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31 janvier 2020 5 31 /01 /janvier /2020 17:54

Les vitraux du XVe siècle de la cathédrale d'Évreux : la baie 129 (vers 1413-1418) de la nef, offerte par l'évêque Guillaume de Cantiers en 1400 .

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Voir  les vitraux du XVe siècle de la cathédrale d'Évreux :

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Voir aussi les vitraux du XIVe :

 

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PRÉSENTATION.
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Cette baie haute du coté nord de la nef (la quatrième en partant de l'ouest) mesure 8 m. de haut et 3,80 m. de large. On lui compte 4 lancettes trilobées, sous un tympan à 1 octolobe, 2 trilobes et écoinçons. Bien qu'elle ne suive pas la disposition "en litre" des vitraux du chœur du XIVe avec leur rangs de vitreries géométriques en verre transparent, mais qu'au contraire toute la place est occupée par le décor figuratif, elle est néanmoins très claire, car les sept grands personnages sont pour la plupart vêtus de blanc, et sont placés dans des niches architecturales en verre blanc.

L' inscription qui court à la base affirme qu'elle a été offerte " en l'honneur du joyeux avènement" de l'évêque Guillaume de Cantiers, un événement daté de 1400. Le vitrail est néanmoins daté de 1413-1418 ? par François Gatouillat.

À gauche, l'évêque est présenté par sainte Catherine à la Vierge à l'Enfant de la deuxième lancette. Les deux lancettes suivantes montrent une Annonciation détournée, puisque l'ange Gabriel, debout, présente à Marie un donateur, identifié par ses armoiries à Jean de la Ferté-Fresnel, maréchal de Normandie. 

Le registre inférieur contient 4 écus armoriés.

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Batissier a relevé l'inscription suivante : 

ANo D'O M° CCCC° G DE CATER (Cantiers) ELECTUS FUIT IN EPM EJUS ECCLEE, dont le complément est dans la 3ème verrière PER CAPLM QI CONSECRATUS I... ADVENTU VIRGINIS ME HAC DEDIT VITREAM

Lebeurier donne page 10 la description suivante :

"La verrière de la fenêtre 12 porte, à sa partie supérieure, trois écussons. En haut, de France à trois fleurs de lys; au-dessous deux écussons semblables écartelés au 1 e et 4 d'azur, à une fleur de lys d'or et à la bordure componée d'argent et de gueules; au 2 et au 3 d'azur, à trois bandes d'or, orlé de gueules.

Les quatre formes renferment chacune un sujet : 1° un évêque à genoux devant la Vierge qui occupe la 2e forme; derrière lui, Ste Catherine couronnée tenant, de la main gauche, une roue brisée, et , de la main droite, une palme avec la mitre et la crosse de l'évêque. Au-dessous, les armes de l'évêque (Guillaume de Cantiers), fascé d'argent et de gueules de cinq pièces, à l'aigle de sable becquetée et armée d'or ; 2° une Vierge debout tenant dans ses bras l'enfant Jésus auquel elle donne un baiser. Au-dessous un écusson d'azur, à la bande d'argent, chargée de 3 tourteaux de gueules et accompagnée d'une étoile d'or au canton senestre.

La 3e et la 4e forme représentent une Annonciation. En avant de l'ange, qui porte une banderolle chargée des mots: AVE GRATIA PLENA , se trouve un personnage à genoux vêtu d'une tunique écarlate doublée de fourrures. Au-dessous, deux écussons: l'un écartelé au 4 et 4 d'argent à l'aigle de gueules, au 2 et 3 de sable au lion d'argent ; l'autre d'or, à la bande d'azur, chargée de trois anneaux d'argent.

Au bas du vitrail, sur une seule ligne, l'inscription ANO DOI M° CCCC G. DE CA'TER ELECTFUIT l' EP'M HUI' ECCLESIE [PER] CA'PLM QI CONSECRAT9 In EI9 IOCU9 D'AVENTTU VIRGINI M'E HA'C DEDIT VITREAM.

Ce qui veut dire : Guillaume de Cantiers fut élu évêque de cette église par le chapitre en 1400. Après sa consécration, il a donné pour son joyeux avènement cette vitre à la Vierge Marie."

L'inscription complétée de ses abréviations par les 9 (pour -us-) et tilde (pour -n-) donne   Anno domini 1400 Guillelmus de Canteriis electus fuit in episcopum ejus ecclesiae per capitulum qui consecratus in ejus jucundo adventu virgini Mariae hanc dedit vitream 

 

 

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ/page/n15/mode/2up

 

Le Joyeux avénement.

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La "perle " de l'inscription est l'expression jucundo adventu, ou "joyeux avènement" qualifiant la première entrée (primum ingressus) de l'évêque. Cette entrée solennelle d'un évêque dans sa cathédrale est l'occasion de festivités et solennités réglées par un protocole précis (coutumier et indépendant du droit canon), et d'échanges de cadeaux prestigieux (contre-don pour les vassaux), mais dont les descriptions sont rares ( Bourges (1482), Paris (1495 et 1503) et Rouen (1494),),

La « première entrée », primum ingressus, lors du « joyeux advenement », jocundus adventus, est l’étape ultime du parcours que doit accomplir l’évêque, selon un rituel établi, pour prendre solennelle possession de l’Église en sa cité après avoir été élu par le chapitre cathédral.. Les différents corps constitués, le clergé régulier et séculier, le chapitre cathédral ainsi que, parfois, la population sont là pour l’accueillir. 

En Cornouaille (B. Yeurc'h), l'évêque est accueilli par des nobles dont c'est le privilège de mener le cheval par la bride, aider à descendre de ce cheval, servir à table, etc. Les vassaux épiscopaux reçoivent en échange de cette manifestation d'allégeance des contre-dons. Il serait intéressant de tenter de savoir si les quatre blasons du registre intérieur ne correspondraient pas à ce protocole.

 

Lire Véronique Julerot La première entrée de l'évêque : réflexions sur son origine, dans Revue historique 2006/3 (n° 639), pages 635 à 675.

https://www.cairn.info/revue-historique-2006-3-page-635.htm#

Lire Bertrand Yeurc'h, Les cérémonies d'intronisation en Bretagne ducale 

https://www.academia.edu/27163212/Les_c%C3%A9r%C3%A9monies_dintronisation_en_Bretagne_ducale_-_publication_papier

 

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En 1968, Grodecki, rendant compte des travaux de Dubuc sur l'héraldique, souligne les nombreux points curieux ou énigmatiques de ce vitrail :  

"L'étude des vitraux du XVe et du XVIe siècle, par M. R. Dubuc, apporte moins de contestations de thèses admises, mais — surtout sur le plan de l'héraldique et de l'histoire — des précisions utiles sur plusieurs vitraux. Ce qu'il dit du vitrail de Guillaume de Cantiers, évêque élu en 1400, est admirablement documenté, mais n'aboutit pas à la solution de tous les problèmes. Cette verrière, installée dans une fenêtre du XIIIe siècle de la nef, est  « signée et datée » et — fait heureux— répond dans ses détails héraldiques aux dessins de Gaignières (Bouchot, n° 2348 et 6731). L'évêque est représenté à genoux devant une Vierge à l'Enfant, présenté (on ne sait pas pourquoi) par sainte Catherine, qui a poussé la complaisance jusqu'à porter à la main, en plus de la palme de son martyre, la mitre épiscopale ; mais le vitrail offre une seconde figure de donateur, présenté à la Vierge par l'ange de l'Annonciation (ce qui n'est pas habituel).

Les blasons qui accompagnent ce personnage semblent se rapporter à la famille de La Ferté-Fresnel ; mais on ne sait pas quelle est la raison de la présence de ce personnage (peut-être Jean, fils d'un autre Jean, maréchal de Normandie), ni la signification d'une fleur de lis sur son épaule... En plus, les armes de France, de Philippe le Hardi de Bourgogne et de Jean sans Peur ornent le réseau ... Il y a là un faisceau de problèmes historiques, presque politiques, à résoudre... Le style de la verrière est également inhabituel (ce n'est pas l'atelier des « vitraux royaux » qui l'exécuta), la merveilleuse clarté de la verrière s'opposant aux teintes plus montées, plus dramatiques, des vitraux des princes d'Évreux-Navarre."

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Gaignières en donna le relevé, mais avec de fortes modifications, associées à une fidélité aux nombreux détails aujourd'hui visibles sur l'inscription. Ainsi, Catherine ne tient ni la mitre, ni la crosse de l'évêque, et le second donateur (qui ne porte pas l'étoile à l'épaule) est présenté au Christ Sauveur. 

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BnF fr. 20878-20889 f.189

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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LES LANCETTES A ET B : GUILLAUME DE CANTIERS PRÉSENTÉ À LA VIERGE À L'ENFANT.

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La première lancette (à gauche) : sainte Catherine présentant l'évêque Guillaume de Cantiers à la Vierge.

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Cantiers est une commune de l'Eure, à 68 km au nord-est d'Évreux.

Guillaume de Cantiers était Conseiller-clerc au parlement de Paris et chanoine d'Evreux, lorsqu'il fut  élu évêque, après le 23 avril 1400, en succession de Guillaume de Valence. Le samedi 25 février 1401, il siège au conseil du roi de France Charles VI.

"Guillaume de Cantiers, né dans le Vexin-normand, était conseiller-clerc au Parlement de Paris dans les années 1392-95-98 et 99. Dans cette dernière année., le chapitre de l'église d'Evreux, dont il était chanoine, le députa à l'assemblée de l'église de France qui devait se tenir à Paris. L'année suivante, Guillaume de Cantiers fut élu par le chapitre, promu et sacré évêque d'Evreux par Benoît XIII, et à son avènement, il donna à l'église une magnifique verrière sur laquelle est inscrite la date de son élection, 1400."

 Le concile général de l'église de France le délégua en 1408 avec Guillaume, évêque de Lisieux, pour adjuger l'archevêché de Rouen, que se disputaient Louis de Harcourt demandé par le chapitre et Jean d'Armagnac, archevêque d'Auch, nommé par Benoît XIII. Guillaume se prononça pour Louis de Harcourt. L'année suivante, il se rendit au concile de Pise.


En 1410, le Parlement de Paris termina une querelle qui avait éclaté entre Guillaume de Cantiers et son chapitre au sujet de la juridiction, de l'exemption et autres chefs.

Député par le clergé de France au concile de Constance, le 10 novembre 1414, Guillaume de Cantiers fut, au mois de juillet suivant, chargé par le concile et par l'empereur Sigismond d'une mission auprès du roi très-chrétien et de l'Université; il fut arrêté dans le duché de Bar avec ses collègues par Henri de la Tour, dépouillé, retenu en captivité et fort maltraité. Le coupable frappé d'anathème par le concile relâcha ensuite les députés. Guillaume fut plusieurs fois chargé par le roi de France de missions importantes auprès des deux papes de Rome et d'Avignon et auprès du duc de Bourgogne.

"A la fin de 1415, alors que Charles II, duc de Lorraine, qui venait de prendre part à la néfaste expédition d’Azincourt, regagnait son duché, les gens d’armes de sa suite, dans le trajet de Provins à Troyes, avaient fait main-basse sur cinquante-trois chevaux et sur un char ferré, attelé de quatre chevaux, sans parler du menu butin. Quelques mois auparavant, au moment où Guillaume de Cantiers, évêque d’Évreux, Géraud du Puy, évêque de Carcassonne, Guillaume de Marie, doyen de Senlis, se rendaient du concile de Constance à Paris, avec une escorte de quatre-vingts personnes, le maréchal de Lorraine, ce même Charlot de Deuilly dont nous parlions tout à l’heure, Henri et Winchelin de La Tour, Jean de Chauffourt, soudoyés secrètement par le duc de Bourgogne Jean sans Peur, n’avaient pas craint de tendre à ces hauts personnages un véritable guetapens ; ils les avaient attaqués à main armée au passage de la Meuse, entre Foug et Void ; ils avaient fait les deux évêques prisonniers, après avoir tué le chapelain de l’évêque deCarcassonne, blessé et dévalisé quelquesuns des familiers des deux prélats. L’impunité des malfaiteurs avait presque égalé le scandale du méfait ; il avait fallu raser la forteresse de Sancy, près de Briey, appartenant à Henri de La Tour et frapper d’interdit le diocèse de Toul tout entier, pour obtenir la mise en liberté des victimes de cet audacieux coup de main. Revue des Deux-Mondes  https://fr.wikisource.org/wiki/Page:Revue_des_Deux_Mondes_-_1885_-_tome_69.djvu/73

En 1416 il fait ouvrir dans l'église de Saint-Taurin  la châsse de saint Gaud, évêque primitif du diocèse, pour en reconnaître les reliques.

Deux ans après, les Bourguignons étant entrés dans Paris, Guillaume fut saisi, jeté en prison comme partisan des Armagnacs, puis mis à mort le 12 juin 1418 dans une émeute excitée par les Bourguignons.

 

"Guillaume de Cantiers qui étoit encore au Concile , ayant eu nouvelle qu'Evreux étoit pris & occupé par les Anglois, en fut fort affligé autant pour la désolation que ces ennemis de la France alloient porter dans son Diocèse ; que parce qu'il ne vouloit point changer de maître ; il revint sur la fin de cette année à Paris, où dans une sédition excitée par les gens de la fastion du Duc de Bourgogne, il fut tué avec plusieurs autres Archevêques & Evêques & grands Seigneurs bons serviteurs du Roy, le 11  Juin de l'année 1418. Les Anglois de leur côté pillerent tous ses meubles dans sa maison Episcopale à Evreux ; Guillaume de Cantiers portoit à ses armes de gueule à l'aigle déployé de sable paré d’or , comme on le voit encore aujourd’hui au bas de la représentation, qui est dans une vitre qu'il donna dans le temps de son joyeux avènement, & qui est au côté gauche de la nef de l'Eglise Cathédrale au-dessus de la chaire à prêcher. " (Histoire civile et ecclesiastique du comte d'Evreux,  par Pierre Le Brasseur 1722)

Enfin,  en septembre  1418, après la prise d'Evreux par les Anglais, en 1417,   le roi d'Angleterre, désormais maître de la ville, accorde au chapitre d'Evreux le pouvoir d'élire l'évêque qui succédera à Guillaume V de Cantiers, assassiné le 12 juin précédent.

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Contexte historique : nous sommes ici au cœur de trois événements historiques : la Guerre de Cent Ans (1337-1435), le  conflit entre Armagnacs et Bourguignons (1407-1415), et le Grand schisme d'Occident (1378-1417) ! La folie du roi Charles VI a conduit à sa mise sous tutelle et à une situation de régence. Entre l'année 1400, date de l'avènement de l'évêque , et 1418, date de son décès, la période est marquée en 1407 par l'assassinat du duc d'Orléans par le duc de Bourgogne Jean Sans Peur (qui cherche à prendre le pouvoir du royaume et s'allie aux Anglais), en 1409 par le concile de Pise, en 1414 par le concile de Constance et l'élection du pape Martin V, et en 1415 par  la bataille d'Azincourt. Sur le plan politique et religieux, la terre tremble !

Quinze jours avant l'assassinat de Guillaume de Cantiers, le dauphin Charles, futur Charles VII, venait d'échapper aux hommes de main de Jean Sans Peur à Paris en se réfugiant à Bourges.

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Nous pouvons avec Louis Grodecki, nous étonner que ce soit une sainte qui présente un donateur. Pourtant, Gaignières montre le dessin d'un vitrail d'Évreux où sainte Marie-Madeleine présente l'évêque Philippe de Cahors (fin XIIIe).

Sans fournir d'explication, nous pouvons considérer que sainte Catherine est, avec saint Michel, celle dont Jeanne d'Arc entendit l'injonction de sauver le royaume vers 1425.  Catherine, fille de roi et assimilée à une reine (elle porte la couronne)  passe donc pour la grande protectrice du Roi de France. 

L'évêque, tonsuré, vêtu d'une chape à fermail en étoffe blanche brodée de motifs jaune à couronne, est agenouillé mains jointes. 

Hormis le fond rouge, et le nimbe vert, les verres sont blancs et peints au jaune d'argent et à la grisaille.

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Détail de la crosse : le couronnement de la Vierge et un ange musicien.

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième lancette : la Vierge à l'Enfant.

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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LES LANCETTES C ET D : DONATEUR DANS UNE ANNONCIATION.

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Comment comprendre le dessin donné par Gaignières ? On ne peut supposer qu'il n'avait pas accès à la verrière, lorsqu'on voit la précision avec laquelle il a rendu l'inscription. Le donateur y est rendu avec plus de précision d'habillement que le vitrail lui-même, et il porte un habit de velours rouge fourré d'hermines. Il porte une aumônière à la ceinture, comme un riche bourgeois. 

Si ce donateur est Jean III de la Ferté-Fresnel, maréchal de Normandie, on peut s'étonner qu'il ne soit pas représenté en armure.

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La tête de l'ange et les pseudo-inscriptions du nimbe. 

(restauré)

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Détail du dais.

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge de l'Annonciation de la lancette D.

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La Vierge reçoit le Saint-Esprit sur le haut du front. Elle témoigne de sa surprise en écartant les bras, dans un geste qui peut aussi s'adresser au donateur.

Elle porte un manteau blanc frappé d'hermines.

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR : LES QUATRE BLASONS.

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1.  Armoiries de Guillaume de Cantiers.

Placées devant un drap d'honneur bleu, elles sont fascé d'argent et de gueules de cinq pièces, à l'aigle de sable becquetée et armée d'or .

Je n'ai pu vérifier cette identification : les armoiries qui sont attribuées à l'évêque le sont par référence à ce vitrail. Seule la pointe d'une crosse en pal est visible, sans crosseton ni mitre ni fanons.

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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2. Armoiries indéterminées.

Elles sont  blasonnées ainsi par Lebeurier.:

d'azur, à la bande d'argent, chargée de 3 tourteaux de gueules et accompagnée d'une étoile d'or au canton senestre.

 

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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3. Armoiries de Jean III de la Ferté-Fesnel.

Elles sont tendues devant un drap d'honneur vert.

Pour Lebeurier :

écartelé au 4 et 4 d'argent à l'aigle de gueules, au 2 et 3 de sable au lion d'argent . (n.b : le lion est armé d'or et sa queue est fourchue)

http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/La-Ferte-Fresnel_Chambray.pdf

 

"Ancienne baronnie au diocèse d’Evreux, subdivisée en 2 branches, l’aînée de ce nom et la cadette au titre de Chambray par parage à 6 degrés de consanguinité. Chambray sur les bords de l’Yton, branche cadette sous l’usage normand du parage par lignage jusqu’en 1528."

La terre de Chambray est aujourd'hui sur la commune de Gouville-sur-Iton, à26 km au sud-ouest d'Évreux. Celle de La Ferté-Fresnel est à 50 km à l'ouest d'Évreux.

La Ferté-Fresnel : «(D’argent ?), à une aigle éployée de gueules, becquée & onglée d’azur»

La Ferté-Fresnel, Maréchal de Normandie : écartelé de Meulan (à partir de Jean III, au XIV° siècle), soit  «Ecartelé : aux 1 & 4, d’argent, à l’aigle de gueules, membrée & becquée d’azur; aux 2 & 3, de sable, au lion d’argent».

Ce sont donc les armoiries de Jean III :
 

 

"Jean III de La Ferté-Fresnel + peu après 1389 chevalier banneret, baron de La Ferté-Fresnel, vicomte de Fauguernon, baron de Neufbourg et de Gacé, seigneur des Planches, Maréchal de France dépendant du Roi et de Normandie dépendant du duc de Normandie, sert en Flandres contre les Anglais (cité dans les rôles du Trésorier des Guerres Guillaume d’Ensernet entre 01/03/1382 et 28/02/1383), Capitaine en Normandie (montre de Saint-Sauveur-Le-Vicomte 01/06/1383), sert en Guyenne (rôles de Jean Flamand, Trésorier des Guerres en 1387/88), (montre de Carentan 01/09/1387) (aveu 06/04/1389 de sa terre de Chambray à Agnès des Essarts, en vertu du parage exercé sur Yon, seigneur de Chambray, son parent ; écartèle ses armes de Meulan : «de sable au lion d’argent rampant à la queue fourchue) ép. Béatrix de Rosny "

On remarquera qu'un autre maréchal de Normandie  est représenté, avec son épouse Jeanne du Bec-Crespin  dans une verrière de la cathédrale, la baie 213 dite des Trois Marie :

http://www.lavieb-aile.com/2020/01/les-vitraux-du-xve-siecle-de-la-cathedrale-d-evreux-la-baie-213.html

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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4. Écu armorié de Renaud de Trie, amiral de France.

d'or, à la bande d'azur, chargée de trois anneaux d'argent.

https://gw.geneanet.org/arnac?lang=fr&n=de+trie&oc=2&p=renaud

https://www.geni.com/people/Renaud-de-Trie-Amiral-de-France/6000000032647615530

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Si la datation proposée par F. Gatouillat est exacte, Renaud de Trie, décédé en 1406, est honoré ici à titre posthume.

 

"Renaud de Trie, seigneur de Sérifontaine, fils de Mathieu de Trie, dit Lohier, [fol. 178] et de Jeanne de Blaru, était, lors de l'avénement de Charles VI, chambellan du duc d'Anjou, régent du royaume, qui lui assigna en récompense de ses services 100 livres de rente sur les biens de Robert de Picquigny, partisan du roi de Navarre ces lettres de don, datées du 27 octobre 1380, furent confirmées par Charles VI le 26 janvier 1381 (Arch. nat., JJ 118, nos 41 et 267). Renaud de Trie devint bientôt chambellan du roi; c'est à ce titre qu'il prit part, le 3 mai 1389, au tournoi donné en l'honneur des princes d'Anjou armés chevaliers et qu'il assista au mois d'août suivant à l'entrée solennelle d'Isabeau de Bavière à Paris (Religieux de Saint-Denis, t. I, p. 597; Kervyn de Lettenhove, Chr. de Froissart, t. XIV, p. 24). Par lettres du 16 mai 1390, Charles VI gratifia son chambellan de 2,000 francs, et le 11 août de la même année l'envoya auprès du duc de Berry, avec une allocation de 200 francs pour subvenir aux frais de ce voyage (Bibl. Nat., cab. des titres, pièces originales). Le même Renaud est cité par Froissart au nombre des « quatre chevaliers d'onneur » auxquels fut provisoirement confiée la garde du malheureux roi tombé en démence le 5 août 1392 (Kervyn de Lettenhove, Chr. de Froissart, t. XV, p. 46). Il obtint en 1394 la charge de grand maître des arbalétriers, et après la mort de Jean de Vienne, en 1396, fut nommé amiral de France aux gages de 2,000 francs par an. Renaud de Trie était en même temps capitaine du château de Rouen et recevait en cette qualité mille livres par an de pension (Arch. nat., K 54, n° 28 ; Bibl. Nat., cab. des titres, pièces originales). Au mois d'octobre 1401, il se fit décharger d'une rente de 32 livres Parisis qu'il devait au domaine sur la justice de Fontenay, en compensation d'une rente équivalente qu'on lui servait annuellement sur les recettes de Chaumont en Bassigny et de Troyes, dont il lui était dû 640 livres d'arrérages (Arch. nat., JJ 157, n° 36). Vers la même époque, ce seigneur dut se démettre de la capitainerie de Saint-Malo que se disputèrent Olivier de Mauny, investi de cet office en septembre 1404, et le Borgne de la Heuse, appelé au même poste; après de longs débats, le Parlement décida le 17 février 1406 que la question serait réservée et soumise au roi lorsque sa santé serait rétablie (Arch. nat., X1A 1478, fol. 254 v°; X1A 4787, fol. 265 r°). Il était encore amiral de France le 14 janvier 1405, comme le montre une quittance de cette date pour 200 livres Tournois dont le roi lui fit present (Bibi. Nat., cab. des titres, pièces originales). Atteint d'une maladie incurable, il abandonna sa charge d'amiral à Pierre de Breban, dit Clignet, favori du duc d'Orléans, mais ce ne fut point à titre gratuit et bénévole; en effet, Monstrelet (t. 1, p. 127) nous apprend que Renaud de Trie s'en dessaisit « moyennant une grant somme d'argent qu'il en avoit receu par le pourchas du duc d'Orléans. » Le Religieux de Saint-Denis, plus explicite, dit qu'il ne consentit à résigner ses fonctions que contre le payement de 15,ooo écus d'or. Renaud de [fol. 178] Trie occupe une certaine place dans l'histoire littéraire du xive siècle, il fut l'un des auteurs du recueil poétique intitulé Livre des Cent Ballades; marié à Jeanne de Bellangues dès 1395 (Arch. nat., JJ 149, n° 315), il mourut en 1406, sans laisser de descendance directe; sa veuve contracta un nouveau mariage avec Jean Malet, sire de Graville, grand maître des arbalétriers. "

http://corpus.enc.sorbonne.fr/testaments/testament_072

L'article Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_de_Trie  

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La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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LE TYMPAN.

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L'oculus de l'octolobe accueille les armoiries de France, tandis que les trilobes contiennent les armes de Bourgogne. Faut-il y voir une évocation de la mission éffectuée par l'évêque d'Évreux auprès de Jean Sans Peur en 1413 ?

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 129 de la nef de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Verri%C3%A8re_des_%223_Marie%22_-_Pierre_de_Br%C3%A9z%C3%A9_et_Robert_de_Flocques_sous_Marie-Madeleine_Notre-Dame,_%C3%89vreux.JPG

 

— Stained-glass windows of Cathédrale Notre-Dame d'Évreux

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Stained-glass_windows_of_Cath%C3%A9drale_Notre-Dame,_%C3%89vreux?uselang=fr

— BATISSIER, 1849, "Description des vitraux de la cathédrale d'Évreux", Revue de Rouen et de Normandie, volume 17.

https://books.google.fr/books?id=2L5DAAAAYAAJ&dq=%22MARTINUS%22+%22cath%C3%A9drale+d%27%C3%A9vreux%22+vitraux&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— BOUDOT ( Marcel), 1966,“Les verrières de la cathédrale d’Evreux: Cinq siècles d’histoire,” Nouvelles de l’Eure 27 (1966), 28-29.

— DUBUC (René), 1983, "Problèmes héraldiques de la cathédrale d'Évreux", Normandie, Etudes archéologiques. Congrès national des sociétés savantes, Caen

— GATOUILLAT (Françoise), 2019, "French 14-th-century stained glass and other arts", in Investigations in Medieval Stained Glass, Materials, Methods and Expressions, Brill ed., pages 374-385

 — GATOUILLAT (Françoise), 2001, "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in CALLIAS-BEY, M., CHAUSSÉ, V., GATOUILLAT, F., HÉROLD, M., Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum France, Recensement des vitraux anciens vol. VI, Ed du CNRS / Monum ed. du patrimoine. Paris, pages 143-161.

 — GAIGNIÈRES (de), 1650-1700,  Manuscrit : Recueil de pièces, la plupart en copies ou en extraits, avec des dessins de sceaux et de tombeaux, pour servir à l'histoire des archevêques et des évêques de France, par Roger de Gaignières. Evreux. BnF fr. 20878-20889. folio 189.

 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b525038493/f191.item.zoom

— GATOUILLAT (Françoise), "Note sur les verrières royales", Connaissance de l'Eure, n°88, p. 33-34.

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ) et  Françoise Gatouillat, La cathédrale d’Evreux, Evreux, Hérissey, 1997.

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ), HENRY (Virginie), 2016, Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07

http://www.eure.gouv.fr/content/download/18041/123811/file/ESSENTIEL_CONNAISSANCE_07%20Historique%20complet%20de%20la%20Cath%C3%A9drale%20d'Evreux.pdf

— GRODECKI Louis, 1968, Baudot et Dubuc "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in Bulletin monumental, 1968,. 

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1968_num_126_1_4898

 

— LEBEURIER (Pierre-François), 1868,  Description de la Cathédrale d'Evreux accompagnée d'une vue générale et d'un plan géométrique, Huet ed., Evreux 1868, pages 26-27.

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ/page/n31

— LE BATELIER d'AVIRON, édition 1865 Le mémorial historique des évêques, ville et comté d'Évreux, écrit au XVIIe et publié pour la première fois par l'abbé P.F. Lebeurier...P. Huet, page 132.

https://books.google.fr/books?id=jvVAAAAAcAAJ&dq=reliques+des+Saintes+Marie+Jacob%C3%A9+et+Marie+Salom%C3%A9+Floques+%C3%A9vreux&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

— LE BRASSEUR (Pierre), 1722; Histoire civile et ecclésiastique du comté d'Évreux.

https://books.google.fr/books?id=KjRDAAAAcAAJ&dq=Guillaume+de+Floques&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

— Monuments historiques, Notre-Dame-d'Evreux

http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/evreux/vitraux/1.html

— xxx

http://evreux.catholique.fr/contenu/documents/services/cathedrale_Evreux-bestiaire.pdf

—  Patrimoine-histoire.fr, Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame

http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

— http://www.evreux-histoire.com/evreux-3-1-0.html#icono2

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Évreux
29 janvier 2020 3 29 /01 /janvier /2020 15:10

Le portail sud (1424-1433) de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper.

 

 

 

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Voir aussi  sur Quimper :

 

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Voir sur les porches de Bretagne (entre autres) :

 

 

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 PRÉSENTATION

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Selon Le Men, archiviste du Finistère dont la Monographie de 1877 fait référence, "le Portail latéral sud est aussi désigné sous le nom de « Portail de Notre-Dame » parce que son tympan est orné d’un bas-relief représentant la Sainte-Vierge, et de « Portail de Sainte-Catherine », parce que la statue en kersanton, de cette sainte, se voit dans une niche du contrefort qui limite ce portail à l’ouest peut-être aussi parce qu’il est placé en face de la rue de Sainte-Catherine. Ce porche, dans lequel ouvre une seule porte dont d’une plate-bande à coussinets arrondis, est couronné par une étroite balustrade composée de quatre-feuilles. Son ornementation ne diffère pas de celle du grand portail dont il est contemporain, mais  comme il n’a été l’objet d’aucune mutilation, à part le grattage des armoiries, il attire plus particulièrement l’attention." (Le Men)

C'est mon porche préféré ; je le surnommerai volontiers le Porche aux Dames, parce qu'il est entièrement consacré à la  maternité et à l'enfantement. En effet, la Vierge à l'Enfant du tympan est placée en dessous des armoiries de la duchesse Jeanne (alors que le duc Jean V place les siennes en supériorité dans le porche principal, à l'ouest), et sainte Catherine est celle qu'invoquent les femmes, principalement de la noblesse dans leurs Livres d'Heures, et notamment en relation avec le désir d'enfants (notre fête de la sainte Catherine en garde le souvenir). Dans les verrières du chœur, Catherine vient en tête, (avec 4 représentations) des saintes qui y figurent, avant sainte Anne (x2) et sainte Marguerite (x2).

C'est cette maternité qui est glorifiée, chantée et encensée par les anges. Cette cohérence thématique du l'iconographie est à souligner.

Il faudrait pouvoir l'imaginer (comme les illuminations par Illiz Veur le permettent lors des fêtes pour le porche occidental) toute en couleur, pour s'émerveiller devant la dominance du bleu, couleur mariale, du rouge et du jaune d'or.

Il peut être considéré en deux parties : l'une est sacrée (la Vierge adorée par les anges), et l'autre est héraldique (le gable avec les armes de la duchesse, de l'évêque  et de sa famille, et de deux des officiers ducaux). Mais plus haut encore, dans un troisième espace, sous la balustrade, sert de terrain de jeu aux gargouilles et personnages truculents. 

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Il est l'une des premières réalisations d'un atelier de sculpture qu'Emmanuelle Le Séac'h a désigné sous le nom de Premier atelier ducal du Folgoët, et dont on retrouve toutes les caractéristiques stylistiques (les plus notables étant le traitement des chevelures des anges). Je la laisse présenter les porches que nous devons à cet atelier :

"—Les porches en granite. Le premier atelier du Folgoët [1423-1468] innove dans sa manière de décorer les porches : il superpose des petits personnages (anges, saints, prophètes) dans les niches des voussures des porches de la cathédrale de Quimper (1424-1444), au Kreisker à Saint-Pol-de-Léon (entre 1436 et 1472), et sur le vestige de l'ancienne chapelle de Notre-Dame-des-Portes à Châteauneuf-du-Faou (1438).

— Les porches en kersanton de l'atelier (La Martyre v.1450-1468, Rumengol vers 1468, sont construits sur le même modèle avec une variante : des saynètes y sont rajoutées. Cette particularité est reprise au XVIe siècle dans les porches de Bastien et Henry Prigent (1527-1577) et du Maître de Plougastel (1570-1621).

— Cet atelier a aussi produit d'autres porches ainsi que des sculptures, plus éloignés du Folgoët, à Kernascléden (porche des Hommes et porche des Femmes) et à la chapelle Saint-Fiacre du Faouët, aujourd'hui dans le Morbihan, ainsi qu'à Quimperlé, pour l'église de la haute-ville.

— Le second atelier du Folgoët (1458-1509). On lui doit deux porches en granite, à Plourach vers 1458-1488 et à Saint-Herbot en 1498-1509.

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Les porches de la cathédrale de Quimper (1424-1442).

La construction de la façade occidentale de la cathédrale a commencé le 26 juillet 1424 ; elle s'est achevée au niveau des deux portails latéraux en 1442.

Le programme iconographique de cette façade prise au sens large —soit les trois porches ouest, nord et sud — est limité même si on tient compte des destructions engendrées par la Révolution. Il ne comporte en effet que les voussures sculptées d'anges des porches occidental et méridional ainsi que les statues de la Vierge à l'Enfant et de sainte Catherine. Des trois porches, ceux du sud et du nord sont les moins restaurés. Le portail ouest n'a que ses piédroits et ses voussures qui sont du XVe siècle, ses blasons au dessus sont de la même période. Le tympan et le trumeau ont été supprimés en 1820. En 1866-67, les éléments actuels ont été rajoutés, copiés des cathédrales de Nantes Rouen ou Reims.

 

1. Le porche nord dit porche des baptêmes ne porte plus de sculptures. Il s'appelle ainsi en raison de la proximité de la chapelle des fonds baptismaux et en souvenir du tympan inférieur qui était sculpté d'un groupe du Baptême du Christ. Les niches devaient accueillir les statues des Apôtres. Les sculptures en choux frisés, le style, ainsi que les datations, permettent d'attribuer ce porche nord à l'atelier [grand atelier ducal du Folgoët 1423-1529]. Un arc brisé surmonte les portes extérieures géminées dont les piédroits et les voussures sont décorés de choux frisés, comme le gable à choux qui rejoint la balustrade ajourée et coupe les pinacles.

