L'Ophrys abeille Ophrys apifera Hudson 1782 à Crozon.
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Les Ophrys abeille sont apparues sur le bord des routes de la Presqu'île de Crozon, ou par essaims entiers dans des prairies où il est difficile de marcher si on ne veut les écraser.
Il n'est pas difficile de les photographier, il est difficile de cesser de le faire. C'est, à ras de terre, une telle féerie que vous butinez de l'une à l'autre, enivré de couleurs vert tendre, rose violine ou grenat. Surtout, ne faites pas comme moi, ne vous mettez pas en tête de collectionner les différentes formes de la macule jaune d'or de la labelle. Ou d'évoquer, en les contemplant de face, les peluches Kiki qui firent jadis fureur, ou encore les nains de jardins encapuchonnés. Ou de réussir une mise au point sur les pollinies, ces petites bourses jaunes se balançant au vent comme des cloches sonnées par un sacristain endiablé.
Sinon, vous serez punis de votre addiction par les heures passées à trier les centaines de clichés et à procéder à des choix impossibles.
J'ai sélectionner les sept photos que voici. Je regrette déjà celles que j'ai délaissées. Et je meure d'envie de retourner sur le terrain, à quatre pattes parmi le trèfle et le plantain.
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Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.
Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.
Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.
Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.
Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.
Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.
Ophrys apifera, Crozon, 23 mai 2020. Photographie lavieb-aile.
L'église de Locronan renferme une statue en granite représentant saint Roch, dont il est dit partout, à commencer par le site pop.culture.gouv.fr qu'elle porte la "signature" de "Guillemin, sculpteur".
L'histoire commence en 1877 lorsque R.-F. Le Men, archiviste du Finistère, indique dans sa Monographie de la cathédrale de Quimper que les grandes orgues avaient été réparées par Hervé GUYLLEMIN ou GUYLLYMIN en 1525 et 1526. Il reproduit ensuite (p. 278) un contrat passé en 1561 par la fabrique de Sainte-Melaine à Morlaix avec Guillaume GUYLLEMIN ou GUYLLYMIN , maître-tailleur d'ymage et paintre demeurant ladicte paroisse.
Il revient ensuite sur Hervé GUYLLYMIN pour lui consacrer une notice. J'indique en crochet la graphie correcte du nom dans le document d'archive cité par Le Men en note :
Hervé Guillemin. Il rétablit en 1524, 1525 et 1526 les grandes et les petites orgues de la cathédrale, et reçut pour ce travail [p. 323] en différents paiements, la somme de 359 livres (plus de 9,000 francs) [HERVEO GUYLYMYN 1524, HERVEO GUYLLYMYN ou GUYLLEMYN 1525] . Guyllemyn fit aussi en 1543, pour le prix de 111 livres 14 sous 9 deniers (environ 1,564 francs), les grandes orgues de la chapelle de Notre-Dame-du-Mur à Morlaix. « À maistre Hervé Guillymyn à valoir en son marché pour faire les grandes ogres (sic) de ladicte chapelle (de N. De du Mur), 105 livres 15 sous. » « À Maistre Hervé Guillymyn, la somme de 7 l. 19 s. 9 d., qui luy estoient restés à cause des grandes orgues. » . Un compte de la fabrique du Mur pour l’année 1500, mentionne un paiement de 90 livres, fait à Hervé Guillymyn. Je ne sais s’il s’agit ici de ce facteur d’orgues ou de son père. En 1549 H. Guillemin reçut 30 sous monnaie « pour ung tableau de boys pour debvoir mettre en escript la dédication d’icelle église (du Mur). ». En 1474, Prigent Guillemin était organiste de la cathédrale de Quimper, et recevait de la fabrique une pension de cent sous (150 francs).
Il achève cette notice en ajoutant : "J’ai relevé dans l’église de Locronan, l’inscription suivante, écrite en caractères gothiques au pied d’une statue en pierre, de saint Roch : « L’an M Vc . IX R. Guillimin. ».
Nous remarquons que René-François Le Men n'écrit pas qu'il a lu à Locronan la signature d'un sculpteur, il cite l'information factuelle de son relevé d'inscription lapidaire.
Pour être complet, je signale que Le Men décrit d'autres personnages ayant ce patronyme : Jehan GUILLIMIN (et sa femme Jahanne Berthaud, inhumés en 1558), Olivier GUILLIMIN 1570, Françoise GUILLIMIN 1575, tous inhumés dans la chapelle Saint-Paul. Cela atteste ce patronyme dans la ville de Quimper.
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Réception.
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Henri Waquet reprend en 1919 la lecture de l'inscription par Le Men en indiquant que "Ce Guillimin, suivant lui, semble appartenir à une famille qui s'est consacrée principalement à la construction et à la réparation des orgues en Basse-Bretagne". Ce qui est un écart ou un contresens par rapport à la publication de Le Men.
En 1925, Abgrall et Pérennès décrive pour le BDHA la statue de saint Roch, datée de 1509 et ajoute : "Le Men y a lu la signature d'un nommé R. Guilimin, qui, d'après lui, se serait aussi occupé des orgues de la région." On mesure la dérive importante par rapport à ce qu'à écrit l'archiviste de Quimper, puisqu'il n'a pas parlé de signature, et qu'il sépare bien ce R. Guillimin de ses homonymes Hervé, facteur d'orgues, et Prigent, organiste.
En 1979, Maurice Dilasser, recteur de Locronan, écrit dans Locronan et sa région "deux statues de pierre polychrome celle de saint Christophe... la seconde est celle de saint Roch, voyageur lui aussi et guérisseur. Elle porte sur son socle la date de 1509, où l'aurait sculpté R. Guillimin". Un renvoi à la note 16 indique "C'est la lecture qu'a faite de l'inscription l'ancien archiviste Le Men. ". Nous venons de voir que c'est trahir le texte de Le Men. Dans l'Index des noms, se trouve, sans conditionnel, l'entrée : "GUILLIMIN, sculpteur, 576.".
En 1988, René Couffon décrit un "saint Roch portant l'inscription : "LA MVccIX. GUILLIMIN (?)" en caractères gothiques". Ce point d'interrogation l'honore.
En 1987, Y.-P. Castel et G.-M. Thomas crée dans leur Dictionnaire des artistes, artisans en Bretagne une première entrée pour Guillaume Guillemin, maître tailleurs d'ymage et peintre à Morlaix, et une autre entrée pour GUILLEMIN (R.) avec comme commentaire : "Sculpteur ? nom figurant au pied d'une statue de saint Roch, à Locronan, avec la date de 1509." Là encore, la prudence l'emporte ; mais la graphie GUILLIMIN n'est pas respectée.
Le site Infobretagne donne une description (sans date, sans auteur) du mobilier de l'église avec, pour cette statue, le commentaire "Saint Roch, flanqué du chien qui lui apporte un pain et un angelot : statue de granit, signée Guillimin et datée 1509, en caractères gothiques."
Le comble est la notice Pop.culture.gouv, se réclamant du copyright Monuments historiques 1994, puisque ce site, officiel s'il en est, affirme que le nom GUILLIMIN est une signature de la statue, et crée un renvoi dans sa base de sculpteurs : GUILLIMIN (sculpteur).
Ainsi, un artisan a été créé de toute pièce, en dehors de tout document d'archives (tel le contrat passé à Morlaix avec Guillaume Guillimin), de toute base généalogique, de toute étude stylistique permettant l'attribution d'autres œuvres, etc...
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Nous assistons donc à une "invention" d'un artisan, par dérives, trahisons ou citations à l'à peu près, d'un texte initial très scrupuleux.
Le minimum est, ou aurait été, de vérifier l'inscription. Ce que je propose maintenant, non sans avoir décrit la sculpture elle-même.
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DESCRIPTION.
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La statue est classée depuis 1991. Elle mesure, si je me fie à la notice Palissy, 1,10 m de haut, 47 cm de large et 26 cm de profondeur.
L'homme est coiffé d'un chapeau noir à bords relevés ; il a les cheveux longs et bouclés. Ces deux éléments sont conformes à une datation sous le règne de Louis XII (portrait de Louis XII). Il porte, sous une cape noire à revers rouge, une tunique entièrement fermée en haut, mais fendue sous la ceinture où elle forme deux plis. On voit la marque sur la poitrine d'une forme en écusson. La tunique est serrée par une fine ceinture grise.
Sous des chausses ne couvrant pas les genoux, les jambes sont nues, au dessus d'une paire de solides chaussures.
Ce qui est remarquable, c'est que nous n'avons pas ici la scène emblématique par laquelle le saint montre, sur la cuisse, souvent gauche, le bubon, la plaie sanguinolente qui indique qu'il est atteint de la peste.
