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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 22:46

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Zoonymie des Odonates : avant l'ère des noms, celle des enluminures. Quatre libellules du Bréviaire Grimani (1510-1520) à la Bibliothèque Marciana de Venise.

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Voir aussi :

 

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INTRODUCTION.

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Le Bréviaire Grimani est un bréviaire à usage franciscain  actuellement conservé à la Biblioteca Marciana à Venise.  Ce  manuscrit enluminé  réalisé en Flandres entre 1510 et 1514 est l'un des plus célèbres manuscrits de l'école ganto-brugeoise. Il est décrit de façon détaillé sur l'article Wikipédia  Breviarium-Grimani en néerlandais, et par Kren  & Mckendrick sous leur n°126 page 420 . Son premier propriétaire a été Antonio Siciliano, ambassadeur du duc de Milan Maximilien Sforza à la cour de Marguerite d'Autriche à Malines en 1514. Il le vendit pour 500 ducas d'or au cardinal Dominico Grimani.

 

Le manuscrit contient parmi ses 832 folios les 12 miniatures pleines pages et les 12 miniatures de bas de page du calendrier, mais aussi 50 miniatures en pleine page et 18 miniatures de grande taille et 18 autres de plus petite taille ainsi que de nombreuses bordures historiées.

Le style des enluminures est typique du style de l'école ganto-brugeoise du XVIe siècle. Plusieurs mains sont distinguées. Les miniatures les plus archaïsantes sont attribuées au peintre Alexandre Bening. La plupart des autres sont attribuées à son fils Simon Bening et à son atelier. Quelques miniatures— celles du Calendrier—  ont été toutefois attribuées au Maître de Jacques IV d'Écosse (depuis identifié à Gerard Horenbout) et d'autre à Gérard David et au « Maître des scènes de David du Bréviaire Grimani ».

Il comporte 

— Un calendrier. Les enluminures en diptyque attribuées aujourd'hui au Maître de Jacques  IV d'Ecosse sont inspirées de celles des frères Limbourg pour les Très Riches Heures de Jean de Berry. Ce modèle était à cette époque à Malines, dans la bibliothèque de Marguerite d'Autriche  et était donc probablement accessible au peintre.

le Temporal : 14v-174v. 

Des Rubriques

Un Psautier :  ff 286v-400v : 8 enluminures par le «Maître des scènes de David dans le bréviaire de Grimani», élève du Maître de Jacques IV d'Ecosse. Elles   débutent par la Chute d'Adam et Éve et se poursuivent en illustrantle Psaumes 1, 26, 38, 68, 80 et 97.  

le Commun des saints Commune sanctorum ff 401-448.

L'Office des Morts et les Heures de la Vierge ff.449v-476v.

Le Propre des saints Propium sanctorum ff. ou Sanctoral ff 468v-831v.

L'encadrement des enluminures sont de trois types.

1.Soit les miniatures pleine page se passent d encadrement.

2.Soit elles ressemblent à un retable en bois, dans un cadre ayant une couleur de bois doré.

3.Soit il s'agit de la bordure propre au style ganto-brugeois, soucieux de naturalisme et de réalisme, d'illusion de relief avec des ombres portées, et d' une disposition aérée éloignée de la saturation médiévale par horror vacui. Trois sous-types sont distingués : 

  • Une marge colorée en jaune avec des fleurs éparpillées, des oiseaux et des insectes : c'est là que nous trouverons nos libellules. C'est le type 3a de l'auteur de l'article Wikipédia

  • Une marge colorée décorée de rinceaux de feuilles d'acanthes séparés par des insectes et des oiseaux. Les libellules y seront aussi recherchées

  • Une marge colorée ornée de bijoux et de perles.

    Comme pour la plupart des manuscrits, les opinions des historiens de l'art divergent sur les miniaturistes qui ont contribué au bréviaire. Tout d'abord, il y a ceux qui attribuent l'illumination à Gérard Horenbout  et à Alexander Bening  et à son fils Simon Bening . D'autres parlent de maître de Jacques IV d'Ecosse, identifié dans les œuvres plus anciennes avec Gérard Horenbout et le maître Maximilien qui à son tour est identifié comme Alexander Bening. Certaines miniatures sont attribuées à Gerard David . 

    De nos jours, en 2013, la plupart des historiens d'art s'accordent sur les interventions du  maître de Jacques IV d'Ecosse, Alexander Bening, les scènes de Maître de David dans le Bréviaire Brimani , Gerard David et Simon Bening.

