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9 mars 2019 6 09 /03 /mars /2019 14:53

La tapisserie de La Paix, 1993, d'après Marc Chagall par Yvette Cauquil-Prince au Musée du Pays de Sarrebourg.

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Voir aussi dans ce blog :

Et voir aussi sur les tapisseries :

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PRÉSENTATION.

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Cette monumentale  tapisserie de basse-lisse tissée dans les ateliers d'Yvette Cauquil-Prince mesure 4,71 m de haut et 6,96 m de large et occupe entièrement le mur placé devant l'escalier du musée. Elle a été réalisée pour la ville de Sarrebourg d'après la gouache préparatoire pour le vitrail La Paix de l'ONU à New-York posé en 1964.

Elle a été inaugurée en 1994 pour son entrée au musée du Pays de Sarrebourg.

Comme toute œuvre de (d'après) Chagall, elle peut être admirée et étudiée selon divers points de vue.

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Tapisserie La Paix, 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix, 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

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La signature ou mention de Marc Chagall.

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

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I. LA CONTEMPLATION FESTIVE.

 

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Avant toute analyse, le degré zéro de la lecture c'est l'accueil de cette grande palette de couleurs, l'entrée dans sa danse, l'écoute des mélodies de  son monde intérieur, la plongée dans ce Monde Bleu où nous attendent, au gré ravi de notre regard, sur des plages multicolores, cent motifs familiers. 

Ils nous sont familiers parce qu'ils ressemblent à ceux de nos Abécédaires, A comme Âne, C comme Coq, L comme Lion et S comme Serpent : la joie de leur retrouvaille vient de nos enfances.

Mais ce sont aussi nos vieilles connaissances car ils proviennent du Bestiaire d'oncle Chagall, qui nous les apprivoisés, à moins que ce soit nous qui ayons été charmés et envoûtés de les avoir vu dans tous les grands musées, les grandes expositions du monde ; pour ma part, c'est une connivence avec ma visite du MUba de Tourcoing, de la Piscine de Roubaix, du FHEL de Landerneau, des vitraux de Reims et de Metz,  et, surtout bien-sûr, du vitrail de L'Arbre de Vie des Cordeliers de Sarrebourg, dont je sors à peine.

Nous somme face à ce large sourire du Beau, toujours mystérieux et inépuisable par la fascination qu'il exerce en nos cœurs, mais ici aussi toujours amusé, malicieux,  gentil et tendre. Son doux venin, flèche d'un Cupidon de l'art, pénètre par notre œil, nous étonne l'âme, impose à notre intellect le silence, et, sous ce baiser, par haut miracle spéculaire, fait surgir sur nos propres lèvres le divin épanouissement de la béatitude.  Mais tellement tient mes esprits raviz, En admirant sa mirable merveille ...

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CLIQUEZ SUR L'IMAGE POUR ACCÉDER À LA BALADE.

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Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

 Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

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II. EN FAIT, C'EST D'ABORD UNE TAPISSERIE...

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Une tapisserie est une traduction en fils de laine, soie, lin, d'une composition dessinée ou peinte par un artiste. La plupart des artistes donnent une œuvre au maître d'œuvre qui en fait le carton. L'œuvre est ensuite donnée aux artisans lissiers qui respectent scrupuleusement le carton du maître d'œuvre.

On nomme « maître-tapissier » ou mieux « maître d'œuvre en tapisserie» l'auteur des cartons et superviseur des lissiers , c'est l'auteur attitré de la tapisserie. Celle-ci, qui a le statut d'œuvre d'art, ne peut être tissée à plus de six exemplaires à partir d'un carton et porte (sous forme d'un bolduc) la signature du maître-tapissier. On peut nommer Jean Lurcat et Dom Robert.

1. Yvette Cauquil-Prince.

La tapisserie La Paix est donc l'œuvre du maître d'œuvre en tapisserie Yvette Cauquil-Prince (1928-2005). Cette peintre d'origine belge a pris la nationalité française en 1972.  Née à Damprémy, elle a d'abord étudié la peinture à l' Académie royale des beaux-arts de Mons de 1943 à 1948 ; puis pendant trois années, de 1959 à 1961, elle est initiée à la liberté du tissage dans l'atelier expérimental créé par Pierre Wemaëre, rue Saint-Denis qui y supervise la réalisation d'une tapisserie de 14 m de long, Le Long Voyage . En 1961, s'inscrivant dans la tradition des lissiers flamands dont le rayonnement dans toute l'Europe au XVe et XVIe siècle fut immense, et qu'elle découvre au Musée de Cluny ou au Louvre, elle crée son propre atelier, l'atelier du Marais rue des Blancs-Manteaux, sur des métiers de basse-lice en créant une codification originale des cartons. Le lissier n'est pas interprète, il exécute le carton mis au point par Y. Cauquil-Prince. S'inspirant des techniques de tissage des lissiers du XVe au XVIIe siècle, mais aussi des tissages coptes de l'Égypte du début de notre ère, elle en reprend les procédés de tissage dans la forme, de hachure, dégradé, trames de différentes épaisseurs. 

 

Elle installe ensuite son atelier en Corse. Elle est connue pour sa longue collaboration qui la lia à Marc Chagall, avec lequel furent créées 40 tapisseries, mais elle réalisa également des tapisseries d'après Braque, Brassaï,  Max Ernst, Emile Hecq, Kandinsky, Klee, Xavier Lalanne, Fernand Léger, Henry Miller, Picasso, Nicky de Saint-Phalle et d'après ses propres œuvres. Elle a exposé  à Charleroi (Belgique) (1973), à Philadelphie, Milwaukee et Los Angeles (Etats-Unis) (1978), aux musées de Heidelberg (Allemagne) (1979 et 1991) et de Guéret (1979), au Centre de Teschigara à Tokyo (Japon) (1981), à l'abbaye de l'Epau (1983), au musée de l'Athénée à Genève (Suisse) (1985), à la Chapelle des Cordeliers à Sarrebourg (1991 et 1994), en Finlande (1992), en Espagne (1993), dans trois musées au Japon (1996), à Marseille (1996), à Liège (Belgique) (1997), au Mans (1997), à Karuisaroa (Japon) (1998), à Vienne (Autriche), à Balinguen (Allemagne) (2000) et à New-York (Etats-Unis) (2001-03), au musée de Sarrebourg (2005); Elle fut administrateur du musée national Marc Chagall à Nice à partir de 1973. 

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2. Yvette Cauquil-Prince et Chagall

Encore étudiante, Yvette Cauquil-Prince rencontre Marc Chagall par l’intermédiaire de Madeleine, la femme d’André Malraux, alors ministre de la Culture. « Je me suis rendue à son atelier, avec un Picasso sous le bras. Chagall était vert de rage. Il a dit : " Elle a osé amener l’Espagnol chez moi !" Il a tourné les talons… Puis est revenu en demandant : "Évidemment, Picasso est un génie, vous lui donnez tout votre cœur. Vous pourriez faire de même pour moi ?" ». Sa première réalisation en fut la transposition  d'une de ses lithographie, La Famille d'Arlequin (1965), débutant une collaboration qui n'a son égal qu'avec celle entre Chagall et les maître-verriers Charles Marq et Jacques Simon de  l'Atelier Simon Marcq à Reims.

"La première tapisserie de Marc Chagall est commandée par le gouvernement israélien pour la décoration de la Knesset (le Parlement). Amorcé à partir de 1962, lors de l’inauguration des vitraux de la synagogue d’Hadassah, le projet prend rapidement la forme d’un triptyque de tapisseries, élaborées à partir de trois gouaches préparatoires confiées à la Manufacture des Gobelins. Les tapisseries qui complètent le décor mosaïque du hall de réception sont inaugurées en 1969. En dépit de la qualité du tissage, l’ensemble souffre d’un certain manque d’unité et trahit les hésitations des lissiers dans l’adaptation chromatique des modèles picturaux.

 Entre-temps, Marc Chagall fait connaissance d’Yvette Cauquil-Prince, en 1964. Séduit par la sensibilité artistique de son travail de transposition au regard des œuvres qu’elle lui présente, il lui propose la réalisation d’une première pièce : La Famille d’Arlequin, qui prend pour modèle une lithographie originale, sera achevée en 1967. L’habilité d’Yvette Cauquil-Prince à traduire les compositions picturales de l’artiste en respectant les valeurs chromatiques de la palette originale a raison des réticences de Chagall. Yvette Cauquil-Prince devient alors son maître d’œuvre et réalisera toutes ses autres tapisseries, à l’exception de la pièce conçue pour l’entrée du musée national Marc Chagall, à Nice en 1973, dont l’exécution sera confiée aux Gobelins.

Le climat de confiance qui s’établit entre Chagall et Yvette Cauquil- Prince conduit à la création d’un ensemble de tapisseries d’une grande richesse expressive et conforte la marge d’appréciation laissée au maître d’œuvre. La réalisation de la pièce (choix techniques, carton et tissage) ne requiert donc plus l’intervention directe de l’artiste. Les nombreux échanges d’Yvette Cauquil-Prince avec Marc Chagall sont autant d’occasions pour elle d’approfondir sa perception de l’univers du peintre et d’affiner le choix des sujets. Cette empathie lui permet de nourrir la part de liberté créative nécessaire à la justesse d’effets de sa transposition.

Les premières tapisseries, de petite taille, sont suivies, dès 1973, de la première grande pièce, Le Prophète Jérémie (400 x 600 cm), commande du Jewish Community Center de Milwaukee Yvette Cauquil-Prince alterne alors les petites pièces et les plus grandes, pour lesquelles l’appui financier d’un commanditaire est indispensable. Au début des années 1980, elle entreprend parallèlement la réalisation de deux pièces importantes, Le Grand Cirque, de sa propre initiative, et Job, pour le Rehabilitation Institute de Chicago, toutes deux achevées en 1985. Par l’amplification spectaculaire que son travail donne au modèle, Yvette Cauquil-Prince satisfait l’aspiration de Chagall à développer de larges orchestrations murales : « Il faut poursuivre et, si possible, avec de grandes pièces » car « nous avons œuvré à de la musique de chambre, à l’expression d’instruments solitaires, nous aurons fait trop peu d’opéras, de symphonies », confiait Chagall à son maître d’œuvre. Ce vœu se réalisera avec le tissage de La Paix (471 x 696 cm), une pièce exécutée pour la Ville de Sarrebourg d’après la maquette du vitrail réalisé pour le siège de l’ONU. Faute de commanditaire, un projet de transposition de la gouache préparatoire pour la mosaïque Le Message d’Ulysse en une tapisserie longue de seize mètres ne verra finalement pas le jour.

En sa qualité de maître d’œuvre, et non de cartonnier ou de simple lissier, Yvette Cauquil-Prince ne limite pas son intervention à la reproduction d’un modèle ni à son agrandissement. Elle propose, par le changement de médium et de format, une autre lecture de l’œuvre originale. Au-delà de la satisfaction de voir son travail s’enrichir d’une nouvelle vocation spatiale, Marc Chagall trouve, dans cette expérience de la tapisserie, une approche de la matière de la laine qui s’accorde avec cette « chimie » associant composition, matière et lumière qu’il a toujours considérée comme inséparable du sens et de la raison d’être de l’œuvre." (Dossier de presse MUba Chagall de la palette au métier Renaissance 2015)

 

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Cartel du Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Cartel du Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

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Le musée du Pays de Sarrebourg montre dans un cartel un exemple des cartons préparatoires d'Yvette Cauquil-Prince. Il illustre parfaitement la complexité du travail de conception, mais aussi d'exécution par la mosaïque des différentes teintes de fil. Il s'agit de l'oiseau (un coq) chevauché par un garçon qui se trouve en haut à gauche de l'œuvre. La confrontation du carton et du travail effectué est passionnante.

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Cartel du  Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Cartel du Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

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Je donnerai deux exemples du "battage", passage d'un ton à un autre par des hachures qui s'interpénètrent. Ce procédé permet aussi des dégradés.

L'examen attentif montre que ces hachures permettent aussi de multiples modulations, soit des teintes, soit du trait noir.

 

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Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

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III. LE MODÈLE DE MARC CHAGALL : LA GOUACHE DU VITRAIL DE L'ONU (1964) LA PAIX EN HOMMAGE À DAJ HAMMERSKJÖLD, PRIX NOBEL DE LA PAIX .

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La tapisserie La Paix est la transposition d'une gouache préparatoire pour le vitrail The Peace du siège de l'ONU à New-York. Ce magnifique vitrail vibrant a été offert aux Nations Unies en 1964 en tant que mémorial à son deuxième secrétaire général, Dag Hammerskjöld, tué dans un accident d'avion à Ndola, en Rhodésie du Nord (l'actuelle Zambie), le 18 septembre  1961.   

"Dag Hammarskjöld né le 29 juillet 1905 à Jönköping en Suède  est un diplomate suédois, qui fut secrétaire général des Nations unies de 1953 à 1961. Le prix Nobel de la paix lui fut décerné l'année de sa mort, à titre posthume. Sa médiation en 1955 pour obtenir la libération de 15 soldats américains capturés par la République populaire de Chine pendant la guerre de Corée, ses interventions dans la crise du canal de Suez en 1956 — avec la création de la première force d'urgence des Nations unies — et dans la crise de Jordanie en 1958 lui valurent la réputation d'ardent défenseur de la paix. Après sa mort, John Fitzgerald Kennedy le qualifiera de « plus grand Homme d'État du xxe siècle». Son refus de choisir entre le camp occidental et le camp soviétique et son engagement en faveur des nations nouvellement décolonisées, notamment celles du Bloc afro-asiatique (il se rendit dans 21 pays d'Afrique entre décembre 1959 et janvier 1960) et contre l'Apartheid (il effectua un voyage en Afrique du Sud en janvier 1961) lui valurent cependant de nombreuses critiques et inimitiés de la part des Grandes puissances, notamment lors de la crise congolaise. Après Hammarskjöld, aucun autre Secrétaire général des Nations unies, n'osa affirmer, de façon aussi nette, l'autonomie et l'indépendance de l'Organisation vis-à-vis des États les plus puissants."

Marc Chagall a conçu le vitrail gratuitement dans son atelier en France et l'œuvre a été exécuté en vitrail par deux des artistes les plus en vue du monde dans ce domaine, Charles Marq et Jacques Simon. Cette fenêtre, dont le titre complet serait “The Window of Peace and Human Happiness” «La fenêtre de la paix et du bonheur humain», mesure environ 3,7 m de haut et 4,6 m de large (ou ? 358 cm de haut sur 538 cm de large, y compris la bordure) , il constitue un hommage visuel aux principes sur lesquels est fondée l'Organisation des Nations Unies. Aujourd'hui, il se situe dans la partie est du hall des visiteurs du bâtiment . 

On repère d'abord à droite du centre un homme assis, voûté, tête basse, une main à plat sur la poitrine : ce serait Isaïe, mais c'est une reprise de son Jérémie antérieur. Schématiquement,  à gauche, c'est la Vision d'Isaïe ; dans un cercle,  la Paix espérée, le paradis plein de lumière, où hommes et animaux  coexistent dans la joie et la paix. À droite une foule de personnages sont rassemblés sous la double évocation de L'Exode et du Décalogue de Moïse, et de la Rédemption par la crucifixion du Christ.  Au milieu se retrouve l'Amour (un couple s'embrassant sous un bouquet), et en bas à gauche est figurée la Mère et l'enfant

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La tapisserie de La Paix, 1993, d'après Chagall à Sarrebourg.

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IV. UNE SOURCE DIFFÉRENTE, LA TAPISSERIE LA PROPHÉTIE D'ISAÏE POUR LE HALL DE LA KNESSET.

Le vitrail La Paix partage des points communs étroits avec la tapisserie La Prophétie d'Isaïe conçue à la même époque (1963-1969) pour la Knesset. Cette dernière est la première pièce (dans une lecture de droite à gauche) d'un triptyque au contenu biblique manifeste, à coté de L'Exode et de l'Entrée à Jérusalem.

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© Copyright 2014, all rights reserved to the State of Israel .

 

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Voir la photographie icihttps://knesset.gov.il/birthday/photo.aspx?lng=3&md=262

Elle est décrite ainsi :

"The right tapestry was the first one to be complete. Its title was changed several times. Following the first discussion Chagall had with Knesset Speaker Kadish Luz, he wished to dedicate its theme to the “End of Days.” Articles written on the tapestries during their making, and news reports in Israel towards the hanging of the tapestries in 1969, spoke of the tapestry as “The Creation.” There is, however, a clear discrepancy between the expression Chagall gave to the concept of “Creation” in another biblical piece of his, and the biblical images in this work. The title “Peace” was then given to the tapestry during the early 1970’s, due to its similarity to the similar motifs in his stained glass window, entitle “Peace” in the United Nations building. The notable differences between the two pieces are the dominance of Christian motifs and of the color blue in the one in the UN. The most accurate name is probably “The Vision of Isaiah,” as the image of Isaiah is the most dominant in the work, and there is no doubt that the animals in it symbolize the passages, “A wolf will reside with a lamb, and a leopard will lie down with a young goat; an ox and a young lion will graze together, as a small child leads them along. A cow and a bear will graze together, their young will lie down together. A lion, like an ox, will eat straw. A baby will play over the hole of a snake; over the nest of a serpent, an infant will put his hand” (Isaiah 11, 6 – 8). 

Among the motifs in the tapestry that are not necessarily related to its main theme are: Moses portrayed as an angel with the Stone Tablets (on the top right), Jacob’s dream of the ladder (top center), and the image of Sarah with her son Isaac, below the image of Abraham holding a knife (bottom left). "

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La maquette de cette œuvre, sous le titre de Création, peut nous aider à l'interpréter.

 

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La tapisserie de La Paix, 1993, d'après Chagall à Sarrebourg.

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Nous disposons aussi de deux autres documents :

a) L'Esquisse préparatoire à l'encre de chine du vitrail La Paix, ONU, New-York 1963, Photo (C) RMN-Grand Palais (musée Marc Chagall) / Gérard Blot 

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Esquisse préparatoire à l'encre de chine du vitrail La Paix, ONU, New-York 1963, Photo (C) RMN-Grand Palais (musée Marc Chagall) / Gérard Blot

Esquisse préparatoire à l'encre de chine du vitrail La Paix, ONU, New-York 1963, Photo (C) RMN-Grand Palais (musée Marc Chagall) / Gérard Blot

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b) surtout, une gravure sur cuivre pour l'édition de la Bible .

Elle porte le titre de "La Création" et aurait été réalisée vers 1934 dans le projet d'une illustration de la Genèse et de l'Exode pour Ambroise Vollard, dans un corpus de 40 gravures.  A moins qu'elle n'appartiennent aux 105 gravures de Bible, publiée chez Tériade en 1956. Nous y retrouvons le cercle contenant 11 animaux, un nourrisson et un  garçon nimbé. Ce nimbe se retrouve dans le vitrail de New-York  et dans la tapisserie de Sarrebourg sous forme d'arcs polycycliques. 

Le thème en serait Dieu créant les animaux et l'homme, mais la contamination avec la Vision d'Isaïe est patente ; et l'auréole autour de la tête du jeune homme, incompréhensible dans la représentation de la Création, trouve son sens dans le "Rejeton d'Isaï" (le Christ pour les Chrétiens), dans la vision prophétique d'Isaïe. [le rejeton d'Isaï, c'est le descendant de Jessé, car Jessé et Isaï sont deux formes du même nom : à ne pas confondre avec le prophète].

 

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Marc Chagall, Gravure à l'eau-forte pour l'illustration de la Bible. Photographie lavieb-aile lors de l'exposition Chagall, Landerneau juin 2016.

Marc Chagall, Gravure à l'eau-forte pour l'illustration de la Bible. Photographie lavieb-aile lors de l'exposition Chagall, Landerneau juin 2016.

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V. DESCRIPTION.

 

Nous disposons maintenant d'au moins deux clefs d'interprétation pour cette tapisserie. Sur le plan laïc ou universel, c'est la représentation d'une vision utopique de la Paix sur terre, et on sait combien Chagall a été bouleversé, comme ses contemporains, par la Seconde Guerre Mondiale, par ses exodes, par la Shoah, puis par la guerre froide entre 1947 et 1989.

Sur le plan biblique, c'est la vision d'Isaïe du chapitre 11 (on retient habituellement les versets 11:6-8).

On sait que Chagall ne sépare pas ces deux domaines, et que pour lui la Bible est une source de poésie.

 

 Puis un rameau sortira du tronc d'Isaï, Et un rejeton naîtra de ses racines.

 L'Esprit de l'Éternel reposera sur lui: Esprit de sagesse et d'intelligence, Esprit de conseil et de force, Esprit de connaissance et de crainte de l'Éternel.

 Il respirera la crainte de l'Éternel; Il ne jugera point sur l'apparence, Il ne prononcera point sur un ouï-dire.

 Mais il jugera les pauvres avec équité, Et il prononcera avec droiture sur les malheureux de la terre; Il frappera la terre de sa parole comme d'une verge, Et du souffle de ses lèvres il fera mourir le méchant.

 La justice sera la ceinture de ses flancs, Et la fidélité la ceinture de ses reins.

 6. Le loup habitera avec l'agneau, Et la panthère se couchera avec le chevreau; Le veau, le lionceau, et le bétail qu'on engraisse, seront ensemble, Et un petit enfant les conduira.

 7. La vache et l'ourse auront un même pâturage, Leurs petits un même gîte ; Et le lion, comme le boeuf, mangera de la paille.

 8. Le nourrisson s'ébattra sur l'antre de la vipère, Et l'enfant sevré mettra sa main dans la caverne du basilic.

 Il ne se fera ni tort ni dommage Sur toute ma montagne sainte; Car la terre sera remplie de la connaissance de l'Éternel, Comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent.

 En ce jour, le rejeton d'Isaï sera là comme une bannière pour les peuples; Les nations se tourneront vers lui, Et la gloire sera sa demeure.

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Construction et composition.

Un grand cercle est tracé sur un peu plus de la moitié gauche, et c'est  à l'intérieur de ce cercle que sont représentés les animaux des versets  6 à 8 : le Lion, l'Agneau, le Loup, le Bœuf, la Vipère, la Vache debout devant l'Âne, l'Enfant et le Lionceau, mais aussi la Chèvre, et les Oiseaux.

D'autres motifs soit bibliques soit propres à l'univers onirique de Chagall sont placés sur la périphérie du cercle dont ils épousent les arcs. De bas en haut, Sarah et Isaac ; Abraham tenant un couteau, avec près de lui  l'ange et le bouc ; divers personnages, un cheval, un joueur de choffar ; un homme volant tête en bas ; Jacob allongé, la tête soutenue par l'ange (ou : la Création de l'homme) ; les Astres ; et enfin une femme  debout qu'un visage vient embrasser dans l'éclat  d'un bouquet. Quoique décalée, c'est l'image centrale de la fenêtre qui attire immédiatement le regard et  rappelle le "baiser de paix" du Nouveau Testament, qui signifie l'amour et l'harmonie entre le ciel et la terre. Ou c'est tout simplement l'Amour fécond, celui de l'Arbre de Vie de Sarrebourg.

 

Isaïe est figuré sur la partie droite, sur la ligne horizontale médiane ; c'est le personnage le plus grand de l'œuvre. Il porte une robe violette-rouge, il est pieds-nus, dans une posture en S humble, méditative  ou souffrante, avec un livre à ses pieds. Chagall a repris ici une figuration ancienne du prophète Jérémie, ou du prophète Elie. Il fait face à sa Vision.

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Tapisserie La Paix (détail). Photographie lavieb-aile.

 

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Derrière lui, mais face à un homme vêtu de rouge et accoudé à une canne se tient une foule. On y distingue facilement des hommes, des femmes, des enfants ou nourrissons, un couple enlacé, un danseur et une danseuse, des choristes, un homme tenant le chandelier, un autre soufflant dans une trompe. L'atmosphère enjouée n'est pas celle d'un exode ou d'une guerre. 

Plus haut, quelques maisons et deux clochers, puis le Christ crucifié que Nicodème vient déposer de la croix. Celle-ci s'inscrit dans un triangle : le Golgotha, ou bien la Montagne sainte ?

 

 

 

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Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

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Un homme ou ange vole en tenant un étendard : il va à la rencontre de Moïse, qui vole également en tenant les Tables de la Loi qu'il désigne de l'index . Le rayonnement de celui qui a vu Yahvé en face forme deux ovales semblables à des ailes, c'est le Moïse ailé récurrent chez Chagall .

Moïse, tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Moïse, tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

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Tapisserie La Paix, 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix, 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix, 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix, 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

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Nous aurions tort, et nous serions sûr de trahir le dessein de Chagall, si nous prétentions que ces identifications de motifs bibliques étaient certaines, établies et univoques. C'est tout le contraire ! Au fil des œuvres, ( et depuis les gouaches préparatoires de La Bible dans les années 1950), les figures se modifient et deviennent des icônes laïques, polysémiques et universelles, elles sont des vignettes poétiques  d'un collage basé sur la réminiscence.

Ainsi, rien n'assure que "Abraham", identifié car il tenait un couteau sur le vitrail de l'ONU, ne soit pas simplement le père de l'enfant placé plus bas. Le couteau s'est transformé en une chandelle, et cela peut évoquer les Nativités flamandes dans lesquelles Joseph éclairait l'Enfant-Jésus dans les bras de Marie.

Rien n'affirme non plus que "Sarah", nommée ainsi par sa proximité avec Abraham, ne soit pas tout bêtement la figure universelle de la Mère et de l'Enfant.

Mais cela peut aussi être la Vierge, par référence à la lecture chrétienne du verset d'Isaïe 11:1  Puis un rameau sortira du tronc d'Isaï, Et un rejeton naîtra de ses racines, où le "rameau" est la Vierge, et le "rejeton" est Jésus. 

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Tapisserie La Paix, photographie lavieb-aile.

 

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De même, le Songe de Jacob est identifié car, sur la tapisserie de la Knesset, cet emplacement était occupé par Jacob et sa vision de la fameuse échelle. Mais ici, (et sur le vitrail de l'ONU), nous ne voyons qu'un homme étendu (et peut-être est-il en train de rêver), la tête soutenu par un personnage, peut-être un ange. 

