se passent en écharpe tel un baudrier. L’étoffe est en velours rouge ou vert, plus rarement noir, entourée de larges franges d’or. Là-dessus, le goût fastueux des brodeurs anciens s’est donné libre cours. Ce sont des épis et des acanthes en ronde-bosse, des raisins et des roses, avec, au centre, un saint Sébastien de carnation. Un saint Sébastien de soie charnelle, de pourpre pâle, dont l’épiderme bien normand, la peau phosphorescente, luit comme une nacre. Les bras levés et attachés, il est tout empenné de flèches, tout tacheté de mouchetures sanguinolentes ; mais ses pieds reposent sur un gazon de vert émail, mitraillé de corolles, de pâquerettes et de coquelicots.

Saint Sébastien est le patron des charitons ; le soldat torturé, le saint des archers normands qui ne le cédaient qu’aux archers d’York, et pour lesquels on plantait dans chaque propriété deux ifs destinés à leurs arcs, bien que l’if empoisonne le bétail. Le saint qui satisfait à la fois notre cruauté et notre habileté, notre santé, puisqu’il échappa à tant de sagettes si bien placées et si justes, et notre chance irréfutable." (Jean de la Varende)

Cette importance de saint Sébastien décrite en 1954 en Pays d'Ouche est également attestée dans les statuts de la Charité des Andelys en 1539 :

 

"Et si aucuns d'iceux associés devenoient ladres [lépreux], la confrairie leur fera dire un service pour infirmes où assisteront les dits frères servants et à la fin seront distribués treize deniers aux pauvres et de là les dits servants convoieront le dit ladre jusqu'à la maladrerie et assisteront le curé à toutes les cérémonies, prières et œuvres qu'il fera pour le dit ladre.

 La Charité fera dire tous les ans trois messes hautes, deux dans  l'église Nostre-Dame à l'honneur de monsieur saint Sébastien le mardi devant les Rogations et la troisième dans l'église Saint-Jean, en l'honneur de monsieur saint Rocq, le jour de sa feste."

Saint Sébastien et saint Roch sont les deux saints invoqués contre la peste, ce qui atteste ici du rôle crucial des épidémies ("lèpre", "peste" se confondaient à l'époque) de peste  et de la peur de mourir sans être inhumé par des paroissiens qui craindraient la contagion. Ce rôle fondateur des maladies contagieuses  est clairement spécifié dans les statuts :

"L'institution principale de la confrairie a été pour enterrer sainctement les corps des frères associés, de quelque maladie qu'ils soient morts, soit de peste ou autre maladie contagieuse dont, par la grâce de Dieu, il ne s'est jamais ouï parler qu'il en soit mal pris à un des frères servants depuis l'institution de la Charité jusqu'à présent, ce qu'il plaira à Dieu continuer tandis que la Charité durera, afin que les corps ne demeurent sans sépulture, il est arrêté que les dits servants assisteront aux inhumations des trépassés en la manière qui suit."

Selon Jean de la Varende, les cloches du tintennelier, aussi nommée "cliquette" dans les statuts, est précisément destinée à l'origine à écarter les passants face au danger des émanations pestilentielles du défunt, comme devait le faire les lépreux lorsqu'ils s'éloignaient des maladreries où ils étaient réunis :

"Les paysans du pays d’Ouche disent « campunelles », parfois, pour leur cloche processionnelle, et c’est évidemment une altération rurale de « campanelle », la petite cloche ; mais il y a plus significatif. Un des sonneurs spécialisés, qui remporta le grand prix du tournoi sonore, nous assurait que son père disait « tartavelle », et cela pourrait faire réfléchir. La tartavelle, en effet, dans les glossaires, désigne en langage courant, patoisant, la crécelle des lépreux ; la cliquette au moyen de laquelle le lépreux faisait le vide autour de sa promenade. L’emploi de la tintenelle aurait donc eu pour dessein, non d’appeler les gens à concourir au convoi, mais, bien au contraire, à les en écarter."

La confrérie est  une sorte de mutuelle, payante, pour se protéger du risque de manque d'inhumation digne, mais se charge-t-elle en  équivalent de Pompes Funèbres paroissiale  de l'enterrement de tout un chacun ? 

"Toute personne de l'un et de l'autre sexe indifféremment, peuvent être associez en icelle confrairie, payant toutes les semaines chaque personne un dénier et en donnant quelque argent selon sa dévotion,  lorsqu'elle sera reçue et associée en la dite confrairie; laquelle en se faisant amortir paiera pour une fois quatre livres au profit de la Charité." (Ier article des statuts)

La confrérie a un vrai monopole des funérailles :

"Il est ordonné que, à toutes les inhumations où elle assistera, la Charité sera préférée, pour porter le corps des trépassés, à toutes les autres confrairies érigées à Nostre-Dame ou à la Madeleine, soit qu'elles soient  anciennes ou non; sans qu'il soit permis aux autres confrairies ou charités  des villages voisins de s'introduire ou de s'entremettre de façon quelconque, pour venir dans Andely porter les corps en terre, ou d'assister en corps de confrairie au convoi, sous ombre que les trépassés seraient de leur confrairie, pour éviter aux abus et inconvéniens scandaleux qui pourraient survenir"

Mais la confrérie de la Charité mérite néanmoins son nom :

"Le jour du Saint Sacrement, après les vespres du chœur, les dit frères servants laveront les pieds de douze pauvres dans la chapelle de madame sainte Clotilde, en commémoration de ce que Nostre Seigneur a fait avec ses apostres; à chacun desquels pauvres sera distribué trois deniers, un pain d'un sol et un morceau de chair et outre sera fait de même par le semainier à tous les pauvres nécessiteux qui se trouveront à la dite solennité; mesme sera bény un pain parle curé semainier, le quel sera distribué aux chapelains, frères servants et à tous ceux qui se trouveront aux dites cérémonies, le tout aux dépens de la Charité."

.

 

Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

.

Lancette C. Sept chapelains, livre sous le bras, suivent le cortège, tout en discutant. Ils sont tous vêtus de la même robe noire serrée à la taille par un cordon, portent le chaperon bleu rejeté par dessus l'épaule gauche, et  sont tous coiffés de la barrette.

 

.

"huit frères, vêtus de même, ayant un livre sous le bras," (Brossard de Ruville)

 

.

Extrait des statuts :

 

"Seront établis sept chapelains, prestres, pour faire le service de la dite Charité, lesquels auront pareillement un chaperon bleu, aux dépens de la dite Charité, qu'ils porteront sur l'épaule senestre toutes les fois qu'ils seront employés pour la Charité et si auront chacun une torche à leurs dépens aux écussons de la dite Charité, qu'ils seront tenus de porter allumée aux inhumations des frères servants trépassés et seront les dits chapelains nommés par le prévost, échevin et frères servants, à la pluralité des voix  et presteront serment devant le curé semainier de l'église Nostre-Dame.

 Sera tenu le clerc de la dite Charité d'avertir les chapelains et frères  servants deux heures avant l'enterrement, de se trouver aux inhumations, services et prières que la Charité est tenue de faire pour ses frères trépassés,  en allant aux maisons d'un chacun, vestu d'une robe bleue avec le chaperon sur l'épausle que la Charité lui fournira. 

Le dit clerc sera tenu toutes les semaines à la minuit des dimanches, mardis et jeudis, aller par les rues d'Andely avec sa robe et cliquette, pour avertir par un cri public qu'il fera à chaque carrefour les frères et associés de prier Dieu pour les trépassés et sera tenu de faire le cri à la porte des prevost, échevin et frères semainiers."

 

.

Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

.

Lancette D. Huit charitons, richement vêtus de costumes civils. 
.

Les bas, ces collants multicolores, les amples manteaux courts au dessus de tuniques également courtes, les petites fraises du col, les barbes et les coiffures, ou les chaussures à extrémités élargies, témoignent de la mode sous Henri II.

Le chaperon bleu de l'épaule "senestre" descend jusqu'à la cuisse ; il s'épanouit en son sommet dans une sorte de rosace rappelant celle de l'épitoge des avocats.

La gravité des frères servants en tête du cortège n'est plus de mise ici. Les regards se mobilisent, chacun observe son voisin et réajuste sa tenue comme s'il arrivait précipitamment. Le peintre-verrier n'est pas dépourvu d'humour.

"et au dernier rang plusieurs bourgeois, vêtus comme les massiers. Tous les assistants sont coiffés d'une petite toque carrée." (Brossard de Ruville)

.

Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

 

.

La procession de la Confrérie à la Pentecôte

Je ne suis pas convaincu qu'il s'agisse sur ce vitrail de la représentation d'un cortège funèbre (qui ne convoquerait pas l'ensemble des membres au grand complet), et je pense plutôt à la procession annuelle de la confrairie. Celle-ci est bien spécifiée dans les statuts : 

 "Tous les ans après la feste de la Pentecoste, à la commodité des frères, l'on fera le voyage à Nostre-Dame de Grâce, auquel assisteront tous les membres de la confrairie. Et iront en corps avec leur chaperon les dits chapelains et servants depuis l'église de Nostre-Dame jusqu'à la croix du mont de Cléry, depuis la croix de Port-Mort jusqu'à la croix de Saint-Pierre la Garenne et depuis le haut du village de Grâce jusque dans l'église où sera dite une haute messe par le curé semainier en l'honneur de la glorieuse vierge Marie. Et les dittes prières accoutumées estant dites, les dits chapelains et frères reviendront en corps en même ordre que dessus jusque dans Nostre Dame d'Andely en laquelle l'on chantera devant l'autel de la Vierge derrière le chœur Salve Regina avec l'oraison."

 

C'est un trajet considérable allant du Grand-Andely à Saint-Pierre-de-Bailleul soit 40 km aller et retour, nécessitant de traverser la Seine (entre Port-Mort et Saint-Pierre-la-Garenne, mais il n'y a pas de pont), avec des dénivelés (la Croix de Clery est à 148 m) et la traversée de la Forêt des Andelys. 

 

.

Il est intéressant de constater que de nombreux éléments de cette séquence se retrouve dans l'enluminure de l'Office des Morts  des Heures d'Étienne Chevalier peinte par Jean Fouquet entre 1452 et 1560 :

.

Les funérailles d Étienne Chevalier, enluminure de l'Office des Morts. Jean Fouquet — R.-G. Ojeda, RMN ; expositions.bnf.fr

 

 

.

.

SOURCES ET LIENS.

— AZARD (Marie-Magdeleine), 1983,  Histoire des Andely et de ses hameaux. Horvath editions

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3325844b.texteImage

http://tresorscolores.com/wp-content/uploads/2018/03/histoire-des-andelys-et-ses-hameaux1.pdf

— BROSSARD DE RUVILLE, 1863, Histoire de la ville Andelis et de ses dépendances,Volume 1, Delcroix, 987 pages, page 435.

https://books.google.fr/books?id=IEIbAAAAYAAJ&dq=armoiries+longuemare+d%27azur&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

et les statuts page 385:

https://books.google.fr/books?pg=PA386&dq=ruville+andelys+%22Le+jour+du+Saint+Sacrement%22,&id=IEIbAAAAYAAJ&hl=fr&output=text

DIDRON (Edouard), 1862, Les vitraux du Grand-Andely, dans Annales archéol., XXII (1862), 260-293. ou édition de 1863 par V. Didron, page 13

https://archive.org/details/annalesarcholo22pariuoft/page/260

https://books.google.fr/books?id=1AMtAAAAYAAJ&dq=%22saint+l%C3%A9ger%22+andelys&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— FOSSEY (abbé Jules) 1914, L'Art religieux dans les diocèses de Rouen et d'Evreux... La Bible illustrée par les vitraux et bas-reliefs de la Haute-Normandie

Édition : Evreux, Impr. de l'Eure , 1914. In-8°, 129 p.

— GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), HÉROLD (Michel), 2001, Eglise Notre-Dame du Grand-Andely, ancienne collégiale  in Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France vol. VI, Paris, CNRS, 2001. p. 103.

HEROLD (Michel) ; Verdier Hélène ; Thomas Sarah ; Chéron Philippe © Monuments historiques, 2005 : Notice PM27001971

http://www.inventaire.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=DENO&VALUE_98=verri%e8re&NUMBER=27&GRP=7&REQ=%28%28verri%e8re%29%20%3aDENO%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=200&MAX3=200&DOM=Tous

— LA VARENDE (Jean de), 1954, Une révolte de Charité, Revue de Paris 61e année n°1

http://www.biblisem.net/narratio/lavarevo.htm

.

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
16 février 2019 6 16 /02 /février /2019 00:58

Zoonymie des Odonates : étude des noms du Ceriagrion tenellum (de Villers, 1789), "le Cériagrion délicat".

.

 

.

 

 .

Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

.

.

 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

 

.

ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

.

Résumé :

Ceriagrion, Selys, 1876 : Bull. Acad. Belg. 41:1235. Sélys distingua en 1876 plusieurs [sous-]genres du genre Agrion parmi lesquels Ceriagrion, Leptagrion et Pseudagrion. Ceriagrion se comprend comme  "Agrion d'un  jaune de cire" (du latin cereus, a, um, à la couleur de cire")", car les noms de l'espèce-type du genre,  C. Cerinorubellum Bauer 1865,  et  son synonyme junior A. cerinum Rambur 1842 se fondent sur cette étymologie.

tenellum, de Villiers 1789, Linn. Ent. 3:15 :  diminutif du latin tener = tendre, délicat ", que la description originale ne justifie pas  ; l'allure frêle est celle de tous les Zygoptères . Peut-être pour la délicatesse de la couleur rouge ? 

— Noms en français : 1°) "La Thérèse" (Villers, 1789) ; 2°) "L'Agrion tendre", Sélys, 1850 ; 3°) "L'Agrion délicat" P.-A. Robert, 1958 ; 4°) "le Cériagrion délicat", Jourde in Diskstra 2007.

— Noms en d'autres langues :

-en catalan : El Ferrer cama-roig 

-en allemand : Die Scharlachlibelle (Libellule écarlate) uch Zarte Rubinjungfer ( délicate Rubinjungfer) oder Späte Adonislibelle  (  libellule Adonis tardive )

- en néerlandais : De koraaljuffer 

-en frison :  Read hopke Read hopke, Simmerfjoe

- en anglais : The small red damselfly 

.

 

.

LE NOM SCIENTIFIQUE.

.

LE NOM DE GENRE CERIAGRION SELYS, 1876.

[Sous-genre Cériagrion] Sélys-Longchamps, 1876, "Synopsis des Agrionines, le grand genre Agrion, Seconde partie" Bulletins de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, 2ème série tome 42, Bruxelles, M. Hayez, 1876 pages 525-526

.

1°)Préalable a) la classification des sous-genres d'Agrion :

tome 41 pages 247-322 et 1233-, page 1235

https://www.biodiversitylibrary.org/item/28491#page/1271/mode/1up

"Les huit sous-genres à ailes plus pétiolées appartiennent exclusivement, au contraire, aux contrées tropicales et australes, savoir, dans l'ancien continent: Pseudagrion, Xanthagrion, Ceriagrion et Argiagrion; et dans l'Amérique: Anisagrion, Telagrion, Leptagrion et Erythragrion.

Dans les huit premiers sous-genres, munis d'une épine vulvaire, et décrits plus haut dans la première partie du grand genre Agrion, une répartition géographique analogue se retrouve, l'hémisphère boréal froid et tempéré ne possédant que les Ischnura et Enallagma, à ailes peu pétiolées, représentées aussi par quelques groupes voisins dans les autres zones, savoir, les Cerutura, Anomalagrion et Anphyagrion de l'Amérique chaude.

Quant aux sous-genres de la première partie, à ailes plus pétiolées, ils sont exclusivement tropicaux; les Oxyagrion et les Acanthagrion en Amérique, et les Xiphiagrion en Malaisie.

1° Section : Secteur inférieur du triangle naissant avant la nervule basale postcostale (sous-genres habitant surtout l'hémisphère boréal tempéré).

A. Des taches postoculaires claires circonscrites.

a. Abdomen extrêmement grêle, son dessin presque semblable dans les deux sexes; coloration vert métallique .  Nehalennia.

b. Abdomen moins grêle, son dessin différent selon le sexe; coloration moins métallique . Agrion.

B. Pas de taches postoculaires circonscrites.

a. Coloration rouge Pyrrhosoma.

b. Coloration bronzée sur fond bleu ou jaunâtre.  Erythromma.

2° Section : Secteur inférieur du triangle naissant à la nervule nasale poscostale, ou à peine auparavant.

§ 1". — Sous-genres de l'ancien continent:

A. Des taches postoculaires claires circonscrites. Abdomen grêle ou médiocre à dessin différent selon le sexe.

a. Prothorax de la femelle muni au bout de deux tiges renversées en avant Pseudagrion.

b. Prothorax de la femelle simple : Xanthagrion.

B. Pas de taches post oculaires circonscrites.

Abdomen médiocre a dessin presque semblable dans les deux sexes.

a. Coloration jaune ou rougeâtre. Cils des tibias médiocres :  Ceriagrion.

b. Coloration verte et noire. Cils des tibias longs, très-divariqués (♂ inconnu) : Argiagrion.

.

2°) la description originale   : 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/107938#page/533/mode/1up

.

"Sous-genre 15. — CERIAGRION , de Selys. 
Agrion, Fab., Ramb., Burm. 
Secteur inférieur du triangle naissant à la nervule basale postcostale (ou un tant soit peu auparavant), cette nervule placée plus près de la 1ère- que de la 2e antécubitale. Ptérostigma en losange, semblable aux quatre ailes; 10-15 nervules postcubitales. 
Pas de taches postoculaires circonscrites. 
Lèvre inférieure fendue dans son tiers apical environ, à branches un peu distantes. 
Tête, thorax et abdomen médiocres. 
Coloration générale jaunâtre orangée sans taches, ou mélangée d'olivâtre. Cils des tibias médiocres, peu divariques (5-6 aux postérieurs en dehors). Onglets à dent inférieure plus courte que la principale. 

10e segment échancré. Appendices anals supérieurs courts, épais; les inférieurs subcylindriques, un peu plus longs. 
♀ Pas d'épine vulvaire. Coloration presque semblable. 
Patrie : Afrique et Asie Tropicale. Malaisie. 
C. cerinorubellum, — glabrum. — Coromandelicinum (et race? melanurum). 

NB, Les Ceriagrions sont reconnaissables à l'uniformité de leur livrée. Le noir et le bronze n'entrent pour rien dans leur coloration, excepté sur les quatre derniers segments de la race melanurum du coromandelianum
Ils ont du rapport arec les Xantagrions de l'Australie; mais chez ces derniers le noir entre dans le dessin, délimite des raies postoculaire, et  se montre aussi sur I'abdomen; enfin cette dernière partie, chez les femelles , est autrement coloriée que chez les mâles. "


 

 

 

 

ÉTUDE DU NOM DE GENRE CERIAGRION.

Sélys a distingué en 1876 plusieurs sous-genre du genre Agrion créé par Fabricius en 1775 (invalide) en plaçant devant le nom Agrion un suffixe, créant ainsi  Pseudagrion, Xanthagrion, Ceriagrion et Argiagrion ; et dans l'Amérique : Anisagrion, Telagrion,  Leptagrion  et  Erythragrion. L'origine du suffixe ceria- n'est pas à rechercher directement dans le latin cereus, a, um "en cire" ou "couleur de cire" bien que l'auteur souligne la coloration générale jaunâtre orangée sans taches, ou mélangée d'olivâtre, et qu'il ajoute que "les Ceriagrions sont reconnaissables à l'uniformité de leur livrée", sans  noir ni bronze . Ce suffixe renvoie à l'espèce-type du genre, cerinorubellum décrite par  Bauer.

Or, celui-ci renvoyait dans sa description à deux autres espèces :  Agrion cerinum de Rambur et Agrion tenellum de de Villers : "

"Ich hielt diese Art für Ag. cerinum Rbr., doch gibt Rambur bei diesem die unteren Anhänge kurz an. Aehnlich sind die Anhänge von Ag. tenellum De Vill. gebildet." (Bauer, "Auf der Fregatte Novara gesammelte Libellulen" , in  Verhandlungen der Zoologisch-Botanischen Gesellschaft in Österreich:, Die Gesellschaft, 1865 Volume 15 page 511.

https://books.google.fr/books?id=rXFRAQAAMAAJ&dq=brauer+1865+++%22cerino-rubellum%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Bauer a réunit en un seul nom les espèces Agrion cerinum (Rambur)  et Agrion rubellum (Vander Linden).

 C'est dans l' Agrion cerinum décrit en 1842 par P. Rambur, (Hist, nat. Ins. Neuropt., Paris: 279) que nous trouvons la référence explicite à la couleur jaune de la cire :

 

"27. AGRION CERINUM, mihi.

Flavum; appendicibus superioribus truncatis brevissimis, crassis, inferioribus brevibus conicis, sabacutis, incurvis.

Ressemblant au Rubellum, mais plus grand ; d'un jaune un peu obscur et verdâtre sur le thorax. Tête ayant en dessus une large bande d'un brun roux, peu marquée. Bord postérieur du prothorax arrondi, peu élevé; thorax d'un jaune verdâtre ou bleuâtre, un peu bronzé en dessus, d'un jaune blanchâtre en dessous, n'ayant pas de lignes ou bandes apparentes. Abdomen d'un jaune de cire ; un peu obscur sur les derniers segments; bord postérieur du dernier beaucoup plus profondément échancré, et d'une manière circulaire, que chez le Rubellum ; appendices ressemblant un peu à ceux de cette espèce, les supérieurs très-courts, tronqués, épais, ayant la forme d'un tubercule , beaucoup moins larges; les inférieurs courts, mais beaucoup plus longs que chez le Rubellum, presque coniques, un peu courbés en dedans, terminés en pointe un peu courbée par en haut. Pattes jaunes. Ailes transparentes ; ptérostigma d'un jaunâtre sale. Du Sénégal et de Bombay. M. Guérin me l'a communiqué de Pondichéri. Je n'ai pas vu la femelle."

https://books.google.fr/books?id=TPoVPPS8I0QC&dq=rambur+Agrion+cerinum&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

C'est donc en se fondant sur des données historiques valides que nous pouvons écrire :

Sélys distingua en 1876 plusieurs [sous-]genres du genre Agrion parmi lesquels Ceriagrion, Leptagrion et Pseudagrion. Ceriagrion se comprend comme  "Agrion d'un  jaune de cire" (du latin cereus, a, um, à la couleur de cire")", car les noms de l'espèce-type du genre,  C. Cerinorubellum Bauer 1865,  et  son synonyme junior A. cerinum Rambur 1842 se fondent sur cette étymologie.

.


 

Zoonymie des Odonates : étude des noms du Ceriagrion tenellum.
Zoonymie des Odonates : étude des noms du Ceriagrion tenellum.

.

.

LE NOM D'ESPÈCE TENELLUM, VILLERS, 1789.

