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10 mars 2018 6 10 /03 /mars /2018 22:50

Les sablières (1551-1557) de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras (22). I. Le coté nord.

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Pour les autres articles sur les sablières, tapez ce mot sur l'onglet "Rechercher".

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PRÉSENTATION.

Malgré deux inscriptions des sablières précisant la pose de la charpente en 1551 (bas-coté sud) et en 1557 (nef nord), les sablières de Loguivy-Plougras forment, selon Sophie Duhem, "un ensemble des plus hétéroclites" puisque "une charpente à la décoration imposante peut avoir été sculptée au cours des siècles par des hommes aux sensibilités artistiques éloignées". 

Effectivement, en 1902, les corniches d'origine et les sablières de l'église de Saint-Jean-du Bally à Lannion, — dont  le chœur est reconstruit  à la même époque, l'abside en arrondi étant remplacée par un chevet plat—,  ont été enlevées et cédées à l'église de Loguivy-Plougras . Elles occupent actuellement la dernière travée du chœur.

D'autre part, des travaux d'agrandissement ont eu lieu de 1885 à 1887.  Comme l'indique l'inscription lapidaire du porche ouest, la chapelle initiale de Loguivy-Plougras  a été commencée en 1516, et sa tour en 1566 ; elle  mesurait 28,5 mètres de longueur. Lorsque l'église de Saint-Yvi fit détruite et qu'en 1856 la chapelle Saint-Émilion fut élevée au rang d'église paroissiale, elle fut agrandie de 1885 à 1887 par le prolongement des bas-côtés au delà des bras du transept et la translation du chevet vers l'est. Le vaisseau central (nef + chœur) atteint 40 mètres de long entre deux séries de 6 arcades supportées par des colonnes cylindriques. Avec ses bas-cotés, l'église est large de 27 mètres hors-tout. 

Les sablières les plus anciennes entourent le transept et longent les bas-cotés. Elles semblent antérieures au monument actuel. Celles qui décorent la nef coté ouest datent de 1557.

 

 

Néanmoins, malgré cet apport exogène et cet agrandissement au XIXe siècle, j'éprouve pour ma part lors de ma visite un sentiment d' homogénéité, car ces corniches sculptées ont en commun un fond rouge bordeaux sur lequel se détachent des motifs figurés en moyen-relief tous peints de la même couleur gris-plomb. Des caractéristiques stylistiques se répètent, comme les yeux ronds et globuleux et le dessin des dragons et des grylles. Enfin, toute la charpente (y compris blochets et abouts de poinçon) porte les armoiries à croix pattée rouge des Poulgras, seigneurs du lieu.

Le développement linéaire de ces sablières, qui suivent comme une frise obstinée la nef,  le chœur, les bras du transept et les bas-cotés, est considérable. Même en divisant leur présentation en plusieurs articles, la visite sera longue, et on sera avisé de prévoir un casse-croûte.

Elles n'ont pas fait l'objet, à ma connaissance, d'une description particulière. La meilleure description générale de l'église est un texte anonyme, dont les trois pages sont  placardées dans l'église, et qui sont reproduites par le site Infobretagne. 

On sait que je ne suis pas photographe et que mes clichés servent de support à mon texte. Avec mon matériel d'amateur, mon dégoût pour la technique, mon éclairage d'appoint improvisé et l'éloignement de mes cibles, j'ai fait ce que j'ai pu ; j'implore qu'on veuille bien m'en excuser et se référer aux travaux de photographes patentés.

La visite .

Après un coup d'œil aux entraits engoulés, je débuterai par l'angle nord-ouest, au dessus d'une tribune qui compliqua encore mes prises de vues, je ferai le tour de  la nef dans le sens horaire, pour me retrouver au pied de la tribune, au sud.

Les inscriptions ont retenu tout mon intérêt. Elles mériteront sans doute un article particulier.

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Porche ouest de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Porche ouest de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Avant d'entrer, remarquons pour placer le cadre chronologique et stylistique,  sous le fronton du porche, l'inscription CESTE . CHAPPELE.  FVT .  COMMENCEE . 1516.  ET .  LA . TOVR . 1566.

Le texte de l'entablement est placé sur deux lignes  dans deux cartouches en réserve. La ponctuation fait appel à des points simples et losangiques. Les lettres sont des majuscules romaines (le Champfleury de Tory date de 1529)  et les chiffres sont arabes.  Les amateurs apprécieront le N rétrograde du verbe COMMENCEE. L'orthographe CHAPPELE reproduite par Couffon n'est pas respectée dans le texte mis en ligne par Infobretagne.

Ce proche est de style Renaissance, avec ses colonnes cannelées à chapiteaux corinthiens, son fronton triangulaire et sa clef de voûte sculpté d'un motif qui serait à définir.

La croix pattée des armoiries des chevaliers de Plougras occupe une place de choix à l'intérieur du fronton.

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Porche ouest de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Porche ouest de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La même croix pattée occupe aussi la pointe du fleuron d'une porte latérale nord :

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Porte de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Porte de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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VUES GÉNÉRALES DU VAISSEAU CENTRAL.

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Vue de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Vue de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Vue de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Vue de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Vue de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Vue de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Proposition de plan (à vérifier) des entraits et sablières.

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Plan de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Plan de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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I. LES ENTRAITS DU VAISSEAU CENTRAL.

Je compte huit entraits engoulés. Les troisième et cinquième portent deux motifs sculptés au tiers de leur longueur. Les sixième, septième et huitième (au dessus du chœur)  portent un motif sculpté en leur milieu. Ce sont ces motifs qui m'ont intéressés. Ils font le tour de la poutre comme une virole, et leur examen supposerait d'en examiner les quatre faces.

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Troisième entrait . Un couple.

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Entrait n° 3 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Entrait n° 3 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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A gauche : une femme.

Le visage est peu gracieux. Il est coiffé d'un voile qui se prolonge en guimpe ; un autre élément barre la poitrine et se développe latéralement comme deux ailes. En dessous, les deux bras sont croisés devant le milieu d'une robe à gros bouton. Cela pourrait être la Vierge, dans une disposition analogue aux poutres de Gloire, avec Saint Jean à sa droite, mais aucun argument ne vient étayer cette hypothèse.

 

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Entrait n° 3 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Entrait n° 3 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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A droite, un homme.

Joufflu, les cheveux frisés, ne portant pas la barbe (pourtant à la mode au milieu du XVIe), il s'accroche à la poutre comme à une barre fixe. Il est vêtu d'une tunique à longues manches plissées, fendue au milieu et fermée par des boutons ronds. Son absence de barbe est le seul argument pour identifier ici saint Jean.

Entrait n° 3 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Entrait n° 3 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le cinquième entrait : un homme et deux dragons.

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Entrait n° 5 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Entrait n° 5 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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A gauche, un homme.

Cet homme barbu (cela pourrai-être le Christ) passe la tête sous un dais ou une gloire. Il est vêtu d'un manteau ouvert sur une tunique ras-du-cou. Il tient dans ses bras un petit enfant. 

Entrait n° 5 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Entrait n° 5 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Entrait n° 5 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Entrait n° 5 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Si nous observons l'autre face de la poutre, nous découvrons que cet enfant — c'est peut-être un homme nu, ou une âme — est sauvé de l'atteinte d'un serpent qui passe entre ses jambes. L'homme barbu serait-il le Sauveur libérant l'Homme du Mal ?

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Entrait n° 5 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Entrait n° 5 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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A droite, deux dragons affrontés.

Des dragons, ils ont la gueule aux crocs acérés, les oreilles en feuille de figuier, l'échine épineuse, mais surtout la queue qui contourne leur arrière-trains pour se terminer en une petite tête ronde.

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Entrait n° 5 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Entrait n° 5 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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De la même façon, si nous cédons à la curiosité de découvrir la face orientale, nous y découvrons un homme qui tient les pattes des dragons. II est coiffé d'un casque ou d'un bonnet rond, il est vêtu d'une tunique et de hauts de chausse à crevés. Ce serait un damné. 

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Entrait n° 5 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Entrait n° 5 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Entrait n° 8 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Entrait n° 8 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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II. LES SABLIÈRES DU COTÉ NORD DE LA NEF.

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Je les désigne comme des sections séparés par les huit entraits; a priori, chaque section correspond à une "pièce" de sablière. J'en compte neuf de chaque coté. 

N1 : PREMIÈRE SECTION DU COTÉ NORD DE LA NEF.

C'est la pièce la plus difficile à voir car elle est masquée par la tribune. Elle est pourtant d'un grand intérêt. Elle débute par un blochet.

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Blochet nord-ouest. Un homme barbu portant un autre barbu sur son dos. Croix pattée des Plougras.

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Blochet nord-ouest de  la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Blochet nord-ouest de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Du blochet jusqu'au premier entrait. Un animal fantastique.

J'en laisse la description à celui qui aura accès à la tribune.

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Sablière N1  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N1 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N2. DEUXIÈME SECTION DU COTÉ NORD DE LA NEF. Spirale de vigne.

C'est une succession de huit boucles serpentines, sans caractère zoologique, la tige formant ces boucles contournant à chaque fois huit grappes de raisins. 

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Sablière N2  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N2 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N3. TROISIÈME SECTION DU COTÉ NORD DE LA NEF. QUATRE DRAGONS

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Le même motif se répète trois fois, celui d' un dragon dont la queue se termine par une tête d'homme barbu. ·À droite, un dragon plus simple tourne sa tête vers nous.

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Sablière N3  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N3 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablière N3  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N3 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablière N3  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N3 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablière N3  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N3 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N4. QUATRIÈME SECTION DU COTÉ NORD DE LA NEF. INSCRIPTION DE FONDATION (1557).

Elle est constituée d'une inscription en deux parties séparées par un médaillon, et inscrite sur une banderole factice tenue par deux personnages. 


 

Sablière N4  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N4 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablière N4  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N4 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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A gauche : un homme coiffé d'un bonnet et portant des binocles.

Le bonnet est (peut-être) replié sur le devant en triangle. Un bonnet carré de recteur ? Un bonnet de docteur ? L'encolure de sa tunique est élargie par une courte fente médiane.

On trouve des binocles représentés par les sculpteurs sur bois en Bretagne sur un retable de  Notre-Dame-du-Crann de Spézet (seconde moitié du XVIe siècle). On les trouve aussi, dans l'art du vitrail, sur une Circoncision de l'église Saint-Mériadec en Stival, et sur la Dormition de la chapelle Notre-Dame-du-Crann

Comme je l'ai déjà écrit,  les lunettes, qui avaient été inventées en Italie vers 1300, ont déjà plus de 200 ans d'existence, sous cette forme de deux lentilles convexes en cristal de roche montées sur un pince-nez. En 1434, Van Eyck avait déjà peint le chanoine Van der Paele  tenant ses binocles contre son bréviaire. Les branches de lunettes permettant leur fixation derrière les oreilles attendront le XVIIIe siècle pour être inventées.

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Sablière N4  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N4 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Au centre : un homme de profil dans un médaillon.

Au centre d'un cuir découpé, un médaillon renferme le profil d'un homme jeune, aux cheveux courts (ou portant une calotte), à la large bouche gourmande. Les cuirs découpés et les médaillons sont deux témoins de l'influence de l'art de la Renaissance.

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Sablière N4  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N4 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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L'inscription (1). 

Elle est formée de lettres minuscules gothiques aux jambages bifides, sans lettres conjointes. La ponctuation de séparation des mots est le deux-points. Le tilde est utilisé en élision de la lettre -N dans les mots a[n]bas et cea[n]s. Les lettres -S  sont ornées. Je lis du coté gauche ceci : 

 

LE : BOIS : DU : BOUT :

DA[N]BAS : DE : CEANS : FAICT

soit :

"Le bois du bout d'en bas de céans fait" ...

Le terme de "bois" pour désigner la charpente est attestée sur les inscriptions des sablières à Arz en 1554, à Belz en 1562, à Berric en 1554, Boquého en 1486, Canihuel en 1598, Le Croisty en 1553, Daoulas en 1529, Elven en 1536, Guestel en 1443, Grâces-Guingamp en 1508, Guégon en 1456, Guénin en 1577 et en 1604, Locoal-Mendon en 1621, Moréac en 1565, Ploérin en 1467, Plouhinec en 1519, Plumelec en 1554, Pluméliau en 1533, Sulniac en 1503, 1567 et 1565, Theix vers 1536, Tréffléan en 1524. (par consultation de l'inventaire de S. Duhem). On trouve aussi l'expression "a été boisée".

Comment comprendre "le bois du bout d'en bas" ? Si le "haut" de la chapelle est son chevet, et le "bas" sa nef (les deux parties étant alors séparés par un jubé ou une clôture), il est possible de l'interpréter comme "l'extrémité occidentale  de la nef ". 

Autrement dit: " la charpente de l'extrémité occidentale de la nef de cette chapelle a été faite " ....

 

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Sablière N4  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N4 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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L'inscription (2). 

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Elle débute par une clef où sont suspendus deux rubans (j'interprète ainsi les deux marques en X et Y).

Cette clef doit-elle être comprise comme un rébus, en remplacement d'un nom ou d'un mot, doit-elle être considérée comme une marque professionnelle (les clefs figurent parmi d'autres outils dans la liste des diverses marques), ou comme un ornement faisant allusion à une ré-ouverture du sanctuaire ??

 

Je lis pour cette partie :

AUGTE : G : LAMY ON

: GOUARN RES : A : P[RESE]NT : L : M : VCZ : LVII

On remarquera l'utilisation de lettres suscrites à trois reprises, et celle d'un M aux fûts perlés pour "MIL".

Ma leçon est :

""Le bois du bout d'en bas de céans fait [par] Augte  G. Lamyon Gouverneur à présent l'an mil cinq cent cinquante sept (1557)".

Le prénom Auguste, suggéré pour résoudre "Augte"  est douteux, puisqu'un tilde n'est pas placé pour signaler une élision.

Je propose d'identifier ce gouverneur comme étant Guillaume Lamyon, maître charpentier.

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Sablière N4  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N4 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Au total, nous avons : 

LE : BOIS : DU : BOUT : / AUGTE : G : LAMY ON

DA[N]BAS : DE : CEANS : FAICT / : GOUARN RES : A : P[RESE]NT : L : M : VCZ : LVII

"Le bois du bout d'en bas de céans fait [par ] Augte G. Lamyon Gouverneur à présent l'an mil cinq cent cinquante sept (1557)".

 

Elle est proche de celle de Sophie Duhem est exacte:

LE : BOIS : DU : BOUT : DA[N]BAS : DE : CEA[N]S : FAICT : P[AR] J. AVG[US] TE : G : LAMYON GOVARN[NEUR] : A : P[RESE]NT : L[AN] : M : VCZ LVII

Celle de René Couffon est, comme souvent, approximative, mais cet auteur est régulièrement copié aveuglément. 

 

"Enfin, la sablière de la longère nord de la nef porte : « Le bois du bout d'a bas de ceans faict (une tête puis une clef) Auguste Glamyon gouarner à p(rese)nt l'an M V cz L VII (1557) ; et au-dessous : fet J. Guille. "

Dans le même genre, je lis sur l'article Wikipédia :

"Le bout d'en bas de céans fait par Lamy Y. Gouarn à présent l'an 1557" 

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Sablière N4  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N4 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N5.  CINQUIÈME SECTION DU COTÉ NORD DE LA NEF.  SIGNATURE G.F ET HUIT MÉDAILLONS.

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Huit médaillons de style Renaissance représentent des hommes placés en vis à vis, autour d'un médaillon central à monogramme G.P.

 

Commentaire de Sophie Duhem :

 

"Les sculpteurs italiens développent à la fin du Quattrocento le thème du buste en relief sur médaillon, une figure qui apparaît à plusieurs reprises dans l'ornementation des charpentes. Bien que nous n''ayons pas retrouvé dans les recueils de gravures d'équivalents iconographiques des modèles sculptés sur les sablières, l'origine italienne ne fait aucun doute. Au total, 82 pièces de charpente sont ornés de portraits sur médaillons, principalement regroupés dans les paroisses du Cap Sizun et dans le diocèse de Vannes. Le modèle le plus répandu présente une tête de face ou de profil, disposée au centre d'un médaillon cranté ou marqué d'encoches [Loguivy-Plougras] Cette dernière formule est utilisée par J. Brellivet à Cleder-Cap-Sizun (1554), Primelin, et Saint-Nic (1562). P. Poulichet à Lanonnet (1568) et Le Saint préfère sculpter en très haut relief une succession de personnages en bustes, qui ont manifestement inspiré l'artisan de la chapelle Saint-Sébastien au Faouët."

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Sablière N5  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N5 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Qui sont ces hommes ? Il est impossible de le dire. Le quatrième ressemble fortement au médaillon central de  N4. Barbus ou imberbe, coiffés de chapeaux ou nu-têtes, ils évoquent des personnages contemporains. 

Sablière N5  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N5 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablière N5  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N5 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Le médaillon central porte un cuir, sur lequel sont inscrites les lettres : G / P :

Je propose de lire dans ces initiales celles de Pierre Guillot.

Elles entourent une herminette, laissant penser qu'il s'agit du maître charpentier. 

 

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Sablière N5  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N5 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N6.  SIXIÈME SECTION DU COTÉ NORD DE LA NEF. DRAGONS, LION, ANIMAUX ET ÊTRES FANTASTIQUES.

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Sablière N6  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N6 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablière N6  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N6 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablière N6  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N6 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablière N6  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N6 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablière N6  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N6 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablière N6  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N6 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablière N6  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N6 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablière N6  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N6 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablière N6  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N6 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablière N6  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N6 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N7.  SEPTIÈME SECTION DU COTÉ NORD DE LA NEF. ENTRELACS ET PALMETTES.

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Sablière N7  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N7 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N8.  HUITIÈME SECTION DU COTÉ NORD DE LA NEF. PORCS, SIRÈNE, DRAGON AILÉ, CENTAURE, ETC.

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Sablière N8  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N8 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablière N8  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N8 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Une sirène tenant un serpent, ou une femme sortant d'une conque. Un dragon ailé fantastique.

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Sablière N8  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N8 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Un centaure tenant un bâton est poursuivi par un dragon ailé et par un dragon.

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Sablière N8  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N8 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N9. SIMPLE ARABESQUE.

C'est cette pièce qui viendrait de l'église Saint-Jean-de-Bally de Lannion.

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Sablière N8  de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière N8 de la nef de l'église Saint-Émilion de Loguivy-Plougras. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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SOURCES ET LIENS.

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COUFFON (René) 1939,  Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier, extrait des Mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc, Les presses bretonnes, 1939, p. 233-235.

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6562108b/f29.image

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6562108b/f46.image

— DUHEM (Sophie) 1998, « Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle,  Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1998  105-1  pp. 53-69

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1998_num_105_1_3972

— DUHEM (Sophie) 1997, Sablières sculptées de Bretagne : images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérite bretonne (XVe-XVIIe s.). Thèse de doctorat en Histoire. Sous la direction de Alain Croix. Soutenue en 1997. à Rennes 2 .

— DUHEM (Sophie) 1998, Les Sablières sculptées de Bretagne, Presses Universitaires de Rennes, 390 pages. Pages  66-69-72-183-232-233-266-267-277-278 : 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
5 mars 2018 1 05 /03 /mars /2018 21:50

Les crossettes et les gargouilles de l'église de Loc-Envel (22).

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— Sur les crossettes, voir :

Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

Quelques crossettes sculptées de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. 

Les crossettes de l'église de Plougourvest (29).

L'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault VII. La crossette.

 

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INTRODUCTION.

Loc-Envel, "lieu saint  (ermitage) de saint Envel", à l'extrémité ouest de la forêt de Coat-An-Hay, domine le Guic, principal affluent du Léguer qu'il rejoint à Belle-Île-en-Terre. Le Léguer poursuit ensuite son cours jusqu'à Lannion et le Yaudet. Loc-Envel cumulait donc jadis les avantages économiques des rivières (pêche, moulins) et des bois (chasse, abattage) ou de l'exploitation ferrifère (Chauris 1990). Voir Géoportail. C'est aujourd'hui, avec ses 69 habitants, la moins peuplée des 1250 communes bretonnes.

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 L'église, le site et ses revenus furent la propriété, en tant que prieuré-cure, de l'abbaye bénédictine de Saint-Jacut-sur-Mer (à l'ouest de Saint-Malo)  de 1163 jusqu'à la Révolution. 

L'église Saint-Envel de Loc-Envel, de style gothique flamboyant, est datée "du XVIe siècle". Puisque ce style s'est exprimé entre 1420 et 1550 au plus tard, nous pouvons préciser "Première moitié du XVIe siècle". Elle a été décrite par René Couffon en 1939, puis par Raymond Cornon en 1950 et par Pierre Barbier en 2005. Elle serait "le prototype des petits édifices religieux de la partie occidentale des Côtes-du-Nord". Son plan consiste en une nef de trois travées avec  collatéraux, un transept non saillant, et une petite abside à trois pans coupés. A une époque indéterminée, elle a été fâcheusement mutilée ; c'est ainsi que les trois fenêtres de l'abside ont été découronnées de leurs gâbles à crochets. Il en a été de même pour deux des lucarnes éclairant les bas-côtés.

Ses gargouilles et ses crossettes, désignées sous le terme de "chimères", font le bonheur des photographes, et d'excellents clichés, que nous devons à Kergoulay illustrent l'article Wikipédia . D'autres, par Gilbert Frey, illustrent l'article d'Infobretagne. C'est dire que la toile n'avait nul besoin que je lui confie mes médiocres clichés, pris au pas de chasseur entre deux averses d'une matinée de septembre, lors de cette Folle Journée du Patrimoine qui allait me conduire ensuite à visiter une dizaine de sites costarmoricains dont Ploguivy-Plougras, Locmaria en Belle-Île, Grâces-Guingamp, Châtelaudren et Lantic.

Mais ces sculptures méritaient, en plus de ces belles photographies, une étude réglée, considérant ces crossettes et gargouilles comme un ensemble stylistique et iconographique déterminé par un projet — non seulement ornemental, mais religieux — dont il fallait chercher la cohérence. Quitte à, plus tard, relier le corpus obtenu pour le comparer sur les modes diachroniques et synchroniques chers à nos universitaires, aux ensembles répertoriés dans les autres édifices religieux (ou civils) de Bretagne.

J'ai donc fait, sous mon parapluie, le tour de l'église en partant de l'angle nord-ouest dans le sens horaire, le nez en l'air, guettant au tombant de chaque rampant des pignons et lucarnes les animaux et personnages qui m'y attendaient. 

J'ai trouvé, hormis ceux qui cantonnent le clocher,  13 éléments sculptés figurés soit 9 crossettes et 4 gargouilles, répartis en 5 être humains et 8 animaux . Ce sont,  dans l'ordre d'apparition sur l'écran :

C1. Un dragon mordant sa queue.

C2 Un homme allongé se caressant la barbe,

C3 Une femme allongée, accoudée à la corniche,

G1, un lion,

G2, un jeune homme en aube (ange?),

G3, un homme barbu rieur en tunique plissée,

G4, une femme grimaçant,

C4, un dragon,

C5, un lion,

C6, un lionceau,

C7, un autre lionceau,

C8, un lion ou chien,

C9, un lion.

Cette prédominance des lions (6) et des dragons (2) est parfaitement en phase avec l'iconographie des crossettes et gargouilles en Bretagne, et notamment en Nord-Finistère où elle a été étudiée par Emmanuelle Le Séac'h. L'originalité, si on me suit dans mes identifications, est de trouver des lionceaux, que je n'ai pas trouvé sur d'autres sites. 

La taille des sculptures est  mixte, en ronde-bosse pour la partie qui fait amortissement en bas-relief ou moyen-relief pour la partie de la pierre engagée dans la construction.

La pierre me semble être du granite. Notez néanmoins que :

"Les orthogneiss de Guimiliau et de Plougonven (Finistère), ainsi que ceux de Loc-Envel (Côtes d’Armor) appartiennent à un complexe comparable aux gneiss de Brest...; Les chapelles de Saint-Eloi et de Luzivilly en Plouigneau présentent des moellons en gneiss de Plougonven. L’église de Loc-Envel montre des dalles gneissiques de provenance locale." Louis Chauris http://journals.openedition.org/rao/1482

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Cliquez sur les images pour une meilleure vision. Clocher-mur de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

Cliquez sur les images pour une meilleure vision. Clocher-mur de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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C1. CROSSETTE DE L'ANGLE NORD-OUEST. UN DRAGON MORDANT SA QUEUE.

Malgré l'érosion du granite et malgré les lichens, malgré le contre-jour, je propose cette interprétation en m'aidant de l'image de Kergoulay. La tête fine m'évoquait celle d'un lapin, j'ai pensé ensuite que celui-ci emportait dans sa gueule une âme humaine, puis j'ai cru qu'il mangeait un poisson, mais nous distinguons bien une longue queue qui développe des spires autour du corps avant de se terminer entre les dents de la bête. Cela ne peut correspondre qu'au dragon caudophage (je viens de créer sans fierté ce néologisme), qui s'affiche clairement à Landivisiau ou à Pencran, parmi d'autres exemples, la queue souvent terminée par une tête de serpent tenue dans la gueule.

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C1, dragon dévorant, granite, 1ère moitié XVIe siècle, angle nord-ouest de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

C1, dragon dévorant, granite, 1ère moitié XVIe siècle, angle nord-ouest de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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C1, dragon dévorant, angle nord-ouest de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

C1, dragon dévorant, angle nord-ouest de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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C2. RAMPANT DROIT DU PIGNON DU BRAS NORD DU TRANSEPT. HOMME ALLONGÉ CARESSANT SA BARBE.


Le rampant à crochets est amorti à droite par une longue crossette qui nous présente, en suivant notre trajet, une tête baissée. C'est celle d'un homme barbu, au front ridé, au crâne lisse ou coiffé d'un bonnet très ajusté. 

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C2, homme caressant sa barbe, granite, 1ère moitié XVIe siècle, rampant du pignon du transept nord de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

C2, homme caressant sa barbe, granite, 1ère moitié XVIe siècle, rampant du pignon du transept nord de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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Cet homme au front soucieux a les yeux exorbités sous d'épaisses arcades sourcilières, un nez épaté aux narines en manche à air, des sillons naso-géniens en parenthèses, et une barbe bifide qu'il caresse affectueusement.

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C2, homme caressant sa barbe, granite, XVIe rampant du pignon du transept nord de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

C2, homme caressant sa barbe, granite, XVIe rampant du pignon du transept nord de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

C2, homme caressant sa barbe, granite, XVIe rampant du pignon du transept nord de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

C2, homme caressant sa barbe, granite, XVIe rampant du pignon du transept nord de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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Une fois que nous sommes sous la baie au remplage à fleur de lys, nous voyons que ce sosie de Socrate en Silène est allongé confortablement à plat ventre. Est-il nu ? Je crois distinguer la ligne transversale d'une manche courte et d'un haut de chausse, ainsi qu'une paire de solides souliers. Mais que ne suis-je Locenvellois pour aller scruter, par tous les éclairages, ces détails cruciaux !

Cette posture rappelle un peu celle des crossettes de Landerneau ou de Le Tréhou, qui sont des soldats. Je me demande si un objet allongé n'est pas discernable le long de la jambe. Son bonnet n'est-il pas un casque ?

Sous ses allures vénérables, cet homme qui nage sur la vague de ce toit n'est peut-être pas un exemple pour l'édification morale des bons chrétiens, car depuis les modillons romans, les hommes qui se caressent la barbe sont des figures d'une auto-sexualité lascive.

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C2, homme caressant sa barbe, granite,1ère partie  XVIe rampant du pignon du transept nord de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

C2, homme caressant sa barbe, granite,1ère partie XVIe rampant du pignon du transept nord de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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Le bras nord du transept et le chevet  vus depuis l'angle nord-est . 

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Angle nord-est du pignon du transept nord de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

Angle nord-est du pignon du transept nord de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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C3. RAMPANT GAUCHE DU PIGNON DU BRAS NORD DU TRANSEPT. FEMME ALLONGÉE BRAS CROISÉS.