Anne Dopffer parle de "Bible réinventée", et si les figures de Moïse ( à cause des deux tables de la Loi) ou du Christ en croix sont incontestables, toutes les reprises des anciennes illustrations bibliques de Chagall sont métamorphosées pour s'insérer dans une grande métaphore universelle de l'Humanité et du Cosmos, nourrie par un patrimoine d'images chargées de sens. Nous pouvons nous accorder sans doute pour compléter le titre "la Paix" : c'est ici une Paix messianique et visionnaire fondée sur l'Espoir malgré la réalité du monde.

On a pu écrire à propos du vitrail de New-York : "La Fenêtre de la Paix est profondément influencée par l’ampleur de la vision de Chagall : par sa compassion et sa tolérance, et en tant qu’artiste juif exilé d’une grande patrie pendant la plus grande partie de sa vie adulte et témoin des deux guerres mondiales, de sa profonde compréhension de Souffrance. Il élève le langage symbolique d'une tradition spirituelle spécifique au niveau de signification universelle, en faisant quelque chose auquel tout le monde peut se rapporter."

On a souligné aussi l'influence de  la Neuvième Symphonie de Beethoven, l'une des œuvres préférées de Dag Hammarskjøld, avec sa reprise de l'Ode à la Joie de Schiller, devenu l'hymne de l'Union Européenne : elle est basée sur la notion de confraternité humaine. Après la Deuxième Guerre mondiale, la Neuvième  fut choisie symboliquement, comme message de paix et de fraternité,  pour la réouverture le 29 juillet 1951 du festival de Bayreuth, dont le nazisme avait tellement terni l'image.

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Ces discussions ne doivent surtout pas nous détourner de la figure centrale, celle du Baiser sous le bouquet : car nous ne trahirons pas Chagall en affirmant que seul l'amour humain peut accomplir le miracle, si improbable, de la Paix. Et qu'il a su y contribuer, par la tendresse cocasse mais engagée de son regard.

 "Au centre, à la charnière de deux espaces, se trouve le couple primordial autour duquel gravitent symboles et personnages mus par un mouvement cosmique, mouvement de joie saluant l'avènement de la paix universelle. Éminemment poétique, l'espace ainsi créé tient sa logique de l'imaginaire et de la spiritualité de l'artiste." (Forestier 2016)

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 "Au centre, à la charnière de deux espaces, se trouve le couple primordial autour duquel gravitent symboles et personnages mus par un mouvement cosmique, mouvement de joie saluant l'avènement de la paix universelle. Éminemment poétique, l'espace ainsi créé tient sa logique de l'imaginaire et de la spiritualité de l'artiste." (Forestier 2016)

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Tapisserie La Paix, 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix, 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

Tapisserie La Paix (détail), 1993, Yvette Cauquil-Prince d'après Chagall au Musée du Pays de Sarrebourg. Photographie lavieb-aile 2 mai 2016 .

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SOURCES ET LIENS.

 

— https://lesbottieres.wordpress.com/tag/yvette-cauquil-prince/

— FORESTIER (Sylvie, HAZAN-BRUNET (Nathalie), JARASSÉ (Dominique), MARCQ (Benoît), MEYER (Meret), 2016 Les vitraux de Chagall, Citadelles & Mazenod, page 112.

— FHEL, 2016,  Chagall, de la poésie à la peinture,  catalogue de l'exposition organisé par le FHEL à Landerneau.

Marc Chagall, des couleurs pour la Bible, Artlys 2014

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Published by jean-yves cordier - dans Chagall
8 mars 2019 5 08 /03 /mars /2019 14:29

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Ces 48 stalles ont été étudiées avec brio par Florence Piat dans sa thèse, et, pour les miséricorde,  ses commentaires érudits et attentifs, accompagnées d'excellents clichés sont disponible en ligne du site patrimoine.bzh/gertrude  de l'Inventaire Général du Patrimoine Culturel sous le dossier IM22005668 Stalles de la cathédrale Saint-Tugdual de Tréguier.

Impossible de faire mieux , et je me suis contenter de reprendre textuellement ces commentaires (en retrait et entre guillemets) pour accompagner mes propres images, moins bien éclairées : on comprend que j'aurai pu m'abstenir.  J'ai complété ce forfait avec les clichés des appui-mains, qui sont proposés en copie dans la thèse en ligne de Florence Piat, en complément de mes propres clichés qui supportent mal la comparaison. La description de ces appui-mains est néanmoins de ma main.

Ma partie originale consiste en la description  des jouées, ces plaques sculptées des extrémités des doubles rangées, non présentés dans le dossier de l'IGPC.


 

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Généralités :

Les stalles de Tréguier sont réparties en deux ensembles mobiliers, l'un au sud et l'autre au nord ; chaque ensemble comprend deux rangs de 12 sièges, l'un supérieur et l'autre inférieur.  48 sièges, ou stalles, étaient ainsi disponibles pour accueillir 19 membres du Chapitre, 8 musiciens et 6 enfants de chœur accompagnés de leur maître, mais aussi des dignitaires et des membres de la noblesse.

"Pour les offices solennels, il fut décidé qu'après que les ecclésiastiques, tant du haut que du bas du choeur, auraient occupé leurs places, les juges et magistrats de la ville, les gentilshommes et autres personnes de considération seraient admis dans le chœur et placés dans les chaires vacantes."

Le chœur a été édifié vers 1400, avec un premier ensemble de stalles, perdu. Puis il fut séparé de la nef, en 1485 par un chanceau monumental. 

"De nouvelles stalles et un grand lutrin furent commandées, par actes des 22 mars 1508 et 20 juillet 1509,  à deux artisans de la ville,  Gérard Dru et Tugdual Kergus .  Le contrat en est toujours conservé aux Archives Départementales des Côtes-d´Armor (2 G 364 et 2 G 456). Ce document, très rare, donne des indications précieuses quant à la commande et à l´exécution de ces stalles. Daté de 1508, il décrit les exigences, iconographiques principalement, des chanoines trégorois. Gérard Dru  est probablement un artiste d´origine rhénane comme l´indique la consonance germanique de son nom. Les thèmes et le style qu´il développe sur ces stalles, mais aussi sur un retable de cette même cathédrale, est par ailleurs caractéristique de cette région.

Réalisé de 1508 à 1512, cet ensemble fut remanié au cours du 17e siècle, époque où les dorsaux ainsi que quelques stalles furent supprimés. Non-adossées, elles sont reliées entre elles par des barres de fer boulonnées au revers. Plusieurs scènes représentant principalement des sodomites furent « purgées » à cette même époque. Au moment de la Révolution et un an avant que la cathédrale ne soit transformée en « Temple de la Raison », les chanoines réussirent à cacher leurs précieuses stalles chez certains habitants de Tréguier, les sauvant d´une destruction quasi certaine. Cet ensemble imposant par le nombre de stalles est certainement un des plus beaux de Bretagne, par la grande qualité de la sculpture autant que de l'iconographie. La richesse de cet ensemble est encore augmentée par la conservation du contrat d'origine. Les sujets eux-mêmes sont surprenants par leur aspect scatologique."

Les stalles que nous voyons sont bien celles sculptées en 1509, mais elles ont été modifiées, elles ont perdu leur dais (qui persiste à Saint-Pol-de-Léon où on peut se former  une idée de leur aspect), et leurs rangs ne sont plus complétées par le chanceau, qui fut détruit en 1790.

 

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Note : mes photos ont été prises alors que des travaux de menuiserie étaient en cours pour la réfection du plancher du chœur.

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Le chœur de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Le chœur de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Plan et numérotation des stalles par Florence Piat.

Plan et numérotation des stalles par Florence Piat.

Les stalles de la cathédrale de Tréguier : les miséricordes.

 

 

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LES STALLES BASSES DU COTÉ SUD : N° 1 À 12.

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La jouée basse d'extrémité sud-ouest.

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1°) Sculpture en ronde-bosse : un ange ordonne à Tugdual de gagner la Bretagne.

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Sur le chant du panneau, la sculpture en ronde-bosse  représente un personnage sur la rive d'un ruisseau, face à un ange qui, sur la berge opposée, lui tend une tunique pliée. L'homme est jambes nues, les pieds dans l'eau, seulement vêtu d'une tunique longue serrée par une ceinture.

Il s'agirait de la représentation d'un miracle de la vie de saint Yves. Je n'ai pu en trouver trace. Certes, lors des dépositions du procès de canonisation, on raconte que saint Yves avait habitude de donner aux pauvres son burell, sa cotte de bure.

 Daniel Giraudon 2004, qui présente une photo de cette sculpture page 285, la décrit comme  "saint Yves franchissant le Leff devant une lavandière dont le drap va s'allonger par miracle". En 1994 il situait l'épisode sur le Trieux :

"Le passage de l'eau Les empreintes dans la pierre sont pour le peuple un signe indiscutable du passage du saint. Mais il ne s'en contente pas, il lui faut d'autres preuves. C'est sur l'eau qu'il va maintenant porter ses regards. Il a toujours présent à l'esprit " les allées et venues des vieux saints d'Hibernie sur les eaux de la Manche "et il imagine aisément saint Yves sur la même voie. Ses périgrinations [sic] l'amenaient à franchir notamment deux rivières, le Trieux et le Leff. La traversée du Trieux, si l'on s'en tient au circuit nord, se faisait tantôt entre Kermarquer et la plage du Ledano, tantôt entre Goz-Ilis et Crec'h Tiaï ou Pont-Erwan. A la rencontre des flux et reflux qui se produisent à ces endroits, apparaît sur la rivière une barre d'écume ou un sillage argenté, parfois accompagnés d'empreintes géantes. Les gens du pays disent alors  comme si l'événement venait de se passer: Tremenet eo sant Erwan, emañ roud e dreid war an dour, saint Yves vient de passer, on voit les traces de ses pieds sur l'eau. Devenu adulte, saint Yves, traversa une fois le Trieux de manière originale. Un soir que la mer battait son plein dans l'anse du Lédano, raconte un informateur de Plounez, il avait franchi l'étendue d'eau en marchant sur un drap posé tout exprès pour lui par une lavandière de Crec'h Tiaï qui l'avait reconnu. La pièce de toile s'était allongée par miracle jusqu'à l'autre rive. On ne peut s'empêcher de penser ici encore à saint Gildas ou à saint Laur voguant sur leur manteau." 

GIRAUDON (Daniel), 2004,  Les pardons du peuple, saint Yves dans la tradition orale du Trégor et du Goëlo, in J.C. Cassard et G. Provost, Saint Yves et les Bretons, culte, image, mémoire (1303-2003), Presses Universitaires de Rennes page 285.

https://books.openedition.org/pur/22420?lang=fr

GIRAUDON (Daniel),s.d. , Yves Hélori sur les chemins des saints légendaires d'Armorique Daniel Giraudon

https://danielgiraudon.weebly.com/uploads/3/1/6/3/3163761/sur_les_pas_de_saint_yves.pdf

GIRAUDON (Daniel), 1994, Sur les chemins de saint Yves écrit en collaboration avec Jean-Christophe Cassard, Paolig Combot et Jacques Dervilly, Skol Vreizh :.

MILIN (Gaël), 1989 « La traversée prodigieuse dans le folklore et l’hagiographie celtiques : essai de typologie », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. 118, 1989, p. 125-140.

MILIN (Gaël), 1991, La traversée prodigieuse dans le folklore et l'hagiographie celtiques : de la merveille au miracle, Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1991  98-1  pp. 1-25

https://www.persee.fr/docAsPDF/abpo_0399-0826_1991_num_98_1_3375.pdf


 

Pour accepter cette belle interprétation, la difficulté peu surmontable provient du fait que ce n'est pas une lavandière, mais un ange bien pourvu d'aile que le huchier a sculpté.

Il ne s'agit pas non plus a priori d'une scène analogue très fréquente en l'iconographie, celle du baptême du Christ, ou un ange tient le vêtement de Jésus pendant qu'il est en immersion dans le Jourdain.

Je suggère d'y voir une scène de la vie de saint Tugdual, patron de l'église, telle qu'elle est narrée par Albert le Grand :

"I. Saint Tugduval estoit natif de la Grande Bretagne...il se retira dans un Monastere, où, aprés avoir quelque temps postulé l'habit, il fut receu Religieux [ ... puis Abbé.. et] tous ses Religieux se reputoient bienheureux d'estre sous la charge d'un si bon & vigilant Pere. 

I. Mais leur joye ne dura pas long-temps; car, une nuit, aprés Matines, tous les Religieux s'estans retirez chacun en sa Cellule, un Ange luy apparut & luy dit : "Tugduval, Dieu te commande de quitter la grande Bretagne, ta patrie, & te transporter hastivement en la petite Bretagne." Le matin suivant, il fit sonner le Chapitre & manifesta ses visions à tous ses Religieux, leur déclarant que la volonté de Dieu estoit qu'il les quittast, pour aller outre mer, en la Bretagne Armorique : ce que ses pauvres Religieux entendans, ils se jetterent à ses pieds, le supplians de ne les pas délaisser. L'heureux Saint les consola, leur representant qu'il estoit raisonnable d'obeïr au commandement de Dieu; mais qu'il n'empeschoit pas que ceux qui le voudroient suivre ne s'embarquassent avec luy; cela les réjouït, & se disposerent, au nombre de septante-deux, de l'accompagner; entr'autres, saint Ruelin, saint Guevroc, saint Goneri, saint Loëvan, saint Briac & autres saints Personnages, sa mere sainte Pompaea, laquelle, après la mort de son mary, avoit pris l'habit de Religion, sainte Soeve, sa soeur, laquelle aussi avoit voüé sa virginité, dés sa premiere jeunesse (, & une bonne veuve, nommée Malhelew, laquelle s'employoit à servir les Religieux, lavant leurs draps, tant ustanciles d'Eglise qu'autres ménages du Monastere. 
 Ils se rendirent au havre prochain & y trouverent un vaisseau équipé de tout ce qui luy estoit requis, &, dedans, y avoit des jeunes gens de bonne façon, l'un desquels, qui sembloit estre le maistre & capitaine des autres, salüant le Saint, lui dit : "Dieu vous garde (homme de Dieu), & toute vostre compagnie; montez à la bonne heure dans ce vaisseau ; sinon que nous vous attendions, il y a longtemps que nous serions portez en la Bretagne Armorique."

Bien sûr, l'hypothèse reste fragile.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Les sculptures en bas-relief du corps de la jouée basse :

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Sur le panneau, un décor d'ogives est complété, dans le triangle de l'accoudoir, par un personnage accroupi qui tente de s'accommoder comiquement de l'espace restreint.

Sur la tranche, divers animaux velus.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Sainte Marguerite issant du dragon sous un dais ogival.

La photo frontale ne permet pas de l'identifier facilement, et il faut, sur place, tourner autour, puis se placer sur la face interne de la jouée, pour voir qu'elle est représentée, de façon tout à fait traditionnelle, issant (sortant) du dos d'un dragon qui l'avait avalé, et qui tient encore le bas de sa robe entre les dents. On comprend mieux alors la forme arrondie au premier plan (la nuque du dragon).

 La sainte (l'un des 14 saints intercesseurs) tant vénérée alors tenait certainement entre les mains un crucifix, qui a été brisé (de même que le vénérable nez).

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Photo Florence Piat (thèse).

Photo Florence Piat (thèse).

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Stalle n°1

"Un homme, représenté en buste et de face, tient un bâton ou une palme dans la main gauche et une sorte de bouclier dans la main droite. Il est assez richement vêtu : une veste boutonnée sur le devant et un chapeau à bourrelet, proche du turban dans la forme, et décoré d'un galon central. Son visage est individualisé avec un menton en galoche, un nez aplati et des sourcils épais. Les pupilles sont creusées."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main de gauche de la stalle n°1. Obscénité animale.

C'est une scène complexe, soigneusement corrigée du coup de ciseau de la censure qui a amputé un visage.  Il s'agit d'un homme nu, dont on voit les mains et l'index,  qui chevauche un animal (un ours ?), dont les pattes se distinguent sur le profil.

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Photo Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main de droite de la stalle n°1. Un oiseau.

Cet oiseau à ailes nervurées comme celles des chiroptères, au ventre ovoïde,  aux pattes griffues et au bec  crochu est-il maléfique ?

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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La stalle n° 2.

 

"Une grande forme végétale nervurée et ondulante occupe toute la surface de la miséricorde."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main de droite de la stalle n°2.  Feuillage.

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Photo Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 3

"Un homme nu et armé d'une massue se tient sur la gauche de la miséricorde, de trois quart, et regarde le spectateur. Son pied droit est posé sur la queue d'un dragon qui occupe la droite de la miséricorde. Celui-ci est en train de mordre dans un végétal fabuleux qui semble servir de bouclier à l'homme nu. Le dragon est vu partiellement de dos et son échine est parcourue d'une crête aux sommets arrondis. Sa gueule est allongée et ses dents visibles. Quant à l'homme, il a les cheveux qui lui arrivent aux épaules, le visage rond et la bouche entrouverte.

Cette sculpture a été interprétée de différentes façons. On y a vu une représentation d'Hercule combattant l'hydre bien que les conventions iconographiques ne soient pas toutes réunies. Par ailleurs, une autre hypothèse y voit un jardinier combattant des vers s'attaquant à ses cultures (D. et H. Kraus). Le végétal semble être plutôt un bouclier dont l'homme se sert pour détourner l'attention du dragon avant de le frapper. Cette scène est en fait une copie d'une autre miséricorde se trouvant actuellement sur les stalles hautes Nord, la miséricorde 34. Si la scène reste la même, la filiation est néanmoins aisément identifiable dans la mesure où les détails de la miséricorde 34 (côtes et cheveux notamment) sont d'une meilleure facture que ceux de la présente miséricorde (03). Les miséricordes 24 et 33 offrent un autre exemple d'imitation d'un sujet, en l'occurrence un dragon ailé. Là encore, fort est de constater que la miséricorde Nord (33) est d'une qualité supérieure à la miséricorde Sud (24)."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main de droite de la stalle n°3.  Chanoine (?) lisant.

Là encore, l'interprétation est délicate, car l'homme a les jambes nues, et ses mains ne se rattachent pas clairement au corps.

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 4 .

"Une grande feuille nervurée se déploie sur toute la surface de la miséricorde, prenant appui sur un petit élément architectural."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main de droite de la stalle n°4. Feuillage.

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Florence Piat, thèse

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Stalle n°5

"Un homme est représenté de face, les jambes relevées en V. Les cheveux longs, il est barbu et porte un chapeau à bourrelets et galon central, faisant penser à un turban. Son visage est rond, la bouche entrouverte et le front parcouru d'un sillon en V. Le bas de son corps est dénudé. Ses mains sont posées sur l'extérieur de ses cuisses. Son anus est visible mais son sexe a été bûché. Néanmoins, une partie de son prépuce est encore visible.

Les parties génitales du personnage de la miséricorde ont été bûchées. Appui-main gauche usé.

Le caractère sexuel de cette scène est indéniable et elle s'inscrit dans une série de miséricordes ayant des thèmes licencieux. Cette sculpture est peut-être la représentation d'un sodomite, sujet développé sur deux autres miséricordes de Tréguier. Le sexe aurait été supprimé au 17e siècle."

 

 

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main de droite de la stalle n°5. Homme en renversement postérieur, tête entre les jambes.

 

Une partie a été bûchée, signe le plus certain d'une scène licencieuse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 6

 

"Un poisson, peut-être une truite ou un saumon, et représenté nageant parmi des algues. Son corps, aux écailles finement sculptées, forme un V. Sa bouche est allongée et ouverte. Les représentations de poissons sont extrêmement rares sur les stalles bretonnes. On sait néanmoins qu'au 17e siècle les paysans qui travaillaient pour le marquis de Rosambo se plaignaient de n'avoir que du saumon à manger, poisson qui proliféraient littéralement dans la région."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main de droite de la stalle n°6.

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F. Piat, thèse

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Stalle n°7.

"Un homme est représenté de face, à partir de la taille, les coudes relevés. Il est vêtu d'une veste boutonnée sur le devant. Dans la main gauche, il tient le goulot d'une outre accrochée en bandoulière autour de son buste. Dans la main droite, il tient ce qui semble être un pied de cochon. L'homme au visage rond est souriant, ses lèvres sont épaisses, son nez petit, ses pupilles creusées et ses cheveux forment une masse compacte autour de sa tête.

Ce personnage visiblement heureux de pouvoir bientôt manger et boire, semble être le pendant du personnage qui, victime de sa gourmandise, se tient le ventre dans une expression douloureuse sur une autre miséricorde."

 

 

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main de droite de la stalle n°7. Feuillage.

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Stalle n°8.

 

"Un homme est représenté de face effectuant une acrobatie. Il a passé ses jambes par-dessus ses épaules et les tient par les chevilles. Contrairement à l'autre acrobate effectuant le même mouvement présent sur ces stalles, celui-ci n'est pas habillé en fou. Il porte une chemise au col ouvert et ses jambes sont nues. Il ne porte pas de bonnet ou de chapeau, ses cheveux sont longs et ondulent autour de son visage grimaçant. Sa bouche est en effet ouverte et on voit ses dents comme s'il criait ou chantait. Son visage est carré, son nez large et pointu. Son front haut est parcouru d'un sillon en V et se termine aussi en pointe, à la naissance de ses cheveux. Les sourcils forment un W sévère au-dessus des yeux légèrement tombants du personnage. Les pupilles sont creusées.

Les représentations d'acrobates, de jongleurs et de fous sont très fréquentes dans les stalles médiévales. Rappelons que, bien que ces activités étaient mal considérées par l'Eglise, de nombreux spectacles avaient lieu, parfois jusque sur le parvis de l'église. Sur cette miséricorde, la protubérance de la braguette est révélatrice de cet aspect négatif inhérent aux acrobates dans la pensée médiévale.

La parclose droite date du 17e siècle ; le pied droit du personnage est cassé."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main de droite de la stalle n°8.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n°9 :

"Deux jeunes hommes semblables et portant des tuniques longues aux nombreux plis ondulants, tiennent une branche disposée entre eux deux. Ils sont souriants, leurs cheveux longs et frisés. La branche qu'ils tiennent est comme recouvert.

Ces deux personnages ont une allure tout à fait angélique et, malgré le fait que leurs ailes ne soient pas représentées, les plis de leurs vêtements indiquent quelque chose d'aérien. Il s'agit vraisemblablement d'anges. La branche qu'ils tiennent pourrait être tout à la fois une branche de l'Arbre de la Connaissance autant que de l'Arbre de Vie. Ces deux arbres sont en effet les piliers du Paradis terrestre et si le premier est celui du fruit défendu, le second est source de vie éternelle. Les anges ici représentés s'agrippent à cette branche comme s'il s'agissait effectivement d'un pilier. La branche peut également renvoyer à la Croix, qui, dit-on, aurait d'ailleurs été taillée dans l'Arbre de Vie."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main de droite de la stalle n°9. Homme tenant une banderole.

C'est le même individu qu'en stalle 3, avec sa coiffure en casque, mais il tient un phylactère, ou du moins une courte bande de parchemin. Le haut de sa tunique est plissée ; elle ne couvre pas les genoux. 

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n°10 : feuillage.

"Deux grandes feuilles (algues ?) ondulées se font face autour d'un petit élément architectural."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main de la stalle n°10. Feuillage.

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stalle n°11 : feuillage.

"Deux grandes feuilles (algues ?) ondulées se font face autour d'un petit élément architectural."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main de  droite de la stalle n°11. Singe (?) devant un pupitre.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n°12 : grylle.

"Hybride à deux têtes d'homme situées à l'avant et à l'arrière du corps d'un animal quadrupède. Il est tourné vers la droite de la miséricorde. Trois de ses pattes sont en fait des mains, mais la patte postérieure droite est celle d'un équidé. Le sabot semble d'ailleurs ferré. La tête située à l'avant est celle d'un fou. Il porte en effet le capuchon festonné à oreilles d'âne et tient dans la main gauche sa marotte dont l'extrémité a été cassée. Ses lèvres sont déformées et il est atteint d'un bec de lièvre. Le nez est fin, il regarde vers le bas et ses pupilles sont creusées. La tête située sur l'arrière-train est celle d'un homme barbu qui crache des végétaux, tourné vers la gauche de la miséricorde. La barbe constitue le jarret de l'animal. Le nez du personnage est fort, les yeux tombants, les pupilles creusées et les sourcils touffus. Ses dents sont visibles dans sa bouche ouverte. L'ensemble de la sculpture donne une impression grotesque entre ce fol assimilé à un animal et l'arrière-train dont le visage donne une connotation sexuelle.

Cette sculpture est la seule du genre présente sur les stalles bretonnes. Les hybrides sont d'ordinaire constitués de parties animales et d'une tête humaine, dans le schéma traditionnel des grylles."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main de droite de la stalle n°12. Cyclope simiesque sur un corps sinueux de dragon. Tête rapportée.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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LES STALLES BASSES DU COTÉ SUD : n° 13 À 24.

 

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La jouée sud-est.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

 

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Stalle n° 13

"Console polie reprenant la forme ondulante de la sellette. La miséricorde a été remontée sur une stalle élargie."

 

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main de  droite de la stalle n°13. Tête ouvrant la mâchoire .

Le haut du visage a été  bûché.

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Stalle n°14. Homme exhibant ses fesses, ou déféquant.

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"Un homme est représenté de dos, assis et les jambes relevées, qu'il tient par les mollets. Il retourne sa tête vers le spectateur. Son pantalon est baissé et sa chemise relevée de sorte que l'on voit ses fesses. Sous celles-ci apparaîssent les testicules du personnage. Son visage est individualisé, ses lèvres pincées, les yeux baissés et les sourcils relevés dans une expression d'étonnement ou de douleur.

Le caractère sexuel de cette scène est indéniable et elle s'inscrit dans une série de miséricordes ayant des thèmes licencieux. Cette sculpture est peut-être la représentation d'un sodomite, sujet développé sur deux autres miséricordes de Tréguier. A noter également, la présence de quatre encoches sous la sellette (voir la photographie n°2) qui pourraient renvoyer à une numérotation gravée soit lors de la réalisation des stalles, soit lors d'un remontage de celles-ci."

 

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main de la stalle n° 14. Tête béate au nez en courge et aux oreilles d'âne.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 15. Végétal.

