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16 novembre 2017 4 16 /11 /novembre /2017 20:26
Vue générale de la chapelle du Pénity et de la maîtresse-vitre. Photo lavieb-aile novembre 2017.

Vue générale de la chapelle du Pénity et de la maîtresse-vitre. Photo lavieb-aile novembre 2017.

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INTRODUCTION.

La maîtresse-vitre de l'église de Locronan et sa Passion riche en verres roses plaqués dataient de 1476-1479 . La verrière d'axe de la chapelle du Pénity, adjacente à l'église, est datée de 1500-1505 environ, et ne conserve qu'un seul échantillon de ces verres roses, sur les carnations du Christ du tympan. Par cette datation, elle est donc contemporaine des baie hautes  du transept et de la nef de la cathédrale de Quimper (fin XVe, vers 1496) et de la première Passion de la baie 4 de Guengat, par exemple. ( vers 1500). Quimper est éloignée de Locronan de 17 km, et Guengat de 7 km.  

Mais c'est une baie composite et recomposée, comme l'expliquent les auteurs du volume Les vitraux de Bretagne :

"L'antique chapelle abritant  le tombeau de saint Ronan, à l'origine située hors d'œuvre au flanc sud de l'église paroissiale, y fut raccordée quand celle-ci fut agrandie, communiquant avec elle par ses deux premières travées. Le monument lui-même paraît avoir été reconstruit  à neuf autour de 1500. Il est éclairé de quatre fenêtres mais seule la baie orientale conserve des éléments de vitraux anciens.

"Des panneaux relatifs à la Passion en place dans son tympan sont accompagnés des armes royales, hommage à la reine ou fondation personnelle d'Anne de Bretagne, à l'occasion de son pèlerinage à Locronan en 1505. Ce qui garnissait jadis les lancettes a pu disparaître à l'occasion de l'installation d'un retable en 1735. Les saints qui s'y trouvent rapportés sont sans doute originaires de l'une des baies latérales, aux mesures identiques. La baie 6, bouchée à la suite de l' écroulement du clocher en 1808, a pu fournir les panneaux réemployés. La verrière a été restaurée en 1996 par J-P. Le Bihan, auteur des compléments colorés qui ont remplacés les vitreries géométriques. Elle l'avait été en 1906 par Marcel Delon, qui reçut ensuite commande d'une verrière pour la baie 4, "le connétable de Richement et les Bretons rejoignent les armées de Charles VII à Beaugency et, avec Jeanne d'Arc, mettent en fuite les Anglais abandonnant la ville en flamme." (Gatouillat & Hérold 2005)

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DESCRIPTION.

Cette verrière comporte 4 lancettes trilobées et un tympan à 8 ajours ; elle mesure  5,00 m de haut et  et 3,60 m de large.  Elle a été restaurée et complétée par le maître-verrier quimpérois Jean Pierre Le Bihan en 1996, comme en témoigne son blog :

"— 1640, la foudre frappe la tour, les fenêtres et vitres sont promptement réparés.
Baie du chevet.seule baie possédant des vitraux anciens, incorporés dans une vitrerie géométrique.
Dans la baie du chevet, les panneaux de vitraux présentant la sainte Catherine et le saint Paul, XVIe siècle, n’ont pas le même style et ne sont pas de la même époque que la Crucifixion du tympan,
Ils pourraient provenir de la baie 4 de cette chapelle, la largeur, correspondant bien, et leur hauteur permettraient l’implantation, au-dessous, d’autres personnages . Cette baie aurait alors eu six saints et saintes.
— En 1735, l’autel au-dessous de la fenêtre du chevet est appelé:autel de Monsieur Saint-Ronan, et il lui est fourni un retable. Cette mise en place de ce mobilier a sûrement fait disparaître les deux panneaux inférieurs qui ont été rétablis en 1996, lors de la restauration menée par l'Atelier de Jean-Pierre Le Bihan,.suivant un calque du saint Paul de Melgven, qui est de la même main. Nous pensons que la sainte Catherine et le saint Paul ont pu rejoindre, avant cette date de 1735, cette baie du chevet.

— 1808, écroulement du clocher, et époque probable du bouchage des baies 6, 8,et 1 dont les vitraux ont disparus.
"

Lire aussi l'article du 19 août 2006. Les croquis relevés lors de la restauration y ont disparus.

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-5816082.html.

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Baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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LES LANCETTES.

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Les vitraux anciens occupent la partie haute  des deux lancettes centrales et sont entourés d'une vitrerie moderne dont les couleurs à dominance bleue et blanche rompues de rouges et de jaune rentrent en écho avec les verres du XVIe siècle.

Les deux saints personnages, dont les épées se répondent en miroir, et qui sont placés de 3/4 en vis-à-vis, occupent des niches architecturales tendues de damas (complétés en 1902). 

Les niches architecturales.

En verre blanc peint en grisaille et jaune d'argent, elles sont construites sur le même carton : sur un sol jaune à acanthes, le socle hexagonal et mouluré est orné de trois paires de roses à trois mouchettes. Le sol est dallé de carreaux à motifs géométriques bicolores.

Les piédroits portent des pinacles engagés à crochets et fleuron.

Un  dais  coiffe la tête du personnage d'une voûte arrondie, lilas ou verte, aérée de baies. Une tenture rouge à large galon doré supérieur et inférieur ne montre plus que des traces d'un motif damassé à palmettes ou grenades.

La division ternaire du socle se retrouve sur les éléments supérieurs, qui reproduisent l'aspect d'une chapelle à trois frontons à oculus, trois rangées de baies à remplage flamboyant, deux pinacles quadrangulaires servant d'appui à des arcs-boutants, et une tour sommitale à trois ouvertures. Tout cela est enrichi, comme par un pâtissier maniant avec enthousiasme sa poche à douille, de perles ou de gras serpentins de crochets et fleurons dorés.

Jean-Pierre Le Bihan a écrit :

"L'édifice qui est présenté ci contre est bien construit avec son clocher tour, ses pinacles, ses quatre contreforts,ses trois frontons, ses dix-sept baies et ses trois oculus; la perspective est encore ignorée."

Ces niches rappellent celles qui abritent les saints et les donateurs des fenêtres hautes du transept et de la nef de la cathédrale de Quimper (baies 113 à 129) voire celles des fenêtres hautes du chœur (vers 1417). Jean-Pierre Le Bihan a remarqué cette ressemblance pour la baie 123 (article du 8 août 2007).

 

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Baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Partie haute de la lancette B  : Sainte Catherine d'Alexandrie.

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Sainte Catherine est couronnée car elle est la fille du roi Costus et  tient un livre témoignant de sa réputation de haute instruction et de sa capacité à opposer à l'empereur Maxence "diverses démonstrations de syllogismes, d'allégorie ou de métonymie"  afin de le convaincre de renoncer à la persécution des chrétiens.  Elle tient aussi l'épée de son supplice par décollation, mais l'artiste n'a pas représenté la roue brisée et munie de lames qui est son principal attribut.

La couronne nimbée est posée sur un voile couvrant de longs cheveux blonds.   La sainte porte une chape bleue dont la large bordure dorée et le mors sont enrichis de pierreries et de perles. Cette chape recouvre un surcot clos damassé (motif à chardon ?) rouge et une jupe  dorée également damassée. L'élément le plus remarquable est  le "surcot ouvert" auquel je consacre une étude particulière en annexe. Nous n'en voyons que le placard sternal blanc (fourré d'hermine vraisemblablement) richement orné de joaillerie. 

Le livre est protégé par une étoffe verte. Ce détail se remarque dans la Madeleine lisant de Rogier van der Weyden  (1435-1438) ou dans l'Agneau Mystique de Van Eyck. Ces "reliures d'étoffe" ont été étudiées par Nathalie Coilly en 2003 qui distingue les "couvrures" et les "chemises". Celles-ci  se déploient élégamment autour du volume tout en en constituant l’enveloppe protectrice. La chemise est probablement l’héritière directe de la tradition chrétienne du manutergium, voile liturgique employé dès les premiers temps du christianisme pour éviter le contact entre un objet sacré et les mains de l’officiant ... Les dames fortunées possèdent au moins un livre d’heures, de petites dimensions, parfois orné comme un bijou. La confection d’une reliure d’étoffe renforçait l’attachement à cet intime et précieux support de dévotion. Ces chemises de livre étaient très prisées à la fin du XIVe siècle, notamment par Jean de Berry.

"During the late fourteenth century, the utilitarian monastic chemises of animal skins were transformed into rich textile coverings. As a style, this type of binding persisted until the artistic and political changes of the sixteenth century." (Bearman 1996)

On distinguera peut-être cette chemise du  sac à livre fut d'usage courant durant tout le Moyen Âge et jusqu'au XVIe siècle. "La couverture qui excédait d'un côté le format du livre, pouvait l'envelopper complètement en se repliant et en se fermant par un nœud. On reliait ainsi les ouvrages destinés à être transportés. On pouvait en outre les porter sur soi, attachés à la ceinture par exemple." 

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Comparer cette sainte Catherine avec :

— la baie 105 de la cathédrale de Quimper (vers 1417) : même attitude inclinée vers le bas de la tête, même couronne nimbée mais pas de voile, un manteau bleu à orfroi doré remplace la chape,  même surcot clos rouge, même décolleté carré,  mais le surcot ouvert n'y est pas visible. La sainte tient l'épée, mais aussi la roue à la place du livre. Même niche architecturale à sol dallé et dais à voûte et tenture.

http://www.lavieb-aile.com/2016/03/les-vitraux-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper-ix-la-baie-n-105.html

— La lancette D de la baie 112 de Quimper (vers 1417). On y fera les mêmes constatations que pour la baie 105, mais l'épée y est très peu visible. Dans les deux cas, le visage est très éloigné de la Catherine de Locronan.

http://www.lavieb-aile.com/2016/03/les-vitraux-des-baies-110-et-112-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper.html

— La lancette D de la baie 106 de Quimper (vers 1417) : mêmes constatations, mais le manteau est rouge. Pas d'épée, mais la roue.

http://www.lavieb-aile.com/2016/03/les-vitraux-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper-iii-les-baies-106-et-108-et-les-pupilles-au-jaune-d-argent.html

— La lancette A de la baie 109 (vers 1417). Manteau blanc, surcot rouge, épée tenue sur l'épaule.

http://www.lavieb-aile.com/2016/03/les-fonds-damasses-des-vitraux-du-xve-siecle-de-la-cathedrale-de-quimper.html

— La 5ème lancette de l'église de Runan (1423). Manteau blanc à galons dorés sur un surcot ouvert doré.  

http://www.lavieb-aile.com/article-la-maitresse-vitre-de-l-eglise-de-runan-22-123343694.html

— La sainte Catherine de la baie 4 de Guengat panneau C2 (vers 1500). 

http://www.lavieb-aile.com/article-l-eglise-de-guengat-29-i-les-vitraux-122885533.html

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Sainte Catherine, baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Sainte Catherine, baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Sainte Catherine, baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Sainte Catherine, baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Partie haute de la lancette C  :  Saint Paul.

Sur fond rouge et sous une voûte verte, saint Paul répond à sainte Catherine en portant  les mêmes attributs, l'épée et le livre. La partie inférieure du personnage, perdue, a été restituée en 1996 par Le Bihan d'après une figure du même carton conservée à Melgven. Voir Maîtresse-vitre de Melgven.

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Saint Paul,  baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Saint Paul, baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Saint Paul,  baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Saint Paul, baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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L'un des intérêts de cette lancette est d'offrir, pour le visage de l'apôtre Paul,  un exemple des verres roses plaqués amplement remarqués dans la maîtresse-vitre de l'église de Locronan, datant de 1476-1479. 

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Saint Paul,  baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Saint Paul, baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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LE TYMPAN.

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"Tympan : ajour principal le Christ en croix (carnation : verre  plaqué rose sur fond blanc) : ajours latéraux inférieurs la Vierge et saint Jean au Calvaire. Fabriques colorées à l'arrière. " (Corpus Vitrearum)

 

Les trois saints personnages de cette Passion se détachent sur un dramatique ciel rouge, comme cela sera souvent le cas dans les Grandes Crucifixions finistériennes postérieures du XVIe siècle.

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Tympan de la  baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Le Christ crucifié.

Jean-Pierre Le Bihan a attiré l'attention sur les teintes sombres et diverses de l 'arrière-plan  dont un violet plaqué sur bleu que l'on retrouve à la cathédrale de Quimper.

La croix est entouré d'ossements (deux fémurs, une omoplate et un crâne qui a conservé sa mandibule) puisque la Crucifixion a lieu sur le Golgotha, ou "Mont du Crâne".

 

Christ en croix du tympan de la  baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Christ en croix du tympan de la baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Remarquez le verre rose plaqué utilisé pour les carnations.

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Christ en croix du tympan de la  baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Christ en croix du tympan de la baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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La Vierge au pied de la croix.

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La Vierge du tympan de la  baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

La Vierge du tympan de la baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Saint Jean au pied de la croix.

Dernier exemple de verre rose pour le visage.

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Saint Jean, tympan de la  baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Saint Jean, tympan de la baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Les deux blasons armoriés des ajours supérieurs.

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"Ajours latéraux supérieurs : armes de France pleine à gauche, parti France et Bretagne à droite, couronnées et entourées du collier de Saint-Michel , celui de l'écu de droite entrelacée avec la cordelière. Autres ajours : motifs végétaux de la première décennie du XVIe (semblables à ceux de la baie 3 de Pleyben et à ceux du bras nord du transept de la cathédrale d'Evreux)." (Corpus Vitrearum)

L'un des intérêts de ces blasons est de comporter deux exemples de collier de l'Ordre de Saint-Michel. En effet, il y a deux versions de ce collier, l'une, primitive, se composait de 23 coquilles Saint-Jacques en or, reliées par 23 lacs d’amour en or . Puis, en 1516 les aiguillettes durent remplacées par des doubles cordelières.

Ce sont deux colliers de la version primitive qui sont figurés ici, ce qui date donc ces deux écus entre 1469, date de création de l'Ordre par Louis XI, et 1516, date du sacre de François Ier et de la décision de remplacer les lacs d'amour par deux cordelières, en souvenir du duc François II, très attaché à l'Ordre mineur des franciscains, dont l'habit est ceint d'une cordelière à trois nœuds.

Mais le blason de droite est entrelacé d'une cordelière, comme si, avant François Ier, "quelqu'un" avait voulu honorer la mémoire du duc. Et ce "quelqu'un" pourrait être sa fille, Anne de Bretagne, puisque ce sont ses armes qui figurent dans les blasons.

A l'extrémité du collier se trouve un  bijou de forme ovale représentait l’image de l’archange Saint-Michel terrassant le dragon.

"Le Roi François Ier, au premier chapitre de l'Ordre qu'il tint après son sacre en septembre 1516, changea ces aiguillettes en doubles cordelières d'or, ( en mémoire de Saint-François ) tant à cause qu'il s'appelait François, que pour conserver la mémoire de la Reine Anne de Bretagne, mère de la Reine Claude, sa femme, qui l'en avait prié."

 

"Le 1er août 1469, le roi Louis XI créait à Amboise l’ordre et « aimable compagnie de monsieur saint Michel » pour faire face au développement de l’ordre de la Toison d’or, créé en 1430 par son rival, le duc de Bourgogne. A la fin de la guerre de Cent ans, le royaume de France ne possédait plus d’ordre de chevalerie. Celui de l’Etoile, créé par Jean II le Bon en 1351 était tombé en désuétude après que les chevaliers aient été décimés à la bataille de Poitiers en 1356. Or, le jeune Louis, dauphin de France en révolte contre son père, Charles VII, avait pu constater le puissant outil qu’était l’ordre de la Toison d’or, lors de son exil à la cour de Bourgogne. Devenu roi, Louis XI décida d’en faire de même et plaça son nouvel ordre sous la protection de l’archange Saint Michel, « le premier chevalier qui batailla victorieusement contre le dragon… », dont la figure ornait l’étendard royal depuis le règne de Charles VII. Composé initialement de 36 chevaliers, il rassemblait autour du roi l’élite de la noblesse française. Chaque membre devait prêter un serment d’allégeance et de fidélité au monarque.  Les chevaliers étaient tenus de porter quotidiennement un collier, propriété de l’ordre, composé de coquilles reliées par des lacs d’amour, symbole de fraternité, soutenant un pendentif orné de l’archange terrassant le démon."

 

http://www.france-phaleristique.com/ordre_saint_michel.htm

http://www.legiondhonneur.fr/sites/default/files/pendentif_ordre_de_saint-michel_0.pdf

 

Anne de Bretagne fut reine de France une première fois  après son mariage avec  Charles VIII en 1491, puis une seconde fois de 1499 à sa mort en 1514 par son mariage avec Louis XII. Le 15 juillet 1505, elle vint à Locronan et y suivit la Troménie et son rituel de fécondité en relation avec le nom Lokhorn, "lieu de la corne". C'est à cette occasion qu'elle accorda à Locronan le titre de «Ville» avec les privilèges qu'il comportait.   Anne de Bretagne vouait une dévotion toute particulière à saint Ronan et l'une de ses filles fut appelée Renée, forme francisée de Ronan . Elle poursuivit son voyage en se rendant au Folgoët et à St-Jean-du-Doigt.

Voir : Geneviève Morgane-Tanguy.

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Blason aux armes de France, tympan de la  baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Blason aux armes de France, tympan de la baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Blason mi-parti France-Bretagne d'Anne de Bretagne, tympan de la  baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Blason mi-parti France-Bretagne d'Anne de Bretagne, tympan de la baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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ANNEXE. LE SURCOT OUVERT (1360-1500, excep. 1525).

Anglais sideless surcoat.

Le surcot, littéralement "sur la cotte", est un vêtement de dessus. Selon Florent Véniel, son port durera près de deux siècles mais à la fin du XIV et surtout du XVe siècle, il n'est plus guère porté que pour les cérémonies et les grandes occasions princières. Il n'est  plus à la mode après 1420, exception faite pour la tenue de mariage des princesses où il se maintient jusqu'en 1525. Il appartient à  un ensemble assorti ("robe") composé parfois de quatre à cinq  pièces ("garnements") : une cotte hardie, un surcot clos, un  surcot ouvert, un  manteau de chapelle, et une chape.

Ce vêtement qui habille les hommes et les femmes  existe sous deux formes, le surcot clos avec des manches, et le surcot ouvert.

Celui-ci, dépourvu de manches comme on l'aura compris, est largement découpé sur les cotés, de l'emmanchure jusqu'aux hanches et se trouve souvent garni d'une bande d'orfèvrerie ou de fourrure."Parfois même, la bande ventrale se résume à une bande d'étoffe étroite [de moins de 30 cm de large] . La cotte revêtue dessous est donc parfaitement visible et si le surcot est déceint, c'est à dire porté sans ceinture, celle-ci, placée sur la cotte, peut être admirée de tous. Le décolleté très large  sur les épaules est arrondi. Au XVe siècle, il peut se terminer en pointe pour suivre les canons esthétiques. " (F. Véniel 2008 p. 181) 

Les comptes de l'hôtel de Charles VI en 1404 indiquent qu'il faut 500 ou 600 ventres d'écureuils  petit-gris pour faire un surcot (et 2700 ventres de menu vair pour la grande robe de cérémonie). Mais le surcot qui pouvait être de drap doublé d'agneau était le plus souvent recouvert d'hermines comme l'était la bordure des emmanchures.

Les mêmes tenues sont attestées  pour  Jean de Berryou  pour le duc Louis d'Orléans et la duchesse Valentine Visconti  selon leur inventaire de 1389 et 1408 :

 

"Le seul portrait contemporain de la duchesse d'Orléans qui existe aujourd'hui  la représente habillée en surcot de cérémonie décolleté, orné par devant d'agrafes joyaux  le long du corsage. La robe de dessous ou cotte est parfaitement collante sur les flancs, la poitrine, les bras et les poignets, et une ceinture d'orfèvrerie marque la ligne des hanches. Ses cheveux sont ramenés de la nuque en deux ondes sur les oreilles , et elle porte un cercle fait probablement d'or et garni de fleurettes de pierreries. Ce surcot fit partie sans doute d'un habillement de cérémonie de plusieurs pièces. La duchesse en posséda un à quatre pièces, de velours écarlate, brodé de perles à ronces et à V V S, qui consistait en un manteau de cour, en une pèlerine avec un chaperon, en un surcot et en une cotte dont les manches étaient brodées pareillement. Les robes proprement dites étaient de velours, de satin et de drap, les unes avec ceinture, les autres sans ceinture : elles étaient généralement décolletées, à revers de fourrure ou de cendal, et ajustées seulement sur la poitrine, tombant à larges plis de la taille aux pieds ; et les manches, assez justes au bras, se terminaient au poignet par de pareils revers. Les robes de velours mentionnées dans l'Inventaire II semblent avoir consisté en plusieurs pièces: l'une d'elles avait des revers de petit-gris, une autre de cendal vermeil. Nous rencontrons deux robes de satin noir fourrées de petit-gris, l'une brochée en velours à fleurettes vermeilles, l'autre à dessins de violettes blanches et rouges . Une des robes de drap était verte, doublée de cendal vert et brodée partout à chardons dont les feuilles et les fleurs étaient de perles. Une autre robe était d'écarlate vermeille, doublée de cendal de la même couleur, et brodée de perles à fleurs de bourraches et à boucles . La cotte hardie  de femme était encore assez longue, laissant à peine voir la cotte portée dessous. La duchesse en avait de très belles, entre autres une de velours cramoisi, dont le collet et les poignets étaient brodés de grosses perles. Elle avait aussi une cotte hardie avec un chaperon d'écarlate violet, semée de râteaux d'or de Cipres et de petites fleurettes de perles, et un corset de drap d'or à chevrons verts et d'or. Quelques-unes des cottes hardies, et certains corsets, étaient « sangles », c'est-à-dire non doublés. Les houppelandes suivaient les mêmes lignes : l'une était d'écarlate vermeille, brodée d'un rosier à feuilles vertes et à fleurettes de perles ; une autre était d'écarlate violet, brodée pareillement. Nous en voyons une de velours cramoisi, fourrée d'hermines, le collet et les manches brodés à mûres, dont chacune était garnie de six perles 9. Les ceintures d'étoffes étaient d'or monté sur tissu : une avait une boucle ronde d'or, émaillée de rouge clair à V V S, six doux, avec mordant d'or ; et il y en avait d'argent blanc sans tissu, d'où pendaient des clochettes ". Les manteaux étaient assez nombreux: l'un d'eux était de soie bleue figurée, fourré d'hermines ' ; un autre grand manteau « à chevaucher » était d'écarlate vermeille, doublé d'écarlate  ; un autre petit manteau de drap pers avait des revers de cendal pers . Il y avait un peignoir de bain en forme de manteau, et un autre en forme de fond-de-cuve. Le peignoir de chambre de la duchesse était de drap gris, fourré de gris ". 

[...] 356. Une chappe de mesmes ouvrée de perles et brodée comme le dit manteau, laquelle est en deux pièces, et le chaperon d'icelle chappe

357. Ung surcot ouvert en deux pièces ouvré de perles, et brodé comme ladite chappe. 358. Une cote simple du mesmes, ouvrée de perles, et brodé comme dessus, garnie de manches pareillement ouvrées."

Les surcots évidés sur les côtés, constituaient, avec les corsets de drap d or et de fourrure, le costume de cérémonie des très grandes dames. A ce titre, ils  composent l’habillement d’un certain nombre de statues funéraires, comme celle de le cénotaphe d'Olivier de Clisson et Marguerite de Rohan à Josselin, vers 1407.

Je poursuis mon enquête par la lecture d'un ouvrage de référence sur le Costume :

"  À la fin du XIVe siècle, surcots, corsets et pelisses se confondent. A cette époque, les surcots de femme sont généralement faits de riches étoffes. Ils sont peu décolletés, boutonnés devant jusqu'à la ceinture et tombent en plis libres. ...A partir  du XIVe siècle, les femmes portèrent des surcots sans manches, ouverts latéralement des aisselles aux  hanches, collant sur la poitrine, avec une jupe très ample. Vers 1370, les femmes nobles, amplement décolletées, portaient les surcots ouverts sr le coté  et garnis d'une bande de fourrure, large de trois doigts, couvrant en deux pentes la poitrine jusqu'au  bas des hanches.

"Au XVe siècle, les ouvertures latérales du surcot  s'échancrèrent au point de ne plus former devant qu'une bande de fourrure  qui s'agrafait au corsage de  la cotte. Les surcots du début du XVe siècle s'appelèrent sourquenies et se firent sans manches, à corsage volant, lacé par derrière, à jupe très ample" Le surcot paré des dames nobles continua d'être de mode jusqu'à la fin du règne de Louis XI"  (Maurice Leloir, Histoire du costume, Gründ 1951).

Le terme de sourquenie me mène vers celui de sorquanie ,  sousquenie, première forme de notre mot souquenille. J'en trouve mention dans la littérature du XIIIe siècle, d'abord dans le Roman de la Rose, puis sous la plume de Guillaume de Machault :


Moult fu bien vestue Franchise;
Car nule robe n'est si bele
Que sorquanie à damojsele.
Fame est plus cointe et plus mignote
En sorquanie que en cote:
La sorquanie qui fu blanche,
Senefioit que douce et franche.
Roman de la Rose 1226

Et ensuite :

 

Vestie ot une sorquanie

Toute pareille et bien taillie.
Fourrée d'une blanche hermine,
Bonne assez pour une royne;
Mais la doulce, courtoise et franche
Vestie ot une cotte blanche

Dune escarlate riche et belle

Qui fu. ce croy, faite a Brusselle;
Et si tenoit une herminette

Trop gracieuse et trop doucette,
A une chainnette dor fin,

Et un anel dor en l'a-fin,

A lettres desmail qui luisoient

Et qui, gardez-moy bien, disoient.
Tu qui sces jugier des couleurs
Et des amoureuses doulceurs ' ,
Dois savoir la signifiance  
Guillaume de Machault, Correspondance avec  son élève de 17 ans Agnès de Navarre.

Mais c'est surtout dans l'iconographie que je vais prolonger mes recherches. 

a) le surcot ouvert dans la peinture.

Une première bonne surprise est de découvrir de très beaux exemples dans lesquels c'est sainte Catherine qui porte le surcot ouvert.

— Il s'agit d'abord des Scènes de la légende de sainte Catherine, (ca. 1480)  par le Maître de la Légende de sainte Catherine, le volet d'un retable. Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles / photo : F. Maes (MRBAB) 2 — Inv. 1210

https://www.fine-arts-museum.be/fr/la-collection/maitre-de-la-legende-de-sainte-catherine-volet-dun-retable-scenes-de-la-legende-de-sainte-catherine?artist=maitre-de-la-legende-de-sainte-catherine-1

— Puis vient une Sainte Catherine devant l'empereur vaincu, par le Maître de la Légende de Sainte Lucie, au Philadelphia Museum of Art, un panneau vers 1482 d'origine néerlandaise.

http://www.philamuseum.org/collections/permanent/102091.html

 

— La Sainte Catherine et les philosophes par le Maître à la vue de Sainte-Gudule  date de la même époque : 1476 (ca) - 1500 (ca)  , qui est aussi proche de celle de notre vitrail. Il appartient aux collections du Musée des Beaux-Arts de Dijon.

http://balat.kikirpa.be/photo.php?path=G000655&objnr=40000748&nr=12

http://balat.kikirpa.be/doc/pdf/BIB0C4797.pdf

http://balat.kikirpa.be/results.php?linkthrough=VV&linkval=Ma%C3%AEtre+%C3%A0+la+vue+de+Sainte-Gudule

http://balat.kikirpa.be/photo.php?path=B236911&objnr=40000748&lang=fr-FR&nr=12

 

Dans une chambre à coucher cinq hommes, répartis en deux groupes, s’entretiennent avec une jeune fille installée sur un lit. Celle-ci porte sur ses longs cheveux une couronne à fleurons très pointus. Elle est richement vêtue d’un surcot ouvert en brocart ainsi que d’une cotte rehaussée du demi-ceint et pourvue de fausses manches. Elle penche la tête et semble discuter avec ses interlocuteurs: sa main gauche est ouverte et la droite à moitié fermée,

Sainte Catherine a des cheveux blond pâle et une couronne jaune (représentant de l’or). Elle a des yeux bruns, ainsi que tous les autres personnages; par contre ses carnations ne sont pas basanées comme les leurs. Sa cotte rouge pailletée de jaune est pourvue de manches jaune doré et de fausses manches bleu foncé. Son surcot en brocart bleu et or est bordé de fourrure blanche. Son livre a une couverture bleue.

— On trouve aussi, par le même peintre, une huile sur panneau de 1480 représentant Sainte Catherine avec Élisabeth de Hongrie et sainte Dorothée . 

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Master_Of_The_View_Of_Ste_Gudule_-_St_Catherine_of_Alexandria_with_Sts_Elizabeth_of_Hungary_and_Dorothy_-_WGA14637.jpg

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2. Le surcot ouvert dans la sculpture.

— Moulages de deux statues de Jeanne de Boulogne et d'Isabeau de Bavière provenant de la cheminée de la salle des Pas-Perdus du palais de Justice de Poitiers, anciennement palais des comtes de Poitiers. Original par Guy de Dammartin.

https://www.photo.rmn.fr/archive/16-527154-2C6NU0A4FDYKM.html

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3. Le surcot ouvert dans les enluminures.

a) La reine Isabeau de Bavières semble avoir été très attachée au port du surcot ouvert, et elle est représentée par les enlumineurs lors de cérémonies, mais aussi lors de ses funérailles.

BnF 5054 folio 87r Les Vigiles de Charles VII.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105380390/f185.item.zoom

b) Voir aussi :

— le manuscrit Bnf Richelieu Fr. 73 folio 163.

— Les Heures de Marguerite d'Orléans BnF Latin 1156B ont appartenu à la fille de Louis Ier d'Orléans et de Valentine Visconti, dont j'ai mentionné l'inventaire supra. Le folio 25r représente la comtess d'Étampes, épouse de Richard de Bretagne, agenouillée devant la Vierge et vêtue d'un surcot fourré d'hermines sur une robe de brocart doré. 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502614h/f57.image

On peut voir par curiosité la Sainte Catherine de ce livre d'Heures :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502614h/f361.item

c) le peintre berruyer Jean Colombe et ses fils ont souvent figurés des femmes portant le surcot ouvert :

Le premier exemple, dû à Jean Colombe, se trouve dans les Très Riches Heures du duc de Berry folio 75r et date de  1485-1486 et représente Blanche de Montferrat épouse de Charles Ier de Savoie, agenouillée à droite devant le Christ de douleur. Les enluminures réalisées entre 1411 et 1416 par les frères Limbourg offrent de nombreux exemples de toilettes féminines somptueuses, mais ce sont les houppelandes à manches traînantes qui y figurent, et non le surcot ouvert dont nous ne trouvons aucun exemple.

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/5/50/Folio_75r_-_The_Man_of_Sorrows.jpg

Dans l'Histoire de la destruction de Troye la Grant BnF NAF 24920, qui date de 1500 environ, Hélène au folio 12, Polyxène au folio 27v, Penthésilée au folio 38r portent le surcot ouvert.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b60007144/f30.item

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b60007144/f60.item

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b60007144/f81.item

d) Les Grandes Heures d'Anne de Bretagne par Jean Bourdichon en 1503-1508. Sainte Hélène, sainte Ursule et sainte Catherine.

Le folio 3r montre Anne de Bretagne entourée de sainte Hélène mère de l'empereur et sainte Ursule princesse de Cornouailles, toutes les deux couronnées et vêtues d'un surcot ouvert. On retrouve les saintes et reines en surcot aux folio  195v et 209v. Sainte Ursule figure au folio 199v et sainte Hélène au folio 207v. Le Suffrage de sainte Catherine figure au folio 203v, et la sainte couronnée porte un surcot clos bleu aux manches et aux revers en fourrure  d'hermine  et une jupe de brocart or ceinte, un surcot ouvert en hermine  à placard médian d'or semé  de pierreries. L'usage du surcot ouvert en fourrure d'hermine est réservé à ces trois saintes reines, ce qui indique qu'au début du XVIe siècle, ce vêtement était considéré comme un privilège royal des temps passés (car Anne de Bretagne ne le porte pas). Le décolleté de toutes ces souveraines est carré, selon la mode de la cour d'Anne.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f14.item

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f399.item.zoom

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f427.item.zoom

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f423.item

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f415.item.zoom

 

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4. Le surcot ouvert dans les vitraux.

Sainte Catherine est représenté en surcot ouvert non seulement dans la baie 0 de la chapelle du Pénity, mais aussi dans la baie 4 de Guengat, également datée vers 1500. Et sainte Barbe, ainsi que les trois  donatrices de la même baie 4 de Guengat portent la même tenue.  La lancette B de la  baie 125 de la cathédrale de Quimper (verrière du Dresnay) montre une sainte non identifiée à la tenue comparable, pour la même époque de la fin du XVe. Même surcot ouvert pour la donatrice de la baie 123 de la même cathédrale ou pour celles des lancettes B et D de la baie 106. Tous ces panneaux sont contemporains, et sans-doute du même atelier.

On trouve Marie revêtue du surcot ouvert dans trois panneaux de la maîtresse-vitre de Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic, une verrière datant de 1460-1470 environ ; mais dans les trois cas ce vêtement est réservée à Marie enfant, apprenant à lire et à filer ou bien lors de son entrée au Temple. La Vierge ne le porte plus dans la scène de la Nativité ou dans celle de la Circoncision. C'est un vêtement de jeune fille. 

Bien d'autres exemples pourraient être fournis, mais cette revue suffit à montrer que si le surcot ouvert est attesté dès le milieu du XIVe et surtout avec Isabeau de Bavière ou valentine Visconti, sa présence dans les arts est particulièrement importante entre 1470 et 1500, notamment dans les représentations de sainte Catherine mais aussi de reines et princesses antiques comme un vêtement d'élection, exceptionnellement somptueux. 

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Il est temps de présenter mon portfolio glané sur la toile  :

 

 

 

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Surcot ouvert fin XIVe, http://www.chateau-saintmesmin.com/boutique/fr/cartes-postales-personnages/60-carte-postale-surcot-ouvert-fin-du-xiveme-siecle.html,

Surcot ouvert fin XIVe, http://www.chateau-saintmesmin.com/boutique/fr/cartes-postales-personnages/60-carte-postale-surcot-ouvert-fin-du-xiveme-siecle.html,

La baie 0 de la chapelle du Pénity à Locronan.
Sainte Catherine et les philosophes, Maître à la vue de Sainte-Gudule, Musée des Beaux-Arts de Dijon.

Sainte Catherine et les philosophes, Maître à la vue de Sainte-Gudule, Musée des Beaux-Arts de Dijon.

Maître de la Légende de Sainte Catherine, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles / photo : F. Maes (MRBAB) 2 — Inv. 1210

Maître de la Légende de Sainte Catherine, Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, Bruxelles / photo : F. Maes (MRBAB) 2 — Inv. 1210

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e1/Master_Of_The_View_Of_Ste_Gudule_-_St_Catherine_of_Alexandria_with_Sts_Elizabeth_of_Hungary_and_Dorothy_-_WGA14637.jpg

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e1/Master_Of_The_View_Of_Ste_Gudule_-_St_Catherine_of_Alexandria_with_Sts_Elizabeth_of_Hungary_and_Dorothy_-_WGA14637.jpg

Moulage des statues de Jeanne de Boulogne et d'Isabeau de Bavière par Guy de Dammartin, palais des comtes de Poitiers.  https://www.photo.rmn.fr/archive/16-527154-2C6NU0A4FDYKM.html

Moulage des statues de Jeanne de Boulogne et d'Isabeau de Bavière par Guy de Dammartin, palais des comtes de Poitiers. https://www.photo.rmn.fr/archive/16-527154-2C6NU0A4FDYKM.html

Illustration du Roman de la Rose.

Illustration du Roman de la Rose.

Isabeau de Bavières et ses dames d'honneur, relevé par Robert Gaignières, Gallica Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabeau_de_Bavi%C3%A8re#/media/File:Izabel_Bavor.jpg

Isabeau de Bavières et ses dames d'honneur, relevé par Robert Gaignières, Gallica Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabeau_de_Bavi%C3%A8re#/media/File:Izabel_Bavor.jpg

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Funérailles d'Isabeau de Bavière Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabeau_de_Bavi%C3%A8re#/media/File:Isabeau_de_Baviere-smrt.jpg

Funérailles d'Isabeau de Bavière Wikipédia https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabeau_de_Bavi%C3%A8re#/media/File:Isabeau_de_Baviere-smrt.jpg

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Marguerite d'Orléans (épouse en 1424 de Richard d'Étampes), BNF, Lat.1156B, source Gallica BnF. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502614h/f57.item.zoom

Marguerite d'Orléans (épouse en 1424 de Richard d'Étampes), BNF, Lat.1156B, source Gallica BnF. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502614h/f57.item.zoom

BnF Richelieu Fr 73 ? pinterest

BnF Richelieu Fr 73 ? pinterest

Très Riches Heures du duc de Berry, par Jean Colombe.

Très Riches Heures du duc de Berry, par Jean Colombe.

Hélène, in Histoire de la destruction de Troye, enluminure de Jean Colombe folio 12v

Hélène, in Histoire de la destruction de Troye, enluminure de Jean Colombe folio 12v

Polyxème, in Histoire de la destruction de Troye, enluminure de Jean Colombe folio 27v

Polyxème, in Histoire de la destruction de Troye, enluminure de Jean Colombe folio 27v

Penthésilée, Histoire de la destruction de Troye, enluminure de Jean Colombe folio 38r

Penthésilée, Histoire de la destruction de Troye, enluminure de Jean Colombe folio 38r

Grandes Heures d'Anne de Bretagne folio 3r, sainte Hélène et sainte Ursule.

Grandes Heures d'Anne de Bretagne folio 3r, sainte Hélène et sainte Ursule.

Grandes Heures d'Anne de Bretagne folio 199v, sainte Ursule.

Grandes Heures d'Anne de Bretagne folio 199v, sainte Ursule.

Grandes Heures d'Anne de Bretagne folio 195v. Sources Gallica BnF.

Grandes Heures d'Anne de Bretagne folio 195v. Sources Gallica BnF.

Grandes Heures d'Anne de Bretagne : sainte Catherine folio 203v http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f415.item.zoom

Grandes Heures d'Anne de Bretagne : sainte Catherine folio 203v http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f415.item.zoom

Grandes Heures d'Anne de Bretagne folio 207v : sainte Hélène http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f423.item.zoom

Grandes Heures d'Anne de Bretagne folio 207v : sainte Hélène http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f423.item.zoom

Sainte Catherine et un couple de donateurs, vers 1500, Baie 4, église de Guengat photographie lavieb-aile juillet 2017.

Sainte Catherine et un couple de donateurs, vers 1500, Baie 4, église de Guengat photographie lavieb-aile juillet 2017.

Saint Michel et un couple de donateurs, vers 1500, Baie 4, église de Guengat photographie lavieb-aile juillet 2017.

Saint Michel et un couple de donateurs, vers 1500, Baie 4, église de Guengat photographie lavieb-aile juillet 2017.

Sainte Barbe et un couple de donateurs, vers 1500, Baie 4, église de Guengat photographie lavieb-aile juillet 2017.

Sainte Barbe et un couple de donateurs, vers 1500, Baie 4, église de Guengat photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre de Notre-Dame-de-Lantic (1460-1470) à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre de Notre-Dame-de-Lantic (1460-1470) à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre de Notre-Dame-de-Lantic (1460-1470) à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre de Notre-Dame-de-Lantic (1460-1470) à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

— ABGRALL (Jean-Marie), PÉRÉNNES (Henri), 1925, Notice sur Locronan. Bull. dioc. Archit. Archéol. Quimper, pages 131-143.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4a4d765983806659ef1eeb10debc7f76.pdf

— BARRIÉ  Roger. Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIe siècle en Bretagne occidentale. In: Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest. Tome 83, numéro 1, 1976. pp. 35-44; doi : 10.3406/abpo.1976.2796

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1976_num_83_1_2796

 

— BOULANGER (Karine), 2004, . Les traités médiévaux de peinture sur verre. In: Bibliothèque de l'école des chartes. 2004, tome 162, livraison 1. pp. 9-33; doi : 10.3406/bec.2004.463329 http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_2004_num_162_1_463329

http://www.persee.fr/docAsPDF/bec_0373-6237_2004_num_162_1_463329.pdf

— BARRIÉ  Roger., "Le vitrail", in  DILASSER (Maurice), 1979, Locronan et sa région, Nouvelle Librairie de France pages 549-561.

