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1 novembre 2017 3 01 /11 /novembre /2017 21:01

La maîtresse-vitre de la Passion et de la Résurrection  (1476-1479) ou Baie 0 de l'église Saint-Ronan de Locronan ...

 ...les verres roses de ses carnations et vêtements,

... ses pièces en chef-d'œuvre,

... son corpus d'inscriptions,

... son héraldique.

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Voir:

Plus généralement, voir :

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L'église de Locronan, combien de fois  l'ai-je visitée ? Vingt fois, plus peut-être. Pour ses bannières de Le Minor et Toulhoat, pour sa chaire, pour ses statues, pour la Déposition de la chapelle du Pénity, pour marcher sur les traces de son recteur Maurice Dilasser passionné d'art sacré, lors de mes visites à ses chapelles de Bonne-Nouvelle ou de Ty-ar-Zonj, etc. 

A chaque fois, je jetais un coup d'œil à ses vitraux, à la Passion de sa maîtresse-vitre que je  photographiais, mais je ne ressentais pas ce Je Ne Sçay Quoy qu'on sent pour une œuvre et qui fait qu'on l'admet dans son musée imaginaire, ou qu'on lui consacre un article.

"Quand ça veut pas, ça veut pas". 

Pourtant, la liste des 28 Passions finistériennes la désignait comme la doyenne :

et dans le Morbihan :

 

Et puis voilà, soudain, mercredi dernier, cette maîtresse m'a  enfin fait connaître par « ... un je ne sçay quoy, qui se forme je ne sçay comment, et qui nous enchante par je ne sçay quels charmes » et m'a révélé des carnations roses que je n'avais encore point vues ailleurs. Et ces teintes roses  déclinaient leurs variations non seulement sur les visages, mais dans les ciels, les tuniques et les manteaux, les chausses et les chapeaux, mêlant aux embrasements des jaunes, rouges et  oranges l'effusion  de  pièces ici  incarnadins, là vieux rose ou corail clair, et là encore  pelure d'oignon, saumon ou héliotrope. Tel éclat était celui des aubépines de Combray, tel autre avait le reflet des dragées et tel encore osait  franchement le rose-jambon.

Lorsqu'ils voisinaient des pièces vert-prairie ou anis, c'était comme si Aurore rododaktulos  et Flore se penchaient enlacées vers le bouton d'un rosier-thé.

Je ne voyais plus la laide lèpre des verres altérés par la corrosion et rongés par les hideux  cratères grisâtres que les soins des verriers-restaurateurs n'avaient pu effacer, mais les accords colorés que le soleil, titulaire de cet orgue, composait avec ces notes Magenta,  rose Persan ou Fuschia.

Mais le plus remarquable était que, dans de nombreux cas, ces verres roses n'étaient pas unis ; ces teintes cuisse-de-nymphe, gorge-de bal-des-debs, tutu-d'organza, paupière-endormie,  étaient   diaprés  de  veinages  décolorés, et le verrier avait pris soin de réserver ces verres imparfaits pour rendre la cruauté des visages des bourreaux par des faces semblables à des conjonctives d'ivrognes.

 

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Vue d'ensemble du chœur et de la nef de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Vue d'ensemble du chœur et de la nef de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Description.

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Cette verrière possède 6 lancettes trilobées organisées en 3 registres et un tympan à 19 ajours et écoinçons. Elle mesure  4,90 m de haut  et 6,50 m de large. Elle est datée par les informations concernant l'édifice : si la construction débuta au commencement du XIVe siècle, favorisée par un don de Jean V de 50 écus d'or pour la façade ouest, elle s'acheva par la reconstruction des parties orientales (où se trouve le chevet) autour de 1474. Une datation plus précise découle d'un mandement du 4 décembre 1475  duc François II qui prolonge pour les trois années 1476-1479 le bénéfice du droit de billot au profit de la "grant vitre". 

 

Ce mandement souvent évoqué est rarement cité.

"François...a nostre bien amé ...Henry du Juch, nostre capitaine de Kemper-Corentin et a nos senechal, bailly et procureur de Cornouaille, salut. Pour ce que [par] nos amès, feaulx et subgets, les prieur et habitans du bourg de Saint Rennan du Boys [Locronan-Coat-Nevet], nous a esté en suppliant remonstré comme, paravant ces hommes, nous avions donné et octroié le devoir de billot du dit bourg pour estre emploié en l'ediffication de l'esglise du dit leiu, de quoy ils avoient joy jucques es deux ans derrains qui finiront au mys de febvrier prouchain venant, a moïen desquelulx deniers les dits exposants ont grandement et sumptueusement ediffié en icelle eglisse, et encore y reste a faire la grant vitre, laquelle ils ne porroient acomplir sans noz grace et aide, humblement la nous requerans, nous, ces choses considérées et la singuliere devocion que avons au dit sainct Rennan ad ce qu'il soit intercesseur envers nostre createur de prosperer en fruict et lignée, avons aujouruy de nostre grace donné et octroié, donnons et octroyons par ces presentes aus dits supplians le dit debvoir de billot du dit bourg pour lesdits deux ans et d'abundant pour l'année subsequente, anisi seront troys années entières, pour en estre les deniers emploiez a l'eddificacion de la dite vitre et aux autres edifices d'icelle esglisse. Si nous mandons, … etc. Donné en nostre ville de Nantes, le quart jour de decembre l'an mil quatre cents sexante quinze." Copie du 15 mai 1476, Archives du Finistère, H 181, fonds de l'abbaye de Sainte-Croix de Quimperlé, prieuré de Locronan. Cité par H. Waquet.

Le droit de billot ou appétissement des mesures consiste en un droit de douze pots par pipe de vin, cidre ou bière (ou six pots par barrique de 120 pots).

La datation de 1476-1479 fait de cette verrière l'une des plus anciennes du Finistère, avec les baie 113 à 131 de la cathédrale de Quimper [baie 116 datée de 1496], ou quelques panneaux à Concarneau, à la chapelle de Kerdévot en Ergué-Gabéric, au Juch (fragments de Jugement Dernier dans le tympan ), à Pouldavid (Jugement Dernier du tympan), à la chapelle de la Trinité à Melgven, dans la baie 8 de Plourin-les-Morlaix, à Plouguerneau, à Plouvien, à Kergoat de Quéménéven (restes du Credo prophétique et apostolique), à N-D. de Ponthouar de Trégourez (carnation de verre jaune), à la chapelle N-D. de Kervenn de Trégunc, à la chapelle Saint-Sébastien de Tréméoc et  dans les  tympans de Rumengol.

Les carnations roses ne se remarquent (sous réserve d'inventaire) que dans les baies 114 (visage de saint Christophe) et 116 (corps du Christ) de la cathédrale de Quimper, et dans le visage de Sébastien dans la baie 0 de la chapelle Saint-Sébastien de Tréméoc. Ailleurs, elles sont signalées dans la baie 17 de la cathédrale de Saint-Lô. 

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-6826945.html

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-6381440.html

On signale aussi à Verneuil-sur-Avre, dans l'église Ste-Marie-Madeleine, les vêtement de Lazare de la baie  5 (vers 1470) où un  verre rose est plaqué sur le verre bleu . Je note une mention aux Jacobins de Toulouse.

Les plus beaux exemples bretons, que Roger Barrié 1979 prend la peine de signaler,  sont peut-être ceux des baies 3 et 4 (la "petite Passion"), datant vers 1500,  de l'église Saint-Fiacre de Guengat, entre Locronan et Quimper. Mais les roses y sont soit pâles (baie 3), soit cuivrés, soucieux d'afficher un naturel crédible, et ils s'appliquent aux saint personnages autant qu'aux pharisiens ou aux bourreaux, sans cette exubérance caricaturale propre à la vitre de Locronan.    

 

J'ignore la technique utilisée. Le rose est--il obtenu seulement en plaquant un verre rouge très fin sur le verre blanc ? Est-il "fouetté" par gravure à l'acide ??. Les verriers disposent-ils d'un verre rose ?Dans un ouvrage sur les technique d'Antoine de Pise, il est fait mention "parmi les données bibliographiques disponibles, [de] la composition d'un seul verre rose, venant de la Sainte-Chapelle de Paris. La composition chimique de ce verre rose, ainsi que celui analysé à Florence sont plutôt à rapprocher des verres violets, en particulier pour leur forte teneur en manganèse."

Leur emploi à la fin du XVe siècle permet de palier à l'absence d'une autre teinte que le jaune d'argent ou la grisaille (les deux étant inadaptés aux carnations) pour rendre la couleur rosée des chairs. Ce n'est que dans la  première moitié du XVIème siècle que la sanguine ou Jean Cousin sera inventée pour cet usage . http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-3576074.html

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Restauration.

L'œuvre comprend un cycle de la Passion jadis développée en 18 scènes de grande dimensions (1,50 m x 0,80 m) en trois séries de 6  ; mais son état était déjà fort médiocre en 1900, date à laquelle l'architecte Léon Vincent en dressa un schéma. Tout le rang inférieur des scènes, et les têtes de lancettes, n'avaient conservé que des débris.

La restauration fut confiée  à Marcel Delon (sur des cartons de Marcel Magne ?), qui remplaça d'abord les manques par des vitreries blanches, et, devant l'aspect désastreux obtenu, conçut "l'accompagnement de panneaux figurés en place actuellement, restitués en réintégrant les fragments anciens qui subsistaient des scènes originales " (Corpus) : « réfection des panneaux de la partie inférieure comprenant les cartons et l’exécution sur verre, soit 12 panneaux de 0,675 x 0,515 m », en conservant quelques anciens morceaux.

Marcel Delon est un maître-verrier ou plus exactement peintre-verrier  parisien, élève d'Oudinot avant de créer son propre atelier en 1889,  qui a travaillé en restauration de vitraux (Saint-Mériadec en Stival) mais aussi bien-sûr en création, par exemple au Couvent des Jacobins de Saintes dans le style Art Nouveau ou au Musée Adrien Dubouché à Limoges.

  Les 4 panneaux de la série inférieure résultent de cette restauration.

Après la dépose et mise à l'abri  de la verrière en 1942, elle fut restaurée en 1948 par Jean-Jacques Gruber. La forte corrosion amena à une nouvelle campagne de restauration en 1973 puis en 2002 à l'atelier HSM de Quintin. En 2006, elle fut reposée par Michaël Messonnet après suppression d'un certain nombre de plombs de casse par collage, et mise en place d'un double vitrage de protection. 
 

"Que reste-t-il de 1475, dans cette verrière?
Aucun des restaurateurs  n'a établi une étude historique des pièces qu'il avait entre ses mains.
 Il est très difficile, tant que les panneaux de vitraux ne sont pas en atelier, démontés de leurs plombs, nettoyés, comparés, de donner un avis un tant soit peu sérieux de l'authenticité de l'oeuvre. Et il y aura encore une marge d'erreur. Nul n'est infaillible."
.(J.P. Le Bihan)

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Les bonnes lectures : Roger Barriè 1979.

"Le nombre élevé de vitraux anciens autour de Locronan permet de suivre, pendant plus d'un siècle, de la fin du XVe à 1600 environ, l'histoire de la peinture sur verre dominée par une double conquête, celle du chatoiement coloré et celle de l'esthétique de la Renaissance. [...] La maîtresse-vitre de Locronan est l'écho de cette impatience à introduire la couleur.

La vie de l'œuvre est attesté par les comptes paroissiaux de l'époque classique qui mentionnent laconiquement l'entretien de la verrière ; les restaurations du XIXe siècle sont sensibles au registre inférieur, par exemple  pour le Chevalier donateur, seigneur de Névet, où il reste peu de pièces anciennes ; enfin, tout dernièrement, J.J. Gruber vient de faire une remise en état intelligente de l'ensemble des verres, assez dégradés sur les deux faces par la prolifération des micro-organismes et l'altération des composants chimiques de la matière. [...]

Son iconographie se signales par deux scènes peu fréquentes. La présence de la Résurrection de Lazare qui commence le récit en bas à gauche, et qui fut une scène très populaire en soi, s'affirme ici par sa relation avec les deux derniers épisodes, la Résurrection et la Descente aux limbes, que la libération de l'Homme s'accomplit par le Fils de l'Homme. Le registre supérieur débute par une scène peu courante dans la peinture sur verre , Jésus cloué sur la croix ; ces panneaux avec ceux de l'Agonie au jardin des Oliviers figurèrent à l'exposition d'Amsterdam sur le vitrail en 1973.

Le trait à la grisaille, précis mais apparaissant comme un affaiblissement du style de Kergoat, sert un expressionnisme voulu, plat et sans effet pour les visages du Christ, mais éloquent dans le rendu des physionomies pittoresques, et presque fantastique pour la trogne du bourreau qui cloue les pieds du supplicié. Les plages de couleur viennent atténuer, sinon par leur importance, du moins par leur disposition, les éclaboussures de lumière trop vives causées par les nombreux verres incolores ; par exemple dans la Mise au tombeau au registre supérieur, les vêtements mauves, jaune et bleu du premier plan, puis les diverses nimbes et coiffures sur le fond vert règlent  le rayonnement des parties incolores que la peinture à la grisaille, en trait et lavis légers, n'arrive pas à assourdir et que les altérations ont fini, aujourd'hui, par assombrir en faussant le rapport des degrés de translucidités. 

Pour peindre bien des visages de personnages secondaires masculins, le peintre a choisi des verres constitués, dans leur épaisseur, de deux couches, rouge et incolore, dont l'irrégularité respective fait varier avec bonheur l'intensité de la couleur. Si le vieillissement a  déstabilisé le colorant métallique qui teint la masse des verres utilisés pour la tunique violette du Christ au point de l'obscurcir, il a fait par contre virer d'autres couleurs vers des tonalités adoucies, mauve ou vieux rose, comme le manteau du Ressuscité.

Par ailleurs, l'habileté technique apparaît dans la réalisation du ciel étoilé de l'Agonie ou du Père éternel : l'artisan a monté en chefs-d'œuvre les verres jaunes en les sertissant dans la pièce bleue. Les encadrements des scènes imitent l'aspect le plus détendu du gothique tardif notamment l'arc en plein cintre surbaissé, comme pour annoncer l'évolution vers un nouveau décor. L'expressionnisme illustre ici une des possibilités stylistiques, surtout d'inspiration septentrionale, et n'est pas à lui seul représentatif des œuvres de Cornouaille : il en est même le seul exemple. 

Enfin, malgré les indigences, celle des drapés sommaires par exemple, malgré la  lourdeur d'exécution en général, la couleur est affirmée en tant que valeur pure, autonome, constitutive de la peinture sur verre.", 

 

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Il resterait à dire que ces couleurs somptueuses servent aussi un dessin hélas occulté par la dégradation grise des verres, mais qui se débusque par l'agrandissement et l'éclaircissement des images : les femmes enturbannées de la Résurrection de Lazare, le visage de Jean dans la Déposition laissent rêver de ce que serait ce vitrail s'il était restitué par une audacieuse copie plus fidèle à l'état initial que préoccupé du respect des altérations actuelles. Mes photos tentent d'en rendre compte.

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Maîtresse-vitre  (1476-1479)  de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre (1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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1. Résurrection de Lazare.

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"panneau supérieur bien conservé  sauf quelques pièces, panneau inférieur moderne."

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 "Revêtu d'un blanc linceul, Lazare, qui a un visage le spectre, se lève d'un tombeau à couleur violette, placé sur un parquet de mosaïque jaune et noire. Derrière lui, le Christ, habillé d'une robe à pourpre très foncée, étend la main. A gauche du Sauveur, Marthe, en robe bleue, semble lui parler ; à droite, on voit des personnages avec des robes lilas et des manteaux verts. Derrière Marthe, à gauche, on aperçoit trois têtes ravissantes. A gauche du Christ ce sont trois autres têtes, auréolées." (Pérennès 1933)

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La scène illustre le texte de Jean 11:38-44

 

" Jésus frémissant de nouveau en lui-même, se rendit au sépulcre. C'était une grotte, et une pierre était placée devant. Jésus dit: Otez la pierre. Marthe, la soeur du mort, lui dit: Seigneur, il sent déjà, car il y a quatre jours qu'il est là. Jésus lui dit: Ne t'ai-je pas dit que, si tu crois, tu verras la gloire de Dieu? [...]  Ayant dit cela, il cria d'une voix forte: Lazare, sors! Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandes, et le visage enveloppé d'un linge. Jésus leur dit: Déliez-le, et laissez-le aller."

 

À la différence du chanoine Pérennès, j'identifie plutôt la première femme comme la Vierge (nimbée, vêtue de bleu et portant le voile) ; j'attribue la place la plus proche du Christ à Marie-Madeleine (Mariam) suivie de sa sœur Marthe, et d'une troisième femme. elles portent toutes les trois la coiffure en turban, attesté dès 1410 et qui, sous le nom de balzo   deviendra à la mode en Italie vers 1530 après avoir été adoptée par Isabelle d'Este à Mantoue. Ces turbans sont ici faits d'enroulement d'une étoffe autour d'un bourrelet, sans aucune broderie ni aucuns bijoux.

A la gauche du Christ sont représentés trois apôtres (nimbés), dont saint Jean, imberbe.

Les visages aux yeux baissés se caractérisent par des sourcils fins, figurés d'un seul trait, par d'épaisses paupières supérieures, et des paupières inférieures gonflées, réduisant la fente palpébrale à un croissant très étiré, parfois animé d'un iris noir. Les lèvres inférieures forment une petite saillie au dessus de mentons ronds.

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Maîtresse-vitre  (1476-1479)  de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre (1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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2. Entrée à Jérusalem (1). 

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Panneau supérieur gauche peu restauré, le reste largement complété.

Dans l'évangile de Jean, cette scène (Mc 11:1-11) (Mt 21:1-9 ; Le 19:28-38 ; Jn 12:12-19) est clairement associée à la Résurrection de Lazare

 

"Le lendemain, une foule nombreuse de gens venus à la fête ayant entendu dire que Jésus se rendait à Jérusalem, prirent des branches de palmiers, et allèrent au-devant de lui, en criant: Hosanna! Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, le roi d'Israël! Jésus trouva un ânon, et s'assit dessus, selon ce qui est écrit: Ne crains point, fille de Sion; Voici, ton roi vient, Assis sur le petit d'une ânesse. Ses disciples ne comprirent pas d'abord ces choses; mais, lorsque Jésus eut été glorifié, ils se souvinrent qu'elles étaient écrites de lui, et qu'il les avaient été accomplies à son égard. Tous ceux qui étaient avec Jésus, quand il appela Lazare du sépulcre et le ressuscita des morts, lui rendaient témoignage; et la foule vint au-devant de lui, parce qu'elle avait appris qu'il avait fait ce miracle."

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Voir l'analyse de cette scène

http://www.lavieb-aile.com/article-la-maitresse-vitre-de-l-eglise-saint-pierre-de-tonquedec-123357760.html.

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"Jésus chevauche un ânon blanc. Au pas d'une porte, on remarque une femme et deux hommes ; l'un de ceux-ci, à genoux, étend un manteau sous les pieds de l'âne. Plus loin, sur une éminence, un homme est curieusement accroupi dans un arbre, avec lequel il fait corps." (H. Pérennès)

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Là encore, on peut s'étonner qu'Henri Pérennès (1875-1951), chanoine honoraire de Quimper, docteur en théologie ou directeur du grand séminaire de Quimper, ne reconnaisse pas ici le collecteur d'impôt  Zachée perché dans son sycomore, tel que le décrit Luc 19:1-10. Sa participation à l'Entrée à Jérusalem n'est certes pas conforme aux évangiles, mais est propre à la tradition iconographique (Giotto 1300 à la Scrovegni de Padoue) par assimilation aux habitants cueillant des branches d'arbres.

Dans le visage de saint Jean, derrière le Christ, (là où on trouve habituellement saint Pierre), se retrouvent les fentes palpébrales très effilées et la bouche lippue signalés dans la première scène.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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3. Entrée à Jérusalem (2).

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Cette scène, qui prolonge la précédente, ne m'a pas paru très crédible, et j'ai d'abord pensé à une contamination avec des pièces d'une légende de sainte Barbe ou de sainte Catherine dans leurs tours, mais la comparaison avec l'Entrée à Jérusalem de Giotto  me permet de lire l'image avec la représentation d'une porte de Jérusalem et de ses remparts. Une élégante  femme est coiffée du turban noué sous le menton. Un homme barbu est coiffé d'un chaperon.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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4. La Cène (1). Marcel Delon 1906.

 

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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5. La Cène (2). La sortie de Judas et sa pendaison Marcel Delon 1906.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Judas s'enfuyant avce sa bourse, et l'arbre du champ du Potier où il s'est pendu.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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6. Un chevalier donateur  (Marcel Delon 1906).

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Inscription sur l'étendard DER ??? (signature de Delon ??) ou PER--.

Certains y voient le seigneur de Névet (dont les armoiries figuraient dans le tympan), d'autres, comme H. Pérénnès, Jeanne d'Arc. Le léopard passant, de gueules, sur fond d'or, peut-t-il être mieux interprété ? 

La présence des fragments d'un chevalier donateur est attestée avant l'intervention du peintre restaurateur. Selon J.P. Le Bihan "La famille de Névet y possédait ses armes ainsi que la représentation d'un seigneur armé de toutes pièces en cotte d’armes sur un cheval enharnaché de son harnais de combat tenant la bannière chargée de l’écusson. La cotte d’armes était armoriée. Ailleurs, alliances" En effet, nous lisons  :

 

"Le cœur de ladite église demeure uniquement aux dits seigneurs  de Nevet pour leur sépulture (19), avec leurs tombes, enfeu, ceinture funèbre, au supérieur aussi uniquement autour de l'église, ses ailes et ancienne chapelle, comme fondateurs; et, dans la maîtresse vitre, aussi âpres celle du souverain uniquement, leurs armes en alliance de plusieurs principales familles de la province et au lieu le plus éminent; s'y voit la représentation d'un seigneur de Nevet, armé de toutes pièces, sa cotte d'armes sur son cheval enharnaché de son harnois de combat; ledit seigneur ayant la cotte d'armes armoyée de ses écussons et armes qui sont d'or au léopard morné de gueules tenant sa bannière en forme chargée de ses écussons et armes, qui est la marque que les dits ducs, roy et reine le reconnaissaient vrai baron, banneret, et dès lors comme auparavant ils furent tenus  et titrés barons, et depuis en cette qualité par tous nos rois, successeurs en tous mandats et ordres et par les Cours souveraines. " Jean TREVIDY, Histoire de la maison de Névet racontée par Jean, baron de Névet (1664)", Bull. Société archéologique du Finistère t. XV page 351.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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DEUXIÈME REGISTRE.

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7. Agonie du Christ.

restauré, notamment la tête du Christ..

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 "Le Christ est à genoux ; autour de lui dorment Pierre, Jacques et Jean, auréolés de rouge, de vert et de jaune. A droite, au-dessus du Sauveur, on devine un calice, surmonté d'une grande hostie, et tenu par deux mains. Au fond, une palissade représente les murs de Jérusalem ; derrière ce rempart, c'est une troupe de soldats casqués et armés ; une partie des hommes l'a déjà franchi. Judas est là, qui désigne le Christ aux soldats. Le ciel bleu est constellé d'étoiles d'or." (H. Pérennès 1933)

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L'un des intérêts de ces panneaux est la présence de   pièces montées en chef-d'œuvre dans le ciel étoilé. On désigne ainsi une pièce de verre placée à l'intérieur d'un autre verre, ce qui suppose une découpe interne sans trait de refend. Parmi les dix étoiles (en enlevage sur grisaille, peint au jaune d'argent), seule deux sont  ainsi "suspendues" à l'intérieur de leur plomb circulaire sans être reliée par d'autres plombs.

Pierre occupe le coin inférieur droit, vêtu d'un manteau rouge (ou plutôt ici du plus beau rose), et ses mains tenaient peut-être jadis le glaive dont la présence est habituelle.

Jacques (le mineur) est nimbé de bleu-vert.

Jean soutient d'une main son visage d'éphèbe aux boucle d'or et sans poils au menton, dans l'attitude du songeur. Le nimbe est d'une admirable  teinte rouge-rosée.

 

 

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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8. Arrestation du Christ.

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"Bien conservé à l'exception de la niche, très altérée."

" Au premier plan, un petit personnage, vêtu d'un pourpoint rose et de chausses bleues, porte une lanterne. Judas baise son maître qu'entourent des soldats. Un apôtre, auréolé de bleu, s'enfuit. A droite, parmi des soldats, apparaît un personnage coiffé de vert. Au fond du tableau, deux arbres, en forme de champignons, figurent le jardin." (H. Pérennès)

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Henri Pérennès semble faire exprès de ne pas reconnaître dans le "petit personnage au pourpoint rose", Malchus le serviteur du principal sacrificateur, dont l'oreille droite vient d'être tranchée par saint Pierre. Le trop irascible apôtre rengaine son glaive, et Jésus remet en place le pavillon auriculaire tout en calmant le jeu de la main gauche. Ce "serviteur" est un garde, armé d'une épée, et il tient la lanterne puisque la scène se déroule à l'aube.  On peut, pour le plaisir, comparer cette scène à une enluminure d'un Livre d'Heures de la Bibliothèque de Rennes Ms 1335 f 168, intitulée Baiser de Judas et essorillage de Malchus (entre 1430 et 1450):

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Voir aussi d'autres enluminures et gravures de la BM de Rennes : http://www.tablettes-rennaises.fr/app/photopro.sk/rennes/detail?docid=122337#sessionhistory-c0DLMcGm

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Notez la marque du coutelier sur la lame du glaive de saint Pierre. Comme, par exemple, à St-Nicolas-du-Pelem.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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9.  Dérision du Christ.

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"Bien conservé, altéré, une lacune, plombs de casse".

 " Le Sauveur apparaît entre deux personnages, dont l'un est costumé en rouge, tandis que l'autre porte un pantalon rouge et un pourpoint de couleur verte. Quatre bouffons l'entourent ; l'un d'eux tient en main une marotte, un autre lève la main en une attitude de raillerie." (H. Pérennès)

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Il ne s'agit pas d'une scène de dérision, mais de celle du soufflet : le bourreau de gauche tire les cheveux du Christ tout en le giflant. Son comparse de droite n'y va pas de main morte non plus. Derrière, celui qui est coiffé d'un bonnet à plume rouge ne tient pas une marotte, mais une branche épineuse. 

On notera le bracelet au poignet de l'homme coiffé de bleu (qui frappe également Jésus) ; la dilatation des narines des deux soldats supérieurs, procédé habituelle de représentation des "méchants" ; la posture chorégraphique des bourreaux, en fente avant, quasi constante dans cette scène.

Ou surtout l'œil rehaussé de jaune du bourreau de gauche. Les chaussures dépareillées de celui de droite (cf infra les chausses mi-parti). 

Et bien sûr les quatre ou cinq tonalités de rose, de rouge et de mauve, et notamment le visage rose du bourreau à chaperon bleu..

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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10. Comparution devant Caïphe.

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" peu restauré"(Corpus).

" Jésus devant Hérode. — Hérode est assis sur son trône, coiffé de pourpre, vêtu d'une tunique rouge et d'un camail vert. Les mains ouvertes, il semble interroger Jésus qui, en robe blanche, se tient devant lui. La figure du Sauveur est envahie et mangée par les lichens." (H. Pérennès)

 

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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11. La Flagellation.

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"Peu restauré. nombreux plombs de casse".