Pourtant, le chien, le fameux Roquet tenant dans sa gueule une boule de pain, suffit à affirmer l'identification. Dés lors, nous interprétons la tenue vestimentaire et la coiffure comme étant celle d'un pèlerin (un Romeu), et, par ricochet, nous désignons ce qui ressemblait à une lance de chasseur sous le nom de bourdon. Dès lors, saint Roch est campé devant nous, et le petit ange qui l'assiste à sa gauche en lui apportant un fuseau (disons, une baguette) entre parfaitement dans le tableau de l'hagiographie.
On sait que saint Roch est invoqué, comme saint Sébastien, dans les contextes d'épidémies de toutes sortes qui ont frappé la Bretagne au même titre que le reste du pays.
La statue est le maître, lors des fameuses Troménies de Locronan, d'une hutte à son nom.
Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.
Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.
Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.
Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.
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LE SOCLE.
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Le début de l'inscription est aisée à lire et fera consensus :
LÃ M Vc IX : en tenant compte du tilde sur le A (abréviatif du N), nous avons : LAN M[IL] V c[ent] IX, et donc: "l'an 1509".
Pour être très exigent (mais cette exigence est, en la matière, nécessaire), notons que René-François Le Men a mélangé sa "leçon" (ou lecture objective) qui était "LÃ M VC IX" et sa transcription "L'an M VC IX".
L'écriture est une gothique dont les fûts sont perlées (une perle au milieu) et à extrémités soit bifides (le L), soit à empattements en losanges (le M).
Ce M s'inspire des onciales mais il dessine au milieu un losange par l'entrecroisement des jambages.
Vient ensuite un sigle qui a été lu comme un R par Le Men, mais qui ressemble à un X allongé, ou à un F à empattement de base losangique et empattement de tête bifide, ou orné d'une plume. Je ne parviens pas à y reconnaître un R majuscule, à boucle fermée, ni un r minuscule. Un signe de séparation des mots ne me parait pas crédible.
Je ne peux proposer d'autre lettre, mais nous ne pouvons valider l'affirmation que nous aurions ici l'initiale R. d'un prénom.
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Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.
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Le socle, partie droite.
L'inscription tourne sur le demi-cercle du socle avec une sorte d'angulation après la date, source d'une difficulté.
Surtout, les lettres sont proches de la gothique textura, celle qui sera adoptée par l'imprimerie [remarquons que cette technique, en 1509, a déjà plus de 50 ans, et que la première pièce imprimée pour les Rohan en Bretagne date de 1484. Mais la première imprimerie du Finistère, à Morlaix, date de 1570]. Cette écriture de forte densité est caractérisée par la régularité recherchant un effet de "texture" uniforme des fûts verticaux, réguliers, à empattements en losange.
Dés lors il devient difficile de distinguer les m, les i, r, n ou l car la lecture dépend de la manière dont on sépare ou au contraire dont on réunit les fûts pour y lire une lettre.
Pour le nom propre GUILLIMIN, la succession des lettres qui prêtent à confusion rend l'exercice très périlleux.
La première lettre, la G, est en minuscule, et il faut discerner le jambage inférieur assez discret pour la reconnaître.
Vient ensuite un fût isolé, que je luis comme un i, puis voici un U et enfin deux L. Je lis donc GIULL---
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Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.
Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.
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En tournant toujours, je parviens à une succession de 7 fûts en bâtons. Je cherche à y lire la suite du nom, soit -IMIN.
Avec un peu de volonté, j'y parviens.
En conclusion, je lis ici GIULLIMIN, avec un coefficient d'erreurs puisque ma lecture finale a été dictée par celle de Le Men.
Le patronyme GIULLIMIN n'existe pas sur Geneanet, et le moteur de recherche ne le connait pas non plus. Je dois revoir ma copie. Soit je me suis trompé, et la leçon de Le Men est la bonne, soit il s'agit d'une graphie particulière de GUILLIMIN.
Le patronyme GUILLIMIN est parfaitement attesté à Quimper et à Morlaix aux XVe ou XVe comme l'a montré Le Men.
En définitive, je valide la leçon de Le Men et je lis GUILLIMIN.
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Statue de saint Roch (granite, 1509), église de Locronan. Photographie lavieb-aile.
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DISCUSSION.
Nous avons donc une inscription LÃ M Vc IX [F?] GUILLIMIN. La lettre F, ou X, ou autre, peut être l'initiale d'un prénom, ou bien, même si l'hypothèse est faible, l'abréviation de "Fabrique". Ou de "Fait".
Nous pouvons donc affirmer (en oubliant les difficultés de lecture) que GUILLIMIN a placé son nom sur cette statue après la date de 1509. Est-ce en tant que commanditaire pour la paroisse (et donc de fabrique), ou entant que sculpteur et peintre ?
C'est la première hypothèse qui doit être privilégiée, en raison de la très grande fréquence des inscriptions lapidaires mentionnant en Basse-Bretagne en fin XVe et début XVIe le nom du fabricien (membre de la fabrique) et la très très grande rareté de la mention du nom du sculpteur, à une époque où son statut était celui d'un artisan, un factotum, et l'originalité de sa production non reconnue.
Dans le cas de cette statue, nous devons admettre que nous ne pouvons pas attribuer à cet anthroponyme une fonction. Seules les mentions équivalents à "fait par", ou l'indication d'une profession, ou l'existence d'archives paroissiales plus précises, ou de productions signées ailleurs pourraient permettre d'affirmer qu'il s'agit d'un sculpteur.
Le seul micro-indice est l'attestation de Guillaume GUYLLYMIN ymagier et paintre à Morlaix, et actif sur sa paroisse exclusivement, en 1561.
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Ces chicaneries ne doivent pas nous détourner de l'essentiel : la date précoce de cette statue, sa valeur esthétique, ainsi que l'attestation d'un culte rendu à saint Roch à Locronan, rendant compte des inquiétudes sanitaires de la population au début du XVIe siècle.
La statue a des points communs avec celle, en chêne, de Pont-Croix (2ème moitié XVIe siècle).
— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle, 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm; Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395. Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut.
— WAQUET (Henri), 1919, "Locronan", Congrès archéologique Brest-Vannes, p. 554-576.
Au cinquième pilier sud de l'église de Locronan se cache dans la pénombre relative une statue remarquable, celles de Notre-Dame de la Délivrance. Cette dénomination était réservée aux Vierges invoquées pour l'élargissement des captifs, mais surtout pour l'aboutissement d'une grossesse.
Henri Waquet écrivait en 1919 « Le mobilier de l'église principale ne comporte aucune œuvre d'art d'une valeur exceptionnelle. » C'était mettre la barre à une hauteur peu accessible. Les chanoines Abgrall et Pérennès, à l'œil pourtant très averti, ne la mentionnent pas en 1925.
Il est rare qu'un touriste franchisse les obstacles visant à le décourager de se détourner ainsi de la pratique du culte, tels que les rangs de chaise, l'absence d'éclairage dédiée ou d' une signalétique appropriée voire, ne rêvons pas, d'un cartel didactique. Et en 1997, l'abbé Castel, qui le premier se préoccupa de l'étudier, remarqua vite que les visiteurs de l'été ne s'approchait qu'intrigués par le spectacle d'un prêtre jugé sur une échelle.
Car il faudrait bien un escabeau pour déchiffrer le très riche matériel épigraphique et héraldique qu'offre cette statue.
Que fait ici cette statue ? Comment se fait-il que son blason épiscopal soit resté inattribué (alors que les armoiries des évêques de Cornouailles ou des abbés du diocèse sont bien connus) ? Comment ne pas errer en des recherches inutiles. Donnons ici une information capitale.
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Un don et une installation datant de 1909.
Ce serait (Debidour in Dilasser p. 577) un don de madame Lemonnier vers 1909.
Madame Marie-Louise Lemonnier, (Rennes, 1840-Nantes 1924) fille de l'avoué et sculpteur rennais René Toulmouche, avait épousé en 1885 Mr Paul-Hippolyte Lemonnier (1836-1894), ingénieur des mines :
Puis, au décès de son mari, elle se rendit "par hasard" de Nantes où elle demeurait à Guengat puis à Locronan, où, sous l'influence d'une injonction soudaine, elle fit en 1903 un don de 10000 F pour la restauration de l'église (le conseil municipal versant 1000 frs, la fabrique 1000 frs et le recteur 1000frs), créa coup sur coup l'école des filles "Sainte-Anne" (1912), l'école des garçons, une maison pour les maîtres, un théâtre à la demande de Guillaume Hémon, puis, ayant peut-être épuisé les possibilités locales, fit construire une station de sauvetage en mer à Primelin (d'où son Canot "Paul Lemonnier"), une digue à Loctudy, une école de pêche et de navigation à Groix, un orphelinat de la marine à Pornic, un laboratoire de chimie à l'école de médecine de Nantes avant de léguer des œuvres d'art aux musées de Quimper et de Rennes.
*René Toulmouche, avoué près la Cour Royale de Rennes, sculpteur, membre de la Société d'Archéologie, ami de Souvestre.