[Libellula tenella]  VILLERS (Charles de) 1789, 

Villers, C. de 1789. Caroli Linnaei entomologia, faunæ Suecicæ descriptionibus aucta; DD. Scopoli, Geoffroy, De Geer, Fabricii, Schrank &c. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliæ Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata. Tomus tertius. - pp. [1], 1-657. Lugduni. (Piestre & Delamollière), page 15.

https://books.google.fr/books?id=-sJ9Goxa4DMC&pg=PP7&lpg=PP7&dq=Caroli+Linnaei+entomologia,+faun%C3%A6+Suecic%C3%A6+descriptionibus+Tomus+tertius&source=bl&ots=JiGx3ApH3X&sig=ACfU3U345rBjODkcXDdhAM-PuBzVkM8TfA&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiBkd3C4LjgAhXR8eAKHUm6D8cQ6AEwCXoECAEQAQ#v=onepage&q&f=false

BIOGRAPHIE DE CHARLES DE VILLERS  (librement écrite d'après la Notice d'Etienne Mulsant)

Une amie de sa mère.

Charles Joseph de Villers (ou Devillers) est né à Rennes le 24 juillet 1724, mais ce n'est pas la Bretagne qui bénéficia de ses talents, car après le décès de sa mère et le remariage de son père, il eut à souffrir, alors qu'il n'avait pas dix ans, de la jalousie de la nouvelle épouse qui exigea son expulsion vers la capitale avec trois écus en poche. Heureusement, une amie de sa mère lui prodigua à Paris la tendresse nécessaire, ainsi que l'instruction qui le mena, dès ses dix-huit ans, à enseigner la physique. 

Madame Veuve Meynard.

Il perdit sa bienfaitrice mais le hasard fit qu'en 1753, il entreprit un voyage à Lyon ; "Son séjour dans cette ville devait être de huit jours seulement; une circonstance heureuse l’y retint pour le reste de sa vie. Il avait rencontré, dans Mme veuve Maynard , un nouvel ange tutélaire; il avait retrouvé près d’elle ces soins généreux dont les savants, les hommes de lettres et les artistes, ordinairement oublieux des intérêts matériels , sentent plus que tous les autres le besoin.

 "De Villers, né avec une âme noble, un cœur sensible aux bienfaits, éprouva de nouveau un de ces attachements vivaces qui survivent à la perte de l’objet qui les inspire. Long—temps après la mort de cette dame, à laquelle il se plaisait à donner le doux nom de mère, ses yeux se mouillaient de larmes de reconnaissance au souvenir de ses bontés."

Le voilà dégagé de tout souci domestique et  financier : il papillonne, s'enthousiasmant pour "ces corps célestes qui tournent au dessus de nos têtes" avec Fontenelle, puis avec l'abbé Pluche aux secrets de la petite araignée, de l'industrieuse abeille et du rusé fourmilion. Il se pique de sciences naturelles.

Veuve Meynard lui ouvre dès 1753 la porte de la Société des Beaux-Arts de Lyon. En 1764, celle de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon s'ouvre à son tour devant lui.

Il botanise dans le Lyonnais , il pousse ses excursions avec Fleurieu de La Tourette, Gilibert, Tissier, Le Clerc de la Colombière jusqu'à la Grande-Chartreuse et à Grenoble. 

On lui présente les sommités locales, comme le P. Lefèvre,  l'érudit oratorien , ou de Laurencin , ou les illustres frères  Montgolfier, inventeur des aérostats (Villers en rend compte en 1784 à l'Académie) , mais aussi le minéralogiste Courvoisier,, et surtout  Commerson, le célèbre botaniste dont il avait suivi les pas. Il devient leur ami. 

Il se plait à élever, parmi les oiseaux, ceux qui causent.

Ayant vendu en rente viagère  pour 200 fr son magnifique cabinet de curiosité parisien, il en  constitue un autre  à Lyon qui fait l'admiration de tous. Il ouvre aussi un cabinet de physique en 1788.

.

Mademoiselle Chantepinot.

Est-ce elle qui l'initie à la chasse aux papillons ? L'Histoire ne le dit pas, mais, une fois devenue son épouse, c'est elle qui épingle les insectes et les classe inlassablement dans des boites en carton à double vitre. De Villers avait un cabinet meublé de haut en bas de ces sortes de petites châsses , sur les tranches desquelles était inscrit le nom de l’individu qui s’y trouvait enclos. C'est encore la Chantepinot qui  rédige de son élégante écriture les étiquettes, Charles ayant horreur de ce qu'il nommait des pattes de musca. Et c'est sans doute en sa charmante  compagnie qu'il se rend la nuit au château de Montribloud (sur la commune de Saint-André de Corcy dans l’Ain) chez son riche ami Christophe-François Nicolau de Montribloud, receveur général des deniers communs, dons et octrois de la Ville et communauté de Lyon, c’est-à-dire : trésorier municipal. Là,  dès que les ombres commençaient à couvrir la terre , il allume un certain nombre de flambeaux dans une des chambres le plus favorablement tournées vers les bois et les prairies , et attire, par ce procédé peu usité encore, une foule de lépidoptères nocturnes. Les espèces nombreuses qu’il se procure par ce moyen, lui permirent de fournir des matériaux précieux pour l'ouvrage qu’écrit le Père Engramelle, et dont M. Gigot d’0rcy, fermier général, amateur éclairé des sciences, se charge de faire les frais.

Voir mon article sur Engramelle :

http://www.lavieb-aile.com/article-histoire-des-noms-francais-de-papillon-ii-engramelle-119754156.html

 

.

Devillers mène ses grandes manœuvres entomologiques si activement et avec un tel engouement pour les idées de Linné que Lyon devient bientôt le second bastion du linnéisme après Montpellier. 

Dans son esprit  un projet est depuis longtemps arrêté  :  publier la partie entomologique du Systema naturae de Linné, y ajouter les paries du Fauna suecica, et  ajouter aux descriptions des espèces connues du Pline du Nord, celles de tous les insectes découverts jusqu’alors par les naturalistes qui avaient marché sur ses traces. Autrement dit, un Etat actuel de la science entomologique. En 1780, il fait paraître le prospectus de cet ouvrage. Un riche négociant de Lyon, possesseur d’une collection rapidement grossie, grâce à de nombreuses relations, M. Imbert Colomès, veut bien mettre à sa disposition tous les trésors de son cabinet. Le savant et respectable curé de Toussieux en Dauphiné, M. Villars, apporte aussi quelques pierres à l’édifice qu’il se propose d’élever; et bientôt  l’ouvrage sur lequel devaient reposer ses principaux titres de gloire touche à sa fin :je veux parler de l’Entomologie de Linnée, dans laquelle il avait refondu les parties de la Faune de Suède qui y ont_rapport, et ajouté les découvertes faites dans la science par Geoffroy, Scopoli, de Géer, Schranck, Fabricius et par lui-même. Il met la dernière main à ce travail en 1788. Las, son manuscrit était en français; le libraire Piestre et Delamollière , pour s’en charger, exigea sa transcription en latin, comme étant la langue le plus généralement employée parmi les savants (on sait que l'ouvrage de Geoffroy, publié en 1762 sans noms latins binominaux, a du être republié en 1785 par de Fourcroy) . Charles se soumet à cette condition , et, quelques mois après, les 4 tomes de son livre vit le jour sous le titre de Caroli Linnæi Entomologia. Son Praeloquium expose en xv pages les grands traits de l'histoire de la jeune science autour de cette idée :  Insectorum inquisitio valde laboriosa  (page xij)

Selon Animalbase, il est l'auteur de 19 espèces . Parmi lesquelles un seul Odonate.

La postérité lui ouvre ses portes : il peut mourir tranquille. Il attendra le  3 janvier 1810. 

.

.

Description originale.

.

 

Tenella, 27. L[ibellula] (la Thérese) alis hyalinis, puncto marginali minimo. Abdomine rubro, rubellove, thorace viridi lineato vel non lineato. V.

Hab. In Europa. In Gallia

Traduction : Libellula tenella, "La Thérèse. Ailes transparentes, point marginal de petite taille. abdomen rouge, ----- thorax aux lignes vertes, ou sans lignes. V. Vit en Europe. [observé en France. "  V. signifie « Villers »

Seul le mystérieux (et délicat) rubellove résiste à ma traduction. Il apparaît d'ailleurs en cette année 1785 dans les Sciences naturelles (dans les éditions tardives du Systema naturae), comme adjectif de couleur, en Zoologie ou en Mycologie, puis en Botanique (Arum Cretarum). On devine qu'il est un atténuatif de rubro, "rouge".

.

 

Zoonymie des Odonates : étude des noms du Ceriagrion tenellum.

.

.

RÉCEPTION DE L'ESPÈCE TENELLUM.

Sélys l'avait classée en 1840 en synonymie (?) d'Agrion rubella, puis en 1850 comme une espèce propre  parmi son genre Agrion comme Agrion tenellum "l'Agrion tendre",   puis en  1876 parmi les Pyrrhosoma (mais avec un point d'interrogation). En 1890, Kirby le classe comme  Pyrrhosoma  tenellum. Ris, en 1916, en fait un Ceriagrion tenellum.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/28491#page/1332/mode/1up

.

.

ILLUSTRATIONS.

Images Lucas 1900

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/picture?id=12694

 

.

Ceriagrion tenellum par Lucas 1900.

Ceriagrion tenellum par Lucas 1900.

Ceriagrion tenellum par Lucas 1900.

Ceriagrion tenellum par Lucas 1900.

.

ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE TENELLUM.

Du  latin  tenellum,a, um, diminutif de tener, "tendre, délicat". Voir Gaffiot :

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=tener

Je remarque que le nom de Libellula tenella  succède à Libellula Puella avec lequel il répond par jeu de rime. Linné et ses disciples ont créé de nombreux diminutifs pour leurs Libellules, comme nymphula ou pulchella, et cela d'autant plus facilement peut-être lorsqu'il s'agissait de Zygoptères.

Les traductions de tenella par "tendre, délicat" ne rendent pas compte du diminutif, et il faudrait, à défaut d'une forme diminutive de ces adjectifs en français, traduire l'épithète par "petit tendre, petit délicat". L'adjectif "mignon" serait judicieux, s'il n'était déjà pris, pour la traduction de Coenagrion scitulum.

Rien, dans le bref texte de la diagnose, ne justifie le choix de ce terme et je ne trouve aucun indice de ce que l'auteur a pu trouver d'attendrissant ou de mignon, sauf dans cette couleur rubellove de l'abdomen. Mais comme cet adjectif latin est lui-même inusité et de sens imprécis, l'indice est insuffisant.

Jourde et Dijkstra décrive cette espèce comme une "Demoiselle fragile au vol frêle".

 

.

LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

.

POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/agrion-delicat/

"Ceriagrion : Du latin cerinus = cireux et du grec agrios = qui vit dans le champ, champêtre : l’espèce sud-est asiatique qui a servi à décrire le genre, C. cerinorubellum, présente un corps d’allure cireuse ; 

- tenellum, diminutif du latin tener = fragile."

 

 

.

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Ceriagrion: Selys, 1876 : probably a reference to the type species Agrion cerinorubellum Brauer, 1865

- tenellum : from Lat. tener, dimin. tenellus, -a, -um = delicate, tender"

 

 

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"tenellus, a, um = delicato, diminutivo di tenero. Per la forma del corpo."

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

 

"SELYS (1876) separated several genera from the genus Agrion, among these Ceriagrion, Leptagrion and Pseudagrion. Ceriagrion probably was named after the species Agrion cerinorubellum Brauer, which had its name from species names that were younger synonyms, i.e. A. cerinum Rambur [l. waxen](= C. coromandelianum (Fabricius) [l. from Coromandel]) and Agrion rubellum (Vander Linden) [l.- reddish]

(= C. tenellum (de Villers) [l. very tender])."

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"Ceriagrion :" cerinum (komt van Grieks keros) = van was ; agrion = (Grieks agrios) =wild, landelijk"

"Ceriagrion tenellum : tenellum = tengBr, teder, fijntjes"

 

 

.

.

LES NOMS VERNACULAIRES.

.

LES NOMS DE CERIAGRION TENELLUM EN FRANÇAIS.

.

 

1°) La Thérèse, de Villers 1789.

Charles de Villers a adopté pour les espèces de son ouvrage la règle que s'était fixé Geoffroy en 1762, de donner à toutes les "Demoiselles" (le nom français de l'époque pour les Libellules), un prénom féminin. Il a  ainsi baptisé la Laïs, la claire, la Lisette, la Gertrude, la Ninon, la Rosalie, l'Agathe, la Catherine, la Lise, tout en choisissant aussi  des surnoms féminins  comme La Piémontoise, la Danoise, la Bergère, la Pudique, ou La Victoire.

Si nous savons qui portait les prénoms Lovisa et Ulrica donnés par Linné et repris par Geoffroy sous la forme Louise et Ulrique (la reine de Suède Louisa-Ulrica), nous ignorons qui portait celui de Thérèse. 

Nous ignorons  d'ailleurs aussi le prénom de mademoiselle de Chantepinot, précieuse épouse de Charles de Villers.

.

2°) L'Agrion tendre, Sélys, 1850.

https://books.google.fr/books?id=L9c5AAAAMAAJ&pg=PA180&dq=libellula+tenella&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjZo4fxlLzgAhWHmBQKHWfyDaAQ6AEIRjAF#v=onepage&q=libellula%20tenella&f=false

.

3°) L'Agrion délicat. P.-A. Robert, 1958

"Synonyme l'Agrion rougeâtre"

 

.

Nom adopté par d'Aguilar, Dommanget et Boudot depuis 1985 et 1987, puis par  l'INPN, et la SFO.

Jacques d' Aguilar, ‎Jean-Louis Dommanget, ‎Jean-Pierre Boudot – 1998, Guide des libellules d'Europe et d'Afrique du Nord.

Jacques d' Aguilar, ‎Jean-Louis Dommanget - 1985 , Guide des libellules d'Europe et d'Afrique du Nord Page 209

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/653286

.

4°) Le Cériagrion délicat. Jourde in Dijkstra 2007.

Les choix  de Philippe Jourde et Dijkstra sont exposés en Annexe 2 :

"Nous avons considéré qu'il était important d'attribuer un nom vernaculaire à chaque espèce décrite dans ce guide. L'utilisation de noms communs, conjointement aux noms scientifiques, facilite une première approche vers l'entomologie." Pour certains odonates, dénués d'appellations commune, il a été nécessaire de créer de nouveaux noms ; pour d'autres, les appellations existantes ont été reprises directement ; pour d'autres encore, des choix ont été formulés (quand plusieurs noms vernaculaires existent ) ou de nouvelles propositions faites (quand les noms francophones actuels posent problème).

Il est impossible de commenter ici tous les choix effectués. Afin d'éviter toute décision arbitraire et de conserver la meilleure cohérence possible dans l'attribution des noms, nous avons suivi les règles suivantes :

  • utiliser les noms les plus usités quand ceux-ci ne posent pas de problèmes particuliers,
  • préférer les appellations génériques vernaculaires qui s'accordent avec la systématique : il est aberrant, par exemple, de dénommer "agrion" des espèces appartenant à des familles aussi différentes que les Coenagrionidae ou les Platycnemididae,
  • préférer les appellations courtes (idéalement deux mots : à Pseudagrion couleur de lait, nous préférons Pseudagrion laiteux, par exemple, 
  • éviter, tant que faire ce peut, les traductions directes des noms scientifiques quand elles n'apportent aucun élément pertinent (et surtout quand elles induisent en erreur). Nous dérogeons à cette règle quand des appellations de genre composant une même famille s'articulent autour d'une même racine. Ce type de dénomination permet intuitivement de classer une espèce dans la bonne famille, sans même la connaître. À cet égard, le cas des Gomphidae est exemplaire : Gomphes, Paragomphes, Ophiogomphes, Onychogomphes.
  • etc (5 autres paragraphes)

.

Dans l'annexe 3 qui est la Liste des espèces traitées dans le guide, les choix nomenclaturaux apparaissent clairement, avec des noms vernaculaires formés sur le moule binominal. Un "nom de genre" vernaculaire, en un seul mot,  est décliné selon les espèces de ce genre avec des qualificatifs idoines. La correspondance entre noms de genre scientifique et noms de genre vernaculaires est régulière et s'adapte aux changements taxonomiques survenus depuis Sélys. 

Ainsi, parmi les Coenagrionidae, toutes les espèces du genre Coenagrion portent le nom d'Agrion, etc, avec les translations suivantes :

  • Coenagrion = Agrions (13 espèces)
  • Ceriagrion = Ceriagrions (2 espèces)
  • Ennalagma = Portecoupes (2 espèces)
  • Erythromma = Naïades (3 espèces)
  • Ischnura = Ischnures (7 espèces)
  • Nehalennia = Nehalennie (1 espèce)
  • Pseudagrion = Pseudagrion (1 espèce)
  • Pyrrhosoma = Nymphes ( 2 espèces)

Dans la cohérence de ce système qui se voulait "une contribution à l'établissement d'une future liste de référence des noms vernaculaires du monde", l'adoption d'un nom vernaculaire différent d'Agrion pour le genre Ceriagrion se justifie complètement. Mais ce choix n'a pas été suivi par les auteurs de la Liste de référence de la Société Française d'Odonatologie de 2012, pour lesquels "Les noms français ne doivent être utilisés qu'aux opérations de sensibilisation et de vulgarisation (essentiellement vers le grand public). Les noms proposés ici reprennent, dans la mesure du possible et avec quelques modifications mineures, ceux utilisés par Robert (1958). Cet auteur est le premier à avoir utilisé de manière avisée des noms français."

 

 

.

.

LES NOMS DE CERIAGRION TENELLUM EN D'AUTRES LANGUES.

-en catalan : El Ferrer cama-roig 

-en allemand : Die Scharlachlibelle (Libellule écarlate) uch Zarte Rubinjungfer ( délicate Rubinjungfer) oder Späte Adonislibelle  (  libellule Adonis tardive )

- en néerlandais : De koraaljuffer 

-en frison :  Read hopke Read hopke, Simmerfjoe

- en anglais : The small red damselfly

- en gallois : gallois : mursen lygatgoch fach, sous réserve  (Geiriadur Enwau A Thermau)

- en breton : dimezellig ruz (petite demoiselle rouge) (en attente de validation pour Kreizenn ar Geriaouiñ KAG)

 

 

 

.

 

 SOURCES ET LIENS.

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


 
 — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— CHARPENTIER (Toussaint von), 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis nomen coloratis ; apud A. Gosohorsky, Wratislaviae. 225 pages, page 24.

Numérisé par Google.

 

— FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544., page 348.

https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/348/mode/2up

 

— GEOFFROY (Etienne-Louis), 1762,  Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris. Chez Durand, à Paris 1762, in-4 (4) xxviij, 523pp. et (4), 2 volumes reliés.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991697/f615

— GEOFFROY (Etienne-Louis), 1799 Histoire abrégée des insectes, dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Tome 2 / par M. Geoffroy, C. Volland / Rémond (Paris)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1043241t/f227.image

http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/216/mode/2up/search/sylvie

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. page 229.

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/228/mode/2up

 

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. 
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1848, "Liste  des Libellules d'Europe et diagnose de quatre espèces nouvelles", Revue  Zoologique par la Société Cuvierienne, vol. 9 page 15

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19656#page/23/mode/1up


 

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
12 février 2019 2 12 /02 /février /2019 15:32

La verrière de la vie de saint Léger ( vers 1540) ou baie 22 de Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys.

.

.

Voir aussi :

.

PRÉSENTATION.

.

 

"La ville des Andelys est située à environ 32 kilomètres au sud-est de Rouen, sur la rive droite de la Seine, au pied de la falaise calcaire abrupte de la rive concave d’un méandre. Au Moyen Âge, elle est séparée de la rive du fleuve par une zone marécageuse, le Vivier, qui ne commence à se combler qu’à partir du XVe siècle. À cet endroit, la Seine, plus étroite, est d’un franchissement relativement aisé en doublant la pointe de l’île des Trois Rois. Les Andelys sont un ancien vicus gallo-romain installé non loin de la grande voie de Lutèce à Lillebonne et des axes vers Évreux et Lisieux. Clotilde, femme de Clovis, aurait fondé vers 500-525, aux Andelys, un monastère de femmes dédié à la Vierge et l’existence d’une chapelle Sainte-Clotilde dans l’église Notre-Dame plaide pour l’implantation de l’église collégiale après la destruction du monastère par les Normands vers la fin du IXe siècle, sur le site du monastère. Enfin, le site des Andelys aurait accueilli un des palais mérovingiens de la basse Seine, qualifié de vieux palais (vetus palatium) au VIIe siècle, mais aucune preuve archéologique ne permet de le localiser." Marie Casset, 2007, Le manoir des archevêques de Rouen aux Andelys p. 225-234, in Les évêques aux champs, © Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2007https://books.openedition.org/purh/7143?lang=fr

.

.

"La ville des Andelys, chef-lieu de l'une des principales subdivisions du bailliage de Gisors, était un important pôle d'activité grâce à son port sur la Seine qui alimentait l'arrière-pays. Les contacts étaient constants entre les deux villes administrés par une même bourgeoisie enrichie par l'exercice des offices publics et sensibilisée aux nouveautés artistiques. La reprise de l'activité architecturale s'est faite dans un contexte politique et économique similaire de celui qui présida à la reconstruction de l'église de Gisors.

L'église collégiale Notre-Dame en offre aujourd'hui le principal témoin, dont la place dans la diffusion des formes reste difficile à apprécier faute de chronologie bien précise. Linda Elaine Neagley a récemment proposé de dater les campagnes flamboyantes initiales, situées par cet auteur dans le chœur et la croisée du transept de la première moitié du XVe, en y identifiant les prototypes de tracés et de modénatures adoptés dès les années 1430 sur le chantier de Saint-Maclou de Rouen. Cette chronologie relative nous semble difficile à admettre au vu des rares repères historiques fiables qui invitent à rajeunir sensiblement les travaux de l'église des Andelys : réalisation des stalles du chœur autour de 1505-1506 et mise en place des vitraux de l'époque flamboyante à partir de la décennie 1500." Étienne Hamon , 2008, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors et les églises du Vexin français, Presses Univ. Franche-Comté, 2008 - 652 pages

https://books.google.fr/books?id=QrXmxuOPH5MC&dq=portail+sud++%22grand-andely%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

 

Les verrières de l'ancienne collégiale Notre-Dame (d'après Gatouillat 2001)

 

L'église Notre-Dame des Andelys, appelée collégiale à cause de la présence d'un collège de chanoines au Chapitre, a été construite, — alors que le duché normand avait été rattaché à la France par Philippe-Auguste par la prise de Château-Gaillard en 1204 —,  en 1215-1220 sur les ruines d'une abbaye de femmes fondée en 511, par sainte Clotilde, épouse de Clovis Ier, et détruite vers 900 par les vikings . Il ne reste rien des vitraux du XIIIe siècle où fut bâti l'essentiel de la nef et du chœur Une seconde grande campagne de construction vers 1330-1345 concerna l'achèvement des façades est et ouest, et la mise en place des voûtes . Au tout début du XVIe siècle, l'édifice connut de grandes transformations , dont témoignent en baie 16 des éléments d'un vitrail dû au verrrier Arnoult de Nimègue. Le portail sud est de style flamboyant, et nous  gardons du début du XVIe siècle la grande rose sud (baie 114) et le vitrail du tympan du portail sud du transept, la baie 14 qui porte les armoiries de l'archevêque Georges II d'Amboise.