— Bearman (Frederick ), 1996, The Origins and Significance of Two Late Medieval Textile Chemise Bookbindings in the Walters Art Gallery The Journal of the Walters Art Gallery Vol. 54, Essays in Honor of Lilian M. C. Randall (1996), pp. 163-187 http://www.jstor.org/stable/20169116?seq=1#page_scan_tab_contents

 — BELLEVAL (René de ), 1879, Nos pères: Moeurs et coutumes du temps passéT. Olmer (Paris), in-8°, VI-797 p,  Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LI1-35

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8630040d

BOCCARD (Michèle), 2009, "Locronan, église Saint-Ronan", Congrès Archéologique de France, 165ème session (Finistère, 2007), Paris, Société Française d'archéologie pages 185-189.

https://www.academia.edu/26540787/_Locronan_%C3%A9glise_Saint-Ronan_Congr%C3%A8s_Arch%C3%A9ologique_de_France_165%C3%A8me_session_Finist%C3%A8re_2007_Paris_SFA_2009_p._185-189

— BRÉJON DE LAVERGNÉE, (A.), 1998, Emblématique d'Anne de Bretagne", Mém. Soc. Hist. Archéol. Bretagne t LVI, 

 

 

— COUFFON (René), LE BRAS (Alfred), 1988,  Répertoire des églises : paroisse de LOCRONAN,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 2 novembre 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/920.

" la maîtresse vitre est consacrée à la Passion. En dix-huit panneaux sur six lancettes, elle représente la résurrection de Lazare, l'Entrée à Jérusalem, la Cène, l'Arrestation au Jardin des Oliviers, les Outrages, le Jugement de Pilate, le Portement de croix, la Mise en croix, et la Mort du Christ, la Mise au tombeau, la Résurrection et la descente aux enfers. Elle porte en supériorité les armes pleines de Bretagne et les armes mi-parti Bretagne et Foix, armes de François II et de Marguerite de Foix, ce qui la date du dernier quart du XVIe siècle ; cependant certains panneaux semblent plus tardifs et indiquent une réfection partielle au XVIe siècle. Restauration en 1910, sensible dans le registre inférieur, puis en 1977 (C.). Dans la fenêtre éclairant l'autel Saint-Eutrope, fragments de vitraux du XVIe siècle (sainte Trinité et saint Pierre) provenant de la chapelle Notre-Dame de Bonne Nouvelle."

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/55a0099976c148cb034b4323cf0497e5.pdf

—  DILASSER (Maurice), 1979, M. Dilasser : Un pays de Cornouaille, Locronan et sa région (Paris, 1979) ;

—  DILASSER (Maurice), 1981,Locronan (Rennes, 1981)

—DIVERRES (Henri) : 1886, Notice sur la chapelle du Pénity, Bull. SAF XIII p. 9-26.

 

—GATOUILLAT (Françoise) , HÉROLD ( Michel), 2005, Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum VII . Presses universitaires de Rennes, 369 p. page 142.

 

— LE BIHAN (Jean-Pierre), blog;

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-3576074.html

 

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-16413698.html


— PÉRÉNNES (Henri), 1933, "La maîtresse-vitre de l'église de Locronan". 7 pages.

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1933.pdf

— QUICHERAT, 1877, Histoire du costume en France depuis les temps les plus reculés jusqu'au XVIIIe siècle ; Hachette, Paris

https://archive.org/stream/histoireducostu00goog#page/n11/mode/2up/search/surcot

 

— WAQUET (Henri), 1919, "Locronan", Congrès archéologique Brest-Vannes, p. 554-576.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f670.image

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 18:37

Le cénotaphe de saint Ronan  par l'atelier du Folgoët (vers 1423-1433) dans la chapelle du Pénity de l'église de Locronan .


 

 

 

 

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— Voir sur Locronan :

 

 

— Sur les gisants, voir aussi ici :

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— et aussi  ailleurs :

-- Le gisant du seigneur de Liscoët en Botquélo (22), limite XIV-XVe.

-- Le gisant de Perronelle de Boutteville et Bertrand de Trogoff (église Notre-Dame-de-l'Assomption au Faouët par l'atelier du Folgoët.  Début XVe, granite, h. 1,70, 1. 0,86. Gisants représentés sur un lit funéraire : à gauche, personnage masculin (Bertrand de Trogoff?), coiffé en calotte, vêtu d'une armure; à droite, personnage féminin (Perronnelle de Boutteville,?) portant une coiffure à cornes.

--Le tombeau du chanoine de Nantes Laurent Richard en l'église de Plouvien vers 1555.

 

-- L'enclos paroissial de Dirinon VI: le gisant de sainte Nonne (vers 1450) par l'atelier du Folgoët

-- Le tombeau de saint Herbot, chapelle Saint-Herbot à Plonévez-du-Faou.

-- Le tombeau de saint Jaoua à Plouvien par l'atelier du Folgoët.

--Le tombeau de saint Edern à Lannédern.

--Le tombeau de saint Efflam à Plestin.

-- Le tombeau de saint Léry à Saint-Léry (56)

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— Voir sur les réalisations de l'atelier ducal  du Folgoët entre 1423 et 1509, voir :

 

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LA CHAPELLE DU PÉNITY.

1°) Origine du toponyme Pénity : "ermitage", "lieu de pénitence".

On nomme pénity (penity en breton) un ermitage, un oratoire ou un petit monastère en langue bretonne ; il est parfois suivi du nom du saint titulaire : pénity  de saint Guénolé, de saint Gouesnou, saint Guido, etc.. 

R. Largillière lui a consacré un article en 1930  dans le Bulletin de la S.A.F :

Grégoire de Rostrenen a traduit le mot penity par « lieu ou maison de pénitence» ; il ajoute que, dans le dialecte de Saint-Brieuc, ce même mot désigne la sacristie (Dictionnaire françois-celtique, :1732, aux mots pénitence et sacristie) ; penity est composé de deux termes, un premier qui signifie la pénitence, et un second qui est le mot ty maison; on l'a latinisé sous la forme peniticium, de la même façon que le mot abbati (maison de l'abbé) a été latinisé en abbaticium (Ernault, Glossaire moyen-breton, pp. 472-473. Les noms composés avec ty comme second terme sont nombreux: maendy, maison de pierre, escopty, palais de l'évêque puis diocèse, lœdty, laiterie, Sur le premier terme, voir J. Loth, Les mots latins dans les langues britonniques, p. :1.94, au mot penyd.).

Le premier exemple de ce mot nous est donné par la vie latine de saint Goulven qui raconte que le saint construisit lui-même une petite maison en forme d'oratoire, que les Bretons appellent Peniti, c'est-à-dire maison de pénitence ou du penitent : aedificavit ibi domunculam quadrangulam in forma oratorii, quae Lingua Britonum Peniti dicitur, hoc est pœnitentiae, vel pœnitentis domus ...[...] (1). Cette vie latine est au plus tôt du XII' siècle et est dépourvue de valeur historique » (Duine, Memento, n° 51, p. 76.).

. ​​​​(1) Vie publiée par La Borderie, dans les Mémoires de la Sociéte d'Emulation des Côtes-du-Nord, t. XXIX, 1891, pp. 214-250, § 7-8. Le mot pœnititium se retrouve au §11.

 [...] 

La chapelle du Pénity accolée à l'église de Locronan en Cornouaille est bien connue; elle passe pour avoir été bâtie à l'emplacement de l'ermitage de saint Renan. La vie latine du saint ne donne pas le nom breton peniti; la cellule que le saint construit est un oratorium (1). Le Penity est maintenant une chapelle accolée à l'église; c'était jadis l'église; en effet il a conservé le tombeau du saint; d'autre part, l'édifice qui est aujourd'hui l'église a été construit dans le second tiers du xve siècle; le Penity dans son état actuel a été bâti au début du XVIe siècle. L'église primitive étant devenue trop petite, on en construisit une beaucoup plus grande sur un terrain libre à côté de l'ancienne que l'on conservait respectueusement. Mais plus tard, la vieille église menaçant ruine, on entreprit de la réédifier; on lui laissa ses dimensions, elle ne fut qu'une chapelle (J'utilise ici l'étude que M. Waquet a donnée de ces mon)lments dans Vieilles pierres bretonnes (Quimper, 1920), p. 100 et seq. Le nom de Pénity a du être donné depuis toujours à la vieille église, ce qui lui a évité d'être dénommée la vieille église: ar coz ili.s. Rien ne permet de dire que le nom de Pénity remonte au saint lui· même ; il n'y a aucun doute : ce personnage a existé, mais a-t-il réellement mis le pied en Armorique, ou au contraire, comme le veut la vie latine irlandaise, n'a-t-il 'pas vécu en Irlande? Son culte seul et ses reliques sont venus en Armorique ). Le Pénity est donc le nom de l'antique église du prieuré de Locronan."

 

On ne pourrait parler du penity sans mentionner le  minihi, breton minic'hi,  du latin monachia, « une une terre qui relève des gens d’Église et non de laïcs » une terre monastique associée à la notion d'immunité sacrée « un lieu de refuge ou zone de franchise d’un monastère ou d’un ermitage» dont la sacralisation s'établit  à travers les récits de circumambulation. Et on ne pourrait parler du minihi de Locronan sans le  replacer dans la lutte d’influence entre l’abbaye Sainte-Croix de Quimperlé  et l’évêché de Quimper, ni remarquer que  la vie latine de Ronan de la seconde moitié du xiie siècle fait état de l’importance du culte du saint et de ses reliques à Quimper, miracle à l’appui alors qu’elle passe étrangement sous silence la terre de Locronan. Mais ce serait une trop longue histoire (M. Gendry 2010). Je rappelle que le comte Alain Cagniar donna en 1031 au monastère de Quimperlé l'église de Saint-Ronan, les terres contenues dans la franchise et tous les revenus du bourg, autres terres et rentes. (BDHA 1925 p. 66

  

L'important est de réaliser que nous pénétrons dans un espace sacralisé depuis le Haut Moyen-Âge, et que la présence de la statue, des reliques et du "tombeau" du saint ne relève nullement d'une préoccupation ornementale, mais d'une très ancienne ritualisation, pieusement (ou habilement) reprise par le duc de Bretagne Jean V dans son vaste programme de mécénat, comme auprès du tombeau de Salaun le  Fol du Bois (Folgoët), ou de celui de saint Herbot protecteur des bêtes à cornes, ou de saint Yves à Tréguier. Mais l'important est aussi de comprendre que cet espace est l'enjeu d'un véritable conflit de territoire entre l'abbaye de Quimperlé et l'évêché de Quimper, le duc de Bretagne, et les familles de la noblesse locale, par un jeu de marquage du territoire sous formes de statues ou d'armoiries, d'enfeus ou de litres, etc.

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Avant d'inspecter le tombeau du saint patron des lieux, promenons-nous dans la chapelle qui l'abrite.

 

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Le cénotaphe de saint Ronan dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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"Quant à la chapelle du Pénity, elle communique avec l église par deux grandes arcades ouvertes dans l'angle sud-ouest de l'édifice. Cette chapelle est composée d'un espace rectangulaire de trois travées dont la première, à l'ouest, déborde légèrement la façade de l'église.

L' uniformisation du voiltement sur croisées d'ogives enrichies de liernes est l'aspect le plus marquant de l'élévation intérieure et elle contribue à l'homogénéité de l'ensemble. Le recours à un couvrement en pierre est relativement rare dans la région où il est normalement réservé aux édifices importants, aux cathédrales en particulier. Il suffit à illustrer le prestige que les ducs de la dynastie Montfort ont voulu conférer à cet édifice. En 1475,l'acte de donation de François II précisait, à juste titre, que l'église était construite «en forme de cathédrale», ce qui faisait probablement référence au soin extrême apporté à mise en  œuvre plus qu à ses dimensions, somme toute modestes ou à son parti architectural.

Ce prestige était appelé  à rejaillir sur la lignée ducale. Selon un aveu des seigneurs de Névet, en 1644, il existait anciennement au pignon de l'église «la statue d'un souverain à genoux, tête nue, mains jointes, devant l'image et représentation dudit saint [Ronan] ». Un procès-verbal dressé en 1618 mentionnait également l'existence d'une autre représentation de souverain priant, en argent massif, dont les ducs avaient fait don au trésor de l'église.  Ainsi, que ce soit par le biais de l'architecture, de la sculpture monumentale ou de l'orfèvrerie, la volonté de renforcer les liens entre la famille ducale et la population locale apparaît bien comme l'un des principaux moteurs de l' importance nouvelle donnée,  à la fin du XVe siècle, au sanctuaire de saint Ronan. Ce mécénat entraîna dans son sillage celui de l'aristocratie locale, facilité par l'essor du bourg de Locronan et de la campagne environnante grâce à la fabrication et au commerce florissant des toiles de chanvre, les «olonnes »de Locronan.

 Cette activité se mit en place dès le XIVe siècle mais c'est surtout à partir de la seconde moitié du XVe siècle que les toiles de Locronan rencontrèrent le succès commercial.

 Comme dans le cas, plus tardif des enclos du Léon dont le commerce des toiles de lin avait permis le développement du vocabulaire de la Renaissance, Locronan au XVe siècle, cette activité alimenta l'essor de l'art flamboyant. "( Boccard 2009)

 

Le cénotaphe de saint Ronan dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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La niche de la statue de saint Ronan et son culot aux armes de Bretagne présentées par deux anges. Pierre polychrome.

Les anges présentent les armoiries d'hermines plain coiffées de la couronne ducale. 

"Lors de la naissance de son fils, qui devait être Jean V [1389-1442], le duc de Bretagne Jean IV [1339-1399] accorda aux habitants l'exemption de fouages, exemption souvent renouvelée et confirmée .par Jean V lui-même, par exemple lorsqu'il vint en pèlerinage à Locronan, le 20 juin 1408, et à l'occasion de Ia naissance de ses propres enfants. Dans la lettre de 1426, Jean V rappelle la venue en pèlerinage, à Locronan, de son père . 15 mars «t 21 mai 1451. — Pierre ll, duc de Bretagne, renouvelle les exemptions accordées par son père, et donne au moustier de Sajnt-Ronan, 3 feux et deux tiers de feux en la paroisse de Plonévez-Porzay; un feu et demi en la paroisse de Cast, et un feu et demi en Crozon. En 1473 et 1475, le duc de Bretagne Francois II accorde aux prieur et habitants d'employer les deniers provenant de l'impôt du billot, à l'édification de leur nouvelle église. Les diverses lettres d'exemptions mentionnées ci dessus furent confirmées par les rois, Louis XII, en novembre 1500, et François II, en décembre 1559; et il en fut ainsi presque à chaque avènement de souverain, jusqu'à Louis XV inclusivement. Aussi les fleurs de lis de France se montrent-elles aussi souvent que les hermines de Bretagne dans les tympans des hautes fenêtres, et la statue de saint Louis, le patron de la famille royale, est placée vis-à-vis de celle de saint Ronan dans la chapelle du Penity." (BDHA 1925)

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Statue de  saint Ronan dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Statue de saint Ronan dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Culot de la niche de saint Ronan dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Culot de la niche de saint Ronan dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Culot de la niche de saint Ronan dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Culot de la niche de saint Ronan dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Vue générale de la chapelle avec l'autel portant le reliquaire de saint Ronan, et la statue de saint Michel.

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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La statue de l'archange saint Michel pesant les âmes.

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La statue de saint Michel dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

La statue de saint Michel dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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PRÉSENTATION.

 

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La tombe de saint Ronan, fondateur et patron de la paroisse de Locronan, est en réalité un cénotaphe, puisque le corps du moine irlandais débarqué en Bretagne n'y repose que symboliquement, à l'emplacement même où il avait, disait-on, bâti son ermitage pour évangéliser, au Ve siècle, le Porzay. 

 

La tombe est unique en Bretagne par sa structure : "elle  est la seule à être composée d'une dalle à effigie sculptée, ne reposant pas à même le sol, ni sur un socle plein, mais portée sur les épaules, ou plutôt sur le haut des ailes à demi-repliées de six anges debout qui font office de cariatides, permettant ainsi aux fidèles de passer sous la pierre, rite de propitiation qui se pratiquait en bien d'autres lieux de la chrétienté." (Maurice Dilasser 1979) (Voir à Minihy-Tréguier) .

"Tout est en kersanton, et sans aucune peinture, ce qui fait beaucoup pour l'unité d'impression ; mais il y a contraste entre la figure de Ronan, épaisse et lourde comme le bloc même où elle est taillée, et la finesse des petits servants angéliques qui, aidés par les piliers frustes auxquels ils sont adossés, en supportent le poids allègrement, quoique avec toute la gravité requise. Cela a donné lieu, avec d'autres menus détails techniques, à une controverse entre deux érudits chevronnés : René Couffon distinguait nettement deux époques d'élaboration bien  différentes : datant la dalle et son gisant des environs de 1430, il pensait qu'elle avait été, soixante ans plus tard et peut-être d'avantage, remontés sur les supports qu'on avait alors taillés pour la surélever ainsi. Les écus placés aux pieds du saint renvoient-ils, comme il le pensait, à la duchesse Jeanne, duchesse de Jean V, morte en 1433 ? 

Henri Waquet n'en était pas d'accord, qui les rattachait seulement à la duchesse Anne ... Quoiqu'il en soit d'un remaniement qui est indéniable, mais n'implique pas forcément l'intervention de deux sculpteurs, à deux longues générations de distance, l'esprit de maintenance qui gouverne l'art breton fait que l'homogénéité de l'ensemble n'est nullement compromise, et il n'est pas sûr qu'on ne puisse déceler à l'autre boût de la France de non moindres différences, aux tombeaux bourguignons, entre les effigies des défunts et les "deuillants" qui les accompagnent" (M. Dilasser 1979 p. 534)

Ce débat est repris en 2014 par Emmanuelle Le Seac'h, qui  abonde dans le sens de René Couffon :

"L'hypothèse de R. Couffon, qui affirme que la dalle est antérieure aux anges-cariatides, paraît juste. Les armoiries aux pieds du saint, sur le flanc du lion, sont Bretagne-France pour le duc Jean V et sa femme Jeanne de France et non pas l'inverse, ce qui correspondrait alors aux armes d'Anne de Bretagne. Le tombeau aurait été réalisé entre 1423, date de l'édification du Folgoët, et 1433, année du décès  de Jeanne de France." (Le Seac'h p. 87)

Elle inscrit donc cette  dalle dans le catalogue du "premier atelier ducal du Folgoët (1423-1468), dont elle a décrit les caractères stylistiques, au même titre que le porche et les sculptures de la collégiale du Folgoët, les porches de la cathédrale de Quimper, de l'église de Rumengol  de La Martyre et de celle de Kernascleden, ou de la chapelle Saint-Fiacre au Faouët, , les statues de l'abbaye de Daoulas, le tombeau de Sainte Nonne à Dirinon, etc... "Le parallélisme des plis du vêtement du saint, le modelé simple du visage, les angelots allongés sur le coussin aux cheveux frisés mais sans relief en font une œuvre débutante du premier atelier du Folgoët."

  Néanmoins, elle n'explique pas clairement pourquoi elle n'attribue pas les anges-piliers au même atelier, pour les décréter "hors atelier, (vers 1500), porteurs d'armoiries martelées, kersanton" (p. 316). Elle écrit (je souligne):

"Les anges-piliers ont été ajoutés au XVIe siècle lors d'un probable déplacement du tombeau dans la chapelle du Penity. Celle-ci, dont la construction est postérieure à celle de l'église, était déjà commencée sous le règne de François II puisque, en 1485, Pierre Le Goaraguer,  le maître d'œuvre de la cathédrale de Quimper, y était à l'œuvre (LE MEN, R-F. Monographie de la cathédrale de Quimper p.288). Ils ont été sculptés par un atelier qui imitait la chevelure des anges du Folgoët." (id. p. 87) 

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Elle reconnaît donc dans la chevelure des anges-cariatides le style du Maître, tel qu'il s'exprime sur l'autel des Anges du Folgoët et dans de nombreux autres exemples (cathédrale de Quimper, La Martyre, etc) déjà présentés dans ce blog.

De même, elle ne justifie pas pourquoi elle affirme "La dalle a été placée vers 1618 sur six piliers en pierre grise" , en citant sans ambages un bref extrait (ici en italique) d'un aveu de que le baron  Jean de Névet  a rédigé en 1644 pour l'évêque René du Louët et dont je donne ici le texte plus complet:

 

"En la muraille qui  les sépare en tant que contient cette chapelle sont deux grandes  arcades et voûtes supportées d'un pilier pour ['entrée et fréquentation de ladite chapelle par ladite église, en laquelle chapelle fit la duchesse et reine élever sur six pilliers en pierre grise non commune sur le lieu de la sépulture dudit saint  Ronan, et dessus est représenté en habits pontificaux et fit poser ses armes en alliance avec celles de France, au bout et  sous la tète de ladite représentation " (Bull. SAF 1888 p. 351)

Le débat n'est donc pas clos, car  il faudrait prouver par des critères stylistiques argumentés, ou par d'autres sources, que les anges -supports ne sont   pas contemporains de la dalle de 1423-1433.

Récemment, lors d'une communication pour le colloque Bretagne Flamboyante, l'héraldiste Paul-François Broucke a en tout cas montré que la lecture des blasons, martelés mais identifiables, ne s'oppose pas à l'hypothèse d'une création simultanée de la dalle (aux armes de Jean de Bretagne et de Jeanne de France) et des supports (aux armes des principaux barons du duché).

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Au total, je considérerai que le cénotaphe est homogène dans sa construction et dans son style, celui du premier atelier ducal de Folgoët, vers 1423-1433, et qu'il est donc antérieur d'un demi-siècle à la réalisation de la chapelle du Pénity.

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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LES SIX ANGES SCUTIFÈRES SUPPORTANT LA DALLE.

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"Les anges ont conservé la forme des blocs de pierre parallélépipèdes dans lesquels ils ont été taillés. Au niveau de leur nuque, la pierre a été taillée à plat pour pouvoir recevoir le gisant. Les ailes forment un large L renversé très géométrique. Seule leur face est plus travaillée. Ils tiennent leurs blasons à deux mains ou de la seule main gauche, la main droite étant alors sur la poitrine. Leurs cheveux sont sculptés en méplats et coiffés en deux rangées de mèches bouclées qui rappellent l'atelier du Folgoët. Les vêtements tombent à grands plis jusqu'à terre. [Selon Escher, 1912], ils sont inspirés du tombeau de Jacques de Malain, mort le 7 avril 1527 et de sa femme Louise de Savoisy, décédée le 7 septembre 1515, et donnent une note d'inspiration bourguignonne au gisant." (Le Seac'h, 2014 p. 88).

Les armoiries sont celles de toutes les grande familles des alentours à la fin du XVe et du début du XVIe siècle". (Boccard  2009 p. 187), celles de Névet, du Juch, de Languéouez de Lezascoët, ou de Kersauzon de Quinquis.

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Du coté droit.

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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L'ange du coin inférieur droit.  Le blason de Névet.

Cet ange présente un blason dont le meuble est un léopard. On pense aux armoiries des seigneurs de Névet, d'or au léopard de gueules, que l'on trouvait sur la maîtresse-vitre. 

J'ai déjà présenté cette famille dans un article sur les vitraux de Kerlaz  :  

 

"Dans la monographie de l'abbé Horellou Kerlaz, son histoire, ses légendes, ses familles nobles , Brest 1920, les pages 110 à 124 sont consacrées à la forêt de Nevet, et les pages 125 à 191 à l'histoire des seigneurs de Nevet : c'est dire l'importance du vieux territoire gaulois devenu ermitage de saint Ronan pour la paroisse de Kerlaz, et de l'histoire de cette famille illustre dont la seigneurie s'étend de 1270 à 1721.  Horellou lui-même reprend les travaux des chanoines Abgrall et Peyron, auxquels on peut se reporter. Enfin, Gérard Le Moigne a publié en 1999 dans le Bulletin de la Société Archéologique du Finistère CXXVIII un article sur les seigneurs de Névet.

   Cette seigneurie étendit progressivement son fief sur soixante dix paroisses. Elle agrandit au cours des siècles le château de Lezargant qui finit par comporter deux grands corps de logis et un pavillon. Elle dirigea la Capitainerie de Quimper au XVIe siécle, celles de Quimper et de Douarnenez au XVIIe lors de la Ligue.

  

 

  • La famille de Névet date ses origines de la période précédent l'introduction du christianisme en Bretagne et estimaient être à l'origine du nom de la grande forêt de Névet, forêt où ils auraient accueilli sur leurs domaines de Plogonnec, Plonévez et Locronan Saint Corentin, Saint Ronan et Saint Guénolé.

  •  Hervé V de Névet (?- 1424), né vers 1385 probablement à Névet, seigneur de Nevet, épousa Jehanne du Juc'h (née vers 1385 au Juc'h)

  • C'est Hervé VI de Névet (1424-1444) qui après de démêles avec l'évêque de Quimper, fit démonter son château pour le reconstruire pierre par pierre à Lezargant, sur la trève de Kerlaz.  Il épousa en 1428 Jehanne de Lespervez (née vers 1405 à Plonéour), veuve de Guillaume de Rosmadec, seigneur de Tyvarlen, Pont-Croix et autre lieux.  puis vinrent :

  • Jean Ier de Nevet (1444-1462), sans postérité : son frère lui succède :

  • Henri Ier de Nevet (1462->1480), seigneur de Névet : il épouse Isabelle de Kerhoent, puis Jeanne du Chastel, puis à nouveau Isabelle de Kerhoent.

  • Jean II de Nevet (>1480-1493), sans postérité, son frère lui succède :

  • Hervé VII de Névet (1493-1494)

  • Jacques Ier de Nevet (1494-1555), seigneur puis baron de Nevet, Sr de Coat-Nevet, de Lezargant, de Pouldavid, de Kerlédan, de Langolidic, Gouverneur de Quimper en 1524 et en 1543, il épouse Claudine de Guengat. Il est de religion réformée.

  • René de Névet (1555-1585) il abjure le protestantisme à la mort de son père. Gouverneur de Quimper. Son frère lui succède :

 

Il paraît nécessaire de citer le passage suivant qui montre les prééminences auxquelles prétendait le baron de Névet en 1644, mais qui précise aussi la présence de ces armoiries "au bout et sous la tête" du gisant de saint Ronan :

 

 

 

"En la muraille qui les sépare en tant que contient cette chapelle sont deux grandes  arcades et voûtes supportées d'un pilier pour l'entrée et fréquentation de ladite chapelle par ladite église, en laquelle chapelle fit la duchesse et reine élever sur six pilliers en pierre grise non commune sur le lieu de la sépulture dudit saint Ronan, et dessus est représenté en habits pontificaux et fit poser ses armes en alliance avec celles de France, au bout et sous la tête de ladite représentation, et à côté vers l'Evangile celles desdits seigueurs de Nevet, et du même côté et au bout  de l'autel est uniquement en ladite chapelle le banc de ces seigneurs, armoyé de leurs armes, aux clefs des voûtes, tant du cœur, nef, qu'arcades et voûtes des ailes, sont lesdites armes de Nevet en bosse et taille, comme sur la porte et entrée principale de ladite église, en tous lieux plus éminents immédiatement après celles de Bretagne et en ladite alliance. 
Le cœur de la dite église demeure uniquement aux dits seigneurs de Nevet pour leur sépulture , avec leurs tombes, enfeu, ceinture funèbre, au supérieur aussi uniquement autour de l'église, ses ailes et ancienne chapelle, comme fondateurs; et, dans la maîtresse vitre, aussi âpres celle du souverain uniquement, leurs armes en alliance de plusieurs principales familles de la province et au lieu le plus éminent; s'y voit la représentation 
d'un seigneur de Nevet, armé de toutes pièces, sa cotte d'armes  sur son cheval enharnaché de son harnois de combat; ledit seigneur ayant la cotte d'armes armoyée de ses écussons et armes qui sont d'or au léopard morné de gueules tenant sa bannière en forme chargée de ses écussons et armes, qui est la marque que les dits ducs, roy et reine le reconnaissaient vrai baron, banneret, et dès lors comme auparavant ils furent tenus " (Jean III de Névet, aveu de 1644)

 

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L'artiste n'a pas encore adopté sa manière de figurer le col replié sur lui-même de l'amict comme un W ou un Oméga minuscule, qui deviendra un de ses traits, et d'ailleurs cinq anges sur six ne portent pas d'amict. Mais ici, il est figuré comme une bande de tissu interrompu au centre par un motif en losange, comme un mors de cape.

Chaque mouvement de plis est différent pour chacun des anges. Pour ce premier porteur de blason, les plis forment un grand ovale lisse autour de l'écu.

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Le deuxième ange de droite et le blason au lion. La seigneurie du Juch.

Si on estime que le seigneur de Névet a fait mettre ici ses armoiries accompagnées de celles de ses alliances, on pense alors à celles de la famille du Juch, d'argent au lion d'azur, armé et lampassé de gueules. En effet, Hervé V avait épousé Jeanne du Juch. (Source image)

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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On note les cheveux formant dix petites madeleines entourant la ligne très ronde du  large front épilé et des joues, les yeux profondément creusés par des sourcils et des pommettes proéminents, un globe oculaire exophtalmique dans les amandes  des paupières ourlées d'un double trait, le nez pyramidal, et la bouche étroite aux lèvres serrées. L'impression générale est celle d'une sévérité hiératique, pétrifiée et muette mâtinée du chagrin très intériorisé de pleurants.

La chute très régulière des plis de l'aube est brisée par une légère flexion des genoux .

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Le troisième ange. Les armes de Rosmadec ?

Il tient un objet rond dans la main gauche et  porte un blason palé.

Il peut s'agir des armoiries des seigneurs de Rosmadec : palé d'argent et d'azur. En effet, Jeanne de Lespervez, avant d'épouser Hervé VI de Névet en 1428 ou 1429, était l'épouse de Guillaume de Rosmadec, qui mourut en 1425 au siège de Saint-James-de-Beuvron. Le duc confia alors la tutelle des six enfants de ce premier mariage à leurs oncles, l'évêque de Quimper Bertrand de Rosmadec, et Charles de Lespervez. 

NB Les armoiries de Lespervez sont de sable à trois jumelles d'or. 

Un deuxième blason est visible en bas de la statue.

Comme pour rompre l'uniformité verticale du palé, le drapé vient ici s'arrondir en sept courbes concentriques : c'est celui d'une étoffe qui recouvre partiellement l'aube.

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Notre circumambulation nous conduit devant la partie frontale, où nous découvrons deux autres blasons. La taille des ailes des anges semble manquer de naturel, car trop plate, écrasée par un moule rectangulaire.

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Les trois anges du coté gauche.

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Le premier ange de gauche présente son écu sur le genou gauche, ce qui permet à l'artiste de réussir un beau mouvement d'ondulation du bouffant de l'aube au dessus de la ceinture.

La chevelure n'est pas en boules, mais se décline en mèches bouclées de part et d'autre du visage jusqu'aux épaules. Le visage est aussi renfrogné et ronchon que celui de ses collègues.

Le blason, soigneusement bûché en lignes parallèles, laisse voir néanmoins une bande horizontale médiane.

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Le deuxième ange de gauche. De Langueouez / de Lezhascouët

L'artiste reprend le motif des plis verticaux réguliers.

http://www.memoires-locronan.fr/patrimoine/preeminences

"Au dessus de la grande porte et principalle entrée de ladicte églize de saint René du Bois du costé droict en entrant est un écusson armoyé des armes des anciens seigneurs de Leshascouet qui s’appelloient  de Langueouez portant pour armes des faces ondée d’or et d’azur au cheff de gueules, lequel écusson est soustenu de deux griffons  avec son casque et une roue pour timbre  et un rouleau dans lequel est la devise des seigneurs en lettres gottiques quy ne se peut lire le tout en bosse et relieff au costé dudict escusson est encore autre escusson desdictes armes, en relieff sans timbre ny support, De plus dans la chapelle du Penity estant au costé de l’espitre du bas de ladicte églize parochialle de saint René du Bois où est une grande pierre tumballe représentant la statue de saint René eslevé de terre et soutenu par sept figure d’anges de pareille pierre l’une desquelles figures quy est celle du costé droict placé à la teste de ladicte statue de Saint René du Bois porte entre ses deux mains un escusson en bosse taillé en la mesme pierre que ladicte figure d’ange armoyé d’un costé des armes des anciens seigneurs de Leshascouet, lesquelles armes sont aussy en bosse dans la cleff de voutre au millieu de ladicte chappelle"

Les seigneurs de Lesharscoët étaient, avec ceux de Nevet, les principaux "prééminenciers" de l'église de Locronan. Ils possédaient "prohibitivement" la chapelle du Rosaire, où se trouvaient leur tombeau, que l'on voit sur le plan ci-dessus, leur banc et leurs armes en plusieurs endroits.

http://www.laperenne-zine.com/articles.php?lng=fr&pg=626

fascé ondée d’or et d’azur au cheff de gueules

La ville était au centre de terres appartenant à plusieurs autres seigneuries dont les justices étaient souvent localisées à Locronan. Les deux plus importantes étaient celles de Nevet au sud vers Plogonnec et de Lezhascoët vers Plonevez-Porzay au nord. Citons encore les seigneuries du Vieux-Chatel, de Kervent et Plessix-Porzay, de Tresseaul, de Moellien, du Rible, de Rosmadec. 

NNNNNN

 

http://www.lavieb-aile.com/2016/03/les-vitraux-du-choeur-de-la-cathedrale-de-quimper-iii-les-baies-106-et-108-et-les-pupilles-au-jaune-d-argent.html

BAIE 108, LANCETTE B. 

Gatouillat et Hérold (2005) la décrivent comme "un saint barbu tenant un étendard et présentant un seigneur (têtes modernes)" alors que Le Men   suggère de voir dans la hampe de la bannière la restauration d'une probable crosse d'évêque ; Yves-Pascal Castel ajoute " cela cadrerait avec l'inscription S. DE / RIE.(saint Derrien ?) ". Pour ce dernier auteur,   le chevalier revêt une cotte blanche chargée de trois fasces ondées d'azur. Ce pourrait être la reproduction incorrecte des armes de la famille des Langueouez : fascé ondé d'or et d'azur au chef de gueules. Ces dernières armes se remarquent à la voûte de la nef de la cathédrale.

 

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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"L'ermite est présenté en évêque. Il est couché, vêtu d'une aube recouverte d'une tunique plus courte appelée rochet avec un amict à col haut et large et d'une chasuble, manteau à deux pans, retenue par un mors. Il fait le signe de la bénédiction de la main droite, le majeur et l'annulaire levés, le pouce et l'index  formant un cercle. Une bague au chaton plat est passée à son majeur. Il tient dans sa main gauche une crosse, véritable pièce d'orfèvrerie sculptée. Le nœud est mouluré, se poursuivant par une petite niche rectangulaire aux motifs gothiques qui se terminent par une volute." (E. Le Seac'h 2014)"La tête du saint repose sur un coussin qui forme un nimbe avec deux anges la main posée sur sa mitre. Ils sont aussi couchés, les ailes fermés, les jambes repliées. Celui de droite pose son autre main sur le coussin tandis que celui de gauche saisit la crosse. "(Le Seac'h, 2014)

 

Ce gisant est pratiquement identique à celui de saint Jaoua en Plouvien qui date de la même époque, au tout début de l'atelier du Folgoët.

 

 

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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"Le visage du saint au modelé ovale est typique des œuvres médiévales : les différentes parties sont schématiques. Une fossette creuse le menton. Les lèvres sont identiques à celles de sainte Nonne ou de saint Jaoua, ainsi que le nez. Ici pourtant, une discordance est manifeste :  les yeux qui sont grand ouverts comme dans tous les gisant [de l'atelier ] du Folgoët, ne sont pas identiques. L'œil gauche est de style médiéval, avec juste les paupières ourlées et les sillons palpébraux étirés  aux extrémités. Mais l'œil droit est d'un style postérieur, du XVIIe "français" et il est marqué par un réalisme et un souci maniaque de l'anatomie : l'iris est creusé, la paupière supérieure a la forme d'un large accent circonflexe ; le sillon du coin de l'œil est coupé. Le travail n'est d'ailleurs pas achevé  : le bord inférieur n'est pas lisse  et ne rejoint pas la pommette avec régularité. On peut donc penser à une retouche postérieure que certains (Castel 1989) ont même assimilée aux martelage de la Révolution pendant laquelle un tailleur de pierre aurait voulu rajouter la forme de la cocarde révolutionnaire . " (Le Seac'h, 2014 p. 88)

 

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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"L'extrémité de la crosse est plantée dans la gueule du lion couché aux pieds du gisant chaussé à la poulaine. La queue de l'animal est ramenée vers l'avant, collée contre son dos (le motif de la queue est fréquent, il se retrouve aussi dans les lions des crossettes et gargouilles). Il tient dans ses pattes antérieures le blason de Bretagne plein. " (Le Seac'h, 2014)

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Les armoiries placées au pied du cénotaphe sont celles de du duc  Jean V de Bretagne et de son épouse Jeanne de France. 

 

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Le cénotaphe de saint Ronan (kersanton, vers 1423) dans la chapelle du Pénity, église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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a) À gauche, les armoiries de Jean V.

Lors de ma visite  de la cathédrale de Quimper, j'avais photographié le blason du duc Jean V et de la duchesse, sur les premières clefs de la voûte du chœur ; or, ce chœur a été édifié vers 1417, à peu près en même temps qu'à la Collégiale du Folgoët (vers 1423), où les mêmes deux armoiries figurent, et en même temps que le moment où l'atelier du Maître du Folgoët réalisa ce cénotaphe, vers 1423.

À Quimper, l' écu du duc est  d’hermines plain, soutenu par deux anges ; il est  timbré d’un heaume taré de profil, surmonté d’un cimier composé  du lion de Montfort assis entre deux cornes de bœuf ; le heaume est  orné de lambrequins. 

C'est exactement la même composition qui se retrouve sur le tombeau de saint Ronan.

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  L’écu de Jean V de Montfort, dit le Bon, duc de Bretagne (1399-1442), photographie lavieb-aile.

 

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Ces armes se retrouvent sur le signet de Jean V, 1402. DM II, planche x, sceau clxxx.

 

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L'article Jean V de Wikipédia en donne une illustration haute en couleurs par "Ketepanomegas" :

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_dukes_of_Bretagne_1316-1514 par Katepanomegas https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_V_de_Bretagne#/media/File:CoA_dukes_of_Bretagne_1316-1514_(chivalric).svg

_dukes_of_Bretagne_1316-1514 par Katepanomegas https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_V_de_Bretagne#/media/File:CoA_dukes_of_Bretagne_1316-1514_(chivalric).svg

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b) les armoiries de la duchesse Jeanne.

Elles offrent ici la particularité d'être placées dans un écu losangique, une forme réservée aux armoiries féminines. Mais comme ailleurs (Quimper, Folgoët, etc), elles associent en 1 les hermines de Bretagne, et en 2 les fleurs de lys de France. L'emblème royal semble avoir été martelé plus soigneusement que les mouchetures bretonnes.

 

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Armoiries de la duchesse de Bretagne Jeanne de France, parti de Bretagne et de France : clé de voûte du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile

 

 

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SOURCES ET LIENS.

 

 

— ABGRALL (Jean-Marie), PONDAVEN (G.), PÉRENNÈS (Henri),  1925, Notice sur Locronan  B.D.H.A. page 65, etc.