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DESCRIPTION.
Cette statue en petite nature en calcaire monolithique polychrome mesure 98 cm de haut, 34 cm de large et 18 cm de profondeur. Elle été restaurée et repeinte par les Monuments historiques au XXe siècle mais n'est pas classée. Elle daterait du quatrième quart du XVe siècle et proviendrait du Maine-et-Loire.
La Vierge est couronnée (bandeau réticulé, fleurons brisés); ses cheveux bruns tombent librement derrière ses épaules. on retient de son visage un peu épais ou carré le regard pensif qui ne fixe pas l'enfant, le nez droit et long, la bouche très fine et petite et le menton pointu ; le front et les sourcils sont épilés.
Elle est vêtue d'un lourd manteau bleu proche de la chape, fermé par un mors à deux agrafes. Sous ce manteau, la robe verte est tenue par deux larges bretelles dessinant un décolleté carré. Les manches blanches, visibles aux poignets, ne sont pas très larges. Sous la taille, la robe est blanc écru, et ses plis cassés recouvrent partiellement le sol. Des fleurs de lys ont été peintes (postérieurement ?), en or sur la robe et en noir sur le manteau.
Les chaussures noires sont à bouts ronds.
L'Enfant est nu, recouvert partiellement par le manteau maternel, son visage rappelle celui de sa mère. Il tend une banderole. Un soleil noir radiant est peint sur sa poitrine.
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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.
Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.
Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.
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LE CORPUS DES SEPT INSCRIPTIONS.
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La statue offre à l'amateur non seulement l'inscription de son socle, la désignant, mais aussi sur les galons, l'étole de l'Enfant et autres supports six inscriptions religieuses.
Elles sont toutes gravées en relief et emploient des lettres perlées. Y.-P. Castel parle de « lettres fleuronnées » et « qui, sans éliminer le gothique, a été introduit dès le début du XVIe siècle » et il renvoie à l'inscription de 1536 de l'église de Rumengol au Faou ; mais nous pourrions citer celle de la sacristie de 1544 de l'église du Faou, celle de Saint-Nic en 1561.
Les trois lettres NTE ne reçoivent pas d'explication. Il ne semble pas qu'elles soient la fin d'un mot (entente, etc).
Le socle est manifestement brisé sur son coté droit, amputant la finale de DELIVRANCE, mais la tranche a été repeinte à l'or.
Les lettres sont perlées sur ls fûts droits (N ; T ; M ; R ), elles sont dotées de larges empattements (T, S, A ;E) lorsque les fûts ne sont pas empattés et bifides. Le A est doté d'une traverse supérieure. Le D est une onciale. La diagonale du N est courbe. Il n'y a ni signe de ponctuation, ni élision, ni signe abréviatif.
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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.
Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.
Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.
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L' inscription de la banderole.
L'Enfant-Jésus tient une banderole portant l'inscription EGO SVM ALPHA ET O[MEGA], « Je suis l'Alpha et l'Oméga. Cette citation de l'Apocalypse désigne le Christ comme début et fin de toute chose.
Le H de ALPHA est incomplet, lié vers le A.
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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.
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L'inscription du mors de chape.
Elle est également facile à lire : MATER DEI. Elle se poursuit sur la bordure repliée à droite du manteau MEMENTO MEI , « Mère de Dieu, souviens-toi de moi ».
Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.
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L'inscription du galon du manteau.
Elle commence à l'arrière de l'Enfant sur l'ourlet du manteau de la Vierge MARIA, se continue sur la bordure de la chape retenue par la main de Marie : DEI ORA PRO NOIS. Soit MARIA [MATER] DEI ORA PRO NOBIS, « Marie mère de Dieu priez pour nous »
L'inscription des replis du liseré inférieur gauche du manteau se perd dans un feston : AVE [A]NCILLA TRINI[TATIS], « Salut, servante de la Trinité ». Deux lettres, peintes et non sculptées en partie cachées sous le blason, ne sont pas compréhensibles.
Inscription du galon de droite.
MA[TER] DEI « Mère de Dieu » et CELI REG[INA], « Reine des cieux ».
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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.
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Le blason.
Son titulaire n'a pas été identifié. Il n'est pas à rechercher dans les armoriaux bretons si la provenance est exogène.
La crosse en pal indique un évêque, un abbé ou une abbesse. L'écartelé en 1 et 4 de sinople plein et en 2 et 3 fascé d'or et d'azur de six pièces est traversé par une bande de gueules à trois merlettes d'or brochant sur le tout. Si la statue a été repeinte après effacement des couleurs, les émaux du blasonnement sont peut-être une source d'égarement.
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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.
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La broche de l'épaule gauche de la Vierge sous l'agrafe du fermail.
Elle forme un monogramme à deux lettres superposées C (ou G ) et I (ou L, T) qui pourraient renvoyer aux initiales du donateur.
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Notre Dame de la Délivrance, calcaire polychrome, fin XVe siècle, église de Locronan. Photographie lavieb-aile.
— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle, 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm; Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395. Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut.
— WAQUET (Henri), 1919, "Locronan", Congrès archéologique Brest-Vannes, p. 554-576.
Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
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DESCRIPTION. Un oeuvre du XVe siècle, de 1593, de 1617, de 1891 et 1909.
Ce calvaire en granite (socle) et kersanton de 4,50 m de haut est un ensemble composite ou plusieurs fois modifié. Sur une base maçonnée à corniche de trois degrés, où est encastrée une table d’offrande, un socle à pans porte sur ses quatre faces l'inscription L’AN 1909 MISSION. L’AN 1891 MISSION. L’AN 1593 POSEE. L’AN 1891 RESTAUREE. Le fût octogonal, avec sa statue de saint Pierre en haut relief, serait du XIXe siècle. Sur le nœud ouest du croisillon se voient les armes de Jean Briant, abbé de Landévennec ( 1608-1632) qui témoignerait d'une autre époque encore, mais qui relève sans-doute d'une reconstitution de la fin du XIXe siècle. De l'autre coté, l'inscription date de 1617 : "IAN GVELMALC, Y. GAL 1617". Le croisillon porte les statues géminées de la Vierge/Vierge, et de saint Jean/ ange du Jugement. Au centre coté ouest, le Crucifié sous un dais sur une Croix fleuronnée. Au revers se trouve la partie la plus intéressante, avec au centre le Christ ressuscité sur un arc en ciel présidant au Jugement dernier surmonté d'une banderole de lecture hasardeuse GARDE QUIL FERA SELON ESTANT / JUGERA.
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L'attaque par les lichens est considérable et dénature les diverses parties de ce précieux témoin artistique : on peut en suivre les dégâts sur les cartes-postales et les photos prises en 2012 pour l'Inventaire. L'étude de l'inscription de la banderole en est pénalisée.
L'incurie à l'égard de cette œuvre est regrettable par le respect qui est dû à notre patrimoine, mais aussi car elle prive les visiteurs d'une satisfaction esthétique, et surtout car elle n'a pas encore livré tous ses secrets.
L'intérêt principal est de voir ici repris le même thème du Jugement dernier qui figure sur le coté oriental du calvaire de Châteaulin, à 20 km de là, datant du XVe siècle. On y trouve le même Christ au torse nu dans le manteau de la Résurrection, montrant ses stigmates, assis sur l'arc en ciel, les pieds nus posés sur le globe du Monde, tandis qu'un ange souffle dans une trompe pour annoncer le Jugement. La banderole est plus complète à Châteaulin, mais nous retrouvons une partie commune, GARDE QUIL FERA SELON --JUGERA.
J'ai discuté de ce motif iconographique dans mon article sur Châteaulin. Le texte reste opaque, mais rappelle les versets de Matthieu 7:1-2 Nolite judicare, ut non judicemini, in quo enim judicio judicaveritis, judicamini : et in qua mensura mensi fueritis, remetietur vobis. En gros, prends garde que tu seras jugé de la même façon que tu auras jugé.
C'est la comparaison avec Châteaulin qui me permet d'identifier l'ange sonnant de la trompe, identification qui a échappé à Yves-Pascal Castel et à Christel Douard. De même, la femme du coté droit ne peut être que la Vierge, dans son rôle d'intercession. Les autres personnages, ici manquant, sont les individus sortant de leur tombeau à l'appel de la trompette : ils permettent d'imaginer l'état initial avant les modifications successives.
Je fais donc avancer l'étude de ce calvaire, mais j'achoppe face aux inscriptions. Je passe le relais au suivant.
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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
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LA FACE OCCIDENTALE : LE CRUCIFIX.
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Cliché Le Doaré, coll. Hamonic.
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Le socle.
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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
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Saint Pierre sur le fût. 1891.