Mais la majorité des verrières anciennes datent des deuxième et troisième quart du XVIe siècle,

La campagne concerna le coté sud de l'édifice, correspondant à la reconstruction  des baies et à l'ouverture des chapelles. L'ensemble des baies sud furent vitrées de couleur entre 1510 et 1560. Par exemple, la baie 18 porte la date de 1540 et la baie 126 celle de 1560. Le chapitre collégial sut imposer une certaine unité thématique, avec trois verrières de la vie de saint Pierre et trois séries narratives de la vie de sainte Clotilde dans trois chapelles successives de la nef.

Nous avons ainsi, pour les verrières basses du coté sud :

Baie 10 : vers 1510-1520 : Enfance du Christ, offerte par Jean Basset et Isabeau Roussel.

Baie 12 : vers 1510-1520 : Crucifixion, offerte par Jean Basset et Isabeau Roussel.

Baie 14 : v. 1510-1515 . armoiries de l'archevêque Georges II d'Amboise 

Baie 16 : vers 1500-1510 Verrière à grands personnages offerte par Henri Le Pelletier.

Baie 18 : 1540. Verrière de la Vierge offerte par Robine Duboys, veuve de Robinet Le Coq.

Baie 20 : 1540 remplacée en 1866 : verrière de sainte Clotilde

Baie 22 : vers 1540 : Vie de saint Léger.

Baie 24 : vers 1540 : verrière de sainte Clotilde, offerte par un couple de donateurs et leur fille.

Baie 26 : vers 1550-1575. verrière de sainte Clotilde, offerte par Alexandre La Vache sr de Radeval

.

Description.

Cette verrière qui éclaire la 1ère chapelle du bas-coté sud de la nef   mesure 3,80 m de haut pour 4,10  m de large et se divise en 5 lancettes ogivales et un tympan à  5 ajours droits.  Elle est consacrée à la vie de saint Léger, évêque d'Autun.

Elle a été très restaurée en 1865 par Didron, aux frais de Mgr Devoucoux, évêque d'Evreux.

Elle a été décrite en 1862 par Didron, puis  en 1877 par l'abbé Adolphe-André Porée, curé de Bournainville . Je cite le texte de Porée en retrait pour chaque panneau.

Placée entre la baie 20 (vie de sainte Clotilde et baptême de Clovis) et la baie 24 (vie de sainte Clotilde), elle doit sa présence aux Andelys au culte de la reine Clotilde, ou plus largement à l'histoire des racines sacrées de la monarchie française puisque saint Léger est l'un des principaux saints mérovingiens et qu'il fut le précepteur des enfants de Clovis II, puis nommé évêque d'Autun . Il devint  le conseiller des rois Clotaire II puis Childeric II avant d'être disgracié pour avoir reproché au roi son mariage. En conflit avec un autre conseiller, le violent Ebroïn, il fut  envoyé au monastère de Luxeuil  puis il subit le martyr., 

 

.

Lors de ma visite, des travaux de restauration étaient en cours. Le haut des verrières étaient protégé par des filets.

.

 

 

 

 

 

 

.

 

 

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

TYMPAN

 

.

1°) Les inscriptions des écoinçons.

.

"Les écoinçons I et IV sont occupés par deux petits anges nus, aux ailes rouges et vertes, soutenant, à l'aide d'une cordelière passée sur l'épaule, un large cartouche. Le premier à gauche, porte l'inscription suivante, qui se rapporte au sacre de saint Léger, du panneau II. 



SAINCT LEGER FUST EVESQUE DE RAVE[N]NE (1)

POUR LES VERTUS QUE LUY VOYE[N] FLEURIR

PETITS ET GRANDS. SATHAN QUI CABLE ET VENS

LES PLUS PARFAITS, APRES LES AVOIR FAICT MOURIR .

(1) Il est probable que le peintre a mis pour la rime Ravenne pour Autun. 

.

L'inscription du cartouche de droite est ainsi conçue :

AVEC LE ROY DONT SOING AVAIT ET CURE

IL FIST LA PASQUE ASSIS AUPRES DE LUY

SES ENNEMIS EN EURENT GRA[N]T ENNUY

MAIS SAINCT LEGER BIE[N] P[OUR MAL LE[UR] PROCURE ;

Cette légende est relative au panneau IV qui représente saint Léger faisant la pâque avec le roi Childéric II, à Autun. 

 

.

.

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

.

2°)Les ajours centraux : Consécration épiscopale de saint Léger (très restauré) ; couronnement de Chilpéric II (moderne) ; saint Léger faisant la Pâque avec le roi.

.

"PANNEAU II. Sacre de saint Léger, évêque d'Autun. Saint Léger est assis sur un trône à pieds contournés . il paraît extrêmement jeune, bien qu'à cette époque de sa vie, il n'eût pas moins de quarante-quatre ans. Sa tête n'est pas nimbée nous le voyons revêtu de tous les ornements pontificaux, l'aube de lin, la tunicelle violette, la chape rouge, les chaussures jaunes et les représentant saint Léger à l'hospice de Fécamp, et qui dans l'ordre chronologique doit précéder le panneau 3, au milieu de la verrière, où saint Léger a été dépouillé de ses vêtements d'évêque. gants bleus; ses mains sont jointes. Les deux prélats consécrateurs déposent la mître sur sa tête; l'un d'eux, mître en tête, porte une chape verte avec une agrafe d'or; l'autre, également mitre, est revêtu d'une aube, d'une chape bleue, de gants verts et de chaussures violettes. A gauche, on aperçoit un clerc en tunique violette, portant la crosse du nouvel évêque; cette crosse d'or relevée d'ornements d'argent et de pierreries est d'un .éclat éblouissant. Le second plan est occupé par d'autres clercs portant la croix, les cierges et les crosses des deux autres évêques. Dans le fond, les murs de la basilique des saints Celse et Nazaire à Autun, où fut sacré saint Léger. 

PANNEAU III.–Couronnement du roi Childéric II. Le roi est sur un trôné, magnifiquement vêtu en empereur romain. Il a les bras et les jambes nues, le sceptre à la main, un manteau agrafé 'sur l'épaule gauche. Saint Léger, portant la mitre, l'aube et la chape rouge, dépose la couronné sur la tête de celui qu"il vient de faire proclamer roi des Francs. Derrière lui, un clerc en surplis porte la crosse. A droite, au premier plan, un moine à la tète rasée, vêtu d'une robe blanche et d'un scapulaire noir, semble étendre la main droite. Devant lui, un soldat couvert d'un bonnet phrygien et d'une cotte rouge, porte un petit étendard bleu à trois fleurs de lys. Un autre soldat, casque 
en tète, revêtu d'une cotte verte, porte un fanion semblable. Dans le fond, plusieurs personnages que l'on n'aperçoit qu'imparfaitement. Il existait, autrefois, un fragment d'inscription au bas de ce panneau.

PANNEAU IV. Childéric célébrant la pâque avec saint Léger à Autun. Il ne faudrait pas entendre, par ces mots, que Childéric vint communier à Pâques des mains de saint Léger , L'histoire nous apprend, au con-traire, que Childéric venu à Autun avec le projet criminel d'assassiner le saint évêque, osa, néanmoins, recevoir le corps de Jésus-Christ des mains de l'hypocrite Marcolinus, sorte de reclus qui vivait près du monastère de Saint-Symphorien d'Autun. Notre vitrail nous montre donc saint Léger dans un repas offert à Childéric, en 670, à l'occasion des solennités pascales. Sous un large dais d'étoffe rouge richement damassée, saint Léger revêtu de la mitre précieuse, d'une tunicelle verte et d'une chape bleue, est assis près du roi. Childéric, le sceptre en main, a un costume à peu près semblable à celui du panneau précédent. Il est assis sur un trône ayant des griffons pour accoudoirs ; un chien est couché a ses pieds. Le jeune roi baisse la tête et semble écouter avec ennui les sages remontrances de saint Léger, qui étend le bras vers lui l'évêque lui reproche, sans doute, ses débordements scandaleux et son mariage avec sa cousine germaine Bilihilde, qu'il avait amenée avec lui à Autun. La table du festin, recouverte d'une nappe damassée, est chargée de fruits. Un serviteur vêtu d'une tunique violette apporte une large aiguière. A l'extrémité de la salle, on voit un petit page portant un manteau bleu et un toquet noir à plume bleue. – Le fond; de la salle est tendu, d'une draperie  verte. "

 

.

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

LES LANCETTES.

.

 

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

.

Lancette A : les nobles d'Autun viennent chercher leur évêque à Luxeuil après la mort de Chilpéric.

.

 

" Panneau VI. La scène assez obscure du reste, représentée dans ce panneau a beaucoup exercé la perspicacité de tous ceux qui ont étudié les vitraux d'AndeÏy.  Les uns prétendent qu'elle montre saint Léger sortant des murs d'Autun où il était assiégé par le comte de Champagne, et se livrant lui-même à ses ennemis. L'attitude respectueuse du seigneur auquel parle l'évêque ne semble pas permettre de s'arrêter à cette opinion. 
Selon d'autres, on tiendrait annoncer à saint Léger la nouvelle de son élévation à l'épiscopat. Mais la scène se passe près d'une abbaye, et c'est à la cour de Bathilde que Léger fut nommé évêque. 
Enfin, d'autres y ont vu un noble Franc venant chercher saint Léger à l'abbaye de Saint-Maixent de la part de la reine Bathilde, qui en voulait faire le précepteur de ses enfants et son propre conseiller. 
Pour nous, et M. de Ruville s'est arrêté à une opinion à peu près identique, cette scène représente les nobles de la cité d'Autun venant, ainsi que nous l'apprennent les Actes de la vie du saint, chercher à l'abbaye de Luxeuil leur bien-aimé évêque sacrifié à la cruauté jalouse de Childéric. Ce roi vient de mourir; les fers du captif sont brisés, et on lui remet aux mains la crosse, signe de cette autorité dont l'avait injustement privé un pouvoir despotique. Cette explication, nous le savons,ne porte pas l'évidence avec elle, et nous laissons à d'autres à donner le dernier mot de cette interprétation. Mais ce qui nous a surtout déterminés à proposer la nôtre, c'est un fragment d'inscription placé autrefois au bas du panneau, et enlevé au moment de la restauration. Sur ce fragment, se lisait ce mot LUXEUIL . Or, l'explication que nous donnons est la seule où ce mot puisse être placé d'une manière significative. 

Au premier plan de ce panneau, à gauche, Saint Léger revêtu, comme un simple prêtre, d'une robe rouge et d'un surplis à larges manches, porte des souliers bleus, et sur l'épaule gauche un chaperon de couleur rouge. Cette figure, très-nettement dessinée, est pleine de douceur et de fermeté. L'évêque est accompagné de deux religieux dont l~un porte la tonsure monacale et une longue barbe il étend le bras vers le seigneur Franc; sa robe est violette et ses chaussures bleues vrai type de moine, plein de vigueur et d'expression. On ne voit de l'autre religieux que la figure encapuchonnée. A gauche, est un personnage à barbe blanche, avec toque jaune et casaque bleue. Le noble seigneur qui adresse la parole à saint Léger est revêtu d'un de ces magnifiques costumes de la Renaissance, que la coupe étriquée de nos habits modernes fera toujours regretter. Il est tête nue; son visage sévère s'encadre d'une longue barbe brune. Il est revêtu de la fraise plissée, d'un pourpoint cramoisi à crevés, d'une pèlerine d'hermine, d'un manteau rouge, de hauts-de- chausses vertes et de bottes bleues; une riche épée, est suspendue à son côté. D'une main, il tient soit des gants, soit un parchemin roulé; de l'autre, la crosse  d'or, qu'il apporte à saint Léger, au nom des habitants d'Autun. A droite, au second plan, on aperçoit la figure épanouie d'un homme coiffé d'une toque rouge et vêtu d'un pourpoint bleu à col de fourrure. 

Le fond du sujet est occupé par un édifice intéressant à étudier. C'est l'église de l'abbaye de Luxeuil, où saint Léger avait été exilé. La porte ouverte laisse apercevoir une rangée de piliers cantonnés et une série de fenêtres. Au-dessus du portail est adossée la statue d'un abbé tête nue et portant la crosse; un dais sculpté la surmonte. Le pignon de l'église est orné d'une rosace flamboyante, et la pointe percée d'un œil-de-bœuf. Sur les combles s'élève une croix dorée et une petite flèche. Des arcs-boutants se profilent sur les deux côtes de l'église."

.

.

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

.

Lancette B : martyr de saint Léger, à qui on crève les yeux au moyen d'une tarière.

.

"PANNEAU VII.–Supplice de saint Léger.

Après s'être livré lui-même aux ennemis qui l'assiégeaient dans la ville d'Autun, l'évêque est devenu l'objet de leur vengeance. Saint Léger, en costume épiscopal est assis, les bras attachés au dossier de son siège. II est sans nimbe et porte la mitre, l'aube, une longue tunicelle jaune brochée, une chape rouge et des souliers violets. Les traits de son visage se contractent sous l'horrible supplice qu'on lui fait endurer. L'un des bourreaux, barbu, casque en tête, vêtu d'une tunique bleue et d'un manteau rouge, lui tient la tête fixe dans ses deux mains, tandis qu'un second tortionnaire, vieil-lard à longue barbe blanche et tête nue, lui crève les yeux avec un gros foret de charpentier, tout en détournant la tête d'horreur. Le costume de ce bourreau est fort curieux. Il porte un pourpoint vert séparé d'un haut-de-chausses bleu par une ceinture violette ses bottes à retroussis bleu clair sont ornées d'une large agrafe de cuivre à tête de lion. 

Au second plan, à droite, un personnage à barbe blanche, qui porte un casque de couleur violette, une tunique grise et un manteau rouge, est assis sur une haute estrade il étend son sceptre, et semble suivre attentivement la marche du supplice qu'il vient d'ordonner. Son siège, à haut dossier, est surmonté d'une draperie pourpre attachée aux branches d'un arbre et forme un dais. Cet homme est sans doute Vaïmer, quoique les Actes de la Vie de saint Léger nous disent qu'il ne fut remis aux mains du comte de Champagne qu'après avoir eu les yeux crevés. Près de Vaïmer est un personnage qui, le menton dans sa main, assiste impassible à cette scène atroce il est coiffé d'une sorte de chaperon bleu et enveloppé d'un ample manteau violet. A la gauche du panneau; un jeune homme vêtu 
d'une tunique:rose pale semble causer à son voisin un autre spectateur du supplice, portant une barbe rouge, est coiffé d'une draperie de couleur blanche. A l'arrière plan, on aperçoit une église, des tourelles, les remparts 
de la ville d'Autun assiégée par le comte de Champagne. Dans le lointain, une rivière coule au bas d'une colline; 
tout ce paysage est peint sur un fond bleu ardoisé. Des fragments d'inscription se lisaient autrefois au bas de ce panneau ils ont disparu. "

 

 

.

.

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

 

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

.

Lancette C. Condamnation de saint Léger.

.

"PANNEAU VIII.– Saint Léger est dépouillé de ses vêtements pontificaux. L'artiste verrier a choisi la scène 
un peu étrange, il faut l'avouer, où Ebroïn furieux de n'avoir pu faire condamner saint Léger, a ordonné à ses 
valets de lui déchirer sa robe d'évêque. Saint Léger avait comparu devant le roi Thierry et plusieurs seigneurs du 
royaume, sous l'inculpation calomnieuse de complicité dans le meurtre de Childéric mais nul n'avait osé le condamner. Ce dut être en dehors de cette assemblée qu'Ebroïn outragea ainsi honteusement l'évêque d'Autun. Le peintre a représenté ce tribunal privé, où siégeaient l'injustice et la haine, au moyen duquel Ebroïn put infliger un dernier affront à sa victime avant de lui ôter la vie. Saint Léger, dépouillé de ses ornements pontificaux, est en chemise, pieds nus, les mains garrottées par des cordes. Sa tête, sans nimbe, a conservé la mître épiscopale il se détourne et regarde sévèrement ses juges, en leur reprochant leur indigne cruauté. Deux soldats l'emmènent hors du tribunal. L'un d'eux, figure ramassée, à barbe brune porte un petit chapeau rond de couleur violette, un pourpoint rouge à jaquette  bleue, et des chasses violettes; une large épée est suspendue à sa ceinture. Un autre soldat, qui regarde les juges et prend leurs ordres, porté un casque à chenille jaune, une tunique cramoisie et des hauts~de-chausses bleuâtres à sa ceinture pend une sorte de couteau de boucher. Au second plan, à gauche, sous une large tenture rouge attachée à un arbre, s'élève une estrade. Ebroïn portant une barbe rousse, la tête enveloppée dans les plis de son manteau violet, est revêtu d'une tunique grisâtre. Il tient de la main droite un parchemin roulé, et menace de la gauche l'évêque qui lui reproche la multitude de ses crimes. A la gauche d'Ëbroïn sont assis deux juges complaisants qui parlent entre eux. L'arrière-plan est occupé par un paysage bleuâtre d'une bonne perspective; deux hommes s'éloignent en causant. La partie supérieure du panneau est remplie par un arbre verdoyant, dont les branches supportent un cartouche avec une inscription qui nous eût sans doute 
donné, avec la date, les noms du donateur de ce vitrail, mais qui est malheureusement fort incomplète :



LAN MIL CINQ CENT -----

---EPROUVEE

----SAINCT LEGE---

PLUS LE ---

POUR ---

CESTE -----PLACE
 

Au bas de ce même panneau, on lisait autrefois ces mots : DU DIABLE POSSEDI ---Ce fragment d'inscription, trop mutilé, n'a pas été replacé lors de la restauration du vitrail. "

.

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

.

Lancette D : saint Léger dans sa prison.

.

"PANNEAU IX.–Saint Léger enfermé par l'ordre d'Ebroïn dans l'hospice de Fécamp. –Après avoir fait couper à saint Léger la langue et les lèvres, Ebroïn avait donné l'ordre à Vaïmer, l'un de ses leudes,d'emprisonner l'évêque d'Autun. Ce noble seigneur, ému de pitié, déjoua les cruels projets de l'ancien maire du palais, et conduisit l'évêque proscrit à l'hospice de Fécamp. Ce lieu de réclusion se présente dans le vitrail sous la forme d'une vaste tour ronde surmontée d'un campanile circulaire avec sa clochette. Aux nombreuses ouvertures grillées des divers étages se montrent plusieurs reclus. Au rez-de-chaussée de la tour, une fenêtre cintrée et défendue par de solides barreaux de fer nous laisse apercevoir à mi-corps saint Léger, les bras enchaînés, portant la mitre, l'aube et la chape rouge. Un nimbe rayonnant environne sa tête, et l'Esprit-Saint, l'Esprit Consolateur sous la forme d'une colombe nimbée, vient visiter l'évêque dans sa prison et l'illumine de ses rayons divins.'Les traces de l'horrible mutilation qu'a subie saint Léger ne sont pas apparentes l'artiste a voulu sans doute représenter par là le miracle par le- quel le saint martyr, arrivé à Fécamp, recouvra l'usage de la parole. Saint Léger adresse de pieuses exhortations à deux personnes, dont l'une, vue de dos, est revêtue d'un pourpoint jaune à manches vertes, 'd'un man- teau rouge et de chausses blanches elle est tête nue; sa figure tournée de profil et ombragée d'une longue barbe brune, est remarquable de noblesse et d'énergie; l'autre, vue de face, porte également une barbe épaisse, elle est revêtue d'un casque de couleur verte, d'un manteau bleu et de chausses de la même couleur. Au pied de la tour, une vieille femme, assise par terre, écoute avec attention les enseignements du saint évêque. Elle porte une coiffe blanche, une robe violette à manches bleues, et tient dans ses bras un jeune enfant nu qui joue avec un chien. A l'arrière-plan, on aperçoit les bâtiments de l'hospice de Fécamp et plusieurs moines. "


.

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

.

Lancette E : décollation de saint Léger.

.

"PANNEAU X. -- Martyre de saint Léger.

Ce fut dans la forêt d'Ivelines, dans le pays d'Arras, que saint Léger fut décapité par ordre d'Ebroïn. Cette scène suprême forme le sujet du dernier panneau de notre verrière. Saint Léger vient de subir son supplice ; sa tête gît à terre loin du tronc et la mître est près d'elle. Le corps de l'évêque, encore agenouillé, est revêtu des ornements sacrés, aube, chape rouge. Ses mains sont liées par des cordes. Le bourreau, qui vient de lui trancher la tête, brandit encore son sabre recourbé il porte un casque richement ciselé, une tunique jaune entr'ouverte, et des hauts-de-chausses bleus ses jambes sont nues, et une sorte d'écharpe bleue entoure son cou. Il lève la tête et voit l'âme de saint Léger emportée par les anges dans le sein du Père éternel. L'âme du saint, selon les traditions iconographiques du moyen âge, mais qui s'effaçaient déjà au XVIe siècle, apparaît sous la forme d'un petit enfant nimbé, nu, les mains jointes. Quatre anges, vêtus de longues tuniques, la soutiennent dans leur bras, et la présentent au Père éternel, qui est porté par des nuages c'est un vieillard vénérable, à longue barbe blanche, portant la tiare sans nimbe et un manteau bleu. Trois personnages assistent, près du bourreau, à cette scène que l'artiste a su rendre vraiment saisissante.  Ce sont, sans doute, les trois sicaires d'Ebroïn, dont parlent les Actes de la Vie de saint Léger, et qui, touchés  parla grâce, demandèrent. et obtinrent de lui leur pardon. L'un d'eux, placé à la gauche du panneau, presque au premier plan, regarde avec horreur le corps inanimé du saint évêque. Il est tête nue, les cheveux courts, la barbe rase cette figure admirablement dessinée exprime une sauvage énergie. Cet homme porte une tunique jaune et un manteau pourpre. Près de lui, un autre personnage à longue barbe, revêtu d'une tunique verte, d'un manteau rouge et d'un bonnet de même couleur, détourne vivement la tête. Le troisième levant les yeux au ciel d'où rayonne une lumière Surnaturelle, considère l'âme de saint Léger portée par les anges il porte une longue barbe, un toquet rouge, et une tunique jaune sur un pourpoint rouge. A ses pieds;  deux hommes étendus à terre et dont on n'aperçoit que la tête. L'arrière-plan est occupé par un fond d'architecture. "
 

 

 

.

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la vie de saint Léger (vers 1540), baie 22 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely aux Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

.

