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26 mars 2020 4 26 /03 /mars /2020 22:24

La Conversion de saint Hubert (kersanton, v. 1525, Maître de Cast)  de l'église de Cast.

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Voir dans ce blog 

— Sur cette église Saint-Jérôme de Cast :

 

— Sur la Conversion de saint Hubert :

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Sur la famille Le Gentil , dont les armoiries pleines  se trouvent sur le calvaire de la chapelle Sainte-Barbe en Ploéven et sur les murs de l'église de Ploéven, tandis que les armoiries écartelées se trouvent sur la maîtresse-vitre de Notre-Dame de Quillidoaré en Cast :

 

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PRÉSENTATION.

Le groupe dit "Chasse de saint Hubert" fait à juste titre  la fierté de la commune de Cast, et la mairie place sa photo en bandeau de son site, avant d'en donner  l'excellente description d'Y-P. Castel.

Nous n'en connaissons ni le commanditaire, ni l'auteur, ni la date, mais les auteurs ont proposé Jehan de Gentil comme commanditaire, tandis qu'Emmanuelle Le Seac'h a désigné sous le nom de Maître de Cast le sculpteur anonyme, actif vers 1525 sur la pierre de Kersanton et reconnaissable aux "crevés" de ses costumes, tant pour cette Chasse que pour deux Dépositions de Locronan. Ces costumes peuvent être datés de 1525-1530.

Ce groupe mérite donc notre intérêt à  plusieurs titres : son sujet, unique en Bretagne et introduisant à l'iconographie de la Conversion de saint Hubert ; son style, dans le cadre de la découverte des ateliers de sculpture de la kersantite de Basse-Bretagne ; son apport documentaire, avec ses nombreux détails vestimentaires et d'harnachements ; et enfin son intérêt historique, précisant l'influence de la famille Le Gentil, déjà décrite dans ce blog à Cast en la chapelle de Quillidoaré.

Mais cette Chasse satisfera d'abord notre plaisir esthétique.

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 VUE GÉNÉRALE. LA LÉGENDE DE LA CONVERSION DE SAINT HUBERT.

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 Le monument de la Chasse de Saint Hubert (et non "châsse" comme sur Pop.culture) est un groupe en kersanton à six éléments qui se trouve depuis 1950-1960 sur le placître de l’église (à l'angle sud-ouest de l'enclos) était auparavant contre le mur extérieur du presbytère. Vient-il d'un ancien calvaire remonté, comme le suggère  Débidour in Dilasser 1979 p. 539-540 ? Ou d'un manoir seigneurial et de sa chapelle ? Il est classé monument historique depuis 1914.

 

Devant un cerf ayant sur sa tête, entre ses deux cornes, l'image du crucifix, un chasseur, descendu de cheval, est agenouillé, les mains jointes et la tête découverte. Sa chevelure est gracieusement bouclée, son costume très riche et très souple semble être de l'époque d'Henri II : bas et hauts-de-chausses à deux rangs de bouffantes et de crevés, manches de dessous avec bouffantes et crevés ; manches plus amples du pourpoint, également tailladées à deux rangs, et descendant en pagode de la hauteur du coude ; surcot largement échancré pour laisser passer les bras ; épée et cor d'ivoire suspendus au côté. Devant lui, sont ses deux chiens, un lévrier et un basset, en arrêt et en contemplation devant le cerf. Derrière est son cheval, richement harnaché, tenu par son écuyer au visage et au costume gracieux.(selon Abgrall)

Le seigneur et chasseur mesure 1,04 m de haut, l'écuyer 1,20 m, le cerf 1,05 m, le lévrier 43 cm et le basset aux oreilles tombantes 34 cm. L'ensemble est présenté sur un soubassement maçonné (*) avec, sur la face sud, un blason muet sans-doute récent et de fantaisie.

(*)" soubassement rectangulaire de 3 m de longueur sur 1,80 m de largeur et 1,30 m de hauteur. Deux bandeaux de schiste soulignent les faces du monument entièrement en granite, y compris la large corniche en doucine droite qui la couronne." Castel

L'écuyer, le cerf et le cheval sont uniquement sculptés d'un seul coté, l'autre (flanc gauche du cerf par exemple) étant simplement équarri pour donner une forme générale aux corps : cette chasse était peut-être destinée à être placée contre un mur (Debidour)

 

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Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

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La légende.

"Depuis le XVe siècle on dit que le seigneur Hubert était si passionné de chasse qu'il en oubliait ses devoirs. La légende rapporte qu'il n'avait pu résister à sa passion un Vendredi Saint, et n'ayant trouvé personne pour l'accompagner, était parti chasser sans aucune compagnie (pourtant, ici, il est accompagné de son écuyer). À cette occasion, il se trouva face à un cerf extraordinaire. En effet, celui-ci était blanc et portait une croix lumineuse au milieu de ses bois.

Hubert se mit à pourchasser le cervidé mais celui-ci parvenait toujours à le distancer sans pour autant se fatiguer. Ce n’est qu’au bout d’un long moment que l'animal s’arrêta et qu’une voix tonna dans le ciel en s’adressant à Hubert en ces termes :

—Hubert! Hubert! Jusqu'à quand poursuivras-tu les bêtes dans les forêts? Jusqu'à quand cette vaine passion te fera-t-elle oublier le salut de ton âme ?

Hubert, saisi d'effroi, se jeta à terre et humblement, il interrogea la vision :

— Seigneur ! Que faut-il que je fasse ?

La voix reprit :

—Va donc auprès de Lambert, mon évêque, à Maastricht. Convertis-toi. Fais pénitence de tes péchés, ainsi qu'il te sera enseigné. Voilà ce à quoi tu dois te résoudre pour n'être point damné dans l'éternité. Je te fais confiance, afin que mon Église, en ces régions sauvages, soit par toi grandement fortifiée.

Et Hubert de répondre, avec force et enthousiasme :

— Merci, ô Seigneur. Vous avez ma promesse. Je ferai pénitence, puisque vous le voulez. Je saurai en toutes choses me montrer digne de vous!

S'ensuivit la conversion d'Hubert qui marcha à grands pas sur les voies de la sainteté, donnant l'occasion aux chasseurs de le choisir comme patron." (d'après Castel)

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Cet épisode du cerf crucifère, forme du Christ,  est apparu au XVe siècle seulement, dans la quatrième Vie de saint Hubert, tandis qu'on la trouve depuis le  VIIe siècle dans la Vie de saint Eustache, dont elle est un avatar. L'iconographie médiévale de cette légende est à rechercher exclusivement dans les Vies de saint Eustache  (cf. liens supra pour les vitraux et les enluminures)

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Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

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ICONOGRAPHIE.

Les exemples retrouvés, que j'ai classé par ordre chronologique, permettent  de remarquer un regroupement autour de la fin du XVe et du début du XVIe siècle, ainsi qu'un lien avec Bruges (Arsenal Ms 639) ou/puis (via le bibliophile Louis de Gruuthuse, 1422-1492) avec l'entourage d'Anne de Bretagne et de sa fille Claude en Touraine.

Le thème de la chasse miraculeuse, suivie du pèlerinage, et du sacre à Rome est développé dans un des vitraux (1510) de l’église bourguignonne de Saint-Bris-le-Vineux (Yonne). Voir  aussi sur le site ndoduc les vitraux de la Baie 8 de la cathédrale de Paris, et de  la baie 20 de l'église Saint-Pierre de Monfort-Lamaury, 

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 Légende de saint Hubert par Hubert Le Prouvost, XVe siècle, manuscrit de Louis de Bruges (de Gruuthuse). BnF français 424 f.9, enluminure par le Maître de Marguerite d'York, Bruges vers 1470-1480

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"La Vie de saint Hubert est un texte compilé par Hubert le Prévost, originaire de Lille. Le prologue précise qu’il a, par dévotion pour son saint patron, collecté en 1459 des documents relatifs à la vie du saint en divers endroits : Saint-Hubert en Ardenne, Tirlemont, Bruxelles et Bruges (f. 2). Le prologue signale aussi qu’il fit traduire la légende du latin en français.
Parmi les quatre manuscrits dont l’existence est attestée, deux sont aujourd’hui perdus : l’exemplaire de l’auteur et un autre, richement illustré, qu’il donna à l’abbaye de Saint-Hubert et qui seul mentionnait Colard Mansion comme traducteur. Les deux exemplaires illustrés qui subsistent ont appartenu aux deux plus grands bibliophiles de l’ère bourguignonne. L’un fut commandité en 1463 par Philippe le Bon à David Aubert et illustré par Loyset Liédet de treize miniatures (La Haye, KB, ms. 76 F 10). L’autre fut réalisé quelques années plus tard pour Louis de Gruuthuse qui confia l’illustration au Maître de Marguerite d’York, l’un des principaux artistes ayant travaillé pour le seigneur brugeois. Ce volume, présenté ici, s’ouvre par une exceptionnelle scène de présentation où Louis de Bruges, portant le collier de la Toison d’or, est accompagné de sa femme Marguerite de Borselen et de leurs enfants (f. 1). L’auteur lui offre son ouvrage dont le contenu est explicitement évoqué dans une saynète peinte à l’arrière-plan montrant saint Hubert en prière devant la vision du cerf.
Cette scène de conversion est l’image la plus répandue de la légende du saint. Elle est amplement mise en valeur dans la miniature suivante (f. 9). Descendu de sa monture, le jeune seigneur, agenouillé au centre de l’image, est en adoration devant le cerf de couleur blanche qu’il poursuivait un instant auparavant. Une croix portant le Crucifié, dressée entre les bois de l’animal, envoie un faisceau de rayons dorés vers Hubert, converti par cette vision miraculeuse et déjà auréolé. Le cheval et les chiens restent indifférents à la scène.
Le cycle des miniatures relate d’autres épisodes de la Vita : l’apparition de l’ange au pape Serge pour lui remettre le bâton pastoral de saint Lambert auquel succédera Hubert (f. 14), l’ange apportant l’étole pour la consécration (f. 16 vo), le miracle de la guérison de possédés (f. 26), la mort de saint Hubert (f. 43), l’exhumation de son corps en présence de Charlemagne (f. 49), la translation de la châsse (f. 55 vo), l’adoration des reliques et la guérison des malades à l’aide d’une fibre de l’étole posée sur leur front (f. 60). Le choix des scènes reflète parfaitement le culte et la dévotion envers l’un des principaux évêques de Liège. Les hauts lieux de son culte (l’abbaye de Saint-Hubert, Liège ou Tervuren) conservent des témoignages d’une large et intense vénération du saint, devenu le patron populaire des chasseurs et qui prémunit de la rage.
Les armoiries du commanditaire étaient peintes dans l’initiale de la page frontispice (f. 1). Elles ont été grattées et remplacées au moment de l’arrivée de la collection brugeoise dans celle du roi de France, Louis XII. Seules quelques traces du collier de la Toison d’or subsistent." (BnF)

 

Ce manuscrit passa comme beaucoup de ceux de la bibliothèque de Louis de Gruuthuse, aux mains de Louis XII, époux d'Anne de Bretagne.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105389110/f26.item.zoom

 

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Conversion de saint Hubert, in Hubert Le Prouvost, Vie de saint Hubert, copyright Gallica BnF fr.424 f.9v.

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Retable de l'abbaye bénédictine de Werden près de Cologne, atelier du Maître de la Vie de la Vierge, 1485-1490 :

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National Gallery.

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Dans les monuments :

Le linteau de la chapelle royale Saint-Hubert du chateau d'Amboise (1493).

Voir mon article 

Ce linteau est placé sous les statues de Charles VIII et d'Anne de Bretagne en donateurs. 

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Chasse de saint Hubert, Portail de la Chapelle Royale, château d'Amboise, photo lavieb-aile.

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Dans les Livres d'Heures :

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a) Livre d'Heures de la Bibliothèque d'Amiens Ms 0200 folio 159v  au début du suffrage de saint Hubert (vers 1460) :

 

 

 

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b) Bibliothèque d'Amiens Ms 206 Livre d’Heures selon l’usage de Sainte-Waudru de Mons entre 1474 et 1501.

 

c) Livre d'Heures du Maître-aux-fleurs Arsenal ms 638-639,  par un artiste flamand sans-doute pour un commanditaire breton ( le calendrier contient 14 saints bretons) : L'illustrateur est actif à Bruges à la fin du XVe siècle. Dans le ms 639 on trouve, après les oraisons aux deux saints Jean et à Pierre et Paul, les suffrages  à neuf saints et saintes dont l'intercession est jugée particulièrement précieuse : ce sont saint Christophe folio 103v / saint Antoine folio 105r  / Saint Hubert folio 106r, saint Georges, saint Fiacre, sainte Catherine, sainte Barbe, sainte Madeleine et sainte Marguerite, sur laquelle s'achève le volume. .

Le jeune seigneur Hubert porte un chaperon, une tunique au col et aux manches fourrées, il tient dans ses deux mains l'étole  mauve, et l'ange est absent.

 

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55008564m/f215.image

http://blog.pecia.fr/post/2011/03/10/Les-Heures-du-%22Ma%C3%AEtre-des-Fleurs%22-%3A-un-commenditaire-breton

 

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Conversion de saint Hubert, Livre d'heures dit du Maître aux fleurs, Bibliothèque de l'Arsenal. Ms-639 réserve f.106r

 

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d) Livre d'heures de Louis de Roncherolles, en latin et en français, 1495-1500. Bibliothèque de l'Arsenal. Ms-1191 réserve, enluminé par le Maître du Terrier de Marcoussis. Folio 103r.

Ce document a un intérêt majeur pour plusieurs raisons. D'une part, Louis de Roncherolles a fondé en 1507 une chapelle de Saint-Hubert en son manoir de Grand-Roncherolles dans l'Eure. D'autre part, il est le commanditaire (cf. infra) en 1522 d'un vitrail de la cathédrale de Beauvais où figure la Conversion de Saint-Hubert. Ensuite, les armoiries qui figurent au folio 103r ci-dessous  sont celles de Louis d'Halewyn et de Jeanne de Ghistelles, parents de son épouse Françoise d'Halluin. Or, Louis d'Halewyn est apparenté à Louis de Gruuthuse (supra). Enfin, Louis de Roncherolles est le père de deux jumeaux né le 17 décembre 1510 et prénommés Françoys et Hubert. 

  Au total, on peut suggérer que Louis de Roncherolles (1472-1538) a été initié au culte de saint Hubert par son épouse Françoise d'Halluin et surtout par son beau-père Louis d'Halluin ou de Hallewyn, seigneur de Piennes, (v.1450-1519), lui-même apparenté par son père à la famille de Bruges-La-Gruthuse, et donc à Louis de La Gruuthuse (c.1422-1492), commanditaire du manuscrit de la Légende de saint Hubert.

 

 

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Conversion de saint Hubert, Livre d'heures de Louis de Roncherolles, 1495-1500. Bibliothèque de l'Arsenal. Ms-1191 réserve Folio 103r

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— e) Les Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508), folio 191v. Ce  livre d'heures, commandé par la reine Anne de Bretagne à l'enlumineur Jean Bourdichon, dans les premières années du XVIe siècle   est conservé au département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France à la cote Ms lat. 9474.  

 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f391.item.zoom#

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f) L'enluminure de la Vision de saint Hubert est aussi présente dans un autre manuscrit enluminé d'Anne de Bretagne , le Livre de prière d'Anne de Bretagne, Pierpont Morgan Library, New-York, Ms M.50 folio 29, enluminure de Jean Proyer, actif à Tours. L'intérêt de ce manuscrit est que sa datation (1492-1495) précède celle du Groupe de Cast et témoigne que la dévotion à saint Hubert était déjà présente dans l'entourage religieux de la reine. Ce livre de prières a été commandé par Anne de Bretagne, pour l'éducation chrétienne de son fils, le dauphin Charles-Orland (1492-1495) en guise de catéchisme. La Vision de saint Hubert est l'une des dernières enluminures, et la dernière des invocations des saints et saintes, ce qui lui donne une place singulière. La prière est la même que celle du Grand Livre d'Heures, et son texte confirme que le saint est invoqué spécifiquement contre la rage : pestifera rabie.

O quam magnificandus et domine  deus omnium creator fortis et iustus et misericors qui solus rex bonus sanctificasti confessorem tuum electum hubertum custodi populum tuum a pestifera rabie ut sciant gentes quia tu es deus noster.

(Dans le Grand Livre d'Heures : -- qui magnificandus et : domine deus omnium creator : fortis iustus et misericors. qui sanctificatsti confessorem tuum hubertum custodi populum tuum a pestifera rabie : ut sciant gentes quia tu es deus noster.)

L'étole rose a coiffé la tête du saint et enveloppé sa gorge.

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http://www.themorgan.org/collection/prayer-book-of-anne-de-bretagne/25

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Conversion de saint Hubert,  Livre de prière d'Anne de Bretagne, Pierpont Morgan Library, New-York, Ms M.50 folio 29

 

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g) Le Livre d'Heures de Claude de France. Morgan MS M 1166 folio 41r daté de  1517, par le Maître de Claude de France à Tours.

On y retrouve la cordelière d'Anne de Bretagne et de son père, déjà présente, avec ses nœuds de capucin, dans l'ouvrage précédent. 

https://www.themorgan.org/collection/Prayer-Book-of-Claude-de-France/41

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Conversion de saint Hubert, Le Livre d'Heures de Claude de France. Morgan MS M 1166 folio 41r .

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La baie 25 de la cathédrale de Beauvais, commandée par Louis de Roncherolles en 1522 à Engrand Leprince : la Conversion de saint Hubert.

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Conversion de saint Hubert. 1522, par Engrand Leprince. Vitrail dit "de Roncherolles" Baie 25 de la cathédrale de Beauvais : v

 

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Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

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Saint Hubert agenouillé.


"Le genou en terre, il a les mains jointes dans l'attitude de la prière. Il a déposé devant lui son bonnet de chasseur au bord retroussé garni de cabochons. Encadré d'une chevelure gracieusement bouclée dans un visage aux traits fins, le regard extatique d'Hubert se lève vers le ciel." Castel

Hubert a été saisi de stupeur  en pleine poursuite de chasse. Frappé par l'apparition de la croix entre les bois du cerf, il est tombé de son cheval, a déposé son bonnet devant lui et a posé un genou à terre (l'attitude "du chevalier servant". Il joint les mains dans l'attitude de la prière, et, comme pétrifié,  fixe du regard le crucifix  .

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Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

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Pour Le Seac'h, "il est richement vêtu de chausses bouffantes à découpes et d'une chamarre, sorte de veste longues avec des galons cousus sur les coutures (Camille Enlart, Manuel  d'archéologie). Les chausses et les manches à crevés forment des ballons. L'épée à la poignée torsadée pend à son coté, retenue par un baudrier, ainsi que son cor. Ses bottes sont munies d'éperon. Ses cheveux mi-longs coiffés au carré  cachent ses oreilles. Un casque à pompons  sur la cime est posé à ses pieds. Le rebord à crevés est décoré de formes géométriques rondes et à losanges."

On voit que le travail descriptif a déjà été fait, et qu'il est difficile d'y ajouter quoique ce soit. Aucune enluminure ne montre ces crevés ou taillades François Ier, alors que pour les chaussures, les bout ronds remplacent les extrémités pointus dans les Grandes Heures d'Anne de Bretagne ou les Heures de Louis de Roncherolles.

Emmanuelle Le Seac'h s'appuie sur le tome III du Manuel de Camille Enlart (1902), page 114: c'est un ouvrage qui mérite d'être consulté:

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10532597d/f70.item.zoom

 

"Sous François Ier, l'habillement masculin comprend bas de chausses de drap de diverses couleurs et quelquefois différents entre eux ; chemise à encolure très dégagée et froncée; haut de chausses, appelé désormais chausses, soit bouffant et assez court, soit collant et descendant jusqu'au-dessus du genou ; braguette proéminente en forme de coquille, attachée par deux boucles ou agrafes ; pourpoint décolleté comme le corsage des femmes, et, sur le pourpoint, un vêtement de dessus, appelé la casaque, le saie, la chamarre.

Le saie, depuis Charles VIII, s'était porté au-dessus de l'armure. C'était originairement un paletot court et sans manches ; le saie du costume civil s'ouvrit par devant et s'augmenta de manches très larges.

La chamarre était une veste ample et longue, composée de bandes d'étoffes variées avec des galons appliqués sur les coutures. Ce vêtement pouvait être serré par une ceinture. La casaque, qui apparut vers 1530, se distinguait de la chamarre par ses manches ouvertes et boutonnées, qui pouvaient se porter fermées ou pendantes. La casaque à manche unique fut de mode quelque temps. Une autre particularité de ce vêtement consistait à être fait d'une seule étoffe.

Le détail le plus typique du costume de cette époque est la mode des crevés: on appelle ainsi de petites fentes formant des ouvertures en forme d'ellipses aiguës, par lesquelles bouffe une étoffe de doublure, qui, par le tissu et la couleur, diffère de l'étoffe tailladée. Le pourpoint et ses manches, le haut de chausses et les souliers sont les parties du vêtement qui se tailladent de crevés, généralement disposés en lignes régulières, séparés par des galons. Les bandes dans lesquelles ils sont pratiqués sont verticales ou biaisées dans le corps du pourpoint; verticales, horizontales ou biaisées dans les manches et dans le haut de chausses. Les manches du pourpoint, les jambes du haut de chausses et les souliers pouvaient, comme les bas, être de deux dessins différents

Une grande quantité de galons, soutaches et cannetilles ornaient les entre-deux et les ourlets des crevés.

Comme manteaux, on porta soit le petit mantelet, soit la robe sans ceinture et se confondant avec le saie, longue pour les clercs, demi-longue, jusqu'au genou pour les autres . Ces divers vêtements de dessus pouvaient avoir un collet à angles droits, détaché des revers par deux échancrures suivant la coupe qui est restée en usage jusqu'à nos jours.

A la ceinture se portaient un poignard et une épée."  https://archive.org/details/manueldarcholo03enlauoft/page/120/mode/2up/search/crev%C3%A9s

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BnF fr 864 folio 32v. Ovide, Héroïdes , traduction d'Octavien de Saint-Gelais XVIe siècle (vers 1505-1510) Paris. Enluminé par Jean Pichore. Folio 32v

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BnF fr 864 folio 32v. Ovide, Héroïdes , traduction d'Octavien de Saint-Gelais XVIe siècle (vers 1505-1510) Paris. Enluminé par Jean Pichore. Folio 82v

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Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

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"Les visages sont délicats, le contour des yeux est creusé en amande, la lèvre inférieure de la bouche plus charnue que l'autre. Les mains sont grandes avec des doigts effilés, alors que la majorité des sculpteurs bas-bretons peinent sur ce détail anatomique." (Le Seac'h)

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Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

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On remarquera que le cornet (huchet, grêlier, trompe de chasse) est porté à gauche avec l'épée, alors qu'il est porté à droite sur les enluminures.

 L'épée est fine et son fourreau garni de bagues à perlés. 

Le cor, d’abord corne creuse d’un animal domestique a ensuite été façonné en bois, en métal, en ivoire. Il était utilisé à la chasse pour appeler ses compagnons.

Durant tout le moyen âge, on trouve ces instruments sous diverses appellations: corne, cor, huchet, graile, araine, trompe… Mais quels qu’ils aient été, ils ne pouvaient produire qu’un ou deux sons. Pour différencier les signaux, on faisait des suites de notes brèves ou longues.

Le cor métallique utilisé sous François Ier permettait d’obtenir deux notes : le grêle et le gros ton. Le huchet était un petit cor utilisé pour la chasse au lièvre . Aujourd’hui, le maître d'équipage ou le piqueur qui dirige la meute sont les seuls à porter un cor (ou trompe) de chasse, pour communiquer avec les chiens et les valets.

Le "cor de chasse" en mi bémol renvoie le son vers l'avant et est utilisé en musique militaire, tandis que la trompe de chasse, en ré, est recourbée vers l'arrière et fait un tour et demi (1680), puis deux et trois tours et demi (1814). Sous François Ier, il n'existe ni l'un ni l'autre.

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Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

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Le "casque" est plutôt un bonnet, retroussé à l'arrière, orné d'une attache antérieure et largement orné de pierreries, et de crevés en partie haute.

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Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

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Les chaussures à bout ronds et la fixation de l'éperon.

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Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

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L'écuyer.

On le voit aussi sur l'enluminure des Grandes Heures d'Anne de Bretagne. Debout, "il pose la main sur la selle du cheval et de l'autre il saisit le troussequin. Il porte un pourpoint à la collerette à coques et un chapeau cloche à double cordon sur le bord plat."  (Le Seac'h).

Il est plus avantageusement sculpté encore que son maître, et on y verrait volontiers un portrait du commanditaire.

Il tient contre son épaule gauche un épieu ferré. Le rabat de ses bottes s'orne d'un lacet à gland à franges.

 

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Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

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Le cheval.

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"L’écuyer s'occupe du cheval dont les nécessités techniques ont contraint le ou les artiste(s) à réduire les proportions de celui-ci par rapport à celles des hommes et des chiens, ainsi qu'à orner les pattes postérieures d'un motif végétal.  Dans un franc réalisme, il le montre hennissant, et exécute le harnachement avec précision " (Castel)

"Le cheval mâche tranquillement son mors. Comme ses propositions ont été réduites, il apparaît petit et trapu. La bride est maintenue d'une manière assez courte sur son coup et tout son harnachement est représenté." (Le Seac'h)

La crinière est peignée. La sous-croupière est présente. Les étriers sont brisés ainsi qu'une partie distale des étrivières.  Je retrouve ici le mors à filets aux branches en S (brisée à gauche) si fréquemment présent sur les montures des deux cavaliers des calvaires du sculpteur Prigent entre 1527 et 1577 du Finistère (Pencran, Lopérec, Sainte-Marie du Ménez-Hom, Saint-Sébastien en Saint-Ségal). Donc  quelques années après ce groupe.

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Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

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Les chiens.

"Entre Saint-Hubert et le cerf se situent deux chiens au large collier fixant le cervidé. Le basset à l'arrêt a le museau levé tandis que la chienne est accroupie la queue en spirale." (Castel).

"Menant la troupe, deux chiens de petite taille font face à ce dernier. Il s'agit d'animaux dressés pour la chasse car ils sont mi=unis de colliers. Assis sur son train-arrière, le premier, un basset aux oreilles tombantes, fixe le cerf. Un second, un lévrier, le museau effilé et le corps allongé, est à l'arrêt attendant un ordre de son aître. Ses oreilles sont creusées, sa queue est en tire-bouchon." (Le Seac'h)

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Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

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Les colliers sont noués par une faveur aux extrémités en papillote.

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Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

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Le cerf.

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"Le cerf, solennel et fièrement dressé, domine la scène. Dans la ramure bien droite, les bois écornés montrent que la bête est inoffensive. Un crucifix y est suspendu. Il plaît à remarquer que dans la culture celte, le cerf symbolise la médiation entre la terre, le ciel et la vie éternelle." (Castel)

"Des arbres miniaturisés sont placés en bouquet contre le cerf. Entre les bois du cerf, le Crucifié repose sur le front de l'animal. La vélocité du cerf avec ses jambes légères et musclées, la finesse de son museau sont bien rendues par le sculpteur." (Le Seac'h)

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Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

Conversion de saint Hubert (kersanton, 1525-1530, Maître de Cast), enclos de l'église de Cast. Photo lavieb-aile 2020.

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Le commanditaire.

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Nous disposons de deux avis :

Les commanditaires de ce groupe sculpté attachant et peu s'en faut magistral, ne sont pas connus avec précision. Suggérons simplement que parmi les seigneurs de Cast, les Tréouret devaient être des passionnés de cynégétique. Ils blasonnaient en effet "d'argent au sanglier de sable en furie..." comme on le voit sur une croix dressé, justement à Tréouret, un des lieux-dits de la commune. Férus de chasse, ils ont pu commander cette chasse pour la placer dans la chapelle de leur manoir. Les visages de notre St Hubert et de son valet pourraient être dans ce cas des portraits de famille." (Castel)

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"L'on s'accorde à dire que le commanditaire du beau monument en kersanton du xvie siècle dédié à saint Hubert et situé près de l'église fut messire Jehan le Gentil, grand-bailli de Cornouaille en 1524. Il est représenté debout, en tenue de grand-bailli, tenant le cheval de saint-Hubert en prières. Jehan le Gentil, seigneur de Barvédel et de Pontlez, appartenait à une famille d'ancienne extraction d'ascendance chevaleresque de Cornouaille. Il était le fils de Yves et de Louise de Tréanna et détenait les manoirs nobles de Boulvern et de Quillavon, en Cast. Son frère Geoffroy, chanoine de saint Corentin, était recteur de Cast en 1517 et leur sœur Louise était dame d'honneur de la duchesse Anne de Bretagne, reine de France. Jehan le Gentil signa la tutelle des enfants mineurs de messire Jehan de Rosmadec et de Jehanne de La Chapelle. Il épousa Louise de Tyvarlen et présida la Montre de la noblesse tenue à Quimper en 1536. La famille le Gentil appartenait à la noblesse de Cornouaille et était fortement établie dans le Porzay." (Wikipédia, article Cast)

Le contributeur anonyme mais qualifié de l'article Wikipédia n'indique pas ses sources, et je serai curieux de savoir qui sont ceux qui "s'accordent à" attribuer la commande de cette œuvre à Jehan le Gentil, ... car j'arrive aux mêmes conclusions. Son argumentation est remarquable ...puisque ce sont ces données qui m'avaient convaincu.

a) L'un des arguments le plus percutant est que Geoffroy Le Gentil (*) était/aurait été recteur de Cast en 1517 (ou plutôt en 1512, pour Abgrall). Mais en 1532-1538, notons que le recteur était Nicolas de Tyvarlen (*) [nommé Jean de Tyvarlen dans la généalogie boisgarin]. Ce Jean de Tyvarlen, dont l'existence est mieux renseignée, était le frère de Louise, épouse de Jehan III le Gentil. Il était recteur de Cast et de Plogonnec, chanoine à la cathédrale de Quimper, vicaire général de l'évêché de Cornouaille en 1552, et, en 1544, il était le garde des trois enfants juveigneurs de Jehan Le Gentil (décédé en 1543) et de Louise (décédé en 1544). ["sûrement le maistre Ian du Tivoarlen, garde de trois enffents juveigneurs de Jean Le Gentil et de Louis de Tivoarlen le 02/10/1544" B.Yeurc'h (arrêt Le Gentil 30/08/1669) ] Le recteur Jehan de Tyvarlen est un autre commanditaire possible de la Chasse.

(*) n.b source des info  : Abgrall 1905.

b) l'autre argument est que  Louise Le Gentil était dame d'honneur de la duchesse Anne de Bretagne. Cette information se vérifie indirectement puisque Louise, fille d'Yves le Gentil et de Louise de Tréanna, épousa en 1507 à Blois Charles d'O. de Mailleboys, leur contrat de mariage étant fait en présence de la reine Anne. Cette appartenance à la cour royale d'Anne de Bretagne. Source : Tudchentil et Généalogie Guillaume de Wailly

Elle se vérifie aussi sur la liste des dames et demoiselles d'honneur d'Anne de Bretagne publiée par Infobretagne : Louise Le Gentil avait ce titre en 1508.

Cet argument nous procure le lien avec les modèles évidents de cette Chasse de Cast, modèles fortement liés à Anne de Bretagne ; et, en premier lieu, le linteau de la chapelle Saint-Hubert du château d'Amboise, lieu de résidence d'Anne de Bretagne avec Blois et Tours. En effet, ce linteau est, plus que les enluminures, un modèle privilégié par ce que c'est une sculpture (la seule de mon corpus iconographique. De plus, la composition est la même, la posture du chasseur, celle de ses chiens, la position du chapeau, et même les bosquets miniaturisés.
c) un autre argument est qu'il possédait bien des manoirs à Cast , puisque l'auteur signale que Jehan le Gentil détenait les manoirs nobles de Boulvern et de Quillavon, en Cast. ( C'est aujourd'hui, à Quillavon, le manoir de Tréouret.). Je n'ai pu vérifier cela, mais il est au moins aussi important de signaler que Jehan le Gentil est seigneur de Barvedel et de Pontlez.

À ce titre, ses armoiries apparaissent  sur le calvaire de la chapelle Sainte-Barbe en Ploéven et sur les murs de l'église de Ploéven, (paroisse voisine de Cast) tandis que ses armoiries écartelées se trouvent sur la maîtresse-vitre de Notre-Dame de Quillidoaré en Cast . 

La famille Le Gentil jouit donc de prééminences notables dans un court rayon autour de l'église de Cast.

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Il est temps de présenter Jehan III  le Gentil, Jean III le Gentil, grand Bailli de Cornouaille (1524-1537), seigneur de Bardevel en Ploéven, sieur de Pontlez en Quéménéven, , né vers 1480 décédé en 1537, à l'âge d'environ 57 ans. Fils d'Yves le Gentil et de Louise de Tréanna, il épousa Louise de Tyvarlen dont il eut 4 enfants. Il présida la Montre de la noblesse de Cornouaille tenue à Quimper en 1536 en qualité de grand bailli. 

 

Généalogie Marie-José COAT 

https://gw.geneanet.org/mjcoat?lang=fr&pz=olivier&nz=coat&p=jean+iii&n=gentil+le

Généalogie boisgarin

https://gw.geneanet.org/boisgarin?lang=en&n=de+tyvarlen&oc=1&p=alain

 

CONCLUSION.

 


Un faisceau d'arguments converge pour désigner la famille Le Gentil comme commanditaire, et la famille de Tyvarlen qui lui est liée, peut-être pour une chapelle privative sur le modèle d'Amboise, certainement sous l'influence des modèles de la vallée de la Loire à la cour d'Anne de Bretagne puis de Claude de France, et on ne peut privilégier un membre plutôt qu'un autre puisque tant le recteur de Cast Jean de Tyvarlen, par ses fonctions, que Louise de Tyvarlen par sa proximité d'Anne de Bretagne, ou que Jehan III le Gentil, par l'importance de son poste de grand bailli,  sont de bons candidats à ce rôle.  

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1905, Notice sur Cast, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie du diocèse de Quimper.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5ae9108578870bb6ca4958aedb0d9a8d.pdf

"-Sur le mur du presbytère, la représentation très belle et très artistique de l'épisode miraculeux de saint Hubert, patron des chasseurs. Devant un cerf ayant sur sa tête, entre ses deux cornes, l'image du crucifix, saint Hubert, descendu de cheval, est agenouillé, les mains jointes et la tète découverte. Sa chevelure est gracieusement bouclée, son costume très riche et très souple semble être de l'époque d'Henri II : bas et hauts-de-chausses à deux rangs de bouffantes et de crevés, manches de dessous avec bouffantes et crevés; manches plus amples du pourpoint, également tailladées à deux rangs, et descendant en pagode de la hauteur du coude; surcot largement échancré pour laisser passer les bras; épée et cor d'ivoire suspendus au côté. Devant lui, sont ses deux chiens, un lévrier et un basset, en arrêt et en contemplation devant le cerf. Derrière est son cheval, richement harnaché, tenu par son écuyer au visage et au costume gracieux. Tout ce groupe forme un ensemble admirable comme art et comme correction."

— CASTEL (Yves-Pascal), 1997, Saint Hubert à l'honneur, in Chasseur en Bretagne hiver 1997 pages 38-39.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_132/Chasser_en_Bretagne_1997_nA_5_.pdf

"Le monument appelé la Chasse de saint Hubert à Cast représente l'épisode célèbre connu sous le nom de Vision du cerf miraculeux », ou de « Conversion de saint Hubert. »

Saint Hubert, né en 665, succéda vers 705 à saint Lambert sur le siège épiscopal de Tongres et de Maastricht d'où il transféra sa résidence à Liège dont il fut le premier évêque en 722. Il évangélisa les Ardennes et mourut en 727 d'un accident de pêche qui lui fit une blessure au doigt. C'est tout ce que nous en dit l'histoire à proprement parler.

Quant à la légende du chasseur converti, qui n'est que fort tardivement apparue, elle fut calquée au XVe siècle sur celle de saint Eustache. Puis, ayant pratiquement détrôné cette dernière la légende de saint Hubert devint populaire partout en Europe suite aux représentations que firent les artistes pour illustrer la légende qu'il faut brièvement rappeler.