C. Douard suggère que le fût polygonal, et le haut relief de saint Pierre, datent "probablement du XIXe siècle" (et donc de la restauration de 1891 indiquée sur le socle). Un rapprochement s'impose alors avec le fût et le haut relief de saint Yves sur la place Saint-Yves de Plomodiern, datant de 1893 et qu'on attribue à Yan Larc'hantec, de Landerneau.
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Calvaire de 1893 de la place Saint-Yves de Plomodiern.
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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
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Les armoiries du nœud.
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L'état de ce blason sur la carte postale (début XXe?), comparé à celui des mêmes blasons sur d'autres sites, incite à y voir une restitution datant vers 1891. Mais nous pouvons imaginer que ce blason a repris une figure comparable mais trop altérée.
Jean Briant, abbé de Landévennec de 1608 à 1630 portait d'azur (bleu) au pigeon portant dans son bec un rameau de sinople (vert). Avec la crosse en pal.
La façade de l'église ainsi que son arc de triomphe porte les armes d'autres abbés de Landévennec, ses successeurs les Tanguy, en affirmation de leurs droits sur cette paroisse.
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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
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Le Crucifié sous un dais.
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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
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La Vierge.
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Elle a la tête voilée par son manteau, et tient les mains croisées sous sa poitrine. Sa tête est fléchie vers sa gauche.
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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
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Saint Jean.
Il tient le livre de ses écrits, et garde la main droite sur la poitrine. Sa tête est légèrement levée et tournée vers sa droite. Les yeux sont des amandes recouverts par les paupières.
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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
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LA FACE ORIENTALE : LE CHRIST DU JUGEMENT DERNIER.
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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
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Le Christ du Jugement, au torse nu dans le manteau de la Résurrection, montre ses stigmates, assis sur l'arc-en-ciel, les pieds nus posés sur le globe du Monde.
L'arc-en-ciel est particulier par sa forme de trapèze.
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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
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L'inscription :
[GA]RDE QUIL FERA SELÕ FE
JUGERA
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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
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L'ange sonnant de la trompe.
Cette trompe est brisée. L'ange est vêtu d'un manteau dont le pan fait retour sur le bras gauche.
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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
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La Vierge.
Elle présente les paumes de ses mains à la façon de son Fils montrant ses stigmates. Cela m'embarrasse un peu.
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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
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L'inscription du croisillon.
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IANCVEVMALCY GAL 1617
Nous pouvons essayer Ian ou Jean GVEN et Yves GALL, mais en tordant un peu la réalité.
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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile.
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SOURCES ET LIENS.
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— ABGRALL, Jean-Marie. PEYRON, Paul. Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon. Quimper, 1904, vol. 1, p. 1-9.
"Elle porte cette date : LAN. 1593. A sa base est un petit autel en pierre, au-dessus duquel est une Notre-Dame-de Pitié, dont la robe et le manteau offrent des plis bien drapés. Deux anges debout soutiennent les bras de Notre Seigneur et deux autres plus petits, à genoux, recueillent le précieux sang coulant des plaies de ses mains. Sur les croisillons, de chaque côté de Notre-Seigneur en croix, sont les statues de la Sainte-Vierge et de saint Jean, auxquelles sont adossées deux Saintes Femmes, et au milieu, le Sauveur assis, triomphant."
— CASTEL, Yves-Pascal. Atlas des croix et calvaires du Finistère. Société archéologique du Finistère. Quimper, 1980.
http://croix.du-finistere.org/commune/argol.html
—COUFFON (René), Le Bars (Alfred), 1988, Eglises et chapelles du diocèse de Quimper.
"Dans le cimetière, croix dont le socle de granit porte la date de 1593, et le croisillon, en kersanton et timbré des armes de l'abbé Jean Briant, celle de 1617 ; elle a été restaurée en 1891. Statue de saint Pierre contre le fût."
—DOUARD (Christel), LE LU ( Stéphanie), 2012, Calvaire (Argol), Dossier IA29005029 réalisé en 2012
Œuvre hétérogène datant de plusieurs époques. Groupe de crucifixion, dais et phylactère avec inscription en lettres gothiques probablement début 16e siècle. Traverse datée 1617 portant les armoiries de Jean Brient, abbé de Landévennec (ouest) et le nom des fabriciens, peut-être Ian Guen et Marc Gall (est). Socle daté 1593 et 1891 (restauration). Fût (face ouest avec haut-relief figurant saint Pierre) probablement fin 19e siècle.
1593, porte la date
1617, porte la date
1891, porte la date
Base avec table d'offrande à l'ouest. Socle de 1593 remployée lors de la restauration de 1891. Fût monolithe en kersantite avec haut-relief figurant saint Pierre sur la face ouest. Statues géminées de la Vierge et de saint Jean (ouest), d'un apôtre ou saint Thomas (?) et d'une sainte femme (est). Dais gothique coiffant les statues géminées du Christ en croix (ouest) et du Christ ressuscité (est)
Il s'agit d'une oeuvre remaniée à plusieurs reprises. La lecture faite de l'inscription en lettres gothiques sur le phylactère (garde qu'il fera le roy estant jugera) demeure à être confirmée. Cette partie, la plus ancienne du calvaire, se distingue par sa structure encore médiévale dont le dais ouvragé et l'iconographie peu commune de la Résurrection du Christ. Il faudra sans doute rectifier la datation actuelle de cette oeuvre ; la date de 1593 qui figure sur la base semble correspondre à un remaniement et non à la création.
Cet ensemble qualifié de "macédoine" réuni des fragments des anciens vitraux de la chapelle de l'Hôtel-Dieu de Beaune et de fragments provenant du legs Humbert. Une inscription précise que la mise en plomb a été assurée par "messires Defrance et C. Chenot de Dijon en 1912". Ceux-ci ont travaillé ensemble comme peintres-verriers en Côte d'Or (exemple)
Le défaut de cette recomposition est de mélanger des œuvres disparates sans connaître leur provenance exacte, les ensembles qu'ils formaient entre eux, et, surtout, la part de "restitution" à laquelle il a pu être procédé.
L'avantage est évident néanmoins, qui est de sauvegarder des pièces précieuses, et assez homogènes malgré tout puisqu'on y trouve une majorité de vitraux en verre blanc, peint à la grisaille et au jaune d'argent, voire à la sanguine, sur des thèmes principalement religieux puisque beaucoup provenaient de la chapelle : Nativité de la Vierge, Annonciation, calvaire, Vierge à l'Enfant, sainte Madeleine, saint Michel, saint Christophe. Deux scènes historiques non identifiées proviennent peut-être du fonds Humbert.
L'intérêt est également grand pour les amateurs d'ensembles emblématiques, puisqu'on y reconnaît la devise et les emblèmes du chancelier Nicolas Rolin et de son épouse (fondateurs de l'Hôtel-Dieu), associées à un autre ensemble qui pose une énigme excitante.
Les dimensions en sont :H = 180 ; la = 143,5 (dimensions totales) ; Christ en croix : d = 17.7 ; saint Christophe : d = 20.5 ; sainte Madeleine : d = 17.5 ; saint Michel : d = 10.8 ; Annonciation : d = 20 et 19.1 ; scène avec pape : d = 22.3 ; scène avec empereur : d = 21.8 ; Vierge à l'Enfant assise : h = 17.2 ; naissance de la Vierge : h = 23.7, la = 19.3
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Vue d'ensemble.
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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.
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Partie supérieure.
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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.
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Tympan de l'ogive : visage de sainte (?) au bandeau.
Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.
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Vierge à l'Enfant, couronnée, nimbée, assise sur une cathèdre.
Blason à bordure rouge, fond bleu, figures en grisaille et jaune d'argent sur verre blanc.
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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.
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Saint Christophe traversant le gué en portant le Christ enfant.
Médaillon de verre transparent peint en grisaille et jaune d'argent.
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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.
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Calvaire ; monogramme H A (?)
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Calvaire sur un médaillon de verre transparent peint en grisaille et jaune d'argent. Inscription A*NUS * DEI * QUI * TOLIS * PECATA * MONDI * --RE NOBIS.
Monogramme en grisaille H et A (ou B et A) ornées de filigrane.
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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.
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Saint Michel terrassant le dragon.
médaillon de verre transparent peint en grisaille et jaune d'argent.
Deux visages : a priori portrait de personnages historiques (donateurs) en verre transparent peint en grisaille et jaune d'argent et (à droite, sanguine).
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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.
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Scène romanesque ou légendaire : un chevalier furieux frappe de son épée une ceinture et un fourreau portant l'inscription CO-TA MORI devant un pape offusqué et un paysan qui a lâché sa bêche.
Selon Pop-culture, "ce pourrait être une allégorie de la guerre avec au centre un seigneur guerroyant, à gauche le pape le désapprouvant et à droite un paysan effrayé ".
Grisaille et jaune d'argent sur verre transparent.
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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.
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Deuxième scène romanesque ou légendaire : un chevalier ayant ôté sa cuirasse et son casque se transperce de son épée devant le pape et un autre chevalier.