2. Le porche sud (Le Seac'h page 62-64). Le porche sud de la cathédrale, appelé aussi porche Sainte-Catherine, est sculpté en granite [leucogranite, Chauris] et kersanton. Les armes de Jeanne de France indiquent qu'il devait être achevé avant sa mort en 1433. On voit aussi celles de Bertrand de Rosmadec sur un écu triangulaire avec une crosse et une mitre, et Guillaume son père, aussi palé de six pièces avec sur l'angle gauche un casque orné de lambrequins et un cygne pour cimier.

On retrouve les armes des Bodigneau, seigneurs de Clohars-Fouesnant, avec une tête de cygne dépassant d'une couronne de fleurons et celles de la famille de Quélennec du Faou. Le porche a été restauré en 1999.

L'arc de la porte est en anse de panier. Puis, un tympan abrite une Vierge à l'Enfant et deux anges thuriféraires. La baie en tiers-point est constituée d'une archivolte amortie en accolade. Un fleuron la surmonte. Un gable décoré de choux frisés couronne le tout jusqu'à la balustrade. Les voussures montrent une alternance du même motif avec des anges . Elles sont ornées de choux frisés sur quatre niveaux comme les pièdroits. Les niches de ceux-ci sont vides ainsi que les six niches des voussures. Des consoles feuillagées et des dais gothiques dont quatre en kersanton encadrent les anges.

Au centre du tympan, une Vierge à l'Enfant en kersanton trône, encadrée de deux anges thuriféraires en granite. Elle repose sur une console dont l'ange lève les bras au dessus de sa tête faisant mine de porter la statue, les ailes largement déployées sur le coté.

Des restes de polychromie bleue sur leurs manteaux et rouge sur leur robe sont visibles. Un effet de contraste entre les couleurs des pierres existent aujourd'hui entre le gris anthracite du kersanton et le miel doré du granite." (Le Seac'h)

 

 

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Ce porche a été décrit, pour sa sculpture, par Christiane Prigent puis par Emmanuelle Le Seac'h. Leurs descriptions me serviront de canevas pour mon article. On pourra cliquer sur l'image pour faire défiler le diaporama.

 

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Mini glossaire.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'ange au dessus de la porte en anse de panier.

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"Au centre du tympan, une Vierge à l'Enfant repose sur une console dont l'ange lève les bras au dessus de sa tête faisant mine de porter la statue, les ailes largement déployées sur le coté. (E. Le Seac'h)

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"Le groupe de la Vierge repose sur une console ornée d'un buste d'ange aux ailes éployées sur toute la longueur du linteau, à l'instar des consoles ornées de bustes humains du château de Charles V à Vincennes." (C. Prigent)

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Remarques.

a) Nous remarquons les cheveux aux mèches bouclées en "macarons" emportées par une force centrifuge, comme les anges typiques de l'atelier du Folgoët, ainsi que les statues de saint Jean au Folgoët ou de saint Jean-Baptiste à Rumengol, parmi tant d'exemples. J'y reviendrai.

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/la-collegiale-notre-dame-du-folgoet-v-les-statues-de-kersanton-1423-1433-par-le-grand-atelier-ducal-du-folgoet-1423-1509.html

b) Également typique de cet atelier, mais aussi retrouvé sur les vitraux de Merléac (1402), il faut aussi noter l'amict (linge formant ici l'encolure) replié sur lui-même pour former un W ou Oméga .

http://www.lavieb-aile.com/2017/09/la-chapelle-saint-jacques-de-merleac-la-maitresse-vitre-iv-le-tympan.html

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/la-collegiale-du-folgoet.i.l-autel-des-anges.html

c) La tunique, ou aube, est longue (elle recouvre les pieds), bouffante à la taille au dessus d'un invisible cordon, et barrée en diagonale par un repli qui se perd sur la droite. Les traces de polychromie attestent que la tunique était entièrement bleue.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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LE TYMPAN.

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"Au centre du tympan, une Vierge à l'Enfant en kersanton trône, encadrée de deux anges thuriféraires en granite.

Des restes de polychromie bleue sur leurs manteaux et rouge sur leur robe sont visibles. Un effet de contraste entre les couleurs des pierres existent aujourd'hui entre le gris anthracite du kersanton et le miel doré du granite."(E. Le Seac'h)

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge à l'Enfant.

"La Vierge, couronnée, tient son Enfant qui sourit délicatement et qui a dans les mains un oiseau. La couronne la rapproche de celle des Vierges de Tournai (Prigent 1982). Sa grande main serre un livre contre sa poitrine. Les cheveux tombent sur les cotés en deux tresses. Comme pour les anges et l'Enfant, ils se partagent en mèches. Le buste simple contraste avec les plis fournis du bas de la robe, taillés en becs lourds et formant des volutes sur la jambe gauche. La robe est ceinturée à la taille ; les pans du manteau retombent sur le coté droit. La draperie particulière rappelle là encore les enluminures peintes par André Beauneveu sur le psautier du duc de Berry en 1380-1385 (Prigent 1982 p. 329). "(E. Le Seac'h)

 

"Assise sur un trône rehaussé d'un dais , la Vierge porte son Enfant assis sur le genou gauche. Confortablement installé, les deux pieds dans le manteau maternel, celui-ci retient un gros oiseau qui picore dans sa main droite.

La façon dont la Vierge tient, serré contre son épaule droite, un livre (discrète évocation de son rôle d'éducatrice) évoque le saint Pierre du Psautier"  (C. Prigent)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84546905/f17.image

"Une grande douceur se dégage du visage de Marie, à l'ovale plein, au front bombé, aux yeux en amande, entre les paupières accentuées, délicatement encadré d'une masse épaisse de cheveux ondulés, d'un type spécifique aux pays flamands. De même, la couronne à bandeau orfévré rehaussé de fleurons découpés s'inspire de modèles tournaisiens. 

C'est le même canon qui a servi pour les deux visages empreints d'une grâce souriante." (C. Prigent)

"Les traces de peinture rouge dans les replis du manteau de la Vierge indiquent que, primitivement, l'ensemble était peint et doré, et se détachait sur un fond d'ocre jaune. On redécouvre que l'église médiévale était un temple de la couleur, comme les murailles de pierres précieuses et fines de la  Jérusalem céleste décrite dans l'Apocalypse de saint Jean Mais la polychromie des extérieurs a beaucoup souffert. Ainsi on est mal renseigné sur une coloration éventuelle des façades en dehors des parties sculptées." (id.)

"La Vierge est le seul vestige dans le chantier quimpérois d'un ensemble sculpté, sans doute assez considérable, à en juger par les niches qui décorent les piédroits des portails et les contreforts, aujourd'hui vides de leurs statues, visibles cependant dans les gravures anciennes. (C. Prigent)

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Remarques.

Ces deux auteures nous conseillent de comparer cette sculpture avec les enluminures d'André Beauneveu dans le Psautier de Jean de Berry. C'est désormais l'affaire d'un clic, et l'étude des drapés est instructive. Mais je n'ai pas retrouvé sur le saint Pierre (f. 8r)  la tenue spécifique du livre qu'adopte ici la Vierge, avec la main dressée verticalement, et la tranche du livre tourné vers le haut. D'autre part, la présence de ce livre n'en fait pas tant une "éducatrice" (une notion qui est admise pour sainte Anne enseignant à sa fille, mais qui est discutable àpropos de celui qui va bientôt enseigner les docteurs du Temple) qu'elle ne rappelle que le Fils est envoyé à l'Humanité pour accomplir le plan du Salut annoncé dans les Écritures.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84546905/f17.image

Les cheveux de l'Enfant sont aspirés vers l'arrière et l'extérieur selon ce trait stylistique déjà décrit pour l'ange de la console. 

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Les anges.

"Huit anges, porteurs de phylactères ou musiciens, sont vêtus d'aubes qui cachent leurs pieds. Dans la première voussure de droite, juste au dessus de la Vierge à l'Enfant, l'ange tient une cithare médiévale dont il frotte les cordes avec un archet miniature [sic].Le manche de l'instrument est court. L'ange semble danser, la jambe droite avancée en un plié gracieux, le talon en dehors.

Dans la deuxième voussure plus à droite, un autre ange joue de la harpe gothique en pinçant les cordes. Cet instrument se jouait posé sur les genoux d'où la position légèrement incliné de l'ange.

Les ailes des anges sont géométriques, avec le bout pointu. Ici aussi, les chevelures sont bouclées et indisciplinées comme sur le tombeau de Gatien de Monceaux. Les plissés sont variés, verticaux, en diagonale ou à bec et forment une nuée aux pieds des anges thuriféraires. Ceux-ci accomplissent une génuflexion, leur geste figé à mi-course. L'ange de droite tient dans une main la navette à pied servant à conserver l'encens, ce qui révèle le souci du détail du sculpteur. Tous les anges esquissent un sourire subtil. Leurs ailes sont largement déployées dans une magnificence de plumes." (E. Le Seac'h)

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"Deux anges encadrent le groupe. Cette scène reprend les compositions des grands édifices gothiques. Au début du XVe siècle, les anges conservent les fonctions que leur avait attribuées l'époque gothique : thuriféraires ; musiciens dans les voussures , ils s'accompagnent de la harpe et de la cithare pour chanter les louanges de la Mère de Dieu; d'autres tiennent des phylactères. Leur vêtement se compose d'une chape retenue sur la poitrine par un fermail ou d'une tunique à manches longues, l'amict dépassant parfois de l'encolure. Par leurs chevelures traitées en mèches bouclées, s'écartant des tempes comme attirées par un aimant, un toupet sur la tête, et leurs vêtements, ils s'inspirent des anges qui décorent le soubassement du tombeau en calcaire de l'évêque Gatien de Monceaux (mort en 1416), autrefois dans la cathédrale. De même, les anges du portail sud semblent très proches, par le naturalisme de leur visage, de deux apôtres — dont seules subsistent les têtes — du palais du duc Jean de Berry à Bourges, datant du premier quart du XVe siècle. Simultanément, ces anges font leur apparition au Folgoët, sculptés dans le kersanton, sur l'un des autels alignés contre le mur est de la collégiale." (C. Prigent)

persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1942_num_101_2_9305

https://www.louvre.fr/oeuvre-notices/tete-d-apotre

https://patrimoinebourges.weebly.com/bourges-gothique/les-vestiges-de-la-sainte-chapelle-de-bourges

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Tête d'ange, musée du Berry.

 

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L'ange thuriféraire (qui porte l'encensoir) de droite.

Il donne un exemple de la coiffure en macarons de mèches repoussés vers l'arrière et le haut par un vent spirituel. Le haut du visage est carré, le bas triangulaire.

J'ai étudié ces anges et leurs chevelures dans mon article sur l'Autel des Anges du Folgoët. Je remarquais alors qu'une influence possible pouvait être le Puits de Moïse de Champmol (achevé en 1405).

 http://www.lavieb-aile.com/2017/04/la-collegiale-du-folgoet.i.l-autel-des-anges.html

Je me suis rendu depuis  à Dijon dans le but de documenter cette influence : voir mon article :

http://www.lavieb-aile.com/2019/09/le-puits-de-moise-de-la-chartreuse-de-champmol-a-dijon.html

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L'ange tient en main gauche la navette d'encens et balance l'encensoir dans un mouvement particulièrement élégant et synchronisé avec son acolyte.

À la différence des anges des voussures, des deux anges portent des chapes. Il faut savoir que le terme de "thuriféraire" désigne un servant de messe, et que sa fonction est de préparer, d'allumer et de présenter l'encensoir au prêtre afin qu'il le bénisse, puis c'est ce dernier ou un diacre qui encense l'autel, puis, par trois coups triples, le livre de l'Évangile avant sa lecture. Le thuriféraire, ensuite, balance simplement l'encensoir pendant la Lecture. Il y a donc peut-être une différence entre un célébrant, portant la chape, et faisant de très grands mouvements d'encensement, comme nous voyons ici, et le rôle plus subalterne du thuriféraire proprement dit.

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Le demi sourire fascinant m'a incité à multiplier les clichés. II semble parfois que l'ange est transporté d'aise par les fumées parfumées de l'encens.

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Discussion. 

Ces deux anges en symétrie spéculaire trouvent peut-être leur source unique, pour celui de gauche, dans les Anges de l'Annonciation lançant vers la Vierge le phylactère de leur salutation. On peut ainsi évoquer l'enluminure peinte par Jean Hermant pour les Heures de Rohan BnF lat. 9471 au folio 45, ou celle, assez proche, des Heures de Buz Hougton Library Richardson  42 f. 20, daté vers 1420-1425 ). Comme à Quimper, l'ange est placé plus bas que la Vierge. Mais ce serait alors, de la part de notre  sculpteur, une fameuse inspiration de renoncer au profil pour rendre   ce très beau mouvement de la tête tourné vers nous. On notera que le Maître de Rohan, auteur de ces miniatures, est également le peintre du Livre d'Heures d'Isabelle Stuart, épouse du duc de Bretagne (voir "Contexte artistique infra). Ou que les Grandes Heures de Rohan furent (comme les Heures de René d'Anjou et les Heures d'Isabelle Stuart) probablement commandées par Yolande d'Aragon, mère de Yolande, la première épouse du duc de Bretagne François Ier, fils de Jean V. Leur mariage date de 1431, alors que le porche sud est daté avant 1433 (mort de Jeanne de France).

On notera que cette chevelure est retenue par un bandeau (centré par une croix frontale) qui interrompt la couronne de bouclettes, alors que cette couronne est complète dans les œuvres sculptées de l'atelier du Folgoët.

 

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Jean Hermant, Annonciation (détail), Heures de Rohan BnF lat. 9471 f. 45r. Copyright BnF Gallica.

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Visitation, Heures de Rohan BnF lat. 9471 f. 70r. Droits BnF Gallica.

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Jean Hermant, Annonciation, Heures de Buz, Harvard, Houghton Library, ms. richardson 42, f° 20, détail.Copyright Harvard, Houghton Library.

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Annonciation,f. 23r, Jean Hermant et Maître de Giac, vers 1416.Heures du Roi René BnF lat. 1156A. Droits BnF Gallica.

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Or, les anges de ces enluminures ont tous les cheveux emportés par un vent frontal, comme à Quimper. Le Maître des Heures de Rohan   est partiellement rapproché d'un Jehan Hermant qui aurait travaillé comme libraire à Paris en 1398-1421 avant  de s'installer à Laon en 1422-1428. À Paris, sa maison rue Pierre Sarrazin à l'angle de la rue de la Harpe était contiguë avec l'Hôtel de Forest (situé précisément rue de la Harpe), que Jean IV avait reçu en 1384 de Charles VI, et que Jean V avait offerte en 1395 à Jean de Malestroit, seigneur d'Oudon. (A. Chatelet 2020 et F. Berland 2011). Des contacts avec la cour ducale de Bretagne sont possibles, notamment avec  le cardinal Jean de Malestroit (1375-1443) évêque de Nantes et chancelier du duc. (plutôt que Thibaut de Malestroi, évêque de Quimper jusqu'en 1408).  

 

 

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'ange thuriféraire de gauche.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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LES ANGES DES VOUSSURES.

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L'ange musicien jouant de la mandore  par l'intermédiaire d'un plectre.

Je ne reprends pas le nom de "cithare" proposé par Le Seac'h et Prigent, et j'identifie l'objet de la main droite comme un plectre, et non comme "un archet court".

L'instrument piriforme (demi-poire) et apparemment monoxyle possède quatre cordes fixées en bas au cordier et en haut à aux quatre chevilles d'une tête dont il est difficile de préciser la forme en volute ou cassée comme pour un luth. Le plectre est tenu entre pouce et index sur un poignet en supination et très fléchi. 

On retrouve l'instrument et la position de la main (mais le poignet est en extensionpeint par Jean de Bruges pour la chapelle de la Vierge de la cathédrale du Mans:

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Ange jouant de la mandore avec un plectre. Voûtes de la Chapelle de la Vierge par Jean de Bruges vers 1377. Photo lavieb-aile.

 

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http://a51.idata.over-blog.com/3/43/88/27/epigraphie-tilde/le-mans/cathedrale/instrumentarium/concert/concert-1705c.jpg

Voir aussi l'instrumentarium de la cathédrale de Bayeux (vers 1412)

http://www.lavieb-aile.com/2018/09/la-crypte-de-la-cathedrale-de-bayeux-et-ses-anges-musiciens.html

Voir les anges musiciens de Kernascléden (une harpe, mais pas de mandore) :

http://www.lavieb-aile.com/2015/09/les-anges-musiciens-des-voutes-de-kernascleden-56.html

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'ange joueur de harpe.

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C'était à l'époque un instrument diatonique de  90 cm de haut environ, à 24 cordes en moyenne, et que l'on tenait sur les genoux.

La tenue sur le genou gauche, la base posée sur le milieu de la poitrine, est celle adoptée par l'ange de l'instrumentarium du Mans.

http://www.lavieb-aile.com/article-un-concert-de-noel-pour-nicole-et-michel-125275886.html

 

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L' ange présentant un phylactère. Voussure intérieure gauche, en bas.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L' ange présentant un phylactère. Voussure intérieure gauche, en haut.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L' ange présentant un phylactère. Voussure extérieure gauche.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L' ange présentant un phylactère. Voussure intérieure droite, sous l'ange au mandore.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L' ange présentant un phylactère. Voussure extérieure droite, en haut.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Ange à la tête brisée.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Ange portant un instrument brisé.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Le début des rinceaux, entre les moulures des piédroits : chanoines ?.

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L'étude systématique des enracinements des rinceaux (pampres et autres) dans les contre-moulures des pièdroits des porches pourrait leur attribuer une précieuse valeur sémiologique. À un niveau amateur, force est de constater la présence constante d'animaux fantastiques ou non, ou de personnages caricaturaux (chanoines) sur les porches bretons, tant ceux dus aux deux ateliers ducaux du Folgoët que ceux dus à Bastien et Henry Prigent, et d'autres encore. Ici, nous trouvons des personnages assis ou accroupis, coiffés d'une sorte de béret. Je les qualifie de "chanoines" par comparaison aux autres sites. Il resterait à comparer ces motifs dans leur distribution géographique et chronologique.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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SAINTE CATHERINE.

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"Sur le contrefort gauche du porche, sainte Catherine d'Alexandrie, d'une facture plus raide, est placée dans la première des niches superposées, surmontée d'un pinacle à crochets. La sainte couronnée tient une roue dont le tour est agrémenté de dents acérées. Elle s'appuie légèrement sur une épée dans sa main droite, ce qui crée un léger déhanchement. Elle porte une robe longue dont le tissu tombe en plis lourds sur le bout pointu des poulaines. Le pan gauche du manteau qui recouvre les épaules est ramené sous son bras droit et il forme comme un tablier avec des plis étagés. La robe est resserrée à la taille par une grosse ceinture dont les trous semblent renforcés par des pastilles imitant le métal. Elle est fermée au milieu par une série de petits boutons ronds : le col se rabat en un pli large. Les cheveux se séparent en deux tresses étiques qui tombent sur la poitrine. Le visage est de forme ovale et allongée. Les yeux surlignés et pincés à leur extrémité, sont compris dans des arcades sourcilières en forme d'accent circonflexe. Le nez large est épaté, le philtrum large et creusé. Sainte Catherine esquisse un délicat sourire.

Les deux sculptures en kersanton sont caractéristiques de l'atelier du Folgoët avec un plastron plat et un bas du corps au drappé plus fouillé. Les mains sont larges et manquent de naturel." (E. Le Seac'h 2014)

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"Sculptée dans la pierre de Kersanton d'un gris foncé, elle est un peu plus tardive [que les sculptures du porche]. On y note un lointain écho des statues anglaises d'albâtre, dans les mains allongées, le type de couronne au bandeau incurvé et la façon de tenir la roue d'une manière spécifique." (C. Prigent)

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C'est elle qui présente la duchesse de Bretagne Isabelle Stuart sur son Livre d'Heures : voir précision dans Contexte artistique infra.

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Book_of_Hours_(Fitzwilliam_Museum_Ms62)?uselang=fr#/media/File:Stundenbuch_Isabella_Stuart1.JPG

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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LE GABLE ET SES BAS-RELIEFS HÉRALDIQUES.

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Il faut pouvoir en lire le contenu comme la suite du complexe héraldique présent sur le gable du porche occidental réalisé entre 1424 et 1433. Le duc Jean V y occupait la place prééminente, puis venaient les armoiries de la duchesse Jeanne et de ses trois fils, celles de l'évêque Bertrand de Rosmadec et de son frère, et, à l'extérieur du gable, celles de quatre officiers ducaux, les seigneurs de Névet, de Guengat (?), de Bodigneau et de Quélennec.

Sur le porche sud, nous avons une forme réduite du porche ouest, où la duchesse Jeanne vient en supériorité sous l'hermine passante, et où, des six blasons précédents, nous en conservons quatre, ceux, dans le cadre triangulaire, de l'évêque Bertrand de Rosmadec et de sa famille, et ceux, en dehors, de Droniou de Bodigneau et de Jean de Quélennec.

Si l'identification de ces écus et de leurs ornements extérieurs, mais aussi de leur devise, a été donnée depuis le XIXe siècle, il reste passionnant de retrouver les formes malgré l'usure de la pierre, et, pour l'amateur d'inscriptions, d'admirer les graphies et la disposition des "cris d'armes". Le temps de l'information ne doit pas occulter le temps de la contemplation attentive des formes.

n.b : Wikipédia ou des sites spécialisés précisent que la devise est placée en dessous de l'écu, et le "cri d'armes" au dessus, comme c'est ici systématiquement le cas, sur les deux porches.

http://www.blason-armoiries.org/heraldique/c/cri-d-armes.htm

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'hermine tenant les armes de Jeanne de France, duchesse de Bretagne.

 

En supériorité, l'écu en losange de la duchesse Jeanne, parti de Bretagne et de France, est surmonté d'une hermine passante colletée de la jarretière  flottante de Bretagne, tenant un cartouche sur lequel figure la devise : A MA VIE

 

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a) L'hermine passante.

L'hermine passante est présente également sur les autres chantiers du duc Jean V :

— Sur la façade et en frise, ou dans le porche des Apôtres à la Collégiale du Folgoët, où elle traverse les spires d'une banderole portant la devise A MA VIE :

 

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/la-collegiale-notre-dame-du-folgoet.iv.les-emblemes-devises-et-marques-des-ducs-de-bretagne-1423-1505.html

— Sur le gable du porche de la chapelle Saint-Herbot :

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/l-enclos-paroissial-de-saint-herbot-a-plonevez-du-faou-vi.le-porche-sud-1498-1509-par-le-second-atelier-du-folgoet-l-exterieur-et-le

— Sur les sablières de l'église haute de Quimperlé  avec la date de 1430: hermine passante colletée de la jarretière dans une frise où est inscrit la devise A MA VIE.

http://www.lavieb-aile.com/article-les-sablieres-et-poin-ons-de-l-eglise-notre-dame-et-saint-michel-de-quimperle-123158720.html

.Jeanne de France (1391 - 1433), fille de Charles VI de France et d'Isabeau de Bavière, fut duchesse de Bretagne de 1399 à 1433 par son mariage avec Jean V de Bretagne.

Sablières (1430) de l'église de Quimperlé. Photo lavieb-aile

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—  Sur la façade de la chapelle de Quilinien à Landrévarzec : 

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/Les%20armoiries%20dans%20la%20chapelle%20de%20Quilinen.pdf

 

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— La devise A MA VIE avec les armoiries ducales se trouvent aussi à Runan, sur la maîtresse-vitre.

http://www.lavieb-aile.com/article-la-maitresse-vitre-de-l-eglise-de-runan-22-123343694.html

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription lapidaire A MA VIE.

La banderole  est tenue par l'hermine dans sa gueule et elle s'élève en se pliant. Elle est tracée avec des lettres gothiques minuscules et encadrée par des deux-points qui servent aussi à séparer les groupes de mots. Ces deux-points, selon une tradition presque constante en Basse-Bretagne (j'ignore si elle est établie dans d'autres régions) sont reliés par un motif en forme de S.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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b) les armoiries mi-parti de Jeanne de France :

 

Jeanne de France (1391 - 1433), quatrième fille de Charles VI de France et d'Isabeau de Bavière, fut duchesse de Bretagne de 1399 à 1433 par son mariage  à Paris le 19 septembre 1396 avec Jean V de Bretagne. Elle était la sœur aînée du Dauphin, qui deviendra Charles VII grâce à Jeanne d 'Arc. Elle eut 7 enfants, dont 3 fils, François (1414 † 1450), duc de Bretagne en août 1442, Pierre (1418 † 1457), duc de Bretagne de 1450 à 1457 et Gilles (1420 † 1450), seigneur de Chantocé.

Son écu est losangique, comme c'est la règle pour les femmes. Il n'est plus lisible aujourd'hui, et il faut se fier aux identifications de Le Men.

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dessin par Sodacan

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L'écu losangique figure aussi  dans  le gable du porche ouest de la cathédrale, mais en dessous et à droite de celui du duc, sans lambrequins, et présentés par deux oiseaux (colombes).

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Gable armorié du porche ouest de la cathédrale. Photographie lavieb-aile.

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Les armes de la duchesse figurent aussi sur la voûte du chœur de la cathédrale, portées par un ange.

 

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http://www.lavieb-aile.com/2016/02/les-vitraux-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper-i.html

Armoiries de la duchesse de Bretagne Jeanne de France, parti de Bretagne et de France : clé de voûte du chœur, photo lavieb-aile

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 Jeanne de France, son époux et ses enfants étaient représentés en donateur sur les baies 101 et 102 , en pole position autour du Crucifix de la baie d'axe n°100. (Ils y sont encore, mais par le biais d'une restitution ).

La baie 102. Les armoiries sont portées par la robe de Jeanne de France.

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Lancette B. Jeanne de France, duchesse de Bretagne (1399-1433) présentée par saint Jean-Baptiste.Baie 102 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

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J'aimerai trouvé plus de renseignements sur les deux pattes qui, sur la sculpture du gable,  s'écartent des sommets du losange, et que je nomme lambrequins à défaut d'information. Sont-ils attestés ailleurs ? Représentent-ils quelque chose ? Ils se terminent en griffe par des dilatations ampullaires comme des bourgeons.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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2° À gauche à la base du gable : armoiries épiscopales de Bertrand de Rosmadec.

Le Men le décrit comme un écu triangulaire timbré d’une crosse et d’une mitre et portant un palé de six pièces. La mitre et la crosse ne sont plus visibles, tandis qu'on  perçoit les traces des bandes horizontales du palé. Les fanons de la mitre sont bien visibles de chaque coté de l'écu. 

 

Bertrand de Rosmadec, aumônier et conseiller de Jean IV, évêque de Cornouailles après  Gatien de Monceaux. 1416-1443 se démit en août 1444, ; il entreprit en 1424 la réfection de la nef de la cathédrale et inhumé dans la cathédrale. Ses armes sont un  palé d’argent et d’azur de six pièces.

On voit ses armoiries, à la meme place qu'ici, sur le porche ouest de la cathédrale.

 

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Ses armoiries figurent à la voûte rayonnante du chœur de la cathédrale, autour de celle du duc Jean V :

http://www.lavieb-aile.com/2016/02/les-vitraux-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper-i.html

Il est sans doute figuré en donateur en lancette B de la  baie 105, présenté par un saint évêque  à la Vierge à l'Enfant, alors que sainte Catherine et saint Yves sont peints dans les deux autres lancettes. L'absence d'inscription ou d'armoiries ne permet pas une identification fiable.

http://www.lavieb-aile.com/2016/03/les-vitraux-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper-ix-la-baie-n-105.html

Les vitraux du chœur de la cathédrale de Quimper IX : la baie n° 105 de Bertrand de Rosmadec.

On les trouvait sur la voûte de l'ancienne abbatiale de Daoulas.

http://www.lavieb-aile.com/2017/06/les-sablieres-de-l-ancienne-abbatiale-de-daoulas-inscription-de-1529-blasons-armories-et-scenes-animalieres.html

Elles sont conservées dans la chapelle Saint-Côme de Saint-Nic (la famille vient de Telgruc/mer).

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Armoiries épiscopales de Bertrand de Rosmadec. Chapelle Saint-Côme de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Elles figurent sur la clef de voûte de Kernascéden (56) :

http://www.lavieb-aile.com/2015/09/les-anges-musiciens-des-voutes-de-kernascleden-56.html

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_de_Rosmadec#/media/Fichier:Blason_Charles_de_Rosmadec.svg

 

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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3° À droite de la base du gable : armoiries de Jean II de Rosmadec, neveu de l’évêque Bertrand .

Le Men décrit un  écu arrondi couché, palé de six pièces, timbré sur son angle sénestre d’un casque orné de lambrequins et sommé d’un cygne pour cimier, et l'attribue à Guillaume de Rosmadec, père de Bertrand.

Les pièces de l'écu sont à peine visibles (le leucogranite s'altère, et se décolle par plaques), mais on reconnapit leur alignement.

On voit aussi cet ensemble héraldique dans le gable  du grand portail ouest. Il y est attribué par P.-F. Broucke à Jean II de Rosmadec (neveu de l'évêque, qui fut son tuteur). Le casque, comme ici, porte un tortil de baron. La banderole verticale est muette, mais elle pouvait porter (en peinture ?) le cri "EN BON ESPOIR", devise de la famille.

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Gable du porche nord de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Voir aussi :

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Les blasons placés  en dehors du fronton triangulaire,  gauche et à droite : Bodigneau et Quélennec.

 

 À gauche :  les armoiries des Bodigneau.

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Le Men décrit ne targe couchée timbrée d’un casque orné de lambrequins et sommé d’une tête de cygne issant d’une couronne de fleurons, tient dans son bec un cartouche sur lequel on lit la devise : A LAVENTURE :.

Cet écusson qui est aussi sculpté au-dessus du   porche ouest, appartenait à la famille de Bodigneau dont les armes étaient : de sable à l’aigle éployée d’argent becquée et membrée de gueules.

Jean Droniou, seigneur de Botigneau, était un important fonctionnaire du duché, proche de duc Jean (, trésorier et receveur général en Bretagne depuis 1420 et procureur de Cornouaille depuis 1429 .

— Voir la lancette B de la baie 106  du chœur de la cathédrale où Marie-Madeleine présente une dame de Bodigneau épouse d'un membre de la famille de Juch,  agenouillée comme donatrice.

http://www.lavieb-aile.com/2016/03/les-vitraux-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper-iii-les-baies-106-et-108-et-les-pupilles-au-jaune-d-argent.html

— Voir la lancette C de la baie 108 (voisine de la précédente) où un saint évêque présente en donateur  un seigneur de Bodineau portant un tabard à ses armes.

http://www.lavieb-aile.com/2016/03/les-vitraux-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper-iii-les-baies-106-et-108-et-les-pupilles-au-jaune-d-argent.html

— Voir les lancettes B, C et D  de la  baie 110 (qui suit les précédentes dans le chœur) : le seigneur de Bodigneau est présenté par Jean l'évangéliste, puis par Jean-Baptiste, puis une dame de Bodigneau en alliance avec Tréanna est présentée par la Vierge. 

"Saint Jean présente un chevalier en armure,  portant l'épée, et  sur son tabard les armes de la famille de Bodigneau, de sable à l’aigle impériale d’argent becquée et membrée de gueules. Le fief de cette famille se trouve dans la paroisse de Clohars-Fouesnant (à 15 km au sud de Quimper), où s'élève le château de Bodigneau, ou Botigneau, Bodignio ou Bodinio. Le Nobiliaire ou Armorial de Bretagne de Pol Potier de Courcy indique :

Botigneau (de), sr dudit lieu et de Kergoat, par. de Clohars-Fouesnant, — de Brunault, par. de Trébrivant. Réf. et montres de 1426 à 1562, par. de Clohars, év. de Cornouaille.

D’azur à l’aigle éployée d’or. Devise : À l’adventure.

Le nom ancien de cette famille est Droniou ; Jean Droniou, épouse Louise du Vieux-Chatel, dame de Brunault, dont : Alain, marié en 1562 à Marie de Kergorlay, père et mère de Jeanne, fille unique héritière, épouse de François de Kerc’hoënt.

 En 1426, le domaine de Botigneau  est tenu en 1426 par Jehan Droniou.

Vers 1500, cette famille fit édifier les vitraux de l'église Saint-Hilaire de Clohars-Fouesnant, avec leurs armes en supériorité, et Pierre de Bodigneau et Marie de Tréanna s'y font représenter en donateurs (Abgrall, Notice).  Voir Iconographie de saint Christophe.

 En 1424, lors de la construction de la façade occidentale, le blason du seigneur de Bodigneau est sculpté sur le tympan du portail, avec celle des trois autres nobles qui ont le privilège de porter le siège de l'évêque Bertrand de Rosmadec : les seigneurs de Nevet (Plogonnec), de Guengat et Du Quélennec (Le Faou). C'est dire qu'il s'agit alors d'une famille de tout premier plan en Cornouaille. Par contre, en 1480, lors de l'entrée épiscopale de Guy de Bouchet, les quatre seigneurs qu'accueillirent dans la cathédrale étaient Jean du Quélennec, Henri,seigneur de Névet, Guillaume, seigneur de Ploeuc,  et Guyomarch, seigneur de Guengat. Bodigneau avait donc laisser la place à de Ploeuc."

 

— Voir la lancette D de la baie 112, où une dame de Bodigneau est présentée par sainte Catherine.

http://www.lavieb-aile.com/2016/03/les-vitraux-des-baies-110-et-112-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper.html

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Voir le vitrail (vers 1520) de l'église Saint-Hilaire de Clohars-Fouesnant , résultant  "d'un don du seigneur de Botigneau. En 1505, la seigneurie appartenait à l'écuyer Pierre de Botigneau, et en 1541 à son fils Jean. En 1665, la terre de Botigneau fut vendue à Jean de Penfentenyo. Les seigneurs de Botigneau sont fondateurs de l'église paroissiale, et aussi des chapelles Saint-Jean et Saint-Guénolé qui leur appartenaient privativement ; ils possédaient leur tombe dans le chœur, et leurs armoiries d'azur à l'aigle éployée d'or à deux têtes becquées et membrées de gueules dans les deux vitraux éclairant chacune des chapelles latérales. Les vitraux du transept ont sans-doute été déplacés depuis ces chapelles."

