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12 février 2020 3 12 /02 /février /2020 11:28

Les crossettes et gargouilles (vers 1528) et les inscriptions et sculptures de l'église de Confort-Meilars (façade occidentale exceptée).

 

 

 

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— Voir sur l'église Notre-Dame de Confort-Meilars :

 

 

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— Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

 

 

PRÉSENTATION.

 

Les crossettes et les gargouilles de l'église de Confort-Meilars n'ont pas fait l'objet ni d'une description spécifique, ni d'un dossier photographique complet, et il en va de même des quelques sculptures annexes. Les inscriptions lapidaires de datation ont été mieux relevées, mais on ne trouve pas leurs photographies. (voir monumentum.fr des monuments historiques). 

1°) Les inscriptions et dates.

A la fin du XIXe siècle, le chanoine Abgrall  a noté les inscriptions lapidaires suivantes de la chapelle (elle ne sera église paroissiale qu'en 1910) de Confort-Meilars :

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La seconde inscription est la plus précieuse car elle donne l'année de construction et de fondation. Elle a été relevée ensuite en 1922 par l'abbé Rolland qui signale son accès difficile (et, de fait, je ne l'ai pas remarquée) : "Sur le mur latéral nord de l'abside est cette inscription haut placée, qu'on ne peut lire qu'en montant à l'échelle : EN LAN MVCXXVIII (1528) LE SECOND DIMANCHE D AUST"  .

Il faut donc admettre la construction de la chapelle en 1528, date de mariage du couple fondateur, Alain de Rosmadec et Jeanne du Chastel. Et, par la même, l'attribuer aux  crossettes et aux gargouilles . Une inscription au dessus du portail ouest compléterait utilement ces données, si nous parvenions à la déchiffrer (ce serait l'affaire d'un estompage, mais qui ne peut relever que de l'autorité, et de la motivation, des services publics).

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L'inscription de 1651 sur la première fenêtre nord (ma lucarne VI) est également confirmée par l'abbé Rolland : " Et sur ce même côté nord, près de la première fenêtre : 1651. — M. RECTEUR. A. BRONELOC. JEAN. DONAR. F.", soit en suivant Abgrall  : " 1651, M[essire]. A. Broneloc, recteur,  Jean Donar, fabricien. Elle indique une restauration. Je ne l'ai pas remarquée non plus. Pourtant, il serait utile de vérifier la graphie BRONELOC, qui n'est pas attestée comme patronyme.

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On trouve ensuite la date de 1707 sur le pignon de la première fenêtre sud , à l'occasion d'une restauration de la façade sud et d'une modification de la corniche : je la présenterai plus tard.

Enfin, on sait que la tour fut reconstruite de 1711 à 1714, et que le haut de la tour fut rebâtie en 1736, comme l'atteste l'inscription portant le nom du recteur Le Dourguy. J'en donnerai la photographie.

Enfin, le cadran solaire au stylet brisé n'indique plus l'heure, mais dit encore la date de sa pose : 1788.

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2°) Description des sculptures extérieures  par Rolland en 1922

 

« A l'extérieur, on remarque d'abord les nombreuses fenêtres qui toutes sont, surmontées de frontons triangulaires dont les chevronnières hérissées de crosses végétales ont pour couronnements, d'un côté des croix, de l'autre, des bouquets trilobés.

L'abside à pans coupés offre une ordonnance des plus remarquables. Ses gables sont très élancés, ses contreforts, malgré leur grande solidité, n'ont rien de disgracieux. Ses pinacles sont assemblés par des trèfles à quatre feuilles, au bas desquels sont placées des gargouilles recevant les égoûts des toitures.

L'une des fenêtres absidales, celle du côté de l'Evangile, contient une magnifique fleur de lys ; c'est sans contredit la plus élégante de toutes les fenêtres fleurdelisées qui soient dans le pays.

Au côté sud, on remarque à la base de chaque fronton des cariatides [ comprendre : "crossettes"] aux figures grimaçantes, qui semblent bien être des emblèmes destinés à représenter les principaux défauts dont l'humanité est affligée."

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Je débute donc mon tour de l'église dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, en faisant l'impasse sur l'intéressante façade occidentale, à laquelle je consacrerai un article séparé.

Placé sur le parking devant l'élévation sud, je lève les yeux et le m'intéresse à l'inscription du clocher.

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LA TOUR DU CLOCHER ET SON INSCRIPTION.

 

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"Cette façade est couronnée par un gracieux petit clocher haut de 32 mètres, dont l'aspect général semble indiquer qu'il remonte au Moyen-Age. Toutefois, ses baies à plein cintre et ses pilastres, de même que ses galeries saillantes indiqueraient plutôt un remaniement qu'il aurait subi au XVIIIème siècle, ainsi que semble d'ailleurs l'indiquer l'inscription suivante placée au côté sud, sur le croisillon de la chambre des cloches : MÈRE JOSEPH. LE DOURGUY. Rr. 1736.

Messire Joseph Le Dourguy de Roscerf, originaire de l'ancien évêché du Léon, et né au manoir de Trégué, en Bodilis, fut en effet recteur de Meilars, entre 1723 et 1742, année de sa mort. Sa mère était une demoiselle Thépault de Créac'haliou, fille du seigneur de Lambezre, vieux manoir également en Bodilis. »(Rolland)

 

L'inscription placée sur le croisillon de la chambre des cloches doit plutôt se lire aujourd'hui  ME[SSI]RE IOSEPH LE DOVRGVi RR  -73- Elle occupe deux cartouches (l'un pour le texte, l'autre pour la date). Ses lettres majuscules romaines sont en réserve dans le creux du cartouche. La lettre D est en minuscule. 

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Cloche de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Cloche de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Cloche de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Cloche de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le cadran solaire de 1788.

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Cadran solaire (ardoise, 1788) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Cadran solaire (ardoise, 1788) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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L'ÉLÉVATION SUD ET SES TROIS LUCARNES.

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L'élévation sud est percée de 3 lucarnes, que j'ai désigné comme LI, LII et LIII en partant de l'angle sud-est, et qui correspondent aux baies 4, 6 et 8 de la typologie du Corpus Vitrearum.

La première n'est pas ornée de crossettes, mais son fronton porte une précieuse inscription lapidaire.

Les deux suivantes portent à la retombée du gable chacune deux crossettes, numérotées C1 à C4 en partant toujours de l'angle sud-est.

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La lucarne I  et son inscription.

L'élévation sud débute par un mur seulement ouvert par une étroite meurtrière : cet espace correspond, à l'intérieur, à l'ossuaire, le seul de Bretagne à être à l'intérieur de l'église où il s'ouvre par des fenêtres à forts barreaux de fer. Selon la coutume, les fidèles pouvaient par ces grilles, dans un émouvant memento mori, voir les ossements de leurs prédécesseurs.

 

Au fronton de la lucarne, l'inscription est gravée dans un élégant cartouche en saillie. Les lettres majuscules romaines sont taillées en réserve dans le granite. On y lit :

H : LASTEN

NET .F.  1707.

soit "H. Lastennet, fabricien en 1707".

Les généalogistes mentionnent un Henri Lastennet, né en 1659 et décédé le 17 janvier 1719, à Tromilio (Confort-Meilars). Il épousa Marie Le Brusq (ca 1660-1705), dont il eut 6 enfants, puis Marguerite Le Quéré, dont il eut une fille, Hélène, en ... 1707.

https://gw.geneanet.org/mastrec34?lang=en&p=henry&n=lastennet

Ce toponyme Tromilio désigne un lieu-dit que la carte IGN désigne comme Tromiliou, sur la route se rendant à Poullan, un village de 5 maisons sur la carte d'État-Major 1820-1866, bien moins peuplé que Menez-Tromiliou, plus proche de l'église. La carte de Cassini indique Tromillon. Le nom vient du breton Traon, "lieu encaissé", et du nom d'homme Milio ( comme dans Ploumiliau et Guimiliau).

http://p9.storage.canalblog.com/92/65/986343/118848823.pdf

 

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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La lucarne II  et les crossettes C1 (homme buvant) et C2 (lion).

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Après avoir dépassé la petite porte sud à l'ouverture en anse de panier souligné d'une accolade, et la rupture de continuité de l'élévation, puisque la largeur de l'édifice se rétrécit, nous parvenons à la deuxième lucarne qui, comme la suivante, diffère de la première par un gable à crochets et à fleuron.

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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La crossette C1. Homme coiffé d'un chapeau rond, barbu ou buvant, tenant un récipient.

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L'homme parait accroupi et allongé sur la pente du gable, mais seul son buste est sculpté avec précision. La tête est tournée vers le sud, c'est à dire vers nous. Son visage rond et large au niveau des pommettes se termine par une barbe en éventail ; ses deux mains tiennent un récipient qui est placé sous ses lèvres.  Il  est ainsi la figuration du Buveur ou du gros Mangeur, dont il illustre le Vice.

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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La crossette C 2. Un lion couché, langue tirée.

C'est bien un lion, le type même du lion de crossette avec sa gueule débonnaire à la langue longue et tombante, la  crinière bouclée contrastant avec le corps lisse, et avec la queue qui passe entre les pattes postérieures pour faire retour sur le dos. Bien qu'il soit très fréquent parmi les crossettes du Finistère, on peine à lui attribuer une signification précise. Je le considère le plus souvent comme une force vigilante ou menaçante, prêt à emporter dans sa gueule  les âmes des paroissiens qui s'écartent du droit chemin (les buveurs ou les lubriques, par exemple ...).

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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La lucarne III  et les crossettes C3 (acrobate lubrique) et C4 (homme buvant).

Nous avons dépassé un contrefort orné d'un pinacle à crochet, puis une porte murée ; au passage, puisque nous n'en n'avons pas encore pris le temps, nous jetons un coup d'œil à l'appareillage régulier en pierres de belle taille, peut-être un leucogranite du Cap Sizun .

La lucarne LIII est la jumelle de LII, mais qui aurait mangé moins de soupe : elle est plus étroite, et le remplage des deux lancettes de sa baie ne forme qu'un soufflet. Elle n'a pourtant, en terme de truculence dans son ornementation sculptée, rien  à envier à sa sœur.

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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La crossette C3 : l'acrobate lubrique.

Il est le type même des acrobates qui hantent le bord des toits, empoignant sa cheville et se donnant du plaisir. L'interprétation serait incertaine si la même scène ne se répétait pas, mais la constance de ce geste de tenue de la cheville (ici en croisant, main gauche tenant la cheville droite), et la position de la main entre les cuisses deviennent éloquentes. 

Mais non, esprit retors ! il soulage seulement sa vessie, c'est tout ! 

Aucun vêtement n'est sculpté, alors que le nombril est visible : ce personnage aggrave son cas en étant nu comme un ver.

Voir les deux acrobates de l'église de Dirinon (l'un nu, l'autre vêtu) ; ou l'acrobate de l'angle de l'arc de triomphe de  La Martyre, avec ses chaussures pointues, ou celui de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven, ou les exemples du même type en sculpture sur bois des sablières. Et mieux encore, l'acrobate du Doyenné du Folgoët. Peu à peu la liste de ces exemples s'accroit.

 

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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La crossette C4 : un homme intempérant.

Ne le condamnons pas et tenons-nous en aux faits : cet homme ramassé sur lui-même, barbu, tourne la tête pour nous regarder alors que ses mains entourent un vase placé sous son menton. Où est le mal ?

Mouais. Gageons que, si ce vase n'est pas rempli de boisson forte, c'est que notre malin s'apprête à y vomir ses excès de table.

De C1 à C4, le projet iconographique se précise : les tombées des lucarnes servent de tréteaux pour célébrer (ou dénoncer) les plaisirs de la chair et de la chère, et pour mettre en garde ceux qui s'y adonnent.

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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LE CHEVET À TROIS PANS ET SES GARGOUILLES.

 

Chemin faisant, après la troisième lucarne, et la porte de la sacristie, nous parvenons à l'extrémité orientale de l'église avec son chevet à trois pans. Comme l'écrit Couffon, "Le chevet, du type Beaumanoir, est contrebuté par des contreforts ajourés d'un quatre-feuilles du plus heureux effet.". Ce sont ces contreforts qui portent, juste en dessous de leur coiffure ajourée, des paires de gargouilles, pour évacuer les eaux pluviales.

G1 est un homme accroupi, main vers la bouche, et dont la tête est brisée.

G2, à la tête monstrueuse, est proprement ithyphallique.

G3 semble s'extraire comme un Passe-muraille de l'angle du contrefort. Le granite est usé, mais sa tête difforme laisse imaginer qu'il ne vaut pas mieux que ses collègues.

G4 est un homme crapaud qui rampe tête en bas sur l'angulation ; là encore, et c'est tant mieux, le temps a su effacé les traits de la gueule qui crache sa vilenie.

Enfin G5 termine en beauté, ou plutôt en laideur, cette série patibulaire : c'est, disons,  un chien, mais alors un bouledogue qui aboie sa hargne au vent. Mais vainement, vainement !

 

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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Voici donc G1, l'homme accroupi, main vers la bouche, et dont la tête est brisée. Nous voyons ainsi la goulotte d'écoulement des eaux (qui différencie la gargouille, à fonction d'évacuation, d'une crossette, qui a  fonction d'amortissement).

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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Et maintenant l'ignoble G2, mais les parents devront d'abord éloigner leurs enfants.

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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Puis G3, le Passe-muraille, qui commence déjà, à peine sorti,  à retrousser sa tunique.

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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Hélas, mesdames et messieurs, il nous faut poursuivre avec G4 l'homme crapaud. Mais évitez de rester dessous, car il vise bien, l'animal !

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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Arc-bouté des quatre pattes sur sa console, G5 marque la fin de ce petit périple. Enfin ! Couché Médor, couché!

 

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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L'ÉLÉVATION NORD ET SES TROIS LUCARNES LIV, LV ET LVI.

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Avant de prendre la direction plein ouest pour suivre cette élévation, il faut remarquer un couple de lions qui, sous nos yeux, emportent dans leur gueule un malheureux paroissien. Cela devait finir comme ça, à force de vivre dans le stupre et le lupre.

Et remarquez que le sculpteur a pris soin, dans un beau souci didactique (ou craignant que ses talents de sculpteur animalier laisse planer une hésitation), d'inscrire le nom LEO sur la pierre.

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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Ici, un homme assis, coiffé du chaperon, et tenant en main gauche un parchemin à peine déroulé.

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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La lucarne IV  et ses crossettes C5 et C6.

La lucarne répond par symétrie à la lucarne LIII, avec son gable à crochets et fleuron, et le remplage simplifié de la baie 3.

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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De la crossette C5, je ne dirai rien, c'est sa faute, elle a résisté à mes tentatives d'entrer en contatc.

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La crossette C6 est un fieffé buveur, de la même confrérie que C1 et C4. J'ai cru avoir affaire à un ange, mais ce que je prenais pour des ailes n'est que le bassin de notre ivrogne.

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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La lucarne V (dont la baie abrite un beau vitrail ancien de 1554, Jean Floch étant fabricien) ne nous intéresse pas : elle n'a aucune crossette, la tombée du gable étant amortie par deux pinacles à crochets. Nous avançons.

Nous retrouvons le redan formé par l'élévation, symétrique à celui du sud, et chapeauté lui aussi par un petit contrefort, nous passons devant la porte nord, qui hésite avec le plein-cintre avant d'opter pour une anse de panier, et nous parvenons à la lucarne VI. Pas de pinacles à crochet (comme en L. V), pas de gable à crochet non plus, mais deux crossettes.

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La lucarne VI  et ses crossettes C7 et C8.

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La crossette C7 est un lion, comme la C2. Mais ici, nous remarquons mieux les pattes velues, un attribut important des lions de crossettes qui se respectent.

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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Et la crossette C8 est encore un lion, avec les pattes velues, la queue revenant sur le dos, et la tête qui ... Non, la tête de ce lion est brisée, me dispensant d'une énième description.

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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Nous voici au terme de notre circumduction, à l'angle nord-ouest. Nous venons de remarquer, après la lucarne VI, une fenêtre toute en hauteur, divisée par un meneau : elle éclaire la chapelle des fonts baptismaux (Couffon), une pièce fermée symétrique à l'ossuaire, et  où les lépreux assistaient à l'office dominical .

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Pour finir, à cheval sur notre prochaine excursion qui visitera la façade occidentale, je vais décrire le gable de ce toit, descendant depuis la tourelle d'escalier du clocher, car sa crossette C9 appartient légitimement à mon sujet d'aujourd'hui.

C9, c'est un homme accroupi "en chevalier servant", dont la tête est brisée. Que fait-il ? Étire-t-il son psoas ? Est-ce un guetteur ? Il porte des chaussures à extrémité larges, mais on ne distingue pas de vêtement. Ses fesses sont posées sur une sorte de rocher  rond ; j'espère que nous ne sommes pas ici sur un sujet scabreux.

Mais ce brave C9 appartient à une saynète qui débute plus haut : un  animal (chien ? ours?) est couché sur la moulure est aboie vers lui de façon menaçante. Seul le sépare le crochet en feuille de chou. 

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Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

Crossettes et gargouilles (1528?) de l'église de Confort-Meilars. Photographie lavieb-aile 2020.

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SOURCES ET LIENS.

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— COUFFON (René) & LE BARS (Alfred), 1988, Notices

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/MEILARS.pdf

"Suivant la généalogie de la Maison de Rosmadec, l'édifice actuel fut bâti en même temps que l'ancienne église de Landudec, entre 1528 et 1544, par les soins d'Alain de Rosmadec et de sa femme Jeanne du Chastel. La date de fondation inscrite sur la face nord du chevet, "EN. LAN. MVCSXXVIII. LE. SECOND. DIMANCHE. DAVST", vient confirmer cette assertion, mais les nombreux poissons et les caravelles sculptées sur le tympan du portail ouest montrent la participation importante des pêcheurs et armateurs, comme à Roscoff et à Penmarc'h.  Au cours de la construction, il y eut repentir, les deux premières travées ayant une largeur légèrement supérieure aux deux dernières.

L'édifice actuel comprend une nef de quatre travées avec bas-côtés et un choeur terminé par un chevet à noues multiples. De part et d'autre du clocher encastré sont deux réduits : côté sud, ossuaire ajouré de deux baies et donnant sur l'intérieur ; côté nord, chapelle des fonts. Le pignon ouest est percé à la base par un portail influencé par celui de Saint-Corentin, mais les voussures ne sont décorées par aucune guirlande de feuillages.

Le chevet, du type Beaumanoir, est contrebuté par des contreforts ajourés d'un quatre-feuilles du plus heureux effet. L'un des remplages renferme une fleur de lys, les deux autres sont flamboyants.

Du type à nef obscure, l'édifice est lambrissé en berceau avec entraits apparents ; les grandes arcades en tiers-point pénètrent directement dans les piliers ; elles sont simplement épannelées dans les deux premières travées et bien moulurées dans les deux dernières.

Sablières sculptées au-dessus de la quatrième arcade et dans les collatéraux.

Arcs diaphragmes sur la nef et les bas-côtés entre la troisième et la quatrième arcade.

BIBL - B.D.H.A. 1933 : Notice (par l'abbé Parcheminou) - J. Rolland : La chapelle Notre-Dame de Confort (Saint-Brieuc, 1922) - R. Couffon : Notre-Dame de Confort (S.F.A. C.A. 1957) - R. Grand : L'art roman en Bretagne (Paris, 1958) - Ass. Bret. : Congrès de Douarnenez, 1965

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Mémoire de maîtrise d’histoire,  2 vol. 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm.

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— Pop.culture

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00006261

"Chapelle fondée et bâtie entre 1528 et 1544 par Alain de Rosmadec et Jeanne du Chastel sa femme ; inscription sur le mur nord du chevet : EN LAN MILVCXXVIII (1528) LE SECOND DIMANCHE D'AUST (août) et sur l'élévation ouest inscription illisible sauf : MILVCXXVIII (1528) ; restaurations faites dés 1651 (inscription sur la 1ère fenêtre nord : 1651 M A BRONELOC RECTEUR IEAN DONAR F (ABRIQUE) ; restauration de la façade sud et modification de la corniche en 1707 (date sur l'un des pignons) ; reconstruction de la tour de 1711 à 1714, ; haut de la tour rebâti de nouveau en 1736 (inscription : M (ESSI) RE JOSEPH LE DOURGUY R (ECTEUR) R 1736 ; tourelle d'escalier surélevée au 18e siècle ; fenêtres est des bas côtés bouchées à une date inconnue ; devient église paroissiale en 1910"

— PARCHEMINOU (Corentin), 1933, Meilars-Confort, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie (BDHA)

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/295fd408ca344ed8913a9ae63b8516cd.pdf

— ROLLAND (J.), 1922,  La chapelle Notre-Dame de Confort (Saint-Brieuc, 1922) : in Infobretagne 

 

Le champ du fronton principal, à l'ouest, est garni d'un nombre considérable de statues et orné de sculptures de barques mouillées sur leurs ancres. Ces embarcations sont montées par des pêcheurs occupés à inspecter l'horizon et paraissant attendre dans le recueillement et la prière l'arrivée prochaine des grands et des petits poissons qui, non loin, prennent leurs ébats.

Dans cette même surface se trouve une longue inscription gothique malheureusement assez fruste et par suite peu déchiffrable.

http://www.infobretagne.com/meilars-confort-chapelle.htm

 

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Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes
10 février 2020 1 10 /02 /février /2020 11:27

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La baie 10 (vers 1530 ; v. 1544 ; v.1560) de la chapelle du Rosaire de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Voir sur l'ancienne collégiale de Pont-Croix :

 

 

— Voir  : La liste des 225 articles de ce blog  traitant des vitraux (dont plus de 120 sur les vitraux de Bretagne).

 

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PRÉSENTATION (d'après Gatouillat et Hérold 2005).

La collégiale Notre-Dame de Roscudon possédait d'après une enquête de 1403 une maîtresse-vitre figurant Sinquin de Pont-Croix (1240-1293), seigneur du lieu en 1290. Sa fille Pleslou, héritière du fief, fait entrer Pont-Croix dans la seigneurie de Landudec par son mariage avec Alain de Tyvarlan. En 1384, Alix de Tyvarlan, héritière à son tour, épouse en 1391 Jean Ier de Rosmadec (famille originaire de Telgruc). La lignée des Rosmadec va régner sur Pont-Croix jusqu'au XVIIIème siècle.

Il ne reste rien de cette verrière, et  d'ailleurs, le chevet droit où elle se trouvait jadis fut transformé en chevet polygonal par Alain de Rosmadec et Jeanne du Chastel entre 1528 (date de leur mariage) et 1544 (date du décès de Jeanne, Alain décèdera en 1560). Dans le même temps,  les fenestrages des chapelles méridionales furent alors refaits. 

Ces derniers s'étaient fait représenter sur un vitrail, comme l'attestent les panneaux où ils figurent en donateur, et qui ont été replacés dans la baie 10, dans la chapelle du Rosaire, ou bras méridional du transept. Cette grande baie était à l'origine toute entière dédiée à l'Enfance du Christ. Comme l'ont remarqué Abgrall (1894 et 1904) et Couffon (1951 et 1957), la parenté du décor Renaissance peuplé de putti de ces représentations avec celui de la Nativité de la chapelle du Crann en Spézet replace l'œuvre dans le contexte de la production quimpéroise autour de 1540.

http://www.lavieb-aile.com/2016/06/les-vitraux-de-notre-dame-du-crann-a-spezet-l-adoration-des-mages-et-des-bergers.html

"Vers 1850, la volonté d'"éclaircir" la chapelle fit sacrifier certains panneaux des lancettes et ceux du tympan, remplacés par du verre blanc. La fenêtre a depuis été regarnie de panneaux colorés : elle présente un regroupement de vitraux de plusieurs époques du XVIe siècle, parmi lesquels une Annonciation et des épisodes de la Passion, sans doute récupérés dans d'autres parties de l'église, abside et bras nord. En 1991, à la suite de la restauration de la verrière qui lui avait été confié en 1983, Jean-Pierre Le Bihan en a complété les ajours avec des panneaux abstraits de coloration accordée aux panneaux anciens.

Les seules restaurations modernes documentées ont été pratiquées en 1922 par Labouret puis par Gruber  1953, après les déposes de 1942." (Gatouillat et Hérold)

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Datation.

Gatouillat et Hérold donne pour la baie 10 le deuxième tiers du XVIe siècle, et pour la baie 3 qui accueille des fragments d'une Passion, à émaux bleus, le quatrième quart du XVIe siècle.

Nous avons vu que le nouveau fenestrage du transept sud, ou chapelle du Rosaire, date entre 1528 et 1544.

On reconnait dans la baie composite n°10  diverses "citations" d'autres réalisations de l'atelier quimpérois dit "des Sodec" : une Transfiguration de Plogonnec (v.1520) et du Faouët (v. 1510-1515), une Adoration des Mages de Spézet de 1546, le portrait des donateurs également présent à Confort-Meilars (v. 1530), ou encore la Passion, en lien avec la vingtaine de Passions finistériennes d'origine quimpéroise du début au troisième quart du XVIe siècle. Ces citations sont thématiques (même motif) mais aussi stylistique (même atelier, voire même carton).

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Intérêts.

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Ce vitrail composite est d'un abord un peu ingrat. Les visages, lorsqu'ils n'ont pas été remplacés par d'autres au XVIIe siècle ou plus tard sont fortement altérés par la lèpre noire des micro-organismes. Les panneaux sont incomplets, souvent amputés de leur moitié inférieure. Les macédoines de fragments anciens qui les complètent forment un galimatias visuel. 

C'est son analyse pièce par pièce qui en révèle la richesse. Le premier intérêt est de les resituer dans la production d'un atelier quimpérois prestigieux tant par son savoir-faire que par l'importance de sa production, celui des Le Sodec. Une comparaison  s'impose d'abord avec l'Adoration des Bergers et des Mages de Notre-Dame-du Crann, puisque certains  panneaux sont identiques, mais il faut aussi créer des rapprochements avec l'Arbre de Jessé de Confort-Meilars, en raison de la proximité géographique des deux sanctuaires, et  du partage du même donateur, Alain de Rosmadec, ou avec celui de Kerfeunten à Quimper. L'emploi de verres rouges gravés, celui du jaune d'argent en touches sur les visages (celui de Jeanne du Chastel), l'ornementation des galons par des inscriptions peuvent retenir longtemps l'amateur.

Je note aussi l'art consommé de représentation des gestes de maniement des instruments de musique, comme à Confort-Meilars.

Le deuxième intérêt est ma découverte, dans la Fuite en Égypte, de deux modèles conjugués, une gravure de Dürer et une autre, qui n'est connue que par  un dessin plus tardif de Taddeo Zuccaro. Or, Le Bihan avait déjà repéré cette influence des gravures tant dans cette Fuite en Égypte que pour des scènes de la Passion. 

Un troisième intérêt est de voir une nouvelle fois attestées les armoiries écartelées d'Alain de Rosmadec, que j'avais déjà observées à Confort-Meilars, mais qui attendent des éclaircissements dans le champ de l'héraldique bretonne.

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Remarque.

Le travail d'iconographie comparative, particulièrement nécessaire ici,  est compliqué. Une publication par écrit se prête mal à la présentation des œuvres qu'on se propose de rapprocher. La publication numérique offre la possibilité de renvoyer, par lien hypertexte, vers d'autres articles, mais alors la confrontation des images n'est pas immédiate. J'ai choisi de placer les images comparatives avant l'image appartenant à l'œuvre étudiée, au prix d'une confusion possible entre celles-ci. Pour les différencier, les images que j'appelle en confrontation sont systématiquement plus petites et en retrait.

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DESCRIPTION.

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La baie 10 du coté sud de la chapelle du Rosaire mesure 6 m de haut et  5,80 m de large. Elle comporte 6 lancettes et un tympan de 15 ajours. 

Le registre supérieur rassemble des éléments d'une Enfance du Christ puis de la Passion. 

Un registre intermédiaire s'insère au milieu du registre précédent : la partie supérieure de la scène de donation par Alain de Rosmadec et son épouse y a pris place.

Le registre inférieur est une Adoration des bergers et des Mages, comme à Spézet.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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REGISTRE INFÉRIEUR : ADORATION DES MAGES ET DES BERGERS .

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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La Vierge . Première lancette.

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Elle est debout mains jointes devant plusieurs anges, dont l'un joue du luth et l'autre une harpe à montants parallèles et droits.

Ces anges sont vêtus au dessus de leur aube (blanche ou bleue) de luxueuses chasubles rouges ou vertes à parement d'or. Ils portent un diadème centré par un bijou en or. 

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Le joueur de luth.

Nous comptons 5 ou six cordes. La position des doigts des deux mains est très précise.

On peut le comparer à celui de l'Arbre de Jessé  (v. 1530) de Confort-Meilars :

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Luthiste de l'Arbre de Jessé de Confort-Meilars. Photo lavieb-aile.

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ste de l'Arbre de Jessé de Confort-Meilars. Photo lavieb-aile.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Le joueur de harpe.

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Six cordes visibles. Des montants parallèles. Et à nouveau une position très crédible des doigts de l'instrumentiste. On peut le comparer à celui de l'Arbre de Jessé  (v. 1530) de Confort-Meilars :

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Ange harpiste de l'Arbre de Jessé de Confort-Meilars (v. 1530). Photo lavieb-aile.

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Le roi David de l'Arbre de Jessé de Confort-Meilars (v. 1530). Photo lavieb-aile.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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La position des doigts :

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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L'ange joueur d'orgue portatif.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Le concert des anges. Deuxième lancette.

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L'Enfant (moderne) est dans un berceau en osier, surveillé par les mufles de l'Âne et du Bœuf, et chauffé par un pot à feu. Les anges joufflus jouent du luth, de la vièle à archet, de l'orgue portatif, et d'un instrument à identifier, devant d'autres qui chantent ou prient.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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La partie inférieure est très semblable à celle de la baie 3 de Notre-Dame du Crann à Spézet, daté de 1546.

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Registre supérieur, Adoration des Bergers, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet, photographie lavieb-aile.

 

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Verre rouge gravé.

Pour rendre la flamme du flambeau, le maître-verrier a utilisé la savante technique du verre double gravé (deux verres fins, l'un rouge, l'autre blanc, sont accolés, et le verre rouge est meulé par endroit) .

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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L'ange joueur de luth.

Cinq cordes, cordier bien visible.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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L'ange jouant de l'orgue portatif.

À deux rangs de cinq tuyaux. La main droite est posée sur les touches, tandis que celle qui actionne le soufflet est dissimulée.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Les anges musiciens : jouant de la vièle à archet ou de la flûte.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Troisième lancette. Saint Joseph et le concert des anges.

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Saint Joseph, identifié à sa houlette souffre d'une restauration de son visage au XVIIe siècle et de modifications qui rendent sa tenue et  posture bien peu naturelle.

Derrière lui, trois joueurs de flûte et un harpiste.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Adoration de bergers offrant des colombes et des œufs. Quatrième lancette.

Un premier berger est agenouillé et offre des colombes dans un panier d'osier. Un autre offre des œufs dans un panier. En arrière-plan, un joueur de flûte et un joueur de cornemuse (tête restaurée).

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Là encore, la comparaison avec la baie 3 de la chapelle du Crann est éloquente :

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Registre supérieur, verrière de l'Adoration des Mages et des Bergers, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet, photographie lavieb-aile.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Adoration des rois Melchior et Gaspard. Cinquième lancette.

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Deux têtes ont été restaurées au XVIIe siècle.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Il faut remarquer ici :

a) Les bergers qui assistent à la scène derrière une palissade : parmi ceux-ci, un joueur de cornemuse.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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b) l'emploi de verre rouge gravé (dans le "crevé" de la manche). C'est une innovation technique témoignant de la maîtrise du verrier (Cf Roger Barriè). Nous en trouvons de nombreux exemples (avec croisillons comme ici) sur l'Arbre de Jessé de Confort-Meilars.

c) le motif du damas du manteau jaune d'or : c'est une "grenade" peint par trois lunules au centre et 8 petites couronnes en périphérie. Il est si stéréotypé qu'on peut le voir comme une spécificité des verriers quimpérois. Il se remarquait déjà dans les lancettes précédentes.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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d)  L'inscription du galon du scapulaire (cliché de détail infra) : AVE GRCIA PENA AVE  / INOS / IOI

dans laquelle on déchiffre l'oraison Ave [Maria] Gracia Plena. Ce type d'inscription est presque constant dans les productions quimpéroises comme sur la Passion de Plogonnec,  l'Arbre de Jessé de Kerfeunteun à Quimper, ou, à profusion, sur  celui de Confort-Meilars. Ces inscriptions qui occupent le plus souvent le bord d'un vêtement   sont parfois dépourvues de sens (les lettres aléatoires permettant à certains auteurs des supputations sur la signature des verriers), mais lorsqu'elles sont déchiffrables, c'est toujours pour citer une oraison, le plus souvent mariale. La graphie est la même.

 

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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e) avec de bons yeux, vous pouvez voir la très discrète inscription suivante : REST - LE BIHAN- QUIMPER 1989. ARCHITECTE : DANIEL LEFEVRE. CONSERVATEUR : GENEVIÈVE LE LOUARN. INSPECTEUR : PHILIPPE BONNET. DOCUMENTATION : ERWAN LE BRIS DU REST ET INVENTAIRE GÉNÉRAL 1988-1989. (cliché de détail infra)

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Sixième lancette. Adoration du roi Balthazar. Un saint agenouillé.

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Panneau supérieur.

La composition générale est semblable au panneau de la baie 3 de la chapelle du Crann : un portique tiré des Antiquités romaines, une palissade avec une armée des lances et des bannières en arrière-plan, et un roi tenant dans la main droite un flacon de myrrhe et en main gauche un turban orientalisant, à ruban .  Les couleurs du vêtement sont les mêmes, et le collier en chaîne d'or fait deux fois le tour du cou.

 

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Balthazar, Adoration des Mages , chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet, photographie lavieb-aile.

 

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Ici, la robe rouge est un verre gravé, dont les zones meulées, en amande, ont été peintes au jaune d'argent. Ces petites navettes gravées sont communes dans les autres œuvres de l'atelier, comme par exemple, une nouvelle fois, sur l'Arbre de Jessé de Confort-Meilars.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Saint Jean agenouillé.

Ce panneau a été placé ici, mais il doit être séparé de cette séquence de l'Adoration des Mages. Le saint se détache sur un fond rouge à nuages blancs qui renvoie à une Transfiguration.

Plus précisément, ce fond évoque la Transfiguration de la baie 1 de l'église de Plogonnec, datée vers 1520 et attribuée également à l'atelier Le Sodec :

http://www.lavieb-aile.com/article-vitrail-de-plogonnec-iii-la-transfiguration-92501268.html

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Transfiguration (v. 1520) de l'église de Plogonnec. Photo lavieb-aile.

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Cette Transfiguration  est également présente à la chapelle Sainte-Barbe du Faouët :

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Le Christ entre Moïse et Elie, Baie 2 , Verrière de la Transfiguration, Chapelle Sainte-Barbe, Le Faouët, photographie lavieb-aile.

 

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On remarque dans notre vitrail de Pont-Croix,  au dessus de saint Jean, les retombées du dais architecturés, ainsi qu'un bandeau derrière le nimbe, portant en guise d'inscription une série de O (comme derrière la Vierge à l'Enfant de la baie 1 de Plogonnec.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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LE REGISTRE INTERMÉDIAIRE : LE COUPLE DES DONATEURS.