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1925.pdf

 

— BOCCARD (Michèle), 2009, "Locronan, église Saint-Ronan", Congrès Archéologique de France, 165ème session (Finistère, 2007), Paris, Société Française d'archéologie pages 185-189.

https://www.academia.edu/26540787/_Locronan_%C3%A9glise_Saint-Ronan_Congr%C3%A8s_Arch%C3%A9ologique_de_France_165%C3%A8me_session_Finist%C3%A8re_2007_Paris_SFA_2009_p._185-189

BROUCKE (Paul-François, héraldiste), 2017, "Locronan : des armoiries, des mécénats" , communication du Colloque Flamboyante Bretagne. Les arts monumentaux en Bretagne entre 1420 et 1540. 30 octobre - 1er novembre 2017.

CASTEL (Yves-Pascal), 1989, “0512 Le Tombeau de St-Ronan à Locronan et la Révolution Française... 29.04.89.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 13 novembre 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/2001.

COUFFON (René), Le BARS (Alfred), 1988, Notice sur Locronan.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/LOCRONAN.pdf

CHAPELLE DU PENITY Accolée au sud de l'église avec laquelle elle communique par deux arcades, elle est bâtie, selon la tradition, à l'emplacement de l'ermitage du saint. C'est un édifice très simple, de plan rectangulaire, comprenant trois travées voûtées d'ogives avec liernes. La similitude de sa porte ouest avec celle de l'aile nord de Saint-Corentin et le fait que l'architecte de cette dernière, Pierre Le Goraguer, apparaisse à Locronan en 1485 après l'achèvement de la grande église, semble indiquer que c'est à la fin du XVe siècle que fut exécutée la chapelle du Penity.

Mobilier : Le tombeau de saint Ronan (C.) : c'est là une oeuvre particulièrement intéressante. Il comprend en effet une dalle représentant en haut-relief le saint en vêtements épiscopaux. A ses pieds sont les écussons Bretagne plein et Bretagne-France de Jean V et de sa femme Jeanne de France, le premier timbré d'un heaume avec pour cimier le lion de Montfort. La figure du saint est assez malhabile, mais cette dalle des environs de 1430 est l'un des premiers ouvrages en kersanton et sans doute taillée par un sculpteur de l'atelier du Folgoat. Elle a été posée sur des anges-cariatides portant des écussons lors de l'achèvement de la chapelle, à l'extrême fin du XVe siècle ou aux premières années du XVIe siècle. .

 

—  DILASSER (Maurice), 1979, M. Dilasser : Un pays de Cornouaille, Locronan et sa région (Paris, 1979) ;

—  DILASSER (Maurice), 1981,Locronan (Rennes, 1981)

—  ESCHER (Conrad) 1912, : Le tombeau de saint Ronan à Locronan Le Tombeau de Saint-Ronan à Locronan, par Conrad Echer (traduction de l’allemand) Abbé PhilipponPages 123 à 154 (B.S.A.F. 1912 tome 39) file:///E:/blog/saf1912_0189_0228.pdf

GENDRY (Mickaël) 2010, « Les minihis en Bretagne entre le ixe et le xiie siècle : des territoires monastiques sacralisés ? », Annales de Bretagne et des Pays de l’Ouest [En ligne], 117-2 | 2010, mis en ligne le 10 juillet 2012, consulté le 15 novembre 2017. URL : http://abpo.revues.org/1766 ; DOI : 10.4000/abpo.1766

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Presses Universitaires de Rennes page 87.

WAQUET (Henri)  : Locronan (S.F.A. C.A. 1914) ;

WAQUET (Henri), 1920,  Locronan, études archéologiques (B.S.A.F. 1920) ;

WAQUET (Henri) 1952, Autour du cénotaphe de saint Ronan (B.S.A.F. 1952)

file:///E:/blog/saf1952_0175_0179%20autour%20du%20c%C3%A9notaphe%20de%20saint%20ronan.pdf

 

- R. Couffon : Le tombeau de saint Ronan à Locronan (S.F.A. B.M. 1954)

 

 

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Published by jean-yves cordier
9 novembre 2017 4 09 /11 /novembre /2017 20:42

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PRÉSENTATION.

La chapelle Saint-Jacques, lieu-dit de Saint-Léon en Merléac (22) a été édifiée peu avant 1317 grâce aux offrandes du vicomte de Rohan, mais son aménagement reprit au début du XVe siècle, comme en témoigne la maîtresse-vitre datée de 1402. De plan rectangulaire, elle présente une nef à cinq travées divisée en trois vaisseaux. Les murs surmontant les grandes arcades, ornés de peintures consacrées à des scènes du cycle de la Passion du Christ, et les intrados des arcs aux armoiries des Rohan et aux hermines de Bretagne, ont fait l'objet d'un article précédent.  Les peintures des lambris de couvrement des trois vaisseaux ont été décrites en 1865 par Geslin de Bourgogne, mais le mauvais état de la toiture menaçait la conservation de ces peintures presque illisibles. J'ai déjà décrit à ma façon dans ce blog les lambris des bas-cotés, et je me consacre au lambris de la nef principale.

Au milieu du XIXe siècle, la lecture de ces peintures semblait confuse pour certains auteurs :

"On a représenté encore sur le même lambris ainsi que sur ceux des bas côtés, des chameaux, des éléphants, des animaux de diverses sortes, un château fort, un prélat avec sa suite, des figures bizarres et fantastiques, des démons, des anges qui jouent de toutes sortes d’instruments, de la nativité avec un âne et un bœuf mangeant à un râtelier, enfin une multitude d’objets grossièrement rendus et plusieurs lignes d’écriture gothique. « Histoire et géographie (1859) »

L'abbé Gilles Jarno identifiait néanmoins dès 1872 les scènes les plus remarquables comme liées à la Genèse, mais dans une description rédigée à l'imparfait  :

 

"Les voûtes des trois nefs, lambrissées, étaient peintes. Celle du milieu représentait la création du monde en six tableaux en losange. Deux surtout étaient assez bien conservés, celui de la création du firmament et celui de la création de l'homme. Celui-ci montrait Adam et Ève en longs cheveux, debout devant Dieu figuré par un vieillard à longue barbe blanche, en robe bleue dont le bas du corps était caché dans un nuage et sur les épaules duquel voltigeait au vent un manteau rouge écarlate. Cette représentation du Père Éternel était visible plus ou moins dans les autres tableaux. Tout cela a péri par défaut d'entretien de la toiture." (Jarno 1872)

La chapelle fut classée MH le 1er décembre 1908. 

En 1974, une série de 15 photos de Thierry Prat pour le CRMH témoigne de la vétusté de l'état des lambris. Six photos concernent le vaisseau principal.

Javier Barral I Altet en donna en 1987 la première bonne  description avant restauration, tout en insistant sur la dégradation du décor peint :

 

"La voûte de la nef principale présente une large croix rouge qui divise le programme en épousant l'axe central de la voûte. D'après Geslin, sur le bois de la croix « se dessinaient une légion d'anges et d'archanges et, sur les bras, les emblèmes des quatre évangélistes » dont on peut reconnaître encore ceux de Marc et de Luc. De part et d'autre du bras long de la croix quatre registres très effacés figurent, au nord, une série de médaillons circulaires avec la représentation de Dieu en majesté dominant la Création et, au sud, Adam et Eve chassés du Paradis, la punition des premiers parents et, d'après Geslin de Bourgogne, jusqu'au sacrifice de Caïn et Abel. Parmi les éléments conservés on remarque l'importance que prennent les paysages montagneux et la végétation, ainsi que les éléments architecturaux traduits sous forme de châteaux gothiques. La voûte du bas-côté septentrional est si dégradée que seulement quelques figures peuvent être identifiées, parmi lesquelles des anges jouant des instruments de musique que Geslin de Bourgogne avait pu encore voir. Grâce à cet auteur nous savons qu'une partie de la voûte était consacrée à la légende de la Vierge et à l'enfance du Christ, le tout représenté avec des éléments architecturaux et des détails vestimentaires qu'il n'hésitait pas à attribuer au xve siècle.." Javier Barral I Altet 1987.

Cet article s'accompagne d'une photographie noir et blanc qui complète le dossier photo de 1974. Je la montre ici.

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Voûte lambrissée de Saint-Jacques, in Barral I Altet 1987.

Voûte lambrissée de Saint-Jacques, in Barral I Altet 1987.

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Les lambris ont été l’objet récemment d’une  restauration exemplaire de 2012 à 2017 sous la direction de  Christophe Batard, architecte en chef des monuments historiques, et Christine Jablonski, conservatrice des monuments historiques à la CRMH-DRAC Bretagne (photo lavieb-aile 23-11-2017). 

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Le corpus d'inscriptions et l'iconographie a motivé des recherches interdisciplinaires dont les conclusions seront présentées les 22 et 23 novembre 2017 lors du colloque Merleac : ut scriptura genesis, Patrimoine numérisé de la Bible historiale, organisé par les Universités de Paris 13 et Paris 3 avec les universités de Binghamton, de St Andrews, et de Poitiers. J'extrais du programme ceci :

 

"Les inscriptions sur les lambris de Merléac constituent l’un des exemples les plus intéressants, sinon l’apogée d’une grande mouvance d’inscriptions historiées où le rapport texte-image forme une esthétique cohérente, laquelle esthétique a dominé les derniers siècles du Moyen Âge. Le concepteur du décor de la chapelle bretonne suivait sans doute l’exemple illustre de la Sainte-Chapelle de Paris et de ses avatars artistiques, y compris dans le choix du texte. La comparaison avec plusieurs décorations du même type dans les milieux royaux d’Angleterre ou de Bohême, voire avec d’autres cas célèbres en France ou en Allemagne, permet de supposer que ce manuscrit-source pouvait être inspiré d’une Bible illustrée appartenant à la tradition des textes dérivés de la Bible historiale de Guyart des Moulins (Vladimir Agrigoroaie).

Un lien avec la Bible historiale

La Bible Historiale est une Bible française, écrite en prose, qui traduit fidèlement le texte de la Vulgate. Elle est présente dans toutes les bibliothèques seigneuriales à la fin du Moyen Âge et c’est elle qui sert de modèle aux premières bibles imprimées. Composée à la fin du XIIIe siècle, son cycle d’écriture raconte à lui tout seul le versant officiel de l’histoire du texte biblique, traduit en prose française, et des enseignements qui sont nécessaires dans l’esprit de ce temps-là à sa juste et parfaite interprétation. Elle est dite historiale, parce qu’elle est « historiée », c’est-à-dire illustrée, mais aussi parce qu’elle raconte les Histoires de la Bible.

Dans le cadre du développement de solutions de veilles culturelles, le cas de Merleac est exemplaire tout à la fois au regard des problématiques historiques que des solutions que peut apporter le numérique pour aider à l'indexation des données.

Le projet s'inscrit pleinement dans la pensée du texte et dans la problématique du développement de connaissances nouvelles : Il s'agit d'un texte un peu particulier, peint sur les murs d'une église, dont la restauration est en lien étroit avec le domaine de la philologie."

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La découverte inopinée de la tenue de ce colloque  au moment même où je finalise cet article me fait toucher du doigt, si besoin était, le ridicule de ma démarche d'amateur. D'autant que je n'ai trouvé aucune donnée scientifique disponible en ligne ou en édition sur ces restaurations, sur ces peintures ou sur le corpus épigraphique, ni aucune trace des travaux des participants à ce Colloque.J'ignore même la datation estimée de ces lambris, et je les rattache faute de mieux à la datation du vitrail, dans le tout début du XVe.

Pire, je ne suis parvenu à trouver la moindre photographie récente en ligne, y compris (sauf deux vues de  détails) sur le splendide site de Mathieu Venuat. C'est cette indigence de la documentation technique ou iconographique disponible, qui est le seul alibi de mon article. Je vous éclairerai par le flambeau de mon ignorance.

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La charpente de Saint-Jacques est recouverte d'un lambris de bardeaux fendus ou planches sciées,  qui s'appuient selon un arc en plein cintre sur les murs latéraux de l'édifice par l'intermédiaire d'une corniche de bois. Les planches qui constituent la voûte étaient fixées directement à la charpente à l'aide de clous, mais ce sont des vis à pans qui sont aujourd'hui visibles. Entre les planches, les espaces non jointoyés  sont  irréguliers. Les éléments sculptés habituels sont absents, il n'y a ni "sablières" sculptées, ni blochets, ni nervure, ni abouts de poinçons, et les quatre entraits sans poutre de gloire ne sont pas embellis d'engoulants. Et c'est tant mieux, car le travail de description du  décor peint suffira largement à ma peine — ou à mon plaisir—.

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Vues d'ensemble.

Je suis obligé de présenter cette voûte  en trois clichés successifs d'ouest en est :

 

 

 

Vue générale du couvrement peint de  la charpente de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Vue générale du couvrement peint de la charpente de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Vue générale du couvrement peint de  la charpente de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Vue générale du couvrement peint de la charpente de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Vue générale du couvrement peint de  la charpente de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Vue générale du couvrement peint de la charpente de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Vue générale du couvrement peint de  la charpente de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Vue générale du couvrement peint de la charpente de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Pour  décrire ce décor peint, je le diviserai  en deux parties. La partie ouest, rythmée par  les trois premiers entraits, et correspondant globalement à la nef, est consacrée au récit biblique de la Genèse, de la  Création du monde à la faute d'Adam et le meurtre d'Abel par son frère Caïn (Genèse 1-4) . La partie orientale, en partie manquante, et surplombant le chœur, comporte des légions d'anges, et conserve deux des quatre animaux du Tétramorphe, le lion ailé de saint Marc et le taureau de saint Luc. Mais une grande bande rouge, remarquée très tôt, suit d'ouest en est la ligne médiane de la voûte et sépare en deux ensembles ce décor, qui se lit ainsi soit en se plaçant du coté nord, soit en traversant la nef. Cette bande rouge est occupée par des séraphins les uns derrière les autres, et elle forme une croix avec une bande transversale, elle aussi bruissante des battements d'ailes des séraphins. Si on imagine que la partie orientale était consacrée au Christ en gloire, ou à défaut si on considère que l'axe culminait en la Passion de la maîtresse-vitre, le chemin tracé du portail vers l'autel racontait l'histoire du Salut , où Dieu pardonnait à l'Humanité et lui envoyait son Fils pour la sauver. 

Pour tordre le cou à certaines convictions, ces peintures mal visibles et ces inscriptions très peu lisibles, encore moins aux illettrés, n'avaient certainement aucun but didactique, mais une valeur liturgique, ou initiatique, au même titre que le Credo apostolique  scande  les douze articles de la Foi  sur beaucoup de porches bretons sans en supposer la lecture. Franchir ce seuil, c'était alors, comme le geste du signe de croix, un engagement corporel et spirituel du fidèle, une incorporation. De même, marcher en suivant la croix rouge du chemin de la Rédemption en passant sous des voûtes peintes de Merléac de l'incipit de l'histoire du Monde jusqu'à son Oméga christique possédait la même intense valeur que tous les rites de circumambulation rituelle, sans qu'il soit nécessaire de déchiffrer le B-A BA d'une histoire sainte inculquée à chaque chrétien depuis son baptême. 

Il y aurait beaucoup de chose à dire sur ce chemin tracé sur la voûte et ses relations avec le "Chemin de Saint Jacques", la Voie Lacté, ou  sur la conversion vue par Guillaume de Digulleville  au XIVe siècle comme "un pèlerinage de la Vie Humaine" , surtout si on considère que le cycle de peinture s'achève par la maîtresse-vitre avec ses deux inscriptions, "ACCIPE BACULUM" (reçois le bâton de pèlerin) et "VERE FILIUS DEI" (Celui-ci est vraiment le Fils de Dieu).

 

 

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LA PREMIÈRE PARTIE : LA GENÈSE SELON LA BIBLE HISTORIALE.

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Je n'attendrais rien pour la subdiviser en sa moitié droite (ou sud) et sa moitié nord, comme chacun serait amené à le faire sur place pour suivre les scènes. Entre ces deux moitiés court le long tapis rouge où les anges chantent la gloire divine.

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I. LA MOITIÉ NORD. LA CRÉATION DU MONDE.

Nous voici à pied d'œuvre, jumelles autour du cou, adossés à un pilier sud, et après avoir passé les deux premières longueurs de bardeaux (seulement occupés en bas par un petit panneau peint), nous cherchons à comprendre comment cela est organisé. Il apparaît vite que nous devons reprendre la paire de ciseaux pour créer une nouvelle partition entre trois zones horizontales :

  • En haut, une bande occupée par sept cercles contigus.
  • En dessous, une bande étroite où se détachent les lettres noires de l'écriture gothique onciale : la litre légendée.
  • puis des panneaux rectangulaires successifs aux riches couleurs, interrompus par les lacunes des peintures qui n'ont pu nous parvenir.

 

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Lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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A. LES SEPT MÉDAILLONS DE LA CRÉATION DU MONDE.

Ces sept cercles successifs correspondent sans-doute aux sept jours qui furent nécessaires à Dieu pour bâtir le vaste monde : le premier pour créer la terre, la lumière, le jour et la nuit ; le deuxième pour faire le firmament (espace céleste séparant les eaux d'en haut et les eaux d'en bas, la voûte où sont placées les étoiles fixes) et le ciel. Le troisième pour séparer l'eau et le sec, pour faire la mer et les continents, et y mettre la Nature, avec ses arbres et ses fruits. Le  quatrième pour nous donner les étoiles et les saisons. Le cinquième pour les Poissons et les Oiseaux. Le sixième pour les autres animaux, le Paradis et Adam et Ève. Et le septième, comme chacun sait, pour se reposer. 

Ces médaillons sont très évocateurs de ceux des enluminures des Bibles Historiales. Mais, ici, que contiennent-ils ?

Ils se détachent sur un fond peint d'étoiles rouges à six branches.

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Deux exemples de  médaillons de la Genèse des Bibles Historiales
Deux exemples de  médaillons de la Genèse des Bibles Historiales

Deux exemples de médaillons de la Genèse des Bibles Historiales

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Premier cercle. La séparation des ténèbres avec la lumière Ge 1:1-5. Le premier jour.

Seule la moitié droite est conservée, et je n'y vois qu'une masse noirâtre, et quelques traits qui donnent à penser qu'un examen attentif lors de la restauration aura pu en savoir plus. Dieu était sans-doute au centre, séparant le jour et la nuit, ce sac de suie que nous avons sous les yeux.

Genèse 1:1-5.

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Premiers cercles du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Premiers cercles du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Premier cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Premier cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Le deuxième cercle. La chute des anges déchus.

A la différence des autres, il n'est pas circonscrit par un cercle servant de cadre. Ou plutôt, ce cercle intérieur est beaucoup plus petit, et il est occupé par une ronde de seize êtres noirs ailés et cornus : ce sont les anges déchus autour d'un centre incandescent. 

Ils sont figurés dans la Bible historiale BnF Fr 15395 folio 4v. Ou au folio 64v des Très Riches Heures (1411-1416) du duc Jean de Berry.

 

Autour d'eux, une douzaine de bons anges sont prosternés autour du Créateur nimbé, qui indique par un index sûr quelle est la Voie à suivre.

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Deuxième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Deuxième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Deuxième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Deuxième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Deuxième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Deuxième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Deuxième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Deuxième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Deuxième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Deuxième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Deuxième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Deuxième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Deuxième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Deuxième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Le troisième cercle. Séparation des eaux du dessous et des eaux du dessus, ou Ciel. Le deuxième jour. Genèse 1:6-8.

Dieu est tourné sur sa divine droite et on interprétera le geste de ses deux mains comme correspondant à l'acte opérant, avec le pouce, l'index et le majeur ouverts, et les doigts cubitaux repliés. Mais que fabrique-t-il ainsi ? Sans-doute ces bulles hérissés de demi-cercles gris, que je comprends comme des nuages, des masses d'eaux, celles qu'il est en train de séparer entre celles qui doivent aller en haut faire de beaux nuages dans le ciel, et celles qui doivent former les océans, les lacs et les ruisseaux. De la belle ouvrage, qui dure encore. Mais jusqu'à quand ?

Le Père Eternel est vêtu d'un manteau blanc à galon rouge, descendant en plis tuyautés pour recouvrir ses augustes pieds. Les serpentins rouges de ces plis, rampants au sol, serviront d'indice lorsque la partie principale de la peinture aura disparu.

Ce manteau aux manches traînant à terre évoque les houppelandes alors à la mode.

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Troisième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Troisième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Troisième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Troisième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Le quatrième cercle. Création de la Terre le troisième jour.

Dans ce ce cercle partiellement caché par le deuxième entrait, se voit une nouvelle représentation de Dieu de profil,  qui porte une sphère dans la main gauche . Est-il en train de créer la Terre ?

Dieu dit: Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse. Et cela fut ainsi.  Dieu appela le sec terre, et il appela l'amas des eaux mers. Dieu vit que cela était bon. Genèse 1:9-10.

 

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Quatrième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Quatrième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Troisième et quatrième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Troisième et quatrième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Troisième et quatrième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Troisième et quatrième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Cinquième cercle. Création de l'herbe et des arbres le troisième jour.

C'est l'un des plus beaux, et à ce titre, sa photo sert d'illustration au colloque Ut pictura genesis. (Je rappelle qu'il s'agit d'un détournement de la formule latine tirée d'un vers d'Horace, Ut pictura poesis, "la poésie ressemble, ou est comparable, à la peinture", par ses capacités à dépeindre une émotion ou une situation. Elle est peut-être un clin d'œil au projet Utpictura18 ).

Pour reprendre le fil de mon ekphrasis à moi, dans ce cercle, Dieu lève haut sa main agissante tandis qu'il tient contre lui une boule verte contenue dans une boule blanche, ce que l'on peut considérer comme une image de la Nature. En effet, il est entouré par deux arbres (cèdres ?), et on devine aussi des étoiles, tandis que d'autres objets nous échappent. Ce serait la fin du troisième jour selon la Genèse 1:11-14

Puis Dieu dit: Que la terre produise de la verdure, de l'herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et cela fut ainsi.

 La terre produisit de la verdure, de l'herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon.

 Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le troisième jour.

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Cinquième  cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Cinquième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Cinquième  cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Cinquième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Cinquième  cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Cinquième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Sixième cercle. Création des luminaires le quatrième jour

Vous n'en verrez que la moitié, mais votre sagacité légendaire vous permettra de deviner la partie occultée. Dieu, toujours de face, tient dans la main gauche un des deux astres, la lune, environnée d'étoiles. En arrière-plan, la Terre apparaît comme une portion de cercle au contenu brun et verdâtre. C'est notre chez-nous vu par Thomas Pesquet.

 Dieu dit: Qu'il y ait des luminaires dans l'étendue du ciel, pour séparer le jour d'avec la nuit; que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années; et qu'ils servent de luminaires dans l'étendue du ciel, pour éclairer la terre. Et cela fut ainsi. Dieu fit les deux grands luminaires, le plus grand luminaire pour présider au jour, et le plus petit luminaire pour présider à la nuit; il fit aussi les étoiles. Dieu les plaça dans l'étendue du ciel, pour éclairer la terre, pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière d'avec les ténèbres. Dieu vit que cela était bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le quatrième jour. Genèse 1:14-19

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Sixième  cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Sixième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Septième cercle.

La peinture est incomplète, et c'est bien dommage. La moitié gauche montre une montagne, sur les flancs de laquelle brûle un feu, alors qu'une ville se dresse sur les pentes, avec ses ses remparts et ses tours couronnées de créneaux. La civilisation s'est donc installée sur notre planète. Un ovale beige démarre sa courbe vers la moitié manquante. Dans ce qui demeure de la moitié droite, je crois reconnaître les effets de plis rouge du manteau de Dieu le Père.

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Septième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Septième cercle du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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B. LES ILLUSTRATIONS DE LA GENÈSE ET LEURS INSCRIPTIONS.

Avant le premier entrait.

a) les panneaux : ils se réduisent à des éléments que je n'ai pas identifiés.

b) l'inscription. D'une façon générale, je ne tenterai pas de déchiffrer les inscriptions, trop fragmentaires ou trop rebelles à mes tentatives, et je ne donnerai que les mots que j'ai clairement compris, surtout si le Colloque à venir donne au grand public  les éclaircissements nécessaires. D'autre part, je n'ai compris qu'a posteriori que  les inscriptions concernent les cercles supérieurs, et non  les illustrations inférieures. J'ai puisé à divers manuscrit afin de multiplier les liens vers quelques-uns des 144 exemplaires de la BH recensés par Eléonore Fournié.

Ici, je lis

LE CIEL CREA : ET : - - - - - -  , 

- - - - - - RANS CO[M]ME DIEU.

Si cela correspondait au Premier jour de la Création dans la Bible historiale, on attendrait à: 

"De l'ouvrage de premier jour selon la Bible Donc dist Dieu lumiere soit faite Donc vit Dieu la lumiere qlle estoit bonne et devisa lumiere des tenebres et appela la lumiere jour et les tenebres nuyt Donc fu vespre et matin un jour." (Genesis)

Mais le passage en question ici précède le premier jour, et le texte de la Bible historiale est :

"Au commencement cria diex le ciel & la terre la terre etoit vaine et vuide & tenebres estoient sur la face dabisme & li esperis notre seigneur estoit portes seur les yaues" (d'après Richard Simon, 1690)

Au commencement dieu créa le ciel et la terre. La terre estoit vaine et vuyde (etc) (première Bible historiale imprimée vers 1498-1499, par Antoine Vérard Bnf Res. A. 270

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Moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Entre le premier et le deuxième entrait. Sous le premier et le deuxième cercle.

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a) Inscription : non déchiffrée.

 

b) panneau peint :  il ne  reste qu' une lame.

 

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Moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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1. Création des animaux terrestres.

A droite de Dieu défilent un couple de chameaux et un couple d'éléphant, 

"On perçoit un changement parmi les animaux à la fin du XIIIe siècle. Hormis le bétail (caprins, bovins et ovins) très représenté dans tout le corpus iconographique, pour des raisons que nous avons évoquées plus haut (en référence au texte d'Isidore de Séville, et par le fait que l'homme ait maintenu sa supériorité sur ces animaux), les animaux du Paradis prennent une place importante. Comme le lion, le paon et le chameau, tous trois présents dans les Heures du duc de Bedfort .

La présence du lion est presque systématique et l'on peut être tenté de dire que ce n'est pas un animal exotique au Moyen Âge. Sa présence paraît toute naturelle dans le bestiaire de Meermanno, au milieu d'animaux domestiques : une vache, une chèvre, un bélier, un cheval, un chien et un lapin. Cependant elle est nécessaire pour montrer qu'Adam n'avait pas la même domination sur les animaux que les hommes contemporains de cette enluminure, pour montrer que tous les animaux pouvaient se côtoyer. De plus, son titre de roi des animaux permet au lion d'être une des figures essentielles du Paradis, une figure indispensable.

Quant au chameau, qui est l'animal symbolique de l'Orient, il rappelle que la jardin d'Éden se situe en Orient. L'éléphant, est doublement un animal du Paradis, par son exotisme, et par son symbolisme. Il est l'image d'Adam et d'Ève. L'article sur l'éléphant de Guillaume le Clerc dans son Bestiaire d'Amour, nous présente ces animaux qui viennent d'Inde et d'Afrique et les compare au premier couple :

«En ces bestes par verite

sont Eve et Adam figure

quant il furent en paraïs».

Adam et Ève sont souvent mis en parallèle avec le couple que forment l'éléphant et l'éléphante. Les comparaisons véhiculées par les bestiaires ne manquent pas entre ces deux couples. Les éléphants sont chastes, et ne s'accouplent qu'après avoir mangé du fruit de la mandragore, fruit offert par la femelle pour aguicher le mâle. La femelle n'enfante que dans l'eau pour protéger sa progéniture du venin du serpent ou du dragon, ennemi par excellence de l'éléphant. Au delà du couple primitif, les éléphants représentent toute la descendance d'Adam qui doit attendre l'arrivé du nouvel Adam, le Christ, pour se relever du péché, comme un éléphant tombé qui ne peut se relever même aidé de douze autres (les prophètes), sinon grâce à un saint petit éléphant, Car d'après les bestiaires seul un éléphanteau parviendra à relever l'éléphant tombé. L'éléphant malgré cette double interprétation est plus rare dans le corpus iconographique (ill. 2, 4, 27).

C'est pourquoi dans le bestiaire de Saint-Petersbourg (ill. 4), l'éléphant et le chameau se retrouvent au même niveau, ils représentent l'Orient, le berceau géographique du Paradis. À la fin du Moyen Âge les représentations se fixent et l'éléphant représente plus l'Afrique et le dromadaire l'Asie. Il n'est pas rare de voir des dromadaires dans les bestiaires du XIIIe siècle, le bestiaire de la Boldeian Library copie du fameux bestiaire d'Aberdeen a même rajouté l'animal que son modèle avait omis. Le bestiaire d'Aberdeen s'est contenté d'animaux indigènes, mis à part les lions." OUTTERS (Maÿlis), 2006.

Les éléphants sont représentés comme "éléphant de guerre", pour reprendre la dénomination de la base Enluminure, c'est à dire qu'ils sont équipés de tours, ou howdah d'où les archers tiraient des flèches enflammées sur les ennemis. Aucun des 10 exemples de la base Enluminure ne provient d'une Bible historiale.

Les autres animaux sont le chien (en bas à gauche)  le serpent, le lion et la lionne, un couple de capridés, et un couple d' animaux à ramure de cerf mais au pelage noir très fourni. Un autre couple de bêtes plus petites, couleur chamois, se voit devant les belles chaussures rouges de Dieu. Au total, huit espèces. 

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1. Création des animaux terrestres, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

1. Création des animaux terrestres, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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1. Création des animaux terrestres, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

1. Création des animaux terrestres, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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1. Création des animaux terrestres, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

1. Création des animaux terrestres, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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1. Création des animaux terrestres, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

1. Création des animaux terrestres, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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1'.  L'inscription sous le troisième cercle : le deuxième jour.

— A gauche de l'entrait : Trois lignes.

 

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APPELLA : LES : IORS QUI : SONT : PAR : DESUS : -.

-LET : DESOULZ : LE : FIRMAMENT : ET

Le mot "IORS" est douteux. Il n'y a pas de point sur le I,  qui pourrait être un R ; la troisième lettre pourrait être un -E ; nous aurions ROES. IORS n'est pas  une entrée pour le DEAF.  ROE, avec le sens de "roue, est attesté au singulier dans le Roman d'Aiquin, que nous retrouverons infra à propos du mot AINXIN .

— A droite de l'entrait, au dessus de la figure de Dieu : Trois lignes. Je décèle en troisième ligne la mention importante :

DIEU : LE SEGONT IOUR

On attendrait le texte de la Bible historiale suivant (Genesis) :

"De l'ouvrage du second jour selon la Bible.

Dit Dieu le firmament soit fait en moyenne des yaues et divisa les yaues qui estoient dessous le firmament de celles qui estoient dessus le firmament Et ce fut fait en telle maniere et apela dieu le firmament ciel Donc fu fait vespre et matin le second jour."

Ou bien Bibl Sainte Geneviève ms 0022 folio 04 (vers 1330) qui est la Bible de Léon VII de Léon ancêtre des vicomtes de Rohan après le mariage de Jeanne de Léon en 1349 avec Jean Ier de Rohan.

"Comment Dieu fist le firmament. Diex dist li firmament soit fais en moienne des yaues. Et divisa ycelles yaues des yaues. Et fist diex le firmament. Et devisa les yaues qui estoient de dessus le firmament Et de ce fut fait tour en tele maniere et apela diex le firmament ciel Doncques fu fait vespre et matin le second iour."

 

Ou bien dans la Bible du XIIIe siècle selon le manuscrit de l'Arsenal 5056 selon M. Quereuil :

"Dieux dist adecertes : « li firmament soit fait ou milieu des eves et departe les unes eves des autres ». Dieux fist le firmament et departi les eves qui estoient desus le firmament de celes qui desouz le firmament estoient."

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Inscription de la création des animaux terrestres, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.
Inscription de la création des animaux terrestres, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Inscription de la création des animaux terrestres, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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2. La création d'Adam.

2. La création d'Adam, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

2. La création d'Adam, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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2. La création d'Adam, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

2. La création d'Adam, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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2. La création d'Adam, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

2. La création d'Adam, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

2. La création d'Adam, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

2. La création d'Adam, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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La posture suppliante d'Adam incite à penser qu'il demande au Créateur de lui donner une compagne afin qu'il puisse procréer au même titre que toutes les autres créatures.

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2. La création d'Adam, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

2. La création d'Adam, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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2' Inscription sous le cinquième cercle. Le troisième jour.

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FIST : A : SE[M]BLER : LES : L-OS ------ OMM - 

OLT EN UNLIN : ADONC : LAIS : - - -  ET :  DIEU : LY 

ET: DIEU : LY : DIST : LATERRE : PLANT : - - AST : ET : HERBE

ERE : ET : TANTOST : IL : IST : - - T : ET : AINXIN : LE : TIERS : IOUR.

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On s'attendrait à trouver, pour suivre la Bible historiale :

 

"De l'ouvrage du tiers jour selon la Bible: Derechief dist Dieu: les yaues qui sont dessoubz le ciel soient assemblees en un lieu et appare la seiche et il fut fait ainsi Et appela dieu la seiche terre et les assemblees des yaues appela mer Donc vit dieu que cestoit bon si dist: La terre porte heerbe verdoiant et faisant semence et arbres portans pommes et faisant fruit selon son genre qui semence erent en soy mesmes sur Terre Et il fut fait ainsi Et porta la Terre herbe verdoiant et portant semence semence selon son genre et arbres faisans fruit et aians chascunee semence selon sa maniere Donc vit dieu q cestoit bon Si fu fait vepre et matin le tiers iour "(Genesis)

Ou bien dans la Bible historiale de  Bibl. Sainte Geneviève ms 0022 folio 04-05 (vers 1330) qui est la Bible de Léon VII de Léon :

"De l'ouvrage du tiers jour selon la Bible:. Comment diex fist la terre et les herbes. Derechief dist Diex: les yaues qui sont dessous le ciel soient assemblees en un lieu et apela seche terre. Et tout maintendant fait en tele manière. Et apella diex la seche terre et les assemblées des yaues apela la mer. Adoncques vit dieu que ce estoit bon. Si commenca tout maintenant a dire. La terre portant herbes verdoiant et portant semence et arbres portant pommes et faisant fruit selonc son gendre (sic) quel semence il a en lui meesnices. leur terre et il fu fait tout en tele manière et porta la terre herbe verdoient et porta semence son genre et faisant fruit. Et dio mit chascune semence selon sa manière. Adoncques vit diex ce estoit bon si fut fait et vespre et matin et le tiers jour."  (les erreurs de transcription seront de moi)

 

Ou bien dans la Bible du XIIIe siècle selon le manuscrit de l'Arsenal 5056 selon M. Quereuil :

Et la terre aporta herbe verdoiant et aportant semence selonc sa maniere, et fust fesant fruit et aient chascune semance selonc sa maniere.

Dieux vit que ce estoit bonne chose, eu du vespre et du matin est fait li tierz jor.

 

 

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2. Inscription du troisième jour, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

2. Inscription du troisième jour, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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L'un des éléments remarquables est l'adverbe que j'ai transcrit AINXIN, en tenant compte des points sur les I, présents sur l'inscription. Nous lisons donc "et ainxin le tiers iour",  "et ainsi le troisième jour". Le  DEAF, Dictionnaire Étymologique de l'Ancien Français, donne pour l'adverbe ainsi de très nombreuses formes : AINSEINT, AINSINES , AINSINQUES, AINSINT, AINSIR, AINSIS, AINSOY, AINSSI, AINSSINC, AINSSINT, AINSSIQUES, AINSSY, AINSY, AISY, AISNY, AISSI, AISSIÉS, AIZO, ANSI, ANSIN, ANSINE, ANSIS, ANSIT, ASSINT, ASY, AUISI, AUXINT. (2) Pour l'adverbe Ainsinc, il offre les formes  ANSEINC, ANSINC, ANSINQUES, ANSINS, ANSINT, ANXIN, AUSINQUES, AUSSINT. 

Le X remplace en ancien français un double S : je conserve donc les formes AINSSI, AINSSINC, AINSSINT, AINSSIQUES, AINSSY, AISSI, AISSIÉS, ASSINT, AUXINT et (2): ANXIN, AUSSINT.

La forme la plus proche de l'inscription est ANXIN, surtout que ma lecture de la finale -IN me sembla assez sûre. Selon le DEAF, la forme AUXIN daterait du début du XIIIe siècle et serait attestée dans Le Roman d'Aiquin ou la conquête de la Bretaigne par Charlemaigne. (BnF fr. 2233 du XVe siècle). Le vers 907 donne la forme AINXIN alors qu'au vers 566 je lis AINXY. Le Roman d'Aiquin du français 2233  est un manuscrit "qui a été découvert dans les ruines du monastère des Récollets de l'île de Cézambre" à Saint-Malo après le bombardement en 1693 par les Anglais ; il était attesté à Cézembre depuis le XVIe siècle. Une copie en a été faite au XVIIe siècle, c'est le manuscrit L.F 29 de la bibliothèque Sainte-Geneviève. Mais le Français 2233 est la copie de l'unique chanson de geste de Bretagne  faite de 34 laisses de vers décasyllabiques monorimes (3087 vers)  Et si Dieu plaist, le vroy creatour, nous y vaincron paen Sarrazinour, par quoy auron paradis et honour; / — Sire, dist Nesmes, alez y sans sonjour..

Cette occurrence de la forme AINXIN à Merléac dans le Roman d'Aiquin devient excitante si on considère que non seulement sa copie du XVe siècle était détenue en Bretagne, mais que cette chanson  de geste a été composée "vers la fin du XIIe s. dans la France de l'Ouest et, plus précisément, avec un fort degré de probabilité, dans la région littorale de la Haute-Bretagne comprise entre Saint-Malo et Dol" (Cassard), même si "il s'avère qu'il s'agit d'une copie effectuée par un scribe trop pressé d'en finir et assez peu respectueux de la lettre du texte au fil de son travail, au point de nécessiter le rétablissement de nombreux passages estropiés à seule fin de les rendre compréhensibles et plus corrects au niveau de la versification" (id)

Si on admet cette leçon AINXIN et sa traduction par "ainsi", il resterait à comprendre pourquoi l'auteur s'éloigne du texte "si fu fait vepre et matin le tiers iour" en remplaçant "vêpre et matin" par "ainsi". Le Pr. Clive Sneddon (comm. pers) y verrait une insistance quasi philosophique sur l'événement temporel qui survient, associé à la cosmogonie en cours. 

 

 

 Inscription du troisième jour, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Inscription du troisième jour, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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3. La création d'Ève ?

La première femme est agenouillée à gauche.

3. La création d'Ève, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

3. La création d'Ève, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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4'. Inscription sous le sixième cercle : le quatrième jour.

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LE SIN-LERE ----

ET : FURENT : FAITZ : DOUE : -- : LUMIERES : LU-- : ET : C

E : LA : AINXIN : IL : FIT : LES : ESTOILLES : ET : LES 

QUART IOUR - - -

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On s'attendrait à trouver :

"Derechief dist dieu: lumieres soient ou firmament qui de devisent le jour de la nuit et soient en signes en temps en iours en anssi quilz luisent ou firmament et enluminent la terre Et il fut fait ainsi et fist Dieu deus grans lumieres la plus grant lumiere pour servir le jour et la plus petite lumiere pour servir la nuit Et les estoilles mit ou firmament pour luire sur terre et pour servir au jour et à la nuit et pour deviser la lumiere des tenebres Donc vit dieu que cestoit bon si fut fait vespre et matin le quart jour" (Genesis)

Ou bien

"Derechief dist dieux luminaires soient ou firmament qui divisassent le jour de la nuit et soient en signes et en iours et anssi quils luisent ou firmament et enluminant la terre et il fu fait anssi et fist dieux deus grans luminaires le plus grant luminaire pour servir le jour et le plus petit luminaire pour servir la nuit et les estoilles et les mist ou firmament pour luire sur terre et pour servir au iour et a la nuit et pour diviser la lumiere de tenebres Donc vit dieux que cestoit bon si fut fait vespre et matin le quart jour" ( Bible Historiale de Jean de Berry Bnf fr. 20090 folio 4v)

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Note : nous retrouvons un deuxième emploi de l'adverbe AINXIN, "ainsi". : "et la ainxin il fit les estoilles et les ...", proche du texte "et il fut fait ainsi ".