" Le Christ est attaché à un tronc d'arbre, entouré de gens en pourpoint rouge. L'un d'eux, dont les chausses sont mi-partie jaune et lilas passé, a le bras levé pour le frapper." (H. Pérennès)

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Non, le Christ n'est pas attaché à un tronc d'arbre, mais lié à la Colonne de flagellation. Il est encadré par quatre soldats armés de fouets à lanières plombées, ou flagrum. Les chausses  du bourreau sont mi-parti, une coquetterie qui a certes été à la mode parmi les seigneurs (Calendrier des Très Riches Heures de Jean de Berry), mais qui est aussi un trait de marginalité des soldats, utilisé ici pour stigmatisé ces hommes de main. 

Cette scène contient six des plus beaux  exemples de ces remarquables  pièces de verre rouge ou rose . L'une d'elle (plastron du pourpoint) est singulière par la marque en A ou H plus foncée. Mais la plus belle, le clou de ce spectacle, c'est la "tronche" du bourreau rouge sous son bonnet rouge à pompon rouge. 

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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12. Portement de croix.

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"peu restauré, très altéré. emploi de verre rouge pour la carnation du bourreau.

" Le Sauveur porte une croix en forme de tau (T), dont la partie la plus longue est dirigée vers l'avant. Cette particularité existe au calvaire de Tronoën. — A droite, une sainte femme dont le visage est empreint de douleur." (H. Pérennès)

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Je n'ai pas vu la sainte femme, mais sept hommes entourant le Christ. A droite, un homme au sourire que l'on ne se privera pas de qualifier de sardonique et à la face bien rose, violacée, à défaut d'être rubiconde, tient la corde à la quelle le supplicié est liée. Au dessus de lui, un soldat en armure.  A gauche, un autre soldat (tabard jaune sur l'armure) donne un coup de pied au Christ. L'officier de tous ces braves gens, la face bien rougeaude sous un turban, vérifie que ses ordres sont bien exécutés.   Simon de Cyrène est peut-être là, en arrière-plan.

La croix en Tau et le coup de pied du garde figurent, entre autre,  sur le retable de la chapelle de La Housssaye, ou dans l'enluminure des Heures de Jean de Montauban, milieu XVe, folio 70rBM Rennes ms 1834  

Quand à la masse rose, verte et jaune du coin droit, est-elle ce qu'il reste d'une sainte Véronique ?

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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13. Mise en croix.

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" Sur la croix, à moitié élevée, le Christ est attaché. Un bourreau lui cloue l'un des bras, un autre lui attache les pieds. On voit, sur la droite, la Vierge et Madeleine, en bleu foncé. Dans le fond, à gauche, apparaît une troupe d'hommes." (H. Pérennès 1933)


 

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Il suffit de regarder les photos, et l'usage des verres roses, pour que tout soit dit. Une nouvelle fois, l'artiste oppose l'immobilité et la passivité des saints personnages (seul le geste de Pierre lors de l'Arrestation fait écart, et est condamné) à la mobilité déliée, fluide et agile des bourreaux. Cette opposition entre les valeurs positives de la dignité souffrante, figée et patiente, et les valeurs négatives de l'expression dynamique du corps, dans ces Passions du XVe et XVIe siècle, témoignent sans-doute de l'état des mentalités contemporaines sauf à considérer qu'elles sont propres au thème de la Passion, du latin passio "action de supporter, de souffrir".

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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14. Crucifixion.

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" Au pied de la croix se trouvent Marie, habillée de bleu, et deux personnages barbus, qui doivent être Nicodème et Joseph d'Arimathie. On aperçoit, derrière la Vierge, deux figures et plusieurs personnes. Là sont aussi la lance qui perça le flanc de Jésus, puis la pique, surmontée d'une éponge." (H. Pérennès 1933)

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Ah, ce n'est pas du temps du chanoine Jean-Marie Abgrall qu'on aurait... Laissons. Mais précisons que saint Jean, imberbe et en manteau rouge se tient derrière la Vierge en manteau bleu. Comme partout. Marie-Madeleine est sans-doute à leurs cotés.

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Ou bien, que nous ne voyons pas "une pique, surmontée d'une éponge", mais, dessinée clairement,  la branche d'hysope mentionnée par Jean 19:29 : "Un vase était là, rempli d'une boisson vinaigrée. On mit autour d'une branche d'hysope une éponge imbibée de ce vinaigre et on l'approcha de sa bouche."(vas ergo positum erat aceto plenum illi autem spongiam plenam aceto hysopo circumponentes obtulerunt ori eius). (Dans  Mt 27:48, c'est un roseau)

— Mais qu'est-ce que ça change ?

—  D'une part, ce verset de Jn 19:29 précède immédiatement  celui de la mort du Christ : "Quand Jésus eut pris le vinaigre, il dit: «Tout est accompli.» [Consummatus est]  Puis il baissa la tête et rendit l'esprit." La branche d'hysope représentée sur le vitrail accentue le coté dramatique de la représentation de la Crucifixion en la focalisant sur le moment crucial (au sens propre).

Et d'autre part, cet hysope, hussopos en grec,  est un arbrisseau dont, selon la Bible,  on utilisait les branches (1 Rois 4-33) pour faire l’aspersion avec le sang et l’eau de purification (Lév.14-1/7 ; Nbre 19-1/19). Il renvoie au verset 9 du Psaume 51 « Purifie-moi avec l’hysope et je serai pur ; lave-moi et je serai plus blanc que la neige ». Ce geste a presque une valeur sacramentelle d'onction.

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Enfin les deux personnages de droite ne sont certainement pas Joseph d'Arimathie et Nicodème, qui appartiennent à la scène suivante. L'homme de face est vêtu sous son manteau de commandement rouge, d'une armure avec cotte de maille ; sa main gauche est posée sur le pommeau de son épée. C'est, à coup sûr, le Centenier de Luc 23:47 et surtout de Matthieu 27:54  qui se convertit en s'exclamant Vere dei filius erat iste, "Vraiment, cet homme était le Fils de Dieu". Là encore, cette phrase, dont l'élocution est soulignée par la main droite orientée vers le Christ, participe avec force a la dramaturgie de la scène, car tout se concentre alors dans un intervalle de temps très court. :

 

"Jésus poussa de nouveau un grand cri et rendit l'esprit. Et voici que le voile du temple se déchira en deux depuis le haut jusqu'en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent, les tombeaux s'ouvrirent et les corps de plusieurs saints qui étaient morts ressuscitèrent. [...] A la vue du tremblement de terre et de ce qui venait d'arriver, l’officier romain et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus furent saisis d'une grande frayeur et dirent : « Cet homme était vraiment le Fils de Dieu. »"

A la gauche du Centenier, et recevant ses paroles, nous reconnaissons Caïphe, le principal sacrificateur. Ce n'est sans-doute pas par hasard qu'il soit gratifié d'un verre rose. Il est barbu, et représenté comme un grand prêtre, avec un grand manteau à col rehaussé d'orfrois. C'est son couvre-chef rouge qui me permet de l'identifier, car c'est le même que dans la Comparution.

Le verre rouge du manteau du Centenier montre bien la fragilité des ces verres plaqués : la corrosion attaque la plaque rouge très fine.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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15. Déposition de croix.

 

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"Marie est là, toujours en bleu. A côté d'elle Nicodème et Joseph d'Arimathie." (H. Pérennès, 1933)

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Il n'y a rien à corriger. Saint Jean est à gauche.  Nous ne voyons plus rien du corps du Crucifié, si ce n'est le jaune d'argent de la couronne d'épines. Nicodème porte une belle aumônière à sa ceinture. Les photos vont montrer la beauté des verres.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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16. Mise au tombeau.

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Nous avons de gauche à droite Joseph d'Arimathie (chaperon rouge, col brodé d'or) soutenant la tête du Christ, une Sainte Femme, la Vierge voilée de son manteau bleu, saint Jean (au visage et aux cheveux blonds très féminins) et Nicodème portant les pieds. La représentation de ce dernier, (Jn 3:1 un homme d'entre les pharisiens, un chef des Juifs)  frôle la caricature. La couleur jaune de sa robe est hautement significative (je renvoie aux travaux de Michel Pastoureau). La forme conique de son chapeau mauve participe du même signalement.

Vue de dos, vous l'avez reconnue car c'est sa place de ce coté-ci du tombeau, touchant la hanche du Christ : Marie-Madeleine.

 

 

 

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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17. Résurrection.

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(peu restauré).

" Le Christ sort du tombeau, auréolé d'un nimbe crucifère, et vêtu d'un manteau vert. Il tient, de la main gauche, la croix de résurrection, ornée à la manière d'une croix processionnelle. Au premier plan, l'on aperçoit deux soldats, dont l'un tombe en avant, alors que l'autre est affalé à terre." (H. Pérennès 1933)

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L'artiste anonyme, notre "maître de la maîtresse-vitre de Locronan" semble s'être inspiré de la lecture de Marcel Proust : "La crème et les fraises que le même oncle mêlait, dans des proportions toujours identiques, s'arrêtant juste au rose qu'il fallait avec l'expérience d'un coloriste et la divination d'un gourmand". 

Mais Célestine, Françoise ou tante Léonie ont mélangé à son fromage blanc, qui des framboises, qui des cassis, qui des myrtilles .

Je laisse  les éloquentes et gustatives images présenter elles-mêmes leurs trésors.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre  (1476-1479)  de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre (1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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18. Descente aux limbes.

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" Les limbes sont figurées par une immense gueule bleue-violacée, garnie de dents aigües. Un personnage représentant une âme se tient debout dans cette gueule. Le Christ est à gauche, vêtu de blanc : il semble porter un bâton. Ici, comme au calvaire de Tronoën, l'artiste a conservé l'idée traditionnelle des limbes, qui ne sont pas le véritable enfer, mais le séjour où les justes attendaient l'arrivée du Sauveur." (Henri Pérennès, 1933)

 

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Les amateurs  corrigeront facilement le bon chanoine du chapitre de Quimper : ce n'est pas "un personnage représentant une âme" qui sort de la gueule de Léviathan, c'est le couple primordial, ce sont Adam et Éve qui attendent depuis les temps immémoriaux de la Genèse de sortir de ce sinistre four.

Le "bâton" n'est rien d'autre que la hampe de l'étendard de la Résurrection.

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Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Maîtresse-vitre de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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LE TYMPAN.

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Ses 19 ajours et écoinçons peuvent se décrire en cinq rangées concentriques à partir du sommet, mais aussi en trois thèmes : 

Le domaine héraldique occupe le zénith, avec les armes du couple ducal (François II et Marguerite de Foix), et le nadir avec deux écussons aux armes du duc de Bretagne. Les armoiries sommitales sont d'un intérêt particulier.

Au centre, Dieu couronné et assis sur un trône est entouré par les 4 animaux du Tétramorphe, symboles des quatre évangélistes. Une inscription Vitulus Lucas  témoigne de l'existence de la formule complète  Virgo Johannes avis, vitulus Lucas, leo Marchus, Est homo Matheus : quatuor ista Deus, formule attribuée à Petrus Cantor et attesté aussi à  la cathédrale de Saint-Pol -de-Léon. C'est le deuxième centre d'intérêt.

Ailleurs, 10 anges tiennent sur leur phylactère des versets (en italique ici) du Gloria : Gloria in excelsis Deo Laudamus te, benedicimus te, adoramus te, glorificamus te, gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam. Dómine Deus, Rex cæléstis, Deus Pater omnípotens. Dómine Fili Unigénite, Iesu Christe.

Nous pouvons donc dire  que les 10 anges chantent la gloire de Dieu entouré des 4 témoins du Tétramorphe, sous les auspices des donateurs François II et Marguerite de Foix.

 

Sur le plan stylistique, nous retrouvons des verres roses et mauves, qui se gardent bien d'affubler les visages des anges et de la divinité. Nous retrouvons aussi les yeux extrêmement effilés sur la face de certains anges.

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Tympan de la maîtresse-vitre  (1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre  (1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Les ajours sommitaux.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Deux anges présentent chacun un blason surmonté d'une couronne ducale. L'écusson de gauche , d'hermines plain (8 mouchetures) , est celui des ducs de Bretagne, en l'occurrence François II, donateur de la vitre par son mandement de 1475. François II a été duc de 1458 à sa mort le 9 septembre 1488. 

Sur le blason de droite apparaissent les armes de Marguerite de Foix, seconde épouse de François II depuis 1471, et mère d'Anne de Bretagne.

Le fond est bleu à gauche, mauve et vieux-rose à droite.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Les armoiries de Marguerite de Foix.

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Elles sont sans-doute récentes, car en 1978, l'enquête topographique de Claude Quillivic et Jean-Pierre Ducouret, menée après la restauration de 1973, signale : "armes pleines de Bretagne répétées 3 fois et armes mi parti de Bretagne et Foix (ce dernier disparu) : François II et Marguerite de Foix".

Elles sont "fautives", ou partielles, car elles sont figurées en jaune sur fond blanc sans tenir compte des couleurs propres à ces armes.

Si, comme cela semble le cas, elles sont récentes, elles pourraient avoir été copiées sur celles du tombeau de François II et de Marguerite de Foix, jadis aux Carmes de Nantes et actuellement dans la cathédrale de cette ville. Or, ces armoiries, tenues par un chien au pied de la duchesse, sont monochromes, en bas-relief dans la pierre blanche.
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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Ce sont  les armoiries composées en partie de celles de la Bretagne (partie gauche) et en partie de celles  de Foix-Béarn-Navarre (partie droite, armes hérités de son père, Gaston IV de Foix Béarn, et de sa mère, Éléonore de Navarre.

Gaston IV de Foix Bearn, en succédant à son père Jean Ier, hérite des armoiries de ce dernier qui sont un écatelé de Foix et de Béarn avec la Bigore en abîme : écartelé aux 1 et 4 d'or, à trois pals de gueules ; et aux 2 et 3 d'or, à deux vaches, accornées, accolées et clarinées d'azur ; sur le tout d'or, à deux lions léopardés (à gauche).

En épousant Éléonore et quand cette dernière devient héritière du royaume de Navarre, il modifie ses armoiries pour inclure celle de Navarre, mais n'ajoute que des quartiers issus des armoiries de la famille d'Évreux-Navarre, à l'exclusion des quartiers d'Aragon : écartelé au 1 de gueules, aux chaînes d'or, posées en orle, en croix et en sautoir ; au 2 d'or, à trois pals de gueules ; au 3 d'or, à deux vaches, accornées, accolées et clarinées d'azur ; au 4 semé de lys d'or, à la bande componné d'argent et de gueules ; sur le tout, d'or aux deux lions léopardés de gueules, armés et lampassés d'azur, passant l'un sur l'autre (à droite). (Wikipédia

 

Comme sur le monument funéraire de Nantes, le blason associe en alliance les armes de François II à gauche et celle de Marguerite à droite, qui sont de Foix-Béarn-Navarre (partie droite, armes hérités de son père, Gaston IV de Foix Béarn, et de sa mère Éléonore 

Celles-ci sont complexes, et mi-parti. Je les trouvent blasonnées ainsi (sous de fortes réserves pour I.2):

parti en senexte au I écartelé :

en 1 de gueules aux chaînes d'or posées en orle, en croix et en sautoir, chargées en coeur d'une émeraude au naturel, qui sont de Navarre  ( Eléonore de Navarre, reine de Navarre en 1479, est la mère de Marguerite de Foix)

en 2 d'or aux trois pals de gueules, en 3 d'or aux deux vaches de gueules, accornées, colletées et clarinées d'azur, passant l'une sur l'autre et 4 d'azur aux trois fleurs de lys d'or à la bande componée d'argent et de gueules ; sur-le-tout d'or aux deux lions léopardés de gueules, armés et lampassés d'azur, passant l'un sur l'autre

et en II

écartelé en sautoir d'or aux quatre pals de gueules et de gueules au château d'or ouvert et ajouré d'azur et d'argent au lion de gueules armé, lampassé et couronné d'or. 

 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a7/Tete_de_chien_du_gisant_Nantes.jpg

http://saintdenis-tombeaux.forumculture.net/t385-tombeau-de-francois-ii-de-bretagne-au-couvent-des-carmes-aujourd-hui-dans-la-cathedrale-de-nantes

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Armoiries de Marguerite de Foix, gisant autrefois au couvent des Carmes, aujourd'hui dans  la cathédrale de Nantes sculpté par Michel Colombes au début du XVIe siècle. Photo Jibi44 de l'article Wikipédia Tombeau de François II de Bretagne : 

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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On voit ces armoiries sur le portrait de François II et Marguerite de Foix, par le Maître de Jeanne de France, dans le  missel des Carmes de Nantes, Bibliothèque de l'université de Princeton, Garrett 40, f.103v.  :

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Portrait de François II et Marguerite de Foix, par le Maître de Jeanne de France, détail du missel des Carmes de Nantes, Bibliothèque de l'université de Princeton, Garrett 40, f.103v.

Portrait de François II et Marguerite de Foix, par le Maître de Jeanne de France, détail du missel des Carmes de Nantes, Bibliothèque de l'université de Princeton, Garrett 40, f.103v.

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DEUXIÈME RANG.

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Il est occupé par  quatre anges aux phylactères à inscriptions latines en lettres gothiques. Il s'agit d'extraits du Gloria. De gauche à droite :

 

3. Ange au phylactère NUNC ADORAMUS TE.

4. Ange au phylactère ORA PRO NOBIS

5. Ange au phylactère :  la troisième inscription est difficile à lire. BUDICIMUS ?? (Benedicimus ?)

6. Ange au phylactère ADORAMUS TE

Les anges, nimbés et à la profuse chevelure bouclée blonde (jaune d'argent)  portent un bandeau frontal d'or, perlé et  orné au centre d'une croix. Ils sont revêtus d'une aube et d'un amict dont les pans sont croisés sur la poitrine.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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TROISIÈME RANG.

On y trouve 5 mouchettes : de gauche à droite :

7. Ange à phylactère. ." ET IN -RA -PAT--

8. Sur fond rouge, l'aigle de l'évangéliste saint Jean et un fragment d'inscription .

9." Le Père Eternel, couronné,  bénissant d'une main, et tenant, de l'autre, le globe du monde,  porte une robe verte et est drapé d'un manteau pourpre. Le ciel comporte des pièces en chef d'œuvre (cf. infra) 

10. Sur fond rouge, le lion de saint Marc. C'est un lion jaune d'or, qui a des ailes lie de vin, et porte une auréole bleu de prusse. Près de lui on lit deux lettres AR, survivance possible du nom de Marchus.

11. Un ange tenant une banderole à inscription: GLORIFICAMUS TE.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

 

Nous arrivons à notre deuxième exemple de pièces posées en chef d'œuvre. Ce sont 9 étoiles noires sur fond rouge, posées sur le verre bleu. Stricto sensu, nous n'en trouvons que trois, à la droite du trône, et les autres sont (suite à des bris ?) rattachées au réseau par des plombs. 

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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QUATRIÈME RANG.

12. Un ange avec une banderole où l'on peut lire : [GLOR]IA IN EX[CELCIS] DEO (Incipit du Gloria).

13. Un autre ange dont la banderole porte : DEUS PATER OMNIPOTENS (extrait du Gloria)..

14. Le taureau ailé, jaune d'or, auréolé de même, et les ailes  colorées en jaune à l'argent, de l'évangéliste saint Luc  Au-dessous, on lit VITULUS LUCAS. Ce simple mot de Vitulus (le veau, mais aussi selon le Wiktionnaire  le bouvillon, le taurillon) est un indice précieux qui renvoie à un ouvrage du XIIIe siècle de Petrus Cantor,  Liber qui dicitur Abel, (Manuscrit de la Bibliothèque de Chambery qui  finit par ces quatre vers :   Virgo Johannes avis, vitulus Lucas, leo Marchus, Est homo Matheus : quattuor ista Deus : Est homo nascendo, vitulus mortem paciendo, Est leo surgendo , Jovis aies summa petendo. 

Or, il est remarquable que ces vers sont partiellement cités aussi sur les vitres de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon, transcris par Pol de Courcy :

"Quatre panneaux d'anciens verres de couleur avaient échappé a la destruction dans la fenêtre du chevet du coté de l'évangile, mais étaient sur le point de s'effondrer; ils ont été remis en plomb neuf ce qui assure leur conservation. Ils représentent avec leurs attributs trois des évangélistes dont les noms homo Matheus, Leo Marcus et Vitulus Lucas sont inscrits en lettres gothiques sur des banderolles. Dans le quatrième panneau la dame donatrice du vitrail, présentée par son patron S. Jean-Baptiste est agenouillée sur un prie-dieu. A sa haute coiffure conique nommée hennin, à sa taille courte et à sa jupe à’ queue traînante, on reconnait les costumes en usage dans la seconde moitié du XVe siècle. Les armoiries peintes sur sa robe permettent même d'attribuer ce vitrail à la munificence de Jeanne de Kergoulouarn épouse de Yvon Simon sieur et dame de Kergoulouarn en Plouvorn." Pol de Courcy, Itinéraires de St-Pol à Brest, 1859.

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15. L'ange de saint Matthieu et l'inscription MATHE[US] .

16. Un ange avec une banderole, où figure la formule : DEUS REX COELESTIS  (extrait du Gloria).

17. Un ange, sur la banderole duquel on peut lire : GRATIAS AGIMUS TIBI (propter magnam gloriam tuam) (extrait du Gloria).

 

 

 

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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On remarquera les yeux extrêmement effilés de cet ange.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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CINQUIÈME RANG.

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18 et 19 , de chaque côté du vitrail, un ange présente un blason couronné  d' hermines plain : les armoiries du duc François II.

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Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

Tympan de la maîtresse-vitre (vers 1476-1479) de l'église de Locronan. Photographie lavieb-aile novembre 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— COUFFON (René), LE BRAS (Alfred), 1988, , Répertoire des églises : paroisse de LOCRONAN,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 2 novembre 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/920.

" la maîtresse vitre est consacrée à la Passion. En dix-huit panneaux sur six lancettes, elle représente la résurrection de Lazare, l'Entrée à Jérusalem, la Cène, l'Arrestation au Jardin des Oliviers, les Outrages, le Jugement de Pilate, le Portement de croix, la Mise en croix, et la Mort du Christ, la Mise au tombeau, la Résurrection et la descente aux enfers. Elle porte en supériorité les armes pleines de Bretagne et les armes mi-parti Bretagne et Foix, armes de François II et de Marguerite de Foix, ce qui la date du dernier quart du XVIe siècle ; cependant certains panneaux semblent plus tardifs et indiquent une réfection partielle au XVIe siècle. Restauration en 1910, sensible dans le registre inférieur, puis en 1977 (C.). Dans la fenêtre éclairant l'autel Saint-Eutrope, fragments de vitraux du XVIe siècle (sainte Trinité et saint Pierre) provenant de la chapelle Notre-Dame de Bonne Nouvelle."

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/55a0099976c148cb034b4323cf0497e5.pdf

 

— ABGRALL (Jean-Marie), PÉRÉNNES (Henri), 1925, Notice sur Locronan. Bull. dioc. Archit. Archéol. Quimper, pages 131-143.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/4a4d765983806659ef1eeb10debc7f76.pdf

— BARRIÉ  Roger. Les verres gravés et l'art du vitrail au XVIe siècle en Bretagne occidentale. In: Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest. Tome 83, numéro 1, 1976. pp. 35-44; doi : 10.3406/abpo.1976.2796

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1976_num_83_1_2796

 

— BOULANGER (Karine), 2004, . Les traités médiévaux de peinture sur verre. In: Bibliothèque de l'école des chartes. 2004, tome 162, livraison 1. pp. 9-33; doi : 10.3406/bec.2004.463329 http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_2004_num_162_1_463329

http://www.persee.fr/docAsPDF/bec_0373-6237_2004_num_162_1_463329.pdf

— BARRIÉ  Roger., "Le vitrail", in  DILASSER (Maurice), 1979, Locronan et sa région, Nouvelle Librairie de France pages 549-561.

 

—GATOUILLAT (Françoise) , HÉROLD ( Michel), 2005, . Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum VII . Presses universitaires de Rennes, 369 p. page 142.

 

— LE BIHAN (Jean-Pierre), blog;

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-3576074.html

 

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-16413698.html


— PÉRÉNNES (Henri), 1933, "La maîtresse-vitre de l'église de Locronan". 7 pages.

https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1933.pdf

 

— WAQUET (Henri), 1919, "Locronan", Congrès archéologique Brest-Vannes, p. 554-576.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f670.image

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
28 octobre 2017 6 28 /10 /octobre /2017 14:27

Le cénotaphe (début XVe) d'Olivier de Clisson et Marguerite de Rohan à l'église Notre-Dame-du-Roncier de Josselin. 

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Sur les gisants, voir aussi ici :

et aussi :

-- Le gisant du seigneur de Liscoët en Botquélo (22), limite XIV-XVe.

-- Le gisant de Perronelle de Boutteville et Bertrand de Trogoff (église Notre-Dame-de-l'Assomption au Faouët par l'atelier du Folgoët.  Début XVe, granite, h. 1,70, 1. 0,86. Gisants représentés sur un lit funéraire : à gauche, personnage masculin (Bertrand de Trogoff?), coiffé en calotte, vêtu d'une armure; à droite, personnage féminin (Perronnelle de Boutteville,?) portant une coiffure à cornes.

-- Le tombeau de saint Ronan dans la chapelle du Pénity de l'église de Locronan, partiellement par l'atelier du Folgoët.

-- Le tombeau de saint Jaoua à Plouvien par l'atelier du Folgoët.

--Le tombeau du chanoine de Nantes Laurent Richard en l'église de Plouvien vers 1555.

 

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Ce qu'il reste du magnifique tombeau d'Olivier de Clisson et de sa seconde épouse Marguerite de Rohan, mutilé à la Révolution, se trouve aujourd'hui dans la chapelle Sainte-Marguerite, dans le transept Sud de la basilique Notre-Dame-du-Roncier située entre la rue Olivier de Clisson et la place Alain de Rohan.

Ce monument haut de 1,46 m, long de 2,72 m et large de 1,61 m, est une oeuvre importée commandée dans la 1ère moitié du XVe siècle (après 1407) à un atelier de Tournai par Alain VIII de Rohan, gendre d'Olivier de Clisson, et exécutée dans un marbre provenant de la région de Dinant en Belgique.  Elle fut mutilée en 1793, puis  fortement restaurée par le sculpteur rennais  Jean-Baptiste Barre en 1858 qui refit la tête d'Olivier de Clisson ainsi que le lion et le lévrier qui seront volés avant 1952.

Les gisants en marbre, grandeur nature, du   connétable Olivier de Clisson et de sa seconde épouse Marguerite de Rohan reposent sur une table en marbre noir poli. Cette dalle est posée sur un soubassement dont le flanc ouest est découpé d'arcatures flamboyante abritant sept pleurants en marbre blanc dont les têtes vraisemblablement encapuchonnées ont été brisées à la Révolution.

Le  lion et la  levrette placés aux pieds des gisants ont été volés après 1930.

Le tombeau était placé jadis dans le chœur de l'église, mais en 1858  il a été déplacé dans la chapelle Sainte-Marguerite, fondée par le connétable  en l'honneur de sa femme.

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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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La gravure du cénotaphe d'Olivier de Clisson, dessinée par Fr. Jean Chaperon et gravée par N. Pitau. a été publiée par Dom Lobineau, Histoire de Bretagne, t. I, p. 511, Paris, 1707, et  reproduite par Dom Morice en 1750-1756, Histoire.. .tome I page 440

 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1041637p/f513.item.r=dom%20morice

 

 

Gravure du cénotaphe d'Olivier de Clisson, dessinée vers 1707 par Fr. Jean Chaperon et gravée par N. Pitau.

Gravure du cénotaphe d'Olivier de Clisson, dessinée vers 1707 par Fr. Jean Chaperon et gravée par N. Pitau.