"Une grande feuille ou une algue se déploie sur toute la miséricorde."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main de la stalle n° 15. Feuillage.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n°  16 : homme se tenant le ventre.

"Un homme est vu depuis la taille, de face. Il est vêtu d'une veste à capuche qui lui recouvre la tête. Des ses deux mains, il se tient le ventre. Les boutons de sa veste sont tendus et le tissu plisse comme si le vêtement était devenu trop petit. L'homme grimace, la bouche tirée en un rictus de douleur, sentiment accentué par l'expression de ses yeux à la pupille creusée. L'attitude générale du personnage indiquerait qu'il s'agit d'un gourmand qui est maintenant puni par des douleurs abdominales.

Les représentations des péchés de bouche -abus de nourriture mais aussi de vin -sont fréquent sur les stalles. Voir les stalles de la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main de droite de la stalle n°16. Tête d'enfant sur une base de feuillage.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n°  17 : acrobate.

"Un homme est vu de profil, tourné vers la droite. Il est allongé sur le ventre et effectue une acrobatie : il tient sa cheville droite avec sa main droite au-dessus de son dos. Son autre main est posée sur sa poitrine. Il est vêtu d'un capuchon festonné à grandes oreilles, c'est-à-dire, le capuchon d'un fou, et porte un pantalon court, qui lui arrive à mi-cuisse et dont la braguette est protubérante. Ses yeux sont mi-clos et il ne sourit pas."

"Les représentations d'acrobates, de jongleurs et de fous sont très fréquentes dans les stalles médiévales. Rappelons que, bien que ces activités étaient mal considérées par l'Eglise, de nombreux spectacles avaient lieu, parfois jusque sur le parvis de l'église. Sur cette miséricorde, la protubérance de la braguette est révélatrice de cet aspect négatif inhérent aux acrobates dans la pensée médiévale."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main de droite de la stalle n°17.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 18 : homme obscène.

"Un homme est représenté de face, les jambes relevées en V. Les cheveux longs, barbu, il porte un chapeau aux bords relevés. Son visage est rond, la bouche entrouverte, les yeux baissés et le front parcouru d'un sillon en V. Le bas de son corps est dénudé. De l'index de la main gauche, il indique son anus tandis que de sa main droite il tient son sexe aujourd'hui disparu, mais dont la forme est encore nettement perceptible.

Les parties génitales du personnage sur la miséricorde ont été bûchées.

Le caractère sexuel de cette scène est indéniable et elle s'inscrit dans une série de miséricordes ayant des thèmes licencieux. Cette sculpture est peut-être la représentation d'un sodomite, sujet développé sur deux autres miséricordes de Tréguier. Le sexe aurait été supprimé au 17e siècle."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main de droite de la stalle n°18. Feuillage enroulé.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 19. Dragon .

"un animal monstrueux, un dragon, est représenté de profil, tourné vers la droite. Il possède deux pattes et deux ailes qui sont celles d'une chauve-souris. Tout son corps, de sa queue jusqu'au sommet de son crâne est hérissé d'une crête. Ses pattes à trois doigts sont crochues et l'arrière est frangé. Ses oreilles sont petites et, bien que son faciès soit simiesque, son museau fait plutôt penser à un nez. Il sourit de manière inquiétante, découvrant ainsi toutes ses dents. Son corps est tacheté et la pupille de ses yeux globuleux est creusée. "

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main de droite de  la stalle n°19. Feuillage enroulé.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 20. Homme tenant un phylactère.

 

 

"Un homme est vu depuis la taille, de face. Il est vêtu d'une veste boutonnée sur le devant. Il tient entre ses mains un rouleau qui forme un V. Son visage est rond, ses lèvres épaisses et son nez épaté. Un sillon en V parcourt son front. Sa bouche est ouverte. Ses cheveux forment une masse compacte autour de son visage.

La miséricorde a été remonté sur une nouvelle stalle plus large que les autres."

 

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main de droite de la stalle n° 20. Feuillage enroulé ou algue.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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 Stalle n° 21 : ange présentant un phylactère.

 

 

"Un ange est représenté en buste, de face. Il tend les bras devant lui, mais ses mains ont disparues, de même que le rouleau qu'il tenait et dont les extrémités sont encore visibles au niveau de ses ailes. Celles-ci sont déployées derrière lui et leurs plumes sont sommairement ciselées. Son visage est rond, ses lèvres épaisses et il esquisse un sourire. Ses yeux sont mi-clos et les pupilles sont creusées. Ses cheveux forment une masse compacte autour de son visage."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main de droite de la stalle n° 21. Feuillage enroulé.

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Stalle n° 22. Feuillage.

 

"Une grande forme végétale occupe toute la surface de la miséricorde, au-dessus d'un petit élément architectural. La présence de cet élément donne l'impression que la console est traitée à la manière d'un chapiteau. "

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main droit de la stalle 22 :homme encapuchonné (face bûchée) devant un livre posé sur un lutrin.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n°23. Végétaux.

"Deux grandes formes végétales ondulantes et nervurées sont entrelacées par la tige."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main droit de la stalle 23 : enroulement de feuillage.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n°  24. Dragon.

"Un dragon est représenté de dos, vu du dessus. Il tourne sa tête vers la droite et ouvre la gueule montrant ainsi ses dents acérées. Quadrupède, ses pattes sont crochues et il est pourvu d'ailes de chauve-souris. Son épine dorsale est parcourue d'une crête en dents de scie. Ses yeux sont bordés de longs cils et ses pupilles ne sont pas creusées.

Ce dragon est la réplique d'un autre dragon se trouvant sur les stalles de Tréguier. La position est la même, tout comme la forme, mais la facture de celui-ci est moins aboutie. Le sculpteur est différent, en témoigne les pupilles creusées sur l'un, mais pas sur celui-ci. Deux possibilités au moins peuvent expliquer cette différence. Premièrement, le sculpteur peut être un apprenti au sein de l'atelier de Tréguier à qui l'on aurait confier la réalisation à l'identique de cette pièce. D'autre part, les stalles de Tréguier ayant été restaurées au 17e siècle, certains appuie-main ayant été totalement refaits, il est possible que cette miséricorde date de cette époque et en remplace une autre disparue, trop abîmée ou encore jugée trop licencieuse."

 

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui main de la stalle 24. Homme dans la gueule d'un dragon.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main gauche  de la stalle 24 : la paroi interne de la jouée basse : un dragon  ailé ayant dans sa gueule la robe de sainte Marguerite.

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LES STALLES HAUTES DU COTÉ NORD : N° 25 À 36.

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Stalle n° 25. Dragon ou monstre animal.

"Un animal quadrupède aux allures de bouc est représenté de profil, tourné vers la gauche. Sa tête est cependant retournée et il regarde vers la droite. Son corps est recouvert de fourrure à partir du cou, une longue queue fine sort de l'intérieur de sa cuisse gauche. Ses pattes antérieures sont pourvues de trois doigts alors que la seule de ses pattes postérieures visible ne semble en posséder que deux, à moins qu'il ne s'agisse d'un sabot. Son cou vrillé est tacheté. Ses oreilles, assez grandes, sont pointues, son museau est allongé et arrondi, et il ferme la bouche. De longs poils touffus lui sortent des joues et du dessous de la gueule."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main droit de la stalle n°25. Homme tenant un instrument entre ses jambes.

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n°  26. Dragon souriant.

"Un animal quadrupède à tête de singe est représenté roulé en boule, comme un chat, et tirant la langue. Il est tourné vers la droite. Son pelage est recouvert de petits points et son dos est parcouru d'une crête aux sommets arrondis. Sa longue queue revient sous lui en passant par l'intérieur de sa cuisse droite. Avec ses pattes antérieures, il se tient le haut du cou tandis que sa patte postérieure droite lui sert à tirer sur la commissure de sa bouche, afin d'accentuer sa grimace. Sa gueule est arrondie, son nez fin, ses yeux globuleux et tombants, leur pupille creusée, ses oreilles petites, creuses et elles aussi rondes."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main droit de la stalle 26 : homme aux jambes nues.

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Florence Piat, thèse.

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Les stalles de la cathédrale de Tréguier : les miséricordes.

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 Stalle n° 27 : feuillages.

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"Deux grandes formes végétales nervurées et ondulantes sont enlacées."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main droit de la stalle n°27 : feuillage enroulé.

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Florence Piat, thèse.

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Stalle n° 28: dragon velu.

 "Un animal monstrueux est représenté de profil, le corps tourné vers la droite, mais la tête complètement retournée vers la gauche et posée au niveau de son flanc. Son corps est recouvert de fourrure, mais la partie inférieure de ses deux pattes ainsi que sa queue sont couvertes d'écailles. Il possède deux petites oreilles pointues et son museau a plutôt la forme d'un bec. Chose curieuse, ce bec ouvert laisse voir des dents très pointues. Derrière son long cou, qui forme une boucle, on aperçoit un morceau d'étoffe. Cet animal fabuleux ne ressemble pas aux autres dragons présents sur les stalles, mais sa fourrure rappelle la fourrure de l'Homme Sauvage figuré sur la jouée terminale des stalles basses nord-ouest."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main droit de la stalle 28 : homme tenant un instrument à pavillon conique percé d'orifices.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 29. Ruban entrelacé.

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 "L'enchevêtrement d'un ruban."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main droit de la stalle 29 : Feuillage recroquevillé avec boucles.

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 30 : feuillage.

"Une grande forme végétale nervurée et ondulante est enroulée autour d'une branche."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main droit de la stalle 30 : Feuillage recroquevillé à 1 boucle.

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n°  31 : un dragon aux ailes éployées.

"Un dragon est représenté de dos, vu du dessus. Il tourne sa tête vers la droite et ouvre la gueule. Quadrupède, ses pattes sont crochues et il est pourvu de très grandes ailes de chauve-souris. Son épine dorsale est parcourue d'une crête aux extrémités arrondies. Son museau, rond et aplati, n'a pas l'aspect inquiétant que peuvent avoir d'autres représentations de dragons sur ces stalles. Ses pupilles sont creusées et ses yeux cernés."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main droit de la stalle 31 : feuillage enroulé à boucles.

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

 

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 32 : feuillage.

 "Une grande forme végétale nervurée et ondulante occupe toute la surface de la miséricorde au-dessus d'un petit élément architectural."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main droit de la stalle 32 : feuille enroulée.

 

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Florence Piat, thèse.

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Stalle n° 33 : un dragon ailé .

"Un dragon est représenté de dos, vu du dessus. Il tourne sa tête vers la droite et ouvre la gueule montrant ainsi ses petites dents acérées. Quadrupède, ses pattes sont crochues et il est pourvu d'ailes de chauve-souris. Son épine dorsale est parcourue d'une crête en dents de scie. Ses oreilles sont pointues, les sourcils sont épais et la pupille des yeux est creusées."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main droit de la stalle 33 : obscénité animale, bûchée.

Un animal redressé (grandes oreilles, mais face bûchée) chevauche une biche..

Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 34 : homme sauvage combattant un dragon ; cf. la miséricorde de la stalle 3.

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"Un homme nu et armé d'une massue se tient sur la gauche de la miséricorde, de trois quart, et regarde le spectateur. Son pied droit est posé sur la queue d'un dragon qui occupe la droite de la miséricorde. Celui-ci est en train de mordre dans un végétal fabuleux qui semble servir de bouclier à l'homme nu. Le dragon est vu partiellement de dos et son échine est parcourue d'une crête aux sommets arrondis. Sa gueule est allongée et ses dents visibles. Quant à l'homme, il a les cheveux qui lui arrivent aux épaules, le visage rond et la bouche entrouverte.

Cette sculpture a été interprétée de différentes façons. On y a vu une représentation d'Hercule combattant l'hydre bien que les conventions iconographiques ne soient pas toutes réunies. Par ailleurs, une autre hypothèse y voit un jardinier combattant des vers s'attaquant à ses cultures (D. et H. Kraus). Le végétal semble être plutôt un bouclier dont l'homme se sert pour détourner l'attention du dragon avant de le frapper. Cette scène est en fait une copie d'une autre miséricorde se trouvant actuellement sur les stalles hautes Sud, la miséricorde 03. Si la scène reste la même, la filiation est néanmoins aisément identifiable dans la mesure où les détails de la miséricorde 34 (côtes et cheveux notamment) sont d'une meilleure facture que ceux de la miséricorde (03). Les miséricordes 24 et 33 offrent un autre exemple d'imitation d'un sujet, en l'occurrence un dragon ailé. Là encore, fort est de constater que la miséricorde Nord (33) est d'une qualité supérieure à la miséricorde Sud (24)."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main droit de la stalle 34 : tête d'homme sortant de la gueule d'un dragon.

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L'homme, dont nous ne pouvons toujours pas savoir s'il s'agit d'un chanoine, possède la coupe de cheveux particulière, les yeux ovales effarés et les joues pleines déjà rencontré en stalle 3 et 9.

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 35 : végétal (chardon ?).

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"Un végétal de type fleur à la partie centrale importante et aux pétales ondoyantes et fines. La fleur sort d'un bulbe feuillu. La forme de ce végétal a fait croire à D. et H. Kraus qu'il s'agissait d'un artichaut. Néanmoins, à la date de réalisation de ces stalles, l'artichaut n'avait pas encore été introduit dans la région. Il faudrait plutôt y voir une sorte de chardon." (F. Piat)

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main droit de la stalle 35 : monstre animal babines retroussées, montrant les dents.

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 36 : grylle.

 

"Un animal monstrueux, quadrupède et vu de profil, retourne sa tête pour se mordre le dessus du dos. Au milieu de son ventre, une autre tête est en train de lui dévorer l'arrière-train. Sur la première tête, les oreilles sont petites, le museau allongé est pourvu de petites narines tandis que les yeux, mi-clos, ont leurs pupilles creusées. Sur la deuxième tête, la gueule est grande ouverte et laisse voir des dents acérées. Les oreilles sont plus grandes que sur la première tête. Les pattes de l'animal possède trois doigts chacune, sauf les pattes antérieures qui semblent être dotées d'un pouce en plus. Il possède une queue courte et son cou est vrillé sur lui-même.

Les animaux monstrueux pourvus de plusieurs têtes s'entre-dévorant sont une image du péché qui dévore l'homme à tous les niveaux : la lutte contre celui-ci est aussi une lutte intérieure. "

 

 

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main droit de la stalle 36 : animal accroupi, tête léonine (restituée) à œil (?) frontal.

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main gauche de la stalle 36 : tête d'animal à grandes oreilles (dragon) tenant dans la gueule une boule de feuilles (rapportée).

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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LES STALLES BASSES DU COTÉ NORD : n° 37 À 48.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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La jouée basse nord-est :

"Sur la face externe de la jouée de cette stalle, un Homme Sauvage héraldique est représenté, le genou gauche à terre, la pointe d'un demi blason posée sur son genou droit. De la main gauche, il tient un bâton écoté, sorte de massue dont il se sert comme arme. De la main droite, il tient le haut du blason. Son corps est recouvert d'une fourrure épaisse et travaillée et seuls les pieds, les mains et une partie du visage sont imberbes. Son visage est par ailleurs simiesque, les traits outrés : nez large et retroussé, lèvres épaisses, grandes dents visibles rendent compte de l'agressivité du personnage. Sa chevelure longue et ondulée se confond avec les grandes feuilles présentes derrière le personnage. L'Homme Sauvage était un motif très populaire à la fin du Moyen âge et avait été adopté dans les armoiries de plus de 200 familles d'Europe. Son image était utilisée pour défendre une famille (l'Homme Sauvage est doté d'une force exceptionnelle et est presque imbattable), mais aussi comme emblème de fertilité."

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Les stalles de la cathédrale de Tréguier : les miséricordes.
Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 37.

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"Console reprenant la forme tripartite de la sellette : console à trois facettes."

 

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photo F. Piat copyright

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Appui-main gauche  de la stalle 37 : arrière-train d'un animal (l'avant a été  bûché)

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L'appui-main droit de la stalle n° 37 : personnage tenant un pichet et partie bûchée.

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 38 : un paysan (ou un mineur).

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/cathedrale-saint-tugdual-stalle-38/2b71acda-bb14-491c-9545-b35b7a0b19c8

"Un homme est représenté de face à partir de la taille, tenant une pioche dans la main gauche et un casque dans la main droite. Il est vêtu d'une veste à capuche qui lui couvre la tête. Le visage du personnage est grossier : ses lèvres sont épaisses, son nez large, ses yeux baissés et tombants sont surmontés de sourcils broussailleux. Sa bouche est de travers et il fait une moue. La pioche et le casque indiquent qu'il s'agit d'un mineur.

Ce personnage a permis de mettre en évidence la présence d'une petite production minière dans la région du Trégor à la fin du Moyen âge, corroborée par quelques textes indiquant que des cargaisons de fer embarquaient au port de Tréguier. Par ailleurs le mineur était un personnage assez mal considéré à cause de sa noirceur et de son activité souterraine. C'était un marginal, au même titre que le bûcheron ou le tanneur." (F. Piat)

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Photo Florence Piat copyright

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Appui-main droit  de la stalle n° 38 : animal assis dressé  devant une colonne (?) ; face et pattes antérieures bûchées.

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 39 : feuillage.

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 "Une grande forme végétale nervurée et ondulante, représentée couchée, occupe toute la surface de la miséricorde."

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Auteur Piat Florence Copyrights (c) Inventaire général, ADAGP

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Appui-main droit de la stalle n°39 : masque à forme humaine avec de grandes oreilles de lièvre.

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 40 : ange tenant un parchemin.

"Un ange est représenté en buste, de face, tenant un rouleau entre ses mains. Ses ailes sont déployées derrière lui et les plumes sont sculptées. Il porte une tunique à large col et dont les nombreux plis donnent l'impression que le personnage vole. Le visage est placide mais les pupilles ne sont pas creusées. Ses cheveux, qui lui arrivent aux épaules, sont élégamment bouclés. Le rouleau qu'il tient occupe toute la largeur de la miséricorde et s'enroule sur la droite. Cet ange n'a pas la même physionomie que les autres anges sculptés sur les stalles de Tréguier (pas de creusement des pupilles, pas de sillon en V ou W sur le front). L'enroulement des cheveux et du rouleau qu'il tient tend à prouver que cet ange a été réalisé au 17e siècle, lors d'une campagne de restauration des stalles."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.
Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main droit de la stalle 40 : acrobate en renversement postérieur, bras droit entre les jambes saisissant la cuisse gauche, main gauche posée sur la taille. Bonnet de fou, chausses à chaussures intégrées, pan de braguette déboutonné .

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 41. Deux oiseaux enlacés.

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"Deux oiseaux sont représentés de profil, se faisant face. Ils s'enlacent par le cou. Celui-ci est d'ailleurs très long par rapport au reste du corps de ces animaux. Les plumes sont détaillées, leur bec est grand et les narines visibles. Leurs pattes sont palmées. Une banderole se trouve au-dessus de leur bec.

La présence d'un phylactère au-dessus des becs de ces oiseaux enlacés semble indiquer qu'il s'agit d'un motif héraldique."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main droit de la stalle n° 41 : feuillage enroulé.

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 42. Feuiilage.

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 "Une grande forme végétale nervurée et ondulante occupe toute la surface de la miséricorde."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main droit de la stalle n°42 : chanoine ou prophète assis tenant un phylactère . Manteau long serré par une ceinture , camail couvrant la tête. Visage bûché.  

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 43. Masque crachant des végétaux.

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"Une tête anthropomorphe est en train de cracher des végétaux. D'autres grandes feuilles lui sortent de ses oreilles. Ses yeux sont ronds et petits et sa bouche grande ouverte laisse voir ses dents."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main droit de la stalle n°43 : homme sauvage (moitié antérieure bûchée).

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 44. Feuillage.

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 "Deux grandes formes végétales ondulantes et nervurées sont entrelacées par la tige."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main droit de la stalle n°44 : homme dévoré par un dragon : la tête du premier est engagée dans la gueule du second. On retrouve le motif sur la jouée nord-ouest.

 

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 45. Acrobate.

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"Un homme est représenté de face effectuant une acrobatie. Il a passé ses jambes par-dessus ses épaules et tient sa cheville gauche de sa main gauche. Il pose son pied droit contre son visage et la main droite sur le côté de son ventre. Il est vêtu comme un fou : il porte une veste boutonnée par de gros boutons sur sa poitrine et munie d'une capuche à oreilles d'âne. Ses jambes sont nues. Son visage rond a une expression simiesque. Ses lèvres larges sont entrouvertes et il semble esquisser une moue de mécontentement. Son nez est épaté et ses narines semblent petites, en proportion. Son front est parcouru d'un sillon en W. Les pupilles sont creusées."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main droit de la stalle n° 46 : homme assis devant un objet pyramidal ; partie antérieure bûchée. Semblable à l'appui-main des stalles 22 et 38.

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 46. Dragon.

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 "Un dragon quadrupède ailé, vu du dessus et tourné vers la droite. L'animal retourne sa tête et regarde le spectateur. Ses deux grandes ailes, semblables à celles d'une chauve-souris, sont striées de la même manière que ses pattes de palmipèdes. Son épine dorsale est visible et se prolonge par une très longue et fine queue qui passe sous la cuisse droite de l'animal avant de revenir devant lui. La forme de la tête se situe entre celle d'un singe et d'un félin : le museau est fin, les yeux bordés de sourcils épais, les oreilles petites et en pointe, la gueule arrondie. Il ouvre la bouche comme s'il souriait, découvrant ainsi ses dents. Le corps est traité avec une certaine plasticité mettant l'accent sur les muscles. A noter que la patte antérieure gauche n'est pas palmée et s'appuie sur l'aile gauche contrairement à celle de droite qui est cachée.

Les dragons sont nombreux sur les stalles et dans la cathédrale de Tréguier. Saint Tugdual, un des sept saints fondateurs de la région et à qui est dédié cet édifice, était un saint saurochtone. En effet, comme la plupart des saints fondateurs bretons, il a eu à vaincre un dragon au cours de sa vie. Il est d'ailleurs représenté menant le dragon en laisse grâce à son étole et à son bâton épiscopale sur un rampant d'une jouée des stalles de Tréguier. Beaucoup de dragons sculptés sur cet ensemble semblent sourire, montrant ainsi une certaine duplicité à laquelle le fidèle ne doit pas se fier. La facture de ces dragons indiquent qu'ils sont probablement l'oeuvre de Gérard Dru, artiste d'origine rhénane qui aurait dressé ici une sorte de catalogue des différents monstres, jouant sur leurs attributs, leur pelage et leur position."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Appui-main droit de la stalle n°46 : bourgeon floral.

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 47. Un léopard.

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"Un félin est représenté allongé, de côté, la tête tournée vers le spectateur. Ses oreilles sont petites, ses yeux sont grands et leur pupille est creusée. Il tire la langue. Il possède une crinière ce qui pourrait faire penser que cet animal est un lion. Mais le flagelle de sa queue qui remonte sur son flanc en passant par l'intérieur de sa cuisse, est en fait double. Cette particularité physique est caractéristique des représentations de léopard.

Les léopards sont assez rarement représentés dans les stalles médiévales et dans l'art d'une manière générale. Cela tient principalement à sa mauvaise réputation. On croyait en effet que le léopard était la progéniture de l'union contre nature d'une lionne et d'un pard, c'est-à-dire une panthère mâle. Il était considéré primitivement comme un "mauvais lion", mais il fut néanmoins utilisé comme motif héraldique. D'autres représentations sont ainsi visibles sur les sablières de Notre-Dame de la Clarté à Perros-Guirec et à Notre-Dame du Tertre à Châtelaudren."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main droit de la stalle n°47 : animal accroupi se retournant ; tête bûchée.

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Florence Piat, thèse.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 48. Deux dragons enlacés.

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"Deux animaux monstrueux sont représentés de profil, leur cou enlacé. L'animal situé à gauche de la miséricorde a le corps tacheté, l'épine dorsale saillante, la patte crochue. L'animal situé à droite de la miséricorde a le corps recouvert de fourrure et la patte également crochue. Les deux monstres possèdent le même faciès. Leurs oreilles, assez grandes, sont pointues, leurs yeux à la pupille creusée sont bordés de sourcils épais et leur museau est arrondi. Tous deux semblent sourire.

Cette miséricorde est à rapprocher d'une autre miséricorde du même ensemble figurant un couple d'oiseaux également enlacés par le cou."

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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L'appui-main droit de la stalle  n°48 : masque floral ; tête animale (singe) parmi des rubans de feuillage.

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Florence Piat, thèse.

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La jouée basse nord-ouest.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Les sculptures en ronde-bosse du chant : saint Tugdual terrassant le dragon.

 

Un dragon ailé est en train d'avaler un malheureux dont il tient déjà la tête et le cou dans sa gueule. Un saint évêque se tient derrière lui et tient dans la main gauche un couteau. Il étend vers la bête le bras  droit, mais celui-ci est brisé et nous ne pouvons que deviner qu'il s'en est emparer. en effet, nous voyons une bande d'étoffe qui ceinture le cou du dragon. Il parait logique d'identifier ici saint Tugdual, patron de la cathédrale, qui captura jadis, près de Tréguier,  un dragon en le liant de son étole : 

"S. Tugduval, continuant son chemin, arriva à une vallée, nommée, pour lors, Traoun-Trecor (c'est où est, à present, la ville de Land-Treguer, siége de l'Evesché de Treguer), laquelle trouvant fort commode & d'agréable situation, accommodée d'un beau port de mer, il s'y arresta & se resolut d'y édifier un grand Monastere, qui seroit le chef des autres de son institut.  Il en parla au Roy Deroc, lequel y envoya des ouvriers de toutes parts & fournit à tous les frais qui y estoient necessaires.