 

SOURCES ET LIENS.

— BROSSARD DE RUVILLE, 1863, Histoire de la ville Andelis et de ses dépendances,Volume 1, Delcroix, 987 pages, page 435.

https://books.google.fr/books?id=IEIbAAAAYAAJ&dq=armoiries+longuemare+d%27azur&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— DIDRON (Edouard), 1862, Les vitraux du Grand-Andely, dans Annales archéol., XXII (1862), 260-293. ou édition de 1863 par V. Didron, page 13

https://archive.org/details/annalesarcholo22pariuoft/page/260

https://books.google.fr/books?id=1AMtAAAAYAAJ&dq=%22saint+l%C3%A9ger%22+andelys&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 



"TROISIÈME VERRIÈRE,

LÉGENDE DE SAINT LÉGER, ÉVÊQUE D'AUTUN.

Cette verrière, placée dans la seconde chapelle, est divisée en cinq baies séparées par quatre meneaux droits allant de la base à l'extrémité de la fenêtre. Les panneaux se terminent en ogive au-dessus de la partie carrée. Le vitrail est assez complet, bien qu'en mauvais état. Un seul panneau serait à remplacer entièrement, et encore ne devrait-il être occupé que par de l'architecture.

La vie du saint évêque d'Autun est liée d'une manière essentielle à l'histoire de la monarchie française au VIIe siècle. Né d'une famille illustre, vers l'an 616, ses parents le conduisirent fort jeune à la cour du roi Clotaire II, fils de la fameuse Frédégonde. Un peu plus tard, il fut envoyé à Didon, évêque de Poitiers, son oncle maternel, qui le fit élever avec un grand soin. Promu au diaconat, bien qu'il n'eût que vingt ans, grâce à son mérite exceptionnel, le saint ne tarda pas à devenir archidiacre et à être chargé par son oncle du gouvernement de son diocèse. Il devint ensuite abbé du monastère de Saint Maixent à Poitiers, et garda cette charge pendant six ans. Clovis II, roi de Neustrie et de Bourgogne, mort en 656, ayant eu pour successeur son fils, Clotaire III, encore enfant, sainte Bathilde, mère du jeune prince, fut proclamée régente et eut pour conseillers saint Éloi, évêque de Noyon, saint Ouen, de Rouen, et saint Léger qui peut-être a joué le rôle le plus considérable des trois. Ici commence la vie politique de l'évêque d'Autun, largement représentée dans la verrière.

Nommé à cet évêché en 659, il revint dix ans après à la cour lorsqu'il apprit la mort de Clotaire III et les troubles qui suivirent cet événement. Les deux frères du roi défunt se disputaient le trône. Thierry eut quelque temps le pouvoir, grâce à Ébroïn, maire du palais; mais la mauvaise administration de celui-ci fut cause de sa chute et de l'avénement de Childéric, qui se plaça sous la direction de saint Léger et accorda la vie à Ébroïn sur la prière de l'évêque. Plus tard, le saint devait avoir pour bourreau celui dont il avait été le bienfaiteur! Childéric s'étant abandonné à la débauche, Léger le réprimanda publiquement, ce qui le fit exiler au monastère de Luxeuil, où il retrouva Ébroïn devenu son compagnon de captivité. Cependant, le roi ayant été assassiné et remplacé sur le trône par Dagobert, fils de Sigebert II, l'évêque d'Autun put rentrer dans son diocèse, et le maire du palais reprit bientôt le pouvoir en faisant reconnaître pour roi un prétendu fils de Clotaire III, nommé Clovis. Kbroïn envoya une armée en Bourgogne, qui commença par assiéger A ut un. Saint Léger, soutenant les droits dî Dagobert, voulut résiste:' avec le concours des habitants; mais la ville fut prise par Vaimer, duc de Champagne, commandant de l'armée ennemie, ou plutôt l'évêque contribua à la reddition de la ville en se livrant. Saint Léger eut les yeux crevés. Pendant tout le temps que dura son supplice, il chanta des psaumes et ne souffrit point qu'on le liât. Il fut conduit ensuite en Champagne par Vaimer, lequel ne voulut pas obéir aux ordres d'Ébroïn. Celui-ci avait ordonné que l'évêque fût mené dans un bois pour y mourir de faim. Plus tard, saint Léger eut les lèvres et une partie de la langue coupées, et fut mis sous la garde du comte Vaneng. Ce dernier le traita bien et l'envoya au monastère de Fécamp, où il guérit complétement, à ce point même de recouvrer miraculeusement l'usage de la parole. Ébroïn, le poursuivant toujours de sa haine, l'accusa, ainsi que son frère Guérin, d'avoir contribué à la mort de Childéric. Les prétendus coupables comparurent devant le roi et les seigneurs du royaume : Guérin fut attaché à un poteau et lapidé; quant à l'évêque d'Autun, on hésita et on voulut d'abord le faire déposer dans un synode. Enfin quelques évêques ayant été gagnés par le maire du palais s'assemblèrent et s'érigèrent en juges, bien qu'ils n'eussent pas été convoqués par le primat ou un métropolitain. Sommé de s'avouer coupable, le saint ne cessa de protester de son innocence. I1 fut dépouillé de ses vêtements, on lui déchira sa tunique de haut en bas, comme marque de dégradation et de déposition, et on le livra aux mains de Chrodobert, comte du palais, chargé de le faire mettre à mort. L'exécution eut lieu en 678, dans la forêt d'Ivelin, appelée plus tard forêt de Saint-Léger, au diocèse d'Arras. Un seul des quatre soldats commis à cet effet eut le courage de couper la tête du saint évêque; les trois autres, s'étant jetés à ses pieds, lui demandèrent leur pardon et sa bénédiction.

L'ordre dans lequel les sujets sont placés est semblable à celui qui a été suivi dans le vitrail précédent, représentant la conversion et le baptême de Clovis ; c'est-à-dire que ceux de la partie ogivale précèdent ceux de la partie carrée, chronologiquement; et cependant, une scène de cette dernière partie, la première à gauche du spectateur, semble aussi être la première de la vie du saint. Il faut donc adopter cette marche, quelque irrégulière qu'elle soit, pour la description de la verrière."

— GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), HÉROLD (Michel), 2001, Eglise Notre-Dame du Grand-Andely, ancienne collégiale  in Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France vol. VI, Paris, CNRS, 2001. p. 103.

— PORÉE (abbé Adolphe-André Porée), 1877, Description du vitrail de saint Léger évêque d'Autun à Notre-Dame des Andelys, Tours, P.Bouserez, 23 p. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63475x.texteImage#

 

.

"Ce vitrail est peut-être, de tous ceux que possède l'église du Grand-Andely, celui qui offre le dessin le plus sobre, le plus correct et le plus élégant quelques-unes des scènes qu'il représente, la Pâque de Childériç, saint Léger à l'abbaye de Luxeuil, saint Léger dépouillé de ses vêtements, son dernier supplice, sont de vrais tableaux, traités avec cette vigueur et ce relief que l'on retrouve dans les compositions des vieux maîtres florentins de la fin du xve siècle. Toutefois, dans notre vitrail, on sent un pinceau tout français, et les costumes, pour n'être pas de la belle époque de la Renaissance, sont, pour la plupart, des vêtements en usage sous Charles IX et Henry III. Les têtes sont fines et généralement bien modelées, les figures courtes, les traits fortement accusés ; l'énergie en est l'expression dominante ; les personnages ont tous une certaine raideur dans l'attitude. Vue de près ou de loin, ces têtes conservent toute leur expression et toute leur finesse. Une remarque fort curieuse c'est que les ombres 
dans presque toutes les figures, sont accusées au moyen de hachures de couleur brune croisées en divers sens, et telles qu'on les emploie dans la gravure. Ce procédé, assez peu usité dans l'art du verrier, a produit cependant, dans notre vitrail, des effets d'ombre admirablement calculés. 

"Comme harmonie de tons et de couleurs, cette verrière, vue à une certaine distance, conserve une teinte 
générale très-douce point de ces masses blafardes formant un vide au milieu de couleurs plus vigoureuses; point de ces contrastes criards qui vous déconcertent, et produisent sur le regard l'espèce de crispation nerveuse qu'infligent aux oreilles les notes discordantes de plusieurs instruments de musique; vous êtes en présence d'une gamme puissante de tons richement variés. 

"Vu de près, le vitrail prend un tout autre aspect. Je ne sais quoi d'accentué, de vigoureux vous frappe et vous saisit la pensée du peintre se dégage brusquement; la perspective se ramasse, se raccourcit; les couleurs deviennent plus intenses; les personnages s'animent on dirait qu'ils vont se mouvoir et parler. Cette œuvre est l'un des rares spécimens de l'art du xvie siècle où le verrier a su donner à chaque figure une expression propre et vraiment personnelle. 
Il serait à souhaiter que ce vitrail fût dessiné par une main habile et reproduit en chromolithographie. Il ferait un excellent sujet d'étude pour les peintres-verriers de nos jours, qui s'inspirent beaucoup trop de la gravure, et pas assez de leurs devanciers."

 

.

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 16:15

Zoonymie des Odonates : étude des noms d'Onychogomphus uncatus (Charpentier, 1840), le "Gomphe à crochets".

.

 

 .

Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

.

 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

.

ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

.

 

Résumé :

Nom de genre Onychogomphus, Sélys, 1854 :  vient du grec ὄνυξ, ónyx  (onux, onukhos)  "ongle, serre, griffe" , associé à  -gomphus. Il signifie donc   :  "gomphus à ongle, gomphus à crochet " du fait de la forme des appendices anaux des mâles ;  -gomphus vient du grec  gomphos = "clou, coin, cheville" du fait de la forme en massue de l'abdomen des mâles. 

Nom d'espèce O. uncatus , Charpentier, 1840, :123 :  du latin uncus "crochet" signifie  " en crochet, recourbé", pour qualifier les appendices anaux mâles dans leur distinction avec ceux de O. forcipata "en forme de tenaille", même si cette distinction entre "crochet" et "pince" est plus nomenclaturale qu'opérante . Charpentier a modifié l'épithète d'Aeshna unguiculata (pourvu d'ongle) décrit par Fonscolombe en 1838. 

— Noms en français : 1°) Le Gomphus à crochets" Sélys, 1850 ; 2°) 'Onychogomphus à crochets", Sélys, 1857 ; 3°) Le Gomphe à crochets", P.-A. Robert 1958 ; 4°) "l'Onychogomphe à crochets". 

— Noms en d'autres langues :

Ils soulignent tous la différence de taille entre forcipatus (plus petit) et uncatus  .

- en allemand : Die Große Zangenlibelle

-en néerlandais : De grote tanglibel 

-en catalan : el Tallanassos gros,

- en anglais : The Large pincertail , ou The Blue-eyed hook-tailed dragonfly

 

.

LE NOM SCIENTIFIQUE.

.

.

LE NOM DE GENRE ONYCHOGOMPHUS, SELYS, 1854.

 

http://www.lavieb-aile.com/2018/02/zoonymie-du-nom-de-genre-onychogomphus-selys-1854.html

SELYS-LONGCHAMPS (Edmond de), 1854, Synopsis des Gomphines, Bulletins de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. t.XXI(2) pp 23-112 page 33

https://www.biodiversitylibrary.org/page/36937548#page/605/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/page/36937548#page/612/mode/1up

 

 .

LE NOM D'ESPÈCE O. UNCATUS, (CHARPENTIER, 1840).

[Aeshna uncata], 1840,  Charpentier (Toussaint von ) Libellulinae europaeae descriptae ac depictae , L. Voss, Lipsiae  page 123 et planche 46 mâle et femelle.

selon Steinman : Type mâle : Mus. Nat. Hist. Nat. Paris, type-locality Gallia

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&dq=Toussaint+1840+caudalis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

.

 

"52. AESCHNA UNCATA.
Tab. XLVI. mas et foem.

Aesch. nigra, flavo-maculata: maris appendicibus superioribus citrinis, angulosis, apice integro, compresso : foeminae temporibus aequalibus.

Annales de la Société Entomologique. Paris. 1838. Tom.VII. p. 104. Aesch. unguiculata.

Habitat in Gallia. — Ab amicissimo Prof. Kunze, Lipsiensi, Montispessulae in copula captus benigne mecum communicatus uterque sexus.

Praecedenti tam similis est, ut tantum signa hic enarraturus sim, quibus ab Aesch. hamata distincta est.

Maculae abdominis flavae multo maiores sunt, et dorsum segmenti octavi et noni in mare non nigrum, sed ad basin macula flava pictum.

-Appendices maris, praesertim superiores, non fuscae, sed laete citrinae: superiores apicibus minus horizontaliter flexis, sed paullum deorsum versis, parte flexa compressa, oblongula (quasi spatulata), et fossulis duabus seu impressuris longitudinalibus insignes: integrae, neutiquam bifidae. Inferior ut in Aesch. hamata comparata, fusca, im medio flavida, et, ut videtur, minus fissa.

-Foeminae tempora oculorum habent glabra, aequalia, et omni tuberculo carent, quod in corniculorum locum succedat, quae sunt praecedenti speciei. Sunt atra, et a medio ad os plaga quadam magna, longa, maculari, flava distinguuntur. Abdomen minus crassum. Sed de unico exemplo difficile est recte in universum statuere et iudicare.

Fabrica appendicum maris, et defectus cornuum in foeminae temporibus satis hanc speciem a praecedenti distinguunt.

[Adnot. Verba illustr. Boyer in Annales etc. l. c. appendices maris flavas esse, et superiorum apices non bifidos, omnem dubitationem eximunt, clarum virum de hac Aeschna, neque de Aesch. hamata (Aesch. unguiculata, Van der Lindem), locutum esse.]"

 

 

.

ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE UNCATA.

Uncatus, du latin uncus "crochet" avec le suffixe -atus, signifie " en crochet, recourbé". Le latin classique connaît l'adjectif uncatus, a, um "recourbé, crochu" ainsi que  l'adjectif uncus, a, um, "recourbé, crochu" et les noms uncinus, i et uncus, i "crochet, grappin, ancre". 

Voir uncinus,i , uncus, i ,m. et uncus, a, um dans Gaffiot : 

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=uncatus+

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=uncus

.

Ni l'adjectif ni le nom latin ne se retrouvent dans la diagnose de Charpentier, ou dans sa description également en latin, mais l'épithète reprend à l'évidence le nom attribué par Vander Linden en 1823 et Fonscolombe en 1838 à une espèce citée en référence,  Aeshna unguiculata. Cellle-ci dérive du nom latin unguiculus, i "ongle" avec le suffixe -atus.

On trouve ce dernier terme, qui n'existe pas en latin classique, défini en 1803 par Philibert en Botanique ainsi : Unguiculatus, ungulatus, "onguiculé, ongulé, pourvu d'un onglet :  ou qui a quelque partie pourvue d'un Onglet. ". La première occurrence française du terme "onguiculé" se trouve en Zoologie chez Brisson en 1756 dans dans le sens "pourvu de petits ongles".    http://www.cnrtl.fr/definition/onguicul%C3%A9

Charpentier modifie le sens de l'épithète en passant de unguiculatus "pourvu d'un ongle" à uncatus "pourvu d'un crochet", mais sans trahir Fonscolombe, car ce dernier renvoie, dans le texte français, à la forme en crochet des appendices anaux du mâle. D'ailleurs, l'adjectif latin uncatus suit immédiatement, dans le dictionnaire, le nom uncatio, onis "courbure des ongles".

.

2°) Une épithète déjà employée : unguiculata.

Source de la synonymie :  Kirby, W. F. 1890. A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata. Guerney & Jackson, London. 202 pp. page 58.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/4431547#page/74/mode/1up

"5. L. Uncata, Charp. (AEshna U.) 1. c. p. 123, t. 46 (1840) ; Gomph. Uncatus, Selys, Rev. Odon. p. 96 (1850) ; Onych. U., Selys, Bull. Acad. Belg. xxi. (2) p. 32 (1854); Mon. Gomph. p. 26 (1857). 

// AEshna Unguiculata, Fonsc. Ann. Soc. Ent. France, vii. p. 104 (1838). 
Gomph. Occitanicus, Ramb. Ins. Nevr. p. 165, t. 4. f. 3 c (1842). "

Dans sa préface, Kirby indiquait : "// denotes that the name so marked is preoccupied. "

J'ignore, puisque ni Kirby, ni Toussaint de Charpentier ne l'indiquent, quelles sont les espèces dont le nom est "pré-occupant" : Lestes unguiculatus Hagen 1861 est plus tardif ; il existe un Scarabeus unguiculatus Gmelin 1790,  Copris unguiculatus Olivier 1790, un Nautilus unguiculatus Gmelin 1791, mais en réalité, le motif semble être  que Aeshna unguiculata Fonsc. a été ramené au titre de variété puis de sous-espèce de Ae. forcipata.

 

.

3°) Aeshna unguiculata Boyer de Fonscolombe 1838.

 

Aeshna unguiculata,  Boyer De Fonscolombe, E. L. J. H. 1838. Monographie des Libellulines des environs d'Aix. Annales de la société entomologique de France, 7(1838): 75-106. page 104

https://www.biodiversitylibrary.org/page/15643257#page/108/mode/1up

 

.

10. AEshna unguiculata , Vanderl. 

AE. thorace luteo, suprà strigis sex incurvis, nigris; abdomine nigro, maculis dorsalibus subquadratis, luteis ; appendicibus analibus maris tribus, recurvis, ultimo segmento longioribus, macula marginali alarum nigrâ. 
VANDERL. AEshn. Bonon., n° 7, f. 6, mas. 

Lib. forcipata , Linn., Syst. nat, edit. 12e, 1, 903, 11. 
Gmelin, Sp. nov., 1, 2625, ii {exclusis synonymis). 
Lib. Viridi-cincta, DEGÉER., Mém. II, 2, p. 186, t. xxi , f1, mas. 
SCHOEFF,, Icon. Ins. , t. lxxxviii , f. 1? maris varietas? 

Long. 0,05. Enverg. o,o63. 

--Mâle. La tête est verte, la bouche noire. Le chaperon séparé du front par une ligne noire. Une autre ligne transverse coupe le front. Le sommet de la tête est noir en avant, entre les yeux, quelquefois avec une tache verte dans le milieu ; il est jaunâtre en arrière. Les yeux sont vert-grisâtre. Le corselet est d'un vert- jaunâtre ; il y a en dessus, sur le devant, une bande anguleuse, coupée longitudinalement par une ligne jaune, ouverte, et quatre à cinq lignes obliques, courbes sur les côtés, sous les ailes; ces bandes sont  noires. 

L'abdomen est moins épais que dans les Aeshna maculatissima , mixta , etc.; il est noir, avec une tache verdâtre, 
grande, anguleuse, lancéolée, sur le dos de chaque segment; cette tache est coupée transversalement dans son milieu par une ligne noire. L'oreillette du deuxième segment est verte, grande et remarquable. Les deux derniers segments ont à la place de cette tache trois petites taches placées transversalement , ou le bord postérieur de la même couleur, sinué en avant. Le ventre et les côtés de l'abdomen sont tachetés de vert -jaunâtre. Les derniers segments, comme dans l'espèce précédente, sont dilatés latéralement vers le ventre. L'extrémité de l'abdomen est plus grosse et plus large que le reste. L'anus est largement tronqué postérieurement. Il est terminé par trois appendices fort grands ; les deux supérieurs épais, recourbés en crochet en bas à leur extrémité, jaunes ; l'inférieur est de la même grandeur, recourbé en crochet en haut; sa base a deux petites dentelures; elle est profondément fendue en deux, ordinairement brune , quelquefois roussâtre. Les deux supérieurs ne m'ont pas paru bifides à leur extrémité, comme le dit Vanderlinden. 
Le côté interne de la base des ailes est tronqué net et brusquement , et l'angle anal presque aigu et bien marqué. 
Les ailes sont transparentes. Le stigmate noir. La côte jaunâtre. 
Les pattes sont noires; la base des cuisses d'un vert-jaunâtre. 

--La femelle diffère du mâle par les appendices anals très-courts, simples, droits, jaunes ; par les taches vertes des côtés de l'abdomen plus grandes; l'avant-dernier segment marqué d'une bande jaune, avec une seule tache noire, et le dernier tout jaune; point d'oreillettes au deuxième segment.

Fort commune l'été. Elle vole ordinairement le long des sentiers, dans des endroits secs, et loin des eaux. "

.

 




 

.

4°) Aeshna unguiculata Vander Linden 1823.

L'espèce décrite par   Vander Linden a  actuellement le statut de sous-espèces de O. forcipatus :

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65253/tab/taxo.

Dans sa description en latin, 

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=unguiculata&f=false

Vander Linden décrit dans sa diagnose  maris appendicibus tribus, recurvis ("les trois appendices du mâle recourbés", puis dans le texte, qui renvoie à des descriptions de Latreille et de Gmelin, appendices abdominis tres, majores quam in Aeshna forcipata, uncinatae, rufescentes "trois appendices abdominaux, plus grands que chez Aeshna Forcipata, en crochet, roussâtres" , et enfin Distinguenda tamen est: namque mas AEshinae unguiculatae tres gerit appendices uncinatas , bifidas: mas vero AE. forcìpatae quatuor habet nec uncinatas, nec bifidas; "Cependant, il doit être distingué ; car il porte  le mâle AEshinae unguiculatae possède  trois appendices griffus  et fourchus (bifides), tandis que le mâle AE. forcipatae en possède quatre qui ne sont ni griffus ni fourchus."

Nous constatons donc un glissement sémantique de Latreille et Gemlin à Vander Linden, puis Fonscolombe et enfin Charpentier de divers adjectifs recurvis, uncinatus, unguiculatus, ou uncatus, autour de la même  constatation morphologique d'appendices anaux mâles pourvus d'ongle /en forme d'ongle / en forme de griffe [les ongles des animaux] / griffu / crochu / en forme de crochet, même si ces auteurs ne décrivaient finalement pas les mêmes espèces.

.

Conclusion :  uncatus, du latin uncus "crochet" signifie  " en crochet, recourbé", pour qualifier les appendices anaux mâles dans leur distinction avec ceux de O. forcipata "en forme de pince", même si cette distinction entre "crochet" et "tenaille" ou"pinces" est nomenclaturale plutôt qu'opérante.  (Des dessins sont plus efficaces que des descriptions). Charpentier a modifié l'épithète d'Aeshna unguiculata (pourvu d'ongle) décrit par Fonscolombe en 1838. 

 

Un chapitre un peu ardu à débrouiller, et encore plus ardu à résumer.

.

LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

.

.
POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/gomphe-a-crochets/

" De uncatus (lat) = muni de crochets, les appendices anaux des onychogomphes sont en forme de crochets, de pinces ou de tenailles. "

.

 

 DRAGONFLYPIX
http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 


 "from Lat. uncatus, -a, -um = armed with a hook or hooks [uncus = hook] for the shape of the male's appendages".

