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23 février 2018 5 23 /02 /février /2018 14:57

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Le 11 juillet 1898, lors des travaux de réfection du pavage de l'église Saint-Louis de Brest, des ouvriers découvrirent derrière le maître-autel une pierre tumulaire dont la face avait été renversée contre le sol. La dalle de kersanton retournée laissa voir un sujet sculptural parfaitement conservé. Un chevalier, tête nue, le visage rasé, était couché, les mains jointes sur la poitrine; deux anges  soutenant un voile sur lequel repose sa tête, tandis que ses pieds s'appuyaient sur un lion tenant un écu. L'examen de l'écu, qui est seulement chargé d'un chef plein sur un champ plein, et les détails précis du costume, permirent à M. Jourdan de la Passardière d'identifier le personnage ainsi représenté. Ce serait, d'après lui, Gilles de Texue, gouverneur de Brest en 1500, et dont la famille s'est éteinte au XVIe siècle. Comme l'église Saint-Louis n'a été crée et construite que dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, et ne pouvait être la première résidence de cette tombe, on en déduisit qu'elle venait de la chapelle du château qu'il avait occupé lors de ses fonctions de gouverneur. Cette chapelle ayant été détruite lorsque l'in édifiait Saint-Louis, on y aurait transporté la dalle en même temps que beaucoup d'autres 

Gilles de Texue (1478 - 1514) fut capitaine et gardien du château de Brest de 1499 jusqu'au moins 1508. 

Il fut écuyer de la reine Anne de Bretagne et  fut choisi par la reine pour devenir capitaine et gardien du château de Brest en 1499. Le château est alors un site stratégique majeur. Il y recevra d'ailleurs  Anne de Bretagne, durant l'été 1505, à l'occasion de son pèlerinage. Il fut remplacé dans cette charge par le voyer de Trégomar, entre 158 et 1516, probablement en 1516.

 

LA FAMILLE DE TEXUE

Texue, aujourd'hui grosse métairie dans la paroisse de Pacé, était au moyen-âge un manoir qui donna son nom à une noble famille portant pour armoiries : d'argent au chef de sinople. Le premier auteur connu de cette maison fut Guillaume de Texue, mentionné par Dom Morice I.1517 dans un sauf-conduit délivré en 1357 par le roi d'Angleterre à certains écuyers de la suite de Charles de Blois. Il épousa, selon du Paz, Marie de la Roche-Épine. Robert de Texue, fils de ce Guillaume et son héritier, figure comme écuyer dans quatre monstres de Du Guesclin, une montre d'Eon de Baulon à Dinan, et une montre de Robert de Guitté à Paris. (Dom Morice).

 En 1414, Alain, écuyer, avec 13 autres écuyers de sa compagnie, fait partie du corps de 3000 hommes d'armes et 1500 hommes de trait sous Richement.

En 1419, Geoffroy, écuyer de la retenue du maréchal de Dinan, a sous ses ordres Bonabes et Bertrand de Texue, aussi écuyers, et accompagne avec eux le comte de Richement à Angers.

– Bertrand, qui avait suivi le duc Jean dans son voyage à Paris en avril 1418, aux gages de 12 livres pour un mois, et qui servait aussi dans le retenue de Bertrand de Dinan, s'arme en 1420 pour le recouvrement du duc, et figure encore en 1426 dans une monstre de Guy, sire du Gâvres.

 Bonabes prête serment au duc en 1437.

 En 1457, on trouve Noël; chevalier, l'un des gens d'armes du Maréchal de Malestroit. En 1471, il est lieutenant de Bertrand du Parc. En 1474 et 1477, il préside en cette qualité les monstres de Dinan. De 1480 à 1488, il est capitaine de Hédé.

GILLES DE TEXUE 

Quant à Gilles de Texüe, il déute en 1480 comme coustilleur dans la compagnie de 20 lances et 30 archers commandée par Thomas de Kerazret, qui devint plus tard, en 1489, capitaine de Brest.

En 1486, il reçoit mandement de rassembler la noblesse et de la conduire à Clisson pour résister aux ennemis du duc.

En 1488, il est envoyé en mission près du roi de France, et il est compris dans le béguin du duc François II pour 6 aunes de noir, pour faire robe et chaperon.

En 1489, il est capitaine de 20 hommes d'armes.

En 1495, il fallait se procurer de l'argent pour subvenir à la conquête du royaume de Naples : on fit des réductions de solde et de gages. Un état dressé à Lyon porte une réduction de 100 livres sur ceux de Texüe.

En 1489, il est compris au béguin de Charles VIII pur quatre aunes de drap noir. Il fait paryie de la maison de la Reine aux gages de 300 livres et figure au nombre des 50 hommes d'armes de sa garde, sous la charge du seigneur de Maillé.

Cette même année, il est capitaine de 20 hommes d'armes et 40 archers à la petite paye, et pourvu de la capitainerie de Brest, en remplacement de Guillaume Carrel ou Carreau.

En 1501, Gilles du Texue avait 800 livres de gages.

En 1506, il figure dans les comptes du duché comme écuyer d'écurie de la Reine Anne.

En 1508, il avait comme lieutenant à Brest Jehan de Saint-Hilaire.

Son décès se place probablement entre cette dernière date et 1516, époque à laquelle Bertrand Le Vayer de Trégomar, seigneur de la cour, est désigné comme capitaine de Brest aux gages de 700 livres. D'après Guillotin de Corson (Grandes seigneuries de Bretagne); Gille de Texüe mourut le 12 juillet 1514. Sa veuve Louise de Bintin lui survécut jusqu'en 1518.

 

La famille de Texüe s'est éteinte au XVIe siècle, et la terre de Texüe est entrée dans la famille de Brüllon en 1570 à la suite du mariage de Bonne de Texüe avec Pierre, chevalier de l'ordre du roi, veuf de Françoise de Sangay. Sébastien Brüllon, siuer de Texüe, issu de ce mariage, épousa en 1587 Claude du Chastel, et mourut sans postérité.

Son gisant en pierre noire de Kersanton, remarquablement conservé, est désormais exposé au musée naval du château de Brest ; il se trouve dans l’oratoire où Anne de Bretagne se recueillit lors de sa visite de 1505.

Au XVe siècle, la tour Duchesse Anne du château de Brest abritait le logis réservé à la résidence du duc ou de son représentant. On y trouvait, du rez-de-chaussée au deuxième étage, des celliers abritant les vivres, une vaste cuisine et deux salles de réception. Le troisième étage abritait les espaces privés de l'occupant des lieux, des chambres et un lieu de culte, l'oratoire.

Dans cette pièce à l'ornementation très simple, les arcs nervurés soutenant la voûte reposent sur des consoles sculptées qui représentent les symboles des quatre évangélistes, le lion de saint Marc, l'aigle de saint Jean, le bœuf de saint Luc et l'homme de saint Matthieu. Les baies ont gardé leur disposition d'origine, notamment celle située à l'est, pourvue de bancs occupant chacun de ses ébrasements. L'ensemble est en kersanton, une pierre extraite aux environs de Brest que l'on retrouve dans de nombreux calvaires.

Je reprends la description qu'en a donnée en 1898 Abel Chabal, président de la Société des architectes de l'arrondissement de Brest (et bien connu, avec son fils Gaston, comme architecte exclusif de la S.A de la Plage de Morgat).

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Oratoire du troisième étage de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Oratoire du troisième étage de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Oratoire du troisième étage de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Oratoire du troisième étage de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Oratoire du troisième étage de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Oratoire du troisième étage de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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 La dalle est en kersanton. La tête est nue. Les cheveux  sont longs.  La large chevelure bouclée, à frange, était à la mode sous Louis XI et Charles VIII, alors que les hommes d'armes portaient jusqu'au milieu du XVe siècle les cheveux courts.

Le visage est rasé. Deux anges soutiennent  un voile, sur lequel repose la tête. L'armure se compose d'un haubergeon dont les mailles apparaissent au cou et entre les tassettes.

 

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Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Les jambes sont recouvertes par les cuissards, avec genouillères articulées, et les grèves en deux pièces. Les cuissards sont forgés d'une seule pièce au lieu d'être à lamelles articulées .  La chaussure est celle dite "pieds d'ours", courte et large à l'extrémité : ces solerets furent à la mode de 1500 à 1530 (Wikipédia) ou entre 1485 et la fin du XVe siècle, préférées aux "poulaines " car elle n'empêchaient pas de marcher. 

Les pieds sont posés sur un lion, qui tient entre ses pattes de devant un écu retourné vers la tête du chevalier. Cet  écu est rattaché au cou du lion par une courroie bouclée.
 . Toute la sculpture est assez bien exécutée et, à part quelques cassures, dans un bel état de conservation. 

Au côté gauche une épée, droite, large, très forte et de section losangée, soutenue par deux bélières.

Gilles de la Texue serait mort dans son lit, si on en juge par la position de son casque. Certains auteurs rapportent en effet que les chevaliers qui perdaient la vie sur un champ de bataille étaient représentés le casque en tête et l'épée à la main.

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Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Sur la cuirasse, une cotte d'armes rembourrée et  courte, avec pèlerine (abandonnée sous Charles VII, elle fut reprise sous Louis XI). Un pli de cette cotte agrafé par un bouton forme la manche. Les mains sont jointes. Au côté droit de la figure sont posés, un casque du genre armet, et des gantelets articulés.

 

 

 

 

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Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Le lion présente l'écu d'argent, au chef de sinople (blanc, avec la partie haute verte) de la famille de Texue.

Pour Pol de Courcy (Nobiliaire et armorial de Bretagne, 1890)

https://fr.wikisource.org/wiki/Nobiliaire_et_armorial_de_Bretagne/T

Texue (de). sr dudit lieu, par. de Pacé, — de la Rivière, par. de Noyal-sur-Vilaine, - de Launay-Milon et de la Gouzée, par. de Gévezé, — de Sèvedavy et de’la Gérardière, par. de Saints, — de Glairefontaine, par. de Vignoc, — de Lesnen, — de Trénault. Réf. et montres de 1427 à 1513, dites par., év. de Rennes et Dol. D’argent au chef de sinople.

Qeoffroi, épouse vers 1417 Jeanne de Saint-Pern ; Gilles, capitaine de Brest en 1500. La branche ainée fondue dans la Ferrière ; la branche de la Rivière fondue dans Brullon.

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Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Le capitaine de Brest contemple fixement le plafond. 

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Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Effectivement, au croisement des nervures de l'oratoire s'est suspendu un hurluberlu nu et saugrenu qui montre son cul pour hanter le dernier sommeil d'un vieux soldat.

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Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Juste au dessus du gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Juste au dessus du gisant (kersanton, vers 1512) de Gilles de la Texue, oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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Notre défunt appellera sur lui la protection du Lion de saint Marc...

Oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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... et de l'Homme (ici chenu et barbu et aux oreilles velues) que les spécialistes considèrent paraît-il comme l'attribut de l'évangéliste Matthieu. 

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Oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

Oratoire de la Tour Duchesse Anne du château de Brest. Photographie lavieb-aile février 2018.

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SOURCES ET LIENS.

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DUCREST DE VILLENEUVE (M.E.), 1898,  "Pierre tombale découverte à Saint-Louis de Brest", Bulletin de la Société archéologique du Finistère T.XXV pages 248-254.

— L'ORME (M.A. de) 1911, "Le Tombeau de Gilles de la Texue", in "L'église saint Louis de 1870 à 1911", in "Histoire de l'église Saint-Louis",  Bulletin de la Société académique de Brest,  Imp. Kaigre, Brest, page 79

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207703m/f79.image

 

—JANNIC DE KERVIZAL (H. Le ), 1898-1899, « Une explication de la pierre tombale de l'église Saint-Louis de Brest », Bulletin de la Société académique de Brest, XXIV, 1898-1899, p. 171-192.

Cet auteur décrit le gisant, donne des informations sur Gilles de Texue, mais ne croit pas que le gisant soit le sien . C'est cependant l'identification le plus souvent retenue.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076476/f169.image

—Lobineau Mémoires : La Texue  Archier en 1498

https://books.google.fr/books?id=53nLJ6X1NykC&pg=PA1597&lpg=PA1597&dq=gilles+de+texue&source=bl&ots=M0XcPJmYs2&sig=H7CisMYliuvfiyRLg86mQDnuk4U&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiKvbmxtrrZAhWD8RQKHWWzArkQ6AEIRDAF#v=onepage&q=gilles%20de%20texue&f=false

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Published by jean-yves cordier - dans Gisants
19 février 2018 1 19 /02 /février /2018 14:33

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces (22).

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Sur les derniers articles sur les sablières, voir :

 

Pour les autres articles sur les sablières, tapez ce mot sur l'onglet "Rechercher".

 

 

 

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Je les décrirai en partant de l'angle nord-est, à gauche du chœur, et en faisant le tour, comme n'importe quel visiteur, je terminerai à l'angle sud-est, à droite du chœur.

Les photographies ont été prises avec les moyens du bord, sans bénéficier de l'éclairage dont les sablières sont équipées, mais qui n'était pas allumé pour les Journées européennes du Patrimoine de septembre 2017. La voûte est assez élevée (6,50 m),  les sculptures sont badigeonnées d'une peinture café-au-lait sur un fond lie-de-vin, avec des reste de peinture bleue, et j'ai fait ce que j'ai pu. J'suis pas photographe, mais touriste.

Les arches ogivales des quatre travées de la nef principale (je décrirai dans un autre article la nef du bas-coté droit) créent dans le vaisseau central une première partition, à laquelle s'ajoute celle que déterminent les nervures de la charpente lambrissée et les entraits à engoulants. Ceux-ci, au nombre de six, déterminent sur la voûte huit  espaces à trois nervures, ce qui fait qu' entre ces engoulants,  les pièces de bois placées en corniche et désignées sous le nom usuel de "sablières" sont donc au nombre de huit de chaque coté. Si je calcule bien, cela fait seize sablières à décrire, bon courage.

Mais leur description au fil du parcours d'un coté à l'autre ne fait pas apparaître la correspondance des thèmes entre les deux cotés. Je commence donc par une liste des thèmes iconographiques qui souligne cet accord fréquent entre nord et sud.

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Blochet Nord-est : lion ......................................... Blochet sud : ange.

N1. Combat contre des dragons.......................... S1 : Feuillage entre une femme et un dragon.

N2.  Chasse au cerf. .............................................S2 : Chasse au lièvre.

N3. Course de renards dans une pampre...........S3 : Ivrognerie

N4. Tête de bélier. ................................................S4 : Rinceau tenus par un dragon

N5. Hommes, chiens et os........................... .......S5 . Fest-noz scatologique.

N6. Feuilles sortant d'un dragon.........................S6 : Feuilles sortant d'un dragon.

N7. Hommes sauvages attaquant des dragons. S7 : Lutte d'hommes contre des dragons

N8. Anges tenant un blason................................S8 : Anges tenant des phylactères.

Blochet N-O : contorsionniste exhibant son cul. Blochet sud : absent.

 

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I. LES SABLIÈRES DU COTÉ NORD.

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Première travée.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Cela commence mal, j'ai oublié de photographier le blochet nord-est : c'est un lion rugissant .

N1. Première pièce. Combat de dragons avec une licorne et un chien.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La sablière débute (si on adopte ce point de départ) par la face en pleine lune d'un homme agrippé à un os (un fémur). Comme nous allons retrouver ces traits stylistiques, notons les yeux en amande (ou en pruneaux), largement ouverts, aux pupilles sculptées, et enfoncés dans deux vastes cratères ovales. Avant de lui attribuer la trop grande oreille gauche, il faudrait avoir écarté la possibilité que cela soit le repli de son bonnet. Mais ce qui nous marque le plus, c'est la double rangée de dents de son sourire. Une pub pour un dentifrice ? À d'autres !  Car l'homme semble plutôt en proie à la plus vive terreur, claquant des incisives  en manipulant cet ossement. Est-il seulement encore humain, ou surgit-il d'entre les morts ? 

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Puis vient le premier affrontement, entre un chien et un dragon (désolé, l'autofocus s'est intéressé au lampadaire, comme l'imbécile qui regarde le doigt et non la lune).

Le chien a les traits massifs, les larges oreilles, l'accentuation de la bosse occipitale,  la queue fournie dressée en sabre, mais son poil lisse est interrompu, sur les antérieures, par une véritable crinière, une particularité que je ne retrouve dans aucun des chiens courants d'une chasse à courre, à corps et à cri comme l'Artois, le Poitevin, les français blanc-et-noir ou tricolore, pour ne rien dire du Porcelaine ou du Billy. La truffe haute, les babines retroussées, il expose toute la puissance de  ses 42 dents.

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Le dragon a tous les traits de sa race : les yeux proéminents, l' haleine fétide (je la sens encore), l'infecte salive, la vilaine manie de tirer la langue, la peau écailleuse pendant en plis successifs sur les purulentes scrofules, les pattes à ergots crochus, et les ailes nervurées héritées d'une grand-mère ptérosaure.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Ce dragon s'est placé dos-à-dos avec son congénère, pour ne pas être attaqué par l'arrière, et il a renforcé cette défense en nouant sa queue avec celle de son jumeau. Cette queue n'est plus à présenter, et chacun sait qu'elle se dote d'une petite tête, plus  pratique encore que vos caméras et radars de recul. Ici, elle bifurque en se greffant sur un épineux appendice caudal.

Sous l'effet d'un très vieil atavisme, et au mépris des liens du sang, les deux têtes s'aboient dessus mutuellement,  comme un lion qui attaquerait son image spéculaire.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Son voisin de palier a fort à faire pour esquiver l'attaque d'une méchante licorne qui lui a enfoncé la corne dans le gosier. Aïe aïe aïe ! 

 Dame licorne a plutôt l'aspect d'un hippopotame. Elle possède une paire d'ailes plissées rabattue en courte pèlerine.

Ce duel dragon-licorne évoque d'autres sablières, comme celle de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre de Châtelaudren (16 km à l'est de Guingamp) avec un combat licorne-lion (et un couple de dragons, et une chasse à courre). Ou bien celle de Le Tréhou, où un homme tient les cornes de deux licornes. 

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N2. Chasse au cerf par trois chiens et un veneur soufflant dans sa trompe.

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À gauche, un veneur souffle dans une curieuse trompe de chasse, peu évasée mais dotée d'une embouchure. Il est vêtu d'une tunique plissée, à manches longues, et il est coiffé selon la mode des cheveux mi-longs formant deux épaisses masses de chaque coté. Comme Charles VIII.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Il mène trois chiens à l'assaut : Taïaut ! Le premier n'a pas de collier, ses oreilles sont pendantes. Tout le contraire des deux suivants, aux larges colliers et aux oreilles dressées. Le cerf n'en mène pas large, d'autant qu'il est acculé dans le fond de la sablière.

À Notre-Dame-du-Tertre, le chasseur mène son chien à l'assaut d'un sanglier, mais le principe est le même.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N3. Renards traversant un pampre de vigne tendu entre deux dragons.

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Une pampre (grappes de raisins, feuilles de vigne et vrilles) forme des spires que deux animaux s'amusent à traverser. 

Cette pampre est tendue par deux dragons. À droite, il est facile à déterminer, mais celui de gauche ne propose que son échine dentelée pour l'identifier avec certitude. Comment sont les femelles des dragons ? 

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les deux petites bêtes qui courent dans les tunnels végétaux comme dans une aire de jeu sont pour moi des renardeaux, mais je ne peux exclure que ce soient des hermines, car cette espèce affectionne beaucoup, dans le matériel héraldique des ducs de Bretagne, de se faufiler en criant "chat" dans des spirales de phylactères.

Hop ! Hop! Rehop!

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Ici, la tête caudale du dragon adopte la forme de celle d'un serpent.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N4. Tête de bélier et feuille d'eau.

Je passe.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N5. Homme et os, chiens et os.

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Le blochet reprend tous les caractères de notre homme archétypal de la pièce N, mais dans la version Joyeux Drille car  il est hilare. Il trouve son homologue exact en face de lui, sur la rive sud.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Au centre, un homme sous son chapeau breton tient un os (toujours un fémur) dans la main gauche, ce qui entraîne la sortie immédiate de son chien hors du bosquet où il songeait (car que faire en un bosquet, à moins que l'on ne songe ?). De la main droite, il tend une bande d'étoffe, qui ressemble plus à sa serviette qu'à un muet phylactère. 

Son second chien (il n'en n'a que deux) s'enfuit vers la gauche, un os entre les dents (*)

(*) J'ignore si vous connaissez cette expression de la bonne vieille marine à voile qualifiant un voilier toute voile dehors qui fait naître joyeusement de chaque coté de l'étrave deux vagues d'écumes :  she's got a bone in her theeth.  Elle eut son heure de gloire, en français, pour qualifier les performances jouissives du Libberdade de Joshua  Slocum, ou celle du navire de Moitessier par Gérard Janichon ou celles de Pen Duick VI, ou sous la plume des journalistes de Voiles et Voiliers.

Cette débonnaire histoire de nonos à chien-chien  serait assez banale si elle n'avait pas débuté en N1 par la funèbre représentation de l'homme au fémur, et si elle ne se prolongeait pas ensuite par d'autres épisodes troublants.

L'artiste ne manque pas d'humour, lorsqu'il joue de la ressemblance entre l'épiphyse fémorale supérieure ( c'est le fameux "col du fémur" !) et la tête des chiens, entre l'extrémité céphalique et la truffe ou le museau, entre le col fémoral et l'angulation entre front et chanfrein canin, et surtout entre le grand trochanter (dont il accentue à dessein la saillie) et les oreilles dressées. Irrésistible, non ? Un dessin ?

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N6. Feuillages sortant de la gueule d'un dragon et tenus par un homme.

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Le dragon est couché, hilare, sous une couverture de feuilles, mais il pointe ses yeux de grenouilles et le diastasis médian et paramédian de ses quenottes pour regarder, de l'autre coté, un humain complètement submergé par cette production végétale.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N7. Hommes sauvages combattants des dragons.

Nous retrouvons ici trois dragons (j'aurais dû les compter depuis le début) aux prises avec trois hommes sauvages armés de gourdins.

Le thème de l'Homme sauvage (wild man) est trop vaste pour épuiser le contenu d'une exposition au Cloisters du Metropolitan de New-York en 1980-81, (Husband, The Wild Man, medieval myth and symbolism) ou des travaux de l'Université de Toulouse sous l'égide de Sophie Duhem. 

Ici, ces hommes sont velus hormis le visage, les mains et  pieds. Leur nez épaté et leurs dents divergents en éventail et largement exposées, leurs grimaces simiesques, l'agilité de leurs gesticulations altèrent l'humanité de leurs traits. Ils ne sont pas si éloignés des dragons qu'ils combattent, ou des animaux qui les ont précédés sur les pièces précédentes, et s'ils sont sauvages, ils sont aussi sylvestres : ces hommes verts, ou hommes des bois, appartiennent à ce monde frontière entre humanité et animalité, civilité et sauvagerie qui est précisément celui qu'explore le Chasseur. Dans tous les mythes, le chasseur est exposé à des rencontres féeriques en raison de cette frontière entre deux mondes, et de ses dangers.

Ces êtres primitifs, pré-humains, sont à l'Homme ce que les Titans étaient aux Dieux grecs. Ils livrent de terribles combats de dimension cosmiques contre des Puissances déchaînées. Et ils le font ici avec un enthousiasme pétulant, enfonçant à qui-mieux-mieux leur pieu écoté dans la gueule des monstres, dans une variante de la licorne enfonçant sa corne.

Ces règlements de compte ne nous concerneraient pas, si nous n'adoptions pas spontanément le camp des Joyeux Drilles pour qu'ils nous débarrassent des vilaines bêtes qui nous font peur.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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N8. Deux anges tenant un blason ; Homme extrayant un os ; dragon dévorant un petit homme.

. Nous ne sommes pas débarrassés des Dragons, puisque la pièce commence, à droite, par une scène de dévoration d'un de nos congénères par un de ces Dangers Publics. L'artiste développe donc au fil des motifs un propos assez cohérent où il déploie sur l'encadrement des voûtes un vaste tableau de ce qui menace les fidèles réunis pour les offices : la Mort et ses ossements,  le Mal, la violence d'un Autre Monde, les enjeux cosmiques passant bien au dessus des cheveux de monsieur et madame Tout-le-Monde. Très habilement (mais aussi très fidèlement aux traditions des ymagiers et huchiers), il ne se livre pas à un prêche dicté par le recteur, il ne fait aucune référence à Dieu ou à ses saints, aux Enfers ou au Paradis, à la lutte des Archanges contre les Diables, à une scène biblique ou Christique, mais il met en œuvre un bestiaire des personnages plaçant le pouvoir d'évocation ailleurs. Les  personnages de son petit théâtre sont-ils celtiques, pré-chrétiens, ou archétypaux, chacun répondra à sa convenance, mais ce qui est certain, c'est que ces fémurs, ces chasseurs, ces bêtes féroces, ces dragons et ces hommes sauvages racontent, sur les huit pièces que nous venons d'examiner, une seule histoire.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Puis viennent deux anges tenant un blason. Comme celui-ci a perdu les meubles et les couleurs qui devaient y être peints, nous ne pouvons rien en dire.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le personnage qui ferme le cycle des huit sablières est allongé, une jambe droite repliée, et le visage grimaçant. Il tient (encore !) un fémur, mais seuls les 3/4 de l'os est visible ( les condyles fémoraux, le fût et  le grand trochanter, encore attaché à un fragment du tendon)  sont visibles, tandis que le col et la tête disparaissent...précisément à l'endroit de leur emplacement anatomique sur notre homme. Faut-il imaginer qu'il est en train de l'extraire de son propre corps, ou, au contraire, de tenter de le remettre en place ? Ses grimages de douleurs seraient bien justifiées.

Il est pieds nus,mais le sculpteur a représenté avec soins sa tunique à gros plis, et surtout sa manche, dont le soufflet est fermé par deux langeuttes à boutons.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Blochet Nord-ouest : acrobate exhibitionniste anal.

Le blochet annonce la veine dévergondée qui nous attend désormais du coté sud. C'est un acrobate ou contorsionniste qui réussit à fléchir ses hanches suffisamment pour mettre ses pieds – chaussés – contre ses oreilles. Or, il a pris soin de remonter sa tunique et de baisser ses chausses afin de présenter au public le spectacle obscène de son cul. Un "pète-en-gueule", comme il est courant d'en trouver sur les sculptures des sablières et autres pièces de charpente, sur les stalles, etc. Exemple à La Roche-Maurice.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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II. LES SABLIÈRES DU COTÉ SUD DE LA NEF.

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S8. Trois anges tenant des phylactères.

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Ces trois anges manquent un peu de grâce, et ressemblent plutôt, dans leur lourde robe plissée, à des magistrats en perruque. Le texte de leurs phylactère s'est effacé, et nous passerons à la sablière suivante après les avoir salués.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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S7. Hommes combattants des dragons.

Cette sablière est faite de la réunion de deux pièces un peu différente. À droite, elle débute par un dragon ailé renversé sur le dos sous l'effet du choc d'un coup d'épieu. Le responsable, à la différence des sauvages qui lui font face en N7, est habillé et coiffé d'un bonnet, mais son rictus à pleines dents, ses sillons naso-géniens en parenthèses,  ses larges narines  et ses yeux  abrités sou le vaste préau des sourcils le trahissent : une partie de son arbre généalogique servi à tailler les sablières nord.

Son voisin , dont le chaperon se termine par une tête de chat, s'apprête à lancer une pierre sur le premier qui approche.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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La pièce voisine montre un homme portant une chevelure frisée à gros rouleaux (les perruques ne seront à la mode que bien plus tard) ; il a l'air fort satisfait de lui, et il croise ses huit doigts sur son ventre bedonnant. 

C'est tout le contraire, embonpoint et frisettes à part, avec l'homme nu qui bondit, gourdin en main, à l'attaque du dragon qui pointe sa gueule gourmande du coté gauche. C'est le retour de l'Homme sauvage coté sud.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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S6. Feuillages sortant de la gueule d'un dragon.

Cet Intermède végétal dont les feuilles en raquette ou râpe à parmesan  nous ont déjà été présentés en N6 sort de la gueule d'un nouveau dragon.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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S 5. Une orgie : scène scatologique, buveurs, fou et sa marotte, joueur de cornemuse. 

 

Enfin ! c'est maintenant qu'on s'amuse ! Et qu'on s'interroge.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Nous avons ici six personnages. Le premier, renversé en arrière, tient un bâton dirigé devant lui vers le sol.  Il porte un accessoire rond à la ceinture. Il n'est vêtu que d'une tunique, mais ses jambes et ses cuisses sont nues.

Devant lui, un homme jeune (ou un garçon) entièrement nu tend un récipient sous le cul du suivant ; dans ce récipient, des "boulettes" qui ont sans aucun doute des crottes. Aussi se détourne-t-il en grimaçant, tandis que, de la main droite, il se gratte la fesse, à moins qu'il ne jette quelque chose derrière lui. 

Le troisième sire a la tête et le haut du corps recouvert d'un vêtement à capuche, dont il a relevé le bas  : fesses et jambes nues, il se soulage, comme nous l'avons vu. mais concommitament, il se nourrit ou, du moins, il penche son menton vers une assiette contenant ... ce que je lui souhaite être deux pommes bien mûres.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Nous voici maintenant face à un Fou. Un vrai, en habit de travail, qui inclut la cagoule à oreillettes et grelots, cagoule qui appartient à une tunique fendue sous la ceinture en pans triangulaires – avec leurs grelots– et dont les manches à crevés doivent dissimuler aussi quelques clochettes. Sous cette tunique, comme tous les convives, il est nu. Pour ce que j'en vois.

Comme tout Fou, il tient sa marotte, cette marionnette montée sur un manche de bois, et  qui le regarde en lui renvoyant sa propre image.

De l'autre main, il tient ou tenait un autre objet.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Après le Fou, l'Ivrogne. 

À plat ventre, les pieds nus repliés vers les fesses, complètement ivre, il tente de porter, les yeux clos, une chope à ses lèvres, mais il n'atteint que son menton. Il ne lâcherait son pichet pour rien au monde. Ses beaux cheveux bouclés sont coiffés d'un béret aux bords repliés.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le joueur de cornemuse est le seul  qui soit resté chaussé. Un genou à terre, il écrase la semelle de sa bottine. C'est vraiment la mode des longs cheveux en boucles, car, comme les anges de S8, comme le Monsieur important de S6, ou comme les quatre co-locataire de sa sablière, c'est un vrai flot de belles anglaises qui ruissellent sous son chapeau breton. Les yeux presque fermés, il joue, les deux mains posées sur le chalumeau conique de son instrument tout en pressant le sac entre poitrine et bras droit.  Le porte-vent frôle ses lèvres, non sans créer un effet comique en rappelant la posture du buveur. Le bourdon d’épaule est bagué d'une moulure à mi-corps et à l'attache du pavillon.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le blochet adossé à  S5. 

C'est le même que du coté nord : un Gargantua barbu, avec un orifice dans la bouche comme pour les gargouilles.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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S4. Dragon tenant la tige de feuilles et de grappes.

Comme en N3, où des renardeaux couraient à travers les spires, c'est un pampre de vignes à vrilles, feuilles et grappes, et c'est un dragon, vu d'avion, et reconnaissable de manière infaillible grâce à son échine épineuse.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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S3. Ivrognerie à sept buveurs.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sept hommes de cette confrérie des joyeux buveurs portent la même tenue, une tunique à cagoule très ajustée descendant à mi cuisses, des chausses, et des bottines. Ils sont si semblables qu'on pourrait penser à sept temps successifs de l'histoire du même héros, mais non. Le comique vient du fait que chacun est courbé comme  dans un tunnel, dans une étroite promiscuité.