Grisaille et jaune d'argent sur verre transparent.
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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.
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La Nativité de la Vierge.
Anne, la Vierge enfant, une servante et Joachim.
Grisaille et jaune d'argent sur verre transparent.
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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.
Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.
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Bordure de gauche : la devise SANS DEPARTIR sur une banderole entourant une tige à feuilles de saule avec ses racines. raccordé dans le carreau supérieur avec une tête de chardon
En dessous : trois chardons et leurs feuilles découpes. Putto tenant une S. Putto tenant un sautoir engrêlé.
La devise SANS DEPARTIR fait l'objet d'une notice de la base DEVISE et attribuée à Louis de Beauvau, 1409 †1462 Capitaine d’Angers, gouverneur de Lorraine, sénéchal d’Anjou (1445 et 1448), grand sénéchal de Provence. Seigneur de Beauvau, de Sermaise et de la Roche-sur-Yon, fils de Pierre de Beauvau et de Jeanne de Craon, Epoux 1) en 1427, Marguerite de Chambley 2) en 1440, Jeanne de Baudricourt 3) Anne de Culant
On la trouve enrubannant des gaffes crochetées en marge du Diurnale Franciscanum peint pour Louis de Beauvau vers 1455 : Bnf NAL 3195.
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BnF NAL 3195
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Elle est associée à ses armoiries Ecartelé au 1 et 4 d’argent à quatre lionceaux de gueules (Beauvau), au 2 et 3 losangé d’or et de gueules (Craon), surmontant la belle LOS EN CROISSANT qui est la devise de l'Ordre du Croissant dont il était chevalier.
La BnF le présente ainsi : Louis de Beauvau (Paris 1418-Rome 1462) entre 1430 et 1470. Ce personnage est décrit comme Poète. - Capitaine de la ville d'Angers, sénéchal d'Anjou. - L'adaptation du "Filostrato" de Boccace est incertaine entre Pierre de Beauvau, son fils Louis de Beauvau ou un cousin, Jean de Beauvau. On lui attribue le Roman de Troyle et Criseida (vers 1453-1455), adaptation "par Beauvau, seneschal d'Anjou" du "Filostrato" de Boccace (attribution incertaine entre Pierre de Beauvau, son fils Louis de Beauvau ou un cousin, Jean de Beauvau, 1380-1435). La devise déclarerait son titulaire serviteur sans départir de René d'Anjou.
L'explicit du Romant de Troïlus (conservé dans 14 manuscrits) est : "que en le lisant vueillent avoir aucune compassion du tourment et du martire que amours jusques ycy me ont fait endurer, et je mettray cueur, corps et pensee a les servir loyaulment jusques a la mort et sans departir. Amen. Explicit le romant de Troïlus. Deo dicamus gratias."
La devise se retrouve dans le premier feuillet, en guise de dédicace : "Sans despartir tant que seray en vie a vous, mes dames, me suis entier donné …angl personne ay mon cœur et pensée ente se et voulente pour parvenir aponoi acquerir la grace de bons contes et entre – principallement endont laquelle sans m-- mespriser fut par mes yeulx et… [mains romans et mains livres entre lesquelz en ..]." BnF fr.1501
L'explicit du Romant de Troïlus (conservé dans 14 manuscrits) est : "que en le lisant vueillent avoir aucune compassion du tourment et du martire que amours jusques ycy me ont fait endurer, et je mettray cueur, corps et pensee a les servir loyaulment jusques a la mort et sans departir. Amen. Explicit le romant de Troylle. ."
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Gallica. Bnf 1501 f.1
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Explicit du Romant de Troyle BnF fr. 1501 Gallica
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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.
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Bordure de droite, en haut : devise SEULE * (Seule étoile) sur une banderole entourant une tige à feuilles lobées, munie de ses racines et produisant une fleur à deux pétales et trois étamines. Emblème de Nicolas Rolin.
Bordure de droite, en bas : reprise de la devise SANS DEPARTIR et de sa plante : motif à 5 points en quinconce.
Bordure inférieure : putti aux armoiries d'or au sautoir engrêlé ou portant le mot JATENS.
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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.
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Devise et emblèmes du chancelier Rolin.
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On la trouve un peu partout à l'Hôtel-Dieu de Beaune, sur les tentures, les pavements.
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On la trouve sur un pavement de quatre carreaux de terre cuite vernissée polychrome de 1451 du tuilier Denis Le Geot de l'atelier d'Aubigny-en-Plaine (également responsable de la toiture à tuile vernissée des Hospices) sur un quatre estampes sculptées sur bois du tailleur d'images Jehannin Fouquerel (commande sur les comptes de Jehannot Bar) en 1448. La devise, sur quatre carreaux, se compose d'un centre où sont apposées les initiales G et N enlacées figurant les époux Guigone de Salins et Nicolas Rolin. De ce motif émerge un arbuste, avec ses racines et ses branches donnant des feuilles lobées interprétées comme celles du chêne, symbole de fidélité et de pérennité de leur mariage. L'encadrement circulaire reprend la devise SEULE * (seule étoile) soulignant en un sens galant la fidélité et l'amour que Nicolas porte à Guigone.
Pavement , musée Rolin d'Autun. Photographie lavieb-aile.
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Elle est reprise partiellement par le cardinal Jean Rolin, par exemple sur les deux coins supérieurs du cadre de la Nativité de Jean Hey exposée au Musée Rolin d'Autun : la devise change (Deum Time, "crains Dieu") mais l'arbuste est le même.
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Nativité par Jean Hey. Musée Rolin, Autun. Photographie lavieb-aile.
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Le cardinal Jean Rolin la reprend dans le Livre des Trois-Marie BnF français 24311 (c'est la même plante aux étamines dressées) avec la devise ED NEIB RE MA, interprètée comme DE BIEN AIMER.
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Livre des Trois Marie
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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.
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Médaillon de l'Annonciation
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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.
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Médaillon de l'Annonciation ; visage d'un chantre et d'un clerc.
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Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.
Musée de l'Hôtel-Dieu de Beaune. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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DESCRIPTION.
La chapelle est située au nord de Plabennec, et juste au sud du manoir du Rest et de son moulin, sur une éminence (altitude 60 m.) entre l'Aber-Benoit au sud et un affluent au nord.
Le calvaire, en kersantite, haut de 6 mètres, forme un ensemble monumental intégré avec l’entrée du placître. Sur un haut massif en pierre de taille, à banc d'offrande, avec quatre degrés à l’arrière est érigé un fût à pans débutant par un socle à griffes. Un bénitier de l'entrée à droite de l'escalier porte l'inscription Y .MINGAM : en belles lettres gothiques. Ce patronyme est attesté à Plabennec depuis le XVIIe siècle (a priori à défaut d'archives antérieures).
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Photo lavieb-aile
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C'est un calvaire à deux croisillons mais qui n'est plus orienté, ce qui témoigne d'une restructuration, voire d'un déplacement. En effet, le crucifix n'est pas tourné vers l'ouest, mais vers le sud, en fait vers la route donnant accès au site.
Le premier croisillon accueille les statues géminées de Jean/Pierre et de Marie-Madeleine/Barbe, tandis que le nœud est occupé par des blasons martelés. Deux anges sont placés aux extrémités et présentent des écus muets.
Un peu plus haut, en étage intermédiaire, un culot tulipé sert d'appui à deux consoles rectangulaires où se tient au sud une Vierge de Pitié et au nord un Christ aux liens.
Sur le second croisillon, le crucifix et les deux larrons sur leur fût sont tournés vers le sud, avec deux blasons intacts aux nœuds, des anges aux extrémités, et une face nord délaissée.
Au-dessus du titulus, les macles des Rohan choquent chacun par l' affirmation de leurs droits — ici déplacée— sur tout édifice de leur vicomté.
Le fût comporte deux inscriptions de style différent, et c'est par leur étude que je débuterai.
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I. LES INSCRIPTIONS.
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1. Inscription datée 1527.
Elle est inscrite sur un cartouche imitant un parchemin aux bords enroulés sur le tiers supérieur du fût et dit :
CESTE . CROIX . FAISTE . PAR
MAISTRE . [nom bûché soigneusement]
LAN . MIL . VC . XXVII .
Cette formule "Cette croix (a été) faite par maître" annonce a priori le nom du sculpteur. Or, il est très rare au XVIe siècle que celui-ci soit mentionné. On trouve plus souvent le nom du commanditaire (généralement le fabricien) avec la formule "m'a fait faire". Mais sur la statue de sainte Apolline du porche de Pencran, la formulation "Cest ymage fut faicte et ceste chapelle" précède les noms d'un prêtre et de deux fabriciens suivie de la date de 1555.
Le Catalogue raisonné des ateliers de sculpture de Basse-Bretagne de Emmanuelle Le Seac'h permet l'étude regroupée des inscriptions de la sculpture monumentale religieuse en Basse-Bretagne.
