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4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 21:28

Zoonymie des Odonates. Le nom de genre Lestes Leach, 1815.

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Voir sur la zoonymie (étude du nom) des Odonates (Libellules) :

 

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Résumé.

Genre Lestes, Leach, 1815. Entomology, in Brewster's Edinb. Encycl. 9(1): 137. Le nom vient du grec  λῃστής = "voleur, brigand, pirate". Le sens " prédateur" n'est pas cohérent puisque tous les Odonates sont des prédateurs. La seule espèce décrite en 1815 étant Agrion barbara de Fabricius, et celle-ci devant son nom à sa provenance du nord-ouest de l’Afrique, région géographique où vivaient les Berbères et dénommée alors Barbarie ou Etats barbaresques, il est logique de considérer que Leach a donné le nom de genre Lestes , "pirate"  par référence aux pirates et corsaires barbaresques basés à Alger.

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I. LA PUBLICATION ORIGINALE. LEACH 1815.

 

En 1813, William Elford Leach (1791-1836), diplômé en médecine de l'université St-Andrews (Ecosse) après avoir étudié à Edimbourg, devint responsable des collections zoologiques du British Museum. En 1815, il rédigea la première bibliographie, extraordinairement détaillée, de l'entomologie, dans la partie historique d'un article "Entomologie" de l'Edinburgh Encyclopaedia de D. Brewster. Il publia entre 1814 et 1817 ses Zoological Miscellany, mais en 1822, atteint de dépression et de surmenage, il démissionna de son poste pour voyager.

LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) – via Biodiversity Heritage Library.

 FAMILY II. ÆSHNIDES.

482. Cordulegaster

483. Gomphus

484. Anax

FAMILY III. AGRIONIDA.

485. Agrion

486. Lestes

487. Calepteryx.

 

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486. GENUS CCCCLXXXVI. LESTES. Leach. 

Wings membranaceous, with an oblong quadrate stigma. Abdomen of the male armed with a forceps-like appendage.

Obs. We have three indigenous species. 

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Leach décrivait son genre Lestes ainsi : "ailes nervurées, avec des stigma longs et rectangulaires. L'abdomen des mâles est armé d'appendices en forme de pince."

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II. ÉTUDE DU NOM.

 Le nom du genre Lestes vient du grec  λῃστής = "voleur, brigand, pirate". Pour D'antonio et Végliante, "Lestes - ληστησ , ον = maraudeur . Faire allusion au comportement prédateur des espèces de ce genre"Pour Fleidner repris par  Endersby,  Il n'y a pas d'explication pour ce nom puisque tous les Odonates sont des prédateurs. (Fleidner 2009, Endersby 2012).

Leach n'accompagne ce nom, après la description, que de la mention "Obs. We have three indigenous species".

Néanmoins, seule l'espèce que Fabricius avait décrit en 1798 est antérieure à 1815, et il l'avait nommé Agrion barbara. Elle provient, comme l'indique Fabricius dans son Supplementum Entomologiae Systematicae (Agrion barbara ...Habitat in Barbaria Dom. Rehbinder [et, pour d'autres spécimens "Habitat in Algier", etc]) de la collection du baron Johann von Rehbinden (1751-1825), qui avait été consul du Danemark à Alger et avait écrit ses  Notices et remarques sur Alger, Altona 1798 Nachricten und Bemerkungen ûber den Algierischen Staat (von J.-Ad.-Frhn. von Rehbinder). Altona, Hammerich, 1798-1800 , 3 vol.  Il est donc possible de valider l'affirmation de l'Association Poitou-Charentes Nature : "Lestes (gr) = brigand, pirate ; barbarus (gr/lat) = barbare. Cette espèce a été décrite du nord-ouest de l’Afrique, région géographique où vivaient les Berbères et dénommée Barbarie ou Etats barbaresques jusqu’au début du XIXe siècle." Le nom de genre Lestes , "pirate" lui est donné par son espèce, Lestes barbarus, par référence aux pirates et corsaires barbaresques basés à Alger (cf la capitivité de Cervantes).

J'ai un moment envisagé l'hypothèse séduisante que ce nom trouve son explication dans les "forceps-like appendage", les cerques des mâles recourbés en pinces ou en forceps, par assimilation du crochetage des femelles avec la technique d'abordage des pirates. Mais, outre le coté un peu farfelu de cette solution, on peut lui opposer le fait que ces tenailles ne soient pas caractéristiques du genre, puisqu'on les retrouve dans la description des "Calepteryx" de l'auteur.


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— Réception du genre : voir

http://addo.adu.org.za/pdf/Pinhey_1980_African_Lestidae.pdf

ou plutôt :

https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA109&lpg=PA109&dq=lestes+type-species+lestes+sponsa%22&source=bl&ots=RgdDtgMcMv&sig=qzRJhD3rzgQ9-BU_4Y0d_oU8g8c&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj3v6GYpMjYAhUGJ1AKHW-SBW8Q6AEIZzAM#v=onepage&q=lestes%20type-species%20lestes%20sponsa%22&f=false

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— GRAND (Daniel), BOUDOT (Jean-Pierre), 2006 Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg. Collection Parthénope, Biotope 479 pages

https://books.google.fr/books?id=cYwSCwAAQBAJ&dq=inauthor:%22Daniel+Grand%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

— LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) – 

https://www.biodiversitylibrary.org/page/17493627#page/145/mode/1up

 

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— NATIONAL HISTORY MUSEUM

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/calopteryx_splendens.html

 — SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840, Monographie des libellulidées d'Europe, Roret, 220 pages.

https://books.google.fr/books?id=8aBIt4TdIM0C&dq=AEschna&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

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OUTILS ZOONYMIE.

— LSJ Site de traduction grec/anglais Liddell  Scott Jones

https://lsj.translatum.gr/wiki/Main_Page

https://lsj.translatum.gr/wiki/LSJ:GreekEnglishLexicon

 

ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

 

— FLIEDNER (Heinrich),  MARTENS (Andreas ), 2008, The meaning of the scientific names of Seychelles dragonflies (Odonata) , Phelsuma 16 (2008); 49-57

https://www.researchgate.net/publication/228819379_The_meaning_of_the_scientific_names_of_Seychelles_dragonflies_Odonata [accessed Jan 04 2018].

 

 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulie-bronzee/

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 18:32

La bibliographie de mes articles de zoonymie des Odonates.

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OUTILS ODONATES.

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 —ALBARDA Herman 1889 Catalogue raisonné et synonymique des Névroptères, observés dan les Pays-Bas et dans les Pays limitrophes,  Tijdschrift voor entomologie 1857

http://www.eis-nederland.nl/Portals/4/pdfs/Albarda_1889.pdf

https://archive.org/stream/tijdschriftvoore32188889nede#page/212/mode/2up

 — ALDROVANDI, (Ulysse) 1602 De animalibus insectis libri septem, cum singulorum iconibus. J. B. Bellagambam (Bononiae)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991248/f314.item

— ANIMALBASE

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/highergroup?id=59

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/list/families?highergroup=59

 

 

— BARBUT, (James) 1781, Les genres des insectes de Linné : constatés par divers échantillons d'insectes d'Angleterre, copiés d'après nature The Genera Insectorum of Linnaeus exemplied by various specimens English insects drawn from Nature by James Barbut  London : Imprimé par Jacques Dixwell, dans St. Martin's Lane, et se vend au profit de l'auteur chez J. Sewell, Libraire, dans Cornhill. Dessins de Barbut gravés par James NEWTON.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/208811#page/9/mode/1up

 

CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictaeL. Voss, 180 pages

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 — GEOFFROY (Etienne-Louis), 1762,  Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris. Chez Durand, à Paris 1762, in-4 (4) xxviij, 523pp. et (4), 2 volumes reliés.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991697/f615

— GEOFFROY (Etienne-Louis), 1799 Histoire abrégée des insectes, dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Tome 2 / par M. Geoffroy, C. Volland / Rémond (Paris)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1043241t/f227.image

http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/216/mode/2up/search/sylvie

 —  GOEDART (Jan), 1685, (Johannes Goedartius) De insectis, in methodum redactus; cum notularum  : Dragon-Flies ou Libella : section IV page 227

https://books.google.fr/books/ucm?vid=UCM5327359323&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

GRAND (Daniel), BOUDOT (Jean-Pierre), 2006 Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg. Collection Parthénope, Biotope 479 pages

https://books.google.fr/books?id=cYwSCwAAQBAJ&dq=inauthor:%22Daniel+Grand%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

HARRIS, Moses, 1731-1785, 1786, Exposition des insectes que se trouvent en Angleterre; comprenant les différentes classes des Neuroptera, Hymenoptera, et Diptera: ou des abeilles, mouches, et Libellulae. Londres, B. White et J. Edwards,1786.

https://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/130967#/summary

LA CHESNAYE-DESBOIS (François-Alexandre Aubert de ), 1754 Système naturel du regne animal, par classes, familles ...Chez Cl. J.B. Bauche, 1754, 641 pages

https://books.google.fr/books?id=K5OaIamcfcAC&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

LA CHESNAYE-DES BOIS (François-Alexandre Aubert de)  Dictionnaire raisonne et universel des animaux ou le regne animal etc, Volume 2  chez Claude-Jean-Baptiste Bauche, 1759 page 19

 — LATREILLE (P.A.), Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes , Paris :F. Dufart, An X-XIII [1802-1805] , Troisième volume (1805).

https://www.biodiversitylibrary.org/item/80064#page/288/mode/1up

— LATREILLE, 1829, in Cuvier Le règne animal distribué d'après son organisation pour servir à l'histoire .Paris Déterville Volume V « Suite et fin des insectes ».page 239

https://books.google.fr/books?id=aeU32BqlxZAC&dq=fabricius+aeshna&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) – 

https://www.biodiversitylibrary.org/page/17493627#page/145/mode/1up

LEACH, (W. E.) 1814. The zoological miscellany; being descriptions of new, or interesting animals. Illustrated with coloured figures, drawn from nature, by R. P. Nodder. Vol. I. - pp. 1-144, Pl. 1-60. London. (Nodder).

LEACH, (W. E.)  1815. The zoological miscellany; being descriptions of new, or interesting animals. Illustrated with coloured figures, drawn from nature, by R. P. Nodder. Vol. II. - pp. 1-154, [1-6], Pl. LXI-CXX [= 61-120]. London. (Nodder).

https://www.biodiversitylibrary.org/item/91182#page/37/mode/1up

LEACH, (W. E.) . 1817. The zoological miscellany; being descriptions of new, or interesting animals. Illustrated with coloured figures, drawn from nature, by R. P. Nodder. Vol. III. - pp. i-v [= 1-5], [1], 1-151, Tab. 121-149. London. (Nodder).

LEEUWENHOEK (Antoni van), 1695, Arcana naturae detecta, 1695 page 18

https://archive.org/stream/gri_arcananatura00alee#page/n33/mode/2up

— LINNÉ (Carl von,) 1746, Caroli Linnaei medic. & botan. prof. Upsal ... Fauna Svecica, sistens animalia Sveciae regni : Quadrupedia, Aves, Amphibia, Pisces, Insecta, Vermes, distributa per classes & ordines, genera & species, cum differentiis specierum, synonymis autorum, nominibus incolarum, locis habitationum, descriptionibus insectorum. Stockholmiae :Sumtu & literis Laurentii Salvii,1746. Bergquist, Carl, 1711-1781 , graveur. Leche, Johan, 1704-1764 , ill. 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/261/mode/1up

 — LINNÉ (Carl von,) 1758, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiae : Impensis . Laurentii Salvii, 1758-1759. pages 543-546.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/565/mode/1up

— LINNÉ (Carl von,) 1764, Museum Ludovicae Ulricae reginaeSuecorum, in quo animalia rariora , exotica imprimis insecta et conchilia describuntur, etc. Holmiae, l764 , 2 t. en 1 vol. in-8.

 —— LINNÉ (Carl von,) 1767, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae... 12eme édition, tome II pages 901-906.

 https://www.biodiversitylibrary.org/item/137240#page/377/mode/1up

— MOFFET (Thomas) 1634 Insectorum, sive, Minimorum animalium theatrum. Londini : Ex officin typographic Thom. Cotes et venales extant apud Guiliel. Hope, 1634.

 

— OLIVIER, 1792,  Libellules, in Insectes, in Encyclopédie méthodique vol. 7 page 558-572

https://books.google.fr/books?id=BrRdAAAAcAAJ&pg=PA568&dq=libellula+sophie&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjg66362ObYAhVTnRQKHTaBCVcQ6AEIKDAA#v=onepage&q=libellula%20sophie&f=false

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— NATIONAL HISTORY MUSEUM

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/calopteryx_splendens.html

 

 


 

 

 — RAY (John) Historia insectorum, Londini 1710 pages 47-53 et page 140

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/46/mode/2up

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/140/mode/2up

 

——RÉAUMUR (René -Antoine Ferchault de) , Mémoires pour servir à l'histoire des insectes :

— Tome IV : Histoire des Gallinsectes, des Progallinsectes et des Mouches à deux ailes, Imprimerie royale, Paris, 1738, 636 p., 44 pl. ;

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65246505.r=m%C3%A9moires%20pour%20servir%20%C3%A0%20l%27histoire%20des%20insectes?rk=21459;2

https://archive.org/details/mmoirespourser04ra

— Tome VI  : Suite de l'Histoire des Mouches à quatre ailes avec un supplément des Mouches à deux ailes, Imprimerie royale, Paris, 1742, 608 p., 48 pl. ;

https://archive.org/stream/memoirespourserv16ra#page/n707/mode/2up

 

 

— —SWAMMERDAM, (JAN), 1669, Historia Insectorum Generalis ofte Algemeene Verhandeling van de Bloedeloose Dierkens, 1669

www.dbnl.org/tekst/swam001hist01_01/swam001hist01_01.pdf

http://www.dbnl.org/tekst/swam001hist01_01/swam001hist01_01_0004.php

http://www.dbnl.org/tekst/swam001hist01_01/swam001hist01_01_0007.php?q=libella#hl1

 

SWAMMERDAM, (JAN), 1682, Histoire générale des insectes ou l'on expose clairement la manière lente & presqu'insensible de l'accroissement de leurs membres , & ou l'on découvre evidemment l'Erreur ou l'on tombe d'ordinaire au sujet de leur pretendue transformation, par Jean Swammerdam, docteur en médecine, avec des figures A Autrecht, chez Guillaume de Walcheren, Marchant Libraire demeurant en la place de St-Jan 1682 - 215 pages

    https://books.google.fr/books?id=bu5AAAAAcAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

    http://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/medica/resultats/index.php?cote=07478x01&p=91&do=page

    — SWAMMERDAM (Jan), 1738, Biblia naturæ : sive, Historia insectorum in classes certas redacta, trad. Hieronimus David Gaubius, préf. Herman Boerhaave,  , apud Isaacum Severinum, 2 tomes.

    Biblia naturae sive historia insectorum t. 1, Leyde, 1737

    http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/65389/rec/3

    Planche XII :

    http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/65389/show/65384

    Biblia naturae sive historia insectorum t 2, Leyde 1738.

    http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/68732/rec/4

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k98985f

    — SWAMMERDAM (Jan), 1752, Bybel der Natur, Hermann Boerhave, Leipzig 

    http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/114424/rec/1

    — SWAMMERDAM (Jan), 1758, Histoire générale des insectes : tome V de la collection académique de la Faculté de Dijon  traduite du Biblia naturae avec 36 planches et des notes de Savary et de Guénau de Montbeillard.

    https://books.google.fr/books?id=pppr3UErJ6cC&pg=PA51&dq=savary+%22+brest%22+histoire+naturelle&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwivifrYmuHYAhWCYlAKHejsB8k4ChDoAQhCMAU#v=onepage&q=savary%20%22%20brest%22%20histoire%20naturelle&f=false

     

     — SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840, Monographie des libellulidées d'Europe, Roret, 220 pages.

    https://books.google.fr/books?id=8aBIt4TdIM0C&dq=AEschna&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

    — WALKER, E. M. (Edmund Murton), 1912, The North American dragonflies of the genus Aeshna, Toronto : University of Toronto Library

    https://archive.org/details/northamericandra00walk

    — WIKIPEDIA Neuroptera in the 10th edition of Systema Naturae

     https://en.wikipedia.org/wiki/Neuroptera_in_the_10th_edition_of_Systema_Naturae

     

     

    DUPONT P. 2010. Plan national d'actions en faveur des Odonates 2011-2015. Office pour les insectes et leur environnement, Société française d’Odonatologie et Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer. 170 pp.

    http://www.pnaopie.fr/odonates/wp-content/uploads/2011/01/plan_national_d_actions_odonates.pdf

     

     

     

     

    .

    OUTILS ZOONYMIE.

    LSJ Site de traduction grec/anglais Liddell  Scott Jones

    https://lsj.translatum.gr/wiki/Main_Page

    https://lsj.translatum.gr/wiki/LSJ:GreekEnglishLexicon

    ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

    https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

    — CRAIG (John), 1858, A New Universal Etymological, Technological, and Pronouncing Dictionary of the English Language, Embracing All the Terms Used in Science, Literature and Art, George Routledge&Company,

    https://books.google.fr/books?id=hdKk8t8s5-EC&dq=kordyle&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

    ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

    https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

    ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

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    ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

    https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

    ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

    https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

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    — FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

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    — FLIEDNER (Heinrich),  MARTENS (Andreas ), 2008, The meaning of the scientific names of Seychelles dragonflies (Odonata) , Phelsuma 16 (2008); 49-57

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    — ICZN, 2012, Official Lists and Indexes of Names in Zoology Updated March 2012

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    NEAVE (Sheffield Airey), NOMENCLATOR ZOOLOGICUS.

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    POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

    http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulie-bronzee/

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    https://www7.inra.fr/opie-insectes/pdf/i86raimbault.pdf

    SHERBORN (Charles Davies) , 1902, Index Animalium

     

     

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    — TAXONOMICON

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    —  Timeline of Entomology, Wikipédia

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    https://en.wikipedia.org/wiki/Timeline_of_entomology_%E2%80%93_prior_to_1800

    1800-1850

    https://en.wikipedia.org/wiki/Timeline_of_entomology_%E2%80%93_1800%E2%80%9350

    1850-1900

    https://en.wikipedia.org/wiki/Timeline_of_entomology_%E2%80%93_1850%E2%80%931900

     

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    — ESTIENNE (Charles), 1544 et 1550, Dictionarum propriorum nominum

    http://books.google.fr/books?id=bcSfJzY7n-gC

    — CALEPINO (Ambrosio) 1550 Dictionarium

    http://books.google.fr/books?id=vhyNplFGW9kC&pg=RA1-PA45&lpg=RA1-PA45&dq=calepino+argus&source=bl&ots=euuHuWosMX&sig=

    yfrWFmMbc7lnd6YXDBVi3dgdBms&hl=fr&sa=X&ei=mlZ0VJCYE8WYPK-qgIAE&ved=0CCcQ6AEwAQ#v=onepage&q=calepino%20argus&f=false

    — GESSNER (Conrad) 1550 Onomasticon propriorum nominum, books.google

    https://books.google.fr/books?id=gZitbnsvZ5kC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

    — GORDH (Gordon), 2011, A Dictionary of Entomology 2nd édition, CABI, Cambridge Google

    . https://books.google.fr/books?id=9IcmCeAjp6cC&pg=PA649&lpg=PA649&dq=gressorius+latin&source=bl&ots=Zo0OwjRV7t&sig=p4akPOsBTxEv2MYTVa8rcBsyovE&hl=fr&sa=X&ved=0CCgQ6AEwAmoVChMIx_bj_ZiByQIVBDcUCh0mWw_N#v=onepage&q=gressorius%20latin&f=false

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    — HELLER (John Lewis) - 1983 -"Studies in Linnaean method and nomenclature", Marburger Schriften zur Medizingeschichte, Bd.1983;7:1-326.Frankfurt am Main ; New York : P. Lang,

    — ISAAK (Mark) Curiosities of the biological nomenclatureen ligne.

    II. Bibliographie entomologique :

    AGUILAR Jacques d', & al. 1966, Les illustrations entomologiques Paris, I.N.R.A., 1996 ; In-8 Carré, Cartonnage d'éditeurs. 153 pp., 12 planches couleurs, 88 planches N&B, couverture illustrée.

    https://books.google.fr/books?id=lW8khbDZe50C&dq=%22aubriet%22+entomologie&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

    — ALBIN, E.: A Natural History of English Insects: Illustrated with a Hundred Copper Plates, Curiously Engraven from the Life. 1720. GDZ Göttingen

    — ALDROVANDI (Ulysse) 1602 De animalibus insectis libri septem, cum singulorum iconibus. J. B. Bellagambam (Bononiae) 1602 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991248 

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     BOISDUVAL Histoire naturelle des insectes Roret 1836 books.google.fr/books?id=2Kgi4FH6kj0C

    — BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828, Gallica

    ​​— BURMEISTER (Hermann), 1839,  Handbuch der Entomologie,  Berlin

    https://www.biodiversitylibrary.org/item/34110#page/77/mode/1up

     

    — CHARPENTIER (Toussaint de), 1825 - De Libellulinis europaeis In Horae entomologicae. - Wratislaviae. -

    https://www.biodiversitylibrary.org/item/25890#page/7/mode/1up

    — CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. L. Voss, 180 pages

    https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

    — CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française G. Luquetpour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

    — CURTIS, J. (1823-1840). British Entomology; being illustrations and descriptions of the genera of insects found in Great Britain and Ireland: containing coloured figures from nature of the most rare and beautiful species, and in many instances of the plants upon wich they are found. Vol. V. Lepidoptera, Part. I. Londres. http://biodiversitylibrary.org/page/8221625#page/71/mode/1up

     

     

    — FABRICIUS (Johann Christian) 1807 "Nach Fabricii systema glossatorum" in Johann Karl Wilhelm Illiger, "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge [...], Magazin für Insektenkunde , Braunschweig [Brunswick] (6) https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

    — FABRICIUS (Johann Christian) 1787 Fabricii Mantissa insectorum Hafniae 1787 en ligne Goettingen.

    — FABRICIUS (Johann Christian) 1798 Supplementum Entomologiae systematica , Hafniae.

    https://www.biodiversitylibrary.org/page/42138782#page/294/mode/1up

     FRISCH (Johann Leonhard.) 1730 . Beschreibung von allerley Insecten in Teutsch-Land : nebst nützlichen Anmerckungen und nöthigen Abbildungen von diesem kriechenden und fliegenden inländischen Gewürme : zur Bestätigung und Fortsetzung der gründlichen Entdeckung : so einige von der Natur dieser Creaturen herausgegeben : und zur Ergäntzung und Verbesserung der andern (1730) Berlin : Verlegts Christ. Gottl. Nicolai https://archive.org/stream/johleonhardfrisc01fris#page/n7/mode/2up

    — FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy. http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

    — FUESSLI (Johan Caspar) Verzeichniss der ihm bekannten Schweizerischen Inseckten : mit einer augemahlten Kupfertafel: nebst der Ankhundigung eines neuen Insecten Werks Joh. Caspar Fuesslins 1775. BHL libr

    — GEER, (Charles de), 1771 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, .Tome 1 [1]-[15] 707 pages, 37 planches, Gallica . Tome second première partie 616 pages, ; Tome second deuxième partie pages 617 à 1175, 43 planches gravées par Bergquist. Gallica.

    — GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

    — GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

    — GOEDART (Jan), 1685, Johannes Goedartius de Insectis nin methodum redactus cum notularum additione, operâ M. Lister, e Regia Societate Londinensi, Smith : London, 1685

    http://books.google.fr/books/ucm?vid=UCM5327266043&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

    — Goedart par Lister Londres, 1685 :: Bibl. Strasbourg

    http://books.google.fr/books/ucm?vid=UCM5327359323&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

     

    HARRIS, M. 1776-[1780]. An exposition of English insects. Including the several classes of Neuroptera, Hymenoptera & Diptera, or bees, flies & Libellulæ. Exhibiting on 51 copper plates near 500 figures, accurately drawn & highly finished in colours, from nature. The whole minutely described, arranged & named, according to the Linnean-system, with remarks. The figures of a great number of moths, not in the Aurelian collection, formerly published by the same author, and a plate with an explanation of colours, are likewise given in the work.  White & Robson, London. - [Rééd. complète en 1782 ]. 166 pp.

    https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[152],%22panX%22:0.515,%22panY%22:0.796,%22view%22:%22thumbnails%22,%22zoom%22:1.541}

     — HOEFNAGEL (Joris) Cf 

    http://www.lavieb-aile.com/2015/02/hoefnagel-et-les-entomologistes-du-xviiie-siecle.html

     HOEFNAGEL (Jacob), 1592, Archetypa studiaque Patris Francofurti

    http://docnum.u-strasbg.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/73052/rec/4

    — HOEFNAGEL [Jacob], 1630, Diversae insectarum volatilium icones ad vivum accuratißime depictæ per celeberrimum pictorem. [Amsterdam] Typis[que] mandatæ a Nicolao Ioannis Visscher , 32 pages, 16 planches,

     

     

    — ICZN, Opinions and declarations rendered by the International Commission of Zoological Nomenclature, BiodiversityHeritageLibrary http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/50753#/summary

    — ICZN F. Hemmings, Bulletin of Zoological nomenclature 1943-1951 : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/51603#/summary

    — LATREILLE (P.A.) 1796 Précis des caractères génériques des insectes disposés dans un ordre naturel par le citoyen Latreille Paris, Brive : 1796 pages 140-149.

    — LATREILLE, P. A., 1804. "Tableau méthodique des Insectes", pp. 184-187 in Nouveau Dictionnaire d’Histoire Naturelle, Paris : Déterville. vol.24.

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    LATREILLE (P.A.) Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle vol. 24 1818 : Classification page 501 http://books.google.fr/books?id=I_NBAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=vanesse&f=false

    LATREILLE, P. A., 1805. Histoire Naturelle, Générale et Particulière des Crustacés et des Insectes. Tome XIII, p. 10. Paris : Dufart.

    Libellules : https://www.biodiversitylibrary.org/item/53501#page/16/mode/1up

    — LATREILLE P. A. 1810. Considérations générales sur l'ordre naturel des animaux composant les classes des Crustacés, des Arachnides et des Insectes; avec un tableau méthodique de leurs genres, disposés en familles. Paris: F. Schoell, 444 pp. pp. 350-370.