Le premier des sept est assis et boit, avec un gobelet énorme, le contenu d'une bouteille. Ou plutôt d'un tonnelet à bec verseur central et aux flancs cerclés. Il appuie son genou sur la fesse du suivant.

 

 

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Le deuxième et le troisième sont tournés l'un vers l'autre. Le premier enserre fermement le goulot d' une bouteille aux flancs bombés, aux faces plates et dotée d'un large pied. La main droite posée sur son crâne tant il a mal aux cheveux, il supplie (c'est mon interprétation) le tavernier de  remplir sa sacrée bouteille, mais celui-ci, un bras sur le tonneau dont il a la garde, n'en manifeste pas l'intention. 

Ce face à face en chien de faïence de part et d'autre d'un flacon ne manque pas d'humour.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Pendant que le tenancier est occupé par le client précédent, un autre s'approche subrepticement du fameux tonneau et remplit son pichet (en terre vernissé ou en étain) au robinet de soutirage placé de son coté.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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L'image suivante nous apprend que ce pilier de taverne est poussé par la main bien placé d'un collègue qui s'apprête à lui tendre une bouteille. L'artiste a pris plaisir à faire épouser la courbe des fesses du premier avec celle du ventre ballonné du second, et à souligner la tension qui s'exerce sur les boutons de la robe sous l'effet de cette pléthore à la Falstaff.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Hélas, dans cette suite de duos conflictuels, le quidam ne parvient pas à se saisir du flacon, à laquelle se cramponne avec l'énergie du désespoir assoiffé un avant-dernier convive : front contre front, trogne contre trogne, le regard chaviré, ils forment un couple truculent qui semble venir du Repas de Noces de Pieter Brueghel pourtant peint 50 ans plus tard, ou des danseurs d'une Kermesse flamande.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Enfin la série des sept buveurs se termine, toujours dans l'alternance tête à tête et cul à cul, par Dormeur, qui rêve de barriques en étreignant sa cruche. C'est très émouvant.

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Les sablières  (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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S2. Une chasse au lièvre.

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Les sablières  (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières  (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces (22).

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Les sablières de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces (22).
Les sablières de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces (22).
Les sablières de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces (22).
Les sablières de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces (22).
Les sablières de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces (22).

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S1. Frise de feuillage issue de la gueule d'un dragon et s'achevant vers une femme allongée.

Nous retrouvons ici les feuilles allongées et râpeuses, sortes de croisement de lambeaux de peau de saurien et de frondes de Fucus spiralis, dont les bordures détachent des replis spiralés. Du monstre qui les produit, nous ne voyons que la tête  au chanfrein verruqueux et aux oreilles en feuille de muguet (Convallaria majalis).

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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En suivant les circonvolutions de la longue lanière, nous parvenons à la figure inattendue d'une femme en coiffe , couchée sur le coté, jambes croisées avec une désinvolture frisant le sans-gêne, et qui nous désigne de l'index son sein droit après s'être dépoitraillée. Que vient faire ici cette lascive femme de mauvaise vie  et son geste d'invite, si ce n'est de clore la longue galerie des Vices et des Débauches, mise en parallèle avec le tableau de notre transformation en un sac d'os, dévoré par les Puissances chtoniennes ?

Rien n'incite à y voir la Grande Prostituée de l'Apocalypse 17, et les références bibliques sont absentes ici.

 

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Blochet sud-est : un ange.

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Pour boucler la boucle de notre circumduction le nez en l'air, le point final sera, avec une photo plus médiocre encore que les autres, le blochet sud-est .

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Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

Les sablières (1506-1508) de la nef centrale de l'église Notre-Dame de Grâces. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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Un prochain article examinera les sablières du bas-coté sud (il n'y en n'a qu'un, on ne peut pas se tromper).

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SOURCES ET LIENS.

BARTHELEMY (Anatole de) et GUIMART (Charles), 1849, Notice sur quelques Monuments du département des Côtes-du-Nord Bulletin monumental / publié sous les auspices de la Société française pour la conservation et la description des monuments historiques ; et dirigé par M. de Caumont, Société française d'archéologie pages 5-54.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k310344/f42.item.texteImage

 

Notre-Dame-de-Grâce. Non loin de Guingamp, est  l'église Notre-Dame-de-Grâce qui contient des reliques de  saint Charles de Blois. C'est un édifice qui fut commencé en  1506 ainsi qu'il résulte de deux inscriptions gravées l'une  sur une charmante frise en bois qui court tout le long de la  nef principale et du collatéral de droite l'autre sur le pilier à gauche du portail, extérieurement. L'inscription de la frise et du pilier portent le doziesme jour de mars /CK de grace mil cinq centz et seix fut la première pierre de ceste chappelle assys. A côté on lit Le r". et ~fZ fut le lines ? de ceste chappelle assis ou quel  estoit maigre Jehan le D. nece recteur de la paroisse de  Plouisy, et gouverneurs de Jehan Telles. 

La frise en question admirablement travaillée représente des chasses au cerf et au lièvre des vignes, des vendangeurs, des dragons, des dessins un peu lestes, des diables un lion combattant une licorne etc. 

—  BAKHTINE M., L'oeuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen Age et sons la Renaissance, Paris. 1970. 

DUHEM (Sophie) 1997, Sablières sculptées de Bretagne : images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérite bretonne (XVe-XVIIe s.). Thèse de doctorat en Histoire. Sous la direction de Alain Croix. Soutenue en 1997. à Rennes 2 .

DUHEM (Sophie) 1998, Les Sablières sculptées de Bretagne, Presses Universitaires de Rennes, 390 pages.

— MATTE (Jean-Luc), Iconographie de la cornemuse.

http://jeanluc.matte.free.fr/invg.htm

"Cornemuseux en buste à l’extrémité d’une section de sablière, à sa gauche un buveur puis un fou reconnaissable à son bonnet et à sa marotte

Début XVIème

1 bourdon d’épaule à moulure presque médiane et pavillon mouluré, chalumeau conique

Cité par Edmond Rebillé dans le n°89 de la revue "Musique bretonne"
S. Duhem, op.cit. (dessin p.357 et photo.N.B. p. 228)
Cat. expo. Dastum, "Instruments du diable, musique des anges" op. cit. (photo.)"

ROPARTZ (Sigismond), 1851, Guingamp et le pélerinage de Notre Dame de Bon-Secours, Périssé, 1851 - 408 pages page 95

https://books.google.fr/books?id=yo3IIXTsyPIC&dq=gr%C3%A2ces+guingamp+rabelaisien&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

Les bornes de cet ouvrage ne me permettent pas d'entrer dans l'étude détaillée de cette admirable chapelle, monument complet, sorti tout entier de la pensée du même artiste, dernière fleur du style ogival éclose sur le sol breton.

Ce qu'il y a de très-remarquable, c'est que les sculptures de Grâces ne sont autre chose qu'un long poème où sont stigmatisés tous les vices, sous la figure de Franciscains paresseux, avares et gourmands. Etait-ce une leçon de morale, était-ce une sanglante satire ? Quoi qu'il en soit, ces sculptures sont magnifiques de verve grotesque, et, pierres ou bois, dénotent certainement un très-habile ciseau et une luxuriante imagination. Voyez cette gargouille, c'est un gros Cordelier qui presse de ses deux mains son ventre trop plein, et dont la bouche grimace pour vomir ; étudiez l'une après l'autre les scènes rabelaisiennes, ciselées comme dessinait Callot, le long de la corniche du lambris : ici, c'est un moine ivre qui roule sous une tonne immense et se noie dans une mer de vin ; là, c'est un moine encore dont la sordide avarice se livre à un métier que ma plume ne peut décrire ; ailleurs, un diablotin lubrique brouette en enfer une charretée de nones ; tout cela est encadré dans un merveilleux fouillis de feuillage et d'arabesques, qu'animent des chasses fantastiques et que peuplent tout un monde d'animaux bizarres. La conclusion de ce poème étrange, c'est un bas-relief isolé où deux anges en pleurs montrent au peuple la sainte face du Christ, sanglante, meurtrie et couronnée d'épines, expiation éternelle de tous les désordres et de tous les scandales dont l'artiste vient de vous offrir la représentation cynique.

La pensée franciscaine, on le voit, remplit chaque détail de cette curieuse chapelle, et pourtant Grâces n'appartint aux Frères-Mineurs que cent ans après sa fondation ; mais on n'a pas oublié qu'un Franciscain, en bâtissant en ce même lieu un oratoire de mottes et de feuillage, avait été la première cause de la dévotion à Notre-Dame, et de la construction du monument.

ROPARTZ (Sigismond), 1859, Guingamp: études pour servir a l'histoire du tiers-état en Bretagne, Prud'homme, Volume 1 page 115

https://books.google.fr/books?id=o-oYAAAAYAAJ&dq=gr%C3%A2ces+guingamp+rabelaisien&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

TOULET (Simonne), 2010, L'église de Grâces et ses sablières, Bulletin des Amis du Patrimoine de Guingamp n°48.

http://bibliotheque.idbe-bzh.org/data/cle_89/Les_Amis_du_Patrimoine_de_Guingamp_nA_48.pdf

 

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
18 février 2018 7 18 /02 /février /2018 21:12

Zoonymie des  Odonates. Kulilu dans l'Épopée de Gilgamesh .

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Voir aussi :

 

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En 1991, dans son excellent article A brief history of Odonatology, Philip S. Corbet écrivait :

" ‎As early pictorial and written records become available, we obtain tantalising glimpses of dragonflies in literature and art. Thus adult dragonflies feature in prehistoric art of the Late Bronze Age from the Aegean region (Younger, 1983) and of the American Indians in British Columbia (Cannings & Stuart, 1977) whereas larvae are portrayed on Incan or pre-Incan pottery from Chile and Peru (Kennedy, 1947).

If the word ‘dragonfly’ is translated correctly we read in The epic of Gilgamesh –a renowned Mesopotamian king. (ca 3,000-2,000 B.C.)  that adult dragonflies emerge from aquatic larvae (Sandars, 1972).

Dragonflies are among the insects referred to in the oldest known book on zoology — the Sumerian and Akadian (Babylonian) Hubulla tablets from the 18th Century B.C. (Harpaz, 1973);"

Il signalait ainsi avec concision à la fois la présence de la mention des Libellules dans l'Épopée de Gilgamesh, mais aussi les incertitudes sur la traduction par "libellule" du mot inscrit en caractères cunéiformes sur les tablettes d'argile.

Pour l'étude de la Zoonymie (étude des noms) des Odonates, il est important de rechercher d'une part quel est le nom utilisé en akkadien dans l'un des textes les plus anciens de l'Humanité, et d'autre part dans quel contexte il apparaît, et enfin quelles sont les discussions sur sa traduction.

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I. Le nom "libellule dans l'Épopée de Gilgamesh.

Cette épopée est relatée dans douze chapitres, dont la majorité furent découverts au XIXe siècle à Ninive dans les ruines du temple de Nabou, et dans la bibliothèque du palais d'Assourbanipal.

C'est dans la tablette X qu'il serait question de libellules.  Hanté par la mort de son ami Enkidu, le roi Gilgamesh s'est rendu auprès d'Outa Napishtim  pour obtenir l'immortalité.  Il apprend de ce dernier (qui a survécu au Déluge) que la mort est inévitable : 

 

 

"OutaNapishtim dit à Gilgamesh : « Gilgamesh pourquoi cette douleur dans ton cœur toi qui portes en toi la chair des dieux ? La mort est cruelle et sans merci. Qui de nous bâtit des maisons indestructibles ? Qui de nous scelle des contrats éternels ? Les frères héritent, partagent. Quel héritage est perpétuel ? La haine, même la haine existera-t-elle dans le pays pour toujours ? Est-ce que le fleuve monte et amène la crue pour toujours ? 

"La libellule à peine sortie de la lumière, entrevoit le soleil et atteint à son terme.

"Depuis les temps les plus anciens, hélas ! rien ne dure, le dormeur et le mort se ressemblent, les deux n'ont-ils pas l'aspect de la mort ? Qui, la mort venue, peut distinguer entre le serf et le maître ?. Les Anounnaki, les grands dieux tiennent conseil avec eux, Mammitoum la “créatrice des destins” pour décider ensemble des destins, ils répartissent la vie et la mort ils révèlent les jours de la vie mais de la mort ils ne révèlent pas le jour." (Trad. Abed Azrié)

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Onzième tablette de l'Epopée de Gilgamesh, British Museum, provenant de la bibliothèque du palais d'Ashurbanipal à Ninive, 7eme siècle avant notre ère.

 

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Selon W.G. Lambert , le relevé de la tablette X pour les lignes qui nous concernent (avec la traduction littérale) serait :

 

21 im-ma-ti-ma naru is-sà-am-ma mi-la ub-lu  For how long has the river risen and brought the flood?

22 ku-li-li i[q]-qé-lép-pa-a ina nari / So that dragonflies drift on the river

23 pa-nu-sâ i-na-at-ta-lu pa-an samsti / Their faces staring into the face of the sun god?

24 ul-tu ul-la-nu-um-ma ul i-ba-às-si mim-ma /  Suddenly there is nothing.

 

25 sal-lu u mi-tum ki-i pi a-ha-mes-ma / The prisoner and the dead are alike,

26 sà mu-ti ul is-si-ru sa-lam-su / Death itself cannot be depicted,

Le terme traduit par Libellule est celui de ku-li-li ou kulili .

Lambert indique en note concernant la traduction des lignes 23 et 24 :

 

"The rendering given presumes that kulilu is feminine. There seems to be no clear evidence elsewhere on this point. Then the lesson from the dragonfly is continued: they drift down the river with their big eyes looking upwards, but suddenly they disappear beneath the surface and exist no more. Without this continuation lines 21-22 seem to have no purpose. For ultu ullanumma with the idea of suddenness, note Descent of lstar 63 (R. Borger, BAL II 90): iS-tu ul-la-nu-um-ma *is-tar a-na erset la tari li-ri-du "As soon as Istar had gone down to the underworld." Most translators have taken lines 22 and 23 together, whatever the details of their renderings. V.S., however, takes 23 and 24 together: "Ein Antlitz, das in die Sonne sehen konnte, Gibt es se.it jeher nicht." This is excellent grammar, but seems to give no meaning." .

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Dans un article concernant les Odonates, Carlos Bonet Betoret  présente en 1993 ce passage ainsi :

"The citation the Odonata is contained within the speech of Utnapishtim, when he explains to Gilgamesh how it is impossible to be immortal:

Do we build for ever our houses,
and forever do we steal of properties?
Perhaps the brothers do divide their part for ever.
Perhaps the hate does divide for ever
Perhaps does the river always grow and make inundations.
Does the dragonfly leave its skin?
And its face can only see the face of the sun?

In the original text of the Assyro-Babylonian language is written “ku- li- li- ki- lip- pa.” Modern specialists believe that this means skin of the dragonfly nymph, when it leaves its pupal case to become a flying adult insect."

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II. LES CHOIX DE TRADUCTION.

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La traduction de ce passage de L'Épopée de Gilgamesh peut tout changer pour Libellule, qui cherche ses racines mésopotamiennes.

En anglais, la publication qui faisait référence était celle de N.K Sandars, parue en 1960 chez Penguin's. Elle a le défaut de transformer en prose la versification de l'Épopée. Il y a aussi Classic Myths from Mesopotamia, de Stephanie Dailey, (1989, révisée en 2000), en vers, qui a pris le parti de "moderniser" le texte en le débarrassant de ces détails et tournures désuètes.

Et enfin, il y a celle d'Andrew George The Epic of Gilgamesh : a new translation, parue chez Penguin Classics en 1999 et révisée en 2003. La version babylonienne est connue depuis plus d'un siècle, mais les linguistes déchiffrent encore de nouveaux fragments en akkadien et sumérien. La "nouvelle traduction magistrale" d'Andrew George ( The Times ) combine brillamment ces derniers dans un récit fluide et sera longtemps comme le Gilgamesh anglais définitif. 

 Andrew R. George (né en 1955) est un universitaire britannique connu pour son édition et sa traduction de l' épopée de Gilgamesh . Andrew George est professeur de Babylonien dans le Département des langues et des cultures du Proche et du Moyen-Orient à l' École des études orientales et africaines SOAS de l' Université de Londres. Dans le domaine de la recherche sur Gilgamesh, ses travaux ont révolutionné les choses autant que la parution de The Evolution of  the Gilgamesh Epic de J.H. Tigay en 1982.

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1°) Andrew George 2003.

La plupart des  traducteurs anglo-saxons et  français donnent la leçon "libellule" pour ce passage, mais Andrew R. George préfère traduire le terme kulili  par "éphémère" (Ephemera Linnaeus 1758, Mayfly, Mouche de mai) :

The ephemeral nature of the mayfly is proverbial, and for this reason (as well as the Arabic cognate) I prefer to take kililu as "mayfly" rather than the customary "dragonfly". As Dalley notes (Afw/w,p. 133, n. 121), the image evokes a passage of Atra-hasis in which the mother goddess likens those  drowned in the Deluge to mayflies borne along by a river: ki-ma ku-li-li im-la-a-nim na-ra-am, 'they fill the river like mayflies' (OB Atram-hasTs in iv 6) A. R. George, The Babylonian Gilgamesh Epic: Introduction, Critical Edition and Cuneiform ... 2003

Voir sa traduction des vers 311-315 de The Babylonian Gilgamesh Epic, vol. I page 697 .

311 At some time feuds arise in the lands.

312 At some time the river rose (and) brought the flood,

313 the mayfly floating on the river

314 Its countenance was gazing on the face of the sun,

315 then all of a sudden nothing was there.

Trad littérale :"A un moment donné, des querelles surgissent dans les terres.
À un certain moment la rivière s'est levée (et) a apporté le déluge,
l'éphémère flottant sur la rivière
Son visage contemplait le visage du soleil,
puis tout d'un coup rien n'était là."

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2°) Les traducteurs français postérieurs à Andrew George.

En 1979, Abed Azrié a publié L’épopée de Gilgamesh : texte établi d’après les fragments sumériens, babyloniens, assyriens, hittites et hourites, traduit de l’arabe et adapté par Abed Azrié, éd. Berg international, 1979 . J'ai cité plus haut son texte : 

Est-ce que le fleuve monte et amène la crue pour toujours ? La libellule à peine sortie de la lumière, entrevoit le soleil et atteint à son terme. Depuis les temps les plus anciens, hélas ! rien ne dure, le dormeur et le mort se ressemblent, les deux n'ont-ils pas l'aspect de la mort ? 

 

En 1982, Jean Bottéro a publié L'Epopée de Gilgamesh chez Gallimard. Je ne l'ai pas consulté. En 2009, M. Laffon a publié Gilgamesh chez Bellin d'après la traduction de Bottéro. Voici la traduction du passage qui nous intéresse :

« Nous sommes tous comme des éphémères emportés par le courant : de nos visages qui voyaient le soleil, brusquement il ne reste plus rien. Endormi, mort, c’est la même chose ! Personne n’a jamais pu représenter la mort. Pourtant, depuis ses origines, l’homme en est prisonnier. Depuis que les grands dieux, et Mammitu, la grande déesse mère, la faiseuse des destins, ont arrêté ensemble les destinées des hommes, ils nous ont imposé la mort comme la vie, nous laissant seulement ignorer le moment de notre mort » (M. Laffon pp. 74-75)

 On trouve aussi en ligne : "Tels des éphémères [insectes] emportés par le courant, des visages qui voyaient le soleil, tout à coup il ne reste plus rien. Endormi et mort, c'est tout un" (Gilgamesh X, VI, 6-25)

La thèse argumentée d'A. George semble donc avoir été convaincante. Les Odonatologistes ont-ils pris la mesure de ce bouleversement , qui les priveraient d'une glorieuse entrée en matière dans le récit de l'histoire des relations entre les hommes et les Odonates ?

 

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III. LE MOT KULILU .

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1°) Dans le Lexique sumérien-français (textes traduits dans Attinger, ), 2017

 

gu5-li-an-na-k s. litt. "compagnon d'An", un insecte (souvent traduit par "libellule") vaincu par Ninµirsu/Ninurta Gud. Cyl. A 26:10, Angim 36, 58, Lugale 129; non-st. ku6-li-an-na Angim 58 aA (mA) gu5-ul = gu-ul

2°) Dans l' Assyrian Dictionary anglais-assyrienAssyrian -English -Assyrian Dictionary je lis :

kuliltu nf fish-woman; dragonfly; mermaid*

kulilu n. 1 fish-man, merman; mayfly; ---->. - * dragonfly

— Samas n. sun-god; -->. kaIlat -* dragonfly;

 

 

3°) Je trouve sur Wikipédia :

 

 In Babylonian mythology, Kulilu is a destructive spirit, half man, half fish.[1][2]

 

4°) Le Manuel d'Épigraphie Akkadienne de  R. Labat et F. Malbran-Labat, le manuel de signes cunéiformes le plus utilisé par les étudiants, donne : 

kallat Samas libellule 324 (E-Gi 4 -A- d UTU).

 

4°) Le Sumerian Compound -Sign Words donne :

ku-li-an-na: friend of heaven; dragonfly ('friend' + 'sky' + genitive).

5°) Dans A Concise Dictionary of Akkadian, de Jeremy A. Black,Andrew George,J. N. Postgate, 2000

je lis :

Kulilu I, kulilû, "dragonfly" JB [Akkadien néobabylonien, Ier millénaire], mil k."flood bearing dragonfly (corpses)"

 

 

6°) Le Dictionnaire Assyrien de CIVIL (Miguel) GELB (I.J) The Assyrian dictionary 1971 indique 

Buru-Gal-Edin-Na : Dragonfly

http://www.aina.org/cad/cad_k.pdf

7°) En Sumérien, le terme est connu grâce au plus ancien dictionnaire bilingue Sumérien-Akkadien, l'Harra-Hubulu datant de l'époque Paléo-babylonienne. Voir mon précédent article, et voir Landsberger n° 234, 347 et 348.

 n° 234 burus5-id-da), en Sumérien, ku-lîl-um en Akkadien, Il est traduit en allemand par Landsberger par  Libelle,  « libellule ».

n° 347 : ku.li.la.an.na en Sumérien, ku-li-li-ti en Akkadien. Il est également traduit en allemand par Landsberger par  Libelle,  « libellule ».

n° 348 e.gi4.a.dUD, Sumérien, kal.lat ilSamat  en Akkadien. Il est traduit en allemand par Landsberger par  Libelle,  « libellule ».

 

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DISCUSSION.

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Il semble que le même mot, ou un mot homonyme, qui désigne une femme-poisson ou un homme-poisson soient aussi traduit comme "une libellule" . Pour Michael Ford

 A “Ku-li-li” is a “Fish Woman” and “Kulilu is “dragonfly”. This god seems associated with the Ku-li-an-na or “Kililtu” which is “friend of Anu”. The Kulilitu is an insect or “little bride” which according to Wiggerman in “Mesopotamian Protective Spirits” may have been blended in translations. (in Maskim Hul: Babylonian Magick)

Le seigneur Ku-li-an-na ou Kulinanna, "ami d'An" désigne par épithète  Dumuzi (Tammuz), roi-berger après son mariage sacré avec la déesse Innana Ishtar.

La complexité de ces proxémies est illustrée par cet extrait (j'ai laissé passer quelques erreurs de graphie) de  Mesopotamian Protective Spirits: The Ritual Texts de F. A. M. Wiggermann page 182

— Kulullû, « Fish-Man ». a Word : that KU6.LU.ULU -lu is to read kulullû appears from the Göttertypentext where the word is spelles ku-lu-ul-lu (MIO 1 80:12). A long -û is demanded by Sumerian lù-ùluu, from which lullû is borrowed, but none of the lullù words is spelled with an additionnal vowel indicating length, and thus, counter to etymology, actiual usage indicates a short vowel (the dictionary assume a short vowel). A by-form kulil(l)u is attested in KAR 162 Rev.4. (Ee, spelled ku-li-li). This kulil(l)u is to kept distinct from

a) Ku-li-li, variant of dKi-li-li (Landsberger Fauna 136, Frankena Takultu 97, CAD K 357a), a female figure, possibiy apotropaic as well (III.B.13=n)

b) kulilu (Sum.: burus(-id-da), "dragonfly ".

 

c) ku-li-an-na= kuliltu. The SB bilingual text of Angim 58 trans* lates ku-li-an-na, "friend of heaven/ An", denoting one of the trophies of Ninurta/Ningirsu, with ku-lil-ta. What ku-li-an-na denotes in the OB text is not known; it was hardly Dumuzi, who is sometimes called "friend of An". Etc..

Ou encore :

F. A. M. Wiggermann - 1992 - ‎History

The SB text apparently associates "friend of An" with the Akkadian loanword ku-li-li-an-na, "little bride of An" = Akkadian kulil(l)tu, an insect since it appears among other insects ... "little bride" (an insect) and kuliltu, "fish-woman" are not related linguistically, they may have been fused in the mind of the late translator of Angim

De même on peut lire les propos de Jerrold S. Cooper et Eugen Bergman 1978 concernant KU-LI-AN-NA .

 Wilcke, ZA 59 99107 distinguishes between k u — li — a n — n a : “dragonfly”, and the k u — li— a n — n a  under discussion here, but since both appear as kuliltu in Akkadian, the reason for this distinction is unclear, unless Wilcke considers the Akkadian translation to be erroneous for the ku-li-an-na trophy. If one could be certain that ku-li-an-na did indeed mean « dragonfly », (cf CAD s.v kulilitu « an insect »), there would be no reason to hesitate in so translating the word here, since a dragonfly would be no more bizarre than several other of Ninurta's trophies... The habitat of ku—li—an—na, according to 1. 36, is an— 5 a r k i — s a r “the limits of the universe, everywhere”, which might, with some imagination, be used to support an insect identification, but in reality tells us little. The spelling k u6 — 1 i — a n — n a in aA is unique, probably derived from confusion with k 1.16 — 1 1'1 — ll x — 1 u : kulilu/kulullu “fish-man”. There is no apparent relationship between this k u — li — a n — n a and the homonymous epithet of Dumuzi (“friend of An”; ...; see Wilcke, ZA 59 69).

CAD = The Assyrian Dictionary of the Oriental Institute of the University of Chicago

 

 

 

 

Datation.

On suppose que le règne historique supposé de Gilgamesh a été approximativement 2700 BCE . Les premiers poèmes sumériens de Gilgamesh datent de la troisième dynastie d'Ur (2100-2000 avant notre ère). Les premières versions akkadiennes de l'épopée unifiée datent de ca. 2000-1500 avant notre ère .  En raison de la nature fragmentaire de ces versions Old Babylonian, il n'est pas clair qu' elles aient inclus un compte rendu élargi du mythe de l'inondation; bien qu'un fragment inclut  l'histoire du voyage de Gilgamesh pour rencontrer Utnapishtim . La version "standard" akkadienne, débutant par  a été compilée par Sin-liqe-unninni entre 1300 et 1000 avant notre ère. C'est elle qui a été retrouvée par Hormuzd Rassam en 1853 sur les 11 tablettes en akkadien de la bibliothèque du palais d'Ashurbanipal datant du VIIe siècle. Traduite en anglais par George Smith en 1872,  porte le nom de son incipit "Celui qui a vu la profondeur" (ša naqba īmuru). Seuls les 2/3 des 3600 vers de l'épopée nous sont connus.

La mention d'une "libellule" dans la tablette X doit donc être datée entre 1300 et 1000 avant notre ère. 

Valeur allégorique.

Dans ce texte, la libellule est donnée en exemple à Gilgamesh pour qu'il réalise la finitude de toute chose : elle émerge, elle contemple le soleil, puis elle disparaît, emportée par les flots. Ce courant qui entraîne la libellule avec lui, pour l'Homme, c'est le Temps qui le mène à la mort.

C'est exactement le même souci rhétorique qui amènera les peintres flamands à peindre des Vanités avec des fleurs, des papillons, des libellules, des bougies qui fument et des crânes parmi les bijoux. Tout passe ici bas.

Mais si Kulilu est traduit par Ephémère, la démonstration est encore plus forte, puisque ces insectes ont une vie adulte très brève, au cours de laquelle ils se reproduisent, puis meurent. Ephemerida signifie "qui ne vit qu'un seul jour".

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CONCLUSION.

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Au terme de cette enquête, je peux dire que le nom par lequel les Babyloniens (les Néo-bab et les Paléo-bab) désignaient les Odonates était quelque chose comme KULILU, malgré les difficultés de transcription des caractères cunéiformes. Je peux aussi dire que ce mot figure sur la Xeme tablette d'argile retrouvée dans le palais d'Ashurbanipal à Ninive, dans cette partie du récit  de l'Epopée de Gilgamesh écrite entre 1300 et 1000 avant notre ère, qui raconte comment le roi Gilgamesh avide d'éternité reçoit de l'immortel Outa Napishtim cet exemple : l'homme est destiné à mourir tout comme les libellules sont emportées par les flots sur lesquels ils viennent d'émerger.

Mais je suis convaincu que cette méditation sur la brièveté et l'insignifiance de la vie des insectes s'applique mieux encore si le terme akkadien est traduit par "mayfly", l'Éphémère.

Philip S. Corbet avait été fort prudent d'écrire : If the word ‘dragonfly’ is translated correctly we read in The epic of Gilgamesh –a renowned Mesopotamian king. (ca 3,000-2,000 B.C.)  that adult dragonflies emerge from aquatic larvae (Sandars, 1972). Si le mot "libellule" en est la traduction correcte, nous pouvons lire dans l'Epopée de Gilgamesh que les libellules adultes émergent de larves aquatiques.

Finalement, je sais que je ne suis plus sûr de rien, et j'en suis bien instruit. J'en garde quelques traductions lapidaires comme des silex :

Pour combien de temps le fleuve monte-t-il pour amener la crue? Une libellule glisse sur le fleuve, Sa face faisant face au soleil, À la fin, il n'y a rien ! 

Ou bien :

 Le fleuve s'élève-t-il sans cesse pour amener sa crue ? La libellule ne sort de son cocon Que pour voir un moment la face du soleil.

Ou , dans la BD de Jens Harder :

Un jour, le fleuve monte en crue. Seule la libellule qui sort de son cocon, elle seule reverra le soleil après la catastrophe"

Tout et son contraire, telle est la vérité sous le soleil.

 

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SOURCES ET LIENS.

—LABAT (René), 1976,  Manuel d'Épigraphie Akkadienne de  R. Labat et F. Malbran-Labat, 5º édition; Paris 1976

https://archive.org/details/LabatR.ManuelDEpigraphieAkkadienne5Ed1976

— GEORGE Andew Gilgamesh

http://eprints.soas.ac.uk/1603/1/George%20Babylonian%20Gilgamesh%201.pdf

— BETORET (Carlos Bonet), 1993, Two Odonata Citations in ancient Mesopotamia literature

https://www.insects.orkin.com/ced/issue-1/ancient-mesopotamian-literature/

https://www.insects.orkin.com/ced/

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 22:46

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Zoonymie des Odonates : avant l'ère des noms, celle des enluminures. Quatre libellules du Bréviaire Grimani (1510-1520) à la Bibliothèque Marciana de Venise.

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Voir aussi :

 

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INTRODUCTION.