Grand veneur de Pépin d'Héristal, le seigneur Hubert chassait un Vendredi Saint. Ses chiens ayant lancé un cerf dix cors, la poursuite s'acheva à la nuit tombante par un face à face étonnant entre la bête dont les cornes encadraient un crucifix et l'homme qui tomba à genoux, ému par une voix venu d'en haut qui l'appelait : Hubert, Hubert, pourquoi me poursuis-tu, oublieux de ton salut ? Va à Maastricht chez mon serviteur Lambert il te dira ce que tu dois faire. » S'ensuivit la conversation d'Hubert qui marcha à grands pas vers la sainteté, donnant l'occasion aux chasseurs de le choisir comme patron.

La chasse de Saint-Hubert de Cast, après avoir été longtemps sur le mur du presbytère, a été transportée vers les années 50 dans l'angle sud-ouest de l'enclos paroissial. Pour la recevoir, on construisit un soubassement rectangulaire de 3 m. de longueur sur 1,80 m. de profondeur et 1,30m de hauteur. Deux bandeaux de schiste soulignent les faces du massif entièrement en granite y compris la large doucine droite qui le couronne de deux douzaines de tétons en matière plastique. Au centre de la face antérieure un cartouche à la bande contournée porte un écu muet. Sur la table reposent, indépendantes l'une de l'autre, six sculptures en pierre de kersanton. Leur socle pour saint Hubert, le cerf, et les deux chiens sont rectangulaires tandis que la base du groupe valet-cheval, grand bloc de pierre sectionné par le travers, n'est que grossièrement équarri. Le feutre du chasseur repose à même le sol.

Dans l'esprit des commanditaires, l'ensemble était destiné à être placé contre un mur, vraisemblablement dans le renfoncement d'une niche. Dans une telle présentation, le sculpteur n'avait pas à se préoccuper d'affiner les revers. Ainsi, exception faite du chapeau et des deux chiens, placés au milieu de la scène, ceux des grandes sculptures sont labourés d'éclats fort irréguliers. De n'avoir pas tenu compte de cela, donne à la présentation actuelle un aspect aussi peu convenable que celle du temps où la chasse trônait sur le mur du presbytère. Pour ce qui est de l'inachèvement des pièces, quelques volumes qui tout en étant moins frustes que les revers précités sont laissés sous le coup de l'outil qui ayant dégagé la masse correctement, n'a pas été poussé plus loin dans la vue d'une parfaite finition. Ainsi au coté gauche de la tête du cerf, l'œil,alors que l'autre a été tracée en amande, n'est guère creusé, et l'oreille gauche n'est elle-même qu'ébauchée. On observera en d'autres endroits ce procédé de non affinement qui faisait partie des manières en usage dans les ateliers de kersanton. Mais ceci n'a que peu à voir avec le dégrossissage brutal des revers signalés plus haut. Pour l'apprécier, il faut donc regarder la Chasse de face, et s'abstenir de tourner autour du monument. Il faut, de plus, faire abstraction des lichens gris et or envahissants qui empêchent une parfaite visibilité d'une œuvre dont la qualité est exceptionnelle.

Saint Hubert, le genou à terre, les mains jointes dans l'attitude de la prière, a déposé devant lui son bonnet de chasseur au bord retroussé garni de cabochons." etc...

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Cast, Notices.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/CAST.pdf

 

DILASSER ( Maurice), 1979, Un pays de Cornouaille: Locronan et sa région .

 

"Son auteur était un excellent animalier, le cerf, pattes fines, museau pointu, haute ramure encadrant harmonieusement la croix, contraste avec les formes lourdes du cheval, qui rappelle ce qu'étaient les célèbres étalons qu'o élevait tout près de Cast sur le territoire de Briec. 

Le costume des chasseurs, avec leurs tuniques à découpes et leur chapeau cloche, non moins travaillés, et le harnachement sont rendus avec habileté, mais tout ce soin pour l'accessoire ne fait pas oublier le grand accent religieux de la scène : le cerf porte-christ semble esquisser une génuflexion, comme s'il voyait la croix qui est planté sur son front. Si l'écuyer reste interdit devant le spectacle surnaturel qui le fige dans la stupeur, saint Hubert a déjà mis un genou en terre pour adorer à mains jointes la croix, toute semblable à celle des carrefours champêtres, qui lui barre miraculeusement la voix. Son regard levé se fige, comme en extase, sur l'apparition et une levrette accroupie, un petit roquet assis sur son derrière font de même : il y a là une sorte d'humour qui ne nuit pas à la dévotion. Cette chasse de Cast mérite d'être admirée à l'égal des scènes christologiques des plus célèbres calvaires. Si elle est sans analogue par son sujet, elle en est sœur par l'inspiration et le talent. "Victor-Henri Debidour in Dilasser 1979.

— DUCOURET (Jean-Claude), 1992, notice pour l'Inventaire Général

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM29000997

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.page 211 et 

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

MAIRIE DE CAST.

https://www.mairie-cast.com/le-patrimoine/la-chasse-de-st-hubert/

WIKIPEDIA

https://fr.qwe.wiki/wiki/Roland_Dor%C3%A9_(sculptor)

http://www.bretagneweb.com/photos-29/29-cast.htm

 

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Published by jean-yves cordier
22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 15:04

Le calvaire (kersanton, 1660, Roland Doré), la Vierge à l'Enfant (kersanton, v.1660, Roland Doré), et Marc évangéliste (kersanton, v.1660, Roland Doré) de l'église de Cast.

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1°) Voir sur la commune de Cast :

 

— Sur cette église Saint-Jérôme de Cast :

Sur la chapelle Notre-Dame de Bonne-Nouvelle de Cast :

 

 2°) Sur les œuvres de Roland Doré, voir : 

 

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Sur des calvaires d'autres ateliers (Prigent, Maître de Plougastel, etc.) :

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PRÉSENTATION.

Le calvaire de Cast est l'un des nombreux calvaires sculptés dans la kersantite par l'atelier landernéen de Roland Doré. 

Nous y retrouvons inévitablement les mêmes Christ en croix avec tous les traits spécifiques à cet atelier, tels que je les ai présentés dans mes articles précédents, et que je rappelle ici en annexe. Ainsi que l'une des nombreuses Pietà de l'atelier, et une Marie-Madeleine aux cheveux retenus par le fameux bandeau occipital.

Alors, à quoi bon jouer au paparazzi pour multiplier les clichés de ce calvaire semblable à mille autres calvaires?

Pour un amateur, la question est presque sacrilège. En effet, toute œuvre d'art est unique. Surtout, parfois, par ses originalités.

a) La première originalité (si fréquente après tout qu'elle n'en n'est plus une), c'est le remontage fautif des statues géminées (à deux personnages dos à dos). La règle théorique est de trouver la Vierge à droite du Christ crucifié, et Jean à gauche. Mais l'ignorant qui a, (j'ignore quand, tant mieux pour lui) remis en place les éléments dispersés (Couffon indique que l'église conservait de son temps "débris de calvaire dont un Christ en croix de Roland Doré") a confondu la Vierge et Marie-Madeleine (pourtant facile à reconnaître avec son flacon d'aromates), et a inversé la statue géminée de ce groupe.  Première singularité, bien que je souhaite que cette faute  soit un jour régularisée.

b) Deuxième rareté : le groupe géminé du coté droit montre deux saints presque jumeaux : sont-ce deux saint Jean ? Lançons sur cette enquête les plus fins limiers du Patrimoine.

c) Autre chose : ce calvaire appartient, parmi les 98 croix et calvaires de Roland Doré au sous-groupe des 41   qui portent une date ; c'est même, avec sa date de 1660, l'un des plus tardif du corpus des calvaires (avec Saint-Thégonnec 1662), et également une œuvre de maturité dans la carrière de Roland Doré (1618-1663).

d) enfin, les inscriptions mentionnent les noms des commanditaires (environ 20 calvaires /98) . Il est possible de relier ces noms (le recteur Guillaume Le Glinec et le fabricien Jacques Le Croissant) avec des renseignements généalogiques qui ancrent cette œuvre dans son sous-sol humain.

e) le visiteur pourra admirer à l'église de Cast deux autres œuvres de Roland Doré : une Vierge à l'Enfant (niche du porche sud) et un Saint Marc évangéliste dans la niche de la façade occidentale.

g) L'attaque par les lichens est une des dix plaies de la statuaire monumentale dont il faudra bien qu'on se soucie un jour en Finistère, car elle défigure les trésors des enclos bretons. On restaure les vitraux attaqués par les micro-organismes et on les protège d'une nouvelle agression, on nettoie patiemment les peintures, on a procédé au ravalements des façades, mais on abandonne ces chefs-d'œuvres de sculpture du XVIe siècle aux conséquences de la pollution. Faut-il y voir "un biofilm protecteur" ? La conscience des effets secondaires de traitements mécaniques ou biocides trop agressifs doit-elle nous paralyser?.

— Geneviève Reille-Taillefert, 2010, Conservation-restauration des peintures murales: De l'Antiquité à nos jours Editions Eyrolles,

https://books.google.fr/books?id=tIjP4ErDkXwC&dq=prolif%C3%A9ration+lichens+monuments+historiques&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 Clifford A. Price, Eric Doehne, 2011, Stone Conservation: An Overview of Current Research Getty Publications, 15 févr. 2011 - 164 pages

https://books.google.fr/books?id=SVeJ4eOKU70C&dq=%22lichens%22+brunet&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

M.R.D. SEAWARD and C. GIACOBINI, LICHEN-INDUCED BIODETERIORATION OF ITALIAN MONUMENTS, FRESCOES AND OTHER ARCHAEOLOGICAL MATERIALS STUDIA GEOBOTANICA 8: 3-11, 1988

https://www.openstarts.units.it/bitstream/10077/15124/1/SEAWARD_GIACOBINI_3-11.pdf

Mais ici, les lichens incrustants blancs (peut-être la Lécanore des murs Protoparmeliopsis muralis , nitrophile) forment des lignes marbrées sur le gris sombre du kersanton, des moires et serpentins déstructurant la reconnaissance des formes, comme dans les meilleures techniques de camouflage. À défaut de pouvoir résoudre le problème, on en appréciera sur ces photos, en esprit curieux, la créativité graphique, tandis que le lichénologue complétera son inventaire de biodiversité, et préparera une Flore lichénologique de la kersantite du Finistère, ... Les botanistes et  frères Crouan, gloires brestoises, avaient déjà décrit dans leur Florule de 1867 sur ce biotope Umbilicaria pulsulata  (page 98) et Urceolaria scruposa (page 94) aujourd'hui Diploschistes muscorum, qui, comme son épithète l'indique, est muscicole (pousse sur les mousses) et choisit les dunes. 

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VUE GÉNÉRALE.

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L'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

L'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire de l'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire de l'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le socle et l'emmarchement.

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Base octogonale à trois niveaux, moulures. Socle octogonal à large chanfrein:

L'inscription a été lue par le chanoine Abgrall en 1905 avec la leçon  sur les 2 côtés du socle, "N : G : H : GLINEC : R - A. ROGNANT : F : 1660".

L'abbé Castel a lu en 1980 : M: G-G: IC GLINEC R. IAC: CROISSANT F 1660." (Castel, 1980)

L'inscription que je n'ai pu relever, doit se transcrire ainsi : "Messire Guillaume Le Glinec recteur, Jacques Croissant fabricien, 1660".

Les deux noms se retrouvent sur les croisillons, celui du recteur à l'ouest, celui du fabricien à l'est.

1. Le recteur Guillaume LE GLINEC.

Il a été recteur de Cast de  1648 à 1667.  Son identité est précisée par une inscription des archives concernant une cloche de la chapelle Saint-Mahouarn ou Saint Magloire , chapelle disparue en 1787. Ce jour, 13 de Mai (1650), en l'église paroissiale de Cast, a été une cloche faicte et dédiée pour la chapelle de Monsieur de St Mahouarn, en la paroisse du dit Cast, baptisée par vénérable personne Missire Grégoire Blaise, prêtre de la dite paroisse, et nommée soulz et au nom de Monsieur St Louis par vénérable et discret Missire Guillaume le Glinec, recteur du dit Cast, et dame Louise de Moellien, dame douarière de Kerstrat, propriéteresse de Chef du Bois et autres lieux, présents les soussignants, à l'issue de la grand'messe, selon les formalités de notre mère Ste Eglise, Louise de Moelien, Quoetsquiriou, T. Le Louarn, Blaise prêtre, G. Glivec, Jouan, H. Le Queffellec, Guillerme". (in Abgrall 1905)

Selon villadesresedas, in genenanet, il serait né vers 1620, serait  le frère de Marguerite GLINEC, née vers 1615 à Cast, et décédée en août 1660 à Poul ar Sarf, Cast. Sa seconde sœur est Anne GLINEC, née et décédée à Cast. Un parent, Alain GLINEC, était prêtre. Née au milieu du XVIIe siècle, on mentionne aussi à Cast Marie et Françoise GLINEC.

Le recteur Guillaume Le Glinec  a signé 19 actes de naissance ou baptême entre 1648 et 1665.

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2. Jacques (Le) Croissant, fabricien.

Là encore, les généalogistes peuvent retrouver la famille LE CROISSANT à Cast. Il y a ainsi un Jacques LE CROISSANT, (Jacques  Croissant le vieux) né à Cast vers 1620 et décédé à Plogonnec en 1678. Il a épousé Jeanne JEZEQUEL (Cast v. 1630-Cast 1680) dont il eut deux filles et un fils, Jacques (Cast 1651-Cast 1713) et demeurant à Porzrichard, ou Porrichart Isellaff  . Pors Richard se trouve à 2,7 km à l'est de l'église.

L'orthographe est alors parfois LE CROASSANT.

Jacques Le CROISSANT le vieux a 2 frères prêtres, Guillaume et Hervé. Son fils Jacques était peut-être, et son petit-fils Jacques surement, notaire royal.

https://gw.geneanet.org/croissant29?lang=fr&m=N&v=CROISSANT

http://www.cgf-forum.fr/phpBB2/viewtopic.php?t=20206

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Le calvaire de l'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire de l'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire de l'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Le calvaire de l'église Saint-Jérôme de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LE COTÉ OCCIDENTAL. LA PIETÀ, LE CRUCIFIÉ ENTRE SAINTE MARIE-MADELEINE ET SAINT JEAN

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La Pietà.

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On en trouve d'autres exemples à Brennilis, Saint-Thégonnec, Sainte-Anne la-Palud de Plonévez-Porzay, Le Passage à Plougastel, la chapelle Saint-Claude de Plougastel, et à Trézilidé.

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Calvaire (Kersanton, 1630, Roland Doré) de la chapelle Saint-Claude à Plougastel. Photographie lavieb-aile.

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La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Nous retrouvons la composition de la Pietà de Saint-Claude en Plougastel, où la ligne courbe de la Mère enveloppe avec tendresse et affliction le corps aux lignes rompues de son Fils, assis sur son genou droit. Mais les deux œuvres diffèrent, et si je suis plus ému par la Vierge de Saint-Claude, le visage émacié du Christ de Cast, à l'humanité sublimée par la souffrance,  me semble mieux réussi que la version plus réaliste de Saint-Claude.

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La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire  de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire  de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire  de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

La Pietà (kersantite, Roland Doré, 1660) du calvaire de Cast. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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La croix et le croisillon.

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Le calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Le calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le Christ en croix.

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.
Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'ange et le titulus INRI.

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Sainte Marie-Madeleine à gauche de la croix.

Sa main droite est posée à plat sur la poitrine (comme beaucoup de statues de saint Jean), et elle tient en main gauche un objet qui ne peut-être que le flacon d'aromates.

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le bandeau occipital.

Sur ce bandeau, voir la Vierge à l'Enfant de Cast (infra), et pour l'iconographie :

 

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Jean à gauche de la croix.

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Il tient par dessus et au dessous le livre de ses écrits (son évangile plutôt que l'Apocalypse). Il nous fait face, exactement comme Marie-Madeleine. Nous retrouvons la perruque bouclée triangulaire habituelle. Mais il a sa petite particularité.

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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En effet, une fine moustache dresse ses deux fines pointes au dessus de la lèvre. 

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'inscription du croisillon.

Je n'ai pas bénéficié de la lumière parfaite pour la lire, mais elle  a été relevée par Couffon qui a lu (avant la prolifération de lichens, mais ne revenons pas là-dessus) : "M. G. GLINEC. RECTEVR/DE CAST. M. R. CARIOV. C", et par Castel qui lit : M: L(?) GLINEC RETR DE CAST. M R CARCHEC (?).

Comme j'ai le choix, et parce que je lui ai fait parfois du tort par les critiques, je donne cette fois-ci ma préférence à René Couffon. Je transcris "Messire G[uillaume] [Le ] Glinec, recteur de Cast [et] Messire René Cariou curé".

Le recteur a déjà été présenté plus haut. Cariou n'est pas le fabricien, car l'inscription du socle nous avait révélé son  nom, Jacques Le Croissant, et, si nous l'avions oublié, nous le retrouverons inscrit sur le croisillon, coté est. Cariou est donc vicaire, ou curé c'est pareil.

Ma puissance  déductive se trouve  confirmée à la lecture de la notice de Jean-Marie Abgrall, qui mentionne "le 29e Octobre 1673, ont été faites Ies cérémonies requises et nécessaires par vénérable et discrete personne Missire René Cariou, curé de la paroisse de Cast, pour la bénédiction d'une cloche pour servir dans la chapelle de Monsieur S^Mahouarn du Loc, située en la dite paroisse." Certes,  Abgrall mentionne François CARIOU prêtre de Cast en 1661 : la date est plus proche de celle du calvaire.  Citons aussi en 1673, un Guillaume CARIOU est qualifié de "prêtre promoteur" sur une cloche de la chapelle de Quillidoaré, et la même année, 

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Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face ouest du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LE COTÉ ORIENTAL. JEAN ET LA VIERGE. UN SAINT ABBÉ.

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Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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 Contre le fût : un saint abbé. Saint Guénolé ?

C'est un saint abbé car il tient une crosse en main droite, à extrémité pointue mais dont le crosseron est brisé. Il ne porte pas de mitre (bien que le haut de la tête semble manquer), et nous ne voyons pas de fanons derrière la nuque. Les cheveux sont courts, une tonsure pourrait être imaginé. Il ne porte ni gants ni anneau.

Il est vêtu, sous sa dalmatique ornée d'orfrois, d'une coule de moine, bien visible autour du cou.

Castel ne le mentionne pas. Couffon l'identifie comme moi en tant que saint abbé, et suggère "saint Gildas ?", peut-être en raison de l'existence d'une chapelle Saint-Gildas avec deux statues de pierre, "saint Gildas piétinant un dragon, autres saint Gildas en moine" . Ainsi qu'un vitrail, dans l'église Saint-Jérôme, de saint Gildas, mais du XIXe siècle.

À l'intérieur de l'église se trouvent plusieurs statues en pierre de saints portant une crosse à droite ; mais l'un est casqué, c'est saint Georges ; sa "crosse" est en réalité un étendard. L'autre (en chape, tenant un livre) est mitré. Le troisième, barbu, tête nue, pieds nus, place l'extrémité de la hampe dans la gueule d'un animal; ce serait saint Tugen maitrîsant un chien enragé. 

Ici, en l'absence de tout indice, je conclue à saint Guénolé, abbé fondateur de Landévennec la plus haute et la plus ancienne autorité du diocèse de Cornouaille avec saint Corentin, qui est, lui, le premier évêque de Quimper.

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Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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La Vierge à droite.

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La tête voilée par son manteau et serrée dans la guimpe, les bras croisées devant la poitrine, le visage figé, anéanti, la chute dans la déréliction signifiée par les plis tubulaires de la robe et ceux en plis de serviette du manteau, elle est le prototype des Vierges au calvaire de Doré.

Je rappelle qu'elle devrait être orientée vers le couchant, autre symbole de la Mort avant le renouveau, et qu'elle retrouverait ainsi sa place à droite de la croix.

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Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Jean.

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C'est le sosie du saint Jean du coté ouest, un sosie qui aurait rasé sa moustache et aurait déplacé sa main droite pour la placer sur la poitrine. 

Comme il est très troublant d'avoir deux fois le même personnage sur une statue géminée, Abgrall, Castel et Couffon puis Le Seac'h ont contourné la difficulté en ne décrivant pas ces statues. Castel suivi par Le Seac'h mentionne un vague "saint au livre", mais la comparaison avec l'ensemble des Jean au calvaire de Roland Doré ne permet pas une autre identification. Est-ce au contraire le sosie moustachu qui doit être identifié comme un autre saint personnage?  Rien ne permet de le dire.

On voit ici un des traits stylistiques du sculpteur landernéen : la bouche dont les commissures se creusent en fossettes, ce qui génère un demi-sourire caractéristique.

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Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'inscription des bras du croisillon .

On lit    JACOB CROISS[ANT]. Nous savons qu'il s'agit de Jacques Le CROISSANT : la forme Jacob est la forme hébraïque, ou biblique de Jacques.

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Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660)  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Face est du calvaire (kersantite, Roland Doré, 1660) de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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L'évangéliste saint Marc sur la façade occidentale.

Il est placé dans la niche centrale du sommet du porche occidental, entre deux statues qui sont, elles, issus d'un Credo apostolique.

Nous ne quittons pas notre sujet principal, car il provient selon Le Seac'h du calvaire.

Le saint est assis et rédige son évangile ouvert sur ses genoux.  Coiffé du bonnet carré de docteur et revêtu d'un camail à capuchon sur son surplis, il tient le calame en main droite et l'encrier en main gauche, alors que  son lion l'accompagne allongé à ses pieds.

Il est comparable au saint Jean évangéliste du porche sud de Saint-Thégonnec, daté de 1625.

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Porche ouest de l'église  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche ouest de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche ouest de l'église  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche ouest de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Marc (kersantite, Roland Doré, v.1660), porche ouest de l'église   de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Saint Marc (kersantite, Roland Doré, v.1660), porche ouest de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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La Vierge à l'Enfant.

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Il existe cinq Vierges analogues par Roland Doré, énumérées par Emmanuelle Le Seac'h :   celle de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal, de l'église de Plougourvest, de la chapelle de Locmaria-Lan de Plabennec, du fronton du porche de l'église de Trémaouézan, et de l'église de Penmarc'h.

En voici quelques exemples.

 

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Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal :

Vierge à l'Enfant, kersanton, Roland Doré. Chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chapelle de Locmaria-Lan de Plabennec

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Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré). Chapelle de Locmaria-Lan. Photo lavieb-aile.

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Penmarc'h. Croix de Lescors, conservée à l'église Saint-Nonna et datant de 1618, début de l'activité de Roland Doré.

 

Vierge à l'Enfant (kersanton, Roland Doré, H. 65 × L. 25 × P. 15 ) de l'église de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge à l'Enfant de Cast est couronnée, et ses cheveux sont retenus derrière la nuque par le même bandeau occipital que j'ai signalé sur la statue de Marie-Madeleine au calvaire (et qui s'observe aussi à la chapelle Saint-Sébastien).

Son visage est plus allongé qu'à Plabennec et Penmarc'h, dans un canon semblable à celui de Plougourvest, mais on y reconnait les  commissures labiales en fossettes et le menton rond pointé en avant. Sa robe au décolleté rond et timide, est vite dissimulée par le large pan du manteau qui revient en diagonale vers l'aisselle gauche.

Elle tient sous l'index et le majeur la tige d'un objet , que Le Seac'h décrit comme "une pomme piquée sur un bâtonnet", comme à Saint-Ségal. Je pourrai voir dans cet objet piriforme, non pas un cornet de glace, mais un hochet.

L'Enfant enlace tendrement de sa main droite le cou de sa mère, et sa main gauche, qui  tient à  Plougourvest une pomme, est ici brisée. Ses deux petites jambes sont nues, et non couvertes par une tunique plissée comme dans les autres exemples.

À propos de pommes, on ne peut que souligner la rondeur appétissante des joues, encadrant un sourire délicieux : Roland Doré, c'est ça!

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Porche sud de l'église  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Porche sud de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Vierge à l'Enfant (kersantite, Roland Doré, v.1660) du portail sud de l'église  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Vierge à l'Enfant (kersantite, Roland Doré, v.1660) du portail sud de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Vierge à l'Enfant (kersantite, Roland Doré, v.1660) du portail sud de l'église  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Vierge à l'Enfant (kersantite, Roland Doré, v.1660) du portail sud de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Vierge à l'Enfant (kersantite, Roland Doré, v.1660) du portail sud de l'église  de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Vierge à l'Enfant (kersantite, Roland Doré, v.1660) du portail sud de l'église de Cast. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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ANNEXE

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ROLAND DORÉ ET SES 50 CALVAIRES.

Le sculpteur landernéen dont l'atelier de taille du kersanton est le plus renommé du XVIIe siècle a travaillé pour 82 paroisses (Finistère, Côtes d'Armor) essentiellement pour la sculpture religieuse (et 9 gisants). Il a réalisé les séries d'apôtres de 4 églises, partiellement de 4 autres et quantité de statues isolées. Selon E. Le Seac'h, il a réalisé 97 croix, calvaires ou vestiges dont 21 croix, 50 calvaires, 26 vestiges. Seuls 12 croix et 15 calvaires sont encore complets. 41 croix et calvaires sont datés, entre 1618 à Penmarc'h et 1662 à Saint-Thégonnec.

Voici une liste de 75 croix et calvaires  (en gras : décrits dans ce blog)

 

  • Brennilis : croix de calvaire du cimetière (vers 1625) . Ange, Crucifix, Pietà,

  • Briec de l'Odet, Croix de la chapelle de Trolez (Seul le crucifix est de Roland Doré)

  • Cast, calvaire de l'église Saint-Jérôme : (1660), GLINEC, recteur, Jacob CROISSANT, fabricien. Vierge, Madeleine, crucifix, Jean, saint au livre.

  • Châteaulin, calvaire (1639) de la chapelle de Kerluan : Vierge, crucifix, Jean (et sur le fût saint Sébastien et saint Roch, hors atelier).

  • Cléden-Cap-Sizun : calvaire (1630) de la chapelle Saint-They. Vierge, Jacques le Majeur en haut du fût .

  • Cleder, croix de Kerzuoc'h (1625), Messire PRISER, procureur

  • Commana : calvaire du cimetière (1624), signé. Vierge/saint Hervé et son guide ; crucifix ; moine au livre ; Jean/moine, écu martelé

  • Crozon, presbytère, vestige de calvaire, saint Pierre.

  • Dinéault, calvaire (1648 et 1650), A. LE BUILLER, L. GARO,fabriciens. Crucifix, Christ aux liens.

  • Dirinon, calvaire de la Croix-Rouge, Jean/saint Roch ; crucifix, Vierge/Sébastien

  • Douarnenez, calvaire de la chapelle Saint-Vendal (1655), GAVRANT, recteur de Pouldregat, I. LE BIAN. Vierge/Corentin ; crucifix ; Vierge à l'enfant/Jean ; évêque

  • Douarnenez-Tréboul, vestige de calvaire, Jean/Corentin, Vierge/Nicolas

  • Esquibien : calvaire de Landrevet Jean/ saint indéterminé ; crucifix /Vierge à l'Enfant ; Pierre/Vierge

  • Le Folgoët, croix du Champ de Foire. Crucifix

  • Guiclan, croix de Kerizamel

  • Guiclan, calvaire de Kerlaviou (1622)

  • Guiclan, calvaire de Pen-ar-Feuteun (1642), [Jean/Yves par Yan Larhantec 1889] ; crucifix ; Vierge/Catherine.

  • Hanvec : croix de la forêt du Cranou (1627), vestige. Il appartenait à la chapelle Saint-Conval mais il ne subsiste que le fût portant l'inscription : « R. Dore : ma : faict : 1627 ».

  • Hanvec, Croas-ar-Huré (1621-1622) M. MICHEL, P. BRIS CVRE. Crucifix, écu au calice, anges à phylactères.

  • Hanvec, calvaire de Quillafel (1638), NICOLAS JACQUES, prêtre

  • Hanvec, croix de Lanvoy ; seul le crucifix /Vierge à l'enfant est de Roland Doré

  • L'Hôpital-Camfrout, Croix du Run (1627), Crucifix/Vierge à l'Enfant

  • L'Hôpital-Camfrout, Calvaire du Troan, vestiges : anges au calice

  • Irvillac : calvaire (1644) avec deux bras courbes situé devant la chapelle Notre-Dame-de-Lorette au lieu-dit Coatnan. Larrons, Vierge/Yves ; Jean/Pierre

  • Irvillac, calvaire de Clénunan (1640), Messire Jean LIDOU.

  • Irvillac, calvaire (1628) de la chapelle de Locmélar : Jean/Pierre ; Vierge/évêque

  • Kersaint-Plabennec, calvaire de Laven , crucifix. (En complément du travail du maître de Plougastel qui a réalisé les couples Vierge/Yves ; Jean/Etienne).

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire (1621) de Cosquer-Bihan dit Croaz-Kernevez : crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Lampaul-Guimiliau, calvaire de Kerjaffrès (1626), Mathieu LIVINEC fabricien, Y. KERBRAT, fabricien

  • Lannilis, calvaire de Kerosven. Vierge ; crucifix/Jean-Baptiste, Jean

  • Lantic, calvaire de l'église Notre-Dame-de-la-Cour. Crucifix/Vierge à l'enfant. Armoiries des Rosmadec et Gouarlot.

  • Loc-Éguiner-Saint-Thégonnec, calvaire du cimetière , crucifix (en complément du travail du Maître de Plougastel :Vierge/sainte Femme Pietà/Madeleine ;

  • Logonna-Daoulas, Croix de Cléménéhy (?), SALOMON PIERRES DE PORS AN . Crucifix/Vierge à l'enfant.

  • Logonna-Daoulas, calvaire de Rulivet. Crucifix. [Saint Nicodème sur le fût, saint Jean, blason des Rosmorduc, hors atelier.]

  • Loqueffret, calvaire de Bilirit (1625), Y. et Louis BELERIT, fraires. Crucifix/Vierge à l'Enfant ; [et Yves ; Geneviève ; Edern, hors atelier].

  • La Martyre, vestige (fût) du calvaire de Kerlavarec (?), Béatrice CABOUN.

  • Penmarc'h, croix de Lescors (1618), crucifix.

  • Plabennec, calvaire de Scaven, crucifix.

  • Pleyber-Christ, calvaire de Kervern (1647), Yvon INISAN et Marie MADEC. Vierge/Marguerite

  • Ploéven, chapelle Saint-Nicodème : calvaire (1667) Messire S.H. MARTIN, recteur Yves QUEMENEUR, fabricien. Vierge/évêque ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1644) de la chapelle Saint-Pierre. Vierge/Paul ; Jean/Pierre

  • Plogonnec : calvaire (1641) de la chapelle Seznec, Guillaume TOULGUENGAT, recteur de 1624 à 1642, René SEZNEC, recteur de 1643 à 1697.

  • Plomodiern calvaire de la chapelle Sainte-Marie-du Ménez-Hom, tête de la Vierge de la Pietà et Vierge à l'Enfant, tout le reste étant hors atelier.

  • Plonévez-Porzay : calvaire de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud [1630-1656], Guillaume VERGOZ, recteur de 1630 à 1656, lucas BERNARD, fabricien ?. Vierge/Pierre, Crucifix/Pietà ; Jean/Jacques

  • Ploubazlanec, calvaire de l'ancienne chapelle de Loguivy-de-la-Mer. Vierge et Jean

  • Ploudiry, calvaire (1633) de l'église : Crucifix et Marie-Madeleine

  • Plougastel-Daoulas, Le Passage, calvaire (1622), Jean GUIGORUS, fabricien. François d'Assise/Vierge ; crucifix/Pietà ; évêque/Jean.

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (v.1630) de la chapelle Saint-Claude. Vierge/Yves, Pietà ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1654) de la chapelle Saint-Guénolé. Vierge/Guénolé, crucifix/Vierge à l'Enfant ; Jean/Pierre

  • Plougastel-Daoulas, calvaire (1639) du Tinduff : Le Seac'h p. 228. n. 78 et 79.

  • Ploumilliau (22), calvaire (1622) de Coz-Douar. Crucifix/Vierge à l'Enfant.

  • Plounéour-Ménez : le calvaire (1641) de l'église . Vierge/Pierre et Jean/Paul.

  • Plounéour-Ménez : croix de Kersimonnet. Vierge à l'Enfant

  • Plourin-les-Morlaix ? Vestiges d'un calvaire sur le mur de l'enclos

  • Port-Launay, calvaire (1651) de Lanvaïdic. Crucifix, culots vides.

  • Poullan-sur-Mer, calvaire (1640) de Kervignac vestiges

  • La Roche-Maurice, croix (1625) de Penmarc'h. Crucifix, macles des Rohan.

  • Rosnoën : calvaire (1648) de l'église Pierre/évêque ; Crucifix/Vierge à l'Enfant (hors atelier) ; Paul/évêque

  • Saint-Nic, calvaire de la chapelle Saint-Côme : crucifix.

  • Saint-Nic, calvaire de l'église Vierge/diacre ?; Crucifix ; Jean/diacre ?

  • Saint-Renan, croix de Quillimerrien ( ?), ADENOR AR COR et IVET AR COR, Vierge

  • Saint-Sauveur : croix de Kerbouzard Crucifix.

  • Saint-Ségal, calvaire du bourg : Vierge, Marie-Madeleine et Jean sur le socle

  • Saint-Servais, calvaire de l'église. Crucifix/Christ aux liens.

  • Saint-Servais, croix (1640) de Bréties dite Croas-Vossoc. Crucifix.

  • Saint-Thégonnec, grand calvaire de l'enclos paroissial ; Christ aux outrages

  • Saint-Thégonnec, calvaire de Bodéniry (1632), Anna BREST et Jean GUILLERM. Vierge/François d'Assise ; Jean/Yves

  • Saint-Thégonnec, croix du Broustou (1662); Crucifix

  • Saint-Thégonnec, croix de Coslen. Crucifix/Saint Joseph et l'Enfant

  • Saint-Thégonnec, croix de Hellin, 1638, Crucifix / Vierge à l'Enfant écu sur le nœud lion et calice

  • Saint-Thégonnec, croix (1629) de Pennalan. Crucifix/Vierge , écu au calice et M.H.C.P.

  • Saint-Thégonnec, croix du Keff, Vierge à l'Enfant de la niche.

  • Saint-Thégonnec, croix (1647) de Pennavern. Crucifix/Vierge à l'Enfant, écu avec fasces des Chastel en alliance avec des armoiries indéterminées.

  • Saint-Urbain : calvaire du Quinquis. Crucifix

  • Senven-Léhart : calvaire près de l'église Notre-Dame de Senven. Une douzaine de personnages.

  • Trézilidé, calvaire de l'église. Bon Larron, Pierre, Pietà, Mauvais Larron.

http://www.lavieb-aile.com/2019/06/ploeven-vi-le-calvaire-de-la-chapelle-saint-nicodeme.html

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-calvaire-de-l-eglise-de-saint-nic.html

 

Mais aussi : Dinéault, croix de Ty-ar-Névez

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/le-calvaire-de-ty-ar-nevez-ou-croaz-moudennou-a-dineault.html

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STYLISTIQUE DE ROLAND DORÉ (d'après E. Le Seac'h)

 

Roland Doré a sculpté uniquement dans le kersanton. Son style dépouillé, facilement reconnaissable et proche de l'épure, a contribué à établir sa réputation. Il se distingue par sin souci de replacer la réalité des formes dans l'espace en allant à l'essentiel. Sa virtuosité à sculpter les visages doux de ses Vierges ou à donner un tempérament à ses œuvres profanes en fait un sculpteur d'exception. Il a débuté comme compagnon dans l'atelier du Maître de Plougastel (1585-1617) puis a entrepris une carrière prolifique à Landerneau.

Le Christ :

Les représentations du Crucifié sont caractérisés par des corps allongés, aux longs bras noueux et aux torses presque rectangulaires avec les muscles de l'abdomen en forme de poire. Les veines du cou sont saillantes. Les Christ penchent la tête du coté droit, les yeux clos. Leurs pagnes plats sont noués sur le coté gauche. Les visages sont presque émaciés, les joues creuses mangées par une barbe et une moustache aux mèches fines. Les crucifix courts dont le canon est à cinq têtes se différencient des crucifix longs à sept têtes (Y-P. Castel).