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DU COTÉ DE MARGUERITE.
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Marguerite de Rohan (vers 1330-1406), est la fille d'Alain VII de Rohan et de Jeanne de Rostrenen. Elle a épousé en 1356 Jean IV de Beaumanoir (1310-1367), maréchal de Bretagne et héros du combat des Trente, puis en 1378, Olivier V de Clisson (1336-1407), connétable de France, comte de Porhoët et baron de Pontchâteau.



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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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La description de la dame du temps jadis :

"La coiffure carrée de Marguerite de Rohan, nommée escoffion, sa longue robe flottante ou cotte-hardie, et son surcot fourré d'hermines fournissent le modèle complet du costume des dames de la plus haute condition, à la fin du 14e siècle". (Emile Gilles, Au cœur de la Bretagne, 1912).

Flagrant délit !

Emile Gilles s'est contenté de recopier Christophe-Paulin de la Poix, chevalier de Fréminville (1834) :

"La statue de Marguerite de  Rohan nous offre un exemple du costume des dames du XIVe siècle. Ses cheveux sont tressés, et ces tresses partagées sur les côtés sont retenues à droite et à gauche dans un réseau orné de perles. La coiffure carrée qu'elle porte  par dessus s'appelait escoffion. Sur sa longue robe ou cotte-hardie elle est vêtue d'un surcot fourré d'hermine, et dont les manches sont longues et serrées." (De Fréminville, Antiq. p. 120)

Soyons précis.

"Les dimensions de la statue de la gisante sont les suivantes : longueur, l ,77 m ; largeur, 0,49 m ; hauteur à l'extrémité des mains, 0,32 m" (R. Couffon)

 

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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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Les "corniauds".

"les deux petites levrettes, sous les pieds de cette dernière, [ont] été remplacées par deux corniauds dont l'un met une patte dans sa gueule, détail amusant et de son époque, mais bien peu conforme à la réalité " (Couffon)

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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DU COTÉ D'OLIVIER.

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"Le connétable est représenté la tête nue, et son armure rappelle celles que portent les ducs Jean II et Jean III, que l'on voit dans l'église de Ploërmel." (Emile Gilles, Au cœur de la Bretagne, 1912).

"Clisson est représenté armé de toutes pièces, excepté la tête. Par dessus sa cuirasse, il porte une cotte d'armes ample et flottante, mais bien plus laisse même apercevoir par le bas une partie du haubergeon ou chemisette de mailles que l'on mettait encore souvent sous la cuirasse. Son épée est suspendue à son côté par un baudrier à demi déceint, [...]. Les brassards, les cuissarts et les grèves que porte ici Clisson ont peu de  lames articulées, ce qui les rendait plus solides mais ôtait  de la facilité au jeu de ces pièces d'armure, qui n'étaient  pas encore à cette époque aussi perfectionnées qu'elles le  furent vers la fin du siècle." Chevalier de Fréminville Antiquité de la Bretagne 1834.

On notera que sur ma photo, prise le 9 octobre 2016, l'épée n'est pas présente au coté gauche. Pourtant, elle est visible sur les photos publiées par Olivier Petit en 2016.

 

 

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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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LE DÉBUT DE L'INSCRIPTION.

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L'inscription donnant l'identité du modèle est gravée sur le pourtour de la dalle :

CHI GIST NOBLE ET PUISSANT SEIGNEUR MONSEIGNEUR DE CLISON JADIS CONNESTABLE DE FRANCE SEIG DE CLISON DE PORHOUET DE BELLEVILLE ET DE LA GARNACHE / QUI TRESPASSA EN APRIL LE IOUR SAINT JORGE LAN M CCCC ET VII PRIEZ DIEU POUR SON AME AMEN

Alors que beaucoup d'auteurs donnent la leçon "ci gist",  Fréminville a lu, comme moi,  CHI GIST.....

Ce détail n'en est pas un, car en matière d'art funéraire, la graphie CHI GIST renvoie à des occurrences relevées dans le Nord et en Belgique, et donc à un tailleur de pierre proche de Tournai. Je trouve en ligne :

a) En  l'église de Cambrai , une dizaine d'épitaphes :

Chi gist sire Alexandre Bouillart, prêtre natif de Beauvais, chapelain de l'église, et de Me Guillaume Dufay , canonne de Cambrai, et trépassa l'an mil CCCC LXXIIII, le XX jour d'aoust. Dieu en ait les âmes.

Chi devant gist Gille Oston Chi devant gist ...Jean de Bietbeke..

Chi devant gist ...Pierre de Charpentier

etc

b) l'église de Saint-Georges à Huy (Liége) :

Chi gist johans Henri dit gran, johans de Warnant fils à Monsaingnour Amele de Warmant Chevalier ki trespassat l'an de grace M. CCC.LXXX & XV.le xvi.eme

c) Le monastère des Dominicains de Valentiennes: 10 exemples.

d) A Amiens, dans l'église des clarisses "en patois du pays".

"Sous moi pierre Chi gist Pierre De Mouchi Qui fut chi Mort bouté :Sa bonté Dieu lui fasse Voir en face"

e) Monastère de Baumont à Valencenes

Chi gist madame Marie , fille de monseigneur Jehan Hainyn , qui fut femme à monsieur Bauduin de le Motte, seigneur de Champiaul , chevalier , et trespassa l'an 1383 , au mois de septembre. 2 . Chi gist monsieur Jean de le Motte, fils de

f) A la chartreuse de Marly-les-Valenciennes :

"Mais les plus riches monumens sépulcraux de la chartreuse furent les tombes des Seigneurs d'Aymeries, grands-baillis du Hainaut, maréchaux et veneurs héréditaires de la province, dont l'un, peu de tems avant de mourir , fit une donation à ces religieux, en janvier 1494, à charge par eux de célébrer tous les ans, suivant l'usage de l'Ordre, un obit pour ses prédécesseurs et pour lui après sa mort, en présence du receveur de la Salle-le-Comte de Valenciennes, ce que frère Charles Sarraes, prieur, accepta par une promesse passée le 25 novembre 1493.

Il était tems: le seigneur d'Aymeries mourut peu après, et de magnifiques obsèques lui furent faites à la chartreuse , où on lui éleva, pour lui et pour les siens, un superbe mausolée. On y lisait l'inscription suivante:

Chi gist noble et puissant seigneur, Messire Anthoine Rolin , chevalier seigneur d'Authun, d'Aymeries et de Lens , Mareschal et Veneur héréditaire de Haynault, eu son temps Grand Bailly et Capitaine général dudit pays, qui trespassa l'an de grâce mil CCCC. IIIIXX XVII, le IIIIe jour de septembre. Et emprès luy, noble et puissante Dame, Dame Marie Dailly se compagne et espeuse, qui trespassa l'an de grâce mil CCCC. IIIIXX XVIII, le VIIIe jour du mois de juing. Priés Dieu pour leurs âmes.

Au dessous brillait celle de Louis Rolin son fils et de dame Gille de Beilaimont sa femme; elle était inscrite en lettres d'or comme suit:

Chi gist noble et puissant seigneur sire Loïs Rolin , chevalier, seigneur d'Authun, d'Aimeries et de Lens, Mareschal et Veneur héréditaire de Haynau, fllz de Messire Anthoine Rolin , en son temps Grand Bailly et Capitaine général de Haynau, et fina ses jours ledict Lois , l'an M. VcXXVIII, le XVII de septembre. Priez pour son ame.

Chi gist très-noble et vertueuse Dame Gille De Berlaimont, espeuse de très-noble chevalier sire Loys Rolin , lesquelz ensemble, esprins de grande dévotion, furent fondateurs de ceste chapelle, et trespassa ladicte Dame, l'an de grâce M. VcXLV, le XIIII de décembre. Priez pour son ame."


 

g) dans les Mémoriaux d'Antoine de Succa (Bibliothèque Royale de Bruxelles).

 Antoine de Succa,  né à Anvers vers 1567, reçut en 1600  une lettre patente des archiducs Albert et Isabelle l’autorisant à étudier les effigies des anciens princes des maisons d’Autriche, de Bourgogne, de Brabant et de Flandre, conservées dans le pays. Parcourant la région, en passant notamment par Tournai, Gand, Louvain, Bruxelles et Anvers, Antoine de Succa rassembla dans ses carnets de voyage, les dessins - ses « Mémoriaux » - qu’il réalisa de ces monuments peints ou sculptés, en y ajoutant ses commentaires. Aujourd’hui, beaucoup de ces monuments ont disparu. Seul subsiste le témoignage du peintre. On voit combien ce recueil est précieux pour comparer le cénotaphe des Clissons avec les monuments funéraires de Belgique. Les gisants sont très précisément décrits, avec leurs habits et leurs bijoux. Les inscriptions  y ont été relevées, et donne une dizaine d'exemples de la graphie CHI GIST :

 

Chi gist demiselle Perone de Waloncappelle, fillie monsignour de Waloncappelle, femme siere Wistace de Morcamp, qui trespassa en l’an de grâce Nostre Seigneur

Margarite de Craon, dame de Croy Chi gist noble et puissant seigneur, monseigneur Jehan, seigneur de Croy, de Rcnti et de Seninghem, chevalier, en son temps conseiller et chambellan du roy nostre sire, et de messeigneurs les ducz de Bourgonie, Philippe et Jehan, capitaine de Picardie et grant bouteillier de France, qui trespassa en la bataillie de Asincourt, le 25 jour d’octobre l’an 1415. Priés pour l’ame. Desur leur corps est un Nostre Seigneur environné des angels en leur donnant la bénédiction et céan derriere le grant autel en la chapelle de saint Saint Bertin.

Chi gist monseigneur Perre de Bailleul, chevalier, jadis marissails de Flandres, fieus monseigneur Jehan de Bailleul, qui trespassa l’an de grâce 1385 le 27 jour du mois de mai. Priés a Dieu pour l’ame de lui.

Chi gist me dame Jehane de Kerki, dame de Doulin, jadis feme monseigneur Perres de Bailluel, qui trespassa en l’an de grâce 1300.

Chi gist Baudin de Saint Orner, seigneur de Walloncapelle O maille Claremarctz O Chi gist messire Gerarts mooccr de Sutpene. Nous subsingés confessons que sieur Athone de Succa est venu extrare les anticques de nostre monastère. En tesmoing de qui ay signé ceste avecque mon signe manuel ce 7 de febvrier 1602. Frere Anthoine le Petit, prieur de Chartroux

In Sint Donas kereke Chi gist noble et poissant prinche de boene memoire monseigneur Loys conte de Flandres de Nevers et de Reihers qui trespassa en l’an de grace mil trois cents quarante et siis le xxvi jour dou mois d’aoust. Pryés pour l’ame de ly . 1346 - d’aust

 

  D'autres exemples pourraient être donnés, mais ceux-ci suffisent sans-doute à ma démonstration.

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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

Cénotaphe d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, église Notre-Dame-du-Roncier à Josselin. Photographie lavieb-aile octobre 2016.

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DU COTÉ DE RENÉ COUFFON 1967.

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On verra bien que les sous-titres et les liens sont de moi...

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Pour une mise en bouche.

 

" L'église Notre-Dame-du-Roncier, à Josselin, ancienne chapelle du château, conserve, dans la chapelle Sainte- Marguerite, adjacente au chœur du côté sud, le cénotaphe du connétable de Clisson décédé en 1407.

C'est une tombe élevée, dont la table, en pierre noire polie, porte, couchées, les statues de marbre blanc du connétable et de l'une de ses deux femmes, statues en grandeur naturelle. Leurs têtes sont abritées sous des dais presque entièrement refaits suivant l'inscription en petites capitales qui y figure : « fait d'après les fragments anciens ».

Les gisants sont entourés d'un encadrement également de marbre blanc et dont quelques éléments sont d'origine. L'une des faces du tombeau, moderne, est décorée de sept arcatures tréflées en albâtre, presque entièrement restituées elles aussi, mais dont quelques éléments anciens se reconnaissent à leur teinte plus foncée. Elles ont été fixées à une hauteur qui eût été insuffisante pour abriter les pleurants en ronde bosse originaux s'ils avaient été intacts ; malheureusement, tous sont décapités.

Le lion, d'excellente facture, qui existait intact aux pieds du connétable a été volé il y a une dizaine d'années (Une excellente photographie du lion a été reproduite par R. Grand, Mélanges d'archéologie bretonne, Nantes-Paris, 1921, p. 87 ; d'autres existent heureusement aux Archives photographiques.).

Jadis dans le chœur de l'église, ainsi qu'il était normal, le connétable étant prééminencier depuis l'achat, le 21 juillet 1370, du comté de Pothoet au comte d'Alençon, le monument fut mis en pièces en 1792."

 

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La restauration par Barré à Rennes.

"Les débris en furent recueillis en 1829, sur l'ordre de M. de Chazelles, préfet du Morbihan, et encastrés alors provisoirement dans un mur de l'église ; les statues des gisants furent envoyées à Barré, sculpteur à Rennes, pour remise en état ; elles y demeurèrent longtemps en attente.

Interrompue, en effet, par la Révolution de 1830, la restauration ne reprit qu'au milieu du XIXe siècle ; la tête, les mains et les jambes du connétable ont été, notamment, entièrement restituées (Une note de M. Bizeul, qui vit les statues chez Barré, donne d'utiles indications sur leur état. Voir Bulletin monumental, t. IX, 1843, p. 654-661 ). La tête originale, extrêmement mutilée, subsiste encore dans une collection particulière de Rennes. Une gravure ancienne, malheureusement un peu sommaire, a été publiée par Dom Lobineau (Histoire de Bretagne, t. I, p. 511, Paris, 1707, gravure dessinée par Fr. Jean Chaperon et gravée par N. Pitau. ) et reproduite par Dom Morice (Histoire de Bretagne, t. I, p. 440, Paris, Delaguette, 1750 ). "

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Une étrange imprécision : on ne sait qui est l'épouse. 

"Ce tombeau présente deux particularités surprenantes :

1° II ne porte aucune armoirie et, sur la gravure ancienne, il n'en figure pas non plus.

2° L'inscription relevée sur le tombeau et reproduite par Guépin, de Fréminville et Bizeul ne concerne que le connétable et ne donne aucun nom de femme ; la voici :

"Cy gist noble et puissant seigneur, monseigneur Olivier de Clisson, jadis connestable de France, seigneur de Clisson, de Porhoet, de Belleville, de la Garnache qui trespassa en apvril le jour Saint-Jorge, l'an M.CCCC et VIL Priez Dieu pour son âme. Amen "

(Inscription reproduite dans Ogée, Dictionnaire de Bretagne, nouvelle édition par A. Marteville et P. Varin, t. I, p. 370, Rennes, 1845, et dans du Halgouet, Essai sur le Porhoet, Paris, Champion, 1906, p. 80-81. ).  Dom Lobineau et Dom Morice n'ont pas indiqué non plus de nom de femme."

 

Un consensus pour Marguerite.

"Cependant, aucun des érudits qui ont étudié l'église de Notre-Dame-du-Roncier n'a mis en doute que le tombeau soit celui du connétable et de sa seconde femme, Marguerite de Rohan. Tous ont, en effet, rappelé l'article formel du testament du connétable concernant sa sépulture (Dom Morice, Preuves, II, col. 779 et suiv. ) :

« Je vieuil commande et ordonne que mon corps, après mon decez de ce siècle, soit baillé et livré à la sépulture de nostre Mère sainte Eglise, laquelle sépulture je eslis en l'Eglise de Nostre-Dame de Jocelin, joignant de la sépulture de ma très chère et très aimée compagne Marguerite de Rohan que Dieu absolve. Item, vueil et ordonne que une belle tombe et honeste soit faite et mise sur les corps de ma dite compagne et moy et dessus ycelle soient les ymages de nous deux à l'ordonnance de nos exécuteurs cy après nommés. »

 

Marguerite ou Béatrix ? Une énigme historique d'intérêt tout à fait secondaire...

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"L'identification des deux gisants ne prêtait donc à aucune ambiguïté, semblait -il ; et cependant, dans son Iconographie bretonne, le marquis de Granges de Surgères, en mentionnant la gravure de Dom Lobineau reproduite dans Dom Morice, a ajouté qu'elle représente le connétable couché sur son tombeau et, à ses côtés, sa femme Beatrix de Laval (Marquis de Granges de Surgères, Iconographie bretonne, t. I, p. 126, Rennes-Paris, 1888.), alors que, ainsi que nous venons de le dire, dans ces deux Histoires de Bretagne, la légende de la gravure ne porte aucune mention de Beatrix de Laval, pas plus d'ailleurs que de Marguerite de Rohan.

[NDR : "Beatrix de Laval = Catherine-Beatrix de Laval sinon on ne comprend plus rien]

Le marquis de Surgères, très versé dans l'armorial breton, n'ignorait certainement pas les deux mariages du connétable ; s'il a mentionné Beatrix de Laval alors que son nom ne figure pas sur les planches auxquelles il renvoie, c'est certainement parce qu'il avait eu en main un document à ce sujet.

Il est aisé de voir que celui-ci n'est autre que la déclaration au roi faite le 4 septembre 1679 par Marguerite, duchesse de Rohan, lors de la réformation du duché, document important puisque tous ses articles furent soigneusement contrôlés par les commissaires ( de la Déclaration de 1679 d'après l'acte conservé aux Archives nationales, et notamment de ce qui concerne le tombeau d'Olivier de Clisson et de Beatrix de Laval, n'en ait pas tenu compte dans sa description du tombeau où il mentionne Marguerite de Rohan. Du Halgouet, Essai sur le Porhoet, loc. cit., p. 273 et suiv. ).

Or, cette déclaration donne, entre autres, sur l'église Notre-Dame-du-Roncier et sur le tombeau, des indications fort précieuses pour l'histoire du monument ; nous les transcrivons ci-après :

« Dans laquelle église de Notre-Dame et au cœur d'icelle, il y a un tombeau de marbre blanc et noir élevé de trois pieds sur lequel sont en bosse les représentations de feu de Bonne mémoire Monseigneur Olivier de Clisson, jadis connestable de France, comte du dit Porhouet, etc.. et de deffunte Madame Beatrix de Laval son épouse, dans lequel coeur il y a du côté de l'évangile un banc-accoudoir armoyé d'un écusson couronné mi-parti des armes de Rohan et de la Hunaudaye avec le droit de nomination et présentation de sept chapelains de la dite église ( Armes d'Henri de Rohan, vicomte de Rohan et comte de Porhoet, et de sa femme, Françoise de Tournemine. Henri mourut en 1573 sans postérité et sa succession fut recueillie par son frère, René II de Rohan, dit le baron de Frontenai. ).

« Et au côté du dit cœur, vers le nord, est une chapelle de Sainte-Catherine dans laquelle est, en partie sous la voûte plus haute vers le sacraire, un charnier en terre auquel se voit que sont inhumés les corps des anciens seigneurs comtes de Porhouet ou d'autres de leur maison. « Et du costé vers le midi est une autre chapelle nommée de sainte Marguerite dans laquelle autrefois on inhumait les officiers et domestiques des anciens seigneurs comtes du dit Porhouet. « Pour faire la séparation de laquelle chapelle de lad. église, il y a une basse voûte dans l'épaisseur de la muraille avec une grande grille de fer du costé de la chapelle de Sainte Marguerite et du côté du chœur. « Pour aller sous laquelle voûte il y a portes voûtées, l'une vers le cœur et l'autre vers la chapelle et une troisième vers l'oratoire. »

Nous sommes donc en possession de deux actes officiels et authentiques contradictoires. Le dernier en date ne serait évidemment pas d'un grand poids si l'on ne constatait, en même temps, cette absence tout à fait anormale d'armoiries, tant sur la robe de la comtesse de Porhouet que sur le tombeau, ainsi que l'absence de légende sur la gravure du tombeau, de la part des historiographes de la maison de Rohan qui en avaient eu tous les titres entre les mains dans le chartrier de Blain. Beatrix de Clisson, héritière de Josselin et fille de Beatrix de Laval, a-t-elle voulu que ce soit sa mère et non sa belle-mère qui figure sur le tombeau?

N'a-t-elle pas craint plutôt que le tombeau de son père et de Marguerite de Rohan n'amène des complications sérieuses, dans la succession du connétable, de la part des Beaumanoir, issus du premier mariage de Marguerite de Rohan? Nous ne le saurons sans doute jamais. Il est, en effet, extrêmement regrettable que, dans son aveu rendu le 15 août 1519 au château de Blain, Jacques de Rohan, comte de Porhouet, n'ait pas détaillé ses intersignes de noblesse comme il l'a fait pour toutes les rentes qui lui étaient dues.

D'ailleurs, cette petite énigme historique est, on doit le reconnaître, d'un intérêt tout à fait secondaire, et il importe assez peu, à l'heure actuelle, que la gisante soit Beatrix de Laval ou Marguerite de Rohan."

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Où l'auteur s'interroge de savoir où fut exécuté le tombeau du connétable.

"L'intérêt du cénotaphe est ailleurs et il est grand, ce monument étant l'une des très rares œuvres datant du début du XVe siècle en Bretagne.

L'on sait, en effet, que, pendant toute la guerre de succession du duché, la province fut mise à feu et à sang, et qu'après la bataille d'Auray, le duc, imité par ses grands vassaux, s'occupa avant tout de relever ses forteresses et fort peu des édifices religieux ; il fallut l'attentat de Chantoceaux pour renverser les tendances. Pendant un siècle, il n'y eut donc, en fait, aucune commande d'œuvre d'art et, par conséquent, aucun atelier ; aussi serait-il fort intéressant de savoir où fut exécuté le tombeau du connétable. Malheureusement, l'absence actuelle de documents d'archives et la mutilation profonde de 1792 rendent cette recherche extrêmement difficile."

 

Un atelier anglais ? Jamais, s'écrit Olivier !

"La similitude des tombeaux de Jean IV et du connétable, sur les gravures publiées par les bénédictins [Dom Lobineau et dom Morice], a amené certains auteurs à estimer que le second était, comme le premier, une œuvre anglaise (Voir Bizeul, Bulletin monumental, 1843, loc. cit. ). Mais, si le dessinateur a, en effet, reproduit la même infrastructure dans les deux monuments, il s'est, tout au moins en ce qui concerne Josselin, fort peu soucié de la réalité. Les arcatures sont fort différentes de celles reconstituées d'après les éléments anciens subsistants et les pleurants n'y sont pas représentés. L'on peut même se demander si la levrette figurée aux pieds de la châtelaine a bien existé et s'il n'y avait pas plutôt deux petites levrettes, ainsi que le font supposer les parties subsistantes de leurs corps. Il aurait donc existé deux ou trois levrettes, mais certainement pas une seule, comme indiqué. D'ailleurs, s'il était normal que Jeanne de Navarre, devenue reine d'Angleterre, ait commandé à des artistes anglais le tombeau de son premier mari, le connétable de Clisson, ennemi juré des Anglais, eût certainement tressailli sous un monument exécuté outre-Manche !"

 

Un atelier bourguignon ? (l'auteur pense aux tombeaux de la chartreuse de Champmol, aujourd'hui au Musée de Dijon)

 

"Ce tombeau en marbre noir et blanc, avec ses gisants couchés sur la table et ses pleurants en ronde bosse tout autour, offre à première vue une parenté évidente avec les tombeaux dijonnais et le tombeau un peu postérieur de Souvigny ; son origine bourguignonne serait d'ailleurs plausible. Rappelons, en effet, que Jean V fut jusqu'en 1404 sous la tutelle de Philippe le Hardi et qu'il entretint dans la suite d'excellents rapports avec la cour de Bourgogne. Il est donc vraisemblable que les Rohan, dont le fils de Beatrix de Clisson, Alain IX de Rohan, avait épousé en 1407 Marguerite de Bretagne, sœur de Jean V, aient, eux aussi, admiré Champmol.

Un examen plus attentif montre cependant que le tombeau de Josselin diffère notablement de ceux de Bourgogne par le canon des pleurants qui y sont beaucoup plus élancés. Bien qu'à Josselin ceux-ci soient tous décapités, le rapport de leur hauteur à leur largeur est sensiblement constant et varie de 2,62 à 2,67, alors que dans les tombeaux bourguignons il est de 2,1 à 2,3. Autant que l'on puisse restituer quelques-unes des têtes, celles-ci auraient environ le 1 /7 de la hauteur du corps au lieu de 1 /6 à Dijon."

 

Un atelier de Tournai ? La dalle est en pierre noire de Meuse.

"Ce canon des pleurants de Josselin se rapproche ainsi très nettement de celui des ateliers tournaisiens, entre autres de celui pratiqué par Jean Lomme (Voir, sur ces canons, P. Quarré, Le tombeau de Pierre de Bauffremont, chambellan de Philippe le Bon, dans Bulletin monumental, t. CXIII, 1955, p. 103. ).

Précisément, la dalle polie portant les statues d'Olivier de Clisson et de sa femme a subi, au-dessus du dais du connétable, quelques érosions permettant de voir quelle est en pierre noire de la Meuse ; l'on sait d'ailleurs qu'à cette époque Dinant, Tournai et Liège fournissaient beaucoup de ces dalles dans lesquelles toute une dynastie de tailleurs de pierres, les Taillefeu, était, entre autres, spécialisée. En particulier, c'est à Liège que fut commandée plus tard, par Jean Perréal, la dalle du tombeau du duc François II à Nantes.

Les sculpteurs tournaisiens étaient, dès la fin du XIVe siècle, des tombiers réputés qui se rendaient même en dehors de leur ville. Rappelons qu'en 1378 est aussi mentionné, à Troyes, Hennequin de la Place, qu'en 1386-1387 Nicolas de Hans, alias Claux de Haine, travaille pour Philippe le Hardi, qu'à Douai, en 1393, est occupé Jacques de Brubé et à Cambrai, en 1400, Jean Tuscap.

Enfin, l'on sait qu'en 1411 Janin Lomme se rendit à la cour de Navarre, à Pampelune, où il sculpta les tombeaux de Charles le Noble et de sa femme Léonore en 1416, de leur fille Jeanne (t 1425), du frère naturel du roi Lionel de Navarre (t 1413) et, à Tudela, en 1417, le monument du chancelier Frances de Villa-Espesa (Voir E. Bertaux, Le mausolée de Charles le Noble à Pampelune et l'art franco-flamand en Navarre, dans Gazette des Beaux-Arts, 1908, II, p. 89-112, et Paul Rolland, La sculpture tournaisienne, Bruxelles, 1944. )"

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Des ressemblance troublantes avec des œuvres tournaisiennes.

"Or, plusieurs détails de ces tombeaux tournaisiens se retrouvent à Josselin.

C'est ainsi que la dalle funéraire de Beatrix de Beaumont (+ 1419) et de son fils Guillaume de Melun (f+1407), à Antoing, possède aussi un encadrement sculpté autour des gisants, détail assez rare, et que le lionceau sous les pieds de Guillaume et le petit chien sous les pieds de Beatrix sont très proches, comme facture, du lion et des petits chiens de Josselin, tout au moins, pour ces derniers, des restes primitifs subsistants.

Il est, en effet, regrettable que, sur le tombeau du connétable et de sa femme, les deux petites levrettes, sous les pieds de cette dernière, aient été remplacées par deux corniauds dont l'un met une patte dans sa gueule, détail amusant et de son époque, mais bien peu conforme à la réalité ; il est vrai que l'architecte chargé de la restauration des tombeaux des ducs de Bourgogne, Claude Saintpère, s'était fait représenter en redingote pour remplacer l'un des pleurants manquants (P. Quarré, Bulletin de la Société des Antiquaires de France, communication du 17 novembre 1948. ) !