Sur la graphie estoilles, DEAF renvoie à 8 sources de la fin du XIIIe jusqu'à ca 1485.

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Inscription sous le sixième cercle, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Inscription sous le sixième cercle, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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4. Fragment d'une scène. 

Cette scène a été coupée pour réaliser la traverse de la grande croix rouge aux séraphins. On y voit une montagne escarpée au sol jaune.

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Quatrième scène, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Quatrième scène, moitié nord du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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II. LA MOITIÉ SUD. ADAM ET ÈVE / CAÏN ET ABEL.

De l'ouest vers l'est.

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A. LA PARTIE HAUTE.

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1°) Entre le pignon ouest et le deuxième entrait.

Cette partie ne comporte plus qu'un ensemble montrant un arbre à coté du toit d'une hutte, et, un peu plus loin, un autre arbre.

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Moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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2°) Entre le deuxième entrait et la grande croix rouge. Adam et Ève.

Nous sommes obligés de lire les deux volets de la scène de gauche à droite, en partant de la croix rouge.

a) Dieu unit Adam et Ève.

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Dieu unit Adam et Ève, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Dieu unit Adam et Ève, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Dieu unit Adam et Ève, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Dieu unit Adam et Ève, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Dieu unit Adam et Ève, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Dieu unit Adam et Ève, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Dieu unit Adam et Ève, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Dieu unit Adam et Ève, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Dieu unit Adam et Ève, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Dieu unit Adam et Ève, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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b) Adam et Ève expulsés du Paradis.

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 Adam et Ève chassés de l'Eden, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Adam et Ève chassés de l'Eden, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Adam et Ève chassés de l'Eden, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Adam et Ève chassés de l'Eden, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Adam et Ève chassés de l'Eden, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.
Adam et Ève chassés de l'Eden, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Adam et Ève chassés de l'Eden, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Adam et Ève chassés de l'Eden, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Adam et Ève chassés de l'Eden, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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B. LA PARTIE BASSE. CAÏN ET ABEL.

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Caïn et Abel, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Caïn et Abel, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Caïn et Abel, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Caïn et Abel, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Caïn et Abel, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Caïn et Abel, moitié sud du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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LA DEUXIÈME PARTIE : LES ANGES ET LES ÉVANGÉLISTES.

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Partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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La procession des anges sur la croix rouge, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

La procession des anges sur la croix rouge, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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La procession des anges sur la croix rouge, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

La procession des anges sur la croix rouge, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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La procession des anges sur la croix rouge, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

La procession des anges sur la croix rouge, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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L'évangéliste Marc représenté par son lion ailé. 

Inscription MARCUS.

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L'évangéliste Marc, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

L'évangéliste Marc, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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L'évangéliste Luc représenté par son taureau.

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L'évangéliste Luc, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

L'évangéliste Luc, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Le taureau de Luc, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

Le taureau de Luc, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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Les anges.

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La procession des anges sur la croix rouge, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

La procession des anges sur la croix rouge, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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La procession des anges sur la croix rouge, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

La procession des anges sur la croix rouge, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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La procession des anges sur la croix rouge, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

La procession des anges sur la croix rouge, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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La procession des anges sur la croix rouge, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

La procession des anges sur la croix rouge, partie orientale du lambris de couvrement de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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CONCLUSION ET DOSSIER ICONOGRAPHIQUE.

Mon premier souci est d'intégrer ces peintures dans leur environnement, et de tenter de comprendre l'unité du programme décoratif de la chapelle. La Vie de saint Jacques de la maîtresse-vitre et des lambris du bas-coté sud se comprennent sans difficulté dans cette chapelle, étape du pèlerinage de Compostelle. La Passion de la maîtresse-vitre et celle des peintures murales ont une place également évidente dans une église où est célébré le mystère eucharistique. La glorification de la Vierge couronnée d'un vitrail aujourd'hui éclaté dans les baies latérales ne suscite aucun étonnement. Enfin, les anges musiciens ou déroulant leurs phylactères sont présents sur les trois supports de la peinture murale, sur verre, ou sur lambris. Le Récit de la Création inspiré de la Genèse et de la tradition iconographique développée dans les Bibles historiales crée une certaine rupture par rapport aux cultes des trois saints personnages, le Christ, la Vierge et saint Jacques. Néanmoins, il donne aux  représentation de la Rédemption (la Passion) et de l'Incarnation (le rôle de la Vierge) et donc au plan du Salut  leur origine, le Péché originel, et la désobéissance d'Adam et Ève. C'est la même option qui sera confiée à Michel-Ange pour le plafond de la chapelle Sixtine.

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Les sommités de philologie, d'histoire de l'art et de valorisation du patrimoine qui vont se réunir au Lycée Henri IV à Paris, puis à Saint-Brieuc et Merléac viennent y célébrer les noces de la recherche sur la Bible historiale et de la peinture d'un édifice religieux. Mais j'ai été déçu de ne pas retrouver le texte exact de cette Bible historiale sur les inscriptions des lambris, et je dois dès lors me demander si ce ne sont pas plutôt les scènes peintes qui seraient en relation avec le corpus d'enluminures qui enrichissent les manuscrits. Une autre paire de manche !

 

 

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Le manuscrit Arsenal 5211.

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Paris, Arsenal 5211 folio 3 Gallica.

Paris, Arsenal 5211 folio 3 Gallica.

Paris, Arsenal 5211 folio 3 Gallica.

Paris, Arsenal 5211 folio 3 Gallica.

Paris, Arsenal 5211 folio 3 Gallica.

Paris, Arsenal 5211 folio 3 Gallica.

Paris, Arsenal 5211 folio 3 Gallica.

Paris, Arsenal 5211 folio 3 Gallica.

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Le manuscrit BnF Fr. 20090.

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8455902x

Réalisé avant 1383, il a appartenu à Charles VI avant d'être détenu par Jean de Berry. Parmi ses 89 enluminures dénombrées par E. Fournié, 10 concernent la Genèse jusqu'au meurtre d'Abel . Je présente les six du folio 3.  La glose  débute par Au commencement fu li feux et le feu estoit le commencement par le quel et ou quel le père créa le monde.

 

Fol. 3 : Création : soleil et lune

Fol. 3 : Création : terre

Fol. 3 : Création : poissons

Fol. 3 : Création : oiseaux

Fol. 3 : Création : mammifères

Fol. 3 : Création : Eve

Fol. 6v : Création : Adam

Fol. 7v : Création : Eve

Fol. 8 : Péché originel

Fol. 9 : Expulsion du paradis

Fol. 9v : Offrandes de Caïn et d’Abel

Fol. 10 : Assassinat d’Abel

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Le manuscrit BnF Fr. 20090 folio 3v (détail), Gallica.

Le manuscrit BnF Fr. 20090 folio 3v (détail), Gallica.

Le manuscrit BnF Fr. 20090 folio 3v (détail), Gallica.

Le manuscrit BnF Fr. 20090 folio 3v (détail), Gallica.

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Le manuscrit BnF français 152.

Daté de 1347 et d'origine picarde (région de Thérouanne arr. de Saint-Omer), il comporte 366 enluminures (E. Fournié 2009) dont les suivantes concernant notre thème :

Fol. 11r : la Création (cf. infra)

Fol. 14 : Adam nommant les animaux

Fol. 14v : Création d'Eve /  Adam, Eve et Dieu

Fol. 15 : Péché originel

Fol. 16r : Expulsion du paradis

Fol. 16v : Offrandes d'Abel et Caïn

Fol. 17r : Assassinat d'Abel avec une mâchoire d'âne

 

Mais seule, l'enluminure initiale occupe toute la largeur des deux colonnes et comporte sept scènes isolées sous des arcades. Son importance particulière est soulignée par le fait qu'elle est encadrée par les portraits d'un couple de donateurs (et un écureuil). Les sept scènes sont : la Création du ciel / la Création de la végétation / la Création du soleil et de la  lune / la  Création des oiseaux et poissons / la Création d' Adam / le Repos de Dieu.

Échantillon de texte :

"Derechief dist diex li firmament soit fais el moien des yalves et devisethe les elves des elves et fist diex le firmament et devisales elves qui estoient desous le fiermament de cheles qui estoient deseure le fermament et ce fu fait en tel manière. Et apela diex le firmament chiel dont fu fais vespre et matin li secons iours." (Folio 11v)

 

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BnF français 152 folio 11 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10525355t/f31.image

BnF français 152 folio 11 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10525355t/f31.image

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Le manuscrit BnF fr. 155.

il provient de la collection de Charles, duc d’Orléans (1394-1465).

Parmi ses 206 enluminures réalisées par le Maître du Français 155, 10 concernent les passages de la Genèse illustrés à Merléac sur les folios 2 à 5. Si on y trouve 9 lettrines de petite taille, au folio 2r la même enluminure occupant deux colonnes sur trois réunit 8 médaillons : l' Adoration de Dieu par les anges, la Séparation des eaux, la  Création du soleil et de la lune, la Création des oiseaux et poissons, la  Création des mammifères, la Création d' Adam, la Création d' Ève, le  Repos de Dieu.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8490150s/f11.item.zoom

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Les lambris peints de la chapelle Saint-Jacques de Merléac : la Genèse du vaisseau central de la nef d'après la Bible historiale.

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La première Bible imprimée entière en français par Antoine Vérard en 1498-1499.

Les 13 premières gravures de la Genèse : cliquez pour activer le diorama.

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Diorama de 13 gravures sur bois de la Bible historiale imprimée, 1498-1499, Antoine Vérard, BnF Res. A. 270 Gallica
Diorama de 13 gravures sur bois de la Bible historiale imprimée, 1498-1499, Antoine Vérard, BnF Res. A. 270 Gallica
Diorama de 13 gravures sur bois de la Bible historiale imprimée, 1498-1499, Antoine Vérard, BnF Res. A. 270 Gallica
Diorama de 13 gravures sur bois de la Bible historiale imprimée, 1498-1499, Antoine Vérard, BnF Res. A. 270 Gallica
Diorama de 13 gravures sur bois de la Bible historiale imprimée, 1498-1499, Antoine Vérard, BnF Res. A. 270 Gallica
Diorama de 13 gravures sur bois de la Bible historiale imprimée, 1498-1499, Antoine Vérard, BnF Res. A. 270 Gallica
Diorama de 13 gravures sur bois de la Bible historiale imprimée, 1498-1499, Antoine Vérard, BnF Res. A. 270 Gallica
Diorama de 13 gravures sur bois de la Bible historiale imprimée, 1498-1499, Antoine Vérard, BnF Res. A. 270 Gallica
Diorama de 13 gravures sur bois de la Bible historiale imprimée, 1498-1499, Antoine Vérard, BnF Res. A. 270 Gallica
Diorama de 13 gravures sur bois de la Bible historiale imprimée, 1498-1499, Antoine Vérard, BnF Res. A. 270 Gallica
Diorama de 13 gravures sur bois de la Bible historiale imprimée, 1498-1499, Antoine Vérard, BnF Res. A. 270 Gallica
Diorama de 13 gravures sur bois de la Bible historiale imprimée, 1498-1499, Antoine Vérard, BnF Res. A. 270 Gallica
Diorama de 13 gravures sur bois de la Bible historiale imprimée, 1498-1499, Antoine Vérard, BnF Res. A. 270 Gallica

Diorama de 13 gravures sur bois de la Bible historiale imprimée, 1498-1499, Antoine Vérard, BnF Res. A. 270 Gallica

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SOURCES ET LIENS.

— Colloque MERLEAC, UT PICTURA GENESIS , 22-23 novembre 2017.

http://www.biblehistoriale.fr/static/images/upload/2017-10-14T08-19-34.pdf

— PROJET GENESIS 

http://www.biblehistoriale.fr/indexBH

— ARLIMA : Guiart des Moulins :

https://www.arlima.net/eh/guiart_des_moulins.html

— ARLIMA : Roman d'Aiquin :

https://www.arlima.net/ad/aiquin.html#mss

— BARRAL I ALTET ( Javier) 1987, Décor peint et iconographie des voûtes lambrissées de la fin du Moyen Âge en Bretagne. In: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 131ᵉ année, N. 3, 1987. pp. 524-567; doi : 10.3406/crai.1987.14524 http://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1987_num_131_3_14524

— BERGER (Samuel), 1884, Bible en français au Moyen Âge – Étude sur les plus anciennes versions de la Bible écrites en prose de langue d’oïl, Paris, Imprimerie nationale, 1884.

https://archive.org/stream/labiblefranais00berg#page/n5/mode/2up

— CASSARD (Jean-Christophe) 2002. Propositions pour une lecture historique croisée du Roman d'Aiquin. In: Cahiers de civilisation médiévale, 45e année (n°178), Avril-juin 2002. pp. 111-127; doi : 10.3406/ccmed.2002.2825 http://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_2002_num_45_178_2825

— DEBERT (Aline) 2016,  Les Bibles moralisées  CNRS groupe GAHOM

https://imagemed.hypotheses.org/554

— FOURNIÉ (Eléonore), 2009, « Les manuscrits de la Bible historiale. Présentation et catalogue raisonné d’une œuvre médiévale », L’Atelier du Centre de recherches historiques [En ligne], 03.2 | 2009, mis en ligne le 01 janvier 2010, consulté le 09 novembre 2017. URL :

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https://acrh.revues.org/1467

— FOURNIÉ (Eléonore), 2009,  Catalogue des manuscrits de la Bible historiale (2/3) [Texte intégral] Paru dans L’Atelier du Centre de recherches historiques, 03.2 | 2009

https://acrh.revues.org/1468

— FOURNIÉ (Eléonore), 2009,  Catalogue des manuscrits de la Bible historiale (3/3) [Texte intégral] Paru dans L’Atelier du Centre de recherches historiques, 03.2 | 2009

https://acrh.revues.org/1469

— FOURNIÉ (Eléonore),  2009, Les éditions de la Bible historiale. Présentation et catalogue raisonné d’éditions de la première moitié du xvie siècle [Texte intégral] Paru dans L’Atelier du Centre de recherches historiques, 03.2 | 2009

— FOURNIÉ (Eléonore), 2009, « Catalogues des éditions de la Bible historiale », L’Atelier du Centre de recherches historiques [En ligne], 03.2 | 2009, mis en ligne le 30 décembre 2009, consulté le 12 novembre 2017. URL : http://acrh.revues.org/1839 ; DOI : 10.4000/acrh.1839

— GESLIN DE BOURGOGNE, 1865 Notice sur l'église Saint-Jacques, située au village de Saint-Léon, commune de Merléac - In: Bulletins et mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 1 (1865) p. 1-18

 — JARNO (Abbé Gilles), Merléac, une page d'histoire. 1872 Merléac. Une page d'histoire. Retranscrit dans Infobretagne

— MEYER ( Paul). Les premières compilations françaises d'histoire ancienne. — I. Les Faits des Romains. — II. Histoire ancienne jusqu'à César. In: Romania, tome 14 n°53, 1885. pp. 1-81; doi : 10.3406/roma.1885.6341 http://www.persee.fr/doc/roma_0035-8029_1885_num_14_53_6341

— REUSS (Edouard), 1857,  « Fragments littéraires et critiques relatifs à l’histoire de la Bible française. Seconde série. Les Bibles du xive et xve siècles et les premières éditions imprimées », Revue de théologie et de philosophie chrétienne, Paris, Cherbulier, Strasbourg, Treuttel et Würtz, 1857, n°14, 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9401698w/f70.image

— OUTTERS (Maÿlis), 2006, La nomination des animaux par Adam, dans l'Occident latin du XIIe au XVe siècle. Etude iconographique 

Université de Versailles-Saint Quentin en Yvelines - Master 2 d'histoire médiévale 2006 https://www.memoireonline.com/02/08/889/nomination-animaux-adam-occident-latin-xii-xv-eme-siecle-etude-iconographique.html

— QUEREUIL (Michel) 1988, . La Bible française du XIIIe siècle, édition critique de la Genèse (Genève : Droz, 1988 ; in-8°, 421 pages [Publications romanes et françaises, 183]).

https://books.google.fr/books?id=9M4HvgAE0JMC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

— Idem, compte-rendu par Fr. Vielliard . In: Bibliothèque de l'école des chartes. 1991, tome 149, livraison 1. pp. 200-201;

Michel Quereuil. La Bible française du XIIIe siècle, édition critique de la Genèse (Genève : Droz, 1988 ; in-8°, 421 pages [Publications romanes et françaises, 183]).. In: Bibliothèque de l'école des chartes. 1991, tome 149, livraison 1. pp. 200-201; http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1991_num_149_1_450613_t1_0200_0000_000

http://www.persee.fr/docAsPDF/bec_0373-6237_1991_num_149_1_450613_t1_0200_0000_000.pdf

https://books.google.fr/books?id=9M4HvgAE0JMC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

— ROMAN D'AIQUIN Le roman d'Aquin ou La conquête de la Bretaigne par le Roy Charlemaigne : chanson de geste du XIIe siècle / publiée par F. Jôüon Des Longrais Société des bibliophiles bretons (Nantes) 1880 CXXVII-239 p. ; in-8

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k81586s/f5.image

 

— SIMON (Richard), 1690, Histoire critique des versions du nouveau Testament, ou l'on fait connoitre quel a ete l'usage de la lecture des livres sacres dans les principales Eglises du monde, Volume 2 page 319

https://books.google.fr/books?id=uRxUAAAAcAAJ&dq=La+terre+etait+vaine+et+vuide+Et+tenebres+estoient+sur+la+face+dabisme&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— PERENNES (Henri)

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1934.pdf

— BRITISH LIBRARY : Bibles historiales numérisées :

http://www.bl.uk/manuscripts/BriefDisplay.aspx

Ms ADD 18856 :

http://www.bl.uk/manuscripts/Viewer.aspx?ref=add_ms_18856_fs001r

— Bible de Thou, vers 1270 : BnF français 6260 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9060447r/f30.image


 

 

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Published by jean-yves cordier
5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 22:48
Petite Passion, 4 couples de donateurs et Jugement Dernier, (vers 1500 et 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Petite Passion, 4 couples de donateurs et Jugement Dernier, (vers 1500 et 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Introduction.

 

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      Si l'église a été édifiée avant 1450, elle a été agrandie vers 1500, et c'est à cette époque qu'elle a reçu ses vitraux actuels ; mais leur disposition d'origine a été bouleversée lors d'une restauration, sans-doute celle effectuée entre 1840 et 1845 par Michel Cassaigne sur ce qui était en 1839  quatre vitraux. Aux vitraux d'origine ont été alors joints six panneaux d'un Jugement Dernier des années 1520, d'origine extérieure, mais vraisemblablement réalisé par l'atelier de Quimper (Le Sodec ? ) auteur des vitraux de Plogonnec, Ergué-Gabéric, etc

 La Baie 4 du bas-coté sud: Passion, Jugement Dernier  et 4 couples de donateurs (v.1500 et v.1525).

Cette baie de 4,20 m de haut et 2,35 m de large comprend 4 lancettes trilobées et un tympan à 9 ajours. Les panneaux ont perdu depuis longtemps leur ordre initial, et la Passion et les donateurs proviennent peut-être "de la maîtresse-vitre qui a précédé l'actuelle" (Gatouillat 2005) vers 1500, alors que d'autres panneaux viennent d'un Jugement Dernier des années 1525, extérieur à Guengat. Cette baie 4 a été restaurée en 1840, puis en 1987 par le maître-verrier Jean-Pierre Le Bihan de Quimper. On y discerne 3 registres horizontaux. Je les décrirai à partir du registre inférieur.

Elle a été examinée et décrite pour la première fois par H. Divérrès dans le Bulletin de la SAF en 1891. Il décrit 12 médaillons, dont les quatre derniers (ceux du registre inférieur), "très mutilés". Il y signale la présence dans les robes de deux donatrices "du griffon de saint Alouarn". 

  Ces vitraux sont classés MH depuis 1902.

 

Mon but en reprenant ma présentation de cette verrière est de mettre en valeur les verres roses plaqués similaires à ceux que j'avais admiré à Locronan dans la maîtresse-vitre de 1476-1479 ou dans la baie 0 de la chapelle du Pénity de Locronan, datant de 1500 environ. Mais puisque nous avons ici une juxtaposition d'une Passion et donateurs, vers 1500, avec verres roses, et d'un Jugement Dernier, vers 1525, avec carnations peint en sanguine, cela permet de voir dans le même coup le passage, au premier quart du XVIe siècle, d'une technique de représentation des carnations à une autre, ce qui devient encore plus intéressant. 

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Une mise en bouche :  la lecture de Roger Barrié 1979.

"Le nombre élevé de vitraux anciens autour de Locronan permet de suivre, pendant un peu plus d'un siècle, de la fin du XVe à 1600 environ, l'histoire de la peinture sur verre dominée par une double conquête, celle du chatoiement coloré et celle de l'esthétique de la Renaissance. 

a) "Le vitrail de tradition gothique est représenté par des témoignages de styles divergents. [Credo de Kergoat, Jugement Dernier du tympan du Juch ou celui de Pouldavid]. C'est surtout à Guengat que l'équilibre entre la qualité du dessin et la montée progressive de la couleur se réalise, comme en témoignent le saint Michel dans le vitrail de la Vierge [baie 2, vers 1500], ou, un peu plus tard, la sainte à l'allure botticellesque, présentant un seigneur du Juch [sic] et sa dame au registre supérieur de la Petite Passion. L'artiste fait appel à des verres de couleur pour les vêtements et les fonds, aux verres teintés de rose pour les visages, et tente de rendre par des lavis, aussitôt dégradés à la brosse, les méplats du visage de l'archange ; à cela, qui révèle un sens nouveau du vitrail, s'ajoute le délicieux pied d'Ancolie devant saint Jean [Baptiste, baie 2], dessiné au trait de grisaille et colorié à la teinture au jaune d'argent posée, pour obtenir le vert, sur un verre bleu teinté dans la masse. Les encadrements, surtout ceux du vitrail de la Vierge, sont nettement flamboyants avec cette exubérance qui caractérise le gothique germanique."

b) "L'émergence de la couleur et la plastique des formes obsèdent, dans le vitrail comme ailleurs, les créateurs à l'aube de la Renaissance qui se manifeste au chœur de Plogonnec vers 1520. [...] Les verres de couleur, très nombreux, sont d'une tonalité chaude et puissante ; les pièces incolores, réservées aux visages dessinés à la grisaille, sont colorés à la sanguine dont les lavis ou les très fines hachures indiquent le modelé des chairs."

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 I. REGISTRE INFÉRIEUR.

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Registre inférieur, (vers 1500 et 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Registre inférieur, (vers 1500 et 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau A1 : Anges en adoration (1525).

 

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Ces quatre anges, les mains jointes autour d' un cinquième, qui sonne de la trompette, nous donnent l'occasion d'admirer le premier exemple de l'emploi de  verres roses  cuivrés.  Mais on peut penser qu'ils doivent leur couleur à l'emploi d'une cémentation, la sanguine (ou Jean Cousin) à base d'hématite Fe2O3 . On constate que la couleur est accentuée  autour de la bouche et des narines, sur les sourcils et le long de l'arête du nez, ou encore le long des bords des doigts par de fines lignes orangées, tandis que le jaune d'argent adopte une teinte jaune d'or ou jaune-orangé selon les endroits.

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Anges du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Anges du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Ils appartiennent au Jugement Dernier, comme le panneau C1 de la baie 1, avec lequel il forme un tout :

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Anges du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 1 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Revenons à la baie 4  pour les détails : Cliquez pour agrandir.

 

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Anges du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Anges du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Ces clichés détaillés permettent aussi d'apprécier le patient travail de restauration qui a consisté à ôter les plombs de casse pour coller bout à bout les verres cassés. Nous ne voyons plus que la ligne claire du raccord, mais nous évaluons (ange buccinateur) le nombre de petits fragments qui ont été ainsi collés. Avant cette restauration, le verre devait ressembler à une toile d'araignée d'épais plombs rompant toute la lisibilité de la peinture.

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Anges du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Anges du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le tracé des yeux nécessite pas moins de six lignes de grisaille pour le sourcil et les deux paupières ;  l'iris,  souligné par un cercle noir, associe un croissant blanc et un grain noir, fendu par un triangle clair. La caroncule lacrymale, loin d'être omise, est épaisse et parfois fendu d'un trait.

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Anges du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Anges du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau B1 : 4 Apôtres et 6 nimbes (1525).

Deux apôtres sont au premier plan :  saint Paul (épée) et  saint Barthélémy (coutelas).

Les mêmes caractères stylistiques de rendu des visages notés pour les anges se retrouvent ici.

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Quatre Apôtres du  Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Quatre Apôtres du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Ce panneau du Jugement Dernier complète le panneau A1 de la baie  1 montrant 4 apôtres dont saint Pierre et saint Jean :

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Quatre Apôtres du  Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Quatre Apôtres du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Trois Apôtres du  Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Trois Apôtres du Jugement Dernier, (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau C1 : Saint. (vers 1525).

 

Un saint, à genoux, vêtu d'une peau de bête, est tourné, mains jointes, vers le Christ du Jugement Dernier qui devait figurer au centre de l'ancien vitrail. Il est  entouré de nuées et surmonté d'un arc-en-ciel. On y a vu Noé ou le prophète Elie, mais je propose d'y reconnaître  saint Jean-Baptiste vêtu de sa peau de chameau.

C'est là encore un très bel exemple de carnations en verre  cuivré,  peint de sanguine et de grisaille, au visage illuminé par le jaune d'argent du nimbe,  et aux lèvres rehaussées en rose plus intense. 

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Saint Jean-Baptiste,  "Jugement Dernier," (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Jean-Baptiste, "Jugement Dernier," (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Saint Jean-Baptiste,  "Jugement Dernier," (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Jean-Baptiste, "Jugement Dernier," (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Là encore, un dosage subtil de l'intensité de la sanguine permet de souligner les lèvres, les joues, les narines et le cou.

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Saint Jean-Baptiste,  "Jugement Dernier," (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Saint Jean-Baptiste, "Jugement Dernier," (vers 1525), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Panneau D1 : saint Michel et couple de donateurs.

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 Saint Michel, tourné vers la gauche, présente un seigneur donateur et une dame. Le seigneur est vêtu d'une cotte d'hermine au chef endenché de sable [endenché = denché = en dent de scie] . Il est en armure de chevalier, l'épée à poignée rouge au coté. Les armoiries correspondraient à la famille de Kérigny de Kerdrein selon le site www.guengat.com. :

 "Dans l'église de Guengat, sur un vitrail du bas-côté sud, est représenté saint Michel présentant un seigneur et une dame. Le seigneur est vêtu d'une cotte armoriée d'hermines endenchées de sable et fait partie de la famille Kerigny de Kerdrein.  Ce doit être Maurice de Kerigny, écuyer, seigneur de Kerdrein, et sa femme Jeanne de Roscerf. Ces derniers n'eurent qu'une fille, qui épousa Jean De Kerharo , dernier du nom."

On trouve effectivement dans le Nobiliaire de Potier de Courcy :

 Kerdrein (de) , Sr dudit lieu , — de Kerbiriou , — de Trébéron. R. 1426, 1536. M[ontre] 1562. Paroisse de Crozon, évêché de Cornouailles. D'hermines au chef endenché de sable.   

Un lieu-dit Kerdrein se trouve aujourd'hui sur la commune de Telgruc, en presuq'île de Crozon, mais aussi à Guengat.

Quant au patronyme Kerigny, il pourrait être  assimilable aux formes Kerriguy et Kerlegui.

À la monstre de 1481 de l'évêché de Cornouailles, parmi les nobles de Guengat après Guyomarc'h de Guengat, homme d'armes à trois chevaux pour la selle,   Morice de Kerlegui, archer en brigandine, est signalé représenté par deux autres archers, Michel Le Roz et Pierre Guillaume, "que ledict Kerlégui a fait comparaitre pour lui, parce qu'il était indisposé". (Fréminville, II, 342

  Les armoiries de la donatrice sont  parti d'hermine au chef endeuché de sable, armes de son mari,  et de gueules à annelets d'argent. Elle est vêtue d'hermine, avec un manteau bleu à revers d'hermine sur les manches et l'encolure. Sa coiffure est composée d'un voile bleu et d'un bonnet. Collier à maillons de cercles d'or avec pendentif à quatre perles et quatre gouttes d'or.

Les armes de gueules à 6 annelets d'argent sont bien  celles de la famille de Rocerf ou Roscerf 

http://michel.mauguin.pagesperso-orange.fr/Les%20armoiries%20dans%20la%20chapelle%20de%20Quilinen.pdf

http://www.infobretagne.com/landrevarzec.htm

Voir Congrès archéologique de France 1957 vol. 115, "Cornouaille" page 19 .

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Discussion héraldique :

Le 13 septembre 2014, Jean-Luc Deuffic a publié sur le forum Noblesse bretonne le message suivant :

https://fr.groups.yahoo.com/neo/groups/Noblesse-Bretonne/conversations/messages/36820

 L'ouvrage "Les vitraux de Bretagne" (Corpus vitrearum), Rennes, PUR, 2005, p. 133-134, au sujet des vitraux de l'église Saint-Fiacre de Guengat, précise que les armes, "d'hermines au chef endenché de sable", ne sont pas identifiés (sic), ni leurs alliances à l'exception des armes de KERIGNY (références aux travaux du chanoine Pérennès, 1941). Effectivement, dans la baie 3 [sic]  est représenté un couple protégé par saint Michel, l'homme portant les armoiries citées et l'épouse "de gueules aux annelets d'argent".

 Dans d'autres panneaux KERIGNY porte D'azur au lion rampant d'or, couronné et lampassé d'argent, leurs armes traditionnelles..Depuis les travaux de Pérennès on admet que ce couple représente Maurice de KERIGNY, sr de Kerdrein, et Jeanne du Roscerf, sa femme., mais le Corpus Vitrearum ne s'aventure pas sur cette identification ...ROSCERF (DE) porte bien De gueules a six annelets d'argent, 3. 2. 1. Les armes D'hermines au chef endenché de sable sont celles des : KERDREIN (DE) : Sieur de Kerdrein, de Kerbériou et de Trébéron à Crozon. Réf. et montres de 1426 à 1562 à Crozon. Concernant KERIGNY, De Courcy donne :Kerigny (de), sr. de Kervrac'h, paroisse de Guengat, et de Kerdrein. Réformes et montres de 1426 à 1481, dite paroisse, évêché de Cornouailles. Blason : D'azur, au lion d'or. Famille fondue dans Tivarlen, qui elle-même dans Rosmadec et de Ploeuc. René de Kersauson épousa, en 1492, Catherine de Kerigny, fille de Maurice, sr. de Kerigny et de Kerdrein, et de Jeanne de Rosserf. Catherine de Kerigny dut mourir en 1503, car cinq ans après, en 1508, René de Kersauson épousa, par contrat du 29 octobre, Jeanne de Lézivy, veuve de Pierre de la Lande. Il y a bien une terre de KERDREIN en Guengat...Trouvé, sans réf. de source précise : « Les seigneurs de KERDREIN, maintenu noble en 1669, ont donné Michel qui, en 1483, équipa un navire et arma cent vingt hommes pour secourir le duc assiégé dans Nantes"...(Mém. Ste généalogique canadienne-française, 10/11, 1959, p. 162. Peut-être donc celui présenté sur le vitrail de Guengat par saint Michel ?

Le 11 septembre 2014 Jean-Luc Deuffic écrit :

 L'ancienne généalogie des ROSCERF des Blancs Manteaux (Paris, BnF Fr. 22351) [ en ligne ] donne pourtant :

Jeanne de Roscerf fille d’Olivier II esp. Morice de Kerrigui en Irvillac pres Daoulas dont =

8 Jeanne de Kerrigui femme de Jean de K/charo, dont

 9 Françoise de K/charo femme de Charles de Guer sr de la Portenouve  

 Hervé Torchet note d'après Quimper, ADF, 2G 220 : 23 décembre 1477 : « Noble écuyer Morice de Kerriguy, seigneur dudit lieu, Guillaume David, chanoine de Cornouaille, maison autrefois à Henri de la Bruière, joignant la rue Verdellet joignant maison a maitre Guillaume David, jardin a maitre Guillaume le Bécam, recteur de Treoultré » 

 Notez la présence de Bruière famille alliée aux KERIGNY ...

 La généalogie des Blanc Manteaux est-elle dans l'erreur ?

En résumé : est-ce que Jeanne de Roscerf est femme de Maurice de Kerrigui (Irvillac) ou de Maurice de Kerigny (Guengat) ? JLD


Réponse d'Hervé Torchet le 12 sept. 2014 : : 

"Oh je ne crois pas qu'il s'agisse de deux familles différentes. Si l'on regarde la notice que j'ai donnée pour la Montre de 1481, on mesure bien l'articulation : Daniel de Kerriguy, époux de Constance de Coetanezre, fit exempter un métayer au manoir de Kertourch en Plomelin en avril 1444 et un autre, nommé Hervé Kerrigui, au manoir de Kerrigui en Irvillac en mai 1444. Il mourut en mars 1449 et son fils Morice présenta son rachat au receveur ducal de Quimper, notamment pour le manoir de Kerdrein en Guengat .

Katherine Kerriguy était épouse d’Yvon Buzic en avril 1469.

"Morice, seigneur de Kerriguy, a fait des fondations à la cathédrale en septembre 1472  et décembre 1477. Il au paru a sujet d’une maison à Quimper en décembre 1477. Il obtiendra maintenue sur des vitres, tombes et armoiries dans l’église paroissiale de Guengat en juin 1482. Il a épousé Jehanne de Roscerff et en a une fille Jehanne, mariée avec Jehan de Kerharo. Il périra en 1498 et Charles de Guer et Françoise de Kerharo, seigneur et dame entre autres de Kerriguy présenteront son rachat au receveur ducal de Quimper, notamment pour le manoir de Kerdrein en Guengat.

"La superposition chronologique des prénoms des personnages successifs est trop parfaite pour qu'il s'agisse d'une coïncidence. Je serais donc surpris qu'il existe suffisamment d'indices pour proposer l'existence de deux lignages distincts, mais si je me trompe je le reconnaîtrai, ce qui, encore une fois, me semble improbable." Hervé Torchet.

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Saint Michel et un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Michel et un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Saint Michel, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Saint Michel, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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On remarquera que le visage de saint Michel est sans-doute la reprise d'un fragment du Jugement Dernier (le visage d'un ange), puisqu'on y retrouve la couleur cuivrée de la sanguine, les rehauts de lignes orange (sourcils)  et  les traits stylistiques précédents, qui vont contraster avec ceux des verres des années 1500 de la Passion.

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L'archange saint Michel, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

L'archange saint Michel, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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REGISTRE MÉDIAN : LA PETITE PASSION (1)

Roger Barrié a nommé les cinq panneaux de ces registres "Petite Passion" en clin d'œil à celle de Dürer, et pour la différencier de la Passion de la maîtresse-vitre.

Registre moyen (et supérieur) de la baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Registre moyen (et supérieur) de la baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau A2 : Baiser de Judas (vers 1500).

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Baiser de Judas, Passion  (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Baiser de Judas, Passion (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Baiser de Judas, Passion  (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Baiser de Judas, Passion (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Baiser de Judas, Passion   (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Baiser de Judas, Passion (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Les différences de styles entre ces verres des années 1500 et ceux du Jugement Dernier de ca 1525 sont patents. Les carnations sont faites d'un verre uniformément rose, 

 

Baiser de Judas, Passion   (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Baiser de Judas, Passion (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Baiser de Judas, Passion   (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Baiser de Judas, Passion (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Baiser de Judas, Passion  (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Baiser de Judas, Passion (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Malchus, serviteur de Caïphe, est terrassé après avoir eu l'oreille  tranchée par saint Pierre ; Jésus la remet miraculeusement en place.

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Baiser de Judas, Passion   (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Baiser de Judas, Passion (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau B2 : sainte Marie-Madeleine présentant un couple de donateurs.

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 Sainte Marie-Madeleine, présentant un seigneur et une dame, portant d'azur au lion rampant d'or, couronné et lampassé d'argent. Ce sont les armes de Kerriguy (ou Kerigny), Sr. de Kervrac'h. 

Les armoiries de la donatrice sont, dans la moitié antérieure de la jupe, celle de son époux (d'azur au lion rampant d'or) ; pour la partie postérieure, soit on considère (Corpus Vitrearum) qu'elles ont été remplacées par du verre rouge, soit on les décrit de gueules à losanges d'argent . Pour les losanges d'argent de la famille De Bruyère,  voir panneau D2.

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 Sainte Marie-Madeleine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Marie-Madeleine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sainte Marie-Madeleine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Marie-Madeleine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le donateur. 

Notez :

— l'inscription NEOA   en lettres majuscules gothiques perlées sur la manche de la sainte.

— le verre rose du visage et des mains.

— L'absence de barbe, la frange divisant les cheveux qui tombent en boucles couvrant la moitié de l'oreille et toute la nuque ; la fraise blanche très courte. Les sourcils sont "suturés" de traits transversaux, procédé qui se retrouve régulièrement et qui est propre au "Maître de la Petite Passion de Guengat". La paupière inférieure est faite par un double trait. L'œil lui-même est grand ouvert, avec le globe de l'iris presque complet et la pupille noire cernée d'un croissant clair.   La courbe de la lèvre inférieure est soulignée par des traits convexes en enlevage sur la grisaille. Le nez est fort et triangulaire au dessus d'un philtrum accentué. 

— Les cubitières pointues, à ailerons ou oreillons (fin XVe), et la charnière du canon d'avant-bras. Les solerets sont encore fins et pointus, "à la poulaine" (1300-1490) alors que leur élargissement en pied d'ours survient en 1500-1530. Les éperons à molette seraient apparus au milieu du XIVe. Le casque est posé devant le genou droit, mais sera mieux visible sur le donateur suivant. L'épée, très longue,  est portée (comme toujours) au coté gauche.

—La donatrice :  Les colliers en chaîne d'or étaient alors très à la mode. Le décolleté du surcot est rectangulaire, alors que celui de la tunique de la sainte est rond. La dame porte une chemise fine formant un V très effilé. Le surcot est fourré d'hermine chez les deux donatrices, alors que ceux des deux saintes Catherine et Barbe sont également mouchetés, mais enrichis d'une ligne centrale de boutons dorés, comme si cela marquait une différence de statut. 

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 Le donateur (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Le donateur (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau C2. Sainte Catherine présentant un couple de donateurs.

 

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Sainte Catherine, présentant un seigneur et une dame. La cotte du seigneur est armoriée d'hermines au chef endenché de sable. Le Corpus Vitrearum signale " jupe de la donatrice refaite avec emploi d'émail bleu; panneau complété, autrefois fragmentaire et élargi d'un fond de losanges".

Cette sainte Catherine est proche de celle qui figure sur la verrière principale de la chapelle du Pénity de Locronan, datée du tout début du XVIe siècle, et donc contemporaine de ces panneaux. On y reconnait la chape bleue, la robe rouge, et surtout cette pièce d'habillement blanche qui couvre le centre de la poitrine et de l'abdomen avant de s'évaser en deux lanières qui partent dans le dos : le "surcot ouvert" sur lequel je me suis longuement attardé dans mon article sur cette baie du Pénity. Bref rappel : Cet accessoire est représenté par les fils de Jean Colombe dans l'Histoire de la destruction de Troye de Guiddo delle Colonne, datant de la même période vers 1500 : porté par la reine Hélène  BnF NAF 24920 folio 11r et folio 12r, folio 27r, et surtout porté par Polyxène au folio 27vMais on en trouve aussi une illustration un siècle auparavant,  sur Marguerite de Rohan, épouse d'Olivier de Clisson, sur le cénotaphe du couple à Josselin.

Le visage de la sainte et celui de la donatrice sont peints sur un verre blanc, à la différence du visage du donateur. On retrouve sur ce dernier les traits stylistiques détaillés sur le donateur précédent. 

Pour les losanges d'argent de la famille De Bruyère,  voir panneau D2.

 

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Sainte Catherine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Catherine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sainte Catherine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Catherine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sainte Catherine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Catherine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sainte Catherine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Catherine présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau D2. sainte Barbe présentant un couple de donateurs.