La couronne d'épines est caractéristique, aux deux brins entrelacés en forme de carré

 

Les Vierges à l'Enfant : elles portent leur enfant sur le bras gauche, la main droite tenant une pomme. Elles ont le visage poupin , les yeux en amande au sillon palpébral bien dessiné. et arborent le fin sourire « doréen ». 

Les personnages de Roland Doré se reconnaissent aussi à leurs yeux aux iris creusés.

Saint Jean accompagne la Vierge sur les croix et calvaires. Sa gestuelle varie peu : les deux mains posées sur la poitrine, (Seznec à Plogonnec, N.D de Kerluan à Châteaulin, Commana, Saint-Nicodème à Ploéven (1637), Tinduff à Plougastel, Saint-Vendal à Douarnenez) ou simplement une seule main, l'autre étant cachée sous sa tunique (Sainte-Anne-la-Palud à Plonévez-Porzay). Plus rarement, il serre le pan de sa tunique et appuie un livre fermé contre sa poitrine (Coatnan à Irvillac) . Parfois il joint les mains, les doigts entrelacés (Plogonnec) ou il tient un livre dans le creux formé par sa main gauche (Cast, 1660). Sa physionomie est partout similaire. Le seul changement appréciable se voit dans sa chevelure lisse (Seznec ou Saint-Pierre à Plogonnec, Commana, Tinduff à Plougastel, à l'ouest de l'église de Plounéour-Ménez en 1641) ou bouclée (Saint-Nicodème à Ploéven en 1637, Coatnan à Irvillac en 1644, Saint-Vendal à Douarnenez (1655) , Sainte-Anne-la-Palud à Ploénevz-Porzay, Saint-Nic, Cast) comme sur les gisants mais d'une manière aléatoire sans que l'on puisse repérer une évolution chronologique.

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1905, Notice sur Cast, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie du diocèse de Quimper.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5ae9108578870bb6ca4958aedb0d9a8d.pdf

"Dans le cimetière, une croix ou calvaire dont le croisillon porte la Ste Vierge et St Jean avec 2 autres statues adossées, au pied, une N.D. de Piété, et sur les 2 côtés du socle, on lit ces inscriptions, "N : G : H : GLINEC : R - A. ROGNANT : F : 1660"."

— CASTEL (Yves-Pascal), 1980, Atlas des croix et calvaires du Finistère. Photo Gilbert Lemoigne.

http://croix.du-finistere.org/commune/cast.html

194. Cast no 1, église, k. g. 7 m. 1660. Atelier Doré. Base octogonale à trois niveaux, moulures.

Socle octogonal à large chanfrein: M: G-G: IC GLINEC R. IAC: CROISSANT F 1660.

Groupe de N.-D. de Pitié. Fût à pans. Croisillon à culots feuillagés, portant inscriptions: M: L(?) GLINEC RETR DE CAST. M R CARCHEC (?), au revers.. JACOB CROISS- - - A,

statues géminées: Madeleine-Vierge, saint au livre-Jean l’Evangéliste.

Croix à branches rondes, fleurons-boules, crucifix, un ange au dessus. [YPC 1980]

198. Cast no 5, vers 1630. Vestiges divers. Crucifix mutilé (jardin du presbytère). Vierge à l’Enfant (église). Saint Luc, évangéliste (église). Atelier de Roland Doré. [YPC 1980]

— CASTEL (Yves-Pascal), 1983,  La floraison des croix et calvaires dans le Léon sous l'influence de Mgr Roland de Neufville (1562-1613), Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1983  90-2  pp. 311-319

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1983_num_90_2_3130

— CASTEL (Yves-Pascal), 1985, Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du XVIIè siècle) , Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Pages 97 à 156.

— CASTEL (Yves-Pascal), 1996, Du nouveau sur Roland Doré

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/52e804fd7d01573ff17156ea10bcef19.jpg

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Cast, Notices.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/CAST.pdf

EGLISE SAINT-JEROME (C.)  Calvaire du placitre, oeuvre de Roland Doré (C.). Statues géminées sur le croisillon ; Pietà et un saint abbé (Gildas ?) au pied du fût ; sur le socle, inscription : "P.O. 1660", - "M. G. LE. GLINEC. R/A. ROGNANT. F. 1660", - et, sur le croisillon : "M. G. GLINEC. RECTEVR/DE CAST. M. R. CARIOV. C".

— COUFFON, René, 1961, L'évolution de la statuaire en Bretagne après la guerre de succession du Duché - In: Mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 97 (1961) p. 1-16

— DANIEL, (Françoise), 1988, Roland Doré et les enclos paroissiaux : [exposition, Morlaix, Musée des Jacobins, juillet 1988] / [exposition conçue et réalisée par Françoise Daniel] Jacobins, juillet 1988] 1 vol. (56 p.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 30 cm

DILASSER ( Maurice), 1979, Un pays de Cornouaille: Locronan et sa région .

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.page 211 et 

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— WIKIPEDIA

https://fr.qwe.wiki/wiki/Roland_Dor%C3%A9_(sculptor)

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Inscriptions Roland Doré Pietà
22 mars 2020 7 22 /03 /mars /2020 13:17

 

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Présentation, toponymie.

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   Kerlaz est une ancienne trève de Plonévez-Porzay devenue paroisse en 1874, puis commune en 1932. L'origine du toponyme est d'autant plus discutée qu'on ne dispose pas d'attestation avant la forme Kerlaz de 1653, suivie de Kerlas en 1670, Ker-las en 1780 et Kerlas en 1815. La tentation est grande de rapprocher ce nom du nom latin Oppidium Occisionis, le chateau du meurtre (occidio, onis, f. assassinat), mentionnée le 26 juin  1518 dans une délibération écrite en latin (mais traduite du breton en usage) du Général (ou Conseil de Fabrique) de Plonévez-Porzay et d'y voir, comme Abgrall et Peyron en 1915 dans leur Notice du Bulletin diocésain, l'étymologie bretonne kêr-, lieu fortifié et -lazh,  le meurtre. Ils reprenaient là les travaux de l'abbé Horellou, qui n'avait pas encore publié son "Kerlaz, son histoire, ses légendes, ses familles nobles" (1920) mais  qui signalait que le nom ancien était Treffri, ou Treffriot, et qu'il avait été modifié pour garder la mémoire du jour où, à la suite d'une rixe entre l'équipe de foot (alors nommé la soule, avec un ballon en pierre...) du village du Juch et celle de la future Kerlaz, la saine émulation sportive chère au Baron de Coubertin se transforma en un sanglant pugilat.

  "Non non,_ rétorquait le recteur de Plonevez-Porzay, Monsieur Pouchous, autre érudit local, ce n'est pas cela du tout, je vais vous raconter : c'était un dimanche, et voilà que les agents seigneuriaux s'en viennent tondre la laine des pauvres paroissiens et exiger d'eux le versement d'une nouvelle taxe ! Les kerlasiens voient rouge, ils lâchent le goupillon pour le sabre, ou pour la fourche ou le penn bazh, et massacrent les percepteurs indélicats (un dimanche, toud-même !). Monsieur le recteur voit tout-de-suite qu'ils viennent de commettre une grosse boulette, il prend lui-même la bannière dédiée à Sant Jermen et se met à la piétiner et la lacérer, puis il décroche la grande croix en argent, la fracasse contre le sol, la tord sur ses genoux, et réunit ses ouailles dégrisés pour leur déclarer : "on dira à M'sieur l'baron que ses gendarmes nous ont attaqué en pleine procession, qu'ils ont voulu s'emparer de nos reliques et de la bannière de Pardon, et que c'est pour défendre ces biens sacrés que nous avons affronté ses soldats !"  Voyant qu'il ne pourrait contester une si sainte version, le seigneur (peut-être Yvon du Quelen, baron du Vieux-Chastel) trouva sage de se contenter d'exiger le versement de son champart, et de son cens et  de son droit de moulin, du droit de four, ajouté aux arrérages du droit de pressoir, d'y adjoindre les novales sur les terres mises en friche, et de retrouver une facture impayée de quelques droits d'afforage sur des tonneaux mis en perce à la Saint-Jean et dont les droits de bouchon avaient été négligés. Pourvu qu'on n'oublie pas de lui apporter sa part des bénéfices du Pardon de juillet dernier, et il passait l'éponge. Ah, il ajoutait ceci : désormais, cet endroit se nommerait Kerlaz, et ce nom sinistre persécuterait les toponymistes de tout poil pendant des générations.

Source, cuisinée façon lavieb : http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=36 

 

    Mais les linguistes suggèrent qu'il puisse s'agir d'une forme mutée du breton kerglas ( à St Jean-du-Doigt un lieu-dit Kerlaz était  noté Kerglas en 1543) qui signifie kêr-, village et -glas, "vert, bleu, gris". Ou bien -laz serait un nom de personne et Kerglaz serait "le village de Laz". Encore une fois, personne ne peut trancher le noeud gordien à défaut de forme attestée ancienne. On se consolera en pensant à la commune de Laz (13,5 km de Pleyben), qui ne parvient pas non plus à résoudre l'énigme de son nom, et qui, de guerre lasse, pense l'attribuer au vieux breton lath-, "baguette, lance", évoquant peut-être une borne ou un menhir.

 

 L'église .

Ce qui est sûr, c'est que l'église est dédiée à Saint Germain, le mérovingien (380-448), qui fut un si dévoué agent impérial et qui participa si bien aux conciliations territoriales entre Francs et Bretons qu'il fut nommé évêque d'Auxerre en mai 418. Certains le croient breton parce qu'il est né en "Armorique", mais il s'agit de l'Armorique gallo-romaine du Ve siècle, qui inclut Auxerre dans les cinq provinces lyonnaises, sénonaises et d'Aquitaine. D'autres croient qu'il évangélisa la Bretagne parce que, en 429, Céléstin Ier l'envoya avec Saint-Loup de Troyes lutter contre l'hérésie pélagique qui sévissait outre-Manche, mais c'est, bien-sûr, de la Grande-Bretagne qu'il s'agit. C'est au cours de ce voyage que, s'arrétant à Nanterre, il décela les saintes dispositions d'une enfant nommée Geneviève, qu'il consacra : elle devint Sainte Geneviève. 

  Saint Germain est aussi le patron de l'église de Pleyben, de Laz et de Plogastel-Saint-Germain, des chapelles de Plougonven ou de Saint-Martin à Morlaix ou des chapelles du temps jadis à Crozon ou Clohars-Carnoet (René Couffon). Il est fété le 31 juillet. Il appartient à la série des saints exorciseurs et guérisseurs ; à Glomel, devant sa statue, des parents suspendaient leur enfant épileptique par les pieds au dessus des fonts baptismaux. Aucun témoignage de ce type à Kerlaz, tant à l'église qu'à la fontaine de saint Germain, Dour feunteun Sant Germen.

   L'église conserve de sa construction au XVIe siècle son porche sud (1572, 1576), son ossuaire d'attache où ont été placés depuis les fonts baptismaux, et le chevet plat. Un arc de triomphe de 1558 donnait accès au cimetière, d'où des pierres tombales de 1539 ont été placées en dallage dans l'église.Au XVIIe, le pignon ouest a été reconstruit en 1620, 1630 et 1635 en l'ornant de colonnes supportant un fronton triangulaires. La chambre des cloches fut construite en 1635, la cloche date de 1644. L'une des deux tourelles d'escalier porte la date de 1677.

 

 

http://catholique-quimper.cef.fr/annuaires/patrimoine/K.html

http://www.douarnenez-tourisme.com/fr/bienvenue/dsp/771

 

I. LES INSCRIPTIONS 

Corpus chronologique :

[1541 ?? maîtresse-vitre (détruite) : « L'AN.. M. D XLI. FUST. FAICT. CE PANNEAU ».] non vérifié

1558 : arc de triomphe du cimetière.

1566 : socle de la statue de la Vierge.

1567 : Fonts baptismaux.

1569 : socle de statue de saint Sébastien, blason Quelen/Vieux-Chastel

1572 : porche sud. blason Quelen/Vieux-Chastel.

[1576 : tympan du porche sud] Couffon, non vérifié

1588 : élévation nord

Interruption lors des guerres de la Ligue.

1603 et 1606 : élévation nord

1620 : fronton du portail ouest

1630 : Tour du clocher

1631 : galerie du clocher 

1644 : cloche (disparue) 

1660 et 1671 : flèche .

1675 : tourelle sud

 

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A l'extérieur :

1.  Au dessus du portail ouest à fronton dans le cartouche supérieur gauche :

 

M:P : BOCER . P. DE  PLONEVE & C

P. BRELIVET. FAB 1620

 Horellou a lu : "M. P. BOCER : DE PLONIAFF. Y. LUCAS. F. BRELIVET. FA."

Je propose "Messire P. BOCER, recteur de Plonévez et P. BRELIVET, fabricien, 1620". Le nom des recteurs de Plonévez-Porzay est connu de 1517 à 1538 (Harlé de Quélen) puis en 1644  (Guillaume Vergoz) et à partir de 1657  (Jean Féburier  de 1657 à 1665, Jean Corentin Billuart de 1666 à 1700, Charles Pezron de 1755 à 1763 et Mathurin Le Maître à partir de 1764). 

 

BOCER est une forme de BOSSER. Le nom Bosser ou Le Bosser est courant à Plonevez-Porzay, et on peut retrouver par exemple un Guillaume le Bosser né en 1666. Brélivet est un anthroponyme attesté à Kerlaz, et qui figure toujours dans l'annuaire de cette commune.

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kerlas 4644c

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2. Sur la face ouest de la tour :

  Y (?) LVCAS : F : 1630  

Un Bernard Lucas a fait inscrire son nom en 1653 comme fabricien de l'année sur le calvaire du placître de la chapelle Sainte-Anne La Palud, qui dépend comme Kerlaz alors de la paroisse de Plonevez-Porzay. Le nom Lucas, toujours en vigueur à Kerlas, est ainsi attesté à Plonevez ; Sébastien Lucas est signalé à Kerlaz comme décédé avant 1760. Nous trouvons de nombreux Yves Lucas dans la paroisse, mais pas vers 1630.

Horellou décrit "un clocher à flèche élancée, portant la date de 1660, et flanquée de deux tourelles couronnées de pyramides aigües, dont l'une porte la date de 1671."

 

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kerlas 4645c

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Sur le linteau ouest de la chambre des cloches :

M.G. AVAN . RECTEVR .G.QUINIOV.F. 1631 

  Le seul nom compatible avec -AVAN me semble être PICHAVANT, attesté à Kerlaz et à Plonevez. (Un Jean Pichavant fut recteur de Meilars -Confort en 1691). J'ai bien conscience qu'il est difficile de transformer AVAN en Pichavant. La fontaine Saint-Germain (sur la route de Trezmalaouen) porte l'inscription bien lisible I. AVAN : F 1639 (avec un bel exemple de N rétrograde) : il ne peut donc s'agir d'une erreur. Mais nous apprenons qu'il s'agit du fabricien et non du recteur. Si le V se lit U, nous obtenons AUAN qui ne nous avance pas.

Je veux tenter l'hypothèse de lire KERAZAN, avec la graphie K/AZAN ; mais cela n'aboutit pas. Plus acrobatique, mais plus fructueuse,  l'hypothèse K[ER]MAVAN renvoie à une famille dont Tanguy III épousa Aliette de Quelen, dame du Vieux-Chastel.

QUINIOU est un nom toujours en usage à Plonevez-Porzay.

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kerlas 4646c

Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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date de 1671.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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LES CLOCHES.

3. Sur la cloche ouest  : "Nommée Marie-Françoise par François Marc et Marie-Anne Guidat--"...

4. Une cloche date de 1903 avec l'inscription  S.S LEON XIII pape,  Mgr Dubillard évêque de Quimper [1900-1907] , Abbé Charles Salou recteur, Guillaume Le Floch président Corentin Cornic trésorier. Elle a été fondue par Havard à Villedieu. Ornement : 2 coeurs enflammés, ceint de couronne d'épine.

5. L'autre date de 1879.

Une ancienne cloche datait de 1644. Elle portait l'inscription  S, GERMAIN . KERLAZ . 1644. LORS . ETOIT . RECTEUR . M'. GUILLAUME . VERGOZ . M- . HENRI . KERSALE. CVRE . E . IEAN . CARADEC. FABRIQUE.  Le nom de Guillaume Le Vergoz est également inscrit sur le calvaire de Sainte-Anne-La Palud, paroisse de Plonévez-Porzay dont il fut recteur de 1630 à 1656.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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LE PORCHE SUD : INSCRIPTIONS ET BLASONS.

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Illustration Bruno Pilorget

Illustration Bruno Pilorget

Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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6. L'inscription lapidaire (leucogranite) du porche sud et ses blasons.

Cette inscription est remarquable par son esthétique. Elle débute sur la moitié du mur de gauche, et fait retour sur l'angle pour indiquer la date, au dessus de l'ange présentant un blason. 

La partie présente sur le mur occidental est sculpté en réserve sur trois blocs de pierre. Sa lecture n'est pas immédiate, d'autant qu'elle débute par le cartouche  inférieur et se complète par un petit cartouche au dessus. Surtout, les lettres gothiques  de belle taille, aux fûts  s'achevant en losange ou en fourche, sont animés d'une liberté plus habituelle sous la plume d'un secrétaire de chancellerie que sous le biseau. L'artisan, après avoir étendu avec insouciance les premières lettres, semble s'être aperçu trop tard qu'il allait manquer de place pour le nom propre, qu'il a collé au deux-points, dont il a bricolé le début CA, avant de reporter la fin DEC au dessus. En outre, il place la ponctuation en plein milieu du nom : "CARA:DEC". 

C'est bizarre, mais cela rend l'exploration de ces témoignages du passé passionnante, car on se prend à participer  avec empathie aux difficultés du sculpteur. Ah, ce n'est pas son jour. Et je l'entends même jurer ou maugréer (ce qui est presque pareil, me dit madame CNRTL).

Bref, nous finissons par lire : PHILIBERT : CARA : DEC F

Nous nous tournons maintenant tous ensemble vers la droite et nous lisons la date : 1572. Facile !

D'où la transcription "Philibert Caradec, fabricien en 1572", sur laquelle nous pouvons désormais travailler. 

Genenanet indique 277 occurrences de ce patronyme à Kerlaz, et 1171 à Douarnenez. Il vient du gallois Craddock.

Ce qui est plus intéressant, c'est que parmi les 6 nobles de Plonévez-Porzay présents à la Montre de Carhaix en 1481 figure Yvon Caradec, "archer en pal", et Henri Caradec, "en pal". La famille n'apparaît plus lors de la Montre de Quimper en 1562.

D'autre part, la cloche de 1644 portait l'inscription suivante : S, GERMAIN . KERLAZ . 1644. LORS . ETOIT . RECTEUR . M'. GUILLAUME . VERGOZ . M- . HENRI . KERSALE. CVRE . E . IEAN . CARADEC. FABRIQUE . Jean Caradec était donc fabrique ou fabricien en 1644. Cette fonction était confiée aux membres les plus aisés ou les plus notables d'une paroisse ou d'une trève.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.
Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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L'ange au blason sous la date de 1572.

Ce blason est muet. Il l'est peut-être depuis l'origine, faisant pendant à l'ange de droite.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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Vue générale de la porte intérieure.

C'est une porte moulurée, en plein cintre encadrée de pilastre et sommée d'une accolade à feuilles et fleurons. L'aisselle de l'accolade porte un visage en masque.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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Ange présentant le blason de Quelen-Vieux-Castel.

L'ange aux ailes éployées et à  la tunique plissée présente un blason mi-parti .

En 1 (c'est à dire dans la moitié gauche), les armoiries de Quelen, qui sont  burelé de dix pièces d'argent et de gueules.

En 2, les armoiries de Vieux-Chastel qui sont, et c'est amusant, presque semblable à trois fasces (ou burelles) accompagnées d'hermines 4, 3, 2, 1. 

Il faudrait reprendre cette photo à lumière frisante pour vérifier la présence des hermines ou mouchetures, que je devine en partie haute. J'ai décrit les armoiries de Jehan du Vieux-Chastel, abbé de Landévennec, ici :

http://www.lavieb-aile.com/2019/05/l-abbe-de-landevennec-jehan-du-vieux-chastel-et-la-cloche-de-1531-de-l-eglise-de-landevennec.html

 

Nous savons qu'en 1300, Geoffroy était seigneur du Vieux-Chastel. Son fils, Guillaume du Vieux-Chastel épousa, en 1335, Pleuzou de Quintin, fille de Geffroy II, sir de Quintin, et leur fille Aliette du Vieux-Chastel épousa en 1372  Yvon (Eon) de Quélen, gouverneur de Carhaix. Puis viennent Conan IV et Typhaine Quelennec, puis Yvon II et Jeanne La Jeune du Chastel, puis Olivier (v1440-1521) et Marie de Berrien, puis Jean de Quelen (1490-1547) et Jeanne de Troguindy, puis René et Marie du Bot. Leur fils Pierre (dont les dates correspondent à celle de 1572 qui nous concerne), décéda en 1586 sans descendance. La branche aînée des Quélen, baron de Vieux-Chastel,  a fini à leur fille Renée de Quélen, dame du Vieux-Chastel, qui épousa, vers 1590, Claude de Lannion, Sgr de Quinipilly. Pierre de Lannion, leur fils, prend le titre de baron de Vieux-Chastel ainsi que ses successeurs.

En conclusion, ce serait ici le blason affirmant, en 1572, les droits prééminenciers de la famille de Quelen-du Vieux-Chastel, du vivant de Pierre de Quelen.

Il correspond, en inversant les parti, à cette schématisation proposée par Michel Mauguin :

 

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Michel Mauguin : Histoire de Lez-kelen.

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Les inscriptions lapidaires, la statuaire et les sablières  de l'église Saint-Germain de Kerlaz.

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LES INSCRIPTIONS INTÉRIEURES.

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7. Socle de la statue de Saint Sébastien : armoiries Quelen/Vieux-Chastel 1569.

 La date de 1569 entourent dans un entrelacs les armoiries déjà découvertes sous le porche avec la date de 1572.  C'est sans doute un ré-emploi. Là encore, un nouvel examen avec un éclairage adapté révélerait peut-être les hermines des Vieux-Chastel.

 Quoiqu'il en soit, cela avance de 3 ans  la date de construction de l'église.

   En 1569, c'est le règne de Charles IX (1560-1574) qui a alors dix-neuf ans. Les guerres de religion aboutiront au massacre de la Saint-Barthélémy (24 août 1572). Puis viendront, de 1588 à 1598, les guerres de la Ligue en Bretagne, et les pillages de la Fontenelle, installé à l'île Tristan toute proche de Kerlaz.

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  8.    Sur le sol devant cette statue : 1539 : la date la plus précoce de toute l'église ? Elle proviendrait d'une dalle funéraire du cimetière réemployée comme pavement . Mais selon Horellou, "Lors du dallage de l'église, du temps de M. Latreille, on dut transporter du cimetière de Plonévez-Porzay un grand nombre de vieilles pierres, tombales qu'on utilisa comme dalles à Kerlaz."

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  9.   Sur le mur intérieur nord de la nef :

 IA : BRILIVET : FA 1603

Horellou a lu : "SEB. CAUNAN 1606. JEAN, BRELIVET. F. 1603"

Ce Jacques BRILIVET fabricien en 1603 renvoie au BRELIVET fabricien en 1620 et dont le nom est inscrit sur la tour.

Dans l'histoire de la construction de l'église, que ces inscriptions nous racontent, il y eut une première période en  1569-1572 et même 1588, puis une interruption liée aux violences de la Ligue, puis une reprise entre 1603 et 1620.

 

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 10. Sur le même mur : une très belle inscription cachée par l'art saint-sulpicien, et par l'absence d'éclairage adéquat pour la mettre en valeur. Pourtant on voit les deux registres séparés par une barre, les lettres gothiques qui, au lieu d'être régulières, s'harmonisent avec le cadre, un beau R et un superbe H en onciale dont la hampe revient sous la ligne.  Ici ce serait  G.BOVRCH.1588 . Actuellement, c'est la forme Le Bourch qui est attestée à Plonevez-Porzay (annuaire Pages Blanches 2011).

  La graphie ressemble à celle de l'inscription du porche sud qui porte PHILIBERT CARADEC F; 1572 .

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  11. Sur le mur du bas-coté nord ont été ré-employées des pierres portant les inscriptions :

   H. COBNAN en onciale, hormis le N central. Elle est lue de façon avisée "H. CONNAN" dans le Nouveau Répertoire de René Couffon et Alfred Le Bars. Le patronyme Cobnan n'est pas attesté, mais le premier N a la forme des lettres b ou h .

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12. A coté dans la même graphie malhabile : H. LORANS : F

 

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13.   Les fonts baptismaux ont été placés dans l'ancien ossuaire d'attache. On lit tout autour de la cuve :LMVcLXVII. MOR : AVTRET : FAB , c'est-à-dire 1567 MOR : AUTRET : Fabricien. A comparer avec la date 1569 en chiffres arabes du socle de St Sébastien, et avec la graphie de la  date LMVccLXVI (1566) du socle de la Vierge.

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14. Un bénitier : 1779 Y G  dans un placard en creux, sur une cuve ornée de denticules et  posée sur un fragment de colonne réemployé.

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II. LES STATUES : 

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  1°) Saint Germain : 

       Statue en granit polychrome du XVIe-XVIIe située à gauche du choeur dans une niche en bois du XVIIe (?) siècle. Inscription non déchiffrée sur le socle. Le commentaire des Monuments Historiques lors de l'enquête 1978 indique, sous la référence 29001214 que c'est l'oeuvre du même atelier que la Vierge qui lui fait face à droite du Choeur dans une niche analogue et avance une datation du XVIe assortie d'un point d'interrogation.

  La niche associe, sur un beau travail de restauration de la menuiserie, des éléments classiques comme les colonnes cannelées à la base peinte en faux-marbre et les chapiteaux corinthiens,  avec des rinceaux qui se rejoignent en encadrant des armoiries épiscopales stylisées. Il subsiste un pot à feu,  symbole de charité qui voisine avec un décor floral.

 

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  Le saint est représenté comme il se doit en évêque, bénissant de la main droite, tenant la crosse à gauche, coiffé de la mitre, revêtu d'une lourde chasuble à orfroi, portant l'étole au dessus d'une tunicelle et d'une soutane ou d'une robe violette.

   Les deux fanons de la mitre, à frangés bouillon de cannetille or, encadrent le cou comme les barbes d'une coiffe bretonne.  

 

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   Il apparaît  que la hampe de la crosse épiscopale est tenue par l'intermédiaire d'un linge.  C'est le sudarium, parfois fixé à la hampe par un crochet aménagé par les motifs ornementaux . Il figure sur les armoiries des abbés et des prélats inférieurs aux évêques, qui ne portaient pas de gants initialement. Ce voile, autrement nommé velum ou panisellus, servait à éviter de toucher le bois ou le métal précieux avec des mains moites. 

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 Les gants épiscopaux ou chirothèques sont parfaitement représentés, avec l'anneau épiscopal (où un chrisme est ébauché) qui se porte au dessus, le motif doré en quatre-feuille sur le dos du gant, et le gland qui s'oppose aux plis de l'évasement sur le poignet. Mais quelque-chose ne va pas : un anneau épiscopal se porte à la main droite, et toujours sur l'annulaire alors que ce carré doré est placé sur les majeurs des deux mains. J'ai déjà noté cela à Plogonnec sur la statue de St Thurien  Église de Plogonnec : statues et bannières. Les premiers chrétiens portaient de nombreux anneaux, ornés de symboles christiques comme le poisson, la nef, et les dignitaires reprenaient l'usage romain des annuli sigillarii ou annuli signatarii pour frapper de leur sceau leurs documents : Clovis en confère le droit aux évêques, et saint Augustin fait allusion à cet usage. Les docteurs médiévaux portaient un anneau au pouce droit pour témoigner de leur doctorat.

   L'anneau épiscopal est remis à l'évêque lors de sa consécration en signe de l'étroite alliance qu'il contracte avec l'Église comme un époux. Mais autrefois il ne pouvait le porter à l'annulaire droit que lorsqu'il célébrait la messe, et ils le plaçaient au pouce le reste du temps. Aucun autre écclesiastique ne peut porter un anneau, du moins durant la messe. (Abbé André, cours de droit canon, article "anneau", 1860).

 Puisqu'il était porté au dessus du gant, il pouvait glisser, et il était parfois assuré par un deuxième anneau de sécurité.

 

  Dans l'église de Cast, une statue de Saint évêque montre également le sudarium, et une main gauche portant une bague sur le majeur et sur l'auriculaire.

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 2°) St Even :

  Selon Wikipédia, qui sait tout, Saint Even ou Ewen n'est autre que Saint Ouen, plus simplement nommé Dadon mais néanmoins chancelier ou référendaire (garde du sceau) du roi Dagobert et donc collègue de l'orfèvre Éligius, dit Saint-Éloi. 

   Mais selon Monsieur Pouchous,  le recteur de Plonevez-Porzay de 1832 à 1885 après avoir été celui de Rumengol, an aotrou person, ce Saint Even serait un ermite né à Quimper de parents nobles qui le chassèrent de leur manoir néobreton tant ils n'en pouvaient plus de le voir, à seize ans, réciter le chapelet au lieu d'aller jouer à la soule avec les autres, faire pénitence du samedi au jeudi en plus du vendredi réglementaire, donner aux mendiants l'argenterie armoriée familiale plutôt que de mettre le couvert, et regarder tristement sa mère en se signant lorsqu'elle allait danser. Maman  lui donna son argent de poche et Papa le jeta dehors. Bien-sûr, Even commença par s'agenouiller pour se recommander à Notre-Dame et à Saint Corentin,  puis chercha si bien qu'il trouva une famille éplorée pour distribuer ses économies, et le coeur et la bourse légère, il s'enfonça dans la forêt de Nevet (celle de Locronan) pour y camper et faire des feux de bois.  Et selon les termes de M. Pouchous " il vécut saintement dans son ermitage, il y mourut vénéré des voisins" et cette vie exemplaire lui valu, non seulement une statue à Kerlaz, mais une chapelle à son nom, et son pardon le troisième dimanche de septembre. (voir Abgrall & Peyron, Notice, Bdha 1915, p. 17).

  Indépendamment de cette tradition auriculaire précieusement recueillie par l'abbé, on peut aussi noter que Saint Even est le patron de la paroisse de Ploéven, Plou-Even, paroisse dont dépendait Kerlaz avant la création de celle de Plonevez-Porzay. 

  Dans les profondeurs de Koad-Nevet, ancien nemeton gaulois où tout baigne dans une mystérieuse ambiance druidique et sacrée se trouve la fontaine de saint Even, Feunteun Sant-Even, dont les eaux sont, c'est la moindre des choses, miraculeuses.

 

   D'ailleurs, cette statue vient directement de la chapelle Saint-Even, tombée en ruine dans le bois de Nevet : c'est tout-à-fait lui, en habit monastique avec son bourdon de pélerin avec lequel il arpentait landes et taillis, garennes (Ar Waremm) et marais, empruntant hent-ar-Spern et hent-ar-Louarn, hent-ar-Maro et hent-ar-Kreiz, hent-ar-Stankou et hent-plas-ar-Lochou, tous ces chemins de Koad-Nevet.(http://www.ofis-bzh.org/upload/travail_fichier/fichier/69fichier.pdf)  .

  Elle est estimée datée du XVII-XVIIIe par les Monuments historiques, qui signalent une inscription de restauration à l'arrière : MARC F. 1885.

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3°) St Sébastien : (placé sur le socle daté 1569)

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... que les chanoines J.M. Abgrall et P. Peyron intitulèrent Ecce Homo pour un motif inexplicable, puisque les plaies sont celles des flèches du martyr de Saint Sébastien. A leur décharge, reconnaissons qu'il est inhabituel que les jambes du saint ne soient pas entravées et liées sur la colonne (aux allures de palmier) où les mains sont nouées, et encore plus inhabituel que l'éphèbe apollinien porte la barbe.  J'ai pourtant un doute puisque les Monuments Historiques y ont vu aussi en 1994 (ref PM 29000385) un Christ de Pitié ! J'examine comme un médecin légiste les onze ou douze plaies sanguinolentes, elles sont punctiformes, arrondies, elles ne peuvent correspondre à une flagellation par fouet (fut-il muni de boules de plomb) ou par branches d'épineux, et sont celles crées par la sagittation. Enfin, aucune couronne d'épine n'est présente. 

  Mais (rien n'est simple) les mêmes services MH classent sous la référence IM29001220 avec une notice rédigée par Jean-Pierre Ducouret un Saint-Sébastien statue en bois repeint daté "limite 16e-17e siècle (?)" de 140 cm avec la "mention du classement : s'agirait-il du Christ de Pitié, statue en bois de 1569 ?" dont la taille était de 131cm. 

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  4°)  Saint Michel terrassant le dragon : XVIe siècle.

 

  Certainement l'une des belles pièces de l'église, cette statue en bois peint de 1,08 m représente le chef des milices célestes brandissant son épée de feu et tenant de la main gauche la balance avec laquelle il pèsera nos âmes le jour fatal des ultimes bilans. (Un sortilège du Malin a rendu cette balance invisible).

  Cheveux longs à la mode du début XVIe, les lèvres peintes, il porte le manteau rouge à galon d'or qui le caractérise et dont il montre la doublure blanche à fleurs, au dessus de la courte armure Renaissance. N'étant pas expert, je ne m'aventurerai pas à décrire la tunique bleu-métal portant le christogramme IHS sans savoir s'il ne s'agit pas d'une brigandine, ce pourpoint de cuir recouvert de lames de métal superposées en tuiles et d'une finition extérieure en cuir, en velours ou en soie que tant de seigneurs bretons portent lors des Montres. Les canons d'avant-bras, les cubitières ou les genouillères rivetées sont peints de la même couleur métallique, alors que les cuissots, les grèves et solerets semblent remplacées par des chausses et des bas très ajustés sur de courtes chaussures. Les bandes dorées pourraient être damasquinées, ou seulement brodées. 

  Autour de la taille, une pièce protégeant bassin et trochanters  réunit braconnière et tassettes en une petite jupette bien seyante.

  Mais bien-sûr, la star involontaire est cet espèce de dobermann mâtiné de Pluto qui fait office de dragon et que son maître chatouille du pied, non sans provoquer moult aboiements et gémissements de plaisir.

 

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5°) Groupe de la crucifixion : la Vierge.

 

   Cette statue en bois de la Vierge fait partie d'une Crucifixion dont les trois éléments, vierge, crucifix et saint Jean, ont été séparés.

 

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6°) Groupe de la crucifixion : Saint Jean.

  Il indique qu'il est Jean l'évangéliste en tenant le livre de son évangile. D'habitude le manteau bleu est réservé à la Vierge et lui porte un manteau rouge, mais cette couleur est placée ici en doublure interne.  Il est imberbe, comme tout Jean l'évangéliste qui se respecte, et comme c'était la mode à la fin du XVe avec la coiffure page et l'association menton rasé-cheveux longs qui allait s'inverser vers 1520. Le cheveu est taillé court sur le front en une curieuse épilation des golfes temporaux formant une pointe, avant de libérer les mèches bouclées.

   La robe boutonnée comme une soutane est bordée en bas et aux manches  de fourrure.

 

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 III. Les sablières et les blochets.

  Elles valent à elles seules le détour, d'autant qu'elles ont été parfaitement restaurées en même temps sans-doute que le beau lambris de recouvrement de la charpente. Là, pas de boitier élécrique gris, pas de cables munis de cavaliers, pas de projecteurs mal placés, du beau travail.   Ces sculptures de chêne datent de la deuxiéme moitié du XVIe siècle et sont donc contemporaines des différentes inscriptions et statues que nous avons vu. 

        A la croisée du transept, quatre personnages vêtus de bleus contemplent le choeur. Le fait qu'ils soient barbus, sauf un (Jean) me fait penser aux quatre évangélistes.

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 Cet apôtre (?) semble singer par une frise de visages qui font les acrobates entre des angelots.

 

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   Le personnage suivant subit la même dérision de voir son portrait démultiplié par un écho visuel semblable aux éclats capricants d'un vaste rire.