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Le Bréviaire Grimani est un bréviaire à usage franciscain  actuellement conservé à la Biblioteca Marciana à Venise.  Ce  manuscrit enluminé  réalisé en Flandres entre 1510 et 1514 est l'un des plus célèbres manuscrits de l'école ganto-brugeoise. Il est décrit de façon détaillé sur l'article Wikipédia  Breviarium-Grimani en néerlandais, et par Kren  & Mckendrick sous leur n°126 page 420 . Son premier propriétaire a été Antonio Siciliano, ambassadeur du duc de Milan Maximilien Sforza à la cour de Marguerite d'Autriche à Malines en 1514. Il le vendit pour 500 ducas d'or au cardinal Dominico Grimani.

 

Le manuscrit contient parmi ses 832 folios les 12 miniatures pleines pages et les 12 miniatures de bas de page du calendrier, mais aussi 50 miniatures en pleine page et 18 miniatures de grande taille et 18 autres de plus petite taille ainsi que de nombreuses bordures historiées.

Le style des enluminures est typique du style de l'école ganto-brugeoise du XVIe siècle. Plusieurs mains sont distinguées. Les miniatures les plus archaïsantes sont attribuées au peintre Alexandre Bening. La plupart des autres sont attribuées à son fils Simon Bening et à son atelier. Quelques miniatures— celles du Calendrier—  ont été toutefois attribuées au Maître de Jacques IV d'Écosse (depuis identifié à Gerard Horenbout) et d'autre à Gérard David et au « Maître des scènes de David du Bréviaire Grimani ».

Il comporte 

— Un calendrier. Les enluminures en diptyque attribuées aujourd'hui au Maître de Jacques  IV d'Ecosse sont inspirées de celles des frères Limbourg pour les Très Riches Heures de Jean de Berry. Ce modèle était à cette époque à Malines, dans la bibliothèque de Marguerite d'Autriche  et était donc probablement accessible au peintre.

le Temporal : 14v-174v. 

Des Rubriques

Un Psautier :  ff 286v-400v : 8 enluminures par le «Maître des scènes de David dans le bréviaire de Grimani», élève du Maître de Jacques IV d'Ecosse. Elles   débutent par la Chute d'Adam et Éve et se poursuivent en illustrantle Psaumes 1, 26, 38, 68, 80 et 97.  

le Commun des saints Commune sanctorum ff 401-448.

L'Office des Morts et les Heures de la Vierge ff.449v-476v.

Le Propre des saints Propium sanctorum ff. ou Sanctoral ff 468v-831v.

L'encadrement des enluminures sont de trois types.

1.Soit les miniatures pleine page se passent d encadrement.

2.Soit elles ressemblent à un retable en bois, dans un cadre ayant une couleur de bois doré.

3.Soit il s'agit de la bordure propre au style ganto-brugeois, soucieux de naturalisme et de réalisme, d'illusion de relief avec des ombres portées, et d' une disposition aérée éloignée de la saturation médiévale par horror vacui. Trois sous-types sont distingués : 

  • Une marge colorée en jaune avec des fleurs éparpillées, des oiseaux et des insectes : c'est là que nous trouverons nos libellules. C'est le type 3a de l'auteur de l'article Wikipédia

  • Une marge colorée décorée de rinceaux de feuilles d'acanthes séparés par des insectes et des oiseaux. Les libellules y seront aussi recherchées

  • Une marge colorée ornée de bijoux et de perles.

    Comme pour la plupart des manuscrits, les opinions des historiens de l'art divergent sur les miniaturistes qui ont contribué au bréviaire. Tout d'abord, il y a ceux qui attribuent l'illumination à Gérard Horenbout  et à Alexander Bening  et à son fils Simon Bening . D'autres parlent de maître de Jacques IV d'Ecosse, identifié dans les œuvres plus anciennes avec Gérard Horenbout et le maître Maximilien qui à son tour est identifié comme Alexander Bening. Certaines miniatures sont attribuées à Gerard David . 

    De nos jours, en 2013, la plupart des historiens d'art s'accordent sur les interventions du  maître de Jacques IV d'Ecosse, Alexander Bening, les scènes de Maître de David dans le Bréviaire Brimani , Gerard David et Simon Bening.

    En 1977 Erik Drigsdahl a cru reconnaître dans une inscription de bordure du folio 339v les lettres   A  . BE . NI . 7I.  Il a pensé y voir la signature d'Alexander Bening suivi de son âge de 71 ans , et suggère que cet artiste avait 71 ans en 1515. A. BE + NC + 71 [A.(lexander) BE(ni)NC 71] . Thomas Kren a fait l'éloge de cette observation, pourtant bien audacieuse.

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    LE BRÉVIAIRE GRIMANI ET LES ODONATES (LIBELLULES).

     

    Ce bréviaire est célèbre parmi les entomologistes et notamment les odonatologistes car il renferme au folio 781v (donc, dans le Propre des saints) une miniature comportant dans son coin inférieur droit une magnifique libellule. Elle a été signalée dans la revue Odonatologica en 1991 par R. Rudolph — un spécialiste qui a publié notamment en 1973 sur l'histologie de la larve de Aeshna cyanea — qui y a reconnu le genre Aeshna , en s'appuyant sur les travaux de Pichetti 1949 sans en donner les références bibliographiques :

    "An Aeshna is illustrated in the Italian "Breviario Grimani" dating from 1495-1500 (PICHETTI, 1949)."

    La même année et dans la même revue Odonatologica, Philip S. Corbet, éminent spécialiste des Libellules, signale aussi ce Bréviaire.

     

    "Much later, we find dragonflies beautifully depicted in the Gutenberg Bible of 1453 (Rudolph, 1991) and in certain medieval breviaries, for example the Breviario Grimani (Conci & Neilsen, 1956), the Belleville Breviary from the workshop of Jean Pucelle in Paris (Hutchinson, 1978) and the Livre d’Heures d’Anne de Bretagne illustrated by Jean Bourdichon (Frain, 1989)."

    Dans l'ouvrage de C. Conci et C. Neilsen cité en référence,  Fauna d’Italia, Vol. 1. Odonata. Calderini, Bologna,  1956, on peut lire l'identification d'un "Escnide" sans-doute pour "Aeshnidae ".:

    "Nessuna notizia riguardante gli Odonati ci è pervenuta dall'antichità. Il primo documento su questi Insetti, a quanto ci è noto, è un fregio miniato rappresentante, in grandezza naturale e con sorprendente efficacia, un Escnide, riportato nel foglio 181 v. del Breviario Grimani (Venezia, Biblioteca di S. Marco), databile fra gli anni 1490 e 1500 (PICCHETTI, 1949). Abbiamo riprodotto nella tavola fuori testo tale preziosa miniatura. Il primo naturalista che scrisse sulle fu Ulisse Aldrovandi."

    La publication initiale est donc celle d'Enricho PICCHETTI, "Libella-ula,  Atti Ist. Veneto Sc. Lett. E Arti, CVII, II, pp.269-279, 1949", dont je parviens à retrouver le texte. C'est lui qui, dans un article passionnant de Zoonymie, donne la meilleure description(seule la foliation est inexacte) et prend parti pour le genre Aeshna :

    "Esistono pero documentazioni iconografische anteriori. Al foglio 181v del Breviario Grimani (Venezia, Biblioteca di S. Marco), che con sufficente esattezza collocare fra gli anni 1490-1500, si puo vedere raffigurato, nell' angolo destro inferiore del fregio miniato marginale, un bell'esemplare di « Aeschna », in grandezza naturrale, screziato di azzurro, verde, giallo, ritratto con sorprendente efficacia veristica."

    "Mais il y a des images iconographiques antérieures. Sur la feuille 181v du bréviaire de Grimani (Venise, Biblioteca di S. Marco), qui avec une précision suffisante peut être daté entre les années 1490-1500, un bel exemple de "Aeschna" peut être vu dans le coin inférieur droit de la frise marginale de la miniature. », en grandeur nature, marbré de bleu, vert, jaune, et  dépeint avec une efficacité réaliste surprenante."

    Enfin, dans la partie historique (chapitre 4) de leur publication Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg, Daniel Grand et Jean-Pierre Boudot ont fait figurer la reproduction du folio 781v du Bréviaire Grimani, sans la décrire.

    En définitive, cette libellule n'a pas été décrite sauf par Picchetti, et pas davantage le folio qui la contient. 

    En outre, le Bréviaire contient au moins trois autres Libellules. Comme il n'est pas numérisé et consultable en ligne, ce décompte dépend du hasard des pages accessibles. 

    C'est à leur description que je vais me consacrer maintenant.


     

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc faisant le portrait de la Vierge.

     

    Cette enluminure du Propre des Saints est attribuée soit à Simon Bening, soit à son père Alexander Bening " ou Maître du Premier Livre de Prière de Maximilien (Alexander Bening ?) " selon E. Morrison et T. Kren en 2007. 

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     — Alexander Bening appelé aussi Sanders Bening est un peintre enlumineur actif entre 1469 et 1519 en Flandre.

    Originaire de la ville de Gand, il est actif dans cette ville ainsi qu'à Bruges et Anvers. La première mention dans les archives à son propos est son inscription à la guilde de Saint-Luc en 1469, cautionné par Hugo van der Goes et Joos van Wassenhove.

    — Simon Bening est généralement considéré comme le dernier grand miniaturiste flamand avant Joris Hoefnagel, d'Anvers.

    Il naît vers 1483, à Gand ou à Bruges. Il est fils d'Alexandre Bening  et de Catherine van der Goes (probablement une nièce ou la soeur du peintre Hugo van der Goes). Il fait son apprentissage dans l'atelier d'enluminure de son père, à Gand puis s'installe ensuite (vers 1500) à Bruges, où il acquiert rapidement une grande renommée. Il devient membre de la Guilde de Saint Luc de Bruges  en 1508 . Il connut un succès rapide et fut au moins trois fois doyen des calligraphes, libraires, enlumineurs et relieurs de la Guilde de  Saint Luc. Selon Smeyers son nom apparaît régulièrement depuis 1517 en charge de la confrérie.

    En 1519, Simon Bening devint citoyen de Bruges, où il s'installa apparemment à l'époque de la mort de son père. En 1555, il payait toujours sa contribution annuelle à la confrérie de Bruges, il avait donc une longue carrière et était aussi un artiste célèbre de son vivant. Francisco da Hollanda , le critique d'art portugais, l'a appelé le plus grand miniaturiste en Europe et Vasari l' appelle aussi un excellent enlumineur. Il meurt à Bruges le 6 novembre 1561.

    Dans l'art de la miniature flamande, il a été un innovateur de la représentation de la nature et du paysage dans la continuation du Maître de Jacques IV d'Écosse et d' autres membres de l' école de Gand-Bruges .

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    La miniature principale et le texte.

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    La miniature centrale montre saint Luc, identifiable par son Taureau, dans sa chambre (lit, cheminée, meubles) devant un chevalet où il peint le portrait de la Vierge, puisque la Tradition voulait que ce soit lui qui ait été l'auteur du premier portrait de Marie. C'est cette tradition qui fait de Luc le patron des peintres, et qui explique que les Guildes des imagiers flamands aient pris son nom. Le sujet a été peint par Rogier van der Weyden en 1435 pour la Guilde de Bruxelles, par Jean Fouquet pour les Heures de Jean Robertet vers 1460, par Bourdichon au folio 19v des Grandes Heures d'Anne de Bretagne vers 1503, etc...

    (On notera que Jean Fouquet a peint, pour montrer l'excellence de son talent à rendre l'illusion du réel, des fioles en verre sur une étagère).

    La rubrique qui indique IN : FES : S : LUCE : EUUANGELISTE :  ORATIO. précède l'Oraison :

    In festo sancti luce Euangeliste : oratio.  Interueniat pro nobis quesumus domine sanctus tuus lucas euangelista qui crucis mortificationem iugiter in suo corpore pro tui nominis honore portauit. (voir Bréviaire)

    La rubrique suivante se lit HIERONYMUS IN LIBRO ILLUSTRIUM VIRORUM : LECTIO : PRIMA.

     

    La Lecture qui suit  est extraite du chapitre 17 du De viri illustribus de Saint Jérôme, texte qui appartient bien au Propre du Bréviaire pour la saint Luc le 18 octobre (2ème Nocturne de l'Office  de nuit)  :

     

     Lucas, medicus Antiochensis, ut eius scripta indicant Graeci sermonis non ignarus fuit. sectator apostoli Pauli et omnis eius peregrinationis comes, scripsit evangelium de quo idem Paulus: Misimus, inquit, cum illo fratrem cuius laus est in evangelio per omnes ecclesias, et ad Colossenes: Salutat vos Lucas medicus carissimus, et ad Timotheum: Lucas est mecum solus. aliud quoque edidit volumen egregium quod titulo apostolicorum πραξεων praenotatur, cuius historia usque ad biennium Romae commorantis Pauli pervenit, id est, usque ad quartum Neronis annum, ex quo intelligimus in eadem urbe librum esse compositum. 

     

    Lucas d'Antioche médecin de profession, et savant dans la langue grecque, comme il paraît par ses écrits, fut disciple de l'Apôtre saint Paul, et le compagnon de tous ses voyages. Il a écrit l'Évangile, et c'est de lui que le même Apôtre dit : Nous avons envoyé avec lui un des frères qui est devenu célèbre par l'Évangile dans toutes les Églises. Et dans la Lettre aux Colossiens : Notre très cher Luc Médecin vous salue. Et dans celle à Timothée : Luc est seul avec moi. Il a composé un autre excellent Livre, intitulé les Actes des Apôtres, dont l'histoire s'étend jusques aux deux ans que saint Paul demeura à Rome, c'est à dire jusqu'à la quatrième année de Néron. Ce qui nous a fait juger que c'est dans cette ville que ce Livre a été composé.

     

    Au bas de la seconde colonne débute  la Leçon 5:

    Igitur de laudibus  pauli & tecle, & totam baptizati leonis fabulam, inter apocryphas scripturas computamus. Quale enim est, ut individuus comes Ap[osto]li, inter ce[teras ejus res hoc solum ignoraverit ?]

    Nous mettons donc au nombre des écritures apocryphes les voyages de Paul et de Thècle et toute la fable du baptême d'un lion. Car quelle apparence y a-t-il que le compagnon inséparable de l'Apôtre ait ignoré cette seule chose de toutes celles qui sont arrivées ?

    Note : on trouve habituellement Igitur  periodos  [περιοδους] Pauli et Theclae (ici)

     

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    Les bordures.

    On y voit deux sortes de violettes (la violette bleue Viola odorata ? et la violette blanche V. alba ?), disposées soigneusement, soit en boutons, soit épanouies alignées ou en sens croisé le long des marges.  Un papillon diurne appartenant aux Nymphalidés et sans-doute aux Satyrines  n'est pas éloigné du Fadet commun, par exemple. Je ne tenterai pas d'identifier la mouche qui descend la marge extérieure. Outre la présence des ombres des objets naturels sur le fond jaune, l'impression de réalité est rendue par un verre d'eau posé sur une surface en coin, comme celui d'une table, et par les reflets du verre, par le niveau de l'eau et par les tiges des violettes qui y ont été placées.   Mais l'effet de trompe-l'œil est surtout rendu par la position en diagonale de la libellule du coin inférieur, vue du dessus, et dont tout concoure à nous faire croire qu'elle s'est posée là, attirée par les fleurs, pendant que le peintre faisait sècher ses derniers coups de pinceaux. Car non seulement la transparence de ses ailes laisse voir les spécimens botaniques, non seulement les ailes gauches sortent de la fiction picturale et débordent la marge blanche extérieure en franchissant allègrement la double ligne du fin encadrement,  non seulement la queue croise le cadre de la colonne droite du texte, non seulement les pattes sont posées, non pas au hasard, mais sur les pétales ou le calice, mais enfin les ailes droites, croisant les deux colonnes du texte, laissent voir les caractères de l'écriture liturgique

    Cet exemple de trompe-l'œil est le seul type d'illusionnisme trouvé dans le Bréviaire Grimani (Morrison et Kren 2007 p. 176 note 459-89) :  « Voyez aussi un petit livre d'heures illustré par Simon Bening et ses associés à Francfort, dans lequel une libellule est peinte de manière similaire avec ses ailes transparentes s'étendant hors au dessus du texte dans la bordure et dans une partie de la marge extérieure. (Francfort , Museum für Kuntsthandwerk, Ms LM 56 fol. 17) ».

    "459–89. Elizabeth Moodey reminds me that this striking example of trompe l’oeil on the page with a portrayal of Saint Luke is the only instance of this kind of illusionism found in the Grimani Breviary. See also a small book of hours illustrated by Simon Bening and associates in Frankfurt, in which a dragonfly is similarly portrayed with transparent wings extending over text, decorated panel borders, and part of the outer margin (Frankfurt, Museum für Kunsthandwerk, Ms. LM 56, fol. 17).

    Significantly, this occurs once again on a page with a miniature of Saint Luke, and it is again the only instance of this kind of bravura trompe l’oeil involving text, decorated border, and margin in the manuscript in which it appears; see color reproduction in the catalogue of the exhibition at the Städelsches Kunstinstitut und Städtische Galerie, Frankfurt am Main: Jochen Sander, Die Entdeckung der Kunst: Niederländische Kunst des 15. und 16. Jahrhunderts in Frankfurt (Mainz: P. von Zabern, 1995), 172, fig. 164, 198, no. 25. 17. See the discussion of related notions by Robert G. Calkins, “Sacred Image and Illusion in Late Flemish Manuscripts,” in Essays in Medieval Studies: Proceedings of the Illinois Medieval A"

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    Pourtant, on retrouve ce procédé utilisé en 1503-1508 par Jean Bourdichon, exclusivement avec des libellules, dans les Grandes Heures d'Anne de Bretagne : les ailes débordent soit sur la marge blanche extérieure, soit sur le texte placé à l'intérieur. Deux à sept ans avant la date estimée de ce Bréviaire.

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    Il est certainement significatif que Simon Bening réalise ici quelque chose d'exceptionnel : en tant que membre et doyen de la Guilde de Saint-Luc, et plusieurs fois doyen, il se devait de créer pour ce folio consacré au patron des peintres quelque chose comme un chef d'œuvre, une démonstration de son savoir-faire. 

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc faisant le portrait de la Vierge.

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc faisant le portrait de la Vierge.

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    La libellule.

    Sa description est limitée par la résolution assez limitée des images qui nous sont proposées. Les entomologistes ont-ils pu voir l'original, ou le fac-similé paru chez Salerno Editrice ? Les critères concernant la nervuration des ailes ne sont pas utilisables, et d'autres critères vont également devoir être écartés.

    Ses ailes sont étendues  sur le coté, comme les Anisoptères, mais les ptérostigmas ne sont pas visibles sur ces clichés. Les yeux, bleus, sont en contact par leur partie interne sur une certaine longueur, ce qui définit les Aesnidae (clef de détermination  Grand et Boudot p. 154). L'angle anal des ailes postérieures est très marqué, comme dans le genre Aeshna. L'abdomen est noir à marques bleues, j'écarte donc A. isoceles (corps brun à roux) et A. grandis (couleur générale brune, ailes très enfumées). Le thorax est sphérique, noir avec des taches en mosaïque : j'écarte A. caerulea, au thorax brun, aux marques bleues de l'abdomen laissant peu de noir entre elles, et qui n'est pas observée (aujourd'hui) dans les Flandres et dans la moitié nord de la  France. 

    On voit très bien, sur le deuxième segment S2 de l'abdomen, une marque jaune "en clou" (la tête du clou vers le thorax). Cette marque est présente chez A. mixta et chez A. Cyanea. J'écarte ainsi l'Aeschne printanière, qui, de toute façon,  est du genre Brachytron et non Aeshna. J'observe aussi que S1 est bleu, que l'abdomen s'étrangle un peu sous S2, et que les dernières taches bleues, lorsqu'elles croisent le montant du cadre factice, sont réunies en une seule. 

    Or, voici ce que je lis sur l'Aeschne bleue A. cyanea :

    "Le mâle et la femelle aeschne bleue (Aeshna cyanea) sont aisément reconnaissables à leurs deux grosses taches claires sur le dessus du thorax et aux deux derniers segments de leur abdomen dont les taches confluent pour former un bandeau clair caractéristique. 

    Les ailes postérieures du mâle adulte sont anguleuses à leur base, le deuxième segment de son abdomen présente un étranglement important." (Odonates costarmoricains)


    "Un des critères infaillibles de reconnaissance de l'espèce est facilement visible quand l'insecte est posé : la disposition des points bleus au bout de l'abdomen : les deux taches présentes sur chaque segment abdominal tendent à se rapprocher au fur et à mesure que l'on s'éloigne du thorax, puis fusionnent et forment une unique tache sur chacun des trois derniers segments.
    Seul le mâle est vert-noir-bleu, la femelle n'a pas de bleu." (Wikipédia)

    Aeshna mixta Wikipédia et Costarmoricain

    Aeshna juncea Wikipedia et Costarmoricain

    Aeshna cyanea Wikipedia et Costarmoricain

    Un moyen très utile est de comparer ces clichés du Brévaire à la Comparaison des Aeschnes sur Odonates costarmoricains

     

    Au total, je proposerai volontiers de reconnaître dans cette libellule de Simon Bening, non seulement le genre Aeshna, mais aussi l'espèce A. cyanea. Mais je ne suis pas docteur. Je laisse le micro aux spécialistes.

    Dans tous les cas, le miniaturiste a bien réussi son coup, et a réalisé un chef-d'œuvre qui va marquer l'histoire de l'odonatologie.

    Trois-quart de siècle plus tard, le miniaturiste Joris Hoefnagel va effectuer la même performance.

     

     

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc faisant le portrait de la Vierge.

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc faisant le portrait de la Vierge.

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc peignant la Vierge.

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc peignant la Vierge.

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 167v.

    Image : Tiziana Plebani 

    Ce folio 167v appartient au Temporal, mais je ne dispose pas de l'illustration de la page entière. J'imagine qu'elle est disposée comme celle-ci, que Salerno Editrice propose dans la présentation de son Fac-Similé de 2009 : deux colonnes de texte énumèrent les saints et les oraisons, et une bordure verticale sur fond jaune comporte des fleurs et un insecte avec un soin particulier donné à la vraisemblance naturaliste .

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    http://www.salernoeditrice.it/grimani/pagine/15.html

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    Le PowerPoint mis en ligne par Tiziana Plebani  ne reproduit que la bordure du folio 167v. de La fleur centrale est peinte avec beaucoup de précision. Les botanistes y reconnaitront-ils l' Iris germanica Iris violet, Iris bleu d'Allemagne, Iris flambe ? .

    La libellule a les yeux séparés et les ailes dressées, comme les Zygoptères. Les ptérostigmas ne sont pas peints.  Les yeux sont translucides.  Le thorax est jaune crème, dilaté et trapézoïdal. L'abdomen de couleur verte, fin, sans dilatation, est divisé en segments réguliers ; six sont visibles sur l'illustration. Il ne porte aucune marque. L'artiste s'est peut-être inspiré d'un membre de la famille des Lestidae  (du genre Lestes), sans fidélité entomologique exacte.

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    Libellule (Zygoptère) sur un Iris, Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 167v.

    Libellule (Zygoptère) sur un Iris, Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 167v.

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 478v : sainte Anne entre David et Salomon.

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    Je puise ce cliché dans le fac-similé publié par F. Ongania. Le folio 478v appartient au Sanctoral, et il est consacré à sainte Anne. Elle est assise sous un dais gothique devant une tenture portant des inscriptions (NOMEN ..) et elle tient un livre sur ses genoux.  Marie est montrée dans son ventre comme un petit enfant, indiquant qu'Anne est enceinte de sa fille, comme sur le vitrail de l'église de Brennilis (29) . Elle est entourée de David et Salomon, les deux rois de Juda, comme un abrégé de l'Arbre de Jessé, tandis que dans les nuées en haut à droite, Dieu le Père bénit cette conception miraculeuse.

    Cette peinture est décrite par l'abbé Delaunay en 1864 (Les Evangiles.., L. Curmer, page 195), ce qui donne accès aux inscriptions : celle qui sort de la bouche d'Anne et se dirige vers Dieu dit FRVCTVS MEVS HONORIS E HONESTATIS "Mon fruit est un fruit d'honneur et d'honnêteté" et celle qui provient de Marie in utero dit QVI ILLUCIDANT PER VITAM ETERNAM HABEBVNT, "Ceux qui me glorifient auront la vie éternelle" (Ecclésiaste 29:31). David s'écrit QVERITUR PECCATVM ILLIUS ET NON INVENIETVR "on cherchera son péché et on ne le ntrouvera point" (Ps. 9:36). Enfin l'inscription qui sort de la bouche de Salomon est rédigé de façon rétrograde et dit : PROGREDITVR QVASI AVRORA CONSVRGENS, "Elle s'avance comme l'aurore à son lever" , reprenant le Cantique des Cantiques 6:9. Dieu, vêtu d'une robe rose, tenant le globus cruciger, répond par un autre verset du Cantique des Cantiques (attribué à Salomon) : TOTA PVLCHRA EST, AMICA MEA NON EST IN TE "Tu es toute belle, ma bien-aimée, et il n'y a pas de tache en toi" (Cantique 4:7). 

    On voit que cette miniature reprend les arguments chers aux franciscains en faveur de l'Immaculée Conception, comme dans ce vitrail de la Collégiale de Moulins datant vers 1486.

    Cette  miniature est entourée d'une marge dans le style Gent-Bruges avec des fleurs alignées, des oiseaux et des insectes, objets naturels dont le relief est rendu par les ombres portées. Les fleurs sont des roses blanches, symbole de virginité, en bouton, semi ouvertes ou épanouies, alternant avec d'autres roses probablement rouges (la Chair ou l'Incarnation). Deux oiseaux ne sont pas identifiables, ils accompagnent un escargot, trois chenilles (qui renvoient aux mystères des métamorphoses), six papillons blancs à ocelles noirs, et une libellule.

    La qualité et le caractère monochrome de l'image ne permet pas de nous étendre sur la description de cet Odonate, malgré une apparence très prometteuse. Les ailes sont semi-dressées, l'abdomen incurvé (comme dans la posture de ponte) est assez épais et porte une ligne latérale de marques blanches et noires. Le thorax porte trois bandes blanches obliques assez caractéristiques. La position des ailes n'est pas incompatible avec un Anisoptère (une Aeschne ??) en train de pondre, mais je n'irai pas jusqu'à penser que l'artiste ait déliberemment choisi cette posture en relation avec la situation de sainte Anne portant sa Fille.

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    Image : https://archive.org/stream/lebreviairegrima00meir#page/n153/mode/2up

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 478v : sainte Anne entre David et Salomon.

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 478v : sainte Anne entre David et Salomon.

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 478v : sainte Anne entre David et Salomon.

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 478v : sainte Anne entre David et Salomon.

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 646b :  Saint Pierre délivré de prison par un ange. 

    Dans le même Sanctoral du Bréviaire, une grande enluminure montre saint Pierre dans sa prison du Carcer Tullianum ou Mamertine de Rome. L'Apôtre y aurait baptisé ses geôliers et 47 prisonniers avec l'eau d'un puits. Puis, il aurait été délivré par un ange, qui apparaît ici en grande cape (cappa magna). Le galon de cette cape damassée est brodée de perles traçant une inscription illisible (NEC ---RVES). À l'arrière-plan, nous voyons Pierre et l'ange s'éloigner.

    Comme dans le cas du folio précédent, la miniature est encadrée d'une bordure dans le style Gent-Bruges. Mais les roses blanches ou rouges, épanouies ou en bouton sont fixées au parchemin  par douze épingles en trompe-l'œil. Là encore, je ne me précipiterai pas à y voir un rapport avec les douze Apôtres, ou avec les fers par lesquels Pierre est incarcéré, mais j'y verrai un procédé supplémentaire de la panoplie d'illusionniste de Simon Bening pour convaincre le propriétaire de ce Bréviaire que le texte liturgique est placé dans l'herbier d'un humaniste soucieux de l'exploration encyclopédiste des petits objets de la Création.

    Outre ces 18 roses épinglées, nous trouvons aussi sept papillons (Lepidoptera), un criquet (Orthoptera) et une libellule (Odonata).

    Cet Odonate vu de haut et de 3/4 a les ailes réunies et dressées. Son abdomen qui s'affine vers son extrémité est clair dans sa partie dorsale, avec des marques triangulaires effilées noires. Les yeux semblent se toucher an leur bord interne.

     

    Image : https://archive.org/stream/lebreviairegrima00meir#page/n195/mode/2up

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 646b :  Saint Pierre délivré de prison par un ange. 

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 646b :  Saint Pierre délivré de prison par un ange. 

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 646b :  Saint Pierre délivré de prison par un ange. 

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 646b :  Saint Pierre délivré de prison par un ange. 

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    CONCLUSION.

    Après les Grandes Heures d'Anne de Bretagne enluminées par Jean Bourdichon entre 1503 et 1508 avec 377 plantes individuelles légendées et 91 libellules, dont l'une au moins semble identifiable, le Bréviaire Grimani enluminé vers 1510 offre de nouveaux exemples de représentations au naturel de plantes, de papillons et de libellules. À la différence des Grandes Heures, le manuscrit de la Biblioteca Nazionale de Venise n'est pas (encore) numérisé et consultable in extenso, et l'inventaire entomologique n'est pas possible.  À ma connaissance, aucun entomologiste italien ou autre ne s'est rendu sur place pour se livrer à cet exercice. 

    L'exemple naturaliste le plus connu et le mieux reproduit est la libellule du folio 781v, impressionnante par le réalisme accentué par des procédés de trompe-l'œil uniques dans ce manuscrit. Dès 1949, Enrico Picchetti l'a identifié comma appartenant au genre du genre Aeshna, ce qui n'a pas été démenti par les plus fins spécialistes des Odonates. Personne n'a osé s'aventurer néanmoins dans la détermination  de l'espèce, et c'est avec beaucoup de vergogne et en toute incompétence que je suggère d'y voir une Aeschne bleue. Ce qui est intéressant, c'est de voir cette espèce splendidement  reprise (et dûment déterminée récemment comme A. cyanea ) par Joris Hoefnagel, dernier héritier de la tradition d'enluminure flamande, vers 1575, alors que la période intermédiaire 1510-1575 ne donne aucune illustration convaincante d'un Odonate, et qu'ensuite, après la diffusion de l'imprimerie, les gravures des ouvrages d'Aldrovandi en 1602 puis de Mouffet en 1634  n'égaleront pas, tant s'en faut,  cette enluminure de 1510.

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    Aeshna cyanea, miniature de Joris Hoefnagel dans le volume Ignis (feu) des Quatre Éléments, vers 1575.

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    Les trois autres Odonates sont placés ici afin de les signaler à l'attention des entomologistes, ou de ceux qui pourraient en donner des images plus précises, car il n'est pas encore établi qu'une détermination de famille ou de genre soit impossible, ou que d'autres considérations ne naissent d'un examen des peintures en couleur.

    Même si l'Aeshne de Simon Bening ait été la première  à avoir été connue, pour le XVIe siècle,  des entomologistes préoccupés de l'histoire de leur science, ces libellules du Bréviaire Grimani ne sont pas les seules qui soient issues des peintures sur velin de l'École des miniaturistes de Bruges et de Gand : mes recherches en révèlent un certain nombre, et un inventaire plus approfondi des productions de cette École en trouvera bien d'avantage, maintenant que la numérisation sort peu à peu les manuscrits de la confidentialité des réserves des Musées et des Collections. L'avenir dira si l'une d'entre elles peut rivaliser, dans cette période 1475-1561 des miniaturistes d'influence flamande, avec  celle du folio 781v.

