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12 décembre 2017 2 12 /12 /décembre /2017 21:55

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La grande peinture à l'huile sur bois qui occupe le mur oriental du début du bras droit du transept, ou "chapelle aux hommes" n'est pas facile à photographier sans éclairage adapté, car elle est dans une relative obscurité et soumise aux reflets brillants d'une lumière latérale, celle de la verrière sud ou baie 6. Néanmoins, c'est une œuvre  intéressante et c'est un émouvant ex-voto.

Elle mesure 1,70 m sur 1,30 m. Elle est classée au titre d'objet depuis le 07/12/1989.   

Le tableau date du deuxième quart du XIXe siècle et a été réalisé à la demande "d'un marin faisant partie de l'équipage [qui] a fait peindre et placé cet ex-voto pour l'accomplissement de son voeu" (inscription). Il est attesté en 1864 par un auteur qui mentionne qu'il était accompagné par "tous ces petits navires suspendus en ex-voto aux voûtes du sanctuaire. 

(*) On la trouve parfois attribuée à Pierre Vasserot (1887-1959)artiste peintre de Binic, mais les dates ne correspondent pas.

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J'en donnerai d'abord l'inscription votive, qui nous raconte son histoire :

 

Naufrage du brick La Perle le 27 mai 1836, en allant à Terre-Neuve, ce bâtiment battu par la tempête, reçut à 8 h du matin un coup de mer si violent qu'il fut chaviré

Au point que la carlingue fut éventrée, les vergues enfoncées plus de cinq pieds dans l'eau et tout ce qui se trouva sur le pont, emporté avec 8 hommes d'équipage ; dans cet état de détresse,

Où tout secours humain était impuissant, on eut recours au ciel, on invoqua MARIE, et tout l'équipage fit un voeu à la mère de Dieu qui exauça sur le champ leur prière. La STE VIERGE toute

Brillante de lumière redressa tout à coup le navire et daigna apparaître visiblement à un jeune enfant de l'équipage, qui en la voyant, s'écria qu'il voyait une belle dame redresser le bâtiment avec son bras.

UN MARIN FAISANT PARTIE DE L'EQUIPAGE A FAIT PEINDRE ET PLACER CET EX-VOTO POUR L'ACCOMPLISSEMENT DE SON VOEU

 

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Naufrage du brick La Perle le 27 mai 1836 (huile sur bois), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Naufrage du brick La Perle le 27 mai 1836 (huile sur bois), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Naufrage du brick La Perle le 27 mai 1836 (huile sur bois), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Naufrage du brick La Perle le 27 mai 1836 (huile sur bois), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Naufrage du brick La Perle le 27 mai 1836 (huile sur bois), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Naufrage du brick La Perle le 27 mai 1836 (huile sur bois), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le tableau montre un navire à deux mâts. Le mât de misaine en avant est le plus petit, il porte trois voiles déchirées :  une voile de misaine ; un petit hunier ou hunier de misaine ; et un  ou perroquet de misaine. Au pied du mât, un garçon agenouillé tend un bras vers la Vierge qui lui apparaît dans les nuées, un rai de lumière irradiant de sa main. En avant, le beaupré, où un foc affalé est sommairement amarré.

En arrière, dans la partie moins visible, le grand-mât, avec ce qu'il reste de la grand-voile, du grand hunier que deux matelots tentent de ferler, et du grand perroquet.

Un homme est à la mer en bas à droite.

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Naufrage du brick La Perle le 27 mai 1836 (huile sur bois), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Naufrage du brick La Perle le 27 mai 1836 (huile sur bois), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Plusieurs informations complémentaires peuvent être rassemblées (mais non vérifiées).

Le brick la Perle, de Portrieux, faisait route par gros temps vers Terre-Neuve, transportant du bois et du brai destinés à la réparation et au calfatage des bateaux bretons mouillés là-bas pendant le séchage de la morue. L'équipage se composait de huit hommes. Ce n'était pas un voilier terre-neuva se consacrant à la pêche à la morue.

Un brick est un voilier à deux mâts exclusivement : un grand mât (arrière) et le mât de misaine plus petit à l'avant, gréé entièrement en voiles carrées, avec une brigantine à l'arrière.

L' armateur se nommait  Goullé, son capitaine Michel.

Le mousse du bord, âgé de 12 ans, portait le nom de Jean Larcheveur, d'Étables-du-mer.

Sa tante, sœur de sa mère, une dame Guérin habitant Étables-sur-Mer, se nomme  Anne-Thérèse Guérin, et a été  récemment canonisée à Rome, le 15 octobre 2006, par le pape Benoît XVI, sous le nom de Mère Théodora. En effet, née à Étables-sur-Mer le 2 octobre 1798,  elle entra en religion dans la congrégation des Soeurs de la Providence, à Ruillé-sur-Loire, le 8 septembre 1825, sous le nom de Théodora et, six ans plus tard, prononce ses voeux perpétuels. Les capacités d'éducatrice et l'apostolat dont elle témoigne attirent sans tarder l'attention de sa hiérarchie qui la nomme supérieure de l'Œuvre. En 1840, elle est envoyée aux États-Unis dans une zone sauvage où sévit une extrême pauvreté. Il s'ensuit des dissensions avec l'évêque qui aboutissent à la rupture de l'Ordre avec la Mission américaine. Soeur Théodora devient alors supérieure générale et fonde la communauté des Soeurs de la Providence de Saint Mary of the Woods. En dépit des incompréhensions qui l'opposent au prélat, elle crée des écoles un peu partout dans l'Etat de l'Indiana, où elle meurt le 14 mai 1856 en odeur de sainteté. 

http://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php?aaaammjj=20071104&article=1504061&type=ar

https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9odore_Gu%C3%A9rin

http://www.archindy.org/guerin/

L'un des membres de l'équipage se nommait Jean-Louis Houard (époux de Françoise Le Fèvre), marin de Pléguien, décédé en 1836 lors du naufrage.

 

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Naufrage du brick La Perle le 27 mai 1836 (huile sur bois), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Naufrage du brick La Perle le 27 mai 1836 (huile sur bois), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Naufrage du brick La Perle le 27 mai 1836 (huile sur bois), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Naufrage du brick La Perle le 27 mai 1836 (huile sur bois), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Un doublon à St-Quay-Portrieux ?

Un tableau de titre analogue est signalé à la chapelle de Notre-Dame-de-la-Garde à Kertugal.

"Le tableau intitulé Le Naufrage de la perle, de 2,70 x 1,80 domine l'autel et illustre un péril en mer vécu par le brick La Perle armé pour la grande pêche, dans le port de Saint-Quay. « En route vers Terre-Neuve, le bateau a essuyé une tempête en 1836. Il chavire, les hommes sont à la mer. La Vierge est apparue à un jeune mousse de l'équipage, Jean de Larcheveur et l'équipage fut sauvé. Cette peinture à l'huile rénovée en 2008 est un remerciement des marins. "

Pourtant, l'auteur du site ex-voto-marin.net remarque :" Il semblerait pourtant que ce tableau date de 1835, soit un an avant le naufrage de "La Perle". De plus, le navire représenté est un trois-mâts et non un brick. Alors cette oeuvre était-elle destinée initialement à une autre fortune de mer et a-t-elle finalement usitée pour commémorer celle de "La Perle" ?.."

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SOURCES ET LIENS.

http://sallevirtuelle.cotesdarmor.fr/inventaire/binic/Geoviewer/Data/HTML/Ill-07_22_06458_NUCA.html

http://sallevirtuelle.cotesdarmor.fr/inventaire/binic/Geoviewer/Data/html/IA22007936.html

http://artetculturearoscoff.over-blog.com/article-du-13-au-24-mai-exposition-pierre-vasserot-48668094.html

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Lantic&NUMBER=1&GRP=0&REQ=%28%28Lantic%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=200&DOM=Tous

https://chapellelantic.weebly.com/

http://sallevirtuelle.cotesdarmor.fr/inventaire/binic/Geoviewer/Data/HTML/IM22005564.html

— Abbé Jean Kerlévéo, Paimpol au temps d'Islande, Lyon, Chronique Sociale de France, 16, rue du Plat, 1944, 2 vol. in-8°, xin-348 et 426 pages.

 — EX-VOTO-MARINS.NET 

https://www.ex-voto-marins.net/pages/lieupage22Saint-Quay-Portrieux.html

https://www.ex-voto-marins.net/images/photos22/22Saint-Quay-Portrieux-Chapelle-ND-la-Garde-Kertugal-Tableau-La-Perle01.jpg

 

— BINIC GRANDE PECHE

http://sallevirtuelle.cotesdarmor.fr/inventaire/binic/Geoviewer/Data/HTML/IM22005527.html

— ETABLE-SUR-MER

http://sallevirtuelle.cotesdarmor.fr/inventaire/etables/Geoviewer/Data/HTML/IM22005610.html

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Published by jean-yves cordier
10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 14:26

Le saviez-vous ? Depuis 1885, le second C de COCA-COLA se prolonge, dans le monde entier, par un ruban qui se faufile dans la boucle du L, dans l'élégante police de correspondance commerciale "Spencerian" utilisée par Frank Mason Robinson. C'est lui qui vient ici étendre un auvent sur les trois dernières lettres de Cour.  Rien à voir avec notre sujet, comme la blague du Carambar  ou les vignettes des Malabar n'ont rien à voir avec la confiserie. J'espère seulement désaltérer vos gosiers secs par cette graphie.  

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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"Haut-lieu de pèlerinage et joyau de l'architecture bretonne, la chapelle Notre-Dame de la Cour, à Lantic, figure, avec notamment la cathédrale de Saint-Brieuc et l'abbaye de Beauport à Kérity-Paimpol, parmi les édifices religieux des Côtes-d'Armor classés monuments historiques. Commencée au XVe siècle sous le règne de Jean V, duc de Bretagne, sa construction s'est achevée durant celui de François II avec la collaboration artistique de l'évêque de Saint-Brieuc, Jean Prigent, dont les armes s'inscrivent sur le pignon extérieur. Sous la Révolution, en 1790, le sanctuaire connut plus de ravages qu'il n'en avait subis au cours des trois siècles précédents. À l'aide de marteaux, des groupes d'exaltés brisèrent la plupart des vitraux offusquant leurs idées. Deux des trois cloches qui rythmaient la vie quotidienne furent décrochées et envoyées à Saint-Brieuc. Quant aux statues représentant les douze apôtres dans des niches extérieures, elles furent brisées. Cent ans plus tard, une partie de la toiture disparaissait à son tour en même temps que la chaire et l'autel lors d'un incendie accidentel."
"Le vitrail, composé de plusieurs parties, montre des marins terre-neuvas pêchant la morue dans sa partie supérieure, tandis que la partie inférieur représente une procession à laquelle participent bien entendu des marins, en uniforme de la Royale. Il a été réalisé en 1902 par le maître-verrier parisien Louis-Charles-Marie Champigneulle, famille connue et réputée de père en fils pour ses réalisions.. En raison des risques encourus sur ces mers lointaines et souvent tourmentées, la tradition voulait qu'au retour de chacune des campagnes, les pêcheurs morutiers de Binic, qui n'était alors ni une paroisse ni une commune, accomplissent, pieds nus et la chemise sur le pantalon, un pèlerinage à la chapelle voisine de Lantic, vouée à Notre-Dame de la Cour, pour y chanter une messe d'action de grâces afin de remercier la sainte patronne du lieu de les avoir protégés et ainsi satisfait leurs voeux. En atteste le magnifique vitrail, signé de Monsieur Champigneule de Paris, où l'on voit des prêtres revêtus d'habits sacerdotaux bénissant des marins en procession ainsi que le Christ apaisant la tempête au-dessus de leur embarcation dans les eaux de Terre-Neuve. L'une des six travées de la verrière évoque également le naufrage auquel La Perle et son équipage ont miraculeusement échappé et dont une toile du peintre Vasserot, de Binic, perpétue par ailleurs le souvenir. "© Le Télégramme

 

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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DESCRIPTION.

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Cette baie qui éclaire le mur sud du transept comporte six lancettes trilobées organisées en deux registres, et un tympan de 25 ajours organisés en trois fleurs.

Les lancettes montrent dans le registre inférieur la procession de pèlerinage des marins le jour de l'Assomption, et dans le registre supérieur des marins pêchant la morue à Terre-Neuve et, au centre, leur action de grâces à Notre-Dame-de-la-Cour après leur retour de la campagne de pêche.

Cette verrière a été édifiée en 1902 par l'atelier parisien Champigneulle. Elle a été restaurée récemment, avec mise en place d'un vitrage de doublage et d'un grillage (qui marquera de son ombre mes images).

Certainement réalisée à partir de photographies, elle acquiert une valeur documentaire et ethnographique certaine comme témoignage d'une manifestation religieuse (costumes, bannières, ex-voto et statues, paramentique),  du milieu maritime (habit des marins et des pêcheurs, embarcations, gréement de pêche) et des croyances et pratiques sociales à la fin du XIXe siècle sur le littoral de la Baie de Saint-Brieuc.

 

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 Les inscription de fondation du soubassement.

 

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Une inscription court à la base des supports architecturaux tout le long des six lancettes : 

REBUS IN GALLIA 1792 PERTURBATIS DESTRUCTUM INSTAURAVIT D. ALOYSIUS LEVOYER, HUJUS PAROECIAE LANNIRII RECTOR 1902.

Tentative de traduction : "Détruite lors des troubles survenus en France en 1792, cette verrière a été refaite en 1902 par Louis Le Voyer, recteur de cette paroisse de Lantic ".

Aloysius est la latinisation de Louis. Louis Marie Francois Le Voyer, fils de Francois Mathurin  Le Voyer  et de  Jeanne Marie Cochery, et né le 4 avril 1841 à  Pordic, fut  recteur de Lantic. Il poursuivit le travail de restauration des vitraux qu'avait entrepris l'abbé Ange-Marie Leclerc en 1878 pour les baies 0 et 4, puis pour la réalisation en 1884 de 8 verrières neuves par le Carmel du Mans.

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Sur le dernière lancette de droite nous pouvons lire : CHAMPIGNEULLE PARIS.
 

En 1881, Charles Champigneulle s'installa  à Paris, à l'atelier du 96 rue Notre-Dame-des-Champs. L'atelier est alors très actif et produit de très nombreux vitraux. Charles décède en 1905 et son fils Charles-Marie Champigneulle (1880-1908), architecte et maître verrier, lui succède. 

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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I. LA PROCESSION DE L'ASSOMPTION.

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A Lantic (canton d'Etables), au diocèse de Saint-Brieuc, et sur la route de Lanvollon,  Notre-Dame de la Cour,  fut édifiée sous le duc Jean V (1399-1442) et achevée vers 1464 sous le duc François II.

La chapelle, qui fut un temps érigée en collégiale par Guillaume de Rosmadec, qui y a son gisant (1608), fut bientôt célèbre pour son pardon de l'Assomption,  l'un des plus pittoresques pardons du 15 août. 

 Vers elle affluaient autrefois de nombreux pèlerins, et surtout des marins qui accomplissaient, pieds nus et en chemise, les vœux qu'ils avaient faits pendant les tempêtes ("la chemise flottant sur le pantalon, et sans parler à personne, pas même à leurs parents."). Le 16 août, le lendemain de la fête patronale, et les jours suivants, se tenait une des grandes foires de départ  du département.

De quand date ce pèlerinage ? Fréminville n'en parle pas dans sa visite de 1837, et j'en trouve une première mention en 1864, alors que le tableau ex-voto du naufrage de La Perle date de 1836 et est attesté par la visite d'un touriste anglais, T.A Trollope, en 1840.  

"La paroisse de Lantic, dans le même canton, à Notre-Dame de la Cour, ainsi appelée probablement de ce qu'au temps de la féodalité la justice seigneuriale tenait sa cour près de la chapelle. Ce sanctuaire, qui remonte au commencement du quinzième siècle, a toutes les richesses du style flamboyant, et porte les armoiries des évêques. des abbés et des seigneurs; ce qui indique assez qu'ils prirent tous part à cette construction. [...]

"La Révolution de 93 a brisé les vitraux de cette belle chapelle, sauf la rosace du chœur, comme elle en a aussi détruit toutes les rentes de fondations, sauf une modique rente de froment; mais elle n'a pu même affaiblir la dévotion des peuples pour ce sanctuaire.

"Les populations voisines y viennent en pèlerinage; les marins surtout la visitent avant leur départ et au retour, et y font souvent célébrer une messe chantée a laquelle ils assistent religieusement. Quelquefois, dans les périls extrêmes au milieu des mers, ils font vœu de s'y rendre aussitôt qu'ils seront débarqués, et avant de parler à personne. Arrivés au port, ils se rangent en deux files; et sans dire mot aux femmes et aux enfants accourus au-devant d'eux, ils s'acheminent, parfois pieds et tête nus, vers Notre-Dame de la Cour en chantant les litanies de la sainte Vierge. De là proviennent tous ces petits navires suspendus en ex-voto aux voûtes du sanctuaire, et ce tableau de Marie descendant du ciel pour relever le navire la Perle près de sombrer.

"Les gens de terre ont la même confiance que ceux de mer en Notre-Dame de la Cour. Dans les calamités publiques ils viennent de tous côtés en procession et y font des neuvaines. Le premier dimanche de janvier, la paroisse de Lantic vient y renouveler sa consécration a Marie; tout le mois de mai, on y fait les exercices du mois de Marie, on y vient en station le mercredi des Rogations, en procession le jour du Saint-Sacrement. Le jour de l'Assomption et les trois jours suivants, on y célèbre les offices publics; et le jour de la première communion, les enfants y viennent processionnellement après vêpres se placer sous la protection de la Mère du Dieu qu'ils ont reçu le matin pour la première fois." (Notre-Dame de France ou Histoire du culte de la Sainte Vierge en France: depuis l'origine du christianisme jusqu'à nos jours. Comprenant l'histoire du culte de la Sainte Vierge dans les provinces ecclésiastiques de Bordeaux, Tours et Rennes, Volume 4 Plon, 1864 - page 507)

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Je  décrirai la procession de droite à gauche, dans le sens de progression des pèlerins.

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1. Un notable (maire ? armateur ?) et son épouse devant des femmes en costume breton ; en arrière-plan, une procession de femmes.

On y voit la coiffe à grandes ailes décrite dans Le Costume Breton de R.Y. Creston page 213 pour les communes de Lantic, Pordic, Étables, Binic, Plérin, etc. Les ailes de dentelle du bonnet descendent jusqu'aux épaules puis font retour "en ailes de pigeon" pour se superposer sur le sommet de la tête. Victor Luet a peint dans Les Costumes bretons  la coiffe à grandes ailes en lingerie de Plérin en 1910, au dessus d'un châle de laine frange de soie et d'une jupe de mérinos sous tablier de soie, une description qui semble convenir à plusieurs femmes de ce vitrail. Yann Guédon (Costumes de Bretagne) décrit pour Saint-Brieuc en 1900 page 104 "les ailes en gaze ont une envergure d'environ un mètre trente pour une dizaine de centimètres de large, leurs extrémités légèrement repliées viennent se brocher en arrière de la tête sur un fond ondulé en tulle fixé sur un chignon en catogan séparé en deux, décrivant deux grandes boucles encadrant le visage. Les boucles de ces grandes coiffes, surnommées surdos en raison de leur ressemblance avec la pièce de cuir du harnachement des chevaux dans laquelle on passait les brancards se portaient plus horizontalement au sud, plus retombantes au nord, selon Maurice Bigot". 

Voir les cartes postales du site labourhakan.

 La fillette est coiffée d'un simple bonnet.

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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2°) Les Filles de Marie vêtues de blanc portant la statue de la Vierge de l'Immaculée-Conception.

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Quatre jeunes filles, habillées et voilées de blanc, la taille ceinte, avec sur la tête une couronne de roses blanches, portent le brancard de la statue de la Vierge encadrée par un dais de roses. Quatre fillettes tiennent les rubans dorés. Les fillettes sont sans doute des premières communiantes de l'année, et les jeunes femmes des Filles de Marie, bien que je n'ai pas la confirmation de cette dénomination à Lantic. On nommait ainsi des jeunes filles qui s'engageait à une pratique religieuse, mais aussi à une conduite conformes aux exigences du recteur, moyennant quoi elles avaient le privilège d'être bien vues et de participer en bonne place à  tous les évènements religieux si nombreux à l'époque : processions pour la fête Dieu, la huitaine suivante l'octave, l'Assomption le 15 août, la Sainte Croix le 14 septembre (on montait au calvaire en faisant les quatorze stations, comme à Lourdes)… Elles étaient habillées aux couleurs mariales, en bleu ciel et blanc, ou  tout en blanc, avec des rubans bleus ciel et une médaille. Elles se réunissaient pour prier, chanter et réciter le chapelet. 

Voir http://cplittoralouest.catholique.fr/spip.php?article1580

 

 

 

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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3°) Les Filles de Marie  derrière la bannière de N.D. de la Cour.

Une fillette voilée de rose tient une corbeille de pétales de roses derrière deux jeunes filles qui portent la bannière de N.D. de la Cour ou en tiennent les rubans. Devant elles, un prêtre en surplis et soutane porte un ostensoir.

Un enfant de chœur est vêtu d'une soutanelle rouge et d'un surplis blanc ou rose serré par une ceinture rouge. Voir Yvonne Jean-Haffen, Pardon de la Troménie.

En arrière-plan, on remarque sur deux femmes (et déjà sur la photo précédente) un deuxième type de coiffe, nouée sous le menton. Est-ce le capot de travail d'été, "la capote",  "commune à toutes les campagnes littorales de la baie de Saint-Brieuc et qui se déclinaient sous plusieurs formes correspondant aux saisons, au rang de la personne et à son état social "(Yann Guesdon, op. cit.) ? Ou, assez proche, la grande coiffe à mentonnière peint et décrit par V. Lhuer page 104 ("Saint-Brieuc, 1913")  dont les brides nouées à gauche sont bordées de tuyautés et ajourées en leur centre" ? 

La meilleure image est peut-être celle de Maurice Bigot dans "100 coiffes anciennes de Bretagne" sous le titre N° 82 Saint-Brieuc" : "il existe six variantes du bonnet à brides, [...]  À Étables, dans la partie est du canton de Lanvollon et à Saint-Brieuc, les brides sont nouées étroitement sous le menton, en jugulaire". 

Voir "Coiffe du pays de Quintin et Plaintel".

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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4°) Un chanoine, une personnalité politique et un joueur de tambour précédant une foule d'hommes passent sur le placître devant le porche de la chapelle .

L'évêque du diocèse de Tréguier et Saint-Brieuc est alors monseigneur  Pierre-Marie Frédéric Fallières . Ce n'est pas lui qui préside la cérémonie, mais un chanoine en soutane, rochet, mosette et rabat, barrette tenue dans les mains (?), étole de célébrant, et décoration (légion d'honneur). 

Le notable est vêtu d'une jaquette gris-bleu ; il tient son haut-de-forme.

Le joueur de tambour accompagnait les mariages et les cérémonies, avant de se joindre au couple de sonneurs. Il a été peint par Yvonne Jean-Haffen au Pardon de la Troménie, dans le costume glazic. 

En arrière-plan, le calvaire de Notre-Dame-de-la-Cour.

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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5°) Les marins de la Royale portent un trois-mâts en ex-voto.

Le gréement semble approximatif, notamment vers la proue.

On retrouve sur les  enfants de chœur la soutanelle et le surplis rose.

 

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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6°) La procession contourne l'église, drapeau français et bannière en tête, devant les spectateurs.

Il serait bien-sûr amusant de connaître l'identité de l'homme qui a fait figurer son portrait "photographique" dans le coin gauche.

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

 

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Comparaison avec un document d'époque : le tableau de Camille Chazal  Pendant les vêpres au pardon de Lantic en 1873.  On y retrouve les coiffes en aile, les enfants de chœur roses et rouges et les marins en uniforme.

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Cette toile de dimension monumentale (380 x 450 cm) fut présentée au Salon de Paris en 1873 par Camille Chazal (1825-1875).
Camille Chazal, Pendant les vêpres au pardon de Notre-Dame de la Cour en Lantic en 1873, huile sur toile, Musée du château de Suscinio, dépôt de l'État.

 

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II. LA PÊCHE À LA MORUE À TERRE-NEUVE OU EN ISLANDE / LES MARINS RENDENT GRÂCE À NOTRE-DAME.

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Le registre supérieur montre au centre les marins-pêcheurs et les familles (parfois éplorées) rendant grâce à Notre-Dame en fin de campagne morutière, et de chaque coté deux scènes de pêche différente, la pêche en doris sous la bénédiction du Christ à gauche et la pêche à la ligne à main depuis le bord, sous la protection de la Vierge à droite. 

Les marins-pêcheurs  n'assistaient pas à la procession du 15 août, car les campagnes de pêche à Terre-Neuve, Saint-Pierre-et-Miquelon et en Islande débutaient en fin avril et se terminaient en fin août ou en octobre.

Les Paimpolais honoraient la Vierge en début et fin de campagne par le "pardon des islandais" lors de bénédiction des navires sur les bassins, ou à la chapelle Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle. La chapelle de Lantic concernaient les marins de Saint-Quay-Portrieux, d'Étables-sur-mer et surtout de Binic : c'est à ce port que je me suis intéressé à partir du site de l'Inventaire général.

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En 1865 le département des Côtes-du-Nord comprend 3 quartiers maritimes (Saint-Brieuc, Paimpol et Dinan) et 3 sous-quartiers (Binic, Tréguier et Lannion). En 1885, Binic  devient un quartier maritime, avec deux syndicats : Binic, Portrieux . Le Syndicat de Binic se compose de 4 communes :  Binic (2379 h), Lantic, Etables, Pléguien. En 1927 où Binic perd son statut de quartier maritime et devient syndicat du quartier de Saint-Brieuc. Immatriculation BIN (?).

On distingue à Terre-Neuve, sur le "Grand Banc" la pêche sédentaire de morue séchée à terre par les "graviers" et la pêche errante de la morue verte pour le salage .

La pêche sédentaire à la morue sèche à Terre-Neuve puis à Saint-Pierre-et-Miquelon:

Dés 1514, les navires binicais à l'instar des Bréhatins et des Dahouëtins étaient présents pour pêcher les morues à Terre-Neuve.  Au 17ème siècle, Binic représente avec ses 7 à 12 morutiers le port le plus entreprenant de la région de Saint-Brieuc pour la pêche morutière . Au cours du 19ème siècle, Saint-Brieuc et Binic restent des ports très actifs et  en 1845, Binic était le premier
 port morutier français avec  37 navires montés par 1703 hommes, destinés essentiellement à la morue sèche. Entre 1865 et 1877, le déclin pour Terre-Neuve s'amorçait avec seulement 17 navires au départ de Binic, 2 navires en 1900, 6 navires entre 1912 et 1914 (168 marins), pour se terminer avec un seul navire en 1925. A partir de 1880, la pêche se déplaça à Saint-Pierre-et-Miquelon. 
Les navires quittaient Binic pour Terre-Neuve à la fin du mois d'avril pour revenir en octobre.


Les Binicais ont été les spécialistes avec les Malouins et les Basques du traitement de la morue sèche à terre sur des galets puis sur des échafauds en bois (établis) placés dans des chauffauds (hangars en bois sur pilotis) avec
 des cabanes pour le logement. Les hommes (souvent des paysans) qui travaillaient sur les grèves ou graves étaient nommés "graviers". Le navire complètement dégréé, toutes manœuvres dépassées, restait mouillé à l'ancre dans son havre. Les pêcheurs, moins nombreux, sortaient chaque jour en mer à proximité de la côte, soit à bord de chaloupes pour pêcher à la senne (grand filet de 1, 50 m de haut, ramené à la grève), soit à bord de petits bateaux qu'on laissait dériver, pour pêcher à la ligne à la main. Les Binicais travaillèrent depuis le 17ème siècle jusqu'en 1930 à Terre-Neuve puis à Saint-Pierre et Miquelon, dans des conditions extrêmement rudes. Cette industrie de la morue sèche déclina à partir de 1830 et en 1904, la France avait abandonné ses droits séculaires sur le "French Shore" et désormais seules les graves de Saint-Pierre et Miquelon furent utilisées par les graviers binicais.

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La pêche à Islande (à Faskrudfjordur) à partir de 1860.

Les Normands furent les premiers à puiser dans les bancs islandais, mais ils fréquentaient surtout la côte est du pays. Les premières expéditions bretonnes, à partir de 1860, firent au contraire escale dans les fjords majestueux de la côte ouest, et l'habitude en fut prise. Cette pêche se développa dans les ports du nord de la Bretagne, notamment à Binic et à Paimpol, avant de péricliter au début du XXe siècle.

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En 1865, Binic comptait 12 goélettes islandaises et 18 en 1895, 7 en 1912 avec 162 pêcheurs et seulement 5 navires en 1913 avec 135 pêcheurs. Ces navires quittaient Binic au début du mois de février après le "pardon des Islandais" pour revenir à la fin du mois d'août, avec une moyenne de 2000 morues par homme.

Entre 1880 et 1914, on relève à Binic  les armements Le Pomelec Le Suavé-Galerne (7 goélettes), Verry-Carfantan (13 goélettes), Le Cerf (2 goélettes), Besnier (5 goélettes), Chevrel-De Pincé (3 goélettes), Mancel, Bony.

 

La pêche "errante" sur les bancs

La pêche errante sur le Grand Banc était pratiquée depuis le 16ème siècle par les équipages, au large de Terre-neuve, avec un équipage de marins expérimentés, aptes à traiter la morue verte à bord pour le salage et la conservation. Cette pêche s'effectuait du bord à la ligne à main  à bord de chaloupes dés 1780,  à l'aide des  lignes flottantes,  pendant que le navire dérive lentement sous petite voilure. Ces lignes sont armées de centaines d' hameçons . Les fortes chaloupes vont être progressivement remplacées par les doris, embarcation d'origine américaine  ou basque (les chaloupes pointues à fond plat) à partir des années 1880-1885 ;  embarqués sur les trois-mâts goélettes, elles sont empilés entre le pont et le mât d'artimon. 

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La pêche à la morue verte ou pêche à la ligne dormante ou ligne de fond
Cette technique a remplaçé les lignes du bord, par une ligne dormante ou ligne de fond, déjà utilisée en Manche, pour la pêche dite "aux cordes". Le navire mouillait en pleine mer, les pêcheurs sortaient chaque jour, soit en chaloupes, soit en doris, pour tendre puis relever leurs lignes de fond, garnies d'une centaines d'hameçons. La morue était préparée et salée à bord. 
Les lignes longue d'un kilomètre étaient amorcées à bord, avant la descente en doris, tendues en mer  avant de revenir sur la goélette pour reprendre une nouvelle ligne, la reposer et ainsi pendant toute la campagne.

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Les navires .

Divers types de navires à la fin du XIXe et au début du XXe siècle ont été utilisés pour Terre Neuve, comme les dundées, les brigs, les brigs goélettes, les trois mâts carrés, mais le mieux adapté à la Grande Pêche était le trois mats goélette, de manœuvre simple et facile aux différentes allures. Le Terre-neuva moyen jaugeait 380 tx, mesurait 45 m HT, et avait 4,27 m de tirant d'eau (J. Le Bot). 

La Belle-Poule et l'Étoile sont des répliques de 1932 des  goélettes à huniers nommées goélettes islandaises. Elles mesurent 37,50 m HT, déplacent 275 Tx et leur tirant d'eau est de 3,60 m. 

Les doris furent adoptés vers les années 1880-1885 en remplacement des fortes chaloupes, lourdes et incommodes mal adaptées aux conditions des Bancs.  Ces embarcations à clins à 4 virures et à font plat mesurent (plan Le Bot p. 47) 5,95 m de long et 1,78 m de large ; leurs trois bancs et leurs trois cloisons étaient amovibles pour permettre leur empilement. Ils se manœuvrent grâce aux paires d'avirons de frêne, ou bien en gréant deux voiles au tiers et un foc.  Leur équipage était de deux hommes, le patron et l'avant de doris. Les lignes, disposées dans des mannes, sont longues de 3000 m et portent 2000 hameçons. Chacune est tendue, le soir, entre une ancre et son orin, et une bouée numérotée. Leur relève s'effectue le lendemain matin au petit jour. Un doris portait environ 5 quintaux de morues, soit 250 poissons. "

 "Une “dorissée” désigne la pêche d’une journée, l’ensemble des morues contenues dans le doris qui seront, une à une, comptées et dont le nombre sera reporté sur le carnet personnel. Le doris est l’étalon de mesure de la morue pêchée.
Départs et arrivées des doris, chaque jour répétés à l’identique, sont autant de repères temporels constituant un temps pensé et vécu de la même manière par tous les membres de l’équipage. Mais, parfois le rythme est troublé : un doris manque...
Florence Levert.

 

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—Concernant Étables, le site de l'Inventaire indique que la commune a un riche passé maritime lié à la Grande Pêche, qui se confond avec celui du Portrieux et de Binic. Les Tagarins ont largement participé aux campagnes de Terre-Neuve et d'Islande en fournissant nombre de marins et d'armateurs à cette épopée maritime qui a fortement marqué l'histoire du Goëlo (Ruellan, Mahéas). 

La chapelle Notre-Dame-d'Espérance à Etables-sur-mer qui date de 1850 sur la falaise de Vauburel conserve des ex-voto offerts par des pêcheurs terre-neuvas et islandais.

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Conclusion : au moment où cette verrière fut peinte, la Grande Pêche vient de connaître son apogée et amorce son déclin. Pierre Loti a publié Pêcheur d'Islande en 1886, et Théodore Botrel créera La Paimpolaise en 1895. 

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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A gauche : le Christ. Pêche en doris.

a) l'inscription 

Le Christ, sur une nuée et dans une gloire, trace une bénédiction. La banderole porte les mots DUC IN ALTUM ... LAXATE RETIA VESTRA IN CAPTURAM

Il s'agit du verset évangélique Luc 5:4  "Avance en pleine eau, et jetez vos filets pour pêcher".

La citation est donc particulièrement adaptée à la situation, j'en donne donc le texte élargi.

 

 duc in altum et laxate retia vestra in capturam et respondens Simon dixit illi praeceptor per totam noctem laborantes nihil cepimus in verbo autem tuo laxabo rete ...

 

"Il vit au bord du lac deux barques, d'où les pêcheurs étaient descendus pour laver leurs filets. Il monta dans l'une de ces barques, qui était à Simon, et il le pria de s'éloigner un peu de terre. Puis il s'assit, et de la barque il enseignait la foule.Lorsqu'il eut cessé de parler, il dit à Simon: Avance en pleine eau, et jetez vos filets pour pêcher. Simon lui répondit: Maître, nous avons travaillé toute la nuit sans rien prendre; mais, sur ta parole, je jetterai le filet. L'ayant jeté, ils prirent une grande quantité de poissons, et leur filet se rompait. Ils firent signe à leurs compagnons qui étaient dans l'autre barque de venir les aider. Ils vinrent et ils remplirent les deux barques, au point qu'elles enfonçaient. Quand il vit cela, Simon Pierre tomba aux genoux de Jésus, et dit: Seigneur, retire-toi de moi, parce que je suis un homme pécheur. Car l'épouvante l'avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, à cause de la pêche qu'ils avaient faite. Il en était de même de Jacques et de Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Alors Jésus dit à Simon: Ne crains point; désormais tu seras pêcheur d'hommes. Et, ayant ramené les barques à terre, ils laissèrent tout, et le suivirent."

 

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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b) la scène de pêche.

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En arrière-plan se voit une goélette à huniers à trois mâts, sous voile. (trois phares auriques, deux huniers sur le mât de misaine, et trois focs (trinquette, foc et  clin foc). Puis une goélette à huniers, au mouillage, se préparant à hisser un doris grâce à un palan frappé sur la bôme. 

Au premier plan, le patron tient l'extrémité d'une ligne lovée dans la manne. 

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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A droite, la Vierge devant une scène de pêche à la ligne, et un naufrage.

La Vierge, placée sur et dans  une nuée, trace une bénédiction. Les banderoles portent deux extraits d'un cantique : AMICA STELLA NAUFRAGIS signifie "étoile amie des naufragés" et 

TUTAM RECLUDE SEMITAM "ramenez-nous dans la voie que nous avons perdue."

Ils proviennent des Matines de l'Office de l'Immaculée Conception :

Praeclara custos Virginum,
Intacta mater Numinis,
Cœlesti aulae janua,
Spes nostra, cœli gaudium,
Inter rubeta lilium,
Columba formosissima,
Virga e radice germinans

Nostro medelam vulneri,

Turris draconi impervia ,

Amica Stella naufragis ,

Tuere nos a fraudibus ,

Tuaque luce dirige.

Erroris umbras discute ,

Syrtes dolosas amove :

Fluctus tot inter deviis

Tutam reclude semitam.

Jesu , tibi sit gloria Qui natus es de Virgine ; Cum Pâtre et almo Spirilu lu sempiterna saecula. Amen

"Protectrice illustre des vierges, Mère immaculée de Dieu, porte des célestes palais, notre espoir et la joie du ciel, Lys épanoui parmi les épines, colombe pleine de beauté, Vierge dont le sein produit celui qui guérira nos plaies; Tour inaccessible au serpent infernal, étoile amie des naufragés, défendez-nous contre les ruses de l'enfer, et dirigez-nous par votre lumière; Dissipez les ténèbres de l'erreur, écartez les écueils trompeurs, et malgré la fureur des flots, ramenez-nous dans la voie que nous avons perdue."

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Le choix s'est donc judicieusement porté sur des passages particulièrement adaptés à la situation dépeinte.

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La scène maritime décrit la technique de pêche à la morue depuis le bord, avec des lignes à main.

Au pied de hautes falaises (Islande ?), l'embarcation au premier plan est une chaloupe dont on aperçoit le navire à huniers en arrière. Sept pêcheurs sont représentés, les uns en cirés et suroît, les autres en uniforme bleu et béret à pompon. Ils ramènent à bord les voraces morues attrapées par leurs lignes.

A droite, peint en grisaille, sur un navire en perdition, des marins appellent des secours, et se tournent vers la Vierge.

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Au milieu : les marins revenus à terre après la campagne de mer rendent grâce à Notre-Dame.

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L'inscription de la banderole porte les mots AVE MARIS STELLA "Salut, étoile de la mer". Le titre de cet hymne très ancien (IXe siècle) est idéal pour les marins, qui entonnent le cantique lors des pardons et bénédictions ou invoque sous ce nom la Vierge dans leurs chapelles du littorales.