Mais notons surtout la très grande similitude, comme modelé, de la figure de la femme du connétable et de la reine de Navarre du tombeau de Pampelune, ainsi que d'autres détails très particuliers, tels les plis des robes sur lesquels sont posées les levrettes. Il y a lieu, cependant, de signaler que la châtelaine de Porhouet a les yeux clos, influence italienne, alors que la reine de Navarre a les yeux ouverts. Là encore, notons que Jeanne de Navarre, sœur de Charles le Noble, avait épousé Jean de Rohan, veuf de Jeanne de Léon, et avait élevé son beau-fils Alain, époux de Beatrix de Clisson : il n'est pas impossible que ceux-ci, cherchant un artiste pour l'exécution du tombeau du connétable, aient eu connaissance des projets des tombeaux de Navarre."

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Où l'auteur se décide pour Tournai.

 

"Malgré l'absence complète de documents, tous ces détails permettent, croyons-nous, d'affirmer que le tombeau de Josselin est une œuvre tournaisienne, sans que l'on puisse malheureusement indiquer son auteur et le lieu où il fut exécuté. Il a cependant, malgré ces lacunes, une certaine importance pour l'histoire de l'art ; car, si les tombeaux tournaisiens sont mentionnés en de nombreux endroits à la fin du XIVe et au début du XVe siècle, aucun existant n'avait été signalé en Bretagne, qui, rappelons-le, possède le très beau retable de Runan, en pierre bleue de Tournai, du premier quart du XVe siècle et sensiblement contemporain du tombeau de Josselin.

 

Il y a lieu de mentionner également un autre tombeau, très semblable à celui de Josselin, mais aujourd'hui détruit : celui de Louis de Laval-Châtillon, qui décéda le 21 août 1489 et fut inhumé en l'église Saint-Tugdual de Laval. Il nous est connu par une miniature attribuée à l'atelier de Jean Colombe (Bibl. nat., fonds latin 920 : Heures de Louis de Laval-Châtillon, fol. 334 v°. ), mais malheureusement le Cartulaire des seigneurs de Laval ne contient aucun document relatif à l'exécution de ce monument. Tout ce que l'on peut remarquer, c'est que Louis de Laval, d'après cette miniature qui le représente avec des cheveux noirs, fît exécuter ce tombeau une vingtaine d'années avant sa mort (par Jean Fouquet vers 1479 et où Louis de Laval a les cheveux rares et très gris [ibid., fol. 51). "

 

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    ... ET DU COTÉ DE M. BISEUL EN 1843.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k31027v/f682.item

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    "Tombeau d'Olivier de Clisson à Josselin.

    Au mois de février de l'an 1406 suivant l'ancienne manière de compter (l'année 1407 ne devant commencer qu'à la fête de Pâques suivante) Olivier de Clisson presque octogénaire, se mourait dans son château de Josselin. Il n'avait jamais connu le  repos son lit de mort ne devait pas être paisible. Le duc Jean V digne héritier de Jean de Montfort, son père, de celui qui ne recula pas devant le lâche guet-apens du château de l'Hermine ni devant l'assassinat que commit à son instigation Pierre de Craon, Jean V au mépris du traité signé par sa mère et du droit que ce traité accordait au connétable de relever appel au parlement de Paris l'avait fait condamner pour crimes et malefices à une prison perpétuelle, et rassemblait ses hommes d'armes pour aller attaquer ce vieux lion greveusement détenu de maladie car, malgré cet état, il ne fallait rien moins qu'une armée pour mettre à exécution une sentence contre un tel personnage. Clisson voulant mourir en paix, acheta le repos de ses derniers jours, et le duc n'eut pas honte d'exiger cent mille livres pour cette sorte de rançon si lâchement extorquée, et cela dans le temps même où il mariait sa sœur avec Alain IX de Rohan, petit- fils du héros qu'il persécutait. 

    Ce fut alors que Clisson dicta ce long testament recueilli par dom Morice aux archives de Nantes, et un codicile presque aussi long qui existait au château de Blain. Ils n'ont été publiés que par extraits au t. 2 p. 779 et 782 des preuves de l'histoire de Bretagne. 

    On lit dans ce testament 

    « Premierement je recommande mon âme a Dieu nostre dit pere et createur, a la benoiste et glorieuse Vierge Marie, e a Monsieur Sainct Michel et a toute la devote compaignie de Paradis. Apres, je vueil commande et ordonne que mon corps, aprez mon decez de ce- siècle, soit baillé et livré à la sepulture de nostre Mère Saincte Eglise, laquelle sepulture je eslis en l'église de Nostre-Dame de Jocelin, joignant de la sepulture de ma tres-chere et tres-amée compaigne Marguerite de Rohan que Dieu absolle.. Item vueil et ordonne que une belle tombe et honneste soit faicte et et mise sur les corps de ma dicte compaigne et moy, et dessus ycelle soient les ymaiges de nous deux, à l'ordonnance de nos executeurs cy aprez nommez...: Item, je laisse et donne a la dicte eglise (de N.-D. de Jocelin ) deux  de mes bréviaires, lesquelz soient enchaisnez sur la sepulture de ma dicte compaigne et de moy, pour l'usage des chapellains et clercs qui y viendront dire leurs heures. 

    Marguerite de Rohan, seconde femme d'Olivier de Clisson était fille d'Alain VII, vicomte de Rohan, et de Jeanne de Rostrenen, et veuve de Jean, sire de Beaumanoir. Elle n'eut pas d'enfants de son second mariage. Son neveu, Alain VIII de Rohan, fils de son frère Jean 1er. épousa Béatrix de Clisson fille du premier mariage du connétable avec Catherine de Laval. Ce mariage qui unissait deux illustres maisons, porta dans celle de Rohan, la plus grande partie des terres immenses que Clisson possédait en Bretagne. Marguerite était morte peu de temps avant son mari. Son testament est du l4 décembre 1406. 

    J'ai fait de vaines recherches pour trouver quelque chose de relatif à la construction du tombeau des deux époux. Il est à croire que cette construction eut lieu dans les cinq années qui suivirent la mort du connétable, espace de temps pendant lequel on régla le partage de sa succession entre ses deux filles Béatrix, vicomtesse de Rohan, qui, comme aînée et d'après le testament de son père prenait les deux tiers, et Marguerite, comtesse de Penthièvre, qui revendiqua si long-temps pour ses enfants le légitime héritage de Jeanne- la-Boiteuse, leur aïeule paternelle. Les deux sœurs durent contribuer proportionnellement aux frais de l'édification du tombeau. 

    L'auteur de cet élégant ouvrage est inconnu. Le nom d'aucun tailleur d'imaiges de cette époque n'a été conservé en Bretagne. Dans la partie du testament d'Olivier de Clisson, qui n'a pas été reproduite dans les preuves de dom Morice, on trouve un legs de trente livres fait à maistre Jehan le maczon maistre de l'œuvre du chasteau Jocelin. Ce maistre Jehan, nommé maczon, sans qu'on sache si ce nom était propre ou qualificatif, ce maistre de l'œuvre du chasteau Jocelin, qui exécutait, là et ailleurs, les nombreuses constructions ordonnées par le connétable qui, comme le dit d'Argentré, avoit esté grand bastisseur en son temps, cet artiste, dis-je ne pourrait-il pas être considéré comme ayant taillé les patrons des ymaiges et mis en œuvre le tombeau de son maître ? Ceci n'est qu'une simple conjecture et je ne la donne que pour ce qu'elle vaut, c'est-à-dire comme un faible renseignement. 

    Une autre conjecture.qui n'aurait guère plus de force que la précédente, ce serait que le tombeau du sire de Clisson aurait été fait par les mêmes ouvriers que celui de Jean IV, qui était placé dans le chœur de la cathédrale de Nantes. Un sauf-conduit recueilli par Rymer, t. VIII, p. 510 et par dom Morice preuv. t. II, p. 816, et donné par le roi d'Angleterre au patron de la barge ( bargea) le St. Nicolas de Nantes, nous fait connaître les noms de ces ouvriers, qui venaient d'être reconduits en Angleterre au mois de février  1409. C'étaient Thomas Colyn, Thomas Holewell et Thomas Poppehowe. Cet acte nous apprend encore qu'ils étaient venus à Nantes par l'ordre de la reine d'Angleterre, pour asseoir et poser sur la sépulture du duc de Bretagne, son premier mari, une tombe d'albâtre quamdam tumbam alabastri
    Le tombeau du duc Jean IV a été détruit encore plus complètemenf que celui de Clisson car il n'en reste absolument rien. Heureusement pour nous, dom Lobineau les avait fait dessiner l'un et l'autre par frère Jean Chaperon et en inséra la gravure dans son Histoire de Bretagne. Dom Morice, dans la sienne, a reproduit les mêmes gravures. En comparant ces deux tombeaux on est frappé de la grande analogie qui existe entre leur genre d'ornementation et ceci pourrait confirmer l'idée qu'ils sont dus à ces trois anglais qui retournèrent dans leur pays au commencement de 1409. Quoi qu'il en soit, le tombeau resta dans la chapelle de N.-D. de Josselin pendant près de quatre siècles. Autour de la pierre qui supportait les figures se lisait et se lit encore en caractères du temps : Cy gist noble et puissant seigneur Monseigneur Olivier de Clison, connetable de France, segneur de Clison, de Porhouet, de Belleville et de la garnache, qui trepassa en apvril le jour Saint Jorge l'an M. CCCC et VII. Priez Dieu pour son ame. Amen.

    J'emprunte à M. de Fréminville (Antiq. Du Morbihan 1835, p. 120) la description des statues.

     

    « Sur cette table de marbre noir étaient placées les statues couchées et en marbre blanc du connétable et de Marguerite de Rohan, sa femme, enterrée à côté de lui. Clisson est représenté armé de toutes pièces, excepté la tête. Par dessus sa cuirasse, il porte une cotte d'armes ample et flottante, mais bien plus laisse même apercevoir par le bas une partie du haubergeon ou chemisette de mailles que l'on mettait encore souvent sous la cuirasse. Son épée est suspendue à son côté par un baudrier à demi déceint, ce qui, suivant le sentiment de quelques antiquaires, signifie que le chevalier est mort a naturellement et dans son lit tandis que ceux qui perdaient la vie sur un champ de bataille étaient représentés  avec l'épée ceinte ou même nue à côté d'eux ; opinion vraie dans beaucoup de cas et par exemple dans celui-ci,  mais qui souffre de nombreuses exceptions. Les brassards, les cuissarts et les grèves que porte ici Clisson ont peu de  lames articulées, ce qui les rendait plus solides mais ôtait  de la facilité au jeu de ces pièces d'armure, qui n'étaient  pas encore à cette époque aussi perfectionnées qu'elles le  furent vers la fin du siècle. La statue de Marguerite de  Rohan nous offre un exemple du costume des dames du XIVe siècle. Ses cheveux sont tressés, et ces tresses partagées sur les côtés sont retenues à droite et à gauche dans un réseau orné de perles. La coiffure carrée qu'elle porte  par dessus s'appelait escoffion. Sur sa longue robe ou cotte-hardie elle est vêtue d'un surcot fourré d'hermine, et dont les manches sont longues et serrées. » 

     

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    Le tombeau du connétable fut, comme je l'ai déjà dit, démoli et brisé dans la Révolution. Un renseignement recueilli par M. de Fréminville, près d'un habitant de Josselin, apprend qu'à la même époque, on fouilla le tombeau qu'on y retrouva toutes les pièces de l'armure d'Olivier de Clisson, qui paraît avoir été enterré revêtu de toutes ses armes, et que ces intéressants objets ont été dispersés et perdus. 
    Les statues mutilées et quelques parties de cette élégante dentelle de marbre, qui était si gracieusement suspendue au-dessus de la tête des deux époux, le lion, la levrette, restèrent longtemps dans la sacristie de l'église de Josselin. Dans le voyage qu'elle fit en Bretagne en 1828 Madame la duchesse de Berry témoigna le désir que le tombeau de  Clisson fût restauré et donna 2,000 fr. pour cet objet. On ne sait pas précisément ce qui en advint; mais on vit s'élever, en 1830, dans le bas côté de la même église, une construction tumulaire, que M. Mérimée a comparée, avec beaucoup de raison, aux plus ridicules édifices du cimetière du Père Lachaise, et sur lequel, pour combler l'absurde, on a écrit ces mots « Tombeau érigé en 1407 au connétable Olivier de Clisson et à Marguerite de Rohan son  epouse détruit pendant les troubles révolutionnaires et restauré en 1830 !

    Or, il est bon de savoir qu'aucun des fragments de, l'ancien tombeau n'est entré dans la composition du très moderne sarcophage. Au contraire, à la même époque, on envoya à Rennes les deux statues, le lion et un panneau des ornements qui étaient placés sur chacune des faces du piédestal. Ils y sont restés, depuis cette époque chez M. Barré, sculpteur, qui les retient comme gage d'une somme de 150 ou 200 fr, qui lui est due, on ne peut dire au juste par qui. 

    La statue du connétable est brisée à un tiers de la longueur des cuisses les genoux, brisés aussi, existent encore. 
    La tête est fort belle, mais une grande partie du nez est emportée. Marguerite de Rohan a le corps brisé à peu près par la moitié, et d'une manière oblique, mais les deux parties se rapprochent très-exactement. La restauration de cette statue serait d'autant plus facile qu'elle a reçu par ailleurs assez peu de mutilations. Le lion est presque intact, ainsi que le panneau d'ornements. 

    Tous ces objets sont placés dans la cour de l'atelier de M. le sculpteur Barré, et sont exposés à toutes les intempéries. 

    Beaucoup d'autres fragments du même tombeau sont restés dans la sacristie de Josselin, et il est à craindre que des acheteurs d'objets curieux ne parviennent, par des offres qui paraîtront avantageuses, à s'emparer de la majeure partie de ces débris. 

    On peut juger par ces détails, que tout ce qui nous reste du tombeau de Clisson, est en péril de plus d'une façon et qu'il est grand temps que la Société conservatrice s'en occupe. 
    Déjà dans la séance tenue à Paris le 25 janvier 1842. M. le comte de Saint-Pricst a fait entendre à ce sujet une 
    vive et éloquente réclamation. Je la renouvelle aujourd'hui et je demande 1°. Qu'il soit pris sur les fonds de la Société la somme suffisante pour désintéresser M. le sculpteur Barré 2°. Que les statues et autres fragments qui sont à Rennes soient provisoirement transportés dans un dépôt public, aux frais de la Société; 3°. Que l'inspecteur des monuments dans le département du Morbihan fasse un inventaire de tous les débris du même tombeau qui sont restés à Josselin et qu'il s'entende pour leur entière conservation, avec M. le curé de la paroisse de Notre-Dame &°. Enfin que la Société sollicite, avec les plus vives instances près de l'autorité la restauration complète, dans son ancienne place, d'un monument qui intéresse l'une des gloires de la Bretagne et on pourrait même dire de la France. "

     

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    SOURCES ET LIENS.

    —Notice du Petit patrimoine :

    http://www.petit-patrimoine.com/fiche-petit-patrimoine.php?id_pp=56091_5

    — Notice de Christel Douard pour la base Palissy :

    http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IM56003462

    — COUFFON (René), 1967,  "Le cénotaphe du connétable de Clisson à Josselin", Bulletin Monumental   Volume 125  Numéro 2  pp. 167-175

    http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1967_num_125_2_4853

    — DOM MORICE. Histoire ecclésiastique et civile de Bretagne. Tome 1 / , composée sur les auteurs et les titres originaux... & enrichie d'une dissertation sur l'établissement des Bretons dans l'Armorique et de plusieurs notes critiques. Par Dom Pierre-Hyacinthe Morice,...Mats, Jean du (seigneur de Terchant et de Montmartin). Taillandier, Charles (1706-1786). impr. de Delaguette (Paris)[puis] impr. de Vve Delaguette (Paris)  page 440.

     

    — GÉNIAUX (Charles), 1912, La Bretagne Vivante, page 263.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5786120v/f272.image.r=croquis+de+guerre.langFR

    — GILLES (Emile), 1912,  Au cœur de la Bretagne.

    — PETIT (Olivier), 2016, La France médiévale 

    http://lafrancemedievale.blogspot.fr/2016/07/josselin-56-gisants-dolivier-de-clisson.html

    — POSTEL (Jérôme Jean), 1844, "La Bretagne de Jérôme  édition 1844

    "L’église principale, dédiée à Notre-Dame-du-Roncier, fut construite ou plutôt réparée en 1400 : car tout porte à croire que sa première fondation date du XIe siècle ; on voit encore sur ses murs les armes du duc de Rohan. Le chœur de cette église renfermait autrefois le tombeau de Clisson et de Marguerite de Rohan, son épouse ; mais ce précieux monument fut brisé pendant la Révolution. La Restauration en a recueilli les débris, que M. le comte de ChazelIes, préfet du Morbihan, a fait placer dans un des bas-côtés de l’église ; ils ont été incrustés dans le mur et recouverts d’une plaque de marbre blanc, sur laquelle on lit une inscription fournie par M. de Chazelles. Nous avons vu à Rennes, dans l’atelier d’un sculpteur, la tête de la statue du tombeau de Josselin; elle était de marbre et remarquable à la fois, malgré les mutilations, par son expression et le talent avec lequel elle avait été sculptée."

    https://www.visites-p.net/gravure-ancienne-du-jour/potel-josselin.html

     

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    Published by jean-yves cordier - dans Gisant
    24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 20:40

    Les vitraux de la baie 19  (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire   de la cathédrale d'Evreux.

     

    Voir aussi :

    Liste de mes 155 articles sur les vitraux :

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    — Sur la cathédrale d'Évreux :

    — Sur les fonds damassés :

    — Sur les anges musiciens :

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    Chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Plan de situation (d'après le plan des vitraux de la cathédrale in Corpus Vitrearum VI).

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    La baie 19 sur un plan du chœur de la cathédrale d'Évreux. d'après le Corpus Vitrearum VI.

    La baie 19 sur un plan du chœur de la cathédrale d'Évreux. d'après le Corpus Vitrearum VI.

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    La baie 19.

    Cette baie, l'une des trois de la chapelle du Rosaire (la première de l'abside du déambulatoire nord), comporte trois lancettes trilobées et un tympan à trois soufflets et quatre écoinçons. Elle mesure 5,20 m de haut et 2,70 m de large.

    Elle est datée de 1360-1370 — et pour le tympan d'après 1387— et comporte dans les trois soufflets du tympan des armes, le mot EN BIEN, (plus précisément  ENBIEN, comme sur son chapel) et le chiffre (la lettre K) ou les emblèmes aux cerfs ailés et aux fleurs de genêt (montés en chef d'œuvre) du roi Charles VI qui régna de 1380 à 1422. (Dès le milieu du XIVe siècle, parallèlement à la tradition des armoiries héréditaires (ici, l’emblème royal des fleurs du lys), naît en Occident l'usage des « devises » qui comprend un « mot » (enbien)  et un corps (un cerf ailé blanc). 

    Elle a été restaurée par Édouard Didron en 1893, "notamment les dais des 2ème et 3ème lancettes "(Corpus)

    Elle  utilise,  comme la baie 15 et 17 avec lesquelles elle forme un ensemble, une formule très répandue à la fin du Moyen-Âge, avec la mise en situation de monumentales figures en pied isolées par  des dais architecturaux aux trois dimensions rendues en perspective (Corpus) tout en s'inscrivant devant cette  nouvelle organisation de l'espace situant la "litre colorée" (bande horizontale) à mi-hauteur de la baie au dessus et en dessous d'une verrerie ornementale claire relevée au jaune d'argent. C'est à partir de 1330 que le jaune d'argent, qualifié ici de "jaune d'Évreux", a été pleinement exploité dans les vitraux de la cathédrale.

    Ici, ce sont trois édicules hexagonaux qui sont insérés en litre dans une vitrerie losangée décorée en grisaille et jaune d'argent. Saint Gilles (avec sa biche et saint Jean-Baptiste (avec l'Agneau) entourent un saint évêque, chacun dans un niche tendue d'un précieux damassé.

      Le registre supérieur à neuf panneaux de celle-ci  est ornée de huit médaillons – en majorité des anges musiciens – , alors que le registre inférieur en accueille six autres.

     Les losanges de ces deux espaces sont peints de rinceaux végétaux (feuillages et fleurs) et d'oiseaux, comme à Saint-Jacques de Merléac (Côtes-d'Armor) sur la maîtresse-vitre de 1402.

     

    NOTA BENE : j'exploite dans ma description celle du Corpus Vitrearum 2001 page 149.

     

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    La baie 19 (1360-1370 et ap. 1387) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370 et ap. 1387) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    LA LITRE COLORÉE CENTRALE.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    1. Saint Gilles et sa biche.

    Le saint est représenté avec des cheveux longs et une barbe propre à son statut de moine ermite gyrovague d'une forêt du Gard, mais il tient un livre qui rappelle qu'il fut abbé de Saint-Gilles-du-Gard, l'un des quatre lieux de pèlerinage de la Chrétienté au moyen-âge. Il caresse la tête de la biche, qui le nourrit longtemps de son lait dans son désert. La robe qu'il porte rappelle l'habit des Cisterciens. Saint Gilles est l'un des 14 saints auxiliateurs, invoqué, particulièrement dans l'Eure, contre la peur et le feu, pour la guérison des maladies nerveuses et pour la protection des enfants. 

    Il semble, malgré les plombs de casse, qu'il s'agisse d'une seule pièce de verre blanc depuis le sol jusqu'au sommet du nimbe. Le sol, la biche, la tranche du livre et ses ferrures de la reliure, et la périphérie du nimbe, sont peints au jaune d'argent.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Je remarque sur les piédroits de la niche deux personnages en grisaille : à gauche, un homme à barbe bifide, les bras croisés, tunique courte sur des chausses moulantes,  porte une épée glissée dans un étui passé à sa ceinture. J'ai déjà observé ce type de fourreau sur la maîtresse-vitre de Merléac (1402), sur le bourreau de la Décollation de saint Jacques ou dans le registre de la Passion. Cet accessoire qui permet de glisser la lame nue  dans la fente d'une sacoche date donc de la fin du XIVe/début XVe.

    On le retrouve à droite, où une dame à robe longue boutonnée sur le devant le porte afin d'y mettre sa dague à portée de main. 

    Étrange couple. Que fait-il ici ?

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Le fonds damassé.

    Selon un procédé courant, la niche vue en perspective crée la fiction d'un volume hexagonal, couvert d'une voûte ogivale et éclairée à l'arrière par des baies à pointe lancéolée découpée de feuilles d'acanthe : une chapelle pour poupée dans la chapelle. Cette niche est tendue, à hauteur de personnage, par un drap semblable à ceux dont les nobles réchauffaient les murs de leurs châteaux, et bien avant eux à ceux dont les cathédrales devaient sans-doute se parer également. Les plus belles étoffes étaient de soie, et  venaient de Lucques, en Italie, avec ses célèbres motifs animaux orientaux : oiseaux fantastiques sassanides ou griffons.

    Comme le but de chaque article est d'approfondir mon sujet, je complète les données précédentes par ce texte de Pierre Racine (2004):

     

    "La soie, importée d’Asie, a permis la confection de vêtements de luxe venus enrichir la garde-robe des gens de Cour, des milieux aisés des grandes villes, sans compter les souverains et les princes eux-mêmes, après qu’ils eurent séduit durant des siècles les ecclésiastiques. La soie n’était certes pas inconnue du monde occidental avant le XIIIe siècle, mais jusqu’au milieu de ce siècle les étoffes de soie provenaient essentiellement du monde byzantin ou musulman.A partir de 1250 et surtout après le traité de Nymphée qui ouvrait aux Génois le trafic commercial sur les rives de la mer Noire, la soie arrive en Europe occidentale en abondance, à la différence de la période antérieure où étaient surtout importés des tissus. Or, le port de Gênes a pris une place de premier plan dans ce trafic, d’une part pour l’arrivée de la soie grège en provenance d’Asie, d’autre part pour l’exportation des tissus travaillés principalement dans la ville de Lucques par des artisans spécialisés."

     

    Les diverses étoffes qui sortaient de ces ateliers avaient des usages bien définis. Jusqu’au grand développement de l’industrie de la soie au milieu du XIIIe siècle, l’Église fut le premier client pour les draperies et parements d’autel, comme pour les vêtements sacerdotaux (chapes, chasubles, dalmatiques). Les inventaires des églises lucquoises en sont un bon témoignage. Un inventaire du trésor pontifical de 1295 montre que le brocart, le samit et le cendal étaient employés pour les baldaquins et les tentures, le samit et le cendal, la « pourpre » et le « camoas » pour les parements d’autel, le samit et les soies plus légères pour les vêtements sacerdotaux. Au cours du XIIIe siècle, une clientèle laïque, composée de nobles et de souverains, s’est dessinée, relayant parfois celle de l’Eglise, à la recherche de tissus variés, des étoffes légères aux draps d’or et d’argent. Les comptes des rois de France citent ainsi brocarts, velours et damas, satins, sarcenits, tabis (soie moirée) et taffetas en provenance de Lucques. Les poètes et troubadours se sont eux-mêmes complu à décrire les somptueux vêtements de personnages qu’ils mettaient en scène. Les dessinateurs lucquois se sont montrés très tôt capables d’adapter les dessins byzantins et musulmans, représentant des animaux ou des oiseaux plus ou moins stylisés et disposés le plus souvent dans des médaillons. Dès le XIIIe siècle, sous l’influence de l’héraldique, les médaillons en viennent à remplacer les animaux avec des bandes feuilletées et fleuronnées s’entrecroisant en formant losanges et carrés. La diaspre, soie unie, brochée d’or ou d’argent, était surtout de couleur blanche, mais le rouge, le vert, le jaune, voire la bichromie, pouvaient s’y rencontrer, si l’on se réfère à certains inventaires de sacristie. Pour ce tissu qui ressemblait au damas, il était nécessaire de recourir à deux chaînes à base de fil fortement tordu, la trame étant alors à base d’un fil légèrement tordu, les figures étant tramées en un fil plus épais et plus brillant que le fond. L’influence des styles chinois au XIVe siècle introduit plus de souplesse et une certaine symétrie pour donner l’impression de mouvement, malgré la répétition inévitable des mêmes motifs dans les tissus."

     

    • "Le baudequin est une étoffe de soie lourde utilisée notamment pour les dais.
    • Le brocart est un tissu de soie rehaussé de dessins brodés en fil d’or ou d’argent.
    • Le cendal est une étoffe de soie légère.
    • Le damas est une étoffe de soie tissée de telle façon que les dessins présentés à l’endroit en satin sur fond de taffetas apparaissent à l’envers en taffetas sur fond de satin.
    • Le samit est un demi-satin formé d’une chaîne de soie soutenue par une trame de fil.
    • Le velours est un tissu à deux chaînes : l’une produit le fond du tissu et l’autre le « velouté ». Le velours peut à l’occasion mêler soie et coton."

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    Le motif de cette lancette de la baie 19 est enlevé sur un lavis de grisaille appliqué sur un  verre vert.

    Ce damassé, qui, selon les auteurs du Corpus, ne figure pas parmi ceux qui ont été restaurés/créés par Didron, montre un oiseau aux ailes déployées,  au bec crochu et à l'œil mauvais qui vole tête en bas vers un bœuf, lequel  relève joyeusement la tête vers lui. Désigner l'animal comme un bœuf est un raccourci commode, car son museau est canin ou lupin, et une feuille à trois pétales plantée au milieu du crâne le classe plutôt parmi les êtres fantastiques. Pour le Corpus, ce serait une biche.

