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6 juillet 2019 6 06 /07 /juillet /2019 11:19

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PRÉSENTATION.

"Sur la commune de Saint Ségal, la chapelle Saint Sébastien est souvent surnommée la « petite cathédrale », tant par ses dimensions largement supérieures à celles des chapelles environnantes que par la qualité du travail des artistes qui y ont travaillé.
De style « Renaissance breton », elle fut érigée au XVIème siècle dans une boucle de l’Aulne, sur les terres du seigneur de Kergoët, dont la famille participa aux rénovations et transformations de la chapelle jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Sa construction est un acte votif et populaire, après la terrible épidémie de peste qui, venant de Brest s'étendit au XVIe siècle, jusqu'à Hanvec et le Faou, mais épargna les rives de l’Aulne.
Les retables polychromes témoignent de deux époques distinctes : dans le transept nord, les retables polychromes de la mi-XVIe siècle, contemporains de l'édification de la chapelle ; dans le chœur (maître-autel) et transept sud, des retables polychromes du début XVIIIe siècle, dit de "baroque breton ».
Les retables de ces deux périodes bien distinctes sont un riche témoignage de la qualité du travail des artisans bretons des XVI et XVIIIe siècles et sont considérés comme étant notoirement parmi les plus beaux et anciens (XVIe) de Bretagne.

Chaque année, la commune de Saint-Ségal maintient, en juillet, le Pardon de St Sébastien (dimanche le plus près de la Ste Madeleine) auquel se joignent encore les communes riveraines de l’Aulne." (Fondation patrimoine)

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En 1694, Yves Coquet (1636-1720), docteur en théologie, devint vicaire perpétuel à Pleyben, paroisse dont dépend alors la paroisse de Saint-Ségal dont il est le recteur en 1697. Il entreprit de grands travaux.

À Pleyben, il reconstruisit le transept sud (1719) et la sacristie (1719) de l'église. Dans l'église, dès 1696, il fait réaliser un retable monumental, celui du Rosaire, en faisant appel à deux artistes locaux, le maître menuisier Jean Le Seven et le maître-sculpteur Jean Cevaër.  Il leur confie ensuite le grand autel de la chapelle Notre-Dame de Guennili. 

À Saint-Ségal, il fait édifier en 1708 la fontaine de Saint-They.

À la chapelle Saint-Sébastien, il fait réaliser la chaire à prêcher et le retable sud (1706), deux œuvres qui portent son nom et ses titres en inscription. On peut en attribuer le travail à Jean Le Seven et à Jean Cevaër, en raison des similarités de style, de motifs et de thèmes du retable.

Le style de ces deux retabliers est également reconnu à Sainte-Marie-du-Ménez-Hom sur l'autel sud daté de 1715 sous le rectorat d'Olivier Bourdoulous de Plomodiern.

Le retable central de Saint-Sébastien ne porte ni date, ni inscription. Il est couronné par les armoiries, non plus de René-François de Kergoët (1668-1705) en alliance avec du Dresnay —comme le retable sud —, mais de Kergoët d'argent à cinq fusées rangées et accolées de gueules, accompagnées de quatre roses de même à gauche et   du Chastel à droite fascées d'or et de gueules.

C'est en juillet 1710 que Marie Josèphe DU CHASTEL DE KERGOET, née à Brest en  1696  épousa à  Loqueffret, François Jean Baptiste DE KERGOËT 1689-1726, fils aîné de René-François de Kergoët et de Marie Dresnay. Le couple n'eut pas de descendance mâle, et la fille aînée Mathurine Joseph Reine (1713-1790) épousa en 1733 Jacques-François  Joseph René de KEROUARSTZ (1714-1778).

https://gw.geneanet.org/ckerjosse?lang=fr&pz=claude&nz=kerjosse&p=marie+josephe&n=du+chatel+de+kergoet

 

 

"Les seigneurs de Kergoet n'étaient pas de petits compagnons, ils possédaient en Saint Ségal, Lézaon, qui signifie étymologiquement palais ou manoir de l'Aulne ; c'est une terre située  à un petit kilomètre à l'est-sud-est de Saint-Sébastien. Ils possédaient en outre, Kerguz, Kergoet et le Vieux-Châtel en Saint-Hernin, le Guilly en Lothey et Tronjoly en Gourin.

« Le seigneur de Kergoet, ne relevant que du roy, a seul des droits honorifiques en Saint-Sébastien de Saint-Ségal, » déclare le procureur du Guilly au nom de son maître, en un document conservé dans les Archives Départementales. Et il usait de ses droits, car les comptes du fabricien de Saint-Sébastien, après avoir été apurés par le procureur ecclésiastique, étaient encore contresignés par le seigneur du Guilly, ou à son défaut, par sa veuve. C'est ainsi que les comptes de 1726 à 1734, portent la signature de Dame Marie Josèphe du Chastel, veuve de Mr. de Kergoet et tutrice des enfants issus d'eux. Le fabricien de la chapelle qui changeait tous les ans, allait faire signer les comptes, tantôt et même presque toujours au Guilly en Lothey, quelquefois cependant, au manoir du Rusquet." [Rusquec, manoir des Kerlech de Chastel ]

Le retable du chœur est donc postérieur au retable sud de 1706, il date au plus tôt de juillet 1710 et au plus tard de 1734. Néanmoins l'organisation du retable en deux registres, l'un accueillant des statues dans des niches séparées par des colonnes, avec des guirlandes et des personnages en bas-reliefs à leur base, et l'autre des scènes figurées en bas-reliefs rectangulaires parmi des rinceaux, est exactement le même que celle du retable sud, ou des retables de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, incitant donc à l'attribuer à Jean Cevaër et Jean Le Seven, et donc de le dater plutôt près de 1710 que plus tardivement. Il peut donc avoir été réalisé avant le décès du recteur Yves Cosquet en 1720, et relever de son rectorat.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Programme iconographique.

Le chœur est consacré à quatre saints : à gauche saint Sébastien, patron de la chapelle, et  Saint Fabien, fêté avec lui le 20 janvier. À droite Saint Roch et saint Maudez. Saint Sébastien, saint Roch et saint Maudez sont invoqués contre la peste.

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Les dix panneaux rectangulaires sont, de gauche à droite :

Quatre Vertus cardinales : Tempérance, Justice, Prudence et Force 

Saint Sébastien entre les archers (au dessus de l'autel)

Saint Sébastien flagellé (au dessus de l'autel)

Saint Roch montrant sa plaie (octogonal)

Trois Vertus théologales  : Charité, Espérance et Foi.

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Les peintures et dorures du maître-autel serait l' œuvre d'Ollivier Le Grall de Landerneau en 1729. Ses tableaux montrent Marie-Madeleine pénitente et le Reniement de saint-Pierre .

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REGISTRE SUPÉRIEUR : LES QUATRE SAINTS.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Fabien.

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Il figure en pape, portant la tiare et tenant la croix 

 "Selon la tradition de l'Église, Fabien, simple laïc, se trouvait à Rome et parmi les fidèles au moment d'élire un successeur au pape Antère. Quand une colombe vint se poser sur la tête de Fabien, l'assemblée hésitante s'écria : « Il est digne ! »2. Il fut ordonné le 10 janvier 236." (Wikipédia)

Il est inscrit au martyrologe romain car il fut torturé puis décapité sous l'empereur Dèce en 250.

C'est ce qui le relie à saint Sébastien, martyrisé en 284 sous Dioclétien : les anciens martyrologes unissent leur nom lors de la fête du 20 janvier . https://www.introibo.fr/20-01-Sts-Fabien-pape-et-Sebastien .

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Sébastien.

."Né à Narbo, en Gaule (aujourd'hui Narbonne), Sébastien est citoyen de Milan, en Italie. Militaire de carrière, il est pris d'affection par les empereurs Dioclétien et Maximien Hercule, qui le nomment centurion. Durant la persécution de Dioclétien, il est pourtant exécuté sur ordre des souverains pour avoir soutenu ses coreligionnaires dans leur foi et accompli plusieurs miracles. D'abord attaché à un poteau et transpercé de flèches, il est finalement tué à coups de verges après avoir miraculeusement guéri la première fois.

Patron des archers, des fantassins et des policiers mais aussi troisième patron de Rome (avec Pierre et Paul), saint Sébastien est surtout invoqué pour lutter contre la peste et les épidémies en général."

Légende dorée de Jacques de Voragine

 

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C'est le saint invoqué au Moyen-Âge contre la peste. 

On lit dans les Annales lombardes qu’au temps du roi Humbert l’Italie entière fut atteinte d’une peste si malfaisante qu’on avait peine à trouver quelqu’un pour ensevelir les cadavres : et cette peste ravageait surtout Pavie. Alors, un ange révéla que le mal ne cesserait que si l’on élevait un autel à saint Sébastien, dans la ville de Pavie. Et l’on éleva aussitôt cet autel dans l’église de Saint-Pierre aux Liens : sur quoi la peste disparut tout à fait. Et les reliques de saint Sébastien furent transportées à Pavie, de Rome, où avait eu lieu son martyre.

 

Paul Diacre raconte qu’en 670, la peste cessa à Rome quand on eut dédié un autel au saint.   Dans la basilique esquiline de Saint-Pierre-aux-Liens, on conserve encore l’autel avec l’image en mosaïque du grand martyr, que fit ériger le pape Agathon pour libérer Rome de la peste qui la désolait.

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Athleta Christi.

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Il est toujours représenté en éphèbe athlétique, souriant, indifférent à son martyre, et à la nudité soulignée plutôt que voilée par un pagne. En effet, il reçut le titre d'Athlète du Christ, Athleta Christi, comme d'autres saints militaires du IIIe siècle.
Dans l'Hymne des Vèpres et Laudes de la fête du 20 janvier du Bréviaire ambrosien (1700), il est décrit  ainsi tandis que, repoussant l’idolâtrie, il aspire aux trophées d’un glorieux martyre :

Des nœuds multipliés l’enchaînent au tronc d’un arbre ; c’est là que sa poitrine, comme un bouclier suspendu, sert de but aux traits des archers.

Les flèches se réunissent sur son corps comme une forêt ; mais son âme, plus ferme que l’airain, insulte à la mollesse du fer, et demande à ce fer d’être plus meurtrier. [...]

Maintenant, assis dans les hauteurs du ciel, vaillant guerrier ! éloignez la peste, et gardez même les corps de vos concitoyens.

 

Fit silva corpus ferrea;

Sed ære mens constantior

Ut molle ferrum despicit:

Ferum precatur, sæviat.

Manantis unda sanguinis

Exangue corpus nuntiat;
Sed casta noctu fœmina
Plagas tumentes recreat.

Cæleste robur militi
Adacta præbent vulnera;
Rursum tyrannum provocans
Expirat inter vulnera.

Nunc cæli in arce considens,

Bellator o fortissime,

Luem fugando civium,

Tuere clemens corpora.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Le coté droit (couronné par les armoiries des Chastel).

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Roch.

Il est vêtu et coiffé comme un pèlerin  avec la cape (la pèlerine) et  le chapeau large, tandis qu'il tient le bourdon. Ses pieds sont nus ais les jambes sont protégées par des guètres noires.

Il montre le bubon pesteux de sa cuisse droite, qu'un ange vient pointer de l'index. Son chien Roquet le nourrit miraculeusement d'une miche de pain.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Maudez.

Inscription Saint Modet.

Il était aussi invoqué contre "les enflures" et contre la peste.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/calvaire-de-maudez-plouaret/c8924883-9aa1-4980-99f0-187b2e6836b7

http://www.gandumas.org/Saint-Maudez-ou-Mande-abbe-en-Bretagne-VIe-siecle.html

Sa famille irlandaise aurait été décimée par la peste : il aurait fuit l'épidémie en traversant la Manche et en installant son ermitage dans une île, donc isolé des contagions. Il est le patron de léproseries dans le diocèse de Nantes :

"Fils de roi, il est présenté comme étant d’origine irlandaise. Dixième enfant, il aurait été offert au seigneur comme dîme. Mais alors qu’il allait se consacrer définitivement, sa famille aurait été décimée par la peste et il serait resté le seul héritier. On lui aurait choisi une femme mais la tradition rapporte qu’en le voyant elle aurait fui. Il serait alors passé en Cornwall où il aurait vécu en ermite.

Par la suite, il aurait débarqué en Armorique, à Pleubian, dans la région de Port Bénit. Sa Vie latine nous le présente comme le maître de saint Budoc et de saint Tudy. Saint Maudez se serait retiré dans une île, appelée actuellement l’île Maudez. A cet endroit, il bâtit un ermitage dont Forn Modez serait un vestige. Une communauté cénobitique y forma un monastère." (Bretania)

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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LES COLONNES AUX PAMPRES PICORÉS.

Elles donnent un très bel exemple du baroque breton.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR : LES SEPT VERTUS ET SAINT ROCH / LE MARTYRE DE SAINT SÉBASTIEN.

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Du coté gauche : Quatre Vertus cardinales : Tempérance, Justice, Prudence et Force 

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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1°) La Tempérance.

Son attribut est une coupe dont elle verse le contenu dans une amphore tenue par un enfant.

Voir à Commana (1683).

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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2°) La Justice.

Elle tient la balance. Un enfant tient une règle graduée.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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3°) La Prudence.

Assise dans les nuées et entourée de deux enfants, elle tient un miroir d'où s'échappent deux serpents.

Les enfants sont le Passé et l'Avenir. C'est une réappropriation de la déesse romaine Prudentia. Le miroir, Speculum Sapientiae, témoigne de la circonspection et de la réflexion (de la lumière et de la pensée).

« Le miroir pour désigner que l'homme prudent ne peut régler sa conduite que par la connaissance de ses défauts ; le serpent, parce que ce reptile a toujours été regardé comme le plus prudent des animaux », Honoré La Combe de Prézel, Dictionnaire iconologique, Paris, 1756.

"La Prudence, ſelon Ariſtote, eſt vne habitude actiue, accompagnée d’vne vraye raiſon, qui agit ſur les choſes poſſibles, pour atteindre à la felicité de la vie, en ſuiuant le bien, & fuyant le mal. Le Miroir qu’elle tient en main, Qu’il eſt neceſſaire que pour regler ſes actions, l’homme prudent examine ſes deffauts : Ce qu’il ne peut faire ſans la connoiſſance de ſoy-meſme " (Cesare Ripa, Iconologie, trad. 1636)

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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4°) La Force.

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Elle tient une colonne de marbre ; un enfant lui tend une couronne de lauriers.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Le retable au dessus de l'autel.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Sébastien entre les archers (au dessus de l'autel).

Le saint attaché à un arbre est visé par deux des archers à qui il commandait comme officier.

C'est le motif emblématique de la chapelle, qui figure sur la sablière du chœur et sur l'arc de triomphe

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Sébastien flagellé par deux bourreaux.

Les deux archers désormais coiffés de casques à plumet, frappent Sébastien de verges .

Comme cela est indiqué dans la Légende dorée, le martyre de saint Sébastien eut lieu en deux temps.

"Alors Dioclétien le fit attacher à un poteau au milieu du champ de Mars, et ordonna à ses soldats de le percer de flèches. Et les soldats lui lancèrent tant de flèches qu’il fut tout couvert de pointes comme un hérisson ; après quoi, le croyant mort, ils l’abandonnèrent. Et voici que peu de jours après, saint Sébastien, debout sur l’escalier du palais, aborda les deux empereurs et leur reprocha durement le mal qu’ils faisaient aux chrétiens. Et les empereurs dirent : « N’est-ce point là Sébastien, que nous avons fait tuer à coups de flèches ? » Et Sébastien : « Le Seigneur a daigné me rappeler à la vie, afin qu’une fois encore je vienne à vous, et vous reproche le mal que vous faites aux serviteurs du Christ ! " 

Alors les empereurs le firent frapper de verges jusqu’à ce que mort s’ensuivît, et ils firent jeter son corps à l’égout, pour empêcher que les chrétiens ne le vénérassent comme la relique d’un martyr. Mais, dès la nuit suivante, saint Sébastien apparut à sainte Lucine, lui révéla où était son corps, et lui ordonna de l’ensevelir auprès des restes des apôtres : ce qui fut fait. Il subit le martyre vers l’an du Seigneur 187.

 

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Le coté droit du chœur sous saint Roch et saint Maudez.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Saint Roch montrant sa plaie (octogonal)

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Assis et ayant posé son bourdon, il montre sa plaie pesteuse (bubon) à un ange tandis que son chien Roquet le lèche.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Trois Vertus théologales  : Charité, Espérance et Foi.

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1°) La Charité.

Elle est figurée par une femme qui donne le sein à un enfant, tandis qu'un autre enfant, de même taille, est à sa droite.

pour la justice : balance ou épée.

en 1563, le concile de Trente mit un terme à cette vogue des Vierges allaitantes en interdisant la nudité dans la peinture religieuse ? Toujours est-il qu'à partir de là, il fallut trouver d'autres cadres pour montrer l'allaitement. Et ce furent les "charités", très nombreuses au XVIIe siècle puisqu'on en a compté plus de deux cents.
On distinguait la charité romaine et la charité chrétienne. Dans cette dernière, on voyait généralement une femme allaitant un bébé et entourée de nombreux enfants d'âges différents. Dans la charité romaine, on voyait une jeune femme donnant le sein à un vieillard, illustration de la légende antique de Cimon et Péra.

La Charité est représentée par Cesare Ripa dans son Iconologia, recueil d'Allégories paru en 1593 et traduit en français en 1636. C'est peut-être des cheveux en flammes notées ici pour la Force, la Charité, l'Espérance et la Foi.

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La Charité, Cesare Ripa, Iconologia

 

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http://doc.rero.ch/record/324039/files/blog_mahgeneve_ch_une-charite-silencieuse.pdf

https://izi.travel/fr/9f3f-philippe-de-champaigne-la-charite-1635-1636/fr


On distinguait la charité romaine et la charité chrétienne. Dans cette dernière, on voyait généralement une femme allaitant un bébé et entourée de nombreux enfants d'âges différents. Dans la charité romaine, on voyait une jeune femme donnant le sein à un vieillard. Cette scène, qui aujourd'hui peut choquer, illustrait la légende antique de Cimon et Péra.

 

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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2°) L'Espérance.

Elle tient une couronne et s'appuie sur une ancre ; un enfant lui présente une coupe. La couronne est traditionnellement composée de lys et de trèfles.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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3°) La Foi.

Egalement accompagnée d'un enfant, elle tient son attribut, un vase enflammé.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Le maître-autel.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Marie-Madeleine pénitente.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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Le Reniement de saint Pierre.

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Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

Chœur de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juillet 2019.

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RESTAURATION.

 

 

La charpente et son lambris ont été restaurés en 1997 (Georges Le Ber à Sizun).En 2013-2017, les trois retables, classés en 1914,  ont été restaurés par les entreprises Art groupe Villemain (Stéphane Saint-André ) pour la maçonnerie, Le Ber  (Erwan Le Ber) pour la menuiserie d'art et sculpture, et Coréum Polychrome pour la peinture et dorure ( Vincent Chérel )  sous la direction de madame Marie-Suzanne de  Ponthaud, architecte en chef des Monuments historiques, secondée par Françoise Godet-Boulestreau et de la DRAC (soutien logistique avec Dominique Chesneau et  suivi technique avec Christine Jablonski.) , la commune étant représentée par le maire, André Le Gall, et  son adjointe au patrimoine et à la culture, Virginie Foutel. 

Le diagnostic préalable réalisé en 2010 par Yves Gilbert (Ateliers de la Chapelle) avait révélé  que parties des sculptures n’étaient tenues que par un usage de colle ou papier mâché placés au XIXème siècle.

Article du Télégramme le 22 janvier 2014 :

"Les travaux de rénovation se poursuivent à la chapelle Saint-Sébastien. Au début du mois, le retable majeur a été déposé.« Nous avons démonté les boiseries latérales, l'autel, le tabernacle, le gradin ou encore le tympan sculpté », énumère Ewan Le Ber, de la SARL familiale basée à Sizun. Ces bijoux du patrimoine se trouvent actuellement dans une entreprise de Tours pour faire l'objet d'un traitement curatif par anoxie (privation d'oxygène). « Les insectes et autres parasites se croient au printemps et en sortant, ils meurent ».
Après un mois passé à Tours, les boiseries reviendront dans l'atelier de Sizun. Elles subiront alors un traitement préventif avant rénovation. « Nous allons remplacer les éléments défectueux et refaire à l'identique une demi-douzaine de panneaux. Cela prendra cinq mois de travail ». Une partie sera repolychromée par Coreum, à Bieuzy-les-Eaux, près de Pontivy (56), avant que l'ensemble ne soit reposé. « A la mi-septembre, cela devrait être terminé », espère Virginie Foutel. L'adjointe à la culture s'enthousiasme des découvertes faites sous les boiseries. « Regardez les motifs géométriques peints sur l'autel ! Et cette niche du XVIIe siècle qui servait à déposer les burettes ! Ou encore cette niche en encoignure avec son dais qu'on plaçait au-dessus des statues ! Nous ignorions leur existence ». Et ce n'est rien dire des imposantes marches en pierre qui, elles aussi, étaient recouvertes de bois.
Tandis que les menuisiers rénoveront les boiseries, Ewen Le Floch, de l'entreprise ART maçonnerie, basée à Plélo (22), va apporter un complément d'enduit et consolider les badigeons. « On recolle par injection afin de refaire une bonne base avant le remontage du retable majeur ».Des professionnels qui travaillent uniquement sur le patrimoine. Moins de 150 ans, c'est trop jeune pour eux."© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/local/finistere-sud/chateaulin-carhaix/chlinregion/stsegal/chapelle-des-decouvertes-sous-les-boiseries-du-retable-22-01-2014-2376656.php#KYPDLgXlbki3r1Iy.99

 

 

Selon Ouest-France du 15/7/2014, "Six panneaux ornant le retable  remplaceront les originaux, trop endommagés par l'humidité pour être remis en place. La finesse du travail de l'entreprise Jouly Bellixe (*), de Marseille, a été particulièrement remarquée. Les panneaux, réalisés d'après photos et documents d'époque, seront posés sur le retable qui retrouvera sa place début septembre." (*) : je n'ai pu confirmer ce nom.

Dans la même campagne 2013-2017, les peintures murales de 1818 ont été restituées et protégées par Géraldine Fray (56).

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PHOTOS DE 2012 AVANT RESTAURATION.
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Photographie lavieb-aile janvier 2012.

Photographie lavieb-aile janvier 2012.

Photographie lavieb-aile janvier 2012

Photographie lavieb-aile janvier 2012

Photographie lavieb-aile janvier 2012

Photographie lavieb-aile janvier 2012

Photographie lavieb-aile janvier 2012.

Photographie lavieb-aile janvier 2012.

Photographie lavieb-aile janvier 2012.

Photographie lavieb-aile janvier 2012.

Photographie lavieb-aile janvier 2012

Photographie lavieb-aile janvier 2012

Photographie lavieb-aile janvier 2012.

Photographie lavieb-aile janvier 2012.


 

SOURCES ET LIENS.

CASTEL (Yves-Pascal), LECLERC, (Guy), s.d,  La chapelle Saint-Sébastien , son calvaire, ses retables, ed. Commune de Saint-Ségal.

— DUHEM, (Sophie), 1997. Les sablières sculptées en Bretagne. Images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.). Collection Arts et Société. Presses universitaires de Rennes, 1997.


 

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988. p. 418-419

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0ffd39bdf24d89d00ff35b034d2685b0.pdf

 

— INVENTAIRE GENERAL Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel), enquête 2009.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-sebastien-saint-sebastien-saint-segal/3161081b-4d98-4287-a98a-4abeed58a9dc

 

 

— MADEC (Yves), 1915, Saint-Sébastien en Saint-Ségal

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fc72b7a373375935ed358e8dbd9c8cd4.pdf

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans retable Saint-Ségal
2 juillet 2019 2 02 /07 /juillet /2019 22:57

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PRÉSENTATION GÉNÉRALE.

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"Souvent surnommée la petite cathédrale, elle est pourtant isolée dans une boucle de l'Aulne et ne possède pas la notoriété de sa "jumelle" Sainte-Marie du Menez Hom.  