    En 1977 Erik Drigsdahl a cru reconnaître dans une inscription de bordure du folio 339v les lettres   A  . BE . NI . 7I.  Il a pensé y voir la signature d'Alexander Bening suivi de son âge de 71 ans , et suggère que cet artiste avait 71 ans en 1515. A. BE + NC + 71 [A.(lexander) BE(ni)NC 71] . Thomas Kren a fait l'éloge de cette observation, pourtant bien audacieuse.

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    LE BRÉVIAIRE GRIMANI ET LES ODONATES (LIBELLULES).

     

    Ce bréviaire est célèbre parmi les entomologistes et notamment les odonatologistes car il renferme au folio 781v (donc, dans le Propre des saints) une miniature comportant dans son coin inférieur droit une magnifique libellule. Elle a été signalée dans la revue Odonatologica en 1991 par R. Rudolph — un spécialiste qui a publié notamment en 1973 sur l'histologie de la larve de Aeshna cyanea — qui y a reconnu le genre Aeshna , en s'appuyant sur les travaux de Pichetti 1949 sans en donner les références bibliographiques :

    "An Aeshna is illustrated in the Italian "Breviario Grimani" dating from 1495-1500 (PICHETTI, 1949)."

    La même année et dans la même revue Odonatologica, Philip S. Corbet, éminent spécialiste des Libellules, signale aussi ce Bréviaire.

     

    "Much later, we find dragonflies beautifully depicted in the Gutenberg Bible of 1453 (Rudolph, 1991) and in certain medieval breviaries, for example the Breviario Grimani (Conci & Neilsen, 1956), the Belleville Breviary from the workshop of Jean Pucelle in Paris (Hutchinson, 1978) and the Livre d’Heures d’Anne de Bretagne illustrated by Jean Bourdichon (Frain, 1989)."

    Dans l'ouvrage de C. Conci et C. Neilsen cité en référence,  Fauna d’Italia, Vol. 1. Odonata. Calderini, Bologna,  1956, on peut lire l'identification d'un "Escnide" sans-doute pour "Aeshnidae ".:

    "Nessuna notizia riguardante gli Odonati ci è pervenuta dall'antichità. Il primo documento su questi Insetti, a quanto ci è noto, è un fregio miniato rappresentante, in grandezza naturale e con sorprendente efficacia, un Escnide, riportato nel foglio 181 v. del Breviario Grimani (Venezia, Biblioteca di S. Marco), databile fra gli anni 1490 e 1500 (PICCHETTI, 1949). Abbiamo riprodotto nella tavola fuori testo tale preziosa miniatura. Il primo naturalista che scrisse sulle fu Ulisse Aldrovandi."

    La publication initiale est donc celle d'Enricho PICCHETTI, "Libella-ula,  Atti Ist. Veneto Sc. Lett. E Arti, CVII, II, pp.269-279, 1949", dont je parviens à retrouver le texte. C'est lui qui, dans un article passionnant de Zoonymie, donne la meilleure description(seule la foliation est inexacte) et prend parti pour le genre Aeshna :

    "Esistono pero documentazioni iconografische anteriori. Al foglio 181v del Breviario Grimani (Venezia, Biblioteca di S. Marco), che con sufficente esattezza collocare fra gli anni 1490-1500, si puo vedere raffigurato, nell' angolo destro inferiore del fregio miniato marginale, un bell'esemplare di « Aeschna », in grandezza naturrale, screziato di azzurro, verde, giallo, ritratto con sorprendente efficacia veristica."

    "Mais il y a des images iconographiques antérieures. Sur la feuille 181v du bréviaire de Grimani (Venise, Biblioteca di S. Marco), qui avec une précision suffisante peut être daté entre les années 1490-1500, un bel exemple de "Aeschna" peut être vu dans le coin inférieur droit de la frise marginale de la miniature. », en grandeur nature, marbré de bleu, vert, jaune, et  dépeint avec une efficacité réaliste surprenante."

    Enfin, dans la partie historique (chapitre 4) de leur publication Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg, Daniel Grand et Jean-Pierre Boudot ont fait figurer la reproduction du folio 781v du Bréviaire Grimani, sans la décrire.

    En définitive, cette libellule n'a pas été décrite sauf par Picchetti, et pas davantage le folio qui la contient. 

    En outre, le Bréviaire contient au moins trois autres Libellules. Comme il n'est pas numérisé et consultable en ligne, ce décompte dépend du hasard des pages accessibles. 