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Du coté gauche, nous voyons bien quatre marins, pieds nus, réaliser le vœu auquel ils se sont engagés. 

L'un est à genoux, bonnet à terre, vêtu de la vareuse et du pantalon de toile de la Marine. les trois autres, dans une tenue équivalente, tiennent des cierges et écoutent le prêtre (le recteur). Ce dernier, qui porte l'étole et le manipule, tient en main gauche un objet que je n'identifie pas.

Derrière l'autel, la statue de Notre-Dame-de-la-Cour sous son dais, telle qu'on la connaît aujourd'hui, mais dans son emplacement d'alors sur la verrière est.

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Du coté droit, la scène est plus triste, car un homme âgé est à genoux, une mère de deux enfants est accompagnée d'une femme en larmes : tout indique qu'un marin n'est pas revenu de mer et qu'il laisse deux orphelins. A l'arrière-plan, un prêtre, un moine, et un marin.

 

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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LE TYMPAN.

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Il porte les Litanies du Sacré-Cœur :

 

COR JESU FORNAX ARDENS CARITATIS 

Cœur de Jésus, brasier brûlant de charité

 

COR JESU PROPITATIO PRO PECCATIS NOSTRIS 

Cœur de Jésus, qui avez expié nos péchés

COR JESU DIVES IN OMNES QUI INVOCANT TE

Cœur de Jésus, généreux envers tous ceux qui vous invoquent 

COR JESUS SPES IN TE MORENTIUM

Cœur de Jésus, espoir de ceux qui meurent en vous

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Si ma vue est bonne, les armoiries papales de Léon XIII (d'azur au cyprès de sinople ...) sont en sommité au dessus du nimbe du Christ

Les armoiries épiscopales de Mgr Fallières d'azur au calice d'or  sont placées à gauche, avec la date de 1895.

Les armoiries épiscopales qui évoquent celles de l'évêque de saint-Brieuc Jean Prégent (mort en 1472),  — théoriquement d'azur à la fasce d'or accompagné de trois molettes de même  —  sont placées à droite. On les retrouve, dans leur version correcte sur le pignon extérieur, au sommet de la baie 4 dont il est le commanditaire, et sur la maîtresse-vitre.

Quatre monogrammes attendent un amateur d'énigmes : HF / BV / HR / BP.

Quatre blasons couronnés attendent également un amateur d'héraldique. En troisième position, ce sont celles, d'argent fretté de gueules de 6 pièces, au franc quartier , de la comtesse de Kergariou, donatrice pour la restauration de la maîtresse-vitre

 

 

 

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Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière du Pèlerinage des marins (Champigneulle, 1902), baie 6, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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SOURCES ET LIENS.

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https://chapellelantic.weebly.com/

http://sallevirtuelle.cotesdarmor.fr/inventaire/binic/Geoviewer/Data/HTML/IM22005564.html

— Abbé Jean Kerlévéo, Paimpol au temps d'Islande, Lyon, Chronique Sociale de France, 16, rue du Plat, 1944, 2 vol. in-8°, xin-348 et 426 pages.

 

— Conditions de vie des pêcheurs d'Islande entre 1850 et 1935

https://fr.wikipedia.org/wiki/Conditions_de_vie_des_p%C3%AAcheurs_d%27Islande_entre_1850_et_1935

— BINIC GRANDE PECHE

http://sallevirtuelle.cotesdarmor.fr/inventaire/binic/Geoviewer/Data/HTML/IM22005527.html

— ETABLE-SUR-MER

http://sallevirtuelle.cotesdarmor.fr/inventaire/etables/Geoviewer/Data/HTML/IM22005610.html

— M. BRONKHORST 1927, La pêche à la morue,  Office Scientifique et Technique des Pêches Maritimes, Archive Institutionnelle de l'Ifremer.

http://archimer.ifremer.fr/doc/1927/publication-2205.pdf

LACROIX Louis (Capitaine au long-cours), 1949 - Les derniers Voiliers Morutiers Terreneuvas, Islandais, Groenlandais. Luçon, Pacteau imp. 1949, in-8° , couv. illustrée, de vi-314 pp. + 129 illustrations (cartes & planches).

— LE BOT, Jean, 1990. Les bateaux de la Bretagne Nord aux derniers jours de la voile. Grenoble : Glénat, 1990, .

— QUERRE, Christian. La grande aventure des Terre-Neuvas de la baie de Saint-Brieuc. Saint-Brieuc : éditions du dahin, 1998.

QUERRE, Christian, LERIBAUX, Philippe. Souvenirs de Binic (1900-1960). Binic : éditions du Dahin, 2004, p. 210-233.

—Exposition Doris

http://www.culture.gouv.fr/documentation/ccmf/fr/decouvrir/expositions/doris/doris2.htm

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
9 décembre 2017 6 09 /12 /décembre /2017 21:36

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Zoonymie des odonates. Les premiers noms données aux libellules par Linné dans sa Fauna suecica de 1746 puis dans la 10eme édition du Systema Naturae de 1758 .

 

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Voir 

— Zoonymie des Odonates.

 

 

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I. Zoonymie des papillons :

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Zoonymie II : Histoire des Noms de Papillons :

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— Sur les libellules.

 

 

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Aeshna mixta Latreille 1805, l'Aeschne mixte. Photographie lavieb-aile.

 

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Généralités.

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Les odonates sont un ordre d'insectes à corps allongé, dotés de deux paires d'ailes membraneuses généralement transparentes, et dont les yeux composés et généralement volumineux leur permettent de chasser efficacement leurs proies. Ils sont aquatiques à l'état larvaire et terrestres à l'état adulte.

En langue française, le terme de libellules est en général employé sensu lato pour désigner les odonates, qui regroupent deux sous-ordres : les demoiselles (zygoptères),  damselfies en anglais et les libellules stricto sensu (anisoptères),  dragonfly en anglais.

Les anisoptères (Anisoptera) constituent un sous-ordre d'insectes odonates. Ils sont caractérisés par de larges yeux composés très développés généralement joints au-dessus de la tête et un corps allongé. Les ailes antérieures et postérieures sont de formes différentes et au repos, restent dans une position perpendiculaire au corps.

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Libellule fauve Libellula fulva Müller, 1764 Scarce Chaser: Photographie lavieb-aile.

 

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Zoonymie.

Sur le modèle d'anthroponymie (science des noms de personne) ou de toponymie (science des noms de lieux),  je nomme zoonymie la science de l'étude des noms d'animaux.

Les insectes n'ont pas reçu de noms spécifiques avant que les savants ne se préoccupent de les collectionner, de les décrire et d'en organiser les caractères, au début du XVIIe siècle. Si les Papillons bénéficièrent alors précocement de quelques — rares — noms propres, les Libellules continuèrent à être désignées par des termes généraux (Demoiselles, chez Réaumur) jusqu'au coup de génie de Linné, qui organisa de façon systématisé la nomenclature des êtres vivants en 1758 dans son Systema Naturae, le Système de la Nature en trois Règnes. 

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Le tableau V de l'édition de 1748 du Systema naturae de Linné.

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I. Les premiers noms données aux libellules par Linné dans la 10eme édition du Systema Naturae de 1758

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En 1758, dans la 10e édition de Systema Naturae , Carl Linné a classé les arthropodes, y compris les insectes, les arachnides et les crustacés, parmi sa classe "Insecta". Les insectes avec des ailes à nervures ont été rassemblés sous le nom de Neuroptera (du grec ancien, composé de νεῦρον, neûron (« nerf ») et de πτερόν, pterón (« aile »), littéralement « aux ailes à nervures » ). .

Ces Névroptères sont à nouveau sub-divisés en six groupes dont le premier est celui des LIBELLULA, un terme qui fait ainsi son entrée dans le vocabulaire scientifique, avant d'être traduit en "Libellule" dans notre langue par Cuvier en 1798. Aussi surprenant que cela puisse paraître, ce joli fleuron de notre vocabulaire n'existait pas auparavant, et on le doit à Linné. Voir CNRTL. Son étymologie et  l'histoire de ses origines sont passionnantes mais déjà bien décrites, je ne m'y attarde pas ici. Les autres groupes sont nommés Ephemera Phryganea Hemerobius Panorpa et  Raphidia 

Sous ce nom de Libellula, Linné décrit  dix-huit espèces, qu'il décrit en citant les références des auteurs qui l'ont précédé.

Il les divise en deux groupes :

Alis patentibus acquiescentes : les 16 premières.

oculi distantes remotique : L. virgo et puella

Libellula n'est plus aujourd'hui que le nom d'un genre, alors que la Famille a pris le nom de Libellulidae, dans le sous-ordre des Anisoptera, ordre des Odonata.

Voici la liste de ces 18 espèces avec leur nom initial, leur nom scientifique, leur nom vernaculaire en français puis anglais.

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 LIBELLULA (Anisoptères et Zygoptères )

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  • Libellula 4-maculata – Libellula quadrimaculata, Libellule à quatre tâches –Four-spotted Chaser
  • Libellula flaveola – Sympetrum flaveolum ,Sympétrum jaune d'or – Yellow-winged darter

  • Libellula vulgata – Sympetrum vulgatum , Sympétrum commun – Vagrant Darter

  • Libellula rubicunda – Leucorrhinia rubicunda, Leucorrhine rubiconde.

  • Libellula depressa –Libellula depressa Libellule déprimée – Broad-bodied Chaser

  • Libellula vulgatissima – Gomphus vulgatissimus, Gomphe vulgaire.

  • Libellula cancellata – Orthetrum cancellatum, l'Orthetrum réticulé. – Black-tailed Skimmer

  • Libellula aenea – Cordulia aenea, Cordulie bronzée.  – Downy Emerald

  • Libellula grandis – Aeshna grandis, la Grande Aeschne. – Brown Hawker

  • Libellula juncea – Aeshna juncea, l'Aeschne des joncs –  Common Hawker

  • Libellula forcipata – Onychogomphus forcipatus, Gomphe à pince, Gomphe à forceps.

  • Libellula fasciata – Zenithoptera fasciata – Rainforest bluewing (Guyane)

  • Libellula umbrata – Erythrodiplax umbrata. Pas de nom français. Libellule néotropicale (Mexique, Guyane, ...)

  • Libellula dimidiata – Diastatops dimidiatus. Pas de nom vernaculaire.

  • Libellula chinensis – Neurobasis chinensis. Stream Glory. Un Calopterydae répandu en Asie (Inde, Kerala, ...)

  •  Libellula americana – Zenithoptera fasciata,–  Rainforest bluewing (Guyane)

  • Libellula virgo – Calopteryx virgo, Le Caloptéryx vierge.– Beautiful Demoiselle

  • Libellula puella – Coenagrion puella. L'Agrion jouvencelle. –Azure Damselfly

 

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Calopteryx virgo femelle, photographie lavieb-aile

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https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/567/mode/1up
https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/567/mode/1up
https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/567/mode/1up
https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/567/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/567/mode/1up

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Considérations zoonymiques.

Tous ces noms en latin se terminent par -a car ils sont au féminin : ils s'accordent au nom Libellula, également féminin. 

Des noms descriptifs.

A la grande différence des Papillons diurnes, pour lesquels Linné avait puisé dans la littérature et la mythologie grecque ou parfois latine des noms de héros ou de divinités, nous ne trouvons ici aucune reprise de nom propre. Tous les noms sont des qualificatifs des espèces incriminées. 

a) 11 qualificatifs morphologiques.

Ce sont quadrimaculata "à quatre taches",  flaveola "jaune",  rubicunda "rouge",  depressa "abaissée, déprimée, aplatie"  cancellata "réticulée, forcipata "à pinces"  fasciata "fasciée", umbrata "ombrée" aenea "bronzée"   grandis, "grande" et dimidiata "séparée par moitié".. 

Ils reprennent souvent un des termes de la diagnose, la phrase descriptive en latin qui servait, avant son innovation, de description : macula, luteis (jaune), abdomine depresso-lanceolato, aeneo-viridi, fascia alba lineari , ou fascia fusca (pour umbrata).

b) Un nom de biotope.

C'est bien-sûr juncea, "des joncs".

c) Deux noms d'origine géographique.

Chinensis et americana, expliqués dans le texte "Habitat in China" et Habitat in Americana", en fonction des spécimens de la collection de Linné ou de ses correspondants.

d) deux noms liés à la répartition :

Vulga et vulgatissima.

e) deux noms en relation avec la désignation ancienne de "demoiselle".

Virgo, "vierge" et puella "jeune fille".

Il n'y a donc dans ce corpus de 18 noms aucune création poétique ou métaphorique, aucune trouvaille attachante. Les deux noms propres que Linné s'était autorisé à créer dans le Fauna suecica — et que nous allons voir maintenant — ont été abandonné. Le souci de décrire, de collectionner et d'organiser une taxinomie avec la rigueur scientifique nécessaire l'a emporté sur la verve du premier nomenclateur, qu'on a connu parfois plus inspiré.

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Libellula quadrimaculata Linnaeus, 1758. Photographie lavieb-aile.

 

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II. Les deux noms créés par Linné dans sa Fauna suecica de 1746.

En 1746, Linné avait publié sa Faune de Suède ou Fauna suecica. Il y décrivait déjà ses Neuroptera et parmi ceux-ci ses Libellula, le nom trouvant donc là sa date de naissance la plus précoce et la plus exacte.  

https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/261/mode/1up

Les seize espèces, qui portent les n° 756 à 771, sont divisées en moyennes (4 espèces), petites (4 espèces) et grandes (8 espèces), en latin  mediae  parvae et  magnae. Ils distinguent les deux premières par leurs ailes dressées au repos Libellula alis erectis sedentes (nos Zygoptères) et les dernières  par leurs aux ailes étendues au repos Libellula alis planis sedentes, qui sont nos Anisoptères. 

Elles seront reprises dans le Systema Naturae, mais après un sérieux examen critique, puisqu'elles ne correspondent qu'à 9 espèces. Ainsi, L. virgo correspond aux n° 756 à 759 du Fauna, et L. puella aux n° 760 à 763.

Ce qui m'importe, c'est ce qui concerne la zoonymie.

D'une part, les descriptions du Fauna suecica sont plus fournies, et on découvre ainsi, par exemple, que l'épithète vulgatissima de 1758 trouve son origine, dans le n° 770 du FS, dans la citation de John Ray "Libella maxima vulgatissima" dans son Historia insectorum de 1710

 Ou que L. puella tire son nom de  junfferties. Il m'a fallu un certain temps pour trouver la référence "levenb. arcan. 1695  p. 18 t. 19 donnée par Linné, mais effectivement, a été créé par A. van LEEUWENHOEK, à la page 18 de son  Arcana naturae detecta publié en  1695, écrivait "quod pueri nostrates JUFFERTJES vocant"  page 18, tandis que la planche 19 montrait une délicieuse gravure d'un accouplement de deux demoiselles. Seulement, Linné a écrit fautivement Junfferties et non jufferties, mot  se décompose en juffer, ou jungfer "jeune fille" et ties, "mouche, insecte".

Surtout, nous découvrons que Linné a donné, dès 1746, des noms "vulgo", des noms propres à deux espèces (comme il l'a fait, dans le même ouvrage, pour quelques papillons. Les espèces n° 757 et 758 sont celles qui deviendront les formes alpha et béta de sa Libellula virgo. Et ces noms sont LOVISA (Louisa) pour le n°757 et ULRICA pour le n°758. 

Cela serait anecdotique si nous ne dénichions pas derrière ces noms les prénoms de LOUISE ULRIQUE DE PRUSSE, (en allemand : Luise Ulrike von Preußen), qui devint reine consort de Suède et de Finlande en 1751, après son mariage en 1744 avec le futur roi Adolphe-Frédéric de Suède, et qui  fonda en 1753 l'Académie Royale de Suède dont fit partie Carl von Linné et soutint les arts et les sciences. 

Plus encore, c'est Linné qui avait eu en charge l'arrangement et la description des collections d'histoire naturelle de la reine.  Le Roi et la Reine avaient des collections séparées : la première à Ulricksdahl , et  l'autre, qui consistait en insectes et coquilles,  dans le palais de Drottningholm, proche de Stockholm. 

Linné publia à Stockholm en 1764, bien après en avoir rédigé le manuscrit, le catalogie intitulé  Museum Ludovica Ulrica Reginae, le Museum de la Reine Louise Ulrique, "dans lequel les animaux exotiques les plus rares, principalement les insectes et les coquilles sont décrits et déterminés". Cette collection se trouve maintenant au Museum zoologique de l'université d'Uppsala. il aurait été amusant que l'on y trouve les spécimens-types de ces libellules, mais ce n'est pas le cas. (voir ici)

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Cordulegaster boltoni Leach 1815, le Cordulegaster annelé. Photographie lavieb-aile.

 

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Mais ce n'est pas tout.

Les données publiées dans le Fauna suecica de Linné   furent diffusées en France dès 1754 dans le Système naturel du règne animal par classes, familles ou ordres,... de La Chesnaye-Desbois, pages 120-126. L'auteur nous donne une traduction en français du texte latin du Fauna suecica

Or, en 1762, le médecin et collectionneur Étienne-Louis Geoffroy publie le tome II de son Histoire des insectes . Il y décrit 14 espèces de libellules, en suivant d'assez près Linné. Il attribue à chaque espèce un nom vernaculaire, un exercice auquel il est très attaché et qui nous a valu nos plus beaux noms de papillons. Mais il suit si bien Linné qu'il nomme ses deux premières espèces la Louise et L'Ulrique (sans identifier sans-doute les références royales que ces prénoms avaient pour l'auteur suédois) avant de puiser dans les prénoms féminins (de son entourage ??) pour baptiser ses douze autres espèces suivantes. Ainsi, si la Louise était pour lui la n° 759 de la Fauna, et l'Ulrique Libellula Virgo, il nomme L. puella l'Amélie, une variante la Dorothée, une autre la Sophie, et, parmi ses Anisoptères, L. quadrimaculata la Françoise, L. flaveola l'Eléonore, un autre la Philinte, puis vient la Sylvie, l'Aminthe (L. aenea), la Justine (L. vulgatissima), la Julie (L. grandis), la Caroline (L. forcipata) et une variante la Cécile.

Ce procédé d'imitation trop servile et surtout parfaitement infondé n'aura guère de succès, bien qu'il sera fidèlement cité au XIXe siècle par les entomologistes. Et il réapparaît encore aujourd'hui, où le Calopteryx virgo se voit encore qualifié de "La Louise" sans trop comprendre pourquoi.

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Libellula depressa Linnaeus, 1758. Photographie lavieb-aile.

 

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III. Les trois sortes de Libellula décrites dans la sixième édition du Systema naturae de 1748.

Cette édition, fort réduite, se contente de citer les trois catégories de libellules magna alis plenis, media alis erectis et parva alis erectis du Fauna suecica, auquel le lecteur est renvoyé : cela n'aurait aucun intérêt si ces trois catégories n'étaient mises en regard de trois noms suédois  en lettres gothiques noires : BRAXEN MIGG. (?. Cela me renvoie à la punaise aquatique Cimex aquaticus) ; JUNGFRUR ("Vierge"); et TROLLFLÄNDA ("Demoiselle, libella, wassejungser".

 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/83105#page/80/mode/1up

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Ischnura elegans Vander Linden, 1820, l'Agrion élégant. Photographie lavieb-aile

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CONCLUSION.

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Après cette revue des premières dénominations de libellules, nous réalisons que la zoonymie des Odonates n'aura pas le charme et la saveur de celle des Lépidoptères. Linné, après avoir tenté deux noms vernaculaires, assez pauvre par leur platitude d'hommage à un mécène, va opter pour un système binominal aux épithètes descriptifs, qui sera certes très utile mais ne nous fera pas rêver.  Geoffroy, en emboîtant le pas à son illustre modèle par la reprise de Louise et d'Ulrique sans en comprendre la signification, et en déclinant 12 autres prénoms féminins, ne va pas placer la dénomination vernaculaire française sur le chemin  des belles réussites. 

Cette funeste destinée va amener les auteurs français à se contenter de traduire littéralement les noms scientifiques dans notre langue, laissant les auteurs anglo-saxons faire preuve de davantage d'imagination et de poésie descriptive.

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Libellula maculata, par Toussaint-Charpentier, numérisation google

Libellula maculata, par Toussaint-Charpentier, numérisation google

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OUTILS ODONATES.

ALBARDA Herman 1889 Catalogue raisonné et synonymique des Névroptères, observés dan les Pays-Bas et dans les Pays limitrophes

http://www.eis-nederland.nl/Portals/4/pdfs/Albarda_1889.pdf

— ANIMALBASE

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/highergroup?id=59

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/list/families?highergroup=59

— GEOFFROY (Etienne-Louis), 1762,  Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris. Chez Durand, à Paris 1762, in-4 (4) xxviij, 523pp. et (4), 2 volumes reliés.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991697/f615

— GEOFFROY (Etienne-Louis), 1799 Histoire abrégée des insectes, dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Tome 2 / par M. Geoffroy, C. Volland / Rémond (Paris)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1043241t/f227.image

http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/216/mode/2up/search/sylvie

— HARRIS, Moses, 1731-1785, 1786, Exposition des insectes que se trouvent en Angleterre; comprenant les différentes classes des Neuoptera, Hymenoptera, et Diptera: ou des abeilles, mouches, et Libellulae. Londres,B. White et J. Edwards,1786.

https://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/130967#/summary

—LA CHESNAYE-DESBOIS (François-Alexandre Aubert de ), 1754 Système naturel du regne animal, par classes, familles ...Chez Cl. J.B. Bauche, 1754, 641 pages

https://books.google.fr/books?id=K5OaIamcfcAC&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

—LA CHESNAYE-DES BOIS (François-Alexandre Aubert de)  Dictionnaire raisonne et universel des animaux ou le regne animal etc, Volume 2  chez Claude-Jean-Baptiste Bauche, 1759 page 19

— LEEUWENHOEK (Antoni van), 1695, Arcana naturae detecta, 1695 page 18

https://archive.org/stream/gri_arcananatura00alee#page/n33/mode/2up

— LINNÉ (Carl von,) 1746, Caroli Linnaei medic. & botan. prof. Upsal ... Fauna Svecica, sistens animalia Sveciae regni : Quadrupedia, Aves, Amphibia, Pisces, Insecta, Vermes, distributa per classes & ordines, genera & species, cum differentiis specierum, synonymis autorum, nominibus incolarum, locis habitationum, descriptionibus insectorum.Stockholmiae :Sumtu & literis Laurentii Salvii,1746. Bergquist, Carl, 1711-1781 , graveur. Leche, Johan, 1704-1764 , ill. 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/261/mode/1up

 

— LINNÉ ( Carl von,) 1758, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiae : Impensis Direct. Laurentii Salvii, 1758-1759. pages 543-546.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/565/mode/1up

— LINNÉ ( Carl von,) 1764, Museum Ludovicae Ulricae reginaeSuecorum, in quo animalia rariora , exotica imprimis insecta et conchilia describuntur, etc. Holmiae, l764 , 2 t. en 1 vol. in-8.

 

— NATIONAL HISTORY MUSEUM

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/calopteryx_splendens.html

— TAXONOMICON

http://taxonomicon.taxonomy.nl/TaxonTree.aspx?src=1002&id=17481

 


 

— Toussaint von Charpentier, 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae

L. Voss, 180 pages

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— WIKIPEDIA Neuroptera in the 10th edition of Systema Naturae

 

https://en.wikipedia.org/wiki/Neuroptera_in_the_10th_edition_of_Systema_Naturae

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 16:20

La verrière de saint Nicolas de Tolentino et de saint Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, par Olivier Le Coq et Jehan Le Lavanant),  baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic.

 

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Voir 

— Voir aussi, sur cette chapelle :

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Les débuts de la construction de la chapelle correspondent au temps du duc Jean V (1399-1442), qui la dota et qui en fut peut-être le fondateur, mais le chantier n'était pas achevé en 1464, puisqu'à cette date, François II accorda une remise d'impôt aux habitants du lieu afin qu'ils consacrent au parachèvement des travaux la moitié des ressources ainsi dégagées. Ce sont les armoiries de François Ii et de la duchesse Marguerite de Bretagne qui sont placées en sommité de la maîtresse-vitre, ou baie 0.

Mais Notre-Dame-de-la-Cour bénéficia aussi des largesses de l'évêque de Saint-Brieuc Jean Prégent (1450 -1472), qui finança la construction du bras sud du transept et y fit vitrer les baies 4 et 6, en y plaçant ses armoiries. Si la baie 6 fut largement détruite pendant la Révolution,  la baie 4 fut mieux préservée.

Après l'incendie qui toucha la chapelle en 1874, et à l'initiative du recteur Ange-Marie Leclerc, la presque totalité des baies furent restaurées. L'opération débuta en 1878 par cette baie 4 en même temps que  la baie 0 ; elle fut menée par l'Atelier du Carmel du Mans sous la direction de Eugène Hucher. 

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Description.

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La baie 4,  dans le bras sud du transept et au dessus de la Pietà, comporte deux lancettes trilobées organisées en deux registres, et un tympan à 1 soufflet sommital et deux mouchettes. Elle mesure 4,70 m de haut et 1,30 m de large.  Son intérêt principal vient de son iconographie , choisie vraisemblablement par l'évêque Jean Prégent vers 1460 et consacrée les deux moines Nicolas de Tolentino et Bernardin de Sienne. Choix étonnant par sa précocité si on sait que l'augustin Nicolas de Tolentino fut canonisé en 1446 par le pape Eugène IV, et que le franciscain Bernardin le fut en 1450, par  Nicolas V. Mais l'étonnement est moindre si on considère que Jean Prégent, qui avait été envoyé par le duc Jean V dont il était le conseiller comme ambassadeur auprès du pape Eugène IV en 1432, devait à ce dernier son poste d'évêque de Saint-Brieuc. Ou bien si l'on sait qu'Eugène IV avait été moine augustin, puis brièvement évêque de Sienne.

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Une symétrie organise les registres des deux lancettes puisqu'au registre supérieur Nicolas de Tolentino tenant une étoile sur son livre répond à Bernardin de Sienne tenant un livre et le monogramme embrasé IHS, tandis qu'au registre inférieur les deux moines sont représentés l'un priant et l'autre prêchant. 

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Verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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LA LANCETTE GAUCHE : SAINT NICOLAS DE TOLENTINO.

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1. Registre supérieur.

 

"La lancette gauche comprend trois panneaux consacrés à saint Nicolas de Tolentino. En haut, sous un riche dais gothique, le saint, en froc brun, se détache sur un fond bleu. Il est couronné d'un nimbe moderne à rayons en forme de flammes sur le bord duquel on lit : saint Nicolas de Tolentino. Devant le saint, à hauteur de ses mains, une étoile rouge." (Couffon 1935)

"Figure de saint Nicolas de Tolentin sous un important dais d'architecture (nombreuses restaurations) ". (Gatouillat et Hérold 2005)

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Le saint italien, moine de l'Ordre des Augustins qui fut un exemple d'humilité, d'esprit de mortification et de charité, et qui exerça son ministère à Torentino (Marches) de 1279 à 1305, est représenté tonsuré, dans l'habit de son Ordre, tenant le livre de sa Règle ainsi que son principal attribut, une étoile. C'est aussi ainsi qu'il est peint par Piero della Francesca sur un tableau de 1454-69 conservé à Milan au Museo Poldi Pezzoli, tandis que d'autres le montrent avec un soleil rayonnant sur la poitrine (Miguel del Prado, vers 1515). Le Pérugin le peint en 1507 montrant du doigt une citation des Confessions de saint Augustin : Servus tuus sum ego et filius ancille tue .

L'étoile s'expliquerait ainsi :

"Dieu voulant montrer la sainteté de saint Nicolas de Torentino, envoya une étoile qui descendit dans l'église et s'arrêta sur l'autel où Nicolas disait la messe, pour faire voir que le saint était la lumière des chrétiens. On garda cette étoile sous l'autel de Tolentino, et on la montrait tous les ans le 10 septembre jour de la saint Nicolas." Jean-Paul Kurtz Dictionnaire critique des reliques et des images miraculeuses .

On lit aussi que s'il est représenté avec un soleil au milieu de la soutane noire, c'est parce que l'on disait  qu'une étoile brillante le suivait continuellement dans ses mouvements et illuminait sa silhouette.

 

 Marguerite d'Autriche (1480-1530) consacra au saint l'église de Brou destinée  à abriter sa tombe et celle de son époux. https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-Nicolas-de-Tolentin_de_Brou

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L'inscription exacte du nimbe est  : S : NICOLLAS DE TOLLENTINO  : EREM, avec un doute sur le dernier mot.

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Verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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2. Registre inférieur. Saint Nicolas invoqué par les âmes du purgatoire. 

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En majeure partie moderne par Hucher avec remploi de quelques pièces originales dont l'inscription.

"Dans le panneau au-dessous, de petits personnages nus, sans doute des âmes, implorent le saint. Seuls, les deux du premier plan sont habillés et portent respectivement, celui de gauche une robe rouge et celui de droite une robe bleue. Un petit cartouche porte en lettres gothiques : Grand S. Nicolas de Tollenlino Salvez esleze.

Le panneau du bas est moderne. Le saint, agenouillé sur un prie Dieu recouvert d'une tenture rouge semée d'étoiles d'or, est en prières devant le Crucifix. En haut, trois anges musiciens, aux ailes respectivement rouges, bleues et rouges, l'assistent." (Couffon, 1935)

 

Le panneau supérieur montre seize personnages des deux sexes, presque nus, agenouillés et mains jointes : on peut les considérer comme des âmes du purgatoire attendant en prière  leur salut. On prie en effet saint Nicolas de Tolentino car il  délivra par ses prières des âmes du purgatoire durant son existence. Il est donc le patron   des âmes du purgatoire à qui on demande  la délivrance

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Lancette A de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Lancette A de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Lancette A de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Lancette A de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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L'inscription montée dans le support gauche de l'architecture.

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GRANT S. NICOL

LAS DE TOLLENTINO

SALVEZ ES CEZE

"Grand saint Nicolas sauvez les ---"

Cette inscription e n'a pas été traduite ni interprétée ; les deux derniers mots, accolés par les auteurs (Couffon, Gatouillat) résistent à la compréhension, là où on attendrait "sauvez les âmes". Faut-il y lire " Grand saint Nicolas, sauvez-les seize", puisque c'est le nombre des âmes figurées en prière ?

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Lancette A de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Lancette A de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Lancette A de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Lancette A de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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LA LANCETTE DROITE : SAINT BERNARDIN DE SIENNE.

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 Le registre supérieur.

"L'autre lancette est consacrée à saint Bernardin de Sienne. Sous un dais gothique semblable à celui abritant saint Nicolas, saint Bernardin, en froc brun, se détache sur un fond rouge. Il tient de la main droite un soleil d'or avec le monogramme i. h. s." (Couffon, 1935)

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Le saint, tonsuré,  est en habit franciscain, remarquable par la cordelière à trois nœuds témoignant de leur attachement à la sainte Trinité. Il tient un livre dans la main gauche où sont écrits les mots suivants  : "PATER / MANI / FESTAVI / NOMEN /  TUUM / OMINI / BUS ".

Il s'agit d'un passage du chapitre 17 de l'évangile de Jean Je 17:5-6 "Et maintenant toi, Père, [...] j'ai fait connaître ton nom aux hommes" que vous m'avez donnés. Sous cette forme Pater manifestavi nomen tuum hominibus, il s'agit d'un chant grégorien attesté dans les antiphonaires pour la fête de l'Ascension

L'inscription se retrouve sur le livre de saint Bernardin sur une huile sur bois attribuée à Bartolomeo della Gatta conservée au Petit Palais d' Avignon et peinte...en 1470. Ou bien sur une fresque de Bernardino Pinturicchio, à la chapelle Bufalini de Santa Maria di Arecoeli de Rome.  Mais pourquoi ?

Il faut savoir que Bernardin est mort le 20 mai 1444, le jour de l'Ascension, précisément alors que les Frères chantaient en chœur l'hymne grégorien Pater manifestavi... (Source) (Source 2).

Il s'agit ainsi de l'une des deux inscriptions propres au saint, avec Quae sursum sunt sapite non quae super terram (Col., 3,2).

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A la différence de Nicolas de Talentino, Bernardin de Sienne est présent sur les bases de données d'iconographie Mandragore et Enluminures : Ainsi, on trouve deux enluminures dans les manuscrits  du Civitate dei de saint Augustin (trad. Raoul de Presles), vers entre 1469 et 1473, dans les Français 18 folio 3v et  Français 19 folio 232 dans l'allégorie de la cité de Dieu, ainsi que sur le Nouvelle acquisition latine 758 fol. 2. Dans les bibliothèques provinciales, il figure dans les Heures à l'usage de Paris vers 1470 (Chambéry Ms 0001 f.190), dont on notera la coïncidence temporelle avec cette verrière. Le saint tient l'astre (sans monogramme) et le livre, et trois mitres sont posées à terre. dans le De evangelio aeterno du XVe siècle (Dole BM ms 0118 folio 003), le saint tient un livre avec le monogramme au milieu de l'astre. Dans les Heures à l'usage de Rome de 1510 (Tours, BM Ms 2104 folio 172v), Bernardin prie devant un livre et tient l'astre doré.

En Italie, je citerai l'enluminure de Giampietrino da Birago, peinte vers 1490 dans  le Livre d'Heures des Sforza folio 207v : British Library  Ms Additional 34294. Elle reprend les trois mitres, le monogramme sur un panneau, et le livre.

Le saint est aussi présent dans les suffrages du Livre d'Heures du duc de Bretagne Pierre II. Ou dans les  Heures d'Antoine de Crèvecoeur, vers 1450-55 (Leeds, University Library, The Brotheton Collection, ms.4 folio 318-319).

 

En Bretagne, on trouve une statue en l'église Saint-Nonna de Penmarc'h : je l'ai présenté ici,  avec le panneau portant le monogramme christique IHS dans un soleil d'or, et les  trois mitres à ses pieds, en souvenir de son triple refus de l’épiscopat.

L'examen de la peinture italienne confirmerait à foison que le saint  est représenté par deux  attributs de sainteté :  le monogramme du Christ I-H-S peint sur un disque,  et les les trois mitres au sol. Voir de nombreux exemples ici

Le monogramme IHS et la dévotion du nom de Jésus.

 

Vers le début du XIIIe siècle dans l'Occident latin, mais sous l'influence grecque, les deux abréviations de Jésus et Christus marquaient les figures de Jésus. Dans les fresques des églises rupestres de l'Italie méridionale on trouve des compositions de trois lettres: IHC XPC.  Au XV siècle, les Franciscains encouragèrent la dévotion au nom de Jésus et utilisèrent à nouveau le monogramme IHS comme signifiant simplement Jésus.  Les  trois majuscules grecques jadis employées par les chrétiens devinrent  les initiales de trois mots latins : Iesus, Hominum, Salvator, "Jésus, Sauveur des Hommes". Bernardin de Sienne (1380-1444), en particulier, utilisait beaucoup le monogramme dans ses prédications pour appuyer la force de son éloquence.  Il montrait aux foules un tableau peint sur bois (l'un d'entre eux est conservé à Volterra) sur lequel le symbole IHS, ou YHS en lettres gothiques, figurait au cœur d'un soleil. Le H est surmonté du tilde abréviatif, et parfois, il vient croiser la hampe du H pour former une croix. Ce symbole du Christ a ensuite eu une immense diffusion. Saint Bernardin mourut à L’Aquila (dans les Abruzzes, Italie) et la basilique où repose son corps est un hymne au monogramme IHS.

 "A la fin de sa prédication il les élevait pour bénir la foule qui à genoux adorait le nom de Jésus. Il parvint même à convaincre la commune de Sienne à remplacer les armoiries de la ville par le symbole de Jésus entouré du soleil. Plusieurs de ces tables de bois ont été conservées. L'une d'elles se trouve en l'église Sainte Marie de l'Aracoeli à Rome, près du Capitole. Les tables et les innombrables reproductions du blason de Sienne présentent le monogramme de Jésus écrit en lettres gothiques minuscules surmontées du tiret transversal. Celui-ci ornait, par exemple, l'entrée du Collège Sainte Barbe de l'Université de Paris, où saint Ignace de Loyola a certainement pu l'admirer et ensuite l'adopter, augmentant ainsi sa diffusion. En effet le fondateur de la Compagnie de Jésus l'a utilisé fréquemment au début de lettres importantes et dans d'autres écrits. Il l'a fait imprimer au frontispice de publications importantes, par exemple dans la première édition du livre des Exercices Spirituels et finalement dans le blason de l'Ordre des jésuites." (Source)

"Il introduit cette coutume à Volterra en 1424. À Bologne, Bernardin persuade un peintre, ruiné par ses sermons contre le jeu, de gagner sa vie en dessinant des tablettes, et le désir de posséder de telles tablettes est tel que l'homme fait rapidement fortune" (Source)

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Lancette B de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Lancette B de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Lancette B de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Lancette B de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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2. Le registre inférieur. 

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"Au-dessous, sur un fond bleu, sont trois mitres d’or, richement ornées de pierreries, avec l'inscription :" Les trois mitres signifient comment saint Bernardin fut à III évêchés".

"En bas, panneau moderne, saint Bernardin sur un tréteau prêche le peuple. Si l'on veut bien se rappeler que saint Bernardin, décédé en 1444 fut canonisé en 1450, il est très remarquable de voir, treize ans plus tard, dans une modeste chapelle bretonne, un vitrail, fait certainement d'après un carton allemand consacré au nouveau saint [Note bas de page: Il y a lieu d'observer que saint Bernardin figure déjà sur le livre d'heures du duc Pierre II (1455-1457) et que ce saint est mentionné dans le testament du duc du 5 septembre 1457 ].

Mais, d'Italie, sans doute par les couvents, les gravures de saint Bernardin se propagèrent très rapidement en Allemagne où elles furent imitées. Une gravure du Maître de Bileam (*) représentant saint Bernardin avec à ses pieds les trois mitres et les trois crosses est très peu postérieure à la canonisation du saint." (Couffon,  1935).

(*) ?. Il ne peut s'agir du Maître de Balaam, actif à la fin du XIVe sur la Bible de Wenceslas.

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Lancette B de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Lancette B de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les trois mitres et les trois crosses épiscopales.