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  Sainte Barbe présente un seigneur et une dame. Le seigneur porte une cotte de gueules à trois losanges d'argent, 2 et 1. La dame a une robe d'azur au lion rampant d'or, couronné et lampassé d'argent.

Selon le site www.guengat.com, " Une charte du 8/X/1434 mentionne Henri DE BRUÈRE  qui blasonne 3 losanges accompagnés en chef d'un lambel à trois pendants."

Ceci nous démontre donc l'alliance d'un de Bruière avec les Kerriguy

DE BRUYÈRE avec les KERIGNY.

Voir le culturezine d'Hervé Torchet La Bruyère Hervé Torchet note d'après Quimper, ADF, 2G 220 : 23 décembre 1477 : « Noble écuyer Morice de Kerriguy, seigneur dudit lieu, Guillaume David, chanoine de Cornouaille, maison autrefois à Henri de la Bruière, joignant la rue Verdellet joignant maison a maitre Guillaume David, jardin a maitre Guillaume le Bécam, recteur de Treoultré ». 

Selon Pol de Courcy :

 

Bruyère (de la) ou Bruczec, sr du Rest, par. de Riec, — de Kerlouc’h, par. De Plomelin, — de Penalan, par. de Lanvern — de Menguen, par. de Beuzec-Conq.

 Réf. et montres de 1426 à 1536, dites par., év. de Cornouaille.

 Porte trois losanges (Sceau 1437, mss. Gaignières).

 Eon, receveur de Conq-Foueznant et Rosporden en 1410.

 

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Sainte Barbe présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Barbe présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Sainte Barbe, les cheveux blonds ornés d'un médaillon, vêtue d'un manteau vert sur un surcot ouvert et un surcot clos lie-de-vin, tient son attribut, la tour à trois fenêtres indiquant sa foi dans la sainte Trinité. Seul le visage de l'homme est en verre rose. 

 

Sainte Barbe présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Sainte Barbe présentant un couple de donateurs, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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REGISTRE SUPÉRIEUR : PETITE PASSION (2).

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La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau A3 : Comparution du Christ devant Caïphe.

Niche à voûte rouge et bandeau violet (inscription ??), tenture  damassée jaune à motif floral. Caïphe se tient à gauche devant son conseiller, et reçoit en comparution Jésus aux poignets liés, conduit par trois gardes. Les six visages sont en verre rose.

La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Caïphe est vêtu d'un manteau rouge fourré d'hermine et frangé aux manches, pour indiquer qu'il est le grand prêtre juif. Pour la même raison, il est coiffé d'un bonnet conique, dont la base en turban bleu souligne que la scène se passe en "Orient". Ce bonnet est en verre rouge plaqué gravé, c'est à dire que la couche rouge est ponctuellement poncée à la molette pour ne laisser que le verre blanc. Ce détail semble avoir échappé au recensement effectué par Roger Barrié en 1976. Le verre rouge du manteau est gravé également pour faire les deux boutons.

L'artiste a repris pour ses trois gardes  le carton des donateurs, vus de trois-quart avec le nez triangulaire, les lèvres charnues, les sourcils "épineux", les cheveux mi-longs bouclés et la frange, les paupières épaisses, etc. Les hauts de chausse moulants, les tuniques courtes serrées par une ceinture, ou les couleurs acidulées appartiennent au registre habituel de représentation / stigmatisation des bourreaux, de même que la découpe en créneaux triangulaire d'une des tuniques. 

 

La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau B3 : Le Christ et la colonne de flagellation.

Sur ce panneau, toutes les carnations sont en verre rose.

Le dais architecturé étend  une voûte verte au dessus des protagonistes, qui se détachent sur une tenture rouge.

Inscription.

Sur le galon doré de cette tenture se lisent des lettres dont le sens ne peut être déchiffré, d'autant que la barlotière passe devant. Je lis : --AMI / OIEFV-. Des inscriptions occuperont cet emplacement dans de nombreuses verrières finistériennes du XVIe siècle, notamment dans les créations de l'atelier Le Sodec. Un certain rapprochement pourrait être suggéré avec les enluminures du peintre de Bourges Jean Colombe et de ses enfants François et Philibert, qui signaient leurs travaux de l'anagramme MOLBECO (Romuléon BnF fr 364 A folio 183v) ou de l'allusion à la colombe du Saint-Esprit OMNIS SPIRITUS, ou OMNIS SPIRITUS LAUDET DOMINUM (Fleur des Hystoires BnF fr.53 folio 121v), ou de protestation contre les aléas du paiement (TEMPS PERDU POUR COLOMBE), etc. ou bien TOUS FOUS, NOS YEUX (folio 191v), SOMEG (folio 199v), ENSTUEP (folio 204r), etc; etc., avec une préférence pour localiser ces inscriptions sur les bordures des tentes. On voit combien ce riche sujet, assez bien exploré pour les enluminures, pourrait l'être pour les vitraux, afin de dégager des relations réciproques des deux arts ou préciser des ateliers de verriers.  

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La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le personnage de gauche est représenté comme un Juif avec une barbe longue, un manteau aux manches frangées, et un chapeau rouge conique (verre rouge gravé). Il peut être considéré comme Caïphe, dont il reprend la tenue vestimentaire de la scène précédente.

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La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Flagellation, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau C3 : Christ en croix.

Tête du Christ restaurée. Le Bon Larron ("Saint Dismas") a les yeux bandés, mais sa tête est tournée vers le ciel alors que celle du Mauvais Larron ("Gesmas") pend vers le sol.

 

La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le visage du Christ (refait ?), en verre blanc, contraste avec les carnations du corps, en verre rose plaqué.

 

La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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La Vierge voilée, mains jointes semble d'une main différente de saint Jean, avec des traits noirs épais et denses, des plis du voile complexes et ombrés, évoquant l'art de la gravure.

 

La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le Mauvais Larron.

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La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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A droite, deux personnages s'adressent la parole. L'un est représenté comme un Juif (barbe longue, robe, coiffure conique), mais il lève une main sentencieuse comme le Centenier s'exclamant Celui-ci était vraiment le Fils de Dieu. Son interlocuteur tient une lance, ce qui peut le désigner comme Longin. 

Verre rose plaqué pour les deux visages.

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La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Crucifixion, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Panneau D3 : Résurrection. 

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Le Christ, revêtu le manteau rouge de la gloire de la Résurrection et tenant la croix de sa Victoire, trace une bénédiction. L'un des gardes, ébloui, se protège les yeux.

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La Résurrection, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Résurrection, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le soldat en haut à droite, sur un verre faiblement rose,  est d'un carton analogue à celui des deux donateurs.

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La Résurrection, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Résurrection, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le visage et la main du  soldat ébloui de gauche sont également taillés dans un verre rose. Le dessin de la tunique, aux plis cassés des manches et au boutonnage médian au dessus d'une ceinture jaune, semble tirer son modèle d'une gravure du Nord.

 

La Résurrection, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

La Résurrection, Passion, (vers 1500), baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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IV . LE TYMPAN.

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 Restauré en 1840 : deux anges jouant du luth (vers 1500) ; croix, échelle, deux écussons à hermines. oculus. 

 

Le tympan, baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Le tympan, baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Les anges musiciens.

Ils jouent d'un instrument à corps piriforme et à trois cordes pincées, joué sans plectre : un luth.

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Ange musicien du tympan, baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Ange musicien du tympan, baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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Ange musicien du tympan, baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

Ange musicien du tympan, baie 4 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2017.

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SOURCES ET LIENS.

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— 1911, Notice sur la paroisse de Guengat, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, BDHA, Quimper

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/e296d04e82cd30c9fa97fe5d8508bc81.pdf

— BARRIÉ (Roger), 1976. Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIe siècle en Bretagne occidentale. In: Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest. Tome 83, numéro 1, 1976. pp. 35-44; doi : 10.3406/abpo.1976.2796 http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1976_num_83_1_2796

— — BARRIÉ (Roger), 1979, Le vitrail, in Un pays de Cornouaille, Locronan et sa région, ouvrage collectif sous la direction de Maurice Dilasser, recteur de Locronan, Nouvelle Librairie de France, pp. 551-561

— COUFFON Notice sur les paroisses,...

"Verrière du bas-côté sud : elle comprend quatre lancettes de trois panneaux, de provenance diverses. Plusieurs sont de très bonne facture. Une partie provient d'une Passion plus ancienne, peut-être de la maîtresse vitre primitive, du début du XVIè siècle. Quatre panneaux présentent des donateurs et des donatrices de la famille de Kerigny, de Kerdrein et de Bruère-Ducran assistés de saint Michel, sainte Marie-Madeleine, sainte Catherine et sainte Barbe. Au bas on retrouve des fragments du même jugement dernier que dans la fenêtre nord. "

"- Verrière de l'autel nord : posée dans un fenestrage rectangulaire, elle comporte trois lancettes de trois panneaux qui proviennent d'oeuvres diverses. Les panneaux inférieurs appartiennent à un Jugement dernier ; les panneaux centraux représentent des donateurs, présentés par les saints Michel, Pierre et Jean Baptiste ; les supérieurs, la Nativité, la Circoncision et le Baptême du Christ, sous des dais Renaissance. Les cinq Apôtres provenant du Jugement dernier sont d'excellente facture, d'ailleurs très particulière ; on retrouve notamment une oeuvre du même atelier dans un buste de saint Sébastien à Saint-Divy."

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4bc495e8ae261523262138b91718a386.pdf

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/GUENGAT.pdf

—DIVERRÈS (Henri), 1891,  "Monographie de la commune de Guengat ", Bull. S. A. F., pages 42-61).

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f115.image

— VASSELIN (Martine), « Les donateurs de vitraux au XVIe siècle en France : leurs marques et leurs représentations », Rives nord-méditerranéennes [En ligne], 6 | 2000, mis en ligne le 10 mars 2011, consulté le 20 novembre 2017. URL : http://rives.revues.org/61 ; DOI : 10.4000/rives.61

"Les progrès et innovations techniques introduites dans l’art du vitrail vers la fin du XVe siècle et durant le XVIe siècle vont d’ailleurs favoriser le développement des portraits de donateurs. L’usage de la peinture en camaïeu, notamment en dégradé de sanguine, permet un rendu très fin des visages et une véritable ressemblance physionomique, celui des verres gravés, des pochoirs, des émaux, des verres doublés, une restitution précise et limpide des étoffes, à motifs décoratifs ou armoriés, des bijoux, des accessoires du costume; le montage en chef-d’œuvre rend possible la mise en valeur des blasons d’armes sans plombs les recoupant; le remplacement de meneaux de pierre par des barres de métal et la substitution de la peinture au jaune d’argent ou avec d’autres couleurs fusibles et diffusant dans l’épaisseur de verres blancs, aux verres teintés dans la masse au préalable, découpés et mis en plomb, donne une luminosité et une lisibilité inédites aux verrières et autorise les compositions amples et continues, les effets de perspective et les figures à grande échelle disposées en profondeur dans une même scène ou un même cadre architectural. A la juxtaposition isolée et hiératique des personnages sous des dais gothiques succède une véritable mise en scène spatiale de groupes familiaux et de leurs saints patrons, dans un environnement mobilier (prie-Dieu, tentures), architectural (niches, portiques, balustrades) et emblématique (pièces d’armures ou accessoires des dignités ecclésiastiques, armoiries, colliers d’ordres chevaleresques, présentés dans des chapeaux de triomphe, des cartouches de cuirs enroulés, tenus par des anges ou des putti).


La représentation des donateurs en figures agenouillées ou debout n’est pas une nouveauté au XVIe siècle : des mécènes princiers ou des membres du haut clergé ont fait inclure leurs portraits dans des verrières dès le XVe siècle, comme les ducs de Bourbon à la cathédrale de Moulins, à la Sainte-Chapelle de Riom ou à Bourbon-L’Archambault, voire plus tôt. Il ne s’agit pas non plus d’une spécificité française, les pays allemands, suisses et flamands offrant des exemples similaires (la famille Adornes figure dans les verrières de l’église du Saint-Sépulcre de Bruges, pour se contenter d’un exemple). Il ne s’agit pas enfin d’un privilège réservé à une catégorie particulière de bienfaiteurs : les verrières montrent des laïcs et des clercs, des nobles et des roturiers, des hommes et des femmes, des adultes et des enfants, des « portraits » rétrospectifs et des effigies très vraisemblablement peintes au vif ou du moins d’après des dessins ou des peintures précis.

Les conventions de représentation favorisaient la vanité des donateurs : le positionnement hiérarchique des figures en raison de leur sainteté et de leur dignité ontologique voulait que les donateurs soient placés dans les registres inférieurs des baies; mais c’était là où ils étaient aussi le plus près des regards des spectateurs, les mieux à même d’être identifiés et de hanter leur mémoire. Les proportions hiérarchiques, les saints protecteurs de stature plus élevée que leurs protégés disparaissent assez vite. Les chefs de famille sont généralement placés à la droite des personnages saints; si les époux sont tournés dans la même direction, l’épouse est représentée derrière son époux. L’attitude quasi obligée des donateurs est la position agenouillée sur un prie-Dieu et l’angle de vue choisi le profil. Les portraits sont en pied quel que soit le rang social des personnages, alors que la majorité des portraits contemporains peints sur bois ou toile sont en buste, lorsqu’il ne s’agit pas des portraits d’apparat des souverains. La peinture sur verre tient ainsi compte de l’éloignement relatif du spectateur par rapport aux modèles, à la différence des tableaux conçus pour une vision rapprochée; en même temps, elle en souligne mieux l’image sociale, accordant plus de place aux vêtements que la peinture mobile, qui privilégie alors en France la physionomie et une certaine amorce de la psychologie. Les images féminines sont différentes de celles de la peinture, répudiant dans ce contexte la coquetterie, les sourires, les parures trop luxueuses ou sensuelles : si l’image masculine reste marquée par l’ambition sociale, sa contrepartie féminine se fait discrète et respectable. .... Les blasons d’armes sont presque systématiquement présents; ils sont comme épinglés sur le flanc des prie-Dieu, timbrent un soubassement architectural ou surmontent portraits et scènes en étant placés dans les têtes de lancettes ou dans les compartiments flexueux déterminés par les remplages gothiques flamboyants. Les compositions héraldiques peuvent se retrouver dans les vêtements eux-mêmes portés par les donateurs. Des pièces d’armures sont posées au pied des nobles d’épée, des chapeaux cardinalices devant les cardinaux mécènes."

— WAQUET (Henry ), 1957,  Guengat (S.F.A. - Congrès archéologique de France CXVe session 1957 Cornouaille.) -

"   Il y a des raisons de conjecturer que Guengat, quoique portant un nom qui était un nom d’homme, au pays de Galles, n’est pas une paroisse primitive, et qu’elle dépendit d’abord de la vaste paroisse de Plogonnec. Ainsi la 1e église n’aurait été qu’une chapelle de dévotion. Le château, aujourd’hui complètement ruiné, de la seigneurie de Guengat, s’élevait très près de la limite actuelle des 2 communes. Le seigneur comptait parmi les principaux de Cornouaille. L’un d’eux, Alain, chambellan du Roi, vice-amiral de Bretagne, capitaine de la ville et du château de Brest, combattait à Pavie au côté de François 1er ; et partagea sa captivité.
    A la fenêtre à 3 meneaux, du bras sud, du faux transept, se voient entremêlées des scènes de la vie du Christ, (divers saints), présentant des donateurs et donatrices, seigneurs et dames des familles de Kérigny, de Kerdrein, et de Bruère-Ducran. Malheureusement les incertitudes des généalogies de ces familles ne permettent pas de proposer fermement une date ; il faut s’en tenir à une approximation : environ l’an 1500."

— Sites divers :

http://www.guengat.com/8/eglise05.html.

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
5 novembre 2017 7 05 /11 /novembre /2017 21:55

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 Le Finistère détient 18 groupes de Saint Yves et les Plaideurs dont 9 datent du XVIe siècle. J'en ai décrit précédemment  quatre.

Ils varient par la posture du saint (assis ou debout), par la tenue vestimentaire des trois personnages, mais chacun se caractérise par sa petite particularité qu'il est amusant de rechercher. Ici, c'est... ah, patience !

À Quimper, dans le bas-coté de la nef, les trois statues sont posées sur un plateau fixé au mur, sans niche ni retable. Sa provenance n'est pas indiquée, et je ne l'ai pas trouvé la provenance ou la description dans la Monographie de Le Men de 1877. Le copieux ouvrage La cathédrale de Quimper de la collection La grâce d'une cathédrale ne m'en a pas appris d'avantage. Pourtant, ma curiosité est aiguisée par la phrase suivante, sous la plume de Virginie Montarou :

"De même, certains groupes signalés comme disparus peuvent être retrouvés, après avoir été laissés à l’abandon dans une remise comme celui, pourtant magnifique, de la cathédrale de Quimper. "

Mais Le Men signale l'existence ancienne d'une chapelle Saint-Yves dans la nef de la cathédrale, attestée en 1406, 1467, 1543, et 1618, et sous le vocable de saint Ronan et saint Yves, en 1529. Dès le XIVe siècle saint Yves, canonisé en 1347 par le pape Clément VII, avait une chapelle dans la nef de la cathédrale. Lorsqu’on reconstruisit cette partie de l’église, on s’empressa de rétablir sa chapelle, qui était déjà livrée au culte en 1467.  En 1473 on desservait dans cette chapelle, une chapellenie dont la présentation appartenait alternativement à l’évêque et au chapitre. 

Le groupe est classé au titre d'objet depuis le  26/09/2000. La notice de la base Palissy en donne les mensurations : h = 102 ; la = 48 ; pr = 20 ; dimensions de saint Yves ; le riche : h = 105, la = 33, pr = 15 ; le pauvre : h = 90, la = 33, pr = 10

Une inscription indique "Sant Erwan etre ar Pinvidig hag ar Paour. Saint Yves entre le Riche et le Pauvre. XVIe siècle".

 

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Saint Yves entre le Riche et le Pauvre. XVIe siècle, cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Saint Yves entre le Riche et le Pauvre. XVIe siècle, cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Saint Yves y est représenté assis sur une cathèdre. Il tient un rouleau d’écrits dans la main gauche. Sa tête et ses épaules sont légèrement inclinées vers la gauche. 

Il est vêtu simplement, de noir et de blanc. La cotte talaire noire qui descend jusqu'au bout des chaussures de cuir est recouverte par le surcot blanc et par le chaperon, petit mantel couvrant les épaules et dont le capuchon couvre partiellement la barrette. C'est, à cette barrette près, le vêtement décrit par les témoins lors du procès de canonisation, à condition de laisser au sculpteur sa part de liberté dans le choix des couleurs et de l'aspect des matières : le but est de créer un objet de dévotion et non de procéder à une reconstitution historique. Lire là-dessus l'article de Yves-Pascal Castel.
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Saint Yves entre le Riche et le Pauvre. XVIe siècle, cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Saint Yves entre le Riche et le Pauvre. XVIe siècle, cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Le plus réussi est peut-être le visage empli de sollicitude, avec sa bonhomie, son regard franc , ses sourcils dressés par l'attention dans l'écoute. Le saint, qui esquisse un geste de la main droite, semble être peint, surpris au cours d'une plaidoirie ou plus simplement d'une parole adressée.

 

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Saint Yves entre le Riche et le Pauvre. XVIe siècle, cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Saint Yves entre le Riche et le Pauvre. XVIe siècle, cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Le Riche.

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Le Riche s'est mis sur son trentain pour rencontrer l'Official. Il a d'abord passé ses chausses rouge vermillon, puis  une tunique de drap d'or dont il a boutonné l'encolure. Il a noué autour de sa taille une ceinture rouge, qui lui permettait de retenir une aumônière assortie,  à fond frangé d'or. Et là dessus, il a enfilé une houppelande teinte de la même garance qui donne sa couleur aux étoffes précédentes. Son revers est vert, et le tailleur a su jouer de la complémentarité des deux couleurs. 

Les houppelandes aux manches descendant jusqu'à terre appartiennent plutôt à la mode de la première moitié du XVe.

La barbe à deux pointes, déjà présente sur l'autoportrait de Dürer en 1498, est à la mode en  1540.

Le chapeau écarlate à rebords évasés n'est pas très éloigné de celui d'Arthur, Prince de Galles vers 1500, ou de Johannes Cuspinian par Lucas Cranach vers 1502-1503. Mais la présence de la barbe et des cheveux longs incitent à comparer aussi avec le Portrait d'un jeune homme avec barbe et chapeau rouge du même Lucas Cranach en 1521. On notera bien-sûr les deux larges boutons dorés, qui s'apparient avec les boutons placés aux aisselles de la houppelande.

Est-ce un portrait réaliste d'un seigneur ou d'un marchand breton , ou bien une composition d'artiste mêlant des traits vestimentaires disparates, et une barbe plutôt hébraïque? 

https://en.wikipedia.org/wiki/1500%E2%80%931550_in_Western_European_fashion

http://lecostume.canalblog.com/archives/pilosite_faciale/index.html

Il tient, comme Yves, un rouleau de papier dans la main gauche, mais l'élément déterminant est la pièce en or qu'il tend, entre pouce et index, au juge. 

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Saint Yves entre le Riche et le Pauvre. XVIe siècle, cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Saint Yves entre le Riche et le Pauvre. XVIe siècle, cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Saint Yves entre le Riche et le Pauvre. XVIe siècle, cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Saint Yves entre le Riche et le Pauvre. XVIe siècle, cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Le Pauvre.

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Le Pauvre, à coté, fait grise-mine, et c'est bien le rôle qui lui est confié. Il porte, sur une chemise blanche qui se devine aux poignets, une terne tunique à manches, descendant sous les genoux, au dessus de galoches à semelles. Pas de guêtres, pas de chausses.

Son visage est un peu le sosie de celui de saint Yves. 

L'artiste a évité tout misérabilisme, mais a utilisé des moyens très subtils pour indiquer son statut. Le premier est la direction des pieds perpendiculaire au corps. Le second est sa petite  taille, les trois têtes s'alignant sur une droite oblique vers le bas du Riche au Pauvre. La troisième est son allure engoncée : il semble empêtré par le poids de son bissac de procès, poids de la malheureuse histoire de la justesse de sa cause, dont il sait bien qu'elle compte pour du beurre. 

Lui aussi tient un rouleau de papier blanc dans la main gauche, et la répétition de ces trois rouleaux participe d'un effet comique assez habile.

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Saint Yves entre le Riche et le Pauvre. XVIe siècle, cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Saint Yves entre le Riche et le Pauvre. XVIe siècle, cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Mais son chapeau breton, le chapeau de feutre noir et rond, l'avez-vous vu ?

Comme il ne sait pas bien quoi en faire, et qu'on ôte son chapeau devant Monsieur le Juge, il l'a calé entre son bras et sa poitrine : cela ne diminue pas son embarras.

 

 

 

Saint Yves entre le Riche et le Pauvre. XVIe siècle, cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Saint Yves entre le Riche et le Pauvre. XVIe siècle, cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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J'ai dit que mon amusement était de dénicher le détail singulier.

Ici, le Pauvre présente quatre ou cinq pièces d'or, aussi belles et luisantes que celle du Riche, en équilibre dans le creux de la main qu'il tend vers le saint.

C'est maladroit, car, du coup, toute la morale de la scène dénonçant la corruption de la "Justice" par les Riches, et montrant qu'Yves Hélory de Kermartin sait y résister pour juger en droit, s'effondre. Patatras ! 

C'est pas comme ça que les choses vont changer. La terre va continuer à tourner, les pauvres vont continuer à s'appauvrasser et les riches à s'enrichasser afin que chacun reste à son rang :

D'ar paour da baouraad

D'ar pinvidig da binvidikaad

Ha da bep hini da chom en e renk

(Source)

 

Saint Yves entre le Riche et le Pauvre. XVIe siècle, cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Saint Yves entre le Riche et le Pauvre. XVIe siècle, cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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SOURCES ET LIENS.

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http://books.openedition.org/pur/22411?lang=fr

http://fonds-saintyves.fr/Les-representations-de-saint-Yves

— LE MEN (R.F), 1877, Monographie de la cathédrale de Quimper,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1e08593c46eb46336af146045b16d0f4.pdf

— MONTAROU (Virginie), 2004, Saint Yves entre le Riche et le Pauvre, in Saint Yves et les Bretons, Presses Universitaires de Rennes.

http://books.openedition.org/pur/22412?lang=fr

 

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Published by jean-yves cordier
1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 21:01

La maîtresse-vitre de la Passion et de la Résurrection  (1476-1479) ou Baie 0 de l'église Saint-Ronan de Locronan ...

 ...les verres roses de ses carnations et vêtements,

... ses pièces en chef-d'œuvre,

... son corpus d'inscriptions,

... son héraldique.

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Voir:

Plus généralement, voir :

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  •  

L'église de Locronan, combien de fois  l'ai-je visitée ? Vingt fois, plus peut-être. Pour ses bannières de Le Minor et Toulhoat, pour sa chaire, pour ses statues, pour la Déposition de la chapelle du Pénity, pour marcher sur les traces de son recteur Maurice Dilasser passionné d'art sacré, lors de mes visites à ses chapelles de Bonne-Nouvelle ou de Ty-ar-Zonj, etc. 

A chaque fois, je jetais un coup d'œil à ses vitraux, à la Passion de sa maîtresse-vitre que je  photographiais, mais je ne ressentais pas ce Je Ne Sçay Quoy qu'on sent pour une œuvre et qui fait qu'on l'admet dans son musée imaginaire, ou qu'on lui consacre un article.

"Quand ça veut pas, ça veut pas". 

Pourtant, la liste des 28 Passions finistériennes la désignait comme la doyenne :

et dans le Morbihan :

 

Et puis voilà, soudain, mercredi dernier, cette maîtresse m'a  enfin fait connaître par « ... un je ne sçay quoy, qui se forme je ne sçay comment, et qui nous enchante par je ne sçay quels charmes » et m'a révélé des carnations roses que je n'avais encore point vues ailleurs. Et ces teintes roses  déclinaient leurs variations non seulement sur les visages, mais dans les ciels, les tuniques et les manteaux, les chausses et les chapeaux, mêlant aux embrasements des jaunes, rouges et  oranges l'effusion  de  pièces ici  incarnadins, là vieux rose ou corail clair, et là encore  pelure d'oignon, saumon ou héliotrope. Tel éclat était celui des aubépines de Combray, tel autre avait le reflet des dragées et tel encore osait  franchement le rose-jambon.

Lorsqu'ils voisinaient des pièces vert-prairie ou anis, c'était comme si Aurore rododaktulos  et Flore se penchaient enlacées vers le bouton d'un rosier-thé.

Je ne voyais plus la laide lèpre des verres altérés par la corrosion et rongés par les hideux  cratères grisâtres que les soins des verriers-restaurateurs n'avaient pu effacer, mais les accords colorés que le soleil, titulaire de cet orgue, composait avec ces notes Magenta,  rose Persan ou Fuschia.

Mais le plus remarquable était que, dans de nombreux cas, ces verres roses n'étaient pas unis ; ces teintes cuisse-de-nymphe, gorge-de bal-des-debs, tutu-d'organza, paupière-endormie,  étaient   diaprés  de  veinages  décolorés, et le verrier avait pris soin de réserver ces verres imparfaits pour rendre la cruauté des visages des bourreaux par des faces semblables à des conjonctives d'ivrognes.

 

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Vue d'ensemble du chœur et de la nef de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Vue d'ensemble du chœur et de la nef de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Description.

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Cette verrière possède 6 lancettes trilobées organisées en 3 registres et un tympan à 19 ajours et écoinçons. Elle mesure  4,90 m de haut  et 6,50 m de large. Elle est datée par les informations concernant l'édifice : si la construction débuta au commencement du XIVe siècle, favorisée par un don de Jean V de 50 écus d'or pour la façade ouest, elle s'acheva par la reconstruction des parties orientales (où se trouve le chevet) autour de 1474. Une datation plus précise découle d'un mandement du 4 décembre 1475  duc François II qui prolonge pour les trois années 1476-1479 le bénéfice du droit de billot au profit de la "grant vitre". 

 

Ce mandement souvent évoqué est rarement cité.

"François...a nostre bien amé ...Henry du Juch, nostre capitaine de Kemper-Corentin et a nos senechal, bailly et procureur de Cornouaille, salut. Pour ce que [par] nos amès, feaulx et subgets, les prieur et habitans du bourg de Saint Rennan du Boys [Locronan-Coat-Nevet], nous a esté en suppliant remonstré comme, paravant ces hommes, nous avions donné et octroié le devoir de billot du dit bourg pour estre emploié en l'ediffication de l'esglise du dit leiu, de quoy ils avoient joy jucques es deux ans derrains qui finiront au mys de febvrier prouchain venant, a moïen desquelulx deniers les dits exposants ont grandement et sumptueusement ediffié en icelle eglisse, et encore y reste a faire la grant vitre, laquelle ils ne porroient acomplir sans noz grace et aide, humblement la nous requerans, nous, ces choses considérées et la singuliere devocion que avons au dit sainct Rennan ad ce qu'il soit intercesseur envers nostre createur de prosperer en fruict et lignée, avons aujouruy de nostre grace donné et octroié, donnons et octroyons par ces presentes aus dits supplians le dit debvoir de billot du dit bourg pour lesdits deux ans et d'abundant pour l'année subsequente, anisi seront troys années entières, pour en estre les deniers emploiez a l'eddificacion de la dite vitre et aux autres edifices d'icelle esglisse. Si nous mandons, … etc. Donné en nostre ville de Nantes, le quart jour de decembre l'an mil quatre cents sexante quinze." Copie du 15 mai 1476, Archives du Finistère, H 181, fonds de l'abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé, prieuré de Locronan. Cité par H. Waquet.

Le droit de billot ou appétissement des mesures consiste en un droit de douze pots par pipe de vin, cidre ou bière (ou six pots par barrique de 120 pots).

La datation de 1476-1479 fait de cette verrière l'une des plus anciennes du Finistère, avec les baie 113 à 131 de la cathédrale de Quimper [baie 116 datée de 1496], ou quelques panneaux à Concarneau, à la chapelle de Kerdévot en Ergué-Gabéric, au Juch (fragments de Jugement Dernier dans le tympan ), à Pouldavid (Jugement Dernier du tympan), à la chapelle de la Trinité à Melgven, dans la baie 8 de Plourin-les-Morlaix, à Plouguerneau, à Plouvien, à Kergoat de Quéménéven (restes du Credo prophétique et apostolique), à N-D. de Ponthouar de Trégourez (carnation de verre jaune), à la chapelle N-D. de Kervenn de Trégunc, à la chapelle Saint-Sébastien de Tréméoc et  dans les  tympans de Rumengol.

Les carnations roses ne se remarquent (sous réserve d'inventaire) que dans les baies 114 (visage de saint Christophe) et 116 (corps du Christ) de la cathédrale de Quimper, et dans le visage de Sébastien dans la baie 0 de la chapelle Saint-Sébastien de Tréméoc. Ailleurs, elles sont signalées dans la baie 17 de la cathédrale de Saint-Lô. 

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-6826945.html

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-6381440.html

On signale aussi à Verneuil-sur-Avre, dans l'église Ste-Marie-Madeleine, les vêtement de Lazare de la baie  5 (vers 1470) où un  verre rose est plaqué sur le verre bleu . Je note une mention aux Jacobins de Toulouse.

Les plus beaux exemples bretons, que Roger Barrié 1979 prend la peine de signaler,  sont peut-être ceux des baies 3 et 4 (la "petite Passion"), datant vers 1500,  de l'église Saint-Fiacre de Guengat, entre Locronan et Quimper. Mais les roses y sont soit pâles (baie 3), soit cuivrés, soucieux d'afficher un naturel crédible, et ils s'appliquent aux saint personnages autant qu'aux pharisiens ou aux bourreaux, sans cette exubérance caricaturale propre à la vitre de Locronan.    

 

J'ignore la technique utilisée. Le rose est--il obtenu seulement en plaquant un verre rouge très fin sur le verre blanc ? Est-il "fouetté" par gravure à l'acide ??. Les verriers disposent-ils d'un verre rose ?Dans un ouvrage sur les technique d'Antoine de Pise, il est fait mention "parmi les données bibliographiques disponibles, [de] la composition d'un seul verre rose, venant de la Sainte-Chapelle de Paris. La composition chimique de ce verre rose, ainsi que celui analysé à Florence sont plutôt à rapprocher des verres violets, en particulier pour leur forte teneur en manganèse."

Leur emploi à la fin du XVe siècle permet de palier à l'absence d'une autre teinte que le jaune d'argent ou la grisaille (les deux étant inadaptés aux carnations) pour rendre la couleur rosée des chairs. Ce n'est que dans la  première moitié du XVIème siècle que la sanguine ou Jean Cousin sera inventée pour cet usage . http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-3576074.html

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Restauration.

L'œuvre comprend un cycle de la Passion jadis développée en 18 scènes de grande dimensions (1,50 m x 0,80 m) en trois séries de 6  ; mais son état était déjà fort médiocre en 1900, date à laquelle l'architecte Léon Vincent en dressa un schéma. Tout le rang inférieur des scènes, et les têtes de lancettes, n'avaient conservé que des débris.

La restauration fut confiée  à Marcel Delon (sur des cartons de Marcel Magne ?), qui remplaça d'abord les manques par des vitreries blanches, et, devant l'aspect désastreux obtenu, conçut "l'accompagnement de panneaux figurés en place actuellement, restitués en réintégrant les fragments anciens qui subsistaient des scènes originales " (Corpus) : « réfection des panneaux de la partie inférieure comprenant les cartons et l’exécution sur verre, soit 12 panneaux de 0,675 x 0,515 m », en conservant quelques anciens morceaux.

Marcel Delon est un maître-verrier ou plus exactement peintre-verrier  parisien, élève d'Oudinot avant de créer son propre atelier en 1889,  qui a travaillé en restauration de vitraux (Saint-Mériadec en Stival) mais aussi bien-sûr en création, par exemple au Couvent des Jacobins de Saintes dans le style Art Nouveau ou au Musée Adrien Dubouché à Limoges.

  Les 4 panneaux de la série inférieure résultent de cette restauration.

Après la dépose et mise à l'abri  de la verrière en 1942, elle fut restaurée en 1948 par Jean-Jacques Gruber. La forte corrosion amena à une nouvelle campagne de restauration en 1973 puis en 2002 à l'atelier HSM de Quintin. En 2006, elle fut reposée par Michaël Messonnet après suppression d'un certain nombre de plombs de casse par collage, et mise en place d'un double vitrage de protection. 
 

"Que reste-t-il de 1475, dans cette verrière?
Aucun des restaurateurs  n'a établi une étude historique des pièces qu'il avait entre ses mains.
 Il est très difficile, tant que les panneaux de vitraux ne sont pas en atelier, démontés de leurs plombs, nettoyés, comparés, de donner un avis un tant soit peu sérieux de l'authenticité de l'oeuvre. Et il y aura encore une marge d'erreur. Nul n'est infaillible."
.(J.P. Le Bihan)

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Les bonnes lectures : Roger Barriè 1979.

"Le nombre élevé de vitraux anciens autour de Locronan permet de suivre, pendant plus d'un siècle, de la fin du XVe à 1600 environ, l'histoire de la peinture sur verre dominée par une double conquête, celle du chatoiement coloré et celle de l'esthétique de la Renaissance. [...] La maîtresse-vitre de Locronan est l'écho de cette impatience à introduire la couleur.

La vie de l'œuvre est attesté par les comptes paroissiaux de l'époque classique qui mentionnent laconiquement l'entretien de la verrière ; les restaurations du XIXe siècle sont sensibles au registre inférieur, par exemple  pour le Chevalier donateur, seigneur de Névet, où il reste peu de pièces anciennes ; enfin, tout dernièrement, J.J. Gruber vient de faire une remise en état intelligente de l'ensemble des verres, assez dégradés sur les deux faces par la prolifération des micro-organismes et l'altération des composants chimiques de la matière. [...]

Son iconographie se signales par deux scènes peu fréquentes. La présence de la Résurrection de Lazare qui commence le récit en bas à gauche, et qui fut une scène très populaire en soi, s'affirme ici par sa relation avec les deux derniers épisodes, la Résurrection et la Descente aux limbes, que la libération de l'Homme s'accomplit par le Fils de l'Homme. Le registre supérieur débute par une scène peu courante dans la peinture sur verre , Jésus cloué sur la croix ; ces panneaux avec ceux de l'Agonie au jardin des Oliviers figurèrent à l'exposition d'Amsterdam sur le vitrail en 1973.

Le trait à la grisaille, précis mais apparaissant comme un affaiblissement du style de Kergoat, sert un expressionnisme voulu, plat et sans effet pour les visages du Christ, mais éloquent dans le rendu des physionomies pittoresques, et presque fantastique pour la trogne du bourreau qui cloue les pieds du supplicié. Les plages de couleur viennent atténuer, sinon par leur importance, du moins par leur disposition, les éclaboussures de lumière trop vives causées par les nombreux verres incolores ; par exemple dans la Mise au tombeau au registre supérieur, les vêtements mauves, jaune et bleu du premier plan, puis les diverses nimbes et coiffures sur le fond vert règlent  le rayonnement des parties incolores que la peinture à la grisaille, en trait et lavis légers, n'arrive pas à assourdir et que les altérations ont fini, aujourd'hui, par assombrir en faussant le rapport des degrés de translucidités. 

Pour peindre bien des visages de personnages secondaires masculins, le peintre a choisi des verres constitués, dans leur épaisseur, de deux couches, rouge et incolore, dont l'irrégularité respective fait varier avec bonheur l'intensité de la couleur. Si le vieillissement a  déstabilisé le colorant métallique qui teint la masse des verres utilisés pour la tunique violette du Christ au point de l'obscurcir, il a fait par contre virer d'autres couleurs vers des tonalités adoucies, mauve ou vieux rose, comme le manteau du Ressuscité.

Par ailleurs, l'habileté technique apparaît dans la réalisation du ciel étoilé de l'Agonie ou du Père éternel : l'artisan a monté en chefs-d'œuvre les verres jaunes en les sertissant dans la pièce bleue. Les encadrements des scènes imitent l'aspect le plus détendu du gothique tardif notamment l'arc en plein cintre surbaissé, comme pour annoncer l'évolution vers un nouveau décor. L'expressionnisme illustre ici une des possibilités stylistiques, surtout d'inspiration septentrionale, et n'est pas à lui seul représentatif des œuvres de Cornouaille : il en est même le seul exemple. 

Enfin, malgré les indigences, celle des drapés sommaires par exemple, malgré la  lourdeur d'exécution en général, la couleur est affirmée en tant que valeur pure, autonome, constitutive de la peinture sur verre.", 

 

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Il resterait à dire que ces couleurs somptueuses servent aussi un dessin hélas occulté par la dégradation grise des verres, mais qui se débusque par l'agrandissement et l'éclaircissement des images : les femmes enturbannées de la Résurrection de Lazare, le visage de Jean dans la Déposition laissent rêver de ce que serait ce vitrail s'il était restitué par une audacieuse copie plus fidèle à l'état initial que préoccupé du respect des altérations actuelles. Mes photos tentent d'en rendre compte.

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Maîtresse-vitre  (1476-1479)  de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre (1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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1. Résurrection de Lazare.

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"panneau supérieur bien conservé  sauf quelques pièces, panneau inférieur moderne."

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 "Revêtu d'un blanc linceul, Lazare, qui a un visage le spectre, se lève d'un tombeau à couleur violette, placé sur un parquet de mosaïque jaune et noire. Derrière lui, le Christ, habillé d'une robe à pourpre très foncée, étend la main. A gauche du Sauveur, Marthe, en robe bleue, semble lui parler ; à droite, on voit des personnages avec des robes lilas et des manteaux verts. Derrière Marthe, à gauche, on aperçoit trois têtes ravissantes. A gauche du Christ ce sont trois autres têtes, auréolées." (Pérennès 1933)

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La scène illustre le texte de Jean 11:38-44

 

" Jésus frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre. C'était une grotte, et une pierre était placée devant. Jésus dit: Otez la pierre. Marthe, la soeur du mort, lui dit: Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là. Jésus lui dit: Ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu? [...]  Ayant dit cela, il cria d'une voix forte: Lazare, sors! Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandes, et le visage enveloppé d'un linge. Jésus leur dit: Déliez-le, et laissez-le aller."