    C'est à leur description que je vais me consacrer maintenant.


     

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc faisant le portrait de la Vierge.

     

    Cette enluminure du Propre des Saints est attribuée soit à Simon Bening, soit à son père Alexander Bening " ou Maître du Premier Livre de Prière de Maximilien (Alexander Bening ?) " selon E. Morrison et T. Kren en 2007. 

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     — Alexander Bening appelé aussi Sanders Bening est un peintre enlumineur actif entre 1469 et 1519 en Flandre.

    Originaire de la ville de Gand, il est actif dans cette ville ainsi qu'à Bruges et Anvers. La première mention dans les archives à son propos est son inscription à la guilde de Saint-Luc en 1469, cautionné par Hugo van der Goes et Joos van Wassenhove.

    — Simon Bening est généralement considéré comme le dernier grand miniaturiste flamand avant Joris Hoefnagel, d'Anvers.

    Il naît vers 1483, à Gand ou à Bruges. Il est fils d'Alexandre Bening  et de Catherine van der Goes (probablement une nièce ou la soeur du peintre Hugo van der Goes). Il fait son apprentissage dans l'atelier d'enluminure de son père, à Gand puis s'installe ensuite (vers 1500) à Bruges, où il acquiert rapidement une grande renommée. Il devient membre de la Guilde de Saint Luc de Bruges  en 1508 . Il connut un succès rapide et fut au moins trois fois doyen des calligraphes, libraires, enlumineurs et relieurs de la Guilde de  Saint Luc. Selon Smeyers son nom apparaît régulièrement depuis 1517 en charge de la confrérie.

    En 1519, Simon Bening devint citoyen de Bruges, où il s'installa apparemment à l'époque de la mort de son père. En 1555, il payait toujours sa contribution annuelle à la confrérie de Bruges, il avait donc une longue carrière et était aussi un artiste célèbre de son vivant. Francisco da Hollanda , le critique d'art portugais, l'a appelé le plus grand miniaturiste en Europe et Vasari l' appelle aussi un excellent enlumineur. Il meurt à Bruges le 6 novembre 1561.

    Dans l'art de la miniature flamande, il a été un innovateur de la représentation de la nature et du paysage dans la continuation du Maître de Jacques IV d'Écosse et d' autres membres de l' école de Gand-Bruges .

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    La miniature principale et le texte.

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    La miniature centrale montre saint Luc, identifiable par son Taureau, dans sa chambre (lit, cheminée, meubles) devant un chevalet où il peint le portrait de la Vierge, puisque la Tradition voulait que ce soit lui qui ait été l'auteur du premier portrait de Marie. C'est cette tradition qui fait de Luc le patron des peintres, et qui explique que les Guildes des imagiers flamands aient pris son nom. Le sujet a été peint par Rogier van der Weyden en 1435 pour la Guilde de Bruxelles, par Jean Fouquet pour les Heures de Jean Robertet vers 1460, par Bourdichon au folio 19v des Grandes Heures d'Anne de Bretagne vers 1503, etc...

    (On notera que Jean Fouquet a peint, pour montrer l'excellence de son talent à rendre l'illusion du réel, des fioles en verre sur une étagère).

    La rubrique qui indique IN : FES : S : LUCE : EUUANGELISTE :  ORATIO. précède l'Oraison :

    In festo sancti luce Euangeliste : oratio.  Interueniat pro nobis quesumus domine sanctus tuus lucas euangelista qui crucis mortificationem iugiter in suo corpore pro tui nominis honore portauit. (voir Bréviaire)

    La rubrique suivante se lit HIERONYMUS IN LIBRO ILLUSTRIUM VIRORUM : LECTIO : PRIMA.

     

    La Lecture qui suit  est extraite du chapitre 17 du De viri illustribus de Saint Jérôme, texte qui appartient bien au Propre du Bréviaire pour la saint Luc le 18 octobre (2ème Nocturne de l'Office  de nuit)  :

     

     Lucas, medicus Antiochensis, ut eius scripta indicant Graeci sermonis non ignarus fuit. sectator apostoli Pauli et omnis eius peregrinationis comes, scripsit evangelium de quo idem Paulus: Misimus, inquit, cum illo fratrem cuius laus est in evangelio per omnes ecclesias, et ad Colossenes: Salutat vos Lucas medicus carissimus, et ad Timotheum: Lucas est mecum solus. aliud quoque edidit volumen egregium quod titulo apostolicorum πραξεων praenotatur, cuius historia usque ad biennium Romae commorantis Pauli pervenit, id est, usque ad quartum Neronis annum, ex quo intelligimus in eadem urbe librum esse compositum. 

