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19 juillet 2018 4 19 /07 /juillet /2018 21:00

Les sablières (1641-1675)  de la chapelle Saints Côme-et-Damien à Saint-Nic. III. Les sablières des bas-cotés, et leurs blochets.

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Voir sur la commune de Saint-Nic :

— L'église :

 

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— La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien :

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— La chapelle Saint-Jean :

 

L'église de Trégarvan (sablières de 1570 par le Maître de Saint-Nic) :

 

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PRÉSENTATION GÉNÉRALE.

Voir article sur les sablières nord de la nef.

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CLIQUEZ sur l'image au besoin.
 

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Description du fond de la chapelle (ouest) vers le chœur (est).

 

LE BAS-COTÉ (ou COLLATÉRAL) SUD BCS (1661).

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La charpente des  bas-cotés n'est plus rythmée, comme la nef, par les entraits, mais les arbalétriers (les pièces obliques) forment des demi-fermes (Viollet-le-Duc). Leur appui sur le mur gouttereau est épaulé par des blochets.

Ces arbalétriers supportent  deux pannes (fortes poutres horizontales), et c'est sur ces pannes qu'est  chevillée la succession régulière des chevrons (obliques comme les arbalétriers). Je compte sur ma photo un arbalétrier pour dix chevrons. Les chevrons reçoivent eux-mêmes la couverture des liteaux ou voliges, qui reçoivent les ardoises. Si j'ai bien compris.

Je décrirai les pannes sablières découpées par les blochets, comme des entités successives. Les blochets sont numérotés depuis le premier  décrit, au coté sud de la nef. Les sablières sont numérotés d'ouest en est pour le bas-coté sud BCS, puis pour le bas-coté nord BCN.

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Sablières et blochets du bas-coté sud (1661) de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets du bas-coté sud (1661) de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Premier espace sud entre deux arbalétriers. Blochet B7, sablière BCS1 et blochet B8.

 

Blochet B7 : tête de dragon.

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La première sablière BCS 1 ; frise de rubans et perles enroulés.

Le motif est celui de la petite frise inférieure des sablières de la nef, avec des enroulements de  "rubans" concaves ponctués de deux étoiles, et de successions de  perles trois par trois.

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Blochet B8. Un oiseau.

Le corps, entièrement couvert de plumes, est ancien, alors que la tête relève d'une restauration récente. Deux blochets similaires se trouvent à l'extrémité orientale du bas-coté nord. 

 

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Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Deuxième espace entre les arbalétriers. Sablière BCS2.

Sablière BCS 2 : Deux dragons à tête humaine et queue végétalisée, de part et d'autre d'un masque humain.

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Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Blochet B9. Ange tenant un instrument de la Passion (la croix).

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L'un des traits stylistique de l'atelier du "Maître de Saint-Nic", la  déformation du menton "en godet", est ici caricaturale puis que le menton forme une tuméfaction sous la boule du visage.

À ce visage en coloquinte, le sculpteur  a donné, selon son habitude, des yeux en amande, des pupilles en cerise ou plutôt en olive dénoyautée, un nez bien aéré,  une bouche en croissant de lune taillée à la gouge  sans s'embarrasser des lèvres, et deux délicieuses oreilles en colimaçon.

  La collerette en pétale est un autre motif qui se répétera inlassablement. Ses dessins en plumes se poursuivent sur la robe stylisée, et sur les ailes bien-sûr. 

La coiffure est intéressante, car elle associe un bandeau frontal avec un bandeau postérieur semblable à celui auquel j'ai attribué dans ce blog  le surnom de "chouchou" car il rassemble les cheveux derrière la nuque.

Enfin, il faut noter les mains rassemblées sous le ventre, lequel est ballonné.  Cette particularité déjà notée en B3 de la nef sud se retrouvera peu ou prou sur cinq autres blochets, et il est de tradition à Saints Côme-et-Damien de dire qu'il s'agit de patients souffrants  de dysenterie, par allusion aux pouvoirs de thaumaturges des deux saints médecins.

Rien ne me semble moins sûr, puisque ce trait se retrouve ici sur cet ange, dont il serait très incongrue  de penser qu'il souffre de troubles digestifs.

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Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Troisième espace  : la sablière BCS3 : quatre dragons autour d'un ange central,  et un masque humain.

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Les dragons sont groupés par deux, queue contre queue. Il n'y a pas de frise en registre inférieur. Les dragons sont décorés selon la technique propre à l'atelier de Saint-Nic, avec des écailles rondes, des entailles en C, en S ou en V, et des perforations en lignes. Les encolures sont marquées de lignes en zig-zag, ou de perles. 

À droite, un jovial masque humain tient dans sa bouche la queue des deux monstres (dont l'un est ailé), sans être troublé par les longues flammes qu'ils crachent en sa direction.

À gauche, la langue des bestioles est enroulée, tandis que les queues tracent une boucle dont ils affrontent les courbes.

Détail : si vous suivez le parcours de la queue du dragon de gauche, vous constaterez qu'elle es termine par une  tête de dragon en réduction, tirant méchamment sa langue comme lui a appris son papa. Cette queue céphalisée est très couramment adoptée par les dragons de sablières.

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Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Le blochet B10. Homme échevelé, à bandeau, barbiche et collerette en pétales de marguerites.

Pour montrer l'étendu de ses talents, le sculpteur a ajouté aux amandes, aux olives et au croissant de lune de la coloquinte dix entailles : deux pour les sourcils, et huit pour la barbichette. Il reste fidèle au bandeau frontal, seul élément discipliné d'une coiffure exubérante.

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Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Quatrième espace : la sablière BCS4. Rinceau et monogramme IHS. Inscription 1661.

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La sablière est sculptée d'un rinceau distribuant des feuilles, des fleurs à épis crénelé et des grappes mûriformes. Au centre, le monogramme christique IHS s'inscrit dans un cartouche solaire, exactement comme sur les sablières S1 et S3 de la nef sud. Et, comme en S3, ce monogramme sacré est curieusement présenté par deux animaux apparentés aux dragons, mais dotés d'oreilles de lapins, de deux cornes, d'une queue s'enroulant en spirale sur leur dos, tandis que leur corps se prolonge en se confondant avec la tige du rinceau.

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Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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L'inscription dans un cartouche, est écrite en lettres capitales romaines et chiffres arabes avec ponctuation de séparation (et d'abréviation des prénoms) par deux-points. Le positionnement de l'inscription sous la sablière figure, la graphie et la taille des lettres (quoique je ne l'ai pas mesurée) sont les mêmes que pour les inscriptions de la nef nord, et des sablières de Trégarvan. 

M : G : PERFEZOV : R  . G : MARZIN : F : 1661.

Messire Guillaume Perfezou recteur , G. Marzin fabricien 1661. 

 

Le recteur Guillaume Perfezou a déjà fait inscrire son nom dès 1638 sur la chaire de la chapelle, puis  sur deux sablières nord de la nef en 164[6] et 1641. Et aussi sur le calvaire de la chapelle Saint-Jean en 1645 et sur la charpente de la même chapelle en 1653. Le bas-coté sud reçoit donc sa charpente 20 ans après celle de la nef nord, par le même atelier puisque nous retrouvons la graphie des inscriptions et le style des sculptures, mais peut-être  pas   par Jacques Polesec et Olivier Guillocsou, les charpentiers de 164[6].

Le fabricien de l'année est G. Marzin, pour Guillaume  ou Guegen Marzin . Le patronyme est attesté à Saint-Nic, par exemple par Hervé Marzin, né le 8 décembre 1639, à Saint-Nic et décédé le 18 avril 1705 dans la même paroisse,  et qui épousa Françoise Gannat (mars 1633/ décembre 1713 Saint-Nic). Ou bien Pierre Marzin (Saint-Nic 1626-1691) qui épousa Françoise Guegueniat. 

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Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Blochet B11. Homme à barbiche, se tenant le ventre.

Ce jovial personnage vu en buste nous semble féminin par la rondeur de son visage et par sa coiffure, mais la présence de la barbichette m'impose d'y voir un homme. Il porte en guise de fraise un col en pétales de marguerites, comme les autres blochets, un vêtement stylisé, et des manches longues plissées. Ses mains sont posées sur son ventre.

Le bandeau repousse vers l'arrière l'amas vermiculaire que le coiffeur de ce monsieur lui a infligé.

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Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Blochet B12. Homme à barbiche, mains sur le ventre.

Et toujours la coloquinte (un peu de travers), les amandes percées, etc., le bandeau sous un parasol capillaire, et des mains-feuilles mal équarries.

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Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Sablière BCS 5. Entrelacs à dragons, deux personnages présentant un masque.

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Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Blochet B13. Homme à barbiche et moustache "Louis XIII", à collerette en pétales.

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Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Sablières BCS 6 et BCS 7. Trois têtes d'anges et monogramme marial. Blochet B14.

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Le monogramme MA de MARIA est inscrit, comme celui du Christ, dans un cartouche en soleil.

Les lettres M et A sont superposées dans un motif symétrique à trois losanges (comme c'est souvent le cas), mais les lettres manquantes pour écrire MARIA ne sont pas oubliées, leur présence est signalée par le tilde en crochet placé au dessus.

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Le blochet B14 est semblable aux autres (même collerette, mêmes manches, même tunique stylisée), mais ne porte pas de barbiche, et, surtout, ses mains tiennent un livre ouvert.

Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Le blochet B15. Une femme, se tournant les pouces mains croisées sur le ventre.

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Sous son collier de perle, une ceinture de feuilles peine à transformer cette Bonemine en danseuse tahitienne, mais quel sourire pourtant ! Quel regard tourné vers le ciel !  Quelle robe ondée digne d'une sirène !

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Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1661) du bas-coté sud de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Cette charpente sculptée du bas-coté sud, datée de 1661 par inscription, associe des motifs fantastiques d'inspiration médiévale comme les dragons, et des thèmes liturgiques d'inspiration tridentine comme les monogrammes christiques et mariaux et les angelots, mais le plus singulier est la série des neuf blochets, dont six ont les mains sur le ventre. 
La continuité stylistique avec les sablières de la nef est évidente, comme l'illustrent les trois traits caractéristiques que j'ai identifiés : les inscriptions aux lettres droites, les ornementations par perforations, et le menton "en godet".

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LE BAS-COTÉ (ou COLLATÉRAL) NORD BCN (1675).

 

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Effectuées 14 ans plus tard, les sablières offrent de nombreux points communs avec celles du bas-coté sud. 

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Première sablière du bas-coté nord, BCN 1.

Le motif est le même qu'au sud, et nous retrouvons  ces enroulements de  "rubans" concaves ponctués de deux étoiles, et de successions de  perles trois par trois.

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Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Blochet B16. Ange tenant la croix, l'un des Instruments de la Passion.

C'est la reprise du blochet B9, mais qui a abandonné sa savante coiffure.

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Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Sablière BCN2 : rinceau à grosses fleurs et épis ou grappes.

La tige sort du bec d'un oiseau : même motif qu'à la chapelle Saint-Jean, ou à Trégarvan.

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Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Sablière B17. Un oiseau à tête (restaurée) de cygne.

Même oiseau qu'en B9 et B20 ; un irascible leur a tranché la tête.

Ou étaient-ce des anges ?

 

Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Sablière BCN3 : frise de pampre et lion goûtant aux raisins.

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Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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C'est un lion qui se donne des allures de dragon mais qui se reconnaît à sa crinière et à son corps lisse, sans pelage. Il porte un collier.

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Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Blochet B18. Un ange 

Le sculpteur reprend son vocabulaire stylistique, mais l'agrémente d'une robe à gros plis. Ah, il ne fait pas dans la dentelle ! Voyez le cou de taureau !

Mais le gentil sourire et le costume en feuilles de bananier donne à son personnage un charme certain.

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Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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La sablière BCN 4. Frise à pampre et oiseaux.

Ce motif déjà vu en BCN2 et BCN3  se retrouve à la chapelle Saint-Jean, ou à Trégarvan.

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Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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L'inscription de 1675.

Elle est semblable aux inscriptions du nord de la nef ou de celle (1661) du bas-coté sud et, comme elles, elle court en dessous de la sablière figurée, et elle est écrite en lettres capitales romaines très droites et très régulières. La lettre R notamment, fort gaillarde, est bien identique à celles de l'inscription de 1661, et elle est tracée comme un P auquel est ajoutée une jambe levée comme pour donner un coup de pied. Quant aux lettres  A, elles adoptent la traverse brisée en V qui forme un losange en leur centre.

AL : ROIGNANT : FAB : ET CHARP : L'AN 167[5]

"Alain Roignant Fabricien et charpentier l'an 1675."

 La graphie de l'inscription est non seulement semblable à celle des sablières de Saints Côme-et-Damien, mais aussi à celle de la tribune de l'église de Saint-Nic ( A. ROIGNANT : CHARP, sans date) et à celle des sablières de Trégarvan, datée de 1676.

Surtout, elle se retrouve encore sur l'inscription lapidaire gravée à l'extérieur, à droite de la porte nord de la chapelle (cf photo infra). Le texte est alors :

AL : ROIGN

ANT : F : 1675

"Alain Roignant Fabricien 1675"

Puisqu'un paroissien est nommée au poste de fabricien durant une année, et puisque la lecture de la date 1675 est certaine sur l'inscription extérieure, cela permet de lever le doute sur le dernier chiffre de l'inscription de la sablière du bas-coté nord, où certains ont lu 1670 ou 1673. La date de la sablière est bien de 1675.

Alain Roignant est très probablement celui que les généalogistes décrivent ( généalogie D'Eric Lagathu) comme étant  marié avec Marie LE BIHAN (1629-St-Nic, 7 mai 1690) dont il eut une fille, Marguerite, née le 1er avril 1661 à Saint-Nic. Puisqu'il se désigne à deux reprises comme charpentier, nous pouvons lui attribuer la charpente du bas-coté nord, au même titre que Jacques Polesec et Olivier Guillocsou qui avaient réalisé celle de la nef nord en 164[6].

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Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord  de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Porte nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Porte nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Porte nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Porte nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Blochet B19. Ange mains sur le ventre.

menton en godet ; collerette en pétales ; corps de plumes qui m'incite à y voir un ange, malgré l'absence d'ailes caractérisées..

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Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord  de la chapelle Saints Côme-et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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Sablière BCN5 (pampre) et blochet B20 (oiseau).

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Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord  de la chapelle Saints Côme-et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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CONCLUSIONS.

De 1641 à 1675, les charpentes de la chapelle Saints Côme-et-Damien de Saint-Nic ont été réalisées, pendant la cure (et aux frais ) du recteur Guillaume Perfezou du moins jusqu'en 1661, et sous la direction des fabriciens en fonction aux années correspondantes. les inscriptions permettent de reconstituer cinq campagnes successives :

 

Les noms des charpentiers sont en rouge.

— Charpente et sablières de la nef nord :

1641, deux premières arcades, aux frais du recteur Guillaume Perfezou, .

164[6], quatrième et troisième arcades, par Jacques Polesec et Olivier Guillocsou, le recteur étant Guillaume Perfezou et le fabricien I. Borgne.

— Charpente et sablières de la nef sud :

1645 : quatre dernières arcades, sous le recteur Guillaume Perfezou.

— Charpente et sablières du bas-coté sud :

1661, le recteur étant toujours  Guillaume Perfezou et  le fabricien étant G. Marzin.

— Charpente et sablières du bas-coté nord :

1675, par le charpentier Alain Roignant, qui était également le fabricien pour cette année là.

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Ce chantier a été mené en même temps que celui de la charpente de la chapelle Saint-Jean, dans la même paroisse et sous le même recteur G. Perfezou, en 1653. Il a été associé,  en 1670, par celui de la charpente de l'église de Trégarvan. Les caractéristiques stylistiques des sablières figurées et des inscriptions permettent d'attribuer ces sculptures à un seul atelier, auquel je donne le nom de convention de Maître de Saint-Nic, même si l'activité de cet atelier durant 34 ans , de 1641 à 1675 suppose volontiers plusieurs artisans et donc plusieurs "mains".

 

Plan Nocquet in Toscer, complété lavieb-aile

Plan Nocquet in Toscer, complété lavieb-aile

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Les repères stylistiques sont par exemple :

-de façon générale, une  ornementation par motifs taillés en creux, stries, encoches, points, écailles, et ponctuations.

-pour les dragons :

  • les écailles du corps traités, selon les zones, par deux entailles différentes, soit en coup de biseau, soit en ligne irrégulière et sinueuse.

  • Les plages du corps lisses, dépourvues d'écailles, 

  • les langues dont le caractère épineux est figuré par un aspect foliaire.

  • Le fouet des queues traité comme des épis ou des grappes.

  • Les trous des pupille

 

-Pour les blochets

  • Yeux en amande délimités par un double contour autour d'une olive centrale évidée,
  • Petite bouche souriante en demi-lune,
  • Menton en galoche ou godet responsable d'un visage en coloquinte
  • Vêtement stylisé, non réaliste.
  • Trous d'ornementation pour les yeux, la collerette et la ceinture.
  • Collerette en larges pétales , comme celle d'un Pierrot Gourmand

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La question se pose de savoir s'il faut considérer que les trois charpentiers  (Polesec, Guillocsou et Roignant) dont les noms nous sont donnés par inscription sont aussi les auteurs des sculptures des sablières. Les charpentiers sont-ils aussi menuisiers et "ymagiers" et sculpteurs, mais aussi sculpteurs en lettres?

Cette question est discutée par Sophie Duhem dans le chapitre 5  de son ouvrage, "Les sculpteurs des charpentes, des artisans polyvalents" :

 

 

 

« Mais qui sont ces artisans qui signent les charpentes ? Lorsque l'ouvrier de Crénenan annonce « (…) faict par moy ian le bovrois (...) », comment devons-nous comprendre le message ? Avons-nous affaire au concepteur des plans, c'est-à-dire au charpentier, ou au décorateur des poutres, et dans ce cas au sculpteur ? Quelques inscriptions répondent partiellement à cette interrogation.

Le sens des formules est parfois explicite. Lorsque Jean Thébaud déclare à Ploéren « avoir fait la charpente », il est évident qu'il est à l'origine des plans et de la construction de l'ossature. De même, lorsque Olivo signale qu'il a « boisé » la chapelle de Pluvigner ou quand l'artisan anonyme de l'église de Merlevenez annonce qu'il « (…) fit (…) charpenterie », « faire le bois » a bien le sens premier de « concevoir » et de « construire » ; l'artisan d'Arz qui «  (…) come[n]ce le bouais de ce [chœur] l'an (...) » en 1553 et Thomas Magad à Locoal-Mendon qui « (…) faict (…) ce boy (...) » en l'an 1621 sont bien deux charpentiers au fait des techniques de boisage des bâtimùents. Quelques artisans d'ailleurs annoncent leur profession. Celui de la chapelle de Tréarvec à Brech emploie le mot « calve » qui désigne en breton le charpentier ;: « I. Pezron, Calve 1585 ». Celui de Canihuel, de son vrai nom « Calve » cette fois, se dit « cherpantier », ceux de la Roche-Maurice « sarpentiers », Philippe Cousin à la Selle-en-Luitré est « maistre charpe[n]tier » ainsi qu'Henri Le Meilleur à Pluméret, alors que B. Agesse à Mohon se dit « (…) mestre de le[u]vre (...) ».

Au total 22 artisans revendiquent le statut de charpentier, mais aucun ne fait valoir celui de sculpteur qui conviendrait davantage aux décorateurs des charpentes. À Canihuel en 1474, c'est pourtant un sculpteur que l'on emploie aux poutres. Il s'agit d'Olivier Le Loergan, aujourd'hui connu pour ses reliefs réalisés sur le jubé de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët. L'épigraphe de la sablière qui l'identifie le désigne comme « ouvrier » , « (…) cest oupvre cy fist loupvrier nome Le Loergan : Olivier  (...) », un titre qu'il faut entendre ici au sens large de « créateur de l'œuvre », comme le souligne justement V . Breteau. Est-il aussi l'auteur des plans de la charpente ? Rien ne nous permet de l'affirmer. Un fait cependant demeure : l'ouvrier est souvent sollicité pour ce type de contrat et habitué à ornementer les sablières.

Devons-nous conclure que les paroissiens faisaient appel à des sculpteurs indépendants pour ce travail d'ornementation ? Si l'on suit cette interprétation, comment expliquer qu'aucun n'ait laissé son nom et l'indication de son statut sur une sablière ? Comment concevoir que certains aient même accepté que des compagnons charpentiers signent leur travail ? Cette hypothèse nous paraît d'autant moins probable que les sculpteurs jouissaient de plus de considération que les charpentiers dans la hiérarchie des corps de métiers. Nous croyons donc plus vraisemblable d'envisager une double formation des artisans des charpentes, aux techniques de construction d'une part, et à la pratique de l'ornementation d'autre part. 

[…] Le caractère multiforme de l'enseignement du charpentier se vérifie aux XVIe et XVIIe siècle. [ …]. Ces hommes n'exercent pas un métier, mais plusieurs, à l'image des paysans quin sont également marins-pêcheurs, artisans ou marchands de toiles. Et il semble finalement quelque peu absurde de chercher à distinguer les activités du « charpentier » , du "menuisier", ou de "l'imagier". Ces artisans sont plus simplement des « polytechniciens du bois », qui savent charpenter, boiser, décorer et mettre en valeur ce matériau dans l'environnement du sanctuaire. »

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On voit que " l'hypothèse" que les charpentiers nommés sur les sablières soient aussi les sculpteurs de celles-ci,  est adoptée par l'auteur. 

Appliquée à la paroisse de Saint-Nic, cette conviction l'a conduit à décrire ainsi les "sculpteurs de Saint-Nic" :

 

"Les sculpteurs de Saint-Nic 1641-1670.

L'étude stylistique des sablières de la chapelle des Saints Côme-et-Damien à Saint-Nic met en évidence la participation d'un atelier composé de trois sculpteurs, ayant exercé leur activité entre 1641 et 1670 sur la demande du recteur de la paroisse, Guillaume Perfezou. Les décors les plus anciens, localisés dans la nef, portent les signatures de deux artisans employés à l'édification de la charpente dans cette partie de l'édifice ; une première date précise qu'elle fut commencée en 1641 et terminée ... « l'an 1646 par Iac Bolesec et ol(ivier) Guillocsou ». les noms des deux sculpteurs sont donc connus : il s'agit de Jacques Bolésec et d'Olivier Guillosou. Le programme qu'ils élaborent est inventif, composé de thèmes variés où prédominent les images de dragons végétalisés, les frises de végétaux soutenus par des putti ailés, les mascarons et des grylles monstrueux. La réalisation est correcte comme le montre la taille en haut-relief des sculptures, mais l'étude de détails trahit une connaissance peu maîtrisée des règles de la composition, des proportions , du rendu des gestes et des expressions, que dissimule une abondante décoration de surface. Il est en réalité difficile de dissocier la participation respective des deux ouvriers à l'ouvrage car la facture de l'ensemble est très homogène et ne révèle pas de différence stylistique notable. La seule que nous voyons se résume à quelques points de détails qui tendent à distinguer d'un coté les reliefs sculptés des sablières et de l'autre les sculptures en ronde-bosse des faux culots de poinçons et des blochets." S. Duhem 1998 page 146.

 

Néanmoins, S. Duhem n'a pas examiné ici l'origine géographique des charpentiers-menuisiers-sculpteurs, telle qu'elle serait apparue en faisant appel aux données des généalogistes. À Saint-Nic, deux des trois noms peuvent être rattachés à des familles demeurant dans la paroisse. Leur nom n'apparaît pas ailleurs comme artisan (pour Polesec, voir à Sainte-Marie-du-Ménez-Hom la mention comme fabricien en 1573). Il est  certain  que Jacques Polesec est  charpentier, mais aussi  menuisier puisque son nom figure aussi comme auteur sur la chaire de 1638. C'est également attesté pour Alain Roignant, puisqu'il signe ici la charpente du bas-coté nord, mais aussi la tribune de l'église paroissiale. Mais s'ils avaient acquis également la compétence de sculpteurs d'images, et de sculpteurs en lettres (ce qui suppose une longue pratique), ils n'auraient pas exercé uniquement dans leur paroisse, où les occasions de réaliser de tels ouvrages restaient exceptionnels, et ils auraient été appelé sur les grands chantiers religieux ou seigneuriaux.

A contrario, le caractère local des réalisations du "maître de Saint-Nic" plaide en faveur d'un travail de sculpture exécuté par des artisans du pays, à la différence du Maître de Pleyben dont les sablières et blochets se reconnaissent à Pleyben, Kerjean, Saint-Divy, Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, Bodilis ou Roscoff. De même, le caractère touchant mais grossier des sculptures, les ornementations par entailles et perforations, la répétition stéréotypée des modèles est compatible avec un travail de menuisier polyvalent, habile mais non spécialisé.

En conclusion, c'est par prudence et posture scientifique que je conserve ma proposition de désigner l'auteur des sablières de Saints Côme-et-Damien, de Saint-Jean et de Trégarvan sous le nom de Maître de Saint-Nic, même si le voile de l'anonymat peut être soulevé pour faire apparaître les noms de Jacques Polesec, d'Olivier Guilocsou et d'Alain Roignant.

 

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Ai-je fini ici mon travail ? Bien--sûr que non, car il reste à examiner, en levant la tête d'avantage encore, les culots et abouts de poinçon. Rappelez-vous : je les estimais au nombre de 75. Aie aie aie !

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SOURCES ET LIENS.
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— BASE MERIMÉE, Notice :

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/mersri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IA00005244

— CASTEL (Yves-Pascal), DANIEL (Tanguy), THOMAS (C.M.), Dictionnaire des artistes, artisans et ingénieurs.

— COUFFON (René), 1988

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/SAINTNIC.pdf

CHAPELLE SAINT-COME ET SAINT-DAMIEN (C.)

En forme de croix latine, cet édifice, de construction soignée en pierres appareillées, comprend une nef de cinq travées avec bas-côtés, un transept et un choeur peu saillant à chevet plat. Elle remonte au XVIe siècle ou même fin XVe siècle mais dans son état actuel elle est en grande partie du XVIIe siècle ainsi que l'indiquent de très nombreuses inscriptions.

Sur la sablière nord de la nef : "DICI IVSQVES AV PREMIER PILIER A ESTE BOISE AVX FRAIS DE VENER PERESONE Mre GVIL PERFEZOV RECT DE St NIC 1641."

Plus loin : "DICI IVSQVES A LAVTRE ESCRITEAV A ESTE BOISE PAR IAC POLESEC ET OL GVILLOSSOV Mre GVILL PERFEZOV ESTANT RECTEVR DE St NIC ET I. BORGNE. FAB. DE CEANS."

Sur les sablières des bas-côtés : "M. G. PERFEZOV. R. G. MARZIN. F. 1661" (au sud),

 

"AL. ROIGNANT FAB. ET CHARP. 1670" (au nord).

Au-dessus de la porte nord : "AL. ROIGNANT. F. 1675 (ou 1673 ?)."

 

La magnifique charpente de la nef en forme de carène renversée, repose sur des sablières et des entraits engoulés. La charpente du transept a été détruite par les bombardements de l'été 1944. Le lambris a disparu ; il portait autrefois des peintures représentant la vie de saint Côme et saint Damien datées 1694 ; elles furent détruites en 1880.»