 

À la différence du chanoine Pérennès, j'identifie plutôt la première femme comme la Vierge (nimbée, vêtue de bleu et portant le voile) ; j'attribue la place la plus proche du Christ à Marie-Madeleine (Mariam) suivie de sa sœur Marthe, et d'une troisième femme. elles portent toutes les trois la coiffure en turban, attesté dès 1410 et qui, sous le nom de balzo   deviendra à la mode en Italie vers 1530 après avoir été adoptée par Isabelle d'Este à Mantoue. Ces turbans sont ici faits d'enroulement d'une étoffe autour d'un bourrelet, sans aucune broderie ni aucuns bijoux.

A la gauche du Christ sont représentés trois apôtres (nimbés), dont saint Jean, imberbe.

Les visages aux yeux baissés se caractérisent par des sourcils fins, figurés d'un seul trait, par d'épaisses paupières supérieures, et des paupières inférieures gonflées, réduisant la fente palpébrale à un croissant très étiré, parfois animé d'un iris noir. Les lèvres inférieures forment une petite saillie au dessus de mentons ronds.

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Maîtresse-vitre  (1476-1479)  de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre (1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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2. Entrée à Jérusalem (1). 

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Panneau supérieur gauche peu restauré, le reste largement complété.

Dans l'évangile de Jean, cette scène (Mc 11:1-11) (Mt 21:1-9 ; Le 19:28-38 ; Jn 12:12-19) est clairement associée à la Résurrection de Lazare

 

"Le lendemain, une foule nombreuse de gens venus à la fête ayant entendu dire que Jésus se rendait à Jérusalem, prirent des branches de palmiers, et allèrent au-devant de lui, en criant: Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d'Israël! Jésus trouva un ânon, et s'assit dessus, selon ce qui est écrit: Ne crains point, fille de Sion; Voici, ton roi vient, Assis sur le petit d'une ânesse. Ses disciples ne comprirent pas d'abord ces choses; mais, lorsque Jésus eut été glorifié, ils se souvinrent qu'elles étaient écrites de lui, et qu'il les avaient été accomplies à son égard. Tous ceux qui étaient avec Jésus, quand il appela Lazare du sépulcre et le ressuscita des morts, lui rendaient témoignage; et la foule vint au-devant de lui, parce qu'elle avait appris qu'il avait fait ce miracle."

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Voir l'analyse de cette scène

http://www.lavieb-aile.com/article-la-maitresse-vitre-de-l-eglise-saint-pierre-de-tonquedec-123357760.html.

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"Jésus chevauche un ânon blanc. Au pas d'une porte, on remarque une femme et deux hommes ; l'un de ceux-ci, à genoux, étend un manteau sous les pieds de l'âne. Plus loin, sur une éminence, un homme est curieusement accroupi dans un arbre, avec lequel il fait corps." (H. Pérennès)

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Là encore, on peut s'étonner qu'Henri Pérennès (1875-1951), chanoine honoraire de Quimper, docteur en théologie ou directeur du grand séminaire de Quimper, ne reconnaisse pas ici le collecteur d'impôt  Zachée perché dans son sycomore, tel que le décrit Luc 19:1-10. Sa participation à l'Entrée à Jérusalem n'est certes pas conforme aux évangiles, mais est propre à la tradition iconographique (Giotto 1300 à la Scrovegni de Padoue) par assimilation aux habitants cueillant des branches d'arbres.

Dans le visage de saint Jean, derrière le Christ, (là où on trouve habituellement saint Pierre), se retrouvent les fentes palpébrales très effilées et la bouche lippue signalés dans la première scène.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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3. Entrée à Jérusalem (2).

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Cette scène, qui prolonge la précédente, ne m'a pas paru très crédible, et j'ai d'abord pensé à une contamination avec des pièces d'une légende de sainte Barbe ou de sainte Catherine dans leurs tours, mais la comparaison avec l'Entrée à Jérusalem de Giotto  me permet de lire l'image avec la représentation d'une porte de Jérusalem et de ses remparts. Une élégante  femme est coiffée du turban noué sous le menton. Un homme barbu est coiffé d'un chaperon.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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4. La Cène (1). Marcel Delon 1906.

 

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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5. La Cène (2). La sortie de Judas et sa pendaison Marcel Delon 1906.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Judas s'enfuyant avce sa bourse, et l'arbre du champ du Potier où il s'est pendu.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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6. Un chevalier donateur  (Marcel Delon 1906).

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Inscription sur l'étendard DER ??? (signature de Delon ??) ou PER--.

Certains y voient le seigneur de Névet (dont les armoiries figuraient dans le tympan), d'autres, comme H. Pérénnès, Jeanne d'Arc. Le léopard passant, de gueules, sur fond d'or, peut-t-il être mieux interprété ? 

La présence des fragments d'un chevalier donateur est attestée avant l'intervention du peintre restaurateur. Selon J.P. Le Bihan "La famille de Névet y possédait ses armes ainsi que la représentation d'un seigneur armé de toutes pièces en cotte d’armes sur un cheval enharnaché de son harnais de combat tenant la bannière chargée de l’écusson. La cotte d’armes était armoriée. Ailleurs, alliances" En effet, nous lisons  :

 

"Le cœur de ladite église demeure uniquement aux dits seigneurs  de Nevet pour leur sépulture (19), avec leurs tombes, enfeu, ceinture funèbre, au supérieur aussi uniquement autour de l'église, ses ailes et ancienne chapelle, comme fondateurs; et, dans la maîtresse vitre, aussi âpres celle du souverain uniquement, leurs armes en alliance de plusieurs principales familles de la province et au lieu le plus éminent; s'y voit la représentation d'un seigneur de Nevet, armé de toutes pièces, sa cotte d'armes sur son cheval enharnaché de son harnois de combat; ledit seigneur ayant la cotte d'armes armoyée de ses écussons et armes qui sont d'or au léopard morné de gueules tenant sa bannière en forme chargée de ses écussons et armes, qui est la marque que les dits ducs, roy et reine le reconnaissaient vrai baron, banneret, et dès lors comme auparavant ils furent tenus  et titrés barons, et depuis en cette qualité par tous nos rois, successeurs en tous mandats et ordres et par les Cours souveraines. " Jean TREVIDY, Histoire de la maison de Névet racontée par Jean, baron de Névet (1664)", Bull. Société archéologique du Finistère t. XV page 351.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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DEUXIÈME REGISTRE.

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7. Agonie du Christ.

restauré, notamment la tête du Christ..

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 "Le Christ est à genoux ; autour de lui dorment Pierre, Jacques et Jean, auréolés de rouge, de vert et de jaune. A droite, au-dessus du Sauveur, on devine un calice, surmonté d'une grande hostie, et tenu par deux mains. Au fond, une palissade représente les murs de Jérusalem ; derrière ce rempart, c'est une troupe de soldats casqués et armés ; une partie des hommes l'a déjà franchi. Judas est là, qui désigne le Christ aux soldats. Le ciel bleu est constellé d'étoiles d'or." (H. Pérennès 1933)

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L'un des intérêts de ces panneaux est la présence de   pièces montées en chef-d'œuvre dans le ciel étoilé. On désigne ainsi une pièce de verre placée à l'intérieur d'un autre verre, ce qui suppose une découpe interne sans trait de refend. Parmi les dix étoiles (en enlevage sur grisaille, peint au jaune d'argent), seule deux sont  ainsi "suspendues" à l'intérieur de leur plomb circulaire sans être reliée par d'autres plombs.

Pierre occupe le coin inférieur droit, vêtu d'un manteau rouge (ou plutôt ici du plus beau rose), et ses mains tenaient peut-être jadis le glaive dont la présence est habituelle.

Jacques (le mineur) est nimbé de bleu-vert.

Jean soutient d'une main son visage d'éphèbe aux boucle d'or et sans poils au menton, dans l'attitude du songeur. Le nimbe est d'une admirable  teinte rouge-rosée.

 

 

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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8. Arrestation du Christ.

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"Bien conservé à l'exception de la niche, très altérée."

" Au premier plan, un petit personnage, vêtu d'un pourpoint rose et de chausses bleues, porte une lanterne. Judas baise son maître qu'entourent des soldats. Un apôtre, auréolé de bleu, s'enfuit. A droite, parmi des soldats, apparaît un personnage coiffé de vert. Au fond du tableau, deux arbres, en forme de champignons, figurent le jardin." (H. Pérennès)

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Henri Pérennès semble faire exprès de ne pas reconnaître dans le "petit personnage au pourpoint rose", Malchus le serviteur du principal sacrificateur, dont l'oreille droite vient d'être tranchée par saint Pierre. Le trop irascible apôtre rengaine son glaive, et Jésus remet en place le pavillon auriculaire tout en calmant le jeu de la main gauche. Ce "serviteur" est un garde, armé d'une épée, et il tient la lanterne puisque la scène se déroule à l'aube.  On peut, pour le plaisir, comparer cette scène à une enluminure d'un Livre d'Heures de la Bibliothèque de Rennes Ms 1335 f 168, intitulée Baiser de Judas et essorillage de Malchus (entre 1430 et 1450):

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Voir aussi d'autres enluminures et gravures de la BM de Rennes : http://www.tablettes-rennaises.fr/app/photopro.sk/rennes/detail?docid=122337#sessionhistory-c0DLMcGm

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Notez la marque du coutelier sur la lame du glaive de saint Pierre. Comme, par exemple, à St-Nicolas-du-Pelem.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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9.  Dérision du Christ.

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"Bien conservé, altéré, une lacune, plombs de casse".

 " Le Sauveur apparaît entre deux personnages, dont l'un est costumé en rouge, tandis que l'autre porte un pantalon rouge et un pourpoint de couleur verte. Quatre bouffons l'entourent ; l'un d'eux tient en main une marotte, un autre lève la main en une attitude de raillerie." (H. Pérennès)

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Il ne s'agit pas d'une scène de dérision, mais de celle du soufflet : le bourreau de gauche tire les cheveux du Christ tout en le giflant. Son comparse de droite n'y va pas de main morte non plus. Derrière, celui qui est coiffé d'un bonnet à plume rouge ne tient pas une marotte, mais une branche épineuse. 

On notera le bracelet au poignet de l'homme coiffé de bleu (qui frappe également Jésus) ; la dilatation des narines des deux soldats supérieurs, procédé habituelle de représentation des "méchants" ; la posture chorégraphique des bourreaux, en fente avant, quasi constante dans cette scène.

Ou surtout l'œil rehaussé de jaune du bourreau de gauche. Les chaussures dépareillées de celui de droite (cf infra les chausses mi-parti). 

Et bien sûr les quatre ou cinq tonalités de rose, de rouge et de mauve, et notamment le visage rose du bourreau à chaperon bleu..

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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10. Comparution devant Caïphe.

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" peu restauré"(Corpus).

" Jésus devant Hérode. — Hérode est assis sur son trône, coiffé de pourpre, vêtu d'une tunique rouge et d'un camail vert. Les mains ouvertes, il semble interroger Jésus qui, en robe blanche, se tient devant lui. La figure du Sauveur est envahie et mangée par les lichens." (H. Pérennès)

 

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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11. La Flagellation.

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"Peu restauré. nombreux plombs de casse".

" Le Christ est attaché à un tronc d'arbre, entouré de gens en pourpoint rouge. L'un d'eux, dont les chausses sont mi-partie jaune et lilas passé, a le bras levé pour le frapper." (H. Pérennès)

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Non, le Christ n'est pas attaché à un tronc d'arbre, mais lié à la Colonne de flagellation. Il est encadré par quatre soldats armés de fouets à lanières plombées, ou flagrum. Les chausses  du bourreau sont mi-parti, une coquetterie qui a certes été à la mode parmi les seigneurs (Calendrier des Très Riches Heures de Jean de Berry), mais qui est aussi un trait de marginalité des soldats, utilisé ici pour stigmatisé ces hommes de main. 

Cette scène contient six des plus beaux  exemples de ces remarquables  pièces de verre rouge ou rose . L'une d'elle (plastron du pourpoint) est singulière par la marque en A ou H plus foncée. Mais la plus belle, le clou de ce spectacle, c'est la "tronche" du bourreau rouge sous son bonnet rouge à pompon rouge. 

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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12. Portement de croix.

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"peu restauré, très altéré. emploi de verre rouge pour la carnation du bourreau.

" Le Sauveur porte une croix en forme de tau (T), dont la partie la plus longue est dirigée vers l'avant. Cette particularité existe au calvaire de Tronoën. — A droite, une sainte femme dont le visage est empreint de douleur." (H. Pérennès)

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Je n'ai pas vu la sainte femme, mais sept hommes entourant le Christ. A droite, un homme au sourire que l'on ne se privera pas de qualifier de sardonique et à la face bien rose, violacée, à défaut d'être rubiconde, tient la corde à la quelle le supplicié est liée. Au dessus de lui, un soldat en armure.  A gauche, un autre soldat (tabard jaune sur l'armure) donne un coup de pied au Christ. L'officier de tous ces braves gens, la face bien rougeaude sous un turban, vérifie que ses ordres sont bien exécutés.   Simon de Cyrène est peut-être là, en arrière-plan.

La croix en Tau et le coup de pied du garde figurent, entre autre,  sur le retable de la chapelle de La Housssaye, ou dans l'enluminure des Heures de Jean de Montauban, milieu XVe, folio 70rBM Rennes ms 1834  

Quand à la masse rose, verte et jaune du coin droit, est-elle ce qu'il reste d'une sainte Véronique ?

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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13. Mise en croix.

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" Sur la croix, à moitié élevée, le Christ est attaché. Un bourreau lui cloue l'un des bras, un autre lui attache les pieds. On voit, sur la droite, la Vierge et Madeleine, en bleu foncé. Dans le fond, à gauche, apparaît une troupe d'hommes." (H. Pérennès 1933)


 

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Il suffit de regarder les photos, et l'usage des verres roses, pour que tout soit dit. Une nouvelle fois, l'artiste oppose l'immobilité et la passivité des saints personnages (seul le geste de Pierre lors de l'Arrestation fait écart, et est condamné) à la mobilité déliée, fluide et agile des bourreaux. Cette opposition entre les valeurs positives de la dignité souffrante, figée et patiente, et les valeurs négatives de l'expression dynamique du corps, dans ces Passions du XVe et XVIe siècle, témoignent sans-doute de l'état des mentalités contemporaines sauf à considérer qu'elles sont propres au thème de la Passion, du latin passio "action de supporter, de souffrir".

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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14. Crucifixion.

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" Au pied de la croix se trouvent Marie, habillée de bleu, et deux personnages barbus, qui doivent être Nicodème et Joseph d'Arimathie. On aperçoit, derrière la Vierge, deux figures et plusieurs personnes. Là sont aussi la lance qui perça le flanc de Jésus, puis la pique, surmontée d'une éponge." (H. Pérennès 1933)

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Ah, ce n'est pas du temps du chanoine Jean-Marie Abgrall qu'on aurait... Laissons. Mais précisons que saint Jean, imberbe et en manteau rouge se tient derrière la Vierge en manteau bleu. Comme partout. Marie-Madeleine est sans-doute à leurs cotés.

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Ou bien, que nous ne voyons pas "une pique, surmontée d'une éponge", mais, dessinée clairement,  la branche d'hysope mentionnée par Jean 19:29 : "Un vase était là, rempli d'une boisson vinaigrée. On mit autour d'une branche d'hysope une éponge imbibée de ce vinaigre et on l'approcha de sa bouche."(vas ergo positum erat aceto plenum illi autem spongiam plenam aceto hysopo circumponentes obtulerunt ori eius). (Dans  Mt 27:48, c'est un roseau)

— Mais qu'est-ce que ça change ?

—  D'une part, ce verset de Jn 19:29 précède immédiatement  celui de la mort du Christ : "Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: «Tout est accompli.» [Consummatus est]  Puis il baissa la tête et rendit l'esprit." La branche d'hysope représentée sur le vitrail accentue le coté dramatique de la représentation de la Crucifixion en la focalisant sur le moment crucial (au sens propre).

Et d'autre part, cet hysope, hussopos en grec,  est un arbrisseau dont, selon la Bible,  on utilisait les branches (1 Rois 4-33) pour faire l’aspersion avec le sang et l’eau de purification (Lév.14-1/7 ; Nbre 19-1/19). Il renvoie au verset 9 du Psaume 51 « Purifie-moi avec l’hysope et je serai pur ; lave-moi et je serai plus blanc que la neige ». Ce geste a presque une valeur sacramentelle d'onction.

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Enfin les deux personnages de droite ne sont certainement pas Joseph d'Arimathie et Nicodème, qui appartiennent à la scène suivante. L'homme de face est vêtu sous son manteau de commandement rouge, d'une armure avec cotte de maille ; sa main gauche est posée sur le pommeau de son épée. C'est, à coup sûr, le Centenier de Luc 23:47 et surtout de Matthieu 27:54  qui se convertit en s'exclamant Vere dei filius erat iste, "Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu". Là encore, cette phrase, dont l'élocution est soulignée par la main droite orientée vers le Christ, participe avec force a la dramaturgie de la scène, car tout se concentre alors dans un intervalle de temps très court. :

 

"Jésus poussa de nouveau un grand cri et rendit l'esprit. Et voici que le voile du temple se déchira en deux depuis le haut jusqu'en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent, les tombeaux s'ouvrirent et les corps de plusieurs saints qui étaient morts ressuscitèrent. [...] A la vue du tremblement de terre et de ce qui venait d'arriver, l’officier romain et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus furent saisis d'une grande frayeur et dirent : « Cet homme était vraiment le Fils de Dieu. »"

A la gauche du Centenier, et recevant ses paroles, nous reconnaissons Caïphe, le principal sacrificateur. Ce n'est sans-doute pas par hasard qu'il soit gratifié d'un verre rose. Il est barbu, et représenté comme un grand prêtre, avec un grand manteau à col rehaussé d'orfrois. C'est son couvre-chef rouge qui me permet de l'identifier, car c'est le même que dans la Comparution.

Le verre rouge du manteau du Centenier montre bien la fragilité des ces verres plaqués : la corrosion attaque la plaque rouge très fine.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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15. Déposition de croix.

 

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"Marie est là, toujours en bleu. A côté d'elle Nicodème et Joseph d'Arimathie." (H. Pérennès, 1933)

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Il n'y a rien à corriger. Saint Jean est à gauche.  Nous ne voyons plus rien du corps du Crucifié, si ce n'est le jaune d'argent de la couronne d'épines. Nicodème porte une belle aumônière à sa ceinture. Les photos vont montrer la beauté des verres.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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16. Mise au tombeau.

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Nous avons de gauche à droite Joseph d'Arimathie (chaperon rouge, col brodé d'or) soutenant la tête du Christ, une Sainte Femme, la Vierge voilée de son manteau bleu, saint Jean (au visage et aux cheveux blonds très féminins) et Nicodème portant les pieds. La représentation de ce dernier, (Jn 3:1 un homme d'entre les pharisiens, un chef des Juifs)  frôle la caricature. La couleur jaune de sa robe est hautement significative (je renvoie aux travaux de Michel Pastoureau). La forme conique de son chapeau mauve participe du même signalement.

Vue de dos, vous l'avez reconnue car c'est sa place de ce coté-ci du tombeau, touchant la hanche du Christ : Marie-Madeleine.

 

 

 

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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17. Résurrection.

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(peu restauré).

" Le Christ sort du tombeau, auréolé d'un nimbe crucifère, et vêtu d'un manteau vert. Il tient, de la main gauche, la croix de résurrection, ornée à la manière d'une croix processionnelle. Au premier plan, l'on aperçoit deux soldats, dont l'un tombe en avant, alors que l'autre est affalé à terre." (H. Pérennès 1933)

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L'artiste anonyme, notre "maître de la maîtresse-vitre de Locronan" semble s'être inspiré de la lecture de Marcel Proust : "La crème et les fraises que le même oncle mêlait, dans des proportions toujours identiques, s'arrêtant juste au rose qu'il fallait avec l'expérience d'un coloriste et la divination d'un gourmand". 

Mais Célestine, Françoise ou tante Léonie ont mélangé à son fromage blanc, qui des framboises, qui des cassis, qui des myrtilles .

Je laisse  les éloquentes et gustatives images présenter elles-mêmes leurs trésors.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre  (1476-1479)  de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre (1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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18. Descente aux limbes.

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" Les limbes sont figurées par une immense gueule bleue-violacée, garnie de dents aigües. Un personnage représentant une âme se tient debout dans cette gueule. Le Christ est à gauche, vêtu de blanc : il semble porter un bâton. Ici, comme au calvaire de Tronoën, l'artiste a conservé l'idée traditionnelle des limbes, qui ne sont pas le véritable enfer, mais le séjour où les justes attendaient l'arrivée du Sauveur." (Henri Pérennès, 1933)

 

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Les amateurs  corrigeront facilement le bon chanoine du chapitre de Quimper : ce n'est pas "un personnage représentant une âme" qui sort de la gueule de Léviathan, c'est le couple primordial, ce sont Adam et Éve qui attendent depuis les temps immémoriaux de la Genèse de sortir de ce sinistre four.

Le "bâton" n'est rien d'autre que la hampe de l'étendard de la Résurrection.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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LE TYMPAN.

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Ses 19 ajours et écoinçons peuvent se décrire en cinq rangées concentriques à partir du sommet, mais aussi en trois thèmes : 

Le domaine héraldique occupe le zénith, avec les armes du couple ducal (François II et Marguerite de Foix), et le nadir avec deux écussons aux armes du duc de Bretagne. Les armoiries sommitales sont d'un intérêt particulier.

Au centre, Dieu couronné et assis sur un trône est entouré par les 4 animaux du Tétramorphe, symboles des quatre évangélistes. Une inscription Vitulus Lucas  témoigne de l'existence de la formule complète  Virgo Johannes avis, vitulus Lucas, leo Marchus, Est homo Matheus : quatuor ista Deus, formule attribuée à Petrus Cantor et attesté aussi à  la cathédrale de Saint-Pol -de-Léon. C'est le deuxième centre d'intérêt.

Ailleurs, 10 anges tiennent sur leur phylactère des versets (en italique ici) du Gloria : Gloria in excelsis Deo Laudamus te, benedicimus te, adoramus te, glorificamus te, gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam. Dómine Deus, Rex cæléstis, Deus Pater omnípotens. Dómine Fili Unigénite, Iesu Christe.

Nous pouvons donc dire  que les 10 anges chantent la gloire de Dieu entouré des 4 témoins du Tétramorphe, sous les auspices des donateurs François II et Marguerite de Foix.

 

Sur le plan stylistique, nous retrouvons des verres roses et mauves, qui se gardent bien d'affubler les visages des anges et de la divinité. Nous retrouvons aussi les yeux extrêmement effilés sur la face de certains anges.

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Tympan de la maîtresse-vitre  (1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre  (1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Les ajours sommitaux.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Deux anges présentent chacun un blason surmonté d'une couronne ducale. L'écusson de gauche , d'hermines plain (8 mouchetures) , est celui des ducs de Bretagne, en l'occurrence François II, donateur de la vitre par son mandement de 1475. François II a été duc de 1458 à sa mort le 9 septembre 1488. 

Sur le blason de droite apparaissent les armes de Marguerite de Foix, seconde épouse de François II depuis 1471, et mère d'Anne de Bretagne.

Le fond est bleu à gauche, mauve et vieux-rose à droite.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Les armoiries de Marguerite de Foix.

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Elles sont sans-doute récentes, car en 1978, l'enquête topographique de Claude Quillivic et Jean-Pierre Ducouret, menée après la restauration de 1973, signale : "armes pleines de Bretagne répétées 3 fois et armes mi parti de Bretagne et Foix (ce dernier disparu) : François II et Marguerite de Foix".

Elles sont "fautives", ou partielles, car elles sont figurées en jaune sur fond blanc sans tenir compte des couleurs propres à ces armes.

Si, comme cela semble le cas, elles sont récentes, elles pourraient avoir été copiées sur celles du tombeau de François II et de Marguerite de Foix, jadis aux Carmes de Nantes et actuellement dans la cathédrale de cette ville. Or, ces armoiries, tenues par un chien au pied de la duchesse, sont monochromes, en bas-relief dans la pierre blanche.
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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Ce sont  les armoiries composées en partie de celles de la Bretagne (partie gauche) et en partie de celles  de Foix-Béarn-Navarre (partie droite, armes hérités de son père, Gaston IV de Foix Béarn, et de sa mère, Éléonore de Navarre.

Gaston IV de Foix Bearn, en succédant à son père Jean Ier, hérite des armoiries de ce dernier qui sont un écatelé de Foix et de Béarn avec la Bigore en abîme : écartelé aux 1 et 4 d'or, à trois pals de gueules ; et aux 2 et 3 d'or, à deux vaches, accornées, accolées et clarinées d'azur ; sur le tout d'or, à deux lions léopardés (à gauche).

En épousant Éléonore et quand cette dernière devient héritière du royaume de Navarre, il modifie ses armoiries pour inclure celle de Navarre, mais n'ajoute que des quartiers issus des armoiries de la famille d'Évreux-Navarre, à l'exclusion des quartiers d'Aragon : écartelé au 1 de gueules, aux chaînes d'or, posées en orle, en croix et en sautoir ; au 2 d'or, à trois pals de gueules ; au 3 d'or, à deux vaches, accornées, accolées et clarinées d'azur ; au 4 semé de lys d'or, à la bande componné d'argent et de gueules ; sur le tout, d'or aux deux lions léopardés de gueules, armés et lampassés d'azur, passant l'un sur l'autre (à droite). (Wikipédia

 

Comme sur le monument funéraire de Nantes, le blason associe en alliance les armes de François II à gauche et celle de Marguerite à droite, qui sont de Foix-Béarn-Navarre (partie droite, armes hérités de son père, Gaston IV de Foix Béarn, et de sa mère Éléonore 

Celles-ci sont complexes, et mi-parti. Je les trouvent blasonnées ainsi (sous de fortes réserves pour I.2):

parti en senexte au I écartelé :

en 1 de gueules aux chaînes d'or posées en orle, en croix et en sautoir, chargées en coeur d'une émeraude au naturel, qui sont de Navarre  ( Eléonore de Navarre, reine de Navarre en 1479, est la mère de Marguerite de Foix)

en 2 d'or aux trois pals de gueules, en 3 d'or aux deux vaches de gueules, accornées, colletées et clarinées d'azur, passant l'une sur l'autre et 4 d'azur aux trois fleurs de lys d'or à la bande componée d'argent et de gueules ; sur-le-tout d'or aux deux lions léopardés de gueules, armés et lampassés d'azur, passant l'un sur l'autre

et en II

écartelé en sautoir d'or aux quatre pals de gueules et de gueules au château d'or ouvert et ajouré d'azur et d'argent au lion de gueules armé, lampassé et couronné d'or. 

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a7/Tete_de_chien_du_gisant_Nantes.jpg

http://saintdenis-tombeaux.forumculture.net/t385-tombeau-de-francois-ii-de-bretagne-au-couvent-des-carmes-aujourd-hui-dans-la-cathedrale-de-nantes

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Armoiries de Marguerite de Foix, gisant autrefois au couvent des Carmes, aujourd'hui dans  la cathédrale de Nantes sculpté par Michel Colombes au début du XVIe siècle. Photo Jibi44 de l'article Wikipédia Tombeau de François II de Bretagne : 

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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On voit ces armoiries sur le portrait de François II et Marguerite de Foix, par le Maître de Jeanne de France, dans le  missel des Carmes de Nantes, Bibliothèque de l'université de Princeton, Garrett 40, f.103v.  :

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Portrait de François II et Marguerite de Foix, par le Maître de Jeanne de France, détail du missel des Carmes de Nantes, Bibliothèque de l'université de Princeton, Garrett 40, f.103v.

Portrait de François II et Marguerite de Foix, par le Maître de Jeanne de France, détail du missel des Carmes de Nantes, Bibliothèque de l'université de Princeton, Garrett 40, f.103v.

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DEUXIÈME RANG.

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Il est occupé par  quatre anges aux phylactères à inscriptions latines en lettres gothiques. Il s'agit d'extraits du Gloria. De gauche à droite :

 

3. Ange au phylactère NUNC ADORAMUS TE.

4. Ange au phylactère ORA PRO NOBIS

5. Ange au phylactère :  la troisième inscription est difficile à lire. BUDICIMUS ?? (Benedicimus ?)

6. Ange au phylactère ADORAMUS TE

Les anges, nimbés et à la profuse chevelure bouclée blonde (jaune d'argent)  portent un bandeau frontal d'or, perlé et  orné au centre d'une croix. Ils sont revêtus d'une aube et d'un amict dont les pans sont croisés sur la poitrine.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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TROISIÈME RANG.

On y trouve 5 mouchettes : de gauche à droite :

7. Ange à phylactère. ." ET IN -RA -PAT--

8. Sur fond rouge, l'aigle de l'évangéliste saint Jean et un fragment d'inscription .

9." Le Père Eternel, couronné,  bénissant d'une main, et tenant, de l'autre, le globe du monde,  porte une robe verte et est drapé d'un manteau pourpre. Le ciel comporte des pièces en chef d'œuvre (cf. infra) 

10. Sur fond rouge, le lion de saint Marc. C'est un lion jaune d'or, qui a des ailes lie de vin, et porte une auréole bleu de prusse. Près de lui on lit deux lettres AR, survivance possible du nom de Marchus.

11. Un ange tenant une banderole à inscription: GLORIFICAMUS TE.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

 

Nous arrivons à notre deuxième exemple de pièces posées en chef d'œuvre. Ce sont 9 étoiles noires sur fond rouge, posées sur le verre bleu. Stricto sensu, nous n'en trouvons que trois, à la droite du trône, et les autres sont (suite à des bris ?) rattachées au réseau par des plombs. 

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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QUATRIÈME RANG.

12. Un ange avec une banderole où l'on peut lire : [GLOR]IA IN EX[CELCIS] DEO (Incipit du Gloria).

13. Un autre ange dont la banderole porte : DEUS PATER OMNIPOTENS (extrait du Gloria)..

14. Le taureau ailé, jaune d'or, auréolé de même, et les ailes  colorées en jaune à l'argent, de l'évangéliste saint Luc  Au-dessous, on lit VITULUS LUCAS. Ce simple mot de Vitulus (le veau, mais aussi selon le Wiktionnaire  le bouvillon, le taurillon) est un indice précieux qui renvoie à un ouvrage du XIIIe siècle de Petrus Cantor,  Liber qui dicitur Abel, (Manuscrit de la Bibliothèque de Chambery qui  finit par ces quatre vers :   Virgo Johannes avis, vitulus Lucas, leo Marchus, Est homo Matheus : quattuor ista Deus : Est homo nascendo, vitulus mortem paciendo, Est leo surgendo , Jovis aies summa petendo. 

Or, il est remarquable que ces vers sont partiellement cités aussi sur les vitres de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon, transcris par Pol de Courcy :

"Quatre panneaux d'anciens verres de couleur avaient échappé a la destruction dans la fenêtre du chevet du coté de l'évangile, mais étaient sur le point de s'effondrer; ils ont été remis en plomb neuf ce qui assure leur conservation. Ils représentent avec leurs attributs trois des évangélistes dont les noms homo Matheus, Leo Marcus et Vitulus Lucas sont inscrits en lettres gothiques sur des banderolles. Dans le quatrième panneau la dame donatrice du vitrail, présentée par son patron S. Jean-Baptiste est agenouillée sur un prie-dieu. A sa haute coiffure conique nommée hennin, à sa taille courte et à sa jupe à’ queue traînante, on reconnait les costumes en usage dans la seconde moitié du XVe siècle. Les armoiries peintes sur sa robe permettent même d'attribuer ce vitrail à la munificence de Jeanne de Kergoulouarn épouse de Yvon Simon sieur et dame de Kergoulouarn en Plouvorn." Pol de Courcy, Itinéraires de St-Pol à Brest, 1859.

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15. L'ange de saint Matthieu et l'inscription MATHE[US] .

16. Un ange avec une banderole, où figure la formule : DEUS REX COELESTIS  (extrait du Gloria).

17. Un ange, sur la banderole duquel on peut lire : GRATIAS AGIMUS TIBI (propter magnam gloriam tuam) (extrait du Gloria).

 

 

 

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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On remarquera les yeux extrêmement effilés de cet ange.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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CINQUIÈME RANG.

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18 et 19 , de chaque côté du vitrail, un ange présente un blason couronné  d' hermines plain : les armoiries du duc François II.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— COUFFON (René), LE BRAS (Alfred), 1988, , Répertoire des églises : paroisse de LOCRONAN,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 2 novembre 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/920.

" la maîtresse vitre est consacrée à la Passion. En dix-huit panneaux sur six lancettes, elle représente la résurrection de Lazare, l'Entrée à Jérusalem, la Cène, l'Arrestation au Jardin des Oliviers, les Outrages, le Jugement de Pilate, le Portement de croix, la Mise en croix, et la Mort du Christ, la Mise au tombeau, la Résurrection et la descente aux enfers. Elle porte en supériorité les armes pleines de Bretagne et les armes mi-parti Bretagne et Foix, armes de François II et de Marguerite de Foix, ce qui la date du dernier quart du XVIe siècle ; cependant certains panneaux semblent plus tardifs et indiquent une réfection partielle au XVIe siècle. Restauration en 1910, sensible dans le registre inférieur, puis en 1977 (C.). Dans la fenêtre éclairant l'autel Saint-Eutrope, fragments de vitraux du XVIe siècle (sainte Trinité et saint Pierre) provenant de la chapelle Notre-Dame de Bonne Nouvelle."

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/55a0099976c148cb034b4323cf0497e5.pdf

 

— ABGRALL (Jean-Marie), PÉRÉNNES (Henri), 1925, Notice sur Locronan. Bull. dioc. Archit. Archéol. Quimper, pages 131-143.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4a4d765983806659ef1eeb10debc7f76.pdf

— BARRIÉ  Roger. Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIe siècle en Bretagne occidentale. In: Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest. Tome 83, numéro 1, 1976. pp. 35-44; doi : 10.3406/abpo.1976.2796

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1976_num_83_1_2796

 

— BOULANGER (Karine), 2004, . Les traités médiévaux de peinture sur verre. In: Bibliothèque de l'école des chartes. 2004, tome 162, livraison 1. pp. 9-33; doi : 10.3406/bec.2004.463329 http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_2004_num_162_1_463329

http://www.persee.fr/docAsPDF/bec_0373-6237_2004_num_162_1_463329.pdf

— BARRIÉ  Roger., "Le vitrail", in  DILASSER (Maurice), 1979, Locronan et sa région, Nouvelle Librairie de France pages 549-561.

 

—GATOUILLAT (Françoise) , HÉROLD ( Michel), 2005, . Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum VII . Presses universitaires de Rennes, 369 p. page 142.

 

— LE BIHAN (Jean-Pierre), blog;

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-3576074.html

 

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-16413698.html


— PÉRÉNNES (Henri), 1933, "La maîtresse-vitre de l'église de Locronan". 7 pages.

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1933.pdf

 

— WAQUET (Henri), 1919, "Locronan", Congrès archéologique Brest-Vannes, p. 554-576.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f670.image

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 14:27

Le cénotaphe (début XVe) d'Olivier de Clisson et Marguerite de Rohan à l'église Notre-Dame-du-Roncier de Josselin. 

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Sur les gisants, voir aussi ici :

et aussi :

-- Le gisant du seigneur de Liscoët en Botquélo (22), limite XIV-XVe.

-- Le gisant de Perronelle de Boutteville et Bertrand de Trogoff (église Notre-Dame-de-l'Assomption au Faouët par l'atelier du Folgoët.  Début XVe, granite, h. 1,70, 1. 0,86. Gisants représentés sur un lit funéraire : à gauche, personnage masculin (Bertrand de Trogoff?), coiffé en calotte, vêtu d'une armure; à droite, personnage féminin (Perronnelle de Boutteville,?) portant une coiffure à cornes.

-- Le tombeau de saint Ronan dans la chapelle du Pénity de l'église de Locronan, partiellement par l'atelier du Folgoët.

-- Le tombeau de saint Jaoua à Plouvien par l'atelier du Folgoët.

--Le tombeau du chanoine de Nantes Laurent Richard en l'église de Plouvien vers 1555.

 

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Ce qu'il reste du magnifique tombeau d'Olivier de Clisson et de sa seconde épouse Marguerite de Rohan, mutilé à la Révolution, se trouve aujourd'hui dans la chapelle Sainte-Marguerite, dans le transept Sud de la basilique Notre-Dame-du-Roncier située entre la rue Olivier de Clisson et la place Alain de Rohan.

Ce monument haut de 1,46 m, long de 2,72 m et large de 1,61 m, est une oeuvre importée commandée dans la 1ère moitié du XVe siècle (après 1407) à un atelier de Tournai par Alain VIII de Rohan, gendre d'Olivier de Clisson, et exécutée dans un marbre provenant de la région de Dinant en Belgique.  Elle fut mutilée en 1793, puis  fortement restaurée par le sculpteur rennais  Jean-Baptiste Barre en 1858 qui refit la tête d'Olivier de Clisson ainsi que le lion et le lévrier qui seront volés avant 1952.

Les gisants en marbre, grandeur nature, du   connétable Olivier de Clisson et de sa seconde épouse Marguerite de Rohan reposent sur une table en marbre noir poli. Cette dalle est posée sur un soubassement dont le flanc ouest est découpé d'arcatures flamboyante abritant sept pleurants en marbre blanc dont les têtes vraisemblablement encapuchonnées ont été brisées à la Révolution.

Le  lion et la  levrette placés aux pieds des gisants ont été volés après 1930.

Le tombeau était placé jadis dans le chœur de l'église, mais en 1858  il a été déplacé dans la chapelle Sainte-Marguerite, fondée par le connétable  en l'honneur de sa femme.

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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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La gravure du cénotaphe d'Olivier de Clisson, dessinée par Fr. Jean Chaperon et gravée par N. Pitau. a été publiée par Dom Lobineau, Histoire de Bretagne, t. I, p. 511, Paris, 1707, et  reproduite par Dom Morice en 1750-1756, Histoire.. .tome I page 440

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1041637p/f513.item.r=dom%20morice

 

 

Gravure du cénotaphe d'Olivier de Clisson, dessinée vers 1707 par Fr. Jean Chaperon et gravée par N. Pitau.

Gravure du cénotaphe d'Olivier de Clisson, dessinée vers 1707 par Fr. Jean Chaperon et gravée par N. Pitau.

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DU COTÉ DE MARGUERITE.
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Marguerite de Rohan (vers 1330-1406), est la fille d'Alain VII de Rohan et de Jeanne de Rostrenen. Elle a épousé en 1356 Jean IV de Beaumanoir (1310-1367), maréchal de Bretagne et héros du combat des Trente, puis en 1378, Olivier V de Clisson (1336-1407), connétable de France, comte de Porhoët et baron de Pontchâteau.



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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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La description de la dame du temps jadis :

"La coiffure carrée de Marguerite de Rohan, nommée escoffion, sa longue robe flottante ou cotte-hardie, et son surcot fourré d'hermines fournissent le modèle complet du costume des dames de la plus haute condition, à la fin du 14e siècle". (Emile Gilles, Au cœur de la Bretagne, 1912).

Flagrant délit !

Emile Gilles s'est contenté de recopier Christophe-Paulin de la Poix, chevalier de Fréminville (1834) :

"La statue de Marguerite de  Rohan nous offre un exemple du costume des dames du XIVe siècle. Ses cheveux sont tressés, et ces tresses partagées sur les côtés sont retenues à droite et à gauche dans un réseau orné de perles. La coiffure carrée qu'elle porte  par dessus s'appelait escoffion. Sur sa longue robe ou cotte-hardie elle est vêtue d'un surcot fourré d'hermine, et dont les manches sont longues et serrées." (De Fréminville, Antiq. p. 120)

Soyons précis.

"Les dimensions de la statue de la gisante sont les suivantes : longueur, l ,77 m ; largeur, 0,49 m ; hauteur à l'extrémité des mains, 0,32 m" (R. Couffon)

 

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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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Les "corniauds".