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Seule la partie haute de la scène a été conservée. A gauche, le donateur Alain de Rosmadec agenouillé en armure est présenté par un saint évêque accompagné de deux anges (les têtes sont nimbées).

Alain de Rosmadec porte un tabard à ses armes, un palé d'argent et d'azur de 6 pièces.

 

Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Le donateur Alain de Rosmadec présenté par un saint évêque.

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1. Le saint évêque.

Gatouillat et Hérold proposent de voir dans ce saint accompagné d'un enfant René d'Anjou, mais tempère cette proposition d'un point d'interrogation.

À Plogonnec, la baie 5 représente Alain de Guengat présenté à saint Sébastien par un saint évêque, dont l'identité est précisé par une inscription : S : ALLAN, forme bretonne pour saint Alain. Il est donc logique de penser qu'Alain de Rosmadec est présenté ici par son saint patron. C'est encore un rapprochement avec les vitraux de l'église de Plogonnec, datés de 1520-1525

http://www.lavieb-aile.com/article-les-vitraux-de-plogonnec-i-saint-sebastien-95903456.html

Les deux enfants ou anges sont nimbés, mais il est impossible d'expliquer leur présence ou leur identité.

 

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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2. Alain II de Rosmadec.

Nous ne voyons que la partie supérieure de la scène de donation, qui répondait au canon du genre : un homme agenouillé mains jointes face à son prie-dieu (où un livre de prières est parfois ouvert) vénère une figure sacrée placée sur le panneau suivant, ou supérieur Le donateur est parfois un chanoine, parfois un bourgeois (rarement en Bretagne) mais lorsque c'est le seigneur prééminencier du lieu, il est en armure, et son tabard (ou le drap du prie-dieu) porte ses armoiries.

L'identité du personnage est précisé par ses armoiries, et, — parmi sa famille, celle de Rosmadec —, par les données historiques, qui nous apprennent que les donateurs actifs à Pont-Croix au XVIe siècle sont Alain de Rosmadec et son épouse Jeanne du Chastel, mais surtout par les armoiries de la donatrice, celles du Chastel.

a) Son père est Jean III de Rosmadec, sr de Tyvarlen (en Landudec) et de Pont-Croix, de Lesperez et de Pratheir  époux de Jeanne de La Chapelle, fille d'Alain, baron de Molac, sr. de Serent et de Pestivien. Il fut inhumé dans la tombe familiale dans l'église de Pont-Croix.

https://gw.geneanet.org/kerguelen29570?lang=fr&n=rosmadec+de&oc=0&p=jean+iii

Dans l'église Saint-Cyr et Sainte -Julitte de Molac, on relevait dans le transept les armoiries écartelées au 1 de Rosmadec, au 4 de Pont-Croix, au 2 de Chapelle, au 3 de Molac, sur le tout de Tyvarlen.

 

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b) Son arrière-grand-père est  Jean II de Rosmadec qui en 1450 avec sa femme Jeanne Thomelin fit aménager le transept de l'église de Pont-Croix de façon à édifier sur son carré le clocher actuel, construire la chapelle des fonts et transformer la chapelle à l'est de l'aile sud. Ils y fondèrent deux chapellenies et se firent inhumés dans le tombeau de ses prédécesseurs dans l'église.

c) Lui-même est né vers 1509 et décédé en 1560 :

  "Alain, sire de Rosmadec, II du nom, de Tyvarlan, de Pont-Croix, baron de Molac, de La Chapelle, et de Sérent, vicomte de Bignan, maréchal de camp aux armées du roi en Bretagne, capitaine d'une compagnie de gens d'armes, de la noblesse et de la côtes de Basse-Bretagne. 

    Étant demeuré mineur à la mort de son père, sa mère lui servit de tutrice.

    L'an 1528, il épousa Jeanne du Chastel, fille aînée de feu Tanguy, sire du Chastel, de Poulmic, de Leslein, de Kersalio, et de Marie dame du Juch, du Mur, de Coëtivy, et de Kersimon, laquelle dame eut pour partage la terre et châtellenie de Kerlourenan, maison qui à eu ses seigneurs particuliers et chevaliers anciens. 

    L'an 1532, il assista parmi les barons aux États tenu en la ville de Vannes, où le duché de Bretagne fut uni à la couronne de France à la requête des États de ladite province, et ensuite il se trouva à Rennes, à l'entrée de François dauphin, et y porta le second bâton de poile, ainsi qu'il lui appartenait le droit héréditaire, comme seigneur de Molac. 

    L'an 1539, en la réformation de la coutume de Bretagne, il fut le premier député en l'ordre de la noblesse de la part des États, pour l'assemblée avec des commissaires du roi. 

    Il rendit son aveu au roi, qui se trouve en la chambre de comtes en date du 4 avril 1541. Il exerça l'Office de Maréchal de Camp en l'armée du roi en Bretagne, commandée par Monsieur le duc d'Étampes, gouverneur dudit pays l'an 1543. 

    Dame Jeanne de La Chapelle était décédée l'an 1544, Henry fils aîné du roi dauphin de Viennois, et duc de Bretagne, lui fit don de rachat en considération de ses services, par lettres données au Camp de Viennes le 10 octobre audit an.     

    Il mourut le 30 janvier l'an 1560 et fut déposé dans le tombeau des seigneur de Molac, en la chapelle de Notre-Dame de Lermain en la paroisse de Molac."    Il eut 6 enfants :

-Tanguy de Rosmadec, dont le fils Sébastien II de Rosmadec ( 1566-1613) reçut le titre de marquis, et fit bâtir le fameux marquisat de Pont-Croix, l'actuel musée du patrimoine.

- Marc,

- Claude,

-Marie,

- Louise,

- Jeanne.

  Signalons deux évêques, Bertrand de Rosmadec (1417-1455)  évêque de Quimper et bâtisseur de la cathédrale (c'est un demi-frère de Jean Ier, ancêtre de notre Alain  II ) et Sébastien de Rosmadec, évêque de Vannes de 1624 à 1646, issu d'un Jean de Rosmadec seigneur de Plessis-Josso.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Alain II est également représenté par le même peintre-verrier comme donateur sur l'Arbre de Jessé de Confort-Meilars  (v. 1530) où le vitrail est mieux respecté ; il y est présenté par le prophète Jérémie :

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Alain de Rosmadec présenté par Jérémie sur l'Arbre de Jessé (vers 1530) de Confort-Meilars

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Son portrait est parfaitement exécuté à la grisaille et sanguine, nous permettant d'imaginer ce qui manque au panneau altéré de Pont-Croix.

 

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Alain II de Rosmarec, verrière de l'Arbre de Jessé de Confort-Meilars. Photo lavieb-aile.

 

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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https://books.google.fr/books?id=tC5NAAAAMAAJ&pg=PA307&dq=alain+de+rosmadec+armoiries+%C3%A9cartel%C3%A9es&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjd3rzt_sLnAhXt1uAKHQbHAy8Q6AEIKTAA#v=onepage&q=alain%20de%20rosmadec%20armoiries%20%C3%A9cartel%C3%A9es&f=false

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Les armoiries.

Elles sont ici écartelées, en 1 et 3 palé d'argent et d'azur de 6 pièces, qui est Rosmadec, et en 2 et 4 d'azur au lion d'argent, qui est de Pont-Croix (ou du Juch).

Voir les armoiries du vitrail (vers 1535) de l'église Saint-Mathieu de Quimper.

Lors de ma description de l'Arbre de Jessé de Confort-Meilars, j'écrivais :

"Le donateur, qu'on imagine agenouillé puisqu' on ne voit que la partie supérieure (existait-il un panneau inférieur ?), les mains jointes, est Alain II de Rosmadec (18 août 1508-30 janvier 1560), d'une famille originaire de Telgruc, en presqu'île de Crozon avant d'obtenir la prééminence sur Pont-Croix, et que les guerziou (chansons populaires bretonnes) ont fait rentrer dans la mythologie bretonne en les présentant comme descendant des anciens rois de Bretagne; une des familles les plus illustres de la région par les fonctions occupées par ses membres et par leurs constructions à Quimper, Pont-Croix, Landudec et Confort, ou par ses alliances avec les grandes familles:

 

 

   Les armoiries portées par Alain de Rosmadec :

Le donateur est vêtu comme un gentilhomme de la Renaissance : en 1528 (le mariage avec Jeanne du Chastel a lieu le 8 mai 1528, et la chapelle dédicacée en août 1528), sous François Ier, 3 ans après le désastre de Pavie et la captivité du roi en Espagne, la mode est au port de la barbe, aux cols qui commencent à présenter à la place du décolleté de François Ier en 1525 une fraise dont les godrons restent encore discrets, un pourpoint court, et les crevés viennent fendre les belles étoffes, les brocarts, les velours et les soies pour faire apparaître la lingerie sous-jacente. 

  Alain porte un corselet de cuirasse et des pièces d'armure protégeant les avant-bras, mais cette tenue militaire est recouverte d'une tunique légère (en soie ?) dont les couleurs ne sont autres que celles de son blason : étudions-les.

  Les Rosmadec "portent palé d'argent et d'azur de six pièces", c'est à dire que leur blason est fait de trois bandes verticales blanches (argent) alternant avec trois bandes bleues (azur). Leur devise est : "BON ESPOIR".

  Alain porte ces armoiries, mais elles sont associées à un lion blanc  dressé sur ses pattes sur fond bleu : traduit en terme d'heraldique, il porte "d'azur au lion d'argent rampant". La langue est de la même couleur que le corps, il n'est donc pas "lampassé". 

  Le sire de Juch porte d'azur au lion d'argent, lampassé et armé de gueules (aux griffes rouges), ce ne sont donc pas ses armes, bien que Jeanne du Chastel soit de cette Maison.

  En 1406,ces armes avaient été partagées après un accord entre le sire du Juch et Jean de Rosmadec qui dut se contenter en signe de juveigneurie du Juch de porter "d'azur au lion d'argent morné", c'est-à-dire dépourvu de griffes, de langue et parfois de queue. Le juveigneur est, dans la noblesse bretonne, un cadet sans distinction d'ordre de naissance ; les armes plaines sont réservées au chef de famille, et les armes brisées (incomplètes), au cadet.

  Ce sont ces armes, devenues celles de Pont-Croix qui apparaissent dans le blason de Sébastien de Rosmadec :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Blason_S%C3%A9bastien_de_Rosmadec.svg

  Mais ici, Alain de Rosmadec porte un lion qui n'est pas "morné" du tout, mais doté d'une belle langue et d'une belle queue.

  Comme il est sire de Pont-Croix, je penche pourtant pour y voir les armoiries correspondantes à son titre, au prix d'une erreur du dessinateur du carton du vitrail.

  C'est, avec son épouse, le commanditaire de ce vitrail, ce qui veut dire que c'est eux qui ont choisi ce thème ; l'arbre de Jessé de l'église de la Sainte-Trinité à Kerfeunteun a été réalisé en 1525-1530, et Alain de Rosmadec et Jeanne de Chastel, mariés en 1528, ont fait construire l'église de Confort en la même année de 1528 : le théme choisi pour Kerfeunteun les a obligatoirement influencé."

Je précise aujourd'hui que Jean Ier de Rosmadec (5 générations au dessus d'Alain II) avait épousé Alix de Tyvarlen et dame héritière de Pont-Croix. Alain II est seigneur de Pont-Croix. 

Par ailleurs, sur ce panneau, le lion est dépourvu de langue : il est morné.

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Ci-après, mes lignes rouges montrent le blason écartelé.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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La tête d'Alain de Rosmadec à Pont-Croix : verre altéré, brisé et recomposé. Les plombs de casse ont été remplacé par un collage. On devine une barbe. Le travail à la sanguine est attesté.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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L'ange accompagnant saint Alain : un beau portrait à la grisaille.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Jeanne du Chastel présentée par saint Jean l'évangéliste (et deux saintes femmes ?).

 

 

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

 

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1. Saint Jean tenant la coupe de poison, entre deux saintes.

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Il est vêtu d'une robe d'or à ceinture rouge, et d'un manteau bleu clair agrafé.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Son visage est l'un des mieux conservés de cette baie, et permet d'admirer la maîtrise de la peinture sur verre à la grisaille et au jaune d'argent. Le visage imberbe et les cheveux longs, bouclés et blonds sont un deuxième attribut du saint.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Il tient la coupe d'où sort un serpent, signifiant qu'il s'agit de la coupe de poison de sa confrontation à Éphèse au grand-prêtre du temple : c'est là un de ses attributs les plus constants et qui permettent de l'identifier avec fiabilité.

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Une sainte femme ? coiffée d'un turban.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Une autre sainte.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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2. La donatrice Jeanne du Chastel.

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Comparez avec le panneau correspondant de l'Arbre de Jessé de Confort-Meilars où la donatrice est placée sous le prophète Isaïe:

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Jeanne du Chastel présentée par Isaïe sur l'Arbre de Jessé (vers 1530) de Confort-Meilars.

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Le visage est comparable, avec la coiffe noire portée très en arrière et ornée d'un large bandeau brodé de perles et de fils d'or.On retrouve aussi la chaîne aux maillons d'or, privilège de la noblesse par son prix exorbitant qui permet un bel investissement. On retrouve aussi le manteau d'or damassé d'un motif à la grenade, de belles épaules de soei bleue, et la dentelle des poignets.

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Mais la principale et la plus précieuse différence est qu'à Pont-Croix, Jeanne porte sur le haut de sa robe les armoiries de la famille du Chastel, un fascé d'or et de gueules.

 

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Le visage  de la donatrice nous permet de constater le rehaut par des touches au jaune d'argent sur les cheveux bien-sûr, mais aussi  sur les sourcils, le nez et le menton, un usage que j'avais déjà remarqué sur les vitraux de la cathédrale de Quimper.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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III. LE REGISTRE SUPÉRIEUR : LA VIE DE LA VIERGE ET DE JÉSUS.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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1. La Fuite en Égypte. Des anges cueillent des pommes et les remettent à Joseph.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

 

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Cette cueillette de pomme n'est pas courante dans une Fuite en Égypte.

Le site Enluminures n'en montre aucun exemple parmi les 100 réponses à "Fuite en Égypte".

Taddeo Zuccaro (1529-1566) a dessiné une scène équivalente ; mais la Vierge tend l'Enfant vers les anges et leurs pommes; d'autre part, l'âne est seul, sans être accompagné par le bœuf. Enfin, la date estimée du vitrail est antérieure à l'exécution estimé du dessin. Cornelis Cort a ensuite  gravé 2 fois cette estampe en 1566 et 1571.

https://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/taddeo-zuccaro_sainte-famille-servie-par-les-anges-pendant-la-fuite-en-egypte_encre-dessin

https://fr.muzeo.com/reproduction-oeuvre/etude-pour-une-fuite-en-egypte/taddeo-zuccaro

https://www.ader-paris.fr/lot/81938/7276315?npp=150&

 

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Taddeo Zuccaro Sainte Famille servie par les anges, pendant la Fuite en Egypte Photo (C) RMN-Grand Palais (musée du Louvre) / image RMN-GP Musée du Louvre

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Ici, deux anges voletant sous les branches d'un pommier cueillent les fruits rouges (ou jaune) et les placent dans le chapeau que leur tend Joseph.

Au dessus de la tête de l'ange de gauche, les pommes sont réalisées "en chef d'œuvre" : le verre rouge est serti dans une découpe du vert blanc.

Gatouillat et Hérold indiquent que ce panneau peut être daté vers 1540.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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Par contre, la gravure de la Fuite en Égypte par  Dürer (1504-1505) a servi de modèle pour tout, sauf pour l'anecdote de la cueillette des pommes. La posture de la Vierge, son chapeau, la présence de l'âne et du bœuf dont les têtes suivent très exactement la gravure, la posture de Joseph, son habillement, sa coiffure, son bâton, etc sont une copie fidèle de Dürer.

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Albrecht Dürer, La Fuite en Egypte vers 1504-1505. planche 14 de la Vie de la Vierge. Bartsch 89. Gravure sur bois Bibliothèque Nationale de France, département des Estampes et de la Photographie

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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La scène se prolonge dans la tête de lancette, couronnée, comme les cinq suivantes, de dais à arabesques peuplés de putti adossés

Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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2. Annonciation.

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Elle est datée par Gatouillat et Hérold du 3ème quart du XVIe siècle mais a été très restaurée, et son soubassement est formé de bouche-trous. 

Le visage de l'ange est un réemploi peu approprié. Le phylactère est d'origine, avec son inscription AVE MARIA GRATIA PLENA DOMinum / TEcuM.

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La colombe est bien présente, dans une pièce ronde de verre blanc peint en grisaille et jaune.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
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Dans la même lancette :

 

Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

 

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Tête de la 2ème lancette: dais et guirlandes. Anges écrivant sur une tablette de cire. 

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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3. Le couronnement d'épines  du Christ.

vers 1550 ? très restauré

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
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Tête de la 3ème lancette: dais et guirlandes.

 

Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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4. La Comparution. Pilate se lave les mains du sort de Jésus.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
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Tête de la 4ème lancette: dais et guirlandes.

 

Le personnage à chaperon rouge qui fait son curieux du haut des cieux est certainement un réemploi (d'une Nativité ?). On le voit aussi sur la baie 5 de Plogonnec (Saint Sébastien) et à la chapelle N-D du Crann.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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5. Flagellation (fragments).

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
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Tête de la 5ème lancette: dais et guirlandes.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

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6. Crucifixion.

Le ciel hérissé de lances, les chevaux au harnachement caractéristique et les visages des différents acteurs (centurion, lancier, prêtres) sont ceux de toutes les Passions finistériennes de cet atelier quimpérois . En voir un exemple, et la liste avec les liens vers les œuvres, ici :

http://www.lavieb-aile.com/2017/10/la-passion-de-la-maitresse-vitre-de-l-eglise-de-gouezec.html

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.
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Tête de la 6ème lancette: dais et guirlandes, pommes et pommier.

On retrouve ici le pommier de la première lancette.

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Les vitraux anciens de l'église Notre-Dame de Roscudon de Pont-Croix.

 

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie) 1894, L'église de Pont-Croix (B.S.A.F. 1894) page 234

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207627h/f312.image

 

— BARRIÉ (Roger), 1976,. Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIe siècle en Bretagne occidentale. In: Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest. Tome 83, numéro 1, 1976. pp. 35-44; doi : https://doi.org/10.3406/abpo.1976.2796 https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1976_num_83_1_2796

— BARRIÉ (Roger),1978, Etude sur le vitrail en Cornouaille au 16e siècle, Plogonnec et un groupe d'églises de l'ancien diocèse de Quimper, Université de Haute Bretagne, Rennes.

— BARRIÉ (Roger), 1978 : Eglise Notre-Dame de Roscudon, les vitraux de J.-J. Gruber (B.S.A.F. 1978)

 

 

 

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988  Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/996

 

— COUFFON (René)

 

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_82/Notre_Dame_de_Roscudon_et_lAtelier_de_Pont_Croix_.pdf

https://m.shabretagne.com/scripts/files/51d0571f3eb5e5.73808665/1951_01.pdf

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— LE  BIHAN (Jean-Pierre), 2010,  Les gravures de repère  dans les vitraux de Roscudon de Pont-Croix. Blog

— LE  BIHAN (Jean-Pierre), 2006, Le vitrail dans le Cap. Blog

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-3617457.html

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-7093514.html

"De cette verrière, il pourrait encore subsister un panneau dans la verrière du bras sud du Transept du même édifice. Il s'agit d'un saint Jean qui provient d'une Transfiguration dont les pièces de verre sont gravées, au dos, de signes de repères.

Le XVIe siècle. Notre-Dame de Roscudon, dans la même fenêtre, nous offre un panorama presque complet et très riche de la créativité de cette époque. Ici, ont été rassemblés les restes des diverses verrières de l?édifice. On peut découvrir : une Nativité des années 1546 et antérieure à celle de Notre-Dame du Crann en Spézet, qui n'en est qu'une copie, une Fuite en Egypte, d'après une gravure de Durer, et deux Passions de styles différents dont une aux émaux bleus, que l'on se doit de dater  après 1560. Dans le puzzle des pièces, il existe aussi des éléments d'une Dormition de la Vierge du milieu du XVIe siècle. Quant aux portraits des deux donateurs, cités plus haut, Alain de Rosmadec et Jean du Chastel, ils ne peuvent dater qu'avant 1544, fin des travaux d'agrandissement de cette église."

 

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-les-gravures-de-repere-a-notre-dame-de-roscugon-de-pont-croix-44531698.html

— LE  BIHAN (Jean-Pierre), 6 sept. 2007, Pont-Croix, Notre-Dame de Roscudon, travaux de 1403 à l'an 2000.. Blog

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-7093514.html

"Sur les XV et XVIième siècles  ,époque riche de vitraux figuratifs, pas de renseignements écrits sur leurs auteurs, on en connaît cependant les donateurs : des seigneurs locaux. De cette belle époque du vitrail, il ne reste plus que la baie sud et quelques éléments dans une baie nord. Sur la première, les portraits des donateurs,
Alain de Rosmadec et Jeanne du Chastel sont encore en place. Pour cette baie, il est plus que possible que l'auteur en soit l'atelier quimpérois Le Sodec
.. 1403, Procès verbal du 8 décembre. Dans la maîtresse vitre,  disparue, dont le sujet des vitraux nous est inconnu, on voyait le portrait de  Sinquin de Pont-Croix , seigneur du lieu, offrant à la Vierge l'édifice qu'il avait fait agrandir vers 1280. Il était représenté à genoux et portait dans ses mains une forme de chapelle, « en semblance qu'il était fondateur d'icelle église ».
,Un saint Jean est actuellement visible dans la baie sud, il a toutes les caractéristiques d'une oeuvre du début XV°.

1528-1546, Alain de Rosmadec et Jeanne du Chastel agrandissent le chevet . Les fenestrages des chapelles sont refaits  et des vitraux probablement posés, dont il reste la baie ouest . Leur portrait en donateurs y sont visibles, ou du moins des éléments, Cette baie recevra à une certaine époque, probablement au XVII° siècle, des vitraux d'autres baies.La Nativité qu'on y trouve est très proche , et du même atelier que celle de Spézet

1652, le 17 novembre, un aveu de Jean de Rospiec et de Marie du Disquay, son épouse, indique la présence de l'écusson de leur maison dans la chapelle Sainte-Marguerite proche du choeur. Il est aussi signalé que les écussons des Quenechbeuzec sont dans les vitres au côté de la maîtresse vitre.
Des seigneurs et de leur présence dans les vitraux de cette église, passons aux acteurs de l'entretien et fourniture des vitraux.de cet édifice.
 Nous ne sommes plus aux XVII° , aux verrières figuratifs, Plus de 150 églises ou chapelles ont subi des transformations dans le Finistère au XVIIe siècle. C?est un constat qui est parlant pour la survie ou perte de nombreux vitraux.  On les déplace plus ou moins bien, on les regroupe, on en fait un patchwork de couleurs et de sujets, c'est ici le cas de la baie sud .Il y a ensuite un analphabétisme  qui commence à se résorber. Les paroissiens, pas tous, mais de plus en nombreux, suivent la messe en lisant dans leur missel.L'invention de Gutemberg est passée par là. D'où une demande de plus de clarté dans les églises.On supprime le réseau de la baie sud La catéchisation qui  se faisait avec le vitrail n'est plus nécessaire

Le Concile de Trente apporte un changement de mentalité et une conception architectural différente. Il jette lentement mais sûrement  le discrédit sur les scènes représentées par les anciens vitraux qui sont jugées grotesques, indécentes, ridicules et voir hérétiques, parfois licencieuses. La verrière traditionnelle aux couleurs vives devient inadaptée.

Qui sont ces peintres vitriers qui travaillent sur cet édifice ?
Le premier que les archives relatent,  est Charles Le Marchand, maître peintre et vitrier,  En 1656-1657,il fournit trois panneaux de vitre(vitraux) en la chapelle de la Madeleine et un à la lucarne sur le grenier, pour 17 livres 30sols. L'année suivante il plombe et accommode 19 panneaux de la vitre de Saint-Jean. En 1658-1659,accommode un panneau de vitre pour 2 livres. En1660-1661, apparait son fils Guillaume Le Marchand,  qui accommode les vitres qui étaient  toutes rompues et brisées au su de l'un et chacun des habitants, moyennant 33 livres.
.Le même en 1666-1667 reçoit 33 livres pour avoir accommodé les vitres et panneaux de l?église. Ces deux peintres vitriers ont peut-être un ancêtre en Le Marchand, Mathieu, que l'on trouve en  1639-1640,  à Cléden-Cap-Sizun, 29, en la chapelle Saint-They,où il remplace 2 vitres,<< l'une dans le grand autel de la chapelle , l'autre devant sainte Barbe.
Il semblerait que ces travaux soient une campagne de restauration de l'ensemble des vitraux qu'un Marchand Charles commence et qu'un Madec poursuivra.
En 1706, Pierre Vincent accommode trois panneaux puis un peu plus tard, avec Jean Dubois, plombent de neuf la vitre du Rosaire pour 180 livres Les mêmes, en 1750, accommodent la vitre de Sainte-Marguerite et fournissent une vitre neuve à la chapelle deSainte-Barbe. Un an plus tard , Jean Dubois, peintre vitrier,  plombe la maîtresse vitre.
1764, Arrive Sébastien René le Roux  maître vitrier de Quimper possédant une maison rue du Sallé, qui, plombe et raccommode les vitraux pour 51 livres . En 1776, fait des travaux de vitrage pour 9 livres 16 s . Il est père de 18 enfants. Travaille sur le vitraux de Plogonnec.

1790, Clet Stéphan peintre vitrier, est noté deux fois pour des  travaux à l?église
1792, la direction de la ville échut à un ancien huissier ivrogne et incapable du nom de Louis Le Corre qui laissa perpétré maintes exactions dont le bris de vitraux.
1793, prélèvement de vitraux à Lochrist en Beuzec-Cap-Sizun pour remplacer, en l?église de Pont-Croix,  les vitraux armoriés, sacagés le 29 mai de la même année par un nomme Cabestran, l?un des volontaires de la ville, qui monté sur une échelle se mit à devoir briser les vitraux. Il faillit se rompre le cou et se faire écharper par les femmes.ref : Gargadennec.

Vers 1850, les têtes de lancettes et les soufflets du tympan de la  baie du bras sud du transept, portant des armoiries, auraient été déposé pour donner plus de lumière et remplacé par des vitraux kaléidoscope, puis par du losange en 1839 et 1898 sous la direction de Just Lisch.
Des vitraux auraient été enterrés et enfouis derrière le choeur avant le dix-neuvième. Aussi en 1973, lors de travaux en cet endroit, le recteur surveille les fouilles mais en vain.
Dans la fenêtre du bras sud, nous trouvons des panneaux de vitraux  provenant de diverses fenêtres de l'église et de diverses époques , entre autres deux Passions, une Transfiguration, un Jugement dernier, une Vie de la Vierge : avec Annonciation, une adoration des mages et des bergers, une fuite en Egypte et une Dormition de la Vierge, ils seront restauré dans les dernières années du XX° siècles par l'atelier Le Bihan vitraux de Quimper. Les éléments de la seconde Passion d'après Durer ont rejoints la baie 3 du côté nord.

Pour conclure,J'allais oublié François Viel sieur de Villereux, maître vitrier à Quimper et Rogeron qui en 1735 font quelques travaux, puis un peu plus tard, avec Jean Dubois, plombent de neuf la vitre du Rosaire pour 180 livres Les mêmes, en 1750, accommodent la vitre de Sainte-Marguerite et fournissent une vitre neuve à la chapelle de Sainte-Barbe."

 

 — GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005, Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Inventaire général du patrimoine culturel ; Rennes : Presses universitaires de Rennes , pages 166-168

— LE TELEGRAMME 17 février 1997.

 

 

https://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php?aaaammjj=19970217&article=1709912&type=ar "Il existe à Pont-Croix, une collégiale construite entre le milieu du XIIe siècle et la première moitié du XVIe siècle par les seigneurs de Pont-Croix, puis les sires de Rosmadec, forts de leur richesse et de leurs appuis à la cour des rois de France. Ils ont ainsi apporté au bout du monde, les dernières nouveautés techniques et stylistiques, ce qui se faisait de mieux à la cour en matière d'architecture, sculpture, mobilier et vitrail... C'est sans doute le cas d'un petit vitrail sauvé de l'oubli grâce à un concours organisé par le Pélerin Magazine et intitulé « Un patrimoine pour demain ».

Depuis 1982, quatre panneaux d'un vitrail, classé par les monuments historiques, avaient été descendus des verrières de la collégiale Notre-Dame de Roscudon, et entreposés chez un maître verrier, M. Le Bihan, à Quimper, en attendant le financement de leur restauration. Sur proposition d'Isabelle Gargadennec, conservatrice des antiquités du Finistère, la mairie de Pont-Croix a présenté un dossier, monté par Françoise Decourchelle. Le petit vitrail a été sélectionné et le prix (40.000 F) paiera la moitié de la restauration. L'autre moitié sera subventionnée par l'État, la région, le département, la commune et la paroisse.

Une restauration délicate.

Le maître verrier a sorti de l'ombre les quatre panneaux et commencé à analyser le travail à réaliser. Malgré leur lecture rendue difficile par des restaurations malhabiles, les quatre panneaux laissent apparaître un thème : la Passion. En très mauvais état, les verres d'origine seront répertoriés. Les motifs seront recollés, soutenus par des verres transparents. Seuls les contours d'origine seront cernés de plomb, ce qui les rendra plus lisibles.

Une copie de Dürer.

Beaucoup de pièces sont à reconstituer et en cherchant des exemples sur le sujet, M. Le Bihan est certain que des gravures du peintre et graveur allemand A. Dürer ont servi de modèle. On sait qu'Anne de Bretagne avait fait appel à lui pour des projets de vitraux. Elle avait aussi encouragé l'art des maîtres verriers bretons.

Autre intérêt de ce petit vitrail : on y constate une technique nouvelle pour l'époque « l'émail bleu », associé ou non à la sanguine pour colorer le verre du bleu au violet. Par déduction, on est arrivé à dater approximativement le vitrail. Il aurait été commandé vers 1528 par Alain II, sire de Rosmadec, et son épouse, Jeanne de Chastel.

Autre temps autres techniques.

Une équipe envoyée par le Pélerin Magazine est venue à Pont-Croix filmer la petite verrière où viendront prendre place les vitraux. Ils se sont également rendus chez le maître verrier afin de filmer le travail de restauration. Par images virtuelles, ils vont remettre les vitraux dans leur cadre comme si la restauration était terminée. Le petit film sera projeté lors de la remise des prix qui aura lieu le 24 mars à l'auditorium du Louvre. Douze lauréats sur toute la France ont été retenus dont trois Bretons : pour un vitrail à Pont-Croix, une barrière à Plougourvest et un retable à Ploudiry. Le maître verrier Jean-Pierre Le Bihan en compagnie de Claude Labourbe, réalisateur, et de Stéphane Le Bon, opérateur."

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— Roger Gargadennec Monographie sommaire de Pont-Croix Pages 63 à 105 , Bull. SAF 1964

 

 

— TEFANY (Auguste), 1901, : Notice sur Pont-Croix (Quimper, 1901). 

—  L'église de Pont-Croix Notre-Dame de Roscudon visitée en dix minutes

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bc0540526e9f4a26544d92d18f560ddb.pdf

Bibliographie de Couffon: 

 

 

- E. Lefèvre-Pontalis et L. Lécureux : Les influences poitevines en Bretagne dans l'église de Pont-Croix (S.F.A. B.M. 1909)

- R. Couffon : Notre-Dame de Roscudon et l'atelier de Pont-Croix (Mém. Soc. Hist. Arch. Bret., 1951) ; Pont-Croix, Notre-Dame de Roscudon (S.F.A. C.A. 1957)

- R. Grand : L'art roman en Bretagne (1958)

- Ass. Bret. : Congrès de Douarnenez, 1965

- G. Savina : Notre-Dame de Roscudon, Pont-Croix (Châteaulin, 1972)

- M.-M. Tugorès : Eglise Notre-Dame de Roscudon, le retable de saint Joseph (B.S.A.F. 1978).

- R. Barrié : Eglise Notre-Dame de Roscudon, les vitraux de J.-J. Gruber (B.S.A.F. 1978) - R. Gargadennec : Contribution à la datation de l'église de Pont-Croix (B.S.A.F. 1979) ; Le sculpteur Paul de la Haye (B.S.A.F. 1982)

- L.-M. Tillet : Bretagne romane (Coll. Zodiaque, 1982)

- J. Chardronnet : Pont-Croix (Rennes, 1983).

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
3 février 2020 1 03 /02 /février /2020 23:34

La charpente sculptée (sablières et abouts de poinçon vers 1535, 2 pièces de sablières par le Maître de la nef de Plomodiern au milieu du XVIe siècle) de la nef  chapelle Saint-Tugen de Primelin.

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Voir :

—Sur les réalisations semblables à celles de l'église de Plomodiern en 1564 ("Jean Brellivet" ou maître de la nef de Plomodiern) :

—En proximité avec celles-ci : les artisans anonymes du Cap Sizun au XVIe siècle :

— Et enfin :

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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PRÉSENTATION

Au lieu-dit Saint Tugen, sur le site d’une ancienne chapelle tréviale mentionnée en 1118, l'édifice actuel, long de 29m et large de 25m et dominé par une tour monumentale haute de 28m, a été construit vers 1535 par René du Menez seigneur de Lézurec et son épouse Marie du Fou. Devant l’affluence des pèlerins, il a été agrandi plusieurs fois entre 1610 et 1750. Marguerite d’Angoulême, sœur de François Ier et grand-mère d’Henri IV, y vint en pèlerinage. On trouve des dates inscrites,    comme " 1584 " dans la chambre des cloches, ou  "1595", sur une porte de  la pièce nord de la tour, avec le nom du recteur Henri Capitaine. La tour porte aussi les dates (C. Toscer) de son commencement en 1569 ["K.C. 1659" sur la tourelle d'escalier selon Abgrall ]et de son achèvement en 1582. 

La chapelle nord a été considérablement agrandie  en 1611 par les soins de l'arrière-petit-fils du fondateur, Alain du Ménez, gouverneur d'Audierne et époux de Marie de Gourcuff, et nous trouvons les  inscriptions à cette date avec les noms des fabriciens D. Mérour et F. Moal à l'extérieur de la porte nord  . En 1663, Estienne Ansquer fait graver son nom sur le bois de la porte du porche avec son titre de fabricien. La sacristie  fut construite en 1720-1721, et puis ensuite, de 1749, 1750, 1760  à 1773, la chapelle sud fut très remaniée ; le fabricien de 1750, Brénéol et celui de 1760  Yves Follic ou Follec y ont inscrit leur nom avec la mention "honoré homme".

Jean Brénéol, fabricien en 1766, a fait inscrire son nom dans la pierre à l'extérieur près de la porte.

Également à l'extérieur, sur le mur de la sacristie I. Brechonnet se signale, sans date, comme fabricien sous un buste d'homme surgissant de la façade.

Des lambris portent des peintures datées : un mariage  porte la date de 1705  et le nom du "fabrique" Yves Poulhasan. Un Baptême porte l'inscription "Messire I. Gloaguen curé de Primelin en 1705  baptise cet enfant nay depuis un moment"  Un cycle du Baptême du Christ, de la confirmation et de la confession sur la clôture des Fonts, datée de 1679 porte le nom du recteur Messire Yann Perennes et du fabricien Hervé Ploinec. Auparavant, en 1674, le même recteur Jean Pérénnès avait fait exécuter un ciel étoilé, Pierre Guéguen étant le fabricien de l'année. Et le même recteur a demander à un peintre Parader (Barader) une allégorie de la confirmation.