 

 

— DILASSER (Maurice), 1979, La chapelle Saint-Côme in Un pays de Cornouaille Locronan et sa région. Paris, Nouvelle Librairie de France. pages 632-636


— DUHEM (Sophie) 1998, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.), Presses universitaires de Rennes,  390 pages. Saint-Nic pages 19, 24, 25, 29, 36, 95, 100, 113, 119, 143, 146 (les sculpteurs de Saint-Nic), 147, 183 (médaillons),  218, 242, 257 (les évangélistes de la chapelle Saint-Jean), 283 (chap. St-Jean), 299, 321 et 334.

http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=781

 

Les sculpteurs de Saint-Nic 1641-1670.

"L'étude stylistique des sablières de la chapelle des Saints Côme-et-Damien à Saint-Nic met en évidence la participation d'un atelier composé de trois sculpteurs, ayant exercé leur activité entre 1641 et 1670 sur la demande du recteur de la paroisse, Guillaume Perfezou. Les décors les plus anciens, localisés dans la nef, portent les signatures de deux artisans employés à l'édification de la charpente dans cette partie de l'édifice ; une première date précise qu'elle fut commencée en 1641 et terminée ... « l'an 1646 par Iac Bolesec et ol(ivier) Guillocsou ». les noms des deux sculpteurs sont donc connus : il s'agit de Jacques Bolésec et d'Olivier Guillosou. Le programme qu'ils élaborent est inventif, composé de thèmes variés où prédominent les images de dragons végétalisés, les frises de végétaux soutenus par des putti ailés, les mascarons et des grylles monstrueux. La réalisation est correcte comme le montre la taille en haut-relief des sculptures, mais l'étude de détails trahit une connaissance peu maîtrisée des règles de la composition, des proportions , du rendu des gestes et des expressions, que dissimule une abondante décoration de surface. Il est en réalité difficile de dissocier la participation respective des deux ouvriers à l'ouvrage car la facture de l'ensemble est très homogène et ne révèle pas de différence stylistique notable. La seule que nous voyons se résume à quelques points de détails qui tendent à distinguer d'un coté les reliefs sculptés des sablières et de l'autre les sculptures en ronde-bosse des faux culots de poinçons et des blochets."

Un autre compagnon se joint aux ouvriers une dizaine d'année plus tard, pour exécuter un ouvrage de même goût dans le bas-coté sud de l'église. Une poutre précise l'époque (nous sommes en 1661) et l'une des factures identifie le nouvel artisan : il s'agit d'Alain Roignant, qui reproduit fidèlement les thèmes sculptés par ses compagnons mais pour un résultat plus médiocre que tente de camoufler une excessive décoration de stries, d'encoches et de points. L'artisan a visiblement été formé aux « méthodes » des sculpteurs et familiarisé avec les images de l'atelier. Son activité ne débute pas en 1661 puisqu'il exerce déjà son métier en 1653. il réalise à cette époque les décors sculptés de la chapelle Saint-Jean, toujours pour le recteur Guillaume Perfezou. Ses déplacements le conduisent à quelques kilomètres de là, dans la paroisse de Trégarvan qui l'emploie à l'ornementation de la charpente. La date de réalisation de cet ensemble n'est pas connue ; elle est probablement contemporaine des travaux de Saint-Nic et de l'achèvement des reliefs du bas-coté nord en 1670."

 

 

MUSSAT (André), 1957, Congrès archéologique de France vol. 115; A. Picard, page 133..

 

— OLIVIER ( Corentin), 2014, Les charpentes armoricaines : inventaire, caractéristiques et mise en œuvre d’un type de charpente méconnu, Mémoire de master 2, Université Rennes 2, sous la direction de Pierre-Yves Laffont et Vincent Bernard, 2014, 410 p.

— OLIVIER ( Corentin), 2016, « L’archéologie des charpentes anciennes (xive -xvie siècles) au service de la connaissance des forêts du Massif armoricain », Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, t XCIV, 2016, p. 109- 121.

— PARCHEMINOU ( Corentin), 1930  “Saint-Nic : une paroisse cornouaillaise pendant la Révolution : ses monuments religieux,” 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3082c766c9392bec4684ec9de6920595.pdf

"Chapelle de Saint-Côme.

Située à un kilomètre environ au Sud du bourg, non loin de la Lieue-de-Grève, cette chapelle est l'une des plus intéressantes du diocèse de Quimper. Elle est  dédiée à Saint Côme et Saint Damien. L'édifice actuel, dont les plus vieilles parties remontent au xve siècle, a dù être bâti après une des épidémies de peste qui firent tant de ravage dans notre pays, au cours des XIVe et xve siècles, et il. est probable que la famille de Rosmadec, dont le château existait non loin de là, en Telgruc, n'a pas été étrangère à sa construction. En effet, on voit le blason de cette famille sur une vieille pierre en granit bleu, accôtée au mur du bas-côté gauche, vers le bas de l'édifice : palé d'argent et d'azur de six pièces. Timbrée d'une mitre et d'une crosse qui a sa volute tournée vers la gauche, elle offre, à n'en pas douter, les armoiries de Bertrand de Rosmadec, évêque de Quimper, de 1416 à 1445, qui contribua sans doute .à la construction. Une légende sans fondement veut aussi que la chapelle ait été bâtie par les Anglais. Les matériaux pour la construire seraient venus par mer ...

Saint-Côme fut autrefois un lieu de pèlerinage très fréquenté, ce qui explique les belles dimensions de la chapelle, plus grande que l'église paroissiale. Une petite porte au Sud et certains chapiteaux sont du début du XVI" siècle. Une autre porte, sur la face Ouest du croisillon Sud, a les caractères de vers 1540, avec arc en anse de panier et mouluration prismatique  continue. Les remplages sont tous du milieu du xvie siècle. Un très beau clocher à galerie, plus jeune que son entourage, complètè l'édifice.

A l'intérieur, cinq travées, un transept et un chœur rectangulaire en légère saillie, nef obscure. Le sol, de simple terre battue, est en légère pente de l'Est à l'Ouest. Ce qui frappe surtout dans cette chapelle, c'est la voûte de la nef qui est, dans le pays, à peu près unique en son genre.

On voit là toute une forêt de poutres sculptées. La charpente apparente est fortifiée par des tirants ou poutres en bois dont les extrémités sont mordues par des gueules monstrueuses. Les chevrons, les contre-fiches, les sablières, les entraits, tout est œuvré avec la plus curieuse fantaisie. Pas un mètre de bois qui ne soit ciselé et fouillé : chimères, monstres, bustes représentant toutes sortes de personnages. On a remarqué que tous ces personnages ont l'air dolents et se tiennent le ventre des deux mains, comme s'ils souffraient de maux d'entrailles. Certains croient qu'à Saint-Côme il y eut autrefois une maladrerie ou léproserie. Ceux qui ont commandé et exécuté ce travail l'ont signé, car on lit sur les frises du côté gauche : D'ici : iusques : au : premier : pilier a esté : boisé : aux frais : de : vénérable : personne  Guil : Perfézou : rect. de St Nic. 1641. Une autre inscription au bas de la nef dit : D'ici: iusques : à l'autre : escriteau : a: été: boisé: par : Alain : Polézec : et: OH : Guillosou : et : estait : recteur : M" : Guil; Perfézou. Sur la boiserie du bas-côté droit : M. G. Perfézou, R. G. Marzin F. 1661. - Ces : quatre: derniers: piliers : furent: bastis : 1649, lW" Grzill: Perfézou, R"~ Sur le mur Nord, à l'intérieur et à l'extérieur : Al: Roignant: Fab. en charg. 1675.

Le chœur était autrefois couvert d'une charpente.encore plus ouvragée que celle de la nef. On a, malheureusement, dû la démolir, il y a une cinquantaine d'années, à cause de son mauvais état. C'est d'autant plus regrettable que des peintures la couvraient, qui représentaient plusieurs scènes de la vie de S. Côme et de S. Damien. Elles portaient la date: 1694.

 

 

 —TOSCER (Catherine), 1997, La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien en Saint-Nic,Mémoires de la Société d'Histoire et d'archéologie de Bretagne vol. 75, pages 371-377.

http://www.shabretagne.com/scripts/files/54947131089936.59874395/1997_24.pdf

 

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Published by jean-yves cordier
8 juillet 2018 7 08 /07 /juillet /2018 14:48

 

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Les sablières (1641-1675)  de la chapelle Saints Côme-et-Damien à Saint-Nic. II. Les sablières sud, et leurs blochets.


 

 

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Voir sur la commune de Saint-Nic :

— L'église :

 

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— La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien :

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— La chapelle Saint-Jean :

 

L'église de Trégarvan (sablières de 1570 par le Maître de Saint-Nic) :

 

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PRÉSENTATION GÉNÉRALE.

Voir article sur les sablières nord de la nef.

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Plan Nocquet  in Toscer, annoté pour cet article.

Plan Nocquet in Toscer, annoté pour cet article.

Les sablières (1641-1675)  de la chapelle Saints Côme-et-Damien à Saint-Nic. II.

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Les sablières occupent les espaces entre deux entraits, mais du coté sud, certaines sont manquantes. Catherine Toscer nous donne l'explication de ces interruptions :

"Dans la nef, la lumière provient essentiellement de la fenêtre haute construite sur la deuxième pile sud de la nef ; son intention manifeste était d'éclairer la chaire située face à elle, et donc le prédicateur, en un principe cher à la Contre-Réforme. Deux autres fenêtres hautes devaient être ouvertes au niveau de la deuxième et de la quatrième arcades sud ; leur emplacement est signalé par l'existence dans la charpente de liens [sic] obliques amortis par des blochets, et par l'interruption des sablières."

Les sablières nord sont datées par inscription de 1641 et 164[6]. Les sablières sud ne portent pas de date, mais sur le mur coté collatéral des arcades sud de la nef, au dessus d'un trou de boulin, une inscription lapidaire dans un cartouche nous signale :

CES  : 4 :  DERNIERS PILIERS

FVRENT BASTIS 1645. MRE

GVIL. PERFEZOU. R[ecteur].

"Ces quatre derniers piliers furent bâtis en 1645, messire Guillaume Perfezou étant recteur".

La charpente a pu être posée vers 1646.

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 Chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile avril 2019.

Chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile avril 2019.

 Chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile avril 2019.

Chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile avril 2019.

 

 

Pour la commodité de ma description, je nommerai les sablières, ou les espaces manquant entre les entraits, de la nef S1 à S5 du fond vers le chœur.

CLIQUEZ sur les photos puis revenez au texte.

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La première sablière S1 du mur ouest jusqu'au premier entrait. Deux dragons, un homme en costume breton présentant le cartouche IHS, et un ange.

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Un ange .

Nous voyons un visage réjoui, et ce qui correspond au buste couvert de plumes et à l'aile d'un ange.

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Un homme en costume breton présentant le monogramme IHS dans un cartouche radié.

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L'homme est vêtu de bas en haut de chaussures, de bas, de braies plissées, bragou en breton, serrées par une ceinture, d'une chemise, d'un gilet boutonné, et d'un gilet court aux pans en pointe, boutonné également, et enfin de manches longues plissés. Il lève les bras de part et d'autre de sa tête, qui est inclinée pour nous faire face. 

C'est le costume — pas spécialement régional en vérité — d'un paysan endimanché.

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Il tient le cartouche en forme de soleil rayonnant dans lequel s'inscrivent les trois lettres IHS du monogramme christique IEHUS. Les lettres manquantes sont compensées par un tilde (~) sur le H, mais, selon une habitude bien établie, ce tilde est transformée en la traverse d'une croix,  renforçant la valeur du monogramme.

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Puis vient le motif largement exploité sur les sablières nord, des deux dragons liés par un anneau. Mais ici, la tête de l'un est reliée à la queue de l'autre. Et pourquoi pas ?

Le dragon de gauche avale sa queue, dans une sorte d'ouroboros.

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Deuxième espace S2 : entre premier et deuxième entrait. Deux blochets : anges tenant les instruments de la Passion.

 

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Blochet B1. Ange présentant le cœur et les clous de la Passion.

 

Un blochet étant l'extrémité d'une pièce de charpente recevant le pied de l'arbalétrier (Viollet-le-Duc), il possède donc avant la taille une forme proche de celle des entraits, et l'artiste doit faire entrer son sujet dans cette forme quadrangulaire. Les ailes de l'ange ne sont donc pas déployées, mais rognées en rectangle dans son dos comme un dosseret de vitrier ou d'ardoisier. 

Il est vêtu d'une aube plissée ; il tient un cœur dans la main gauche et deux clous dans la main droite.

Le motif iconographie des anges présentant quelques-uns des instruments de la Passion (et en premier la Couronne d'épines) abonde sur les sablières, un peu plus tardives, réalisées par le Maître de Pleyben entre 1570 et 1580 à Kerjean , Pleyben, Sainte-Marie-du Ménez-Hom, Saint-Divy, Bodilis ou Roscoff. Voir par exemple ici.

 

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Blochet B2. Ange tenant le marteau et la couronne d'épines de la Passion.

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Les ailes ne sont bien visibles que de trois-quart. Le marteau est indiscutable, la Couronne se réduit à un cercle de cordage. L'ange, vêtu d'une aube plissée au col très serrée, a la bouche entrouverte sur un sourire. Nous retrouvons le trait stylistique du "menton en godet" déjà noté au nord (et à Trégarvan), et qui va s'exprimer mieux encore ici. 

Le "détail amusant" réside dans les deux anneaux qui retiennent les cheveux, avec cette coiffure à barrettes de fillette qui donne un accent de vérité tout à fait charmant à ce blochet.

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Troisième espace S3. Sablière S3. Rinceau et monogramme christique IHS.

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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La sablière est sculptée d'un rinceau dont les tiges trouvent leur origine, au centre, dans la queue de deux animaux fantastiques. Issus du mariage du dragon et du lapin, ils tirent la langue, sont coiffés de plumes au dessus des longues oreilles, et leur corps est décoré de ces écailles à ponctuations typiques des dragons du coté nord. Leur queue s'épanouit en un  triple panache.

Le plus curieux, c'est qu'ils entourent avec beaucoup d'irrespect le monogramme christique, et qu'ils en atténuent ou conteste le caractère sacré.

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Le quatrième espace entre entrait S4. Sablière S4 et blochets B3 et B4.

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Sablière S4 : un dragon.

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Blochet B3 : femme, bouche ouverte, mains sous la poitrine.

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Selon la tradition locale, ce personnage  avec d'autres blochets de la chapelle, se tiennent le ventre des deux mains car ils sont atteints de coliques. On y voit une relation avec le fait que les deux patrons de la chapelle, l'un médecin et l'autre chirurgien, pouvait faire des miracles face à ces dysenteries.

Certes ils ont la bouche entrouverte et se penchent en avant comme ces gargouilles vomisseuses qui dénoncent, dans leurs hautes sphères, les péchés de gloutonnerie et d'ivresse.

Mais ces mains pourraient être croisées par dévotion, et cette  bouche s'ouvrir pour prier. 

Rien, par ailleurs, sur les sablières et autres pièces sculptées de la charpente, ne se réfère au culte de Côme et Damien. C'est d'ailleurs un fait général pour les sculptures des charpentes de Basse-Bretagne, et à la différence des vitraux et de la statuaire,  de ne pas être consacrées à l'hagiographie. 

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Blochet B4. 

Il garde également son mystère. Est-il coiffé d'une barrette de clerc ? Il porte la moustache et la barbichette, c'est là le premier exemple franc de la présence de la mode contemporaine, avec cet accessoire capillaire Louis XIII. Tiens, si c'était le cardinal Richelieu ? Mazarin ?

Mais sous Louis XIII, les hommes ne portent plus la fraise, mais un collet de dentelle, rectangulaire tombant sur les épaules. Et des cheveux longs et frisés qui font faire place aux perruques.

Mystère. Un de plus.

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Le cinquième espace : blochet B5, blochet B6 et sablière B5 .

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Encadrement de la lucarne : deux blochets B5 et B6.

 

Le blochet B5. Visage d'un homme aux traits démoniaques.

Ce visage est coiffé de quatre oreilles, ou de deux oreilles et deux cornes ; il émerge d'une crinière et d'une collerette de plumes.

Le menton "en godet" est volontairement outré, trapézoïdal, cerné par le prolongement des sillons naso-géniens.

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Le blochet B6. Visage d'un personnage aux traits démoniaques.

Nous pourrions décrire ce masque de façon similaire au précédent, mais les cornes appartiennent  plus lisiblement à une coiffe, ou un bonnet dans lequel le dessin des oreilles est dessiné. Des cheveux taillés courts au dessus du front laissent flotter une ambiguïté : une femme ? un moine ?

La collerette emplumée est mieux stylisée, et le menton n'est plus en godet, mais carrément en  bourses  scrotales, qu'aucune hypertrophie des faisceaux conoïdes du Musculus mentalis, aucune tuméfaction de la Houppe du menton, aucun déficit de fusion des deux hémi-mandibules fœtales formant la symphyse mentonnière, ne sauraient justifier. La caricature, l'hubris d'héritage médiéval sont délibérés.

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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La sablière S5 est identique — aux variations près —, aux pièces N4 et N5 qui lui fait face au nord. Nous y trouvons le même rinceau à fleurs larges, le même personnage central   ailé et nu (se présentant de face comme en N5), et deux "anges" ou putti, l'un de face et l'autre s'accrochant à une tige.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente du sud de la nef de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Conclusions.

Sur le plan thématique.

 Le décor de la charpente du coté sud se caractérise comme au nord :

  • par son organisation en deux registres, l'un figuré, d'une vingtaine de centimètres, et l'autre sous-jacent en frise ornementale étroite en spires à ruban et perles (comme au nord) puis en carrés pleins et creux.
  • par la reprise, partiellement en S1 et totalement en S5, mais aussi en S3, de motifs  symétriques au coté nord, avec trois dragons végétalisés dont deux liés par un anneau, quatre anges démoniaques, des rinceaux.

Il diffère du coté nord :

  • par son absence d'inscription, et donc de datation.
  • par deux motifs liturgiques christiques identiques, le monogramme IHS, 
  • par la présence de six blochets, deux clairement liturgiques et christiques — les anges portant les instruments de la Passion —, deux autres plus énigmatiques, et deux relevant (en plein milieu du XVIIe siècle) de la tradition médiévale  démoniaque et carnavalesque.

Sur le plan stylistique.

 Les critères d'unité par un même atelier, énumérés brièvement dans le premier article, se retrouvent ici, mais les blochets donnent l'occasion au sculpteur d'exacerber son goût pour le menton en godet, les cous larges, les collerettes en pétales de marguerite, tandis que la technique d'ornementation par perforation à la tarière est réservée aux animaux, ou aux pupilles.

Il nous reste à aller examiner les sablières des bas-cotés : y retrouverons-nous les mêmes motifs thématiques ? Les mêmes traits stylistiques ?  

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SOURCES ET LIENS.
 

— BASE MERIMÉE, Notice :

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/mersri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IA00005244

— COUFFON (1988)

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/SAINTNIC.pdf

CHAPELLE SAINT-COME ET SAINT-DAMIEN (C.)

En forme de croix latine, cet édifice, de construction soignée en pierres appareillées, comprend une nef de cinq travées avec bas-côtés, un transept et un choeur peu saillant à chevet plat. Elle remonte au XVIe siècle ou même fin XVe siècle mais dans son état actuel elle est en grande partie du XVIIe siècle ainsi que l'indiquent de très nombreuses inscriptions.

Sur la sablière nord de la nef : "DICI IVSQVES AV PREMIER PILIER A ESTE BOISE AVX FRAIS DE VENER PERESONE Mre GVIL PERFEZOV RECT DE St NIC 1641."

Plus loin : "DICI IVSQVES A LAVTRE ESCRITEAV A ESTE BOISE PAR IAC POLESEC ET OL GVILLOSSOV Mre GVILL PERFEZOV ESTANT RECTEVR DE St NIC ET I. BORGNE. FAB. DE CEANS."

Sur les sablières des bas-côtés : "M. G. PERFEZOV. R. G. MARZIN. F. 1661" (au sud), "AL. ROIGNANT FAB. ET CHARP. 1670" (au nord).

Au-dessus de la porte nord : "AL. ROIGNANT. F. 1675 (ou 1673 ?)."

 

"La magnifique charpente de la nef en forme de carène renversée, repose sur des sablières et des entraits engoulés. La charpente du transept a été détruite par les bombardements de l'été 1944. Le lambris a disparu ; il portait autrefois des peintures représentant la vie de saint Côme et saint Damien datées 1694 ; elles furent détruites en 1880."

 

 

 

 

— DILASSER (Maurice), 1979, La chapelle Saint-Côme in Un pays de Cornouaille Locronan et sa région. Paris, Nouvelle Librairie de France. pages 632-636


— DUHEM (Sophie) 1998, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.), Presses universitaires de Rennes,  390 pages. Saint-Nic pages 19, 24, 25, 29, 36, 95, 100, 113, 119, 143, 146 (les sculpteurs de Saint-Nic), 147, 183 (médaillons),  218, 242, 257 (les évangélistes de la chapelle Saint-Jean), 283 (chap. St-Jean), 299, 321 et 334.

http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=781

 

Les sculpteurs de Saint-Nic 1641-1670.

"L'étude stylistique des sablières de la chapelle des Saints Côme-et-Damien à Saint-Nic met en évidence la participation d'un atelier composé de trois sculpteurs, ayant exercé leur activité entre 1641 et 1670 sur la demande du recteur de la paroisse, Guillaume Perfezou. Les décors les plus anciens, localisés dans la nef, portent les signatures de deux artisans employés à l'édification de la charpente dans cette partie de l'édifice ; une première date précise qu'elle fut commencée en 1641 et terminée ... « l'an 1646 par Iac Bolesec et ol(ivier) Guillocsou ». les noms des deux sculpteurs sont donc connus : il s'agit de Jacques Bolésec et d'Olivier Guillosou. Le programme qu'ils élaborent est inventif, composé de thèmes variés où prédominent les images de dragons végétalisés, les frises de végétaux soutenus par des putti ailés, les mascarons et des grylles monstrueux. La réalisation est correcte comme le montre la taille en haut-relief des sculptures, mais l'étude de détails trahit une connaissance peu maîtrisée des règles de la composition, des proportions , du rendu des gestes et des expressions, que dissimule une abondante décoration de surface. Il est en réalité difficile de dissocier la participation respective des deux ouvriers à l'ouvrage car la facture de l'ensemble est très homogène et ne révèle pas de différence stylistique notable. La seule que nous voyons se résume à quelques points de détails qui tendent à distinguer d'un coté les reliefs sculptés des sablières et de l'autre les sculptures en ronde-bosse des faux culots de poinçons et des blochets."

Un autre compagnon se joint aux ouvriers une dizaine d'année plus tard, pour exécuter un ouvrage de même goût dans le bas-coté sud de l'église. Une poutre précise l'époque (nous sommes en 1661) et l'une des factures identifie le nouvel artisan : il s'agit d'Alain Roignant, qui reproduit fidèlement les thèmes sculptés par ses compagnons mais pour un résultat plus médiocre que tente de camoufler une excessive décoration de stries, d'encoches et de points. L'artisan a visiblement été formé aux « méthodes » des sculpteurs et familiarisé avec les images de l'atelier. Son activité ne débute pas en 1661 puisqu'il exerce déjà son métier en 1653. il réalise à cette époque les décors sculptés de la chapelle Saint-Jean, toujours pour le recteur Guillaume Perfezou. Ses déplacements le conduisent à quelques kilomètres de là, dans la paroisse de Trégarvan qui l'emploie à l'ornementation de la charpente. La date de réalisation de cet ensemble n'est pas connue ; elle est probablement contemporaine des travaux de Saint-Nic et de l'achèvement des reliefs du bas-coté nord en 1670.

 

 

MUSSAT (André), 1957, Congrès archéologique de France vol. 115; A. Picard, page 133..

 

— OLIVIER ( Corentin), 2014, Les charpentes armoricaines : inventaire, caractéristiques et mise en œuvre d’un type de charpente méconnu, Mémoire de master 2, Université Rennes 2, sous la direction de Pierre-Yves Laffont et Vincent Bernard, 2014, 410 p.

— OLIVIER ( Corentin), 2016, « L’archéologie des charpentes anciennes (xive -xvie siècles) au service de la connaissance des forêts du Massif armoricain », Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, t XCIV, 2016, p. 109- 121.

— PARCHEMINOU ( Corentin), 1930  “Saint-Nic : une paroisse cornouaillaise pendant la Révolution : ses monuments religieux,” 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3082c766c9392bec4684ec9de6920595.pdf

"Chapelle de Saint-Côme.

Située à un kilomètre environ au Sud du bourg, non loin de la Lieue-de-Grève, cette chapelle est l'une des plus intéressantes du diocèse de Quimper. Elle est  dédiée à Saint Côme et Saint Damien. L'édifice actuel, dont les plus vieilles parties remontent au xve siècle, a dù être bâti après une des épidémies de peste qui firent tant de ravage dans notre pays, au cours des XIVe et xve siècles, et il. est probable que la famille de Rosmadec, dont le château existait non loin de là, en Telgruc, n'a pas été étrangère à sa construction. [...]

Saint-Côme fut autrefois un lieu de pèlerinage très fréquenté, ce qui explique les belles dimensions de la chapelle, plus grande que l'église paroissiale. Une petite porte au Sud et certains chapiteaux sont du début du XVI" siècle. Une autre porte, sur la face Ouest du croisillon Sud, a les caractères de vers 1540, avec arc en anse de panier et mouluration prismatique  continue. Les remplages sont tous du milieu du xvie siècle. Un très beau clocher à galerie, plus jeune que son entourage, complètè l'édifice.

A l'intérieur, cinq travées, un transept et un chœur rectangulaire en légère saillie, nef obscure. Le sol, de simple terre battue, est en légère pente de l'Est à l'Ouest. Ce qui frappe surtout dans cette chapelle, c'est la voûte de la nef qui est, dans le pays, à peu près unique en son genre.

On voit là toute une forêt de poutres sculptées. La charpente apparente est fortifiée par des tirants ou poutres en bois dont les extrémités sont mordues par des gueules monstrueuses. Les chevrons, les contre-fiches, les sablières, les entraits, tout est œuvré avec la plus curieuse fantaisie. Pas un mètre de bois qui ne soit ciselé et fouillé : chimères, monstres, bustes représentant toutes sortes de personnages. On a remarqué que tous ces personnages ont l'air dolents et se tiennent le ventre des deux mains, comme s'ils souffraient de maux d'entrailles. Certains croient qu'à Saint-Côme il y eut autrefois une maladrerie ou léproserie. Ceux qui ont commandé et exécuté ce travail l'ont signé, car on lit sur les frises du côté gauche : D'ici : iusques : au : premier : pilier a esté : boisé : aux frais : de : vénérable : personne  Guil : Perfézou : rect. de St Nic. 1641. Une autre inscription au bas de la nef dit : D'ici: iusques : à l'autre : escriteau : a: été: boisé: par : Alain : Polézec : et: OH : Guillosou : et : estait : recteur : M" : Guil; Perfézou. Sur la boiserie du bas-côté droit : M. G. Perfézou, R. G. Marzin F. 1661. - Ces : quatre: derniers: piliers : furent: bastis : 1649, lW" Grzill: Perfézou, R"~ Sur le mur Nord, à l'intérieur et à l'extérieur : Al: Roignant: Fab. en charg. 1675.