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    SOURCES ET LIENS.

    http://manuscripts.org.uk/chd.dk/misc/ABGrim.html

    — La signature d'Alexander Bening 

    http://manuscripts.org.uk/chd.dk/misc/AB1515.html

    — CORBET (Philip S.)  1991, A brief history of odonatology , Adv. Odonatol. 5 : 21-44

    http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document;docid=593082

     

    — MELY (de) : Les inscriptions du manuscrit Grimani, Revue de l'art

    http://www.tpsalomonreinach.mom.fr/Reinach/MOM_TP_071800/MOM_TP_071800_0003/PDF/MOM_TP_071800_0003.pdf

    — PICCHETTI, (Enrico), 1949,  "Libella-ula,  Atti Ist. Veneto Sc. Lett. E Arti, CVII, II, pp.269-279, 1949"

    http://www.beic.it/it/articoli/periodici-istituto-veneto-di-scienze-lettere-ed-arti

    http://gutenberg.beic.it/view/action/nmets.do?DOCCHOICE=7895663.xml&dvs=1519053491494~816&locale=fr&search_terms=&show_metadata=true&adjacency=&VIEWER_URL=/view/action/nmets.do?&DELIVERY_RULE_ID=7&divType=&usePid1=true&usePid2=true

    — PICCHETTI, Enrico. (1960-63): Le denominazioni della libellula nel dominio linguistico italiano, in «Atti dell’Istituto Veneto di Scienze, Lettere ed Arti», Classe di Scienze Morali e Lettere, CXIX (1960-1), pp. 745-788; CXXI (1962-3), pp. 513-560.

    http://www.beic.it/it/articoli/periodici-istituto-veneto-di-scienze-lettere-ed-arti

    http://gutenberg.beic.it/view/action/nmets.do?DOCCHOICE=9224878.xml&dvs=1518640134260~418&locale=fr&search_terms=&show_metadata=true&adjacency=&VIEWER_URL=/view/action/nmets.do?&DELIVERY_RULE_ID=7&divType=&usePid1=true&usePid2=true

    — RUDOLPH (R.)  (1991) Paintings of Zygoptera in the Gutenberg Bible of 1453 Odonatologica 20(1): 75-78

    http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document;docid=591936

    "An Aeshna is illustrated in the Italian "Breviario Grimani"dating from 1495-1500 (PICHETTI, 1949)."

    RATTU, ( Roberto), 2009, Le denominazioni popolari della libellula nelle varieta sarde meridionali https://dialnet.unirioja.es/descarga/articulo/3623166.pdf

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    — SIEGERT (Bernhart), Cultural techniques : Grids, Filters, Doord and other articulations of the real.

    Sources Google

     

     

     

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    Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
    10 février 2018 6 10 /02 /février /2018 23:40

    Zoonymie des Odonates. Avant l'ère des noms, celle des enluminures. Les manuscrits français de la BnF (base Mandragore).

     

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    Voir aussi :

     

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    Résumé : une quarantaine de libellules, peintes dans 19 manuscrits enluminés des collections de la Bibliothèque nationale de France entre le 13e et le 17e siècle, sont étudiées pour enrichir l'histoire des Illustrations en Entomologie d'une part , et de l'Odonatologie d'autre part. Ou comment les insectes sont devenus objets du regard artiste, puis objets de connaissance scientifique.

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     LES LIBELLULES DU SITE MANDRAGORE DE LA BNF.

    Toutes les images sont soumises à l'obligation d'identification de leur origine :

     Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.

     

    Les enluminures sont classées par ordre chronologique comme faire ce peut, et accompagnées d'extraits des Notices de la BnF.

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    LE TREIZIÈME SIÈCLE.

    2 manuscrits, 2 enluminures..

     

    —  Français 19093,  Album de Villard de Honnecourt (vers 1230-1240)  fol. 7v.

       

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc482952

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10509412z/f16.image

    http://expositions.bnf.fr/utopie/pistes/grand/vill.htm

     

    Villard de Honnecourt est un maître d'œuvre né près de Cambrai vers l'an 1200, est célèbre par son Album. Le manuscrit de Villard de Honnecourt, un carnet de format réduit, d'environ 14 cm sur 22,  est composé de feuilles de parchemin portant des dessins sur les deux faces et réunies en cahiers. 66 pages persistent de la centaine de feuilles initiales. La Faune y tient une place importante, à coté de personnages, de croquis d'architectures et de dessins géométriques : on trouve un aigle et un lion, un porc-épic ou un pélican. Leur représentation est étonnamment précise.
     

    Sur le folio 7v figurent à coté d'un labyrinthe deux chats, une écrevisse, une mouche et un Orthoptère (doté d'oreilles !).   La libellule dessinée est un Anisoptère (ailes étendues horizontalement) aux yeux contigus en une zone étroite, aux ailes postérieures plus larges, à leur base, que les antérieures, et à l'abdomen légèrement dilaté à son extrémité ; les appendices anaux sont figurés. Les annelures de l'abdomen ne correspondent pas aux dix segments des Odonates. La précision du contour est remarquable eu égard à la date, et aux autres images qui vont suivre. 

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     Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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    —  Latin 10483 Breviarium ad usum fratrum praedicatorum Bréviaire de Belleville, enluminure par  Jean Pucelle vers 1323-1326 fol. 24v, 

      Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc785374/ca59930198497994

     

    Le peintre et enlumineur  Jean Pucelle est actif entre 1319 et 1334. .

    "Jean Pucelle a introduit dans l'art de l'enluminure parisienne, jusqu'alors routinier, une nouvelle conception de l'espace dans la peinture venue d'Italie. Inspiré de l'art siennois et notamment de Duccio di Buoninsegna, il en reprend aussi le sens plastique. Cette inspiration italienne est tellement prégnante que certains historiens ont même avancé l'hypothèse qu'il pourrait s'agir d'un artiste italien (Giovanni Pucelli) venu s'installer à Paris. Il insuffle en tout cas un nouvel élan dans l'enluminure parisienne qui se perpétue dans de nombreux suiveur jusqu'à la fin du xive siècle dont le plus célèbre est Jean le Noir. D'après les rares manuscrits qui lui sont directement attribués, son style semble cependant très hétérogène et la part des collaborateurs est difficile à déterminer, si bien que l'on préfère parler d'un style pucellien" Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Pucelle

    Image :image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8451634m/f50.image

    La libellule appartient à l'encadrement d'une page consacrée au Psaume 38 et illustrée par le roi Saul menaçant le jeune  David de sa lance. La marge proche montre un démon jouant de la flûte traversière, et une femme voilée tenant un miroir ou n instrument à archet. Plas bas se trouve un faisan, un singe tenant un papillon identifiable (Aglais urticae), un escargot et un autre papillon. Les fleurs bleues sont des Ancolies du Genre Aquilegia.  Cette précision dans les représentations naturalistes peuvent nous inciter à penser que la libellule n'est pas imaginaire, mais basée sur l'observation. Ses ailes sont étendues latéralement comme celles d'un Anisoptère, ses deux yeux en perle sont légèrement écartés comme ceux des Gomphes, le thorax est ovoïde et l'abdomen est annelé et peut-être velu. Le corps est bleu-vert. Les ailes sont translucides avec  le tiers distal noir, comme  celles du Calopteryx splendens. Finalement, aucune détermination, fut-ce de Famille, n'est possible pour moi.

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    Source BnF Gallica

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    Source BnF Gallica

     

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    LE QUATORZIÈME SIÈCLE.

    1 manuscrit, 1 enluminure.

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    —  Français 13096 Apocalypse de saint Jean, bible nt ap glos. Par Colin Chadewe Belgique 1313,  fol. 80.

    Wikipédia Apocalypse de 1313 :

     

    " L'ouvrage a été achevé en octobre 1313 par un enlumineur du nom de Colin Chadewe ou Chadelve, un peintre mosan actif à Liège à l'époque. Il s'agit de l'un des plus anciens manuscrits signés exécutés par un laïc.

    Le manuscrit pourrait avoir été réalisé pour Isabelle de France, fille de Philippe le Bel et épouse d'Édouard II d'Angleterre. 

    Les miniatures, très nombreuses (162), insistent particulièrement, et ce pour une des premières fois, sur la représentation de l'Enfer. Plusieurs images sont consacrées au supplice des différents métiers de l'artisanat, chacun étant supplicié avec les outils traditionnel de son activité."

     

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc439794

     

    A la fin (f. 167), on lit : « L'an de l'Incarnation M.CCC. et XIII, le semedi après le sain Donis fut parfais cis Apokapse. Colins Chadewe l'ordinat et l'enluminat. » — Très nombreuses miniatures dans la première partie du volume.

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10533304x/f167.image

    L'enluminure représente un ange tendant une baguette vers un édifice dans lequel les 12 apôtres, reconnaissables par leurs attributs, occupent  des loges individuelles :  sans-doute une représentation de l'Église placée en haut de dix degrés.

     Dans l'encadrement, quatre libellules occupent les coins de l'enluminure, comme si elles la portaient dans les airs tels des anges. Elles diffèrent toutes par les couleurs (associant le rouge, le vert pâle et le brun)  du corps et des ailes. celles du haut à gauche porte un plumet et deux petits cercles à l'extrémité de l'abdomen. Ici, à la différence du travail de Jean Pucelle, le but est majoritairement décoratif sans aucune autre inspiration naturaliste que de pouvoir se dire : "tiens, ce sont des libellules".

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     Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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    LE QUINZIÈME SIÈCLE.

    12 manuscrits, 30 enluminures.

     

    Français 263, Titus Livius, ab urbe condita (trad. Pierre Bersuire), Les Décades de Tite-Live Paris, 1400-1405, fol. 356.

    L'illustration est due au peintre appelée par Millard Meiss le Maître du Virgile, d'après le manuscrit Med. Pal. 69 de la Bibliothèque Laurentienne , daté de 1403.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AEtre_de_Virgile

    Le manuscrit contient rois grandes peintures au début de chaque Décade : f. 10 ( 150 x 180 mm.; f. 198 (140 x 180 mm.); f. 356 (165 x 180 mm.), et 26 miniatures (80 x 80 mm) en tête de chaque Livre.

     

     

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc78552b

    Le folio 356 comporte un titre LE PREMIER LIVRE DE LA TIERCE DECADE, au dessus d'une enluminure divisée en quadrants représentant  Les envoyés athéniens à Rome; les Romains en prière; une bataille; le triomphe de Cornelius Lentulus. Une frise à fleurs de lys libère un rinceau d'encadrement, où nous pouvons découvrir dans les marges inférieure et droite 5 oiseaux, une perruche, trois papillons, et une libellule. 

    Cette libellule de corps et de tête bleus et aux ailes grises possède deux très longues antennes dignes d'une sauterelle. Les yeux sont déportés sur le coté de la tête. Les ailes sont étendues mais ne sont pas perpendiculaires au corps. Le fin abdomen se termine par deux fins appendices. Au total, toute détermination est impossible.

    Image :http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8451118s/f713.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 
    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Latin 1156 B horae ad usum romanum, Heures de Marguerite d'Orléans,  Rennes vers 1430,  fol. 160.

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc590877

    Les enluminures sont attribuées au Maître de Marguerite d'Orléans, actif à Bourges, Rennes, Angers et Poitiers entre 1428 et 1465. C'est vers 1430 qu'il réalise son chef-d'œuvre pour Marguerite d'Orléans, l'épouse de Richard d'Étampes, le fils du duc de Bretagne. 

    Le maître anonyme est particulièrement doué pour ses décorations marginales dans lesquelles il fait preuve d'une grande originalité. Pour le reste, il réemprunte des modèles du Maître de Boucicaut, aux Limbourg ainsi que ses propres modèles qu'il réutilise dans un style de plus en plus lourd jusqu'à la fin de sa carrière

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    Le folio 160 montre le Christ-Roi  Sauveur assis sur un trône et entouré de chérubins bleus.  Cette ilage sacrée est encadrée une première fois par une scène où un couple royal (siège azur fleurdelisé) et leurs enfants reçoivent deux archers tenant leurs flèches et des bilboquets. Un couple d'oiseaux et un couple de papillons sont placés dans la colonne droite de ce premier encadrement. Le second encadrement accueille une scène de tournoi entre deux hérauts, deux cavaliers et autres personnages, des oiseaux au nid,  et enfin un couple de libellules, parmi de nombreuses fleurs.

    Les libellules sont bleues, aux ailes grises étendues latéralement, au thorax dilaté et à l'abdomen fin. Aucune suggestion naturaliste n'est possible.

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    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502614h/f331.image

    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Latin 1156 B horae ad usum romanum, Heures de Marguerite d'Orléans,  Rennes vers 1430,   fol. 172,  

    Le folio 172v montre le miracle de saint Nicolas. L'encadrement est occupé par cinq femmes évoluant parmi des fleurs et entourées d'abeilles et de quatre papillons.

     

    Les libellules sont les mêmes que pour le folio 160, mais placées l'une derrière l'autre et non en position spéculaire. Leurs ailes sont désormais dressées verticalement.

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502614h/f355.image.

    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Latin 1156 B horae ad usum romanum,  Heures de Marguerite d'Orléans,  Rennes vers 1430 fol. 177.

    Le folio 177 qui appartient aux Suffrages montre les Apôtres avec saint Paul face à saint Pierre, au dessus du texte Salvator Mundi, Salva nos omnes. L' encadrement floral (fleurs bleues et fleurs blanches donnant des fruits verts et bruns en forme de courges ou concombre) abrite cinq papillons et quatre oiseaux.

    Une seule libellule est représentée, de même type que les précédentes, aux ailes dressées, buvant au calice d'une fleur de Liseron, au mépris de toute réalité naturelle.

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502614h/f365.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Français 130 Boccace, de casibus virorum illustrium  (traduction en 1409 par Laurent de Premierfait, clerc du diocèse de Troyes), Paris, 3eme quart XVe (1450-1475) fol. 278v, 

     

    Notice http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc43933v

    Le folio 278v débute le 7ème Livre et montre un homme poursuivi par des assaillants et prenant refuge au pied d'une statue. L'encadrement de rinceaux ( baie, campanule, chardon, fraisier, giroflée,  mouron, pâquerette, pervenche, sainfoin, véronique ) contient un serin  et une libellule.

    Cette libellule est bleue aux ailes blanc-gris dressées verticalement. L'abdomen fin, cylindrique, est divisé en dix segments. Le sous-ordre des Zygoptères pourrait être évoqué, mais les yeux sont ici contigus, et non séparés. 

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10532640k/f562.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Français 328, Le Livre des hystoires du Mirouer du monde, 3eme quart XVe  (1450-1475) Français fol. 23r 

    Le folio 23r et le folio 23v relatent la guerre de Troie. Les rubriques indiquent   : Comment le roy priant [Priam] fut doulant quant on luy porta la nouvelle que troye estoit destruite et son pere occis,  et Comment le roy priant de troye tint conseil comment il se pourroit venger des grecz

    Les encadrements des enluminures, construits selon un schéma constant, associent des rinceaux à fleurs et baies avec une scène allégorique en bas et une scène cocasse en haut entre un motif central et un motif périphérique. Les deux folio 23r et 23v répètent dans l'encadrement supérieur la même scène où un archer en buste sur le calice d'une fleur vise une libellule anthropomorphe. Seules les quatre ailes en croix autour du buste permettent de parler ici d'une "libellule".

     

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc497362

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52000962r/f51.item.zoom

     

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    Source BnF gallica

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    Français 328, Le Livre des hystoires du Mirouer du monde, 3eme quart XVe  (1450-1475) Français fol. 23v

     

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc497362

    Image http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52000962r/f52.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Français 995, Dit des trois vifs et des trois morts, XVe siècle folio 22v

     

    Martial d'auvergne 1430 — Mort à Paris le 13 mai 1508

    dragons, papillons, mouches, escargots

    Folio 22v encadrement inférieur

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059983v/f24.item.zoom

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059983v/f38.item.zoom

    https://www.arlima.net/mss/france/paris/bibliotheque_nationale_de_france/francais/00995.html

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059983v/f23.image

    Cette libellule,et celles des pages qui vont suivre, sont dotées de quatre ailes en forme de feuille, d'un thorax en ballon de rugby et d'une tête de lapin. Leurs abdomen est tronçonné en chapelet. 

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Français 995, Dit des trois vifs et des trois morts, XVe siècle folio 25

    Folio 25 encadrement inférieur http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059983v/f27.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Français 995, Dit des trois vifs et des trois morts, XVe siècle folio 31

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059983v/f32.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Français 995, Dit des trois vifs et des trois morts, XVe siècle folio 33

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059983v/f34.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Français 995, Dit des trois vifs et des trois morts, XVe siècle folio 36v

    Folio fol. 36v, Encadrement inférieur .

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059983v/f37.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Nouvelle acquisition latine 3115 horae ad usum parisiensem XVe, fol. 4, 

      encadrement

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc70997z

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550008032/f19.image

     

    Peintures à mi-page, avec encadrements ornés de fleurs, fruits, personnages et animaux ; calendrier avec encadrement du même type orné de médaillons peints. Grandes initiales peintes, trois historiées ; petites initiales d'or sur fond bleu ou bleu sur fond rouge à filigranes. Bouts de ligne peints. Rubriques.

    Là encore, comme dans Français 995, nous avons une représentation médiévale, presque archaïque de l'insecte, juste suffisante pour reconnaître qu'il s'agit d'une libellule, mais sans aucun souci de réalité. Une autre époque, avant l'arrivée des artistes de Bruges.

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Nouvelle acquisition latine 3115 horae ad usum parisiensem XVe, fol. 8r

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550008032/f27.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Nouvelle acquisition latine 3115 horae ad usum parisiensem XVe, fol. 33.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550008032/f77.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Nouvelle acquisition latine 3115 horae ad usum parisiensem XVe, fol. 58v

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550008032/f128.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Nouvelle acquisition latine 3115 horae ad usum parisiensem XVe, fol. 71.

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    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550008032/f153.image

     

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Nouvelle acquisition latine 3115 horae ad usum parisiensem XVe, fol. 76r.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550008032/f163.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Nouvelle acquisition latine 3115 horae ad usum parisiensem XVe, fol. 81.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550008032/f173.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Nouvelle acquisition latine 3115 horae ad usum parisiensem XVe, fol. 122

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550008032/f255.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

     

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    —   Rothschild 2973, Chansonnier cordiforme de Montchenu. Recueil de Chansons italiennes et françaises. Savoie, Vers 1475. Fol 7.

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc37421r

     

    Provenance : Jean de Montchenu, évêque d’Agen puis de Viviers ; ex-libris Giuseppe Orazio Pucci, chevalier de Malte (1782-1838) ; anciennes collections Chédeau, notaire de Saumur (Cat. 1865, n°587), baron Jérôme Pichon (1812-1896, Cat., 1869, n° 636 ; 1897, n° 900) et baron James de Rothschild (1844-1849) ; legs du baron Henri de Rothschild (1872-1947) à la Bibliothèque nationale (1949). 

    Joyau de la collection Rothschild, ce célèbre manuscrit cordiforme a été exécuté dans les années 1470-1475 pour Jean de Montchenu, ecclésiastique savoyard de souche noble au caractère belliqueux et à la réputation sulfureuse. Après avoir débuté sa carrière comme Frère de l’ordre hospitalier de Saint-Antoine et protonotaire apostolique, celui-ci fut successivement conseiller de l’évêque de Genève Jean-Louis de Savoie, commandeur du prieuré de Saint-Antoine de Ranverso en Piémont, évêque d’Agen en 1477, puis de Viviers de 1478 à 1497. Très engagé dans la vie politique de son époque, il eut de nombreux démêlés avec l’évêque de Genève et prit un temps le parti de Charles le Téméraire, avant de se ranger aux côtés de Louis XI qui le récompensa en lui donnant l’évêché d’Agen. Surmontées d’un chapeau de protonotaire, les armes qui ornent le frontispice de ce recueil de chansons, écartelé, aux 1er et 4e de gueules à la bande engrêlée d’argent chargée d’une aigle d’azur, et accompagné en chef d’un tau d’or, aux 2e et 3e pallé d’or et d’azur, indiquent que Montchenu en fut le commanditaire. L’aspect et la couleur du chapeau, qui est celui d’un protonotaire et non d’un évêque, permettent de situer l’exécution du manuscrit entre 1460 et 1477, époque où Jean de Montchenu était protonotaire, et non évêque. Le contenu du répertoire musical et la comparaison avec d’autres chansonniers contemporains permettent d’affiner cette datation dans les années 1475.

    Cet étonnant volume se distingue par sa sa forme : un cœur en position fermée, deux cœurs accolés en position ouverte, une forme rarissime dont nous ne connaissons pas d’autre témoignages matériels, à l’exception d’un livre d’heures à l’usage d’Amiens (Paris, BnF latin 10536), du XVe siècle, et de deux recueils poétiques italiens du XVIe siècle à Pesaro (Biblioteca Oliveriana, ms. 1144 et 1145). 
    Ce manuscrit renferme une remarquable sélection de 43 chansons amoureuses issues des répertoires français et italien, les unes signées par de grands compositeurs de l’époque, tels Dufay, Ockeghem, Busnois, Binchois, van Ghizeghem, les autres anonymes. A l’image de la Savoie, véritable creuset d’influences nordiques et méridionales de par sa position charnière entre la France et l’Italie, le contenu du chansonnier se répartit entre 13 chansons italiennes, placées en tête, et 30 chansons françaises. La qualité et la diversité des pièces, qui offrent un échantillonnage équilibré et représentatif de la production musicale de l’époque, et la présence de chansons parodiques, un genre très en vogue dans les années 1460-1470, font de ce chansonnier un recueil unique.

    image :http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b525044884/f23.image

    C'est sans-doute la peinture, peu soucieuse de réalisme, d'un Zygoptère, aux ailes redressées, aux ailes vertes semblables à des feuilles, à l'abdomen incurvé vert et blanc-crème, au thorax brun et aux antennes exagérées.

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —   Rothschild 2973, Chansonnier cordiforme de Montchenu. Recueil de Chansons italiennes et françaises. Savoie, Vers 1475, fol. 7v.

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    Ce nouvel exemple est semblable au précédent.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b525044884/f24.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —   Rothschild 2973, Chansonnier cordiforme de Montchenu. Recueil de Chansons italiennes et françaises. Savoie, Vers 1475 fol. 30.

    Les ailes sont bleues, les yeux contigus, le thorax indistinct, l'abdomen vert et blanc effilé dans la moitié distale, avec une paire d'antennes qui ressemblent à une quatrième paire de pattes.

    image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b525044884/f69.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —   Rothschild 2973, Chansonnier cordiforme de Montchenu. Recueil de Chansons italiennes et françaises. Savoie, Vers 1475, fol. 30v.

     

    Ce spécimen n'est pas plus convaincant que les précédents, avce ses ailes brunes.

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b525044884/f70.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Français 2643, Chroniques de Jean Froissart, Bruges, vers 1470-1475, fol. 207. 

    Notices :

    http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc491411

    http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc491411/ca19799287

    "Le manuscrit de Gruuthuse est un manuscrit illuminé richement illustré en quatre volumes et contenant un texte français issu des Chroniques de Jean Froissart. Ces manuscrits sont actuellement conservés à la Bibliothèque nationale de France sous les cotes Français 2643 à 2646.

    Le texte de Jean Froissart qu’il contient a été recopié de manière manuscrite en plus de 100 exemplaires. Le manuscrit de Gruuthuse en est un des mieux illustrés, commandé par Louis de Gruuthuse, un noble flamand passionné de livres, dans la première moitié des années 1470. Les quatre volumes contiennent 112 miniatures de tailles variées peintes par certains des meilleurs artistes brugeois de l’époque. 

    Loyset Liédet réalisa les soixante miniatures des deux premiers volumes. Il était un brillant réalisateur d’enluminures, travaillant principalement sur les manuscrits pour Philippe III de Bourgogne et sa cour. Il avait probablement des assistants, même s’il est difficile de l’affirmer en observant ses travaux.

    Les deux derniers volumes [dont celui-ci, Fr. 2643], plus fins, furent illustrés par des artistes anonymes désignés sous le nom de Maître d'Antoine de Bourgogne, du Maître de Marguerite d'York, et de Maître du Livre de prières de Dresde, assistant du premier."

     https://fr.wikipedia.org/wiki/Chroniques_de_Froissart_(manuscrits_Gruuthuse)

    Le Maître du Livre de prières de Dresde (actif à Bruges entre ca 1465 et 1515) : Nommé à partir d'un Livre d'heures conservé à Dresde (Dresden, Sächsische Landesbib., A311 ; plus 2 miniatures détachées à présent au Louvre (Paris), inv. 20694 et bis), cet enlumineur prolifique  a travaillé sur une cinquantaine de manuscrits, surtout apprécié pour ses vignettes illustrant les marges des calendriers, où son art s'est pleinement épanoui.  On lui doit entre autres :

     Livre d'heures du Fitzwilliam Museum ; 

    Heures de Jean Carpentin, seigneur de Graville vers1470 (Coll. part.);

    Les Heures Salting (vers 1470-1475), ou Marmion Hours, Londres, Victoria and Albert Museum 

    Heures Crohin-La Fontaine Ms 23 (1480-1485), Jean Paul Getty Museum ;

    Bréviaire de la reine Isabelle de Castille,1480, London, BL, Add. 18851 ;

    Les Heures Huth (1485-1490), London, British Library Add MS 38126 

    Heures Emerson White Van Sinderen (calendrier), Université Harvard, bibliothèque Houghton, Typ. 443-443-1.

    Pierpont Morgan Library M 1077 (1475-1485) [Images ici]; Pour ce qu'en montrent les images présentées, les bordures fleuries n'utilisent pas le procédé de trompe-l'œil par ombrage, et ne contiennent que peu ou pas d'insectes. 

    Livre d'heures de la British Library, Egerton 1147;

    "Avec plus de cinquante manuscrits conservés, ce peintre compte parmi les enlumineurs flamands les plus productifs et les plus originaux du Moyen Âge tardif. Formé peut-être à Utrecht, il apparaît à Bruges à la fin des années 1460. Ses premiers travaux pourraient être quelques miniatures dans deux volumes d'un Froissart pour Louis de Bruges, seigneur de Gruuthuse, enluminés par l'atelier du Maître d'Antoine de Bourgogne (Paris, BnF, Fr. 2645-2646). Le Maître du Livre de prières de Dresde connaissait parfaitement le style de ce dernier ; dans un livre d'heures extrêmement original réalisé pour un noble normand, Jean de Carpentin (collection privée anglaise), il en imite même la facture picturale particulière, avec des pigments d'or et d'argent sur fond noir. En collaboration avec d'autres enlumineurs, le Maître du Livre de prières de Dresde copie, également pour Louis de Bruges, le fameux Livre des tournois de René d'Anjou (Paris, BnF, Fr. 2693). Enfin, il enlumine deux Valère Maxime, respectivement pour Jean de Gros, secrétaire du duc de Bourgogne, et pour Jean Crabbe, abbé de l'abbaye des Dunes à Bruges (Leipzig, Universitätsbibliothek, ms. Rep. I. 11.b, et Bruges, Groot Seminarie, ms. 157/188-159/190). [...] Probablement à la demande de Maximilien Ier d'Autriche, il enlumine jusqu'en 1487-1488 un somptueux bréviaire destiné à Isabelle la Catholique (Londres, British Library, Add. ms. 18851), qui demeurera inachevé. En effet, le soulèvement en Flandres incite le peintre à se rendre d'abord dans l'évêché de Tournai (bibliothèque de la Ville, Cod. 4.A : cartulaire de l'hospice Saint-Jacques), puis à Amiens, où il peint quatre livres d'heures ainsi qu'un évangéliaire pour le maïeur de la ville Antoine Clabault (Paris, bibliothèque de l'Arsenal, ms. 661). Après la pacification des Flandres, il retourne à Bruges avant 1500 et reste en activité pendant deux décennies encore, alors que sa vue semble baisser. Pourtant, on lui confie encore deux doubles pages dans les superbes Heures Spinola enluminées vers 1515-1520 par des artistes plus jeunes, probablement pour Marguerite d'Autriche (Los Angeles, The J. Paul Getty Museum, ms. Ludwig IX 18).' .http://arts-graphiques.louvre.fr/detail/artistes/0/2988-MAITRE-DU-LIVRE-DHEURES-DE-DRESDE

    "Ce  peintre témoigne d'une extraordinaire originalité. À une époque où les artistes privilégiaient les costumes élaborés et les postures artificielles, cet enlumineur donnait à ses personnages une qualité plus douce et plus innocente. Il avait une  capacité particulière pour introduire de l'humour ou de l'ironie dans une scène familière, et il montre une sympathie particulière pour les personnages grossiers ou simples. La nouveauté de ses couleurs - incluant l'orange éclatant, le bleu canard et le rouge bourgogne, les bleus riches et parfois le noir , souvent arrangées dans des combinaisons surprenantes, témoigne encore plus de l'originalité rafraîchissante de son art." Adaptation-traduction de la notice du Paul Getty Museum, site sur lequel on trouvera de nombreuses enluminures de cet artiste.

    http://www.getty.edu/art/collection/artists/1160/master-of-the-dresden-prayer-book-flemish-active-about-1480-1515/ 

     

    "C'est un maître anonyme enlumineur actif en Flandre des années 1460 à 1520. Les plus anciennes miniatures qui lui sont attribuées appartiennent à deux manuscrits de Froissart, réalisés pour Louis de Gruuthuse par le Maître d'Antoine de Bourgogne. Il fait sans doute partie de cet atelier, où il participe à la réalisation de plusieurs manuscrits pour la cour des ducs de Bourgogne. Il illustre le Livre des tournois de René d'Anjou pour le même Louis de Gruuthuse, et deux manuscrits de Valère Maxime, l'un pour Jean de Gros, secrétaire du duc, l'autre pour Jean Crabbe, abbé de l'abbaye des Dunes. Il collabore alors fréquemment avec les plus grands enlumineurs flamands de la période : Simon Marmion, le Maître viennois de Marie de Bourgogne, Gerard Horenbout, Alexander Bening. Il est aussi amené à diriger la réalisation de plusieurs manuscrits avec leur collaboration.

    Dans les années 1470, il réalise plusieurs manuscrits comportant des miniatures dont le décor marginal sur fond coloré, aux ornements en trompe-l'œil, contribuent à forger le style de l'école ganto-brugeoise." (Wikipédia)

     

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84386043/f437.image

    Le folio 207 est précédé de la rubrique Ci parle de la bataille de poitiers entre les prince de galles et le roy jehan de france. La bataille de Poitiers a eu lieu en 1356. L'enluminure la met en scène dans une fenêtre au dessus des deux colonnes du texte. L'  encadrement occupe les deux cotés et la partie inférieure de la page. En bas, un cerf poursuivi par un piqueur sonnant de la trompe et harcelé par quatre chines se dirige vers une femme, parmi des fleurs d'ancolie. La marge gauche est occupée par un oiseau parmi   des pâquerettes, des véroniques, du houx aux baies rouges. La libellule occupe la marge droite, sous un enfant nu tenant un chapeau, accompagnée d'un singe présentant les armoiries de France, d'un oiseau parmi les roses, les bleuets des violettes et les fraises des bois.