 


.
D'ANTONIO & VEGLIANTE.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"uncatus (Onychogomphus) - uncatus, a, um = curvato. Per la presenza dei cerci curvati ad uncino"

 

.
H. FLIEDNER, 2009
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

non décrite.

 

.
VAN HIJUM, 2005.
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

non décrite.

.

 

.

NOMS VERNACULAIRES.

 

.

LES NOMS D'ONYCHOGOMPHUS UNCATUS EN FRANÇAIS.

.

 

1°) "Le Gomphus à crochets", Sélys 1850 

Revue des Odonates page 96

https://books.google.fr/books?redir_esc=y&hl=fr&id=Xa98vgAACAAJ&q=uncatus#v=snippet&q=uncatus&f=false

Traduction de Gomphus uncatus, nom scientifique alors en usage, au prix d'un néologisme que j'ai déjà signalé pour les autres Gomphus et Onychogomphus.

.

2°) "L'Onychogomphus à crochets" Sélys, 1857

 

Monographie des Gomphines 1857

https://www.biodiversitylibrary.org/item/123072#page/44/mode/1up

Même principe, seulement adapté à la création par Sélys de son genre Onychogomphus.

.

3°) "Le Gomphe à crochets", Robert 1958 page 214

P.A. Robert, sans doute choqué comme moi par le barbarisme  Gomphus et son aggravation en Onychogomphus pour des noms en français, a corrigé ceux-ci en les regroupant sous les noms de Gomphe. 

C'est le nom retenu pour la Liste de référence de la SFO et pour l'INPN.

.

4°) "L'Onychogomphe à crochets", Jourde in Dijkstra 2007.

En 2007, Philippe Jourde, certainement pour coller au plus prêt de la taxonomie, a souligner la distinction entre les Gomphes (neuf espèces françaises), les Ophiogomphes (une espèce), les Onychogomphes (sept espèces) et les Paragomphes (deux espèces) pour sa traduction du guide de K.-D. B. Diskstra. 

Dans sa participation à Libellules de Poitou-Charente, le même auteur reprend le nom de Gomphe à crochets, mais place Onychogomphe à crochets en synonyme.

 

.

LES NOMS D'ONYCHOGOMPHUS UNCATUS EN D'AUTRES LANGUES.

.

Ils soulignent tous la différence de taille entre forcipatus (plus petit) et uncatus  .

- en allemand : Die Große Zangenlibelle

-en néerlandais : De grote tanglibel 

-en catalan : el Tallanassos gros,

- en anglais : The Large pincertail , ou The Blue-eyed hook-tailed dragonfly

-en breton : Lost-meud bihan (« grande queue pince") en attente de validation pour le dictionnaire technique breton GAK

 

.

 

 

 

.

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65254/tab/taxo

.

SOURCES ET LIENS.

.

 Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 .

OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— BOUDOT (J.-P.) DOMMANGET (J.-L.) 2012,   Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp. 

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

 — DIJKSTRA  ( K.-D. B.)  & Lewington, (R.) 2015. Guide des libellules de France et d'Europe. Guide Delachaux. Delachaux et Niestlé. Paris. 320 p.

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

GRAND (D.),  BOUDOT (J.-P.). 2007. Les libellules de France, Belgique et Luxembourg. Biotope, Mèze. Collection Parthénope. 480 pp.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 


 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— CHARPENTIER (Toussaint von), 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis nomen coloratis ; apud A. Gosohorsky, Wratislaviae. 225 pages, page 24.

Numérisé par Google.

— CHARPENTIER (Toussaint von), 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae , L. Voss, Lipsiae 

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&dq=Toussaint+1840+caudalis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— FONSCOLOMBE (  E. L. J. H. Boyer de-),1838. Monographie des Libellulines des environs d'Aix. Annales de la société entomologique de France, 7(1938): 75-106., page 104.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/15643286#page/108/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. 
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1848, "Liste  des Libellules d'Europe et diagnose de quatre espèces nouvelles", Revue  Zoologique par la Société Cuvierienne, vol. 9 page 15

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19656#page/23/mode/1up

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 22:15

La verrière du Christ, de saint Louis et de trois saintes ( vers 1510-1515) offerte par l'archevêque Georges d'Amboise ou baie 14 de l'ancienne collégiale du Grand- Andely des  Andelys.

.

 

 

.

 

 

 

.

Voir aussi :

.

.

.

PRÉSENTATION.

.

 

"La ville des Andelys est située à environ 32 kilomètres au sud-est de Rouen, sur la rive droite de la Seine, au pied de la falaise calcaire abrupte de la rive concave d’un méandre. Au Moyen Âge, elle est séparée de la rive du fleuve par une zone marécageuse, le Vivier, qui ne commence à se combler qu’à partir du XVe siècle. À cet endroit, la Seine, plus étroite, est d’un franchissement relativement aisé en doublant la pointe de l’île des Trois Rois. Les Andelys sont un ancien vicus gallo-romain installé non loin de la grande voie de Lutèce à Lillebonne et des axes vers Évreux et Lisieux. Clotilde, femme de Clovis, aurait fondé vers 500-525, aux Andelys, un monastère de femmes dédié à la Vierge et l’existence d’une chapelle Sainte-Clotilde dans l’église Notre-Dame plaide pour l’implantation de l’église collégiale après la destruction du monastère par les Normands vers la fin du IXe siècle, sur le site du monastère. Enfin, le site des Andelys aurait accueilli un des palais mérovingiens de la basse Seine, qualifié de vieux palais (vetus palatium) au VIIe siècle, mais aucune preuve archéologique ne permet de le localiser." Marie Casset, 2007, Le manoir des archevêques de Rouen aux Andelys p. 225-234, in Les évêques aux champs, © Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2007https://books.openedition.org/purh/7143?lang=fr

.

.

"La ville des Andelys, chef-lieu de l'une des principales subdivisions du bailliage de Gisors, était un important pôle d'activité grâce à son port sur la Seine qui alimentait l'arrière-pays. Les contacts étaient constants entre les deux villes administrés par une même bourgeoisie enrichie par l'exercice des offices publics et sensibilisée aux nouveautés artistiques. La reprise de l'activité architecturale s'est faite dans un contexte politique et économique similaire de celui qui présida à la reconstruction de l'église de Gisors.

L'église collégiale Notre-Dame en offre aujourd'hui le principal témoin, dont la place dans la diffusion des formes reste difficile à apprécier faute de chronologie bien précise. Linda Elaine Neagley a récemment proposé de dater les campagnes flamboyantes initiales, situées par cet auteur dans le chœur et la croisée du transept de la première moitié du XVe, en y identifiant les prototypes de tracés et de modénatures adoptés dès les années 1430 sur le chantier de Saint-Maclou de Rouen. Cette chronologie relative nous semble difficile à admettre au vu des rares repères historiques fiables qui invitent à rajeunir sensiblement les travaux de l'église des Andelys : réalisation des stalles du chœur autour de 1505-1506 et mise en place des vitraux de l'époque flamboyante à partir de la décennie 1500." Étienne Hamon , 2008, Un chantier flamboyant et son rayonnement: Gisors et les églises du Vexin français, Presses Univ. Franche-Comté, 2008 - 652 pages

https://books.google.fr/books?id=QrXmxuOPH5MC&dq=portail+sud++%22grand-andely%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

 

Les verrières de l'ancienne collégiale Notre-Dame (in Gatouillat 2001)

L'église Notre-Dame des Andelys, appelée collégiale à cause de la présence d'un collège de chanoines au Chapitre, a été construite, — alors que le duché normand avait été rattaché à la France par Philippe-Auguste par la prise de Château-Gaillard en 1204 —,  en 1215-1220 sur les ruines d'une abbaye de femmes fondée en 511, par sainte Clotilde, épouse de Clovis Ier, et détruite vers 900 par les vikings . Il ne reste rien des vitraux du XIIIe siècle où fut bâti l'essentiel de la nef et du chœur Une seconde grande campagne de construction vers 1330-1345 concerna l'achèvement des façades est et ouest, et la mise en place des voûtes . Au tout début du XVIe siècle, l'édifice connut de grandes transformations , dont témoignent en baie 16 des éléments d'un vitrail dû au verrrier Arnoult de Nimègue. Le portail sud est de style flamboyant, et nous  gardons du début du XVIe siècle la grande rose sud (baie 114) et le vitrail du tympan du portail sud du transept, la baie 14 qui porte les armoiries de l'archevêque Georges II d'Amboise.

Mais la majorité des verrières anciennes datent des deuxième et troisième quart du XVIe siècle,

La campagne concerna le coté sud de l'édifice, correspondant à la reconstruction  des baies et à l'ouverture des chapelles. L'ensemble des baies sud furent vitrées de couleur entre 1510 et 1560. Par exemple, la baie 18 porte la date de 1540 et la baie 126 celle de 1560. Le chapitre collégial sut imposer une certaine unité thématique, avec trois verrières de la vie de saint Pierre et trois séries narratives de la vie de sainte Clotilde dans trois chapelles successives de la nef.

Nous avons ainsi, pour les verrières basses du coté sud :

Baie 10 : vers 1510-1520 : Enfance du Christ, offerte par Jean Basset et Isabeau Roussel.

Baie 12 : vers 1510-1520 : Crucifixion, offerte par Jean Basset et Isabeau Roussel.

Baie 14 : v. 1510-1515 . armoiries de l'archevêque Georges II d'Amboise 

Baie 16 : vers 1500-1510 Verrière à grands personnages offerte par Henri Le Pelletier.

Baie 18 : 1540. Verrière de la Vierge offerte par Robine Duboys, veuve de Robinet Le Coq.

Baie 20 : 1540 remplacée en 1866 : verrière de sainte Clotilde

Baie 22 : vers 1540 : Vie de saint Léger.

Baie 24 : vers 1540 : verrière de sainte Clotilde, offerte par un couple de donateurs et leur fille.

Baie 26 : vers 1550-1575. verrière de sainte Clotilde, offerte par Alexandre La Vache sr de Radeval

.

Description.

Cette verrière qui éclaire le portail du bras sud du transept en en formant le tympan  mesure seulement 2,50 m de haut pour 2,70 m de large et se divise en 2 lancettes trilobées et un tympan à 2 soufflets et 2 écoinçons. Ce portail, dit "de la cour de l'archevêque de Rouen", donnait accès au manoir épiscopal, comme le rappelle les armoiries de Georges II d'Amboise du soufflet droit.

Elle a été restaurée en 1865 par Duhamel-Marette et en 1987 par Jean-Pierre Tisserand.

Le thème en est la sainte  royauté. Dans des niches centrales à fronton triangulaire, devant un drap d'honneur damassé, un saint roi et une sainte reine (ou la Vierge) forment à gauche et à droite deux figures principales, et ce couple royal est entouré, dans des niches plus petites, du Christ Sauveur et d'un saint évêque autour du roi, ou de sainte Hélène et de sainte Marguerite autour de la reine.

 


 

Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

.

 

LES LANCETTES.

.

 

 

Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

Les lancettes  gauches :

Lancette A : le Christ Sauveur.

nimbe crucifère, geste de bénédiction, tunique pourpre et globus cruciger le caractérisent.

.

Lancette B : saint Louis (?).

Tête restituée.

Ce saint porte les insignes régaliens et  le collier de l'Ordre de Saint-Michel. C'est sans doute une figure allégorique et non historique, car aucun roi portant ce collier n'accéda à la sainteté.

On remarquera que le collier est celui à lacs d'amour, c'est à dire celui qui fut en vigueur depuis la création de l'Ordre en 1469 jusqu'à 1516, date à laquelle François Ier fit remplacer les 23 lacs par autant de doubles cordelières en mémoire de saint François : voir mon article :

http://www.lavieb-aile.com/2017/11/la-baie-0-de-la-chapelle-du-penity-a-locronan.html

Remarquez aussi les chaussures Renaissance, élargies en patte d'ours.

.

 

Lancette C : un saint évêque.

Saint Rémi ?

.

 

 

 

Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

.

Les lancettes de droites.

.

Lancette D : sainte Hélène (attribut : la Sainte Croix).

Lancette E : une "sainte reine non identifiée (sainte Clotilde ?)

C'est l'interprétation des auteurs de Vitraux de Haute-Normandie, mais pourquoi ne pas y voir la Vierge couronnée ?

Lancette F : sainte Marguerite d'Antioche issant du dragon grâce à son crucifix.

.

.

Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

LE TYMPAN.

.

Dans les écoinçons  et le compartiment supérieur des soufflets, des anges musiciens jouent de la trompette, de la harpe, du luth ou de la  viole à archet.

.

 

 

Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

Les compartiments inférieurs des soufflets forment un ensemble héraldique.

.

 

Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière du Couple royal offert par Georges d'Amboise, ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely, Les Andelys. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

A gauche, les armoiries de France, couronnées,  d'azur aux trois lys d'or sont entourées du collier de l'Ordre de Saint-Michel et présentés par deux cerfs ailés ou cerfs volants. Ce support  (les "tenants") fut d'abord adopté par Charles VI, contre la coutume de ses prédécesseurs qui avaient des anges, puis Charles VII, Louis XI et Charles VIII ( 1483-1498) , conservèrent les cerfs ailés. Louis XII prit comme tenant des porcs-épics et François Ier des salamandres ... (Viollet-le Duc) .

Si on se fie à ses éléments, la datation d'une tel ensemble s'échelonne entre 1469 et 1516 (collier) mais avant 1498 (mort de Charles VIII) : donc de 1469 à 1498.

Sources : 

http://mairiepussay.fr/pages_textes/village/enigme/blason/texte_blason.html

https://www.france-pittoresque.com/spip.php?article8090

Viollet-le-Duc, Architecture...

 

.

 

 

Armoiries de Charles VIII

.

.

À droite, les armoiries sont celles d'un archevêque (mais non d'un cardinal) de la famille d'Amboise, palé d'or et de gueules.Les auteurs de Vitraux de Haute-Normandie y voient celles de Georges II d'Amboise, archevêque de Rouen le 8 août 1511, mais qui reçut son pallium le 9 mars 1514. Il Il devint  cardinal le 16 décembre 1545. Le créneau de datation de cet ensemble serait donc celui de 1514-1545. Mais il ne correspond pas au créneau des armoiries royales.

J'ignore quelles sont les raisons justifiant d'y voir les armoiries archiépiscopales de son oncle Georges  d'Amboise, dont E. Hamon a signalé son mécénat aux Andelys (réalisation des stalles du chœur autour de 1505-1506). C'est un familier de Charles VIII, et c'est à la suite des pressions du roi qu' il est élu archevêque le 21 août 1493 à Rouen par le chapitre, puis confirmé le 21 avril 1494. Il fut  créé cardinal le 17 septembre 1498 .

Il fit réaliser d'importants travaux sur le château de Gaillon, propriété et résidence d'été de l'archevêché de Rouen, et contribue à transformer le site en un château Renaissance complet (logis et jardins) : il est l'un des introducteurs de la Renaissance artistique non seulement en Normandie, mais en France.

Cette hypothèse conduit au créneau de datation de 1494-1498, parfaitement cohérent avec le créneau des armes royales. Mais qui rajeunirait d'une quinzaine d'années ce vitrail, ... à moins de considérer que la verrière fut réalisée en retard par rapport à la commande.

Les armes du cardinal d'Amboise sont surmontées par le chapeau cardinalice : 

.

Armes du cardinal d'Amboise (Matthieu Chaine, Wikipédia)

 

.

Le portail méridional , dit "de la cour de l'archevêque de Rouen", qui donnait accès au manoir épiscopal, est surmonté de la rose.

 

.

Le portail méridional, gravure in Brossard de Ruville.

.

.

SOURCES ET LIENS.

BROSSARD DE RUVILLE, 1863, Histoire de la ville Andelis et de ses dépendances,Volume 1, Delcroix, 987 pages, page 435.

https://books.google.fr/books?id=IEIbAAAAYAAJ&dq=armoiries+longuemare+d%27azur&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), HÉROLD (Michel), 2001, Eglise Notre-Dame du Grand-Andely, ancienne collégiale  in Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France vol. VI, Paris, CNRS, 2001. p. 103.

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 15:19

Zoonymie des Odonates : étude des noms de Somatochlora metallica (Vander Linden, 1825), "la Cordulie métallique" .

.

 

 

 

.

 

 .

Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

.

 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

.

ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

.

Résumé.

— Somatochlora (Sélys-Longchamps, 1871),  Bull. Acad. r. Belg., (2) 31: 279. Du grec sôma = le corps et khlôros = vert : "qui a le corps vert". En 1840, Charpentier avait nommé ce genre Chlorosoma, même sens, mais le nom était déjà utilisé pour un genre de reptile (Wagler, 1830), et  Sélys a du le modifier.

metallica  (Vander Linden, 1825) : Monog. Libell. Eur. ; 18 : du latin signifiant  "métallique", pour les reflets de la  couleur vert-bronze semblable à celle de Cordulia aenea, dont il distingue par ailleurs les différences dans sa diagnose.

— Noms en français : 1°) La Cordulie métallique, Sélys, 1840, par traduction du nom scientifique: c'est le nom retenu par les instances nationales ; 2°) "La Chlorocordulie métallique", Jourde in Dijkstra 2007.

— Noms en d'autres langues.

-en allemand : Die Glänzende Smaragdlibelle

- en néerlandais : De metaalglanslibel

- en frison :  Glanzige glêzemakker, Glansgrienkop

- en croate : Lesklice zelenavá  cestina

- en suédois : Metalltrollslända sued

- en finlandais : Välkekorento

- en hongrois : A fémzöld szitakötő  magyar

- en  norvégien : Vanlig metalløyenstikker

- en slovène :  Kovinski lesketnik

- en anglais : The Brilliant emerald

-en gallois : Gwas gwyrdd gloyw

.

 

 

 


.

NOM SCIENTIFIQUE.

 

NOM DE GENRE SOMATOCHLORA.

Le nom du genre Somatochlora, Sélys-Longchamps 1871.

.

.

LE NOM D'ESPÈCE  SOMATOCHLORA METALLICA (VANDER LINDEN, 1825).

.

[Libellula metallica ], Vander Linden (Pierre-Léonard) 1825, Monographiae Libellulinarum Europaearum Specimen. Bruxellis, apud J.Frank, bibliopolam, Via Vulgo de la Putterie : 42 pp. Page 18 n° 13.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

Pierre -Léonard Vander Linden est un médecin et entomologiste belge ( Bruxelles, 12-12-1797/ Bruxelles, 4-04-1831) que les biographies en ligne présentent essentiellement comme un spécialiste des Hyménoptères. Pourtant, il est l'auteur de 7 espèces d'Odonates en 2 publications de 1820 et 1827 . Voir mon article sur I. elegans (Vander Linden, 1820). http://www.lavieb-aile.com/2018/10/zoonymie-des-odonates-le-nom-aeshna-affinis-vander-linden-1820-l-aeschne-affine.html

J'emprunte cette biographie à BESTOR :

Né le 12 décembre 1797, Pierre-Léonard Vander Linden est le fils aîné d’un médecin et est destiné très jeune à poursuivre une carrière médicale. 
Il est inscrit au Lycée de Bruxelles et suit les cours d'Antoine Noël Bachelier, Lallemand et Jean-Baptiste Lebroussart. Pendant cette période, il collectionne les papillons avec plusieurs compagnons, entre autres, Constantin Wesmael et Schuremans.  En 1817, il obtient une des bourses de la fondation Jacobs à l’Université de Bologne. Ces bourses sont octroyées depuis 1650 suite à une initiative de Jean Jacobs, orfèvre bruxellois, pour l’instruction universitaire de jeunes brabançons. 
Il part le 2 octobre 1817 en Italie et profite de son voyage pour prendre contact avec l’entomologiste Pierre-André Latreille (1762-1833) de Paris et pour collectionner les insectes, coquilles, roches et plantes qu’il découvre sur son passage. Pendant ses études, il continue ses observations en Italie et se lie d’amitié avec le zoologue Camillo Ranzani (1775-1841) dont il devient le collaborateur. Il est également remarqué par le clinicien J. Tommasi dont il s’attache à traduire et à faire connaître les travaux. 
Le 17 avril 1821, il est reçu docteur de la faculté de médecine de Bologne.
La même année, il suit les cours de François Broussais (1772-1838) à Paris.
De retour à Bruxelles, il est reçu docteur en médecine de l’Université de Louvain, le 15 juillet 1823. Il est nommé professeur de zoologie au Musée des sciences et des lettres et enseigne les sciences naturelles à l’Athénée de Bruxelles.
Vander Linden est membre de la Société des sciences médicales et naturelles de Bruxelles dont il est d’abord secrétaire adjoint et puis secrétaire perpétuel. Il fait également partie de la Société de flore de Bruxelles. Il est élu membre de l'Académie royale des Sciences et Belles-Lettres de Bruxelles, le 28 octobre 1826. Il décède le 5 avril 1831 des suites d’une gastro-céphalite."

https://www.bestor.be/wiki/index.php/Vander_Linden,_Pierre-L%C3%A9onard_(1797-1831)

.

Description originale.

.

 

L[ibellula]  viridi-ænea, abdominis medio incrassato, appendicibus analibus omnibus maris simplicibus, acuminatis; alis lutescentibus, macula marginali lutea.

-Harris. Expos. of Engl. Ins., tab. 27, f. 2. mas. [Libellula aenea]

-Roesel. Ins. II, Aq. II, tab. 5, f. 2. mas.

-Schaeffer. Icon., tab. 1 13, f. 4. fem.

 

- Mas. Caput æneum, fascia frontali arcuata, labii superioris basi, inferiori toto, luteis. Oculi virides, supra rufescentes. Thorax aeneus rufo-tomentosus. Abdomen æneum : secundi segmenti angulis posticis subtùs latè productis : ejusdem margine postico, puncto utrinque, et striga laterali, tertii autem macula utrinque laterali baseos, luteis. Appendices anales acutæ : superiores tenues, basi ab invicem remotæ, externe sinuatæ, longitudine duorum ultimorum segmentorum abdominis : inferior, brevior, crassior, triangularis. Pedes nigri, femoribus anticis basi luteis. Alæ lutescentes, callis nigris luteo maculatis, macula marginali lutea, membranula accessoria albida, posticarum magna, ad marginem internum cinerea,

- Femina. Hujus primum et secundum abdominis segmentum, margine postico et laterali, punctoque utrinque luteis: cætera immaculata. Antepenultimum autem subtùs et posticè in appendicem concavo-acuminatam, productum. Appendices anales duobus ultimis segmentis abdominis longiores. Caput thorax, alæ, pedes ut in mare.

Longit. 22—23 lin. Extens. alar. 34 l.

Habitat Bruxellis. Mus. nostr. ,

.

Essai de traduction partielle :

 

— Diagnose : "Libellule vert-bronze, abdomen épaissi au milieu, tous les appendices anaux du mâle simples et pointus ; ailes jaunâtres, tache marginale [ptérostigma] jaune."