Sa construction du XVIème siècle, dédiée à Saint Sébastien, saint que l'on implorait pour se préserver de la peste, a pour origine la terrible épidémie qui, venant de Brest, s'étendit jusqu'à Hanvec et le Faou.

De style Renaissance, cette chapelle fut installée sur les terres du seigneur de Kergoët dont la famille participa aux rénovations et transformations de la chapelle jusqu'à la fin du XVIIIème siècle, comme en attestent les armoiries du calvaire ou des peintures murales qui ornent la chapelle.

Les retables polychromes déjà présent lors de l'édification de la chapelle au XVIème siècle, furent développés selon le style dit du "baroque" breton au tout début du XVIIIème siècle et sous l'influence du recteur de Pleyben, paroisse dont dépendait Saint-Ségal, Yvon Coquet. C'est à cet amateur d'art et prédicateur en Sorbonne que l'on doit la plupart du mobilier actuel (chaire, poutre de gloire, confessionnal, statues ...).

Un enclos cultuel, dit placitre, et non paroissial entoure la chapelle. En effet, St Sébastien n'a jamais été une chapelle paroissiale et n'a donc jamais eu ni ossuaire, ni baptistère. Elle était un lieu de pardons (7 encore avant la Première Guerre Mondiale), pénitence, rogations, etc ..." http://www.mairie-saintsegal.fr/lieux-et-monuments.htm

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 LA CHAIRE À PRÊCHER.

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Adossée au 4ème pilier nord (toutes les C.A.P sont au nord, coté de l'Évangile), à l'angle du transept, elle associe à sa cuve, son abat-voix et son culot de forme hexagonale les dix degrés d'un escalier  courbe, placé à sa gauche.  Les reliefs sont peints en vert, les fonds sont en bois teinté. Les parois pleines de l'escalier sont ornés de trois panneaux rectangulaires à motifs géométriques (losanges) motif qui s'associe, sur la cuve, à des rinceaux autour d'un ove, avec beaucoup de sobriété. La rampe est sculpté de feuillages. Son abat-voix en chapeau mongol est traversé par l'extrémité de l'entrait de la Poutre de Gloire.

Elle serait banale, et se contenterait d'alimenter l'inventaire des C.A.P. bretonnes du fin XVII ou début  XVIIIe, si le panneau du dosseret ne portait un médaillon à inscription qui nous donne, finalement, beaucoup d'informations.

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Comparer avec :

la chaire à prêcher de la chapelle Saint-Côme en Saint-Nic (1638).

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Chaire à prêcher de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chaire à prêcher de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chaire à prêcher de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chaire à prêcher de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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L'inscription.

Sous une tête d'angelot, et entourée de rinceaux, un médaillon comporte six lignes en lettres majuscules, sculptées en réserve.

Une autre inscription est peinte en noir au dessous ; elle est difficile à lire.

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Chaire à prêcher de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chaire à prêcher de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chaire à prêcher de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chaire à prêcher de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le texte du médaillon, jamais relevé fidèlement jusqu'à présent (notamment avec ses esperluettes et sa faute pour "docteur"), dit : 

 

N: & : D :

M R E

Y: COQVET

DOCFEVR

& : RECTE :

UR

 

"N & D  MRE Y COQUET DOCFEUR & RECTEUR" , soit :

NOBLE ET DISCRET SEIGNEUR YVES COQUET RECTEUR.

Yves Coquet (1636-1720), docteur en Sorbonne en théologie, fut recteur de Plounéventer de 1674 à 1678, de St-Gilles d'Hennebont de 1678 à 1685, de Porspoder de 1687 à 1693 (Kerviler, Bio-bibliographie bretonne) et enfin  en 1694 vicaire perpétuel de la paroisse de Pleyben et recteur de Pleyben jusqu'en 1720.  Il mourut à Pleyben, le 12 Janvier 1720, à l'âge de 84 ans.

Il faut savoir que la paroisse de Saint-Ségal (Sainct Segal ), qui dépendait autrefois de l'ancien évêché de Cornouaille, est un démembrement de la paroisse primitive de Pleyben, à laquelle elle était  unie au XVIIème siècle.

Yves Coquet était donc recteur de la paroisse annexe de Saint-Ségal (depuis 1697 ?).

 

Il fait mention de son titre de docteur en théologie dès sa première fonction, lorsqu'il signe à Plounéventer un baptême le 24 novembre 1674.

Ce titre suppose une formation de sept années passant par les grades de maîtres -es-arts, bachelier puis licencié avant d'obtenir "le bonnet" de docteur :

"Le tems d'étude nécessaire pour parvenir à ce degré, la cérémonie de l'inauguration ou prise de bonnet, ne sont pas tout - à - fait les mêmes dans toutes les universités du royaume. Voici ce qui s'observe à ces deux égards dans la faculté de Théologie de Paris.

Le tems d'études nécessaire est de sept années; deux de Philosophie, après lesquelles on reçoit communément le bonnet de maître - ès - arts; trois de Théologie, qui conduisent au degré de bachelier en Théologie; & deux de licence, pendant lesquelles les bacheliers sont dans un exercice continuel de theses & d'argumentations sur l'Ecriture, la Théologie scholastique, & l'Histoire ecclésiastique." (ALIF)

Guy Leclerc suppose, et c'est très probable, qu'Yves Coquet est docteur de la Sorbonne, mais je n'ai pu en trouver confirmation.

Le titre de "noble et discret messire " est la formule d'usage précédant le nom d'un recteur sur une inscription, mais elle est de rang plus élevée que celle de "vénérable et discret messire".  Il ne semble pas que ce qualificatif de "noble" supposait l'appartenance à une famille de la noblesse.

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Chaire à prêcher de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chaire à prêcher de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Yves Coquet fut à l'initiative de nombreux travaux architecturaux dans sa paroisse de Pleyben, et ces travaux sont bien documentés.

  1°) Chantiers en l'église de  Pleyben.

Il décida de la reconstruction  du transept sud de l'église (1714) et de la ré-édification de la sacristie (1719),  à la suite de leur destruction causée par la chute de la partie haute de la tour-porche ébranlée par la foudre à la fin du XVIIe siècle.

Il fit construire en 1696-1698 l'autel du Rosaire de l'église, et en confia l'exécution à deux artisans locaux,  Jean Le Seven du Cloître-Pleyben, maître-menuisier et Jean Cevaer de Pleyben, maître-sculpteurqu'il chargea ensuite des sculptures du grand autel de la chapelle Notre-Dame de Guennili. 

Le style de ces retabliers est également reconnu sur les autels de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom en Plomodiern et de Lopérec. À Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, l'inscription N & D : MRE : OL : BOVRDVLOVS : R / GVILLAVME NICOLAS 1715 au dessus de l'autel reprend exactement la forme de l'esperluette de la chaire à prêcher de Saint-Sébastien, et cette micro-sémiologie apporte un argument de poids à l'attribution des deux sculptures au même sculpteur.

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2°) Travaux à Saint-Ségal.

a) Il fit édifier (ou reconstruire) en 1708 la fontaine de dévotion Saint-They, puisqu'on le reconnait dans  l'inscription portée sur le fronton " DOCTEUR EN THEOLOGIE P.P./ BENST/ P. F. CVRE/ ST SEGAL/1708". Cette fontaine était celle de la chapelle éponyme construite vers 1680 (au sud de Lanvélé), vendue comme bien national à la Révolution et détruite en 1813.

b) Il fit réaliser le retable sud et la chaire à prêcher de Saint-Sébastien en Saint-Ségal.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/fontaine-de-devotion-saint-they-saint-they-saint-segal/525ab521-0a13-4717-8813-3dc431a9908c

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/8c56d47066d5bc94bb64f58549386360.pdf

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/76512f46e94362f54f58a48512632e86.pdf

 

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LE RETABLE SUD DE LA SAINTE PARENTÉ (1706-1707).

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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I. ÉLÉMENTS HÉRALDIQUES ET INSCRIPTIONS.

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Ce retable nous permet de décrire  trois fonctions, nobiliaire, ecclésiastique et économique.

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a) Nobiliaire : le seigneur prééminencier n'intervient pas dans la commande, mais fait respecter ses droits: celle d'afficher ses armoiries (et de percevoir des taxes). Ici, il s'agit des seigneurs de KERGOËT.

b) Cléricale : le recteur décide des travaux, ou du moins du programme iconographique, de sa cohérence théologique et de sa concordance avec les grandes options de l'Église de son temps. Il assure aussi la continuité des travaux durant ses fonctions, tandis que la fabrique change tous les ans. Ici, c'est Yves COQUET. [Aux siècles précédents en Bretagne, les noms des recteurs ne figuraient pas sur les inscriptions, qui ne mentionnaient que les fabriciens].

c) économique. Le fabricien supervise les travaux et prend en charge tous les contacts avec les artisans : il est choisi parmi les familles aisées et de bonne réputation pour un mandat d'un an, non pas pour une paroisse, mais, au sein de celle-ci, pour un sanctuaire, voire une confrérie. Ici, pour 1706-1707, c'est F. AUTRET .

c') Les artisans ne mentionnent pas leur nom sur leur œuvre et ne sont connus que par les pièces d'archives et par des études de comparaisons stylistiques et d'attribution. C'est le cas ici pour le maître-menuisier Jean LE SEVEN et le maître-sculpteur Jean CEVAËR. Le peintre-doreur Louis COZIC  a reçu 1400 livres en 1714 pour peindre et dorer le retable. Ce peintre, sieur de la Croix , est intervenu en 1726 sur les statues d'apôtres du Faou.

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1°) Les armoiries des Kergoët en alliance avec de Dresnay.

On les trouve également  à l'extérieur, sur la façade ouest. Elles associent à gauche les armes des Kergoët   d'argent à cinq fusées rangées et accolées de gueules, accompagnées de quatre roses de même,  en alliance avec celles du Dresnay d'argent à la croix anillée de sable, accompagnée de trois coquilles de gueules.

 

 

http://www.lavieb-aile.com/article-vierges-allaitantes-vii-lannelec-a-pleyben-100361239.html

La famille de Kergoët est originaire de Saint-Hernin et s'est divisée en une branche aînée, fondue dans Quellennec, Tronjoly en Gourin, et la branche du Guilly, village de Lothey. Ses armoiries déjà citées sont aussi, à Clohars-Fouesnant ou à Cleder, "emmanché d'argent et d'azur". La devise est En christen mad, me bev en Doue, "en bon chrétien, je vis en Dieu". La famille qui nous concerne serait issu de la branche du Guilly, Lothey étant une paroisse proche de Pleyben. Le château du Guilly, qui se trouve au bord de l'Aulne à mi-chemin entre Landremel et le vieux Lothey, était habité par la famille du Kergoët.

   Ils possédaient sur Pleyben la seigneurie de Keranclanff, attestée en 1426 lors de la Réformation de 1426  en même temps que six autres domaines nobles.

Au XVIe siècle, Yves de Kergoët épousa Catherine du Dresnay, dame de Keranclauf , mais ce blason ne se réfère pas à cette alliance.

Ces armoiries sont celles du couple René-François de Kergoët et Marie du Dresnay.

 

René-François de KERGOËT, chevalier, seigneur du Guilly,  né à Saint-Ronan [Quimper] le 27 septembre 1668, était le fils de François de KERGOËT, chevalier seigneur du Guilly 1610-1693 [Sénéchal au présidial de Quimper (1637), président au présidial de Quimper (1648), conseiller au Conseil d'État (1661), enterré en l'église paroissiale de Lothey, François Créis étant recteur]

Il épousa  le 26-10-1688 à Saint-Pol-de-Léon  Marie du DRESNAY , d'où 

  •  François Jean Baptiste de KERGOET 1689- &1710 + 26/04/ 1726 x Marie Josèphe du CHASTEL 1696-& 1724
  •  Jean Baptiste de KERGOET 1690-
  •  Jeanne Mathurine de KERGOET 8 novembre 1691-1714, baptisée dans la chapelle du Guilly, François Créis étant recteur de Lothey.
  •  Charles François de KERGOET 31 mars 1693-, baptisé dans la chapelle du Guilly, François Créis étant recteur .
  •  Françoise Geneviève de KERGOET 1697-
  •  Renée de KERGOET 1699-

Ces armoiries suggèrent le créneau de datation après 1688 et avant 1705, date du décès de René-François, ou plutôt avant la date de  décès de son épouse, ...qui ne m'est pas connue.

https://gw.geneanet.org/hamety?lang=en&iz=3841&p=rene+francois&n=de+kergoet

 

 

On remarque que les deux armoiries des deux familles sont associées aussi en la chapelle de de Lannelec en Pleyben à quelques 15 km à l'est Saint-Sébastien en Saint-Ségal .

L'acte de décès de René-François est signé par le recteur Yves Coquet.

 « Ce jour, premier Avril 1705, par Noble et Discret Missire Yves Coquet, prestre, docteur en théologie, recteur de Pleyben, et à nostre prière a esté enterré Messire René-François du Kergoët, chevalier, en son vivant seigneur du Guilly, de Loppeau, de Cosquériou, Lezaon, etc... mort le trentiesme de Mars dernier en son château du Guilly. Et ont assisté au convoy Ecuyer Guillaume Le Gac, seigneur de Lanorgar, Ecuyer Messire Narcisse Meslou, seigneur de Trégaïn, juge criminel au siège présidial de Quimper et plusieurs aultres. Ainsi signé à l'original : Narcisse Meslou ; Michel Le Rouge ; Guillaume Le Gac ; Pollay ; Kerilis ; M. Le Bronnec, Y. Coquet, recteur de Pleiben ».

Il est nécessaire de préciser que le fils aîné,  François Jean Baptiste de KERGOET, décéda en 1726 à 36 ans , et que lors de son enterrement, le cortège était suivi par "J. Le Bornic, prestre recteur de Pleiben et de Saint-Ségal ; G.-J. Bigeaud, vicaire perpétuel à Châteaulin ; H. Le Garz, recteur de Saint-Thois ; Gilles-François Floc'h, recteur de Lothey ; Y. Rohou, recteur de Saint-Coulitz ; Yves Ropartz, prestre de Lothey ; L. Mallégol, prestre de Pleiben ; H. Robin, prestre de Saint-Coulitz ; Jean Helgouarc'h, prestre et chapelain de Saint-Sébastien, en Saint-Ségal ; Guillaume Guédès, prestre ».

À son décès, le couple n'a eu qu'une fille, Mathurine-Josèphe-René du KERGOËT, qui épousa René de KEROUARTZ. 

La prééminence revient alors à la famille du CHASTEL. Ce sont leurs armoiries qui apparaissent sur le retable du maître-autel de Saint-Sébastien,postérieur à 1726 et donc étranger au rôle du recteur Y. Coquet. 

 

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http://www.infobretagne.com/lothey-guilly.htm

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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2°) Inscriptions des médaillons : le recteur Yves Coquet.

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Inscription :

N : D : M :  E

Y : COQVET.

et sur l'autre médaillon:

RECTEVR / DOCTEVR

Noble et discret messire Yves Coquet recteur docteur.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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3°) L'inscription de la porte de sacristie : F. Autret, fabricien, 1706-1707.

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F : AVTRET  F : LAN 1706 F : AVTRET . F : 1707

 F[rançois] AUTRET fabricien l'an 1706,  F[rançois] AUTRET fabricien  1707.

A-t-il eu 2 mandats successifs, ou bien son chantier s'est-il achevé en 1707 ?

Note : la sacristie date de 1742.

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On trouve au revers du vantail, peint et non sculpté, au dessus du monogramme IHS, l'inscription S.TIEN : JONCOUR : PTRE : ET : C / : C : MOCAER : FABRIQUE.

Soit "Sébastien Joncour prêtre et C. Mocaer Fabrique."

Sébastien Joncour a signé en tant que curé  les "certificats des bannies" de René l'HARIDON, né à Saint-Ségal  et produits lors d'un acte de mariage célébré à Châteaulin le 26 août 1699. Ces certificats sont établis, pour un sujet venant d'une paroisse étrangère,  après trois annonces faites sans opposition par le curé lors de la messe dominicale.

"Mariage : 26/08/1699 Châteaulin (Pays : Châteaulin) L' HARIDON René, né à Saint Ségal fils de H.Jean, décédé et de LE CERFF Marie
DEMEURE Jeanne fille de Jean et de DETHEY Basile

acte de mariage : le vingt sixième aout mil six cent quatre vingt dix neuf, ont estés épousés en l'église de Notre Dame de Chateaulin par le soussignant Dom. Nicolas LE CANN prêtre de la paroisse de Chateaulin; René L'HARIDON fils de défunt honorable gentil hommme Jean L'HARIDON et Marie LE CERF les père et mère de la paroisse de St Segal et Jeanne fille de Jean DEMEURE et Basile DETHEY ses père et mère de cette paroisse après avoir reçu le certificat des bannies dudi L'HARIDON signé Sébastien JONCOUR curé et düement contrôlé, comme aussi le décret de mariage dudi L'HARIDON signé JULLON greffier, présent ont estés: maître jean LENAER, Yves LENAER, Dunet DEMEURE et autres qui ne signent Signé: Nicolas LE CANN prêtre. (Généalogie de Jeannie GILSON)"

Ce Sébastien Joncour peut donc être en poste en 1706-1707.

Un Charles MOCAER est né à Saint-Ségal vers 1700. Notre C.C MOCAER peut être son parent.

 

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Photo lavieb-aile 10 janvier 2012.

Photo lavieb-aile 10 janvier 2012.

Photo lavieb-aile 10 janvier 2012.

Photo lavieb-aile 10 janvier 2012.

Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Conclusion : le retable a été commandé en 1706 et achevé en 1707 dans le cadre d'une commande établie par François Autret, fabricien, alors que Yves Coquet, docteur en théologie était recteur de Saint-Ségal en Pleyben et que René-François de Kergoët, sieur de Lezaon, et son épouse Marie du Dresnay exerçaient leurs droits de prééminence sur la chapelle Saint-Sébastien. 

Par référence aux autres retables réalisés à la même période, et notamment au retable du Rosaire réalisé à Pleyben en 1696 sous la cure d'Yves Coquet,   ce retable peut être attribué avec certitude aux artisans Jean Le Seven, menuisier et Jean Cevaër, sculpteur.

Un détail de micro-sémiologie (forme de l'esperluette) et le nom du même recteur attribue aux mêmes artisans la chaire à prêcher de Saint-Sébastien.

Nous allons voir maintenant, en étudiant le retable proprement dit (statues en ronde-bosse et bas-reliefs) que d'autres rapprochements confirment cette attribution.

Ces déterminations basés sur des preuves ne peuvent s'étendre sans précaution au retable nord, mais le programme iconographique associant la Vierge à l'Enfant et Joseph est relié au thème de la Parenté de la Vierge du retable sud.

De même, le retable axial ne peut être englobé dans l'analyse précédente, ne serait-ce que parce qu'il comporte des armoiries différentes, celles de la famille du Chastel, ce qui le date après 1726.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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II. DESCRIPTION.

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Le retable est organisé horizontalement en deux registres. Verticalement, il est centré par l'autel, surmonté par le tabernacle et éclairé par la baie à trois lancettes. Ce premier volume est encadré par deux ensembles de niches peu profondes  limitées par des colonnes torves aux pampres picorés et de colonnes cannelées ornées de têtes d'angelots et de guirlandes. Ces niches sont  en avancée progressive du centre vers les cotés.

Les encadrements se chargent de grasses chutes de fleurs, ce guirlandes ou de cartouches à volutes portant le nom des saints personnages.

— Le registre supérieur fait ainsi se succéder les statues de sainte Anne et de son époux Joachim, le vitrail, puis les statues de saint Jean et celle de saint Zacharie. Cette succession composerait donc une Sainte Parenté avec les parents de la Vierge à gauche et la famille de sa cousine Elisabeth (dont Zacharie est le mari ). Mais hélas, cette construction s'effondre lorsqu'on constate que ce n'est pas  Jean le Baptiste (fils d'Elisabeth et de Zacharie et cousin de Jésus), mais Jean l'évangéliste qui est représenté. Est-ce sciemment, ou bien est-ce une incompréhension et une erreur de transmission entre Yves Coquet, dont on ne peut soupçonner les compétences théologiques, et son fabricien (qui serait vite pardonné de faire cette confusion), ou entre le dit fabricien et l'équipe des artisans (dont on ignore leur degré d'autonomie dans la création des figures) ?

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Sous les colonnades, les stylobates s'animent de six petits bas-reliefs sur fond bleu présentant six personnages non nommés , dont les quatre évangélistes et les titulaires des statues.

— Le registre inférieur associe à des compositions florales quatre bas-reliefs figuratifs : deux scènes de l'enfance du Christ sur les cotés (Nativité et Présentation au Temple) et autour du tabernacle deux Apparitions du Christ après sa Résurrection (à Marie-Madeleine et aux Pèlerins d'Emmaüs).

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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LES STATUES ET LEURS BAS-RELIEFS : SAINTE ANNE, SAINT JOACHIM, SAINT JEAN ET SAINT ZACHARIE.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : la chaire à prêcher et le retable sud.

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Sainte Anne .

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Saint Zacharie.

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L'époux de sainte Anne est représenté ici avec une houlette de berger, pour rappeler qu'il se retira dans les montagnes pour y garder ses troupeaux, avant d'être convoqué par un ange pour la fameuse Rencontre de la Porte Dorée.

Cette houlette en forme de cuillère est toujours surprenante pour qui n'est pas familier avec les images médiévales de bergers, mais elle était pourtant alors très commune. Ce bâton se terminait par une crosse, pour crocheter les pattes des moutons.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Saint Jean l'évangéliste.

J'ai dit combien cette présence de saint Jean l'évangéliste est surprenante, là où on s'attend à trouver Jean le Baptiste à coté de son père Zacharie. Mais l'identification n'est pas discutable, puisque le saint, imberbe, et cheveux longs, rédige de son calame le Livre dont il reçoit du ciel l'inspiration divine. 

D'autant que son attribut, l'aigle, tient dans son bec l'encrier et le plumier.

Et que le personnage se retrouve à l'identique sur le bas-relief.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Saint Zacharie thuriféraire.

Si Zacharie est coiffé d'un turban (= oriental donc Juif), porte une barbe bifide ( = Juif), est vêtu d'un camail sur une robe à pompon (= prêtre Juif) et tient l'encensoir, c'est qu'il appartient à la classe sacerdotale. Mais aussi car selon Luc 1:8-9, "pendant qu'il s'acquittait de ses fonctions devant Dieu, selon le tour de sa classe, il fut appelé par le sort, d'après la règle du sacerdoce, à entrer dans le temple du Seigneur pour offrir le parfum. Toute la multitude était dehors, à l'heure du parfum". Le texte latin de la Vulgate emploie le terme d'encens :  sorte exiit in incensum poneret ... populi erat orans foris hora incensi.

C'est alors que l'ange du Seigneur lui apparu, se tenant à droite de l'autel des parfums, a dextris altaris incensi.

Le terme du texte original grec utilise le mot thumiama, "substance aromatique en brûlant, encens" (verbe thumaio, "brûler de l'encens".

Donc, cette sculpture témoigne d'une connaissance approfondie du texte évangélique.

Bien-sûr, Zacharie est surtout connu pour son Cantique, le Benedictus.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Zacharie, bas-relief.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Évangéliste (ou Zacharie) écrivant (ou composant le Benedictus) sous la dictée de l'ange.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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LES BAS-RELIEFS DU REGISTRE INFÉRIEUR.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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1°) Adoration des bergers.

Guy Leclerc parle d'une Nativité, dont il voit l'origine dans une gravure d'après une Bible de Jean Le Clerc éditée à la fin du XVIe siècle (peut-être celle dont les gravures sont de Guillaume Le Bé). Mais il s'agit bien d'une Adoration de bergers, dont deux tiennent leur houlette et un joue de la cornemuse en compagnie d'un angelot joueur de viole à archet. Au ciel, deux anges les accompagnent de leurs chants.

On remarque le bœuf et l'âne, et Joseph abritant la flamme d'une chandelle dans ses paumes.