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      Ici, c'est une figure ailée aux pommettes saillantes, chevelue, couronnée de feuilles, les mains jointes, à mi-chemin entre un chérubin et une renommée;

 

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   Le mystère et l'étrangeté, qui sont les charmes des sablières de nos chapelles, s'accentuent face à cette sorte de rébus où un cuir ou un drap est présenté à droite par une femme dépoitraillée comme une Bacchante et à gauche par une ange : deux mains, deux pieds, un cœur C'est un cartouche à cuir découpé des Cinq plaies du Christ, comme ceux réalisés par le Maître de Pleyben à Pleyben, ou  Sainte-Marie-du Ménez-Hom. On retrouve d'ailleurs, de ce Maître, la façon de faire tenir le coin du cartouche par un ange plein d'allant, comme celui de droite.

Mais là encore, le visage de la femme et celui de l'ange reprennent par ricochet ironique les traits du personnage qui se tient debout.

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Et que dire de ce visage coiffé d'un chapeau rond et que deux animaux écailleux encadrent ?

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On se  retrouve plus serein face aux  anges orants et adorants :

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SOURCES ET LIENS.

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— COUFFON (René), 1988.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/KERLAZ.pdf

En forme de croix latine, elle comprend une nef irrégulière de trois travées avec bas-côtés séparée par un arc diaphragme d'un transept spacieux, et un choeur peu profond accosté de deux sacristies. Le porche ouvre directement sur la nef, réduisant le bas-côté sud à une seule travée. Elle date des XVIè et XVIIè siècles. Le chevet plat est percé d'une fenêtre dont le remplage est semblable à celui de la fenêtre du transept de Pont-Croix. En 1880, elle contenait encore quatre panneaux d'une verrière datée 1541.

Le vaisseau est du type à nef obscure. Les grandes arcades ont des archivoltes très gauches pénétrant directement dans les piliers. Le mur nord de la nef porte les inscriptions : "IA. BRELIVET. F. 1603" et "G. BOVRCH. 1588". Des sablières sculptées et des blochets subsistent dans le choeur et dans le transept. Le porche porte l'inscription en lettres gothiques : "PHILIBERT. CARA. /DEC. F." (mur latéral), la date 1572 (à gauche de la porte) et celle de 1576 (tympan). Le portail ouest à fronton porte l'inscription : "M. P. BOCER. P. DE/ PLONEVE & C/P. BRELIVET. FAB. 1620".

La tour, datée à l'ouest "Y. LVCAS. F. 1630", est flanquée de deux tourelles d'escalier et porte une flèche très élancée (1671 ou 1675 sur le pan sud). Sur le linteau ouest de la chambre des cloches, inscription :"M. G. AVAN. RECTEVR. G. QVINIOV. F. 1631." ; "IAN. DOARE. F. 1675" sur la tourelle sud ; "H. CONNAN" et "H. LORANS. F" sur le mur du bas-côté nord (pierres remployées)

Mobilier : Mobilier de style néo-gothique, fin du XIXe siècle : maître-autel, chaire transformée en ambon, un confessionnal, stalles. Un second confessionnal du début du XIXe siècle. Fonts baptismaux en granit (C.), dans l'ancien ossuaire d'attache ; inscription : "L. MVcLXVII. MOR. AVTRET. FAB". Bénitier de pierre portant l'inscription : "1779. Y. G.". Statues - en pierre polychrome : dans des niches en bois polychrome ornées de pilastres, saint Germain évêque, XVIe siècle (C.), et Vierge à l'Enfant dite Notre Dame de Tréguron, datée "L. MVccLXVI (GV) IDAL. FABRI..." sur la console (C.) ; - en bois polychrome : groupe de la Crucifixion (le crucifix est séparé de la Vierge et de saint Jean), saint Sébastien, sans lien avec la date de 1569 sur la console (C.), saint Michel terrassant le dragon, XVIe siècle (C.), saint Even ; - en bois naturel : Vierge de la Médaille miraculeuse, vers 1950 ; - en plâtre peint : groupe de la Sainte Famille. Vitraux de l'atelier Léglise, 1917-1918 : Education de la Vierge, prédication du père Maunoir à Kerlaz, saints locaux et, dans les trois fenêtres du baptistère, épisodes de la persécution religieuse sous la Révolution. Orfèvrerie : Calice et patène en argent, il aurait appartenu à J.C. Billouart (1660-1679).

Cloche de 1644, elle porte l'inscription : "S. GERMAIN. KERLAZ. 1644. LORS. ESTOIT. RECTEVR. Mre. GVILLAVME. VERGOS. Mre. HENRI. KSALE. CVRE. E. IEAN. CARADEC. FABRIQVE.".

Trois dalles funéraires remployées dans le pavé de l'église : sur l'une, date de 1539, - sur une autre, l'inscription : "NOBLE/ MI. IOSE/PH COR/ENTIN/ BILLOVA(RT)/ 1679", et, sur la troisième : "1731/ MISSIRE/ IEAN/ LE BOT/ CVRE." (Ces pierres proviendraient de l’église ou du cimetière de Plonévez).

* L'arc de triomphe du cimetière porte la date de 1558 (C.) ; dans des niches, statues en pierre de saint Yves et de saint Germain. La croix du cimetière est aussi datée : "HIEROSME LE CARO. F. 1645" (C.). Fontaine Saint-Germain, sur la route de Trezmalaouen ; sur le fronton, "1639. I. AVAN. F." ; statue en granit du saint.

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1915, B.D.H.A. 1915 : Notice sur Kerlaz

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/7985bcf61d3df7aee5988d08dd5558ee.pdf

— ABGRALL (Jean-Marie) Inscriptions gravées et sculptées sur les églises du Finistère.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_divers/abgrall_inscriptions-gravees.pdf

 

KERLAZ. A l'interieur du porche: .. ;PHILlBERT. Aux fonts baptismaux : L : MVc LXVII : MaR AUTRET· FAB. Sur le mur- nord: H : conNAN " Y . KERSALE ', ,F . H . LORENS' F. Croix du cimetiere : H[EROSME' LE . CAROF . 1645. Arc de lriomphe : 1558.

— HORELLOU (abbé) v.1920 : Kerlaz, son histoire, ses légendes, ses familles nobles (Brest, vers 1920)

http://infobretagne.com/kerlaz-eglise.htm

L'église de Kerlaz, sous le vocable de Saint-Germain-l'Auxerrois, a été construite à différentes reprises, à en juger d'après les différentes dates qu'on lit sur les murs. Elle est assez grande, mais irrégulière. Quoique d'ordre assez modeste, elle présente, dit M. le chanoine Abgrall, un caractère de noblesse et de distinction, surtout pour ce qui est de l'extérieur. Le portail ouest est surmonté d'un clocher à flèche élancée, portant la date de 1660, et flanquée de deux tourelles couronnées de pyramides aigües, dont l'une porte la date de 1671. Ces dates semblent en désaccord avec la physionomie gothique de tout cet ensemble, mais elles doivent cependant être vraies, car les profils de certaines moulures et des bandeaux horizontaux concordent avec le style de cette époque. La hauteur totale du clocher est de 40 mètres. La flèche est postérieure de plusieurs années à la base, sur laquelle on lit les dates de 1620 et 1630. Outre ces dates, le clocher porte diverses inscriptions. Au-dessus de la porte principale on lit : M. P. BOCER : DE PLONIAFF. Y. LUCAS. F. BRELIVET. FA. Les ouvriers de M. Gassis ont rendu plusieurs de ces inscriptions illisibles en voulant les rajeunir. Le clocher possédait jusqu'au rectorat de M. Salou une ancienne cloche portant l'inscription suivante : « 1644 : S. GERMAIN P. P. N. LORS ETAIT RECTEUR GUILLAUME VERGOZ ET HENRI KERSALE, CURE. J. CARADEC. F. ». Cette cloche était fêlée depuis longtemps et sa voix n'était guère harmonieuse ; malgré cela, la population était restée très attaché à cette relique de l'ancien temps, et lorsqu'il fut question de la remplacer, M. Salou, alors recteur de la paroisse, rencontra une opposition très sérieuse ; mais on se consola bien vite lorsqu'on entendit le nouveau carillon jeter aux quatre coins de la paroisse ses notes argentines et harmonieuses.

Sur la facade midi, fait saillie un porche qui est absolument dans la note gothique de la première moitié du XVIème siècle. A l'intérieur du porche, de chaque côté de la porte d'entrée de l'église, on voit des écussons portant les armoiries des Quélen-Vieux-Châtel. Sur le mur Ouest, à gauche quand on entre sous le porche, on lit le nom de PHILIBERT CARADEC. F. 1572.

Entre ce porche et l'angle de la façade ouest, était autrefois un petit ossuaire ajouré de deux baies moulurées, à cintres surbaissés. M. Latreille a transformé cet ossuaire en une élégante petite chapelle où se trouvent aujourd'hui les fonts baptismaux.

A l'intérieur de l'église, sur le mur nord, on lit : SEB. CAUNAN 1606. JEAN, BRELIVET. F. 1603 et plus loin la date de 1588.

L'église est pourvue d'un mobilier neuf, datant du temps de M. Latreille. Le maître-autel, les deux autels latéraux, la balustrade, la chaire à prêcher et le nouveau confessionnal sont en châtaignier sculpté et verni.

Les statues vénérées dans l'église sont saint Germain l'Auxerrois, patron de la paroisse, et Notre-Dame de Tréguron, qui est invoquée surtout par les mères et les nourrices qui ont besoin de lait pour leurs nourrissons. Outre ces deux grandes statues, on voit encore sur la façade Est, du côté de l'Epître, les statues de Jeanne d'Arc, de la Sainte-Famille, groupe bizarre et de mauvais goût, de saint Even et de saint Sébastien, que quelques-uns ont pris pour un Ecce Homo. Cette dernière porte sur son socle un écusson avec les armoiries des Quélen-Vieux-Châtel.

Sur la même façade, du côté de l'Evangile, on voit les statues du Sacré-Cœur, de saint Jean-Baptiste, de saint Michel terrassant un dragon, cette dernière provenant de la chapelle de Saint-Michel en Plonévez-Porzay. Plus loin, sur le mur nord, se trouve une autre statue très ancienne, ne portant pas de nom. On dit qu'elle est venue de la chapelle de Saint-Even.

On voyait, aussi autrefois, adossé au pilier midi, un groupe en pierre, très curieux et très primitif, représentant saint Hervé, le chanteur aveugle, guidé par son petit compagnon Guic'haran, qui conduit un loup en le menaçant d'un fouet armé de gros nœuds. Ce groupe provenait ide la chapelle de Saint-Mailhouarn, à Lesvren (Plonévez-Porzay). M. le chanoine Abgrall déplore à juste titre sa disparition de l'église de Kerlaz. Sous prétexte que c'était une œuvre de style un peu barbare, on a cédé, pour une destination profane, cette statue qui avait été vénérée pendant quatre siècles par les paroissiens de Kerlaz. En attendant sa rétrocession et sa réinstallation à la place qu'elle n'aurait jamais dû quitter, le R. P. Le Floch a eu la bonne et pieuse pensée de la reproduire aussi fidèlement que posible dans un des nouveaux vitraux.

La fenêtre absidale contenait autrefois, une maitresse-vitre qui a disparu. Elle était composée des sujets suivants : 1°) Couronnement d'épines ; 2° Notre Seigneur en croix entre deux larrons ; 3°) Descente de croix ; 4°) saint Jean-Baptiste présentant un chanoine donateur, avec un écusson portant « d'azur à trois poissons d'argent ». Au bas se trouvait cette inscription : « L'AN.. M. D XLI. FUST. FAICT. CE PANNEAU ». Le nouveau vitrail reproduit toutes ces scènes, à l'exception de la dernière.

Au milieu de la nef, en face de la chaire à prêcher, se trouvent deux pierres tombales qui pourraient faire croire au visiteur non averti qu'il y a là deux sépultures. La première porte l'inscription : « Jean Le Bot, curé de Kerlaz » ; la seconde : « Corentin Billova, etc. ». Le reste est illisible. D'après les renseignements fournis par M. l'abbé Briand, recteur de Plomeur, ce Corentin Billova est né à « Maner ar Goff », en Plomeur. Il fut pendant quelques années recteur de sa paroisse natale, d'où il fut transféré à Plonévez-Porzay, le 2 février 1666, et où il mourut le 11 juin 1700. La présence de cette pierre tombale à Kerlaz a fait croire à plusieurs que M. Billova y a été enterré. C'est une erreur. Cette pierre provient du cimetière de Plonévez-Porzay. Lors du dallage de l'église, du temps de M. Latreille, on dut transporter du cimetière de Plonévez-Porzay un grand nombre de vieilles pierres, tombales qu'on utilisa comme dalles à Kerlaz. La pierre tombale de M. Billova, qui méritait assurément un meilleur sort, se trouva du nombre. C'est ce qui explique sa présence à Kerlaz ; mais il ne faut pas en conclure autre chose, et croire, par exemple, que M. Billova, a été enterré à Kerlaz. L'autre pierre tombale vient du cimetière de Kerlaz, du tombeau de M. Le Bot, ancien curé de la trève.

Cimetière de Kerlaz.

Le cimetière de Kerlaz n'offre rien de particulier à signaler. C'est le vieux cimetière de campagne assis à l'ombre de l'église paroissiale. Kerlaz, quoique trève de Plonévez-Porzay, possédait de temps immémorial le privilège d'enterrer tous ceux qui mourraient dans la trève. Un petit arc de triomphe de tournure Renaissance, portant la date de 1558, donne entrée dans le cimetière. Deux niches renfermant deux anciennes statues en bois encadrent la porte d'entrée appelée « An or varo ». A l'angle sud se trouve un calvaire décapité. Au milieu du cimetière s'élève un autre calvaire d'une tournure plus artistique portant la date de 1645, avec, cette inscription : « HIERONYME CARO : F. ». Autrefois, dit M. Pouchous, on exposait les Reliques à toutes les foires de Pouldavid, sur la pierre qui est au-dessus de cette inscription, et qui était appelée pour cette raison : « Aoter ar Relegou », l'autel des Reliques. Au-dessous des pieds du Christ, il y a un écusson rongé par le temps, avec les armes de Lezarscoët. Le grand vitrail du transept Sud représente le P. Maunoir, debout sur les marches du Calvaire, prêchant aux paroisiens de Kerlaz la grande mission de 1658.

- Ass. Bret : Congrès de Douarnenez, 1965

— Dilasser (Maurice)  : Locronan et sa région (Paris, 1979).

— Site de la Mairie :

https://kerlaz.bzh/patrimoine/?lang=bzh

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Sablières
20 mars 2020 5 20 /03 /mars /2020 19:24

 

Iconographie des saints Côme et Damien dans  les Heures dites d'Henri IV (enluminé par le Maître des Triomphes de Pétraque, v. 1580-1590) : BnF Lat. 1171 folio 81v .

 

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Cet article appartient à une série sur l'iconographie des saints Côme et Damien, les deux  frères jumeaux médecins qui soignaient gratuitement. Ils sont pourtant devenus les patrons des chirurgiens et, plus tardivement, des pharmaciens.

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PRÉSENTATION.

Ce Livre d'Heures à l'usage de Rome a certes appartenu à Henri IV, mais son premier propriétaire reste inconnu, malgré les lettres M brisées (ou intriquées à une M inversée en W), l'absence significative de la lettre M dans les alphabets d'ornements, trois petits blasons, la devise énigmatique CAR NON, des allusions aux cordeliers (cordes à nœud de capucins, cordes déchirées, ...)  et autres indices (plutôt défectifs) tirés des fêtes et saints du calendrier et des suffrages. C'est énervant. Est-ce un homme ou une femme ? Les deux hypothèses trouvent leurs arguments.

Un livre d'heures (Morgan Library, M.618)  du même artiste, contient un poème "Je porte une M partout à ma devise", et a appartenu très vraisemblablement au même propriétaire monomaniaque de M qui y affiche cette devise JE PORTE UNE M enrubannée, ses couleurs "gris et tanné" et ajoute la lettre A comme indice (AM MA etc.). 

On sait néanmoins que le cardinal Georges d'Amboise n'est pas loin. Il a racheté le manuscrit pour la bibliothèque de sa résidence de Gaillon.

On sait aussi que ce commanditaire avait des goûts de luxe, mais teinté d'austérité ("gris et tanné"... ) témoignant sans doute d'une spiritualité élevée.  Goûts de luxe, car ses précieuses Heures est le seul manuscrit occidental connu au monde à être entièrement couvert de feuille d'or même sous les enluminures.  Austérité, car il a délaissé les couleurs vives pour des  peintures en grisaille et des  dessins à la plume sur fond d'or.

 L'auteur des enluminures est, par contre, bien identifié : c'est celui qui a enluminé les Triomphes de Pétrarque  BnF Fr. 594 et les Remèdes de bonne fortune BnF fr. 225  commandés par Georges d'Amboise à Rouen pour Louis XII. Il serait proche de l'atelier parisien de Jean Pichore, mais semble plus âgé que ce dernier. Il a été influencé par les enlumineurs de la vallée de la Loire, comme Jean Colombe et Jean Poyer.

Le dispendieux dépouillement des peintures en grisaille et des vêtements blancs et or des Heures d' Henri IV,  se retrouve dans les Heures "Je porte une M", dans les Heures de Claude Molé et dans les Petites Heures d'Anne de Bretagne, tous du Maître des Triomphes de Pétrarque. L'enluminure de David observant Bethsabé au bain se retrouve de façon identique dans ces manuscrits.

 

—Heures de Claude Molé, 10 grandes miniatures et 14 petites, vers 1500, Morgan Library and Museum, New York, M.356

http://ica.themorgan.org/manuscript/thumbs/76860

— Heures à l'usage de Rome "Je porte une M", 8 grandes miniatures, vers 1505-1510, Morgan Library, M.618 http://ica.themorgan.org/manuscript/thumbs/76912

— Petites Heures d'Anne de Bretagne, commandées par Georges d'Amboise pour Anne de Bretagne (?), vers 1503, BNF, NAL. 3027

 

 

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Les saints Côme et Damien.

L'enluminure se détache sur un fond noir marbré orné de la lettre M brisée, selon un procédé propre au Maître des Triomphes de Pétrarque. Comme les 89 autres enluminures, elle est pauvre en couleurs, avec des camaïeu de gris et les personnages sont vêtus de blanc avec des galons de pseudo-écriture en filigrane or.

Le titre est DE SANCTORUM COSME ET DAMIANE. Ce titre est important, car il indique sans ambiguité le nom de chaque saint : saint Côme et à gauche, il tient le flacon de verre destiné à mirer les urines, tandis que Damien est à droite. Or, très souvent, dans les sculptures, l'identité des saints a été inversée lorsqu'on a ressenti le besoin de les nommer aux fidèles. D'autres documents iconographique l'attestent, les deux saints suivent dans leur disposition dans l'espace de gauche à droite celui de la formule "Côme et Damien" fixée dans la liturgie.

Les saints se détachent sur un paysage de désert, toutefois animé par un groupe d'arbres et par un parterre fleuri, en rosettes.

Ils portent tous deux l'habit et la coiffure propre à leur fonction de médecin. Mais, comme je tente de le prouver depuis le début de cette analyse iconographique, les deux médecins ne se distinguent pas par leur fonction, et Damien n'est pas plus pharmacien ou chirurgien que son frère. Mais Côme devient l'emblème de la partie diagnostique de l'art médical, tandis que Damien est l'emblème de sa partie thérapeutique, effectrice. La clinique, et la pratique ("praticien"). Les  deux parties sont aussi inséparables que les deux frères jumeaux, qui ne sont jamais peints séparément, mais toujours en binôme.

 

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@laBnF Gallica. Heures d'Henri IV BnF lat 1171 folio 81v.

@laBnF Gallica. Heures d'Henri IV BnF lat 1171 folio 81v.

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Titre dans un cartouche. Les lettres capitales, à l'or, sont perlées.

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@laBnF Gallica. Heures d'Henri IV BnF lat 1171 folio 81v.

@laBnF Gallica. Heures d'Henri IV BnF lat 1171 folio 81v.

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Côme tient la macula ou flacon d'urine : je renvoie aux articles précédents pour la présentation de l'uroscopie. Il lève le flacon vers la lumière, et il élève le regard. Il se tourne vers l'esprit, pour la partie intellectuelle de son art.

 

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@laBnF Gallica. Heures d'Henri IV BnF lat 1171 folio 81v.

@laBnF Gallica. Heures d'Henri IV BnF lat 1171 folio 81v.

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À l'opposé (et cette franche opposition est déterminée), Damien regarde vers le sol : vers la matière. Il tient suspendu au poignet droit un étui, sans doute en cuir, carré dans sa moitié supérieure, et pyramidale dans la partie basse.

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@laBnF Gallica. Heures d'Henri IV BnF lat 1171 folio 81v.

@laBnF Gallica. Heures d'Henri IV BnF lat 1171 folio 81v.

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L'étui est orné d'un bas-relief qui peut être identifié. C'est un saint évêque, mais le baquet aux trois personnages montre qu'il s'agit de saint Nicolas bénissant les trois clercs mis au saloir.

On peut deviner l'intention sous-jacente : Nicolas s'est montré capable de vaincre la mort et de ressusciter les victimes de l'aubergiste sans cœur en invoquant Dieu.  De même, l'artiste indique que  la prière est le remède principal, dont le médecin ne peut se passer.

Nous pouvons voir dans cet étui soit un flacon d'onguent (il n'en a guère la forme), soit une boîte à pilules (elles sont alors rectangulaires, plates et divisées en compartiments), ou un étui pour les instruments chirurgicaux, principalement la ou les lancettes de saignée ou d'incision. 

J'en trouve un exemple dans l'enluminure d'un livre d'Heures de la Librairie Royale de Copenhague (mais les 2 saints tiennent une lancette).

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GKS 1612 4°: Liber horarum

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@laBnF Gallica. Heures d'Henri IV BnF lat 1171 folio 81v.

@laBnF Gallica. Heures d'Henri IV BnF lat 1171 folio 81v.

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Le verset et l'oraison.

Le texte est écrit en littera antiqua ronde fondée sur la minuscule carolingienne  sur le fond d'or. Lettrines blanches ; rubriques ; bout-de-ligne on branche écotée.

 

De sanctorum martirum Cosme & Damiane

Isti sunt sancti qui pro dei amore minas hominum contempserunt  sancti martires in regnum celos exultent cum angelis. O quam preciosa est mors sanctorum qui assidue assistunt ante dominum et ab invicem non sunt separati .

Versu : lusti autem in perpetuum vivent. Oro Presta quesumus omnipotens deus ut qui sanctorum martirum tuorum cosme & damiani natalicia colimus a cunctis malis imminentibus eorum intercessionibus liberemur. Per xpni dmini nostrum Amen

"Ces saints qui, pour l'amour de Dieu méprisaient les menaces des hommes, saints martyrs dans le royaume des cieux se réjouissent avec les anges . Oh, combien chère est la mort de ces saints, qui se tenant constamment devant le Seigneur,  ne sont pas séparés l' un de l'autre."

"Nous te prions instamment, Dieu tout puissant, d'accorder ta protection contre tout mal imminent à ceux qui célèbrent par leur prières l'intercession de Côme et Damien lors de l'anniversaire de leur mort."

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Commentaires et liens :

 

https://gregorien.info/chant/id/4610/9/fr

La formule presta/liberemur per se retrouve déjà pour l'octave de Côme et Damien dans le Sacramentaire de Robert de Jumièges  Rouen. Bibliothèque municipale. MSS. (Y 6) f.153v, un  manuscrit datant vers 1020 donné à l'abbaye de Jumièges par son abbé Robert Champart, quand il était évêque de Londres entre 1044 et 1051.

http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/3800

https://archive.org/details/missalrobertjum00wilsgoog/page/n295/mode/2up/search/cosme

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https://books.google.fr/books?id=hlB4rhWIr68C&pg=PA556&lpg=PA556&dq=ut+qui+sanctorum+martirum+tuorum+cosme+%26+damiani&source=bl&ots=jkOkdHvrPg&sig=ACfU3U0YbQWumwtMuNRYJ1qbC_BZm_Hayg&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwivxJ6mpanoAhVW9IUKHWKgBc8Q6AEwAnoECAUQAQ#v=onepage&q=ut%20qui%20sanctorum%20martirum%20tuorum%20cosme%20%26%20damiani&f=false

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https://books.google.fr/books?id=EAARAAAAYAAJ&pg=PA549&lpg=PA549&dq=ut+qui+sanctorum+martirum+tuorum+cosme+%26+damiani&source=bl&ots=f7MEhsxKFz&sig=ACfU3U2Aj_ePna-007iOVhZ9eMCQkowd9g&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwivxJ6mpanoAhVW9IUKHWKgBc8Q6AEwA3oECAoQAQ#v=onepage&q=ut%20qui%20sanctorum%20martirum%20tuorum%20cosme%20%26%20damiani&f=false

Voir aussi l'oraison du Livre d'heures à l'usage de Rome Cf Horæ ad usum Romanum, France c.1490-1500 Copenhagen - The Royal Library - Ms. GkS 1612 4° folio 20

http://www5.kb.dk/permalink/2006/manus/279/eng/20+recto/?var=2

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@laBnF Gallica. Heures d'Henri IV BnF lat 1171 folio 81v

@laBnF Gallica. Heures d'Henri IV BnF lat 1171 folio 81v

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SOURCES ET LIENS.

— ZÖLH (Caroline), 2018, Les Heures d'Henri IV, volume de commentaires du fac-similé du BnF lat. 1171 par les éditions Moleiro.

— BnF / Gallica, Horae ad usum romanum ou Heures de Henri IV, Fin du XVe -XVI e siècle

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8455949b/f164.item.zoom#

—WIKIPEDIA article Le maître des Triomphes de Pétrarque

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AEtre_des_Triomphes_de_P%C3%A9trarque

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Published by jean-yves cordier - dans Côme et Damien.
17 mars 2020 2 17 /03 /mars /2020 22:51

L'église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Ses sept navires sculptés (v.1561)  sur les murs.

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Cet article appartient à une série d'articles  sur les carvelles ou les embarcations de pêche sculptées sur pierre en Finistère : 

Voir les embarcations de pêche sculptées sur bois sur les sablières :

 

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PRÉSENTATION.

La paroisse.

"La commune de Cleden-Cap-Sizun occupe l'extrémité Nord de la presqu'île du Cap-Sizun; la partie Sud est formée par la commune de Plogoff. Sa configuration constitue un rectangle irrégulier dont la longueur mesure environ sept kilomètres et la largeur deux kilomètres et demi à trois kilomètres. Son territoire est borné au Nord et à l'Ouest par la mer, au Sud par le large vallon qui le sépare de Plogoff et de Primelin et à l'Est par la commune de Goulien. A l'Est, les frontières communales et paroissiales ne se confondent pas: une partie des terres des villages de Kerbellec et de Brézoulous dépend de la commune de Goulien. Les rivages Nord et Ouest offrent une ligne brisée de gigantesques falaises hautes de soixante à quatre-vingts mètres, coupées de caps et d'anses de dimensions variées.

Tandis que le versant Sud du sillon médian dévale en pente rapide des plateaux de Plogoff et de Primelin, le versant Nord, au contraire, s'élève par gradations insensibles jusqu'au bord même de la mer. Ce flanc 'est abrité par la ligne continue des falaises; il est exposé en plein Midi, ce qui procure à son sol une fertilité remarquable. On est étonné de rencontrer, dans ses dépressions, des sites merveilleux offrant une incomparable richesse de végétation, dans une région par ailleurs d'un aspect si rude et si aride.

De la vallée centrale se détachent, à des intervalles inégaux, plusieurs vallons latéraux qui s'enfoncent plus ou moins profondément dans les terres.

Le sous-sol des terres en culture ou des « mene » (collines incultes) est constitué de granulite ou granit décomposé englobé dans une terre jaunâtre.

Le patron actuel de l'église paroissiale est saint Clet, pape, substitué vers 1650 à saint Cleden. La paroisse est citée dans le cartulaire de Landévennec sous la forme Cletuen ou Cletven. En 1314, la forme est Cletguen-Cap-Sizun. Saint Cleden est le même que saint Clydwin du Pays de Galles. On peut présumer qu'à l'origine le nom de la paroisse devait être Lan-Cletguen ou Plou-Cletguen : les mots lan- ou plou- sont tombés en désuétude tout comme pour Cléder, Cast, Beuzec, Gouezec etc. Saint Cleden était donc probablement originaire du sud du Pays de Galles." (D. Bernard)

 

 

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-clet-cleden-cap-sizun/dd3b899e-5aac-4d7a-8049-d54b6aad0d35

L'église.

"Située au cœur du bourg de Cleden-Cap-Sizun, l’église paroissiale, toute en pierre de taille  [leucogranite ou "granulite" (*)], trône dans un enclos qui n’est autre que l’ancien cimetière. Elle est composée d’une nef de trois travées avec bas-côtés dont l’une, plus grande, avec deux chapelles en ailes formant faux-transept. Le chevet de forme polygonale est flanqué de deux sacristies."

(*)"Même chez les géologues, le sens du terme « granite » a subi des aléas, liés essentiellement à la nature de son mica. Comme le rappelait A. de Lapparent en1906, les auteurs allemands (et certains auteurs français) réservaient alors le terme « granitite » au granite à biotite (mica noir), qualifié de « granite normal ». Le mot « granulite », longtemps employé pour granite clair à muscovite (mica blanc) est aujourd’hui remplacé par « leucogranite » et « granulite » a repris sa signification première, se rapportant à certaines roches métamorphiques. Les deux termes « granitite » et « granulite » étaient pourtant précis et commodes ; on ne peut que déplorer leur abandon." Chauris 2009 https://journals.openedition.org/rao/925

Placée sous le vocable primitif de saint Cleden jusqu’au milieu du 16e siècle, l’église paroissiale Saint-Clet de Cleden-Cap-Sizun « forme un ensemble harmonieux bien qu’elle ne soit ni d’une seule époque, ni d’un même style » (Bernard 1952).

Les deux premiers piliers du chœur, semblables à ceux de la collégiale de Pont-Croix, sont les éléments les plus anciens et remontent probablement au 13e siècle ou au début du 14e siècle. L’élévation ouest, le clocher, le transept ainsi que le porche sud revoient, quant à eux, au 16e siècle. (Notons que le clocher a été réparé en 1799 et consolidé en 1878).

Les dates portées relevées sur l’édifice montrent que les arcades de l’intérieur ainsi qu’une grande partie des murs extérieurs ont été refaits au 3eme quart du 18e siècle : 1751 sur une sacristie et sur l’une des piles du nord et l’inscription V : D : M : A : JANNIC : Rr : 1772 sur le linteau de l’une des portes latérales." (Ducouret)

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Les navires sculptés.

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On observe sept bateaux sculptés sur les murs de l’église. Ce type de bas-relief est fréquent sur les édifices religieux du Cap-Sizun (à Cleden-Cap-Sizun, l’un d’eux se trouve également sur la chapelle Saint-Tremeur). Pour Daniel Bernard, ils sont l’un des témoins d’une ère de grande prospérité du territoire où l’activité commerciale était florissante. « Les nombreuses églises et chapelles disséminées le long des côtes furent justement construites en ce 16e siècle qui vit fleurir intensément l’industrie des pêcheries, des sècheries et de la navigation. Pour bien marquer la part qui leur revenait dans ces bâtisses élevées de leurs deniers, les marins firent sculpter sur les tympans des portails et des porches des bateaux avec leur mât et leurs équipages navigant au milieu des poissons et des oiseaux de mer. ». Précisons qu’en plus de leur fonction clairement ostentatoire, ces bateaux pouvaient également permettre à leurs commanditaires se placer sous la protection divine." 

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VOIR EN ANNEXE L'ÉTUDE TRÈS COMPLÈTE DE DE DANIEL BERNARD.

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Datation de ces navires sculptés. 1550-1561.

Cette datation doit se déduire de celle de la construction des murs qui les portent. Nous disposons de deux indices.

a) D'une part, selon D. Bernard, en 1681, Jean de Tréanna, seigneur de Kerazan assure « qu'il se voit que dans lad. esglise de Cleden, au bas d'une grande vitre, au haut de laquelle sont les armes des seigneurs de Kerazan sont escripts en vieux caractères ces mots: « Ceste vitre fut faicte à la dilligence d'Hervé Archan, fabriq. de lad. église de Cleden en lan 1550. ».

Puisque la pose d'une vitrail dans le chœur est obligatoirement postérieure à l'édification des murs, l'église est donc antérieure à 1550. Mais la vérification de cette date n'est plus possible.

b) Selon P. Bonnet, la façade occidentale portait la date de 1561. Il est entendu que la source est plus fiable, mais là encore, elle ne peut être vérifiée.

Néanmoins, ces deux dates concordent avec les données économiques (prospérité de la pêche et du commerce), avec les éléments stylistiques d'architecture religieuse, avec la construction d'une église à Beuzec en 1548,  avec la présence de navires sculptés semblables à Confort (>1528), à Penmarc'h,  sur la façade ouest de Plogoff (datée de 1547), sur les sablières de N-D. de Roscudon à Pont-Croix (>1528) et à la chapelle Saint-Trémeur de Cléden-Cap-Sizun (1538), etc.

Nous pouvons affirmer que ces navires de pierre datent du milieu du XVIe siècle.

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Corpus.

Nous pouvons dénombrer sept navires sculptés sur cette église :

— Un sur la façade occidentale : barque de pêche à 3 marins en action de pêche.

 

— Deux sur le gable du portail sud :  2 carvelles à 3 mâts 

— Deux à l'intérieur du porche sud : 2 barques de pêche.

— Deux sur le gable de la première lucarne sud. 2 barques de pêche.

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I. LA FAÇADE OCCIDENTALE : INSCRIPTION, UNE BARQUE, UNE CROSSETTE.

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"La façade ouest est en bon style flamboyant des premières années du XVIe siècle. La porte est encadrée de guirlandes feuillagées ; au dessus, deux panneaux rectangulaires contiennent, l'un un bas-relief représentant un bateau de pêche monté par quelques personnes." (D. Bernard)

"Sur le pignon ouest se trouve l’une des deux portes principales. De style flamboyant et encadrée de guirlandes feuillagées, elle est surmontée de deux panneaux carrés dont l’un contient un bas-relief représentant un bateau de pêche et l’autre une inscription érodée et illisible. Ce même pignon soutient le clocher qui est une imitation en plus petit de celui de la collégiale de Pont-Croix. On y accède par un escalier tournant contenu dans une tourelle extérieure accolé au flanc nord de la base."

 

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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[ Le cartouche de droite] contient une vieille inscription dont Daniel Bernard a pu déchiffrer quelques  mots :

-------RECTOR

BENNOS DA DOR

AMEN

Le nom du recteur est complètement effacé. 

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Navire n°1. Barque de pêche à trois marins.

La barque est semblable à celles de Notre-Dame de Confort, la poupe convexe et l'arrière droit lui donnant une forme générale en sabot. Le gouvernail est bien visible à la poupe.  Trois marins pêcheurs sont tournés vers nous, les mains au dessus du  du franc-bord tribord ; le patron tient la barre sous son aisselle. Ils sont en action de pêche, ramenant à bord les lignes chargées de poissons, mais ces détails ne sont pas visibles. Le matelot 'avant est vêtu d'un tricot rayé. Les trois sont coiffés de capuches qui forment un triangle avec deux masses rondes sur le coté : les ancêtres des suroîts ?

Il est intéressant de comparer ce bas-relief aux peintures murales de la chapelle Saint-Michel en Plogoff, datant de 1770 environ et montrant une barque de pêche au merlu. Elles sont publiées sur le site amedenosmarins.fr. La barque est au mouillage dans le courant, la mâture a été abattue  et couchée en long, elle dépasse à l'arrière. Chaque pêcheur tient une ligne, et certains ramènent le poisson à bord.. 

 

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Pêche aux merlus : peintures murales (v.1770) de la chapelle Saint-Michel de Plogoff.

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Pêche aux merlus vers 1770. Peinture murale, chapelle Saint-Michel de Plogoff.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LE COTÉ SUD .

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"La deuxième porte principale se trouve sur la façade sud et est précédée d’un portail semblable à celui de Saint-Tugen en Primelin. A l’intérieur de celui-ci se trouvent six niches soutenues par un bandeau mouluré de figures monstrueuses : lions accouplés, béliers, dragons, lapins, lézards, personnages au attitudes diverses… Au-dessus de la porte se trouvent deux autres bateaux de pêche sculptés."