    LATREILLE (P.A) et Olivier Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle 2eme édition tome 27 1818.

    — LATREILLE (P.A), GODART (J.B) 1819 , Encyclopédie méthodique, ou Entomologie, Paris : Vve Agasse tome 9 1819. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58338273/f334.image.r=Godart.langFR

     

     

    — LEWIN, W. 1795 The Insects of Great Britain, systematically arranged, accurately engraved, and painted from nature, with the natural history of each species BHL library

    http://www.biodiversitylibrary.org/item/103670#page/7/mode/1up

    — LINNÉ 1758 Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 1-824

    http://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/494/mode/1up

    — LINNÉ 1767 : Linnaeus, C. 1767. Systema naturæ, Tom. I. Pars II. Editio duodecima reformata. Holmiæ. (Salvius). 533-1327

    http://www.biodiversitylibrary.org/page/25848844#page/264/mode/1up

    — LINNÉ par GMELIN 1790 Systema naturæ, Tom. I. Pars V. Treizième édition.

    http://www.biodiversitylibrary.org/item/83099#page/133/mode/1up

     

    — MERIAN (Maria-Sibylla) Histoire générale des insectes de Surinam et de toute l'Europe contenant leur description, leurs figures, leur différentes métamorphoses..., par Mademoiselle Marie-Sybille de Mérian, en deux parties in-folio. Troisième édition, revue, corrigée & considérablement augmentée par M. Buchoz, ... A laquelle on a joint une troisième partie qui traite des plus belles fleurs, telles que des plantes bulbeuses, liliacées, caryophillées... Tome premier [-troisième] traduit par Jean Marret Paris : Desnos, 1771. PDF Bibliothèque de Toulouse, 3 volumes http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/07558171x

    — MERIAN (Maria-Sibylla) 1683 Der Raupen wunderbare Verwandelung, und sonderbare Blumen-nahrung: worinnen, durch eine gantz-neue Erfindung, Der Raupen, Würmer, Sommer-vögelein, Motten, Fliegen, und anderer dergleichen Thierlein, Ursprung, Speisen, und Veränderungen, samt ihrer Zeit, Ort und Eigenschaften (Band 2) Nürnberg , Frankfurt , Leipzig, 1683 Volume 2 (insectes d'Europe) digitalisé par Universitätsbibliothek Heidelberg;

    — MERIAN (Anna Maria-Sibylla) http://de.wikisource.org/wiki/Maria_Sibylla_Merian

    1719 Metamorphosis insectorum Surinamensium : édition 1730 : https://archive.org/stream/MariaSybillaMer00Meri#page/n13/mode/2up

    b) [Illustrations de Veranderingen der Surinaemsche Insecten...] / Maria Sybilla Merian, dess., aut. du texte ; I. Mulder, P. Sluyter, D. Stoopendaat, grav. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b2300244f

    — MERIAN (Anna Maria-Sibylla) De Europische insecten 1730 Jean Marret, M.D. Amsterdam J.F. Bernard https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n3/mode/2up

    — MERRET (Christopher) 1667 Pinax Rerum Naturalium Britannicarum. 1667. Google Books

    http://books.google.co.uk/books?id=p0SjZ7N6TA0C&printsec=frontcover&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

    — MOFFET (Thomas) 1634 Insectorum, sive, Minimorum animalium theatrum. Londini : Ex officin typographic Thom. Cotes et venales extant apud Guiliel. Hope, 1634. BHL.

    — MÜLLER  O.F. 1764 - Fauna insectorum Fridrichsdalina. - Hafnia & Lipsia. -

    https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN368323110?tify={%22pages%22:[86],%22panX%22:0.042,%22panY%22:0.641,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.288}

     

    — PETIVER (James), 1702-1706? Gazophylacii naturae & artis, : decas prima-[decima]. In quaÌ‚ animalia, quadrupeda, aves, pisces, reptilia, insecta, vegetabilia; item fossilia, corpora marina & stirpes minerales eÌ€ terra eruta, lapides figuraÌ‚ insignes &c. Descriptionibus brevibus & iconibus illustrantur. Hisce annexa erit supellex antiquaria, numismata, gemmae excisae, & sculpturae, opera figulina, lucernae, urnae, instrumenta varia, inscriptiones, busta, reliquaque ad rem priscam spectantia: item machinæ, effigies clarorum virorum, omniaque arte producta... / Jacobus Petiver Londini: : Ex OfficinaÌ‚ Christ. Bateman ad insignia Bibliae & Coronae, vico vulgo dict. Pater-Noster-Row., MDCCII. [1702-1706?]. Version Google books de 1702 ou mieux GDZ Göttingen (Planches).

    — PETIVER (James) 1695-1703 Musei Petiveriani centuria prima-decima, rariora naturae continens: viz. animalia, fossilia, plantas, ex variis mundi plagis advecta, ordine digesta et nominibus propriis signata, London, 1695-1703 Version Books-Google.

    — PETIVER (James) 1767 Jacobi Petiveri Opera, historiam naturalem spectantia containing several thousand figures of birds, beats, fifh, reptiles, insects shells, corals, and fossils; also of trees, shrubs, herbs, fruits, fungus's, mosses, sea-weeds, &c. from all parts, adapted to Ray's History of plants on above three hundred copper-plates, with English and Latin names, London, James Empson (éditeur), 1767 Version Books.Google

    — PODA (Nicolaus) 1761. Insecta Musei Græcensis, quæ in ordines, genera et species juxta systema naturæ Caroli Linnæi. Graecus [= Graz]. (Widmanstadius). 127 pp. Google books

    — RAY (John) Historia insectorum, Londini 1710 Archive.org

    — RÉAUMUR [René-Antoine] de Ferchault 1734-1748 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes Paris : Imprimerie Royale, 6 volumes, de 1734 à 1748 [un 7e, copie du manuscrit original, paraîtra en 1928], 267 planches gravées par Simoneau, Lucas, Haussard et Fillioeul. En ligne BHL. Voir aussi VALLOT J.N. 1802.

    — RÖSEL VON ROSENHOF 1764-68 De natuurlyke historie der insecten; voorzien met naar 't leven getekende en gekoleurde plaaten. Volgens eigen ondervinding beschreeven, door den heer August Johan Rösel, van Rosenhof, miniatuur-schilder. Met zeer nutte en fraaie aanmerkingen verrykt, door den heer C. F. C. Kleemann ...Te Haarlem, By C. H. Bohn en H. de Wit, boekverkoopers [1764-68] BHL Library

    — Rösel von Rosenhof 1746 Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung Nürnberg.http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

    — SCHAEFFER (Jacob-Christian) Iacobi Christiani Schaefferi 1766Icones Insectorum circa Ratisbonam indigenorum coloribus naturam referentibus expressae = Natürlich ausgemahlte Abbildungen Regensburgischer Insecten Regensburg [Ratisbonne]: gedruckt bey H.G. Zunkel, [1766?-1779?] ; Gravure par Haid, Johann Jacob (1704-1767), 5 tomes in-4° avec 220 planches coloriées VOL. II Google

    BHL : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/101970#/summary

    — SCHAEFFER (Jacob-Christian),  1779, Icones insectorum circa Ratisbonam indigenorum coloribus naturam referentibus expressae. Volum. 1. pars 1. tertium et vltimum. D. Iacob Christian Schäffers natürlich ausgemahlte abbildungen Regensburgischer Insecten. Ersten Bandes erster Theil dritter und lezter Band. Mit dem register Volum 1. pars 1. pars. 2.

    https://archive.org/stream/bub_gb_RnLiUH9EwAEC#page/n29/mode/2up

    — SCHAEFFER (Jacob-Christian), 1766, Iacobi Christiani Schaeffer, s. theolog. et philos. ... Elementa entomologica ... = Iacob Christian Schaeffers ... Einleitung in die Insectenkenntnis Regensburg :Gedruckt mit Weissischen Schriften.

    http://www.biodiversitylibrary.org/item/44500#page/11/mode/1up

    SCOPOLI (Jean-Antoine) Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763. En ligne BHL.

    SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles. http://www.deliry.com/selys1840.pdf
    — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
    — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris. http://www.deliry.com/selys1850.pdf

    — SWAMMERDAM (Jan) 1685 Historia insectorum generalis et 1737-38 Biblia naturae (Leyde)

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    — VALLOT J.N. Concordance systématique, servant de table de matières à l'ouvrage de Reaumur, Paris : Grégoire, Thouvenin, 1802. En ligne Google books.

    — VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789). https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

    — WALCKENAER (C.A.) 1802, Faune parisienne, insectes, ou, Histoire abrégée des insectes des environs de Paris classés d'après le système de Fabricius; précédée d'un discours sur les insectes en général, pour servir d'introduction à l'étude de l'entomologie accompagnée de sept planches gravées Paris : Dentu 1802 en ligne BHL.
     

    Goedart par Lister 1685 : http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/64604/rec/1

    Harris M. 1766 http://archive.org/stream/Aurelian00Harr#page/n7/mode/2up

    1840 : http://www.biodiversitylibrary.org/item/120628#page/9/mode/1up

    Hübner 1779 http://www.biodiversitylibrary.org/item/89180#page/1/mode/1up

    ICZN F. Hemmings http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/50753#/summary

    Bulletin : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/51603#/summary

    Kirby 1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

    Latreille 1804 http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

    Latreille 1810 : http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

    Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

    https://archive.org/details/CUbiodiversity1121039

    Linné http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

    http://books.google.fr/books?id=Jps-AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=elinguis&f=false

    Linné, Mantissa plantarum http://bibdigital.rjb.csic.es/spa/Libro.php?Libro=947&Pagina=545

    Linné fauna suecica 1746 :http://biodiversitylibrary.org/bibliography/63899#/summary

    Linné fauna suecica 1761 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/46380#/summary

    Linné S.N. 1767 :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN362053723&DMDID=DMDLOG_0001&LOGID=LOG_0001&PHYSID=PHYS_0002

    LINNE Systema naturae 1766-1768

    https://www.biodiversitylibrary.org/item/137337#page/5/mode/1up

    Linné, Species Plantarum http://www.biodiversitylibrary.org/item/13829#page/1/mode/1up

    Merian, Insectes d'Europe : http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/merian1683bd2

    Moffet http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

    Moore, Lep. indic http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/8763#/summary

    Ochsenheimer 1808 http://archive.org/stream/dieschmetterling12ochs?ui=embed#page/180/mode/1up

    Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google (accès partiel)

    http://books.google.fr/books/about/Musei_Petiveriani_centuria_prima.html?id=vp05AAAAcAAJ&redir_esc=y

    Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

    Petiver, Papilionum brittaniae 1717 in Opera Books .google

    PetiverOpera (1767) https://archive.org/stream/jacobipetiveriop11767peti#page/n5/mode/2up

    Ray https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n11/mode/2up

    Réaumur http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

    Rösel http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

    http://www.biodiversitylibrary.org/item/31182#page/138/mode/1up

    http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

    les quatre tomes :

    http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/toc/?PPN=PPN369099060&IDDOC=282169

    Rottemburg :

    http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

    Schneider 1787 http://books.google.fr/books?id=VnY-AAAAcAAJ&pg=PA241&lpg=PA241&dq=schwarzgestrichelter+schmetterling&source=bl&ots=c5RGnFNYx4&sig=-HkttVMLK2SZP6KRw5MXfvJCYxI&hl=fr&sa=X&ei=

    AHwGU7m9LoLm7Abd7oGICg&ved=0CC8Q6AEwAA#v=onepage&q=schwarzgestrichelter%20schmetterling&f=false

    Scopoli Entomologia carniolica 1763

    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

    Scudder http://biodiversitylibrary.org/page/3076769#page/269/mode/1up

    Spuler http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

    De Villers 1789 https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

    Walckenaer http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

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    Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
    3 janvier 2018 3 03 /01 /janvier /2018 18:46

    Zoonymie des Odonates. Le nom de genre Anax, Leach, 1815.

    .

     

     

     

     Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

     

    Voir aussi :

     

    GÉNÉRALITÉS

    ANISOPTÈRES

    ZYGOPTÈRES

     

     

     

    . Résumé.

    Anax, Lech, 1815, "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) Anax vient de l'ancien grec ἄναξ anax qui signifie « seigneur », « chef [de guerre] » ou « roi [tribal] ». Il est interprété comme qualifiant le comportement dominant d'Anax imperator, la seule espèce décrite par Leach 1815 sous son genre Anax. L'auteur lui-même ne fait aucun commentaire ni sur la justification de son nom de genre, ni sur le comportement de l'espèce qu'il nomme sans la décrire. Néanmoins, les liens unissant  Anax "roi" en grec et imperator "empereur" en latin, sont évidents, comme il est évident que cette espèce est de morphologie  tout à fait royale, par sa taille , l'une des plus grandes des Libellulidae (son envergure peut atteindre 11 cm) ou par les couleurs bleu et noir de l'abdomen des mâles (vert et/ou bleu et noir chez les femelles). Le vol des mâles est également majestueux, lorsqu'ils dominent "de manière impériale un territoire allant d'une simple flaque à une zone atteignant 2400 m2, duquel ils repoussent leurs congénères. Ils patrouillent continuellement au dessus de l'eau, parfois loin des rives" (Grand et Boudot, 2006). 

    .

    .

    I. LA PUBLICATION ORIGINALE. LEACH 2015.

    (n.b : le renvoi à la publication originale vers Zoological Miscellary donné par Grand et Boudot 2006 est erronée).

    En 1813, William Elford Leach (1791-1836), diplomé en médecine de l'université St-Andrews (Ecosse) après avoir étudié à Edimbourg, devint responsable des collections zoologiques du British Museum. En 1815, il rédigea la première bibliographie, extraordinairement détaillée, de l'entomologie, dans la partie historique d'un article "Entomologie" de l'Edinburgh Encyclopaedia de D. Brewster. Il publia entre 1814 et 1817 ses Zoological Miscellany, mais en 1822, atteint de dépression et de surmenage, il démissionna de son poste pour voyager.

    — LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) – via Biodiversity Heritage Library.

     

    .

     

    484. ANAX. GENUS CCCCLXXXIV. ANAX. Leach's MSS. 

    Hinder wings of the male not angulated at their anal edge, but resembling those of the female. Abdomen cylindric in both sexes ; not clavate. . Imperator. Sp. 1. Imperator.  Inhabits England. 

    .

     

    .

    .

    II. COMMENTAIRES.

     

    a) Datation.

    L'Edinburgh Encyclopaedia publiée par William Blackwood et éditée par David Brewster   est parue en 18 volumes de 1808 et 1830, mais le volume 9 England to Fruit, qui contient l'article Entomology, est paru en 1830. Le volume 7 contient l'article Crustaceology de Leach, page 383, est également daté de 1830. Pourtant, les espèces de crustacés décrites dans le volume 7, sont mentionnés Leach, 1817, et les genres et espèces d'insectes du volume 9 sont mentionnées Leach, 1815. 

    Les articles ne sont pas signés, mais l'encyclopédie a publié dans le volume 1 (1830) la liste des contributeurs, dont William Leach pour les articles "Craniometry, &c., &c. Crustaceology, Insecta, Entomology".

    Cette datation de 1814 et 1815s'expliquerait par les manuscrits originaux de Leach, qui portent ces dates.

       Voir aussi l'édition américaine de l'Encyclopédie de Brewster, page 726 dans un tiré à part paru en 1816 ?

    .

    b) les noms créés par Leach.

    La base Animalbase dénombre 42 taxons nommés par Leach et encore en usage, des Mammifères jusqu'aux Céphalopodes. Parmi les Odonates, outre Anax, il est l'auteur, en 1815,  des genres Calopteryx [Calepteryx], Cordulegaster, Cordulia, Gomphus, Lestes, et de l'espèce A. imperator. En 1811, il avait été l'auteur de Libellula scotica.

    Il faudrait ajouter à cette liste le genre Petalura, Leach 1815 (Anisoptera).Ou bien la  famille des Aeschnidae et des Libellulidae, etc.

    La nomenclature de Leach est souvent très personnelle. Il nomma 19 espèces et un genre d'après le nom de son employé et ami John Cranch, décédé en 1816 pendant qu'il récoltait des spécimens en Afrique dans l'expédition chargée d'explorer les sources du fleuve Congo. (Achaeus cranchii Leach 1817, L'Achée de Cranch ; Ebalia cranchii Leach, 1817 ou Ébalie de Cranch ; Eualus cranchii Leach 1817 ou Hippolyte bouledogue de Cranch ; Cirolana cranchi ou Cirolane de Cranch Leach 1818 Ocythoë cranchii Leach 1817, Pandarus cranchii, Leach 1819, etc.)

    Il nomma 9 genres d'après une mystérieuse Caroline (voir infra en Annexe), en utilisant les anagrammes de Carolina comme Cirolana, Conilera et Rocinela.  Il associa Cranch et Caroline pour le nom d'un crustacé isopode marin qu'il nomma en 1818 Cirolana cranchi . De nombreux genres de Leach  des noms de l'Antiquité comme Hippolyte, Eurydice et Palaemon.

    Mais les noms choisis pour les Odonates sont descriptifs des morphologies ou des comportements.

    .

     

     

    .

    c) Le zoonyme ANAX.

     

    Anax vient de l'ancien grec ἄναξ anax qui signifie « seigneur », « chef [de guerre] » ou « roi [tribal] ». Il est interprété comme qualifiant le comportement dominant d'Anax imperator, la seule espèce décrite par Leach 1815 sous son genre Anax. L'auteur lui-même ne fait aucun commentaire ni sur la justification de son nom de genre, ni sur le comportement de l'espèce qu'il nomme sans la décrire. Néanmoins, les liens unissant  Anax "roi" en grec et imperator "empereur" en latin, sont évidents, comme il est évident que cette espèce est de morphologie  tout à fait royale, par sa taille , l'une des plus grandes des Libellulidae (son envergure peut atteindre 11 cm) ou par les couleurs bleu et noir de l'abdomen des mâles (vert et/ou bleu et noir chez les femelles). Le vol des mâles est également majestueux, lorsqu'ils dominent "de manière impériale un territoire allant d'une simple flaque à une zone atteignant 2400 m2, duquel ils repoussent leurs congénères. Ils patrouillent continuellement au dessus de l'eau, parfois loin des rives" (Grand et Boudot, 2006). 

    Costantino D'Antonio écrit : "Anax - αναξ, ανακτοσ = seigneur, souverain, roi [des zones humides]"

    Anax est le terme grec qui désigne les rois de la période mycénienne (1600-1100 av. J.C), c'est à dire les maîtres de maison des palais fortifiés. A la période classique, le terme basileus fut utilisé, et "le passage d' anax à basileus représente le passage d'un système de subordination personnelle, caractéristique du système palatial  à un système fondé sur le titre et la fonction, et annonce ainsi l'émergence de la «cité» et du politique." (E. Levy, 1987). Dans l'Iliade d'Homère, il se réfère à Agamemnon, roi de Mycènes.  

    Il est assimilé au terme wanax inscrit en Linéaire B sur des vases et tablettes ( wa-na-ka (ϝάναξ / wánax) pour désigner  celui qui nomme ou mute les fonctionnaires et fait travailler des artisans à son service. Le titre n'étant jamais accompagné d'un nom propre, on suppose donc qu'il est le seul dirigeant. Il est très probablement identifiable au ἄναξ / anax homérique (« seigneur divin, souverain, maître de maison »), mais son rôle est moins bien défini — il est sans doute militaire, juridique et religieux, et peu étendu car les marqueurs d'un pouvoir royal fort sont limités dans le monde mycénien." (Wikipédia)

    .

    c) Les autres noms de genre d'Odonates créés en 1815.

     

    Calopteryx vient du grec et signifie "qui a de belles ailes".

    Cordulegaster vient de deux mots grecs  κορδύλη kordylē - "massue, renflement, bosse, gonflement";  et gastēr - "abdomen", pour désigner  la forme typique du corps de ces libellules. (Fleidner, 2009 ; Précigout 2009 ; Endersby 2012)

    Cordulia est basé sur un adjectif issu du grec κορδύλη  kordylē -"massue renflement, bosse, gonflement" et s'explique par la forme de l'abdomen des mâles. (Fleidner 2008 et 2009) ou du grec kordyleia "massue", pour même raison ; Précigout 2009)

    Gomphus vient du latin gomphus, issu de grec gomphos, "clou, coin, cheville", du fait de la forme en massue de l'abdomen des mâles. (Fleidner, 2009 ; Endersby 2012)

    Lestes Le nom du genre Lestes vient du grec  λῃστής = voleur, brigand, pirate. Pour Fleidner repris par  Endersby,  Il n'y a pas d'explication pour ce nom puisque tous les Odonates sont des prédateurs. (Fleidner 2009, Endersby 2012). Leach n'accompagne ce nom, après la description, que de la mention "Obs. We have three indigenous species". Néanmoins, seule l'espèce que Fabricius avait décrit en 1798 est antérieure à 1815, et il l'avait nommé Agrion barbara. Elle provient, comme l'indique Fabricius (Agrion barbara ...Habitat in Barbaria Dom. Rehbinder [et, pour d'autres spécimens "Habitat in Algier", etc]) de la collection du baron Johann von Rehbinden (1751-1825), qui avait été consul du Danemark à Alger et avait écrit ses  Notices et remarques sur Alger, Altona 1798 NACHRICTEN und Bemerkungen ûber den Algierischen Staat (von J.-Ad.-Frhn. von Rehbinder). Altona, Hammerich, 1798-1800 , 3 vol.  Il est donc possible de valider l'affirmation de l'Association Poitou-Charentes Nature : "Lestes (gr) = brigand, pirate ; barbarus (gr/lat) = barbare. Cette espèce a été décrite du nord-ouest de l’Afrique, région géographique où vivaient les Berbères et dénommée Barbarie ou Etats barbaresques jusqu’au début du XIXe siècle." Le nom de genre Lestes , "pirate" lui est donné par son espèce type, Lestes barbarus, par référence aux pirates et corsaires barbaresques basés à Alger (cf la capitivité de Cervantes).

    .

    Conclusion.

    Les six noms de genres d'Odonates créés par William Leach en 1815 montrent une réelle homogénéité par leur origine directe ou par le biais du latin à la langue grecque ancienne, et par leur caractère descriptif, soit de la morphologie (Calopteryx, Cordulegaster, Cordulia, Gomphus), soit du comportement (ou des couleurs ?) avec Anax, soit de l'origine géographique avec Lestes.  

     .

     

    LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

     

    .

    POITOU-CHARENTE NATURE

    http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/anax-empereur/

    "De Anax (gr) = souverain, maître "

     

    .

    DRAGONFLYPIX

    http://www.dragonflypix.com/etymology.html

    "from Grk. ἄναξ = master, ruler, king"

     

     

     .

    D'ANTONIO & VEGLIANTE.

    https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

     

    "Anax - αναξ, ανακτοσ = signore, sovrano, re [delle aree umide]."

     

    .

    H. FLIEDNER, 2009

    https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

    http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

    "Anax [gr. Lord of the House] the genus might be named from its dominant behaviour in its territory."

    .

    VAN HIJUM, 2005.

    http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

    "anax= heerser "

     

    .

    .

    III. DÉBOIRES ET RÉCEPTION DU GENRE ANAX.

    .

    1°) Le genre de Leach fut adopté par MM. Curtis, Stephens 1829, Westwood,

    2°) En 1840, Edmond de Selys-Longchamps refusait à Anax le statut de genre, et le réduisait à celui de sous-genre d'Æshna. Il y plaçait deux espèces, Æshna formosa Vander Linden 1820 (qui se substituait à Anax imperator)  et A. parthenope Selys-Longchamps :

    "Description de deux nouvelles espèces d'Aeshna du sous-genre Anax (Leach).

    Par Michel-Edmond baron de Sélys-Longchamps, 1840, 8 pages, extrait du tome VI n°10 des Bulletins de l'Académie royale de Bruxelles https://books.google.fr/books?id=fjMqAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

     

     

    "Le genre AEshna, après en avoir écarté, sous le nom de Petalura, les espèces dont les yeux sont éloignés l'un de l'autre comme chez les Agrions, et les Cordulœgaster où ils se touchent à peine, se subdivise encore-en deux sections caractérisées par des différences qui ne sont bien sensibles que dans les mâles. C'est ce qui m'empêche d'adopter le genre Anax de Leach., fondé sur celles dont les ailes inférieures sont semblables et arrondies dans les deux sexes, tandis que l'auteur anglais réservait le nom d'AEshna aux espèces dont les mâles ont le bord anal des secondes ailes subitement anguleux, caractère qui est commun aux Petalura, aux Cordulœgaster et aux Cordulia du même auteur. Je pense donc que cette coupe d'Anax doit être présentée comme un simple sous-genre propre a faciliter le classement des espèces. Il présente encore la particularité, que les mâles n'ont pas sur les côtés du second segment abdominal ces deux petits renflemens qui caractérisent plus ou moins les autres AEshnes.

    C'est à Vander Linden que l'on doit la distinction de la seule espèce indigène d'Anax qui était connue jusqu'ici. Il la décrivit sous le nom d'AEshna formosa et la croyait particulière à l'Italie. Je l'ai retrouvée depuis en Belgique. Aujourd'hui je ferai connaître deux nouvelles espèces européennes que j'ai recueillies dans le midi et qui sont surtout caractérisées par leur taille, ainsi que par une forme très-différente dans les appendices anales des mâles, comme on peut en juger par les figures que j'en donne ici. Les côtes équatoriales fournissent plusieurs espèces du même groupe, qui semble exclu des contrées froides.

    ESPÈCES.N° 1 .(AEshna (Anax) Formosa. Vander Linden, 1820. — B. De Fonscol. — Steph. — Curtis.

    M. Thorace virescente immaculalo, abdomine strigâ dorsali angulosâ nigrâ , parastigmate atarum valdè elongato rufescente; appendicibus analibus maris subspalhulatis, inferiori subquadralâ; fœminae lanceolatis.

    Long. M. 34 1. F. 32 | ; envergure 46 à 48 1.; longueur de l'appendice anale inférieure du mâle 1 ligne.