    Le rinceau aux courtes feuilles produit deux sortes de fleurs, à six pétales.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    2. Un saint évêque.

    Les auteurs du Corpus suggèrent la possibilité d'y reconnaître saint Éterne, évêque d'Évreux. J'ignore pourquoi ils écartent l'hypothèse de trouver là saint Taurin, premier  évêque  et évangélisateur ébroïcien.

    Il est très proche du saint évêque de la baie 17, mais il tient sa crosse de la main droite et un livre à ferrures fermé de la main gauche. Sa mitre auriphrygiate est la même. La hampe de la crosse est tenue entre index et majeur, la douille s'épanouit en un nœud hexagonal comme une petite chapelle, le crosseron à fleuron se ferme complètement sur lui même sur deux feuilles trifoliées. La main droite est ganté du chirothèque orné sur le dos d'une plaque d'or entourée de perles (ce livre est identique à celui que tient saint Gilles). La main gauche est nue, mais baguée sur le majeur. Un manipule brodé et frangé pend sous le poignet.

     

    La chape romaine, assurée par un fermail d'or, est de drap d'or, sur une chasuble verte, qui recouvre elle-même l'aube largement orfroyée.

    Le socle, posé sur deux lionceaux, porte l'inscription RESTAURÉ PAR É. DIDRON 1893.

    DIDRON (Édouard- Amédée) 1836-1902 . Peintre-verrier, N.C. Atelier Paris 23, rue du Bac (1870) puis 23, rue St. Dominique (1875) et enfin 6, Bd. d’Enfer Prolongé (1887) a été repris ensuite par J.-B. Anglade. Il participa aux Expositions Universelles de 1855,1867 et 1878. Il est connu pour son exécution matérielle soignée: « …il n’emploie que des verres ayant au moins 3 à 4 millimètres d’épaisseur ». Vitrail archaïsant.

    L'architecte diocésain était alors (sauf erreur) Denis Darcy.

     

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Le splendide  damas, restauré par Didron, est tracé sur un verre bleu couvert d'un lavis de grisaille. Des couples de perruches, aux forts becs de perroquet et aux longues queues à quatre plumes, sont de couleur verte, car le verre bleu a été peint au jaune d'argent. Elles enveloppent de leur forme en S une masse de sept fleurs crénelées placée au sommet d'un réseau de tiges qui distribuent ailleurs des feuilles en crochets, d'autres fleurdelisées et d'autres encore.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    3. Saint Jean-Baptiste.

    J'aurais souhaité proposer une photo de meilleur qualité, mais celle-ci montrera l'essentiel : le saint, premier anachorète du christianisme et dernier Prophète annonçant le Messie, a revêtu sur sa peau en poil de chameau un manteau rouge uni. Il tient l'agneau au nimbe crucifère. Ses pieds sont nus. Que verriez-vous de plus sur un cliché parfait ?

     

     

     

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Comme saint Gilles, Jean-Baptiste est encadré par deux personnages en grisaille, sculptés sur les piédroits. L'un, peut-être un Prophète, porte un bonnet.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Plus haut, entre les pinacles du dais, un ange agenouillé  (très restauré) joue du rebec. Ou de la mandore.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    L'examen du fond damassé sera pénalisé par la qualité déplorable de l'image. Dommage, car il contient un beau couple d' oiseaux affrontés, à tête de dragon et à interminable queue en plumet. Ils se faufilent dans les interstices de rouages à crochets.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Le tympan.

    Le tympan est aux emblèmes du roi Charles VI, avec ses fleurs de genêt servant de fond, enrubannées du mot ENBIEN à chaque mouchette ou figurant dans les écoinçons. À gauche, l'initiale K de Karolus, à droite, le cerf ailé blanc, et en haut la couronne royale au dessus des armes de France d'azur aux fleurs de lys d'or.

    Ces panneaux proviendraient (Corpus) sans-doute de l'ancienne chapelle d'axe (après 1387) et auraient été transférés là vers 1465.

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    Tympan de la baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Tympan de la baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    LA VITRERIE À LOSANGES ET SES MÉDAILLONS AUX ANGES MUSICIENS.

    — Les médaillons : Leur intérêt documentaire est amoindri, comme dans les autres baies,  par l'ignorance dans laquelle je me trouve du rôle du restaurateur E. Didron, et de l'importance de ses interventions. Quels panneaux a-t-il créé de toute pièce ? Comment a-t-il choisi ses dessins ? Disposait-il de verres anciens dont il s'est inspiré avant de les déposer ? Les instruments représentés peuvent-ils refléter la pratique musicale de la seconde moitié du  XIVe siècle ? La plupart figuraient déjà dans les baies 15 ou 17, sous la même forme. 

    1. Cornemuse

    2. Mandore.

    3. Triangle à anneaux

    4. Phylactère.

    5. Phylactère.

    6. Trompette marine.

    7. Mandore.

    8. Phylactère.

    9. Douçaine.

    10. Vase (percussion ?)

    11. Phylactère.

    12. Phylactère.

    13. Harpe

    14. Sainte Barbe assise.

    15. Cymbales à mains.

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    — La bordure : différente des baies 15 et 17, c'est ici une alternance de verres colorés rouge et vert en demi-cercle, et de verres blancs peints au jaune d'argent et grisaille de rinceaux donnant des fleurs à six pétales autour d'un cœur.

    — Les paires d'oiseaux :  ce sont sensiblement les mêmes que dans les deux baies voisines, occupant les mêmes losanges, aux formes et postures diverses mais aux allures de passereaux.. 

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.
    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    1. Ange jouant de la cornemuse. Moderne par Didron ?.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    2. Ange jouant de la mandore.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    3. Ange jouant du triangle à anneaux.

    Christian Brassy écrit " sa sonorité caractéristique est assimilée aux sonorités limpides dignes du Paradis. Pourtant les anneaux ajoutés au XV° s. produisent une vibration parasite pas toujours agréable! ". Il donne en exemple les Fresques de la chapelle de Flainville Le Bourg-Dun – XVe s.

     

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    4. Ange vu de dos, tenant un phylactère.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    5. Ange tenant un phylactère.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    6. Ange jouant du monocorde ou trompette marine.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    7. Ange jouant de la mandore.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    8. Ange déroulant un phylactère.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    9. Ange jouant de la douçaine ?.

    Cet instrument est désigné sous les noms de doucine, douçaine, douchaine, doulcine, doucenne, doulssaine, doulçaine, doulceyne , latin dulcina.

    La dulciane ou sourdeline est un instrument à anche double doté d'une perce conique repliée en U.  Ancêtre du basson moderne tel que nous le connaissons aujourd'hui, la doulciane était alors fabriquée dans une seule pièce de bois, creusée d'une perce conique repliée en deux sur elle-même à l'intérieur du corps de l'instrument. Son nom vient du mot « doux », l’instrument pouvant jouer doucement.
    La première référence à la douçaine remonte en 1602, en Italie, où on l'appelle alors fagotto.

    En réalité, notre ange semble plutôt souffler dans un bouffadou, ce tube de bois servant à attiser le feu ! Car le tube replié en U dans lequel il souffle semble être une branche repliée d'un morceau de bois creusé. 

    Cet ange est-il une création de Didron, ou bien atteste-t-il d'une forme primitive, médiévale, de la douçaine?

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Le registre inférieur.

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    10. Ange frappant de la main l'ouverture d'un vase.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    11. Ange tenant un phylactère.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    13. Ange déroulant un phylactère.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    13. ange jouant de la harpe.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    14. sainte Barbe assise (réemploi d'un rondel vers 1500)

     

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    15. Ange jouant des cymbales à mains.

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    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 19 (1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    SOURCES ET LIENS.

    — CALLIAS-BAY (Martine, CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001, Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum vol. VI ; Ed du CNRS / Monum ed. du patrimoine.

    — LEBEURIER (P-F.), Description de la Cathédrale d'Evreux accompagnée d'une vue générale et d'un plan géométrique, Evreux 1868

    https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ

    –  GOSSE-KISCHINEWSKI (Annick) - Virginie HENRY , Janvier 2016 , L'histoire de la Cathédrale d’Évreux in Les dires de l'architecte des Bâtiments de France. Les essentiels de l'Eure.

    Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07 – http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/evreux/vitraux/1.html

    RACINE (Pierre), 2004, Lucques, Gênes et le trafic de la soie (v. 1250-v. 1340) in CHEMINS D'OUTRE-MER, Études d'histoire sur la Méditerranée médiévale offertes à Michel Balar,  Damien Coulon, Catherine Otten-Froux, Paule Pagès et Dominique Valérian Byzantina Sorbonensia © Éditions de la Sorbonne, 2004,  p. 733-743

    http://books.openedition.org/psorbonne/4002?lang=fr

     

    — 

    http://evreux.catholique.fr/contenu/documents/services/cathedrale_Evreux-bestiaire.pdf

    — Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame

    http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

    http://www.persee.fr/docAsPDF/bulmo_0007-473x_1967_num_125_3_4865.pdf

     

    Maïwenn Bourdic, Chloé Mérouze, Émeline Rotolo, Maëlle Vandergheynst, Chloé Walle : Travaux de restauration des cathédrales (1802-1908) : diocèses d'Agen à Évreux Répertoire numérique détaillé, F/19/7577 à F/19/7703

    https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/ir/pdfIR.action?irId=FRAN_IR_055691

    — Forum Grand-sud-medieval  sur les soieries :

    http://www.grand-sud-medieval.fr/forum/viewtopic.php?f=20&t=3361

    — Collection du musée épiscopal de Vic à Barcelone :

    https://www.museuepiscopalvic.com/es/colecciones/tejido-e-indumentaria

    https://www.museuepiscopalvic.com/es/colleccions/tejido-e-indumentaria/casulla-de-miquel-de-ricoma-obispo-de-vic-mev-10936#

    — Soieries de Lucques des collections du Met Museum :

    https://www.metmuseum.org/art/collection/search/463290?rpp=20&pg=1&ft=textile+with+brocade&pos=11

    https://www.metmuseum.org/art/collection/search/467452

    https://www.metmuseum.org/art/collection/search/467452

    https://www.metmuseum.org/art/collection/search/468137

    https://www.metmuseum.org/art/collection/search/466706

    https://www.metmuseum.org/art/collection/search/463599?rpp=20&pg=1&ft=textile+with+brocade&pos=13

    http://www.metmuseum.org/Collections/search-the-collections/170003840?rpp=20&pg=1&ft=textile+with+brocade&pos=17

    https://www.metmuseum.org/art/collection/search/463700?rpp=20&pg=2&ft=textile+with+brocade&pos=34

    http://www.metmuseum.org/Collections/search-the-collections/60013538?rpp=20&pg=2&ft=textile+with+brocade&pos=36

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    Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
    24 octobre 2017 2 24 /10 /octobre /2017 15:06

    Les vitraux de la baie 17  (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire   de la cathédrale d'Evreux.

     

    Voir aussi :

    Liste de mes 155 articles sur les vitraux :

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    — Sur la cathédrale d'Évreux :

    — Sur les fonds damassés :

    — Sur les anges musiciens :

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    Vue générale de la chapelle du Rosaire et des trois baies 19, 17 (au centre) et 15.

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    Chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Plan de situation (d'après le plan des vitraux de la cathédrale in Corpus Vitrearum VI).

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    La baie 17 sur un plan du chœur de la cathédrale d'Évreux. d'après le Corpus Vitrearum VI.

    La baie 17 sur un plan du chœur de la cathédrale d'Évreux. d'après le Corpus Vitrearum VI.

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    La baie 17.

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    La baie 17 (1360-1370 et ap. 1387) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 et ap. 1387) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Cette baie, l'une des trois de la chapelle du Rosaire (la première de l'abside du déambulatoire nord), comporte trois lancettes trilobées et un tympan à trois soufflets et quatre écoinçons. Elle mesure 5,20 m de haut et 2,70 m de large.

    Elle est datée de 1360-1370 — et pour le tympan d'après 1387— et comporte dans les trois soufflets du tympan des armes, le mot EN BIEN, et le chiffre (la lettre K) ou les emblèmes aux cerfs ailés et aux fleurs de genêt (montés en chef d'œuvre) du roi Charles VI qui régna de 1380 à 1422. Ces panneaux proviendraient (Corpus) sans-doute de l'ancienne chapelle d'axe (après 1387) et auraient été transférés là vers 1465.

    Elle a été restaurée par Émile Didron en 1893.

    Elle  utilise  comme la baie 15 et 19 avec lesquelles elle forme un ensemble, une formule très répandue à la fin du Moyen-Âge, avec la mise en situation de monumentales figures en pied isolées par  des dais architecturaux aux trois dimensions rendues en perspective (Corpus) tout en s'inscrivant devant cette  nouvelle organisation de l'espace situant la "litre colorée" (bande horizontale) à mi-hauteur de la baie au dessus et en dessous d'une verrerie ornementale claire relevée au jaune d'argent. C'est à partir de 1330 que le jaune d'argent, qualifié ici de "jaune d'Évreux", a été pleinement exploité dans les vitraux de la cathédrale.

    Ici, ce sont trois édicules hexagonaux qui sont insérés en litre dans une vitrerie losangée décorée en grisaille et jaune d'argent. Le registre supérieur à neuf panneaux de celle-ci  est ornée de huit médaillons d'anges musiciens, alors que le registre inférieur en accueille six autres. Didron a restauré la moitié de ces médaillons.

     Les losanges de ces deux espaces sont peints de rinceaux végétaux (feuillages et fleurs) et d'oiseaux, comme à Saint-Jacques de Merléac (Côtes-d'Armor) sur la maîtresse-vitre de 1402.

    Enfin,  ce sont les fonds damassés aux oiseaux affrontés qui motivent aussi  l'intérêt que je porte à cette baie. Et c'est par eux que je débuterai, en présentant les trois personnages, un chanoine au centre, présenté par un saint évêque (à gauche) à la Vierge à l'Enfant à droite. Mais le fond rouge trop sombre des deux dais latéraux, et le fait que ma photo n'ait pas été prise dans ce but, ne me donneront accès qu'au damassé central.

    NOTA BENE : j'exploite dans ma description celle du Corpus Vitrearum 2001 page 149.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    LA LITRE COLORÉE CENTRALE.

     

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    1. Un saint évêque.

    Cet évêque porte l'ensemble de ses insignes pontificaux : la mitre à perles, orfroi et pierreries, la crosse, la chasuble verte sur un vêtement bleu et un surplis blanc, les chirothèques à pierreries, l'anneau, les pantoufles, et l'étole.

    La mitre est exactement identique à celle de l'évêque Guillaume de Cantiers sur le vitrail de la baie 129.

    Le fonds damassé rouge, trop sombre,  ne s'est pas laissé examiner.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    2. Le chanoine donateur.

    Il est agenouillé avec un phylactère M ---E MEMENTO -- [Mestre Memento ??]. et son identité serait renseignée par l'inscription incomplète N. DE. M -----NE DE --, pour laquelle on propose de voir N. DE M[OLINS ?]. 

    Les armoiries de la famille De Molins étaient d'azur à la croix ancrée (dite croix de moulin) d'or.  Le chanoine Regnault de Molins, notaire de la reine Jeanne d'Évreux, occupa des charges importantes à la cour du roi Philippe VI de Valois, chanoine de Troyes et Nevers, puis d'Évreux de 1335 à 1341 avant de devenir en 1341 chanoine de Notre-Dame de Paris. Il est le donateur de la baie 212. Mais rien n'indique qu'il est représenté ici.

    Le personnage est vêtu d'une aube blanche. Un morceau de verre bleu indique peut-être la présence du ruban portant l'insigne des chanoines.

     

     

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Le damas vert est trop beau, surtout dans le coin supérieur gauche, pour ne pas être une restauration "moderne" d'Émile Didron, mais celui-ci a peut-être reproduit le carton qu'il avait observé dans d'autres parties. On remarque d'abord le médaillon, crénelé ou perlé comme un anneau de chapelet, avec deux fleurons. Il contient un couple de griffons, adossés, les pattes aux griffes sorties dirigées vers l'extérieur, et la tête au bec crochu tournée vers l'arrière au prix d'une sinuosité du long cou. Ces médaillons sont insérés dans le réseau complexe de rinceaux doubles aux feuilles triangulaires et fleurs larges. 

    Ce motif se trouve aussi dans la baie 209 (photos par Giogo) derrière saint Denis ou Pierre de Navarre :

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/08/Baie_209_Saint-Denis_%28Notre-Dame%2C_%C3%89vreux%29.JPG

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/69/Baie_209_Pierre_de_Navarre_%28Notre-Dame%2C_%C3%89vreux%29.JPG

    https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Baie_209_(Notre-Dame,_%C3%89vreux).JPG#/media/File:Baie_209_(Notre-Dame,_%C3%89vreux).JPG

     

    La baie 17 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    3. La Vierge à l'Enfant, couronnée, assise sur un trône.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    LA VITRERIE CLAIRE À LOSANGES DES REGISTRES SUPÉRIEUR ET INFÉRIEUR.

    Les panneaux sont divisés en losanges autour d'un médaillon central, et ces losanges ne sont pas peints à la grisaille, mais réalisés par des verres séparés assemblés par des plombs. Un rinceau court à travers ces verres, donnant des glands, comme dans la baie 15, seulement pour les trois panneaux supérieurs. Ailleurs, les glands laissent la place à des bourgeons floraux (ou des noisettes?), parmi des fleurs à cinq pétales et des feuilles de saules, peintes en mi-parti ou par rayures transversales.

    Avant d'examiner les médaillons, il faut mentionner les paires d'oiseaux qui occupent les losanges encadrant la partie basse de ceux-ci. Ils sont tous différents, par la direction de leur tête, la forme de leur bec, la peinture de leur plumage ou la position de leurs ailes, mais ils ressemblent pour la plupart à des passereaux.

    Enfin, la bordure n'est pas à négliger. Elle contient des pièces colorées rectangulaires  rouges (à l'intérieur) et vertes (à l'extérieur) traçant un cordon d'encadrement bicolore. Ce cordon est interrompu régulièrement par des pièces de verre blanc peintes en grisaille et jaune d'argent de deux motifs : une couronne, et une fleur de lys. On leur donnera volontiers une signification emblématique liée au roi de France. 

     

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    LES ANGES MUSICIENS.

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    Dans les 15 médaillons, 14 anges sont représentés, dont 12 musiciens, jouant de 6 ou 7 instruments différents. Aux instruments déjà présents dans la baie 15 s'ajoute ici la flûte à bec, et peut-être l'instrument à bol (cloches) de l'ange n°5.

    Selon les auteurs du Corpus, la moitié des médaillons sont modernes, restaurés par Didron. L'absence de plombs de casse pour la rangée inférieure, et la faible altération des verres  pour le panneau 4, me permettent de le préciser pour 4 d'entre eux.

     

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    Registre supérieur.

    1. Ange jouant des cymbales à mains.

    2. Ange jouant du monocorde ou de la trompette marine.

    3. Ange jouant de la flûte et du tambour ("galoubet").

    4. Ange jouant de la cornemuse (moderne).

    5. Ange avec instrument non identifié (cloches ?)

    6. Ange tenant un phylactère.

    7. Ange jouant de la flûte à bec.

    8. Le miracle de saint Nicolas.

    9. Ange jouant de la mandore.

    Registre inférieur.

    10. Ange jouant du monocorde ou trompette marine.

    11.Ange joueur de mandore.

    12. Ange tenant un mandore.

    13. Ange musicien, instrument non identifié (moderne).

    14. Ange tenant un phylactère (moderne).

    15 . Ange jouant de cymbales à mains (moderne).

    Les anges, nimbés, sont vêtus d'une aube bouffant à la taille au dessus d'une ceinture, et d'un amict évasé par devant. Leur chevelure bouclée présente une houppe centrale.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    1. L'ange jouant des cymbales à mains.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    2. L'ange jouant du monocorde ou de la trompette marine.

    Voir le commentaire sur l'ange n°3 de la baie 15, dont ce médaillon inverse le carton. Une troisième reprise se trouvera au registre inférieur, panneau n°10. 

    Voir Monocorde, Wikipédia.

    Trompette marine, Wikipédia.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    3. L'ange jouant du galoubet ou flûte à trois trous et tambour à grelot.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    4. Ange joueur de cornemuse (moderne : Didron 1893).

    Voir la description par Jean-Luc Matte dans son Encyclopédie de la cornemuse.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    5. Ange jouant de ? cloches ?

    Cet ange tient un objet de la forme d'un livre, à deux battants, sur la tranche duquel se trouvent trois bols.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    6. Ange tenant un phylactère.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    7. Ange jouant de la flûte à bec.

     

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    8. Le miracle de saint Nicolas.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    9. Ange joueur de mandore.

    On distingue la forme de demi-poire, trois cordes, le plectre tenu entre index et majeur, la rosace de la table, le cheviller à angle droit  et trois chevilles.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Les anges du registre inférieur.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    10. Ange jouant du monocorde (ou de la trompette marine). Verre bruni.

    Le brunissement lié à l'altération du verre ancien ne s'oppose pas à l'examen de l'instrument. C'est le même carton que l'ange n°3 de la baie 15, mais avec d'une part la conviction d'avoir affaire au verre originel, et d'autre part la possibilité de voir, en enlevé sur la peinture, le tracé de plusieurs cordes. On voit aussi un trou noir sur la table de l'instrument à hauteur de l'épaule.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    11. Ange joueur de mandore (verre bruni).

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    12. Ange joueur de mandore .

    Le joueur règle l'une des six chevilles de l'instrument qui ne diffère pas beaucoup des deux autres.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    13 à 15 : trois anges modernes (masqués partiellement par le mobilier).

    13 : joueur de tambour ??

    14 : ange tenant un phylactère

    15 : ange jouant des cymbales à mains.

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    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    La baie 17 (1360-1370 ) de la chapelle du Rosaire, cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    SOURCES ET LIENS.

     

     

    BEAULIEU ( Michèle) 1967,  Les ornements liturgiques à Notre-Dame de Paris aux XIVe et XVe siècles. In: Bulletin Monumental, tome 125, n°3, année 1967. pp. 261-274; doi : 10.3406/bulmo.1967.4865 http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1967_num_125_3_4865

    LABARTE (Jules), 1879, Inventaire du mobilier de Charles V, roi de France. Paris, Impr. Nationale

    https://archive.org/stream/inventairedumobi00laba#page/366/mode/2up/search/papegaux

    GAVET Philippe, Si l'art m'était conté. La cathédrale d'Évreux.

    http://www.philippe-gavet.com/05/36/index.html

    CALLIAS-BAY (Martine, CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001, Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum vol. VI ; Ed du CNRS / Monum ed. du patrimoine.

    LEBEURIER (P-F.), Description de la Cathédrale d'Evreux accompagnée d'une vue générale et d'un plan géométrique, Evreux 1868

    https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ

    – Annick GOSSE-KISCHINEWSKI - Virginie HENRY , Janvier 2016 , L'histoire de la Cathédrale d’Évreux in Les dires de l'architecte des Bâtiments de France. Les essentiels de l'Eure.

    Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07 – http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/evreux/vitraux/1.html

    — 

    http://evreux.catholique.fr/contenu/documents/services/cathedrale_Evreux-bestiaire.pdf

    — Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame

    http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

    http://www.persee.fr/docAsPDF/bulmo_0007-473x_1967_num_125_3_4865.pdf

     

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    Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
    22 octobre 2017 7 22 /10 /octobre /2017 15:47

    Les vitraux de la baie 15  (vers 1360-1370 et 1387-1400) de la chapelle du Rosaire   de la cathédrale d'Evreux.

     

    Voir aussi :

    Liste de mes 155 articles sur les vitraux :

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    —  Sur la cathédrale d'Évreux :

    — Sur les fonds damassés :

    — Sur les anges musiciens :

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    Vue générale de la chapelle du Rosaire et les trois baies 19, 17 et 15.

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    Baies 19, 17 et  15 (vers 1360-1370 et 1387-1400) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baies 19, 17 et 15 (vers 1360-1370 et 1387-1400) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Plan de situation (d'après le Corpus Vitrearum) :

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    Plan des vitraux du chœur de la cathédrale d'Évreux, d'après  Corpus vitrearum VI (copyright).

    Plan des vitraux du chœur de la cathédrale d'Évreux, d'après Corpus vitrearum VI (copyright).

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    Cette baie, l'une des trois de la chapelle du Rosaire (la première de l'abside du déambulatoire nord), comporte trois lancettes trilobées et un tympan à trois soufflets et quatre écoinçons. Elle mesure 5,20 m de haut et 2,70 m de large.

    Elle est datée de 1360-1370 et de 1387-1400 et comporte dans les trois soufflets du tympan des armes, le mot EN BIEN, et le chiffre (la lettre K) ou les emblèmes aux cerfs ailés et aux fleurs de genêt du roi Charles VI qui régna de 1380 à 1422. Ces panneaux proviendraient (Corpus) sans-doute de l'ancienne chapelle d'axe (après 1387) transférés là vers 1465.

    Elle a été restaurée par É. Didron en 1893.

    Elle  utilise  comme la baie 17 et 19 avec lesquelles elle forme un ensemble, une formule très répandue à la fin du Moyen-Âge, avec la mise en situation de monumentales figures en pied isolés par  des dais architecturaux aux trois dimensions rendues en perspective (Corpus) tout en s'inscrivant devant cette  nouvelle organisation de l'espace situant la "litre colorée" (bande horizontale) à mi-hauteur de la baie au dessus et en dessous d'une verrerie ornementale claire relevée au jaune d'argent. C'est à partir de 1330 que le jaune d'argent, qualifié ici de "jaune d'Évreux", a été pleinement exploité dans les vitraux de la cathédrale.

     

     

    Ici, ce sont trois édicules hexagonaux qui sont insérés en litre dans une vitrerie losangée décorée en grisaille et jaune d'argent. Le registre supérieur à neuf panneaux de celle-ci  est ornée de neuf médaillons d'anges musiciens, alors que le registre inférieur en accueille six autres. Ces quinze médaillons méritent une étude attentive de l'instrumentarium qui y est illustré.

    Ma curiosité ne s'arrête pas à ces musiciens. Les losanges de ces deux espaces sont peints de rinceaux végétaux (feuillages et fleurs) et d'oiseaux, comme à Saint-Jacques de Merléac (Côtes-d'Armor) sur la maîtresse-vitre de 1402. La bordure est faite de petites boites cubiques au jaune d'argent liées verticalement par une corde, et de pièces colorées rectangulaires bleues, vertes ou rouges. Quel est l'objet représenté par ces boites dotés d'ouvertures sur chaque face ?

    Enfin,  ce sont les fonds damassés aux oiseaux affrontés qui motivent aussi  l'intérêt que je porte à cette baie. Et c'est par eux que je débuterai, en présentant les trois personnages du Calvaire de la litre colorée : la Vierge, le Crucifié et saint Jean.

    NOTA BENE : j'exploite dans ma description celle du Corpus Vitrearum 2001 page 149.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    I. LA LITRE COLORÉE ET SON CALVAIRE.

     

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    Les trois protagonistes du Calvaire sont placés dans des niches individuelles à tourelles élevées surmontées de séraphins. Fond des dais colorés, s'achevant en forme de trilobe ; fonds des niches tendus de damas colorés. 

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Lancette A : la Vierge.