 

 

http://www.lavieb-aile.com/2015/09/iconographie-de-saint-christophe-le-vitrail-de-clohars-fouesnant-29.html

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Jean Droniou offrit à la collégiale du Folgoët (relevant du mécénat ducal) une statue en kersanton avec son nom encadré de ses armes  à l'aigle bicéphale. En 1420, c'est lui qui, comme trésorier, vint apporter la donation de Jean V. Que représente cette statue ? comme par hasard, sainte Catherine ! La statue est moins belle que celle de Quimper, mais la comparaison s'impose néanmoins.

http://www.lavieb-aile.com/2017/04/la-collegiale-notre-dame-du-folgoet-v-les-statues-de-kersanton-1423-1433-par-le-grand-atelier-ducal-du-folgoet-1423-1509.html

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Sainte Catherine d'Alexandrie, Kersanton, Atelier du Maître du Folgoët (1423-1433) , angle sud-ouest de la chapelle de Coëtivy, Collégiale du Folgoët, photographie lavieb-aile avril 2017.

 

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription est portée par une banderole repliée tenue par le bec du "cygne". Elle indique, en lettres minuscules gothiques, la devise  A LAVENTURE : avec les deux-points reliés par le S habituel.

Les fûts sont droits, avec un empattement en losange orienté vers l'avant en bas, et vers l'arrière en haut. Les A sont à double œil , le V est semblable au U ; la traverse du T est longue. L'œil du E est ouvert, tracé par un fin trait en S sur la barre. C'est une écriture de type textura (qui sera adoptée par Gutenberg en 1455 pour sa Bible). 

 

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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 À droite : armoiries de la famille du Quélenec, d’hermines au chef de gueules, chargé de trois fleurs de lys d’or, avec la devise : EN DIEU / M /  ATENS :.

 

Jean III du Quélennec (1401-1459), vicomte du Faou, chambellan du duc de Bretagne depuis 1426, capitaine de Brest, amiral de Bretagne aux années 1432, 1442, 1450, 1461, 1471, et lieutenant-général en Bretagne, assiste en 1432 au siège de Pouancé, épouse en 1433 Marie de Poulmic († 1457), fille de Jan, seigneur de Poulmic, et de Jeanne de Kersaliou.

— Ces armes sont également présentes,  au-dessus du  porche ouest, dans la même situation en bas à droite. Mais le casque porte un tortil de baron. Le Men décrit "une  targe couchée timbrée d’un casque orné d’un lambrequin et sommé d’une tête de cygne issant d’une couronne, et tenant dans son bec un cartouche avec la devise : En Dieu m’attens. C’est la devise des seigneurs du Quélenec, barons dudit lieu et vicomtes du Faou. Leurs armes qui sont : d’hermines au chef de gueules, chargé de trois fleurs de lys d’or, se voient dans la voûte du bas-côté sud de la cathédrale. Les seigneurs de Quélenec étaient tenus, comme les seigneurs de Nevet et de Guengat, d’assister à l’entrée solennelle des évêques dans leur ville de Quimper. "

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Porche ouest de la cathédrale de Quimper. Photo lavieb-aile.

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— Ses armoiries en alliance avec Marie de Poulmic figurent sur la façade de la chapelle du Quilinien à Landrévarzec, débutée vers 1450-1457..

 

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/Les%20armoiries%20dans%20la%20chapelle%20de%20Quilinen.pdf

—Ses armoiries en alliance avec celles des Poulmic figurent aussi sur le calvaire daté vers 1433-1457 de l'église de Rumengol . Ce calvaire peut être attribué, comme ce porche sud de Quimper, à l'atelier ducal du Folgoët. Ces armoiries figurent aussi sur les vitraux de l'église de Rumengol.

http://www.lavieb-aile.com/2016/11/l-eglise-notre-dame-de-rumengol-29-ii-le-calvaire.html

 

 

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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L'inscription en minuscules gothiques, de la même main que la précédente,  EN DIEU / M /  A/TENS :  se clôt par le deux-points  habituel.

(Je ne peux exclure que le repli cache une première lettre T, ce qui donnerait EN DIEU / M /  ATTENS :  )

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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SOUS LA BALUSTRADE.

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Une figure d'Ève ?

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Une femme en coiffe, mains sur les oreilles.

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Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Porche sud (1424-1433) de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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CONTEXTE ARTISTIQUE.

Les trois principaux auteurs d'enluminures du premier quart du XVe siècle sont, selon F. Avril et N. Reynaud, les frères Limbourg, le Maître de Bedford (Bréviaire de Jean de Berry BnF lat. 17294)  et le Maître de Boucicaut alias Jacques Coene (Livre d'Heures, musée Jacquemart-André ms2, vers 1415). Et leurs principales émules seront ensuite le Maître des Grandes Heures de Rohan, et le Maître de Marguerite d'Orléans. Or, ces deux derniers ont travaillé pour les épouses des deux fils de la duchesse Jeanne et, dans les deux cas, avant la fin de réalisation des porches de la cathédrale de Quimper.

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1°) Le Maître de Rohan ( +/- =Jean Hermant et Maître de Giac)

a) Il a  peint les Grandes Heures de Rohan  BnF lat. 9471 pour Yolande d'Aragon en 1416-1417

 

Vierge allaitante f. 33v

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515749d/f76.item

Annonciation f.45r

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515749d/f99.image

Visitation (pour les anges) f. 70r

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515749d/f149.image

Sainte Catherine f. 231v

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515749d/f99.image

b) Il a peint le Livre d'Heures dit d'Isabelle Stuart (Fitzwilliam museum ms.62). Vers 1417 ou avant 1431. c) 234 folios, 2 miniatures pleines pages, 20 grandes miniatures, 437 miniatures marginales, par le Maître de Rohan (f.  199v, f.20, f. 136, f. 141v, etc) et le Maître de Giac.  Ce livre aurait été commandé par Yolande d'Aragon pour sa fille Yolande (1412-1440), qui épousa le duc de Bretagne François Ier en 1431. Le livre serait alors entré en possession d'Isabelle Stuart (1426-1494), 2ème épouse du duc et donc duchesse de Bretagne de 1442 à 1450. Celle-ci a peint, en folio 20 de la prière Obsecro te — supplication à la Vierge pour obtenir son assistance lors de la mort) —,  son propre portrait par dessus  celui de la première épouse, a placé ses propres armes, et s'est faite présentée par sainte Catherine (ce qui indique clairement l'importance de cette dernière aux yeux de la duchesse Isabelle).

https://www.fitzmuseum.cam.ac.uk/pharos/collection_pages/northern_pages/MS.62/FRM_TXT_SE-MS.62.html

 

PANAYOTOVA (Stella), 2014, , « The Rohan Masters: Collaboration and Experimentation in the Hours of Isabella Stuart », dans Colum Hourihane, Manuscripta Illuminata: Approaches to Understanding Medieval and Renaissance Manuscripts, Princeton, Princeton University Press and Penn State University Press, 

 

https://www.academia.edu/10668335/The_Rohan_Masters_Collaboration_and_Experimentation_in_the_Hours_of_Isabella_Stuart

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N.B. On recense au moins deux autres livres d'heures ayant appartenu à Isabelle Stuart, mais d'intérêt artictique moindre  : l'un à l'usage de Nantes et Paris, datant des années 1460-1465 (Bibliothèque nationale de France, Lat 1369), et un autre à l'usage de Rome (BNF, NAL 588).

— Heures d'Isabelle Stuart BnF NAL 588. La reine est présentée par saint François au folio 33v

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8555843r/f72.item

— Livre d'Heures d'Isabelle Stuart, BnF lat. 1369. La reine est présentée par saint François page 56.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501939c/f66.item.zoom

Annonciation :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501939c/f395.item

Sainte Catherine :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501939c/f332.item

c) Il a peint les  Heures de René d'Anjou BnF lat. 1156. Commandé par Yolande d'Aragon (ou Louis II d'Anjou), vers 1416-1417 à Paris à un atelier dont le Maître de Giac, Jean Hermant. 

Vierge allaitante f. 18v:

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000466t/f48.item

Annonciation f. 23r

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000466t/f57.item

Annonce aux Bergers (voir les anges) f. 52r

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000466t/f115.item

Fuite en Egypte (voir les anges) f. 62v

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000466t/f135.item

Sainte Catherine f. 75v (après Marie-Madeleine)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000466t/f161.item

d) Il a peint les Heures de Buz  Harvard Houghton Library Ms Richardson 42. 20 grandes enluminures et 40 plus petites. Le folio 155r montre la Vierge embrassant l'Enfant endormi,  entourée de deux anges qui soutiennent un drap d'honneur, avec l'oraison Ie te salue Marie a qui dieu son filz maria a humaine fragilité ;

https://curiosity.lib.harvard.edu/medieval-renaissance-manuscripts/catalog/34-990098818110203941

 

 

e) Un Livre d'Heures à l'usage de Troyes (vendu par Jorn Günther) lui est attribué. On y trouve folio 116 une Vierge à l'Enfant entourée de deux anges avec l'oraison Dulce dame de misericorde mere de pitie fontaine de tous biens qui portastes [Ihesu crist .x. mois en vos precieux  flans et la leitastes  de vos doulces mamelles.]

 C'est l'une des 15 Joies, dont le texte est également cité dans les Heures de René d'Anjou.

https://diocese-quimper.fr/fr/story/3632/notre-dame-des-joies

https://diocese-quimper.fr/fr/story/3632/notre-dame-des-joies

https://guenther-rarebooks.com/artworks/9383-masters-of-the-grandes-heures-de-rohan-likely-book-of-hours-use-of-troyes-c.-1415-1420/

Jean Sonet page 82.

  2°) le Maître de Marguerite d'Orléans  a peint pour cette dernière, épouse de Richard, comte d'Étampes et fils de Jean V, un Livre d'Heures BnF lat. 1156B vers 1426-1428.

Le folio  15r montre un ange agenouillé de profil 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502614h/f37.item

Au folio 25r, la duchesse est agenouillé devant la Vierge à l'Enfant devant un drap d'honneur et un prie-dieu aux armes France-Orléans (je note le damas aux phénix, comme sur les vitraux de la cathédrale):

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502614h/f57.item

Dans les suffrages, au f. 185r, sainte Catherine (dont le supplice est très précisément figuré)  est en deuxième position après sainte Madeleine, mais avant sainte Marguerite, patronne pourtant de la destinataire des Heures.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502614h/f361.item

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Le Livre d'Heures de Pierre II, duc de Bretagne, BnF lat 1159 est plus tardif  (1455-1459):

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b100345449

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ANNEXE. 

La polychromie du porche nord d'après les illuminations de la cathédrale .

http://www.lavieb-aile.com/2019/01/iliz-veur-la-cathedrale-de-quimper-transfiguree-la-nuit.html

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Photo lavieb-aile.

Photo lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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— BROUCKE (Paul-François), 2010, Les prééminences héraldiques de la cathédrale de Quimper au XVe siècle ,UBO master 1.

— CHAURIS (Louis), 2013, Les pierres sacralisées, dans Quimper, La grâce d'une Cathédrale, La Nuée Bleue

— LE SEAC'H (Emmanuelle), décembre 2010, Le ateliers de sculptures sur pierre en Bretagne du XVe au XVIIe siècle. Thèse soutenue à l'UBO sous la direction de Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page et Fañch Roudaut, 409 pages.

http://www.theses.fr/s155543

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs dur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, sous la direction de Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page et Fañch Roudaut,Presses universitaires de Rennes. sous la direction de Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page et Fañch Roudaut, 409 pages.

— LE MEN (René-François), 1877, Monographie de la cathédrale de Quimper (XIIIe-XVe siècle) , avec un plan

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1e08593c46eb46336af146045b16d0f4.pdf

— MAUGUIN (Michel), Les armoiries de la chapelle de Quilinen.

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/Les%20armoiries%20dans%20la%20chapelle%20de%20Quilinen.pdf

— PRIGENT, (Christiane), 2013, "La sculpture médiévale", dans Quimper, La grâce d'une Cathédrale, Direction scientifique et coordination : Philippe Bonnet, Yann Celton, Jean-Paul Larvol, Jean Marc. Préface de JMG Le Clézio et Philippe Le Guillou. 416 pages, plus de 400 images.  co-édition La Nuée Bleue / Place des Victoires. page 170-172.

 

— PRIGENT, (Christiane), s.d. La cathédrale de Quimper, Quimper p.34.

— PRIGENT, (Christiane), 1992, La Bretagne mariale du XIVe au XVIe siècle en Bretagne : un exemple d'ouverture au monde extérieur, dans J. Kerhervé, D. tanguy (dir.) 1491, La Bretagne, terre d'Europe, Brest-Quimper.

Etude de quelques sculptures bretonnes influencées par les modes venues des pays nordiques, BSAF 1980 Pages 269 à 288

— PRIGENT, (Christiane), La statuaire bretonne aux XIVe et Xve siècle, dans La bretagne au temps des Ducs (1491-1991), Daoulas, 1991.

— PRIGENT, (Christiane) 1984, « Quimper, Cathédrale Saint-Corentin. Le tombeau en calcaire de l'évêque Gatien de Monceaux », BSAF t. CXIII p. 342.

PRIGENT, (Christiane), 1982, « Quimper, Cathédrale Saint-Corentin. Vierge à l'Enfant du portail sud », BSAF t. CX p. 330 .

— PRIGENT, (Christiane), 1992, Pouvoir ducal, religion et production artistique en Basse-Bretagne (1350-1575), Paris.

 

— YEURC'H (Bertrand), Les cérémonies d'intronisation en Bretagne ducale

https://www.academia.edu/24314709/Les_c%C3%A9r%C3%A9monies_dintronisation_en_Bretagne_ducale

https://www.academia.edu/27163212/Les_c%C3%A9r%C3%A9monies_dintronisation_en_Bretagne_ducale_-_publication_papier

CPA

http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo151457

 

http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo225762

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Published by jean-yves cordier - dans Quimper Porches
22 janvier 2020 3 22 /01 /janvier /2020 19:36

Les deux ensembles de sablières (début XVIe ? et 1659) de l'église de Landévennec .

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Voir :

sur Landévennec:

 

Sur les ateliers de sculpture des charpentes du centre-Finistère :

—Sur les réalisations semblables à celles de l'église de Plomodiern en 1564 ("Jean Brellivet" ou maître de la nef de Plomodiern) :

—En proximité avec celles-ci : les artisans anonymes du Cap Sizun au XVIe siècle :

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—Sur les réalisations du Maître de Pleyben (1567-1576), attribution par S. Duhem :

 

— Attribution personnelle au Maître de Pleyben :

— Sur les réalisations d'un hypothétique Maître de Saint-Nic (1641-1676) :

Et aussi :

tous mes articles sur les sablières.

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PRÉSENTATION.

L'église de Landévennec.

"Elle comprend un clocher encastré à une chambre sans galerie, puis une nef sans bas-côtés séparée par un arc diaphragme d'un choeur à chevet plat ; ce choeur communique lui-même par deux arcades avec une chapelle nord en aile. L'édifice date en majeure partie du XVIIè siècle et a été restauré au XIXè siècle. Le clocher  porte la date de 1652 et les armes de l'abbé Pierre Tanguy, le porche des baptêmes celle de 1699 ; enfin, la sacristie est datée 1740. L'intérieur est lambrissé avec entraits engoulés. Les deux arcades en plein cintre reposent sur des tailloirs." (René Couffon)

 

"Dans sa structure, l´édifice semble remonter à la fin du 15e ou au début du 16e siècle. De cette époque datent le porche sud, l´arc diaphragme séparant la nef du choeur, des vestiges de sablières de la nef, la charpente (poinçons, entraits, blochets) ainsi que quelques baies bouchées (nef, chevet). La pierre encastrée dans la partie supérieure du chevet porte la date de 1652 ainsi que les armoiries de Pierre Tanguy, abbé de Landévennec. La façade occidentale et le clocher sont érigés en 1659 et portent les mêmes armoiries que le chevet. La date de 1699 figurant sur le pignon du porche correspond à un remaniement. La sacristie a été rajoutée en 1740. Le portail monumental remonte à la seconde moitié du 17e siècle. L´ensemble a été fortement restauré à plusieurs reprises, notamment au 19e siècle et en 1969. "(C. Douard)

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Les sablières de cette église n'ont pas été étudiées. Sophie Duhem, auteure de référence, n'en parle pas dans son ouvrage issue de sa  thèse de 1997. Christel Douard date (citation supra) les sablières de la nef et autres éléments sculptés de la charpente de la fin du XVe ou du début du XVIe siècle.

Or, il existe manifestement deux ensembles de sablières, puisque un premier ensemble sur les deux cotés de la nef est recouvert, le long d'une partie du mur nord de la nef, par un second ensemble, qui ne comprend que deux pièces (planches). 

On comprend volontiers que cette charpente sculptée n'ait pas retenu l'intérêt des spécialistes (ou des visiteurs) car, hormis les beaux entraits engoulés, le reste des éléments est très discret, et recouvert d'une peinture uniforme jaune.

J'aurais volontiers fait à mon tour l'impasse sur leur description, si je n'y avais pas reconnu, comme un visage familier, un motif à raisins grappillés par les oiseaux que j'avais déjà décrit successivement à Trégarvan et dans les deux chapelles de Saint-Nic, et si je n'avais affublé péremptoirement l'auteur anonyme de ces sculptures du titre pompeux de "maître des chapelles de Saint-Nic".

Pour dire vrai, et pour vérifier une fois de plus qu'on ne sait pas voir le réel, j'avais d'abord reconnu le motif du pampre qui développait ses montagnes russes aux grappes grenues, mais l'absence des oiseaux me troublait. Travaillant sur mes photos tel un trappeur du Canada, je finis par mettre la main, victoire, sur un premier volatil, puis, encore longtemps après, l'autre vint se percher avec une évidence malicieuse sur le rinceau. Ils sont dans les vignes les moineaux !

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Or, le démembrement par atelier des réalisations sculptées a été superbement initié par Sophie Duhem, mais c'est à nous qu'échoit la mission de le poursuivre. D'une part pour permettre d'évaluer l'itinéraire et la sphère d'activité d'un artisan, d'autre part pour préciser parfois des datations.

C'est le cas à Landévennec, puisque ce prétendu maître des sablières des chapelles de Saint-Nic a travaillé entre 1641 et 1676 :

Nous sommes donc amenés à penser que ces deux pièces de sablières datent de cette époque, et à les mettre en relation avec une date de 1659 inscrite dans une pierre sur le mur qu'elle domine.

Nous pouvons alors reporter sur une carte l'activité de ce sculpteur, sur une distance de 40 kilomètres environ, et sur une période de 35 ans.

Nous pouvons aussi avoir une vision plus large de la succession de ces ateliers dans la région de Pleyben à Argol (voir les liens vers les articles dédiés) :

1. Atelier dit "de Jean Brellivet" actif à l'église de Plomodiern et à l'église de Saint-Nic entre 1561 et 1566, après avoir sculpté vers 1554 les sablières de l'église  Pont-Croix et des chapelles de Saint-Tugen en Primelin et Saint-Trémeur en Cléden-Cap-Sizun.

2. Atelier du "maître de Pleyben" actif de 1567 à 1576 à l'église de Pleyben, à Sainte-Marie-du Ménez-Hom en Plomodiern, ou à Saint-Sébastien en  Saint-Ségal, mais aussi au nord de l'Élorn à l'église de Bodilis, à celle de  Saint-Divy et ou au château de Kerjean en Saint-Vougay (et sans-doute à l'église de Roscoff.

3. Atelier d'un "maître des chapelles de Saint-Nic"  actif un siècle plus tard sur 4 sites très proches.

 

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Nef  de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Nef de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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I. LES SABLIÈRES DE 1659, PAR LE "MAÎTRE DES CHAPELLES DE SAINT-NIC"

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Dans la partie orientale de la nef (celle dans laquelle on pénètre en entrant, et qui est séparée par un rideau de la partie arrière), la façade qui se présente au visiteur aussitôt la porte franchie  est la façade nord. Elle accueille un beau retable de saint Jean-Baptiste, et une statue du Christ-Roi. 

Mais il est important de remarquer, à mi-hauteur, une pierre portant une inscription, en réserve dans deux cartouches de largeur et de hauteur un peu différente. Le cartouche supérieur ne se laisse pas déchiffrer, et je prendrai mes rêveries pour une réalité en prétendant y voir SALAUN AN, ou même SALAUN FAB, après avoir lu QA: ---NAN. Mais ce qui est sûr, c'est la leçon du cartouche inférieur, après un espace vierge (ou martelé) : la date est clairement celle de 1659

Si cette date n'est pas relevée par Abgrall (pourtant grand amateur d'inscriptions lapidaires), si elle n'est pas rencontrée dans la nef par René Couffon dans sa Notice (qui écrit en 1959 "Le clocher porte à l'intérieur la date de 1659 , l'abside celle de 1652 et les armes de l'abbé Pierre Tanguy, le porche des baptêmes celle de 1699", puis en 1988  "L'édifice date en majeure partie du XVIIè siècle et a été restauré au XIXè siècle. Le clocher  porte la date de 1652 et les armes de l'abbé Pierre Tanguy, le porche des baptêmes celle de 1699 "; )  , ou par Christel Douard dans sa note pour l'Inventaire Général (qui donne cette date de 1659 pour le clocher et la façade occidentale, avec les armoiries de l'abbé de Landévennec), elle est mentionnée à cette place dans la nef par l'auteur de la belle description de l'église dans l'article Wikipédia sur la commune.

J'ai déjà été confronté à ces difficultés lors de la rédaction de mon article sur la façade occidentale, qui porte, pour moi, un blason de Jacques Tanguy daté de 1693.

Ce chronogramme lapidaire pose 2 questions : 1. La pierre a-t-elle été déplacée de son emplacement initial? 2. La date de 1659 peut-elle s'appliquer aux sablières ?

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Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

élévation nord de la nef  de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

élévation nord de la nef de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Inscription lapidaire  de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Inscription lapidaire de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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C'est à la jonction entre ce mur et le lambris peint en bleu que l'on peut découvrir deux  sablières (à proprement parler, des corniches") presque superposées. La plus récente (puisque elle recouvre partiellement l'autre) est la plus belle, car une tige y trace une sinuosité régulière, et y libère des feuilles et des grappes. C'est donc un pampre de vigne. Les feuilles sont larges et indentées pour la plupart, et les grappes rassemblent leurs grains de raisins en épis denses et acuminés. Deux oiseaux picorent les fruits. Elle se compose de deux pièces uniformément peintes d'un jaune moutarde.

Ces pièces ne vont pas jusqu'au mur diaphragme séparant la nef du transept, elles ne dépassent pas le sommet du fronton triangulaire du retable, peut-être parce qu'une extrémité a été perdue. D'autre part, leur partie inférieure est engagée dans la maçonnerie et échappe à notre examen. 

Juste avant le fronton du retable, nous découvrons un ange, de face, ailes largement étendue. Sa tête est belle quoique sculptée assez grossièrement, sans sourcils, avec de petits yeux, une petite bouche, et une pyramide nasale sommaire. C'est sa chevelure qui se remarque, en large fer à cheval entaillé de petites marques en amande, comme une tête primitive, voire égyptienne.

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Vue générale de gauche à droite.

Première pièce. Le premier oiseau grappille la 3ème grappe. Les grains de celles-ci sont taillés en pointe de diamant, et alignés en damier. Les ailes de l'oiseau portent des marques de gouge pour rendre les plumes.

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Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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L'ange, ailes étendues.

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Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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L'oiseau gourmand.

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Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Le deuxième oiseau .

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Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières (vers 1659 ?) de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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DISCUSSION.

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1. La chapelle Saint-Jean sur la commune de Saint-Nic : sa charpente est datée de 1653.

http://www.lavieb-aile.com/2018/06/la-chapelle-saint-jean-a-saint-nic-son-pardon-de-la-saint-jean-sa-fontaine-et-sa-statuaire.html

La charpente de la chapelle Saint-Jean à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile 23 juin 2018.

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2. Le bas-coté nord (vers 1670-1675) de la chapelle Saint-Côme de la commune de Saint-Nic:

http://www.lavieb-aile.com/2018/07/les-sablieres-1641-1675-de-la-chapelle-saints-come-et-damien-a-saint-nic.iii.les-sablieres-des-bas-cotes-et-leurs-blochets.html

 

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Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.
Sablières et blochets (1675) du bas-coté nord de la chapelle Saints Côme -et-Damien, à Saint-Nic. Photographie lavieb-aile juillet 2018.

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3. L'église paroissiale de Trégarvan.

 

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L'église Saint-Budoc à Trégarvan. Photographie lavieb-aile 27 juin 2018.

 

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Certes, nous pourrions trouver des différences, et je ne remarque pas à Landévennec les trous de foret utilisés pour rendre les effets de plumage sur les oiseaux.

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II. LES SABLIÈRES D'UNE PÉRIODE ANTÉRIEURE AUTOUR DE LA NEF.

Elles sont plus simples, puisque les éléments figurés ne s'y trouvent qu'aux extrémités des pièces de bois, mais pourtant, celles-ci sont soignées, et dotées d'une moulure.

D'autres enquêtes montreront peut-être un jour des sablières identiques permettant d'autres regroupements stylistiques.

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Dans la partie centrale de la nef, au dessus du retable de saint Joseph, un petit lapin se cache d'un chien qui le chasse. L'autre pièce est encadrée par deux feuilles.

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Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Dans  la même partie de la nef, coté sud.

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Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Le mur nord de la nef, salle du fond. Deux visages.

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Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Deux engoulants des entraits.

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Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Partie centrale de l'entrait médian de la nef.

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Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Sablières de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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Pour finir avec un bonus, voici deux détail d'un chapiteau placé en ré-emploi (C. Douard) comme support de la statue du Christ-Roi.

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Culot de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Culot de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Culot de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Culot de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Culot de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

Culot de l'église de Landévennec. Photographies lavieb-aile janvier 2020.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL 1917 : Chanoines Jean-Marie Abgrall et Paul Peyron, "[Notices sur les paroisses] Landévennec", Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 17e année 1917, p. 129-142, 161-170, 193-203, 225-236.

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1917.pdf

— COUFFON (René), 1988, Notice sur Landévennec

— DOUARD (Christel), l'Inventaire du Patrimoine :

http://w.bretania.fr/EXPLOITATION/Bretania/doc/GERTRUDE/IA29004724

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-notre-dame-landevennec/a3d63319-2d8e-427e-b84e-2b0c7cf106e0

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00090041

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne : images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. / Sophie Duhem ; préf. d'Alain Croix  Les sablières sculptées en Bretagne : images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. / préf. d'Alain Croix- Rennes : Presses universitaires de Rennes, 1997, 385 p.-[16] p. de pl. en coul. : ill. en noir et en coul. ; 24 cm

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33703824/f21.image.texteImage

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Land%C3%A9vennec#%C3%89glise_Notre-Dame_de_Land%C3%A9vennec

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
20 janvier 2020 1 20 /01 /janvier /2020 11:39

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La première chapelle du bas-coté sud.

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Les deux poutres est et ouest portent un décor sculpté où prédominent les dragons  à queue dotée d'une gueule, et qui menacent ou dévorent des épis ou des humains tout en crachant des langues de feu. La proximité est donc forte, sur le plan thématique, avec les sablières du chevet (vers 1544), mais nous ne retrouvons pas ici les caractéristiques du "maître de la nef de Plomodiern" propres à ces dernières. Par exemple, les trous de foret, marques de gouges en C et en I ou les médaillons sont absentes, et le bois (non peint) est soigneusement poncé et poli tandis que les reliefs linéaires à type de nervures sont fines et soigneuses.  Nous avons affaire à un sculpteur de charpente bien averti des différentes réalisations qui décorent les monuments du Cap Sizun et du sud du Finistère, qui a enrichi sa mémoire visuelle et ses carnets de croquis des travaux effectués ailleurs, mais qui affirme son style. Il est peut-être l'auteur des sablières les plus orientales  de Confort-Meilars.

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"L'église de Pont-Croix abrite un autre ensemble de sablières, placées à la jonction des deux chapelles du bas-coté sud sans doute au moment des modifications apportées à l'édifice au milieu du XVIe siècle. Le travail d'ornementation est élaboré, composé d'images de dragons déglutissant des végétaux, de personnages grotesques et de grylles monstrueux à plusieurs têtes. Il semble que l'auteur de cet ouvrage ait participé à la décoration des poutres de l'église de Confort, située à quelques kilomètres de là. La conception de cet ensemble est très hétérogène mais on reconnaît à l'observation de quelques détails la facture de Pont-Croix. Les représentations, que l'on retrouve également dans l'église de Plouhinec, attestent les contacts visuels, et par conséquents la circulation des sculpteurs dans la pointe du Cap Sizun à cette époque." (S. Duhem)

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1. La poutre du coté est.

Deux registres.

 Six dragons à queue céphalisée (donc 12 gueules au total) dévorent ou menacent des êtres humains, des épis, ou un chien, lorsqu'ils ne crachent pas des flammes ou des rubans. Les blochets ajoutent à ce total trois dragons, l'un dévorant une tête humaine, les autres présentant un écu bûché.

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1. Le blochet de gauche: dragon tenant dans sa gueule un humain.

Ce blochet est d'un grand intérêt car il éclaircit l'interprétation du motif du dragon dans l'ornementation médiévale et Renaissance des monuments religieux. Si les dragons sont quasi constants en Bretagne, et notamment en Finistère, au XV et XVIe siècle, et si on ne les compte plus à l'intérieur sur les sablières, les blochets ou sur les entraits sous forme d'engoulants, et à l'extérieur sur les crossettes ou sur les façades, leur tête souvent débonnaire et leur attitude n'incitent pas à prendre vraiment au sérieux la peur théâtralisée et baroque qu'ils voudraient susciter. Bien-sûr, ils menacent souvent (notamment à Pont-Croix) des figures humaines ou semi-humaines de leurs crocs acérés, mais ni l'animal ni l'humain ne semblent vraiment croire à l'acte qu'ils mettent en scène. Le dragon est-il une figure du Diable ? Ou de la Mort ? S'inscrit-il dans une pensée chrétienne rappelant aux paroissiens les risques pour leur âme d'une conduite peccamineuse ? Annoncent-ils les tableaux que les missionnaires comme Michel Le Nobletz puis le père Maunoir  vont peindre au XVIIe siècle pour conduire les fidèles dévoyés vers les confessionnaux ?

Au contraire, relèvent-ils de la résurgence de croyances animistes, ou celtes, ou ésotériques ?

J'en doute fort, et j'y vois plutôt une farce gaillarde, l'expression pleine d'entrain de paysans adoptant une mode d'ornementation très en vogue, car ils en apprécient, précisément, la neutralité : dans les espaces intermédiaires qui échappent au champ liturgique, ils laisseraient une place à l'imaginaire. Mais de façon néanmoins très codée, voire ritualisée, puisque les artisans sculpteurs répètent, chacun avec son talent et ses inventions stylistiques, des modèles communs.

Ces animaux fabuleux sont à rapprocher de ceux qui figurent sur les armoiries : leur présence est plus emblématique que signifiante (en terme de croyance) ou narrative, même s'ils renvoient aux dragons foulés par saint Michel, asservis par saint Pol-de-Léon, et à celui dont sainte Marguerite s'est libérée.

Ici, ce dragon semble bien prendre son rôle de grand méchant loup très au sérieux, et la créature humaine (ou ce qui en reste, disons l'âme) n'en mène pas large. Ce passage à l'acte n'est pas fréquent pour des bêtes qui se contentent habituellement d'ouvrir  une large gueule, voire de tendre une langue gourmande vers les humains. Pourtant, dans une paroisse voisine, à Confort-Meilars, un blochet de la charpente de Notre-Dame de Confort est identique à celui-ci, ce qui incite à créer un cousinage (de date ou d'auteur) entre les deux réalisations sculptées. La même scène est représentée selon S. Duhem sur un blochet de l'église de Plouhinec (même secteur géographique, même époque) ainsi qu'à Bieuzy en 1560.

Nous tenons donc ici un détail qui a une haute valeur sémiologique pour le pisteur en patrimoine monumental.

Le style est néanmoins différent dans cette chapelle de Pont-Croix par rapport à Confort-Meilars. Certes, le haut du museau se retrousse en volute, l'œil est large et de face, mais le haut du corps accumule des nodosités creusées en leur centre, comme des petites pommes resserrées, pour rendre les pustules infectes de la bête. Le sourcil forme un éventail de plumes.

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Partie gauche.

En haut : un chien aboie contre un animal, né de la queue d'un dragon ailé. Épillet et bouton floral d'un rinceau.

En bas : un masque humain de 3/4 est léché par un dragon né de la queue d'un dragon ailé. Épillet et  et bouton floral d'un rinceau.

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Scène suivante :

En haut : le rinceau est bûché (ou usé), puis apparaît une gueule de dragon, crachant une tige à épis de grains.

En bas : le rinceau naissait en fait de la gueule d'un dragon, mêlé à des volutes (langues de feu ?). Là encore, il s'agit d'un dragon ailé à queue céphalisée, où l'autre gueule lance également des langues de feu.

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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De l'autre coté du blochet central.

En haut, la pièce a été entièrement bûchée, nous devinons seulement le cheminement d'un rinceau.

En bas, un rinceau s'échappe d'une deux hommes se battent (l'un frappe l'autre avec un bâton ), mais le premier est avalé par sa chevelure par le dragon de gauche, tandis que la victime des coups de bâton, à la figure vultueuse, voit son bras gauche avalé par le dragon de droite.

 

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Le blochet central : deux dragons présentant un blason(bûché).

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Le blochet de droite (moderne).

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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2. La poutre du coté ouest.

Deux registres.

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Pièce de droite.

Restauration récente avec remplacement de parties.

En haut (entièrement moderne ?) un lion et un dragon aux extrémités et un dragon à queue céphalisée crachent une tige à épillets.

En bas, un dragon ailé crache une tige à épillet picorée par un oiseau. Un masque humain de profil crache à son tour un épillet. À gauche, un lion (moderne) présente un écu avec un lion de la pièce de gauche.

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Pièce de gauche.