Le chanoine Abgrall signale aussi l'inscription Ian : Bitar : 1709 : F. sur le lambris

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 Quand la chapelle fut classée le 23 juillet 1909, il était temps, car elle était alors, dit-on, dans un état lamentable. Elle fut restaurée avec le concours des fidèles et d'un ancien missionnaire à Haïti, l'abbé Yves Velly.

Le matériel héraldique est riche. Notamment, de nombreux blasons sont présents sur les abouts de poinçons : ceux des familles du  Menez (seigneurs de Lézurec en Primelin) , Autret (seigneurs de Lézoualc'h en Goulien) , Keridiern (en Cléden-Cap-Sizun) , Saluden (seigneur de Kerazan en Cléden) , et d'autres non identifiés.

C'est un édifice de plan irrégulier précédé du massif de la tour, et comprenant un vaisseau de quatre travées avec bas-côtés et chevet plat. Au nord, au droit des trois dernières travées, une vaste chapelle en aile est  recoupée transversalement par deux arcades. Au sud, au droit de la dernière travée, une chapelle en aile, sur laquelle s'ouvre la sacristie, est alignée à l'est, comme la chapelle nord, sur le chevet de la nef.

"La nef, du type obscur, est lambrissée sur toute sa longueur. Les grandes arcades en tiers-point, de hauteur et de largeur différentes, ont leurs voussures pénétrant directement dans les piliers octogonaux. Les deux arcades édifiées en 1611, transversalement à la nef, lors de l'agrandissement de l'aile nord, sont en plein cintre avec importante clef en console. Elles reposent sur de courtes colonnes ioniques montées sur de hautes bases à corniches saillantes. Les chapiteaux ont leur tailloir décoré de volutes très développées. La plupart des fenestrages flamboyants accusent le début du XVIe siècle, mais une petite fenêtre du XIVe a été remployée dans l'aile nord. " (R. Couffon)

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La datation de la construction de l'édifice est importante pour préciser celle des sablières. Or la date de 1535 communément donnée n'a pas (Tosquer) de confirmation écrite. Mais elle est épaulée par  une pièce d'archive de 1539, qui mentionne la présence de cinq prêtres desservants la chapelle, preuve de son importance déjà grande, et de l'existence d'une couverture. 

La charpente de la nef, à lambris peint, est rythmée par cinq entraits, à engoulants et nœuds sculptés, ainsi que par des nervures qui sont animées chacune  par des abouts de poinçons en deux rangées latérales à mi-hauteur et un rang central. Je désignerai ces entraits de I à V d'est en ouest. 

J'ai compté 23 ou 24 de ces nervures (on multipliera ce chiffre par 3 pour évaluer le grand nombre des abouts de poinçon, et le travail de bénédictin de leur description exhaustive reste à faire), mais leur régularité est interrompue, entre les entraits II et III par deux nervures jumelles (très rapprochées) qui correspondent à la présence d'un blochet des deux cotés. C'est précisément à partir de ces blochets que le style des sablières se modifie brièvement, vers l'ouest, pour deux pièces sculptées par le Maître de la nef de Plomodiern vers 1544. Tout le reste appartient au style à masques espacés, un peu plus précoce.

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Aucun des auteurs de monographies ou notices  n'a décrit cet ensemble sculpté de la charpente : ni Chaussepied en 1809, ni  Velly en 1930, Couffon en 1988 et, ni Cosquer en 1987. 

Sophie Duhem, dans son étude des sablières de Bretagne, signale la chapelle Saint-Tugen à plusieurs reprises, mais ne donne pas de description détaillée de ses pièces. C'est néanmoins elle qui en ordonne le corpus en deux ensembles et qui attribue deux pièces à celui qu'elle nomme "Jean Brellivet" (maître de la nef de Plomodiern" pour moi), et c'est elle qui décrit les ateliers de menuisiers-sculpteurs de sablières très actifs en Finistère sud au début et milieu du XVIe siècle (cf. extraits infra).

Ma propre description ne sera que partielle, car basée sur des photos trop vite prises lors d'une excursion de la SAF.

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I. LES SABLIÈRES À MASQUES ESPACÉS ( VERS 1535 ).

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Au début du XVIe siècle, un artiste anonyme actif en Cornouaille adopte pour le décor sculpté des sablières  un style où celles-ci ne sont sculptées que par intervalle, de masques et de feuillages sur la pièce de bois qui est, sans l'intervalle, lisse et simplement moulurée. On trouve des exemples de ce style tout près d'ici,  dans la chapelle du Rosaire de l'église de Pont-Croix, mais aussi, selon S. Duhem, dans l'église de Combrit et , plus loin à l'est du Finistère, dans celle de Plonévez-du-Faou.

http://www.lavieb-aile.com/2020/01/les-sablieres-des-chapelles-sud-de-notre-dame-de-roscudon-a-pont-croix.html

Ici, dans la chapelle Saint-Tugen de Primelin, ces masques correspondent à la retombée des nervures du lambris peint. Je numérote ces nervures, et donc ces masques, de 1 à 24 d'est vers l'ouest.

Les nombreux  abouts de poinçon sont sans doute contemporains de ces sablières. 

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Sud, nervure 1 : une rose.

Sud, nervure 2 : deux masques siamois

Sud, nervure 3 : une barque de pêche à trois matelots.

ENTRAIT I engoulé, décor à perforation. Poutre en deux portions assemblées  par un trait de Jupiter. Poulie au centre.

Sud, nervure 4 : 2 masques barbus.

Sud, nervure 5 : feuille d'acanthe.

Sud, nervure 6 : une rose (4 sépales, 4 pétales, un cœur)

Sud, nervure 7 : un masque humain, coiffé d'un béret, bouche triste.

ENTRAIT II, engoulé; Noeud à deux dragons (perforations)..

Sud, nervure 8 : feuille.

Sud, nervure 9 : masque humain barbu.

Sud, nervure 10 : masque humain à coiffure en U inversé.

Sud, nervure 11 (jumelle) : blochet : tête de lion.

Sud, nervure 12 et 13 :  deux dragons (style du Maître de la nef de Plomodiern)

ENTRAIT III engoulé. Écu au centre.

Sud, Masque féminin contre l'entrait

Sud, nervure 14 : feuille.

Sud, nervure 15 : masque féminin sous une coiffe.

Sud, nervure 16 : fleur (5 pétales, 5 sépales, 4 feuilles)

ENTRAIT IV semi-engoulé. Deux gueules affrontées au centre

 Sud, nervure 17 [ de part et d'autre de l'entrait] : feuille et rose.

Sud, nervure 18 : masque humain, femme échevelée.

Sud, nervure 19 : feuille d'acanthe.

Sud, nervure 20 :à préciser

ENTRAIT V engoulé (écu au centre) ; Sud, nervure 21, 

Sud, nervure 22 : à préciser

Sud, nervure 23 : à préciser

Sud, nervure 24 contre le mur : Blochet, dragon gueule ouverte langue tirée.

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Le coté nord.

Nord, nervure 1 :

Nord, nervure 2 :

Nord, nervure 3 : fleur (8 sépales)

Nord, nervure 4 : masque humain crachant deux feuilles

ENTRAIT I, engoulé.

Nord, nervure 5 : lion couché, tête tournée à gauche, queue revenant sur le dos.

Nord, nervure 6 : ange souriant, tenant un phylactère

Nord, nervure 7 : masque humain crachant deux feuilles

Nord, nervure 8 contre l'entrait : feuille 

ENTRAIT II, engoulé, à perforations.

Nord, nervure 8 contre l'entrait  : masque humain.

Nord, nervure 9 : masque léonin, bandeau occipital.

Nord, nervure 10 contre le blochet : masque léonin, bandeau occipital.

Blochet : gueule de dragon, décor à perforations.

Nord, nervure 12 et 13 :  deux dragons et médaillons (style du Maître de la nef de Plomodiern)

ENTRAIT III engoulé.

Nord, nervure 14 : feuille.

Nord, nervure 15 : écu.

Nord, nervure 16 : feuille à volutes latérales

ENTRAIT IV engoulé.

Nord, nervure 17 : à préciser

Nord, nervure 18 : à préciser

Nord, nervure 19 : masque de femme bouche ouverte.

Nord, nervure 20 : rose.

ENTRAIT V, engoulé.

Nord, nervure 20 sur l'entrait : feuille

Nord, nervure 21 masque humain cheveux en masses latérales.

Nord, nervure 22 : masque humain coiffé d'un bonnet.

Nord, nervure 23 contre le mur. Feuille d'acanthe.

Blochet : gueule de lion

 

 

 

 

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Les nervures 3 et 4 et leurs sablières.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 2 : deux masques humains accolés.

Ces gueules patibulaires à la bouche  de travers et aux yeux torves sont néanmoins civilement coiffés d'un bonnet.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Une barque de pêche et trois pêcheurs.

C'est l'un des motifs les plus originaux de la chapelle, et un autre exemple  a déjà été analysé dans le chevet de l'église de Pont-Croix (mais dans la partie créée par le Maître de la nef de Plomodiern, vers 1544).

Cette barque à clins, sans gouvernail visible, laisse apparaître les têtes de trois matelots, à qui les yeux exorbités (maladresse de sculpteur ou parti-pris ?) confèrent des allures de revenants. Elle relève, de la part des paroissiens commanditaires (représentés par le fabricien) du désir de souligner l'importance du milieu maritime dans leurs modes de vie, puisqu'à l'époque,   et pour toute la région du Cap Caval de Penmarc'h à Audierne et Cap Sizun, le commerce par de forts rouliers, et la pêche permettent un développement économique considérable.

L'agrès visible à l'avant est vraisemblablement le mât, rabattu pour la pêche et visible également à Pont-Croix.

Les sablières de 1553 de la chapelle Saint-Trémeur de Cléden-Cap-Sizun en offrent également un exemple où l'on retrouve la barque à clins, les trois pêcheurs, le mât incliné (mais aussi des poissons):

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-tremeur-trouguennour-cleden-cap-sizun/39ce641b-88bf-4768-b36e-dc58a7aef219

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:061_Cl%C3%A9den-Cap-_Sizun_Chapelle_Saint-Tr%C3%A9meur.jpg

 

Je renvois à mes commentaires sur la barque de Pont-Croix.

http://www.lavieb-aile.com/2020/01/les-sablieres-du-chevet-de-l-eglise-notre-dame-de-roscudon-a-pont-croix.html

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Cliquez sur l'image.

Sablières (v. 1544) du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Sablières de Saint-Trémeur à Cléden-Cap-Sizun? Photo H. Moreau Wikipédia

 

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 7 : un masque humain, coiffé d'un béret, bouche triste.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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L'entrait n° II : engoulants et nœud sculpté.

Cet entrait est remarquable par les deux gueules de dragons ou engoulants, avec les perforations au foret qui rendent les verrucosités de leur pelage, mais surtout par le nœud (sculpture centrale) ou deux petits dragons s'affrontent gueule à gueule.

Leurs ailes aux pennes taillés à la gouge ronde, et les multiples perforations des sinuosités serpentines de leur corps fin entrainent une confusion dans la lecture des formes, confusion tout à fait conforme au projet global de l'artiste, qui jette le trouble dans nos esprits rationnels pour nous emmener dans un monde intermédiaire et autre.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 9 : masque humain barbu.

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Ce visage est encadré par une chevelure et une barbe dont les mèches identiques sont repoussés par un vent frontal pour former une véritable crinière de lion. Et la taille du bois pour rendre ces mèches, en forme de 9, sera utilisée aussi pour les lions qui apparaitront plus loin. 

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 10 : masque humain à coiffure en U inversé.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 15 : masque féminin sous une coiffe.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 18 : masque humain, femme échevelée.

C'est encore le même procédé d'animalisation de l'humain : le visage à l'ovale pur de la femme est encadré par des longues mèches enchevêtrées qui évoquent immanquablement des serpents.

 

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Sud, nervure 19 : feuille d'acanthe.

Cette élégante  feuille aux bords frisés peut évoquer une étoile.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Le coté nord.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 7 : masque humain crachant deux feuilles.

Bois polychrome, jaune pâle et bleu.

Cf infra.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 5 : lion couché, tête tournée à gauche, queue revenant sur le dos.

Bois,  polychromie jaune, bleu et rouge . La queue passe entre les pattes postérieures pour revenir sur le dos, où le fouet étale ses trois branches. La patte postérieure est marquée d'entailles de gouges pour rendre les mèches de pelage. La crinière est figurée par des rangées de volutes en 9999, dont le centre est peint de bleu. La gueule débonnaire du lion est ouverte sur une balle rosée qui est la langue. Il existe de fortes affinités entre cette façon de sculpter les lion, et celle utilisée par les tailleurs de pierre sur les façades et les crossettes des chapelles.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 6 : ange souriant, tenant un phylactère.

Le phylactère portait peu-être quelques mots peints.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 7 : masque humain crachant deux feuilles.

C'est encore un motif très habituel du vocabulaire des sculpteurs de sablière, et des sculpteurs sur pierre dès le XIIIe siècle sur les portails et chapiteaux romans. Il répond au goût de la métamorphose, et de l'alliance/confusion entre les genres animal (et humain) et végétal, accentué  par le succès des Métamorphoses d'Ovide. C'est une variante du "masque feuillu", phytomorphe où le visage est encadré, en guise de chevelure ou de barbe, par des feuilles. Par son aspect fantastique, on peut lui prêter un rôle apotropaïque (conjurant le mauvais sort, ou les esprits mauvais), les sablières formant alors autour de l'espace sacré, liturgique, une ceinture de protection intérieure à laquelle répond, à l'extérieur, celle des crossettes.

L'alternance de feuilles et de masques  humains sur ces sablières relèvent du même souci de fusion/confusion des genres, tout comme, plus loin, les masques anthropomorphes mais léonins.

https://www.sculpturesmedievales-cluny.fr/notices/notice.php?id=8

https://www.sculpturesmedievales-cluny.fr/notices/notice.php?libre_Op=like&libre=masque&pos=4&id=80

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L'homme est coiffé d'une casquette aux oreillettes relevées.

On remarquera ici, mais aussi ailleurs, une intervention de restauration par laquelle un coin très effilé de bois a été introduit, peut-être dans une fissure, puis resculptée.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 8 sur l'entrait  : masque humain à facies  léonin.

La sculpture est traversée à mi-hauteur par une large pièce de bois taillée en sifflet et re-sculpée. Quoiqu'il soit difficile de faire la part des choses entre des fissures, cette pièce, et le décor, il semble que le pourtour du visage trace, en partie inférieure, des rayons, puis que vienne ensuite un bandeau occipital, et enfin une coiffure, ou plutôt une chevelure tirée en arrière.

Le bandeau occipital est fréquemment représenté en Finistère comme un accessoire qui rassemble les cheveux en arrière de la nuque avant de les laisser se répandre sur les épaules : on le vit sur des statues de la Vierge, de Marie-Madeleine ou plus rarement sur d'autres personnages. Est-ce cela que le sculpteur a figuré ici ?

L'aspect mi-humain mi-animal est dû aux lèvres épaisses (ce sera surtout le cas dans la sculpture suivante, au nez large et au menton fuyant, mais aussi à l'encadrement centrifuge du visage.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 9 : masque léonin, bandeau occipital.

 

Bois polychrome jaune pâle et bleu. Mêmes remarques que précédemment, mais la chevelure est divisée en deux masses latérales retenues par le bandeau.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Nord, nervure 10 : masque léonin, bandeau occipital.

 Bois polychrome jaune pâle et bleu. Troisième exemple du même motif, dans lequel les pommettes rondes et saillantes contrastent avec le petit menton en courge, avec un effet comique évident. Le fuseau de bois de réparation est ici plus bas.

Remarquez, sur le blochet, les perforations au foret utilisées pour rendre la peau verruqueuse du dragon, un procédé que reprendra le Maître de la nef de Plomodiern.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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II. LES SABLIÈRES À DRAGONS ET MÉDAILLONS (MAÎTRE DE LA NEF DE PLOMODIERN, VERS 1540 ? ).

Seule peut-être une expertise de la charpente, ou une compréhension de l'évolution du chantier (qui aurait selon C. Toscer débuté par le chevet) pourrait expliquer à la fois les deux nervures jumelles, la paire de blochet, et surtout la rupture de style dans deux pièces de sablières, qui abandonnent les masques et leurs répartitions sous les nervures pour un décor continu, associant dragons et médaillons. Ce décor est si caractéristique du sculpteur qui a réalisé  la nef et le porche sud de l'église de Plomodiern qu'on peut les lui attribuer sans hésitation. On reconstitue donc le parcours d'un artisan qui a d'abord œuvré au Cap Sizun, dans cette chapelle Saint-Tugen (en 1535, ou vers 1540? ), pour le chevet de l'église de Roscudon vers 1544, et pour la chapelle Saint-Trémeur de Cléden-Cap-Sizun en 1553. Puis, il s'est rendu en Porzay 40 km plus au nord-est, pour orner la charpente de Plomodiern en 1564, ainsi que celle de la nef et du porche sud de l'église de Saint-Nic en 1562 et 1566.

Dans tous les cas, on retrouve des caractéristiques que j'ai déjà décrites pour les sites précédents.

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Vue d'ensemble, coté sud.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Les deux médaillons contiennent ce profil reconnaissable par son nez imposant, son œil d'horus, son casque (pour l'homme) et sa coiffe à perles (pour la femme), ainsi que le cercle du médaillon marqué à la gouge droite de I successifs et de perforations au foret

Les dragons sont aussi spécifiques par leurs feuilles-plumes attachés au corps par des anneaux, par leur grand œil de profil, leurs grandes oreilles, leur museau retroussé et, là encore, par les marques de gouge en C et en I, les perforations et les estafilades.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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Du coté nord ; putto tenant les queues de deux dragons, encadré par deux médaillons de profil.

Pas de surprise pour celui qui traverse la nef et qui retrouve, comme à l'école, le même vocabulaire soigneusement récité sous le regard du même couple emblématique. L'enfant barbu  nu, jambes écartées, coiffé de feuilles, retient les dragons par leur queue.

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Au nord ou au sud, il suffira d'observer les blochets ou les engoulants pour retrouver des coups de gouge et ses perforations au foret. Il n'y a pas de rupture de style entre ces dragons des poutres et ceux de ces pièces de sablières, ce qui incite à penser que ces dernières datent à peu près de la même époque, vers 1535-1540.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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QUELQUES ABOUTS DE POINÇON DE LA NEF.

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Un ange présentant un phylactère.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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L'acrobate en renversement postérieur.

Comme d'habitude, cet exercice, exécuté nu ou bien, comme ici, habillé, est l'occasion d'une exhibition virile. C'est aussi une expression du renversement des valeurs qui règne souvent  sous les lambris, entre faîte et sablières, les abouts de poinçon  étant vivement disputés entre les anges de toutes sortes (orants, chantants, musiciens, porteurs d'écu ou de phylactère, porteur d'instruments de la Passion), et d'un autre coté par des monstres, des humains difformes ou illustrant des vices, des musiciens, et des acrobates.

 

Le sujet est donc habituel, on en verra des exemples à Pleyben et à Grâces (cf liste de mes articles sur les sablières) .

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Un ange.

 

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Un ange porteur d'un écu muet.

(dans une conversation, parlez "d'ange scutifère").

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Ange porteur d'écu.

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Abouts de poinçon dAbouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.e la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Acrobate coiffé d'un bonnet à oreilles,  en renversement postérieur.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Ange présentant un écu muet.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Ange présentant un écu peint.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Ange porteur de phylactère.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Lion ou dragon.

Les perforations ornementales au foret, l'un des traits stylistiques de l'artiste auteur des sablières, blochets et entraits engoulés,  sont reprises ici pour rendre les particularités du pelage. La découpe  ovale doit correspondre à une réparation.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Deux roses.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Oiseau porteur d'écu.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Homme coiffé d'un bonnet, crachant des feuilles.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Homme tenant un arceau ou un phylactère ; à élucider.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Oiseau.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Feuilles.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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Homme buvant au tonnelet.

Je regrette que ma photo soit floue, car c'est l'un des  abouts de poinçon les plus truculents. On verra ce type de tonneau individuel , et ce type d'ivrognes, sur les sablières de Grâces par exemple.

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Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

Abouts de poinçon de la nef de la chapelle Saint-Tugen. Photographie lavieb-aile.

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 LES SABLIÈRES DE LA CHAPELLE NORD.

Et / ou: photos en désordre.

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Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

Sablières de la chapelle Saint-Tugen de Primelin. Photographie lavieb-aile .

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SOURCES ET LIENS.

 

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA00006352

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM29002735

 — ABGRALL (Jean-Marie), 1916, Inscriptions gravées et sculptées dans le Finistère, BSAF, t. 43 p. 88-89.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077197/f150.image

 

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1916_0122_0159.html

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— Congrés archéologique de France 1956

— CHAUSSEPIED (Charles), 1809, Revue de Bretagne de Vendée & d'Anjou, Volume 42.

LA CHAPELLE DE SAINT-TUGEN EN PRIMELIN (finistère)

La chapelle de Saint-Tugen est un petit édifice assez remarquable situé dans un site pittoresque, au milieu de beaux arbres et non loin de la côte et du bourg de Primelin. Bon nombre d'artistes et d'archéologues, qui s'intéressent à ce monument, se sont justement émus de son état de délabrement, et l'un d'eux, M. Bernard, en a publié, l'année dernière, une savante notice historique qui mieux encore contribuera à faire connaître cet édifice et sur laquelle nous ne reviendrons pas. Nous nous associons à son vœu et à celui de tous ceux qui ont souci de la conservation de nos œuvres d'art, pour obtenir le classement de cette chapelle parmi les monuments historiques.

Ce monument, d'un plan assez irrégulier, mesure intérieurement 29 mètres de long de l'est à l'ouest, sur une largeur de 11 mètres 30 à la base du clocher, et 24 mètres au mur du chevet. Il se compose d'une entrée voûtée accolée de deux réduits d'où partent les escaliers ; d'une nef avec bas-côtés, de transepts et d'un chœur terminés par un même mur droit, enfin d'un porche et d'une sacristie au sud. 

Cette chapelle est de deux époques distinctes, c'est-à-dire que, bâtie au commencement du XVI* siècle, elle fut considérablement agrandie et remaniée au siècle suivant. Les transepts existaient-ils primitivement ? c'est possible, mais ils devaient être plus saillants. L'édifice devenant insuffisant pour l'affluence des pèlerins qui s'y pressaient en foule à certaines époques de l'année, on démolit presque toute la partie orientale pour la reconstruire sur de plus vastes proportions. Le large transept nord est séparé par deux arcades plein cintre ornées de clefs à consoles et retombant sur des piliers massifs d'ordre ionique à chapiteaux aux volutes très développées dans le style jésuitique. La partie la plus intéressante à l'intérieur est la voûte d'arête sous la tour reposant sur de hautes et minces colonnettes dégagées, placées dans les quatre angles de la partie centrale. En raison de l'importance, de cette tour et de la flèche qu'elle devait supporter, les murs et les arcs qui la reçoivent ont une grande épaisseur et sont bien contre-butés principalement au sud par un énorme contrefort.

La plus grande richesse de cet édifice réside à l'extérieur. La façade occidentale est perche d'une belle porte ogivale surmontée d'une accolade et d'un gable flammés. Elle est encadrée de quatre contreforts ornés de niches à dés et culs-de-lampe garnis de statues, les plus rapprochas s'élevent dans toute la hauteur delà tour et sont couronnés de pinacles et de fleurons. Au-dessus de l'entrée, une élégante balustrade repose en encorbellement sur une corniche richement sculptée. La tour proprement dite est percée sur chacune de ses faces de longues et étroites fenêtres à multiples colonnettes et séparées par de petits linteaux dans leur hauteur. Une autre balustrade termine la plate-forme sur laquelle repose un lanternon polygonal bien postérieur à la construction du clocher et sans grand caractère; il remplace la flèche qui ne fut jamais exécutée. Aux angles de la balustrade se vpientles substructions des pinacles qui devaient s'élever autour de la flèche centrale. Au sud de la façade occidentale est une tourelle surmontée d'une belle flèche à pans ornée de crochets ; cette tourelle renferme le premier espalier conduisant à la galerie extérieure, puis de là, à un autre escalier placé à l'angle nord-ouest qui mène alors à la plate-forme supérieure.

Après le clocher et la façade ouest lui servant de soubassement, le porche placé au sud est la partie la plus intéressante et la plus riche de cette chapelle II est bâti sur un plan carré, flanqué de contreforts d'angle ornés de niches et de statues, et couronnés de,pinacles fleuronnés. Le tympan de l'arcade d'entrée est ajouré dans le genre de ceux des édifices de cette région, les parois intérieures des murs latéraux sont garnies de niches accouplées assez profondes pour recevoir des statues. La façade de ce porche est aussi très décorée, les remparts du pignon sont surajoutés d'une crête — sorte de balustrade ajourée —, et un gable à crochets accompagne l'accolade qui couronne l'arcade avec d'élégantes colonnettes supportant des statues.

Malheureusement cette chapelle, mal entretenue, faute de ressources suffisantes est dans un état déplorable et les toitures menacent de s'effondrer. Les bois des charpentes ainsi que les planches qui constituent les voûtes lambrissées sont vermoulus, tombent en poussière ou sont disjoints de toute part ; les ardoises, naturellement mal retenues, se détachent les unes après les autres et achèvent les ruines des parties hautes. Dans le bas-côté sud, juste en face de l'entrée du porche, s'est fait un trou béant dans la couverture par où l'eau tombe dans un puits, et qui offre de plus le grand danger pour les personnes qui pénètrent dans l'édifice de recevoir ardoises ou chevrons sur la tête. L'humidité qui s'infiltre dans les murs par suite de l'état des toitures désagrège petit à petit les maçonneries. Nous avons remarqué de nombreuses fissures, notamment au clocher.

Si l'on veut conserver ce joli monument, si l'on veut préserver les fidèles et les visiteurs d'accidents imminents, il est indispensable et urgent d'y entreprendre dès maintenant les travaux de première nécessité, nous voulons dire la réfection complète des charpentes et des couvertures. — Cela exécuté, nous aurons déjà fait beaucoup pour empêcher la ruine de l'édifice; nous pourrons alors plus tard, quand les fonds nous le permettront, songer aux restaurations des façades et de l'intérieur. Mais pour que toutes ces choses puissent être mises en chantier, il nous faut l'aide et l'appui des Pouvoirs publics. Aussi attirons-nous l'attention de l'administration des Beaux-Arts sur la chapelle de Saint-Tugen, souhaitant qu'elle classe cet édifice parmi les monuments historiques pour conserver ainsi à la postérité un des beaux exemples de notre architecture nationale et bretonne si appréciée aujourd'hui. Quimper le 17 Mai 1909.

— COUFFON (René) 1988, Notice sur Primelin

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PRIMELIN.pdf

"CHAPELLE SAINT-TUGEN (C.) Edifice de plan irrégulier comprenant, précédé du massif de la tour, un vaisseau de quatre travées avec bas-côtés et chevet plat. Au nord, au droit des trois dernières travées, vaste chapelle en aile recoupée transversalement par deux arcades ; au sud, au droit de la dernière travée, une chapelle en aile, sur laquelle s'ouvre la sacristie, est alignée à l'est, comme la chapelle nord, sur le chevet de la nef. Il est dû à la munificence des seigneurs de Lézurec et fut commencé vers 1535 par René du Ménez et Marie du Faou, dont les armes décorent plusieurs clefs du lambris. Terminé à la fin du XVIè siècle, il fut agrandi en 1611 par les soins de l'arrière-petit-fils du fondateur, Alain du Ménez, gouverneur d'Audierne et époux de Marie de Gourcuff. Durant tout le XVIIe siècle, l'on s'occupa de l'embellissement de la chapelle ; puis, au XVIIIe siècle, l'on construisit en 1720-21 la sacristie, répara en 1749 la chapelle sud, qui fut à nouveau consolidée en 1773 ; et en 1770-1772, l'on restaura la tour. La chapelle fut classée le 23 juillet 1909, alors dans un état lamentable. Elle fut restaurée avec le concours des fidèles et d'un ancien missionnaire à Haïti, l'abbé Yves Velly, qui se fixa à Saint-Tugen en 1913 et y mourut le 8 mars 1933. A l'intérieur, le porche ouest, par lequel on pénètre dans la nef, était anciennement voûté sur ogives. Il donne accès à deux chambres latérales dont celle du nord, dite prison de Saint-Tugen, servait à enfermer les personnes enragées pour attendre la mort. La nef, du type obscur, est lambrissée sur toute sa longueur. Les grandes arcades en tiers-point, de hauteur et de largeur différentes, ont leurs voussures pénétrant directement dans les piliers octogonaux. Les deux arcades édifiées en 1611, transversalement à la nef, lors de l'agrandissement de l'aile nord, sont en plein cintre avec importante clef en console. Elles reposent sur de courtes colonnes ioniques montées sur de hautes bases à corniches saillantes. Les chapiteaux ont leur tailloir décoré de volutes très développées. La plupart des fenestrages flamboyants accusent le début du XVIè siècle, mais une petite fenêtre du XIVè a été remployée dans l'aile nord."

 

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. ... préface d'Alain Croix. , Rennes : Presses universitaires de Rennes, 1997 : thèse de doctorat en histoire sous la direction d'Alain Croix soutenue à Rennes2 en 1997. Pont-Croix cité aux pages 18 ; 19 ; 63 (mutilations des sablières) ;  84 (atelier de sculpture sur pierre) ; 139 ; 141 à 143 ; 156 ; 179 ; 239 ; 267 ; et 301. Voir les pages  142 à 146 pour les sablières attribuées à "Bréllivet".

 

"Le Cap-Sizun : un chantier en effervescence.

Les grands chantiers architecturaux du Cap Sizun sont commencés au cours du Moyen-Âge avec l'édification de la collégiale Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix puis de la chapelle Saint-Tugen à Primelin au siècle suivant, celle des ornemanistes, sculpteurs de statues ou de retables, et peintres de tableaux. Parmi eux, les charpentiers-sculpteurs, bâtisseurs et décorateurs à la fois, ont su trouver au Cap Sizun des occasions d'exercer leurs talents.

 

L'anonyme de Plonévez-du-Faou, première moitié du XVIe siècle :

_Chapelle Saint-Tugen à Primelin, 1ère (ou 2ème) moitié du XVIe s, partie ouest de la nef. Tête d'homme coiffé d'un chapeau. La sculpture représente des visages joufflues, souvent expressifs , coiffés de chapeaux à rebords ou de bonnets qui laissent dépasser des chevelures bouclées.

_Église de Plonévez-du-Faou, 1ère moitié du XVIe siècle. Sablières plutôt postérieures à celles de Primelin. Bustes masculins ou féminins grimaçants, séparés par des feuilles de vigne denticulées, avec un travail très recherché des expressions, des positions et des tenues vestimentaires. L'inclinaison des têtes est caractéristique, comme les modelés des visages aux joues potelées, les boucles agglutinées des cheveux, les chapeaux hauts aux bords fendus ou le traitement des chevelures féminines. Par rapport à Primelin, on trouve en plus des figures de fous en buste, coiffés de capuchons dentelés à oreilles d'âne et de petits animaux.

L'anonyme de Combrit vers 1549.

-Saint-Tugen à Primelin, nef, vers le milieu du XVIe siècle, avec des sculptures présentées à la manière ancienne, disposées à intervalle réguliers sur la sablière, puis bras du transept nord quelques années plus tard, avec des sculptures disposées en frise. Reconnaissable aux fourrures des animaux, aux rebords des végétaux formant des boucles agglomérées. Visages ronds souvent coiffés de chapeaux aux rebords évasés. Thèmes médiévaux mêlant des têtes grimaçantes et des figures dans des positions grotesques.

-Combrit en 1549.

Moutons (lions) aux crinières bouclées. Scène de pêche dans le transept sud comme à Pont-Croix et Cléden-Cap-Sizun. Mais aussi influence Renaissance avec des portraits en bustes dans des médaillons.

-Chapelle Sainte-Marine à Combrit. Scène de pêche également.

-Plomeur, chapelle de Tréminou. Ensemble de sablières inspirées des décors réalisés à Combrit (mais avec plus de maladresse), notamment les figures de dragons ont les mêmes caractéristiques.

L'œuvre de Jean Brellivet vers 1544-1564. (page 142)

"Contemporain de l'anonyme de Combrit, J. Brellivet exerce comme lui son métier sur les chantiers du Cap Sizun avant de gagner des paroisses situées, cette fois, plus au nord. Les dates mentionnées par quelques sablières permettent de suivre son activité durant près d'une dizaine d'années, voire un peu plus si l'on tient compte des dates des campagnes de construction des sanctuaires où son passage est attesté. Avant de découvrir les étapes anciennes de son parcours, arrêtons-nous dans l'église de Plomodiern qui abrite l'ensemble le plus tardif que l'artisan ait réalisé.

L'œuvre, datée de 1564,  est de belle qualité : Brellivet n'hésite pas à évider le bois de manière à obtenir un relief assez haut, et comme l'artiste de la chapelle des saints Côme et Damien à Saint-Nic, il aime ornementer les surfaces de motifs taillés en creux, stries, encoches, facilitent l'identification de son travail. Les mentons sont fuyants, mais les fronts sont bombés net, les yeux immenses, aux contours très dessinés. Les figures originales qu'il représente sont inspirés des décors de la Renaissance : il apprécie surtout les figures humaines et animales « végétalisées » qui prennent la forme dans sa sculpture de bustes d'hommes et de dragons dont les cornes pisciformes sont couverts de végétaux. Il dynamise ses compositions par de petits portraits qu'il représente en buste ou de profil, sur des médaillons.

Ces images sont caractéristiques de sa production et apparaissent à quelques kilomètres de là, pointe du Cap Sizun sur les poutres plus anciennes de l'église de Pont-Croix. L'année 1544 marque la fin de la campagne de construction du chœur et sans doute est-ce durant cette période qu'il entreprend l'ornementation des sablières. Soit près d'une vingtaine d'années en amont de l'œuvre de Plomodiern. Les images choisies sont les mêmes ou du moins partiellement puisqu'une scène de pêche complète la décoration de l'ensemble. En réalité l'auteur n'a pas encore fixé son répertoire : il mêle à ses figures végétales renaissances des thèmes plus « locaux » dans la tradition de l'imagerie divertissante du bas Moyen-Âge. Il lui faudra quelques années avant d'adopter définitivement le registre des images les plus modernes, car son choix n'est toujours pas fait en 1554 : les fragments de sablières conservés dans la chapelle Saint-Trémeur à Cléden-Cap-Sizun le prouvent. Si le nom de Brellivet n'est pas mentionné par l'inscription qui fournit la datation, la paternité ne fait aucun doute.

Bien que nous ne connaissions pas les dates d'édification de la charpente de la chapelle Saint-Tugen à Primelin, une partie au moins est contemporaine des charpentes de Pont-Croix et de Trémeur. La présence de quelques sablières décorées par le sculpteur l'atteste. Nous retrouvons à Primelin l'image du putto tenant entre les mains les queues de deux dragons végétalisés, de même que les petits bustes pleins d'embonpoint qui ornaient déjà les culots des poinçons pontécruciens. C'est probablement vers le milieu du siècle que le sculpteur quitte la pointe du Cap Sizun pour gagner des chantiers situés plus au nord. Comme nous l'avons vu, il réalise les décors de Plomodiern en 1564. Il est à la même époque dans la paroisse de Saint-Nic où il est employé à l'ornementation de la charpente de l'église entre 1561 et 1566. La commande est importante si l'on tient compte des éléments conservés localisés sous le porche et dans la nef. La maîtrise technique de l'ouvrage est incontestable, mais il est vrai que le répertoire est déjà bien connu du sculpteur."