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LE PORCHE SUD : EXTÉRIEUR.

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"Ce qu'il y a de plus remarquable dans cette église, c'est le porche Midi. L'arcade principale a un petit tympan découpé à jour et est entourée de moulures et de feuilles sculptées. Un premier rampant appliqué, garni de crossettes, s'appuie sur deux anges cariatides qui déploient des banderolles où l'on lit : AVE MARIA — PAX VOBIS . Un second rampant ajouré en balustrade couronne le fronton sur lequel sont sculptés deux bateaux avec leurs mâts et leurs équipages. Les contreforts qui appuient les angles sont garnis de six niches et surmontés de clochetons, tout cela décoré, fouillé, dentelé avec un luxe extrême, à faire croire que le granit est friable et qu'il s'est laissé orner et découper sans opposer de résistance au ciseau du sculpteur."(D. Bernard)

 

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le cadran solaire de 1716.

Inventaire SAF n° 2902801-1.

​​​​​​C'est un cadran  méridional, circulaire, gravé sur ardoise, aux lignes chiffrées dans la couronne, doté d'un style moderne linéaire, étoilé. Le décor est un cheval fougueux (oreilles pointées), ce qui pourrait se référer aux deux noms locaux signifiant "tête de cheval", soit à Penmarc'h, soit au pays bigouden nommé Cap Caval (Caput caballi). Mais le Cap Sizun n'appartient pas au Cap Caval.

 

http://michel.lalos.free.fr/cadrans_solaires/autres_depts/finistere/cs_finistere_quimper.php

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Au dessus du cadran, deux éléments sculptés font saillie. Faut-il y voir des poissons et des hameçons ?

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Navire n° 2 : carvelle à 3 mâts.

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Le navire est doté d'un château-avant, d'une proue fortement défendue et plongée, et d'un château arrière. Les clins ne sont pas représentés, hormis un redan sous le franc-bord. Alors que l'arrière est fin est convexe, la quille se prolonge assez loin en arrière pour supporter  l'étambot, à peine oblique, et le gouvernail.

Trois mâts sont sculptés, dans un raccourci accentué, et ils sont coiffés d'un nid-de-pie. Les haubans sont représentés, de même qu'une vergue pour le mât arrière (d'artimon).

C'est donc un bâtiment d'assez fort tonnage, destiné au commerce atlantique (Portugal, Espagne, Bordeaux, Angleterre, Flandre).

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Navire n° 3 : carvelle à 3 mâts.

 

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Les deux anges aux phylactères (AVE MARIA — PAX VOBIS).

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LE PORCHE SUD : INTÉRIEUR.

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"A l'intérieur du porche, six autres niches sont soutenues par un bandeau paré de monstres bizarres: lions accouplés, bélier, dragons,-lapins, lézards, bonshommes de toutes sortes aux physionomies et positions les plus fantaisistes. La voûte du porche est en pierre, la clef est à écusson dont les armes sont effacées . Au-dessus de la jolie porte d'entrée de l'église voguent encore quelques barques de pêche. " (D. Bernard)

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Navire n°4. Barque de pêche à 4 marins.

Trois au moins des matelots nous font face, comme sur la barque n°1, et nous pouvons penser qu'ils sont en train de pêcher, même si leurs mains ne sont pas représentés.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Navire n°5. Barque de pêche à 4 marins en action de pêche.

La scène est plus précise : les marins sont encapuchonnés et enveloppés dans d'épais manteaux (en toile huilée probablement). Ils traversent un banc de poisson, et l'homme d'avant hisse sa prise au bout de la ligne. À l'arrière, l'homme de barre a aussi une belle touche. Les apparaux sont rangés, et le mât, les voiles ferlées et les haubans sont visibles à l'arrière.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Les niches prévues pour recevoir les Apôtres (mais seulement trois de chaque coté) sont vides. Elles dominent une corniche.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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À gauche, un couple enlacé, un lapin et une feuille.

Au centre, un ange chasse avec son bâton un dragon.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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À droite, trois animaux (dont un bélier ?) ; le dernier, à longues oreilles, mord à pleine gueule la colonne.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Les trois niches vides du coté ouest.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Après l'animal mordant la colonne, voici deux animaux (lions ?) affrontés contre un écu effacé.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Un homme richement habillé et coiffé (seigneur ? marchand?) est encadré par deux lions.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Un ange, une feuille, puis un animal tendance cochon.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Un lion bien identifiable.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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... et un être hybride tête en bas.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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À la croisée des nervures, un ange présente un blason, muet.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LE PIGNON DE LA LUCARNE SUD.

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Deux contreforts reçoivent deux pinacles à clochetons à crochets, dont les bases servent de départ à une accolade à chou frisé. De part et d'autre du fleuron, deux navires sont sculptés.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Navire n° 6. Barque de pêche à trois marins.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Navire n°7. Barque de pêche à trois marins.

La forme "en sabot" de la barque n°1 est retrouvée à nouveau. Malgré l'érosion, on devine trois matelots. L'élément remarquable est la ligne qui part de l'étrave, mais qui revient en arrière, au lieu d'être tendue comme une ligne de mouillage. Imaginons qu'un beau merlu y est accroché.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LE CHEVET.

"L'abside, de forme hexagonale, un peu courte, flanquée de deux sacristies, porte à l'extérieur cette inscription : FAIT EN LAN 1751. Contre le mur extérieur se dressent trois statues de granit de grandeur naturelle : au centre, dans une niche, saint Clet avec la tiare ; à ses cotés sur des contreforts d'angle, saint Pierre avec sa clef, et saint Paul armé d'une longue épée." (Daniel Bernard)

 

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Clet en pape.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Pierre.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Saint Paul et l'épée de sa décapitation.

De l'avantage d'être citoyen romain : on finit décapité et non crucifié.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Kézako ?

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Le bon abbé Bocou (1656-1660)

Est-ce bien lui ? En manteau de chœur (rochet), surplis, soutane, large rabat,  aumusse au bras gauche, c'est ici un chanoine.

"Au sommet d'un contrefort, entre ce magnifique porche cet la sacristie, est représenté un prêtre en surplis et chape, qu'on dit être l'abbé Bocou, ancien recteur." (D. Bernard)

 

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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LE CLOCHER.

Le rayonnement des tours de la façade occidentale de la cathédrale de Quimper.

Les tours de Saint-Corentin, prises isolément, servirent de modèles et de référence  aux constructeurs du diocèse jusqu'à la fin du XVIe, soit pendant plus de 150 ans, au point de marquer profondément de leurs silhouettes, jusqu'à aujourd'hui, les paysages finistériens à  Locronan, Notre-Dame-de-Roscudon à Pont-Croix, Notre-Dame de Quimperlé, en l'église de Saint-Guénolé, l'église Saint-Nonna de Tréoultré à Penmarc'h, la chapelle Saint-Herbot à Plonévez-du-Faou, à Saint-Trémeur de Carhaix, ... Deux édifices mis en chantier dans le deuxième tiers du XVIe siècle se rattachent encore à la production de l'atelier de Saint-Herbot : la chapelle Saint-Tugen en Primelin commencée vers 1530, et la tour de l'église Saint-Herlé (1548) de Ploaré en Douarnenez.

   "Une version modeste du parti quimpérois est mis en œuvre dans deux églises du Cap Sizun, à Beuzec (1554) et à Cléden (1561). Dans les deux cas, la tour est aveugle, (sauf sur la face est à Beuzec), le décor étant concentré au registre  des deux galeries superposées ; la première — avec un encorbellement plus marqué à Cléden — , cantonnée par des pinacles d'angle, s'ouvre sur chaque face par quatre baies en anse de panier, et non plus tréflées, au dessus  d'une balustrade à quadrilobes ; la seconde, cantonnée de clochetons octogonaux, a sa balustrade ajourée de soufflets. Sur la plateforme s'élève la base octogonale de la flèche. Celle-ci a des arêtes ornées de crochets, ses pans sont ajourés de quatrefeuilles, et ses faces ouest, nord est et sud sont percées de hautes lucarnes amorties par des gables." (Philippe Bonnet 2013)

Description par Daniel Bernard :

 

"Le clocher, du XVIe siècle, auquel on accède par un escalier tournant contenu dans une tourelle extérieure accolée au flanc Nord de la base, est de construction très curieuse : on a voulu y imiter le clocher de Pont-Croix : au dessus d'une première galerie en quatrefeuilles est une galerie à baies allongées, entourant la chambre des cloches ; puis vient une autre balustrade flamboyante d'où s'élance une flèche puissante, admirablement proportionnée, accompagnée de quatre beaux clochetons gothiques.. Le clocher a été réparé en 1799 et consolidé en 1878.

Sur l'arête sud du pignon qui supporte le clocher, il existe une cheminée qui devait correspondre à un foyer placé au bas de l'église, comme on en voit encore à Saint-Tugen [Primelin] et dans plusieurs autres églises de la région. La destination de ces foyers est toujours controversée."

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Les cloches de Saint-Clet en Cléden-Cap-Sizun.

"Les deux cloches actuelles ont été placées en 1868. La plus grande porte l'inscription suivante:  JACQUES YVON. PARRAIN: JACQUES DONNART. MARRAINE: YVONNE PENNAMEN. 1868. DON DES PAROISSIENS.

Sur la petite on lit:  GUILLAUME ANNE. PARRAIN: JEAN-GUILLAUME DONNART.  MARRAINE: ANNE COQUET. M. NICOL, RECTEUR. JEAN DONNAT, MAIRE. CLET PELLERIN, TRÉSORIER. JEAN, FONDEUR A QUIMPER. 1868.

Les deux cloches qui ont précédé celles-ci pesaient, l'une 35.0 kilos , l'autre 200 kilos. La plus grande fut descendue pendant la Révolution et transportée à Brest pour être fondue. En 1785, René Le Bis, fabrique de l'église paroissiale, fit remarquer au général, ou corps politique, que les cloches avaient besoin de réparations « en boisage et ferraille ». Les délibérants lui donnèrent pouvoir pour les faire. descendre et les faire raccommoder par des ouvriers de son choix. Trois ans plus tard, le recteur Gloaguen bénit une nouvelle cloche. Il relate le fait en ces termes: « Le 24 juin 1788, j'ai fait par permission de Monseigneur Conen de Saint-Luc, Evêque de Quimper, la bénédiction d'une cloche sous l'invocation de saint Jean-Baptiste et saint Jacques; laquelle cloche est destinée principalement à servir de timbre à l'horloge de l'église paroissiale. Elle pèse 342 livres. »" (Daniel Bernard)

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Gargouille de la galerie.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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Crossette du rampant nord du gable : un lion (macrocéphale !) les pattes antérieures posées sur une petite tête.

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Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

Église Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun. Photographie lavieb-aile mars 2020.

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ANNEXE. L'ARTICLE DE DANIEL BERNARD EN 1950-1951 POUR LA SAF.

(retranscription personnelle, des fautes sont possibles : on se reportera à l'original).

Les dangers de la navigation.

Boë an aon, « la baie de l'aven, de la rivière » est devenu par agglutination Boë an anaon, « la Baie des Trépassés ». Il n'en reste pas moins que le Raz de Sein est l'endroit le plus dangereux au monde, d'où le dicton :

Den n'en deuz tremenet ar Ras

Hep n'en defe bet aon pe c'hlaz.

« Jamais personne n'a passé le Raz

Sans avoir eu ou peur ou mal.

"LES PECHERIES ET LES SECHERIES DU CAP-SIZUN AU XVIe SIECLE

Le seizième siècle jusqu'aux désordres de la Ligue fut une période de prospérité extraordinaire pour toute la Basse-Cornouaille. Les populations riveraines de la mer, en particulier, parvinrent à une aisance remarquable grâce au développement intensif des pêcheries et des sécheries.

En Cornouaille, les centres de ces industries se trouvaient dans la région de Doélan, dans le Cap-Caval et dans le Cap-Sizun. La sécherie de Poulgoazec, près Audierne, est connue depuis le XIVe siècle; celle. de Feunteun-Od, en Plogoff, dite sécherie du Duc, fonctionnait au XVe siècle et devait annuellement au seigneur de Tyvarlen (Landudec) une redevance de quinze livres, quinze sous. A la fin de ce siècle, 1es sécherie;s de Cornouaille étaient affermées 4.500 livres tournois et 400 réaux. A Ja même époque, les pêcheurs de six paroisses du Cap-Sizun Cleden, Esquibien, Plogoff, Primelin, Goulien et Beuzec, versèrent au trésor ducal ,la somme de 267 livres, 10 sous par an. Cet impôt suppose évidemment un revenu considérable. Les seigneurs possédant des terres dans la même région exigeaient souvent, en guise de redevances, des merlus secs ou de l'huile de lieu: ainsi, les tenanciers de Kerhas, en Primelin, devaient 18 merlus secs au seigneur de Lezurec; les huit domaniers de Lamboban, en Cleden, devaient fournir 20 merlus secs, une pinte d'huile, les 2/ 3 d'une pinte, une chopine et le quart d'une livre d'huile, au seigneur de Trémenec. Cette huile était extraite du lieu et servait à l'éclairage, d'où son nom vulgaire de goulou malaouen. On la versait dans un petit creuset dont l'une des parois était allongée en forme de bec; la mèche était constituée par une moelle de sureau ou une torsade d'étoupe. L'appareil était suspendu à un clou au moyen d'une petite chaîne fixée à une sorte de potence rivée aux deux ,côtés du creuset. Ces mêmes domaniers de Lamboban devaient ,encore au propriétaire de leurs fonds une fourniture bizarre: neuf « poillctes à mer ». Nous pensons qu'il s'agit de tiges filetées destinées à être adaptées au fuseau de quenouille. Ces objets étaient probablement fabriqués par Jacques Poulhazan, maître armurier dans ce village au début du XVIIe siècle.

 

Les pêcheries et les sécheries du Cap-Sizun étaient comprises dans l'apanage des comtes de Penthièvre, issus de Ducs de Bretagne. Après des vicissitudes diverses, les dépendances de cet apanage furent rendues au comte de Penthièvre en 1536. Il se préoccupa aussitôt de faire faire un recensement minutieux de tous ses droits, y compris les pêcheries et sécheries du Cap-Sizun. Ses délégués, après avoir obtenu de la Chambre des Comptes de Bretagne des copies des anciens actes et des anciens comptes qui justifiaient des redevances dues par les pêcheurs, se rendent dans les divers endroits de la Bretagne, pour prendre possession, au nom du comte, des nombreux membres de l'apanage. Cette opération donna lieu à l'établissement d'un volumineux procès-verbal sur vélin qui est conservé aujourd'hui, ainsi que de nombreux documents annexes, aux Archives Départementales des Côtes-du-Nord, dans le riche fonds de Penthièvre. Les renseignements qui suivent sont extraits de ces dossiers. Rendus à Audierne en 1547, les délégataires firent comparaître devant eux tous les maîtres de barque des six paroisses du Cap-Sizun « qui nommèrent fidèlement et sans fraude, tous leurs compaignons et paiges (mousses) par noms et surnoms et ceux de leurs demeurances ». Les listes dressées à ce propos nous indiquent le nombre de bateaux par paroisse et la composition de leurs équipages.

Voici la statistique produite par ce dénombrement:  à Cleden : 24 bateaux et maîtres d'équipages, 215 compagnons, 131 mousses.

 

La population des six paroisses était alors beaucoup moins dense que de nos jours: on peut l'évaluer approximativement à 8.000. Les 1.400 individus se livrant à la pêche représentent donc 17,5 % du nombre total des habitants. En examinant la liste par viIlage de la paroisse de Cleden, on peut remarquer que des familles entières s'adonnaient à la pêche. Le règlement imposé par les mandataires du comte de Penthièvre spécifiait que les maîtres de barques ne pourraient « admettre en leurs bateaux que quatre pages pour ceux auxquels il n'y aura que neuf à douze compagnons; que cinq pages aux bateaux de douze à seize compagnons, et six pages aux bateaux de dix-huit à vingt compagnons ». En réalité, nous avons constaté que ces prescriptions n'étaient pas observées. Les équipages des bateaux du Cap-Sizun comprenaient en moyenne 9 compagnons et 5 mousses. A parti.r de 1547, les redevances dues par les pêcheurs furent fixées à 30 sous pour les maîtres de barques et les compagnons, et à 12 sous, 6 deniers, pour les mousses, après la première année. Auparavant, les maîtres et les compagnons devaient payer annuellement 60 sous et les mousses 25 sous. Cette diminution marque-t-elle une décroissance dans le produit de la Pêche? Nous ne saurions le dire.

Trois sortes de poissons faisaient particulièrement l'objet de la pêche: le congre, le merlus et le lieu. La capture était faite à la ligne, ce qui explique la nécessité d'un personnel nombreux. Les cargaisons étaient débarquées au moyen de petits canots dans les criques situées sur tout le pourtour de la presqu'île. On les hissait ensuite sur les falaises où s'opérait le séchage à l'air libre, dans des endroits appropriés. Les femmes et les enfants surtout étaient occupés à cette besogne. H. Le Carguet, clans un article sur La morue du Raz de Fontenoy, inséré dans le Bulletin de la Société archéologique du Finistère en 1910, a raconté, d'après des traditions recueillies principalement à Plogoff, comment se faisait le séchage des poissons. Selon lui, les merlus et. les lieux étaient étendus après désarêtage, sur les gaIets et les roches. Quant aux congres, on les suspendait à des traverses posées sur des chevalets. La préparation terminée, les stocks étaient transportés à Audierne pour être exportés.

 

D'après les fermiers du droit de pêcherie, au milieu du XVIe siècle, chaque bateau prenait chaque année trois ou quatre cents merlus qui se vendaient communément de 40 à 45 livres monnaie la pipe de 400 poissons. Pour les 90 bateaux du Cap-Sizun, l'apport était donc de 27 à 36.000, soit une moyenne de 31.500. Ce total représente. en chiffres ronds, 80 pipes, dont la valeur globale atteignait la somme de 3.200 à 3.600 livres annuellement. La part de chaque bateau était de 35 à 40 livres. Nous ignorons de quelle manière s'opérait la répartition entre les membres de l'équipage.

La modicité de la somme revenant à chaque bateau ne doit pas faire illusion: "il faut se souvenir que la livre, au milieu du XVIe siècle, valait au moins 25 à 30 francs de notre monnaie d'avant la guerre de 1914. Essayer d'en évaluer l'équivalence en monnaie actuelle serait une vraie chimère!

La campagne de pêche ne durait que trois mois et demi à quatre mois, pendant les huit autres mois de l'année, les capitaines frétaient leurs navires avec leurs équipages aux négociants pour le transport de marchandises. Ils se rendaient ainsi à Bordeaux et à La Rochelle, en Angleterre et en Flandre et dans les ports de la Normandie, de la Picardie et des côtes de Bretagne. Cette navigation leur rapportait, selon un document du temps « de gros loyers à grosse estimation ». De plus, ajoute le même document dans l'intervalle des voyages, les équipages « ont grands labourages fertilz de quoy ilz ont 1a plurpart de leurs victuailles et pourvisions et ne poyent nulz fouages ».

Ainsi les habitants du Cap-Sizun étaient à cette époque tantôt pêcheurs, tantôt marins de commerce et tantôt cultivateurs. Cette diversité de profession les rapproche beaucoup des modernes pêcheurs-laboureurs de quelques villages du pays.

Les fermiers du droit de pêcherie affirment, sans doute avec un peu d'exagération, qu'il sortait du port d'Audierne, à chaque marée « vingt navires grands à husne, vingt autres petits navires et cent escaffes et bateaux pour suyvir le trafficque de martchandise à vandange et autre ; quels navires, escaffes et bateaux et leurs marchandises, scavoir: poesson, olones, bledz, suyffis, toeI1es, bestes, or et argent, pour chercher les d. navires, valent plus de quatre vingt mille livres, pour lestandue de sept ou ouict parroesses et est ledit terrouer le plus riche des terrouers de toute la Basse Bretagne en l'oree de la mer ».

Cette activité commerciale fut cependant contrariée à diverses époques par les guerres et les pirates de la mer. En 1509, les pêcheurs cessèrent de sortir par crainte des ennemis et les fermiers ne purent lever les droits. En 1594, Guillaume Huet, sieur de la Villerouault, la malheureuse victime de La Fontenelle à Pont-Croix en 1595, avait pris à ferme les droits de pêcheries et de sécheries du Cap-Sizun. Les fermiers généraux durent renoncer à toute recherche, sa succession ayant été déclarée en « abandonnement ». Ils se retournèrent alors vers les pêcheurs. Le 16 septembre 1597, un accord fut conclu entre les délégués des six paroisses du Cap-Sizun et le receveur du comte de Penthièvre, par lequel les pêcheurs acceptèrent de verser une somme de 400 livres à répartir dans les conditions suivantes: Esquibien 112 livres; Cleden 112 livres; Plogoff 65; Primelin 65; Goulien 75 et Beuzec 50. L'accord fut signé au nom des Capistes par Alain de Clisson, Saludem, Rospiec , Claude Autret, Kerguelen et Rospiec.

La pêche et la navigation reprirent cependant un peu d'activité après la Ligue. Au début du XVIIe siècle, plusieurs bateaux se rendirent au banc de Terre-Neuve pour pêcher la morue, mais au retour, deux ou trois furent pris par les Rochellois, et les autres cessèrent de traverser l'Atlantique.

L'ère si florissante de la grande pêche et de la grande navigation était désormais close. Cependant des marins de l'île de Sein et de Plogoff se livraient encore, au commencement du XVIIIe siècle, à la capture du congre, si nous en croyons un document de la Chambre de commerce de Nantes de 1715: « Il se fait dans l'Ile des Saints et Bec du Raz, dans la commune de Plogoff, une pêche de congres que l'on fait sécher avant de les charger pour Bordeaux qui est le lieu où on les envoie ordinairement. Cette pêche se fait à la ligne, et on estime qu'on peut tirer chacun an de ces deux endroits là environ de soixante milliers pesant de ce poisson sec dont le cent pesant a esté vendu cette année 27 livres, et vaut communément 20 et 21 livres. » Le rapport annuel moyen de cette industrie se chiffrait donc à 1.200 livres, ce qui représentait encore un gain très appréciable.

Les navires.

Quel genre de bâtiments servaient aux marins du Cap Sizun pour la pêche et le cabotage? Nous n'avons malheureusement aucune précision à ce sujet. Il a été question plus haut de grands bateaux à hune, de navires plus petits et d'escaffes, sans indications sur leur tonnage. Nous pensons que leur capacité devait être comprise entre 50 et 200 tonneaux ( Antoine Dupuy, dans l'Histoire de la réunion de la Bretagne à la France, t. II, p. 352, dit bien : « en général, les marins bretons n'emploient que des navires de 25 à 250 tonneaux » ), peut-être davantage, si nous envisageons leur prix de revient. Des renseignements très précis nous sont fournis sur la valeur de certains navires, par le testament de sire Claude Pennamen, époux de Jeanne Le Bourdon, de Lesanquel, en Cleden, qui dicta ses dernières volontés le 4 juin 1617. Après. avoir légué 32 sols à l'église paroissiale, 16 sols à chacune des chapelles et 16 sols à l'église de « Monsieur Saint Jacques de Galice », il ordonne d'acheter une chasuble avec son étole pour aider à accroître les ornements, fait don de 20 rases de froment pour l'entretien du luminaire et d'une somme de 16 sols aux prêtres et chapelains de la paroisse pour célébrer un obit chaque année.

Il déclare ensuite qu'il possède « Un douzième du navire où est maître après Dieu siore Yves Kerloc'h de

Kerléau, valant 2.400 livres; un vingtième du navire où est maître après Dieu sire Pierre Evenou, valant 2.259 livres; un vingtième du navire où est maître après Dieu sire Cleden Ourcun, valant 1.900 livres; un dix-huitième de la barque commandée par Simon Floch, valant· 1.950 livres, et qu'il a avancé à sire Allain Le Bourdon la somme de 90 livres pour avoir une portion dans la barque qu'il fait faire à Plogastel » (Plougastel). Ainsi la somme nécessaire à la construction des navires était réunie par actions; les bâtiments devenaient donc une propriété collective. Les fonds étaient probablement fournis, non par les pêcheurs, mais par les marchands ou négociants qui devaient prélever une notable partie des bénéfices. Si nous considérons le montant de chacune des parts de Claude Pennamen, nous voyons que la valeur des navires - construction et armement compris évidemment - s'élevait entre 28.000 et 45.000 livres en chiffres ronds. Ces prix devaient représenter, croyons-nous, un tonnage supérieur à 200 tonneaux. Le Cap-Sizun ne fournissait pas seulement les capitaines et les équipages des bateaux, mais les marchands qui s'établirent à Audierne à la fin du XVIe siècle, en étaient également originaires. Les contribuables qui sont portés pour plus de 40 sous au rôle des fouages d'Audierne en 1616: les Le Gouil, Arhan, Deuffic, Hervichon, Le Priser, Michelet, sont tous venus de la presqu'île. Parmi les 165 imposés on remarque seulement deux ou trois étrangers à la région .

Ainsi, les marchands qui furent les pionniers du développements commercial d'Audierne étaient des Capistes Leurs descendants possédaient, au début du XVIIe siècle des fortunes considérables."

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SOURCES ET LIENS.

— BERNARD (Daniel), 1950 et 1951 , Cléden-Cap-Sizun, Bulletin de la Société archéologique du Finistère LXXVI pages 58-181., tome LXXVII pages 35 à 108. 

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin/annee_1950.html

 

— BONNET (Philippe), 2003, Quimper, la cathédrale . "La tour de Saint-Budoc à Beuzec-Cap-Sizun, datée de 1552 sur sa face sud, possède elle-aussi à la base de sa flèche une galerie ajourée à double balustrade imitée de Saint-Corentin de Quimper. à la À l'église voisine Saint-Clet de Cléden-Cap-Sizun, dont la façade ouest portait naguère la date 1561, on retrouve une galerie identique, mais en léger encorbellement, une flèche à hauts gables ajourés et clochetons d'angle ouvragés. "

— BONNET (Philippe), 2013, Saint-Corentin et le développement du style gothique en Bretagne, in Quimper, la grâce d'une cathédrale, ed. La Nuée Bleue, Strasbourg, pages 151-163.

 — DUCOURET (Jean-Pierre), SERRE (Fabien), 1983, Dossier IA00006164 de l'Inventaire Général.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-clet-cleden-cap-sizun/dd3b899e-5aac-4d7a-8049-d54b6aad0d35

 

 

 

— LEGRAND (René), 1957 Congrès archéologique de France pp 50-52.

— PETIT PATRIMOINE

https://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=29028_2

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L'église paroissiale est placée de l'église, au milieu du bourg. Jusqu'au milieu du 17e siècle elle était dédiée à Saint Cléden. Aujourd'hui c'est à Saint Clet dont la statue figure sur la façade ouest.
Sa construction s'est déroulée en plusieurs époques. Le porche sud, voûté sur croisée d'ogives, et le clocher sont du 16e siècle. Le clocher évoque celui de Pont-Croix avec sa galerie ajourée à 2 balustrades, sa flèche à hauts gables ajourés et ses 4 clochetons d'angle ouvragés. Il a été conforté en 1799 et en 1878.
La façade ouest montre un faux gâble très aigu et date de 1561. Les 6 niches du porche sud sont vides. La porte est en anse de panier.
L'édifice d'aujourd'hui se compose d'une nef de 3 travées avec bas-côtés et d'une travée plus grande avec des chapelles latérales formant un faux transept. Les 4 piliers quadrilobés soutenant ces grandes arcades datent du 14e siècle.

— PEYRON, Paul, ABGRALL, Jean-Marie. 1919 Diocèse de Quimper et de Léon. Notices sur les paroisses. Bulletin diocésain d'Histoire et d'Archéologie. Quimper, 1919.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/499ce3755d44a6635b80b74b1a5aa81c.pdf

 

"Certaines parties de l'église sont de date très ancienne ; dans le chœur on voit deux piles romanes composées de quatre colonnettes, avec chapiteaux cubiques arrondis semblables à ceux de Pont-Croix, et par conséquent remontant au xii6 siècle. Les arcades de l'intérieur, ainsi qu'une grande partie des murs extérieurs, ont dû être refaites dans le cours du XVIII0 siècle ; l'une des piles du  Nord porte la date de 1751, et au-dessus de la porte latérale Nord on lit cette inscription : V : D : M ; A : JANNIC : RR : 1772 La façade Ouest est en bon style flamboyant des premières années du xvie siècle. La porte est encadrée de guirlandes feuillagées, et au dessus sont deux panneaux carrés dont l'un contient une sculpture représentant un bateau de pêche et l'autre une inscription en lettres romaines toute rongée. Le clocher est de construction très curieuse ; on a voulu y imiter en petit le clocher de Pont-Croix ; au-dessus d'une première balustrade en quatrefeuilles est une galerie à baies allongées, entourant la chambre des cloches; puis vient une autre balustrade flamboyante d'où émerge une flèche élégante accompagnée de quatre beaux clochetons gothiques. Mais ce qu'il y a de plus remarquable dans cette église c'est le porche Midi. L'arcade principale a un petit tympan découpé à jour et est entourée de moulures et de feuilles sculptées. Un premier rampant appliqué- garni de crossettes, est porté sur deux anges cariatides qui tiennent des banderoles sur lesquelles on lit : AVE . MARIA et PAX . VOBIS. Un second rampant ajouré en balustrade couronne le fronton sur lequel sont sculptés deux bateaux avec leurs mâts et leur équipage. Les contreforts qui appuient les angles sont garnis de six niches et couronnés de clochetons. A l'intérieur sont six autres niches soutenues par un bandeau formé de monstres bizarres : lions accouplés, bélier, dragons, lapins, lézards, bonshommes de toutes sortes. Le 27 Juin 1635, un procès-verbal est dressé à la demande de Nicolas de Ploeuc, des prééminences auxquelles il a droit dans l'église de Cléden, à cause de sa seigneurie de Kerharo. Il est constaté qu'au milieu du chœur se voit une tombe élevée d'un pied et demi avec « la représentation empreinte d'un gendarme portant sur l'estomac un écusson auquel est gravé la figure d'une rencontre de cerf avec une très ancienne inscription en caractères gothiques : HlC . JACET . ALLANVS . SALVDEM . MILES . DECESSIT , ANNO . DOMINI . 1274 , le parsus de la dite inscription malaisée à lire en raison de son antiquité ». Le même écusson se retrouve à la maîtresse-vitre et aux vitres des chapelles de Sainte-Barbe (côté Nord) et de Sainte-Katerine, et au pignon extérieur des fenêtres des dites chapelles, ainsi qu'au portail des, fonts baptismaux. En 1694, Jean de Tréanna rend aveu pour prééminences qu'il possède dans la chapelle Saint-Michel, au côté Midi de l'église de Cléden (E. 120)."

— SAMSON (Daniel), 1973, Les ex-voto marins de Cornouailles, Bulletin Société archéologique du Finistère pages 385-386.

 

—  TOSCER (C.), 1973, Dossier  de l'Inventaire Général.

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00006164_01.pdf

 

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Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes
17 mars 2020 2 17 /03 /mars /2020 20:32

Le calvaire (Roland Doré, 1655 ?) de la chapelle Saint-Vendal de Douarnenez : de nouvelles photos.

 

 

Suite de :

Le calvaire (Roland Doré, 1655) de la chapelle Saint-Vendal de Douarnenez (quartier de Pouldavid).

 

Dans mon article précédent, mes photos avaient été prises en été, sous la frondaison des arbres du placître, ombrant et teintant de vert la pierre du calvaire, une kersantite grise.

J'y retourne à la fin de l'hiver, le 16 mars, alors que les jeunes feuilles sont à peine naissantes. C'est une fin d'après-midi, et le beau soleil qui décline éclaire mieux la face occidentale du calvaire.

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Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

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Mon premier souci est d'examiner les quatre faces du socle, certaines en lumière rasante. Je n'y trouve aucune trace de la datation de 1655 (Castel, schéma à l'appui) ou de 1665 (Couffon).

Mon attention se porte ensuite sur l'inscription du fût. Je lis bien "I LE BIAN", comme cela avait été rapporté.

Voici déjà ces photos.

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Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

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Ces devoirs accomplis, je me fais plaisir en admirant le kersanton qui blondit sous les caresses du soleil. La face ouest se présente mieux qu'en été.

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Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

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Saint Jean.

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Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

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Ces dévotions faites, je passe ensuite du coté est, actuellement à l'ombre, car je veux vérifier que la forme visible au pied de "saint Corentin " est bien un poisson. Affirmatif. Cette fois, je le vois, et je le dessine.

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Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1655?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

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Qu'avais-je d'autre à faire ? Ah oui, photographier la face nord de l'église, à l'ombre lors de ma visite à la méridienne. Incorrigible, je ne peux m'empêcher de photographier les inscriptions, notamment celle de la sacristie qui m'avait échappée.

Je complète ainsi l'article  La chapelle Saint-Vendal (1591-0604) de Douarnenez (quartier de Pouldavid) .

 

 

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Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

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J'avais lu sur le bloc de gauche RE: CTOR ou plutôt LE/TOR et sur le bloc de droite : IAC : BERE/GAR :F : 1591, soit "Jacques Beregar, fabricien en 1591".

Le bloc de gauche est en fait brisé, nous n'avons que l'extrémité de l'inscription : HE (ou IE) et, en dessous : TOR.

Le bloc de droite porte bien IAC : BERE/GAR :F : 1591, mais j'apprécie mieux cette fois les fûts perlés, le A à traverse sur l'apex et le E à double demi-cercle.

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Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

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Sur l'auvent, mais toujours peu distincte (au XIXe, on ne savait plus l'art des belles lettres lapidaires) : VR ?] FROMENTIN, RECTEUR.

 

Yves ou Yves-Bernard FROMENTIN,  recteur de Pouldergat de 1860 à 1896, originaire de Scaër et né en 1822, succède à Jean LE ROUX.

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Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

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Sur la sacristie, l'inscription qui m'avait échappé dit M. QUIDEAU. TRÉR

Le nom est attesté à Pouldergat comme à Pouldavid.

Un QUIDEAU, sans doute le même, est trésorier en 1858 lors de délibération du Conseil municipal de Pouldergat contre la mendicité. En 1864, il est adjoint au maire Mr Gouzil.

Il s'agit d'Yves QUIDEAU, né en 1820, demeurant à Dinaou, bourg de Pouldergat.

Source : Jean-René PERROT :

https://douarou.com/wp-content/uploads/2020/01/Mendicit%C3%A9-Pouldergat-1858.pdf

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Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

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Sur le chevet :

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Le calvaire de la chapelle Saint-Vendal de Douarnenez : de nouvelles photos.

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J'avais lu et écrit :

IO: BESCO/ND RECT:--

Soit "Joseph Bescond Recteur", suivi peut-être des chiffres 61. le mot RECT est incertain, (peut-être PRET), mais la lecture de René Couffon  "IO. BESCOND. FAB. 1591 (ou 1607 ?)" n'est pas confirmée.

Notez le N rétrograde.

Je ne trouve aucun recteur, aucun prêtre ni même aucun Joseph Bescond à Pouldergat au XVIe ou XVIIe. Vers 1681, selon les archives paroissiales de Pouldergat, Henry Bescond habitait le village de Kervarlé Creis,  Jean Le Bescond celui  de Lannogat et un autre  Jean Le Bescond occupait le village de Botcarn, Jacques Le Bescond celui de Lesneven 

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Aujourd'hui, malgré l'éclairage toujours inadéquat, je peux lire de manière fiable : IO : BESCOND : FAB : 1561.

Si cette date était confirmée par mes pairs, cela remettrait en question la datation de la chapelle en en avançant le début de 30 ans...

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Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

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Puisque je passe devant l'élévation sud, je reprends les vues des inscriptions de la porte. Rien de nouveau.

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Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

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Avant de partir, je veux revoir la pierre du pilier droit de l'entrée du placître. Il m'apparaît qu'elle a été posée à l'envers. Elle associe deux lignes, la première en lettres de grande taille. Je peux distinguer avec une quasi certitude la première lettre H suivie de deux-points, et la fin de cette ligne -RRE:T. Puis, sur la ligne suivante, FABR. C'est le nom d'un fabricien, ça c'est sûr. Et qui restera anonyme, même si c'était peut-être un LE BERRE.