Bien entendu, la présence de la cornemuse n'a pas échappé à Jean-Luc Matte ; il précise que le berger n'en joue pas, qu'il tient l'outre dans la main gauche tandis que la main droite empoigne le court hautbois ; que le porte-vent est tourné, tandis que les deux bourdons évasés en pavillon sont parallèles, verticaux et d'égale longueur .  Belle leçon d'analyse des détails d'une image.

http://jeanluc.matte.free.fr/fichsz/stsegal.htm

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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2°) Présentation de Jésus  au Temple.

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Guy Leclerc a fait remarquer que ce bas-relief était réalisé à partir d'une estampe intitulée La Présentation au Temple que le graveur hollandais Cornelis Cort , né en Hollande à Hoorn en 1533, avait faite en 1568 d'une peinture de l'italien Federico Zuccaro. Pour Guy Leclerc, la simple présence d'un couteau sur la table ajoute ici le thème de la Circoncision. ""La Circoncision " se reconnaît au "mohel" qui, assisté d'acolytes officie derrière la table où, entre les cierges, se devine le couteau rituel tandis que Jésus, apeuré, se rejette en arrière, comme dans le tableau de Mantégna".

Mais l'offrande des tourterelles caractérise la Présentation au Temple. De même pour  la présence de la Vierge au premier plan et de la prophétesse Anne agenouillée de Luc 22:40.  D'autre part, la Circoncision était chez les Juifs une fête familiale et un acte pratiqué à la maison par un membre de la famille, bien que son iconographie chrétienne en soit différente.

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La gravure est visible sur Wikipedia :

https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Cornelis_Cort?uselang=fr#/media/File:The_presentation_of_Jesus_to_the_high_priest_at_the_Temple._Wellcome_V0034646.jpg

Dans le retable du Rosaire réalisé par Jean Cévaer pour l'église de Pleyben en 1596 sous la direction du recteur Yves Coquet, le médaillon de la Présentation au Temple reproduit la même gravure de Cornélius Cort. 

 

Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Les bas-reliefs encadrant le tabernacle: Apparitions du Christ.

Les deux scènes sont représentés aussi sur le retable sud de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, dans des tableaux rectangulaires similaires mais dans une dessin différent.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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1°) Apparition du Christ en jardinier à Marie-Madeleine ou Noli me tangere.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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2°) Apparition du Christ aux Pèlerins d'Emmaüs.

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Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Retable sud de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Restauration.

 

 

La charpente et son lambris ont été restaurés en 1997 (Georges Le Ber à Sizun).

En 2013-2017, les trois retables, classés en 1914,  ont été restaurés par les entreprises A.R.T (Stéphane Saint-André ) pour la maçonnerie, Le Ber  (Erwan Le Ber) pour la menuiserie d'art et sculpture, et Coréum Polychrome pour la peinture et dorure ( Vincent Chérel )  sous la direction de madame Marie-Suzanne de  Ponthaud, architecte en chef des Monuments historiques, secondée par Françoise Godet-Boulestreau et de la DRAC (Christine Jablonski) , la commune étant représentée par le maire, André Le Gall, et  son adjointe au patrimoine et à la culture, Virginie Foutel. 

Le diagnostic préalable réalisé par Yves Gilbert (Ateliers de la Chapelle) avait révélé  que parties des sculptures n’étaient tenues que par un usage de colle ou papier mâché placés au XIXème siècle ,

Dans la même campagne 2013-2017, les peintures murales de 1818 ont été restituées et protégées par Géraldine Fray (56).

 



 


 

SOURCES ET LIENS.

— CASTEL (Yves-Pascal), LECLERC, (Guy), s.d,  La chapelle Saint-Sébastien, son calvaire, ses retables, ed. Commune de Saint-Ségal.

 


— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988. p. 418-419

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0ffd39bdf24d89d00ff35b034d2685b0.pdf

 

— INVENTAIRE GENERAL Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel), enquête 2009.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-sebastien-saint-sebastien-saint-segal/3161081b-4d98-4287-a98a-4abeed58a9dc

 

 

— MADEC (Yves), 1915, Saint-Sébastien en Saint-Ségal

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fc72b7a373375935ed358e8dbd9c8cd4.pdf

 

— Congrès archéologique de France 1957 -vol 115 page 182

— LECLERC (Guy), 1998, Monuments et objets d’art du Finistère. Études, découvertes, restaurations (années 1998) Bull. SAF page 114

 

— PÉRENNÈS (Henri), Notice sur Pleyben, Bulletin Diocésain d'Histoire et Archéologie de Quimper (BDHA), 1927.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/8c56d47066d5bc94bb64f58549386360.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Saint-Ségal
1 juillet 2019 1 01 /07 /juillet /2019 08:54

La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : ses sablières et blochets, abouts de poinçons et réseaux de liernes,  atelier du Maître de Pleyben dernier quart XVIe.

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Voir sur cette chapelle :

 

 

 

 

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Voir sur cette chapelle :



 

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Voir aussi :

— Sur les sablières du Maître de Pleyben :

 

 

 

 

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— Et sur les sablières bretonnes :

 

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INTRODUCTION.

Les intérêts suscités par l'examen de la charpente lambrissée d'une église ou d'un chapelle sont multiples et participe de l'enquête détective : en préciser la datation par quelque indice, l'attribuer à un atelier connu, déchiffrer une inscription et en développer les données, ou en décrypter le matériel héraldique. Si possible, enrichir les publications antérieures de quelque découverte ou réflexion personnelle.

Eh bien, tous ces éléments sont réunis ici.

À la croisée du transept, un blason des Du Bot en alliance avec les Kergoët conclue à une datation pour cette charpente entre  1554 et 1567.

Ces déductions héraldiques doivent être confrontées à un autre indice : à la fin du XIXe ou au début du XXe siècle, le chanoine Abgrall a mené une campagne très soigneuse de relevés épigraphiques des monuments religieux du Finistère ; la vérification de ces relevés lorsque les pièces sont encore conservées montre la fiabilité de ce qu'il a lu, tout comme son attention (rare) à la ponctuation. Or, il mentionne, pour la chapelle Saint-Sébastien, ceci : "Sablières, date de 1586" . On pourra vérifier, pour les autres inscriptions, que le chanoine était scrupuleux dans sa tâche. 

Hélas, pour le coup, il s'agit d'une erreur, la date de la sablière est celle de 1686.

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 Je considère que la charpente est placée sous la prééminence du couple Kergoët-Le Bot  entre 1541 et 1567.

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La présence d'anges présentant les instruments de la Passion et les Cinq plaies oriente vers un atelier renommé et proche, celui du Maître de Pleyben, attribution confirmée par les cuirs à enroulement tendus par deux anges qui rappellent ceux de cet atelier (Kerjean, Sainte-Marie du Ménez-Hom, Saint-Divy, Bodilis, Roscoff) tout comme les blochets des quatre évangélistes. Cet atelier est considéré (S. Duhem) comme  actif entre 1564 et 1580. Il s'agirait donc à Saint-Sébastien soit d'un atelier juste antérieur à celui de Pleyben, soit des premiers travaux de ce dernier. Cela est cohérent car nous ne trouvons pas ici la finesse d'exécution et l'envolée lyrique des anges, remarquables à Kerjean et Sainte-Marie-du Ménez-Hom.

 

Enfin, une inscription plus tardive dans la nef nous donne le nom du curé et du fabricien en 1686.

Comblés, non ?

D'autant que ces morceaux de puzzle s'ajustent à ceux apportés ailleurs, par exemple, par un riche corpus d'inscriptions lapidaires et de matériel héraldique.

Mais un bonus vous est réservé, avec de jolies surprises.

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LE CHOEUR ET LA CROISÉE DES TRANSEPTS.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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La chapelle est un édifice lambrissé qui comprend une nef de 3 travées avec bas côtés, un transept et un chœur peu débordant communiquant avec une sacristie octogonale. 

 

 Les Kergoët, seigneurs prééminenciers, sont à l'origine de cet édifice . L'édifice composite porte les traces de trois campagnes de construction

a) La plus ancienne affecte le transept et le choeur, le gros oeuvre et la charpente, les grandes arcades de la nef et le portail ouest, se situe dans la seconde moitié du 16e siècle. Par leur style, les arcades et le portail ouest appartiennent à cette même campagne.

-a1 : les armoiries relevées sur le chevet (Jean de Kergoët et Perrine de Kerpaën)  suggèrent la période 1541-1550.

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-a2 : sur le mur est du bras nord du transept et la croisée du transept les armoiries  de Kergoët et du Bot  suggèrent la période 1554-1567.

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b) Dans le dernier quart du 17e siècle, une importante campagne de reconstruction affecte la nef et sa charpente ainsi que le clocher-porche occidental.  Le mur du bas-côté sud est réalisé en 1685 ;  la charpente et du lambris de couvrement date de 1686. Le clocher-porche refait en 1694 intègre l'ancien portail de style gothique flamboyant.  Ces dates sont confirmées par l'écu de la façade ouest aux armes des Kergoët et du Dresnay (René François de Kergoët et sa femme née du Dresnay), qui indiquent la fin du 17e siècle et le début du 18e siècle. Le retable du bras sud du transept porte les mêmes armes associées à la date 1706-1707. Enfin le retable axial est un peu plus tardif (après 1710) car il porte les armes des du Chastel face à celle de Kergoët. Cette campagne est marquée par la personnalité du recteur Yves Coquet et des artisans qu'il choisit, Jean Le Seven et Jean Cevaër.

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c) La troisième et dernière campagne concerne la sacristie construite contre le chevet en 1742, date portée accompagnée de nombreuses inscriptions. On peut y inclure le confessionnal portant la date de 1766 et le nom du recteur Guillaume Le Léon.

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Copyright François Dagorn Inventaire Général.

Copyright François Dagorn Inventaire Général.

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Clef de la croisée du transept : ange présentant les armoiries de KERGOËT en alliance avec DU BOT.

L'ange aux cheveux blonds et à la tunique rouge très plissée présente les armoiries des Kergoët, seigneurs prééminenciers du lieu, en alliance avec celle de la famille du Bot.

Le blason est divisé en quatre quartiers : en 1 et 3 les deux haches rouges sur fond blanc se blasonnent d’argent à deux haches d’armes — ou "consulaires" — adossées de gueules , qui sont Du Bot. Mais ces armes sont affectées d'un lambel en chef. En 2 et 4 les losanges rouges sur fond blanc surmontées des quatre choux à la crème  s'énoncent d'argent à cinq fusées rangées et accolées de gueules, accompagnées en chef de quatre roses de même, qui sont de Kergoët.

Déduction : il y eut un mariage entre les deux familles, et le mari qui place ses armoiries et 1 et 3 était un Du Bot.

Solution : le mariage en 1554 de Gilette de Kergoët et de Michel du Bot.

Gilette était la fille de Guillaume II de Kergoet (+ vers 1530) et de Françoise de Tregain ; elle était veuve de René de Saint-Allouarn. ses grands-parents étaient Pierre de Kergoet (+ vers 1510), écuyer et maître, sieur de Trohemboul, Coetperennes, Lesaon  et Catherine de Launay demoiselle du Guilly (épousée en 1499). 

Cette branche aînée des Kergoët  n'ayant pas d'héritier mâle, Gillette, dame du Guilly, paroisse de Lothey  transmet en 1567 le titre de Kergoët à son cousin Alain. En effet, Pierre de Kergoët avait un frère cadet, Jean de Kergoet (+ vers 1550), baillif de la Cour royale de Chateaulin, sieur de Lesaon et de Guilly qui épouse le 27/8/1541 Perrine de Kerpaen , héritière noble de Bernard Kerpaien, sieur de Prategaumeur. Ils n'ont qu'un seul enfant: Alain de Kergoët , qui épousa Julienne de Trégain, et ils  eurent pour enfants François,  Thomas et Françoise.

Le couple Jean de Kergoët et Perrine de Kerpaen a placé ses armoiries sur le calvaire et sur le chevet de la chapelle, indiquant une datation du 2ème quart du XVIe siècle.

http://www.laperenne-zine.com/articles.php?lng=fr&pg=609

https://www.tudchentil.org/spip.php?article908

Un mot sur le titre de "sieur de Lesaon" de Jean de Kergoët : il renvoie au lieu-dit actuel de Lezaon en Saint-Ségal, situé tout près de la chapelle. Cela explique que cette famille aie prééminence en cette chapelle. Il ne subsiste aucune trace de l'ancien manoir de Lezaon.

Voir le site sur la carte Cassini (fin XVIIIe).



 

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Donc cette charpente est datable entre  1554 et 1567

Les mêmes armoiries se retrouvent à l'extérieur, sur le mur est du bras nord du transept, ce qui confirme que non seulement la charpente, mais aussi l'édifice lui-même relève de cette datation.

 

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Autres abouts de poinçons remarquables.

Les 62 abouts de poinçon (ou "poinçons pendants") sont pour la plupart feuillagés. Certains sont figurés.

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1°) Ange volant.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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2°) Acrobate en renversement postérieur obscène.

Cet "inévitable acrobate indécent" (abbé Y-P. Castel, frère G. Leclerc) réalise devant nous le grand renversement postérieur, bien plus accentué que le Supta Vajrasana .

Cet exercice est très habituel aux acrobates qui se suspendent aux abouts de poinçon des charpentes bretonnes, et on le trouvait déjà sur les modillons romans. Il est également pratiqué par leurs homologues en pierre, qui tiennent le rôle de crossettes des mêmes édifices.

Il consiste à se renverser en arrière, on l'aura compris, et à attraper ses chevilles (ou ici ses cuisses) pour que les pieds encadrent la tête au dessus des oreilles. J'y ai renoncé.

Beaucoup s'y livrent en tenue de ville, mais le fin du fin est de présenter cette posture en étant totalement nu. 

Dès lors, certains spectateurs se trouvent mieux placés que d'autres : on  conseille aux autres de se déplacer.

Le peintre chargé de la dernière restauration a placé un indice rouge pour aider chacun à y retrouver ses repères anatomiques.

Le Maître de Pleyben les a sculptés aussi bien que ses collègues sculpteurs. Voici quelques exemples :

De face, il ressemble à un ange, mais ne vous y trompez pas.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Cet acrobate ne quitte pas des yeux son maître, qui lui tire la langue sur le dernier about de poinçon.

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La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : les sablières et blochets.

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Les quatre blochets de la croisée du transept : le Tétramorphe.

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Les attributs des quatre Évangélistes cantonnent la croisée.

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1°) Blochet de l'angle sud-est :  Le taureau de saint Luc.

 

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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2°) Le lion de saint Marc tenant un phylactère sortant de sa gueule.

Selon Castel et Leclerc, e lion remarquable a été réalisé en 1997 par Georges Le Ber, sculpteur de Sizun a qui avait été confié la restauration de la charpente.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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3°) L'aigle de saint Jean.

On notera ses ailes enroulées (permettant une sculpture en une seule pièce de bois), que nous allons retrouver immédiatement.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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4°) Blochet de l'angle nord-ouest : l'ange de saint Matthieu tenant un phylactère.

À nouveau, les ailes enroulées.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Les sablières coté sud du chœur.

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1°) Martyre de saint Sébastien.

La scène est placée au dessus de la niche de statue de saint Sébastien, qui lui est postérieure, et qui la masque.

Elle est encadrée par deux profils semi-humains qui crachent une tige végétale foliée.

Deux archers en tunique à manches courtes bouffantes et haut-de-chausse, ou braies, bouffantes et plissées. Saint Sébastien, seulement vêtu d'un pagne, est lié à un arbre. Cette scène, emblématique, est également représentée sur le calvaire.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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La sablière n'est complètement accessible au regard que depuis un échafaudage et lors de travaux : je dois emprunter le cliché de Bernard Bègne (copyright) pour l'Inventaire Général région Bretagne IVR53_20092900484NUCA :

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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2°) Fragment d'une chasse.

Même encadrement entre des masques crachant des feuilles, et même difficulté à examiner la sablière depuis le sol, d'où le même recours au cliché de Bernard Bègne.

La partie visible montre un jeune cerf poursuivi par un chien. La partie cachée montre d'abord le buste d'un chasseur armé d'un épieu, et sonnant dans une trompe enroulée, puis un autre chien portant un collier.

Nous voyons aussi le blochet : un ange ou un saint homme [dans une barque ?].

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Autre sablière : deux masques de profil crachant les tiges de rinceaux se terminant en gueules animales.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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LA CHARPENTE DU TRANSEPT NORD ET SES SABLIÈRES.

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1°) Sablière du coté est : cartouche à enroulement .

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Deux anges nus, de face, ailes déployées, jambes écartées car saisis en pleine course, cheveux bouclés en boules, tiennent chacun d'une main l'extrémité haute d'un "cuir à enroulement" tout en calant l'autre extrémité de leur pied. L'autre main tient la boucle d'un lien d'étoffe qui passe derrière le cartouche ; Ce lien forme ensuite une autre boucle qui  sort par deux orifices (peu distincts) dans le corps du cartouche. Ainsi, les deux anges sous-tendent-ils le cartouche pour en présenter le motif central.

Ce motif s'inscrit lui-même dans le cercle de nouveaux enroulements. Ce sont trois cercles dorés entrelacés. Cela rappelle l'emblème d'Henri II aux trois croissants, mais il s'agit des "anneaux borroméens" (du nom de la famille Borromeo, alliance de trois familles italiennes). C'est ici pour moi un symbole religieux de la Trinité.

Cette interprétation se justifie si on considère que l'ensemble des motifs des cartouches à enroulements de l'atelier du Maître de Pleyben sont religieux et christiques, et que le décor de l'environnement de cette sablière (blochet aux Cinq Plaies, sablière en vis à vis avec la Couronne d'épines) est de thème religieux.

 

 

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Pour Sophie Duhem, au contraire "les sculpteurs des entrelacs compliquées des sablières de Saint-Ségal et de Guenguat se seront sans doute inspirés de quelque image d'un maître italien, tel Nicoletto da Modena, apprécié des ornemanistes pour ses figures géométriques."

Cette auteure, référence princeps en matière de sablière,  signale  un rapprochement  avec l'atelier du "maître anonyme de Pleyben" (selon sa propre dénomination), sculpteur qui introduit dans l'ornementation le thème des stigmates (ou Cinq Plaies) et place sur les sablières et blochets des anges présentant les instruments de la Passion. Elle écrit en effet :

"Les choix  de l'anonyme de Pleyben ont obtenu un certain succès localement : dans trois chapelles de la paroisse (chapelles de la Trinité, de Guenilly et de Saint-Laurent), les blochets sont les supports de grandes figures d'anges portant les instruments du supplice. À quelques kilomètres, la chapelle Saint-Sébastien à Saint-Ségal abrite  une charpente ancienne (XVIe) ayant fait l'objet de remaniements en 1686. Les attributs des évangélistes occupent les angles de la croisée, une sablière porte un cuir orné d'une couronne d'épines, et sur un blochet un ange soutient un cartouche où se dresse une grande croix sur laquelle est posée la couronne d'épines. À ses pieds sont représentés les stigmates et le cœur. A proximité, une figure céleste tient les clous et le marteau."

Mais à mes yeux, c'est le cartouche en forme de cuir à enroulement, et plus encore la façon dont les anges le maintiennent par des linges, qui évoque immédiatement les mêmes motifs présents à Kerjean, Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, à Saint- Divy et à Pleyben sous le ciseau du Maître de Pleyben.

 

 

Rappel : LE SCULPTEUR SUR BOIS DIT LE "MAÎTRE DE PLEYBEN".

Vers 1580, un sculpteur anonyme, désigné aujourd'hui sous le nom de convention de "Maître de Pleyben", réalisa les sculptures de la charpente de la chapelle du château de Kerjean, en Saint-Vougay, à la demande de Louis Barbier, seigneur de Kerjean. Un véritable chef-d'œuvre, influencé par l'École de Fontainebleau qui avait introduit vers 1535 le motif décoratif du cuir découpé à enroulement, et par la diffusion du style de la Seconde Renaissance française dans des recueils de gravures : le prospère Léon était largement ouvert à l'Europe par ses ports de Landerneau, Morlaix et Roscoff.

Cet artiste a reçu ce nom car on lui attribue aussi une partie des sablières de l'église de Pleyben, en Haute Cornouaille vers 1564 et 1571.  On reconnaît aussi son style sur la charpente de l'église de Saint-Divy, dans le Léon, et  dans la chapelle de Sainte-Marie du Ménez-Hom en Plomodiern, située à 23 km de Pleyben et 70 km de Kerjean. 

Son style ? On le distingue à ces cuirs découpés à enroulements, car il  faufile dans les découpes des linges et des cordages dont il confie les extrémités à des anges ou autres personnages. Ses anges aussi sont caractéristiques, avec une coiffure faite de mèches rondes cerclant  la périphérie du visage, et avec une tunique aux plis prononcés, bouffante à la taille en formant une ligne sinueuse, avant de s'évaser vers les pieds avec une grande liberté. Ajoutons que les manches de ses tuniques s 'évasent en larges couronnes au dessus des coudes, qui sont globuleux. Ses personnages en pieds (Évangélistes ou Sibylles, notamment) ont en commun un visage fin, ovale, avec des nez longs et fins, de grands yeux aux pupilles en creux,  des bouches fines, des manches bouffantes, ou, pour les femmes, des bandeaux de cheveux. 

Mais ce sont surtout ses motifs iconographiques qui se répètent en tableaux stéréotypés :  mascarons zoomorphes ou anthropomorphes sur le plan profane, guirlandes et frises à petits pois, musiciens, et, sur le plan religieux, des thèmes plus christiques que mariaux :  Sainte Face, Tunique du Christ, Plaies du Christ, Instruments de la Passion, Rencontre de la Samaritaine. Et les Sibylles, à Kerjean et à Pleyben.

Sa période d'activité ?  : un chronogramme de la sablière du transept de Pleyben indique "1571". Sophie Duhem propose pour Pleyben  la fourchette 1564-1571. Guy Leclerc propose celle de 1571-1580. Dans la première hypothèse, Pleyben aurait précédé les trois chantiers de Kerjean, Plomodiern (Ménez-Hom) et Saint-Divy de 10 à 20 ans, qui seraient des œuvres de maturité du Maître. Dans la seconde, les quatre chantiers sont pratiquement contemporains.

J'ai reconnu les mêmes caractéristiques en l'église de  Bodilis, puis de Roscoff, sans bénéficier de la caution de S. Duhem.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le blochet de l'angle nord-est : l'ange aux Cinq Plaies.

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L'ange (aux ailes enroulées) porte dans ses mains un panneau rectangulaire. Sur celui-ci, une croix est encerclée par la Couronne d'épines. Plus bas, le cœur rouge et les 2 mains jaunes forment, avec les 2 pieds moins visibles, le motif des Cinq Plaies reçues par le Christ lors de sa Passion.

L'atelier du Maître de Pleyben a sculpté ce motif de la croix et de la couronne  dans un cartouche de la chapelle de Kerjean, de l'église de Pleyben,  et dans un autre de la chapelle de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom, ou à Saint-Divy, ou à Roscoff.

Il a représenté les Cinq Plaies dans un cartouche  du chœur de l'église de Pleyben.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le blochet controlatéral : ange tenant le marteau de la Passion.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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La sablière et les blochets du mur ouest.

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Le blochet de gauche est celui de l'Ange de Matthieu, déjà décrit. Le blochet de droite est un ange portant un blason effacé.

La sablière est encadrée par deux masques de profil crachant les tiges d'un rinceau. Les feuillages de celui-ci se relient deux à deux, puis vient un masque, cette fois ci de face, tenant aussi dans sa bouche la tige foliée. Enfin, au centre, nous retrouvons le fameux motif du cartouche à type de cuir à enroulement présenté par deux anges nus. Au centre de ce cartouche, la Couronne d'épines.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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LE BRAS SUD DU TRANSEPT.

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Les éléments sculptés de sa charpente semblent moins intéressants car ils sont  masqués par le retable. J'ai d'abord remarqué  la grosse poulie  en about de poinçon. Dans d'autres sanctuaires, une poulie est encore en usage pour hisser une pièce dévotionnelle de procession, telle qu'une bannière ou un ex-voto, mais on peut aussi penser, avec Castel et Leclerc, à un lustre.