Le chœur était autrefois couvert d'une charpente.encore plus ouvragée que celle de la nef. On a, malheureusement, dû la démolir, il y a une cinquantaine d'années [vers 1880], à cause de son mauvais état. C'est d'autant plus regrettable que des peintures la couvraient, qui représentaient plusieurs scènes de la vie de S. Côme et de S. Damien. Elles portaient la date: 1694. "

 

 —TOSCER (Catherine), 1997, La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien en Saint-Nic,Mémoires de la Société d'Histoire et d'archéologie de Bretagne vol. 75, pages 371-377.

http://www.shabretagne.com/scripts/files/54947131089936.59874395/1997_24.pdf

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Published by jean-yves cordier
8 juillet 2018 7 08 /07 /juillet /2018 14:45

Les sablières (1641-1675)  de la chapelle Saints Côme-et-Damien à Saint-Nic. I.  Les sablières nord de la nef.

 

 

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Voir sur la commune de Saint-Nic :

— L'église :

 

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— La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien :

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— La chapelle Saint-Jean :

 

— L'église de Trégarvan (sablières de 1570 par le Maître de Saint-Nic) :

 

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VUES GÉNÉRALES DE LA CHARPENTE DE LA NEF.

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La charpente de la nef diffère fondamentalement, dans sa structure, de celle du chœur et des transepts.

Rappel : 

Les charpentes armoricaines ont été étudiées par Corentin Olivier.

Glossaire ici.

On distingue :

 

- Les charpentes dites à chevrons formant fermes : les chevrons en vis-à-vis de chaque rampant sont reliés entre eux au niveau du faîtage et par un faux-entrait (pièce horizontale). Cet ensemble forme ainsi un « triangle indéformable » appelé ferme. Les fermes se répètent tous les 60 cm et servent de support à la fixation des liteaux permettant la pose des ardoises. 

http://inventaire-patrimoine.regioncentre.fr/files/live/sites/inventaire_patrimoine/files/contributed/images/Articles_actu/IVR24_20170000003NUDA.jpg
Les charpentes dites à fermes et à pannes : les fermes, beaucoup moins nombreuses mais plus robustes, supportent un ou plusieurs rangs de pannes soutenant elle(s)-même les chevrons dont la section peut alors être amoindrie. Ce principe constructif est bien moins consommateur en bois. 

Celle du chœur appartiendrait aux charpentes "à fermes et à pannes" (voir les explications dans mon article sur Landevant.

 

Au contraire, le maillage serré des fermes (autrement dit, des arbalétriers ) de la nef avec son aspect en carène de bateau renversé incite à y voir une charpente à chevrons formant fermes.

Je compte cinquante fermes au total dans le nef.

 

N.B La charpente serait récente et résulte d'une restauration complète. La charpente du transept a été détruite par les bombardements de l'été 1944

La nef est divisée sur le plan architectural par cinq piliers et cinq arcades, et, pour la charpente, par cinq entraits, ces poutres transversales. Ces entraits sont, tous les cinq, engoulés (comme sortant de la gueule d'un dragon de part et d'autre) et bagués au centre par deux têtes de dragons adossées. On trouve un entrait toutes les dix fermes.

Ces entraits découpent la panne sablière ou corniche en cinq pièces, — cinq "sablières" —, du moins du coté nord car les sablières sud sont interrompues à plusieurs niveaux.

D'autres éléments sculptés de la charpente sont à observer : les abouts de poinçon,, sur la ligne médiane du sommet de la nef, et les culots, sur les arbalétriers à mi-distance entre le sommet, et la base.

Comme ces abouts de poinçon et ces culots sont placés sur une ferme sur deux, cela ferait 25 abouts de poinçon et cinquante culots, soit 75 pièces sculptées à photographier et à décrire. Je n'ai pas vérifié sur place cette estimation...

Enfin, six blochets (pièce de bois oblique formant jambe de force avec le pied d'un arbalétrier)  sont présents sur le coté sud de la nef (et d'autres sont disposés sur les deux bas-cotés). Ce sont, avec les sablières, les éléments sculptés les plus importants.

 

 

Pour la commodité de ma description, je nommerai les sablières nord de la nef N1 à N5. 

CLIQUEZ sur l'image au besoin.

La nef vue de l'ouest.

 

Charpente sculptée de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente sculptée de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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La nef vue de la croisée du transept.

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Charpente sculptée de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente sculptée de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Charpente sculptée de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente sculptée de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Charpente sculptée de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Charpente sculptée de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Plan de la chapelle (in C. Toscer).

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Plan in Toscer http://www.shabretagne.com/scripts/files/54947131089936.59874395/1997_24.pdf

Plan in Toscer http://www.shabretagne.com/scripts/files/54947131089936.59874395/1997_24.pdf

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 LES SABLIÈRES DE LA NEF.

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I. LE COTÉ NORD.

Description de l'ouest (fond de l'église) vers l'est et le chœur.

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 Du mur jusqu'au premier entrait.

 

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Première sablière N 1. Quatre dragons liés deux à deux repoussés par des anges. 

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Cette sablière est construite en deux motifs symétriques autour d'un masque central dans lequel je propose de reconnaître Dieu dans ses nuées. En effet, c'est un visage barbu, souriant, encadré par des cheveux en U, au centre de deux demi cercles qui sont soit sa robe, soit le ciel ou des nuages.

Sous la pièce principale se déroule une frise faite de rangs obliques de trois perles alternant avec les spires d'un ruban. À l'extrême droite débute  un troisième registre, en dessous des autres, et portant une inscription, DICI IUSQV, qui sera décrit avec N 2.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Autour de Dieu le Père, deux anges  le présentent d'une main, et écartent l'autre bras. Leurs visages, ronds, identiques à celui du masque sans sa barbe, sont souriants. Les pupilles sont percées au foret. Le menton de l'ange de  gauche forme une boule formant avec les deux arcs de cercle des bajoues un dessin en brioche renversée. Ce "menton en godet" va s'avérer caractéristique du style du ou des menuisiers sculpteurs de la chapelle, et nous le retrouvons à Trégarvan (1676).

L'ange de gauche est bien lisible : nous distinguons parfaitement l'aile, le corps et les bras zébrés d'entailles comme pour figurer des plumes, et les mains possèdent cinq doigts.

L'ange de droite serait plus difficile à identifier si son collègue ne nous y aidait pas. L'aile ? Imaginons que c'est cette feuille nervurée près de la tête. Le bras ? Ce tube hachuré qui part sur le coté. Mais la main ? Elle est transformée en une vague fleur de lys, comme si l'apprenti n'avait pas bien compris le modèle qui lui avait été confié. Ça peut arriver.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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De chaque coté, deux dragons sont représentés accouplés par un anneau autour d'un pilier évasé central. Leurs corps aux sinuosités de serpents sont parcourues d'une ligne de pustules et de scrofules. La gueule largement ouverte expose les dents acérées et la langue infecte.

La queue forme une boucle, qui étrangle la tête d'une malheureuse victime. C'est celle des âmes, captives des démons.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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À gauche, le bois rongé par la vrillette oblige l'œil à un effort de repérage, où il se perd comme en un labyrinthe avant de retrouver le fil du dessin initial. L'ange, de sa main, renvoie vers les Ténèbres ces puissances animales , et la tête du dragon se démantibule et se démandibule. Ses deux yeux vides s'écarquillent en vain.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Du coté droit, où la main de l'ange nous échappe, le contour des dragons est clairement accessible.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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En conclusion, sur la première pièce nord de la nef, nous trouvons le combat victorieux de la  puissance divine contre les forces démoniaque du Mal, menaçant les âmes des paroissiens. 

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La sablière N2, après le premier entrait. Quatre dragons, dont deux bicéphales. Début de la première inscription nord.

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1°) L'inscription de N2 et N3. 

Elle court sous les sablières N2 et N3, mais je l'étudie ici :

D'ICI IVSQVES A L'AVTRE ESCRITEAV A ESTE BOISE L'AN 164- PAR IAC : POLESEC ET OL : GVILLOCSOV MRE GVIL : PERFEZOV ESTANT RECTEVR DE SCT NIC ET I : BORGNE FAB : DE CEANS

Notes :

-Les inscriptions ont été déchiffrées par C. Parcheminou,  R. Couffon, A. Mussat, M. Dilasser,  C.Toscer et S.Duhem.  Aucun relevé n'est exact sur le plan épigraphique, le plus fidèle étant celui de Sophie Duhem. 

-Le quatrième chiffre de la date est peu ou pas lisible. 

-C. Parcheminou et R. Couffon ont omis "L'AN 164-".

-A. Mussat et C. Toscer ont lu "L'AN 1646" alors que S. Duhem écrit prudemment "164[6]", sans doute en se fondant sur les précédants.

L'inscription  se lit ainsi : "D'ici jusque à l'autre écriteau a été boisé l'an 164[6] par Jacques Polesec et Olivier Guillosou, Messire Guillaume Perfezou étant recteur de Saint-Nic et Jean Borgne fabricien de céans".

a) L'inscription, aérée et très lisible,  est en lettres capitales romaines très régulières, dignes d'un typographe, aux fûts droits et aux empattements constants. La ponctuation séparative par deux-points n'est utilisée qu'e pour signaler une abréviation (celle des prénoms et de "fabricien"). La lettre U est en forme de V. Les lettres suscrites des abréviations de Messire et de Sainct sont soulignés d'un point ou trait.

La qualité d'exécution des lettres suggère que ce travail a été sous-traité par les charpentiers à un artisan spécialisé, membre ou non de leur atelier.

Cette graphie se retrouve sur les autres inscriptions des sablières, mais aussi sur l'inscription des sablières de Trégarvan, ce qui suggère l'intervention du même atelier.

b) Nous pouvons penser que "l'écriteau" désigne l'inscription suivante, sous la sablière N4. En effet, ce mot est défini par le Dictionnaire de l'Académie de 1694 comme "Certaine inscription en grosse lettre que l'on met sur un papier, sur du bois, &c. pour faire connoistre quelque chose au public."

c) Le verbe "boiser" peut être traduit par "mis en charpente", nous le trouvons aussi sur l'inscription des sablières de Grâces à Guingamp ou celle de Pluvigner en 1603 et à Tréminou à Plomeur 1665. Il est plus souvent  remplacé, dans la même acceptation, par "faire le bois" de l'église (Ploéren 1467, Plourac 15--,Plouhinec 1519, Tréffléan 1524, Daoulas 1529, Pluméliau 1533, Elven 1536, Moréac 1545, Le Croisty 1553, Plumélec 1554 Guénin 1577,  Loguivy-Plougras 1551 et 1557, Sulniac 1547 et 1565, Theix sd.,  Canihuel 1595, ). Il est intéressant de noter, puisque cette charpente évoque celle des navires, que le verbe est aussi utilisé, dans cette acceptation,  dans le vocabulaire marin spécialisé dans un sens comparable, celui de dresser sur la quille les couples, ou membrures

BOISER, v. a. C'est composer la carcasse d'un bâtiment en montant sur la quille les couples, tous les membres; remplir par de nouveaux couples,appelés couples de remplissage, les espaces qui séparent ceux de levée, pour compléter la membrure ou carcasse d'un bâtiment en construction." Dictionnaire de marine par le vice-amiral Willaumez,  1831 page 84.

BOISAGE, s. m. Travail de boiser un bâtiment en élevant les couples sur sa quille.

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d) La date ne peut être celle de 1641, puisque cette inscription  comporte  le nom du fabricien, I. Borgne,alors que ceux de l'année 1641 étant mentionnée en N4-N5.  Elle ne peut être antérieure (1640), puisque "l'écriteau" de N4 est mentionné. Mon examen de la partie restante du dernier chiffre ne donne pas d'argument pour valider la date de 1646, qui supposerait que la charpente ait débuté par le centre et se soit poursuivie vers l'ouest. Du coté sud de la nef, une inscription donne la date de 1649 pour la partie en vis-à-vis de N1 à N4. Le bas-coté nord est plus tardif, en 1675.

e) Jacques Polesec et Olivier Guillocsou sont mentionnés comme charpentiers, puisqu'ils ont boisé cette partie de l'église, mais rien ne permet d'affirmer qu'ils sont aussi les sculpteurs ymagiers qui ont réalisés les sculptures des sablières, ou l'inscription.

Le patronyme  Polesec est déjà connu, puisque nous avons lu ce nom sur l'inscription de la chaire de la chapelle, en 1638, où "I. POLESEC" est l'un des trois artisans menuisiers : je me cite :  

"Avec ses compagnons, il est désigné (fecerunt) comme artisan et donc menuisier et non comme fabricien (commanditaire).

Un Jacques Polezec est mentionné par les généalogistes, né vers 1590 à Saint-Nic et décédé  à Saint-Nic le 16 avril 1684. Il est le parrain en 1630 de Catherine Guillamot.

Il est également mentionné comme charpentier ou menuisier sur les sablières de Saint-Côme, dans l'inscription non datée suivant celle de 1641.

Un Sébastien Polesec est mentionné comme fabricien sur le calvaire de la chapelle Saint-Jean avec la date de 1645. Et un Polesec laisse son nom comme fabricien à Ste-Marie-du-Ménez-Hom en 1573." (article sur la chaire de Saint-Côme)

Le patronyme GUILLOCSOU n'est pas attesté sous cette forme, et nous devons le rapprocher du nom GUILLOSSOU. Albert Deshayes (Chasse-Marée 1995 p. 284) le mentionne comme l'un des nombreux diminutifs de Guilloux, du breton guillous, guilloux, issu de l'ancien français guiler, "tromper", et guileor , guillor, guillour, etc "trompeur, menteur, charlatan, bateleur". Le Catholicon donne pour le breton guillous "ménestrier".

A. Deshayes atteste  les formes Guillozou à Quimper 1626, Guillossou à Quimper en 1629, Guillousou Quimper 1631, Guilouzou Meilars 1639, et Guillouzou Quimper 1696. Richard Guillousou avait ses armoiries sur la maîtresse-vitre de N-D. du Mûr à Morlaix en 1679.

La graphie GUILLOCSOU renvoie à GUILLOXOU, non attesté, et à GUILLOUXOU, mais ce patronyme n'est pas attesté dans le Finistère, mais dans le Morbihan à Lignol en 1513.

Je n'ai pu trouver un patronyme proche de celui-ci à Saint-Nic. 

f) Le Guillem ou Guillaume Perfouxou est bien connu pour sa grande activité comme recteur de Saint-Nic en 1638 (chaire de cette chapelle), 1645 et 1653 (chapelle Saint-Jean), 1641, 1645, 1646 et 1661 (sablières de saint-Côme). Je renvoie à mes articles précédents, mais sans oublier de noter le titre de Messire (MRE ne peut avoir d'autre sens dans ce contexte) qui précède son nom.

g) I. BORGNE est le fabricien de cette année, mais je n'ai pu lever l'incertitude sur son prénom (Ian, Jean, Iac et donc Jacques ?).

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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2°) La sablière N2 montre quatre dragons — les deux du centre bicéphales — affrontés.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Premier dragon de N2.

Le premier (à gauche) est ailé. Son museau est crénelé de pointes, il tire une longue langue, est doté d'oreilles d'âne, mais le reste du corps abandonne le souci de "réalisme" pour privilégier l'ornementation, à base de lignes droites ou sinueuses, d'appendices foliaires, en nous laissant libre d'y voir des pattes, des nageoires ou une queue, des nodules ou des épines, etc. 

Une attention sera portée par le décor par ponctuations régulières effectuées à la tarière en trous de diamètres constant. En effet, cette technique appartient aux caractères stylistiques de cet atelier d'artisans, et se retrouvera sur les autres sablières de Saint-Côme, mais aussi de la chapelle Saint-Jean et de l'église de Trégarvan. Ces trous étaient-ils peints d'une couleur différente ? Recevaient-ils des pierreries ou accessoires dorés ?

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Le deuxième dragon de N2.

Il n'a pas d'aile, son corps est fuselé comme celui d'un poisson, son ornementation est plus sobre. Sa tête de gauche, baissée, s'affronte au dragon précédent. 

La tête de droite, relevée, proche de celle d'un chien avec ses oreilles en besace, est colletée. Elle s'affronte au suivant.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Le troisième dragon de N2.

Il est en miroir du précédent , avec sa tête de gauche qui est colletée, affrontée autour d'un objet rond.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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L'autre tête du troisième dragon est intéressante, car elle est dotée d'une corne frontale torsadée qui l'apparente à une licorne. Bien-sûr, nous ne voyons qu'un petit tronçon, mais qui ne peut être expliqué autrement : ce n'est pas une corde, par exemple. cette corne pénètre  le dragon suivant, sans le transpercer, et sans l'affecter plus que cela.

 

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En quatrième position, nous retrouvons le dragon ailé du début.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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La sablière N3. Deux dragons ailés et deux personnages démoniaques autour d'un masque.

Elle est construite sur le même schéma que N1, avec un masque central, mais qui est bien différent.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Ce masque mi-homme, mi-animal est cornu, et affublé de trois oreilles, de deux "langues de sorcières" sortant sous sa moustache, et d'yeux exorbités. C'est manifestement une figure diabolique.

Elle est vénérée par deux personnages, bien humains par leur profil, leurs mains à cinq doigts, leurs manches plissées ou leurs jambes, mais tout autant animalisés par une échine dentelée,des oreilles velues, une chevelure en crinière ou un pelage conséquent . 

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Les dragons sont remarquables par leurs ailes nervurées et leur longue queue.

Au total, la victoire des Forces du Bien, fièrement mise en scène en N1, semble ici remise en cause.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Une vue de détail permet d'apprécier la maîtrise de la technique de perçage décoratif, avec cette fois-ci deux diamètres de trous différents. Profitons en pour admirer aussi la frise, aux torves en bobines ornés de deux étoiles.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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La sablière N4. L'inscription de 1641. Rinceaux à l'ange obscène et deux autres personnages.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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1°) L'inscription de 1641.

Elle est rédigée sur deux lignes dans des cartouches moulurés.

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D'ICI IVSQVES AV PREMIER PILIER A ESTE BOISE AUX FRAIS DE VENER :

____| PERSONE M. RE GVIL : PERFEZOV RECT : DE S.CT NIC  1641 I_____

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Soit : "D'ici jusqu'au premier pilier a été boisé aux frais de Vénérable Personne Messire Guillaume Perzegou recteur de Saint-Nic 1641".

Que remarquer ? 

-la forme différente des A, puis la traverse du premier A est cassée, en V.

-L'usage des deux-points comme signal d'abréviation après VENER (pour Vénérable), GUIL (pour Guillem) et  RECT (recteur).

-Le titre du recteur, "Vénérable Personne Messire". C'est le titre en  usage, et on le trouve à Saint-Vougay ("vénérable personne missire Richard Miorcec, recteur de la paroisse" en 1635, ou "vénérable personne messire Hervé de Kermenguy, chapelain de la chapelle seigneuriale du manoir de saint-Jean dans la même paroisse, 1681), ou à N-D. du Folgoat ("vénérable personne messire Alain du Poulpry", 1591) , ou à Gouesnou en épitaphe ("noble et vénérable personne maitre Guillaume Touronce chanoine de Vannes et recteur de Saint-Gouesnou"), ou à N-D. de Recouvrance à Brest (vénérable personne feu missire de Denmat, prieur de Brest et gouverneur de la dite chapelle", pour ne glaner que quelques exemples dans la Vie des Saints d'Armorique d'Albert le Grand....

On a pu faire remarquer qu'en breton, le recteur est désigné par "ar person". Mais le titre "vénérable personne", ou "noble et vénérable personne"  n'est pas spécifiquement breton, et sert à désigner des membres du clergé dans toute la France.

-la mention "aux frais de", qui précise que le recteur Perzegou a financé lui-même les travaux, comme pour la chaire, où le premier mot latin de l'inscription, sumptibus, signifiait précisément "aux frais de".

-La date de 1641. Le roi est Louis XIII, et son principal ministre d'Etat est le cardinal  Richelieu qui se voue à assurer la centralisation monarchique contre les Protestants, et contre les Grands. Sur le plan artistique, c'est encore la période baroque, qui cédera la place au classicisme en 1660. Sur le plan religieux, c'est l'apogée de la Contre-Réforme, et, en Bretagne, ce sont  les missions menées par Michel Le Nobletz . Son successeur le père jésuite  Julien Maunoir, réalise sa première mission précisément en 1641, à Douarnenez. Ces prédications sont basées sur la conviction que les Bretons sont profondément ignorants quant aux préceptes de la foi catholique, et qu'ils se livrent à des pratiques païennes.  Les missions sont basées sur l'utilisation de tableaux pédagogiques peints, sur celle de cantiques, de processions, de mises en scène de la Passion par les paroissiens, de confessions massives, et enfin d'exposés dramatiques sur la mort, et sur l'Enfer.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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La sablière N4 est occupée par un rinceau de plantes mal définies, aux fleurs larges. Parmi les trois personnages, le plus central, quoique décentré, attire l'attention. Il est nu, jambes écartées, et montre ses fesses. Sa tête est entourée d'une coiffe radiante, comme des plumes. Deux ailes étroites se referment en crosses. Il a une forme suffisamment humaine pour qu'on distingue ses jambes, ses bras et sa tête. Comme en N3, c'est une puissance maléfique.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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À gauche un autre personnage glisse sur la tige d'une plante probablement vénéneuse. Malgré ses cheveux très longs, il a l'allure d'un paysan, vêtu d'un sarrau.

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Si ces sablières montrent aux paroissiens des démons, elles le font de manière peu pédagogique et didactique, et, disons-le, peu catholique. Rien à voir avec les tableaux édifiants des taolennou. Et, jusqu'à présent, nous n'avons rencontré aucune figure liturgique, aucun enseignement tiré du catéchisme, mais beaucoup de dragons et d'humains bestialisés qui n'expliquent pas vraiment ce qu'ils sont en train de faire dans cette charpente. Mystère, mystère, tout cela est mystère.

 

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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La sablière N5. Rinceau à cinq personnages, dont trois anges (du Mal). Un dragon.

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Cette sablière est très proche de la N4, avec le même "ange" cette fois-ci bien positionné au centre. 

Mais cette fois-ci, il ne nous présente pas ses fesses, mais son ventre nu et ombiliqué et son sexe. Ses ailes sont plus fournies de plumes à leur implantation, avant de s'achever en crosse. Ses cheveux rayonnent en couronne. Il tient dans chaque main la tige des rinceaux qui partent de chaque coté.

La frise inférieure a changé, elle porte un pampre dépourvu de grappes.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Vers la gauche, nous trouvons un ange (ou du moins un personnage ailé), vêtu d'une tunique boutonnée à manches longues. Il tient la tige voisine comme s'il s'y accrochait.

Son homologue, moins vêtu, lui répond sur le coté droit. 

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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À l'extrême gauche, un homme ébahi  tient par sa main droite une feuille digitée, et dans sa main gauche un objet qui repose sur son épaule. Quel objet ? Un panier, un épi, une aile ? Aucune proposition ne me convient.

L'homme est vêtu d'une tunique boutonnée à manches longues bouffantes.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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À l'extrême droite, un visage est sculpté, coiffé d'un bandeau, le cou serré par une fraise. Le menton "en godet" sous les deux joues bien pleines est caractéristique.

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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La pièce se termine par la moitié de la tête d'un dragon, animal qui trouve son prolongement sur une dernière pièce de bois, avec ses nageoires et sa queue en feuillage. 

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Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Sablières nord de la chapelle Saints Côme-et-Damien, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Le commentaire de Sophie Duhem.

"Les sculpteurs de Saint-Nic 1641-1670.

L'étude stylistique des sablières de la chapelle des Saints Côme-et-Damien à Saint-Nic met en évidence la participation d'un atelier composé de trois sculpteurs, ayant exercé leur activité entre 1641 et 1670 sur la demande du recteur de la paroisse, Guillaume Perfezou. Les décors les plus anciens, localisés dans la nef, portent les signatures de deux artisans employés à l'édification de la charpente dans cette partie de l'édifice ; une première date précise qu'elle fut commencée en 1641 et terminée ... « l'an 1646 par Iac Bolesec et ol(ivier) Guillocsou ». les noms des deux sculpteurs sont donc connus : il s'agit de Jacques Bolésec et d'Olivier Guillosou. Le programme qu'ils élaborent est inventif, composé de thèmes variés où prédominent les images de dragons végétalisés, les frises de végétaux soutenus par des putti ailés, les mascarons et des grylles monstrueux. La réalisation est correcte comme le montre la taille en haut-relief des sculptures, mais l'étude de détails trahit une connaissance peu maîtrisée des règles de la composition, des proportions , du rendu des gestes et des expressions, que dissimule une abondante décoration de surface. Il est en réalité difficile de dissocier la participation respective des deux ouvriers à l'ouvrage car la facture de l'ensemble est très homogène et ne révèle pas de différence stylistique notable. La seule que nous voyons se résume à quelques points de détails qui tendent à distinguer d'un coté les reliefs sculptés des sablières et de l'autre les sculptures en ronde-bosse des faux culots de poinçons et des blochets." S. Duhem 1998 page 146.

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Conclusion.

L'étude de ces sablières nord est passionnante à divers titres.

-Elles contiennent des documents épigraphiques très précieux par les attestations de vocabulaire, de graphies et de tournures expressives, ou par les renseignements sur deux noms d'artisans charpentiers ou sculpteurs, sur le rôle de mécène-commanditaire d'un recteur très actif à Saint-Nic, et sur celui d'un fabricien. Ce seul champ d'étude pourrait faire l'objet de recherches dans les archives afin de préciser ces relations entre artisans, clergé issu de familles influentes ( il faudrait approfondir la connaissance des Perfezou d'Argol), et fabriques paroissiales.

-Leur contenu thématique est riche :

N 1. Quatre dragons liés deux à deux repoussés par des anges.

N2.  Quatre dragons, dont deux bicéphales.

N3. Deux dragons ailés et deux personnages démoniaques autour d'un masque.

N4. Rinceaux à l'ange obscène et deux autres personnages.

N5. Rinceau à cinq personnages, dont trois anges (du Mal). Un dragon.

Les onze dragons ne surprennent pas, tant ils sont abondants sur les sablières, les crossettes et autres décors sculptés des sanctuaires bretons, mais aucun ne ressemble à l'autre. Le motif des dragons affrontés et liés ensemble par un anneau cervical est fréquent dans la sculpture sur pierre et sur bois en Basse-Bretagne, mais en est-il spécifique ? Où trouve-t-il sa source ? Quel sens lui donner ? De vastes études iconographiques sont nécessaires pour développer celles de la thèse de Sophie Duhem en 1997.

Pourquoi tant d'anges infâmes, obscènes ou délurés ? Le mystère de chaque personnage résiste (c'est tout son charme) aux tentatives d'interprétations.