     

    Lucas d'Antioche médecin de profession, et savant dans la langue grecque, comme il paraît par ses écrits, fut disciple de l'Apôtre saint Paul, et le compagnon de tous ses voyages. Il a écrit l'Évangile, et c'est de lui que le même Apôtre dit : Nous avons envoyé avec lui un des frères qui est devenu célèbre par l'Évangile dans toutes les Églises. Et dans la Lettre aux Colossiens : Notre très cher Luc Médecin vous salue. Et dans celle à Timothée : Luc est seul avec moi. Il a composé un autre excellent Livre, intitulé les Actes des Apôtres, dont l'histoire s'étend jusques aux deux ans que saint Paul demeura à Rome, c'est à dire jusqu'à la quatrième année de Néron. Ce qui nous a fait juger que c'est dans cette ville que ce Livre a été composé.

     

    Au bas de la seconde colonne débute  la Leçon 5:

    Igitur de laudibus  pauli & tecle, & totam baptizati leonis fabulam, inter apocryphas scripturas computamus. Quale enim est, ut individuus comes Ap[osto]li, inter ce[teras ejus res hoc solum ignoraverit ?]

    Nous mettons donc au nombre des écritures apocryphes les voyages de Paul et de Thècle et toute la fable du baptême d'un lion. Car quelle apparence y a-t-il que le compagnon inséparable de l'Apôtre ait ignoré cette seule chose de toutes celles qui sont arrivées ?

    Note : on trouve habituellement Igitur  periodos  [περιοδους] Pauli et Theclae (ici)

     

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    Les bordures.

    On y voit deux sortes de violettes (la violette bleue Viola odorata ? et la violette blanche V. alba ?), disposées soigneusement, soit en boutons, soit épanouies alignées ou en sens croisé le long des marges.  Un papillon diurne appartenant aux Nymphalidés et sans-doute aux Satyrines  n'est pas éloigné du Fadet commun, par exemple. Je ne tenterai pas d'identifier la mouche qui descend la marge extérieure. Outre la présence des ombres des objets naturels sur le fond jaune, l'impression de réalité est rendue par un verre d'eau posé sur une surface en coin, comme celui d'une table, et par les reflets du verre, par le niveau de l'eau et par les tiges des violettes qui y ont été placées.   Mais l'effet de trompe-l'œil est surtout rendu par la position en diagonale de la libellule du coin inférieur, vue du dessus, et dont tout concoure à nous faire croire qu'elle s'est posée là, attirée par les fleurs, pendant que le peintre faisait sècher ses derniers coups de pinceaux. Car non seulement la transparence de ses ailes laisse voir les spécimens botaniques, non seulement les ailes gauches sortent de la fiction picturale et débordent la marge blanche extérieure en franchissant allègrement la double ligne du fin encadrement,  non seulement la queue croise le cadre de la colonne droite du texte, non seulement les pattes sont posées, non pas au hasard, mais sur les pétales ou le calice, mais enfin les ailes droites, croisant les deux colonnes du texte, laissent voir les caractères de l'écriture liturgique

    Cet exemple de trompe-l'œil est le seul type d'illusionnisme trouvé dans le Bréviaire Grimani (Morrison et Kren 2007 p. 176 note 459-89) :  « Voyez aussi un petit livre d'heures illustré par Simon Bening et ses associés à Francfort, dans lequel une libellule est peinte de manière similaire avec ses ailes transparentes s'étendant hors au dessus du texte dans la bordure et dans une partie de la marge extérieure. (Francfort , Museum für Kuntsthandwerk, Ms LM 56 fol. 17) ».

    "459–89. Elizabeth Moodey reminds me that this striking example of trompe l’oeil on the page with a portrayal of Saint Luke is the only instance of this kind of illusionism found in the Grimani Breviary. See also a small book of hours illustrated by Simon Bening and associates in Frankfurt, in which a dragonfly is similarly portrayed with transparent wings extending over text, decorated panel borders, and part of the outer margin (Frankfurt, Museum für Kunsthandwerk, Ms. LM 56, fol. 17).