    Synonymie : Oeshna Azurea, Toussaint de Charpentier, 1825. Anax imperator , Leacb.

    cf. Tête jaune, bouche brune; une tâche transverse bleue sur le haut du front et une autre petite triangulaire noire devant les ocelles; yeux verts à fond bleu. Thorax d'un beau verdâtre clair sans taches, à l'exception des deux plaques latérales supérieures qui précèdent le bouclier et sont bleues, et séparées par une ligne dorsale jaunâtre. Le dessous entre les pieds roussâtre. Abdomen déprimé, long, renflé à sa base, étranglé au milieu du 3e segment. Le 1" segment verdâtre avec deux taches basales brunes; la base du 2e verdâtre; tous les autres d'un bleu brillant en dessus avec les bords noirs. Une tache transversale noire sur le 2°, et une bande dorsale anguleuse depuis le 3e jusqu'au dernier segment. Cette bande traversée à la base des 3e, 4e, 5e, 6e, 7e et 8e segmens par une raie courte également noire. Appendices anales brun-noirâtres. Les deux supérieures ayant deux fois la longueur du dernier segment, atténuées à leur base, ensuite élargies, puis tronquées à leur extrémité. Une ligne élevée les traverse longitudinalement en dessus. Le bord interne de cette ligne est cilié. L'appendice inférieure égale à peine en longueur le tiers des supérieures. Elle est à peu près carrée , recourbée en haut et à bords renflés. Pieds noirs, la base des cuisses rousse. Ailes un peu teintées de jaunâtre surtout au milieu. Parastigma très-allongé brun-roussâtre. Membranule accessoriale blanche à la base, ensuite cendrée. Nervure costale jaune extérieurement.

    . Elle diffère du mâle par la forme des deux appendices anales supérieures qui sont lancéolées sans ligne élevée, et par la couleur de l'abdomen. Le 1er segment est brunâtre, le 2° verdâtre, le 3° bleu à la base, et les autres d'un vert un peu bleuâtre ou mélangé de jaunâtre. La bande dorsale noire anguleuse part du milieu du 2" segment.

    La Formosa est répandue dans une grande partie de l'Europe méridionale et tempérée, depuis l'Italie jusqu'en Belgique et en Angleterre. Dans la Campagne de Rome, je l'ai prise vers le 25 mai : en Belgique, elle paraît plus tard, c'est-à-dire de la fin de juin au milieu de juillet. Elle voltige sur les étangs et ne s'éloigne pas de l'eau. Les mâles, qui sont beaucoup plus nombreux que les femelles, sont d'un éclat admirable.

    Toussaint de Charpentier, qui a reçu cette espèce de Hongrie, l'a décrite sous le nom A. Azurea, d'après des individus secs; c'est pour cela qu'il indique par erreur la couleur bleue et non le vert comme étant celle du thorax. Il y a dans plusieurs collections de Paris des AEshnes reçues d'Afrique et des îles Canaries qui ne m'ont pas paru différer de celle-ci."

    .

    3°) Pierre Boitard, dans son Nouveau manuel complet d'Entomologie, Paris 1843 utilise le nom ANAX BELLE (Anax formosa De Sélys)

    3°) Mais en 1850, Sélys-Longchamp reprit le genre Anax dans la Revue des Odoates ou Libellules d'Europe

    ... sans rendre à Leach son espèce A. imperator, qu'il continuait à remplacer par A. formosus Vander Linden, ou Anax formose.

     

    4°) En 1863 et 1865, William Kirby et William Spence (An introduction to Entomology) utilisait la dénomination Anax imperator de Leach.

    .

     

    .

    ANNEXE. LES NOMS CRÉÉS PAR LEACH.

    .

    Je donne ici la copie d'un extrait de mon article commentant le nom des espèces de la famille des  Lycaenidae : Callophrys rubi, Lycaena phlaeas, Lycaena tutyrus et Lampides boeticus.

    http://www.lavieb-aile.com/article-zoonymie-du-papillon-le-thecla-de-la-ronce-callophrys-rubi-121822866.html

    http://www.lavieb-aile.com/article-zoonymie-du-papillon-le-cuivre-commun-lycaena-phlaeas-121249306.html

    http://www.lavieb-aile.com/article-zoonymie-du-papillon-le-cuivre-fuligineux-lycaena-tityrus-121790148.html

    http://www.lavieb-aile.com/article-zoonymie-de-l-azure-porte-queue-lampides-boeticus-121912812.html

     

    a) Famille des Lycaenidae, William Elford Leach, 1815.

     La référence de la publication originale de Leach ne fut pas facile à trouver, d'autant qu'elle se cacha derrière le nom de Brewster.  La voici : 

           Leach, William Elford, 1790-1836  "Insecta" pp. 329-336."Entomology". pp 646-747 in D. Brewster éditeur, Brewster's Encyclopaedia Edinburgh, [Edinburgh, volume 9, 1, 04/1815 pp. 57-172  : selon Sedborn 1937] [Philadelphia, E. Parker,1816? selon BHL Library]  page 718. [ Article publié anonymement et attribué à Leach, qui avait annoté son propre manuscrit]

    Voici un autre lien, c'est plus sûr :https://archive.org/details/CUbiodiversity1121039

          L' Edinburgh Encyclopædia était une encyclopédie en 18 volumes, imprimée et publiée par William Blackwood  et éditée par David Brewster entre 1808 et 1830. En rivalité avec l'Encyclopædia Britannica publiée à Edimbourg,  elle était considérée comme étant la meilleure sur les sujets scientifiques ; la plupart des articles étaient rédigés par le physicien D. Brewster, qui fut recteur de l'Université  de 1859 à 1869, mais elle faisait appel à d'éminents contributeurs. 

      Ce n'est qu'en 1832 que Joseph Parker de Philadelphia, et Whiting et  Watson de New York éditèrent la version américaine.

        Cette publication de Leach  donne la première bibliographie jamais publiée en entomologie. Cet auteur, alors bibliothécaire adjoint en zoologie au British Museum, a fondé également les ordres Phasmida, anoploures, thysanoures et Rhaphidides, les familles hémiptères Pentatomidae, Coreidae, Belostomidae ; la famille de diptères Tipulidae et la famille des hyménoptères Chrysididae.

     

    Leach et les anagrammes de Caroline.

       Puisque mon sujet est la zoonymie, je ne laisserai pas passer l'occasion de signaler les particularités des créations onomastiques de W. Leach. On dit en effet qu'il avait été amoureux d'une certaine Caroline, dont on ne sait si elle était son épouse, sa sœur, ou sa maîtresse, mais dont il s'ingénia, l'année de ses 28 ans, à dissimuler les acronymes de son prénom dans ses noms de genre de crustacés, tels que Anilocra (1818), Canolira (1818), Cinolara (1818), Conilera (1818), Nelocira (1818), Nerocila (1818), et Rocinela (1818) ! D.M. Damkaer, qui relate cette originale série (The Copepodologist cabinet, page 148) en citant Stebbing, 1893 et Gosse, 1860,  aurait pu citer aussi Lironeca 1818 / Livoneca 1818, ou Olencira 1818. Ses successeurs s'amusèrent à poursuivre le jeu avec Renocila(Miers, 1880), Alcirona (Hansen, 1890 ), Lanocira (Hansen, 1890 ) et  Corilana (Kossman, 1880), Nalicora (Moore, 1902) , Orcilana (Nierstrasz, 1931) , Creniola (Bruce, 1987) et Norileca (Bruce, 1990).

    Ces noms ont été publiés dans le Dictionnaire d'histoire naturelle Tome 12, Levraut, Le Normant : Paris 1818, page 69-75  dans lequel Leach était chargé de l'article Crustacés. Page 74, il écrit page 74 "Je crois utile de donner la liste des noms de tous les genres de crustacés qui ont été publiés jusqu'à ce jour", de Aegée, Aeglée jusqu'à Zoé, Zozime, Zuzare.  Voir la liste de tous les noms de crustacés créés par Leach ici. Mais c'est dans l'article Cymothoadées page 338 que les genres sont présentés. Ils débutent, est-ce un hasard, par le genre Eurydice Belle (on connaît l'air de Gluck Che farò senza Euridice "J'ai perdu mon Eurydice, rien n'égale mon malheur"..) Les noms de genre en français sont les anagrammes de Caroline, et leurs espèces se déroulent comme une longue marche orphique appelant de l'Hades les entomologistes : Nélocire de Swainson, Conilère de Montaigu,  Rocinèle de Devonshire, [Aega (une nymphe)], Canolire de Risso, Anilocre de Cuvier, Olencire de Lamarck, Nérocile de Blainville, Livonèce* de Redman ou de Rafinesque, puis se termine (après Cymothoa de Fabricius) par son Limnorie, qui porte le nom d'une Néreïde.

    * Livonèce  Il s'agit d'une faute typographique pour Lironeca, comme en témoigne une version anglaise du texte français, écrit de la main de Leach et conservé aux archives de la Société linnéenne de Londres  , dans lequel il a clairement écrit Lironeca. De même, dans sa liste donnée page 74 du même dictionnaire, c'est le terme Lironecée qui est indiquée.  Dans la réédition du dictionnaire,  Latreille a corrigé   à plusieurs reprises  "Livoneca / Livonèce" par "Lironeca / Lironèce".  La Commission Internationale de nomenclature zoologique a néanmoins déterminé  "Livoneca" comme la forme valide pour ce genre. Dans un article paru en 1994 dans le Bulletin de nomenclature zoologique, Ernest H. Williams , Jr. et Thomas E. Bowman  ils ont défendu l'orthographe originale de Lironeca et demandé  à la  Commission Internationale de nomenclature zoologique de décider que Livoneca est une orthographe originale incorrecte de Lironeca.

     Dans ses manuscrits inédits , il avait également utilisé  le nom Cilonera . " Ibid . ( Note 116 , p.402

    Depuis près de 200 ans, des esprits curieux ont tentés de savoir qui se cachait derrière Caroline. Leach n'était pas marié, n'avait pas de maîtresse connue, si tant est que son dévouement pour la science, ses fonctions au Muséum et ses publications incessantes [ son Entomology de 1815 est un travail considérable] lui en ait laissé le temps. Il avait une sœur, mais elle se prénommait Jenny. On a pensé à Caroline de Suède, à l'astronome Caroline Herschel, à Caroline de Brunswick et à Caroline Clift, la fille du naturaliste William Clift ; il pourrait s'agir d'une simple combinaison aléatoire de phonèmes. 

      J'ai tout de suite pensé au poème d'Edgar Poe : Annabel Lee.

     It was many and many a year ago,
     In a kingdom by the sea,
    That a maiden there lived whom you may know
     By the name of Annabel Lee;—
    And this maiden she lived with no other thought
     Than to love and be loved by me.

    [...]

     And so, all the night-tide, I lie down by the side
    Of my darling, my darling, my life and my bride
     In the sepulchre there by the sea—
     In her tomb by the side of the sea.

     

     Quel merveilleux moyen d'élever un Tombeau à un amour d'enfance que d'immortaliser le nom de l'aimée dans le marbre de l'onomastique zoologique des animalcules marins, et de le laisser se refermer sur l'indicible secret ?

    La Caroline de Leach rejoint alors — pour moi seul —la Vanessa de Fabricius, et les amours que Nabokov a exprimé pour mieux les cacher dans le personnage de sa nymphette Lolita.

      (N.B Ces données sont issues de la présentation d'un travail artistique inspiré par ce thème : voir :http://www.victoriamanning.com/statement/elfortiana/elfortiana_statement.html. L'auteur y évoque les autres pistes possibles, telles que  Cornelia, Caroli Linné, Lonicera, Craniola, Carniola, Coraline, Caroline, Cerniola, et Arenicola.)

      Leach ne se limitait ni au prénom de Carolina, ni aux isopodes, ni à l'année 1818 : il avait déjà osé nommer un martin pêcheur australien  Dacelo Leach 1815, par anagramme du genre Alcedo des martins-pêcheurs de la vieille Europe. Ses créations avaient parfois le don d'irriter, et en 1842, six ans après la mort de Leach , le Comité de l'Association britannique sur la " Révision de la nomenclature botanique et zoologique " a éliminé les noms Azéka et Assiminea pour leur absence de sens.  En 1900 , le révérend Knight a  enquêté sur ces noms ...et a découvert que ces  "nonsense names" correspondaient sans-doute à la ville biblique de Azekah et  à Assémani, un «grand savant oriental ". De plus,  lors de l'examen des dizaines d'autres noms, il a également conclu que Leach semblait avoir une prédilection particulière pour les indications géographiques et des noms dérivés de personnes, ayant souvent une origine biblique ou oriental . (Journal of conchology , Vol. 9, n ° 9, Janvier 1900)

     

    David M. Damkaer (2002). "Adding pages". The Copepodologist's Cabinet: A Biographical and Bibliographical History, Volume 1. Memoirs of the American Philosophical Society, Volume 240. American Philosophical Society. pp. 131–155. ISBN 978-0-87169-240-5.

    https://books.google.fr/books?id=TgUNAAAAIAAJ&pg=PA147&redir_esc=y#v=onepage&q&f=falseoir.

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    SOURCES.

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    — ANIMALBASE

    http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/highergroup?id=59

     

    — LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) – 

    https://www.biodiversitylibrary.org/page/17493627#page/145/mode/1up

     

    — LSJ Site de traduction grec/anglais Liddell  Scott Jones

    https://lsj.translatum.gr/wiki/Main_Page

    https://lsj.translatum.gr/wiki/LSJ:GreekEnglishLexicon

    ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

    https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

    — ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

    https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

    — ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

    https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

    — ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

    https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

    — ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

    https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

     http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

    — FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

    http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

    — FLIEDNER (Heinrich),  MARTENS (Andreas ), 2008, The meaning of the scientific names of Seychelles dragonflies (Odonata) , Phelsuma 16 (2008); 49-57

    https://www.researchgate.net/publication/228819379_The_meaning_of_the_scientific_names_of_Seychelles_dragonflies_Odonata [accessed Jan 04 2018].

    — POITOU-CHARENTE NATURE (Association), avec les études étymologiques des noms

    http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulie-bronzee/

     

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    BIBLIOGRAPHIE ET LIENS POUR LA ZOONYMIE DES ODONATES :

    La bibliographie de mes articles de zoonymie des Odonates.

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    Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
    31 décembre 2017 7 31 /12 /décembre /2017 12:39

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    Je suivrai le parcours d'un visiteur qui, venant du déambulatoire, entrerait dans le chœur par le coté nord, longerait les stalles nord, traverserait l'axe centrale pour rejoindre les travées sud qu'il suivrait pour regagner la sortie sud. Visiteur qui  aurait déjà admiré les frises supérieures et se proposerait un parcours à thèmes où il réserverait l'examen des stalles proprement dites (avec leurs miséricordes et leurs appuie-main) à plus tard.

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    I. LES JOUÉES ET RAMPANTS DU COTÉ NORD.

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    Au nord,  il aurait, à examiner  six ensembles : les deux jouées orientales, — la jouée haute et la jouée basse, faisant face à l'ancien autel (et à l'entrée par où le visiteur pénètre dans le chœur en venant du déambulatoire) —, les deux rampants des marches donnant accès, en milieu du chœur des chanoines, aux sièges hauts, et enfin les deux jouées  ouest, vers l'autel moderne .

    Il débuterait alors par le Jugement dernier, puis par la scène emblématique du patron de la cathédrale, celle de saint Pol asservissant le dragon, poursuivrait   par la statue de saint Pierre et par l'enlacement de deux dragons, avant d'atteindre une Annonciation, puis de découvrir les statues de deux ou trois saints.

    Il constaterait peut-être alors que son trajet rebroussait le parcours iconographique d'une méditation théologique sur le Salut (de l'Incarnation vers la Rédemption), et il attendrait avec impatience de savoir si le coté sud, par lequel il aurait peut-être dû commencer, allait être riche en scène de l'Ancien Testament. 

    Effectivement, il trouvera au sud les figures de Moïse, de Samson et enfin de Jean-Baptiste, le Dernier Prophète et le Précurseur, qui le confortera dans son intuition.  Mais pour un amateur d'art et d'iconographie, cette logique théologique n'a plus à être suivie dans l'orthodromie d'un Pèlerinage de la Vie Humaine. D'autant que, s'il est comme moi, il reviendra sur ses pas pour mieux apprécier ce qu'il a vu grâce à la saveur du revenez-y.

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    "La distinction entre rangs sud et nord se comprend  dans un schéma linéaire et didactique opposant le côté sud et les figures vétérotestamentaires, au côté nord où l’on retrouve plus volontiers des images du Nouveau Testament. Déjà sensible à La Guerche-de-Bretagne, cette observation s’applique plus nettement aux stalles de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon, en particulier au niveau des stalles basses. Plusieurs sculptures présentes sur les rampes des stalles basses sud possèdent des sujets liés à l’Ancien Testament qui, associées, offrent une lecture Ouest-Est des événements avant de se poursuivre du côté nord." (Florence Piat 2012)

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    Lecture sud-nord des rampants des stalles par Florence Piat 2012

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    A. LES JOUÉES NORD-EST (du coté de l'autel).


     

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    Entrée nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Entrée nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    1°) La jouée haute : le Christ de la Parousie.

    Cette jouée est dite "haute" parce qu'elle ferme les dix-sept stalles de la rangée haute. C'est la partie verticale étroite qui s'élève jusqu'aux dais, et qui peut se sub-diviser en trois ou quatre parties, dont seule la partie basse n'est pas ajourée.

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    Entrée nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Entrée nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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     Ce qui est amusant, c'est de ne pas savoir ce que l'artiste a voulu représenter et de mener seul son enquête. Cette jouée a plusieurs parties, mais l'œil est attiré au sommet  par le Christ montrant ses plaies et couronné d'épines, bras écartées et paumes en évidence. Il porte le manteau du Ressuscité (comme sur le retable d'Issenheim, 1515), mais ici fermé par un mors cubique. Sa tête, recouverte par le manteau de gloire, porte le nimbe crucifère. Il est assis sur un arc-en-ciel émergeant de nuées. De la nuée de coton hydrophile, à gauche, sort un ange qui embouche une trompe. On pense à un Jugement dernier, comme sur le diptyque de New York par Hubert van Eyck, (vers 1425) ou comme sur le retable de Beaune par Rogier van der Weyden vers 1450 .

    Il faut alors chercher, les personnages sortant de leur tombe à l'annonce de cet ange buccinateur, et on les trouve, très discrètement sculptés sur le montant de droite, en bas. Ils sont trois, dont deux, sous un fronton à crochets d'acanthes et fleuron, semblent tenter d'échapper à un effondrement de leur tourelle. Leurs gestes  et leurs regards désespérés contrastent avec les mains jointes de leur compagnon, qui les domine.

    Je cherche d'autres figures dans le labyrinthe des éléments floraux, des feuilles et des bourgeons qui s'ingénient à multiplier les pièges par leurs yeux et leurs formes zoomorphes. Rien d'autre, si ce n'est une statue d'un saint posé sur un socle.

    C'est un moine nimbé, en habit de dominicain, et tenant un livre dans sa main gauche. Le dominicain canonisé le plus connu dans la Bretagne ducale depuis Jean V, qui le fit venir d'Espagne, c'est Vincent Ferrier, qui a sa sépulture à Vannes. Surnommé « l'Ange du Jugement » , il parcouru la province pour prêcher le repentir et la confession en annonçant les périls de l'Enfer. Il  était venu prêcher dans la cathédrale Saint-Pol-de-Léon lors de son dernier voyage en Bretagne (1418-1419) .

    Conclusion tentante : cette jouée haute est consacrée au Christ du Jugement dernier et tente de susciter chez les fidèles  la peur, la contrition et la pratique cultuelle. Mais ici, nous ne voyons pas l'archange saint Michel et pas d'avantage la pesée des âmes. Par de démon suppliciant les damnées, mas de feu, donc pas d'enfer.

    Il est plus juste de parler d'un Christ de la Parousie (et non de "seconde parousie") , c'est à dire de sa seconde venue, après la première venue, celle de l'Incarnation. [Ce mot vient du grec ancien παρουσία / parousía qui signifie «présence » (ou encore "visite", "« arrivée », « venue »). C'est celle qui est annoncée par  Matthieu 24:30-31]  :

    "Alors le signe du Fils de l'homme paraîtra dans le ciel, toutes les tribus de la terre se lamenteront, et elles verront le Fils de l'homme venant sur les nuées du ciel avec puissance et une grande gloire.  Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu'à l'autre."

    Il ne s'agit pas d'un Jugement, mais de la préfiguration heureuse du retour glorieux de Jésus-Christ à la fin des temps bibliques dans le but d'établir définitivement le Royaume de Dieu sur la terre. Belle entrée en matière, non ?

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    Jouée haute nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Jouée haute nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Jouée haute nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Jouée haute nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Jouée haute nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Jouée haute nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Jouée haute nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Jouée haute nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    A propos de saint Vincent Ferrier, Florence Piat écrit dans sa thèse :

     

     "Ce dernier est situé sur la jouée haute NE à coté du Jugement Dernier. Tenant un livre dans la main gauche et effectuant un geste de bénédiction de la main droite, l’absence de polychromie permet néanmoins de reconnaître l’habit du dominicain, mais c’est véritablement l’association au thème de la fin des temps présent sur la jouée qui permet de reconnaître dans cette sculpture celui que l’on surnommait« l’ange de l’Apocalypse ». Arrivé à Nantes le 8 février 1418 à la demande du duc Jean V, il prêche en terres bretonnes durant près de deux ans, jusqu’à sa mort qui intervient à Vannes le 5 avril 1419. Il sillonna ainsi la côte nord puis la côte sud, parcourant plus d’une cinquantaine de localités. Parmi celles-ci, dix-huit possédaient un couvent de Mendiants comme le couvent des Carmes à Saint-Pol-de-Léon, institutions sur lesquelles le prédicateur catalan pouvait s’appuyer pour véhiculer le message divin. Ces prêches étaient, d’après les récits des contemporains, suivis par une foule nombreuse,composée de clercs, laïcs, nobles, bourgeois ou simples paysans, venus parfois de loin pour l’écouter. Il semble que ses prédications aient fortement impressionné les Bretons notamment grâce à l’éloquence et aux qualités quasi théâtrales de Vincent Ferrier. Ce dernier s’exprimait pourtant dans un dialecte valencien qui pouvait être, ça et là, mâtiné de français, ou, comme l’indique H. Martin « une sorte de sabir latino-catalan-occitan,accessible à une partie de son public, habitué à des passages du latin à la langue vulgaireau cours d’une même allocution ». Le recours à des traducteurs, peut-être des commerçants espagnols installés dans la province, était également possible. Tout du moins a-t-il suffisamment interpelé le public de l’évêché du Léon pour que son effigie apparaisse dans les stalles de la cathédrale quelques décennies plus tard. La présence de cette sculpture renvoie par ailleurs à une réalité de l’époque. En effet, la prédication, et par extension les ordres mendiants, connaissent un véritable succès en Bretagne durant le XVe siècle comme les travaux d’H. Martin l’ont déjà démontré.

     Réclamé par la population elle-même, y compris au XVIe siècle, ces prêches n’avaient pas spécifiquement pour objectif de convertir des hérétiques, musulmans ou juifs, mais bien de redresser des mœurs jugées dissolues et une éducation ecclésiastique insuffisante. Les témoins du procès en canonisation de Vincent Ferrier rapportent par exemple que celui-ci apprit au peuple à faire « le signe de croix, à invoquer le nom de Jésus et fléchir pour cela le genou pendant la messe et le service divin ». 

    L’action même de prêcher devient à cette époque un véritable métier, rémunéré par des autorités laïques et bourgeoises, dont les qualités laborieuses sont mises en avant dans quelques discours révélés par des sermonnaires. Cependant, le clergé séculier plus «traditionnel » comme celui des chapitres cathédraux n’accueille pas toujours ces prédicateurs, en particulier les carmes, avec bienveillance car nombreux sont ceux qui critiquent le train de vie mené par les chanoines." (F. Piat 2012)

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    Jouée haute nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Jouée haute nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    La partie inférieure de la jouée est  sculptée de motifs végétaux gras et prometteurs, gorgés de sève et de vie (une allégorie ?) ; les tiges et pétales  sont lisses, soyeuses, animées par des sinuosités quasi liquides, tandis que les boutons floraux sont poinçonnés de points et d'yeux en un agréable contraste.

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    Jouée haute nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Jouée haute nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    2°) La jouée basse : le miracle de Saint Pol-Aurélien menant le dragon par son étole.

    Elle est décorée d'arcatures à remplages flamboyants, et surmontée d'un rampant sculpté en ronde bosse d'une scène hagiographique.

    La rampe de la jouée basse N.E illustre en effet la scène emblématique de la vie de saint Pol Aurélien, l' un des Sept saints fondateurs de la Bretagne continentale et premier évêque de Saint-Pol-de-Léon au VIe siècle : le moment où Pol libère l'île de Batz (devant Roscoff, port de la ville) d'un dragon qui la désolait (figure du paganisme), en passant son étole autour de son cou.

    Cette scène est rapportée dans la Vita  sancti Pauli Aureliani, la Vie de Paul Aurélien, achevée, et peut-être rédigée  dans le courant de l'année 884 dans le monastère de Landeuinnoch (Landevennec), alors  dirigé par l'abbé Uurdisten. La Vita a sans-doute été  commandée à Uurmonoc, prêtre et moine de Landévennec, par l'évêque de Léon Hinworet, sans doute pour fournir un manuel aux clercs de l'école épiscopale, 

     Nous avons de la Vita deux manuscrits : le premier, le plus ancien, des IXe et Xe siècles, est conservé à la bibliothèque de la ville d'Orléans sous la cote Orléans 261 pages 42-134, et provient de l'abbaye toute proche de Saint-Benoît-sur-Loire, anciennement Fleury. L'autre des XI-XIIe siècles, autrefois à Saint-Germain-des-Prés, est actuellement à la Bibliothèque nationale sous la cote Latin 12942, folio 103v-129v. Le texte latin a été édité par Ch. Cuissard dans la Revue Celtique de  1881  et reproduit dans les Analecta Bollandiana en 1882 I p 208-253. Voir aussi Acta sanctorum.