- L'unité stylistique est soulignée par S. Duhem, et va conduire à tenter de définir un atelier actif à Saint-Côme, à Saint-Jean et à Trégarvan entre 1641 et 1676, atelier anonyme d'un "Maître de Saint-Nic", ou au contraire  atelier dont les artisans sont Jacques Polesec, Olivier Guillossou et Alain Roignant.

J'ai noté les éléments stylistiques suivants, faciles à reconnaître :

  • Utilisation de perforations à la tarière, en ornementation, et pour les pupilles.
  • Menton "en godet".

- Il faudra replacer ces sablières dans leur contexte historique et religieux (Contre-Réforme, Missions jésuites d'évangélisation des bretons considérés comme païens, parution d'un catéchisme en breton en 1659 par J. Maunoir), mais cette clef ne m'a pas semblé très opérante, et le décor, qui ne reprend même pas les motifs Renaissance, témoigne au contraire d'une mythologie chrétienne médiévale riche en animaux fabuleux et s'amusant sans censure à se faire peur ou à projeter le Ça d'un inconscient collectif dans cet espace intermédiaire entre l'espace liturgique au sol, et le clocher tendu vers les cieux.

-Et enfin les replacer dans le contexte ornemental de la chapelle, d'abord de sa charpente (sablières sud et des bas-cotés, entraits engoulés, blochets, culots et abouts-de-poinçons), mais ensuite de sa statuaire, de son mobilier, de son calvaire), et dans le projet de mécénat du recteur Perfezou.

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SOURCES ET LIENS.
 

— BASE MERIMÉE, Notice :

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/mersri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IA00005244

— COUFFON (1988)

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/SAINTNIC.pdf

CHAPELLE SAINT-COME ET SAINT-DAMIEN (C.)

En forme de croix latine, cet édifice, de construction soignée en pierres appareillées, comprend une nef de cinq travées avec bas-côtés, un transept et un choeur peu saillant à chevet plat. Elle remonte au XVIe siècle ou même fin XVe siècle mais dans son état actuel elle est en grande partie du XVIIe siècle ainsi que l'indiquent de très nombreuses inscriptions.

Sur la sablière nord de la nef : "DICI IVSQVES AV PREMIER PILIER A ESTE BOISE AVX FRAIS DE VENER PERESONE Mre GVIL PERFEZOV RECT DE St NIC 1641."

Plus loin : "DICI IVSQVES A LAVTRE ESCRITEAV A ESTE BOISE PAR IAC POLESEC ET OL GVILLOSSOV Mre GVILL PERFEZOV ESTANT RECTEVR DE St NIC ET I. BORGNE. FAB. DE CEANS."

Sur les sablières des bas-côtés : "M. G. PERFEZOV. R. G. MARZIN. F. 1661" (au sud), "AL. ROIGNANT FAB. ET CHARP. 1670" (au nord).

Au-dessus de la porte nord : "AL. ROIGNANT. F. 1675 (ou 1673 ?)."

Une pierre aux armes des Rosmadec, sans doute celles de Bertrand de Rosmadec, évêque de Quimper (1416-1444), et provenant de l'ancien édifice a été conservée dans le nouveau ; l'inscription en caractères gothiques est très effacée. Les arcades en tiers-point de la nef pénètrent directement dans les piliers octogonaux ; à la base de ceux-ci, bancs de pierre.

La magnifique charpente de la nef en forme de carène renversée, repose sur des sablières et des entraits engoulés. La charpente du transept a été détruite par les bombardements de l'été 1944. Le lambris a disparu ; il portait autrefois des peintures représentant la vie de saint Côme et saint Damien datées 1694 ; elles furent détruites en 1880.

La tour avec contreforts aux angles porte une galerie en fort encorbellement ; à la base de la flèche octogonale à crochets, gables ajourés et lanternons sommés de pinacles aux angles. Au coin S.-E. du chevet, sacristie basse avec toiture à six pans. Une fenêtre flamboyante à quatre lancettes éclaire le maître-autel.

Mobilier : Maître-autel en pierre revêtu de boiseries peintes, en mauvais état ; on n'y voit plus l'écu aux armes de Tréanna : d'argent à la macle d'azur. Sur le retable bas et le tabernacle à triple étage, niches à cariatides. - Clôture de choeur à balustres et pendentifs. - Deux autels latéraux en pierre ; celui de l'aile nord a gardé ses gradins et son tabernacle ; deux piscines de la fin du XVe siècle.

Chaire à prêcher d'époque Louis XIII ; de forme octogonale, elle a des panneaux pleins surmontés d'une petite balustrade. La rampe de l'escalier est à grands balustres tournés. Longue inscription : "SVMPTIB. VENERAB. VIRI. D. D. GVILLEIL. PERFEZOV. SACERD. AC. RECTOR. HVIVS. ECCLESIAE. / ANNO. 1638. FECERVNT. I. POLESEC. IO. ET. OL. KMORGAN."

Petit coffre du XVIe siècle à la sacristie, il a gardé ses ferrures et sa serrure anciennes. Statues anciennes - en pierre : saint Côme, décapité, et saint non identifié, sur l'autel d'offrandes de la nef ; - en bois polychrome : Christ en croix (nef), Vierge à l'Enfant du XVe siècle, Notre Dame de Pitié, les saints patrons Côme et Damien (niches à colonnes corinthiennes aux angles du chevet), saint Sébastien, saint Herbot, saint Jean l'Ev., dont la niche, disparue en 1984, portait l'inscription : "M. FR. HVCHET. RE. DE. St NIC / CL. LE. DROF. F. 1689."

Vitrail du transept sud consacré à la vie des saints Côme et Damien, par H. de Sainte-Marie, 1955.

 Dans le placitre (site inscrit), petit calvaire mutilé (I.S.) : Christ de Roland Doré et, sur le socle triangulaire, statues en pierre de l'Apôtre saint Pierre et des saints Jean et Madeleine géminés, toutes décapitées. Fontaine en contrebas dans la prairie : voûte à fronton, statues des deux saints mutilées. L'eau passait pour guérir les maux de tête. »

 

 

DILASSER (Maurice), 1979, La chapelle Saint-Côme in Un pays de Cornouaille Locronan et sa région. Paris, Nouvelle Librairie de France. pages 632-636


DUHEM (Sophie) 1998, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.), Presses universitaires de Rennes,  390 pages. Saint-Nic pages 19, 24, 25, 29, 36, 95, 100, 113, 119, 143, 146 (les sculpteurs de Saint-Nic), 147, 183 (médaillons),  218, 242, 257 (les évangélistes de la chapelle Saint-Jean), 283 (chap. St-Jean), 299, 321 et 334.

http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=781

 

Les sculpteurs de Saint-Nic 1641-1670.

"L'étude stylistique des sablières de la chapelle des Saints Côme-et-Damien à Saint-Nic met en évidence la participation d'un atelier composé de trois sculpteurs, ayant exercé leur activité entre 1641 et 1670 sur la demande du recteur de la paroisse, Guillaume Perfezou. Les décors les plus anciens, localisés dans la nef, portent les signatures de deux artisans employés à l'édification de la charpente dans cette partie de l'édifice ; une première date précise qu'elle fut commencée en 1641 et terminée ... « l'an 1646 par Iac Bolesec et ol(ivier) Guillocsou ». les noms des deux sculpteurs sont donc connus : il s'agit de Jacques Bolésec et d'Olivier Guillosou. Le programme qu'ils élaborent est inventif, composé de thèmes variés où prédominent les images de dragons végétalisés, les frises de végétaux soutenus par des putti ailés, les mascarons et des grylles monstrueux. La réalisation est correcte comme le montre la taille en haut-relief des sculptures, mais l'étude de détails trahit une connaissance peu maîtrisée des règles de la composition, des proportions , du rendu des gestes et des expressions, que dissimule une abondante décoration de surface. Il est en réalité difficile de dissocier la participation respective des deux ouvriers à l'ouvrage car la facture de l'ensemble est très homogène et ne révèle pas de différence stylistique notable. La seule que nous voyons se résume à quelques points de détails qui tendent à distinguer d'un coté les reliefs sculptés des sablières et de l'autre les sculptures en ronde-bosse des faux culots de poinçons et des blochets."

Un autre compagnon se joint aux ouvriers une dizaine d'année plus tard, pour exécuter un ouvrage de même goût dans le bas-coté sud de l'église. Une poutre précise l'époque (nous sommes en 1661) et l'une des factures identifie le nouvel artisan : il s'agit d'Alain Roignant, qui reproduit fidèlement les thèmes sculptés par ses compagnons mais pour un résultat plus médiocre que tente de camoufler une excessive décoration de stries, d'encoches et de points. L'artisan a visiblement été formé aux « méthodes » des sculpteurs et familiarisé avec les images de l'atelier. Son activité ne débute pas en 1661 puisqu'il exerce déjà son métier en 1653. il réalise à cette époque les décors sculptés de la chapelle Saint-Jean, toujours pour le recteur Guillaume Perfezou. Ses déplacements le conduisent à quelques kilomètres de là, dans la paroisse de Trégarvan qui l'emploie à l'ornementation de la charpente. La date de réalisation de cet ensemble n'est pas connue ; elle est probablement contemporaine des travaux de Saint-Nic et de l'achèvement des reliefs du bas-coté nord en 1670.

 

 

— MUSSAT (André), 1957, Congrès archéologique de France vol. 115; A. Picard, page 133..

 

— OLIVIER ( Corentin), 2014, Les charpentes armoricaines : inventaire, caractéristiques et mise en œuvre d’un type de charpente méconnu, Mémoire de master 2, Université Rennes 2, sous la direction de Pierre-Yves Laffont et Vincent Bernard, 2014, 410 p.

OLIVIER ( Corentin), 2016, « L’archéologie des charpentes anciennes (xive -xvie siècles) au service de la connaissance des forêts du Massif armoricain », Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, t XCIV, 2016, p. 109- 121.

— PARCHEMINOU ( Corentin), 1930  “Saint-Nic : une paroisse cornouaillaise pendant la Révolution : ses monuments religieux,” 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3082c766c9392bec4684ec9de6920595.pdf

"Chapelle de Saint-Côme.

Située à un kilomètre environ au Sud du bourg, non loin de la Lieue-de-Grève, cette chapelle est l'une des plus intéressantes du diocèse de Quimper. Elle est  dédiée à Saint Côme et Saint Damien. L'édifice actuel, dont les plus vieilles parties remontent au xve siècle, a dù être bâti après une des épidémies de peste qui firent tant de ravage dans notre pays, au cours des XIVe et xve siècles, et il. est probable que la famille de Rosmadec, dont le château existait non loin de là, en Telgruc, n'a pas été étrangère à sa construction. En effet, on voit le blason de cette famille sur une vieille pierre en granit bleu, accôtée au mur du bas-côté gauche, vers le bas de l'édifice : palé d'argent et d'azur de six pièces. Timbrée d'une mitre et d'une crosse qui a sa volute tournée vers la gauche, elle offre, à n'en pas douter, les armoiries de Bertrand de Rosmadec, évêque de Quimper, de 1416 à 1445, qui contribua sans doute .à la construction. Une légende sans fondement veut aussi que la chapelle ait été bâtie par les Anglais. Les matériaux pour la construire seraient venus par mer ...

Saint-Côme fut autrefois un lieu de pèlerinage très fréquenté, ce qui explique les belles dimensions de la chapelle, plus grande que l'église paroissiale. Une petite porte au Sud et certains chapiteaux sont du début du XVI" siècle. Une autre porte, sur la face Ouest du croisillon Sud, a les caractères de vers 1540, avec arc en anse de panier et mouluration prismatique  continue. Les remplages sont tous du milieu du xvie siècle. Un très beau clocher à galerie, plus jeune que son entourage, complètè l'édifice.

A l'intérieur, cinq travées, un transept et un chœur rectangulaire en légère saillie, nef obscure. Le sol, de simple terre battue, est en légère pente de l'Est à l'Ouest. Ce qui frappe surtout dans cette chapelle, c'est la voûte de la nef qui est, dans le pays, à peu près unique en son genre.

On voit là toute une forêt de poutres sculptées. La charpente apparente est fortifiée par des tirants ou poutres en bois dont les extrémités sont mordues par des gueules monstrueuses. Les chevrons, les contre-fiches, les sablières, les entraits, tout est œuvré avec la plus curieuse fantaisie. Pas un mètre de bois qui ne soit ciselé et fouillé : chimères, monstres, bustes représentant toutes sortes de personnages. On a remarqué que tous ces personnages ont l'air dolents et se tiennent le ventre des deux mains, comme s'ils souffraient de maux d'entrailles. Certains croient qu'à Saint-Côme il y eut autrefois une maladrerie ou léproserie. Ceux qui ont commandé et exécuté ce travail l'ont signé, car on lit sur les frises du côté gauche : D'ici : iusques : au : premier : pilier a esté : boisé : aux frais : de : vénérable : personne  Guil : Perfézou : rect. de St Nic. 1641. Une autre inscription au bas de la nef dit : D'ici: iusques : à l'autre : escriteau : a: été: boisé: par : Alain : Polézec : et: OH : Guillosou : et : estait : recteur : M" : Guil; Perfézou. Sur la boiserie du bas-côté droit : M. G. Perfézou, R. G. Marzin F. 1661. - Ces : quatre: derniers: piliers : furent: bastis : 1649, lW" Grzill: Perfézou, R"~ Sur le mur Nord, à l'intérieur et à l'extérieur : Al: Roignant: Fab. en charg. 1675.

Le chœur était autrefois couvert d'une charpente.encore plus ouvragée que celle de la nef. On a, malheureusement, dû la démolir, il y a une cinquantaine d'années, à cause de son mauvais état. C'est d'autant plus regrettable que des peintures la couvraient, qui représentaient plusieurs scènes de la vie de S. Côme et de S. Damien. Elles portaient la date: 1694. L'autel principal, très fouillé, possède quelques statuettes en bois finement ouvragées. Sur le tabernacle de l'autel latéral gauche, on voit un petit écusson aux: armes de Tréanna, d'argent à la macle d'azur.

Statues. - Les deux frères Côme et Damien, qui étaient médecins de profession et qui furent martyrisés à Eches, en Cilicie, vers la fin du m• siècle, occupent les côtés du chœur, coiffés tous deux du bqnnet de docteur et tenant, l'un une boîte à médicaments, l'autre une fiole à onguent. Au-dessous de chacun, il y a un écusson martelé ; celui qui est sous Saint Damien semble être celui des Hirgarz : d'or à trois pommes de pin d'azur.

Du côté de l'Evangile : statues de Sainte Barbe, de la Sainte Vierge avec l'Enfant-Jésus et de Saint Sébastien. Celle de Ia Sainte Vierge semble être du xve siècle. Du côté de l'Epître : Pieta extraordinairement douloureuse, Saint Herbot en moine franciscain, Sainte Marguerite. Certains guides signalent des peintures murales. Elles n'existent plus. Ont disparu également les armoiries des sieurs de Brénalen, du nom de Tyvarlen : d'azur au château d'or, qui timbraient encore un vitrail vers 1850. 

Ceux qui ont visité la chapelle de Saint-Côme ont dù être intrigués par une faucille - ou plutôt ce qui fut une faucille, car elle est en grande partie rongée par la rouille - suspendue au mur du chœur. En voici l'histoire : Un jour - il y a de cela bien longtemps, l'état de la faucille le montre - un paysan d'un village de Plomodiern, tout proche de la chapelle; esprit fort ou acharné travailleur, au lieu de venir au pardon de Saint-Côme, s'en alla travailler aux champs. La punition ne tarda guère. Pendant qu'il travaillait, il se fit avec sa faucille une blessure tellement profonde que· personne ne put arracher l'instrument de la plaie. Le paysan comprit sa faute et vint au plus vite prier les deux Saints médecins, Côme et Damien, de le prendre en pitié. Dès qu'il se fut agenouillé au pied de leurs statues, la faucille tomba d'elle-même et la blessure guérit aussitôt. Le paysan repentant, plein de reconnaissance, laissa sa faucille à la chapelle comme ex voto. Et chacun peut l'y voir encore aujourd'hui.

Devant la chapelle se dresse un petit calvaire mutilé, transporté à cet endroit, il y a quelques années, de derrière le chevet de l'église, où il gênait la circulation. C'est une vieille croix entourée de saints personnages et montée sur une base triangulaire. On reconnaît Saint Pierre tenant une clef, et Saint Côme broyant un remède dans un mortier. Un autre personnage tient une bourse dont il serre le col. Au pied de la croix est un écusson aux armes de Hirgarz en alliance avec celles d'une autre famille.

A une centaine de mètres de la chapelle coule une· jolie fontaine gothique contenant les statues de Saint Côme et de Saint Damien. L'une des statues n'a plus de tête. L'eau de cette fontaine passe pour guérir les maux de tête ; on l'emploie mélangée au suc d'une plante qui fleurît aux abords, en Juillet et Août.

 Le pardon a lieu chaque année, le lundi de la Pentecôte, pardon pieux et calme, inconnu des romanichels et des touristes, semblable à ces pardons chers à André Chevrillon. Pour ma part, je ne connais rien de touchant, rien de pittoresque comme la procession de Saint Côme s'avançant après vêpres, face à l'Océan, à travers les jeunes blés verts que fait onduler la brise marine aux senteurs de sel et de varech ..."

 

 —TOSCER (Catherine), 1997, La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien en Saint-Nic,Mémoires de la Société d'Histoire et d'archéologie de Bretagne vol. 75, pages 371-377.

http://www.shabretagne.com/scripts/files/54947131089936.59874395/1997_24.pdf

 

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Published by jean-yves cordier
3 juillet 2018 2 03 /07 /juillet /2018 16:19

La chaire (1638) de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic, et son inscription par le recteur Perfezou.

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Car une chaire est une étrave. Elle entraîne tout le monde dans son sillage et ouvre la voie à l’humanité. De là on voit approcher la brusque tempête de la colère divine et la proue est la première à soutenir l’attaque. De là montent les implorations pour des vents favorables vers les dieux qui régissent leurs forces bonnes ou mauvaises. Oui, le monde est un navire éphémère qui ne parfait pas son voyage et la chaire est son étrave. Herman Melville, Moby Dick, chap. VIII, 1851.

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C'est une chaire en bois peint, suspendue sur un soubassement en cul-de-lampe, avec sa cuve pentagonale, son appuie-corps en bois tourné, son  abat-voix et son escalier courbe, et elle s'appuie contre le quatrième pilier nord de la chapelle. Sa hauteur ? 1, 90 m pour la cuve et le soubassement. 

C'est un objet classé MH depuis le 10 mai 1995.

En France, et notamment en Bretagne, aucune de nos anciennes églises n’a conservé,  de chaires à prêcher, ou pupitres pouvant en tenir lieu, antérieurs au XVe siècle. L’usage, à partir du XIIe siècle surtout, était, dans nos églises du Nord, de disposer à l’entrée des chœurs des jubés, sur lesquels on montait pour lire l’épître et l’Évangile et pour exhorter les fidèles, s’il y avait lieu. Toutefois ces prédications, avant l’institution des frères prêcheurs, ne se faisaient qu’accidentellement.

Les jubés ont été déposés après le Concile de Trente, et il a fallu construire des chaires (latin cathedra), car la Bretagne devint un terrain où les prédicateurs rassemblaient les foules. Elles sont placées au nord, "du coté de l'évangile".

Voir Chaire dans Viollet-le-Duc  ou dans Justin Storck .

Le rôle des prédications du Père Maunoir est important à considérer, et Catherine Toscer estime que c'est dans le courant de la Contre-Réforme, probablement à la suite d'une de ses Missions, prêchée à la chapelle en 1652 (*), que le recteur Perfezou mena à bien sa rénovation de l'édifice (mais cette chaire date de 1638 et la restauration de la charpente sous sa gouverne débute en 1641).

(*) je trouve confirmation d'une Mission à Saint-Nic en 1752, ou de Saint-Nicaise sans précision sur Saint-Côme.

 

"L'année 1652 s'ouvrit donc sous les plus favorables auspices. Treize missions furent données en Haute et Basse Cornouailles, d'après l'analyse du Journal du P. Maunoir ; et le concours des nouveaux missionnaires put faire présager déjà les résultats. que le Vénérable se promettait de sa grande entreprise. On commença par Douarnenez, Ploaré, Saint-Nic, pour continuer· par Cléden-Poher, Saint·Elouan, le Quilio, et finir par l'île de Sein, Beuzec-Cap-Sizun, Pont-Croix, Poullan, Meilars, pays: . ~~ auxquels Il faut joindre sans doute, d'après une note du Père Boschet 3, Tréménac'h dans l'évêché de Léon.

A Saint-Nic, des guérisons miraculeuses récompensent la foi des paroissiens et suscitent partout un véritable enthousiasme. Le P. Maunoir avait été appelé auprès d'un enfant que la mort allait ravir aux tendresses des siens ; il bénit le petit mourant, qui soudain revient à la santé. Sur ces entrefaites, un autre enfant lui présente sa main dont les nerfs étaient entièrement desséchés et qui demeurait toujours fermée. Le Vénérable y applique son crucifix, la main s'ouvre aussitôt et sans effort au gré de l'enfant qui tressaille d'allégresse" Vie du P. Julien Maunoir, par le P. Boschet, p. 204.

 

 

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Une chaire décevante ?

À Saint-Côme et Saint-Damien, les panneaux de la cuve et  du dossier ne sont pas sculptés de scènes légendaires ou de symboles liturgiques, le soubassement ne porte aucun détail animalier, et nous ne trouvons sous l'abat-voie aucune colombe, et à son apex aucun ange trompettiste.

Pourtant, un jeu de piste palpitant attend les érudits. 

 Tournons et lisons, lisons et tournons  autour de la cuve pour en découvrir l'inscription portée ici à la base de la balustrade par le bon et vénérable recteur des lieux.

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Panneau n°1 de la cuve. Pas d'inscription.

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La chaire (1638) de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic, et son inscription.

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Panneau n°2 de la cuve. Début de l' inscription.

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La chaire (1638) de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic, et son inscription.

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Nous lisons :

: SVMPTIB. VENERAB. VIRI : D : D : GVILLEL /

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Je résous les abréviations ainsi "Sumptibus  venerabilis viri discreti dom Guillelmi"

Sumptibus est  l'ablatif pluriel de sumptus, "frais, dépense".

Voir pour "sumptibus venerabilis viri :

Je traduis par : "Aux frais du très vénérable et discret dom Guillaume" : le donateur était donc dominicain, membre de l'Ordre des Prêcheurs, ce qui peut expliquer son souci de doter la chapelle d'une chaire.
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La chaire (1638) de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic, et son inscription.

Mais tournons, tournons vite !

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Panneau n°3 de la cuve. Suite de l' inscription.

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La chaire (1638) de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic, et son inscription.

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Que lisez-vous ?

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: PERFEZOV : SACERD. AC. RECTO HVIUS

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Soit :  Perfezou sacerdos ac rector huius

je traduis par "Perfezou prêtre et recteur de cette ..."

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La chaire (1638) de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic, et son inscription.

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Panneau n°4 de la cuve. Suite de l' inscription.

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La chaire (1638) de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic, et son inscription.

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L'inscription porte les mots :

 ECCLESIÆ.  ANNO D . 1638 : FECERVNT . I 

 

Soit : "Ecclesiae.  Anno Domini 1638 fecerunt I "

Je traduis  : [de cette ] église. En l'année du Seigneur 1638 firent I. "

La chaire (1638) de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic, et son inscription.

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Panneau n°5 de la cuve. Suite de l' inscription.

 

La chaire (1638) de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic, et son inscription.

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: POLESEC : I0 : ET : OL : KMORGAN[T]

 

Qui est traduit par [I.] Polesec,  IO et  Ol. Kermorgant, ou 

"Jacques Polesec et Joseph et Olivier Kermorgant."

La chaire (1638) de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic, et son inscription.

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Pour finir, nous obtenons : 

: SVMPTIB. VENERAB. VIRI : D : D : GVILLEL : PERFEZOV : SACERD. AC. RECTO HVIUS  ECCLESIÆ.  ANNO D . 1638 : FECERVNT . I : POLESEC : I0 : ET : OL : KMORGAN[T]

 "Sumptibus  venerabilis viri discreti dom Guillelmi  Perfezou sacerdos ac rector huius Ecclesiae.  Anno Domini 1638 fecerunt I. Polesec,  IO et  Ol. Kermorgant"

"Aux frais du très vénérable et discret dom Guillaume Perfezou prêtre et recteur de cette église, en l'année du Seigneur 1638 firent [cette chaire] Jacques Polesec et Joseph et Olivier Kermorgan[t].".

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1°) Le recteur Guillaume Perfezou.

Il s'agit de la première inscription tracée sur les directives du recteur Guillaume Perfezou, qui en laissa six autres (en français)  en 1641, 1645, 1653 et  1661 :

Quatre sur les sablières de la chapelle Saint-Côme :

Sur la sablière nord de la nef : "DICI IVSQVES AV PREMIER PILIER A ESTE BOISE AVX FRAIS DE VENER PERSONNE Mre GVIL PERFEZOV RECT DE St NIC 1641."

Mur collatéral des arcades sud de la nef CES QVATRE DERNIERS PILIERS FVRENT BASTIS 1645. Mre GUIL. PERFEZOU. R[ecteur].

Plus loin : "DICI IVSQVES A LAVTRE ESCRITEAV A ESTE BOISE PAR IAC POLESEC ET OL GVILLOSSOV Mre GVILL PERFEZOV ESTANT RECTEVR DE St NIC ET I. BORGNE. FAB. DE CEANS."

Sur les sablières des bas-côtés : "M. G. PERFEZOV. R. G. MARZIN. F. 1661"

 

Deux à la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic :

Sur le calvaire "M. GVILL. PERFEZOV. RECTEVR. SEB. POLESEC. F. 1645."

Sur la charpente : "M. GVIL. PERFEZOV RECT. M. K[ER]VAREC. FA. 1653."

Dans la première, la plus ancienne après celle de la chaire, il reprend son titre de "Vénérable"  sous la forme "Vener Personne". Et il reprend aussi, traduit en français, le terme "sumptibus", " aux frais de". Il devait être riche, et provenir d'une famille riche, sans doute originaire d'Argol où un de ses homonymes est le fils de Jean Perfezou (Caméros, Argol, 16677-1722) et de Jeanne Kervella, née à Saint-Nic.

Son prénom est mentionné GVIL ou GVILL.

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2°) Jacques POLESEC, menuisier.

Avec ses compagnons, il est désigné (fecerunt) comme artisan et donc menuisier et non comme fabricien (commanditaire).

Un Jacques Polezec est mentionné par les généalogistes, né vers 1590 à Saint-Nic et décédé  à Saint-Nic le 16 avril 1684. Il est le parrain en 1630 de Catrherine Guillamot.

Il est également mentionné comme charpentier ou menuisier sur les sablières de Saint-Côme, dans l'inscription non datée suivant celle de 1641.

Un Sébastien Polesec est mentionné comme fabricien sur le calvaire de la chapelle Saint-Jean avec la date de 1645. Et un Polesec laisse son nom comme fabricien à Ste-Marie-du-Ménez-Hom en 1573.