Dragons ailés et lions crachant des tiges à épis.

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Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (milieu XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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La chapelle du Rosaire du bas-coté sud.

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Les corniches sculptées des retombées ouest et est du lambris peint nous offrent un exemple d'une façon de faire très différente des frises précédentes, puisque les pièces de bois montrent à intervalle régulier des têtes en haut-relief d'hommes et de femmes dont les coiffes ou chaperons enturbannés supportent une tablette, inoccupée.

 

Sophie Duhem  les datent du début du XIVe siècle et remarquent leur parenté avec celles de Fouesnant et de Penmarc'h.

" Quelques sablières anciennes placées dans le bras sud du transept présentent des décors qui datent très probablement du début du XVIe siècle. Les figures principales sont constituées de bustes féminins et masculins coiffés de chapeaux et de turbans. Des représentations d'une facture très proche apparaissent dans les sanctuaires de Fouesnant et de Penmarch semblant attester un déplacement de sculpteur jusqu'au sud du diocèse." (S. Duhem)

http://www.lavieb-aile.com/article-les-sablieres-et-poin-ons-de-l-eglise-notre-dame-et-saint-michel-de-quimperle-123158720.html

Seuls les blochets à gueule de dragons créent un lien avec les autres charpentes de Pont-Croix.

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Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières (début XVIe) de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

 

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SOURCES ET LIENS.

 

 

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COUFFON (René)

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/e2b9737d7806ae456f45f5edb17ba812.pdf

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_82/Notre_Dame_de_Roscudon_et_lAtelier_de_Pont_Croix_.pdf

https://m.shabretagne.com/scripts/files/51d0571f3eb5e5.73808665/1951_01.pdf

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. ... préface d'Alain Croix. , Rennes : Presses universitaires de Rennes, 1997 : thèse de doctorat en histoire sous la direction d'Alain Croix soutenue à Rennes2 en 1997. Pont-Croix cité aux pages 18 ; 19 ; 63 (mutilations des sablières) ;  84 (atelier de sculpture sur pierre) ; 139 ; 141 à 143 ; 156 ; 179 ; 239 ; 267 ; et 301.

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
19 janvier 2020 7 19 /01 /janvier /2020 10:38

Les vitraux du XVe siècle de la cathédrale d'Évreux  : la baie 213 (1450) "des trois Marie" offerte par Pierre de Brézé et Robert de Floques.

 

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Après 22 articles sur les vitraux du XIVe, j'explore les vitraux du XVe siècle de la cathédrale, en suivant peu ou prou  l'ordre chronologique des datations de ces verrières. Je suis guidé pas à pas par les publications de Françoise Gatouillat, et notamment par Gatouillat 2001, auquel j'emprunte toutes les données techniques.

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Voir :

 

 

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Voir aussi :

.— Sur les vitraux du XVe siècle de la cathédrale d'Évreux :

— Sur les fonds damassés  outre les articles sur les baies 15, 17 et 19 cités supra : 

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Voir La verrière des Trois Marie de Louviers (1510-1515)

Liste de mes 200 articles sur les vitraux :.(plutôt 225 maintenant !)

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PRÉSENTATION.

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La baie 213 est la première baie du coté nord du haut-chœur, et l'une des 3 du XVe siècle (avec les baies 203 et 205 offerte par Thibaut de Malestroit, plus précoces puisque datées vers 1409-1415). Elle date de 1450 (environ) et tranche avec les baies antérieures dont les registres figurés s'encadraient dans une vitrerie géométrique claire. Ici, les trois registres figurés et colorés occupent toute la hauteur..

Elle mesure 6, 50 m de haut et 3,60 m de large et comporte 4 lancettes trilobées et un tympan à 1 pentalobe, 2 trilobes et 9 écoinçons. 

Elle a été peu restaurée, sans-doute par Duhamel-Marette avant 1868.

Elle a été offerte par Pierre de Brézé  et Robert de Floques, libérateur d'Évreux en 1441, en l'honneur de l'entrée dans le trésor de la cathédrale des reliques des saintes Marie Salomé et Marie Jacobé en 1449 : elle date donc de 1450, ou un peu plus tard.

La première description date de 1868 : elle est de l'abbé Pierre-François Lebeurier, qui fut archiviste-paléographe (1845-1846), professeur de dogme à la Faculté de théologie de Bordeaux, archiviste du département de l'Eure, curé de Huest et de Gravigny, (Eure) et, c'est important, chanoine titulaire d'Évreux.

 

"La fenêtre 45. se distingue de toutes les autres fenêtres du chœur en ce que ses menaux sont du style flamboyant. Ses formes contiennent :

1. Sainte Marie-Madeleine tenant de la main droite un vase de parfums et de la gauche un livre. Au-dessous deux personnages à genoux, qui sont Pierre de Brezé et Robert de Floques. On les reconnaît à leurs cottes d'armes armoriées, savoir pour Brezé d'azur, à l'écusson d'argent, accompagné de crossettes d'or ; et pour de Floques : de gueules, à 3 bandes d'argent ; au-dessous encore trois autres personnages à genoux, qui sont sans doute des membres de la famille des précédents ;

2. Sainte Marie Cléophas avec ses quatre enfants: S. Jacques, S. Simon, S. Jude et S. Joseph. Au-dessous le Dauphin, duc de Normandie, qui fut depuis Louis XI, agenouillé, les mains jointes devant un pupitre qui porte un livre ouvert. Sa cotte d'armes est armoriée de France et de Dauphiné; au- dessous encore trois personnages à genoux ;

3. La Sainte Vierge portant  l'enfant Jésus. Au-dessous le pape Eugène IV à genoux et portant la tiare ; au-dessous encore trois personnages à genoux, savoir : un évêque en chappe ayant la mitre et la crosse et deux chanoines dont le premier tient une crosse. Ils doivent représenter l'évêque d'Evreux, Guillaume de Floques, l'abbé du Bec, premier chanoine de la cathédrale, et Robert Cybole, doyen ;

4.Sainte Marie Salomé et ses deux enfants , S. Jacques et S. Jean ; au-dessous, le roi de France, Charles VII, à genoux, devant un pupitre qui porte un livre ouvert; il est revêtu d'une cotte d'armes, d'azur semé de fleurs de lys; au-dessous encore trois personnages à genoux, l'épée au côté , qui sont sans doute des officiers du roi.

[...]

Cette verrière , qui est une œuvre d'art fort remarquable , paraît avoir voulu rappeler le souvenir de trois événements d'un haut intérêt : la fin du grand schisme d'Occident sous Eugène IV, la rentrée de la Normandie entière sous l'autorité de Charles VII, précédée du recouvrement d'Evreux par Pierre de Brezé et Robert de Floques ; mais elle fut faite directement à l'occasion du don fait à Guillaume de Floques et à son église par René d'Anjou, roi de Sicile, des reliques des Saintes Marie Jacobé et Marie Salomé. Le Brasseur dit (page 290) que Pierre de Brezé les fit mettre dans une châsse d'argent, où sont gravés son nom et celui de Catherine Crespin , sa femme. Le Mémorial des évêques d'Evreux, p, 430, ajoute qu'il présenta cette châsse à Robert Cibole, doyen (1).

La claire-voie du triforium est ornée, dans la partie supérieure des ogives, de trois écussons. Le premier parti de Floque et de Crespin (fuselé d'argent et de gueules) ; le second parti de Brezé et de Crespin ; le troisième de Floques.

Nous devons l'interprétation de cette magnifique verrière à Monseigneur l'évêque d'Evreux. Sa Grandeur l'a fait restaurer et admirablement graver." (Lebeurier)

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Je ne lui trouve pas d'intérêt particulier sur le plan technique, son emploi du jaune d'argent est, depuis plus de 100 ans, banalisé, et ses damassés sont, pour ce que je peux en voir, simples. Elle est riche en données héraldiques, surtout en y ajoutant le tympan de la baie 113 qu'elle domine. Elle est passionnante sur le plan historique (et elle a d'ailleurs été qualifiée de "verrière historique") en réunissant un roi, un dauphin, un pape, un évêque, et deux héros de la libération d'Évreux des mains des Anglais, vingt ans après la mort de Jeanne d'Arc : elle marque la fin de la Guerre de Cent Ans.

Mais ce qui m'a ému, et qui en est peut-être le fil rouge, c'est de découvrir que les deux héros (le sénéchal, comte d'Évreux, et le grand bailli d'Évreux sont beaux-frères. Ils ont épousé les deux filles de Guillaume X du Bec-Crespin, descendant de Guillaume VI ( connétable héréditaire de Normandie depuis 1262) et époux de Jacqueline d'Auvricher, Maréchale héréditaire de Normandie. Les armoiries losangés d'argent et de gueules sont présentes deux fois dans la baie du triforium.  L'importance pour les intéressés de cette alliance avec Jeanne Crespin et Jacqueline Crespin est aussi soulignée par leurs présences comme donatrices en registre inférieur.

La place des femmes dans cette verrière est bien évidemment majeure aussi par la représentation de trois saintes femmes autour de Marie en registre supérieur :  c'est le seul exemple d'une baie où aucun homme ne figure parmi les saints personnages de grande taille des lancettes. Le plus passionnant est de comprendre que, derrière le don des reliques de Salomé et Jacobé à la cathédrale, se cache la tradition d'une Sainte Parenté, équivalent généalogique féminin du thème d l'Arbre de Jessé, et que le culte des Trois Marie est, dans les oraisons des livres d'Heures de la noblesse, celui  «des trois sœurs de noble lignage par ce nom Marie nommées». Ce culte fut entretenu par Jeanne d'Évreux au XIVe siècle, comme modèle de conduite pour des vies exemplaires d’épouses, de mères ou de veuves, et modèle de piété, de sagesse et de bonne entente."

Toute la baie s'organise donc sur cet hommage aux femmes de noble lignage : lignage royal pour la Vierge couronnée, lignage de sainteté pour les Sainte Femme, lignage de haute noblesse normande pour Jeanne et Jacqueline Crespin.

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Baies 213 et 113 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 213 et 113 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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LE REGISTRE SUPÉRIEUR.

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Les quatre lancettes sont occupées de gauche à droite par sainte Marie-Madeleine, sainte Marie-Jacobé avec ses quatre fils, la Vierge et l'Enfant, et sainte Marie-Salomé avec ses deux fils. Autrement dit, Marie est entourée des trois saintes femmes présentes lors de la Passion selon Marc 16:1, notamment pour embaumer le corps de Jésus, et qui constatèrent que le tombeau était vide. Ce qui fait d'elles les premières témoins de la Résurrection. "Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala [assimilée ensuite sous le nom de Marie-Madeleine  à Marie de Béthanie, la sœur de Marthe et de Lazare], Marie mère de Jacques et Salomé achetèrent des aromates afin d'aller embaumer Jésus."

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1°) Les Trois Marie : Madeleine, Salomé et Jacobé.

Les quatre lancettes sont occupées de gauche à droite par sainte Marie-Madeleine, sainte Marie-Jacobé avec ses quatre fils, la Vierge et l'Enfant, et sainte Marie-Salomé avec ses deux fils. Autrement dit, Marie est entourée des trois saintes femmes présentes lors de la Passion selon Marc 16:1, notamment pour embaumer le corps de Jésus, et qui constatèrent que le tombeau était vide. Ce qui fait d'elles les premières témoins de la Résurrection. "Lorsque le sabbat fut passé, Marie de Magdala [assimilée ensuite sous le nom de Marie-Madeleine  à Marie de Béthanie, la sœur de Marthe et de Lazare], Marie mère de Jacques et Salomé achetèrent des aromates afin d'aller embaumer Jésus."

La tradition a voulu que ces trois Marie, chassées de Palestine, aient débarqué en Provence (aux Saintes-Marie-de-la-Mer) avec Marthe, Lazare et Maximin. Marie-Madeleine, retirée comme ermite dans le massif de la Sainte-Baume.

Les reliques de ces premiers disciples eurent une importance considérable. Celles de sainte Marie-Madeleine fit tout le succès de Vézelay. Celles de Lazare furent vénérées en la cathédrale d'Autun. Marie-Salomé et Marie-Jacobé suscitèrent le pèlerinage des Saintes-Marie-de-la-Mer, mais ce n'est qu'en 1447 que René d'Anjou, comte de Provence, obtint des bulles du pape Nicolas V pour procéder des fouilles dans l'église appelée alors Notre-Dame-de-la-Mer (et qui deviendra église des Saintes-Maries-de-la-Mer) et, suite à la découverte de trois corps, procéder  à l'invention de leurs reliques (1448), les conserver dans des chasses et en propager le culte jusqu'en Anjou. Dès décembre 1449, René d'Anjou fit don d'une partie de ces reliques (des fragments de côtes) à la cathédrale d'Évreux. Comment expliquer ce privilège ébroïcien ?

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2. Les Trois Marie : la Vierge, Jacobé et Salomé.

Il faut comprendre que la tradition a ensuite réunit "les trois Marie" (cette fois, la Vierge, Marie Jacobé et Marie Salomé) pour en faire les trois filles successives (par trois mariages) de sainte Anne : Anne et Joachim eurent (miraculeusement) la Vierge Marie, Anne et Cléophas eurent Marie Jacobé,   et Anne et Salomas eurent Marie Salomé. 

La Vierge Marie,  mariée à Joseph engendra miraculeusement Jésus.

 Marie Jacobé eut de son époux Alphée saint Jacques le Mineur, Joseph le Juste (le seul qui ne soit pas un apôtre), saint Simon et saint Jude-Thaddée.

Marie Salomé eut de son mari Zébédée les apôtres saint Jacques le Majeur et saint Jean.

 La descendance d'Anne constitue, selon une tradition apocryphe rapportée par la Légende Dorée au XIIIe siècle, "la Sainte Parenté", où Marie Jacobé et Marie Salomé sont les sœurs de la Vierge Marie. Cette Sainte Parenté fit l'objet d'une riche iconographie, comme par exemple l'enluminure des Heures d'Etienne Chevalier peinte par Jean Fouquet vers 1452-1460, donc à peu près en même temps que notre vitrail. On y voit sainte Anne et ses trois filles. Comme déjà vers 1450 par le Maître de Jouvenel dans les Heures d'Angers BnF NAL 3211 p.27, avec la prière "Trois sœurs de noble lignage par ce nom Marie nommées".

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte_Parent%C3%A9#/media/Fichier:Sainte_Anne_et_les_trois_Marie.jpg

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10025446v/f29.image

 

 

 

 

Les historiens ont pu mettre en évidence le thème de ce vitrail (Marie-Madeleine + les Trois Marie) avec le don des reliques de Marie Salomé et Marie Jacobé, en décembre 1449, à la cathédrale d'Évreux.

"An 1452. Et a son instance [...] de Guillaume de Floques ], Pierre René d'Anjou, roy de Hierusalem et de Sicile, comte de Provence, fit present au chapitre d'Evreux de deux parties notables des costes de Stes Marie Jacobé et Marie Salomé, attestées en parolles de roy avoir esté tirées de leurs corps, apportées au Mont de Ste Catherine de Rouen le quatre de decembre 1449, et qui avoient esté transportées, a la priere de Sa Majesté, d'une petite bourgade au diocese d'Arles, par la permission du cardinal de Foy, legat du St Pere le pape et archevesque d'Aix, le premier de decembre 1448" (Le Batelier d'Aviron)

Mais c'est Claudia Rabel qui a montré en 2007 le lien entre la Sainte Parenté et la reine Jeanne d'Évreux (fille du comte d'Évreux).

 

"Cette nouvelle promotion des saintes est peut-être directement liée à l’entrée en scène de la reine Jeanne d’Evreux qui va devenir la véritable bienfaitrice des carmes parisiens. De même, ce n’est sans doute pas un hasard si l’essor de la sainte parenté d’Anne eut lieu en France, au moment même où les descendants par les femmes étaient exclus de la succession au trône. En 1325, en effet, Jeanne d’Evreux, arrière--petite-fille de saint Louis, devint la troisième femme de Charles IV qui espérait enfin obtenir d’elle un fils héritier . Mais comme sainte Anne, la reine n’eut que trois filles. ...

Contrairement à la grand-mère du Christ et des apôtres, le lignage royal féminin fut donc refusé à Jeanne d’Evreux. Mais pendant plus de quarante ans, jusqu’à sa mort en 1371, la dernière reine capétienne sera la doyenne, estimée et respectée, de toutes les femmes de caractère qui gravitent à la cour de France au XIVe siècle, artisane de la paix dans le conflit entre les Valois et les Evreux-Navarre. Ces reines et princesses, souvent devenues veuves jeunes, sont citées en exemple de bon gouvernement aux princes qui se querellent et se combattent. Dans ce contexte, Jean de Venette ne dut guère avoir de mal à gagner le soutien de Jeanne d’Evreux pour promouvoir le culte des Trois Maries, «sœurs de noble lignage», modèle de conduite pour des vies exemplaires d’épouses, de mères ou de veuves, et modèle de piété, de sagesse et de bonne entente." (C. Rabel)

 

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J'ai souligné, dans les premiers articles sur les vitraux du XIVe de la cathédrale, l'importance du mécénat de Jeanne d'Évreux soit par son Livre d'Heures illustré par Jean Pucelle, soit par la statue en argent de la Vierge, offerte à la cathédrale.

 

"Les verrières de la cathédrale d’Evreux. Après Charles V et Charles VI, leurs successeurs continuent à être associés à la dévotion aux Trois Maries, protectrices des rois Valois, cette fois-ci publiquement, dans des verrières de la cathédrale d’Evreux en Normandie. L’ambiguïté de l’identité des Trois Maries: filles de sainte Anne ou Saintes Femmes des Evangiles, est résolue dans les quatre lancettes de la «verrière historique», qui se situe du côté nord dans la travée reliant le transept au chœur de la cathédrale. Elle a été offerte par les vainqueurs de la bataille de Formigny en 1450, Pierre de Brèze et Robert de Floques. La verrière commémorait cette victoire, qui marqua la fin de la guerre de Cent Ans, et honorait l’entrée au trésor de la cathédrale des reliques des saintes Marie Jacobé et Marie Salomé. Ces reliques avaient été données en 1449 à l’évêque d’Evreux, Guillaume de Floques, par René Ier duc d’Anjou. Ce prince également comte de Provence vénérait les deux Maries, dont il venait de retrouver les corps, comme il vénérait aussi leur compagne Marie-Madeleine et sainte Marthe, dans le cadre de sa politique menée dans le Midi de la France.

A l’arrivée de leurs reliques à Evreux, les deux Maries sont de nouveau réinterprétées comme demi-sœurs de la Vierge et mères des apôtres. En même temps, les donateurs de la verrière préservent leur identification aux Saintes Femmes au Tombeau, en choisissant Madeleine pour la première des quatre lancettes (La même solution a été adoptée dans un livre d’heures parisien enluminé dans l’entourage du Maître de Bedford, où l’ange de la Résurrection apparaît au tombeau vide du Christ à quatre Saintes Femmes: Lisbonne, Musée Calouste-Gulbenkian, LA 141, f. 217v. ).

En dessous des saintes, les places d’honneur aux pieds de la Vierge et de Marie Salomé, reviennent au pape Nicolas V —L’identification du pape à Eugène IV, avancée par Les vitraux de Haute-Normandie, semble impossible, ce pape étant mort en 1447, avant les événements conduisant à la réalisation de la verrière. — et au roi de France Charles VII, alors que le dauphin et les deux donateurs sont agenouillés derrière le pontife.

Comme un siècle plus tôt après la guérison miraculeuse de Pierre de Nantes, les saintes Maries provençales sont désinvesties de leur rôle de premiers témoins de la Résurrection du Christ, trop proches du mystère insaisissable de Pâques. Suivant une évolution générale de la piété à la fin du Moyen âge, elles sont «descendues sur terre», pour devenir des saintes plus proches des fidèles. Ces derniers invoquaient en elles des mères à la tête de familles modèles, bénies de nombreux fils illustres. Tout laïc en désirait, le roi de France en tête comme les deux donateurs, dont les familles se déploient dans le registre inférieur de la verrière. Il en allait de même pour le fils et successeur de Charles VII. Devenu roi, Louis XI voua une dévotion particulière à Notre-Dame d’Evreux. Peu après 1465 il fi t magnifiquement rebâtir la chapelle axiale dédiée à la Vierge et la fit orner d’un ensemble de verrières réalisées vers 1467-1469. Parmi elles, nous retrouvons encore une fois les Trois Maries, mais disposées sur deux verrières qui se font face. Au Nord, au sein du vitrail consacré à l’histoire de sainte Anne, une lancette est occupée par ses deuxième et troisième filles accompagnées de leurs fils. L’insistance sur sainte Anne et sa descendance s’explique à un moment où Louis XI, avant la naissance de son fils Charles en 1470, se souciait de sa succession et avait cherché en vain à l’assurer à sa fille aînée Anne. En face, côté Sud, dans une des lancettes du vitrail du «Triomphe de la Vierge», une Mater omnium protège sous son manteau un petit groupe d’hommes où Louis XI est «empereur en son royaume», agenouillé directement face au pape Paul II suivi du cardinal Jean Balue, évêque d’Evreux (Gary BLUMENSHINE, «Le vitrail du triomphe de la Vierge d’Evreux et Louis XI. Le patronage artistique des Valois dans la Normandie du XVe siècle», dans Annales de Normandie, 40, nos 3-4, 1990, p. 177-214 ). Ici encore, iconographie et politique, démographie et parenté se trouvent étroitement liées." (Claudia Rabel)

Lire aussi le blog pecia  http://blog.pecia.fr/post/2011/11/28/Pierre-de-Nantes-et-les-trois-Marie

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Sainte Marie-Madeleine tenant le flacon d'aromates.

Fond rouge uni.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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 Marie-Jacobé avec ses quatre fils, Jacques le mineur, Joseph le Juste, Simon-Thaddée et Jude.

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Fond jaune orangé damassé (rinceaux). La sainte est nimbée, voilée et porte la guimpe.

 

 

 

 

Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge Marie portant son Fils.

Fond lie-de-vin à rinceaux polycycliques.

Elle est nimbée, couronnée et voilée. La Mère et son Fils se penchent vers les donateurs du registre inférieur.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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 Marie-Salomé avec ses deux fils saint Jacques et saint Jean.

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Fond jaune-orangé à rinceaux. La sainte est nimbée, voilée et porte la guimpe. Elle remet un livre à l'un de ses fils, le premier ayant déjà un livre en main. Les pieds des enfants sont nus, ce qui rappelle qu'ils furent des apôtres.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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LES DEUX REGISTRES DES DONATEURS.

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Première Lancette.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Pierre de Brézé et Robert de Flocques.

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Les deux hommes, sensiblement du même âge, sont beaux-frères, puisqu'ils ont épousé chacun l'une des deux filles de Guillaume Crespin (ou Bec-Crespin). Ce sont des compagnons d'armes, puisqu'ils sont, en septembre 1441, les libérateurs d'Évreux  (ils reçurent en 1442 pour cet exploit 6000 écus d'or du roi Charles VII), puisque vers 1443 Robert de Floques reçut ses gages de grand bailli et capitaine d'Évreux tandis qu'en 1441 Pierre de Brézé, déjà grand sénéchal,  avait été fait comte d'Évreux. 

1. Pierre de Brézé (1410-1465).

Il est représenté agenouillé en armure recouverte d'un tabard à ses armes d'azur, à l'écusson d'argent, accompagné de crossettes d'or.

 

Rappel Wikipédia :

Pierre de Brézé, né vers 1410 ou 1412 et mort le 16 juillet 1465 à Montlhéry, est un soldat, courtisan et homme de gouvernement au service des rois de France Charles VII et Louis XI qui s'est illustré au cours de la guerre de Cent Ans.

Pierre de Brézé entre très tôt au service du roi de France Charles VII. Il est déjà suffisamment renommé à la cour à l'été 1433 lorsqu'il apporte son soutien à la belle-mère du roi et duchesse douairière d'Anjou Yolande d'Aragon et au connétable Arthur de Richemont quand ces derniers écartent de la cour le puissant favori Georges de La Trémoille. Adoubé dès 1434 par Charles IV du Maine, Brézé entre rapidement au Conseil royal, puis est nommé grand sénéchal d'Anjou en 1437 et de Poitou en 1440. Brézé soutient ainsi de manière décisive le roi Charles VII contre son fils le dauphin de France Louis et les grands féodaux au cours de la Praguerie entre février et juillet 1440, ce qui lui portera préjudice quelques décennies plus tard.

Brézé s'évertue au cours des années 1440 à chasser les Anglais du royaume de France, au cours de la dernière phase de la guerre de Cent Ans. Il participe de ce fait aux hostilités en Normandie dès 1440 et en Aquitaine dès 1442. En récompense de son rôle joué dans la défense de Pontoise contre les Anglais menés par Richard d'York, le roi le crée comte d'Évreux en 1441. Brézé bénéficie de l'appui total de la maîtresse du roi Agnès Sorel, devient chambellan du roi et assoit son autorité sur le Conseil royal au détriment de ses anciens alliés, tels Arthur de Richemont ou Charles IV du Maine. Les années de son ascension spectaculaire au sein du gouvernement, entre 1444 et 1450, se révèlent être les plus glorieuses du règne de Charles VII.

Malgré des accusations formulées en 1448 par son farouche ennemi le dauphin Louis qui résultent en un procès qui l'exonère complètement, Pierre de Brézé garde la confiance de Charles VII et joue un rôle majeur dans la reconquête du duché de Normandie. Il prend part à la prise de Verneuil en 1449 ainsi qu'à la décisive bataille de Formigny en 1450, qui scelle la fin de la présence anglaise en Normandie. En remerciement de ses efforts, le roi lui attribue la charge de grand sénéchal de Normandie, et ce en dépit de la mort de son alliée Agnès Sorel et du déclin de son influence à la cour. Brézé exerce depuis la Normandie de fructueux actes de piraterie contre les vaisseaux anglais et parvient même à conduire un raid contre le port de Sandwich en 1457.

À la mort de Charles VII en 1461, Brézé tombe en disgrâce auprès du nouveau roi Louis XI et est immédiatement emprisonné. Il est pourtant libéré dès 1462 et prépare promptement une expédition dans le cadre de la Guerre des Deux-Roses dans le Northumberland en faveur de Marguerite d'Anjou, épouse du roi de la Maison de Lancastre Henri VI d'Angleterre, renversé l'année précédente par Édouard IV de la Maison d'York. L'invasion conduite par Marguerite d'Anjou à l'automne 1462 en concertation avec l'Écosse et la France se révèle cependant inefficace. Contraints de se replier en Écosse, Marguerite et Brézé mènent plusieurs expéditions dans le Nord de l'Angleterre qui échouent et doivent finalement se réfugier en France à l'été 1463.

L'agitation du duc François II de Bretagne inquiète Louis XI, qui nomme Brézé capitaine de Rouen en 1464 en lui confiant la défense de la Normandie1. Fidèle au roi, Brézé le soutient lors de la Ligue du Bien public et meurt au combat à la bataille de Montlhéry le 16 juillet 1465. Son tombeau, un enfeu de style flamboyant de la fin du xve siècle, se trouve dans la chapelle de la Vierge de la cathédrale de Rouen. Il y est enterré avec sa femme Jeanne du Bec-Crespin, dame du Bec-Crépin, de Mauny et de Maulévrier.  "

 

 

2. Robert de Floques. 

Il est agenouillé derrière son compagnon. 

 

Le 15 septembre 1441, escaladant les murs de la porte de Chartraine, depuis leurs barques, et avec l'aide de deux pêcheurs, l'homme de guerre Robert de Flocques et environ trois cents de ses compagnons d'armes entrent dans l'enceinte de la ville. Ils parviennent à libérer Evreux des mains des Anglais qui, malgré les barricades installées rue Grande, sont rapidement écrasés et massacrés. Le roi reprend ainsi le contrôle de la ville. Il reçoit pour cela 6000 écus (avec Pierre et Jean de Brézé), puis reçoit ses gages de grand-bailli et capitaine d'Evreux. Son fils est nommé évêque d'Évreux.

Robert de Flocques (date de naissance inconnue, vers 1411 - mort le 7 décembre 1461 à Évreux, Normandie), dit Flocquet, est un homme de guerre français, seigneur de Grumesnil, bailli royal d'Évreux, maréchal héréditaire de Normandie (par son mariage), conseiller et chambellan du roi.  

L'article Wikipédia signale ceci : "De basse noblesse picarde, Robert de Flocques participe aux combats de la Guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons (1407-1435) dans le camp armagnac. Il se lie de fidélité au roi Charles VII, pratique l'écorcherie dans les territoires bourguignons et vit de la guerre jusqu'en 1444, où il reçoit une lettre de rémission pour toutes ses exactions. En 1441, il reprend Évreux aux Anglais et devient le bailli de la ville. En 1445, il est intégré à l'armée permanente de Charles VII comme capitaine d'Ordonnance. En 1449-1450, il participe à la conquête de la Normandie.

Sa carrière se poursuit avec sa participation à la bataille de Formigny qui clôt la récupération de la Normandie par le roi de France. Au terme d'une trajectoire exceptionnelle, Robert de Flocques meurt dans son lit à Évreux en 1461, passé d'un petit soudard picard à un bailli et capitaine reconnu comme un des meilleurs de son temps."

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Les membres des familles de Pierre de Brézé et/ou de Robert de Floques.

On peut penser que la famille de Pierre de Brézé, le premier sur le registre du dessus, occupe ce panneau, et que celle de Robert de Flocques occupe la suivante. Ce n'est qu'une hypothèse, invérifiable, et peu importe, sauf pour ma présentation.

 

Fond lie de vin damassé à rinceaux.

Un homme portant le chaperon blanc sur l'épaule droite.

Son épouse à large coiffe blanche et robe rouge.

Un deuxième homme, chaperon rouge sur l'épaule droite.

L'épouse de Pierre de Brézé est Jeanne (selon les généalogistes, mais Catherine selon P. Le Brasseur et les autres auteurs) Crespin, "dame de Mauny, Maulévrier et du Bec-Crespin (succède à ses frères) (le Roi lui accorde 400 £ de pension avant 1455) épouse Pierre de Brézé, baron de Maulévrier, seigneur de La Varenne +X 16/07/1465 (Montlhéry) (fils de Pierre 1er et de Clémence Carbonnel) (vendent ensemble les Trois-Villes de Saint-Denis assise en la Forêt de Lyons, à Louis d’Harcourt)"

http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Crespin.pdf

Elle eut trois enfants dont un fils, Jacques, marié en 1461.

https://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr&p=jeanne&n=crespin&oc=12#note-wed-2

 

. https://fabpedigree.com/s037/f284105.htm

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Les registres inférieurs de la deuxième lancette.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le Dauphin.

le Dauphin, duc de Normandie, (qui deviendra  Louis XI en 1461), est agenouillé, les mains jointes devant un pupitre qui porte un livre ouvert. Sa cotte d'armes est armoriée de France et de Dauphiné;

Fond rouge  damassé à rinceaux.

 

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Trois donateurs (deux hommes et une femme).

La femme porte un hennin double (à deux cornes), comme Isabelle de Portugal sur ce portrait de 1445-1450 :  https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabelle_de_Portugal_(1397-1471)#/media/Fichier:Rogier_van_der_Weyden_workshop_-_Portrait_of_Isabella_of_Portugal_-_without_frame.jpg

Les hommes portent une tunique courte, serrée par une ceinture, et fourrée au col et aux poignets. 

Fond jaune orangé damassé à rinceaux.

Si cette famille est celle de Robert de  Flocques, c'est le moment de signaler que son épouse Jacqueline Crespin est la jeune sœur de Jeanne [Catherine], épouse de Pierre de Brézé. "Jacqueline Crespin ° ~1415 + 20/01/1484 (inhumée à Gonfreville-L'Orcher) épousa 1) Robert de Floques dit «Floquet» ° 1411 + 07/12/1461 Bailli d’Evreux, puis  2) Pierre d'Ercambourg." http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Crespin.pdf

Le couple eut une fille, Jeanne, née vers 1430, mariée à Gilles de Rouvroy, et décédée vers 1480.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Les registres inférieurs de la troisième lancette.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le pape Eugène IV, pape de 1431 à 1447.

Il porte une chape rouge à orfrois d'or, et la triple tiare papale, aux deux fanons. Il est identifié par ses armoiries d'azur à la bande d'argent placées au tympan. Pourtant, il n'est plus en vie à la date du don des reliques de Salomé et Jacobé le 4 décembre 1449. On pourrait donc y voir le pape Nicolas V, dont le pontificat s'étend de 1447 à 1455, mais dont les armoiries de gueules à la clef d'argent posé en bande et à la clef d'or posée en barre toutes deux liées d'un cordon d'azur, sont absentes.

Fond bleu damassé de rinceaux.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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L'évêque d'Evreux, Guillaume de Floques, l'abbé du Bec, premier chanoine de la cathédrale, et Robert Cybole, doyen

 

Fond vert damassé à rinceaux.

Guillaume de Floques évêque d'Évreux  est agenouillé en habit épiscopal devant Robert Cybole,  doyen du chapitre cathédral, et Jean de Rouen abbé du Bec jusqu'en 1452, et premier chanoine d'Évreux.

Guillaume de Floques, moine bénédictin, fils de Robert, fut évêque d'Évreux  jusqu'à sa mort le 25 novembre  1464. Il obtint ce poste  par appui du roi  après que Pasquier de Vaux évêque d'Évreux de 1439 à 1443, ardent défenseur des anglais, ait été  suspendu en 1442 de tous ses biens pour avoir refusé de reconnaître le roi de France,  et soit transféré par le pape à  Lisieux, toujours sous domination anglaise.  Eugène IV avait nommé en succession de Pasquier de Vaux Pierre Estrillac (ou de Treigac) de Comborn, mais le lendemain même de son élection, le 10 juillet 1443, Guillaume de Flocques est élu évêque d'Évreux sur l'insistance de son père. Le 16 juin 1445, il prit possession par procuration de l'évêché malgré les fonctions de Pierre de Comborn. Le 24 août 1446, il prête serment de fidélité au roi à Bourges. En 1447, Pierre de Comborn lui intente un procès devant le Parlement de Paris, mais le perd. Et le 5 septembre 1447, Guillaume de Flocques prend possession de l'évêché. Le 29 janvier 1456, trop âgé pour exercer ses fonctions, il se retire et devient abbé du pontificat. Pierre de Comborn lui succède enfin.