     

    "Après avoir reçu la cloche de Marc, saint Paul s'occupa du dragon qui ravageait la côte orientale de l'île. C'est à peine si les cadavres de deux hommes et de deux bœufs pouvaient apaiser quotidiennement sa faim. Pourvu d'une queue immense, il mesurait 120 pieds ou plus (soit près de 40 m). Uurmonoc, le rédacteur, après avoir douté de l'estimation, la croit fondée d'après la taille de son repaire : selon les paysans, il ne faudrait pas moins d'un muid et demi de semence d'orge, céréale la plus cultivée dans l'île, pour en ensemencer la surface.

    « Ses écailles griffues lui servaient de mains, ses côtes en se contractant remplaçaient des jambes ; les traits rebondissaient sur son dos ; il mordait, il écrasait, il empoisonnait de son haleine. Malgré les prières du comte Withur, Pol alla contre lui. 

    Saint Paul marcha vers la bête d'un pas ferme et lui ayant passé son étole autour du cou, il y fit un nœud, dans lequel il glissa, en guise de corde, son bâton. Il le conduisit ainsi à l'extrémité nord de l'île et lui ordonna de disparaître à jamais dans les profondeurs marines." (B. Tanguy)

    Le texte latin, émouvant par son ancienneté et précieux afin de le confronter à la traduction résumée en français, est le suivant :

    Caput XVIII. De cujusdam serpentis in eadem insula reperti expulsione. [...] 

    Et cum hæc dixisset, stolam qua induebatur illius nefario circumstringens collo suique astile baculi eidem nodoso adacti ligamini quasi profune in manibus arripiens, per viam quæ ad plagam ipsius insulae borealem tendit, eodem se sequente usque ad mare progreditur serpente, stantique in confino maris littorisque praecipiens ait : a Serpentina crudelitas, priusquam coerulei maris fallacibus demergaris caribdibus, maculosa gorgonei gutturis extende colla et sine ut mea propria accipiam vestimenta. 

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    Bnf latin 12942 Stolam qua induebatur illius nefario circumstringens collo

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    Le texte qui précède le passage le plus anecdotique est intéressant par les allusions à l'Écriture sainte, qui montre clairement que le dragon est une représentation du Malin, et que le geste du saint s'inscrit dans l'exemple du Christ. Ainsi, caput serpentis fait allusion à caput serpentis antiquis, le Péché. Calcabitis super serpentes et scorpiones 'et coetera" cite l'évangile de Luc 10:19  ecce dedi vobis potestatem calcandi supra serpentes et scorpiones et supra omnem virtutem inimici et nihil vobis nocebit  "Voici, je vous ai donné le pouvoir de marcher sur les serpents et les scorpions, et sur toute la puissance de l'ennemi; et rien ne pourra vous nuire.". Mais c'est un renvoi par ricochet à Marc 16:18, ou  au Psaume 91 "tu fouleras le lionceau et le dragon". Puis vient les mentions d'Éve, de la tromperie d'Adam et du Second Adam.

    La représentation, dans les stalles des chanoines de la cathédrale, de saint Pol Aurélien et de son dragon s'inscrit donc dans une démonstration théologique.

     

    Caput enim serpentis cito conterendum est. Tantum mihi itineris ducatum præbete. Contradicente autem principe, se talem bestiam non visurum, ne simili morte ut coeteri periret, cum juramento protestatus est cum eo panem non esurum nec aquam gustaturum donec de tam horribili diabolicæ fraudis fantasmate aut ipse vinceretur aut ipse potius vindicaret, Deique populos de sub jugo mortiferi principis liberaret. Et cum hæc dixisset omnibus qui inerant secum licet nolentibus commitantibus tamen quid faceret videre cupientibus, pervenit ad locum ubi insulanus draco extra terminos proprii patrimonii sederat.

    Illevero ut de longe venientium tumultus audierit, statim solito more quasi miles armatus ad pugnam se præparando serpentinum caput praefato lapidi quasi scuti lumbo superposuit< Sed mox ut Paulum utpote militem fortiorem sibi cum impetuvenientem animadvertit, lumina flectens lucifuga, quasi se occultando latebrosa quaerit latibula.

    Sanctus itaque memor divini eloquii ubi dicitur : Calcabitis super serpentes et scorpiones, et coetera, ilium desuper comminando his dictis increpat, dicens : « Quid hie pestiferæ segetis malignae sator, struis ? Quare has non proprias tuos in usus sedes vindicare voluistit Sic ille cujus similitudinem tenes aliquando dixerat : Sedebo in monte testamenti, in lateribus aquilonis, in coelum conscendam, similis ero Altissimo ; sed suo nisu deterior factus, mersus et praecipitatus in infernum est, ubi te paria exspectant regna. Ibi te paterna hereditas futurum exposcit heredem : cui enim alii patrii census vectigal jure debetur ?

    Quid igitur nostri juris septa effringere præsumpsisti ? Nam hie tibi blandienti Aeva decepta protoplastique Adæ deceptrix ad fallendum : secundi Adam sumus qui nos ad cavenda tuae malignae emissionis jacula vere sapienterque edocuit; aut si tu similia posse agere aestimaveris, nescis quia qui sibi grandea repromittunt cito deiciuntur ? Tuos igitur deponere tumores Christique ediscere trophea ne pigriteris. Vere enim, ut ait quidam, magna cadunt, inflata crepant, tumefacta premuntur. »

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    Notons que le thème du dragon (*) va se poursuivre, jusqu'à la jouée opposée où sainte Marguerite sort victorieuse de la bête pestilentielle qui l'a avalée. Il faudrait se livrer à une grande étude du rôle de cet animal dans la cathédrale, ou  en Finistère, ou dans l'Église, qu'il soit terrassé par l'archange ou plus rarement par saint Georges, qu'il serve de crossette au coin de la plupart des rampants des églises (et, à Saint-Pol-de-Léon, dans deux bâtiments voisins de la cathédrale), ou qu'il orne les sablières, la base des rinceaux des porches, etc, etc.

    (*) Selon F. Piat, le dragon est l’animal fabuleux le plus fréquent sur les stalles bretonnes, en particulier dans les groupes épiscopaux.

    Sur le rampant des stalles, saint Pol fait face au dragon, qui ouvre la gueule de façon menaçante et dresse ses ailes épineuses, tandis qu'il a posé sa queue écailleuse sur la boucle de la volute. Il porte déjà en collier l'étole du saint. Ce dernier est vêtu d'une tunique longue, serrée par une ceinture, et un manteau ample qui traîne derrière lui. La main droite est brisée, et on peut imaginer qu'elle tenait, aidée de la main gauche, l'extrémité de l'étole, ou une crosse.

    Florence Piat fait observer que sur cette sculpture, la tête du saint patron de l'édifice n'est pas celle d'origine. Elle est coiffée d'un bonnet plat, à fanons.

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    Jouée basse nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Jouée basse nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Saint Pol et le dragon, jouée basse nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Saint Pol et le dragon, jouée basse nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Saint Pol et le dragon, jouée basse nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Saint Pol et le dragon, jouée basse nord-est des stalles de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    B. LES RAMPANTS DES JOUÉES MÉDIANES NORD.

     

    Au niveau de l’accès médian menant à la rangée supérieure, les deux rampes de la jouée  sont sculptée de deux enroulements de volutes sur lesquels prennent place des  personnages et ou des créatures.

     

    1°) Le rampant droit  des jouées encadrant les marches médianes stalles nord : saint Pierre, et un prophète.

    Cette rampe inclinée droite est faite d'une simple volute sur les boucles desquelles s'appuient les statues de saint Pierre, au front dégarni et une clef dans la main gauche, et, lui tournant le dos, d'un personnage biblique qui pourrait être un Prophète coiffé d'un bonnet hébraïque et déroulant sur une banderole son verset prophétique.

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    Rampant droit des marches centrales des  des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Rampant droit des marches centrales des des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    2°) Le rampant gauche des jouées encadrant les marches médianes stalles nord : deux dragons. 

    Nous n'aurons pas quitter longtemps l'animal de compagnie de saint Pol. Ici, une paire de dragons sont placés l'un contre l'autre, les cous entrecroisés et les faces se regardant. Leurs queues reposent sur la boucle des volutes. L'un a le corps écailleux et des ailes nervurées, l'autre un corps lisse et des sortes d'élytres.

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    Rampant gauche des marches centrales  des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Rampant gauche des marches centrales des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Rampant gauche des marches centrales   des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Rampant gauche des marches centrales des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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     C. LES JOUÉES NORD-OUEST.

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    1°) La jouée basse nord-ouest : l'Annonciation.

    Elle est décorée en partie basse de rinceaux polycycliques sur les panneaux, et surmontée d'un rampant sculpté  d'une l'Annonciation en ronde bosse.

    L'archange Gabriel est figuré dans l'attitude habituelle du messager qui vient juste d'atterrir, genou droit en avant, et la Vierge enveloppée dans un manteau croise les bras sur la poitrine. 

    Il suffit de chercher un peu pour découvrir le phylactère du texte prononcé par l'ange : il déroule ses spires dans la concavité des volutes. De même, c'est sans-doute la colombe de l'Esprit qui se dissimule à gauche.

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     La Vierge Marie, assise sur la droite, les bras croisés sur la poitrine, reçoit les paroles de l’archange agenouillé devant elle.  le rampant situé à l'ouest est sculpté d'une scène d'Annonciation très simple où la Vierge reçoit les paroles de l'archange, les mains croisées sur sa poitrine.

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    Vue générale des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Vue générale des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    L'Annonciation. jouée basse nord-ouest des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    L'Annonciation. jouée basse nord-ouest des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    L'Annonciation. jouée basse nord-ouest des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    L'Annonciation. jouée basse nord-ouest des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Si la scène est observée de l'intérieur des stalles, on est surpris de découvrir, dans la volute, un petit animal à queue longue (une hermine ?) qui pointe le museau vers l'orifice d'un petit tunnel, ou d'un bonnet.

    C'est aussi l'occasion de voir que les volutes sont occupées par les feuillages (lys ?), ou d'examiner la coiffure de Marie, dont les deux masses latérales se réunissent au centre pour rentrer dans l'encolure du manteau.

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    L'Annonciation ; jouée basse nord-ouest des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    L'Annonciation ; jouée basse nord-ouest des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    2°) La jouée haute nord-ouest.

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    Les jouées hautes du coté de la nef, au nord comme au sud, n'offrent à voir qu'une seule face sculptée, du coté intérieur. Deux saints personnages y sont sculptés en bas-relief. Le premier, tête nue  inclinée sur la droite, nimbée, est vêtu d'un vêtement liturgique très enveloppant, sans manches réelles, finement plissé sur la poitrine. Est-ce la tunique d'un sous-diacre ? Sur le poignet gauche pend un manipule ou une étole, ce qui est une autre indication en faveur d'un diacre.

    Il tient des deux mains un livre ouvert. Celui-ci est suffisamment précieux pour être protégé par une couvrure ou chemise, une reliure d'étoffe qui le protège, en tant qu' objet sacré, de la manipulation directe et qui est dérivée du manutergium des premiers temps du christianisme. Cette couvrure forme un étui qui s'achève par une boule.

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    Saint tenant un livre,  jouée haute nord-ouest des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Saint tenant un livre, jouée haute nord-ouest des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Au dessus de lui, une vierge et martyre (car elle tient la palme) est sculptée de trois-quart. Elle porte également un livre ouvert, également protégé par un étui d'étoffe.

    Sa tête est parée d'un bandeau à bijou central, puis d'un double nimbe.

    On peut proposer, parmi d'autres suggestions, d'y voir sainte Pithère, qui a les mêmes attributs et qui est honorée à Le Tréhou.

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    Sainte, vierge et martyre, tenant un livre, jouée haute nord-ouest des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Sainte, vierge et martyre, tenant un livre, jouée haute nord-ouest des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Un peu plus haut et occupant l'angle nord-ouest, une statue en ronde bosse montre une femme vêtue de deux tuniques et la tête recouverte d'un voile au dessus d'une guimpe. Elle aussi tient un livre, dans la main gauche. Sainte Anne ?

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    Personnage féminin, angle ouest des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Personnage féminin, angle ouest des stalles nord de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    I. LES JOUÉES ET RAMPANTS DU COTÉ SUD.

     

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    A. LES JOUÉES SUD-OUEST.

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    1°) La jouée sud-ouest  basse.

    La signification du rampant de cette jouée est incertaine. Un moine est agenouillé devant un évêque ou un abbé, qui est assis. Le moine tient dans ses mains un objet non identifié, et le personnage mitré tient également dans la main gauche deux objets. Ils regardent tous les deux légèrement sur le coté. Est-ce une scène de présentation d'une commande ?

    Dans la volute, un blason surmonté d'une boule a été martelé, nous privant d'une indication précieuse.

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    Jouée basse sud-ouest des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Jouée basse sud-ouest des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Jouée basse sud-ouest des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Jouée basse sud-ouest des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Jouée basse sud-ouest des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Jouée basse sud-ouest des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    2°) La jouée sud-ouest  haute. Moïse et un autre personnage.

    Comme du coté nord, seul le coté intérieur est sculpté. Adossée à une double arabesque, la statue en ronde bosse d'un personnage barbu est identifiable comme étant Moïse, par les "cornes" (en réalité des flammes) de sa tête. Il tient un objet long et courbe, que j'assimile à son bâton/serpent à défaut de meilleure proposition.

     

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    Moïse, jouée haute sud-ouest des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Moïse, jouée haute sud-ouest des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Au dessus, et en arrière, dans l'angle sud-ouest de la stalle,  un autre personnage pourrait être un prophète : il n'est pas nimbé, est barbu, et lève le bras droit au dessus de la tête en un geste plein d'expression.

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    Jouée haute sud-ouest des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Jouée haute sud-ouest des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Première stalle ouest des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Première stalle ouest des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    B. LES DEUX RAMPANTS DES JOUÉES MÉDIANES SUD.

    Au niveau de l’accès médian menant à la rangée supérieure des stalles, les deux rampes des jouées  sont sculptées de deux enroulements de volutes sur lesquels prennent place des  personnages et ou des créatures.

     

     

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    Rampant droit de l'accès médian aux stalles hautes sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Rampant droit de l'accès médian aux stalles hautes sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    1°) Le rampant droit des marches centrales : Samson et le lion / un dragon.

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    Ce rampant représente Samson ouvrant la gueule du lion, selon le texte biblique du Livre des Juges. 

    Juges XIV:5-6 : 

    "Samson descendit à Thimna, et il y vit une femme parmi les filles des Philistins.
    2 Lorsqu’il fut remonté, il le déclara à son père et à sa mère, et dit: J’ai vu à Thimna une femme parmi les filles des Philistins; prenez-la maintenant pour ma femme.
    3 Son père et sa mère lui dirent: N’y a-t-il point de femme parmi les filles de tes frères et dans tout notre peuple, que tu ailles prendre une femme chez les Philistins, qui sont incirconcis? Et Samson dit à son père: Prends-la pour moi, car elle me plaît.
    4 Son père et sa mère ne savaient pas que cela venait de l’Eternel: car Samson cherchait une occasion de dispute de la part des Philistins. En ce temps-là, les Philistins dominaient sur Israël.
    5 Samson descendit avec son père et sa mère à Thimna. Lorsqu’ils arrivèrent aux vignes de Thimna, voici, un jeune lion rugissant vint à sa rencontre.
    6 L’esprit de l’Eternel saisit Samson; et, sans avoir rien à la main, Samson déchira le lion comme on déchire un chevreau. Il ne dit point à son père et à sa mère ce qu’il avait fait.

    7 Il descendit et parla à la femme, et elle lui plut."

    Le sens littéral du texte est simple, mais il ne nous permet pas de comprendre la valeur de cette scène pour les chanoines de Saint-Pol-de-Léon : un jeune héros, en route pour ses fiançailles, "déchire un lion" parce qu'il est saisit par l'Esprit de l'Eternel. 

    L'analyse critique nous apprend que Samson, né miraculeusement d'une mère stérile, a été voué à Dieu : c'est un nazir (comme Jean-Baptiste), qui ne doit se couper ni les cheveux ni s'approcher de quelque chose d'impur (*), et qui doit être le sauveur d'Israël. Doué d'une force surhumaine (comme Hercule), il perdra tous ses pouvoirs s'il révèle que ceux-ci sont conférés par la longueur de ses cheveux, et si ceux-ci sont coupés, ce qui arrivera après la confidence faite à Dalila.

    (*) Le nézirat est un engagement de durée limitée, à la suite d'un vœu, sauf dans deux cas où il est à vie : celui de Samuel et celui de Samson. Le nézirat de Samson est très particulier puisqu'il ne s'oppose pas à ce qu'il se marie (avec une femme des ennemis d'Israël).

    Nous voyons aussi que ce déchaînement de violence à l'égard du "jeune lion rugissant" suscite de la culpabilité chez le héros, qui se garde d'en parler à ses parents.

    En quoi cette scène est-elle exemplaire ? En quoi mérite-t-elle d'être proposée à la méditation pieuse des chanoines ? En quoi témoigne-t-elle de la dimension messianique de Samson?

    La question se pose d'autant plus que Samson et le lion sont également figurés dans les stalles d'Amiens (1508-1522, contemporaines de celles-ci)  et de Rouen (achevées en 1471).

     

    — Dans la cathédrale d'Amiens,  toute la rampe nord (sept ensembles des rampes n°106 et 107) sont consacrées à la vie de Samson : Samson , les Philistins et la mâchoire ; Samson déchire le lion ; Samson et les portes de Gaza ;  De l'eau coule de la machoîre d'âne ; Samson et Dalila ; Dalila rase les cheveux de Samson ; Samson prisonnier.

    La scène de Samson et le lion est décrite ainsi :


    « Samson met en pièces un jeune lion qui se jetait sur lui . Barbu, bras et jambes nus, il n'a pour vêtement qu'une longue tunique fendue par devant, à larges manches et serrée à la taille, sans doute pour montrer qu'il ne tirait sa force que de l'esprit du Seigneur. Sa longue chevelure est retenue par un bandeau noué par derrière. Il vient de terrasser le lion dont il écarte de ses mains les deux mâchoires. » (Durand)

    À Rouen, deux miséricordes des stalles de la cathédrale sont consacrées aux scènes de la vie de Samson : Samson et le lion, Samson et les portes de Gaza. "Sur la miséricorde de Rouen, il a des cheveux longs coiffés en turban. Le lion est assez petit et Samson n'est pas monté sur la bête. Il est possible qu'il s'agisse d'Hercule." Elaine C. Block p. 169

    C'est en accédant à l'analyse typologique et au sens allégorique des Écritures que nous comprenons le sens à donner à cette représentation. Cet épisode est une préfiguration de la descente du Christ aux limbes et de l'ouverture de la gueules des enfers. 

     

    " L'Ancien Testament est devenu [dans la lecture des théologiens médiévaux] un monde de prophétie et de prédiction des événements futurs. Par contre le Nouveau Testament se révèle comme l’espace de plénitude et de réalisation d`anciennes promesses. La relation entre l’Ancien et le Nouveau Testament, nommée typologie consiste dans la correspondance entre typus, c’est à dire le personnage ou l’événement antico-testamentaire qui est une ombre et une image, et antitypus – un personnage ou l’ événement néotestamentaire, prédit par des ombres et des images. Cela est fruit de la pensée théologique fine et de réflexions venues d’une grande tradition.

    Cette lecture typologique se déploie dans les illustrations des éditions de la Biblia pauperum, la "Bible des pauvres", apparue au dernier quart du XIVe , ou dans celles du Speculum humanae salvationis. Samson et le lion apparaissent à la troisième page des Biblia pauperum

     

    "Voici la troisième page, qui contient dans sa partie centrale la représentation de la Descente aux Enfers.

    – Jésus ressuscité, vêtu d'un manteau royal, le bâton à la main, s'approche d'une gueule terrifiante et en retire Adam.

    Dans la représentation à droite nous voyons David décapitant Goliath vaincu.

     David se prépare à tuer son ennemi étendu par terre, la pierre dans son front.

     A gauche nous voyons Samson qui lutte contre un lion. Notre héros déchire la gueule de l` animal.

    En apparence il n’ y a aucune similitude dans ces trois images. Nous observons plutôt des différences. Mais l’étude approfondie nous permet de découvrir des analogies de haute importance. En fait, dans chaque image il y a une entité terrifiante et menaçante – le lion, la gueule, Goliath. Par devant eux se présentent des personnages qui les confrontent et les vainquent. La peur d’une part et la victoire d’autre part –  Des images « La victoire de David sur Goliath » et « Samson déchirant la gueule de lion » deviennent les allégories de l’image « La descente du Christ aux enfers ».

    Aux arcades en haut apparaissent David, à droite – inscription Contrivit portas aereas et vectes ferreos confregit (Ps. 106, 16) et prophète Osée – O mors, ero mors tua, morsus tuus ero inferne (Os 13, 14). En bas à gauche nous voyons le prophète Zaccharie qui nous présente l’inscription : Tu quoque in sanguine testamenti tui emisisti vinctos tuos (Za 9, 11) et Jacob qui tient le rouleau avec l’inscription : A praeda filii mei ascendisti (Gen 49, 9)."

     

    Dariusz Tabor, Biblia pauperum Le livre allégorique qui crée des images symboliques

    A la page suivante, l'épisode de Gaza où Samson s'échappe en arrachant les portes de la ville (Jug. 16:1-3) préfigure la Résurrection du Christ parce que le Christ, comme Samson, devait recouvrer une force surhumaine pour se libérer : Samson de Gaza et le Christ du tombeau. Troisième scène, Samson et Dalila.

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    Anonyme allemand du sud, XIVè s Descente du Christ aux Limbes; Samson et le lion; Esquisse pour la Bible des Pauvres 1482 DR/ Recto Réserve Edmond de Rothschild © RMN-Grand Palais - Photo T. Le Mage

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    Biblia pauperum. https://www.wdl.org/fr/item/8972/view/1/29/

    Biblia pauperum. https://www.wdl.org/fr/item/8972/view/1/29/

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    Samson et le lion, rampant droit de l'accès médian aux stalles hautes sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Samson et le lion, rampant droit de l'accès médian aux stalles hautes sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Samson est figuré barbu, vêtu d'une longue tunique ceinturée et aux manches remontées sur les avant-bras. Sa fameuse chevelure est coiffée  d'un bonnet pointu et retroussé. Juché sur le lion, ses pieds aux chaussures pointues ne touchent pas le sol et prennent comiquement appui sur les montants des volutes. Les lèvres serrées par l'effort, il ouvre à pleine mains la gueule du lion, en appuyant le dessous de son menton sur le crâne de l'animal.

    La volute est occupée par un serpent.

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    Samson et le lion, rampant droit de l'accès médian aux stalles hautes sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Samson et le lion, rampant droit de l'accès médian aux stalles hautes sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Samson et le lion, rampant droit de l'accès médian aux stalles hautes sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Samson et le lion, rampant droit de l'accès médian aux stalles hautes sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Derrière lui, un dragon escalade la convexité de la volute et ouvre une gueule hargneuse vers le fleuron intermédiaire.

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    Samson et le lion, rampant droit de l'accès médian aux stalles hautes sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Samson et le lion, rampant droit de l'accès médian aux stalles hautes sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    2°) Rampant gauche des marches d'accès à la rangée haute des stalles sud : deux monstres mordent le fleuron central.

    Ces monstres sont des chimères. Les deux ont une gueule et une tête de dragon, mais l'un sort d'une corne annelée enroulée en spirale dans la volute du montant, tandis que l'autre, aux pattes griffues, aux ailes nervurées et au corps couvert d'écailles, se prolonge à son extrémité caudale par son double. Ce dernier, de taille plus réduite, mord l'extrémité de la volute. Quand au "fleuron", il a l'aspect d'une tête de serpent.

    Ce couple monstrueux répond en écho aux deux dragons du montant des marches nord.

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    Rampant de l'accès médian aux stalles hautes sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Rampant de l'accès médian aux stalles hautes sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    C. LES DEUX JOUES SUD-EST.

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    1°) La jouée haute : sainte Marguerite issant du dragon.

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    Jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    La partie basse est constituée d'un panneau de bas relief sculpté de motifs végétaux.

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    Panneaux inférieurs de la jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Panneaux inférieurs de la jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    La partie médiane de la jouée, sculptée en ronde bosse, représente le miracle de sainte Marguerite sortant du ventre du dragon grâce à la petite croix qu'elle serre dans sa main droite. 

    Un rouleau muet formant une grande boucle se déploie derrière elles et un ange la regarde, accroché au montant droit de la jouée.

    Bien que les statues de sainte Marguerite et de son dragon abondent dans chaque chapelle et chaque église du XV ou XVIe siècle, et que la sainte soit invoquée par les femmes enceinte contre les périls de la délivrance, c'est évidemment ici la présence du dragon qui a motivé le choix des chanoines commanditaires, pour mener d'un bout à l'autre des stalles l'allégorie de la lutte contre le si bestial Malin.

    La statue est particulièrement élégante, avec son déhanchement accentué par la ligne oblique de la pointe des seins et par la saillie du genou droit. Mais le dragon est tout aussi réussi, l'artiste ayant soigné le détail de la crinière, des écailles et des pustules avant de sculpter pour la queue une deuxième tête rugissante.

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    Sainte Marguerite issant du dragon, jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Sainte Marguerite issant du dragon, jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Sainte Marguerite issant du dragon, jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Sainte Marguerite issant du dragon, jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    La bordure du panneau médian.

    Un autre dragon passerait facilement inaperçu, c'est celui qui, dans la bordure, crache la tige d'un pampre dont il ne manque que les vrilles. Symboliquement, c'est l'alliance de la puissance vitale sous sa forme animale et végétale.

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    Bordure de la jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Bordure de la jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    La partie supérieure est composée d'arabesques en ronde bosse dont les enroulements sont habités de bourgeons succulents, de feuilles frisées, d'une étoile, de têtes, et d'un petit lapin.

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    Panneau supérieur de la jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Panneau supérieur de la jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Toujours dans cette section de la jouée, une Vierge allaitante est représentée sur la tranche, faisant face aux rangs nord.

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    Vue intérieure du panneau supérieur de la jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Vue intérieure du panneau supérieur de la jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Vierge allaitante, montant de la jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Vierge allaitante, montant de la jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    La volute sommitale est habitée par un petit personnage et par un serpent. résisterais-je à la Tentation d'y voir Adam et le Serpent.

     

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    Volute sommitale de la jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Volute sommitale de la jouée haute sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    2°) La jouée basse : saint Jean-Baptiste et saint Yves.