3°) Joseph Kermorgant, menuisier.

Pas de découverte le concernant.

4°) Olivier Kermorgant, menuisier.

Pas de découverte le concernant : à vous la balle !

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SOURCES ET LIENS.

—Notice Base Palissy

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/dapapal_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Saint-Nic&NUMBER=1&GRP=0&REQ=%28%28Saint-Nic%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=50&DOM=MH

Inscription : SVMPTIB. VENERAB. VIRI : D : D : GVILLEL : PERFEZOV : SACERD. AC. RECTOR : HVIVS : ECCLESIAE. / ANNO : 1638 : FECERVNT : I : POLESEC : 10 : ET : OL : KMORGAN (sur la cuve).

 

TOSCER (Catherine), 1997, La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien en Saint-Nic,Mémoires de la Société d'Histoire et d'archéologie de Bretagne vol. 75, pages 371-377.

http://www.shabretagne.com/scripts/files/54947131089936.59874395/1997_24.pdf

"SUMPTIB(US) VENERAB(ILIS) VIRI D(OMINI) D. GUILLELM PERFEZOU SACERDOS AC RECTOR HVIVS ECCLESIAE : ANNO D(OMINl) 1638. FECERUNT I. POLESEC: I O(SEPH)  ET OL(IVIER) K(ER)MORGAN. "

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Published by jean-yves cordier
2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 21:35
Plaque routière, La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

Plaque routière, La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

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Sur la commune de Rosnoën, une "plaque de cocher" garde le souvenir du Chemin de Grande Communication n°47. On y lit :

 

CHEMIN DE GDE COMTION N°47

PLOMODIERN            <----- 10K 770

PLONEVEZ PORZAY <----   17K 870

DOUARNENEZ          <-----   29K 370

LE FAOU                     ---->     7K 505.

 


En 1890,

le Finistère disposait de 5 routes nationales, 14 routes départementales, 56 Chemin de Grande Communication CGC, et 30 chemins vicinaux d'intérêt commun. Le Classement des chemins vicinaux en chemins de grande communication date de 1861. 

Le Chemin de Grande Communication n° 47  Douarnenez Le Faou mesure, selon cette plaque 36 km 875. 

Mais cette plaque est singulière, peut-être unique, car elle est apposée sur le pignon est d'une maison privée, l'ancienne maison du dernier  passeur (1951) Jean Horellou, sur la rive de l'Aulne maritime. Cette plaque qui  s'arrête devant "Le Passage" signale une absence de route, et un passage par où on ne passe plus. Kafkaïen, non?

 

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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

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La route s'arrête là, face à une jetée qui descend vers le fleuve, entourée des croupes grises de vasières .

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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

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Mais en face, sur l'autre rive, sur la commune de Dinéault,  des maisons blanches en haut d'une jetée indiquent que la route reprend, comme si de rien n'était. Cet endroit est nommé Le Passage (CEM 1820-1866), et à la fin du XVIIIe "Maison Blanche", toponyme qui n'a pas vieilli.

 

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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

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Mais regardez ! une plaque nous dit tout sur ce Passage !

25 000 personnes par an, et le bétail, les moutons et les véhicules !

68,49 personnes par jour ! mais combien de moutons ?

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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

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Si, rêvant de ces foules montées à bord du bac de Jean Horellou, je m'écarte en contrebas de la jetée, je parviens à un autre rêve, celui des algues froides, de la palud (ou schorre) où se plaisent l'Obione, l'Aster et les chausse-trappes où je m'enfonce : slouourpe, plaf , eh ! Baignade non surveillée !

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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

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C'est pour découvrir un baradozig où de vieilles coques achèvent leurs jours et rêvent du passé.

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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

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La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

La Forest, Route du Passage, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

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Très bien, très bien les pieds dans l'eau ! Mais Voler, grimper tout seul vers la Lune, et contempler ce Passage parmi les blés mûrs comme le font les beaux oiseaux marins !

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Vue du Passage à partir du Bélvédère,  Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

Vue du Passage à partir du Bélvédère, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

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Vue du Passage à partir du Bélvédère,  Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

Vue du Passage à partir du Bélvédère, Rosnoen. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

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DOCUMENTS.

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1°) Didier Cadiou 1997.

"En 1811, ce passage est armé par deux chalands, la Marie Jeanne et la Marguerite. Le passeur dispose en outre d'une loge construite près du village de La Forêt en Rosnoën, mais ce passage, comme celui de Térenez, est dépourvu de cale d'embarquement. Tous les six ans, l'Administration procède à une nouvelle adjudication des droits de passage. Tous les fermires n'atteignent cependant pas le terme de leur bail en raison d'un décès, d'une résiliation pour difficultés économiques ou  d'une décision préfectorale. Utile aux hommes, le bac est aussi pour le bétail comme l'atteste ce témoignage, vers 1830, de J.F Brousmiche, l'un des rares auteurs à évoquer le passage de l'Aulne:

"Pour se rendre à Ménez-com, les chevaux, le bétail du Léonnais sont obligés de passer la rivière de l'Aulne au bac de Rosnohan, et cette rivière étant rivière de marée, quand le vent et le courant sont en opposition avec le flot, il arrive fréquemment de voir le bac dériver, et fréquemment aussi ce bac trop chargé chavire, et la rivière engloutit les hommes et les animaux. Il ne se passe pas de foires à Ménez-com sans accidents de cette nature,. et cependant ces foires sont très fréquentées". Jean-François Brousmiche, Voyage dans le Finistère en 1829,1830, 1831, Quimper, éditions Morvran, 1977.

 

Finalement, en décembre 1856, l'Administration se décide enfin à établir sur chaque rive "une rampe en pavement à pierres sèches simplement dégrossies" (45 m sur chaque rive)dont l'entretien devra être assuré par les fermiers eux -mêmes. Les travaux sont rapidement entrepris pendant la campagne 1857." D. Cadiou, Avel Gornog 1997

 

2°) Le site Antreizh, ce qui veut dire "Le passage" :

http://www.antreizh.fr/lepassage.html

"Appartenant aux seigneurs du Faou sous l'Ancien Régime, le "passage" entre Rosnoën et Dinéault, situé à la limite administrative des eaux fluviales et maritimes, situé sur l'axe allant de Landerneau à Douarnenez, attesté depuis 1514, était appelé Treiz Guenhel, du breton treiz (passage), et du nom de "saint Guinal", dont la chapelle se dressait sur la côte de Dinéault et se faisait par des bacs ou des chalands. Le "passage" était périlleux, compte tenu de sa largeur et de la force du courant. En 1858 fut construite une cale en pavage de pierres sèches, foulée depuis par des flots de piétons, de bêtes, charrettes et véhicules divers. Le Passage constituait un axe de communication entre le nord du Finistère et le sud vers la plaine du Porzay (l'affluence était grande chaque dernier dimanche d'août pour se rendre au pardon de Sainte-Anne-la-Palud) ou inversement (par exemple, les pèlerins venant du sud étaient nombreux chaque 15 août pour se rendre au pardon de Rumengol). Les foires d'Hanvec, du Faou et de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom étaient aussi des jours d'affluence. Cet itinéraire était classé chemin de grande communication no 47 depuis 1862.

 

Prendre le bac est dangereux comme en témoigne ce rapport du Conseil général du Finistère daté de 1874:

« Il serait à désirer, pour éviter les accidents qui se produisent souvent à l'embarquement et au débarquement des animaux, et même des passagers, que les cales d'accès fussent améliorées, principalement pour les cales des bacs de Rosnoën [à Treiz Guenhel] et de Térennez [Térénez] ; celles existantes sont beaucoup trop basses et rendent les embarquements difficiles et dangereux. »

 Le même rapport de 1874 dit que « le service est déplorable, le matériel en très mauvais état, et des plaintes incessantes sont adressées à l'administration ». À cette date, le service du "passage" était assuré par trois bacs à Térénez, un grand bac en mauvais état, un bac plus petit en bon état et un batelet en assez bon état ; à Rosnoën, un bac neuf propriété du passeur vient de remplacer à cette date les deux grands bacs en mauvais état qui appartenaient à l'État ; s'y ajoute un batelet qui permet seulement le passage des personnes. Un accident provoqué le 11 août 1874 par un cheval qui défonça le grand bac de Térénez faillit provoquer la mort de 14 personnes. Même la route menant au bac de Térénez était d'accès difficile et les accidents sont fréquents ;« la difficulté des communications entre Crozon et Le Faou, augmentées par la mer, est nuisible aux deux localités », mais ce n'est que dans le courant de la décennie 1870 que ce tronçon de route est amélioré.

 En 1875, 25 175 piétons, 435 chevaux, 60 voitures et 508 veaux et moutons empruntent ce passage, réaménagé en 1878. Le bac se maintint en service malgré la mise en service en 1926 du premier pont de Térénez, profitant de la rareté du trafic automobile à l'époque pour continuer à assurer un service de proximité. Le dernier passeur fut Jean Horellou (Yann an Treizour) et sa fille tint le café, malgré la fermeture du passage en 1951, jusqu'en 1984.

Le "passage" de Térénez, sur l'axe Le Faou-Crozon, était aussi très fréquenté : ce passage existe depuis au moins le xviiie siècle et les cales ont été restaurées en 1836 et 1857 ; puis à nouveau en 1913 et 1923. Certaines années, au xixe siècle, on comptait jusqu'à 25 000 piétons et un millier d'animaux. Ce "passage" a été utilisé en direction de Landévennec jusque vers 1925, date de la construction du premier pont de Térénezet à nouveau de 1944 (destruction du premier pont) jusqu'en 1951, lors de la mise en service du second pont de Térénez.

D'autres "passages" jalonnaient ainsi le fleuve, par exemple à hauteur de Trégarvan."

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3°) 

En mai 1873, le Conseil municipal de Rosnoën sollicite, en raison de l'intempérance des passeurs, la suppression des auberges situées à proximité. Car des drames se déroulent parfois, comme ce 11 juillet 1873, lorsque la barque qui transporte sept bûcherons trop impatient pour attendre le bac situé sur l'autre rive, chavire, entraînant dans la mort  cinq de ses passagers .

Ou ce 3 mai 1880, lorsque le passeur Yves Capitaine disparaît en tentant en vain de sauver de la noyade son matelot Le Gall. (d'après D. Cadiou 1997)

Nombreuses photos du bac, du passeur et de sa famille sur le site http://www.antreizh.fr/lepassage.html

 

DOCUMENTS CARTOGRAPHIQUES.

Source Géoportail remonterletemps

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.196034&y=48.246280&z=16&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&mode=clipLayer

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La carte de Cassini (fin XVIIIe) : la route à partir de Maison Blanche est bien indiquée, alors que le chemin allant de Rosnohan à La Forest n'est tracé que par un trait.

 

La plaque de cocher du Passage à Rosnoën : le Chemin de Grande Communication n°47, et le Passage de l'Aulne par bac.

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Carte d'Etat-Major 1820-1866 : le site sur la rive gauche de l'Aulne est nommée Le Passage, mais aucun équipement n'est visible du coté Rosnoën.

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La plaque de cocher du Passage à Rosnoën : le Chemin de Grande Communication n°47, et le Passage de l'Aulne par bac.

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Carte de 1895 : le CGC n°47 est tracé, ainsi que le symbole du bac, et les noms La Forest et Le Passage.

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La plaque de cocher du Passage à Rosnoën : le Chemin de Grande Communication n°47, et le Passage de l'Aulne par bac.

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Carte de 1950. 

La route  Le Faou-Dinéault/Ste-Marie-du-Ménez-Hom  est tracée, ainsi que le symbole du bac, et les noms La Forest et Le Passage.

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La plaque de cocher du Passage à Rosnoën : le Chemin de Grande Communication n°47, et le Passage de l'Aulne par bac.

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Carte IGN

Le bac a disparu, la route venant de Rosnoën se nomme Route du Passage.

Carte IGN Géoportail.

Carte IGN Géoportail.

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SOURCES ET LIENS.

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LE PASSAGE

http://www.antreizh.fr/lepassage.html

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/bac-et-cale/da308fb4-51c9-4a45-bb97-548f99f58ca0

— CADIOU (Didier), 1997, De bacs en pont(s), in Avel Gornog n°5, Dossier l'Aulne Maritime", page 14-22

— Archives AD Finistère Voirie vicinale (3 O supplément), 3S96, 3S 1310, 3S Rosnoên non côté.

 

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Published by jean-yves cordier
2 juillet 2018 1 02 /07 /juillet /2018 14:31

L'église Saint-Budoc de Trégarvan.  Ses inscriptions, ses sablières et ses blochets, sa statuaire, ses bannières.

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Vous pourrez lire aussi, sur le sujet des sablières de Bretagne, les articles suivants :

 

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Sur les réalisations du Maître de Pleyben (1567-1576), voir :

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Sur les réalisations du Maître de Saint-Nic (1561-1576) :

 

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Et enfin :

La plaque de cocher du Passage à Rosnoën : le Chemin de Grande Communication n°47, et le Passage de l'Aulne par bac.

 

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 SITUATION.

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L'Aulne maritime, ou Rivière de Châteaulin, creuse, dans sa progression rêveuse mais avide d'en finir avec une course de 144 km, une large et profonde ria où elle dessine quelques derniers méandres ; ce sont eux qui  font toute la beauté du paysage qu'un promeneur peut découvrir du haut du Bélvédère (152 m), à Rosnoën. Le fleuve vient de recevoir son dernier affluent en rive droite, la Douffine, à Pont-de-Buis, mais accepte encore une dernière contribution en rive gauche, celle des eaux du Garvan, et ses saumons.

C'est précisément ce Garvan qui donne son nom à Trégarvan, de  tref , "village", en en délimitant le territoire à l'est . 

 

 

Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.

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J'ai utilisé en complément de mes clichés les ressources de GEOPORTAIL / REMONTERLETEMPS avec les cartes IGN, d'Etat-Major, de Cassini, et les photos aériennes.

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.214302&y=48.251928&z=15&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=normal

 

Géoportail remonterletemps.

Géoportail remonterletemps.

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Géoportail remonterletemps.

Géoportail remonterletemps.

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C'est ce ruisseau du Garvan, qui descend des pentes du Ménez-Hom (330 m) en alimentant des moulins, qui, associé au "ster" du  Cosquer, va dessiner ce chapeau de gendarme de Trégarvan.

Site Géoportail hydrographie.

https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

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Geoportail /photo aérienne / Hydrographie.

Geoportail /photo aérienne / Hydrographie.

Géoportail IGN hydrographie.

Géoportail IGN hydrographie.

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Une dernière photo de l'Aulne en amont de Trégarvan nous permet de comprendre que les habitants qui ont inscrit leur nom sur les murs de l'église au XVI et XVIIe siècle étaient de riches cultivateurs, ou des meuniers.

Pourtant, Marteville et Varin écrivait encore en 1853, dans la nouvelle édition du Dictionnaire d'Ogée

 

 

"Trégarvan, commune formée de l'ancienne trève d'Argol, sans desservance. Limit. : N. rivière de Châteaulin ; E. Dinéault, anse de Garvan ; S. Saint-Nic ; Dinéault ; O. Argol.

Principaux villages : Goulenes, Brigneun, Toulargloët, Kerfréval, Le Cosquer. Superficie totale 972 hectares, dont les principales divisions sont terres labourables : 201 ha. Près et pâtures : 16 ha. Bois : 8 ha; vergers et jardins : 8ha. Landes et terres incultes 711 hectares. Quatre moulins à –au, Kerfréval, Le Cosquer et du Garvan. "Cette commune est peut-être celle de toute la Bretagne qui a le plus de landes : celles-ci couvrent plus de 7/10e de son territoire. On parle breton."

La première édition, de 1778, décrivait Trégarvan avec Argol, mais dans des termes comparables :

"Argol ; située entre des montagnes ; à 7 lieues au Nord-Nord-Ouest de Quimper, son Evêché, à 41 lieues trois quarts de Rennes ;& à 2 lieues un tiers du Faou , la Subdélégation. On y compte 1050 communiants, y compris ceux de Trégarvan, sa trêve. Elle ressortit à Châteaulin, & la Cure est présentée par l'Abbé de Landevenec.

Ce territoire , couvert de montagnes serrées les unes contre les autres & plein de landes , ne contient que des terres stériles , Il vous en exceptez quelques-unes limées au Nord & à l'Est, qui produisent du froment & autres grains."

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L'Aulne et l'embouchure du Garvan. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

L'Aulne et l'embouchure du Garvan. Photographie lavieb-aile 28 juin 2018.

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COMMUNICATIONS.

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La carte de Cassini (fin XVIIIe) montre que les voies de communication longent l'Aulne par les  routes Châteaulin-Dinéault-Telgruc-Crozon au sud, Braspart-Quimerc'h-Rosnoën-Térenez au  nord. Deux "passages" traversaient le fleuve du nord au sud, à Térenez et à La Forest entre Rosnoën et Dinéault, comme le suggèrent — sans indiquer les passeurs — les voies qui s'interrompent sur les deux rives.

Aux XVIe - XVIIIe siècles, période de construction de l'église tréviale, Trégarvan est à l'écart relatif de ces voies, sauf par sa proximité du Passage La Forest-Maison-Blanche.

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Géoportail remonterletemps.

Géoportail remonterletemps.

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La carte d'Etat-Major de 1820-1866 montre la même chose. Notez la rareté du bâti sur la colline (42 m et 78 m) qui domine Trégarvan, et l'indigence des chemins conduisant à Le Passage, entre Rosnoën et Dinéault.

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Géoportail remonterletemps.

Géoportail remonterletemps.

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La carte au 1/50000 de 1950 indique enfin un enrichissement du bâti sur le petit promontoire, et mentionne clairement le bac et la route (ex Chemin de Grande Communication) Le Faou-Dinéault passant par le bac, dûment indiqué.

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Géoportail remonterletemps.

Géoportail remonterletemps.

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PRÉSENTATION.

D'après Chrystel Douard 2010.

 

Relevant dès le 11e siècle de l´abbaye bénédictine de Landévennec et trève de la paroisse d´Argol, Trégarvan est érigé en commune en 1792 et devient paroisse indépendante en 1842.

Aucun tissu urbain n'existe avant la seconde moitié du 19e siècle. En 1831, l'ancienne chapelle tréviale devenue ensuite église paroissiale, entourée du cimetière, se situe dans un secteur dépourvu de toute construction. Une demi douzaine de maisons dont l'ancien presbytère  est construite à la fin du 19e siècle dont deux à usage temporaire d'école communale et plusieurs à usage de commerce. Le presbytère, aujourd'hui désaffecté, conserve un élément sculpté ancien remployé au-dessus de la porte nord provenant peut-être de l'église et portant des armoiries associées à une crosse et une mître d'abbé, peut-être celles d'un abbé de Landévennec. La mairie, petit bâtiment à pièce unique, est construite en 1907, peut-être, comme le groupe scolaire à Kergroas (actuellement Musée de l'Ecole Rurale en Bretagne), d'après le projet de l'architecte A. Marie, de Brest. En 1930, le cimetière a été légèrement agrandi vers le sud et l'ouest et quelques maisons d'habitation ont été bâties au sud de l'église dans la période de l'entre-deux-guerres .

En 1965, une monographie succinte, rédigée par le ministère de la construction dans le cadre de la préparation d´un « plan sommaire d´urbanisme révèle une population éparse mais plus concentrée autour du bourg. Entre 1936 et 1962, la population diminue de 27 %. Parmi les 51 exploitations agricoles recensées en 1946, 44 subsistent en 1965 (contre cinq en 2009). Les 968 hectares du territoire communal sont alors composés de 367 hectares de terres labourables, de 56 hectares de prés, de 10 hectares de vergers, de 25 hectares de bois et de 477 hectares de landes, ces dernières couvrant presque la moitié de la commune. On y cultive la pomme de terre et les céréales.

Le bateau-vapeur liant Brest à Port-Launay, hors service dans les années 1960, faisait longtemps escale à Trégarvan pour permettre aux touristes de gravir le Ménez-Hom. En 1965, le potentiel touristique de la commune était perçu comme un atout. On comptait alors une cinquantaine de mouillages de bateaux et quatre cafés-épiceries dont deux au bourg et deux à Kergroas et Pont-Carvan. Situé dans la partie sud-ouest du Parc Naturel Régional d´Armorique, Trégarvan (arrondissement et canton de Châteaulin) fait partie de la Communauté de Communes du Pays de Châteaulin et du Porzay (Châteaulin, Dinéault, Saint-Nic, Plomodiern, Plonévez-Porzay, Ploéven, Quéménéven, Cast et Saint-Coulitz, Port-Launay). A dominante rurale et résidentielle, la commune se distingue par la qualité de de ses espaces naturels remarquables dont l´Aulne maritime et le Ménez-Hom, site classé depuis 2004, « en raison des ses caractères pittoresque et légendaire ». La commune couvre une superficie de 968 hectares et comptait 146 habitants au 1er janvier 2009. Avec plusieurs gîtes ruraux et un village de vacances, la commune est aujourd'hui tournée vers le tourisme rural, en lien avec l'attrait exercé par l'Aulne et le Ménez-Hom.

Un recensement des objets mobiliers conservés dans l´église, non reconduit dans le cadre de la présente enquête (fiches descriptives, photographies), avait été réalisé en 1977 ; il est disponible au centre de documentation du patrimoine (Région Bretagne). Trégarvan conserve des éléments patrimoniaux identifiés et dignes d´intérêts parmi lesquels figurent le Musée de l´Ecole Rurale en Bretagne, remarquable au niveau régional, ainsi que l´église paroissiale Saint-Budoc récemment restaurée et mise en valeur. Les hameaux de Goulénez, Stanquélen, Kerfréval, Keryé, Brigneun et Toul ar Gloët conservent des éléments significatifs de l´architecture rurale de la commune.

 

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Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.

Vue générale de Trégarvan. Photographie lavieb-aile juin 2018.

L'église Saint-Budoc de Trégarvan. Inscriptions, sablières, statuaire.

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 L'EXTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-BUDOC.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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"Plan en croix latine à trois vaisseaux datée par inscription de  1527 ; 1590 ; 1629 ; 1658 ; 1670 ; 1696 ; 1706 ; 172. Gros-œuvre en granite ; kersantite ; grès ; appareil mixte ; pierre de taille ; moellon  toit à longs pans ; croupe ; noue ; pignon ; flèche en maçonnerie Charpente : lambris de couvrement."

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

Vue générale de l'Aulne maritime en amont de Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

Vue générale de l'Aulne maritime en amont de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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I. LES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES.

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Palissy :"Piles de la nef début 16e ; croix de cimetière en 1527 ; vers 1590 rehaussement des arcades, inscription : YVO CAPYTE ETON 1590 ; chevet en 1629, inscription : BVZEC CAPITEN F 1629 ; sacristie en 1658, inscription : N LE SCOARNEC FAB 1658 ; sablière angle N.O. de la croisée porte l'inscription : I MAZEAU FA 1670 ; nef pignon ouest : N SCOARNEC F ; clocher en 1696, inscription : ... NORD. F.1696 ; reprise de la 1ère arcade nord : M.Y.CAPITAINE. P.I.GVEOC A.MARC. 1706 ; sablières du choeur en 1720, inscription : I F MASEO. CVRE. BVDOC LERAN. FABIC 1720"

À l'extérieur, les inscriptions lapidaires  portent les dates de 1629, 1658, 1696 et 1698, et les patronymes des fabriciens B[e]uzec Capitaine, N. Le Scoarnec,  Y. Scoarnec et F. Moro.

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1°) Au pan sud du chevet. Buzec Capitaine 1629.

2°) Sur le mur de la sacristie. N. Le Scoarnec 1658.

3°) Au dessus de la porte ouest. Y. Scoarnec

4°) Sous la galerie du clocher, côté sud. F : MORO  1696 " 

5°) Le cadran solaire de 1698.

 

 

 

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1°) Au pan sud du chevet. Buzec Capiten 1629.

Lettres capitales romaines ; fût perlé (I) . Ponctuation de séparation des mots par trois points. Pierre de Logonna (microdiorite quartzique). 

Longueur 50 cm, hauteur 40 cm

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BVZEC : CA

PITEN : F

1629.

"BUZEC : CAPITEN : F[ABRICIEN]  1629."

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BUZEC est vraisemblablement le prénom du fabricien, c'est une forme de Budoc.

Le patronyme CAPITAINE est très commun à Trégarvan.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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2°) Sur le mur de la sacristie.

Lettres capitales romaines. 

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N : LESCO

ARNEC :

FAB : 1658.

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"N : LE SCOARNEC : FAB[RICIEN] : 1658."

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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3°) Élévation occidentale,  au dessus de la porte .

Lettres capitales romaines.

Y : SCOARNEC : F.

"Y[ves] SCOARNEC F[ABRICIEN].

Sans date, mais la tour que soutient ce mur est datée de 1696.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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4°) Sous la galerie du clocher, côté sud.

F : MORO  1696 " (ou  1690 ?)

Microdiorite quartzite. Lecture douteuse du patronyme. Les auteurs de la notice de la base Palissy ont lu : "NORD 1696", ce qui est encore plus douteux.

http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=24457

Je propose d'y voir une graphie pour MOREAU . Par exemple, on trouve dans la généalogie de Philippe Mérour Jean Moreau, père de Yves Moreau (décédé après 1699), lui-même père (?) de Jeanne Moreau, née à Dinéault le 10/02/1699 et décédée à Trégarvan (Cosquer) le 21/05/1771, qui épousa Jean Capitaine. Leurs enfants Corentin, Marie, Jeanne Catherine et Magdelaine ont vécu à Trégarvan, soit au Cosquer, soit à Brigneun. 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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5°) Le cadran solaire de 1698.

Chambre des cloches. Schiste. cadran rayonné central, numérotation arabe de droite à gauche  7, 6,5,4,3,2,1 -fleur-11,10,9, 8, 7, 6, 5. 

Registre supérieur : cercle au monogramme christique I.~H S , le tilde surmonté d'une croix. Chronogramme 1698 entourant le motif religieux. 

L'inscription haute est partiellement (et sans doute volontairement) effacée, laissant lire ---N: ---:FA.

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Voir :Yves-Pascal CASTEL, L'iconographie religieuse sur les cadrans solaires du Finistère, d'après Jean-Paul Cornec, Pierre Labat-Ségalen, «Cadrans solaires en Bretagne», Skol Vreizh, 2010

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/index_ypc_cadrans_solaires.html

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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II. LE CALVAIRE DE 1527.

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Description par Yves-Pascal Castel :

3022. Trégarvan, église, g. k. 1527. Trois degrés. Socle à cavet: MVCXXVII - - - FABRIQVE, écu usé. Fût à pans, griffes hautes. Croisillon aux anges, écu aux trois pommes de pin et à la crosse. (Alain de Trégain, de Briec, abbé commendataire de Landévennec). Croix, crucifix, anges au calice. [YPC 1980] http://croix.du-finistere.org/commune/tregarvan.html

Voir aussi Christel Douard:

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-du-cimetiere/df27706c-d01c-4250-bf59-7db1fb78d289

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1°) La face orientale : Vierge à l'Enfant.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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2°) La face occidentale : Crucifix et anges au calice.