On trouve sur un bénitier de la chapelle Saint-Guévroc à Tréflez en 1545 "Bastien Prigent ma faite 1545."
La première signature de calvaire apparaît en 1554 sur le calvaire de Plougonven avec la mention "Bastien et Henry Prigent estoiet ymageurs 1554".
Au XVIIe siècle, Roland Doré inscrivit son nom sur le calvaire de Commana en 1624 (R. Doré m'a fait) ou sur une croix de Hanvec en 1627, sur les fonts de Plouédern en 1641, etc.
Cette rareté de la pratique de signatures au XVIe siècle, liée au statut des ymageurs, doit inciter à la plus grande prudence. Un auteur comme René Couffon n'en témoigna souvent pas.
Si, avec Y.-P. Castel, nous postulons malgré tout que c'est bien un sculpteur qui venait après le titre de maître, nous pouvons y voir "une querelle de paternité entre artistes pas si anonymes qu’on ne le suppose souvent". [...] Ce monument portant une signature récusée qui a été "huchée", CESTE CROIX FA/STE PAR MAITRE ... , on suppose que le véritable sculpteur est S. COETDELEV dont on voit le nom au revers du fût. (Y.-P. Castel 1980).
Pour ma part, je présume plutôt qu'une querelle de prééminences, querelles dont les archives témoignent abondamment à propos des armoiries de vitraux.
Quoiqu'il en soit, le chronogramme 1527 ne prête pas à discussion, et fonde clairement la datation de ce fût. C'est précisément à cette date que débuta à Landerneau l'atelier de taille de kersanton de Bastien et Henry Prigent (1527-1577) dans un style bien différent.
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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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2. Inscription nominative S. Coetdeleu.
Nous lisons dans un cartouche très simple, en lettres gothiques taillées en réserve (et non en bas-relief comme la précédente) :
S. COETDELEV.
Je l'ai dit, Yves-Pascal Castel y a vu le nom d'un sculpteur.
"Les calvaires bretons n'ayant pu naître de génération spontanée, il faudra bien y voir des oeuvres sorties d'ateliers. Et qui dit atelier dit direction magistrale, programmes concertés, modèles définis, transmission de traditions tout autant qu'ouverture aux courants contemporains. En deçà des envolées lyriques pour qui l'art des tailleurs de pierre serait d'autant plus émouvant qu'il serait anonyme, au-delà des paresses intellectuelles qui se refusent à donner un visage aux créateurs d'un art qui continue de fasciner, il y a place au repérage d'artistes aux noms connus, et dont les autres pourront être classés sous le nom de "Maîtres de ... ". Dans cette recherche, l'observation patiente des styles et des apparentements palliera le silence désespérant des sources archivistiques. De l'atelier médiéval de Dinan, repéré vers 1350, à celui de Roland Doré, actif autour de 1630, trois siècles d'une grande sculpture étonnamment typée méritent qu'on essaie d'y voir clair. L'on placera les balbutiements d'une investigation relativement neuve sous le patronage de Jean Discalcéat, le saint minime qui avant d'entrer en religion, travailla, vers 1300, à construire des ponts et, est-ce un hasard, a faire des croix [?]. Plus près de nous, on rendra justice au perspicace abbé Jean Feutren qui découvre en 1970, au noeud du calvaire de Plougonven la signature de deux "ymageurs", Bastien et Henry Prigent. On saura aussi gré à Madame Françoise Daniel, d'avoir eu l'audace de monter au Musée municipal de Morlaix, l'exposition de 1988 qui mit en lumière l'oeuvre attachante de Roland Doré et qui, demandée par le Louvre, fut accueillie à Chaillot au Musée des Monuments Français. Certes les artistes qui ont signé leurs oeuvres sont rares. Mais dans l'impossibilité d'épingler des noms qui les authentifieraient à coup sûr, il sera légitime de regrouper sous le nom d'un même maître des oeuvres stylistiquement apparentées : Maître de Tronoën, Maître de Quilinen, Maître de Châteaulin ... Ainsi se constitue une galerie cohérente de sculpteurs non anonymes à laquelle les pages qui suivent, si rapides soient-elles, montrent qu'il n'est pas tout à fait insensé de rêver.
Anonyme, il refusait de l'être S. Coetdeleu, qui grava son nom au revers du calvaire de Locmaria-Lan à Plabennec, alors qu'une main furtive bûchait soigneusement celui d'un probable usurpateur étalé sur le fût : CESTE CROIX FAISTE PAR MAISTRE--- L'AN MIL VCC XXVII. Protestation de l'individu conscient de sa valeur ? On est en 1527, aux heures où l'artiste de la Renaissance réclame d'être reconnu en tant que tel »" (Y.-P. Castel)
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L'abbé Castel a fait entrer dans son Dictionnaire des artistes, artisans (1987), et en a rapproché le style de celui du calvaire de Lesquelen (Plabennec), dont il ne reste que le fût et les anges du croisillon, et une statue de La Roche-Maurice.
E. Le Seac'h a repris ces attribution et a décrit "S. Coetdeleu" comme l'un des petits sculpteurs paroissiaux de la Renaissance Bretonne (1511-1589)".
Pourtant, Michel de Mauny (Le Pays de Léon, 1977) écrivait que ce nom ne peut être considéré comme le nom de l'auteur du calvaire. C'est également mon avis.
Personne ne semble s'être avisé que ce nom de Coetdeleu n'existe sous cette graphie ni sur la base geneanet, ni dans le Dictionnaire des noms de famille d'A. Deshayes, ni ailleurs, que ce soit comme anthroponyme ou comme toponyme. C'est un hapax, un unicum.
Il faut mettre à mon sens ce nom en relation avec celui de Sébastien COETELLEAU, qui, selon les archives de la chapelle, établit par testament du 20 juin 1410 une messe à note le jour de l'Ascension à Locmaria. Une messe chantée suppose quelques moyens, et a priori une noblesse d'extraction. Je rapproche ce nom de celui des seigneurs de COETELEZ, titre d'Hervé (1411) puis de Thomas du Chatel ? Le manoir de Coetelez (Coëtelez, Coatelez) se trouve au Drennec, paroisse de Plabennec. On connaît Guillaume de Coetelez ca 1446 puis son fils Jean ca 1471-1494. Le rameau des Coetelez s'est fondu dans LE NY (François Le Ny de Coatelez en 1503, Jean Le Ny de Coetelès). Les graphies sont variables.
Le toponyme (et site du manoir) est indiqué Coatelez sur la carte de Cassini, Coadélès (avec un D) sur la carte de 1820-1860, et Coat Elez sur la carte IGN. On notera la proximité des lieux ; la chapelle est située entre Plabennec et Le Drennec
Mais on trouve aussi au XVIIe siècle les mentions des patronymes COETELEAU, COATELEAU, CATELLEAU, COATHELEAU notamment dans cet échange du forum CGF concernant une famille du Drennec :
La base Geneanet est renseignée pour COATELEAU, Le Drennec, à partir de 1570.
Notons aussi que la Croas ar Priol de Kerfergar, Plabennec, porte l'inscription M HERVE COET DE - - AVR FIT FAIRE CETTE CROIX 1584. RESPICE FINEM.
En résumé, nous ne pouvons valider l'hypothèse d'Y.P. Castel de voir en S. COETDELEU la signature d'un sculpteur et nous préférerons y voir la marque d'un donateur ou commanditaire, sans doute d'une famille du Drennec.
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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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II. HÉRALDIQUE.
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1. Armoiries des Rohan à neuf macles en sommité au dessus du titulus INRI (en lettres gothiques à fûts perlées aux enjambements bifides.
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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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2. Écartelé Lesquelen-Carman.
Nœud du croisillon supérieur, face principale (sud).
Je noterai le blasonnement des pièces avec leurs émaux. En 1 et 4, d'azur à la tour d'argent portée par une roue de même (famille de Lesquelen). En 2 et 3 d'or au lion d'azur (famille de Carman.
Note : le nom Carman est une forme du nom plus ancien Kermavan. Le château fortifié de Kermavan (Kermarvan) ou Carman, est implanté au lieu-dit Kermaguam (Kervaon en breton) sur la rive droite de l'Aber Wrac'h,à Kernilis. En 1409, Aliette de Quelen, dame du Vieux-Chastel, épouse Tanguy de Kermarvan, originaire du château de Kermarvan en Kernilis ; désormais propriété de la famille de Kermarvan, le château de Lesquelen en Plabennec prend progressivement le nom de Kermarvan (ou Kermavan), nom qui se transforme au xvie siècle en Kerman et au xviie siècle en Carman. (M. Mauguin) .Les armoiries de la famille de Carman sont représentées sur un vitrail de la chapelle de Saint-Jean-Balanant à Plouvien et sur leur tombeau de l'église de Plounévez-Lochrist.