 

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Dans l'angle sud-est, un blochet représente un pélican.

... ou du moins un oiseau, tête baissée sur sa poitrine (un aigle pour Castel et Leclerc).

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Mais le mur oriental doit être examiné soigneusement.

D'une part, des moignons de blochets ou de poutres témoignent de modifications importantes.

D'autre part, des tronçons de sablières anciennes apparaissent entre le couronnement  des retables.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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1°) Scène cochonne du coté gauche.

À première vue, seul un cochon (ou un animal dont le groin est doté d'un crochet), est visible, gueule ouverte. Curieusement, une sorte de crinière forme une selle sur sa tête.

On voit aussi une chaussure et une jambe, menacées par la gueule de la bête.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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En se déplaçant, on constate que la jambe est celle d'un acrobate, qui joue également la scène du renversement et de l'exhibition. Heureusement pour les âmes dévotes, elle est  dissimulée.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Plus près du chœur, une tête de mouton (ou de chèvre ?) est facile à voir. Mais le personnage voisin, qui tient une banderole, est plus difficile à voir.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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LA NEF : XVIIe SIÈCLE.

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Dans le dernier quart du XVIIe siècle, une importante campagne de reconstruction affecte la nef et sa charpente ainsi que le clocher-porche occidental. Plusieurs inscriptions datent avec précision cette campagne. Le mur du bas-côté sud est réalisé en 1685, en témoigne la porte de style classique portant l'inscription suivante : "S : SEBASTIEN PRIE POUR NOUS 1685". L'inscription gravée sur la sablière nord de la nef révèle la date de la charpente et du lambris de couvrement, le nom du curé de la chapelle (et non du recteur) et du fabricien (commanditaire et trésorier du chantier)   : "M. F.  CVNIAT. CVRE : CH : LHARIDON : FA. 1686".

Il faut lire : Messire François CUNIAT, curé et Charles Lharidon, fabricien en 1686.

a) François CUNIAT, prêtre.

Messire François CUNIAT (ou CUNIAL) est attesté dans les terriers de la paroisse en 1682:

https://en.geneanet.org/archives/registres/view/24273/370?idcollection=24273&legacy_script=/archives/registres/view/index.php&page=370

Un couple Yves Deniellou et Catherine CUNIAL est attesté la même année à Saint-Ségal. 

b) Charles Lharidon, fabricien.

Mentionné dans le Terrier en 1682 :

LHARIDON, Charles (+) x CORBIER, Placide (+) dt Lannédern, 1682-10-07 , Père et mère d'Anne LHARIDON (x Louis LYDOU) , de Margueritte LHARIDON (xAllain GUIOMARCH), d'Yvon et de Nicollas LHARIDON ci-avant.. 

https://en.geneanet.org/archives/registres/view/26639/241?idcollection=26639&legacy_script=/archives/registres/view/index.php&page=241

 

 

Le cadran solaire daté 1694 est signé I. Lharidon.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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L'entrait à engoulants aux armes de Kergoët sur le nœud central.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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La poutre de Gloire.

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L'entrait est joliment sculpté d'entrelacs polychromes. Il est composé de deux pièces de bois assemblé par le "trait de Jupiter" bien connu des charpentiers de marine qui l'utilisait pour la quille des navires.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le Christ.

On notera les deux pans volants du périzonium (le pagne), "qui rattachent ce Christ à l'art des pays du nord de la seconde moitié du XVe siècle" (Castel et Leclerc). On retrouve ces pans flottants sur les crucifix de la chapelle Saint-Adrien de Plougastel et de la chapelle du Passage de la même commune.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Charpente sculptée de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Restauration.

 

 

La charpente et son lambris ont été restaurés en 1997 (Georges Le Ber à Sizun).

En 2013-2017, les trois retables, classés en 1914,  ont été restaurés par les entreprises A.R.T (Stéphane Saint-André ) pour la maçonnerie, Le Ber  (Erwan Le Ber) pour la menuiserie d'art et sculpture, et Coréum Polychrome pour la peinture et dorure ( Vincent Chérel )  sous la direction de madame Marie-Suzanne de  Ponthaud, architecte en chef des Monuments historiques, secondée par Françoise Godet-Boulestreau et de la DRAC (Christine Jablonski) , la commune étant représentée par le maire, André Le Gall, et  son adjointe au patrimoine et à la culture, Virginie Foutel. 

Le diagnostic préalable réalisé par Yves Gilbert (Ateliers de la Chapelle) avait révélé  que parties des sculptures n’étaient tenues que par un usage de colle ou papier mâché placés au XIXème siècle ,

Dans la même campagne 2013-2017, les peintures murales de 1818 ont été restituées et protégées par Géraldine Fray (56).

 


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SOURCES ET LIENS.

— CASTEL (Yves-pascal), LECLERC, (Guy),s.d,  La chapelle Saint-Ségal, son calvaire, ses retables, ed. Commune de Saint-Ségal.

— DUHEM, (Sophie), 1997. Les sablières sculptées en Bretagne. Images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.). Collection Arts et Société. Presses universitaires de Rennes, 1997.


 

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988. p. 418-419

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0ffd39bdf24d89d00ff35b034d2685b0.pdf

 

— INVENTAIRE GENERAL Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel), enquête 2009.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-sebastien-saint-sebastien-saint-segal/3161081b-4d98-4287-a98a-4abeed58a9dc

 

 

— MADEC (Yves), 1915, Saint-Sébastien en Saint-Ségal

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fc72b7a373375935ed358e8dbd9c8cd4.pdf

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
29 juin 2019 6 29 /06 /juin /2019 19:43

Un ami me demande :

"Quel est le nom de l'âne de Stevenson dans les Cévennes ?"

 "Modestine  !" me suis-je entendu m'écrier d'un ton gourmand.

Mais d'où fuse cette réponse ? Le nom de Modestine éclate sous mes lèvres avec la fraîcheur juteuse de la grenade de Valéry. 

Ce fruit inattendue de ma mémoire est d'autant plus doux que j'ai pu en partager la moitié avec l'ami.

Sans lui faire observer qu'il s'agissait d'une ânesse : il le sait, et cette  précision prétentieuse aurait  gâché nos agapes.

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Published by jean-yves cordier
28 juin 2019 5 28 /06 /juin /2019 11:15

La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : la Vierge à la Démone (bois polychrome, fin du XVIe siècle), et le retable nord (XVIIe ?).

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Voir sur cette chapelle :

 

 

 

 

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Voir d'autres Vierges à la démone de Bretagne dans les articles suivants :

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/illustration/ivr5319822200139va/6a84908d-7360-40ec-b2e7-0350abc13e37

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Sur les Vierges à l'Enfant de la fin du XVIe, voir ici, en plus des liens déjà proposés :

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Voir sur Notre-Dame de Lorette :

 

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PRÉSENTATION.

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"Sur la commune de Saint Ségal, la chapelle Saint Sébastien est souvent surnommée la « petite cathédrale », tant par ses dimensions largement supérieures à celles des chapelles environnantes que par la qualité du travail des artistes qui y ont travaillé.
De style « Renaissance breton », elle fut érigée au XVIème siècle dans une boucle de l’Aulne, sur les terres du seigneur de Kergoët, dont la famille participa aux rénovations et transformations de la chapelle jusqu'à la fin du XVIIIe siècle. Sa construction est un acte votif et populaire, après la terrible épidémie de peste qui, venant de Brest s'étendit au XVIe siècle, jusqu'à Hanvec et le Faou, mais épargna les rives de l’Aulne.
Les retables polychromes témoignent de deux époques distinctes : dans le transept nord, les retables polychromes de la mi-XVIe siècle, contemporains de l'édification de la chapelle ; dans le chœur (maître-autel) et transept sud, des retables polychromes du début XVIIIe siècle, dit de "baroque breton ».
Les retables de ces deux périodes bien distinctes sont un riche témoignage de la qualité du travail des artisans bretons des XVI et XVIIIe siècles et sont considérés comme étant notoirement parmi les plus beaux et anciens (XVIe) de Bretagne.

Chaque année, la commune de Saint-Ségal maintient, en juillet, le Pardon de St Sébastien (dimanche le plus près de la Ste Madeleine) auquel se joignent encore les communes riveraines de l’Aulne." (Fondation patrimoine)

La chapelle Saint-Sébastien comprend une nef de trois travées avec bas-côtés, un large transept et un chœur à chevet plat peu débordant. Elle remonte au XVIe siècle mais elle a été remaniée au XVIIe ; la sacristie date du XVIIIe siècle.

Le chœur et les transepts reçoivent chacun un autel surmonté d'un retable et de statues grandeur nature.

Dans  le chœur dont le  retable ou du moins l'autel daterait (Couffon) de 1729, se trouvent saint Sébastien et saint Fabien, ainsi qu'un autre grand saint thaumaturge invoqué contre la peste, saint Roch (et son chien Roquet). Saint Modet ou Maudez  est également présent. 

Le transept sud forme une chapelle vouée à la Parenté de la Vierge avec ses parents sainte Anne et saint Joachim, ainsi que Zacharie et  Jean l'évangéliste  (il manque donc Elisabeth, épouse de Zacharie et mère de Jean-Baptiste). Le retable date de 1707.

Le retable du transept nord est un peu plus ancien :  René Couffon le datait du XVIIe, la fondation Patrimoine du mi-XVIe .

Initiant  le thème de la Sainte Parenté, cette chapelle accueille les statues de Marie, de son époux Joseph et de leur enfant, Jésus (dans les bras de son père). Tout cela forme donc un programme  cohérent.

Mais le décor de ce transept nord développe l'iconographie mariale et propose à la dévotion Marie comme Nouvelle Ève (statue), puis comme Notre-Dame de Lorette (bas-relief).

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Les représentations de la Vierge à la Démone sont nombreuses en Bretagne, font toujours allusion à la Vierge de l'Apocalypse  et de la conviction de son Immaculée Conception, en association ou non avec le thème de la généalogie royale de Marie et de la prophétie de sa virginité  (Arbre de Jessé). C'est l'un des points d'intérêt de la visite de la chapelle Saint-Sébastien de pouvoir se livrer, une fois de plus, à une démarche comparative du thème iconographique en se plaisant à y retrouver les constances, mais aussi, les développements, tout comme l'amateur de jazz se réjouit d'écouter une nouvelle variation d'un standard. Mais auparavant, regardons la disposition générale.

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DESCRIPTION GÉNÉRALE.

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La  baie simplement vitrée (dont la lumière gène beaucoup le photographe...) est encadrée de deux niches à volets. Dans celle de gauche, dont le volet montre un évêque, saint Côme et saint Damien,  prend place saint Joseph tenant Jésus . Dans celle de droite, la Vierge à la Démone, et sur les  volets des scènes de la Vie de Marie et de Jésus enfant.

Un registre intermédiaire montre sur quatre panneaux les Évangélistes.

Plus bas, les 12 panneaux du retable proprement dit, racontent la translation de la Santa  Casa du culte de N.D. de Lorette.

Devant l'autel, nous aurons à décrire trois autres panneaux .

Tout ceci serait très incomplet si nous négligions la sablière et les blochets : un morceau de roi pour les passionnés de leurs motifs. Mais je les décrirai à part.

Je viens donc de présenter le plan-menu de mon article. 

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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I. LA VIERGE À LA DÉMONE.

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Hauteur 1,70 m. Polychromie récente.

 

La statue est posée dans une niche à volets. L'attribut de la main droite manque (fleur ? sceptre ? fruit ?). On peut penser que les deux anges, face à face au dessus de la tête de la Vierge, ont du porter une couronne. La robe est serrée à la taille par une ceinture dorée à nœud ansée. 

Le manteau bleu à galon or, attaché par un fermail à médaillon et boutons latéraux dorés, fait retour à gauche en un pan recouvrant la jambe et dont la courbe horizontale laisse imaginer qu'il est fixé sous l'aisselle droite (et non retenu par la main droite).

La robe blanche descend jusqu'aux chaussures. Ses manches larges et retroussées laissent passer une chemise blanche qui s'affine sur les poignets en orbes successives.

Le visage ovale a un regard franc sous des hauts sourcils épilés et un front haut. Le nez est étroit, la bouche toute petite mais souriante.

Les cheveux bruns tombent sur les épaules après avoir été regroupés par un bandeau postérieur auquel j'attribue une haute valeur de marque iconographique. Cette large bande plissée en papillon passe derrière la nuque. On pourrait parler de bandeau cervical, ou occipital, ou rétro-nucal, mais je l'ai surnommer "chouchou" depuis le début de mes investigations pour le mieux retrouver sur mon onglet "recherche".

L'Enfant porte une robe rose dégageant ses jambes nues. Présenté en Sauveur, il tient le Monde dans sa main gauche et il le bénit.

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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La Démone associe son visage aux cheveux longs  et son buste avenant à  une queue de serpent. Elle est asservie par la chaussure de la Vierge posée sur sa nuque, mais la rebelle redresse la tête et lève bien haut la pomme qu'elle brandit dans la main gauche, pour affirmer que son pouvoir, celui du Désir et — c'est la même chose — de la Tentation n'est pas encore aboli.

De même, le mouvement ascensionnel de sa queue qui grimpe le long de la jambe gauche de Marie affirme qu'elle n'a pas dit son dernier mot.

Cette queue est verte et ce choix répond à une détermination symbolique des couleurs extrêmement claire : le bleu, le blanc et l'or pour Marie, le rose pour Jésus, la couleur chair et le vert pour la démone. Comme la montré Michel Pastoureau, le vert est jusqu'au XVIe siècle la couleur que portent les fous, c'est celle de Tristan (anneau de jaspe, blason de sinople) mais c'est surtout la couleur de Satan, du diable, des ennemis de la chrétienté, des êtres étranges comme les fées,  les sorcières et  les lutins . : "

 "Couleur ambivalente, sinon ambiguë, il est symbole de vie, de sève, de chance et d'espérance d'un côté, associé au poison, au malheur, au Diable et à ses créatures de l'autre. Chimiquement instable, le vert a été apparenté à tout ce qui était changeant : l'enfance, l'amour, la chance, le jeu, le hasard, l'argent." M. Pastoureau 2017

Donc couleur du diable mais aussi couleur de la sève qui donne à cette queue sa vigueur ambiguë ou, on l'aura compris, sexuelle.

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Toutes ces caractéristiques sont celles des  Démones de la deuxième moitié du XVIe siècle. Il n'en va pas de même des larmes peintes sur le visage démoniaque. Il ne me semble pas qu'elle soit en relief sur le bois. Est-ce là l'initiative d'un peintre restaurateur ? Ce serait fort mal venu, car cela laisse supposer un remord absolument contraire, pour ceux qui le connaissent,  à ce suppôt du Mal. Si au contraire, ce qui est peu probable, les  preuves existent que les larmes sont là dès l'origine, ce serait un hapax qui nous questionnerait.

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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LES DOUZE APÔTRES.

Je n'en montre que trois :

Saint Philippe et sa croix.

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Saint Simon et sa scie.

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Saint Matthieu et sa hallebarde.

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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LES VOLETS DE LA NICHE.

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Le volet de droite.

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1. Jésus, Marie et Joseph.

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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2.  Marie et Joseph.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Le volet de gauche.

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3. Jésus, Marie et Joseph.

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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La Fuite en Égypte.

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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SAINT JOSEPH TENANT JÉSUS. NICHE À VOLET.

Je renvoie à mon article Iconographie de Côme et Damien.

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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LES QUATRE ÉVANGÉLISTES.

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Saint Marc et son lion.

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Saint Jean et son aigle.

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Saint Matthieu et l'ange.

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La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : la Vierge à la Démone, et le retable nord.

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Saint Luc et le taureau.

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La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : la Vierge à la Démone, et le retable nord.

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NOTRE-DAME de LORETTE ; LA TRANSLATION DE LA SANTA CASA.

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  Le culte de Notre-Dame de Lorette est italien avant d'être breton : C’est par une notice écrite en 1472 par Pietro Giorgio di Tolomei, dit le Teramano, que l’on connaît l’histoire de la « Maison de Lorette » . Elle est complexe puisqu'elle décrit cinq translations successives de la maison de la Vierge à Nazareth jusqu'à Loretto. 

 

Au  IIIe siècle, quand sainte Hélène se serait rendue à Nazareth, elle aurait découvert la maison de Nazareth dans laquelle Marie serait née, aurait reçu son éducation et grandi avec ses parents sainte Anne et saint Joachim, puis y aurait eu l'annonce de l'Incarnation. Hélène y aurait élevé une église.

Au XIIe siècle, les lieux saints chrétiens devinrent menacés par les Sarrasins et l'église construite par Hélène fut détruite. Un même sort aurait été réservé à la maison de Nazareth.

C'est alors que selon la tradition, Dieu fit miraculeusement transporter la Sainte Maison (Santa Casa) en Croatie, dans les villes de Trsat (Tarsatica) et Rijeka (Fiume), sur le mont Rauniza, avec l'aide de ses anges. C'est la première translation. Un premier pèlerinage se crée.

Mais les pèlerins étaient souvent la proie de voleurs et de criminels : il faut déplacer le sanctuaire

Aussi, trois ans et sept mois plus tard, la Sainte Maison aurait été de nouveau transportée par deux anges dans la marche d'Ancône. Deuxième translation.

 

Elle y resta neuf mois, après quoi les anges la déplacèrent pour la placer près de Porto Recanati , dans la région de "Banderuola", où se trouve encore aujourd'hui une petite église. il y avait un bosquet appartenant à une femme noble de Recanati nommée Loreta, d'où le nom de la ville de Loreto. C’est là que des bergers ont vu une lumière éblouissante sortir des nuages ​​et, derrière la lumière, la maison.  Troisième translation.

Mais le sanctuaire était donc trop près de la mer, donc exposé aux dangers des raids turcs; là aussi, des criminels ont commencé à se précipiter pour dépouiller les pèlerins venus en pèlerinage. Par conséquent, huit mois plus tard, les Anges déplacèrent à nouveau la Casa sur le terrain appartenant à deux frères, les comtes Simone et Stefano Rinaldi d’Antici, qui commencèrent cependant rapidement à tirer parti des pèlerins et à se battre pour les extorsions perpétrées contre les croyants pieux. Quatrième  translation.

 Et encore une fois, après seulement quatre mois, les anges habituels ont élevé la Maison et l’ont posée, en décembre 1296 , au beau milieu de la route allant de Recanati, dans un lieu public que personne n'aurait pu revendiquer et exploiter, au sommet d'une colline (mont Prodo). Cinquième translation.

 

En 1507, Jules II plaça Lorette sous la tutelle directe du Saint-Siège. Les papes Pie II, Paul II, Sixte IV, Clément VII, Léon X et Sixte V reconnaissent officiellement ce prodige.  Sixte V, en 1585, éleva Lorette au rang de cité, donna le titre de cathédrale à son église et y établit un siège épiscopal. Le sanctuaire de Lorette est depuis lors devenu l'un des plus importants lieux de pèlerinage de l'Europe du XVI et XVIIe siècles.

Une célèbre statue emblématique, dite Vierge noire, sculptée dans un cèdre du Liban, est associée à des miracles.

Dans les années 1600, une messe et une litanie mariale ont été approuvées. 

 La « Maison de Lorette » devient alors un lieu de pèlerinage et de miracles. Ainsi, en 1462 (1464), le cardinal Pietro Barbo, atteint de la peste, en revient guéri et est élu pape en 1464 sous le nom de Paul II, conformément au message de la Vierge qui lui était apparue là-bas en songe. Un culte se développe à Notre-Dame-de-Lorette. En 1632 un office propre à Notre-Dame-de-Lorette s’ajoute au calendrier liturgique le 10 décembre.

 

La plus antique allusion à la translation miraculeuse de la Santa Casa se trouve dans le manuscrit des Heures de Jeanne d’Evreux, enluminé à Paris aux alentours de 1325, soit une trentaine d’années après l’événement. 

  En Finistère, on la vénérait en l'église de Rédéné (pays de Quimperlé), à Notre-Dame de Lorette de Lanriec près de Concarneau, à la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal (Chateaulin) ou en l'église de Plouhinec prés d'Audierne, mais ce n'est qu'à Plogonnec et à Irvillac qu'une chapelle porte son nom.  On cite encore les sanctuaires qui  portent, ou ont porté, ce nom à Bannalec, Elliant, Garlan, Gouesnou,  Leuhan, , Plougasnou, Ergué-Armel, Quimperlé, Saint-Pol-de-Léon, preuve de la vogue de ce culte du xvie au xviiie s., ici comme dans toute l’Europe occidentale.

En Bretagne, on trouve une chapelle votive à Comblessac (35), et à Le Quillio (22).

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L'interprétation des 12 panneaux est périlleuse, au vu de la complexité des différentes versions des différentes translations. L'ordre des panneaux a été modifié. Il faut se rapporter aux  sources :

 

 

—Horatius Tursellinus [Orazio Torsellini,] , 1597, traduite en 1599, L'histoire mémorable de Nostre Dame de Lorette, par un jésuite recteur du collège de Lorette

https://books.google.fr/books?id=6S5KAAAAcAAJ&dq=lorette+%22+grenoble%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— Louis Richeome (assistant de la province jésuite de France à Rome de 1608 à 1615), 1603,  Pèlerin de Lorette, 1603

Yves Madec proposait :

 

 

"Les panneaux sont au nombre de onze :

1.Un homme et une femme prient à genoux devant la sainte maison à Nazareth.

2. Deux hommes tués. Les anges commencent à enlever la sainte maison. 

3. Des hommes et un moine s'extasient devant la sainte maison qui ne parait pas d'aplomb. Ce panneau doit représenter l'arrivée à Tersalz.

4.· Scène de contestation très vivante entre les deux frères possesseurs du sol. Les anges enlèvent la Santa Casa.

5. Les anges transportent la sainte maison, elle est placée sur un monticule et les témoins manifestent la plus vive allégresse.

6. On vérifie avec soin les fondations de la sainte maison restées à Nazareth. Un des personnages porte une torche. (Ce panneau est tout en bas).

7. Translation de la sainte maison.

8. Gens enchaînés en prières.

9 . Même scène ; quelques-uns ont des chapelets.

10. Guérison d'un enfant.

11. Malversations: on dégaine. Les anges réenlèvent la sainte maison."

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1er panneau. Deux anges s'emparent de la maison à Nazareth; tandis que les fondations restent sur place.

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Panneau 2. les anges  déposent la Santa Casa en Croatie.

(Torsellini chapitre 2).

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Panneau 3.

(Torsellini chapitre 3 et chapitre 16)

Des hommes vont mesurer de nuit, à la lumière d'un flambeau les fondations de la construction restée sur place en Palestine. 

Sur la demande du prêteur de Croatie, Esclavonie et Istrie  Nicolas Frangipan, seigneur de Tersat, quatre hommes "de probité et de foi", dont l'évêque Alexandre, de se rendre en Galilée. Ceux-ci parviennent sur les ruines de la maison de Marie et "mesurent la longueur et largeur  de l'aire, l'épaisseur des fondements, et trouvent que tout en tout se rapporte aux mesures de la chapelle transportée en Esclavonie [Slavonie]".

 

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Panneau 4. Premiers miracles.

Castel et Leclerc évoque ici "une femme de Grenoble". Ce serait alors Antoinette, la noble épouse d'Orentorix, possédée de sept diables, et délivrée par Notre-Dame. (Torsellini Livre II chap. 7)

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Panneau  5.

(Torsellini chapitre 5)

Les pèlerins étant victimes d'agressions par des brigands, la Maison est enlevée de Croatie et translatée par des anges.

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La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : la Vierge à la Démone, et le retable nord.

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 Panneau 6 

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Un cartouche portait (ou était prévu pour porter ) une inscription.

La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : la Vierge à la Démone, et le retable nord.
Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Panneau  7.

 

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Panneau  8.

Un religieux (carme ?) dans la même tenue que le panneau 12 est en discussion animée avec trois seigneurs. Dieu apparait  dans les nuées, tandis que la Maison semble s'élever.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Panneau  9.

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Panneau  10. Des anges enlèvent la Maison d'un lieu où des soldats se battent.