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    Elle est décorée de motifs formant, comme le remplage de vitraux, de lancettes et de roses sur les panneaux, et elle est  surmontée d'un rampant sculpté  de deux saints en ronde bosse.

    Le support du rampant est formé par deux volutes accolées en un fleuron médian. Un dragon s'enroule sur la boucle de la volute gauche. Mais en se plaçant à l'intérieur des stalles, nous découvrons les têtes de deux autres dragons.

    Parmi les deux personnages en ronde bosse, saint Jean-Baptiste peut être identifié par ses pieds nus, ses cheveux longs et sa barbe, caractères du Nazir, mais aussi à son vêtement en peau de chameau, si on veut bien reconnaître dans la forme complexe des plis de la robe, près du pied, une tête de camélidé. Jean-Baptiste tient un livre ouvert, posé à plat sur la paume gauche, et sa main droite se tend vers un objet absent. Cet objet, c'est l'agneau, attribut manquant ici.

    Son voisin est vêtu d'un surcot au dessus d'une cotte, et ses épaules sont recouvertes par un chaperon à capuchon. de fines chaussures à bout pointu dépassent des plis de la cotte. Il tient en main gauche des "sacs à procès" : il s'agit de saint Yves, qui fut Official du diocèse de Tréguier.

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    Jouée basse sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Jouée basse sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Les saints Jean-Baptiste et Yves, jouée basse sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Les saints Jean-Baptiste et Yves, jouée basse sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Les saints Jean-Baptiste et Yves, jouée basse sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Les saints Jean-Baptiste et Yves, jouée basse sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Saint Jean-Baptiste, jouée basse sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Saint Jean-Baptiste, jouée basse sud-est des stalles sud de la cathédrale Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Ce sera le point final de notre visite... sauf si vous voulez la refaire dans l'autre sens !

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    SOURCES ET LIENS.

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    PIAT (Florence), 2007, Les stalles de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Un édifice au chœur de l'édifice, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère. 

    PIAT (Florence), 2012, Les stalles de l’ancien duché de Bretagne, de la fin de la guerre de Succession jusqu’au concile de Trente,[thèse : Histoire de l’art], Rennes, Université de Rennes 2, 2012, 2 vol.2.

     https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne._De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

    Volume 2 Annexes :

    https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_-_Volume_2_-_Annexes

    http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/recherche/globale?ou=Saint-Pol-de-L%C3%A9on&type=&texte=stalles+

    — CERQUAND J.-F. Cerquand , 1883, Taranis et Thor, Revue celtique page 417

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6422741p/f437.item.r=pol.texteImage

     

    — CLECH (J.), 1907, Visite de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon,

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/a55da7841d33fec3a113d04a2b398753.pdf

    — CUISSARD Vie de Saint-Paul de Léon..., publiée par M. Ch. Cuissard, Revue celtique  1881 (T5)-1883 pages 413-460.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6210887n/f427.image

    — François KERLOUÉGAN. La Vita Pauli Aureliani d'Uurmonoc de Landévennec. Job AN IRIEN. Le culte de saint Paul Aurélien et de ses disciples. Yves-Pascal CASTEL-KERGRIST. Les reliques de Paul Aurélien. , 1991,   Sur les pas de Paul Aurélien Colloque international Saint-Pol-de-Léon 7-8 juin 1991, organisé par le CRBC sous la direction de Bernard Tanguy et Tanguy Daniel

    https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/daa304d5f5928b0c580c17ff08ccdda7.pdf

    Base de donnée MUSICASTALLIS.

    Ce site présente plus de 850 scènes musicales sculptées dans les stalles médiévales conservées dans les églises européennes. Un module diaporama et un lexique permettent de découvrir ce monde caché des miséricordes

    http://www.plm.paris-sorbonne.fr/musicastallis/

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    Published by jean-yves cordier
    30 décembre 2017 6 30 /12 /décembre /2017 16:30

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    Les soixante six stalles conservées dans l'ancienne cathédrale (jusqu'en 1801) de Saint-Pol-de-Léon composent l'un des ensembles les plus remarquables de Bretagne par leur très bon état de conservation, par la richesse de leur iconographie et la qualité de leurs sculptures. Réalisées en chêne foncé, et datées du premier quart du XVIe siècle par la présence des armes de Jean de Carman, évêque de Saint-Pol de 1504 à 1514, et de Guy Le Clerc, qui lui a succédé de 1514 à 1523, elles constituent, par le nombre de stalles, le deuxième ensemble de Bretagne après Dol de Bretagne (soixante-dix-sept sièges, du XIVe siècle), mais elles ont l'avantage sur ces dernières d'avoir conservées leurs parties supérieures, c'est à dire leurs stalles hautes et leur dais. Elles furent classées MH le 11/04/1902. Elles ont été étudiées parFlorence PIAT dans un article de 2007 et dans sa thèse de 2012. Je ferais un large emploi de ces publications. 

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    Elles formaient jadis, comme partout, un U car un rang de sièges en retour fermait l'espace à l'ouest et séparait le chœur de la nef laissé aux fidèles. Ces rangs occidentaux étaient les plus prisés, centrés par le trône épiscopal. Ce retour a été supprimé après la destruction du jubé au XVIIIe siècle. 

    Les  sièges se présentent en quatre rangées disposées par groupe de deux, de part et d'autre du chœur : 17 stalles hautes et 16 stalles basses de chaque coté. Le chœur est entouré d'un chancel de pierre contre lequel viennent s'adosser les dosserets des stalles et leur dais. L'entrée dans le chœur se fait par deux portes situées l'une en face de l'autre du coté nord et sud du chancel, entre le chœur liturgique et le chœur des chanoines. Ceux-ci se réservaient les stalles hautes, alors que les stalles basses accueillaient, par exemple, les enfants de la "psallette" ou maîtrise cathédrale.

    Les stalles hautes sont surmontées d'un dossier qui supporte un dais continu, en arc de cercle, repeint sur la face interne par l'atelier Nicolas de Morlaix en 1873. Ces dais sont surmontés de pinacles de trois tailles différentes et alternées (un grand, trois petits, un grand) ainsi que d'une décoration répétitive de petites armatures entrecroisées, surmontées d'un fleuron ("crête de dais"). Des pendentifs sculptés d'anges, de végétaux ou d'animaux retenus par les pattes sont situés sous les pinacles les plus grands. En dessous, les dosserets à arcades ogivales, arcades triangulaires et roses à remplage gothiques sont également compartimentés par des montants, plus forts sous les grands pinacles et qui reçoivent alors des statues en ronde bosse.

    C'est ce dais qui est encadré en haut en en bas d'une frise sculptée en haut relief : celle du haut est nommée Frise de dais, et celle du bas Frise de haut-dossier.

    Ce dais est rythmé par des nervures moulurées en compartiments correspondants aux stalles qu'elles coiffent. Il y a  dix-sept stalles hautes (8 + 1 + 8) et donc autant  de dais individuels.  Mais la succession des pinacles et des montants découpent la succession de ces derniers en une première section pour le premier dais de l'ouest puis quatre sections de quatre dais. La frise haute, elle-même interrompue par les grands pinacles, est concernée par cette partition en cinq ensembles que je nommerai "sections".  

    Les motifs iconographiques à végétaux, scènes de chasse et animaux fantastiques sont placés différemment  entre la frise de dais et la frise de haut-dossier. La première dispose ses éléments à l'intérieur des cadres limités par les pinacles et les nervures. Au contraire, la frise basse centre les siens dans l'axe des nervures et des pinacles, dont la ligne virtuelle qui les réunit  divisent les éléments des frises en leur milieu. Les éléments décoratifs des deux frises sont ainsi placés délibérément en chicane, pour une lecture plus aérée et pour rompre un alignement désagréable. Leurs thèmes  semblent indépendants, plutôt que de se répondre entre registres.

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    Je renvoie à mon article précédent sur les frises du coté nord. On constatera que des éléments décoratifs se répètent ici : vigne chardons, dragons, serpent, renard, etc..

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    Les stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Les stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    I. LA FRISE DE DAIS.

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    Liste des motifs ornementaux, de l'est vers l'ouest.

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    Tête de dragon mangeant les raisins d'une vigne qui se prolonge vers la droite.

    Diverses feuilles et fleurs de chardons à l'âne

    Masque émergeant d'une feuille.

    Renard poursuivant une poule sur fond de feuillages.

    Feuilles

    Biche courant vers la gauche.

    Feuillage

    Personnage en buste, de face, crachant deux tiges de feuillages

    Chien sortant d'une feuille et courant vers la gauche.

    Feuillages

    Serpent formant un huit à l'abri de deux feuilles.

    Dragon dont la queue en boucle se termine par une tête de serpent.

    Chien lèchant les fruits d'une branche d'olivier.

    Feuilles d'Arum (Gouet ou Pied-de-veau)

    Sanglier se dirigeant vers un pied d'Arum.

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    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Pendentif des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Pendentif des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Montant des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Montant des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Jouée sud-ouest des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Jouée sud-ouest des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    II. LA FRISE DE HAUT DOSSIER.
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    J'ai ramené  moins de photo : ai-je été moins scrupuleux, ou, comme je le crois, les motifs y sont-ils plus rares ?  

    Liste des motifs :

    Femme à la chevelure en vague, regardant vers sa gauche.

    Feuille de vigne, et grappe.

    Dragon à tête de chat, portant une cape, et à la queue entortillée se terminant en tête de serpent.

    Deux dragons accroupis se retournant l'un vers l'autre.

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    Frise de haut-dossier des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Frise de haut-dossier des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Frise de haut-dossier des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles sud de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    SOURCES ET LIENS.

    PIAT (Florence), 2007, Les stalles de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Un édifice au chœur de l'édifice, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère. 

    PIAT (Florence), 2012, Les stalles de l’ancien duché de Bretagne, de la fin de la guerre de Succession jusqu’au concile de Trente,[thèse : Histoire de l’art], Rennes, Université de Rennes 2, 2012, 2 vol.2.

     https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne._De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

    Volume 2 Annexes :

    https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_-_Volume_2_-_Annexes

    http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/recherche/globale?ou=Saint-Pol-de-L%C3%A9on&type=&texte=stalles+

    Base de donnée MUSICASTALLIS.

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    http://www.plm.paris-sorbonne.fr/musicastallis/

    http://www.plm.paris-sorbonne.fr/musicastallis/fiche.php?id=218

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    Published by jean-yves cordier
    30 décembre 2017 6 30 /12 /décembre /2017 13:03

    Zoonymie des odonates. Le nom de genre Aeshna Fabricius 1775.

     

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    Zoonymie des Odonates : voir 

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    . Zoonymie des papillons I :

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    Zoonymie II : Histoire des Noms de Papillons :

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    Sur les libellules.

     


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    Résumé :

     

    Æshna Fabricius 1775, Syst. Ent.: 424.  Le nom de genre Æshna Fabricius 1775 ne peut être expliqué, mais l'entomologiste danois a  peut-être été inspiré  par le nom tout aussi mystérieux "Æschna"  donné par Thomas Mouffet en 1634 et 1658 à un de ses Phryganides, sur la même page où il décrivait ses libellules. Bien que Æshna soit "fautif" s'il s'agissait d'un nom inspiré du grec, un  lapsus calami ou une erreur typographique n'est pas envisageable puisque cette graphie a persisté telle quelle dans les publications écrites et supervisées par l'auteur en 1781, 1789 et 1792.  Il n'est donc pas licite de modifier sa graphie en Æschna comme l'avait proposé Illiger en 1807, mais cette dernière forme, souvent utilisée par les entomologistes jusqu'à la décision de la Commission Internationale de Nomenclature en 1939, est à l'origine de notre nom français actuel, Aeschne. 

    — Nom vernaculaire :

    En 1803, Olivier ou Latreille (Nouveau dict. Hist. Nat.) écrivaient AEshne

    En 1805, Latreille, qui en créa le genre, écrivait ÆSHNE, œshne.

    Latreille encore, en 1829 (in Cuvier, Le règne animal),  décrivait dans sa famille des Subulicornes   Les Æshnes (Æshna Fabricius).

    C'est en 1840 que l'entomologiste belge de Sélys-Longchamps écrit dans sa Monographie des Libellulidés d'Europe AESCHNE.

    C'est cette graphie qui est reprise par les auteurs des Guides et Atlas actuels (Dijkstra par Delachaux et Niestlé; Libellules de Poitou-Charentes, Libellules de France, Belgique et Luxembourg, etc).

     

     

     

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    Le nom de genre AESHNA, créé par Fabricius en 1775 pour créer des sous-catégories dans les Libellula de Linné 1758, a été une énigme pour tous les entomologistes qui ont essayé d'en comprendre le sens, la plupart du temps en supposant une erreur typographique et en en modifiant la graphie. Je lève aujourd'hui une partie du voile qui recouvre la solution de cette énigme.

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    Pour débuter, les règles à suivre en zoonymie : j' emprunte à  Fabien Raimbaud les principes de son article rédigé en 1992  

    "Les principes permettant de s'assurer de la véritable origine d'un nom d'insecte sont au nombre de cinq.

    1 • Suivre une bonne méthode pour savoir distinguer un emprunt d'une adaptation et d'une production. Après avoir commencé la recherche bibliographique à l'aide d'ouvrages de référence comme ceux de Neave (Nomenclator zoologicus) et de Sherborn (Index Animalium), il est donc indispensable de consulter les dictionnaires de langues anciennes, grec et latin pour l'essentiel. II faut aussi rechercher les formes intermédiaires qui justifient l'évolution dans le temps d'un mot et de sa signification (sémantique diachronique).

    2. Une référence aux spécialistes qui ont déjà approfondi le sujet s'impose

    3 . Quand cela est possible, il faut remonter à la source

    4 • S'il y a plusieurs hypothèses, il faut recouper les informations

    5 • Enfin, il faut être logique.

    Mais Fabien Raimbaud constate son échec face à l'obstacle historique d'AESHNA :

    "Rares sont les cas qui résistent à une telle investigation. Il en existe cependant. Par exemple, celui d'Aeshna Fabricius, 1775 et de son émendation en Aeschna Illiger, 1801, qu'il serait trop long de détailler ici. Le facteur limitant est la véritable source qui a peut-être disparu, auquel cas on ne peut qu'user des quatre autres principes."

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    À ces règles, j'ajouterai donc celles :

    1. De consulter les sources du nomenclateur.

    2. De se référer au corpus des noms créés par le nomenclateur pour déceler ses habitudes et ses méthodes de création de noms.

    3. De connaître les noms créés par les auteurs qui ont précédé le nomenclateur, et dans le fil desquels il s'inscrit parfois.

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    Donc, première mission, consulter la publication originale et y scruter le moindre indice.

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    I. CONSULTER LA PUBLICATION ORIGINALE.


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    Le danois Johan Christian Fabricius n'avait pas encore créé le nom d'ODONATA (ce sera  en 1793) lorsqu'il publia en 1775 son "Système Entomologique", dont le titre est une référence évidente au Systema naturae de Linné, paru en 1758 dans sa 10ème édition. Comparons son Systema Entomologiae, sistens Insectorum Classes, Ordines, Genera, Species, adiectis Synonymis, Locis, Descriptionibus, Observationibus avec le titre de l'œuvre princeps de son maître, Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis.

     

    En effet, Fabricius,  après avoir étudié  à Copenhague,  s'était rendu à Uppsala âgé de 17 ans  pour suivre l'enseignement de Linné entre 1762 et 1764. En 1768, Linné nomma Apis fabriciana un hyménoptère observée à Uppsala par son élève.

    Ensuite, il séjourna dans les capitales européennes aux Provinces-Unies, en Ecosse et Angleterre, en France et en Italie où il rencontra des naturalistes comme Joseph Banks ou les principaux entomologistes comme Dru Drury, ou Giovanni Antonio Scopoli (professeur à Pavie) tout en consultant les grandes collections comme celle de Drury (11000 espèces) ou  d'Aldrovandi à Bologne. Il obtiendra son titre de docteur en médecine en 1770. C'est en 1775 qu'il obtint un poste d'enseignant d'histoire naturelle et d'économie à l'université de Kiel.

    La classification des insectes était basée, pour Linné, sur les caractéristiques des  ailes. Celle de Fabricius repose sur les organes de la bouche : leur nombre, leur proportion, leur situation, leur forme. En 1775, ils les divisent en 8 groupes.  Les insectes ont soit pas de mâchoires (Glossata, Ryngota, Antliata), soit des mâchoires. Parmi ces derniers, ils ont soit deux mâchoires (Eleuthérata, Ulonata, Synistata), soit plusieurs (Agonata, Unogata). Toutes ses noms se terminent par -ata ou -ta.

    Il place alors les Libellulae de Linné dans ses Unogata, qu'il décrit comme "os palpis duobus, Maxilla inferior saepius unguiculata" [une paire de palpes maxillaires, les mandibules très souvent dentées].  Elles y accompagnent les Iulus, les Scolopendra,  Aranea,  etc. Plus tard, il placera les Libellules dans le groupe des Odonata,  et réservera les Unogates aux Araignées et Scorpions.

    Voir en français le Dictionnaire d'Histoire Naturelle

    Et en anglais l'article de J.O. Westwood.

    Ou l'Entomologiarum Synopsis du fauna suecica de 1789

    Tout ceci servait de présentation à la publication originale de Fabricius 1775 que voici :

    Fabricius, J.C. (1775). "V. Vnogata". Systema Entomologiae, sistens Insectorum Classes, Ordines, Genera, Species, adiectis Synonymis, Locis, Descriptionibus, Observationibus . Flensburg & Leipzig: Kortius. pp. 420–426 [424].

    https://www.biodiversitylibrary.org/page/25551811#page/442/mode/1up

    Le  groupe UNOGATA est divisé en  8 sous-ordres :

    1. VNOGATA

    130 LIBELLULA. (24 espèces).

    131 AESHNA.( 4 espèces)

    132. AGRION (2 espèces, Virgo et Puella)

    133 IVLUS (Julus) (11 espèces) 

    134 SCOLOPENDRA (11 espèces)

    135. TROMBIDIUM (3 espèces)

    136 ARANEA (39 espèces)

    137 PHALANGIUM (6 espèces)

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    On voit donc qu'il a réparti   les 18  Libellulae de Linné 1758 (ou les 21 espèces du Systema Naturae 1767) en trois sous-catégories, LIBELLULA, AESHNA et AGRION. Il y a ajouté ses propres descriptions, soit 30 espèces.

    Le groupe AESHNA est décrit par la phrase latine labium trifidum : laciniis aequalibus ; lateralibus apice fissis.  (les Agrion  sont dites labium quadrifidium  , et les Libellula labium trifidium comme les Aeshna, mais lacinia dorsali minutissima ).  Ses 4 espèces sont  forcipata, grandis, variegata, et clavata. Les deux premières avaient été décrites par Linné dans ses Libellula avec ces épithètes de forcipata et grandis. La troisième a été ramenée de Terre de Feu et provient de la collection de Joseph Banks. La quatrième vient de "China" et appartient à la collection de Drury.

    Glossaire pour la description latine :

    Labium : organe impair provenant de la soudure de la deuxième pièce des maxilles

     

    — Maxille: n. f. [du latin maxilla : mâchoire] syn. mâchoire

    La seconde paire inférieure des pièces buccales placée en dessous des mandibules. Les maxilles permettent à l'insecte de maintenir et de triturer les particules alimentaires.

    Beaucoup plus complexe que la mandibule, la maxille typique n'est qu'en partie sclérifiée. Elle comporte une pièce basale, le cardo sur lequel s'articule un stipès et un palpe maxillaire de plusieurs articles. Le stipès porte distalement deux lobes, l'externe est la galéa et l'interne, la lacinia qui porte de longues soies raides sur sa marge intérieure.

    Selon les groupes on remarque une orientation vers la simplification et la réduction. Par exemple, le palpe qui compte 7 articles chez les Machilidés (Thysanoures) n'en a qu'un seul en forme de crochet chez les Odonates ; le stipès porte une lacinia très réduite chez Melolontha (Coléoptère) et a ses deux lobes réunis chez les Odonates.

    — Mandibule : n. f. [du latin mandibula : mâchoire ; de mandere, manger]

    La paire supérieure des pièces buccales. Elles sont, dans de nombreux ordres, dures et cornées avec des muscles puissants. Placées devant la bouche, elles permettent à l’insecte de saisir et de broyer.

     

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    Malgré une lecture attentive de ces pages consacrées à AESHNA, nous ne trouvons aucun indice permettant de comprendre ce qui a pu motiver le nom choisi ici par Fabricius. Ce nom ne se trouve pas dans un dictionnaire latin comme le Gaffiot, ni dans un dictionnaire grec  (je me fonde surtout sur les entomologistes qui ont fait la même recherche), et ce mot n'a aucune signification.

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    II. EXAMINER LES AUTRES NOMS CRÉÉS PAR FABRICIUS.

    L' autre nom de "genre" de libellules  créé par Fabricius, AGRION,  est dérivé du grec άγριος = d'agros « champs » : « sauvage, vivant dans les champs ou les bois » car « en période de maturation, ces insectes fréquentent souvent les prairies » (B. Rochelet, 2009 Poitou-Charentes). Cela n'éclaire pas le nom Aeshna.

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    III. VOIR LES AUTRES PUBLICATIONS DE FABRICIUS.

    La consultation de ces ouvrages et la recherche des pages consacrée à Aeshna m'a pris, on l'imagine, un temps certain. J'ai lu : 

    Species Insectorum, exhibentes eorum differentias specificas, synonyma auctorum, loca natalia, metamorphosin, adjectis observationibus, descriptionibus (1781), page 525. Nous y apprenons un élément essentiel : la graphie AESHNA a été maintenue, ce qui est un argument important contre la suggestion d'y voir une erreur typographique : Fabricius l'aurait alors corrigée dans ses autres ouvrages. J'ai vérifié ce point sur les publications suivantes : cette orthographe ne change pas d'un iota.

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    Mantissa insectorum 1789   page 339. Je retrouve la graphie AESHNA.   Accessoirement, le nombre de Libellulae est de 34, celui des Aeshnae s'est augmenté d'un A. minuta, habitant en "Chine" tandis que Fabricius nous précise que A. grandis provenait des Îles Sandwich. Les Agrion s'accroissent de trois nouvelles espèces. 

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    La lecture de l'Entomologia systematica emendata et aucta (1792–1794) volume 2 page 383. me permet de vérifier la permanence obstinée de la graphie AESHNA. Je prends le soin de lire la description complète en bas de page pour ne négliger aucun indice :

    Aeshnae corpus magnum , elongatura , immarginatum, agile, capite magno, exserto, rotundato, oculis maximis, ovatis, prominulis, lateralibus, apice coeuntibus, antennis brevibus , tenuibus in cantho oculorum insertis, fronte vesiculosa, elevata, thorace elevato , villoso , scutello vix distincto , abdomine elongato, cylindrico, ano foliolis quatuor aequalibus, planis, pedibus brevibus, validis, ciliatis, tartis triarticulatis , colore vario curo vita pereunte.

     

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    IV. CONSULTER LES AUTEURS PRÉCÉDANT FABRICIUS ET CITÉS EN SOURCE.

    1°) Dans les Prolégomènes du Systema entomologiae, Fabricius écrit :

    Scientia entomologica in incunabilis  adhuc tenera iacet. Vix aetatem Caesalpini Botanices attingit. Veterum scripta  de insectis ante Raium perperam leguntur, fabulis miraculisque referta. Praeterea descriptiones specierum vix ullae et figurae partim fictitiae, partim inextricabiles, ita ut specierum cognitio omnino desit. Raius primus descriptiones insectorum composuit distinctiores, at, nullo suffulrus systemate, saepius errores evidentissimos admisit. 

     

    Nomina et generica et trivialia semper  retinui. Mutata nunquam usum, saepius  confusionem , praebent. Verba enim valent uti nummi praetio distincto, determinato. 

    Synonyma apposui e systematicis et ichniographis praestantioribus. E primis summum Linnè, lynceum Geoffroy, accuratissimum Raium; ex ultimis solidissimum Roesel, nitidissimum Sepp et ditissimum Drury semper addiddi.

    Veterum vero synonymiam obscuram, semper incertam, plane omisi. Difficillime eruitur, et eruta omnino nil praestat. 

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    Il énonce d'abord que l'entomologie est encore une science au berceau, et que la lecture des ouvrages anciens avant John Ray offre souvent des affabulations et autres miracles. Nous en sommes encore dans ce domaine  à l'âge de la Botanique de Cesalpino (v. 1583)  [Andrea Cesalpino, dont la Botanique eut une influence considérable sur Linné.]. En outre, les descriptions et les illustrations sont soit fictives, soit incompréhensibles. Ray est le premier à donner des descriptions d'insectes distincts, encore qu'il ne soit étayé par aucune systématique, et que les erreurs y soient fréquentes.

     Il rend ensuite hommage à Linné, qui a introduit les Classes, les Ordres, les Genres et les Espèces,  puis à Geoffroy "à l'œil de lynx" (auteur de l'Histoire des insectes 1762) , au très scrupuleux John Ray (Historia insectorum 1710), au très solide August Johan  Roesel von Rösenhof (Insekten belustigung 1746-1761) , au très brillant Jan Christian Sepp (auteur du Beschouwing der wonderen Gods aux belles illustrations de papillons), et à Dru Drury à la très riche collection.

    Il a écarté délibérément les textes anciens aux synonymes obscurs, toujours incertains. 

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    2°) Dans sa description des espèces de libellules, Fabricius cite en référence les auteurs déjà cités par Linné. Ce sont :

    • James Petiver, Petiveriani musei page 84 n°819 (forcipata)
    • John Ray, 1710, Historia insect. Page 50 
    • René- Antoine Ferchault de Réaumur, 1738 et 1742, Mémoires Insectes vol. IV et VI
    • August Johan  Roesel von Rösenhof  Insekten belustigung 1746-1761 Aquat. II 2
    • Etienne-Louis Geoffroy,  1762, Histoire des Insectes II page 227 n°12 et 228
    • Iacob Christian Schaeffer ,[1766-]1779,  Icones Insectorum circa Ratisbonam planche IV
    • Mais aussi "Seb, Musei", "Drury, Ins.I planche 48", "Am. acad.", "Mus. D. Hunter", "Edw. Av.", "D. Lewin" et la collection de Banks, "Mus. Bankianum". Ou encore, pour Aeshna grandis, les Acta Nidros de Johan Ernst Gunner (1718-1773), évêque et botaniste norvégien.