Attendant que l'Eglise fut bâtie, S. Tugduval avoit fait édifier une petite Chapelle, dans laquelle il celebroit la Messe & faisoit des exhortations à ceux qui le venoient visiter : gueres loin de là, il y avoit un dragon, qui sortoit parfois de sa caverne, devorant hommes, femmes, enfans & bestail ; de sorte que ce terroir estoit resté desert & les terres laissées en friche & infructueuses, sans que personne ozast y habiter, crainte de ce monstre. Les proprietaires de ces terres vinrent trouver le Saint & luy representerent les dommages que ce dragon, leur faisoit, tant en leurs personnes, qu'en leurs biens. Saint Tugduval les consola, &, le lendemain, aprés avoir celebré la Messe, revétu de ses Ornemens Sacerdotaux, il prit la Croix en main & se fit conduire à la caverne du dragon, & luy ayant commandé de sortir hors, il luy lia son Estolle au col & le traisna ainsi sur un rocher, d'où il luy commanda de se précipiter dans le bras de mer qui bat au pied, ce qu'il fit, sans que jamais depuis on l'aye veu (Dans l'église de Goulizon (diocèse de Quimper) saint Tugdual est représenté terrassant le dragon )" (Albert le Grand)

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Stalles de la cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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SOURCES ET LIENS.

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BILLAUD, Sophie. "Iconographie et culture folklorique en Bretagne à la fin du Moyen âge : l'exemple des stalles de Tréguier". Mémoire de Maîtrise : Hist. de l'Art. Rennes : université Rennes 2, 1990. Non consulté

BILLAUD, Sophie. "Figures grotesques, figures sacrées, les stalles de Tréguier". Ar Men, N°2, 1991 pp. 64-75

"La cathédrale de Tréguier". in : Congrès Archéologique de France, 107e session, 1949. Paris : SAF, 1950 pp. 102-123

 

— PIAT (Florence), 2012, Les stalles de l’ancien duché de Bretagne, de la fin de la guerre de Succession jusqu’au concile de Trente, [thèse : Histoire de l’art], Rennes, Université de Rennes 2, 2012, 2 vol.2.

 

https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_-_Volume_2_-_Annexes

https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne._De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_-_Volume_2_-_Annexes

 

 

 

 

Bibliographie complémentaire :

 ALEXANDRE-BIDON (Danièle), 2001, « L’iconographie des stalles : partage et transmissions des modèles (enluminures, gravures...) », in K. Lemé-Hébuterne (dir.), Autour des stalles de Picardie et Normandie. Tradition iconographique au Moyen Âge, Amiens, Encrage, 2001, p. 149-166.

 

—  BILLIET (Frédéric) 2001, « Un mobilier pour le chant. La vie musicale dans les stalles d’Amiens », Autour des stalles de Picardie et de Normandie. Traditions iconographiques au Moyen Âge, (ed. K. LEME-HEBUTERNE), actes du 4e colloque international de Misericordia International, Amiens, septembre 1999, Amiens, Encrage, 2001, p. 29).

 

 

—  BILLIET (Frédéric)  Le miroir des miséricordes: XIIIe-XVIIe siècle : actes du colloque Université de Toulouse-Le Mirail. Images et sociétés, Université de Toulouse-Le Mirail. Section d'histoire de l'art Centre européen d'art et de civilisation médiévale, 1996 - 262 pages

 

.—  BLOCK (Elaine C.), 2003,Corpus of medieval misericords. France. XIII - XVI  century, Turnhout, Brepols, 2003,444 p. 

— E. C. Block: 'Proverbs on Choir Stalls in the Rhineland', ProfaneA. Mid. Ages, v/1 (1996), pp. 25–45

.—  BLOCK (Elaine C.), BILLIET (Frédéric)  Stalles de la cathédrale de Rouen (Les)

https://books.google.fr/books?id=7tThdObk0qwC&pg=PA78&lpg=PA78&dq=stalles+saint-pol-de-l%C3%A9on&source=bl&ots=tth0hiC8_3&sig=zZ9bwe1_Qj7cICq9VvvVWu8EHyY&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiMjJnC-IvYAhXDDcAKHcx-DRk4FBDoAQhEMAU#v=onepage&q=stalles%20saint-pol-de-l%C3%A9on&f=false

— BOURNOT-DIDIER (Nancy) , 2000, André Sulpice et les stalles du Rouergue Thèse de doctorat en Histoire de l'art soutenue à Toulouse 2

 

— CHARLES (Olivier ), 2004, Chanoines de Bretagne, carrières et cultures d'une élite cléricale au siècle des Lumières, Presses Universitaires de Rennes

http://books.openedition.org/pur/17414

 

—  DURAND (Georges) : Monographie de l'église Notre Dame, cathédrale d'Amiens. Tome II . Yvert et Tellier, 1903.

http://www.stalles-dg.info/Acc/durdescrip.htm

 — KRAUS (Dorothy et Henry), 1968, Le monde caché des miséricordes. Suivi du répertoire de 400 stalles d'églises de France. Paris, 263 p. Les éditions de l'amateur.

— MISERICORDIA INTERNATIONAL MEDIEVAL ICONOGRAPHY

http://misericordia-international.blogspot.fr/

 

— PELAD-OLIVIER (Monique), L'emplacement et l'organisation des stalles de la cathédrale de Rouen des origines à nos jours.

http://docplayer.fr/62033271-L-emplacement-et-l-organisation-des-stalles-de-la-cathedrale-de-rouen-des-origines-a-nos-jours.html

http://www.rouen-histoire.com/Cathedrale/Stalles/Index.htm

 

— PRIGENT (Christiane)   Sculptures de danseurs et de jongleurs dans les édifices religieux, à l’époque romane et à l’époque gothique. « Représentations sculptées de danseurs et de jongleurs comme manifestation de la culture laïque dans les édifices religieux à l'époque romane et à l'époque gothique », in M.S.H.B., tome LXXI, 1994, p. 279-313.

https://hicsa.univ-paris1.fr/documents/pdf/MondeRomainMedieval/Prigent.pdf

— LANGLOIS (E.-H.) 1827, Notice sur les bas-reliefs des stalles de la cathédrale de Rouen et sur le Lay d'Aristote, E.-H. Langlois, Rev. de la ST. Lib. d'Em. de la S.-I., 1827, p.12.
— LANGLOIS (E.-H.)  1838, Stalles de la cathédrale de Rouen, E.-H. Langlois, 1838.

— LEMÉ (K.) 1994,  Stalles de Haute-Normandie, K. Lemé, Etudes Normandes, 1994/3, p. 21.
—  LEMÉ (Khristiane), 1993, Images de la société à travers les stalles du nord-ouest de la France, XIVe http://www.theses.fr/1993PA040260

— LEMÉ (Kristiane) : Le costume au début du XVI°siècle à travers les stalles de la cathédrale d'Amiens. Bulletin de la Société des Antiquaires de Picardie. 4° trimestre 1996

— LEME-HEBUTERNE, Kristiane. Les Stalles de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens. Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie. Paris : Picard, 2007, tome XXVI.

p. 17-44 ; p. 57-114 ; p. 168-173

— TOURTIER, Guy (de), PRACHE, Georges. Les Stalles de la cathédrale d’Amiens, XVIème siècle. Lyon : Lescuyercz, 1970.

Kristiane Lemé-Hébuterne, Les stalles de la cathédrale Notre-Dame d’Amiens, Paris, Picard, 2007, 28 cm, 248 p., 213 fig. en n. et b. et en coul., carte, plans, dessin. – ISBN : 978-2-7084-0792-3

— JOURDAIN (Edouard) et DUVAL (Charles) : Les stalles de la cathédrale d'Amiens. Extrait des Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie. Amiens, Duval et Herment 1843.

 — AMIENS. 1509 et 1522.

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/stalle-du-choeur-decor-en-bas-relief-d-une-jouee-la-vierge-des-litanies/08160568-5bd4-486b-8dce-04262e6e6f4e

https://inventaire.hautsdefrance.fr/recherche/globale?texte=Amiens+stalles

 

https://www.richesses-en-somme.com/cath%C3%A9drale-insolite-int%C3%A9rieur/stalles-de-la-cath%C3%A9drale/

 La visite virtuelle des stalles peut se faire sur le site  http://www.stalles-dg.info/Pag/accueil.htm

— BEAUVAIS : Inscription sur la 10ème stalle du côté gauche en haut sur une miséricorde : DE avec étoile et lune

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/ensemble-de-83-stalles/afd61497-aa6e-4021-b20b-5c2f92980865

— SOISSONS

https://inventaire.hautsdefrance.fr/dossier/serie-de-82-stalles/a873a336-a6d3-42a7-888e-e7f1a5ef3caa

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/cathedrale-saint-tugdual-stalle-01/8f9c774e-d69b-4e48-9974-d08ce13d859b

http://perso.numericable.fr/tessonmic/Les%20Stalles%20en%20Bretagne.pdf

 

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Published by jean-yves cordier
6 mars 2019 3 06 /03 /mars /2019 12:27

Le groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre  (bois, XVIIe siècle) de la cathédrale de Tréguier.

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— Voir aussi sur saint Yves :

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Curieusement,  eu égard à son emplacement à l'entrée (portail sud) de l'ancienne cathédrale de Tréguier, centre du culte de saint Yves et de son pardon le 19 mai et lieu conservant son tombeau, je n'en trouve que peu de descriptions disponible en ligne.  Une photo par Henri Moreau est disponible sur Wikipédia.

J'apprends que ce groupe, restauré au XX siècle, a été acheté à la fin du XIX siècle par un Trécorrois, marin d'état à Brest qui l'a offert à la cathédrale.  Ou bien aurait-il été trouvé dans une ferme de la région. La notice des Monuments historiques PM 22001360 (l'œuvre est classée depuis le 23 mars 1972) donne ses mensurations (h = 114, l = 110, pr = 20). Jean-Michel Huon me précise en commentaire que ce groupe a été offert par Marie Monjarret à la cathédrale de Tréguier en novembre 1993, et que le socle a été fait par le sculpteur trécorrois Picard pour une somme de 458 Fr. S'agit-il de l'atelier d'ébénisterie réputé d' André Le Picard,  successeur de Jean-Marie Le Picard ? 

 

Peut-être  est-il desservi par son aspect de bois à la patine d'antiquaire très sombre laissant parcimonieusement briller des reflets fauves. 

Ce groupe de trois statues appartient à l'ensemble de  89 groupes de saint Yves entre le Riche et le Pauvre ou "Groupes de saint-Yves" recensés actuellement en Bretagne par Virginie Montarou, dont  38 statues, 12 retables, 13 bas-reliefs, 11 tableaux, 9 calvaires, 3 bannières et 13 vitraux. 38 de ces groupes datent de la période 1600-1715.

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Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (bois, XVIIe), cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (bois, XVIIe), cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (bois, XVIIe), cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (bois, XVIIe), cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Saint Yves est assis, dans sa fonction de juge, dans une posture  assez hiératique,  sur une cathèdre surélevée, avec le Pauvre à sa droite : il tourne son visage vers lui.

Il est coiffé d'une barrette à hauts bords, dont les quatre cornes forment une saillie accentuée en croix. Il porte la cotte talaire plissée qui ne laisse dépasser que la pointe de solides chaussures ("talaire" = descendant jusqu'aux talons), et ses épaules sont recouvertes par un mantel à capuchon rabattu derrière la nuque.

Dans la main droite, il tient une pièce du procès qui lui est soumis. Et la main gauche, paume verticale pouce en légère opposition, témoigne de l'argumentation en cours. Ces deux caractéristiques, qui sont exactement celles du groupe de la chapelle de Quilinen, ne sont donc pas fortuites, mais répondent à des codes de l' iconographie. On les retrouve à peu près à Brennilis, mais inversées car le Pauvre y est à gauche.

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Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (bois, XVIIe), cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (bois, XVIIe), cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (bois, XVIIe), cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (bois, XVIIe), cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Le Pauvre nous fait face (peut-être un choix de présentation), avec ses grandes oreilles décollées, ses yeux plissées au regard finaud, ses pommettes saillantes, le demi-sourire de sa petite bouche, et son menton pointu. Il est tête nue et tient son chapeau rond contre son ventre. Dans la main droite, le penn bazh, ici une branche écotée, et à la ceinture, une besace ou bissac. Sa tunique plissée aux manches longues descend jusqu'aux genoux, et ses jambes sont protégées par des houseaux tandis que ses pieds sont nus.

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Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (bois, XVIIe), cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (bois, XVIIe), cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (bois, XVIIe), cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (bois, XVIIe), cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Le Riche est habillé comme un petit seigneur, avec une redingote au dessus d'une longue tunique à boutons ronds. Ses chaussures à bouts carrés et se fines guêtres, comme sa moustache Louis XIII, assure la datation du XVIIe siècle. 

Comme à Quilinen, il s'apprête à puiser dans sa bourse les meilleurs arguments de sa défense. Hélas pour lui, il a affaire à un saint !

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Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (bois, XVIIe), cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (bois, XVIIe), cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (bois, XVIIe), cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre (bois, XVIIe), cathédrale de Tréguier. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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SOURCES ET LIENS.

— AVRIL (Yves), 2014, Saint Yves, "un saint pour tous les temps", conférence

http://fonds-saintyves.fr/IMG/pdf/conference_saint-yves_un_saint_de_tous_les_temps_juin_2014.pdf

— CASTEL (Yves-Pascal), Saint Yves et ses statues, in in Saint Yves et les Bretons, culte, images, mémoire (1303-2003), Presses Universitaires de Rennes

https://books.openedition.org/pur/22411

FONDS SAINT-YVES Les représentations de saint Yves.

http://fonds-saintyves.fr/Les-representations-de-saint-Yves

 

HAMON ( Thierry), 2003, "Saint Yves et les Juristes" Revue « Armorik », Editions Anagrammes, Perros-Guirec, 2003, n° 1, pp. 120-139.

http://partages.univ-rennes1.fr/files/partages/Recherche/Recherche%20Droit/Laboratoires/CHD/Membres/Hamon/Saint%20Yves%20et%20les%20Juristes.pdf

 

LE GUILLOU (J-P.) 1989, "Saint Yves : ceux qui l'ont connu témoignent, ceux qu'il a guéris racontent (enquête de canonisation)", Henry, Pédernec, 1989

http://fonds-saintyves.fr/IMG/pdf/enquete_canonisation_avec_illust.pdf

 

MONTAROU (Virginie), 2003, Saint Yves entre le riche et le pauvre, in Saint Yves et les Bretons, culte, images, mémoire (1303-2003), Presses Universitaires de Rennes

https://books.openedition.org/pur/22412?lang=fr

—  MONTAROU (Virginie), 1998, Saint Yves entre le riche et le pauvre. L’évolution de sa représentation iconographique en Bretagne auxxvie et xviie siècles, mémoire de maîtrise, 2 vol., université Rennes 2, 1998.

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Published by jean-yves cordier
5 mars 2019 2 05 /03 /mars /2019 23:19

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La chapelle de Quillinen à Landrévarzec est une Ancienne trève de la paroisse de Briec. Elle  comprend une nef de trois travées avec bas-côté nord, un choeur de deux travées et à chevet plat, et, au nord, au droit du choeur, une chapelle en aile séparée transversalement par deux arcades. Cette chapelle possédait jadis un autel dédié à saint Yves sur son coté nord : 

« Nous ont aussy lesdits Kerguellen fait remarquer Un autel au costé septentrionnal de la mesme Chapelle desdié à Monsieur Saint-Yves audevant duquel autel Est un Escusson en bosse Escartellé ou sont Empreints les armes plains de la maison de Penanjeun Launay aveq Lalliance de Kervier. » (1648)

De l'autel, il ne reste plus que la niche à usage de crédence, ainsi que le groupe sculpté de Saint Yves entre les Plaideurs qui se détache sur un décor mural peint, où un pavillon sommé d'une croix ouvre largement ses tentures pour abriter les trois personnages.

Ce groupe a été daté par R. Couffon, et par la Notice des Monuments historiques, du XVIe siècle.

Le saint est assis sur un fauteuil à bras en volutes, placé sur une estrade : il domine ainsi, quoique assis, les plaideurs qui sont debout.  Yves-Pascal Castel souligne judicieusement que cette posture assise le place dans sa fonction de juge, alors qu'il serait debout s'il plaidait comme avocat.

Il est tourné de trois-quart vers la droite, et donc vers le Pauvre, mais son regard se dirige vers le bas, rencontrant ainsi celui des fidèles qu'il surplombe de 2,50 m environ. Il tient dans sa main droite le rouleau de sa plaidoirie — ou quelque pièce du procès, tandis que son bras gauche esquisse un geste ; chacun y verra, qui celui de l'éloquence, qui celui de la rectitude du jugement, qui, celui de sa bienveillance envers le Pauvre. En effet, dominant parfaitement les techniques d'empathie, il répond par symétrie et mimétisme au même geste, paume ouverte, que le malheureux fait dans un contexte intérieur tout autre, bien entendu.

Monsieur saint Yves est vêtu, non avec la magnificence d'un Official de l'évêché de Tréguier, mais plutôt en recteur proche de ses ouailles (il le fut à Trédrez et à Louannec), avec un surplis blanc , au dessus du surcot noir, et avec les épaules recouvertes d'un camail (ou un chaperon si vous préférez) . Il est coiffé de sa barrette noires à quatre pointes, protégée par la capuche du camail. Ses chaussures de cuir noir à bouts ronds sont celles d'un homme qui sait ce que marcher veut dire.

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Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre à la chapelle de Quilinen à Landrévarzec. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre à la chapelle de Quilinen à Landrévarzec. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre à la chapelle de Quilinen à Landrévarzec. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre à la chapelle de Quilinen à Landrévarzec. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre à la chapelle de Quilinen à Landrévarzec. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre à la chapelle de Quilinen à Landrévarzec. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre à la chapelle de Quilinen à Landrévarzec. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre à la chapelle de Quilinen à Landrévarzec. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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Le Pauvre est bien représenté comme tel, mais sans emphase, sans misérabilisme,  sans les plaies, bandages et béquilles, ou les haillons dépenaillés des sculpteurs trop zélés. Il y a au contraire une correction ou un soin vestimentaire malgré l'indigence, et les bords de la  tunique de toile écrue sont découpés en festons, mais non effilochés ; les houseaux sont soigneusement lacés, le chapeau rond porte ses deux rubans ou "guides", et notre homme, aux cheveux courts bien taillés porte dans une besace les documents  sur lesquels il veut justifier de son bon droit. Par un geste, il a développé son argument ; et il regarde le bon saint Yves avec confiance.

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Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre à la chapelle de Quilinen à Landrévarzec. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre à la chapelle de Quilinen à Landrévarzec. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre à la chapelle de Quilinen à Landrévarzec. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre à la chapelle de Quilinen à Landrévarzec. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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Le jeu de cet exercice particulier sur lequel se fonde les groupes du Riche et du Pauvre est, bien sûr, bien connu de l'artiste qui ne manque pas d'opposer les rôles du Bon et du Mauvais, mais il le fait sobrement, sans caricature. Notre Riche est élégant, il garde son chapeau sur la tête au lieu de l'ôter devant le juge, il ne lui fait pas face et il regarde ailleurs, tant il est sûr de l'argument jusqu'alors  infaillible dans ses affaires, la bourse bien pleine qu'il s'apprête à saisir dans son aumônière si mal nommée. Il est vêtu comme un seigneur ou un riche marchand de la Renaissance, avec une tunique courte de belle étoffe bleue serrée par un ruban, des hauts de chausse à crevés, des bas bleus ornés d'un ruban sous le genou, un manteau mi-long. 

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Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre à la chapelle de Quilinen à Landrévarzec. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre à la chapelle de Quilinen à Landrévarzec. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre à la chapelle de Quilinen à Landrévarzec. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre à la chapelle de Quilinen à Landrévarzec. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre à la chapelle de Quilinen à Landrévarzec. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

Groupe de saint Yves entre le Riche et le Pauvre à la chapelle de Quilinen à Landrévarzec. Photographie lavieb-aile 3 mars 2019.

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— COUFFON, Notice :

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/LANDREVA.pdf

— ABGRALL (abbé Jean-Marie), 1893, Chapelles et calvaires de Saint-Venec et de Notre-Dame de Quilinen. Bull. SAF 1893 

 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076230/f201.item

— ABGRALL (abbé Jean-Marie), 1913, Chapelles et calvaires de Saint-Venec et de Notre-Dame de Quilinen. BDHA Quimper page 340

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1917.pdf

" 2. Saint Yves entre le riche et Ie pauvre. Saint Yves est vêtu du surplis ou de la cotte, du camail, et coiffé de la barrette. Le riche, vêtu magnifiquement, tient dans sa main des pièces d'or quil a tirées de son aumônière ou escarcelle ; le pauvre a une attitude humble et suppliante ; il est vêtu de haillons et son costume rappelle les autres statues du même, dans les églises de Pleyben, Gouézec et Plonéis"

 

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Published by jean-yves cordier
2 mars 2019 6 02 /03 /mars /2019 12:09

La croix de Pennayeun à Dinéault : saint Pol et son dragon ou saint Marc et son lion.

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Sur la route départementale D987 Crozon-Châteaulin, alors que vous venez de laisser à votre droite l'Ecole de gendarmerie de Ty Vougerez (Ty Rogeret), vous apercevez sur votre gauche une croix placée au départ de deux routes secondaires en patte d'oie ; elle précède de 50 m peut-être  l'intersection de Penn Ar Yeun, d'où part la D60, mais ici, c'est Pennanyeun, "l'extrémité du marécage" dans les deux cas. 

https://www.google.com/maps/@48.1926393,-4.1396175,3a,60y,354.05h,82.05t/data=!3m6!1e1!3m4!1ssChMHBwf2vlFHIOpv6ZKJg!2e0!7i13312!8i6656

Ar yeun (du féminin Geun) en breton,  c'est le marais ; car c'est ici que le Garvan (cf. la commune de Trégarvan) prend sa source, au pied des 230 m du Menez bras (Là, les éoliennes, vous voyez ?).

Mais je ne suis pas sûr que cette croix occupe son emplacement originel. C'est d'ailleurs une croix composite, avec un blog de granite vaguement taillé coulé au sommet de trois degrés de ciment. Puis un fût à six pans taillés, en kersanton, de deux mètres, guère plus. Et au sommet, un crucifix bien moderne. Les quatre parties ne se réunissent ici que par raison fortuite, par la force des choses.

Rien n'incite réellement le voyageur à garer son véhicule à proximité et à venir examiner cet assemblage, mais qui ne tente rien... nothing ventured, nothing gained, as they say. Je tentai.

Je fus vite abordé par un petit homme gris qui me dit "vous aussi !", et je répondis "oui" sans savoir.

— "Je le savais. Seuls s'arrêtent ici les collectionneurs de  fûts-polygonaux-à-statue-incluse.  C'est du kersanton, vous savez?"

— "As far as I know" répondis-je pour passer pour un english.

Il ne fut guère dupe :

— Monsieur le malin, who is this man ? dit-il en pointant le fer de sa canne vers une sorte de nain de jardin.

Je scrutais le gnome. Il était barbu, ça c'est certain, et coiffé d'un bonnet marin, ça l'était moins. Un turban ? Sur les épaules, un kabik retenu par un gros bouton. Ses deux grosses mains tenaient une écharpe qui coiffait la tête d'un petit chien allongé à ses pieds.  Il est assis devant la route comme une vieille qui tricoterait en comptant les voitures.

— It's Sneezy-Wheezy, no ?

Ah ah ah ! Ah ah ah ! me fut-il répondu dans la langue de Goethe. Vous avez devant vous Monsieur saint Pol, not' Paol Aorelian, dans son costume d'évêque du Léon !

— Il avait un chien ?

— Non pas, mécréant, ne savez-vous pas qu'il délivra l'île de Batz et Saint-Pol-de-Léon d'un affreux dragon en lui passant son étole autour du cou ? Une écharpe, ma Doué ! Et l'inscription sur les pans du soubassement, vous arrivez à la déchiffrer ? Seriez ben le premier !

Mais un savant m'a dit que ce serait plutôt saint Marc l'évangéliste, avec son lion à ses pieds. Après tout, pourquoi pas ? Mais  votre écharpe, ce serait alors un phylactère. Objection, il n'est pas pieds nus, et il n'a aucune raison d'être coiffé d'une mitre.

Bizarrement, vous ne trouverez pas cette croix dans l'Atlas des Croix et Calvaires du Finistère de l'abbé Castel. 

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Croix de Pennayeun à Dinéault. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Croix de Pennayeun à Dinéault. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Croix de Pennayeun à Dinéault. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Croix de Pennayeun à Dinéault. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Croix de Pennayeun à Dinéault. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Croix de Pennayeun à Dinéault. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Croix de Pennayeun à Dinéault. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Croix de Pennayeun à Dinéault. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Croix de Pennayeun à Dinéault. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Croix de Pennayeun à Dinéault. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Croix de Pennayeun à Dinéault. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Croix de Pennayeun à Dinéault. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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— Vous voyez, la statue n'est pas scellée au fût, c'est un seul bloc en haut-relief. C'est pas commun, m'sieur, c'est pas commun. 

Mais si vous allez Saint-Exupère, ici à Dinéault, vous verrez le même saint Marc.

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Saint Marc évangéliste, calvaire de la chapelle Saint-Exupère à Dinéault. Photographie lavieb-aile février 2017.

 

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Et si vous vous rendez à Roscanvel, vous verrez saint Yves sur un fût analogue :

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Saint Yves, fontaine de Roscanvel, photographie lavieb-aile.

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 Une telle sculpture  sur le fût s'observent aussi à l'église d'Argol (Atlas n°1, 1593) , où elle représente saint Pierre. De même, le fût du calvaire de Kerluan à Châteaulin (Atlas n°216) porte un saint Sébastien sur une face et saint Roch de l'autre. A Lopérec, le fût de la croix de Kergonan, Croas-Nevez (Atlas n°1244)  de 1580 porte un saint Sébastien. Et à Plomodiern, le fût porte un saint Yves.

Tout cela dans le même matériau et dans le même secteur géographique, la Presqu'île de Crozon et le nord du Pays de Porzay. 

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Published by jean-yves cordier
1 mars 2019 5 01 /03 /mars /2019 21:14

Les stalles de la cathédrale de Tréguier : les inscriptions des musiciens et des enfants de la psallette.

 

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Voir :

Les stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon Les inscriptions des enfants de la psallette.