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Croquis de Yves Pascal Castel :

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Le blason d'Alain de Trégain, abbé de Landévennec de 1524 à 1530 : aux 3 pommes de pin pointes en haut, crosse en pâl.

Voir : 

 

. http://www.lavieb-aile.com/2019/05/les-blasons-de-quelques-abbes-de-landevennec.html

 

Le calvaire de l'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Le calvaire de l'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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III. LES STATUES EN KERSANTON DE L'ENTRÉE.

 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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1°) La Pietà aux anges de compassion.  Kersanton, XVIe siècle.

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inscrit au titre objet 2003/01/09 

h = 97 ; la = 105 ; pr = 36. "La Vierge agenouillée prie devant la dépouille de son fils soutenue par deux anges de part et d'autre du corps." Notice base Palissy.

Cette œuvre appartient donc au groupe des "Pietà aux anges de douceur", ou plus généralement aux crucifix où le Christ mort est assisté par deux anges. Voyez par exemple mon commentaire sur la Pietà de Saint-Herbot en Plonévez-du-Faou, où je donne une synthèse de l'iconographie.

 

Ici, l'ange de gauche soutient tendrement la tête du Christ, tandis que le deuxième ange enveloppe d'un linge les pieds.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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2°) Saint Budoc. Kersanton, XVIe siècle.

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a) Notice base Palissy

2003/01/09 : inscrit au titre objet

h = 135 ; la = 57 ; pr = 50 Saint Budoc en pied, en tenue d'évêque, tient la crosse de la main droite.

b) Saint Budoc : Evêque fêté le 9 décembre

 "Dans sa vie de saint Guénolé, écrite entre 850 et 885, Gurdisten reprend une tradition ancienne, selon ses propres paroles, quand il nous décrit Budoc comme "ministre angélique, richement doué de savoir, remarquable par sa droiture, que tout le monde de ce temps considérait comme l'une des plus fermes colonnes de l'Eglise". Budoc était le "maître" de l'Ile Lavret (Laurea), où Gwénolé fut, dès son enfance, élevé comme son disciple. Avec Maudez puis Budoc, nous sommes à la fin du 5e siècle et à l'aube de la grande expansion du monachisme chez nous : monachisme d'ermites où chacun a son "peniti" ; et, quand il s'agira d'un monastère, l'abbé continuera souvent à vivre en ermite (voir Goulven, Goeznou, Gwénolé) ; l'influence orientale reste prépondérante. Le culte de saint Budoc est couramment lié à celui de saint Gwénolé.

Saint Budoc (ou Beuzec) était le patron de l'ancienne paroisse de Beuzec-Cap-Caval (aujourd'hui en Plomeur). Il est toujours le saint patron des églises paroissiales de Beuzec-Cap-Sizun, Beuzec-Conq (en Concarneau), Trégarvan, Plourin-Ploudalmézeau et Porspoder." https://diocese-quimper.fr/fr/se-ressourcer/les-saints/story/917/saint-budoc

Saint Budoc, fils de sainte Azénor, fille du roi de Brest  donna son nom à la paroisse de Beuzec.

Les pêcheurs, obligés de lutter avec la mer ne croient pas avoir de meilleurs patrons que sainte Azénor  voguant sans voiles et sans rames  et son fils saint Beuzec, Buzec ou Budoc (littéralement le noyé, ou sauvé des eaux) .

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On comparera cette statue à celle de saint Guénolé (disciple de Budoc) en abbé (kersanton, vers 1520) dans l'ancienne abbaye de Landévennec ; il tient également  la crosse de la main droite.

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-reliquaire-et-les-statues-de-saint-guenole-au-musee-de-landevennec.html

Il est plus exact d'écrire que saint Budoc, si on admet cette identification non fondée, est représenté en abbé et non en évêque. Il s'agit peut-être aussi d'une statue de saint Guénolé, puisque nous sommes ici sur une possession de l'abbaye de Landévennec.

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Plaque émaillée à l'entrée du cimetière. Photo lavieb-aile.

Plaque émaillée à l'entrée du cimetière. Photo lavieb-aile.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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La reliure ou couverte du livre qu'il tient porte cinq cercles placés en quinconce.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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La mitre est également orné de de groupes de cinq fleurons en quinconce placés de chaque coté d'une bande verticale médiane décorée d'un fleuron et de deux languettes.

La mitre porte bien entendu des fanons.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Nous pouvons remarquer aussi que :

La crosse est tenue à droite, le crosseron (à crochets) orienté de façon axiale.

Cette crosse est tenue par l'intermédiaire d'un sudarium.

Des bagues sont enfilés sur chaque doigt long de la main droite (comme la statue de saint Guénolé à Landévennec).

Un manipule pend au poignet gauche, avec son gland de passementerie.

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IV. LE CLOCHER ET SES TÊTES.

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L'église paroissiale de Trégarvan partage certaines caractéristiques géologiques et stylistiques avec d'autres édifices religieux du Parc Naturel Régional d'Armorique. On retrouve, par exemple, des flèches à arêtes sculptées figurant des têtes humaines entre autres, à Landévennec (église paroissiale), à Dinéault (chapelle Saint-Exupère de Loguispar), à Brasparts (église paroissiale Notre-Dame et Saint-Tugen) ou encore à Pleyben (chapelle de la Madeleine). (d'après C. Douard)

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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La galerie de la tour est cantonnée par quatre têtes, (deux têtes humaines et deux têtes animales), et l'élévation ouest est encadrée de deux crossettes (un ange et une sirène) : elles seront étudiés dans un article propre.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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V. LE CLOCHER : LES DEUX CLOCHES.

LA CLOCHE MARIE JOSEPH ANNA (1880).

Base Palissy Enquête de l'Inventaire : Castel Yves-Pascal ; Quillivic Claude

Cette cloche a été fondue, comme celle de la chapelle Saint-Jean et celle de Guengat, celle de l'hospice de Châteaulin, celle de la chapelle Saint-André d'Ergué-Gabéric (1854) par Jean Fondeur, de Quimper, en 1880. Haute de 70 cm, elle porte  en ornementation un Salvator Mundi, et  l'inscription : 

PAROISSE DE TREGARVAN M. JOSEPH BARBOU RECTEUR J. M. MOAL MAIRE HERVE LAGADEC TRESORIER JE M'APPELLE MARIE JOSEPH ANNA JEAN MEROUR PARRAIN MARIE LAGADEC MARRAINE L'AN 1880

JEAN FONDEUR QUIMPER

LA CLOCHE DE 1859.

Base Palissy Enquête de l'Inventaire : Castel Yves-Pascal ; Quillivic Claude

Egalement fondue par Jean Fondeur à Quimper, et haute de 76cm, elle est ornée d'une Vierge, d'une gloire et d'une étoile, avec l' inscription :

PAROISSE DE TREGARVAN MR POLIQUEN RECTEUR MM J. M. MOAL MAIRE J. CAPITAINE ADJOINT M. H. MOAL TRESORIER S. J. L. NICOLAS P. ALL LAGADEC F. P. J. LOUIS BATANY M. J. N. MEROUR

JEAN FONDEUR A QUIMPER 1859

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Elles sont ornées en début de ligne par des manicules dont l'index et l'auriculaire sont  tendus vers des couronnes ou O.

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L'église Saint-Budoc de Trégarvan. Inscriptions, sablières, statuaire.
L'église Saint-Budoc de Trégarvan. Inscriptions, sablières, statuaire.

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VI. UNE CROSSETTE.

Angle sud-est : un chien (?) attaquant sa proie.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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 L'INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE SAINT-BUDOC.

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Trégarvan, est une ancienne trève d'Argol érigée en paroisse en 1841. Son église est en forme de croix latine, comprenant une nef de trois travées avec bas-côtés, deux chapelles en ailes formant faux transept au droit de la dernière travée et un chœur profond terminé par un chevet à trois pans. L'édifice présente des restes du XVIe siècle (arcades), mais a été en partie reconstruit au XVIIe siècle puis au début du XVIIIe siècle, ainsi que l'attestent les inscriptions. L'intérieur, du type à nef obscure, est lambrissé en berceau avec sablières sculptées mais sans entraits. Les arcades en tiers-point pénètrent directement dans les piliers octogonaux. Arcs diaphragmes entre les bas-côtés et le transept. (Couffon)

 

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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I. LES INSCRIPTIONS LAPIDAIRES : 1706 et 1590 (?).

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1°) dans l'évasement du mur nord au dessus du 2ème pilier de la nef.

Un bloc de pierre sombre, de 53 cm sur 28 cm en deux fragments :

M : Y : CAPITAI

NE : P : I : GOVEOC

A : MARC : 1706 (ou A : MARO)

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M :  Y : CAPITAINE : P : I : GOVEOC / A : MARC  : 1706.

Interprétation possible  : "Messire Yves Capitaine Prêtre, I. Goveoc et A. Marc (fabriciens), en 1706."

a) le nom Capitaine est attesté comme nous l'avons vu. La lettre M précédant l'initial du prénom m'incite à y voir le titre messire qui précède le nom des recteurs, et la lettre P la mention "prêtre", mais aucun prêtre de ce nom n'est mentionné dans la paroisse d'Argol, dont Trégarvan est la trève jusqu'en 1842. Un "Yves Capitaine " est mentionné à Trégarvan, mais un peu plus tardivement puisque ses parents sont nés en 1704 et 1699.

b) le patronyme GOVEOC n'est  attesté, ni à Trégarvan ou Argol, ni comme patronyme en France. Nous trouvons en Bretagne Le Govec (diminutif de Le Goff : Le Goffic, Le Govic, Le Gouic,  Le Govec). Peut-être  une graphie dérivée de (LE) CORREOC ? Dans cette famille où Jean est attesté en 1685 à Dinéault, Anna Le Correoc épousa Yves Capitaine, et décéda à Brigneun, Trégarvan, en 1772.

c) A : MARC ou MARO pourrait correspondre aux patronymes Le Maro, Le Marchou, Le Marc'h, Le Marc, dérivé du breton marc'h, "cheval".

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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2°) Dans l'évasement du mur nord au dessus du 3ème pilier de la nef (1570 ? 1590 ?)

Elle semble être un fragment d'une inscription plus complète. Elle est elle-même traversée par une fissure (comblée de mortier ?). Les lettres latines sont irrégulières. On trouve des lettres conjointes liant entre eux le nom et le prénom, et un N rétrograde. La lecture est hasardeuse, notamment celle de la date, pourtant cruciale.

70 cm x 43 cm.

 

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Je lis 

YVOCAPYTE

ETON : 1570

 

Couffon a lu : " YVO CAPITE.../PETON. 1590. "

On peut penser à Yvon Capiten (Capitaine) , et , peut-être au patronyme Peton ou Petto

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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LES SABLIÈRES ET BLOCHETS : 1670 (NEF) et 1720 (CHOEUR).

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1°) Les sablières de la nef.

Si les trois travées découpent la nef, ce sont cinq entraits (poutres transversales que je numérote 1 à 5 d'ouest en est)) qui scandent la charpente lambrissée. Des pannes sablières sculptées s'intercalent entre les entraits, de la tribune de l'ouest jusqu'au chœur. Les premières ne sont ornées que d'une frise de tulipes, sans intérêt. Les pièces anciennes débutent après le premier pilier et le troisième entrait.

Je décrirai d'abord les sablières du coté nord, d'ouest en est.

a) Les sablières de la nef du coté nord. 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet nord, contre le troisième entrait.

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C'est un personnage peut-être féminin, taillé dans une pièce de bois rectangulaire comme une poutre, sans aucune extension latérale. De ce fait, les cotés sont rabattus ; ils ressemblent à deux feuilles nervurées, mais pourraient être les ailes d'un ange.

Ce personnage est vêtu d'une tunique boutonnée de haut en bas, et serré au cou par une fraise courte mais cet habit est peu réaliste.

Deux éléments stylistiques doivent être notés :

a) le menton en godet ou en rideau forment avec les joues rondes un contraste particulier. Ce détail se retrouve sur le bas-coté sud de la chapelle Saints Côme-et-Damien à Saint-Nic en 1661.

b) les trous forés assez profondément pour représenter les yeux et les boutons. Ils sont soigneusement exécutés, très réguliers, et nous allons les retrouver régulièrement. J'émets l'hypothèse qu'ils ont pu servir de mortaise pour des éléments décoratifs colorés.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Première sablière nord ancienne, entre le 3ème et le 4ème entrait. Frise de pampre, oiseaux et angelot.

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Cette frise est exactement comparable à celle exécutée à la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic en 1653, mais se rapproche également des sablières de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien de la même commune.

Elle se double d'une étroite  frise inférieure, faite de pampre avec ses grappes.

Trous pour les yeux de l'angelot et de l'oiseau.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Deuxième sablière nord ancienne, entre le 4ème et le 5ème entrait. Frise de pampre, oiseaux et angelot.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Inscription sur la frise inférieure, à droite.

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I MAZEAV  FA : 16 / 76

René Couffon a lu : " M : I : MAZEAV : FA : 1676.  sur la corniche du choeur "

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Les généalogistes signalent à Trégarvan Budoc Mazeau, décédé le 2 février 1718. Ou un Jean Mazeau, compatible avec l'initiale I de Ian, dont le fils Nicolas s'est marié en 1717.

L'inscription, placée dans la frise sous-jacente à la sablière ornée, et tracée en capitales romaines très géométriques, est comparable à celles de la nef de la chapelle Saint-Côme à Saint-Nic, datées de 1641. Les lettres elles-mêmes sont identiques, hormis le A dont la traverse est droite à Saint-Côme, et en V ici. .

 

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

 

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Les sablières anciennes de la nef , coté sud, du chœur vers l'ouest.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Troisième sablière sud ancienne, après le 5ème entrait. Frise de pampre, oiseaux et angelot.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Deuxième sablière sud ancienne, entre le 5ème et le 4ème entrait. Frise de pampre, oiseaux et angelot.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Première sablière sud ancienne, entre le 4ème et le 3ème entrait. Deux dragons affrontés attachés par un anneau entourant le cou.

Cette pièce est exactement comparable à celle exécutée à la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic en 1653, mais se rapproche également des sablières de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien de la même commune.

Les caractéristiques en sont ici :

  • les écailles du corps traités, selon les zones, par deux entailles différentes, soit en coup de biseau, soit en ligne irrégulière et sinueuse.
  • Les plages du corps lisses, dépourvues d'écailles, 
  • les langues dont le caractère épineux est figuré par un aspect foliaire.
  • Le fouet des queues traité comme des épis ou des grappes.
  • Les trous des pupilles.

Toutes, sauf les langues foliées, sont présentes à Saint-Nic.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet sud, en avant du 3ème entrait. Ange ?

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Menton en galoche ou godet (cf. supra)

Vêtement stylisé, non réaliste.

Trous d'ornementation pour les yeux, la collerette et la ceinture.

La collerette en larges pétales , comme celle d'un Pierrot, se retrouve sur les blochets de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien de Saint-Nic.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Les six blochets et les sablières du chœur (1720 et 1750).

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet du chœur n°1.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet du chœur n°2.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Sablière entre les blochets 2 et 3.

Inscription : IA 1750.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet du chœur n°3. 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Inscription entre les blochets 3 et 4 :

I : F. MASEO : CVRE : BVJOC : LEPAN : FABICN

La notice Palissy mentionne : "sablières du choeur en 1720, inscription : I F MASEO. CVRE. BVDOC LERAN. FABIC 1720"

René Couffon a lu : " I : F : MASEO CVRE BVDOC LERAN FABRIC. " au mur nord de la nef."

Le chronogramme 1720 a pu être détruit lors de restauration, puisque la corniche s'arrête là, avant une pièce de bois récente. Néanmoins, il faut bien lire LEPAN et non LERAN, d'une part par constatation de la photo, d'autre part car le patronyme LE PANN est attesté à Trégarvan.

On transcrira donc : I : F : MASEO : CURÉ : BUDOC : LE PAN[N] : FABRI[QUE] [1720]

ou" I.F. Mazeau curé, Budoc Le Pann fabricien (1720 ?)"

Je ne trouve pas d'information sur Budoc Le Pann, mais la famille Le Pann est attestée à Argol, (Bodogat) et à Trégarvan (Yves Le Pann, 1689-1742, père de Michel, père d'Alain qui épouse Marie Mazeau en 1780 à Trégarvan).

 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet du chœur n°4.

 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Sablière entre les blochets 4 et 5.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

Blochet du chœur n°5.

 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet du chœur n°6.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Les sablières du faux-transept sud.

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Blochets et sablières de la chapelle latérale sud (Sainte-Marguerite).

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet de gauche.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Sablière de gauche, coté ouest du faux-transept. Deux dragons affrontés tête reliées par un anneau. 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Sablière de droite, coté ouest du faux-transept. Frise à pampre, oiseaux.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Oiseau picorant les grappes : notez les trous d'ornementation.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Blochet de droite du faux transept sud. Ange et inscription MARIA.

Inscription MARIA avec les deux premières lettres jointes comme dans le monogramme marial. Le personnage en buste est un ange, dont les ailes se devinent sur les cotés et dont le col est stylisé en collerette à la Pierrot. 

Cou large, menton en godet, trous pupillaires.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Synthèse : les sablières de Trégarvan et l'atelier de Saint-Nic.

Les sablières sculptées de l'église de Trégarvan sont, finalement au nombre de six pièces : deux dans la nef nord, deux dans la nef sud et deux dans la chapelle sud. J'exclus les  autres pièces, celle du début de la nef, aux successions de "tulipes", et celles du chœur, en frise géométriques dont seules les inscriptions datées (1720 ? et 1750) sont dignes d'intérêt. 

Ces six pièces sont non seulement homogènes mais aussi répétitives, puisqu'on n'y trouve que deux motifs : celui des dragons affrontés et liés, et celui des pampres aux grappes picorées par les oiseaux, de part et d'autre d'une tête d'angelot.

À cet ensemble ne s'applique pas les dates de 1720 et 1750, mais la date de 1676 associée au nom du maître d'ouvrage le fabricien I. MAZEAU.

Nous devons attacher à cet ensemble de six sablières les 12 blochets (deux dans la nef, six dans le chœur et quatre dans la chapelle sud) car ils sont tous cohérents sur le plan stylistique et qu'ils ont des caractères de style communs avec ces sablières : utilisation de trous pour les pupilles et le décor, menton en godet, double contour des yeux en amande, lignes sinueuses ornementales, stylisation non réaliste des vêtements.

Ces six sablières et ces douze blochets  de 1676 peuvent, par ces caractéristiques, être attribuées au sculpteur d'une partie des sablières de la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic, réalisées en 1653 sous la direction du recteur Guillaume Perfezou, M. Kervarec étant fabricien, et où les deux mêmes motifs des pampres à angelots et oiseaux et de dragons affrontés sont réalisés à l'identique. Et au sculpteur des sablières des bas-cotés de la chapelle Saint-Côme, à Saint-Nic, réalisées en 1661 et 1670-1675 sous la direction du même recteur Perfezou, tandis que R.G Marzin était fabricien en 1661 et  Alain Roignant en 1675 ; et où les mêmes motifs des sablières s'associent au caractères des blochets, notamment le caricatural menton en godet.

Faut-il déduire des inscriptions datées de Saint-Côme que le sculpteur était cet Alain Roignant, qui se signale à deux reprises comme "charpentier" ? C'est ce que suggérait Sophie Duhem dans sa thèse de 1997 :

 

"Un autre compagnon se joint aux ouvriers [ Olivier Guillosou et Jacques "Bolesec en 1641 et 1646] ,  une dizaine d'année plus tard, pour exécuter un ouvrage de même goût dans le bas-coté sud de l'église. Une poutre précise l'époque (nous sommes en 1661) et l'une des factures identifie le nouvel artisan : il s'agit d'Alain Roignant, qui reproduit fidèlement les thèmes sculptés par ses compagnons mais pour un résultat plus médiocre que tente de camoufler une excessive décoration de stries, d'encoches et de points. L'artisan a visiblement été formé aux « méthodes » des sculpteurs et familiarisé avec les images de l'atelier.

Son activité ne débute pas en 1661 puisqu'il exerce déjà son métier en 1653. il réalise à cette époque les décors sculptés de la chapelle Saint-Jean, toujours pour le recteur Guillaume Perfezou. Ses déplacements le conduisent à quelques kilomètres de là, dans la paroisse de Trégarvan qui l'emploie à l'ornementation de la charpente. La date de réalisation de cet ensemble n'est pas connue ; elle est probablement contemporaine des travaux de Saint-Nic et de l'achèvement des reliefs du bas-coté nord en 1670."

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Avec plus de prudence, mais en me basant sur des critères stylistiques précis et un corpus d'images placées en ligne, je propose de définir un atelier, celui du Maître de Saint-Nic, actif entre 1661 et 1676 entre les deux chapelles de Saint-Nic et l'église de Trégarvan.

Il reste à définir la filiation entre cet atelier et celui qui avait réalisé les sablières de la nef de Saint-Côme en 1641-1646. Par la parenté entre l'inscription MAZEAU FA 1676 et celles des sablières de  la nef (et non plus des bas-cotés) de Saint-Côme, ou par la présence d'ornementation par trous dans le corps des dragons de cette nef, je suis tenté d'étendre l'activité de cet atelier à la période 1641-1676. Définir, dans cet atelier, les différentes "mains", sera la tâche suivante.

 

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LA STATUAIRE.

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I. Les statues du chœur.

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1°) Saint Budoc. Pierre polychrome. XVIIe

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Le saint est représenté en évêque avec mitre rouge et or, chirothèque, pantoufles épiscopales, cape, surplis et soutane, mais il tient le bâton pastoral en forme de croix simple, sans crosse ni double traverse.

Notice Palissy : h = 135 ; la = 42 ; pr = 26

1992/01/21 : inscrit au titre objet

Ou bien Base Palissy  h =140, la = 40, attribuée à Roland Doré. Base réparée au ciment.

Emmanuelle Le Seac'h n'inclut pas cette œuvre dans son catalogue critique de Roland Doré.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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2°) Saint Pierre en premier pape.

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Base Palissy. inscrit MH 1992/01/21

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Saint Sébastien.

Ce saint était invoqué contre la peste, ou les épidémies apparentées, tout comme saint Roch (infra).

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Saint Roch et son chien Roquet.

Le médecin de Montpellier Roch, en costume de pèlerin de Rome, montre sa plaie bubonique, tandis que son chien Roquet,, miraculeusement, lui apporte chaque jour le secours d'un morceau de pain.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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La chapelle nord et le retable de saint Étienne.

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Base Palissy.

 

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Prédelle : la lapidation de saint Étienne.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Saint Antoine. Bois polychrome, XVIIe ?

 

Base Palissy  Inscrit 1992/01/21

Attribut : son habit d'Antonin,  son cochon et son chapelet. Il manque la cloche et le tau, mais c'est le livre que devait tenir la main gauche.

Hauteur 90 cm, largeur 34 cm, profondeur 25. Inscription peinte S. ANTON.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Statues de la chapelle sud.

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La Pietà. Bois (chêne) polychrome, XVIe.

Base Palissy Yves-Pascal Castel et Claude Quillivic

1960/02/23 : classé au titre objet

Statue d'applique à revers évidé, haute de 90 cm et large de 40 cm. La Vierge est assise, les mains jointes, le corps de son Fils étendu en arc sur ses genoux.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Sainte Marguerite issant du dragon. Bois polychrome, XVIIe. 

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Base Palissy. inscrit MH 1960/02/23

Sainte Marguerite sort miraculeusement du dos du dragon qui l'avait avalé, et qui tient encore dans sa gueule l'extrémité du manteau bleu à revers rouge.

 

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Ses cheveux sont retenus par un bandeau postérieur, de même étoffe que le manteau.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Statue du bas-coté nord de la nef. Dieu le Père.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Les fonts baptismaux. Grès, XVIe siècle.

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Base Palissy 

" grès peint faux granite ; cuve carrée, sur pied, avec piscine accolée de moindre hauteur, base commune ornée de moulures ; dimensions : h = 95" (Castel et Quillivic)

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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LES BANNIÈRES DE PROCESSION.

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Dans la tribune :

Velours rouge brodé 

SAINT PIERRE PRIEZ POUR NOUS.

SACRÉ COEUR DE JÉSUS SAUVEZ LA FRANCE.

Cette bannière peut être datée de la Grande Guerre 1914-1918 par son inscription votive patriotique.

 

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Bannières de l'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile  27 juin 2018.

Bannières de l'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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Bannière de sainte Anne et de Notre-Dame de Lourdes.

Soie brodée, début XXe (?)

a) Bannière de sainte Anne.

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Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Bannière de Notre-Dame de Lourdes.

inscription N-D DE LOURDES P.P. NOUS [Priez pour nous]

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Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Bannière de la guerre de 1914-1918 et de sainte Jeanne d'Arc.

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Soie brodée et peinte, cannetille. Début XXe.

a)  Bannière de la guerre de 1914-1918.

Inscription DON DES PAROISSIENS CONSOLATRICE DES AFFLIGÉS GUERRE 1914-1918.

La Vierge.

Une religieuse en cornette (probable sœur de la congrégation des Filles de la Charité de Saint-Vincent-de-Paul) se penche sur le bras gauche garotté  d'un blessé dont elle pose le pansement.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320122201056nuca/4b322446-e624-4c07-ab04-a30a5dbd0e7a

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/bannieres-de-procession-4/d49b2893-870c-46dc-a5e5-e003356dd97b

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Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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b. Bannière de Jeanne d'Arc.

Inscription JHESUS MARIA.

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Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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Bannière de Notre-Dame de Lourdes et de  l'ange gardien

 

a) Bannière de l'ange gardien : soie rouge. Inscription SOYEZ MON GUIDE.

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Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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b) Bannière de Notre-Dame-de-Lourdes.

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N-D. DE LOURDES PRIEZ POUR NOUS.

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Bannières de l'église  de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

Bannières de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.

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La plaque tombale du dernier grenadier de Napoléon.

 

 

"Michel Hicher, grenadier de la garde impériale, est décédé à Trégarvan le 8 août 1857. En 2014, la plaque a été .redorée :

« Ici repose Michel Hicher né à Plonévez-Porzay, grenadier du 1er régiment de l'ex-garde impériale, Chevalier de la Légion d'honneur, décédé à Trégarvan le 8 août 1857 à l'âge de 86 ans ». 

Deux articles de  Jean-Jacques Kerdreux et de Patrick Jadé ont donné tous les renseignements sur ce grenadier : présentées dans « Avel Gornog » n°22 d'août 2013. 

Michel Hicher est né en 1771, au moulin de Lesvren en Plonévez-Porzay, dans une famille de meuniers de Dinéault (moulin de Tréfiec depuis 1760). Il fut enrôlé comme soldat de la Révolution lors de la levée en masse de 1794. ll devient fusillier du 1er bataillon des Ardennes.

Mesurant plus de 1,70 m, il devint grenadier dans l'armée d'Italie, sous les ordres de Napoléon Bonaparte.