    Pour Aeshna  forcipata, les références sont :

    • Linné Systema naturae 11eme édition page 909 (j'ai consulté la 10eme édition page 545 n°11 
    • Linné Fauna suecica n°1469
    • Geoffroy page 228 n°13. L'auteur français nomme cette espèce  "Caroline". 
    • Petiver, Musei Petiveriani  page 84 n°819 Libella major, corpore compresso flavescente. Notez que Petiver renvoie aussi à Thomas Mouffet 1634 (Libella maxima, page 66 n°5) et à Aldrovandi 1602 (Perla, Insect. page 305 n°9), à Jonston et à Merret.
    • Reaumur Mémoires Ins. 4. tab 10. fig.4  et page 133 "Ces longues mouches à quatre ailes, appelées des demoiselles, dont la plupart ont le corps en baguette" et Reaumur Mémoires Ins. 6, planche.35 fig. 5

    Je ne peux pas jurer avoir consulté les publications de tous ces auteurs, mais j'ai fais le principal du travail (Petiver, Ray, Geoffroy et Réaumur) sans trouver mention d'AESHNA, ou même d'une graphie approchante. Pour montrer comme je suis lynceus, acuratissimus, solidissimus  à défaut d'être niditissimus et encore moins ditissimus, je mentionne la vague proxémie de l'épithète aenea de Linné avec  Aeshna

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    V. CONSULTER LES AVIS DES ENTOMOLOGISTES.
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    Là, c'est pas difficile, il n'y a qu'à se baisser.

    1°) Illiger et AESCHNA.

    Nous commençons par Johann Karl Wilhem  Illiger (1775-1813), entomologiste allemand qui fut chargé des collections du comte von Hoffmannsegg et qui obtint un titre de docteur honoraire de l'université de Kiel grâce aux recommandations de Fabricius. C'est dire les liens qui les unissaient. Il édita le Magazin für Insektenkunde de 1802 à 1807 et il publia dans cette revue en 1801 les prémisses de la classification de Fabricius sur les Lépidoptères, Nach fabricii systema glossatorum

    https://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/69243#/summary

     

    Le premier numéro, daté de 1801, contient un article intitulé "Namen der Insekten - Gattungen, ihr Genitiv, ihr grammatisches Geschlecht, ihr Silbenmaafs, ihre Herleitung zugleich mit den Deutschen Benennungen

    La page 126 mentionne AESHNA sous la forme AESCHNA :

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    "AESCHNA, ae (nicht Aeshna) - f . - Schmaljungfer  vielleicht  Aeschyna von αςχύνη Schamhaftigkeit  [pudeur] nach der Aehnlichkeit [ressemblance]  mit Jungser? In Charleton. Exercitatt. de differentiis et nominib. animal. Oxon. 1677. kommt  αςχνα   als Name eines Insekts vor."

    "Aeschne [en allemand Schmaljungfer] peut-être AESCHYNA du grec signifiant pudeur (*) pour sa ressemblance avec  les vieilles filles [jungfer] (*) voir Wiktionnaire Aiskhùné

    L'auteur anonyme [Illiger ??]  prend l'initiative de corriger Fabricius et d'écrire Aeschna, nicht Aeshna, "et non Aeshna", mais il en ignore manifestement le sens puisqu'il propose d'y voir Aeschyna.  Voir la plante AESCHYNANTHUS, du grec aischyno "avoir honte, rougir". Ou les Fabacées nommées AESCHYNOMENE , ou l'adjectif  AESCHYMENOS / AESHYNOMENOUS, du grec aischynein "défigurer, avoir honte" + laton -osus "plein de" pour des plantes sensitives, qui referment leurs feuilles lorsqu'on les touche.

    C'est de cette forme AESCHNA d'Illiger que provient notre nom français AESCHNE, et le CNRTL résume parfaitement tout ce que nous venons de voir en écrivant :

     

    AESCHNE Étymol. ET HIST. − 1805 œshna (Cuvier, supra); 1809 œschne (J.-B. Lamarck, Philos. zool., t. 1, p. 303 : ... ephemere, agrion, æshne, libellule). Empr. au lat. sc. aeshna « insecte de l'ordre des odonates » dep. 1775 (Fabricius, Systema Entomologiae, 424 ds Neave, Nomenclator zoologicus, t. 1, s.v.), attesté sous la forme aeschna en 1802 (Illiger, Magazin für Insectenkunde, I, 126, ibid.).

    Au XIXe siècle, les entomologistes emploieront la forme AESHNA (Cuvier 1829) ou AESCHNA  (Selys -Longchamp 1840  ). Latreille, dans sa description d'Aeshna comme genre en 1805, écrit "Æshne, œchne, exemple Æshna forcipata.". (Histoire naturelle générale et particulière des crustacés et des insectes, 1805, Troisième volume page 287) 

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    2°) La perplexité  de M.C. DUMERIL (Paris) et son scepticisme  à l'égard de l'hypothèse d'Illiger.

     

     

     


    "AESHNA. (Fabricius.) CARACTÈRES : Névroptères à bouche recouverte par les lèvres dilatées, écailleuses, antennes en soie très-courtes; la tête arrondie, dont les yeux sont très-gros et presque contigus, à ventre allongé, étroit, à peu près cylindrique ou en baguette.   Ce nom, par la manière dont Fabricius nous l'a transmis, semblerait tout à fait grec ΑΙΣΗΝΑ  ? mais nous n'en avons pu découvrir l'étymologie ; et même, d'autres entomologistes l'ont écrit Aeschna, qui aurait quelque analogie avec le nom grec αςχύνη  ; mais ce nom n'aurait qu'un très-mauvais sens." Constant Duméril, 1860, Entomologie analytique,2, page 731 1860 - ‎

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    3°) Un reflet de la complexité des discussions.

    "M. Kirby explique les principes qu'il a adoptés en matière de nomenclature. A mon avis il se montre ultra-radical dans l'application excessive des lois de priorité; il faut, me semble-t-il, plus de tolérance vis-à-vis des faits accomplis qui ont en leur faveur une longue prescription, souvent centenaire, et l'usage depuis un grand nombre d'années. Ne cherchons donc pas à ressusciter quand même, envers et contre tous, des choses tout-à-fait oubliées et remises au jour à la suite de curieuses recherches bibliographiques faites dans des ouvrages souvent introuvables à consulter et par suite, à contrôler. Il vaut mieux dans l'intérêt de la science, ne pas bouleverser de cette façon à tout moment les travaux généraux et les monographies patiemment et savamment élaborés par des spécialistes récents.

    "M. Kirby ne se contente pas d'accepter comme base pour le droit de priorité la 12« édition du Systema Naturae de Linné (1767), ce qui est généralement admis ; se ralliant à l'opinion de plusieurs autres nomenclateurs il recule jusqu'à la Xe (1858). Quant à moi je prétends qu'un fondateur, un réformateur de la valeur de Linné avait le droit et même le devoir de modifier dans une édition ultérieure ce qu'il avait reconnu d'amendable dans une précédente.

    "On sait que Fabricius, créant le genre AEshna en 1775, avait en vue toutes les espèces de la famille actuelle des AEschnidæ, divisée aujourd'hui en deux sous-familles : AEschnines et Gomphines, et que le g. AEshna de Fabricius fut adopté comme tel par Cuvier en 1798 et par Latreille. Leach en 1815 sépara sous le nom de Gomphus les espèces d'AEschna chez lesquelles les yeux sont éloignés l'un de l'autre (comme chez les Agrion) et constitua aussi les genres Petalura et - et Cordulegaster. M. Kirby croit que la vulgatissima était le type de AEshna. Il efface donc de la nomenclature le nom de Gomphus pour le remplacer par celui de AEshna Fab. (sans c) puis dans la seconde sous-famille (AEschninæ) il maintient un second genre AEschna Illiger (avec c) pour les espèces à yeux contigus faisant jusque là partie du même genre AEshna de Fabricius et de Latreille. L'opinion de M. Kirby si elle prévalait, aurait pour effet une confusion déplorable; mais elle n'est pas justifiée. Il est évident que AEshna et AEschna,avec ou sans c, sont deux mots équivalents et qu'Illiger en ajoutant la lettre c à AEshna n'a entendu faire qu'une correction grammaticale et nullement de créer un nom différent de celui donné par Fabricius, suivi par Cuvier en 1798 qui ne décrit que la grandis L. et Latreille, qui en caractérise cinq espèces, annulata, maculatissima, grandis, mixta et vulgatissima (confondue avec forcipata) qui par parenthèse est la dernière énumérée.

    "Conservons donc le genre Gomphus, créé en bon droit par Leach en 1815, genre dont le nom est admis par tous les Neuroptérologistes. " Comptes-rendus des séances de la Société entomologique de Belgique, 1889, page CLXI

    https://archive.org/stream/annalesdelasoci1890unse#page/n351/mode/2up

     

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    4°) L'hypothèse AESHNA / AECHMEA. (Tillyard v. 1910)

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    On la doit à  Robert John  Tillyard (1881-1937), auteur en 1917 de The Biology of Dragonflies, qui a considéré (avant 1912) que  l'orthographe d'origine était due à une erreur typographique pour αίχμη , Aechma « une lance », terme qui  fait allusion à la forme longue et mince du corps. 

    On sait que ce terme grec est à l'origine du nom de genre Aechmea de la famille botanique des  Bromeliaceae. 

    L'hypothèse de Tillyard fut reprise par William Hunter Piersol en 1912, ou par E.M. Walker la même année ; elle est actuellement citée par les articles Wikipedia "Aeshna" en anglais et en français.

    "The name Aeshna, formerly coextensive with the modern family Aeshnidae, was given to these insects by Fabricius in 1775 (Syst. Ent., p. 424), but was afterwards changed to Aeschna by the editors of “ Illiger’s Magazin fur Insektenkunde” (Bd. 1, S. 126, 1822). In this form it was universally quoted until Calvert, in 1905, restored the original spelling, in which he has been generally followed by American but not by European writers. Various attempts have been made to interpret this word. The first suggestion is found in “Illiger’s Magazin” ( loc . Cit.).Williamson (Drag. Ind., p. 303, 1899) regarded the word as probably derived from αίσχύῥός, “ugly,” but recently the same writer has communicated to me a suggestion made by Mr. R. J. Tillyard that the original spelling was a printer’s error for αίχμη Aechma “a spear, ” in allusion to the long slender form of the body. As, however, it is impossible to decide the question of the meaning of this word with any approach to certainty it is unfortunately necessary to fall back upon the original spelling, for although “ Aeshna ” is impossible as a Greek word, Aeschna, ” in spite of its better appearance, is also meaningless and impossible to derive from any Greek word without making allowance for errors. This is the more unfortunate as the composites of Aeshna must all retain the emended form in which they originally appeared ( Basiaeschna , etc.). Walker

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    WALKER 1909 https://archive.org/stream/northamericandra00walk#page/4/mode/2up

    WALKER 1909 https://archive.org/stream/northamericandra00walk#page/4/mode/2up

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    VI. L'AVIS DE LA COMMISSION INTERNATIONALE DE NOMENCLATURE EN 1939.

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     Aeschna Illiger, 1801, est une émendation injustifiée de Aeshna Fabricius, 1775 (Opinion 34, ICZN, 1999).

    https://archive.org/details/cbarchive_108576_opinion34aeshnavsaeschna1939

    Opinion 34 Æshna vs Æschna, Opinions and declarations rendered by the International Commission on Zoological Nomenclature. Édité par Francis Hemming 1939

     

    Summary,— Since evidence of the derivation of the word is not contained in the original publication, the original spelling of Æshna should be preserved.

    Statement of case. — Mr. R. A. Muttkowski has submitted the following case for opinion :

    Æshna vs. Æschna.

    Æshna Fabricius, Systema Entomologiae, p. 424, 1775.

    Æschna, 111. Magazine, p. 126, 1801 (author anonymous).

    In view of the fact that Æshna as a derivation is an anomaly, are authors justified in emending the barbaric Æshna to Æschna, a lapsus calami being assumed ?

    I submit the following points :

    1. Manifestly, the word is a Greek derivative. Æshna as originally spelled

    It is not pure Greek at all since "h" can never follow an « s » in Greek. « H " is an aspirate and is expressed by the spiritus asper ( ' ) above the vowel beginning the word. Furthermore, it can be used only in the beginning of a word.

    2. "S" and "h" never coming together in a word, the only other possible solution is " sigma " and " chi " of Greek. In such case the " sh " in Æshna is wrongly transcribed, and the word obviously is Æschna if correctly spelled.

    3. Fabricius being a purist, as is evident from most of his generic names, the elision of " c " in Aeshna suggests a typographical error.

    4. Fabricius was wont to derive his names from the appearance (form) or the habits of the insect before him; as witness the following names: Cryptus, Centris,... Agrion.

    Applying this method to Æschna and looking for words beginning with αίσχ which would suggest habits we find none that expresses anything. If we look to "general appearance" we find the words αίσχῥός — ugly, and αίσχύνω — disfigured (after death).

     

    — Considering the insect itself:

    (a) if we examine the habits, we find that the insects are brilliantly colored species (thorax green, blue, or yellow- striped, abdomen with yellow and blue spots), of quick dashing flight,

    (b) If captured and killed, we find that the insects lose all of their colors after death, assuming an ugly brown similar to the rest of the body, the former colors being scarcely discernible as vague, brownish spots.

    In this light- the derivation from αίσχῥός — ugly, is not far-fetched, although Æschna ought then to read Æschrus. Aside of this, we have αίσχύνω, which seems the more probable derivation, especially in view of the meaning of the word and its pertinency to a condition actually found in the insect. αίσχύνω — disfigured, in the sense of being "disfigured after death," as used by Euripides in Hippolytes, is certainly significant and seems the proper solution.

    It is probable that the printer omitted the "c" from Æshna with the barbarism resulting. The original Æshna offended the classical sense of the early entomologists. They emended the word and it was spelled Æschna, as emended, until Kirby in 1890 revived its earlier spelling. Since then spelling has been a mooted point among odonatologists, either mode of spelling being alternately adopted and again refused by writers.

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    Discussion.

    — Æshna Fabricius, 1775, p. 424, was published originally without citation of its derivation.

    — Illiger, 1801, p. 126, cites Æschna as follows: " Æschna, ae (nicht Æshna)— i. — Schmaljungfer vielleicht Aeschyna von αςχύνη Schamhaftigkeit nach der Ehnlichkeit mit Jungferf In Charleton. Exercitatt. de differentiis et nominib. animal. Oxon., 1677, kommt αεχνα  als Name eines Insekts vor." [ Æschna (not Æshna) from αςχύνη Æschyna from modesty, because of the similarity to maiden? In Charleton, 1677, αεχνα  va is used as name of an insect."]

    — Ludwig, 1886a, 522, cites Æschna, stating: « verdorben aus αίσχύνη Schamhaftigkeit (werden selten in Paarung gesehen). » [2 Perhaps a corruption from αίσχύνη "modesty" (are seldom seen pairing). ]

    In the brief submitted by Muttkowski, it is stated that the derivation from αίσχύῥός « ugly » is not farfetched.

    From the foregoing it is seen that a certain amount of speculation is required in arriving at the derivation of the name. From the very fact that two authors quote Schamhaftigkeit (= modesty) and a third quotes " ugly " and "disfigured after death " in explanation of the origin of the word, it seems clear that the reason which led Fabricus to select the name is not " evident," and in fact all three authors admit a doubt in regard to the derivation.

    To the Commission it seems perfectly possible that Æshna is a corruption traceable to the Greek αίσχύῥός . So far as the evidence goes, however, it is equally possible that this word is an intentional barbarism or that it is the name of a ship, or of a goddess unknown to the Commission, or that it is an arbitrary combination of letters, or that it is the name of some friend of Fabricius.

    Without taking issue with either Illiger, Ludwig, or Muttkowski, the Commission is of the opinion that since the original publication of Æshna Fabricius, 1775, 424-425, does not indicate clearly the origin of the word, it is not evident in this instance that there is either an error of transcription, a lapsus calami, or a typographical error present. It is, therefore, the opinion of the Commission that the original spelling, namely, Æshna, should be preserved.

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    Résumé.

    Muttkowski, dans un document soumis à la Commission, fit remarquer que Æeshna était manifestement dérivé du grec, mais de manière fautive puisque dans cette langue, le "h" ne pouvait jamais suivre un "s", que le "h" est une lettre aspirée et doit être suivie d'un esprit (') sur la voyelle commençant le mot, et qu'enfin il ne peut être employé q'en début de mot. Si bien que Æeshna est transcris de manière fautive, et qu'il doit être remplacé par Æschna pour être correct. La forme Æshna serait attribuable à une erreur de transcription du copiste.     En recherchant de possibles étymologies de ce mot,  il considéra les  mots grecs αίσχρός, "laid ", et αίσχύνω = "défiguré" (ce qui peut s'appliquer à cette espèce qui perd ses couleurs après sa mort et prend une teinte brune assez laide), avec une préférence pour ce dernier, puisque le premier aurait conduit à écrire Æschrus. La forme "correcte Æschna fut adoptée par les entomologistes du monde entier, jusqu'à ce qu'en 1890 Kirby ne revienne à la graphie initiale.

    Voir Aischros  αἰσχρός  et aischuno  αἰσχύνω, de aichos "honte, disgrâce", Ces mots sont apparentés.

     

     Dans leur discussion, les membres de la Commission tinrent compte de l'interprétation d'Illiger 1801, et observèrent qu'en 1886, Ludwig avait émis l'hypothèse d'y voir une corruption du mot grec αίσχύνη "pudeur" , "car ces insectes sont rarement vus accouplés". 

    Ils conclurent :

    Sans prendre partie pour Illiger, ou pour Ludwig, ou pour Muttkowski, la Commission est d'avis que, puisque la publication originale de Æshna Fabricius , 1775, 424-425, n'indique pas clairement l'origine du mot, il est pas évident dans ce cas qu'il y a soit une erreur de transcription, un lapsus calami  ou une erreur typographique. L'avis de la Commission est, par conséquent, que l'orthographe originale, à savoir, Æshnia, doit être préservée.

    Néanmoins, la graphie -aeschna est retenue comme racine des zoonymes  of Adversaeschna, Austroaeschna, Notoaeschna, Spinaeaschna.

     

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    VII. RETOURNONS-NOUS VERS LES PREMIERS AUTEURS. THOMAS MOUFFET 1634.

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    Pour approfondir cette recherche, j'ai consulté :

    Le Dictionary of  Entomology de Gordon Gordh, CABI 2011. 

    Puis les auteurs anciens :

    Le Dictionnaire d'Ambrosio Calepino de 1550, page 19, où je ne trouve rien entre Æsis et Æson.

    L'Onomasticon de Conrad Gessner de 1605, page 16, où je ne trouve rien entre Æsisium, ville d'Ombrie et Æson fils de Crethée.

    Le chapitre consacré aux libellules dans le De animalibus insecti libri septem d'Aldrovandi, paru à Bologne en 1602. Son chapitre X De Perla vulgo dictis pages 302-305 ne comporte aucun terme approchant celui d'Æshna.

    C'est ma lecture de l' Insectorum sive minimorum animalium theatrum de Thomas Moffet (ou Mouffet), paru en 1634, qui m'a permis de trouver le nom employé plus tard par Fabricius.  Certes, les pages 66 à 68 ne me réservèrent aucune révélation, et la fin de la description de la dernière classe de libellule, les Libellae minimae, en haut de la page 69, me laissèrent sur ma fin, mais mon attention fut attirée par un nom inscrit en italique un peu plus bas : Aeschnae !

    Avec un -c-, c'était la forme que pressentait les héllenistes. La première vérification à laquelle je me livrait fut de consulter la version en anglais, The Theater of Insects, parue en 1658, afin de m'assurer de la graphie : je retrouvais le nom orthographié AESCHNA.

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    Thomas Mouffet, Insectorum .. 1634 page 69

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    Thomas Mouffet, The Theater of Insects, 1658, page 94.

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    Mouffet décrit ici l'Æschna parmi ses Phryganides,  les Phryganea ou plus largement Phryganeidae (Trichoptera), ou Caddisflies en anglais : Voici le texte qui les concerne :

    "Water Flies, of the Greeks called ----, or Lacustres, as abiding in fenny places, are those that feed upon things that swim upon the surface of the water, and that live especially upon the water, as these and the like, Phryganides, Macedonica , Tigurina, Æschna, Lutea, Fusca, etc. 

     Phryganides comes from the little worm Phryganium (which in English is called Cados worm) living in the waters, and in the midst of August ascending to the top or superficies of the waters; it hath four wings of a brown colour, the body somewhat long, having two short horns, the tail forked, or rather bristles coming out of the tail. The form or figure of this Fly is various, in regard of the great variety of those little Cados worms where of they come.

    Among the Macedonians about the River Austraeum which runs in the midst between Beroza and Thessalonica there fly a kinde of Flies, which are not every where to be found, neither are they any way like other Flies, they are neither like the Bees, Wasps or Hornets, yet resemble all in something, in bignesle the Hornet, in colour the Wasp, in humming the Bee ; in audacity and boldnefsse all the rest of the Flies ; the country people call them ----, the Latines Equiseles ; these flying upon the surface of the waters become a prey to the fish that are in the river. The greater summer Water-fly is seen in Helvetia in the moneth of May (commonly call Tes glafft) as we have heard reported by a Gentleman, but which we leave to those of that Countrey to describe.

    The Æschna so called, are a kinde of Water-fly of an ash colour, with four wings, six feet, near the tail having as it were many downy hairs.

    The Water-fly called Lutea is of a yelIowish dun colour, it hath long wings, alwaies standing bolt upright upon the shoulders so long as it flies, the eyes big and standing out of the head, the tail long and knotty, having two long hairs or bristles at the end of it; fhe is conversant alwaies about rivers, seldome elsewhere, especially after rain. (etc.)

     

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    DISCUSSION.

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    Il est impossible de dire si Fabricius a voulu reprendre le nom (resté inemployé en entomologie linnéenne) d'Æschna de Mouffet pour l'appliquer à son nouveau genre de libellules, ou bien  si ce nom était resté gravé dans sa mémoire depuis la lecture du Theater of insects, ou si le nom d'insecte employé par Mouffet n'a eu  aucune influence sur la création onomastique de Fabricius. J'ai exprimé ma conviction que la proposition d'un lapsus calami par Fabricius ou d'une erreur typographique par l'imprimeur, dans l'hypothèse qu'il souhaitait baptisé AESCHNA son genre,  ne pouvait être crédible, puisque l'auteur aurait obligatoirement corrigé cette faute dans les publications entomologiques suivantes. Nous sommes donc obligé de considérer que  le caractère "fautif" vis à vis de la langue grec ne pouvait échapper à l'auteur ni à ses amis, et que puisqu'elle n'a pas été corrigée, cette graphie AESHNA est délibérée.  

    Ce qui reste troublant, c'est d'une part la proximité de ce nom Æschna chez Mouffet avec sa description et ses illustrations de libellules, et d'autre part  que Linné a décrit les Phryganea page 147 du Systema Naturae, deux pages après ses Libellula (dans ses Neuroptera, il décrit les Libellula, les Ephemera puis les Phryganea). C'est l'ordre inverse dans le Fauna suecica. C'est différent ches Fabricius, où les Pryganes appartiennent à ses Synistata.

     

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    La présence du zoonyme ÆSCHNA chez Mouffet, et ses rapports avec ÆSHNA de Fabricius, ont été apparemment signalés par Elliot Pinhey , puisque je trouve en ligne ces deux extraits :

     

    842 Family AESHNIDAE Rambur, 1842 Genus Aeshna Fabricius, 1 775 According to Pinhey (1985) the spelling Aeschna is traced back to a pre-Linnean use by Mouffet in 1634, but whether Fabricius based his description on the name used by Mouffet and his spelling, Aeshna, was a lapsus calami, is irrelevant. Since the Moufett name preceded the starting point date. 1 January 1758 (ICZN Art. 3), the Fabrician spelling remains the oldest available name ( ICZN Art. 23. 1 , Principle of) ... Durban Museum Novitates, Volumes 23 à 2 1998

    .

     

    AESHNIDAE Buchecker Genus Aeshna Fabricius, 1775: 424 Type-species Libellula grandis Linnaeus ( 1758, palaearctic) Note that Illiger's emended spelling, Aeschna Illiger (1802), was made redundant by Cowley (1934: 249). However, it is of interest to realize that Mouffet was apparently the first to use the spelling Aeschna as early as 1634. Some Odonatists in fact still adhere to that rendering. . Journal of the Entomological Society of Southern Africa, Volumes 48 à 49 1985, page 7

    .

     

    CONCLUSION.

    Æshna Fabricius 1775, Syst. Ent.: 424.  Le nom de genre Æshna Fabricius 1775 ne peut être expliqué, mais l'entomologiste danois a  peut-être été inspiré  par le nom tout aussi mystérieux "Æschna"  donné par Thomas Mouffet en 1634 et 1658 à un de ses Phryganides, sur la même page où il décrivait ses libellules. Bien que Æshna soit "fautif" s'il s'agissait d'un nom inspiré du grec, un  lapsus calami ou une erreur typographique n'est pas envisageable puisque cette graphie a persisté telle quelle dans les publications écrites et supervisées par l'auteur en 1781, 1789 et 1792.  Il n'est donc pas licite de modifier sa graphie en Æschna comme l'avait proposé Illiger en 1807, mais cette dernière forme, souvent utilisée par les entomologistes jusqu'à la décision de la Commission Internationale de Nomenclature en 1939, est à l'origine de notre nom français actuel, Aeschne. 

    Nom vernaculaire :

    En 1803, Olivier ou Latreille écrivaient (Nouveau dict. Hist. Nat.)  AEshne

    En 1805, Latreille, qui en créa le genre, écrivait ÆSHNE, œshne.

    Latreille encore, en 1829 (in Cuvier, Le règne animal),  décrivait dans sa famille des Subulicornes (je ne résiste pas)  Les Æshnes (Æshna Fabricius).