Les trois mitres illustrent les trois refus successifs par Bernardin des dignités de l'épiscopat : refus de son élection à l'évêché de Sienne, puis à ceux de de Ferrare en 1431  et d'Urbino, en  1435.

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La valse des mitres de Jean Prégent.

 

Dans une ironie à l'égard  du commanditaire, elles évoquent aussi, dans une signification opposée,  les déboires de Jean Prégent et la valse des ses mitres, puisqu'il fut  successivement évêque de Saint-Pol-de-Léon, en 1436, puis de Saint-Brieuc en 1439 ;  le siège de Nantes lui échappant en  1443 au profit de Guillaume de Malestroit,  Jean Prigent fut nommé évêque de Saint-Malo le 25 avril 1450, mais il résigna ce siège dès le 15 juillet pour devenir à la même date évêque de Vannes avant de  se résigner à regagner son siège de Saint-Brieuc .

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Lancette B de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Lancette B de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Inscription:

 

CES TROIS MITRES 

 SIGNIFIE[N]T COM[M]ENT

CENT BERNARDIN RE

 FUSA III ESVEQCHES;

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Lancette B de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Lancette B de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Prédication de saint Bernardin, par Hucher 1878.

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Lancette B de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Lancette B de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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LE TYMPAN.

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Tympan  de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Tympan de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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"Dans le tympan, en supériorité, sont les armes de l'évêque de Saint Brieuc, Jean Prégent (Prigent), et, dans les deux mouchettes inférieures, des angelots tenant des phylactères." (Couffon, 1935)

"ajour sommital : armoiries de Jean Prégent."

"Mouchettes : anges porteurs de phylactères avec des fragments du Te Deum. (patrons retournés. Ange de droite assez restauré. " (Gatouillat et Hérold)

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Les armoiries figurent aussi dans le tympan de la maîtresse-vitre. Elles devraient être d'azur à la fasce d'or accompagnée de trois molettes à huit pointes de même, mais les molettes (roulettes d'éperon en forme d'étoile) ont pris ici l'aspect de besants (ou boules d'or).

L'ange de gauche tient l'inscription TE DEUM LAUDAMUS "Nous te louons Dieu", et celui de  droite  TE DOMINUM CONFITEMUR  "Nous t'acclamons Seigneur", soit les deux premiers versets du Te Deum. Je lis aussi  à droite N DIEUX EST. Couffon avait déjà noté dans le tympan de la maîtresse-vitre des passages du Te Deum.

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Tympan  de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Tympan de la verrière de Nicolas de Tolentino et de Bernardin de Sienne (vers 1460-1470, Olivier Le Coq et Jean La Lavanant), baie 4 de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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SOURCES ET LIENS.

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— ARASSE (Daniel), 1977, "Ferevat pietate populus. Art, dévotion et société autour de la glorification de S. Bernardin de Sienne",  Mélanges de l'école française de Rome  Année 1977  89-1  pp. 189-263

http://www.persee.fr/doc/mefr_0223-5110_1977_num_89_1_2389

— BARTHÉLÉMY (A) Revue historique nobiliaire et biographique T. XIII,1876 pages 177- 186.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k36918k/f180.image

— BARTHÉLÉMY (A)  / GESLIN DE BOURGOGNE, 1849; "Légende de la Vierge, à Notre-Dame-de-la-Cour", in Mémoires du Congrès scientifique tenu à Rennes en 1849, t II, p 94

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k411579p/f97.image

 

— CHAPELLE N.D DE LA COUR, LANTIC. 

https://chapellelantic.weebly.com/

— CHARDIN (Paul), 1891, Recueil de peintures et sculptures héraldiques, par M. P. Chardin. - Moustern, Pont-Melvey, Pestivien, Bulat, Burtulet, Saint-Servais, Rosvillou, Gallac, Plusquellec, Saint-Gildas Kernescop, Kermaria, Bringolo, Tressignaux, Beauport, Kerpradec, Kergrist, Chapelle de Menez-Bré., Bulletin monumental vol 57 page 545-546

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k310731/f626.image.r=chardinchardin%20lantic

COUFFON (René), 1935, Contribution à l'étude des Verrières anciennes du Département des Côtes-du-Nord, Bulletin et Mémoires de la Société d'Émulation des Côtes du Nord T. 67 pages 113-114

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k441314t/f138.image

 

— COUFFON (René), Recherches sur le chapitre de Saint Brieuc au XVe siècle.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_77/Recherche_sur_le_Chapitre_de_Saint_Brieuc_au_XVe_.pdf

GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005, Les Vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum VII; Presses Universitaires de Rennes pages 70-72.

 

— INFOBRETAGNE : NOTRE-DAME-DE-LA-COUR. Retranscription de Morvan 1903

http://www.infobretagne.com/lantic-chapelle-notredamedelacour.htm

— MORVAN (Jean), 1903, Monographie de la chapelle de Notre-Dame-de-la-Cour, en Lantic (Côtes-du-Nord) Bulletins et mémoires / Société d'émulation des Côtes-du-Nord T. 41 pages 177-214

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207842x/f197.item

— TOULLELAN (Guy), 1978,  Toullelan, Notre Dame de la Cour en Lantic, Jos Le Doaré,  24 pages

— BASE PALISSY

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Lantic&NUMBER=6&GRP=0&REQ=%28%28Lantic%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=200&DOM=Tous

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
5 décembre 2017 2 05 /12 /décembre /2017 22:27

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Avec 1 500 m2 de surface vitrée, Strasbourg détient également la deuxième place de l’architecture gothique française, derrière Chartres.

Entre  2009 et  2012, des travaux de restauration des cinq  verrières du bas côté sud de la cathédrale ont été réalisés sous la direction de Christiane Schmuckle-Mollard, architecte en chef des monuments historiques, architecte de l’OEuvre Notre-Dame,  par deux entreprises : l’Atelier Parot à  Aiseray et le Vitrail Vinum à Troyes. Ils ont été financés conjointement par l’État, l’Évêché et la Ville de Strasbourg. Une opération inédite de mécénat culturel a permis d’apporter un complément d’1,5 million d’euros, pour un coût total de 2,2 millions d’euros. L’État a porté, à la base de la 2e verrière représentant la Vie du Christ, sur la bordure inférieure de quatre lancettes, l’inscription suivante du propriétaire  : «  LA RESTAUR ATION DES VERRIERES DU BAS COTE SUD A ETE  ACHEVEE EN MMXI [2011] ». les nouvelles mesures de protection ont été retenues avec la mise en place de verrières de doublage à 4 cm des verrières anciennes.

"Dans les verrières du bas-côté sud, d’est en ouest, un vaste cycle narratif se déploie dans les lancettes de cinq verrières quadruples, chacune compartimentée en seize scènes. À la suite des épisodes de la Vie de la Vierge et de l'Enfance de Jésus se trouvent exposés ceux de la Vie publique, de la Passion et de la Vie Glorieuse du Christ, qui précèdent une représentation du Jugement dernier.

Ces verrières sont postérieures à l'incendie de 1298, qui a ravagé la série de prophètes située face à celle des souverains. L’harmonie des fonds bleu clair, les traits des visages, les rendus des vêtements, le maintien des figures, mais aussi les éléments architecturaux ou décoratifs leur servant de cadre sont typiques du début du XIVe siècle.

Une volonté de lisibilité

À la portée des fidèles pour être parfaitement lisibles, des commentaires sont inscrits et ce, sur des épisodes moins familiers. Tout cela témoigne d’une pédagogie de l’image, de la volonté d’être compris au mieux. Cette démarche rend aussi compte de la vitalité de la pensée théologique dans le contexte rhénan des années 1320, sous l'influence des ordres mendiants." Claire Lingenheim

Victor Beyer souligne les relations entre ces vitraux strasbourgeois et ceux du chœur de l’église du couvent double de Franciscains et de Clarisses de Königsfelden en Suisse,  réalisés sans doute vers 1330-1340 à Bâle .

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Cinq verrières narratives commanditées par l'évêque Jean de Dirpheim.

 

"Parmi les vitraux posés entre 1250 et 1275 dans les fenêtres du bas-côté sud, seuls les panneaux des tympans sont conservés. En 1328, l’évêque Jean de Dirpheim décida de faire remplacer les figures de l’ancien cycle des Saints par une série de cinq verrières quadruples de huit mètres de hauteur sur les épisodes de la vie de la Vierge et l’enfance du Christ (baie 26), la vie publique du Christ (baie 28), la Passion (baie 30), la vie glorieuse du Christ (baie 32) et enfin la représentation du jugement dernier (baie 34). Le programme prévu avant 1328 s’étendait non sur cinq mais sur sept fenêtres du bas-côté sud. Quelques années après le début du chantier, l’édification de la chapelle Sainte-Catherine (fondée en 1331 par l’évêque Berthold de Buchegg) consacrée en 1349 provoqua la destruction des baies 22 et 24 qui venaient juste d’être vitrées. Les panneaux sacrifiés furent conservés et réutilisés vers l’ouest où les vitraux n’étaient pas encore en place (cf. Becksmann et Ch. Wild-Block)." (Schmuckle-Mollard)

 

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Le plan suivant par Christiane Schmuckle-Mollard montre les datations des vitraux de la cathédrale : en rouge, les verrières du XIVe siècle, dont les baies 26, 28, 30, 32 et 34 dans le bas-coté sud.

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Plan de datation des vitraux de la cathédrale de Strasbourg, par Christiane SCHMUCKLE-MOLLARD, architecte en chef des monuments historiques, architecte de l’OEuvre Notre-Dame, http://docpatdrac.hypotheses.org/399

Plan de datation des vitraux de la cathédrale de Strasbourg, par Christiane SCHMUCKLE-MOLLARD, architecte en chef des monuments historiques, architecte de l’OEuvre Notre-Dame, http://docpatdrac.hypotheses.org/399

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La baie 26 comporte quatre lancettes ogivales organisées sur quatre registres  et un tympan à trois oculi et écoinçons. Elle est consacrée à la Vie de la Vierge et à l'Enfance du Christ et vouée au culte de Marie comme l'indique l'inscription latine AVE MARIA PLENA qui court sur la bordure des lancettes, initiée par le doigt de Gabriel. Le thème de l'Annonce et de l'élection divine est prépondérant. Seize scènes sont chacune encadrée par des prophètes placés dans des niches, comme dans les Arbres de Jessé du XIIIe siècle, pour souligner, dans une démarche typologique, que l'Incarnation et la Rédemption ont été annoncées par les prophéties bibliques vétéro-testamentaires.

Loin d'être une bande dessinée à l'usage de fidèles ignares qu'il faudrait instruire, cette verrière est une méditation nourrie de références bibliques et théologiques, ainsi qu'une exposition des données de la mariologie du XIVe siècle.

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Liste des seize scènes.

1. Annonce faite à Anne.

2. Annonce faite à Joachim.

3. Rencontre à la Porte Dorée.

4. Anne donne naissance à la  Vierge.

5. Présentation de Marie au temple.

6. Recherche d'un "prétendant" par le grand prêtre parmi les descendants de David.

7. Joseph désigné par le miracle de la verge fleurie.

8. Présentation de la Vierge à Joseph.

9. L'Annonciation.

10. La Nativité.

11. L'Annonce aux Bergers.

12. L'Adoration des Mages.

13. La Présentation de Jésus au temple.

14. Le Massacre des Innocents.

15. La Fuite en Égypte.

16. Jésus parmi les docteurs.

 

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— Sources scripturaires.

"De quelles sources tire-t-on les épisodes de sa vie, toutes ces scènes que peintres et sculpteurs ont eu le goût d’illustrer, surtout entre XIIIe et XVIIe siècle ? Réponse : d’une littérature plus tardive, dite apocryphe, trop entachée du goût du merveilleux pour que l’Église juge bon de la retenir dans le canon des Écritures saintes. Trois évangiles apocryphes, en particulier, mentionnent sainte Anne et dépendent étroitement les uns des autres : le Protévangile de Jacques, l’Évangile du pseudo-Matthieu et l’Histoire de la Nativité et de l’Enfance du Sauveur.

Le Protévangile de Jacques, texte grec daté des années 175, est le plus ancien des trois. Malgré sa condamnation officielle par l’Église dès le vie siècle, son succès fut considérable. Il donna lieu à de nombreuses versions remaniées en latin, notamment aux deux autres apocryphes cités, l’Évangile de l’enfance du pseudo-Matthieu, de la fin du vie siècle-début du VIIe siècle, et le Livre de la nativité de Marie, qui remonterait à l’époque carolingienne. De ces sources dépendent au XIIIe siècle Vincent de Beauvais (1190-1264) dans son Speculum historiæ et surtout le dominicain Jacques de Voragine quand il rédige, dans un style simple et imagé, sa Légende dorée [1261-1266], et notamment les chapitres concernant l’histoire de Marie." (F. Boespflug)

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— Sources picturales.

Elles sont nombreuses dans les enluminures (interrogez la base Mandragore), mais je citerai le cycle des fresques de la chapelle de Scrovegni de l'Arena de Padoue par Giotto réalisées entre 1303 et 1305, pour la proximité de datation. Cf Guiliano Pisani 2015. C'est le cycle le plus complet de l’enfance de Marie en Occident, avec douze tableaux sur le registre supérieur de part et d’autre de la nef, depuis le refus de l’offrande de Joachim jusqu’au mariage de la Vierge et de Joseph et au retour de Marie à Nazareth.

 

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VUE D'ENSEMBLE DE LA VERRIÈRE.

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" L'effet en est donc, par registre, d'une arcature en cinq éléments, arcature qui se répète dans toute la largeur de la verrière et à chaque niveau. 

Dans les panneaux des sommets des lancettes apparaissent des festons de nuages ; les panneaux de bordure présentent des prophètes en pied, accotant les panneaux droits, des prophètes assis dans la mandorle (à redents intérieurs), à l'extrados des tiers- points a et c, et des anges en bustes superposés à l'extrados des tiers-points b et d. En bordure horizontale au bas de la verrière court l'inscription onciale : + AVE. MARIA. GRACIA. BLENA., un mot dans chaque lancette . Le fonds bleu des panneaux est orné d'un quadrillage en quinconce à motifs de petits quatre-feuilles. À part quelques variantes de détails, ces principes généraux sont adoptés dans les trois verrières suivantes." (Victor Beyer p.208)

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Les verres de couleur envahissent toute la surface, et, ce n'est que plus tard que les commanditaires se soucieront de faire entrer plus largement la lumière par l'utilisation de verre blanc peint en grisaille et jaune d'argent. À ce propos, et bien qu'il soit  apparu à Paris vers 1300, le jaune d'argent n'est pas utilisé ici. Le bleu (pour le fond quadrillé) et le rouge (pour le "ciel") prédominent, suivis du jaune et du vert, mais les carnations font appel à un verre rose-bistre. L'examen panneau par panneau révèle de très belles surprises dans la gamme des rouges et des violets et sur le vert émeraude.

Les visages restent marqués par le style du XII et XIIIe siècle ; les yeux sont en virgule, les iris placés dans un coin.

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Baie 26 (vers 1328) de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Baie 26 (vers 1328) de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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VUE DES DEUX LANCETTES DE GAUCHE.

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Baie 26 (vers 1328) de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Baie 26 (vers 1328) de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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1. L'ANNONCE FAITE À ANNE PAR L'ANGE.

 

" Panneau en arc brisé Devant la porte d'une maison à bâtière de tuiles, sainte Anne agenouillée reçoit le message d'un ange surgi à mi-corps de la nuée, tenant un phylactère portant l'inscription : GOT. HAT. DICH. ER. HOERET. Au-dessus de la tête de sainte Anne : S. ANNA. Festons de nuages en bordure du panneau. Anne, tunique verte, manteau bleu- gris clair ; ange, tunique rouge, ailes roses, nimbe jaune ; muraille rose froid, toit rose-violacé. Conservation : bonne." (Victor Beyer)

(Gott hat dich erhoeret : « Dieu t’a entendue »).

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L'histoire débute in media res, occultant la mention de la stérilité du couple mais aussi de sa générosité à l'égard des pauvres,  et le refus que Joachim a essuyé lorsqu'il s'est présenté au temple avec ses offrandes. Ce dernier, vexé comme un pou, est parti dans de verts mais  lointains pâturages garder ses troupeaux, laissant sa femme qui se morfond de culpabilité pour sa stérilité. Elle vient de  confier à sa servante toute sa peine lorsque l'ange apparaît pour lui promettre un beau bébé. Ce début en plein film montre bien qu'il ne s'agit pas de raconter au bon peuple une légende, mais de leur permettre de méditer sur ces saints exemples.

Quatre prophètes PROPHETA sont logés dans des fuseaux de l'encadrement ; deux d'entre eux, imberbe et coiffés de bonnet, ressemblent plutôt à des anges.

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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2. ANNONCE FAITE À JOACHIM PAR L'ANGE.

 

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"Panneau en arc brisé H =0,98 cm — L = 0, 80. L'ANNONCE FAITE À JOACHIM L'ange annonce la nouvelle à Joachim selon la disposition traditionnelle d'une Annonciation. Il tient un phylactère portant l'inscription : KERE.W('OACHIM). V. ANNA. Deux béliers paissent à leurs pieds. Feston de nuages en bordure du panneau. Joachim, tunique jaune, manteau rose violacé ; ange, tunique rouge, manteau vert, nimbe jaune, ailes jaunâtres ; nuages et béliers blancs. Conservation : quelques réfections dans le phylactère ; la pièce  portant les lettres OACHIM est un morceau d'inscription rapportée mais ancien." (Victor Beyer page 211)

(kere nach Anna : « reviens vers Anne »).

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Joachim a enfilé sa tenue de berger, avec la houppelande et le chapeau ad hoc. Huit anges aptères prient mains jointes dans l'encadrement. Tous  ont les yeux tournés vers le centre, sauf un, plus distrait.

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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3. LA RENCONTRE À LA PORTE DORÉE.

 

 

 

"Panneau en arc brisé. H. 0,97 - L. 0,81. Devant la porte, d'où elle sort, Joachim accueille Anne en lui prenant les mains, ..." (Victor Beyer)

 

Le choix de cette porte de Jérusalem repose sur des raisons symboliques :

"elle était la porte orientale du Temple, censée demeurer close jusqu’à la venue du Messie d’après une prophétie d’Ézéchiel (Ézéchiel 44, 1-3) : « c’est par le vestibule du porche qu’il [le Messie] entrera et c’est par là qu’il sortira ». Cette entrée-sortie du Messie par une porte fermée fut interprétée dans la tradition chrétienne comme une annonce du Ressuscité entrant au cénacle toutes portes closes, mais aussi du Fils de Dieu s’incarnant dans le sein virginal de Marie – la rencontre d’Anne et de Joachim à la porte Dorée, censément close, constituant elle-même un renvoi éloquent au texte prophétique et à son interprétation patristique et médiévale.  

La scène de la porte Dorée fut sans conteste la plus populaire du cycle pendant tout le Moyen Âge, car on l’a alors associée à l’Immaculée Conception de la Vierge, privilège selon lequel Marie est née préservée du péché originel en vertu d’une grâce exceptionnelle obtenue de son Fils. L’interprétation du baiser échangé à la porte Dorée comme le moment même de la conception « virginale » de Marie par ses parents fut largement partagée dès la fin du Moyen Âge." (F. Boespflug)

La représentation de cette scène peut indiquer plus ou moins clairement que c'est à ce moment précis que débute, selon une conviction répandue, la conception de la petite Marie. Ici, pas de baiser, pas même d'étreinte chaleureuse, mais les bras tendus de Joachim viennent à la rencontre du corps d'Anne. Il y a inversion du sens de la légende habituelle, où c'est Anne qui attend devant la porte et Joachim qui arrive en courant de ses collines.

Quatre prophètes PROPHETA sont logés dans des fuseaux de l'encadrement ; l'un d'entre eux, imberbe et coiffés de bonnet, ressemble plutôt à un ange.

 

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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4. LA NAISSANCE DE LA VIERGE .

 

 

" Étendue, appuyée sur son coude, Anne tient la petite Vierge emmaillotée. Un ange surgit à mi-corps de la nuée, mains voilées, portant un phylactère avec l'inscription : S. MARIA. Derrière la tête d'Anne : S. ANNA. Festons de nuages en bordure. Anne, tunique verte, voile blanc, lit blanchâtre, couverture lie-de-vin, nimbe rouge sombre ; ange, tunique jaune, aile rosée, nimbe rouge. Conservation : quelques réparations et déplacements, dans la partie gauche surtout (la tête de l'ange est inversée par rapport au tronc). (Victor Beyer page 211)"

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La présence de l'ange tenant le phylactère S. MARIA montre que cette naissance est surnaturelle mais aussi que c'est sur injonction divine que l'enfant porte le nom de Marie. Parmi les huit anges de  l'encadrement, on retrouve celui qui regarde exprès de l'autre coté.

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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5. PRÉSENTATION DE LA VIERGE AU TEMPLE.

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"Suivie des yeux par Anne et Joachim, la Vierge gravit les marches de l'autel où brûlent deux cierges. Au-dessus de sa tête, l'inscription : MARIA. Tête de la Vierge peinte à l'extérieur. Vierge, tunique rose froid, nimbe jaune ; Anne, tunique violette, manteau gris bleuté ; Joachim, tunique rouge, manteau brun; marches de l'autel vertes, nappe jaune à bordure rouge, cierges jaune clair sur candélabres blancs. Conservation : bonne." (Victor Beyer)

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À trois ans, Marie (MARIA) gravit les degrés du temple sans se détourner vers ses parents Anne et Joachim qu'elle quitte pour s'engager au service du temple de Jérusalem .

 Présence de deux prophètes : PROPHETA.

 

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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La signification spirituelle de la scène est très riche : autonomie motrice quasi miraculeuse de la fillette,  motivation de l'enfant qui se sépare sans se retourner de ses parents, dans une entière adhésion à sa vocation ; confiance émue des parents, qui l'ont voué à Dieu bien avant qu'elle soit conçue; valeur de la montée des marches qui ajoute à la valeur initiatique du seuil celle de l'épreuve mais aussi de la pérégrination. L'artiste n'a représenté que 12 marches, mais les textes apocryphes et leurs traductions en français précisent qu'il y a ici 15 marches à gravir, autant que de psaumes des montées (Ps 120 à 134) que les pèlerins de Jérusalem entonnaient en progressant vers le temple, situé en hauteur.

 Le titre de "présentation au temple" passe un peu à coté de cette puissance de support méditatif de la scène pour un chrétien, qui rejoint celle sur le Fiat de l'Annonciation. 

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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6. LA RECHERCHE D'UN PRÉTENDANT PARMI LES DESCENDANTS DE DAVID.

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"Panneau rectangulaire H. 1,09 cm – L. 0,80. L'ATTENTE DU MIRACLE DE LA VERGE FLEURIE. Quatre hommes sont agenouillés de part et d'autre de l'autel dressé sur un socle à quatre marches. Mains jointes, ils lèvent les yeux vers la colombe qui apparaît dans la nuée. Une longue inscription en quatre lignes superposées, partant de l'arc central et se déployant au-dessus de l'autel et des têtes, définit le thème : D(I)E/DAVIT/EGCLETES SIND (D)IE. LEGINT./IR RVNT AN. VF. D(E)N. ALTER. (Die David Geschlechtes sind, die   legen ihre Ruten auf dem Altar). Vieillard à droite, tunique rouge, manteau blanc ; vieillard à gauche, tunique jaune, manteau rose clair et froid ; autres personnages, verts et jaunes ; autel, socle vert, nappe jaune à bordure rouge ; inscription blanche. Conservation : manteau du premier vieillard, à droite, en partie remplacé par des fragments de draperie des XV-XVIe siècles ; quelques lettres inversées ou manquantes.  (Victor Beyer Page 211)".

Je lis aujourd'hui :

DIE

DAVIT

EGCLETES . SIND . DIE . LECINT

IR RVONT AN . UF . DEN . ALTER.

Le phylactère est apporté par la colombe de l'Esprit Saint. L'inscription peut se traduire par : "Ce sont les descendants de David qui placent leur bâton sur l'autel" et être compris comme une injonction divine. Les quatre prétendants, mains jointes, lèvent les yeux vers la descente de la parole divine sur terre.

Le prophète de droite tient une banderole avec son nom [IER]EMIAS : Jérémie. Il faut y voire une référence aux mots latin David germen (Davit Geschlechtes) :

Jérémie 23:5 ecce dies veniunt ait Dominus et suscitabo David germen iustum Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, Où je susciterai à David un germe juste

et Jer 33:15 in diebus illis et in tempore illo germinare faciam David germen iustitiae et faciet iudicium et iustitiam in terra En ces jours et en ce temps-là, Je ferai éclore à David un germe de justice; Il pratiquera la justice et l'équité dans le pays.

 

 

Là encore, les fidèles sont censés connaître l'histoire, car le vitrail ne raconte rien. Si bien qu'il nous faut réviser un peu les textes :

 

"Alors le Pontife fut incertain de ce qu'il avait à faire ; d'une part, il n'osait aller contre l’Ecriture qui dit: « Accomplissez  les vœux que vous avez faits » ; d'une autre part, il n'osait induire une nouvelle coutume dans les pratiques suivies par la nation. Une fête des Juifs étant sur le point d'arriver ; il convoqua alors tous les anciens ; leur avis unanime fut que dans une affaire si délicate, on devait consulter le Seigneur. Or, comme on était en prière et que le Pontife s'était approché pour connaître la volonté de Dieu, à l’instant du lieu de l’oratoire, tout le monde entendit une voix qui disait, que tous ceux de la maison de David qui étant disposés à se marier, ne l’étaient pas encore, apportassent chacun une verge à l’autel, et que celui dont la verge aurait donné des feuilles, et sur le sommet de laquelle, d'après la prophétie d'Isaïe, le Saint-Esprit se reposerait sous la forme d'une colombe, celui-là, sans aucun doute, devait se marier avec la Vierge. Parmi ceux de la maison de David, se trouvait Joseph, qui, jugeant hors de convenance qu'un homme d'un âge avancé comme lui* épousât une personne si jeune,cacha, lui tout seul, sa verge, quand chacun avait apporté la sienne. Il en résulta que rien ne parut de ce qu'avait annoncé la voix divine; alors le pontife pensa qu'il fallait derechef consulter le Seigneur, lequel répondit que celui-là seul qui n'avait pas apporté sa verge, était celui auquel la Vierge devait être mariée ." (Légende Dorée)

Le fait que Joseph (qui va être élu) soit "de la maison de David" est capital pour la démonstration typologique puisqu'il fait du Christ un descendant de David, et donc un rejeton de la tige de Jessé : c'est ce qu'expose l'incipit de l'évangile de Matthieu.

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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7. L'ELECTION DE JOSEPH À LA GARDE DE MARIE. 

"Panneau rectangulaire H. 1,08 – L. 0,80. L'ÉPREUVE DES PRÉTENDANTS Sur l'autel dressé au centre, quatre prétendants barbons déposent leur baguette sèche, tandis que, à gauche. Joseph accompagné de deux juifs en bonnets, tient une baguette feuillue. Joseph, tunique verte, manteau violacé; vieillard en premier plan, tunique rouge, manteau jaune; autel, socle blanc, nappe jaune à bordure rouge, lampe bleutée à flamme rouge. Conservation : quelques plombs de casse gênants; pièces de l'autel inversées" (Victor Beyer p. 211)

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La fin de l'histoire ?

"Joseph ainsi découvert apporta sa verge qui fleurit aussitôt, et, sur le sommet se reposa une colombe venue du ciel. Il parut évident à tous que Joseph devait être uni avec la sainte Vierge. Joseph s'étant donc marié, retourna dans sa ville de Bethléem afin de disposer sa maison et de se procurer ce qui lui était nécessaire pour ses noces. Quant à la Vierge Marie, elle revint chez ses parents à Nazareth avec sept vierges de son âge, nourries du même lait et qu'elle avait reçues de la part du prêtre pour témoigner du miracle "Légende Dorée.

 

La colombe a fait place à la lampe. Joseph, qui n'avait pas concouru parce qu'il se sentait trop vieux, voit sa verge (une tige d'arbre) reverdir et porter des feuilles, et il n'est pas le dernier surpris. Les prêtres (reconnaissables à leur bonnet conique propres aux Juifs) s'en émerveillent, et les quatre prétendants font grise mine, sans néanmoins s'emporter comme sur d'autres représentations.

Deux prophètes occupent les guérites, avec leur pancarte PROPHETA.

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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8. LA PRÉSENTATION DE LA VIERGE À JOSEPH.

 

"Panneau rectangulaire. H. 1.08 - L. 0,80.  Il ne s'agit pas du mariage de la Vierge. Ses parents la présentent à Joseph qu'accompagne un juif. Joseph porte son bonnet en bandoulière".(Victor Beyer).

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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9. L'ANNONCIATION.

 

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" Panneau rectangulaire. H. 1,09 - L. 0,80.  Selon la disposition traditionnelle, l'ange et la Vierge se font face; entre eux, sur un petit tertre, le vase d'où sort un lys vigoureux. L'ange tient un phylactère, la Vierge un livre. Vierge, tunique violette, manteau vert clair, nimbe jaune ; ange, tunique vert clair, manteau rouge, pieds roses, nimbe jaune sombre, ailes vertes jaunissantes, linge drapé blanc. Sur le manteau de la Vierge, deux points rouges, comme en 9a. Conservation :état de conservation moyen ; quelques déplacements, verre étranger (fragments de draperie) au sommet de la touffe de lys, visage de la Vierge plus tardif (fin XIVe s. ?). "(Victor Beyer page 212

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L'inscription : AVE MARIA H--

Les prophètes font signe avec leur index tendus : "je vous l'avais bien dit !".

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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Ce que j'aime ? L'élégance de la main. Tracée par enlevage du lavis de grisaille.

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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10. LA NATIVITÉ. VIERGE ALLAITANTE.

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"Panneau rectangulaire. H. 1.08 - L. 0,79. LA NATIVITÉ Étendue sur le lit, appuyée sur son coude, la Vierge donne le sein. Derrière le lit, l'âne et le bœuf se nourrissent à la mangeoire. A droite, Joseph contemple la scène, appuyé sur son bâton. Vierge : tunique bleu clair. ; lit à couverture rouge et violette, linge et draperies blanches ; mangeoire avec herbe verte. Joseph : tunique verte, manteau rouge ; étoile jaune ; âne gris-bleu, bœuf rouge nuancé. Conception du sujet assez répandu, mais composition voisine à Koenigsfelden. Conservation : nombreux plombs de casse ; quelques verres inversés dans les fonds. Type de la Vierge allaitant: verrière du bas-côté sud de la cathédrale de Fribourg-en-Brisgau et Psautier de la Reine Mary. Cf. F. Geyges. Der Mittelalterliche Fensterschmuck des Freiburger Munsters. Freiburg, 1931, p. 32, 34-35. - Psautier de la Reine Mary, Londres, Brit. Lib., ms Royal 2 B VII, fol. 85 ; cf. G. Warner, Queen Mary's Psalter. Miniatures and drawings by an english artist of the 14th century, London, 1912, p. 25, pl. 148. Fig. 179. » (Victor Beyer 1986) 

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Voir ma série des Vierges allaitantes et des Vierges couchées, et notamment le vitrail de Fribourg cité par V. Beyer.

Voir ici le Psautier de la Reine Mary folio 85r (entre 1300 et 1310)

 

Là encore, l'un des prophètes sort de l'anonymat et indique son nom : ESECHIEL. Mais pourquoi lui ? Et pourquoi ici ? J'ai posé la question à Duccio di Buoninsegna qui a peint en détrempe La Nativité entre Isaïe et Ezéchiel en 1308, vingt ans avant ce vitrail. Et il m'a répondu, en me montrant sur le phylactère tenu par le prophète le mot PORTA. Autrement dit, vous l'aviez deviné, Ezéchiel 44:2. Je vous aide :

et convertit me ad viam portae sanctuarii exterioris quae respiciebat ad orientem et erat clausa et dixit Dominus ad me porta haec clausa erit non aperietur et vir non transiet per eam quoniam Dominus Deus Israhel ingressus est per eam eritque clausa principi princeps ipse sedebit in ea ut comedat panem coram Domino per viam vestibuli portae ingredietur et per viam eius egredietur et adduxit me per viam portae aquilonis in conspectu domus et vidi et ecce implevit gloria Domini domum Domini et cecidi in faciem meam.

C'est clair, non ? La porte qui doit rester close, c'est le ventre de la Vierge, qui reste vierge après avoir donné naissance à son Fils. Ah, vous avez besoin de la traduction !

 

Le personnage me fit revenir du côté de la porte extérieure orientale du sanctuaire. Elle était fermée.  Alors l’Eternel me dit: Cette porte restera fermée, on ne l’ouvrira plus, et personne n’entrera par elle, car l’Eternel, le Dieu d’Israël, est entré par là. Elle restera donc fermée.  Toutefois, le prince, en sa qualité de prince, s’y assiéra pour prendre son repas devant l’Eternel; il y entrera par le portique de la porte et sortira par le même chemin.Puis l’homme me conduisit devant le Temple par la porte nord. Je regardai et je vis la gloire de l’Eternel remplir le temple de l’Eternel; alors je tombai face contre terre."

Je me suis si longuement étendu sur ce sujet à propos de l'Arbre de Jessé de la cathédrale de Sens  (1502-1503), du Noli me tangere de Martin Schongauer et de son Annonciation à la Licorne que c'est censé être connu. Y compris la présence de ce verset typologique dans la Biblia pauperum, mis en relation avec l'Annonciation.

Gageons donc que le prophète de gauche est Isaïe, pour son Ecce virgo concipiet et pariet. Is.7:14.

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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Notez les différents tons de rose des carnations humaines et animales.

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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11. ANNONCE FAITE AUX BERGERS.

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" Issant à mi-corps des nuages qui occupent les arcs trilobés, trois anges annoncent la bonne nouvelle à deux bergers qui gardent leurs brebis. L'une des bêtes broute un arbuste. Un chien est accroupi. Anges, tuniques verte, rouge et jaune, ailes jaunes et rougeâtres, nuages bleu clair; premier berger, tunique jaune ocre, manteau rouge, capeline verte, coiffe blanche, chausses gris violacé ; deuxième berger, tunique rouge, manteau vert,capeline et coiffe jaunes. Sujet assez voisin à Koenigsfelden  : chèvre broutant, chien assis; éléments semblables à Chartres. Conservation : deux fragments du XVIe siècle réemployés. " (Victor Beyer page 218)

 

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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Annonce aux bergers, verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Annonce aux bergers, verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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12. L'ADORATION DES MAGES.

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"- Panneau rectangulaire. H. 1,08 - L. 0,79. L'ADORATION DES MAGES La Vierge assise tient l'Enfant nu qui tend la main vers la coupe offerte par le vieux roi à genoux. Le plus jeune roi se tient debout, l'autre, devant lui, a mis un pied en terre. Au centre brille l'étoile. Vierge, tunique gris-bleu, manteau rose froid, voile grisâtre, nimbe ocré; Enfant, carnation rosée, nimbe rouge; premier roi, tunique bleue, manteau rouge, aumusse et calice jaune passé ; deuxième roi, tunique rouge, manteau vert, couronne ocre ; troisième roi, tunique rouge, manteau jaune, couronne jaune d'or ; étoile jaune safran. Conservation : visage du second roi effacé de même que le tracé de la draperie. Plombs de casse gênants." (Victor Beyer p. 213)

Puisque V. Beyer signale combien les plombs de casse étaient gênants, l'occasion est belle d'admirer le travail du verrier-restaurateur qui a supprimé tous ces plombs par collage bout à bout des fragments cassés.

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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13. PRÉSENTATION DE JÉSUS AU TEMPLE.

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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14. LE MASSACRE DES INNOCENTS.

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"Devant Hérode assis sur son trône, deux soldats pourfendent deux enfants en présence de leur mère ; l'une d'elles se lamente, l'autre tente d'arracher son fils. Hérode. robe verte, manteau jaune, aumusse blanche, couronne et sceptre jaune d'or, trône rouge ; soldat, cotte rouge (érodée et rembrunie), casque et épée bleutés ; autre soldat, cotte jaune ; une mère, tunique rose violacée ; l'autre, vêtements verts et bleus, linge blanc; carnations rosées." (Victor Beyer page 213)

L'un des "prophètes" porte sur sa banderole le nom d'ARISTOTELES. Aristote est considéré au Moyen-Âge comme un puits de sagesse et Saint Ephrem parle ainsi d'Aristote : « En lui fut accompli ce qui avait été dit du « sage Salomon : Que de tous ceux qui ont existé avant ou après, « il n'y en a pas un qui l'ait égalé en sagesse. » Saint Ephrem Opera, tome III p. 24.

L'inscription MARIA de la bordure est remarquable, sur fond damassé à rinceaux.

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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Les verres sont splendides. Notamment la tunique du soldat.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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15. LA FUITE EN ÉGYPTE.

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"III. 5c- Panneau rectangulaire. H. 1,03 - L. 0,75.  Tenu à la longe par Joseph, l'âne porte la Vierge avec l'Enfant qui semble vouloir s'écarter d'elle. Un petit arbuste. Type assez répandu de Joseph se retournant devant la monture. Vierge, tunique bleue, manteau violacé, nimbe jaune ; " (Victor Beyer p. 213)

 

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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Vue de détail.

Notez les verres roses des carnations.

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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16. JÉSUS PARMI LES DOCTEURS.

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" III 5 d - Panneau rectangulaire. H. 1,08 - L. 0,80. Assis au centre, sur un trône surélevé, Jésus désigne le Livre qu'il tient ouvert. A ses pieds, trois docteurs en bonnet lui donnent la réplique en se référant aux textes ouverts sur leurs genoux. Ceux-ci portent les trois premières lettres de l'alphabet hébraïque. Jésus, tunique gris-bleu clair , nimbe rouge à croisillons jaunes, livre gris-bleu, trône jaune safran clair ; docteur, tunique gris-violacé, manteau ocre ; autre docteur, tunique verte ; troisième docteur, tunique rouge brique, manteau bleu clair, bonnets grisâtres. Conservation : réparation confuse du fond entourant le buste de Jésus ; quelques réparations." (Victor Beyer page 213)

 

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En dessous, inscription BLENA de la prière AVE MARIA BLENA. Cette graphie BLENA à la place de PLENA ne semble pas avoir suscitée beaucoup de curiosité, et, s'il s'agit d'une faute d'orthographe de grande taille, elle ne semble pas avoir émue les strasbourgeois. Elle n'a pas été relevée par l'abbé Victor Guerber dans son Essai de 1848 (page 68), qui remarque néanmoins, non sans optimisme, que "les verriers savaient mieux leur religion que l'orthographe" [du nom d'Aristoteles du panneau 14].