    Elle se tient mains jointes et tête baissée, tournée vers la Croix  de la lancette centrale.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Le fond rouge, très sombre comme tout verre rouge de l'époque, ne peut être examiné qu'au prix d'une surexposition de l'image. On voit alors, dans de mauvaises conditions, le motif damassé, et il faut être très attentif pour y reconnaître les couples d'oiseaux parmi les rinceaux ; trois d'entre eux sont visibles à gauche. Les oiseaux à forme sinueuse se moulent sur une grosse fleur (à six pétales autour d'un cœur), la tête tournée vers l'arrière et la queue longue enroulée vers l'avant. Ce fond évoque des étoffes de soie, de style oriental "d'oultremer" alors fabriquées en Italie à Lucques, et ces oiseaux pourraient être assimilés à des perruches, alors nommées "papegaux".

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Lancette B : le Crucifié.

    La croix portant le titulus est dressée sur un support surélevé où est peint un crâne témoignant du nom du lieu Golgotha, "lieu du crâne", en latin calvariae locus, notre "Calvaire".

    Elle est encadrée de part et d'autre par les piédroits moulurés et à pinacles de la niche architecturée.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Le fond bleu, plus clair que le rouge, permet d'observer le motif du damassé.

    En haut à gauche, il est fait de tiges doubles, épineuses, portant deux types de fleurs : soit petites, à cinq pétales autour d'un cœur, et groupées par trois,  soit grandes, s'ouvrant en corolles aux bords retroussés en volutes. Juste en dessous de l'aisselle du Christ, la tête d'un oiseau se distingue, pinçant dans son bec une tige. Deux de ses plumes en lames de couteau verticales  se voient aussi le long du thorax. 

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    La partie inférieure permet de retrouver ces rinceaux, mais aussi de repérer, à gauche du genou droit du Christ, la tête, puis le corps d'un oiseau, avec son cou en S, une collerette de petites plumes et cinq pennes verticales. Pour simplifier, je l'ai identifié d'abord comme un aigle, mais rien n'est moins sûr.

    On découvre alors les ailes d'autres oiseaux soit à droite, soit plus bas.

    Nous pouvons alors constater que ce motif à "aigles mordant le rinceau" n'est pas le même que celui, à perruches, de la lancette A .

    On le comparera au vitrail du XVe de l'abbatiale normande de Bonport (Pont-de-l'Arche, Eure), où les ailes sont dirigées vers le haut :

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    La lancette C : saint Jean l'évangéliste.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Ici, malgré le résultat  exécrable de mon zoom et de la surexposition, j'acquiers la certitude que le fonds damassé est le même que pour la lancette centrale, avec ses aigles mordillant les tiges florales. C'est tout ce que je voulais savoir.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Les dais architecturaux.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    LES 15 ANGES MUSICIENS OU PORTEURS DE PHYLACTÈRES (entre 1360 et 1380).

    Comme la baie 17 et la baie 19 de la chapelle du Rosaire, la vitrerie de la baie 15 est ornée de médaillons de 9 anges musiciens ou d'anges porteurs de phylactères. Sept instruments différents sont représentés. Au total, les 3 baies compteraient donc 45 anges dont une trentaine de musiciens, mais avec une répétition des cartons (par exemple, le carton de l'ange à la cornemuse est utilisé à trois reprises).

    — En haut :

    1. Galoubet (flûte à trois trous et tambourin à grelot). 

    2. Cymbales à mains

    3. Monocorde ou trompette marine

    4. Phylactère

    5. Phylactère

    6. Harpe

    7. Phylactère

    8. Trompette

    9. Étendard

    — En bas :

     

    10. Triangle à anneaux

    11. Cornemuse

    12. Mandore

    13. Phylactère

    14. Galoubet (flûte à trois trous et tambourin à grelot)

    15. Phylactère

     

     

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    Les neuf anges musiciens du registre supérieur.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    1. L'ange joueur de galoubet.

    La flûte à une main et tambour consiste en l'union de deux instruments très différents pour n'en former qu'un seul. La flûte de tambourin, à trois trous, se tient d'une main tandis que l'autre main frappe sur le tambour suspendu autour du cou. Elle porte aussi le nom de flûtet ou au XIXe siècle, de galoubet. 

    La flûte se joue le plus souvent – mais non ici – de la main gauche, l'instrument venant se poser sur l'avant-bras droit.

    La membrane du tambour est traversée en diagonale par une corde sur laquelle est fixé un grelot.

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    1bis. Les deux passereaux.

    Les losanges sertis dans les plombs sont décorés de souples tiges traçant deux demi-cercles et produisant des feuilles "de chêne" (peu conformes au modèle naturel) et des glands. Ces tiges procurent un appui aux pattes de deux passereaux, peut-être des grives, tournés en vis à vis vers le médaillon central. Celui de gauche est posé, ailes fermées, alors que celui de droite dont on pourrait admettre qu'il s'agisse d'un rapace,  ouvre les ailes et baisse la tête comme pour prendre quelqu' insecte dans son bec. Ce modèle se poursuit dans les panneaux suivants.

    Ce décor est peint ou tracé à la grisaille et au jaune d'argent, avec deux concentrations jauune et orange.

     

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    2. Ange jouant de deux cymbales à mains.

    Ces cymbales sont du type de celles qui, dans l'Antiquité (crotales), jusqu'au Moyen Age, étaient constituées de deux coquilles de bronze épaisses que l'on entrechoquait en les tenant en leur centre par une poignée de cuir. Ici, les deux cymbales (en bois ?) sont tenues par une poignée, et tenues verticalement l'une au dessus de l'autre.

    L'ange porte un bracelet.

    Décor aux rinceaux à glands et aux deux oiseaux.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    3. Ange jouant du monocorde  [ trompette marine].

    (voir aussi la baie 17 qui contient deux anges portant cet instrument). Les cordes de l'instrument sont frottées, au dessus d'une ouïe,  avec un archer solide semblable à un petit gourdin.  Comparer avec l'ange de la Tapisserie de l'Apocalypse qui joue d'un dicorde :

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84293117

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    Comparer à l' ange de l'ancien palais épiscopal de Beauvais (peintures datées vers 1313) :

    http://www.lavieb-aile.com/2015/10/les-quatre-sirenes-musiciennes-de-beauvais.html

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    Voir aussi :

    — L'ange des lambris du XVe siècle de la chapelle Notre-Dame de Carmès à Neulliac :

    http://www.lavieb-aile.com/article-les-lambris-gothiques-de-n-d-des-carmes-a-neuillac-une-superbe-surprise-109714066.html

    —L' ange des voûtes de la chapelle mariale de la cathédrale du Mans. instrument à deux cordes).

    http://www.lavieb-aile.com/article-un-concert-de-noel-pour-nicole-et-michel-125275886.html

    — Laurent Grillet , 1901, Les ancêtres du violon et du violoncelle, les luthiers et les fabricants d’archets, Paris, C. Schmid, (1, pp. 167-177).

    https://fr.wikisource.org/wiki/Les_anc%C3%AAtres_du_violon_et_du_violoncelle/La_Trompette_marine

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    4. L'ange tenant un phylactère.

    Le décor est presque le même, mais un canard incongru a pris la place de l'oiseau de droite.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    5. L'ange tenant un phylactère.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    6. Ange jouant de la harpe.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.
    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    7. Ange tenant un phylactère.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    8. Ange embouchant une trompette (verre brisé).

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    9. Ange tenant un étendard de l'Agneau de Dieu.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    Les six anges musiciens du registre inférieur.

    De haut en bas et de gauche à droite.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    10. Le triangle à anneaux.

     

    Voir : Christophe Huet, décor du plafond de la Grande Singerie du château de Chantilly  (triangle à anneaux, trompette marine, tambour chinois en terre cuite, hochet, galoubet, etc) :http://www.lavieb-aile.com/2015/12/ma-visite-de-la-grande-singerie-de-chantilly-deuxieme-partie.html

    Voir Bréviaire à l'usage de Paris vers 1414 dit Br. de Châteauroux, Br. de Louis de Guyenne, BM. Châteauroux ms 0002 folio 330v.

    Le décor garde ses feuillages, ses glands et son couple d'oiseau, mais le passereau de droite possède un bec jaune et pointu, comme ceux des merles.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    11. L'ange joueur de cornemuse.

    Le verre est brisé, mais laisse voir le bourdon d'épaule évasé en pavillon, le petit porte-vent et le bourdon. 

     

    Jean-Luc Matte, dans son Iconographie de la cornemuse, signale que la clôture en bois de la chapelle du Rosaire, très réputée et datant de la 1ère moitié du XVIe siècle, possède aussi un ange cornemuseux. 

    Dans cette encyclopédie, la photo sur l'ange du vitrail concerne un cornemuseux trop récent,   créé par Didron en 1893, avec le commentaire suivant : "Sans bourdon, tuyau mélodique plutôt cylindrique s'évasant en pavillon. sac piriforme à col de cygne bien dessiné et couture visible sous le sac"

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.
    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    12. Le rebec ou le mandore.

    Il est difficile de décrire précisément l'instrument, mais sa forme est priforme, et l'ange le joue avec un plectre tenu entre pouce et index de la main gauche. Il y a peut-être trois ou quatre cordes, une rosace est plus ou moins visible sous la main. Le cheviller n'est pas visible.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    13. L'ange de dos  tenant un phylactère.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    14. L'ange jouant du galoubet (flûte accompagnée d'un tambour).

    C'est le même dessin que celui du registre supérieur, mais il est mieux visible, sans-doute car il a été copié par Didron sur le précédent.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

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    15. Ange  tenant un phylactère.

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    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    Baie 15 (vers 1360-1370) de la chapelle du Rosaire de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile mai 2014.

    CONCLUSION.

    1°) Ma première récolte sur cette baie de 1360-1370  consiste en deux fonds damassés à oiseaux, que je qualifie, certes un peu rapidement, comme des perroquets et des aigles.  J'ai déjà décrit dans ce blog les fonds damassés à oiseaux de la cathédrale de Sées en 1370, de la Sainte-Chapelle de Bourges en 1390-1400, de la chapelle Saint-Jacques de Merléac en 1402 et de la cathédrale de Quimper vers 1417. On les trouve aussi (sous forme de médaillons à griffons peut-être, difficiles à distinguer des perroquets)  sur d'autres vitraux de la cathédrale d'Évreux de 1390-1400, les verrières "royales"  209 et 210, et à l'église Saint-Taurin (vers 1450) d'Évreux. Ils existent aussi à l'église de Saint-Lô, dans les verrières des chapelle d'Aligret et de Pierre Trousseau de la cathédrale de Bourges, à Saint-Germain-Village (Eure), dans un inventaire qui est un work in progress  dont l'exploration me permet de progresser à chaque article.

    Néanmoins, ma relecture de mon article sur les fonds du chœur de la cathédrale de Quimper me rappellent que j'avais déjà laborieusement approfondi mon sujet.

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    Cette fois, je prends d'avantage conscience que ces soieries à perroquets (ou plus largement de style oriental) étaient fréquentes chez les Valois dans les possessions des rois et des ducs de France à l’époque du sage roi Charles V et de ses frères « apanagés » : Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, Jean, duc de Berry et Louis, duc d’Anjou.

    a) les étoffes orientales. 

    Leur usage était souvent religieux, soit au sein des "chapelles" (ensemble des étoffes liturgiques utiles pour desservir un lieu de culte), soit pour recouvrir des livres d'Heures ou des missels, sous la forme de "couvrures" mais surtout de "chemises". On les retrouve décrits dans les Inventaires sous des noms qu'il faut décrypter, comme "drap d'oultre mer", "sarrasinois" ou de Sarrazin,   "baudequin" ou baudekinis (une soierie façonnée originaire de Bagdad : c' est un drap figuré de dessins formés dans le tissage de l'étoffe par un mélange de satin, de sergé, de taffetas et d'or ou d'argent). Selon le blog de Claudine Brunon


     

    En 1370, "Pour une pièce de baudequin d'oultremer de plusieurs soies en champ vermeil et euvres vers à 2 papegaux en un compas...pour faire couvertures et chemises pour nostre beau livre appelle Gouvernement des princes, Boece, de consolacion et plusieurs autres, 20 fr. "(Delisle, Mandements de Charles V, n°715).

    "Une aulne de baudequin de pluseurs soies des larges, d'une aulne de lé. pour couvrir et faire une chemise pour le grant messel de nostre chapelle, 10 fr. (Delisle, Mandements de Charles V, n°736)

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    Il s'établit ainsi des liens étroits entre les tentures des chapelles et les draps liturgiques, les vêtements sacerdotaux, les étoffes enveloppant les livres pieux, les enluminures de ces livres, les vitraux reprenant les images de ces enluminures, qui formaient l'environnement religieux des princes, et les étoffes de prix dont ils aimaient s'entourer.

    Il faut, pour déchiffrer les inventaires, distinguer (N. Coilly) :

    – le taffetas Soierie d’armure toile : monochrome, sans motifs

    le drap de soye, sericus ou cericus

    le Cendal qui est une soierie d’armure toile ; proche du taffetas, plus prisé. Et le tiercelain ou Cendal tiercelain qui est un  Cendal à trois fils

    Le Satin, sathin : une Soierie non façonnée d’armure satin

    Le Satanin, satallin : Soierie façonnée

     Le Camocas qui est une soierie sans doute proche du damas

     Le damas, ou  drap de damas. C'est une soierie façonnée ; originaire de Damas. Aujourd’hui, le damas est une soierie sans envers, dont les effets de dessin sont obtenus par des flottés sur une armure de base satin ou sergé (effets de matité / brillance). Il est difficile de savoir si le damas médiéval était défini par une technique ou par une origine.
     Le Velours ou  veluiau, velutus qui est la  soierie façonnée la plus prestigieuse avec effet de bouclettes ou de poils obtenu au moyen de fils de chaîne supplémentaires surélevés et éventuellement tondus. Rares et intéressantes mentions de velours empraint (= velours frappé), sathin figuré de veluiau ( = velours sur satin), velutus pillosus ( = velours relevé)

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    Pour découvrir les mentions de soieries à perroquets, il faut chercher les mots papegaux, pappegaus, papegos ou les mots latins citacis (corruption pour psittacis ?).

     

    Ainsi lit-on chez Francisque Michel (1852) : "Rien de plus commun que de rencontrer des perroquets dans l'ornementation de tissus du moyen âge" :

    « Item capa de albo sameto, breudata cum rotellis....(petites roues)

    —— Item duæ capae. Albæ... de duobus baudekinis, cum citacis.

    ltem capa alba, operata rotellis , facta de uno baudekino, cum citacis. » Visit. facta in thes. S. Pauli Lond..... an. Grat. MCCXCV. (The Hist. of St. Paul's: Catin, pag. 317, col. 2. Cf. pag. 223 , col. 2.)

    « Item une chapelle blanche de samit, qui est à pappegaus, » etc. Inventaire des biens meubles de Louis le Hutin , 1317.

    «  Item 4 tapis de laine ouvrés de papegaus et à compas, presié 20 l. par. « Invent. des biens de la reine Clémence de Hongrie, n" 318, pag. 444, tom. II des Mélanges de Clérembaut. »

    -— a Item une chapelle de camocas blanc douldre-mer brodée à papegaux d’or et à fleurettes, etc. Inventaire de Charles V, Ms. 8356, fol. cxij. recto, n° 1076.- Item une chambre de sortail... lozengée de papegaux, etc. Ibid” fol. iij°. iiij. verso, n° 3565.

    ——Item troys tayes de carreaulx de veluiau vermeil brodées à dames et à papegaux , etc. l6id., fol. iij‘. x. verso, n° 3648.

    -— Item une autre salle yndee à lozanges et papegaux, » etc. Ibid., fol. iij‘. xij. recto, n° 3665.

    - Item una alia alba pro presbytero cum paramentis panni serici broderati per quarellos albos et virides super croceo, ad aves papegos et alias aves.» Inventar. ann. 1419, ex labul. eccl. Noviom. (Une Cité picarde au moyen âge, etc., pag. 155). Cf. (iloss. med. et inf. Latîn., tom. V, pag. 66, col. 2, v° Papagallus.

    Dans l'inventaire des joyaux de l'église d’York dressé en 1530, on trouve deux suites d’ornements d’église ornés de perroquets : Item una secta del baudekin operata cum le popingeas, etc. (Monasticon Anglicanum, vol. VI, part. m, pag. i209, col 2.)

    Item una secta blod de satteyn, cum le popingeas de auro. r lbid.

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    2°) Mon deuxième soin est de fournir aux internaute un exemple de vitrail du XIVe siècle illustrant la préoccupation de mieux faire entrer la lumière dans le chœur en plaçant les éléments colorés plus sombres au centre d'une grande plage de vitrerie de verre blanc à losanges ornés au jaune d'argent.

    3°) Et le troisième est de montrer un exemple dans lequel ces losanges ne reçoivent pas seulement des éléments végétaux (glands et rinceaux) mais aussi des oiseaux. Cela me servira dans mon examen du registre décoratif de la maîtresse-vitre de Merléac.

    4°) Enfin, mon dernier plaisir est d'enrichir ma collection en ligne d'anges musiciens qui fournissent des exemples des instruments utilisés dans la seconde moitié du XIVe siècle.

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    SOURCES ET LIENS.

    — La chasuble aux perroquets de Maubeuge :

    • "La chasuble dite de sainte Aldegonde – en soie, or et cuir – à décor de perroquets affrontés et fleurs de lys fut offerte par l’abbesse Madame de Fontaine au chapitre de Maubeuge. Le drap d’or qui la compose pourrait être un cadeau diplomatique d’un empereur Mongol à saint Louis. Cet objet a fait l’objet de diverses analyses qui ont permis, entre autres, de le dater des années 1230-1300. Son origine, entre le Moyen et l’Extrême-Orient, reste vivement discutée. Les analyses ADN du cuir qui la compose permettront de trancher cette question."

    — Inventaires des meubles et joyaux du roi Charles VI. I Inventaire de Jacques L'Empereur, « garde des joyaux après Guillaume Fonçant ». Département des manuscrits, Français 21444 folio 163v et suivants

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8571096f/f338.item

    —  COILLY (Nathalie) (Communication IRHT du 27 novembre 2003), Reliures d’étoffe dans les bibliothèques des Valois

    https://irht.hypotheses.org/513

    — MORANVILLÉ (H.)1903, Inventaire de l'orfèvrerie  joaillerie de  Louis, duc d'Anjou, Paris, E. Leroux.

    https://archive.org/stream/inventairedelorf01loui#page/n5/mode/2up

    — LE ROUX DE LINCY ( Antoine), 1852, Inventaires des biens meubles et immeubles de la comtesse Mahaut d'Artois, pillés par l'armée de son neveu, en 1313. Bibliothèque de l'école des chartes  Année 1852  Volume 13  Numéro 1  pp. 53-79

    http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1852_num_13_1_445056

    — BEAULIEU ( Michèle) 1967,  Les ornements liturgiques à Notre-Dame de Paris aux XIVe et XVe siècles. In: Bulletin Monumental, tome 125, n°3, année 1967. pp. 261-274; doi : 10.3406/bulmo.1967.4865 http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1967_num_125_3_4865

    — LABARTE (Jules), 1879, Inventaire du mobilier de Charles V, roi de France. Paris, Impr. Nationale

    https://archive.org/stream/inventairedumobi00laba#page/366/mode/2up/search/papegaux

    —GAVET Philippe, Si l'art m'était conté. La cathédrale d'Évreux.

    http://www.philippe-gavet.com/05/36/index.html

    — CALLIAS-BAY (Martine, CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2001, Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum vol. VI; Ed du CNRS / Monum ed. du patrimoine.

    — LEBEURIER (P-F.), Description de la Cathédrale d'Evreux accompagnée d'une vue générale et d'un plan géométrique, Evreux 1868

    https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ

    Annick GOSSE-KISCHINEWSKI - Virginie HENRY , Janvier 2016 , L'histoire de la Cathédrale d’Évreux in Les dires de l'architecte des Bâtiments de France. Les essentiels de l'Eure.

    Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07 – http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/evreux/vitraux/1.html

    — 

    http://evreux.catholique.fr/contenu/documents/services/cathedrale_Evreux-bestiaire.pdf

    — Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame

    http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

    http://www.persee.fr/docAsPDF/bulmo_0007-473x_1967_num_125_3_4865.pdf

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    Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
    21 octobre 2017 6 21 /10 /octobre /2017 21:37

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    PRÉSENTATION : SAINT PIAT, SON CULTE, SA CHAPELLE,  SON VITRAIL.

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    Je présenterai d'abord saint Piat :

    "Originaire de Bénévent en Italie, il évangélisa la région de Chartres mais, selon la légende, il n'y rencontra que des cœurs endurcis. Il se rendit à Tournai et là, en deux mois, trente mille païens se convertirent à sa parole qu'ils ne comprenaient pas... Les villes de Tournai, Douai, Orchies et Seclin sont ainsi évangélisées. A la troisième heures du jour des calendes d’octobre, Piat est martyrisé par un soldat de l’armée romaine qui lui tranche le haut du crâne." "Tenant entre ses mains le haut de son crâne, tranché par les soldats romains sur la route menant de Tournai à Arras, Piat selon la légende serait parvenu jusqu'à Seclin et inhumé à l'endroit de sa chute." Chartres se souvint tout de même de lui, recueillit ses reliques à l'époque des invasions normandes et lui consacra une localité: 28130 Saint-Piat." (Nominis)

    Les chartrains firent une belle châsse pour les reliques du saint, qui s'avérèrent très efficaces pour faire venir le beau temps, en association avec celles de saint Taurin, qui procuraient la pluie par temps de sécheresse. Une chapelle fut construite au sud du déambulatoire, mais les pèlerins se montrèrent si zélés et si nombreux à honorer le saint qu'il fallut, en 1324, construire une nouvelle chapelle, desservie par pas moins de 12 chanoines.    Je citerai ensuite la monographie de l'abbé Bulteau page 273 et suiv. 

     

    "Les reliques de saint Piat ont été apportées de Seclin à Chartres vers 880, afin de les soustraire à la fureur des Normands. — Depuis bien longtemps Chartres et Seclin se disputent l'honneur de posséder le corps de saint Piat : dans une vie du saint Martyr écrite au XII e siècle par Hériman, abbé de saint Martin de Tournay, on voit déjà « qu'une très grande question était agitée, parce que les Seclinois disaient que le corps de saint Piat avait été reporté au lieu de son martyre à Seclin ; tandis que les Chartrains, au contraire, affirmaient qu’il était conservé chez eux jusqu’à ce jour . Au XVIIe siècle, les Bollandistes ont pris parti pour les Seclinois et ont essayé de réfuter le bon Rouillard. En 1816, M. Hérisson a publié un savant mémoire où il prouve que Chartres possède véritablement les sacrés restes de saint Piat. — Depuis un temps immémorial, on expose la châsse qui renferme les reliques de saint Piat pour obtenir le beau temps dans les années pluvieuses. Rien de plus édifiant que de voir alors les populations des villages voisins de la ville venir en procession solennelle invoquer le saint martyr, qui les exauce toujours (Voyez les anciens Bréviaires de Chartres, au ler octobre et le nouveau au 3 octobre.). La seconde châsse contient quelques ossements de saint Taurin, évêque d’Évreux, et les différentes reliques qui avaient été brutalement profanées et enfouies en 1793. On expose cette sainte châsse pour. demander de la pluie durant les sécheresses." (pages 311-312)

    La Chapelle de Saint-Piat.

    "La grande chapelle de Saint-Piat, bâtie en hors d’œuvre, derrière l'abside de la Cathédrale, est une belle et solide construction du XIVe siècle ; on y arrive par un escalier de vingt-neuf marches commençant dans l’ancienne petite chapelle de Saint-Piat.

    « Le chapitre de Chartres ha esté le premier fondateur de ladicte Chapelle environ l’an 1349, que le corps dudict S. Piat par la dévotion que les gens de bien y avoient, üorissoit en miracles. Cause qu’on y arrivoit de toutes parts, et s’y faisoient de grandes aulmosnes et oblations, desquelles ladicte Chapelle auroit este presque toute bastie. Et portent les tiltres de ladicte fondation, en datte que dessus, que messire Aimeri de Chasteau-Luisant, lors évêque de Chartres,... aïant ouï la renommée des dévotions qui se faisoient audict miraculeux corps de S. Piat, en l'église de Chartres : et que les Chanoines d'icelle, lui faisoient bastir une Chapelle excellente, après s’estre informé du tout par gens féables. envoïez par exprès, fonda douze Chanoines en icelle Chapelle de S. Piat, dont y en auroient huict prebstres, deux diacres et deux soubs-diacres (1) ». Toutes ces chanoines et toutes les autres fondations de la chapelle ont été violemment supprimées en 1793.

     

    La chapelle Saint-Piat a été construite de 1324 à 1353. On y accède par deux escaliers et deux portes successives. La première porte s’ouvre dans la Cathédrale même, à côté de la chapelle de la Communion, et on y arrive obliquement par quelques marches que protège une rampe en fer." (page 320 et suiv.)

    Aujourd'hui (2017), la chapelle Saint-Piat est en cours d'aménagement pour accueillir le public qui y découvrira le Trésor de la cathédrale. Les vitraux du XIVe siècle sont actuellement restaurés, pour une ouverture en 2019. Mais la baie n°6 reste visible, puisqu'elle est en dehors de la chapelle.

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    Plan de situation :  la chapelle Saint-Piat.(source image)

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    http://www.chartres-csm.org/wp-content/uploads/2016/07/chapelle-st-piat-vitraux.pdf

    http://www.chartres-csm.org/wp-content/uploads/2016/07/chapelle-st-piat-vitraux.pdf

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    La baie n°6 (1350-1360).

     

     

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    "L’ancienne chapelle absidale de Saint-Piat, a été supprimée en 1324 pour y établir la porte et l’escalier donnant accès à la nouvelle chapelle Saint-Piat. [...]

    Ce vitrail [baie n°6], qui ne date que du XIVe siècle, est placé au-dessus de la belle porte qui mène à la chapelle de Saint- Piat ; c’est une grisaille enrichie de médaillons aux fleurs de lys d’or: au centre de la grisaille, on voit la figure de saint Piat, debout, vêtu sacerdotalement et tenant un livre en ses mains. Ce vitrail a été donné par Aimeri de Chateau-Luisant, évêque de Chartres.(*)" (Abbé Bulteau)

    (*) Aymery de Châlus  fut évêque de Chartres de 1332 à 1342 avant de devenir cardinal.

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    Le site culture.org précise que cette verrière exécutée entre 1350 et 1360 a sans doute été offerte par Jean II le Bon. Ce dernier fut roi de France de 1350 à 1364 ; il épousa Bonne de Luxembourg (1332-1349) puis Jeanne d'Auvergne (1350-1360). Il fut capturé en 1356 à la bataille de Poitiers et emmené en captivité en Angleterre.

    La voici au dessus de la porte, et à gauche de la verrière de saint Sylvestre (photo micheletb-Wikipédia) : la comparaison entre la baie n°8, du XIIIe siècle, entièrement occupée par des verres colorés, et la claire baie n°6 du XIVe, est éloquente.

    Photo micheletb : https://fr.wikipedia.org/wiki/Vitrail_de_saint_Sylvestre_%C3%A0_Chartres#/media/File:Vitrail_Chartres-006_%26_008.jpg

    Photo micheletb : https://fr.wikipedia.org/wiki/Vitrail_de_saint_Sylvestre_%C3%A0_Chartres#/media/File:Vitrail_Chartres-006_%26_008.jpg

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    C'est une baie d'une seule lancette ogivale, sans tympan, divisée par les barlotières en 23 panneaux. Elle mesure 3,00 m de haut et 2,30 m de large. Elle a été  restaurée par Gaudin en 1921.

    On peut lui décrire trois ensembles :

    — La large bordure aux verres rouges unis et de croisillons bleus, à losanges blancs. Ces losanges peints en grisaille sont centrés par une fleur de lys d'or. (jaune d'argent).