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Découvrir, sur les dossiers de leurs sièges, les inscriptions que des enfants ont laissé voici 300 ou 400 ans  est une émotion semblable à celle qui naît à la lecture des graffiti de Pompéi. Retrouver, dans les archives de la cathédrale de Tréguier, l'identité et la biographie de ces enfants majore encore cette émotion. Comprendre, grâce à ces lettres jadis gravés à la pointe d'un couteau, la vie des "psallettes", ces écoles de musique formant de jeunes garçons au chant choral pour les collégiales et les cathédrales, et deviner la l'austérité  de leurs conditions de vie, la sévérité de leurs maîtres ou des chanoines, et inversement, leurs chahuts et leurs espièglerie, partager leurs espoirs d'entrer au séminaire ou, surtout, de devenir chantre ou instrumentiste de la cathédrale une fois adulte, voilà ce que peut susciter ces images : comme tout document épigraphique, c'est le bruit lointain du passé qui nous parvient et nous bouleverse.

Et je crois entendre, sur les stalles basses du milieu de rang, des voix de séraphins s'élever soudain des visages des petits chenapans : et, comme leurs maîtres des rangs supérieurs qui les regardaient d'un air courroucé , tout leur pardonner soudain de leurs fredaines.

Je crois entendre aussi, derrière l'orgue, retentir le serpent, instrument majeur des chœurs, et désormais totalement oublié. Est-ce Pierre Bidement qui en joue vers 1630 ? Berthélémy  en  1645 ? Laurans Bequet en 1735 ? Ou François-Ignace Le Gorrec qui accompagne son fils Isaac  à la veille de la Révolution ?

 

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CLIQUEZ SUR LES IMAGES pour les agrandir.

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Les stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Les stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Plan et numérotation des stalles de Tréguier in Florence Piat :

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Florence PIAT http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-stalles-dans-la-cathedrale-saint-tugdual-contre-les-piliers-nord-et-sud-du-choeur/7f42329b-0365-497e-aedf-80f29a0e327a

Florence PIAT http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-stalles-dans-la-cathedrale-saint-tugdual-contre-les-piliers-nord-et-sud-du-choeur/7f42329b-0365-497e-aedf-80f29a0e327a

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Généralités :

Les stalles de Tréguier sont réparties en deux ensembles mobiliers, l'un au sud et l'autre au nord ; chaque ensemble comprend deux rangs de 12 sièges, l'un supérieur et l'autre inférieur.  48 sièges, ou stalles, étaient ainsi disponibles pour accueillir 19 membres du Chapitre, 8 musiciens et 6 enfants de chœur accompagnés de leur maître, mais aussi des dignitaires et des membres de la noblesse.

"Pour les offices solennels, il fut décidé qu'après que les ecclésiastiques, tant du haut que du bas du choeur, auraient occupé leurs places, les juges et magistrats de la ville, les gentilshommes et autres personnes de considération seraient admis dans le choeur et placés dans les chaires vacantes."

Le chœur a été édifié vers 1400, avec un premier ensemble de stalles, perdu. Puis il fut séparé de la nef, en 1485 par un chanceau monumental.  De nouvelles stalles et un grand lutrin furent commandées, par actes des 22 mars 1508 et 20 juillet 1509,  à deux artisans de la ville,  Gérard Dru et Tugdual Kergus .  Le contrat en est toujours conservé aux Archives Départementales des Côtes-d´Armor (2 G 364 et 2 G 456). Ce document, très rare, donne des indications précieuses quant à la commande et à l´exécution de ces stalles. Daté de 1508, il décrit les exigences, iconographiques principalement, des chanoines trégorois . Gérard Dru  est probablement un artiste d´origine rhénane comme l´indique la consonance germanique de son nom. Les thèmes et le style qu´il développe sur ces stalles, mais aussi sur un retable de cette même cathédrale, est par ailleurs caractéristique de cette région.

Réalisé de 1508 à 1512, cet ensemble fut remanié au cours du 17e siècle, époque où les dorsaux ainsi que quelques stalles furent supprimés. Non-adossées, elles sont reliées entre elles par des barres de fer boulonnées au revers. Plusieurs scènes représentant principalement des sodomites furent « purgées » à cette même époque. Au moment de la Révolution et un an avant que la cathédrale ne soit transformée en « Temple de la Raison », les chanoines réussirent à cacher leurs précieuses stalles chez certains habitants de Tréguier, les sauvant d´une destruction quasi certaine. Cet ensemble imposant par le nombre de stalles est certainement un des plus beaux de Bretagne, par la grande qualité de la sculpture autant que de l'iconographie. La richesse de cet ensemble est encore augmentée par la conservation du contrat d'origine. Les sujets eux-mêmes sont surprenants par leur aspect scatologique. ( Je reprends le dossier IM22005668 des services du Patrimoine)

 

Les stalles que nous voyons sont bien celles sculptées en 1509, mais elles ont été modifiées, elles ont perdu leur dais (qui persiste à Saint-Pol-de-Léon où on peut se former  une idée de leur aspect), et leurs rangs ne sont plus complétées par le chanceau, qui fut détruit en 1790.

 

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1°) Les hommes : le Chapitre, les musiciens et la psallette.

a) Le chapitre : 16 à 19 membres.

 Le chapitre de la cathédrale de Tréguier était composé de 5 dignitaires — le grand chantre, les archidiacres de Plougastel et de Tréguier, le trésorier et le scholastique — et de 14 chanoines. 

 

Le Grand chantre. L'office de chantre (cantor ou prœcentor) fut érigé en dignité par Grégoire IX au commencement du XIIIème siècle, et devint la deuxième des cinq dignités de l'Eglise de Rennes. Faire apprendre le chant aux officiers du bas-choeur, le diriger dans les solennités, dresser un tableau de ce que chacun devait lire ou chanter au choeur pendant la semaine, corriger ceux qui s'acquittaient mal de leurs devoirs aux offices, exercer la police sur le choeur et aux cérémonies religieuses, telles étaient les attributions du chantre. Comme insigne de sa dignité, il avait aux cérémonies la chappe et le bâton cantoral, avec lesquels il se promenait dans le choeur et portait les antiennes aux dignitaires qui devaient les entonner. — Rennes, sa stalle, au choeur, était la deuxième du côté de l'évangile. Il avait pour coadjuteur et suppléant le sous-chantre (succentor),  ce qui, pour le distinguer, lui fit donner le titre de grand-chantre. 

Le scholastique ou écolâtre, était originairement chargé d'instruire les enfants destinés au service de l'église et vivant en commun sous les yeux de l'évêque. « Jouissant en France d'une grande considération, cet officier n'enseigna bientôt plus lui-même, mais présida à l'instruction et nomma les maîtres de grammaire. D'ailleurs, ses attributions s'étendirent d'un autre côté : il fut chargé, jusqu'à la forme stable des offices, de composer ou de choisir les hymnes, les antiennes et les répons qui se chantaient au chœur ; d'examiner les jeunes gens que le Chapitre présentait à l'ordination ; de faire, jusqu'à l'établissement des théologaux, des leçons de théologie aux chanoines et des sermons au peuple. Le pape Innocent III l'éleva au rang de dignitaire. Aux derniers siècles, il n'était tenu qu'à faire quelques discours latins devant le Chapitre à matines, aux veilles des plus grandes fêtes, et à s'assurer que les employés inscrits par lui au tableau de la semaine étaient en état de bien lire aux offices du choeur les parties qui leur incombaient. Ses revenus étaient nuls à la fin du XVIIIème siècle ; aussi avait-il depuis longtemps, et malgré les réclamations de l'évêque et du Chapitre, cessé de faire ses discours » (L'abbé Luco, Personnages ecclésiastiques d'un diocèse, p. 46).

OU selon Morice : Le chapitre de Tréguier était composé du grand chantre qui le présidait, d'un trésorier, d'un archidiacre, celui de Tréguier, d'un écolâtre et de douze chanoines, dont l'évêque était le premier, et jouissait, en cette qualité de la prébende attachée à son siège. Ou encore : Le chapitre de la cathédrale Saint-Tugdual se compose de cinq dignitaires et de onze chanoines prébendés assistés de six vicaires et d’un «chœur de musique» ; le maître de psallette a six enfants de chœur sous son autorité.

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b) les musiciens : jusqu'à huit.

Les musiciens (nom sous lequel sont désignés aussi les chantres) étaient au nombre de  huit en 1790 :

 

  • Le Maître de musique qui est alors aussi l'organiste 
  • Deux serpents :  François-Ignace LE GORREC et son fils François Isaac LE GORREC,
  • trois "musiciens", François LE CORRE, Guy LE GUILLOU (celui-ci chantant la haute-contre) et Yves LE QUÉMENT,
  • le "premier chantre" et chapier , Yves LE GOFF (le seul clerc du groupe).
  •  le "second chantre" et chapier, Guillaume LE CUN.

"Après la clôture du concile, les cardinaux Charles Borromée et Vitellozo Vitelli, chargés de la chapelle pontificale, y favorisèrent le style dit « a capella », mis au point surtout par Palestrina, style plein de retenue, de calme, de plénitude, et qui donne une importance égale à chaque voix. C'est ce style qui régnera en Europe catholique pendant tout le XVIIe siècle et le début du XVIIIe.  C'est lui que nous trouvons à Tréguier pour les messes chantées, avec la présence de quatre voix de solo : la haute contre, la basse contre, la haute et la basse taille (Basse contre : voix d'homme la plus grave. Basse taille : ancien nom de la basse chantante, moins puissante mais plus souple que la basse contre. ). Cette dernière voix, qui était la voix de prédilection de l'école italienne, n'apparaît toutefois qu'en 1685, avec l'engagement par le chapitre d'un chanteur parisien, Jean Guerrier."  (G. Minois) 

Les orgues étaient primitivement dans l'aile nord du transept, contre la tour Hasting , mais il fut décidé en 1665, de les transporter au bas de la nef à l'emplacement actuel. Elles furent détruites en 1794.  Les instruments étaient initialement  les orgues, le serpent et le cornet : 

"L'influence de l'Italie est donc présente dès ce moment dans le Trégor, et va se renforcer dans les années suivantes avec l'introduction des messes concertantes. Jusque là en effet, et en accord avec le style « a capella », les seuls instruments utilisés dans la cathédrale de Tréguier sont, outre l'orgue, le serpent et le cornet (*), instruments à vent dont le seul rôle est de soutenir le chant, qui reste l'élément essentiel.

(*) : cornet à bouquin, 1624 (ADCA, 2 G 440)


Mais dès 1685 le chapitre engage un joueur de basse continue, François Couarde, de Saint Pol de Léon, et dès lors la place des instruments devient plus importante. En 1731, avec l'adjonction d'un violon et d'une viole, c'est un quintette de trois cordes et deux instruments à vent qui accompagne le chant : toutes les messes jouées à Tréguier sont alors des messes concertantes, alors que cette mode italienne rencontrait encore beaucoup d'opposition en France comme en témoignent les oeuvres de Lecejrf de la Viéville de Fresneuse. La dizaine de messes composées par les chantres et maîtres de musique de Tréguier de 1700 à 1740 est de, ce style, ainsi celle que présenta le basse taille Le Roy, de Lannion, le 17 août 1736, pour la saint Hyacinthe, fête de l'évêque. Quelques manuscrits de ces œuvres subsistent, prouvant que du point de vue de la musique religieuse Tréguier était en accord avec son temps, voire en avance sur lui par l'adoption précoce des modes italiennes dès 1685-1690..

La diffusion rapide des modes musicales aux XVIIe et XVIIIe siècles était assurée par les déplacements des chantres et musiciens, qui accomplissaient un véritable tour de France pour compléter leur formation, se mettant tout à tour au service des cathédrales qu'ils rencontraient. C'est ainsi qu'à Tréguier de 1650 à 1700 tous les chantres et musiciens sont d'origine extérieure au Trégor, venant d'aussi loin que Calais, Cambrai, Paris, Agen, Clermont ou Langres.... La mobilité diminue toutefois à partir du deuxième tiers du XVIIIe siècle et l'origine géographique se restreint à l'ouest de la France. " (G. Minois) 

c) La psallette. Six enfants et un maître.

En 1444, Mathieu du Cozker avait établi la psallette de Tréguier, approuvée par une bulle du pape Nicolas V, en 1449, et par son successeur, Calixte III, en 1456. 

Les enfants vivent dans la Maison de la psallette de Tréguier, sous la férule du Maître ou économe et de deux servantes.

"Les chants : la réforme de la psalette La solennité des offices exigeait des chants et une musique de qualité. Un effort particulier sera fait dans ce domaine aux XVIIe et XVIIIe siècles. Institution médiévale, la psalette, composée de six enfants de chœur, joue un rôle important dans les cérémonies. La direction en est confiée à un économe avec lequel la fabrique de la cathédrale signe un bail de neuf ans et qui se charge de la vie matérielle et spirituelle des enfants. Le recrutement de ces derniers se fait par « concours » : lorsqu'une place est vacante, le chapitre demande aux recteurs de Tréguier et des environs d'envoyer tous les garçons de moins de huit ans pour une audition par le maître de musique, qui choisit le meilleur candidat. Les postulants sont nombreux et viennent parfois d'assez loin : au XVIII' siècle le quart des enfants de chœur provient de Tréguier même, la moitié des paroisses voisines et le reste de Lannion, de l'extrême sud du Trégor ou même du diocèse voisin de Saint Pol dei Léon. En effet, les membres de la psalette bénéficient d'avantages matériels appréciables pour leurs parents, qui n'ont à fournir qu'un mince trousseau alors que leur fils va être nourri et logé gratuitement pendant six ou sept ans. Cependant la vie de l'enfant de chœur est austère. Faisant partie du personnel de la cathédrale, il est considéré comme un ecclésiastique mineur et doit se conduire comme tel. Les règlements se durcissent même dans la deuxième moitié du XVIIe siècle : pensionnaires à la maison de la psalette à partir de l'âge de sept ou huit ans, les choristes assistent chaque jour à la messe, à matines, laudes, vêpres et compiles, où ils se rendent en rang, deux par deux, les bras croisés, en robe rouge et bonnet carré. Lorsqu'ils entrent dans l'église ils doivent réciter un Pater, un Ave et un Credo devant le crucifix, faire une génuflexion devant le Saint Sacrement, une révérence à ceux qui sont dans l'église et à chaque chanoine qui entre ou sort. Ils restent debout pendant les offices, récitent un De Profondis avant de sortir. Ils se confessent et communient le premier dimanche de chaque mois, chantent le salut tous les soirs et répètent les chants du lendemain avant de se coucher. Chaque jour ils ont des leçons de catéchisme, de grammaire et de musique, apprennent à chanter, à jouer de la viole et de l'épinette. Ils donnent un concert par semaine. Leur distraction est la promenade du jeudi, mais toujours en robe et en bonnet carré et accompagnés par le maître. Nourris « de pain de froment et de beurre frais », ils bénéficient d'une certaine surveillance médicale, surtout en période d'épidémie, et on leur coupe les cheveux deux fois par mois, pour des raisons d'hygiène. En fait, la psalette était plus ou moins un pré-séminaire, et l'enfant qui y entrait était destiné dans la plupart des cas à une» carrière ecclésiastique. Lorsque sa voix commence à muer il est congédié et reçoit une pension pour lui permettre d'aller étudier au collège de Tréguier, qui lui ouvrira les portes du séminaire. Il reste d'ailleurs en même temps chantre ou musicien dei la cathédrale. Les conditions de vie à la psalette sont aggravées par les difficultés matérielles de la fabrique. [...]

"La maison de la psalette, située dans la rue Neuve, est en mauvais état malgré les réparations de 1723, 1725, 1728, 1734, 1750, 1763. Aux rigueurs provoquées par le règlement et par la pauvreté s'ajoutent parfois celles de certains maîtres de psalette irascibles.  : en 1629 les enfants se plaignent au chapitre « d'un excès commis en leur personne par le maistre de lad. psalette, les ayant battus et frappés à coups de poing sur le visage et sur la teste sans aucun subjept ny faute de leur part » (délibération du 16 février) ; en 1676 il est à nouveau question de mauvais traitements et de mauvaise nourriture (délibération du 11 septembre). Mais à côté de ces défauts il faut insister, du point de vue liturgique, sur l'attention croissante que le chapitre apporte aux XVIIe et XVIIIe siècles au bon fonctionnement de la psalette et à la formation des enfants de chœur afin d'assurer une meilleure qualité des cérémonies. L'amélioration est lente mais continue : en 1655 les chanoines, déplorant l'ignorance des choristes et leur peu d'application à l'étude des lettres et de la musique, les exemptent des offices de fondations afin qu'ils puissent travailler davantage avec le maître de grammaire (4 janvier). En 1667 on se plaint de la mauvaise qualité de leur chant : ils connaissent mal les versets et les répons (30 septembre), et comme ils n'ont pas progressé en ce domaine en 1735 on exige qu'ils apprennent leur texte par cœur (9 septembre). En 1736 on double le nombre des leçons de musique (20 février). Parallèlement la discipline se renforce ; les désordres et tumultes se font plus rares, les derniers signalés datant de 1686 (agression contre la gouvernante ; 24 mai) et 1694 où on signald les « friponneries » des enfants de chœur qui ont cassé du matériel (15 octobre). Au XVII? siècle on n'aura à se plaindre que du bruit qu'ils font dans la sacristie (4 janvier 1748). La sévérité croissante se manifeste par des renvois plus fréquents et pour des motifs moins graves : au XVIIe siècle on ne congédiait que les cas extrêmes, comme le jeun© Henry, « attendu l'imbécilité de son esprit, estant dénué du bon sens » (25 juin 1663), alors que dans les années 1730-1740 il suffit d'être « peu doué », d'avoir des « aptitudes insuffisantes » pour être renvoyé. Aussi le recrutement s'accélère-t-il : 1 engagement en 1726, 2 en 1727, 1 en 1(728, 1 en 1730, 2 en 1731, 4 en 1733, 1 en 1734, 1 en 1736, 2 en 1737, 1 en 1739, 1 en 1740, soit 17 en 15 ans, alors que la moyenne était inférieure à 10 en 1660-1675. La psalette devient ainsi à partir de 1740 environ un « corps d'élite », du point de vue moral, intellectuel et musical. Le terme d' « enfant de chœur », volontiers associé jusque là à « chahuteur » et « turbulent », va prendre son sens contemporain d' « enfant modèle ». (G. Minois)

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Le corpus des inscriptions.

24 stalles sur 48 portent des inscriptions et 3 des dessins (croix, rosace).

Les 12  stalles hautes gravées ne  portent qu'un seul nom (ou une abréviation) écrit en grandes lettres sur la partie haute du dossier comme par l'autorité d'un titulaire officiel et investi d'une notabilité remarquable. Les noms sont précédés de titres abrégés comme M., Mr, Mri. Aucune de ces inscriptions  hautes n'est datée (sauf S.12) et leur titulaire n'a pu être identifié. La qualité de la gravure peut laisser penser à une réalisation récente, au XIXe siècle. Alors que ces places hautes étaient réservé aux dignitaires du chapitre cathédrale (le Haut-chœur) et aux chanoines , aucun des noms de chanoine n'est retrouvé sur les stalles.

Les 12  stalles inférieures gravées s'opposent point par point aux précédentes. Elles reçoivent en général de nombreux noms, placés sur le corps du dossier, sur le siège ou sur la sellette, sous forme variées allant des belles lettres jusqu'aux graffiti timides, maladroits ou interrompus ; beaucoup accompagnent le nom (et l'initiale du prénom) d'une date allant de 1604 à  1776. Beaucoup de noms peuvent être identifiés grâce aux archives de la cathédrale comme des musiciens et enfants du chœur de la Psallette. Inversement, aucun nom n'est identifié qui ne soit pas celui d'un musicien ou chantre.

Les textes sont exclusivement la citation de noms, prénoms et dates, sans mention de qualité (sauf "chappier" ), aucune inscription religieuse, aucun monogramme, ... et, contrastant avec le caractère des miséricordes et appuis-mains, aucune inscription graveleuse.

Parmi la cinquantaine de noms de ces rangées basses, 26 ont été identifiés. 

 

Le plan annoté suivant a tenté d'indiquer en rouge le nom d'autorités supposés, en noir les inconnus, en bleu les "musiciens" (chantre et instrumentistes adultes) et en vert les enfants. C'est bien-sûr un simple schéma.

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Les stalles de la cathédrale de Tréguier : les inscriptions des musiciens et des enfants de la psallette.

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LES 24 STALLES  SUD.

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Les stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Les stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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LE HAUT RANG DES STALLES SUD (n° 1 à 12) : CELUI DES DIGNITAIRES.

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Stalle  n°1. Sur le haut du dossier et sur le rebord supérieur "DUPORZOU" en grandes lettres majuscules régulières.

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Je n'ai trouvé aucun renseignement sur un membre du chapitre de Tréguier portant ce nom. L'élément le plus notable est que le Chapitre possédait depuis 1400 (Ogée) le manoir du Porzou à Tonquédec, qui lui rapportait en 1574 30 boisseaux de froment, mesure de Lannion. Par ailleurs, une famille DENIS DU PORZOU tient son titre d'une seigneurie du Porzou située dans la Paroisse de Saint-Gilles-le-Vicomte.

 

 

 

Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle  n°3  :

 Sur le dossier : "J: QUILLIEN". en grandes lettres majuscules régulières.

Je n'obtiens aucune information sur ce nom..

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle  n°4  :

Sur le dessus du dossier : "DUPORZOU" , exactement dans la même graphie que la stalle n°1 évoquant l'usage d'un poinçon.

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Stalle n° 4

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Stalle n° 5 : "H : QUILLIEN" en très grandes lettres majuscules régulières

Là encore, la maison  noble Quillien ne se signale pas par un ecclésiastique de la cathédrale de Tréguier.

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 6 :

Sur le haut du dossier:"M. DIEULEVEULT" en grandes lettres majuscules régulières.

Cette famille normande ne s'établit en Bretagne qu'au XVIIe siècle, et à Tréguier, il faut surtout cité François-Marie Dieuleveult, né le 19 août 1749 à Carhaix-Plouguer, décédé le 14 avril 1821 à Tréguier, docteur en médecine, médecin en chef des hôpitaux de Tréguier, et son fils Paul de Dieuleveult (1799-1867), maire de Tréguier. 

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Les stalles de la cathédrale de Tréguier : les inscriptions des musiciens et des enfants de la psallette.

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Stalle n° 8. "M. DE BOISGELIN" : le siège d'un chanoine ou du moins d'un ecclésiastique. 

Sur le haut du dossier:"M. DE BOISGELIN", en grandes lettres majuscules régulières. 

Il s'agit du nom d'une famille de la noblesse de Tréguier et du Goèlo : les frères Mathelin et Prigient DE BOESGELIN sont présent en brigandine lors du serment de 1437. Jacques de Boegeslin est mentionné à Châtelaudren. Mieux, Bertrand de Boegeslin était recteur de Ploubezre en 1469  et procureur de la fabrique de la cathédrale de Tréguier.

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n°11 .

Sur le dossier : "S"et "RAOVL 1769"

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LA RANGÉE INFÉRIEURE DES STALLES SUD (13 à 24) : LES MUSICIENS.

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

 

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La stalle n° 14 : deux choristes,  Guy GUILLOU, haute contre, et Guillaume LE CUN, chappier puis second chantre.

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Les deux inscriptions principales  du dossier sont : "GUILLOV 1763" "G : LL : LECUN 1766". La seconde est soigneusement gravée, avec les deux-points de séparation, et des lettres régulières ornées d'empattements.

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1°) "GUILLOV 1763" renvoie à Guy GUILLOU v. 1701-Tréguier 1829.

Les archives mentionnent Yves GUILLOU  fils  de F. Guillou et Jeanne Le Bizet, ménagers à Trédarzec, Reçu à la Psallette (7/8 ans)  le  12 juillet 1709, est "cy devant enfant de la psalette" et joueur de basse de viole en la cathédrale de Tréguier en avril 1720, il est  congédié de la Psallette ayant fait son temps le 20 août 1717. Il tient également la partie de haute-contre en 1723, 1724, 1726. Cela ne peut être l'auteur de cette inscription de 1763.

Par contre, Guy Guillou, fils de Guillaume Guillou et Catherine Liard, de Minihy-Tréguier fut reçu enfant de la Psallette, 8 ans et 3 mois le 10 février 1764 . Il est mentionné comme musicien en la cathédrale de Tréguier 1774, 1775, 1778, 1780 

 

En septembre 1773 , Guy LE GUILLOU reste à la cathédrale de Tréguier en tant que musicien après y avoir été enfant de chœur durant 9 ans et 7 mois. Le jeune musicien de presque 18 ans est alors rémunéré 10 livres par mois. C'est très peu, et il s'agit sans doute d'une allocation d'étude plus que de gages au sens strict. Il épouse le 13 novembre 1780 à Tréguier  Marie-Yvonne Hamon dans l'église paroissiale de Saint-Sébastien-de-la-Rive en présence de Pierre Charles BOULLAY organiste de la cathédrale. 
De 1781 à 1800, en 19 ans, le couple GUILLOU aura neuf enfants. Deux d'entre eux ont pour parrain un musicien : le sieur Pierre BOULLAY, ancien maître de musique de la cathédrale (29 mai 1783), et son fils Pierre-Charles BOULLAY organiste et maître de musique (1er novembre 1785). En 
 1790, Guy GUILLOU est toujours musicien à la cathédrale Saint-Tugdual et ce depuis 28 ans. Les documents disponibles le disent toujours "musicien", sans plus de précision. Cependant le baptême du 29 mai 1783 avait révélé une précision importante en qualifiant le père de l'enfant, le sieur Guy GUILLOU, de "musicien haute Contre de l’église cathedralle de Tréguier".  Le corps de musique de Saint-Tugdual comprend alors, outre Pierre Charles BOULLAY, maître de musique et organiste, deux serpents, François Ignace LE GORREC et son fils François Isaac LE GORREC, trois "musiciens", lui-même Guy LE GUILLOU, François LE CORRE et Yves LE QUÉMENT, ainsi que le "premier chantre", Yves LE GOFF et le "second chantre", Guillaume LE CUN. 