 

Les sculpteurs anonymes de Pont-Croix. (page 143)

Également localisés dans la région du Cap Sizun, les travaux d'un sculpteur anonyme décorent l'église de Pont-Croix.

a) Quelques sablières anciennes placées dans le bras sud du transept présentent des décors qui datent très probablement du début du XVIe siècle. Les figures principales sont constituées de bustes féminins et masculins coiffés de chapeaux et de turbans. Des représentations d'une facture très proche apparaissent dans les sanctuaires de Fouesnant et de Penmarch semblant attester un déplacement de sculpteur jusqu'au sud du diocèse.

b) L'église de Pont-Croix abrite un autre ensemble de sablières, placées à la jonction des deux chapelles du bas-coté sud sans doute au moment des modifications apportées à l'édifice au milieu du XVIe siècle. Le travail d'ornementation est élaboré, composé d'images de dragons déglutissant des végétaux, de personnages grotesques et de grylles monstrueux à plusieurs têtes. Il semble que l'auteur de cet ouvrage ait participé à la décoration de s poutres de l'église de Confort, située à quelques kilomètres de là. La conception de cet ensemble est très hétérogène mais on reconnaît à l'observation de quelques détails la facture de Pont-Croix. Les représentations, que l'on retrouve également dans l'église de Plouhinec, attestent les contacts visuels, et par conséquents la circulation des sculpteurs dans la pointe du Cap Sizun à cette époque." (S. Duhem)

 

— TOSCER (C.), 1987, La chapelle Saint-Tugen en Primelin, SHAB.p. 336-342.

https://www.shabretagne.com/scripts/files/548345e82aa077.10302388/1987_24.pdf

— VELLY (Yves), 1930,   Velly Yves, “Saint Tugen et son église : joyau architectural du Cap-Sizun, monument historique monographie & explication de ses nombreux et merveilleux symbolismes,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 3 février 2020, https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/3472. .

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c3dcdf77786c24d8a65eed75a1f067f4.pdf

Wikipedia

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/3/31/Primelin_%2829%29_Chapelle_Saint-Tugen_Int%C3%A9rieur_02.JPG

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières Chapelles bretonnes.
31 janvier 2020 5 31 /01 /janvier /2020 17:54

Les vitraux du XVe siècle de la cathédrale d'Évreux : la baie 129 (vers 1413-1418) de la nef, offerte par l'évêque Guillaume de Cantiers en 1400 .

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Voir  les vitraux du XVe siècle de la cathédrale d'Évreux :

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Voir aussi les vitraux du XIVe :

 

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PRÉSENTATION.
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Cette baie haute du coté nord de la nef (la quatrième en partant de l'ouest) mesure 8 m. de haut et 3,80 m. de large. On lui compte 4 lancettes trilobées, sous un tympan à 1 octolobe, 2 trilobes et écoinçons. Bien qu'elle ne suive pas la disposition "en litre" des vitraux du chœur du XIVe avec leur rangs de vitreries géométriques en verre transparent, mais qu'au contraire toute la place est occupée par le décor figuratif, elle est néanmoins très claire, car les sept grands personnages sont pour la plupart vêtus de blanc, et sont placés dans des niches architecturales en verre blanc.

L' inscription qui court à la base affirme qu'elle a été offerte " en l'honneur du joyeux avènement" de l'évêque Guillaume de Cantiers, un événement daté de 1400. Le vitrail est néanmoins daté de 1413-1418 ? par François Gatouillat.

À gauche, l'évêque est présenté par sainte Catherine à la Vierge à l'Enfant de la deuxième lancette. Les deux lancettes suivantes montrent une Annonciation détournée, puisque l'ange Gabriel, debout, présente à Marie un donateur, identifié par ses armoiries à Jean de la Ferté-Fresnel, maréchal de Normandie. 

Le registre inférieur contient 4 écus armoriés.

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Batissier a relevé l'inscription suivante : 

ANo D'O M° CCCC° G DE CATER (Cantiers) ELECTUS FUIT IN EPM EJUS ECCLEE, dont le complément est dans la 3ème verrière PER CAPLM QI CONSECRATUS I... ADVENTU VIRGINIS ME HAC DEDIT VITREAM

Lebeurier donne page 10 la description suivante :

"La verrière de la fenêtre 12 porte, à sa partie supérieure, trois écussons. En haut, de France à trois fleurs de lys; au-dessous deux écussons semblables écartelés au 1 e et 4 d'azur, à une fleur de lys d'or et à la bordure componée d'argent et de gueules; au 2 et au 3 d'azur, à trois bandes d'or, orlé de gueules.

Les quatre formes renferment chacune un sujet : 1° un évêque à genoux devant la Vierge qui occupe la 2e forme; derrière lui, Ste Catherine couronnée tenant, de la main gauche, une roue brisée, et , de la main droite, une palme avec la mitre et la crosse de l'évêque. Au-dessous, les armes de l'évêque (Guillaume de Cantiers), fascé d'argent et de gueules de cinq pièces, à l'aigle de sable becquetée et armée d'or ; 2° une Vierge debout tenant dans ses bras l'enfant Jésus auquel elle donne un baiser. Au-dessous un écusson d'azur, à la bande d'argent, chargée de 3 tourteaux de gueules et accompagnée d'une étoile d'or au canton senestre.

La 3e et la 4e forme représentent une Annonciation. En avant de l'ange, qui porte une banderolle chargée des mots: AVE GRATIA PLENA , se trouve un personnage à genoux vêtu d'une tunique écarlate doublée de fourrures. Au-dessous, deux écussons: l'un écartelé au 4 et 4 d'argent à l'aigle de gueules, au 2 et 3 de sable au lion d'argent ; l'autre d'or, à la bande d'azur, chargée de trois anneaux d'argent.

Au bas du vitrail, sur une seule ligne, l'inscription ANO DOI M° CCCC G. DE CA'TER ELECT9 FUIT l' EP'M HUI' ECCLESIE [PER] CA'PLM QI CONSECRAT9 In EI9 IOCU9 D'AVENTTU VIRGINI M'E HA'C DEDIT VITREAM.

Ce qui veut dire : Guillaume de Cantiers fut élu évêque de cette église par le chapitre en 1400. Après sa consécration, il a donné pour son joyeux avènement cette vitre à la Vierge Marie."

L'inscription complétée de ses abréviations par les 9 (pour -us-) et tilde (pour -n-) donne   Anno domini 1400 Guillelmus de Canteriis electus fuit in episcopum ejus ecclesiae per capitulum qui consecratus in ejus jucundo adventu virgini Mariae hanc dedit vitream 

 

 

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ/page/n15/mode/2up

 

Le Joyeux avénement.

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La "perle " de l'inscription est l'expression jucundo adventu, ou "joyeux avènement" qualifiant la première entrée (primum ingressus) de l'évêque. Cette entrée solennelle d'un évêque dans sa cathédrale est l'occasion de festivités et solennités réglées par un protocole précis (coutumier et indépendant du droit canon), et d'échanges de cadeaux prestigieux (contre-don pour les vassaux), mais dont les descriptions sont rares ( Bourges (1482), Paris (1495 et 1503) et Rouen (1494),), : 

La « première entrée », primum ingressus, lors du « joyeux advenement », jocundus adventus, est l’étape ultime du parcours que doit accomplir l’évêque, selon un rituel établi, pour prendre solennelle possession de l’Église en sa cité après avoir été élu par le chapitre cathédral.. Les différents corps constitués, le clergé régulier et séculier, le chapitre cathédral ainsi que, parfois, la population sont là pour l’accueillir. 

En Cornouaille (B. Yeurc'h), l'évêque est accueilli par des nobles dont c'est le privilège de mener le cheval par la bride, aider à descendre de ce cheval, servir à table, etc. Les vassaux épiscopaux reçoivent en échange de cette manifestation d'allégeance des contre-dons. Il serait intéressant de tenter de savoir si les quatre blasons du registre intérieur ne correspondraient pas à ce protocole.

 

Lire Véronique Julerot La première entrée de l'évêque : réflexions sur son origine, dans Revue historique 2006/3 (n° 639), pages 635 à 675.

https://www.cairn.info/revue-historique-2006-3-page-635.htm#

Lire Bertrand Yeurc'h, Les cérémonies d'intronisation en Bretagne ducale 

https://www.academia.edu/27163212/Les_c%C3%A9r%C3%A9monies_dintronisation_en_Bretagne_ducale_-_publication_papier

 

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En 1968, Grodecki, rendant compte des travaux de Dubuc sur l'héraldique, souligne les nombreux points curieux ou énigmatiques de ce vitrail :  

"L'étude des vitraux du XVe et du XVIe siècle, par M. R. Dubuc, apporte moins de contestations de thèses admises, mais — surtout sur le plan de l'héraldique et de l'histoire — des précisions utiles sur plusieurs vitraux. Ce qu'il dit du vitrail de Guillaume de Cantiers, évêque élu en 1400, est admirablement documenté, mais n'aboutit pas à la solution de tous les problèmes. Cette verrière, installée dans une fenêtre du XIIIe siècle de la nef, est  « signée et datée » et — fait heureux— répond dans ses détails héraldiques aux dessins de Gaignières (Bouchot, n° 2348 et 6731). L'évêque est représenté à genoux devant une Vierge à l'Enfant, présenté (on ne sait pas pourquoi) par sainte Catherine, qui a poussé la complaisance jusqu'à porter à la main, en plus de la palme de son martyre, la mitre épiscopale ; mais le vitrail offre une seconde figure de donateur, présenté à la Vierge par l'ange de l'Annonciation (ce qui n'est pas habituel).

Les blasons qui accompagnent ce personnage semblent se rapporter à la famille de La Ferté-Fresnel ; mais on ne sait pas quelle est la raison de la présence de ce personnage (peut-être Jean, fils d'un autre Jean, maréchal de Normandie), ni la signification d'une fleur de lis sur son épaule... En plus, les armes de France, de Philippe le Hardi de Bourgogne et de Jean sans Peur ornent le réseau ... Il y a là un faisceau de problèmes historiques, presque politiques, à résoudre... Le style de la verrière est également inhabituel (ce n'est pas l'atelier des « vitraux royaux » qui l'exécuta), la merveilleuse clarté de la verrière s'opposant aux teintes plus montées, plus dramatiques, des vitraux des princes d'Évreux-Navarre."

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Gaignières en donna le relevé, mais avec de fortes modifications, associées à une fidélité aux nombreux détails aujourd'hui visibles sur l'inscription. Ainsi, Catherine ne tient ni la mitre, ni la crosse de l'évêque, et le second donateur (qui ne porte pas l'étoile à l'épaule) est présenté au Christ Sauveur. 

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BnF fr. 20878-20889 f.189

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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LES LANCETTES A ET B : GUILLAUME DE CANTIERS PRÉSENTÉ À LA VIERGE À L'ENFANT.

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La première lancette (à gauche) : sainte Catherine présentant l'évêque Guillaume de Cantiers à la Vierge.

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Cantiers est une commune de l'Eure, à 68 km au nord-est d'Évreux.

Guillaume de Cantiers était Conseiller-clerc au parlement de Paris et chanoine d'Evreux, lorsqu'il fut  élu évêque, après le 23 avril 1400, en succession de Guillaume de Valence. Le samedi 25 février 1401, il siège au conseil du roi de France Charles VI.

"Guillaume de Cantiers, né dans le Vexin-normand, était conseiller-clerc au Parlement de Paris dans les années 1392-95-98 et 99. Dans cette dernière année., le chapitre de l'église d'Evreux, dont il était chanoine, le députa à l'assemblée de l'église de France qui devait se tenir à Paris. L'année suivante, Guillaume de Cantiers fut élu par le chapitre, promu et sacré évêque d'Evreux par Benoît XIII, et à son avènement, il donna à l'église une magnifique verrière sur laquelle est inscrite la date de son élection, 1400."

 Le concile général de l'église de France le délégua en 1408 avec Guillaume, évêque de Lisieux, pour adjuger l'archevêché de Rouen, que se disputaient Louis de Harcourt demandé par le chapitre et Jean d'Armagnac, archevêque d'Auch, nommé par Benoît XIII. Guillaume se prononça pour Louis de Harcourt. L'année suivante, il se rendit au concile de Pise.


En 1410, le Parlement de Paris termina une querelle qui avait éclaté entre Guillaume de Cantiers et son chapitre au sujet de la juridiction, de l'exemption et autres chefs.

Député par le clergé de France au concile de Constance, le 10 novembre 1414, Guillaume de Cantiers fut, au mois de juillet suivant, chargé par le concile et par l'empereur Sigismond d'une mission auprès du roi très-chrétien et de l'Université; il fut arrêté dans le duché de Bar avec ses collègues par Henri de la Tour, dépouillé, retenu en captivité et fort maltraité. Le coupable frappé d'anathème par le concile relâcha ensuite les députés. Guillaume fut plusieurs fois chargé par le roi de France de missions importantes auprès des deux papes de Rome et d'Avignon et auprès du duc de Bourgogne.

"A la fin de 1415, alors que Charles II, duc de Lorraine, qui venait de prendre part à la néfaste expédition d’Azincourt, regagnait son duché, les gens d’armes de sa suite, dans le trajet de Provins à Troyes, avaient fait main-basse sur cinquante-trois chevaux et sur un char ferré, attelé de quatre chevaux, sans parler du menu butin. Quelques mois auparavant, au moment où Guillaume de Cantiers, évêque d’Évreux, Géraud du Puy, évêque de Carcassonne, Guillaume de Marie, doyen de Senlis, se rendaient du concile de Constance à Paris, avec une escorte de quatre-vingts personnes, le maréchal de Lorraine, ce même Charlot de Deuilly dont nous parlions tout à l’heure, Henri et Winchelin de La Tour, Jean de Chauffourt, soudoyés secrètement par le duc de Bourgogne Jean sans Peur, n’avaient pas craint de tendre à ces hauts personnages un véritable guetapens ; ils les avaient attaqués à main armée au passage de la Meuse, entre Foug et Void ; ils avaient fait les deux évêques prisonniers, après avoir tué le chapelain de l’évêque deCarcassonne, blessé et dévalisé quelquesuns des familiers des deux prélats. L’impunité des malfaiteurs avait presque égalé le scandale du méfait ; il avait fallu raser la forteresse de Sancy, près de Briey, appartenant à Henri de La Tour et frapper d’interdit le diocèse de Toul tout entier, pour obtenir la mise en liberté des victimes de cet audacieux coup de main. Revue des Deux-Mondes  https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Revue_des_Deux_Mondes_-_1885_-_tome_69.djvu/73

En 1416 il fait ouvrir dans l'église de Saint-Taurin  la châsse de saint Gaud, évêque primitif du diocèse, pour en reconnaître les reliques.

Deux ans après, les Bourguignons étant entrés dans Paris, Guillaume fut saisi, jeté en prison comme partisan des Armagnacs, puis mis à mort le 12 juin 1418 dans une émeute excitée par les Bourguignons.

 

"Guillaume de Cantiers qui étoit encore au Concile , ayant eu nouvelle qu'Evreux étoit pris & occupé par les Anglois, en fut fort affligé autant pour la désolation que ces ennemis de la France alloient porter dans son Diocèse ; que parce qu'il ne vouloit point changer de maître ; il revint sur la fin de cette année à Paris, où dans une sédition excitée par les gens de la fastion du Duc de Bourgogne, il fut tué avec plusieurs autres Archevêques & Evêques & grands Seigneurs bons serviteurs du Roy, le 11  Juin de l'année 1418. Les Anglois de leur côté pillerent tous ses meubles dans sa maison Episcopale à Evreux ; Guillaume de Cantiers portoit à ses armes de gueule à l'aigle déployé de sable paré d’or , comme on le voit encore aujourd’hui au bas de la représentation, qui est dans une vitre qu'il donna dans le temps de son joyeux avènement, & qui est au côté gauche de la nef de l'Eglise Cathédrale au-dessus de la chaire à prêcher. " (Histoire civile et ecclesiastique du comte d'Evreux,  par Pierre Le Brasseur 1722)

Enfin,  en septembre  1418, après la prise d'Evreux par les Anglais, en 1417,   le roi d'Angleterre, désormais maître de la ville, accorde au chapitre d'Evreux le pouvoir d'élire l'évêque qui succédera à Guillaume V de Cantiers, assassiné le 12 juin précédent.

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Contexte historique : nous sommes ici au cœur de trois événements historiques : la Guerre de Cent Ans (1337-1435), le  conflit entre Armagnacs et Bourguignons (1407-1415), et le Grand schisme d'Occident (1378-1417) ! La folie du roi Charles VI a conduit à sa mise sous tutelle et à une situation de régence. Entre l'année 1400, date de l'avènement de l'évêque , et 1418, date de son décès, la période est marquée en 1407 par l'assassinat du duc d'Orléans par le duc de Bourgogne Jean Sans Peur (qui cherche à prendre le pouvoir du royaume et s'allie aux Anglais), en 1409 par le concile de Pise, en 1414 par le concile de Constance et l'élection du pape Martin V, et en 1415 par  la bataille d'Azincourt. Sur le plan politique et religieux, la terre tremble !

Quinze jours avant l'assassinat de Guillaume de Cantiers, le dauphin Charles, futur Charles VII, venait d'échapper aux hommes de main de Jean Sans Peur à Paris en se réfugiant à Bourges.

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Nous pouvons avec Louis Grodecki, nous étonner que ce soit une sainte qui présente un donateur. Pourtant, Gaignières montre le dessin d'un vitrail d'Évreux où sainte Marie-Madeleine présente l'évêque Philippe de Cahors (fin XIIIe).

Sans fournir d'explication, nous pouvons considérer que sainte Catherine est, avec saint Michel, celle dont Jeanne d'Arc entendit l'injonction de sauver le royaume vers 1425.  Catherine, fille de roi et assimilée à une reine (elle porte la couronne)  passe donc pour la grande protectrice du Roi de France. 

L'évêque, tonsuré, vêtu d'une chape à fermail en étoffe blanche brodée de motifs jaune à couronne, est agenouillé mains jointes. 

Hormis le fond rouge, et le nimbe vert, les verres sont blancs et peints au jaune d'argent et à la grisaille.

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Détail de la crosse : le couronnement de la Vierge et un ange musicien.

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième lancette : la Vierge à l'Enfant.

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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LES LANCETTES C ET D : DONATEUR DANS UNE ANNONCIATION.

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Comment comprendre le dessin donné par Gaignières ? On ne peut supposer qu'il n'avait pas accès à la verrière, lorsqu'on voit la précision avec laquelle il a rendu l'inscription. Le donateur y est rendu avec plus de précision d'habillement que le vitrail lui-même, et il porte un habit de velours rouge fourré d'hermines. Il porte une aumônière à la ceinture, comme un riche bourgeois. 

Si ce donateur est Jean III de la Ferté-Fresnel, maréchal de Normandie, on peut s'étonner qu'il ne soit pas représenté en armure.

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La tête de l'ange et les pseudo-inscriptions du nimbe. 

(restauré)

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Détail du dais.

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge de l'Annonciation de la lancette D.

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La Vierge reçoit le Saint-Esprit sur le haut du front. Elle témoigne de sa surprise en écartant les bras, dans un geste qui peut aussi s'adresser au donateur.

Elle porte un manteau blanc frappé d'hermines.

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR : LES QUATRE BLASONS.

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1.  Armoiries de Guillaume de Cantiers.

Placées devant un drap d'honneur bleu, elles sont fascé d'argent et de gueules de cinq pièces, à l'aigle de sable becquetée et armée d'or .

Je n'ai pu vérifier cette identification : les armoiries qui sont attribuées à l'évêque le sont par référence à ce vitrail. Seule la pointe d'une crosse en pal est visible, sans crosseton ni mitre ni fanons.

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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2. Armoiries indéterminées.

Elles sont  blasonnées ainsi par Lebeurier.:

d'azur, à la bande d'argent, chargée de 3 tourteaux de gueules et accompagnée d'une étoile d'or au canton senestre.

 

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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3. Armoiries de Jean III de la Ferté-Fesnel.

Elles sont tendues devant un drap d'honneur vert.

Pour Lebeurier :

écartelé au 4 et 4 d'argent à l'aigle de gueules, au 2 et 3 de sable au lion d'argent . (n.b : le lion est armé d'or et sa queue est fourchue)

http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/La-Ferte-Fresnel_Chambray.pdf

 

"Ancienne baronnie au diocèse d’Evreux, subdivisée en 2 branches, l’aînée de ce nom et la cadette au titre de Chambray par parage à 6 degrés de consanguinité. Chambray sur les bords de l’Yton, branche cadette sous l’usage normand du parage par lignage jusqu’en 1528."

La terre de Chambray est aujourd'hui sur la commune de Gouville-sur-Iton, à26 km au sud-ouest d'Évreux. Celle de La Ferté-Fresnel est à 50 km à l'ouest d'Évreux.

La Ferté-Fresnel : «(D’argent ?), à une aigle éployée de gueules, becquée & onglée d’azur»

La Ferté-Fresnel, Maréchal de Normandie : écartelé de Meulan (à partir de Jean III, au XIV° siècle), soit  «Ecartelé : aux 1 & 4, d’argent, à l’aigle de gueules, membrée & becquée d’azur; aux 2 & 3, de sable, au lion d’argent».

Ce sont donc les armoiries de Jean III :
 

 

"Jean III de La Ferté-Fresnel + peu après 1389 chevalier banneret, baron de La Ferté-Fresnel, vicomte de Fauguernon, baron de Neufbourg et de Gacé, seigneur des Planches, Maréchal de France dépendant du Roi et de Normandie dépendant du duc de Normandie, sert en Flandres contre les Anglais (cité dans les rôles du Trésorier des Guerres Guillaume d’Ensernet entre 01/03/1382 et 28/02/1383), Capitaine en Normandie (montre de Saint-Sauveur-Le-Vicomte 01/06/1383), sert en Guyenne (rôles de Jean Flamand, Trésorier des Guerres en 1387/88), (montre de Carentan 01/09/1387) (aveu 06/04/1389 de sa terre de Chambray à Agnès des Essarts, en vertu du parage exercé sur Yon, seigneur de Chambray, son parent ; écartèle ses armes de Meulan : «de sable au lion d’argent rampant à la queue fourchue) ép. Béatrix de Rosny "

On remarquera qu'un autre maréchal de Normandie  est représenté, avec son épouse Jeanne du Bec-Crespin  dans une verrière de la cathédrale, la baie 213 dite des Trois Marie :

http://www.lavieb-aile.com/2020/01/les-vitraux-du-xve-siecle-de-la-cathedrale-d-evreux-la-baie-213.html

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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4. Écu armorié de Renaud de Trie, amiral de France.

d'or, à la bande d'azur, chargée de trois anneaux d'argent.

https://gw.geneanet.org/arnac?lang=fr&n=de+trie&oc=2&p=renaud

https://www.geni.com/people/Renaud-de-Trie-Amiral-de-France/6000000032647615530

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Si la datation proposée par F. Gatouillat est exacte, Renaud de Trie, décédé en 1406, est honoré ici à titre posthume.

 

"Renaud de Trie, seigneur de Sérifontaine, fils de Mathieu de Trie, dit Lohier, [fol. 178] et de Jeanne de Blaru, était, lors de l'avénement de Charles VI, chambellan du duc d'Anjou, régent du royaume, qui lui assigna en récompense de ses services 100 livres de rente sur les biens de Robert de Picquigny, partisan du roi de Navarre ces lettres de don, datées du 27 octobre 1380, furent confirmées par Charles VI le 26 janvier 1381 (Arch. nat., JJ 118, nos 41 et 267). Renaud de Trie devint bientôt chambellan du roi; c'est à ce titre qu'il prit part, le 3 mai 1389, au tournoi donné en l'honneur des princes d'Anjou armés chevaliers et qu'il assista au mois d'août suivant à l'entrée solennelle d'Isabeau de Bavière à Paris (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 597; Kervyn de Lettenhove, Chr. de Froissart, t. XIV, p. 24). Par lettres du 16 mai 1390, Charles VI gratifia son chambellan de 2,000 francs, et le 11 août de la même année l'envoya auprès du duc de Berry, avec une allocation de 200 francs pour subvenir aux frais de ce voyage (Bibl. Nat., cab. des titres, pièces originales). Le même Renaud est cité par Froissart au nombre des « quatre chevaliers d'onneur » auxquels fut provisoirement confiée la garde du malheureux roi tombé en démence le 5 août 1392 (Kervyn de Lettenhove, Chr. de Froissart, t. XV, p. 46). Il obtint en 1394 la charge de grand maître des arbalétriers, et après la mort de Jean de Vienne, en 1396, fut nommé amiral de France aux gages de 2,000 francs par an. Renaud de Trie était en même temps capitaine du château de Rouen et recevait en cette qualité mille livres par an de pension (Arch. nat., K 54, n° 28 ; Bibl. Nat., cab. des titres, pièces originales). Au mois d'octobre 1401, il se fit décharger d'une rente de 32 livres Parisis qu'il devait au domaine sur la justice de Fontenay, en compensation d'une rente équivalente qu'on lui servait annuellement sur les recettes de Chaumont en Bassigny et de Troyes, dont il lui était dû 640 livres d'arrérages (Arch. nat., JJ 157, n° 36). Vers la même époque, ce seigneur dut se démettre de la capitainerie de Saint-Malo que se disputèrent Olivier de Mauny, investi de cet office en septembre 1404, et le Borgne de la Heuse, appelé au même poste; après de longs débats, le Parlement décida le 17 février 1406 que la question serait réservée et soumise au roi lorsque sa santé serait rétablie (Arch. nat., X1A 1478, fol. 254 v°; X1A 4787, fol. 265 r°). Il était encore amiral de France le 14 janvier 1405, comme le montre une quittance de cette date pour 200 livres Tournois dont le roi lui fit present (Bibi. Nat., cab. des titres, pièces originales). Atteint d'une maladie incurable, il abandonna sa charge d'amiral à Pierre de Breban, dit Clignet, favori du duc d'Orléans, mais ce ne fut point à titre gratuit et bénévole; en effet, Monstrelet (t. 1, p. 127) nous apprend que Renaud de Trie s'en dessaisit « moyennant une grant somme d'argent qu'il en avoit receu par le pourchas du duc d'Orléans. » Le Religieux de Saint-Denis, plus explicite, dit qu'il ne consentit à résigner ses fonctions que contre le payement de 15,ooo écus d'or. Renaud de [fol. 178] Trie occupe une certaine place dans l'histoire littéraire du xive siècle, il fut l'un des auteurs du recueil poétique intitulé Livre des Cent Ballades; marié à Jeanne de Bellangues dès 1395 (Arch. nat., JJ 149, n° 315), il mourut en 1406, sans laisser de descendance directe; sa veuve contracta un nouveau mariage avec Jean Malet, sire de Graville, grand maître des arbalétriers. "

http://corpus.enc.sorbonne.fr/testaments/testament_072

L'article Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_de_Trie  

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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LE TYMPAN.

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L'oculus de l'octolobe accueille les armoiries de France, tandis que les trilobes contiennent les armes de Bourgogne. Faut-il y voir une évocation de la mission éffectuée par l'évêque d'Évreux auprès de Jean Sans Peur en 1413 ?

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Verri%C3%A8re_des_%223_Marie%22_-_Pierre_de_Br%C3%A9z%C3%A9_et_Robert_de_Flocques_sous_Marie-Madeleine_Notre-Dame,_%C3%89vreux.JPG

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— Stained-glass windows of Cathédrale Notre-Dame d'Évreux

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Stained-glass_windows_of_Cath%C3%A9drale_Notre-Dame,_%C3%89vreux?uselang=fr

— BATISSIER, 1849, "Description des vitraux de la cathédrale d'Évreux", Revue de Rouen et de Normandie, volume 17.

https://books.google.fr/books?id=2L5DAAAAYAAJ&dq=%22MARTINUS%22+%22cath%C3%A9drale+d%27%C3%A9vreux%22+vitraux&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— BOUDOT ( Marcel), 1966,“Les verrières de la cathédrale d’Evreux: Cinq siècles d’histoire,” Nouvelles de l’Eure 27 (1966), 28-29.

— DUBUC (René), 1983, "Problèmes héraldiques de la cathédrale d'Évreux", Normandie, Etudes archéologiques. Congrès national des sociétés savantes, Caen

— GATOUILLAT (Françoise), 2019, "French 14-th-century stained glass and other arts", in Investigations in Medieval Stained Glass, Materials, Methods and Expressions, Brill ed., pages 374-385

 — GATOUILLAT (Françoise), 2001, "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in CALLIAS-BEY, M., CHAUSSÉ, V., GATOUILLAT, F., HÉROLD, M., Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum France, Recensement des vitraux anciens vol. VI, Ed du CNRS / Monum ed. du patrimoine. Paris, pages 143-161.

 — GAIGNIÈRES (de), 1650-1700,  Manuscrit : Recueil de pièces, la plupart en copies ou en extraits, avec des dessins de sceaux et de tombeaux, pour servir à l'histoire des archevêques et des évêques de France, par Roger de Gaignières. Evreux. BnF fr. 20878-20889. folio 189.

 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b525038493/f191.item.zoom

— GATOUILLAT (Françoise), "Note sur les verrières royales", Connaissance de l'Eure, n°88, p. 33-34.

–GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ) et  Françoise Gatouillat, La cathédrale d’Evreux, Evreux, Hérissey, 1997.

–GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ), HENRY (Virginie), 2016, Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07

http://www.eure.gouv.fr/content/download/18041/123811/file/ESSENTIEL_CONNAISSANCE_07%20Historique%20complet%20de%20la%20Cath%C3%A9drale%20d'Evreux.pdf

— GRODECKI Louis, 1968, Baudot et Dubuc "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in Bulletin monumental, 1968,. 

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1968_num_126_1_4898

 

— LEBEURIER (Pierre-François), 1868,  Description de la Cathédrale d'Evreux accompagnée d'une vue générale et d'un plan géométrique, Huet ed., Evreux 1868, pages 26-27.

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ/page/n31

— LE BATELIER d'AVIRON, édition 1865 Le mémorial historique des évêques, ville et comté d'Évreux, écrit au XVIIe et publié pour la première fois par l'abbé P.F. Lebeurier...P. Huet, page 132.

https://books.google.fr/books?id=jvVAAAAAcAAJ&dq=reliques+des+Saintes+Marie+Jacob%C3%A9+et+Marie+Salom%C3%A9+Floques+%C3%A9vreux&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

— LE BRASSEUR (Pierre), 1722; Histoire civile et ecclésiastique du comté d'Évreux.

https://books.google.fr/books?id=KjRDAAAAcAAJ&dq=Guillaume+de+Floques&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

— Monuments historiques, Notre-Dame-d'Evreux

http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/evreux/vitraux/1.html

— xxx

http://evreux.catholique.fr/contenu/documents/services/cathedrale_Evreux-bestiaire.pdf

—  Patrimoine-histoire.fr, Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame

http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

— http://www.evreux-histoire.com/evreux-3-1-0.html#icono2

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Évreux
29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 15:10

Le portail sud (1424-1433) de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper.

 

 

 

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Voir aussi  sur Quimper :

 

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Voir sur les porches de Bretagne (entre autres) :

 

 

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 PRÉSENTATION

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Selon Le Men, archiviste du Finistère dont la Monographie de 1877 fait référence, "le Portail latéral sud est aussi désigné sous le nom de « Portail de Notre-Dame » parce que son tympan est orné d’un bas-relief représentant la Sainte-Vierge, et de « Portail de Sainte-Catherine », parce que la statue en kersanton, de cette sainte, se voit dans une niche du contrefort qui limite ce portail à l’ouest peut-être aussi parce qu’il est placé en face de la rue de Sainte-Catherine. Ce porche, dans lequel ouvre une seule porte dont d’une plate-bande à coussinets arrondis, est couronné par une étroite balustrade composée de quatre-feuilles. Son ornementation ne diffère pas de celle du grand portail dont il est contemporain, mais  comme il n’a été l’objet d’aucune mutilation, à part le grattage des armoiries, il attire plus particulièrement l’attention." (Le Men)

C'est mon porche préféré ; je le surnommerai volontiers le Porche aux Dames, parce qu'il est entièrement consacré à la  maternité et à l'enfantement. En effet, la Vierge à l'Enfant du tympan est placée en dessous des armoiries de la duchesse Jeanne (alors que le duc Jean V place les siennes en supériorité dans le porche principal, à l'ouest), et sainte Catherine est celle qu'invoquent les femmes, principalement de la noblesse dans leurs Livres d'Heures, et notamment en relation avec le désir d'enfants (notre fête de la sainte Catherine en garde le souvenir). Dans les verrières du chœur, Catherine vient en tête, (avec 4 représentations) des saintes qui y figurent, avant sainte Anne (x2) et sainte Marguerite (x2).

C'est cette maternité qui est glorifiée, chantée et encensée par les anges. Cette cohérence thématique du l'iconographie est à souligner.

Il faudrait pouvoir l'imaginer (comme les illuminations par Illiz Veur le permettent lors des fêtes pour le porche occidental) toute en couleur, pour s'émerveiller devant la dominance du bleu, couleur mariale, du rouge et du jaune d'or.

Il peut être considéré en deux parties : l'une est sacrée (la Vierge adorée par les anges), et l'autre est héraldique (le gable avec les armes de la duchesse, de l'évêque  et de sa famille, et de deux des officiers ducaux). Mais plus haut encore, dans un troisième espace, sous la balustrade, sert de terrain de jeu aux gargouilles et personnages truculents. 

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Il est l'une des premières réalisations d'un atelier de sculpture qu'Emmanuelle Le Séac'h a désigné sous le nom de Premier atelier ducal du Folgoët, et dont on retrouve toutes les caractéristiques stylistiques (les plus notables étant le traitement des chevelures des anges). Je la laisse présenter les porches que nous devons à cet atelier :

"—Les porches en granite. Le premier atelier du Folgoët [1423-1468] innove dans sa manière de décorer les porches : il superpose des petits personnages (anges, saints, prophètes) dans les niches des voussures des porches de la cathédrale de Quimper (1424-1444), au Kreisker à Saint-Pol-de-Léon (entre 1436 et 1472), et sur le vestige de l'ancienne chapelle de Notre-Dame-des-Portes à Châteauneuf-du-Faou (1438).

— Les porches en kersanton de l'atelier (La Martyre v.1450-1468, Rumengol vers 1468, sont construits sur le même modèle avec une variante : des saynètes y sont rajoutées. Cette particularité est reprise au XVIe siècle dans les porches de Bastien et Henry Prigent (1527-1577) et du Maître de Plougastel (1570-1621).

— Cet atelier a aussi produit d'autres porches ainsi que des sculptures, plus éloignés du Folgoët, à Kernascléden (porche des Hommes et porche des Femmes) et à la chapelle Saint-Fiacre du Faouët, aujourd'hui dans le Morbihan, ainsi qu'à Quimperlé, pour l'église de la haute-ville.

— Le second atelier du Folgoët (1458-1509). On lui doit deux porches en granite, à Plourach vers 1458-1488 et à Saint-Herbot en 1498-1509.

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Les porches de la cathédrale de Quimper (1424-1442).

La construction de la façade occidentale de la cathédrale a commencé le 26 juillet 1424 ; elle s'est achevée au niveau des deux portails latéraux en 1442.