— Description du mâle :  "La tête bronze, avec une bande arquée frontale, la base de la lèvre supérieure et toute la partie inférieure, jaunes. Les yeux verts, le dessus tendant vers le roux. Thorax bronze couvert d 'épais poils roux . Abdomen bronze : l'angle postérieur [---] appendices anaux pointus, les supérieurs minces , [---] pattes noires, la base des cuisses antérieures jaunes. Les ailes jaunâtres, nervures (callis?) noires tachées de jaune, tache marginale jaune, membranule accessoire blanche, , grande en postérieur, avec la marge interne gris-cendré."

Curieusement, le critère distinctif principal avec C. aenea, les marques jaunes frontales, n'est pas signalé dans la diagnose, mais dans la description du mâle. 

.

Vander Linden signale qu'il reconnait son espèce dans l'illustration donnée par Harris en 1776-1780 sous le nom de Libellula aenea, ou dans celle donnée par Roesel en 1749 dans Insecten Belustigung, ou dans celle de la planche 113 de Schaeffer . Voici les 2 premières illustrations, peu convaincantes à mon sens (je ne vois pas le front jaune), mais c'est pour le plaisir :

.

.

.

Harris, Exposition des insectes qui se trouvent en Angleterre pl. 27 fig.2 https://www.biodiversitylibrary.org/item/226006#page/152/mode/1up

Harris, Exposition des insectes qui se trouvent en Angleterre pl. 27 fig.2 https://www.biodiversitylibrary.org/item/226006#page/152/mode/1up

Roesel, Insecten Belustigung II, pl.V fig 2  https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0259/image

Roesel, Insecten Belustigung II, pl.V fig 2 https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0259/image

.

Toussaint de Charpentier illustre en 1840  la Cordulie métallique dans une planche, dont la reproduction n'est pas excellente.

.

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=metallica&f=false

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=metallica&f=false

.

En 1900, le britannique Lucas donne une excellente planche du mâle et de la femelle.

Lucas, W. J. 1900. British dragonflies (Odonata). - pp. i-xiv [= 1-14], 1-356, Pl. I-XXVII [= 1-27]. London. (Gill).

.

La femelle S. metallica par Lucas.

La femelle S. metallica par Lucas.

Le mâle S. Metallica par Lucas (animalbase)

Le mâle S. Metallica par Lucas (animalbase)

.

ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE METALLICA.

 : du latin metallicus, a, um "de métal" (Gaffiot, avec des exemples tirés de Pline), donc "métallique", issu du grec ancien metallikos .

https://fr.wiktionary.org/wiki/metallicus

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=metallicus

Cette épithète renvoie à la description de la couleur vert-bronze (viridi-aeneum) de cette libellule. Vander Linden décrit cette nouvelle espèce juste après avoir décrit la Libellula aenea de Linné ainsi :  Libellula tota viridi-aenea . Comme il ne peut reprendre l'épithète aenea, il utilise un synonyme, metallica. On peut s'étonner qu'il n'ait pas songer à la nommer d'après les critères spécifiques qu'il énonce dans sa diagnose, comme les ptérostigmas jaune (et non noirs), les appendices anaux pointus (et non crochus), la forme de l'abdomen épaissie dès le milieu (et non en massue à sa pointe), voire le bandeau jaune frontal qu'il décrit ensuite. L'avantage de son choix est de souligner la proximité de Libellula aenea et de Libellula metallica, l'inconvénient est de ne pas mettre en avant leurs différences.

Résumé : metallica, du latin signifiant "métallique" pour la couleur vert-bronze semblable à celle de Cordulia aenea , dont il distingue par ailleurs les différences dans sa diagnose.

.

LES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM :

 Le nom est particulièrement facile à interpréter et le consensus est entier parmi les auteurs. 

 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulie-metallique/

"De metallon (gr) = initialement la mine, puis le métal que l’on y trouve : le corps de cette espèce présente des reflets métalliques."

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

" - metallicus, a, um = metallico. Con riflessi metallici. "

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"metallica (Vander Linden) [l. metallic] describes the spectacular metallic sheen of this species."

.

— VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

" metallica = metaalachtig glanzend "

.

 

 

 

.

Corpus.

Le corpus de noms créés par Vander Linden comprend 7 espèces d'Odonates et un genre d'Hyménoptères. Parmi les espèces d'Odonates, nous trouvons 6 épithètes descriptives (dont 3 de couleur)  et  1 taxonomique. 

Ischnura elegans, (Vander Linden, 1820)

Sympecma fusca, (Vander Linden, 1820)

Somatochlora metallica, (Vander Linden, 1825)

Leucorrhinia dubia, (Vander Linden, 1825)

Coenagrion pulchellum, (Vander Linden, 1825)

Lindenia tetraphylla (Vander Linden, 1825)

Lestes viridis, (Vander Linden, 1825)

et le genre d'Hymenoptères  Pryonis, 1827.

 

.

.

LES NOMS VERNACULAIRES.

.

.

LES NOMS DE S. METALLICA EN FRANÇAIS.

.

1°) "La Cordulie métallique", Sélys 1840.

— Monographie des Libellulidées d'Europe page 64

https://books.google.fr/books/about/Monographie_des_libellulid%C3%A9es_d_Europe.html?id=NaI-AAAAcAAJ&redir_esc=y

— Revue des Odonates page 69

https://books.google.fr/books?id=Xa98vgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Sélys écrit :

"Diagnose. — Vert-bronzé. Une bande transverse sur le devant de la tête et base de la lèvre supérieure jaunes.

[...]

La C. metallica habite probablement toute l'Europe tempérée, mais elle n'est commune nulle part; je l'ai prise en Lombardie au mois de juin et en Belgique au 20 juillet. Toussaint de Charpentier l'indique en Silésie et aux environs de Berlin.

La Metallica se distingue de suite de toutes ses congénères à la bande jaune qui traverse le front. Les individus de Belgique ont souvent les ailes très-lavées de jaunâtre.

On connait la règle d'Edmond de Sélys-Longchamps, qui est de donner après le nom scientifique Cordulia metallica une transcription en français la plus proche de ce dernier, sans se préoccuper le moins du monde de la valeur du nom français qu'il n'utilise pas (parlant de "la metallica") et dont il n'envisage pas qu'il sera utilisé dans les milieux entomologistes.

Le nom disparaît effectivement de la littérature, jusqu'en 1958 où il est repris par Robert (je n'ai pu m'en assurer), en 1959 dans Alexanor, en 1985 par d'Aguilar et Dommanget (Guide des Libellules), etc.. avant d'être officialisé dans la Liste de référence de la SFO 2012 et sur le site INPN du Muséum. 

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65393

.

2°) "La Chlorocordulie métallique", Jourde 2007.

 

Dans sa traduction en 2007 du Field Guide to the Dragonflies of Britain and Europe de K.-D. B. Diskstra 2006, Philippe Jourde introduit le nom de "Chlorocordulie métallique", plaçant celui de Cordulie métallique" en retrait.

En toute logique, il adaptait la démarche de traduction du nom scientifique qui, depuis Sélys, était passé de Cordulia metallica à Somatochlora metallica  et il regroupait les noms français du genre Somatochlora Sélys, 1871 (dont Chlorocordulie est la transcription) dans une série homogène : les Chlorocordulies métallique, méridionale, à taches jaunes, arctique, alpestre, polaire, et de Thrace.

Sur le site Poitou-Charente et dans l'ouvrage Libellules de Poitou-Charente (dont Jourde est co-auteur), la "Cordulie métallique" devient le nom principal, et "la Chlorocordulie" n'est plus mentionnée que comme un synonyme. Le nom est néanmoins mentionné dans l'article Wikipédia consulté en 2019.

.

 

 

 

 

 

 

 

LES NOMS DE S. METALLICA EN D'AUTRES LANGUES.


.

-en allemand : Die Glänzende Smaragdlibelle

- en néerlandais : De metaalglanslibel

- en frison :  Glanzige glêzemakker, Glansgrienkop

- en croate : Lesklice zelenavá  cestina

- en suédois : Metalltrollslända sued

- en finlandais : Välkekorento

- en hongrois : A fémzöld szitakötő  magyar

- en  norvégien : Vanlig metalløyenstikker

- en slovène :  Kovinski lesketnik

- en anglais : The Brilliant emerald

-en gallois : Gwas gwyrdd gloyw

-en breton : Pick-aer metal-heñvel (la Cordulie — litt. : piquant du serpent—) d'apparence métallique. En attente de validation dans le Dictionnaire KAG.

 

.

 

.

 

.

SOURCES ET LIENS.

.

 Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 .

OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— BOUDOT (J.-P.) DOMMANGET (J.-L.) 2012,   Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp. 

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

 — DIJKSTRA  ( K.-D. B.)  & Lewington, (R.) 2015. Guide des libellules de France et d'Europe. Guide Delachaux. Delachaux et Niestlé. Paris. 320 p.

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

GRAND (D.),  BOUDOT (J.-P.). 2007. Les libellules de France, Belgique et Luxembourg. Biotope, Mèze. Collection Parthénope. 480 pp.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

JOBLING (James A.), 2010, Helm Dictionary of Scientific Bird Names, Bloomsbury Publishing,432 pages

https://books.google.fr/books?id=-RfSBAAAQBAJ&dq=metallicus+linnaeus&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— CHARPENTIER (Toussaint von), 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis nomen coloratis ; apud A. Gosohorsky, Wratislaviae. 225 pages, page 24.

HARRIS, Moses, 1731-1785, 1786, Exposition des insectes que se trouvent en Angleterre; comprenant les différentes classes des Neuroptera, Hymenoptera, et Diptera: ou des abeilles, mouches, et Libellulae. Londres, B. White et J. Edwards,1786.

https://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/130967#/summary

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. 
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1848, "Liste  des Libellules d'Europe et diagnose de quatre espèces nouvelles", Revue  Zoologique par la Société Cuvierienne, vol. 9 page 15

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19656#page/23/mode/1up

VANDER LINDEN 1825, Monographiae Libellulinarum Europaearum Specimen. Bruxellis, apud J.Frank, bibliopolam, Via Vulgo de la Putterie : 42 pp. 

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

.

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
8 février 2019 5 08 /02 /février /2019 22:16

La verrière de la Vierge entourée de saints par Arnoult de Nimègue  vers 1500-1510 en baie 16 de l' ancienne collégiale Notre-Dame du Grand-Andely,  Les Andelys (Eure).

.

 

 

 

.

Voir aussi :

.

 

.

 

 

.

.

PRÉSENTATION.

.

 

 

Les verrières de l'ancienne collégiale Notre-Dame 

L'église Notre-Dame des Andelys, appelée collégiale à cause de la présence d'un collège de chanoines au Chapitre, a été construite, — alors que le duché normand avait été rattaché à la France par Philippe-Auguste par la prise de Château-Gaillard en 1204 —,  en 1215-1220 sur les ruines d'une abbaye de femmes fondée en 511, par sainte Clotilde, épouse de Clovis Ier, et détruite vers 900 par les vikings . Il ne reste rien des vitraux du XIIIe siècle où fut bâti l'essentiel de la nef et du chœur Une seconde grande campagne de construction vers 1330-1345 concerna l'achèvement des façades est et ouest, et la mise en place des voûtes . Au tout début du XVIe siècle, l'édifice connut de grandes transformations , dont témoignent en baie 16 des éléments d'un vitrail dû au verrrier Arnoult de Nimègue. Le portail sud est de style flamboyant des xve et xvie siècles, et nous en gardons la grande rose sud (baie 114) et le vitrail du tympan du portail sud du transept, la baie 14 qui porte les armoiries de l'archevêque Georges II d'Amboise.

Mais la majorité des verrières anciennes datent des deuxième et troisième quart du XVIe siècle,

La campagne concerna le coté sud de l'édifice, correspondant à la reconstruction  des baies et à l'ouverture des chapelles. L'ensemble des baies sud furent vitrées de couleur entre 1510 et 1560. Par exemple, la baie 18 porte la date de 1540 et la baie 126 celle de 1560. Le chapitre collégial sut imposer une certaine unité thématique, avec trois verrières de la vie de saint Pierre et trois séries narratives de la vie de sainte Clotilde dans trois chapelles successives de la nef.

Nous avons ainsi, pour les verrières basses du coté sud :

Baie 10 : vers 1510-1520 : Enfance du Christ, offerte par Jean Basset et Isabeau Roussel.

Baie 12 : vers 1510-1520 : Crucifixion, offerte par Jean Basset et Isabeau Roussel.

Baie 14 : XVIIe

Baie 16 : vers 1500-1510 Verrière à grands personnages offerte par Henri Le Pelletier.

Baie 18 : 1540. Verrière de la Vierge offerte par Robine Duboys, veuve de Robinet Le Coq.

Baie 20 : 1540 remplacée en 1866 : verrière de sainte Clotilde

Baie 22 : vers 1540 : Vie de saint Léger.

Baie 24 : vers 1540 : verrière de sainte Clotilde, offerte par un couple de donateurs et leur fille.

Baie 26 : vers 1550-1575. verrière de sainte Clotilde, offerte par Alexandre La Vache sr de Radeval

.

Description.

Cette baie mesure 4,50 m de haut et 4,20 m de large et se compose de 5 lancettes trilobées et un tympan à 3 soufflets et 18 mouchettes.

Cette verrière où la Vierge à l'Enfant est entourée de 4 saints a été offerte vers 1500-1510 par Henri Le Pelletier de Longuemare, lieutenant de la vicomté de Gisors et sa femme Geneviève Jubert du Thil. Elle a été réalisée à Rouen par Arnoult de Nimègue. Plus petite que la verrière actuelle, elle réunissait les figures de la Vierge, de saint Jean-Baptiste et du saint archevêque qui occupent les 2ème, 3ème et 4ème lancettes actuelles, vénérés par les donateurs.

À l'initiative des donateurs ou de leurs enfants, elle a ensuite été adaptée à une baie nouvelle lors de la construction des chapelles du bas-coté sud de la nef vers 1540, et a été complétée par le peintre-verrier de Gisors Romain Buron, également responsable de la baie 18.

Elle a été assez restaurée, en particulier par Didron en 1865-1866 

.

Lancette A : Saint Sébastien / donateur et ses fils

Lancette B : Saint Jean-Baptiste 

Lancette C : Vierge à l'Enfant

Lancette D : Saint archevêque.

lancette E : sainte Marie-Madeleine / donatrice et ses filles

 

.

"Chaque saint est entre deux pilastres, ornés d'arabesques en camaïeu et supportant une arcade avec couronnement de même, ayant ce dernier sur ses rampants, tantôt des colombes au bizarre plumage et tantôt des anges nus, gros, gras et joufflus. Dans le tympan de chaque fronton, les armoiries des donateurs ont été reproduites tour à tour. Les compartiments du réseau sont occupés par des anges en adoration, vêtus d'une longue tunique blanche, ourlée de galon d'or, et portant des ailes différentes par la couleur. Au sommet de l'ogive domine l'ternel, sous la figure d'un vieillard, semblable à peu près à toutes celles dont nous avons parlé précédemment. La grande arcade de la fenêtre se termine extérieurement par un galbe, ou fronton d'ornement ajouré, traversant un balustre placé au bord de la plate-forme qui couvre ce coté des collatéraux et des chapelles et couronné par la statuette d'un saint*." (Brossard de Ruville)

.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

.

LES CINQ  LANCETTES.

.

"La chapelle, située à l'angle inférieur du croisillon a été construite sous l'invocation de saint Jean-Baptiste, par un le Pelletier de Longuemare,pour être le lieu de sa sépulture et de celle de ses descendants. Le fait est que, depuis Jehan le Pelletier, sieur de Longuemare, lieutenant du bailli de Gisors, qui vivait entre l'année 1497 et l'année 1540, jusqu'à Anne-Françoise Lejay, veuve de messire Henri-Jean-Baptiste le Pelletier, écuyer, sieur du Val Dailli, qui y fut inhumée le 18 juin 1737, les actes mortuaires de l'église Notre-Dame font foi que les membres de cette famille y reposent presque tous. Cette chapelle est remarquable par les vitraux peints qui décorent sa fenêtre. Celle-ci est divisée en 5 baies et chaque baie contient l'image d'un saint. " (Bossard de Ruville)

 

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

LES DONATEURS (par Arnoult de Nimègue, 1500-1510).

.

Henri Le Pelletier de Longuemare et ses trois fils.

.

"Au-dessous du saint, est représenté Henri le Pelletier, à genoux, les mains jointes, la bourse pendue à la ceinture, devant un prie-Dieu, portant son livre d'Heures et orné de ses armoiries, qui sont : d'azur, à la face d'argent, chargée de 3 coquilles de sable (*). Derrière lui ses trois fils, dans la même attitude. Ces 4 personnages sont revêtus d'une espace de simare rouge, à larges manches, différente seulement pour le père, en ce qu'elle a des parements en fourrure." Brossard de Ruville)

(*) De la Galisonnière, Recherche de la noblesse de la généralité de Rouen, mi. in-fol., suppl. fr.,n»283. p. 163 Bibliot. Richelieu.

.

Armoiries des seigneurs de Longuemare

.

L'homme porte un anneau d'or à l'index droit.

.

Données généalogiques : 

 Robert II Le Pelletier seigneur de Bonnemare († après 1481) qui fut anobli en 1468, et Gillette Michel son épouse acquirent le fief de Bonnemare à Farceaux avant 1475, et furent les ancêtres des Le Pelletier de Longuemare.  Robert  est le père de Henri Le Pelletier de Longuemare, qui épousa Geneviève Jubert du Thil , et qui est représenté ici avec son épouse. 

--Leur fils Jean Le Pelletier de Longuemare seigneur de Bonnemare épousa Anne de Mornay, d'où Jacques Le Pelletier de Longuemare.

--Leur fille Geneviève épousa Jean de Feuguerolles (1540-1595).

https://gw.geneanet.org/skrebs1?lang=en&n=le+pelletier+de+longuemare&oc=1&p=henri

L'historien de l'église de Gisors Étienne Hamon donne des indications complémentaires et mentionne :

  • Henri Le Pelletier de Longuemare, documenté 1493-1516, lieutenant du vicomte de Gisors, écuyer, seigneur de Bonnemare dans la châtellenid des Andelys, dont la qualité de "noble homme" trahissait l'extraction roturière. C'est lui qui figure sur le vitrail des Andelys. Il adhera à la confrérie de l'Assomption de Gisors en 1505-1506, date autour de laquelle il offrit cette baie 16 avec son épouse Geneviève Jubert, fille de Guillaume II Jubert, lieutenant général du bailli de Gisors.
  • Jean Le Pelletier de Longuemare, décédé en 1525, lieutenant du bailli de Gisors, et trésorier de l'église de Gisors.
  • Henri Le Pelletier de Longuemare, décédé en 1559-1566, lieutenant du bailli de Gisors, écuyer, licencié es-lois, donateur à la confrérie Saint-Louis de Gisors en 1561 

Voir aussi Histoire de la ville des Andelys vol. 2 page 456 et suiv.:

  • Jean Le Pelletier, procureur du roi près le baillage de Gisors, mention en 1543
  • Louis Le Pelletier

https://books.google.fr/books?id=IUIbAAAAYAAJ&pg=PA459&dq=vicomt%C3%A9+des+Andelys+%22le+pelletier%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiy3ZmDtqzgAhVMzhoKHRaTBEAQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22le%20pelletier%22&f=false.

Précisions sur le titre de lieutenant du vicomte dans le Grand-bailliage de Gisors :

a) Selon Etienne Hamon :

Depuis le XVe siècle, le bailli avait un lieutenant général à Gisors et des lieutenant particuliers aux Andelys et à Lyons. Ces offices comme ceux d'avocat et de procureur du roi au baillage se transmettaient au sein de quelques familles de la petite noblesse comme les Le Lanternier, Le Pelletier ou du Vieu. Elles prirent une part active à la vie paroissiale.

Le bailliage était subdivisé en quatre prévôtés , celle des Andelys, de Gisors, de Lyons et de Vernon. Cette circonscription financière s'effaça devant la vicomté et dès le second quart du XIVe siècle, le prévôt n'était qu'un auxiliaire du vicomte (vicomté des Andelys, de Gisors, de Lyons (La Forêt) et de Vernon).

b) Selon Wikipédia :

À la tête d'une vicomté normande se trouvait un officier nommé portant le titre de vicomte (ou parfois, au chef-lieu de certains bailliage, celui de lieutenant général du bailli.)

  • le vicomte représentait le bailli, qui lui-même représentait le roi. Lors d'assises ou de plaids, il jugeait les cas qui échappaient aux justices seigneuriales de son ressort ou qui ne relevaient ni des jugements en première instance aux bailliages, ni des cas royaux.

  • le lieutenant général du vicomte remplaçait le vicomte en lieux, places et fonctions, en cas d'absence ou de nécessité. En revanche, un lieutenant particulier dans une ou plusieurs vicomtés représentait directement le bailli dont elles dépendaient, pour des jugements relevant de sa juridiction.

  • le garde du scel des obligations de la vicomté

  • le receveur du domaine de la vicomté était chargé de la trésorerie du domaine royal : recettes et dépenses, paiement des gages des officiers

  • les sergents fieffés, officiers souvent héréditaires placés à la tête des sergenteries, subdivisions des vicomtés

  • les tabellions ou tabellions jurés étaient des notaires chargés de la transcription des actes ayant valeur légale, notamment la rédaction des quittances de gages ; au cours du xive siècle, ils rédigèrent peu à peu en leur nom les actes de la vicomté, hors les décisions de justice et de police, en lieu et place des vicomtes. Ils étaient en outre habilités à vidimer les actes officiels

 

.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

.

Geneviève Jubert du Thil et ses filles.

.

Au-dessous de la sainte est représentée Geneviève Jubert du Thil, femme de Henri le Pelletier. Cette dame est à genoux, les mains jointes, devant un prie-Dieu, sur lequel est posé son missel ouvert et sont peintes ses armoiries de la manière que voici : parti d'azur à la face d'argent, chargée de deux coquilles de sable, dont une finissant à senestre, qui est le Pelletier de Longuemare, et parti écartelé au 2 d'azur à la croix alaisée d'or et au 4 d'azur à 5 fers de pique d'argent, 3 et 2, qui est Jubert du Thil. Elle est suivie de ses deux filles. Ces trois personnes sont vêtues d'une longue robe rouge, à larges manches, à revers blancs pour les deux dernières, et coiffées d'une espèce de serre-tête, semblable à celui que portait Anne de Bretagne." (Brossard de Ruville)

La couleur rouge des robes de l'ensemble de cette famille est sans doute une couleur somptuaire, propre au rang de l'officier du vicomté, car on la retrouve dans d'autres panneaux de donateurs de l'Eure. La coiffe de la femme est plus élaborée que celle d'Anne de Bretagne. Le décolleté carré laisse voir sur deux chemises fines deux colliers en or. Les manches fourrées très larges se voient aussi en baie 18, dans le portrait de Robyne Duboys, par Romain Buron en 1540.