    On pouvait espérer trouver ici une bordure en trompe-l'œil avec des effets d'ombres et de lumière propre au style ganto-brugeois, mais ce n'est pas le cas. Néanmoins, la libellule possède certains traits témoignant des préoccupations naturalistes de cette école. Nous pouvons préciser qu'il s'agit d'un Zygoptère, dont les deux yeux en perle sont séparés et écartés. Les ailes, étroites,  sont dressées verticalement. Elles sont brunes, sans ptérostigmas, sans détail des nervures. L'abdomen fin et cylindrique est divisé en 9 segments par des traits noirs. Le thorax trapézoïdal est nettement distinct de l'abdomen. La tête, les yeux, le thorax et l'abdomen sont verts. Les six pattes sont noires, ciliées de soies ou de barbes. Une fleur cache les appendices anaux. Tout cela permet d'affirmer le sous-ordre des Zygoptera sans aller au delà de cette précision.

    Par contre, si nous considérons la saynète composée par l'enfant et l'insecte, il est possible de suggérer que nous sommes devant une peinture, assez rare, de chasse entomologique au chapeau, bien attestée pour les papillons.

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    — Arsenal  638 Livre d'Heures, en latin, Manuscrit dit du "Maître-aux-fleurs", fin XVe siècle (entre 1465 et 1515), folio 4v. 

    N.B : le second volume Arsenal ms 639 complètement exploré ne montre pas de libellule.

    Ce manuscrit, qui se poursuit par l'Arsenal Ms 639, a peut-être été commandité par un breton, car on y trouve des saints bretons dans le calendrier, comme Gildas, Salomon, Yves Donatien, Corentin ou Malo.  Il tient son surnom (Heures du Maître-aux-fleurs) de son décor de fleurs et d'insectes dans le style "ganto-brugeois", qui  serait dû en réalité à trois grands maîtres de l'enluminure flamande,  le "Maître du livre d'heures de Dresde", le le Maître des Livres de prières, et enfin un disciple de Simon Marmion.    Mais le folio 4v, comme les enluminures du Calendrier de ce manuscrit sont attribuées au Maître du Livre de prière de Dresde, actif à Bruges entre ca 1465 et 1515. C'est à dire l'auteur du folio 207 du Français 2643 que nous venons d'examiner. 

    Le calendrier est disposé en douze doubles pages décorées de façon identique : le calendrier proprement dit est placé dans un encart qui occupe la moitié de la surface, tandis que l'autre moitié est celle des bordures à rinceaux et insectes. 

    Le calendrier proprement dit comporte dans une ornementation végétalisée signe de la croissance du temps,  les deux lettres KL pour Kalendae. Puis vient le nombre de jours solaires et lunaires (Aprilis habet dies XXXI et luna XXX). Les sept lettres dominicales sont énumérées verticalement selon le décompte, comme ici  G, A, B, C, D, E, F, G, A, B, C etc. Devant la plupart des lettres est indiquée la fête liturgique, à l'encre noire, ou, dans certains cas, en couleur bleue.

    Pour le mois d'Avril, ces saints sont : 

    –Au folio 4v,  Marie egypciace (9 avril) , Ambrosii episcopi (Saint Ambroise évêque), Vincenti (Vincent Ferrier, 5 avril), Sixte pape (6 avril), Perpetui episc. (Saint Perpétue, évêque 8 avril)  Prothex dyacre, Ézéchiel prophète, Leonis pape (11 avril), Jule pape (12 avril), Tyburcii [Valeriani et Maximi martyrum ] (14 avril). Les jours des fêtes sont indiquées par moi selon Pétin 1850

    Saint Vincent Ferrier ayant été canonisé en 1455, c'est une indication supplémentaire pour la date de ce manuscrit.

    –Au folio 5r, nous trouvons : petri diaconi,  Victoris pape, Jan pape, Georgi martyris (Saint Georges, martyr 23 avril), alexandre, martyr (24 avril), Marc, évangéliste, (25 avril), Cleti pape (Saint Clet, 26 avril), Anastacy pape (Anastase Ier, patriarche, 21 avril) puis les mentions Pet[rus] de ordis p[re]dic[atorum] (*), Vigilia. (* on trouve aussi  Petri martyri de ordine sancti domini ; il s'agit de Pierre de Vérone, martyr, fêté le 28 ou 29 avril sur les missels et bréviaires du XVIe siècle, ou fin XVe)

    Enfin, le calendrier est bordé par une vignette consacrée à une seule fleur, selon un procédé qui rappelle celui employé par Bourdichon dans les Grandes heures d'Anne de Bretagne. Février reçoit la Rose de Provins et la Pervenche, Mars bénéficie du Compagnon rouge et de la Gesse,  et  Avril  de la Rose blanche et de la Bourrache, Mai se réserve l'Ancolie. (sous réserve)

    Les bordures renferment quatre à six médaillons délimités par des tronçons de tiges, et  renfermant pour chaque mois : -le signe du Zodiaque (ici, un taureau f.5r) ;- l'activité du mois (janvier, se chauffer au feu ; février couper du bois ; ici, planter des arbres) ; -et les fêtes principales avec leur saint. Les deux saints représentés ici sont saint Georges (dont la fête tombe le 23 avril) et saint Marc (qui tombe le 25 avril). Ces fêtes sont importantes pour la vie paysanne car ces deux saints appartiennent aux  « cavaliers du froid » qui arrivent entre le 23 avril et le 3 mai, avec l’équinoxe de printemps et les gelées blanches : Saint Georges (23 avril), saint Marc(25 avril), Saint Eutrope (30 avril). Ils marquent   dans certaines régions  les dernières gelées ont lieu en avril et s'étendent sur une quinzaine de jours. Ailleurs ils déterminent les semailles : "A la saint Georges , bon homme, sème ton orge ; à la saint Marc , il est trop tard". C'est peut-être en fonction de ces considérations que le médaillon de l'activité du mois d'avril montre un homme coiffé d'un bonnet rouge dans un champ cultivé, entre deux arbres, tenant sur son épaule un arbrisseau et dans la main gauche le manche d'un outil (bêche ?) ou de son épée. Cet homme n'a pas la tenue d'un paysan, et le médaillon homologue des Huth Hours montre, sur une route, un seigneur aux interminables poulaines, accompagné de son épouse en robe, collier, hennin et voile, et de leur garçon. Les deux hommes tiennent un arbrisseau sur l'épaule, ils vont manifestement participer à un rite de plantation plutôt que de se livrer à des travaux agricoles. Ce serait ici une représentation de la tradition de planter un arbre le 1er mai, ou le dimanche précédent le 1er mai, ou dans la nuit entre le 30 avril et le 1er mai. Ce rite ancestral, "patrimoine immémorial de l'humanité", célèbre dans le monde celte la fin des calendes d'hiver Kala-Goañv et le début des calendes d'été Kala-Hanv  selon la partition du calendrier breton. Il  y est moins question de plantation que d'offrande d'une branche reverdie à la femme aimée, dans un culte de la fécondité et la célébration du désir amoureux, et la branche d'arbre était soit accrochée sur une porte, soit promenée comme par procession, ce qui éclaire mieux les deux médaillons d'Ars. 638 et de BL add 38126.

    Les bordures se déploient sur un fond uni, couleur beige ponctué de points d'or simili cuir, sauf mai et novembre qui bénéficient d'un très beau bleu.  Ce sont soit les arabesques de rinceaux de tiges distribuant leurs fleurs et leurs feuilles, soit des fleurs coupées, comme jetées ou posées sur le parchemin. C'est le cas pour le mois d'avril, et on identifie facilement sur le folio 4v la Rose, la Pensée sauvage Viola tricolor et la Violette blanche Viola alba, la Pervenche, la Véronique, le Lys orange, une feuille de fraisier,  ainsi que deux papillons. 

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    Pour apprécier ce calendrier, il faut le comparer à celui du livre d'Heures Arsenal Ms 290 : attribué au même enlumineur, on y trouve deux médaillons, celui du Taureau zodiacal et celui de l'homme plantant un arbrisseau, très comparables comme sujets mais beaucoup plus fruste comme qualité. Le fond est blanc, le  calendrier est pauvre (5 fêtes), les bordures (uniquement pour le recto) occupées par  des rinceaux répétitifs à une seule sorte de fleur et sans effet de trompe-l'œil, et sans insectes. La structure globale est la même, mais sans aucun souci de réalisme dans la représentation de la Nature.

    On le comparera aussi, comme nous venons de le faire pour le médaillon, avec le calendrier de  BL. add 38126 . Les saints  sont Quinciani martiris, Ambrosii episcopi, Marie egypciace, Leonis papae, Tyburcii Valeriam,  Eleutherii confessor, Georgii martyris, Marci euvangeli, Petri martyris. Les deux médaillons s'inscrivent dans un cercle d'or ; j'ai décrit le premier, où le couple galant promène l'arbre de mai, et le second représente un berger jouant un air de flûte à son chien, sous le signe du Zodiaque. Au folio 4v, un rinceau d'acanthes produit des fleurs aux improbables combinaisons de bleu, de rouge et de blanc, mas ces plantes peu naturelles bénéficient d'un effet d'ombrage en trompe-l'œil. Le folio 5r s'enrichit d'un papillon brun à ocelle noir dont il est possible de préciser, si ce n'est le genre, du moins la famille, celle des Nymphalidae, et la sous-famille, celle  des Satyrinae. Et un esprit peu pointilleux pourrait souffler le nom du Grand Nègre des Bois. Enfin, dans le même folio 5r sont figurées la Véronique (Petit-chêne ?) et la Pensée sauvage Viola  tricolor . Ce manuscrit présente donc des similitudes importantes avec l'Arsenal 638, mais ne comporte pas ses fleurs jetées au naturel sur la page qui  a donné à ce dernier le nom de Manuscrit du Maître-aux-fleurs".

    Un troisième manuscrit s'offre à la comparaison, Houghton Typ 433.

    https://iiif.lib.harvard.edu/manifests/view/drs:49314349$1i

    Le calendrier occupe là encore la moitié de la surface du folio, mais n'est pas orné d'une vignette monoflorale comme Arsenal 638. Le fond de la bordure varie de couleur à chaque page, il est mauve pour le folio 4v d'Avril. L'artiste place dans ses bordures soit des rinceaux entrecroisés où des fleurs et insectes sont insérés, soit le "jeté" de fleurs au naturel comma dans le folio 4r de mars. On trouve un seul médaillon par page. Pour la première page d'Avril, le jeune homme se promène avec sa bien-aimée sur une route traversant des vergers aux arbres en fleurs. Il s'appuie sur une canne, mais ne porte aucun arbre ou ne tient aucune branche. Il est toujours très élégant, avec un beau bonnet à plume. Les fleurs de cette page sont des roses blanches, des Véroniques, des Bourraches, des Violettes, à coté d'une fraise des bois. Sur le médaillon de la page suivante, le même galant, parvenu au village, tend une fleur à sa belle, sous le signe du Taureau. On remarque parmi les fleurs sont l'œillet rouge et l'Ancolie. Aucun insecte, mais un passereau à gauche. Les ombres portées des tiges ou des fleurs ne sont pas oubliées. Ce manuscrit est daté entre 1485 et 1490. Si on admet, avec le temps, une préoccupation accrue de cet artiste pour rendre fidèlement les objets naturels comme les fleurs et les animaux, et une meilleure maîtrise de sa peinture, cela suggérerait qu'Arsenal 638 est plus tardif qu' Arsenal 290, que BL. add 38126 et peut-être même que Houghton Typ. 433, dont il est le plus proche. Or, je découvre, au folio 7 de celui-ci, pour le mois de juin, une libellule bleue, une Demoiselle dont les ptérostigmas n'ont pas été oubliés.

    Enfin (parce que c'est l'ordre de mes recherches, mais il aurait fallu commencer par cela), on consultera le calendrier du Livre d'Heures éponymes à l'usage de Rome Dresde SLUB A 311. Ce manuscrit est daté vers 1470, et pour le calendrier, une enluminure représentant à la fois le signe du zodiaque et l'activité du mois, sans texte, alterne avec la page des renseignements calendaires. Le mois d'avril occupe les folio 4v et 5. L 'enluminure en pleine page représente un couple élégant, l'homme tenant la branche fleurie sur l'épaule droite, et une lance dans la main gauche (ce chasseur est accompagné de son lévrier). Une jeune femme, en coiffe à hennin, lui donne le bras.L'arrière-plan montre des arbres à fleurs blanches témoignant du renouveau printanier, une église et un château à poivrières. En bordure, ce sont des rinceaux stylisés bleus, verts et or, de rares plantes au naturel (pâquerette et fraisier), et des chimères issus des drôleries médiévales. Les saints sont les mêmes que ceux des autres calendriers, sans Vincent Ferrier. Je ne vois aucun insecte dans ces bordures. Il figurerait volontiers parmi les plus précoces de notre ensemble.

    Après ce long préambule, étudions la libellule d'Arsenal 638. Elle est brune sur l'ensemble du corps, ses yeux sont écartés autour d'une sorte de bec, elle n'a que deux ailes, transparentes sans ptérostigmas. L'abdomen est segmenté, cylindrique sans marques notables (peut-être des triangles noirs en périphérie). Elle projette son ombre sur le papier. Il s'agit sans-doute d'un Zygoptère, mais il est décevant de constater que l'artiste ne place ici aucun indice qui témoignerait de l'acuité de son observation d'un spécimen naturel. 

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    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc798470

     

     

     

     

     

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55008559f/f13.item.zoom

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     Arsenal  638 Livre d'Heures, en latin, Manuscrit du "Maître-aux-fleurs", XVe siècle (après 1465) , folio 4v et 5r. Source gallica .bnf.fr/BnF

    Arsenal  638 Livre d'Heures, en latin, Manuscrit du "Maître-aux-fleurs", XVe siècle (après 1465) , folio 4v et 5r. Source gallica .bnf.fr/BnF

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    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55008559f/f12.image

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55008564m

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Français 9197, Évrard de Conty, « Libvre des eschés amoureux, ou des eschés d'amours » Hainaut, vers 1490, enluminé par le Maître d'Antoine Rolin : Pluton et Proserpine,  164v.

    Commentaire en prose, composé vers 1400 par Évrard de Conty, , du poème "Les Échecs amoureux" composé à Paris par le même auteur vers 1370.

     

    " La trame narrative du poème des Eschés amoureux et de son commentaire moralisé est empruntée au Roman de la Rose  mais on comprend vite qu’il s’agit ici d’enseigner à un jeune homme, appelé à devenir prince, les préceptes qu’il faut suivre pour bien gouverner et bien se comporter dans la vie amoureuse. Pour faciliter l’apprentissage de cette science délicate qu’est l’amour, ses règles sont allégorisées et moralisées grâce au recours à une vraie partie d’échecs, d’où l’œuvre tire son titre. En réalité, nous avons affaire, dans les deux versions – en vers et en prose – à une véritable encyclopédie, qui offre au lecteur des chapitres entiers consacrés, entre autres, aux arts libéraux et à l’astronomie. Par rapport au poème, le commentaire moralisé est certes plus encyclopédique que didactique. À preuve, l’ajout d’un traité de mythographie qui donne lieu à un cycle iconographique important consacré aux seize dieux et déesses du panthéon grec, dans les deux exemplaires enluminés parvenus jusqu’à nous."

     [Le manuscrit Paris, BnF, fr. 9197 a été réalisé à Valenciennes, ou en tout cas en Hainaut, par le Maître d’Antoine Rolin, un artiste qui se pose comme le continuateur de Simon Marmion et dont le nom de convention évoque l’un des meilleurs clients de l’artiste en la personne du fils même du grand chancelier Nicolas Rolin. C’est bien Antoine Rolin, grand bailli et grand veneur du Hainaut, et son épouse Marie d’Ailly qui furent, sinon les commanditaires, en tout cas les possesseurs de l’exemplaire bourguignon des Eschez amoureux moralisés dont la Bibliothèque nationale de France a proposé un fac-similé en 1991.

    [C']est celui qui a appartenu au fils même du chancelier Rolin, le grand bailli du Hainaut Antoine Rolin, et à son épouse Marie d’Ailly, un exemplaire luxueux doté de vingt-quatre miniatures – vingt-huit à l’origine – réalisées par le Maître d’Antoine Rolin autour de 1490. Tout dans ce manuscrit rappelle ses possesseurs, jusqu’à la miniature consacrée à la déesse de la chasse Diane qui sert de prétexte à souligner le titre de grand veneur du Hainaut que portait aussi Antoine Rolin depuis qu’il l’avait acheté à Guillaume de Lalaing en 1454 . "(Légaré 2007)

     

     Le folio 164v qui nous occupe appartient au traité de mythographie, et plus précisément à la présentation de Pluton, dieu des Enfers et de Proserpine. Le dieu trône, assis sur le chien à trois têtes Cerbère, au séjour des morts, ce qui explique la couleur noir qui est choisie pour le fond.  L'enluminure narrative occupe le coin supérieur gauche et le texte  est encadré par une bordure fleurie où sont placés, éparses, des fleurs ( fraisier, groseillier, pâquerettes, pensées, rosiers, œillets rouges) et des rinceaux,  trois corbeaux, un escargot, et deux libellules.

    C'est peut-être le seul exemple où la libellule est peut-être choisie, en complément des trois corbeaux, en raison de sa réputation néfaste : on connaît ses noms vernaculaires anglais  (adder-fly ou dragon-fly — mouche-vipère ou mouche-dragon —), mais elle est aussi nommée “ pou de serpent ” dans l’Est de la France et la Suisse romande, “ épouille de serpent ” en Languedoc, “ valet de serpent ” dans les Pyrénées, et en Bretagne, Paul Sébillot l’a trouvée sous les noms d’“ agent du diable ”, “ cheval du diable ”, “ aiguille ” ou “ aiguille-serpent ” ; en Basse-Normandie, où elle était réputée aussi venimeuse que la salamandre, elle portait le même nom que celle-ci : “ mouron ”, qui désigne aussi le lézard vert et le triton. En Wallonie où les lézards, les salamandres et les serpents étaient indifféremment appelés “ scorpions ”, Eugène Rolland notait à leur propos cette croyance selon laquelle ils se transformaient en libellule, laquelle était réputée mortelle et appelée aussi “ scorpion ” ou encore “ marteau du diable ” : on craignait, là, d’en être frappé au front. La libellule était, à Lyon, réputée jeter une liqueur aux yeux de ses agresseurs.  Un peu partout, elle est réputée mordre et son nom “ d’aiguille ” associe, comme pour le frelon, la dent et le dard. (Corinne Boujot 2001).

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    Voir les 27 photos (de résolution médiocre) de la RMN :

    https://www.photo.rmn.fr/CS.aspx?VP3=SearchResult&VBID=2CO5PC6BM87FS

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc570218 

    Image : http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?Destination=Mandragore&O=08015188&E=1&I=45643&M=imageseule

    Ces deux libellules, à gauche et en bas de l'encadrement, sont semblables, mais l'une est bleue et l'autre brune. Leurs ailes transparentes sont dressées comme celles des Zygoptères, et leurs ptérostigmas noirs sont visibles. L'abdomen porte des marques blanches médianes.

    L'ombre qu' elles portent est réelle mais mal perceptible sur l'image proposée par la RMN, néanmoins les autres enluminures sur fonds clairs en rendent bien compte : ces peintures sont bien dans la tradition ganto-brugeoise. Les autres enluminures abritent quelques papillons, mais aucun ne semble identifiable, à la différence des plantes. Voir par exemple l'Iris sur le folio 187v consacré au dieu Pan.

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —   Néerlandais 1  Boèce, De Consolatione Philosophiae, 1491,  texte latin avec traduction et commentaires en flamand. Enluminures par le Maître du Boèce flamand fol. 12v,  

    Ecole ganto-brugeoise. Ce manuscrit appartient à la très riche collection de la bibliothèque de Louis de Gruuthuse, comme les Chroniques de Jean Froissart du  Français 2643 enluminé par le Maître du Livre de prières de Dresde (supra). Louis de Bruges joua un rôle politique de premier plan jusqu'à la fin de sa vie. Il fut à la cour de Bourgogne - après Philippe le Bon - le plus remarquable bibliophile du XVe siècle et, après sa mort, survenue en 1492, sa bibliothèque revint à Louis XII. La plupart des volumes sont profanes et de langue française ; abondamment illustrés et de très grand format, ils se rapportent souvent à l'histoire antique et aux chroniques. Ce sont soixante-quinze titres répartis en plus de cent dix volumes. Ces manuscrits forment un corpus artistique homogène, puisqu'ils sont principalement produits à Bruges, plus rarement à Anvers ou à Gand, par des artistes choisis. Si certains sont identifiés (Guillaume Vrelant, Loyset Liédet, Jean Hennecart ou Lieven van Lathem), beaucoup restent anonymes malgré la qualité de leur art. 

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc89761w

    Le Maître du Boèce flamand (actif 1478-1490) désigne par convention un enlumineur actif entre 1478 et 1492 à Gand et Bruges. Il doit son nom à manuscrit de la Consolation de Philosophie de Boèce traduite en néerlandais pour Louis de Gruuthuse (1422-1492). (Wikipédia)

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    Le corpus de cet enlumineur a été défini à partir d'un manuscrit de Boèce, la Consolation de Philosophie, qui a été traduit en néerlandais. Paul Durrieu a proposé de l'identifier à Alexander Bening mais cette hypothèse a été rejetée. L'historien de l'art allemand Friedrich Winckler l'a désigné sous le nom de pseudo-Alexander Bening. Son nom de convention actuel est utilisé pour la première fois en 19811 et couramment utilisé depuis.

     Il travaille à la décoration de manuscrits pour de grands commanditaires : Édouard IV d'Angleterre, Philippe II de Bourgogne, Philippe de Clèves, Louis de Gruuthuse ou encore Wolfert VI van Borssele. Il semble se spécialiser pour les ouvrages laïcs plutôt que religieux, avec une prédilection pour les manuels pratiques. Installé probablement à Gand où il travaille avec les scribes David Aubert et Jan Kriekenborch, il collabore à plusieurs avec différents enlumineurs de cette période installés à Bruges tels que Philippe de Mazerolles, le Maître aux inscriptions blanches ou le Maître d'Édouard IV.

    Son style est proche d'artistes comme Alexander Bening, ce qui explique les confusions avec ce dernier, et montre une influence d'Hugo van der Goes et de Hans Memling dont il reprend des motifs. Il mêle une monumentalité dans la composition de ses miniatures, avec des personnages longilignes et souvent dans une attitude solennelle. Il s'attache à représenter des décors réalistes et utilisant les débuts de la perspectives, se plaçant à la jonction avec les primitifs flamands. Il adopte d'ailleurs au cours de sa carrière les marges fleuries en trompe-l'œil comme ses collègues de l'école dite ganto-brugeoise. Il fait preuve, avec ses collaborateurs, d'originalité dans les décorations des lettrines ornées, les signes des paragraphes ou des bouts-de-ligne en y introduisant de petits détails symboliques comme des devises ou des symboles héraldiques. À l'inverse, il répond aussi à des commandes de copies strictes de manuscrits reprenant fidèlement les miniatures de ses prédécesseurs." (Wikipédia)

    Le Maître du Boèce flamand est (https://d-nb.info/997762705/04) l'enlumineur des ouvrage de Louis de Bruges suivant :

    • Français 11-16 : Flavius Josèphe, les Antiquités judaïques et la Guerre des Juifs
    • Français 38 : Jules César, Commentaires
    • Français 181 : Ludolphe de Saxe, Vie de Jésus-Christ; La Vengeance de la mort de notre Seigneur
    • Français 190: Jean Gerson, Le Secret parlement de l'homme contemplatif à son âme; Jean Gerson, Livre de contemplation; Saint Bonaventure, Livre de dévotions; etc.
    • Français 9136: Matthieu Platearius, Livre des simples médecines; Jean de Mandeville, Lapidaire; Recettes
    • Latin 8733 A : Nicole Oresme, Tractatus de origine et natura, iure et mutationibus monetarum

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    Le folio 12v.

    La Consolation de Philosophie (latin : De consolatione philosophiae ) est un dialogue philosophique écrit par Boèce vers 524. Il s'agit de l'une des dernières grandes œuvres de l'Antiquité et parmi les plus influentes au Moyen Âge. 

    Les manuscrits de Louis de Gruuthuse portent sa "devise", c'est à dire son mot "PLVS EST EN VOUS et son image, la bombarde et son boulet. Le folio 12v correspond à l'incipit du texte de Boéce. La bombarde est présente dans la lettrine C initiale du texte.   La devise est inscrite cinq fois en lettres d'or sur les murs gris.

    Le texte latin dit :

    Carmina qui quondam studio florete peregi: Flebilis heu mestis cogor inire modos . Ecce michi lacere dictat scribeda Camene. Et ueris elegi fletibus ora rigant. [Has saltem nullus potuit peruincere terror]

    Ce qui peut se traduire en moyen français par :

    Je, qui sueil dicter et escripre

    Les livres de haulte matire

    et d'estude avoye la fleur

    Faiz or dis  de dueil  et de pleur (Trad. par Jean de Meun)

    Ou bien

    Le bonheur, qui jadis inspirait mes accents

    A fait place aux sombres alarmes ;

    C'est une Muse en deuil qui me dicte ces chants,

    Aujourd'hui trempés de mes larmes (Trad. Judicis 1861)

     

    Ces vers sont illustrés par les deux cotés de la peinture, où Boèce, à gauche rédige ses ouvrages chez lui, dans son bureau d'études, et, à droite, désormais en prison, allongé sur son lit de douleurs, pleure tandis que Philosophie le console par la lecture qu'elle lui propose.

    Voir Mazarine 3859 f 001 et Rouen Leber 817

    Le panneau central montre deux hommes autour d'une femme couronnée. Les sept degrés conduisant à la chambre portent les mots Grammatica, Logica, Retorica, Musica, Arismetrica, Geometria et Astronomica. Ce sont les sept  Arts qui mènent à la Philosophie.  Un examen attentif montre que la robe de la femme porte une lettre  P qui la désigne comme Philosophie. Sa poitrine est nue, et les vieillards tendent leurs lèvres vers ses seins.

    Cela correspond au texte Livre I chap. II où il est écrit "Sur le bord inférieur de sa robe était brodé un Π  ; sur le bord supérieur un Φ. "  Un peu plus loin dans le texte se trouvent ces passages : "Est-ce bien toi, toi qui, jadis abreuvé de mon lait, nourri de mon pain, avait puisé dans ce régime une vigueur d'âme toute virile ? […] Je ne l'eus pas plus tôt examinée que je reconnus ma nourrice, dont le toit m'avait abrité dès mon adolescence : la Philosophie."

     

     

     

    Le fonds de l'encadrement est de cette couleur beige ou crème destinée à rendre l'aspect de cuir du parchemin. Des rinceaux d'acanthes gris argentés courent,avec des glands, laissant la place à des fleurs au naturel comme des roses de Provins, des Ancolies, des Vesces Vicia sativa, peut-être la Giroflée Erysimum cheiri. Parmi les animaux, citons d'abord la Chouette, et le Geai, la Faisane (?) Passons sur les deux escargots ou   la chenille hérissée de pustules bleues et noires, et dénombrons les Papillons : quatre sont blancs à ocelles comme les Piérides du Navet, deux ont les ailes brunes à ocelles, l'un est un Hétérocère aux ailes blanches à lignes ondées brunes  et un dernier est entièrement sombre. Terminons avec les deux mouches en haut à gauche. Tous ces objets naturels sont en trompe-l'œil avec ombre projetée.

    La libellule est brune, ses yeux en perle contigus sont comiquement dotés d'une pupille bleue, ses deux  ailes sont dressées verticalement l'une contre l'autre. L'abdomen, divisé en une quinzaine de segments, est parcouru par une double ligne de triangles effilés les uns bleus les autres noirs. Le thorax, saillant, est zébré de marques noires. 

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84511055/f28.item.r=Flamand.langFR

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Français 6440, Histoires d'Alexandre, traduites en français Quinte-Curce. Hainaut, fin du XVe siècle,  fol 163.

     Exemplaire enluminé aux armes de la famille de Vere, en Zélande. Typique des manuscrits flamands de la fin du XVe siècle, la bordure marginale dorée de ce manuscrit présente un monde délicatement éphémère d'oiseaux, de papillons et même de chenilles et d'escargots qui fait un contraste saisissant avec la miniature centrale et son combat de la flotte macédonienne débarquant en Asie mineure. 

    Notice :  http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc56181j

    Les images disponibles sont en noir et blanc, et de mauvaise qualité. Les libellules ne sont pas passionnantes.

     

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90604270/f391.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Français 6440, Quinte-Curce, Histoires d'Alexandre, traduites en français . Hainaut, fin du XVe siècle  fol. 173.

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc56181j

    Encadrement 

    Image :http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90604270/f415.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    SEIZIÈME SIÈCLE.

    2 manuscrits, 4 enluminures.

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     — Latin 8880 Psalterium Pauli III, 1542,   folio  159v,  et folio  185v,

    lettre ornée

    http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc62410x

    Signalement dans la base Mandragore, sans images

     

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    —   Latin 10564, Heures de François de France, duc de Brabant, peintes en 1582 par "Joannes Bol." Preces Anvers 1582 Hans Bol fol. 5v

    La libellule est à coup sûr un Zygoptère ; elle est perchée au dessus de l'abdomen de la sauterelle. 

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —   Latin 10564, Heures de François de France, duc de Brabant, peintes en 1582 par "Joannes Bol." Preces Anvers 1582 Hans Bol fol. 16v.

    Notice :http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc72282m

    C'est toujours une Demoiselle ou Zygoptère, bleue.

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —   Latin 10564, Heures de François de France, duc de Brabant, peintes en 1582 par "Joannes Bol." Preces Anvers 1582 Hans Bol fol. 21v.
     

    Cette fois-ci, la libellule (noire et blanche ?) est posée sur la queue du paon. Cherchez aussi la  mouche, l'oiseau, le papillon.

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Français 712, « L'Istoire des successeurs d'Alixandre, extraicte de Dyodore Sicilien (liv. XVIII, XIX et XX) et quelque peu de Plutarque », traduction de  Claude de Seyssel, évêque de Marseille. Bourges, 4ème quart 16e siècle (1575-1599),  fol. 298v.

    Malgré la date de ce manuscrit la libellule de l' encadrement est très fantaisiste, avec ses deux antennes, ses deux pattes, les ocelles des ailes.

     Notice http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc50966w

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9058121p/f335.item

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    DIX-SEPTIÈME SIÈCLE.

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    — Latin 8828 Graduale et antiphonale ad usum S.Ludovici domus regiae Versaliensis.  1684-1686 folio Bv.

     

     

    http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc62360s

    Décoration à pleine page : bouquets de fleurs dans un vase, dans différents tons : bleu et vert, avec papillons et libellule (f.Bv), jaune (106), bleu, avec libellule (126), au naturel (138, 154), bleu, avec la fleur dite «couronne impériale» (174), au naturel (180), rouge (188), au naturel (196, 204), en camaïeu ocre (212), au naturel (222).

    • Je la cite pour être complet.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550073187/f8.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    RÉSULTATS.

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    J'obtiens un corpus de 19 manuscrits du 13e au 17e siècle, soit de 37 enluminures et 1 dessin, soit 40 libellules au total. Le 15e siècle est le plus représenté avec 12 manuscrits et 30 enluminures. Deux groupes se distinguent immédiatement : ceux de la période ou de la tradition médiévale, où ces petits personnages ailés animent les marges de leurs silhouettes sans aucun souci de respect de l'échelle, et surtout de la réalité zoologique, puis, après avoir franchi la borne temporelle des années 1470-1475, les peintures inspirées de l'école de Bruges et de Gant, caractérisée par la représentation d'espèces botaniques fidèlement rendues, par la présence de nombreux insectes (mouches, papillons et libellules, plus rarement Orthoptères) associés à des escargots et des oiseaux, en trompe-l'œil.