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Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

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Il est 18h 45. Le soleil va disparaître derrière la colline. C'est l'heure poignante : un dernier cliché.

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Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1555?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

Calvaire (kersantite, Roland Doré, 1555?), chapelle Saint-Vendal. Photo lavieb-aile mars 2020.

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Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Chapelles bretonnes. Inscriptions
17 mars 2020 2 17 /03 /mars /2020 17:25

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Les hommes avaient perdu le goût
De vivre, et se foutaient de tout
Leurs mères, leurs frangins, leurs nanas
Pour eux c´était qu´du cinéma
Le ciel redevenait sauvage,
Le béton bouffait l´paysage... d'alors

Les loups regardent vers Paris.
Et v´là qu´il fit un rude hiver
Cent congestions en fait divers
Volets clos, on claquait des dents
Même dans les beaux arrondissements
Et personne n´osait plus le soir
Affronter la neige des boulevards... alors
Des loups ououh! ououououh!
Des loups sont entrés dans Paris
..
Dans ce foutu pays de France
Jusqu´à c´que les hommes aient retrouvé
L´amour et la fraternité.... alors
...
J´aime ton rire, charmante Elvire
Les loups sont sortis de Paris
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Published by jean-yves cordier
17 mars 2020 2 17 /03 /mars /2020 11:22

J'ai prononcé, en 2009, les vœux suivants : butiner Beauté, et envoyer mes pots de miels à tous ceux qui en voudraient.

C'est ainsi que je me suis imposé une sévère et toute monastique réclusion.

Rien ne change donc, et mes ruches sont fructueuses, car Beauté n'est pas un amour de loing. Tant s'en faut : elle est toute proche pour ceux qui la courtisent...

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Alors, j'emprunte cette image à Alexane Trubert : ôter l'auréole, et vous avez mon autoportrait.

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Bibliothèque et archives du château de Chantilly, ms. 14 (1353)

Bibliothèque et archives du château de Chantilly, ms. 14 (1353)

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Published by jean-yves cordier
15 mars 2020 7 15 /03 /mars /2020 22:48

Les sablières (vers 1555) de l'église Sainte-Pitère de Le Tréhou . II. La scène de labour. Chapelle latérale sud.

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Voir sur l'église de Le Tréhou :

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—Sur  les sablières bretonnes : 

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Chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Parmi les sept sablières sculptées de l'église Sainte-Pitère du Tréhou, datant de 1555 environ, se trouve, dans la chapelle latérale sud, en face du retable, une pièce de bois représentant une scène de labour.

Cette dernière nécessite d'être montrée (c'est mon premier but), d'être décrite et analysée (mon deuxième but) avant d'être interprétée ou même comprise. Mais dans cette triple démarche, il est nécessaire de savoir que quatre scènes similaires, mais non identiques, ont été sculptées vers la même époque sur les sablières de Sainte-Marie-du Ménez-Hom,  Bodilis, La Roche-Maurice, La Martyre et Pleyben. Les six paroisses se placent sur une ligne nord-sud de 60 km dans le Léon et la Cornouaille. 

Dans cette paroisse qui doit sa richesse au commerce de la toile de lin, il serait logique d'y voir une expression du désir des habitants de témoigner de leur activité agricole. Cela va s'avérer plus compliqué.

La scène elle même est encadrée à sa gauche par  un masque de profil avec des tiges de fleurs et feuillages partant de sa bouche, puis un blochet (un ange présentant un phylactère muet). À sa droite, elle se termine contre un blochet d'angle représentant saint Augustin évêque d'Hippone. Je pars du postulat que ces éléments restent étrangers  à cette scène du labour et je ne m'y attarde pas.

Voici la vue générale des deux pièces de bois de la sablière S1 :

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Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le semeur.

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A gauche, contre le blochet, un homme — un paysan — se tient de face, bras écartés. La main droite est posée sur un sac aussi haut que lui, et la main gauche tient un panier muni d'une barre servant de poignée.

Sophie  Duhem y voit "un paysan [qui] sème des graines au Tréhou, derrière la charrue qu'entraîne le laboureur" (Duhem p.238) mais je ne retrouve pas ici le geste du semeur. 

Il est vêtu d'une tunique ou veste (chupenn) rouge plissée sous la ceinture de cuir et de chausses blanches; ses cheveux sont serrés par un bandeau (ou recouverts d'un bonnet court).

Faut-il l'intégrer à la scène du labour ? Sans-doute.

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Le geste du semeur de lin est présenté à Quintin  le 3 mai 2017 :

"Les semailles du lin, grand rendez-vous des amoureux de la petite graine, se sont déroulées samedi matin, au parc de Roz-Maria. Sur la parcelle au sol extrêmement bien travaillé, sur une terre la plus fine, la plus souple et la plus moelleuse possible, Maurice Le Dourneuf a multiplié les lancers de poignées de graines. L'ancien veille au grain et connaît la coutume qui dit que pour que « la plante se tienne bien droite, soit vigoureuse et soit dotée d'une belle filasse, il faut que neuf graines puissent tenir dans le sabot d'un cheval ». Le lin qui fait son lit dès la première nuit, est une plante à croissance rapide, reste trois mois en terre, grandit vite et a la taille d'un doigt au bout d'un mois. La future plante est exigeante et sera sans éclat si on ne l'installe pas entre le 25 et 30 avril. En cette période de lune rousse, de saints chevaliers et de dernières gelées printanières, la semaille a bénéficié d'une fenêtre météo idéale, le lopin sera séduisant après la Saint-Pierre, au moment de la floraison. "
© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/quintin/maurice-le-dourneuf-le-semeur-de-roz-maria-03-05-2017-11497530.php#7zeiuMyeU0tAvDDp.99

"Pour Maurice Le Dourneuf, un mode de semailles ancestral, le plus simple qui soit, non pas en ligne et à demeure, mais à la volée par passées parallèles en un long geste circulaire."
© Le Télégrammehttp://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/quintin/maurice-le-dourneuf-le-semeur-de-roz-maria-03-05-2017-11497530.php#7zeiuMyeU0tAvDDp.99

 

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Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La scène de labour.

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La culture des céréales se faisait au moyen d'instruments spécifiques préparant le sol avant d'y enfouir la graine . La première étape, celle de la préparation du sol, diffère peu selon la nature des cultures céréalières, seigle, épeautre , etc. , mais elle est fondamentale . Pour les petites surfaces cette préparation du sol s'effectuait avec des outils manuels, bêche , houe , et pour les autres avec des instruments aratoires tractés par l'animal, il s'agit alors de l'araire et de la charrue.

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Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le laboureur et sa charrue.

Le laboureur est penché en avant, un genou fléchi ; cette posture évoque l'effort exercé sur les manches de l'outil mais répond aussi aux exigences techniques d'une figuration sur une poutre étroite.

Il est vêtu d'une tunique courte, peinte ici en rouge, plissée dans sa moitié inférieure au dessous d'une ceinture jaune .  Il porte un bonnet sans bords, très court au dessus de cheveux mi-longs. Ses jambes sont couverts par des bas-de-chausses, et le bas des jambes ainsi que les chaussures ne sont pas visibles puisque la partie basse de la sablière n'est pas conservée.

Il tient, par une prise manuelle inversée, les deux mancherons, dont l'écartement est maintenu par une traverse.

 

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Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La charrue

 

 

 

 

Une charrue se distingue de l'araire par la présence d'un versoir, présence dont nous ne pouvons nous assurer ici. Le versoir est une pièce en bois, à l'origine placée d'un seul côté du soc, qui retourne la terre soulevée par celui-ci. Ce retournement ramène à la surface les couches profondes du sol et l'aère . Il enfouit en même temps la partie supérieure envahie de mauvaises herbes. C'est donc la présence ou non d'un versoir qui permet de distinguer les deux instruments et de connaître le degré de préparation du sol. Le coutre est pratiquement obligatoire dans le cas d'une charrue où sa fracture permet de bien séparer la partie du sol qui doit être retournée . La charrue est donc un instrument de travail dissymétrique , c'est la différence essentielle. Elle est généralement munie d'avant-train à roues car cela facilite le travail en donnant plus de possibilités, mais cela n'est pas obligatoire .

Il pourrait s'agir d'un "araire à avant-train à roues". La précision de la pièce sculptée est néanmoins suffisante pour reconnaître les mancherons et le timon.  Ce timon est percé de trous et, pour le raccourcir, on modifie l'emplacement de la cheville de traction dans ces trous. Sur cette cheville est accroché un cordage de traction qui est relié avec l'avant-train grâce à une chaîne.  La couleur bleu-métal indique   le soc ainsi que le coutre.

Rappel :

 

L'araire est composé de plusieurs éléments : le soc en métal qui ouvre le sol; le sep ou dental, pièce de bois sur laquelle est fixé le soc. Cette partie glisse généralement dans le sol;  le timon ou age , une longue tige de bois, droite ou courbe, qui assure la traction de l'ensemble , car il est relié soit au joug soit à l'avant-train; le ou les mancherons, parties en bois que le laboureur empoigne d'une ou de deux mains pour diriger l'instrument et modifier la profondeur du labour.  Il est  muni d'un coutre,  une pièce en métal en forme de couteau fixée sur le timon de telle façon que la partie coupante se trouve près du soc . Il fend la terre en deux quand celle-ci est soulevée par le soc et facilite ainsi le travail de l'araire pour certains sols;

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L'araire.

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 Le passage de l'araire à la charrue avec versoir et avant-train à roues s'est produit dans l'Europe du Sud-Est vers le VI-VIle siècle . Même si  deux instruments ont été utilisés concurremment et ensemble jusqu'au XXe siècle selon les régions et la nature des travaux, partons du postulat qu'il s'agit d'une charrue, vu l'ampleur de son attelage.

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http://histoire-geo-crecy.over-blog.com/article-la-vie-des-paysans-au-moyen-age-115255572.html

 

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Une araire : BnF Latin 14267, fol. 157, Décor marginal Petrus Lombardus (1095?-1160?). 1175-1200

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Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La suite de la charrue : l'avant-train et son timon.

 

 

Le timon repose sur un avant-train à roues, sur lequel il pivote entre deux traverses verticales. L'effort de traction des animaux s'effectue sur cet avant-train. Un "timon d'avant-train" prend la suite, et se termine par une traverse en T permettant l'attelage de la première paire de bœufs grâce à des cordages.

Ces cordages arrivent de part et d'autre de la tête des bœufs, peut-être sur un collier, bien qu'un joug ait peut-être disparu.

Ensuite, le timon se poursuit, de façon moins analysable pour moi. Il passe, par l'intermédiaire sans doute d'un très gros câble dont nous voyons les brins torsadés et le sertissage bleu-métal. Il s'articule à un joug qui accouple la deuxième paire de bœufs.

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Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Il faut étudier la charrue, mais aussi les hommes qui l'utilisent, et, pour cela, nous devons passer en revue les divers documents iconographiques. Outre le conducteur, les mains appuyées sur les mancherons, nous voyons parfois un guide, placé à coté des animaux qu'il dirige d'un fouet.

 


 

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La charrue peinte dans les Très Riches Heures du duc de Berry (1440), miniature du mois de mars, musée Condé, Chantilly, ms.65, f.3 :

 

http://fardoise.eklablog.com/la-revolution-technologique-du-moyen-age-1-le-monde-rural-a114630558

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http://books.openedition.org/pup/3503?lang=fr

 

 

Nicolas de Lyra, Postilles sur la Genèse, Italie, entre 1395 et 1402, Paris, BN. Ms. lat. 364, f° 9.

 

 

http://mandragore.bnf.fr/jsp/classementThema.jsp

 

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-BnF Français 598, fol. 11, Cérès . 1403. Giovanni Boccaccio, (Boccace (1313-1375). ) De Claris mulieribus, traduction anonyme en français Livre des femmes nobles et renommees par le Maître des cleres femmes (13..-14..). Enlumineur Maître du Couronnement de la Vierge.

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L'attelage à deux paires de bœufs , + un bœuf de tête.

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Un attelage est tiré soit par des chevaux (qui nécessitent une plantation d'avoine), soit, comme ici,  par des bœufs.

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Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La tête de l'attelage : l'accident.

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L'animal de tête (un bœuf a priori), attelé par un collier, est représenté incliné et comme soulevé tandis que ses pattes antérieures et son museau sont posés sur le bassin et le buste d'un personnage allongé, face tourné vers le haut.

Les bœufs tirent l'attelage en baisant la tête, ce qui justifie sans doute la présence d'un guide latéral ou de tête, et il est évident que celui (un valet de ferme) qui assure ce poste encoure de grands dangers. Ici, je pose l'hypothèse que l'homme a été renversé par le bœuf de tête, et qu'il a été grièvement blessé, ou qu'il a perdu la vie.

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Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Sablière S1, mur ouest de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Blochet : saint Augustin.

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Blochet de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Blochet de la chapelle latérale sud de l'église Sainte-Pitère, Le Tréhou (29). Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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DISCUSSION.
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Nous constatons le regroupement spatial  et temporel de 6 scènes de labourage sculptées sur des sablières dans le Finistère entre 1555 et 1575. Les 3 dernières sont attribuables au même artiste anonyme, désigné sous le nom de "maître de Pleyben". Les 6 paroisses sont situées en Haute-Cornouaille ou Bas-Léon, dans un rayon de 60 kms. Maps. La période correspond à l'âge d'or des Enclos Paroissiaux, âge d'or lui-même en relation avec la prospérité économique liée à la production, au tissage et et au commerce du lin et du chanvre. Les charrues sont de même type (un type qui n'a d'ailleurs connu d'évolution notable entre le Moyen-Âge et le XIXe) mais les attelages sont différents dans les 6 cas, par les animaux (chevaux ou bœufs) de trait ou par leur montage, procurant ainsi de précieuses données d'ethnologie rurale.

La raison d'être de ces scènes est, vraisemblablement, le désir des paroissiens de faire figurer leur activité et source d'enrichissement, désir accru par une émulation mimétique entre clochers.

Mais dans 3 cas (Le Tréhou, Sainte-Marie du Ménez-Hom et Pleyben), c'est un accident qui est montré, par lequel un des guides de l'attelage est écrasé par les animaux. Nous ignorons comment interpréter cela. Nous pouvons écarter l'interprétation donnée à Sainte-Marie du Ménez-Hom, certainement tardivement, et qui y voyait un miracle en lien avec le motif adjacent de cette sablière, une Fuite en Égypte. Ces trois scènes sont-elles commémoratives, soit d'un événement dramatique, soit d'une répétition locale de ce type d'accident. 

Il serait précieux de s'assurer que ce thème n'a pas été représenté ailleurs en France, sur les sablières ou sur un autre support, ou décrit dans la littérature de l'époque. 

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Récapitulatif du corpus.

a) Église du Tréhou v.1555. charrue à avant-train à roues, attelage de 2 paires de bœufs et 1 bœuf de tête, conducteur + 1 guide de tête, renversé par le bœuf.

b) Église Saint-Salomon de La Martyre (1560?).Charrue à avant-train à roues, et attelage à 2 chevaux + 2 bœufs + 2 chevaux +un maître d'attelage en tête. Pas d'accident.

L'église Saint-Salomon de La Martyre VI : les sablières (1560?).

c) église de La Roche-Maurice (vers 1560). Charrue à avant-train à roues, et attelage à 2 paires de chevaux +un maître d'attelage en tête. Pas d'accident ?.

d) Église de Bodilis. I. (Maître de Pleyben?, 1567).

Charrue à avant-train à roues, attelage à 4 chevaux. Un conducteur,1 guide de tête et un semeur en avant. Pas d'accident.

Les sablières de l'église de Bodilis. I. La scène des semailles et du labour (anonyme, 1567).

 

e) Chapelle Sainte-Marie du Ménez-Hom (Maître de Pleyben v.1575). Charrue à avant-train à roue, attelage de 4 chevaux un conducteur, 2 guides et un 3ème écrasé par l'attelage.

La charpente sculptée du collatéral nord de la chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom en Plomodiern par le Maître de Pleyben (vers 1575).

f) Église de Pleyben ( Maître de Pleyben vers 1571) : haut de la nef coté sud. Charrue à avant-train à roue, attelage à 2 chevaux en couple + 1 cheval de tête. Un conducteur + un guide latéral. Accident (emballement du cheval de tête et écrasement du guide.

La charpente sculptée de l'église de Pleyben (vers 1571) par le Maître de Pleyben : le chœur et le haut de la nef. Sablières et  blochets.

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La Martyre.Photo lavieb-aile.

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église de La Roche-Maurice. Photo lavieb-aile

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Sablières (1567) de la nef de l'église de Bodilis. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Sablières de Sainte-Marie du Ménez-Hom. Photo lavieb-aile.

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Sablière (vers 1571) du haut de nef, coté sud, de l'église de Pleyben.

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ANNEXE. 

Ma description de la sablières de Pleyben.

 La mort accidentelle du paysan écrasé par son propre attelage .

c) Le motif. Après avoir observé les sablières de la chapelle Sainte-Marie-du-Ménez-Hom (Plomodiern), il est facile de reconnaître l'épisode de la mort accidentelle du paysan écrase par son attelage, qui côtoyait, là-bas, la Fuite en Égypte.  Car la victime, étendue visage épouvanté tourné vers le ciel,  était plus facilement identifiable. Ici, c'est par analogie que l'on comprend que l'homme qui lève les bras juste derrière les chevaux a les jambes écrasées par la roue de la charrue, coincé entre le palonnier et la roue, et que son collègue assiste au drame en témoignant de son impuissance par ses bras écartés. Cet accident a peut-être été causé par l'étourderie du chef d'attelage, qui, au lieu de regarder ce qu'il fait, s'est retourné vers l'arrière pour observer dans le ciel quelque chose (mais certainement pas le blochet, qui n'appartient pas à ce récit).

L'attelage à trois chevaux  qui a été choisi associe deux chevaux de front, et le troisième devant les deux autres. Ce dernier, "qui marche dans la raie", et qui est trop éloigné pour être accessible au fouet du conducteur, n'est pas placé entre les deux chevaux noirs, mais sur le coté droit. 

Les chevaux sont attelés grâce à un collier d'épaule. Ils n'ont pas de mors.

La charrue à roue.

Les parties métalliques sont peintes en gris anthracite. La charrue se compose du "coultre tranchant" qui ouvre la terre et coupe verticalement la tranche à renverser, frayant le chemin au soc. La bande de terre est alors tranchée par l'aile du soc, qui casse les tiges, puis basculée vers la droite par le versoir. La charrue est guidée par deux mancherons (comme à Sainte-Marie-du-Ménez-Hom) ou par un seul (comme ici). Le laboureur appuie dessus pour faire pénétrer le soc. Coultre et soc sont réunis à l'age, ou perche. 

Le sillon, tranchée ouverte dans le sol par la charrue, se nomme "raie". Et on nomme "guéret" la partie non encore labourée.

 

On distingue dans l'avant-train des charrues la roue de raie et la roue de guéret . La première roulait dans la raie, la seconde sur la terre non encore fraîchement labourée, c'est-à-dire sur l'ancien guéret. 

 Il reste quelque chose à comprendre. Les trois chevaux ont au moins une patte posée sur un élément architectural polygonal grisâtre (qui n'existe pas à Plomodiern). Le cheval de tête, qui a franchi cet obstacle, s'est emballé. Le cheval noir redresse la tête et semble hennir. 

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Le chanoine Abgrall avait indiqué, dans son analyse de cette scène à Sainte-Marie-du Ménez-Hom,, placée à coté de la Fuite en Égypte,  "La tradition du pays dit que c'est la traduction d'une légende d'après laquelle ces gens, labourant leur champ, se seraient moqués de la Sainte Vierge et de saint Joseph fuyant en Égypte, et auraient été punis sur le coup et blessés par leur chevaux pris d'une terreur panique.". Mais cette explication, suscitée sans-doute a posteriori aux habitants par la proximité des deux motifs, ne tient plus à Pleyben, où la Fuite en Égypte n'est pas représentée. D'autre part, cette tradition locale n'a jamais été confirmée par une autre source. 

A défaut de comprendre avec exactitude à quel récit ou quelle fable morale fait allusion ces deux scènes, je propose d'y voir l'illustration de la "mort accidentelle", telle qu'elle peut survenir pour frapper n'importe qui, menaçant d'emporter en Enfer un paroissien  de Pleyben (en majorité des agriculteurs) s'il n'est en règle avec les exigences de l'Église. 

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SOURCES ET LIENS.

APEVE

Sablières et statues : http://www.apeve.net/spip/spip.php?article141

BASE PALISY :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Le%20Tr%e9hou&DOM=Tous&REL_SPECIFIC=3

— DUBY (Georges), 1954, La révolution agricole médiévale , Revue de géographie de Lyon  Année 1954  Volume 29  Numéro 4  pp. 361-366 

http://www.persee.fr/doc/geoca_0035-113x_1954_num_29_4_2010

"Le premier grand changement est apporté vers la fin du VIIIème siècle avec l'introduction de l'assolement triennal, en remplacement de l'assolement biennal pratiqué depuis l'Antiquité. Il fonctionne de manière collective avec l'aménagement d'un saltus – friche, terre non cultivée, réservée à l'élevage – en proximité des forêts. La terre se régénère sur une durée plus longue et est fertilisée par l'élevage. Associée à la charrue, qui apparaît vers la même période, le défrichement va connaître un essor sans précédant à la période carolingienne. Son usage est attesté dès le Ve siècle, mais c'est avec la révolution agraire qu'elle va vraiment se répandre dans toute l'Europe. Contrairement à l'araire qui ne fait que scarifier la terre, la charrue est munie d'un versoir latéral qui rejette la terre, la retournant et créant ainsi un sillon plus profond. Associée à l'utilisation du fumier, elle va permettre de réellement augmenter le rendement. Le joug réservé aux seules bêtes à cornes depuis l'Antiquité, va être adapté ainsi au cheval et l'attelage a évolué progressivement depuis la fin de l'Empire romain." (blog Les dits de Fardoise http://fardoise.eklablog.com/la-revolution-technologique-du-moyen-age-1-le-monde-rural-a114630558)

 

COUFFON (René) 1988, .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/56a53f3ee05cfb4060f6a6fa70341225.pdf

DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.), Presses universitaires de Rennes, 1997 - 385 pages, pages 169, 220, 231 à 236, etc.

 

"Le corpus rend compte du grand changement qui s'opère dans l'habillement autour du second quart du XVIe siècle. Jusqu'à cette époque, les vêtements portés sont conformes aux modèles de la garde-robe bas-médiévale européenne.

Le vêtement que porte l'homme du peuple à la fin du Moyen Âge est assez stéréotypé : il s'agit presque toujours d'une chemise ou jaque à manches longues, portée assez près du corps, fermé sur le devant par de gros boutons : ces derniers sont représentés avec précision par Jean Jouhaff à Trédrez, et remplacés à Grâces-Guingamp (1506) par un système de lacets croisés. Cette chemise, en général retenue à la taille par une ceinture (à La Martyre, Plougras, Le Quillio, Trémel (Ch. De Locquéméau), entre autres exemples) où sont parfois glissés des objets  (à Clohars-Fouesnant, La Roche-Maurice, Le Quilio), est portée sur une culotte serrée ou sur des collants « bas-de-chausses ».

Plusieurs modèles de chaussures apparaissent sur les décors. A Morlaix, un homme est chaussé de bootillons noués sur la cheville par des lacets, à Loc-Envel, un autre porte des souliers ouverts retenus par une bride passée sur le coup de pied, à Guimaëc, La Martyre et Ploërmel, les personnages ont des bottes hautes, dont l'usage était sans-doute plus fréquent chez les paysans aisés.

Chapeaux, bonnets, ceintures et chaussures sont les rares accessoires représentés sur les décors, en plus de deux exceptionnelles paires de lunettes sculptées sur les sablières conservées au Musée Dobrée à Nantes, et dans l'église de Loguivy-Plougras.

La plupart des individus sont coiffés de chapeaux à bords relevés, les autres de chaperons dont l'usage semble tardif comme en témoignent les petits pêcheurs des sablières de la chapelle Saint-Trémeur à Cléden-Cap-Sizun (1554) et le laboureur de l'église de Bodilis (1567). Nous n'avons d'ailleurs pas noté de changement notable dans cette tenue « de base » parfaitement adaptée aux travaux manuels et utilisée semble-t-il sans interruption jusqu'à la fin du XVIe siècle.

Un autre type de vêtement apparaît sur les frises, dont l'emploi paraît aussi répandu que celui de la précédente tenue. Plusieurs personnages portent une tunique longue, ou robe courte, serrée à la taille par une ceinture. Quelques exemples ont été relevés sur des reliefs bas-médiévaux, et sur plusieurs sablières datées du XVIe siècle, voire plus tardives : les hommes vêtus de la sorte sont des paysans ou des laboureurs sur les poutres de La oche-Maurice, du Tréhou, de Guengatet de Magoar, et des musiciens, à Callac, Pluméliau et Cléguérec.

Alors que le vêtement populaire, la « tenue de travail », ne semble pas connaître de grands changement d'aspect jusqu'à la fin du XVIe siècle, les vêtements portés par les représentants des classes privilégiées sont, au contraire, plus variés." S. Duhem 1997 Page 233-234 :

 

ENLUMINURES : labour à la charrue ; labour et semailles

a) Sur Mandragore :

-Français 138, fol. 13, Jason semant les dents du dragon

-Français 331, fol. 106v, Jason semant les dents du dragon

-BnF Français 598, fol. 11, Cérès . 1403. Giovanni Boccaccio, (Boccace (1313-1375). ) De Claris mulieribus, traduction anonyme en français Livre des femmes nobles et renommees par le Maître des cleres femmes (13..-14..). Enlumineur Maître du Couronnement de la Vierge.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84521932/f32.item.zoom

-Français 1630, fol. 42, Renart et le laboureur

-Français 1630, fol. 42v, Renart labourant

-Français 12420, fol. 12, Cérès

-Français 12420, fol. 12, Cérès

-BnF Latin 14267, fol. 157, Décor marginal Petrus Lombardus (1095?-1160?). 1175-1200

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8541007m/f315.image

-BnF Latin 15675, fol. 3v, Massacre des serviteurs de Job

-Néerlandais 1, fol. 116v, Boèce et les paysans

 

b) sur Enluminures :

http://www.enluminures.culture.fr/public/mistral/enlumine_fr?ACTION=RETROUVER_TITLE&LEVEL=1&GRP=0&REQ=%28%28LABOUR%20A%20LA%20CHARRUE%29%20%3aSUJET%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&FIELD_2=SUJET&VALUE_2=LABOUR%20A%20LA%20CHARRUE&SYN=1&IMAGE_ONLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=100&DOM=All

http://www.enluminures.culture.fr/public/mistral/enlumine_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_2=SUJET&VALUE_2=%27LABOUR%20ET%20SEMAILLES%27

CORROZET (Gilles), (1510-1568) Ung laboureur son lin semoit.:

 http://www.ruedesfables.net/de-lhirondelle-des-autres-oiseaux/

— CAHIERS LORRAINS, 1994, no 1 Mars Cahiers lorrains Archéologie et ethnologie le soc d'araire gallo-romain de tarquimpol réexaminé. 

http://documents.irevues.inist.fr/bitstream/handle/2042/43284/CL_1994_1_3.pdf?sequence=1

 

— LALAUSE(de), 1784, Cours complet d’agriculture, Hôtel Serpente, 1784 (Tome troisième, p. 51-144).

https://fr.wikisource.org/wiki/Cours_d%E2%80%99agriculture_(Rozier)/CHARRUE

 

— LE LIN COTÉ NATURE :

https://www.lelin-cotenature.fr/FR/La-Bretagne-cultive-le-passe-et-prepare-l-avenir-110.html

 

—POLGE (Henri), 1967, L'amélioration de l'attelage a-t-elle réellement fait reculer le servage ? Journal des Savants  Année 1967  1  pp. 5-42 Fait partie d'un numéro thématique : Janvier-Mars 1967

https://www.persee.fr/doc/jds_0021-8103_1967_num_1_1_1144

"Tout charroi animal suppose en tout temps et en tout lieu :

1° une surface ou un périmètre de déplacement, exploitation agricole, carrière de marbre, cirque, rue, route x, etc. ;

2° une, deux ou plusieurs bêtes de trait, habituellement des solipèdes ou des bovidés, plus rarement des cervidés ou des caméliens, des chiens, etc. Animaux qui diffèrent entre eux par leurs aptitudes naturelles et aussi, le cas échéant, par l'idée que l'on s'en fait ;

3° un dispositif d'attelage (attache des animaux et attache du véhicule) ;

4° une, deux, trois ou quatre roues, exceptionnellement plus, et une charge plus ou moins bien disposée par rapport à elles ;

5° un, deux ou plusieurs véhicules (train) qui diffèrent de construction selon les époques et de conception selon les usages auxquels on les destine ;

6° un, deux ou plusieurs conducteurs qui ont pour mission de stimuler, de guider, de freiner et d'arrêter le véhicule, soit qu'ils marchent à côté (petites vitesses), soit qu'ils se fassent porter (plus grandes vitesses) ;

7° un dispositif de freinage permettant d'agir soit sur les bêtes de trait, soit sur la voiture, soit sur les deux à la fois ;

8° éventuellement des accessoires divers, actifs (comme un tortoir) ou passifs (comme un marche-pied, un porte-fainéant, un siège, etc.).

Pour tendre les traits, le bœuf baisse la tête ; s'il sent une résistance accrue, il appelle sur son avant-train la majeure partie de sa masse tandis que son train postérieur ne sert qu'à donner au corps l'impulsion progressive (en marche arrière il est mal à l'aise) ; au contraire le cheval emploie sa force musculaire à s'appuyer plus ou moins fortement sur la bricole ou le collier au point qu'il tombe en avant si les traits viennent à se rompre. Il s'appuie sur les pieds de devant, mais plus fortement encore sur ceux de derrière, si bien qu'à la limite de son effort les pieds de devant touchent à peine le sol et qu'il a tendance à se cabrer. Donc le joug pour le bœuf et le collier d'épaules pour le cheval semblent les instruments de tirage les mieux conditionnés.

En longueur un attelage trop étiré vire difficilement, surtout en montée, où les animaux intermédiaires, entre la tête et la queue, risquent d'être déportés sur la corde, tandis qu'en descente, sauf frein efficace agissant sur le véhicule, les bêtes de timon peuvent être amenées à bousculer les bêtes de volée "

 

TRÉPOS (Pierre), 1961, Enquêtes sur le vocabulaire breton de la ferme , Annales de Bretagne  Année 1961  Volume 68  Numéro 4  pp. 601-698

http://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1961_num_68_4_2141

 

— SOBRADO CORREA (Hortensio), 2004 " La fertilisation des terres dans la Galice de l’Ancien Régime (xviie-xixe siècle)"

https://www.cairn.info/revue-histoire-et-societes-rurales-2004-1-page-39.htm

—— WIKIPEDIA Le Tréhou

https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Tr%C3%A9hou

 

https://en.wikipedia.org/wiki/Le_Tr%C3%A9hou_Parish_close

Le Tréhou est situé dans le centre nord du département du Finistère, à l'ouest des Monts d'Arrée ; les altitudes les plus élevées se trouvent dans la partie sud-est du finage communal, atteignant 172 mètres à l'est-nord-est de Bodénan, mais descendant jusqu'à 36 mètres dans la partie aval de la vallée du fleuve côtier la Mignonne (ce cours d'eau limite au nord la commune), à l'ouest de la commune ; le bourg est vers 97 mètres d'altitude. Les vallées de la Mignonne et de plusieurs de ses petits affluents de rive gauche, notamment le ruisseau du Moulin du Pont, qui ont leur source pour la plupart dans la commune, encaissées, échancrent assez profondément le territoire communal qui est très vallonné.

Le paysage rural est traditionnellement bocager avec un habitat dispersé en hameaux et fermes isolées.

Le nom de la commune apparaît au xive siècle. Le Tréhou est probablement issu du morcellement de la paroisse de Ploudiry. Le nom de la localité est attesté sous les formes Treffou vers 1330, Trevou en 1363, Treffvou en 1446, Treffou en 1467 et 1618, Treffuou en 1481 et Le Treffvou en 1521. Le Tréhou vient du breton trevou (« la paroisse »)

La paroisse du Tréhou faisait partie de l'archidiaconé de Léon relevant de l'évêché de Léon et était sous le vocable de Sainte-Pitère, sous le patronage de Sainte Piterre. Elle avait comme trèves Tréflévénez érigée en paroisse en 1801 et Tréveur (ou Trévéreur), qu'elle a absorbée.

La culture du lin a été pendant longtemps la richesse du pays. Ce sont les juloded, paysans-marchands, producteurs du lin, qui dirigeaient la commune. Le Tréhou était au XVIIIe siècle au cœur de la zone toilière du Léon consacrée à la culture et à la transformation du lin et du chanvre : 27 kanndi y ont été dénombrés à ce jour ; selon les inventaires après décès la fréquence des métiers à tisser y était de 141,3 pour 100 inventaires, même si le lin n'y était apparemment assez peu cultivé et devait être souvent acheté ailleurs. Parmi les paysans-marchands, Guillaume Le Sanquer, de Leslurun, dont la fortune s'élève lors de son décès en 1727 à 23 738 livres selon son inventaire après décès ; celle d'un homonyme, décédé en 1733, s'élève à 27 788 livres et il donnait du travail à plusieurs tisserands.

 Repérable dès le XVe siècle, cette zone connaît son apogée au début des années 1680. Aux XVIe et XVIIIe siècles, époque des grands commerces entre la Bretagne et l’Angleterre, la Hollande, l’Espagne et l’Amérique latine, alors que toutes les voiles des bateaux sont tissées en lin et en chanvre, les toiles crées, fabriquées dans le Haut-Léon, vont bénéficier d’un quasi-monopole sur le marché européen, créant ainsi une prospérité sans égale. Elle est le fait d’une petite caste de paysans-négociants, les juloded en breton, qui commercialisent leurs toiles essentiellement vers l’Angleterre via les ports de Morlaix principalement et de Landerneau. Par exemple en 1743, Morlaix reçoit 34 197 pièces de 100 aunes (soit 122 mètres) et Landerneau 10 027 ; en 1788, Morlaix en reçoit 18555 et Landerneau 2356.

Ils exploitent aussi des fermes dont la taille moyenne est de 15 à 40 ha alors que celle des autres paysans est alors, par exemple à Ploudiry, de 7 à 8 ha.

« La quasi-totalité de la production toilière est le fait de tisserands ruraux, et surtout de paysans-tisserands. Ceux-ci venaient prendre livraison du fil chez leur paysan-marchand, et ils revenaient quelques semaines plus tard rapporter leur pièce de toile. Il fallait environ un mois pour fabriquer une pièce de 122 mètres. En 1788, la zone toilière du Léon comptait un peu plus de 400 paysans-marchands et quelque 3 000 métiers à tisser (...) [Cette zone toilière] fabrique annuellement 80 000 pièces de toile de lin, soit près de 10 000 kilomètres. »

 Les marchands toiliers constituent alors l’élite sociale de la région : les "julots" (en breton juloded), à l’imitation des marchands hollandais de Morlaix, les "Julius". Implantés uniquement dans le Léon méridional ou Haut-Léon, proche des Monts d'Arrée, cette aristocratie paysanne (on parle parfois de "demi-nobles"), pratiquaient une véritable caste à très forte endogamie et jouèrent un rôle important lors de la « Renaissance bretonne », construisant églises avec un riche mobilier, calvaires et enclos paroissiaux, y compris à Plounéour-Ménez, même si ceux de certaines paroisses voisines sont plus célèbres. Ce sont ces juloded enrichis qui ont financé la construction et la réalisation des enclos paroissiaux du Léon, manifestation la plus visible de leur prospérité.

— WIKIPEDIA : article "Julod"

https://fr.wikipedia.org/wiki/Julod

"Le lin est en Bretagne une culture de printemps, semé traditionnellement aux alentours de la Saint-Georges (23 avril) ; il fleurit aux environs de la Saint-Pierre (sa fleur, couleur bleu lavande, ne dure guère plus d'une journée) et il est prêt à être récolté vers le 14 juillet. C'est une plante qui a besoin de beaucoup d'eau pour croître et qui aime des terres légèrement acides.