 

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Jean de la Motte fut abbé du Bec de 1446 à sa mort le 17 novembre 1452 à Rouen. Il était le fils d'un bourgeois de Rouen, docteur en décrets de l'Université de Paris. Il peut être identifié par la crosse abbatiale, tenue sur l'épaule droite. Il porte un grand manteau blanc plissé (de bénédictin ?).

 

 

Robert de Cibole (1403-1458), ou de Ciboule, Cybolle, Cybole, doyen d'Évreux. Chancelier de Notre-Dame de Paris en 1451 et proviseur du collège de Navarre, célèbre pour ses sermons, particulièrement pour celui sur la Passion prononcé le 30 mars 1442 à Saint-Jacques-la-Boucherie dont il était le curé (Notice BNF) et camelier de Nicolas V. "On a vû fleurir de son temps Robert de Cibole Doyen de l'Eglise Cathédrale d'Évreux. Il étoit de Breteüil, Docteur en Théologie, Chancelier de l'Université de Paris, Camerier du Pape Nicolas V. Il a écrit un Commentaire sur les Epîtres de S. Paul, dont le manuscrit étoit il n'y a pas encore bien longtemps, dans la Bibliothèque du Chapitre d'Evreux, avec llIl que le Pape Nicolas lui envoya de Rome en 1454. portant la permission de tenir tels bénéfices qu'il voudroit , fans être obligé à la résidence, & même de choisir le lieu le plus sain pour sa santé & le plus commode pour ses études. " (P. Le Brasseur p. 294)

 

Il prononça un plaidoyer en défense de Jeanne d'Arc. Voir aussi biographie

Voir  http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/7235/9751

Il porte, bien-sûr la tonsure. Son vêtement de chœur est doublé au col et aux poignets d'une fourrure dorée. L'étoffe pliée sur son avant-bras droit est l'aumusse des chanoines.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Les registres inférieurs de la quatrième lancette.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le roi Charles VII.

Fond à rinceaux en trois bandes verticales rouge, verte et blanche.

Il est agenouillé devant son prie-dieu où son livre de prières est ouvert. Il porte la couronne, l'armure complète, l'épée au coté,  et un tabard à ses armes d'azur fleudelysé.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Trois hommes en armure.

Fond jaune d'or, à grands feuillages.

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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LE TYMPAN.

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"Les compartiments supérieurs sont ornés de six écussons. :

En haut celui d'Eugène IV, d'argent, à la bande d'azur, surmonté de la tiare.

Au second rang deux blasons surmontés de la couronne de France : l'un de France, l'autre parti de France et d'Anjou. Ce dernier doit appartenir à Marie d'Anjou, femme de Charles VII : cependant, il diffère notablement de celui que lui attribue le Père Anselme et se rapproche davantage de celui de René d'Anjou, donateur des reliques, sans lui être absolument conforme. On peut le blasonner ainsi pour Anjou , tiercé : au 1er fascé d'argent et de gueules de 6 pièces ; au 2 d'azur, semé de fleurs de lys d'or ; au 3 d'argent, à la croix potencée d'or, soutenu de la pointe: au 4 d'azur semé de fleurs de lys d'or; au 5 d'azur, à 2 barbeaux adossés d'or, au 6 d'or à la bande d'argent.

Au troisième rang l'écusson du dauphin : écartelé de France et de Dauphiné.

Au quatrième rang l'écusson de Robert de Floques : de gueules, à 3 bandes d'argent ; et  celui de Pierre de Brezé : d'azur, à l'écusson d'argent enclos dans un trécheur d'or et à 8 croisettes d'or, en orle." (Lebeurier)

 

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Baie 213  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 213 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La baie 113 du triforium.

"La claire-voie du triforium est ornée, dans la partie supérieure des ogives, de trois écussons. Le premier parti de Floque et de Crespin (fuselé d'argent et de gueules) ; le second parti de Brezé et de Crespin ; le troisième de Floques." (Lebeurier)

Les trois baies géminées à 2 lancettes trilobées, tympan à 1 soufflet et 4 écoinçons portent dans les lancettes une vitrerie géométrique ponctuée de soleils ondés et de monogramme du Christ, C'est dans le tympan que se trouvent 3 écus armoriés, de France à gauche, puis de Robert de Floques, de son épouse Catherine Crespin et de la famille de Brézé parti Crespin. (Gatouillat)

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Baie 113  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 113 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Verri%C3%A8re_des_%223_Marie%22_-_Pierre_de_Br%C3%A9z%C3%A9_et_Robert_de_Flocques_sous_Marie-Madeleine_Notre-Dame,_%C3%89vreux.JPG

 

— Stained-glass windows of Cathédrale Notre-Dame d'Évreux

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Stained-glass_windows_of_Cath%C3%A9drale_Notre-Dame,_%C3%89vreux?uselang=fr

— BATISSIER, 1849, "Description des vitraux de la cathédrale d'Évreux", Revue de Rouen et de Normandie, volume 17.

https://books.google.fr/books?id=2L5DAAAAYAAJ&dq=%22MARTINUS%22+%22cath%C3%A9drale+d%27%C3%A9vreux%22+vitraux&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— BOUDOT ( Marcel), 1966,“Les verrières de la cathédrale d’Evreux: Cinq siècles d’histoire,” Nouvelles de l’Eure 27 (1966), 28-29.

— DUBUC (René), 1983, "Problèmes héraldiques de la cathédrale d'Évreux", Normandie, Etudes archéologiques. Congrès national des sociétés savantes, Caen

— GATOUILLAT (Françoise), 2019, "French 14-th-century stained glass and other arts", in Investigations in Medieval Stained Glass, Materials, Methods and Expressions, Brill ed., pages 374-385

 — GATOUILLAT (Françoise), 2001, "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in CALLIAS-BEY, M., CHAUSSÉ, V., GATOUILLAT, F., HÉROLD, M., Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum France, Recensement des vitraux anciens vol. VI, Ed du CNRS / Monum ed. du patrimoine. Paris, pages 143-161.

 — GATOUILLAT (Françoise), "Note sur les verrières royales", Connaissance de l'Eure, n°88, p. 33-34.

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ) et  Françoise Gatouillat, La cathédrale d’Evreux, Evreux, Hérissey, 1997.

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ), HENRY (Virginie), 2016, Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07

http://www.eure.gouv.fr/content/download/18041/123811/file/ESSENTIEL_CONNAISSANCE_07%20Historique%20complet%20de%20la%20Cath%C3%A9drale%20d'Evreux.pdf

— GRODECKI Louis, 1968, Baudot et Dubuc "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in Bulletin monumental, 1968, p. 55-73. 

"Le vitrail « des Trois Marie », dans le chœur, a déjà été souvent commenté et expliqué dans ses nombreux portraits de chanoines et dignitaires, comme aussi dans sa signification « politique ». « Cet admirable ensemble, écrit M. Dubuc, postérieur à la bataille de Formigny (15 avril 1450) qui marquait l'expulsion définitive des Anglais hors de la France, commémorait aussi, outre la fin du Grand Schisme d'Occident (1429), la donation au chapitre d'Évreux par René d'Anjou, roi de Jérusalem et de Sicile..., de deux parties notables des côtes des saintes Marie- Jacobé et Marie-Salomé en décembre 1449. » "

— LEBEURIER (Pierre-François), 1868,  Description de la Cathédrale d'Evreux accompagnée d'une vue générale et d'un plan géométrique, Huet ed., Evreux 1868, pages 26-27.

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ/page/n31

— LE BATELIER d'AVIRON, édition 1865 Le mémorial historique des évêques, ville et comté d'Évreux, écrit au XVIIe et publié pour la première fois par l'abbé P.F. Lebeurier...P. Huet, page 132.

https://books.google.fr/books?id=jvVAAAAAcAAJ&dq=reliques+des+Saintes+Marie+Jacob%C3%A9+et+Marie+Salom%C3%A9+Floques+%C3%A9vreux&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

— LE BRASSEUR (Pierre), 1722; Histoire civile et ecclésiastique du comté d'Évreux.

https://books.google.fr/books?id=KjRDAAAAcAAJ&dq=Guillaume+de+Floques&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— NEVEUX (François), 1987, Evreux à la fin du moyen âge: André Plaisse, La baronnie du Neubourg. Essai d'histoire agraire, économique et sociale ; L'évolution de la structure agraire dans la campagne du Neubourg ; Charles, dit le Mauvais, comte d'Evreux, roi de Navarre, capitaine de Paris ; Un chef de guerre du XVe siècle, Robert de Flocques, bailli royal d'Evreux ; La vie municipale à Evreux pendant la guerre de Cent Ans ; Evreux et les Ebroïciens au temps de Louis XI [compte-rendu]Annales de Normandie  Année 1987  37-1  pp. 83-87

https://www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_1987_num_37_1_2029

— RABEL (Claudia), 2009, des histoires de famille la dévotion aux trois maries en france du xive au xve siècle textes et images Revista de historia da arte n.º 7 - Institut de recherche et d’histoire des textes (CNRS) Paris – Orléans

https://run.unl.pt/bitstream/10362/16651/1/RHA_7_ART_6_CRabel.pdf

— Monuments historiques, Notre-Dame-d'Evreux

http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/evreux/vitraux/1.html

— xxx

http://evreux.catholique.fr/contenu/documents/services/cathedrale_Evreux-bestiaire.pdf

—  Patrimoine-histoire.fr, Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame

http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

— http://www.evreux-histoire.com/evreux-3-1-0.html#icono2

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Évreux
16 janvier 2020 4 16 /01 /janvier /2020 19:37

Les blasons de Jean Le Rougeart de Locquéran et de Jeanne le Doulce de l'autel de Saint-Joseph de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix.

 

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Voir sur l'ancienne collégiale de Pont-Croix :

 

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Présentation.

Cet autel Saint-Joseph, dans le bas-coté sud de l'église, est décrit comme un ensemble hétérogène autel /retable /et 2 gradins d'autel associant d'une part un autel portant les armoiries des époux le ROUGEART le DOULCE mariés en 1516 (selon Couffon) et d'autre part un retable exécuté dans l'atelier des frères Le Déan de Quimper dans la 2e moitié du 17e siècle. Douard Christel, Quillivic Claude notice IM29002636 © Inventaire général https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM29002636

Son intérêt héraldique avait été signalé en 1964 par Roger Gargadennec dans le bulletin de la S.A.F., XC (1964) p. 87. Il a été décrit aussi par Auguste Téfany, puis par René Couffon 1988 ( Autel de saint Joseph, en pierre, portant en relief les armes de Jean de Rougeart de Loquéran et de sa femme Jeanne Le Doulec, qu'il avait épousée le 13 octobre 1516. Retable du XVIIè siècle avec statue de saint Joseph).

Je ne trouve néanmoins aucun document photographique en ligne (notamment sur pop.culture.gouv.)  et aucune discussion sur les blasons sculptés dans le granite. Ce qui justifie cet article.

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Autel Saint-Joseph de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Autel Saint-Joseph de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Angelots de l'autel Saint-Joseph de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Angelots de l'autel Saint-Joseph de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Les armoiries de [Jean] Le Rougeart.

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La détermination du blason est certaine : ce sont les armes de la famille de Rougeart, données par Pol Potier de Courcy comme D'argent au pin arraché de sinople, le fût chargé d'un greslier de sable lié de même. 

Le Nobiliaire de Bretagne indique :  ROUGEART (LE). Ancienne extraction R. 1671. 7 générations. R. 1426, 1536. M. 1481. Paroisse de Plouhinec, évêché de Cornouailles.  "Anc. ext., réf. 1671, sept gén. ; réf. et montres de 1426 à 1536, dite par., év. de Cornouailles. D'argent au pin arraché de sinople, le fût chargé d'un greslier de sable, lié de même. Henry, vivant en 1481, père de Jean, marié en 1516, à Jeanne Le Doulec. Fondu dans Livec." (Nobiliaire ed.2)

La famille est dite aussi Le (de) Rougeart de Locquéran, du nom du manoir de Locquéran à Plouhinec, qui appartint à Yvon Le Rougeart (1455), puis aux Kerguélen de Keramorch et enfin aux Le Livec (1768),

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-de-locqueran-plouhinec/f771ef61-377c-4b92-a8cf-73dbb665f3d6

Généalogie.

Les données biographiques sans doute les plus sérieuses se trouvent dans la thèse de Catherine Magnien-Simonin (éditrice des Oeuvres complètes de Jucquel Rougeart (1578) : 

Hervé de Rougeart vers 1410 eut deux fils, Daniel et Henry.

Henri I Le Rougeart était à la Montre de l'évéché de Cornouailles de 1481 parmi les nobles de Plouhinec : « Henry Rougeart , archer en brigandine et guisarme ».

— Le fils d'Henry, Jean Le Rougeart, épousa le 13 octobre 1516 Jeanne Le Doulce (Le Douce), "fille aînée de feu noble homme de Yvon le Doulce et de demoiselle Marie Salluden" (contrat de mariage) .

—Leur fils Henry Le Rougeart ( parmi les nobles de Plouzévet, il faisait défaut à la Montre de l'évéché de Cornouailles à Quimper de mai 1562) épousa Jeanne Godé, morte en 1568, et ils eurent trois fils .

a) Jean I, sieur de Locquéran (mort avant 1568), épousa Marguerite Kerderrien (1537-Lervily en Esquibien 24 juin 1637) et C'est leur fils Jucquel, né à Audierne en 1558 et décédé en 1588, qui est l'auteur de poèmes français et latins.

b) Jean II, sieur de Huibléré (mort en 1573), épousa Clémence Gouandour, d'où :

-Alain I (né vers 1571) , capitaine et garde-côte du hâvre d'Audierne , qui épousa Marie de Tréanna [Il  déclare, dans un acte du 25 août 1641, « s'estre retiré en sa maison par l'ordre et commandement du Roy, après l'avoir servy pendant le temps de 30 ans dans la compagnie de 200 chevaux-légers de sa garde ordinaire, et ayoir aussi servi sa Majesté en qualité de capitaine et garde-coste des ports et havre d'Audierne, l'isle de Saint, la rade et parroisses,circonvoisines, voyant le dit Rougeart être incommodé, ayant atteint l'aage de 70 ans, il se démet de la dite charge de capitaine et et garde-coste entre les mains d'escuyer Allain Le Rougeart, son fils, principal héritier et noble ». Cet Alain Le Rougeart doit être celui qui fut témoin lors de l'enquête de 1599 sur les désordres de la Ligue en Cornouailles. Marie de Tréanna se sépara de corps et de biens de son mari en 1624 et alla demeurer au manoir du Huibléré, en Plouhinec.

- Ce couple eut un fils Alain II (1614-1669), garde-côte d'Audierne qui épousa Marie Hamon le 4 octobre 1648 dans la chapelle de Locrenan - Plestin-les-Grève. ""Messire Alain de Rougear seigneur de Locqueran, de ..andy, Huilleray, chevalier de l'ordre de St Michel, l'un des deux cents chevaux legers du roy, capitaine appointé de ladicte compagnie et l'un des gentilshommes servants actuellement a sa majesté, capitaine garde coste d'Audierne, seigneur de la paroisse de Plouzinec, et damoiselle Marie Hamon dame de Locrenan, Kerlan, Kerferes, Toulanhery, furent espousés le dimanche quatriesme jour d'octobre mil six cents quarante et huict par missire Euflam Le Guennec prebtre et recteur de la paroisse de Plestin en la chappelle du manoir de Locrenan par la permission de monseigneur l'illustrissime et reverendissime Baltazar Grangier evesque et comte de Treguier qui les dispense de deux bans, unaiant esté faict au prosne de la grande messe dicte et celebrée en l'eglise parochiale de Plestin le mardi vingt et neufiesme jour de septembre et feste de monsieur St Michel, ladicte dispense et permission de faire les nopces en ladicte chappelleest en datte du deuxiesme octobre mil six cents quarante et huict, et la lettre du curé de ladicte paroisse de Plouzinec signée Plaro est du 16 7bre. Lesdictes nopces furent faictes en presence de messieurs duLezar, La Sale, Kerbreselic et autres.En foy de quoy avons signé."

c) Julien, mineur en 1568, bailli de Douarnenez, mort en 1600 dans les prisons de Rennes.

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Il faut aussi consulter le site tudchentil.org consacré à cette famille, et qui s'ouvre sur une belle représentation colorée des armoiries : http://www.tudchentil.org/spip/IMG/pdf/Le_Rougeart.pdf

Ce site donne la transcription d'un  Extrait des registres de la Chambre etablie par le Roy pour la Reformation de la Noblesse du pais et duché de Bretagne, par lettres patentes de Sa Majesté du mois de Janvier 1668, tiré de  "La noblesse de Bretagne devant la Chambre de la Réformation 1668-1671" du Comte de Rosmorduc, 1896, tome II, p. 561-565.

La famille, qui compta  des notaires, 

Le manoir de Loquéran.

Il est instructif de consulter sur les cartes la situation géographique du manoir des Rougeart, pour mesurer combien il place cette famille dans un milieu maritime et portuaire :

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.531602&y=48.023441&z=15&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS.SCAN-EXPRESS.STANDARD&mode=doubleMap

Et il suffit de suivre, sur la carte, le cours du Goyen pour voir que la navigation entre Loquéran et Pont-Croix est une courte balade :

Carte de Cassini et Carte d'Etat-Major 1826

Loquéran, situé en Poulgoazec, est sis à l'embouchure du Goyen ; la baie et le port d'Audierne offraient aux navires, malgré leur accès farouche et une fois franchie la barre, un mouillage à flot bien abrité. L'activité économique prospère reposait sur le négoce et le cabotage pour le transport des toiles d'olonnes, de vin, de sel, ainsi que sur la pêche avec des pêcheries et sécheries —le merlu est alors si abondant que les habitants sont surnommés penn-merlu —, et sur l'hivernage des bateaux sur la côte, permettant un enrichissement général des populations. En témoigne les professions des deux Rougeart pour lesquels celle-ci est renseignée : Bailli de Douarnenez (Julien), et garde côte , garde et capitaine du hâvre d'Audierne (Alain I et II) .

Le manoir, qui se trouvait à l'emplacement de l'actuelle rue du Manoir et du 6 rue de la République du Plouhinec d'aujourd'hui, possédait sa propre chapelle Saint-Jérôme. Situé à flanc de colline, en face d'Audierne et au dessus du Goyen, au milieu de terres riches ; le manoir avait double vocation, maritime et agricole. Hervé de Rougart (Dom H. Morice, Preuves II, coll 849-853) a eu à déposer avec d'autres dans une enquête ordonnée par le vicomte de Rohan pour préciser les droits coutumiers sur le port de Goezian que aucuns appellent Odierne » pour définir ses droits en matière de pots de vin, vente de vaisseaux et justice sur la rive Ouest du Goyen.  http://tudchentil.org/spip/spip.php?article102

https://books.google.fr/books?id=QIY7qWzyhJUC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=rougart&f=false

Enfin, il faut apprécier la proximité d'Audierne avec Esquibien dont elle était la trève (les deux communes sont aujourd'hui fusionnées) pour comprendre que Jeanne Le Doulce, issue de cette paroisse, partage avec son mari cette appartenance à un milieu maritime.

Carte geoportail d'Esquibien.

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Blasons de l'autel Saint-Joseph de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Blasons de l'autel Saint-Joseph de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Les armoiries de droite.

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On pourrait le décrire comme une croix en bois écotté. Chaque branche de la croix porte trois entailles, d'implantation alternée, 1 à droite et 2 à gauche, ou l'inverse.

Or, les armoiries des Le Doulce ne sont décrites, par Pol de Courcy,  que pour la famille Le Doulec sr de Kerourgant et de Liscoët, paroisse de Plogastel-Saint-Germain (R. 1536) : elles sont d'argent à la croix de sable, donc blanche avec une croix noire. 

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La famille Le Doulce (Douce, Doulec, Doulcic, Doulcyc, Le Doulczic, Le Doulz).

https://www.tudchentil.org/IMG/pdf/reformation_de_1536_en_cornouaille_v2.2.pdf

La famille, compta, comme celle des Rougeart,  des notaires, Maître Yves Le Doulce et Guillaume Le Doulce, nobles hommes, furent témoins d'une querelle à Quimper le 13 décembre 1551. Je ne retrouve aucune mention de profession maritime.

Jeanne Le Doulce, "fille aînée de feu noble homme Yvon Le Doulce", épousa le 13 octobre 1516 Jean le Rougeart

Yvon Le Doulce parut à la montre de 1481 comme noble d'Esquibien.

La famille compta  des notaires. Le 13 décembre 1551,  Maître Yves Le Doulce et Guillaume Le Doulce, nobles hommes, furent témoins d'une querelle à Quimper.

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Bulletin SAF 1910 - Société archéologique du Finistère pages 154-155

"Noble homme Michel Le Doulcic, ou le Doulce, était issu d'une vieille famille d'Esquibien qui avait été possessionnée des manoirs de Kermabon et de Kerouarné en cette paroisse .

Yvon Le Doulce parut à la montre de 1481 comme noble d'Esquibien ( Freminville. Antiquités du Finistère, 2' partie. Cet Yvon Le Doulce ayait épousé en 141f2, Marguerite Tréouret fille puinée de Louis et de Marie Buzic, seigneur et Dame du dit lieu. Ceux-ci assuraient à leur fille la jouissance de 4 livres iD sols .de rente, plus les cheffrentes dûs sur les villages de Trémarc'ha, en Esquibien (3 raz froment et une r'az avoine) et de Trobrech, en Goulhien (42 sols, 6 'deniers monnaie). (Archives du Finistère: E. 360).). En 1540, Alain le Doulcyc et Jacquette de Tremyc, sa femme, étaient seigneur et Dame de Kerouarné et possédaient en outre le manoir de Kergatouarn en Beuzec-Cap Sizùn. Yves et Guillaume Le Doulce se trouvèrent mêlés à l'affaire du « coup de Jarnac)) arrivé à la foire de-Saint-Corentin, à Quimper le 11 décembre 1551. Ils demeuraient en la tour du chastel. Le fief de Kermabon passa à la famille de Rospiec par suite du mariage de Jean de Rospiec, avec Marie Le Doulce. Cette dernière épousa, en secondes noces, le 4 août 15ï4, écuyer François de la Tour de qui elle n'eut pas d'enfants . .
La famille Le Doulce s'est également alliée aux Rougeart de Locquéran en Plouhinec.
Nous empruntons quelques renseignements sur cette famille Le Rougeart à l'excellente publication de M. Le Comte de Rosmorduc sur la Réformation de 1668. Le 13 octobre 1516, Henry Le :Rougeart, seigneur de Locquéran, épousa demoiselle Jeanne Le Doulce, fille aînée de feu noble homme Yvon Le Doulce et de demoiselle Marie Salludem, sa femme. De ce mariage issurent deux fils, Henry et Jean. Le premier épousa Jeanne Godé qui mourut en 1568,et le second Marguerite Kéridiern qui fut citée comme témoin à l'enquête' au sujet des prééminences à la Chapelle de Saint-They. Du mariage de Henry Le Rougeart et de Jeanne Godé naquit au moins un fils, Jean qui épousa Clémence de Gouandour ; Jean Le Rougeart et Marguerite Kéridiern eurent également un fils. Jacques, qui mourut sans hoirs et dont la succession fut  adjugée à son cousin par sentence du 13 mai 1588."

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Blasons de l'autel Saint-Joseph de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Blasons de l'autel Saint-Joseph de Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Conclusion.

Si on peut affirmer que le deuxième blason est bien celui des Le Doulce d'Esquibien, les donateurs de la chapelle ou de l'autel sont alors bien Jean Le Rougeart et son épouse Jeanne le Doulce. Ils pourraient avoir fait cette donation l'année de leur mariage en 1516, mais, bien que nous ignorions la date de leur décès, la donation est peut être plus tardive, et dater par exemple des années 1528, lorsque les libéralités d'Alain de Rosmadec et de Jeanne du Chastel permirent l'agrandissement du  choeur mais aussi la réfection des fenestrages des chapelles méridionales.

L'emplacement du manoir des Rougeart, tout comme la profession de garde-côte des descendants de Jean Le Rougeart, incite à penser que la promotion rapide de cette famille anoblie en 1426 et 1481 est liée à l'expansion économique de la région Penmarc'h-Audierne due au commerce maritime par les rouliers, et par la réussite de la pêche.

Dans ces conditions, nous pourrions créer des liens entre la présence de ces blasons, et la scène de pêche figurée sur les sablières du chœur (vers 1528-1544), ou, dans d'autres églises et chapelles, d'autres scènes de pêche sculptées dans le bois (sablières de Primelin) ou la pierre (façade de Confort-Meilars), ou associer ces blasons avec les nombreuses carvelles (navires marchands) sculptés à Audierne, Penmarc'h, etc.

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Un dernier mot.

Les armoiries de Rougeart de Loquéran avaient été reconnues  sur la maîtresse-vitre de Notre-Dame-de La Cour à Lantic, au cinquième rang avec celle des Boterel et des Geslin, dans la description de M. de Geslin de 1849. Ces armes  d'argent à l'arbre arraché de sinople, le fût chargé d'un greslier de sable lié de gueules  ont été attribuées depuis par Anatole de Barthélémy à l'archidiacre Salomon Mahaut. "Dans les rangs inférieurs plusieurs écussons manquent; parmi ceux qui sont conservés nous notons ceux-ci : d'argent à l'arbre arraché de sinople, le fût chargé d'un greslier de sable lié de gueules (n° 12). Jusqu'ici on a attribué ce blason à la famille Rougeart, de la paroisse de Plouhinec (Finistère), sans que rien ne justifiât la présence en Goëllo des armoiries d'une famille qui n'y était pas possessionnée; d'autres personnes ont voulu y retrouver les Le Roux, seigneurs de Bourgogne et Fontaine-Bouché dans les paroisses de Lantic et de Plourhan, qui portaient d'argent au houx de sinople feuille de trois pièces (n° 15) ; dans cette hypothèse il faudrait admettre que le greslier figure ici comme brisure, et que les armes primitives des Le Roux ont subi quelque modification. Je crois que le blason en question estcelui de l'archidiacre de Goëllo dans la circonscription duquel se trouvait Lantic et qui ne pouvait manquer d'accompagner l'évêque de Saint-Brieuc. A la date où nous sommes, l'archidiaconé de Goëllo était tenu par Salomon MAHAULT, seigneur de Kerangouarc'h qui avait justement les armoiries ci-dessus décrites."Poudouvre.over-blog.com

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photo lavieb-aile

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Voir ma description :

http://www.lavieb-aile.com/2017/11/la-maitresse-vitre-de-la-chapelle-notre-dame-de-la-cour-a-lantic.html

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https://books.google.fr/books?id=8WcsAAAAMAAJ&pg=PA595&lpg=PA595&dq=Jean+Le+Rougeart+de+Locqueran&source=bl&ots=WVQMV-bsvZ&sig=ACfU3U3iP3KBSWBiXoHTFN2Tqo-1jqrpHg&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjho5L0iojnAhXNxYUKHdkSBdEQ6AEwAHoECAoQAQ#v=onepage&q=Jean%20Le%20Rougeart%20de%20Locqueran&f=false .

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie) 1894, L'église de Pont-Croix (B.S.A.F. 1894) pages 213-236

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207627h/f291.image

— TEFANY (Auguste), 1901, : Notice sur Pont-Croix (Quimper, 1901). 

— COUFFON (René)

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/e2b9737d7806ae456f45f5edb17ba812.pdf

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_82/Notre_Dame_de_Roscudon_et_lAtelier_de_Pont_Croix_.pdf

https://m.shabretagne.com/scripts/files/51d0571f3eb5e5.73808665/1951_01.pdf

— Roger Gargadennec Monographie sommaire de Pont-Croix Pages 63 à 105 , Bull. SAF 1964

— Pol Louis Potier de Courcy, Nobiliaire de Bretagne, ou Tableau de l'aristocratie bretonne depuis l ...

— Bulletin SAF 1910 - Société archéologique du Finistère pages 154-155

— MAGNIEN-SIMONIN (Catherine), 1986: "Jucquel Rougeart : œuvres complètes(1578) : édition critique par Catherine Magnien-Simonin et Jucquel Rougeart", thèse Paris4 1986

"Jucquel Rougeart nait à Audierne, en Basse-Bretagne, en 1558. En 1574, il se rend à Paris, pour y poursuivre ses études au collège de Lisieux. A quelques mois d'intervalle, il publie au cours de l'année 1578 son Curiosolitorum de haereticis triumphus et ses Divers poèmes latins et français. La poésie de cet écolier donne à lire un catholicisme traditionnel, héritier militant des idées de la Saint-Barthélemy, ainsi qu'un sentiment aigu d'appartenance à la nation de Bretagne; elle témoigne aussi de la formation des collégiens d'alors et révèle les ambitions poétiques d'un jeune homme à l'affut de l'actualité et des modes littéraires de son temps. Nous publions les œuvres complètes de Rougeart (avec variantes pour le Triumphus, introduction générale, notices, traduction des poèmes latins, glossaire) à partir des trois exemplaires connus du Triumphus et de l'Unicum des divers poèmes que nous avons retrouvé. Ce sont quelque deux mille vers cinq cents vers français et quatre cents vers latins qui viennent s'ajouter au corpus de la littérature provinciale de la renaissance française."

http://www.theses.fr/1986PA040247 

— PÉRÉNNÈS (Chanoine), 1942, s Plouhinec et Poulgoazec, MONOGRAPHIE des deux paroisses , 1942

« Manoir de Locquéran. Ce manoir était situé en Poulgoazec, à droite faisant coin, lorsque l'on s'engage de la route de Plouhinec-Audierne sur la route de Poulgoazec. Le mur ouest subsiste encore ainsi qu'une ouverture à ogive de la chapelle du manoir dédiée à saint Jérôme. Locquéran appartient en 1455 à Yvon Le Rougeart, en 1516 à Henri Le Rougeart, époux de Jeanne Le Doulce. Les Rougeart blasonnaient d'argent à l'arbre de sinople, un cor de chasse de gueule suspendu au fût de l'arbre. Des Rougeart, le manoir passa par alliance aux Kerguélen de Keramorch." 

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/e852da2d1424e5f14209bc3ca4248bed.pdf

 

 

 

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Published by jean-yves cordier
15 janvier 2020 3 15 /01 /janvier /2020 21:47

 

Les vitraux du XIVe siècle de la cathédrale d'Évreux : XIX: la baie 210 offerte vers 1390-1400 par le roi Charles VI.

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Cet article est le dix-neuvième d'une série sur l'apparition du jaune d'argent dans les vitraux du chœur de la cathédrale d'Évreux au XIVe siècle, et il suit l'ordre chronologique des datations de ces verrières.

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Je suis guidé par les publications de Françoise Gatouillat, et notamment par Gatouillat 2019.

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Voir :

 

 

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Voir aussi :

.— Sur les vitraux plus tardifs de la cathédrale d'Évreux :

— Sur les fonds damassés  outre les articles sur les baies 15, 17 et 19 cités supra : 

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Liste de mes 200 articles sur les vitraux :.

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PRÉSENTATION.

 

Haute de 6,50 m et large de 3,60 m, la baie 210, située au coté sud des vitres hautes du chœur, comporte 4 lancettes trilobées  et un tympan à 1 pentalobe,  2 trilobes et 9 écoinçons. Elle appartient, avec la baie 209 offerte par Pierre de Navarre, comte de Mortain, aux verrières dites "royales". En effet, dans les deux lancettes centrales, le roi de France Charles VI  est agenouillé devant un prie-dieu, présenté à la Vierge à l'Enfant, assise, par saint Denis placé à l'extrême droite.

 

Les dais répètent les mêmes fleurons trilobés au sommet des petits gables aigus des contreforts que la baie 209, les mêmes crosses de feuillage sur les rampants des gables principaux, et surtout les mêmes crochets blancs et jaunes qui hérissent, par une disposition assurément rare, la corniche supérieure des niches.

De même, nous retrouvons ici les deux tissus damassés de la baie 209, d'une part celui des fonds, à rinceaux et médaillons où s'affrontent deux dragons ou oiseaux fabuleux, et d'autre part celui du prie-dieu, à large fleur jaune en étoile.

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La verrière a été recomposée ici en  1955 avec des panneaux exécutés pour la nef et transférés progressivement dans le chœur depuis 1845. La figure royale était placée à l'origine dans la baie 132 sous sa rose aux armes de France. Lebeurier donnait en 1868 la description du coté sud de la nef :

 

"Les fenêtres 2 et 3 ont de simples grisailles ornées à leur partie supérieure, la première d'un écusson aux armes de France d'azur à trois fleurs de lys et la seconde d'un écusson écartelé de Navarre et d'Evreux.

La verrière de la fenêtre 4 représente un roi qu'on croit être Charles V, beau-frère de Charles-le-Mauvais, agenouillé sur un coussin orné de fleurs de lys, en face d'un prie-dieu sur lequel est un livre ouvert. Le fonds de la scène est d'azur semé de fleurs de lys. Au haut, dans la rosace, un écu de France, d'azur semé de fleurs de lys sans nombre.

La verrière de la fenêtre 5 représente une Vierge assise ayant sur ses genoux l'enfant Jésus qui tient à la main une branche de rosier. En face se trouvait, dit-on, le portrait de Charles-le- Mauvais qui a été transporté dans le chœur vers 1834."

Elle fut restaurée en 1890 par Leprévost et Steinheil, puis restaurée et recomposée en 1955 par Gruber. En 1983, elle a été endommagée par un orage de grèle et restaurée par Tisserand avec inclusions, doublage de la vitre, tandis que  les plombs de casse ont été supprimés grâce à un collage bord à bord des pièces brisées.

 

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Les baies 210 et 212 et en dessous les  baies 110  et 112 du triforium.

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 Les vitraux du XIVe siècle de la cathédrale d'Évreux : XIX: la baie 210 .

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La baie 210.

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Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Les parties figurées des quatre lancettes.

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Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Première lancette (à gauche) : la Vierge à l'Enfant assise sur une cathèdre.

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La Vierge nimbée et voilée, vêtue d'un manteau bleu, tient son fils sur le bras droit et un livre dans la main gauche. Elle est légèrement tournée et inclinée vers le donateur, vers lequel se dirige son regard.

L'Enfant, blond, à demi recouvert d'un drap, entoure le cou de sa Mère tandis que sa main droite se dirige vers le donateur.