    Je place dans le premier groupe 15 manuscrits. 

    Le second groupe, le plus intéressant sur le plan de l'iconographie en entomologie, est fait des quatre manuscrits  suivants :

    • Français 2643, Bruges, par le Maître du Livre de prière de Dresde. Vers 1470-1475.
    • Arsenal 638, Bruges par le le Maître du Livre de prière de Dresde. Fin XVe-début XVIe
    • Français 9197, Hainaut, par le Maître d'Antoine Rolin. Vers 1490-1495.
    • Néerlandais 1, Bruges/Gand, par le Maître du Boèce flamand. 1491.

    Cette production est donc limitée dans le temps et dans l'espace. Elle était pleine de promesses, puisque les espèces botaniques sont souvent parfaitement déterminables et que certains papillons sont proches d'espèces ou de genre reconnaissables. Mais hélas, les cinq libellules peintes de façon très convaincantes de leur naturalisme ont résisté à mes tentatives de détermination. 

    J'ai omis de placer ici, parce que je l'ai traité à part,  la pièce principale de ces manuscrits, le BnF Latin 9474 des Grandes Heures d'Anne de Bretagne par Jean Bourdichon enluminé entre 1503 et 1508, et ses 91 libellules. C'est bien-sûr dans un jeu de mise en relation réciproque que ces quatre manuscrits doivent être placées face à ces Grandes Heures, afin d'évaluer le tour de force de Bourdichon, mais aussi les influences dont il relève.

    C'est donc une lente maturation et évolution de la représentation des  objets naturels, et notamment des insectes que nous voyons se dérouler, pendant laquelle ces objets servent d'abord d'ornements périphériques ludiques et participent à des saynètes avec les singes, les chimères et les archers, puis participent à une mise en scène de l'image narrative en la plongeant dans un décor d'allure naturelle, décor recréant l'illusion d'un Jardin idéalisé ou de Nature primordiale avec ses valeurs d'innocence, de beauté et d'harmonie. Mais ce sont d'abord les plantes, et particulièrement les fleurs, qui sont les vedettes de cette mise en scène pour lesquelles "l'exactitude de l'illusion naturelle" est recherchée. Cette exigence s'étend en tâche d'huile aux Lépidoptères. Et enfin aux Odonates, précisément entre le dernier quart du XVe siècle et le premier quart du XVIe, mais sans encore parvenir, dans le corpus de la BnF excepté le Latin 9474, à reproduire un modèle naturel qui ne soit pas contaminé par des siècles d'habitudes et par une incapacité à s'assujettir à l'observation. L'imprimerie, qui va mettre un terme à la production des miniaturistes, va nous imposer de rechercher la suite de cette aventure ailleurs que dans les collections de la Bibliothèque nationale de France. 

     

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    SOURCES ET LIENS.

     MÉLY, (Fernand de), 1913 Les primitifs et leurs signatures. [Tome 1] Les miniaturistes Paris P. Geuthner

    https://archive.org/details/lesprimitifsetle00mluoft

    https://archive.org/stream/lesprimitifsetle00mluoft#page/94/mode/2up/search/Chadewe

    2007-2008, Simon Bening als landschapsminiaturist. Eigen stijl & evolutie binnen het oeuvre en zijn invloed op de ontwikkeling van het landschap in de schilderkunst van de zestiende eeuw.

    https://lib.ugent.be/fulltxt/RUG01/001/414/918/RUG01-001414918_2010_0001_AC.pdf

    — DURRIEU (Paul), 1910, L’enlumineur flamand Simon Bening, In: Comptes rendus des séances de L’Académie des inscriptions et Belles lettres, Parijs,  54ᵉ année, N. 3,1910, p. 162-170

    DOI : 10.3406/crai.1910.72606

     www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1910_num_54_3_72606

     

    — KREN Thomas (e.a), Illuminating the Renaissance: the triumph of Flemish manuscript painting, LA: J. Paul Getty Museum / London: Royal Academy, Getty Trust Publications, 2003

    — KREN Thomas, Landscape as leitmotif: a reintegrated Book of Hours illuminated by Simon Bening, in: Illuminating the book: makers and interpreters: essays in honour of Janet Backhouse, London, British library, 1998, p. 209-232

    — KREN Thomas, Simon Bening and the development of landscape in Flemish Calendar illumination, in: Flämischer kalender: Clm 23638, Bayer. Staatsbibliothek, München, 1988, p. 204-273

    — KREN Thomas, Simon Bening, Juan Luis Vives, and the observation of nature, in: Tributes in honor of James H. Marrow: studies in painting and manuscript illumination of the late Middle Ages and Northern Renaissance, Londen, 2006, p. 311-322

    — LEGARÉ (Anne-Marie), La réception du poème des Eschés amoureux et du Livre des Eschez amoureux moralisésdans les États bourguignons au XVe siècle,  in Le Moyen Age, Revue d'histoire et de philologie 2007/3 (Tome CXIII) Pages 591-611.

    https://www.cairn.info/revue-le-moyen-age-2007-3-page-591.htm#re7no6

    — MARTIN (Henri), 1885, Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de l'Arsenal , Plon, Paris, tome I.

    https://archive.org/details/cataloguedesman01bibl

    Initiale puzzle à filigranes : apparaissant vers les années 1 140, ce type d'initiale dont le cadre est découpé comme un puzzle, est peint en deux couleurs (normalement rouge etbleu) séparées par un filet de parchemin réservé, le tout agrémenté de filigranes. Lettre champie : cette invention du dernier tiers du xne siècle consiste en une lettre dorée surfond peint rouge et bleu, rehaussé de filets blancs. Les plus anciens exemples ont souvent un chromatisme plus riche et varié.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AEtre_du_Bo%C3%A8ce_flamand

    http://bvmm.irht.cnrs.fr/consult/consult.php?mode=ecran&panier=false&reproductionId=15213&VUE_ID=1389388&carouselThere=false&nbVignettes=4x3&page=6&angle=0&zoom=moyen&tailleReelle=

    — PETIN, 1850, Dictionnaire hagiographique: ou, Vies des saints et des bienheureux, honorés en tout temps et en tous lieux depuis la naissance du christianisme jusqua̓̀ nos jours, avec un supplément pour les saints personnages de lA̓ncien et du Nouveau Testament, et des divers ages de le̓́glise, auxquels on ne rend aucun culte public, ou dont le jour de fête est inconnu, Volume 2 https://books.google.fr/books?id=tmYAAAAAMAAJ&dq=saint+pierre+diacre+avril&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

    — USUARIUM,  a digital Library and  database for the study of latin liturgical history in the Middle Ages and Early Modern Period

    http://usuarium.elte.hu/calendarlabels/1087

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    Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
    5 février 2018 1 05 /02 /février /2018 22:45

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    La chapelle Notre-Dame-du-Tertre renferme deux ensembles de sablières et de blochets et clefs : celles de la nef et celles du porche sud. Comme le visiteur rentre par la porte de la chapelle Sainte-Marguerite, au sud-est, il découvre d'abord la nef, puis pénètre de l'intérieur dans le petit porche sud, fermé de l'extérieur par une grille.

    Datation.

    Les sablières ont été sommairement décrites en 1936 par Couffon qui datent celles du porche de la seconde moitié, ou de la fin du XVe,.  Sophie Duhem, dans sa thèse, les datent par estimation, de "la fin XVe-début XVIe / 1re moitié XVIe" (Duhem p. 328), sans distinguer les deux ensembles. J.L. Matte date le motif du couple de sonneur, et donc les sablières de la nef, comme n'étant "pas inférieures à la moitié du XVIe" (cf. infra). 

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    Couffon, 1936, plan et datation de la chapelle. Source BnF Gallica.

    Couffon, 1936, plan et datation de la chapelle. Source BnF Gallica.

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    I. LA NEF.

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    Charpente sculptée de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Le blochet du Bélier.

    Il sort de la charpente et s'appuie de ses pattes  sur une pièce de bois comme s'il faisait son petit curieux ; et il a une bonne tête, comme ces animaux des fables à qui il ne manque même pas la parole.

    Vous allez rire : je l'ai d'abord confondu avec un bouc, et j'ai dû me livrer à de longues révisions avant de corriger mon erreur. Le bouc est le mâle de la Chèvre et le bélier de mâle non châtré du Mouton. Ce sont ses cornes en spirales et annelées qui m'ont permis d'éviter de me ridiculiser (ce que je suis en train de faire).

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    Cliquez sur l'image. Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Cliquez sur l'image. Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Le blochet de l'Homme main sur la tête.

    Cet homme, en buste et en position horizontale, pose une main sur son crâne (largement dégarni et l'autre sur son ventre. Il ne sembla pas bien vieux, avec une belle paire de moustaches et une barbe bien taillée. Il porte une veste à bouton, une chupenn.  

    Sa bouche est entrouverte : lance-t-il un cri après avoir guetté l'arrivée d'un personnage, d'un navire ou d'une proie ? Vient-il d'apercevoir son bélier qui s'était sauvé ? Le cherche-t-il encore ?

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    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    La clef pendante du Visage encagoulé.

    J'y vois une femme portant la guimpe, mais arrêtez-moi si je me trompe, je ne suis plus sûr de rien pour reconnaître la femelle ou le mâle de quoi que ce soit.

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    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    La sablière de Renard et de la Poule.

    À la différence d'autres corniches, ces charpentes sculptées ne portent que deux motifs, réunis en une (très brève) saynète.

    Ici, un Renard se dirige à pas de loup vers une Poule. Je mets des majuscules car il ne s'agit pas d'individus, mais, comme dans les fables, de l'animal représentant son Espèce : un Type, que dis-je, un Archétype.

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    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Renard ou Goupil, Vulpes vulpes, progresse vers sa proie, la gueule carnassière tendue,    salivant déjà (j'en suis sûr) et se forgeant une félicité qui le ferait pleurer de tendresse, s'il était Loup (mais comment différencier les deux ?).

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    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    La Poule.

    Elle n'a rien vu, et picore en caquetant. (Faux : j'apprends que les poules ne caquettent que lorsqu'elles pondent). Disons alors  que Poule ici  cagnette, à moins qu'elle ne claquette, ou qu'elle ne glousse.  Elle cloquera quand elle parlera à ses poussins dans l'œuf, et elle cloussera  quand elle couvera les œufs qu'elle a fini par pondre. À moins qu'elle ne  crételât.  Mais d'ici là, elle sera croquée.

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    Renard et Poule font le bonheur des paroissiens depuis que les sablières existent. Je les ai vu, entre cent exemples, à la chapelle Saint-Sébastien et à la chapelle Saint-Fiacre du Faouët. Sophie Duhem, qui a recensé 1252 pièces sculptées dans les Côtes d'Armor, y a trouvé 29 renards et  23 "animaux de basse-cour". Elle en a fait un article entier : "«Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la  sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle" (cf. biblio)

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    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Pièce de bois sculptée suivante : l'Objet mystérieux.

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    Peut-être peu inspiré, l'ymagier a représenté ici quatre feuilles placées en croix, et une sorte de pain quadrillé entouré d'une couronne de fleurs.

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    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Les deux âges de la vie : la Jeune et la Vieille.

     

     

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    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    La Vieille.

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     "Marquise, si mon visage, 
    A quelques traits un peu vieux,
    Souvenez vous qu'à mon âge
    Vous ne vaudrez guère mieux.
    Le temps aux plus belles choses
    Se plaît à faire un affront
    Et saura faner vos roses
    Comme il a ridé mon front. 
    Le même cours des planètes 
    Règle nos jours et nos nuits.
    On m'a vu ce que vous êtes
    Vous serez ce que je suis.
    " Pierre Corneille, Stances à Marquise, 1658.

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    Les sablières de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren.

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    La Jeune.

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    "Peut-être que je serai vieille
    Répond Marquise, cependant
    J’ai vingt-six ans mon vieux Corneille
    Et je t’emmerde en attendant.
    " (Tristan Bernard)

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    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Le Hibou.

    Faire la différence entre le Hibou et la Chouette, ça, je sais faire.

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    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Le Lièvre poète.

    Comme il sait s'émerveiller devant Fleurette !

    "Ses deux oreilles droites marquent l'heure suprême.

    Puis elles se cassent.
    " (Jules Renard)

    Et si c'était un Lapin ?

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    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    L'Écureuil qui a le sens de l'Épargne.

    Comme il sait ne pas attendre l'hiver pour mettre en lieu sûr ses réserves de glands ! 

    "Leste allumeur de l’automne, il passe et repasse sous les feuilles la petite torche de sa queue." (Jules Renard)

    Sophie Duhem déjà citée, parmi les 1252 pièces sculptées des Côtes d'Armor, les 1895 pièces du Finistère, les 1593 pièces du Morbihan... et les 103 pièces d'Ille-et-Vilaine (ouh, ouh) ou les 37 pièces de Loire-Atlantique (...)  a recensé 393 animaux sauvages et exotiques. Parmi lesquels 100 chiens, 34 lapins, et UN seul écureuil, celui-ci. 

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    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Le Moissonneur.

    Retour chez les humains. Notre homme est vêtu d'une tunique aux manches remontées, serrée par une ceinture au dessus de brais sur des jambes  nues. Il se chausse de sabots.Quelque soit le siècle, le Moissonneur penché sur les épis et armés de sa faucille est un Type.  Il rythme les douze travaux du mois, comme ici pour le mois de Juillet par Maître Honoré (1250). Il fait chaud, et soif.

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    Martyrologue-orbitaire de Saint-Germain les Prés, folio 59v : Source BnF gallica.

     

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    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Les sonneurs.

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    Jean-Luc Matte en donne la description suivante :

    http://jeanluc.matte.free.fr/invcbis.htm#chatelaudren

    "Sc/bois : sablière, joueur de cornemuse face à un joueur de hautbois, tous deux jambes repliées et croisées. Sous le hautbois on aperçoit une forme ronde qui pourrait être un sac mais le musicien embouche directement celui-ci et la cornemuse en face est suffisamment bien représentée pour que l'on ne puisse penser qu'il s'agit d'une cornemuse et non d'un hautbois. Le joueur de cornemuse est visiblement inspiré des tableaux de Brueghel, ce qui explique les deux bourdons (sur souche commune), peu communs en Bretagne à cette époque.

    Fin XVème début XVIème estimé par S. Duhem mais si l'on prend en compte l'inspiration brueghelienne (1520/25-1569), ne peut être inférieur à la mi-XVIème

    Deux bourdons d'épaule (presque verticaux), accolés, de même forme et même longueur, quasi cylindriques à légers pavillons, montés sur souche commune. Hautbois de forme et taille assez similaire à celle des bourdons."

     

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    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Pieter Brueghel l'Ancien, La Danse des paysans (détail), 1568. https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Danse_des_paysans

    Pieter Brueghel l'Ancien, La Danse des paysans (détail), 1568. https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Danse_des_paysans

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    La Chauve-souris.

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    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée de la nef de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    II. LE PORCHE SUD.

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    Vous venez que quitter la nef, et vous pénétrez dans un espace riquiqui, blafard et lunaire, sentant l'ail, où, comme dans une fumerie d'opium d'un album de Tintin, un magot chinois vous regarde de ses yeux rouges. Kezce cek cebinz ? Aïe-aïe-aïe ! Quelle congaï de Shangaï s'accroche à votre chandail ? Bye-bye ! Pas envie de servir de cobaye au recteur et à ses ouailles.

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    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Le lotus Bleu page 103 D3 https://fr.tintin.com/news/index/rub/100/id/3853/0/l-annee-du-dragon

    Le lotus Bleu page 103 D3 https://fr.tintin.com/news/index/rub/100/id/3853/0/l-annee-du-dragon

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    La berlue ! Deux oniriques dragons volent  et se disputent un petit pain, après avoir renversé le sac de farine du meunier !

    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Une monstruosité qui a volé le collier de perle de la Castafiore veille sur ces bestioles avec un sourire aussi débonnaire que sardonique. Qu'est-ce qui se mijote ici ? Quelle est cette Chose ?

    Parfois, comme quelqu’un qui cherche, elle touchait
    Le mur prodigieux de la cave du monde.
    Elle serpentait, lente et souple comme une onde,
    Dans l’abîme où l’esprit lit ce mot triste : Absent.
    Souvent elle laissait derrière elle en passant
    Le bleuissement pâle et fugitif du soufre.

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    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    À droite du mandarin, dans cet espace restreint, un mâtin colle son tarin à l'arrière-train d'un cerf plein d'entrain. Quel tintouin. Le daguet est dans un sale pétrin.

     

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    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Faites cesser  cette chasse à cour ! Chercher la sortie de secours ! Arrêtez le  compte-à-rebours !   Une pluie de sang tombe du lambris et va tacher mon pantacourt.

    Une forme, parfois soudain évanouie,
    Puis renaissant, flottant au loin, puis s’abîmant,
    Sorte de voile ayant un vague mouvement,
    Glissait sous ce plafond qu’on prendrait pour un rêve.

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    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Faire demi-tour ! C'est pire ! clairez, il fait noir comme dans un four.

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    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Un dragon ! Un lion ! Tous les deux armés d'un rouleau à pâtisserie qui montrent bien leurs intentions : semer la désolation sans discrimination.

    Lui, l’immense oeil de tigre ouvert sur l’infini....

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    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Et voila le pompon ! La Mesnie Hellequin ! Ce veneur du diable aux yeux hallucinés  danse une gavotte du plus mauvais effet et son bâton ne me dit rien qui vaille. Kaï kaï kaï ! Quelle racaille ! Il faut que je m'en aille.

    Le démon fulgurant, dans cette transparence,
    Horrible, se tordait comme un éclair noyé.
    Puis la nuit revenait, glacée et sans pitié;
    La vaste cécité refluait sous la voûte
    De l’éternel silence et l’engloutissait toute;
    Et l’enfer, un instant montré, se refermant,
    Lugubre, s’emplissait d’évanouissement.

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    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Vais-je sortir de ce Train-fantôme ? Non. Deux bêtes féroces viennent de me bousculer dans un hurlement d'enfer, un chien et un sanglier tout aussi  animatroniques que terrifiques. 

     

     

    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Et ça recommence. Une licorne embroche un lion, à moins que ce brutal animal ne se soit saisi de l'appendice monumental. 

    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Mais qui je vois ? Monsieur Bélier, qui a quitté la nef pour rentrer sans alibi dans ce cagibi. Il me regarde comme un zombie. Je suis cuit.

    La rondeur de sa rouge et fatale prunelle
    Semblait, dans la terreur de ces lieux inouïs,
    Une goutte de flamme au fond du puits des nuits.

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    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Z'avez rien vu ! C'était de la gnognotte. Du pipi de chat. Roupie de sansonnet et fantasmagorie Walt-Dysney. 

    Oyez et voyez !

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    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    —Naïf : Qu'est-ce-que c'est ? Un cul-de-lampe ?

    —Instruit : C'est la redevance du pet ? Un pétangueule ?

    — Observateur : Belzébuth ? Et il nous chie dessus ?

     

    —Non madame. C'est bien pire.

    C'est l'infernale Lilith et sa vulve maudite.

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    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Charpente sculptée du porche de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    La vaste cécité refluait sous la voûte
    De l’éternel silence et l’engloutissait toute;
    Et l’enfer, un instant montré, se refermant,
    Lugubre, s’emplissait d’évanouissement.

     

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    SOURCES ET LIENS.

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    SOURCES ET LIENS.

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    SITE DE CHÂTELAUDREN

    http://www.chatelaudren.fr/fr/information/29512/les-lambris-peints-chapelle-rouge

    http://cdn1_3.reseaudescommunes.fr/cities/169/documents/8z79rggvywtfnx1.pdf

    — COUFFON (René), 1936 Quelques notes sur les Origines de Châtelaudren et les Peintures de la Chapelle N.-D. du Tertre", Bull, et mém.  de la  Société d'émulation des Côtes-d'Armor   T. 68 p.145-159. 

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58027444/f181.image

    — DUHEM, (Sophie), 1997,  "Les sablières sculptées en Bretagne", Presses universitaires de Rennes,  

     

    — DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières, images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne, XVe-XVIIe s. Presses Universitaires de Rennes 385 p.-[16] p. de pl. en coul. Note : Bibliogr. p. 367-379. Notes bibliogr. Index . Voir pages 19, 169 (licorne), 226 et 227 (cornemuse), 238 (moissonneur), 241 (écureuil et lapin).

     — DUHEM (Sophie), 1998, "«Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la  sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle"  Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1998  Volume 105  Numéro 1  pp. 53-69 http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1998_num_105_1_3972

    — MATTE (Jean-Luc), Iconographie de la cornemuse, en ligne.

    http://jeanluc.matte.free.fr/invcbis.htm#chatelaudren

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    Published by jean-yves cordier - dans Sablières
    4 février 2018 7 04 /02 /février /2018 18:06

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    Pour la présentation générale de ces lambris, voir l'article précédents sur les 12 Prophètes. Dans ce nouvel article, je souhaite juste corriger quelques imprécisions dans l'intitulé des panneaux, et surtout montrer comment l'artiste s'est inspiré des enluminures des Bibles historiales ou des Bibles moralisées qui illustrent largement le récit de la Création dans la Genèse. D'autre part, la mise en parallèle de ces lambris avec ceux de Merléac (fin 14e-début 15e) , à 35 km au sud de Châtelaudren, est incontournable (Maps).

     

    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Les panneaux sont présentés ainsi Registre supérieur sud (à droite) : 1-Création des Anges. 2-Le Père éternel. 3-Création de la Terre 4-Création des montagnes. 5- 6. Création du soleil et de la lune. 7-Création des animaux. 8-Création d’Adam et Ève. 9-Dieu se repose. 10-Adam et Ève au paradis terrestre. 11-La tentation.12-Adam et Ève chassés du paradis.

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    1-Dieu entouré de ses anges.


    "Le premier tableau dont, par malheur une moitié manque, renferme la création des esprits célestes qui paraissent encore en grand nombre, vêtus de blanc, prosternés et nimbés mais sans ailes." (Geslin de Bourgogne).

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    Dieu, couronné et vêtu d'un manteau rouge, bénit les anges prosternés devant lui. Comparez avec la Bible historiale BnF Français 2 : c'est la toute première enluminure sous la rubrique "hystoire sus ceste partie de  Genesis." (droits : BnF gallica)

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    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    2-Dieu entouré des légions d'anges ; la chute des anges déchus.

     

    "Le deuxième nous montre Jehovah sous la figure d'un vieillard vénérable coiffé d'une riche thiare et nimbé d'or. Il repose dans sa gloire, entouré des Vertus des Puissances, et des Dominations qui siègent autour de lui dans des sortes de stalles étagées." (Geslin de Bourgogne 1848)

    Geslin de Bourgogne omet la description des anges déchus. Ils sont figurés dans la Bible historiale BnF Fr 15395 folio 4v. Ou mieux  au  folio 64v des Très Riches Heures (1411-1416) du duc Jean de Berry par les Frères Limbourg. Sur cette enluminure, on voit, comme ici, Dieu assis sur un trône au centre de gradins, certains occupés par les anges, et d'autres abandonnés par les  anges déchus qui sont précipités vers un abîme enflammé. 

    Mais ce qui est particulier ici, c'est que les mauvais anges prennent l'aspect de bêtes velues et cornues, mi-singes mi-chats, grisâtres ou roux. Jene suis pas parvenu à lire l'inscription du phylactère.

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    Comparez avec Merléac (photo lavieb-aile): les anges déchus sont en noir.

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    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    3-Création de la Terre avec un compas.  Les deux premiers jours.

    "Le troisième tableau commence la Genèse, in principio creavit Deus  cœlum et terram.  Ici le Tout-Puissant a quitté son trône, il est seul, car par lui seul tout doit être créé; de la main gauche il tient une baguette dont il touche un globe à demi forme  et de la droite il le bénit il marche sur un gazon fleuri emblème de la félicité parfaite." (Geslin de Bourgogne 1848 )

     

    Genèse 1, 1-8 : "Au commencement, Dieu créa les cieux et la terre. La terre était informe et vide: il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme, et l'esprit de Dieu se mouvait au-dessus des eaux. Dieu dit: Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne ; et Dieu sépara la lumière d'avec les ténèbres. Dieu appela la lumière jour, et il appela les ténèbres nuit. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le premier jour.

     Dieu dit: Qu'il y ait une étendue entre les eaux, et qu'elle sépare les eaux d'avec les eaux. Et Dieu fit l'étendue, et il sépara les eaux qui sont au-dessous de l'étendue d'avec les eaux qui sont au-dessus de l'étendue. Et cela fut ainsi.  Dieu appela l'étendue ciel. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le second jour.

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    Le Monde peut être créé par l'Esprit Saint (une colombe), par un geste de la main du Créateur, par son souffle, ou par le compas. Comparez avec la même scène dans la Bible moralisée de Vienne 2554, de la première moitié du 13e siècle:

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    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    4-Création des montagnes, ou Séparation de la terre et du ciel le début du troisième jour.

    Genèse 1:9-10 

     "Dieu dit: Que les eaux qui sont au-dessous du ciel se rassemblent en un seul lieu, et que le sec paraisse. Et cela fut ainsi.  Dieu appela le sec terre, et il appela l'amas des eaux mers. Dieu vit que cela était bon."

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    Dieu étend les mains et sépare deux masses, encore informes.

    Comparez avec Merléac (photo lavieb-aile):

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    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    5- Création des plantes : la suite du troisième jour.

    "Le quatrième nous présente le créateur mettant en quelque sorte en ordre, de sa main,  des flots des ondes et des nuages c'est le deuxième jour  de la Genèse et de la création, le sublime ouvrier sépare les eaux d'avec la  terre; les plantes naissent de toutes parts. " (Geslin de Bourgogne)

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    Genèse 1:11-13 "Puis Dieu dit: Que la terre produise de la verdure, de l'herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence sur la terre. Et cela fut ainsi. La terre produisit de la verdure, de l'herbe portant de la semence selon son espèce, et des arbres donnant du fruit et ayant en eux leur semence selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon.  Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le troisième jour."

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    Dieu bénit ce qu'il crée (les eaux s'écoulant comme un ruisseau) et plante un arbre qu'il tient entre pouce et index gauche. Comparez avec Merléac (photo lavieb-aile):

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    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    6. Création du soleil et de la lune le quatrième jour.

    "Au sixième tableau vient le quatrième jour de la Genèse, le Seigneur d'un bras puissant lance un globe à travers les espaces. " (Geslin de Bourgogne 1848 )

     

    Genèse 1:14-19 :

    "Dieu dit: Qu'il y ait des luminaires dans l'étendue du ciel, pour séparer le jour d'avec la nuit; que ce soient des signes pour marquer les époques, les jours et les années;  et qu'ils servent de luminaires dans l'étendue du ciel, pour éclairer la terre. Et cela fut ainsi.  Dieu fit les deux grands luminaires, le plus grand luminaire pour présider au jour, et le plus petit luminaire pour présider à la nuit; il fit aussi les étoiles. Dieu les plaça dans l'étendue du ciel, pour éclairer la terre, pour présider au jour et à la nuit, et pour séparer la lumière d'avec les ténèbres. Dieu vit que cela était bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le quatrième jour."

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    Comparez avec la Bible historiale BnF français 8 folio 5r , Droits BnF Gallica:

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    Comme dans cette enluminure, Dieu écarte les bras pour placer aux deux points extrêmes du firmament les deux astres, le soleil à gauche et la lune à droite.

    Comparez avec Merléac .

     

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    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    7-Création des animaux le cinquième jour.

    "Le septième tableau renferme le cinquième et une partie  du sixième jour. Le Tout-Puissant est entouré des oiseaux des poissons, des animaux de toute sorte."(Geslin de Bourgogne 1848 )

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    Genèse 1:20-25:

    "Dieu dit: Que les eaux produisent en abondance des animaux vivants, et que des oiseaux volent sur la terre vers l'étendue du ciel. Dieu créa les grands poissons et tous les animaux vivants qui se meuvent, et que les eaux produisirent en abondance selon leur espèce; il créa aussi tout oiseau ailé selon son espèce. Dieu vit que cela était bon. Dieu les bénit, en disant: Soyez féconds, multipliez, et remplissez les eaux des mers; et que les oiseaux multiplient sur la terre. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le cinquième jour. Dieu dit: Que la terre produise des animaux vivants selon leur espèce, du bétail, des reptiles et des animaux terrestres, selon leur espèce. Et cela fut ainsi. Dieu fit les animaux de la terre selon leur espèce, le bétail selon son espèce, et tous les reptiles de la terre selon leur espèce. Dieu vit que cela était bon."

     

    . Dieu bénit une basse-cour de canards, de poules, cygnes et colombes tandis que sa main gauche place un poisson dans les eaux. Les couples de mammifères déjà créés regardent la scène : cheval et chien, lion et renard ou loup. 

    Comparez avec Merléac  (photo lavieb-aile)

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    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    8.-Création d’Adam et Ève le sixième jour.

    "Au huitième  tableau nous passons au deuxième chapitre de la Genèse.  Adam repose endormi dans le paradis terrestre Dieu forme  la femme; c'est de sa propre main qu'il la modèle comme toutes ses autres œuvres." (Geslin de Bourgogne 1848 )

     

     Genèse 1:26-31 :

    "Puis Dieu dit: Faisons l'homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu'il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre.Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme. Dieu les bénit, et Dieu leur dit: Soyez féconds, multipliez, remplissez la terre, et l'assujettissez; et dominez sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, et sur tout animal qui se meut sur la terre. Et Dieu dit: Voici, je vous donne toute herbe portant de la semence et qui est à la surface de toute la terre, et tout arbre ayant en lui du fruit d'arbre et portant de la semence: ce sera votre nourriture. Et à tout animal de la terre, à tout oiseau du ciel, et à tout ce qui se meut sur la terre, ayant en soi un souffle de vie, je donne toute herbe verte pour nourriture. Et cela fut ainsi. Dieu vit tout ce qu'il avait fait et voici, cela était très bon. Ainsi, il y eut un soir, et il y eut un matin: ce fut le sixième jour."

     

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    Adam est endormi, et Dieu extrait de son coté la femme, qu'il bénit. 

    Comparez avec Merléac  (photo lavieb-aile), où seul Adam est représenté dans un premier panneau :

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    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Cliquez : lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Je termine ici cette présentation ; il reste à voir les panneaux suivants :

    9-Dieu se repose. 10-Adam et Ève au paradis terrestre. 11-La tentation.12-Adam et Ève chassés du paradis.

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    Published by jean-yves cordier
    4 février 2018 7 04 /02 /février /2018 15:47

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    L'ensemble pictural des lambris de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren est réputé et bien connu, et sa découverte reste l'un des grands moments des Journées du Patrimoine en Côte d'Armor, où les visiteurs dûment guidés se succèdent pour admirer les 138 panneaux historiés de un mètre carré environ. Par une sollicitude insigne, des transats jaune sont même installés pour que les touristes ne se cassent pas trop le cou, et c'est dans le plus grand confort qu'ils examinent soit les 96 panneaux du chœur, soit ceux des trois vies de saints de la chapelle Sainte-Marguerite : l'histoire de sainte Marguerite, de saint Fiacre et de sainte Marie-Madeleine.