Dans la 106e demi-brigade, il participe à la défense de Gènes en avril-juin 1800. Il est en Autriche en 1805, 1809, puis intègre le 1er régiment de grenadiers à pied de la garde impériale, l'une des quatre seules unités de la Vieille Garde et "la plus valeureuse de tous les temps". Cette unité accompagne Napoléon jusqu'à Moscou, et parvient à garder un ordre à peu près régulier pendant la retraite de Russie. 

 

Puis c'est la campagne d'Allemagne en 1813, puis la campagne de France en 1814, au cours de laquelle Michel Hicher reçoit la Légion d'honneur le 2 avril 1814, juste avant l'abdication de Napoléon le 6 avril. Il participe à la campagne de Belgique en 1815 mais est absent à Waterloo le 18 juin.

 

 

 

 

 En 1815, après 23 ans et 6 mois de service dont 23 ans de campagne,  il revient à Dinéault comme cultivateur. Il se marie le 25 septembre 1918 à Dinéault avec Laurence Bescou de Trégarvan et s'installe à Brigneun (Trégarvan). Il aura cinq enfants et aujourd'hui, plusieurs de ses descendants habitent la commune.

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Cimetière de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

Cimetière de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

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SOURCES ET LIENS.

—Base Palissy :

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/dapapal_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Tr%e9garvan&DOM=MH&REL_SPECIFIC=3

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_8=REF&VALUE_8=IA00005336

"Piles de la nef début 16e ; croix de cimetière en 1527 ; vers 1590 rehaussement des arcades, inscription : YVO CAPYTE ETON 1590 ; chevet en 1629, inscription : BVZEC CAPITEN F 1629 ; sacristie en 1658, inscription : N LE SCOARNEC FAB 1658 ; sablière angle N.O. de la croisée porte l'inscription : I MAZEAU FA 1670 ; nef pignon ouest : N SCOARNEC F ; clocher en 1696, inscription : ... NORD. F.1696 ; reprise de la 1ère arcade nord : M.Y.CAPITAINE. P.I.GVEOC A.MARC. 1706 ; sablières du choeur en 1720, inscription : I F MASEO. CVRE. BVDOC LERAN. FABIC 1720"

— CASTEL, Yves-Pascal. Atlas des croix et calvaires du Finistère. Société archéologique du Finistère, 1980. Quimper, p. 356-357.

— CHAURIS, Louis. (2015) Pour une géo-archéologie du Patrimoine : Pierres, carrières et constructions en Bretagne. Revue archéologique de l ouest p. 259-283

https://journals.openedition.org/rao/925?lang=en

La langue bretonne emploie quelques termes pour désigner les roches, mais ceux-ci s’avèrent dans l’ensemble peu précis. Ainsi, la dolérite, appelée mein houarn ou menhouarn (pierre de fer), en raison de sa ténacité, n’est aucunement un minerai de ce métal. En presqu’île de Crozon, lorsqu’elles est altérée, la même roche est dénommée men rouz (pierre rousse) du fait de sa teinte ; plusieurs parcelles l’évoquent ainsi à Crozon : « Men roux » (section 36, n° 1364 à 1374) et « Parc Men roux » (section n° 36, n° 1375). Parfois, (à Trégarvan ou à Dinéault), les cultivateurs appellent la dolérite « Kerzanton », confusion éminemment fâcheuse (Chauris et Kerdreux, 2000). Il est rare qu’en breton le toponyme indique la nature de la pierre de manière relativement précise. 

— CHAURIS, L., KERDREUX, J.-J., 2000 – La dolérite : une pierre de construction singulière en presqu’île de Crozon, Avel Gornog (Crozon), 8, p. 18-23.

On trouve de la dolérite par exemple dans certains gisements affleurants dans le centre de la Bretagne et notamment près du village de Plussulien sur le site de Quelfennec qui est connu comme étant l'un des principaux sites de fabrication de haches polies de la période Néolithique qui s'exportèrent dans tout l'ouest de la France.

 

—CHAURIS, Louis. Un projet de haut fourneau à Trégarvan au XIXe siècle. Dans : Les Cahiers de l´Iroise, n° 147. Brest, 1990, p. 156-163.

— COUFFON (René), LE BARS, (Alfred), 1988,, Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.;

"TREGARVAN Ancienne trève d'Argol érigée en paroisse en 1841.

EGLISE SAINT-BUDOC En forme de croix latine, elle comprend une nef de trois travées avec bas-côtés, deux chapelles en ailes formant faux transept au droit de la dernière travée et un choeur profond terminé par un chevet à trois pans.

L'édifice présente des restes du XVIè siècle (arcades), mais a été en partie reconstruit au XVIIè siècle puis au début du XVIIIe siècle, ainsi que l'attestent les inscriptions :

" BVZEC : CAPITEN : F : 1629. " au pan sud du chevet,

" N : LE SCOARNEC. FAB. 1658. " sur le mur de la sacristie,

" M : I : MAZEAV : FA : 1676. " sur la corniche du choeur,

" 1696 " et " MORO. F. " sous la galerie du clocher, côté sud, -

" M : Y : CAPITAINE : P :/I : GOVEOC : A : MARC : 1706. " sur un pilier de la nef,

" YVO CAPITE.../PETON. 1590. " sur un autre pilier de la nef,

" I : F : MASEO CVRE BVDOC LERAN FABRIC. " au mur nord de la nef,

" MI CAPITEN PBRE. " sur une sablière du choeur.

L'accès au clocher est extérieur. Une galerie à forte balustrade classique entoure la chambre de cloches. Au sommet des gables de la flèche, mascarons ; autres mascarons sur les arêtes. Ossuaire d'attache à deux baies. L'intérieur, du type à nef obscure, est lambrissé en berceau avec sablières sculptées mais sans entraits. Les arcades en tiers-point pénètrent directement dans les piliers octogonaux. Arcs diaphragmes entre les bas-côtés et le transept.

Mobilier Maître-autel en tombeau galbé. - Deux autels latéraux : au sud, petit retable à quatre colonnes lisses ; au nord, retable à deux colonnes torsadées évidées, représentation en bas-relief polychrome de saint Etienne dans le panneau central, et martyre du diacre dans la prédelle. Fonts baptismaux de granit."

Statues anciennes

- en pierre polychrome : saint " BVDOC " ;

- en bois polychrome : Dieu le Père portant la tiare et assis sur son trône, XVIIe siècle (porche),

-saint Pierre,

-saint Sébastien, XVIIe siècle (C.),

-saint Roch, XVIIe siècle (C.),

-sainte Marguerite, XVIIe siècle (C.),

-saint Antoine ermite, XVIIe siècle,

-Vierge de Pitié, XVIe siècle (C.),

-Christ en croix, XVIe siècle ;

- en bois doré : Immaculée Conception (statuette de procession), XVIIIe siècle.

Trois vitraux figuratifs dans le choeur, vers 1946.

Cadran solaire de 1698. 

A l'entrée de l'enclos, deux statues en kersanton :

Vierge de Pitié à genoux, contemplant son Fils étendu à terre et dont deux anges soutiennent la tête et les pieds ;

- saint Budoc en évêque.

Dans l'enclos, calvaire aux sculptures rongées par le temps, consoles vides ; sur le socle : " M Vc XXVII.

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières, images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. Presses Universitaires de Rennes 385 p.-[16] p. de pl. en coul. Note : Bibliogr. p. 367-379. Notes bibliogr. Index . Voir pages 60 et 147.

— ARCHIVES PAROISSIALES.

https://diocese-quimper.fr/fr/archives/story/2484/archives-paroissiales-de-tregarvan

— — OGEE, Jean-Baptiste. Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne. 1ère édition 1778-1780. Nouvelle édition, revue et augmentée par MM. A. Marteville, et P. Varin, avec la collaboration principale de MM. De Blois, Ducrest de Villeneuve, Guépin de Nantes et Lehuérou. Rennes, 1843, p. 917.

— OGEE, édition 1778 :

https://archive.org/stream/dictionnairehist01og#page/22/mode/2up

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Published by jean-yves cordier - dans Bannières. Sablières Inscriptions Chapelles bretonnes.
27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 07:47

Le Gomphe joli Gomphus pulchellus Sélys, 1840 à Crozon.

 

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Zoonymie des Odonates : l'origine du nom de genre Gomphus Leach, 1815.

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I. La femelle.

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Femelle de Gomphus pulchellus Sélys, 1840, Ancienne gare de Perros, Crzozon. Photographie lavieb-aile 9 juin 2018.

Femelle de Gomphus pulchellus Sélys, 1840, Ancienne gare de Perros, Crzozon. Photographie lavieb-aile 9 juin 2018.

Femelle de Gomphus pulchellus Sélys, 1840, Ancienne gare de Perros, Crzozon. Photographie lavieb-aile 9 juin 2018.

Femelle de Gomphus pulchellus Sélys, 1840, Ancienne gare de Perros, Crzozon. Photographie lavieb-aile 9 juin 2018.

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II. Le mâle.

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Mâle de Gomphus pulchellus Sélys, 1840, Ancienne gare de Perros, Crzozon. Photographie lavieb-aile 9 juin 2018.

Mâle de Gomphus pulchellus Sélys, 1840, Ancienne gare de Perros, Crzozon. Photographie lavieb-aile 9 juin 2018.

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Published by jean-yves cordier
24 juin 2018 7 24 /06 /juin /2018 13:09

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PRÉSENTATION.

Voir ma présentation dans mon article précédent. 

La chapelle a été décrite — voir infra Sources et Liens — par l'abbé Corentin Parcheminou en 1930, par le père Maurice Dilasser en 1979, par René Couffon (publié en 1988), et par les services de l'Inventaire en 1986 et 2016.  Je découvre la synthèse donnée par T.D [Tanguy Daniel] pour les Cahiers de la Sauvegarde de l'Art français en 2002, qui fait état des récentes restaurations : je l'ai recopié ici :

 

 

"La chapelle Saint-Jean-Baptiste est située entre la baie de Douarnenez et le Ménez-Hom, sur la route qui mène vers la presqu'île de Crozon. Elle a été construite à la fin du XVIe siècle, ainsi que l'indiquent deux inscriptions sur le bras sud du transept (1591 et 1593), remaniée au XVIIe (inscription sur un entrait de la nef et style du clocher), restaurée au XIXe (1817 inscrit au-dessus de la porte sud).

L'édifice, en forme de croix latine, avec un chevet plat à l'est et un clocher-mur à l'ouest, est construit en pierres grossières — surtout du grès — extraites du Ménez-Hom voisin. La maçonnerie a été récemment restaurée dans sa totalité. Le clocheton en granit, sur le mur ouest, orné de pinacles et de pots à feu, supporte une courte flèche garnie de crochets ; on y accède par un escalier aménagé sur le rampant sud.

L'intérieur est actuellement très dégradé. Le sol est en terre battue, la trace des anciennes dalles étant encore visible. Les murs sont enduits d'un crépi à la chaux en très mauvais état ; des traces de peinture ocre ancienne apparaissent par endroits sur le mur est du bras sud du transept : on peut y lire, notamment, le nom de Quéré. Le mobilier a été en grande partie enlevé : seuls subsistent le maître-autel de pierre, une balustrade délimitant un espace qui servait de sacristie entre le maître-autel et le mur du chevet, une statue en pierre polychrome de saint Jean-Baptiste et deux stalles à quatre sièges chacune, datant du XIXe siècle. Une armoire à quatre porte en très mauvais état est adossé au mur de l'abside.

À l'intérieur, on note le décor savoureux de certains entraits : l'engoulé par les dragons, d'autres ornés de têtes de dragons aux extrémités et au milieu. Les sablières sculptées ont subsisté dans le bras sud du transept et dans le chœur où un cartouche représente les Cinq-Plaies. Aux angles du carré du transept, les blochets représentent les quatre évangélistes.

Sur le placître, au sud de la chapelle, se dresse le calvaire daté de 1645 avec le Christ en croix et les statues de la Vierge et de saint Jean-Baptiste, adossées l'une à l'autre à des figures non identifiées. De l'autre coté de la route, en contrebas, une fontaine porte la date de 1712.

Grâce à la restauration des parties hautes, la chapelle est aujourd'hui hors d'eau. La charpente a été complètement refaite dans le chœur, à la croisée du transept et dans une partie de la nef.

La couverture d'ardoise est neuve, sauf sur la partie occidentale de la nef qui était en bon état.

En 2000, la Sauvegarde de l'Art français a versé une aide de 15 245 € pour les travaux de maçonnerie sur les quatre murs, la réfection de la charpente et la couverture d'une grande partie de l'édifice. " T[anguy] Daniel

 

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Cet article est accompagné d'une photographie émouvante car elle montre l'état intérieur pendant les travaux. Je me permets d'en donner une capture d'écran.

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Copyright "T.Daniel", Cahiers de la Sauvegarde de l'Art français 2002 p.192.

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Nous y trouvons également une carte de la chapelle :

 

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Le Pardon a lieu  le dimanche avant le 24 juin, date de la Saint-Jean. J'ai assisté à celui de 2018, et il m'a semblé qu'il s'agissait d'un renouveau.

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I. LA FONTAINE DE DÉVOTION (1712).

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La fontaine est difficile d'accès, et, lors du Pardon, la procession ne descend pas la rampe d'un précaire escalier en bois et ne s'engage pas sous l'humide futaie  : seul le prêtre et ses acolytes s'y rendent pour puiser l'eau de l'aspersion des bannières et des fidèles.

Pour sa situation sur le cours d'eau qui descend vers la mer, voir l'article sur le calvaire.

Ses eaux étaient réputées guérir ou prévenir les affections oculaires (ou, selon Dilasser, les maux de tête).

Sa forme générale en demi-cercle délimitée par de volumineux blocs de pierre placés sur tranche est unique dans la région. 

La niche, aujourd'hui désertée de sa statue, est remarquable car c'est un monolithe en demi-cintre surmonté d'une croix, avec deux rampants servant de bancs.

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Fontaine Saint-Jean, chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Fontaine Saint-Jean, chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Fontaine Saint-Jean, chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Fontaine Saint-Jean, chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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L'INTÉRIEUR DE LA CHAPELLE : LA CHARPENTE, SON INSCRIPTION ET SES SABLIÈRES.

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1. La charpente.

 

Elle a le mérite de ne pas être lambrissée et de laisser étudier son ossature, ce qui rend la visite passionnante pour peu ...que l'on tente de comprendre le langage des spécialistes. Je me lance, mais les experts me corrigeront j'espère, et malgré le saint lieu le lecteur ne prendra pas mes assertions comme paroles d'évangile.

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a) la nef et les transepts.

Les charpentes armoricaines ont été étudiées par Corentin Olivier. Celle de la nef appartient au groupe des charpentes "à fermes et à pannes" (voir les explications dans mon article sur Landevant), et parmi celles-ci au sous-groupe (il y en a trois) "à poinçon court, faux-entrait droit et aisselier" (C. Olivier fig. 4).

Glossaire ici.

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La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

 

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La nef vue de la croisée du transept.

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La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le bras sud du transept.

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La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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b) Le chevet.

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Si la nef est couverte "à fermes et à pannes", par contre, il est peut-être possible d'écrire que la partie de charpente qui couvre le chevet appartient au groupe "à chevrons formant fermes".

Rappel : 

- Les charpentes dites à chevrons formant fermes : les chevrons en vis-à-vis de chaque rampant sont reliés entre eux au niveau du faîtage et par un faux-entrait (pièce horizontale). Cet ensemble forme ainsi un « triangle indéformable » appelé ferme. Les fermes se répètent tous les 60 cm et servent de support à la fixation des liteaux permettant la pose des ardoises ou des tuiles. http://inventaire-patrimoine.regioncentre.fr/files/live/sites/inventaire_patrimoine/files/contributed/images/Articles_actu/IVR24_20170000003NUDA.jpg
Les charpentes dites à fermes et à pannes : les fermes, beaucoup moins nombreuses mais plus robustes, supportent un ou plusieurs rangs de pannes soutenant elle(s)-même les chevrons dont la section peut alors être amoindrie. Ce principe constructif est bien moins consommateur en bois. 

Le maillage serré des fermes (autrement dit, des arbalétriers ) et l'aspect en carène de bateau avec membrures et bordé m'incite à cette option.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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2. L'inscription de 1653.

Le troisième entrait (poutre transversale), engoulé (sortant de la gueule d'un dragon à ses deux extrémités), porte une inscription sur sa moitié droite de sa face ouest.

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La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le texte en est (les relevés qui ont été publiés sont inexacts, au minimum pour la ponctuation, l'exception étant le relevé de Sophie Duhem)  :

 M : GVIL : PERFEZOV REC : M KVAREC  FA  1653

Elle se comprend ainsi : " Messire Guillaume Perfezou recteur et M  Kervarec Fabricien 1653."

Le recteur Guillaume Perfezou est bien connu de ceux qui ont lu son nom sur le calvaire de la chapelle, qu'il fit ériger en 1645 avec Sébastien Polesec comme fabricien. 

Ou encore  de ceux qui ont vu, dans la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien, les trois inscriptions des sablières :  "D'ici jusques au premier pilier a été boisé aux frais de vener persone Mre Guil. Perfezou recteur de Saint-Nic 1641", puis plus loin "D'ici jusqu'à l'autre écriteau a été boisé par Iac Polezec et Ol. Guillossou et était recteur Mre Guil. Perfezou", alors que la boiserie du bas-côté sud porte les inscriptions "M. G. Perfezou. R. G. Marzin. F. 1661".

Et de ceux qui ont repéré, sur les piliers de Saint-Côme, l'inscription : "Ces quatre derniers piliers furent bastis 1645. Mre Guil. Perfezou R[ecteur].

Et de ceux enfin qui ont pris la peine de déchiffrer le texte gravé sur la chaire à prêcher de la même chapelle : "SVMPTIB (US) VENERAB (ILIS) VIRI D (OMINI) D. GVILLELM (I) PERFEZOV SACERDOS AC RECTOR. HVIVS ECCLESIAE ANNO D (OMINI) 1638. FECERVNT. I. POLESEC IO (SEPH) ET OL (IVIERIVS) K (ER) MORGAN"

Au total, ce sont sept inscriptions qui portent son nom, en 1638, 1641, 1645, 1653 et 1661. 


 

 

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La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Parmi les éléments sculptés de la charpente, je ne décrirai pas les abouts de poinçons, au décor non figuré. 

Les sablières (1653) du bras sud du transept.

Notice Palissy 

L'auteur de référence en matière de sablières bretonnes est Sophie Duhem, par sa thèse publiée aux Presses Universitaires de Rennes en 1988. Elle y donne (p. 334) les dates des  les trois ensembles de sablières de la paroisse de Saint-Nic, celles de l'église Saint-Nicaise (1562, XVIe), de la chapelle saint-Côme (1641, 1646, 1661 et 1670)  et de la chapelle Saint-Jean (1653), elle en relève précisément les inscriptions (page 321), et consacre un paragraphe page 146 aux sculpteurs de Saint-Nic (1641-1670).

[C'est à mon sens par une lecture erronée de la date inscrite dans un cartouche du porche de l'église de saint-Nic que l'auteur a retenu la date de 1562 pour les sablières. La vérification attentive montre la date de 1862. ]

Les sablières de la chapelle Saint-Jean sont commentées page 283 : "En 1670, à la chapelle Saint-Nic (Chap. St-Jean), le sculpteur Jean Roignant représente des dragons et des oiseaux au milieu de formes végétales". Mais le charpentier Roignant qui a laissé sa signature à Saint-Nic se prénomme Alain, et c'est à Saint-Côme qu'il s'inscrit avec la date de 1670 (et sur la tribune de l'église, sans date).

On lit page 146, après la description stylistique des sablières de Saint-Côme par Olivier Guillosou et Jacques "Bolesec" en 1641 et 1646 , ceci :

 

"Un autre compagnon se joint aux ouvriers une dizaine d'année plus tard, pour exécuter un ouvrage de même goût dans le bas-coté sud de l'église. Une poutre précise l'époque (nous sommes en 1661) et l'une des factures identifie le nouvel artisan : il s'agit d'Alain Roignant, qui reproduit fidèlement les thèmes sculptés par ses compagnons mais pour un résultat plus médiocre que tente de camoufler une excessive décoration de stries, d'encoches et de points. L'artisan a visiblement été formé aux « méthodes » des sculpteurs et familiarisé avec les images de l'atelier.

Son activité ne débute pas en 1661 puisqu'il exerce déjà son métier en 1653. il réalise à cette époque les décors sculptés de la chapelle Saint-Jean, toujours pour le recteur Guillaume Perfezou. Ses déplacements le conduisent à quelques kilomètres de là, dans la paroisse de Trégarvan qui l'emploie à l'ornementation de la charpente. La date de réalisation de cet ensemble n'est pas connue ; elle est probablement contemporaine des travaux de Saint-Nic et de l'achèvement des reliefs du bas-coté nord en 1670."

Mais je ne trouve pas sur quelle donnée S. Duhem attribue les sablières de Saint-Jean à Alain Roignant.

Néanmoins, cette attribution est plausible, et il est certain que le rapprochement entre les deux ensembles de sablières des deux chapelles bâties ou couvertes dans les mêmes décennies sous le même recteur s'impose.

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Le coté ouest du bras du transept sud.

Une première pièce de bois nous offre deux dragons affrontés, et une deuxième un pampre tenu par des oiseaux, et dont les grappes sont picorées par d'autre.

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La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Deux dragons affrontés, aux cous reliés par un anneau, et la tête tournée vers leur queue.

Le thème des deux dragons aux têtes reliées par une boucle est courant, notamment en sculpture sur pierre par les frères Prigent.

On le trouve dans l'église de Saint-Nic, coté nord de la nef, au dessus de l'inscription M. Le Parlant : Fa[bricien] 1566.

 

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Sablires de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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On le trouve, dans un traitement un peu différent,  sur les sablières de  la chapelle Saint-Côme, soit au fond de la nef (première photo ), soit sur le coté nord de la nef  au dessus de l'inscription   IAC POLESEC ET OL GVILLOSSOV , soit sur le bas-coté sud (2ème photo infra)  associé à la date de 1661.

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Sablière nord de la chapelle Saint-Côme, Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

 

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Chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

 

 

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La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Pampre tenu par des oiseaux, et dont les grappes sont picorées par d'autre.

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On le trouve à l'identique sur les sablières du bas-coté nord de la chapelle Saint-Côme et Saint-Damien, au dessus de l'inscription AL[ain] ROIGNANT FAB[ricien] ET CHARP[pentier] 16--" La date a été lue comme 1670 (Couffon), 1673 ou 1675. 

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Chapelle Saint-Côme et Saint-Damien à Saint-Nic, photo lavieb-aile.

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La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Pampre centré par une tête d'angelot (1).

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La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Pampre centré par une tête d'angelot (2).

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Les sablières du coté sud du chevet. : les Cinq Plaies.

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La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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À gauche : pampre tenu et picoré par des oiseaux.

Cette pièce est identique à celle du transept.

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La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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À droite : cuir des Cinq-Plaies.

C'est la pièce la plus intéressante, et qui a été mentionnée par tous les auteurs. Elle dénote avec le reste du décor sculpté d'une part parce que c'est la seule représentation religieuse, d'autre part car on ne la trouve pas dans les autres sanctuaires de la paroisse, et enfin parce que, au contraire, elle trouve son modèle précis chez un sculpteur de sablière bien documenté, le Maître de Pleyben.

a) le fond.

Ces cinq plaies sont portées par un cartouche, ou plus précisément par un "cuir découpé à enroulement", typique de l'art bellifontain introduit en France par le Primatice à Fontainebleau vers 1532.

En Basse-Bretagne, ce motif Renaissance semble avoir été introduit lors de la construction du château de Kerjean à Saint-Vougay, dans le Léon, soit en sculpture sur pierre pour ce château, soit en sculpture sur bois pour les sablières de sa chapelle seigneuriale  (vers 1570), mais aussi pour celles des églises de Pleyben (v.1571), de Saint-Divy (v.1570), de Bodilis (1567-1576), de Roscoff et pour celles de la chapelle de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (v.1575).

L'une des caractéristiques des cuirs découpés de l'auteur de ces sablières, (qui a reçu le nom de convention de Maître de Pleyben) est d'être perforés de trous (virtuels) par où passent des cordages, ces derniers étant tendus par des anges ou autres personnages.

Or, ce cuir découpé de la chapelle Saint-Jean présente ces trous, par où se faufilent des sangles marqués d'entailles en I, sangles qui se prolongent latéralement en s'élargissant et se dédoublant.

Nous remarquerons que Sainte-Marie-du-Ménez-Hom est distante de  5 km de la chapelle Saint-Jean. Pleyen est situé à 28 km.

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b) le thème.

C'est celui des cinq plaies infligées au Christ lors de sa Passion, celles des clous des mains et des pieds lors de la Crucifixion, et celle du cœur, renvoyant au coup de lance final  porté sur la droite du thorax par un soldat romain.

Ce thème christique est représenté à Kerjean dans le chœur :

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Cuir découpé des Cinq Plaies, sablières de la chapelle du château de Kerjean. Photographie lavieb-aile

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Il est présent aussi à Pleyben, toujours dans le chœur, mais aussi dans le transept sud.

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Sablières de l'église de Pleyben. Photo lavieb-aile

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Il est présent encore à Bodilis, à nouveau deux fois :

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Photographie lavieb-aile

 

Photographie lavieb-aile

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c) le contexte.

Les quatre évangélistes en blochets autour du transept ou du chœur sont présents à la chapelle Saint-Jean tout comme dans la chapelle de Kerjean, ou à Pleyben, ou à Saint-Divy, etc.

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Les influences du travail du Maître de Pleyben sont donc évidentes sur cette pièce de sablière et sur son cantonnement par les quatre évangélistes. Les conséquences à en tirer restent à discuter, après avoir évalué si cette pièce est de la même main que les autres, donc de la même datation vers 1653 et attribuable à l'atelier actif à la chapelle Saint-Côme entre 1641 et 1670, et notamment à Alain Roignant.

 

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Les blochets : les quatre évangélistes.

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a) Saint Marc .

Il est barbu (ce n'est pas saint Jean) et il a les pieds nus (c'est un apôtre ).

Il est assis et il écrit (il a perdu sa plume) sur un livre : c'est un évangéliste .

Un lion montre sa tête. C'est saint Marc.

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La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Saint Matthieu et l'homme.

On recommence :

Il est barbu (ce n'est pas saint Jean) et il a les pieds nus (c'est un apôtre ).

Il est assis et il écrit (il a perdu sa plume) sur un livre : c'est un évangéliste .

Un petit homme tient le livre des deux mains. C'est saint Matthieu. 

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La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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LES ÉLÉMENTS MOBILIERS : STATUES ET TABERNACLE.

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La Vierge à l'Enfant. Bois polychrome, XVIe siècle.

Hauteur 146 cm, largeur 42 cm, profondeur 22 cm. Statue d'applique, petite nature.

Notice Palissy. Inscrit MH 09/01/2003.

Notice Palissy Ducouret/Quillivic

La Vierge est couronnée, souriante, et porte un voile à plis tuyautés, un corsage gris  lisse et une jupe plissée rouge . Jésus, présenté face aux fidèles, porte une tunique blanche.

(notez les traces de peinture murale ocre sous l'enduit).