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Elle est allongée de façon symétrique à son compagnon, et semble s'être installée à son balcon. Ses cheveux sont dénoués, ce qui préjuge de son jeune âge, ou de sa moralité élastique. Avec son large nez et sa bouche trop grande sur un menton effacé, elle ne peut prétendre à être élue Miss Loc-Envel. Mais le sculpteur ne l'a pas trop chargé non plus, aussi est-il difficile de la cataloguer clairement. Mais est-elle seulement habillée, au moins ? N'est-elle pas pieds-nus ? Encore une chose à aller examiner de très près.

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C3, femme les bras croisés, granite,1ère moitié  XVIe,  rampant gauche du pignon du transept nord de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

C3, femme les bras croisés, granite,1ère moitié XVIe, rampant gauche du pignon du transept nord de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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C3, femme les bras croisés, granite,1ère moitié  XVIe,  rampant gauche du pignon du transept nord de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

C3, femme les bras croisés, granite,1ère moitié XVIe, rampant gauche du pignon du transept nord de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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C3, femme les bras croisés, granite,1ère moitié  XVIe,  rampant gauche du pignon du transept nord de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

C3, femme les bras croisés, granite,1ère moitié XVIe, rampant gauche du pignon du transept nord de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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LE CHEVET ET SES GARGOUILLES.

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Le chevet a trois pans, percés de trois fenêtres dont l'encadrement sert de pignon à trois petits toits. Ces trois petits toits ne couvrent pas la totalité de l'abside : chacun se raccorde à une classique couverture d'abside à trois pans. Le chevet est orné d'étranges chimères et d'impressionnantes gargouilles. Les gargouilles reposent directement sur les contreforts." (Wikipédia)

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Chevet de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

Chevet de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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LE PAN NORD-EST ET SES DEUX GARGOUILLES.

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Pan nord du chevet  de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

Pan nord du chevet de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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Les deux gargouilles G1 et G2 du pan nord du chevet de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

Les deux gargouilles G1 et G2 du pan nord du chevet de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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G1. PREMIÈRE GARGOUILLE : UN LION.

C'est notre brave lion des crossettes et gargouilles de Basse-Bretagne, avec son front frisé, sa gueule débonnaire à la langue bien pendue, à la crinière bouclée, à l'arrière-train lisse, musclé et fin et, arborée comme sa signature, sa longue queue faufilée sous la patte antérieure droite  avant de faire retour sur le dos et se diviser en un fouet souvent à trois pointes. Il rugit volontiers mais n'a jamais fait de mal à personne.

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G1, lion de gargouille ( granite,1ère moitié  du XVIe, ) du pan nord du chevet de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

G1, lion de gargouille ( granite,1ère moitié du XVIe, ) du pan nord du chevet de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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G2, DEUXIÈME GARGOUILLE. UN HOMME TENANT SON MENTON .

De face, avec sa bouche découvrant deux belles rangées de dents et ses yeux en amandes parfaites centrées par des pupilles creuses, il est impressionnant. La pierre, de couleur noire et de grain très fin, évoque le kersanton finistérien. 

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G2, homme grimaçant ( kersanton,1ère moitié  du XVIe, ) du pan nord du chevet de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

G2, homme grimaçant ( kersanton,1ère moitié du XVIe, ) du pan nord du chevet de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

G2, homme grimaçant ( kersanton,1ère moitié  du XVIe, ) du pan nord du chevet de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

G2, homme grimaçant ( kersanton,1ère moitié du XVIe, ) du pan nord du chevet de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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G2, homme grimaçant ( kersanton,1ère moitié  du XVIe, ) du pan nord du chevet de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

G2, homme grimaçant ( kersanton,1ère moitié du XVIe, ) du pan nord du chevet de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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Mais en avançant un peu plus il révèle sous des cheveux délicieusement bouclés un profil pur et rieur, à la ligne de nez charmante. Il a placé sa main sous son menton afin de mieux discuter avec son léonin voisin. Il est sagement vêtu d'une aube aux manches lisses, et à l'étoffe aux plis tuyautés sous la ceinture. À ce jouvenceau aux traits angéliques, il  ne  manque que les ailes.

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G2, homme grimaçant ( kersanton,1ère moitié  du XVIe, ) du pan nord du chevet de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

G2, homme grimaçant ( kersanton,1ère moitié du XVIe, ) du pan nord du chevet de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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Les deux gargouilles G1 et G2 du pan nord du chevet de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

Les deux gargouilles G1 et G2 du pan nord du chevet de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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LE PAN SUD-EST ET SES DEUX GARGOUILLES.

On profitera pour noter la frise qui ceinture la partie basse des trois pans.

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Les deux gargouilles G3 et G4 du pan sud du chevet de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

Les deux gargouilles G3 et G4 du pan sud du chevet de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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G3 TROISIÈME GARGOUILLE : HOMME BARBU RIANT.

Visage enjoué, cheveux bouclés, barbe méchée, cet homme jaillit en fût monolithique comme un skieur à l'épreuve de saut, bras collés le long du corps pour profiter de la meilleure aérodynamique. Il est passé trop vite devant moi, je n'ai pas eu le temps de voir si, contre son aube plissée, je pouvais distinguer ses bâtons.

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G3, homme monolithique mais rieur, gargouille du pan sud du chevet de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

G3, homme monolithique mais rieur, gargouille du pan sud du chevet de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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Ce Gargantua n'est-il pas le père de G2 ? Même enthousiasme pour croquer la vie à pleine dents. 

G3, bonhomme monolithique mais rieur, gargouille du pan sud du chevet de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

G3, bonhomme monolithique mais rieur, gargouille du pan sud du chevet de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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En passant dans le ciel au dessus de ma tête, il m'a crié : lavieb-aile ! lavieb-aile !

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G3, homme lithique mais heureux, gargouille du pan sud du chevet de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

G3, homme lithique mais heureux, gargouille du pan sud du chevet de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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Et comme ça ?

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G3, homme lithique mais heureux, gargouille du pan sud du chevet de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

G3, homme lithique mais heureux, gargouille du pan sud du chevet de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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G4 : QUATRIÈME GARGOUILLE . UNE FEMME...

Moi, le ϕιλογύνης , je me fais violence. Vais-je devoir flétrir le beau sexe en enrôlant dans ces rangs cette matrone ? Allons poète prends ton luth et me donne un baiser !

Ses yeux sont deux cerises, deux perles de jade ! Sa bouche est une fontaine d'où coule un vin excellent ! Ses narines, chacune a sa jumelle, aucune n'est solitaire. Ses pommettes sont les deux poignées d'un seau qui me revient plein de lait et de miel ! Ses dents ressemblent à un troupeau de brebis passées aux mains des bouchers, il n'en restent que deux. Son front est la montagne de myrrhe, bâti comme Sion il veille sur les sourcils ! La courbe de son bras est une gazelle, elle bondit vers la source !

Ses cheveux sont un fleuve de parfum, le henné avec le nard, le nard avec le safran et la cannelle odorante, le cinnamone et l'aloès.

Tu me fais perdre la boule, ô toi ma sœur, la boule tu me fais perdre.

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G4, femme couchée,  gargouille du pan sud du chevet de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

G4, femme couchée, gargouille du pan sud du chevet de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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Ta natte noire comme le corbeau ? Flottante comme un rameau de palme, c'est un troupeau de chèvre aux flancs du mont Galaad.

 

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G4, femme couchée,  gargouille du pan sud du chevet de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

G4, femme couchée, gargouille du pan sud du chevet de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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La ligne de ton nez, une colombe qui vole. Ton cri, un orage qui éclate sur le vallon.

Ton cri, dure grenade cédant à l'excès de ses grains.

 

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G4, femme couchée,  gargouille du pan sud du chevet de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

G4, femme couchée, gargouille du pan sud du chevet de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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PIGNON DU BRAS SUD DU TRANSEPT. RAMPANT À FLEURON ET CROCHETS.

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Pignon du bras sud du transept, de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

Pignon du bras sud du transept, de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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C4, CROSSETTE DU RAMPANT DROIT DU PIGNON DU BRAS SUD DU TRANSEPT. UN DRAGON.

Sur la photo de Kergoulay, bien préférable à celle-ci, nous voyons parfaitement les ailes nervurées et le contour hérissé d'aspérités du corps et de la queue de ce dragon. Il se livre ici à l'un de ses passe-temps favoris, celui qui consiste à faire des boucles et des nœuds avec sa queue. 

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C4, dragon (granite, 1ère moitié XVIe siècle) du rampant droit du bras sud du transept, de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

C4, dragon (granite, 1ère moitié XVIe siècle) du rampant droit du bras sud du transept, de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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C4, dragon (granite, 1ère moitié XVIe siècle) du rampant droit du bras sud du transept, de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

C4, dragon (granite, 1ère moitié XVIe siècle) du rampant droit du bras sud du transept, de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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C5. CROSSETTE DU RAMPANT GAUCHE DU PIGNON DU BRAS SUD DU TRANSEPT. UN LION.

Ce lion est un lion de crossette, mais qui fait ici la démonstration de la capacité de sa queue de quitter sa position de repli pour se déployer telle une arme de jet. Les sculpteur s'est amusé ici à la faire passer dessus et dessous la barre qui suit le rampant.

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C5, lion de crossette du rampant gauche du bras sud du transept de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

C5, lion de crossette du rampant gauche du bras sud du transept de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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C6, RAMPANT DROIT DE LA DEUXIÈME LUCARNE SUD : UN LIONCEAU.

Un lionceau, c'est comme un lion en plus petit, mais sans crinière. Je l'identifie par sa queue, qui passe  sous la patte postérieure gauche comme chez papa. Cette queue est de longueur démesurée (plus de deux fois la longueur du corps), et cette espèce de lions propres à Loc-Envel semble s'en servir de lassos. Elle forme une boucle très loin en avant de l'animal.

 

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C6, lionceau, deuxième lucarne de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

C6, lionceau, deuxième lucarne de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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Ce lionceau appartenait à la deuxième lucarne du bas-coté sud de la nef. Il en amortissait le tombant du coté droit. Voici maintenant  la lucarne :

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Deuxième lucarne du bas-coté sud de la nef de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

Deuxième lucarne du bas-coté sud de la nef de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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C7. RAMPANT GAUCHE DE LA DEUXIÈME LUCARNE SUD : UN LIONCEAU.

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Il m'a fait un beau sourire lorsqu'il a vu que je le photographiai. C'est le petit frère du précédent, il ne parvient pas encore à faire des bulles avec sa queue, mais il s'entraîne.

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Lionceau, tombant gauche de la deuxième lucarne du bas-coté sud de la nef de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

Lionceau, tombant gauche de la deuxième lucarne du bas-coté sud de la nef de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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Lionceau, tombant gauche de la deuxième lucarne du bas-coté sud de la nef de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

Lionceau, tombant gauche de la deuxième lucarne du bas-coté sud de la nef de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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 LA PREMIÈRE  LUCARNE SUD.

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Première  lucarne du bas-coté sud de la nef de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

Première lucarne du bas-coté sud de la nef de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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C8. RAMPANT DROIT DE LA PREMIÈRE LUCARNE SUD : UN CHIEN OU UN LION.

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Oui, je reconnais que j'ai pensé un moment à un phoque. Mon intime conviction, qui ne regarde que moi mais que je partage, est qu'il s'agit encore d'un lionceau. Je ne le crie pas sur les toits pour ne pas lasser les visiteurs, qui aiment la variété.

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Crossette C8 (granite, 1ère moitié XVIe siècle) de la première  lucarne du bas-coté sud de la nef de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

Crossette C8 (granite, 1ère moitié XVIe siècle) de la première lucarne du bas-coté sud de la nef de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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C9. RAMPANT GAUCHE DE LA PREMIÈRE LUCARNE SUD : UN LION.

Malgré sa tête de Donald Duck essayant des lunettes, il appartient à cette sous-espèce de lions de crossette qu'un nomenclateur se plairait à qualifier de "xyphosure" tant leur queue est tendue comme un épée, quand elle ne se love pas, nous l'avons dit, en lasso.

Pour se coucher moins bête.

La Queue-de-lion, en botanique, est une Labiée dont le nom scientifique Leonotis leonurus signifie "oreille de lion - queue de lion". Son principe psycho-actif est la léonurine. Le suffixe-ure sert en zoologie  à composer des noms en relation avec la queue des animaux. Le Wallaby de Grey sautait avec sa queue, avant son extinction. 

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Crossette C9 (granite, 1ère moitié XVIe siècle) de la première  lucarne du bas-coté sud de la nef de  l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

Crossette C9 (granite, 1ère moitié XVIe siècle) de la première lucarne du bas-coté sud de la nef de l'église de Loc-Envel. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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SOURCES ET LIENS.

—WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Envel_de_Loc-Envel

— CORNON (Raymond), 1950, , in Congrès archéologique de France : 107e session, Saint-Brieuc, Paris, Société française d'archéologie, 1950.

— BARBIER (Pierre), 1960,, Le Trégor historique et monumental : étude historique et archéologique de l'ancien évêché de Tréguier , Saint-Brieuc, Les presses bretonnes, p. 342-346.

— COUFFON (René) 1939,  Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier, premier fascicule (Allineuc-Lantic), extrait des Mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc, Les presses bretonnes, 1939, p. 231-232.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6562108b/f43.image

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6562107x/f29.image

— INFOBRETAGNE.

http://www.infobretagne.com/loc-envel-eglise.htm

— LE GAC (Christian), 2015, Promenade entre Goelo et Trégor.

http://www.christianlegac.com/2015/09/promenade-entre-goelo-et-tregor.html

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Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes
1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 21:29

Zoonymie des Odonates : l'épopée de Atra-Hasis (XVIIIe siècle av. J.C).

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Voir aussi :

 

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 I. PRÉSENTATION GÉNÉRALE.

L'épopée akkadienne d'Atrahasis ou Poème du Très Sage est, comme l'épopée de Gilgamesh, un récit de la mythologie mésopotamienne décrivant la Création puis la destruction de l'Humanité par les Dieux sous l'effet d'un Déluge, et la survie, grâce à la construction d'une arche, d'un élu (Atrahasis le "Très Sage" dans l'épopée éponyme, et Uta-Napishtim dans celle de Gilgamesh) qui repeuplera la Terre. 

Des parties de l'épopée d'Atra-Hasis sont citées dans la tablette XI de l' Épopée de Gilgamesh (1150 av. J.-C.), qui lui est donc postérieure ou relève d'une source commune et dans les écrits de Bérose (250 avant J.-C.).

 

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Ma présentation générale sera un copier-coller (en retrait) des informations en ligne.

Rédigée en langue sémitique akkadienne, elle date probablement du XVIIIe siècle av. J.-C.

— Recension Paleobabylonienne. (OB pour Old Babylonian) "Le conte d’Atra-Hasīs dont le titre originel, retenant les premiers mots du texte, était inūma ilū awīlum « Lorsque les dieux faisaient l’homme », nous est connu principalement par l’une de ses éditions, rédigée sur trois tablettes d’argile de huit colonnes (quatre au recto, quatre au verso), provenant vraisemblablement de la ville de Sippar sur l’Euphrate. Grâce à leur colophon, nous savons qu’elles furent copiées par un certain Kasap-aya ou Nūr-aya ou Ipiq-aya sous le règne du roi d’Ammisadūqa de Babylone (1646-1626 av. J.-C.), quatrième successeur du grand Hammurabi. Divers détails, nous encouragent cependant à supposer que le texte fut composé près d’un siècle auparavant. Ses caractéristiques rédactionnelles révèlent, en effet, une composition typique de l’époque, laissant peu de probabilités à l’existence d’un antécédent sumérien dont elle serait, du moins, sous cette forme, la traduction.

Ces tablettes ont été découvertes en 1876 à Sippar, en Irak. Les tablettes 1 et 3 se trouvent au British Museum, la tablette 2 à New-York

A cette édition paléobabylonienne, il convient, par ailleurs, de joindre trois autres copies réalisées à la même période. L’une d’entre elle, malgré quelques variantes orthographiques, appartient incontestablement à la même recension que les documents précédents. Les deux autres présentent, en revanche, des différences notables, relevant vraisemblablement d’une autre tradition textuelle.

— MB = Middle Babylonian : Sans lien évident avec la version paléobabylonienne, sont également à signaler deux autres fragments datant de la seconde moitié du IIe millénaire. Le premier, où ne surnage que le récit du Déluge, découvert sur le site de l’antique cité d’Ougarit en Syrie, le second, provenant, quant à lui, du site de Nippur en Iraq.

— Version assyrienne : Enfin, pour achever cet inventaire, il faut encore mentionner quatorze fragments de tablettes d’époque néoassyrienne, provenant tous de la bibliothèque dite d’Assurbanipal à Ninive. Ces documents ne constituent pas un ensemble homogène et peuvent être regroupés en trois familles. La première, comportant neuf fragments, issus d’une tradition très proche de la version paléobabylonienne dont ils se distinguent par quelques variantes dialectales propres à la langue assyrienne ainsi que par certaines amplifications ou simplifications du texte principal ; la seconde, sans grandes relations avec les sources précédentes, représentée seulement par deux bouts de tablette d’origines différentes ; la troisième, enfin, formant ce que nous appelons la recension assyrienne, regroupant trois ensembles de longueur respectable ayant probablement appartenus, à l’origine, à deux tablettes d’une même série. Quelques menus débris seraient encore à mentionner mais ils ne présentent que peu d’intérêt dans le cadre de cette présentation.

Dans l’ensemble, sur la base de cette documentation assez hétéroclite, seuls les deux tiers des quelques 1245 vers qui composaient, à l’origine, la version paléobabylonienne de ce texte, ont pu être restitués à ce jour. Cette version restituée du conte d’Atra-Hasīs se présente comme une composition poétique répondant à des critères esthétiques souvent bien éloignés des nôtres. Si chaque ligne correspond approximativement à ce que nous appelons un vers, la métrique akkadienne est, quant à elle, fondée sur des principes qui n’ont point d’équivalents chez nous. Le premier de ces principes est d’ordre sémantique : chaque vers peut être précisé par la répétition de la même idée sous une forme différente, voire, en lui opposant une expression plus ou moins antithétique. Le deuxième principe relève, quant à lui, de la rythmique et consiste en l’alternance de syllabes en nombre fixe, prononcées avec plus ou moins d’intensité."

 

Dans sa version la plus complète, l'épopée d'Atrahasis est écrite sur trois tablettes en akkadien , la langue de l'ancienne Babylone.

"Œuvre rédigée en langue akkadienne, qui comptait quelque 1 250 vers à l'origine et qui présente un réel effort de réflexion sur la création et sur le destin de l'homme (cf. traduction in R. Labat, Les Religions du Proche-Orient, Paris, 1970). Elle fut rédigée en Babylonie, peut-être au - XVIIe siècle ; mais, malgré le grand nombre de témoins qu'on en possède et dont les plus récents datent du - VIIe siècle, le texte en reste, encore aujourd'hui, lacunaire, d'autant que des remaniements importants sont intervenus entre ces deux dates.

À l'origine, Anu, Enlil et Enki se partageaient le monde ; les autres dieux, en revanche, étaient soumis à un travail harassant. Excédés, ils brûlèrent leurs outils et firent le siège du palais d'Enlil, le maître de la Terre. Pour apaiser les esprits, tous décidèrent de créer l'homme, pour qu'il prenne leur place. Aidée des conseils d'Enki, le dieu sage, une déesse mère le modèle avec de l'argile et du sang d'un dieu mis à mort. Mais l'humanité prospère tellement que son bruit importune Enlil. Par trois fois, celui-ci décide sa destruction, par la peste ou la famine. Par trois fois, Atra-hasis (l'Infiniment Sage), un roi humain, déjoue ses plans, avec la complicité d'Enki, resté favorable à sa création. C'est encore grâce à ce dernier qu'Atra-hasis échappe au déluge qui noie l'univers, avec sa famille et les bêtes qu'il a embarquées. Les dieux, reconnaissant leur erreur, décident alors de laisser renaître une nouvelle humanité.

Les sources écrites de ce poème sont inconnues ; tout au plus remarque-t-on la parenté étroite avec un récit du déluge en sumérien et le déluge de L'Épopée de Gilgamesh, qui s'en est peut-être inspirée. Les éléments qu'il met en œuvre paraissent appartenir plus simplement à une tradition du Proche-Orient, dont on trouve l'écho au début de l'Ancien Testament."

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Les traductions sont celles de :

— Lambert et Millard 1969, en anglais 

— Bottéro et Kramer, en français

— Wolfram von Soden, en allemand

— Forster (B.R) 2005, en anglais.

 

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Tablette British Museum 78941+78943, première tablette d'Atrahasis par le scribe Kasap-aya, vers 1635 av. J.C.

Tablette British Museum 78941+78943, première tablette d'Atrahasis par le scribe Kasap-aya, vers 1635 av. J.C.

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II. LA TROISIÈME TABLETTE / LE RÉCIT DU DÉLUGE.

 

C’est là que commence à proprement parler le récit du Déluge. Appartenant à la troisième tablette de la version paléobabylonienne du scribe Kasap-aya , rédigée sur huit colonnes, elle est enregistrée sous la cote BM 78942+78971+80385 au British Museum.

Atrahasis, averti par le dieu Enki de la décision de détruire l'Humanité par un déluge, a construit une arche et y a fait monter ses gens et un couple de chaque animal. Avant l'heure H, il organise un banquet pour "ses gens" et sa famille :

 

"Lui, (cependant), entrait et sortait, (jamais) il ne s’asseyait, ni ne (prenait le temps pour) s’accroupir, tant son cœur était brisé et son âme pleine d’amertume. (soudain, le temps changea, Adad tonna dans les nues. Lorsqu’il entendit les grondements d’Adad, Il se fit apporter du bitume pour obturer l’écoutille, puis il verrouilla sa porte. (Alors de nouveau) Adad tonna dans les cieux et en un instant le vent fut d’une telle violence  qu’il rompit les amarres et libéra le bateau." (Troisième tablette colonne 2)

Le déchaînement de la tempête se lit sur la colonne 3 :

"[...] la tempête [...] attelés [Anzû de] ses griffes déchirait les cieux [de ] ses [se]rres. [...] le pays. Soudain interrompant la rumeur comme on brise un pot, [...] le Déluge survint, et sa fureur, [dévastatrice comme la guerre], s’abattit sur les hommes. Les uns perdaient de vue les autres, l’on ne reconnaissait personne dans cette catastrophe.

Le Déluge mugissait pareil à un taureau,

le vent [hurlait] comme le cri de l’aigle,

et les ténèbres se firent profondes (lorsque le) soleil disparut.

[les gens ( ?) mourraient ( ?)] comme des mouches .

[...] du Déluge [...] [...] [...] le fracas du Déluge épouvantait ( ?) les dieux (eux-mêmes). "

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Le récit décrit ensuite l'indignation du dieu Enki , de la déesse-mère Nintu  et de la sage-femme  Mami face à la destruction des humains qu'ils ont créés :

 

 "Enki était effaré, voyant ses fils emportés sous ses yeux. Les lèvres de Nintu la Grande-Dame trahissaient son angoisse,  tandis que les Annunakū, les grands dieux étaient là, accablés par la soif et la faim. Lorsqu’elle vit cela la déesse pleura. Alors la sage-femme des dieux, l’experte Mami, (s’écria) : « puisse ce jour connaître (enfin) un soir  et soit englouti par les ténèbres. Au sein de l’assemblée des dieux comment ai-je pu (en accord) avec eux, ordonner une telle destruction ? Enlil n’est-il, pas las de ses ordres inconséquents,  pareil à cette Tiruru, (Chacun de ses) arrêts sont porteurs de malheurs. Et (maintenant) pour avoir accepté (cet ordre), ma blessure est d’avoir entendu leurs cris.

Impuissante, (j’ai laissé massacrer) comme une (simple) mouche,  ma progéniture. Quant à moi, pareille à l’habitante d’une maison en deuil, j’étouffe mes pleurs. Puisais-je (désormais) monter au ciel, ores, il m’est impossible de vivre en cette maison funeste.  Où s’en est donc allé Anu (nôtre) chef, aux ordres duquel les enfants divins obéissaient ? Lui qui sans réfléchir provoqua le Déluge et fut à l’origine de la destruction de l’humanité."  (Troisième tablette colonne 3)

 

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Nous constatons que l'auteur fait appel à de nombreuses métaphores animales que j'ai placé en caractères gras. D'une part, les expressions  "de ses serres", "pareil à un taureau", "comme le cri de l'aigle" témoignent de la puissance des Dieux mésopotamiens, assimilés aux animaux nobles comme l'Aigle et le Taureau. À l'opposé, les humains sont assimilés à  des insectes, et plus particulièrement  à des Mouches.

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III. LA COLONNE 4 DE LA TROISIÈME TABLETTE : LES LIGNES 6-9. 

" kima kulili im-la-a-nim näram

(ou, précédé du vers précédent) '"enuma elisch abumaan ulda gallata tiamata kima kulili imlaanin na- raam" .

Attention, je m'aventure sans aucune connaissance sur la toile, où je tente d'obtenir réponse à mes questions. Je copie ces phrases sans les comprendre, bien-sûr. Je reconnais néanmoins le nom kulili, proche du kulili de l'Épopée de Gilgamesh tablette X ligne 22 [ku-li-li i[q]-qé-lép-pa-a ina nari / So that dragonflies drift on the river, et traduit soit par "dragonfly", soit par "Éphémère". Ou la proximité des noms relevés dans l'Harra=Hubullu et traduits par Libelle ("libellule") par Landsberger. 

C'est la ligne 6 de cette colonne 3 qui concerne (ou concernerait ) les libellules. Tout dépend de la traduction. Les auteurs anglais comprennent "dragonfly", "libellules", là où les français entendent "moucherons". Cette ligne doit être comprise dans le contexte des lignes 7-9 qui suivent.

1°) Les traductions anglo-saxonnes.

— Lambert et Millard :

"covered the canal like dragonflies"

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— Tigay :

"Like dragonflies they [dead bodies] have filled the river. Like a raft they have moved in to the edge [of the boat]. Like a raft they have moved in to the riverbank." [«Comme les libellules, elles [les cadavres] ont rempli la rivière, comme un radeau qu'elles ont déplacé vers le bord [du bateau] Comme un radeau, ils se sont installés sur la berge.]

 Tigay a attaché une importance particulière à ces lignes, car pour lui, elles présentent le déluge comme le raz-de-marée d'une rivière mais non comme un Déluge de toute la Terre. Au contraire, il constate que, dans l'Épopée de Gilgamesh, elle est transformée en "Like the spawn of fishes, they fill the sea"  "Comme le frai des poissons, ils remplissent la mer."  Tigay soutient que nous pouvons voir ici le travail du mythe en cours ici, changeant une inondation locale de fleuve dans un déluge d'océan. La plupart des autres auteurs interprètent le déluge d'Atrahasis comme universel. AR George, et Lambert et Millard montrent clairement que l'intention des dieux dans Atrahasis est «d'éliminer l'humanité».  Le déluge détruit "toute la terre". L'utilisation d'une métaphore comparable dans l'épopée de Gilgamesh suggère que la référence aux "libellules [remplissant] la rivière" est simplement une image évocatrice de la mort plutôt qu'une description littérale du déluge  Cependant, l'inondation locale dans le récit d' Atrahasis pourrait accomplir la destruction de tous "l'humanité" et "toute la terre" si la portée de "l'humanité" est limitée à toutes les personnes vivant sur "toute la terre" des plaines inondables dans la vallée inférieure de fleuve connue par l'auteur d'Atrahasis. (d'après l'article Wikipédia en)

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— Benjamin R. Forster :

Nintu was wailing [

". .. gave birth to (?) .. .*

"As dragonflies a watercourse, they have filled the sea.*

"Like rafts they lie against the e[dg]e,

"Like rafts capsized they lie against the bank.