    — Un espace de vitrerie en verre blanc, qui répond au souci de l'époque de mieux éclairer le déambulatoire (voir la baie de saint Nicolas et la baie de l'Annonciation de la cathédrale). Ses panneaux sont centrés par des médaillons bleus.

    — Au centre, saint Piat se détachant sur le même fond losangé, mais encadré par un une niche  architecturée.

    Verrière de saint Piat, baie n°6, cathédrale de Chartres. Photographie lavieb-aile.

    Verrière de saint Piat, baie n°6, cathédrale de Chartres. Photographie lavieb-aile.

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    Verrière de saint Piat, baie n°6, cathédrale de Chartres. Photographie lavieb-aile.

    Verrière de saint Piat, baie n°6, cathédrale de Chartres. Photographie lavieb-aile.

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    Le saint "sacerdotalement vêtu" porte une chasuble à  orfrois recouvrant l'aube. Au poignet gauche, il porte le manipule. 

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    Cette photographie permet aussi d'examiner le motif contenu dans les losanges. Au centre, un fleuron. Autour, quatre feuilles de chêne. Sur certains losanges, l'une des feuilles est remplacée par un gland.

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    Verrière de saint Piat, baie n°6, cathédrale de Chartres. Photographie lavieb-aile.

    Verrière de saint Piat, baie n°6, cathédrale de Chartres. Photographie lavieb-aile.

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    Dans les couronnes de feuillage vert à quatre roses, trois fleurs de lys sur fond bleu : ce sont les armes du roi de France, un indice qui plaide, comme la bordure fleurdelisée,  pour le rôle de Jean II le Bon comme donateur.

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    Verrière de saint Piat, baie n°6, cathédrale de Chartres. Photographie lavieb-aile.

    Verrière de saint Piat, baie n°6, cathédrale de Chartres. Photographie lavieb-aile.

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    Dans la construction à trois fenêtres qui domine le dais architectural, trois fonds damassés, à trois motifs différents : un quadrillage de losanges, sur fond rouge. Des rinceaux sur fond vert. Des cercles et losanges sur fond rouge.

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    Verrière de saint Piat, baie n°6, cathédrale de Chartres. Photographie lavieb-aile.

    Verrière de saint Piat, baie n°6, cathédrale de Chartres. Photographie lavieb-aile.

    Verrière de saint Piat, baie n°6, cathédrale de Chartres. Photographie lavieb-aile.

    Verrière de saint Piat, baie n°6, cathédrale de Chartres. Photographie lavieb-aile.

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    CONCLUSION.

    Cette baie n°6 offre un nouvel exemple de cette nouvelle organisation, plus lumineuse et aérée, qui place le personnage, figuré en pied et de face, dans une niche simplifiée, au centre d'une vitrerie seulement occupée par une grisaille décorative dans un réseau de losanges. On la retrouve dans la baie 10 de Saint-Nicolas (1375-1400 et 1417) et dans la baie 26 de l'Annonciation (1325-1350). 

    Elle illustre aussi l'utilisation du jaune d'argent, assez récente puisque cette technique probablement inventée à Paris vers 1300 est attestée aujourd'hui en France dans un premier exemple daté en 1313 dans un petit vitrail de Mesnil-Villeman (50) par un atelier rouennais. Ici, il souligne la blondeur des cheveux, enrichit l'orfroi de la chasuble, précise le relief de l' architecture; et donne aux "étoiles" des feuilles de chêne l'éclat de l'or ou crée la dorure héraldique des feuilles de lys. Sa teinte varie de l'orange au jaune.

    On pourra en voir d'autres exemples datant de la même période ici :

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    Dans deux ans, nous pourrons découvrir d'autres exemples de ces vitraux du XIVe à Chartres dans la chapelle Saint-Piat elle-même, lorsque les vitraux seront restaurés et la chapelle ouverte au public :

    Chartres, sanctuaire du monde. La chapelle Saint-Piat et ses vitraux.

    http://www.chartres-csm.org/wp-content/uploads/2016/07/chapelle-st-piat-vitraux.pdf

     "L’édifice appelé Chapelle Saint-Piat est une construction à deux niveaux, primitivement isolée de la cathédrale et accostée de deux tourelles, à l’est du chevet, réalisé durant le deuxième tiers du XIVe siècle. Le niveau inférieur constituait la salle capitulaire des chanoines de la cathédrale. Au-dessus de cette salle basse de trois travées, a été construite vers 1335, une nouvelle chapelle destinée à abriter les reliques de saint Piat."

     

    "L’extraordinaire ensemble de verrières des XIIe et XIIIe siècles de la cathédrale se poursuit avec les vitraux ajoutés ultérieurement à la cathédrale au XIVe siècle. Dans une étude récente, Françoise Gatouillat précise que «selon René Merlet , sept des neuf fenêtres de la chapelle Saint- Piat reçurent des vitraux dès les années 1340. Les fenêtres des trois travées primitives, dont la vaste baie orientale, conservent des panneaux contemporains de la construction, à l’inverse de celles de la quatrième travée, renouvelées au début du XVIe siècle. Bien qu’altéré par des pertes et déplacements, et fortement remanié entre 1915 et 1926, ce qui en subsiste donne une juste idée du goût qui prévalait en la matière au cours du XIVe siècle .Ces verrières, conformes à la mode en usage depuis le règne de Philippe le Bel, présentent une grande proportion de losanges aux ornements teintés de jaunes d’argent. Dans les lancettes des baies latérales s’inscrivent, au milieu des vitreries blanches, des silhouettes de pleine couleur, dont la réunion forme parfois des scènes – la Lapidation de saint Etienne, l’Annonciation-et des saints tels que Denis et Laurent… Des restes d’armoiries indiquent la diversité des contributeurs, parmi lesquels le roi Philippe VI de Valois et son frère Charles II, comte d’Alençon et du Perche, seigneur de Chartres de 1325 à sa mort en 1346 ». 

    Françoise Gatouillat, «La chapelle Saint-Piat », in Notre-Dame de Chartres, dir. Michel Pansard, dir. sc. Jean-Paul Deremble et Jean-François Lagier, Strasbourg/Paris, La Nuée bleue/Place des Victoires, coll. «La grâce d’une cathédrale », vol. 7, 2013, p. 106-107 

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    SOURCES ET LIENS.

    — BULTEAU (abbé Marcel Joseph), 1901, Monographie de la Cathédrale de Chartres, Volume 3. R. Selleret. 

    https://archive.org/details/MonographieDeLaCathedraleDeChartresV3

    — BULTEAU  (l'abbé Marcel Joseph) Description de la cathédrale de Chartres: suivie d'une courte notice sur les ..

    https://books.google.fr/books?id=oVEAAAAAYAAJ&pg=PA211&dq=vitrea+colini+de+cama+regi&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi03qHqvYLXAhWBahoKHWCBCGwQ6AEIJzAA#v=onepage&q=piat&f=false

    — http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PM28000819

     

    http://www.chartres-csm.org/wp-content/uploads/2016/07/chapelle-st-piat-vitraux.pdf

    https://dartagnans.fr/fr/projects/cathedrale-de-chartres-restauration-des-vitraux/campaign

     

    http://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/06_vitrail_grisaille/index.htm

    http://www.lavieb-aile.com/article-vitrail-de-l-annonciation-de-la-cathedrale-de-chartres-123049018.html

    http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PM28000819

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Verri%C3%A8re_de_l%27Annonciation_%C3%A0_Chartres

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Vitraux_de_Chartres

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    Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
    19 octobre 2017 4 19 /10 /octobre /2017 12:44

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    Cette baie n°18 de la Légende de saint Jacques le Majeur ,  haute de 6,00 m et large de 1,20 m éclaire la troisième chapelle du déambulatoire sud. Elle forme une lancette unique, divisée en 5 grands médaillons en forme d'octolobes irréguliers, et chacun de ces médaillons est subdivisé en quatre compartiments autour d'un losange central. Le fond est bleu pour l'ensemble de la baie, et celle-ci est entourée d'un rang de perles blanches. Les espaces complétant les médaillons sont remplis de carrés contenant un quadrilobe.

    La vitre a été restaurée par Coffier après 1853 : le registre inférieur et tous les panneaux de gauche datent du XIXe siècle.

    De bas en haut :

    Vie de saint Jacques

    Prédication et confrontation avec Hermogène ; Conversion de Philetus.

    Miracles.

    Décollation du saint et de Josias.

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    Mes photographies prises dans de mauvaises conditions sont toutes affectées par des défauts de centrage dont je m'excuse.

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    La verrière de la Vie de saint Jacques (vers 1210-1215) de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    La verrière de la Vie de saint Jacques (vers 1210-1215) de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    Le premier médaillon.

     

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    La verrière de la Vie de saint Jacques (vers 1210-1215) de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    La verrière de la Vie de saint Jacques (vers 1210-1215) de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    1. Le magicien Hermogène et son disciple Philetus (XIXe siècle).

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    1. Le magicien Hermogène et son disciple Philetus (XIXe siècle),  verrière de la Vie de saint Jacques  de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    1. Le magicien Hermogène et son disciple Philetus (XIXe siècle), verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    2. Prédication de saint Jacques aux Juifs (vers 1210-1215).

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    2. Prédication de saint Jacques aux Juifs (vers 1210-1215), verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    2. Prédication de saint Jacques aux Juifs (vers 1210-1215), verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    3. Saint Jacques convertit (ou délivre de son envoûtement) Philetus (XIXe siècle).

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    3. Saint Jacques convertit Philetus (XIXe siècle),  verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    3. Saint Jacques convertit Philetus (XIXe siècle), verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    4. Philetus paralysé ou endormi par la magie d'Hermogène (vers 1210-1215).

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     4. Philetus paralysé ou endormi par la magie d'Hermogène (vers 1210-1215), verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    4. Philetus paralysé ou endormi par la magie d'Hermogène (vers 1210-1215), verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    Le deuxième médaillon.

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    5. Philetus devant saint Jacques (XIXe siècle).

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    5. Philetus devant saint Jacques (XIXe siècle) , verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    5. Philetus devant saint Jacques (XIXe siècle) , verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    6. Hermogène envoie un démon vers saint Jacques ?.

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     6. Hermogène envoie un démon vers saint Jacques ?, verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    6. Hermogène envoie un démon vers saint Jacques ?, verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    7. Danse des démons (le départ ), XIXe siècle.

     7. Danse des démons (1), XIXe, verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    7. Danse des démons (1), XIXe, verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    8.  Danse des démons (ils inversent leur mission), vers 1210-1215 ?.

    8.  Danse des démons (2), vers 1210-1215 ?. , verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    8.  Danse des démons (2), vers 1210-1215 ?. , verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    Le troisième médaillon.

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    9. Les démons lient Hermogène (XIXe siècle).

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     9. Les démons lient Hermogène (XIXe siècle), verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    9. Les démons lient Hermogène (XIXe siècle), verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    10. Hermogène est conduit corde au cou par un démon devant saint Jacques (vers 1210-1215).

    10. Hermogène est conduit corde au cou par un démon devant saint Jacques (vers 1210-1215) , verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    10. Hermogène est conduit corde au cou par un démon devant saint Jacques (vers 1210-1215) , verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    11. La conversion d'Hermogène par saint Jacques (XIXe siècle).

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    11. La conversion d'Hermogène par saint Jacques (XIXe siècle) , verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    11. La conversion d'Hermogène par saint Jacques (XIXe siècle) , verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    12. Hermogène jette au feu ses traités de magie sur l'injonction de saint Jacques (vers 1210-1215).

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    12. Hermogène jette au feu ses traités de magie sur l'injonction de saint Jacques (vers 1210-1215) , verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    12. Hermogène jette au feu ses traités de magie sur l'injonction de saint Jacques (vers 1210-1215) , verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    Le quatrième médaillon.

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    13. Hermogène jette à l'eau ses traités de magie sur l'injonction de saint Jacques (XIXe siècle).

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     13. Hermogène jette à l'eau ses traités de magie sur l'injonction de saint Jacques (XIXe siècle), verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    13. Hermogène jette à l'eau ses traités de magie sur l'injonction de saint Jacques (XIXe siècle), verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    14. La remise du bâton (bacculus) à Hermogène par saint Jacques (vers 1210-1215).

     14. La remise du bâton  à Hermogène par saint Jacques (vers 1210-1215), verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    14. La remise du bâton à Hermogène par saint Jacques (vers 1210-1215), verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    15. Arrestation de saint Jacques.

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    15. Arrestation de saint Jacques (XIXe siècle) , verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    15. Arrestation de saint Jacques (XIXe siècle) , verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    16. Une foule de disciples suit (ou une foule  poursuit de ses huées) saint Jacques (vers 1210-1215).

    16. Une foule de disciples suit (ou une foule  poursuit de ses huées) saint Jacques (vers 1210-1215) , verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    16. Une foule de disciples suit (ou une foule  poursuit de ses huées) saint Jacques (vers 1210-1215) , verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    Cinquième médaillon.

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    17. Saint Jacques fait des miracles après son arrestation : il guérit un paralytique (XIXe siècle).

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    17. Saint Jacques fait des miracles après son arrestation : il guérit un paralytique (XIXe siècle) , verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    17. Saint Jacques fait des miracles après son arrestation : il guérit un paralytique (XIXe siècle) , verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    18. Saint Jacques procède à un baptême après son arrestation.

     

    Notez les coquilles de Saint-Jacques en fermaillet sur le fond bleu.

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     18. Saint Jacques procède à un baptême après son arrestation 18. Saint Jacques procède à un baptême après son arrestation (vers 1210-1215), verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    18. Saint Jacques procède à un baptême après son arrestation 18. Saint Jacques procède à un baptême après son arrestation (vers 1210-1215), verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    19. La décollation de Josias (XIXe siècle)

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    19. La décollation de Josias (XIXe siècle) , verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    19. La décollation de Josias (XIXe siècle) , verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    20. La Décollation de saint Jacques (vers 1210-1215).

    Notez les coquilles de Saint-Jacques en fermaillet sur le fond bleu.

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     20. La Décollation de saint Jacques (vers 1210-1215), verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

    20. La Décollation de saint Jacques (vers 1210-1215), verrière de la Vie de saint Jacques de la cathédrale de Bourges. Photographie lavieb-aile 2016.

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    SOURCES ET LIENS.

    — GRODECKI (Louis) et al. 1981, Les vitraux du Centre et des Pays de la Loire, Corpus Vitrearum, éditions du CNRS, Paris, page 173.

    http://www.xacobeo.fr/ZF2.02.b-a.vitr.Bourges.Montereau.htm

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    Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
    17 octobre 2017 2 17 /10 /octobre /2017 11:29

    Les vitraux du XIIIe siècle de la cathédrale Saint-Gatien de Tours : la baie 210 de la Vie de saint Jacques et de la légende du pendu dépendu (entre 1257 et 1270).

    Voir aussi : 

    La liste de mes 154 articles sur les vitraux.

    Les vitraux du XIIIe siècle de la cathédrale de Tours. Baie 214, légende de saint Eustache.

    La maîtresse-vitre de la chapelle Saint-Jacques de Merléac (1402) et sa Vie de saint Jacques.

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    La baie 210 est l'une des 15 verrières hautes du chœur : la cinquième à droite de la verrière d'axe. Elle fut installée avec ses voisines lorsqu'en 1267, les reliques de saint Maurice furent transférées dans le nouveau chœur. L'archevêque de Tours (qui offrit la baie 213) était Vincent de Pirmil, de 1257 à 1270, mais Jacques de Guérande, ancien doyen de l'église de Tours qui offrit la baie 203, était évêque de Nantes de 1264 à 1267.

    Haute de 10,50 m et large de 3,20 m, elle comporte 4 lancettes trilobées (2 x 2)  à 6 registres, consacrées à la Vie de saint Jacques et à la Légende du pendu-dépendu,  et un tympan. Les lancettes reçoivent 24 médaillons ovales (ronds avec deux dilatations latérales) à fonds bleus sur des mosaïques de motifs circulaires et une bordure de fleurettes.

    Elle est datée par le Corpus du 3ème quart du XIIIe siècle. Elle est donc postérieure de plus d'un demi siècle à la verrière homologue de la cathédrale de Bourges (vers 1210-1215) et de la cathédrale de Chartres (1210-1225), et ces deux sites ne font pas de place à la légende du pendu.

    Par contre, elle est la première à accueillir, en vitrail, cette légende, dont les représentations iconographiques  sont multiples en Europe du XIIIe au XVIe siècles (fresques, retables), mais qui ne se retrouve en verrière qu'à Merléac en 1402, et plus tard à Lisieux (1526), Saint-Nicolas de Châtillon-sur-Seine (vers 1530), Saint Vincent de Rouen, Triel (1554), dans l’église de Courville (Eure-et-Loir) et dans l’église de Villiers (Loir-et-Cher). Ou à Cour-sur-Loire (XVIe), à Notre-Dame-en-Vaux de Châlons-sur-Marne.

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    Plan de la cathédrale Saint-Gatien de Tours.

    Plan de la cathédrale Saint-Gatien de Tours.

    Baie 210 (flèche), chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 (flèche), chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    De gauche à droite et de bas en haut.

    1. La rencontre de Jacques de Zébédée et de son frère Jean devant le Christ au lac de Tibériade.

    Rappel : 

     Jacques de Zébédée, ou Jacques le Majeur, est mentionné dans les Évangiles synoptiques (par exemple en Mc 3:17, Mt 10:2 et Lc 6:14) ainsi que dans les Actes des Apôtres (Ac 1:13). Il est le frère de l'apôtre Jean, et tous deux sont surnommés Boanerges, ce qui d'après l'évangile selon Marc veut dire « fils du tonnerre » (Mc 3,17). Le plus ancien des évangiles, celui de Marc, présente les deux frères comme des pêcheurs du lac de Tibériade qui laissent leur barque pour suivre Jésus, épisode repris par Matthieu et Luc.

    2. Jacques devant le Christ.

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    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    3. Saint Jacques devant Philète et Hermogène.

    C'est après avoir prêché en Espagne et être revenu en Judée que Jacques fut confronté au docte pharisien, et magicien, Hermogène, qui s'oppose au christianisme en prétendant que Jésus n'est pas le vrai fils de Dieu. Philète est son disciple.

    4. Saint Jacques convertit Philète.

    Hermogène ayant envoyé son disciple à Jacques pour le convaincre, c'est l'inverse qui se produit. hermogène va être furieux.

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    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    DEUXIÈME REGISTRE.

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    5. Apparition du Christ à l'apôtre.

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    6. Le Christ remettant le bâton à l'apôtre assis.

    Le bâton, c'est le baculus, insigne qui confère à celui qui le porte un statut respectable. Il sera remis plus tard aux pèlerins de saint Jacques en même temps que la besace dans une cérémonie religieuse avec la formule Accipe baculum, "reçois le bâton". Cette formule est ici implicite. Le Christ confie à Jacques la mission de prêcher en Espagne.

    Le même thème est traité sur la baie 05 de Chartres, panneau 3 :

    https://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/05_vitrail_vie_st_jacques_majeur/scene_03.php

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    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    7. La prédication de saint Jacques.

    On peut y voir la prédication de l'apôtre en Espagne, mais aussi celle qui eut lieu en Judée. Cette scène se retrouve sur la verrière de Chartres

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    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    8. Philète devant le saint.

     

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    TROISIÈME REGISTRE.

    9. Jacques convertit Hermogène.

     

     

    10. Un soldat avertit Hérode Agrippa.

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    Les vitraux du XIIIe siècle de la cathédrale de Tours : la baie 210 de la Vie de saint Jacques et de la légende du pendu dépendu.

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    11. Comparution de Jacques devant Hérode.

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    12. Saint Jacques convertit et baptise après sa condamnation.

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    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    QUATRIÈME REGISTRE.

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    13. Saint Jacques est maltraité par les bourreaux .

    L'un le frappe avec une massue et lui tire les cheveux, l'autre le bat et lui donne une gifle. Les bourreaux sont vêtus de chausses très ajustés et d'une tunique.

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    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    ICI COMMENCE LA LÉGENDE DU PENDU DÉPENDU (PANNEAUX 14 À 22).

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    Vous connaissez l'histoire ? Tant pis, je vous la remémore : 

     

    "Il est bon de transmettre à la postérité le souvenir de certains Allemands qui, en l’an 1090 de l’incarnation de notre Seigneur, se rendant en pèlerins sur le tombeau de saint Jacques, arrivèrent dans la ville de Toulouse avec beaucoup de moyens et se logèrent chez un riche aubergiste. " Miracle V du Livre des miracles de saint Jacques (XIIe siècle) . Du pèlerin pendu auquel saint Jacques porta secours pendant trente-six jours sur son gibet.

    Trad. B. Gicquel, La légende de Compostelle, Paris, Tallandier, 2003, p. 478, pour ce passage et pour les citations suivantes. http://www.saint-jacques.info/castillon.htm

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    14. Un jeune homme et ses parents partent en pèlerinage à Compostelle.

    Les trois pèlerins tiennent un bourdon et portent une besace, celle du fils est marquée d'une croix pattée. Le père, en pèlerine rouge et scapulaire vert,  est coiffé d'un chapeau blanc, la mère, en pèlerine jaune, est coiffée  d'un touret sur une barbette nouée sous le menton. Le garçon, en tunique rouge et chausses, se coiffe d'un bonnet .

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    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    15. L'hôtelier cache une coupe d'or dans le sac du jeune homme endormi.

    Cette besace se repère à sa croix, elle est placée, suspendue à un bourdon, à coté du petit sac dorée de madame. Papa a accroché son beau chapeau rouge.

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    "Ce méchant, qui simulait sous un extérieur avenant la douceur d’un agneau, les accueillit avec sollicitude et, sous couvert d’hospitalité, les incita traîtreusement à s’enivrer en leur servant diverses boissons. Ô, avarice aveugle, ô, mauvais esprit enclin au mal ! Tandis que les pèlerins dormaient d’un sommeil encore alourdi par l’ivresse, l’hôte malhonnête, poussé par l’esprit de cupidité, cacha en secret dans l’un des sacs des dormeurs une coupe d’argent, afin de les convaincre de vol et de s’approprier ensuite leur pécule."

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    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    16. La famille a repris la route.

    Dans la nuit, un peu de remue-ménage a fait que la couleur du bourdon du père s'est modifiée, de même que celle de la pèlerine de la mère, tandis que fiston a perdu son bonnet. Ou bien ils s'ont accompagné par des bagages qui les attendent à l'étape, et ils se changent chaque jour. Est-ce que je sais ?

     

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    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    17. La coupe d'or est découverte dans le sac du jeune homme.

    Pourtant, ce n'est pas sa sacoche, mais le baise-en-ville de sa maman qu'il porte ici. O tempora, o mores !. Fermons les yeux sur ces broutilles pour ne pas perdre le fil narratif.

    " Le lendemain, lorsqu’ils furent partis après le chant du coq, cet hôte inique les poursuivit avec une troupe armée, vociférant : « Rendez-moi, rendez-moi l’argent que vous m’avez dérobé ! » Ceux-ci lui répondirent : « Si tu trouves quelque chose sur l’un d’entre nous, tu n’auras qu’à le faire condamner. » On les fouilla, trouva la coupe dans le sac de l’un et, confisquant injustement les biens du père et du fils, on les traduisit tous les deux en justice."

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    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    18. Le jeune homme est pendu mais saint Jacques le soutient.

     

     

    "Le juge cependant, avec une certaine indulgence, ordonna de libérer l’un et de conduire l’autre au supplice. Ô entrailles de miséricorde ! Le père, voulant libérer son fils, se rendit au supplice, tandis que le fils, au contraire, estimait injuste que son père perdît la vie pour son fils et que c’était au fils de subir la peine à la place de son père. Ô vénérable joute de bonté ! Finalement le fils est pendu à sa propre demande pour que son père soit libéré. Quant au père, il poursuit son chemin jusqu’à Saint-Jacques dans les pleurs et l’affliction. "

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    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    19. Ses parents, qui le croient mort, sont bien malheureux.

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    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    20. Enfin libre ! Saint Jacques chevauche avec le jeune garçon en croupe.

    Saint Jacques ne quitte jamais son bâton de marche, même lorsqu'il monte à cheval. Et comme c'est un apôtre, il reste pieds nus.

    Le garçon, fort riche ou fort élégant, a encore changé de tenue : sac bleu, pèlerine jaune et chausses rouges.

    Où vont-ils ? À la maison bien-sûr ! Qui c'est qui va être bien content ?

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    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    SIXIÈME REGISTRE.

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    21 et 22 : l'enfant est rendu à ses parents par saint Jacques.

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    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    21.  Saint Jacques conduit l'enfant devant la porte de ses parents.

    Saint Jacques a garé son destrier et encourage l'ex-pendu, qui a trouvé le temps de revêtir une tunique pourpre-fuchsia et des chausses fleur de soufre. Il semble hésiter à reprendre la vie de famille.

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    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    22. Les parents sont agenouillés dans l'église de Compostelle et prient saint Jacques lorsque soudain on frappe à la porte. La maman se retourne.

    Tout cela s'écarte un peu du texte de la légende, que je donne malgré tout :

     

    "Après avoir été sur le vénérable tombeau de l’apôtre, le père prit le chemin du retour et, alors que trente-six jours s’étaient écoulés, fit un détour pour voir le corps de son fils encore pendu. Pleurant, gémissant et se plaignant à fendre le cœur, il disait : « Malheureux que je suis de t’avoir engendré ! Comment puis-je continuer à vivre en te voyant pendu ! » Comme tes œuvres sont magnifiques, Seigneur ! Le fils pendu console le père, lui disant : « Ne t’afflige pas, père très aimant, de mon châtiment, car ce n’en est pas un. Mais réjouis-toi plutôt, car ma vie est plus suave maintenant qu’elle ne l’a été dans toute mon existence passée. En effet, saint Jacques, me soutenant de ses mains, me réconforte avec plein de douceurs. » Entendant cela, le père se rendit en hâte à la ville et rassembla le peuple pour qu’il soit témoin d’un tel miracle de Dieu. Venant et voyant que le pendu vivait encore après un tel laps de temps, les assistants comprirent que l’insatiable cupidité de l’aubergiste était à l’origine de cette accusation et que sa victime devait son salut à la miséricorde divine. Cela a été fait totalement par le Seigneur et c’est admirable à nos yeux. Ils descendirent alors le pendu de son gibet en grand honneur. Quant à l’aubergiste, comme il avait démérité, un jugement unanime le condamna à mort et il fut pendu sur-le-champ. C’est pourquoi quiconque porte le nom de chrétien doit veiller très attentivement à ne pas tromper ses clients ni ses proches, de cette manière ni en quelque façon. Qu’il s’attache au contraire à témoigner aux pèlerins une bienveillance charitable et obligeante, afin de mériter la récompense de la gloire éternelle que Dieu leur donnera."

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    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    23. Papa, maman et leur fils repartent, dans un ordre inversé à celui de leur départ.

    ICI SE TERMINE (bien) LA LÉGENDE DU PENDU-DÉPENDU.

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    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    24. La Décollation de saint Jacques.

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    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

    Baie 210 ou verrière de saint Jacques (3ème quart XIIIe ) , chœur de la cathédrale Saint-Gatien de Tours, photographie lavieb-aile juillet 2015.

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    SOURCES ET LIENS.

    —La baie 05 des vitraux de Chartres :

    https://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/05_vitrail_vie_st_jacques_majeur/indexa.htm

    — Baie 22 (18 in Corpus) de la cathédrale de Bourges, vers 1210-1215. 

    http://www.xacobeo.fr/ZF2.02.b-a.vitr.Bourges.Montereau.htm

    — GRODECKI (Louis) & al. 1981, Les vitraux du Centre et des Pays de la Loire, Corpus Vitrearum, ed. du CNRS Paris, pages 120-132.