Le 31 décembre 1812 à Tréguier  Guy GUILLOU, alors "âgé de 57 ans", toujours musicien de profession, partage la même activité que son jeune fils de 20 ans, Henry-Marie GUILLOU, sûrement dans le même édifice puisque les deux musiciens habitent Tréguier. Le père et le fils se retrouvent, là encore, au mariage du jeune musicien. Le patriarche a donc transmis sa profession à son fils bien après la Révolution. En effet, ce dernier était né le 25 mai 1792 et son père était avéré musicien le 20 mai 1796 alors qu'il n'avait que 4 ans. Sans doute n'avait-il pas cessé de l'être, dans des conditions plus ou moins confortables. Il décède le 12 mars 1829 ,  "âgé de 75 ans, profession de musicien, domicilié de Tréguier" . Il était alors veuf de Marie-Yvonne Hamon. Son fils Henry-Marie GUILLOU, toujours dit musicien, signe l'acte de décès de son père. 

Notice MUSEFREM Guy le GUILLOU

 

http://philidor.cmbv.fr/Publications/Bases-prosopographiques/MUSEFREM-Base-de-donnees-prosopographique-des-musiciens-d-Eglise-en-1790/Cotes-d-Armor

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2°) Guillaume Le CUN (Trédarzec 1745- Tréguier v.1795), chappier  et  second chantre.

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Guillaume LE CUN fit toute sa carrière à la cathédrale Saint-Tugdual de Tréguier en tant que chapier et chantre. Il subit de plein fouet les événements et les conséquences de la Révolution puisque, contrairement à de nombreux musiciens, il embrassa le camp contre-révolutionnaire, allant jusqu'à participer en 1795 au débarquement de Quiberon. Il fut – peut-être – fusillé auprès de l'évêque de Dol en juillet 1795. Il est né le 13 avril 1745 à Trédarzec du mariage d’Yves Le Cun et de Catherine Le Du. Il se marie le 15 avril 1766 à Trédarzec  à l'âge de 21 ans avec Marguerite Saint-Jalm. Courant 1767,  Guillaume LE CUN devient chapier de la cathédrale Saint-Tugdual. Il sera ensuite qualifié de second chantre ou de chantre, et le restera pendant 25 ans. Le jeune chapier de 22 ans reçoit 151 livres pour l'année 1767. Le  1er décembre 1787 : Le "sieur Guillaume LE CUN chapier de la cathédralle" est témoin au mariage de son collègue Yves LE QUÉMENT, "chantre de la cathédrale", avec Marie Michelle Deremond. En Juillet 1795, Quiberon : Guillaume LE CUN, émigré, débarque à Quiberon pour soutenir Mgr. de Hercé, dernier évêque de Dol (exécuté le 28 juillet). Il aurait été exécuté à la suite de ce dernier selon l'Abbé Tresvaux. D'après la notice MUSEFREM Guillaume Le Cun http://philidor.cmbv.fr/Publications/Bases-prosopographiques/MUSEFREM-Base-de-donnees-prosopographique-des-musiciens-d-Eglise-en-1790/Notices/LE-CUN-Guillaume

 

Le terme de chapier ou chappier, qui désigne ailleurs un meuble renfermant les chasubles, est une fonction ou un titre parmi les chantres, définie comme "celui qui porte la chape pour faire l'office de chantre", "et  qui se promène vêtu d'une chape  dans le chœur pendant certaines parties de l'office , tant pour gouverner et maintenir le chant, que pour faire taire les causeurs". Voir plus de développement dans l'Encyclopédie de J.P. Migne.  Un autre chantre occupait également cette fonction à la même époque, Yves le Goff (cf. stalle n°48, à l'autre extrémité des stalles nord).

 

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 15 : occupée par  des musiciens du XVIIe siècle  : haute-contre et enfant de la psallette.

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Je lis "IACQ POCHEL--" (ou POCHET) / "I : GALESNE 1692" / "R : DROUET R" /" IAN BIDEMENT" / "RIEL".

1°) I : GALESNE 1692 renvoie à un certain GALLENNE qui apparaît comme Musicien en la cathédrale de Tréguier en  1693 (ADCA, 2 G 442)

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2°) René DROUET  est mentionné comme Chantre, haute-contre en 1671, et juillet  1676

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3°)  Jean BIDEMENT, fils de Gilles Bidement appartenait à la psallette jusqu'en octobre 1639 (ADCA, 2 G 441) 

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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La stalle 16 : deux enfants de la psallette en 1702 et 1722.

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Je lis sur le dossier" IACQ LE PIVAIGN 1722 1722" ,  sur la sellette "IVE : IAC" : et  sur le siège rabattu : "IACQ LE PIVAIGN" / "F:AVBAVDI : 1702" / "YVON" / NELL / PH

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1°)  "F. AVBAVDI : 1702" renvoie à  AUBAUD connu par les archives comme probable ancien de la Psallete de Tréguier (mention "Cy devant aisné de la Psallette" le 16 août 1715),  chante la haute-contre en cette cathédrale avec une mention d'archive le 4 octobre  1717 (ADCA, 2 G 229). L'inscription de 1702 correspondrait alors à son séjour à la psallette. 

 

http://www.plenumorganum.org/histoire/organistes-musiciens-deglise-et-artisans-de-la-musique-en-cotes-du-nord-avant-1930/base-de-donnees-des-musiciens-deglise/?listpage=16&instance=1

Ollivier Aubaud, présent à la Montre de Tréguier de 1481

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2°) Jacques LE PIVAIGN  (ou LE PIVAIN)  est mentionné comme ancien de la Psallette de Tréguier engagé comme joueur de basse de viole au même lieu  le 8 novembre 1728 avec des mentions dans les archives en 1730, 1731 (ADCA, 2 G 301). La date de 1722 de l'inscription indique qu'il a gravé son nom lorsqu'il était à la Psalette. 

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 19.

Sur le dossier : "Md LETOURNEUR" en grandes lettres majuscules régulières . Je ne trouve pas de renseignement sur ce personnage, dont les lettres Md indique un titre, donc un dignitaire.

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 22 Croix en pointillées sur le dossier.

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Stalle n° 23 :  2 croix en pointillées et une rosace.

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LES STALLES NORD.

 

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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LE HAUT RANG DES STALLES NORD n° 25-36.

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Comme leurs homologues du nord, elles ne comportent, à une exception près aucun nom d'enfants ou de musiciens, et aucun nom attribuable à un membre du chapitre cathédrale ; elles sont gravées en partie haute du dossier, en "caractère d'imprimerie" et précédées pour deux d'entre elles de titre (Mr et Mri): cela confirme que ce rang était réservé à des notables ; les inscriptions les plus larges sont peut-être récentes.

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  • DELANGLE.
  • SA.
  • Mrt T.
  • Mr KMARC
  • Y. BAST.

 

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Stalle n° 25 .

Florence Piat a observé pour ce premier siège : "DELANGLE"

cf http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/cathedrale-saint-tugdual-stalle-25/6fbc70af-ecde-49ac-ad12-cd447060a93d

Elle est gravée en très grandes lettres capitales sur le haut du dossier. Il est très peu vraisemblable, au vu de l'emplacement, que cela ait un rapport avec Michaud DESLANDES, "le plus ancien enfant de la Psallette" mention dans les archives le 21 septembre 1568 . Elle pourrait dater du XIXe siècle.

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Stalle 29.

Sur le haut du dossier : Mri T.

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 30.

Encore plus laconique que la précédente : "SA"

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.
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Stalle n° 35

Selon Florence Piat, les inscriptions apparaissent sur la planche centrale du dossier, les deux autres devant être plus récentes. Les inscriptions sont donc tronquées : " Mr. KMAR(..)""MD"

J'a lu "Mr KMAR/C" écrit en grandes lettres capitales, ce qui évoque  Mr KERMAREC : probablement un dignitaire.

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 36

Florence Piat a relevé divers inscriptions dont "Y. BAST" "1687".

Yves BASTIOU   fils de Joseph Bastiou et Marie-Anne Le Gaspem de Pontrieux (trêve de Ploëzal).  Il est reçu enfant de la Psallette,  le 8 décembre 1758  à l'âge de  7 ans et demi. (ADCA, 2 G 304 )

La présence d'un enfant de la psallette sur cette stalle, la plus proche de l'autel et du coté de l'évangile, est surprenante.

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Cathédrale Saint-Tugdual : stalle 36 - Vue d'ensemble, copyrignt F. Piat

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LE  RANG INFÉRIEUR DES STALLES NORD n° 37 à 48.

 

 

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 37.

F. Piat relève divers inscriptions dont : "IANDVRECHOVM 17 (?)".

Je lis LANDVPECHOYT ? Le seul patronyme approchant serait DUPECHOT : Jean Dupéchot

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Inscriptions des stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 38 .

"AM. GAC"

Ce patronyme n'apparaît pas parmi les musiciens et enfants de la cathédrale de Tréguier.

 

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 40.

 

Je lis , Inscrit  à l'envers (destinées à être lues d'en haut, tête en bas) YVES LARMET / CESSON

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Je donne le cliché pivoté :

Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 41.

Différents graffiti sur le dossier dont :"DXSC"et"GAREL".


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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Sur le siège de la stalle n°41  : "PHILIPPE –LL" [Grall?] / "FRANCOIS AUBAUD 1716" / "ALEXANDRE NAYROD LAN 1765" /

1°) FRANÇOIS  AUBAUD  1716 est sans doute cet enfant de la Psallette jusqu'en 1717 puis admis à chanter la haute-contre au chœur,   qui a gravé son nom en 1702 sur la stalle n°16 : cf.

2°) ALEXANDRE NAYROD LAN 1765 est mentionné dans les archives comme Alexandre-Fiacre NAYROD, fils de François-M. Nayrod et Jeanne Valentine Conan, de Lanvellec, qui fut reçu enfant de la Psallette, à 6 ans le 14 avril 1758 et qui en sortit le 13 avril 1767 (ADCA, 2 G 304)

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 42

 

 

Je lis : "GVILLAVME GERO" "RENE I. CLAV : N" "1722" "VINCENT  PERR 1691" « DESMARAT «  « CHAPPIER 1709 « JACQUES HAVDAYE 1722" "RENE GRAL" "YVON LE GOFF" "RHI LEVOT 16--" et sur le rabat du siège "IACQVES HAVDAYE 1723" / "RENE GVILLOV" /" T. LASAL".

DESMARAT correspond-il à Desmaretz dont on lit que "comme le maître de musique, l'organiste change souvent et vient de l'extérieur du diocèse : Alain Desmaretz, de Dol, engagé le 2 octobre 1719, est remplacé dès le 2 avril 1720 par Jean le Marié, de Saint-Malo."

Doit-on comprendre que DESMARAT était chappier en 1709 ?

1°) "GVILLAVME GERO" correspond à Guillaume GERAULT (GIRO / GIROU), fils d'autre Guillaume Gérault demeurant Le Merzer, reçu enfant de la Psallette le 22 juin 1646 puis  congédié le 15 mars 1651. ( ADCA, 2 G 288)


2°) "RENE GRAL " correspond à  René GRALL, qui devient second enfant de la Psallette en avril 1648 et est déclaré Aîné des enfants de la Psallette dès le 30 octobre 1652 et en 1654. (ADCA, 2 G 288, 289)

3°) "IACQVES HAVDAYE 1723" correspond à HAUDAYE Jacques, fils de Nicolas Haudaye et Jeanne Le Hont de Pleubian, reçu enfantde la Psallette  à 8 ans et six mois le 3 septmebre 1717 et congédié le 11 février 1724 à sa demande (ADCA, 2 G 299 et 300).

4°) "RHI LEVOT 16--" correspond à  Philippe LE VOT, enfant de la Psallette en juin 1658 (ADCA, 2 G 289) 

5°) "VINCENT  PERR 1691" correspond à Vincent  PERROT , Congédié de la Psallette, n'étant "plus propre pour le service" le  22 juin 1646 (ADCA, 2 G 287) .

6°) "YVON LE GOFF"  correspond à l'un des Yves Le Goff, cf. stalle 48.

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 43
 

Beaucoup d'inscriptions sur cette stalle  :

"MICHEL" / F / "YVE:O" /" IACQ" / PH:L / Y/ "PIERRE DE MONFORT" / E / "DERIEN" / "PIERRE BIDEMENT 1615" / PH / "PIERRE IVEL-- 1610" / IACQ /" OLLIVIER" / "DVAVLT??" ou DVVIBLE /" VERBOYS"

1°)  "PIERRE DE MONFORT" renvoie  àPierre Monfort , fils de Jacque de Montfort, sieur de Kermenou à Trésezny a été reçu enfant de la Psallette après audition le 3 février 1634 et sorti de la Psallette ("du tout inutile à la musique") le 29 juillet 1641 ( ADCA, 2 G 286 et 287)

 

2°) "PIERRE BIDEMENT 1615" renvoie à  Pierre BIDEMENT  est  joueur de serpent en la cathédrale de Tréguier en 1622, 1624, 1625, 1630, 1635, 1643. (ADCA, 2 G 286, 439) . "PIERRE BIDEMENT 1615" semble indiquer qu'il était présent (à la psallette ?) en dehors de ces dates.

À propos de l'instrument de musique nommé  serpent, voir ici :

http://www.lavieb-aile.com/article-un-lutrin-au-joueur-de-serpent-eglise-saint-louis-brest-99268565.html


3°) " VERBOYS" renvoie à Me Ollivier VERBOIS musicien en la cathédrale de Tréguier (haute-contre) est mentionné en  1611, 1620, 1622, 1626, 1627, 1633, † 1636 (ADCA, 2 G 285, 286, 439, 440)

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 44.

 

Beaucoup d’inscriptions sur cette stalle dont : "FRANCOIS LE MANACH 1604" "GILLES LOBLEZ 1617" "GV. EE (?) MARELLEC 1744".

Je lis sur le dossier : MATH / PIER / TH / IACQ GVEL / LALLEMAND ? / YVON LE PROVOST 1619

et sur le rabat du siège : GV / LE / MARELLEC 1744 1744 17-- en grandes capitales.

1°) "FRANCOIS LE MANACH 1604" renvoie à Maître François Le Manach qui  est mentionné en 1616 et 1620 comme  Maître et administrateur de la psalette de la cathédrale de Tréguier (ADCA, 2 G 439, 447). L'inscription indique qu'il était déjà dans le chœur de la cathédrale en 1604 (à ce poste ?).

2°) L'inscription "IACQ GVEL" évoque la mention d'un GUIEL comme Aîné de la Psallete en 1701 (ADCA, 3 G 443)

3°) L'inscription "GILLES LOBLEIZ" évoque la mention d'un Gilles LE BLEIZ  en juin 1620 comme  "naguère sorti de la Psallette" (ADCA, 2 G 439).

4°) L'inscription "YVON LE PROVOST 1619" évoque la mention d'un  Missire Yves LE PROVOST, fils de François Le Provost et Jacquette Gauvic, demeurant à Tréguier comme  "Receu en la Psallette" en juillet 1608 (ADCA, 2 G 305) puis "autrefois enfant de la Psallette" le 10 septembre 1629 (ADCA, 2 G 286)

4°) L'inscription "GV / LE / MARELLEC 1744 " évoque la mention d'un LE MARELLEC Guillaume, fils de Ollivier Le Marellec et Blaize Hamon demeurant à Tréguier, comme "reçu enfant de la Psallette, 7 ans et demi" le 20 décembre 1737 (ADCA, 2 G 462) puis sorti de la Psallette le 14 novembre 1746 (ADCA, 2 G 303) et ensuite engagé au chœur comme joueur de basse en la cathédrale (mention en 1746 21 nov, 1748, 1750. Un LE MARELLEC est Haute-contre en la cathédrale de Tréguier en 1751, 1752, 1753, 1756, 1757, 1758.

Son frère Jean le Marellec a été reçu enfant de la Psallette, 7 ans le 14 novembre 1750, puis sorti de la Psallette à la demande de son père le 7 mai 1752.

L'inscription a donc été gravée par Guillaume Le Marellec à l'âge de 14 ans lorsqu'il était à la psallette.

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle n° 47 Inscriptions des enfants de la psallette .

 

L'inscription paraît tronquée car elle est uniquement présente  sur la planche centrale du dossier. Les deux autres planches doivent être plus récentes, à l’image de la stalle n°35.

Je lis : "GVILLAUME.CO", "CHAR.", et "[YV]ES LE QUEMENT 1776" 

1°) "[YV]ES LE QUEMENT 1776" renvoie à Yves  LE QUEMENT (1750-1813) qui   est Musicien en la cathédrale de Tréguier  depuis le 25 juillet 1776 , en 1778, et 1780. Yves LE QUÉMENT est chantre jusqu'à la fermeture du chapitre cathédral de Tréguier. Il se reconvertit alors en boulanger (négoce familial) mais redevient chantre dans les dernières années de sa vie à l'église Saint-Jean du Bally de Lannion. ; la base MUSEFREM lui consacre une notice.

http://philidor.cmbv.fr/Publications/Bases-prosopographiques/MUSEFREM-Base-de-donnees-prosopographique-des-musiciens-d-Eglise-en-1790/Cotes-d-Armor

Il est né le 10 décembre 1750, La Roche-Derrien, dans une famille où le père, le parrain et la marraine signent.

Il est reçu chantre à la cathédrale Saint-Tugdual de Tréguier le 25 juillet 1776 . Puis,  le 1er décembre 1787 , toujours "Chantre de la cathédrale", Yves LE QUÉMENT épouse Marie Michelle Deremond en présence du "sieur Guillaume LE CUN chappier de la cathédralle", son collègue (stalle n°14). Le chantre Yves Le QUÉMENT est toujours en exercice en 1790 à la cathédrale Saint-Tugdual de Tréguier.  Il a 40 ans. Le corps de musique de Saint-Tugdual comprend alors, outre Pierre Charles BOULLAY, maître de musique et organiste, deux serpents, François Ignace LE GORREC et son fils François Isaac LE GORREC, trois "musiciens", lui-même Yves Le QUÉMENT, François LE CORRE et Guy LE GUILLOU (celui-ci chantant la haute-contre), ainsi que le "premier chantre" Yves LE GOFF et le "second chantre" Guillaume LE CUN. En 1791 : À la suppression du chapitre cathédral, après "14 ans de services", il obtient une gratification de 800 livres puis une pension viagère de 100 livres qui lui sera payée par quartiers tous les trois mois. Il exerce ensuite la profession de boulanger à Tréguier de 1796 à 1807 aumoins.  Mais en janvier 1813 , à 66 ans, Yves LE QUÉMENT est de nouveau considéré comme chantre, dans l'église de Lannion, au mariage de son fils François, chantre également . À cette époque, trois Le Quément exercent en tant que chantres dans le même établissement religieux : son fils François, son neveu Jacob et lui-même. L'église de Lannion n'étant pas aussi conséquente qu'une cathédrale, il est possible qu'Yves LE QUÉMENT ait toujours été chantre à temps partiel ou peut-être seulement depuis son déménagement à Lannion tout en continuant l'exercice de la boulange. Il décède le  4 novembre 1813 à Lannion.

L'inscription a été gravée dès la première année d'entrée comme chantre à Tréguier.

2°) "GVILLAUME.CO", "CHAR." permet d'évoquer  Guillaume CHARLES, fils dYves Charles et Marie Rolland de Tréguier, a été reçu enfant de la Psallette (6 ans et demi) le 29 décembre 1756 et a obtenu son congé le 28 avril 1766.

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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Stalle 48.

 

Je lis "I.R" en grandes majuscules sur le haut du dossier et  « V : LE GOFF » en lettres plus petites.

« V : LE GOFF » correspont-il à  Yves ou  Yvon LE GOFF, fils de Noble homme Charles Le Goff, sieur de Traougicquel et Guillemette Guisnou de Tréguier, a été reçu enfant de la Psallette le 21 juin 1641 et congédié le 20 avril 1648. 

Un autre Yves Le Goff est cité  comme chapier puis premier chantre au chœur de la cathédrale de Tréguier en 1764, 1766, 1774, 1775, 1777, 1778, 1780. Un Le GOFF est mentionné comme Basse-taille en la cathédrale de Tréguier en 1740 et 1741, un autre musicien gagé à la cathédrale de Tréguier, en 1743, 1746, 1748, 1750, 1751, 1752, 1753, 1754 ;  un autre  comme reçu  au chœur de Tréguier le 12 juillet 1756,  et un autre  chapier en juin 1759. Ou bien sont-ce le même ?

 

 

cf :Yves le GOFF : premier chantre http://philidor.cmbv.fr/Publications/Bases-prosopographiques/MUSEFREM-Base-de-donnees-prosopographique-des-musiciens-d-Eglise-en-1790/Cotes-d-Armor

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Inscriptions des  stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

Inscriptions des stalles du chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile 1er mars 2019.

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SOURCES ET LIENS.

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— BILLAUD, Sophie. "Iconographie et culture folklorique en Bretagne à la fin du Moyen âge : l'exemple des stalles de Tréguier". Mémoire de Maîtrise : Hist. de l'Art. Rennes : université Rennes 2, 1990. Non consulté

— BILLAUD, Sophie. "Figures grotesques, figures sacrées, les stalles de Tréguier". Ar Men, N°2, 1991 pp. 64-75

— "La cathédrale de Tréguier". in : Congrès Archéologique de France, 107e session, 1949. Paris : SAF, 1950 pp. 102-123

— MINOIS (G.), 1982, Réforme catholique et liturgie en Bretagne aux XVIIe et XVIIIe siècles : le cas de la cathédrale de Tréguier  Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1982  89-4  pp. 451-478

— PIAT (Florence), 2012, Les stalles de l’ancien duché de Bretagne, de la fin de la guerre de Succession jusqu’au concile de Trente, [thèse : Histoire de l’art], Rennes, Université de Rennes 2, 2012, 2 vol.2.

 

https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_-_Volume_2_-_Annexes

https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne._De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_-_Volume_2_-_Annexes

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/cathedrale-saint-tugdual-stalle-01/8f9c774e-d69b-4e48-9974-d08ce13d859b

http://perso.numericable.fr/tessonmic/Les%20Stalles%20en%20Bretagne.pdf

http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/treguier/interieur/stalle-misericorde.html

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_82/La_CathAdrale_de_Treguier_et_Port-Blanc_.pdf

 

http://www.plenumorganum.org/histoire/organistes-musiciens-deglise-et-artisans-de-la-musique-en-cotes-du-nord-avant-1930/base-de-donnees-des-musiciens-deglise/?listpage=8&instance=1

 

 

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MUSEFREM - Base de données prosopographique des musiciens d'Église en 1790 

http://philidor.cmbv.fr/Publications/Bases-prosopographiques/MUSEFREM-Base-de-donnees-prosopographique-des-musiciens-d-Eglise-en-1790/Cotes-d-Armor

 

 

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Published by jean-yves cordier
28 février 2019 4 28 /02 /février /2019 19:56

Zoonymie des Odonates. Les anciens noms vernaculaires des libellules  d'après Eugène Rolland, et Hanns Bächtold-Stäubli.

 

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Voir :

Zoonymie (étude du nom) des Odonates de l'Ouest de la France : liste des articles : 1. Généralités ; 2. les Anisoptères.

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Je "me contente" (ce fut malgré tout un bon paquet de travail) de présenter quatre  publications du XXe siècle traitant des noms traditionnels des Libellules et des traditions qui s'y réfèrent : les deux chapitres qui consacre Eugène Rolland dans sa Faune populaire de France (1881-1911), les lignes dispersées puisées dans le Folk-lore de la France, la Faune et la Flore de Sébillot (1906), et enfin  le chapitre  du Dictionnaire des superstitions du folkloriste  Hanns Bächtold-Staübli de 1974. Je donne les extraits des deux premiers auteurs, et une  traduction de l'ouvrage en allemand, assez approximative bien-sûr, épurée des notes,  mais suffisante à mon goût pour fournir au chercheur une documentation : chacun se tournera ensuite vers la publication originale.

Pour le domaine breton, il faudra compléter ce corpus par Traditions populaires de Bretagne : Le Folklore des Insectes et autres petites bêtes, de Daniel GIRAUDON 2011, Yoran Embanner.

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I. LA FAUNE POPULAIRE D'EUGÈNE ROLLAND

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Parmi les 12 volumes de cette œuvre qui s'échelonne de 1877 à 1911, le tomes consacré aux Insecte est  le tome III datant de 1881 : il  est numérisé sur Gallica.

 

 

—  ROLLAND Eugène‎, GAIDOZ (Henri), 1911 : Faune populaire de France  (noms vulgaires, dictons, proverbes, contes et superstitions), en XIII volumes.‎ Paris, Maisonneuve & Cie, 1877-1911. Tome III :Les reptiles, les poissons, les mollusques, les crustacées et les insectes,, 1881, 365 pages. 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5758343b/f306.item.r=libellule.texteImage

 


 
LIBELLULA (Genre). — LA DEMOISELLE. 
Noms français.
DEMOISELLE, f. français. 
DAMEISELLO, DAMEISELLETO, Bouches-du-Rhône, Villeneuve. 
DAMAYSELLE, Landes, Métivier. 
DEMOSELLE, MOSSIEU, Sarthe, com. par M. Aug. Besnard. 
DOUMAÎZELO, Tarn, Gary. — Gard, com. par M. P. Fesquet. 
DAME DE PARIS, St-Germain-de-Modéon (Côte-d'Or), communiqué par M. H. Marlot. 
PRÊTRE, Gien, com. par M. J. Poquet. 
MOINE, Saintonge, Jônain. — Melle, com. par M. Ed. Lacuve. — Orléans, com. par M. J. Poquet. 
CAVOLUÉ, MOUNGETO, MOUSCOULO, ROUMPO VEIRÉ, prov. mod., Cast. 
MOURDJÊTO, Languedoc, Sauvages. 
TREMPO-QUIOU, TRENCO L'AIGO, TRENQUIEIRO, MOURGUETO, DAMÉTO, Gard, com. par M. P. Fesquet. 
ESPUGO-SERS, m. (m., à m. : peigneur de serpents) Gers, Cénac-M. 
CHEVAU-AU-DIABLE, Chef-Boutonne, Beauchet-Filleau. 
MÂRTAI-DIÀL, MÀRTAI D'DIAL, wallon, Grandgagnage. 
MAURTIA D'ÀRM, Namur, Grandgagnage. 
ARROUTRESSE, f. Guernesey, Métivier. Dictionnaire des rimes. 
GODE D'U, picard, Corblet. 
PAHH ARAILLE (= perce oreille), Vagney, com. par M. D. Pierrat. 
PISSE EN Z'YEUX, Lyon, Molard.   Le peuple attribue à la libellule la faculté de faire jaillir une matière liquide dans les yeux de ceux qui la poursuivent. — MOLARD. 