    Significantly, this occurs once again on a page with a miniature of Saint Luke, and it is again the only instance of this kind of bravura trompe l’oeil involving text, decorated border, and margin in the manuscript in which it appears; see color reproduction in the catalogue of the exhibition at the Städelsches Kunstinstitut und Städtische Galerie, Frankfurt am Main: Jochen Sander, Die Entdeckung der Kunst: Niederländische Kunst des 15. und 16. Jahrhunderts in Frankfurt (Mainz: P. von Zabern, 1995), 172, fig. 164, 198, no. 25. 17. See the discussion of related notions by Robert G. Calkins, “Sacred Image and Illusion in Late Flemish Manuscripts,” in Essays in Medieval Studies: Proceedings of the Illinois Medieval A"

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    Pourtant, on retrouve ce procédé utilisé en 1503-1508 par Jean Bourdichon, exclusivement avec des libellules, dans les Grandes Heures d'Anne de Bretagne : les ailes débordent soit sur la marge blanche extérieure, soit sur le texte placé à l'intérieur. Deux à sept ans avant la date estimée de ce Bréviaire.

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    Il est certainement significatif que Simon Bening réalise ici quelque chose d'exceptionnel : en tant que membre et doyen de la Guilde de Saint-Luc, et plusieurs fois doyen, il se devait de créer pour ce folio consacré au patron des peintres quelque chose comme un chef d'œuvre, une démonstration de son savoir-faire. 

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc faisant le portrait de la Vierge.

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc faisant le portrait de la Vierge.

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    La libellule.

    Sa description est limitée par la résolution assez limitée des images qui nous sont proposées. Les entomologistes ont-ils pu voir l'original, ou le fac-similé paru chez Salerno Editrice ? Les critères concernant la nervuration des ailes ne sont pas utilisables, et d'autres critères vont également devoir être écartés.

    Ses ailes sont étendues  sur le coté, comme les Anisoptères, mais les ptérostigmas ne sont pas visibles sur ces clichés. Les yeux, bleus, sont en contact par leur partie interne sur une certaine longueur, ce qui définit les Aesnidae (clef de détermination  Grand et Boudot p. 154). L'angle anal des ailes postérieures est très marqué, comme dans le genre Aeshna. L'abdomen est noir à marques bleues, j'écarte donc A. isoceles (corps brun à roux) et A. grandis (couleur générale brune, ailes très enfumées). Le thorax est sphérique, noir avec des taches en mosaïque : j'écarte A. caerulea, au thorax brun, aux marques bleues de l'abdomen laissant peu de noir entre elles, et qui n'est pas observée (aujourd'hui) dans les Flandres et dans la moitié nord de la  France. 

    On voit très bien, sur le deuxième segment S2 de l'abdomen, une marque jaune "en clou" (la tête du clou vers le thorax). Cette marque est présente chez A. mixta et chez A. Cyanea. J'écarte ainsi l'Aeschne printanière, qui, de toute façon,  est du genre Brachytron et non Aeshna. J'observe aussi que S1 est bleu, que l'abdomen s'étrangle un peu sous S2, et que les dernières taches bleues, lorsqu'elles croisent le montant du cadre factice, sont réunies en une seule. 

    Or, voici ce que je lis sur l'Aeschne bleue A. cyanea :

    "Le mâle et la femelle aeschne bleue (Aeshna cyanea) sont aisément reconnaissables à leurs deux grosses taches claires sur le dessus du thorax et aux deux derniers segments de leur abdomen dont les taches confluent pour former un bandeau clair caractéristique. 

    Les ailes postérieures du mâle adulte sont anguleuses à leur base, le deuxième segment de son abdomen présente un étranglement important." (Odonates costarmoricains)


    "Un des critères infaillibles de reconnaissance de l'espèce est facilement visible quand l'insecte est posé : la disposition des points bleus au bout de l'abdomen : les deux taches présentes sur chaque segment abdominal tendent à se rapprocher au fur et à mesure que l'on s'éloigne du thorax, puis fusionnent et forment une unique tache sur chacun des trois derniers segments.
    Seul le mâle est vert-noir-bleu, la femelle n'a pas de bleu." (Wikipédia)

    Aeshna mixta Wikipédia et Costarmoricain

    Aeshna juncea Wikipedia et Costarmoricain

    Aeshna cyanea Wikipedia et Costarmoricain

    Un moyen très utile est de comparer ces clichés du Brévaire à la Comparaison des Aeschnes sur Odonates costarmoricains

     

    Au total, je proposerai volontiers de reconnaître dans cette libellule de Simon Bening, non seulement le genre Aeshna, mais aussi l'espèce A. cyanea. Mais je ne suis pas docteur. Je laisse le micro aux spécialistes.