Le programme iconographique de cette façade prise au sens large —soit les trois porches ouest, nord et sud — est limité même si on tient compte des destructions engendrées par la Révolution. Il ne comporte en effet que les voussures sculptées d'anges des porches occidental et méridional ainsi que les statues de la Vierge à l'Enfant et de sainte Catherine. Des trois porches, ceux du sud et du nord sont les moins restaurés. Le portail ouest n'a que ses piédroits et ses voussures qui sont du XVe siècle, ses blasons au dessus sont de la même période. Le tympan et le trumeau ont été supprimés en 1820. En 1866-67, les éléments actuels ont été rajoutés, copiés des cathédrales de Nantes Rouen ou Reims.

 

1. Le porche nord dit porche des baptêmes ne porte plus de sculptures. Il s'appelle ainsi en raison de la proximité de la chapelle des fonds baptismaux et en souvenir du tympan inférieur qui était sculpté d'un groupe du Baptême du Christ. Les niches devaient accueillir les statues des Apôtres. Les sculptures en choux frisés, le style, ainsi que les datations, permettent d'attribuer ce porche nord à l'atelier [grand atelier ducal du Folgoët 1423-1529]. Un arc brisé surmonte les portes extérieures géminées dont les piédroits et les voussures sont décorés de choux frisés, comme le gable à choux qui rejoint la balustrade ajourée et coupe les pinacles.

2. Le porche sud (Le Seac'h page 62-64). Le porche sud de la cathédrale, appelé aussi porche Sainte-Catherine, est sculpté en granite [leucogranite, Chauris] et kersanton. Les armes de Jeanne de France indiquent qu'il devait être achevé avant sa mort en 1433. On voit aussi celles de Bertrand de Rosmadec sur un écu triangulaire avec une crosse et une mitre, et Guillaume son père, aussi palé de six pièces avec sur l'angle gauche un casque orné de lambrequins et un cygne pour cimier.

On retrouve les armes des Bodigneau, seigneurs de Clohars-Fouesnant, avec une tête de cygne dépassant d'une couronne de fleurons et celles de la famille de Quélennec du Faou. Le porche a été restauré en 1999.

L'arc de la porte est en anse de panier. Puis, un tympan abrite une Vierge à l'Enfant et deux anges thuriféraires. La baie en tiers-point est constituée d'une archivolte amortie en accolade. Un fleuron la surmonte. Un gable décoré de choux frisés couronne le tout jusqu'à la balustrade. Les voussures montrent une alternance du même motif avec des anges . Elles sont ornées de choux frisés sur quatre niveaux comme les pièdroits. Les niches de ceux-ci sont vides ainsi que les six niches des voussures. Des consoles feuillagées et des dais gothiques dont quatre en kersanton encadrent les anges.

Au centre du tympan, une Vierge à l'Enfant en kersanton trône, encadrée de deux anges thuriféraires en granite. Elle repose sur une console dont l'ange lève les bras au dessus de sa tête faisant mine de porter la statue, les ailes largement déployées sur le coté.

Des restes de polychromie bleue sur leurs manteaux et rouge sur leur robe sont visibles. Un effet de contraste entre les couleurs des pierres existent aujourd'hui entre le gris anthracite du kersanton et le miel doré du granite." (Le Seac'h)

 

 

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Ce porche a été décrit, pour sa sculpture, par Christiane Prigent puis par Emmanuelle Le Seac'h. Leurs descriptions me serviront de canevas pour mon article. On pourra cliquer sur l'image pour faire défiler le diaporama.

 

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Mini glossaire.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'ange au dessus de la porte en anse de panier.

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"Au centre du tympan, une Vierge à l'Enfant repose sur une console dont l'ange lève les bras au dessus de sa tête faisant mine de porter la statue, les ailes largement déployées sur le coté. (E. Le Seac'h)

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"Le groupe de la Vierge repose sur une console ornée d'un buste d'ange aux ailes éployées sur toute la longueur du linteau, à l'instar des consoles ornées de bustes humains du château de Charles V à Vincennes." (C. Prigent)

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Remarques.

a) Nous remarquons les cheveux aux mèches bouclées en "macarons" emportées par une force centrifuge, comme les anges typiques de l'atelier du Folgoët, ainsi que les statues de saint Jean au Folgoët ou de saint Jean-Baptiste à Rumengol, parmi tant d'exemples. J'y reviendrai.

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/la-collegiale-notre-dame-du-folgoet-v-les-statues-de-kersanton-1423-1433-par-le-grand-atelier-ducal-du-folgoet-1423-1509.html

b) Également typique de cet atelier, mais aussi retrouvé sur les vitraux de Merléac (1402), il faut aussi noter l'amict (linge formant ici l'encolure) replié sur lui-même pour former un W ou Oméga .

http://www.lavieb-aile.com/2017/09/la-chapelle-saint-jacques-de-merleac-la-maitresse-vitre-iv-le-tympan.html

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/la-collegiale-du-folgoet.i.l-autel-des-anges.html

c) La tunique, ou aube, est longue (elle recouvre les pieds), bouffante à la taille au dessus d'un invisible cordon, et barrée en diagonale par un repli qui se perd sur la droite. Les traces de polychromie attestent que la tunique était entièrement bleue.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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LE TYMPAN.

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"Au centre du tympan, une Vierge à l'Enfant en kersanton trône, encadrée de deux anges thuriféraires en granite.

Des restes de polychromie bleue sur leurs manteaux et rouge sur leur robe sont visibles. Un effet de contraste entre les couleurs des pierres existent aujourd'hui entre le gris anthracite du kersanton et le miel doré du granite."(E. Le Seac'h)

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge à l'Enfant.

"La Vierge, couronnée, tient son Enfant qui sourit délicatement et qui a dans les mains un oiseau. La couronne la rapproche de celle des Vierges de Tournai (Prigent 1982). Sa grande main serre un livre contre sa poitrine. Les cheveux tombent sur les cotés en deux tresses. Comme pour les anges et l'Enfant, ils se partagent en mèches. Le buste simple contraste avec les plis fournis du bas de la robe, taillés en becs lourds et formant des volutes sur la jambe gauche. La robe est ceinturée à la taille ; les pans du manteau retombent sur le coté droit. La draperie particulière rappelle là encore les enluminures peintes par André Beauneveu sur le psautier du duc de Berry en 1380-1385 (Prigent 1982 p. 329). "(E. Le Seac'h)

 

"Assise sur un trône rehaussé d'un dais , la Vierge porte son Enfant assis sur le genou gauche. Confortablement installé, les deux pieds dans le manteau maternel, celui-ci retient un gros oiseau qui picore dans sa main droite.

La façon dont la Vierge tient, serré contre son épaule droite, un livre (discrète évocation de son rôle d'éducatrice) évoque le saint Pierre du Psautier"  (C. Prigent)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84546905/f17.image

"Une grande douceur se dégage du visage de Marie, à l'ovale plein, au front bombé, aux yeux en amande, entre les paupières accentuées, délicatement encadré d'une masse épaisse de cheveux ondulés, d'un type spécifique aux pays flamands. De même, la couronne à bandeau orfévré rehaussé de fleurons découpés s'inspire de modèles tournaisiens. 

C'est le même canon qui a servi pour les deux visages empreints d'une grâce souriante." (C. Prigent)

"Les traces de peinture rouge dans les replis du manteau de la Vierge indiquent que, primitivement, l'ensemble était peint et doré, et se détachait sur un fond d'ocre jaune. On redécouvre que l'église médiévale était un temple de la couleur, comme les murailles de pierres précieuses et fines de la  Jérusalem céleste décrite dans l'Apocalypse de saint Jean Mais la polychromie des extérieurs a beaucoup souffert. Ainsi on est mal renseigné sur une coloration éventuelle des façades en dehors des parties sculptées." (id.)

"La Vierge est le seul vestige dans le chantier quimpérois d'un ensemble sculpté, sans doute assez considérable, à en juger par les niches qui décorent les piédroits des portails et les contreforts, aujourd'hui vides de leurs statues, visibles cependant dans les gravures anciennes. (C. Prigent)

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Remarques.

Ces deux auteures nous conseillent de comparer cette sculpture avec les enluminures d'André Beauneveu dans le Psautier de Jean de Berry. C'est désormais l'affaire d'un clic, et l'étude des drapés est instructive. Mais je n'ai pas retrouvé sur le saint Pierre (f. 8r)  la tenue spécifique du livre qu'adopte ici la Vierge, avec la main dressée verticalement, et la tranche du livre tourné vers le haut. D'autre part, la présence de ce livre n'en fait pas tant une "éducatrice" (une notion qui est admise pour sainte Anne enseignant à sa fille, mais qui est discutable àpropos de celui qui va bientôt enseigner les docteurs du Temple) qu'elle ne rappelle que le Fils est envoyé à l'Humanité pour accomplir le plan du Salut annoncé dans les Écritures.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84546905/f17.image

Les cheveux de l'Enfant sont aspirés vers l'arrière et l'extérieur selon ce trait stylistique déjà décrit pour l'ange de la console. 

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Les anges.

"Huit anges, porteurs de phylactères ou musiciens, sont vêtus d'aubes qui cachent leurs pieds. Dans la première voussure de droite, juste au dessus de la Vierge à l'Enfant, l'ange tient une cithare médiévale dont il frotte les cordes avec un archet miniature [sic].Le manche de l'instrument est court. L'ange semble danser, la jambe droite avancée en un plié gracieux, le talon en dehors.

Dans la deuxième voussure plus à droite, un autre ange joue de la harpe gothique en pinçant les cordes. Cet instrument se jouait posé sur les genoux d'où la position légèrement incliné de l'ange.

Les ailes des anges sont géométriques, avec le bout pointu. Ici aussi, les chevelures sont bouclées et indisciplinées comme sur le tombeau de Gatien de Monceaux. Les plissés sont variés, verticaux, en diagonale ou à bec et forment une nuée aux pieds des anges thuriféraires. Ceux-ci accomplissent une génuflexion, leur geste figé à mi-course. L'ange de droite tient dans une main la navette à pied servant à conserver l'encens, ce qui révèle le souci du détail du sculpteur. Tous les anges esquissent un sourire subtil. Leurs ailes sont largement déployées dans une magnificence de plumes." (E. Le Seac'h)

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"Deux anges encadrent le groupe. Cette scène reprend les compositions des grands édifices gothiques. Au début du XVe siècle, les anges conservent les fonctions que leur avait attribuées l'époque gothique : thuriféraires ; musiciens dans les voussures , ils s'accompagnent de la harpe et de la cithare pour chanter les louanges de la Mère de Dieu; d'autres tiennent des phylactères. Leur vêtement se compose d'une chape retenue sur la poitrine par un fermail ou d'une tunique à manches longues, l'amict dépassant parfois de l'encolure. Par leurs chevelures traitées en mèches bouclées, s'écartant des tempes comme attirées par un aimant, un toupet sur la tête, et leurs vêtements, ils s'inspirent des anges qui décorent le soubassement du tombeau en calcaire de l'évêque Gatien de Monceaux (mort en 1416), autrefois dans la cathédrale. De même, les anges du portail sud semblent très proches, par le naturalisme de leur visage, de deux apôtres — dont seules subsistent les têtes — du palais du duc Jean de Berry à Bourges, datant du premier quart du XVe siècle. Simultanément, ces anges font leur apparition au Folgoët, sculptés dans le kersanton, sur l'un des autels alignés contre le mur est de la collégiale." (C. Prigent)

persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1942_num_101_2_9305

https://www.louvre.fr/oeuvre-notices/tete-d-apotre

https://patrimoinebourges.weebly.com/bourges-gothique/les-vestiges-de-la-sainte-chapelle-de-bourges

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Tête d'ange, musée du Berry.

 

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L'ange thuriféraire (qui porte l'encensoir) de droite.

Il donne un exemple de la coiffure en macarons de mèches repoussés vers l'arrière et le haut par un vent spirituel. Le haut du visage est carré, le bas triangulaire.

J'ai étudié ces anges et leurs chevelures dans mon article sur l'Autel des Anges du Folgoët. Je remarquais alors qu'une influence possible pouvait être le Puits de Moïse de Champmol (achevé en 1405).

 http://www.lavieb-aile.com/2017/04/la-collegiale-du-folgoet.i.l-autel-des-anges.html

Je me suis rendu depuis  à Dijon dans le but de documenter cette influence : voir mon article :

http://www.lavieb-aile.com/2019/09/le-puits-de-moise-de-la-chartreuse-de-champmol-a-dijon.html

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L'ange tient en main gauche la navette d'encens et balance l'encensoir dans un mouvement particulièrement élégant et synchronisé avec son acolyte.

À la différence des anges des voussures, des deux anges portent des chapes. Il faut savoir que le terme de "thuriféraire" désigne un servant de messe, et que sa fonction est de préparer, d'allumer et de présenter l'encensoir au prêtre afin qu'il le bénisse, puis c'est ce dernier ou un diacre qui encense l'autel, puis, par trois coups triples, le livre de l'Évangile avant sa lecture. Le thuriféraire, ensuite, balance simplement l'encensoir pendant la Lecture. Il y a donc peut-être une différence entre un célébrant, portant la chape, et faisant de très grands mouvements d'encensement, comme nous voyons ici, et le rôle plus subalterne du thuriféraire proprement dit.

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Le demi sourire fascinant m'a incité à multiplier les clichés. II semble parfois que l'ange est transporté d'aise par les fumées parfumées de l'encens.

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Discussion. 

Ces deux anges en symétrie spéculaire trouvent peut-être leur source unique, pour celui de gauche, dans les Anges de l'Annonciation lançant vers la Vierge le phylactère de leur salutation. On peut ainsi évoquer l'enluminure peinte par Jean Hermant pour les Heures de Rohan BnF lat. 9471 au folio 45, ou celle, assez proche, des Heures de Buz Hougton Library Richardson  42 f. 20, daté vers 1420-1425 ). Comme à Quimper, l'ange est placé plus bas que la Vierge. Mais ce serait alors, de la part de notre  sculpteur, une fameuse inspiration de renoncer au profil pour rendre   ce très beau mouvement de la tête tourné vers nous. On notera que le Maître de Rohan, auteur de ces miniatures, est également le peintre du Livre d'Heures d'Isabelle Stuart, épouse du duc de Bretagne (voir "Contexte artistique infra). Ou que les Grandes Heures de Rohan furent (comme les Heures de René d'Anjou et les Heures d'Isabelle Stuart) probablement commandées par Yolande d'Aragon, mère de Yolande, la première épouse du duc de Bretagne François Ier, fils de Jean V. Leur mariage date de 1431, alors que le porche sud est daté avant 1433 (mort de Jeanne de France).

On notera que cette chevelure est retenue par un bandeau (centré par une croix frontale) qui interrompt la couronne de bouclettes, alors que cette couronne est complète dans les œuvres sculptées de l'atelier du Folgoët.

 

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Jean Hermant, Annonciation (détail), Heures de Rohan BnF lat. 9471 f. 45r. Copyright BnF Gallica.

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Visitation, Heures de Rohan BnF lat. 9471 f. 70r. Droits BnF Gallica.

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Jean Hermant, Annonciation, Heures de Buz, Harvard, Houghton Library, ms. richardson 42, f° 20, détail.Copyright Harvard, Houghton Library.

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Annonciation,f. 23r, Jean Hermant et Maître de Giac, vers 1416.Heures du Roi René BnF lat. 1156A. Droits BnF Gallica.

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Or, les anges de ces enluminures ont tous les cheveux emportés par un vent frontal, comme à Quimper. Le Maître des Heures de Rohan   est partiellement rapproché d'un Jehan Hermant qui aurait travaillé comme libraire à Paris en 1398-1421 avant  de s'installer à Laon en 1422-1428. À Paris, sa maison rue Pierre Sarrazin à l'angle de la rue de la Harpe était contiguë avec l'Hôtel de Forest (situé précisément rue de la Harpe), que Jean IV avait reçu en 1384 de Charles VI, et que Jean V avait offerte en 1395 à Jean de Malestroit, seigneur d'Oudon. (A. Chatelet 2020 et F. Berland 2011). Des contacts avec la cour ducale de Bretagne sont possibles, notamment avec  le cardinal Jean de Malestroit (1375-1443) évêque de Nantes et chancelier du duc. (plutôt que Thibaut de Malestroi, évêque de Quimper jusqu'en 1408).  

 

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'ange thuriféraire de gauche.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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LES ANGES DES VOUSSURES.

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L'ange musicien jouant de la mandore  par l'intermédiaire d'un plectre.

Je ne reprends pas le nom de "cithare" proposé par Le Seac'h et Prigent, et j'identifie l'objet de la main droite comme un plectre, et non comme "un archet court".

L'instrument piriforme (demi-poire) et apparemment monoxyle possède quatre cordes fixées en bas au cordier et en haut à aux quatre chevilles d'une tête dont il est difficile de préciser la forme en volute ou cassée comme pour un luth. Le plectre est tenu entre pouce et index sur un poignet en supination et très fléchi. 

On retrouve l'instrument et la position de la main (mais le poignet est en extensionpeint par Jean de Bruges pour la chapelle de la Vierge de la cathédrale du Mans:

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Ange jouant de la mandore avec un plectre. Voûtes de la Chapelle de la Vierge par Jean de Bruges vers 1377. Photo lavieb-aile.

 

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http://a51.idata.over-blog.com/3/43/88/27/epigraphie-tilde/le-mans/cathedrale/instrumentarium/concert/concert-1705c.jpg

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Voir aussi l'instrumentarium de la cathédrale de Bayeux (vers 1412)

http://www.lavieb-aile.com/2018/09/la-crypte-de-la-cathedrale-de-bayeux-et-ses-anges-musiciens.html

Voir les anges musiciens de Kernascléden (une harpe, mais pas de mandore) :

http://www.lavieb-aile.com/2015/09/les-anges-musiciens-des-voutes-de-kernascleden-56.html

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'ange joueur de harpe.

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C'était à l'époque un instrument diatonique de  90 cm de haut environ, à 24 cordes en moyenne, et que l'on tenait sur les genoux.

La tenue sur le genou gauche, la base posée sur le milieu de la poitrine, est celle adoptée par l'ange de l'instrumentarium du Mans.

http://www.lavieb-aile.com/article-un-concert-de-noel-pour-nicole-et-michel-125275886.html

 

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L' ange présentant un phylactère. Voussure intérieure gauche, en bas.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L' ange présentant un phylactère. Voussure intérieure gauche, en haut.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L' ange présentant un phylactère. Voussure extérieure gauche.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L' ange présentant un phylactère. Voussure intérieure droite, sous l'ange au mandore.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L' ange présentant un phylactère. Voussure extérieure droite, en haut.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Ange à la tête brisée.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Ange portant un instrument brisé.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Le début des rinceaux, entre les moulures des piédroits : chanoines ?.

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L'étude systématique des enracinements des rinceaux (pampres et autres) dans les contre-moulures des pièdroits des porches pourrait leur attribuer une précieuse valeur sémiologique. À un niveau amateur, force est de constater la présence constante d'animaux fantastiques ou non, ou de personnages caricaturaux (chanoines) sur les porches bretons, tant ceux dus aux deux ateliers ducaux du Folgoët que ceux dus à Bastien et Henry Prigent, et d'autres encore. Ici, nous trouvons des personnages assis ou accroupis, coiffés d'une sorte de béret. Je les qualifie de "chanoines" par comparaison aux autres sites. Il resterait à comparer ces motifs dans leur distribution géographique et chronologique.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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SAINTE CATHERINE.

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"Sur le contrefort gauche du porche, sainte Catherine d'Alexandrie, d'une facture plus raide, est placée dans la première des niches superposées, surmontée d'un pinacle à crochets. La sainte couronnée tient une roue dont le tour est agrémenté de dents acérées. Elle s'appuie légèrement sur une épée dans sa main droite, ce qui crée un léger déhanchement. Elle porte une robe longue dont le tissu tombe en plis lourds sur le bout pointu des poulaines. Le pan gauche du manteau qui recouvre les épaules est ramené sous son bras droit et il forme comme un tablier avec des plis étagés. La robe est resserrée à la taille par une grosse ceinture dont les trous semblent renforcés par des pastilles imitant le métal. Elle est fermée au milieu par une série de petits boutons ronds : le col se rabat en un pli large. Les cheveux se séparent en deux tresses étiques qui tombent sur la poitrine. Le visage est de forme ovale et allongée. Les yeux surlignés et pincés à leur extrémité, sont compris dans des arcades sourcilières en forme d'accent circonflexe. Le nez large est épaté, le philtrum large et creusé. Sainte Catherine esquisse un délicat sourire.

Les deux sculptures en kersanton sont caractéristiques de l'atelier du Folgoët avec un plastron plat et un bas du corps au drappé plus fouillé. Les mains sont larges et manquent de naturel." (E. Le Seac'h 2014)

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"Sculptée dans la pierre de Kersanton d'un gris foncé, elle est un peu plus tardive [que les sculptures du porche]. On y note un lointain écho des statues anglaises d'albâtre, dans les mains allongées, le type de couronne au bandeau incurvé et la façon de tenir la roue d'une manière spécifique." (C. Prigent)

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C'est elle qui présente la duchesse de Bretagne Isabelle Stuart sur son Livre d'Heures : voir précision dans Contexte artistique infra.

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Book_of_Hours_(Fitzwilliam_Museum_Ms62)?uselang=fr#/media/File:Stundenbuch_Isabella_Stuart1.JPG

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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LE GABLE ET SES BAS-RELIEFS HÉRALDIQUES.

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Il faut pouvoir en lire le contenu comme la suite du complexe héraldique présent sur le gable du porche occidental réalisé entre 1424 et 1433. Le duc Jean V y occupait la place prééminente, puis venaient les armoiries de la duchesse Jeanne et de ses trois fils, celles de l'évêque Bertrand de Rosmadec et de son frère, et, à l'extérieur du gable, celles de quatre officiers ducaux, les seigneurs de Névet, de Guengat (?), de Bodigneau et de Quélennec.

Sur le porche sud, nous avons une forme réduite du porche ouest, où la duchesse Jeanne vient en supériorité sous l'hermine passante, et où, des six blasons précédents, nous en conservons quatre, ceux, dans le cadre triangulaire, de l'évêque Bertrand de Rosmadec et de sa famille, et ceux, en dehors, de Droniou de Bodigneau et de Jean de Quélennec.

Si l'identification de ces écus et de leurs ornements extérieurs, mais aussi de leur devise, a été donnée depuis le XIXe siècle, il reste passionnant de retrouver les formes malgré l'usure de la pierre, et, pour l'amateur d'inscriptions, d'admirer les graphies et la disposition des "cris d'armes". Le temps de l'information ne doit pas occulter le temps de la contemplation attentive des formes.

n.b : Wikipédia ou des sites spécialisés précisent que la devise est placée en dessous de l'écu, et le "cri d'armes" au dessus, comme c'est ici systématiquement le cas, sur les deux porches.

http://www.blason-armoiries.org/heraldique/c/cri-d-armes.htm

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'hermine tenant les armes de Jeanne de France, duchesse de Bretagne.

 

En supériorité, l'écu en losange de la duchesse Jeanne, parti de Bretagne et de France, est surmonté d'une hermine passante colletée de la jarretière  flottante de Bretagne, tenant un cartouche sur lequel figure la devise : A MA VIE. 

 

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a) L'hermine passante.

L'hermine passante est présente également sur les autres chantiers du duc Jean V :

— Sur la façade et en frise, ou dans le porche des Apôtres à la Collégiale du Folgoët, où elle traverse les spires d'une banderole portant la devise A MA VIE :

 

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/la-collegiale-notre-dame-du-folgoet.iv.les-emblemes-devises-et-marques-des-ducs-de-bretagne-1423-1505.html

— Sur le gable du porche de la chapelle Saint-Herbot :

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/l-enclos-paroissial-de-saint-herbot-a-plonevez-du-faou-vi.le-porche-sud-1498-1509-par-le-second-atelier-du-folgoet-l-exterieur-et-le

— Sur les sablières de l'église haute de Quimperlé  avec la date de 1430: hermine passante colletée de la jarretière dans une frise où est inscrit la devise A MA VIE.

http://www.lavieb-aile.com/article-les-sablieres-et-poin-ons-de-l-eglise-notre-dame-et-saint-michel-de-quimperle-123158720.html

.Jeanne de France (1391 - 1433), fille de Charles VI de France et d'Isabeau de Bavière, fut duchesse de Bretagne de 1399 à 1433 par son mariage avec Jean V de Bretagne.

Sablières (1430) de l'église de Quimperlé. Photo lavieb-aile

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—  Sur la façade de la chapelle de Quilinien à Landrévarzec : 

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/Les%20armoiries%20dans%20la%20chapelle%20de%20Quilinen.pdf

 

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— La devise A MA VIE avec les armoiries ducales se trouvent aussi à Runan, sur la maîtresse-vitre.

http://www.lavieb-aile.com/article-la-maitresse-vitre-de-l-eglise-de-runan-22-123343694.html

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription lapidaire A MA VIE.

La banderole  est tenue par l'hermine dans sa gueule et elle s'élève en se pliant. Elle est tracée avec des lettres gothiques minuscules et encadrée par des deux-points qui servent aussi à séparer les groupes de mots. Ces deux-points, selon une tradition presque constante en Basse-Bretagne (j'ignore si elle est établie dans d'autres régions) sont reliés par un motif en forme de S.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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b) les armoiries mi-parti de Jeanne de France :

 

Jeanne de France (1391 - 1433), quatrième fille de Charles VI de France et d'Isabeau de Bavière, fut duchesse de Bretagne de 1399 à 1433 par son mariage  à Paris le 19 septembre 1396 avec Jean V de Bretagne. Elle était la sœur aînée du Dauphin, qui deviendra Charles VII grâce à Jeanne d 'Arc. Elle eut 7 enfants, dont 3 fils, François (1414 † 1450), duc de Bretagne en août 1442, Pierre (1418 † 1457), duc de Bretagne de 1450 à 1457 et Gilles (1420 † 1450), seigneur de Chantocé.

Son écu est losangique, comme c'est la règle pour les femmes. Il n'est plus lisible aujourd'hui, et il faut se fier aux identifications de Le Men.

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dessin par Sodacan

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L'écu losangique figure aussi  dans  le gable du porche ouest de la cathédrale, mais en dessous et à droite de celui du duc, sans lambrequins, et présentés par deux oiseaux (colombes).

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Gable armorié du porche ouest de la cathédrale. Photographie lavieb-aile.

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Les armes de la duchesse figurent aussi sur la voûte du chœur de la cathédrale, portées par un ange.

 

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http://www.lavieb-aile.com/2016/02/les-vitraux-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper-i.html

Armoiries de la duchesse de Bretagne Jeanne de France, parti de Bretagne et de France : clé de voûte du chœur, photo lavieb-aile

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 Jeanne de France, son époux et ses enfants étaient représentés en donateur sur les baies 101 et 102 , en pole position autour du Crucifix de la baie d'axe n°100. (Ils y sont encore, mais par le biais d'une restitution ).

La baie 102. Les armoiries sont portées par la robe de Jeanne de France.

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Lancette B. Jeanne de France, duchesse de Bretagne (1399-1433) présentée par saint Jean-Baptiste.Baie 102 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

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J'aimerai trouvé plus de renseignements sur les deux pattes qui, sur la sculpture du gable,  s'écartent des sommets du losange, et que je nomme lambrequins à défaut d'information. Sont-ils attestés ailleurs ? Représentent-ils quelque chose ? Ils se terminent en griffe par des dilatations ampullaires comme des bourgeons.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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2° À gauche à la base du gable : armoiries épiscopales de Bertrand de Rosmadec.

Le Men le décrit comme un écu triangulaire timbré d’une crosse et d’une mitre et portant un palé de six pièces. La mitre et la crosse ne sont plus visibles, tandis qu'on  perçoit les traces des bandes horizontales du palé. Les fanons de la mitre sont bien visibles de chaque coté de l'écu. 

 

Bertrand de Rosmadec, aumônier et conseiller de Jean IV, évêque de Cornouailles après  Gatien de Monceaux. 1416-1443 se démit en août 1444, ; il entreprit en 1424 la réfection de la nef de la cathédrale et inhumé dans la cathédrale. Ses armes sont un  palé d’argent et d’azur de six pièces.

On voit ses armoiries, à la meme place qu'ici, sur le porche ouest de la cathédrale.

 

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Ses armoiries figurent à la voûte rayonnante du chœur de la cathédrale, autour de celle du duc Jean V :

http://www.lavieb-aile.com/2016/02/les-vitraux-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper-i.html

Il est sans doute figuré en donateur en lancette B de la  baie 105, présenté par un saint évêque  à la Vierge à l'Enfant, alors que sainte Catherine et saint Yves sont peints dans les deux autres lancettes. L'absence d'inscription ou d'armoiries ne permet pas une identification fiable.

http://www.lavieb-aile.com/2016/03/les-vitraux-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper-ix-la-baie-n-105.html

Les vitraux du chœur de la cathédrale de Quimper IX : la baie n° 105 de Bertrand de Rosmadec.

On les trouvait sur la voûte de l'ancienne abbatiale de Daoulas.

http://www.lavieb-aile.com/2017/06/les-sablieres-de-l-ancienne-abbatiale-de-daoulas-inscription-de-1529-blasons-armories-et-scenes-animalieres.html

Elles sont conservées dans la chapelle Saint-Côme de Saint-Nic (la famille vient de Telgruc/mer).

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Armoiries épiscopales de Bertrand de Rosmadec. Chapelle Saint-Côme de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Elles figurent sur la clef de voûte de Kernascéden (56) :

http://www.lavieb-aile.com/2015/09/les-anges-musiciens-des-voutes-de-kernascleden-56.html

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_de_Rosmadec#/media/Fichier:Blason_Charles_de_Rosmadec.svg

 

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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3° À droite de la base du gable : armoiries de Jean II de Rosmadec, neveu de l’évêque Bertrand .

Le Men décrit un  écu arrondi couché, palé de six pièces, timbré sur son angle sénestre d’un casque orné de lambrequins et sommé d’un cygne pour cimier, et l'attribue à Guillaume de Rosmadec, père de Bertrand.

Les pièces de l'écu sont à peine visibles (le leucogranite s'altère, et se décolle par plaques), mais on reconnapit leur alignement.

On voit aussi cet ensemble héraldique dans le gable  du grand portail ouest. Il y est attribué par P.-F. Broucke à Jean II de Rosmadec (neveu de l'évêque, qui fut son tuteur). Le casque, comme ici, porte un tortil de baron. La banderole verticale est muette, mais elle pouvait porter (en peinture ?) le cri "EN BON ESPOIR", devise de la famille.

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Gable du porche nord de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Voir aussi :

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Les blasons placés  en dehors du fronton triangulaire,  gauche et à droite : Bodigneau et Quélennec.

 

 À gauche :  les armoiries des Bodigneau.

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Le Men décrit ne targe couchée timbrée d’un casque orné de lambrequins et sommé d’une tête de cygne issant d’une couronne de fleurons, tient dans son bec un cartouche sur lequel on lit la devise : A LAVENTURE :.

Cet écusson qui est aussi sculpté au-dessus du   porche ouest, appartenait à la famille de Bodigneau dont les armes étaient : de sable à l’aigle éployée d’argent becquée et membrée de gueules.

Jean Droniou, seigneur de Botigneau, était un important fonctionnaire du duché, proche de duc Jean (, trésorier et receveur général en Bretagne depuis 1420 et procureur de Cornouaille depuis 1429 .

— Voir la lancette B de la baie 106  du chœur de la cathédrale où Marie-Madeleine présente une dame de Bodigneau épouse d'un membre de la famille de Juch,  agenouillée comme donatrice.

http://www.lavieb-aile.com/2016/03/les-vitraux-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper-iii-les-baies-106-et-108-et-les-pupilles-au-jaune-d-argent.html

— Voir la lancette C de la baie 108 (voisine de la précédente) où un saint évêque présente en donateur  un seigneur de Bodineau portant un tabard à ses armes.

http://www.lavieb-aile.com/2016/03/les-vitraux-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper-iii-les-baies-106-et-108-et-les-pupilles-au-jaune-d-argent.html

— Voir les lancettes B, C et D  de la  baie 110 (qui suit les précédentes dans le chœur) : le seigneur de Bodigneau est présenté par Jean l'évangéliste, puis par Jean-Baptiste, puis une dame de Bodigneau en alliance avec Tréanna est présentée par la Vierge. 

"Saint Jean présente un chevalier en armure,  portant l'épée, et  sur son tabard les armes de la famille de Bodigneau, de sable à l’aigle impériale d’argent becquée et membrée de gueules. Le fief de cette famille se trouve dans la paroisse de Clohars-Fouesnant (à 15 km au sud de Quimper), où s'élève le château de Bodigneau, ou Botigneau, Bodignio ou Bodinio. Le Nobiliaire ou Armorial de Bretagne de Pol Potier de Courcy indique :

Botigneau (de), sr dudit lieu et de Kergoat, par. de Clohars-Fouesnant, — de Brunault, par. de Trébrivant. Réf. et montres de 1426 à 1562, par. de Clohars, év. de Cornouaille.

D’azur à l’aigle éployée d’or. Devise : À l’adventure.

Le nom ancien de cette famille est Droniou ; Jean Droniou, épouse Louise du Vieux-Chatel, dame de Brunault, dont : Alain, marié en 1562 à Marie de Kergorlay, père et mère de Jeanne, fille unique héritière, épouse de François de Kerc’hoënt.

 En 1426, le domaine de Botigneau  est tenu en 1426 par Jehan Droniou.

Vers 1500, cette famille fit édifier les vitraux de l'église Saint-Hilaire de Clohars-Fouesnant, avec leurs armes en supériorité, et Pierre de Bodigneau et Marie de Tréanna s'y font représenter en donateurs (Abgrall, Notice).  Voir Iconographie de saint Christophe.

 En 1424, lors de la construction de la façade occidentale, le blason du seigneur de Bodigneau est sculpté sur le tympan du portail, avec celle des trois autres nobles qui ont le privilège de porter le siège de l'évêque Bertrand de Rosmadec : les seigneurs de Nevet (Plogonnec), de Guengat et Du Quélennec (Le Faou). C'est dire qu'il s'agit alors d'une famille de tout premier plan en Cornouaille. Par contre, en 1480, lors de l'entrée épiscopale de Guy de Bouchet, les quatre seigneurs qu'accueillirent dans la cathédrale étaient Jean du Quélennec, Henri,seigneur de Névet, Guillaume, seigneur de Ploeuc,  et Guyomarch, seigneur de Guengat. Bodigneau avait donc laisser la place à de Ploeuc."

 

— Voir la lancette D de la baie 112, où une dame de Bodigneau est présentée par sainte Catherine.

http://www.lavieb-aile.com/2016/03/les-vitraux-des-baies-110-et-112-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper.html

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Voir le vitrail (vers 1520) de l'église Saint-Hilaire de Clohars-Fouesnant , résultant  "d'un don du seigneur de Botigneau. En 1505, la seigneurie appartenait à l'écuyer Pierre de Botigneau, et en 1541 à son fils Jean. En 1665, la terre de Botigneau fut vendue à Jean de Penfentenyo. Les seigneurs de Botigneau sont fondateurs de l'église paroissiale, et aussi des chapelles Saint-Jean et Saint-Guénolé qui leur appartenaient privativement ; ils possédaient leur tombe dans le chœur, et leurs armoiries d'azur à l'aigle éployée d'or à deux têtes becquées et membrées de gueules dans les deux vitraux éclairant chacune des chapelles latérales. Les vitraux du transept ont sans-doute été déplacés depuis ces chapelles."