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Stephanie Dalley :  

 

   (3 lines missing at beginning of column)

"Nintu was wailing [

'Would a true father (?) have given birth to the [rolling (?)] sea

(So that) they could clog the river like dragonflies ?

They are washed up (?) like a raft on [a bank (?)], They are washed up like a raft on a bank in open country!

I have seen, and wept over them!

Shall I (ever) finish weeping for them?'

She wept, she gave vent to her feelings,

Nintu wept and fuelled her passions.

The gods wept with her for the country.

She was sated with grief, she longed for beer (in vain).

Where she sat weeping, (there the great gods) sat too,

But, like sheep, could only fill their windpipes (with bleating).

Thirsty as they were, their lips

Discharged only the rime of famine.

For seven days and seven nights

The torrent, storm and flood came on."

— Carlos Betoret (cf en Annexe son article en entier) :

They have filled up the river as a cloud of dragonflies
As a raft they have arrived to the limit as a raft, they have arrived to the edge
I have seen it and I have cried by their cause;  I have finished my deploration by them.

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2°) Les traductions françaises.

 

 

— Remo Lugnaioni :

 

"Ainsi se lamentait (encore) Nintu :

5. « Quoi ? Ont-ils donné naissance à ce raz-de-marée

pour que tels des moucherons, les hommes emplissent les rivières ?

Pareils à des morceaux de bois ils s’échouent sur les berges,

pareils à des épaves, ils couvrent les plages.

10. Lorsque je les vis (ainsi) les larmes me coulèrent

jusqu’à ce que pour eux, se tarissent mes pleurs.

Ainsi se lamenta-t-elle jusqu’à ce que son cœur fut apaisé.

Ainsi Nintu gémissait et manifestait sa douleur."

 

— Bottéro / Kramer

Qui a produit ce Déluge ? Les hommes remplissent la mer comme les mouches la rivière ! Tels des morceaux de bois, les voici entassés sur la plage ! En les voyant je verse des larmes, je ne finis pas de me lamenter sur eux !”, 

 .

Nous voyons donc, comme déjà pour  l'Epopée de Gilgamesh, des divergences de traduction entre auteurs anglais et français concernant le nom akkadien kulili ou kulilu, traduit systématiquement par "dragonfly" c'est à dire "libellule" en anglais alors que les français traduisent par "mouche" ou "moucheron". 

Il faut reconnaître que les Odonates ne "remplissent " pas les rivières. Et que, par rapport au contexte où à deux reprises les hommes étaient assimilés à des mouches par opposition aux dieux comparés à des taureaux ou des aigles, il est plus logique que cette métaphore des mouches, insectes méprisables, a plus de sens que s'il s'agit de libellules.

Une fois de plus, nous ne pouvons pas affirmer avec certitude que les Odonates ont été mentionnés dans les anciens textes mythologiques de l'époque amorrite, et qu'ils ont inspiré des images poétiques aux auteurs les plus anciens de l'Humanité.

 

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Note.

J'ai tenté de trouver comment s'écrit ce fameux  kulili en caractères cunéiformes. Je n'ai trouvé que ce qui suit, qui concerne les noms d'oiseaux  avec le commentaire kulilu (var. kulili), is expressed by the groups an exceedingly difficult word. Society of Biblical Archæology (London, England) - 1885 -

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Zoonymie des Odonates : l'épopée de Atra-Hasis.

 

 

 

 

 

 

 


ANNEXE : Two Odonata Citations in Ancient Mesopotamian Literature by Dr. Carlos Betoret, Bonet
Valencia, SPAIN

https://www.insects.orkin.com/ced/issue-1/ancient-mesopotamian-literature/

The greek word “Mesopotamia” (land between the rivers) names the territory between the Euphrates and Tigris River. Actually the Republic of Iraq and the eastern part of the Republic of Syria bore the site of the oldest historical civilization of Sumeria. Forming a foundation for the Babylonian and Assyrian civilizations, this area was occupied from approximately 3500 to 500 B.C. Mesopotamian civilizations are well known for their wonderful masterpieces of art; many of which can be seen in famous museums like the Louvre, the British Museum, and the Iraq Museum. Perhaps less well known is the extraordinary literary production of these people preserved on thousands of clay tablets discovered in archeological ruins including Uruk, Babylon, and Nineveh. Within this literature, citations of odonates (dragonflies) can be found in the Poem of Gilgamesh and the Poem of Atrahasis.

ancient mesopotamian tablet

The Poem of Gilgamesh is a summary of five older Sumerian poems compiled by Babylonian and Assyrian clerks. The Sumerian poems were named Gilgamesh and Agga of Kish, The Death of Gilgamesh, Gilgamesh and the land of the living ones, Gilgamesh and the celestial bull, and Gilgamesh Enkidu and the hell. This summary also includes a Babylonian version of an older Sumerian universal flood poem. The Poem of Gilgamesh tells of the hero Gilgamesh, ruling the Sumerian city of Uruk in the 28th century B.C. The poem describes Gilgamesh and the hero Enkidu befriending and traveling to the wood of the cedars, where they kill the monster Humbaba. Ishtar, the goddess of the love, takes vengeance by killing Enkidu, and Gilgamesh, in fear of death, travels in search of the immortality. Finding the sole survivor of the great food, Utnapishtim explains how to get immortality by eating a plant from the bottom of the sea. Gilgamesh fails when a snake eats the plant of immortality and the hero returns to the city of Uruk. The citation the Odonata is contained within the speech of Utnapishtim, when he explains to Gilgamesh how it is impossible to be immortal:

Do we build for ever our houses,
and forever do we steal of properties?
Perhaps the brothers do divide their part for ever.
Perhaps the hate does divide for ever
Perhaps does the river always grow and make inundations.
Does the dragonfly leave its skin?
And its face can only see the face of the sun?

In the original text of the Assyro-Babylonian language is written “ku- li- li- ki- lip- pa.” Modern specialists believe that this means skin of the dragonfly nymph, when it leaves its pupal case to become a flying adult insect.

The incomplete poem of Atrahasis is also a summary of ancient Sumerian poems made by the Assyrians and the Babylonians. The poems portray legends, gods, the origin of mankind, the flood, and other matters. The poem describes the gods fighting between themselves as they build the world, create men, and latter send a flood to destroy mankind. The poem tells of the hero Atrahasis struggling to save the men from destruction. The citation of the Odonata is in a speech by the Mother Goddess Nintu, deploring the sending of the flood. What? Do they give origin to the brave sea?

They have filled up the river as a cloud of dragonflies
As a raft they have arrived to the limit as a raft, they have arrived to the edge
I have seen it and I have cried by their cause;  I have finished my deploration by them.

Perhaps this part of the poem draws similarity between the river filling up with bodies and swarms of dragonflies, flying in the sky.

Both of these citations of ancient Mesopotamian literature, clearly shows that these people, regardless of their scientific awareness, were touched enough by the wonders of insects, including dragonflies, to reference them within the literature of their time."

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SOURCES ET LIENS.

—Le mythe du déluge c) les akkadiens.

http://mapetiteencyclopedie.skynetblogs.be/archive/2014/08/13/theme-1-le-mythe-du-deluge-c-les-akkadiens-8256763.html

— MUGNAIONI (Remo ), Université de Provence et IREMAM, Le Conte d’Atra-Hasīs et le mythe de la création des hommes en Mésopotamie

 

http://agap.mmsh.univ-aix.fr/04vie/doc/bulletin/2009/7.remo_mugnaioni.pdf

— BOTTÉRO (Jean ), KRAMER (Samuel Noah) 1989 Lorsque les dieux faisaient l'homme . Mythologie mésopotamienne. Avec une carte. Collection Bibliothèque des Histoires, Gallimard. Parution : 13-04-1989. pages 527-564.

— DALLEY (Stephanie), Myth from Mesopotamia

http://geha.paginas.ufsc.br/files/2017/04/Atrahasis.pdf

— FORSTER (Benjamin.R) 2005, Before the Muses. An anthology of akkadian literature; Bethesda, Maryland. 3ème édition.

https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=sites&srcid=c3RmcmFuY2lzc2Nob29sLm9yZ3xiYWJ5bG9ufGd4OjI0YjE4YjlhYWRjOWE0YTg

— KVANVIG (Helge ) 2011,  Primeval History: Babylonian, Biblical, and Enochic: An Intertextual Reading BRILL,  - 610 pages page 27

https://books.google.fr/books?id=e1hnJYbShWMC&dq=W.G.+LAMBERT+MILLIARD+(A.R)+Atra-h%C3%A2sis,+.&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

—LECLERCQ-NEVEU, 2006, La mythologie mésopotamienne et les récits du Déluge

http://www.normalesup.org/~pcuvelier/wwwmythes/Exposemythologiemesopotamienne.pdf

— LAMBERT (W. G.) MILLARD (A.R), 1969,  Atra- hasîs. The Babylonian Story of the Flood. With The Sumerian Flood Story, by M. Civil. Clarendon Press, Oxford, 1969. xn + 198 pages et 11 planches in-4°.

http://www.persee.fr/docAsPDF/syria_0039-7946_1971_num_48_1_8528_t1_0224_0000_3.pdf

— SMITH George, 1876 : The Chaldean Account of Genesis, New-York 

https://archive.org/stream/chaldeanaccounto00smit#page/n9/mode/2up

— SODEN (Wolfram von), 1990,  : Der altbabylonische Atramḫasis-Mythos In: Otto Kaiser u.a.: TUAT, Band III – Weisheitstexte, Mythen, Epen: 3.1 Weisheitstexte . Gütersloher Verlaghaus Mohn, Gütersloh 1990,

— Texte intégral en traduction anglaise:

http://www.noahs-ark.tv/noahs-ark-flood-creation-stories-myths-epic-of-atra-hasis-old-babylonian-akkadian-cuneiform-flood-creation-tablet-1635bc.htm#three

 

 

Pritchard James B.  Ancient Near Eastern Texts – Relating to the Old Testament

 

 

KRAMER (Samuel Noah) Kramer: Reflections on the Mesopotamian Flood 

www.penn.museum/sites/expedition/reflections-on-the-mesopotamian-flood/ 

Stephanie Dalley: Myths from Mesopotamia: Creation, the Flood, Gilgamesh, and Others.  (Atrahasis extract available at:www.gatewaystobabylon.com/myths/texts/enki/atraha1.htm )

www.bibliotecapleyades.net/serpents_dragons/boulay03e_a.htm

John A. Halloran: Sumerian Lexicon (Online version available at:www.sumerian.org/sumerlex.htm )

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 21:07

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I. GÉNÉRALITÉS : HAR.RA=HUBULLU.

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Le lexique bilingue zoologique le plus important des périodes Sumériennes (2900-2334 B.C.) et Akkadienne (2334-2154 B.C.) se trouve dans une série de 24 tablettes  d'argile rédigées en écriture cunéiforme nommée Har.ra=Hubullu du nom de son incipit « prêt à intérêt », parce que la première ligne de son premier chapitre présente des termes juridiques et commerciaux. Le premier spécimen de cette série a été découvert à Ninive dans la Bibliothèque Royale  d'Assurbanipal  (668-627 B.C.) en Mésopotamie.

 

C'est, parmi les Listes lexicales, la liste de mots la plus importante thématiquement arrangée, environ 3300 lignes et comprenant six sous-listes thématiques et 9.700 entrées.

La tablette IV traite des véhicules navals, la V des véhicules terrestres, la XVI (un exemplaire est conservée au Louvre, photo infra) des pierres, la XVII des plantes et la XXII donne le nom des étoiles.

Les tablettes XIII à XV donnent le dénombrement systématique des noms d'animaux domestiques, d'animaux terrestres et d'oiseaux (y compris les chauves-souris).

La tablette XIV de cette série contient les noms de 396 à 410 (selon les auteurs) animaux terrestres. Elle est d'un grand intérêt entomologique alors que la table XIII comprend plutôt des animaux domestiques, et la tablette XV concerne les oiseaux.

 

La majeure partie de la collection a été compilée dans la période Paléo-babylonienne, ou Période Amorrite selon D. Charpin  (début du IIe millénaire av. J.-C entre 2000 et 1595), à partir de de la compilation d'anciens livres liturgiques et d'autres ouvrages Sumériens précédant le troisième millénaire. Comme d'autres glossaires canoniques, l'Harra = hubullu était souvent utilisé pour la pratique des scribes pour servir de base pour l'apprentissage du sumérien, désormais langue morte mal comprise par les akkadophones, ce qui nécessite la rédaction de listes bilingues, expliquant le sens des logogrammes sumériens.

Bien qu'ancienne dans ses origines, cette compilation a du être réalisée à une date assez tardive, car plusieurs noms Sumériens sont interprétés de manière erronée. La séquence des chapitres et des noms suit probablement une certaine tradition, mis à part celle qui est entrainée par les préfixes dénominatifs Sumériens.

 

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Musée du Louvre : 16e tablette ( sur les pierres et objets en pierre) de  l'Harra = hubullu, Lexique sumérien-akkadien, en 24 tablettes sur les pierres et les objets en pierre. Argile, milieu 1er millénaire avant JC (copie d'un original plus ancien). Provenance : Warka, l'ancien Uruk.

Musée du Louvre : 16e tablette ( sur les pierres et objets en pierre) de l'Harra = hubullu, Lexique sumérien-akkadien, en 24 tablettes sur les pierres et les objets en pierre. Argile, milieu 1er millénaire avant JC (copie d'un original plus ancien). Provenance : Warka, l'ancien Uruk.

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II. L'ENTOMOLOGIE ET L'HARRA=HUBULLU.

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La 14ème tablette de l'har.ra=hubullu vise à inclure tous les noms des mammifères sauvages terrestres. La plupart des animaux domestiques sont cités dans la 13ème tablette. Les oiseaux (y compris les chauves-souris) et les poissons (incluant probablement d'autres créatures des eaux douces ou salées) sont énumérées ensuite.

Elle contient 179 noms de Mammifères, 75 noms de reptiles et Amphibiens. (F.S. Bodenheimer), 32 noms d'invertébrés .

La liste de la tablette XIV donne aussi   111 noms d'insectes, répartis en 12 Coléoptères,  25 Orthoptères, 33 "pest" (Vermines des humains, des greniers et des produits agricoles), 8 Lépidoptères, 31 Diptères et  Hyménoptères , 4 Odonates et 8 Fourmis. Les noms de chaque insecte sont inscrits en Sumérien dans une colonne et en Akkadien dans l'autre. Les Sumériens font appel à un préfixe dénominatif que n'emploient pas les Akkadiens : buru pour la plupart des Orthoptères, mul pour les Mollusques, girish pour les Lépidoptères, za + ush pour les larves et chenilles, num pour les Diptères et Hyménoptères, et kuli pour les odonates.

Comme le remarque Landsberger 1934, l'identification de la plupart des insectes est très difficile. Par exemple, de nombreux insectes sont indiqués sous le nom de buru (Sumérien) ou e-ribu (Akkadien) pour les criquets (et/ou locustes). Tandis qu'en Sumérien buru est employé comme préfixe pour d'autres insectes comme les libellules, les criquets et les mantes, en Akkadien le nom apparaît comme spécifique. Notamment, dans cette langue, les criquets sont identifiés par deux noms différents. Pourtant, bien que pour une étude de la faune de la Mésopotamie ancienne le terme Akkadien soit en général le plus intéressant, l'étude des deux langages s'impose. En utilisant ces deux langues, on estime le nombre d'espèces d'insectes à une centaine. La mention des insectes utilisés en médecine, d'ailleurs, peut donner quelques indices ; ainsi le « zizanu » n°235, 236 

« Le criquet [ou la locuste] des champs a des pattes sauteuses (ou éventuellement des antennes) particulièrement plus longues que le criquet [ou la locuste] des forêts, et son cou est [plus] long. » Cela évoque à Bodenheimer un Tettigonidé.

Suivant l'étude de Langsberger 1934, les Sumériens [et Akkadiens] connaissaient les larves et les chenilles ainsi que leurs stades de développement.

L'étude critique de l'ensemble des tablettes a été menée par l'assyriologue germanophone Benno Landsberger, et son étude de la tablette XIV a été publiée à Leipzig en 1934. 

B. Landsberger, Die Fauna des alten Mesopotamien nach der 14. Tafel der Serie Har-ra hubullu (Leipzig: S. Hirzel, 1934).

La partie zoologique a été détaillée par F. Simon. Bodenheimer en 1972 dans Animal and Man in Bible Lands: Supplement :

"Les principes taxonomiques étaient plutôt simplistes et ressemblent à ceux utilisés par Pline. Ils sont beaucoup moins élaborés que ceux de la taxonomie de la Grèce ancienne, tels que présentés par Aristote. Les conceptions taxonomiques des Sumériens, tels qu'ils sont exposés ici, furent longtemps en suage en Moyen-Orient. La zoologie du Talmud est entièrement basée sur eux. Et selon une rapide analyse des auteurs médiévaux Arabes, il apparaît 'ils semblent encore accepter d'une manière générale la base de ces dispositions taxonomiques. Il est néanmoins possible que les connaissances des anciens Sumériens, des Babyloniens et des Assyriens étaient bien supérieures à l'impression donnée par l'analyse de cette simple liste de noms."

 

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III. LES ODONATES DANS LA TABLETTE XIV.

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Les libellules, "Libelle" dans la publication de Landsberger, sont mentionnées pour la Tablette XIV pour 3 termes sumériens, les n° 234, 347 et 348.

1°) n°234 page 19 Buru5.id.da (Sumérien) -->Ku-li-lum

Libelle.

 

Notez le suffixe buru- du nom Sumérien, utilisé pour les Mantes ,les Criquets et les Libellules.

 Pour Peter Landolt et  ‎Michel Sartori (Ephemeroptera & Plecoptera : biology, ecology, systematics - 1997 - 

"Landsberger's (1931) translation of the Akkadian name Ku-li-lum as a dragonfly seems to be obviously a mistake. Although some large dragonfly species correspond to locusts in body size, their body and wing colouration is quite different. Although some types of intraspecific associations have been described, they have never been observed in mass emergence or mating activity. Dragonflies mate individually and thanks to their extreme mobility in flight they easily escape our attention"

Bodenheimer note p.114 :

 No. 233a, 234 "river locust" (S) has, as Assyrian equivalent, "river locust" in the former, dragonfly  in the second case. The former may refer to the larvae of Odonata or to fresh water shrimps. Possibly they refer to the large Ephemerid Palingenia euphratica Mos.

Trad :"233a, 234 "buru5.id,   locuste de rivière"  en Sumérien a un équivalent Assyrien qui est "erib-na-a-ri, locuste de rivière" pour 233a, et ku-li-lum "Libellule" pour 234. Le premier pourrait correspondre aux larves d'Odonates ou de crevettes. Elles peuvent se référer aux grandes Éphémères Palingenia euphratica Mos., qui, en raison des énormes troupes qu'elles forment lorsqu'elles émergent sur le fleuve aurait bien pu  être insérer dans ce groupe ."

 

2°) n° 347 ku.li.la.an.na (Sumérien) -->ku-li-li-ti (Akkadien) [C: ku-li-li-tum. D : ki-li-li-u

Braut (Freunlich) des Himmels "Jeune épouse (Aimée) du ciel".Bräutchen (Libelle).

 Pelio Fronzaroli (Etymologies) remarque ceci : "De la même manière que d'autres noms d'insectes sont dérivés avec le suffixe d'appartenance -ī-, dans la forme au féminin -īt- comme ≠abubītu "abeille", "l'insecte qui bourdonne", de *≠bb "murmurer", la libellule kulilītu est une re-détermination à partir de kulīlu "libellule", "la petite épouse", diminutif de kallatu d Šamaš."

 

3°) n° 348. é.gi4.a. dUD (Sumérien) -->kal-lat ilSamas

Braut der Sonne "jeune épouse du Soleil" (Libelle)

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"1. kulilitu, « Bräutchen ». 2. kallat Samas, «Sonnenbraut » knüpft schon an die altsumerische Bezeichnung kuli.anna (SL 536,102 = kuliltu), « Genossin des Himmels » an, wobei der Namensgleichklang mit akk. Kuliltu oder kulilitu (Deminutiv zu kallatu) entscheidend ist.

Das Z.347 gegebene Ideogramm ist eine unter akkadischem Einfluss erflogte Abänderung des altsumerischen. Vgl. Auch Med. Komm v5 und variante D zu Zeile 347 killilû .

Als « flussheuschrecke » schon Z.234 in der form kulilu aufgeführt, vgl. Damit das Ideogramm von Z. 350 (auch K 4229 Rs.6 in RA 17,141).

Als mythische Gestalt s.§ 24b unter den Trophäen des Ningirsu.

Kulili wird durch üÜberschwemmungen ins Land gebracht : Gilgamesh Tafel X . Kol. VI 30 ; Virolleaud, Samas XIV 14 ; Istar II 51 ; (vgl Virolleaux , Babyl. 3, 207 Anm.4) ; Thompson Reports 243,3 ; CT 39, 19, 110-119 (dazu Nötscher, Orient. 51-54, 144) ; « Lippe eines kulilu » CT 28,14,3 ; Kommentar dazu « rechts und links sind [die Lippen] lang ». Als Pflanze : SAI 8022. Die Göttin Kilili hat kaum tewas mit der Libelle zu tun, vgl. Zimmern OLZ 1928, 2 ; issur kilili (CT 40, 49, 39) wohl = kililu (Vogel) (CT 14,7,8, mit ku-li-li erklärt)."

Trad : 

"1. kulilitu," petite épouse" 2. Kallat Samas," épouse du soleil " sont construits déjà sur le nom en Sumérien ancien de  kuli.anna (SL = 536,102 kuliltu)," amie du ciel",   à l'unisson de nom avec STH. Kuliltu ou kulilitu ( Diminutif de kallatu).

L'idéogramme donné en n°.347 est une altération de l'ancien-sumérien sous l'influence akkadienne. Voir aussi Med.  v5 [page 44] et la variante D à la ligne 347 killilû.

Comme "locuste ou sauterelle de rivière", la forme kulilu a été  listée déjà sous le n°.234 , cf. Ainsi l'idéogramme de n°. 350 (aussi K 4229 Rs.6 dans RA 17,141).

En tant que figure mythique voir § 24b  les trophées de Ningirsu.

Kulili est introduit dans le pays par les inondations: Gilgamesh Tablette X Col. VI 30; Virolleaud, Sam. XIV 14; Istar II 51; (cf Virolleaux , Babyl 3, 207 note 4); Thompson Reports 243.3; CT 39, 19, 110-119 (voir Nötscher, Orient 51-54, 144); «Lèvre d'un kulilu» CT 28,14,3; Kommentar à «droite et à gauche sont [les lèvres] longues».

En tant que plante: SAI 8022.

La déesse Kilili n'a presque rien à voir avec la libellule, cf. Zimmern OLZ 1928, 2; issur kilili (CT 40, 49, 39) bien = kililu (oiseau) (CT 14,7,8, avec ku-li-li expliqué). "

 

 

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Landsberger B. 1934. — Die Fauna des alten Mesopotamien nach der 14. Tafel der Serie Ḫar-ra = ḫubullu.

Landsberger B. 1934. — Die Fauna des alten Mesopotamien nach der 14. Tafel der Serie Ḫar-ra = ḫubullu.

Landsberger B. 1934. — Die Fauna des alten Mesopotamien nach der 14. Tafel der Serie Ḫar-ra = ḫubullu.

Landsberger B. 1934. — Die Fauna des alten Mesopotamien nach der 14. Tafel der Serie Ḫar-ra = ḫubullu.

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COMMENTAIRE.

Déterminer, fut-ce au niveau de la Famille ou de l'Ordre, l' insecte désigné par le seul mot écrit, à partir de tablettes cunéiformes du début du deuxième millénaire avant notre ère, comportant des termes Sumériens en vigueur au troisième millénaire, relève sans-doute de la gageure, tant que ce mot n'est pas associé à une illustration. L'Entomologiste soucieux de retrouver les traces les plus précoces des descriptions humaines de Libellules devra conserver une certaine réserve, mais il ne peut faire mieux que de se fier aux conclusions des  meilleurs spécialistes de l'étude de ces tablettes. 

L'Har.ra=hubullu  possède une valeur patrimoniale capitale dans l'étude du vocabulaire entomologique ancien. Nous considérerons donc que ku-li-lum, ku-li-li-ti, ku-li-li-tum ou Kallat Samas sont les noms données aux Odonates par les Akkadiens sur les rives du Tigre et de l'Euphrate entre 2000 et 1600 avant J.C. Avec leurs variantes kulilu,  kulliltu, killilu.   Précédés par le charmant ku.li.la.an.na sumérien "Ami du paradis".

Sur un plan purement poétique, il me plait de retrouver dans ces allitérations en -l une résonance, un écho rétrospectif du Libellula créé par Linné en 1758. Ou li.be.llu.la si vous voulez.

De même, il me plait de retrouver dans les "traductions" de ces noms Sumériens, telles que  Jeune épousée du Ciel, Jeune épousée du Soleil et Amie du Paradis la même pensée allégorique ou analogique humaine qui, de tout temps, voit dans ces insectes agitant gracieusement leur quatre ailes ou faisant miroiter les éclats de bronze de leurs corps des "Demoiselles". La même pensée qui leur donnera le nom de Fiancée (Lestes sponsa), de Jouvencelle (Coenagrion  puella) , de Nymphes (Pyrrhosoma nymphula), de Naïades (Erythromma najas)  de Vierges (Calopteryx virgo), et d'Élégantes (Ischnura elegans). 

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SOURCES ET LIENS.

— ABIVARDI (Cyrus) 2001  Iranian Entomology - An Introduction: Volume 1: Faunal Studies. Volume 2: Applied Entomology Springer Science & Business Media, 3 juil. 2001 - 1033 pages.

— BODENHEIMER, ( Friedrich Simon ) 1972,  Animal and Man in Bible Lands: Supplement. Brill Archive, 1972 - 232 pages 

— FOSSEY (Charles), 1901, Syllabaire cunéiforme, Paris, E. Welter ed. https://archive.org/details/syllabairecunif00fossgoog

— CIVIL (Miguel), 1973, THE ASSYRIAN DICTIONARY of the Oriental Institute of the University of Chicago

http://www.bulgari-istoria-2010.com/Rechnici/Assyrian%20dictyionary_9.pdf

 Fronzaroli (Pelio), Etymologies 

http://www.aulaorientalis.org/AuOr%20escaneado/AuOr%2023-2005/AuOr%2023%20PDF/5-Fronzaroli-def.pdf

— LANDOLT Peter et  ‎Michel Sartori (Ephemeroptera & Plecoptera : biology, ecology, systematics - 1997

-—Landsberger B. 1934. — Die Fauna des alten Mesopotamien nach der 14. Tafel der Serie Ḫar-ra = ḫubullu. Abhandlungen der philologisch-historischen Klasse der Sächsischen Akademie der Wissenschaften 42 (6), 144 p.

 

http://digital.slub-dresden.de/werkansicht/dlf/7517/14/

http://digital.slub-dresden.de/fileadmin/data/302433244/302433244_tif/jpegs/302433244.pdf

— Landsberger B. 1960. — The fauna of ancient Mesopotamia, first part, tablet XIII. Materialien Zum Sumerischen Lexicon VIII (1), 103 p.

— Landsberger B. 1962. — The fauna of ancient Mesopotamia, second part, HAR-ra = Hubullu tablets XIV and XVIII. Materialien Zum Sumerischen Lexicon VIII (2), 180 p

 — LANDSBERGER (Benno) (1957). The Series HAR-ra = hubullu. Tablets I-IV (MSL V). Pontificium Institutum Biblicum.

 — LANDSBERGER (Benno)(1958). The Series HAR-ra = hubullu. Tablets V-VII (MSL VI). Pontificium Institutum Biblicum.

 — LANDSBERGER (Benno), 1959. The Series HAR-ra = hubullu. Tablets VIII-XII (MSL VII). Pontificium Institutum Biblicum.