"les deux petites levrettes, sous les pieds de cette dernière, [ont] été remplacées par deux corniauds dont l'un met une patte dans sa gueule, détail amusant et de son époque, mais bien peu conforme à la réalité " (Couffon)

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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DU COTÉ D'OLIVIER.

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"Le connétable est représenté la tête nue, et son armure rappelle celles que portent les ducs Jean II et Jean III, que l'on voit dans l'église de Ploërmel." (Emile Gilles, Au cœur de la Bretagne, 1912).

"Clisson est représenté armé de toutes pièces, excepté la tête. Par dessus sa cuirasse, il porte une cotte d'armes ample et flottante, mais bien plus laisse même apercevoir par le bas une partie du haubergeon ou chemisette de mailles que l'on mettait encore souvent sous la cuirasse. Son épée est suspendue à son côté par un baudrier à demi déceint, [...]. Les brassards, les cuissarts et les grèves que porte ici Clisson ont peu de  lames articulées, ce qui les rendait plus solides mais ôtait  de la facilité au jeu de ces pièces d'armure, qui n'étaient  pas encore à cette époque aussi perfectionnées qu'elles le  furent vers la fin du siècle." Chevalier de Fréminville Antiquité de la Bretagne 1834.

On notera que sur ma photo, prise le 9 octobre 2016, l'épée n'est pas présente au coté gauche. Pourtant, elle est visible sur les photos publiées par Olivier Petit en 2016.

 

 

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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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LE DÉBUT DE L'INSCRIPTION.

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L'inscription donnant l'identité du modèle est gravée sur le pourtour de la dalle :

CHI GIST NOBLE ET PUISSANT SEIGNEUR MONSEIGNEUR DE CLISON JADIS CONNESTABLE DE FRANCE SEIG DE CLISON DE PORHOUET DE BELLEVILLE ET DE LA GARNACHE / QUI TRESPASSA EN APRIL LE IOUR SAINT JORGE LAN M CCCC ET VII PRIEZ DIEU POUR SON AME AMEN

Alors que beaucoup d'auteurs donnent la leçon "ci gist",  Fréminville a lu, comme moi,  CHI GIST.....

Ce détail n'en est pas un, car en matière d'art funéraire, la graphie CHI GIST renvoie à des occurrences relevées dans le Nord et en Belgique, et donc à un tailleur de pierre proche de Tournai. Je trouve en ligne :

a) En  l'église de Cambrai , une dizaine d'épitaphes :

Chi gist sire Alexandre Bouillart, prêtre natif de Beauvais, chapelain de l'église, et de Me Guillaume Dufay , canonne de Cambrai, et trépassa l'an mil CCCC LXXIIII, le XX jour d'aoust. Dieu en ait les âmes.

Chi devant gist Gille Oston Chi devant gist ...Jean de Bietbeke..

Chi devant gist ...Pierre de Charpentier

etc

b) l'église de Saint-Georges à Huy (Liége) :

Chi gist johans Henri dit gran, johans de Warnant fils à Monsaingnour Amele de Warmant Chevalier ki trespassat l'an de grace M. CCC.LXXX & XV.le xvi.eme

c) Le monastère des Dominicains de Valentiennes: 10 exemples.

d) A Amiens, dans l'église des clarisses "en patois du pays".

"Sous moi pierre Chi gist Pierre De Mouchi Qui fut chi Mort bouté :Sa bonté Dieu lui fasse Voir en face"

e) Monastère de Baumont à Valencenes

Chi gist madame Marie , fille de monseigneur Jehan Hainyn , qui fut femme à monsieur Bauduin de le Motte, seigneur de Champiaul , chevalier , et trespassa l'an 1383 , au mois de septembre. 2 . Chi gist monsieur Jean de le Motte, fils de

f) A la chartreuse de Marly-les-Valenciennes :

"Mais les plus riches monumens sépulcraux de la chartreuse furent les tombes des Seigneurs d'Aymeries, grands-baillis du Hainaut, maréchaux et veneurs héréditaires de la province, dont l'un, peu de tems avant de mourir , fit une donation à ces religieux, en janvier 1494, à charge par eux de célébrer tous les ans, suivant l'usage de l'Ordre, un obit pour ses prédécesseurs et pour lui après sa mort, en présence du receveur de la Salle-le-Comte de Valenciennes, ce que frère Charles Sarraes, prieur, accepta par une promesse passée le 25 novembre 1493.

Il était tems: le seigneur d'Aymeries mourut peu après, et de magnifiques obsèques lui furent faites à la chartreuse , où on lui éleva, pour lui et pour les siens, un superbe mausolée. On y lisait l'inscription suivante:

Chi gist noble et puissant seigneur, Messire Anthoine Rolin , chevalier seigneur d'Authun, d'Aymeries et de Lens , Mareschal et Veneur héréditaire de Haynault, eu son temps Grand Bailly et Capitaine général dudit pays, qui trespassa l'an de grâce mil CCCC. IIIIXX XVII, le IIIIe jour de septembre. Et emprès luy, noble et puissante Dame, Dame Marie Dailly se compagne et espeuse, qui trespassa l'an de grâce mil CCCC. IIIIXX XVIII, le VIIIe jour du mois de juing. Priés Dieu pour leurs âmes.

Au dessous brillait celle de Louis Rolin son fils et de dame Gille de Beilaimont sa femme; elle était inscrite en lettres d'or comme suit:

Chi gist noble et puissant seigneur sire Loïs Rolin , chevalier, seigneur d'Authun, d'Aimeries et de Lens, Mareschal et Veneur héréditaire de Haynau, fllz de Messire Anthoine Rolin , en son temps Grand Bailly et Capitaine général de Haynau, et fina ses jours ledict Lois , l'an M. VcXXVIII, le XVII de septembre. Priez pour son ame.

Chi gist très-noble et vertueuse Dame Gille De Berlaimont, espeuse de très-noble chevalier sire Loys Rolin , lesquelz ensemble, esprins de grande dévotion, furent fondateurs de ceste chapelle, et trespassa ladicte Dame, l'an de grâce M. VcXLV, le XIIII de décembre. Priez pour son ame."


 

g) dans les Mémoriaux d'Antoine de Succa (Bibliothèque Royale de Bruxelles).

 Antoine de Succa,  né à Anvers vers 1567, reçut en 1600  une lettre patente des archiducs Albert et Isabelle l’autorisant à étudier les effigies des anciens princes des maisons d’Autriche, de Bourgogne, de Brabant et de Flandre, conservées dans le pays. Parcourant la région, en passant notamment par Tournai, Gand, Louvain, Bruxelles et Anvers, Antoine de Succa rassembla dans ses carnets de voyage, les dessins - ses « Mémoriaux » - qu’il réalisa de ces monuments peints ou sculptés, en y ajoutant ses commentaires. Aujourd’hui, beaucoup de ces monuments ont disparu. Seul subsiste le témoignage du peintre. On voit combien ce recueil est précieux pour comparer le cénotaphe des Clissons avec les monuments funéraires de Belgique. Les gisants sont très précisément décrits, avec leurs habits et leurs bijoux. Les inscriptions  y ont été relevées, et donne une dizaine d'exemples de la graphie CHI GIST :

 

Chi gist demiselle Perone de Waloncappelle, fillie monsignour de Waloncappelle, femme siere Wistace de Morcamp, qui trespassa en l’an de grâce Nostre Seigneur

Margarite de Craon, dame de Croy Chi gist noble et puissant seigneur, monseigneur Jehan, seigneur de Croy, de Rcnti et de Seninghem, chevalier, en son temps conseiller et chambellan du roy nostre sire, et de messeigneurs les ducz de Bourgonie, Philippe et Jehan, capitaine de Picardie et grant bouteillier de France, qui trespassa en la bataillie de Asincourt, le 25 jour d’octobre l’an 1415. Priés pour l’ame. Desur leur corps est un Nostre Seigneur environné des angels en leur donnant la bénédiction et céan derriere le grant autel en la chapelle de saint Saint Bertin.

Chi gist monseigneur Perre de Bailleul, chevalier, jadis marissails de Flandres, fieus monseigneur Jehan de Bailleul, qui trespassa l’an de grâce 1385 le 27 jour du mois de mai. Priés a Dieu pour l’ame de lui.

Chi gist me dame Jehane de Kerki, dame de Doulin, jadis feme monseigneur Perres de Bailluel, qui trespassa en l’an de grâce 1300.

Chi gist Baudin de Saint Orner, seigneur de Walloncapelle O maille Claremarctz O Chi gist messire Gerarts mooccr de Sutpene. Nous subsingés confessons que sieur Athone de Succa est venu extrare les anticques de nostre monastère. En tesmoing de qui ay signé ceste avecque mon signe manuel ce 7 de febvrier 1602. Frere Anthoine le Petit, prieur de Chartroux

In Sint Donas kereke Chi gist noble et poissant prinche de boene memoire monseigneur Loys conte de Flandres de Nevers et de Reihers qui trespassa en l’an de grace mil trois cents quarante et siis le xxvi jour dou mois d’aoust. Pryés pour l’ame de ly . 1346 - d’aust

 

  D'autres exemples pourraient être donnés, mais ceux-ci suffisent sans-doute à ma démonstration.

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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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DU COTÉ DE RENÉ COUFFON 1967.

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On verra bien que les sous-titres et les liens sont de moi...

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Pour une mise en bouche.

 

" L'église Notre-Dame-du-Roncier, à Josselin, ancienne chapelle du château, conserve, dans la chapelle Sainte- Marguerite, adjacente au chœur du côté sud, le cénotaphe du connétable de Clisson décédé en 1407.

C'est une tombe élevée, dont la table, en pierre noire polie, porte, couchées, les statues de marbre blanc du connétable et de l'une de ses deux femmes, statues en grandeur naturelle. Leurs têtes sont abritées sous des dais presque entièrement refaits suivant l'inscription en petites capitales qui y figure : « fait d'après les fragments anciens ».

Les gisants sont entourés d'un encadrement également de marbre blanc et dont quelques éléments sont d'origine. L'une des faces du tombeau, moderne, est décorée de sept arcatures tréflées en albâtre, presque entièrement restituées elles aussi, mais dont quelques éléments anciens se reconnaissent à leur teinte plus foncée. Elles ont été fixées à une hauteur qui eût été insuffisante pour abriter les pleurants en ronde bosse originaux s'ils avaient été intacts ; malheureusement, tous sont décapités.

Le lion, d'excellente facture, qui existait intact aux pieds du connétable a été volé il y a une dizaine d'années (Une excellente photographie du lion a été reproduite par R. Grand, Mélanges d'archéologie bretonne, Nantes-Paris, 1921, p. 87 ; d'autres existent heureusement aux Archives photographiques.).

Jadis dans le chœur de l'église, ainsi qu'il était normal, le connétable étant prééminencier depuis l'achat, le 21 juillet 1370, du comté de Pothoet au comte d'Alençon, le monument fut mis en pièces en 1792."

 

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La restauration par Barré à Rennes.

"Les débris en furent recueillis en 1829, sur l'ordre de M. de Chazelles, préfet du Morbihan, et encastrés alors provisoirement dans un mur de l'église ; les statues des gisants furent envoyées à Barré, sculpteur à Rennes, pour remise en état ; elles y demeurèrent longtemps en attente.

Interrompue, en effet, par la Révolution de 1830, la restauration ne reprit qu'au milieu du XIXe siècle ; la tête, les mains et les jambes du connétable ont été, notamment, entièrement restituées (Une note de M. Bizeul, qui vit les statues chez Barré, donne d'utiles indications sur leur état. Voir Bulletin monumental, t. IX, 1843, p. 654-661 ). La tête originale, extrêmement mutilée, subsiste encore dans une collection particulière de Rennes. Une gravure ancienne, malheureusement un peu sommaire, a été publiée par Dom Lobineau (Histoire de Bretagne, t. I, p. 511, Paris, 1707, gravure dessinée par Fr. Jean Chaperon et gravée par N. Pitau. ) et reproduite par Dom Morice (Histoire de Bretagne, t. I, p. 440, Paris, Delaguette, 1750 ). "

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Une étrange imprécision : on ne sait qui est l'épouse. 

"Ce tombeau présente deux particularités surprenantes :

1° II ne porte aucune armoirie et, sur la gravure ancienne, il n'en figure pas non plus.

2° L'inscription relevée sur le tombeau et reproduite par Guépin, de Fréminville et Bizeul ne concerne que le connétable et ne donne aucun nom de femme ; la voici :

"Cy gist noble et puissant seigneur, monseigneur Olivier de Clisson, jadis connestable de France, seigneur de Clisson, de Porhoet, de Belleville, de la Garnache qui trespassa en apvril le jour Saint-Jorge, l'an M.CCCC et VIL Priez Dieu pour son âme. Amen "

(Inscription reproduite dans Ogée, Dictionnaire de Bretagne, nouvelle édition par A. Marteville et P. Varin, t. I, p. 370, Rennes, 1845, et dans du Halgouet, Essai sur le Porhoet, Paris, Champion, 1906, p. 80-81. ).  Dom Lobineau et Dom Morice n'ont pas indiqué non plus de nom de femme."

 

Un consensus pour Marguerite.

"Cependant, aucun des érudits qui ont étudié l'église de Notre-Dame-du-Roncier n'a mis en doute que le tombeau soit celui du connétable et de sa seconde femme, Marguerite de Rohan. Tous ont, en effet, rappelé l'article formel du testament du connétable concernant sa sépulture (Dom Morice, Preuves, II, col. 779 et suiv. ) :

« Je vieuil commande et ordonne que mon corps, après mon decez de ce siècle, soit baillé et livré à la sépulture de nostre Mère sainte Eglise, laquelle sépulture je eslis en l'Eglise de Nostre-Dame de Jocelin, joignant de la sépulture de ma très chère et très aimée compagne Marguerite de Rohan que Dieu absolve. Item, vueil et ordonne que une belle tombe et honeste soit faite et mise sur les corps de ma dite compagne et moy et dessus ycelle soient les ymages de nous deux à l'ordonnance de nos exécuteurs cy après nommés. »

 

Marguerite ou Béatrix ? Une énigme historique d'intérêt tout à fait secondaire...

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"L'identification des deux gisants ne prêtait donc à aucune ambiguïté, semblait -il ; et cependant, dans son Iconographie bretonne, le marquis de Granges de Surgères, en mentionnant la gravure de Dom Lobineau reproduite dans Dom Morice, a ajouté qu'elle représente le connétable couché sur son tombeau et, à ses côtés, sa femme Beatrix de Laval (Marquis de Granges de Surgères, Iconographie bretonne, t. I, p. 126, Rennes-Paris, 1888.), alors que, ainsi que nous venons de le dire, dans ces deux Histoires de Bretagne, la légende de la gravure ne porte aucune mention de Beatrix de Laval, pas plus d'ailleurs que de Marguerite de Rohan.

[NDR : "Beatrix de Laval = Catherine-Beatrix de Laval sinon on ne comprend plus rien]

Le marquis de Surgères, très versé dans l'armorial breton, n'ignorait certainement pas les deux mariages du connétable ; s'il a mentionné Beatrix de Laval alors que son nom ne figure pas sur les planches auxquelles il renvoie, c'est certainement parce qu'il avait eu en main un document à ce sujet.

Il est aisé de voir que celui-ci n'est autre que la déclaration au roi faite le 4 septembre 1679 par Marguerite, duchesse de Rohan, lors de la réformation du duché, document important puisque tous ses articles furent soigneusement contrôlés par les commissaires ( de la Déclaration de 1679 d'après l'acte conservé aux Archives nationales, et notamment de ce qui concerne le tombeau d'Olivier de Clisson et de Beatrix de Laval, n'en ait pas tenu compte dans sa description du tombeau où il mentionne Marguerite de Rohan. Du Halgouet, Essai sur le Porhoet, loc. cit., p. 273 et suiv. ).

Or, cette déclaration donne, entre autres, sur l'église Notre-Dame-du-Roncier et sur le tombeau, des indications fort précieuses pour l'histoire du monument ; nous les transcrivons ci-après :

« Dans laquelle église de Notre-Dame et au cœur d'icelle, il y a un tombeau de marbre blanc et noir élevé de trois pieds sur lequel sont en bosse les représentations de feu de Bonne mémoire Monseigneur Olivier de Clisson, jadis connestable de France, comte du dit Porhouet, etc.. et de deffunte Madame Beatrix de Laval son épouse, dans lequel coeur il y a du côté de l'évangile un banc-accoudoir armoyé d'un écusson couronné mi-parti des armes de Rohan et de la Hunaudaye avec le droit de nomination et présentation de sept chapelains de la dite église ( Armes d'Henri de Rohan, vicomte de Rohan et comte de Porhoet, et de sa femme, Françoise de Tournemine. Henri mourut en 1573 sans postérité et sa succession fut recueillie par son frère, René II de Rohan, dit le baron de Frontenai. ).

« Et au côté du dit cœur, vers le nord, est une chapelle de Sainte-Catherine dans laquelle est, en partie sous la voûte plus haute vers le sacraire, un charnier en terre auquel se voit que sont inhumés les corps des anciens seigneurs comtes de Porhouet ou d'autres de leur maison. « Et du costé vers le midi est une autre chapelle nommée de sainte Marguerite dans laquelle autrefois on inhumait les officiers et domestiques des anciens seigneurs comtes du dit Porhouet. « Pour faire la séparation de laquelle chapelle de lad. église, il y a une basse voûte dans l'épaisseur de la muraille avec une grande grille de fer du costé de la chapelle de Sainte Marguerite et du côté du chœur. « Pour aller sous laquelle voûte il y a portes voûtées, l'une vers le cœur et l'autre vers la chapelle et une troisième vers l'oratoire. »

Nous sommes donc en possession de deux actes officiels et authentiques contradictoires. Le dernier en date ne serait évidemment pas d'un grand poids si l'on ne constatait, en même temps, cette absence tout à fait anormale d'armoiries, tant sur la robe de la comtesse de Porhouet que sur le tombeau, ainsi que l'absence de légende sur la gravure du tombeau, de la part des historiographes de la maison de Rohan qui en avaient eu tous les titres entre les mains dans le chartrier de Blain. Beatrix de Clisson, héritière de Josselin et fille de Beatrix de Laval, a-t-elle voulu que ce soit sa mère et non sa belle-mère qui figure sur le tombeau?

N'a-t-elle pas craint plutôt que le tombeau de son père et de Marguerite de Rohan n'amène des complications sérieuses, dans la succession du connétable, de la part des Beaumanoir, issus du premier mariage de Marguerite de Rohan? Nous ne le saurons sans doute jamais. Il est, en effet, extrêmement regrettable que, dans son aveu rendu le 15 août 1519 au château de Blain, Jacques de Rohan, comte de Porhouet, n'ait pas détaillé ses intersignes de noblesse comme il l'a fait pour toutes les rentes qui lui étaient dues.

D'ailleurs, cette petite énigme historique est, on doit le reconnaître, d'un intérêt tout à fait secondaire, et il importe assez peu, à l'heure actuelle, que la gisante soit Beatrix de Laval ou Marguerite de Rohan."

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Où l'auteur s'interroge de savoir où fut exécuté le tombeau du connétable.

"L'intérêt du cénotaphe est ailleurs et il est grand, ce monument étant l'une des très rares œuvres datant du début du XVe siècle en Bretagne.

L'on sait, en effet, que, pendant toute la guerre de succession du duché, la province fut mise à feu et à sang, et qu'après la bataille d'Auray, le duc, imité par ses grands vassaux, s'occupa avant tout de relever ses forteresses et fort peu des édifices religieux ; il fallut l'attentat de Chantoceaux pour renverser les tendances. Pendant un siècle, il n'y eut donc, en fait, aucune commande d'œuvre d'art et, par conséquent, aucun atelier ; aussi serait-il fort intéressant de savoir où fut exécuté le tombeau du connétable. Malheureusement, l'absence actuelle de documents d'archives et la mutilation profonde de 1792 rendent cette recherche extrêmement difficile."

 

Un atelier anglais ? Jamais, s'écrit Olivier !

"La similitude des tombeaux de Jean IV et du connétable, sur les gravures publiées par les bénédictins [Dom Lobineau et dom Morice], a amené certains auteurs à estimer que le second était, comme le premier, une œuvre anglaise (Voir Bizeul, Bulletin monumental, 1843, loc. cit. ). Mais, si le dessinateur a, en effet, reproduit la même infrastructure dans les deux monuments, il s'est, tout au moins en ce qui concerne Josselin, fort peu soucié de la réalité. Les arcatures sont fort différentes de celles reconstituées d'après les éléments anciens subsistants et les pleurants n'y sont pas représentés. L'on peut même se demander si la levrette figurée aux pieds de la châtelaine a bien existé et s'il n'y avait pas plutôt deux petites levrettes, ainsi que le font supposer les parties subsistantes de leurs corps. Il aurait donc existé deux ou trois levrettes, mais certainement pas une seule, comme indiqué. D'ailleurs, s'il était normal que Jeanne de Navarre, devenue reine d'Angleterre, ait commandé à des artistes anglais le tombeau de son premier mari, le connétable de Clisson, ennemi juré des Anglais, eût certainement tressailli sous un monument exécuté outre-Manche !"

 

Un atelier bourguignon ? (l'auteur pense aux tombeaux de la chartreuse de Champmol, aujourd'hui au Musée de Dijon)

 

"Ce tombeau en marbre noir et blanc, avec ses gisants couchés sur la table et ses pleurants en ronde bosse tout autour, offre à première vue une parenté évidente avec les tombeaux dijonnais et le tombeau un peu postérieur de Souvigny ; son origine bourguignonne serait d'ailleurs plausible. Rappelons, en effet, que Jean V fut jusqu'en 1404 sous la tutelle de Philippe le Hardi et qu'il entretint dans la suite d'excellents rapports avec la cour de Bourgogne. Il est donc vraisemblable que les Rohan, dont le fils de Beatrix de Clisson, Alain IX de Rohan, avait épousé en 1407 Marguerite de Bretagne, sœur de Jean V, aient, eux aussi, admiré Champmol.

Un examen plus attentif montre cependant que le tombeau de Josselin diffère notablement de ceux de Bourgogne par le canon des pleurants qui y sont beaucoup plus élancés. Bien qu'à Josselin ceux-ci soient tous décapités, le rapport de leur hauteur à leur largeur est sensiblement constant et varie de 2,62 à 2,67, alors que dans les tombeaux bourguignons il est de 2,1 à 2,3. Autant que l'on puisse restituer quelques-unes des têtes, celles-ci auraient environ le 1 /7 de la hauteur du corps au lieu de 1 /6 à Dijon."

 

Un atelier de Tournai ? La dalle est en pierre noire de Meuse.

"Ce canon des pleurants de Josselin se rapproche ainsi très nettement de celui des ateliers tournaisiens, entre autres de celui pratiqué par Jean Lomme (Voir, sur ces canons, P. Quarré, Le tombeau de Pierre de Bauffremont, chambellan de Philippe le Bon, dans Bulletin monumental, t. CXIII, 1955, p. 103. ).

Précisément, la dalle polie portant les statues d'Olivier de Clisson et de sa femme a subi, au-dessus du dais du connétable, quelques érosions permettant de voir quelle est en pierre noire de la Meuse ; l'on sait d'ailleurs qu'à cette époque Dinant, Tournai et Liège fournissaient beaucoup de ces dalles dans lesquelles toute une dynastie de tailleurs de pierres, les Taillefeu, était, entre autres, spécialisée. En particulier, c'est à Liège que fut commandée plus tard, par Jean Perréal, la dalle du tombeau du duc François II à Nantes.

Les sculpteurs tournaisiens étaient, dès la fin du XIVe siècle, des tombiers réputés qui se rendaient même en dehors de leur ville. Rappelons qu'en 1378 est aussi mentionné, à Troyes, Hennequin de la Place, qu'en 1386-1387 Nicolas de Hans, alias Claux de Haine, travaille pour Philippe le Hardi, qu'à Douai, en 1393, est occupé Jacques de Brubé et à Cambrai, en 1400, Jean Tuscap.

Enfin, l'on sait qu'en 1411 Janin Lomme se rendit à la cour de Navarre, à Pampelune, où il sculpta les tombeaux de Charles le Noble et de sa femme Léonore en 1416, de leur fille Jeanne (t 1425), du frère naturel du roi Lionel de Navarre (t 1413) et, à Tudela, en 1417, le monument du chancelier Frances de Villa-Espesa (Voir E. Bertaux, Le mausolée de Charles le Noble à Pampelune et l'art franco-flamand en Navarre, dans Gazette des Beaux-Arts, 1908, II, p. 89-112, et Paul Rolland, La sculpture tournaisienne, Bruxelles, 1944. )"

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Des ressemblance troublantes avec des œuvres tournaisiennes.

"Or, plusieurs détails de ces tombeaux tournaisiens se retrouvent à Josselin.

C'est ainsi que la dalle funéraire de Beatrix de Beaumont (+ 1419) et de son fils Guillaume de Melun (f+1407), à Antoing, possède aussi un encadrement sculpté autour des gisants, détail assez rare, et que le lionceau sous les pieds de Guillaume et le petit chien sous les pieds de Beatrix sont très proches, comme facture, du lion et des petits chiens de Josselin, tout au moins, pour ces derniers, des restes primitifs subsistants.

Il est, en effet, regrettable que, sur le tombeau du connétable et de sa femme, les deux petites levrettes, sous les pieds de cette dernière, aient été remplacées par deux corniauds dont l'un met une patte dans sa gueule, détail amusant et de son époque, mais bien peu conforme à la réalité ; il est vrai que l'architecte chargé de la restauration des tombeaux des ducs de Bourgogne, Claude Saintpère, s'était fait représenter en redingote pour remplacer l'un des pleurants manquants (P. Quarré, Bulletin de la Société des Antiquaires de France, communication du 17 novembre 1948. ) !

Mais notons surtout la très grande similitude, comme modelé, de la figure de la femme du connétable et de la reine de Navarre du tombeau de Pampelune, ainsi que d'autres détails très particuliers, tels les plis des robes sur lesquels sont posées les levrettes. Il y a lieu, cependant, de signaler que la châtelaine de Porhouet a les yeux clos, influence italienne, alors que la reine de Navarre a les yeux ouverts. Là encore, notons que Jeanne de Navarre, sœur de Charles le Noble, avait épousé Jean de Rohan, veuf de Jeanne de Léon, et avait élevé son beau-fils Alain, époux de Beatrix de Clisson : il n'est pas impossible que ceux-ci, cherchant un artiste pour l'exécution du tombeau du connétable, aient eu connaissance des projets des tombeaux de Navarre."

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Où l'auteur se décide pour Tournai.

 

"Malgré l'absence complète de documents, tous ces détails permettent, croyons-nous, d'affirmer que le tombeau de Josselin est une œuvre tournaisienne, sans que l'on puisse malheureusement indiquer son auteur et le lieu où il fut exécuté. Il a cependant, malgré ces lacunes, une certaine importance pour l'histoire de l'art ; car, si les tombeaux tournaisiens sont mentionnés en de nombreux endroits à la fin du XIVe et au début du XVe siècle, aucun existant n'avait été signalé en Bretagne, qui, rappelons-le, possède le très beau retable de Runan, en pierre bleue de Tournai, du premier quart du XVe siècle et sensiblement contemporain du tombeau de Josselin.

 

Il y a lieu de mentionner également un autre tombeau, très semblable à celui de Josselin, mais aujourd'hui détruit : celui de Louis de Laval-Châtillon, qui décéda le 21 août 1489 et fut inhumé en l'église Saint-Tugdual de Laval. Il nous est connu par une miniature attribuée à l'atelier de Jean Colombe (Bibl. nat., fonds latin 920 : Heures de Louis de Laval-Châtillon, fol. 334 v°. ), mais malheureusement le Cartulaire des seigneurs de Laval ne contient aucun document relatif à l'exécution de ce monument. Tout ce que l'on peut remarquer, c'est que Louis de Laval, d'après cette miniature qui le représente avec des cheveux noirs, fît exécuter ce tombeau une vingtaine d'années avant sa mort (par Jean Fouquet vers 1479 et où Louis de Laval a les cheveux rares et très gris [ibid., fol. 51). "

 

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    ... ET DU COTÉ DE M. BISEUL EN 1843.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k31027v/f682.item

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    "Tombeau d'Olivier de Clisson à Josselin.

    Au mois de février de l'an 1406 suivant l'ancienne manière de compter (l'année 1407 ne devant commencer qu'à la fête de Pâques suivante) Olivier de Clisson presque octogénaire, se mourait dans son château de Josselin. Il n'avait jamais connu le  repos son lit de mort ne devait pas être paisible. Le duc Jean V digne héritier de Jean de Montfort, son père, de celui qui ne recula pas devant le lâche guet-apens du château de l'Hermine ni devant l'assassinat que commit à son instigation Pierre de Craon, Jean V au mépris du traité signé par sa mère et du droit que ce traité accordait au connétable de relever appel au parlement de Paris l'avait fait condamner pour crimes et malefices à une prison perpétuelle, et rassemblait ses hommes d'armes pour aller attaquer ce vieux lion greveusement détenu de maladie car, malgré cet état, il ne fallait rien moins qu'une armée pour mettre à exécution une sentence contre un tel personnage. Clisson voulant mourir en paix, acheta le repos de ses derniers jours, et le duc n'eut pas honte d'exiger cent mille livres pour cette sorte de rançon si lâchement extorquée, et cela dans le temps même où il mariait sa sœur avec Alain IX de Rohan, petit- fils du héros qu'il persécutait. 

    Ce fut alors que Clisson dicta ce long testament recueilli par dom Morice aux archives de Nantes, et un codicile presque aussi long qui existait au château de Blain. Ils n'ont été publiés que par extraits au t. 2 p. 779 et 782 des preuves de l'histoire de Bretagne. 

    On lit dans ce testament 

    « Premierement je recommande mon âme a Dieu nostre dit pere et createur, a la benoiste et glorieuse Vierge Marie, e a Monsieur Sainct Michel et a toute la devote compaignie de Paradis. Apres, je vueil commande et ordonne que mon corps, aprez mon decez de ce- siècle, soit baillé et livré à la sepulture de nostre Mère Saincte Eglise, laquelle sepulture je eslis en l'église de Nostre-Dame de Jocelin, joignant de la sepulture de ma tres-chere et tres-amée compaigne Marguerite de Rohan que Dieu absolle.. Item vueil et ordonne que une belle tombe et honneste soit faicte et et mise sur les corps de ma dicte compaigne et moy, et dessus ycelle soient les ymaiges de nous deux, à l'ordonnance de nos executeurs cy aprez nommez...: Item, je laisse et donne a la dicte eglise (de N.-D. de Jocelin ) deux  de mes bréviaires, lesquelz soient enchaisnez sur la sepulture de ma dicte compaigne et de moy, pour l'usage des chapellains et clercs qui y viendront dire leurs heures. 

    Marguerite de Rohan, seconde femme d'Olivier de Clisson était fille d'Alain VII, vicomte de Rohan, et de Jeanne de Rostrenen, et veuve de Jean, sire de Beaumanoir. Elle n'eut pas d'enfants de son second mariage. Son neveu, Alain VIII de Rohan, fils de son frère Jean 1er. épousa Béatrix de Clisson fille du premier mariage du connétable avec Catherine de Laval. Ce mariage qui unissait deux illustres maisons, porta dans celle de Rohan, la plus grande partie des terres immenses que Clisson possédait en Bretagne. Marguerite était morte peu de temps avant son mari. Son testament est du l4 décembre 1406. 

    J'ai fait de vaines recherches pour trouver quelque chose de relatif à la construction du tombeau des deux époux. Il est à croire que cette construction eut lieu dans les cinq années qui suivirent la mort du connétable, espace de temps pendant lequel on régla le partage de sa succession entre ses deux filles Béatrix, vicomtesse de Rohan, qui, comme aînée et d'après le testament de son père prenait les deux tiers, et Marguerite, comtesse de Penthièvre, qui revendiqua si long-temps pour ses enfants le légitime héritage de Jeanne- la-Boiteuse, leur aïeule paternelle. Les deux sœurs durent contribuer proportionnellement aux frais de l'édification du tombeau. 

    L'auteur de cet élégant ouvrage est inconnu. Le nom d'aucun tailleur d'imaiges de cette époque n'a été conservé en Bretagne. Dans la partie du testament d'Olivier de Clisson, qui n'a pas été reproduite dans les preuves de dom Morice, on trouve un legs de trente livres fait à maistre Jehan le maczon maistre de l'œuvre du chasteau Jocelin. Ce maistre Jehan, nommé maczon, sans qu'on sache si ce nom était propre ou qualificatif, ce maistre de l'œuvre du chasteau Jocelin, qui exécutait, là et ailleurs, les nombreuses constructions ordonnées par le connétable qui, comme le dit d'Argentré, avoit esté grand bastisseur en son temps, cet artiste, dis-je ne pourrait-il pas être considéré comme ayant taillé les patrons des ymaiges et mis en œuvre le tombeau de son maître ? Ceci n'est qu'une simple conjecture et je ne la donne que pour ce qu'elle vaut, c'est-à-dire comme un faible renseignement. 

    Une autre conjecture.qui n'aurait guère plus de force que la précédente, ce serait que le tombeau du sire de Clisson aurait été fait par les mêmes ouvriers que celui de Jean IV, qui était placé dans le chœur de la cathédrale de Nantes. Un sauf-conduit recueilli par Rymer, t. VIII, p. 510 et par dom Morice preuv. t. II, p. 816, et donné par le roi d'Angleterre au patron de la barge ( bargea) le St. Nicolas de Nantes, nous fait connaître les noms de ces ouvriers, qui venaient d'être reconduits en Angleterre au mois de février  1409. C'étaient Thomas Colyn, Thomas Holewell et Thomas Poppehowe. Cet acte nous apprend encore qu'ils étaient venus à Nantes par l'ordre de la reine d'Angleterre, pour asseoir et poser sur la sépulture du duc de Bretagne, son premier mari, une tombe d'albâtre quamdam tumbam alabastri
    Le tombeau du duc Jean IV a été détruit encore plus complètemenf que celui de Clisson car il n'en reste absolument rien. Heureusement pour nous, dom Lobineau les avait fait dessiner l'un et l'autre par frère Jean Chaperon et en inséra la gravure dans son Histoire de Bretagne. Dom Morice, dans la sienne, a reproduit les mêmes gravures. En comparant ces deux tombeaux on est frappé de la grande analogie qui existe entre leur genre d'ornementation et ceci pourrait confirmer l'idée qu'ils sont dus à ces trois anglais qui retournèrent dans leur pays au commencement de 1409. Quoi qu'il en soit, le tombeau resta dans la chapelle de N.-D. de Josselin pendant près de quatre siècles. Autour de la pierre qui supportait les figures se lisait et se lit encore en caractères du temps : Cy gist noble et puissant seigneur Monseigneur Olivier de Clison, connetable de France, segneur de Clison, de Porhouet, de Belleville et de la garnache, qui trepassa en apvril le jour Saint Jorge l'an M. CCCC et VII. Priez Dieu pour son ame. Amen.

    J'emprunte à M. de Fréminville (Antiq. Du Morbihan 1835, p. 120) la description des statues.

     

    « Sur cette table de marbre noir étaient placées les statues couchées et en marbre blanc du connétable et de Marguerite de Rohan, sa femme, enterrée à côté de lui. Clisson est représenté armé de toutes pièces, excepté la tête. Par dessus sa cuirasse, il porte une cotte d'armes ample et flottante, mais bien plus laisse même apercevoir par le bas une partie du haubergeon ou chemisette de mailles que l'on mettait encore souvent sous la cuirasse. Son épée est suspendue à son côté par un baudrier à demi déceint, ce qui, suivant le sentiment de quelques antiquaires, signifie que le chevalier est mort a naturellement et dans son lit tandis que ceux qui perdaient la vie sur un champ de bataille étaient représentés  avec l'épée ceinte ou même nue à côté d'eux ; opinion vraie dans beaucoup de cas et par exemple dans celui-ci,  mais qui souffre de nombreuses exceptions. Les brassards, les cuissarts et les grèves que porte ici Clisson ont peu de  lames articulées, ce qui les rendait plus solides mais ôtait  de la facilité au jeu de ces pièces d'armure, qui n'étaient  pas encore à cette époque aussi perfectionnées qu'elles le  furent vers la fin du siècle. La statue de Marguerite de  Rohan nous offre un exemple du costume des dames du XIVe siècle. Ses cheveux sont tressés, et ces tresses partagées sur les côtés sont retenues à droite et à gauche dans un réseau orné de perles. La coiffure carrée qu'elle porte  par dessus s'appelait escoffion. Sur sa longue robe ou cotte-hardie elle est vêtue d'un surcot fourré d'hermine, et dont les manches sont longues et serrées. » 

     

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    Le tombeau du connétable fut, comme je l'ai déjà dit, démoli et brisé dans la Révolution. Un renseignement recueilli par M. de Fréminville, près d'un habitant de Josselin, apprend qu'à la même époque, on fouilla le tombeau qu'on y retrouva toutes les pièces de l'armure d'Olivier de Clisson, qui paraît avoir été enterré revêtu de toutes ses armes, et que ces intéressants objets ont été dispersés et perdus. 
    Les statues mutilées et quelques parties de cette élégante dentelle de marbre, qui était si gracieusement suspendue au-dessus de la tête des deux époux, le lion, la levrette, restèrent longtemps dans la sacristie de l'église de Josselin. Dans le voyage qu'elle fit en Bretagne en 1828 Madame la duchesse de Berry témoigna le désir que le tombeau de  Clisson fût restauré et donna 2,000 fr. pour cet objet. On ne sait pas précisément ce qui en advint; mais on vit s'élever, en 1830, dans le bas côté de la même église, une construction tumulaire, que M. Mérimée a comparée, avec beaucoup de raison, aux plus ridicules édifices du cimetière du Père Lachaise, et sur lequel, pour combler l'absurde, on a écrit ces mots « Tombeau érigé en 1407 au connétable Olivier de Clisson et à Marguerite de Rohan son  epouse détruit pendant les troubles révolutionnaires et restauré en 1830 !

    Or, il est bon de savoir qu'aucun des fragments de, l'ancien tombeau n'est entré dans la composition du très moderne sarcophage. Au contraire, à la même époque, on envoya à Rennes les deux statues, le lion et un panneau des ornements qui étaient placés sur chacune des faces du piédestal. Ils y sont restés, depuis cette époque chez M. Barré, sculpteur, qui les retient comme gage d'une somme de 150 ou 200 fr, qui lui est due, on ne peut dire au juste par qui. 

    La statue du connétable est brisée à un tiers de la longueur des cuisses les genoux, brisés aussi, existent encore. 
    La tête est fort belle, mais une grande partie du nez est emportée. Marguerite de Rohan a le corps brisé à peu près par la moitié, et d'une manière oblique, mais les deux parties se rapprochent très-exactement. La restauration de cette statue serait d'autant plus facile qu'elle a reçu par ailleurs assez peu de mutilations. Le lion est presque intact, ainsi que le panneau d'ornements. 

    Tous ces objets sont placés dans la cour de l'atelier de M. le sculpteur Barré, et sont exposés à toutes les intempéries. 

    Beaucoup d'autres fragments du même tombeau sont restés dans la sacristie de Josselin, et il est à craindre que des acheteurs d'objets curieux ne parviennent, par des offres qui paraîtront avantageuses, à s'emparer de la majeure partie de ces débris. 

    On peut juger par ces détails, que tout ce qui nous reste du tombeau de Clisson, est en péril de plus d'une façon et qu'il est grand temps que la Société conservatrice s'en occupe. 
    Déjà dans la séance tenue à Paris le 25 janvier 1842. M. le comte de Saint-Pricst a fait entendre à ce sujet une 
    vive et éloquente réclamation. Je la renouvelle aujourd'hui et je demande 1°. Qu'il soit pris sur les fonds de la Société la somme suffisante pour désintéresser M. le sculpteur Barré 2°. Que les statues et autres fragments qui sont à Rennes soient provisoirement transportés dans un dépôt public, aux frais de la Société; 3°. Que l'inspecteur des monuments dans le département du Morbihan fasse un inventaire de tous les débris du même tombeau qui sont restés à Josselin et qu'il s'entende pour leur entière conservation, avec M. le curé de la paroisse de Notre-Dame &°. Enfin que la Société sollicite, avec les plus vives instances près de l'autorité la restauration complète, dans son ancienne place, d'un monument qui intéresse l'une des gloires de la Bretagne et on pourrait même dire de la France. "

     

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    SOURCES ET LIENS.