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Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

Verrière de la Vie de la Vierge ou baie 26, vers 1328, bas-coté sud de la cathédrale de Strasbourg. Photographie lavieb-aile 2016.

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SOURCES ET LIENS.

— BEYER (Victor) WILD-BLOCK (Christiane ) , ZSCHOKKE (Fridtjorf ) , 1986, Les vitraux de la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg par Victor Beyer, Christiane Wild-Block, Fridtjof Zschokke avec la collaboration de Claudine Lautier ouvrage publié sous la direction du Comité français du Corpus Vitrearum collection : Département du Bas-Rhin CNRS Editions  Format in-4° 599 pages

— IDEM, compte-rendu par B. Kurmann-Schwarz dans le Bulmo.

http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1989_num_147_2_4736_t1_0195_0000_6

 BOESPFLUG (François), 2014, La sainte Anne des peintres et des sculpteurs.

https://www.institut-jacquescartier.fr/2013/01/la-sainte-anne-des-peintres-et-des-sculpteurs/.

 

— Blaise Pascal, Carlo Carena, Enrico Castelnuovo, Roland Recht The Gospel of the Gospels: Abrégé de la vie de Jésus-Christ U. Allemandi, 1 janv. 1999 - 181 pages https://books.google.fr/books?id=FHZOAAAAYAAJ&q=die+david+%22egcletes%22&dq=die+david+%22egcletes%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiqg6yDhPPXAhXCwKQKHd0VCnIQ6AEIJzAA

— SIEBERT (Guido), 2014, Glass painters and Manuscript Illuminators, in The Use of Models in Medieval Book Painting

publié par Monika E. Müller Cambridge Scholars Publishing, 2 juin 2014 - 235 pages , pages 58

 Kurmann-Schwarz, 2005a : Brigitte Kurmann-Schwarz, « ‘Fenestre vitree ... significant Sacram Scripturam’. Zur Medialität mittelalterlicher Glasmalerei des 12. und 13. Jahrhunderts », dans Becksmann, 2005a, p. 61-73.

— DELAHACHE ( Georges), AARON Lucien, 1910,  La cathédrale de Strasbourg : notice historique et archéologique. Paris, D.A. Longuet, 191 pages (et 1925 - 221 pages).

https://archive.org/stream/lacathdraledes00delauoft#page/162/mode/2up/search/blena

—GATOUILLAT (Françoise), , C. Loisel, P.-A. Parot, S. Piéchaud, G. Poinsot et C. Schmuckle-Mollard, 2012, Strasbourg, cathédrale Notre-Dame : restauration des vitraux du bas-côté sud, Strasbourg, DRAC Alsace, coll. « Patrimoine restauré Alsace », n° 16, septembre 2012, 29 p. Non consulté car non diffusé en ligne.

—GUERBER (Abbé Victor), 1848, Essai sur les vitraux de la cathédrale de Strasbourg, LE ROUX, Strasbourg https://books.google.com.gt/books?id=zWGFZ5boKM4C&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— JANITSCHEK (Julius), 1968, Die älteren Glasgemälde des Strassburger Münsters, in Repertorium für Kunstwissenschaft, Volume 4 Walter de Gruyter, 1968 - 539 pages pages 46-60 ?

https://books.google.fr/books?id=cYjioLBIB-gC&dq=%22Gott+hat+dich+erhoeret%22+anna&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— SCHMUCKLE-MOLLARD 2012

https://docpatdrac.hypotheses.org/tag/restauration

— LES VITRAUX ROSES

http://www.crdp-strasbourg.fr/data/albums/autres_vitraux/index.php?img=4&parent=20.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
2 décembre 2017 6 02 /12 /décembre /2017 17:15

La Verrière de la Vie de la Vierge (vers 1480-1490) de la chapelle Notre-Dame de Kerfons en Ploubezre.

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Voir :

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La baie 0 à 4 lancettes trilobées renferme parmi de la vitrerie blanche 4 scènes de la Vie de la Vierge, ou de l'Enfance du Christ, posées à l'initiative de Guillaume de Penhoët (mort après 1470).

Je ne serai pas long. Je veux seulement mettre en ligne ces images des vitraux de la fin du XVe siècle, afin de les comparer à la maîtresse-vitre de Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic (Olivier Le Coq et Jehan Le Lavanant, vers 1460-1470), ou ceux de Saint-Nicolas-du-Pélem ou de Tonquédec, selon un regroupement stylistique suggéré par Gatouillat et Hérold 2005.

Je m'intéresse surtout aux larges visages féminins au large front épilé, aux yeux en fente étroite (surtout pour la Vierge) encadrée par d'épaisses paupières et au menton très court. Ces yeux-bananes ou en fente effilée confère un air exotique particulier à ce groupe d'œuvres.

  Mais on peut aussi noter le surcot clos blanc qui apparaît sous le manteau bleu de Marie, à décolleté arrondi et qui est fortement  cintré très haut sous la poitrine (par une ceinture dans la Présentation). Ou les cheveux des hommes, partagés par le milieu.

 

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1. Visitation.

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Visitation, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

Visitation, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

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Visitation, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

Visitation, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

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2. Nativité.

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Nativité, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

Nativité, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

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Nativité, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

Nativité, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

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3. Adoration des mages.

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Adoration des mages, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

Adoration des mages, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

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Adoration des mages, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

Adoration des mages, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

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4. Présentation de Jésus au temple.

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 Présentation de Jésus au temple, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

Présentation de Jésus au temple, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

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Présentation de Jésus au temple, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

Présentation de Jésus au temple, verrière de la Vie de la Vierge (1480-1490), baie 0, chapelle Notre-Dame de Kerfons. Photographie lavieb-aile 2012.

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SOURCES ET LIENS.

 

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005, Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Inventaire général du patrimoine culturel ; Rennes : Presses universitaires de Rennes , impr. 2005

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 17:57

La verrière de la Vie de la Vierge de la maîtresse-vitre (Le Coq et Lavenant, 1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour  à Lantic.

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— Voir aussi, sur cette chapelle :

— Voir aussi  :

 

— Voir aussi, sur ce thème :

—Ou plus généralement :

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PRÉSENTATION.

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La baie 0 ou maîtresse-vitre de la chapelle mesure 7, 50 m de haut sur 4,00 m de large. Elle se compose de 6 lancettes trilobées organisées en trois registres, et d'un tympan en trois parties de 13 ajours chacune et des écoinçons. Les lancettes sont consacrées à l'Enfance et la Vie de la Vierge, sujet complété par la Passion et la Résurrection. Le vitrail est attribué par une inscription aux verriers Olivier Le Coq et Jehan Le Lavenant, et a été réalisé, selon les auteurs du Corpus,  vers 1460-1470.

La disposition actuelle résulte des choix fixés lors de la restauration réalisée en 1878 par l'atelier du Carmel du Mans (Eugène Hucher) aux frais de la comtesse de Kergariou. 

Les premiers "antiquaires" pour l'héraldique ont exercé très tôt leurs efforts d'identification des armoiries du tympan : les tâtonnements successifs de Charles Guimart en 1847, d'Anatole de Barthélémy en 1847 et 1876, de Jules-Henri Geslin de Bourgogne en 1847 et 1849, ont précédé les résultats crédibles  d'Eugène Hucher  en 1879 et de Paul Chardin en 1891, à peine complétés par René Couffon en 1935.  Hucher avait daté la verrière de 1458-1469 alors que Couffon place la commande entre septembre 1462 et septembre 1464.

En 2005, Gatouillat et Hérold adopte une fourchette plus tardive, entre 1460 et 1470.

La plus grande part des discussions a porté sur ces identifications héraldiques et sur leur confrontations aux documents et données historiques, dans le cadre du mécénat des ducs de Bretagne Jean V puis François II.

Stylistique.

Les études stylistiques ont été plus discrètes, essentiellement menées par Couffon en 1935 (toujours prompt à déceler une influence germanique ou flamande et à envisager une fabrication exogène)  et par Gatouillat et Hérold en 2005 :

 

"Lorsque l'on regarde la verrière de Lantic à une certaine distance, l'on est frappé de la teinte grise qu'elle présente et de la faible surface qu'offrent les parties colorées par rapport à l'ensemble.

Le dessin, d'un trait extrêmement fin et délié, est en bistre, procédé employé dans de nombreuses verrières, à Troyes par exemple, et donnant de jolis reflets sur les teintes vertes notamment.

Les artistes ont suivi l'alternance des fonds bleus et des fonds rouges d'un panneau à l’autre ; les couleurs sont foncées, principalement le rouge qui est d'un rouge brun caractéristique ; l'emploi de jaune d'argent est assez abondant.

De quel carton les artistes se sont ils inspirés ? La tente à pavillon soutenue par deux angelots, comme on en voit sur les miniatures flamandes et certaines tombes de l'école de Tournay, les manteaux à larges bordures brodées d'inscriptions, les longs cheveux de la Vierge et des personnages féminins indiquent nettement une influence des Pays-Bas. Cependant, les nimbes très importants des personnages, la longue barbe des hommes et l'implantation des cheveux, la lourdeur des angelots, l'importance des couronnes des rois mages et des orfèvreries qu'ils tiennent, les plis, plus simples et non cassés, indiquent plutôt l'école rhénane qui avait d'ailleurs, comme l'on sait, subi à cette époque l'influence profonde des Pays-Bas.

Il est à remarquer également que la figure de la Vierge des 8ème et 15ème panneaux se rapproche beaucoup de celle d'une Vierge de l'Annonciation d'un vitrail provenant de Landau (1427) actuellement au musée historique de Bâle."(Couffon, 1935)

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"La verrière de Lantic, authentifiée avec exactitude, est une grande composition narrative à registres superposés, chaque scène et chaque lancette étant encadrée et couronnée de grandes niches d'architecture aux dais très développés, qui donnent à l'œuvre une tonalité fort claire. Sols dallés et fonds damassés — qui éclipsent toute mention de paysage — portent des personnages assez trapus mais non dénués d'élégance ; parmi les caractéristiques principales, on note les larges visages féminins, les yeux petits et très marqués, les chevelures roulées en arrière et partagées par le milieu des hommes barbus, dégageant des fronts très hauts, les expressions intériorisées de toutes ces figures et, pour le décor, les tissus ornés de motifs géométriques et les galons larges, souvent repris au jaune d'argent.

Ces caractères existent dans d'autres verrières des décennies 1460 à 1480, dont plusieurs pourraient émaner du même groupe d'artistes. À Ploubezre, les scènes de l'Enfance du Christ de la chapelle Notre-Dame de Kerfons, posés à l'initiative de Guillaume de Penhoët présentent des équivalents du vitrail de Lantic, mais suivant une formulation graphique légèrement postérieure. Le Credo apostolique de l'église de Quemper-Guézennec peut lui aussi être attribué au groupe Le Coq-Le Lavenant, tant est frappante la parenté avec la verrière de Lantic. " Gatouillat et Hérold 2005 , p. 30-31.

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Quelques balises : place au sein des vitraux bretons du XVe siècle.

1402 : maîtresse-vitre de Merléac.

1417 : baies du chœur de la cathédrale de Quimper.

1er quart XVe : baie 1 de l'église Saint-Gilles de Malestroit.

vers 1423 : Maîtresse-vitre de l'église de Runan.

2eme quart XVe : Crucifixion de la chapelle de Kergrist à Grâces-Guingamp.

vers 1460-1470 : Credo de la maîtresse-vitre de Quemper-Guezennec par Olivier Le Coq et Jean Le Lavenant

1468-1469 : Maîtresse-vitre de la cathédrale de Tréguier attribuée à Olivier Le Coq et Jean Le Lavenant.

vers 1460-1470 : Maîtresse-vitre de Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic par Olivier Le Coq et Jean Le Lavenant.

vers 1470 : chapelle de Cohazé, Saint-Thuriau.

vers 1470-1480 : maîtresse-vitre de Saint-Nicolas-du-Pélem.

vers 1470-1480 : maîtresse-vitre de l'église de Tonquédec.

1476-1479 : maîtresse-vitre de Locronan

vers 1470-1480 : vitraux de l'église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin

vers 1480-1490 : Vie de la Vierge de la chapelle Notre-Dame de Kerfons à Ploubezre (22).

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Thématique et iconographie.

Cette approche n'a pas été traitée par les auteurs. Pourtant, c'est une sujet passionnant, puisque les 18 panneaux de la Vie de la Vierge de Notre-Dame-de-la-Cour débutent en donnant une place importante à la conception miraculeuse de la Vierge par un couple stérile, reprenant le thème biblique illustré par les histoires de  Sarah et d'Abraham, de Rebecca et Isaac ou de  Rachel et de Jacob.

Mais, par la représentation centrale (voyez en comparaison la place occupée par les deux panneaux de la Passion)  de la Rencontre d'Anne et de Joachim à la Porte Dorée et du baiser lèvres contre lèves qu'ils échangent, c'est aussi l'argumentation d'une conception de Marie par le baiser ex osculo et non ex coitu qui est illustrée, dans le cadre d'une vision maculiste organique  de l'Immaculée Conception (Marie conçue sans péché).

Cette image s'intègre dans un vaste corpus iconographique de la Porte Dorée, dont j'ai donné des exemples à Moulins (vitrail) et à Burgos (retable), mais qui est largement développé dans les enluminures. 

L’Assomption du dernier panneau (certes créé au XIXe siècle) vient mettre en parallèle les deux privilèges corporels accordés à la Vierge, l’Immaculée Conception et l'Assomption.

La montée de l'escalier du temple par la petite Marie témoigne aussi de ses capacités exceptionnelles et de sa précocité physique et spirituelle, mais aussi des 15 marches franchies résolument vers une existence vouée à  Dieu.

De même, la représentation de l'élection miraculeuse de Joseph par le fleurissement de sa verge (panneau 10) poursuit, au même titre que la conceptio per aurem de l'Annonciation (panneau 11) cette démonstration en image de l'intervention de Dieu dans l'histoire du Salut et de l'Incarnation par le biais de miracles.

Il faut donc rompre avec la description anecdotique ou biographique émouvante d'une Vie de la Vierge (Les parents de Marie font connaissance, la naissance de Marie, Marie au temple, Marie à l'école, Marie lisant ou tissant etc...) au profit d'une lecture théologique d'une argumentation militante visant à prouver  le caractère surnaturel de la Vie de la Vierge. Dans le même mouvement qui a donné lieu aux Arbres de Jessé ou aux Couronnements de la Vierge.

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Liste des 18 panneaux :

  1. Refus des offrandes d'Anne et de Joachim au temple.

  2. Annonce faite à Anne par l'ange.

  3. Rencontre à la Porte Dorée.

  4. Annonce faite à Joachim par l'ange.

  5. Anne donne naissance à Marie.

  6. Présentation de Marie au temple

  7. La Vierge étudie sous la férule d'un maître.

  8. La Vierge lisant.

  9. La Vierge filant est nourrie par les anges.

  10. Le mariage de Marie et de Joseph.

  11. L'Annonciation.

  12. La Nativité.

  13. L'Adoration des mages (1)

  14. L'Adoration des mages (2)

  15. La Circoncision de Jésus.

  16. La Crucifixion.

  17. La Résurrection.

  18. L'Assomption de la Vierge.

 

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Une restauration récente a été menée, avec protection par doublage. Date et atelier ??

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Vue du remplage et de la protection par doublage, et grillage.

Vue du remplage et de la protection par doublage, et grillage.

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"La maîtresse vitre, qui avait beaucoup souffert au début du XIXème siècle par suite du manque d'entretien, et avait perdu plusieurs de ses panneaux, fut nettoyée et consolidée en 1847, grâce à l'intervention de Geslin de Bourgogne, puis restaurée complètement, en 1878, au Carmel du Mans sous l'habile direction de E. Hucher et de E. Rathouis, grâce aux libéralités de la comtesse de Kergariou, née Chrestien de Tréveneuc, héritière du manoir de Bourgogne.

Cette verrière est d'autant plus précieuse pour l'histoire du vitrail en Bretagne, qu'outre l'intérêt artistique qu'elle présente, elle est signée et peut être datée avec une grande exactitude ainsi que nous le montrerons.

Aussi, a-t-elle fait l'objet de plusieurs descriptions, notamment de la part d'A. de Barthélemy (A. Barthélemy : Revue d'Histoire nobiliaire T. XIII, 1876, pp 177 et suiv.), de E. Hucher (E. Hucher. Bulletin Monumental, T. VII Paris , 1879, pp 314 et suiv. avec réduction mathématique de la verrière), de Barthélemy et Geslin de Bourgogne (Mémoires du Congrès scientifique tenu à Rennes en 1849, t II, p 94 et  Anciens Evêchés de Bretagne, t. V, pp 93 et suiv.), enfin de J. Morvan.

Rappelons que, large de quatre mètres et haute de près de huit mètres, elle comprend deux parties : le tympan et la verrière proprement dite. Celle-ci est elle-même divisée par les meneaux de la fenêtre en six lancettes comprenant chacune, dans les deux tiers inférieurs, trois panneaux de la vie de la Vierge, et, dans le tiers supérieur, un vaste dais flamboyant.

La verrière est consacrée à la vie de la Vierge. Au dessus de chaque lancette, un dais flamboyant, traité en grisaille avec touches de jaune d'argent, surmonte les panneaux. Sauf le troisième en partant de la gauche qui est intact, et le premier et le cinquième qui n'ont été que partiellement restaurés, les autres ont été refaits entièrement." (Couffon, 1935)

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Les verres souvent très corrodés, mais, sauf mention particulière, on trouve une bonne proportion de verres originaux.

Les dix-huit panneaux historiés doivent se lire de gauche à droite et de haut en bas..

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1. Refus des offrandes d'Anne et de Joachim au temple.

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—Les descriptions des auteurs :

"Le premier tableau nous montre saint Joachim et sainte Anne père et mère de Marie repoussés de l'autel par le prêtre Isaac, à cause de leur stérilité, tandis que les autres fidèles et sans doute des étrangers, sous l'habit de pèlerin sont admis à présenter leurs offrandes. 
Le saint et la sainte paraissent ressentir douloureusement l'affront qui leur est fait." 
( Geslin de Bourgogne 1849)   

" Saint Joachim, en manteau vert orné de galons d'or, présente son offrande, sous forme d'un calice, au grand prêtre. Celui-ci, en costume d'évêque avec chape rouge à orfrois, la refuse, et déclare Joachim maudit de Dieu. Au premier plan, à droite, deux personnages à genoux, dont l'un en robe rouge brune. La scène se détache sur un fond bleu." (Couffon 1935)

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— Le texte du Protévangile de Jacques :

 

"On lit dans les histoires des douze tribus d'Israël, que Joachim était fort riche et il présentait à Dieu de doubles offrandes, disant en son cœur : « Que mes biens soient à tout le peuple, pour la rémission de mes péchés auprès de Dieu, afin que le Seigneur ait pitié de moi. » La grande fête du Seigneur survint et les fils d'Israël apportaient leurs offrandes  et Ruben s'éleva contre Joachim, disant : « Il ne t'appartient pas de présenter ton offrande, car tu n'as point eu de progéniture en Israël. » Et Joachim fut saisi d'une grande affliction et il s'approcha des généalogies des douze tribus en disant en lui-même : « Je verrai dans les tribus d'Israël si je suis le seul qui n'ait point eu de progéniture en Israël. » Et en recherchant il vit que tous les justes avaient laissé de la postérité, car il se souvint du patriarche Abraham auquel, dans ses derniers jours, Dieu avait donné pour fils Isaac. Joachim affligé ne voulut pas reparaître devant sa femme; il alla dans le désert et il y fixa sa tente et il jeûna quarante jours et quarante nuits, disant dans son cœur : « Je ne prendrai ni nourriture ni boisson, mais ma prière sera ma nourriture. » (Trad. G. Brumet)

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— Le texte de l'Histoire de la Nativité de Marie, notamment :

"Il y avait en Israël un homme nommé Joachim, de la tribu de Juda, et il gardait ses brebis, craignant Dieu dans la simplicité et la droiture de son cœur, et il n'avait nul souci, si ce n'est celui de ses troupeaux, dont il employait les produits à nourrir ceux qui craignaient Dieu, présentant de doubles offrandes dans la crainte du Seigneur, et secourant les indigents. Il faisait trois parts de ses agneaux, de ses biens et de toutes les choses qui étaient en sa possession ; il donnait une de ces parts aux veuves, aux orphelins, aux étrangers et aux pauvres; une autre à ceux qui étaient voués au service de Dieu, et il réservait la troisième pour lui et pour toute sa maison. Dieu multiplia son troupeau au point qu'il n'y en avait aucun qui lui fût semblable dans tout le pays d'Israël." remacle.org

 

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—Commentaire :

Ce premier panneau servira d'exemple pour remarquer la parcimonie avec laquelle sont utilisés les verres de couleur, afin de privilégier l'éclairage du chœur procuré par les verres blancs. Les quatre couleurs sont le bleu, le rouge, le vert, et le lie-de-vin. Le jaune est apporté par le jaune d'argent appliqué sur le verre blanc. Le ciel sera alternativement bleu puis rouge sur les panneaux successifs. Les sols seront carrelés de damiers et autres motifs géométriques, sauf dans quelques scènes à l'extérieur où figurent des herbes et fleurs.

Joachim est, curieusement, tonsuré. Ses épaules sont recouvertes d'un châle frangé, le talit rituel propre au judaïsme, qu'on retrouve aussi sur le prêtre de droite. Anne est représentée à l'arrière-plan, nimbée et voilée d'hermine.

Les trois personnages agenouillés devant l'autel sont tous tournés vers Joachim, qu'ils regardent avec gratitude : ce ne sont pas "des pèlerins admis à présenter leurs offrandes", mais les indigents, les veuves, les orphelins et les étrangers qui ont bénéficié de la générosité du couple. L'un d'eux porte sur l'épaule son chaperon. Voir Jean Bellegambe, volet d'un triptyque de Douai (1521-1526).

Les auteurs s'étonnent que le grand prêtre soit représenté en évêque. Geslin de Bourgogne lui attribue le nom d'Isaac.  Or, s'il est parfois désigné dans les textes apocryphes sous le nom de Ruben, mais il faut plutôt choisir celui  d'Issachar, "évêque de la loi" . En effet, les traductions et adaptations en français des apocryphes, plus précisément celle du Miroir Historial de Vincent de Beauvais par Jean de Vignay (ms de 1396) ou celle de Jean Méchiot par manuscrit enluminé en 1456  mentionnent dans cette scène et dans la fonction de grand prêtre  Ysachar, qualifié d'esveque de la loy.  (On se rapportera aux Annexes II et III). Il est donc naturel que les artistes aient représentés ce prêtre habillé en évêque du XVe siècle.

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La vue de détail permet d'observer la forme des yeux, au coin temporal très effilé, et au contour sinueux et la force un peu troublante des regards, due à la position systématiquement excentrée des iris et à l'accentuation expressive des sourcils et des rides frontales.

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L'offrande de Joachim au temple, maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

L'offrande de Joachim au temple, maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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L'offrande de Joachim au temple, maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

L'offrande de Joachim au temple, maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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2. Annonce faite à Anne par un ange.

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— Les descriptions des auteurs :

 "Sainte Anne se retire confuse pour prier dans la solitude, où un ange vient la consoler et lui annoncer qu'elle deviendra mère" (Morvan 1903)

"Après cette humiliation sainte Anne prie devant l'oratoire élevé au bas de son jardin,et et saint Joachim sur la montagne ou il s'est retiré et où paissent quelques troupeaux. Un ange apparaît à chacun d'eux pour leur annoncer que leur prière est exaucée et qu'il leur sera envoyé une fille, qui sera riche en mérites aux yeux de Dieu." ( Geslin de Bourgogne 1849  

"Ce panneau devrait être interverti avec le quatrième. Sainte Anne en prières, en robe rouge brune et manteau vert, devant une chapelle à toit bleu, voit apparaître un ange, aux ailes vertes tenant un phylactère, sur lequel on lit en français : Tes prières sont exsauscées [sic] va à la porte dorée. La scène se détache sur fond rouge." (Couffon 1935)

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— Le texte du Protévangile de Jacques :

"Sa femme Anne souffrait d'un double chagrin et elle était en proie à une double douleur, disant : « Je déplore mon veuvage et ma stérilité. » La grande fête du Seigneur survint et Judith, la servante d'Anne, lui dit: « Jusques à quand affligeras-tu ton âme? Il ne t'est pas permis de pleurer, car voici le jour de la grande fête. Prends donc ce manteau et orne ta tête. Tout aussi sûre que je suis ta servante, tu auras l'apparence d'une reine. » Et Anne répondit : « Éloigne-toi de moi ; je n'en ferai rien. Dieu m'a fortement humiliée. Crains que Dieu ne me punisse à cause de ton péché. » La servante Judith répondit : « Que te dirai-je, puisque tu ne veux pas écouter ma voix ! C'est avec raison que Dieu a clos ton ventre afin que tu ne donnes pas un enfant à Israël » Et Anne fut très affligée, et elle quitta ses vêtements de deuil ; elle orna sa tête et elle se revêtit d'habits de noces. Et, vers la neuvième heure, elle descendit dans le jardin pour se promener, et, voyant un laurier, elle s'assit dessous et elle adressa ses prières au Seigneur, disant : « Dieu de mes pères, bénis-moi et écoute ma prière, ainsi que tu as béni les entrailles de Sara et que tu lui as donné Isaac pour fils."

Et voici que l'ange du Seigneur vola vers elle, lui disant : « Anne, Dieu a entendu ta prière; tu concevras et tu enfanteras et ta race sera célèbre dans le monde entier. » Anne dit : « Vive le Seigneur, mon Dieu ; que ce soit un garçon ou une fille que j'engendre, je l'offrirai au Seigneur, et il consacrera toute sa vie au service divin. » Et voici que deux anges vinrent lui disant : « Joachim, ton mari, arrive avec ses troupeaux. »

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— Commentaire :

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Le texte du phylactère est : TES PRIERES SONT EXSAUCEES VA ALA / DOR.

Soit "Tes prières sont exaucées. Va à la Porte d'Or.". Les paroles "tes prières sont exaucées"  se trouvent dans l'Évangile de la Nativité, mais elles sont adressées à Joachim.

Alors que cette inscription est en français, laissant supposer que l'artiste se base sur un texte traduit, les inscriptions suivantes seront en latin. À Strasbourg, l'inscription du panneau équivalent de la baie 26 en langue vernaculaire dit "Dieu t'a entendue". 

L'ange porte un bandeau. La robe d'Anne est damassée. 

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 Annonce d'un ange à Anne. Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Annonce d'un ange à Anne. Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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3. Rencontre des époux à la Porte Dorée.

— Les descriptions des auteurs :

 

 

. "Sainte Anne et saint Joachim se rencontrent devant la porte dorée et se rapprochent pour échanger un baiser qui représente le symbole de l'immaculée-Conception" (Morvan)".

"Tous deux reviennent chacun de son coté, emortuum corpus, dit la légende,et ils se donnent le chaste baiser indiquant que la Vierge a été conçue moins par les sens que par la foi car, dit saint Jean Crysologue transiverat tempus carnis" ( Geslin de Bourgogne 1849)

 

Voir aussi  Hucher 1879.

 "La rencontre à la porte dorée. Devant une porte fortifiée flanquée de deux tours, de couleur or, et se détachant sur un fond bleu, sainte Anne et saint Joachim s'embrassent. Saint Joachim porte une longue robe rouge brune, serrée à la taille par une longue ceinture à laquelle pend un grand couteau dans un fourreau." (Couffon 1935)

 

 

— Le texte du Protévangile de Jacques :

" Et voici que Joachim vint avec ses troupeaux, et Anne était à la porte de sa maison et elle aperçut Joachim qui venait avec ses troupeaux, elle courut et se jeta à son cou, disant : « Je connais maintenant que le Seigneur Dieu m'a bénie, car j'étais veuve et je ne le suis plus ; j'étais stérile et j'ai conçu. » Et Joachim reposa le même jour dans sa maison."

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— Le texte de l'Évangile de la Nativité :

"Se conformant donc au commandement de l'Ange, l'un et l'autre, partant du lieu où ils étaient, montèrent à Jérusalem, et, lorsqu'ils furent arrivés au lieu désigné par la prédiction de l'Ange, ils s'y trouvèrent l'un au devant de l'autre. Alors, joyeux de se revoir mutuellement et rassurés par la certitude de la race promise, ils rendirent grâce comme ils le devaient au Seigneur qui élève les humbles. C'est pourquoi, ayant adoré le Seigneur, ils retournèrent à leur maison, où ils attendaient avec assurance et avec joie la promesse divine. Anne conçut donc, et elle mit au monde une fille, et suivant le commandement de l'Ange, ses parents l'appelèrent du nom de Marie."

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— Les Heures de Catherine de Cleves (Flandre, vers 1440)  f.20r

http://www.themorgan.org/collection/hours-of-catherine-of-cleves/33

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— Commentaire :

La porte, dûment dorée,  de Jérusalem est représentée frontalement en arrière-plan. Devant elle, vus de trois-quart, les époux s'étreignent tendrement et échangent un baiser. Seule Anne est nimbée. Joachim, qui est censé venir directement de ses pâturages où il a laissé ses moutons, porte un habit de cérémonie et sa tête est couverte du talit. Le couteau qu'il porte accroché à sa ceinture doit-il être considéré comme venant de son attirail de berger, ou bien comme un objet rituel ?

Je ne reviens pas sur la signification quasi fondatrice de cette scène et sur ses rapports avec l'immaculée conception. 

 Voir :

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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4. Annonce d'un ange à Joachim.

— Les descriptions des auteurs :

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" Joachim, qui s'est de son côté retiré sur la montagne pour prier, reçoit d'un ange la promesse d'un enfant et l'invitation d'aller retrouver Anne devant la porte dorée. Il est évident que la logique demanderait que le 4ème tableau fut le 3ème et réciproquement, mais on les a mis ainsi afin que Anne et Joachim, séparés pour prier, arrivent chacun de son côté à la porte dorée, lieu de leur chaste rendez-vous " (Morvan 1903)

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 "Saint Joachim s'est retiré dans les champs parmi les pastoureaux. Vêtu d'une robe bleue, une houlette à la main, il garde ses moutons, et l'on voit certains animaux, tels que lapins, sortant de leurs terriers. Un ange, en blanc et or, lui apparaît et tient un phylactère portant l'inscription suivante en latin : « Vade ad portam auream ». La scène se détache sur fond rouge brun ."(Couffon 1935).

 

— Le texte du Protévangile de Jacques :

"L'ange du Seigneur descendit vers lui, disant : « Joachim, Joachim, Dieu a entendu ta prière, ta femme Anne concevra. » Et Joachim descendit et il appela ses pasteurs, disant : « Apportez-moi dix brebis pures et sans taches, et elles seront au Seigneur mon Dieu. Et conduisez moi douze veaux sans taches, et ils seront aux prêtres et aux vieillards de la maison d'Israël, et amenez-moi cent boucs et ces cent boucs seront à tout le peuple."

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—  Le texte de l'Histoire de la Nativité de Marie :

"Or, quand il y eut passé quelque temps, un jour qu'il était seul, l'Ange du Seigneur lui apparut avec une immense lumière . Cette vision l’ayant troublé, l'Ange calma sa crainte, lui disant : « Ne crains point, Joachim, et ne te trouble pas à mon aspect ; car je suis l'Ange du Seigneur ; il m'a envoyé vers toi pour t'annoncer que tes prières sont exaucées, et que tes aumônes sont montées jusqu'en en sa présence. Car il a vu ta honte, et il a entendu le reproche de stérilité qui t'a été adressé injustement. Or, Dieu punit le péché et non la nature ; c'est pourquoi lorsqu'il rend quelqu'un stérile, ce n'est que pour faire ensuite éclater ses merveilles et montrer que l'enfant qui naît est un don de Dieu, et non pas le fruit d'une passion désordonnée. Car Sara, la première mère de votre nation, ne fut-elle pas stérile jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans ? et cependant au dernier âge de la vieillesse elle engendra Isaac, auquel la bénédiction de toutes les nations était promise. De même Rachel, si agréable au Seigneur et si fort aimée du saint homme Jacob, fut longtemps stérile, et cependant elle engendra Joseph, qui devint le maître de l'Egypte et le libérateur de plusieurs nations prêtes à mourir de faim. Lequel de vos chefs a été plus fort que Samson, ou plus saint que Samuel ? et cependant ils eurent tous les deux des mères stériles. Si donc la raison ne te persuade pas par mes paroles, crois à la force des exemples qui montrent que les conceptions longtemps différées et les accouchements stériles n'en sont d'ordinaire que plus merveilleux. Ainsi ta femme Anne enfantera une fille et tu la nommeras Marie, elle sera consacrée au Seigneur dès son enfance, comme vous en avez fait le vœu, et elle sera remplie du Saint-Esprit, même dès le sein de sa mère. Elle ne mangera ni ne boira rien d'impur ; elle n'aura aucune société avec la foule du peuple au dehors, mais sa demeure sera dans le temple du Seigneur, de peur qu'on ne puisse soupçonner ou dire quelque chose de désavantageux sur elle. C'est pourquoi en avançant en âge, comme elle-même doit naître d'une mère stérile, de même cette Vierge incomparable engendrera le Fils du Très-Haut, qui sera appelé Jésus, et sera le Sauveur de toutes les nations selon l'étymologie de ce nom. Et voici le signe que tu auras des choses que je t'annonce. Lorsque tu arriveras à la porte d'or qui est à Jérusalem , tu y  trouveras Anne ton épouse, Anne qui viendra au devant de toi, laquelle aura autant de joie de te voir qu'elle avait eu d'inquiétude du délai de ton retour. » Après ces paroles, l'Ange s'éloigna de lui."

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— Commentaire :

Le phylactère porte les mots : VADE AD PORTAM AUREAM.

Cette inscription est précieuse, car on la retrouve (et on ne la retrouve en ligne  que) dans le De Nativitate Beate Marie transmis dans le Livre des reliques de l'abbaye de St-Pierre-le-Vif de Sens : Vade ad portam auream et uxori tue obviabis.

Mais on trouve dans le Livre du Pseudo-Matthieu ou Libri de nativitate Mariae. Pseudo-Matthaei evangelium ces mots de l'ange à Anne : "Vade ad portam quae vocatur « aurea »"

« Alors, après avoir marché trente jours, ils approchaient de leur but, un ange du Seigneur apparut à Anne qui était en prière et lui dit : "Va à la porte qu’on appelle « dorée », à la rencontre de ton mari, car il reviendra vers toi aujourd’hui." Et elle, en toute hâte, partit avec ses servantes et se mit, à la porte même, à prier et à attendre longuement. Et alors que, par suite de cette longue attente, elle défaillait presque, élevant son regard, elle vit Joachim qui arrivait avec ses troupeaux. Anne courut vers lui et se suspendit à son cou, rendant grâce à Dieu et disant : "J’étais veuve et voilà que je ne le suis plus, j’étais stérile et voilà que j’ai conçu." Et toutes leurs connaissances et leurs proches se réjouirent, de sorte que tout le pays et les gens d’alentour les félicitaient de cette bonne nouvelle. Après cela, les neuf mois étant accomplis, Anne mit au monde une fille et l’appela Marie. »

 « Cumque per triginta dies ambulantes pervenissent, apparuit Annae in oratione stanti angelus domini dicens ei : "Vade ad portam quae vocatur « aurea » et occure viro tuo, quoniam veniet ad te hodie." At illa festinanter perrexit cum puellis suis et coepit in ipsa porta stans orare et diutius exspectare. Et cum longa exspectatione deficeret, elevans oculos suos videt Ioachim venientem cum pecoribus suis. Et occurit Anna et suspendit se in collo ejus agens gratias deo et dicens : "Vidua eram et ecce iam non sum, sterilis eram et ecce concepi." Et factum est gaudium omnibus notis et affinibus eorum, ita ut universa terra et affinis de ista fama gratularentur. Post haec autem expletis mensibus novem, peperit Anna filiam et vocavit nomen ejus Mariam. »  Libri de nativitate Mariae. Pseudo-Matthaei evangelium,.

La scène précède chronologiquement la Rencontre de la Porte Dorée, et Joachim est retiré dans les montagnes où il garde ses troupeaux. On distingue un chien, un bœuf et des moutons. Mais avez-vous remarquez le lapin sortant de son terrier ? Et la hure du sanglier ?

 L'objet que Joachim tient dans la main gauche  est la houlette, et il en a la forme, à extrémité élargie et recourbée en cuillère. Je rappelle la définition du CNRTL : "Bâton utilisé par le berger, pourvu à l'une de ses extrémités d'une plaque métallique, creusée en forme de gouttière, destinée à arracher des mottes de terre ou à ramasser des pierres qu'il jette de manière à faire revenir dans le troupeau les moutons qui s'en écartent.". La ceinture traverse une boucle, dont on voit l'ardillon, puis, par défaut de passant, la partie libre aux crans inutilisés est nouée sur elle-même avant de pendre vers l'entre-jambe. C'est la même ceinture que devant la Porte Dorée. 

Il est vêtu d'une houppelande bleue dont la bordure de capuchon porte des caractères vaguement coufiques.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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5. Anne donne naissance à la Vierge

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— Les descriptions des auteurs :


 "Naissance de la sainte Vierge. Sainte Anne encore couchée la reçoit d'une autre femme avec transport. Saint Joachim contemple avec bonheur cet inestimable don de Dieu. "( Geslin de Bourgogne 1849)

" Naissance de la Vierge. Sainte Anne, en robe jaune, est couchée dans un lit à baldaquin avec couverture rouge. Elle tient la Vierge complètement emmaillotée, qu'elle remet à une sage-femme, dont une partie du corps a été refaite. Derrière le lit, saint Joachim en robe verte. La scène se détache sur fond bleu."(Couffon 1935)

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— Le texte du Protévangile de Jacques :

"Anne conçut et le neuvième mois elle enfanta et elle dit à la sage-femme : « Qu'ai-je enfanté? » et l'autre répondit : « Une fille. » Et Anne dit : « Mon âme s'est réjouie à cette heure. » Et Anne allaita son enfant et lui donna le nom de Marie."