 

 

http://www.lavieb-aile.com/2015/09/iconographie-de-saint-christophe-le-vitrail-de-clohars-fouesnant-29.html

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Jean Droniou offrit à la collégiale du Folgoët (relevant du mécénat ducal) une statue en kersanton avec son nom encadré de ses armes  à l'aigle bicéphale. En 1420, c'est lui qui, comme trésorier, vint apporter la donation de Jean V. Que représente cette statue ? comme par hasard, sainte Catherine ! La statue est moins belle que celle de Quimper, mais la comparaison s'impose néanmoins.

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/la-collegiale-notre-dame-du-folgoet-v-les-statues-de-kersanton-1423-1433-par-le-grand-atelier-ducal-du-folgoet-1423-1509.html

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Sainte Catherine d'Alexandrie, Kersanton, Atelier du Maître du Folgoët (1423-1433) , angle sud-ouest de la chapelle de Coëtivy, Collégiale du Folgoët, photographie lavieb-aile avril 2017.

 

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription est portée par une banderole repliée tenue par le bec du "cygne". Elle indique, en lettres minuscules gothiques, la devise  A LAVENTURE : avec les deux-points reliés par le S habituel.

Les fûts sont droits, avec un empattement en losange orienté vers l'avant en bas, et vers l'arrière en haut. Les A sont à double œil , le V est semblable au U ; la traverse du T est longue. L'œil du E est ouvert, tracé par un fin trait en S sur la barre. C'est une écriture de type textura (qui sera adoptée par Gutenberg en 1455 pour sa Bible). 

 

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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 À droite : armoiries de la famille du Quélenec, d’hermines au chef de gueules, chargé de trois fleurs de lys d’or, avec la devise : EN DIEU / M /  ATENS :.

 

Jean III du Quélennec (1401-1459), vicomte du Faou, chambellan du duc de Bretagne depuis 1426, capitaine de Brest, amiral de Bretagne aux années 1432, 1442, 1450, 1461, 1471, et lieutenant-général en Bretagne, assiste en 1432 au siège de Pouancé, épouse en 1433 Marie de Poulmic († 1457), fille de Jan, seigneur de Poulmic, et de Jeanne de Kersaliou.

— Ces armes sont également présentes,  au-dessus du  porche ouest, dans la même situation en bas à droite. Mais le casque porte un tortil de baron. Le Men décrit "une  targe couchée timbrée d’un casque orné d’un lambrequin et sommé d’une tête de cygne issant d’une couronne, et tenant dans son bec un cartouche avec la devise : En Dieu m’attens. C’est la devise des seigneurs du Quélenec, barons dudit lieu et vicomtes du Faou. Leurs armes qui sont : d’hermines au chef de gueules, chargé de trois fleurs de lys d’or, se voient dans la voûte du bas-côté sud de la cathédrale. Les seigneurs de Quélenec étaient tenus, comme les seigneurs de Nevet et de Guengat, d’assister à l’entrée solennelle des évêques dans leur ville de Quimper. "

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Porche ouest de la cathédrale de Quimper. Photo lavieb-aile.

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— Ses armoiries en alliance avec Marie de Poulmic figurent sur la façade de la chapelle du Quilinien à Landrévarzec, débutée vers 1450-1457..

 

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/Les%20armoiries%20dans%20la%20chapelle%20de%20Quilinen.pdf

—Ses armoiries en alliance avec celles des Poulmic figurent aussi sur le calvaire daté vers 1433-1457 de l'église de Rumengol . Ce calvaire peut être attribué, comme ce porche sud de Quimper, à l'atelier ducal du Folgoët. Ces armoiries figurent aussi sur les vitraux de l'église de Rumengol.

http://www.lavieb-aile.com/2016/11/l-eglise-notre-dame-de-rumengol-29-ii-le-calvaire.html

 

 

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription en minuscules gothiques, de la même main que la précédente,  EN DIEU / M /  A/TENS :  se clôt par le deux-points  habituel.

(Je ne peux exclure que le repli cache une première lettre T, ce qui donnerait EN DIEU / M /  ATTENS :  )

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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SOUS LA BALUSTRADE.

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Une figure d'Ève ?

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Une femme en coiffe, mains sur les oreilles.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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CONTEXTE ARTISTIQUE.

Les trois principaux auteurs d'enluminures du premier quart du XVe siècle sont, selon F. Avril et N. Reynaud, les frères Limbourg, le Maître de Bedford (Bréviaire de Jean de Berry BnF lat. 17294)  et le Maître de Boucicaut alias Jacques Coene (Livre d'Heures, musée Jacquemart-André ms2, vers 1415). Et leurs principales émules seront ensuite le Maître des Grandes Heures de Rohan, et le Maître de Marguerite d'Orléans. Or, ces deux derniers ont travaillé pour les épouses des deux fils de la duchesse Jeanne et, dans les deux cas, avant la fin de réalisation des porches de la cathédrale de Quimper.

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1°) Le Maître de Rohan ( +/- =Jean Hermant et Maître de Giac)

a) Il a  peint les Grandes Heures de Rohan  BnF lat. 9471 pour Yolande d'Aragon en 1416-1417

 

Vierge allaitante f. 33v

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515749d/f76.item

Annonciation f.45r

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515749d/f99.image

Visitation (pour les anges) f. 70r

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515749d/f149.image

Sainte Catherine f. 231v

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515749d/f99.image

b) Il a peint le Livre d'Heures dit d'Isabelle Stuart (Fitzwilliam museum ms.62). Vers 1417 ou avant 1431. c) 234 folios, 2 miniatures pleines pages, 20 grandes miniatures, 437 miniatures marginales, par le Maître de Rohan (f.  199v, f.20, f. 136, f. 141v, etc) et le Maître de Giac.  Ce livre aurait été commandé par Yolande d'Aragon pour sa fille Yolande (1412-1440), qui épousa le duc de Bretagne François Ier en 1431. Le livre serait alors entré en possession d'Isabelle Stuart (1426-1494), 2ème épouse du duc et donc duchesse de Bretagne de 1442 à 1450. Celle-ci a peint, en folio 20 de la prière Obsecro te — supplication à la Vierge pour obtenir son assistance lors de la mort) —,  son propre portrait par dessus  celui de la première épouse, a placé ses propres armes, et s'est faite présentée par sainte Catherine (ce qui indique clairement l'importance de cette dernière aux yeux de la duchesse Isabelle).

https://www.fitzmuseum.cam.ac.uk/pharos/collection_pages/northern_pages/MS.62/FRM_TXT_SE-MS.62.html

 

PANAYOTOVA (Stella), 2014, , « The Rohan Masters: Collaboration and Experimentation in the Hours of Isabella Stuart », dans Colum Hourihane, Manuscripta Illuminata: Approaches to Understanding Medieval and Renaissance Manuscripts, Princeton, Princeton University Press and Penn State University Press, 

 

https://www.academia.edu/10668335/The_Rohan_Masters_Collaboration_and_Experimentation_in_the_Hours_of_Isabella_Stuart

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N.B. On recense au moins deux autres livres d'heures ayant appartenu à Isabelle Stuart, mais d'intérêt artictique moindre  : l'un à l'usage de Nantes et Paris, datant des années 1460-1465 (Bibliothèque nationale de France, Lat 1369), et un autre à l'usage de Rome (BNF, NAL 588).

— Heures d'Isabelle Stuart BnF NAL 588. La reine est présentée par saint François au folio 33v

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8555843r/f72.item

— Livre d'Heures d'Isabelle Stuart, BnF lat. 1369. La reine est présentée par saint François page 56.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501939c/f66.item.zoom

Annonciation :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501939c/f395.item

Sainte Catherine :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501939c/f332.item

c) Il a peint les  Heures de René d'Anjou BnF lat. 1156. Commandé par Yolande d'Aragon (ou Louis II d'Anjou), vers 1416-1417 à Paris à un atelier dont le Maître de Giac, Jean Hermant. 

Vierge allaitante f. 18v:

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000466t/f48.item

Annonciation f. 23r

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000466t/f57.item

Annonce aux Bergers (voir les anges) f. 52r

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000466t/f115.item

Fuite en Egypte (voir les anges) f. 62v

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000466t/f135.item

Sainte Catherine f. 75v (après Marie-Madeleine)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000466t/f161.item

d) Il a peint les Heures de Buz  Harvard Houghton Library Ms Richardson 42. 20 grandes enluminures et 40 plus petites. Le folio 155r montre la Vierge embrassant l'Enfant endormi,  entourée de deux anges qui soutiennent un drap d'honneur, avec l'oraison Ie te salue Marie a qui dieu son filz maria a humaine fragilité ;

https://curiosity.lib.harvard.edu/medieval-renaissance-manuscripts/catalog/34-990098818110203941

 

 

e) Un Livre d'Heures à l'usage de Troyes (vendu par Jorn Günther) lui est attribué. On y trouve folio 116 une Vierge à l'Enfant entourée de deux anges avec l'oraison Dulce dame de misericorde mere de pitie fontaine de tous biens qui portastes [Ihesu crist .x. mois en vos precieux  flans et la leitastes  de vos doulces mamelles.]

 C'est l'une des 15 Joies, dont le texte est également cité dans les Heures de René d'Anjou.

https://diocese-quimper.fr/fr/story/3632/notre-dame-des-joies

https://diocese-quimper.fr/fr/story/3632/notre-dame-des-joies

https://guenther-rarebooks.com/artworks/9383-masters-of-the-grandes-heures-de-rohan-likely-book-of-hours-use-of-troyes-c.-1415-1420/

Jean Sonet page 82.

  2°) le Maître de Marguerite d'Orléans  a peint pour cette dernière, épouse de Richard, comte d'Étampes et fils de Jean V, un Livre d'Heures BnF lat. 1156B vers 1426-1428.

Le folio  15r montre un ange agenouillé de profil 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502614h/f37.item

Au folio 25r, la duchesse est agenouillé devant la Vierge à l'Enfant devant un drap d'honneur et un prie-dieu aux armes France-Orléans (je note le damas aux phénix, comme sur les vitraux de la cathédrale):

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502614h/f57.item

Dans les suffrages, au f. 185r, sainte Catherine (dont le supplice est très précisément figuré)  est en deuxième position après sainte Madeleine, mais avant sainte Marguerite, patronne pourtant de la destinataire des Heures.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502614h/f361.item

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Le Livre d'Heures de Pierre II, duc de Bretagne, BnF lat 1159 est plus tardif  (1455-1459):

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b100345449

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ANNEXE. 

La polychromie du porche nord d'après les illuminations de la cathédrale .

http://www.lavieb-aile.com/2019/01/iliz-veur-la-cathedrale-de-quimper-transfiguree-la-nuit.html

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Photo lavieb-aile.

Photo lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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— BROUCKE (Paul-François), 2010, Les prééminences héraldiques de la cathédrale de Quimper au XVe siècle ,UBO master 1.

— CHAURIS (Louis), 2013, Les pierres sacralisées, dans Quimper, La grâce d'une Cathédrale, La Nuée Bleue

— LE SEAC'H (Emmanuelle), décembre 2010, Le ateliers de sculptures sur pierre en Bretagne du XVe au XVIIe siècle. Thèse soutenue à l'UBO sous la direction de Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page et Fañch Roudaut, 409 pages.

http://www.theses.fr/s155543

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs dur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, sous la direction de Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page et Fañch Roudaut,Presses universitaires de Rennes. sous la direction de Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page et Fañch Roudaut, 409 pages.

— LE MEN (René-François), 1877, Monographie de la cathédrale de Quimper (XIIIe-XVe siècle) , avec un plan

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1e08593c46eb46336af146045b16d0f4.pdf

— MAUGUIN (Michel), Les armoiries de la chapelle de Quilinen.

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/Les%20armoiries%20dans%20la%20chapelle%20de%20Quilinen.pdf

— PRIGENT, (Christiane), 2013, "La sculpture médiévale", dans Quimper, La grâce d'une Cathédrale, Direction scientifique et coordination : Philippe Bonnet, Yann Celton, Jean-Paul Larvol, Jean Marc. Préface de JMG Le Clézio et Philippe Le Guillou. 416 pages, plus de 400 images.  co-édition La Nuée Bleue / Place des Victoires. page 170-172.

 

— PRIGENT, (Christiane), s.d. La cathédrale de Quimper, Quimper p.34.

— PRIGENT, (Christiane), 1992, La Bretagne mariale du XIVe au XVIe siècle en Bretagne : un exemple d'ouverture au monde extérieur, dans J. Kerhervé, D. tanguy (dir.) 1491, La Bretagne, terre d'Europe, Brest-Quimper.

Etude de quelques sculptures bretonnes influencées par les modes venues des pays nordiques, BSAF 1980 Pages 269 à 288

— PRIGENT, (Christiane), La statuaire bretonne aux XIVe et Xve siècle, dans La bretagne au temps des Ducs (1491-1991), Daoulas, 1991.

— PRIGENT, (Christiane) 1984, « Quimper, Cathédrale Saint-Corentin. Le tombeau en calcaire de l'évêque Gatien de Monceaux », BSAF t. CXIII p. 342.

—PRIGENT, (Christiane), 1982, « Quimper, Cathédrale Saint-Corentin. Vierge à l'Enfant du portail sud », BSAF t. CX p. 330 .

— PRIGENT, (Christiane), 1992, Pouvoir ducal, religion et production artistique en Basse-Bretagne (1350-1575), Paris.

 

— YEURC'H (Bertrand), Les cérémonies d'intronisation en Bretagne ducale

https://www.academia.edu/24314709/Les_c%C3%A9r%C3%A9monies_dintronisation_en_Bretagne_ducale

https://www.academia.edu/27163212/Les_c%C3%A9r%C3%A9monies_dintronisation_en_Bretagne_ducale_-_publication_papier

CPA

http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo151457

 

http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo225762

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Published by jean-yves cordier - dans Quimper Porches
22 janvier 2020 3 22 /01 /janvier /2020 19:36

Les deux ensembles de sablières (début XVIe ? et 1659) de l'église de Landévennec .

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Voir :

sur Landévennec:

 

Sur les ateliers de sculpture des charpentes du centre-Finistère :

—Sur les réalisations semblables à celles de l'église de Plomodiern en 1564 ("Jean Brellivet" ou maître de la nef de Plomodiern) :

—En proximité avec celles-ci : les artisans anonymes du Cap Sizun au XVIe siècle :

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—Sur les réalisations du Maître de Pleyben (1567-1576), attribution par S. Duhem :

 

— Attribution personnelle au Maître de Pleyben :

— Sur les réalisations d'un hypothétique Maître de Saint-Nic (1641-1676) :

Et aussi :

tous mes articles sur les sablières.

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PRÉSENTATION.

L'église de Landévennec.

"Elle comprend un clocher encastré à une chambre sans galerie, puis une nef sans bas-côtés séparée par un arc diaphragme d'un choeur à chevet plat ; ce choeur communique lui-même par deux arcades avec une chapelle nord en aile. L'édifice date en majeure partie du XVIIè siècle et a été restauré au XIXè siècle. Le clocher  porte la date de 1652 et les armes de l'abbé Pierre Tanguy, le porche des baptêmes celle de 1699 ; enfin, la sacristie est datée 1740. L'intérieur est lambrissé avec entraits engoulés. Les deux arcades en plein cintre reposent sur des tailloirs." (René Couffon)

 

"Dans sa structure, l´édifice semble remonter à la fin du 15e ou au début du 16e siècle. De cette époque datent le porche sud, l´arc diaphragme séparant la nef du choeur, des vestiges de sablières de la nef, la charpente (poinçons, entraits, blochets) ainsi que quelques baies bouchées (nef, chevet). La pierre encastrée dans la partie supérieure du chevet porte la date de 1652 ainsi que les armoiries de Pierre Tanguy, abbé de Landévennec. La façade occidentale et le clocher sont érigés en 1659 et portent les mêmes armoiries que le chevet. La date de 1699 figurant sur le pignon du porche correspond à un remaniement. La sacristie a été rajoutée en 1740. Le portail monumental remonte à la seconde moitié du 17e siècle. L´ensemble a été fortement restauré à plusieurs reprises, notamment au 19e siècle et en 1969. "(C. Douard)

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Les sablières de cette église n'ont pas été étudiées. Sophie Duhem, auteure de référence, n'en parle pas dans son ouvrage issue de sa  thèse de 1997. Christel Douard date (citation supra) les sablières de la nef et autres éléments sculptés de la charpente de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle.

Or, il existe manifestement deux ensembles de sablières, puisque un premier ensemble sur les deux cotés de la nef est recouvert, le long d'une partie du mur nord de la nef, par un second ensemble, qui ne comprend que deux pièces (planches). 

On comprend volontiers que cette charpente sculptée n'ait pas retenu l'intérêt des spécialistes (ou des visiteurs) car, hormis les beaux entraits engoulés, le reste des éléments est très discret, et recouvert d'une peinture uniforme jaune.

J'aurais volontiers fait à mon tour l'impasse sur leur description, si je n'y avais pas reconnu, comme un visage familier, un motif à raisins grappillés par les oiseaux que j'avais déjà décrit successivement à Trégarvan et dans les deux chapelles de Saint-Nic, et si je n'avais affublé péremptoirement l'auteur anonyme de ces sculptures du titre pompeux de "maître des chapelles de Saint-Nic".

Pour dire vrai, et pour vérifier une fois de plus qu'on ne sait pas voir le réel, j'avais d'abord reconnu le motif du pampre qui développait ses montagnes russes aux grappes grenues, mais l'absence des oiseaux me troublait. Travaillant sur mes photos tel un trappeur du Canada, je finis par mettre la main, victoire, sur un premier volatil, puis, encore longtemps après, l'autre vint se percher avec une évidence malicieuse sur le rinceau. Ils sont dans les vignes les moineaux !

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Or, le démembrement par atelier des réalisations sculptées a été superbement initié par Sophie Duhem, mais c'est à nous qu'échoit la mission de le poursuivre. D'une part pour permettre d'évaluer l'itinéraire et la sphère d'activité d'un artisan, d'autre part pour préciser parfois des datations.

C'est le cas à Landévennec, puisque ce prétendu maître des sablières des chapelles de Saint-Nic a travaillé entre 1641 et 1676 :

Nous sommes donc amenés à penser que ces deux pièces de sablières datent de cette époque, et à les mettre en relation avec une date de 1659 inscrite dans une pierre sur le mur qu'elle domine.

Nous pouvons alors reporter sur une carte l'activité de ce sculpteur, sur une distance de 40 kilomètres environ, et sur une période de 35 ans.

Nous pouvons aussi avoir une vision plus large de la succession de ces ateliers dans la région de Pleyben à Argol (voir les liens vers les articles dédiés) :

1. Atelier dit "de Jean Brellivet" actif à l'église de Plomodiern et à l'église de Saint-Nic entre 1561 et 1566, après avoir sculpté vers 1554 les sablières de l'église  Pont-Croix et des chapelles de Saint-Tugen en Primelin et Saint-Trémeur en Cléden-Cap-Sizun.

2. Atelier du "maître de Pleyben" actif de 1567 à 1576 à l'église de Pleyben, à Sainte-Marie-du Ménez-Hom en Plomodiern, ou à Saint-Sébastien en  Saint-Ségal, mais aussi au nord de l'Élorn à l'église de Bodilis, à celle de  Saint-Divy et ou au château de Kerjean en Saint-Vougay (et sans-doute à l'église de Roscoff.

3. Atelier d'un "maître des chapelles de Saint-Nic"  actif un siècle plus tard sur 4 sites très proches.

 

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Nef  de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Nef de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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I. LES SABLIÈRES DE 1659, PAR LE "MAÎTRE DES CHAPELLES DE SAINT-NIC"

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Dans la partie orientale de la nef (celle dans laquelle on pénètre en entrant, et qui est séparée par un rideau de la partie arrière), la façade qui se présente au visiteur aussitôt la porte franchie  est la façade nord. Elle accueille un beau retable de saint Jean-Baptiste, et une statue du Christ-Roi. 

Mais il est important de remarquer, à mi-hauteur, une pierre portant une inscription, en réserve dans deux cartouches de largeur et de hauteur un peu différente. Le cartouche supérieur ne se laisse pas déchiffrer, et je prendrai mes rêveries pour une réalité en prétendant y voir SALAUN AN, ou même SALAUN FAB, après avoir lu QA: ---NAN. Mais ce qui est sûr, c'est la leçon du cartouche inférieur, après un espace vierge (ou martelé) : la date est clairement celle de 1659. 

Si cette date n'est pas relevée par Abgrall (pourtant grand amateur d'inscriptions lapidaires), si elle n'est pas rencontrée dans la nef par René Couffon dans sa Notice (qui écrit en 1959 "Le clocher porte à l'intérieur la date de 1659 , l'abside celle de 1652 et les armes de l'abbé Pierre Tanguy, le porche des baptêmes celle de 1699", puis en 1988  "L'édifice date en majeure partie du XVIIè siècle et a été restauré au XIXè siècle. Le clocher  porte la date de 1652 et les armes de l'abbé Pierre Tanguy, le porche des baptêmes celle de 1699 "; )  , ou par Christel Douard dans sa note pour l'Inventaire Général (qui donne cette date de 1659 pour le clocher et la façade occidentale, avec les armoiries de l'abbé de Landévennec), elle est mentionnée à cette place dans la nef par l'auteur de la belle description de l'église dans l'article Wikipédia sur la commune.

J'ai déjà été confronté à ces difficultés lors de la rédaction de mon article sur la façade occidentale, qui porte, pour moi, un blason de Jacques Tanguy daté de 1693.

Ce chronogramme lapidaire pose 2 questions : 1. La pierre a-t-elle été déplacée de son emplacement initial? 2. La date de 1659 peut-elle s'appliquer aux sablières ?

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Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

élévation nord de la nef  de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

élévation nord de la nef de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Inscription lapidaire  de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Inscription lapidaire de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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C'est à la jonction entre ce mur et le lambris peint en bleu que l'on peut découvrir deux  sablières (à proprement parler, des corniches") presque superposées. La plus récente (puisque elle recouvre partiellement l'autre) est la plus belle, car une tige y trace une sinuosité régulière, et y libère des feuilles et des grappes. C'est donc un pampre de vigne. Les feuilles sont larges et indentées pour la plupart, et les grappes rassemblent leurs grains de raisins en épis denses et acuminés. Deux oiseaux picorent les fruits. Elle se compose de deux pièces uniformément peintes d'un jaune moutarde.

Ces pièces ne vont pas jusqu'au mur diaphragme séparant la nef du transept, elles ne dépassent pas le sommet du fronton triangulaire du retable, peut-être parce qu'une extrémité a été perdue. D'autre part, leur partie inférieure est engagée dans la maçonnerie et échappe à notre examen. 

Juste avant le fronton du retable, nous découvrons un ange, de face, ailes largement étendue. Sa tête est belle quoique sculptée assez grossièrement, sans sourcils, avec de petits yeux, une petite bouche, et une pyramide nasale sommaire. C'est sa chevelure qui se remarque, en large fer à cheval entaillé de petites marques en amande, comme une tête primitive, voire égyptienne.

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Vue générale de gauche à droite.

Première pièce. Le premier oiseau grappille la 3ème grappe. Les grains de celles-ci sont taillés en pointe de diamant, et alignés en damier. Les ailes de l'oiseau portent des marques de gouge pour rendre les plumes.

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Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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L'ange, ailes étendues.

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Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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L'oiseau gourmand.

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Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Le deuxième oiseau .

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Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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DISCUSSION.

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1. La chapelle Saint-Jean sur la commune de Saint-Nic : sa charpente est datée de 1653.

http://www.lavieb-aile.com/2018/06/la-chapelle-saint-jean-a-saint-nic-son-pardon-de-la-saint-jean-sa-fontaine-et-sa-statuaire.html

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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2. Le bas-coté nord (vers 1670-1675) de la chapelle Saint-Côme de la commune de Saint-Nic:

http://www.lavieb-aile.com/2018/07/les-sablieres-1641-1675-de-la-chapelle-saints-come-et-damien-a-saint-nic.iii.les-sablieres-des-bas-cotes-et-leurs-blochets.html

 

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Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.
Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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3. L'église paroissiale de Trégarvan.

 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

 

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Certes, nous pourrions trouver des différences, et je ne remarque pas à Landévennec les trous de foret utilisés pour rendre les effets de plumage sur les oiseaux.

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II. LES SABLIÈRES D'UNE PÉRIODE ANTÉRIEURE AUTOUR DE LA NEF.

Elles sont plus simples, puisque les éléments figurés ne s'y trouvent qu'aux extrémités des pièces de bois, mais pourtant, celles-ci sont soignées, et dotées d'une moulure.

D'autres enquêtes montreront peut-être un jour des sablières identiques permettant d'autres regroupements stylistiques.

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Dans la partie centrale de la nef, au dessus du retable de saint Joseph, un petit lapin se cache d'un chien qui le chasse. L'autre pièce est encadrée par deux feuilles.

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Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Dans  la même partie de la nef, coté sud.

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Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Le mur nord de la nef, salle du fond. Deux visages.

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Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Deux engoulants des entraits.

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Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Partie centrale de l'entrait médian de la nef.

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Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Pour finir avec un bonus, voici deux détail d'un chapiteau placé en ré-emploi (C. Douard) comme support de la statue du Christ-Roi.

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Culot de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Culot de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Culot de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Culot de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Culot de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Culot de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL 1917 : Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Landévennec", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 17e année 1917, p. 129-142, 161-170, 193-203, 225-236.

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1917.pdf

— COUFFON (René), 1988, Notice sur Landévennec

— DOUARD (Christel), l'Inventaire du Patrimoine :

http://w.bretania.fr/EXPLOITATION/Bretania/doc/GERTRUDE/IA29004724

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-notre-dame-landevennec/a3d63319-2d8e-427e-b84e-2b0c7cf106e0

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00090041

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne : images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. / Sophie Duhem ; préf. d'Alain Croix  Les sablières sculptées en Bretagne : images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. / préf. d'Alain Croix- Rennes : Presses universitaires de Rennes, 1997, 385 p.-[16] p. de pl. en coul. : ill. en noir et en coul. ; 24 cm

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33703824/f21.image.texteImage

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Land%C3%A9vennec#%C3%89glise_Notre-Dame_de_Land%C3%A9vennec

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
20 janvier 2020 1 20 /01 /janvier /2020 11:39

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La première chapelle du bas-coté sud.

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Les deux poutres est et ouest portent un décor sculpté où prédominent les dragons  à queue dotée d'une gueule, et qui menacent ou dévorent des épis ou des humains tout en crachant des langues de feu. La proximité est donc forte, sur le plan thématique, avec les sablières du chevet (vers 1544), mais nous ne retrouvons pas ici les caractéristiques du "maître de la nef de Plomodiern" propres à ces dernières. Par exemple, les trous de foret, marques de gouges en C et en I ou les médaillons sont absentes, et le bois (non peint) est soigneusement poncé et poli tandis que les reliefs linéaires à type de nervures sont fines et soigneuses.  Nous avons affaire à un sculpteur de charpente bien averti des différentes réalisations qui décorent les monuments du Cap Sizun et du sud du Finistère, qui a enrichi sa mémoire visuelle et ses carnets de croquis des travaux effectués ailleurs, mais qui affirme son style. Il est peut-être l'auteur des sablières les plus orientales  de Confort-Meilars.

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"L'église de Pont-Croix abrite un autre ensemble de sablières, placées à la jonction des deux chapelles du bas-coté sud sans doute au moment des modifications apportées à l'édifice au milieu du XVIe siècle. Le travail d'ornementation est élaboré, composé d'images de dragons déglutissant des végétaux, de personnages grotesques et de grylles monstrueux à plusieurs têtes. Il semble que l'auteur de cet ouvrage ait participé à la décoration des poutres de l'église de Confort, située à quelques kilomètres de là. La conception de cet ensemble est très hétérogène mais on reconnaît à l'observation de quelques détails la facture de Pont-Croix. Les représentations, que l'on retrouve également dans l'église de Plouhinec, attestent les contacts visuels, et par conséquents la circulation des sculpteurs dans la pointe du Cap Sizun à cette époque." (S. Duhem)

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1. La poutre du coté est.

Deux registres.

 Six dragons à queue céphalisée (donc 12 gueules au total) dévorent ou menacent des êtres humains, des épis, ou un chien, lorsqu'ils ne crachent pas des flammes ou des rubans. Les blochets ajoutent à ce total trois dragons, l'un dévorant une tête humaine, les autres présentant un écu bûché.

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1. Le blochet de gauche: dragon tenant dans sa gueule un humain.

Ce blochet est d'un grand intérêt car il éclaircit l'interprétation du motif du dragon dans l'ornementation médiévale et Renaissance des monuments religieux. Si les dragons sont quasi constants en Bretagne, et notamment en Finistère, au XV et XVIe siècle, et si on ne les compte plus à l'intérieur sur les sablières, les blochets ou sur les entraits sous forme d'engoulants, et à l'extérieur sur les crossettes ou sur les façades, leur tête souvent débonnaire et leur attitude n'incitent pas à prendre vraiment au sérieux la peur théâtralisée et baroque qu'ils voudraient susciter. Bien-sûr, ils menacent souvent (notamment à Pont-Croix) des figures humaines ou semi-humaines de leurs crocs acérés, mais ni l'animal ni l'humain ne semblent vraiment croire à l'acte qu'ils mettent en scène. Le dragon est-il une figure du Diable ? Ou de la Mort ? S'inscrit-il dans une pensée chrétienne rappelant aux paroissiens les risques pour leur âme d'une conduite peccamineuse ? Annoncent-ils les tableaux que les missionnaires comme Michel Le Nobletz puis le père Maunoir  vont peindre au XVIIe siècle pour conduire les fidèles dévoyés vers les confessionnaux ?

Au contraire, relèvent-ils de la résurgence de croyances animistes, ou celtes, ou ésotériques ?

J'en doute fort, et j'y vois plutôt une farce gaillarde, l'expression pleine d'entrain de paysans adoptant une mode d'ornementation très en vogue, car ils en apprécient, précisément, la neutralité : dans les espaces intermédiaires qui échappent au champ liturgique, ils laisseraient une place à l'imaginaire. Mais de façon néanmoins très codée, voire ritualisée, puisque les artisans sculpteurs répètent, chacun avec son talent et ses inventions stylistiques, des modèles communs.

Ces animaux fabuleux sont à rapprocher de ceux qui figurent sur les armoiries : leur présence est plus emblématique que signifiante (en terme de croyance) ou narrative, même s'ils renvoient aux dragons foulés par saint Michel, asservis par saint Pol-de-Léon, et à celui dont sainte Marguerite s'est libérée.

Ici, ce dragon semble bien prendre son rôle de grand méchant loup très au sérieux, et la créature humaine (ou ce qui en reste, disons l'âme) n'en mène pas large. Ce passage à l'acte n'est pas fréquent pour des bêtes qui se contentent habituellement d'ouvrir  une large gueule, voire de tendre une langue gourmande vers les humains. Pourtant, dans une paroisse voisine, à Confort-Meilars, un blochet de la charpente de Notre-Dame de Confort est identique à celui-ci, ce qui incite à créer un cousinage (de date ou d'auteur) entre les deux réalisations sculptées. La même scène est représentée selon S. Duhem sur un blochet de l'église de Plouhinec (même secteur géographique, même époque) ainsi qu'à Bieuzy en 1560.

Nous tenons donc ici un détail qui a une haute valeur sémiologique pour le pisteur en patrimoine monumental.

Le style est néanmoins différent dans cette chapelle de Pont-Croix par rapport à Confort-Meilars. Certes, le haut du museau se retrousse en volute, l'œil est large et de face, mais le haut du corps accumule des nodosités creusées en leur centre, comme des petites pommes resserrées, pour rendre les pustules infectes de la bête. Le sourcil forme un éventail de plumes.

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Partie gauche.

En haut : un chien aboie contre un animal, né de la queue d'un dragon ailé. Épillet et bouton floral d'un rinceau.

En bas : un masque humain de 3/4 est léché par un dragon né de la queue d'un dragon ailé. Épillet et  et bouton floral d'un rinceau.

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Scène suivante :

En haut : le rinceau est bûché (ou usé), puis apparaît une gueule de dragon, crachant une tige à épis de grains.

En bas : le rinceau naissait en fait de la gueule d'un dragon, mêlé à des volutes (langues de feu ?). Là encore, il s'agit d'un dragon ailé à queue céphalisée, où l'autre gueule lance également des langues de feu.

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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De l'autre coté du blochet central.

En haut, la pièce a été entièrement bûchée, nous devinons seulement le cheminement d'un rinceau.

En bas, un rinceau s'échappe d'une deux hommes se battent (l'un frappe l'autre avec un bâton ), mais le premier est avalé par sa chevelure par le dragon de gauche, tandis que la victime des coups de bâton, à la figure vultueuse, voit son bras gauche avalé par le dragon de droite.

 

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Le blochet central : deux dragons présentant un blason(bûché).

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Le blochet de droite (moderne).

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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2. La poutre du coté ouest.

Deux registres.

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Pièce de droite.

Restauration récente avec remplacement de parties.

En haut (entièrement moderne ?) un lion et un dragon aux extrémités et un dragon à queue céphalisée crachent une tige à épillets.

En bas, un dragon ailé crache une tige à épillet picorée par un oiseau. Un masque humain de profil crache à son tour un épillet. À gauche, un lion (moderne) présente un écu avec un lion de la pièce de gauche.

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Pièce de gauche.

Dragons ailés et lions crachant des tiges à épis.

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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La chapelle du Rosaire du bas-coté sud.

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Les corniches sculptées des retombées ouest et est du lambris peint nous offrent un exemple d'une façon de faire très différente des frises précédentes, puisque les pièces de bois montrent à intervalle régulier des têtes en haut-relief d'hommes et de femmes dont les coiffes ou chaperons enturbannés supportent une tablette, inoccupée.

 

Sophie Duhem  les datent du début du XIVe siècle et remarquent leur parenté avec celles de Fouesnant et de Penmarc'h.

" Quelques sablières anciennes placées dans le bras sud du transept présentent des décors qui datent très probablement du début du XVIe siècle. Les figures principales sont constituées de bustes féminins et masculins coiffés de chapeaux et de turbans. Des représentations d'une facture très proche apparaissent dans les sanctuaires de Fouesnant et de Penmarch semblant attester un déplacement de sculpteur jusqu'au sud du diocèse." (S. Duhem)

http://www.lavieb-aile.com/article-les-sablieres-et-poin-ons-de-l-eglise-notre-dame-et-saint-michel-de-quimperle-123158720.html

Seuls les blochets à gueule de dragons créent un lien avec les autres charpentes de Pont-Croix.

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Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

 

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SOURCES ET LIENS.

 

 

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— COUFFON (René)

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/e2b9737d7806ae456f45f5edb17ba812.pdf

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_82/Notre_Dame_de_Roscudon_et_lAtelier_de_Pont_Croix_.pdf

https://m.shabretagne.com/scripts/files/51d0571f3eb5e5.73808665/1951_01.pdf

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. ... préface d'Alain Croix. , Rennes : Presses universitaires de Rennes, 1997 : thèse de doctorat en histoire sous la direction d'Alain Croix soutenue à Rennes2 en 1997. Pont-Croix cité aux pages 18 ; 19 ; 63 (mutilations des sablières) ;  84 (atelier de sculpture sur pierre) ; 139 ; 141 à 143 ; 156 ; 179 ; 239 ; 267 ; et 301.