 

(Torsellini chapitre 8)

On peut sans doute y reconnaître la dispute des frères Antici pour conserver sur leurs terres respectives la Maison.

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Panneau 11. Les deux anges s'apprêtent à déposer la Maison en un lieu désigné par deux seigneurs.

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Panneau  12 Saint Yves ??.

Ce panneau est énigmatique. Un moine (un saint ??) présente un cartouche portant des inscriptions "pseudo coufiques" (en caractères illisibles) hormis les derniers caractères qui peuvent se lire comme St Yves. Le religieux se détache sur un voile portant (aujourd'hui) les armoiries de Bretagne d'hermines.

Le costume associe une robe de bure serrée par une ceinture (franciscain, cordelier) à un camail à capuchon, mais la longue bande blanche frontale est celle d'un scapulaire des Dominicains ... dont la robe est blanche.

Nous ne pouvons nous fonder sur les couleurs de la peinture actuelle pour une interprétation juste.

Un religieux breton a-t-il joué un rôle dans la propagation du culte de Notre-Dame de Lorette ?

Pour Castel et Leclerc, qui ont vu le panneau avant la restauration de 2017, "un religieux carme porte un large panneau en caractères fantaisistes indéchiffrables".

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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LES TROIS PANNEAUX DEVANT L'AUTEL.

Je vois l'élection d'un pape puis sa comparution devant un empereur, puis son arrestation.

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Transept nord de la chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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ICONOGRAPHIE COMPARATIVE : LES VIERGES À LA DÉMONE.

Pour Christiane Prigent, qui la date de la fin du XVIe siècle,  la statue de la Vierge de Saint-Sébastien  "est assez semblable à celle de l'église de Leuhan (2eme moitié XVIe). Elle s'apparente par le type de son vêtement (robe serrée à la taille par une ceinture à nœud ansée, manteau drapé transversalement, foulard enserrant la chevelure), la position de son Enfant assis, de trois-quart, jambes croisées, à la Vierge de la chapelle des Cieux à Huelgoat, elle-même très proche de la Vierge de Saint-Thégonnec, œuvre morlaisienne des années 1575."

Mais à propos de la Vierge à la Démone de Leuhan, le même auteure rattachait à un groupe incluant les Vierges de la chapelle Saint-Pierre de Plogonnec, celle de Kermanac'h en Plounévez-Moédec.

De façon générale, "la grande série des Vierges sur croissant et démone date de la fin du XVIe"

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Hiroko Amemiya a décrit dans sa thèse  52 "Vierges à l'Enfant foulant une représentation semi-humaine". Voici la liste commentée des 28 exemples du Finistère :

 

  • Bohars, église Saint-Pierre-es-Liens / chapelle de Locquillo : bois polychrome, assise, XVIe. Démone à la pomme. Queue de serpent  nouée sur elle-même.
  • Brest, église Saint-Louis, bois polychrome, XVIIIe. 
  • Landudal, église Notre-Dame-du-Populo, bois polychrome, Fin XVIe ? Vierge couronnée par deux anges. Croissant. Enfant tenant la citation d'Isaïe Ecce virgo concipiet. Démone à la queue de serpent se redressant verticalement.
  • Carhaix-Plouguer, chapelle Sainte-Anne, bois polychrome, 2eme moitié XVIe. Vierge couronnée. Bandeau occipital, Jessé. Démone à la pomme associée à un dragon. Queue de serpent se redressant verticalement.
  • Kergloff, chapelle de la Trinité, bois polychrome, 2eme moitié XVIe. Vierge couronnée ;  croissant.  Démone à la pomme. Queue de serpent se redressant verticalement.
  • Poullaouen, église Saint-Pierre et Saint-Paul, atelier de Carhaix ? 2eme moitié XVIe, bandeau occipital. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.
  • Poullaouen, chapelle Saint-Tudec, bois polychrome, atelier de Carhaix ? 2eme moitié XVIe. Vierge couronnée. Démone à la pomme. Queue de serpent se redressant verticalement.
  • Saint-Hernin, ossuaire de l'église Saint-Hernin, bois polychrome : Anne trinitaire à la démone. "Fin XVIIe"?? Vierge couronnée. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant en socle.
  • Saint-Ségal, chapelle Saint-Sébastien, bois polychrome, fin XVIe. Vierge couronnée (couronne perdue) par deux anges. Bandeau occipital. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.
  • Le Moustoir, chapelle Saint-Ruellin, bois polychrome, fin XVIe. Couronne ? Bandeau occipital. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.
  • Leuhan, église Saint-Théleau, bois polychrome, 2eme moitié XVIe. Vierge couronnée. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant autour du pied de la Vierge.
  • Irvillac, chapelle Notre-Dame de Lorette, granite polychrome, 2eme moitié XVIe.Vierge couronnée. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.
  • Plougastel-Daoulas, chapelle Saint-Trémeur. bois polychrome, XVIIe. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.
  • Plogonnec, chapelle Saint-Pierre, bois polychrome, 2eme moitié XVIe. Vierge couronnée.  Démone  à poitrine nue. Queue de serpent s'enroulant verticalement.
  • Landeleau, chapelle Saint-Laurent, bois polychrome, 2eme moitié XVIe, assise. Vierge couronnée.  Bandeau occipital. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.
  • Locquirec, église Saint-Jacques. Bois polychrome. Niche à volets, arbre de Jessé. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.
  • Le Folgoët, église Notre-Dame. Kersantite, XVe (?) Ceinture nouée par une ganse. Cape fermée par une chaîne. Bandeau occipital. Croissant. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.
  • Plouider, chapelle Saint-Fiacre. Bois polychrome, XVIe. Bandeau occipital. Croissant. Queue de serpent remontant verticalement.
  • Plourin-les-Morlaix, église Notre-Dame.  Bois polychrome, début XVIe ? Vierge couronnée.  Croissant, arbre de Jessé. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant à l'arbre de Jessé.
  • Plabennec, chapelle de Locmaria Lann. Bois polychrome, XVIIe. Vierge à bandeau occipital. Mandorle rayonnante (perdue).Croissant.  Démone à la pomme ? (bras perdu). Queue de serpent remontant verticalement.
  • Brennilis, église Notre-Dame. Bois polychrome, vers 1575. Niche à volets. Vierge couronnée.  Démone à la pomme. Queue de serpent remontant verticalement.
  • Pleyben, chapelle de Gars-Maria. Kersantite.  vers 1578-1580. Vierge couronnée.  Démone à la pomme, Queue de serpent remontant verticalement.
  • Pleyben, chapelle de Gars-Maria. Bois polychrome, XVIe. Démone à la pomme. Queue de serpent remontant verticalement.
  • Pleyben, chapelle de Notre-Dame de Lannelec. Kersantite, vers 1578. Bandeau occipital.  Démone à la pomme.  Queue de serpent remontant verticalement. Atelier de Pleyben d'après les modèles de l'atelier de Locronan.
  • Lampaul-Ploudalmézeau, église Saint-Paul. Bois polychrome, XVIe? Démone à la pomme.  Queue de serpent remontant verticalement.
  • Saint-Yvi, église Saint-Yvi. Bois polychrome. Fin XVIe. Croissant (disparu) et Jessé endormi. Bandeau occipital. Fin XVIe.
  • Saint-Thégonnec, église Notre-Dame. Bois polychrome, fin XVIe. Niche à volets, Arbre de Jessé, croissant. Bandeau occipital. Démone à queue de serpent.
  • Scaer, chapelle Saint-Adrien. Bois polychrome, fin XVIe. Démone à la pomme.

 

Il faudrait ajouter à cette série les 20 exemples de "Vierge foulant un serpent ou un dragon", série apparentée mais apparaissant au XVIIe et XVIIe siècle (cf. Kerdévot en Ergué-Gabéric) . Ainsi, les démones semi-humaines disparaissent quasi complètement à partir du XVIIe.

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Commentaires.

Parmi ces 28 Vierges à la Démones du Finistère, on dénombre (rapidement) : 1 statue du XVe (en kersantite), 21 statues du XVIe, 3 statues du XVIIe et 1 du XVIIIe.

Dans le groupe majoritaire du XVIe, 1 date du début de ce siècle, 7 du milieu, 9 de son dernier tiers ou de sa fin, et 4 sont "du XVIe".

Cela confirme les remarques de Couffon puis de C. Prigent, pour qui la grande série des Vierges à croissant et démones date de la deuxième moitié du XVIe siècle : 16 exemples sur 28.

 

Jessé : 5 fois

Vierge, debout 26 fois. En bois 24 fois, en kersantite 3 fois, granite 1 fois. Couronnée 12 fois . Bandeau occipital 11 fois, presque toujours de la fin du XVIe (mais celle du Folgoët fin XVe... ou XVIe ). Croissant de lune 6 fois.

Démone : poitrine féminine nue 21 fois.la pomme  est présente dans 21 cas. La queue de serpent dans 25 cas. Elle n'est ailée qu'à Plabennec.

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Les ateliers de sculpture sur bois .

Christiane Prigent distingue dans sa thèse plusieurs ateliers de sculpteurs de Vierges en bois:

Celui de Locronan vers 1560 (avec le pan gauche du manteau ramené sur le devant de la robe par la main gauche).

Celui de Carhaix vers 1575 et durant la deuxième moitié du XVIe, produisant à partir d'un modèle de la chapelle Saint-Jean en Duault une grande série dans les cantons du Faouët, Carhaix, Gourin, Callac et Châteauneuf-du-Faou, (à Kergloff, Carnoët, Cleden-Poher, Poullaouen (église et Saint-Tudec), Scaer.

Un atelier de Morlaix auteur de la Vierge de Saint-Thégonnec, dont on retrouve des caractéristiques à Huelgoat (chapelle Notre-Dame des Cieux), à Leuhan, Saint-Ivy et Saint-Ségal.

Elle relie la Vierge de Saint-Sébastien en Saint-Ségal avec celle de Saint-Yvi et celle de Huelgoat (à peine entrevue ici):

"On y retrouve la position de l'Enfant, jambes découvertes et croisées ; le costume et la coiffure de la Vierge se révèlent identiques : un large bandeau enserrant la chevelure de la nuque. "

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LE BANDEAU OCCIPITAL.

 

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A. Il existe sur 11 des 28 Vierges à la Démone du Finistère ( 11 du XVIe ).

 

  • Carhaix-Plouguer, chapelle Sainte-Anne, bois polychrome, 2eme moitié XVIe. Vierge couronnée. Bandeau occipital, Jessé. Démone à la pomme associée à un dragon. Queue de serpent se redressant verticalement.

  • Poullaouen, église Saint-Pierre et Saint-Paul, atelier de Carhaix ? 2eme moitié XVIe, bandeau occipital. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.

  • Saint-Ségal, chapelle Saint-Sébastien, bois polychrome, fin XVIe. Vierge couronnée (couronne perdue) par deux anges. Bandeau occipital. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.

  • Le Moustoir, chapelle Saint-Ruellin, bois polychrome, fin XVIe. Couronne ? Bandeau occipital. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.

  • Landeleau, chapelle Saint-Laurent, bois polychrome, 2eme moitié XVIe, assise. Vierge couronnée.  Bandeau occipital. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.

  • Le Folgoët, église Notre-Dame. Kersantite,, Bastien Prigent XVIe. Ceinture nouée par une ganse. Cape fermée par une chaîne. Bandeau occipital. Croissant. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.

  • Plouider, chapelle Saint-Fiacre. Bois polychrome, XVIe. Bandeau occipital. Croissant. Queue de serpent remontantverticalement.

  • Plabennec, chapelle de Locmaria Lann. Bois polychrome, XVIIe. Vierge à bandeau occipital. Mandorle rayonnante (perdue).Croissant.  Démone à la pomme ? (bras perdu). Queue de serpent remontant verticalement.

  • Pleyben, chapelle de Notre-Dame de Lannelec. Kersantite, vers 1578. Bandeau occipital.  Démone à la pomme.  Queue de serpent remontant verticalement. Atelier de Pleyben d'après les modèles de l'atelier de Locronan.

  • Saint-Yvi, église Saint-Yvi. Bois polychrome. Fin XVIe. Croissant (disparu) et Jessé endormi. Bandeau occipital. Fin XVIe.

  • Saint-Thégonnec, église Notre-Dame. Bois polychrome, fin XVIe. Niche à volets, Arbre de Jessé, croissant. Bandeau occipital. Démone à queue de serpent.


 

 

 

 

Il existe aussi sur la Vierge à la Démone de

  • Ploubezre (22), chapelle de Kerfons (date ?)
  • Cléguérec (56), chapelle de la Trinité, 1594.

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B. Il est présent sur huit Vierges allaitantes du Finistère

Vierges allaitantes I : Notre-Dame de Tréguron à Gouezec: les Vierges. 

Vierges allaitantes II : Kergoat à Quéméneven, la Vierge.

Vierges allaitantes III : Chapelle de Quillidoaré à Cast, la Vierge.. 

Vierges allaitantes IV : Kerlaz, la Vierge.

Vierges allaitantes VI : Kerluan à Chateaulin : la Vierge ressuscitée

Vierges allaitantes VII : Chapelle de Lannelec à Pleyben, la Vierge.

Vierge allaitante VIII :  de  l'ossuaire de Pleyben.

Vierges allaitantes du Finistère X. La chapelle St-Denis à Seznec, Plogonnec.

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C. Il est présent aussi sur 10 statues de la Vierge en Finistère :

 

1. La Vierge de l'Annonciation du porche de l'église saint-Germain de Pleyben. Kersanton, 1588.

On peut observer que le costume possède des points communs avec les vierges allaitantes, par exemple les poignets "gaufrés". Et aussi que la chevelure est dénouée et serpentine, ce qui est inhabituelle pour une vierge de l'Annonciation d'habitude plus retenue.

2. La vierge à l'enfant Notre-Dame de Bonne-Nouvelle à Saint-Herbot en Plonevez-du-Faou. Date ?

3. La Vierge à l'Enfant de l'église Saint-Julien de Châteauneuf du Faou (16e siècle) : 

L'église Saint-Julien et Notre-Dame à Châteauneuf du Faou.

4. Notre-Dame de Bon-Secours de l'église Saint-Yves de La Roche-Maurice. XVIe siècle. Vierge à l'Enfant, bois polychrome, Bandeau occipital, croissant lunaire, mandorle, ceinture à boucle puis nœud

Le retable de Notre-Dame-du-Bon-Secours, église de La Roche-Maurice (29).

5. Vierge à la Démone du Folgoët. Kersantite XVIe, Bastien Prigent (1527-1577), manteau à fermail en chaîne à pan gauche faisant retour sous le bras gauche, robe à ceinture nouée, croissant de lune.

 

6. Vierge de la Nativité du tympan du porche de 1566.

 

 

7. Vierge à la Démone de Brennilis.

8. Sur une statue de l'église de Bodilis.

9. La Vierge à l'Enfant Notre-Dame du Bon Secours (XVIIe) de la chapelle Saint-Nicodème de Ploéven.

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On trouve ce motif exceptionnellement dans d'autres départements bretons (mais biais de recrutement ?)

10. Vierge à l'Enfant de Lantic (22)

 

 

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D. On le trouve aussi sur des statues ou représentation de Marie-Madeleine  :

1. Sur le calvaire de Dinéault : Marie-Madeleine, sculptée par les frères Prigent, actif entre 1527 et 1577

Le calvaire de l'église Sainte-Marie-Madeleine de Dinéault.

 

2. Sur une Déploration de Bodilis . Bois polychrome, XVIe, bandeau occipital sur Marie-Madeleine.

Les sculptures de l'église de Bodilis : le retable de la Déploration. 

 

3.  À Pencran, sur une   statue de Marie-Madeleine. kersanton, Bastien Prigent.

4. Sur un calvaire de Ploéven.

 La chapelle Sainte-Barbe de Ploéven. Son calvaire, son vitrail, sa statuaire, son Pardon. Marie-Madeleine de la Déploration du calvaire (kersanton, vers 1575)

5. Sur un vitrail du Faouët.

Les vitraux du XVIe siècle de la chapelle Ste-Barbe du Faouët (56) : II. la Transfiguration. Vers 1512-1515. C'est Marie-Madeleine qui porte ce bandeau.

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D. Enfin, il peut se retrouver sur d'autres personnages féminins.

1. La Sibylle de Tibur de Roscoff.

Bois polychrome, 1606, le bandeau occipital est porté par la Sibylle Tiburtine.

 

2. La cariatide de La Martyre.

L'église Notre-Dame de Rumengol.  V : les gargouilles et crossettes. 

Ossuaire de La Martyre, cariatide, kersanton, 1606.

La chapelle Notre-Dame-de-Berven en Plouzévédé. I. L'Arbre de Jessé du retable de l'autel nord. Vierge à l'Enfant, bois polychrome, fin XVIe, Croissant lunaire, mandorle radiante, manteau à fermail par chaîne ; Enfant en Sauveur du Monde.

3. Un ange de la chapelle Saint-Côme.

Les sablières (1641-1675)  de la chapelle Saints Côme-et-Damien à Saint-Nic. III. Les sablières des bas-cotés, et leurs blochets. Ange d'un blochet de 1661.

 

4. Pencran. Statue de sainte Anne, 1553, kersanton, atelier Prigent .

 

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Conclusion.

Ce bandeau occipital, surnommé "chouchou", est un bon marqueur iconographique car il est presque exclusivement retrouvé en Finistère, au XVIe et tout début du XVIIe siècle, sur des Vierges à l'Enfant ou plus rarement des Marie-Madeleine, anecdotiquement sur d'autre personnages, surtout en sculpture sur bois, mais aussi en sculpture sur pierre.

Il n'est pas attesté sur les enluminures françaises (dépouillement de Les Manuscrits à peinture de François Avril et Nicole  Reynaud et des Enluminures du Louvre des mêmes auteurs, et consultation des divers autres ouvrages), ni en enluminure religieuse, ni comme coiffure féminine, même si les voiles de la Vierge dégagent progressivement le front au XVIe siècle et deviennent plus postérieurs.

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Restauration.

 

 

La charpente et son lambris ont été restaurés en 1997 (Georges Le Ber à Sizun).

En 2013-2017, les trois retables, classés en 1914,  ont été restaurés par les entreprises A.R.T (Stéphane Saint-André ) pour la maçonnerie, Le Ber  (Erwan Le Ber) pour la menuiserie d'art et sculpture, et Coréum Polychrome pour la peinture et dorure ( Vincent Chérel )  sous la direction de madame Marie-Suzanne de  Ponthaud, architecte en chef des Monuments historiques, secondée par Françoise Godet-Boulestreau et de la DRAC (Christine Jablonski) , la commune étant représentée par le maire, André Le Gall, et  son adjointe au patrimoine et à la culture, Virginie Foutel. 

Le diagnostic préalable réalisé par Yves Gilbert (Ateliers de la Chapelle) avait révélé  que parties des sculptures n’étaient tenues que par un usage de colle ou papier mâché placés au XIXème siècle ,

Dans la même campagne 2013-2017, les peintures murales de 1817 (recteur Gabriel Mevel 1790-1835, recteur de Saint-Ségal en 1817) ont été restituées et protégées par Géraldine Fray (56).

 

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Voici quelques photos prises en janvier 2012:

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La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : la Vierge à la Démone, et le retable nord.
La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : la Vierge à la Démone, et le retable nord.

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La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : la Vierge à la Démone, et le retable nord.
La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : la Vierge à la Démone, et le retable nord.
La chapelle Saint-Sébastien en Saint-Ségal : la Vierge à la Démone, et le retable nord.



 


 

SOURCES ET LIENS.

 

 

 

— AMEMIYA (Hiroko) 2005, Vierge ou démone, exemple dans la statuaire bretonne, Keltia éditeur, Spézet. 269 p. page 68-69. Version remaniée de la thèse de 1996.

— AMEMIYA (Hiroko), 1996,  Figures maritimes de la déesse-mère, études comparées des traditions populaires japonaises et bretonnes . Thèse de doctorat d'études littéraires, histoire du texte et de l'image  Paris 7 1996 sous la direction de Bernadette Bricout et de Jacqueline Pigeot. 703 pages Thèse n° 1996PA070129 . 

CASTEL (Yves-Pascal), LECLERC, (Guy), s.d,  La chapelle Saint-Sébastien , son calvaire, ses retables, ed. Commune de Saint-Ségal.

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988. p. 418-419

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0ffd39bdf24d89d00ff35b034d2685b0.pdf

 

Retable de l'autel de la Vierge, transept nord, XVIIè siècle (C.) : dans le registre inférieur, douze panneaux sculptés en bas-relief racontent l'histoire de la Maison de Lorette. - Dans le registre supérieur, statues de la Vierge à l'Enfant et de saint Joseph ; deux panneaux-volets représentant quatre scènes de l'Enfance du Christ accompagnent la Vierge ; en dessous, panneaux représentant les quatre Evangélistes, saint Séverin et saint Yves.

— LE THOMAS (Louis), 1961 "Les Démones bretonnes, iconographie comparée et étude critique", Bulletin de la société Archéologique du Finistère t. 87 p. 169-221.

MADEC (Yves), 1915, Saint-Sébastien en Saint-Ségal

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fc72b7a373375935ed358e8dbd9c8cd4.pdf

PRIGENT, Christiane. 1981, Etude de quelques sculptures bretonnes influencées par les modes venues des pays nordiques. Dans : Bulletin de la société archéologique du Finistère, t. CVIII, 1981.

 — PRIGENT, Christiane, 1982, . Les statues des vierges à l'enfant de tradition médiévale: XVe- XVe siècles dans l'ancien diocèse de Cornouaille  Prigent, Christiane. - [Université de Rennes] (1982)

 

INVENTAIRE GENERAL Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel)

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-sebastien-saint-sebastien-saint-segal/3161081b-4d98-4287-a98a-4abeed58a9dc

Chapelle Notre-Dame-de-Lorette, rue de Lorette (Pédernec)


Chapelle Notre-Dame de Lorette, Notre-Dame de Lorette (Saint-Congard)

Eglise paroissiale Notre-Dame-de-Lorette (Roudouallec)


Église paroissiale Notre-Dame-de-Lorette (Rédené)


Chapelle Notre-Dame-de-Lorette (chapelle de pèlerinage), Notre-Dame-de-Lorette (Le Quillio)

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Published by jean-yves cordier - dans Vierges à la démone. Saint-Ségal
24 juin 2019 1 24 /06 /juin /2019 14:41

L'abbaye du Relec à Plounéour-Ménez : le Jésus à la ceinture de la statue (calcaire polychrome, XVIe) de Notre-Dame-du-Relec.

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Voir les œuvres en tuffeau :


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L'abbaye cistercienne du Relec à Pounéour-Ménez accueillait le 23 juin dernier "Voix en chœur" qui réunissait  cinq chorales  sous la direction artistique de  Laure Leyzour : le Chœur du Kador de Crozon, l’ensemble A Cappello de Morlaix, l’ensemble vocal Choréa d’Ys de Brest, le Chœur Harmonia de Guesnou et le Chœur Voilà Voilà de Quimperlé.

Pendant cette prestation, chacun pouvait admirer, posée sur une petite estrade au centre du chœur, une très belle Vierge à l'Enfant. Une feuille épinglée en donnait le nom : NOTRE DAME DU RELEG  ; renvoyant au nom breton du sanctuaire Itron Varia ar Releg, dont la pardon avait lieu traditionnellement le 15 août.

En tout cas, malgré le spectacle exceptionnel qui m'était offert par les choristes, mon regard,  moins absorbé et charmé  que mon ouïe, revenait sans cesse vers le visage de cette Vierge, comme vers celui d'une femme qui vous aurait troublé par son charme.

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Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Hélas, je n'ai trouvé que de très parcellaires informations sur cette œuvre remarquable. C'est très certainement elle qui est décrite en 1938 par Henri Pérennès, mais elle occupait alors, au dessus du tabernacle, le centre d'un très riche retable du XVIIe, entre deux cariatides et deux vertus théologales (Force et Prudence). L'auteur en souligne bien alors la valeur exceptionnelle :

"Sur le socle, soutenue par les vertus et les cariatides, repose la statue en pierre de la Vierge, grandeur nature. Le front ceint d'un diadème, vêtue d'un riche manteau d'azur, elle se révèle par sa pose "hanchée" caractéristique comme une œuvre du XVe siècle. La Vierge Marie porte sur son bras l'Enfant Jésus, le front couronné, et vêtu d'une toge verte. Il tient une banderole dorée, dont les longues branches se déroulent sur l'habit de sa mère."