    Ils trouveront facilement sur place ou en ligne toutes les informations requises, notamment par le site officiel de la commune. Ils apprendront que ces lambris ont été peints entre 1430 et 1470, et les différents thèmes leur seront explicités. Que demande le peuple !

     (Je ne résiste pas à l'envie d'emprunter au site Tourisme en Bretagne l'une des photos d'Emmanuel Berthier ) :

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    Copyright Emmanuel Berthier

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    Il faut d'abord comprendre l'organisation des lambris. Ceux-ci sont répartis en huit rangs de 12 panneaux, quatre rangs à droite et quatre rangs à gauche. Geslin de Bourgogne proposait de les suivre de haut en bas et de droite à gauche dans le serpentin d'une sorte de jeu de l'oie : et c'est ainsi qu'on  indiquera au spectateur le déroulement des scènes :

    —Registre supérieur sud (à droite) : 1-Création des Anges. 2-Le Père éternel. 3-Création de la Terre 4-Création des montagnes. 5-Création du soleil et de la lune. 7-Création des animaux. 8-Création d’Adam et Ève. 9-Dieu se repose. 10-Adam et Ève au paradis terrestre. 11-La tentation.12-Adam et Ève chassés du paradis.

     — Registre supérieur nord (à gauche): 13-Adam et Ève au travail. 14-Adam et Ève avec leurs enfants. 15-Offrande de Caïn. 16-Offrande d’Abel. 17-Meurtre d’Abel par Caïn. 18-Noé construit l’Arche. 19-L’Arche flotte sur les eaux. 20-Noé taille de la vigne. 21-Ivresse de Noé. 22-Sacrifice d’Abraham. 23-Echelle de Jacob. 25-Moïse recevant les Tables de la Loi.

    —Deuxième registre sud: 25 à 30-Les 12 Prophètes.31-L’Annonciation.32 et 33-La Visitation.34-La Nativité.35- La Circoncision.

     — Deuxième registre nord: 37/38/39-Adoration des Mages. 41-Allégorie du Semeur. 42-La fuite en Egypte. 43-La présentation au temple. 44-Jésus parmi les docteurs. 45 et 46-Jésus tenté par le Démon. 47-Le Démon chassé par Jésus. 48-Le baptême du Christ.

    —Troisième registre sud: 49-La Transfiguration.50 et 51-La femme adultère.52-La résurrection de Lazare. 53-Le repas chez Simon.54 et 55-Entrée du Christ à Jérusalem.56-Jésus chasse les vendeurs du temple. 57-Trahison de Judas.58-La Cène. 60-Lavement des pieds

     —Troisième registre nord: 61-Les Apôtres endormis. 62-Prière du Christ au jardin des Oliviers. 63-Baiser de Judas. 65 et 66-Le Christ conduit chez Anne. 67-Le Christ conduit chez Caïphe. 69-Le Christ souffleté par les gardes. 70-Le Christ conduit à Pilate. 71-Le Christ devant Pilate. 72-Le Christ sortant du prétoire.

    —Quatrième registre nord: 85-Jésus est dépouillé de ses vêtements. 86-Jésus est cloué sur une croix. 87-La Crucifixion. 89-La mise au tombeau 90- Le Christ aux limbes. 91-La résurrection. 92-Apparition du Christ aux disciples d’Emmaüs. 93-Apparition du Christ à Marie-Madeleine. 94-Apparition du Christ à Saint-Thomas. 95-L’Ascension. 96-La Pentecôte.

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    Voici une idée de ce qui vous attend :

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    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Mais si l'importun et taquin monsieur Lambda demande le nom de chacun des "12 Prophètes", ou la traduction des inscriptions latines qui courent sur les différents phylactères sybilins sifflant tels des serpents au dessus de sa tête, il ne trouvera réponse ni sur ce site, ni dans  les écrits des nombreux érudits bretons qui ont participé au florilège de la bibliographie ad hoc. Et c'est en vain qu'il lira les  "Quelques notes sur les origines de Châtelaudren et les peintures de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre" de Couffon (1936), ou  la description princeps de Geslin de Bourgogne en 1848, ou les écrits d' A. de Barthélémy. C'est encore en vain qu'il cherchera en ligne une documentation iconographique panneau par panneau.

    Ce dont monsieur Lambda a rêvé, Lavieb l'a fait. Mais, eh !,  seulement pour une petite partie des lambris du chœur.

     

     

     

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    Comme j'étais installé dans l'un des transats de gauche, j'avais devant moi les quatre rangs de droite. Et la cloche sonna la fin des visites avant que j'ai pu passer sur la coursive tribord. J'avais donc au menu, en haut, Dieu créant le monde (Genèse 1 et 2), puis les douze Prophètes annonçant la venue d'un Sauveur, puis les douze scènes de la Vie Publique du Christ, et en fin les douze premières scènes de la Passion.

     

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    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Quarante huit panneaux, c'était encore trop, je ne pouvais vous imposer un tel corpus. J'optais pour le deuxième rang, celui où les inscriptions latines m'attiraient par leurs sinueuses énigmes.

    Je commençais (tankafer), par le début,  derrière l'autel. Adieu, transat !

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    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.


     

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    I. LES PROPHÈTES JÉRÉMIE ET DAVID.

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    1°) À gauche, le prophète Jérémie présente sur son phylactère les mots PATREM INVOCABITIS.

    Il s'agit d'une citation qui ne se retrouve pas dans le Livre de Jérémie malgré des références proposées dans la littérature Ez.3:19 ou 29:12 et 10:12 ; Isaïe 51., mais qui lui est attribuée : on parle donc du "Pseudo-Jérémie". 

    "Mgr Brunod pense qu'il s'agirait d'une interprétation de Jérémie 10:12. Ce pourrait être aussi simplement une interférence entre deux textes, Jérémie 3:19 et le texte que G. Durand attribue à David A principio terram fundasti et opus manuum tuarum caeli Psaume 101:26  (F. Gay, 1993 p. 185).

    La création du ciel et de la terre est comme un calque du premier article du « Credo présenté par saint Pierre.

    Elle est  retrouvée dans la plupart des Credo apostoliques et prophétiques (Psautier de Jean de Berry, Cambray, Sienne, cathédrale de Cambrai etc.) sous la forme complète Patrem invocabitis qui terram fecit et condidit coelo , "Le père vous appelle qui a fait le ciel et la terre". Elle débute la série des 12 prophètes et Apôtres de la verrière de Quemper-Guézennec , verrière quasi contemporaine de ces lambris car datée de 1460-1470, à moins de 30 km au nord de Châtelaudren (Maps).

     

    Voir le Psautier du duc Jean de Berry folio 7v   qui date de 1380-1400

    Voir le Bréviaire du roi Martin d'Aragon folio 2v réalisé en 1380-1403.

    -Attributs (non spécifiques) : bonnet rouge et noir, longue barbe non peignée roussâtre.

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    2°) David.

    Le roi David présente le verset 7 du Psaume 2 : Dominus dixit ad me   Filius meus et tu ego hodie genui te : "Le Seigneur m'a dit : tu es mon Fils ; je t'ai engendré aujourd'hui".

    Les deux prophètes et leurs citations sont présentes sur le Credo apostolique et prophétique de la maîtresse-vitre de Quemper-Guezennec.  le verset de David est aussi présent (Gay, 1993) dans 16 autres Credo prophétiques. Il est  associé à saint André et au 2ème article: « Et in Jesum-Christum, filium ejus unicum, Dominum nostrum »,

    Ce verset sert d' Introït de la messe de minuit, l'office de la Nativité.

     

    Attributs : couronne, manteau fourré d'hermines sur les épaules, les manches et le bord inférieur.

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    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    II. LES PROPHÈTES ISAÏE ET SOPHONIE.

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    1°) Isaïe

    Il déroule le verset ECCE VIRGO CONCIPIET ET PARIET FILIUM .

    Ecce virgo concipiet et pariet filium Voici que la vierge concevra et enfantra un fils.

    "Le verset Isaïe 7:14 est très fréquent dans les Credo mais figure aussi dans une trentaine de cycles des prophètes, quelque soit le thème général de l'œuvre (Vie du Christ, Nativité, Arbre de Jessé, glorification de la virginité de Marie), sans compter les représentations d'Isaïe seul." (Gay, 1993)

    Isaïe est présent, après Jérémie et David, sur la verrière de Quemper-Guézennec, avec ce verset. Il y est associé à Jacques le Majeur et au 3ème article « Qui conceptus est de Spiritu Sancto, natus ex Maria virgine ».

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    2°) Sophonie.

    Il présente son verset So 3:9 : IN VOCABUNT  O[MNE]S NOMEN D[OMI]NI ET SERVIANT EI . La citation exacte et complète de la Vulgate est : Ut vocent omnes in nomine Domini et serviant ei umero uno "Afin qu'ils fassent tous appel au nom de l'Eternel, pour le servir d'un commun accord". Il est associé à Saint Jean et au 4ème article  « Passus sub Pontio Pilato, crucifixus, mortuus et sepultus ».

    Psautier de Jean de Berry  folio 17v : Sophonie So 3,9 : Invocabunt omnes nomen domini et servient ei / Tous lapeleront et bien le serviront. 

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    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    III. LES PROPHÈTES  ZACHARIE ET OSÉE.

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    1°) Zacharie 

     

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    Zacharie donne à lire ces mots  ASPICIENT O[MNE]S AD ME  QUEM CONFIXERUNT dans lequel on reconnaît Zacharie 12:10. . Alors que le texte de la Vulgate est  et aspicient ad me quem confixerunt " Et ils tourneront les regards vers moi, celui qu'ils ont percé", la forme avec OMNES est attestée par le père Charles Cahier dans les stalles de la cathédrale de Genève et dans le manuscrit anglais  Arundel 83, associée au quatrième article du Credo. 

    Ascipient omnes ad me quem confixerunt se traduit par "Ils pleureront tous sur moi qu'ils ont cloué" (cf. Gaffiot configo).

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    2°) Osée.

    Le prophète montre le verset  O MORS ERO MORS TUA MORSUS TUUS ERO INFERNE 

    Osée 13:14  O Mors, ero mors tua, morsus tuus ero inferne  : "Mort, où est ton fléau ? Séjour des morts, où est ton pouvoir de destruction".

     

     

    Dans les Credo prophétiques, le verset est mis en relation avec le 5ème article du Credo Descendit ad inferna, tertia die ressurexit a mortuis "Il [Jésus] est descendu aux enfers ; le troisième jour il est ressuscité des morts". Ce verset d'Osée est donc  considéré comme préfigurant la victoire du Christ sur la mort, après sa descente aux Limbes. On le retrouve ainsi aussi sur l'Arbre de la Croix de Taddeo Gaddi dans le réfectoire du couvent de Santa Croce à Florence.

    Psautier de Jean de Berry :  folio 15v  : Osée 13:14 :  O mors ero mors tua morsus tuus ero inferne / Mors tu es trop dure enfer par moy sera mors 

     Le verset d'Osée est retrouvé dans le Credo de Cambrai, ou dans celui du Baptistère de Sienne, et au total dans treize Credo du XIIe et XIIe siècle selon F. Gay.

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    On remarquera qu'Osée tient un livre, le Livre d'Osée, conformément à une tradition iconographique des prophètes bibliques.

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    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    IV. LES PROPHÈTES AMOS ET MALACHIE.

     

    1°) Amos.

    Le prophète Amos présente son verset 9: 6 : QUI EDIFICAT ASCENSIONEM SUAM IN CELO, "Il a bâti sa demeure dans les cieux".

    Sur le Credo de Quemper-Guézennec, il accompagne le sixième article à coté de saint Thomas. Françoise Gay le signale sur 19 phylactères des Credo, Qui aedificat in caelo ascensionem suam [et fasciculum suum super terram fundavit], ou sur deux Arbres de Jessé de la fin du 12e siècle (Bible de Saint-Bertin et Psautier d'Ingelburge).

    Baptistère de Sienne, ou Emile Mâle: Amos, même citation qu'ici, qui aedificavit in coelo ascensionem suam .

    Grandes Heures de Berry. folio 3v  : Amos : Apem [sic pour Ipse] est qui edificat ascensionem suam in celo, 

     

    — Cathédrale d'Oviedo (source)

     

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    2°) Malachie.

    Son phylactère contient son verset 3:5 : ET [ACCEDAM] AD VOS I[N] IUDICIO ET ERO TESTIS.

    Et accedam ad vos  in iudicio, ero testis velox maleficis, et adulteris, et perjuris, "Je m'approcherai de vous pour le jugement .." se retrouve 13 fois dans les Credo recensés par F. Gay, mais il y est attribué à Sophonie. 

     

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    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    V. JOËL ET MICHÉE.

     

    1°) Joël.

    Le prophète Joël tient du bout des doigts le phylactère qui s'élève comme une flamme et dit : EFFUNDAM DE SPI[RI]T[U] MEO SUPER OM[N]E[M] CARNEM.

    Ce n'est pas littéralement le verset Joel 2:28  "effundam spiritum meum super omnes carnem", mais plutôt la citation de Joël dans les Actes des Apôtres 2:17 , qui donne bien, dans la Vulgate, Effundam de spiritu meo super omnem carnem, "Je répandrai de mon esprit sur toute chair". 

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    2°) Michée.

     DEPONET DOMINUS OMNES INIQUITATES NOSTRAS : cette forme est attestée sur les stalles de l'ancienne abbaye cistercienne d'Hauterive en Suisse, mais aussi à La Malleraye, et dans le Psautier de Jean de Berry comme dans les Grandes Heures de Jean de Berry (attribué à Malachie) . Ou dans le Credo de la chapelle de Jean de Bourbon en l'abbaye de Cluny. Ou les stalles de Saint-Pierre de Genève. Pourtant elle diffère ici de la Vulgate de  Michée 7:19  Deponet  iniquitates nostras "Il mettra sous ses pieds nos iniquités", retrouvé  dans 17 Credo recensés par F. Gay.  Il est associé à  l'apôtre  Simon et au 10ème article sur la rémission des péchés, « Remissionem peccatorum ».

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    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    VI. LES PROPHÈTES ÉZÉCHIEL ET DANIEL.

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    1°) Ézéchiel.

    Il nous montre le texte EDUCAM VOS DE SEPULCRIS VESTRIS POPULUS MEI

     Educam vos de sepulcris vestris, populus meus "Je vous ferai sortir de vos sépulcres,  ô mon peuple" est le verset  Ézéch., 37:12. Il est associé  à l'apôtre Jude-Thadée qui annonce la résurrection de la chair avec le 11ème article « Carnis resurrectionem ».

     

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    2°) Daniel.

    Son phylactère indique EVIGILABUNT OMNES ALII AD VITAM ALII AD OPROBUM

    Il s'agit du verset  Daniel, 12:2. Comme le remarquait E. Didron dans les Annales archéologiques, le texte originel de Daniel, « Et multi de his, qui dormiunt in terra e pulvere, evigilabunt: alii in vitam aeternam, et alii in opprobrium, ut videant semper », ne fait pas ressusciter tous les morts, mais seulement beaucoup d'entre eux. En ajoutant le mot omnes,  le sens se trouve modifié et la résurrection pour le Jugement s'applique à tous : Evigilabunt omnes: alii ad vitam, alii ad opprobrium  "Tous se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour l'opprobre". 

    Il est associé  à l'apôtre  Mathias qui ferme le Credo  avec le 12ème article  « Vitam aeternam. Amen. » 


     

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    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    VII. L'ANNONCIATION.

    Annoncé par les douze Prophètes, le grand moment va survenir. Tandis que Dieu envoie son Esprit sous la forme d'une colombe, l'ange Gabriel  souligne des ses gestes le sens de son phylactère : AVE GRATIA PLENA DOMINUS TECUM, Je te salue toi à qui une grâce a été faite , le Seigneur est avec toi. Luc 1, 28.

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    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    8. LA VISITATION.
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    BENEDICTA TU  IN MULIERIBUS BENEDICTUS FRUCTUS VENTRIS TUI 

    Luc 1:42 benedicta tu in mulieribus, et benedictus fructus ventris tui. "Tu es bénie entre toutes les femmes, et le fruit de tes entrailles est béni".
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    Zacharie, à gauche, (l'époux d'Elisabeth et le père de Jean-Baptiste) est un personnage intermédiaire entre l'Ancien Testament et le Nouveau : certaines de ses caractéristiques ne sont pas en sa faveur ou soulignent son appartenance à la classe sacerdotale hébraïque et au Temps révolu (la canne, l'attitude courbée, la barbe blanche, la courbe de son nez, son bonnet conique tenu à la main, ou son vêtement enveloppant) et d'autres, comme la vivacité de son regard, font de lui l'auteur du Benedictus ou Cantique de Zacharie, lorsque sa langue se délia.

    Les deux femmes s'opposent par leur âge et leur posture (l'une droite fière et jeune, l'autre, âgée et courbée). Marie porte un surcot ouvert, à la mode dans la seconde moitié du XVe siècle sous un manteau bleu. Elisabeth cache ses cheveux et sa gorge par un touret et une barbette ou guimpe, et ses bras par un surcot fermé.

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    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

    Lambris peints (1430-1470) du coté droit du chœur de la chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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    DISCUSSION.

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    1°) Par l'analyse des phylactères, les Prophètes sont désormais identifiés : ce sont :

    • Jérémie et David.
    • Isaïe et Sophonie .
    • Zacharie et Osée 
    • Amos et Malachie 
    • Joël et Michée .
    • Ézéchiel et Daniel.

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    2°) Le corpus des 12 inscriptions est réuni et traduit :

     

    — Pseudo-Jérémie  Patrem invocabitis "Le père vous appelle [ qui a fait le ciel et la terre]".

    —  David  Ps. 2:7 Dominus dixit ad me   Filius meus et tu ego hodie genui te : "Le Seigneur m'a dit : tu es mon Fils ; je t'ai engendré aujourd'hui".

    —  Isaïe Is.7:14 Ecce virgo concipiet et pariet filium « Voici qu'une vierge concevra et enfantera un fils »

    —  Sophonie  So. 3 :9 Invocabunt omnes nomen domini et servient ei "Afin qu'ils fassent tous appel au nom de l'Eternel, pour le servir d'un commun accord".

    —  Zacharie : Za 12:10 Ascipient omnes ad me quem confixerunt  "Ils pleureront tous sur moi qu'ils ont cloué"

    —  Osée Os.13:14  O Mors, ero mors tua, morsus tuus ero inferne  : "Ô Mort, où est ton fléau ? Séjour des morts, où est ton pouvoir de destruction".

    —  Amos : Am 9:6 Qui edificat ascensionem suam in celo , "Il a bâti sa demeure dans les cieux".

    —  Malachie  Ma 3:5 : Et accedam ad vos  in iudicio, ero testis  "Je m'approcherai de vous pour le jugement .."

    —  Joel Jo 2:28  Effundam de spiritu meo super omnem carnem "Je répandrai de mon esprit sur toute chair". 

    — Michée Mi 7:19 Deponet dominus omnes iniquitates nostras "Le Seigneur mettra sous ses pieds toutes nos iniquités".

    Ézéchiel  : Ezech 37:12  Educam vos de sepulcris vestris, populus meus "Je vous ferai sortir de vos sépulcres,  ô mon peuple "

    — Daniel :  Dan 12:2 Evigilabunt omnes: alii ad vitam, alii ad opprobrium  "Tous se réveilleront, les uns pour la vie éternelle, les autres pour l'opprobre".

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    3°) La forte relation entre ces 12 versets prophétiques et les Credo apostoliques et prophétiques est établie.

    En effet, tous ces versets sont utilisés dans les Credo des apôtres et des prophètes qui associent à chacun des douze articles du Credo un Apôtre, et un Prophète avec son verset.  Et ces 12 inscriptions des phylactères de Notre-Dame-du-Tertre ne sont jamais réunis dans un autre contexte. D'autre part, les modifications apportées au texte de la Vulgate dans ces inscriptions relèvent également de cette tradition iconographique, qui apparaît sous forme d'enluminure dans les Calendriers des Psautiers, Bréviaires et Heures entre la fin du 13e siècle et le début du 15e siècle (cf. Annexe II)

    Enfin, l'ensemble des 96 panneaux de ces lambris peints est organisé d'après le chiffre douze, en huit rangées de douze panneaux, et ce sont encore douze prophètes qui sont convoqués ici, dans un rapport étroit avec les douze articles de foi du Credo, mais aussi — d'où le lien avec les Calendriers enluminés) — avec les douze heures du jour, les douze mois de l'année et les douze signes du Zodiaque.

    Dernier argument, la proximité de la maîtresse-vitre de Quemper-Guézennec et de son Credo, édifiée à peu près à la même époque, témoigne de l'importance de ce thème, de sa connaissance, et, peut-être, de son influence sur ce corpus d'inscription.

    Un article que je n'ai jamais pu retrouver parle de cette interprétation : Denis Pichon Note sur les peintures murales de Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren : présence d'un Credo prophétique Société d'émulation des Côtes-d'Armor, 2000 ou 2002, 130, p. 115-122. Mais il faudrait parler d'un Credo prophétique sans Credo, inscrit entre les lignes (entre les images) par référence tacite et intertextualité.

    On sait que les Pères de l'Église grecque et latine ont recherché dans les prophéties quelles pouvaient être les douze propositions analogues à celles du Symbole des apôtres. Comme le disait A.N. Didron, "L'ancien Testament étant le miroir où se réfléchit la lumière directe du christianisme, on devait entendre dans le texte de la Loi ancienne comme le bégaiement du symbole de la Loi nouvelle."  

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    4°) Ces douze Prophètes précèdent l'Annonciation et la Visitation.

    C'est donc  une démarche typologique établissant des liens entre le texte biblique de l'Ancien Testament et le texte évangélique qui est exposée ici, dans une tradition bien établie dans les Arbres de Jessé, le  Speculum humanae salvationis et les Bibles des Pauvres. Néanmoins, le choix des Prophètes et des versets est différent de ces trois traditions, et est bien caractéristique des Credo. 

    Les 3 premiers phylactères parlent de la Création (premier rang à droite) et de l'Incarnation avec la naissance du Christ (Annonciation, Visitation, Anne et Joachim, etc.).

    Mais les autres phylactères préfigurent la Passion et la mort du Christ, sa Résurrection, sa montée aux Cieux, et surtout son retour pour la Seconde Parousie .

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    5°) Douze versets dans une vaste Horloge Sacrée.

    Il faut donc les resituer au cœur du damier des 96 panneaux et considérer ceux-ci comme la présentation du Temps Sacré,  animé par l'Histoire du Salut.

    Cette Histoire Sainte commence  par les 12 scènes de la Création : création du Monde et de l'Homme qui est aussi le début du Temps narratif. Et celui de la Chute.

    Puis vient le Temps Biblique vétéro-testamentaire avec les 12 panneaux des Patriarches. Un temps complètement révolu pour les chrétiens du 15e siècle, qui, comme nous aussi, comptent les années à partir de la naissance de Jésus-Christ. Qui n'ont presque aucune connaissance historique de l'Antiquité, mais une connaissance intime de Caïn et Abel, de Noé, d'Abraham ou de Jacob. 

    Dieu intervient dans le Temps en préfigurant par les Prophètes la nécessité d'un rachat ou Rédemption de la Chute par la naissance d'un Sauveur puis en accomplissant ce Plan : ce sont les douze panneaux des Prophètes et de la Vie de Marie.

    Les autres séries de douze panneaux exposent la Passion, la Mort, la Résurrection du Sauveur, mais aussi les différentes apparitions du Sauveur et enfin son Ascension puis la Pentecôte. Le cycle s'achève donc par la réception par les Apôtres des douze articles du Credo, douze langues de feu marquant l'intervention de l'Esprit Saint.

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    6°) Le passage du temps est indiqué par l'artiste: l'anachronisme comme marque d'altérité.

    Les Prophètes sont représentés portant une longue barbe en désordre, souvent grise pour souligner leur âge. Ils portent tous (sauf David) un chapeau à bord retroussé, ou un chaperon enfilé en cagoule (Michée) ou scapulaire (Zacharie), ou au pan pendant dans la nuque (Daniel). Ils sont vêtus de robes et manteaux serrés à la taille par une ceinture, parfois fourrés de vair ou d'hermines, aux manches longues comme des houppelandes. Ils sont tous chaussés de chaussures à bout pointus, comme les poulaines.

    Enfin, ils sont placés sur des sols à damiers et carrelages géométriques,  devant des fonds décoratifs à motif géométrique ou floral stéréotypé répété et non devant des fonds naturalistes ou damassés. 

     

    Les personnages sont tous  debout, occupant toute la hauteur du panneau. La tête est légèrement tournée ou inclinée vers leur compagnon de loge. Contrastant avec leur expression austère et leurs attitudes  figées, la gestuelle   est expressive, soit qu'elle désigne de la main ou de l'index le verset de la banderole, soit qu'elle soit élocutoire ou, comme pour Malachie, qu'elle exprime l'argumentation scholastique. A contrario, les regards sont tous détournés voire torves, lourds, dépourvus de la lumière de la Révélation.

    Comme l'a bien remarqué l'auteur de l'article du site de Châtelaudren, "ces caractéristiques s'opposent à celles des personnages de la chapelle Sainte-Marguerite, plus élégante et aux proportions plus harmonieuses." et  "Une distinction doit être faite entre les vêtements du chœur, qui étaient portés essentiellement dans la seconde moitié du 14e siècle et durant la première moitié du siècle suivant, et ceux de la chapelle Sainte-Marguerite, lesquels sont typiques de la mode du dernier tiers du 15e siècle." :

    "Dans le premier cas, les costumes les plus représentés sont des robes, parfois surmontées de pèlerines. Les manteaux sont souvent resserrés à la taille, et tombent à mi-jambes ou sur les pieds, dessinant dans certains cas de gros plis en reliefs. Certains sont doublés de fourrure, rembourrés aux épaules ou encore munis de manches pendantes. Certains costumes, comme les chaperons à crète ou à bourrelet, les chausses et les poulaines ont continué à être portés jusqu'à la fin du 15e siècle et se retrouvent dans les représentations de la chapelle Sainte-Marguerite. Dans celle-ci, on relève notamment les pourpoints resserrés aux hanches, les hennins, les robes au corsage ajusté dont la ceinture est portée au-dessus de la taille."

    Je citerai aussi Couffon :

    "Les figures sont bien dessinées au trait noir, les gestes des personnages sont justes, et les scènes, pleines de mouvement, sont très décoratives. Leur inspiration est toute française. Ainsi que nous l'avons indiqué au début de ces notes, les auteurs qui ont étudié ces peintures ont été unanimes à les attribuer à la générosité de Marguerite de Clisson ; mais un examen attentif montre que cela ne peut être. Si certains des costumes représentés dénotent bien en effet la fin du règne de Charles VI, la plupart datent seulement des règnes de Charles VII et de Louis XI.

    En particulier, si plusieurs personnages vêtus de robes courtes ou longues ont des manches ouvertes, beaucoup ont les manches serrées aux poignets et bouffantes à l'épaule, et plusieurs des robes ou pourpoints portent des mahoitres. Les toilettes féminines sont également décolletées en pointe avec tassel, mode due, comme l'on sait, à l'influence d'Agnès Sorel, et plusieurs dames sont coiffées du hennin, toutes choses qui dénotent la seconde moitié du XVème siècle. D'ailleurs le fait que les cavaliers portent le harnois blanc de plates qui précéda l'armure Maximilienne, viendrait confirmer cette époque s'il en était besoin et montrer ainsi que la décoration du lambris suivit de très près sa construction.

    Si donc l'on s'en tient aux costumes, l'on doit dater ces peintures de 1460 à 1485 environ, et elles sont en effet, à ce point de vue, toutes semblables aux miniatures de l'école de Fouquet, de Jean Colombe, du maître de Gérart de Roussillon ou de Guillaume Vrelant, Loyset Liedet, etc. 

    Vraisemblablement, c'est plutôt vers la dernière des dates précitées que l'on doit en fixer l'exécution si l'on veut bien remarquer que tant les architectures que les montants séparant les tableaux ne comportent plus rien de gothique."

    En fait, l'artiste a repris pour ses Prophètes les caractéristiques des enluminures de la fin du 14ème siècle notamment commandités par Jean de Berry, et on y retrouve les poulaines, les bonnets plus ou moins coniques et les amples manteaux.

    Je peux penser que cet anachronisme est délibéré, et qu'il cherche à ainsi témoigner de l'altérité temporelle du temps vétéro-testamentaire.

    De même, tout oppose les visages fermés, disgracieux, voire patibulaires des Prophètes et ceux des anges, de Marie ou d'Elisabeth dans les panneaux suivants.  Avant d'y voir (mais sans l'exclure) une stigmatisation des Prophètes comme Juifs, il faut envisager la possibilité d'une recherche de rendre l'altérité de la même façon par laquelle les enlumineurs de Touraine et de Bourges le font pour indiquer la différence entre un Musulman, un Romain ou un Oriental, et un Français. Néanmoins, on ne peut oublier que dans les Credo des calendriers ( cf. illustration infra), les Prophètes détruisent mois après mois les murs de la Synagogue alors que la Foi est à l'abri des murailles de l'Église : une certaine hostilité s'exprime alors.

    C'est donc dans une réflexion sur la césure entre les deux temps du Temps sacré, avant et après la Rédemption, que s'inscrivent peut-être ces différences stylistiques.

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    En conclusion, ce Credo prophétique sans Credo est un exemple unique, dont la singularité peut être soulignée.

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    BnF Rothschild 2529.  Breviarium secundum ordinem Cisterciencium, dit Bréviaire de Martin d'Aragon, Catalogne, 1380-1403, folio 9 copyright BnF Gallica

    BnF Rothschild 2529.  Breviarium secundum ordinem Cisterciencium, dit Bréviaire de Martin d'Aragon, Catalogne, 1380-1403, folio 9 copyright BnF Gallica

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    David et André, Latin 18014 Petites Heures de Jean de Berry, Paris (vers 1375) ; Bourges (1385-1390),   Credo des apôtres et des prophètes folio 1v copyright BnF Gallica.

    David et André, Latin 18014 Petites Heures de Jean de Berry, Paris (vers 1375) ; Bourges (1385-1390),   Credo des apôtres et des prophètes folio 1v copyright BnF Gallica.

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    ANNEXES : DEUX DESCRIPTIONS.

    I. BARRAL I ALTET  (Xavier), 1987, " Décor peint et iconographie des voûtes lambrissées de la fin du Moyen Âge en Bretagne". In: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 131ᵉ année, N. 3, 1987. pp. 524-567; doi : 10.3406/crai.1987.14524 http://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1987_num_131_3_14524

    "Un décor exceptionnel à Châtelaudren L'église Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren (Côtes-du-Nord) conserve deux ensembles de lambris peints assez exceptionnels qui décorent, l'un la voûte du chœur et de la croisée, et l'autre la chapelle méridionale Sainte-Marguerite12 (figs. 2, 3, 4). Mentionnée en 1389 et 1428, l'église actuelle de Châtelaudren est un monument composite des xve et xvie siècles, avec des parties plus récentes. Le plan présentait à l'origine une nef prolongée par un chœur et un chevet plat, dotée d'un bas-côté méridional, d'un porche d'entrée et d'une ou plusieurs chapelles. L'attribution récente de la fondation de l'église au comte du Goëllo apparaît comme vraisemblable, avant la mention, au début du xvne siècle, comme prieuré de Saint-Melaine de Rennes. Des travaux sont signalés au cours du xvme siècle, parmi lesquels on remarque en 1730 le lambrissage de la nef et du bas-côté. Les peintures des lambris du chœur et de la chapelle Sainte-Marguerite sont signalées dès 1849 par J. Geslin de Bourgogne, avant le classement de l'église, qui intervient en 1851, et les premières restaurations des peintures dirigées par le même Geslin entre 1851 et 1853. Divers travaux de restauration sont à nouveaux entrepris de 1877 à 1881 ; ils comprennent en 1879 l'exécution de divers relevés par le peintre Charles Lameire. Après une restauration de la couverture et la reconstruction de la flèche entre 1920 et 1922, la toiture est entièrement refaite entre 1950 et 1970, période au cours de laquelle prend place la restauration générale des lambris peints dirigée par Marcel Nicaud à partir de 1963. Ces restaurations ont permis de faire des observations techniques sur l'exécution des peintures et ont redonné une unité à l'ensemble en complétant par des ébauches les parties manquantes.