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La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Saint Jean-Baptiste (pierre polychrome, XVIIe), dans une niche (bois polychrome).

Hauteur : 1,80 m, largeur 60 cm, profondeur 38 cm. Inscription sur la base : S [J] EHAN B.

 

Les éléments d'identification sont la barbe longue, les cheveux longs, le manteau en poils de chameau (franges aux manches), et bien-sûr l'Agnus Dei, l'Agneau posé sur le livre tenu sur l'avant-bras gauche et qui représente le Christ et son sacrifice.  L'index droit prophétique  désignant l'Agneau est un attribut à part entière du Précurseur.

Mais ici, l'index, qui passe derrière le museau, semble s'introduire dans la bouche de l'animal.

Notice Palissy "Jean-Baptiste n°1" . Inscrit MH 09/01/2003..

Notice Palissy Ducouret/Quillivic

 

 

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La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Saint Jean-Baptiste, dit Sant Yann bihan (le petit saint Jean). Bois polychrome, XVIIIe.

Statue d'applique, demi-nature, à revers plat, de  80 cm de haut et de 22 cm de large. 

 

Même représentation que la statue n°1, mais la peau de chameau forme la robe, serrée par une ceinture , et qui est recouverte d'un manteau bleu. La tête du chameau recouvre le pied gauche... L'index droit est brisé. La jambe droite nue, et les pieds nus, mettent en évidence le  statut érémitique du saint.

Notice Palissy. Inscrit MH 09/01/2003

Notice Palissy Ducouret/Quillivic

 


 

 

 

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Saint Philibert en  évêque. Pierre polychrome, XVIe.

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 Notice Palissy. Inscrit MH 19/01/2003.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le tabernacle à colonnettes et quatre panneaux des évangélistes. Bois polychrome, milieu XVIIe siècle.

Le tabernacle trapézoïdal à trois panneaux est posé sur l'autel de granite panneau central est orné de la Sainte Face et du calice eucharistique, et les deux panneaux latéraux  de saint Tugen à droite et d'un saint évêque ou abbé tenant un livre (saint Guénolé ?).

Les décors en bas-reliefs des panneaux de la prédelle représentent de gauche à droite saint Matthieu (homme), saint Marc (lion) , saint Luc (taureau ailé) et  saint Jean (aigle).

En arrière-plan, la balustrade du milieu du XVIIe, longue de 5,14 m et haute de 2,18m, avec ses deux niveaux, le premier composé de panneaux taillés juxtaposés, et le deuxième niveau composé d'un rang de balustres ; trois traverses occupent toute la largeur ; 2 portes latérales reprenant les mêmes éléments. L'ornementation associe plis en serviette, denticules, dents de scie et écaille..Notice Palissy. inscrit MH 09/01/2003.

Notice Palissy

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La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Une vue latérale montre saint Matthieu, saint Marc, et saint Tugen tenant une clef de la main 

gauche et ayant un chien à ses pieds.

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La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

La chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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LE PARDON DU 23 JUIN 2018.

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a) Le rassemblement des porteurs des croix et des bannières.

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À la différence du Pardon de Saint-Côme et Saint-Damien, les délégations du Pays de Porzay ne sont pas présentes, et seules les deux croix et les deux  bannières principales de la commune sont présentes : celle réalisée par Le Minor, portée par les hommes derrière la croix, et celle de Marie et sainte-Thérèse, restaurée récemment, portée par les femmes.

.Pour l'étude des bannières et des costumes, voir l'article sur le Pardon de Saint-Côme

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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La croix de procession.

Elle présente toutes les caractéristiques des "Croix de procession finistériennes" (Yves-Pascal Castel) du XVIe et XVIIe siècle, mais, si c'est elle qui correspond à la désignation Croix de procession n°3 de la notice Palissy, elle date de la fin du XIXe ou début XXe.

En laiton : argenté, repoussé, ciselé, on  y trouve en effet  la présence de fleurons en forme de boules godronnées au bout des branches (ornées de fleurs de lys) , un nœud architecturé renferment quatre figurines (deux manqueraient), les deux  clochettes  sous la traverse de la croix, et la Vierge et Saint Jean portés par des branches, encadrant un Christ en croix. 

Les figurines du nœud en forme d'architecture gothique sont Saint Pierre, une vierge et martyre tenant sa palme, saint Yves et un saint évêque. 

Nous la verrons détacher sa silhouette emblématique dans le ciel de l'été débutant.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Les costumes.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Tout Pardon finistérien, même s'il n'est pas une troménie (tro minihi, "tour du monastère celtique") comme à Locronan (mais aussi Bourbriac, Gouesnou, Landeleau, Plabennec ou Plouzané) ou une procession giratoire répétée plusieurs fois autour d'une fontaine, est une circumambulation, reprenant un rituel qui existe dans le monde entier -de l’Irlande à l’Inde et au Moyen-Orient, de l’Asie à l’Afrique- et est attestés et décrit depuis l’Antiquité védique et gréco-romaine jusqu’à nos jours, c'est à dire un  phénomène de sacralisation d’un territoire et de re-création d'un rituel de fondation. (cf. Joel Hascoët 2010)
Cette circumambulation se doit d'être  dextrogyre ou horaire, dans le sens des aiguilles d'une montre.

Aujourd'hui, la procession va quitter le sanctuaire par sa porte sud, va tourner autour de la chapelle, puis descendre la cinquantaine de mètres vers la fontaine, où le prêtre va puiser de l'eau et en asperger les bannières et les fidèles. La croix vient en tête, puis la bannière paroissiale, puis la bannière portée par les femmes, puis arrive le reliquaire entre ses deux porteurs, puis le prêtre et ses acolytes, et enfin la foule des fidèles reprenant les cantiques anciens.

Quatre croix, deux bannières et le brancard du reliquaire, cela nécessite 14 porteurs/euses qui se relayent, car l'effort est réel. Nul souci de folklore et d'effet touristique, mais une gravité digne mais jamais bigote. Je n'ai pas l'impression d'une reconstitution historique, mais de connaître à mon tour cette profonde et intense émotion esthétique que Mathurin Méheut a exprimé dans ses toiles.

 

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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La descente vers la fontaine.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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L'arrêt devant les blés mûrs.

La procession doit s'arrêter car la voie vers le fond du vallon par le raide escalier n'est pas praticable pour elle. Après avoir traversé l'ombrage des saules, elle fait face au soleil des  moissons aussi bien que, le 3 juin dernier, elle faisait face à la Baie de Douarnenez pour le pardon de Côme et Damien.

 

Étoile de la mer voici la lourde nappe
Et la profonde houle et l’océan des blés
Et la mouvante écume et nos greniers comblés,
Voici votre regard sur cette immense chape (Péguy)

 

Cette proximité du ruisseau qui coule vers la plage de Pentrez et la mer toute proche, cette étendue de blé proclamant l'été, les chants des oiseaux se mêlant aux cantiques, le parfum des fleurs des arbustes sauvages et celui des chaumes chauffées à blanc,  cette sirupeuse chaleur de fin de journée, tout participe à célébrer non seulement un  saint et son sanctuaire, mais les noces d'un terroir et de ses habitants, celle de la nature et de la magie du monde avec les hommes. 

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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L'aspersion et la remontée vers la chapelle.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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L'entrée dans la chapelle par la porte occidentale.

Le porteur de la croix de procession passe le premier.

 

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Pendant cette entrée de la procession et des fidèles, le sonneur sonne la cloche à toute volée.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Quand le reliquaire parvient à l'entrée, les porteurs l'élèvent en travers de la porte, et les fidèles passent en dessous en le touchant.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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C'est le reliquaire de 1578 avec les figurines de saint Côme, de saint Pierre (bien visibles à travers la vitre)  et de saint Damien . Il contenait  les reliques du Christ (couronne et robe) des saints Côme et Damien, de saint Pierre, de saint  Meen, de Marie-Madeleine. 

 

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

Le Pardon de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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Mathurin Méheut a représenté cette scène dans un Pardon plus grandiose, en illustration de Au Pays des Pardons d'Anatole Le Bras (1937).

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Copyright Musée départemental breton.

 

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SOURCES ET LIENS.
 

BASE MERIMÉE, Notice :

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/mersri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IA00005245

"Première campagne 16e siècle, partiellement datée 1591, inscription transept : " B10F FA 1591 MORICE L F ". Charpente et sablières en 1653 pour G. _Perfezou recteur de Saint-Nic, portent l'inscription : " M. GUIL PERFEZOU REC M KVAREC FA 1653 ". Calvaire en 1645. Clocher milieu 17e siècle. Fontaine en 1712"

1591 ; 1645 ; 1653 ; 1712 .

Un vaisseau, plan en croix latine. granite ; grès ; appareil mixte ; moellon toit à longs pans ; pignon découvert ; noue ; flèche en maçonnerie

http://www2.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_8=REF,REFA&VALUE_8=IA00005245

CASTEL (Yves-Pascal), s;d, Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, Société Archéologique du Finistère.

http://croix.du-finistere.org/commune/saint_nic.html

"2766. Saint-Jean, g. k. 5,50 m. 1645. Trois degrés, corniche. Socle cubique. Fût à pans. Croisillon, culots à godrons: M. GVILL. PERFEZOU RECTEUR IE. B. BOLEZEC F. 1645, statues géminées: Vierge-saint, Jean-Jean le Baptiste. Croix, fleurons, crucifix." [YPC 1980]

COUFFON (1988)

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/SAINTNIC.pdf

CHAPELLE SAINT-JEAN

Edifice en forme de croix latine remontant au XVIe siècle, remanié au XVIIe et restauré au XIXe (1817 au-dessus de la porte sud). Clocheton amorti par une flèche à crochets et gables ajourés. Marches d'escalier sur le rampant sud. Il est lambrissé avec entraits engoulés et sablières sculptées : flore, oiseaux, dragons affrontés et, dans le choeur, sur le côté nord, cartouche contenant l'emblème des Cinq Plaies. La poutre transversale du haut de la nef porte l'inscription : "M. GVIL. PERFEZOV RECT. M. KVAREC. FA. 1653."

Mobilier : Maître-autel de pierre : le retable bas porte dans des médaillons les figures en bas-relief polychrome des Evangélistes. Le tabernacle est ouvragé : Sainte Face sur la porte, et, entre des colonnettes, en bas-relief, saint Tugen avec clef et chien dans le panneau de gauche et un évêque dans celui de droite. Derrière le retable, une haute balustrade donne accès, par deux portes à balustres, à une sacristie qui occupe le chevet.

Statues anciennes - en bois polychrome : Vierge à l'Enfant, Pietà, saint Joseph, saint Jean-Baptiste dit Sant Yann Bihan ; - en pierre polychrome : autre saint Jean-Baptiste, de haute taille, dans une niche à colonnettes et fronton, et un saint évêque (Philibert ?).

Dans la sacristie, vieille armoire massive à quatre portes, en mauvais état.  Près de la chapelle, calvaire relevé vers 1950 ; il porte l'inscription : "M. GVILL. PERFEZOV. RECTEVR. IE. B. POLESEC. F. 1645." Fontaine voûtée en anse de panier et datée 1712.

 

— DANIEL (Tanguy)  "T.D"  (*), 2002, article sur la restauration de la chapelle Saint-Jean-Baptiste pour le Cahier 15 de  La sauvegarde de l'art français, Numéro 15 , Picard, 2002, pages 190-192.

(*) très vraisemblablement Tanguy DANIEL, Professeur d'histoire et géographie (en 2005). - Président honoraire de la Société archéologique du Finistère (en 2005)

https://www.sauvegardeartfrancais.fr/wp/wp-content/uploads/saint-nic-c15.pdf

— DUHEM (Sophie) 1998, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.), Presses universitaires de Rennes,  390 pages. Saint-Nic pages 19, 24, 25, 29, 36, 95, 100, 113, 119, 143, 146, 147, 183 (médaillons),  218, 242, 257 (les évangélistes de la chapelle Saint-Jean), 283 (chap. St-Jean), 299, 321 et 334.

http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=781

 

— DILASSER (Maurice), 1979, La chapelle Saint-Jean in Un pays de Cornouaille Locronan et sa région. Paris, Nouvelle Librairie de France. page 632.

"Sise au bord de la route de la Presqu'île, la chapelle peut remonter au XVIe siècle mais fut modifiée et restaurée ensuite, comme l'indiquent les dates de 1653, accompagnée du nom de M. Guil. Perfezou, l'infatigable recteur de Saint-Nic, ou de 1817 sur la porte sud et de 1873 sur la charpente. C'est une construction grossière faite de moellons tirés du Ménez-Hom (grès, granite et schistes), édifiée en forme de croix latine. Le clocheton du mur ouest garnie de crochets boursouflés et accompagnée de pinacles et de pots à feu à l'étroit sur leur plate-forme.

·À l'intérieur, la voûte est lambrissée avec entraits, dont l'un est engoulé par des dragons. Les sablières sont sculptés en forme de monstres, d'angelots d'oiseaux qui picorent. Un cartouche présente, comme au chevet de Ploaré et sur une sablière de Kerlaz, les stiggmates des pieds, des mains et du cœur. Des blochets, taillés en forme d'évangélistes, proposent un thème que l'on retrouvera en bas-relief sur le retable polychromé. Une Vierge Mère (bois polychrome) paraît aussi ancienne que la chapelle, ainsi que l'un des deux saints Jean-Baptiste (pierre polychrome). Dans un recoin qui sert de sacristie, derrière une balustrade, est rangée une statue mannequin faite pour être habillée."

OLIVIER ( Corentin), 2014, Les charpentes armoricaines : inventaire, caractéristiques et mise en œuvre d’un type de charpente méconnu, Mémoire de master 2, Université Rennes 2, sous la direction de Pierre-Yves Laffont et Vincent Bernard, 2014, 410 p.

— OLIVIER ( Corentin), 2016, « L’archéologie des charpentes anciennes (xive -xvie siècles) au service de la connaissance des forêts du Massif armoricain », Mémoires de la Société d’Histoire et d’Archéologie de Bretagne, t XCIV, 2016, p. 109- 121.

PARCHEMINOU ( Corentin), 1930  “Saint-Nic : une paroisse cornouaillaise pendant la Révolution : ses monuments religieux,” 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3082c766c9392bec4684ec9de6920595.pdf

 

 

"Chapelle de Saint-Jean.

Celle-ci est à deux kilomètres du bourg, sur le bord de la route de Crozon. Moins belle que la chapelle de Saint-Côme, la chapelle de Saint- Jean est pourtant loin d'être indifférente. Elle possède un petit clocher bosselé, de jolies portes gothiques et des fenêtres flamboyantes. A l'intérieur, les poutres transversales sont tenues comme à Saint-Côme par des gueules de monstres. Une frise sculptée court au haut des murs : plantes, vignes avec feuilles et grappes que picotent des oiseaux, dragons accouplés par une corde au cou, anges aux ailes déployées, sorte d'écusson allongé portant l'emblème des Cinq Plaies : deux mains et deux pieds transpercées et un cœur. Au carré du transept, aux quatre coins, on voit dans la frise  quatre personnages à longue barbe, tenant chacun un livre ouvert. Le premier est assis sur les épaules d'un génie qui lui enserre les jambes ; un autre sur un génie qui élève les bras pour tenir le livre comme un lutrin ; un autre est assis sur les épaules d'un génie affreusement laid ; le dernier, enfin,. au lieu d'un génie, a une colombe à ses genoux. . Quatre petits personnages sont sculptés autour de la clef de voûte.

Une poutre transversale à gueules porte cette inscription : M. GVILL : PERFEZOU : REC : M. KV AREC : FA : 1653. Sur la charpente, on lit la date 1873 (réfection).

Au fond de la chapelle, on a déposé les débris de l'ancien calvaire qui ressemblait à celui du bourg. On y lit cette inscription : M. GVILL. PERFESZOV. RECTER E B. POLESEC. F. 1645.

Statues. - A l'autel principal, Evangélistes assis chacun avec son attribut : lion, taureau, aigle, homme. Sur un panneau du tabernacle, Saint Tujen avec chien et clef. Sur l'autre panneau, autre Saint avec mitre et crosse, lisant dans un livre .. Derrière l'autel, un Saint Jean-Baptiste, de stature herculéenne, portant un mouton. Cette statue est en pierre. - Vierge portant l'Enfant-Jésus. A l'autel latéral gauche : Sainte curieuse assise. La partie inférieure du corps est dissimulée par une sorte de caisse. Elle est habillée d'une vraie chemise en grosse toile. - Pieta honorée sous le nom de N. D. de la Chapelle-Neuve. - Saint Joseph. A l'autel latéral de droite : Saint Philibert, mitré et crossé. - Saint Jean-Baptiste (appelé Sant Yann Bihan parce que plus petit que l'autre statue) portant un agneau. A ses pieds une tête de loup (?). Toutes ces statues sont en bois, excepté celles de Saint Philibert et de Saint Jean-Baptiste. Non loin de la chapelle se trouve la fontaine dn Saint. Elle porte la date 1712, derrière le fronton."


 

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Published by jean-yves cordier
22 juin 2018 5 22 /06 /juin /2018 09:24

L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic : inscriptions lapidaires, de datations et nominatives. De l'intérêt de lire les tildes.

Voir :

Voir sur la commune de Saint-Nic :

L'église :

 

La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien :

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— La chapelle Saint-Jean :

 

 

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La lecture de la notice de Couffon et Le Bars consacrée à la commune de Saint-Nic donne accès à divers éléments de datation de l'église paroissiale :

"L'édifice actuel, en forme de croix latine, comporte une nef irrégulière avec bas-côtés de trois travées au nord et de quatre travées au sud, un transept et un chœur profond à chevet plat. Il date de la seconde moitié du XVIe siècle. Du type à nef obscure, il est lambrissé sur sablières sculptées. Les grandes arcades pénètrent directement dans les piliers octogonaux.

Entre deux arcades du côté nord, inscription : "M. LE. PARLAT. FA. 1566." Et sur un pilier du bas-côté sud : "I. C. P. 1536 (?)."

Le clocher, du type cornouaillais à une chambre de cloches sans galerie, porte la date de 1576 ; il fut réparé en juin 1790 par Hervé Chapron, de Pleyben.

Sur le portail ouest en tiers-point et à voussures sous accolade, date de 1570.

Le porche latéral du midi, lambrissé, est daté 1561 sur le gable ; ses sablières sont décorées de chimères et de grotesques. Il renferme douze niches latérales, aujourd'hui vides, pour les Apôtres ; l'une d'elles est datée 1620 ; à l'extérieur, cadran solaire de 1614."

Il faudra y ajouter le reliquaire, daté de 1578. Les vitraux sont estimés (Gatouillat et Hérold) de 1560, 1570 et 1600, avec un élément de 1520 environ.

Tout cela atteste d'une reconstruction très active en 1561 et 1562  (porche sud), puis en 1566 (nef) et se poursuivant entre 1570 et 1576 avant de trouver son achèvement par la commande d'un reliquaire en argent en 1578. C'est  cette aventure que l'examen des inscriptions permet de revivre, tant il est émouvant de découvrir la beauté des calligraphies  ; mais parfois, des détails permettent de mieux connaître les hommes qui ont été les maîtres d'œuvre et les artisans de ces travaux. C'est le cas ici.

 

 

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Les inscriptions du porche sud. 1561 et 1562.

"Le porche latéral, lambrissé, est daté sur le gable de 1561 ; ses sablières sont décorées de chimères et de grotesques. II renferme douze niches latérales pour les apôtres, l'une d'elles est datée de 1620."(Couffon)

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1°) Inscription lapidaire  du tympan du fond du portail sud : 1561.

"La porte de l'église  est dominée par trois statues en bois : au milieu, Saint Roch montrant son genou ; à ses pieds, un petit ange porte une boîte ; à gauche·, Sainte Catherine, appuyée sur sa roue ; à droite, Sainte Marie-Madeleine tenant un vase de parfums, de la forme d'un calice. Au dessous de ces statues, la date: L: M: V"ç: LXI (1561)." (C. Parcheminou)

Les statues ont quitté leurs niches, mais l'inscription demeure :

 

:L: M: V:cc :

: LXI : FFe :

L[an] Mil Cinq cent Soixante-et-un ffe.

J'interprète ainsi  "L'an, 1561 fecit" : "Cela fut fait l'an 1561" .

Inscription en creux en lettres et chiffres gothiques aux hampes bifides, aux fûts perlés ou barrés, avec ponctuation de séparation des mots par deux-points, le dernier deux-point relié par une ligne en S.

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Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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2°) Inscription sur cartouche de la   sablière droite  du portail sud : 1562. 

La sablière, entre deux blochets figurés, est ornée de deux dragons, liés à deux monstres anthropoïdes qui présentent un cartouche.

Voir Les sablières de l'église de Saint-Nic. Le porche sud.

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Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Ce cartouche porte l'inscription gravée en creux (chiffres) et en plein (lettres) :

1562

A F E : AARIA.

(lecture de la ligne inférieure douteuse : AVE MARIA ?? ).

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Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

L'église Saint-Nicaise à Saint-Nic : inscriptions lapidaires, de datations et nominatives.

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3°) L'intérieur : inscription lapidaire : 1566.

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Inscription peinte en rouge, en réserve en lettres romaines et chiffres arabes. Ponctuation entre les mots par deux-points. Lettres aux fûts et aux traverses ornées de barres. Utilisation du tilde.

M : LE : PARLÃT : FÃ : 1566.

Cette inscription a été déchiffrée par les auteurs (Abgrall, Parcheminou puis Couffon) sans tenir compte du premier tilde (qui affecte la forme d'un losange et non, comme le second, d'une navette). Ils ont tous lu "M LE PARLAT FA. 1566."

-Le premier est le chanoine Abgrall, dans son article "Inscriptions gravées et sculptées sur les monuments du Finistère", Bulletin de la Société archéologique du Finistère 1916 :

-Le deuxième est Corentin Parcheminou en 1930.

Puis vient René Couffon dans sa Notice :

 

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/SAINTNIC.pdf

- Les organismes communaux et associatifs ont repris cette lecture :

https://www.saint-nic.fr/eglise-st-nicaise.htm

http://folklore-culture.fr/index.php/patrimoine/eglise-saint-nicaise/

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Pourtant, il est évident qu'il faut rétablir l'abréviation du deuxième tilde : 

M. LE PARLAT FABRICIEN [EN] 1566.

Il est étonnant, au vu de la lisibilité de l'inscription pour tous les paroissiens et tous les visiteurs, et l'importance qu'elle affiche dans l'histoire de la construction de l'église, que personne ne se soit avisé que le patronyme "le Parlat" n'est attesté nulle part en France.

Par contre, si, comme on le doit, nous prenons en compte le premier tilde sana lui tenir rigueur de sa forme en losange, nous obtenons :

"M. LE PARLANT, FABRICIEN EN 1566."

Ce patronyme est attesté à Plomeur (29, près de Pont-L'Abbé) sur la généalogie de Thierry Palud, ou sur celle de Bruno Margelidon (Marie-Catherine LE PARLANT, marié à Yves Biger 1592-1672.

Par ailleurs, Guyon LE PARLANT était Gardien supérieur en 1549 du couvent du Cuburien à Saint-Martin-des-Champs près de Morlaix.

Les amateurs d'histoire locale tiennent donc là une information précieuse, qui pourrait les inciter à une recherche dans les registres et archives de la paroisse. Mais la priorité semble être plutôt l'installation de projecteurs et de radiateurs alimentés de très esthétiques fils polychromes habilement  fixés par de solides cavaliers, soigneusement mis en valeur.

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Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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4°) Face est d'un des piliers sud de la nef : Et sur un pilier du bas-côté sud : "---. 1636" (sous réserve)

Cela corrigerai la lecture de Couffon "ICP 1536"..

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Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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5°) La tribune : A. ROIGNANT.

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La tribune porte une inscription gravée : 

A : ROIGNANT : CHARP.

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Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Cette inscription,  peut être précisée et  datée : le prénom est vraisemblablement Alain, et l'inscription date environ de 1670.

En effet, c'est en 1670 qu'AL[ain] ROIGNANT FAB[ricien] et CHARP[entier] inscrivit son nom sur les sablières du bas-coté nord de la chapelle Saint-Côme-et Saint-Damien, dans la paroisse de Saint-Nic. Et le même Alain Roignant se chargea de confectionner la  porte nord de la même chapelle, sur laquelle il inscrivit : "AL. ROIGNANT. F. 1675 (ou 1673 ?). (cf. Couffon)

La généalogie D'Eric Lagathu nous permet aussi de préciser qu'Alain Roignant était marié avec Marie LE BIHAN(1629-St-Nic, 7 mai 1690) dont il eut une fille, Marguerite, née le 1er avril 1661 à Saint-Nic.

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Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Une inscription non déchiffrée : celle du clocher.

L'inscription porte, selon Couffon, la date de 1576..

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription de la cloche.

. --FELEC GUEGUENIAL / JE ME NOMME NICOL--

MAIRE LAROUR.

Je ne dispose pas de la liste des maires de Saint-Nic ; en 1789, le maire était Pierre Larour, de Brénalen (celui-ci devint capitaine des grenadiers de la garde nationale de la commune en 1792). L'un de ses 5 adjoints était Corentin Queffelec, de Creac'h Milin. En 1792, le maire se nomme Henri Guegueniat, de Penanvoez, tandis que l'un des officiers municipaux est Jean Larour, du manoir Guermeur. Les successeurs seront Etienne Le Droff, Michel Damoy, [---] Jean Horellou en 1837, 

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Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Bul. Société archéologique du Finistère.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1916_0122_0159.html

 

 

— COUFFON (René), Le Bars (Alfred), 1988, 

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/SAINTNIC.pdf

 

 

— PARCHEMINOU ( Corentin), 1930  “Saint-Nic : une paroisse cornouaillaise pendant la Révolution : ses monuments religieux,” 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3082c766c9392bec4684ec9de6920595.pdf

 

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21 juin 2018 4 21 /06 /juin /2018 21:19

La Libellule fauve Libellula fulva, Müller, 1764  à Crozon.

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Voir mon observation précédente, en 2012, au même site (la Cordulie bronzée était également présente aujourd'hui) :

Cordulie bronzée et Libellule fauve à Crozon.

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Voir les origines du nom ici :

Zoonymie des Odonates : Libellula Fulva Müller, 1764.

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Cliquez sur l'image.

 

 

 

La Libellule fauve Libellula fulva, Müller, 1764 , étang de Kerloc'h. Photographie lavieb-aile 21 juin 2018.

La Libellule fauve Libellula fulva, Müller, 1764 , étang de Kerloc'h. Photographie lavieb-aile 21 juin 2018.

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La Libellule fauve Libellula fulva, Müller, 1764 , étang de Kerloc'h. Photographie lavieb-aile 21 juin 2018.

La Libellule fauve Libellula fulva, Müller, 1764 , étang de Kerloc'h. Photographie lavieb-aile 21 juin 2018.

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La Libellule fauve Libellula fulva, Müller, 1764 , étang de Kerloc'h. Photographie lavieb-aile 21 juin 2018.

La Libellule fauve Libellula fulva, Müller, 1764 , étang de Kerloc'h. Photographie lavieb-aile 21 juin 2018.

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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