 

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Par chance, une carte postale conservée dans les collections du Musée de Bretagne nous montre ce retable. Elle n'est pas datée, mais c'est l'une des  cartes éditées par les frères Neurdein, dont l'activité cessa en 1918.

http://leonc.fr/cpa/WordPress/category/neurdein/collections-nd-phot/

http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo192401

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CP Neurdein 327 - De MORLAIX à HUELGOAT. Le Relecq. Notre-Dame du / Relecq, vierge miraculeuse Doc. Banéat

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Mais en comparant cette description de Pérennès, et cette carte, avec l'œuvre exposée, on constate vite que cette dernière a perdu son bras droit, qui tenait un long sceptre (ajouté au XIXe avec les couronnes). L'extrémité du bras est démanché de son tenon, soit qu'il soit conservé à part en l'attente d'une restauration (à laquelle la statue se destine à l'évidence), soit qu'il ait été perdu.

La statue n'a rien perdu par contre de sa peinture très dix-neuvième, aux motifs de croix, de rinceaux et de fleurons de perles.

Le chanoine Pérennès n'a bien sûr pas pu examiner de près la statue, ni en faire le tour. Il aurait pu constater qu'elle est sculptée dans une pierre blanche, probablement un calcaire ou "tuffeau", ce qui indique donc une origine hors de Bretagne, le plus souvent en vallée de la Loire.

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Surtout peut-être, il n'aurait pas commis une erreur d'interprétation concernant un "détail" qui lui donne, à mes yeux, toute son originalité.

En effet, regardons l'Enfant Jésus. Il se tient en faux-profil , le corps s'écartant selon une ligne oblique de celui de la Vierge, qu'il ne regarde pas.  Il  ne porte pas "une toge verte" mais il est nu et enveloppé dans le manteau maternel ; sa main droite est tendrement posée sur la poitrine de Marie. Il a perdu le diadème dont la dévotion du XIXe siècle l'avait coiffé. Blond, cheveux bouclés, visage rond, il a tout du divin poupin qu'on attend ici. 

Mais il   tient dans la main, non pas "une banderole", mais un ruban doré qui descend ensuite devant le ventre puis la cuisse droite de la Vierge et s'achève en une pointe sagittée.  Ce n'est rien d'autre que l'extrémité libre de la ceinture de la Vierge !

Quelle idée charmante ! quelle trouvaille touchante de la part de l'artiste pour témoigner de la grâce enfantine de Jésus, qui, comme tout enfant, joue avec l'objet attirant de la toilette de sa mère !

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Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Il est alors amusant de suivre des yeux le trajet de la ceinture, mais on en perd un peu la trace en amont de la main de l'enfant. Elle longe l'auriculaire de la Vierge, avec lequel on la confond, et son origine entre le petit pied et la main adulte (d'ailleurs un peu malhabile) est moins précise : j'ai cru un instant qu'il en manquait un morceau, mais non.

En somme, cette ceinture irréaliste (elle serait beaucoup trop longue si elle n'était au service d'une pensée symbolique) entoure le ventre — virginal — de Marie puis  forme une boucle autour de la jambe et de l'aine du Fils, tout en passant dans le creux de sa main.

Est-ce symboliquement Jésus qui tient en main la clôture du ventre virginal, celui par qui sa Mère est jardin clos hortus conclusus et fons signatus selon la lecture typologique " ortus conclusus et fons signatus significat mariam" du Speculum humanae salvationis et Porte close d'Ezéchiel Ezechielis porta Clausa pertransitur

La statue inviterait alors à une méditation mystique sur le thème de l'Immaculée Conception au même titre que d'autres œuvres plus explicite :

 

 

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Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Un autre détail est singulier. La jambe gauche de l'Enfant-Jésus est fléchie, faisant pointer les petits orteils nus devant nous. Mais où est la jambe droite ? 

La question ne s'impose pas : notre esprit imagine cette jambe dissimulée entre le bras et la hanche de la mère.

Mais l'artiste a cru bon de faire réapparaître le pied droit, à l'arrière de la hanche de Marie. C'est cette poche rose incongrue qui pend comme un accessoire dont on tente de comprendre ce qu'il fait là.

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Alors, on examine la statue de 3/4 arrière, et le  peton est là, souris rose et dodue accouchant de cinq souriceaux après avoir percé la poche d'une reine.

Mais il semble bien trop bas, d'autant que la continuité de la cuisse et de la jambe a été perdue parmi les plis d'étoffe bleue dont les décors d'or semblent s'ingénier, par leur brisure, à imiter le camouflage Dazzle.

S'il y a là une "erreur" d'anatomie, on la pardonnera comme on pardonne à Ingres l'interminable dos de la Grande Odalisque  ses trois lombaires de trop, comme mon maître Jean-Yves Maigne nous y incite.

https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC1079534/

Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Après avoir décrit ces deux singularités de cette œuvre, — pour inciter les amateurs éclairés à en signaler d'autres exemples — il est temps de considérer à nouveau cette Vierge à l'Enfant. En premier lieu, son hanchement, ou contrapposto, rendu naturel par la nécessité de porter l'enfant. Le corps souple, élancé, dont l'abdomen est (légèrement ) saillant.  La jambe droite, à peine avancée. Les souliers noirs pointus. 

Le manteau mi-long, dont les plis imposés par l'avancée du bras droit dessinent trois bandes horizontales. 

La robe, à l'encolure ronde, serrée  avec la ceinture très haute. Et la poitrine, plate, aux volumes peu ou pas soulignés.

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Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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La tête couronnée est couverte d'un voile en coque carrée aux trois plis souples symétriques.

Le visage est carré dans sa moitié haute et triangulaire en partie basse, sous des pommettes en pomme. La petite bouche fermée domine un petit menton.

Le front et les sourcils sont épilés, les boucles de la chevelure brune couvrent le haut des épaules.

Le regard de Marie est grave, pensif, comme celui de son Fils, mais l'impression du visage, une fois le spectateur placé à distance raisonnable, se transforme. La Mère de Dieu apparaît comme une jeune femme franche, accueillante, souriante, tempérant la conscience de la gravité de sa fonction par une disponibilité entière à son rôle d'intercession : c'est le regard d'une mère tenant son enfant plus jeune tout en observant les aînés avec bonté.

En conclusion, nous avons ici toutes les caractéristiques d'une Vierge à l'Enfant fidèle à l'idéal de beauté de l'art gothique, un chef d'œuvre  dont nous aimerions entendre les spécialistes nous dirent l'époque (XIVe ou XVe ?), et l'origine (ateliers du Val de Loire, de Normandie ou du bassin parisien ?). 

(*) Elle daterait en réalité (administration de l' abbaye du relec) du XVIe !

Le Finistère (dont les sculpteurs ont taillé le kersanton surtout à partir du XVe siècle)  ne conserve pas beaucoup de sculptures religieuses anciennes en pierre calcaire. 

J'ai décrit la Vierge allaitant son Fils (XIVe) de la chapelle de Languivoa à Plonéour-Lanvern ; la Pietà de la chapelle Saint-Herbot de Plonévez-du-Faou  ; le cénotaphe de Thomas James à Dol (1507) ; le retable et la Sainte Apolline de La Houssaye près de Pontivy (vers 1510, atelier d'Amiens ?) ; la Mise au tombeau de Quimperlé (vers 1500). 

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Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Notre-Dame du Releg, Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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COMPLÉMENTS.

1. Jalons de datation.

L´abbaye cistercienne  du Relec, fille de Bégar (22), fut fondée le 30 juillet 1132 et dédiée à Notre Dame.  Des modifications notables ont eu lieu sous l´abbatiat de Guillaume Le Golès (ou Goalès, ou Le Goalès de Mézaubran), en charge de l´abbaye entre 1462 et 1472 . Entre 1680 et 1694, le prieur de l´abbaye, Jean-Baptiste Moreau, est à l'origine d'importants travaux : dans la partie nord du transept de l´église, il fait supprimer une chapelle afin de mettre en place, en 1691, dans l'aile nord un escalier monumental en pierre donnant accès au dortoir des moines . L'inscription suivante, en dessous du cadran d'horloge, dans une fenêtre, aujourd'hui murée, de l'escalier des moines, peint au dessus de l'escalier, en rappelle le souvenir .

Enfin, et surtout eu égard au culte marial, des peintures murales ont été récemment restaurées (2019), datant du XIIe au XVe siècle. Selon Joseph Le Bigot en 1884 puis H Pérennès, on y voyait dans la chapelle entourant le chœur  la Vierge entourée d'abbés, ce qui ne s'est pas confirmé. 

 

"Géraldine Fray, restauratrice, explique le côté remarquable des peintures. « Nous avons trouvé des fragments de peinture datant du XIIe siècle, puis d’autres datant des périodes successives jusqu’au XVe siècle. Ce qui est exceptionnel et très rare en France, ce sont ces décors peints dans une abbatiale cistercienne car cet ordre monastique se caractérise par le dépouillement et une certaine austérité architecturale. Le fait d’avoir ici des motifs peints datant de cette période est vraiment une grande chance car on peut dire qu’elles reviennent de loin !  »

Sur les murs des deux chapelles se dessinent des scènes bibliques, de type figuratif, peintes à base de pigments de terres aux couleurs ocre rouge et ocre jaune. « Nous n’en sommes qu’au début, mais on peut distinguer six ou sept périodes différentes. Les peintures sont très fragiles et nécessitent un grand soin de la part de toute l’équipe. » (Ouest-France

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" MONASTERII. AERE. REPARATA. SUNT. AUCTA. ET. ORNATA. TECTA. AETATE. CASURA. JOANNIS. BAPT(IS)TAE. CURA. ARCHIMANDRITAE. 1691.

AUX FRAIS DU MONASTÈRE ET PAR LES SOINS DU CURÉ ET ARCHIMANDRITE JEAN-BAPTISTE [MOREAU] SONT RÉPARÉS, AGRANDIS ET DÉCORÉS LES BÂTIMENTS EN MAUVAIS ÉTAT, 1691.

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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L'horloge.

 " EX MOMENTO PENDET AETERNITAS. "

"D'UN MOMENT DÉPEND L'ÉTERNITÉ."

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Les Peintures murales. 

 

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1°) Inscription datée : invocation.

Sur cartouche bicolore ocre rouge et blanc, au dessus de carrés à décor floral (pochoir ?). 

 

E IGER PRV DE

PRIEZ POVR NOVS

160-

 

 

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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2°) Trois anges musiciens : instrument à vent et instrument à corde ( voûte  nord) et à percussion (mur sud).

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Sur les peintures murales (rares en Finistère) et sur les anges musiciens,   voir  :

 Bretagne :

Hors Bretagne :

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Joueur de chalémie ??

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Ange joueur de mandole ?

Je ne vois pas d'archet : cordes frottées.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Deux anges dont un joue du tambour.

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Ange Gabriel de l'Annonciation (mur nord).

 

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Lion ou lionceau devant le bras d'un personnage.

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Visitation.

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

Abbaye du Relec à Plounéour-Ménez. Photographie lavieb-aile 23 juin 2019.

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SOURCES ET LIENS.

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, 

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eac06580cade2ea04093dc8ef7a6a695.pdf

 

Couffon, Répertoire des églises : paroisse de PLOUNEOUR-MENEZ,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 24 juin 2019, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/980.

Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

— MORICE (Pierre-Hyacinthe)

https://books.google.fr/books?id=Ze0DAAAAQAAJ&pg=PA547&lpg=PA547&dq=%22Notre+Dame+du+Releg%22&source=bl&ots=ztGZpdQIVm&sig=ACfU3U3N9V2Ec35WSC6c_AjLfqMQMTUcsw&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjvjZyp3oHjAhXqAmMBHerlD6gQ6AEwBHoECAkQAQ#v=onepage&q=%22Notre%20Dame%20du%20Releg%22&f=false

— PÉRENNÈS (Henri), 1932, “Notre-Dame du Relec en Plounéour-Ménez : une vieille abbaye bretonne,”, Quimper

http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo192401

— PATRIMOINE : INVENTAIRE GENERAL.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancienne-abbaye-de-cisterciens-le-relecq-plouneour-menez/79bbf8e4-f56c-4fbf-88dd-254cba7957d6

— BLOG DIDIERLEBRESTOIS (photo de la statue)

http://www.didier-le-brestois.com/2017/03/l-abbatiale-monument-historique-du-relecq.html

— OUEST-FRANCE 

https://www.ouest-france.fr/bretagne/plouneour-menez-29410/plouneour-menez-des-peintures-remarquables-l-abbaye-cistercienne-du-relec-6137929

— PRIGENT, Christiane. 1981, Etude de quelques sculptures bretonnes influencées par les modes venues des pays nordiques. Dans : Bulletin de la société archéologique du Finistère, t. CVIII, 1981.

 — PRIGENT, Christiane, 1982, . Les statues des vierges à l'enfant de tradition médiévale: XVe- XVe siècles dans l'ancien diocèse de Cornouaille  Prigent, Christiane. - [Université de Rennes] (1982)

 

— Comparez avec

https://www.louvre.fr/oeuvre-notices/vierge-lenfant-de-la-sainte-chapelle

Notre-Dame de Bonne-Garde, Église Notre-Dame de Parigné (35), tuffeau, peinte polychrome, XIVe siècle.

http://patrimoine-mobilier.archives.ille-et-vilaine.fr/pages/chantiers/fiches_restauration/StatueNotreDame.ht

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22 juin 2019 6 22 /06 /juin /2019 14:37

Iconographie des saints Côme et Damien : la chapelle Saint-Sébastien de Saint-Ségal.

 

Voir sur cette chapelle :

 

 

 

 

 


 


 

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Voir les articles précédents sur l'iconographie des saints Côme et Damien :

 

 

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Introduction.

Lorsque, à partir de la chapelle Saint-Côme-et-Saint-Damien de la paroisse de Saint-Nic, je me suis interrogé sur la localisation du culte des deux médecins jumeaux en Bretagne,  j'ai découvert de nombreux sanctuaires conservant encore leurs statues, notamment en Finistère, tant en Léon qu'en Cornouaille. L'iconographie de saint Côme et de saint Damien est donc riche en Basse-Bretagne. Elle associe le plus souvent la représentation d'un saint vêtu en docteur (Côme) qui lève vers la lumière un flacon d'urine afin de juger de l'état d'un ou d'une patiente, avec celle d'un alter ego (Damien)   tenant un pot d'onguent.  Soit les figures de l'alliance nécessaire   du diagnostic et de la thérapeutique  en médecine.

Or, je peux aujourd'hui ajouter un autre exemple qui m'avais échappé, alors qu'il se trouve dans  une chapelle très proche de celle de Saint-Nic. En effet,  25 km seulement séparent cette commune de celle de Saint-Ségal, avec sa chapelle dédiée à saint Sébastien. L'Aulne serpente entre les deux sites.

Pourtant, il m'aurait suffi de mieux consulter l'Iconographie  des saints médecins Côme et Damien de Marie Louise David-Danel, publié en 1958, puisqu'elle y signalait dans son inventaire  la mention : "SAINT-SÉBASTIEN-en-SAINT-SÉGAL (Finistère) - Panneau Sculpté : Un Saint."

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Aujourd'hui, les deux saints sont représentés, sur le volet gauche de la niche d'un saint Joseph à l'Enfant de la chapelle nord du chœur.

C'est un panneau en bois polychrome daté (par rapprochement avec la date des retables voisins) de 1714-1729, divisé en trois compartiment avec de haut en bas, un saint évêque, puis saint Damien, puis saint Côme qui ne dispose que d'un demi-compartiment.
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Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

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Volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

Volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

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1°) Saint Damien, sa spatule et son pot d'onguent.

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Il est coiffé de la barrette rouge des docteurs en médecine de l'Ancien Régime, et porte sur une longue robe blanche un manteau bleu à revers or. Il tient d'une main le pot d'onguent et de l'autre ce qui peut être vu comme une spatule, mais qui a plutôt la forme d'une lancette. Nous aurions alors les deux branches de la Thérapeutique, l'acte manuel, et la prescription ou administration de médicaments : car cette lancette est nécessaire à la saignée, qui prend une place alors majeure dans les traitements.

Les cheveux mi-longs et bouclés sont sculptés, nous sommes presque sûrs qu'ils sont d'origine. Par contre, comme je ne dispose pas du dossier de restauration, j'ignore si la moustache Louis XIII était présente ou s'il elle relève du choix du peintre-restaurateur. On peut faire confiance à ce dernier pour être certain qu'elle n'a pas été placée ici à la légère.

On somme, nous avons toutes les caractéristiques de l'iconographie de ce saint.

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Saint Damien, Volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

Saint Damien, Volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

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Saint Damien, Volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

Saint Damien, Volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

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2°) Saint Côme et son urinal.

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Il est coiffé de la barrette de docteur, et vêtu d'une robe noire recouverte d'un camail. On pourrait le confondre avec un prêtre (saint Yves par exemple), s'il n'élevait vers la lumière la matula ou urinal de couleur jaune tout en la désignant de la main gauche pour appuyer sa sentence.

Cet attribut, et son association avec saint Damien, lèvent tout doute sur son identification. 

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Saint Côme, volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

Saint Côme, volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

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3°) Le panneau supérieur : un saint évêque.

Aucun indice ne vient préciser l'identité de ce personnage, qui peut être un évêque (comme Corentin, puisque la chapelle est située dans son diocèse, ou Séverin, patron de l'église paroissiale), ou un abbé (comme Guénolé, abbé de Landévennec).

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Saint évêque, volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

Saint évêque, volet gauche, Niche de Saint Joseph à l'Enfant, chapelle nord, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

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Discussion.

 

Marie-Louise David-Danel a signalé en 1958 la présence d'un des deux saints en la chapelle Saint-Sébastien, ni dire lequel, ni dire à quel endroit, mais je n'ai pas trouvé d'autre témoignage de cette présence. René Couffon n'en parle pas. Les photos qui précèdent les campagnes récentes de restauration montrent la niche de saint Joseph dépourvue de volet. (François Dagorn noir et blanc puis Bernard Bègne couleur, sans date)

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-sebastien-saint-sebastien-saint-segal/3161081b-4d98-4287-a98a-4abeed58a9dc

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/illustration/ivr5320092900482nuca/a5b5c57b-6ab4-401a-9230-63c9b1c884d6

Aucune photo de retable nord dans le diaporama de la Fondation du Patrimoine

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/retables-de-la-chapelle-saint-sebastien-a-saint-segal

La plus grande confusion existe. En 1915, Y. Madec décrivait autour de la niche de saint Joseph les "statuettes" des douze apôtres ; mais ceux-ci entourent aujourd'hui la niche de la Vierge.

Lors de ma visite en janvier 2012 (faible éclairage de la lumière d'hiver), j'ai pris les clichés suivants :

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Photographie lavieb-aile 10 janvier 2012.

Photographie lavieb-aile 10 janvier 2012.

photographie lavieb-aile 10 janvier 2012.

photographie lavieb-aile 10 janvier 2012.

photographie lavieb-aile 10 janvier 2012.

photographie lavieb-aile 10 janvier 2012.

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La dernière campagne de restauration s'est déroulée entre 2013 et 2017 sous la direction de Marie-Suzanne de Pontaud, architecte en chef des monuments historiques, par l'entreprise LE BER de Sizun (menuiserie) et COREUM de Bieuzy (peinture) : les lieux sont transformés.

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Retable nord du chœur, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

Retable nord du chœur, chapelle Saint-Sébastien, Saint-Ségal. Photographie lavieb-aile 21 juin 2019.

 

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2. La peste et les saints Côme et Damien.

On sait que la chapelle Saint-Sébastien a été bâtie dans la seconde moitié du XVIe siècle pour conjurer la peste. Saint Sébastien, tout comme saint Roch, sont invoqués contre les épidémies meurtrières regroupées sous le nom de "peste". On pense que la chapelle "Saint-Côme et Saint-Damien" de Saint-Nic fut  aussi  construite au début du XVIe siècle pour la même raison. 

En effet, les deux frères médecins étaient sollicités contre la peste :

— À Venise, dans la sacristie de la Salute :  un tableau attribué soit à Giorgione, qui mourut de ce mal, soit au Titien, Le Triomphe de saint Marc, montre saint Marc  entouré de saint Roch et saint Sébastien à sa droite et de saint Côme et saint Damien à sa gauche. Il glorifie la libération de Venise de la peste de 1500.

— À la chapelle de l'Ouradou à Saint-Côme d'Olt en Aveyron, contre la peste de 1586 (2600 victimes)

— La Nécropole Saint-Côme et saint Damien à Montpellier est le  charnier de l'épidémie de 1348.

— En 1652, l'épidémie de peste dans  la ville d'Argelès cessa le jour même de la fête de Côme et Damien le 26 septembre. Ils deviennent alors les nouveaux patrons de la paroisse.

— La même année 1652 face à la même épidémie, l'église de Serdynia (Pyrénnées-Orientales) commande à Louis Géneres un retable en l'honneur de Côme et Damien. Il sera réalisé en 1661, et doré en 1664. "Sur ce retable, Côme et Damien sont encadrés par des représentations de saint Sébastien et saint Roch, invoqués tous deux contre la peste. L’évêque d’Elne P. Benoit de Santa Maria avait demandé le 8 avril 1587 que la fête de ces saints soit solennellement célébrée dans tout le diocèse pour les remercier de leur intercession lors des épidémies. Les statues de la chapelle catalane représentent les saints en costume de l’époque où domine le bleu rehaussé d’or ; l’un à la bouche soulignée d’une moustache, tenant de sa main gauche un coffret, l’autre, dont les traits féminins contrastent avec ceux du précédent, présentant un livre ouvert. La dissemblance des traits des deux personnages est en désaccord avec les représentations usuelles des deux frères jumeaux. Le sculpteur n’a pas représenté la matula et a donné la préférence aux attributs plus nobles, boîte à onguents ou coffret réservé aux instruments, suivant ainsi la tradition italienne, florentine et vénitienne en particulier. Le retable actuel a remplacé un autre retable, de la fin du XVe siècle. " (Dousset)

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La présence des deux médecins martyrs est donc parfaitement logique dans cette chapelle, à coté des statues de saint Sébastien et de saint Roch.

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CONCLUSION.

Ma découverte inopinée d'un nouvel exemple iconographique du culte des saints Côme et Damien en Finistère, dans le proche voisinage de la chapelle qui leur est dédiée à Saint-Nic, est une surprise qui me procure ce si agréable chatouillement pétulant de l'esprit . C'est encore une fois une confirmation de la stéréotypie des traits iconographiques, tant vestimentaires que par les attributs représentés, et de l'importance de l'urinal, témoin de celle de l'uroscopie dans la médecine du temps . Le lien, ici évident, avec les épidémies de peste incite à en voir la valeur dans les sanctuaires où il n'est pas aussi clairement attesté.

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Il est peut-être trop solidement établi que Côme et Damien sont les saints patrons des médecins (et plus tard des apothicaires), ce qui incite à restreindre leur culte à un secteur professionnel et à oublier qu'il furent d'abord et surtout invoqués, non pas par les médecins, mais par les malades, ou par les communautés éprouvés par les menaces sanitaires.

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Il resterait à bénéficier d'une meilleure information et une meilleure documentation, disponible en ligne et accessible au public plutôt que confiné dans les dossiers des  services de l'Etat, sur le suivi dans le temps de ces éléments mobiliers : date où ils ont été mentionnés dans les inventaires, état avant les restaurations, importance des restaurations nécessaires et techniques employés, indices relevés. Paradoxalement, c'est aujourd'hui par l'intermédiaire des journalistes que des bribes d'informations nous parviennent  (cf. articles de Ouest-France). Ces informations sont nécessaires en Histoire de l'Art.