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
19 janvier 2020 7 19 /01 /janvier /2020 10:38

Les vitraux du XVe siècle de la cathédrale d'Évreux  : la baie 213 (1450) "des trois Marie" offerte par Pierre de Brézé et Robert de Floques.

 

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Après 22 articles sur les vitraux du XIVe, j'explore les vitraux du XVe siècle de la cathédrale, en suivant peu ou prou  l'ordre chronologique des datations de ces verrières. Je suis guidé pas à pas par les publications de Françoise Gatouillat, et notamment par Gatouillat 2001, auquel j'emprunte toutes les données techniques.

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Voir :

 

 

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Voir aussi :

.— Sur les vitraux du XVe siècle de la cathédrale d'Évreux :

— Sur les fonds damassés  outre les articles sur les baies 15, 17 et 19 cités supra : 

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Voir La verrière des Trois Marie de Louviers (1510-1515)

Liste de mes 200 articles sur les vitraux :.(plutôt 225 maintenant !)

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PRÉSENTATION.

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La baie 213 est la première baie du coté nord du haut-chœur, et l'une des 3 du XVe siècle (avec les baies 203 et 205 offerte par Thibaut de Malestroit, plus précoces puisque datées vers 1409-1415). Elle date de 1450 (environ) et tranche avec les baies antérieures dont les registres figurés s'encadraient dans une vitrerie géométrique claire. Ici, les trois registres figurés et colorés occupent toute la hauteur..

Elle mesure 6, 50 m de haut et 3,60 m de large et comporte 4 lancettes trilobées et un tympan à 1 pentalobe, 2 trilobes et 9 écoinçons. 

Elle a été peu restaurée, sans-doute par Duhamel-Marette avant 1868.

Elle a été offerte par Pierre de Brézé  et Robert de Floques, libérateur d'Évreux en 1441, en l'honneur de l'entrée dans le trésor de la cathédrale des reliques des saintes Marie Salomé et Marie Jacobé en 1449 : elle date donc de 1450, ou un peu plus tard.

La première description date de 1868 : elle est de l'abbé Pierre-François Lebeurier, qui fut archiviste-paléographe (1845-1846), professeur de dogme à la Faculté de théologie de Bordeaux, archiviste du département de l'Eure, curé de Huest et de Gravigny, (Eure) et, c'est important, chanoine titulaire d'Évreux.

 

"La fenêtre 45. se distingue de toutes les autres fenêtres du chœur en ce que ses menaux sont du style flamboyant. Ses formes contiennent :

1. Sainte Marie-Madeleine tenant de la main droite un vase de parfums et de la gauche un livre. Au-dessous deux personnages à genoux, qui sont Pierre de Brezé et Robert de Floques. On les reconnaît à leurs cottes d'armes armoriées, savoir pour Brezé d'azur, à l'écusson d'argent, accompagné de crossettes d'or ; et pour de Floques : de gueules, à 3 bandes d'argent ; au-dessous encore trois autres personnages à genoux, qui sont sans doute des membres de la famille des précédents ;

2. Sainte Marie Cléophas avec ses quatre enfants: S. Jacques, S. Simon, S. Jude et S. Joseph. Au-dessous le Dauphin, duc de Normandie, qui fut depuis Louis XI, agenouillé, les mains jointes devant un pupitre qui porte un livre ouvert. Sa cotte d'armes est armoriée de France et de Dauphiné; au- dessous encore trois personnages à genoux ;

3. La Sainte Vierge portant  l'enfant Jésus. Au-dessous le pape Eugène IV à genoux et portant la tiare ; au-dessous encore trois personnages à genoux, savoir : un évêque en chappe ayant la mitre et la crosse et deux chanoines dont le premier tient une crosse. Ils doivent représenter l'évêque d'Evreux, Guillaume de Floques, l'abbé du Bec, premier chanoine de la cathédrale, et Robert Cybole, doyen ;

4.Sainte Marie Salomé et ses deux enfants , S. Jacques et S. Jean ; au-dessous, le roi de France, Charles VII, à genoux, devant un pupitre qui porte un livre ouvert; il est revêtu d'une cotte d'armes, d'azur semé de fleurs de lys; au-dessous encore trois personnages à genoux, l'épée au côté , qui sont sans doute des officiers du roi.

[...]

Cette verrière , qui est une œuvre d'art fort remarquable , paraît avoir voulu rappeler le souvenir de trois événements d'un haut intérêt : la fin du grand schisme d'Occident sous Eugène IV, la rentrée de la Normandie entière sous l'autorité de Charles VII, précédée du recouvrement d'Evreux par Pierre de Brezé et Robert de Floques ; mais elle fut faite directement à l'occasion du don fait à Guillaume de Floques et à son église par René d'Anjou, roi de Sicile, des reliques des Saintes Marie Jacobé et Marie Salomé. Le Brasseur dit (page 290) que Pierre de Brezé les fit mettre dans une châsse d'argent, où sont gravés son nom et celui de Catherine Crespin , sa femme. Le Mémorial des évêques d'Evreux, p, 430, ajoute qu'il présenta cette châsse à Robert Cibole, doyen (1).

La claire-voie du triforium est ornée, dans la partie supérieure des ogives, de trois écussons. Le premier parti de Floque et de Crespin (fuselé d'argent et de gueules) ; le second parti de Brezé et de Crespin ; le troisième de Floques.

Nous devons l'interprétation de cette magnifique verrière à Monseigneur l'évêque d'Evreux. Sa Grandeur l'a fait restaurer et admirablement graver." (Lebeurier)

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Je ne lui trouve pas d'intérêt particulier sur le plan technique, son emploi du jaune d'argent est, depuis plus de 100 ans, banalisé, et ses damassés sont, pour ce que je peux en voir, simples. Elle est riche en données héraldiques, surtout en y ajoutant le tympan de la baie 113 qu'elle domine. Elle est passionnante sur le plan historique (et elle a d'ailleurs été qualifiée de "verrière historique") en réunissant un roi, un dauphin, un pape, un évêque, et deux héros de la libération d'Évreux des mains des Anglais, vingt ans après la mort de Jeanne d'Arc : elle marque la fin de la Guerre de Cent Ans.

Mais ce qui m'a ému, et qui en est peut-être le fil rouge, c'est de découvrir que les deux héros (le sénéchal, comte d'Évreux, et le grand bailli d'Évreux sont beaux-frères. Ils ont épousé les deux filles de Guillaume X du Bec-Crespin, descendant de Guillaume VI ( connétable héréditaire de Normandie depuis 1262) et époux de Jacqueline d'Auvricher, Maréchale héréditaire de Normandie. Les armoiries losangés d'argent et de gueules sont présentes deux fois dans la baie du triforium.  L'importance pour les intéressés de cette alliance avec Jeanne Crespin et Jacqueline Crespin est aussi soulignée par leurs présences comme donatrices en registre inférieur.

La place des femmes dans cette verrière est bien évidemment majeure aussi par la représentation de trois saintes femmes autour de Marie en registre supérieur :  c'est le seul exemple d'une baie où aucun homme ne figure parmi les saints personnages de grande taille des lancettes. Le plus passionnant est de comprendre que, derrière le don des reliques de Salomé et Jacobé à la cathédrale, se cache la tradition d'une Sainte Parenté, équivalent généalogique féminin du thème d l'Arbre de Jessé, et que le culte des Trois Marie est, dans les oraisons des livres d'Heures de la noblesse, celui  «des trois sœurs de noble lignage par ce nom Marie nommées». Ce culte fut entretenu par Jeanne d'Évreux au XIVe siècle, comme modèle de conduite pour des vies exemplaires d’épouses, de mères ou de veuves, et modèle de piété, de sagesse et de bonne entente."

Toute la baie s'organise donc sur cet hommage aux femmes de noble lignage : lignage royal pour la Vierge couronnée, lignage de sainteté pour les Sainte Femme, lignage de haute noblesse normande pour Jeanne et Jacqueline Crespin.

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Baies 213 et 113 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 213 et 113 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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LE REGISTRE SUPÉRIEUR.

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Les quatre lancettes sont occupées de gauche à droite par sainte Marie-Madeleine, sainte Marie-Jacobé avec ses quatre fils, la Vierge et l'Enfant, et sainte Marie-Salomé avec ses deux fils. Autrement dit, Marie est entourée des trois saintes femmes présentes lors de la Passion selon Marc 16:1, notamment pour embaumer le corps de Jésus, et qui constatèrent que le tombeau était vide. Ce qui fait d'elles les premières témoins de la Résurrection. "Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala [assimilée ensuite sous le nom de Marie-Madeleine  à Marie de Béthanie, la sœur de Marthe et de Lazare], Marie mère de Jacques et Salomé achetèrent des aromates afin d'aller embaumer Jésus."

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1°) Les Trois Marie : Madeleine, Salomé et Jacobé.

Les quatre lancettes sont occupées de gauche à droite par sainte Marie-Madeleine, sainte Marie-Jacobé avec ses quatre fils, la Vierge et l'Enfant, et sainte Marie-Salomé avec ses deux fils. Autrement dit, Marie est entourée des trois saintes femmes présentes lors de la Passion selon Marc 16:1, notamment pour embaumer le corps de Jésus, et qui constatèrent que le tombeau était vide. Ce qui fait d'elles les premières témoins de la Résurrection. "Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala [assimilée ensuite sous le nom de Marie-Madeleine  à Marie de Béthanie, la sœur de Marthe et de Lazare], Marie mère de Jacques et Salomé achetèrent des aromates afin d'aller embaumer Jésus."

La tradition a voulu que ces trois Marie, chassées de Palestine, aient débarqué en Provence (aux Saintes-Marie-de-la-Mer) avec Marthe, Lazare et Maximin. Marie-Madeleine, retirée comme ermite dans le massif de la Sainte-Baume.

Les reliques de ces premiers disciples eurent une importance considérable. Celles de sainte Marie-Madeleine fit tout le succès de Vézelay. Celles de Lazare furent vénérées en la cathédrale d'Autun. Marie-Salomé et Marie-Jacobé suscitèrent le pèlerinage des Saintes-Marie-de-la-Mer, mais ce n'est qu'en 1447 que René d'Anjou, comte de Provence, obtint des bulles du pape Nicolas V pour procéder des fouilles dans l'église appelée alors Notre-Dame-de-la-Mer (et qui deviendra église des Saintes-Maries-de-la-Mer) et, suite à la découverte de trois corps, procéder  à l'invention de leurs reliques (1448), les conserver dans des chasses et en propager le culte jusqu'en Anjou. Dès décembre 1449, René d'Anjou fit don d'une partie de ces reliques (des fragments de côtes) à la cathédrale d'Évreux. Comment expliquer ce privilège ébroïcien ?

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2. Les Trois Marie : la Vierge, Jacobé et Salomé.

Il faut comprendre que la tradition a ensuite réunit "les trois Marie" (cette fois, la Vierge, Marie Jacobé et Marie Salomé) pour en faire les trois filles successives (par trois mariages) de sainte Anne : Anne et Joachim eurent (miraculeusement) la Vierge Marie, Anne et Cléophas eurent Marie Jacobé,   et Anne et Salomas eurent Marie Salomé. 

La Vierge Marie,  mariée à Joseph engendra miraculeusement Jésus.

 Marie Jacobé eut de son époux Alphée saint Jacques le Mineur, Joseph le Juste (le seul qui ne soit pas un apôtre), saint Simon et saint Jude-Thaddée.

Marie Salomé eut de son mari Zébédée les apôtres saint Jacques le Majeur et saint Jean.

 La descendance d'Anne constitue, selon une tradition apocryphe rapportée par la Légende Dorée au XIIIe siècle, "la Sainte Parenté", où Marie Jacobé et Marie Salomé sont les sœurs de la Vierge Marie. Cette Sainte Parenté fit l'objet d'une riche iconographie, comme par exemple l'enluminure des Heures d'Etienne Chevalier peinte par Jean Fouquet vers 1452-1460, donc à peu près en même temps que notre vitrail. On y voit sainte Anne et ses trois filles. Comme déjà vers 1450 par le Maître de Jouvenel dans les Heures d'Angers BnF NAL 3211 p.27, avec la prière "Trois sœurs de noble lignage par ce nom Marie nommées".

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte_Parent%C3%A9#/media/Fichier:Sainte_Anne_et_les_trois_Marie.jpg

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10025446v/f29.image

 

 

 

 

Les historiens ont pu mettre en évidence le thème de ce vitrail (Marie-Madeleine + les Trois Marie) avec le don des reliques de Marie Salomé et Marie Jacobé, en décembre 1449, à la cathédrale d'Évreux.

"An 1452. Et a son instance [...] de Guillaume de Floques ], Pierre René d'Anjou, roy de Hierusalem et de Sicile, comte de Provence, fit present au chapitre d'Evreux de deux parties notables des costes de Stes Marie Jacobé et Marie Salomé, attestées en parolles de roy avoir esté tirées de leurs corps, apportées au Mont de Ste Catherine de Rouen le quatre de decembre 1449, et qui avoient esté transportées, a la priere de Sa Majesté, d'une petite bourgade au diocese d'Arles, par la permission du cardinal de Foy, legat du St Pere le pape et archevesque d'Aix, le premier de decembre 1448" (Le Batelier d'Aviron)

Mais c'est Claudia Rabel qui a montré en 2007 le lien entre la Sainte Parenté et la reine Jeanne d'Évreux (fille du comte d'Évreux).

 

"Cette nouvelle promotion des saintes est peut-être directement liée à l’entrée en scène de la reine Jeanne d’Evreux qui va devenir la véritable bienfaitrice des carmes parisiens. De même, ce n’est sans doute pas un hasard si l’essor de la sainte parenté d’Anne eut lieu en France, au moment même où les descendants par les femmes étaient exclus de la succession au trône. En 1325, en effet, Jeanne d’Evreux, arrière--petite-fille de saint Louis, devint la troisième femme de Charles IV qui espérait enfin obtenir d’elle un fils héritier . Mais comme sainte Anne, la reine n’eut que trois filles. ...

Contrairement à la grand-mère du Christ et des apôtres, le lignage royal féminin fut donc refusé à Jeanne d’Evreux. Mais pendant plus de quarante ans, jusqu’à sa mort en 1371, la dernière reine capétienne sera la doyenne, estimée et respectée, de toutes les femmes de caractère qui gravitent à la cour de France au XIVe siècle, artisane de la paix dans le conflit entre les Valois et les Evreux-Navarre. Ces reines et princesses, souvent devenues veuves jeunes, sont citées en exemple de bon gouvernement aux princes qui se querellent et se combattent. Dans ce contexte, Jean de Venette ne dut guère avoir de mal à gagner le soutien de Jeanne d’Evreux pour promouvoir le culte des Trois Maries, «sœurs de noble lignage», modèle de conduite pour des vies exemplaires d’épouses, de mères ou de veuves, et modèle de piété, de sagesse et de bonne entente." (C. Rabel)

 

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J'ai souligné, dans les premiers articles sur les vitraux du XIVe de la cathédrale, l'importance du mécénat de Jeanne d'Évreux soit par son Livre d'Heures illustré par Jean Pucelle, soit par la statue en argent de la Vierge, offerte à la cathédrale.

 

"Les verrières de la cathédrale d’Evreux. Après Charles V et Charles VI, leurs successeurs continuent à être associés à la dévotion aux Trois Maries, protectrices des rois Valois, cette fois-ci publiquement, dans des verrières de la cathédrale d’Evreux en Normandie. L’ambiguïté de l’identité des Trois Maries: filles de sainte Anne ou Saintes Femmes des Evangiles, est résolue dans les quatre lancettes de la «verrière historique», qui se situe du côté nord dans la travée reliant le transept au chœur de la cathédrale. Elle a été offerte par les vainqueurs de la bataille de Formigny en 1450, Pierre de Brèze et Robert de Floques. La verrière commémorait cette victoire, qui marqua la fin de la guerre de Cent Ans, et honorait l’entrée au trésor de la cathédrale des reliques des saintes Marie Jacobé et Marie Salomé. Ces reliques avaient été données en 1449 à l’évêque d’Evreux, Guillaume de Floques, par René Ier duc d’Anjou. Ce prince également comte de Provence vénérait les deux Maries, dont il venait de retrouver les corps, comme il vénérait aussi leur compagne Marie-Madeleine et sainte Marthe, dans le cadre de sa politique menée dans le Midi de la France.

A l’arrivée de leurs reliques à Evreux, les deux Maries sont de nouveau réinterprétées comme demi-sœurs de la Vierge et mères des apôtres. En même temps, les donateurs de la verrière préservent leur identification aux Saintes Femmes au Tombeau, en choisissant Madeleine pour la première des quatre lancettes (La même solution a été adoptée dans un livre d’heures parisien enluminé dans l’entourage du Maître de Bedford, où l’ange de la Résurrection apparaît au tombeau vide du Christ à quatre Saintes Femmes: Lisbonne, Musée Calouste-Gulbenkian, LA 141, f. 217v. ).

En dessous des saintes, les places d’honneur aux pieds de la Vierge et de Marie Salomé, reviennent au pape Nicolas V —L’identification du pape à Eugène IV, avancée par Les vitraux de Haute-Normandie, semble impossible, ce pape étant mort en 1447, avant les événements conduisant à la réalisation de la verrière. — et au roi de France Charles VII, alors que le dauphin et les deux donateurs sont agenouillés derrière le pontife.

Comme un siècle plus tôt après la guérison miraculeuse de Pierre de Nantes, les saintes Maries provençales sont désinvesties de leur rôle de premiers témoins de la Résurrection du Christ, trop proches du mystère insaisissable de Pâques. Suivant une évolution générale de la piété à la fin du Moyen âge, elles sont «descendues sur terre», pour devenir des saintes plus proches des fidèles. Ces derniers invoquaient en elles des mères à la tête de familles modèles, bénies de nombreux fils illustres. Tout laïc en désirait, le roi de France en tête comme les deux donateurs, dont les familles se déploient dans le registre inférieur de la verrière. Il en allait de même pour le fils et successeur de Charles VII. Devenu roi, Louis XI voua une dévotion particulière à Notre-Dame d’Evreux. Peu après 1465 il fi t magnifiquement rebâtir la chapelle axiale dédiée à la Vierge et la fit orner d’un ensemble de verrières réalisées vers 1467-1469. Parmi elles, nous retrouvons encore une fois les Trois Maries, mais disposées sur deux verrières qui se font face. Au Nord, au sein du vitrail consacré à l’histoire de sainte Anne, une lancette est occupée par ses deuxième et troisième filles accompagnées de leurs fils. L’insistance sur sainte Anne et sa descendance s’explique à un moment où Louis XI, avant la naissance de son fils Charles en 1470, se souciait de sa succession et avait cherché en vain à l’assurer à sa fille aînée Anne. En face, côté Sud, dans une des lancettes du vitrail du «Triomphe de la Vierge», une Mater omnium protège sous son manteau un petit groupe d’hommes où Louis XI est «empereur en son royaume», agenouillé directement face au pape Paul II suivi du cardinal Jean Balue, évêque d’Evreux (Gary BLUMENSHINE, «Le vitrail du triomphe de la Vierge d’Evreux et Louis XI. Le patronage artistique des Valois dans la Normandie du XVe siècle», dans Annales de Normandie, 40, nos 3-4, 1990, p. 177-214 ). Ici encore, iconographie et politique, démographie et parenté se trouvent étroitement liées." (Claudia Rabel)

Lire aussi le blog pecia  http://blog.pecia.fr/post/2011/11/28/Pierre-de-Nantes-et-les-trois-Marie

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Sainte Marie-Madeleine tenant le flacon d'aromates.

Fond rouge uni.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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 Marie-Jacobé avec ses quatre fils, Jacques le mineur, Joseph le Juste, Simon-Thaddée et Jude.

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Fond jaune orangé damassé (rinceaux). La sainte est nimbée, voilée et porte la guimpe.

 

 

 

 

Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge Marie portant son Fils.

Fond lie-de-vin à rinceaux polycycliques.

Elle est nimbée, couronnée et voilée. La Mère et son Fils se penchent vers les donateurs du registre inférieur.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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 Marie-Salomé avec ses deux fils saint Jacques et saint Jean.

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Fond jaune-orangé à rinceaux. La sainte est nimbée, voilée et porte la guimpe. Elle remet un livre à l'un de ses fils, le premier ayant déjà un livre en main. Les pieds des enfants sont nus, ce qui rappelle qu'ils furent des apôtres.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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LES DEUX REGISTRES DES DONATEURS.

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Première Lancette.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Pierre de Brézé et Robert de Flocques.

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Les deux hommes, sensiblement du même âge, sont beaux-frères, puisqu'ils ont épousé chacun l'une des deux filles de Guillaume Crespin (ou Bec-Crespin). Ce sont des compagnons d'armes, puisqu'ils sont, en septembre 1441, les libérateurs d'Évreux  (ils reçurent en 1442 pour cet exploit 6000 écus d'or du roi Charles VII), puisque vers 1443 Robert de Floques reçut ses gages de grand bailli et capitaine d'Évreux tandis qu'en 1441 Pierre de Brézé, déjà grand sénéchal,  avait été fait comte d'Évreux. 

1. Pierre de Brézé (1410-1465).

Il est représenté agenouillé en armure recouverte d'un tabard à ses armes d'azur, à l'écusson d'argent, accompagné de crossettes d'or.

 

Rappel Wikipédia :

" Pierre de Brézé, né vers 1410 ou 1412 et mort le 16 juillet 1465 à Montlhéry, est un soldat, courtisan et homme de gouvernement au service des rois de France Charles VII et Louis XI qui s'est illustré au cours de la guerre de Cent Ans.

Pierre de Brézé entre très tôt au service du roi de France Charles VII. Il est déjà suffisamment renommé à la cour à l'été 1433 lorsqu'il apporte son soutien à la belle-mère du roi et duchesse douairière d'Anjou Yolande d'Aragon et au connétable Arthur de Richemont quand ces derniers écartent de la cour le puissant favori Georges de La Trémoille. Adoubé dès 1434 par Charles IV du Maine, Brézé entre rapidement au Conseil royal, puis est nommé grand sénéchal d'Anjou en 1437 et de Poitou en 1440. Brézé soutient ainsi de manière décisive le roi Charles VII contre son fils le dauphin de France Louis et les grands féodaux au cours de la Praguerie entre février et juillet 1440, ce qui lui portera préjudice quelques décennies plus tard.

Brézé s'évertue au cours des années 1440 à chasser les Anglais du royaume de France, au cours de la dernière phase de la guerre de Cent Ans. Il participe de ce fait aux hostilités en Normandie dès 1440 et en Aquitaine dès 1442. En récompense de son rôle joué dans la défense de Pontoise contre les Anglais menés par Richard d'York, le roi le crée comte d'Évreux en 1441. Brézé bénéficie de l'appui total de la maîtresse du roi Agnès Sorel, devient chambellan du roi et assoit son autorité sur le Conseil royal au détriment de ses anciens alliés, tels Arthur de Richemont ou Charles IV du Maine. Les années de son ascension spectaculaire au sein du gouvernement, entre 1444 et 1450, se révèlent être les plus glorieuses du règne de Charles VII.

Malgré des accusations formulées en 1448 par son farouche ennemi le dauphin Louis qui résultent en un procès qui l'exonère complètement, Pierre de Brézé garde la confiance de Charles VII et joue un rôle majeur dans la reconquête du duché de Normandie. Il prend part à la prise de Verneuil en 1449 ainsi qu'à la décisive bataille de Formigny en 1450, qui scelle la fin de la présence anglaise en Normandie. En remerciement de ses efforts, le roi lui attribue la charge de grand sénéchal de Normandie, et ce en dépit de la mort de son alliée Agnès Sorel et du déclin de son influence à la cour. Brézé exerce depuis la Normandie de fructueux actes de piraterie contre les vaisseaux anglais et parvient même à conduire un raid contre le port de Sandwich en 1457.

À la mort de Charles VII en 1461, Brézé tombe en disgrâce auprès du nouveau roi Louis XI et est immédiatement emprisonné. Il est pourtant libéré dès 1462 et prépare promptement une expédition dans le cadre de la Guerre des Deux-Roses dans le Northumberland en faveur de Marguerite d'Anjou, épouse du roi de la Maison de Lancastre Henri VI d'Angleterre, renversé l'année précédente par Édouard IV de la Maison d'York. L'invasion conduite par Marguerite d'Anjou à l'automne 1462 en concertation avec l'Écosse et la France se révèle cependant inefficace. Contraints de se replier en Écosse, Marguerite et Brézé mènent plusieurs expéditions dans le Nord de l'Angleterre qui échouent et doivent finalement se réfugier en France à l'été 1463.

L'agitation du duc François II de Bretagne inquiète Louis XI, qui nomme Brézé capitaine de Rouen en 1464 en lui confiant la défense de la Normandie1. Fidèle au roi, Brézé le soutient lors de la Ligue du Bien public et meurt au combat à la bataille de Montlhéry le 16 juillet 1465. Son tombeau, un enfeu de style flamboyant de la fin du xve siècle, se trouve dans la chapelle de la Vierge de la cathédrale de Rouen. Il y est enterré avec sa femme Jeanne du Bec-Crespin, dame du Bec-Crépin, de Mauny et de Maulévrier.  "

 

 

2. Robert de Floques. 

Il est agenouillé derrière son compagnon. 

 

Le 15 septembre 1441, escaladant les murs de la porte de Chartraine, depuis leurs barques, et avec l'aide de deux pêcheurs, l'homme de guerre Robert de Flocques et environ trois cents de ses compagnons d'armes entrent dans l'enceinte de la ville. Ils parviennent à libérer Evreux des mains des Anglais qui, malgré les barricades installées rue Grande, sont rapidement écrasés et massacrés. Le roi reprend ainsi le contrôle de la ville. Il reçoit pour cela 6000 écus (avec Pierre et Jean de Brézé), puis reçoit ses gages de grand-bailli et capitaine d'Evreux. Son fils est nommé évêque d'Évreux.

Robert de Flocques (date de naissance inconnue, vers 1411 - mort le 7 décembre 1461 à Évreux, Normandie), dit Flocquet, est un homme de guerre français, seigneur de Grumesnil, bailli royal d'Évreux, maréchal héréditaire de Normandie (par son mariage), conseiller et chambellan du roi.  

L'article Wikipédia signale ceci : "De basse noblesse picarde, Robert de Flocques participe aux combats de la Guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons (1407-1435) dans le camp armagnac. Il se lie de fidélité au roi Charles VII, pratique l'écorcherie dans les territoires bourguignons et vit de la guerre jusqu'en 1444, où il reçoit une lettre de rémission pour toutes ses exactions. En 1441, il reprend Évreux aux Anglais et devient le bailli de la ville. En 1445, il est intégré à l'armée permanente de Charles VII comme capitaine d'Ordonnance. En 1449-1450, il participe à la conquête de la Normandie.

Sa carrière se poursuit avec sa participation à la bataille de Formigny qui clôt la récupération de la Normandie par le roi de France. Au terme d'une trajectoire exceptionnelle, Robert de Flocques meurt dans son lit à Évreux en 1461, passé d'un petit soudard picard à un bailli et capitaine reconnu comme un des meilleurs de son temps."

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Les membres des familles de Pierre de Brézé et/ou de Robert de Floques.

On peut penser que la famille de Pierre de Brézé, le premier sur le registre du dessus, occupe ce panneau, et que celle de Robert de Flocques occupe la suivante. Ce n'est qu'une hypothèse, invérifiable, et peu importe, sauf pour ma présentation.

 

Fond lie de vin damassé à rinceaux.

Un homme portant le chaperon blanc sur l'épaule droite.

Son épouse à large coiffe blanche et robe rouge.

Un deuxième homme, chaperon rouge sur l'épaule droite.

L'épouse de Pierre de Brézé est Jeanne (selon les généalogistes, mais Catherine selon P. Le Brasseur et les autres auteurs) Crespin, "dame de Mauny, Maulévrier et du Bec-Crespin (succède à ses frères) (le Roi lui accorde 400 £ de pension avant 1455) épouse Pierre de Brézé, baron de Maulévrier, seigneur de La Varenne +X 16/07/1465 (Montlhéry) (fils de Pierre 1er et de Clémence Carbonnel) (vendent ensemble les Trois-Villes de Saint-Denis assise en la Forêt de Lyons, à Louis d’Harcourt)"

http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Crespin.pdf

Elle eut trois enfants dont un fils, Jacques, marié en 1461.

https://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr&p=jeanne&n=crespin&oc=12#note-wed-2

 

. https://fabpedigree.com/s037/f284105.htm

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Les registres inférieurs de la deuxième lancette.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le Dauphin.

le Dauphin, duc de Normandie, (qui deviendra  Louis XI en 1461), est agenouillé, les mains jointes devant un pupitre qui porte un livre ouvert. Sa cotte d'armes est armoriée de France et de Dauphiné;

Fond rouge  damassé à rinceaux.

 

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Trois donateurs (deux hommes et une femme).

La femme porte un hennin double (à deux cornes), comme Isabelle de Portugal sur ce portrait de 1445-1450 :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabelle_de_Portugal_(1397-1471)#/media/Fichier:Rogier_van_der_Weyden_workshop_-_Portrait_of_Isabella_of_Portugal_-_without_frame.jpg

Les hommes portent une tunique courte, serrée par une ceinture, et fourrée au col et aux poignets. 

Fond jaune orangé damassé à rinceaux.

Si cette famille est celle de Robert de  Flocques, c'est le moment de signaler que son épouse Jacqueline Crespin est la jeune sœur de Jeanne [Catherine], épouse de Pierre de Brézé. "Jacqueline Crespin ° ~1415 + 20/01/1484 (inhumée à Gonfreville-L'Orcher) épousa 1) Robert de Floques dit «Floquet» ° 1411 + 07/12/1461 Bailli d’Evreux, puis  2) Pierre d'Ercambourg." http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Crespin.pdf

Le couple eut une fille, Jeanne, née vers 1430, mariée à Gilles de Rouvroy, et décédée vers 1480.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Les registres inférieurs de la troisième lancette.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le pape Eugène IV, pape de 1431 à 1447.

Il porte une chape rouge à orfrois d'or, et la triple tiare papale, aux deux fanons. Il est identifié par ses armoiries d'azur à la bande d'argent placées au tympan. Pourtant, il n'est plus en vie à la date du don des reliques de Salomé et Jacobé le 4 décembre 1449. On pourrait donc y voir le pape Nicolas V, dont le pontificat s'étend de 1447 à 1455, mais dont les armoiries de gueules à la clef d'argent posé en bande et à la clef d'or posée en barre toutes deux liées d'un cordon d'azur, sont absentes.

Fond bleu damassé de rinceaux.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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L'évêque d'Evreux, Guillaume de Floques, l'abbé du Bec, premier chanoine de la cathédrale, et Robert Cybole, doyen

 

Fond vert damassé à rinceaux.

Guillaume de Floques évêque d'Évreux  est agenouillé en habit épiscopal devant Robert Cybole,  doyen du chapitre cathédral, et Jean de Rouen abbé du Bec jusqu'en 1452, et premier chanoine d'Évreux.

—Guillaume de Floques, moine bénédictin, fils de Robert, fut évêque d'Évreux  jusqu'à sa mort le 25 novembre  1464. Il obtint ce poste  par appui du roi  après que Pasquier de Vaux évêque d'Évreux de 1439 à 1443, ardent défenseur des anglais, ait été  suspendu en 1442 de tous ses biens pour avoir refusé de reconnaître le roi de France,  et soit transféré par le pape à  Lisieux, toujours sous domination anglaise.  Eugène IV avait nommé en succession de Pasquier de Vaux Pierre Estrillac (ou de Treigac) de Comborn, mais le lendemain même de son élection, le 10 juillet 1443, Guillaume de Flocques est élu évêque d'Évreux sur l'insistance de son père. Le 16 juin 1445, il prit possession par procuration de l'évêché malgré les fonctions de Pierre de Comborn. Le 24 août 1446, il prête serment de fidélité au roi à Bourges. En 1447, Pierre de Comborn lui intente un procès devant le Parlement de Paris, mais le perd. Et le 5 septembre 1447, Guillaume de Flocques prend possession de l'évêché. Le 29 janvier 1456, trop âgé pour exercer ses fonctions, il se retire et devient abbé du pontificat. Pierre de Comborn lui succède enfin.

 

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— Jean de la Motte fut abbé du Bec de 1446 à sa mort le 17 novembre 1452 à Rouen. Il était le fils d'un bourgeois de Rouen, docteur en décrets de l'Université de Paris. Il peut être identifié par la crosse abbatiale, tenue sur l'épaule droite. Il porte un grand manteau blanc plissé (de bénédictin ?).

 

 

— Robert de Cibole (1403-1458), ou de Ciboule, Cybolle, Cybole, doyen d'Évreux. Chancelier de Notre-Dame de Paris en 1451 et proviseur du collège de Navarre, célèbre pour ses sermons, particulièrement pour celui sur la Passion prononcé le 30 mars 1442 à Saint-Jacques-la-Boucherie dont il était le curé (Notice BNF) et camelier de Nicolas V. "On a vû fleurir de son temps Robert de Cibole Doyen de l'Eglise Cathédrale d'Évreux. Il étoit de Breteüil, Docteur en Théologie, Chancelier de l'Université de Paris, Camerier du Pape Nicolas V. Il a écrit un Commentaire sur les Epîtres de S. Paul, dont le manuscrit étoit il n'y a pas encore bien longtemps, dans la Bibliothèque du Chapitre d'Evreux, avec llIl que le Pape Nicolas lui envoya de Rome en 1454. portant la permission de tenir tels bénéfices qu'il voudroit , fans être obligé à la résidence, & même de choisir le lieu le plus sain pour sa santé & le plus commode pour ses études. " (P. Le Brasseur p. 294)

 

Il prononça un plaidoyer en défense de Jeanne d'Arc. Voir aussi biographie

Voir  http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/7235/9751

Il porte, bien-sûr la tonsure. Son vêtement de chœur est doublé au col et aux poignets d'une fourrure dorée. L'étoffe pliée sur son avant-bras droit est l'aumusse des chanoines.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Les registres inférieurs de la quatrième lancette.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le roi Charles VII.

Fond à rinceaux en trois bandes verticales rouge, verte et blanche.

Il est agenouillé devant son prie-dieu où son livre de prières est ouvert. Il porte la couronne, l'armure complète, l'épée au coté,  et un tabard à ses armes d'azur fleudelysé.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Trois hommes en armure.

Fond jaune d'or, à grands feuillages.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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LE TYMPAN.

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"Les compartiments supérieurs sont ornés de six écussons. :

En haut celui d'Eugène IV, d'argent, à la bande d'azur, surmonté de la tiare.

Au second rang deux blasons surmontés de la couronne de France : l'un de France, l'autre parti de France et d'Anjou. Ce dernier doit appartenir à Marie d'Anjou, femme de Charles VII : cependant, il diffère notablement de celui que lui attribue le Père Anselme et se rapproche davantage de celui de René d'Anjou, donateur des reliques, sans lui être absolument conforme. On peut le blasonner ainsi pour Anjou , tiercé : au 1er fascé d'argent et de gueules de 6 pièces ; au 2 d'azur, semé de fleurs de lys d'or ; au 3 d'argent, à la croix potencée d'or, soutenu de la pointe: au 4 d'azur semé de fleurs de lys d'or; au 5 d'azur, à 2 barbeaux adossés d'or, au 6 d'or à la bande d'argent.

Au troisième rang l'écusson du dauphin : écartelé de France et de Dauphiné.