Marie porte une robe blanche à motifs de deux fleurs différentes, peintes au jaune d'argent.

La cathèdre est gothique, à pinacles à crochets.

Le drap d'honneur tendu derrière elle, de couleur rouge, est peint à la grisaille, l'enlevé de cette peinture donnant à voir le motif du damassé, à rinceaux souples dont les boucles à crochets renferment deux dragons (ou oiseaux fabuleux) selon une inspiration orientale repris dans les lampas italiens.

L'édicule hexagonal à voûte nervurée et aux pans marqués par des gables à fleurons laisse voir, sur le fond bleu, les lancettes d'une ou plusieurs verrières, comme si la niche était située dans une cathédrale.

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Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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. Détail du damassé.

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Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Les deux lancettes centrales : Charles VI agenouillé en donateur.

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Les deux lancettes forment un seul lieu, délimité par l'arcade de la niche, dont le sommet est gardé par deux anges (complété en 1955).

Sur un fond vert (en haut) et rouge , un drap d'honneur fleurdelysé est tendu. Le large prie-dieu est recouvert d'un linge liturgique blanc, richement orné de fleurs à sept pétales en étoile, comme sur la baie 209. Le livre de prière, ouvert, étale les deux fermoirs de sa reliure.

Le roi (couronné) est vêtu, non pas d'un manteau aux armes de France, mais d'un manteau rouge au rabat de col et au revers blanc (fourrure d'hermine ?).

Mains jointes, il fixe la Vierge du regard.

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Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Dernière lancette : Saint Denis.

C'est lui qui porte sur son manteau les armes du royaume de France, dont il est le patron(cf. la nécropole royale de Saint-Denis et le cri Montjoie-Saint Denis).

Il tient sa tête dans les bras, puisqu'il a été décapité. Cette tête est mitrée, les fanons de la mitre retombent derrière le bras gauche.

C'est ici le même  carton que pour la baie 209, où il co-présente Pierre de Navarre.

Le fond damassé rouge reprend le même motif que sur les lancettes précédentes.

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Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le tympan.

L'oculus du pentalobe renferme les armes de France aux fleurs d lys sans nombre, tandis que les lobes, datant du XIXe, sont aux armes d'Évreux-Navarre. Des couronnes d'or sur champ de gueules occupent les trilobes.

 

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Baie 210  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 210 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La baie 110 du triforium (3ème quart du XVe).

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Baies 210 et 110  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 210 et 110 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 110  du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 110 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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— Stained-glass windows of Cathédrale Notre-Dame d'Évreux

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Stained-glass_windows_of_Cath%C3%A9drale_Notre-Dame,_%C3%89vreux?uselang=fr

— BATISSIER, 1849, "Description des vitraux de la cathédrale d'Évreux", Revue de Rouen et de Normandie, volume 17.

https://books.google.fr/books?id=2L5DAAAAYAAJ&dq=%22MARTINUS%22+%22cath%C3%A9drale+d%27%C3%A9vreux%22+vitraux&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— BOUDOT ( Marcel), 1966,“Les verrières de la cathédrale d’Evreux: Cinq siècles d’histoire,” Nouvelles de l’Eure 27 (1966), 28-29.

DUBUC (René), 1983, "Problèmes héraldiques de la cathédrale d'Évreux", Normandie, Etudes archéologiques. Congrès national des sociétés savantes, Caen

— GATOUILLAT (Françoise), 2019, "French 14-th-century stained glass and other arts", in Investigations in Medieval Stained Glass, Materials, Methods and Expressions, Brill ed., pages 374-385

 — GATOUILLAT (Françoise), 2001, "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in CALLIAS-BEY, M., CHAUSSÉ, V., GATOUILLAT, F., HÉROLD, M., Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum France, Recensement des vitraux anciens vol. VI, Ed du CNRS / Monum ed. du patrimoine. Paris, pages 143-161.

 — GATOUILLAT (Françoise), "Note sur les verrières royales", Connaissance de l'Eure, n°88, p. 33-34.

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ) et  Françoise Gatouillat, La cathédrale d’Evreux, Evreux, Hérissey, 1997.

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ), HENRY (Virginie), 2016, Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07

http://www.eure.gouv.fr/content/download/18041/123811/file/ESSENTIEL_CONNAISSANCE_07%20Historique%20complet%20de%20la%20Cath%C3%A9drale%20d'Evreux.pdf

GRODECKI Louis, 1968, Baudot et Dubuc "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in Bulletin monumental, 1968, p. 55-73. 

HONORÉ-DUVERGÉ (Suzanne), 1942,  "Le prétendu vitrail de Charles le Mauvais à la cathédrale d'Évreux" Bulletin Monumental  Année 1942  101-1  pp. 57-68

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1942_num_101_1_9289

— LAFOND (Jean), 1953, "Le vitrail en Normandie de 1250 à 1300", Bulletin Monumental  Année 1953  111-4  pp. 317-358

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1953_num_111_4_3745

— LAFOND (Jean), 1942,  "Les vitraux royaux du XIVe siècle à la cathédrale d'Évreux"  Bulletin Monumental  Année 1942  101-1  pp. 69-93

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1942_num_101_1_9290

— LAFOND (Jean), 1975, "Les vitraux royaux et princiers de la cathédrale d'Évreux et les dessins de la collection Gaignières" , Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France  Année 1975  1973  pp. 103-112

— LEBEURIER (P-F.), 1868,  Description de la Cathédrale d'Evreux accompagnée d'une vue générale et d'un plan géométrique, Huet ed., Evreux 1868

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ/page/n15

Suau (Jean-Pierre), 1993, "Les vitraux  des rois de Navarre en la cathédrale d'Évreux", Connaissance de l'Eure, n°88, p. 32-33.

— Vaivre (Jean-Bernard de) 1980,"Les vitraux royaux de la cathédrale d'Évreux" cahiers d'archéologie p.300-313. Non consulté.

— Monuments historiques, Notre-Dame-d'Evreux

http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/evreux/vitraux/1.html

— xxx

http://evreux.catholique.fr/contenu/documents/services/cathedrale_Evreux-bestiaire.pdf

—  Patrimoine-histoire.fr, Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame

http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

— http://www.evreux-histoire.com/evreux-3-1-0.html#icono2

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Évreux
15 janvier 2020 3 15 /01 /janvier /2020 16:40

Les sablières (v. 1544) du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix.

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Voir des sablières d'un style comparable:

— L'église Saint-Nicaise de Saint-Nic:

 

L'église de Plomodiern (sablières de 1564 par le même artisan qu'à Saint-Nic en 1562):

—L'église de Confort-Meilars (sablières de 1528-1544 dans un style proche):

— Enfin, voir  :

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Sur Notre-Dame de Roscudon, voir :

INTRODUCTION.

Sophie Duhem a attribué au sculpteur des sablières de l'église de Plomodiern, — à qui elle donne le nom de Jean Brellivet d'après une inscription datée alors que c'est pour moi le nom du fabricien en titre en 1564 — plusieurs autres ensembles de sablières qui lui sont antérieures, d'abord dans la région du Cap-Sizun (à une trentaine de kilomètres plus au sud) tant à Pont-Croix vers 1544 qu' à la chapelle Saint-Trémeur de Cléden-Cap-Sizun en 1554, ou  à la chapelle Saint-Tugen de Primelin, puis à l'église de Saint-Nic (voisine de Plomodiern).

Effectivement, on y retrouve des traits stylistiques bien particuliers, dans des décors où les dragons tiennent la première place, se livrant à des dévorations et menaces à l'égard des humains. L'un de ces traits est l'existence de feuilles-plumes, parfois fixées à des anneaux, colliers ou ceintures, qui poussent sur les corps des dragons, des grylles (animaux chimériques à plusieurs têtes)  mais aussi des "humains", dans une confusion entre les trois Règnes. Un autre trait est l'emploi de marques de gouges, en C, en I ou en glissades pour rendre les écailles, les stries, les verrues des animaux, les marques des médaillons ou les collerettes des personnages. On reconnait aussi du premier coup d'œil ces hommes allongés bras tendus et présentant ( à Plomodiern et Saint-Nic) des cartouches à inscription. Citons aussi la présence de masques (souvent à l'extrémité des pièces de bois) ou de médaillons occupés par des couples en coiffe, casque et costume Renaissance. 

Après avoir visité et photographié les sablières de Plomodiern et de Saint-Nic, et m'être plu à suivre à la trace en vrai pisteur du patrimoine ces empreintes d'un artiste du temps jadis, j'ai décrit celles de Confort-Meilars (dans le Cap-Sizun), dont le style est proche mais non identique, et me voilà à Pont-Croix.

Là, je découvre une charpente lambrissée à trois ensembles différents de charpente sculptée.

a) Dans la Chapelle du Rosaire, l'artiste a représenté des masques d'homme et de femmes de face, coiffés , se détachant de la pièce de bois où ils sont séparés par des espaces plans, non sculptés. Sophie Duhem les date du début du XVIe. Mauvaise piste pour ma chasse, mais elle mériterait, une autre fois, d'être remontée pour en retrouver la famille.

b) Dans la chapelle adjacente (quelle est son nom ?), à l'ouest, quatre pièces de bois sont joliment sculptés avec des lions, des dragons et des grylles : la parenté avec le sculpteur de Plomodiern s'établit par cette thématique, mais le style est différent (et peut-être plus proche des réalisations de Confort-Meilars). Elles dateraient du milieu du XVIe siècle.

c) À l'extrémité orientale de l'église, au centre du chevet, la toiture retombe sur deux corniches qui se font face ; et là, pas d'erreur, c'est bien le pseudo Jean Brellivet (le "Maître de la nef et du porche de Plomodiern", si on veut) qui y a fait ses armes. De même,  sur le pan sud du chevet, deux pièces sont de la même main,  C'est donc vers cet ensemble de six pièces que je dois me pencher (si on peut dire, pour des détails placés tout en haut des murs).

J'aurais tendance à rattacher à ces sculptures de corniches , bien que je ne sois plus couvert par l'autorité  des écrits de S. Duhem, la tribune d'orgue de l'église, le buffet étant classée MH ; en effet, j'y retrouve les dragons caractéristiques.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29002943

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29001223

Note : la charpente a été restaurée en 2007, "et des pièces de sablières ont été resculptées".

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Datation. 

Sophie Duhem adopte la date de 1544. En effet, c'est selon Couffon entre 1528 et 1544 que comme à Notre-Dame de Confort, , grâce aux libéralités d'Alain de Rosmadec et de Jeanne du Chastel, le choeur fut  agrandi avec transformation de l'ancien chevet plat en chevet à noues multiples. Le couple s'est marié en 1528, Alain de Rosmadec est décédé en 1560. Jeanne du Chastel est décédée en 1544, or, elle est représentée avec son mari sur le vitrail de la grande verrière, dont les fragments sont conservés actuellement dans la chapelle du Rosaire. Ce sont ces données biographiques qui conduisent René Couffon à cette datation. Par ailleurs, les réalisations du maître des sablières de Plomodiern sont datées par inscriptions en 1564 à Plomodiern et 1562-1566. La date de 1544 pour les sablières de Pont-Croix, même si elle se base sur des estimations fragiles, peut être considérée comme plausible.

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LES QUATRE PIÈCES DU  CHEVET PRINCIPAL (VERS 1544, maître des sablières de Plomodiern) .

 

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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I. Chevet, au dessus de la travée sud. Deux pièces et trois blochets.

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Blochet : personnage tenant un rouleau.

Première pièce : deux médaillons (hommes casqués, de profil) encadrant deux dragons enfeuillagés et un masque (homme-feuille).

Blochet central : gueule de dragon.

Deuxième pièce : scène de pêche (trois hommes dans une barque et six poissons) ; créature semi-humaine accroupie tenant la queue de deux dragons enfeuillagés.

Blochet : femme mains jointes.

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Blochet : personnage tenant un rouleau.

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Ce personnage aux cheveux à petites mèches serrées est coiffé de ce qui peut être un bonnet carré (de recteur ou de docteur). Il porte un manteau à plis épais, sur une chemise au col particulier. Le bras droit n'est qu'ébauché, et c'est la main gauche qui tient un rouleau, ou le manche d'un objet.

Du visage, auquel deux grands yeux confère une allure pensive, nous remarquons le menton très rond, la bouche étroite mais lippue, et le nez aux larges narines.

On le comparera au blochet du pan sud du chevet, où le personnage porte un bonnet carré intact.

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Première pièce : deux médaillons (hommes casqués, de profil) encadrant deux dragons enfeuillagés et un masque (homme-feuille).

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Dès le premier médaillon, nous reconnaissons le style du maître de la nef de Plomodiern, avec ce cadre entaillé de marques en I (à empattement), et ce profil à l'œil d'horus, immense, à pupille creuse et à paupière soulignée par un double trait. 

Nous reconnaissons aussi le nez en patate au dessus d'un menton fuyant.

Le chapeau rond à large bord antérieur et postérieur n'a pas l'allure franche d'un casque : c'est, aussi bien, la coiffure civile d'un bourgeois.

Le haut du manteau, aux plis marqués, évoque également les médaillons plomodiernais ou saint-nicais que voici :

 

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Médaillon masculin, nef de l'église de Plomodiern.

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Médaillon féminin, nef de l'église de Plomodiern.

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Sablières de l'église de Saint-Nic. Photo lavieb-aile.

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Ici, nous avons de chaque coté deux médaillons masculins, et non un couple. Les deux médaillons sont identiques, quoique le nez du personnage de droite soit encore plus typique que celui de gauche.

Sur le dessin du cadre circulaire vient se mouler celui de l'oreille d'âne  du dragon, et la volute d'une feuille-plume complète le cercle. C'est une façon de souligner combien les êtres humains (miroir tendus aux paroissiens ) étaient menacés par les forces animales prêtes à les dévorer. Il est tentant d'y voir une représentation des dangers encourus par les âmes des chrétiens et des tentations de la chair, mais  loin d'être un prêche à la moraline pesante, c'est plutôt un clin d'œil amusé où les enjeux sotériologiques ne sont pas pris au sérieux. Cet espace intermédiaire entre l'espace liturgique du chœur et les cieux échappe à la religion.

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Vient ensuite le premier dragon, avec son œil d'horus qui fait parenté avec celui de l'humain, dans un souci de brouiller les limites spécifiques qui domine cette production.  Selon le même principe de confusion animal-végétal, des appendices foliaires s'échappent du corps, tandis que les lignes du museau et de la langue se métamorphosent en volutes comme des feuillages, ou des plumes. À y regarder de près, le dragon est bien équipé d'une aile nervurée, comme de règle, mais celle-ci est si réduite et si entourée des boucles végétales qu'elle en est dissimulée.

Immédiatement, nous repérons aussi les marques de gouge en C qui rendent les écailles de l'animal. 

Nous pourrions décrire aussi un ruban aux marques en I et y voir une banderole (produit manufacturé humain), si l'habileté de notre artiste ne mêlait pas ces volutes aux autres pour mieux  emmêler  notre plume interprétative.

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Au centre, un masque dont le centre est humain mais qui, aplati au rouleau à pâtisserie,  s'étale en feuilles pointues.

Ne quittons pas ce moustachu sans remarquer l'encadrement fait d'éléments cycliques, puisque ceux-ci portent des marques faites au foret de menuisier. Constatation précieuse, puisqu'à Plomodiern et ailleurs, ces marques de foret appartiennent au vocabulaire routinier du sculpteur.

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Le deuxième dragon nous permet de réviser notre acquis : les feuilles-plumes, les banderoles, l'aile nervurée (en fleur de lys), la queue bifide comme celle d'un poisson-feuille, les dents de loup, le museau et la langue retroussés en vrille, etc.

Disons un mot de la peinture rouge du fond (et des dents) et de la peinture crème des éléments sculptés, un procédé  qui se retrouve à peu près à Saint-Tugen en Primelin mais qui diffère de la riche polychromie utilisée à Plomodiern, Saint-Nic, ou Confort-Meilars .

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Blochet central : gueule de dragon.

Deuxième pièce. 1.  scène de pêche (trois hommes dans une barque et six gros poissons) ; 2. créature semi-humaine accroupie tenant la queue de deux dragons enfeuillagés.

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Le blochet est de la même main, comme en témoigne les marques de gouge et de foret.

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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1.  scène de pêche (trois hommes dans une barque et six gros poissons) .

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La scène de pêche présente un intérêt majeur. On ne la trouve, par le même atelier ni à Plomodiern ni à Saint-Nic, mais bien à Primelin (et, selon S. Duhem, à la chapelle Saint-Trémeur de Cléden-Cap Sizun): donc uniquement au Cap Sizun. 

Au total, sur les sablières, ces scènes de pêche (ou du moins maritimes) sont au nombre de sept.

  •  Église de Combrit, 1549,  [par un sculpteur proche de celui de Plomodiern, l'"anonyme de Combrit" (S. Duhem), actif aussi à Saint-Tugen de Primelin] : 2 barques et 7 ou 8 poissons.
  • Chapelle Sainte-Marine de Combrit,
  • Chapelle Saint-Michel Douarnenez (pêche au filet). 
  • église de Cléden-Cap-Sizun
  • chapelle Saint-Trémeur de Cléden-Cap-Sizun (maître de la nef de Plomodiern)
  • Église de Pont-Croix (maître de la nef de Plomodiern)
  • Chapelle Saint-Tugen de Primelin.

Cette représentation de barques et de poissons sur les sablières,   uniquement au Cap Sizun et nulle part ailleurs en Bretagne, est à rapprocher des sculptures sur pierre de navires et de poissons sur les façades des églises de la même région, s'ornent de navires (plus souvent des carvelles que des barques de pêche), à l'église de Penmarc'h, à la Tour-Carrée de Penmarc'h, à l'église Notre-Dame de Confort de  Confort-Meilars, à Saint-Rumon d'Audierne ,  à la chapelle Saint-Yves et à l'église Saint-Collodan de Plogoff, ou à Cléden et Goulien . "On rapporte  qu'en  1590, en pleine période des Guerres de religion, sur 849 navires ayant fréquenté le port de Bordeaux, 80 venaient du Cap Sizun et 55 de Penmarc'h. Vers la fin du xvie siècle et au début du xviie siècle, des bateaux d'Audierne s'aventuraient jusqu'aux Canaries ainsi qu'en Méditerranée, et au milieu du xviie siècle, Audierne possède 150 chaloupes de pêche et compte environ 2 300 habitants" (Wikipédia). Lire   J. Peuziat,  "Navires de pierre (sculptures des églises bretonnes),” Le Chasse-marée n° 15 (1985) p. 34-47, ou Ch. Villain-Gandossi, Le navire médiéval à travers les miniatures https://books.openedition.org/pur/107810

 

 

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Description.

On y voit trois hommes dans une barque non pontée, à clins ou, du moins, dont le franc-bord est rehaussé. Ils sont vêtus d'un vêtement ample mais serré à la taille par une ceinture, et leur tête est recouverte par un capuchon se dressant en pointe et recouvrant les épaules, comme un chaperon. On imagine ces protections en toile huilée. L'un, à l'avant, tient des deux mains  une gaffe ou un harpon ramenant l'un des poissons. Celui du milieu tire vers lui une ligne, qui est interrompue par le bûchage dont la sculpture a été victime, mais qui se retrouve à gauche, amenant au bord un gros poisson.

Sophie Duhem estime qu'il s'agit de sardines, la pêche alors florissante sur les côtes bretonnes, mais on peut penser aussi à des thons.

Le pêcheur de gauche, bras écartés, a le geste professionnel des pêcheurs à la ligne en mer, mais sa main droite est proche des filins d'un mât et de la voilure, abattus pour la pêche. Plus vraisemblablement, cette main droite manœuvre la barre, dont la partie arrière est visible au dessus du safran.

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Barque de pêche, sablières de Saint-Tugen à Primelin. Photo lavieb-aile.

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Sablières de Sainte-Marine à Combrit. Photo lavieb-aile

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Eglise Saint-Nonna de Penmarc'h : une chaloupe non pontée armée de deux avirons pêche divers poissons ; outre les rameurs, le patron et le matelot.Photo lavieb-aile

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Les sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix.

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2. créature semi-humaine accroupie tenant la queue de deux dragons enfeuillagés.

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La créature, probablement nue, est coiffée d'une couronne évasée. On la comprend mieux en la 

comparant  avec la scène homologue, dans la chapelle Saint-Tugen de Primelin :

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f de la chapelle Saint-Tugen à Primelin. Photo lavieb-aile

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Blochet : femme mains jointes.

En très bon état : restaurée ou restituée ? Elle est surmontée d'une colombe en about de poinçon : est-ce la Vierge ?

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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II. Chevet, au dessus de la travée nord. Deux pièces et trois blochets.

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Blochet : personnage bras tendus (tête perdue)

Première pièce : deux médaillons (hommes casqués, de profil) encadrant deux dragons enfeuillagés et un masque (homme-feuille). (Reprise de la pièce sud)

Blochet : gueule de dragon.

Deuxième pièce : deux médaillons encadrant deux dragons à queue céphalisée; autour d'un médaillon central.

Blochet : homme tenant un bâton.

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Blochet : personnage bras tendus (tête perdue).

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Première pièce : deux médaillons (hommes casqués, de profil) encadrant deux dragons enfeuillagés et un masque (homme-feuille). (Reprise de la pièce sud)

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Blochet : gueule de dragon.

Le blochet identique à son vis-à-vis est de la même main, comme en témoigne les marques de gouge et de foret.

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième pièce : deux médaillons encadrant deux dragons à queue céphalisée; autour d'un médaillon central.

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Blochet : homme tenant un bâton.

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Les abouts de poinçons.

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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LES DEUX PIÈCES DU  PAN SUD DU CHEVET (VERS 1544, maître des sablières de Plomodiern) .

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Blochet : gueule de dragon.

Première pièce : masque mi-humain enrubanné.

Blochet : homme tenant une banderole ou étole.

Deuxième pièce : deux dragons à queue céphalisée, et deux médaillons.

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Première pièce : masque mi-humain enrubanné.

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Blochet : homme tenant une banderole ou étole.

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Le bonnet carré et l'étole (si c'en est une) plaiderait pour l'hypothèse d'y voir un prêtre ; mais il serait étonnant que le recteur de Pont-Croix se soit fait représenter ici.

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième pièce : deux dragons à queue céphalisée, et deux médaillons.

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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LA DEMI-PIÈCE DU COTÉ EST DU PAN SUD DU CHEVET (VERS 1544, maître des sablières de Plomodiern) .

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

Sablières du chevet de l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix. Photographie lavieb-aile.

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CONCLUSIONS.

Il est passionnant de suivre, grâce aux indices thématiques et stylistiques, l'activité d'un atelier de sculpture sur bois actif au milieu du XVIe siècle dans la région du Cap Sizun à Pont-Croix, Primelin et Cléden-Cap-Sizun puis au nord du Porzay à Plomodiern et Saint-Nic, puis d'en déceler l'influence directe sur les sablières de Confort-Meilars, et enfin d'observer des rebondissements thématiques liés aux scènes de pêche autour du Cap.

Il est également passionnant de voir comment se développe, au gré des talents de chaque artiste, le thème du dragon, si souvent repris qu'il est presque emblématique des sablières finistériennes (comme aussi des crossettes en pierre). Sur 1895 pièces de sablières du Finistère recensées par S. Duhem, les animaux fantastiques sont présents dans un quart de celles-ci. Nous ne disposons pas du chiffre par sanctuaire, mais rares sont les ensembles de sablières d'une église ou d'une chapelle qui ne comporte pas un ou plusieurs dragons. Ils représentent 7,2 % des pièces, mais il faut y ajouter les engoulants des entraits (10%) , les blochets (non recensés dans cette étude), les dragons à plusieurs têtes classés comme grylles, etc. L'originalité du maître des sablières de Plomodiern est de les montrer abondamment végétalisés par des feuilles-plumes et d'insister sur la proximité de leur gueule envers les humains. 

La planche 29 de la publication de S. Duhem montre la fréquence de ces représentations de dragons sur les sablières. J'en donne la partie concernant le Finistère., en cerclant les deux foyers d'activité de notre sculpteur.

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Sophie Duhem, Les sablières bretonnes, 1997 (détail).

 

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À cet atelier va succéder, dix à vingt ans plus tard, l'atelier du Maître de Pleyben, actif non seulement à Pleyben et Plomodiern, mais aussi plus au nord à Saint-Divy, Saint-Vougay, Bodilis, et peut-être Roscoff. Dans les deux cas, nous voyons comment un sculpteur (ou un atelier) peut étendre son activité de site en site, dans un rayon d'une trentaine de kilomètres, et sur une période d'activité d'une vingtaine ou trentaine d'années, en développant un style et une thématique parfaitement individualisée, ce qui n'exclut pas que des travaux plus attentifs puisse y reconnaître plusieurs mains, ou plusieurs périodes.

Là encore, j'emprunterai un document à l'ouvrage de Sophie Duhem :

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Sophie Duhem, Les sablières sculptées... 1997, représentations des ateliers et de leur diffusion.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

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— COUFFON (René)

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/e2b9737d7806ae456f45f5edb17ba812.pdf

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_82/Notre_Dame_de_Roscudon_et_lAtelier_de_Pont_Croix_.pdf

https://m.shabretagne.com/scripts/files/51d0571f3eb5e5.73808665/1951_01.pdf

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. ... préface d'Alain Croix. , Rennes : Presses universitaires de Rennes, 1997 : thèse de doctorat en histoire sous la direction d'Alain Croix soutenue à Rennes2 en 1997. Pont-Croix cité aux pages 18 ; 19 ; 63 (mutilations des sablières) ;  84 (atelier de sculpture sur pierre) ; 139 ; 141 à 143 ; 156 ; 179 ; 239 ; 267 ; et 301. Voir les pages  142 à 146 pour les sablières attribuées à "Bréllivet".

 

"Le Cap-Sizun : un chantier en effervescence.

Les grands chantiers architecturaux du Cap Sizun sont commencés au cours du Moyen-Âge avec l'édification de la collégiale Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix puis de la chapelle Saint-Tugen à Primelin au siècle suivant, celle des ornemanistes, sculpteurs de statues ou de retables, et peintres de tableaux. Parmi eux, les charpentiers-sculpteurs, bâtisseurs et décorateurs à la fois, ont su trouver au Cap Sizun des occasions d'exercer leurs talents.

 

L'anonyme de Plonévez-du-Faou, première moitié du XVIe siècle :

_Chapelle Saint-Tugen à Primelin, 1ère (ou 2ème) moitié du XVIe s, partie ouest de la nef. Tête d'homme coiffé d'un chapeau. La sculpture représente des visages joufflues, souvent expressifs , coiffés de chapeaux à rebords ou de bonnets qui laissent dépasser des chevelures bouclées.

_Église de Plonévez-du-Faou, 1ère moitié du XVIe siècle. Sablières plutôt postérieures à celles de Primelin. Bustes masculins ou féminins grimaçants, séparés par des feuilles de vigne denticulées, avec un travail très recherché des expressions, des positions et des tenues vestimentaires. L'inclinaison des têtes est caractéristique, comme les modelés des visages aux joues potelées, les boucles agglutinées des cheveux, les chapeaux hauts aux bords fendus ou le traitement des chevelures féminines. Par rapport à Primelin, on trouve en plus des figures de fous en buste, coiffés de capuchons dentelés à oreilles d'âne et de petits animaux.

L'anonyme de Combrit vers 1549.

-Saint-Tugen à Primelin, nef, vers le milieu du XVIe siècle, avec des sculptures présentées à la manière ancienne, disposées à intervalle réguliers sur la sablière, puis bras du transept nord quelques années plus tard, avec des sculptures disposées en frise. Reconnaissable aux fourrures des animaux, aux rebords des végétaux formant des boucles agglomérées. Visages ronds souvent coiffés de chapeaux aux rebords évasés. Thèmes médiévaux mêlant des têtes grimaçantes et des figures dans des positions grotesques.

-Combrit en 1549.

Moutons (lions) aux crinières bouclées. Scène de pêche dans le transept sud comme à Pont-Croix et Cléden-Cap-Sizun. Mais aussi influence Renaissance avec des portraits en bustes dans des médaillons.

-Chapelle Sainte-Marine à Combrit. Scène de pêche également.

-Plomeur, chapelle de Tréminou. Ensemble de sablières inspirées des décors réalisés à Combrit (mais avec plus de maladresse), notamment les figures de dragons ont les mêmes caractéristiques.

L'œuvre de Jean Brellivet vers 1544-1564. (page 142)

"Contemporain de l'anonyme de Combrit, J. Brellivet exerce comme lui son métier sur les chantiers du Cap Sizun avant de gagner des paroisses situées, cette fois, plus au nord. Les dates mentionnées par quelques sablières permettent de suivre son activité durant près d'une dizaine d'années, voire un peu plus si l'on tient compte des dates des campagnes de construction des sanctuaires où son passage est attesté. Avant de découvrir les étapes anciennes de son parcours, arrêtons-nous dans l'église de Plomodiern qui abrite l'ensemble le plus tardif que l'artisan ait réalisé.

L'œuvre, datée de 1564,  est de belle qualité : Brellivet n'hésite pas à évider le bois de manière à obtenir un relief assez haut, et comme l'artiste de la chapelle des saints Côme et Damien à Saint-Nic, il aime ornementer les surfaces de motifs taillés en creux, stries, encoches, facilitent l'identification de son travail. Les mentons sont fuyants, mais les fronts sont bombés net, les yeux immenses, aux contours très dessinés. Les figures originales qu'il représente sont inspirés des décors de la Renaissance : il apprécie surtout les figures humaines et animales « végétalisées » qui prennent la forme dans sa sculpture de bustes d'hommes et de dragons dont les cornes pisciformes sont couverts de végétaux. Il dynamise ses compositions par de petits portraits qu'il représente en buste ou de profil, sur des médaillons.

Ces images sont caractéristiques de sa production et apparaissent à quelques kilomètres de là, pointe du Cap Sizun sur les poutres plus anciennes de l'église de Pont-Croix. L'année 1544 marque la fin de la campagne de construction du chœur et sans doute est-ce durant cette période qu'il entreprend l'ornementation des sablières. Soit près d'une vingtaine d'années en amont de l'œuvre de Plomodiern. Les images choisies sont les mêmes ou du moins partiellement puisqu'une scène de pêche complète la décoration de l'ensemble. En réalité l'auteur n'a pas encore fixé son répertoire : il mêle à ses figures végétales renaissances des thèmes plus « locaux » dans la tradition de l'imagerie divertissante du bas Moyen-Âge. Il lui faudra quelques années avant d'adopter définitivement le registre des images les plus modernes, car son choix n'est toujours pas fait en 1554 : les fragments de sablières conservés dans la chapelle Saint-Trémeur à Cléden-Cap-Sizun le prouvent. Si le nom de Brellivet n'est pas mentionné par l'inscription qui fournit la datation, la paternité ne fait aucun doute.

Bien que nous ne connaissions pas les dates d'édification de la charpente de la chapelle Saint-Tugen à Primelin, une partie au moins est contemporaine des charpentes de Pont-Croix et de Trémeur. La présence de quelques sablières décorées par le sculpteur l'atteste. Nous retrouvons à Primelin l'image du putto tenant entre les mains les queues de deux dragons végétalisés, de même que les petits bustes pleins d'embonpoint qui ornaient déjà les culots des poinçons pontécruciens. C'est probablement vers le milieu du siècle que le sculpteur quitte la pointe du Cap Sizun pour gagner des chantiers situés plus au nord. Comme nous l'avons vu, il réalise les décors de Plomodiern en 1564. Il est à la même époque dans la paroisse de Saint-Nic où il est employé à l'ornementation de la charpente de l'église entre 1561 et 1566. La commande est importante si l'on tient compte des éléments conservés localisés sous le porche et dans la nef. La maîtrise technique de l'ouvrage est incontestable, mais il est vrai que le répertoire est déjà bien connu du sculpteur."

 

Les sculpteurs anonymes de Pont-Croix. (page 143)

Également localisés dans la région du Cap Sizun, les travaux d'un sculpteur anonyme décorent l'église de Pont-Croix.

a) Quelques sablières anciennes placées dans le bras sud du transept présentent des décors qui datent très probablement du début du XVIe siècle. Les figures principales sont constituées de bustes féminins et masculins coiffés de chapeaux et de turbans. Des représentations d'une facture très proche apparaissent dans les sanctuaires de Fouesnant et de Penmarch semblant attester un déplacement de sculpteur jusqu'au sud du diocèse.

b) L'église de Pont-Croix abrite un autre ensemble de sablières, placées à la jonction des deux chapelles du bas-coté sud sans doute au moment des modifications apportées à l'édifice au milieu du XVIe siècle. Le travail d'ornementation est élaboré, composé d'images de dragons déglutissant des végétaux, de personnages grotesques et de grylles monstrueux à plusieurs têtes. Il semble que l'auteur de cet ouvrage ait participé à la décoration de s poutres de l'église de Confort, située à quelques kilomètres de là. La conception de cet ensemble est très hétérogène mais on reconnaît à l'observation de quelques détails la facture de Pont-Croix. Les représentations, que l'on retrouve également dans l'église de Plouhinec, attestent les contacts visuels, et par conséquents la circulation des sculpteurs dans la pointe du Cap Sizun à cette époque." (S. Duhem)

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
6 janvier 2020 1 06 /01 /janvier /2020 16:43

Les vitraux du XIVe siècle de la cathédrale d'Évreux : XVIII : la baie 209 offerte vers 1390-1400 par Pierre de Navarre, comte de Mortain.

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Cet article est le dix-huitième d'une série sur l'apparition du jaune d'argent dans les vitraux du chœur de la cathédrale d'Évreux au XIVe siècle, et il suit l'ordre chronologique des datations de ces verrières.

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Je suis guidé par les publications de Françoise Gatouillat, et notamment par Gatouillat 2019.

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Voir :

 

 

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Voir aussi :

.— Sur les vitraux plus tardifs de la cathédrale d'Évreux :

— Sur les fonds damassés  outre les articles sur les baies 15, 17 et 19 cités supra : 

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Liste de mes 200 articles sur les vitraux :.

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PRÉSENTATION.