SAUTERALLE AI OLE (m. à m. : sauterelle à aile), Montigny-sur- Armançon (Côte-d'Or), com. par M. H. Marlot. 
BIRACHE, picard, Romania, VIII, 230. 
GARDO D'AIGO, Lauragais, com. par M. P. Fagot. 
GUIRLET, Eure-et-Loir, com. par M. J. Poquet. 
AIGUILLETTE, français du Finistère, com. par M. Sauvé. 
NADOZ EAR, f. (m. à m. : aiguillé de l'air), breton, Troude. 
NADOZ AER (= aiguille-serpent), toute la Bretagne, com. par M. Sauvé. 
DANTROSS, environs de Lorient, recueilli personnellement. 

Noms étrangers : 

en italien :.

Corrogolo, Brendola, Donnola, Barbello. it., Duez.

 Cevettone, Libella, Saetta. it., Nemn.  

Zittone, Ravenne, Nemn.

en espagnol

Nadadora, Nadadera, esp., Nemn.
Caballito del diablo, Aragon, Nemn.

 en anglais

Dragon fly, Lady fly, Ballance fly, Adderbolt, angl. Nemn.

Bullstang, Cumberland, Nemn.; Hundred of Londsd. Peacock.

Hoss stinger (2), Dorset, Barnes.

en suédois :

Trollstanda, suéd., Nemn. 
 

en danois :

Guldsmed, Jomfrue, danois, Nemn.

en norvgien :

 Ormstyng, norvég., Nemn.

en néerlandais :

 Juffer, Juffertje, Libel, Puistebyter, Rambout, Sparren, Koorebout, Skarbout, Nayer, holl., 
Nemn.

en allemand :

Die Libelle, Die Nympfe, Die Jungfer, Die Wassernympfe, Die Wasserjungfer, all., Nemn.; Provinzialbenennungen sind : Schillebold, Schillerbold, Schillebolz, Wasserhure, Wasserdocke, Drachenhure , Grasmetze , Teufelspolz , Teufelsnadeln, Bolz,  Gaaspeerd, Ridderpeerd, Reerer, Mohrman, Kornbeisser, Schlangenstecher, Glaser, Schneider, Schleifer, Wildpferd, Wassermann, Wasserpfau, Pfaufliege, Pfaff, Pfaffenköchin, Perle, Wägle, Wagkerderle, Augenschiesser, Kameel, Otterkopf, Schuhflicker, Hure, Verfluchte jungfer, Teufelspferd, Des Teufels Reitpferd, Heupferd, Gottessperling, Spinnejungfer, Schurschotte, all., Nemn. 

Teufelsgrossmutter, Meggen (Suisse all.), Lütolf.

On trouve aussi la référence suivante, posthume :

Rolland, Eugène (1846-1909). Faune populaire de la France. Tome XIII, les insectes [Texte imprimé] : noms vulgaires, dictons, proverbes, légendes, contes et superstitions / Eugène Rolland Paris : Maisonneuve et Larose, 1967 1 vol. (217 p.) ; 22 cm http://www.sudoc.fr/005927579. J'y trouve la liste suivante  pages 82 et suiv.

giggion , cava-oci , beca-oeucc , furalaès , pestocch , damigella , sposo , sposina , mariànna , viola , sior , scioretta , muinie , prèdi , frae , prit cogô , massapraeve , bilancella , bilancetta , zenzara , zenzaron , frulon , cul longh , anzoleto del Signor , svuarbe voj , dial . ital . calul dracului ( = cheval du diable ) , cobilitsa , roumain . bayo , cabalo d ' o dèmo , espia - dimonis , talla - nassos , llevadits , Péninsule ibérique . seejungfer , jumfer Sibold , jumfer Lischen , veruviûnschte junfer .

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II. LA FAUNE POPULAIRE DE LA FRANCE, TOME XIII D'EUGÈNE ROLLAND, 1967.

— ROLLAND (Eugène), 1967, Faune populaire de la France. Noms vulgaires, dictons, proverbes, légendes, contes et superstitions. Tome XIII, Les Insectes. Paris, ed. G-P. Maisoneuve et Larose, 217 pages. Libellula pages 79-83, in Classes des Névroptères pages 78-85.

J'ai complété quelques abréviations. Comme des erreurs ont pu se glisser, je donne le scan de l'original.

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[p.78]

Libellula (Genre), (LINNE). — LA DEMOISELLE.


 

— Perla, nomencl. d'ALDROVANDE.— libella, pavo, musca mulei, nomencl. de MOUFET, Insect. theatr., 1634, p. 64.

[p. 79]

damo, f., f., languedoc, limousin. 

  • dame, f. pas-de-Calais, Vosges, Cher.
  • damo dé vala (= dame de ruisseau), Vaucluse,
  • belle dame, Loir et Cher
  • dèmatte, Pays messin

damoiselle, f. demoiselle, f. français, Duez, 1678 [note personnelle : voir Dictionnaire italien & françois de Nathanaël Düez page 126 pour ba icola : " 1. une brouëtte ; 2. une sorte d'insecte appelée demoiselle".

  • demoiselle de Paris, Nièvre
  • damizèlo, daméy'zèlo, daméy'zelèto, damyèlo, démézèlo, doumày'zèlo, douméy'zèlo, doumoy'jèlo, midi de la France
  • doum'rèl', f. Haumont l. la Ch[aussée?] (Meuse), r. p. 
  • mamizèle, f. landes.
  • mam'zèle, Belgique wallone.
  • amazèlë, f. Palaiseau (Seine-et-Oise), r.p.
  • mouazèle, Somme, Aisne
  • damizèlun, m. Bouches-du-Rhône
  • damizèlo de valà, Vaucluse
  • belle demoiselle, Oise, Poitou
  • demoiselle du diable, Cher, Poitou
  • dame de nëches, Tourcoing (Nord)
  • mariée, Meurthe-et-Moselle, Eure-et-Loire, Loir-et-Cher
  • reine, f. Deux-Sèvres
  • monsieur, m. Anjou, Maine, Orléanais, Normandie, Picardie, Belgique wallone (en divers endroits, on appelle monsieur la grande libellule ou la libellule jaune, et demoiselle la libellule bleue)
  • prêtre, curé, Somme
  • capélan, m. Hérault
  • moungéto, f. provençal
  • mouin-ne, m. (la grande espèce), demouézèle, f. (la petite espèce), vendée, c.p. M. Ph. TELOT
  • mouène, m. Charente-Inférieure, c.p. M. Ed. EDMONT

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pimprenelle, f. ancien français, DUEZ, 1678.

fanfiole, f. Dôle (Jura), r.p.

papillon d'amour, m. Pissy-Poville (Seine-Inférieure), r.p.

couturière, f. Haite-Saône, Jura, r.p. (Elle est habile couturière puisqu'elle s'habille magnifiquement)

  • coudrèle (= couturière), Nièvre
  • hilèro, f. Lot-et-Garonne
  • tayan, m. tayan-cousin, m. Namur, PIRS.
  • vouayante, f. jargon de razy près de Xertigny (Vosges), r.p. (On l'appelle ainsi à cause de ses belles couleurs).

cousin (la grosse espèce), m.,

  • cousine (la petite espèce), f. 
  • jardinière (certaine espèce), Haute-Saône, Doubs, r.p.

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 ROLLAND (Eugène), 1967, Faune populaire de la France, Tome XIII, Les Insectes. pages 78-79. Exemplaire Bibliothèque universitaire de Rouen.

ROLLAND (Eugène), 1967, Faune populaire de la France, Tome XIII, Les Insectes. pages 78-79. Exemplaire Bibliothèque universitaire de Rouen.

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[p. 80]

gardo d'ay'go, gardo l'ay'go, Haute-Garonne.

poule d'eau, f. Varengeville-sur-Mer (Seine-Inférieure), r.p.

— coq d'îl, m. wallon, Questionnaire de folklore, 1891, p.11.

— agüyo, f. Gard.

  • agulhe, f. agülhè, Pyrénées-Atlantiques, Landes
  • aiguille du diable, f. Côtes-d'Armor.
  • esplinghè, m, Lembeye (Pyrénées-Atlantiques) 
  • ciseau, Nord.
  • cisètte, coutê, m. wallon
  • coupa-vey'ré, m. Nice
  • roumpo-vèy'ré, m. Provence
  • talho-fèrré, Aveyron.

arrigo-gouélh, m. Luchon (Haute-garonne), c.p. de m. B. SARRIEU.

  • crève-œil, Doubs
  • cure'èl, m. Lot.
  • cavo-uè, m. provençal.
  • tire-zyeux , Genève, Doubs, Mayenne.
  • pisse-zyeux, Rhône.
  • tiro-sang, m. Drôme.

pou de serpent, m. 

  • poulh de sâpan, m. ; pio d'serpin, m. ; piu d'sarpan, en divers patois de Suisse romande, Jura, Savoie, Isère.

ésptéougo-sèr, espougo-sèr, éspéouyo-sèr, en divers patois de Provence, Languedoc, Limousin.

  • épulhi-sarpin, pulhisarpin, pyoulhi-sarpin, Rhône
  • ipiodza-seûr (=épluche-serpent), m. Vinzelles (Puy-de-Dôme), DAUZAT, dans revue de trad. populaire, 1898, p. 392.
  • pùyo-sèr, m. Thiers  (Puy-de-Dôme), 
  • pougna-sèr, m. Var.
  • péntsé dé chèr, Lot.

cap dé sèr, m. Aveyron.

  • fisso-sèrp (= qui pique le serpent), m. Tarn-et-Garonne
  • pico-sèrp, m. Tarn-et-Garonne, c.p. M.A. PERBOSC

molinê, m. mârté du diâl (=marteau du diable), macrê (= sorcier), m. wallon.

  • diable, Morbihan
  • chevau du diable, Allier
  • chêva de calêve, m. Côtes d'Armor
  • dragon, Mons (Belgique)

tièrcëlé, m. Clerval (Doubs), r.p.

biouloun, m. Aude.

midi, m. Crotelles (Indre-et-Loire)

frêle, f. Normandie, METIVIER, Dictionnaire des rimes,

  • fûlon, m. Bernières-sur-Mer (Calvados)

 

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[p. 81]

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— négo-fol, m., languedocien.

mouscolo, f. provençal, CASTOR.

bébo, f., Gibel (Haute-Garonne)

calèl (= lampe rustique), m. Lavilledieu (Tarn-et-Garonne), c.p. M.A. PERBOSC

nadoz-aer (= aiguille-serpent ou serpent en aiguille), adoue èr,  marc'h aer (= cheval de serpent ou serpent de cheval), breton [E.E]

filangroca, centre de la Corse, FILIPPI

perla, cavalocchio, cavaleta, coriogolo, carozzina, siton, gügella, güggion, cava-oci, beca-oeucc, furalaes, pestocch, damigella, sposo, sposina, marianna, viola, sior, scioretta, muinie, prèdi, frae, prît cogo, massapraeve, bilancella, bilancetta, zenzara, zenzaron, frulon, cul longh, anzoleto del Signor, svuarbe voj, dialectes italiens

cacul dracului (= cheval du diable), cobilitsa, roumain

 — bayo, cabalo d'o dèmo, espia-dimonis, talla-nassos, llevadits, Péninsule ibérique;

seejungfer, jumfer Sibold, jumfer Lischen, verwünschtre junfer, frû medder, wassermutter, engelken, teufelsnadel, teufelsharrnadel, augenstechter, spillebold, schillebold, rosenggen, rosenschiesser, rösschen, päerd, päerdje, goldpäerd, Gottespferdlein, görgenpferdlein, himmerspferdchen, Hans Peter päerd, härenpäerd, rüter päerd, goldschmid, feddernedder, bressem, morgengrätzchen, bruthaomelmann, reereert, kohsteert, bleienbiter, Peter Hingst, Klaus Hingst, Gäspard, spinnjumfer, skürskot, dialectes allemands.

peerdeken, peerdenrijder, biezenpeerd, deezekenspeerd, Lieve-Vrouwpeerd, koetse-peerd, savooi-perd, vliegende-peerd, peerdenwatcher, ridder van Maltha, waterjuffer, akkernaalde, naaldenkoker, speldenmaker, korenbijter, flamand (A. de C.)

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ROLLAND (Eugène), 1967, Faune populaire de la France, Tome XIII, Les Insectes. pages 80-81. Exemplaire Bibliothèque universitaire de Rouen.

ROLLAND (Eugène), 1967, Faune populaire de la France, Tome XIII, Les Insectes. pages 80-81. Exemplaire Bibliothèque universitaire de Rouen.

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[p. 82]

adderbolt, adder-fly, fluying-adder, fleing aither, fleeing snake, fleeing ask, edther, ather-cap, ather-bill, ether's mon, ether's mild, snake stang, stangin ether, bull ader, horse-stinger, horse-stang, horse-adder, bull-stang, horse-long-cripple (= vipère de cheval), hobby-horse, coach-horse, leather-wing, heather-bill, devil's needle, deil's-darning-needle, granny's needle, silver-pin, breese, jacky-breezer, tom breeser, merry-may, kingfisher, dialectes anglais.

— atsa, magyar

tarbh-nathrach, gaélique écossais

gwas y neidr (= le jeune ou le serviteur du serpent), galois [E.E]

Que de noms pour un seul insecte en toutes espèces de langues ! Et dire qu'on n'en retrouve aucun en grec ancien, en latin ancien et du moyen-âge, en ancien français, en ancien allemand, en anglo-saxon !

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La larve de la libellule est appelée :

  • scorpion, m. Belgique wallone (On la croit venimeuse).
  • porte-faix, m. français
  • chazette, f. wallon, DEFR.
  • chalubèr, m., chalibèr, m. Maine-et-Loire
  • bouatin, en Mayenne

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Dictons :

"Voir des libellules est un mauvais présage", Brülon (Sarthe)

"Si, quand on rapporte une libellule à la maison, elle meurt avant l'arrivée, c'est un mauvais présage d'amour" Pissy-Poville (Seine-Inférieure)

"Si une libellule vous frappe au front, vous devez mourir dans l'année" Belgique wallone

"Mettre des ailes de libellule bleue dans un livre de messe, porte-bonheur" Nièvre.

La libellule, au moment où elle arrive à l'état parfait, porte sur le dos, pendant quelque temps, la dépouille de sa chrysalide qui est noire et de forme étrange. De là vient qu'on l'appelle dans divers pays : le cheval du diable.

"La libellule est l'amante lesbienne de la femme du diable"Naintré (Vienne), r.p.

"Pour empêcher les enfants d'aller au bord de l'eau, on leur dit : "Die Wassermutter zieht Kinder ins Wasser." Prusse.

Les enfants récitent à la libellule, quand ils la voient, les formulettes suivantes :

"prît cogô, S'tan di la mass at pecc in cô". = "Si la libellule remue la bouche, on dit qu'elle dit la messe".Bologne, UNGARELLI

"Herrgottspferdchen, pfliege, Dein Vater est im Kriege", Prusse, FRISCHB

"Fru Medder, Sett ju nedder", id.

"Feddernedder, ha hi sett di", id.

Voir une formulette anglaise dans Long, Isle of Wight-dialect, 1886 p. 70.

Héraldique.

Pour le doublet dans l'héraldique, voir Renesse, III, p. 112 (le doublet, selon Renesse, est le nom de la libellule en héraldique"

[voir aussi : http://www.blason-armoiries.org/heraldique/tables-heraldiques/figures-naturelles/animaux/insectes/doublet.htm

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ROLLAND (Eugène), 1967, Faune populaire de la France, Tome XIII, Les Insectes. pages 82-83. Exemplaire Bibliothèque universitaire de Rouen.

ROLLAND (Eugène), 1967, Faune populaire de la France, Tome XIII, Les Insectes. pages 82-83. Exemplaire Bibliothèque universitaire de Rouen.

 

III. LE FOLK-LORE DE LA FRANCE. LA FAUNE ET LA FLORE DE PAUL SÉBILLOT.

— SÉBILLOT (Paul), 1906  Le Folk-lore de la France. La faune et la flore

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1230197.texteImage#

 

"On prétend aux environs de Liège, que le scorpion [lézard ou salamandre] se transforme en libellule ; à Lyon le peuple attribue à la libellule la faculté de lancer une matière liquide dans les yeux de ceux qui la poursuivent. 

La libellule est, en divers pays, un sujet de crainte; plusieurs de ses noms l'assimilent â un reptile: en Basse-Normandie, on appelle mouron {salamandre) celle de la grosse espèce et sa morsure est tout aussi dangereuse que celle de la salamandre en Basse-Bretagne, on nomme la demoiselle Nadoz aer, aiguille-serpent, dans les Côtes-du-Nord, aiguille du diable, en Wallonie scorpion. En Haute-Bretagne les lavandières qui ont peur de sa piqûre, récitent une conjuration pour éloigner cet  agent du diable » en Wallonie, où on l'appelle martnl-diale, marteau du diable, il faut pour éviter la mort, faire l'ablation de la partie qu'elle a atteinte ; au pays de Liège on prétend que ses ailes sont tranchantes comme un couteau; de là son nom de Kouté.

  En Wallonie, si la libellule qui s'appelle Mârtè de dyâl, marteau du diable, ou makrè, (sorcier), frappe quelqu'un au front, il doit mourir dans l'année. 

Dans les Vosges lorsqu'il doit pleuvoir les abeilles se tiennent & porte de leurs ruches, les libellules volent il la surface de l'eau,l'araignée tisse sa toile avec précipitation, les papillons voltigent près des fenêtres avant l'orage les puces piquent ou les mouches se servent dès le matin de leur aiguillon."

 

IV. LE TOME 5 DU DICTIONNAIRE DE HANNS BÄCHTOLD-STÄUBLI

BÄCHTOLD-STÄUBLI (Hanns) Hoffmann-Krayer  (Eduard )1974, Handwörtebuch des deutschen aberglaubens Walter de Gruyter, Tome 5 Knoblauch-Matthias - 940 pages (Dictionnaire des superstitions allemandes ?)

Numérisation partielle sur Google :

https://books.google.fr/books?id=EjNo48GTZ0sC&pg=PA129&dq=Papillon+d%27amour+(Pissy-&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiG7bavqd7gAhUImhQKHU74CVwQ6AEILzAB#v=onepage&q=Papillon%20d'amour%20(Pissy-&f=false

Des erreurs de traduction ou de transcription sont probables, mais j'ai fait de mon mieux.

 

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L'histoire naturelle distingue plusieurs espèces (plus grands et plus petits) d'après la couleur et  la forme d'un insecte saisissant et agréable. La riche superstition qui s'est formée autour de ces animaux, stimulant l'imagination du peuple, est largement exprimée dans le nom vernaculaire, raison pour laquelle ils devraient être examinés plus en détail ici. Dans les cas les plus rares, il peut être déterminé, à partir des sources, de quelle manière se réfère le nom du dialecte correspondant. Il est certain qu'en français et en italien, certains noms diffèrent entre les grandes et les petites espèces. Ainsi chez les français Cousin désigne le plus gros, et Cousine désigne le plus petit genre. La même relation existe en italien entre Cavalocchio et Damigella.

1. Extérieur, activité.

L'aiguille et la couture.
L'insecte est appelé d'après la forme fine et allongée de l'abdomen Teufelsnadel (aiguille du diable).    Le va-et-vient du vol de la libellule est interprété comme celui d'une une couturière. En Amérique du Nord, cela donnait à croire  qu'elles cousaient ensemble les becs de la chamaille .

En allemand Gofenschisser, Gluftenschisser, Spellenschisser,  en flamand Speldenmaker, en anglais  Silver-pin,  "aiguille d'argent", en anglo-américain Darning needle "aiguille à repriser", en français Aiguille , en breton Nadoz aer  (Finistère) ou "aiguille de l'air",  en  italien Gügella (Milan), ou Spülett (Mantoue), tous deux  désignant des "aiguilles de dentellière".

La fileuse.

De la façon dont  les libellules s'accouplent sur le sol , en faisant une roue et en produisant   un son de roue en rotation lorsque les ailes sont frappées contre le sol, provient les noms de Spinner ou "fileuse" (Asiago), en suédois Trollslända  "Fuseau de Troll", en Apulie Matassaire, Mattassäro "bobine"", en corse Filancroca "fileuse ?". Ou aussi l'appellation  aquil. Tissi-tissi (tessere = "tisser ") 

Les ailes de verre.

Les ailes vitreuses des Libellules se cassent facilement, d'où en provençal  Roumpo-veire "Casse-vitre". En allemand   Gläsermäker, en néerlandais Glazenmaker, en autrichien Glaser, tous cités par  Leithaeuser.

Le brillant irisé des ailes inspire les noms de  Schillebold, Schillerbold, Schillebolz, (de l'allemand schiller, "chatoyant", Perle, Pfaufliege, Wasserpfau, (de l'allemand  pfau = paon), Goldspierken,  Goldpferdchen "(Weismar), Goldspinner (Prusse). 

Les ailes étendues : la balance, le niveau.

La forme ressemblant à un niveau de maçon, qui a donné son nom à l'insecte, lorsqu'il est avec des ailes déployées horizontalement sur une branche  se retrouve dans le  latin Libella (diminutif de libra,  "niveau d'eau"), dans le terme  allemand  de "libelle", mais aussi dans les termes   Balanssete (Trévise en Italie) ,  Bilancelle (Pise, Italie), ou Ballance-fly  en anglais .

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2. Nom évoquant un danger, une menace.

a)  Pour les yeux

La croyance populaire est largement répandue que la Libellule s'en prend aux yeux de la population. De là provient  Augensteche  ("perçante pour les yeux" ), berg. Ogenstüater "Augenstößer", Ogenstêker "Augenstecher , analogue au français Crève-œil (Doubs), au provençal Cavo-ue', ou à  Tire-z-yeux . Le nom Pisse-en-z'yeux (Lyon) est basé sur la conviction que la libellule apporte un liquide dans les yeux de ses poursuivants. Analogues italiens : Cavalocchio , Crevaoei (Val di Sarca), Brusa-oci "brûle-œil", Sbusaoci "crève-œil" (Verone)

Danger pour les oreilles

Elles semblent rarement les menacées : Vorarlberg. Ohrenschießer ("Tireur d'oreille") , en français Pahh araille = perce-oreille", Ohrendurchbohrer" ; au contraire, dans le Trieste nous trouvons Cura-rece "guérisseur d'oreille". En Amérique du Nord, les enfants évitent les Libellules parce qu'ils pensent qu'ils cousent leurs oreilles ensembles ou qu'ils y passe pour pénétrer dans leur cerveau.

 

3. Résidentes du milieu aquatique.

Les Libellules aiment rester près de l'eau, à la fois dans les eaux stagnantes et courantes. D'où le schwab Fröschenhüeter, en France du sud gardo d'aigo , en Istrie   guardia del pozzo, paron d'aqua "gardien de l'eau" , en France du sud Trenco-l'aigo = tranche-eau (Gard) , Gira-panta (Ascoli-Piceno) Rota-cibbie (Rogliano), Pissa-in-fontana (Pirano) Cura-pess "Le pêcheur" (Comasco), en  Istrie . S. Pietro (cf. Saint-Pierre le pêcheur) et  Marinara (Reggio di Calabria).

 

4. Noms d'après le serpent.

Ils sont basés d'après Garbini sur la vitesse du vol et la longueur du corps. . Donc, dans les dialectes anglais: Aying adder "serpent volant" ou inversement Adderfly .

Dans le même sens: « Fleeing snake », « Fleeing ask, Adderbolt  », De même, dans le Trieste « Spada-madrac(c) » = latin mataris "javelot") .

En outre: Bull-adder ", Stiernatter", Horse-adder, ,Horse-long-cripple , «Stangin ether » "stinging snake", Snake's stang, ,Ather-bill, Ather-cap tous cités par  Rolland

Sur « Ather-cap » voir l'allemand « Otterkopf  ou le français du sud  Cap de sèr »  (Aveyron).

Alors que dans les noms précédents, le terme "serpent" est un sujet, il devient  l'objet dans les exemples suivant, où toute activité de la Libellule est dirigée vers le serpent, comme dans l'allemand Schlangenstecher , dans le même sens norvégien Ormstyng, steir. Natterhalter, Fisso-serp ou pico-serp en dialecte de Françe du sud-est, (dans le Gers), et « espugo sers » ("Schlangenkämmer") 95). Particulièrement frappant: est le gallois « Gwas y Neidr "le garçon ou le serviteur du serpent.". "Serviteur du serpent" ou "nourrisseur de serpents" sont les noms des Libellules en Pennsylvanie, où ils rejoignent les serpents et les aident à obtenir de la nourriture et  les avertissent du danger imminent ;  en reconnaissance, le serpent se venge du meurtrier des Libellules.

 Ceca-fusillo, littéralement un fuseau éblouissant.

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5. Nom d'après le cheval.

La comparaison avec un cheval est évidente en allemand : Rößchen, ndd. päerd, päerdje, goldpaerd, Ritterperd (Brême), Liebheilandspiardken, Engelspirken, Blauspirken, Gottespferdlein (Gadspirken), Himmelspferdchen, Görgenpferdlein, tous cités par Rolland.

Le cavalier saint Georges apparaît dans le nom sarde Caddu e santu Giuanne, le flamand Peerdecks, l'allemand Frauen Rössel, dans Lieve-Vrouwpeerd,  (voir Istre,  Cavaleta de la Madona),  Vliegende peerd, Koetse-peerd , pomm. Hatzpferd.

 Le terme "cheval" apparaît en flamand dans  Peerdenwachier, dans l'italien Scanna-cavaddi , dans le dialecte de Trieste Sgorbacavai, ou dans Pferdstecher (voyez en dialecte anglais Horsestinger.

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6. Désignation d'après d'autres animaux.