    Dans tous les cas, le miniaturiste a bien réussi son coup, et a réalisé un chef-d'œuvre qui va marquer l'histoire de l'odonatologie.

    Trois-quart de siècle plus tard, le miniaturiste Joris Hoefnagel va effectuer la même performance.

     

     

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc faisant le portrait de la Vierge.

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc faisant le portrait de la Vierge.

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc peignant la Vierge.

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc peignant la Vierge.

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 167v.

    Image : Tiziana Plebani 

    Ce folio 167v appartient au Temporal, mais je ne dispose pas de l'illustration de la page entière. J'imagine qu'elle est disposée comme celle-ci, que Salerno Editrice propose dans la présentation de son Fac-Similé de 2009 : deux colonnes de texte énumèrent les saints et les oraisons, et une bordure verticale sur fond jaune comporte des fleurs et un insecte avec un soin particulier donné à la vraisemblance naturaliste .

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    http://www.salernoeditrice.it/grimani/pagine/15.html

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    Le PowerPoint mis en ligne par Tiziana Plebani  ne reproduit que la bordure du folio 167v. de La fleur centrale est peinte avec beaucoup de précision. Les botanistes y reconnaitront-ils l' Iris germanica Iris violet, Iris bleu d'Allemagne, Iris flambe ? .

    La libellule a les yeux séparés et les ailes dressées, comme les Zygoptères. Les ptérostigmas ne sont pas peints.  Les yeux sont translucides.  Le thorax est jaune crème, dilaté et trapézoïdal. L'abdomen de couleur verte, fin, sans dilatation, est divisé en segments réguliers ; six sont visibles sur l'illustration. Il ne porte aucune marque. L'artiste s'est peut-être inspiré d'un membre de la famille des Lestidae  (du genre Lestes), sans fidélité entomologique exacte.

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    Libellule (Zygoptère) sur un Iris, Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 167v.

    Libellule (Zygoptère) sur un Iris, Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 167v.

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 478v : sainte Anne entre David et Salomon.

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    Je puise ce cliché dans le fac-similé publié par F. Ongania. Le folio 478v appartient au Sanctoral, et il est consacré à sainte Anne. Elle est assise sous un dais gothique devant une tenture portant des inscriptions (NOMEN ..) et elle tient un livre sur ses genoux.  Marie est montrée dans son ventre comme un petit enfant, indiquant qu'Anne est enceinte de sa fille, comme sur le vitrail de l'église de Brennilis (29) . Elle est entourée de David et Salomon, les deux rois de Juda, comme un abrégé de l'Arbre de Jessé, tandis que dans les nuées en haut à droite, Dieu le Père bénit cette conception miraculeuse.

    Cette peinture est décrite par l'abbé Delaunay en 1864 (Les Evangiles.., L. Curmer, page 195), ce qui donne accès aux inscriptions : celle qui sort de la bouche d'Anne et se dirige vers Dieu dit FRVCTVS MEVS HONORIS E HONESTATIS "Mon fruit est un fruit d'honneur et d'honnêteté" et celle qui provient de Marie in utero dit QVI ILLUCIDANT PER VITAM ETERNAM HABEBVNT, "Ceux qui me glorifient auront la vie éternelle" (Ecclésiaste 29:31). David s'écrit QVERITUR PECCATVM ILLIUS ET NON INVENIETVR "on cherchera son péché et on ne le ntrouvera point" (Ps. 9:36). Enfin l'inscription qui sort de la bouche de Salomon est rédigé de façon rétrograde et dit : PROGREDITVR QVASI AVRORA CONSVRGENS, "Elle s'avance comme l'aurore à son lever" , reprenant le Cantique des Cantiques 6:9. Dieu, vêtu d'une robe rose, tenant le globus cruciger, répond par un autre verset du Cantique des Cantiques (attribué à Salomon) : TOTA PVLCHRA EST, AMICA MEA NON EST IN TE "Tu es toute belle, ma bien-aimée, et il n'y a pas de tache en toi" (Cantique 4:7). 

    On voit que cette miniature reprend les arguments chers aux franciscains en faveur de l'Immaculée Conception, comme dans ce vitrail de la Collégiale de Moulins datant vers 1486.

    Cette  miniature est entourée d'une marge dans le style Gent-Bruges avec des fleurs alignées, des oiseaux et des insectes, objets naturels dont le relief est rendu par les ombres portées. Les fleurs sont des roses blanches, symbole de virginité, en bouton, semi ouvertes ou épanouies, alternant avec d'autres roses probablement rouges (la Chair ou l'Incarnation). Deux oiseaux ne sont pas identifiables, ils accompagnent un escargot, trois chenilles (qui renvoient aux mystères des métamorphoses), six papillons blancs à ocelles noirs, et une libellule.