Notez les pièces montées en chef-d'œuvre dans les armoiries. La tête et les mains de la fille aînée ont été restituées, la tête de la mère est très dégradée.

.

 

 

La famille Jubert est une famille de parlementaires normands.

La famille Jubert est originaire de Bizy ou encore Blaru, limitrophes de Vernon, dont témoigne, entre autres, Louis-Guillaume Jubert de Bouville.

Elle porte les armoiries "écartelé au 1 et 4 d'azur à la croix alaisée d'or, au 2 et 3 d'azur à 5 fers de pique d'argent, posés 3 et 2"

Membres notables de la famille

  • Guillaume III Jubert († 1543), seigneur de Vesly et de Gueutteville, conseiller à l'Échiquier de Normandie puis au Parlement de Normandie jusqu'en 1540. Il épouse Marie de Civille. Riche, son revenu annuel s'élève à 13 500 livres tournois et sa fortune à sa mort à environ 201 350 livres tournois. Il octroie un prêt de 1 200 livres tournois en 1529 à son neveu Claude Le Roux pour la construction du château de Tilly.

  • Jeanne Jubert, fille de Guillaume Jubert, seigneur de Vesly, lieutenant général du bailli de Gisors épouse en 1486 Guillaume II Le Roux († 1520), conseiller à l'Échiquier (1499) puis au Parlement de Normandie, seigneur de Becdal, Acquigny, Saint-Aubin-d'Ecrosville et Bourgtheroulde. Il sera l'auteur de l'hôtel de Bourgtheroulde à Rouen.

  • Henri I Jubert (1488-1552), seigneur de La Grippière, lieutenant général de l'amirauté de Rouen, président de la Cour des Aides de Rouen (1543). Il est chargé en novembre 1549 avec Philibert Delorme et Louis Pétremol, président du Parlement de Normandie, de désarmer les galères rassemblées à Rouen. Il achète en 1522 l'ancien « hôtel du Paon » qu'il démolit pour construire l'hôtel Jubert de Brécourt à Rouen.

  • Henri II Jubert († 1614), seigneur de Brécourt. Il fait construire le château de Brécourt après être devenu gentilhomme ordinaire de la chambre du roi Henri III (1577). Sa construction jusqu'en 1580 semble avoir été fortement inspirée des recueils de Du Cerceau.

Parmi ces membres, remarquons Jeanne Jubert, et son mari Guillame Le Roux, donateurs d'un vitrail à Louviers. Voir mon article http://www.lavieb-aile.com/2018/11/la-verriere-de-saint-claude-de-l-eglise-de-louviers.html

Les généalogistes mentionnent, pour l'ascendance de Geneviève Jubert, :

  • Guillaume III JUBERT du THIL, décédé en 1450, mariée en 1406 avec Catherine Le BRUMENT, d'où
  • Guillaume IV JUBERT du THIL et sa femme Catherine DANIEL, décédée en 1514 , d'où
  •  Geneviève JUBERT du THIL 1478-  épouse de  Henri Le PELLETIER de LONGUEMARE, Seigneur de Grainville †1586 

 

.

En 1500, "Damoiselle Geneviève Jubert femme de M. Henri Le Pelletier" fit don à l'église d'une cloche (le bourdon de la tour sud) qu'elle baptisa  CROHEVLT, ancien nom ou variante locale (mentionnée sur la baie 24) de sainte Clotilde.

 

.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

.

La lancette A : saint Sébastien (Romain Buron v.1540).

Buste restauré.

La tête de lancette est attribuée à Arnoult de Nimègue. L'encadrement d'architecture porte un couronnement à décor d'oiseaux de style oriental et de dauphins affrontés d'inspiration italienne.

On trouve en ligne un cliché Wikipédia : https://commons.wikimedia.org/wiki/File:AndelysStS%C3%A9bastien.jpg

 

.

"La 1ère nous montre saint Sébastien, nu, la bouche close par un instrument en fer, les bras et les jambes percés de 6 flèches, et lié, au moyen de cordes, à un arbre dont on ne voit que le pied , le veluin autour des reins, et le nimbe d'azur planant. " (Brossard de Ruville).

 

 

.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

.

La lancette B : Jean-Baptiste.

"Dans la 2ème baie figure saint Jean-Baptiste: chevelure et barbe blanches, bras et jambes nus, le reste du corps couvert d'une peau de bête, liée autour des reins par un cordon, et d'un manteau rouge, doublé et bordé de jaune. Il tient de la main gauche un long bâton, se terminant par une croix byzantine; nimbe d'or planant."

Éléments d'un saint Jean-Baptiste  par Arnoult de Nimègue , mais la tête du saint (?), l'agneau et d'autres pièces ont été refaites vers  1540.

L'encadrement d'architecture laisse apparaître dans le couronnement, entre deux amours ailés, les armoiries des Longuemare (vers 1540). Nous retrouvons la fasces aux coquilles de sable dans le soubassement .

.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

 

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

Lancette C : La Vierge à l'Enfant (Arnoult de Nimègue, vers 1500-1510).

"Dans la 3ème baie est représentée la sainte Vierge, portant l'Enfant-Jésus, nu, tenant la boule du monde surmontée d'une croix. La Vierge a les cheveux d'or, longs, bouclés, le front ceint d'une couronne d'or à fleurons, le nimbe aussi d'or planant; porte une robe rouge, traînante, avec gorgerette couverte de pierreries et poignets en hermine, un manteau jaune, damassé, bordé de bleu. "

Encadrement architectural de même style qu'en lancette B, mais avec les armoiries de la donatrice dans le couronnement (verre gravé), et la fasce aux coquilles de sable au soubassement.

La Vierge à l'Enfant, par Arnoult de Nimègue, est réalisée d'après le carton à grandeur utilisé aussi vers 1508-1510 pour Sainte-Foy de Conches. Je peux évoquer aussi la baie 28 de Louviers, réalisée vers 1510-1515 par le même verrier flamand.

http://www.lavieb-aile.com/2018/11/la-verriere-des-trois-marie-ou-de-la-parente-de-la-vierge-de-l-eglise-de-louviers.html

Elle est nimbée et couronnée, vêtue d'un surcot rouge aux manches fourrées d'hermine, recouvert d'un manteau de damas doré à parement bleu . Elle tend à son fils une fleur (pissenlit ?) ou une plume.

Enfant-Jésus refait vers 1540 ; tête de la Vierge très dégradée.

 

.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

 

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

.

Lancette D. Un archevêque.

"La 4e baie contient l'image d'un évêque, ayant le nimbe d'azur entourant, bi-cerclé, la barbe rase, la mitre richement ornée, une chape rouge, bordée de galon en fil d'or. Il bénit d'une main et tient une croix pontificale de l'autre."

Quel est cet archevêque ? Saint Romain ? Saint Nicolas ? Aucun indice ne permet de le dire.

Peinture du visage très effacée.

.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

 

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

Lancette E : sainte Marie-Madeleine (Romain Buron, vers 1540).

Encadrement architectural de même type qu'en lancette A. 

"Dans la 5ème baie figure sainte Madeleine : nimbe rouge planant, longue chevelure d'or, robe rouge traînante, avec manches à crevés et longs poignets en orfroi, manteau blanc, doublé de bleu et emborduré d'un riche galon d'or ; tenant un vase orné d'un rinceau et du nom de MADALENA." (Brossard de Ruville)

.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

 

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

.

LE TYMPAN.

 

.

Nous y comptons 12 anges adorateurs, 8 séraphins bleus et rouges,  (cartons retournés en symétrie), et Dieu le Père sous la colombe dans l'ajour supérieur.

.

 

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

Verrière de la Vierge et de 4 saints, baie 16 de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely. Photographie lavieb-aile 25 août 2018.

.

SOURCES ET LIENS.

.

— BROSSARD DE RUVILLE, 1863, Histoire de la ville Andelis et de ses dépendances, Volume 1, Delcroix, 987 pages, page 435.

https://books.google.fr/books?id=IEIbAAAAYAAJ&dq=armoiries+longuemare+d%27azur&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), HÉROLD (Michel), 2001, Eglise Notre-Dame du Grand-Andely, ancienne collégiale  in Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France vol. VI, Paris, CNRS, 2001. p. 103.

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 21:32

Zoonymie des Odonates : étude des noms de Leucorrhina dubia,(Vander Linden, 1825), "la Leucorrhine douteuse".

.

 

 .

Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

.

 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

.

ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

 

Résumé :

—  Leucorrhinia , Brittinger 1850,  SitzBer. Akad. Wiss., Wien, 4:333 vient des deux mots grec leukos = blanc et rhinios = nez. C'est une transcription en grec du nom latin albifrons "front blanc" de l'espèce type du genre, décrite par Burmeister en 1839. Cette transcription créée par Charpentier en 1840 sous la forme Leucorhinus a été féminisée (et complétée d'un -r-) par Brittinger, pharmacien et naturaliste de Vienne.

dubia (Vander Linden, 1825) : de l'adjectif latin dubius, "douteux, incertain" mais aussi "indécis, hésitant", comme si l'épithète qualifiait moins l'espèce qu'elle ne témoignait de la perplexité de l'entomologiste face à un spécimen globalement semblable à la rubicundia de Linné, mais de taille inférieure.  Par cette particularité, cette épithète appartient au groupe des qualificatifs "taxonomiques" comme affinis (du même auteur),  simillimus (Selys, 1850) ou mixta (Latreille, 1805).

Noms en français : 1°) "La Libellule douteuse", Sélys, 1850,  traduction du protonyme  Libellula dubia ; 2°) "La Leucorrhine douteuse", P.-A. Robert, 1958, adopté par tous depuis lors.

Noms en d'autres langues :

-en allemand : Die Kleine Moosjungfer , la Petite Leucorrhine.

- en espagnol : El "darter" cara-blanca , traduction du nom suivant.

- en anglais :

a) The White-faced darter :  Le "Darter [( Flèche), nom commun de tous les Sympétrums] à face blanche" , car cette espèce est aussi petite que Sympetrum danae, qui est fin et noir également, mais dont la face est jaune. 

b)  the Small whiteface , la Petite Leucorrhine.

- en néerlandais : De venwitsnuitlibel  = le museau blanc = la Leucorrhine. Le nom n'est pas spécifique, mais générique.

- en frison :  Lytse glêzewasker, Lytse wytsnüt : Lytse signifie "petit" : "la petite face blanche"

- en suédois : Myrtrollslända ou mindre kärrtrollslända, "petite kärrtrollslända"

 

 

.

 

 

 

.

.

NOM SCIENTIFIQUE.

.

NOM DE GENRE LEUCORRHINIA (BRITTINGER, 1850).

 

Voir dans ce blog :

 

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-leucorrhinia-brittinger-1850.html


 


 

 

 

.

.

NOM D'ESPÈCE L. DUBIA (VANDER LINDEN, 1825).

[Libellula dubia], Vander Linden 1825, Monographiae Libellulinarum Europaearum Specimen. Bruxellis, apud J.Frank, bibliopolam, Via Vulgo de la Putterie : 42 pp. Page 1 n°XI

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

Description originale.

.

XI. LIBELLULA DUBIA.

Nigra, thorace fasciis , abdomine maculis dorsalibus, flavis; alis albis macula marginali subquadrata , fusca ; posticis macula triangulari baseos, nigra.

Lib. rubicunda ? Lin. Syst. Nat. I, 902, 4. Fn. Suec. 1462. Gmel. 1, 2620, 4. Vill. Ent. Lin. III. 4, 4.

Mas. Caput viride, margine postico, et macula triangulari ante oculos nigris. Oculi fusci, subtùs virescentes. Thorax nigro-æneus, suprà strigis duabus longitudinalibus interruptis, maculisque lateralibus, duabus majoribus, et quatuor aut quinque minoribus, flavis. Scutellum flavum. Abdomen nigrum : primum segmentum margine postico; 2. fasciis duabus et macula utrinque ; 3. 4. 5. 6. 7. macula dorsali, luteis. Appendices anales nigrae, superiores duobus ultimis segmentis abdominis conjunctis paulò breviores; inferior his dimidio brevior. Pedes nigri. Alæ albæ , callis luteis , macula marginali subquadrata fusca, membranula accessoria alba ; anticæ puncto, posticæ puncto et macula triangulari baseos nigris.

Long. 13—14. lin. Extens. alar. 26. lin.

Feminam non vidi.

Habitat in Belgio : in pago Gheel, a D° Robyns semel capta, æstate.

Obs. Haec species forsitan vera L. rubicunda Linnæi est, cujus descriptio illi satis convenit : sed nimia ejus brevitas judicium certum ferre non sinit

.

— Traduction de la diagnose : [Libellule] noire, thorax fasciée, abdomen portant des marques jaunes sur la partie dorsale, ailes blanches aux marques marginales presque carrées et brunes ; tache noire triangulaire à la base des ailes postérieures.

— Traduction de la note : "observation : cette espèce est peut-être une vraie Libellula rubicunda de Linné, dont la description convient assez bien. Mais sa brièveté excessive ne permet pas d'en juger avec certitude.

C'est donc la petite taille de son spécimen qui incite Vander Linden à ne pas l'assimiler à rubicundia sans précaution. Je remarque que l'auteur ne constate nulle part  l'existence de la couleur rouge, et décrit des marques jaunes sur l'abdomen : il devait s'agir d'un mâle immature.

.

RÉCEPTION.

a) Sélys, en 1840, dans sa Monographie des Libellulidées d'Europe page 58, ne fut pas convaincu par la distinction apportée par Vander Linder et estima qu'il fallait considérer sa L; dubia comme une L. rubicunda :

"La plupart des auteurs n'ont pas reconnu la Libellula rubicunda de Linné, dont la diagnose est cependant si simple et si juste. [...]. Vander Linden, le premier, a cité avec doute la Rubicunda de Linné pour synonyme de sa Dubia. Mais c'est M. Stephens qui a rétabli à bon droit la nomenclature du grand naturaliste suédois. [...] : Vander Linden la nomme Dubia, sur le seul individu pris en Belgique près d'Anvers, par M. Robyns. [...]. Comme la Rubiconde est la seule espèce européenne, à abdomen étroit, qui porte une tache noirâtre basale sur les ailes, il est impossible de la confondre avec aucune autre."

b) Sélys, en 1850, dans sa Revue des Odonates page 50, redresse son jugement et décrit la dubia comme une espèce distincte : 

 

"Lorsque j’ai publié ma Monographie je n’avais pas encore vu la pectoralis ni la rubicunda; c’est de là que provient la confusion que j’ai laissé subsister.

La dubia , par ses appendices noirs et son 7e segment taché, ne pourrait être confondue qu'avec la pectoralis ou la rubicunda. Elle diffère de la première par le caractère indiqué à l’article de cette espèce. Elle est plus difficile à distinguer de la rubicunda ,- le moyen le plus certain est l'examen des parties génitales du 2° segment pour le mâle, et des valvules vulvaires pour la femelle.

Désirant toutefois indiquer d'autres caractères diagnostics, je dirai qu’elle a toujours deux petites taches bien marquées à la base des ailes supérieures , et que celle qui est près de la membranule est très-notable. Les femelles sont plus faciles à confondre ; mais celle de la rubicunda a une seule virgule à la base de ces mêmes ailes supérieures, et cette virgule entre la 4e et la 5e nervure n’a pas de prolongement en dessous près la membranule ; enfin dans les deux sexes de la dubia la partie basale noire du 2° segment est interrompue au milieu, ce qui n’a pas lieu dans les autres espèces."

.

 

.

ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE DUBIA.

De l'adjectif latin dubius, "douteux, incertain" mais aussi "indécis, hésitant", comme si l'épithète qualifiait moins l'espèce qu'elle ne témoignait de la perplexité de l'entomologiste face à un spécimen globalement semblable à la rubicundia de Linné, mais de taille inférieure.  Par cette particularité, cette épithète appartient au groupe des qualificatifs "taxonomiques" comme affinis (du même auteur),  simillimus (Selys, 1850) ou mixta (Latreille, 1805).

Gaffiot  : https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=dubius

Cette épithète est un rappel historique d'une hésitation taxonomique ou d'une position d'attente de la validation par d'autres entomologistes : elle a perdu sa justification lorsque ceux-ci ont confirmé la spécificité de dubia, mais le nom lui est resté car un zoonyme est une identité, et non une description exacte.

.

LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

.

POITOU-CHARENTE NATURE

non traitée.

.

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. dubius, -a, -um = doubtful, uncertain, in reference to Vander Linden's doubt whether or not this species was the same as Linnaeus' L. rubicunda".

La meilleure interprétation à mon goût.


.

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"- dubius, a, um = incerto. Per la dubbia identificazione dalle congeneri pectoralis e rubiconda . "

 

 

.

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

Non traité

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"dubia = twijfelachtig "

.

.

 

LES NOMS DE L. DUBIA EN FRANÇAIS.

 

1°) La Libellule douteuse, Sélys, 1850.

Revue des Odonates page 50.

Par ce choix de traduction, Sélys attribue à la libellule le qualificatif de "douteuse", adjectif toujours un peu douteux précisément en français (une personne douteuse, une plaisanterie douteuse), au lieu de suggérer que c'est sa détermination qui est souvent incertaine. Mais avait-il d'autres choix puisqu'il donnait systématiquement une traduction littérale du nom scientifique ?

 

.

2°) La Leucorrhine douteuse", P.-A. Robert, 1958.

 ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages, page 311.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&focus=searchwithinvolume&q=douteuse

.

 

.

LES NOMS DE L. DUBIA  EN D'AUTRES LANGUES.

C'est la petite taille de cette Leucorrhine qui est rappelée aux amateurs de nombreux pays. Plus astucieux que de répéter le nom scientifique, non ?

-en allemand : Die Kleine Moosjungfer , la Petite Leucorrhine.

- en espagnol : El "darter" cara-blanca , traduction du nom suivant.

- en anglais :

a) The White-faced darter :  Le "Darter" [( Flèche), nom des Sympétrums] à face blanche , car cette espèce est aussi petite que Sympetrum danae, qui est fin et noir également, mais dont la face est jaune. 

b)  the Small whiteface , la Petite Leucorrhine

- en néerlandais : De venwitsnuitlibel  = le museau blanc = la Leucorrhine. Le nom n'est pas spécifique, mais générique.

- en frison :  Lytse glêzewasker, Lytse wytsnüt : Lytse signifie "petit" : "la petite face blanche"

- en suédois : Myrtrollslända ou mindre kärrtrollslända, "petite kärrtrollslända"

- en breton : fas-gwenn bihan (en attente de validation pour KAG) : la petite Leucorrhine ("face blanche")

.

.

SOURCES ET LIENS.

.

 Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 .

OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— BOUDOT (J.-P.) DOMMANGET (J.-L.) 2012,   Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp. 

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

 — DIJKSTRA  ( K.-D. B.)  & Lewington, (R.) 2015. Guide des libellules de France et d'Europe. Guide Delachaux. Delachaux et Niestlé. Paris. 320 p.

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

GRAND (D.),  BOUDOT (J.-P.). 2007. Les libellules de France, Belgique et Luxembourg. Biotope, Mèze. Collection Parthénope. 480 pp.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— CHARPENTIER (Toussaint von), 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis nomen coloratis ; apud A. Gosohorsky, Wratislaviae. 225 pages, page 24.

Numérisé par Google.

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. 
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1848, "Liste  des Libellules d'Europe et diagnose de quatre espèces nouvelles", Revue  Zoologique par la Société Cuvierienne, vol. 9 page 15

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19656#page/23/mode/1up

— VANDER LINDEN 1825, Monographiae Libellulinarum Europaearum Specimen. Bruxellis, apud J.Frank, bibliopolam, Via Vulgo de la Putterie : 42 pp. Page 1 n°XI

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

.

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 21:30

La Verrière de l'Annonciation et du Pacte de Théophile (Romain Buron ?, 1540) en  baie 18  de l'ancienne collégiale Notre-Dame du Grand- Andely, Les Andelys (Eure).

.

 

.

Voir aussi :

.

 

.

 

 

.

.

PRÉSENTATION.

.

 

 

Les verrières de l'ancienne collégiale Notre-Dame 

L'église Notre-Dame des Andelys, appelée collégiale à cause de la présence d'un collège de chanoines au Chapitre, a été construite, — alors que le duché normand avait été rattaché à la France par Philippe-Auguste par la prise de Château-Gaillard en 1204 —,  en 1215-1220 sur les ruines d'une abbaye de femmes fondée en 511, par sainte Clotilde, épouse de Clovis Ier, et détruite vers 900 par les vikings . Il ne reste rien des vitraux du XIIIe siècle où fut bâti l'essentiel de la nef et du chœur Une seconde grande campagne de construction vers 1330-1345 concerna l'achèvement des façades est et ouest, et la mise en place des voûtes . Au tout début du XVIe siècle, l'édifice connut de grandes transformations , dont témoignent en baie 16 des éléments d'un vitrail dû au verrrier Arnoult de Nimègue. Le portail sud est de style flamboyant des xve et xvie siècles, et nous en gardons la grande rose sud (baie 114) et le vitrail du tympan du portail sud du transept, la baie 14 qui porte les armoiries de l'archevêque Georges II d'Amboise.

Mais la majorité des verrières anciennes datent des deuxième et troisième quart du XVIe siècle,

La campagne concerna le coté sud de l'édifice, correspondant à la reconstruction  des baies et à l'ouverture des chapelles. L'ensemble des baies sud furent vitrées de couleur entre 1510 et 1560. Par exemple, la baie 18 porte la date de 1540 et la baie 126 celle de 1560. Le chapitre collégial sut imposer une certaine unité thématique, avec trois verrières de la vie de saint Pierre et trois séries narratives de la vie de sainte Clotilde dans trois chapelles successives de la nef.

Nous avons ainsi, pour les verrières basses du coté sud :

Baie 10 : vers 1510-1520 : Enfance du Christ, offerte par Jean Basset et Isabeau Roussel.

Baie 12 : vers 1510-1520 : Crucifixion, offerte par Jean Basset et Isabeau Roussel.

Baie 14 : XVIIe

Baie 16 : vers 1500-1510 Verrière à grands personnages offerte par Henri Le Pelletier.

Baie 18 : 1540. Verrière de la Vierge offerte par Robine Duboys, veuve de Robinet Le Coq.

Baie 20 : 1540 remplacée en 1866 : verrière de sainte Clotilde

Baie 22 : vers 1540 : Vie de saint Léger.

Baie 24 : vers 1540 : verrière de sainte Clotilde, offerte par un couple de donateurs et leur fille.

Baie 26 : vers 1550-1575. verrière de sainte Clotilde, offerte par Alexandre La Vache sr de Radeval

.

La baie 18.

 

Elle éclaire la 4ème chapelle sud. Haute de 4,50 m et large de 4,30 m, elle a été offerte en 1540 par Robine Duboys des Andelys, veuve de Robinet le Coq et de Jehan Soudart et elle est attribuée à Romain Buron, peintre-verrier de Gisors actif entre 1535 et 1575 (Gisors, Conches et Les Andelys) et qui est le principal disciple d'Engrand Le Prince et de son atelier de Beauvais.