Au quatrième rang l'écusson de Robert de Floques : de gueules, à 3 bandes d'argent ; et  celui de Pierre de Brezé : d'azur, à l'écusson d'argent enclos dans un trécheur d'or et à 8 croisettes d'or, en orle." (Lebeurier)

 

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La baie 113 du triforium.

"La claire-voie du triforium est ornée, dans la partie supérieure des ogives, de trois écussons. Le premier parti de Floque et de Crespin (fuselé d'argent et de gueules) ; le second parti de Brezé et de Crespin ; le troisième de Floques." (Lebeurier)

Les trois baies géminées à 2 lancettes trilobées, tympan à 1 soufflet et 4 écoinçons portent dans les lancettes une vitrerie géométrique ponctuée de soleils ondés et de monogramme du Christ, C'est dans le tympan que se trouvent 3 écus armoriés, de France à gauche, puis de Robert de Floques, de son épouse Catherine Crespin et de la famille de Brézé parti Crespin. (Gatouillat)

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Baie 113  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 113 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Verri%C3%A8re_des_%223_Marie%22_-_Pierre_de_Br%C3%A9z%C3%A9_et_Robert_de_Flocques_sous_Marie-Madeleine_Notre-Dame,_%C3%89vreux.JPG

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— Stained-glass windows of Cathédrale Notre-Dame d'Évreux

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Stained-glass_windows_of_Cath%C3%A9drale_Notre-Dame,_%C3%89vreux?uselang=fr

— BATISSIER, 1849, "Description des vitraux de la cathédrale d'Évreux", Revue de Rouen et de Normandie, volume 17.

https://books.google.fr/books?id=2L5DAAAAYAAJ&dq=%22MARTINUS%22+%22cath%C3%A9drale+d%27%C3%A9vreux%22+vitraux&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— BOUDOT ( Marcel), 1966,“Les verrières de la cathédrale d’Evreux: Cinq siècles d’histoire,” Nouvelles de l’Eure 27 (1966), 28-29.

— DUBUC (René), 1983, "Problèmes héraldiques de la cathédrale d'Évreux", Normandie, Etudes archéologiques. Congrès national des sociétés savantes, Caen

— GATOUILLAT (Françoise), 2019, "French 14-th-century stained glass and other arts", in Investigations in Medieval Stained Glass, Materials, Methods and Expressions, Brill ed., pages 374-385

 — GATOUILLAT (Françoise), 2001, "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in CALLIAS-BEY, M., CHAUSSÉ, V., GATOUILLAT, F., HÉROLD, M., Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum France, Recensement des vitraux anciens vol. VI, Ed du CNRS / Monum ed. du patrimoine. Paris, pages 143-161.

 — GATOUILLAT (Françoise), "Note sur les verrières royales", Connaissance de l'Eure, n°88, p. 33-34.

–GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ) et  Françoise Gatouillat, La cathédrale d’Evreux, Evreux, Hérissey, 1997.

–GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ), HENRY (Virginie), 2016, Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07

http://www.eure.gouv.fr/content/download/18041/123811/file/ESSENTIEL_CONNAISSANCE_07%20Historique%20complet%20de%20la%20Cath%C3%A9drale%20d'Evreux.pdf

— GRODECKI Louis, 1968, Baudot et Dubuc "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in Bulletin monumental, 1968, p. 55-73. 

"Le vitrail « des Trois Marie », dans le chœur, a déjà été souvent commenté et expliqué dans ses nombreux portraits de chanoines et dignitaires, comme aussi dans sa signification « politique ». « Cet admirable ensemble, écrit M. Dubuc, postérieur à la bataille de Formigny (15 avril 1450) qui marquait l'expulsion définitive des Anglais hors de la France, commémorait aussi, outre la fin du Grand Schisme d'Occident (1429), la donation au chapitre d'Évreux par René d'Anjou, roi de Jérusalem et de Sicile..., de deux parties notables des côtes des saintes Marie- Jacobé et Marie-Salomé en décembre 1449. » "

— LEBEURIER (Pierre-François), 1868,  Description de la Cathédrale d'Evreux accompagnée d'une vue générale et d'un plan géométrique, Huet ed., Evreux 1868, pages 26-27.

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ/page/n31

— LE BATELIER d'AVIRON, édition 1865 Le mémorial historique des évêques, ville et comté d'Évreux, écrit au XVIIe et publié pour la première fois par l'abbé P.F. Lebeurier...P. Huet, page 132.

https://books.google.fr/books?id=jvVAAAAAcAAJ&dq=reliques+des+Saintes+Marie+Jacob%C3%A9+et+Marie+Salom%C3%A9+Floques+%C3%A9vreux&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

— LE BRASSEUR (Pierre), 1722; Histoire civile et ecclésiastique du comté d'Évreux.

https://books.google.fr/books?id=KjRDAAAAcAAJ&dq=Guillaume+de+Floques&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— NEVEUX (François), 1987, Evreux à la fin du moyen âge: André Plaisse, La baronnie du Neubourg. Essai d'histoire agraire, économique et sociale ; L'évolution de la structure agraire dans la campagne du Neubourg ; Charles, dit le Mauvais, comte d'Evreux, roi de Navarre, capitaine de Paris ; Un chef de guerre du XVe siècle, Robert de Flocques, bailli royal d'Evreux ; La vie municipale à Evreux pendant la guerre de Cent Ans ; Evreux et les Ebroïciens au temps de Louis XI [compte-rendu]Annales de Normandie  Année 1987  37-1  pp. 83-87

https://www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_1987_num_37_1_2029

— RABEL (Claudia), 2009, des histoires de famille la dévotion aux trois maries en france du xive au xve siècle textes et images Revista de historia da arte n.º 7 - Institut de recherche et d’histoire des textes (CNRS) Paris – Orléans

https://run.unl.pt/bitstream/10362/16651/1/RHA_7_ART_6_CRabel.pdf

— Monuments historiques, Notre-Dame-d'Evreux

http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/evreux/vitraux/1.html

— xxx

http://evreux.catholique.fr/contenu/documents/services/cathedrale_Evreux-bestiaire.pdf

—  Patrimoine-histoire.fr, Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame

http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

— http://www.evreux-histoire.com/evreux-3-1-0.html#icono2

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Évreux
16 janvier 2020 4 16 /01 /janvier /2020 19:37

Les blasons de Jean Le Rougeart de Locquéran et de Jeanne le Doulce de l'autel de Saint-Joseph de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix.

 

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Voir sur l'ancienne collégiale de Pont-Croix :

 

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Présentation.

Cet autel Saint-Joseph, dans le bas-coté sud de l'église, est décrit comme un ensemble hétérogène autel /retable /et 2 gradins d'autel associant d'une part un autel portant les armoiries des époux le ROUGEART le DOULCE mariés en 1516 (selon Couffon) et d'autre part un retable exécuté dans l'atelier des frères Le Déan de Quimper dans la 2e moitié du 17e siècle. Douard Christel, Quillivic Claude notice IM29002636 © Inventaire général https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM29002636

Son intérêt héraldique avait été signalé en 1964 par Roger Gargadennec dans le bulletin de la S.A.F., XC (1964) p. 87. Il a été décrit aussi par Auguste Téfany, puis par René Couffon 1988 ( Autel de saint Joseph, en pierre, portant en relief les armes de Jean de Rougeart de Loquéran et de sa femme Jeanne Le Doulec, qu'il avait épousée le 13 octobre 1516. Retable du XVIIè siècle avec statue de saint Joseph).

Je ne trouve néanmoins aucun document photographique en ligne (notamment sur pop.culture.gouv.)  et aucune discussion sur les blasons sculptés dans le granite. Ce qui justifie cet article.

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Autel Saint-Joseph de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Autel Saint-Joseph de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Angelots de l'autel Saint-Joseph de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Angelots de l'autel Saint-Joseph de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Les armoiries de [Jean] Le Rougeart.

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La détermination du blason est certaine : ce sont les armes de la famille de Rougeart, données par Pol Potier de Courcy comme D'argent au pin arraché de sinople, le fût chargé d'un greslier de sable lié de même. 

Le Nobiliaire de Bretagne indique :  ROUGEART (LE). Ancienne extraction R. 1671. 7 générations. R. 1426, 1536. M. 1481. Paroisse de Plouhinec, évêché de Cornouailles.  "Anc. ext., réf. 1671, sept gén. ; réf. et montres de 1426 à 1536, dite par., év. de Cornouailles. D'argent au pin arraché de sinople, le fût chargé d'un greslier de sable, lié de même. Henry, vivant en 1481, père de Jean, marié en 1516, à Jeanne Le Doulec. Fondu dans Livec." (Nobiliaire ed.2)

La famille est dite aussi Le (de) Rougeart de Locquéran, du nom du manoir de Locquéran à Plouhinec, qui appartint à Yvon Le Rougeart (1455), puis aux Kerguélen de Keramorch et enfin aux Le Livec (1768),

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-de-locqueran-plouhinec/f771ef61-377c-4b92-a8cf-73dbb665f3d6

Généalogie.

Les données biographiques sans doute les plus sérieuses se trouvent dans la thèse de Catherine Magnien-Simonin (éditrice des Oeuvres complètes de Jucquel Rougeart (1578) : 

—Hervé de Rougeart vers 1410 eut deux fils, Daniel et Henry.

—Henri I Le Rougeart était à la Montre de l'évéché de Cornouailles de 1481 parmi les nobles de Plouhinec : « Henry Rougeart , archer en brigandine et guisarme ».

— Le fils d'Henry, Jean Le Rougeart, épousa le 13 octobre 1516 Jeanne Le Doulce (Le Douce), "fille aînée de feu noble homme de Yvon le Doulce et de demoiselle Marie Salluden" (contrat de mariage) .

—Leur fils Henry Le Rougeart ( parmi les nobles de Plouzévet, il faisait défaut à la Montre de l'évéché de Cornouailles à Quimper de mai 1562) épousa Jeanne Godé, morte en 1568, et ils eurent trois fils .

a) Jean I, sieur de Locquéran (mort avant 1568), épousa Marguerite Kerderrien (1537-Lervily en Esquibien 24 juin 1637) et C'est leur fils Jucquel, né à Audierne en 1558 et décédé en 1588, qui est l'auteur de poèmes français et latins.

b) Jean II, sieur de Huibléré (mort en 1573), épousa Clémence Gouandour, d'où :

-Alain I (né vers 1571) , capitaine et garde-côte du hâvre d'Audierne , qui épousa Marie de Tréanna [Il  déclare, dans un acte du 25 août 1641, « s'estre retiré en sa maison par l'ordre et commandement du Roy, après l'avoir servy pendant le temps de 30 ans dans la compagnie de 200 chevaux-légers de sa garde ordinaire, et ayoir aussi servi sa Majesté en qualité de capitaine et garde-coste des ports et havre d'Audierne, l'isle de Saint, la rade et parroisses,circonvoisines, voyant le dit Rougeart être incommodé, ayant atteint l'aage de 70 ans, il se démet de la dite charge de capitaine et et garde-coste entre les mains d'escuyer Allain Le Rougeart, son fils, principal héritier et noble ». Cet Alain Le Rougeart doit être celui qui fut témoin lors de l'enquête de 1599 sur les désordres de la Ligue en Cornouailles. Marie de Tréanna se sépara de corps et de biens de son mari en 1624 et alla demeurer au manoir du Huibléré, en Plouhinec.

- Ce couple eut un fils Alain II (1614-1669), garde-côte d'Audierne qui épousa Marie Hamon le 4 octobre 1648 dans la chapelle de Locrenan - Plestin-les-Grève. ""Messire Alain de Rougear seigneur de Locqueran, de ..andy, Huilleray, chevalier de l'ordre de St Michel, l'un des deux cents chevaux legers du roy, capitaine appointé de ladicte compagnie et l'un des gentilshommes servants actuellement a sa majesté, capitaine garde coste d'Audierne, seigneur de la paroisse de Plouzinec, et damoiselle Marie Hamon dame de Locrenan, Kerlan, Kerferes, Toulanhery, furent espousés le dimanche quatriesme jour d'octobre mil six cents quarante et huict par missire Euflam Le Guennec prebtre et recteur de la paroisse de Plestin en la chappelle du manoir de Locrenan par la permission de monseigneur l'illustrissime et reverendissime Baltazar Grangier evesque et comte de Treguier qui les dispense de deux bans, unaiant esté faict au prosne de la grande messe dicte et celebrée en l'eglise parochiale de Plestin le mardi vingt et neufiesme jour de septembre et feste de monsieur St Michel, ladicte dispense et permission de faire les nopces en ladicte chappelleest en datte du deuxiesme octobre mil six cents quarante et huict, et la lettre du curé de ladicte paroisse de Plouzinec signée Plaro est du 16 7bre. Lesdictes nopces furent faictes en presence de messieurs duLezar, La Sale, Kerbreselic et autres.En foy de quoy avons signé."

c) Julien, mineur en 1568, bailli de Douarnenez, mort en 1600 dans les prisons de Rennes.

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Il faut aussi consulter le site tudchentil.org consacré à cette famille, et qui s'ouvre sur une belle représentation colorée des armoiries : http://www.tudchentil.org/spip/IMG/pdf/Le_Rougeart.pdf

Ce site donne la transcription d'un  Extrait des registres de la Chambre etablie par le Roy pour la Reformation de la Noblesse du pais et duché de Bretagne, par lettres patentes de Sa Majesté du mois de Janvier 1668, tiré de  "La noblesse de Bretagne devant la Chambre de la Réformation 1668-1671" du Comte de Rosmorduc, 1896, tome II, p. 561-565.

La famille, qui compta  des notaires, 

Le manoir de Loquéran.

Il est instructif de consulter sur les cartes la situation géographique du manoir des Rougeart, pour mesurer combien il place cette famille dans un milieu maritime et portuaire :

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.531602&y=48.023441&z=15&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

Et il suffit de suivre, sur la carte, le cours du Goyen pour voir que la navigation entre Loquéran et Pont-Croix est une courte balade :

Carte de Cassini et Carte d'Etat-Major 1826

Loquéran, situé en Poulgoazec, est sis à l'embouchure du Goyen ; la baie et le port d'Audierne offraient aux navires, malgré leur accès farouche et une fois franchie la barre, un mouillage à flot bien abrité. L'activité économique prospère reposait sur le négoce et le cabotage pour le transport des toiles d'olonnes, de vin, de sel, ainsi que sur la pêche avec des pêcheries et sécheries —le merlu est alors si abondant que les habitants sont surnommés penn-merlu —, et sur l'hivernage des bateaux sur la côte, permettant un enrichissement général des populations. En témoigne les professions des deux Rougeart pour lesquels celle-ci est renseignée : Bailli de Douarnenez (Julien), et garde côte , garde et capitaine du hâvre d'Audierne (Alain I et II) .

Le manoir, qui se trouvait à l'emplacement de l'actuelle rue du Manoir et du 6 rue de la République du Plouhinec d'aujourd'hui, possédait sa propre chapelle Saint-Jérôme. Situé à flanc de colline, en face d'Audierne et au dessus du Goyen, au milieu de terres riches ; le manoir avait double vocation, maritime et agricole. Hervé de Rougart (Dom H. Morice, Preuves II, coll 849-853) a eu à déposer avec d'autres dans une enquête ordonnée par le vicomte de Rohan pour préciser les droits coutumiers sur le port de Goezian que aucuns appellent Odierne » pour définir ses droits en matière de pots de vin, vente de vaisseaux et justice sur la rive Ouest du Goyen.  http://tudchentil.org/spip/spip.php?article102

https://books.google.fr/books?id=QIY7qWzyhJUC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=rougart&f=false

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Enfin, il faut apprécier la proximité d'Audierne avec Esquibien dont elle était la trève (les deux communes sont aujourd'hui fusionnées) pour comprendre que Jeanne Le Doulce, issue de cette paroisse, partage avec son mari cette appartenance à un milieu maritime.

Carte geoportail d'Esquibien.

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Blasons de l'autel Saint-Joseph de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Blasons de l'autel Saint-Joseph de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Les armoiries de droite.

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On pourrait le décrire comme une croix en bois écotté. Chaque branche de la croix porte trois entailles, d'implantation alternée, 1 à droite et 2 à gauche, ou l'inverse.

Or, les armoiries des Le Doulce ne sont décrites, par Pol de Courcy,  que pour la famille Le Doulec sr de Kerourgant et de Liscoët, paroisse de Plogastel-Saint-Germain (R. 1536) : elles sont d'argent à la croix de sable, donc blanche avec une croix noire. 

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La famille Le Doulce (Douce, Doulec, Doulcic, Doulcyc, Le Doulczic, Le Doulz).

https://www.tudchentil.org/IMG/pdf/reformation_de_1536_en_cornouaille_v2.2.pdf

La famille, compta, comme celle des Rougeart,  des notaires, Maître Yves Le Doulce et Guillaume Le Doulce, nobles hommes, furent témoins d'une querelle à Quimper le 13 décembre 1551. Je ne retrouve aucune mention de profession maritime.

Jeanne Le Doulce, "fille aînée de feu noble homme Yvon Le Doulce", épousa le 13 octobre 1516 Jean le Rougeart

Yvon Le Doulce parut à la montre de 1481 comme noble d'Esquibien.

La famille compta  des notaires. Le 13 décembre 1551,  Maître Yves Le Doulce et Guillaume Le Doulce, nobles hommes, furent témoins d'une querelle à Quimper.

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Bulletin SAF 1910 - Société archéologique du Finistère pages 154-155

"Noble homme Michel Le Doulcic, ou le Doulce, était issu d'une vieille famille d'Esquibien qui avait été possessionnée des manoirs de Kermabon et de Kerouarné en cette paroisse .

Yvon Le Doulce parut à la montre de 1481 comme noble d'Esquibien ( Freminville. Antiquités du Finistère, 2' partie. Cet Yvon Le Doulce ayait épousé en 141f2, Marguerite Tréouret fille puinée de Louis et de Marie Buzic, seigneur et Dame du dit lieu. Ceux-ci assuraient à leur fille la jouissance de 4 livres iD sols .de rente, plus les cheffrentes dûs sur les villages de Trémarc'ha, en Esquibien (3 raz froment et une r'az avoine) et de Trobrech, en Goulhien (42 sols, 6 'deniers monnaie). (Archives du Finistère: E. 360).). En 1540, Alain le Doulcyc et Jacquette de Tremyc, sa femme, étaient seigneur et Dame de Kerouarné et possédaient en outre le manoir de Kergatouarn en Beuzec-Cap Sizùn. Yves et Guillaume Le Doulce se trouvèrent mêlés à l'affaire du « coup de Jarnac)) arrivé à la foire de-Saint-Corentin, à Quimper le 11 décembre 1551. Ils demeuraient en la tour du chastel. Le fief de Kermabon passa à la famille de Rospiec par suite du mariage de Jean de Rospiec, avec Marie Le Doulce. Cette dernière épousa, en secondes noces, le 4 août 15ï4, écuyer François de la Tour de qui elle n'eut pas d'enfants . .
La famille Le Doulce s'est également alliée aux Rougeart de Locquéran en Plouhinec.
Nous empruntons quelques renseignements sur cette famille Le Rougeart à l'excellente publication de M. Le Comte de Rosmorduc sur la Réformation de 1668. Le 13 octobre 1516, Henry Le :Rougeart, seigneur de Locquéran, épousa demoiselle Jeanne Le Doulce, fille aînée de feu noble homme Yvon Le Doulce et de demoiselle Marie Salludem, sa femme. De ce mariage issurent deux fils, Henry et Jean. Le premier épousa Jeanne Godé qui mourut en 1568,et le second Marguerite Kéridiern qui fut citée comme témoin à l'enquête' au sujet des prééminences à la Chapelle de Saint-They. Du mariage de Henry Le Rougeart et de Jeanne Godé naquit au moins un fils, Jean qui épousa Clémence de Gouandour ; Jean Le Rougeart et Marguerite Kéridiern eurent également un fils. Jacques, qui mourut sans hoirs et dont la succession fut  adjugée à son cousin par sentence du 13 mai 1588."

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Blasons de l'autel Saint-Joseph de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Blasons de l'autel Saint-Joseph de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Conclusion.

Si on peut affirmer que le deuxième blason est bien celui des Le Doulce d'Esquibien, les donateurs de la chapelle ou de l'autel sont alors bien Jean Le Rougeart et son épouse Jeanne le Doulce. Ils pourraient avoir fait cette donation l'année de leur mariage en 1516, mais, bien que nous ignorions la date de leur décès, la donation est peut être plus tardive, et dater par exemple des années 1528, lorsque les libéralités d'Alain de Rosmadec et de Jeanne du Chastel permirent l'agrandissement du  choeur mais aussi la réfection des fenestrages des chapelles méridionales.

L'emplacement du manoir des Rougeart, tout comme la profession de garde-côte des descendants de Jean Le Rougeart, incite à penser que la promotion rapide de cette famille anoblie en 1426 et 1481 est liée à l'expansion économique de la région Penmarc'h-Audierne due au commerce maritime par les rouliers, et par la réussite de la pêche.

Dans ces conditions, nous pourrions créer des liens entre la présence de ces blasons, et la scène de pêche figurée sur les sablières du chœur (vers 1528-1544), ou, dans d'autres églises et chapelles, d'autres scènes de pêche sculptées dans le bois (sablières de Primelin) ou la pierre (façade de Confort-Meilars), ou associer ces blasons avec les nombreuses carvelles (navires marchands) sculptés à Audierne, Penmarc'h, etc.

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Un dernier mot.

Les armoiries de Rougeart de Loquéran avaient été reconnues  sur la maîtresse-vitre de Notre-Dame-de La Cour à Lantic, au cinquième rang avec celle des Boterel et des Geslin, dans la description de M. de Geslin de 1849. Ces armes  d'argent à l'arbre arraché de sinople, le fût chargé d'un greslier de sable lié de gueules  ont été attribuées depuis par Anatole de Barthélémy à l'archidiacre Salomon Mahaut. "Dans les rangs inférieurs plusieurs écussons manquent; parmi ceux qui sont conservés nous notons ceux-ci : d'argent à l'arbre arraché de sinople, le fût chargé d'un greslier de sable lié de gueules (n° 12). Jusqu'ici on a attribué ce blason à la famille Rougeart, de la paroisse de Plouhinec (Finistère), sans que rien ne justifiât la présence en Goëllo des armoiries d'une famille qui n'y était pas possessionnée; d'autres personnes ont voulu y retrouver les Le Roux, seigneurs de Bourgogne et Fontaine-Bouché dans les paroisses de Lantic et de Plourhan, qui portaient d'argent au houx de sinople feuille de trois pièces (n° 15) ; dans cette hypothèse il faudrait admettre que le greslier figure ici comme brisure, et que les armes primitives des Le Roux ont subi quelque modification. Je crois que le blason en question estcelui de l'archidiacre de Goëllo dans la circonscription duquel se trouvait Lantic et qui ne pouvait manquer d'accompagner l'évêque de Saint-Brieuc. A la date où nous sommes, l'archidiaconé de Goëllo était tenu par Salomon MAHAULT, seigneur de Kerangouarc'h qui avait justement les armoiries ci-dessus décrites."Poudouvre.over-blog.com

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photo lavieb-aile

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Voir ma description :

http://www.lavieb-aile.com/2017/11/la-maitresse-vitre-de-la-chapelle-notre-dame-de-la-cour-a-lantic.html

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https://books.google.fr/books?id=8WcsAAAAMAAJ&pg=PA595&lpg=PA595&dq=Jean+Le+Rougeart+de+Locqueran&source=bl&ots=WVQMV-bsvZ&sig=ACfU3U3iP3KBSWBiXoHTFN2Tqo-1jqrpHg&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjho5L0iojnAhXNxYUKHdkSBdEQ6AEwAHoECAoQAQ#v=onepage&q=Jean%20Le%20Rougeart%20de%20Locqueran&f=false .

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie) 1894, L'église de Pont-Croix (B.S.A.F. 1894) pages 213-236

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207627h/f291.image

— TEFANY (Auguste), 1901, : Notice sur Pont-Croix (Quimper, 1901). 

— COUFFON (René)

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/e2b9737d7806ae456f45f5edb17ba812.pdf

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_82/Notre_Dame_de_Roscudon_et_lAtelier_de_Pont_Croix_.pdf

https://m.shabretagne.com/scripts/files/51d0571f3eb5e5.73808665/1951_01.pdf

— Roger Gargadennec Monographie sommaire de Pont-Croix Pages 63 à 105 , Bull. SAF 1964

— Pol Louis Potier de Courcy, Nobiliaire de Bretagne, ou Tableau de l'aristocratie bretonne depuis l ...

— Bulletin SAF 1910 - Société archéologique du Finistère pages 154-155

— MAGNIEN-SIMONIN (Catherine), 1986: "Jucquel Rougeart : œuvres complètes(1578) : édition critique par Catherine Magnien-Simonin et Jucquel Rougeart", thèse Paris4 1986

"Jucquel Rougeart nait à Audierne, en Basse-Bretagne, en 1558. En 1574, il se rend à Paris, pour y poursuivre ses études au collège de Lisieux. A quelques mois d'intervalle, il publie au cours de l'année 1578 son Curiosolitorum de haereticis triumphus et ses Divers poèmes latins et français. La poésie de cet écolier donne à lire un catholicisme traditionnel, héritier militant des idées de la Saint-Barthélemy, ainsi qu'un sentiment aigu d'appartenance à la nation de Bretagne; elle témoigne aussi de la formation des collégiens d'alors et révèle les ambitions poétiques d'un jeune homme à l'affut de l'actualité et des modes littéraires de son temps. Nous publions les œuvres complètes de Rougeart (avec variantes pour le Triumphus, introduction générale, notices, traduction des poèmes latins, glossaire) à partir des trois exemplaires connus du Triumphus et de l'Unicum des divers poèmes que nous avons retrouvé. Ce sont quelque deux mille vers cinq cents vers français et quatre cents vers latins qui viennent s'ajouter au corpus de la littérature provinciale de la renaissance française."

http://www.theses.fr/1986PA040247 

— PÉRÉNNÈS (Chanoine), 1942, s Plouhinec et Poulgoazec, MONOGRAPHIE des deux paroisses , 1942

« Manoir de Locquéran. Ce manoir était situé en Poulgoazec, à droite faisant coin, lorsque l'on s'engage de la route de Plouhinec-Audierne sur la route de Poulgoazec. Le mur ouest subsiste encore ainsi qu'une ouverture à ogive de la chapelle du manoir dédiée à saint Jérôme. Locquéran appartient en 1455 à Yvon Le Rougeart, en 1516 à Henri Le Rougeart, époux de Jeanne Le Doulce. Les Rougeart blasonnaient d'argent à l'arbre de sinople, un cor de chasse de gueule suspendu au fût de l'arbre. Des Rougeart, le manoir passa par alliance aux Kerguélen de Keramorch." 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/e852da2d1424e5f14209bc3ca4248bed.pdf

 

 

 

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Published by jean-yves cordier
15 janvier 2020 3 15 /01 /janvier /2020 21:47

 

Les vitraux du XIVe siècle de la cathédrale d'Évreux : XIX: la baie 210 offerte vers 1390-1400 par le roi Charles VI.

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Cet article est le dix-neuvième d'une série sur l'apparition du jaune d'argent dans les vitraux du chœur de la cathédrale d'Évreux au XIVe siècle, et il suit l'ordre chronologique des datations de ces verrières.

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Je suis guidé par les publications de Françoise Gatouillat, et notamment par Gatouillat 2019.

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Voir :

 

 

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Voir aussi :

.— Sur les vitraux plus tardifs de la cathédrale d'Évreux :

— Sur les fonds damassés  outre les articles sur les baies 15, 17 et 19 cités supra : 

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Liste de mes 200 articles sur les vitraux :.

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PRÉSENTATION.

 

Haute de 6,50 m et large de 3,60 m, la baie 210, située au coté sud des vitres hautes du chœur, comporte 4 lancettes trilobées  et un tympan à 1 pentalobe,  2 trilobes et 9 écoinçons. Elle appartient, avec la baie 209 offerte par Pierre de Navarre, comte de Mortain, aux verrières dites "royales". En effet, dans les deux lancettes centrales, le roi de France Charles VI  est agenouillé devant un prie-dieu, présenté à la Vierge à l'Enfant, assise, par saint Denis placé à l'extrême droite.

 

Les dais répètent les mêmes fleurons trilobés au sommet des petits gables aigus des contreforts que la baie 209, les mêmes crosses de feuillage sur les rampants des gables principaux, et surtout les mêmes crochets blancs et jaunes qui hérissent, par une disposition assurément rare, la corniche supérieure des niches.

De même, nous retrouvons ici les deux tissus damassés de la baie 209, d'une part celui des fonds, à rinceaux et médaillons où s'affrontent deux dragons ou oiseaux fabuleux, et d'autre part celui du prie-dieu, à large fleur jaune en étoile.

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La verrière a été recomposée ici en  1955 avec des panneaux exécutés pour la nef et transférés progressivement dans le chœur depuis 1845. La figure royale était placée à l'origine dans la baie 132 sous sa rose aux armes de France. Lebeurier donnait en 1868 la description du coté sud de la nef :

 

"Les fenêtres 2 et 3 ont de simples grisailles ornées à leur partie supérieure, la première d'un écusson aux armes de France d'azur à trois fleurs de lys et la seconde d'un écusson écartelé de Navarre et d'Evreux.

La verrière de la fenêtre 4 représente un roi qu'on croit être Charles V, beau-frère de Charles-le-Mauvais, agenouillé sur un coussin orné de fleurs de lys, en face d'un prie-dieu sur lequel est un livre ouvert. Le fonds de la scène est d'azur semé de fleurs de lys. Au haut, dans la rosace, un écu de France, d'azur semé de fleurs de lys sans nombre.

La verrière de la fenêtre 5 représente une Vierge assise ayant sur ses genoux l'enfant Jésus qui tient à la main une branche de rosier. En face se trouvait, dit-on, le portrait de Charles-le- Mauvais qui a été transporté dans le chœur vers 1834."

Elle fut restaurée en 1890 par Leprévost et Steinheil, puis restaurée et recomposée en 1955 par Gruber. En 1983, elle a été endommagée par un orage de grèle et restaurée par Tisserand avec inclusions, doublage de la vitre, tandis que  les plombs de casse ont été supprimés grâce à un collage bord à bord des pièces brisées.

 

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Les baies 210 et 212 et en dessous les  baies 110  et 112 du triforium.

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 Les vitraux du XIVe siècle de la cathédrale d'Évreux : XIX: la baie 210 .

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La baie 210.

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Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Les parties figurées des quatre lancettes.

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Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Première lancette (à gauche) : la Vierge à l'Enfant assise sur une cathèdre.

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La Vierge nimbée et voilée, vêtue d'un manteau bleu, tient son fils sur le bras droit et un livre dans la main gauche. Elle est légèrement tournée et inclinée vers le donateur, vers lequel se dirige son regard.

L'Enfant, blond, à demi recouvert d'un drap, entoure le cou de sa Mère tandis que sa main droite se dirige vers le donateur.

Marie porte une robe blanche à motifs de deux fleurs différentes, peintes au jaune d'argent.

La cathèdre est gothique, à pinacles à crochets.

Le drap d'honneur tendu derrière elle, de couleur rouge, est peint à la grisaille, l'enlevé de cette peinture donnant à voir le motif du damassé, à rinceaux souples dont les boucles à crochets renferment deux dragons (ou oiseaux fabuleux) selon une inspiration orientale repris dans les lampas italiens.

L'édicule hexagonal à voûte nervurée et aux pans marqués par des gables à fleurons laisse voir, sur le fond bleu, les lancettes d'une ou plusieurs verrières, comme si la niche était située dans une cathédrale.

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Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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. Détail du damassé.

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Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Les deux lancettes centrales : Charles VI agenouillé en donateur.

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Les deux lancettes forment un seul lieu, délimité par l'arcade de la niche, dont le sommet est gardé par deux anges (complété en 1955).

Sur un fond vert (en haut) et rouge , un drap d'honneur fleurdelysé est tendu. Le large prie-dieu est recouvert d'un linge liturgique blanc, richement orné de fleurs à sept pétales en étoile, comme sur la baie 209. Le livre de prière, ouvert, étale les deux fermoirs de sa reliure.

Le roi (couronné) est vêtu, non pas d'un manteau aux armes de France, mais d'un manteau rouge au rabat de col et au revers blanc (fourrure d'hermine ?).

Mains jointes, il fixe la Vierge du regard.

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Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Dernière lancette : Saint Denis.

C'est lui qui porte sur son manteau les armes du royaume de France, dont il est le patron(cf. la nécropole royale de Saint-Denis et le cri Montjoie-Saint Denis).

Il tient sa tête dans les bras, puisqu'il a été décapité. Cette tête est mitrée, les fanons de la mitre retombent derrière le bras gauche.

C'est ici le même  carton que pour la baie 209, où il co-présente Pierre de Navarre.

Le fond damassé rouge reprend le même motif que sur les lancettes précédentes.

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Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le tympan.

L'oculus du pentalobe renferme les armes de France aux fleurs d lys sans nombre, tandis que les lobes, datant du XIXe, sont aux armes d'Évreux-Navarre. Des couronnes d'or sur champ de gueules occupent les trilobes.

 

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Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La baie 110 du triforium (3ème quart du XVe).

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Baies 210 et 110  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 210 et 110 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 110  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 110 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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— Stained-glass windows of Cathédrale Notre-Dame d'Évreux

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Stained-glass_windows_of_Cath%C3%A9drale_Notre-Dame,_%C3%89vreux?uselang=fr

— BATISSIER, 1849, "Description des vitraux de la cathédrale d'Évreux", Revue de Rouen et de Normandie, volume 17.

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 — GATOUILLAT (Françoise), 2001, "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in CALLIAS-BEY, M., CHAUSSÉ, V., GATOUILLAT, F., HÉROLD, M., Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum France, Recensement des vitraux anciens vol. VI, Ed du CNRS / Monum ed. du patrimoine. Paris, pages 143-161.

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–GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ), HENRY (Virginie), 2016, Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07

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— HONORÉ-DUVERGÉ (Suzanne), 1942,  "Le prétendu vitrail de Charles le Mauvais à la cathédrale d'Évreux" Bulletin Monumental  Année 1942  101-1  pp. 57-68

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https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1953_num_111_4_3745

— LAFOND (Jean), 1942,  "Les vitraux royaux du XIVe siècle à la cathédrale d'Évreux"  Bulletin Monumental  Année 1942  101-1  pp. 69-93

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1942_num_101_1_9290

— LAFOND (Jean), 1975, "Les vitraux royaux et princiers de la cathédrale d'Évreux et les dessins de la collection Gaignières" , Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France  Année 1975  1973  pp. 103-112

— LEBEURIER (P-F.), 1868,  Description de la Cathédrale d'Evreux accompagnée d'une vue générale et d'un plan géométrique, Huet ed., Evreux 1868

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ/page/n15

— Suau (Jean-Pierre), 1993, "Les vitraux  des rois de Navarre en la cathédrale d'Évreux", Connaissance de l'Eure, n°88, p. 32-33.

— Vaivre (Jean-Bernard de) 1980,"Les vitraux royaux de la cathédrale d'Évreux" cahiers d'archéologie p.300-313. Non consulté.

— Monuments historiques, Notre-Dame-d'Evreux

http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/evreux/vitraux/1.html

— xxx

http://evreux.catholique.fr/contenu/documents/services/cathedrale_Evreux-bestiaire.pdf

—  Patrimoine-histoire.fr, Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame

http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

— http://www.evreux-histoire.com/evreux-3-1-0.html#icono2

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Évreux

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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