Autour de Liège, on croit que les scorpions, les lézards, les salamandres se transforment en Libellules. Voir "Salamandre" (Basse-Normandie) utilisé pour les grandes Libellules. Par contre les noms fréquents à d’autres animaux, comme par exemple Bachstelze, Sperling, Habicht , Wasserhuhn , Eisvogel , Schmetterling, Grille, Heuschrecke, Bremse, Fliege (Bergeronnette, Moineau, Faucon, Foulque, Martin-pêcheur, Papillon, Grillon, Sauterelle, Mouche, etc.) s'expliquent par l'intermédiaire d’un tertium comparationis. Le nom de Balarinna "Bergeronnette" dans le Piemont , ou en France celui de Poule française (Varengeville ) ", ou de Martin-pêcheur sont pris d' oiseaux qui fréquentent comme les Libellules les milieux aquatiques.

Gardini rapporte les surnoms italiens liés à la proximité des Libellules et des Papillons, comme Jarfala d’Aqua, Poejo (Vérone), Bellora (Toscane) .Voir le français Papillon d'amour (Pissy-Poville en Seine-Maritime), l'anglais Water-butterfly. Holstein est Particulièrement remarquable est le Speckfrêter rencontré en Hollstein, interprété comme speck(en)-fräter, Speckenbiter, car il semble y avoir une double substitution : Speckfreter = chauve-souris> papillon> Libellule.

Enfin, le surnom Pipistrielle observé par Garbini en Campanie signifie "chauve-souris".

7. Personnification.

La finesse gracieuse des Libellules. rappelle celle d'une jeune femme, d'où l'appellation "dame" ou "mademoiselle" : en francais Demoiselle , Dame de Paris (Côte d'or) , Damo (Languedoc), Reine (Deux-Sèvres) , Couturière française (H.-Saône, Jura), en italien Datnigdla , Signora (Vérone et ailleurs), Signorella (Campagnie).

Une distinction est également faite entre les grandes et les petites espèces comme deux personnes de sexe différents, de telle sorte que nous les voyons nommer Monsieur, et Demoiselle, ou Cousin et Cousine (H.-Saône, Doubs). Nous l’avons vu plus haut, Sposi, Morosi (= (a) tnorosi) désignent la libellule accouplée, qui se trouve lors de la reproduction.

Le mouvement étrange des mâchoires fait penser à une personne qui murmure une prière (ecclésiastique ou religieuse). À Bologne, dans la comptine de la Libellule., elle lit la messe. D'où les noms Pfäff en allemand, prêtre en français, Capäan (Her.), Moine (Saintonge, Orléans), ainsi que les formes italiennes de Priest "(Pavfa), Prede, (Marques), Fratre. Elles sont comparées aussi à des religieuses, d'ou l'allemand ou Nönnchen, le provençal Moungito, l'italien à Verone Moneghela.

Les noms d'artisan sont communs: en allemand Schneider (à cause de la silhouette élancée ou de la "couture"), Blinnesnider ou "tailleur aveugle", Bachschneider en Alsace , Schuhflicker, Schoniaker, Scholapper, l' italien Ciavatin , à Vérone Scarpar.

Quand elle est posée sur un rameau de branche avec les ailes déployées et le dos proéminent, la Libellule. ressemble à un cordonnier tirant un fil enduit de poix, d'où en allemand Pechdraht. Nous trouvons aussi à Lübeck Farwer (= teinturier) en référence à la couleur bleu ou jaune.

Après la récolte, on voit la Libellule posée sur le chaume le plus haut, d'où son nom de Schnitter à Caserte. Les formes Guldstned (danois ) ou Goldsmäd s'expliquent par ses ailes brillantes.

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8. Animisme.

Alors que les noms donnés ci-dessus ne sont que des personnifications rationalisées, les humanisations suivantes sont basées sur des idées mythiques anciennes. Que les surnoms de Seejungfer, Wasserjungfer, Vattenjungfer , néerlandais Waterjuffertje, suédois Sjö-rd (sirène) , soient considérés comme des influences mythiques et animistes, est attestée par Jungfer. Kornjungfer, Roggenmoder  qui rappelle Roggenmuhme des temps passés qui, avec ses longs cheveux effraye les enfants comme un fantôme terrifiant.

Et il y a encore Jumfer Sibold, Jumfer Lischen, Frut Medder, ("Frau Mutter" = Femme de la mère), ou l'obscène Wasserhure (également tout simplement Hure), Pfaffenköchin.

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9.  Manifestation de sorcière.

Le suédois  Horshomara "cheval de sorcière" nous conduit à la sorcière (Hexe en allemand ) avec les appellations  Wasserhex "sorcière des eaux" , Hexenvögel "oiseau de sorcière", ou en dialecte français  macrê (Rolland, Faune 13:80) et en dialecte d'Istrie strigo , tous deux signifiant  "sorcier". "Hexenpferd" est le nom de la Libellule à Teramo: Cavalle de li straje (Garbini,: 57) et dans les Pouilles: Cavaddu di stréa (Erb).  De même dans la tribu indienne des Dakota, la Libellule est considérée comme un animal de sorcière. Elle a le pouvoir de conjurer un coup, et ni l'homme, ni l'animal, ni la foudre ne peuvent la blesser (Knortz ,Insekten: 134.)

 

 

10.  Manifestation du Diable.

La sorcière est en relation très proche avec le diable. Si la Libellule en allemand est un Hexentier, c'est aussi un Teufelstier. D'où leur nom de Diable dans le Morbihan, de Dragon , de Drache, (anglo-americain), de Dragonfly en tant que représentant du diable. Les noms allemands  sont Teufels Großmutter , Teufelsbraut,  Teufelsmagd (finn.), Teufels-buhle, Drachenhure (La grand-mère du diable, la fiancée du diable, La servante du diable (en finlandais), la grotte du diable, la putain de Dragon).

À Naintrè (Vienne), la Libellule  est considérée comme l'amante lesbienne de l'épouse de Satan.
Nous trouvons encore Espia-dimonis «l'espion du Diable)".

Si la Libellule émerge elle porte. pendant un certain temps, la peau dénudée de sa nymphe au dos, d'où le surnom imagé de Teufelspferd , Hexenpferd, Teufels Reitpferd ; on a en français Chevau du diable (Allier), ailleurs Port cavallo d 'o demo , Calul dracului ou l' anglais Dragon-fly, Drachenfliege.

Garbini signale l'appellation Nordböhm (fossoyeur), où la Libellule est comparée à cet artisan, et la peau dénudée de l'exuvie avec un cadavre.

 

La comparaison de la Libellule avec une aiguille a été mentionnée ci-dessus ; d'où le surnom de Tüfelsnodle en Aargau pour les grandes Libellules, qui cousent les lèvres des enfants qui hurlent. De même, l'anglais Devil's needle et le français Aiguille du diable.(Côtes d'Armor).

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Published by jean-yves cordier
28 février 2019 4 28 /02 /février /2019 09:56

La verrière d'Adam et Ève et Caïn et Abel (vers 1550-1560) ou baie 122 de l'ancienne collégiale du Grand-Andely aux Andelys.

 

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Voir aussi :

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PRÉSENTATION.

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Les verrières de l'ancienne collégiale Notre-Dame (d'après Gatouillat 2001)

 

L'église Notre-Dame des Andelys, appelée collégiale à cause de la présence d'un collège de chanoines au Chapitre, a été construite, — alors que le duché normand avait été rattaché à la France par Philippe-Auguste par la prise de Château-Gaillard en 1204 —,  en 1215-1220 sur les ruines d'une abbaye de femmes fondée en 511, par sainte Clotilde, épouse de Clovis Ier, et détruite vers 900 par les vikings . Il ne reste rien des vitraux du XIIIe siècle où fut bâti l'essentiel de la nef et du chœur Une seconde grande campagne de construction vers 1330-1345 concerna l'achèvement des façades est et ouest, et la mise en place des voûtes . Au tout début du XVIe siècle, l'édifice connut de grandes transformations , dont témoignent en baie 16 des éléments d'un vitrail dû au verrier Arnoult de Nimègue. 

La campagne concerna le coté sud de l'édifice, correspondant à la reconstruction  des baies et à l'ouverture des chapelles. L'ensemble des baies sud furent vitrées de couleur entre 1510 et 1560. 

Les six  baies hautes du coté sud de la nef illustrent les premiers Livres de la Bible  se succèdent ainsi :

  • baie 120 : Genèse : la Création ; offerte par la Confrérie de la Charité vers 1540-1560.

  • baie 122 : Genèse, l'histoire d'Adam et Ève et de Caïn et Abel, vers 1550-1560.

  • baie 124 :  Genèse,  l'histoire de Noé, offerte vers 1550-1560 par Georges Le Picart de Radeval.

  • baie 126 : Genèse et  Exode : Isaac, Joseph et Moïse, datée de 1560, réalisée par Romain Buron.

  • baie 128 : Exode et Deutéronome : histoire de Moïse, datée vers 1560.

  • baie 130 : Deutéronome, Moïse , datée vers 1560, offerte par donateurs non identifiés.

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Cette baie 122 mesure 5,20 m de haut et 3,80 m de large et est divisée en 4 lancettes et un tympan à 3 carrés posés sur la pointe, 2 ajours ovales et 3 écoinçons. Elle illustre les chapitres 3 et 4 du Livre de la Genèse. Elle a été restaurée par Eugène Oudinot vers 1864.

L'histoire débute au tympan : 

0. La Tentation d'Adam et Ève par un serpent à tête humaine, dans un pommier.

Les quatre lancettes présentent :

1. Adam et Ève chassés par l'Ange du Paradis terrestre.

2. Adam et Ève avec leurs deux enfants : Adam coupant du bois, Ève allaitant tandis que la Mort grimace en jouant de l'archer. dans le  fond, un paysage devant un château.

3. Sacrifices d'Abel et Caïn. 

4. Caïn tue Abel avec une machoire d'âne;  châteaudans le lointain.

 

Dans la  brève description qu'en donne Edouard Didron en 1862, les inscriptions étaient jugées illisibles.

Aujourd'hui, les inscriptions placées au niveau inférieur des lancettes, de gauche à droite, sous chacune des scènes répondent au texte suivant :

ADAM APRES SA DESOBEISSANCE FUIT TRISTEMENT LA COLERE DE DIEU QUI TIENT EN SIGNE DE VENGEANCE UN DOME TOUT DE FEU ;

SUR SES GENOUX DANS SA DOULEUR AMERE EU A SON FILS TOUT BAIGNE DE SES PLEURS, ADAM LE FRONT INCLINE VERS LA TERRE, OUVRE LE SOL L'ARROSE DE SUEUR ;

ABEL OFFRIT DES FRUITS EN SACRIFICE LEQUEL LUI FUT UNE OFFRANDE ACCEPTABLE MAIS QUANT A CAIN TOUT PLEIN DE MALICE SON SACRIFICE FUT À DIEU DETESTABLE ;

ABEL ETANT TRES SIMPLE ET ROBUSTE AVEC SON FRERE IL ALLAIT EN MAINT LIEU (...) COMME (...) TUA SON FRERE BON ET JUSTE (...) FUT AUX YEUX DE DIEU

On lit également  au niveau de l'ogive :

ADAM FUT PAR EVE TENTE A PECHER CONTRE DIEU ; IL MANGEA LA POMME ; ONT TOUS DEUX LA MORT ENCOURUS ET DE (...) ; A TOUT HOMME

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Verrière de la Genèse Gn 3 et 4, baie 122 des Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Genèse Gn 3 et 4, baie 122 des Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Verrière de la Genèse Gn 3 et 4, baie 122 des Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Genèse Gn 3 et 4, baie 122 des Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Genèse Gn 3 et 4, baie 122 des Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Genèse Gn 3 et 4, baie 122 des Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Notez l'emploi de verre rouge gravé et peint au jaune d'argent pour les petites fleurs rouges de la lancette A.

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Verrière de la Genèse Gn 3 et 4, baie 122 des Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Genèse Gn 3 et 4, baie 122 des Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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La Mort tient-elle une faux, ou un archet ?

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Verrière de la Genèse Gn 3 et 4, baie 122 des Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Genèse Gn 3 et 4, baie 122 des Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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Verrière de la Genèse Gn 3 et 4, baie 122 des Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de la Genèse Gn 3 et 4, baie 122 des Andelys. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

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SOURCES ET LIENS.

— HÉROLD  (Michel) ; Verdier Hélène ; Thomas Sarah ; Chéron Philippe : Notice PM27001972 © Monuments historiques, 2005

 

http://www.inventaire.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=DENO&VALUE_98=verri%e8re&NUMBER=26&GRP=7&REQ=%28%28verri%e8re%29%20%3aDENO%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=200&MAX3=200&DOM=Tous

— BROSSARD DE RUVILLE, 1863, Histoire de la ville Andelis et de ses dépendances,Volume 1, Delcroix, 987 pages, page 435.

https://books.google.fr/books?id=IEIbAAAAYAAJ&dq=armoiries+longuemare+d%27azur&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

et les statuts page 385:

https://books.google.fr/books?pg=PA386&dq=ruville+andelys+%22Le+jour+du+Saint+Sacrement%22,&id=IEIbAAAAYAAJ&hl=fr&output=text

— DIDRON (Edouard), 1862, Les vitraux du Grand-Andely, dans Annales archéol., XXII (1862), 260-293. ou édition de 1863 par V. Didron, page 13

https://archive.org/details/annalesarcholo22pariuoft/page/260

https://books.google.fr/books?id=1AMtAAAAYAAJ&dq=%22saint+l%C3%A9ger%22+andelys&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— FOSSEY (abbé Jules) 1914, L'Art religieux dans les diocèses de Rouen et d'Evreux.. La Bible illustrée par les vitraux et bas-reliefs de la Haute-Normandie : Evreux, Impr. de l'Eure , 1914. In-8°, 129 p.

— GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), HÉROLD (Michel), 2001, Eglise Notre-Dame du Grand-Andely, ancienne collégiale  in Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France vol. VI, Paris, CNRS, 2001. p. 103.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 21:28

Lanvéoc : quelques clichés. Une bulle Consopitensis inhibition contra piratas  du pape Paul II en 1470 contre les pirates attaquant Camaret, Crozon et Roscanvel.

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Sur Lanvéoc, voir aussi :

Vouz aimez les zélices, vous? J'en fait mes délices.

 

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1°) Une plaque émaillée ancienne.

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Rue de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

Rue de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

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2°) Les reflets d'un vitrail.

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Eglise  de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

Eglise de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

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3°) Trois panneaux de céramique sur les murs de la Mairie.

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Mairie de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

Mairie de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

Mairie de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

Mairie de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

Mairie de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

Mairie de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

Mairie de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

Mairie de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

Mairie de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

Mairie de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

Mairie de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

Mairie de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

Mairie de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

Mairie de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

Mairie de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

Mairie de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

Mairie de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

Mairie de Lanvéoc. Photographie lavieb-aile 26 février 2019.

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Le professeur Lavieb s'est attaché à obtenir, auprès de la Chancellerie du Vatican, la copie  de  la bulle Consopitensis inhibitio contra piratas, mais hélas, les copistes ne sont plus ce qu'ils furent, et cette copie fourmille de fautes, attribuées à l'OCR. Ce sigle ne cache rien d'autre de la Reconnaissance Optique des Caractères. Rien n'aurait été plus facile au professore de corriger, grâce à sa maîtrise du latin, le texte pontifical, mais d'exigeants scrupules le lui ont interdit ; et il a pensé que cela serait un excellent exercice pour le lecteur en même temps qu'il se livrerait à sa traduction ; Donc, voici la Bulle :



Consopitensis inhibitio contra piratas. 1470, 1 janvier, Rome. Arch. du Vatican, Reg. Vat. 504 fol. 113
Pius, etc. Ad futuram rei memoriam. Ad compescendos  ansus nepharios perversorum qui, Dei timore postposito, 
manns improbas et rapaces ad personas et bona inocentium extendere non verentur, tanto magis nos deeet oportuno remedio providere, quanto per amplius tendunt in divine majestatis offensam et dispendium plurimorunt, Sane pro parte dilectorum filiorum universorum incolarum et habitatorum locorum et portuum maritimorum de Gameret, Crauzon et Rosquanvel in littoribus maris Britanie Gorisopitensis diocesis consistentium, nobi nuper exhibita petitio continehat q uod, licet predicti por­tus singulis annis quam plurimis mercatoribus et aliis fidelibus per illa maria navigantibus corumque navigiis saluti existant, si quidcm in maris tempestatibus et procellis, propter loci oportli.nitatem, mercatores et alii navigantes in illis fretis, que maxime periculosa Bunt, ao eosdem portus se recipere et salvare consueverint, necnon iidem incole et hahitores cosdem mercatores et alios navigantes in hujusmodi periculis et alias semperhumana mansue­tudine receptare et pacifiee tractare ac in eos magne humanitalis et benivolentie signa ostendere soliti sint, lumen interd um nonnulli pirate et predone:s maritimi, a quorum oculis Dei limor abseessit, pel' illa maria cum eorum navigiis disseurrentes, non attendentes ad pre­missa, dictos portus qui menibus vallati non sunt, ut eis­dem incolis et habitoribus nosceant, hostiliter invadere et absque ulla differentia tam clericos quam et personas ecclesiasticas quamque etian1 seeulares ex ineolis et habitatorihus antedictis, prout cos habere possunt, non absque violenta manuum injectione, captivare, detinere el carcerare, interdum etiam interficere et vulnerare ant alias crudelitcr tractare et ad se redimcndum verterè, necnon fractis ecclesiarum et aliorum locorum eeclesias­ticorum necnon domorum ipsorum ineolarum et habita­torum foribus hujusmodi ecclesiarum et locorum ac inco­larum et habitatorum hona et, quod eliam detestabilius est, calices, jocalia, libros, paramenta et alia ornamenta ecclesiastica oivino cultui deputata in predam abducere, habilatoresque earundem partium alias diripere et Ilonnunqt1am etiam igne concremare et alia Inala inibi perpètrare minime formidarunt, propter quod incole et habitatores prefati tot hactenus passi fuerunt incommoda atque damna, ut in eisdem portibus secure et absque metu habi­tare non possint, quidam etiam alii, non immunes ab excessibus antedictis, prefatos piratas in suis civitatibus, castris, villis aut locis cum personis captivatis et rebus in hujusmodi predam abductis, scienter receptare, alii etiam eis in premissis auxilium, consilium vel favorem prestare, quandoque presumpserunt, prout formidare ne de cetero presumant, in gravem divine majestatis offensam ac ipsorum incolarum et habitatorum prejudicium non modicum et jacturam. Quare pro parte incolarum et habitatorum predictorum nobis fuit humiliter supplicatum ut super hiis eorum stalui . et indemnitatibus oportune providere paterna diligentia curaremus. Nos igitur, qui fidelium quo­rumlibet quietem et tranquillum statum inlensis deside­riis exoptamus et ad quorum officium pertinet hujusmodi ausus quo ad possumus coercere, hujusmodi supplicatio­nibus inclinati, omnes et singulos piratas ac quorumcum que navigiorum ductores, cujuscunque Ilobililatis status, gradus, preeminentie, nationis, ordinis vel conditionis . existant et quacunque dignitate prefulgeant, sub excom­municationis et anathematis ac interdicti penis quas, si scienter contrafecerint, incidant eo ipso, auctoritate apostolica tenore presentium Inonemus eisque districtius injungimus ne de cet~ro prefatos portus ut ipsis incolis et habitatoribus noceant hostiliter intrare aut incolas et ha bpitatores prefatos vel eorum aliquem invadere, captivare, detinere vel ad redemptionem coercere aut ipsos vel pre­dictas ecclesias et pia loca bonis eorum spoliare vel alla premissa facere et perpetrare aut talia facientibus et per­petrantibus receptum, auxilium, consilium vel favorem prestare directe vel indirecte, publice vel occulte quoquo modo presumant, alioquin, si scienter contra fecerint, aut, postguam de monitione hujusmodi notitiam habuerint infra mensem ablata a se non restituerint, ipsos ex nunc 
prout extunc excommunicatos et anathematizatos eorllm­gue ci vitates et castra et loca interdicta existere eorundem tenore ,presentium declaramus, et nichilominus, ut de premissis nemo ignoriantam pretendere valeat, venerabili fratri episcopo Adurensi et dilectis filiis abbati monasterii Beate Marie de Doulas dicte diocesis ac officiali Corisopitensi pel' apostolica scripta mandamus quatinus ipsivel duo aut unus eorum,' pel' se vel alium seu alios, monitionem, mandatunl et declarationem nostram hujus-modi. ubi et quando et guotiens expedire viderint, solemniter publieantes, quoscungue piratas et navium ductores aliosque prelnissa vel eorum aligna facientes, eisque receptum, auxilium, consilium vel favorem, ut prefertllr, prestantes, quos propter premissa hujusmodi excommu­ nicationis et anathematis sententiam incurrisse, guorumgue loca propter hoc interdiela pel' facti evidentiam aut famam publicam ' aut summariam et extrajudicialiter super hUs pel' eos reeipiendam informatione ipsi constite­rit, tam nominatim quanl in genere excommunicatos et anathematizatos, ac ipsorum civitates castra et loca inter­dicta essa, infra civitatem et diocesem Corisopitenses duntaxat, in ecclesiis et aliis lods de quibus eis videbi­tur, publicenllntient faciantque ab aliis nuntiari et abomnibus arctius evitari, donec ad cor reversi spiritu resum plo amoris consilii de damnis et injuriis per eos incolis et habitatoribus prefatis illatis debite satisfecerint ac ab eisrlem sententiis ab apostolica sede vel aliguo ipsiusdelegatorum absolutionis, relaxationis et reconciliationis beneficiurri meruerint obtinere, et si pirate et alii predicti ad loca, civitates vel diocesem predictas aut alia in quibus hoc commode fieri possit quandocunque declinaverint, ipsos seu ipsorum bona capi et 'arrestari et tarrdiu detineri faciant, donec integre satisfecerint ut prefer­tur, contradictores per censuram ecclesiasticam appellatione posposita compeseendo, invocato ad hoc si OpllS fuerit auxilio brachii secularis, non obstantibus t'elicis recordationis Bonifacii pape VIII, qua cavetur ne aliquis extra suam curtatem et diocesem, ni si in certis exceptis easibus, et in iUis ultra unam dictam a fine sue diocesis, ad .]udicium evocetur seu ne judicp-s, a Sede dcputati pre­dicta, extra eivitatem et diocesem, in quibus 'deputatifuel'int, contra quoscunque proeedere aut alii vel aliis vices suas committere sen aliquos ultra unam dietama fine diocesis earundem trahere presumant, ac de duabus dietis in concilia ge'netali et personis ultra certum numerllm 'ad jncUcium non vocandis et a]iis apostolicis litteris contrariis quibuscunque, aut si aHquibus, communiter vel divisim, ab apostolica sit Sede indultum quod interdici, suspenc1i vel excommunicari non possint pel' HUeras apostolicas non facientes plenam et expressam ac de vetbo ad verhum de indulto hujmnnodi mentionem. Nulli ergo, etc., nos­trorum monitionis, injunctionis, declarationis et mani­festi infringere etc., Si quis, · etc... Datum Roma, apud Sanctum Petrum, anno, etc... n'lillêsimo quadringentesimo sexagesimo decimo, Kat. Januarii, ponti­ficatus nostri anno tertio. 

 

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En outre, monsieur Lavieb a demandé à son ami Henrici Waquetus la traduction qu'il avait donné à la SAF en 1913 : je crois que cela aidera beaucoup d'entre nous :  

« De la part de nos chers fils, les habitants des lieux et ports maritimes de Camaret, Crozon et Roscan­vel, établis sur les rivages de la mer de Bretagne au dio­cèse de Quimper, nous a été dernièrement présentée une supplique portant que, bien que les dits ports procurent le salut chaque année à quantité de marchands et d'autres fidèles naviguant à travers ces mers, ainsi qu'à  leurs navires, attendu que dans les tempêtes et les orages de mer, ces marchands et autres personnes naviguant dans ces parages particulièrement dangereux, ont coutume de se réfugier dans ces ports, dont la disposition est avantageuse, et que les dits habitants reçoivent toujours ces navigateurs avec humanité et mansuétude dans le péril et dans les autres circonstances, les traitent paci­fiquement et leur donnent les marques de la plus grande bienveillance, néanmoins, on a vu des pirates, des écu­meurs de mer, sans égard à ces considérations, se jeter, dans le dessein de nuire à ces gens, sur leurs ports, qui ne sont pas fortifiés, et, sans aucune distinction, saisir, retenir emprisonner les clercs et les personnes ecclésiastiques comme les séculières, parfois même les tuer et blesser ou leur infliger de cruels traitements, et les contraindre à payer rançon, non sans avoir forcé les portes des églises et des maisons, et, forfait plus détestable encore, emporté comme butin les calices, joyaux, livres et ornements réservés au culte divin, parfois même sans craindre de mettre le feu aux habitations et d'y perpétrer d'autres crimes. Pal' suite, les habitants de cette région ont subi de tels préjudices qu'ils ne peuvent demeurer en pleine sécurité dans leurs ports. D'autre part, certaines gens, qui, d'ailleurs, n'étaient pas à l'abri de ces excès, ont eu l'audace de recevoir sciemment dans leurs cités, châteaux et villages les pirates avec leurs captifs et leur butin, d'autres, bien plus, de leur prêter main-forte et conseil. » En conséquence, le pape enjoignait aux pirates, ainsi qu'à ceux qui consentiraient à les aider, de renoncer, au plus tôt, à leurs habitudes de violence ou de lâcheté. Si un mois après avoir eu connaissance de cet avertissement, ils n'en avaient tenu nul compte et s'é­taient refusés à restituer le fruit de leurs rapines, ils seraient excommuniés et frappés· d'anathème; l'interdit pèserait sur leurs villes, leurs châteaux et leurs terres; leurs biens seraient saisis, où qu'ils fussent. L'évêque d'Aire, l'official de Cornouaille et l'abbé de N.-D. de Daoulas étaient chargés de faire appliquer toutes les disposi­tions de la bulle. "

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SOURCES ET LIENS.

WAQUET (Henri), 1913, Pêcheurs cornouaillais et XVe siècle, Bulletin de la SAF 1913 tome 40 : 

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1913_0351_0362.html

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Published by jean-yves cordier - dans Presqu'île de Crozon
27 février 2019 3 27 /02 /février /2019 21:13

Quand la plage s'embrase : février à Crozon.

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Plage de l'Aber à Crozon. Photographie lavieb-aile 27 février 2019.

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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