 — LANDSBERGER Benno ; Anne Draffkorn Kilmer; Edmund I. Gordon (1960). The Fauna of Ancient Mesopotamia. First Part: Tablet XIII (MSL VIII/1). Pontificium Institutum Biblicum.

 — LANDSBERGER (Benno), Anne Draffkorn Kilmer (1962). The Fauna of Ancient Mesopotamia. Second Part: HAR-ra = hubullu. Tablets XIV and XVIII (MSL VIII/2). Pontificium Institutum Biblicum.

 — LANDSBERGER (Benno), M. Civil (1967). The Series HAR-ra = hubullu. Tablet XV and Related Texts. Ugu-mu. List of Diseases. With Additions and Corrections to MSL II, III, V, and VII (MSL IX). Pontificium Institutum Biblicum.

 — LANDSBERGER (Benno); E. Reiner; M. Civil (1970). The Series HAR-ra = hubullu. Tablets XVI, XVII, XIX and Related Texts (MSL X). Pontificium Institutum Biblicum.

— 

Brigitte Lion, Cecile Michel. Criquets et autres insectes à Mari. J.-M. Durand et J.-C. Margueron. Mari Annales de Recherches Interndisciplinaires, ERC ADPF, pp.707-724, 1997, MARI 8. https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00821266/document

— REINER (E.) , M. Civil (1974). The Series HAR-ra = hubullu. Tablets XX-XXIV. Miscellaneous Geographical Lists (MSL XI). Pontificium Institutum Biblicum.

— LISTES LEXICALES.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Listes_lexicales

— LISTES DE NOMS D'ANIMAUX EN AKKADIEN.

http://oracc.museum.upenn.edu/dcclt/ebla/corpus

 Forme écrite :gu₂-li-lu-um. Forme normalisée ::kulīlum (gu₂-li-lu-um). : dragonfly

— Corpus numérique cunéiforme

http://oracc.museum.upenn.edu/dcclt/lexicalliststypology/index.html

http://oracc.museum.upenn.edu/dcclt/ebla/corpus

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
28 février 2018 3 28 /02 /février /2018 08:50

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Si, depuis la thèse de Sophie Duhem en 1997, l'intérêt pour les sablières des charpentes sculptées des églises et chapelles bretonnes a connu un développement exponentiel, les abouts de poinçon, plus inaccessibles au regard car placés à plus de 15 mètres du sol, demeurent largement méconnus et n'ont bénéficié le plus souvent ni d'inventaire, ni d'étude iconographique réglée, ni de publication ou travail universitaire. Seul, le soin mis à les remplacer, à les repeindre et à les remettre en état lors des restaurations des charpentes par les Monuments historiques témoigne de leur importance.

Pourtant, elles sont réalisées lors du couvrement des édifices en même temps que les sablières, par les mêmes sculpteurs, et surtout dans le même esprit. Elles possèdent la même valeur patrimoniale. Il est possible d'affirmer que l'ensemble sablières + blochets + entraits + abouts de poinçon forment un ensemble coordonné qui devrait, dans l'idéal, être étudié comme un tout stylistique et iconographique. 

Une charpente moyenne comporte, au croisement des nervures et de la ligne médiane, une trentaine d'abouts de poinçon, tous sculptés. Tous ne suscitent pas le même  intérêt, car nous délaissons les motifs végétaux à feuilles d'acanthe et autres feuillages pour privilégier les motifs plus animés. Leur séquence débute souvent au dessus du chœur par des anges porteurs des blasons des prééminenciers, des anges tenant la Sainte Face ou les Instruments de la Passion,  ou des anges musiciens. Dans la nef, les motifs populaires, les acrobates aux postures parfois obscènes, les danseurs ou les animaux fantastiques trouvent leur place.

Lors de ma visite de l'église de Grâces, après avoir fait le tour des sablières, je n'ai eu ni le temps, ni la qualité d'éclairage, ni l'équipement photographique nécessaire pour réaliser l'inventaire et l'étude de ces singulières pièces sculptées, mais j'ai retrouvé l'acrobate montrant ses fesses, qui figurait plus bas sur un blochet. La continuité entre sablières et poinçons était manifeste, mais les particularités de ces derniers devait être soulignée. Parmi le lot de nombreuses photos floues, j'ai conservé celles qui, néanmoins, pouvait être susceptible d'encourager l'intérêt des paroissiens et visiteurs.

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LA SIGNATURE AU CENTRE DE L'ENTRAIT.

Les deux faces est et ouest de l'entrait maître de l'église portent, en son milieu, un cartouche où sont sculptés en réserve un mot en lettres gothiques.

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Entrait et voûte lambrissée de la nef de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

Entrait et voûte lambrissée de la nef de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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  Du coté ouest,

je lis:

ANEG-R .

Je n'ai pas trouvé de mention de cette inscription dans les publications des Amis du Patrimoine de Guingamp, disponibles en ligne. Et je ne trouve aucune possibilité d'y lire un patronyme, ou un terme liturgique.

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Entrait de la charpente de la nef de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

Entrait de la charpente de la nef de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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Du coté est.

La lecture n'est pas plus simple. Les quatre lettres MSIP n'ont pas de sens, et elles sont précédées par une petite boucle. 

aMSIP ??

Là encore, je ne trouve ni patronyme, ni mot latin. Si je considère que les deux dernières lettres sont conjointes, cela donne MSUP, tout aussi épineux.

Si les deux faces de l'entrait constituaient une suite, MSIPANEGR ou ANEGRaMSIP ne lèvent aucun voile.

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Entrait de la charpente de la nef de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

Entrait de la charpente de la nef de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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LES ANGES.

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1. Ange en tunique longue, présentant un écu muet.

Cet écu est traversé par une diagonale.

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About de poinçon de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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2. Ange en aube tenant un objet rectangulaire.

Le style de cet ange diffère de celui du précédent, avec un visage plus fruste, des cheveux seulement frisés sur les épaules, un plissé de tunique tuyauté.

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About de poinçon de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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3. Ange (ou garçon) tenant un phylactère.

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About de poinçon de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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4. Ange (ou garçon) tenant un objet sur un phylactère.

L'objet est cylindrique, et sans-doute brisé. Cet ange est-il en train d'écrire ?

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About de poinçon de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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5. Ange musicien ?

Cet ange a perdu l'objet qu'il tenait entre ses mains, hormis une sorte de crayon qui passe à travers sa manche droite. D'autre part, ses lèvres entourent un tuyau qui est brisé. Seul un instrument à vent semble pouvoir expliquer cela.

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About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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II. LES ACROBATES.

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1. Acrobate à demi-nu tenant ses chevilles et exhibant ses parties génitales.

Il est à demi-nu puisqu'il est coiffé d'un capuchon retombant en scapulaire sur ses épaules. Il tient ses chevilles en contorsion avant dans une position anatomiquement impossible. Faites l'essai : devant un miroir, allongez-vous sur le dos et tirez vos chevilles vers vous : ce qui sera visible dans la glace, ce sera l'arrière de vos genoux, (et non les rotules), et les fesses (et non les choses plus obscènes encore). La seule solution pour réaliser cette contorsion arrière avec le visage de face est d'y associer une torsion à 180 ° de la tête. Pas facile ! Néanmoins, cette prouesse de contorsionniste extrême est fréquente en sculpture.

 

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About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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2. Acrobate en contorsion arrière, jambes sur les épaules et tenant ses chevilles.

 Il porte un bonnet carré à renflure médiane, une tunique dont la partie thoracique est tissée (laine ou peau) et la partie inférieure ou les manches sont plissées. Une lanière passe sous la plante des pieds.

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About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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3. Acrobate nu en contorsion arrière en pont.

Il tient un objet de la main droite : nous pouvons imaginer qu'il danse en s'accompagnant de sortes de maracas.

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About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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4. Acrobate en contorsion arrière, en suspension entre quatre arceaux.

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About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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5. Acrobate en contorsion arrière, tenant un couteau.

Il est barbu, son nez est épaté, il semble nu, sa poitrine est velue. Il porte un béret à bords larges. 

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About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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6. Acrobate en pont en contorsion arrière, les pieds et les mains tenues par la gueule de dragons.

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About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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7. Acrobate en pont en contorsion arrière, caricature d'homme d'arme ? 

avec sa petite épée, son petit  bouclier et son écu ? Il porte un pantalon obtenu par croisements de lais d'étoffe, et une veste courte laissant le ventre nu.

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About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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8. Acrobate danseur ou sauteur, jambes croisées.

Dans la main droite, il tient une boite à rythme, ou une bouteille. Pieds nus, il est vpêtu de pantalon descendant jusqu'aux chevilles, d'une veste à manches longues et d'un bonnet.

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About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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9. Acrobate au corps et au visage difformes.

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About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.
About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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10. Acrobate en pont en contorsion arrière, coiffé d'un bonnet à oreilles animales et vêtu d'une veste boutonnée.

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About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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11. Acrobate en pont en contorsion arrière, mains sur les cuisses, vêtu d'une veste boutonnée dotée d'une capuche à oreilles animales. 

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About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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12. Acrobate au visage simiesque, assis en tailleur. Il est vêtu d'un ample manteau à capuche et d'un pantalon informe.

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About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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13. Femme tenant une quenouille ??

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About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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14. Quatre masques grimaçants.

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About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

About de poinçon (1508) de la voûte lambrissée de l'église de Grâces. Photographie lavieb-aile 16 septembre 2017.

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DISCUSSION.

J'ai donc réuni un ensemble de 19 abouts de poinçons dont 5 anges et 12 acrobates. Je découvre que j'ai abordé un sujet passionnant que je ne soupçonnai pas, et qui me fait regretter de n'avoir pas consacré d'avantage de temps encore à ces photos : celui de l'art du contorsionnisme médiéval. 

Cet art est illustré en iconographie dans les modillons romans, dans les  enluminures (danse de Salomé), les miséricordes des stalles, sur les blochets (Saint-Thomas à Landerneau), sur les crossettes (Dirinon), sur les calvaires monumentaux des enclos, bref un peu partout dans les édifices religieux. J'ai d'abord considéré qu'ils étaient l'équivalent des "drôleries" des marges des manuscrits médiévaux, contrepoints ludiques des exercices liturgiques ou figures érotiques. Leur situation était bien marginale, tant sur les sablières et les blochets que dans les hauteurs des charpentes.

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Bateleur Miséricorde de Saint-Lucien de Beauvais Stalle provenant de l'église de Saint-Lucien de Beauvais (Oise), vers 1492-1500. Bois (chêne), 270 x 500 mm Paris, musée de Cluny - musée national du Moyen Âge, n° d'inventaire CL19624 Photo © RMN-Grand Palais (musée de Cluny - musée national du Moyen-Âge) / Michel Urtado

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D'autre part, je ne dissociais pas suffisamment les acrobates contorsionnistes des jongleurs, des musiciens et des figures exhibitionnistes. 

Mais la lecture du  site BNF/CNAC sur les contorsions m'incite à approfondir ma réflexion :

"Liés à des pratiques chamaniques, certains exercices acrobatiques s’apparentent à des rites primitifs. Ils remettent le sujet entre les mains de la divinité invoquée ou le déifient aux yeux de la communauté en lui accordant la maîtrise d’une virtuosité surhumaine.

Acrobates ou danseurs attendent de cet affranchissement de la pesanteur, poussé à l’extrême des possibilités humaines, qu’il les livre à la force d’un pouvoir tutélaire qui agira alors en eux et par leur intermédiaire, pour que leurs gestes s’identifient à ceux de la divinité créatrice et témoignent de sa présence. Au Cambodge par exemple, la désarticulation lente et précise de chacune des parties du corps, du dos aux doigts, permet à la danseuse de s’affranchir d’une gestuelle trop humaine et d’accomplir les mouvements qui l’associent à une incarnation mythique. Dans ces gestes, rien n’est anodin : chaque position fonctionne comme une imitation transcendée d’êtres surnaturels. Puissances de la rivière ou de la forêt sont invoquées et convoquées pour affirmer et soutenir le déroulement de la cérémonie. Dans ce contexte particulier, l’acrobatie symbolise l’accession à une condition surhumaine. Elle est une extase du corps. Et tout ce qui pare la chair – fard, huile, peau ou plumes – contribue à faire s’épanouir le mystère de l’élévation et de la transcendance. Aujourd’hui, les contorsionnistes asiatiques ou occidentales ne font rien d’autre, mais le registre n’est plus que profane et spectaculaire

Le phénomène de dislocation du corps est pour beaucoup dans la sensation de répulsion qu’éprouvent certains spectateurs en regardant un numéro de contorsion qui provoque inévitablement une impression dérangeante de corps maltraité.

Il y a sans doute également un amalgame facile et trop rapide avec la reptation du serpent, une impression parfois renforcée dans l’histoire de la discipline par la création de saynètes théâtralisées où les contorsionnistes sont vêtus d’un costume épousant les formes du corps et texturé comme une peau de serpent. " 

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Il serait intéressant de poursuivre cet inventaire de l'iconographie des contorsionnistes médiévaux, d'en étudier les différents exercices en les comparant aux figures pratiquées aujourd'hui, afin de se demander si ces représentations, loin d'être de ludiques et obscènes exutoires aux pratiques religieuses, ou l'expression d'une contre-culture carnavalesque, ne seraient pas des figures de la conversion, renversement spirituel sous l'effet de la Foi mais surtout de l'ascèse. Les acrobates seraient alors proposés comme des modèles, les prouesses de dépassement des limites corporelles devenant des  équivalents de la sainteté Mais cette interrogation ne préjuge pas de la réponse.

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SOURCES ET LIENS.

 — BNF / CNAC,  La contorsion.

http://cirque-cnac.bnf.fr/fr/acrobatie/au-sol/la-contorsion

— PRIGENT (Christiane), Sculptures de danseurs et de jongleurs dans les édifices religieux à l'époque romane et à l'époque gothique.

https://hicsa.univ-paris1.fr/documents/pdf/MondeRomainMedieval/Prigent.pdf

— Le monde des jongleurs.

http://jalladeauj.fr/musiciensetjongleurs/styled-4/

— TOULET (Simonne), 2010, L'église de Grâces et ses sablières, Bulletin des Amis du Patrimoine de Guingamp n°48.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_89/Les_Amis_du_Patrimoine_de_Guingamp_nA_48.pdf

— ??, 1990, Les sablières de l'église de Grâces, Bulletin des Amis du Patrimoine de Guingamp n°8.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_85/Les_Amis_du_Patrimoine_de_Guingamp_nA_8.pdf

— WIKIPEDIA, Iconographie des modillons romans.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Iconographie_des_modillons_romans

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
27 février 2018 2 27 /02 /février /2018 17:22

Zoonymie du nom de genre Onychogomphus, Selys 1854.

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Dans cette série Zoonymie des Odonates, voir : 

 

 

 

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I. LA PUBLICATION ORIGINALE

 

SELYS-LONGCHAMPS (Edmond de), 1854, Synopsis des Gomphines, Bulletins de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. t.XXI(2) pp 23-112 page 33

https://www.biodiversitylibrary.org/page/36937548#page/605/mode/1up

 

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Genre 2. — ONYCHOGOMPHUS, De Selys. 
Gomphus, Leach, Ramb., De Selys. 
Diastatoma, Burm. 
Appendices anals supérieurs des mâles ayant à peu près la  longueur des deux derniers segments; l'inférieur très-fourchu , à branches contiguës. 
Patrie : Europe, Asie, Afrique. 

Edmond de Sélys divise son genre en trois sous-genres, O. Uncatus, O. forcipatus et O. cognatus. Il écrira en 1758 : "Pour la subdivision des Onychogomphus en groupes , je me suis servi d'abord, comme on le voit dans le tableau synoptique, de la forme des appendices anals des mâles, ainsi de que celle de l'occiput des femelles. J'ai tenu compte , en seconde ligne, du dessin du thorax et du dessin de l'abdomen."

. Les noms qu'il a créé sont fondés sur la forme des appendices des mâles. Mais à aucun moment de ses descriptions, il ne se livre à des descriptions imagées qui viendraient fonder l'étymologie de  ses noms. 

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II. ÉTUDE DU NOM SCIENTIFIQUE.

 Onychogomphus vient du grec ὄνυξ, ónyx  (onux, onukhos)  "ongle, serre, griffe" , associé à  -gomphus. Il signifie donc   :  "gomphus à ongle, gomphus à crochet " du fait de la forme des appendices anaux des mâles . (Je rappelle que gomphus vient du grec  gomphos = "clou, coin, cheville" du fait de la forme en massue de l'abdomen des mâles). 

Le radical "onycho" sert à la construction de nombreux termes médicaux concernant les ongles : onychophagie, onychoptose, onychomycose, onychodysplasie, onyxis, perionyxis,  etc.

La distinction entre O. uncatus et O.  forcipatus poursuit cette idée en précisant dans l'épithète spécifique la forme de "l'ongle" soit en crochet (uncatus), soit en pince (forcipatus).

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III. ETUDE DES NOMS VERNACULAIRES DU GENRE ONYCHOGOMPHUS.

Le nom vernaculaire français Onychogomphe est affligeant en se contentant de  transcrire  le latin sans le rendre compréhensible.  

Les anglais ont su créer le nom de Pincertail, "queue en pince", directement évocateur à ceux qui ne possèdent pas la maîtrise des racines grecques et latines. Il le déclinent en Large Pincertail pour O. uncatus, Small Pincertail pour O. Forcipatus, Dark Pincertail pour O. assimilis, Faded Pincertail pour O. costae  etc.

Les Néerlandais ont créés Tanglibellen "libellule à pince", avec le même bénéfice. La famille des Gomphidae porte le nom de Rombouten.

Les Catalan ont le nom très intéressant de Tallanassos "Coupe-nez" [ou Nez court] déjà attesté en 1911 par Eugène Rolland dans sa Faune populaire de la France tome XIII. Tallanassos gros est O. uncatus, Tallanassos petit est O. forcipatus, et Tallanassos d'Areny est O. costae.

 

 

IV. DESCRIPTION.

"Les mâles se reconnaissent facilement à leurs appendices anaux en pinces à sucre" (K.-D. B. Dijkstra).

Comme les Dalton : À l'exception d'O. costae, toutes les espèces ont un abdomen annelé de noir et de jaune  (alors que les Gomphus ont sur l'abdomen une ligne quasi continue jaune) et un thorax jaune rayé de bandes noires .

  • Corps atteignant 80 mm de long.
  • Yeux largement séparés : ce sont des Gomphidés

  • Abdomen dilaté à l'extrémité et muni chez les mâles, de trois crochets (pince anale) de taille imposante. Ces crochets sont recourbés à angle droit vers l'intérieur.

  • Base de l'aile postérieure anguleuse chez les mâles et arrondie chez les femelles. (Wikipédia)

V.Bibliographie : voir ici

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
27 février 2018 2 27 /02 /février /2018 12:46

Les sablières (1508) du bas-coté de l'église Notre-Dame de Grâces (22).

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Pour la première partie, voir :

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces (22).

 

Sur  les sculptures en rapport  avec celles-ci, voir :

 

Pour les autres articles sur les sablières, tapez ce mot sur l'onglet "Rechercher".

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La chapelle Notre-Dame de Grâces, dont la première pierre de l'édifice fut posée le 12 mars 1506 suit le plan  d' un rectangle formé de deux nefs de largeur inégale. La charpente ayant été achevée en 1508, j'adopte cette date pour les sablières sculptées des deux parties. J'ai décrit dans l'article précédent les sablières de la nef principale, aux 16 pièces divisées en deux ensembles qui se font face, au nord et au sud.

 Le bas-coté sud  comprend , sans compter la sacristie du XVIIe siècle, quatre travées, et cette division se retrouve, à l'extérieur, dans la séquence des quatre baies coiffées de lucarnes à rampants à crochets .

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Cliché GO69 sur Wikipédia Façade méridionale de l'église Notre-Dame à Grâces (22).

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Chacune de ces travées détermine autant de chapelles ou d'espaces quadrangulaires intérieurs, qui sont dotés, sur trois cotés, de sablières. Je devrais donc décrire douze pièces sculptées, groupées par trois. 

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I. 1 : Affrontement de dragons. L'Ivrogne et sa femme. Blochet.

I. 2 . Frise de vigne entre deux hommes.

I. 3 : Rinceau craché par un dragon.

II.1   : perdu ou absent

II. 2 : inscription de fondation 1506 et 1508.

II. 3 : Trois moines dans une brouette conduits par des esprits.

III.1. Scène d'exorcisme par un moine. L'Annonciation.

III.2 : Renart et les poules.

III.3 : Rinceau . deux anges présentant un panneau.

IV.1 : Sainte Face présentée par deux anges. Rinceau craché par un dragon. Blochet.

IV.2 : Blason du duché de Bretagne présenté par deux anges.

IV. 3 : fragments. Lion affrontant une licorne, entre deux chiens.

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I. PREMIÈRE TRAVÉE.

 

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Cliquez : Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Cliquez : Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Cliquez : Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Cliquez : Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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I.1. Le coté est. 

I.1a. Deux dragons affrontés.

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Deux dragons s'affrontent : gueules ouvertes, ils semblent rire ou faire fonctionner leur langue. Celui de droite, au corps ramassé, couvert de pustules creuses, porte des ailes nervurées. Sa queue, passant entre ses cuisses,  est courte. Son vis-à-vis, tout aussi jovial,  a le corps couvert de nodosités et le dos déformé par une longue ligne d'épines. Son aile, moins visible, est marquée par des écailles. Il est plus long, comme étiré, sa queue remonte plus haut. Une sorte de tentacule verruqueuse, sortie  de je ne sais où, lui sert d'écharpe.

Qu'est-ce qu'ils se racontent ? Des histoires de dragonnes. 

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Cliquez : Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Cliquez : Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

I.1b. Ivrogne rappelé par son épouse.

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Au centre, Monsieur, main sur la tête car il  a mal aux cheveux,  refuse de lâcher son tonnelet . Pris de nausée, il se penche pour se soulager. 

A droite, un compagnon de beuverie est à genoux, le corps renversé en arrière, l' œil torve et la bouche tordue. Il porte un harnachement sans-doute militaire. 

Comme sur les sablières sud de la nef, l'artiste n'a pas son pareil pour accentuer la promiscuité des occupants de l'espace exigu de la corniche en la soulignant, ici, par la semelle de la chaussure de l'ivrogne tordue sous la pression qu'elle exerce sur la cuisse du soldat.

Madame, à gauche, fait des efforts surhumains pour parvenir à sortir son mari hors de l'auberge. Elle s'est assise par terre et, penchée de tout son long, elle tire, elle tire, et nous prend à témoin ou nous appelle à l'aide. Tous les détails des vêtements ou du chaussage sont reproduits, nous procurant des documents passionnants.

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 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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I.2. Le coté nord. Homme et frise de vigne.

C'est une authentique vigne, avec feuilles, vrilles et grappe, mais dans laquelle poussent des glands saugrenus.

 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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I.3. Le coté ouest. Dragon et feuillages.

C'est un dragon un peu simplet, sans beaucoup de relief, qui libère cette frise de roses aux longues épines.

 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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DEUXIÈME TRAVÉE.

La porte dite de l'Annonciation en raison de son bas-relief donne accès, de l'extérieur, à cet espace. 

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Porte de l'Annonciation , église de Grâces, photographie lavieb-aile septembre 2017.
Porte de l'Annonciation , église de Grâces, photographie lavieb-aile septembre 2017.

Porte de l'Annonciation , église de Grâces, photographie lavieb-aile septembre 2017.

 

 

II 1. Le coté est.

Pas d'image !! Un oubli ?

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II.2 Coté nord : Deux inscriptions de fondation présentée par trois anges.

Cette sablière monumentale se présente d'emblée à la vue du fidèle qui entre par la porte de l'Annonciation : elle occupe donc un emplacement important, celui d'un seuil (aucune des deux portes sud n'ont de porche voûté). 

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 Sablières (1508) du bas-coté sud de la chapelle Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de la chapelle Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sur l'inscription de gauche, on peut lire :

LE DOZIESME JOUR DE MARS LAN DE GRÂCE MIL CINQ CENTZ

ET SEIX FUT LA PREMIERE PIERRE DE CESTE CHAPPELLE ASSYS.

"Le douzième jour de l'an de grâce 1506 fut la première pierre de cette chapelle assise."

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 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

 

 

 

 Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Je déchiffre la seconde inscription ainsi :

LE CINQIES[M]E JO[UR] DE JAFFRUER LA[N] MIL  VC ET VIII FUT LE BOIES DE CESTE CHAPPEL[L]E ASSIS : AU Q[U]EL TE[M]PS ESTOIT MAISTRE JEHA[N] LE D[O]RNEC RECT[EU]R DE LA P[A]ROISSE DE PLOEIZY ET GO[U]VE[R]N[R]S DE LA DI[C]TE CHAPELLE JEHA[N] ET AULT[R]E JEH[AN] BELLES.

Seule le mot "JAFFRUEUR" est sujet à caution.

Ma transcription est : "Le cinquième jour de janvier l'an 1508 fut le bois (la charpente) de cette chapelle assis : auquel temps était maître Jean Le Dornec recteur de la paroisse de Plouisy et gouverneurs de la dite chapelle Jean et autre Jean Bellec."

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1°) Le nom du recteur Jehan Le Dornec.

Le nom du recteur n'a pas été respecté par René Couffon qui lit 

"Le cinquiesme jour de Janvier l'an mil Vcc  et VIII fut le boies de cette chappelle assys auquel temz estoit Maistre Jehan Le Dirvec recteur de la paroisse de Plouisy et gouverneurs de la dicte chapelle Jehan et autre Jehan Le Bellec." (R. Couffon)

Pourtant, il est attesté par un document produit par Simonne Toulet : 

"Nous avons des renseignements très précis. D’abord, en 1507, la nomination par le recteur de Plouisy des gouverneurs de Notre-Dame-de-Grâces :  « Maistre Jehan Le Dornec recteur de la parroesse de Ploeizi et treff de Saint Michel près de Guingamp certifie et relatte à touz présentz et à venir que paravant cestes heures moy dit recteur pour mon intérêt et les treffvians dudit treff de Saint Michel pour leur avoir mis et institué Jehan Baelec et aultre Jehan Baelec du village du Beusit près dudict Guingamp et chacun d’eulx à gouverneurs et administrateurs des biens et aulmosnes escheuz et que escherront le temps futur en la chapelle Nostre Dame de Grace nouvellement encommanzée audit treff audit village du Beusit. « Témoign cestes signées de ma main et de Yvon Guezou notaire à ma requeste le traezième jour de septembre lan mill cinq centz sept. »

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Mais Simonne Toulet  donne néanmoins au recteur (par lapsus) le nom de Jehan Le Bellec" lorsqu'elle lit  l'inscription ainsi :

"Quand on entre par la porte de l’Annonciation, on repère un texte écrit sur une sablière, l’avant-dernière de la série du bas-côté : « Le douzième jour du mois de mars mille cinq cents et seix fut la première pierre de cette chapelle assise . Le cinquième jour de febvrier de l’an mille VC et huit fut le bois 7 de cette chapelle assis auxquels temps étaient maistre Jehan Le Bellec recteur de la paroisse de Plouisy et gouverneurs de la dite chapelle Jehan et autre Jehan Le Bellec. » "(S. Toullet 2010)

À la monstre de Tréguier de 1481, un Jean Le Dornec est présent à pour la paroisse de Plouegat, un peu à l'ouest de Guingamp. Un autre Jehan Le Dornec, ainsi que Charles Le Dornec, comparaissent tous les deux en archers pour  la paroisse de Quemper-Guezennec. On peut penser que le recteur est issu de cette famille noble des environs de Guingamp. 

Voir aussi : Jean le Dornec  sieur de la Villeneuve  †/1577 

https://gw.geneanet.org/quellec?lang=fr&iz=3014&p=jan&n=le+dornec

Et sa fille Péronelle Le Dornec, Ploézal (22) 1564-1637

https://gw.geneanet.org/quellec?lang=fr&p=perronelle&n=le+dornec

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2°) Le nom de la paroisse, Ploeisy.