 

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— Commentaire :

Anne reçoit des mains de la sage-femme (la "ventrière") l'enfant qu'elle vient de laver, de frotter, de sécher et d'emmailloter.  Joachim, comme Joseph dans les Nativités à Vierge couchée, est tenu à l'écart au pied du lit.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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6. Présentation de la Vierge vers le Temple.

Tête de Joachim restaurée.

— Les descriptions des auteurs :

" La sainte Vierge. enfant, monte pieusement, mais joyeusement au temple, les mains jointes. Son père,du bas des degrés. la regarde avec admiration tandis que sa mère la suit du regard avec une expression de tendresse qui n'est pas exempte d'amertume; du geste elle semble lui adresser une dernière recommandation ou un dernier adieu. Un prêtre se tient prêt à la recevoir à la porte intérieure. " ( Geslin de Bourgogne 1849)

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 "Présentation de la Vierge au temple. Au second plan, la Vierge, en robe rouge, monte seule les degrés du temple au grand étonnement de ses parents. Sainte Anne porte une robe bleue ; la tête de saint Joachim et le haut de son buste ont été refaits ; le toit du temple est bleu. La scène se détache sur fond rouge brun."(Couffon 1935)

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— Le texte du Protévangile de Jacques :

"L'enfant se fortifia de jour en jour. Lorsqu'elle eut six mois, sa mère la posa à terre pour voir si elle se tiendrait debout. Et elle fit sept pas en marchant et elle vint se jeter dans les bras de sa mère. Et Anne dit : « Vive le Seigneur mon Dieu; tu ne marcheras pas sur la terre jusqu'à ce que je t'ai offerte dans le temple du Seigneur. » [...] Quand Marie eut deux ans, Joachim dit à Anne, son épouse : « Conduisons la au temple de Dieu, afin d'accomplir le vœu que nous avons formé et de crainte que Dieu ne se courrouce contre nous et qu'il ne nous ôte cette enfant » Et Anne dit: « Attendons la troisième année, de crainte qu'elle ne redemande son père et sa mère» » Et Joachim dit : « Attendons. » El l'enfant atteignit l'âge de trois ans et Joachim dit : « Appelez les vierges sans tache des Hébreux et qu'elles prennent des lampes et qu'elles les allument» et que l'enfant ne se retourne pas en arrière et que son esprit ne s'éloigne pas de la maison de Dieu. »

Et les vierges agirent ainsi et elles entrèrent dans le temple. Et le prince des prêtres reçut l'enfant et il l'embrassa et il dit : « Marie, le Seigneur a donné de la grandeur à ton nom dans toutes les générations, et, à la fin des jours, le Seigneur manifestera en toi le prix de la rédemption des fils d'Israël. » Et il la plaça sur le troisième degré de l'autel, et le Seigneur Dieu répandit sa grâce sur elle et elle tressaillit de joie en dansant avec ses pieds et toute la maison d'Israël la chérit."

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— Le texte de l'évangile du Pseudo-Matthieu :

"Lorsqu'elle l'eut sevrée la troisième année , ils allèrent ensemble, Joachim et sa femme Anne, au temple du Seigneur, et, présentant des offrandes, ils remirent leur fille Marie, afin qu'elle fût admise parmi les vierges qui demeuraient le jour et la nuit dans la louange du Seigneur

. Et lorsqu'elle fut placée devant le Temple du Seigneur, elle monta en courant les quinze degrés, sans regarder en arrière et sans demander ses parents, ainsi que les enfants le font d'ordinaire. Et tous furent remplis de surprise à cette vue, et les prêtres du Temple étaient saisis d'étonnement" (remacle)

—  Le texte de l'Histoire de la Nativité de Marie .

"Et lorsque le terme de trois ans fut révolu et que le temps de la sevrer fut accompli, ils amenèrent au temple du Seigneur cette Vierge avec des offrandes.

Or, il y avait autour du temple quinze degrés à monter, selon les quinze Psaumes des degrés. Car, parce que le temple était bâti sur une montagne, il fallait monter des degrés pour aller à l'autel de l'holocauste qui était par dehors. Les parents placèrent donc la petite bienheureuse Vierge Marie sur le premier degré. Et comme ils quittaient les habits qu'ils avaient eus en chemin, et qu'ils en mettaient de plus beaux et de plus propres selon l'usage, la Vierge du Seigneur monta tous les degrés un à un sans qu'on lui donnât la main pour la conduire ou la soutenir, de manière qu'en cela seul on eût pensé qu'elle était déjà d'un âge parfait.

Car le Seigneur, dès l'enfance de sa Vierge, opérait déjà quelque chose de grand et faisait voir d'avance par ce miracle quelle serait la sublimité des merveilles futures. Ayant donc célébré le sacrifice selon la coutume de la loi, et accompli leur vœu, ils l'envoyèrent dans l'enclos du temple pour y être élevée avec les autres Vierges et ils retournèrent à leur maison." (Source)

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Le Vie et miracle de Notre-Dame de Jehan Miélot (1456)

"Et quant la revolution des trois ans et le temps de son alaictage fu acomply, ilz amenerent ceste vierge au temple de Nostre Seigneur atout leurs oblations. Certes, il y avoit a l’entree dudit temple, selon les .XV. psalmes graduales, .XV. degrés a monter. Et pour ce que le temple estoit edefié en montaigne ou on ne povoit aler a l’autel du sacrefice, qui estoit au par dehors, senon par degrés, sur l’un desquelz ils se poserent et la recommanderent a Dieu la vierge. Et quant ilz eurent despoullié leurs vestemens qu’ilz avoient vestu en chemin et se furent revestus d’autres plus riches et plus netz, la vierge de Nostre Seigneur, sans avoir aide d’aucun qui le menast ou soulagast, monta pas aprés autre tous lesdis . degrés, que on l’eust cuidie povoir faire sans riens faillir en l’eage parfait seulement pour ceste cause. (Jehan Miélot 1456).

 

"Le récit de la Présentation de la Vierge au Temple proposé par le Protévangile de Jacques indique que le sanctuaire se situe en un lieu élevé puisque le cortège doit monter pour s’y rendre. Le texte insiste particulièrement sur l’admiration ressentie par Anne et Joachim lorsqu’ils constatent que leur fille a gravi seule les marches menant au sanctuaire et qu’à aucun moment elle ne s’est retournée vers eux.

L’Évangile du Pseudo-Matthieu perpétue cette tradition littéraire et l’amplifie en indiquant que Marie gravit seule et en courant les quinze degrés qui mènent au Temple. Malgré son jeune âge, l’enfant ne bénéficie d’aucune aide et ne se retourne pas une fois vers ses parents pour réclamer leur présence.

Par la suite, ce détail narratif a été réutilisé par l’auteur de l’Évangile de la Nativité de Marie puis, au Moyen Âge, par Wace dans la Conception Nostre Dame, [par Vincent de Beauvais dans le Miroir Historial ], et par Jacques de Voragine dans sa Légende Dorée. Cependant, ces trois [quatre] textes évacuent certains éléments de la narration, notamment le fait que Marie monte les degrés en courant ou qu’elle ne se retourne pas vers ses parents." (Ferraro 2012, complété par moi)

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Les Heures de Catherine de Cleves (Flandre, vers 1440) folio 23v-24r : 

http://www.themorgan.org/collection/hours-of-catherine-of-cleves/37

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— Commentaire :

L'artiste a mis en évidence les éléments importants d'un rite d'initiation ou d'un franchissement de deuil : les riches vêtements d'Anne et de Joachim, dont ils viennent de se revêtir, la position de Marie au milieu des 15 marches de l'escalier, sa posture tournée vers le grand prêtre (mais qu'il ne peut se permettre de  montrer de dos) et sa sainte motivation dont témoignent les mains jointes. L'élément merveilleux tient au fait   qu'âgée de 3 ans, elle soit capable de gravir seule ces marches. On croirait assister à une rentrée des classes en maternelle  !

Ce qui est donné à voir aux fidèles, ce n'est pas un événement biographique, mais le surnaturel, l'incroyable mais vrai qui survient lors de cette scène et sur lequel insistent tous les textes, chacun à sa manière. A 3 ans révolu, elle monte seule 15 marches, en courant, sans se détourner vers ses parents "de manière qu'en cela seul on eût pensé qu'elle était déjà d'un âge parfait." !

En fait, la performance physique n'a rien d'exceptionnel, et on considère aujourd'hui qu'un enfant de trois ans, est capable de monter seul un escalier sans aide en alternant les enjambées, comme il sait courir et pédaler sur un tricycle. Il ne saura descendre son escalier tout seul qu'à quatre ans, mais ce n'est pas la question posée. La détermination de Marie est plus remarquable, et témoigne de la sainteté de sa vocation.

Mais la signification spirituelle la plus cachée est celle que possèdent les quinze marches du temple, qui correspondent aux quinze "psaumes des degrés" ou psaumes des montées, ou psaumes graduels ps 120 à 134. Ils sont considérés comme des chants qui accompagnaient la montée vers le temple lors du pèlerinage à Jérusalem. Les premiers versets des psaumes 121 et 122 s'appliquent à la scène représentée : 

Ps121 Je lève mes yeux vers les montagnes : d’où me viendra le secours ? Le secours me vient de l’Eternel, qui a fait le ciel et la terre. Qu'il ne permette pas à ton pas de trébucher.

Ps 122 Je suis dans la joie quand on me dit : « Allons à la maison de l’Eternel ! » Nos pas se sont arrêtés dans tes portes, Jérusalem !

La tenue de Joachim, avec son couteau dans sa gaîne et sa ceinture nouée, reprend celle des   panneaux  3 et 4.

Marie, les cheveux défaits comme toute fillette,  est vêtue d'un surcot ouvert blanc orné de pierres précieuses ou de bijoux en or au dessus d'un surcot clos blanc et rouge. En étudiant l'usage de ce  surcot ouvert, souvent fourré d'hermines, dans les vitraux et les enluminures dans mon article sur la verrière axiale du Pénity de Locronan, j'ai montré qu'il était quasiment réservé, en signe d'élection, lorsqu'il était orné d'orfrois,  aux princesses soit mythologiques, soit réelles, soit saintes (Catherine, Barbe), et s'il était d'hermines, aux femmes de la noblesse. Cela se confirme ici où Marie porte ce surcot ouvert jusqu'à son mariage, alors qu'il n'est pas porté par les autres personnages.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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II. REGISTRE MÉDIAN.

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7. La Vierge en classe lit sous la férule de son maître.

 

— Les descriptions des auteurs :

"Avec d'autres enfants, la Vierge apprend à lire devant un prêtre armé d'une verge pour indiquer que même pour la Mère de Dieu l'instruction n'est pas acquise sans quelque amertume. (Morvan 1903)

"Marie, toute jeune fille, est agenouillée devant un prêtre en habit monacal, lequel lui apprend à lire ;  d'autres petites filles, suivant dans leurs livres, sont assises à l'entour. Le maître tient dans la main une forte verge ;  l'artiste, en nous montrant la loi du travail et la sanction dans toute sa rigueur semble vouloir indiquer que la mère même de Dieu n'a point été exempte de cette loi générale." ( Geslin de Bourgogne 1849)

"Le Chastoiement de la Vierge. Un moine, en froc brun, scapulaire blanc, capuchon vert et calotte brune, apprend à lire à la Vierge, vêtue d'une robe bleue. Au premier plan, trois des compagnes de celle-ci lisent. Les têtes de celle de droite et de gauche ont été refaites ; fond rouge." (Couffon 1935)

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— Le texte du Protévangile de Jacques ne s'applique pas à cette scène. Je citerai celui de l'évangile du Pseudo-Matthieu :

"Marie était un objet d'admiration pour tout le peuple, car, lorsqu'elle avait trois ans, elle marchait avec gravité, et elle s'adonnait si parfaitement à la louange du Seigneur, que tous étaient saisis d'admiration et de surprise; elle ne semblait pas une enfant, mais elle paraissait déjà grande et pleine d'années, tant elle vaquait à la prière avec application et persévérance. Sa figure resplendissait comme la neige, de sorte que l'on pouvait à peine contempler son visage. "

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— Le texte de Jacques de Voragine :

"Saint Jérôme, dans une épître à Chromace et à Héliodore, dit que la sainte Vierge s'était tracé pour règle de passer en prière le temps depuis le matin jusqu'à tierce; de tierce jusqu'à none elle s'occupait à tisser; et à partir de none elle ne cessait plus de prier jusqu'au moment, où l’ange, qui lui apparaissait, lui donnât à manger." (Légende Dorée)

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— Commentaire :

Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une représentation d'une punition (ou chastoiement, du verbe châtier) de Marie, ce qui serait indigne malgré les pieuses réflexions des auteurs cités. Le fouet en forme de balai n'est  que l'attribut habituel du maître, l'insigne de son autorité.

Voici quelques exemples :

–Gossouin de Metz, Image du monde, 1320-1325, enluminure du Maître du Roman de Fauvel :

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84526412/f67.item.zoom

–Heures de Catherine de Cleves (Flandre, vers 1440), Morgan Library Ms. M.917/945 folio 62 

http://www.themorgan.org/collection/hours-of-catherine-of-cleves/141.

 – Cours de théologie à la Sorbonne. 1490. Ms 129, fol. 32 Troyes, Bibliothèque de Troyes, akg-images

https://www.akg-images.fr/archive/-2UMDHUK6MCH6.html

– Le maître d'école  d'Esslingen (actif 1279–1281) faisant la classe. (Dans un monastère). In : Codex Manesse ou “Grand manuscrit de Heidelberg”. Heidelberg, bibliothèque de l'Université  Cod. Pal. germ. 848, fol. 292v.

http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/cpg848/0580?sid=381af05998dce838de05cda24600278a

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Enseignement de la grammaire, Gossouin de Metz, L'image du monde (1320-1325), BnF ms. fr. 574 f.27r.

 

Nous pouvons donc considérer que l'artiste a représenté Marie recevant son enseignement d'un magister, (comme dans les écoles cathédrales de l'époque), en compagnie des autres vierges qui étaient avec elle au temple.Marie est vêtue du surcot ouvert au dessus d'un surcot clos blanc à robe bleue.

vecques les autres vierges qui
estoient mises la pour aprendre,
vecques les autres vierges qui
estoient mises la pour aprendre,

 

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Ses compagnes portent un surcot clos blanc très cintré à la taille par une ceinture. On remarque bien-sûr la coiffe à hennins à corne (ou en papillon) recouvert d'un voile  de la femme dont l'encolure en V est doublé de fourrure (petit-gris). Son visage de porcelaine, ses yeux en amande et sa bouche mutine ne sont pas sans faire évoquer les portraits de jeune fille de Petrus Christus ou de Rogier Van der Weyden, datés de 1460 ou 1470. Ou la Vierge du Diptyque de Melun par Jean Fouquet (1452-1458).

Il faudrait s'interroger sur le stylet tenu par Marie et par l'autre vierge lectrice : sert-il à suivre le texte ? Est-ce un grattoir pour corriger les fautes d'écriture ? Il est saisi comme un plectre, pincé entre index et majeur et appuyé sur la face latérale de la deuxième phalange du pouce .

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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8. La Vierge lisant.

"nombreux désordres" (Corpus).

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— Les descriptions des auteurs :

"Agenouillée, la Vierge prie, un livre ouvert devant elle ." (Morvan, 1903)

"8e et 9e Tableaux. Plus avancée en âge, la Vierge, dans le riche costume du temps plie sous une sorte de tente ou pavillon d'hermine, puis elle file en lisant. Des anges se pressant autour d'elle, présentent respectueusement les fuseaux et la servent à l'envi. Ses vêtements, les tentures qui l'environnent sont d'une richesse toute royale. C'est bien ici regina Angelorum." ( Geslin de Bourgogne 1849)

" La Vierge, à genoux sur un prie-Dieu, porte un manteau rouge brun bordé d'un large galon orné de lettres gothiques où alternent les inscriptions m a et i. h. s. (*) Les cheveux sont d'or nimbés de vert. Dans le fond une tente à pavillon blanche et or dont le dais est soutenu par deux angelots. La scène se détache sur fond bleu." (Couffon 1935)

(*) MA et IHS : Monogramme de Marie et de Jésus.

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— Le texte du Protévangile de Jacques :

"Et ses parents descendirent, admirant et louant Dieu de ce que l'enfant ne s'était pas retournée vers eux. Marie était élevée comme une colombe dans le temple du Seigneur et elle recevait de la nourriture de la main des anges."

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— Commentaire : cf. Couffon.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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9. La Vierge  tissant le voile du Temple, nourrie par les anges.

 

— Les descriptions des auteurs :

"La Vierge travaille, elle tisse, et les anges s'empressent autour d'elle, en lui apportant à manger"(Morvan, 1903).

 "La Vierge, en surcot bleu et or et nimbée de bleu, est assise devant son métier à tisser où la couleur verte est placée. Dans le fond, des angelots lui apportent des navettes aux couleurs variées. Le fond de la scène est rouge brun, les angelots sont assez lourds." (Couffon 1935)

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— Le texte du Protévangile de Jacques :

"Et il y eut une réunion des prêtres et ils dirent : « Faisons un voile ou un tapis pour le temple du Seigneur. » Et le prince des prêtres dit : « Appelez vers moi les vierges sans tache de la tribu de David. » Et l'on trouva sept de ces vierges. Le prince des prêtres vit devant lui Marie qui était de la tribu de David et qui était sans tache devant Dieu. Et il dit : « Tirez au sort laquelle filera du fil d'or et d'amianthe et de fin lin et de soie et d'hyacinthe et d'écarlate. » Et la vraie pourpre et l'écarlate échurent à Marie par le sort, et les ayant reçus, elle alla en sa maison. Et, dans ce même temps, Zacharie devint muet et Samuel prit sa place. Jusqu'à ce que Zacharie t'adressa derechef la parole, ô Marie. Et Marie, ayant reçu la pourpre et l'écarlate, se mit à filer."

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— L'évangile du pseudo-Matthieu

Tissage :

"Elle s'appliquait au travail des ouvrages en laine, et tout ce que des femmes âgées ne pouvaient faire, elle l'expliquait, étant encore dans un âge aussi tendre.  Elle s'était fixée pour règle de s'appliquer à l'oraison depuis le matin jusqu'à la troisième heure et de se livrer au travail manuel depuis la troisième heure jusqu'à la neuvième."

Nourrie par les anges :

"Et depuis la neuvième heure, elle ne discontinuait pas de prier jusqu'à ce que l'Ange du Seigneur lui eût apparu, et elle recevait sa nourriture de sa main, afin de profiter de mieux en mieux dans l'amour de Dieu. [...] Elle prenait chaque jour pour se sustenter la nourriture qu'elle recevait de la main de l'Ange , et elle distribuait aux pauvres les aliments que lui remettaient les prêtres du Temple. On voyait très souvent les Anges s'entretenir avec elle, et ils lui obéissaient avec la plus grande déférence. Et si une personne atteinte de quelque infirmité la touchait, elle s'en retournait aussitôt guérie". (Source)

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— Commentaire :

L'un des anges apporte dans sa corbeille des fuseaux de fil identiques à ceux qui sont rangés dans une boite à coté de la Vierge, mais le second, plus conforme aux textes apocryphes, lui apporte des petits pains ronds. Marie est vêtue du surcot ouvert habituel.

 

 

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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10. Le mariage de la Vierge et de Joseph.

 

— Les descriptions des auteurs :

" mariage de Marie et Joseph. Celui-ci tient un lys, symbole de la virginité, dont il se constitue le gardien." (Morvan 1903)

"Le mariage de la Vierge. Joseph et Marie sont agenouillés devant le grand-prêtre, qui unit leurs mains. Le premier porte la branche de lys, emblème de la virginité,dont il se constitue le gardien." ( Geslin de Bourgogne 1849)

"Mariage de la Vierge. Au premier plan, la Vierge, en manteau rouge, et saint Joseph, en robe bleu pâle et portant, dans la main gauche le lys symbolique, tiennent leurs mains droites enlacées tandis qu'un évêque en chape violette les bénit. On reconnaît derrière la Vierge saint Joachim et sainte Anne. La scène se détache sur fond bleu." (Couffon 1935)

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— Le texte du Protévangile de Jacques :

"Le prince des prêtres, ayant pris sa tunique garnie de douze clochettes entra donc dans le Saint des Saints et il pria pour Marie. Et voici que l'ange du Seigneur se montra à lui et lui dit : « Zacharie, Zacharie, sors et convoque ceux qui sont veufs parmi le peuple et qu'ils apportent chacun une baguette et celui que Dieu désignera par un signe sera l'époux donné à Marie pour la garder. » Des hérauts allèrent donc dans tout le pays de Judée, et la trompette du Seigneur sonna et tous accouraient.

Joseph ayant jeté sa hache, vint avec les autres. Et s'étant réunis, ils allèrent vers le grand-prêtre, après avoir reçu des baguettes. Le grand-prêtre prit les baguettes de chacun, il entra dans le temple et il pria et il sortit ensuite et il rendit à chacun la baguette qu'il avait apportée, et aucun signe ne s'était manifesté, mais quand il rendit à Joseph sa baguette, il en sortit une colombe et elle alla se placer sur la tête de Joseph. Et le grand-prêtre dit à Joseph : « Tu es désigné par le choix de Dieu afin de recevoir cette vierge du Seigneur pour la garder auprès de toi. »

Et Joseph fit des objections disant : « J'ai des enfants et je suis vieux, tandis qu'elle est fort jeune ; je crains d'être un sujet de moquerie pour les fils d'Israël. » Le grand-prêtre répondit à Joseph : « Crains le Seigneur ton Dieu et rappelle-toi comment Dieu agit à l'égard de Dathan, d'Abiron et de Coreh, comment la terre s'ouvrit et les engloutit, parce qu'ils avaient osé s'opposer aux ordres de Dieu. Crains donc, Joseph, qu'il n'en arrive autant à ta maison. » Joseph épouvanté reçut Marie et lui dit : « Je te reçois du temple du Seigneur et je te laisserai au logis, et j'irai exercer mon métier de charpentier et je retournerai vers toi. Et que le Seigneur te garde tous les jours. »"

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— Commentaire :

L'artiste a représenté sur la même image le grand prêtre unissant les époux  (comme le panneau du XVe siècle conservé à l'église de Concarneau), et le miracle de la verge de Joseph qui reverdie, le désignant parmi les descendants de David comme celui que choisit l'Esprit de Dieu, au dépens des autres prétendants qui font la tête à l'arrière-plan avec leur baguette de bois mort.

Marie porte sur le surcot clos un manteau rouge dont le galon est brodé de caractères pseudo-hébraïques.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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11. Annonciation.

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Buste de l'ange refait.

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— Les descriptions des auteurs :

" l'Annonciation : l'archange Gabriel, agenouillé devant Marie en prières, la salue." (Morvan, 1903)

" Annonciation. L'ange entièrement vêtu de blanc, se prosterne devant le prie-dieu sur lequel la Vierge est agenouillée. C'est dans l'attitude du plus profond respect que l'un remplit son message en indiquant du doigt le phylactère qui porte la salutation angélique, et que l'autre reçoit l'ordre du Très-Haut. La figure de Marie s'illumine d'une joie douce et modeste. "( Geslin de Bourgogne 1849)

 "La Salutation angélique. La Vierge, en robe violette et manteau bleu, à genoux sur un prie Dieu et sous un dais, reçoit la salutation de l'ange Gabriel aux ailes vertes. Le phylactère porte « Ave gratia plena dominus tecum ». La scène se détache sur fond rouge." (Couffon 1935)

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— Le texte du Protévangile de Jacques :

"Et, ayant pris une cruche, elle alla puiser de l'eau et voici qu'elle entendit une voix qui disait : « Je te salue, Marie, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi; tu es bénie parmi toutes les femmes. » Marie regardait à droite et à gauche afin de savoir d'où venait cette voix. Et, étant effrayée, elle entra dans sa maison, et elle posa la cruche, et ayant pris la pourpre, elle s'assit sur sou siège pour travailler. Et voici que l'ange du Seigneur parut eu sa présence, disant : « Ne crains rien, Marie; tu as trouvé grâce auprès du Seigneur. » Et Marie l'entendant, pensait en elle-même : « Est-ce que je concevrai de Dieu et enfanterai-je comme les autres engendrent? » Et l'ange du Seigneur lui dit : « Il n'en sera point ainsi, Marie, car la vertu de Dieu te couvrira de son ombre, et le Saint naîtra de toi, et il sera appelé le fils de Dieu. Et tu lui donneras le nom de Jésus; il rachètera son peuple des péchés qu'il a commis. Et ta cousine Elizabeth a conçu un fils dans sa vieillesse, et celle qu'on appelait stérile est dans son sixième mois, car il n'est rien d'impossible à Dieu. » Et Marie lui dit : « Je suis la servante du Seigneur ; qu'il en soit pour moi selon ta parole. »"

 

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— Commentaire :

Inscription AVE MAR[IA] PLENA DNS TECU[M].

Le détail du ciel de lit, ramassé ou replié en sac, se trouve aussi dans la baie 26 de la cathédrale de Strasbourg.

 

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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12. La Nativité.

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Restaurations. Reprise en l'inversant du carton de la Vierge lisant. 

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— Les descriptions des auteurs :

" Naissance de Jésus-Christ dans la crèche de Bethléem." (Morvan 1903)

"Nativité. L'Enfant-Jésus vient de naître et est étendu sur un peu de paille. réchauffé par l'haleine des deux animaux. Marie, la première entre toutes les créatures, est avant toute autre admise à l'adorer elle est prosternée devant son divin fils; son visage et sa pose indiquent tout ensemble le recueillement et le bonheur, la foi et la tendresse. Saint Joseph, debout dans le fond, une main sur le cœur et l'autre sur son bâton de voyage, proteste dans ce respectueux éloignement de son dévouement sans bornes." ( Geslin de Bourgogne 1849)

 "La Nativité. C'est le tableau classique. La Vierge, en manteau rouge, est à genoux devant l'enfant nu (une partie du corps de celui-ci a été refaite). Saint Joseph se tient à côté de la Vierge ; la scène se détache sur fond bleu. " (Couffon 1935) .

— Le texte du Protévangile de Jacques : 

 "Et Marie, apprenant que l’on massacrait les enfants, fut remplie de crainte ; elle prit l'enfant, et l'ayant enveloppé de langes, elle le coucha dans la crèche des bœufs."

— Voir aussi Luc 2:1-20

— Commentaire :

Reprise en l'inversant du carton de la Vierge lisant. 

 

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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III. LE REGISTRE INFÉRIEUR.

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13. Adoration des Mages (1)

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— Les descriptions des auteurs :

13ème tableau, l'Adoration des Mages. Ce tableau est moderne (1878), un seul mage y figure, agenouillé et offrant des présents . Le panneau 13 a été fait par Hucher.

" Adoration des rois mages, en deux tableaux."

Celui de gauche a été entièrement refait en 1878. Le plus ancien des mages, Gaspar, présente son offrande à l'enfant tenu dans les bras de la Vierge. Celle-ci, en robe blanche et manteau bleu, porte un nimbe d'or. Le roi mage est en damas blanc ; le fond de la scène rouge." (Couffon, 1935)

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— Le texte du Protévangile de Jacques :

"Et il s'éleva un grand tumulte à Bethléem, parce que les mages vinrent, disant : « Où est celui qui est né le roi des Juifs? Nous avons vu son étoile dans l'Orient, et nous sommes venus pour l'adorer. »  [...] Hérode les renvoya, et il questionna les mages, disant : « Apprenez-moi où vous avez vu le signe qui indique le roi nouveau-né? » Et les mages dirent : « Son étoile s'est levée brillante, et elle a tellement surpassé en clarté les autres étoiles du ciel que l’on ne les voyait plus. Et nous avons ainsi connu qu'un grand roi était né en Israël, et nous sommes venus l'adorer. » Hérode leur dit : « Allez, et informez-vous de lui, et si vous le trouvez, venez m'en informer afin que j'aille l'adorer. » Et les mages s’en allèrent, et voici que l’étoile qu'ils avaient vue en Orient les conduisit jusqu'à ce qu'elle entra dans la caverne, et elle s'arrêta au-dessus de l'entrée de la caverne. Et les mages virent un enfant avec Marie sa mère, et ils l'adorèrent.» Et tirant des offrandes de leurs bourses, ils lui présentèrent de l'or, de l'encens et de la myrrhe. Et l'ange les ayant informés qu'ils ne devaient pas retourner vers Hérode, ils prirent un autre chemin pour revenir dans leur pays."

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— Commentaire :

L'inscription INVENERUNT  PUERUM CUM MARIA est une référence à Matthieu 2:11 :

 

 ... qui cum audissent regem abierunt et ecce stella quam viderant in oriente antecedebat eos usque dum veniens staret supra ubi erat puer videntes autem stellam gavisi sunt gaudio magno valde et intrantes domum invenerunt puerum cum Maria matre eius et procidentes adoraverunt eum et apertis thesauris suis obtulerunt ei munera aurum tus et murram Mt 2:9-11

Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici, l'étoile qu'ils avaient vue en Orient marchait devant eux jusqu'à ce qu'étant arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s'arrêta.  Quand ils aperçurent l'étoile, ils furent saisis d'une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l'adorèrent; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe.


Le galon de la robe du roi porte des lettres : SDTSU TOLV MOLVDSV.

Celui du châle comporte les lettres SDVOVDSTR.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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14. Adoration des Mages (2).

Le panneau 14 a été très refait.

— Les descriptions des auteurs :

"Ce tableau est la suite du précédent, il représente les 2 autres mages debout, portant des présents enfermés dans des calices d'or" (Morvan, 1903)

"Deux mages se dirigent vers le tableau précédent, qui contenait sans doute le troisième mage prosterne devant l'Enfant-Dieu. "( Geslin de Bourgogne 1849)

"Le second panneau renferme les deux autres rois. L'un, barbu, est vêtu d'une longue robe violette avec aumônière à la ceinture, et d'un manteau de damas blanc. L'autre, imberbe, porte une robe courte blanche et des chausses de deux couleurs, l'une bleue, l'autre verte. Tous deux portent sur la tête une lourde couronne et à la main de lourds ciboires. Dans les deux tableaux, phylactères." (Couffon 1935).

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— Commentaire :

L'inscription VIDIMUS ENIM STELLAM IN [ORIENTE] ET VIDEMUS ADORARE EUM

cite le verset Mt 2:2 de l'évangile de Matthieu : " [et dirent: Où est le roi des Juifs qui vient de naître? car ] nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l'adorer."

Nous avons ici deux très beaux portraits masculins en grisaille. Le premier roi,  désigne de l'index l'étoile mentionnée par l'inscription. Selon Bède, le roi du panneau 13, agenouillé, est Melchior, et offre l'or. Le deuxième, Gaspard, jeune et imberbe, offre l'encens, tandis que le troisième, Balthasar, barbu et noir de peau, présente la myrrhe. L'artiste n'a pas respecté cette tradition, et c'est le troisième roi qui est jeune, imberbe, vêtu d'une tunique courte sur des chausses moulants les jambes.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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15. Circoncision.

Restauration, dont la tête du grand prêtre.

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— Les descriptions des auteurs :

"Présentation de l'Enfant Jésus au temple devant Siméon ." (Morvan, 1903)




"Présentation au temple. Au milieu d'un groupe, saint  Siméon saisit l'enfant avec un enthousiasme mêlé de respect el les yeux au ciel, il s'écrie  "Nunc dimittis". "( Geslin de Bourgogne 1849)

" La Circoncision. La Vierge porte un manteau rouge ; le grand prêtre (tête moderne) en manteau violet. La scène se détache sur fond bleu." (Couffon 1935).

 

— Le texte de l'évangile de Luc :

"Huit jours plus tard, ce fut le moment de circoncire l'enfant; on lui donna le nom de Jésus, nom que l'ange avait indiqué avant sa conception." Luc 2 : 21

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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16. La Crucifixion.

Tête de saint Jean refaite.

 

— Les descriptions des auteurs :

 

 

" Crucifiement le Christ est sur la croix. Au pied de celle-ci, à droite et à gauche, la Vierge et Jean sont agenouillés." (Morvan, 1903)



Crucifiement. Marie et saint Jean, tout en pleurs, sont seuls au pied de la croix. du haut de laquelle Jésus, au moment de quitter cette vie semble dire au monde "Voilà votre mère" ".( Geslin de Bourgogne 1849)

" La Crucifixion. Le Christ imberbe (la tête a été refaite) est crucifié sur une croix d'or, les pieds croisés sur un seul clou. A gauche, la Vierge en robe blanche et manteau bleu ; à droite saint Jean (figure refaite), en robe verte et manteau bleu. Dans le fond, fabriques sur fond rouge représentant Jérusalem (la partie droite a été refaite)." (Couffon 1935).

 

— Commentaire :

Les deux manteaux de Marie et de Jean sont moirés par des aplats de grisaille.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les larmes de Marie.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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17. Résurrection.

 

— Les descriptions des auteurs :


" Le Christ s'élève triomphant hors du sépulcre ; de la main gauche il tient la croix de triomphe et de la droite il bénit. Les soldats, terrassés, regardent en silence." ( Geslin de Bourgogne 1849)

"Résurrection du Christ. Le Christ, imberbe, sort du tombeau tenant en mains une croix d'or. Il est revêtu d'un manteau rouge et porte un nimbe rouge à croix d'or (tête refaite). Devant le tombeau, un soldat en armure du XVème siècle, en grisaille rehaussée d’or ; derrière, deux autres soldats." (Couffon 1935).

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— Commentaire :

C'est sur ce panneau que le motif du fond damassé est le mieux visible.

Le soldat du premier plan est, comiquement, allongé sur une sorte de lit de camp. Avec son casque, son armure et son épée, il est armé comme un homme d'armes du XVe siècle, c'est-à-dire un chevalier destiné à monter à cheval, et non comme un archer, encore moins comme un garde. 

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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18. Assomption de la Vierge.

Par Hucher, en remplacement, à l'initiative de la comtesse de Kergariou (armoiries), de l'Ascension qui s'y trouvait initialement.

— Les descriptions des auteurs :


" Le 18e tableau manque. C'était sans doute l'Assomption de la Vierge, conclusion nécessaire des joies et des souffrances de Marie."   ( Geslin de Bourgogne 1849)

" Assomption de la Vierge. Ce panneau date de la réfection de 1878, et remplace une Ascension, à la demande de la donatrice. Sur un fond bleu, la Vierge, en robe blanche et manteau bleu, est entourée d'une gloire soutenue par quatre angelots." (Couffon 1935).

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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IV. LES INSCRIPTIONS DES SOUBASSEMENTS.

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"Au bas de la verrière, on lit la portion si précieuse d'inscription : «... estant procu... bitore recteur pour le temps... d'Olivier le Coq et Jehan le lavenant vitriez de lantreguer et fut la dicte Vitre faite de l'oblation et aumosnes de.. ».

Nous ignorons d'où Olivier Le Coq et Jehan Le Lavenant étaient originaires et où ils firent leur apprentissage. Bien qu'en effet, à la suite de Barthélemy, tous les auteurs aient répété qu'ils étaient Bretons et même originaires de Tréguier, ces surnoms sont trop communs pour permettre d'être affirmatif. Dans le livre de taille de Paris, pour l'an 1292 (Voir l'édition d'Hercule Géraud, réalisée en 1837. Le registre fiscal de 1292 est conservé à la Bibliothèque Nationale, ms. fr. 6220), nous trouvons par exemple plusieurs Le Coq et Lavenant ; et ces surnoms ne sont nullement suivis du qualificatif de brito qui accompagne tous les Bretons. Au XVème siècle, nous trouvons même à Paris, parmi les imagiers peintres, un Jean Lavenant.

En dehors de la mention transcrite au bas de la verrière de Notre-Dame de la Cour, nous savons qu'en 1466, ils vinrent à Quintin et à l'Ermitage ; ils sont alors qualifies de vitriers de Saint Fiacre.

De 1468 à 1484, ils sont mentionnés dans les comptes du chapitre de Tréguier comme auteurs de la grande vitre de la cathédrale qu'ils posèrent en 1468, de deux vitres du cloître et de diverses réparations.

Olivier Le Coq travailla seul à la chapelle de Kermartin de 1469 à 1484 et dut décéder peu après.

Quant à Jean Le Lavenant, nous le trouvons associé avec Jehan Le Coq, vitrier de Tréguier, et Jehan Perrault, vitrier de Morlaix, pour l'exécution de la grande vitre de la chapelle Saint Fiacre de Tréguier dont le marché date du 18 juillet 1486. " (Couffon 1935)

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"ESTANT PROCUR [...] partie lue par Couffon et disparue depuis la restauration de 1949.

Restauration et lacunes, bas en partie masquée par le scellement. en 1847, Anatole de Barthélémy transcrivit l'inscription sous la forme suivante : TE. PETER PV LETAUPS POLIVIER LECOQ ET IEHN  LE LEVENA VITRIERS DE LANTREGUER ET FUT LADICTE VICTRE FAITE DE LOBLACION ET AUMONES." (Gatouilat et Hérold)

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Les lancettes  de gauche comportent les armoiries des donateurs ayant financé la restauration, de Geslin de Bourgogne d'azur à six merlettes de sable et Tréveneuc de sinople à la frasce d'or accompagnée de trois casques de profil du même

"EN BON CHRESTIEN"  serait la deuxième devise de Kergariou de la Ville-Pépin. (voir Nobiliaire), mais elle doit plutôt appartenir à Pierre-Hyacinthe Chrestien  de Tréveneuc : elle apparait au dessus de ses armes dans l'un de ses ex-libris

 

 

La maîtresse-vitre de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour  à Lantic.

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3ème lancette.

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« Botor....(Botorel ?), recteur pour le temps" ??

RETEUR POR LETAN P~S P OLIVIER 

RE[C]TEUR PO[UR] LETAN P[RESEN]S [...] P OLIVIER LE COQ

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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4ème lancette.

 ET JEH[A]N LE LEVENA[NT] VITRIERS DE LANTREGUER ET FUT :

 

 

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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5ème lancette.

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 LA DICTE VITRE FAITE DES OBLACIONS ET AUMONES DES ...

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sixième lancette (à droite)  : armoiries des donateurs ayant financé la restauration : de Kergariou et Tréveneuc / Marque de l'atelier du verrier.