-C'est en 1409 qu'Aliette de Quelen dame du Vieux-Chastel épousa Tanguy de Kermavan sieur de Kermavan 1453, chambellan du Duc Jean V, capitaine de Brest en 1423. Les enfants de Tanguy et d'Aliette de Quelen prendront les armes de Lesquelen et de Kermavan.
-Leur fils : Tanguy II de Kermavan, épousa Marguerite du Chastel ; il est fait prisonnier à Saint Aubin de Cormier en 1488.
-Leur fils : Tanguy III de Kermavan, épouse en 1510 Louise de la Forêt.
-Leur fils : Tanguy IV de Kermavan, épouse Catherine de Rohan-Guéméné (décédée en 1556), mort sans postérité, laissant ses biens à sa sœur Françoise de Kermavan, qui épouse en 1541 Jean de Plusquellec, seigneur de Bruillac, qui abandonne son nom pour relever celui des Kermavan.
Les armoiries des Rohan sont peut-être en rapport avec Catherine de Rohan : elles auraient alors été placées postérieurement, ce que pourrait suggérer l'appareillage du sommet du calvaire.
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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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Le même blason sur la première arche nord de la chapelle.
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chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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3. Écartelé Carman-La Forest.
Les armoiries précédentes restaient imprécises sur la datation. Celles-ci sont en rapport avec le couple Tanguy III de Kermavan / Louise de la Forêt dont le mariage date de 1510 ; Louise de la Forêt est morte en 1551. Elles sont donc cohérentes avec la datation du fût en 1527.
Voir les armoiries de La Forest, seigneur d'Armaillé : d'argent, au chef de sable : "Les généalogistes n'ont pas manqué de chercher à rattacher la famille de la Forest d'Armaillé à une famille de la Forest, éteinte au XVIème siècle, qui portait exactement les mêmes armoiries et qui appartenait à la noblesse du diocèse de Vannes, en Bretagne. Cette famille avait pour nom primitif celui de Grignon. Henri Grignon, Sgr de la Forest, en la paroisse de Languidic, rendit hommage au vicomte de Rohan en 1396. Sa descendance figura de 1427 à 1536 aux réformations et montres de la noblesse du diocèse de Vannes et s'éteignit avec Louise de la Forest, décédée en 1544, qui avait épousé Tanneguy de Kermavan."
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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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Le calvaire à double croisillon.
"Au cours du XVIe siècle, l'audace des sculpteurs de petits calvaires ne cesse de grandir. Multipliant les prouesses techniques ils font porter au même fût, non plus un, mais deux croisillons. S'y placent les larrons, s'y juchent les saints, s'y campent de robustes cavaliers aussi fiers que ceux des Crucifixions aux vitraux des églises. Merveilles d'équilibre à Locmaria-Lan de Plabennec, à L'Hôpital-Camfrout, à Quimerch, à Locmélar, à Loqueffret ... Aux calmes heures vespérales, lecture directe abolie, les contours précis de ces portiques à étages se découpent en beaux contre jours. Pour vaincre les lois de la pesanteur, les tailleurs de pierre savent le secret d'assemblages destinés à affronter les gels et les tempêtes. Ils coulent le soufre fondu dans le trou sur le flanc taluté des noeuds. Pour être pleinement efficaces ils laissent aux liaisons de l'' élasticité." (Y.P. Castel)
Au schéma adopté ici, avec le Christ entre les deux larrons, succédera pour l'atelier des Prigent celui du Christ entre les deux cavaliers, tandis que le tandem Pietà/Christ aux liens sera largement repris.
Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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Le croisillon supérieur : le Crucifié entre les deux larrons.
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"Le Crucifié a le visage ridé d'un vieillard édenté, un sourire satisfait aux lèvres. Les deux larrons, installés chacun sur une croix en tau ont le corps dans des positions identiques. Le bon larron a un visage inexpressif tandis que son compagnon porte une moustache.La console du coté du mauvais larron est formé d'un démon aptère. La forme des ailes triangulaires des anges est une marque stylistique de S. Coëtd que l'on retrouve sur le calvaire de Lesquelen" (Le Seac'h)
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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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On remarquera facilement les pagnes aux formes généreuses, serrées par un lacet noué en rosette. Les thorax sont dilatés par cette forme de supplice où les jambes sont privées de l'appui qui permettrait de respirer. Elles sont d'autant plus privées de cet appui que les soldats les ont brisées, ce qui explique leur flexion orthogonale.
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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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C'est la première fois que je rencontre ce détail du mauvais larron dont l'absence de foi est exprimée par un bandeau sur les yeux. Il serait intéressant d'en trouver d'autres exemples.
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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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Le croisillon inférieur.
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1. Saint Jean.
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Le plus souvent, nous trouvons au pied de la croix la Vierge à gauche et saint Jean l'évangéliste à droite.
Saint Jean est bien présent ici, avec la main sur la poitrine, l'autre main retenant le pan du manteau. La tête est inclinée en signe d'affliction.
Les caractères stylistiques de ce sculpteur peu commun apparaissent clairement avec des sourcils épais, les pommettes saillantes, les sillons naso-géniens accentués, la petite bouche en arc concave. Les cheveux (comme ceux de saint Pierre qui se voient à l'arrière) sont formés d'épaisses mèches en boucles,régulièrement striées.
Les yeux sont très reconnaissables , ils seront plus caractéristiques encore sur les autres statues.
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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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2. Sainte Marie-Madeleine portant le flacon d'aromates.
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Autant les visage de saint Jean et de saint Pierre sont expressionnistes, aux personnalités accentuées, autant ceux des deux saintes sont d'un ovale très pur, un front large contrastant avec un étage inférieur triangulaire et étroit, dans une recherche de se conformer à l'idéal de beauté féminine de l'époque. Les pommettes restent néanmoins saillantes.
Venons-en aux yeux. Ils sont comme enfouis sous des paupières dépourvus de plis ; on sait que l'absence de pli palpébral est la caractéristique des yeux asiatiques, conférant au visage un aspect lisse peu expressif que les jeunes femmes japonaises chinoises ou coréennes corrigent par une intervention de chirurgie plastique sur la paupière supérieure. Ici, la paupière supérieure n'est pas plissée à l'européenne, mais encore la ligne supérieure de l'œil est presque droite et horizontale, tandis que la ligne inférieure est en arc de cercle. Les deux lignes forment un coin de l'œil très pointu.
On pourrait résumer cela en disant que la caractéristique des yeux de ce sculpteur est une paupière supérieure très large : ce sera encore plus le cas pour la Vierge de pitié.
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Sainte Marie-Madeleine est souvent figurée par les peintres et sculpteurs du XVIe siècle comme un parangon de beauté, avec un front épilé et donc large, une chevelure souple et longue, et une élégance vestimentaire affirmée. Ici, la sainte porte une robe serrées par une ceinture, avec un corsage ajusté et une jupe plissée. Les manches rapportées sont bouffantes. Le manteau, ou cape, est tenue par un fermail fait d'anneaux de chaîne tenus par deux boucles plus travaillées.
On profite de ce cliché pour voir la chevelure de sainte Barbe, qui atteint les reins.
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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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On ne s'étonnera pas de trouver au pied de la croix de ce calvaire Marie-Madeleine, puisqu'elle y est omniprésente au XVIe siècle, le plus souvent agenouillée et les mains tordues par le chagrin, sur toutes les enluminures, les peintures et les vitraux de la Passion.
Et on ne commettra pas l'erreur pourtant commune de qualifier son attribut de "flacon de parfum", par contamination avec le parfum versé sur les pieds du Christ par Marie de Béthanie ou par la femme chez Simon le pharisien.
Dans le contexte de la Passion, il s'agit bien du vase contenant les "aromates" nécessaires à l'ensevelissement et à l'embaumement du Christ par Marie de Magdala, celle qui est présente à la Déposition, puis qui se rend au Tombeau.
Marie de Magdala, devenue par amalgame Marie-Madeleine, est, après la Vierge éplorée, le personnage premier de la Passion. Or, c'est dans l'évangile de Jean qu'elle est présentée d'abord sur le Golgotha (Jn 19:25) puis comme le premier témoin de la Résurrection, en Jean 20 . La signification de sa présence sur ce calvaire est donnée par la représentation de Jean l'évangéliste à droite, comme une citation.
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Elle est, par ce rôle dans la Mort et la Résurrection, LE personnage emblématique non seulement de la Passion, mais aussi de la pensée chrétienne sur la mort en Bretagne à la Renaissance. Or, le personnage auquel elle est adossée et accouplée est sainte Barbe, dont le principal motif d'invocation est la protection contre la mort subite, foudroyante, sans le secours des Sacrements.
Marie-Madeleine est la sainte non seulement liée à la mort, mais aussi aux soins donnés aux mourants et aux indigents, si bien que tous les lieux-dits "La Madeleine" correspondent à des lieux de réclusion des lépreux et autres contagieux.