 

PLOEISY est la forme de l'actuelle commune de PLOUISY, Ploe de saint Isy. 

On rencontre les appellations suivantes : Ploegi (vers 1330), Ploeizi (en 1369), Ploeyzy (à la fin du XIVème siècle), Ploizy (en 1461), Ploeizy (en 1481), Plouisy (en 1581). (Infobretagne)

 

A Plouisy, jusqu'au XVIème siècle, l'église Saint-Michel, aujourd'hui détruite, était la paroisse-mère et Saint-Pierre, la chapelle tréviale. Après le XVIème siècle, s'est l'inverse jusqu'à la Révolution, mais Saint-Michel qui comprend Grâces en est distraite.

Grâces (anciennement Saint-Michel) est en effet un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plouisy. Selon la tradition, les origines de Notre-Dame de Grâces sont dues à un mendiant franciscain, qui aurait construit, au lieu-dit la Boissière, un petit oratoire en terre, dédié à saint Michel.

La trève de Saint-Michel est citée en 1261. Saint-Michel est mentionnée comme paroisse dès 1380. La paroisse de Saint-Michel est alors une succursale de la paroisse de Plouisy. En 1506, une chapelle dite Notre-Dame de Grâce est construite, au village de la Boissière (en Saint-Michel). Cette chapelle devient le siège d'une paroisse en 1803. (Infobretagne)

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3°) Les noms des gouverneurs : Jehan et Jehan Bellec.

L'un des deux était surnommé "l'ermite de Saint-Michel"  Le 20 mai 1 506, l'évêque de Tréguier accorde son consentement à «Jehan Bellec et autre Jehan Bellec dit l'ermitte du village du Beuzit » pour « construire et édifier de nouveau la dite chapelle en l'honneur de ND de Grâces et de Saint-Bertholomé [. . .] parce que les dits Bellec faisant le dit décret avoient promis et s'estoient obligé o touz leurs biens maintenir la chapelle à jamais en cas que les aulmônes et esmolluments d'icelle chapelle eussent été insuffisants " ( H. Le Goff 2004)

 

 

Le 17 mars courant, l'agrément, pour l'édification de la chapelle Notre-Dame de Grâces, était accordé par le pape JULES II.

« 21 may 1506, Guingamp sénéchaussée de Plouisis. Consentement des habitants de la trêve de St-Michel et du recteur de la paroisse à ce que Jehan BELLEC et aultre Jean BELLEC, appelé l'hermite de St-Michel, eussent fait construire au milieu du village de La Boissière en la dite trêve une chapelle en l'honneur de Notre-Dame de Grâces » Le même acte renferme le consentement de Pierre de KERISAC qui « y est reconnu le fondateur de la dite chapelle attendu que le terrain où on voulait construire était son propre domaine et on consentit qu'il fut mis les armes au lieu le plus éminent. »

 La pierre nécessaire à la construction provenait de la carrière de La Boissière (Ar Veuzit).

Acte constituant les frères Jehan LE BELLEC gouverneurs de Notre-Dame De Grâces le 13 septembre 1507.

« Maitre Jehan LE DORNEC, recteur de la paroisse de Ploëzi et treff de Saint-Michel près Guingamp certiffie et relatte a tous présentz et a venir que paravant cestes heures moy dit recteur pour mon interest et les tréffians dudit treff de Saint-Michel pour le leur avoir mis et institué Jehan BAELEC et aultre Jehan BAELEC du villaige du Beusit près dudi Guingamp et chacun d'eulx à gouverneurs et administrateurs des biens et aulmosnes escheuz et que escherront le temps futur en la chapelle Notre-Dame de Grâce nouvellement encommanzée audit treff audit village du Beusit. Temoign cestes signées de ma main et de Yvon GUEZOU notaire a ma requeste le traezième jour de septembre l'an mil cinq centz sept. »

Plusieurs procès et requêtes opposèrent les gouverneurs LE BELLEC à Pierre RENAULT DE KERISAC.

« request présentée au parlement de la part de Jean BELLEC dit lermite gouverneur de la chapelle de Notre-Dame de Grâce contre Maitre Yves FELUZON curateur de Pierre REGNAULT au sujet de l'opposition que ce dernier avait formé lors de la construction de la chapelle parce qu'il prétendait en être fondateur comme propriétaire du fond. »

et aussi le 7 novembre 1536 :

« procédure relative à l'opposition formée par le sieur de KERISAC contre les gouverneurs de la chapelle de Notre-Dame de Grâce touchant des galleries et appentis qu 'ils prétendaient faire construire au poignant de la dite chapelle. »

8 octobre 1559, sénéchaussée de Guingamp - Plouisy :

« transaction passée entre Mgr le Duc D'ETAMPES et écuyer Pierre RENAULT sieur de KERIZAC qui permet à ce dernier de faire apposer ses armes et escussons sur toutes les vitres de la chapelle de Notre-Dame de Grâces en dessous de celle du duc et de bâtir une halle pour la dite chapelle. »

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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II 3 . Coté ouest. Trois moines conduits dans une brouette par des démons grimaçants.

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" D'autres influences se sont sans doute exercées : la fameuse «brouette» existait aussi sur une fresque (disparue) du Mont-Dol. A l'origine, c'était un petit tombereau à 2 roues (bi rota), la brouette moderne à une roue date du XVIIe siècle." (sans nom, APG 1990)

"L'esprit satirique n'est nullement absent et plusieurs personnages sont des moines dans des attitudes parfois peu édifiantes. A tel point que le diable les entasse dans un véhicule (brouette ?) pour les conduire vers l'enfer (Illa). N'oublions pas que sur la façade sud de l'église quelques vues de gargouilles sont aussi des moines vomissant l'eau à pleine bouche (les Franciscains et les Dominicains étaient installés à Guingamp dès la fin du XIIle siècle et c'est un Cordelier qui fit les plans de la chapelle de Grâces)." (sans nom, APG 1990)

 

"Après la tentation, le châtiment… la descente en enfer.— Deux démons encadrent une brouette (sans pieds) dans laquelle se trouvent trois personnages – une femme, un homme et un autre qui tient un livre, peut être un moine. Ces diables sont particulièrement effrayants, certains ont plusieurs têtes." (S. Toulet)

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"A la différence des autres figures, les grylles ne présentent pas de « type iconographique «  défini, de par la nature insolite de leur aspect. Ils sont cependant aisément reconnaissable à leurs bustes humains et à leurs bas-corps zoomorphes. L'existence de quelques créatures particulières, les grylles « gastrocéphales », doit être signalée. Ces êtres dont les traits du visage sont reportés sur la poitrine, sur les articulations et sur le sexe, se distinguent des premiers à leur nature maléfique. Ils sont fréquent dans les peintures du bas Moyen-Âge, en particulier dans les scènes illustrant le Jugement Dernier ou l'Apocalypse, où ils infligent des supplices aux damnés." (S. Duhem p. 167-168)

 

"Trois moines tremblants sont assis dans une brouette poussée par un diable vers les Enfers. Ce thème apparaît sur une gravure d'Erhard Schoen actif à Nuremberg au début du XVIe siècle. (The Illustrated Bartsch)" (S. Duhem)

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Là où des moines ont été reconnus, je vois trois hommes sans tonsure, avec des chevelures bouclées, levant le visage vers le ciel. L'un a les mains jointes, l'autre se tient les mains, le troisième tient un livre. Ils sont placés dans une brouette dont la roue est tenue  par un personnage à genoux et au corps projeté en avant, vêtu d'une robe boutonné sur le devant, qui lève le bras droit au dessus de sa tête. Ses yeux, ses narines, ses oreilles  et sa bouche crénelée sont creusés, un peu comme on le fait dans une citrouille d'Halloween. 

A droite, c'est clairement un grylle qui est accroupi entre les bras de la brouette. Ses pieds ressemblent à des racines griffues, son ventre est une bouche à la mâchoire ouverte sur un thorax, l'épaule est une tête complète, le coude est une tête de serpent dardant trois lames en guise de doigts. La tête est grimaçante, dotée de deux antennes au dessus d'yeux excités. Tout cet ensemble est si hétéroclite que notre raison est désarçonnée. 

Cette sablière est exceptionnelle par son originalité et par l'effet saisissant qu'elle suscite. Mais son étude iconographique, et son interprétation, doivent être développées. C' est aussi le cas de la pièce suivante.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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TROISIÈME TRAVÉE.

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III.1. Coté est :

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III.1a .Scène d'exorcisme par un moine après échec de trépanation. Fuite du démon.

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La trépanation.

Deux scènes centrales sont est encadrées par deux grylles, tels que nous venons d'apprendre à les découvrir sur la pièce précédente. Là encore, la multitude mélangée en désordre de doigts et de pieds, de becs ou d'yeux, crèe ce trouble de la pensée qui est recherché par l'artiste. 

A gauche, après ce premier grylle vient un personnage de face, dans une robe lacée par devant par un ruban en zig-zag. Cet homme écarte les deux bras, ses yeux sont levés vers le ciel, et nous pouvons penser, au vu du contexte, qu'il est en pleine crise d'épilepsie, ou de démence. 

À sa droite, un homme dont les longs cheveux bouclés sont coiffés d'un bonnet est peut-être un médecin. Il tient des deux mains le manche d'un outil dont la lame est dirigée vers le crâne du malade. J'y vois un trépan. Comparez à L'extraction de la pierre de folie, par Jérôme Bosch, un tableau datant de 1488-1516 et donc  à peu près contemporain de ces sablières. J'y retrouve la posture bras écartés du dément, ses yeux hagards, et  le laçage en zig-zag d'une camisole. L'instrument utilisé sur la sablière pourrait être comparé à ce trépan des années 1950.

Pourtant, je ne retrouve pas d'indication en ligne d'un auteur ayant identifié ici une trépanation. Ni, plus généralement, d'indication sur une scène de trépanation sur une sablière médiévale.

La folie de cette intervention est peut-être dénoncée par les pieds-nus du chirurgien-barbier. Ou par sa bouche ouverte et creuse, qui répond à celle des grylles-citrouilles.

L'exorcisme.

Un autre groupe de trois sujets occupe la partie droite. C'est d'abord un moine (cheveux taillés courts en couronne et recouverts de la coule) qui impose ses mains sur le crâne d'un (vraisemblable) malade ou possédé. Il est difficile de dire si le regard  du moine, tourné vers le ciel, est celui d'un clerc implorant Dieu ou celui d'un illuminé. S'il s'agit d'un exorcisme, celui-ci semble efficace, car un grylle s'enfuit en tirant la langue.

http://www.lavieb-aile.com/2015/09/sablieres-inscriptions-et-pardon-de-la-chapelle-saint-sebastien-au-faouet-56.html

Discussion.

La description de ces deux scènes par Simonne Toulet est la suivante :

"L’exorcisme.— Un moine pose la main sur le front d’un homme. Il semble prier – les yeux fermés pour ce pauvre « possédé » – et l’on voit effectivement un démon qui s’enfuit.

Sur l’autre partie, un diable est niché à l’extrémité gauche ; devant lui, un buste de femme et un homme qui porte un outil : est-ce un sculpteur ? Rêve-t-il de « créer » une femme ? Quel péché d’orgueil ! Le diable le guette ; mais participe-t-il à l’ouvrage ? il tient un maillet dans sa main droite… La « possession » par le démon est fréquemment évoquée au Moyen Âge : elle a d’ailleurs des références bibliques."

 

J'ai déjà décrit une autre scène d'exorcisme sur les sablières du bras nord du transept de la chapelle Saint-Sébastien du Faouët.

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Mais elle est plus tardive de près d'un siècle (1600) et l'aspect cérémoniel y est accentué : deux moines, le premier tenant un livre (le rituel liturgique sans-doute) et l'autre imposant les mains, font face à un homme à genoux, mains jointes, se prosterne devant l'exorciste (dans lequel on a proposé de reconnaître saint Martin). Un animal à la gueule féroce s'enfuit sur la droite. Tout cela est sage, pieux, univoque, alors que le sculpteur de Grâces a dressé un tableau tronqué (le moine et son possédé sont montrés en buste), expressionniste, fébrile, aux postures outrées, emporté par de grands mouvements des plis des vêtements, qui ne permet pas de s'arrêter à une interprétation cléricale où les sablières forment "un livre d’images saintes destinées à un public en partie illettré, le prêtre les utilisant comme support de ses prédications" (S. Toulet). Bien au contraire, ces sablières sont peuplées de personnages non bibliques et d'animaux fantastiques d'un imaginaire païen  que le prédicateur devait combattre. Et les tableaux des vices et dépravations sont joyeux, rabelaisiens et complices plutôt que frappés du discours moralisateur des Taolennou du père Maunoir. Enfin, ces grylles n'ont aucun des caractères des diables de l'Enfer chrétien. Sans écarter la possibilité d'une scène religieuse où un malade, après avoir fait la tentative infructueuse de soins médicaux ou chirurgicaux, soit enfin sauvé par les pouvoirs d'un clerc, il est possible aussi de penser que l'artiste a voulu donner à voir ce monde de la folie et de la possession, et la théâtralisation des "remèdes" qui y étaient apportés.  Les sablières appartiendraient toutes entières  à l'hybris,  à la démesure de l'animalité des corps sous l'effet des passions et des pulsions, des violences,  dans un espace marginal entre les bancs de la nef et la voûte charpentée, entre l'ici-bas terrestre soumis à la retenue et aux conventions, et la sainteté céleste.

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J'ai décrit  une scène analogue, dans la chapelle Saint-Fiacre du Faouët (56), sur la clôture du jubé (Olivier Le Loergant, 1480-1492), mais elle est interprétée comme représentant "le baptême d'un catéchumène.  Cette lecture pourrait être revue à la lumière de l'exorcisme de Grâces-Guingamp, d'autant qu'à Saint-Fiacre, le dragon qui s'enfuit sur la droite trouverait alors une bonne justification.

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Clôture du jubé de Saint-Fiacre au Faouët.

 

 

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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III.1.b.  Annonciation.

La compréhension de cette pièce est beaucoup plus simple. En contradiction avec ce que je viens d'écrire, c'est une scène évangélique, celle de l'Annonce faite à Marie.

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À gauche et à droite, deux anges arrivent en volant et présentent des phylactères (deux à gauche et une à droite. Hélas, elles ont perdu le texte qui devait y être peint. Nous imaginons pourtant facilement qu'il s'agissait d'Ave Maria gracia plena dominus tecum et de Ecce ancilla domini fiat mihi  secundum verbum tuum.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Au centre, l'archange Gabriel à genoux, tient dans la main gauche un objet cylindrique brisé : un lys ? Le rouleau d'une banderole ? 

Il est séparé de la Vierge par un vase, qui, comme le veut la tradition, contient des lys. La fleur est une allégorie de la pureté virginale, et le vase aux flancs arrondis, manifeste le ventre intact selon la prophétie d'Ezéchiel sur la Porte close : Porta clausa, et non est aperta Ezech 44:1.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Il faut rappeler que cette pièce est placé dans la chapelle-vestibule dans laquelle le fidèle pénètre après avoir franchi la porte où est sculpté une première Annonciation.

Marie est dans sa chambre, surprise par l'irruption du messager divin alors qu'elle lisait les Sainte Écritures sur son pupitre. La reliure du livre  montre ses fermoirs ronds articulés. Elle lève les bras, par signe d'acceptation (Fiat). Sa main gauche est brisée. Elle est vêtue d'une robe à l'encolure ronde très peu décolletée, aux larges et longues manches plissées.  Sous un corsage lisse, la ceinture libère les plis de la jupe.

Les cheveux sont longs, bouclés et libres, et le front est élargi par l'épilation alors de règle chez les élégantes du XVIe siècle.

Les quatre visages possèdent des traits stylistiques communs, qui s'observaient déjà sur les autres pièces : des joues rondes, des lèvres charnues avec une lèvre inférieure plus avancée que la supérieure, un petit menton bien affirmé, des sourcils effacés, des paupières supérieures descendant bas et donnant, de loin, l'impression que les yeux sont clos.  La fente palpébrale de l'ange de droite est très particulière par sa forme de petite fiole à ventre un peu bombé et à goulot étiré. C'est sans doute cette forme, sous la large paupière, qui, associée à l'attitude de tous ces visages tournés vers le haut, génère cette impression d'étrangeté et de mystère. Lorsqu'il s'agit d'une scène sacrée, elle participe à sa spiritualité, mais lorsque ces visages impénétrables sont ceux des possédés ou de leurs thérapeutes, ou des trois passagers de la brouette infernale, elle suscite ce trouble interprétatif si particulier.

 

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de  l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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III.2. Coté nord. Renart prêchant, Renart attaqué (écorché) par les poules, Renart attaquant les poules.

 

http://www.lavieb-aile.com/2017/12/la-frise-nord-des-stalles-du-choeur-de-la-cathedrale-de-saint-pol-de-leon.html

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"La figure caricaturale de l'animal travesti en moine doit être rattachée aux écrits satiriques inspirés du roman ; —Ysengrimus, un manuscrit réalisé en Flandres vers 1150 évoque déjà la figure de l 'animal travesti en moine — ici le loup Ysengrin — qui annonce celle plus tardive de Renart camouflé, jouant sournoisement de cet artifice pour tromper son entourage. Ébauché dans l'épopée du Roman de Renart, le thème n'acquiert de réelle autonomie qu'avec la diffusion aux XIIIe et XIVe siècles des écrits polémiques de Rutebeuf (Renart le Destourné, 1261), de Jacquemart Gelée (Renart Le Nouvel, 1289), ou du Clerc de Troyes (Renart le Contrefait, v. 1319-1342) , qui présentent la figure caricaturale du goupil prédicateur monté en chaire. Le message que délivre ces écrits n'a pas pour objet de dénoncer une vulgaire imposture : s'il s'agit bien d'une moquerie grotesque visant l'Église, ces assauts sont plus spécifiquement dirigés vers les ecclésiastiques et surtout vers les moines que Rutebcuf égratigne avec la plus grande virulence . La querelle opposant, à partir de 1253, les défenseurs de l'Université aux frères mendiants, allait transformer Renart, malgré lui, en une créature malfaisante, un instrument de la plume destiné à dénoncer les écarts des réguliers. En effet, Goupil déguisé se singularise surtout par sa fourberie, « (...) Ypocrisie la Renarde, qui dehors oins et dedanz larde (...) » colporte Rutebeuf, reprenant ici un poncif de la satire contre les frères prêcheurs. L'apparition du terme renardie dans la littérature, définie comme un art du langage , met en relief l'association qui est désormais faite entre le renard et la félonie. Il paraît donc logique que la chaire à prêcher, accessoire de ce vice, d'ailleurs tant convoitée par les mendiants au moment de cette querelle, ait été illustrée si fréquemment dans l'iconographie, les gélines ajoutant à l'effet comique et soulignant surtout la crédulité des fidèles." (S. Duhem)

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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En commençant la description par la gauche, nous voyons Renart, devant ces deux renardaux, monté en chaire, habillé en moine franciscain ou cordelier (robe de bure à larges manches et capuchon), la capuche rabattue. Il lève en l'air un doigt sentencieux et captive son auditoire de trois poules de bénitier.

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Le thème de Renart prêchant aux poules (ou "prêchant les poules" ) n'appartient pas au Roman de Renart, et il est attesté dans les enluminures puis dans la sculpture plutôt que dans les écrits.  On trouve dans les variantes du Roman de Renart le Contrefait l'histoire de Renart apercevant des oiseaux et cherchant à les attendrir en manifestant un grand repentir de ses fautes passées. Les oiseaux s'approchent, et Renart leur fait un sermon sur l'obéissance et la patience. Mais le prêche s'arrête sans que Renart ne s'empare des oiseaux. Cette scène est illustrée par deux enluminures du Bnf fr. 1630 :

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Bnf Fr 1630 folio 193 Mandragore

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Par contre, le thème s'inspire de l'assimilation de Renart au clergé, qui est le propre des écrits postérieurs au Roman. Mais s'il a été toléré, et même commandité par les recteurs ou les chanoines, c'est peut-être avec l'idée que ce qui était dénoncé, c'étaient les faux pasteurs, ceux dont parle l'Évangile en disant "Défiez-vous des faux prophètes, ils viennent à vous en vêtements de brebis, mais au dedans ce sont des loups ravisseurs" (Matthieu 7:15).

 

 

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a) "Renart prêchant aux poules" ou "prêchant aux oies" dans les enluminures.

Jean Wirth et Isabelle Engamarre en découvre la première manifestation vers 1260 dans le Psautier de Rutland Londres British Library Add. 62925 folio 98v : coiffé d'une mitre épiscopale, il prêche devant deux poules et un coq. Le proverbe Als de vos de passie preekt, boer pas op uw ganzen , "Quand le renard prêche la Passion, veille sur tes oies, paysan" n'est pas attesté à cette date.

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Le Psautier de Tutland vers 1260, Londres British Library, ms. Add. 62925

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Dans les manuscrits anglais, Renart est le plus souvent déguisé en évêque et il prêche à des oies.  Par exemple :

— dans les Heures Harley 6563 (1320-1330) folio 53,

— dans le Psautier de la reine Mary Royal 2B. VII, fol. 157v,

— Et dans le Psautier Gorleston Add 49622 folio 47, 49, 128 et 143v,

—  Ou dans le cycle renardien des Décrétales de Smithfield Royal 10 E.IV fol. 49v et 175.

 

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Renart prêche en ermite dans les Heures de Mastricht Stowe 17 fol. 84 et 

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Book of Hours, Use of Maastricht , 1er quart XIVe siècle, British Library Stowe 17 folio 84

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b) "Renart prêchant aux poules" dans la sculpture sur bois.

J'ai décrit dans mon article sur la chapelle Saint-Fiacre du Faouët la sculpture de la clôture du jubé, réalisée en 1480 par Olivier Le Loergant : Renart déguisé en moine prêche à un coq et à trois poules tandis que l'un de ses renardeaux se précipite sur les volailles fascinées.

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Le sujet est aussi traité sur les appuie-mains ou miséricordes des stalles, à Amiens, à Evreux ou à Beauvais par exemple :

 

— Amiens : appuie-main

"Affublé de la coule monacale , l'orateur est établi dans une tribune carrée. D'une patte il s'appuie sur le bord , de l'autre il fait un geste énergique. Sa tête allongée et pourvue d'assez larges oreilles , dérobe à la vue du peuple qui l'écoute les trois ou quatre 'volatiles qu'il porte dans son capuchon et qui sont, à coup sur, des conquêtes dues à son éloquence. D'autres bêtes de même espèce et non moins crédules se groupent autour de la chaire" . 

" Dans une chaire à prêcher carrée, sans dossier ni abat-voix, affublé d'une chape de Jacobin dans le capuce de laquelle il a déjà emmagasiné trois pièces de volaille, maître Renard prononce « ung bel et solempnel sermon » devant un auditoire de gallinacées, quatre coqs et deux poules. Le rusé mangeur de poulets singe le geste d'un prédicateur d'une façon vraiment comique : une patte sur l'appui de la chaire; il accompagne de l'autre, qui est levée, une pénétrante et persuasive démonstration. Son fin museau a été altéré par l'usure et présente aujourd'hui l'aspect d'un bec de corbeau .  Le même détail se retrouve dans le renard prêchant aux poules de l'église de Cuiseau, Saône-et-Loire (MONNIER, Bullet. archéol. du comité, t. II, 1842, p. 636)".

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Cathédrale d'Amiens, accoudoir des stalles.

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— Evreux, église Saint-Taurin, miséricorde de stalle : Le Renard prêchant les poules, 15e siècle. 

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Miséricorde d'une stalle de l'église Saint-Taurin à Evreux, in Champfleury 1875.

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— Lausanne, stalles.

Champfleury, cite aussi  les stalles de Cuiseau (Saône-et- 
Loire), de Sirod (Jura), de Bletteraus (Jura), de Saint-Léonard le Koblac (Haute-Vienne), etc. 

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— Beauvais, miséricorde de l'église Saint-Lucien-de-Beauvais, Musée de Cluny.

 

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Saint-Lucien de Beauvais, miséricorde, vers 1492-1500 . Copyright RMN Thierry Ollivier-

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Sur la sablière de Grâces, Renart est dans une chaire hexagonale très comparable à celle de Saint-Lucien de Beauvais. Mais deux renardeaux aux yeux gourmands sont cachés derrière lui. Comme à la cathédrale d'Amiens, il lève une main droite éloquente, tandis que sa main gauche est posée sur la rambarde de la cuve, comme prête à saisir les volatiles. Les trois poules, sagement placées en rang devant lui, semblent être captivées par le prédicateur. 

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"C'est dans un même contexte de commande seigneuriale, mais sur des supports sculptés plus tardifs, que l'on retrouve Renart prêchant les poules. Les sablières de Grâces-Guingamp, datées de 1506-1508, présentent une mise en scène qui rappelle celle du Faouët : à gauche, Goupil déguisé est assis dans sa chaire devant trois poules attentives. Deux renardeaux sont cachés à l 'arrière-plan. Le prêche est suivit du dépeçage de l'animal, qui apparaît ressuscité à l'extrémité de la poutre, dévorant une poule. Que veut dire ce bouleversement ? Est-il du à une incompréhension du modèle recopié ou s'agit-il de l'association de séquences mettant en scène plusieurs renards, ce que semble indiquer la présence d'un goupil tapi dans les feuillages à l'extrémité droite.

Comme au Faouët, des sablières placées à proximité autorisent des rapprochements intéressants. Sur un tronçon voisin, un moine reconnaissable à sa robe et a son capuchon, pratique un exorcisme ; plus loin, trois moines tremblants sont assis dans une brouette poussée par un diable vers les Enfers. Considérant ce contexte, il semble que la scène du renart prêchant puisse être perçue comme une allusion ironique visant les moines et leurs mesures de « purification ». Mais si cette explication paraît satisfaisante, la fondation du lieu la rend plus discutable, l'un des promoteurs de la construction étant un cordelier. À moins que cette petite moquerie ne soit l'illustration des querelles intestines qui opposent à cette époque les conventuels aux cordeliers réformés. Du reste, l'édification du bâtiment est sous la responsabilité de deux gouverneurs de la chapelle et il est donc finalement probable que le sculpteur ait joui d'une certaine liberté. Il est aussi possible que la moquerie n'ait pas été destinée aux cordeliers, mais aux dominicains, particulièrement actifs dans le domaine de la prédication et de la lutte contre les pratiques hérétiques dans le diocèse de Tréguier à cette époque [H. Martin a montre la densité du réseau des mendiants entre Brest et Guingamp, aux XVe et XVIe siècles. Cf. Les ordres mendiants en Bretagne, p. 316 sq. ]. H. Martin a souligné l'importance des prédications, organisées à l'intérieur ou à l'extérieur des bâtiments dans des chaires prévues à cet effet, par des moines qui n'hésitent pas à impressionner les fidèles en jouant sur des effets oratoires spectaculaires. Que les artisans aient choisi de s'en moquer, ce dont témoigne clairement les poutres de Grâces-Guingamp, ne paraît donc guère surprenant." (S. Duhem)

Ce texte montre bien l'embarras interprétatif. Une première hypothèse, la caricature des franciscains cordeliers et la dénonciation de leur duplicité, se heurte au fait que la construction de la chapelle ait été dirigée par un frère cordelier, Pierre Bilsic, qui mourut en 1518. Ou que les armes d'Anne de Bretagne, sur la façade sud, soit accompagnée de pas moins de sept cordelières, rappelant la dévotion de François II qui appartenait à l'Ordre mineur, ou celle de la duchesse Anne qui créa l'ordre de la Cordelière.

L'autre hypothèse se fonde sur une moquerie à l'égard des Dominicains. Alors que l'engouement des bretons, après les grandes prédications de Vincent Ferrier, est rappelé, Renart prêchant serait une "moquerie" des gouverneurs (les deux Jehan Bellec, particulièrement dévots puisque l'un est surnommé l'ermite de l'ermitage à fontaine qui justifie la fondation de la chapelle) envers ces prédicateurs. Enfin, l'auteur glisse pour attribuer le choix de cette moquerie, non plus aux gouverneurs, mais aux artisans. 