    C'est en 1840 que l'entomologiste belge de Selys-Longchamps écrit dans sa Monographie des Libellulidés d'Europe AESCHNE.

    C'est cette graphie qui est reprise par les auteurs des Guides et Atlas actuels (Dijkstra par Delachaux et Niestlé; Libellules de Poitou-Charentes, Libellules de France, Belgique et Luxembourg, etc.)

    .

    .

    RÉCEPTION.

    Heinrik Steinmann 2013 World Catalogue of Odonata II, Anisoptera, page 3 

    https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

    .

     

    Zoonymie des odonates. Le nom de genre Aeshna Fabricius 1775.

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    OUTILS ODONATES.

    .

     

    ALBARDA Herman 1889 Catalogue raisonné et synonymique des Névroptères, observés dan les Pays-Bas et dans les Pays limitrophes

    http://www.eis-nederland.nl/Portals/4/pdfs/Albarda_1889.pdf

     

    — ALDROVANDI, (Ulysse) 1602 De animalibus insectis libri septem, cum singulorum iconibus. J. B. Bellagambam (Bononiae)

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991248/f314.item

    ANIMALBASE

    http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/highergroup?id=59

    http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/list/families?highergroup=59

    — CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae

    L. Voss, 180 pages

    https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

     

    GEOFFROY (Etienne-Louis), 1762,  Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris. Chez Durand, à Paris 1762, in-4 (4) xxviij, 523pp. et (4), 2 volumes reliés.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991697/f615

    GEOFFROY (Etienne-Louis), 1799 Histoire abrégée des insectes, dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Tome 2 / par M. Geoffroy, C. Volland / Rémond (Paris)

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    http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/216/mode/2up/search/sylvie

     

     GOEDART (Jan), 1685, (Johannes Goedartius) De insectis, in methodum redactus; cum notularum  : Dragon-Flies ou Libella : section IV page 227

    https://books.google.fr/books/ucm?vid=UCM5327359323&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

    HARRIS, Moses, 1731-1785, 1786, Exposition des insectes que se trouvent en Angleterre; comprenant les différentes classes des Neuroptera, Hymenoptera, et Diptera: ou des abeilles, mouches, et Libellulae. Londres,B. White et J. Edwards,1786.

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    LA CHESNAYE-DESBOIS (François-Alexandre Aubert de ), 1754 Système naturel du regne animal, par classes, familles ...Chez Cl. J.B. Bauche, 1754, 641 pages

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    LA CHESNAYE-DES BOIS (François-Alexandre Aubert de)  Dictionnaire raisonne et universel des animaux ou le regne animal etc, Volume 2  chez Claude-Jean-Baptiste Bauche, 1759 page 19

     

    — LATREILLE (P.A.), Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes , Paris :F. Dufart, An X-XIII [1802-1805] , Troisième volume (1805).

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    — LATREILLE, 1829, in Cuvier Le règne animal distribué d'après son organisation pour servir à l'histoire .Paris Déterville Volume V « Suite et fin des insectes ».page 239

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    LEEUWENHOEK (Antoni van), 1695, Arcana naturae detecta, 1695 page 18

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    — LINNÉ (Carl von,) 1746, Caroli Linnaei medic. & botan. prof. Upsal ... Fauna Svecica, sistens animalia Sveciae regni : Quadrupedia, Aves, Amphibia, Pisces, Insecta, Vermes, distributa per classes & ordines, genera & species, cum differentiis specierum, synonymis autorum, nominibus incolarum, locis habitationum, descriptionibus insectorum. Stockholmiae :Sumtu & literis Laurentii Salvii,1746. Bergquist, Carl, 1711-1781 , graveur. Leche, Johan, 1704-1764 , ill. 

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    — LINNÉ (Carl von,) 1764, Museum Ludovicae Ulricae reginaeSuecorum, in quo animalia rariora , exotica imprimis insecta et conchilia describuntur, etc. Holmiae, l764 , 2 t. en 1 vol. in-8.

     —— LINNÉ (Carl von,) 1767, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae... 12eme édition, tome II pages 901-906.

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    NATIONAL HISTORY MUSEUM

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    — SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840, Monographie des libellulidées d'Europe, Roret, 220 pages.

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    TAXONOMICON

    http://taxonomicon.taxonomy.nl/TaxonTree.aspx?src=1002&id=17481

     — RAY (John) Historia insectorum, Londini 1710 pages 47-53 et page 140

    https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/46/mode/2up

    https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/140/mode/2up

    — WALKER, E. M. (Edmund Murton), 1912, The North American dragonflies of the genus Aeshna, Toronto : University of Toronto Library

    https://archive.org/details/northamericandra00walk

    WIKIPEDIA Neuroptera in the 10th edition of Systema Naturae

     

    https://en.wikipedia.org/wiki/Neuroptera_in_the_10th_edition_of_Systema_Naturae

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    OUTILS ZOONYMIE.

    — NEAVE (Sheffield Airey), NOMENCLATOR ZOOLOGICUS.

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    RAIMBAUD (Fabien), 1992., "Principes de la recherche étymologique appliquée en entomologie" Insectes n°86 OPIE

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    ESTIENNE (Charles), 1553, Dictionarum historicum ac poeticum, Lutetiae [Paris] : http://www.bvh.univ-tours.fr/Consult/index.asp?numfiche=619

    ESTIENNE (Charles), 1544 et 1550, Dictionarum propriorum nominum

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    yfrWFmMbc7lnd6YXDBVi3dgdBms&hl=fr&sa=X&ei=mlZ0VJCYE8WYPK-qgIAE&ved=0CCcQ6AEwAQ#v=onepage&q=calepino%20argus&f=false

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    CURTIS, J. (1823-1840). British Entomology; being illustrations and descriptions of the genera of insects found in Great Britain and Ireland: containing coloured figures from nature of the most rare and beautiful species, and in many instances of the plants upon wich they are found. Vol. V. Lepidoptera, Part. I. Londres. http://biodiversitylibrary.org/page/8221625#page/71/mode/1up

     

     

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    — FABRICIUS (Johann Christian) 1798 Supplementum Entomologiae systematica , Hafniae.

    https://www.biodiversitylibrary.org/item/218713#page/395/mode/1up

     FRISCH (Johann Leonhard.) 1730 . Beschreibung von allerley Insecten in Teutsch-Land : nebst nützlichen Anmerckungen und nöthigen Abbildungen von diesem kriechenden und fliegenden inländischen Gewürme : zur Bestätigung und Fortsetzung der gründlichen Entdeckung : so einige von der Natur dieser Creaturen herausgegeben : und zur Ergäntzung und Verbesserung der andern (1730) Berlin : Verlegts Christ. Gottl. Nicolai https://archive.org/stream/johleonhardfrisc01fris#page/n7/mode/2up

    FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy. http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

    — FUESSLI (Johan Caspar) Verzeichniss der ihm bekannten Schweizerischen Inseckten : mit einer augemahlten Kupfertafel: nebst der Ankhundigung eines neuen Insecten Werks Joh. Caspar Fuesslins 1775. BHL libr

    GEER, (Charles de), 1771 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, .Tome 1 [1]-[15] 707 pages, 37 planches, Gallica . Tome second première partie 616 pages, ; Tome second deuxième partie pages 617 à 1175, 43 planches gravées par Bergquist. Gallica.

    GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

    GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

    — GOEDART (Jan), 1685, Johannes Goedartius de Insectis nin methodum redactus cum notularum additione, operâ M. Lister, e Regia Societate Londinensi, Smith : London, 1685

    http://books.google.fr/books/ucm?vid=UCM5327266043&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

    — Goedart par Lister Londres, 1685 :: Bibl. Strasbourg

    http://books.google.fr/books/ucm?vid=UCM5327359323&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

     

    .

     

     

    HOEFNAGEL (Joris) Cf 

    http://www.lavieb-aile.com/2015/02/hoefnagel-et-les-entomologistes-du-xviiie-siecle.html

     HOEFNAGEL (Jacob), 1592, Archetypa studiaque Patris Francofurti

    http://docnum.u-strasbg.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/73052/rec/4

    — HOEFNAGEL [Jacob], 1630, Diversae insectarum volatilium icones ad vivum accuratißime depictæ per celeberrimum pictorem. [Amsterdam] Typis[que] mandatæ a Nicolao Ioannis Visscher , 32 pages, 16 planches,

     

    ICZN, Opinions and declarations rendered by the International Commission of Zoological Nomenclature, BiodiversityHeritageLibrary http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/50753#/summary

    ICZN F. Hemmings, Bulletin of Zoological nomenclature 1943-1951 : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/51603#/summary

    LATREILLE (P.A.) 1796 Précis des caractères génériques des insectes disposés dans un ordre naturel par le citoyen Latreille Paris, Brive : 1796 pages 140-149.

    LATREILLE, P. A., 1804. "Tableau méthodique des Insectes", pp. 184-187 in Nouveau Dictionnaire d’Histoire Naturelle, Paris : Déterville. vol.24.

    LATREILLE (P.A.) Nouveau dictionnaire d'histoire naturelle appliquée aux arts, Paris : Detreville vol. 17, 1803 ici

    LATREILLE (P.A.) Nouveau Dictionnaire d'histoire naturelle vol. 24 1818 : Classification page 501 http://books.google.fr/books?id=I_NBAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=vanesse&f=false

    LATREILLE, P. A., 1805. Histoire Naturelle, Générale et Particulière des Crustacés et des Insectes. Tome XIII, p. 10. Paris : Dufart.

    Libellules : https://www.biodiversitylibrary.org/item/53501#page/16/mode/1up

    — LATREILLE P. A. 1810. Considérations générales sur l'ordre naturel des animaux composant les classes des Crustacés, des Arachnides et des Insectes; avec un tableau méthodique de leurs genres, disposés en familles. Paris: F. Schoell, 444 pp. pp. 350-370.

    LATREILLE (P.A) et Olivier Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle 2eme édition tome 27 1818.

    — LATREILLE (P.A), GODART (J.B) 1819 , Encyclopédie méthodique, ou Entomologie, Paris : Vve Agasse tome 9 1819. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58338273/f334.image.r=Godart.langFR

     

     

    LEWIN, W. 1795 The Insects of Great Britain, systematically arranged, accurately engraved, and painted from nature, with the natural history of each species BHL library

    http://www.biodiversitylibrary.org/item/103670#page/7/mode/1up

    LINNÉ 1758 Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 1-824

    http://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/494/mode/1up

    LINNÉ 1767 : Linnaeus, C. 1767. Systema naturæ, Tom. I. Pars II. Editio duodecima reformata. Holmiæ. (Salvius). 533-1327

    http://www.biodiversitylibrary.org/page/25848844#page/264/mode/1up

    LINNÉ par GMELIN 1790 Systema naturæ, Tom. I. Pars V. Treizième édition.

    http://www.biodiversitylibrary.org/item/83099#page/133/mode/1up

     

    — MERIAN (Maria-Sibylla) Histoire générale des insectes de Surinam et de toute l'Europe contenant leur description, leurs figures, leur différentes métamorphoses..., par Mademoiselle Marie-Sybille de Mérian, en deux parties in-folio. Troisième édition, revue, corrigée & considérablement augmentée par M. Buchoz, ... A laquelle on a joint une troisième partie qui traite des plus belles fleurs, telles que des plantes bulbeuses, liliacées, caryophillées... Tome premier [-troisième] traduit par Jean Marret Paris : Desnos, 1771. PDF Bibliothèque de Toulouse, 3 volumes http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/07558171x

    — MERIAN (Maria-Sibylla) 1683 Der Raupen wunderbare Verwandelung, und sonderbare Blumen-nahrung: worinnen, durch eine gantz-neue Erfindung, Der Raupen, Würmer, Sommer-vögelein, Motten, Fliegen, und anderer dergleichen Thierlein, Ursprung, Speisen, und Veränderungen, samt ihrer Zeit, Ort und Eigenschaften (Band 2) Nürnberg , Frankfurt , Leipzig, 1683 Volume 2 (insectes d'Europe) digitalisé par Universitätsbibliothek Heidelberg;

    MERIAN (Anna Maria-Sibylla) http://de.wikisource.org/wiki/Maria_Sibylla_Merian

    1719 Metamorphosis insectorum Surinamensium : édition 1730 : https://archive.org/stream/MariaSybillaMer00Meri#page/n13/mode/2up

    b) [Illustrations de Veranderingen der Surinaemsche Insecten...] / Maria Sybilla Merian, dess., aut. du texte ; I. Mulder, P. Sluyter, D. Stoopendaat, grav. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b2300244f

    MERIAN (Anna Maria-Sibylla) De Europische insecten 1730 Jean Marret, M.D. Amsterdam J.F. Bernard https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n3/mode/2up

    MERRET (Christopher) 1667 Pinax Rerum Naturalium Britannicarum. 1667. Google Books

    http://books.google.co.uk/books?id=p0SjZ7N6TA0C&printsec=frontcover&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

    — MOFFET (Thomas) 1634 Insectorum, sive, Minimorum animalium theatrum. Londini : Ex officin typographic Thom. Cotes et venales extant apud Guiliel. Hope, 1634. BHL.

    — PETIVER (James), 1702-1706? Gazophylacii naturae & artis, : decas prima-[decima]. In quaÌ‚ animalia, quadrupeda, aves, pisces, reptilia, insecta, vegetabilia; item fossilia, corpora marina & stirpes minerales eÌ€ terra eruta, lapides figuraÌ‚ insignes &c. Descriptionibus brevibus & iconibus illustrantur. Hisce annexa erit supellex antiquaria, numismata, gemmae excisae, & sculpturae, opera figulina, lucernae, urnae, instrumenta varia, inscriptiones, busta, reliquaque ad rem priscam spectantia: item machinæ, effigies clarorum virorum, omniaque arte producta... / Jacobus Petiver Londini: : Ex OfficinaÌ‚ Christ. Bateman ad insignia Bibliae & Coronae, vico vulgo dict. Pater-Noster-Row., MDCCII. [1702-1706?]. Version Google books de 1702 ou mieux GDZ Göttingen (Planches).

    — PETIVER (James) 1695-1703 Musei Petiveriani centuria prima-decima, rariora naturae continens: viz. animalia, fossilia, plantas, ex variis mundi plagis advecta, ordine digesta et nominibus propriis signata, London, 1695-1703 Version Books-Google.

    — PETIVER (James) 1767 Jacobi Petiveri Opera, historiam naturalem spectantia containing several thousand figures of birds, beats, fifh, reptiles, insects shells, corals, and fossils; also of trees, shrubs, herbs, fruits, fungus's, mosses, sea-weeds, &c. from all parts, adapted to Ray's History of plants on above three hundred copper-plates, with English and Latin names, London, James Empson (éditeur), 1767 Version Books.Google

    — PODA (Nicolaus) 1761. Insecta Musei Græcensis, quæ in ordines, genera et species juxta systema naturæ Caroli Linnæi. Graecus [= Graz]. (Widmanstadius). 127 pp. Google books

    — RAY (John) Historia insectorum, Londini 1710 Archive.org

    — RÉAUMUR [René-Antoine] de Ferchault 1734-1748 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes Paris : Imprimerie Royale, 6 volumes, de 1734 à 1748 [un 7e, copie du manuscrit original, paraîtra en 1928], 267 planches gravées par Simoneau, Lucas, Haussard et Fillioeul. En ligne BHL. Voir aussi VALLOT J.N. 1802.

    RÖSEL VON ROSENHOF 1764-68 De natuurlyke historie der insecten; voorzien met naar 't leven getekende en gekoleurde plaaten. Volgens eigen ondervinding beschreeven, door den heer August Johan Rösel, van Rosenhof, miniatuur-schilder. Met zeer nutte en fraaie aanmerkingen verrykt, door den heer C. F. C. Kleemann ...Te Haarlem, By C. H. Bohn en H. de Wit, boekverkoopers [1764-68] BHL Library

    Rösel von Rosenhof 1746 Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung Nürnberg.http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

    — SCHAEFFER (Jacob-Christian) Iacobi Christiani Schaefferi 1766Icones Insectorum circa Ratisbonam indigenorum coloribus naturam referentibus expressae = Natürlich ausgemahlte Abbildungen Regensburgischer Insecten Regensburg [Ratisbonne]: gedruckt bey H.G. Zunkel, [1766?-1779?] ; Gravure par Haid, Johann Jacob (1704-1767), 5 tomes in-4° avec 220 planches coloriées VOL. II Google

    BHL : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/101970#/summary

    — SCHAEFFER (Jacob-Christian),  1779, Icones insectorum circa Ratisbonam indigenorum coloribus naturam referentibus expressae. Volum. 1. pars 1. tertium et vltimum. D. Iacob Christian Schäffers natürlich ausgemahlte abbildungen Regensburgischer Insecten. Ersten Bandes erster Theil dritter und lezter Band. Mit dem register Volum 1. pars 1. pars. 2.

    https://archive.org/stream/bub_gb_RnLiUH9EwAEC#page/n29/mode/2up

    — SCHAEFFER (Jacob-Christian), 1766, Iacobi Christiani Schaeffer, s. theolog. et philos. ... Elementa entomologica ... = Iacob Christian Schaeffers ... Einleitung in die Insectenkenntnis Regensburg :Gedruckt mit Weissischen Schriften.

    http://www.biodiversitylibrary.org/item/44500#page/11/mode/1up

    SCOPOLI (Jean-Antoine) Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763. En ligne BHL.

    — SWAMMERDAM (Jan) 1685 Historia insectorum generalis et 1737-38 Biblia naturae (Leyde)

    http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/65389/rec/3

    — VALLOT J.N. Concordance systématique, servant de table de matières à l'ouvrage de Reaumur, Paris : Grégoire, Thouvenin, 1802. En ligne Google books.

    VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789). https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

    WALCKENAER (C.A.) 1802, Faune parisienne, insectes, ou, Histoire abrégée des insectes des environs de Paris classés d'après le système de Fabricius; précédée d'un discours sur les insectes en général, pour servir d'introduction à l'étude de l'entomologie accompagnée de sept planches gravées Paris : Dentu 1802 en ligne BHL.

    III. Boite à liens.

    — Index animalium Charles Davies Sherborn

    http://www.sil.si.edu/digitalcollections/indexanimalium/TaxonomicNames/IA_Namesearch.cfm

    Albin :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN477852769

    Billberg http://www.biodiversitylibrary.org/item/105024#page/87/mode/1up

    Boitard, 1828. : http://books.google.fr/books?id=K3ShlXhmFsEC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

    Cramer http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/43777#/summary

    Dale https://archive.org/stream/historyofourbrit00dalerich#page/n5/mode/2up

    Esper : http://www.biodiversitylibrary.org/item/53441#page/9/mode/1up

    Fabricius :1775 http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/36510#/summary

    Fabricius 1787 :

    http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=25707

    Fabricius 1793 Ent Sys em https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

    Fabricius 1801 : https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

    Frisch https://archive.org/stream/johleonhardfrisc01fris#page/n7/mode/2up

    Fourcroy voir Geoffroy.

    Fuessli http://www.biodiversitylibrary.org/item/78769#page/11/mode/1up

    Geoffroy : http://www.biodiversityheritagelibrary.org/item/51067#page/9/mode/1up

    Geoffroy latin par Fourcroy : http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

    De Geer : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97151p/f1.image.r=.langFR

    Goedart par Lister 1685 : http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/64604/rec/1

    Harris M. 1766 http://archive.org/stream/Aurelian00Harr#page/n7/mode/2up

    1840 : http://www.biodiversitylibrary.org/item/120628#page/9/mode/1up

    Hübner 1779 http://www.biodiversitylibrary.org/item/89180#page/1/mode/1up

    ICZN F. Hemmings http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/50753#/summary

    Bulletin : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/51603#/summary

    Kirby 1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

    Latreille 1804 : http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

    Latreille 1810 : http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

    Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

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    Linné http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

    http://books.google.fr/books?id=Jps-AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=elinguis&f=false

    Linné, Mantissa plantarum http://bibdigital.rjb.csic.es/spa/Libro.php?Libro=947&Pagina=545

    Linné fauna suecica 1746 :http://biodiversitylibrary.org/bibliography/63899#/summary

    Linné fauna suecica 1761 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/46380#/summary

    Linné S.N. 1767 :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN362053723&DMDID=DMDLOG_0001&LOGID=LOG_0001&PHYSID=PHYS_0002

    LINNE Systema naturae 1766-1768

    https://www.biodiversitylibrary.org/item/137337#page/5/mode/1up

    Linné, Species Plantarum http://www.biodiversitylibrary.org/item/13829#page/1/mode/1up

    Merian, Insectes d'Europe : http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/merian1683bd2

    Moffet : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

    Moore, Lep. indic http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/8763#/summary

    Ochsenheimer 1808 http://archive.org/stream/dieschmetterling12ochs?ui=embed#page/180/mode/1up

    Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google (accès partiel)

    http://books.google.fr/books/about/Musei_Petiveriani_centuria_prima.html?id=vp05AAAAcAAJ&redir_esc=y

    Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

    Petiver, Papilionum brittaniae 1717 in Opera Books .google

    PetiverOpera (1767) https://archive.org/stream/jacobipetiveriop11767peti#page/n5/mode/2up

    Ray : https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n11/mode/2up

    Réaumur : http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

    Rösel : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

    http://www.biodiversitylibrary.org/item/31182#page/138/mode/1up

    http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

    les quatre tomes :

    http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/toc/?PPN=PPN369099060&IDDOC=282169

    Rottemburg :

    http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

    Schneider 1787 http://books.google.fr/books?id=VnY-AAAAcAAJ&pg=PA241&lpg=PA241&dq=schwarzgestrichelter+schmetterling&source=bl&ots=c5RGnFNYx4&sig=-HkttVMLK2SZP6KRw5MXfvJCYxI&hl=fr&sa=X&ei=

    AHwGU7m9LoLm7Abd7oGICg&ved=0CC8Q6AEwAA#v=onepage&q=schwarzgestrichelter%20schmetterling&f=false

    Scopoli Entomologia carniolica 1763

    http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

    Scudder http://biodiversitylibrary.org/page/3076769#page/269/mode/1up

    Spuler : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

    De Villers 1789 https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

    Walckenaer : http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

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    Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
    23 décembre 2017 6 23 /12 /décembre /2017 12:00

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    Les soixante six stalles conservées dans l'ancienne cathédrale (jusqu'en 1801) de Saint-Pol-de-Léon composent l'un des ensembles les plus remarquables de Bretagne par leur très bon état de conservation, par la richesse de leur iconographie et la qualité de leurs sculptures. Réalisées en chêne foncé, et datées du premier quart du XVIe siècle par la présence des armes de Jean de Carman, évêque de Saint-Pol de 1504 à 1514, et de Guy Le Clerc, qui lui a succédé de 1514 à 1523, elles constituent, par le nombre de stalles, le deuxième ensemble de Bretagne après Dol de Bretagne (soixante-dix-sept sièges, du XIVe siècle), mais elles ont l'avantage sur ces dernières d'avoir conservées leurs parties supérieures, c'est à dire leurs stalles hautes et leur dais. Elles furent classées MH le 11/04/1902. Elles ont été étudiées par Florence PIAT dans un article de 2007 et dans sa thèse de 2012. Je ferais un large emploi de ces publications. 

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    Elles formaient jadis, comme partout, un U car un rang de sièges en retour fermait l'espace à l'ouest et séparait le chœur de la nef laissé aux fidèles. Ces rangs occidentaux étaient les plus prisés, centrés par le trône épiscopal. Ce retour a été supprimé après la destruction du jubé au XVIIIe siècle. 

    Les  sièges se présentent en quatre rangées disposées par groupe de deux, de part et d'autre du chœur : 17 stalles hautes et 16 stalles basses de chaque coté. Le chœur est entouré d'un chancel de pierre contre lequel viennent s'adosser les dosserets des stalles et leur dais. L'entrée dans le chœur se fait par deux portes situées l'une en face de l'autre du coté nord et sud du chancel, entre le chœur liturgique et le chœur des chanoines. Ceux-ci se réservaient les stalles hautes, alors que les stalles basses accueillaient, par exemple, les enfants de la "psallette" ou maîtrise cathédrale.

     

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    Stalles du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Stalles du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Les stalles hautes sont surmontées d'un dossier qui supporte un dais continu, en arc de cercle, repeint sur la face interne par l'atelier Nicolas de Morlaix en 1873. Ces dais sont surmontés de pinacles de trois tailles différentes et alternées (un grand, trois petits, un grand) ainsi que d'une décoration répétitive de petites armatures entrecroisées, surmontées d'un fleuron ("crête de dais"). Des pendentifs sculptés d'anges, de végétaux ou d'animaux retenus par les pattes sont situés sous les pinacles les plus grands. En dessous, les dosserets à arcades ogivales, arcades triangulaires et roses à remplage gothiques sont également compartimentés par des montants, plus forts sous les grands pinacles et qui reçoivent alors des statues en ronde bosse.

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    Stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    C'est ce dais qui est encadré en haut en en bas d'une frise sculptée en haut relief : celle du haut est nommée Frise de dais, et celle du bas Frise de haut-dossier.

    Ce dais est rythmé par des nervures moulurées en compartiments correspondants aux stalles qu'elles coiffent. Il y a  dix-sept stalles et donc autant  de dais individuels.  Mais la succession des pinacles et des montants découpent la succession de ces derniers en une première section pour le premier dais de l'ouest puis quatre sections de quatre dais. La frise haute, elle-même interrompue par les grands pinacles, est concernée par cette partition en cinq ensembles que je nommerai "sections".  

    Les motifs iconographiques à végétaux, scènes de chasse et animaux fantastiques sont placés différemment  entre la frise de dais et la frise de haut-dossier. La première dispose ses éléments à l'intérieur des cadres limités par les pinacles et les nervures. Au contraire, la frise basse centre les siens dans l'axe des nervures et des pinacles, dont la ligne virtuelle qui les réunit  divisent les éléments des frises en leur milieu. Les éléments décoratifs des deux frises sont ainsi placés délibérément en chicane, pour une lecture plus aérée et pour rompre un alignement désagréable. Leurs thèmes  semblent indépendants, plutôt que de se répondre entre registres.

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    Stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Coin ouest des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Coin ouest des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Liste des 36 éléments de décor des frises.

    En raison de la disposition décalée des deux frises, les éléments de la frise de haut-dossier sont en réalité à cheval sur deux sections.

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    Première section.