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—Blasons et devise.

Devises "LÀ OU AILLEURS KERGARIOU" et "EN BOB CHRESTIEN"

Armoiries mi-parti en 1 d'argent fretté de gueules de 6 pièces, au franc quartier, qui est Kergariou ; en 2   de sinople à la frasce d'or accompagnée de trois casques de profil du même, qui est Trévéneuc.

 

— Cartouche avec l'inscription.

RESTAURÉ A LA FABRIQUE DU CARMEL DU MANS PAR MRS HUCHER ET RATHOUIS.

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« Mais l'expérience la plus originale en ce domaine fut l'atelier du Carmel du Mans. En 1830 les Sœurs s'établissent au Mans et s'occupent de l'éducation des enfants ; en 1833 Monseigneur Bouvier les installe dans une nouvelle propriété. Elles décident en 1850 d'édifier une chapelle dans leur monastère; elle fut consacrée le 31 août 1853 et c'est à partir de cette date que commence la première grande fabrique monastique de vitraux en France. Les prix de la construction ayant dépassé de beaucoup les devis, le chanoine Lottin leur propose d'élever une fabrique de vitraux avec le concours d'Eugène Hucher. Celui-ci leur demande en échange un important concours pour la coloration des calques. Les premières commandes de réalisation de vitraux étaient faites en collaboration avec la manufacture Lusson qui exécutait la coupe des verres, le montage en plomb ainsi que la pose dans les édifices. Ces conditions étaient très onéreuses pour le Carmel et le manque de dessinateur se faisait douloureusement ressentir. Depuis la mort d'Antoine Lusson Père, la manufacture dirigée par le fils Antoine et le gendre Edouard Bourdon manquait souvent de travail. Une mésentente se créa rapidement avec les frères Kùchelbecker qui offrirent leur service aux Sœurs du Carmel, ce qui occasionna un procès très onéreux, lorsqu'ils quittèrent l'atelier Lusson. La fabrique engagea le nazaréen de Rodhen qui fournit les cartons de leur première grande commande pour les verrières de Notre-Dame-de-1'Espérance à Saint-Brieuc, car la notoriété de l'atelier commençait à s'étendre à tout l'Ouest. L'équipe réalisa des œuvres, non seulement dans d'autres régions, mais aussi à l'étranger, jusqu'au Japon Par la suite l'atelier passa aux mains d'Eugène Rathouis qui s'associa à un fils d'Eugène Hucher. » (Brisac)

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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V. LES DAIS D'ARCHITECTURE DE LA PARTIE HAUTE DES LANCETTES.

"l'architecture est traitée en tons or et sépia : des dais du dessin le plus fin, avec clochetons, pinacles et arcs-boutants surmontent les tableaux de la légende de la Vierge, et de ces six dais, qui rivalisent de richesse au point de vue de la composition, aucun n'est semblable aux autres."

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Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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VI. LE TYMPAN.

Voir http://poudouvre.over-blog.com/page/10

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"Le tympan renferme des anges musiciens, d'autres chantant le Te Deum, d'autres portant des écussons blasonnés. Les autres mouchettes sont décorées d'ornements stylisés, et d'autres armoiries, qui portent à quatorze les écussons représentés,

[...]Comme nous venons de l'indiquer, Hucher, en identifiant les armes de Marguerite de Bretagne, a daté la verrière de 1458-1469 ; mais il est possible, croyons-nous, de préciser davantage.

En effet, d'une part, l'évêque de Tréguier, Jean de Coetquis, dont les armes figurent dans le tympan, mourut le 23 septembre 1464 ; d'autre part, l'on ne doit pas oublier qu'à la suite des mutations de juillet 1450, il y eut competition pour l'évêché de Saint Brieuc entre le nouveau titulaire Jacques de Penhoadic, et l'ancien évêque, Jean Pregent (Prigent) revenu de Vannes à Saint-Brieuc. L'anarchie était telle que le pape dut nommer administrateur du diocèse l'abbé de Bégard, Vincent de Kerleau. L'absence des armes de Jacques de Penhoadic demeurerait, semble-t-il, inexplicable, alors que celles de Jean Pregent y figurent, si la verrière avait été commandée avant sa mort survenue le 25 août 1462.

C'est donc entre septembre 1462 et septembre 1464 que l'on doit en placer la commande, date qui s'accorde parfaitement d'ailleurs avec le mandement ducal du 27 avril 1463, faisant remise aux paroissiens de Lantic de leurs tailles et fouages, la moitié devant servir à parachever et édifier la chapelle de Notre Dame de la Cour." (Couffon, 1935)

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Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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1. La fleur centrale : huit mouchettes, deux trilobes et deux quadrilobes.

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La maîtresse-vitre de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour  à Lantic.

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1° Dans l'ajour supérieur, on trouve  une bannière des armes de Bretagne d'hermines plaines surmontées de la couronne ducale et entourée de la devise A MA VIE. Armoiries attribuées à François II, duc de 1458 à 1488.

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2°-3° Au second rang viennent  dans des médaillons deux écus en bannière tenus par des anges surmontés également chacun de la couronne ducale.

Le premier, mi-parti de Bretagne et de Bretagne, sont les  armes de la duchesse Marguerite de Bretagne, femme de François II (16 novembre 1455 - 25 septembre 1469). Comme l'a très justement indiqué Hucher, et comme le confirme d'ailleurs la couronne ducale, le fait que le premier parti ne porte aucune brisure montre que François II était déjà duc de Bretagne (1458), et que ce sont ses armes qu'il faut voir en supériorité.

Le second écusson en bannière porte mi parti de Bretagne et coupé d'Amboise et de Thouars (*)  armes de la bienheureuse Françoise d'Amboise, duchesse de Bretagne de 1450 à 1457 ;  veuve le 22 septembre 1457 du duc Pierre II,  elle entra au Carmel et décéda le 4 novembre 1485. (*) écartelé, palé d'or et de gueules de six pièces qui est Amboise, et d'or semé de fleurs de lis d'azur au franc canton de gueules qui est Thouars .

 

 

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Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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 Au troisième rang, deux écussons, l'un des armes pleines de Dinan Montafilant De gueules à quatre fusées d'hermine posées en fasce, accompagnée de six besants du même. et l'autre mi-parti des mêmes et de Rohan. Ces écussons ont remplacé, lors de la dernière restauration, les armes des Rosmadec-Gouarlot et celles des Geslin en alliance avec de La Lande de Calan, qui y avaient elles mêmes été mises au XVIIe siècle (Corpus) ou XIXème siècle (Couffon). "Il y aurait le plus grand intérêt à ne pas opérer de restaurations, comme celles ci, sans textes précis. En effet, les armes ainsi figurées sont celles de Jacques de Dinan et de Catherine de Rohan sa femme. Or Jacques de Dinan mourut le 30 avril 1444 soit prés de vingt ans avant l'exécution du vitrail." (Couffon )

 

De chaque coté, deux anges musiciens jouant de la harpe (patrons retournés).

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Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Au centre, deux écus en bannières.

 L'un est écartelé d'argent à trois fasces de sable, et d'argent à la fasce de gueules des armes de Kerimel et de Penhoet, l'autre mi-parti des mêmes armes et de Coetmen, de gueules à neuf annelets d'or posés trois, trois et trois, , armes de Guillaume de Penhoet, sr. de Kerimel et chambellan du duc (+ en 1475) et de sa femme Béatrix de Coetmen,  dame de Maupiron et de Barnabarec, fille de Rolland III, vicomte de Coëtmen et de Jehanne Gaudin,  et veuve de Jean de Kersaliou.

 

 

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Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les deux  anges buccinateurs latéraux.

 

 

La maîtresse-vitre de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour  à Lantic.
La maîtresse-vitre de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour  à Lantic.

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II. La fleur de gauche. Huit mouchettes et trois quadrilobes.

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Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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En haut, ce sont les armes épiscopales  d’azur à la fasce d’or, accompagné de trois molettes de huit pointes du même de Jean Prigent, évêque de Saint Brieuc (1439-1472) , et celles  d'argent au sautoir de gueules accompagné en flancs et en pointe de trois quintefeuilles, et en chef d'un annelet de même  de Jean de Coetquis, évêque de Tréguier (1454, + 23 septembre 1464).

 

Jean Prigent, chancelier de Bretagne, évêque de Léon en 1436, fut transféré à Saint-Brieuc en 1450 et inhumé dans sa cathédrale en 1472. Ces armes sont également peintes dans la chapelle de droite et sculptées au pignon extérieur.

 Jean de Coëtquis, d'abord évêque de Rennes, fut transféré à Tréguier en, 1453; il mourut en 1464 et fut également enterré dans sa cathédrale.

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Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Selon A. de Barthélémy, nous trouvons ensuite les  armes d'argent à l'arbre arraché de sinople, le fût chargé d'un greslier de sable lié de gueules de Salomon Mahault, seigneur de Kerangouarc'h et archidiacre de Goello. l'archidiacre de Goëllo dans la circonscription duquel se trouvait Lantic ne pouvait manquer d'accompagner l'évêque de Saint-Brieuc.

Marc Faujour m'a fait remarquer  en février 2020 qu'il s'agissait des armes de Salomon de Kergoanac, archidiacre du Goëlo, et chanoine de Saint-Brieuc mentionné en 1445 et en 1471.

Lire tous les détails ici :

 

Les armoiries et le sceau de Salomon de Kergoanac, archidiacre du Goëlo,  au tympan de la maîtresse-vitre de Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic (22).

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Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Au dessous, au sixième rang, les  armes d'or à six molettes de sable, trois, deux et un des Geslin de Bourgogne et celles de gueules à la croix d'or, vidée, cléchée et pommelée de même des Botherel.

 Les Geslin avaient plusieurs fiefs dans la paroisse de Lantic; vers l'époque où fut exécutée la verrière de Notre-Dame de La Cour, Guillaume Geslin avait pour femme Marguerite Botherel.

Botherel : cette famille avait les fiefs de Perran, de Beauvoir et de la Fontaine-Saint-Père dans la paroisse de Plourhan.

 

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Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les auteurs du Corpus ont reconnu des textes extraits du Magnificat, mais ne les ont pas transcrits. Et Couffon ceux du Te Deum.

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TIBI DOMINUS AN[GEL??] ET 

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Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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ET PRo-TARUM

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SANCTUS.

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Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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II.. La fleur de droite. Huit mouchettes et trois quadrilobes.

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Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Dans la fleur de droite se trouvent, au même rang que les armoiries des évêques Jean Prégent et Jean de Coatquis à gauche, les armoiries d'azur au cerf d'or   de Vincent de Kerleau, abbé de Bégard (1443), évêque de Saint Pol-de Léon en 1473 (+ 1476), et celles d'argent à deux bandes engrêlées de gueules et chargées de coquilles d'argent de Pierre Huet, abbé de Beauport 1444 ou 1456 (+ après 1472).

-Vincent de Kerleau fut abbé de Régar de 1443 à 1467, puis de Prières en 1467, chancelier de Bretagne puis enfin évêque de Léon de 1472 à 1476.

-Pierre Huet fut abbé de Beauport de 1450 environ à 1472 ; ce fut lui qui, le premier, obtint le privilège de porter la mitre et la crosse et de donner la bénédiction pontificale dans toutes les églises relevant de l'abbaye. 

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Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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PIEM ET CELI E ORA ORA TUU

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Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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SANCTUS S-

GEMMTI / M CANTIT - LANIC

Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (1460-1470) de la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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ANNEXE I. SOURCES DE LA VIE DE MARIE AU XVe SIECLE.

D'après L. Abd-Eleazak .

1°) La Vie de Marie (VM) résulte d'une succession de trois  textes apocryphes latins :

Le Protévangile de Jacques PrJ datant du IIe siècle .

Le Pseudo Matthaei Evangilum  PsM ou Pseudo-évangile de Mathieu,  Livre de la naissance de la bienheureuse Vierge Marie et de l’enfance du Sauveur rédigé vers 600-625.   Selon J. Gijsel il se distingue du PrJ par trois aspects120 : 1. il transfère l’accent de la figure d’Anne à celle de Joachim. 2. il ajoute un chapitre consacré à la vie de Marie au temple. 3. il remplace le récit du meurtre de Zacharie par celui de la "fuite en Égypte" qui contient une suite de quatre miracles. Le PsM a bénéficié d’un grand succès durant le Moyen Âge ; il a été transmis par deux cents manuscrits dont la moitié sont antérieurs au XIIIe siècle

Le Libri De Nativitate Mariae DNM ou Livre de la Nativité de Marie, écrit par le Pseudo-Jérome vers 550-750 ou  par Paschase Radbert  (790- 868). À partir du XIe siècle, le DNM commence déjà à circuler et à supplanter le PsM. Il nous a été transmis par cent quarante manuscrits dont la moitié date d’avant la seconde partie du XIIIe siècle. Le DNM reprend la rédaction du PsM, notamment la partie qui concerne le récit de la naissance de la Vierge et se termine par le récit de la naissance du Christ. Ce texte a éliminé tous les événements et miracles postérieurs à la naissance du Christ ; c’est-à-dire qu’il ne contient pas l’épisode de la "fuite en Égypte" au cours duquel le Christ opère les quatre miracles du PsM énumérés plus haut. L’auteur de ce texte en a atténué le caractère apocryphe en le rendant plus fidèle à la tradition canonique122 par le rejet des détails qui semblent peu convenir à la mère de Dieu que le DNM présente comme une vierge modèle.

Au XIIIe siècle une autre Vie latine anonyme apparaît : c’est la Vita Beatae Virginis Mariae et Salvatoris Rhythmica.

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2°) Durant le XIIIe siècle des auteurs dominicains ont employé une matière empruntée aux apocryphes qui racontent le récit de la vie de la Vierge et de la naissance du Christ pour la composition d’ouvrages réservés à l’usage des confréries dominicaines. Ces auteurs sont : Jean de Mailly, Barthélemy de Trente, Vincent de Beauvais, Humbert de Romans, Jacques de Voragine .

— Au début du XIIIe siècle Jean de Mailly compose un légendier intitulé l’Abbreuiatio in gestis et miraculis sanctorum. Le chapitre consacré à la fête de la Nativité de Marie, le 8 septembre, est divisé en deux parties : la première raconte l’histoire de la naissance de la Vierge et la seconde est un commentaire de l’auteur sur le texte. Dans la première version du légendier, faite à Auxerre entre 1225-1230, l’auteur a employé dans la partie liminaire du chapitre de la Nativité des données apocryphes tirées des huit premiers chapitres de DNM. 

— Entre 1244 et 1246, Barthélemy de Trente emploie plus librement que Jean de Mailly la matière apocryphe dans la composition de son ouvrage intitulé Liber epilogorum. Il résume de manière très personnelle des épisodes tirés à la fois de DNM et de PsM ; il est difficile de cerner avec précision ses sources et encore moins de savoir quel type de texte il a utilisé. Mais quoi qu’il en soit, il s’est appuyé sur les traditions apocryphes transmises par ces textes

— Dans sa réforme du lectionnaire de l’ordre dominicain (1254-1263), Humbert de Romans a placé à la tête du nouveau lectionnaire, dès la version provisoire faite de 1246-1248, un remaniement du DNM qu’il attribue à saint Jérôme. Le chapitre consacré à la fête de la Nativité de Marie (8 septembre) du lectionnaire contient un abrégé des huit premiers chapitres de DNM.

— Contrairement aux trois auteurs évoqués plus haut, Vincent de Beauvais (vers 1184-1264) emprunte des extraits aux apocryphes qu’il présente dans le cadre d’un récit de la vie de la Vierge et non plus dans le cadre d’une fête liturgique. Les sources du huitième livre du Speculum historiale sont clairement identifiables : elles se rapportent aux DNM que l’auteur considère comme une œuvre de saint Jérôme et au PsM qu’il intitule Liber de infantia Saluatoris attribué à Jacques, fils de Joseph. Du premier, il tire la partie allant de l’histoire de Joachim et Anne jusqu’à la présentation de Marie au temple (ch. I-VI), ainsi que le récit du mariage de la Vierge (ch. VIII). Au second, il emprunte des éléments liés à la naissance de Jésus. Toutefois, il a éliminé les détails du PsM considérés superflus et qui pouvaient nuire à l’image de Marie, de Joseph et de Jésus.

Tout comme V. de Beauvais, Jacques de Voragine a utilisé les deux mêmes récits apocryphes dans sa compilation intitulée la Legenda aurea (1261-1266). Dans le chapitre de l’Annonciation, son récit du mariage de la Vierge est tiré de DNM.  Toutefois, J. de Voragine a, pour ainsi dire, puisé dans des sources de seconde main ; c’est-à-dire qu’il s’est servi des ouvrages de ses prédécesseurs. En effet, le chapitre sur Noël est un résumé de PsM de Barthelemy de Trente. L’Abbreuation de Jean de Mailly semble être sa source principale de l’histoire de la Nativité de Marie qu’il a amplifiée par l’ajout de quelques détails tirés du lectionnaire d’Humbert de Romans. Il n’emprunte à Vincent de Beauvais que le dernier miracle du chapitre de la Nativité de la Vierge. Il faut ajouter également que ce dernier chapitre contient la généalogie de la Vierge, le récit de sa naissance selon Jérôme (DNM), l’instauration de la fête de la Nativité et neuf miracles mariaux.

3°) Les textes apocryphes consacrés au récit de la naissance et de la vie de Vierge ont alimenté non seulement des remaniements latins, mais également des versions vernaculaires. Au XIIe siècle, Wace et Hermann de Valenciennes ont translaté ces œuvres en ancien français. La Conception de Nostre Dame de Wace s’ouvre sur un miracle étiologique qui relate le récit de l’institution de la fête de la Conception. Cette première partie est suivie par le récit des circonstances entourant la naissance de la Vierge, son éducation et se termine par son mariage avec Joseph. Cette partie a pour source les huit premiers chapitres du DNM. Quant à l’épisode de la Visitation, elle trouve sa source dans le PrJ. Dans sa traduction de la Bible, Herman de Valenciennes inclut dans Li Romanz de Dieu et de sa mere  un remaniement du DNM.

 

4°) Traductions en français.

 — Jean de Vignay a traduit en français le Miroir Historial de Vincent de Beauvais en 1320-1330. On en conserve 28 manuscrits. La traduction fut imprimée par Antoine Vérard en 1495-1496.

 — Jean de Vignay a traduit en français la Légende des sains de Jacques de Voragine au plus tard en 1348. On en conserve 27 manuscrits. La première édition, à Lyon, date de 1476.

— En 1456, Jean Méliot traduit ou adapte les traductions existantes dans sa rédaction de sa Vie et miracles de Notre-Dame pour Philippe le Bon. Cf Annexe II.

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ANNEXE II.

Transcription inédite mais personnelle (avec de vrais fautes dedans) d'un extrait du Livre VII du  Miroir Historial de Vincent de Beauvais traduit par Jean de Vignay et copié par Raoulet d'Orléans en 1396  dans le  manuscrit Bnf fr 312 folio 260r à 261v :

de la prenonciacion de la nativite a la benoite vierge glorieuse marie qui porta nostre seigneur jhesu crist.

"En lan de lxiiii lempur ecsar augustien environ xxvii fu nee la bencoite vierge marie mere de dieu seigneur ihesucrist filz de dieu seconde personne de la trinite selonc le livre de ioachim et la revelation faite a sainte elisabeth. Jeroisme en lystoire de Joachim et de sa felle.

Elle fu certainement née en nazareth de la lignee de david et fu nourrie au temple de iherusalem et estoit dit son pere joachim et sa mere anne. Et la maison de son pere estoit en nazareth et la lignee de sa mere estoit en nazareth. La vie diceuls estoit simple droituriere et debonnaire. Et deviserent leur subsistance toute en trois parties et donnoeint une partie au temple.

Et l'autre as poures pelerins et gardoient la tierce partie a leur usage et a leur mesgmee. Ils estoient iustes a dieu et debonnaires as hommes et hantoient en leur maison chaste mariage sans procreation de lignee environ XX ans. Et voulerent touteffoiz se dieu leur donnoit lignee que ilz donnervient (?) et garderoeint icelle lignee adieu et a son servise. Pur la grace de la quel chose ilz vouloient hanter chascun an le temple a toutes les festes de nostre seigneur.

Et si comme Joachim fust monte en iherusalem v iour desestrames ysachar evesque voiant iceli entre ses voisins montant au temple avec loffrande refusa iceli avec ses dons, disant les dons de celi nont povoir destre veus dignes a dieu. Lequel iceli avoit iugie estre non digne de lignee et estre maudit qui ne engendroit lignee en israel. Duquel celui Joachim confus par la honte du reprouche fait a li sen ala as pastoures qui estoient en ses pestis avec ses bestes et ne voult pas retourner arrieres en sa maison que par aventure celle reprouche ne li fust faite de ses prouchains qui lavoient oye du prestre.

Et si comme il eut este illec longuement et il fust 1 jour seul, lange de nostre seigneur vint a grant lumiere et refrauit icelui espovente de son avision disant : Ne vueilles doubter Joachim car ie suis ange de nostre seigneur envoié de li si que je te denonce que tes prieres sont oyes et tes aumosnes sont montees au regart de nostre seigneur. Il vit certes ta honte et ouy le reprouche de ta brehaingnete [stérilité] non pas droitement obitiee a toy. Oyez ci que anne ta femme entantera a toy une fille et tu appeleras le nom de celle marie. Cest sera si come tu as voulu sacree a dieu des ton enfance et elle sera raemplie du saint esperit encore des le ventre de sa mere.

Elle ne mengera ne se beura ia nulle orde chose ne fera la fornication et sera pou dabitacion entre les peuples. Mais la conversacion de celle sera au temple de nostre seigneur et ainsy par le proces de son aage aussi comme celle naistra merveilleusement de même brehaingne. Aussy son accomparagement icelle vierge engenderra le tres hault filz qui sera apele ihesus et selon son nom sera sauveur de toutes gens. Et lange departant de celui sapparut a anne sa femme et li nonca celle meisme chose. Et ainsy iouste le commandement de lange lun et lautre euls [clinomans] des heux ou ilz estoient monterent en iherusalem et encontarns lun lautre a la porte doree cliois de leur entrechangable vision et de la lignice promise leurs par certainete rendirent adieu essauceur des humbles graces deues.

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Le baiser de la Porte Dorée. BnF fr. 312 folio 260r . Source Gallica

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Et ainsi dieu [houre] sont repairiez a leur maison. Donc concut anne et enfanta une fille et apela icelle marie. Et sicomme elle fust demenee en lespace de trois ans ilz amenerent icelle vierge alaitant encore au temple de nostre seigneur . Et devant et environ le temple estoient XV degrez . Et pour ce que le temple estoit assis en montaingne et lautel des sacrefices qui estoit lors on ny pooit aller sans degrez. Et en un de ces degrez ils mistrent la vierge. Et si comme ilz se depouilloient et selonc la maniere ilz se vestissent de pl-conrs vestements. La vierge monta tous les degrez chascun par soy sans main de meneur ne desleveur. Aussi commece en ceste cause ne li deffausist point de parfait aage. Et dont le sacrefice celebre selonc la coustume de la loy. Et leur veu parfait ilz delaissierent la vierge pour estre nourrie au temple avec les autres vierges et retourne a lostel.

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Marie montant les marches du temple, enluminure par Perrin Rémiet dit le Maître de la mort. BnF fr. 312 folio 260v.

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Hyldefonse evesque de iolete.

Se la benoite vierge marie veust este sacrefice et sanctefice au ventre de sa mer. Sa nativite fust petit alonnover "etc etc. L'histoire de l'élection de Joseph et du fleurissement de sa verge est racontée au folio 263r.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8452197q/f531.item

 

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Le mariage de Joseph et Marie, enluminure de Perrin Remiet, dit le Maître de la mort. Miroir Historial BnF fr. 312 folio 263r.

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La version imprimée de cet extrait du Miroir Historial par Antoine Vérard se trouve sur ce lien : https://archive.org/stream/MiroirHistorial1531Vol1/Miroir_Hystorial_1_1531#page/n363/mode/2up.

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ANNEXE III.

Transcription par L. Abd-Eleazak d'un extrait du manuscrit BnF Français 9198 folio 4v .Vie et miracles de Notre Dame, en prose française, arrangés par Jean MIÉLOT en 1456. Enluminure de Jean Le Tavernier, commandité, au XVe siècle, par Philipe le Bon, duc de Bourgogne. Ce manuscrit contient la compilation intitulée : La Vie et miracles de Nostre Dame qui constitue la mise en prose de miracles en vers du XIIIe siècle.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8451109t/f18.item.zoom

Le texte débute par une enluminure en grisaille au folio 3v :

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BnF fr 9198 folio 3v. Annonce faite par l'ange à Joachim, et Rencontre de la Porte Dorée.

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Cy commence la vie de la glorieuse Vierge Marie, mere de Nostre Seigneur.  La tres bieneuree et glorieuse tousjours Vierge Marie, extraitte de lignie royale et de la famille de David, nee en la cité de Nazareth, fu nourrie en Jherusalem ou temple de Nostre Seigneur. Le pere d’elle se appelloit Joachim et sa mere Anne.

La maison de sondit pere estoit de Galilee et de la cité de Nazareth ; et le lignage de sa mere estoit de Bethleem. Leur vie estoit simple et droicturiere devant Dieu, et envers les hommes elle estoit sans reprehension et debonnaire ; car ilz devisoient toutes leurs substances en trois parties, desquelles ilz en bailloient l’une au temple et aux serviteurs du temple, l’autre ilz distribuoient aux pelerins et aux povres diseteux, et la tierre partie ilz gardoient pour eulx et pour leur petite famille.

Et vesquirent en ceste maniere, justes a Dieu et debonnaires aux hommes, par l’espace de environ .XX. ans, entretenans chiez eulx leur mariage chaste sans avoir quelque procreation d’enfans. Ilz vouerent toutesfois a Dieu, se d’aventure ilz leur donnoit quelque lignie, qu’ilz la bailleroient au service de Nostre Seigneur, pour laquelle chose impetrer ilz frequentoient par coustume le temple de Nostre Seigneur a chascune feste solennele par an.

 Or advint que la grant solennité, comme nous disons la Dedicace de l’eglise, ou se faisoient aucuns dons que maintenant nous appellons les estrines, approchoit. Pour quoy, Joachim avec aucuns de ses parens s’en vint a la cité de Jherusalem.

Et de ce temps la estoient evesques de la loy et par especial ung nommé Ysachar, lequel, quant il regarda Joachim atout son offrande estant entre les autres ses citoiens, il le mesprisa et ne tint compte de ses dons en demandant porquoy luy, brehaine, presumoit d’estre entre les autres aians lignie d’enfans, disant que ses offrandes sambloient estre indignes a Dieu, qui l’avoit jugié indigne d’avoir lignie de son corps ; tesmoing l’escripture, qui dist que tout homme estoit maudi qui ne engendroit hoir masle en Israel et que ceste malediction estoit par generation de lignie et adont on s’en venoit atout son offrande en la presence de Nostre Seigneur.

Duquel opprobre Joachim fu confus d’une tant grande vergongne qu’il se party de la place et s’en ala avec les bergiers qui estoient en pasture gardans leur bestail. Ne il ne s’en voult point retourner en sa maison affin que de sesdis parens, qui estoient venus ensamble avec luy et qui avoient ouy de l’evesque Ysachar les paroles dessus dictes, il ne fust laidengié d’un mesmes reproche. 3 Mais comme il fust illec aveuc lesdis bergiers, l’angele de Nostre Seigneur luy fu present atout sa lumiere ; et pour ce que Joachim se tourbloit fort de ceste vision, cest angele qui luy apparu luy rapaisa sa cremeur en disant :

 « N’ayes paour Joachim et ne te tourble point de ma vision, car je suys l’angele de Nostre Seigneur, envoyé vers toy de par luy affin que je te anunce que tes prieres sont exauchies et que tes offrandes sont montees es cieulx jusques devant lui. Certes, lui mesmes qui voit tout a veu ta vergongne et a ouy comment la reproche de ta sterilité ne t’a pas esté faicte droicturierement. Nostre Seigneur est le vengeur de pechié et non pas de nature, et pour ce clot il le ventre a aucunes femmes, et ce fait il affin que de nouvel il l’euvre plus merveilleusement, affin aussi que on congnoisse que ce qui naist ne vient point de voluptueux delit, mais de don divin. Ne fu pas Sara, mere la premiere de nostre gent, qui fu brehaigne jusques a .IIIIXX. ans? Et toutefois, en sa derreniere vieillesse, elle engendra Ysaac, auquel estoit promise la beneiçon de toutes gens! Rachel aussi, qui fu tant agreable a Nostre Seigneur et tant amee du saint homme Jacob, fu longuement brehaigne, et toutefois elle engendra Joseph, qui ne fu pas seulement seigneur d’Egipte, ains aussy fu il delivreur de maintes gens perissans de faim.

Qui fu jamais entre les ducz plus fort que Sanson ou plus saint que Samuel? Et toutesfois, ces deux cy eurent leurs meres brehaignes. Se raison ne te amonneste a croire cecy, par paroles ou par exemples, croy  toutesvoies que les concepvemens longuement actendus et les enfantemens brehaignes  soient plus merveilleux beaucoup que les autres. En aprés Anne ta femme te enfantera une fille que tu appelleras par son nom Marie. Ceste cy sera consacree a Nostre Seigneur tantost des son enfance, ainsi que vous l’avés voué, et, luy estant encoires dedens le ventre de sa mere, elle sera remplie du Saint Esperit. Elle ne mengera ne beuvera chose qui soit orde ne soullie. Sa conversation ne sera pas foraine entre les populaires, ains sera dedens le temple de Nostre Seigneur et ne sera riens mauvais qui a tout le moins puist estre souspeçonné ne dit d’elle. Et en accroissant son eage, ainsi comme elle naistera merveilleusement d’une brehaigne, samblemment elle, vierge, engendrera incomparablement le filz de Dieu, le tres haultain, qui sera appellé Jhesus, lequel, selon son nom, sera le sauveur de toutes gens. Et des choses que je te anunche cy tu auras ung tel signe : quant tu vendras en Jherusalem, devant la Porte Doree, tu rencontreras illec ta femme Anne, laquelle, maintenant pensive pour la souvenance de ton retour, se esjoyra lors que elle vendra en ta presence ».

Ces choses dictes, l’angele se esvanuy ;  et puis il se apparu a Anne, sa femme, en luy disant : « N’ayes point de paour Anne, et ne cuides point que ce que tu voys presentement soit fantosme! Certes, je suis celluy angele . qui ay offert voz prieres et vos aumosnes devant Nostre Seigneur ; et maintenant je suys envoyé vers vous affin que je vous anunche qu’il naistera de vous une fille nommee Marie, laquelle sera beneye par dessus toutes femmes. Ceste cy, tantost aprés sa nativité, remplie de la grace de Nostre Seigneur, demourra en la maison de son pere Joachim par l’espace de trois ans qu’elle alaictera, et puis elle sera baillie au service de Nostre Seigneur et ne se partira point du temple jusques aux ans qu’elle sera entendant ; et illec servira jour et nuyt a Nostre Seigneur en jeunes et oroisons, en soy abstenant de toute ordure.

Elle ne congnoistera jamais hommes, mais elle, seule, vierge, sans example, sans maculation, sans corruption et sans commixtion d’omme, engendrera son fil ; elle, chambriere, enfantera son seigneur et maistre, et elle, ennoblie de nom et d’euvre, engendrera le sauveur de tout le monde. Pour tant lieve toy et t’en monte en Jherusalem ; et quant tu vendras a la porte qu’on appelle la Porte Doree, pour ce qu’elle est doree de fin or, en signe de ce, tu rencontreras illecques ton mary, pour l’estat et santé duquel tu es maintenant en grant soucy. Et quant toutes ces choses seront advenues, saches pour vray, sans faire doubte, que tout ce que je te anunche se acomplira. »

Selon doncques le commandement de l’angele, l’un et l’autre se partirent du lieu ou ilz estoient. et s’en alerent en Jherusalem. Et quant ilz vindrent au lieu qui leur estoit demoustré par l’anunciacion de l’angele comme dit est, ilz rencontrerent l’un l’autre illecques devant la Porte Doree.

Adoncques eulx deux, moult joyeux de leur rencontre vis a vis, furent seurs et acertenez de la lignie qui leur estoit promise divinement, dont ilz rendirent graces et loenges a Dieu, le exaucheur des humbles. Et ainsi, puisqu’ilz eurent aouré Nostre Seigneur, ilz s’en retournerent a leur maison certains et liiés, actendans la promesse divine.

Anne doncques conceu et enfanta une belle fille, et, selon le commandement de l’angele, les parens d’elle le appelloient par son nom Marie.

Et quant la revolution des trois ans et le temps de son alaictage fu acomply, ilz amenerent ceste vierge au temple de Nostre Seigneur atout leurs oblations. Certes, il y avoit a l’entree dudit temple, selon les .XV. psalmes graduales, .XV. degrés a monter. Et pour ce que le temple estoit edefié en montaigne ou on ne povoit aler a l’autel du sacrefice, qui estoit au par dehors, senon par degrés, sur l’un desquelz ils se poserent et la recommanderent a Dieu la vierge. Et quant ilz eurent despoullié leurs vestemens qu’ilz avoient vestu en chemin et se furent revestus d’autres plus riches et plus netz, la vierge de Nostre Seigneur, sans avoir aide d’aucun qui le menast ou soulagast, monta pas aprés autre tous lesdis . degrés, que on l’eust cuidie povoir faire sans riens faillir en l’eage parfait seulement pour ceste cause.

Et ainsi certainement Nostre Seigneur ouvroit en l’enfance de sa vierge ceste grande chose, par quoy il demonstroit combien grande la segnefiance de ce miracle estoit advenir. Et puis doncques qu’ilz eurent acomply le sacrefice de Nostre Seigneur selon la coustume de la loy et qu’ilz eurent parfait leur veu, ilz laisserent ceste vierge dedens les parois dudit temple avecques les autres vierges qui estoient mises la pour aprendre, et s’en retournerent en leur maison.

 

Certes, ceste vierge de Nostre Seigneur prouffitoit de jour en jour en vertus avecques la cruchon de son eage. Et selon le psalmiste David, pour ce que son pere et sa mere l’avoient laissie ou temple comme dit est, Nostre Seigneur la print en garde, car chascun jour elle estoit frequentee des angeles de paradis et, chascun jour aussi, elle usoit de la vision divine qui la preservoit de tous maulx et la faisoit redonder de tous biens. Et en ceste maniere de faire, elle parvint jusques au .XIIe . an de son eage, tant que non pas seulement les mauvais ne povoient controuver en elle riens digne de reprehension, mais aussi tous les bons qui la congnoissoient jugoient de sa vie et de sa conversation dignes de grande admiration.

Adoncques l’evesques de la loy anuncha publiquement que toutes les vierges qui estoient mises ou temple et avoient acompli ce temps de leur eage, c’est assavoir le .XIIe . an, que elles entendissent a elles marier selon la coustume de la gent et selon la meureté de leur eage ; auquel commandement comme toutes les autres vierges eussent voulentiers obey, la seule vierge de Nostre Seigneur, c’est assavoir Marie, respondi que elle ne le povoit faire. Car, certes, elle disoit que ses parens, souverainement son pere et sa mere, l’avoient baillie du tout au service de Nostre Seigneur, en aprés que elle mesmes avoit voué a Dieu sa vierginité, laquelle elle ne povoit jamais violer par congnoistre aucun homme en maniere de commixtion. De quoy l’evesque fu en grant angoisse pour ce qu’il ne luy sambloit point que ce veu deust estre rompu, car ce eust esté contre la sainte escripture, qui dist : « Vouez et rendez vos veus a Dieu. » D’autre part, pour ce qu’il n’osoit mectre avant une maniere desacoustumee a sa gent, si commanda que tous les plus principaulx de Jherusalem et des lieux voisins feussent a une grant feste qui devoit estre prouchainement, pour le conseil desquelz il peust savoir quele chose estoit de faire en ceste matiere si doubteuse.

 

Et quant il eut fait cecy, y pleut a tous d’um commun accort que sur ceste chose fust requis le conseil de Nostre Seigneur. Lors, ilz entendirent trestous a faire leurs oroisons, mais selon leur coustume l’evesque se approcha pour sur ce avoir conseil. Si ne tarda gueres que une voix fu ouye de tous, laquelle venoit du lieu le plus propice a faire oroisons et par la prophecie de Ysaye faisoit savoir qui seroit cellui a qui la Vierge devoit estre baillie et donnee en mariage ; car Ysaye dist : « Une verge issera hors de la racine de Jessé et de sa racine montera tout hault une fleur sur laquelle reposera l’esperit de Nostre Seigneur, l’esperit de sapience et d’entendement, l’esperit de conseil et de force, l’esperit de science et de pitié, et le remplira l’esperit de Nostre Seigneur ». Selon ceste prophecie furent assamblez tous ceulx de la maison et famille de David qui estoient non mariez et habiles a eulx marier, lesquelz apporterent chascun sa verge a l’autel. Et celluy mesmes de qui la verge flouriroit aprés ce que on l’auroit apportee comme dit est et le Saint Esperit de Nostre Seigneur en espece de coulon se asserroit au plus hault de ladite fleur, seroit digne d’estre ycellui auquel la vierge de Nostre Seigneur devroit estre baillie et espousee. Certes, entre les autres, il y en avoit ung nommé Joseph de la maison et famille de David, lequel estoit vesve ad cause de sa femme trespassee dont il avoit des enfans ja tous grandelez et prestz pour servir autruy ; auquel Joseph comme y samblast estre desafferant que luy, qui avoit aucuns enfans de assés grant eage, espousast et eust a femme une vierge tant tendre, quant tous les autres eurent apporté leurs verges emprés l’oratoire, ce fu celluy 8v. qui tout seul mucha la sienne. Pour quoy quant y ne apparu riens concordant a la voix divine selon la prophecie dessus dicte, l’evesque cuyda que derechief y fust besoing de requerir le conseil de Nostre Seigneur; lequel respondi que celluy seul de tous ceulx qui estoient la assamblez, qui n’avoit point apporté sa verge, qu’il devoit espouser la Vierge. Lors fu Joseph tantost amené en place : quant il eut apporté sa verge et qu’elle flouri incontinent et au plus hault descendy du ciel ung coulon, il apparu manifestement a tous que ce estoit celluy qui devoit espouser la Vierge. La droicture des nopces faicte et celebree selon la coustume de lors, Joseph demoura en la cité de Jherusalem pour disposer des choses de sa maison et pour pourveoir a toutes les choses necessaires a ses nopces.