La baie 10 lui est attribuée.

https://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&IID=2C6NU06BXYJ1

Romain Buron a signé la baie 106 de cette collégiale (fenêtre haute coté sud), et les baies 102 et 104 lui sont également attribuées, formant la série du Credo apostolique et évaluées vers 1540-1560.

https://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&IID=2C6NU06BN10W

https://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&IID=2C6NU06B0ULX

https://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&IID=2C6NU06B016W

Ses 5 lancettes et son tympan à 5 ajours sont consacrés à la Vierge avec l'Annonciation en lancettes A et B , l'Assomption en lancette C et le pacte de Théophile en lancettes  D  et E,   puis au tympan ​​​​  la Visitationla Trinité , et la Fuite en Égypte .

Elle a été très restituée par Didron en 1886.

.

LES LANCETTES.

.

Lancette A et B : l'Annonciation.

.

Tête de la Vierge restaurée.

La chambre est vue de face, les lignes de perspective convergeant (plus ou moins) au centre sur la ligne rejoignant leurs yeux. L'ange vient de la droite, traçant une bénédiction. La Vierge est assise devant son prie-dieu, où est placé son livre, tandis que le lit, tendu de bleu,  est en arrière-plan. 

Inscriptions :

AVE GRATIA PLENA DNS TECUM (phylactère)

 ISS ------GABRIEL (sur le linteau rose) 

SECU / DON / MA : MISER / PA (sur le livre)

Remarquez :

-Le sol ponctué de tirets, selon un procédé cher a l'atelier de Beauvais.

- La robe blanche ornée (au pochoir ?) de rinceaux au jaune d'argent.

.

 

 

 

 

 

 

 

 

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

Lancette C : Assomption de la Vierge (et donateurs).

.

Panneau très restitué par Didron, notamment la tête de Marie.

.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

Base de la lancette C : les donateurs.

Inscription : 

ROBINE .VEUVE DE. ROBI[N]ET.LE.COQ

ET . DE . IHA[N] SOUDART .

A DON[N]E . CESTE VITRE. PRIEZ

DIEU . QUI . LUY . FASSE . MERCI

.

Devant un drap d'honneur vert damassé, trois personnages sont agenouillés tournes vers la gauche : un homme, un  homme plus jeune et une femme portant une imposante coiffe de veuve noire à longs voiles. Son rang se remarque aux très belles fourrures de ses manches.

 

Voir : Alexandra Zvereva, L’éloquence du deuil : portraits de Louise de Savoie

https://books.openedition.org/pufr/8355?lang=fr

Les auteurs de Vitraux de Haute-Normandie s'interrogent sur le lien entre ces donateurs et cette verrière, et signalent que l'inscription a été en partie restaurée : est-ce là un "bouche-trou" ? En tout cas, il y a une cohérence entre l'inscription, et la peinture de cette jeune veuve précédée de ses deux maris. Ils mentionnent "Robine Duboys (?)" D'autre part,  les Archives départementales de l'Eure antérieures à  1790 signalent page 144 une "donation par Robine du Boys, veuve de Robinet Lecoq et de Jean Soudart, à la fabrique d'Andely, de 10 acres 50 perches de terre sises dans les paroisses de La Lande et de Neuville-sous-Farceaux, à la charge de faire dire deux messes le mardi et le vendredi de chaque semaine (1540).  La concordance des noms de de la date de donation avec celle du vitrail semble suffisante pour estimer que Robine du Boys est bien la donatrice de cette verrière. Neuville -sous-Farceaux (auj. Farceaux) se trouve dans l'arrondissement des Andelys

Je retrouve, à Vernon,  Jean Soudart l’aîné, garde du sceau en 1479, et Jean Soudart le jeune, garde du sceau en 1496. Cela semble d'un intérêt modeste.

.

 

 

"

 

 

 

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

Lancettes  D et E : le Pacte de Théophile avec le Diable annulé par la Vierge.

 

.

Gatouillat 2001 remarque que Satan est emprunté à la gravure sur cuivre de Dürer Le cavalier, la mort et le diable, cat. Bartsch 98.

Mais il faut aussi le mettre en relation avec les diables peints par l'atelier  Le Prince à Beauvais et notamment celui de la baie ou Vie de saint Claude en baie 9 :

http://www.lavieb-aile.com/2016/04/les-vitraux-anciens-de-l-eglise-saint-etienne-de-beauvais-i-la-baie-n-9-saint-claude.html

.

Baie 9, église Saint-Etienne de Beauvais, photographie lavieb-aile

 

.

ou celui du Jugement Dernier (1522) d'Engrand Le Prince :

http://www.lavieb-aile.com/2016/04/les-vitraux-anciens-de-l-eglise-saint-etienne-de-beauvais-baie-n-6-le-jugement-dernier.html

.

Surtout peut-être, il faut faire le rapprochement avec  la verrière de la Légende de Théophile, peinte vers 1530 par Nicolas Le Prince pour la baie n°21  de Louviers :

http://www.lavieb-aile.com/2018/11/la-verriere-de-la-legende-de-theophile-de-l-eglise-de-louviers.html

Je renvoie à cet article pour une étude détaillée de la Légende de Théophile. 

.

Théophile,  qui, après avoir perdu son poste d'économe auprès d'un évêque,  a signé avec Satan un pacte lui vendant son âme pour recouvrer son emploi, a, par remords,  prié depuis lors  la Vierge avec tant d'assiduité qu'il se retrouve ici, encore tenu solidement ficelé par le Diable, devant Notre-Dame. Il est agenouillé, il joint les mains et la supplie encore. Satan, sarcastique, savoure sa puissance en brandissant le parchemin, un acte authentique et dûment paraphé ! Mais face à la Mère tenant son Fils qu'elle allaite, et l'intensité de la foi du pécheur, il devra reconnaître son infériorité, et rendre à Théophile la liberté de son âme.

Remarquez la date de 1540 sur l'architrave, les architectures sur verre bleu (typiques  du style de l'atelier des Le Prince), les trois putti en discussion, le sol ponctué, et surtout peut-être la tête et le corps du diable, qui offrent toute une modulation des nuances de rouges et des roses d'une maîtrise rare.

.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

LE TYMPAN.

.

.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

1°) Ajours latéraux : anges portant des phylactères (cartons retournés):

ASSUMPTA EST MARIA

.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

2°) La Visitation.

Vierge et fonds très restitués.

.

 

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

La Trinité.

Elle est placée juste à la verticale de l'Assomption du panneau C avec laquelle elle forme un ensemble. La tête du Christ et le Saint-Esprit relève d'une restauration récente, celle de Dieu le Père d'une restauration ancienne.

Inscription AVE REGINA COELORUM AVE.

.

 

.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

Ajour droit : la Fuite en Égypte.

d'après la gravure de Dürer  cat. Barttsch 89.

.

 

 

 

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de la Vierge, (Romain Buron ? 1540), baie 18, collégiale Notre-Dame du Grand-Andely. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

.

SOURCES ET LIENS.

.

 

— GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), HÉROLD (Michel), 2001, Eglise Notre-Dame du Grand-Andely, ancienne collégiale  in Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France vol. VI, Paris, CNRS, 2001. p. 103.

.

— Dossier photo RMN:

https://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&IID=2C6NU06BN8YU

https://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&IID=2C6NU06BNM4K

https://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&IID=2C6NU06BN6OD

https://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&IID=2C6NU06BNVQO

https://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/romain-buron_eglise-paroissiale-notre-dame-les-andelys-nef-cote-sud-fenetre-haute-vitrail-detail_1540

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
5 février 2019 2 05 /02 /février /2019 14:32

Zoonymie des Odonates : les noms de Leucorrhinia  caudalis (Charpentier, 1840), la "Leucorrhine à large queue".

 

 

.

 .

Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

.

 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

.

ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

 

Résumé :

—  Leucorrhinia , Brittinger 1850,  SitzBer. Akad. Wiss., Wien, 4:333 vient des deux mots grec leukos = blanc et rhinios = nez. C'est une transcription en grec du nom latin albifrons "front blanc" de l'espèce type du genre, décrite par Burmeister en 1839. Cette transcription créée par Charpentier en 1840 sous la forme Leucorhinus a été féminisée (et complétée d'un -r-) par Brittinger, pharmacien et naturaliste de Vienne.

caudalisCharpentier (Toussaint von ) 1840,  Libell. Europ. Lipsiae ;89.  du latin scientifique tardif  construit avec le nom latin cauda, "queue" et le suffixe -alis :  "caudal, relatif à la queue". L'auteur souligne  l'importance de la partie distale de l'abdomen de l'espèce dans sa distinction avec son espèce  L. pectoralis "pectoral" (nom construit sur le même schéma et formant un couple) sans préciser s'il retient sa dilatation en massue, qu'il compare à celle d'un clou   ou les caractéristiques  des appendices anaux de couleur blanche .

— Noms en français : 1°) "La Libellule caudale", Sélys 1850, traduction littérale de Libellula caudalis ; 2°) "La Leucorrhine à large queue", P.-A. Robert, 1958, adopté par tous ensuite en témoin de la forme d'abord rétrécie, puis élargie .

— Noms en d'autres langues :

-en anglais the lilypad whiteface,  la Front-blanc [=leucorrhine] des Nénuphars

-en allemand : Die Zierliche Moosjungfer : la Leucorrhine gracieuse

-en néerlandais : De sierlijke witsnuitlibel  : La Leucorrhine gracieuse

-en suédois : Bred kärrtrollslända : la Leucorrhine large

-en estonien Hännak-rabakiil 

-en finois: Lummelampikorento : la Leucorrhine des Nénuphars.

-En slovène : Mrtvični spreletavec 

-en néo-norvégien: Vasslilje-torvlibella 

-en norvégien : Vannliljetorvlibelle  ou nøkkerosetorvlibelle

-en lituanien : Grakščioji skėtė 

- en hongrois : A tócsaszitakötő 

- en polonais Zalotka spłaszczona (Leucorrhine aplatie?)

.

 

 

.

.

NOM SCIENTIFIQUE.

.

NOM DE GENRE LEUCORRHINIA (BRITTINGER, 1850).

Voir dans ce blog :

 

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-leucorrhinia-brittinger-1850.html


 


 


.

.

 

 

NOM D'ESPÈCE L. CAUDALIS, (CHARPENTIER, 1840).
 

[Libellula caudalis], Charpentier (Toussaint von ) Libellulinae europaeae descriptae ac depictae , L. Voss, Lipsiae  page 89 n°17 et planches 44 et 47 fig.16 .  Type mâle, Localité du type : Silésia (Pologne)

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&dq=Toussaint+1840+caudalis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

.

Description originale.

17. LIBELLULA CAUDALIS.

Tab. XLIV. mas, foem. eiusque varietas. Tab.XLVII. Fig. 16. maris abdominis apex.

Lib. alis hyalinis, posticis in basi macula migra: thorace viridi-aeneo, fulvo-maculato, abdomine ad basin apicemque valde inflato, in media parte attenuato, atro: segmentis tantum basalibus fulvo-maculatis, appendicibus albis.

In Silesia capta.
Species praecedenti simillima [L. pectoralis], sed specifice et signis constantissimis ab ea diversa.

-Caput uti in Lib. pectorali comparatum, fronte paullo minus impressa: cumeus ater vel fuscus: tempora glabra, migra, immaTruncus. Prothorax ater, opacus, et tantum ad marginem anticum linea tenuissima, flava limbatus. In medio ater, unicolor: lobi postici pilis fuscis creberrimis ciliati. Alitruncus atro-viridi-aeneus, nitens, collari maculis duabus fulvis instructo, uti in Lib. pectorali, sed paullo angustioribus. culata.

-Alae abdomine longiores, hyalinae: posticis ad basin macula opaca, atra, omnibusque ad basin flavescentibus. Parastigma oblongiusculum, rectangulum, fuscum. Radii et sectores spatio haud magno albido-flavidi circa regionem parastigmatis. Foeminae haud raro ad apicem alarum gerunt maculam magnam, fuscam, antice apicem alae attingentem, postice distincte terminatam.

-Pedes atri, ut in Lib. pectorali.

-Abdomen alis brevius, eximio modo clavatum, ad basim enim subinflatum, in medio valde attenuatum, dein eximie incrassatum, et versus apicem deminutum, ita ut formam clavae repraesentet. Est rotundum, paullum depressum: atrum totum, subglabrum. Primum segmentum immaculatum: segmenta secundum usque ad quartum aut quintum macula magna dorsali fulva, quae tamen multo minor est, quam in Lib. pectorali. Segmentum secundum ad ventrem gerit utrimque maculam magnam, fulvam.

-Appendices caudales in utroque sexu albae seu niveae: superiores maris, ut in Lib. pectorali, teretes, in apice acuminatae, subscabrae: inferior autem eiusdem fere longitudinis atque superiores, subtriangularis, et apice integro (vid.Tab.47. fig. 16). Hac appendicum structura optime a Lib. pectorali distinguitur.

Foeminarum appendices breviores sunt, et pari modo album habent colorem. Haud raro foeminae non solum paginam abdominis inferiorem, sed etiam superiorem, et praecipue versus basim, pruina nivea, satis densa habent obductam. Haec Libellularum species, saltem inter Europaeas, abdomine tam insigniter clavato notatu dignissima est."

.

 

 

 

L. caudalis Charpentier 1840 planche 44  https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&dq=Toussaint+1840+caudalis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

L. caudalis Charpentier 1840 planche 44 https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&dq=Toussaint+1840+caudalis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

L. caudalis, mâle, in Charpentier 1840 planche 44  https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&dq=Toussaint+

L. caudalis, mâle, in Charpentier 1840 planche 44 https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&dq=Toussaint+

 

ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE CAUDALIS.

Cet adjectif de latin scientifique est  formé par le nom en latin classique cauda, "queue" et le suffixe -alis, comme dans pectoralis de Charpentier, et signifiant "doté d'une queue," ou "qui se rapporte à la queue,  caudal". Cet adjectif n'a été formé par les naturalistes qu'à la fin du XVIIIe siècle (Antoine Gouan, Histoire des Poissons, 1770) .

L'adjectif français "caudal" n'est lui-même entré dans le dictionnaire de l'Académie qu'en 1932, après avoir été utilisé par Lacépède en 1800 comme substantif et comme adjectif dans son Histoire naturelle des poissons ; ex : "des nageoires caudales".

Comme pour L. pectoralis, que Charpentier avait décrite en 1825 pour les différences de son thorax [=pectus]  avec L. rubicunda, Il décrit son espèce en soulignant ses différences avec L. pectoralis , et il indique que l'une des différences remarquables, c'est "sa queue" .

Mais qu'entend-il par là , puisque cauda n'appartient pas au vocabulaire des entomologistes dans leur description des Libellules, et qu'il donne une image, et non un terme anatomique ?


 

Il semble évident, (ou du moins nous sommes amenés à le présumer) , que Charpentier désigne sous le nom de "queue", cauda, l'extrémité distale de l'abdomen de l'insecte.

Sont-ce les appendices anaux blancs mentionnés dans la diagnose : appendicibus albis ? Assimile-t-il l'appendice anal avec l'appendice caudal ? Notons que le terme latin cauda n'apparaît qu'une fois dans la description sous la forme appendices caudales et qu'il fait de leurs caractéristiques le meilleur critère distinctif par rapport à la pectoralisHac appendicum structura optime a Lib. pectorali distinguitur. Je remarque aussi que c'est cette seule structure que Charpentier représente sur la figure 16 de la planche 47 avec le titre maris abdominis apex, "pointe de l'abdomen du mâle".

.

Appendices anaux du mâle de L. caudalis, Toussaint von Charpentier, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae , Tab. XLVII fig. 16

.

Ou bien fait-il allusion, comme chacun le pensera plus tard, à la forme de l'abdomen ? Celle-ci est, on le sait,  dilatée en massue oblongue, et Charpentier souligne avec force sa ressemblance avec un clou, "clavum" : Abdomen alis brevius, eximio modo clavatum, ad basim enim subinflatum, in medio valde attenuatum, dein eximie incrassatum, et versus apicem deminutum, ita ut formam clavae repraesentet. "La partie proximale de l'abdomen est plus étroite, remarquablement semblable à un clou car en effet il est moyennement dilaté à sa base, très mince en son milieu, puis exceptionnellement épais, et rétréci à la pointe, de telle sorte qu'il adopte la forme d'un clou ".

Rien ne permet de trancher entre les deux hypothèses, car de même que pour L. pectoralis, où il ne précisait pas par le terme pectoralis ce qui était si spécifique dans le thorax de sa nouvelle espèce, l'épithète caudalis ne précise en rien le caractère spécifique de cette "queue".

On peut en conclure que Charpentier a voulu dire de façon elliptique, avec pectoralis, "remarquable par son thorax ", et avec caudalis, "remarquable par sa queue", les deux noms formant un couple par leur concision et leur construction sur -alis. Et qu'il a renvoyé les entomologistes à sa description détaillée pour les précisions. Mon opinion, que j'ai argumenté, est qu'il pensait aux appendices anaux, ou, mieux, qu'il associait sous le terme caudalis les deux particularités, celle de l'abdomen en forme de "clou" (massue, club) et celle des appendices anaux. 

Les appendices anaux blancs distinguent L. caudalis de L. pectoralis, mais non de L. albifrons .

[Sélys a  décrit en 1848 la même particularité, dans une autre espèce, sous le nom de Libellula albistyla, "à styles blancs"].

Au total : — caudalis,  du latin scientifique tardif  construit avec le nom latin cauda, "queue" et le suffixe -alis :  "caudal, relatif à la queue". L'auteur souligne l'importance de la partie distale de l'abdomen de l'espèce dans sa distinction avec L. pectoralis "pectoral" (nom construit sur le même schéma et formant un couple) sans préciser s'il retient sa dilatation en massue, comme ce sera généralement compris, ou la couleur blanche des appendices anaux. 



 

.

LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

 

JOURDE, PRECIGOUT ET PRUD'HOMME / POITOU-CHARENTES-NATURE:

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-large-queue/

"Face blanche, abdomen épaissi en forme de massue. "

 

.

 

 

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. caudalis, -is, -e = concerning the tail [cauda = tail]  for the male's flattened and club-shaped abdomen."

.

.

HEINRICK FLIEDNER 2009.

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

Non traité

 

.

VAN HIJUM, 2005

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document;docid=555521

Non traité. 

.

.

.

NOMS VERNACULAIRES.

.

LES NOMS DE LEUCORRHINIA CAUDALIS EN FRANÇAIS.

.

1°) "La Libellule caudale", Sélys, 1850.

Revue des Odonates page 62

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=6NAyAQAAMAAJ&dq=s%C3%A9lys+revue+1850&q=caudalis#v=snippet&q=caudalis&f=false

Comme on le voit, et selon son habitude, Sélys traduit le nom scientifique en nom français de façon extrêmement fidèle ; il conserve donc au nom de Libellule caudale toute la concision elliptique choisie par Charpentier.  Il avait fait de même en traduisant L. pectoralis par "La Libellule pectorale". Il en donne une description détaillée en français, et dans sa conclusion, il souligne qu'aucun caractère morphologique n'est, en soi, spécifique : 

"La caudalis diffère de la rubicunda, de la dubia , et de la pectoralis par son abdomen élargi à l'extrémité, ses appendices anals supérieurs blancs , et le 7° segment non taché en dessus. — Elle se distingue de l'albifrons par son abdomen élargi , sa lèvre inférieure toute noire, et l'écaille vulvaire encore plus prolongée que chez la pectoralis.".

.

2°) "La Leucorrhine à large queue", P.-A. Robert 1958.

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages, page 308.

"C'est l'une des plus jolies Libellules de chez nous, avec son front, ses appendices supérieurs et ses quatre ptérostigmas blancs agrandis ..."

P.-A. Robert lève l'indétermination du nom caudalis en l'attribuant à la largeur de l'extrémité de l'abdomen, mais il introduit, pour le genre, le néologisme frisant le barbarisme de "Leucorrhine", et il conserve le nom de "queue" plus vulgaire qu'entomologique. Il a le mérite de créer une série homogène avec "Leucorrhine douteuse", "Leucorrhine rubiconde", "Leucorrhine à gros thorax", "Leucorrhine à front blanc" et "Leucorrhine à large queue", et sa création va  rencontrer un succès mérité.

Le nom est repris dès 1959 dans la revue Alexanor, puis en 1985 par d'Aguilar et Dommanget dans leur Guide des Libellules ( "Cette espèce se distingue aisément des autres par la forme de son abdomen"), ou en 1988  dans Dragonflies of Europe ( "The club-shaped abdomen, distinctly expanding after S5, is very characteristic of L. caudalis"), avant d'entrer dans la Liste de référence de la SFO ou sur le site INPN du Muséum.

.

LES NOMS DE LEUCORRHINIA CAUDALIS EN D'AUTRES LANGUES.

.

 

 

-en anglais the lilypad whiteface,  la Front-blanc [=leucorrhine] des Nénuphars

-en allemand : Die Zierliche Moosjungfer : la Leucorrhine gracieuse

-en néerlandais : De sierlijke witsnuitlibel  La Leucorrhine gracieuse

-en suédois : Bred kärrtrollslända : la Leucorrhine large

-en estonien Hännak-rabakiil 

-en finois: Lummelampikorento (Leucorrhine des Nénuphars)

-En slovène : Mrtvični spreletavec 

-en néo-norvégien: Vasslilje-torvlibella 

-en norvégien : Vannliljetorvlibelle  ou nøkkerosetorvlibelle

-en lituanien : Grakščioji skėtė 

- en hongrois : A tócsaszitakötő 

- en polonais Zalotka spłaszczona (Leucorrhine aplatie?)

-en breton : fas-gwenn lost ledan (face-blanche à large queue), en attente de validation pour Kreizenn ar Geriaouiñ (KAG) https://br.wikipedia.org/wiki/Kreizenn_ar_Geriaoui%C3%B1

 

 

.

 

.

SOURCES ET LIENS.

.

 Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 .

OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— BOUDOT (J.-P.) DOMMANGET (J.-L.) 2012,   Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp. 

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

 — DIJKSTRA  ( K.-D. B.)  & Lewington, (R.) 2015. Guide des libellules de France et d'Europe. Guide Delachaux. Delachaux et Niestlé. Paris. 320 p.

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

GRAND (D.),  BOUDOT (J.-P.). 2007. Les libellules de France, Belgique et Luxembourg. Biotope, Mèze. Collection Parthénope. 480 pp.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— CHARPENTIER (Toussaint von), 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis nomen coloratis ; apud A. Gosohorsky, Wratislaviae. 225 pages, page 24.

Numérisé par Google.

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. 
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1848, "Liste  des Libellules d'Europe et diagnose de quatre espèces nouvelles", Revue  Zoologique par la Société Cuvierienne, vol. 9 page 15

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19656#page/23/mode/1up

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier

Présentation

  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
  • Contact

Profil

  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

Recherche