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ANNEXE : ARTICLES OUEST-FRANCE 2015 et 2017

 

https://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-segal-29590/saint-sebastien-la-polychromie-est-validee-3149393

https://www.ouest-france.fr/bretagne/saint-segal-29590/saint-segal-les-travaux-de-saint-sebastien-enfin-termines-5250737

 

 

Une réunion a eu lieu la semaine dernière dans la chapelle Saint-Sébastien. Le retable principal avait retrouvé sa place fin octobre 2014, après une restauration de l'entreprise Le Ber qui a nécessité 1 400 heures de travail pour réparer certains éléments et effectuer un traitement insecticide.

L'entreprise Coreum a ensuite pris le relais pour rénover les peintures et réaliser la polychromie. Elle a présenté son travail à Virginie Foutel, adjointe au patrimoine, à Christine Jablonski, de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), et à Isabelle Kergadennec, responsable du mobilier classé au sein du conseil général.

Et les résultats sont assez impressionnants. Après 1 100 heures de travail, les couleurs retrouvées redonnent vie à ce superbe ensemble qui ne laissera pas les visiteurs indifférents. La dernière étape va pouvoir suivre. Le vernissage sera effectué courant février. Selon Vincent Cherel, de la société Coreum, « le résultat en sera encore amélioré. Le vernis apportera de la profondeur aux peintures, de la vivacité. »

Pour André Le Gall, le maire, présent lors de cette réunion, une décision s'impose. « Je vais demander l'ouverture la chapelle lors du pardon de juillet. Il faut que les habitants de la commune voient ce que nous avons fait de leurs impôts. »

 

 

Un article de Ouest-France du 16 septembre 2017 nous donne de précieuses informations :

"Depuis 2013, la chapelle Saint-Sébastien fait l’objet de travaux. Ceux-ci ont permis de faire de nombreuses découvertes, comme des peintures d’origine, des sculptures ou même des ossements.

Les retables de la chapelle Saint-Sébastien sont nationalement reconnus, parmi les premiers mobiliers d’église bretonne à être classés aux Monuments historiques en 1914, la même année que les enclos de Guimiliau et Saint-Thégonnec. Cette datation montre l’intérêt de cet édifice.

Décision prise en 2010 

Dès octobre 2010, le choix fut fait par la municipalité de rénover l’ensemble des retables dont l’état était préoccupant et avait, plusieurs fois déjà, fait l’objet de récolements de la part de Ia Drac (Direction régionale des affaires culturelles).

Des sculptures tenues par de la colle

Une première étude détaillée, permettant un diagnostic pointu des désordres structurels de l’ensemble des retables, fut réalisée. Il fut édifiant :

certaines parties des sculptures et panneaux ne tenaient plus que par l’usage de colle et de papier mâché, placés au XIXe siècle.

450 000 euros de travaux

La rénovation s’imposait, et la restauration débutait en novembre 2013. En raison du montant des travaux, 450 000 € dont 55 000 € à la charge de la commune, ils se déroulèrent en trois phases : d’abord le retable du maître-autel, puis celle du retable nord, et enfin celle du retable sud.

L'objet de cours aux Beaux-Arts

Cette dernière phase se termine, l’entreprise Le Ber, de Sizun, spécialisée en menuiserie d’art et sculptures, et l’atelier Coréum, pour la polychromie, sont parvenues à restaurer la splendeur de ce mobilier qui, à l’école des Beaux-Arts du Louvre, fait l’objet de six heures de cours lors de l’étude de la polychromie bretonne.

De nombreuses surprises

Les surprises furent nombreuses lors de ces travaux. D’abord, lors du démontage des retables, la découverte des peintures d’origine, datant du début des années 1700, et d’éléments mobiliaires, comme les niches servant au rangement des burettes, et qui étaient tombées dans l’oubli. Les peintures, bien que maintenant recouvertes par les boiseries, ont fait l’objet d’une attention particulière et sont désormais sauvegardées.

Retour d'éléments volés

Autre découverte, celle d’un crâne et de quelques ossements, cachés derrière le retable Sud. L’identité du défunt de même que la raison de leur placement en cet endroit, sont, et resteront très probablement un mystère. Autre événement heureux, la découverte de certaines sculptures dérobées il y a une trentaine d’années, sur internet et chez un brocanteur. Toutes ont maintenant réintégré leurs emplacements. Pour éviter que de tels désagréments ne se reproduisent, la municipalité réfléchit à un système de protection de la chapelle."

 

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SOURCES ET LIENS.

— CASTEL (Yves-Pascal), LECLERC, (Guy), s.d,  La chapelle Saint-Sébastien , son calvaire, ses retables, ed. Commune de Saint-Ségal.

— DUHEM, (Sophie), 1997. Les sablières sculptées en Bretagne. Images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.). Collection Arts et Société. Presses universitaires de Rennes, 1997.

— COUFFON, René, LE BARS, Alfred. Diocèse de Quimper et de Léon. Nouveau répertoire des églises et chapelles. Quimper : Association Diocésaine, 1988. p. 418-419

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/0ffd39bdf24d89d00ff35b034d2685b0.pdf

— INVENTAIRE GENERAL Région Bretagne (Service de l'Inventaire du patrimoine culturel), enquête 2009.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chapelle-saint-sebastien-saint-sebastien-saint-segal/3161081b-4d98-4287-a98a-4abeed58a9dc

— MADEC (Yves), 1915, Saint-Sébastien en Saint-Ségal

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/fc72b7a373375935ed358e8dbd9c8cd4.pdf

— DOUSSET  Jean-Claude), Puységur Christian. Saint Côme et saint Damien de Serdinya. [R 71. Culte et iconographie des saints Côme et Damien] . In: Revue d'histoire de la pharmacie, 95e année, N. 360, 2008. pp. 533-536; http://www.persee.fr/doc/pharm_0035-2349_2008_num_95_360_21993

 

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20 juin 2019 4 20 /06 /juin /2019 11:08

Ploéven XII : chapelle Saint-Nicodème, les statues de la Vierge et de saint Nicodème.


 

 

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— Sur Ploéven, voir :


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 I. LA VIERGE À L'ENFANT DU CHOEUR : ITRON VARIA GUIR VERTU.

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Cette statue d'applique à revers plat  en granite polychrome de 1,27 m de haut porte sur le support l'inscription peinte ITRON VARIA GUIR VERTU (Ducouret), plutôt Introun Varia Gwir Vertu (Couffon) ou Itron Varia a gwir vertu (Pérennes)  Notre-Dame de juste Vertu. 

Elle date du XVIe siècle. Est-elle antérieure à la construction de la chapelle actuelle ? Je rappelle que les premières datations inscrites sont de 1592 et 1593 puis 1607. 

Est-elle contemporaine de la Déposition de l'église paroissiale, datée de 1547 ? 

Elle est hanchée, et porte l'Enfant du coté droit. 

Sa haute couronne à fleuron et perles rouge et or est posée sur une chevelure châtain clair qui descend en deux nattes jusqu'aux coudes. 

Le visage répond au canon esthétique de l'époque : forme ovale, sourcils épilés et haut, nez droit, petite bouche et petit menton rond. Mais il ne se dégage pas d'une certaine lourdeur qui n'est pas liée au regard pensif et grave propre à Marie devenue Mère, mais peut-être à un dessin asymétrique des yeux.

Elle est drapée dans un manteau bleu fermé par une bande orfévrée tendue entre deux fleurons. Toute la bordure du manteau est enrichie d'orfroi à l'or un peu effacé.

Ce mantel recouvre une cotte : son bustier très ajusté est à décolleté carré , tandis que la robe est plissée et descend jusqu'aux pieds. Les manches s'élargissent aux poignets et laissent voir une chemise blanche à petits plis.

Une jupe spectaculaire, en étoffe plus épaisse, est tendue sous la main gauche pour former un élégant plissé, large à gauche et descendant en trois courbes concentriques à droite.

L'Enfant présenté en Sauveur tient le globe terrestre en main droite alors que sa main gauche est posée sur la poitrine maternelle. Placé frontalement, il regarde devant lui, sa petite tête aux cheveux courts légèrement dressée.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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II. LA VIERGE À L'ENFANT EN BOIS ITRON VARIA A SIKOUR.

Statue d'applique en bois polychrome à revers évidé haute de 1,27 m porte l'inscription en breton la désignant comme Notre-Dame de Bon-Secours. Elle est datée (Ducouret) du XVIIe siècle.

Elle est placée à gauche du chœur, près de l'angle du transept. Cette Vierge couronnée  n'est pas très gracieuse, avec son cou projeté en avant et son nez trop pointu, et son Fils (en Sauveur avec le globe terrestre)  a une tête trop adulte et ingrate à mon goût.

Je remarque le bandeau occipital ou chouchou couleur or retenant en arrière de la nuque les cheveux très bruns de Marie. Voir ici sur ce motif iconographique.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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III. LA STATUE DE SAINT NICODÈME.

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Cette statue d'applique à revers évidé en bois polychrome du patron de la chapelle date du XVIIe.

Le saint, vénéré parce qu'il a participé à la Déposition du Christ crucifié (Jn 19:39-42). Juif pharisien et membre du Sanhédrin, il porte ici la barbe longue, noire et bifide et est coiffé d'un turban orientalisant. Il tient la couronne d'épines et un clou.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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SAINTE ANNE ÉDUCATRICE.

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Cette belle statue récente en granite est placée du coté droit du chœur.

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Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

Chapelle Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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SOURCES ET LIENS.

 

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred) 1988, Notice sur Ploéven,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3cfe40fff167ac9a521b6a1d446936d8.pdf

 

. Statues - en bois polychrome : saint Nicodème coiffé d'un turban et tenant la Couronne d'épines et deux clous (oeuvre de Pierre Le Déan ? - sur la console, un ange tient trois clous et un fouet),

-Vierge à l'Enfant dite Introun Varia Gwir Sikour,

- en pierre polychrome : autre Vierge à l'Enfant dite Introun Varia Gwir Vertu, saint Alar ou Eloi à son enclume, XVIe siècle.

 

— COUFFON (René), Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du XIIIe au XIXe siècle.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_77/La_sculpture_religieuse_en_Basse_Bretagne_.pdf

— DEBIDOUR (V-H.), 1953,  La sculpture bretonne, Rennes 1953.

— DILASSER (Maurice), 1979, Un pays de Cornouaille,  Locronan et sa région

— DUCOURET  (Jean-Pierre), QUILLIVIC, (Claude), 1978, notice pour l'Inventaire général

http://www.inventaire.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Plo%e9ven&NUMBER=5&GRP=0&REQ=%28%28Plo%e9ven%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=200&DOM=Tous

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http://www.inventaire.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Plo%e9ven&NUMBER=9&GRP=0&REQ=%28%28Plo%e9ven%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=200&DOM=Tous

 

— PÉRENNÈS (Henri), 1940, Ploéven, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et du Léon, Bulletin Diocésain d'Histoire et d' Archéologie  de Quimper ( BDHA) 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1940.pdf

"Le maître-autel, en granit revêtu de bois, semble du XVIIIème siècle. Derrière cet autel apparaît une grande statue en pierre de la Vierge : Intron Varia a guir vertu. Du côté de l'Evangile, c’est une autre statue en bois de Marie : Intron Varia Sikour ; du côté de l’épître, figurent un petit Christ assis, les mains liées puis saint Nicodème tenant la couronne d’épines et deux clous "

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Ploéven
19 juin 2019 3 19 /06 /juin /2019 15:47

Ploéven XI . Le retable de saint Isidore (Guillaume le Poupon, Jan Mozin vers 1720) et sa statue dans le transept nord de la chapelle Saint-Nicodème.

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— Sur Ploéven, voir :

 

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Sur saint Isidore, voir :

 

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Saint Isidore possède sa statue dans de  nombreux sanctuaires de Bretagne, quoiqu'il n'atteint, pour la fréquence de sa représentation que la 35ème place parmi 53 saints. Il est mieux représenté dans le Morbihan qu'en Finistère, où il est ou il fût honoré dans 17 sanctuaires. C'est, comme jadis Poulidor dans le cyclisme, un saint qui ne prend jamais la première place, et aucune chapelle ne lui est dédiée en propre —sauf à Bréhant (56) et Maël-Pestiven (22) —, depuis la destruction de celles du Relecq-Kerhuon et de Scrignac en Finistère.

Il se dit qu'après tout il n'a été canonisé qu'en 1622, c'est encore bien récent (saint Vincent Ferrier, lui aussi d'origine espagnole, et très honoré en Bretagne, le fut en 1455), qu'il n'est pas breton, comme saint Yves, ou que son nom d'Isidore le Laboureur le pénalise un peu, d'autant que le grand saint Fiacre, arrivé d'Irlande au VIIe siècle avec sa bêche , lui fait concurrence auprès des jardiniers et des hémorroïdaires. Il n'était que valet de ferme, avant de devenir métayer.

Il ne demande le plus souvent qu'une statue avec  SANT IZIDOR à la peinture noire, ou juste une bannière de procession (Melrand), et, une seule fois, il a eu sa place, encore à Melrand, sur un calvaire, coté est bien-sûr. Une dizaine de verrières l'accueillent, mais seulement de fraîche date.  Mais il est très rare qu'il prétende obtenir un retable pour lui tout seul ; c'est le cas ici, et à Melrand (56). 

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À Saint-Nicodème, il peut compter sur une grande chapelle intérieure (celle que forme le bras nord du transept), avec son autel, son coffre pour les offrandes, son retable, sa statue, et son pardon, distinct de celui du patron des lieux.  Quel honneur !

Le Père Maunoir, qui composa à Crozon en 1671 un Cantique spirituel pour ce saint,  a-t-il insufflé aux paroisses une nouvelle dévotion envers  "Sant ISIDOR, Patron ar Labourerien" ? .

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Ploéven XI . Le retable de saint Isidore et sa statue dans le transept nord de la chapelle Saint-Nicodème.

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LE RETABLE.

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Il a été réalisé, comme le retable de saint Éloi du transept sud,  vers 1720 par le retablier Guillaume Le Poupon et/ou le peintre et doreur Jan Mozin, comme la chaire de l'église de Locronan ou le retable de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, également à Locronan. Il a été restauré en 1829. (cf. article sur le retable de saint Éloi).

Il comporte quatre travées, une travée principale à tableau rectangulaire, encadré de deux travées à médaillons ovales, et une travée faisant retour d'angle sur le mur pignon du transept pour accueillir une statue.

1°) La scène centrale.

Tandis qu'Isidore laboure son champ derrière une charrue attelée à deux bœufs, un ange lui apparaît dans des nuées. À gauche, un château et son enceinte. À droite, un observateur entre des arbres.

La scène est loin d'être explicite. Rappelons l'histoire qui se déroule en Espagne  vers 1130 :

 

Placé très jeune comme ouvrier agricole, il travaille pour plusieurs maîtres. Devant l'arrivée des Sarrazins, il fuit la région de Madrid, et continue ailleurs son humble métier.

Il est l'objet de la jalousie des autres ouvriers, qui l'accusent de préférer prier plutôt que de travailler la terre comme eux. Chaque dimanche, avec sa femme Maria Toribia, il chante au lutrin pendant la grand-messe et passe en prières le reste de la journée. Toutefois, son dernier patron, Juan de Vargas, fait de lui son régisseur.

Ce dernier le guette pour vérifier les assertions des autres ouvriers : il le surprend en prière, en extase tandis que les bœufs continuent à tirer la charrue, comme s'ils étaient conduits par deux anges. Ébloui, Juan de Vargas se convertit.

Or, ici, Isidore, qui a certes son chapelet en main et les yeux tournés vers le ciel, mène bien sa charrue, et rien ne laisse deviner que ce sont les bœufs qui la conduisent.

C'est seulement un aide-mémoire pour des paroissiens bien informés par ailleurs. Sans doute le recteur leur faisait chanter le cantique de Maunoir, ou un autre qui ressemblerait à celui-ci (Melrand vers 1920):

 

Hag a vihan disket elsé
De viuein el ur hristén mat,
Ol é amzér e dremené
E pedein hag é labourat.

 4

Izidor pe oé deit en oed
De gemér ur stad a vuhé
E  ven choéj aveit pried
Ur verh santél eldou eué

 5

Bamdé er labourer gredus
Er pen ketan ag é zeuèh
De bedein hun Salvér Jézus
E ié d’en iliz get hirèh

 6

Pe oé achiu en overen
Ha laret ol e bedenneu
E hé de labourat aben
Betag en noz en é barkeu

 7

Tud fal d’é vestr en doé laret
E kollé er sant é amzér
E patérat elsé perpet 
E léh monet get en arér

 8

Er mestr e zou deit de huélet,
Ha chomet ardran un herrad
Chetu ean guh é sellet
Doh Izidor é labourat

 9

Guélet e hra. O burhud kaèr !
Ar un dro get é servitour
Deu  El é kondui en arér
Ha hemb arsaù doh er sekour.

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Saint Isidore était né 
Dans la ville de MADRID (dit-on).
Son père, pauvre des biens de la terre,
N’était qu’un pauvre laboureur.

 2

Enfant, chez ses parents,
Isidore apprit très tôt
A chercher tout d’abord les richesses du ciel
Avant de gagner les biens de ce monde.

3

Elevé ainsi dès son jeune âge
A vivre en bon chrétien
Il passait tout son temps
A prier et à travailler.

 4

Lorsque Isidore arriva en âge
De s’installer dans la vie
Il tint à choisir pour épouse
Une fille aussi vertueuse que lui.

 5

Chaque jour le laboureur fervent
Dès le commencement de sa journée,
Pour prier le Seigneur Jésus,
Allait à l’église avec empressement.

 6

Sitôt la messe achevée 
Et toutes les prières dites
Il allait travailler sans attendre
Dans ses champs jusqu’à la nuit.

 7

Des gens mal intentionnés avaient dit à son maître
Que le saint perdait son temps
A réciter ainsi des prières sans arrêt
Plutôt que de suivre la charrue.

8

Le maître est venu voir,
Est resté derrière un moment,
Le voilà qu’il surveille en cachette
Isidore dans son travail.

 9

Il voit O merveille sans pareille
En même temps que son serviteur
Deux anges conduire la charrue
Et l’aider sans répit dans sa tâche.

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Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Le médaillon de droite. Le miracle de la source.

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 "Un jour, Jean de Vergas l'étant venu voir dans la campagne où il labourait, il fit sourdre miraculeusement une fontaine pour soulager sa soif, en frappant seulement la terre : cette fontaine n'a point cessé depuis ce temps-là de couler, et sert même à la guérison des malades. " Les petits Bollandistes vies des saints ,1873, Volume 5 page 433

https://books.google.fr/books?id=EFJiI6MYQ8gC&dq=fontaine+miracle++%22saint+isidore%22&hl=fr&output=text&source=gbs_navlinks_s

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Saint Isidore est barbu et tête nue ; il est chaussé de sabots. Il porte une riche tunique rouge à ceinture et manches dorées, un col plissé en fraise, des haut-de-chausses bouffantes et plissées dans lesquelles les bretons se réjouissent de reconnaître les bragou-braz de leurs grands-pères (mais qui étaient communs partout au XVIIIe siècle dans le monde paysan), des guêtres. Il tient le chapelet, et le bâton de sourcier.

Jean de Vergas montre la supériorité de son rang en restant couvert de son chapeau. Sa tunique fendue est plus longue, aux manches plus larges et retroussées plus haut. Ses hauts de chausse sont en tissu fin et moulants, ses jambes sont couvertes par des bas, sur des chaussures fines à tige montante.

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Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Le miracle du dîner partagé.

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Cette fois, le bas-relief illustre parfaitement l'épisode suivant :

"Quoique peu riche, Isidore était libéral envers les pauvres ; il partagea souvent avec eux son dîner, ou plutôt il se contentait de leurs restes. Un jour qu'il avait tout donné, un nouveau pauvre s'étant présenté, Isidore pria sa femme de voir s'il n'y avait pas encore quelque nourriture; quoiqu'elle sût qu'il n'y avait plus rien, elle y alla, par obéissance, et trouva le plat, qu'elle croyait vide, aussi plein que s'ils n'y eussent point encore touché. "

 

Les petits Bollandistes vies des saints ,1873, Volume 5 page 433

https://books.google.fr/books?id=EFJiI6MYQ8gC&dq=fontaine+miracle++%22saint+isidore%22&hl=fr&output=text&source=gbs_navlinks_s

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Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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LA STATUE DE SAINT ISIDORE. Bois polychrome

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La statue appartenant au retable, doit être attribuée aux mêmes artistes et recevoir la même datation.

Elle mesure 121 cm de haut et porte l'inscription sur le retable ST IZIDOR.

Le saint y est figuré, non plus en ouvrier agricole comme sur les bas-reliefs, bien qu'il conserve les haut-de-chausses bouffants et plissés et les guêtres, mais en paysan aisé ou endimanché, avec la veste à basques que portaient Jean de Vergas, aux poches ourlées d'or, et les chaussures en cuir à boucle d'argent. Le grand manteau vert et rouge lui donne l'allure d'un seigneur.

La fraise courte ne témoigne pas du costume porté en Bretagne dans les années 1720, et l'artiste a sans doute voulu évoqué celui des espagnols un siècle auparavant.

Il est presque certain que le saint portait (comme dans toutes ses statues) une faucille, qui est son attribut avec la gerbe de blé, mais celle-ci a été remplacée (déjà en 1940) malencontreusement par une houe : une erreur qui pourrait facilement se réparer, mais qui, pour l'instant, déséquilibre le dynamisme du personnage.

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Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable de saint Isidore (bois polychrome, vers 1720, G. Le Poupon et J. Mozin, chapelle de Saint-Nicodème à Ploéven. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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CONCLUSION.

Avec ce retable à quatre travées et sa statue, la chapelle Saint-Nicodème offre un des ensembles iconographiques de saint Isidore les plus complets de Bretagne, et des plus précoces avec sa datation en 1720-1725. Il témoigne de l'art des retabliers de Quimper.

Il doit être mis en parallèle, sur le plan narratif,  avec le retable de la chapelle Notre-Dame-du-Guelhouit à Melrand, et surtout avec les 24 tableaux du lambris peint (et leurs légendes de 1840). Une confrérie de saint Isidore y était attestée dès 1671. Le retable y date du 4e quart du 17e siècle, peu de temps après la construction de la chapelle en 1683. L'artiste a mieux représenté, dans le retable central, le saint en prière alors que les anges conduisent sa charrue.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-du-maitre-autel-retable-tabernacle/2deacb43-d05a-4fec-84be-1d1701a364f1

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/tableaux-24-miracles-de-saint-isidore-les/2cd0bfe9-f349-441b-9e69-b58a99a7aeba

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SOURCES ET LIENS.

— CASTEL (Yves-Pascal), 2001, "Saint Isidore", suivi de la liste de 58 églises et chapelles de Bretagne où Isidore est représenté.

http://patrimoine.du-finistere.org/art2/ypc_st_isidore.html

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred) 1988, Notice sur Ploéven,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3cfe40fff167ac9a521b6a1d446936d8.pdf

 

Mobilier : Aux autels latéraux, retables du début du XVIIIè siècle, peints vers 1720-1725 par Jean Mozin, peintre et doreur de Quimper. Sur ces retables, outre les statues des saints Isidore (au nord) et Eloi (au sud), trois bas-reliefs polychromes évoquent la vie de chacun de ces saints. La date de 1829 sur l'autel de saint Isidore indique une restauration des peintures. 

 

— COUFFON (René), Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du XIIIe au XIXe siècle.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_77/La_sculpture_religieuse_en_Basse_Bretagne_.pdf

— DEBIDOUR (V-H.), 1953,  La sculpture bretonne, Rennes 1953.

DILASSER (Maurice), 1979, Un pays de Cornouaille,  Locronan et sa région

— DUCOURET  (Jean-Pierre), QUILLIVIC, (Claude), 1978, notice pour l'Inventaire général

http://www.inventaire.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER_TITLE&LEVEL=1&GRP=0&REQ=%28%28Plo%e9ven%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Plo%e9ven&SYN=1&IMAGE_ONLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=200&DOM=Tous

 

— PÉRÉNNÈS (Henri), 1940, Ploéven, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et du Léon, Bulletin Diocésain d'Histoire et d' Archéologie  de Quimper ( BDHA) 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1940.pdf

 

"Au croisillon Nord du transept on voit l'autel en pierre de saint Isidore, patron des cultivateurs. Le retable en est sculpté. II. présente en relief, le Saint, grandeur naturelle, en bragou-braz, un chapelet au bras droit, conduisant une charrue attelée de deux bœufs. Sur la gauche apparaît le manoir de son maître, à droite un parterre. Au-dessus de la scène, un ange montre le ciel, d'où s'échappent des rayons de lumière.