Enfin, toute explication locale se heurte au fait que la sablière est inspirée, pour ne pas dire copiée, de celle du Faouët, dans un autre diocèse et un autre contexte. Et que Renart prêt à bondir derrière sa chaire reprend les stalles d'Amiens, de Lucien-de-Beauvais ou d'Evreux. 

Il est plus probable que les commanditaires  se contentent (comme l'attestent les contrats retrouvés, pour les stalles de Tréguier par exemple) de demander aux sculpteurs des "grimaces" et drôleries, en lui suggérant des modèles de tel ou tel site mais laissant à l'artisan le choix de puiser dans le répertoire propre à sa profession, répertoire fondé sur une culture populaire.

 

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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2°) Renart attaqué mordu et dépecé par les poules.

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Ledict Duflot, a décrit en 1845 dans l'église Saint-Fiacre de Quimperlé "quatre bas-reliefs représentant 1.° le renard prêchant les poules; 2.° le renard poursuivant les poules; 3.° le renard poursuivi par les poules; 4.° le renard terrassé et dévoré par elles. Au-dessous, on lit Calvin. Evidemment , dit M. Ledict Duflot, c'est le triomphe de la foi sur l'hérésie. La lecture du mémoire sur les stalles d'Amiens, où le renard prêchant les poules est considéré comme une satyre du ministère de la prédication, lui a rappelé ce sujet des bas-reliefs de Quimperlé."

Dominique Chancel, dans une enquête approfondie sur le Renart qui prêche les poules du château de l'Arthaudière, confirme que la scène de Renart prêchant les poules, même si elle est isolée, s'inscrit dans un cycle à quatre temps : 

"Acte 1 : Renart déguisé prêche des volailles naïves. C’est le plus représenté et le plus immédiatement explicite, centré sur le beau parleur qui se travestit pour mieux séduire ;

Acte 2 : Renart s’empare d’une proie, qu’il peut tenir dans sa gueule ou cacher dans son capuchon voire sous sa robe de bure ;

Acte 3 : Renart est attaqué à son tour : soit les volailles se révoltent, soit une fermière armée d’une quenouille ou d’un battoir le poursuit, ou bien un chasseur le vise avec son arc… ;

Acte 4 : Renart subit le châtiment réservé aux fourbes : dépecé par les volailles, pendu par elles, par un singe ou un chat, transpercé par une flèche…

Nota : La représentation de l’acte 1 anticipe souvent sur l’acte 2 (volatiles déjà capturés avant la fin du prêche) et les actes 2 et 3 sont souvent représentés ensemble."

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C'est bien l'ensemble du cycle qui figure sur la sablière de Grâces. Dans ce deuxième tableau, Renart, allongé sur le dos et est maintenu immobile par quatre poules qui l'ont saisi par les pieds et par les pattes antérieures. L'une d'entre elles lui pince l'oreille. Un oiseau à longue queue est posé sur son thorax. 

Cette composition est très proche de celle de la corniche de clôture du jubé de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët, si proche qu'on peut affirmer une filiation directe.

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Renart dépecé par les poules, Chapelle Saint-Fiacre, Le Faouët, sculpté par Olivier Le Loergant, vers 1480. Photo lavieb-aile.

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Renart dépecé par les poules, jubé de Saint-Fiacre à Le Faouët. Copyright Dominique Chancel.

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On y retrouve les cinq oiseaux, dans les mêmes positions, mais à Saint-Fiacre, il est parfaitement clair que Renart est dépecé : la peau de sa queue et de la partie inférieure du corps est retroussée comme un gant jusqu'à la taille. C'est en reprenant alors l'examen de la pièce de bois de Grâces que nous constatons que, là aussi, les deux poules placées à la tête lui ôtent, comme un chandail, la peau qui fait un replis à la taille. Et que l'oiseau à longue queue se montre très intéressé par les organes génitaux mis à nu (moins qu' à Saint-Fiacre, où il les mord). Pourtant, la sculpture reste ambigüe : est-ce le pelage de l'animal qui est ôtée, ou seulement son vêtement de moine, son froc ? Le but des poules est-il de  dénuder Renart pour révéler sa supercherie, de le "dépouiller" ou de le punir par un martyre ? 

Une fois admis qu'il s'agit d'un dépeçage, il reste à en trouver l'origine. Or, l'explication la plus évidente ne trouve aucune confirmation. Non, il n'existe pas de récit de Renart dépouillé de sa peau par des poules ; ni par un coq, et ni par  des oiseaux. Non, il n'existe pas, hormis au Faouët, d'autre image peinte ou sculptée de cet épisode. Non, la séquence prêche/capture d'une proie/capture du goupil / punition n'est pas respectée, et nous ne pouvons pas évoquer une inversion lors d'un remontage, puisque la pièce de bois est unique. 

Il faut donc élargir l'interprétation et considérer que ce qui est illustré, c'est une description amusée du couple du Trompeur et du Crédule. Si le Roman de Renart nous séduit, ce n'est pas parce qu'il condamne la duplicité de l'animal roux, mais qu'il expose comment son art de tromperie n'est efficace qu'en raison de la bêtise des victimes. Loin d'être révoltés par les agissements du goupil, nous jubilons devant ses tours qui révèlent si bien la tendance de nos semblables à la soumission volontaire, à l'aveuglement, à la naïveté, et à la crédulité. Ce n'est pas un discours moralisateur dénonçant les prédicateurs et les prédateurs, les voleurs, les menteurs ou les violeurs, mais un théâtre anthropologique.

Dans ce cadre, la peau du renard, dont il est dépouillé ici, n'est pas charnelle, elle est allégorique : sa peau, c'est son moi, et après avoir endossé la peau d'autrui (la bure des moines), il est mis à nu désanimalisé de ce qui fait son  identité : sa pelisse rousse.

Nous avons donc sous les yeux les deux temps de la tromperie : le leurre efficace avec la victime bernée, puis le retournement de situation (comme le retournement de cette peau). La plupart du temps, dans le Roman, la victime ne comprend que trop tard le subterfuge, alors que Renart s'enfuit, "sauve sa peau", mais le spectateur jouit aussi lorsqu'il est enfin attrapé, confondu et défait de son Moi foncièrement Malin.

Au renversement carnavalesque des valeurs que met en scène la dérision d'une fausse prédication succède le renversement /retournement du mécanisme de séduction.

Voir "Les valeurs métaphoriques de la peau dans le Roman de Renart." de Pierre Bureau.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Dans le troisième tableau, Renart n'est pas "ressuscité", mais il a survécu à son dévoilement identitaire et a repris son rôle : le retour du refoulé. Il surgit d'un buisson et s'empare d'une poule sous les yeux de sa congénère.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Derrière lui, ses renardeaux s'empressent de venir profiter de la leçon. 

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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À l'extrémité droite, sous des feuilles de figuier, un grylle (avec sa cuisse  céphalique) tient un bâton, et tire le coin de sa bouche avec son doigt.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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III. 3. Coté ouest. 

III.3 a : rinceau.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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III.3b. Deux anges tenant un objet carré (blason ?).

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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QUATRIÈME TRAVÉE.

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IV.1. Coté est.

IV.1a. Quatre anges dont l'un présente le  voile de la Sainte Face.

C'est, avec l'Annonciation, ou les divers anges,  l'un des rares thèmes religieux de ces sablières.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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IV.1b. Dragon libérant des feuillages où jouent deux lapins. Blochet.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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IV. 2. Coté nord. Deux anges présentant le blason du duché de Bretagne.

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De juin à septembre 1505, durant la maladie de son mari Louis XII, Anne de Bretagne se rendit en Bretagne, notamment en "pèlerinage" à Locronan, ou au Folgoët . La construction de l'église de Grâces fut entreprise juste après sur l'ancienne chapelle.

La porte de la façade sud porte ses armoiries  surmontant les ogives et leur fleuron et soutenu par deux lions debout (armoiries des Montfort) . Au-dessus, un heaume sommé d'un lion en cimier, et orné de  lambrequins. Le tout encadré des sept  cordelières passant dans des annelets . C'est le même choix de sous le porche de la Collégiale du Folgoët. Les armes du roi de France sont absentes.

Les armes d'hermines plain,  se retrouvent aussi au dessus de la porte de l'Annonciation, mais dans un blason losangique, donc féminin.

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Portail de la façade  sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Portail de la façade sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les deux anges et leur écu sont entourés d'un lion à gauche et d'un bœuf à droite. N'attribuons pas trop vite ce lion aux Montfort, ou ce lion et ce bœuf aux évangélistes Marc et Luc.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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En effet, à gauche, un sanglier sort d'un fourré et charge. Puis vient un bœuf endormi.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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A droite, nous découvrons un singe, et à l'extrémité, un homme, de face, les mains sur les genoux.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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IV.3. Coté ouest.

IV.3a Fragments disparates.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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IV.3.b.  Lion et  licorne affrontés, entre deux lionceaux.

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Le thème du lion affrontant une licorne et aussi présent sur les sablières du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre de Châtelaudren, datant de la fin XVe/début XVIe, et donc contemporaines de celles-ci.

Mais ici, les deux animaux sont séparés par un arbre et semblent pas se combattre directement.

 

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Porche sud de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre.

 

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église  Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablières (1508) du bas-coté sud de l'église Notre-Dame-de-Grâces à Grâces-Guingamp. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— BARTHELEMY (Anatole de) et GUIMART (Charles), 1849, Notice sur quelques Monuments du département des Côtes-du-Nord Bulletin monumental publié sous les auspices de la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques ; et dirigé par M. de Caumont, Société française d'archéologie pages 5-54.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k310344/f42.item.texteImage

 

"Notre-Dame-de-Grâce. Non loin de Guingamp, est  l'église Notre-Dame-de-Grâce qui contient des reliques de  saint Charles de Blois. C'est un édifice qui fut commencé en  1506 ainsi qu'il résulte de deux inscriptions gravées l'une  sur une charmante frise en bois qui court tout le long de la  nef principale et du collatéral de droite l'autre sur le pilier à gauche du portail, extérieurement. L'inscription de la frise et du pilier portent le doziesme jour de mars lan de grace mil cinq centz et seix fut la première pierre de ceste chappelle assys. A côté on lit Le cinq ...lan mil V et VIII fut le une de ceste chappelle assis ou quel  estoit maigre Jehan le D. nece recteur de la paroisse de  Plouisy, et gouverneurs de Jehan Telles

La frise en question admirablement travaillée représente des chasses au cerf et au lièvre des vignes, des vendangeurs, des dragons, des dessins un peu lestes, des diables un lion combattant une licorne etc. "

 

L'inscription de la frise et du pilier portent : le doziesme jour de mars lan de grâce mil cinq centz et seix fut la première pierre de ceste chap- pelle assys. A côté on lit : Le cinqusejoe de Jaffins lan mil Ve. et VIII fut le Unes ? de ceste chappelle assis ou quel (1) Tout près de cette chapelle est le manoir de Kermathanan. Le fondateur appartenait peut-être à la famille de Vieuxchastel qui possédait le fief de Faou, et qui portait d'azur au léopard d'or. Les Barach portait de gueules à une ...

—  BAKHTINE M. 1970, L'oeuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen Age et sons la Renaissance, Paris. 

 

—  BULTHE (Stéphanie), 2014,  Figurations renardiennes et moralités dans les épigones du Roman de Renart , Mosaïque, revue de jeunes chercheurs en SHS – Lille Nord de France – Belgique – n° 13, septembre 2014

https://revuemosaique.files.wordpress.com/2016/10/m13_9_bulthe.pdf

— BUREAU (Pierre), 1992, "Les valeurs métaphoriques de la peau dans le Roman de Renart". Sens et fonctions , Médiévales  Année 1992  22-23  pp. 129-148.

http://www.persee.fr/doc/medi_0751-2708_1992_num_11_22_1244

— CHAMPFLEURY, 1875, Histoire de la caricature au Moyen-Âge et sous la Renaissance, 2ème édition.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k205843r/f50.item.r=renart

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k205843r/f51.item.r=renart

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k205843r/f155.item.r=taurin

— CHANCEL (Dominique), Les fourberies de renart, château de l'Arthaudière

 

http://sa83aed69b8e10aca.jimcontent.com/download/version/1456197172/module/13173735922/name/les%20fourberies%20de%20%20Renart%202016-2-12.pdf.

https://www.chateau-arthaudiere.com/ch%C3%A2teau-de-l-arthaudi%C3%A8re/renart-%C3%A0-l-arthaudi%C3%A8re/

— COUFFON (René), 1939, Répertoire des églises et chapelles du diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier. Saint-Brieuc, Les Presses Bretonnes, 1939, p. 139.

 "L'église Notre-Dame et Saint-Barthélémy est un édifice rectangulaire avec bas côté sud de quatre travées, précédé d'un clocher remarquable. La première pierre de l'édifice fut posée le 12 mars 1506 ainsi que l'indique, sur un contrefort de la tour, l'inscription suivante : « Le Dozième Jour de mars l'an de grâce mil cinq Cent et seix fut la première pierre de cette chapelle assise ». Sur une sablière de la nef, une seconde inscription renseigne sur la marche des travaux : « Le cinquiesme jour de Janvier l'an mil Vcc  et VIII fut le boies de cette chappelle assys auquel temz estoit Maistre Jehan Le Dirvec recteur de la paroisse de Plouisy et gouverneurs de la dicte chapelle Jehan et autre Jehan Le Bellec ». Donnée en 1605 aux Cordeliers de Guingamp, qui avaient été chassés de leur couvent de la Terre Sainte, l'église fut dédiée le 13 août 1607, par Mgr. Adrien d'Ambroise, à Notre-Dame et à saint Barthélémy. "(R. Couffon).

— DUHEM (Sophie) 1997, Sablières sculptées de Bretagne : images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérite bretonne (XVe-XVIIe s.). Thèse de doctorat en Histoire. Sous la direction de Alain Croix. Soutenue en 1997. à Rennes 2 .

— DUHEM (Sophie) 1998, Les Sablières sculptées de Bretagne, Presses Universitaires de Rennes, 390 pages. Pages 

2 ;4 ; 12 ; 19 ; 31 ; 36 ; 66 ; 69 ; 71 ; 95 ; 99 ; 148 ; 167 (Grylles); 169 ; 171 ; 172 (Renart) ; 174 (Chasse); 176 ; 177 ; 178 ; 179 ; 180 ; 193 ; 212 ; 213 ; 217 ; 226 ; 228 ; 229 ; 233 ; 272 ; 273 ; 291 ; 303.

DUHEM (Sophie) 1998, « Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1998  105-1  pp. 53-69

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1998_num_105_1_3972

 

Images de Renart dans la sculpture sur bois bretonne

Représentations de Renart prêchant aux poules et de Renart écorché :

Le Faouët (Ch. St-Fiacre, v. 1480), Jubé, clôture est.

Le Faouët (Ch. Ste-Barbe, XVIe s.), 

Grâces-Guingamp (1506-1512),

Plumelec (Ch. St-Aubin, 1513),

Saint-Gilles-Pligeaux (XVe-XVIe s.),

Tréflévenez (XVIe s.).

[en pierre : Sizun frise extérieure]

Représentations de Renart et la fermière et variantes :

Cléguérec (Ch. de laTrinilc, milieu XVIe s.),

Guilligomarc'h (Ch. St-Éloi, XVIe s.),

Meslan (1527),

Ploërdut (Ch. de Crénenan, 1652),

Plougras (Ch. du Cimetière, XVIe s.),

Plourac'h (XVIe s.), sablière, 

Pont-Aven (Ch. de Trémalo, XVIe s.),

Saint-Nicolas-du-Pélem (Ch. St-Éloi, milieu XVIe s.),

Séglien (Ch. St-Jean, XVIe s.)

 

Renart et les poules :

Callac (Ch. St-Treffrin, XVe/XVIe s.), sablière,  Renart attaquant une poule

Châtelaudren (Ch. Notre-Dame-du-Tertre, XVIe s.),

Edern (Ch. du Niver, XIXe-XXe s.?),

Le Faouet (Ch. St-Sebastien, 1600-1608), sablières : Renart attaquant les poules.

Gourin (XVIe s.), sablière, Renart embroché.

Guern (Ch. de Quelven, XVe-XVIc),

Guimiliau (lere moitié du XVIIe s.),

Landemeau (Ég. St-Thomas, XVIe s., représentation disparue),

Landudal (XVIe-XVIP s.),

Langast (Ch. St-Jean, XVIe s.),

Lanvénégen ( XVIe s.),

Magoar (XVIe s.),

Neuillac (Ch. de Carmes, XVIe s.),

Plévin (Ch. St-Abibon, XVIIe s.),

Plouay (Ch. de Locmaria, XVIe s.),

Plourac'h (XVIe s.), sablière, Renart attaquant une poule

Le Quillio (Ch. St-Maurice, XVIe s.),

Séglien (Ch. de Locmaria (XVIe s.),

Suscinio (Château, fragment provenant de l'église de la Roche-Bernard, XVIe s.),

Trémeur (milieu XVIe s.)

 

— — Autres images de Renart :

Daoulas (Abbaye, XVe s.),

Hôpital-Camfrout (XVIe s.),

Loqueffret (XVIe s.).

 

— LE GOFF (Hervé), 2004 , Les riches heures de Guingamp, Plomée,- 766 pages

 

— LE ROUX (Gilbert), 1989, Plouisy Bulletin des Amis du Patrimoine de Guingamp n°6.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_85/Les_Amis_du_Patrimoine_de_Guingamp_nA_6.pdf

—  MERLET,(François) 1949,. « Notre-Dame de Grâces », dans Congrès archéologique de France, CVIIe session, Saint-Brieuc, 1949.

—  MESNARD, (Maurice), 1981,. « L′église Notre-Dame de Grâces-Guingamp », dans MSECDN, t. CX, 1981.  

— ROPARTZ (Sigismond), 1851, Guingamp et le pélerinage de Notre Dame de Bon-Secours, Périssé, 1851 - 408 pages page 95

https://books.google.fr/books?id=yo3IIXTsyPIC&dq=gr%C3%A2ces+guingamp+rabelaisien&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

Les bornes de cet ouvrage ne me permettent pas d'entrer dans l'étude détaillée de cette admirable chapelle, monument complet, sorti tout entier de la pensée du même artiste, dernière fleur du style ogival éclose sur le sol breton.

Ce qu'il y a de très-remarquable, c'est que les sculptures de Grâces ne sont autre chose qu'un long poème où sont stigmatisés tous les vices, sous la figure de Franciscains paresseux, avares et gourmands. Etait-ce une leçon de morale, était-ce une sanglante satire ? Quoi qu'il en soit, ces sculptures sont magnifiques de verve grotesque, et, pierres ou bois, dénotent certainement un très-habile ciseau et une luxuriante imagination. Voyez cette gargouille, c'est un gros Cordelier qui presse de ses deux mains son ventre trop plein, et dont la bouche grimace pour vomir ; étudiez l'une après l'autre les scènes rabelaisiennes, ciselées comme dessinait Callot, le long de la corniche du lambris : ici, c'est un moine ivre qui roule sous une tonne immense et se noie dans une mer de vin ; là, c'est un moine encore dont la sordide avarice se livre à un métier que ma plume ne peut décrire ; ailleurs, un diablotin lubrique brouette en enfer une charretée de nones ; tout cela est encadré dans un merveilleux fouillis de feuillage et d'arabesques, qu'animent des chasses fantastiques et que peuplent tout un monde d'animaux bizarres. La conclusion de ce poème étrange, c'est un bas-relief isolé où deux anges en pleurs montrent au peuple la sainte face du Christ, sanglante, meurtrie et couronnée d'épines, expiation éternelle de tous les désordres et de tous les scandales dont l'artiste vient de vous offrir la représentation cynique.

La pensée franciscaine, on le voit, remplit chaque détail de cette curieuse chapelle, et pourtant Grâces n'appartint aux Frères-Mineurs que cent ans après sa fondation ; mais on n'a pas oublié qu'un Franciscain, en bâtissant en ce même lieu un oratoire de mottes et de feuillage, avait été la première cause de la dévotion à Notre-Dame, et de la construction du monument.

— ROMAN DE RENART.

BnF Français 12583

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447178n/f5.item

— ROPARTZ (Sigismond), 1859, Guingamp: études pour servir a l'histoire du tiers-état en Bretagne, Prud'homme, Volume 1 page 115

https://books.google.fr/books?id=o-oYAAAAYAAJ&dq=gr%C3%A2ces+guingamp+rabelaisien&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

— TOULET (Simonne), 2010, L'église de Grâces et ses sablières, Bulletin des Amis du Patrimoine de Guingamp n°48.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_89/Les_Amis_du_Patrimoine_de_Guingamp_nA_48.pdf

— ??, 1990, Les sablières de l'église de Grâces, Bulletin des Amis du Patrimoine de Guingamp n°8.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_85/Les_Amis_du_Patrimoine_de_Guingamp_nA_8.pdf

— VARTY (Kenneth), 1967 Reynard the Fox : A Study of the Fox in Medieval English Art, Leicester university press.

 

— VARTY (Kenneth), 1999, Reynard, Renart, Reinaert and Other Foxes in Medieval England, The Iconographic Evidence, Amsterdam University Press, 359 pp., 269 illustrations.

 

Compte-rendu par A. Strubel, Cahiers de Civilisation Médiévale  Année 2002  45-180  pp. 409-410

http://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_2002_num_45_180_2841_t1_0409_0000_2

— WIRTH (Jean), ENGAMMARE (Isabelle), 2008, Les marges à drôleries des manuscrits gothiques, 1250-1350 Librairie Droz, 2008 - 413 pages

https://books.google.fr/books?id=jRgE3GtrT_UC&dq=renart+pr%C3%AAchant+aux+poules&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
23 février 2018 5 23 /02 /février /2018 14:57

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Le 11 juillet 1898, lors des travaux de réfection du pavage de l'église Saint-Louis de Brest, des ouvriers découvrirent derrière le maître-autel une pierre tumulaire dont la face avait été renversée contre le sol. La dalle de kersanton retournée laissa voir un sujet sculptural parfaitement conservé. Un chevalier, tête nue, le visage rasé, était couché, les mains jointes sur la poitrine; deux anges  soutenant un voile sur lequel repose sa tête, tandis que ses pieds s'appuyaient sur un lion tenant un écu. L'examen de l'écu, qui est seulement chargé d'un chef plein sur un champ plein, et les détails précis du costume, permirent à M. Jourdan de la Passardière d'identifier le personnage ainsi représenté. Ce serait, d'après lui, Gilles de Texue, gouverneur de Brest en 1500, et dont la famille s'est éteinte au XVIe siècle. Comme l'église Saint-Louis n'a été crée et construite que dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, et ne pouvait être la première résidence de cette tombe, on en déduisit qu'elle venait de la chapelle du château qu'il avait occupé lors de ses fonctions de gouverneur. Cette chapelle ayant été détruite lorsque l'in édifiait Saint-Louis, on y aurait transporté la dalle en même temps que beaucoup d'autres 

Gilles de Texue (1478 - 1514) fut capitaine et gardien du château de Brest de 1499 jusqu'au moins 1508. 

Il fut écuyer de la reine Anne de Bretagne et  fut choisi par la reine pour devenir capitaine et gardien du château de Brest en 1499. Le château est alors un site stratégique majeur. Il y recevra d'ailleurs  Anne de Bretagne, durant l'été 1505, à l'occasion de son pèlerinage. Il fut remplacé dans cette charge par le voyer de Trégomar, entre 158 et 1516, probablement en 1516.

 

LA FAMILLE DE TEXUE

Texue, aujourd'hui grosse métairie dans la paroisse de Pacé, était au moyen-âge un manoir qui donna son nom à une noble famille portant pour armoiries : d'argent au chef de sinople. Le premier auteur connu de cette maison fut Guillaume de Texue, mentionné par Dom Morice I.1517 dans un sauf-conduit délivré en 1357 par le roi d'Angleterre à certains écuyers de la suite de Charles de Blois. Il épousa, selon du Paz, Marie de la Roche-Épine. Robert de Texue, fils de ce Guillaume et son héritier, figure comme écuyer dans quatre monstres de Du Guesclin, une montre d'Eon de Baulon à Dinan, et une montre de Robert de Guitté à Paris. (Dom Morice).

 En 1414, Alain, écuyer, avec 13 autres écuyers de sa compagnie, fait partie du corps de 3000 hommes d'armes et 1500 hommes de trait sous Richement.

En 1419, Geoffroy, écuyer de la retenue du maréchal de Dinan, a sous ses ordres Bonabes et Bertrand de Texue, aussi écuyers, et accompagne avec eux le comte de Richement à Angers.

– Bertrand, qui avait suivi le duc Jean dans son voyage à Paris en avril 1418, aux gages de 12 livres pour un mois, et qui servait aussi dans le retenue de Bertrand de Dinan, s'arme en 1420 pour le recouvrement du duc, et figure encore en 1426 dans une monstre de Guy, sire du Gâvres.

 Bonabes prête serment au duc en 1437.

 En 1457, on trouve Noël; chevalier, l'un des gens d'armes du Maréchal de Malestroit. En 1471, il est lieutenant de Bertrand du Parc. En 1474 et 1477, il préside en cette qualité les monstres de Dinan. De 1480 à 1488, il est capitaine de Hédé.

GILLES DE TEXUE 

Quant à Gilles de Texüe, il déute en 1480 comme coustilleur dans la compagnie de 20 lances et 30 archers commandée par Thomas de Kerazret, qui devint plus tard, en 1489, capitaine de Brest.

En 1486, il reçoit mandement de rassembler la noblesse et de la conduire à Clisson pour résister aux ennemis du duc.

En 1488, il est envoyé en mission près du roi de France, et il est compris dans le béguin du duc François II pour 6 aunes de noir, pour faire robe et chaperon.

En 1489, il est capitaine de 20 hommes d'armes.

En 1495, il fallait se procurer de l'argent pour subvenir à la conquête du royaume de Naples : on fit des réductions de solde et de gages. Un état dressé à Lyon porte une réduction de 100 livres sur ceux de Texüe.

En 1489, il est compris au béguin de Charles VIII pur quatre aunes de drap noir. Il fait paryie de la maison de la Reine aux gages de 300 livres et figure au nombre des 50 hommes d'armes de sa garde, sous la charge du seigneur de Maillé.

Cette même année, il est capitaine de 20 hommes d'armes et 40 archers à la petite paye, et pourvu de la capitainerie de Brest, en remplacement de Guillaume Carrel ou Carreau.

En 1501, Gilles du Texue avait 800 livres de gages.

En 1506, il figure dans les comptes du duché comme écuyer d'écurie de la Reine Anne.

En 1508, il avait comme lieutenant à Brest Jehan de Saint-Hilaire.

Son décès se place probablement entre cette dernière date et 1516, époque à laquelle Bertrand Le Vayer de Trégomar, seigneur de la cour, est désigné comme capitaine de Brest aux gages de 700 livres. D'après Guillotin de Corson (Grandes seigneuries de Bretagne); Gille de Texüe mourut le 12 juillet 1514. Sa veuve Louise de Bintin lui survécut jusqu'en 1518.

 

La famille de Texüe s'est éteinte au XVIe siècle, et la terre de Texüe est entrée dans la famille de Brüllon en 1570 à la suite du mariage de Bonne de Texüe avec Pierre, chevalier de l'ordre du roi, veuf de Françoise de Sangay. Sébastien Brüllon, siuer de Texüe, issu de ce mariage, épousa en 1587 Claude du Chastel, et mourut sans postérité.

Son gisant en pierre noire de Kersanton, remarquablement conservé, est désormais exposé au musée naval du château de Brest ; il se trouve dans l’oratoire où Anne de Bretagne se recueillit lors de sa visite de 1505.