    —Notice du Petit patrimoine :

    http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=56091_5

    — Notice de Christel Douard pour la base Palissy :

    http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IM56003462

    — COUFFON (René), 1967,  "Le cénotaphe du connétable de Clisson à Josselin", Bulletin Monumental   Volume 125  Numéro 2  pp. 167-175

    http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1967_num_125_2_4853

    — DOM MORICE. Histoire ecclésiastique et civile de Bretagne. Tome 1 / , composée sur les auteurs et les titres originaux... & enrichie d'une dissertation sur l'établissement des Bretons dans l'Armorique et de plusieurs notes critiques. Par Dom Pierre-Hyacinthe Morice,...Mats, Jean du (seigneur de Terchant et de Montmartin). Taillandier, Charles (1706-1786). impr. de Delaguette (Paris)[puis] impr. de Vve Delaguette (Paris)  page 440.

     

    — GÉNIAUX (Charles), 1912, La Bretagne Vivante, page 263.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5786120v/f272.image.r=croquis+de+guerre.langFR

    — GILLES (Emile), 1912,  Au cœur de la Bretagne.

    — PETIT (Olivier), 2016, La France médiévale 

    http://lafrancemedievale.blogspot.fr/2016/07/josselin-56-gisants-dolivier-de-clisson.html

    — POSTEL (Jérôme Jean), 1844, "La Bretagne de Jérôme  édition 1844

    "L’église principale, dédiée à Notre-Dame-du-Roncier, fut construite ou plutôt réparée en 1400 : car tout porte à croire que sa première fondation date du XIe siècle ; on voit encore sur ses murs les armes du duc de Rohan. Le chœur de cette église renfermait autrefois le tombeau de Clisson et de Marguerite de Rohan, son épouse ; mais ce précieux monument fut brisé pendant la Révolution. La Restauration en a recueilli les débris, que M. le comte de ChazelIes, préfet du Morbihan, a fait placer dans un des bas-côtés de l’église ; ils ont été incrustés dans le mur et recouverts d’une plaque de marbre blanc, sur laquelle on lit une inscription fournie par M. de Chazelles. Nous avons vu à Rennes, dans l’atelier d’un sculpteur, la tête de la statue du tombeau de Josselin; elle était de marbre et remarquable à la fois, malgré les mutilations, par son expression et le talent avec lequel elle avait été sculptée."

    https://www.visites-p.net/gravure-ancienne-du-jour/potel-josselin.html

     

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    Published by jean-yves cordier - dans Gisant
    24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 20:40

    Les vitraux de la baie 19  (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire   de la cathédrale d'Evreux.

     

    Voir aussi :

    Liste de mes 155 articles sur les vitraux :

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    — Sur la cathédrale d'Évreux :

    — Sur les fonds damassés :

    — Sur les anges musiciens :

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    Chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Plan de situation (d'après le plan des vitraux de la cathédrale in Corpus Vitrearum VI).

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    La baie 19 sur un plan du chœur de la cathédrale d'Évreux. d'après le Corpus Vitrearum VI.

    La baie 19 sur un plan du chœur de la cathédrale d'Évreux. d'après le Corpus Vitrearum VI.

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    La baie 19.

    Cette baie, l'une des trois de la chapelle du Rosaire (la première de l'abside du déambulatoire nord), comporte trois lancettes trilobées et un tympan à trois soufflets et quatre écoinçons. Elle mesure 5,20 m de haut et 2,70 m de large.

    Elle est datée de 1360-1370 — et pour le tympan d'après 1387— et comporte dans les trois soufflets du tympan des armes, le mot EN BIEN, (plus précisément  ENBIEN, comme sur son chapel) et le chiffre (la lettre K) ou les emblèmes aux cerfs ailés et aux fleurs de genêt (montés en chef d'œuvre) du roi Charles VI qui régna de 1380 à 1422. (Dès le milieu du XIVe siècle, parallèlement à la tradition des armoiries héréditaires (ici, l’emblème royal des fleurs du lys), naît en Occident l'usage des « devises » qui comprend un « mot » (enbien)  et un corps (un cerf ailé blanc). 

    Elle a été restaurée par Édouard Didron en 1893, "notamment les dais des 2ème et 3ème lancettes "(Corpus)

    Elle  utilise,  comme la baie 15 et 17 avec lesquelles elle forme un ensemble, une formule très répandue à la fin du Moyen-Âge, avec la mise en situation de monumentales figures en pied isolées par  des dais architecturaux aux trois dimensions rendues en perspective (Corpus) tout en s'inscrivant devant cette  nouvelle organisation de l'espace situant la "litre colorée" (bande horizontale) à mi-hauteur de la baie au dessus et en dessous d'une verrerie ornementale claire relevée au jaune d'argent. C'est à partir de 1330 que le jaune d'argent, qualifié ici de "jaune d'Évreux", a été pleinement exploité dans les vitraux de la cathédrale.

    Ici, ce sont trois édicules hexagonaux qui sont insérés en litre dans une vitrerie losangée décorée en grisaille et jaune d'argent. Saint Gilles (avec sa biche et saint Jean-Baptiste (avec l'Agneau) entourent un saint évêque, chacun dans un niche tendue d'un précieux damassé.

      Le registre supérieur à neuf panneaux de celle-ci  est ornée de huit médaillons – en majorité des anges musiciens – , alors que le registre inférieur en accueille six autres.

     Les losanges de ces deux espaces sont peints de rinceaux végétaux (feuillages et fleurs) et d'oiseaux, comme à Saint-Jacques de Merléac (Côtes-d'Armor) sur la maîtresse-vitre de 1402.

     

    NOTA BENE : j'exploite dans ma description celle du Corpus Vitrearum 2001 page 149.

     

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    La baie 19 (1360-1370 et ap. 1387) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370 et ap. 1387) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    LA LITRE COLORÉE CENTRALE.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    1. Saint Gilles et sa biche.

    Le saint est représenté avec des cheveux longs et une barbe propre à son statut de moine ermite gyrovague d'une forêt du Gard, mais il tient un livre qui rappelle qu'il fut abbé de Saint-Gilles-du-Gard, l'un des quatre lieux de pèlerinage de la Chrétienté au moyen-âge. Il caresse la tête de la biche, qui le nourrit longtemps de son lait dans son désert. La robe qu'il porte rappelle l'habit des Cisterciens. Saint Gilles est l'un des 14 saints auxiliateurs, invoqué, particulièrement dans l'Eure, contre la peur et le feu, pour la guérison des maladies nerveuses et pour la protection des enfants. 

    Il semble, malgré les plombs de casse, qu'il s'agisse d'une seule pièce de verre blanc depuis le sol jusqu'au sommet du nimbe. Le sol, la biche, la tranche du livre et ses ferrures de la reliure, et la périphérie du nimbe, sont peints au jaune d'argent.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Je remarque sur les piédroits de la niche deux personnages en grisaille : à gauche, un homme à barbe bifide, les bras croisés, tunique courte sur des chausses moulantes,  porte une épée glissée dans un étui passé à sa ceinture. J'ai déjà observé ce type de fourreau sur la maîtresse-vitre de Merléac (1402), sur le bourreau de la Décollation de saint Jacques ou dans le registre de la Passion. Cet accessoire qui permet de glisser la lame nue  dans la fente d'une sacoche date donc de la fin du XIVe/début XVe.

    On le retrouve à droite, où une dame à robe longue boutonnée sur le devant le porte afin d'y mettre sa dague à portée de main. 

    Étrange couple. Que fait-il ici ?

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Le fonds damassé.

    Selon un procédé courant, la niche vue en perspective crée la fiction d'un volume hexagonal, couvert d'une voûte ogivale et éclairée à l'arrière par des baies à pointe lancéolée découpée de feuilles d'acanthe : une chapelle pour poupée dans la chapelle. Cette niche est tendue, à hauteur de personnage, par un drap semblable à ceux dont les nobles réchauffaient les murs de leurs châteaux, et bien avant eux à ceux dont les cathédrales devaient sans-doute se parer également. Les plus belles étoffes étaient de soie, et  venaient de Lucques, en Italie, avec ses célèbres motifs animaux orientaux : oiseaux fantastiques sassanides ou griffons.

    Comme le but de chaque article est d'approfondir mon sujet, je complète les données précédentes par ce texte de Pierre Racine (2004):

     

    "La soie, importée d’Asie, a permis la confection de vêtements de luxe venus enrichir la garde-robe des gens de Cour, des milieux aisés des grandes villes, sans compter les souverains et les princes eux-mêmes, après qu’ils eurent séduit durant des siècles les ecclésiastiques. La soie n’était certes pas inconnue du monde occidental avant le XIIIe siècle, mais jusqu’au milieu de ce siècle les étoffes de soie provenaient essentiellement du monde byzantin ou musulman.A partir de 1250 et surtout après le traité de Nymphée qui ouvrait aux Génois le trafic commercial sur les rives de la mer Noire, la soie arrive en Europe occidentale en abondance, à la différence de la période antérieure où étaient surtout importés des tissus. Or, le port de Gênes a pris une place de premier plan dans ce trafic, d’une part pour l’arrivée de la soie grège en provenance d’Asie, d’autre part pour l’exportation des tissus travaillés principalement dans la ville de Lucques par des artisans spécialisés."

     

    Les diverses étoffes qui sortaient de ces ateliers avaient des usages bien définis. Jusqu’au grand développement de l’industrie de la soie au milieu du XIIIe siècle, l’Église fut le premier client pour les draperies et parements d’autel, comme pour les vêtements sacerdotaux (chapes, chasubles, dalmatiques). Les inventaires des églises lucquoises en sont un bon témoignage. Un inventaire du trésor pontifical de 1295 montre que le brocart, le samit et le cendal étaient employés pour les baldaquins et les tentures, le samit et le cendal, la « pourpre » et le « camoas » pour les parements d’autel, le samit et les soies plus légères pour les vêtements sacerdotaux. Au cours du XIIIe siècle, une clientèle laïque, composée de nobles et de souverains, s’est dessinée, relayant parfois celle de l’Eglise, à la recherche de tissus variés, des étoffes légères aux draps d’or et d’argent. Les comptes des rois de France citent ainsi brocarts, velours et damas, satins, sarcenits, tabis (soie moirée) et taffetas en provenance de Lucques. Les poètes et troubadours se sont eux-mêmes complu à décrire les somptueux vêtements de personnages qu’ils mettaient en scène. Les dessinateurs lucquois se sont montrés très tôt capables d’adapter les dessins byzantins et musulmans, représentant des animaux ou des oiseaux plus ou moins stylisés et disposés le plus souvent dans des médaillons. Dès le XIIIe siècle, sous l’influence de l’héraldique, les médaillons en viennent à remplacer les animaux avec des bandes feuilletées et fleuronnées s’entrecroisant en formant losanges et carrés. La diaspre, soie unie, brochée d’or ou d’argent, était surtout de couleur blanche, mais le rouge, le vert, le jaune, voire la bichromie, pouvaient s’y rencontrer, si l’on se réfère à certains inventaires de sacristie. Pour ce tissu qui ressemblait au damas, il était nécessaire de recourir à deux chaînes à base de fil fortement tordu, la trame étant alors à base d’un fil légèrement tordu, les figures étant tramées en un fil plus épais et plus brillant que le fond. L’influence des styles chinois au XIVe siècle introduit plus de souplesse et une certaine symétrie pour donner l’impression de mouvement, malgré la répétition inévitable des mêmes motifs dans les tissus."

     

    • "Le baudequin est une étoffe de soie lourde utilisée notamment pour les dais.
    • Le brocart est un tissu de soie rehaussé de dessins brodés en fil d’or ou d’argent.
    • Le cendal est une étoffe de soie légère.
    • Le damas est une étoffe de soie tissée de telle façon que les dessins présentés à l’endroit en satin sur fond de taffetas apparaissent à l’envers en taffetas sur fond de satin.
    • Le samit est un demi-satin formé d’une chaîne de soie soutenue par une trame de fil.
    • Le velours est un tissu à deux chaînes : l’une produit le fond du tissu et l’autre le « velouté ». Le velours peut à l’occasion mêler soie et coton."

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    Le motif de cette lancette de la baie 19 est enlevé sur un lavis de grisaille appliqué sur un  verre vert.

    Ce damassé, qui, selon les auteurs du Corpus, ne figure pas parmi ceux qui ont été restaurés/créés par Didron, montre un oiseau aux ailes déployées,  au bec crochu et à l'œil mauvais qui vole tête en bas vers un bœuf, lequel  relève joyeusement la tête vers lui. Désigner l'animal comme un bœuf est un raccourci commode, car son museau est canin ou lupin, et une feuille à trois pétales plantée au milieu du crâne le classe plutôt parmi les êtres fantastiques. Pour le Corpus, ce serait une biche.

    Le rinceau aux courtes feuilles produit deux sortes de fleurs, à six pétales.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    2. Un saint évêque.

    Les auteurs du Corpus suggèrent la possibilité d'y reconnaître saint Éterne, évêque d'Évreux. J'ignore pourquoi ils écartent l'hypothèse de trouver là saint Taurin, premier  évêque  et évangélisateur ébroïcien.

    Il est très proche du saint évêque de la baie 17, mais il tient sa crosse de la main droite et un livre à ferrures fermé de la main gauche. Sa mitre auriphrygiate est la même. La hampe de la crosse est tenue entre index et majeur, la douille s'épanouit en un nœud hexagonal comme une petite chapelle, le crosseron à fleuron se ferme complètement sur lui même sur deux feuilles trifoliées. La main droite est ganté du chirothèque orné sur le dos d'une plaque d'or entourée de perles (ce livre est identique à celui que tient saint Gilles). La main gauche est nue, mais baguée sur le majeur. Un manipule brodé et frangé pend sous le poignet.

     

    La chape romaine, assurée par un fermail d'or, est de drap d'or, sur une chasuble verte, qui recouvre elle-même l'aube largement orfroyée.

    Le socle, posé sur deux lionceaux, porte l'inscription RESTAURÉ PAR É. DIDRON 1893.

    DIDRON (Édouard- Amédée) 1836-1902 . Peintre-verrier, N.C. Atelier Paris 23, rue du Bac (1870) puis 23, rue St. Dominique (1875) et enfin 6, Bd. d’Enfer Prolongé (1887) a été repris ensuite par J.-B. Anglade. Il participa aux Expositions Universelles de 1855,1867 et 1878. Il est connu pour son exécution matérielle soignée: « …il n’emploie que des verres ayant au moins 3 à 4 millimètres d’épaisseur ». Vitrail archaïsant.

    L'architecte diocésain était alors (sauf erreur) Denis Darcy.

     

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Le splendide  damas, restauré par Didron, est tracé sur un verre bleu couvert d'un lavis de grisaille. Des couples de perruches, aux forts becs de perroquet et aux longues queues à quatre plumes, sont de couleur verte, car le verre bleu a été peint au jaune d'argent. Elles enveloppent de leur forme en S une masse de sept fleurs crénelées placée au sommet d'un réseau de tiges qui distribuent ailleurs des feuilles en crochets, d'autres fleurdelisées et d'autres encore.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    3. Saint Jean-Baptiste.

    J'aurais souhaité proposer une photo de meilleur qualité, mais celle-ci montrera l'essentiel : le saint, premier anachorète du christianisme et dernier Prophète annonçant le Messie, a revêtu sur sa peau en poil de chameau un manteau rouge uni. Il tient l'agneau au nimbe crucifère. Ses pieds sont nus. Que verriez-vous de plus sur un cliché parfait ?

     

     

     

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Comme saint Gilles, Jean-Baptiste est encadré par deux personnages en grisaille, sculptés sur les piédroits. L'un, peut-être un Prophète, porte un bonnet.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Plus haut, entre les pinacles du dais, un ange agenouillé  (très restauré) joue du rebec. Ou de la mandore.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    L'examen du fond damassé sera pénalisé par la qualité déplorable de l'image. Dommage, car il contient un beau couple d' oiseaux affrontés, à tête de dragon et à interminable queue en plumet. Ils se faufilent dans les interstices de rouages à crochets.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Le tympan.

    Le tympan est aux emblèmes du roi Charles VI, avec ses fleurs de genêt servant de fond, enrubannées du mot ENBIEN à chaque mouchette ou figurant dans les écoinçons. À gauche, l'initiale K de Karolus, à droite, le cerf ailé blanc, et en haut la couronne royale au dessus des armes de France d'azur aux fleurs de lys d'or.

    Ces panneaux proviendraient (Corpus) sans-doute de l'ancienne chapelle d'axe (après 1387) et auraient été transférés là vers 1465.

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    Tympan de la baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Tympan de la baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    LA VITRERIE À LOSANGES ET SES MÉDAILLONS AUX ANGES MUSICIENS.

    — Les médaillons : Leur intérêt documentaire est amoindri, comme dans les autres baies,  par l'ignorance dans laquelle je me trouve du rôle du restaurateur E. Didron, et de l'importance de ses interventions. Quels panneaux a-t-il créé de toute pièce ? Comment a-t-il choisi ses dessins ? Disposait-il de verres anciens dont il s'est inspiré avant de les déposer ? Les instruments représentés peuvent-ils refléter la pratique musicale de la seconde moitié du  XIVe siècle ? La plupart figuraient déjà dans les baies 15 ou 17, sous la même forme. 

    1. Cornemuse

    2. Mandore.

    3. Triangle à anneaux

    4. Phylactère.

    5. Phylactère.

    6. Trompette marine.

    7. Mandore.

    8. Phylactère.

    9. Douçaine.

    10. Vase (percussion ?)

    11. Phylactère.

    12. Phylactère.

    13. Harpe

    14. Sainte Barbe assise.

    15. Cymbales à mains.

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    — La bordure : différente des baies 15 et 17, c'est ici une alternance de verres colorés rouge et vert en demi-cercle, et de verres blancs peints au jaune d'argent et grisaille de rinceaux donnant des fleurs à six pétales autour d'un cœur.

    — Les paires d'oiseaux :  ce sont sensiblement les mêmes que dans les deux baies voisines, occupant les mêmes losanges, aux formes et postures diverses mais aux allures de passereaux.. 

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.
    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    1. Ange jouant de la cornemuse. Moderne par Didron ?.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    2. Ange jouant de la mandore.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    3. Ange jouant du triangle à anneaux.

    Christian Brassy écrit " sa sonorité caractéristique est assimilée aux sonorités limpides dignes du Paradis. Pourtant les anneaux ajoutés au XV° s. produisent une vibration parasite pas toujours agréable! ". Il donne en exemple les Fresques de la chapelle de Flainville Le Bourg-Dun – XVe s.

     

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    4. Ange vu de dos, tenant un phylactère.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    5. Ange tenant un phylactère.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    6. Ange jouant du monocorde ou trompette marine.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    7. Ange jouant de la mandore.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    8. Ange déroulant un phylactère.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    9. Ange jouant de la douçaine ?.

    Cet instrument est désigné sous les noms de doucine, douçaine, douchaine, doulcine, doucenne, doulssaine, doulçaine, doulceyne , latin dulcina.

    La dulciane ou sourdeline est un instrument à anche double doté d'une perce conique repliée en U.  Ancêtre du basson moderne tel que nous le connaissons aujourd'hui, la doulciane était alors fabriquée dans une seule pièce de bois, creusée d'une perce conique repliée en deux sur elle-même à l'intérieur du corps de l'instrument. Son nom vient du mot « doux », l’instrument pouvant jouer doucement.
    La première référence à la douçaine remonte en 1602, en Italie, où on l'appelle alors fagotto.

    En réalité, notre ange semble plutôt souffler dans un bouffadou, ce tube de bois servant à attiser le feu ! Car le tube replié en U dans lequel il souffle semble être une branche repliée d'un morceau de bois creusé. 

    Cet ange est-il une création de Didron, ou bien atteste-t-il d'une forme primitive, médiévale, de la douçaine?

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Le registre inférieur.

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    10. Ange frappant de la main l'ouverture d'un vase.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    11. Ange tenant un phylactère.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    13. Ange déroulant un phylactère.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    13. ange jouant de la harpe.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    14. sainte Barbe assise (réemploi d'un rondel vers 1500)

     

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    15. Ange jouant des cymbales à mains.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    SOURCES ET LIENS.

    — CALLIAS-BAY (Martine, CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001, Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum vol. VI ; Ed du CNRS / Monum ed. du patrimoine.

    — LEBEURIER (P-F.), Description de la Cathédrale d'Evreux accompagnée d'une vue générale et d'un plan géométrique, Evreux 1868

    https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ

    –  GOSSE-KISCHINEWSKI (Annick) - Virginie HENRY , Janvier 2016 , L'histoire de la Cathédrale d’Évreux in Les dires de l'architecte des Bâtiments de France. Les essentiels de l'Eure.

    Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07 – http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/evreux/vitraux/1.html

    RACINE (Pierre), 2004, Lucques, Gênes et le trafic de la soie (v. 1250-v. 1340) in CHEMINS D'OUTRE-MER, Études d'histoire sur la Méditerranée médiévale offertes à Michel Balar,  Damien Coulon, Catherine Otten-Froux, Paule Pagès et Dominique Valérian Byzantina Sorbonensia © Éditions de la Sorbonne, 2004,  p. 733-743

    http://books.openedition.org/psorbonne/4002?lang=fr

     

    — 

    http://evreux.catholique.fr/contenu/documents/services/cathedrale_Evreux-bestiaire.pdf

    — Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame

    http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

    http://www.persee.fr/docAsPDF/bulmo_0007-473x_1967_num_125_3_4865.pdf

     

    Maïwenn Bourdic, Chloé Mérouze, Émeline Rotolo, Maëlle Vandergheynst, Chloé Walle : Travaux de restauration des cathédrales (1802-1908) : diocèses d'Agen à Évreux Répertoire numérique détaillé, F/19/7577 à F/19/7703

    https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/pdfIR.action?irId=FRAN_IR_055691

    — Forum Grand-sud-medieval  sur les soieries :

    http://www.grand-sud-medieval.fr/forum/viewtopic.php?f=20&t=3361

    — Collection du musée épiscopal de Vic à Barcelone :

    https://www.museuepiscopalvic.com/es/colecciones/tejido-e-indumentaria

    https://www.museuepiscopalvic.com/es/colleccions/tejido-e-indumentaria/casulla-de-miquel-de-ricoma-obispo-de-vic-mev-10936#

    — Soieries de Lucques des collections du Met Museum :

    https://www.metmuseum.org/art/collection/search/463290?rpp=20&pg=1&ft=textile+with+brocade&pos=11

    https://www.metmuseum.org/art/collection/search/467452

    https://www.metmuseum.org/art/collection/search/467452

    https://www.metmuseum.org/art/collection/search/468137

    https://www.metmuseum.org/art/collection/search/466706

    https://www.metmuseum.org/art/collection/search/463599?rpp=20&pg=1&ft=textile+with+brocade&pos=13

    http://www.metmuseum.org/Collections/search-the-collections/170003840?rpp=20&pg=1&ft=textile+with+brocade&pos=17

    https://www.metmuseum.org/art/collection/search/463700?rpp=20&pg=2&ft=textile+with+brocade&pos=34

    http://www.metmuseum.org/Collections/search-the-collections/60013538?rpp=20&pg=2&ft=textile+with+brocade&pos=36

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    Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
    24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 15:06

    Les vitraux de la baie 17  (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire   de la cathédrale d'Evreux.

     

    Voir aussi :

    Liste de mes 155 articles sur les vitraux :

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    — Sur la cathédrale d'Évreux :

    — Sur les fonds damassés :

    — Sur les anges musiciens :

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    Vue générale de la chapelle du Rosaire et des trois baies 19, 17 (au centre) et 15.

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    Chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Plan de situation (d'après le plan des vitraux de la cathédrale in Corpus Vitrearum VI).

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    La baie 17 sur un plan du chœur de la cathédrale d'Évreux. d'après le Corpus Vitrearum VI.

    La baie 17 sur un plan du chœur de la cathédrale d'Évreux. d'après le Corpus Vitrearum VI.

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    La baie 17.

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    La baie 17 (1360-1370 et ap. 1387) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 et ap. 1387) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Cette baie, l'une des trois de la chapelle du Rosaire (la première de l'abside du déambulatoire nord), comporte trois lancettes trilobées et un tympan à trois soufflets et quatre écoinçons. Elle mesure 5,20 m de haut et 2,70 m de large.

    Elle est datée de 1360-1370 — et pour le tympan d'après 1387— et comporte dans les trois soufflets du tympan des armes, le mot EN BIEN, et le chiffre (la lettre K) ou les emblèmes aux cerfs ailés et aux fleurs de genêt (montés en chef d'œuvre) du roi Charles VI qui régna de 1380 à 1422. Ces panneaux proviendraient (Corpus) sans-doute de l'ancienne chapelle d'axe (après 1387) et auraient été transférés là vers 1465.

    Elle a été restaurée par Émile Didron en 1893.

    Elle  utilise  comme la baie 15 et 19 avec lesquelles elle forme un ensemble, une formule très répandue à la fin du Moyen-Âge, avec la mise en situation de monumentales figures en pied isolées par  des dais architecturaux aux trois dimensions rendues en perspective (Corpus) tout en s'inscrivant devant cette  nouvelle organisation de l'espace situant la "litre colorée" (bande horizontale) à mi-hauteur de la baie au dessus et en dessous d'une verrerie ornementale claire relevée au jaune d'argent. C'est à partir de 1330 que le jaune d'argent, qualifié ici de "jaune d'Évreux", a été pleinement exploité dans les vitraux de la cathédrale.

    Ici, ce sont trois édicules hexagonaux qui sont insérés en litre dans une vitrerie losangée décorée en grisaille et jaune d'argent. Le registre supérieur à neuf panneaux de celle-ci  est ornée de huit médaillons d'anges musiciens, alors que le registre inférieur en accueille six autres. Didron a restauré la moitié de ces médaillons.

     Les losanges de ces deux espaces sont peints de rinceaux végétaux (feuillages et fleurs) et d'oiseaux, comme à Saint-Jacques de Merléac (Côtes-d'Armor) sur la maîtresse-vitre de 1402.

    Enfin,  ce sont les fonds damassés aux oiseaux affrontés qui motivent aussi  l'intérêt que je porte à cette baie. Et c'est par eux que je débuterai, en présentant les trois personnages, un chanoine au centre, présenté par un saint évêque (à gauche) à la Vierge à l'Enfant à droite. Mais le fond rouge trop sombre des deux dais latéraux, et le fait que ma photo n'ait pas été prise dans ce but, ne me donneront accès qu'au damassé central.

    NOTA BENE : j'exploite dans ma description celle du Corpus Vitrearum 2001 page 149.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    LA LITRE COLORÉE CENTRALE.

     

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    1. Un saint évêque.

    Cet évêque porte l'ensemble de ses insignes pontificaux : la mitre à perles, orfroi et pierreries, la crosse, la chasuble verte sur un vêtement bleu et un surplis blanc, les chirothèques à pierreries, l'anneau, les pantoufles, et l'étole.

    La mitre est exactement identique à celle de l'évêque Guillaume de Cantiers sur le vitrail de la baie 129.

    Le fonds damassé rouge, trop sombre,  ne s'est pas laissé examiner.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    2. Le chanoine donateur.

    Il est agenouillé avec un phylactère M ---E MEMENTO -- [Mestre Memento ??]. et son identité serait renseignée par l'inscription incomplète N. DE. M -----NE DE --, pour laquelle on propose de voir N. DE M[OLINS ?]. 

    Les armoiries de la famille De Molins étaient d'azur à la croix ancrée (dite croix de moulin) d'or.  Le chanoine Regnault de Molins, notaire de la reine Jeanne d'Évreux, occupa des charges importantes à la cour du roi Philippe VI de Valois, chanoine de Troyes et Nevers, puis d'Évreux de 1335 à 1341 avant de devenir en 1341 chanoine de Notre-Dame de Paris. Il est le donateur de la baie 212. Mais rien n'indique qu'il est représenté ici.

    Le personnage est vêtu d'une aube blanche. Un morceau de verre bleu indique peut-être la présence du ruban portant l'insigne des chanoines.

     

     

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Le damas vert est trop beau, surtout dans le coin supérieur gauche, pour ne pas être une restauration "moderne" d'Émile Didron, mais celui-ci a peut-être reproduit le carton qu'il avait observé dans d'autres parties. On remarque d'abord le médaillon, crénelé ou perlé comme un anneau de chapelet, avec deux fleurons. Il contient un couple de griffons, adossés, les pattes aux griffes sorties dirigées vers l'extérieur, et la tête au bec crochu tournée vers l'arrière au prix d'une sinuosité du long cou. Ces médaillons sont insérés dans le réseau complexe de rinceaux doubles aux feuilles triangulaires et fleurs larges. 

    Ce motif se trouve aussi dans la baie 209 (photos par Giogo) derrière saint Denis ou Pierre de Navarre :

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/08/Baie_209_Saint-Denis_%28Notre-Dame%2C_%C3%89vreux%29.JPG

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/69/Baie_209_Pierre_de_Navarre_%28Notre-Dame%2C_%C3%89vreux%29.JPG

    https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Baie_209_(Notre-Dame,_%C3%89vreux).JPG#/media/File:Baie_209_(Notre-Dame,_%C3%89vreux).JPG

     

    La baie 17 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    3. La Vierge à l'Enfant, couronnée, assise sur un trône.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    LA VITRERIE CLAIRE À LOSANGES DES REGISTRES SUPÉRIEUR ET INFÉRIEUR.

    Les panneaux sont divisés en losanges autour d'un médaillon central, et ces losanges ne sont pas peints à la grisaille, mais réalisés par des verres séparés assemblés par des plombs. Un rinceau court à travers ces verres, donnant des glands, comme dans la baie 15, seulement pour les trois panneaux supérieurs. Ailleurs, les glands laissent la place à des bourgeons floraux (ou des noisettes?), parmi des fleurs à cinq pétales et des feuilles de saules, peintes en mi-parti ou par rayures transversales.

    Avant d'examiner les médaillons, il faut mentionner les paires d'oiseaux qui occupent les losanges encadrant la partie basse de ceux-ci. Ils sont tous différents, par la direction de leur tête, la forme de leur bec, la peinture de leur plumage ou la position de leurs ailes, mais ils ressemblent pour la plupart à des passereaux.

    Enfin, la bordure n'est pas à négliger. Elle contient des pièces colorées rectangulaires  rouges (à l'intérieur) et vertes (à l'extérieur) traçant un cordon d'encadrement bicolore. Ce cordon est interrompu régulièrement par des pièces de verre blanc peintes en grisaille et jaune d'argent de deux motifs : une couronne, et une fleur de lys. On leur donnera volontiers une signification emblématique liée au roi de France. 

     

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    LES ANGES MUSICIENS.

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    Dans les 15 médaillons, 14 anges sont représentés, dont 12 musiciens, jouant de 6 ou 7 instruments différents. Aux instruments déjà présents dans la baie 15 s'ajoute ici la flûte à bec, et peut-être l'instrument à bol (cloches) de l'ange n°5.

    Selon les auteurs du Corpus, la moitié des médaillons sont modernes, restaurés par Didron. L'absence de plombs de casse pour la rangée inférieure, et la faible altération des verres  pour le panneau 4, me permettent de le préciser pour 4 d'entre eux.

     

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    Registre supérieur.

    1. Ange jouant des cymbales à mains.

    2. Ange jouant du monocorde ou de la trompette marine.

    3. Ange jouant de la flûte et du tambour ("galoubet").

    4. Ange jouant de la cornemuse (moderne).

    5. Ange avec instrument non identifié (cloches ?)

    6. Ange tenant un phylactère.

    7. Ange jouant de la flûte à bec.

    8. Le miracle de saint Nicolas.

    9. Ange jouant de la mandore.

    Registre inférieur.

    10. Ange jouant du monocorde ou trompette marine.

    11.Ange joueur de mandore.

    12. Ange tenant un mandore.

    13. Ange musicien, instrument non identifié (moderne).

    14. Ange tenant un phylactère (moderne).

    15 . Ange jouant de cymbales à mains (moderne).

    Les anges, nimbés, sont vêtus d'une aube bouffant à la taille au dessus d'une ceinture, et d'un amict évasé par devant. Leur chevelure bouclée présente une houppe centrale.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    1. L'ange jouant des cymbales à mains.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    2. L'ange jouant du monocorde ou de la trompette marine.

    Voir le commentaire sur l'ange n°3 de la baie 15, dont ce médaillon inverse le carton. Une troisième reprise se trouvera au registre inférieur, panneau n°10. 

    Voir Monocorde, Wikipédia.

    Trompette marine, Wikipédia.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    3. L'ange jouant du galoubet ou flûte à trois trous et tambour à grelot.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    4. Ange joueur de cornemuse (moderne : Didron 1893).

    Voir la description par Jean-Luc Matte dans son Encyclopédie de la cornemuse.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    5. Ange jouant de ? cloches ?

    Cet ange tient un objet de la forme d'un livre, à deux battants, sur la tranche duquel se trouvent trois bols.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    6. Ange tenant un phylactère.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    7. Ange jouant de la flûte à bec.

     

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    8. Le miracle de saint Nicolas.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    9. Ange joueur de mandore.

    On distingue la forme de demi-poire, trois cordes, le plectre tenu entre index et majeur, la rosace de la table, le cheviller à angle droit  et trois chevilles.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Les anges du registre inférieur.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    10. Ange jouant du monocorde (ou de la trompette marine). Verre bruni.

    Le brunissement lié à l'altération du verre ancien ne s'oppose pas à l'examen de l'instrument. C'est le même carton que l'ange n°3 de la baie 15, mais avec d'une part la conviction d'avoir affaire au verre originel, et d'autre part la possibilité de voir, en enlevé sur la peinture, le tracé de plusieurs cordes. On voit aussi un trou noir sur la table de l'instrument à hauteur de l'épaule.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    11. Ange joueur de mandore (verre bruni).

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    12. Ange joueur de mandore .

    Le joueur règle l'une des six chevilles de l'instrument qui ne diffère pas beaucoup des deux autres.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    13 à 15 : trois anges modernes (masqués partiellement par le mobilier).

    13 : joueur de tambour ??

    14 : ange tenant un phylactère

    15 : ange jouant des cymbales à mains.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    SOURCES ET LIENS.

     

     

    BEAULIEU ( Michèle) 1967,  Les ornements liturgiques à Notre-Dame de Paris aux XIVe et XVe siècles. In: Bulletin Monumental, tome 125, n°3, année 1967. pp. 261-274; doi : 10.3406/bulmo.1967.4865 http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1967_num_125_3_4865

    LABARTE (Jules), 1879, Inventaire du mobilier de Charles V, roi de France. Paris, Impr. Nationale

    https://archive.org/stream/inventairedumobi00laba#page/366/mode/2up/search/papegaux

    GAVET Philippe, Si l'art m'était conté. La cathédrale d'Évreux.

    http://www.philippe-gavet.com/05/36/index.html

    CALLIAS-BAY (Martine, CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001, Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum vol. VI ; Ed du CNRS / Monum ed. du patrimoine.

    LEBEURIER (P-F.), Description de la Cathédrale d'Evreux accompagnée d'une vue générale et d'un plan géométrique, Evreux 1868

    https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ

    – Annick GOSSE-KISCHINEWSKI - Virginie HENRY , Janvier 2016 , L'histoire de la Cathédrale d’Évreux in Les dires de l'architecte des Bâtiments de France. Les essentiels de l'Eure.

    Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07 – http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/evreux/vitraux/1.html

    — 

    http://evreux.catholique.fr/contenu/documents/services/cathedrale_Evreux-bestiaire.pdf

    — Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame

    http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

    http://www.persee.fr/docAsPDF/bulmo_0007-473x_1967_num_125_3_4865.pdf

     

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    Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
    22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 15:47

    Les vitraux de la baie 15  (vers 1360-1370 et 1387-1400) de la chapelle du Rosaire   de la cathédrale d'Evreux.

     

    Voir aussi :

    Liste de mes 155 articles sur les vitraux :

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    —  Sur la cathédrale d'Évreux :

    — Sur les fonds damassés :

    — Sur les anges musiciens :

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    Vue générale de la chapelle du Rosaire et les trois baies 19, 17 et 15.

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    Baies 19, 17 et  15 (vers 1360-1370 et 1387-1400) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baies 19, 17 et 15 (vers 1360-1370 et 1387-1400) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Plan de situation (d'après le Corpus Vitrearum) :

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    Plan des vitraux du chœur de la cathédrale d'Évreux, d'après  Corpus vitrearum VI (copyright).

    Plan des vitraux du chœur de la cathédrale d'Évreux, d'après Corpus vitrearum VI (copyright).

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    Cette baie, l'une des trois de la chapelle du Rosaire (la première de l'abside du déambulatoire nord), comporte trois lancettes trilobées et un tympan à trois soufflets et quatre écoinçons. Elle mesure 5,20 m de haut et 2,70 m de large.

    Elle est datée de 1360-1370 et de 1387-1400 et comporte dans les trois soufflets du tympan des armes, le mot EN BIEN, et le chiffre (la lettre K) ou les emblèmes aux cerfs ailés et aux fleurs de genêt du roi Charles VI qui régna de 1380 à 1422. Ces panneaux proviendraient (Corpus) sans-doute de l'ancienne chapelle d'axe (après 1387) transférés là vers 1465.

    Elle a été restaurée par É. Didron en 1893.

    Elle  utilise  comme la baie 17 et 19 avec lesquelles elle forme un ensemble, une formule très répandue à la fin du Moyen-Âge, avec la mise en situation de monumentales figures en pied isolés par  des dais architecturaux aux trois dimensions rendues en perspective (Corpus) tout en s'inscrivant devant cette  nouvelle organisation de l'espace situant la "litre colorée" (bande horizontale) à mi-hauteur de la baie au dessus et en dessous d'une verrerie ornementale claire relevée au jaune d'argent. C'est à partir de 1330 que le jaune d'argent, qualifié ici de "jaune d'Évreux", a été pleinement exploité dans les vitraux de la cathédrale.

     

     

    Ici, ce sont trois édicules hexagonaux qui sont insérés en litre dans une vitrerie losangée décorée en grisaille et jaune d'argent. Le registre supérieur à neuf panneaux de celle-ci  est ornée de neuf médaillons d'anges musiciens, alors que le registre inférieur en accueille six autres. Ces quinze médaillons méritent une étude attentive de l'instrumentarium qui y est illustré.

    Ma curiosité ne s'arrête pas à ces musiciens. Les losanges de ces deux espaces sont peints de rinceaux végétaux (feuillages et fleurs) et d'oiseaux, comme à Saint-Jacques de Merléac (Côtes-d'Armor) sur la maîtresse-vitre de 1402. La bordure est faite de petites boites cubiques au jaune d'argent liées verticalement par une corde, et de pièces colorées rectangulaires bleues, vertes ou rouges. Quel est l'objet représenté par ces boites dotés d'ouvertures sur chaque face ?

    Enfin,  ce sont les fonds damassés aux oiseaux affrontés qui motivent aussi  l'intérêt que je porte à cette baie. Et c'est par eux que je débuterai, en présentant les trois personnages du Calvaire de la litre colorée : la Vierge, le Crucifié et saint Jean.

    NOTA BENE : j'exploite dans ma description celle du Corpus Vitrearum 2001 page 149.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    I. LA LITRE COLORÉE ET SON CALVAIRE.

     

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    Les trois protagonistes du Calvaire sont placés dans des niches individuelles à tourelles élevées surmontées de séraphins. Fond des dais colorés, s'achevant en forme de trilobe ; fonds des niches tendus de damas colorés. 

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Lancette A : la Vierge.

    Elle se tient mains jointes et tête baissée, tournée vers la Croix  de la lancette centrale.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Le fond rouge, très sombre comme tout verre rouge de l'époque, ne peut être examiné qu'au prix d'une surexposition de