 

Haute de 6,50 m et large de 3,60 m, la baie 209, située au coté nord des vitres hautes du chœur, comporte 4 lancettes trilobées  et un tympan à 1 pentalobe,  2 trilobes et 9 écoinçons. Elle appartient, avec la baie 210 offerte par Charles VI,  aux verrières dites "royales" car le donateur a été identifié comme Pierre de Navarre, comte de Mortain, frère puiné du roi de Navarre et comte d'Évreux Charles III le Noble, et compagnon d'enfance du roi Charles VI.

Pierre de Navarre y est présenté à la Vierge à l'Enfant par saint Pierre, et par saint Denis. 

Les quatre personnages se tiennent dans des édicules voûtés tendus de damas à motifs de rinceaux en spirale.

Les dais répètent les mêmes fleurons trilobés au sommet des petits gables aigus des contreforts que la baie 210, les mêmes crosses de feuillage sur les rampants des gables principaux, et surtout les mêmes crochets blancs et jaunes qui hérissent, par une disposition assurément rare, la corniche supérieure des niches. Mais le dais à sommet plat est simple pour les trois saints personnages, et double pour le donateur, afin qu'il soit placé plus bas qu'eux.

La verrière a été restaurée lors de la réfection du chœur entre 1888 et 1896 : la date de 1893, qui est inscrite sur le livre de prières, se rapporte certainement à cette restauration.

Elle résulte d'une recomposition un peu complexe par Jean-Jacques Gruber en 1953 puisque son emplacement était auparavant celui de la verrière de Guillaume d'Harcourt (aujourd'hui en 211), et que les panneaux du donateur et de saint Pierre ont été transférés depuis la baie 134 de la nef avant 1834 pour compléter la verrière de Raoul de Ferrières de la baie 207, et qu'enfin la Vierge et saint Denis étaient placés dans la verrière voisine...

Longtemps, en se fondant sur un relevé exécuté par le collectionneur Gaignières, on y a vu Charles III de Navarre. L'identification juste, et la recomposition de la verrière, résultent d'un véritable travail d'enquête érudite mené en 1942 par Suzanne Honoré-Duvergé  puis Jean Lafond , mais le débat s'est poursuivi autour des baies 209 et 210 jusqu'en 1980, entre Jean Lafond, Louis Grodecki (1956-1957), l'archiviste Marcel Baudot et l'héraldiste Jean-Bernard de Vaivre. Il portait notamment sur les deux relevés effectués par Boudan pour Gaignières : s'agissait-il, — puisqu'ils portaient en inscription les identifications de Charles II et de Charles III —, d'infidélités aux verrières réelles (car plus difficiles à observer qu'une dalle funéraire par exemple), ou bien de relevés de deux autres verrières, aujourd'hui perdues, tandis que les actuelles baies 209 et 210 auraient échappé à l'attention du dessinateur et antiquaire ? On pourra voir, dans les articles cités en source, combien ces débats sont passionnants et instructifs. 

Néanmoins, le consensus est établi concernant l'identité de Pierre de Navarre, et la datation entre 1390 et 1404.

 

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Vue générale en situation au dessus du triforium avec sa baie 109 :

 

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Baies 209 et 109 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 209 et 109 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La première lancette : la Vierge à l'Enfant.

 

Elle provient de la verrière de la cinquième travée de la nef, du côté sud, où elle avait été déplacée.

"La Vierge assise à laquelle Mme Honoré-Duvergé a pensé pour compléter le vitrail de Pierre de Mortain est infiniment gracieuse. Sa tête blonde s'incline vers la droite, comme pour accompagner le mouvement de l'Enfant-Jésus, penché en avant avec ce bel élan qu'on lui voit dans certaines représentations de l'Adoration des Mages. Mais il tend ici une branche de rosier." (J. Lafond)

On sait que la Vierge, patronne de la cathédrale Notre-Dame, est honorée dans la plupart des verrières hautes du chœur.

Fond rouge damassé au motif de rinceaux. Manteau bleu, nimbe vert, Enfant et visage de Marie en verre blanc peint au jaune d'argent. Le damassé aux rinceaux polycycliques se retrouve sur la robe dorée, visible en bas.

La Vierge incline la tête vers son Fils avec qui elle échange un regard d'autant plus tendre que l'Enfant enlace le cou de sa Mère de ses bras. Elle tient dans la main droite un objet (rosier selon Lafond) que je ne peux déterminer.

Petit effet de perspective par les nervures des voûtains, le manteau qui passe devant les piédroits, ou les lignes du carrelage  à losanges noirs et jaunes.

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Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Cliché éclairci pour étudier le fond rouge.

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Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième lancette : saint Pierre coiffé de la tiare papale.

Fond du dais rouge, sous lequel est tendue une étoffe damassée bleu au motif de pommes de pins fleuronnées, de rouelles à crochets et de rinceaux. Je rappelle l'importance de ces damassés, qui ont permis le regroupement des panneaux dispersés et qui se retrouvent en baie 210. La rouelle à crochet renferme deux dragons (ou oiseaux fabuleux) affrontés, comme les soieries ou lampas importés de Lucques ou de Florence. 

Ce motif se retrouve à Bourges dans le vitrail de la chapelle d'Etampes — ou du Sacré-Coeur — des premières années  du XVe, et  reproduit dans la Pl. II d'A de Méloizes.

Saint Pierre tient la clef dans la main droite et tend la main gauche, en arrière, vers le donateur dont il est le patron. Nimbe rouge, chape lie-de-vin, surplis, visage et mains en verre blanc. 

L'un des détails précieux est le motif des broderies de l'étole, puisqu'il s'agit de verrières au remplage stylisé : il indique que Pierre de Navarre est donateur de la verrière, d'une façon très originale puisqu'ailleurs dans le chœur, les donateurs portent eux-mêmes une maquette de vitrail.

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Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Troisième lancette. Pierre de Mortain en donateur.

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Pierre de Navarre (Évreux, 31 mars 1366 – Sancerre, 29 juillet 1412), comte de Mortain, était le fils puîné de Charles II, roi de Navarre et comte d'Évreux (dit Charles le Mauvais), et de Jeanne de France (1343-1373), fille du roi de France Jean le Bon.

Pierre de Navarre alias Pierre de Mortain naquit à Évreux le 5 avril 1366. Laissé à la cour de France (en gage d'une possible politique de réconciliation entre son père et le roi Charles V), il fut élevé avec le futur roi Charles VI, dont il devint l'inséparable compagnon.

C'est dans ce contexte qu'il faut réunir les deux verrières 209 (au nord) et 210 (au sud) offertes par Pierre de Mortain et Charles VI, et où saint Denis est présent dans les deux cas.

Le gisant de Pierre de Navarre est conservé au Louvre.

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Statue gisante provenant du tombeau de Pierre de Navarre , dans le choeur de l'église de la Chartreuse de Paris, détruit à la Révolution.

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http://cartelfr.louvre.fr/cartelfr/visite?srv=car_not_frame&idNotice=1980

"Au reste, l'exactitude de l'identification est aisée à vérifier ; la figure du vitrail présente, nous l'avons dit, toutes les apparences d'un portrait. Or, le Louvre conserve la belle statue tombale du comte de Mortain, que lui fit ériger, après sa mort en 1412, sa veuve Catherine d'Alençon . L'épreuve est concluante : non seulement le costume du gisant est identique en tous points au vitrail — mêmes détails de l'armement, même cotte armoriée, le cortil seul faisant défaut — mais encore les traits sont semblables ; à peine peut-on noter que le vitrail offre une image plus juvénile, faite vraisemblablement du vivant de Pierre de Navarre." (Honoré-Duvergé)

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Plus précisément (de Vaivre), Pierre de Mortain porte une cuirasse, cuissards, grèves et solerets à bouts pointus. La cuirasse, portée sur une cote de maille qui apparaît au col, est elle-même revêtue d'un tabard aux armes un peu différentes que celles du vitrail  : aux 1 et 4 au rais d'escarboucle pommeté, besanté et fermé, aux 2 et 3 à trois fleurs de lis à la bande et à la bordure simple. En d'autres mots, seuls sont brisés les deux quartiers issus de France. D'autre part, le tortil est absent mais aux dires de Millin, la tête était autrefois ceinte d'un tortil « en vermeil, orné de pierres fines ».

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Datation :

"Le peu que nous connaissons de la vie du comte de Mortain nous aidera à préciser la date de la verrière. Nous savons qu'il est né à Évreux le 5 avril 1366 , et cela nous donnera le terminus a quo du travail : il semble bien que le prince eût dépassé vingt ans quand l'artiste a fixé ses traits sur le verre ; le vitrail ne saurait donc être antérieur de plus de deux ou trois ans à 1390. Un autre argument, tiré de l'état des ressources du jeune Pierre de Navarre, vient renforcer cette déduction : quand Charles V procéda à la confiscation de toutes les terres françaises de Charles le Mauvais (1378), le jeune homme, retenu prisonnier à la cour de France, fut dès lors élevé en compagnie du futur Charles VI, son cadet de deux ans à peine ; financièrement parlant, il dépendait donc entièrement du bon plaisir du roi de France : en dehors de quelques dons motivés par des frais extraordinaires, sa pension s'élevait à 3,200 l. p. par an, jusqu'à l'érection en sa faveur du comté de Mortain en 1401 . Sans doute peut-on penser que Charles le Noble, une fois monté sur le trône de Navarre (1387), aida son jeune frère à tenir son rang ; mais les finances navarraises étaient elles-mêmes bien mal en point, et c'est en 1410 seulement que le prince recevra un apanage de 3,000 l. de rente . Aussi paraît-il impossible qu'avant 1390 les ressources du jeu ne homme aient pu lui permettre la dépense de la verrière. L'exécution du vitrail se placerait donc entre l'extrême fin du XIVe siècle au plus tôt et les premières années du XVe siècle au plus tard. … L'on peut même penser que le vitrail devait être posé en 1404 : à cette date, en effet, le roi de Navarre perd le comté d'Évreux et reçoit en échange le duché de de Nemours ; dès lors, il y a peu d'apparence que les princes de Navarre aient songé à embellir la cathédrale d'une capitale qu'ils avaient perdu l'espoir de recouvrer. Sans doute, le comte de Mortain gardait-il, même après cette cession, de nombreuses raisons de se montrer généreux envers l'église de sa ville natale, où sa mère était enterrée, que ses ancêtres avaient ornée. Il n'en reste pas moins vraisemblable que Pierre de Navarre et son saint patron ont pris place aux fenêtres de la cathédrale d'Évreux entre 1390 et 1404. Dès lors, leur facture, la précision du dessin, l'emploi déjà sûr de la perspective s'expliquent aisément." (Honoré-Duverger)

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Le motif du damassé est ici peint sur fond vert. 

Le comte d'Évreux est figuré à genoux, devant son livre de prière ouvert sur un prie-dieu. Il porte la cotte de maille et l'armure complète, sous un tabard à ses armes .

Il porte sur la tête un tortil d'or où s'enroule un rang de perles.

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Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Héraldique.

Le tabard porte les armes écartelées  aux 1 et 4 de gueules au rais d'escarboucle pommeté, besanté et fermé, d'or (qui est de Navarre), aux 2 et 3 semé de France ancien à la bande componée d'argent et de gueules (qui est d'Évreux), à la bordure d'argent sur le tout .

 

 

 

Pierre de Mortain n'usa pas toujours des mêmes armes au cours de sa vie. Cela n'a rien de surprenant car on sait que seul le chef de famille avait droit aux pleines armes, les autres membres de la maison brisant ou surbrisant, selon un système qui était propre à chaque famille. Il  a utilisé au cours de sa vie au moins quatre sceaux différents mais son blason ne subit essentiellement qu'une seule modification. Elle concerne la bordure ajoutée en signe de brisure de son écu (écartelé aux 1 et 4 de Navarre, aux 2 et 3 semé de France à la bande componée, qui est d'Évreux) : la bordure engrelée pendant sa jeunesse, en 1376 et 1377, elle sera modifiée sur ses sceaux à partir de 1384 en bordure pleine, ou bordure simple d'argent sur le tout assurément à partir de 1401, comme nous la rencontrons alors sur ses actes, l'Armorial de la cour Amoureuse, sur les vitraux de la cathédrale d'Évreux ou sur le surcot de son gisant déposé au Louvre.

Si les sceaux ne renseignent pas sur les émaux (les couleurs) des armoiries, et notamment de la bordure, ces couleurs sont documentées par  Y Armoriai de la cour Amoureuse du début du XVe siècle, conservé aux archives de l'ordre de la Toison d'or à Vienne,. Sur le folio 3 r°, en bas et à droite, sont peintes les armes de Pierre fils de roy de Navarre comte de Mortaing. L'écu est écartelé, aux 1 et 4 de gueules au rais d'escarboucle pommeté, besanté et fermé, d'or, aux 2 et 3 d'azur semé de fleurs de lis d'or à la bande componée d'argent et de gueules, à la bordure simple d'argent sur le tout. Il n'y a pas de trace de bordure engrelée . Tout ceci est conforme aux armoiries du vitrail.

J'emprunte aux articles de de Vaivre les photos des sceaux avec bordure engrêlée et avec bordure simple, et je les pointe d'une flèche.

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Sur le cliché qui suit, j'ai indiqué par des flèches la bordure blanche (d'argent) qui est droite  (simple), et non en dents de scie ou timbre de poste (engrêlé).

La barre diagonale rouge et blanche sur le fond bleu et or est la bande componée d'argent et de gueules.

Les deux quartiers en "jeu de mérelles" rouge et or sont les armes de Navarre, étudiées en détail dans mon article sur la baie de l'Annonciation de Chartres.

http://www.lavieb-aile.com/article-vitrail-de-l-annonciation-de-la-cathedrale-de-chartres-123049018.html

 

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Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Etude du fond damassé.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le relevé que donne Gaignières (si on juge qu'il a fait dessiner ces panneaux)  de ce panneau montre de nombreuses   différences , ou erreurs (De Vaivre, 1973):

a) le b) Vitrail

  • pas d'inscription

  •  tortil perlé .

  • cotte d'armes sans manches

  • armes sur la cotte seule : écartelé aux 1 et 4 Navarre, aux 2 et 3 « Évreux » à, la bordure d'argent sur le tout

  • le prie-Dieu recouvert d'une étoffe à motifs de feuillage

  • pas d'écu dans le coin gauche.

  • bras et coude droits du personnage apparents .

  • partie postérieure gauche de la cotte invisible .

  • composition architecturale élancée

 

Le Dessin ..

  • Inscription ka/rol/3 rex/nav/ar/re 

  • couronne

  • cotte d'armes avec manches.

  • armes sur le surcot et sur les manches : écartelé aux aux 1 et 4 Navarre, aux 2 et 3 « Évreux ». Sans bordure.

  • le prie-Dieu recouvert d'une étoffe unie.

  • dans le coin gauche, un écu écartelé Navarre et Évreux, sans bordure, cime d'un plumail de paon, et orné de lambrequins.

  • bras et coude droits cachés .

  • partie postérieure gauche de la cotte très apparente .

  • composition architecturale très ramassée

Pour de Vaivre,

"Les différences qui se constatent entre le vitrail tel qu'il est actuellement et le dessin de la collection Gaignières sont trop importantes pour que l'on puisse encore soutenir que ce dernier représente le vitrail de la baie 115 [209], et ce pour des raisons héraldiques.

Il faut également admettre que le tortil perlé qui ceint le front de Pierre de Mortain sur le vitrail n'est pas le fruit d'une réfection d'un maître verrier de l'époque romantique, comme d'aucuns l'ont avancé, puisque le témoignage de Millin prouve qu'un tortil, sans doute très semblable, se voyait également sur le gisant de la chartreuse de Vauvert. On ne peut donc que se rallier aux conclusions de M. Baudot lorsqu'il affirme que le dessin de la collection Gaignières représente une verrière aujourd'hui disparue. De ce fait, voilà Boudan lavé d'une accusation de « falsifications délibérées » que ni lui, ni Gaignières qui l'employait, ne sauraient mériter.

Certains s'étonneront d'avoir des croquis du XVIIIe siècle de verrières disparues (les rois Charles II et Charles III de Navarre) tandis que sont parvenus jusqu'à, nous des vitraux que Boudan n'aurait pas pris la peine de copier (Charles VI et Pierre de Mortain). C'est que Gaignières avait de nombreuses autres représentations du roi de France et qu'il avait déjà, pris deux dessins du gisant de Pierre de Mortain à la chartreuse de Vauvert, à, Paris."

 

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Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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J'éclaircis l'image pour examiner le damassé.

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Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Il faut encore s'intéresser à l'étoffe qui recouvre le prie-dieu, blanche ornée de grosses fleurs aux pétales en étoile. J. Lafond a noté qu'on le retrouvait en baie 210 :

"Mais l'indice décisif, ce sont les draperies blanches des prie-Dieu qui le fournissent. Elles ne sont pas décorées de fleurons banaux, mais de petits arbres d'or, représentés avec leurs racines, leur tronc et des rameaux qui sont des palmettes rayonnant autour d'une fleur, le tout stylisé de la façon la plus précieuse. Ce motif, copié avec amour sur quelque étoffe persane du XIIIe ou du XIVe siècle, suffit pour assigner à nos vitraux [209 et 210] la même origine et la même date, qui s'établit sans doute entre l'année 1390, admise par Mme Honoré Duvergé pour la verrière de Pierre de Mortain, et l'année 1398 où mourut la reine Blanche. (J. Lafond) "

 

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Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Quatrième lancette : saint Denis.

Le saint, tenant sa tête coupé, est identifié facilement. Sa présence pour le patronage du donateur s'explique sans doute en symétrie de la verrière 210, dont il reprend le carton, dans laquelle il est justifié comme étant le saint patron de la royauté de France, la basilique Saint-Denis étant la nécropole royale des rois de France.

"saint Denis, magnifiquement paré de tous les ornements pontificaux, avec une longue et souple chasuble bleue losangée d'or par des fleurs de lis, dont plusieurs sont à plombs vifs. Le martyr porte sa tête coupée sur son bras gauche arrondi, la main ramenant sous le menton les deux fanons de la mitre. Ainsi la droite reste libre pour son geste de présentation. En décrivant le vitrail du nord, nous avons décrit celui du sud, car le même carton a servi pour l'un et pour l'autre. Cette pratique, dont on rencontre des exemples dès le XIIIe siècle, surprend ici, car rien n'évoque le travail en série dans ces vitraux, où tout est royal : la fondation, la matière et la facture. Il y a beaucoup d'art dans ces visages de supplicié, où la souffrance trouble à peine la noblesse. Rien n'est plus somptueux que les tentures damassées de couleur rouge qui tapissent les niches, derrière la sainte Vierge et derrière saint Denis." (Jean Lafond)

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Le motif du damassé rouge est le même que sur les autres lancettes, avec ses pommes de pins fleuronnées, ses rouelles à crochets et ses rinceaux.

On trouve, dans le surplis dépassant du bas de la chape bleue, un autre motif, celui d'une feuille aux larges découpes polylobées,  à quatre parties exubérantes en étoile.

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Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le damassé rouge :

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Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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LE TYMPAN.

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Au dessus des parties supérieures des lancettes occupées par une vitrerie blanche géométrique à fleurettes et fermaillets,  et cernée de bordures colorées datant de 1330-1340, le tympan comprend  un pentalobe où les lobes  peintes aux armes de Navarre entourent une Vierge à l'Enfant sur le croissant de lune aux pointes sommées de deux fleurs de lys, qui sont les armes du chapître cathédrale ( d'azur à une Notre-Dame d'argent, tenant l'enfant Jésus dans ses bras, accostée de deux fleurs de lis d'or, appuyant ses pieds sur un croissant d'argent).

Les couronnes d'or sur fond de gueules des trilobes sont des éléments de la fin du XIVe siècle, complétées.

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Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 209 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La baie 109 du triforium.

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Cette baie géminée à 2 lancettes trilobées et tympans à 1 soufflet et 4 écoinçons de 3,20 m de haut et 3,60 m de large est une vitrerie géométrique dans laquelle, en haut de chaque lancette, ont été réemployés les écus armoriés (restitués dans les 2e et 5e lancettes)  d'Évreux-Navarre datant vers 1380, armes utilisés par Charles III de Navarre entre 1375 et 1387 (Gatouillat se fondant sur de Vaivre 1980 p. 324-326).

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"M. Louis Grodecki ne peut envisager pour ces « vitraux royaux » deux campagnes de fabrication distinctes dans le temps ; s'il a donc existé des vitraux représentant à la fois Pierre de Mortain, Charles II et Charles III, la verrière où se voyait le second ne pouvait donc être qu'un vitrail commémoratif. M. de Vaivre en convient, mais il tient aussi à attirer l'attention sur un écu qui figure sur l'une des verrières du fenestrage du triforium du chœur où l'on voit un écartelé aux 1 et 4 de Navarre, aux 2 et 3 d'Évreux, au lambel de trois pendants d'argent sur le tout.

M. Grodecki précise que tous ces vitraux datent du xve siècle. M. de Vaivre ne partage pas cette manière de voir et pense, quant à lui, que si les fenestrages de cette partie du triforium ont bien été percés sous le règne de Louis XI, une bonne partie des vitraux qui y sont aujourd'hui placés (ou ceux qui leur ont servi de modèles) sont très certainement antérieurs et que c'est précisément le cas de celui qu'il vient de décrire. Les armes précitées — pour lesquelles tous les auteurs ont proposé jusqu'à présent des attributions erronées -— sont en réalité celles de Charles de Navarre, le futur Charles III, du vivant de son père, ainsi que le prouvent des sceaux encore inédits. Il n'y a aucune raison de penser que cet écu a été exécuté à l'époque romantique, ni au xve siècle ni même après 1387 lorsque Charles, du fait de la mort de son père, porta les pleines armes de sa maison. Il faut donc en conclure que des verrières sur lesquelles figuraient un ou des blasons furent commandées entre 1375 et 1387 puisque c'est à ce moment, et à ce moment-là seulement, que furent portées ces armoiries au lambel. M. Grodecki conclut en disant que, les hommes du Moyen Age ayant horreur du vide — en l'occurrence du verre blanc — auraient procédé à de nombreux remplois dont le cas évoqué semble précisément être un exemple."(Vaivre in Lafond 1975)

https://it.wikipedia.org/wiki/Carlo_III_di_Navarra

https://it.wikipedia.org/wiki/Carlo_III_di_Navarra#/media/File:COA_Navarre_Evreux_Charles_III,prince_de_Viane.svg

par  Odejea

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armoiries de Charles III de Navarre dessinées par Odejea pour le projet Blasons de Wikipedia

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Baie 109 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 109 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 109 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 109 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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ANNEXE.

" Ceux qui ont mesuré les difficultés d'une pareille enquête sauront gré à Mme Honoré-Duvergé d'en avoir abordé le problème le plus délicat avec la décision d'un historien, et de l'avoir résolu, pour le principal, avec son intuition de femme. L'auteur de l'article qu'on vient de lire écrit trop modestement qu' « un simple regard permet de reconnaître une facture identique » entre le donateur princier et le saint Pierre de la quatrième fenêtre septentrionale du chœur. C'est vrai depuis que Mme Honoré a eu l'idée de rapprocher les photographies de ces personnages, séparés dans le vitrail d'Évreux par deux figures remontant au second quart du XVIe siècle. Sur place, à première vue, le chevalier en armure et son saint patron produisaient des impressions si différentes qu'un illustre archéologue, F. de Guilhermy, a pu attribuer le saint Pierre au XVIe siècle . A vrai dire, ce pape qui gesticule dans l'ampleur de sa chape, sous la haute tiare aux trois couronnes, est une figure « baroque ».

Au contraire, le donateur nous apparaît comme aussi étroitement enserré dans l'immobilité de sa prière que dans la carapace de son armure, et sa cotte d'armes ne fait pas un pli. Mais justement, en détaillant ces différences, ne dissipons-nous pas l'apparente incompatibilité qui opposait le personnage « étoffé » au personnage « étriqué »? Alors on prend garde que, s'il se mettait debout, le donateur aurait exactement la même stature que ce grand saint Pierre. On s'aperçoit que son visage et ses mains ont les mêmes mesures que ceux de son patron. On réfléchit que le dais à double étage qui s'élève au dessus de sa tête est fait précisément pour garnir la forme réservée au personnage agenouillé. On constate que ce dais, si différent soit-il de celui de saint Pierre, n'offre aucun détail qui l'empêche d'être exactement du même temps. On reconnaît, enfin, que les tentures damassées se ressemblent beaucoup et que les carrelages sont semblables. Rien n'est donc plus légitime que le rapprochement des deux panneaux qui restitue au donateur le nom de Pierre de Mortain, parfaitement confirmé par la comparaison du priant d'Evreux avec le gisant du Louvre. L'hypothèse de Ferdinand de Lasteyrie est devenue une certitude. Nous voilà débarrassés de ce prétendu roi de Navarre qui portait un simple tortil de baron. Un tel excès de modestie aurait dû inquiéter plus tôt les archéologues, et Mme Honoré a eu raison d'en souligner l'invraisemblance. C'est là, je crois, un des points décisifs de la discussion, car Charles le Mauvais avait fondé à la cathédrale d'Évreux une chapellenie des saints Pierre, Paul et Jean l'Évangéliste. Il aurait fort bien pu se faire présenter à la sainte Vierge par saint Pierre .

La reconnaissance de Pierre de Mortain porte un coup à l'autorité de la collection Gaignières.. Mais il faut avouer que la série ébroïcienne nous apparaît comme particulièrement sujette à caution. Dans les portefeuilles de Roger de Gaignières, Pierre de Mortain s'appelle Charles III le Noble. Le dessinateur s'est avisé de surcharger le socle d'une inscription imaginaire : Karolus  rex Navarre  et de changer le tortil en une couronne, assez simplette d'ailleurs.

Pour faire un Charles le Mauvais, il a pris un roi de France, auquel nous rendrons son nom tout à l'heure. Mais il s'est donné plus de mal. Non seulement il a inscrit sur le soubassement : Karolus Rex Navarre me donavit, mais la tenture semée de fleurs de lis sans nombre est devenue une tapisserie décorée d'écussons alternés aux armes d'Evreux et de Navarre. Un blason royal de Navarre est apparu au tympan de la niche . Quant au chef de la dynastie, Philippe le Bon, il a été fabriqué avec l'une des deux effigies de son père, Louis, comte d'Evreux, qui subsistent encore dans une chapelle du déambulatoire : Ludovicus est devenu Philippus , tout simplement."

 

 

"C'est un roi de France, en effet. Mais non pas Charles V, comme le croyait Batissier et Lebeurier, et comme inclinait à le penser M. de M. Delachenal, qui « admettait difficilement que le portrait de Charles V eût été placé dans la cathédrale d'Évreux du vivant de Charles le Mauvais, qui survécut de sept ans à son beau-frère ». Le manque absolu de ressemblance est plus grave, quand il s'agit d'un personnage aux traits aussi accusés que Charles V. Bien rares sont les œuvres contemporaines, même parmi les miniatures, qui ne se conforment pas au type consacré .

Ce que nous devons souligner d'abord, c'est l'intime parenté qui relie ce vitrail au point de vue des formes comme au point de vue technique, à celui de Pierre de Mortain. Dans les architectures, ce sont les mêmes fleurons trilobés au sommet des petits gables aigus des contreforts, les mêmes crosses de feuillage sur les rampants des gables principaux, et surtout les mêmes crochets blancs et jaunes qui hérissent, par une disposition assurément rare, la corniche supérieure des niches.

Mais l'indice décisif, ce sont les draperies blanches des prie-Dieu qui le fournissent. Elles ne sont pas décorées de fleurons banaux, mais de petits arbres d'or, représentés avec leurs racines, leur tronc et des rameaux qui sont des palmettes rayonnant autour d'une fleur, le tout stylisé de la façon la plus précieuse. Ce motif, copié avec amour sur quelque étoffe persane du XIIIe ou du XIVe siècle , suffit pour assigner à nos vitraux la même origine et la même date, qui s'établit sans doute entre l'année 1390, admise par Mme Honoré Duvergé pour la verrière de Pierre de Mortain, et l'année 1398 où mourut la reine Blanche.

Le roi de France du vitrail d'Évreux est donc Charles VI, avant sa trentième année. Mme Honoré-Duvergé a signalé dans son étude sur le vitrail de Pierre de Mortain que celui-ci, « retenu prisonnier à la cour de France à partir de 1378, fut élevé en compagnie du futur Charles VI, son cadet de deux ans à peine ». En fait, les deux cousins devenus frères ne se sont jamais quittés, partageant les mêmes exercices et les mêmes travaux, et tous les plaisirs de cette vie inimitable dont nous retrouvons l'écho chez les chroniqueurs et les poètes de cour comme Eustache Deschamps, au siège de Bourges, où il avait accompagné Charles VI.

[...]

Quoi qu'il en soit, la reconstitution que nous allons tenter des vitraux de Pierre de Mortain et de la reine Blanche apparaîtra comme une entreprise moins ardue. Mme Honoré-Duvergé a supposé que son héros était présenté par saint Pierre à une sainte Vierge qu'elle retrouve dans la cinquième travée de la nef, du côté sud. A la vérité, il subsiste encore, dans les fenêtres hautes de la nef ou du chœur — en dehors du Charles VI logé à l'aise dans une niche qui s'étend sur deux formes — huit grandes figures unies par la plus étroite parenté de style et de facture, et que leurs dais d'une architecture très caractéristique désignent au premier coup d'oeil : trois Vierges, trois saints patrons — le saint Pierre et deux saints Denis — et les deux donateurs que nous connaissons déjà. Il ne manque qu'un troisième donateur pour rétablir un ensemble de trois fenêtres à trois formes, comme celles des chapelles absidiales actuelles ; Quel était ce troisième personnage éventuel? Les peintures perdues de Paris et de Saint-Denis, l'initiale de la charte de 1372 nous laissent le choix entre le mari et la fille de la reine Blanche, entre Philippe VI de Valois et Jeanne de France. La Vierge assise à laquelle Mme Honoré-Duvergé a pensé pour compléter le vitrail de Pierre de Mortain est infiniment gracieuse. Sa tête blonde s'incline vers la droite, comme pour accompagner le mouvement de l'Enfant-Jésus, penché en avant avec ce bel élan qu'on lui voit dans certaines représentations de l'Adoration des Mages. Mais il tend ici une branche de rosier.

Il y a plus de gravité dans le second groupe, malgré l'attitude familière de l'Enfant à moitié nu, qui tient son pied de la main droite et pose l'autre main sur l'épaule de sa mère. Celle-ci est assise sur un trône de pierre à pinacles gothiques qui rappelle les sièges des Prophètes et des Apôtres d'André Beauneveu (Psautier du duc de Berry, BnF ms fr. 13091. Enveloppée dans un ample manteau bleu qui voile ses cheveux, elle lit dans un livre posé sur ses genoux, qu'elle maintient de la main gauche, le petit doigt étendu . La troisième Vierge est debout, drapée dans un grand manteau bleu qui enveloppe sa main gauche — celle qui soutient l'Enfant-Jésus — mais découvre le haut et le bas d'une robe taillée dans un de ces précieux damas décorés d'animaux dont s'habillaient les princes en ces temps de luxe raffiné. L'Enfant tourne son visage nimbé vers sa mère, dont il cherche à saisir la blonde chevelure. La Vierge lui répond par un sourire, avec un geste gracieux de la main droite . Ces deux figures offrent une ressemblance frappante avec la Vierge à l'Enfant qui reçoit l'hommage du duc Jean de Berry au frontispice des Très Belles Heures de la Bibliothèque royale de Bruxelles. On sait que cette miniature justement célèbre a été attribuée tour à tour à André Beauneveu et à Jacquemart de Hesdin et que le débat dure encore .

On trouve la même maîtrise dans les images de saint Denis, magnifiquement paré de tous les ornements pontificaux, avec une longue et souple chasuble bleue losangée d'or par des fleurs de lis, dont plusieurs sont à plombs vifs. Le martyr porte sa tête coupée sur son bras gauche arrondi, la main ramenant sous le menton les deux fanons de la mitre. Ainsi la droite reste libre pour son geste de présentation. En décrivant le vitrail du nord, nous avons décrit celui du sud, car le même carton a servi pour l'un et pour l'autre. Cette pratique, dont on rencontre des exemples dès le XIIIe siècle, surprend ici, car rien n'évoque le travail en série dans ces vitraux, où tout est royal : la fondation, la matière et la facture. Il y a beaucoup d'art dans ces visages de supplicié, où la souffrance trouble à peine la noblesse. Rien n'est plus somptueux que les tentures damassées de couleur rouge qui tapissent les niches, derrière la sainte Vierge et derrière saint Denis.

Les dais peuvent-ils nous servir à retrouver l'assemblage primitif de tous ces personnages isolés ? Il faudrait pour cela que nous fussions sûrs qu'ils n'ont pas fait l'objet de chassés-croisés.

Si cinq d'entre eux appartiennent à un type classique de décor purement « rayonnant », avec gables rectilignes et corniches à glacis, ceux de la Vierge de la nef et du saint Denis du côté nord présentent des gables en accolade et des balustrades ajourées. Il n'est pas certain que le dais manquant ait été à double étage, comme le dais de Pierre de Mortain. Celui-ci, en effet, par une disposition assez rare, était placé derrière son patron, ce qui explique le geste de présentation de saint Pierre, différent de celui des deux saints Denis. Au contraire, Blanche de Navarre était agenouillée au voisinage immédiat d'une sainte Vierge, dans la forme centrale du vitrail, et l'un des saint Denis occupait la forme de droite. Si l'on s'en rapporte aux soubassements, moins faciles à transposer, c'est dans la fenêtre voisine, la troisième du chœur, du côté sud, qu'on retrouvera ces deux figures.

 

Exécutés selon toute vraisemblance entre 1390 et 1398, les vitraux dont nous venons de réunir les morceaux épars ne sont pas à Évreux les plus anciens témoins de l'art nouveau. Vers le milieu du xive siècle, peintres et peintres verriers, emportés d'un élan irrésistible vers plus de vérité, sinon de « réalisme », s'affranchissaient des dernières conventions du dessin calligraphique pour se soumettre aux lois de la perspective. Ici, c'est dans les deux vitraux fondés par l'évêque Bernard Cariti (1376-1383) que pour la première fois les niches s'affirment comme un espace habitable, les corps comme des volumes et tous les visages comme des portraits.