Au XVe siècle, la tour Duchesse Anne du château de Brest abritait le logis réservé à la résidence du duc ou de son représentant. On y trouvait, du rez-de-chaussée au deuxième étage, des celliers abritant les vivres, une vaste cuisine et deux salles de réception. Le troisième étage abritait les espaces privés de l'occupant des lieux, des chambres et un lieu de culte, l'oratoire.

Dans cette pièce à l'ornementation très simple, les arcs nervurés soutenant la voûte reposent sur des consoles sculptées qui représentent les symboles des quatre évangélistes, le lion de saint Marc, l'aigle de saint Jean, le bœuf de saint Luc et l'homme de saint Matthieu. Les baies ont gardé leur disposition d'origine, notamment celle située à l'est, pourvue de bancs occupant chacun de ses ébrasements. L'ensemble est en kersanton, une pierre extraite aux environs de Brest que l'on retrouve dans de nombreux calvaires.

Je reprends la description qu'en a donnée en 1898 Abel Chabal, président de la Société des architectes de l'arrondissement de Brest (et bien connu, avec son fils Gaston, comme architecte exclusif de la S.A de la Plage de Morgat).

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Oratoire du troisième étage de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Oratoire du troisième étage de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Oratoire du troisième étage de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Oratoire du troisième étage de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Oratoire du troisième étage de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Oratoire du troisième étage de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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 La dalle est en kersanton. La tête est nue. Les cheveux  sont longs.  La large chevelure bouclée, à frange, était à la mode sous Louis XI et Charles VIII, alors que les hommes d'armes portaient jusqu'au milieu du XVe siècle les cheveux courts.

Le visage est rasé. Deux anges soutiennent  un voile, sur lequel repose la tête. L'armure se compose d'un haubergeon dont les mailles apparaissent au cou et entre les tassettes.

 

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Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Les jambes sont recouvertes par les cuissards, avec genouillères articulées, et les grèves en deux pièces. Les cuissards sont forgés d'une seule pièce au lieu d'être à lamelles articulées .  La chaussure est celle dite "pieds d'ours", courte et large à l'extrémité : ces solerets furent à la mode de 1500 à 1530 (Wikipédia) ou entre 1485 et la fin du XVe siècle, préférées aux "poulaines " car elle n'empêchaient pas de marcher. 

Les pieds sont posés sur un lion, qui tient entre ses pattes de devant un écu retourné vers la tête du chevalier. Cet  écu est rattaché au cou du lion par une courroie bouclée.
 . Toute la sculpture est assez bien exécutée et, à part quelques cassures, dans un bel état de conservation. 

Au côté gauche une épée, droite, large, très forte et de section losangée, soutenue par deux bélières.

Gilles de la Texue serait mort dans son lit, si on en juge par la position de son casque. Certains auteurs rapportent en effet que les chevaliers qui perdaient la vie sur un champ de bataille étaient représentés le casque en tête et l'épée à la main.

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Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Sur la cuirasse, une cotte d'armes rembourrée et  courte, avec pèlerine (abandonnée sous Charles VII, elle fut reprise sous Louis XI). Un pli de cette cotte agrafé par un bouton forme la manche. Les mains sont jointes. Au côté droit de la figure sont posés, un casque du genre armet, et des gantelets articulés.

 

 

 

 

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Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Le lion présente l'écu d'argent, au chef de sinople (blanc, avec la partie haute verte) de la famille de Texue.

Pour Pol de Courcy (Nobiliaire et armorial de Bretagne, 1890)

https://fr.wikisource.org/wiki/Nobiliaire_et_armorial_de_Bretagne/T

Texue (de). sr dudit lieu, par. de Pacé, — de la Rivière, par. de Noyal-sur-Vilaine, - de Launay-Milon et de la Gouzée, par. de Gévezé, — de Sèvedavy et de’la Gérardière, par. de Saints, — de Glairefontaine, par. de Vignoc, — de Lesnen, — de Trénault. Réf. et montres de 1427 à 1513, dites par., év. de Rennes et Dol. D’argent au chef de sinople.

Qeoffroi, épouse vers 1417 Jeanne de Saint-Pern ; Gilles, capitaine de Brest en 1500. La branche ainée fondue dans la Ferrière ; la branche de la Rivière fondue dans Brullon.

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Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Le capitaine de Brest contemple fixement le plafond. 

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Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Effectivement, au croisement des nervures de l'oratoire s'est suspendu un hurluberlu nu et saugrenu qui montre son cul pour hanter le dernier sommeil d'un vieux soldat.

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Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Juste au dessus du gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Juste au dessus du gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Notre défunt appellera sur lui la protection du Lion de saint Marc...

Oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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... et de l'Homme (ici chenu et barbu et aux oreilles velues) que les spécialistes considèrent paraît-il comme l'attribut de l'évangéliste Matthieu. 

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Oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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SOURCES ET LIENS.

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DUCREST DE VILLENEUVE (M.E.), 1898,  "Pierre tombale découverte à Saint-Louis de Brest", Bulletin de la Société archéologique du Finistère T.XXV pages 248-254.

— L'ORME (M.A. de) 1911, "Le Tombeau de Gilles de la Texue", in "L'église saint Louis de 1870 à 1911", in "Histoire de l'église Saint-Louis",  Bulletin de la Société académique de Brest,  Imp. Kaigre, Brest, page 79

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207703m/f79.image

 

—JANNIC DE KERVIZAL (H. Le ), 1898-1899, « Une explication de la pierre tombale de l'église Saint-Louis de Brest », Bulletin de la Société académique de Brest, XXIV, 1898-1899, p. 171-192.

Cet auteur décrit le gisant, donne des informations sur Gilles de Texue, mais ne croit pas que le gisant soit le sien . C'est cependant l'identification le plus souvent retenue.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076476/f169.image

—Lobineau Mémoires : La Texue  Archier en 1498

https://books.google.fr/books?id=53nLJ6X1NykC&pg=PA1597&lpg=PA1597&dq=gilles+de+texue&source=bl&ots=M0XcPJmYs2&sig=H7CisMYliuvfiyRLg86mQDnuk4U&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiKvbmxtrrZAhWD8RQKHWWzArkQ6AEIRDAF#v=onepage&q=gilles%20de%20texue&f=false

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Published by jean-yves cordier - dans Gisants
19 février 2018 1 19 /02 /février /2018 14:33

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces (22).

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Je les décrirai en partant de l'angle nord-est, à gauche du chœur, et en faisant le tour, comme n'importe quel visiteur, je terminerai à l'angle sud-est, à droite du chœur.

Les photographies ont été prises avec les moyens du bord, sans bénéficier de l'éclairage dont les sablières sont équipées, mais qui n'était pas allumé pour les Journées européennes du Patrimoine de septembre 2017. La voûte est assez élevée (6,50 m),  les sculptures sont badigeonnées d'une peinture café-au-lait sur un fond lie-de-vin, avec des reste de peinture bleue, et j'ai fait ce que j'ai pu. J'suis pas photographe, mais touriste.

Les arches ogivales des quatre travées de la nef principale (je décrirai dans un autre article la nef du bas-coté droit) créent dans le vaisseau central une première partition, à laquelle s'ajoute celle que déterminent les nervures de la charpente lambrissée et les entraits à engoulants. Ceux-ci, au nombre de six, déterminent sur la voûte huit  espaces à trois nervures, ce qui fait qu' entre ces engoulants,  les pièces de bois placées en corniche et désignées sous le nom usuel de "sablières" sont donc au nombre de huit de chaque coté. Si je calcule bien, cela fait seize sablières à décrire, bon courage.

Mais leur description au fil du parcours d'un coté à l'autre ne fait pas apparaître la correspondance des thèmes entre les deux cotés. Je commence donc par une liste des thèmes iconographiques qui souligne cet accord fréquent entre nord et sud.

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Blochet Nord-est : lion ......................................... Blochet sud : ange.

N1. Combat contre des dragons.......................... S1 : Feuillage entre une femme et un dragon.

N2.  Chasse au cerf. .............................................S2 : Chasse au lièvre.

N3. Course de renards dans une pampre...........S3 : Ivrognerie

N4. Tête de bélier. ................................................S4 : Rinceau tenus par un dragon

N5. Hommes, chiens et os........................... .......S5 . Fest-noz scatologique.

N6. Feuilles sortant d'un dragon.........................S6 : Feuilles sortant d'un dragon.

N7. Hommes sauvages attaquant des dragons. S7 : Lutte d'hommes contre des dragons

N8. Anges tenant un blason................................S8 : Anges tenant des phylactères.

Blochet N-O : contorsionniste exhibant son cul. Blochet sud : absent.

 

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I. LES SABLIÈRES DU COTÉ NORD.

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Première travée.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Cela commence mal, j'ai oublié de photographier le blochet nord-est : c'est un lion rugissant .

N1. Première pièce. Combat de dragons avec une licorne et un chien.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La sablière débute (si on adopte ce point de départ) par la face en pleine lune d'un homme agrippé à un os (un fémur). Comme nous allons retrouver ces traits stylistiques, notons les yeux en amande (ou en pruneaux), largement ouverts, aux pupilles sculptées, et enfoncés dans deux vastes cratères ovales. Avant de lui attribuer la trop grande oreille gauche, il faudrait avoir écarté la possibilité que cela soit le repli de son bonnet. Mais ce qui nous marque le plus, c'est la double rangée de dents de son sourire. Une pub pour un dentifrice ? À d'autres !  Car l'homme semble plutôt en proie à la plus vive terreur, claquant des incisives  en manipulant cet ossement. Est-il seulement encore humain, ou surgit-il d'entre les morts ? 

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Puis vient le premier affrontement, entre un chien et un dragon (désolé, l'autofocus s'est intéressé au lampadaire, comme l'imbécile qui regarde le doigt et non la lune).

Le chien a les traits massifs, les larges oreilles, l'accentuation de la bosse occipitale,  la queue fournie dressée en sabre, mais son poil lisse est interrompu, sur les antérieures, par une véritable crinière, une particularité que je ne retrouve dans aucun des chiens courants d'une chasse à courre, à corps et à cri comme l'Artois, le Poitevin, les français blanc-et-noir ou tricolore, pour ne rien dire du Porcelaine ou du Billy. La truffe haute, les babines retroussées, il expose toute la puissance de  ses 42 dents.

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Le dragon a tous les traits de sa race : les yeux proéminents, l' haleine fétide (je la sens encore), l'infecte salive, la vilaine manie de tirer la langue, la peau écailleuse pendant en plis successifs sur les purulentes scrofules, les pattes à ergots crochus, et les ailes nervurées héritées d'une grand-mère ptérosaure.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Ce dragon s'est placé dos-à-dos avec son congénère, pour ne pas être attaqué par l'arrière, et il a renforcé cette défense en nouant sa queue avec celle de son jumeau. Cette queue n'est plus à présenter, et chacun sait qu'elle se dote d'une petite tête, plus  pratique encore que vos caméras et radars de recul. Ici, elle bifurque en se greffant sur un épineux appendice caudal.

Sous l'effet d'un très vieil atavisme, et au mépris des liens du sang, les deux têtes s'aboient dessus mutuellement,  comme un lion qui attaquerait son image spéculaire.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Son voisin de palier a fort à faire pour esquiver l'attaque d'une méchante licorne qui lui a enfoncé la corne dans le gosier. Aïe aïe aïe ! 

 Dame licorne a plutôt l'aspect d'un hippopotame. Elle possède une paire d'ailes plissées rabattue en courte pèlerine.

Ce duel dragon-licorne évoque d'autres sablières, comme celle de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre de Châtelaudren (16 km à l'est de Guingamp) avec un combat licorne-lion (et un couple de dragons, et une chasse à courre). Ou bien celle de Le Tréhou, où un homme tient les cornes de deux licornes. 

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N2. Chasse au cerf par trois chiens et un veneur soufflant dans sa trompe.

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À gauche, un veneur souffle dans une curieuse trompe de chasse, peu évasée mais dotée d'une embouchure. Il est vêtu d'une tunique plissée, à manches longues, et il est coiffé selon la mode des cheveux mi-longs formant deux épaisses masses de chaque coté. Comme Charles VIII.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Il mène trois chiens à l'assaut : Taïaut ! Le premier n'a pas de collier, ses oreilles sont pendantes. Tout le contraire des deux suivants, aux larges colliers et aux oreilles dressées. Le cerf n'en mène pas large, d'autant qu'il est acculé dans le fond de la sablière.

À Notre-Dame-du-Tertre, le chasseur mène son chien à l'assaut d'un sanglier, mais le principe est le même.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N3. Renards traversant un pampre de vigne tendu entre deux dragons.

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Une pampre (grappes de raisins, feuilles de vigne et vrilles) forme des spires que deux animaux s'amusent à traverser. 

Cette pampre est tendue par deux dragons. À droite, il est facile à déterminer, mais celui de gauche ne propose que son échine dentelée pour l'identifier avec certitude. Comment sont les femelles des dragons ? 

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les deux petites bêtes qui courent dans les tunnels végétaux comme dans une aire de jeu sont pour moi des renardeaux, mais je ne peux exclure que ce soient des hermines, car cette espèce affectionne beaucoup, dans le matériel héraldique des ducs de Bretagne, de se faufiler en criant "chat" dans des spirales de phylactères.

Hop ! Hop! Rehop!

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Ici, la tête caudale du dragon adopte la forme de celle d'un serpent.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N4. Tête de bélier et feuille d'eau.

Je passe.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N5. Homme et os, chiens et os.

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Le blochet reprend tous les caractères de notre homme archétypal de la pièce N, mais dans la version Joyeux Drille car  il est hilare. Il trouve son homologue exact en face de lui, sur la rive sud.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Au centre, un homme sous son chapeau breton tient un os (toujours un fémur) dans la main gauche, ce qui entraîne la sortie immédiate de son chien hors du bosquet où il songeait (car que faire en un bosquet, à moins que l'on ne songe ?). De la main droite, il tend une bande d'étoffe, qui ressemble plus à sa serviette qu'à un muet phylactère. 

Son second chien (il n'en n'a que deux) s'enfuit vers la gauche, un os entre les dents (*)

(*) J'ignore si vous connaissez cette expression de la bonne vieille marine à voile qualifiant un voilier toute voile dehors qui fait naître joyeusement de chaque coté de l'étrave deux vagues d'écumes :  she's got a bone in her theeth.  Elle eut son heure de gloire, en français, pour qualifier les performances jouissives du Libberdade de Joshua  Slocum, ou celle du navire de Moitessier par Gérard Janichon ou celles de Pen Duick VI, ou sous la plume des journalistes de Voiles et Voiliers.

Cette débonnaire histoire de nonos à chien-chien  serait assez banale si elle n'avait pas débuté en N1 par la funèbre représentation de l'homme au fémur, et si elle ne se prolongeait pas ensuite par d'autres épisodes troublants.

L'artiste ne manque pas d'humour, lorsqu'il joue de la ressemblance entre l'épiphyse fémorale supérieure ( c'est le fameux "col du fémur" !) et la tête des chiens, entre l'extrémité céphalique et la truffe ou le museau, entre le col fémoral et l'angulation entre front et chanfrein canin, et surtout entre le grand trochanter (dont il accentue à dessein la saillie) et les oreilles dressées. Irrésistible, non ? Un dessin ?

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N6. Feuillages sortant de la gueule d'un dragon et tenus par un homme.

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Le dragon est couché, hilare, sous une couverture de feuilles, mais il pointe ses yeux de grenouilles et le diastasis médian et paramédian de ses quenottes pour regarder, de l'autre coté, un humain complètement submergé par cette production végétale.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N7. Hommes sauvages combattants des dragons.

Nous retrouvons ici trois dragons (j'aurais dû les compter depuis le début) aux prises avec trois hommes sauvages armés de gourdins.

Le thème de l'Homme sauvage (wild man) est trop vaste pour épuiser le contenu d'une exposition au Cloisters du Metropolitan de New-York en 1980-81, (Husband, The Wild Man, medieval myth and symbolism) ou des travaux de l'Université de Toulouse sous l'égide de Sophie Duhem. 

Ici, ces hommes sont velus hormis le visage, les mains et  pieds. Leur nez épaté et leurs dents divergents en éventail et largement exposées, leurs grimaces simiesques, l'agilité de leurs gesticulations altèrent l'humanité de leurs traits. Ils ne sont pas si éloignés des dragons qu'ils combattent, ou des animaux qui les ont précédés sur les pièces précédentes, et s'ils sont sauvages, ils sont aussi sylvestres : ces hommes verts, ou hommes des bois, appartiennent à ce monde frontière entre humanité et animalité, civilité et sauvagerie qui est précisément celui qu'explore le Chasseur. Dans tous les mythes, le chasseur est exposé à des rencontres féeriques en raison de cette frontière entre deux mondes, et de ses dangers.

Ces êtres primitifs, pré-humains, sont à l'Homme ce que les Titans étaient aux Dieux grecs. Ils livrent de terribles combats de dimension cosmiques contre des Puissances déchaînées. Et ils le font ici avec un enthousiasme pétulant, enfonçant à qui-mieux-mieux leur pieu écoté dans la gueule des monstres, dans une variante de la licorne enfonçant sa corne.

Ces règlements de compte ne nous concerneraient pas, si nous n'adoptions pas spontanément le camp des Joyeux Drilles pour qu'ils nous débarrassent des vilaines bêtes qui nous font peur.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N8. Deux anges tenant un blason ; Homme extrayant un os ; dragon dévorant un petit homme.

. Nous ne sommes pas débarrassés des Dragons, puisque la pièce commence, à droite, par une scène de dévoration d'un de nos congénères par un de ces Dangers Publics. L'artiste développe donc au fil des motifs un propos assez cohérent où il déploie sur l'encadrement des voûtes un vaste tableau de ce qui menace les fidèles réunis pour les offices : la Mort et ses ossements,  le Mal, la violence d'un Autre Monde, les enjeux cosmiques passant bien au dessus des cheveux de monsieur et madame Tout-le-Monde. Très habilement (mais aussi très fidèlement aux traditions des ymagiers et huchiers), il ne se livre pas à un prêche dicté par le recteur, il ne fait aucune référence à Dieu ou à ses saints, aux Enfers ou au Paradis, à la lutte des Archanges contre les Diables, à une scène biblique ou Christique, mais il met en œuvre un bestiaire des personnages plaçant le pouvoir d'évocation ailleurs. Les  personnages de son petit théâtre sont-ils celtiques, pré-chrétiens, ou archétypaux, chacun répondra à sa convenance, mais ce qui est certain, c'est que ces fémurs, ces chasseurs, ces bêtes féroces, ces dragons et ces hommes sauvages racontent, sur les huit pièces que nous venons d'examiner, une seule histoire.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Puis viennent deux anges tenant un blason. Comme celui-ci a perdu les meubles et les couleurs qui devaient y être peints, nous ne pouvons rien en dire.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le personnage qui ferme le cycle des huit sablières est allongé, une jambe droite repliée, et le visage grimaçant. Il tient (encore !) un fémur, mais seuls les 3/4 de l'os est visible ( les condyles fémoraux, le fût et  le grand trochanter, encore attaché à un fragment du tendon)  sont visibles, tandis que le col et la tête disparaissent...précisément à l'endroit de leur emplacement anatomique sur notre homme. Faut-il imaginer qu'il est en train de l'extraire de son propre corps, ou, au contraire, de tenter de le remettre en place ? Ses grimages de douleurs seraient bien justifiées.

Il est pieds nus,mais le sculpteur a représenté avec soins sa tunique à gros plis, et surtout sa manche, dont le soufflet est fermé par deux langeuttes à boutons.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Blochet Nord-ouest : acrobate exhibitionniste anal.

Le blochet annonce la veine dévergondée qui nous attend désormais du coté sud. C'est un acrobate ou contorsionniste qui réussit à fléchir ses hanches suffisamment pour mettre ses pieds – chaussés – contre ses oreilles. Or, il a pris soin de remonter sa tunique et de baisser ses chausses afin de présenter au public le spectacle obscène de son cul. Un "pète-en-gueule", comme il est courant d'en trouver sur les sculptures des sablières et autres pièces de charpente, sur les stalles, etc. Exemple à La Roche-Maurice.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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II. LES SABLIÈRES DU COTÉ SUD DE LA NEF.

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S8. Trois anges tenant des phylactères.

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Ces trois anges manquent un peu de grâce, et ressemblent plutôt, dans leur lourde robe plissée, à des magistrats en perruque. Le texte de leurs phylactère s'est effacé, et nous passerons à la sablière suivante après les avoir salués.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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S7. Hommes combattants des dragons.

Cette sablière est faite de la réunion de deux pièces un peu différente. À droite, elle débute par un dragon ailé renversé sur le dos sous l'effet du choc d'un coup d'épieu. Le responsable, à la différence des sauvages qui lui font face en N7, est habillé et coiffé d'un bonnet, mais son rictus à pleines dents, ses sillons naso-géniens en parenthèses,  ses larges narines  et ses yeux  abrités sou le vaste préau des sourcils le trahissent : une partie de son arbre généalogique servi à tailler les sablières nord.

Son voisin , dont le chaperon se termine par une tête de chat, s'apprête à lancer une pierre sur le premier qui approche.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La pièce voisine montre un homme portant une chevelure frisée à gros rouleaux (les perruques ne seront à la mode que bien plus tard) ; il a l'air fort satisfait de lui, et il croise ses huit doigts sur son ventre bedonnant. 

C'est tout le contraire, embonpoint et frisettes à part, avec l'homme nu qui bondit, gourdin en main, à l'attaque du dragon qui pointe sa gueule gourmande du coté gauche. C'est le retour de l'Homme sauvage coté sud.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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S6. Feuillages sortant de la gueule d'un dragon.

Cet Intermède végétal dont les feuilles en raquette ou râpe à parmesan  nous ont déjà été présentés en N6 sort de la gueule d'un nouveau dragon.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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S 5. Une orgie : scène scatologique, buveurs, fou et sa marotte, joueur de cornemuse. 

 

Enfin ! c'est maintenant qu'on s'amuse ! Et qu'on s'interroge.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Nous avons ici six personnages. Le premier, renversé en arrière, tient un bâton dirigé devant lui vers le sol.  Il porte un accessoire rond à la ceinture. Il n'est vêtu que d'une tunique, mais ses jambes et ses cuisses sont nues.

Devant lui, un homme jeune (ou un garçon) entièrement nu tend un récipient sous le cul du suivant ; dans ce récipient, des "boulettes" qui ont sans aucun doute des crottes. Aussi se détourne-t-il en grimaçant, tandis que, de la main droite, il se gratte la fesse, à moins qu'il ne jette quelque chose derrière lui. 

Le troisième sire a la tête et le haut du corps recouvert d'un vêtement à capuche, dont il a relevé le bas  : fesses et jambes nues, il se soulage, comme nous l'avons vu. mais concommitament, il se nourrit ou, du moins, il penche son menton vers une assiette contenant ... ce que je lui souhaite être deux pommes bien mûres.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Nous voici maintenant face à un Fou. Un vrai, en habit de travail, qui inclut la cagoule à oreillettes et grelots, cagoule qui appartient à une tunique fendue sous la ceinture en pans triangulaires – avec leurs grelots– et dont les manches à crevés doivent dissimuler aussi quelques clochettes. Sous cette tunique, comme tous les convives, il est nu. Pour ce que j'en vois.

Comme tout Fou, il tient sa marotte, cette marionnette montée sur un manche de bois, et  qui le regarde en lui renvoyant sa propre image.

De l'autre main, il tient ou tenait un autre objet.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Après le Fou, l'Ivrogne. 

À plat ventre, les pieds nus repliés vers les fesses, complètement ivre, il tente de porter, les yeux clos, une chope à ses lèvres, mais il n'atteint que son menton. Il ne lâcherait son pichet pour rien au monde. Ses beaux cheveux bouclés sont coiffés d'un béret aux bords repliés.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le joueur de cornemuse est le seul  qui soit resté chaussé. Un genou à terre, il écrase la semelle de sa bottine. C'est vraiment la mode des longs cheveux en boucles, car, comme les anges de S8, comme le Monsieur important de S6, ou comme les quatre co-locataire de sa sablière, c'est un vrai flot de belles anglaises qui ruissellent sous son chapeau breton. Les yeux presque fermés, il joue, les deux mains posées sur le chalumeau conique de son instrument tout en pressant le sac entre poitrine et bras droit.  Le porte-vent frôle ses lèvres, non sans créer un effet comique en rappelant la posture du buveur. Le bourdon d’épaule est bagué d'une moulure à mi-corps et à l'attache du pavillon.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le blochet adossé à  S5. 

C'est le même que du coté nord : un Gargantua barbu, avec un orifice dans la bouche comme pour les gargouilles.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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S4. Dragon tenant la tige de feuilles et de grappes.

Comme en N3, où des renardeaux couraient à travers les spires, c'est un pampre de vignes à vrilles, feuilles et grappes, et c'est un dragon, vu d'avion, et reconnaissable de manière infaillible grâce à son échine épineuse.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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S3. Ivrognerie à sept buveurs.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sept hommes de cette confrérie des joyeux buveurs portent la même tenue, une tunique à cagoule très ajustée descendant à mi cuisses, des chausses, et des bottines. Ils sont si semblables qu'on pourrait penser à sept temps successifs de l'histoire du même héros, mais non. Le comique vient du fait que chacun est courbé comme  dans un tunnel, dans une étroite promiscuité.

Le premier des sept est assis et boit, avec un gobelet énorme, le contenu d'une bouteille. Ou plutôt d'un tonnelet à bec verseur central et aux flancs cerclés. Il appuie son genou sur la fesse du suivant.

 

 

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le deuxième et le troisième sont tournés l'un vers l'autre. Le premier enserre fermement le goulot d' une bouteille aux flancs bombés, aux faces plates et dotée d'un large pied. La main droite posée sur son crâne tant il a mal aux cheveux, il supplie (c'est mon interprétation) le tavernier de  remplir sa sacrée bouteille, mais celui-ci, un bras sur le tonneau dont il a la garde, n'en manifeste pas l'intention. 

Ce face à face en chien de faïence de part et d'autre d'un flacon ne manque pas d'humour.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Pendant que le tenancier est occupé par le client précédent, un autre s'approche subrepticement du fameux tonneau et remplit son pichet (en terre vernissé ou en étain) au robinet de soutirage placé de son coté.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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L'image suivante nous apprend que ce pilier de taverne est poussé par la main bien placé d'un collègue qui s'apprête à lui tendre une bouteille. L'artiste a pris plaisir à faire épouser la courbe des fesses du premier avec celle du ventre ballonné du second, et à souligner la tension qui s'exerce sur les boutons de la robe sous l'effet de cette pléthore à la Falstaff.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Hélas, dans cette suite de duos conflictuels, le quidam ne parvient pas à se saisir du flacon, à laquelle se cramponne avec l'énergie du désespoir assoiffé un avant-dernier convive : front contre front, trogne contre trogne, le regard chaviré, ils forment un couple truculent qui semble venir du Repas de Noces de Pieter Brueghel pourtant peint 50 ans plus tard, ou des danseurs d'une Kermesse flamande.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Enfin la série des sept buveurs se termine, toujours dans l'alternance tête à tête et cul à cul, par Dormeur, qui rêve de barriques en étreignant sa cruche. C'est très émouvant.

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Les sablières  (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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S2. Une chasse au lièvre.

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Les sablières  (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières  (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces (22).

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Les sablières de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces (22).
Les sablières de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces (22).
Les sablières de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces (22).
Les sablières de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces (22).
Les sablières de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces (22).

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S1. Frise de feuillage issue de la gueule d'un dragon et s'achevant vers une femme allongée.

Nous retrouvons ici les feuilles allongées et râpeuses, sortes de croisement de lambeaux de peau de saurien et de frondes de Fucus spiralis, dont les bordures détachent des replis spiralés. Du monstre qui les produit, nous ne voyons que la tête  au chanfrein verruqueux et aux oreilles en feuille de muguet (Convallaria majalis).