De part et d'autre deux médaillons. Celui de gauche représente saint Isidore, les mains jointes ; l'homme et la femme qui se tiennent près de lui doivent être ses patrons. Dans le médaillon de droite, le saint, de son bâton, fait jaillir, devant son patron, une source du sol.

Contre la paroi, un peu plus loin, est une belle statue en bois de notre saint, qui tient en main un instrument de labour."

 

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— PATRIMOINE.BZH/GERRTRUDE-DIFFUSION :

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/recherche/globale?quoi=statue&render=liste&texte=isidore

Iconographie : Mellac (Quimperlé)

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/statue-de-saint-isidore/6e0b2baa-d79f-48bb-bbdf-aa10ec04696b

Melrand 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/statue-de-saint-isidore/6e0b2baa-d79f-48bb-bbdf-aa10ec04696b

Plouezec

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/statue-saint-isidore/374162e3-d5e6-4a17-970b-a7d2264353a0

etc...

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Published by jean-yves cordier - dans Ploéven saint Isidore
18 juin 2019 2 18 /06 /juin /2019 13:58

Ploéven IX : le retable de Saint-Éloi (G. Le Poupon et J. Mozin v. 1720) et sa statue dans la chapelle Saint-Nicodème.

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Sur Ploéven, voir :

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— Sur saint Éloi, voir :


 

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Je remercie madame Anne Dietrich, Kergonan, qui m'a si gentiment ouvert la porte de la chapelle qu'elle défend avec tant de passion.

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Dans cette chapelle, si le patron, saint Nicodème a bien sa statue dans une niche du chœur, deux saints liés à la vie agricole lui volent la vedette en se partageant  toute la largeur du transept, saint Éloi  à droite et saint Isidore à gauche : pour chacun, son autel, son retable et sa statue . Chacun a ses compétences et le premier protège les chevaux (et plus largement le bétail) tandis que le second protège les récoltes, et les agriculteurs. Chacun a ses attributs : Isidore tient la serpe et une gerbe de blé, Éloi les outils avec lesquels il ferre un cheval.

Chacun avait son pardon, saint Éloi lors du pardon de Saint-Nicodème le 2ème dimanche après Pâques et  celui d'Isidore  le 5ème dimanche après Pâques. 

Chacun son coté, chacun ses attributions, mais chacun aussi son coffre  pour recevoir les offrandes :  le grand bahut du transept sud sous la statue  de Saint Éloi recevait le crin de cheval et de vache, et celui du coté de saint Isidore recevait le beurre et les crêpes. 


 

 

Jusqu'en 1914, la chapelle fut un lieu de foire aux bestiaux. On y célébrait  le pardon nommé Pardoun lost ar zaout (le pardon des queues de vache) car les fidèles faisaient des offrandes sous cette forme (comme à Saint-Herbot en Plonévey-du-Faou). La procession était précédée par des chevaux, qui allaient boire à la fontaine. 

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Saint Éloi, est le patron des orfèvres et des maréchaux-ferrants, mais c'est aussi en Basse-Bretagne (ou il porte le nom d'Alar) le protecteur des chevaux.

"Saint Eloi paraît avoir joui exclusivement du privilège de guérir les chevaux, comme si l'évêque dé Noyon avait pratiqué tout autre métier que celui d'orfèvre. Le choix ayant été fait par le peuple, le clergé s'est incliné et a béni toutes les assemblées convoquées au nom de saint Eloi, chapelles et pardons. Le cheval voué à saint Eloi (sant Alour) fait trois fois le tour de la chapelle, salue de la tête devant le portail, sous la conduite de son maître qui invoque le patron dans les termes suivants : « Toi qui es maître sur les chevaux, donne-leur pâture et santé. » Dans la paroisse de Paule, l'eau de la fontaine est versée sur le front de la bête, sur le garot, les oreilles et la croupe. Les chapelles de saint Eloi les plus connues sont dans les paroisses de Plouarzel, de Garlan, de Plouescat et de Ploudaniel (Finistère)." (L. Maître)

On voit que la place de saint Nicodème était réduite. Mais lui aussi était un protecteur du bétail sous le nom de Saint Egoutam:

"Le porc est peut-être la bête de la ferme la mieux soignée, car sa malpropreté l'expose à maintes maladies surtout à la ladrerie, contre laquelle on invoque saint Antoine, saint Ké et saint Hubert. La fontaine de Garlan a des vertus curatives auxquelles on a recours encore aujourd'hui, et qui procurent à la paroisse des offrandes abondantes. Si le porc est tourmenté par une forte migraine, ce qui n'est pas rare, les fermiers de Plouëgat-Moisan disent qu'il est frappé du mal de saint Nicodème (Drouc sant Egoutam). Comme il remue la tête avec violence, son maître lui verse dans les oreilles l'eau de la fontaine de Saint-Hubert, et lui fabrique un brouet de farine ou de son. Saint Nicodème est connu jusque dans le diocèse de Rennes, à Bréal-sous-Montfort, à l'occasion d'une grande assemblée de bestiaux."

"Saint Nicodème a sa chapelle et sa statue en la paroisse de Ploeven et en celle de Kergloff (Finistère). Dams le diocèse de Vannes, on montre une chapelle du xvie siècle à Plumeliau, une autre à Oueven restaurée au xve siècle. " (Léon Maître)

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I. LE RETABLE DE SAINT-ÉLOI.

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Attribution et datation. 

a) Pour la sculpture : Guillaume Le Poupon, retablier, selon Ducouret et Quillivic 1978.

rappel :

-Jean Le Poupon (atelier de sculpture sur bois à Quimper) réalisa avec son beau-père Jean Le Masson  maître menuisier demeurant en la Terre-au- Duc, à Quimper le tabernacle de Cleden-Cap-Sizun, puis en 1638 la statue de Notre-Dame-de-Liesse de Pluguffan

-Guillaume Le Poupon, peut-être son parent, époux de Françoise Bariou, exécuta seul en 1711 les retables de saint-Herbot et de saint Urlo de l'église de Châteauneuf-le-Faou, et en 1706  la chaire à prêcher de Locronan  ( marché  passé le 18 juillet 1706, pour la somme de 350 livres, à Louis Bariou et à son gendre Guillaume Le Poupon, menuisiers et sculpteurs à Quimper, sur le modèle de celui de Crozon.)

-Charles-Gabriel Le Poupon, maître-sculpteur à Quimper, peut-être le fils de Guillaume, est décédé le 13 septembre 1761 à plus de 60 ans. Il réalisa la statue de l'Ange gardien de Lanriec, et "vers 1770-1780" (mais en réalité donc avant) la chaire à prêcher de Plogonnec.

Le retable de saint Éloi est rapproché par Maurice Dilasser des médaillons de la chaire à prêcher de Locronan (1707) narrant la vie de saint Ronan. Ce qui justifierait l'attribution de la sculpture à Guillaume le Poupon, et la datation vers 1710.

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b) Jean Mozin, peintre et doreur entre 1720-1725, selon René Couffon, et Dilasser. 

Maurice Dilasser indique page 261 que Jan Mozin peintre et doreur de Quimper a réalisé le retable de la chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à Locronan en 1723, pour 200 livres, puis il écrit page 624  que ce retable de Saint-Nicodème "sans doute du XVIIIe mais repeint en 1829, provient du même atelier que celui de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle .

Pour Couffon, " Retable, niches et statues de la chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle furent repeints et dorés en 1723 par Jean Mozin, de Quimper".

On peut sans doute l'assimiler ou l'apparenter avec Jean Moysin, maître-peintre en 1698, qui étoffe et dore une image de Notre-Dame du Paradis à Saint-Matthieu de Quimper en 1676 et à Pleyben en 1684" (Castel et Thomas) et dont le beau-père était Charles Bertrand, maître peintre et doreur à Quimper ? Ou encore avec ce  "Jean Moysin à Locronan en 1723 qui s'oblige à « (...) peindre la croix de pierre étant vis à vis de la dite chapelle (Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle) »" (Sophie Duhem 1997) ?

Doit-on conclure que le retable a été sculpté par Guillaume Le Poupon, puis repeint et doré par Jan Mozin ? Et ce retable comprenait-il des dorures, avant sa restauration de 1829 ?

La période d'attribution correspond aux années où Pierre FURIC DE SAINT-MORAN était recteur (1710-1731) : c'est lui dont le nom figure au dessus de la fenêtre de la sacristie.

Rappel : 1720 nous place sous la Régence, 5 ans après la mort de Louis XIV.

 

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Description.

Il comporte quatre travées dont trois placées au dessus de l'autel, sculpté en bas-relief, et un quatrième en retour à droite sur le mur-pignon du transept avec une console accueillant un groupe en ronde-bosse.

L'ensemble du dessus de l'autel comporte lui-même un tableau rectangulaire en bas-relief entre deux colonnes engagées cannelées, et deux médaillons ovales encadrés d'entrelacs.

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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1°) Le tableau central : les miracles de saint Éloi.

Source : la Vita Eligii, historia et laus de saint Eloi, par saint Ouen, évêque de Rouen, ou  Vie de saint Éloi, composée au VIIe siècle et remaniée au VIIIe siècle . L' édition la plus accessible de la Vita Eligii est celle de J.-P. Migne, Patrologie Latine, t. 87, Paris, 1863, col. 479-594, mais j'ai puisé dans des textes plus anciens, qui procèdent tous de cette Vita.

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a) "Le Pendu d'Eloi"

En haut à gauche, c'est le miracle du pendu détaché de sa corde par l'intervention précoce du saint. Divers saints ont sauvé des pendus (le plus connu étant saint Jacques), mais Éloi est le seul à le faire avant la mort du malheureux. 

Dans le poème en picard publié par Peigné-Delacourt, le chapitre 28 est consacré au récit de ce miracle. Chapitre XXVIII pages 55 à 57,  Il ressuscita un homme qui avait été pendu tout un jour, et le délivra de ses ennemis. https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5432031z/f81.item.r=pendu.texteImage

Le récit toujours à Strasbourg  est raconté par Coraly-Pirmez en 1897  dans Histoires et Légendes : 

 

"Un jour, Éloi, passant à Strasbourg, apprend qu'on vient d'exécuter un criminel ; il court au lieu du supplice, fait détacher l'infortuné et va procéder à l'enterrement, lorsque soudain le pendu ouvre les yeux et dit d'une voix étranglée : – Pitié, pitié ! Monseigneur Éloi ! 
Le trésorier obtint la grâce du ressuscité. Celui- ci suivait Éloi comme une ombre. 
Le peuple l'appela, dès lors, le pendu d'Eloi (
Collin de Plancy, Légendes de l'Histoire de France, folio 184. ).  " https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k63066352/f367.item.r=pendu.texteImage

Ou encore :

"Charité de saint Eloi pour ensevelir ceux qui avoient été suppliciés. — Rien n'échappait à la charité de saint Eloi. Il vit avec compassion dans ses voyages que les corps de ceux qui avoient été condamnés à mort par la justice demeuraient sans sépulture pendus à des arbres, ou exposés sur la roue. Il obtint du roi la permission de les enterrer, et il députa deux de ses domestiques pour aller exercer cette bonne œuvre dans les diverses provinces. Eloi, étant lui-même un jour proche de Strasbourg, fit ôter du gibet un homme qu'on venait de pendre; et il était sur le point de l'enterrer , lorsqu'il s'aperçut qu'il n'était pas mort. Il obtint sa grâce du roi, et le garda à son service : mais ce malheureux n'y demeura pas longtemps." (Jacques Longueval, Histoire de l'église anglicane)

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Enfin, la source la plus proche de la date de réalisation de ce retable donne ce récit :

"Entre les faveurs et privilèges que S. Eloi avait reçu du Roi, celui-ci en était un , qu'il pouvait librement et en toute assurance ensevelir en tous lieux les corps des personnes condamnées à la mort soit par ordonnance du Prince, soit par sentence des juges ayant à ces fins la puissance de faire dépendre les corps des fourches patibulaires, et les enlever de dessus les roues , tant dedans les villes qu'aux champs, pour leur donner la sépulture. Or il choisit entre tous ceux de sa suite pour être fossoyeurs , Gallebot Vincent avec leurs compagnons, pour vaquer à ce pieux et charitable office, et pour avoir seing qu'en quelque endroit qu'il acrainast soit dans les lieux voisins, soit dans les éloignés, ìls portassent toujours avec eux des pioches et hoyaux afin que rencontrant un corps mort,ils eussent moyen aussitôt de lui donner la sépulture.

Un jour donc qu'il était à la suite du Roi, passant dans le pais de Lorraine ils arrivèrent à la ville de Strasbourg,de laquelle étant tous proches, regardant de loin ils virent un homme attaché à une potence , qui avait été pendu et étranglé ce jour là. Vers lequel ils se transportèrent aussi tôt en diligence pour le détacher, afin que suivant leur coutume, ils le missent en terre, et lui donnassent la sépulture. Mais le saint homme ressentit au même instant une vertu divine qui le portait à opérer,de sorte qu'approchant avec promptitude de ce cadavre pendant que l'on préparait la fosse, il commença à le toucher & manier depuis le haut jusques en bas. Et incontinent après reconnaissant que la vie lui était restituée, il s'efforça avec beaucoup d'industrie de cacher le mérite de cet oeuvre, afin qu'il ne lui fut attribué, leur disant; Mon Dieu, quel crime allions nous commettre sans l'assistance du Ciel, si nous eussions enterré ce corps qui est vivant et animé? A ces paroles chacun demeura étonné puis ayant commandé qu'on lui baillat des habits et vêtements pour le couvrir, et qu'on la fie demeurer quelque temps de repos, ce pauvre homme reprit ses esprits ; & étant revenu à soi il commença en la présence d'eux tous de se lever et marcher comme si jamais il n'eut enduré aucun mal ni douleur. Ce qu'ayant été su et divulgué avant la ville , les parties adverses de ce pauvre condamné y accourant, voulurent l'enlever de leurs mains et le ramener derechef au gibet : Mais saint Eloi les en empêcha non sans assez de difficulté, s'étant retiré au même instant par devers le Roi pour lui obtenir son pardon, et par ce moyen le garantit & mit en liberté. Cet homme après avoir demeuré quelque temps à la suite de saint Eloi, se retira de l'avis et consentement du Saint, comme il est à croire, pour supprimer aux yeux des hommes, l'éclat & la grandeur de cette mémorable action, de sorte qu'il ne parut plus." (Montigny)

 

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Retable et statues de saint Éloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Éloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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"Le pendu d'Éloi"

Retable et statues de saint Éloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Éloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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b) Saint Éloi guérit les sourds, les aveugles et les infirmes.

Le saint, à proximité d'une chapelle vitrée et suivit par un prêtre, trace une bénédiction sur trois hommes, dont le premier, à genoux, a les yeux clos, l'autre place ses mains sur la poitrine et le troisième montre, en touchant son oreille, qu'il entend désormais.

L' élément remarquable est la tenue du saint, qui est celle d'un prêtre du XVIIIe siècle, en camail, soutane à rabat, surplis court de dentelle blanche, et ruban à croix pectorale. Tous ces détails sont propres notamment à la tenue d'un chanoine ou d'un prélat.

http://network.icom.museum/fileadmin/user_upload/minisites/costume/pdf/Milan_2016_Proceedings_-_Berthod.pdf

https://fr.wikipedia.org/wiki/Costume_eccl%C3%A9siastique#/media/Fichier:Mgr_Eijk-Heilig_Bloed.JPG

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Retable et statues de saint Éloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Éloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Le médaillon de droite : saint Éloi et le roi Clotaire et le reliquaire. Le saint fournit deux reliquaires alors qu'il ne lui avait été fourni la matière que d'un seul.

 

 

fusion de deux épisodes, le prodige des deux trônes et le refus d'Eloi de prêter serment sur un reliquaire.

Éloi entra au service de l'orfèvre Bobbon, qui reçut une commande du roi Clotaire II pour la fabrication d'un trône d'or orné de pierres précieuses.

Clotaire II donna à Bobbon la quantité d'or nécessaire à la fabrication du siège, qui fut transmise à Éloi. Celui-ci fabriqua deux trônes en évitant la fraude sur la quantité d'or en ne prenant pas « prétexte des morsures de la lime, ou celui de la trop grande ardeur du feu ».

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89loi_de_Noyon#/media/Fichier:Saint_Eloi_remet_deux_selles_%C3%A0_Clotaire_II.jpg

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Retable et statues de saint Éloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Éloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Le médaillon de gauche.  La mère du saint reçoit le présage du lieu de sa naissance.

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Ce médaillon n'a pas été interprété correctement jusqu'à présent, H. Pérénnés y voyant "une femme qu'il protège contre un oiseau de proie survolant la forêt."

 Il illustre en réalité le chapitre 2 de la Vie de saint Éloi :

Du présage qui arriva à la mère, étant grosse de l'enfant.

"Saint Eloi étant encore au ventre de sa mère, elle eut une vision telle qui ensuit. Il lui sembla voir un aigle d'une rare beauté voltiger sur son lit, qui s'abaissant par trois fois lui promit choses grandes. Elle éveillée au son de cette voix, demeura toute effrayée, et fut longtemps à penser que pouvait signifier cette vision. Enfin à quelque temps de là, arriva l'heure de sa couche, et comme elle était en travail d'enfant, elle fut en grand péril de mort : de sorte que l'on y appela un bon Prêtre craignant Dieu, et grand homme de bien, afin qu'il priât pour elle: lequel à I'abord poussé d'un esprit prophétique , commença de lui dire " La bonne mère, ne craignez point, car je vous assure que notre Seigneur bénira votre couche, et vous donnera un fruit saint et heureux. L'enfant que vous mettrez au monde , sera quelque jour un grand personnage  étant choisi de Dieu , pour être un insigne Prélat en son Eglise." (Vie de Sainct Eloy de 1626 page 3)

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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La partie droite : groupe sculpté du Miracle de saint Éloi maréchal-ferrant (bois peint, ronde bosse).

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Saint Éloi coupe la patte du cheval qu'un inconnu lui demande ferrer, afin de procéder plus facilement, avant de la remettre  miraculeusement en place. Le cheval est de petite taille et au harnachement sommaire (une selle, un mors et ses rênes). Éloi est accompagné d'un apprenti coiffé d'un bonnet rouge (ou bien du noble seigneur qui lui confie sa monture).

C'est l'épisode légendaire le plus représenté, celui qui sert d'attribut d'identification au saint, même lorsqu'il est réduit à un outil, une enclume ou un fer, mais il n'appartient pas à la Vita Eglegii. C'est celui qui est représenté sur la verrière des forgerons de Fribourg en 1320, sur la  tapisserie de Beaune , ou à la chapelle du Crann sur un vitrail de 1550. Voir ce dernier article pour le récit de la légende.

La verrière des Forgerons (Schmiedefenster) de la cathédrale de Fribourg

Tapisserie de saint Éloi de Beaune.

La verrière de saint Éloi à la chapelle Notre-Dame-du-Crann

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Ici, le saint ne porte pas le tablier propre aux maréchaux-ferrants, mais une soutane et la barrette des recteurs du XVIIIe siècle, au dessus d'une chevelure bouclée qui tient de la perruque. Aucune marque professionnelle n'est présente, hormis le marteau qui est bien évidement récent.

 

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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LA STATUE DE SAINT ÉLOI MARÉCHAL-FERRANT (pierre polychrome, XVIe).

C'est pour moi la plus belle pièce de la chapelle. Elle appartenait à un ensemble plus vaste , elle mesure 1,10 m, et pèse 200 kg, et est en granite jaune peint . Saint Éloi portant le tablier de maréchal-ferrant frappe sur le fer, gardant la tenaille fixée près de sa cuisse gauche. Son marteau rudimentaire est en L. Il est coiffé du bonnet propre aux artisans.

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile 13 juin 2019.

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Groupe : cavalier et cheval (pierre).

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Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile  juin 2019.

Retable et statues de saint Eloi, transept sud de la chapelle Saint-Nicodème. Photographie lavieb-aile juin 2019.

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SOURCES ET LIENS.

 

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred) 1988, Notice sur Ploéven,  Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3cfe40fff167ac9a521b6a1d446936d8.pdf

 

Mobilier : Aux autels latéraux, retables du début du XVIIIè siècle, peints vers 1720-1725 par Jean Mozin, peintre et doreur de Quimper. Sur ces retables, outre les statues des saints Isidore (au nord) et Eloi (au sud), trois bas-reliefs polychromes évoquent la vie de chacun de ces saints. La date de 1829 sur l'autel de saint Isidore indique une restauration des peintures. saint Eloi tenant le pied coupé du cheval ; - en pierre polychrome :saint Alar ou Eloi à son enclume, XVIe siècle. 

 

— COUFFON (René), Quelques considérations sur la sculpture religieuse en Basse-Bretagne du XIIIe au XIXe siècle.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_77/La_sculpture_religieuse_en_Basse_Bretagne_.pdf

— DEBIDOUR (V-H.), 1953,  La sculpture bretonne, Rennes 1953.

— DILASSER (Maurice), 1979, Un pays de Cornouaille,  Locronan et sa région

— DUCOURET  (Jean-Pierre), QUILLIVIC, (Claude), 1978, notice pour l'Inventaire général

http://www.inventaire.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER_TITLE&LEVEL=1&GRP=0&REQ=%28%28Plo%e9ven%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Plo%e9ven&SYN=1&IMAGE_ONLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=200&DOM=Tous

 

— PÉRÉNNÈS (Henri), 1940, Ploéven, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et du Léon, Bulletin Diocésain d'Histoire et d' Archéologie  de Quimper ( BDHA) 

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1940.pdf

 

 

Au coin du croisillon est une grande statue en kersanton de Saint Alar ou Eloi, avec tenailles et enclume. Du côté Midi le transept est réservé à saint Alar qui y a son autel, en granit revêtu de bois. Tout autour, dans des panneaux ou médaillons du retable, sont présentées, en relief, des scènes de Ia vie du Saint. Ici, costumé en évêque et accompagné d'un prêtre, il guérit un aveugle et un sourd ; plus haut il brise la corde et le carcan qui retenaient un jeune homme condamné à la potence ; là c'est une femme qu'il protège contre un oiseau de proie survolant la forêt. Plus loin il ferre un cheval dont il a détaché le pied ; ailleurs enfin, le Saint présente au roi Dagobert, entouré de ses gardes de corps, des ouvrages d'orfèvrerie .

 

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— MONTIGNY : Histoire de la vie vertus, mort & miracles de Sainct Eloy... par sainct Ouen... et traduite en François par Louis de Montigny, chez Sebastien Cramoisy, 1626

— Abbé Parenty ,Vie de saint Eloi, évêque de Noyon et de Tournai Ouen, Casterman, 1851

— PEIGNÉ-DELACOURT, Les miracles de saint Éloi, poème du XIIIe siècle, publié pour la première fois d'après le manuscrit de la bibliothèque bodleïenne et annoté Li Miracles de mesires sains Elois  1 vol. (128 p.) : fig., pl. ; 23 cm

Bibliothèque nationale de France, département Littérature et art, 8-YE-2585

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5432031z

Chapitre XXVIII pages 55 à 57

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5432031z/f81.item.r=pendu.texteImage

 

 

— Maître Léon. Les saints guérisseurs et les pélerinages en Armorique (suite). In: Revue d'histoire de l'Église de France, tome 8, n°41, 1922. pp. 430-440; doi : https://doi.org/10.3406/rhef.1922.2250 https://www.persee.fr/doc/rhef_0300-9505_1922_num_8_41_2250

 

https://www.persee.fr/docAsPDF/rhef_0300-9505_1922_num_8_41_2250.pdf

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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