1ere année sarrazin semé en juin et récolté en septembre, 2ème année seigle ou froment semé en octobre ou novembre, 3ème année avoine

Dans le Léon, au Nord-Finistère, on peut toujours découvrir des maisons buanderies (ou kanndis) qui permettaient de blanchir les écheveaux de fils de lin. Il s'agissait de petites bâtisses en matériaux locaux, schistes ou granites. Elles comportaient un bassin alimenté en eau par un ruisseau et destiné à rincer le fil blanchi. Le blanchiment du fil de lin s'opérait avec de la cendre de hêtre, dans une cuve alimentée par de l'eau chauffée à la cheminée.
Environ 50 kanndis ont été retrouvés dans le pays de Landerneau- Daoulas et certains font l’objet d’un projet de restauration.

Dans les Côtes d'Armor, de nombreux villages recèlent encore des routoirs, bassins en pierre où l'on faisait rouir le lin. Ils étaient sur le trajet d'un cours d'eau et le rouissage avait lieu à ciel ouvert. Des pierres posées sur des planches permettaient de maintenir le lin immergé. Une quinzaine de jours suffisaient pour séparer les éléments fibreux et ligneux de la plante par dissolution de la pectine.
Au 19ème siècle, près de 3000 routoirs ont été dénombrés dans la région de Lannion. Depuis 2012, l'office de tourisme de la presqu'île de Lézardrieux propose des randonnées pédestres sur une boucle de 21 routoirs à lin.

Les musées présentent également de nombreux objets liés au lin: peignes à égrener le lin, brayes à lin pour broyer manuellement les tiges, broyeurs mécaniques ou moulins flamands, rouets, métiers à tisser, presses à lin, armoires à deux battants pour conserver les biens précieux de la maison dont certaines pièces de lin.
Un patrimoine bâti est toujours présent et témoigne d'un passé actif. On peut ainsi voir dans le Trégor des moulins à teiller le long des principaux cours d'eau: le Léguer, le Jaudy, le Trieux...
Enfin, le commerce des toiles a enrichi des négociants qui ont construit de belles demeures et  contribué à la richesse du patrimoine religieux: chapelles, églises, enclos paroissiaux."

 

WIKI-BREST : Histoire de la culture du lin dans le Pays de Landerneau

http://www.wiki-brest.net/index.php/Histoire_de_la_culture_du_lin_dans_le_Pays_de_Landerneau

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
13 mars 2020 5 13 /03 /mars /2020 11:30

L'actualité m'incite à vous reproposer la lecture de cet article  du 10 octobre 2019

 

 

 Le mystère de la "Chambre des Parfums" (1722-1860) de l'île de Tatihou. Les fumigations aromatiques  utilisés par les lazarets. 

 

 

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En face de Saint-Vaast-La-Hougue, à l'extrémité nord-est du Cotentin, la petite île de Tatihou, (longue de 700 m et large de 400 m) accueille le visiteur par son insolite bateau à roulettes, qui le transporte dans le monde de l'enfance, du rêve, et du passé, comme une attraction d'un Jardin d'acclimatation.

Or, c'est précisément un jardin d'acclimatation de toutes sortes de plantes et de pins d'essences diverses qu'il va découvrir dans le Musée Maritime. Et dans ce jardin riches de plantes odoriférantes, une passionnante énigme, celle de la Chambre des Parfums. Pris dans un étrange envoûtement, il partira en rêve dans les lazarets de Marseille et de Tatihou pour conclure finalement à un bel euphémisme. "Des "parfums" ? C'était, à défaut d'être aspergé de vinaigre,  un odieux enfumage empestant l'œuf pourri, où se mêlaient les effluves de tout ce qui sentait très fort et très mauvais, pour repousser les miasmes !"

En voiture !

 

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Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.

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De vastes panneaux  permettent au touriste de mieux connaître l'histoire de l'île.

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Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.
Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.

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Il en découvre les deux pôles, soigneusement éloignés l'un de l'autre : le pôle militaire défensif à l'est avec la Tour construite en 1694 par Benjamin de Combes (après la désastreuse Bataille de la Hougue, dont il va entendre beaucoup parler), et le pôle civil et maritime de l'ancien lazaret.

 

"Afin d’éviter de propager la peste de Marseille de 1720, le Roi décide de créer un lazaret à Tatihou pour protéger le nord-ouest du Royaume, et imposer aux navires venant de la  Méditerranée des quarantaines. Dans les années 1770, il est délaissé au profit de celui du Hoc, face au Havre, mais  en 1804, les risques de propagation de la Fièvre jaune sévissant en Espagne amènent l'administration à revoir l'architecture du l'établissement. Pour réduire les risques de contamination, on construit des petits pavillons cernés par une double enceinte et finalement un hôpital. Cet ensemble sanitaire fonctionnera jusque dans les années 1860."

S'il regarde attentivement le plan qui est affiché à l'entrée de l'ancien lazaret, il voit, en 1, "deux halles pour éventer les marchandises", et "deux petits logements pour les éventeurs et gardiens".

Des "éventeurs de marchandise" ? Qu'est-ce donc là ?

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Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.

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Ces deux halles étaient situées dans l'actuel cour du Musée Maritime : le touriste questionneur obtient sa réponse :


"Dans son premier état de 1722, la cour dite ”du musée” était dénommée ”le grand enclos”. Sous deux halles de 15 mètres de long et 6 mètres de large, ”toutes ouvertes”, on ”donnait de l’évent”, c’est-à-dire que l’on déballait les marchandises préalablement parfumées. Ce travail était effectué par des ”crocheteurs ou journaliers” qui étaient logés sur place dans deux petits bâtiments (encore visibles) situés dans les encoignures.
Lorsque le Muséum prend possession des lieux, les deux halles ne sont plus ouvertes mais closes de murs, montés entre les anciens piliers. Les chercheurs y installent une salle des collections où ils rassemblent le fruit de leurs 
découvertes. En 1922, ces collections seront vendues à des collectivités (la ville de Cherbourg par exemple) ou des institutions (Institut océanographique de Monaco). Les bâtiments ont été ensuite utilisés comme dortoirs pour les enfants de l’aérium et des colonies de vacances."

Le visiteur veut bien comprendre que les cargaisons des navires soumis à quarantaine (c'est la fonction d'un lazaret) puisse être débarquées et aérées. Mais pourquoi diable devait-on les parfumer au préalable ? Les cales étaient-elles donc si nauséabondes ?

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Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.

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Quand il franchit le portail, il accède au jardin, et, sous l'ombrage des grands pins, il aperçoit le  Laboratoire du Muséum, centre de culture scientifique qui occupe l'Hôpital du Lazaret construit vers 1825

 



"Pendant la Révolution, les cours du lazaret sont affectées à un régiment du génie qui y aménage un parc d’artillerie. Mais dès l’an XII (1804), la fonction sanitaire est rétablie. Le Conseil de santé de Cherbourg se préoccupe de l’état des lieux et les fait remettre en état. 
En 1822, la Fièvre jaune ravage l’Espagne. Le préfet de la Manche demande que l’on complète l’aménagement du lazaret de Tatihou en construisant un hôpital. En juin de la même année, l’appel d’offres est lancé pour la construction de ce nouveau ”pavillon du lazaret”, bâtiment carré de deux étages desservis par un escalier en colimaçon. Il restera affecté à cet usage jusqu’en 1880.
Lorsque le Muséum s’installe sur l’île en 1888, l’hôpital est aménagé pour accueillir une salle des aquariums et des laboratoires."

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Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.
Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.

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Un peu plus loin, il accède au bâtiment actuellement dévolu à l'accueil des séminaires et aux personnes qui y ont réservé une chambre. Le voilà à nouveau perplexe, car il apprend que ce bâtiment abritait le Logement des équipages, et une mystérieuse "Chambre à parfums".

Va-t-il y découvrir des alambics ou des vaporisateurs ? Un orgue à parfums cher à Huysmans ? Va-t-on lui proposer l' expérience sensorielle dont il rêve ?

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Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.
Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.

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Il faut se transformer en détective et consulter les archives. Et découvrir que cette Salle des parfums figure, à coté du logement des équipages, sur le projet de construction du lazaret daté de 1721.  Arch.Dép.14, AD50, AM Saint-Vaast-la-Hougue

La légende indique en C une porte, les annotations me sont illisibles.

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https://www.manche.fr/tatihou/histoire-tatihou-normandie-50-lazaret-museum.aspx

https://www.manche.fr/tatihou/histoire-tatihou-normandie-50-lazaret-museum.aspx

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Il est accompagné d'un courrier  établi par M. Le Petit,  commis à la Hougue le 14 août 1721 . Un premier projet envisageait de créer un lazaret aux îles Saint-Marcouf, plus éloigné de Saint-Vaast.

Le souci de parfumer les équipages est si important que la salle y est mentionnée au même titre que la chapelle :

"Je me donne l'honneur d'envoyer au Conseil de Marine au plan de l'isle de Tatihou sur lequel est marqué le lazaret que Monsieur Guynet a proposé d'y faire, au lieu des isles de Saint-Marcou, où il se trouve beaucoup de difficulté pour décharger les marchandises des vaisseaux soubsonnés de mal contagieux, qu'il est très difficile d'y donner les secours nécessaires aux équipages et ses isles estant à trois lieues de la Hougue, et mesme m'y bastir avec diligence, tous les transports des matériaux se faisant par mer.

J'y joins un plan partiel du lazaret sur lequel sont marquez les mesmes halles et logements que l'on destinoit pour les isles Saint-Marcou, n'y augmentant qu'une salle pour le parfum des équipages et une petite chapelle au-dessus du logement du gardien, ne bâtissant sur les isles Saint-Marcou que l'infirmerie. Tous ces logements estant en sûreté à l'isle de Tatihou, au lieu qu'aux isles de Saint-Marcou ils pourroient être détruits par les habitants des costes qui vont à la mer et estre brûlez en temps de guerre par les corsaires ennemis, on propose de les bastir en maçonnerie de chaux et de les couvrir d'ardoise, afin qu'il y ait moins d'entretien et qu'ils soient moins sujets aux accidents de feu et des vents qui pourroient enlever les couvertures de paille ." (in Hildesheimer , Gallica)

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Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.

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La consultation des plans de l'île dressés en 1743 et 1754 n'apportent pas plus de précision, car les légendes concernent la garnison et les fortifications. On peut noter l'importance du jardin, et l'accès direct du lazaret à la côte

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Plan 1743

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84592888/f1.item.zoom

 

Plan 1754

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55003183r

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Plan de l'isle de Tatihou 1754. BnF Gallica

 

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On consulte encore une fois l'un des panneaux explicatifs de l'île  : va-t-il  fournir les explications nécessaires ? Une première clef de notre énigme figure à la fin du texte.

 

"Les ravages causés dès le Moyen Âge par de nombreuses épidémies venues d'Orient ont conduit à s'interroger sur leurs conditions de propagation et à très vite suspecter équipages, navires et cargaisons d'être les principaux vecteurs des maladies.

Afin d'essayer d'endiguer ces contagions, l'administration royale crée en 1572 un embryon sanitaire sur sa façade maritime. Sur les côtes de Normandie, les quarantaines s'effectuent au Hoc près du Havre. On ne parle pas encore de lazaret à Tatihou. En 1722, le lazaret de Tatihou doit accueillir les équipages des vaisseaux qui entrent dans la Manche en provenance de l'Italie, d'Espagne, de Provence et de la Mer du Nord.

Des quarantaines.

Peste, choléra et fièvre jaune, des épidémies qui amènent une forte mortalité dans les populations touchées. Leurs origines sont, au XVIIIe siècle, inconnues (les micro-organismes ne sont pas encore découverts) et elles sont perçues comme un châtiment divin. La seule thérapie efficace est de ne pas être contaminé ! La mise à l'écart des équipages pendant 40 jours maximum est donc la seule façon de vérifier s'ils ne sont pas porteurs de la maladie.

Un nom mystérieux.

Deux théories pour expliquer l'usage de ce nom attribué à un lieu de quarantaine. Le terme de Lazaret serait apparu en 1423 sur un îlot dénommé Santa Marie du Nazareth. Ce lieu isolé aurait eu son nom de Nazareth transformé en Lazaret. Probablement, ce nom ferait référence à saint Lazare, patron des lépreux et des voyageurs.

Un plan d'isolement renfermé.

C'est en 1804 que les risques de propagation de la fièvre jaune qui ravagea l'Espagne amènent la commission sanitaire centrale à revoir l'architecture de cet établissement sanitaire. Un constat s'impose : les lazarets ne sont pas construits sur un plan méthodique et raisonné.  Les bâtiments doivent être dispersés pour assurer le renouvellement de l'air. Une double enceinte de petits pavillons et finalement un hôpital seront construits pour répondre à ces obligations."

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Enfin,  à coté d'une illustration d'Ase fétide, Ferula assa foetida, ou "Merde de diable" :

"Pendant les quarantaines, les marins étaient soumis à des fumigations de plante".

"Ase fétide, de Merde de diable" ? Drôle de parfum ! Mais l'explication est donnée (je l'indiquai déjà dans mon titre) : parfumer les équipages, c'est les exposer à des fumigations de plantes.

—Mais comment procédait-on à cet enfumage ? Pendant combien de temps ? Avec quels plantes ? Comment sélectionnait-on les équipages ? Les marins étaient-ils nus, ou habillés ?

—De quand date cette pratique ? Pendant combien de temps l'appliqua-t-on ?

— Et surtout, quelle théorie fumeuse la justifiait-elle ?

Mais déjà, des préposés du Conservatoire du Littoral, alarmés par cet exemple de touriste à la curiosité inopportune (TACI dans leur jargon), se saisirent du questionneur et le précipitèrent manu militari  dans la Chambre à Parfum. Bouclée à double tour. 

"Quand il aura lu toute la documentation, il nous suppliera de le délivrer, et il nous fichera la paix !"

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Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.

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Il discerna, plutôt en rêve qu'en réalité, et d'abord sous la forme d'un cauchemar, une kirielle de cartels indigestes  qui faillit entraîner, mais un peu tard, son repentir. Il voulait causer "parfum" ? Il allait être servi.

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On lui expliquait qu'en 1720, l'année précédant celle où le sieur Le Petit dressait son projet de lazaret, la Peste de Marseille débuta. On soupçonna vite qu'elle avait été introduite par la cargaison d'étoffes et de balles de coton d'un navire venant de Tripoli, le Grand-Saint-Antoine, dont 9 membres (dont le chirurgien de bord) était décédé. La patente . Marchandises et équipages furent placés en quarantaine allégée au lazaret, mais l'épidémie de peste se déclara dans la ville, s'y propagea, et fit 50 000 morts parmi ses 1000 000 habitants (et 100 000 sur  400 000 en Provence).

On l'incita à cliquer sur un lien vers l'article Wikipédia Peste de Marseille 1720. La soif dévorante de son esprit curieux le reprit, et il but l'article, cul sec, et demandant déjà un autre verre.

Nous sommes plus malin qu'autrefois, depuis que Yersin, médecin des Messageries maritimes, a découvert en 1894 que la peste est causée par le bacille qui porte son nom, Yersina pestis, et surtout que Paul-Louis Simond, médecin de la Marine, a découvert en 1898 le rôle de la puce du rat dans la transmission de la Peste bubonique.

Mais nous entrevoyons la multiplicité des "causes" des épidémies : un virus certes, mais aussi deux vecteurs, la puce Xenophylla cheopsis, (ou Nosopsyllus fasciatus en Europe), et le rat. On y ajoute des bateaux, pour faire voyager les rats.

Notre rat de bibliothèque devenu addict à la wikipédiolexie, vient pour sa part de descendre d'un seule gorgée l'article Peste, paragraphe Réservoirs et vecteurs. Il comprend que rien n'est simple et qu'il faut ajouter à cette chaîne de transmission, la contagion puce du rat/homme  (quand il manipule les rats infectés), puis la contagion homme/homme par la puce de l'homme Pulex irritans. Enfin, un mécanisme compliqué de la digestion des puces (hématophages, on ne le sait que trop), les rend plus on moins contagieuse.

Il comprend désormais que la peste fut transmise par les étoffes infestées de puces porteuses du bacille de Yersin. On pense que la Peste de Marseille eut une forme bubo-septicémique, mais non pulmonaire, transmise par la respiration et beaucoup plus contagieuse.

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Après cette formation à l'infectiologie, notre reclus doit prendre connaissance du régime de la quarantaine et des patentes de santé, document  délivré par le port d'origine que le capitaine d'un navire doit produire aux Intendants de santé à son arrivée dans un port La patente était délivrée par le port dont il provenait. Elles étaient de trois sortes :

 

Chaque navire faisant escale dans un port du Levant se voit délivrer une patente, certificat délivré par les consuls des ports orientaux aux capitaines des vaisseaux souhaitant rentrer en France, qui précise l'état sanitaire de la ville. Il doit le produire à l'Intendant de santé du port qu'il atteint. On distingue trois types de patentes :

  • la patente nette lorsque rien de suspect n'existe dans la région au moment du départ du vaisseau ;

  • la patente suspecte lorsque règne dans le pays une maladie soupçonnée pestilentielle ;

  • la patente brute lorsque la région est contaminée par la peste.

En cas de patente nette la durée de la quarantaine est ordinairement de dix-huit jours pour les personnes, vingt-huit pour le navire et trente-huit pour la cargaison. Ces périodes sont portées respectivement à vingt-cinq, trente et quarante si la patente est suspecte et trente-cinq, cinquante et soixante si la patente est brute

 

 

En 1720, la peste avait touché 8 navires sur les 212 venus du Levant (3,8 %). ​​​​De 1710 à 1792, à Marseille, 22 651 bâtiments accueillis venaient du Levant ou de Barbarie. Sur ce total, 140 navires arrivèrent contaminés (0,6 %).

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Le Grand-Saint-Antoine obtint du port de Tipoli , de Chypre et de Livourne en Italie une patente nette, bien que les autorités de Livourne mentionnent, au dos de la patente de Tripoli, qu'elles ont refusé l'entrée du navire dans le port à cause de la mortalité d'une partie de l'équipage en raison de cette fièvre. Mais le capitaine Chataud déclare les décès survenus à bord. Le voilier est envoyé à l'île de Pomègues, puis  le 29 mai le bureau de santé décide, fait inhabituel, de faire débarquer aux infirmeries les marchandises de valeur tandis que les balles de coton doivent être transférées à l'île de Jarre. " Le 3 juin, le bureau revient sur sa position et prend une décision encore plus favorable aux propriétaires de la cargaison : toutes les marchandises seront débarquées aux infirmeries. Si aucune preuve écrite n'existe, il est probable que des interventions ont eu lieu pour faire adopter la réglementation la moins contraignante ; il est impossible de connaître les personnes qui sont réellement intervenues, mais l'intrication des intérêts des familles de négociants et des autorités qui dirigeaient la ville suffisent à comprendre les raisons de ces nombreuses négligences. La déclaration du capitaine Chataud est falsifiée par addition d'un renvoi indiquant que les membres d'équipage décédés en mer sont morts de mauvais aliments. Les intendants de santé ont probablement voulu sauver la cargaison destinée en partie à la foire de Beaucaire, qui devait avoir lieu le 22 juillet 1720. Le 13 juin, veille du jour de sortie des 18 jours de quarantaine des passagers, le gardien de santé du vaisseau décède. Le chirurgien de service du port, Gueirard, examine le cadavre et conclut à une mort par vieillesse, sans observer des marques de peste."

Cet article de Wikipédia n'explique pas ce qu'il faut entendre par "les infirmeries" : ce sont celles du lazaret d'Arenc.

Mais il suffit au chercheur improvisé de cliquer sur un nouveau lien : Le Lazaret d'Arenc. Et hop !

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Le lazaret d'Arenc (1663-1850), un modèle du genre.

 

Situation sur un plan de Marseille : http://www.gombertois.fr/chateau-gombert_marseille.html

— LAGET (Pierre-Louis), 2002, « Les lazarets et l'émergence de nouvelles maladies pestilentielles au XIXe et au début du XXe siècle », In Situ [En ligne], 2 | 2002, mis en ligne le 23 avril 2012, consulté le 09 octobre 2019. URL : http://journals.openedition.org/insitu/1225 ; DOI : 10.4000/insitu.1225

Il fut construit au nord de la ville en 1663, avec 18 halles réparties entre le Grand enclos où sont logées les personnes et les marchandises sous patente nette, et le petit enclos réservé à ceux sou patente brute. Il est dirigé par un "capitaine des infirmeries". "Les bâtiments arrivant de lieux suspects ou susceptibles de présenter un danger vont d'abord mouiller dans le petit port de l'île de Pomègues située à 5 ou 6 milles de Marseille ; puis, la quarantaine peut s'effectuer au lazaret lui-même qui se trouve situé dans le quartier d'Arenc au nord du port. Si son existence est très ancienne, il n'est vraiment pourvu en bâtiments qu'à partir de 1663 et est aménagé à plusieurs reprises. Par exemple, les travaux de 1726-1729 coûtent près de 100000 livres tournois. Ils ne furent cependant pas suffisants et il fallut sans cesse procéder à de nouveaux aménagements." (Hildesheimer)

 

Par une brusque émotion, notre lecteur découvre la description d'une Chambre des parfums, destinée à la désinfection par fumigation des documents et du courrier. Difficile d'en savoir plus, sauf en lisant ceci :"La libération approche, précédée par un dernier rite de purification accompli au moyen du feu d'herbes puantes, appelé « parfum » qu'il faut respirer quelques minutes, tandis que l'on est enfermé dans une chambre obscure où la fumée manque de vous étouffer. Tout passager malade reste confiné dans la « caserne du petit enclos », soigné par le chirurgien qui trempera ses instruments dans le vinaigre , chaque fois qu'il l'aura touché. En cas de guérison, cette personne recevra « un parfum tout nu » et de nouveaux habits aux frais de l'armateur. Le traitement des marchandises dépend de la nature des cargaisons. Les grains, le riz, les légumes secs et l'huile en tonneaux  sont simplement déchargés à Pomègues, puis stockés quelques jours dans les huit halles de l'île avant d'entrer dans Marseille sur des allèges. Les denrées comme le café, les plantes tinctoriales et le tabac connaissent aussi une quarantaine très réduite, mais tous leurs emballages sont détruits et seront remplacés en fin de quarantaine par de nouveaux sacs. " '(André Zysberg, Marseille au temps du Roi-Soleil: la ville, les galères, l'arsenal, 1660 à 1715, Laffitte, 2007)

 

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La lumière de la salle s'éteint, tandis que s'alluma, dans la pièce voisine encore sombre, une seule vitrine. C'était des bouquins.

La couverture la plus attrayante était celle de la bande dessinée Les Pestiférésl'adaptation par Grand Angle du chapitre 9 du Temps des Amours de Pagnol. Un très beau récit , fort bien documenté,  sur la Peste de Marseille. Mais on n'y parlait pas des fumigations : seul l'usage du vinaigre était mis en avant comme moyen de prévention.

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Les Pestiférés, scénario Serge Scotto et Eric Stoffel, dessin Samuel Wambre, Grand Angle mars 2019, d'après Marcel Pagnol

 

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Puis était exposée la première édition de la Relation historique de la peste de Marseille en 1720 de J.B. Bertrand,, publiée  à Cologne chez Pierre Marteau en 1721.

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https://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/medica/resultats/index.php?cote=40239&do=chapitre

https://books.google.fr/books?id=HWIwk2DaLAYC&printsec=frontcover&dq=Relation%20historique%20de%20la%20peste%20%C3%A0%20Marseille%20en%201720&source=gbs_slider_thumb#v=onepage&q=parfum&f=false

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On pouvait consulter sur un écran une pdf de l'édition de 1723. L'auteur, médecin de Marseille,  précisait que le terme "infirmeries" désignait toujours "l'endroit où l'on met en quarantaine les personnes et les marchandises qui viennent du Levant, et d'autres pays suspects".  Car parmi les origines de la Peste, il écartait les causes générales, c'est à dire une altération de l'air (car il est ici très pur) ou des aliments : elle ne pouvait  "donc y avoir été aportée que par la contagion & par la communication de quelque personne, ou par des marchandises infectées". 

" il y a hors la ville des Infirmeries, où les Navires qui viennent du Levant, ou d'autres lieux suspects, débarquent leurs marchandises , & où elles font déballées , pour être exposées à l'air , jusqu'à ce qu'elles soient purgées de tout soupçon d'infection : pendant que les Navires se tirent au large en quarantaine, ceux qui veulent se débarquer dans ces infirmeries, y font aussi reçus en quarantaine

C'est un vaste enclos que ces Infirmeries, où il y a de petites Cazernes pour les particuliers , des apartemens propres pour les personnes distinguees , & de grandes hales pour les marchandises. 11 y a dans cet endroit des Officiers , pour veiller à,1'ordre que l'on doit garder dans la purge des marchandises, &c en tout ce qu'il convient de faire pour la sûreté de la santé publique. Messieurs les Echevins nomment tous les ans seize Intendans de la santé , qu'ils choisissent parmi les principaux Négocíans de la ville : ces Intendans reglent les quarantaines & les entrées , & ont route la direction de ces Infirmeries."

La page 39  fait allusion aux fameux "parfums, appliqués aux passagers du Grand-Saint-Antoine :

"Les passagers arrivés sur ces Vaisseaux suspects , ceux mêmes du Capitaine Chataud eurent l'entrée le 14 Juin, ainsi qu'il est marqué dans le Journal imprimé , tiré du Mémorial de l'Hôtel de Ville; c'est-à-dire, qu'à compter du jour de l'arrivée des Vaisseaux, ces passagers. n'ont fait qu'une quarantaine ordinaire de quinze à vingt jours et toute la précaution qu'on a prise, ça été de leur donner , et à leurs hardes quelques parfums de plus : car les passagers, sortant des Infirmeries emportent avec eux leurs hardes , et souvent leurs pacotilles (petits paquets de marchandises que les gens de mer apportent pour leur compte). Il faut avoir une grande foi à ces parfums, pour croire qu'ils puissent détruire un venin , qu'on a déja humé dans le corps , et corriger le vice d'une marchandise infectée , qui n'a pas été assez longtems à l'air. "

Lorsque l'un des premiers cas apparait dans la ville, "on ordonne à tous ceux qui l'ont fréquenté quelques jours de quarantaine chez eux, et les parfums ordinaires."

Début août, le caractère de l'épidémie de peste et sa sévérité  sont devenus évidents, mais on cesse de transférer les malades atteints et les cadavres vers les Infirmeries : ils restent dans les rues. Un médecin, Sicard, propose de faire brûler des parfums dans toute la ville :

"Ce Médecin proposa d' d'allumer un soir de grands feus dans toutes les Places publiques , et au tour de la Ville, qu'en même tems chaque particulier en faire un devant la porte de chaque maison, et qu'à commencer du même jour, et pendant trois jours consécutifs, chacun fit à la même heure,à cinq heures du soir, un parfum avec du soufre dans chaque apartement de sa maison ,où il déployeroit toutes ses hardes , et tous les habits qu'il avoir porté depuis que la contagion avoir paru. [...] on fait de grands amas de bois dans toutes les places, & dans tous les lieux désignés ; on

distribue dans toute la Ville du soufre pour les parfums , à tous ceux qui n'ont pas le moyen d'en achetenenfîn, le jour arrivé, & à l'hcute marquée, toute la Ville parut en feu , &c l'air se couvrit d'une noire & épaisse fumée , plus propre à retenir les vapeurs contagieuses qu'à les dissiper. " (p. 86)

Plus tard, les maisons infectées (marquées d'une croix noire) reçurent trois parfums successifs : "l'un  avec des herbes aromatiques, l'autre avec la poudre à canon, et le dernier avec le parfum fort et ordinaire de la Ville." Les meubles recevaient également ces parfums, puis on badigeonnait les pièces au lait de chaux. On les marque alors d'une croix blanche.

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Il y avait aussi des livres donnant les recettes de ces parfums ; et ils étaient précisément parus juste après la Peste de Marseille. 

Le livre du Père Léon.

Parfums et remèdes contre la peste dont s'est servi avec tout le succès possible le P. Léon Augustin déchaussé de France, lequel a été employé par le Roi pour guérir les personnes attaquées de la contagion qui régnait en plusieurs endroits du royaume en 1666, 1667, 1668 et 1669.., L.-D. Delatour (Paris), 1720 16 pages. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8607849q/f1.item.zoom

L'ouvrage fut publié la même année à Lyon chez André Laurens, puis à Dijon en 1721 (3e édition).  Le Père Leon se ventait d'avoir été employé par ordre du Roi pour guérir ou préserver de la peste, dans plusieurs villes du Royaume surtout en Flandre où la peste regnait beaucoup les années 1666, 1667, 1668 1669. Il vivait encore en 1684

https://books.google.fr/books/about/Parfums_et_rem%C3%A8des_contre_la_peste_dont.html?id=aIkfE6t7rfQC&redir_esc=y

https://www.who.int/library/collections/WC_350_1720PA_HIST.pdf?ua=1

On trouve aussi de cet auteur une Composition d'un antidote contre la peste, qui est le plus excellent de tout remède, du Père Léon, augustin déchaussé. 4 pages https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8601546k.image

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BnF Gallica

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Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.
Parfums et remèdes..., BnF Gallica

Parfums et remèdes..., BnF Gallica

Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.

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On y trouvait un premier parfum pour traiter les pestiférés, et qui contenait du soufre, de la poix, de la poudre à canon, de l'arsenic de l'antimoine (plomb) et du cinabre (sulfure de mercure) : un mélange dont on imagine l'odeur très forte, voire pestilentielle, et le caractère nocif, mais qui, par son caractère répulsif, pouvait laisser croire aux médecins du temps qu'il allait repousser les "miasmes". C'était certainement le mélange utilisé par Marseille, et dont Chirac, un médecin, avait déconseillé l'usage au profits de plantes plus aimables.

C'est le parfum qu'on inflige aux personnes qui sont en quarantaine par provenance d'un lieu "soupçonné" ou infecté, avant le début de celle-ci. Mais le Père Léon ne précise pas la durée de cette exposition aux fumigations. Sans doute "autant qu'elle pourra le supporter", voire "le temps d'un Salve Regina", qui cumulait les recours.

"Si la peste est dans une grande partie des maisons, il faudra faire un parfum général du premier parfum, savoir dans celles des riches à leurs dépens, et dans celles des pauvres aux dépens de la bourse commune, en même temps, afin que la fumée purge la malignité de l'air."

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Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.

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Puis suivait un parfum "préservatif" (nous dirions "préventif") qui associait le benjoin au storax — des composants de certains encens — , aux baies de genièvre, de lierre, de laurier et aux clous de girofle, tout cela associé au salpêtre qui favorise la combustion. Le mélange est mis en poudre et brûlé sur du foin.

Geoffroy décrit les fumigations thérapeutiques de Benjoin et Storax dans sa Matière médicale de 1743. 

Était-il plus agréable à subir que le précédent ? À défaut d'avoir essayé, il est vraisemblable que l'exposition à cette fumaison n'avait rien de plaisant.

Les composants du "parfum pour aérer" sont pilés, pulvérisés, malaxés en pâte et moulés en boules, qu'on peut porter sur ses habits et perruques, sa chambre ou ses domestiques, ou brûler, "autant qu'on le peut souffrir" . Un peu comme ces "oiselets de Chypre" qu'on consumait dans des brûles-parfums.

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Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.
Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.
Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.
Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.

 

 

 

 

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Au mur, il trouva une note sur Jérôme Fracastor, médecin né à Vérone en 1478 et mort à Incaffi en 1553, qui après avoir étudié la syphilis, avait écrit De Contagione et Contagiosis Morbis, paru en 1546. Il y proposait une théorie sur la contagion, la théorie du contagium vivum, et distingue trois modes de transmission des maladies, par lesquels il se révèle un peu comme le créateur de l'épidémiologie : d'abord la contagion interhumaine directe entre individus où les individus infectés par les seminaria contigionis entrent en contact direct avec des personnes saines (gale, phtisie, lèpre), ensuite la contagion indirecte où les seminaria contigionis ont comme support l'air et divers objets qui entrent en contact avec les individus, comme c'est le cas de la tuberculose ; enfin la contagion à distance (peste, ophtalmie purulente égyptienne, variole), où les germes seraient comme attirés par les sujets dont les "humeurs" (des prédispositions) leur sont le plus propices.

Son Diascordium, longtemps au Codex sous le nom d'électuaire opiatique astringent, est, comme son nom l'indique, à base de Teucrium scordium,  ou Germandrée des marais, et de fleurs de roses. Il appartient bien à la longue liste des Alexipharmaques (antidotes de la peste), mais par voie interne (l'électuaire est une pâte molle qui s'ingère avec du miel). 

C'était là un détour, une voie sans issue dans le labyrinthe des "parfums".

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Il retrouva son chemin : c'était l'ouvrage de Jean-François Bresmal, Avis au public pour le préserver et le garantir de la peste et des autres maladies epydemiques et contagieuses F. Alexandre Barchon, 1721 - Il lut bien sûr le  Chapitre VIII Des parfums,car le livre présenté devant lui s'était ouvert page 43, et les pages se déroulaient comme par magie au rythme de sa lecture.

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Mais il s'attarda davantage devant le Traité de la peste recueilli des meilleurs auteurs anciens et modernes de Jean-Jacques MANGET , un médecin genevois, dont l'ouvrage sur la peste parut en 1721 l'année suivant la peste de Marseille, alors qu'elle sévit encore en Provence. Il comporte d’intéressantes précisions sur la prophylaxie de la peste, tout en restant évasif sur son origine. Il  y releva  315 fois le mot « parfum » .

 

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L'ouvrage était précédé d'un frontispice représentant cette image très connue, mais qui l'intéressa par sa légende  d'un médecin et autres personnes qui visitent les pestiférés : il est de maroquin de Levant, le masque a les yeux de cristal, et un long nez rempli de parfumsOn attribue cette tenue à Charles Delorme (1584-1678), médecin ordinaire de Louis XIII. Selon Le Généraliste du 17 juillet 2014, "Le masque porté sur le visage était constitué d’un nez en cuir ou en carton bouilli en forme de bec d’un demi-pied (16 cm) de long. « Le nez, rempli de parfums, n'a que deux trous, un de chaque côté à l'endroit des ouvertures du nez naturel ; mais cela peut suffire pour la respiration et pour porter avec l'air qu'on respire l'impression des herbes renfermées plus avant le bec.» Epices et herbes aromatiques (thym, camphre, mélisse, clous de girofles, myrrhe, pétales de rose, vinaigre des quatre voleurs) imprègnent, en effet, des éponges placées à l’intérieur du bec. Le médecin de peste porte aussi des bottines en maroquin, des culottes de peau unie qui s’attachent aux bottines et une chemisette de peau unie, elle aussi, dont on insère le bas dans la culotte. Ayant revêtu son costume de peste intégralement imprégné lui aussi d’herbes aromatiques, le médecin de peste peut ainsi partir accomplir son travail, toujours accompagné de sa baguette avec laquelle il soulève les vêtements des pestiférés."

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Il prit de longues notes. La peste était un venin  de l'air, empesté de vapeurs putrides. Le contre-venin était donc le bon air, passant par l'aération des lieux et marchandises (d'où le rôle des éventeurs) et par l'exposition aux "parfums". Et on comprend pourquoi il était si important de les désigner par ce terme de parfums — étymologiquement per fume, "par la fumée",  mais défini en 1528 comme une "odeur naturelle ou artificielle agréable" , et non par celui d'odeur, ou de fumigation : 

"Néanmoins pour en dire ce que j'en pense, je tiens avec les Medecins, que la Peste est un venin engendré en nos corps tant de la corruption des humeurs, que de celle de l'air : non simple & èlementaire, mais composé, & mêlé de certains atomes & corpuscules , qu'Hippocrate appelle souillures morbifiques, conceuës & procréèes des exhalaisons putrides de la terre, ou de la maligne influence des astres qui s'inſinuent avec l'air que nous respirons , et s'en vont gagner le cœur qui est la source de la vie, et comme le foyer où se nourrit la chaleur naturelle, que ce poison éteint et consume. Et pour parler plus clairement, que c'est une maladie épidémique , contagieuse , pernicieuse, et venimeuse."

 Premiérement , elle est épidemique, c'eſt à dire populaire & commune, [...]·Secondement , elle est contagieuse » , parce que cet air , ayant receu les vapeurs putrides et pestiférées, les transmet et transporte de corps en corps , et les communique diversement , selon la diverse diſposition qu'ils ont  soit par leur nature foible et debile; soit par la pourriture des humeurs."