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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En suivant les circonvolutions de la longue lanière, nous parvenons à la figure inattendue d'une femme en coiffe , couchée sur le coté, jambes croisées avec une désinvolture frisant le sans-gêne, et qui nous désigne de l'index son sein droit après s'être dépoitraillée. Que vient faire ici cette lascive femme de mauvaise vie  et son geste d'invite, si ce n'est de clore la longue galerie des Vices et des Débauches, mise en parallèle avec le tableau de notre transformation en un sac d'os, dévoré par les Puissances chtoniennes ?

Rien n'incite à y voir la Grande Prostituée de l'Apocalypse 17, et les références bibliques sont absentes ici.

 

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Blochet sud-est : un ange.

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Pour boucler la boucle de notre circumduction le nez en l'air, le point final sera, avec une photo plus médiocre encore que les autres, le blochet sud-est .

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Un prochain article examinera les sablières du bas-coté sud (il n'y en n'a qu'un, on ne peut pas se tromper).

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SOURCES ET LIENS.

BARTHELEMY (Anatole de) et GUIMART (Charles), 1849, Notice sur quelques Monuments du département des Côtes-du-Nord Bulletin monumental / publié sous les auspices de la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques ; et dirigé par M. de Caumont, Société française d'archéologie pages 5-54.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k310344/f42.item.texteImage

 

Notre-Dame-de-Grâce. Non loin de Guingamp, est  l'église Notre-Dame-de-Grâce qui contient des reliques de  saint Charles de Blois. C'est un édifice qui fut commencé en  1506 ainsi qu'il résulte de deux inscriptions gravées l'une  sur une charmante frise en bois qui court tout le long de la  nef principale et du collatéral de droite l'autre sur le pilier à gauche du portail, extérieurement. L'inscription de la frise et du pilier portent le doziesme jour de mars /CK de grace mil cinq centz et seix fut la première pierre de ceste chappelle assys. A côté on lit Le r". et ~fZ fut le lines ? de ceste chappelle assis ou quel  estoit maigre Jehan le D. nece recteur de la paroisse de  Plouisy, et gouverneurs de Jehan Telles. 

La frise en question admirablement travaillée représente des chasses au cerf et au lièvre des vignes, des vendangeurs, des dragons, des dessins un peu lestes, des diables un lion combattant une licorne etc. 

—  BAKHTINE M., L'oeuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen Age et sons la Renaissance, Paris. 1970. 

DUHEM (Sophie) 1997, Sablières sculptées de Bretagne : images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérite bretonne (XVe-XVIIe s.). Thèse de doctorat en Histoire. Sous la direction de Alain Croix. Soutenue en 1997. à Rennes 2 .

DUHEM (Sophie) 1998, Les Sablières sculptées de Bretagne, Presses Universitaires de Rennes, 390 pages.

— MATTE (Jean-Luc), Iconographie de la cornemuse.

http://jeanluc.matte.free.fr/invg.htm

"Cornemuseux en buste à l’extrémité d’une section de sablière, à sa gauche un buveur puis un fou reconnaissable à son bonnet et à sa marotte

Début XVIème

1 bourdon d’épaule à moulure presque médiane et pavillon mouluré, chalumeau conique

Cité par Edmond Rebillé dans le n°89 de la revue "Musique bretonne"
S. Duhem, op.cit. (dessin p.357 et photo.N.B. p. 228)
Cat. expo. Dastum, "Instruments du diable, musique des anges" op. cit. (photo.)"

ROPARTZ (Sigismond), 1851, Guingamp et le pélerinage de Notre Dame de Bon-Secours, Périssé, 1851 - 408 pages page 95

https://books.google.fr/books?id=yo3IIXTsyPIC&dq=gr%C3%A2ces+guingamp+rabelaisien&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

Les bornes de cet ouvrage ne me permettent pas d'entrer dans l'étude détaillée de cette admirable chapelle, monument complet, sorti tout entier de la pensée du même artiste, dernière fleur du style ogival éclose sur le sol breton.

Ce qu'il y a de très-remarquable, c'est que les sculptures de Grâces ne sont autre chose qu'un long poème où sont stigmatisés tous les vices, sous la figure de Franciscains paresseux, avares et gourmands. Etait-ce une leçon de morale, était-ce une sanglante satire ? Quoi qu'il en soit, ces sculptures sont magnifiques de verve grotesque, et, pierres ou bois, dénotent certainement un très-habile ciseau et une luxuriante imagination. Voyez cette gargouille, c'est un gros Cordelier qui presse de ses deux mains son ventre trop plein, et dont la bouche grimace pour vomir ; étudiez l'une après l'autre les scènes rabelaisiennes, ciselées comme dessinait Callot, le long de la corniche du lambris : ici, c'est un moine ivre qui roule sous une tonne immense et se noie dans une mer de vin ; là, c'est un moine encore dont la sordide avarice se livre à un métier que ma plume ne peut décrire ; ailleurs, un diablotin lubrique brouette en enfer une charretée de nones ; tout cela est encadré dans un merveilleux fouillis de feuillage et d'arabesques, qu'animent des chasses fantastiques et que peuplent tout un monde d'animaux bizarres. La conclusion de ce poème étrange, c'est un bas-relief isolé où deux anges en pleurs montrent au peuple la sainte face du Christ, sanglante, meurtrie et couronnée d'épines, expiation éternelle de tous les désordres et de tous les scandales dont l'artiste vient de vous offrir la représentation cynique.

La pensée franciscaine, on le voit, remplit chaque détail de cette curieuse chapelle, et pourtant Grâces n'appartint aux Frères-Mineurs que cent ans après sa fondation ; mais on n'a pas oublié qu'un Franciscain, en bâtissant en ce même lieu un oratoire de mottes et de feuillage, avait été la première cause de la dévotion à Notre-Dame, et de la construction du monument.

ROPARTZ (Sigismond), 1859, Guingamp: études pour servir a l'histoire du tiers-état en Bretagne, Prud'homme, Volume 1 page 115

https://books.google.fr/books?id=o-oYAAAAYAAJ&dq=gr%C3%A2ces+guingamp+rabelaisien&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

TOULET (Simonne), 2010, L'église de Grâces et ses sablières, Bulletin des Amis du Patrimoine de Guingamp n°48.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_89/Les_Amis_du_Patrimoine_de_Guingamp_nA_48.pdf

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
18 février 2018 7 18 /02 /février /2018 21:12

Zoonymie des  Odonates. Kulilu dans l'Épopée de Gilgamesh .

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Voir aussi :

 

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En 1991, dans son excellent article A brief history of Odonatology, Philip S. Corbet écrivait :

" ‎As early pictorial and written records become available, we obtain tantalising glimpses of dragonflies in literature and art. Thus adult dragonflies feature in prehistoric art of the Late Bronze Age from the Aegean region (Younger, 1983) and of the American Indians in British Columbia (Cannings & Stuart, 1977) whereas larvae are portrayed on Incan or pre-Incan pottery from Chile and Peru (Kennedy, 1947).

If the word ‘dragonfly’ is translated correctly we read in The epic of Gilgamesh –a renowned Mesopotamian king. (ca 3,000-2,000 B.C.)  that adult dragonflies emerge from aquatic larvae (Sandars, 1972).

Dragonflies are among the insects referred to in the oldest known book on zoology — the Sumerian and Akadian (Babylonian) Hubulla tablets from the 18th Century B.C. (Harpaz, 1973);"

Il signalait ainsi avec concision à la fois la présence de la mention des Libellules dans l'Épopée de Gilgamesh, mais aussi les incertitudes sur la traduction par "libellule" du mot inscrit en caractères cunéiformes sur les tablettes d'argile.

Pour l'étude de la Zoonymie (étude des noms) des Odonates, il est important de rechercher d'une part quel est le nom utilisé en akkadien dans l'un des textes les plus anciens de l'Humanité, et d'autre part dans quel contexte il apparaît, et enfin quelles sont les discussions sur sa traduction.

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I. Le nom "libellule dans l'Épopée de Gilgamesh.

Cette épopée est relatée dans douze chapitres, dont la majorité furent découverts au XIXe siècle à Ninive dans les ruines du temple de Nabou, et dans la bibliothèque du palais d'Assourbanipal.

C'est dans la tablette X qu'il serait question de libellules.  Hanté par la mort de son ami Enkidu, le roi Gilgamesh s'est rendu auprès d'Outa Napishtim  pour obtenir l'immortalité.  Il apprend de ce dernier (qui a survécu au Déluge) que la mort est inévitable : 

 

 

"OutaNapishtim dit à Gilgamesh : « Gilgamesh pourquoi cette douleur dans ton cœur toi qui portes en toi la chair des dieux ? La mort est cruelle et sans merci. Qui de nous bâtit des maisons indestructibles ? Qui de nous scelle des contrats éternels ? Les frères héritent, partagent. Quel héritage est perpétuel ? La haine, même la haine existera-t-elle dans le pays pour toujours ? Est-ce que le fleuve monte et amène la crue pour toujours ? 

"La libellule à peine sortie de la lumière, entrevoit le soleil et atteint à son terme.

"Depuis les temps les plus anciens, hélas ! rien ne dure, le dormeur et le mort se ressemblent, les deux n'ont-ils pas l'aspect de la mort ? Qui, la mort venue, peut distinguer entre le serf et le maître ?. Les Anounnaki, les grands dieux tiennent conseil avec eux, Mammitoum la “créatrice des destins” pour décider ensemble des destins, ils répartissent la vie et la mort ils révèlent les jours de la vie mais de la mort ils ne révèlent pas le jour." (Trad. Abed Azrié)

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Onzième tablette de l'Epopée de Gilgamesh, British Museum, provenant de la bibliothèque du palais d'Ashurbanipal à Ninive, 7eme siècle avant notre ère.

 

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Selon W.G. Lambert , le relevé de la tablette X pour les lignes qui nous concernent (avec la traduction littérale) serait :

 

21 im-ma-ti-ma naru is-sà-am-ma mi-la ub-lu  For how long has the river risen and brought the flood?

22 ku-li-li i[q]-qé-lép-pa-a ina nari / So that dragonflies drift on the river

23 pa-nu-sâ i-na-at-ta-lu pa-an samsti / Their faces staring into the face of the sun god?

24 ul-tu ul-la-nu-um-ma ul i-ba-às-si mim-ma /  Suddenly there is nothing.

 

25 sal-lu u mi-tum ki-i pi a-ha-mes-ma / The prisoner and the dead are alike,

26 sà mu-ti ul is-si-ru sa-lam-su / Death itself cannot be depicted,

Le terme traduit par Libellule est celui de ku-li-li ou kulili .

Lambert indique en note concernant la traduction des lignes 23 et 24 :

 

"The rendering given presumes that kulilu is feminine. There seems to be no clear evidence elsewhere on this point. Then the lesson from the dragonfly is continued: they drift down the river with their big eyes looking upwards, but suddenly they disappear beneath the surface and exist no more. Without this continuation lines 21-22 seem to have no purpose. For ultu ullanumma with the idea of suddenness, note Descent of lstar 63 (R. Borger, BAL II 90): iS-tu ul-la-nu-um-ma *is-tar a-na erset la tari li-ri-du "As soon as Istar had gone down to the underworld." Most translators have taken lines 22 and 23 together, whatever the details of their renderings. V.S., however, takes 23 and 24 together: "Ein Antlitz, das in die Sonne sehen konnte, Gibt es se.it jeher nicht." This is excellent grammar, but seems to give no meaning." .

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Dans un article concernant les Odonates, Carlos Bonet Betoret  présente en 1993 ce passage ainsi :

"The citation the Odonata is contained within the speech of Utnapishtim, when he explains to Gilgamesh how it is impossible to be immortal:

Do we build for ever our houses,
and forever do we steal of properties?
Perhaps the brothers do divide their part for ever.
Perhaps the hate does divide for ever
Perhaps does the river always grow and make inundations.
Does the dragonfly leave its skin?
And its face can only see the face of the sun?

In the original text of the Assyro-Babylonian language is written “ku- li- li- ki- lip- pa.” Modern specialists believe that this means skin of the dragonfly nymph, when it leaves its pupal case to become a flying adult insect."

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II. LES CHOIX DE TRADUCTION.

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La traduction de ce passage de L'Épopée de Gilgamesh peut tout changer pour Libellule, qui cherche ses racines mésopotamiennes.

En anglais, la publication qui faisait référence était celle de N.K Sandars, parue en 1960 chez Penguin's. Elle a le défaut de transformer en prose la versification de l'Épopée. Il y a aussi Classic Myths from Mesopotamia, de Stephanie Dailey, (1989, révisée en 2000), en vers, qui a pris le parti de "moderniser" le texte en le débarrassant de ces détails et tournures désuètes.

Et enfin, il y a celle d'Andrew George The Epic of Gilgamesh : a new translation, parue chez Penguin Classics en 1999 et révisée en 2003. La version babylonienne est connue depuis plus d'un siècle, mais les linguistes déchiffrent encore de nouveaux fragments en akkadien et sumérien. La "nouvelle traduction magistrale" d'Andrew George ( The Times ) combine brillamment ces derniers dans un récit fluide et sera longtemps comme le Gilgamesh anglais définitif. 

 Andrew R. George (né en 1955) est un universitaire britannique connu pour son édition et sa traduction de l' épopée de Gilgamesh . Andrew George est professeur de Babylonien dans le Département des langues et des cultures du Proche et du Moyen-Orient à l' École des études orientales et africaines SOAS de l' Université de Londres. Dans le domaine de la recherche sur Gilgamesh, ses travaux ont révolutionné les choses autant que la parution de The Evolution of  the Gilgamesh Epic de J.H. Tigay en 1982.

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1°) Andrew George 2003.

La plupart des  traducteurs anglo-saxons et  français donnent la leçon "libellule" pour ce passage, mais Andrew R. George préfère traduire le terme kulili  par "éphémère" (Ephemera Linnaeus 1758, Mayfly, Mouche de mai) :

The ephemeral nature of the mayfly is proverbial, and for this reason (as well as the Arabic cognate) I prefer to take kililu as "mayfly" rather than the customary "dragonfly". As Dalley notes (Afw/w,p. 133, n. 121), the image evokes a passage of Atra-hasis in which the mother goddess likens those  drowned in the Deluge to mayflies borne along by a river: ki-ma ku-li-li im-la-a-nim na-ra-am, 'they fill the river like mayflies' (OB Atram-hasTs in iv 6) A. R. George, The Babylonian Gilgamesh Epic: Introduction, Critical Edition and Cuneiform ... 2003

Voir sa traduction des vers 311-315 de The Babylonian Gilgamesh Epic, vol. I page 697 .

311 At some time feuds arise in the lands.

312 At some time the river rose (and) brought the flood,

313 the mayfly floating on the river

314 Its countenance was gazing on the face of the sun,

315 then all of a sudden nothing was there.

Trad littérale :"A un moment donné, des querelles surgissent dans les terres.
À un certain moment la rivière s'est levée (et) a apporté le déluge,
l'éphémère flottant sur la rivière
Son visage contemplait le visage du soleil,
puis tout d'un coup rien n'était là."

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2°) Les traducteurs français postérieurs à Andrew George.

En 1979, Abed Azrié a publié L’épopée de Gilgamesh : texte établi d’après les fragments sumériens, babyloniens, assyriens, hittites et hourites, traduit de l’arabe et adapté par Abed Azrié, éd. Berg international, 1979 . J'ai cité plus haut son texte : 

Est-ce que le fleuve monte et amène la crue pour toujours ? La libellule à peine sortie de la lumière, entrevoit le soleil et atteint à son terme. Depuis les temps les plus anciens, hélas ! rien ne dure, le dormeur et le mort se ressemblent, les deux n'ont-ils pas l'aspect de la mort ? 

 

En 1982, Jean Bottéro a publié L'Epopée de Gilgamesh chez Gallimard. Je ne l'ai pas consulté. En 2009, M. Laffon a publié Gilgamesh chez Bellin d'après la traduction de Bottéro. Voici la traduction du passage qui nous intéresse :

« Nous sommes tous comme des éphémères emportés par le courant : de nos visages qui voyaient le soleil, brusquement il ne reste plus rien. Endormi, mort, c’est la même chose ! Personne n’a jamais pu représenter la mort. Pourtant, depuis ses origines, l’homme en est prisonnier. Depuis que les grands dieux, et Mammitu, la grande déesse mère, la faiseuse des destins, ont arrêté ensemble les destinées des hommes, ils nous ont imposé la mort comme la vie, nous laissant seulement ignorer le moment de notre mort » (M. Laffon pp. 74-75)

 On trouve aussi en ligne : "Tels des éphémères [insectes] emportés par le courant, des visages qui voyaient le soleil, tout à coup il ne reste plus rien. Endormi et mort, c'est tout un" (Gilgamesh X, VI, 6-25)

La thèse argumentée d'A. George semble donc avoir été convaincante. Les Odonatologistes ont-ils pris la mesure de ce bouleversement , qui les priveraient d'une glorieuse entrée en matière dans le récit de l'histoire des relations entre les hommes et les Odonates ?

 

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III. LE MOT KULILU .

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1°) Dans le Lexique sumérien-français (textes traduits dans Attinger, ), 2017

 

gu5-li-an-na-k s. litt. "compagnon d'An", un insecte (souvent traduit par "libellule") vaincu par Ninµirsu/Ninurta Gud. Cyl. A 26:10, Angim 36, 58, Lugale 129; non-st. ku6-li-an-na Angim 58 aA (mA) gu5-ul = gu-ul

2°) Dans l' Assyrian Dictionary anglais-assyrienAssyrian -English -Assyrian Dictionary je lis :

kuliltu nf fish-woman; dragonfly; mermaid*

kulilu n. 1 fish-man, merman; mayfly; ---->. - * dragonfly

— Samas n. sun-god; -->. kaIlat -* dragonfly;

 

 

3°) Je trouve sur Wikipédia :

 

 In Babylonian mythology, Kulilu is a destructive spirit, half man, half fish.[1][2]

 

4°) Le Manuel d'Épigraphie Akkadienne de  R. Labat et F. Malbran-Labat, le manuel de signes cunéiformes le plus utilisé par les étudiants, donne : 

kallat Samas libellule 324 (E-Gi 4 -A- d UTU).

 

4°) Le Sumerian Compound -Sign Words donne :

ku-li-an-na: friend of heaven; dragonfly ('friend' + 'sky' + genitive).

5°) Dans A Concise Dictionary of Akkadian, de Jeremy A. Black,Andrew George,J. N. Postgate, 2000

je lis :

Kulilu I, kulilû, "dragonfly" JB [Akkadien néobabylonien, Ier millénaire], mil k."flood bearing dragonfly (corpses)"

 

 

6°) Le Dictionnaire Assyrien de CIVIL (Miguel) GELB (I.J) The Assyrian dictionary 1971 indique 

Buru-Gal-Edin-Na : Dragonfly

http://www.aina.org/cad/cad_k.pdf

7°) En Sumérien, le terme est connu grâce au plus ancien dictionnaire bilingue Sumérien-Akkadien, l'Harra-Hubulu datant de l'époque Paléo-babylonienne. Voir mon précédent article, et voir Landsberger n° 234, 347 et 348.

 n° 234 burus5-id-da), en Sumérien, ku-lîl-um en Akkadien, Il est traduit en allemand par Landsberger par  Libelle,  « libellule ».

n° 347 : ku.li.la.an.na en Sumérien, ku-li-li-ti en Akkadien. Il est également traduit en allemand par Landsberger par  Libelle,  « libellule ».

n° 348 e.gi4.a.dUD, Sumérien, kal.lat ilSamat  en Akkadien. Il est traduit en allemand par Landsberger par  Libelle,  « libellule ».

 

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DISCUSSION.

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Il semble que le même mot, ou un mot homonyme, qui désigne une femme-poisson ou un homme-poisson soient aussi traduit comme "une libellule" . Pour Michael Ford

 A “Ku-li-li” is a “Fish Woman” and “Kulilu is “dragonfly”. This god seems associated with the Ku-li-an-na or “Kililtu” which is “friend of Anu”. The Kulilitu is an insect or “little bride” which according to Wiggerman in “Mesopotamian Protective Spirits” may have been blended in translations. (in Maskim Hul: Babylonian Magick)

Le seigneur Ku-li-an-na ou Kulinanna, "ami d'An" désigne par épithète  Dumuzi (Tammuz), roi-berger après son mariage sacré avec la déesse Innana Ishtar.

La complexité de ces proxémies est illustrée par cet extrait (j'ai laissé passer quelques erreurs de graphie) de  Mesopotamian Protective Spirits: The Ritual Texts de F. A. M. Wiggermann page 182

— Kulullû, « Fish-Man ». a Word : that KU6.LU.ULU -lu is to read kulullû appears from the Göttertypentext where the word is spelles ku-lu-ul-lu (MIO 1 80:12). A long -û is demanded by Sumerian lù-ùluu, from which lullû is borrowed, but none of the lullù words is spelled with an additionnal vowel indicating length, and thus, counter to etymology, actiual usage indicates a short vowel (the dictionary assume a short vowel). A by-form kulil(l)u is attested in KAR 162 Rev.4. (Ee, spelled ku-li-li). This kulil(l)u is to kept distinct from

a) Ku-li-li, variant of dKi-li-li (Landsberger Fauna 136, Frankena Takultu 97, CAD K 357a), a female figure, possibiy apotropaic as well (III.B.13=n)

b) kulilu (Sum.: burus(-id-da), "dragonfly ".

 

c) ku-li-an-na= kuliltu. The SB bilingual text of Angim 58 trans* lates ku-li-an-na, "friend of heaven/ An", denoting one of the trophies of Ninurta/Ningirsu, with ku-lil-ta. What ku-li-an-na denotes in the OB text is not known; it was hardly Dumuzi, who is sometimes called "friend of An". Etc..

Ou encore :

F. A. M. Wiggermann - 1992 - ‎History

The SB text apparently associates "friend of An" with the Akkadian loanword ku-li-li-an-na, "little bride of An" = Akkadian kulil(l)tu, an insect since it appears among other insects ... "little bride" (an insect) and kuliltu, "fish-woman" are not related linguistically, they may have been fused in the mind of the late translator of Angim

De même on peut lire les propos de Jerrold S. Cooper et Eugen Bergman 1978 concernant KU-LI-AN-NA .

 Wilcke, ZA 59 99107 distinguishes between k u — li — a n — n a : “dragonfly”, and the k u — li— a n — n a  under discussion here, but since both appear as kuliltu in Akkadian, the reason for this distinction is unclear, unless Wilcke considers the Akkadian translation to be erroneous for the ku-li-an-na trophy. If one could be certain that ku-li-an-na did indeed mean « dragonfly », (cf CAD s.v kulilitu « an insect »), there would be no reason to hesitate in so translating the word here, since a dragonfly would be no more bizarre than several other of Ninurta's trophies... The habitat of ku—li—an—na, according to 1. 36, is an— 5 a r k i — s a r “the limits of the universe, everywhere”, which might, with some imagination, be used to support an insect identification, but in reality tells us little. The spelling k u6 — 1 i — a n — n a in aA is unique, probably derived from confusion with k 1.16 — 1 1'1 — ll x — 1 u : kulilu/kulullu “fish-man”. There is no apparent relationship between this k u — li — a n — n a and the homonymous epithet of Dumuzi (“friend of An”; ...; see Wilcke, ZA 59 69).

CAD = The Assyrian Dictionary of the Oriental Institute of the University of Chicago

 

 

 

 

Datation.

On suppose que le règne historique supposé de Gilgamesh a été approximativement 2700 BCE . Les premiers poèmes sumériens de Gilgamesh datent de la troisième dynastie d'Ur (2100-2000 avant notre ère). Les premières versions akkadiennes de l'épopée unifiée datent de ca. 2000-1500 avant notre ère .  En raison de la nature fragmentaire de ces versions Old Babylonian, il n'est pas clair qu' elles aient inclus un compte rendu élargi du mythe de l'inondation; bien qu'un fragment inclut  l'histoire du voyage de Gilgamesh pour rencontrer Utnapishtim . La version "standard" akkadienne, débutant par  a été compilée par Sin-liqe-unninni entre 1300 et 1000 avant notre ère. C'est elle qui a été retrouvée par Hormuzd Rassam en 1853 sur les 11 tablettes en akkadien de la bibliothèque du palais d'Ashurbanipal datant du VIIe siècle. Traduite en anglais par George Smith en 1872,  porte le nom de son incipit "Celui qui a vu la profondeur" (ša naqba īmuru). Seuls les 2/3 des 3600 vers de l'épopée nous sont connus.

La mention d'une "libellule" dans la tablette X doit donc être datée entre 1300 et 1000 avant notre ère. 

Valeur allégorique.

Dans ce texte, la libellule est donnée en exemple à Gilgamesh pour qu'il réalise la finitude de toute chose : elle émerge, elle contemple le soleil, puis elle disparaît, emportée par les flots. Ce courant qui entraîne la libellule avec lui, pour l'Homme, c'est le Temps qui le mène à la mort.

C'est exactement le même souci rhétorique qui amènera les peintres flamands à peindre des Vanités avec des fleurs, des papillons, des libellules, des bougies qui fument et des crânes parmi les bijoux. Tout passe ici bas.

Mais si Kulilu est traduit par Ephémère, la démonstration est encore plus forte, puisque ces insectes ont une vie adulte très brève, au cours de laquelle ils se reproduisent, puis meurent. Ephemerida signifie "qui ne vit qu'un seul jour".

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CONCLUSION.

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Au terme de cette enquête, je peux dire que le nom par lequel les Babyloniens (les Néo-bab et les Paléo-bab) désignaient les Odonates était quelque chose comme KULILU, malgré les difficultés de transcription des caractères cunéiformes. Je peux aussi dire que ce mot figure sur la Xeme tablette d'argile retrouvée dans le palais d'Ashurbanipal à Ninive, dans cette partie du récit  de l'Epopée de Gilgamesh écrite entre 1300 et 1000 avant notre ère, qui raconte comment le roi Gilgamesh avide d'éternité reçoit de l'immortel Outa Napishtim cet exemple : l'homme est destiné à mourir tout comme les libellules sont emportées par les flots sur lesquels ils viennent d'émerger.

Mais je suis convaincu que cette méditation sur la brièveté et l'insignifiance de la vie des insectes s'applique mieux encore si le terme akkadien est traduit par "mayfly", l'Éphémère.

Philip S. Corbet avait été fort prudent d'écrire : If the word ‘dragonfly’ is translated correctly we read in The epic of Gilgamesh –a renowned Mesopotamian king. (ca 3,000-2,000 B.C.)  that adult dragonflies emerge from aquatic larvae (Sandars, 1972). Si le mot "libellule" en est la traduction correcte, nous pouvons lire dans l'Epopée de Gilgamesh que les libellules adultes émergent de larves aquatiques.

Finalement, je sais que je ne suis plus sûr de rien, et j'en suis bien instruit. J'en garde quelques traductions lapidaires comme des silex :

Pour combien de temps le fleuve monte-t-il pour amener la crue? Une libellule glisse sur le fleuve, Sa face faisant face au soleil, À la fin, il n'y a rien ! 

Ou bien :

 Le fleuve s'élève-t-il sans cesse pour amener sa crue ? La libellule ne sort de son cocon Que pour voir un moment la face du soleil.

Ou , dans la BD de Jens Harder :

Un jour, le fleuve monte en crue. Seule la libellule qui sort de son cocon, elle seule reverra le soleil après la catastrophe"

Tout et son contraire, telle est la vérité sous le soleil.

 

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SOURCES ET LIENS.

—LABAT (René), 1976,  Manuel d'Épigraphie Akkadienne de  R. Labat et F. Malbran-Labat, 5º édition; Paris 1976

https://archive.org/details/LabatR.ManuelDEpigraphieAkkadienne5Ed1976

— GEORGE Andew Gilgamesh

http://eprints.soas.ac.uk/1603/1/George%20Babylonian%20Gilgamesh%201.pdf

— BETORET (Carlos Bonet), 1993, Two Odonata Citations in ancient Mesopotamia literature

https://www.insects.orkin.com/ced/issue-1/ancient-mesopotamian-literature/

https://www.insects.orkin.com/ced/

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates

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