Mais la vierge de Nostre Seigneur, Marie, aveucques autres .VII. vierges de son eage mesmes et alaicties toutes ensamble d’un temps, lesquelles elle avoit eu de l’evesque du temple, s’en retourna en Galylee en la maison de ses parens.

 

 

 

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8451109t/f20.image

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SOURCES ET LIENS.

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— BARTHÉLÉMY (A) Revue historique nobiliaire et biographique T. XIII,1876 pages 177- 186.

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— BARTHÉLÉMY (A)  / GESLIN DE BOURGOGNE, 1849; "Légende de la Vierge, à Notre-Dame-de-la-Cour", in Mémoires du Congrès scientifique tenu à Rennes en 1849, t II, p 94

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— BRISAC (Catherine), ALLIOU (Didier), 1986. La peinture sur verre au XIXe siècle dans la Sarthe. In: Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest. Tome 93, numéro 4, 1986. Le vitrail au XIXe siècle. pp. 389-394; doi : 10.3406/abpo.1986.3234 http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1986_num_93_4_3234

— CHAPELLE N.D DE LA COUR, LANTIC. 

https://chapellelantic.weebly.com/

— COURCY (Pol de), Nobiliaire et armorial de Bretagne vol. 3. page 71

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— COURCY (Pol de), Nobiliaire et armorial de Bretagne, Volume 2

https://books.google.fr/books?id=k7JBAAAAcAAJ&pg=PA361&dq=%22par.+de+Kern%C3%A9vel,+Rosporden%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi1pJ7rmOTXAhWKbFAKHdpDAK0Q6AEIJzAA#v=onepage&q=%22par.%20de%20Kern%C3%A9vel%2C%20Rosporden%22&f=false

— COUFFON (René), 1935, Contribution à l'étude des Verrières anciennes du Département des Côtes-du-Nord, Bulletin et Mémoires de la Société d'Émulation des Côtes du Nord T. 67 pages 105-113

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— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005, Les Vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum VII; Presses Universitaires de Rennes pages 70-72.

— HUCHER (E.), 1879, Le vitrail absidial de Notre Dame de la Cour, commune de Lantic (Côtes-du-Nord), Bulletin Monumental vol. 45 pages 314-320

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— INFOBRETAGNE : LANTIC

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— INFOBRETAGNE : NOTRE-DAME-DE-LA-COUR. Retranscription de Morvan 1903

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MORVAN (Jean), 1903, Monographie de la chapelle de Notre-Dame-de-la-Cour, en Lantic (Côtes-du-Nord) Bulletins et mémoires / Société d'émulation des Côtes-du-Nord T. 41 pages 177-214

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— TOULLELAN (Guy), 1978,  Toullelan, Notre Dame de la Cour en Lantic, Jos Le Doaré,  24 pages

BASE PALISSY

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— BOESPFLUG (François) la baie sud de la Vie de la Vierge de la cathédrale de Strasbourg.

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LES TEXTES APOCRYPHES (Le Protévangile de Jacques et l'Histoire de la Nativité de Marie) ET LEURS TRADUCTION. L'ICONOGRAPHIE.

 

— ABD-ELRAZAK (Loula), 2012, Édition critique du manuscrit français 9198 : La Vie et Miracles de Nostre Dame de Jehan Miélot , Thèse soumise à la Faculté des études supérieures et postdoctorales dans le cadre des exigences du programme de doctorat en lettres françaises Département de français Faculté des études supérieures et postdoctorales Université d’Ottawa © Loula Abd-Elrazak, Ottawa, Canada, 2012

http://studylibfr.com/doc/327673/la-vie-et-miracles-de-nostre-dame-de-jehan-mi%C3%A9lot

 — AMANN (E)  1910, Le Protévangile de Jacques et ses remaniements latins, J. Bousquet et E. Amann, Paris 1910 

 — DE STRYCKER (Père E.) La forme la plus ancienne du Protévangile de Jacques. Recherches sur le Papyrus Bosmer 5, avec une édition critique du texte grec et une traduction annotée. En appendice, les versions arméniennes traduites en latin par H. Quecke, S.J. Bruxelles, 1961 ; 1 vol. in-8°, 480 pp., 1 pi. 

— FABRICIUS (Johann Albert ) 1719 Codex apocryphus Novi Testamenti, collectus, castigatus, testimoniisque .Hambourg

— FERRARO (Séverine), 2012, Les images de la vie terrestre de la Vierge dans l'art mural (peintures et mosaïques) en France et en Italie Des origines de l’iconographie chrétienne jusqu’au Concile de Trente . Thèse Histoire de l'art médiéval université de Bourgogne sous la direction de Daniel Russo.

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00841816/document

— FOURNIÉ (Eléonore) et Séverine Lepape-Berlier, 2012,  « L’Immaculée Conception : une croyance avant d’être un dogme, un enjeu social pour la Chrétienté », L’Atelier du Centre de recherches historiques [En ligne], 10 | 2012, mis en ligne le 22 mai 2012, consulté le 02 décembre 2017. URL : http://acrh.revues.org/4275 ; DOI : 10.4000/acrh.4275

— GAY-CANTON (Réjane), 2012, « La Rencontre à la Porte dorée. Image, texte et contexte », L’Atelier du Centre de recherches historiques [En ligne], 10 | 2012, mis en ligne le 29 avril 2012, consulté le 03 décembre 2017. URL : http://acrh.revues.org/4325 ; DOI : 10.4000/acrh.4325

 — MICHEL (Charles) 1924 Évangiles apocryphes I  Protévangile de Jacques, Evangile du Pseudo-Matthieu textes annotés et traduits par Charles Michel Paris, Auguste Picard 1924.

TISCHENDORF (Konstantin von) 1876, Evangelia apocrypha Georg Olms, Leipzig en ligne 

Itinera Electronica :  EVANGELIUM DE NATIVITATE S- MARIAE en latin et traduction française.

http://agoraclass.fltr.ucl.ac.be/concordances/apocryphes_hist_nat/lecture/1.htm

— Protevangelion sive de natalibus Jesu Christi... sermo historicus divi Jacobi minoris... Evangelica historia, quam scripsit beatus Marcus Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg, E104142

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k91000284/f31.image

— BRUNET (Gustave) 1848 / J.K.  THILO (d'après)  Les Évangiles apocryphes traduits et annotés d'après l'édition de J.C. Thilo,  suivis d'une notice sur les principaux livres apocryphes de l'Ancien Testament,  Franck, Paris.

https://archive.org/stream/lesvangilesapoc01thilgoog#page/n6/mode/2up

http://remacle.org/bloodwolf/apocryphes/jacques.htm

— MIGNE, Dictionnaire des Apocryphes, Evangile de la nativité.

https://books.google.fr/books?id=YP4gDAAAQBAJ&pg=PT416&lpg=PT416&dq=%22tes+prieres+sont+exauc%C3%A9es%22+anne+ange&source=bl&ots=Hgwi5aHrGn&sig=3Mg7EJ4MUNWS9N0HBQ7b6d3wnEQ&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi-qb_3sezXAhUEyKQKHSzsBtMQ6AEILTAB#v=onepage&q=%22tes%20prieres%20sont%20exauc%C3%A9es%22%20anne%20ange&f=false

— BnF Paris Latin 5560 Liber de infantia Salvatoris (XIVe siècle)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9076480h/f3.item.zoom

 

 

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Hucher, Bull. Monum. 1879

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 15:15

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"La Vierge est assise, et cette statue est remarquablement ancienne, car les Vierges assises remontent au commencement du XIVème siècle, ou mieux au XIIIème siècle. Il faut en conclure, puisque la chapelle actuelle ne date que du XVème siècle, que la statue a dû y être apportée d'un sanctuaire plus ancien, ce qui confirme la tradition, soit que cette chapelle ait été à la Vieille Cour, soit qu'elle ait été à l'emplacement de celle actuelle." (Morvan 1903)

La statue est classée MH au titre d'objet depuis le 23 octobre 1908 ; l'Inventaire propose sur le site de la base Palissy une photographie de 1994 où elle apparaît au milieu de la maîtresse-vitre. On y indique une taille approximative  de 1,30 m et une datation du XIVe siècle.

Elle est fixée aujourd'hui contre le mur nord du transept, à trois ou quatre mètres de haut, mais ce qui ajoute à son charme, c'est qu'elle occupe un dais gothique au dessus d'une colonne engagée s'évasant en un support polygonal, et qu'à la suite d'une restauration récente  qui, comme d'habitude, n'a donné lieu à aucune documentation disponible en ligne, elle est peinte de couleurs très délicates, associant à l'or un  vert et un bleu charmants.

 

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Vierge à l'Enfant, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Vierge à l'Enfant, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Elle est assise sur une cathèdre recouverte par un manteau doré, galonné et à revers bleu-vert au col, d'où dépassent les chaussures. Ce manteau s'ouvre en corolle et donne à voir la doublure du même bleu très doux. Les deux bras sortent de cette fleur et se tendent vers l'Enfant, qui est porté sur le bras droit. Une main soutient les fesses et l'autre saisit gentiment le petit pied, comme par jeu ou pour le caresser.

La tête, couronnée par un accessoire de pacotille, est tournée vers le Fils . Les yeux sont en amande, le front et les sourcils sont épilés, le nez un peu trop pointu à mon goût, les joues sont pleines, les lèvres fines voire pincées, le menton décidé.

Bien-sûr, je jubile en retrouvant ici le bandeau de cheveu qui est devenu mon chouchou à force de le retrouver dans la statuaire bretonne, ne couvrant que l'arrière de la tête avant de se glisser derrière la nuque pour retenir et ordonner les longues boucles. 

J'aimerai bien en savoir plus sur la robe qui n'est visible qu'en contre-plongée. Je distingue une chemise à décolleté en V pudique, puis peut-être un corselet et une ceinture. Est-ce un de ces surcots ouverts auxquels je viens de m'intéresser ? Ce bandeau et ce corselet ne peuvent-ils préciser la datation ?

L'Enfant est vêtu d'une robe aux manches retroussées, de même couleur que celle de Marie, mais je ne vois pas s'il tient un objet dans ses menottes. Ce qui est remarquable, c'est la vivacité du visage et l'interaction du regard.

Petit échantillon de ma collection de bandeau :

 

 

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Vierge à l'Enfant, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Vierge à l'Enfant, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Vierge à l'Enfant, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Vierge à l'Enfant, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Vierge à l'Enfant, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Vierge à l'Enfant, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Vierge à l'Enfant, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Vierge à l'Enfant, chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— CHAPELLE N.D DE LA COUR, LANTIC. 

https://chapellelantic.weebly.com/

— INFOBRETAGNE : LANTIC

http://www.infobretagne.com/lantic.htm

— INFOBRETAGNE : NOTRE-DAME-DE-LA-COUR. Retranscription de Morvan 1903

http://www.infobretagne.com/lantic-chapelle-notredamedelacour.htm

 

— MORVAN (Jean), 1903, Monographie de la chapelle de Notre-Dame-de-la-Cour, en Lantic (Côtes-du-Nord) Bulletins et mémoires / Société d'émulation des Côtes-du-Nord T. 41 pages 177-214

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207842x/f197.item

— TOULLELAN (Guy), 1978,  Toullelan, Notre Dame de la Cour en Lantic, Jos Le Doaré,  24 pages

— BASE PALISSY

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/dapapal_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Lantic&NUMBER=2&GRP=0&REQ=%28%28Lantic%29%20%3aLOCA%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=50&DOM=MH

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=RETROUVER_TITLE&LEVEL=1&GRP=0&REQ=((Lantic)%20%3ALOCA%20)&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=3&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Lantic&SYN=1&IMAGE_ONLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=200&DOM=Tous


 

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Published by jean-yves cordier
28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 20:39

Le gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, Roland Doré,  vers 1608) en la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic (22).

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Sur les gisants, voir ici :

 

— Sur la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour de Lantic, voir :

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Lorsque je visitais la chapelle Notre-Dame-de-la-Cour par une matinée de Journée du Patrimoine, je redoutais l'affluence.

J'avais raison : j'entrais, et je trouvais la nef remplie d'une assemblée mobilière de bancs et d'arrière-bancs recueillis sur leur prie-dieu dans un silence sépulcral autour d'un cercueil que  je distinguais au bout de l'allée. Brrr.

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La chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

La chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Je m'approchais à pas feutrés du catafalque, lorsque je fus soudain transporté dans les airs, pour me retrouver survolant tel le Saint-Esprit le défunt qui m'attendait en tapotant ses doigts les uns contre les autres d'un air impatient. Moi, en retard ? Mais je n'avais pas rendez-vous !

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C'était un quadragénaire qui portait beau, avec ses yeux doux, sa barbichette de sous-officier, son armure noire et luisante, et les vagues de ses cheveux bouclés qui lui dansaient la sarabande ! Il se reposait sur un oreiller gras et  douillet cantonné de glands drus et fournis.

L'allure spartiate de sa cuirasse était tempérée par l'éventail d'une fraise écrasée en plis bien repassés, et par la dentelle qui sortait de ses poignets.

Les circonstances de ce face-à-face ne me permirent certes pas de détailler les moindres rivets et fixations du plastron busqué du torse, de la  dossière, des spalières, des cubitières, ou des canons d'avant-bras très fins et ajustés. Mais rien ne semblait manquer à sa panoplie de gentilhomme du temps d'Henri IV, si ce n'est l'absence de gantelets. De toute façon, quelque soit le nombre de boutons et d'agrafes,  j'appris que la devise du seigneur était "Primo avulso non deficit alter" soit "Un de perdu, dix de retrouvés", ou (haïku traduit par mes soins) "Arraché par la pie /vient le soir / un autre est recousu", ou plus poétiquement encore, puisqu'il s'agit d'un vers de l'Énéïde de Virgile, Livre VI vers 143 "Le rameau détaché est aussitôt remplacé par un autre". 

 

 

Mais le bas de son corps le faisaient irrésistiblement ressembler à quelque crustacé, avec les tassettes des flancs prolongés par les cuissots (rembourrés par un ouatage) aux lames articulés, les genouillères, fixées aux cuissots, les genouillères assemblées aux grèves protège-tibia et les solerets en bec de cane. 

 

Ajoutons une épée, si longue que, suspendue par une sangle de cuir au coté gauche, elle atteignait la cheville.

 

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Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Malgré son air froid et sévère, je me décidai à le saluer.

— Euh, bonjour, monsieur du corps-froid, je suis le moi-même le descendant d'Henri-Robert Aux-Épaules, que vous avez peut-être connu ...

Vous ne me croirez pas, mais j'entendis distinctement une voix d'outre-tombe me répondre :

— Henri-Robert ! Mais nous sommes de la même promo, il est mort un an avant moi ! Comment va-t-il ? Toujours ... toujours gisant à Sainte-Marie-du-Mont ?

— Ah oui, il ne change pas. Mais vous êtes ?

— Vicomte Guillaume de Rosmadec, chevalier de l'ordre du roi et fondateur de cette église. 

— Ah, les Rosmadec, l'une des plus illustres familles nobles de Bretagne, et originaire de Telgruc-sur-mer, en Presqu'île de Crozon ? J'ai bien connu Bertrand, aumônier du duc Jean IV et évêque de Quimper, lorsque je travaillai sur les armoiries de la cathédrale de cette ville. Palé d'azur et d'argent, n'est-ce-pas ?

—  Peut-être, peut-être, la branche aînée,  mais nous autres Rosmadec de Goarlot portons d'or à trois jumelles de gueules ! Jarnidieu ! 

"Et maintenant, penche la tête sous mon oreiller !  et lis !"

Ce que je fis, après avoir été reposé à terre par les deux barbouzes invisibles qui m'avaient précédemment saisis. Trop content de n'avoir pas à manger, tel Ézéchiel,  le livre de pierre qui lui servait de lit.

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Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Un blason portait des armoiries à six fines barres horizontales qu'on nomme burelles en héraldique, et qui, groupées par deux, forment une jumelle. Peintes en rouge sur fond jaune, c'étaient là les armes d'or à trois jumelles de gueules

Ce blason était entouré du collier de l'Ordre de Saint-Michel : non pas celui aux 23 coquilles saint-Jacques reliés par 23  lacs d'amour en or (doubles aiguillettes) en usage entre 1469 et 1516, mais celui où les lacs d'amour laissèrent place par décision de François Ier aux doubles cordelières. Je consulte vite mon exemplaire de Les Chevaliers bretons  de l'Ordre de Saint-Michel, qui ne me quitte pas, et je trouve page 376 la bio de notre beau sire : il a été nommé chevalier de cet ordre dès 1573:

"ROSMADEC (Guillaume de) ,vicomte de Mesneuf, sire et châtelain de la Ville-Solon, sieur de Saint-Didier et de Buhen, cons. chambellan ordinaire du Roi, commandant à Gouëllo en Bretagne et gouverneur de Vitré, (maison différente de la précédente, portant d'autres armes), est qualifié Chevalier. de l'Ordre du Roi dans un acte du 10 juin 1576. (Tit. De MM. Du Boisgelin de Mesneuf) ainis que dans le Recueil Ms. Sur l'ordre de Saint-Michel fait en 1620 par P. d'Ozier (Bibl. Du Roy). Ce fut lui qui obtint du Roy des lettres d'érection de la terre de Mesneuf en vicomté. Armes : D'or à trois jumelles de gueules en fasces.

Guillaume de Rosmadec était chevalier de l'Ordre du Roi dès l'année 1573 ; et il est nommé avec cette qualité dans ses provisions de gouverneur de Vitré, en date du 17 janvier de cette année. (Orig. Tit. de M. A. de Barthélémy .) En 1578, il était grand-veneur, grand-maître et général-réformateur des eaux et forêts de Bretagne. (Dom Mor. Fr. it.54g.). M. Anatole de Barthélémy a publié dans la préface de ses Doc. In, sur l'Hist. de la Ligue en Bref, une curieuse analyse des livres de dépenses de Guillaume de Rosmadec. Il en résulte que Guillaume de Rosmadec eut une conduite plus que prudente pendant les guerres de religion, et qu'il sut éluder la nécessité de prendre parti. Tantôt en relations avec les Ligueurs, tantôt en amitié avec les royalistes, aux che£s desquels il envoie du poisson, il ne put cependant préserver sa maison de Buhen, qui fut pillée pendant la nuit de la fête Saint-André, en 1590, par 50 soldats de la garnison de Quintin. Il avait d'ailleurs plus d'un motif pour être prudent. Le souvenir de la surprise de Vitré par Jean du Matz en 1574, alors qu'il venait à peine d'en être nommé gouverneur, s'était sans doute gravé dans sa mémoire. Il avait ouvert les grands appartements du château de Vitré, à l'occasion d'un mariage célébré pendant les fêtes du carnaval ; et c'était au milieu des réjouissances et de la quiétude du plaisir que Jean du Matz et ses hommes étaient tombés sur lui et l'avaient emmené en captivité, après s'être emparés du château et de la ville."

Le collier, avec son médaillon où l'archange Michel terrasse son dragon, est surmonté de la couronne de vicomte. L’érection de Mayneuf en vicomté fut accordée par Henri III le 15/12/1576 (Glo-Lepage)

Cet ensemble est entouré d'une inscription en lettres capitales placées en dépit du bon sens :  

 CY : GIST :  LE CO RPS :  DE DEFFUNCT MESSI /

"Ci-gît le corps de défunt messire"

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Je contournais le monument pour trouver la suite.

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Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La suite de l'inscription : le tombeau vu depuis le sud.

Le gisant est sculpté sur des dalles rectangulaires surélevées par des caissons, et des moulurations ornent les arêtes de la dalle et le soubassement. 

 

 

 

Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Sans déranger le vicomte pendant sa sieste, je décryptais l'épigraphique épitaphe :

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[ CY : GIST :  LE CORPS :  DE DEFFUNCT MESSI] RE : GVILLAVME : DE : ROSMADEC : CHEVALIER 

DE : L ORDRE : 

DV : ROY : 

VICOINTE : DE : MAINEVF : St DIDIER

Les lettres conjointes de GVILLAVME ou de DE faisait mon régal, mais moins que la graphie "vicointe".

Le DEAF me proposait les formes suivantes en ancien français vecoues  vesconte , vescounte, vescunte , vesquens  , vicecomes  vicomte, viconte , vicontes , vicuens  vicunt, vicunte  vilconte  vioces  viquans  viquens  visconte , viscounte , viscuens , viscuntes , visonte  visquen visquens , wiconté .

Le DMF de Godefroy compl. contenait les formes Vezcomte, vezcuntes, veskunte, vicuens, vesquens, vescounte, viscuens et vicheconte.

Parmi les formes anglo-normandes ANDEI , je trouvais un  VISCOINTE : 

"visconte, viscont, viscunt, viscount, viscunte, viscounte; vesconte, vescounte, vescunte, veskunte; veisconte, veiscounte, veiscunte; vicunt, vicount, viconte, vicounte; viescont, viescount, viscounte

 (viscointe Eastry Lett 399.17);n.sg.  sometimes vesquens, vesquons; visquens".

Ce vicointe de Maineuf était-il un unicum ? 

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Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Il estoit temps que je passe de l'autre costé pour poursuivre ma lecture de chevet. 

 

CHASTELAIN : DE :  BUHEN : GOVVERNEVR : DE : VITRE : SIGNEVR : SVPERIEVR : E : FONDATEVR : DE : CESTE : EGLISE.

 

Il peut prétendre au titre de "fondateur" de cette chapelle pourtant construite vers 1460 car soit simplement par piété, soit pour relever l'éclat de son nouveau fief par une fondation religieuse, il fit ce que faisaient alors les grandes familles : il installa dans la chapelle de Notre Dame de la Cour, proche de son château de Buhen, une collégiale, c'est-à-dire un chapitre de sept chanoines, composé d'un doyen, un chantre, un sous-chantre, un sacriste, un diacre, un sous-diacre et un autre chanoine ; le succès du sanctuaire s'en trouva considérablement accru.

 

"Malheureusement, Guillaume de Rosmadec, qui avait fourni des subsides aux chanoines de la collégiale de Notre-Dame-de-la-Cour sur ses ressources personnelles pendant sa vie, ainsi que le témoignent ses livres de compte (Livres très détaillés, allant de 1587 à 1594 -Archives départementales), oublia, d'assurer leur avenir par une fondation perpétuelle, aussi après sa mort, si les chanoines existant à ce moment, probablement soutenus par sa sœur Radegonde, continuèrent de remplir leur charge, ils n'eurent pas de successeurs, et le chapitre disparut par extinction. On n'en trouve plus trace à partir de 1616 où un chanoine de Notre-Dame-de-la-Cour est encore mentionné dans un acte de fondation en faveur de l'église de Lantic, et, dans un procès-verbal portant création à Notre-Dame, de la confrérie du Rosaire, le troisième dimanche d'octobre 1621, on cite le recteur de Lantic et autres prêtres mais pas de chanoines.

La maison qui leur servait d'habitation, près de la chapelle, n'a été démolie qu'en 1830, pour construire une auberge." (Morvan 1903)

Fondateur : "Il n'est donc nullement nécessaire pour justifier ce titre de lui attribuer, comme on l'a fait, la construction d'une partie de la chapelle, qui serait le bas-côté midi et la partie basse de la nef.

C'est là une assertion erronée, car d'abord les livres de compte de Guillaume n'accusent aucune dépense pour cette construction, ensuite, à partir de 1589, la guerre de la ligue, qui entraîna une diminution de ses revenus de plus d'un tiers, lui donna d'autres soucis, son château fut brûlé en 1590 ; il dut s'exiler et, à son retour d'exil, n'habita plus Lantic jusqu'à sa mort.

Enfin, si Guillaume de Rosmadec avait construit le bas-côté midi à la fin du XVIème siècle, il l'eut fait dans un style tout à fait différent de celui de la fin du XVème, car la renaissance avait déjà pénétré en Bretagne à l'époque où il vivait et c'est dans ce style que quelques années après a été édifié son tombeau." (idem).

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Malgré toute mon attention, je n'ai pas remarqué d'autre inscription, et Morvan, en 1903, n'en cite pas d'autre. Mais pourtant, le chanoine Guillotin de Corson a relevé au XIXe siècle que cette épitaphe s'achevait ainsi : DÉCÉDÉ LE V AVRIL MDCVIII. On la retrouve, sur le coté droit du monument (au sud), sur un cartouche central, sur une photographie publiée en 1904, et sur une carte postale (cf. infra). 

Plus étrange, le chevalier de Fréminville, dans ses Antiquités de Bretagne de 1837, ne l'a pas lue non plus :

 

"Sous le jubé de N. D. de la Cour , on voit un sarcophage assez élevé, sur lequel est étendue la statue couchée d'un chevalier revêtu de l'armure du temps de Louis XIII, quc nous avons déjà décrite plus d'une fois." Sa tête nue repose sur un coussin, il porte des moustaches retroussées et une petite barbe pointue au menton ; ses cheveux sont longs et bouclés sur les côtés ; il a les mains jointes selon l'usage , et les pieds posés sur un lion; à son côté gauche est une longue épée , sur la garde de laquelle est l'écusson de ses armoiries. Ce monument est celui de Guillaume de Rosmadec , ancien gouverneur de Vitré. Il est fait avec une pierre nommée dans le pays tufeau vert ; elle y remplace le kersanton pour tous les ouvrages de sculpture. Ce tufeau vert, assez abondant dans toute la partie septentrionale des Côtes-du-Nord, est une roche stéatiteuse d'un bleu verdâtre mais qui se noircit à l'air : elle se travaille facilement au ciseau.

Tout autour du tombeau dont nous parlons, on lit l'épitaphe suivante en grandes lettres majuscules.

Ci gist le corps de deffvnct Guillavme de Rosmadec , chevalier de l'ordre du roi, vicomte de Maineuf, St Didier, chastelain de Buhen, govvernevr de Vitré , seigneur supérievr et fondatevr de cette eglise.

Quoique cette épitaphe ne soit pas accompagnée d'une date , le costume de la statue de Guillaume de Rosmadec ne peut laisser de doute sur l'époque à laquelle il a vécu, et on peut fixer celle de son décès de 163o à 164o.

Il me faut pas confondre la famille des Rosmadec , seigneurs de Maineuf, avec celle des Rosmadec-Molac qui est de l'évêché de Cornouailles. Les premiers portaient le surnom de Rosmadec Goarlot , et portaient pour armoiries d'or à trois jumelles de gueules, telles qu'on les voit sur le tombeau que nous venons de décrire. Ce monument est parfaitement bien conservé." (Ch. de Fréminville p. 188)

 

 

Soit au total pour cette inscription: "Ci-gît le corps de défunt messire Guillaume de Rosmadec, chevalier de l'Ordre du Roi, vicomte de Maineuf, saint-Didier, châtelain de Buhen, gouverneur de Vitré, seigneur fondateur de cette église, [décédé le 5 avril 1608].".

 

Par suite des guerres de la Ligue, dont les effets se firent sentir en Bretagne dès 1584 et à Lantic, en 1589, Guillaume de Rosmadec, partisan, bien que catholique, de Henri IV, encore Huguenot, vit son château de Buhen attaqué et pillé, sa forêt brûlée avec le manoir par les troupes de Mercœur en 1590, et, réfugié en Angleterre, il ne put rentrer en France qu'à la fin de la guerre. Il se fixa à Saint-Brieuc où il mourut le 5 avril 1608  dans l'hôtel particulier dit de Cardenoual de son jeune ami Thébault de Tanouarn (1583-1655), seigneur de Couvran et conseiller au parlement de Rennes. Ce dernier se fit également faire un gisant (1655) par Roland Doré en l'église de Plérin. 

 

"Son cœur y fut déposé en un labe qu'il possédait en l'église Saint-Guillaume à coté du grand autel, son corps fut enterré, le 7 avril, à Notre-Dame-de-la-Cour. Monseigneur l'évêque de Saint-Brieuc, qui était Melchior de Marconnay, fit le service d'enterrement à la cathédrale, et accompagna le corps jusqu'au bas de la rue du Gouët, où les chanoines de Notre-Dame et le clergé de Plérin l'attendaient pour l'escorter jusqu'à Notre-Dame-de-la-Cour. [d'après un manuscrit de 1599 à 1609 existant dans les archives de la famille de Boisgelin, et relaté par les archives de paroisse de Lantic] où l'évêque vint chanter le service d'octave. On célébra, pour le défunt, 129 messes tant à Notre-Dame qu'à Lantic et aux environs."

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Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Satisfait d'avoir procédé au premier relevé épigraphique fidèle de cette inscription, je me redressais, un peu courbatu, pour voir comment se portait mon hôte. Il portait au bras gauche l'écusson que j'avais appris à blasonner, et le long de la cuisse son impressionnante rapière.

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Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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J'allais au pieds du défunt, afin d'accomplir les devoirs à son égard en l'aspergeant d'eau bénite. Le bénitier portait le blason seigneurial, et les traces d'une couronne.

La partie inférieure du gisant avait été martelée afin d'en ôter un lion, Le lion sur lequel tout noble hobereau breton peut espérer réchauffer ses pieds pour l'éternité. 

Je l'ai retrouvé sur une carte-postale de Mancel-Binic : 72-Lantic.  Albert Auguste Jean-Marie Mancel, né en 1858 à Binic, s'établit dans cette ville en 1882 et débuta à une date non déterminée une activité d'éditeur de cartes postales, pour laquelle il obtint un diplôme d'honneur en 1901. On trouve des CPA plus tardives, vers 1906. Cette image date donc du début du XXe siècle.

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Le même photographe, ou un autre, a pris ce cliché publié en 1904 :

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Gisant de Guillaume de Rosmadec, avant 1904 (Bull. Soc. Emul. Côtes du Nord T42 p. 208)

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Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Gisant de Guillaume de Rosmadec (kersanton, vers 1608), chapelle Notre-Dame-de-la-Cour à Lantic. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Guillaume de Rosmadec employa la fortune considérable qui lui était advenue à devenir un grand propriétaire; en 1584 il acheta la terre de Lantic, à Marthe de La Porte, baronne de Vezins, veuve de Jean Le Porc, baron de Pordic et de Lantic, et devint ainsi fondateur et premier prééminencier de la chapelle de Notre-Dame-de-la-Cour ; jusque-là le fief de Buhen avait relevé de Lantic . A la fin de sa vie, il était devenu un grand seigneur terrien, et dans les actes il ajoutait encore les qualifications de seigneur de la Villesollon et de de la Villetanou, et « commis du roi pour le service de Sa Majesté au pays armoricq de Gouello. » 

Éléments généalogiques.

 

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Christophe de Rosmadec, seigneur de Buhen-Plourhan (avant 1492/ap. 1513) épousa Françoise de Mescoual et ils eurent six enfants

L'aîné, Jean de Rosmadec seigneur de Buhen-Plourhan (décédé 1546)/ Jeanne Maillart, mourut sans héritiers.

Son frère Yvon de Rosmadec, seigneur de Buhen-Plourhan, mourut également sans héritiers.

Le troisième fils, Étienne de Rosmadec (†ca 1559), Seigneur de Lissalain hérita du titre paternel. Il épousa  le 7 décembre 1538  Geneviève Hallay,  Dame héritière de Mayneuf et de Saint-Didier . Il décéda le 23 décembre 1559 au manoir de Buhen. 

Le fils aîné d'Étienne est notre Guillaume de Rosmadec. Il épousa le 10 juin 1576 Julienne Botherel, sans descendance, mais il eut vers 1578 un fils naturel, Étienne de Mesneuf. La généalogie de Philippe Bacquer donne en note de nombreux documents sur ce que l'on peut connaitre de Guillaume de Rosmadec : j'y renvoie.

Selon les recherches de la généalogie Glo-Lepage, Guillaume de Rosmadec fut rejoint par son fils naturel  "Noble homme Estienne de Mesneuf escuyer sieur de Beauval" qui décéda le 4 juin 1628 , puis par la fille de ce dernier, "damoiselle Gillone Leztic" décédée le 6 avril 1648.

 

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Selon Pol de Courcy :

 

ROSMADEC (De); Sr dudit lieu, vicomte de Gouarlot et sr de Kergoët, par. De kernével, — sr de Kergonoiu, par. De Rosporden,

Rosmadec (de) , sr dudit lieu, — vicomte de Gouarlot et sr de Kergoët, par. de Kernével , — sr de Kergoniou , par. de Rosporden , — de Coëtquis, par. de Servel, — du Plessix-Josso, par. de Theix, — de Kertulet, — de l'Espinay, — vicomte de May- neuf, par. de Saint-Didier, — châtelain de Buhen en 1632, par. de Plourhan , — sr de la Villesolon, par. de Plérin, — du Bosc, par. de Lantic, — du Cosquer , par. de Guimaëe. Réf. et montres de 1426 à 1536, par. de Kernével, Rosporden,  Servel, Plourhan et Laantic, év. De Cornouailles, Tréguier et Saint-Brieuc.

D'or à trois jumelles de gueules (sceau 1365), comme Coëtven ; alias : chargées d'un chevron d'argent (G. Le B. ), pour la branche de Coëtquis. Devise : Uno avulso non deficit alter.

Riou, fils d'Hervé, témoin du partage d'Hervé et Erard de Léon en 1329 ; Riou, épouse en 1396 Constance de Pestivien, veuve de Jean d'Avaugour ; Pierre, épouse vers 1500 Louise Josso, dame du Hallay, dame de Mayneuf ; Guillaume, grand veneur, grand maître et réformateur des eaux, bois et forêt de Bretagne en 1573, chevalier de l'ordre et gouverneur de Vitré, + 1608, père d'autre Guillaume, chevalier de l'ordre en 1632 ; un chevalier de Malte en 1656, chef d'escadre en 1690.

 

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LA SCULPTURE TUMULAIRE DE ROLAND DORÉ.

(D'après Le Seac'h).

L'atelier de Roland Doré (1618- Plouedern 1663), tailleur de pierre et sculpteur établit à Landerneau pour bénéficier de l'arrivée par voie fluviale du kersanton, pierre extraite sur les rivières de Daoulas et de L'Hopital-Camfrout en rade de Brest, est le plus renommé des ateliers de Basse-Bretagne pour le XVIIe siècle. On trouve les œuvres de ce sculpteur d'exception, "Michel-Ange du kersanton", dans plus de 82 paroisses, essentiellement dans le Léon et le nord de la Cornouaille. Il a exercé pour des commandes religieuses (statues, croix et calvaires), mais neuf gisants d'hommes d'armes et quatre statues en pied témoignent de son activité dans le domaine profane.

Ses neuf gisants se concentrent autour de Saint-Brieuc pour six tombeaux, et dans le Finistère . Ce sont :

  • Gisant de Guillaume de Rosmadec, vers 1608. Chapelle Notre-Dame-de-la-Cour, Lantic (22). Ce serait la plus ancienne.
  • Gisant  de la famille de Bois-Boissel.  Angle sud-est du cloître de la cathédrale de Tréguier (22). 
  • Deux gisants  des Bréhant.  Cloître de la cathédrale de Tréguier (22). 
  • Gisant de Thébault de Tanouarn, vers 1655. Enfeu du transept nord de l'église de Plérin (22).
  • Gisant de Gilles de la Noë. Conservé au château de Keranroux à Ploujean (29) mais provenant de l'église de Plounez (fusionné avec Paimpol (22).
  • Le gisant de Jacques Barbier, seigneur de Kernaou à Ploudaniel. 1638.Conservé au Musée du Léon de Lesneven (29).
  • Gisant d'Auffray du Chastel, vers 1638. Musée départemental breton de Quimper, venant de l'église Saint-Théleau de Landeleau (29).
  • Gisant d'Yves Bervet, sieur du Parc (1640). Musée départemental breton de Quimper, venant de la chapelle Saint-Eutrope de Plougonven (29).

Dans tous les cas, les gisants de kersanton  sont allongés, les mins jointes, vêtu de la même armure Louis XIII au col à plis empesés en ailes de chauve-souris, les pieds posés sur un lion ou un lévrier, et l'épée au coté gauche. La tête repose sur un "carreau" ou coussin à pompons, rarement soutenue par des anges. Ils affichent un visage serein, les yeux clos dans la tradition médiévale avec une chevelure bouclée semblable à une perruque qui s'étale sur les cotés. Une fine moustache ombre la lèvre supérieure et un toupet taillé en pointe sur le menton rappelle la coiffure des mousquetaires sous Louis XIII. Un blason est parfois présent contre le bras gauche, mais les armoiries et des inscriptions sont gravés sur les flancs du monument. Un bénitier est présent dans deux cas.

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SOURCES ET LIENS.

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CHAPELLE N.D DE LA COUR, LANTIC. 

https://chapellelantic.weebly.com/

BARTHÉLÉMY (A) Revue historique nobiliaire et biographique T. XIII,1876 pages 177- 186.

https://books.google.fr/books?id=lCYFAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=lantic&f=false

COURCY (Pol de), Nobiliaire et armorial de Bretagne vol. 3. page 71

https://archive.org/stream/NobiliaireEtArmorialDeBretagne3/Nobiliaire_et_armorial_de_bretagne3#page/n79/mode/2up

COURCY (Pol de), Nobiliaire et armorial de Bretagne, Volume 2

https://books.google.fr/books?id=k7JBAAAAcAAJ&pg=PA361&dq=%22par.+de+Kern%C3%A9vel,+Rosporden%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi1pJ7rmOTXAhWKbFAKHdpDAK0Q6AEIJzAA#v=onepage&q=%22par.%20de%20Kern%C3%A9vel%2C%20Rosporden%22&f=false

 

— FAMILLE ROSMADEC

http://vps199509.ovh.net/yeurch/terre/teneur/R/Rosmadec.htm

 

— FRÉMINVILLE (Chevalier de) 1837, Antiquités de la Bretagne, J-B. Lefournier, Brest pages 187-188.

https://books.google.fr/books?id=LYNiAAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=lantic&f=false

— GENEALOGIE Généalogie GLO-Lepage

http://genealogie-glo-le-page.fr/indexsansphoto.php?bouton=6

— GUILLOTIN DE CORSON (Abbé), 1896, Mayneuf (Vicomté), , LES GRANDES SEIGNEURIES DE HAUTE BRETAGNE Comprises dans le territoire actuel du département d'Ille-el- Vilaine, Revue de Bretagne, de Vendée & d'Anjou par la Société des bibliophiles bretons et de l'histoire de Bretagne, Nantes page 350 et ss.

 https://archive.org/stream/revuedebretagne57nantgoog#page/n355/mode/2up

HOZIER (Jean François Louis d ' ) CARNÉ, (Gaston de ) , 1884, Les chevaliers bretons de Saint Michel depuis la fondation de l'ordre: en 1469,  https://archive.org/stream/leschevaliersbr00carngoog#page/n429/mode/2up

INFOBRETAGNE : LANTIC

http://www.infobretagne.com/lantic.htm

INFOBRETAGNE :  SAINT-DIDIER 

http://www.infobretagne.com/saint-didier.htm

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Description matérielle : 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm. Description : Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395. Édition : Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014. Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page et Fañch Roudaut pages 222-226.