    La qualité et le caractère monochrome de l'image ne permet pas de nous étendre sur la description de cet Odonate, malgré une apparence très prometteuse. Les ailes sont semi-dressées, l'abdomen incurvé (comme dans la posture de ponte) est assez épais et porte une ligne latérale de marques blanches et noires. Le thorax porte trois bandes blanches obliques assez caractéristiques. La position des ailes n'est pas incompatible avec un Anisoptère (une Aeschne ??) en train de pondre, mais je n'irai pas jusqu'à penser que l'artiste ait déliberemment choisi cette posture en relation avec la situation de sainte Anne portant sa Fille.

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    Image : https://archive.org/stream/lebreviairegrima00meir#page/n153/mode/2up

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 478v : sainte Anne entre David et Salomon.

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 478v : sainte Anne entre David et Salomon.

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 478v : sainte Anne entre David et Salomon.

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 478v : sainte Anne entre David et Salomon.

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 646b :  Saint Pierre délivré de prison par un ange. 

    Dans le même Sanctoral du Bréviaire, une grande enluminure montre saint Pierre dans sa prison du Carcer Tullianum ou Mamertine de Rome. L'Apôtre y aurait baptisé ses geôliers et 47 prisonniers avec l'eau d'un puits. Puis, il aurait été délivré par un ange, qui apparaît ici en grande cape (cappa magna). Le galon de cette cape damassée est brodée de perles traçant une inscription illisible (NEC ---RVES). À l'arrière-plan, nous voyons Pierre et l'ange s'éloigner.

    Comme dans le cas du folio précédent, la miniature est encadrée d'une bordure dans le style Gent-Bruges. Mais les roses blanches ou rouges, épanouies ou en bouton sont fixées au parchemin  par douze épingles en trompe-l'œil. Là encore, je ne me précipiterai pas à y voir un rapport avec les douze Apôtres, ou avec les fers par lesquels Pierre est incarcéré, mais j'y verrai un procédé supplémentaire de la panoplie d'illusionniste de Simon Bening pour convaincre le propriétaire de ce Bréviaire que le texte liturgique est placé dans l'herbier d'un humaniste soucieux de l'exploration encyclopédiste des petits objets de la Création.

    Outre ces 18 roses épinglées, nous trouvons aussi sept papillons (Lepidoptera), un criquet (Orthoptera) et une libellule (Odonata).

    Cet Odonate vu de haut et de 3/4 a les ailes réunies et dressées. Son abdomen qui s'affine vers son extrémité est clair dans sa partie dorsale, avec des marques triangulaires effilées noires. Les yeux semblent se toucher an leur bord interne.

     

    Image : https://archive.org/stream/lebreviairegrima00meir#page/n195/mode/2up

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 646b :  Saint Pierre délivré de prison par un ange. 

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 646b :  Saint Pierre délivré de prison par un ange. 

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 646b :  Saint Pierre délivré de prison par un ange. 

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 646b :  Saint Pierre délivré de prison par un ange. 

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    CONCLUSION.

    Après les Grandes Heures d'Anne de Bretagne enluminées par Jean Bourdichon entre 1503 et 1508 avec 377 plantes individuelles légendées et 91 libellules, dont l'une au moins semble identifiable, le Bréviaire Grimani enluminé vers 1510 offre de nouveaux exemples de représentations au naturel de plantes, de papillons et de libellules. À la différence des Grandes Heures, le manuscrit de la Biblioteca Nazionale de Venise n'est pas (encore) numérisé et consultable in extenso, et l'inventaire entomologique n'est pas possible.  À ma connaissance, aucun entomologiste italien ou autre ne s'est rendu sur place pour se livrer à cet exercice. 