 

Une technique appropriée se révèle qui permet au verrier de sculpter pour ainsi dire ses personnages avec la lumière même. Après s'être servi d'un pinceau de petit-gris pour peindre le trait, il étend au « blaireau » une couche de grisaille que, sans retard, il attaque d'aplomb, à l'aide d'une brosse, le « putois ». Le grain de la peinture s'affine, et le verre reparaît peu à peu. Le plus souvent, ce travail se complète par des « enlevés » dont le procédé est sans doute aussi vieux que l'art du vitrail. Mais l'ouvrier ne se contente plus de juxtaposer des clairs à des ombres plates. Ëgratignant la grisaille au « petit bois », à la plume d'oie, à l'aiguille, il varie ses effets : lumières filées droit, hachures contrariées, spirales nerveusement enroulées. Quelques touches au pinceau, prestement jetées, et le modelé « tourne », le visage s'anime et vit. Immédiatement après ces deux verrières du haut chœur, je classerais les délicats vitraux de la chapelle du Rosaire, dont on sait la parenté avec les vitraux de Bourges, mais que leurs grisailles archaïques vieillissent de deux décades au moins. Viennent ensuite nos vitraux royaux, précédant la splendide verrière offerte en don de joyeux avènement par l'évêque Guillaume de Cantiers (1400).

 

Tous ces chefs-d'œuvre représentent avec éclat, et aussi avec une heureuse variété, l'art parisien de la fin du XIVe siècle. Comme la capitale n'a pas gardé de vitraux de cette époque, à la seule exception des Apôtres de Saint-Germain-des-Prés, recueillis par l'église Saint-Séverin, c'est à Évreux que nous pouvons prendre une idée précise des vitreries princières des Célestins, de l'église Saint-Paul, de l'hôtel Saint-Paul, du collège de Navarre, etc..., qu'une célébrité universelle n'a pas sauvées du vandalisme, et dont la perte semblait irréparable.

 

Faut-il revenir sur la valeur artistique des verrières de Pierre de Mortain, de la reine Blanche et de Charles VI ? Des comparaisons nullment recherchées ont fait venir sous plume les noms de Jean de Bandol, d'André Beauneveu, de Jacquemart de Hesdin, (André Beauneveu avait sculpté le tombeau de Philippe VI à Saint-Denis en 1364, et en 1386 il était entré au service du duc Jean de Berry en qualité de maître des œuvres de taille et de peinture). Nos vitraux ne sont pas indignes de ces artistes royaux. Ils s'apparentent à la grande statuaire française par leur style monumental, tandis que l'exubérance parfois capricieuse de leurs draperies accuse nettement la tendance «bourguignonne ». Jean Lafond

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SOURCES ET LIENS.

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— Stained-glass windows of Cathédrale Notre-Dame d'Évreux

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Stained-glass_windows_of_Cath%C3%A9drale_Notre-Dame,_%C3%89vreux?uselang=fr

 

— BATISSIER, 1849, "Description des vitraux de la cathédrale d'Évreux", Revue de Rouen et de Normandie, volume 17.

https://books.google.fr/books?id=2L5DAAAAYAAJ&dq=%22MARTINUS%22+%22cath%C3%A9drale+d%27%C3%A9vreux%22+vitraux&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

— BOUDOT ( Marcel), 1966,“Les verrières de la cathédrale d’Evreux: Cinq siècles d’histoire,” Nouvelles de l’Eure 27 (1966), 28-29.

— DUBUC (René), 1983, "Problèmes héraldiques de la cathédrale d'Évreux", Normandie, Etudes archéologiques. Congrès national des sociétés savantes, Caen

— GATOUILLAT (Françoise), 2019, "French 14-th-century stained glass and other arts", in Investigations in Medieval Stained Glass, Materials, Methods and Expressions, Brill ed., pages 374-385

 — GATOUILLAT (Françoise), 2001, "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in CALLIAS-BEY, M., CHAUSSÉ, V., GATOUILLAT, F., HÉROLD, M., Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum France, Recensement des vitraux anciens vol. VI, Ed du CNRS / Monum ed. du patrimoine. Paris, pages 143-161.

 — GATOUILLAT (Françoise), "Note sur les verrières royales", Connaissance de l'Eure, n°88, p. 33-34.

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ) et  Françoise Gatouillat, La cathédrale d’Evreux, Evreux, Hérissey, 1997.

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ), HENRY (Virginie), 2016, Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07

http://www.eure.gouv.fr/content/download/18041/123811/file/ESSENTIEL_CONNAISSANCE_07%20Historique%20complet%20de%20la%20Cath%C3%A9drale%20d'Evreux.pdf

— GRODECKI Louis, 1968,, Baudot et Dubuc "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in Bulletin monumental, 1968, p. 55-73. 

— HONORÉ-DUVERGÉ (Suzanne), 1942,  "Le prétendu vitrail de Charles le Mauvais à la cathédrale d'Évreux" Bulletin Monumental  Année 1942  101-1  pp. 57-68

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1942_num_101_1_9289

— LAFOND (Jean), 1953, "Le vitrail en Normandie de 1250 à 1300", Bulletin Monumental  Année 1953  111-4  pp. 317-358

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1953_num_111_4_3745

 

— LAFOND (Jean), 1942,  "Les vitraux royaux du XIVe siècle à la cathédrale d'Évreux"  Bulletin Monumental  Année 1942  101-1  pp. 69-93

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1942_num_101_1_9290

 

"C'est à propos de Pierre de Mortain que s'est engagée une controverse qui devait se prolonger de 1966 à 1973, tant dans les Nouvelles de l'Eure, la précieuse petite revue dirigée par l'abbé Jean Saussaye1, que dans le Bulletin monumental , cette fois avec intervention de Louis Grodecki. « Au début, M. Baudot se fondait sur l'inscription qu'il lisait sur un dessin de la collection Gaignières : Charles III roi de Navarre. Les nombreuses différences qu'il ne pouvait pas ne pas remarquer entre le dessin et le vitrail s'expliquaient pour lui, par des restaurations infligées à la verrière : la couronne était devenue un tortil de baron « de style troubadour », le blason au cimier en queue de paon avait été pure¬ ment et simplement supprimé, etc. Cependant la lancette d'Évreux avait figuré à l'exposition Vitraux de France , organisée en 1953 par Louis Grodecki. Celui-ci avait donc pu la soumettre à un examen minutieux auquel il avait bien voulu m'associer. Notre opinion était formelle : on s'est borné à régulariser l'adaptation à un cadre plus étroit, la tête et sa coiffure sont parfaitement authentiques. Enfin le socle n'a jamais porté d'inscription. Peuvent en témoigner non seule¬ ment une photographie prise avant la restauration de 1893, mais aussi un dessin exécuté pour Raymond Bordeaux en 1845 par Georges Bouet, aïeul de notre regretté confrère Georges Huard. « Nous avons donc ici un portrait du second fils de Charles le Mauvais. La ressemblance générale, costume compris, est confirmée par la comparaison avec le beau gisant de marbre du Musée du Louvre qu'on avait eu l'idée ingénieuse de placer au pied de la verrière pendant l'exposition. « Tandis que Louis Grodecki et moi-même nous gardions notre opinion sur ce point, M. Baudot portait la discussion, sur mon Charles VI, en invoquant, cette fois encore, l'inscription de la collection Gaignières : Karolus IIs rex Navarre , c'est-à-dire Charles le Mauvais. J'avais cru prouver que le dessinateur avait changé délibérément les armoiries de la tenture, en substituant au semis de fleurs de lis des écussons portant alternativement les armes d'Évreux et de Navarre. Mais mon contradicteur déclarait « fort improbable » qu'un portrait de Charles VI ait pu trouver place dans la cathédrale vais d'une 2. cité dont le bailli était resté partisan de Charles le Mau¬ « M. Baudot considérait que le dessin représentait un vitrail perdu. Cependant le respect qu'il professait à l'égard de la collection Gaignières ne l'empêchait pas de reconnaître Blanche de Navarre, reine de France, dans le personnage à qui on avait donné le nom et les armoiries de Jeanne de France, reine de Navarre. Cela lui permettait en effet de nommer le roi du vitrail aux fleurs de lis, Philippe VI de Valois, époux de la « reine Blanche ».

Dans l'album des Nouvelles de l'Eure commentant une série de diapositives, Charles le Noble était devenu Charles le Mauvais, couronné d'un chapel de roses en qualité de fondateur (en 1350) de la Confrérie de la Passion. « Enfin, dans Êvreux, livret publié par le Syndicat d'initiative en 1969, M. René Dubuc, excellent héraldiste, laissait à son lecteur le choix entre Charles le Mauvais, Charles le Noble et Pierre de Mortain. De même, le dépliant actuellement distribué dans la cathédrale. En présence d'une pareille débandade, on pourrait déclarer clos le débat, mais il faudrait mieux aller au fond des choses afin de ne rien laisser dans l'ombre

J'ai scandalisé nombre de bons esprits en mettant en doute l'autorité de la collection Gaignières. Non pas son intérêt ni son utilité, reconnus dès l'origine et considérablement augmentés par les méfaits du vandalisme. Non pas la qualité artistique des dessins, qui varie évidemment avec les dessinateurs. Certains ont su refléter le style du document original tandis que les autres (en grande majorité) manquent absolument de caractère. C'est assurément le cas des vitraux d'Évreux, exécutés par un certain Boudan, graveur de profession, que Roger de Gaignières avait pris à son service pour copier ses documents et qui l'a accompagné en 1702 dans son voyage en Normandie. « Mais cela importe moins que leur exactitude, laquelle dépend évidemment de la nature de l'objet et de son emplacement, et aussi de la probité du dessinateur. S'il était facile de reproduire avec vérité une miniature ou un tableau, une dalle tumulaire et même un tombeau sculpté, il en allait tout autrement pour les vitraux, que bien souvent il fallait dessiner de loin et dans des conditions plus ou moins favorables. Prenons un exemple à Évreux, mais en dehors de notre série royale. On conviendra que le magnifique vitrail qui commémore l'accession de Guillaume de Gantiers au siège épiscopal d'Évreux (1400) est rendu avec une fantaisie déconcertante. Dans l'original, l'évêque est présenté à la Vierge de l'Annonciation par l'archange Gabriel. Chez Boudan, la Vierge est remplacée par un « saint Sauveur » et l'archange par une sainte quelconque. On peut penser que pour exécuter son dessin d'ensemble, il ne disposait que de croquis hâtifs, faits sur place. Au surplus, il a représenté d'une façon toute conventionnelle, et plutôt archaïque, les dais placés au-dessus des personnages. Il a même purement et simplement supprimé ceux de la rangée inférieure, occupée par des blasons figurés — il convient de le souligner — avec une exactitude absolue. Sur ce point, il servait parfaitement les intentions de son patron pour qui importaient d'abord l'héraldique, le costume « La et, fidélité le cas échéant, du dessinateur les portraits Boudan historiques. a d'autres limites encore que celles-là. Par exemple, on ne peut se fier à lui pour affirmer que son dessin du prétendu Charles le Mauvais veut représenter une fenêtre sans meneau. Je suis persuadé qu'il a supprimé purement et simplement ce détail d'architecture. De même, quand il dessine un personnage logé dans l'une des lancettes d'une fenêtre, comme dans les autres exemples, il n'hésite pas à flanquer cette lancette d'une muraille ou d'un faisceau de colonnettes. A Évreux, Boudan a dessiné, d'après les vitraux, sept évêques, avec leurs armoiries, ce qui explique peut-être leur choix et une donatrice sans importance. Enfin, cinq dessins prétendent illustrer la dynastie d'Évreux-Navarre. Or, sur les cinq personnages représentés, un seul, Charles III le Noble, semble parfaitement « honnête ». C'est aussi l'unique cas où l'on puisse affirmer que le vitrail est perdu. Au contraire, le prétendu Charles le Mauvais n'est que la contre- façon d'un vitrail conservé, celui du roi Charles VI, comme Jeanne de Navarre la métamorphose de Blanche de Navarre, l'épouse de Philippe VI de Valois. Dans les deux cas, les armoiries ont été modifiées en conséquence. « Manquait le chef de la dynastie, Philippe d'Évreux, roi de Navarre. Boudan l'a remplacé par son père, Louis de France, comte d'Évreux, en changeant simplement un nom dans l'inscription du vitrail qu'il a dessiné, fidèlement cette fois, à ce petit détail près, « au-dessus de l'autel, dans la chapelle de santé Anne derrière le chœur de l'église NotreDame d'Évreux ». Or ce vitrail existe encore : on ne peut supposer, cette fois, que le dessin représente une verrière disparue. L'accusation portée contre Boudan était grave. Je suis heureux de pouvoir démontrer qu'elle n'avait pas été lancée à la légère.

Autre preuve du parti pris ici dénoncé : Boudan a négligé de dessiner Pierre de Mortain, parce que ce prince n'avait pas porté la couronne royale. « Cependant il y a tant de ressemblances entre tous les « vitraux royaux », notamment dans leur cadre architectural, socles en zigzag par exemple, qu'on peut affirmer qu'ils appartiennent tous à une seule et même série, qu'ils ont été commandés en même temps. Par la reine Blanche, morte seulement en 1398, ou par ses héritiers, Pierre de Mortain, et Charles le Noble, c'est ce que nous ne saurons sans doute jamais. Malheureusement les falsifications de Boudan ont trompé Montfaucon lui-même, et par la suite l'érudit Henri Bouchot, auteur du précieux Inventaire des dessins exécutés pour Roger de Gaignières (Paris, 1891).

Pour en revenir à Pierre de Mortain, mon respect pour les lois de l'héraldique m'empêchait d'oublier que Marcel Baudot avait opposé à mon identification une raison qu'il jugeait péremptoire : la cotte d'armes de Pierre de Mortain ne présentait pas la bordure engrêlée d'argent qui devait marquer sa qualité de cadet. Il ne me suffisait pas de constater que les principes infrangibles n'ont jamais empêché les erreurs — à preuve le nombre d'armoiries « à enquerre » constaté par les d'Hozier. M. Jean-Bernard de Vaivre vient de balayer l'objection en passant en revue toutes les épreuves connues des sceaux de Pierre de Navarre. Il s'est aperçu qu'à partir de 1384 le comte de Mortain avait modifié ses armes. Dorénavant la bordure engrêlée devenait une bordure simple — peut-être à la mort d'un frère plus âgé. C'est cette nouvelle brisure qu'on voit sur la cotte d'armes du vitrail d'Évreux comme sur la statue funéraire provenant de la Chartreuse de Paris. Dès lors, il est établi que notre personnage est bien Pierre de Navarre et que le vitrail n'est pas antérieur à 1384. En ce qui concerne le dessin de la collection Gaignières, M. de Vaivre incline à penser qu'il représente Charles le Noble, comme l'indique l'inscription tracée par Boudan, qui aurait cette fois rencontré la vérité. L'écusson au cimier timbré d'un heaume à queue de paon qu'on voit à ses pieds n'aurait pu trouver place dans le vitrail de Pierre, vitrail qui n'a subi, nous l'avons reconnu, aucune restauration importante. Il est peu probable que Boudan l'ait inventé. Sur le dessin, Charles le Noble porte la couronne, car il était devenu roi de Navarre à la mort de son père en 1388 (n. st.). Sa cotte d'armes diffère de celle de son frère cadet en ce qu'elle présente des manches courtes. Ce que figuraient les autres lancettes du vitrail qu'il avait fondé, on ne saurait l'imaginer. De même ne connaîtrons-nous sans doute jamais le contenu des trois lancettes qui complétaient la Verrière de la reine Blanche. Mais celle-ci se trouvait bien dans une fenêtre haute de la nef (sans doute celle de la troisième travée du côté Nord en partant de l'ouest) : le panneau est trop large pour avoir appartenu à une fenêtre des chapelles. Pareillement l'écusson qui l'accompagne. En effet, des blasons de même échelle se voient dans le haut chœur à côté des personnages du vitrail d'Harcourt antérieur de quelques années. Le style est bien celui des « vitraux royaux «  et le dais ne diffère en rien des autres.

La série se compose donc actuellement de deux verrières complètes et d'une lancette isolée. Comme je le constatais en 1942, et comme Louis Grodecki l'a confirmé de son côté, elle se compare aux œuvres des plus grands artistes qui travaillaient à Paris pour la cour de France et les maisons princières aux environs de 1400. Cette considération ne saurait être développée à la suite de ce trop long exposé, mais elle va dans le même sens que la chronologie que, d'un commun accord, nous avons adoptée. »

 

Jean-Bernard de Vaivre, a. c. n., regrette l'absence de M. Jean Lafond et fait part de ses constatations à propos de quelques-uns des vitraux royaux d'Évreux dont il a été question. Le vitrail de l'actuelle baie 115 représente indéniablement Pierre de Mortain et il n'y a pas à y revenir. En revanche, le dessin de la verrière où se voit un personnage que Boudan identifie à C harles III ne peut être considéré comme une invention ni même une mauvaise interprétation de Pierre de Mortain : il doit, en fait, représenté le frère aîné de de ce dernier. Le dessin montre en effet, un écu dans le bas et à gauche de la composition. Or, dans le vitrail de Pierre de Mortain, cette partie n'a pas été restaurée. L'écu peint par Boudan et donnant les armes pleines n'a pas été inventé, car il est timbré d'un heaume cimé d'un plumail de paon. Ce cimier a effectivement été porté, au xive siècle, par plusieurs membres de la famille d'Évreux-Navarre : — Philippe de Navarre, comte de Longueville, mort en 1363, porte sur un sceau de 1362 un tel cimier ; — Louis de Navarre, comte de Beaumont-le-Roger, mort en 1372, porte sur les sceaux qu'il utilisait en 1364-1365 un cimier identique. Ce dernier eut un fils bâtard : — Charles ou Chariot, mort en 1432, dont les sceaux montrent qu'il portait une touffe de plumes indéterminée ; — Pierre de Mortain lui-même dut reprendre ce cimier si l'on en juge par le fragment du sceau qu'il utilisait en 1376 ; — Lionel, son fils, porta le même plumail en fait de cimier ; — Le « Roi de Navarre » porte un plumail de paon sur l'armorial de Gelre.

On a dit qu'il s'agissait de Charles II. Ce peut tout aussi bien être Charles III dont il ne nous est malheureusement parvenu aucun sceau du type à l'écu timbré.

Quant à l'autre dessin qui représente, toujours d'après l'indication de Boudan, Charles le Mauvais, on ne peut dire que la composition du fond ait été inventée, car, elle aussi, correspond à la partition avant des armes de ce roi qui, contrairement à son père, plaçait Navarre avant Évreux.

Si le fond fleurdelisé de l'actuelle baie 125 n'est pas une réfection postérieure — et selon M. Lafond ce ne semble pas être le cas — cette verrière représente le roi Charles VI et il faut se résigner à déplorer la disparition du vitrail au fond semé d'écus qu'a dessiné Boudan et où Charles le Mauvais était agenouillé..

En ce qui concerne, en second lieu, la datation des vitraux, l'héraldique peut permettre d'approcher d'un peu plus près l'époque à laquelle ils ont été commandés : les armes de Pierre de Mortain figurées sur sa cotte d'armes ne permettent guère d'avancer une date antérieure à 1384. La gouache exécutée par Boudan du vitrail de Charles III montre que cette verrière ne pouvait être que postérieure à. 1387 puisque Charles de Navarre porte une couronne et que tant son écu que son tabard montrent des armes non brisées. D'autre part, le vitrail de Charles le Mauvais comportait la disposition des écus que ce roi de Navarre avait adoptée. M. de Vaivre se demande donc si tous ces vitraux sont contemporains.

 

M. Louis Grodecki ne peut envisager pour ces « vitraux royaux » deux campagnes de fabrication distinctes dans le temps ; s'il a donc existé des vitraux représentant à la fois Pierre de Mortain, Charles II et Charles III, la verrière où se voyait le second ne pouvait donc être qu'un vitrail commémoratif. M. de Vaivre en convient, mais il tient aussi à attirer l'attention sur un écu qui figure sur l'une des verrières du fenestrage du triforium du chœur où l'on voit un écartelé aux 1 et 4 de Navarre, aux 2 et 3 d'Évreux, au lambel de trois pendants d'argent sur le tout.

M. Grodecki précise que tous ces vitraux datent du xve siècle. M. de Vaivre ne partage pas cette manière de voir et pense, quant à lui, que si les fenestrages de cette partie du triforium ont bien été percés sous le règne de Louis XI, une bonne partie des vitraux qui y sont aujourd'hui placés (ou ceux qui leur ont servi de modèles) sont très certainement antérieurs et que c'est précisément le cas de celui qu'il vient de décrire. Les armes précitées — pour lesquelles tous les auteurs ont proposé jusqu'à présent des attributions erronées -— sont en réalité celles de Charles de Navarre, le futur Charles III, du vivant de son père, ainsi que le prouvent des sceaux encore inédits. Il n'y a aucune raison de penser que cet écu a été exécuté à l'époque romantique, ni au xve siècle ni même après 1387 lorsque Charles, du fait de la mort de son père, porta les pleines armes de sa maison. Il faut donc en conclure que des verrières sur lesquelles figuraient un ou des blasons furent commandées entre 1375 et 1387 puisque c'est à ce moment, et à ce moment-là seulement, que furent portées ces armoiries au lambel. M. Grodecki conclut en disant que, les hommes du Moyen Age ayant horreur du vide — en l'occurrence du verre blanc — auraient procédé à de nombreux remplois dont le cas évoqué semble précisément être un exemple."

— LAFOND (Jean), 1975, "Les vitraux royaux et princiers de la cathédrale d'Évreux et les dessins de la collection Gaignières" , Bulletin de la Société nationale des Antiquaires de France  Année 1975  1973  pp. 103-112

— LEBEURIER (P-F.), 1868,  Description de la Cathédrale d'Evreux accompagnée d'une vue générale et d'un plan géométrique, Huet ed., Evreux 1868

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ/page/n27

— Suau (Jean-Pierre), 1993, "Les vitraux  des rois de Navarre en la cathédrale d'Évreux", Connaissance de l'Eure, n°88, p. 32-33.

— Vaivre (Jean-Bernard de) 1973  « Les armoiries de Pierre de Mortain », Bulletin monumental, tome 131, n°1, 1973, p. 29-40. 

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1973_num_131_1_5204

— Vaivre (Jean-Bernard de) 1973, « Les armoiries de Pierre de Mortain. Erratum et addendum » , Bulletin monumental, 1973, vol. 131, no 2, p. 161-162.

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1973_num_131_2_5231

— Vaivre (Jean-Bernard de) 1980,"Les vitraux royaux de la cathédrale d'Évreux" cahiers d'archéologie p.300-313. Non consulté.

 

— Monuments historiques, Notre-Dame-d'Evreux

http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/evreux/vitraux/1.html

— xxx

http://evreux.catholique.fr/contenu/documents/services/cathedrale_Evreux-bestiaire.pdf

—  Patrimoine-histoire.fr, Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame

http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

— http://www.evreux-histoire.com/evreux-3-1-0.html#icono2

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Évreux
5 janvier 2020 7 05 /01 /janvier /2020 14:04

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Deux cathèdres anciennes (XVIe ?) aux appuis-mains sculptés (acrobate, cavaliers) abandonnées aux vrillettes en l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix (29).

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Sur les stalles des cathédrales et collégiales, voir dans ce blog :

 

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Lire sur Notre-Dame de Roscudon :

 

 

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PRÉSENTATION.

Je me suis rendu à Pont-Croix pour photographier les sablières du chevet. Là, j'ai trouvé stocké du mobilier déclassé sans doute après Vatican II, en bois teinté sombre, et qui passaient ainsi une triste fin de vie dans la semi-obscurité. On ne peut pas tout garder !

Il y avait là trois stalles d'intérêt médiocre, un  beau confessionnal en bois blond,  mais aussi,  l'une au nord et l'autre au sud comme pour les punir en les séparant, deux cathèdres jumelles. Leur croix pattée, leur superstructure néogothique, leur couleur noire et leur allure massive chassaient déjà mon regard vers d'autre cible, lorsqu'un des appui-mains me fit comme un clin d'œil. 

C'était un de ces rébus, l'une de ces charades en image, une olla-podrida animalo-humaine qu'affectionnaient les huchiers et dont les stalles des cathédrales  offrent de multiples exemples, tout en n'en n'offrant jamais la réponse, comme on la trouve, à l'envers et en petit caractère, dans les jeux de nos magazines. Des esprits fins y ont pourtant discerné des proverbes désuets, des fables et fabliaux (l'inévitable Renart), des allégories, des caricatures (des chanoines qui s'y asseyaient), des chimères, des scènes érotiques la plupart du temps amputées de leur sel, tandis que des musiciens, de rares anges ou des feuillages permettaient aux esprits moins vifs de s'y retrouver un peu.

J'était, du coup, fort intrigué de trouver au rebut ce qui est, ailleurs, mis en valeur et dûment restauré. Peut-être s'agissait-il d'une méprisable copie faite au XIXe siècle ?

Les vrillettes avaient déjà fait bonne chère, et des planches ruinées, des morceaux décatis et des amas pulvérulents témoignaient d'une certitude : en l'absence d'expert en patrimoine, des experts en gastronomie s'apprêtaient à faire de ces chefs-d'œuvre leurs hors-d'œuvre.

Chaque meuble se composait d'un siège à dossier élevé et à assise mobile, basculante et dotée d'une miséricorde. Ce siège fermé latéralement par deux accotoirs en demi-cercle, et c'étaient eux qui s'encanaillaient d'un appui-main sculpté énigmatique. Il était solidaire d'un prie-dieu, lui-aussi fermé par un volet dont la partie haute formait un quart de cercle. Et dans la convexité de ce dernier, une nouvelle sculpture venait rompre, par des croupes brillantes, des volumes doux et soyeux, l'austérité tout en rectitude du siège (si on oublie quelques moulures et une rangée d'ove). 

Il s'agissait de deux  stalles, ou, du moins, puisqu'ils n'appartenaient pas à une rangée et qu'ils formaient au contraire un meuble indépendant, de "sièges de célébrants" ou  cathèdres.

C'était le moment de se souvenir que l'église Notre-Dame de Roscudon avait été érigée en collégiale par les seigneurs bannerets de Tyvarlen, et accueillait donc des chanoines chargés d'y chanter les offices.  Les deux sièges étaient sans doute réservés au clergé local, ou à des dignitaires.

 

Aussi gourmand qu'un coléoptère (Anobium punctatum, l'"Horloge de la mort") devant un buffet Louis XIII, je dévorais des yeux et de mon objectif les quatre figurines de chaque stalle. 

En fin de visite, je découvrais une feuille de papier "ronéotypée" qui décrivait ces cathèdres. Voir en Annexe.

Puis, rentré chez moi, je trouvais sur POP.CULTURE la mention, hélas sans photo, de "deux sièges de célébrants" en bois ciré du XVIe siècle, de 2,20 m de haut, 90 cm de large et 1,25 m de profondeur, inscrits MH à titre d'objet en 2014. Certainement ceux qui m'intéressent, mais pourquoi tant de négligence ?

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29005346

Par ailleurs, le Dictionnaire des artisans parlait d'un menuisier du nom de Pochic, qui avait réalisé en 1725-1727 des stalles à Pont-Croix (Bourde de la Rogerie 1998 et Castel 1987). Mais la date montre que cela ne concerne pas nos cathèdres.

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I. Le siège de célébrant placé au nord.

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Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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1. L'acrobate en renversement postérieur. Appui-main du siège, coté droit pour l'occupant du siège.

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Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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2. Homme à califourchon sur un animal. (Samson et le lion???). Appui-main du prie-dieu,  coté droit pour l'occupant du siège.

Un homme vêtu d'une tunique aux manches à replis au dessus d'une culotte plissée tend les deux bras vers l'encolure de sa monture, et écarte de ses deux mains la mâchoire. La tête de l'homme est peu distincte (ou bûchée). Les pattes de l'animal — qui n'a pas de queue — sont griffues. 

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Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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3. Homme assis, penché en avant, tenant un récipient. Appui-main de l'assise, coté gauche pour l'occupant du siège.

Cet homme nu (ou sans détail vestimentaire) est assis sur une petite chaise. Il se penche en avant, bras tendus vers un objet qui est peut-être un livre ouvert, avec sa couverte. Son menton est enfoui dans le crâne d'une être ou animal à la gueule ouverte, montrant les dents.

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Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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2. Homme en renversement postérieur. Appui-main du prie-dieu,  coté gauche pour l'occupant du siège.

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L'homme est chaussé de larges pantoufles ; on peut penser qu'il est coiffé d'un bonnet de fou.

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Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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II. Siège de célébrant, placé au sud.

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Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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1. Appui-main du siège, coté droit pour l'occupant. Créature à deux têtes.

Une tête humaine est placée sur le dos d'un animal, dont la queue la couvre. La tête de l'animal est peut-être celle d'un chien tenant en gueule des pains, ou celle d'un canard, etc..

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Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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2.  Appui-main du siège, coté gauche. Animal montrant les dents.

Il aurait la silhouette d'un chameau, car son dos est fortement convexe. Sa queue passe entre les pattes et étale son fouet sur le dos (comme les lions des crossettes), tandis qu'une bande le recouvre comme un phylactère.

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Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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3. Appui-main du prie-dieu, à gauche pour l'occupant. Un autre animal.

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Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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3. Appui-main du prie-dieu, à droite pour l'occupant. Feuillage ?

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

Siège de célébrant de l'église de Pont-Croix. Photographie lavieb-aile 2020.

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ANNEXE. Texte trouvé dans une vieille église de Pont-Croix...

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Église collégiale Notre-Dame de Roscudon.

"Trois petites villes du diocèse de Quimper : Rostrenen (qui faisait partie du diocèse de Quimper avant la Révolution), Carhaix et Pont-Croix possédaient chacune un chapitre collégiale.

LES STALLES DU CHOEUR

Des sièges en bois à dossier élevé garnissaient les deux cotés du chœur de la collégiale. Ces stalles étaient réservés aux chanoines. Sur les cartes postales anciennes, on en compte 18.

Dans sa monographie de Pont-Croix (1901), Auguste Tephany, chanoine honoraire, curé-doyen de Pont-Croix dénombre 19 stalles en comptant « celles du clergé paroissial ».

En 2013, dans la collégiale Notre-Dame de Roscudon, il n' en reste que six (deux groupes de trois) et deux cathèdres situées dans l'abside (celles du clergé paroissial?).

Les stalles ont été placées entre les piliers du chœur au début du XIXe, voir une délibération du conseil de fabrique  dans le registre paroissial (A. Tephany).

Les deux cathèdres sont beaucoup plus anciennes. Elles ont été "consolidées" et rehaussées d'un triangle de style gothique plus tardivement.

Les quatre sculptures étranges et remarquables qui ornent chacune des cathèdres attestent de leur ancienneté.

Il est probable qu'avant le XIXe siècle, toutes les stalles étaient de la même facture que les deux cathèdres.

Après le concile Vatican II convoqué par le pape Jean XXIII, la collégiale a été allégée du mobilier jugé encombrant et les stalles ont été descellées d'entre les piliers. Les vers sont actifs... , les réparations maladroites ne cachent palus le triste état du bois. Les éléments de l'une d'entre elles sont en train de se disloquer. Ces deux cathèdres mériteraient une restauration judicieuse, car elles sont actuellement en grand danger.

Le travail remarquable des artisans menuisiers, sculpteurs et artistes du Moyen-Âge, auteurs de ces chefs-d'œuvres mériteraient d'être respecté, restauré et mis en valeur.

Les deux cathèdres mériteraient d'être classées monuments historiques."

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ANNEXE II : citation d'Auguste Tephany 1901.

"Les stalles du chœur sont au nombre de dix-neuf, y comprises celles du clergé paroissial. Elles ont été placées, au commencement du XIXème siècle ; on trouve à cet égard une délibération du conseil de fabrique dans le registre paroissial. Elles sont d'une très grande simplicité. On pourrait trouver peut-être qu'elles encombrent un peu le chœur de l'église, et empêchent la double rangée de colonnes de se montrer dans toute leur beauté ; mais leur placement là était nécessaire, car elles servent aux membres du conseil de fabrique et aux prêtres qui viennent aux offices et aux pardons de la paroisse. Quelques-unes d'entre elles sont louées à certains particuliers qui y trouvent, le dimanche, plus facilement leur place. A vrai dire, elles donnent un aspect de cathédrale à l'église, et il ne manque dans l'ancienne collégiale de Notre-Dame de Roscudon que des chanoines, avec leur costume de chœur, pour y réciter, comme autrefois, l'office divin."

http://www.infobretagne.com/pont-croix-eglise-notre-dame-roscudon.htm

 

Des cathèdres médiévales abandonnées aux vrillettes en l'église Notre-Dame de Roscudon à Pont-Croix.

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie) 1894, L'église de Pont-Croix (B.S.A.F. 1894) pages 213-236

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207627h/f291.image

— TEFANY (Auguste), 1901, : Notice sur Pont-Croix (Quimper, 1901). 

—  L'église de Pont-Croix Notre-Dame de Roscudon visitée en dix minutes

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/bc0540526e9f4a26544d92d18f560ddb.pdf

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988  Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/996

 

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Bibliographie de Couffon: 

 

 

- E. Lefèvre-Pontalis et L. Lécureux : Les influences poitevines en Bretagne dans l'église de Pont-Croix (S.F.A. B.M. 1909)

- R. Couffon : Notre-Dame de Roscudon et l'atelier de Pont-Croix (Mém. Soc. Hist. Arch. Bret., 1951) ; Pont-Croix, Notre-Dame de Roscudon (S.F.A. C.A. 1957)

- R. Grand : L'art roman en Bretagne (1958)

- Ass. Bret. : Congrès de Douarnenez, 1965

- G. Savina : Notre-Dame de Roscudon, Pont-Croix (Châteaulin, 1972)

- M.-M. Tugorès : Eglise Notre-Dame de Roscudon, le retable de saint Joseph (B.S.A.F. 1978).

- R. Barrié : Eglise Notre-Dame de Roscudon, les vitraux de J.-J. Gruber (B.S.A.F. 1978) - R. Gargadennec : Contribution à la datation de l'église de Pont-Croix (B.S.A.F. 1979) ; Le sculpteur Paul de la Haye (B.S.A.F. 1982)

- L.-M. Tillet : Bretagne romane (Coll. Zodiaque, 1982)

- J. Chardronnet : Pont-Croix (Rennes, 1983).

- R. Gargadennec : Eglise Notre-Dame de Roscudon. Panneaux peints du maître autel (B.S.A.F. 1982, p.324-325).

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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