Je me suis demandé si cette présence se justifiait par l'existence d'une chapelle ou d'un site éponyme, sans résultat. Puis, si cette date de 1527 correspondait à un contexte d'épidémie. La réponse ne peut être précise.
Il nous reste à constater la cohérence du programme iconographique autour du double thème de l'affliction de la Mort , et du Soin.
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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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3. La Vierge de Pitié.
"La Pietà à deux personnages repose sur une console moulurée Renaissance. La Vierge tient son Fils dans ses bras, la main reposant sous la nuque. Son voile, qui forme des plis en serviette sur le coté, est agrémenté d'une séparation au milieu de la tête." (Le Seac'h) .
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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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La Vierge a la tête inclinée vers la droite et tournée vers la gauche : elle ne regarde pas son Fils, et son visage inexpressif témoigne de l'anéantissement psychique du deuil. Ce visage est caricatural, avec les pommettes saillantes, les paupières supérieures en rideau dissimulant presque les yeux réduits à un croissant, et la couche minuscule.
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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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La face nord : saint Pierre et sainte Barbe. Le Christ aux liens.
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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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1. Le Christ aux liens.
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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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2. Sainte Barbe.
Elle est accompagnée de ses attributs, la palme de martyre et la tour à trois fenêtres (ici, à trois étages) témoignant de son attachement au dogme trinitaire. Elle est habillée en princesse, avec les privilèges dues à ce rang, le surcot ouvert, largement doublé de fourrure, brodé et doté de pierreries, la robe à manches larges et plissées, le manteau dont elle retient le pan de la main gauche, et la chaîne en guise de collier. Ses cheveux longs sont retenus par une couronne de grosses perles. Les chaussures sont à bouts ronds.
On sait que son culte est très répandu, notamment par les femmes des familles nobles, et que dans les livres d'Heures, elle est aussi invoquée que sainte Catherine et sainte Marguerite.
Les deux faces de la statue géminée rivalisent de finesse dans les détails et de raffinement.
On les comparera à la statue en kersanton de sainte Catherine ornant le portait ouest de Rumengol :
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Sainte Catherine. Façade occidentale de l'église Notre-Dame de Rumengol. Photographie lavieb-aile.
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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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Détail de la tour : la porte, ses gonds et son loquet (face sud).
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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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3. Saint Pierre et sa clef.
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Calvaire (kersantite, 1527) de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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LES STATUES ADJACENTES :
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1. Saint Eloi en évêque, avec les emblèmes professionnels des maréchaux-ferrants. Blason martelé .
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Calvaire de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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2. Saint Fiacre en coule monastique, son livre et sa bêche.
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Calvaire de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de la chapelle de Locmaria-Lann à Plabennec. Photographie lavieb-aile.
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SOURCES ET LIENS.
— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère.
massif, quatre degrés à l’arrière. Socle à pans. Fût de même: CESTE CROIX FAISTE PAR MAISTRE [nom bûché soigneusement] LAN MILVCXXVII au revers du fût: S. COETDELEV.
Premier croisillon aux anges tenant des écus, statues géminées: Jean-Pierre, Madeleine-Barbe, au milieu Vierge de Pitié, Christ lié. Second croisillon, fût des larrons, écus au centre sur face et revers. Croix de section octogonale, crucifix, au-dessus du titulus, macles des Rohan. (Oeuvre intéressante par le fait que le nom du maître sculpteur a été supprimé, témoignant d’une querelle de paternité entre artistes pas si anonymes qu’on ne le suppose souvent. [YPC 1980]
— CASTEL (Yves-Pascal), La grande Pietà de Yvon Fichaut à Laz , 1527.
— PÉRENNÈS (Henri), 1938, « Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon. Plabennec », Bulletin diocésain d’histoire et d’archéologie, 1938, p. 175-179, 193-199.
— LE GUENNEC (Louis), 1981, Le Finistère monumental, t. II, Brest et sa région, Quimper, 1981, p. 324, 327-330.
La Danse des Pissenlits : une Akènochorie des Près sur une toile de Tétragnathe.
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Un âne de mes amis s'ennuyait tant en son pré qu'il confinait à l'acédie. On lui vanta la graine d'Ellébore d'Anticyre, qu'il rumina sans autre profit qu'un flux de ventre. Il échangeait, par oiseaux interposés avec toute sorte d'ânes fort sages dont l'un, le vénérable Fondh Mapoché, lui dit : « La fleur de lotus pousse dans l'eau boueuse . La conscience ordinaire est la Voie. Renonce aux élucubrations psychiques qui sont contraires à notre état, et regarde autour de toi. »
Ce fut le Satori, cette sorte de pirouette de l'âme, son Ah Ah !, ce bonsandenondediou qui illumina l'existence de tant de baudets . Il cessa de bâiller , et il eut brait si quelque troupe de pollens menée par Aquilon ne le fit éternuer, précisément au dessus de la tête chenue d'un Pissenlit. Trois ou quatre akènes, qui ne demandaient que cela, mirent les voiles.
C'est alors qu'un rideau se déchira devant ses yeux, qu'il avait fort chassieux. Des fillettes coiffées d'aigrettes lui apparurent, faisant mille cabrioles, dansant mille farces, ces demoiselles se poursuivant de leurs ombrelles, tandis qu'une funambule à plumette exécutait sur leur têtes un périlleux exercice. D'habiles notes de musique, toutes blanches, jouaient aux croches sur l'invisible portée.
Sans doute pris d'émotion, Maître Martin éternua encore. La toile d'araignée se déchira.
Ce bref accès aux splendeurs spirituelles lui fit retrouver l'appétit, et un chardon l'apprit à ses dépens. Il en aima le goût. Il sut désormais ce que vivre voulait dire : "rêver et bien aimer".
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Taraxacum officinalis. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.
Akène munie de son pappus de Taraxacum officinalis. Aménochorie lavieb-aile 15 mai 2020.
Akène de Taraxacum officinalis munie de son aigrette, elle-même coiffée de son vortex. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.
La danse des Akènes. Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.
La danse des Akènes. Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.
La danse des Akènes. Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.
La danse des Akènes. Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.
La danse des Akènes. Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.
La danse des Akènes. Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.
La danse des Akènes. Toile par Tetragnatha etira. Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.
La danse des Akènes. Toile par Tetragnatha etira. Chorégraphie lavieb-aile 15 mai 2020.
Lors de mon reportage de 2013 sur le Cimetière de bateaux (langoustiers mauritaniens) du port de Camaret, j'avais décrit un à un les huit navires qui s'y trouvaient.
Depuis, les deux premiers navires, les plus beaux à mes yeux, "La Salle" et le "Rosier Fleuri" ont dû être évacués et détruits.
Le spectacle de ces navires était poignant, puis qu'il parlait d'un passé maritime glorieux et florissant pour le port de pêche. Aujourd'hui, l'émotion est plus grande encore devant cette peau de chagrin, qui reflète tout autant la diminution des ressources halieutiques que celle de la flottille bretonne. Plus largement, ces coques échouées sur la surface minérale de la grève gardent comme la prescience de l'avenir de notre société.
Je tente d'en rendre compte, en présentant des cliches dont j'ai accentué la dramatisation. Je pense à tous les marins qui ont vécu cette grande aventure. Ou je pense aux larmes qui sont retenues dans beaucoup d'objets qui, dès lors, acquiert le statut de sujet car ils sont les interlocuteurs de nos interrogations.
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Sunt lacrymae rerum et mentem mortalia tangunt. "Il y a des larmes dans les choses mêmes, et ce qui est périssable frappe l’esprit" (VIRGILE, Énéide, liv. I, v. 462). Énée, fugitif, a été poussé par la tempête sur les côtes d’Afrique, aux lieux mêmes où s’élève Carthage. Dans un temple que Didon a consacré à la reine des dieux, un spectacle inattendu frappe les regards du héros : il voit représentés, dans l’ordre des temps, les combats d’Ilion et les événements de ces guerres que la renommée a déjà publiés dans tout l’univers. Il reconnaît le fils d’Avrée, le vieux Priam et le terrible Achille. Il s’arrête et ne pouvant retenir ses larmes : « Achate, dit-il, quel lieu n’a retenti, quelle contrée de la terre n’est pleine du bruit de nos malheurs ! Jusque dans ces déserts, le courage trouve sa récompense. Il y a des larmes dans les choses mêmes et ce qui est périssable frappe l’esprit. »
Ces objets chargés de larmes ont été d'abord pour moi, en marchant sur la grève, les vieilles pièces de bois rongées, pénétrés de pointes rouillées, qui sont les seuls dépouilles des deux coques disparues.
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Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.
Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.
Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.
Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.
Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.
Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.
Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.
Le Sillon, Camaret. Photographie lavieb-aile 15 mai 2020.
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1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
"Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)