    — frise de dais :

    • un coq
    • un lion assaillant un cheval.
    • un coq

    — frise de haut-dossier.

    • Tête de dragon crachant des feuillages et un de ses petits.
    • Deux tiges de chardon.

    Deuxième section.

    — frise de dais :

    • feuillage
    • tête d'un homme dévoré par deux chiens.
    • feuillage, main tendue vers un phylactère

    —Pendentif du grand pinacle: un lion.

    — frise de haut-dossier.

    • Deux animaux affrontés aux collerettes dentelées.
    • Rapace saisissant un marcassin.
    • Chasseur sortant avec sa pique et son chien d'un buisson, 
    • tige à feuilles larges (Figuier ?)

    Troisième section.

    — frise de dais :​​

    • Tête 
    • Chien / feuillage
    • Renard emportant un oiseau.
    • Deux chiens attaquant un lièvre.

    — frise de haut-dossier.

    • Hermine passant par les spires d'une banderole.
    • Pampre de vigne.
    • Chat se jetant sur deux souris.
    • Dragon à queue en tête  de serpent

     

    Quatrième section

    — frise de dais :

    • Chien mordant une corde
    • Suites de feuilles d'acanthe sur la corde.
    • Masque tenant les tiges de deux feuilles dans sa bouche.
    • Feuillages

    — frise de haut-dossier.

    • Un lion attaquant le dragon de la troisième section.
    • Feuillages
    • Chien débusquant un lièvre d'un bosquet.
    • Chien surgissant derrière le lièvre précédent.

    Cinquième section.

    — frise de dais :

    • Masque difforme mordant la tige d'une Vigne.
    • Vigne : feuilles et grappes.
    • Vigne : feuilles et grappes.
    • Tête d'un dragon mordant l'extrémité du pampre.

    — frise de haut-dossier.

    • Feuillages
    • Chien avalant la queue d'un mâtin au cou difforme
    • Serpent en tête à queue tendant la langue.
    • Un chat tourné vers le serpent.

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    I. LA FRISE HAUTE OU FRISE DE DAIS.

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    1°) Première section.

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    Frise haute des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise haute des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Un coq .

    Réduit à sa partie antérieure, il tend avec vigueur son bec vers la suite de la frise, et exhibe sa crête dentelée et ses barbillons.

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    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Un lion assaillant un cheval.

    Les animaux sont stylisés et figurés en raccourci, pris dans le vif de leur lutte : un lion a saisi la croupe d'un cheval, lequel se retourne avec rage. Les flammes des deux crinières et les naseaux dilatés peuvent amener d'autres commentateurs à voir ici deux dragons.

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    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Un deuxième coq.

    Il est le pendant du précédent, auquel il fait face ; mais les pattes sont mieux visibles.

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    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    2. Deuxième section.

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    Feuillage (non photographié).

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    Tête d'un homme attaqué par un chien et un lion.

    Selon un procédé comique qui se retrouve dans les sablières, un malheureux quidam est attaqué conjointement par un chien, à sa droite, et par un lion, à sa gauche, si bien que les oreilles des deux bêtes semblent implantées sur son crâne. L'effroi de la victime est rendu par les yeux exorbités, par le réseau des rides et sillons faciaux et par le rictus de la bouche entrouverte.

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    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Une main émerge de deux feuilles de vigne et se tend vers un phylactère aux spires enroulées.

    Ce phylactère portait peut-être jadis une sentence peinte.

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    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Pendentif du grand pinacle : un lion.

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    Pendentif des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Pendentif des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Pendentif des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Pendentif des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    2°) Troisième section.

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    Une tête coiffée sort d'une feuille et se tend vers la suite de la frise.

    Ou bien la "feuille" n'est que le repli dentelé de la coiffe du sujet, plutôt masculin avec son nez dilaté.

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    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Un chien lancé à la poursuite d'un renard qui emporte un oiseau est arrêté par un buisson de deux feuilles en chou frisé.

    Ce chien courant au pelage lisse, à la taille fine et au fouet en queue de cochon sera peut-être identifié par un amateur de chiens de chasse. Basset, briquet, est-ce que je sais ?

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    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Le renard s'enfuit avec sa proie.

    Florence Piat parle d'une poule, mais j'y vois un oiseau, au mieux une colombe.

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    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Deux chiens attaquant un lièvre.

    Les deux chiens de chasse sont assez semblables, avec des oreilles larges, un pelage lisse, une taille fine, un fouet long et fin. La seule différence est le collier de celui qui mord la patte postérieure du lièvre. 

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    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    C'est entre la troisième et la quatrième section que passe la ligne médiane des stalles, à droite de la stalle haute n° 9 à laquelle on accède par une volée de marche, et dont le dossier est particulièrement soigné. Le pendentif du pinacle est une composition de feuilles de vigne et d'une grappe.

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    4°) Quatrième section.

    La quatrième section est faite toute entière d'une frise de feuilles d'abord convexes puis aux bords retroussés et dentelés, dont les tiges naissent de la bouche d'un masque central, et qui s'enroulent sur une corde mordue, à gauche, par un chien. Ce ne sont ni des feuilles de vignes ni des feuilles d'acanthe, ni des feuilles de figuier. Kèsedon ? Kekcédon ?

     

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    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Chien mordant la corde qui forme l'âme de la frise de feuilles.

    Ce chien est peu ou prou de même race que les chiens de chasse précédents, mais ses babines retroussés sur ses fortes dents lui donnent un air plus féroce.

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    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Masque dont la bouche donne naissance aux tiges des rinceaux .

    Ce motif, très habituel sur les sablières, entre ici en écho avec la tête mordue par deux animaux de la deuxième section, et en reprend les traits faciaux accentués, les yeux proéminents et la bouche montrant les dents.

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    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    5°) Cinquième section.

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    Un masque encapuchonné mord dans une grappe de raisin, extrémité d'une vigne qui vient de la droite, et dont la tige, passant entre les dents, donne une dernière feuille à l'extrême gauche. Là encore, un écho s'établit avec le masque coiffé de la deuxième section, dont la coiffe était aussi couverte par une feuille. Mais ici, le faciès anthropomorphe est outré, déformé par des sourcils en auvent,  par un nez dilaté en figue, par une gosse verrue et par une lèvre supérieure excessivement longue.

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    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    À l'autre extrémité, un dragon (aux oreilles d'âne et au cou de serpent) semble libérer en un braiement la tige du pampre qui va se dérouler ensuite.

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    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de dais des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Détail supplémentaire : Montant de la jouée nord-est.

    La jouée haute qui termine les stalles nord est consacrée au Jugement dernier, et on voit, en bas du montant, l'ange buccinateur. Plus haut, un ange et un masque.

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    Montant de la jouée nord-est des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Montant de la jouée nord-est des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    II. LA FRISE BASSE "DE HAUT-DOSSIER".

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    1°) Première section.

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    Coin ouest des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Coin ouest des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Tête de dragon libérant des  feuillages où se tient un petit dragon.

    La tête de l'animal sort elle-même d'un feuillage, comme sur la frise haute.

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    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Deux tiges de Chardon aux ânes.

    Ce chardon, Onopordum acanthium L., 1753, ou Onopordon (littéralement "pet d'âne") aux feuilles d'acanthe est l' emblème de l'Écosse et de la Lorraine. Répandu dans toute l'Europe, il a sans-doute  ici une valeur satirique plutôt qu'emblématique.  

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    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Deux animaux fantastiques affrontés.

    Ils portent tous deux des collerettes dentelées, agrémentées d'une capuche à droite. Ils n'ont qu'une paire de pattes, arrières. Leur échine dentelée est celle des dragons.

     

    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Un rapace (faucon ?) a saisit de ses serres un marcassin qui tente de s'enfuir.

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    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Le chasseur et son chien.

    Un chasseur armé de sa pique, et accompagné de son chien, sort d'un bosquet : peut-être souhaitait-il aussi s'emparer du marcassin. Le chien, au museau fin et aux longues oreilles porte un collier. Son maître est vêtu d'une courte tunique serrée par une ceinture et des chausses très ajustées ; il est coiffé d'un bonnet  qui recouvre les boucles de ses cheveux mi-longs. Il porte en bandoulière sa trompe.

    C'est, hormis les têtes et masques, la seule figure humaine de ces frises.

    Florence Piat y consacre la page 273 de sa thèse :

    "Les stalles de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon sont sculptées de nombreux animaux, que ce soit sur les miséricordes, appuie-main ou encore dans les frises des dais ou de haut-dossiers. Ces dernières accueillent d’ailleurs toute une série de saynètes ayant pour thème principal la chasse, que celle-ci soit pratiquée par la noblesse, des chats ou d’autres créatures à la valeur symbolique forte. Dans les frises des dais des stalles hautes sud, des chiens prennent part à des scènes de chasse,poursuivant des lièvres ou des biches et accompagnés de piqueurs. Ces chiens ont une typologie très différente les uns des autre et leurs morphologies respectives permettent de distinguer un petit lévrier débusquant un lièvre, un chien courant, le fouet bien fourni, mordant la queue d’un monstre, et un limier reconnaissable à son large collier (*). Les colliers sont d’ailleurs sculptés avec précision, la boucle de certains d’entre eux étant même visible.

    (*)[J. BUGNION, Les chasses médiévales. Le brachet, le lévrier, l’épagneul, leur nomenclature, leur métier, leur typologie, Paris, édition Folio, 2005, p.137-138]

    Le piqueur lui-même est représenté avec beaucoup de réalisme. Sortant rapidement du buisson dans lequel il était dissimulé, suivi d’un chien, il tient entre les mains une longue pique tandis que dans son dos, on remarque l’harnachement qui lui sert à accrocher son cor, mais aussi un étui que l’on distingue sur le devant de sa tunique et qui doit probablement contenir son couteau. C’est en effet le même type de liens et de nœuds qui apparaît sur une des miniatures du ms fr. 616 du Livre de la chasse de Gaston Phébus [folio 63r]  où un piqueur arpente les bois en compagnie de son limier.

    Le cor de chasse, ou cornue, est maintenu par deux liens en cuir entrecroisés formant un « X ». Le cor est un outil indispensable au piqueur, qui lui permet notamment de sonner l’hallali, une fois l’animal mort. À Saint-Pol, le piqueur se lance à la poursuite de la biche qu’il vient de débusquer et qui s’enfuit dans la frise supérieure tandis que le sanglier glane tranquillement de l’autre côté de cette même frise. À un autre endroit, des chiens se disputent un oiseau, un autre est sur le point d’attraper un lièvre et un renard repart fièrement, une volaille dans la gueule. La chasse prend un côté plus anecdotique avec l’image du chat qui réussit à tenir dans sa gueule les queues de deux souris essayant tant bien que mal d’échapper au félin. En de nombreux endroits de ces stalles, des animaux s’enfuient ou se cachent derrière des buissons." 

    Voir aussi dans le Livre de chasse BnF ms fr. 616 folio 63v. ou 64r, et, pour le piqueur et le sanglier, folio 73r.

     

    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    2°) Troisième section.

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    Feuillages à feuilles larges.

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    Une hermine passant dans les spires d'une banderole dont elle tient l'extrémité dans sa gueule.

    Cette figure est une emblème ducal, largement représenté dans les édifices relevant du mécénat du duc de Bretagne, au Faouët, à Saint-Herbot ou à Quimperlé, etc..., mais à des emplacements honorifiques. Dans les stalles de Saint-Pol-de-Léon, on la retrouve sur la miséricorde de la stalle haute nord n°45. On retrouve cet emblème sur l’appui-main de la stalle n°25 (rang inférieur, côté sud) sous une forme plus limitée,  une hermine, dont le corps est entouré d’un ruban, tenant un blason vide de sa patte avant gauche .

    Florence Piat s'interroge sur cet emplacement étonnant :

    "L’hermine, emblème du duc depuis Pierre Mauclerc (1187-1250) se diffuse rapidement comme emblème du pouvoir ducal à partir de 1381, date à laquelle Jean IV relève l’ordre de l’Hermine. Cet ordre de chevalerie, confondu à partir de 1448 avec l’ordre de l’Hermine et de l’Épi, prévoyait pour ses membres un collier constitué d’une banderole tourbillonnant autour d’une file d’hermines passantes. Dans le cas saintpolitain, il ne fait guère de doute que la banderole portait la devise ducale « À ma vie » Les raisons de la présence de ces hermines sur les stalles de Saint-Pol peuvent être variées : affirmation de l’autorité ducale au moment du passage de la duchesse dans la cité, témoignage d’une donation ou signe d’affection de la part d’un clergé qui, même durant les conflits, est bien souvent resté fidèle à la maison ducale ou encore référence au rôle de conseiller et aumônier exercé par Guy Le Clerc comme nous avons pu le voir auparavant. Le cas saintpolitain demeure néanmoins unique et l’on peut effectivement s’étonner de ne pas trouver d’autres références au duché dans les stalles bretonnes, si ce n’est pour une cause évidente : les ducs font des donations pour des reconstructions,fondations et créations d’œuvres de dévotion, mais ne s’impliquent pas dans la commande de stalles qui ne concerne, en définitive, que les chanoines des chapitres cathédraux et, dans une moindre mesure, l’évêque." (Piat 2012 page 174)

    Effectivement, bien que la duchesse Anne ait effectué son  « Tro Breizh » (littéralement « Tour de Bretagne ») en 1505 dans un pèlerinage ayant pour but  le sanctuaire du Folgoët (pèlerinage, durant trois mois, pour obtenir la guérison de Louis XII dont la santé s’était fortement dégradée suite à son retour d’Italie) mais au cours duquel  elle s’arrêta à Nantes, Quimper, Brest, Saint-Pol-de-Léon, Tréguier, Saint-Brieuc, Dinan,Vitré où l’accueil qui lui est réservé a  toujours été très chaleureux, il est un peu étonnant que "l'enthousiasme" des chanoines les ait incité à choisir des emplacements si atypiques et, pour les miséricordes, si prosaïque. 

    Dans le cas de cette frise, la présence de cette hermine semble plutôt se justifier comme motif animalier parmi d'autres, et non pour une valeur honorifique, et il n'est pas certain que la banderole portait ici la devise ducale A MA VIE.

    Elle est située à peu près en dessous de la main tendue vers une phylactère enroulée, de la frise de dais.

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    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Deux pampres de vigne avec feuille, grappe et vrilles.

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    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Chat attrapant  deux souris à la fois et mordant leur queue.

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    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Un dragon ailé à queue doté d'une tête de serpent.

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    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    4°) Quatrième section.

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    Un lion.

    Ce lion  affronte le dragon placé à sa gauche, constituant ainsi le couple dragon/lion si courant sur les crossettes du Finistère.

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    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Feuillages

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    Un chien de chasse tente d'attraper un lièvre qui se cache derrière un "bosquet" de deux feuilles de figuier.

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    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Un autre chien sort d'un bosquet et se lance vers le lièvre.

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    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Cinquième section.

     

    Un chien combattant un chien-monstre.

    Le chien de droite est semblable aux chiens de chasse de cette frise, hormis son fouet qui se termine par un panache. Il a saisi la queue de son adversaire dans la gueule. 

    L'animal de gauche présente la même apparence, au détail près d'un cou anormalement gracile et sinueux, peut-être seulement dû à une maladresse du sculpteur pour rendre le mouvement d'un chien qui retourne la tête en arrière.

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    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Un serpent en tête à queue, tendant sa langue vers le chat.

    Derrière deux feuilles proches de celles du figuier, un serpent forme un huit qui amène sa tête au dessus de sa queue. Il tire la langue vers la droite, ... c'est à dire vers le chat qui ferme la frise.

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    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    Un chat.

    Ce chat est tendu dans une attitude hostile, il forme donc, avec le serpent précédent, un duo pour une saynette animalière.

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    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    Frise de haut-dossier des stalles nord du chœur de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    DISCUSSION.

    Les frises nord et sud, les panneaux des dossiers et les statues des montants, les quatre jouées qui ferment les stalles, et surtout peut-être les miséricordes et les appuie-main des sièges, qui attirent toujours l'attention des visiteurs, forment un corpus ornemental qui a été soigneusement étudié par Florence Piat.

    Ici, malgré un décompte parfois hasardeux, sur les 36 éléments décoratifs à plusieurs objets,  je compte 10 à 15 feuillages, 33 animaux et 3 humains, 1 main, deux phylactères. C'est dire l'écrasante majorité des végétaux et animaux. Les végétaux sont des feuilles, ou des pampres de vigne. La liste des animaux  comprend, dans le désordre, 2 coqs, 2 chats, 2 souris, 2 lions, 1 cheval, 1 hermine, 1 rapace, 1 marcassin, 1 renard, 1 oiseau (colombe?), 1 serpent, mais surtout 10 chiens de chasse et un chien hybride, et deux lièvres. Le contingent d'animaux imaginaires comporte 3 dragons et deux têtes isolées de dragon.

    La gente humaine est surtout représentée par un chasseur, mais il faut y ajouter 4 têtes ou masques, et la main isolée.

    Ces données numériques rendent mal compte de la spécificité de ces frises. Il faut d'abord noter que ces animaux ne servent aucun discours moralisateur et n'illustre aucun proverbe ou aucune fable (*). Ils participent à des mises en scène décoratives où, cachés ou séparés par des feuilles qui font figures de bosquet ou de forêts, ils s'affrontent par deux ou par trois. Le thème central est bien celui de la chasse, parfaitement exposé lorsqu'un chasseur et son chien se dressent à la poursuite d'un petit de sanglier. Les 10 autres chiens répartis ailleurs sont tous des chiens de chasse. 

    (*) Ainsi, le renard emportant un oiseau ne se réfère pas au thème de Renart prêchant aux poules.

    Les frises des stalles sud sont globalement identiques, par leur genre et par leur thème, de celles-ci. À qui étaient-elles destinées ? 

    Bien que la frise inférieure reste dans une certaine pénombre, elles étaient bien visibles des stalles qui leur font vis à vis à quelques mètres de distance. Elles se proposaient donc comme un aimable sujet de distraction aux chanoines (principaux commanditaires), enfants de la psallette et autres personnalités religieuses et civiles réunis pour les offices, et, par leur caractère familier tout comme par la neutralité de leur thème dégagée de tout discours religieux, biblique, moral, allégorique ou anagogique, elles formaient un apaisant décor, semblable à ces scènes de tapisseries murales n'ayant d'autres prétentions que de servir de support au regard qui cherche un point focal pour s'y fixer.

    En cela, elles entrent en opposition avec le  décor des montants, consacrés aux saints et saintes (saint Yves, saint Roch, saint Vincent Ferrier), avec  celui des jouées, inspiré par des scènes eschatologiques (Jugement dernier),  évangélique (Annonciation) ou hagiographiques (saint Pol Aurélien asservissant le dragon), avec celui des appuie-main et des miséricordes et leurs scènes sentencieuses ou licencieuses.

    En ce sens, ces saynètes s'apparentent avec l'iconographie des [ou de certaines] sablières.

    Cette prudence à l'égard d'une sur-interprétation des frises semble partagée par Florence Piat lorsqu'elle écrit, à propos des végétaux :

    "L’utilisation de ces modèles pour la réalisation des éléments végétaux des stalles, indifféremment appliqués à plusieurs espèces de feuilles, modère toute tentative d’interprétation symbolique de la flore des stalles. Bien sûr, dans le cas de grappes de raisins, la valeur christique du végétal, sa répétition en différents endroits,notamment sur les frises des dais et des haut-dossiers, expliquent sa présence. Mais,dans l’ensemble, il apparaît que les menuisiers des stalles se sont plus particulièrement attachés à la forme de ces « feuillaiges », tels qu’ils sont mentionnés dans les contrats,plutôt qu’à leur fonction symbolique. " (Piat 2012, page 277)

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    Par contre, je ne l'accompagne pas entièrement dans son interprétation des scènes animales :

    "La chasse est un thème iconographique fréquent aux XIVe et XVe siècles, en particulier dans les manuscrits, porté notamment par une littérature cynégétique florissante à cette époque. Occupation aristocratique par excellence, la chasse relève d’une symbolique ambiguë pour l’Église. Forcer l’animal, utiliser des pièges, ruser, et surtout, faire couler le sang, sont des attitudes qui assimilent le chasseur au diable lui-même puisque ce dernier utilise et abuse de ruses pour corrompre l’âme humaine. La pratique de la chasse est d’ailleurs interdite aux clercs depuis le concile d’Agde en 505, mais les rappels continuels à cette interdiction tout au long du Moyen Âge indiquent que celle-ci devait être transgressée régulièrement.

    À Saint-Pol-de-Léon cependant, la chasse ne semble pas recouvrir de valeur négative, bien au contraire. Car, ce qui est mis en avant dans ces scènes de chasse, c’est une sorte de jeu de cache-cache où la traque prend une tout autre dimension, allégorique, révélée par certaines sculptures.

    Sur la frise du haut-dossier des stalles nord, un chien est ainsi représenté en train de tirer sur la queue d’un animal monstrueux. Celui-ci tourne vivement la tête vers le chien, menaçant et protestant contre la morsure du limier. L’hybride ressemble à d’autres créatures monstrueuses présentes sur les stalles bretonnes, en particulier à Tréguier, mais aussi à Saint-Pol-de-Léon, qui sont toujours empreintes d’une connotation négative. Le chien de cette frise ne fait donc pas que débusquer une proie, mais bien une créature diabolique et donc le Mal lui-même. Toujours sur cette même frise, le message apparaît sans ambiguïté un peu plus loin, lorsqu’un lion se lance à l’assaut d’un dragon menaçant. Le corps serpentiforme de ce dernier est pourvu d’ailes de chauve-souris et sa longue queue se termine d’ailleurs par une tête, rappelant bien que l’animal est dangereux aux deux extrémités. Cette image est d’ailleurs une nouvelle fois mentionnée dans la miséricorde n°01 qui, comme nous avons eu l’occasion de le voir auparavant, représente un lion écrasant de tout son poids un serpent, image ayant une forte connotation christologique.

    Si le caractère quasi anecdotique de la chasse de Saint-Pol-de-Léon est visible sur une partie de ses sculptures qui relatent avec précision cette activité noble, elle finit par prendre un aspect inquiétant dès lors que les créatures monstrueuses et menaçantes se multiplient et obligent le spectateur à s’interroger sur la nature même de cette chasse. Toujours est-il qu’elle est aspectée pour son côté positif et que le réalisme de certaines de ses sculptures supposent une connaissance de la pratique par le sculpteur ou plus vraisemblablement le commanditaire. Il n’était d’ailleurs pas rare que, malgré les condamnations de l’institution ecclésiastique, les chanoines s’adonnent à ce genre de sport comme en témoignent quelques documents d’époque." (Piat 2012, page 274)

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    Enfin, j'ai lu avec intérêt son commentaire sur le bestiaire des stalles :

    "Le bestiaire occupe une place importante : présent à seulement 21% sur les miséricordes et les appuie-main, il trouve sa place dans les frises des dorsaux ; au niveau des dais, dans des scènes de chasse.Un piqueur sort du buisson derrière lequel il était caché, précédé de son chien, le cor de chasse accroché à sa ceinture ; un chien débusque un lièvre tandis qu'une biche est déjà forcée par deux autres ; un renard s'enfuit, une volaille dans la gueule ; à un autre endroit, c'est un chat qui vient d'attraper deux souris qu'il tient par la queue ; enfin un lion pourchasse un dragon dans une approche plus symbolique du sujet. Chat, chien, bouc, ours, porc, aigle, lion, singe ne sont qu'un aperçu de la richesse iconographique du thème.

    Les animaux qui peuplent les stalles de Saint-Pol ont ce point commun d'être tous sculptés de façon naturaliste, les rendant aisément reconnaissables. Par contre, les sources utilisés par les huchiers sont, quant à elles, difficilement reconnaissables, car multiples en cette fin du Moyen-Âge : littérature, traditions orales, proverbes, autres sculptures, etc. La question des sources pose le problème de l'interprétation de telles figures, interprétation qui se heurte à la polysémie et à la polyvalence intrinsèque des images médiévales. La confrontation avec d'autres ensembles de stalles et d'autres supports peut alors fournir quelques orientations à défaut de réponses claires.

    Par exemple, les stalles de Saint-Pol-de-Léon comportent plusieurs représentations de chiens qui n'ont pas la même signification.

    Dans la frise des dais des stalles hautes sud, des chiens prennent part çà des scènes de chasse, poursuivant des lièvres ou des biches et accompagnés de piqueurs. Ces chiens ont une typologie très différente les uns des autres et leurs morphologies respectives permettent de distinguer un petit lévrier débusquant un lièvre, un chien courant, le fouet bien fourni, mordant la queu d'un monstre, et un limier reconnaissable à son large collier. Un autre chien est représenté sur une miséricorde de la rangée basse nord. Ce chien n'a pas du tout le même aspect que ceux situés sur les frises. Vu de profil et tourné vers la gauche de la console, il est massif, ses pattes sont épaisses, ses oreilles larges et tombantes et son museau court et carré. Il tient dans sa gueule un os alors qu'un autre , cassé, est coincé entre ses pattes antérieures. Ce chien a l'apparence d'un mâtin, animal réputé pour sa force." (Florence PIAT)

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    SOURCES ET LIENS.

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    — PIAT (Florence), 2007, Les stalles de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon. Un édifice au chœur de l'édifice, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère

    — PIAT (Florence), 2012, Les stalles de l’ancien duché de Bretagne, de la fin de la guerre de Succession jusqu’au concile de Trente,[thèse : Histoire de l’art], Rennes, Université de Rennes 2, 2012, 2 vol.2.

     https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne._De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

    Volume 2 Annexes :

    https://www.academia.edu/34924818/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_-_Volume_2_-_Annexes

    http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/recherche/globale?ou=Saint-Pol-de-L%C3%A9on&type=&texte=stalles+

    — Base de donnée MUSICASTALLIS.

    Ce site présente plus de 850 scènes musicales sculptées dans les stalles médiévales conservées dans les églises européennes. Un module diaporama et un lexique permettent de découvrir ce monde caché des miséricordes

    http://www.plm.paris-sorbonne.fr/musicastallis/

    http://www.plm.paris-sorbonne.fr/musicastallis/fiche.php?id=218

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    Published by jean-yves cordier
    19 décembre 2017 2 19 /12 /décembre /2017 11:11