    — JACOMET (Humbert)

    http://darbois.francois.free.fr/fresques/miracle_du_pendu/miracle_du_pendu.htm

    — DEVILLE 

    http://www.bmlisieux.com/normandie/devill09.htm

    http://www.xacobeo.fr/ZF2.01.leg.SDC.Tours_v.htm

    http://saintjacquesinfo.eu/detail_pm.php?id=PM83

    http://www.saint-jacques-compostelle.info/Le-Livre-de-saint-Jacques-et-le-Codex-Calixtinus_a75.html

    http://www.xacobeo.fr/ZF2.01.leg.SDCalzada_3.htm

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    Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
    10 octobre 2017 2 10 /10 /octobre /2017 20:56

    La chapelle Saint-Jacques de Merléac: les lambris peints des bas-cotés : anges musiciens et Légende de saint Jacques. Premier quart XVe (?).

     

    — Sur cette chapelle, voir :

    — Sur les peintures et sur les anges musiciens, voir :

     

     .

    — Sur la Légende de Saint Jacques et l'exorcisme d'Hermogène, voir :

     

     

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    Disposition générale.

    Au nord et au sud, la voûte est divisée en deux registres par une ligne médiane ponctuée de gros points noirs.

    Au bas-coté sud, cette ligne sépare un registre latéral consacré à cinq  scènes de la vie de saint Jacques, du coté du mur gouttereau, et un registre central, entre la nef et le bas-coté et rythmé par les arcatures, représentant 9 anges musiciens au dessus de nuages. La partie la plus occidentale a perdu son décor.

    Au bas-coté nord, où le décor est perdu par endroits, la voûte est divisée par des compartiments peints en jaune en un registre périphérique du coté du mur, contenant des scènes diverses dont une Annonciation, et nous retrouvons sur le versant séparant le bas-coté de la nef principal les anges musiciens, au nombre de huit.

    Le dessin est appliqué directement sur les planches du lambris, apprêtées ou non (je ne dispose pas du dossier technique de restauration (2001) et de l'analyse des pigments), à large et amples traits noirs, puis les habits, les ailes des anges et leurs instruments sont rehaussés à l'ocre jaune et rouge.

    Je citerai Barral I Altet Javier qui écrivait en 1987 :.

    "Les sources ne mentionnent pas souvent cet édifice, avec lequel on met en relation l'évêque de Saint-Pol-de-Léon (1428) et de Vannes (1433), mort en 1448, Jean Validire, originaire de Saint-Léon. On lui attribue habituellement la commande du décor de l'église Saint-Jacques sans que l'on puisse apporter d'autres preuves à cette attribution que le lieu d'origine de cette personnalité.

    La chapelle Saint-Jacques est un édifice de plus de 20 m de long qui forme un grand rectangle divisé dans le sens de la longueur en trois nefs, dont la centrale double la largeur des latérales. Une très grande baie vitrée ouvre le chevet plat à l'est. Les murs intérieurs de l'édifice et les arcades brisées qui séparent les nefs étaient ornés de peintures murales. Des lambris peints couvraient les trois voûtes, depuis le mur de façade jusqu'au chevet. Cet ensemble exceptionnel qui combine les peintures murales, les lambris peints et les vitraux, dans un édifice au plan régulier et homogène, dénote probablement une exécution rapide. Nous connaissons l'état de cet ensemble au XIXe siècle grâce à un rapport de J. Geslin de Bourgogne qui apprit l'état de dégradation des toitures, des charpentes et des lambris en 1860. (J. Geslin de Bourgogne, Église Saint-Jacques à Saint-Léon, en Merléac, dans Bull, et mém. de la Soc. d'émul. des Côtes-du-Nord, II, 1865, p. 1-17. ). Malgré ce rapport, expédié au Ministère, et sans attendre la visite de l'architecte Lambert, la commune commença la démolition des toitures mais, ne possédant pas les ressources nécessaires pour continuer les travaux, l'édifice resta sans protection jusqu'à ce que Geslin de Bourgogne fasse démonter d'urgence les vitraux et les lambris. D'après le devis de l'architecte Lambert les toitures de la nef furent refaites entre 1864 et 1865, et les lambris refixés sur des planches neuves. Le classement de la chapelle intervint en 1908. L'état de conservation actuel de cet ensemble est très mauvais, notamment dans la nef principale et le bas-côté septentrional. L'humidité et l'absence d'entretien ont effacé presque complètement le décor qui nous est cependant connu dans ses grandes lignes grâce à la description de Geslin de Bourgogne. Les lambris mesurent en moyenne 1,50 m de long sur 0,15 m de large et sont fixés au centre et aux extrémités. La peinture est appliquée directement sur le bois sans aucune couche préparatoire, et souvent seuls les contours noirs des figures permettent d'apprécier la qualité du dessin qui posséda à l'origine une polychromie vive, dont on conserve des traces ocres, rouges et vertes.

    [...] "La voûte, divisée dans le sens de la longueur, présente, au nord, huit anges blonds disposés par paires et, au sud, une série de tableaux rectangulaires dans lesquels se déroule l'histoire de Jacques. Celui-ci est vêtu en pèlerin avec sa tunique, son chapeau et le sac caractéristique garni d'une coquille. La synthèse iconographique des trois voûtes comprend quatre programmes différents : la Genèse, sur la nef principale, la légende de la Vierge et l'enfance du Christ, sur la voûte du bas-côté septentrional et la légende de Jacques le Majeur, sur le bas-côté méridional. L'ensemble était complété par le décor peint de la nef principale, aujourd'hui pratiquement perdu, mais qui comportait un cycle de la Passion figurant au moins les épisodes compris entre l'entrée à Jérusalem et la Résurrection. Dans l'état actuel de conservation de ce décor, il est difficile de proposer une date précise. Les peintures et les lambris de la nef principale appartiennent très vraisemblablement au xve siècle, tandis que ceux des nefs latérales ont certainement été repris au cours des siècles suivants."

    Barral I Altet Javier. Décor peint et iconographie des voûtes lambrissées de la fin du Moyen Âge en Bretagne. In: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 131ᵉ année, N. 3, 1987. pp. 524-567; doi : 10.3406/crai.1987.14524 http://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1987_num_131_3_14524

    http://www.persee.fr/docAsPDF/crai_0065-0536_1987_num_131_3_14524.pdf

     

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    LES 15 ANGES MUSICIENS.

    Nous trouverons successivement  :

    Au sud

    1 et 2 :  anges jouant de la trompette.

    3 et 4 :  anges jouant de la flûte à bec

    5  : ange joueur de timbales.

    6. ange jouant d'un instrument non identifié

    7. Trompette

    8. Sacqueboute ou cornemuse ?

    9. Trompette.

    Au nord :

    1 : non conservé

    2 : Mandore

    3. Vièle à archet.

    4. non conservé

    5. Guitare

    6. Trompette marine ???

    7. Vielle à roue.

    8. Triangle.

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    Note : j'ai trouvé de l'intérêt à comparer cet ensemble avec celui, sans-doute assez contemporain (vers la dernière décennie du XIVe ou 1er quart du XVe), de la chapelle du château de La Clayette en Bourgogne : 

    http://www.groupepatrimoines71.fr/index_htm_files/article-entier.pdf

    http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/mdp_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=LMER,LPAL&VALUE_98=PA00113218

     

    I. Le coté sud.

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    1 et 2. Les deux anges jouant de la trompette.

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    Les anges, nimbés, dotés d'ailes très longues et implantées très haut, sont vêtus d'une aube –bouffante à la taille sous l'effet d'une ceinture– , et d'un amict. Les carnations sont peintes en jaune grisâtre, les cheveux (remarquables car peignés à la diable comme des gerbes de paille) sont ocres à reflets roux. Le dessin est très expressif, les corps sont légers, naturels, enjoués, et les postures semblent inspirés de musiciens réels.

    La seconde trompette se termine, comme une trompette bouchée, par un manchon cylindrique.

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    3 et 4. Les deux anges jouant de la flûte à bec (ou hautbois ? ).

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    5. Ange jouant des timbales.

    La paire de timbale est fixée à la ceinture par une sangle de tissu et les caisses sont  frappées par des bâtons.

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    6. Ange  à instrument non identifié.

     

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    7. Ange jouant de la trompette.

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    8. Ange jouant d'un instrument coudé.

    L'ange, vu de face, souffle dans un tuyau. Le dessin est perdu au niveau du tronc, puis nous retrouvons notre tuyau qui, après un raccord, se courbe en U. La main droite semble se diriger vers ce tube.

    La main gauche est posée sur une autre partie. Enfin, sous l'aisselle gauche, un autre coude en U mais dont les bords ne sont pas parallèles. 

    J'ai pensé à une cornemuse ou à une sacqueboute.

     

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    9. Puis venait un autre joueur de trompette.

    On ne voit plus que le pavillon de son instrument.

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    Les anges musiciens du  coté nord.

     

    De ce coté, les anges occupent des loges individuelles cernées d'un cadre jaune. 

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    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    1. 1er ange :  non conservé.

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    2 . L'ange joueur de mandore ou de luth.

    L'instrument est ventru, en forme de demi-poire, à cinq cordes (visibles) et il est joué avec un plectre. La table est percée d'une rosace. Le cheviller rectangulaire aux chevilles non visibles, fait un angle droit avec le manche.

    On comparera cet instrument, ainsi que le suivant à ceux qui figurent dans le tympan de la maîtresse-vitre (1402) de cette chapelle.

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    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    3. Ange joueur de vièle à archet.

    La vièle à archet (au tympan, j'avais opté pour le terme de rebec) est caché par le bras de l'ange, curieusement couronné, et nous ne voyons que le manche et la crosse formée par le cheviller avant de se terminer en tête de femme.

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    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    4. Non conservé.

    5. Ange joueur de guitare ?

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    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    6. Ange dont seul un tiers est conservé.

    Je propose de voir l'extrémité supérieur d'une trompette marine.

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    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    7. Ange joueur de vielle à roue.

    On voit l'instrument suspendu au cou du joueur par une sangle, la manivelle actionnée par la main droite; peut-être le cordier, mais aucune touche. Le cheviller porte quatre chevilles.

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    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    8. Ange joueur de triangle.

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    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    LA LÉGENDE DE SAINT JACQUES. BAS-COTÉ SUD.

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    1. La prédication de saint Jacques et la conversion de Philétus devant la foule.

    Saint Jacques est tête nue ; il se reconnaît à la coquille placée sur l'épaule. Il est monté sur une estrade, derrière une barre. Prêche-t-il en Espagne, ou en Judée, à la Synagogue, devant les Juifs ?  

    En face de lui un homme (?) debout argumente (gestes d'argumentation). Est-ce Philétus ?

     

    "Saint Jacques, apôtre, fils de Zébédée, après l'ascension du Seigneur, prêcha en Judée et dans le pays de Samarie ; il vint enfin en Espagne, pour y semer la parole de Dieu ; mais comme il voyait que ses paroles ne profitaient pas, et qu'il n'y avait gagné que neuf disciples, il en laissa deux seulement pour prêcher, dans le pays, et il revint avec les autres en Judée. Cependant maître Jean Beleth dit qu'il ne convertit qu'un seul homme en Espagne.

    Pendant qu'il prêchait en Judée, la parole de Dieu, un magicien nommé Hermogène, d'accord avec les Pharisiens, envoya à saint Jacques un de ses disciples, nommé Philétus, pour prouver à l'apôtre que ce qu'il annonçait était faux. Mais l'apôtre l'ayant convaincu devant une foule de personnes par des preuves évidentes, et opéré en sa présence de nombreux miracles, Philétus revint trouver Hermogène, en justifiant la doctrine de saint Jacques : il raconta en outre les miracles opérés par le saint, déclara vouloir devenir son disciple et l'exhorta lui-même à l'imiter."

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    Au pied de l'estrade, on voit trois bâtons et un objet cylindrique, sans-doute un bassin. 

    L'assistance est composée de femmes, coiffées pour trois d'entre elles de chapeau noués sous le menton. La coiffure de la dernière est remarquable.

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    Comparer avec la scène équivalente de la maîtresse-vitre :

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    2. Scène difficile à interpréter. Philetus et cinq personnages.

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    À gauche, un homme vêtu d'une robe grise sur des chausses rouges et coiffé d'un long chaperon tient la hampe d'un ustensile qui se termine par un cylindre. De la main droite, il tient un bâton, dont il frappe peut-être la hampe. Il fixe du regard et dirige ses pas vers un groupe de cinq personnes, qui le regardent aussi, mais qui partent dans la direction opposée, qu'ils désignent de la main.

    Les bâtons, et l'objet cylindrique, rappellent ceux qui se trouvaient devant l'estrade dans la première scène. Et la tenue vestimentaire est la même que celle de celui que j'ai assimilé à  Philetus, 

    Les cinq personnes (cinq hommes ?) sont vêtus de la même façon que Philetus, d'une robe, de chausses rouges, et sont coiffés pour la plupart de chaperons. Mais l'un d'eux, en noir, a des grandes oreilles, comme un diable.

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    3. Saint Jacques exorcisant Hermogène.

    Jacques porte ici tous les attributs qui permettent de l'identifier : Le nimbe, la barbe  et les pieds nus le caractérisent comme apôtre, tandis que le bâton (le bourdon), le chapeau à larges bords frappé d'une coquille, la pèlerine et la besace lui font revêtir la tenue des pèlerins de Saint-Jacques de Compostelle.

    Un diable rouge (aux oreilles pointues) lui présente, tenues par une corde, trois personnages, qui se prosternent à genoux, presque à plat ventre.

    Il est tentant d'identifier les membres de l'assistance de la prédication, mais l'iconographie développée depuis le XIIIe siècle conduit à reconnaître là la scène de l'exorcisme du mage Hermogène. On la comparera au panneau B6 de la verrière de Chartres.

     

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    4. Saint Jacques prêchant à  Hermogène, amené lié par un diable .

    Un diable conduit Hermogène ligoté devant saint Jacques, qui lui prêche la bonne parole. En noir, derrière le magicien, ce serait Philetus. Pourtant, Hermogène est ici vêtu comme Philetus des scènes 1 et 2. J'y perd mon petit latin .

    Voici le texte de la Vie de saint Jacques selon Jacques de Voragine, "traduit" par l'abbé Roze en 1900. Voyons comment vous allez vous y retrouver ! :

    "Pendant qu'il prêchait en Judée, la parole de Dieu, un magicien nommé Hermogène, d'accord avec les Pharisiens, envoya à saint Jacques un de ses disciples, nommé Philétus, pour prouver à l'apôtre que ce qu'il annonçait était faux. Mais l'apôtre l'ayant convaincu devant une foule de personnes par des preuves évidentes, et opéré en sa présence de nombreux miracles, Philétus revint trouver Hermogène, en justifiant la doctrine de saint Jacques : il raconta en outre les miracles opérés par le saint, déclara vouloir devenir son disciple et l'exhorta lui-même à l'imiter.

    Mais Hermogène en colère, le rendit tellement immobile par sa magie qu'il ne pouvait remuer un seul membre : "Nous verrons, dit-il, si ton Jacques te déliera." Philétus informa Jacques de cela par son valet, l'apôtre lui envoya son suaire et dit : "Qu'il prenne ce suaire et qu'il dise : "Le Seigneur relève ceux qui sont abattus ; il délie ceux qui sont enchaînés (Ps. CXLV)." Et aussitôt qu'on eut touché Philétus avec le suaire, il fut délié de ses chaînes, se moqua des sortilèges d'Hermogène et se hâta d'aller trouver saint Jacques.

    Hermogène irrité convoqua les démons, et leur ordonna de lui amener Jacques garrotté avec Philétus, afin de se venger d'eux et qu'à l'avenir les disciples de l'apôtre n'eussent plus l'audace de l'insulter. Or, les démons qui vinrent vers Jacques se mirent à hurler dans l'air en disant : "Jacques, apôtre, ayez pitié de nous ; car nous brûlons dès avant que notre temps soit venu." Saint-Jacques leur dit : "Pourquoi êtes-vous venus vers moi ?" Ils répondirent : "C'est Hermogène qui nous a envoyés pour vous amener à lui, avec Philétus ; mais à peine nous dirigions-nous vers vous que l'ange de Dieu nous a liés avec des chaînes de feu et nous a beaucoup tourmentés." "Que l'ange du Seigneur vous délie, reprit l'apôtre; retournez à Hermogène et amenez-le moi garrotté, mais sans lui faire de mal."

    Ils s'en allèrent donc prendre Hermogène, lui lièrent les mains derrière le dos et l'amenèrent ainsi garrotté à saint Jacques, en disant : "Où tu nous as envoyés, nous avons été brûlés et horriblement tourmentés." Et les démons dirent à saint Jacques : " Mettez-le sous notre puissance, afin que nous nous vengions des injures que vous avez reçues et du feu qui nous a brûlés." Saint Jacques leur dit : "Voici Philétus devant vous, pourquoi ne le tenez-vous pas ?" Les démons répondirent : "Nous ne pouvons même pas toucher de la main une fourmi qui est dans vôtre chambre." Saint Jacques alors dit à Philétus . "Afin de rendre le bien pour le mal, selon que J. C. nous l'a enseigné, Hermogéne vous a liés; vous, déliez-le."

    Hermogène libre resta confus et saint Jacques lui dit : "Va librement où tu voudras ; car nous n'avons pas pour principe de convertir quelqu'un malgré soi."

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    5. L'exorcisme d'Hermogène par saint Jacques.

    Nous ne voyons que la moitié gauche du panneau, avec quatre diables nus qui quittent les lieux, mais là encore, l'iconographie rattache cela à la scène d'exorcisme, où les démons chassés quitte le corps et l'esprit du magicien. C'est ce qui est représenté dans la maîtresse-vitre.

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    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté sud, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    LES SCÈNES DU BAS-COTÉ NORD.

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    1. L'Annonciation.

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    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    2. Procession avec un saint évêque et une sainte.

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    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Voûte lambrissée du bas-coté nord, chapelle Saint-Jacques de Merléac. Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Published by jean-yves cordier
    3 octobre 2017 2 03 /10 /octobre /2017 21:05

    La "plaque de cocher" de Lanviguer-Ty Croaz à La Martyre, et le calvaire de 1565 qui va bien avec. Le Chemin de Grande Communication n°3.

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    Voir ici :

    La plaque de cocher de Landerneau. Route nationale n° 164 d'Angers à Brest.

    La plaque de cocher de Roscoff. Route nationale n°169 de Lorient à Roscoff. 

    La plaque de cocher de La Martyre. Chemin de Grande Communication n° 35.

    Une "plaque de cocher" à Plougourvest (29) : le chemin d'intérêt commun n°21 de Landivisiau à Cleder.

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    Cette plaque de cocher est fixée sur le  muretin d'une bande de terre à l'intersection de la route D35 venant de La Martyre en direction de Le Tréhou, au lieu-dit Ty-Croaz (ou Lanviguer) à l'intersection avec la départementale D764. Ce n'est évidemment pas son emplacement d'origine.

    En breton, Ty-Croaz peut se comprendre comme "la maison près de la croix", mais aussi comme "la maison près du croisement". J'ai déjà étudié ce toponyme à propos de la croix de Ty-Croas à Dirinon. Comme la plupart des croix sont placées à des embranchements de chemin, et qu'ils fonctionnaient comme des amers de navigation vicinale, les deux acceptations de sens du toponyme sont souvent confirmés sur place.

    C'est bien le cas à Ty-Croaz de La Martyre, où nous trouvons une maison (et même un hameau), un croisement, et une croix. Néanmoins, les cartes anciennes indiquent "Lanviguer" et non "Ty-Croaz", et c'est ce nom (dérivé de Lann, "lande"?) qui est employé dans les écrits anciens. C'est ce toponyme qui est indiqué dans les actes civils d'Yves Cessou, Marie Cessou, Marguerite Rogues, Marie Le Guen, au XVIIIe siècle ou Jean Guillou au XIXe.

    Je note que dans le premier dictionnaire breton-français, le Catholicon, (ici p. 63)  Croaz est mentionné par un item géographique,  Croashent, littéralement  'le croisement de chemin" avec la traduction "carrefour, ensemble de plusieurs voies, alors que le sens chrétien est renvoyé au mot crucifiaff.

    Le carrefour de Ty-Croaz est donc situé à l'intersection des départementales D764 et D35. On les visualise bien en rouge et blanc sur ce "scan historique de 1950".

    La Départementale D764 La-Roche-Maurice/Sizun//Ty-Douar (Commana) /La-Feuillée/Carhaix suit le trajet de la Route Nationale n°164 de Brest à Angers, déjà présentée à son passage à Landerneau, mais signalée aussi à La Martyre (carrefour du Queff) . Elle suit une direction générale ouest-est. La Route royale Landerneau-Carhaix est indiquée sur la carte de Cassini de la fin du XVIIIe e t passe par le lieu-dit Lanviguer.

    La Départementale D35 Plouescat/Plouzévédé/Plougourvest/Landivisiau/La Martyre/ Le Tréhou / Saint-Eloy/ suit une direction générale Nord-Sud. Elle dessert  la zone toilière du Léon consacrée à la culture, la transformation du lin et du chanvre et à la  commercialisation des toiles dites "crées" exportées depuis Roscoff.

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    La plaque émaillée, fraîchement repeinte, porte les indications suivantes :

    CHEMIN DE GRANDE COMMUNICATION N°3.

    LA MARTYRE ----->1 km 947.

    Station de LANDIVISIAU ----> 11km 927.

    LE TREHOU  <---- 4Km 886 

    ST ELOY <----- 8 km 881.

    La Station de Landivisiau est bien-sûr celle de la ligne ferroviaire, mentionnée en 1864 par Pol de Courcy ainsi : "La station de Landivisiau dessert la commune de Ploudiry, chef-lieu de canton, à 8 kilomètres au sud, et celle de la Martyre, limitrophe de Ploudiry, où se tient, le deuxième lundi de juillet, la plus importante foire de chevaux de tout le Finistère.". Elle a été mise en service en 1865.


     

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    Plaque de cocher de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Plaque de cocher de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Plaque de cocher de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Plaque de cocher de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Un carrefour sur un ancien chemin gaulois ?

    Le chemin en question a été étudié par André Croguennec dans sa portion entourant Pont-Christ. Il cite l'article de Stephane Le Pennec :  Voies et habitats antiques au sud et à l'est de l'Elorn (BSAF 1995 p. 117 à 133).

     Il faut signaler le tracé d'une voie de direction nord-sud venant de Kerilien et se prolongeant vers La Martyre, le Trehou et Saint-Eloi (n° 11). En fait, elle se détache de l'axe Carhaix-Plougerneau à proximité de Bellevue en Saint-Derrien puis traverse la commune de Plouneventer en passant par Clezever et Kerdannoc. Au-delà, elle s'infléchit vers le sud-est et rejoint Pont-Christ où elle franchit l'Elorn. [...]

    Au bourg de La Martyre, tandis que s'écarte vers le sud-ouest un itinéraire desservant la presqu'île de Plougastel-Daoulas (n° 13), nous empruntons la D35 jusqu'au nord de Ty-Croaz. A cet endroit, il s'en séparait, croisait la voie Carhaix-Landerneau (n° 3) et prenait la direction de Roudouguenvez où il franchit le ruisseau de la Boissière. Au Trehou, on peut penser que son tracé correspond à celui de la D35 filant vers Saint-Eloi. Au-delà R. Sanquer et P. Galliou proposaient un prolongement vers Quimerc'h et l'embouchure de l'Aulne et ajoutaient : "Elle ne semble pas correspondre au réseau romain et pourrait dater de l'époque gauloise."

    En fait, on peut se demander si, au nord de Saint-Eloi, il n'y avait pas une patte d'oie antique qui séparait cet itinéraire joignant les environs de Kerilien et la voie se dirigeant vers Landerneau. La réintroduction partielle de celle-ci (n° 9), dans une première liaison gallo-romaine vers Le Faou et Quimper, pourrait montrer qu'il s'agit de deux branches contemporaines, issues d'un axe préromain mettant probablement en relation les environs de Pleyben d'un côté et le centre (Kerilien) et le nord-ouest du Leon (Landeda) de l'autre. "

     

    André Croguennec illustre son article de la carte des voies antiques au sud et à l'est de l'Elorn, de Stéphane Le Pennec. On y repérera, entre La Martyre et Le Tréhou, le croisement avec la voix Landerneau-Carhaix (n°3).

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    Des voies anciennes jalonnées par des croix.

    La commune de La Martyre compte 13 calvaires, recensées dans l'Atlas des croix et calvaires du Finistère (en ligne) et regroupés sur cette carte. Quatre sont placées sur l'actuelle D764 (Ty-Croaz, Rosquervel, Poulbroch et Le Kerff). Deux autres sont sur la D87 (Kerlavarec, vers 1630, er Croas-ar-Born, datée de 1520).

     

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    LE CALVAIRE DE 1565.

    http://patrimoine.dufinistere.org/commune/index.php?groupe=croix&art=la_martyre

    Il est placé, par rapport à notre plaque de cocher,  de l'autre coté de la D764. Haut de 4,50 m, il élève son fût à pans, son croisillon recevant deux statues géminées (à deux personnages fusionnés  dos à dos) et son crucifix.

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    Calvaire  de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Calvaire de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Calvaire  de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Calvaire de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Il a perdu son orientation (où le Christ fait face à l'ouest), et le groupe principal est tourné vers le nord-est.

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    Calvaire  de Ty-Croaz (kersanton, 1565)  à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Calvaire de Ty-Croaz (kersanton, 1565) à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Sur le culot droit du croisillon, la Vierge, mains jointes, tête couverte par un voile, épaules protégées par un scapulaire.

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    La Vierge, kersanton, 1565, Calvaire  de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    La Vierge, kersanton, 1565, Calvaire de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    De l'autre coté, saint Jean

    tenant le pan de sa cape de la main gauche. Robe plissée serrée par une ceinture.

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    Saint Jean, kersanton, 1565, Calvaire  de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Saint Jean, kersanton, 1565, Calvaire de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Le coté opposé (en contre-jour).

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    Calvaire  de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Calvaire de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Saint François d'Assise présentant ses stigmates.

    en robe de bure à scapulaire, serrée par la cordelière à trois nœuds. 

     

    Saint François kersanton, 1565, Calvaire  de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Saint François kersanton, 1565, Calvaire de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Sainte Claire d'Assise.

    fondatrice de l'ordre des Clarisses, sur le modèle des ordres mineurs ou franciscains. Je ne peux distinguer ce qu'elle tient sur une sorte de plateau.

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    Sainte Claire, kersanton, 1565, Calvaire  de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Sainte Claire, kersanton, 1565, Calvaire de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Le soubassement à deux degrés porte un socle où sont sculptées les dates de 1565, de 1872 et de 1950. 

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    Calvaire  de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Calvaire de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    Calvaire  de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

    Calvaire de Ty-Croaz à La Martyre (29). Photographie lavieb-aile octobre 2017.

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    SOURCES ET LIENS.

    https://www.google.fr/maps/dir//la+martyre/@48.432039,-4.1507142,304m/data=!3m1!1e3!4m9!4m8!1m1!4e2!1m5!1m1!1s0x48114c4f9c29410b:0x40ca5cd36e56850!2m2!1d-4.159296!2d48.448623

    http://plaquedecocher.fr/article-finistere-122411197/

    https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.145127&y=48.428610&z=14&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS&mode=doubleMap

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