    L'exemple naturaliste le plus connu et le mieux reproduit est la libellule du folio 781v, impressionnante par le réalisme accentué par des procédés de trompe-l'œil uniques dans ce manuscrit. Dès 1949, Enrico Picchetti l'a identifié comma appartenant au genre du genre Aeshna, ce qui n'a pas été démenti par les plus fins spécialistes des Odonates. Personne n'a osé s'aventurer néanmoins dans la détermination  de l'espèce, et c'est avec beaucoup de vergogne et en toute incompétence que je suggère d'y voir une Aeschne bleue. Ce qui est intéressant, c'est de voir cette espèce splendidement  reprise (et dûment déterminée récemment comme A. cyanea ) par Joris Hoefnagel, dernier héritier de la tradition d'enluminure flamande, vers 1575, alors que la période intermédiaire 1510-1575 ne donne aucune illustration convaincante d'un Odonate, et qu'ensuite, après la diffusion de l'imprimerie, les gravures des ouvrages d'Aldrovandi en 1602 puis de Mouffet en 1634  n'égaleront pas, tant s'en faut,  cette enluminure de 1510.

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    Aeshna cyanea, miniature de Joris Hoefnagel dans le volume Ignis (feu) des Quatre Éléments, vers 1575.

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    Les trois autres Odonates sont placés ici afin de les signaler à l'attention des entomologistes, ou de ceux qui pourraient en donner des images plus précises, car il n'est pas encore établi qu'une détermination de famille ou de genre soit impossible, ou que d'autres considérations ne naissent d'un examen des peintures en couleur.

    Même si l'Aeshne de Simon Bening ait été la première  à avoir été connue, pour le XVIe siècle,  des entomologistes préoccupés de l'histoire de leur science, ces libellules du Bréviaire Grimani ne sont pas les seules qui soient issues des peintures sur velin de l'École des miniaturistes de Bruges et de Gand : mes recherches en révèlent un certain nombre, et un inventaire plus approfondi des productions de cette École en trouvera bien d'avantage, maintenant que la numérisation sort peu à peu les manuscrits de la confidentialité des réserves des Musées et des Collections. L'avenir dira si l'une d'entre elles peut rivaliser, dans cette période 1475-1561 des miniaturistes d'influence flamande, avec  celle du folio 781v.

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    SOURCES ET LIENS.

    http://manuscripts.org.uk/chd.dk/misc/ABGrim.html

    — La signature d'Alexander Bening 

    http://manuscripts.org.uk/chd.dk/misc/AB1515.html

    — CORBET (Philip S.)  1991, A brief history of odonatology , Adv. Odonatol. 5 : 21-44

    http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document;docid=593082

     

    — MELY (de) : Les inscriptions du manuscrit Grimani, Revue de l'art

    http://www.tpsalomonreinach.mom.fr/Reinach/MOM_TP_071800/MOM_TP_071800_0003/PDF/MOM_TP_071800_0003.pdf

    — PICCHETTI, (Enrico), 1949,  "Libella-ula,  Atti Ist. Veneto Sc. Lett. E Arti, CVII, II, pp.269-279, 1949"

    http://www.beic.it/it/articoli/periodici-istituto-veneto-di-scienze-lettere-ed-arti

    http://gutenberg.beic.it/view/action/nmets.do?DOCCHOICE=7895663.xml&dvs=1519053491494~816&locale=fr&search_terms=&show_metadata=true&adjacency=&VIEWER_URL=/view/action/nmets.do?&DELIVERY_RULE_ID=7&divType=&usePid1=true&usePid2=true

    — PICCHETTI, Enrico. (1960-63): Le denominazioni della libellula nel dominio linguistico italiano, in «Atti dell’Istituto Veneto di Scienze, Lettere ed Arti», Classe di Scienze Morali e Lettere, CXIX (1960-1), pp. 745-788; CXXI (1962-3), pp. 513-560.

    http://www.beic.it/it/articoli/periodici-istituto-veneto-di-scienze-lettere-ed-arti

    http://gutenberg.beic.it/view/action/nmets.do?DOCCHOICE=9224878.xml&dvs=1518640134260~418&locale=fr&search_terms=&show_metadata=true&adjacency=&VIEWER_URL=/view/action/nmets.do?&DELIVERY_RULE_ID=7&divType=&usePid1=true&usePid2=true

    — RUDOLPH (R.)  (1991) Paintings of Zygoptera in the Gutenberg Bible of 1453 Odonatologica 20(1): 75-78

    http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document;docid=591936

    "An Aeshna is illustrated in the Italian "Breviario Grimani"dating from 1495-1500 (PICHETTI, 1949)."

    RATTU, ( Roberto), 2009, Le denominazioni popolari della libellula nelle varieta sarde meridionali https://dialnet.unirioja.es/descarga/articulo/3623166.pdf

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    — SIEGERT (Bernhart), Cultural techniques : Grids, Filters, Doord and other articulations of the real.

    Sources Google

     

     

     

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    Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates

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    • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Théraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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