— MORVAN (Jean), 1903, Monographie de la chapelle de Notre-Dame-de-la-Cour, en Lantic (Côtes-du-Nord) Bulletins et mémoires / Société d'émulation des Côtes-du-Nord T. 41 pages 177-214

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207842x/f197.item

— RAISON DU CLEUZIOU (Alain) , 1904, Guillaume de Rosmadec et la seigneurie de Buhen-Lantic Société d'émulation des Côtes-d'Armor p. 207-306

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2078439/f225.image

TOULLELAN (Guy), 1978,  Toullelan, Notre Dame de la Cour en Lantic, Jos Le Doaré,  24 pages

VIDEO:

https://www.youtube.com/watch?v=OxxA_tRPhvo

 

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Published by jean-yves cordier
25 novembre 2017 6 25 /11 /novembre /2017 22:55

Les statues de la chapelle Saint-Jacques de Merléac .

 

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Sur cette chapelle, voir :

 

 

Sur saint Jacques, voir :

Les vitraux de la chapelle Notre-Dame-du-Crann à Spézet: la verrière de saint Jacques le Majeur (1548) ou baie n°2, et la statue de Jacques en majesté.

 

 

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​​​​​​La chapelle Saint-Jacques de Merléac (22) n'est pas seulement remarquable par ses vitraux du début du XIVe siècle, parmi les plus anciens de Bretagne, ou par sa maîtresse-vitre de 1402 vouée à la Passion et à la Légende de saint Jacques, ou par ses peintures murales de la Passion, ou par ses lambris peints exceptionnels, mais aussi par un corpus de statues du XIVe au XVIe siècle. J'en ai photographié 14, dont 3 du patron de la chapelle, et 6 de la Vierge. Elles ont été restaurées en 2014 par l'atelier Arthéma Restauration de Nozay (44170) pour un montant de 28 815 € .

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    La Capella Sancti Jacobi.

    La chapelle était  achevée pour l'année 1317, mais l'aménagement a peut-être été interrompu ou détruit pendant la guerre de Succession de Bretagne de 1341 à 1364, puisque c'est en 1402 qu'elle reçut sa maîtresse-vitre. 

    Merléac appartenait aux Rohan, dont les armoiries sont partout dans l'édifice, sur la maîtresse-vitre, comme sur les murs et sur les piles de la nef.

    La chapelle porte le nom de Saint-Jacques depuis son origine, ce qui   est attesté par un acte de 1317 concernant un évêque de Quimper du nom d'Alain I qui ne nous est connu que par cette commission qu'il donna, en 1317, à l'official de Poher et Quintin pour terminer un différend qui s'était élevé entre Olivier II , vicomte de Rohan (1271-1336), le grand chantre de l'église de Quimper et le vicaire de "Merliac".  La paroisse de Merléac, qui  appartenait au diocèse de Quimper et avait pour succursale Quilio,  avait pour subdélégation Quintin ; la cure était présentée par le grand chantre de la cathédrale de Quimper. Dans le texte de 1317 qui suit,  la chapelle de Saint-Jacques est dite de novo construitam " reconstruite à l'état neuf" , et est l'objet d'un procès au sujet des revenus et profits de cette chapelle entre le chantre de Quimper qui avait en cette qualité juridiction dans la paroisse de Merléac et le recteur de Merléac. Le vicomte 0livier de Rohan intervient pour revendiquer  ces revenus et profits comme devant être employés à sa construction et réparation. L'official (juge des affaires ecclésiastiques)  de Poher et de Quintin, délégué par Alain, évêque de Cornouailles, décida que le chantre Guillaume percevrait le tiers des émoluments, que le sixième des deux autres appartiendrait au recteur de Merléac à la charge d'y célébrer la messe tous les mardis et le jour de la fête de saint Jacques, enfin, que le reste demeurerait aux mains du vicomte de Rohan pour être employé à l'entretien de l'édifice. Il y est fait mention d'offrandes déposées à la chapelle (emolumentorum & oblationum delatorum & provenientium) ce qui peut laisser supposer que le culte du saint était établi  depuis longtemps en ce lieu.

    Le texte latin est donné par Dom Morice dans ses Preuves, page 1275-1277 : 

     

    "Universis præsentes litteras inspecturis & audituris, Officialis Curiæ de Poher & de Kintin Commissarius specialiter deputatus à reverendo in Christo Patre ac Domino Domino Alano Dei gratia Corisopitensi Episcopo, cujus commissionis tenor talis est : Alanus miseratione divina Corisopitensis Episcopus Officiali nostro de Poher & de Quintin, salutem in Domino. Cum inter venerabilem virum Guillelmum Cantorem Ecclesiæ Corisopitensis ratione Cantoriæ suæ ac Vicarium Ecclesiae de Merliac, scilicet ratione suæ Vicariæ in eadem Ecclesia de Merliac contra vel divisim ex parte una, ac nobilem virum Oliverium Vicecomitem de Rohan militem ex altera ratione juris sui quod habere debebat, ut dicebat, in capella sancti Jacobi sita infra metas seu fines ipsius parochiæ de Merliac ;ipsis Cantore atque Vicario in contrarium asserentibus & juxta jura & consuetudinem Ecclefiae, portiones sibi debitas in talibus & consimilibus obtentis se habere & in possessione, ut dicebant, habendi & percipiendi se se affirmantibus in eadem capella, videlicet in emolumentis obvenientibus, oblationibus provenientibus & provenire debentibus ad capellam hujusmodi de novo constructam & ad truncum ejusdem & etiam ad altare ; nonnullae quaestiones tam per viam ordinariam, quam per viam appellationis, quam etiam Metropolitana & etiam autoritate Apostolica tamin judició,quam extra quocumque & ratione hujusmodi .. vel prætextu hucusque fuerunt exortæ, audiendidi dictarum partium rationes & proposita hinc & inde super his, & eorum sequentiis ac ea tangentibus, ipsasque partes ad concordiam reducendi ac compònendi loco mei, prout conveniet, inter eas super præmissis & ac ea tangentibus & alia faciendi quæ in talibus & consimilibus necessaria requiruntur, vobis liberam committimus ac plenariam potestatem & etiam vice nostra compellendi censusa Ecclesiastica etiam partes hujusmodi ad observandum inviolabiliter super hoc ordinata donamus vobis & à vobis inter partes praediétas. Datæ teste sigillo nostro die Jovis post Lætare Jerusalemanno Domini millesimo tricentesimo septimo decimo : salutem in Domino. Noverint universi quod post nonnullas altercationes habitas & exercitatas, motas & habitas inter dictos Cantorem, Vicarium & praedictum Dominum Vicecomitem ad invicem ratione dictae & emolumentorum & oblationum delatorum & provenientium ad dictam capellam & imposterum deferendorum, praedicto Cantore afferente hujusmodi emolumenta ad se pertinere ratione Cantoriae suae & dicta Ecclesia de Merliac annexae quo ad duas partes ab antiquo dictae Cantoriae ; praedicto vero Vicario eadem emolumenta ad se pertinere proponente ratione dictæ Vicariæ suae ; dicto vero Domino Vicecomite dicente similiter & proponente dictam çapellam minime debere ibidem de novo construi & ædificari, ut pote in terris & possessionibus suis, nisi ipso prius volente, consentiente & ad hoc consenfum expressum præbente, & supposito etiam quod in hoc consentiret & præberet assensum quod dicta emolumenta debebant ad contructionem & edificationem dictae capellae de jure & consuetudine loci primitus applicari & converti. Super quibus præmissis ad pacem & concordiam coram nobis autoritate qua supra, devenerunt in modum qui sequitur dictæ partes : videlicet quod dictus Cantor debet habere & habebit, qua supra ratione, tertiam partem dictorum emolumentorum ad dictam capellam pervenientium dumtaxat proportione ipsius attingente in præmissis, de quibus est contentus : dictus vero Vicarius debet habere & habebit sextam partem duarum partium residuarum emolumentorum ipsius capellæ pro portione ipsius similiter attingente ratione dictae Vicaria & de tanto et contentus: residuum vero diétorum emolumentorum reservabitur ad applicandum & convertendum ad aedificationem, constructionem & reparationem dictæ capellæ & circa utilitatem ejusdem ...etc, etc". Preuves de Dom Morice I, p 1275.

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    Le pèlerinage de Compostelle en Bretagne.

    Merléac  est situé sur l'un des chemins de Saint-Jacques en Bretagne, celui qui va de l'abbaye de Beauport (Paimpol) à Nantes en rejoignant les autres voies à Redon.

    De Nantes, le pèlerin rejoignait un des ports d'embarquement pour Compostelle, comme Bourgneuf ou Talmont . La Via Turonensis, route terrestre  la plus occidentale, était sans doute l’itinéraire choisi par les pèlerins bretons se rendant à Compostelle à pied ou à cheval, ce qui les conduisait à traverser toute l’Aquitaine, du Poitou à la Gascogne.

    La pratique du pèlerinage est attestée parmi la noblesse de Bretagne au XIVe et XVe siècle. En juin 1406, Jean V donne 15 écus à Jehan de l'Angle pour se rendre en pèlerinage à saint Jacques. A partir de 1420, il procède à des dons successifs, mais n'honore pas la promesse de s'y rendre et d'y offrir son poids d'or, argent ou cire, faite lorsqu'il était prisonnier des Penthièvre. 

    Déjà, les compatriotes de du Guesclin montraient un grand zèle pour le pèlerinage de Saint-Jacques. On sait que pendant que le connétable se trouvait prisonnier à Bordeaux, Henri de Transtamare, étant dans cette ville, avec deux compagnons, ces étrangers furent annoncés au geôlier comme trois pèlerins bretons.

    En 1416, Jean, duc de Bretagne, écrivait au roi d'Angleterre pour lui demander la mise en liberté de quelque pèlerins de ses sujets pris à bord d'un navire.

    Jaloux d'offrir leurs hommages à l'apôtre de l'Espagne, et empêchés de se rendre en personne au lieu où il était particulièrement honoré, les ducs de Bretagne chargeaient un procureur de les représenter au tombeau du saint et d'y porter leur offrande, consistant généralement en un calice, armes parlantes. Un compte publié par D. Morice nous montre un certain Guillaume le Regnec commis à cet effet, pour les fêtes de Pâques, en 1434 et durant les trois années suivantes; le duc lui passe pour son voyage 30 écus chaque fois, et pour ses dépens, messe et chevelices, 20 livres. Un autre compte, quelque peu postérieur, renferme le nom de "Dom Jehan Coroleau, prestre, que le duc (Arthur III) a envoié pour luy en pelerinage à S. Jacques en Galice, et pour y offrir un calice d'argent". Voilà ce que Jean de Mauléon entendait par chevelice, et la fin de son compte montre bien que c'était l'usage, à la cour de Bretagne, d'envoyer chaque année à Saint-Jacques-de- Compostelle un procureur chargé d'une mission semblable à celle des deux personnages dont nous venons de parler." Francisque Michel Histoire du Commerce et de la Navigation à Bordeaux,principalement sous l'administration anglaise, Chapitre XXV Le pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle, Tome I Bordeaux 1867

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    I. LES 3  STATUES DE SAINT JACQUES.

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    — La statue en pierre de saint Jacques en majesté au dessus de la porte sud, à l'extérieur. XIVe siècle, ou XVI siècle ?. 

    — La statue en bois polychrome de saint Jacques en majesté surplombant l'autel, devant la maîtresse-vitre. XVe siècle.

    — La statue de bois polychrome de saint Jacques en pèlerin.

     

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    Vue sud de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    Vue sud de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    Vue de la porte sud de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    Vue de la porte sud de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    1. La statue en pierre de saint Jacques en majesté au dessus de la porte sud, à l'extérieur.

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    La statue en pierre de saint Jacques en majesté, porte sud de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    La statue en pierre de saint Jacques en majesté, porte sud de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    Saint Jacques est  représenté par une statue en pierre, où il trône en majesté, bourdon dans la main droite et phylactère dans la main gauche. C'est le modèle galicien, dont on trouve 14 exemples en Bretagne du XIVe au XVIe siècle (J. Roudier), dont 1 vitrail (Merléac), 7 statues en pierre (dont Merléac), et 5 statues en bois (Tréméven, Boquého -perdue-, Spézet, Merléac, et Pont-Croix). Mais ils s'inspirent des statues de Santiago en Maxestade de Galice : 

    «L’image de Saint-Jacques assis, en majesté ou en chaire, apparaît pour la première fois dans la cathédrale de Compostelle dans une sculpture créée par le Maître Mateo pour le meneau du Portique de la Gloire (1188 env.). Cependant, ce type iconographique ne sera pas très fréquent. Saint-Jacques est présenté comme apôtre (tunique et cape, pieds nus et un phylactère ou livre sacré), mais assis sur une somptueuse chaise ou trône.

    Le phylactère présente normalement un texte faisant allusion à sa mission évangélisatrice; ainsi, sur la sculpture du Portique de la Gloire, on peut lire la phrase Misit me Dominus («Le Seigneur m’a envoyé»).

    La crosse en forme de «Tau» qu’il soutient dans une de ses mains était la forme traditionnelle des bâtons cérémoniaux que les archevêques portaient et il rappelait la houlette utilisée par les apôtres lors de leurs marches pour diffuser les enseignements du Christ. Ainsi, la crosse favorisait l’idée de la mission apostolique demandée directement par Jésus à Saint-Jacques. Elle servait aussi à intensifier l’importance de Compostelle comme siège épiscopal.

     Le texte  Hic est Corpus Divi Iacobi Apostoli et Hispanorum Patroni («Ici gît le Corps du Divin Apôtre Saint-Jacques Patron des Royaumes Hispanique») apparaît inscrit sur son phylactère. Postérieurement, en 1250 environ, une autre sculpture en pierre de la même image est taillée pour une chapelle de la même cathédrale mais, cette fois-ci, elle est couronnée, en symbolisant l’Apôtre qui règne. Quant à ce modèle iconographique, on peut voir sur saint Jacques différents éléments qui identifient les pèlerins: l’escarcelle, la calebasse, la pèlerine ou le chapeau. Les représentations de Saint-Jacques assis ne vont pas au-delà du XVe siècle. Mis à part la zone d’influence de la Galice, il y a peu d’exemplaires en France, quelques uns en Bretagne, peut- être en raison de l’intensité des pèlerinages maritimes réalisés depuis cette région." http://museoperegrinacions.xunta.gal/sites/default/files/pdf/PDF_FRANCES/SALA-7-FRANCES-2011.pdf

    Iconographie galicienne :

    Galego: Santiago en maxestade (anónimo, ca. 1340). Procede da igrexa de Santiago de Ribadavia (Ourense) e formou parte da exposición "O Camiño, a Orixe", na Cidade da Cultura de Santiago de Compostela (2015). auteur Lameiro Wikipédia

    https://gl.wikipedia.org/wiki/Ficheiro:Santiago,_Cidade_da_Cultura,_Cami%C3%B1o,_a_Orixe_01-13b.JPG

     

    Exposición Camino El Origen. Museo Gaiás. Santiago de Compostela 13-03 a 13-09 2015. Parte 2.

    http://1000-lugares-en-galicia.blogspot.fr/2015/09/exposicion-camino-el-origen-museo-gaias-santiago-parte-2.html

     

    Parteluz del pórtico de la Gloria de la catedral de Santiago de Compostela.  MarisaLR - Travail personnel

    https://es.wikipedia.org/wiki/Camino_de_Santiago#/media/File:Parteluz_de_l_p%C3%B3rtico_de_la_Gloria.jpg

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    À Merléac, le saint est remarquable d'une part part ses cheveux formés de dix boules qui entourent son visage, tout à fait comme les anges ou les statues de Jean-Baptiste du Maître du Folgoët (1423-1509). La barbe est inexistante ou inapparente. Mais nous retrouvons la posture frontale et hiératique des modèles galiciens, les pieds nus propres aux apôtres, les yeux globuleux qui semblent fermés, et le phylactère tenu sur le genou gauche par la main posée à plat, laissant la banderole tomber verticalement devant le pied. Le bâton qui était tenu par la main droite est brisé au dessus du genou droit, ce qui fait que nous ne savons pas s'il adoptait la forme en tau. Un manteau déroule ses plis sinueux sur les cotés, laissant bien apparaître la robe, serrée en petits plis bouffants au dessus de la ceinture. Le siège est très bas, en forme de L procurant un appui pour les pieds. La pierre claire garde des traces d'ocre rouge.

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    La statue en pierre de saint Jacques en majesté, porte sud de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    La statue en pierre de saint Jacques en majesté, porte sud de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    2. La statue en bois polychrome de saint Jacques en majesté surplombant l'autel, devant la maîtresse-vitre. XVe ou XVIe siècle.

    Jean-Pierre Ducouret la datait du XVe siècle dans sa notice de 1996 pour l'Inventaire. Jean Roudier la date du XVIe siècle. C'est une statue en bois (monoxyle)  taillé, peint, polychrome, avec peinture dorée, sur apprêt blanc, haute de  133 cm, large de 42 cm et profonde de  32 cm  Elle a été classée au titre d'objet le 1988/12/09.

    Inscription ST JACPUES avec une lettre q retrograde.

    Elle est très proche de la statue de pierre, mais les cheveux ont une allure plus naturelle, la barbe tombe en rouleaux verticaux, le bourdon terminé par un pommeau est intact, et le phylactère, comme brisé, est réduit à la portion congrue ou incongrue d'un mouchoir. A-t-il été amputé par un sculpteur qui n'avait pas compris sa fonction ?

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    La statue en bois de saint Jacques en majesté, maître-autel de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    La statue en bois de saint Jacques en majesté, maître-autel de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    La statue en bois de saint Jacques en majesté, maître-autel de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    La statue en bois de saint Jacques en majesté, maître-autel de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    3.  La statue de bois polychrome de saint Jacques en pèlerin.

    Elle n'est pas signalée par J. Roudier dans sa rubrique "Saint Jacques vêtu d'un long surcot", mais le saint ici représenté en apôtre (barbu, tenant un livre) tient le bourdon (brisé) de la main droite et un livre (l'évangile) de la main gauche ; il porte un manteau rouge à motifs floraux dorés  au dessus d'une tunique longue ou surcot serrée par une ceinture. Son chapeau "campaniforme" ou "melon" bleu et brun est également retrouvé sur d'autres statues de saint Jacques dont l'identité est attestée par des attributs non équivoques, comme la besace ici manquante.

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    La statue en bois de saint Jacques en long surcot, maître-autel de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    La statue en bois de saint Jacques en long surcot, maître-autel de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    II. LES SIX STATUES DE LA VIERGE (ET CELLE DE SAINT JEAN).

    Dans la chapelle, les vitraux des bas-cotés attestent de l'importance donnée au culte de la Vierge couronnée. J'ai compté ici six statues de Marie, dont deux sont couronnées.

    — La Vierge couronnée à l'Enfant "à la pomme". Bois polychrome, XIVe.

    — La Vierge couronnée à l'Enfant "à l'oiseau". Bois, trace de peinture bleue.

    — La Vierge à l'Enfant en pierre, XVe siècle. 

    —  Notre Dame de Lorette, bois polychrome, XVIIIe siècle

    —  La Pietà, bois polychrome, XVe siècle.

    —  La Vierge et saint Jean, issus d'un Calvaire (Poutre de Gloire ?), bois .

     

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    4. La Vierge à l'Enfant "à la pomme". Bois polychrome. XIVe.

    C'est sans doute elle qui a bénéficié des travaux en 2014 de l'entreprise de restauration Arthéma, nécessitant un  avenant de 1 467 € englobant la restitution sculptée du visage de l'enfant et l'intégration polychrome de ce visage selon un ancien cliché d'archives.

    Elle est désignée sous le terme de "Vierge à l'Enfant n° 1" dans la base Palissy et fait l'objet de la description suivante par Jean-Pierre Ducouret  dans sa notice de 1996 pour l'Inventaire : 

    bois (monoxyle) : taillé, peint, polychrome, peint doré . Vierge déhanchée, couronnée, tenant un globe dans la main droite et l'enfant vêtu d'une tunique longue sur la main gauche. Revers très évidé, main droite assemblée. H= 118 cm.Mauvais état de la polychromie, vermoulure, tête de l'enfant cassée sommairement réparée.  Classée à titre d'objet 1909/04/08. 

    Il est peu probable que Marie tienne un globe, et il s'agit plus probablement d'un fruit rond, pour ne pas dire une pomme, tandis que la sphère jaune tenue par l'Enfant correspond volontiers à un globe. Ainsi s'établit la relation spéculaire complexe et polysémique entre la pomme, fruit des entrailles — le fructus ventris tuis Iesus de l'Ave Maria — mais aussi support du Désir d'Adam et Éve qui a plongé l'Humanité dans la Chute, et l'orbe cruciger du Christ victorieux de la mort et Rédempteur du monde. Thématique déjà développée à propos de la Vierge à l'Enfant du calvaire de Rumengol.

     

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    La Vierge à l'Enfant "à la pomme". Bois polychrome. XIVe. Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    La Vierge à l'Enfant "à la pomme". Bois polychrome. XIVe. Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    La Vierge à l'Enfant "à la pomme". Bois polychrome. XIVe. Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    La Vierge à l'Enfant "à la pomme". Bois polychrome. XIVe. Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    5. La Vierge  à l'Enfant "à l'oiseau". Bois, trace de peinture bleue.

    Dans cette très belle statue de Marie couronnée, l'Enfant, de grande taille et vêtu d'une longue tunique, tient un objet que j'identifie comme un oiseau. Les deux visages au large front, aux joues rondes et au menton saillant partagent des traits féminins. Les traces de peinture bleue sont retrouvées sur le manteau marial.

     

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    La Vierge  à l'Enfant "à l'oiseau".  Bois avec traces de polychromie. Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    La Vierge  à l'Enfant "à l'oiseau". Bois avec traces de polychromie. Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    La Vierge  à l'Enfant "à l'oiseau".  Bois avec traces de polychromie. Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    La Vierge  à l'Enfant "à l'oiseau". Bois avec traces de polychromie. Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    6. La Vierge à l'Enfant en pierre, XVe, pignon ouest.

    Jean-Pierre Ducouret la désigne en 1996 pour l'Inventaire comme "Vierge à l'Enfant (2)", et la décrit comme une  statue taillée dans une pierre à grains fins, de couleur grise, non peinte et ne présentant pas de traces de polychromie. haute de 104 cm, profonde de 23 cm.  Vierge à l'Enfant de facture savante, aux plis abondants et mouvementés. Mauvais état : l'enfant a disparu, la tête de la Vierge est cassée et sommairement réparée ; nombreuses cassures dans les plis, cassure par le milieu de la statue sous la taille.

    Placée en hauteur sous la baie du mur occidental, elle n'a pas répondu à mes attentes de photographe amateur, même en adoptant un angle de vue plus favorable : elle a conservé une allure fantomatique, un sourire crispé et des yeux caves. Un autre viendra, qui saura lui rendre justice.

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    Vierge à l'Enfant en pierre, XVe, pignon ouest. Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    Vierge à l'Enfant en pierre, XVe, pignon ouest. Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    Vierge à l'Enfant en pierre, XVe, pignon ouest. Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    Vierge à l'Enfant en pierre, XVe, pignon ouest. Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    7. Notre-Dame de Lorette. Bois polychrome, XVIII.

     

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    Jean-Pierre Ducouret la décrit comme une statue de bois (monoxyle) : taillée, peinte, polychrome, peinture dorée (repeint), XVIIIe siècle, h = 56 cm, Vierge déhanchée, au plissé savant, s'inspirant d'un modèle  d'applique ; revers plat. N.D. DE LORETTE, peint sur la base.

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    Notre-Dame de Lorette. Bois polychrome, XVIIIe siècle.  Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    Notre-Dame de Lorette. Bois polychrome, XVIIIe siècle. Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    8. La Vierge de Pitié (Pietà), XVe siècle.

    Selon Jean-Pierre Ducouret, les jambes et la tête du Christ sont assemblées ; les mains de la Vierge et les côtés de son siège sont assemblés et fixés par des chevilles. Le buste de la Vierge est orné de 3 losanges en pâte de verre noire. Groupe en bois (en plusieurs éléments) : taillé, peint, polychrome, peint doré, sur apprêt (blanc) ; pâte de verre (décor). h = 95 ; la = 86 ; pr = 25.  Mauvais état de la polychromie ; vermoulure : la base de la statue est dégradée par la pulvérulence. XVe siècle classé au titre objet 1988/12/09.

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     La Pietà, XVe siècle, chapelle latérale nord de la  chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    La Pietà, XVe siècle, chapelle latérale nord de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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     La Pietà, XVe siècle, chapelle latérale nord de la  chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    La Pietà, XVe siècle, chapelle latérale nord de la chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    9 et 10. La Vierge et saint Jean au pied de la Croix (Poutre de Gloire ?). Bois, traces de polychromie.

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    La Vierge  au pied de la Croix. Bois, traces de polychromie. Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    La Vierge au pied de la Croix. Bois, traces de polychromie. Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    La Vierge  au pied de la Croix. Bois, traces de polychromie. Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    La Vierge au pied de la Croix. Bois, traces de polychromie. Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    Saint Jean La Vierge  au pied de la Croix. Bois, traces de polychromie. Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    Saint Jean La Vierge au pied de la Croix. Bois, traces de polychromie. Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    III. SAINTS ET SAINTE :  APOLLINE, UN SAINT ABBÉ ET QUATRE   SAINTS ÉVÊQUES.

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    — Le martyre de sainte Apolline, bois polychrome, XVe siècle. 

    — saint abbé.

    — saint évêque.

    — saint évêque.

    — saint évêque : saint Brieuc.

    — saint évêque.

    L'un des évêques pourrait être le dominicain Jean Validire, né à Saint-Léon en Merléac

    "Jean VALIDIRE, né dans la paroisse de Merléac, près d'Uzel, religieux dominicain du couvent de Morlaix, devint confesseur du duc Jean V, puis évêque de Léon, et fut transféré à Vannes le 18 novembre 1453 par le pape Eugène IV. Son église tombant en ruines, il en fit réparer la meilleure partie, et construire les chapelles de Notre Dame et de Saint-Léon, de concert avec le chapitre. Ce prélat, surnommé aussi de Saint-Léon, éleva, auprès de la maison de ses parents, une chapelle en l'honneur du grand pape dont il portait le nom. Ce fui lui qui bénit à Aurai, en 1442, le mariage de François Ier, duc de Bretagne, avec la princesse Isabeau d'Ecosse. Il mourut en 1444y et fut inhumé dans la chapelle de Notre-Dame, où l'on voit encore son tombeau."

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    11. Le martyre de sainte Apolline. Bois polychrome, XVe siècle.

    Jean-Pierre Ducouret la décrit pour l'Inventaire comme une statue d'applique en bois (monoxyle) : taillé, peint, polychrome au revers évidé ; groupe relié. Sainte Apolline, mains liées, et son bourreau, coiffé d'un chapeau volumineux, chaussé de poulaines pointues. 15e siècle. h = 83 cm, pr. 12 cm . Classé au titre d'objet 1909/04/08. Le dossier de l'Inventaire est accompagné d'une photographie

    L'article Merléac d'Infobretagne propose aussi une carte postale ancienne où sont photographiées les principales statues de la chapelle, dont celle-ci.

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    Le martyre de Sainte Apolline est relaté par Eusèbe de Césarée dans son Histoire Ecclésiastique, reprenant une lettre de l’évêque Denys d’Alexandrie à Fabien, évêque d’Antioche. Jacques de Voragine (1228 – 1288) reprend cette histoire dans le tome II de sa Légende Dorée.

    Apolline, ou Apollonie, vierge consacrée d’un certain âge, vivait à Alexandrie sous le règneet les persécutions  de Dece Trajan (201 – 251). Une vierge consacrée faisait vœux de vivre au service de l’Eglise dans le célibat et la chasteté.  Des émeutiers rencontrèrent ainsi Apolline qui, malgré le danger, s’était aventurée dans les rues pour accomplir une sainte mission, et se moquant de son âge, lui brisèrent la mâchoire à coups de pierre puis lui arrachèrent les dents.

    Ils allumèrent ensuite un grand feu menaçant de l’y jeter si elle n’abjurait pas le Christ. La Sainte leur demanda un instant de réflexion, puis ayant ainsi trompé leur surveillance, elle se jeta d’elle-même dans le feu.

    Les relations commerciales de la Bretagne avec le Nord de l'Europe (Merléac était un centre de production et de blanchiment des toiles, et la foire, ou Cohue, de Saint-Léon / Saint-Jacques était réputée) entraîna l'introduction de la dévotion envers sainte Apolline à la fin du Moyen-Âge.

    Il manque vraisemblablement ici le deuxième bourreau qui devait tenir, comme dans de nombreux exemples de statues, la tenaille présentant dans ses mors une molaire. Mais la bouche sanguinolente d'Apolline témoigne de son méfait. L'autre bourreau suspend la sainte à un arbre par les cheveux, enroulés en spirale à une branche. Ce détail n'existe pas dans la Légende Dorée de Jacques de Voragine. Il est visible sur Le martyre de Sainte Apolline peint par Jean Fouchet dans les  Heures d'Étienne Chevalier : un des bourreaux, encouragé par le diable, tire les cheveux de la sainte, tandis que l'autre lui arrache les dents avec une longue tenaille.

    On verra aussi les groupes sculptés de la chapelle Saint-Fiacre du Faouët, de la chapelle de La Houssaye à Pontivy, ou de l'ancienne chapelle de Coat-Quéau à Scrignac, un bois peint, vers 1560, conservé au Musée départemental breton de Quimper . Le détail des cheveux entortillés se découvre dans le groupe de Scrignac, mais c'est au Faouët que la sainte est spectaculairement suspendue à une branche par un nœud formé par ses cheveux.

     

    http://www.lavieb-aile.com/2016/01/les-sculptures-de-la-chapelle-saint-fiacre-au-faouet.html

    http://www.lavieb-aile.com/article-la-chapelle-de-la-houssaye-a-pontivy-2-110130428.html

    Musée Départemental Breton : 

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    Le martyre de sainte Apolline, Musée Départemental Breton. Photographie lavieb-aile.

     

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    Les poulaines (qui seront abandonnées vers 1470), les chausses très ajustées, la tunique très courte du bourreau, sont des détails qui se retrouvent à La Houssaye . La position fléchie agressive voire équivoque du genou est figurée à Merléac, à La Houssaye et au Musée Départemental de Quimper.

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    Le martyre de sainte Apolline. Bois polychrome, XVe siècle. Bas-coté sud de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    Le martyre de sainte Apolline. Bois polychrome, XVe siècle. Bas-coté sud de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    Le martyre de sainte Apolline. Bois polychrome, XVe siècle. Bas-coté sud de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    Le martyre de sainte Apolline. Bois polychrome, XVe siècle. Bas-coté sud de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    Le martyre de sainte Apolline. Bois polychrome, XVe siècle. Bas-coté sud de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    Le martyre de sainte Apolline. Bois polychrome, XVe siècle. Bas-coté sud de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    12. Un dominicain ou un saint abbé ?

     

    La base Palissy décrit d'une part un saint moine, décrit comme un dominicain tenant un livre, et d'autre part un "saint abbé (?)".

    a) "Statue en bois taillé peint, h = 104 cm,  Notice de l'Inventaire général rédigée par Jean-Pierre Ducouret en 1997."

     

    b) "Saint abbé (?), bois (monoxyle) : taillé, peint, polychrome bénissant, tenant un livre main gauche, vêtu d'une chape, tête nue. 15E siècle h = 104 cm . Mauvais état de la polychromie ; base cassée ; vermoulure. Jean-Pierre Ducouret. 1996" 

     


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    Un saint abbé ou un dominicain, bas-coté de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    Un saint abbé ou un dominicain, bas-coté de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    Un saint abbé ou un dominicain, bas-coté de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    Un saint abbé ou un dominicain, bas-coté de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    13. Saint évêque n°1.

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    Est-ce cette statue qui est décrite par  Jean-Pierre Ducouret 1996 sous la désignation de saint évêque 1, statue d'applique bois (monoxyle) : taillé, peint, polychrome h=115 cm, Mauvais état de la polychromie ; vermoulure. 1er moitié XVIe siècle ?

    L'évêque est mitré, il tient la crosse verte par l'intermédiaire d'un tissu, le sudarium . Il porte la chasuble sur le surplis et l'aube.

    La coiffure en deux masses latérales correspondrait à la mode du début du XVIe.

     

     

     

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    Saint évêque n°1, bois polychrome. Bas-coté de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    Saint évêque n°1, bois polychrome. Bas-coté de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    Saint évêque n°1, bois polychrome. Bas-coté de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    Saint évêque n°1, bois polychrome. Bas-coté de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    14. Saint évêque n° 2. Bois polychrome, XVIe siècle. 

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    évêque mitré, statue d'applique en  bois (monoxyle) : taillé, peint, polychrome ; revers évidé, XVIe siècle.  h = 92 cm Mauvais état de la polychromie ; main droite cassée. Jean-Pierre Ducouret.

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    Saint évêque n° 2. Bois polychrome, XVIe siècle.  Bas-coté de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    Saint évêque n° 2. Bois polychrome, XVIe siècle.  Bas-coté de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    15. Saint évêque n°3. "Saint Brieuc", bois polychrome. 

    Evêque 3 bois (monoxyle) : taillé, peint, polychrome . Statue d'applique h = 117cm Saint évêque, ganté, mitré, bénissant. Mauvais état de la polychromie ; partie supérieure de la crosse disparue. Jean-Pierre Ducouret 1996.

    Mitre, chirothèques, étole, chasuble, surplis, aube, crosse (brisée) et sudarium. 

    Saint évêque n°3. "Saint Brieuc", bois polychrome. Bas-coté de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    Saint évêque n°3. "Saint Brieuc", bois polychrome. Bas-coté de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    Saint évêque n°3. "Saint Brieuc", bois polychrome. Bas-coté de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    Saint évêque n°3. "Saint Brieuc", bois polychrome. Bas-coté de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    16. saint évêque n°4.

    Mitre, chirothèques,, chasuble, surplis, aube, crosse (brisée) et sudarium. .

    Saint évêque n°4, bois polychrome. Bas-coté de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    Saint évêque n°4, bois polychrome. Bas-coté de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    Saint évêque n°4, bois polychrome. Bas-coté de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

    Saint évêque n°4, bois polychrome. Bas-coté de la Chapelle Saint-Jacques à Merléac. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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    SOURCES ET LIENS.

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    — ROUDIER (Jean), 2005,   « Saint Jacques en Bretagne, culte et patrimoine » Éditions Label LN, Ploudalmézeau, 2005.

    — ROUDIER (Jean), Iconographie de saint Jacques en Bretagne (annexe de l'ouvrage précédent).

    https://www.compostelle-bretagne.fr/index.php/patrimoine-jacquaire-breton/iconographie

    https://www.compostelle-bretagne.fr/images/PDF/Iconographie/icono-annexes.pdf

    — ROUDIER (Jean), 2010, Editions Label, 

    PAR TERRE ET PAR MER
 – LES PÈLERINS BRETONS À COMPOSTELLE  (Mai 2010)
    addenda pelerins bretons.pdf (160 Ko)

    SAINT JACQUES EN BRETAGNE – 
CULTE & PATRIMOINE (Avril 2010)
    etude iconographique de saint Jacques.pdf (788 Ko)
    planches A1-A24.pdf (5,0 Mo) Saint Jacques vêtu d’un long surcot. A4 Saint Jacques en majesté, les statues en pierre, A5  Saint Jacques en majesté, les statues de bois.

     

    planches B1-C8.pdf (3,5 Mo)  Saint Jacques en robe et manteau, etc
    planches D1-E6.pdf (3,7 Mo) Peintures et vitraux

     

    — SITE DE L'ASSOCIATION DES AMIS DE SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE.

    https://www.compostelle-bretagne.fr/

    — BASE PALISSY.

    http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palsri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Merl%E9ac&DOM=Tous&REL_SPECIFIC=3

    — MUSEOPEREGRINACIONS.XUNTA.GAL

    http://museoperegrinacions.xunta.gal/sites/default/files/pdf/PDF_FRANCES/SALA-7-FRANCES-2011.pdf

    — EXPOSITION  Camino El Origen. Museo Gaiás. Santiago de Compostela 13-03 au 13-09 2015. 

    http://1000-lugares-en-galicia.blogspot.fr/2015/09/exposicion-camino-el-origen-museo-gaias-santiago-parte-2.html

    http://1000-lugares-en-galicia.blogspot.fr/2015/09/exposicion-camino-el-origen-museo-gaias-santiago.html

    — GESLIN DE BOURGOGNE (Jules-Henri), "l'église Saint-Jacques à Saint-Léon de Merléac",Bull. et Mém. Soc. Émulation Côtes du Nord, t. II, 1865, p.1-17.

    — VENUAT (Mathieu), Chapelle Sain-Jacques, Merléac

    https://chapelle-merleac.weebly.com/chapelle-en-images.html

    — Infobretagne : 

    http://www.infobretagne.com/merleac-chapelle-saintjacques-vitraux.htm

    —OFFICE DU TOURISME 

    http://www.centrebretagne.com/office-de-tourisme/decouvrir/patrimoine/un-chapelet-dedifices-religieux/chapelle-saint-jacques-a-merleac.html

    — BRETAGNE WEB.COM

    http://www.bretagneweb.com/photos-22/22-merleac.htm

    — WIKIPEDIA : photo de la statue extérieure de saint Jacques : " Statue de Saint-Jacques sommant la porte de la costale du collatéral sud. " par GO69

    https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Merl%C3%A9ac_(22)_Chapelle_Saint-Jacques_05.JPG

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    • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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    • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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