 

La première cause était Dieu ; puis venaient les Planètes.

  "les malins aspects des Planetes, et surtout la conjonction de Saturne & de Mars, en Signes humains, comme sont Gemini & Virgo. Les Eclipses du Soleil & de la Lune , les Comètes, & autres impressions ignées.".

Puis venaient les causes particulières, externes, et internes : 

"Les causes particulières de la Peste sont de deux sortes, les unes externes, les autres internes.
--La cause principale externe , c'est l'air immodérement chaud & humide, aidé du vent du Midi, épais & sans pluye, précédé nêanmoins de grandes pluyes de l'hyver, & de la génération de plusieurs insectes engendrez de pourriture , raines , hannetons , & semblables : Les eaux stagnantes oü dormantes des étangs & marais, les corps morts, les cloaques, les herbes pourries, comme le chou, le chanvre & le lin. Les haleines des Pestiferez apportent une grande altération , & corruption dans l'air, & ainsi s'engendrent en luy ces miasmes morbifiques & semences de Peste, auxquelles Hippocrates rapporte la vraye cause & origine de ce mal commun."
 
--Les causes internes de la Peste, sont antecedentes où conjointes. Les antecedentes sont les humeurs vicieuses contenuës tant dedans que dehors les vaisseaux, qui venants à se pourrir, engendrent en nous fievres malignes, rougeoles, veroles, phlegmons, & semblables corruptions avant-coureuses de la Peste. Mais quand la  pourriture est parvenuë au degré capable de prendre , et concevoir la forme du venin de l'air empesté , lors commence à s'éclorre cette épouvantable & effroyable Peste : de la quelle la cause conjointe n'est autre, selon tous les Medecins , sinon le même - air corrompu , comme dit est.
Or il y a trois moyens par lesquels ce mauvais air , où ces germes de Peste, faisant partie de cet air, se communiquent & sont reçeus en nos corps.
a) Le Premier & le plus dangereux est celuy qui se fait par attouchement, sans interposition manifeste d'aucun air, & ſe ait un transport du venin immediate ment du corps malade dans le corps ſain; tout ainſi que de la morſure du chien enragé le venin eſt porté dans le corps de la perſonne morduë : où tout ainſi que d'une matiére pourrie, les ſemences de pourriture ſont portées par contagion en celle qui luy est contiguë : ce que nous voyons tous iés jours par experience ; car nous voyons communément, qu'une pomme pourrie, en pour rit une ſaine qui lui eſt contiguë, & un †de raiſin pourrit un autre grain ; a raiſon eſt que les matiéres pourries ont cela de propre, à cauſe de la chaleur putredinale qui eſt en elles, qu'elles exha lent de leur ſein certaines vapeurs dans lesquelles ſont contenuës les ſemences & germes de corruption, ce qui fait qu'étant transmiſes dans le sein d'une autre subſtance capable de les recevoir, elles y une pourriture pareille à celle dont elles ont été produites. Comme donc le propre effet du venin pestilentiel, eſt de toutes les humeurs dans le corps humain ; il n'y a point de doute que tout ce qui exhale de ce fond e pourriture, ne ſoit des germes & semences de la même pourriture, qui étant tranſmiſes dans le corps d'une perſonne ſaine ſoit par la reſpiration qu'elle en fait Par la bouche & les narines , soit par transpiration qui s'en fait par les yeux, les oreilles , les pores de la peau, & autres conduits , y produisent une corruption & pourriture ſemblable à celles dont elles ont été produites : ſi ce n'eſst qu'elles en soient empêchées où par la force des préservatifs que la personne auroit pris auparavant, où par quelque qualité contraire qu'elle auroit en elle, capable de resister à un tel effet.
 
b) Le ſecond moien de cette communication ou contagion est appelé per somitemquand cet air pestilent est porté par quelque corps propre à le conserver & fomenter longtems ; comme habits de laine, de linge , de peaux, les couvertures, matelas & semblables, où comme l'ordure s'attache, aussi fait ce venin, qui apres un jour, un mois, un an ou pluſieurs , vient à infecter l'air prochain, & s'insinuë, où glisse dans le cœur de celui qui n'y pense pas.
 
c) La troisième & plus commune contagion, c'est celle qui se fait ad distans, c'eſt à dire de loin , d'un corps en l'autre, par le moien de l'air infecté , tant de soi que des halènes & évaporations des corps malades, ou par le moien du même air, contenant en soi les principes de la Peste, porté de maison en maison, de ville en ville , & de région en région, ainſi que nous voions pour l'ordinaire."
 
Les lazarets
"Car après avoir fait décharger les marchandises du navire , & les avoir fait transporter au Lazaret, le Capitaine & les Matelots demeurent ordinairement dans le Navire avec tout leur bagage pour y faire la quarantaine en mer : & on leur donne un ou deux gardes, pour observer si leur santé est bonne, & pour faire exposer tous les jours à l'air & aux Vents le bagage des Matelots, & tout ce qu'ils ont dans leurs coffres ou caisses, lesquelles pour l'ordinaire sont remplies de toile & de coton , d'autres toi es qu'on appelle bourgs , & semblables autres choses qu'on a bien sujet d'appréhender qu'elles ne ſoient aussi bien pestiferées que les marchandises. Cét ordre est encore parfaitement bon, pour vû qu'il ſoit bien observé ; mais je me défie toûjours de la fidélité des gardes : soit que les Matelots , qui asse souvent ne veulent pas leur donner à connoître le petit trafic qu'ils font dans leurs voyages , leur cachent assez souvent une partie de ce qu'ils ont aporté : si bien qu'il me ſemble que c'est trop azarder, que de confier la vie de tout un peuple , à la discretion d'un ou de  deux gardes , qui peut être seront né à s'acquiter de leur devoir , in zéles dans leur raport , & corrompus par argent ou par presens : cependant il  ne faut qu'une méchante piéce d'étoffe ou de toile pestiférée , qui n'aura pas été exposée à l'air ni au vent , pour perdre une ville toute entiére."
 
Les quarantaines page 89
 La coûtume établié, & obſervée de tout tems durant la Contagion , eſt d'ordonner la Quarantaine aux personnes qui ſortent des Villes infectées : comme auſſi aux meubles, & aux marchandiſes que l'on transporte : & parfois  pour une plus grande aſſurance, l'on double les Quarantaines. La premiere pourtant est le terme ordinaire que l'on pratique , & neanmoins l'on en voit des scandales par la suitte, lors que l'on n'apporte pas le soin que l'on devroit . à éventer & à purger les meubles, veu que l'infection ſe peut conserver dans iceux, & dans les marchandises pliées & enfermées durant plusieurs mois, même pluſieurs années, si nous ajoûtons foi aux hiſtoires, que la raiſon ſemble approuver. A la verité le terme de quarante jours eſt ſuffiſant pour les ſimples infects (qui ne ſe ſont pas trouvez dans les maiſons pestiferées, ni au ſervice des malades ) pourveu toutesfois qu'ils ap poI de la Teſfe. 89 portent le ſoin néceſſaire durant leur tems à ſe bien purifier : & même ce tems ſe pourroit abréger , ſuivant ce qui ſera dit de la desinfection des corps. Mais pour les autres qui ont converſé avec les malades, ou qui ont été affiigez eux-mêmes, il y faudra apporter plus de précaution , ſoit en la prolongation du tems, ſoit en la préparation des personnes, des habits , & des meubles. Pour les perſonnes,l'air, les vents, & les feux les purgeront aſſez, ſi l'on ne ſe veut ſervir des autres moyens qui ſeront ropoſez au lieu allegué, pour abreger le tems. Et quant aux robes , & aux marchandiſes, les proprietaires ou leurs ſerviteurs , en la presence des Gardes que le Conſeil de la Santé leur aura baillé, & qui ſeront logez près du lieu qu'on leur aura deſtiné , les doivent expoſer durant le beau tems , à l'air, afin que le Soleil & les vents dissipent les semences de l'infection, en cas qu'il y en eût : & faudra reiterer la même choſe pluſieurs fois : & s'il étoit besoin, on les pourra parfumer avec la fumée du romarin,  de la sabine, de l'encens, de la poudre, ou autre bois ou drogue que l'on avisera.
 
Quelques plantes utiles Page 134
Les habitans seront exhortez de faire provision de geniévre, de rosmarin, de sabine, & autres bois, & herbes odorantes , pour purifier l'air des maisons & des ruës, le plus souvent qu'ils pourront; Si mieux ils n'aiment quelques parfums agréables, soit cassolettes , ou autres, faits avec le borax, & le benjoin. Que si l'on veut se servir de la poudre à Canon , ou de fumées, ils le pourront.
Comment parfumer sa maison Page 171
. Il seront soigneux de faire parfumer une fois le jour leur maison, avec le parfum de santé, dont il est parlé ci après au Traité des Parfums : comme aussi de la faire tenir bien nette ; & de faire arroser souvent leur Chambre avec du vinaigre: Et quand on apportera quelque chose de dehors en la maison, ils mettront ordre de ne le point recevoir qu'après les précautions marquées ci- après en son lieu. Ils feront fermer toutes les fenêtres une demi-heure avant le coucher du Soleil; afin que les vapeurs qu'il aura attirées, & n'aura pas dissipèes, n'entrent point dans l'interieur de la maison : & ne les feront point ouvrir que le lendemain matin, une demi-heure après son lever , & , lors que par sa chaleur il aura purifie l'air, & dissipé les mauvaises vapeurs de la nuit."
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Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.

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Il prit de longues notes. La peste était un venin  de l'air, empesté de vapeurs putrides. Le contre-venin était donc le bon air, passant par l'aération des lieux et marchandises (d'où le rôle des éventeurs) et par l'exposition aux "parfums". Et on comprend pourquoi il était si important de les désigner par ce terme de parfums — étymologiquement per fume, "par la fumée",  mais défini en 1528 comme une "odeur naturelle ou artificielle agréable" , et non par celui d'odeur, ou de fumigation : 

"Néanmoins pour en dire ce que j'en pense, je tiens avec les Médecins, que la Peste est un venin engendré en nos corps tant de la corruption des humeurs, que de celle de l'air : non simple & èlémentaire, mais composé, & mêlé de certains atomes & corpuscules , qu'Hippocrate appelle souillures morbifiques, conceuës & procréèes des exhalaisons putrides de la terre, ou de la maligne influence des astres qui s'inſinuent avec l'air que nous respirons , et s'en vont gagner le cœur qui est la source de la vie, et comme le foyer où se nourrit la chaleur naturelle, que ce poison éteint et consume. Et pour parler plus clairement, que c'est une maladie épidémique , contagieuse , pernicieuse, et venimeuse."

 Premiérement , elle est épidémique, c'eſt à dire populaire & commune, [...]·Secondement , elle est contagieuse » , parce que cet air , ayant receu les vapeurs putrides et pestiférées, les transmet et transporte de corps en corps , et les communique diversement , selon la diverse diſposition qu'ils ont  soit par leur nature foible et debile; soit par la pourriture des humeurs."

 

La première cause était Dieu ; puis venaient les Planètes.

  "les malins aspects des Planetes, et surtout la conjonction de Saturne & de Mars, en Signes humains, comme sont Gemini & Virgo. Les Eclipses du Soleil & de la Lune , les Comètes, & autres impressions ignées.".

Puis venaient les causes particulières, externes, et internes : 

"Les causes particulières de la Peste sont de deux sortes, les unes externes, les autres internes.
--La cause principale externe , c'est l'air immodérement chaud & humide, aidé du vent du Midi, épais & sans pluye, précédé néanmoins de grandes pluyes de l'hyver, & de la génération de plusieurs insectes engendrez de pourriture , raines , hannetons , & semblables : Les eaux stagnantes oü dormantes des étangs & marais, les corps morts, les cloaques, les herbes pourries, comme le chou, le chanvre & le lin. Les haleines des Pestiferez apportent une grande altération , & corruption dans l'air, & ainsi s'engendrent en luy ces miasmes morbifiques & semences de Peste, auxquelles Hippocrates rapporte la vraye cause & origine de ce mal commun."
 
--Les causes internes de la Peste, sont antécédentes où conjointes. Les antécédentes sont les humeurs vicieuses contenuës tant dedans que dehors les vaisseaux, qui venants à se pourrir, engendrent en nous fievres malignes, rougeoles, veroles, phlegmons, & semblables corruptions avant-coureuses de la Peste. Mais quand la  pourriture est parvenuë au degré capable de prendre , et concevoir la forme du venin de l'air empesté , lors commence à s'éclore cette épouvantable & effroyable Peste : de la quelle la cause conjointe n'est autre, selon tous les Medecins , sinon le même - air corrompu , comme dit est.
Or il y a trois moyens par lesquels ce mauvais air , où ces germes de Peste, faisant partie de cet air, se communiquent & sont reçeus en nos corps.
a) Le Premier & le plus dangereux est celui qui se fait par attouchement, sans interposition manifeste d'aucun air, & ſe ait un transport du venin immédiate ment du corps malade dans le corps ſain; tout ainſi que de la morſure du chien enragé le venin eſt porté dans le corps de la perſonne morduë : où tout ainſi que d'une matière pourrie, les ſemences de pourriture ſont portées par contagion en celle qui luy est contiguë : ce que nous voyons tous lés jours par experience ; car nous voyons communément, qu'une pomme pourrie, en pour rit une ſaine qui lui est contiguë, & un †de raiſin pourrit un autre grain ; a raiſon eſt que les matiéres pourries ont cela de propre, à cauſe de la chaleur putredinale qui eſt en elles, qu'elles exhalent de leur ſein certaines vapeurs dans leſquelles ſont contenuës les ſemences & germes de corruption, ce qui fait qu'étant transmiſes dans le sein d'une autre subſtance capable de les recevoir, elles y une pourriture pareille à celle dont elles ont été produites. Comme donc le propre effet du venin pestilentiel, eſt de toutes les humeurs dans le corps humain ; il n'y a point de doute que tout ce qui exhale de ce fond e pourriture, ne ſoit des germes & semences de la même pourriture, qui étant tranſmiſes dans le corps d'une perſonne ſaine ſoit par la reſpiration qu'elle en fait Par la bouche & les narines , soit par transpiration qui s'en fait par les yeux, les oreilles , les pores de la peau, & autres conduits , y produisent une corruption & pourriture ſemblable à celles dont elles ont été produites : ſi ce n'est qu'elles en soient empêchées où par la force des préservatifs que la personne auroit pris auparavant, où par quelque qualité contraire qu'elle auroit en elle, capable de resister à un tel effet.
 
b) Le ſecond moien de cette communication ou contagion est appelé per somitemquand cet air pestilent est porté par quelque corps propre à le conserver & fomenter longtems ; comme habits de laine, de linge , de peaux, les couvertures, matelas & semblables, où comme l'ordure s'attache, aussi fait ce venin, qui apres un jour, un mois, un an ou pluſieurs , vient à infecter l'air prochain, & s'insinuë, où glisse dans le cœur de celui qui n'y pense pas.
 
c) La troisième & plus commune contagion, c'est celle qui se fait ad distans, c'eſt à dire de loin , d'un corps en l'autre, par le moien de l'air infecté , tant de soi que des halènes & évaporations des corps malades, ou par le moien du même air, contenant en soi les principes de la Peste, porté de maison en maison, de ville en ville , & de région en région, ainſi que nous voions pour l'ordinaire."
 
Les lazarets
"Car après avoir fait décharger les marchandises du navire , & les avoir fait transporter au Lazaret, le Capitaine & les Matelots demeurent ordinairement dans le Navire avec tout leur bagage pour y faire la quarantaine en mer : & on leur donne un ou deux gardes, pour observer si leur santé est bonne, & pour faire exposer tous les jours à l'air & aux Vents le bagage des Matelots, & tout ce qu'ils ont dans leurs coffres ou caisses, lesquelles pour l'ordinaire sont remplies de toile & de coton , d'autres toi es qu'on appelle bourgs , & semblables autres choses qu'on a bien sujet d'appréhender qu'elles ne ſoient aussi bien pestiferées que les marchandises. Cét ordre est encore parfaitement bon, pour vû qu'il ſoit bien observé ; mais je me défie toûjours de la fidélité des gardes : soit que les Matelots , qui asse souvent ne veulent pas leur donner à connoître le petit trafic qu'ils font dans leurs voyages , leur cachent assez souvent une partie de ce qu'ils ont apporté : si bien qu'il me ſemble que c'est trop azarder, que de confier la vie de tout un peuple , à la discretion d'un ou de  deux gardes , qui peut être seront né à s'acquiter de leur devoir , in zéles dans leur rapport , & corrompus par argent ou par presens : cependant il  ne faut qu'une méchante pièce d'étoffe ou de toile pestiférée , qui n'aura pas été exposée à l'air ni au vent , pour perdre une ville toute entiére."
 
Les quarantaines page 89
 La coûtume établié, & observée de tout tems durant la Contagion , est d'ordonner la Quarantaine aux personnes qui sortent des Villes infectées : comme auſſi aux meubles, & aux marchandiſes que l'on transporte : & parfois  pour une plus grande assurance, l'on double les Quarantaines. La premiere pourtant est le terme ordinaire que l'on pratique , & neanmoins l'on en voit des scandales par la suitte, lorsque l'on n'apporte pas le soin que l'on devroit  à éventer & à purger les meubles, veu que l'infection se peut conserver dans iceux, & dans les marchandises pliées & enfermées durant plusieurs mois, même plusieurs années, si nous ajoûtons foi aux histoires, que la raison semble approuver. A la vérité le terme de quarante jours est suffisant pour les simples infects (qui ne se sont pas trouvez dans les maisons pestiferées, ni au service des malades ) pourveu toutesfois qu'ils apportent le soin nécessaire durant leur tems à se bien purifier : & même ce tems se pourroit abréger , suivant ce qui sera dit de la désinfection des corps. Mais pour les autres qui ont conversé avec les malades, ou qui ont été affligez eux-mêmes, il y faudra apporter plus de précaution , soit en la prolongation du tems, soit en la préparation des personnes, des habits , & des meubles. Pour les personnes,l'air, les vents, & les feux les purgeront assez, si l'on ne se veut servir des autres moyens qui seront reposez au lieu allegué, pour abreger le tems. Et quant aux robes , & aux marchandises, les proprietaires ou leurs serviteurs , en la présence des Gardes que le Conseil de la Santé leur aura baillé, & qui seront logez près du lieu qu'on leur aura destiné , les doivent exposer durant le beau tems , à l'air, afin que le Soleil & les vents dissipent les semences de l'infection, en cas qu'il y en eût : & faudra reiterer la même chose plusieurs fois : & s'il étoit besoin, on les pourra parfumer avec la fumée du romarin,  de la sabine, de l'encens, de la poudre, ou autre bois ou drogue que l'on avisera.
 
Quelques plantes utiles Page 134
Les habitans seront exhortez de faire provision de geniévre, de rosmarin, de sabine, & autres bois, & herbes odorantes , pour purifier l'air des maisons & des ruës, le plus souvent qu'ils pourront; Si mieux ils n'aiment quelques parfums agréables, soit cassolettes , ou autres, faits avec le borax, & le benjoin. Que si l'on veut se servir de la poudre à Canon , ou de fumées, ils le pourront.
Comment parfumer sa maison Page 171
. Il seront soigneux de faire parfumer une fois le jour leur maison, avec le parfum de santé, dont il est parlé ci après au Traité des Parfums : comme aussi de la faire tenir bien nette ; & de faire arroser souvent leur Chambre avec du vinaigre: Et quand on apportera quelque chose de dehors en la maison, ils mettront ordre de ne le point recevoir qu'après les précautions marquées ci- après en son lieu. Ils feront fermer toutes les fenêtres une demi-heure avant le coucher du Soleil; afin que les vapeurs qu'il aura attirées, & n'aura pas dissipées, n'entrent point dans l'intérieur de la maison : & ne les feront point ouvrir que le lendemain matin, une demi-heure après son lever , & , lors que par sa chaleur il aura purifie l'air, & dissipé les mauvaises vapeurs de la nuit."
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Il recopia les trois recettes de parfums :

"Drogues qui doivent entrer en la composition du Parfum violent.
Soufre.  Litarge. Poix-résine.  Assa fœtida. Antimoine.  Cumin.Orpiment. Euphorbe. Arsenic.  Poivre. Cinabre.  Gingembre. Sel-Ammoniac.  Son,
 
Drogues qui doivent entrer dans la composition du Parfum médiocre.
Soufre.  Encens.  Poix-résine.  Storax. Antimoine. Ladanum.  Orpiment. Poivre.  Mirrhe. Gingembre. . Cumin.  Ciperus rond. . Calamus aromaticus. . Aristoloche.. Euforbe. Cubébes.  Graine de Géniévre. Son.
 
Drogues qui doivent entrer en la composition du Parfum doux .
 Encens,  Girofles. Benjoin.  Anis. Storax.  Iris de Florence. Mirrhe. l Ladanum.  Canelle. Poivre. Muscade. Soufre. Son. "
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Mais, après plusieurs heures de lectures, où il avait cessé de prendre des notes, il comprit qu'il fallait renoncer à  rendre compte du contenu de ce texte, pour ses références aux parfums, tant elles étaient nombreuses et détaillées. Il ne conserva que ce passage : l'auteur, depuis sa retraite de Genève, plaçait une confiance sans borne dans les parfums, qu'il présentait comme une véritable armure contre les miasmes.


"Ce n'est donc pas merveille si les hommes faisant réflection sur ces choses, se sont avisez , pour assurer davantage leur vie contre les insultes de ce cruel ennemi, de chercher les drogues que l'expérience leur , a fait connoître avoir des qualitez les plus fortes , & les plus antipatiques au venin pestilentiel , & de  toutes ensemble en composer des parfums : afin qu'êtant brûlez dans les lieux & les maisons empestées , la fumée qui en exhaleroit, fût capable de les purifier, avec tout ce qui pourroit s'y rencontrer de meubles."
 
"Non seulement la fumèe des parfums a la vertu de purifier les choses inanimées du venin pestilentiel, mais aussi elle imprime une qualité si puissante à ces choses, n'en êtant pas encore infectées, qu'elle les rend capables de le repousser & de n'en recevoir aucune mauvaise impression. C'est pourquoi une personne qui ſe voit obligée d'aller & venir parmi le peuple en un tems de peste, aiant pris quelque préservatif pour se conserver le cœur contre ce venin , & s'étant fait parfumer avec lesdits parfums, ou bien aiant fait parfumer ses habits avant que de se revestir , peut s'asseurer qu'il ne s'attachera point dessus elle : il faut noter que les habits dont on est revêtu s'ils sont de laine, étant échauffez par la "chaleur naturelle du corps attirent , le venin pestilentiel , de même que l'aimant attire le fer, mais étant imbus de la qualité des parfums, qui lui est entièrement opposée, ils le répercutent & le repoussent , ainsi que le  répercute un air froid & humide qui l'environne , si bien qu'il ne peut s'y attacher."

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Alors que notre visiteur découvrait devant lui de longs couloirs où des livres, des thèses manuscrites ou dactylographiées, des rapports et des in-folio éclairés chacun d'une loupiote  brillaient comme des bougies , et qu'il allait s'élancer avec fougue, il se sentit saisi par les bras et les jambes, et fut éjecté dans le jardin où il fut laissé sans égard pour la science qu'il venait d'acquérir.

Il se redressa. Il se trouvait dans l'Allée des Fumigations installée par le Conservatoire du Littoral. 

Il vit un grand portail ouvert sur le large. Il se précipita. De l'air, de l'air !

 

 

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Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.

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Eut-il raison ? Voici ce qu'il aurait découvert dans l'Allée des Fumigations :

 

"Quelques plantes bien corsées!

Certaines plantes herbacées aromatiques étaient utilisées pour les fumigations. Parfois très communes et souvent venues de loin, la plupart d'entre elles étaient cultivées localement. Beaucoup rentraient dans la composition du fameux « vinaigre des quatre voleurs », remède supposé combattre la peste (grande absinthe, menthe, rue et sauge par exemple)."

 

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Assa foetida, l'Ase fétide. Originaire d'Iran, elle dégage une odeur d'œuf pourri, car elle contient du soufre.

Ferula gummosa, la Férule gommeuse ou galbanum : sa sève servait de base à la préparation d'encens.

Ocimum basilicum, le Basilic

Mentha pulevium ou Menthe pouliot et Mentha suaveolens ou Menthe à feuilles rondes.

Artemisia absinthium, la Grande Absinthe

Ruta graveolens ou Rue officinale.

Salvia officinalis ou Sauge officinale.

 

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Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.

 

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Des Plantes contre la Peste ?

"Au Moyen Âge, pour essayer de lutter contre la peste, au delà des prières adressées à saint Roch ou saint Sébastien et des traitements de choc (saignée, purge, utilisation de sang de vipère ou de bave de crapaud...), on utilisait souvent des préparations à base de plantes.

Citons la fameuse Thériaque associant plus de 50 plantes et ingrédients divers (anis, acacia, rue, iris, miel, opium), ou encore le vinaigre des quatre voleurs composé de vinaigre blanc, d'absinthe, de genièvre, de marjolaine, de sauge, de clous de girofle, de romarin et de camphre ...) La liste n'est pas close car de nombreuses variantes existaient, associant d'autres plantes."

Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.

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"À partir du XVIe siècle, les pratiques de fumigations d'habitations, de courriers et/ou de personnes, susceptibles d'abriter ou de transmettre la peste, vont s'amplifier. Les fumigations étaient obtenues en faisant brûler des mélanges de plantes pour en obtenir une fumes censée chasser les « miasmes ».

Dans les lazarets, qui vont se développer à partir du XVIIe siècle, la pratique des fumigations sera très répandue. Ainsi à Tatihou, le médecin en préconisait pour assainir équipages et cargaisons. Un petit appartement appelé « chambre des parfums » situé dans le bâtiment des équipages était dévolu à cet effet. La composition des parfums et la durée des fumigations étaient placées sous la direction de l'inspecteur sanitaire Melchior Viel.

Les fumigations et autres pseudo-remèdes contre la peste perdureront jusqu'à la découverte en 1894, par Alexandre Yersin de l'Institut Pasteur, du bacille de la peste et de son principal mode de transmission, à savoir la piqûre de puces de rongeurs (rats principalement)."

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Remarques prersonnelles :

La pratique des fumigations, bien attestée en Provence,  était-elle si généralisée sur les côtes atlantiques et de la Manche ? Je n'ai pu en trouver des témoignages sur l'île de Trébéron, le lazaret de Brest (hormis la désinfection des vaisseaux par des feux de genêt vert dans la soute après épidémie : voir Burel ).

Le sieur Melchior Vieil nous est ainsi présenté en septembre 1722 par M. de Rancé, major de la marine au Havre : "J'ay l'honneur d'informer le Conseil qu'il est arrivé depuis quelques jours en cette ville le sieur Vieil, porteur d'une lettre de M. le Contrôleur général, pour visiter les costes de Normandie en qualité d'inspecteur de la santé et y donner les instructions nécessaires pour prévenir la communication du mal contagieux."

Il n'est guère apprécié,

  "Ledit sieur appelle dérangement tout ce qui n'est pas conforme à ses idées et prétend faire exécuter dans nos mers ce qui se pratique dans la comme sy le climat et les raddes de Ponant, surtout celle-cy, estoient à celles du Levant.

.Il pense que la peste ne se communique point par l'air, mais au toucher et, sur ce principe qu'il veut nous persuader, il va au dedans du lazaret du Hoc pour y donner des ordres et il voudrait que les officiers municipaux y allassent avec luy, ce qui paroist bien contraire aux précautions que nous avons prises jusqu'à présent. Un petit navire nouvellement arrivé de la Martinique, ledit sieur Vieil qu'il n'ait l'entrée, parce que le capitaine n'a point de lettre de santé, quoy qu'on luy ait dit que les isles de l'Amérique ne noues estoient pas suspectes"..

 

II est  intéressant de noter les origines méditerranéennes de ce Melchior Vieil : il a été neuf ans intendant de la Santé à Toulon, sa ville natale, a voyagé au Levant avant d'être nommé inspecteur de la santé à la Hougue et d'assurer la construction du lazaret de l'île Tatihou ; dès 1713 il apparaît comme « commis pour veiller à la conservation de la santé sur la côte de Normandie » ; il meurt en 1742 et est remplacé par le sieur Ferrât. Pendant toute sa carrière normande, il aura cherché à faire les pratiques en usage en Provence.

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Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.

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Fumigation utilisée sur l'île de Tatihou au XIXe siècle.

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PARFUM

Trois bonnes poignées de son et :

Graines de genièvre, une livre

Soufre, une livre

Assa fatida, une livre

Encens, une livre

Mirrhe, une demie livre

Storax, une demie livre

Gerofle, une demie livre

Romarin, deux poignées

Sauge, deux poignées

Laurier, deux poignées

Thein, deux poignées

Ruë, deux poignées

Absinthe, deux poignées

Culegium, deux poignées

Baume, deux poignées

Basilique, deux poignées

Poix raisine de bourg, demie livre,

Therebantine, demie livre,

Galbanum

Aloès , demie livre,

Huile de petrole, demie livre,

Faut mettre le tout en poudre grossierement, en faire un mélange, ensuite vous en lettre trois, quatre cinq poignées suivant la quantité des personnes sur de la paille ou du foin humides auquel vous mettres le feu afin que le parfum en soie plus fort et fasse un plus grand effet.

Avant de parfumer les personnes qui sont en santé ou qui se disent saines, il faut faire donner une bonne prise de Thériaque avec du vin, qui ne manquera pas de faire sortir le venin s'il y en a.

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Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.
Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.
Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.

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Le "médecin de la peste" et les plantes.

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Le Mystère de la Chambre des Parfums (1722-1860) de l'île de Tatihou.

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CONCLUSION.

J'ai rédigé cet article car ma visite à Tatihou m'a permis de découvrir ces fumigations dont j'ignorai complètement l'usage en médecine des épidémies. J'ai été troublé par la dénomination de Chambre des Parfums car j'ai alors pensé que ces fumigations étaient très plaisantes. Les panneaux d'explication illustrées par de nombreuses plantes,  au cœur de jardins odoriférants me confirmaient un peu dans cette opinion. Les documents que j'ai consulté ensuite m'ont fait comprendre qu'à coté des plantes, on trouvait des produits chimiques beaucoup plus virulents.

J'ai voulu complété les allégations des panneaux d'informations du Conservatoire du Littoral par des documents.

Malgré la recette "utilisée à Tatihou au XIXe siècle", l'usage de fumigations aromatiques a été rapidement remplacée par des fumigations de chlore. Dans l'article Quarantaine du Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie de 1835  on peut lire :

"Les individus bien portans ou malades transportés au lazaret, sont obligés d'y recevoir : ceux qui sont arrivés avec patente brute, trois parfums ; ceux qui sont arrivés avec patente suspecte, deux parfums; ceux qui sont arrivés avec patente nette, un seul parfum.

Pour les individus arrivés avec patente brute, le premier parfum a lieu à l'arrivée , le second à la moitié de la quarantaine , et le troisième , à l'instant où ils quittent le lazaret. Ce parfum consiste en un dégagement de chlore.

C'est substituer un moyen illusoire et dangereux à une cérémonie absurde conservée jusqu'à ces derniers temps et qui se pratiquait ainsi : on allumait du feu au milieu du plancher d'une chambre , en jetant la drogue ou parfum sur ce feu , et lorsque la fumée était devenue bien épaisse, on y faisait entrer les passagers , dont les bardes y étaient étalées ; on fermait exactement la porte , et après cinq ou six minutes , on ouvrait , et ils allaient occuper la chambre qui leur était assignée par le capitaine des infirmeries. La composition du soi-disant parfum était tout ce, qu'on peut imaginer de plus bizarre , et il est impossible de dire quel esprit avait présidé à la réunion de tant de substances sans aucune espèce d'utilité. On y trouvait le soufre, la poudre à canon, la poix résine, le grabeau de myrrhe , d'encens, le storax, le laudanum , le poivre noir, le gingembre, le cumin , le curcuma , le cardamomum, l'aristoloche, l'euphorbe, le cubèbe, les grains de genièvre, le son. Tout cela était jeté pèle-mêle sur un feu vif et ardent, et tout cela avec l'idée de détruire comme le dit Papon , l'ennemi le plus cruel du genre humain."

Déjà en 1804, Pedro Mario Gonzalez [Traité sur les maladies des gens de mer (1804)],  propose d’asperger le bateau de vinaigre , de poudre ou de souffre, mais il insiste particulièrement sur l’emploi de l’acide nitrique et du gaz muriatique oxygéné (ancien nom du chlorure d’hydrogène HCl) tandis qu'il condamne  les parfums aromatiques  car « ils ne produisent pas un air nouveau et ne font rien d’autre que le dissimuler ». 

En effet, Louis-Bernard Guyton de Morveau (1737-1816) publia en 1801  son Traité des moyens de désinfecter l’air, de prévenir la contagion et d’en arrêter le progrès, où il préconisait la désinfection de l'air par des vapeurs du gaz chlorhydrique. Les fumigations guytoniennes furent encouragées par l'Ecole de Médecine dès 1804  et utilisées par les armées de Napoléon.

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 SOURCES ET LIENS.

— Dossier de presse des Traversées de Tatihou

https://www.manche.fr/culture/imageProvider.aspx?private_resource=17096610&fn=Dossier%20Presse%20Tatihou%202019.pdf

—  https://www.wikimanche.fr/Tatihou

http://erwan.gil.free.fr/index.php?mod=freepages&pageid=110

https://www.persee.fr/doc/rhmc_0048-8003_1980_num_27_3_1108

— Hildesheimer Françoise. La protection sanitaire des côtes françaises au XVIIIe siècle. In: Revue d’histoire moderne et contemporaine, tome 27 N°3, Juillet-septembre 1980. pp. 443-467; doi : https://doi.org/10.3406/rhmc.1980.1108 https://www.persee.fr/doc/rhmc_0048-8003_1980_num_27_3_1108

Jean Noël Biraben, Les Hommes et la peste en France et dans les pays européens et méditerranéens, t. I et II, La Haye, Mouton ; Paris, École des hautes études en sciences sociales, 1975-1976 (ISBN 9782719309308).

— MANGET (Jean-Jacques), 1721, Traité de la peste recueilli des meilleurs auteurs anciens et modernes chez Philippe Planche, 1721 - 320 pages Geneva 1721

https://books.google.fr/books/about/Trait%C3%A9_de_la_peste.html?id=f68UAAAAQAAJ&redir_esc=y

— TALOUR Karen – Aspects dermatologiques des voyages maritimes au XVIIIème siècle – 130p., 1 annexe. Th. : Méd. : Brest 2012

https://dumas.ccsd.cnrs.fr/dumas-00984595/document

 

— BOUISSOU (Antoine), 2017, Evolution de la médecine occidentale à travers le prisme de la deuxième épidémie de peste de 1346 à 1898. De la médecine scolastique à la médecine expérimentale. Thèse de médecine générale soutenue à Toulouse. Directeur de thèse: Monsieur le Docteur Pierre BOYER

http://thesesante.ups-tlse.fr/1902/1/2017TOU31142.pdf

— BLANCOU (J), 1995, Les méthodes de désinfection de l'Antiquité à la fin du xviii e siècle Rev. sci. tech. Off. int. Epiz., 1995,14 (1), 21-30

https://www.oie.int/doc/ged/D8962.PDF

 

 

— Jean-Pierre Goubert, 1974, Environnement et épidémies : Brest au XVIIIe siècle,  Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1974  81-4  pp. 733-743

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1974_num_81_4_2753

 

 

—Arlette Higounet-Nadal, Hygiène, salubrité, pollutions au Moyen Age. L'exemple de Périgueux , Annales de Démographie Historique  Année 1975  1975  pp. 81-92 : On enfume les lépreux avec des rameaux verts vers 1320 à Périgueux

 

 

 

— L’aigle et le pou : le typhus dans la Grande Armée par Henri DUCOULOMBIER

https://www.biusante.parisdescartes.fr/sfhm/hsm/HSMx2014x048x003/HSMx2014x048x003x0351.pdf

— Pierre Bachoffner, Les fumigations de chlore contre le typhus à Strasbourg, en 1814 , Revue d'Histoire de la Pharmacie  Année 1977  235  pp. 285-287

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Published by jean-yves cordier

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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