    La voûte du chœur couvre une surface d'environ 13 m de longueur sur 8 m de largeur. Une corniche de bois reçoit les lambris au nord et au sud, tandis qu'à l'est ils rejoignent directement la maçonnerie.

    A l'ouest on trouve le cintre de bois posé lors des restaurations récentes et la bande lambrissée qui commémore les restaurations du siècle dernier. Le lambris était fixé à l'origine par des vis et maintenu par des couvre- joints. Les planchettes de chêne sont de dimensions relativement régulières (0,55 m sur 0,15 m); au xixe siècle les lambris manquants ont été remplacés par des planches plus grandes en sapin. La peinture, qui utilise l'œuf comme liant, est posée directement sur le bois sans couche préparatoire. La mise en place du décor a été organisée sur la base d'un quadrillage déterminant des cases de 1 m de côté.

    Les 96 panneaux de la voûte du chœur sont distribués en huit rangées de douze panneaux chacune. Les panneaux sont séparés par des colonnes et encadrés par des arcades. La forme brisée de la voûte détermine la disposition des images suivant deux sens opposés ; de chaque côté, quatre bandes horizontales se lisent à la suite les unes des autres, d'est en ouest ou d'ouest en est, à partir du sommet méridional de la voûte jusqu'à la base septentrionale de celle-ci. Cette disposition permet au spectateur une progression régulière dans la lecture des images, simultanément des deux côtés de la voûte. Les illustrations de l'Ancien Testament occupent les vingt-quatre panneaux des deux lignes centrales de la voûte. Neuf développent le récit de la Création tandis que les huit suivants concernent les épisodes de la Chute. La postérité d'Adam et Eve occupe les quatre panneaux suivants, puis on trouve le Déluge et l'histoire de Noé. On remarque l'absence de la très populaire représentation de la tour de Babel. Abraham, Isaac, Jacob et la remise des Tables de la Loi complètent la série.

    La transition vers le Nouveau Testament est symbolisée par la présence des douze prophètes qui occupent six panneaux de la troisième rangée.

    Les soixante-six panneaux restants offrent un déroulement inspiré du Nouveau Testament qui commence avec l'Annonciation et la Visitation, décrit la naissance et l'enfance de Jésus en onze panneaux, insiste sur les trois tentations, résume la vie publique du Christ en six panneaux, et s'achève par le cycle de la Passion. Les trente-six panneaux consacrés à ce dernier débutent avec l'entrée à Jérusalem et accompagnent les actions du Christ jusqu'à la Mise au tombeau. On remarque que le cycle de la Passion est détaillé avec soin et que la succession des épisodes est régulière et sans manques. Cette immense bande dessinée s'achève par sept panneaux consacrés respectivement à la descente aux Limbes, la Résurrection, les trois apparitions — ici, dans l'ordre, pèlerins d'Emmaus, Marie-Madeleine, Thomas — , l'Ascension et la Pentecôte. La voûte de la chapelle Sainte-Marguerite couvre une surface d'environ 7,50 m de longueur sur 5,50 m de largeur, et le décor de la voûte lambrissée est complété par celui d'un tympan également en bois, de 5,50 m sur 2 m. L'organisation de la surface polychrome est ici plus complexe par la présence de trois programmes différents. La division de l'espace est cependant proche de celle de la voûte du chœur : six rangées de six panneaux chacune pour la voûte proprement dite, et deux registres pour le tympan. Le sens de la lecture est rigoureux, de gauche à droite et de haut en bas."

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    II. GESLIN DE BOURGOGNE :

    "Au-dessus du sanctuaire du chœur et de la nef se déroule l'histoire sacrée depuis le commencement des temps jusqu'au jour où le saint Esprit descendant sur les Apôtres, l'église de Dieu se trouve définitivement constituée : de  chaque côté de l'autel quatre rangs de 12 tableaux chacun, se lisent de haut en bas et de gauche à droite, de manière que chaque ligne prise au côté de l'épître [à droite] vous mène au côté de l'évangile [à gauche]. 

     Le premier rang à droite résume toute la tradition chrétienne jusqu'à la chute de l'homme. Le premier tableau dont, par malheur une moitié manque, renferme la création des esprits célestes qui paraissent encore en grand nombre, vêtus de blanc, prosternés et nimbés mais sans ailes. Le deuxième nous montre Jehovah sous la figure d'un vieillard vénérable coiffé d'une riche thiare et nimbé d'or. Il repose dans sa gloire, entouré des Vertus des Puissances, et des Dominations qui siègent autour de lui dans des sortes de stalles étagées. Le troisième tableau commence la Genèse, in principio creavit Deus  cœlum et terram.  Ici le Tout-Puissant a quitté son trône, il est seul, car par lui seul tout doit être créé; de la main gauche il tient une baguette dont il touche un globe à demi forme  et de la droite il le bénit il marche sur un gazon fleuri emblème de la félicité parfaite. Le quatrième nous présente le créateur mettant en quelque sorte en ordre, de sa main,  des flots des ondes et des nuages c'est le deuxième jour  de la Genèse et de la création, le sublime ouvrier sépare les eaux d'avec la  terre; les plantes naissent de toutes parts. Au sixième tableau vient le quatrième jour de la Genèse, le Seigneur d'un bras puissant lance un globe à travers les espaces. Le septième tableau renferme le cinquième et une partie  du sixième jour. Le Tout-Puissant est entouré des oiseaux des poissons, des animaux de toute sorte. Au huitième  tableau nous passons au deuxième chapitre de la Genèse.  Adam repose endormi dans le paradis terrestre Dieu forme  la femme; c'est de sa propre main qu'il la modèle comme toutes ses autres œuvres. Au neuvième tableau nous arrivons au 7ème jour le Très-Haut se repose sur son trône  et embrasse d'un coup-d'œil satisfait l'ensemble de la création.  Au dixième tableau Adam et Eve reçoivent du Seigneur la royauté terrestre qui met le sceau aux bontés du créateur 
    pour cette créature privilégiée mais en même-temps ils  reçoivent les préceptes qui doivent conserver leur lien de dépendance à l'égard du souverain maître. Dans leur chaste nudité, ils sont plus décents que bien des tableaux soi-disant religieux de nos jours; en les esquissant, l'artiste avait compris le verset de la Genèse Erat autem  uterque nudus Adam scilicet et uxor ejus et non erubescebant . Le onzième tableau en partie effacé comme le précèdent ne nous laisse plus voir que Eve recevant la fatale pomme ici le malin est femme jusqu'à la ceinture et du reste serpent ce qu'il y a de plus curieux, c'est que tandis que notre première mère est nue dans son innocence le tentateur a eu soin de couvrir d'une sorte de voile entr'ouvert la gorge de femme dont il s'est paré. Enfin le douzième tableau nous montre le châtiment suivant de près la faute, nos premiers parents honteux sont chassés à grands coups de verges du Paradis terrestre dont la porte est revêtue de fortifications du XIVème siècle. 

    Le premier rang de gauche nous présente la vie des patriarches  1° Adam travaille à la terre et Eve file; 2°. Eve allaite son premier né et Adam construit une cabane 3°. Caïn  offre un sacrifice devant un ciel vide 4°. Abel offre les premiers nés de ses agneaux et le Seigneur le regarde avec bonté; 5°. le meurtre d'Abel; 6°. construction de l'Arche; 7°. le déluge l'arche seule surnage sur les eaux 8°. Noé plante la vigne; 9°. Cham raille son père endormi; 10°. Sacrifice d'Abraham 11°. Jacob fait le songe de l'échelle mystérieuse ce tableau est fort endommagé et le suivant manque tout-à-fait. 

    Le deuxième rang à droite contient toutes les prophéties relatives au Messie d'abord viennent deux à deux les grands  prophètes en six tableaux. Tous, excepté Daniel sont âgés, chacun porte un phylactère sur lequel se lit un passage saillant de leur prophéties. – Le septième tableau représente l'Annonciation puis trois tableaux manquent, et le douzième montre, avec la Présentation au temple, la prédiction  d'Anne et de Siméon.


    Le deuxième rang de gauche renferme toute la vie privée du Sauveur. Les trois premiers tableaux sont consacrés aux  Mages le quatrième est fruste le cinquième nous montre  le massacre des Innocents le sixième la Fuite en Egypte; le septième l'intérieur de la maison de Nazareth le huitième Jésus-Christ au milieu des Docteurs les neuf, dix  et onzième les trois tentations dans le désert le douzième,  le Baptême par immersion du Sauveur par saint Jean. 

    Les douze tableaux qui suivent et qui forment le troisième rang de droite résument toute la vie publique du Sauveur jusqu'à la Passion, en commençant par les noces de Cana. 
    Le quatrième rang à droite représente la Passion depuis  l'entrevue de Jésus-Christ et d'Hérode jusqu'à l'épisode de Ponce-Pilate le livrant au peuple. 

    Enfin le quatrième rang de gauche commence par le crucifiement pour finir par la descente du saint Esprit sur les Apôtres. "(Geslin de Bourgogne 1848)

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    ANNEXE II. 

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    LES CREDO APOSTOLIQUES ET PROPHÉTIQUES DES MANUSCRITS DE LA BNF. 

    Classés par ordre chronologique  de la fin du 13ème siècle au début du 15ème, avce des extraits des Notices de la BnF.

    — Français 9220 Verger de Soulas ou Speculum theologiae France nord 13e siècle,  folio 13v Articles de la Foi Articula Fides mettant en parallèle 12 prophètes et 12 apôtres, avec leurs versets respectifs

    http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc570307

    http://visualiseur.bnf.fr/CadresFenetre?O=COMP-1&I=30&M=imageseule

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    —[Français 400 speculum humanae salvationis (trad. anonyme abrégée) 2eme moitié-fin 14e ]

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059177c/f5.item.zoom

    — Latin 10483-10484 Breviarium ad usum fratrum Predicatorum, dit Bréviaire de Belleville, 1323-1326 par Jean Pucelle fol.6r-v

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8451634m/f13.image

     

     — Nouvelle acquisition latine 3145 Horae Johannae reginae Navarrae Première moitié du XIV e siècle (vers 1330-1340) folio 4 à 9v

    La décoration du volume a été attribuée à quatre artistes dont trois issus de l’atelier de Jean Pucelle . Le successeur du maître, Jean le Noir , a dirigé le travail et illustré les deux offices les plus importants : ceux de la Vierge et de la Passion : cf. Le Trésor de la Sainte-Chapelle , 2001, cat. 46 ; Rouse, II, p. 79 ; Kyunghee Pyun et Anna D. Russakov, Jean Pucelle : Innovation et Collaboration in Manuscript Painting , 2013, p. 131-148. Le quatrième artiste a été identifié à Jean Mahiet à qui l’on doit la décoration de La vie et miracles de saint Louis (BnF, Français 5716): on reconnaît sa main dans la scène représentant s. Louis et Robert d’Artois portant les reliques de la couronne d’épines au f. 102 ( Trésor de la Sainte-Chapelle , fig. 150). 
    Légendes des peintures : voir la base en ligne : http://www.mandragore.bnf.fr et S. Cockerell, A descriptive catalogue of the second series of fifty manuscripts in the collection of Henry Yates Thompson , 1902, p. 167-179. 

    http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc71029k

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    — Latin 1052 breviarium parisiense Bréviaire de Charles V vers 1364-1370

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84525491/f25.image

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    — Latin 18014 Petites Heures de Jean de Berry, Paris (vers 1375) ; Bourges (1385-1390),   Credo des apôtres et des prophètes folio 1-6v

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8449684q/f9.image.r=Horae+ad+usum+Parisiensem+ou+Petites+heures+de+Jean+de+Berry.langEN

     Enlumineurs, Jean Le Noir (13..-1380).  Jean, Pucelle (1...- 1334).  Jacquemart de Hesdin. EnlumineurMaître de la Trinité.Cinquième Maître. Pseudo-Jacquemart. Jean de Limbourg. Enlumineur1375-1390 Date d'édition : 1410-1420. 

    Contributeur :  Jean Lavenant. Copiste

    Paris (vers 1375) ; Bourges (1385-1390). - Écriture : littera gothica textualis formata. Patrick de Winter identifie le copiste au scribe parisien Jean Lavenant : « The Grandes Heures of Philip the Bold… », in Speculum, 57, 1982, p. 814-815 ; Rouse, Manuscripts and their makers…, 2000, I, p....

    La composition du manuscrit est à rapprocher d’autres livres d’Heures de Jean de Berry : les Enseignements qui figurent aux f. 8-20 ont sans doute été copiés sur les Heures de Jean le Bon citées dans l’inventaire de 1413 au n° 968 (Guiffrey, Inventaires, 1894, I, p. 257). Le ms a peut-être servi de...Une mention inscrite sur le recto de la de la garde A ont incité les historiens à voir en Louis Ier d'Anjou le premier destinataire du manuscrit. L'ouvrage serait passé à sa mort, en 1384, à son fils Louis II d'Anjou : « … Et estoit escrit desus : Louys roy de Hierusalem et de Sicile, duc d’Anjou,...

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    — Français 13091 Psautier de Jean de Berry vers 1386 par André Beauneveu, Bourges Credo des Apôtres et des Prophètes, folio 7v-8 à 29-30.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84546905/f16.zoom

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    — BnF Rothschild 2529.  Breviarium secundum ordinem Cisterciencium, dit Bréviaire de Martin d'Aragon, Catalogne, 1380-1403, fol. 2v à 13v,   Credo des apôtres et des prophètes.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52000996s/f6.image

    Le calendrier, qui occupe les fol. 2-13, est orné, à chaque mois, d'une miniature à mi-page qui représente l'Église et la Synagogue. Près de l'Église on voit, au mois de janvier,saint Paul, et, aux autres mois, les destinataires de ses épîtres (en février les Romains, en mars les Corinthiens, en avril les Galates, en mai les Éphésiens, en juin les Philippiens, en juillet les Colossiens, en août les Thessaloniciens, en septembre Tïmothée, en octobre Titus, en novembre Philémon, en décembre les Hébreux) ; devant la Synagogue est un personnage de l'Ancien Testament, rapproché d'un personnage du Nouveau (en janvier Jérémie et Pierre ; en février David et Jean ; en mars Isaïe et Jacques fils de Zébédée ; en avril Daniel et André ; en mai Osée et Philippe ; en juin Sophonias et Thomas ; en juillet Michée et Barthélemy ; en août Joël et Mathieu ; en septembre Agée et Jacques ; en octobre Ézéchiel et Simon ; en novembre Malachie et Thadée ; en décembre Zacharie et Mathias). Les noms des mois sont écrits en catalan.  Le calendrier contient un curieux obituaire de la famille royale d'Aragon au XIII e et au XIVe siècle. 

    Manuscrit réalisé pour le roi Martin d'Aragon (1395-1410), dernier roi de la branche catalane, comme en témoignent ses armoiries, d'or à quatre pals de gueules (Aragon), aux ff. 17v., 18, 293v., 341v. et 374, la devise As a far fasses au fol. 17v. et l'obituaire dans le calendrier (de 1213, mort de Pierre II d'Aragon, à 1396, mort de Jean I d'Aragon, frère et prédecesseur de Martin). Le texte est à l'usage de l'abbaye cistercienne de Poblet, lieu de sépulture des rois d'Aragon. Le manuscrit passe ensuite à Alphonse V le Magnanime qui le fait compléter vers 1420-1430 (armoiries au f. 444v. : d'or à deux pals de gueules ; cet écu se retrouve dans d'autres manuscrits, Latin 5264 et Espagnol 8 ; emblèmes du roi : épis de millet, livre ouvert, siège périlleux de la Table ronde). Bibliothèque de Charles de Rothschild à Francfort-sur-le-Main. Collection James de Rothschild. Legs Henri de Rothschild à la Bibliothèque nationale en 1947.

     

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    — Latin 919 Grandes Heures de Jean de Berry 1400-1410 [achevé en 1409].

    Enlumineurs : Jacquemart de Hesdin ; pseudo-Jacquemart. Maître de Boucicaut. Maître du duc de Bedford. Le manuscrit présente aujourd’hui 24 miniatures d’allégories bibliques dans le calendrier et 28 miniatures illustrant le texte. Folio 1-6v. Calendrier avec saints parisiens en lettres d’or.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b520004510/f9.image
     

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    SOURCES ET LIENS.

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    — Dossier photographique restaurationshttp://www.culture.gouv.fr/public/mistral/mdp-etudes_fr?ACTION=RETROUVER_TITLE&FIELD_98=LOCA&VALUE_98=%20Bretagne%20&GRP=140&SPEC=3&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=100&MAX3=100&REQ=((Bretagne)%20%3ALOCA%20)&DOM=All&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P

    — SITE DE CHÂTELAUDREN

    http://www.chatelaudren.fr/fr/information/29512/les-lambris-peints-chapelle-rouge

    http://cdn1_3.reseaudescommunes.fr/cities/169/documents/8z79rggvywtfnx1.pdf

    — BERTHIER Emmanuel (pour la photo des transats jaunes dans son diaporama)

    http://www.tourismebretagne.com/decouvrir-les-destinations/baie-de-saint-brieuc-paimpol-les-caps/les-incontournables/chatelaudren/?utm_source=Newsletter&utm_medium=Newsletter&utm_campaign=NEW_FR_novembre_15

    — GESLIN DE BOURGOGNE : Bulletin Monumental, 1849, pp. 600-605.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k310344/f612.image

    — A. de Barthélémy : La légende de saint Budoc et de sainte Azénor (Mémoires de la Société 
    d'Emulation, année 1866, pp. 235 et suiv.).

    A. de Barthélémy, J. Geslin de Bourgogne, Anciens évêchés de Bretagne, histoire et monuments, Saint-Brieuc, 1879, V, p. 52-73 ;

    — A. de Barthélémy, L. Guimard, Résumé du rapport de M. de Geslin sur les peintures murales de Notre-Dame-du-Tertre, dans Bulletin monumental, XV, 1849, p. 600-605.

    Gaultier du Mottay : Répertoire archéologique des Côtes-du-Nord, 1883-84.

    — Abbé France :  Autour de mon clocher, etc

    COUFFON (René), 1936 Quelques notes sur les Origines de Châtelaudren et les Peintures de la Chapelle N.-D. du Tertre", Bull, et mém.  de la  Société d'émulation des Côtes-d'Armor   T. 68 p.145-159. 

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k58027444/f192.image.r=chatelaudren%20lambris

    — GAY Françoise), 1993, "Le choix des textes  des prophètes face aux apôtres du Credo" in , Colloque Pensée, image et communications ; à propos des stalles de Saint-Claude, Asprodic, p. 185-192.

    — LE GAC (Christian), 2015, « Mes journées du patrimoine 2015 »

    http://www.christianlegac.com/2015/09/mes-journees-du-patrimoine-2015.html

     

     

    — JUREZ-LANCIEN ( Yann), Châtelaudren  (Mairie de) , 1994, La Chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren 47 p. : ill., photogr., bibliogr. ; 23 cm.

    — SITE INFOBRETAGNE

    http://www.infobretagne.com/chatelaudren-notredame-du-tertre.htm

     

    —  MESNARD (Maurice), "Châtelaudren et sa chapelle de Notre-Dame du Tertre", Mémoires de la Société d'émulation des Côtes-du-Nord, t. C1X, 1981, p. 9-15.

    —  Thibout (Marc), 1949, , Notre-Dame-du-Tertre de Châtelaudren, dans Congrès archéologique de France, 107e session-Saint-Brieuc, 1949, p. 216-226.

    — Forget, 1984, La chapelle Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren, mémoire de maîtrise, Univ. de Rennes II, 

     


     

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    Published by jean-yves cordier
    1 février 2018 4 01 /02 /février /2018 19:49

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    Zoonymie des Odonates. Avant l'ère des noms, celle des enluminures. 39 libellules des manuscrits français (hors BnF) de la fin du XIVe à la fin du XVIe siècle.

     

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    Voir aussi :

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    Dans un article de 1991, l'entomologiste britannique Philip S. Corbet (1929-2008), pour dresser un bref tableau de l'histoire de l'odonatologie, décrivait six "brins" (il évitait délibérément le terme de "périodes" ou "ères" car ces Brins (Strands), une fois constitués, se poursuivaient sans s'interrompre).

    Il  distinguait ainsi le   Brin de l'Exploration, principalement pré-linnéen, puis  le Brin de la Codification, apparu en 1758 avec le Systema naturae de Linné, puis le  Brin de la Classification né en 1820, le Brin de l'Intégration (1913-), le Brin de l'Intercommunication rendu nécessaire par l'explosion des informations (1970-) et enfin celui de la Préservation (1980-), imposé par les destructions des habitats  engendrés par  l'importance croissante de l'impact humain.

    CORBET (Philip S​​​​​​.), 1991, A brief history of odonatology  Adv. Odonatol. 5 : 21-44 December, 1991.

    Cette systématisation, comparable à l'étude des cernes de croissance d'un tronc, pourrait reconnaître une partition plus générale autour de la parution en 1758 de la 10ème édition du Systema naturae de Linné :  le brin Pré-linnéen, ou Anonyme, car les insectes en général et les Odonates en particulier sont dépourvus de nom propres, précéderait le brin Post-Linnén, ou Nomenclatural, où chaque espèce va progressivement être dénommée, et placée dans le vaste système des noms de Genre, de Famille et d'Ordre.

    Le champ de la Zoonymie, étude des noms des animaux, ne débute donc en toute logique qu'après 1758. C'est d'autant plus vrai pour les Odonates, puisqu'avant cette date, le mot Libellula (et a fortiori Libellule) n'existe pas. 

    Néanmoins, toute science doit explorer non seulement son objet (ici, le nom des Odonates), mais aussi le terreau qui a permis le développement de son objet (ici, la période Pré-Linnéenne).

    Cette recherche peut porter sur la philologie, pour dénicher d'éventuelles appellations vernaculaires anciennes comme "Demoiselle", ou pour saluer l'apparition du nom Libella (1550) pour les larves puis les Libellules dans le langage scientifique, sur les ouvrages des naturalistes décrivant les Insectes (successivement ceux d'Aldrovandi en 1602, de Thomas Moufet en 1634, de Johann Swammerdam en 1669, d'Anton van Leuwenhoeck en 1695, de James Petiver en 1698 et de John Ray en 1710, de René-Antoine Ferchault de Réaumur en 1738 et 1742, ou de Roesel), ou enfin sur les illustrations qui permettaient de désigner un insecte en le représentant. 

    Ce sont précisément sur les seules illustrations que reposent notre compréhension des connaissances acquises sur les Odonates pour la large période précédant Aldrovandi, soit toute la période médiévale et de la Renaissance avant le début du XVIIe siècle. 

     

    Pour P.S Corbet, lors du très long Brin Exploratoire précédant le travail de Linné, des faits biologiques et des constatations subjectives ont été accumulés. P.S. Corbet suit les torons de ce brin dans l'art préhistorique du bronze ancien égéen, dans la poterie inca ou pré-inca du Chili et du Pérou, dans la littérature dans l'Épopée de Gilgamesh (3000-2000 av. J.C),  dans le glossaire Urra-Hubullu  des tablettes babyloniennes (à partir du XVIIIe siècle av. J.C), dans les peintures égyptiennes exécutées à partir du XVe siècle av. J.C, ou dans les symboles de libellules apparaissant en Chine sur de la vaisselle de cuivre, des carapaces de tortues ou des ossements oraculaires, de la dynastie Yin (Chang) du XVe au XIe siècle avant notre ère.

    Pour la période médiévale, il mentionne les libellules, magnifiquement dépeints dans certains bréviaires médiévaux, par exemple le Bréviaire de Belleville de l'atelier de Jean Pucelle à Paris (1323-1326 ), dans l'exemplaire de Berlin de la Bible de Gutenberg de 1453,  dans les Grandes Heures d'Anne de Bretagne illustrées par Jean Bourdichon ( 1503-1508), et dans le Bréviaire Grimani (1510-1520). "Il a fallu l'invention de l'imprimerie en Europe et la libération intellectuelle de la Renaissance pour révéler ce que les observateurs contemporains connaissaient  des libellules. Les progrès au cours du 16ème siècle ont été marqués par les activités impressionnantes des encyclopédistes, parmi lesquels le Suisse Conrad Gesner, et surtout l'Italien Ulisse Aldrovandi, qui  avaient des observations intéressantes à consigner."

    Mais si on se penche sur la période [0-1758] de  ce Brin Exploratoire, il devient vite évident qu'il faut placer deux jalons majeurs : la parution du De animalibus insectis d'Aldrovandi en 1602, mais aussi, pour les illustrations, la naissance de l'École de Gant-Bruges vers 1470. En effet, c'est avec cette école que vont apparaître, dans les Bordures à fleurs et insectes et les Attrapes qui la caractérisent, les premières représentations évocatrices d'espèces naturelles. 

    Je complète donc ainsi la schématisation de Philip Corbet (je ne donne que quelques exemples) :

    Brin Exploratoire ( < 1758) :

    période médiévale 1200->1470 : Marges des enluminures et dessins médiévaux ->Miniaturistes  de Bruges. 

    Bréviaire de Belleville BnF lat. 10483 de Jean Pucelle

    période pré-naturaliste I. 1470->1575 : Bordures florales  "au naturel" : Miniaturistes  de Gand-Bruges -> Hoefnagel

    – Jean Bourdichon,  Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508)

    – Simon Bening, Bréviaire Grimani (1510)

    période pré-naturaliste II. 1575->1602 : l'insecte devient objet de science, et occupe une place central dans l'illustration. Joris et Jacob Hoefnagel

    – Joris Hoefnagel, Ignis 1575-1580  et Jacob Hoefnagel Archetypa studiaque 1592

    période naturaliste 1602->1758 : Aldrovandi ->Linné.

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    Le corpus d'enluminure des deux premières périodes comportant des Odonates est suffisamment copieux, non seulement pour constituer un sujet d'étude à part entière, mais aussi pour devoir être diviser en plusieurs articles. Je me "limite" donc ici aux manuscrits français des bibliothèques de province (bases Enluminure et Initiales) avant de rédiger un second article à ceux de la  BnF (base Mandragore). 

     

     


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    LES ENLUMINURES DES MANUSCRITS DES BIBLIOTHÈQUES  EN FRANCE .

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    Le site publique Enluminure indique la présence de libellules sur six manuscrits, et le site Initiale de lRHT-CNRS sur quarante manuscrits : les voici par ordre chronologique approximatif  :

    (Les textes en retrait sont des citations des notices de  l'IRHT, pour les distinguer de mes commentaires d'amateur ).

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    — Lyon BM 5146, Heures, latin, France, fin 14e siècle folio 146v.

    Libellule aux ailes étendues, nervurées, blanches à points orange, parmi des rinceaux, des fleurs de chardon et des fraises des bois. 

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/2568

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    Lyon BM 5146, Heures, latin, fin 14e siècle folio 146v

     

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    —  Chambéry - BM - ms. 0004 Bréviaire franciscain, Bréviaire de Marie de Savoie  vers 1430, Italie du Nord (Milan), folio 385.

    Enluminures atribuées au Maître des Vitae imperatorum, enlumineur italien, actif à Milan dans le second quart du 15e siècle (attesté après 1428-1449). Nommé d'après un manuscrit de la traduction italienne de Suétone, Paris, BNF, ital. 131, daté de 1431. Cf. F. Lollini, "Maestro delle Vitae Imperatorum", dans Dizionario biografico dei miniatori italiani, secoli IX-XVI, éd. M. Bollati, Milan, 2004, p. 587-589.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/intervenant/1926

    Lire : Anne Ritz-Guilbert, « Extrait de la deuxième partie (chapitre I) « Le Bréviaire de Marie de Savoie, un manuscrit à plusieurs mains », p. 75-93. », in Des drôleries gothiques au bestiaire de Pisanello. Le Bréviaire de Marie de Savoie, Paris, INHA/CTHS (« Les Essais de l'INHA »), 2010, http://journals.openedition.org/inha/2943

    "Dans le Psautier, le Maître des Vitae ne s’est pas contenté d’enluminer les initiales historiées. Il exécute aussi la plupart des illustrations marginales, que ce soit les animaux, singe de ménagerie (f. 319), chien courant après un lièvre (f. 319v), guépard (f. 319v), paon (f. 340), sauterelle verte (f. 346v), ou encore les putti. Il n’a pas son pareil pour suggérer l’épaisseur d’une fourrure ou la délicatesse des nus enfantins. Il suffit de mettre côte à côte le putto de sa main du f. 353, aux formes rebondies, jouant de la cornemuse assis sur un coussin dans l’herbe étoilée, et celui d’un collaborateur au f. 594v, à l’ossature maladroitement saillante, assis lui aussi sur un coussin posé dans une herbe aux formes floues, pour en être convaincu. Sa virtuosité dans le rendu du mouvement et de la robe tachetée du guépard bondissant dans la marge du f. 319v  n’est en rien comparable à la manière du collaborateur qui a peint sans grand effet volumétrique, tranquillement posé sur un réceptacle d’herbe au f. 511, un autre spécimen de la même espèce. Seules les illustrations marginales du f. 367v, oiseaux et putti, et la libellule du f. 385 sont d’une qualité inférieure." Ritz-GUILBERT  Folio 009v 

    La libellule occupe la  marge supérieure ; c'est un insecte à trois ailes bleues étendues (Anisoptère), au thorax et à la tête verte, à l'abdomen segmenté, au thorax ovoïde, aux yeux jaunes écartés (Zygoptère), avec quatre longues antennes en fouet.

     

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/2568

     

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    Chambéry - BM - ms. 0004 folio 385 Bréviaire franciscain vers 1430. Site Enluminure.

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    Tours, BM, 0218, Heures dites de Charles V à l'usage de Rome, Belgique (Bruges), vers 1450, f. 150.

     Page décorée de  fleurs dont des roses, d'oiseaux, et d'une libellule. Cette dernière, peinte de profil, a l'abdomen velu, noir à segments blancs, avec une queue en fouet. Les six pattes noires, les yeux séparés et le thorax sont convaincants, mais les ailes semblent contaminées par la forme des fleurs bleues voisines.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/67189

    http://bvmm.irht.cnrs.fr/mirador/index.php?manifest=http://bvmm.irht.cnrs.fr/iiif/8369/manifest&canvasId=http://bvmm.irht.cnrs.fr/iiif/8369/canvas/canvas-1267234

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    — Lyon MS 6022 , Livre d'Heures à l'usage de Rome, latin, France de l'ouest (Angers), vers 1450-1460  folio 74-75.

    Encadrement orné, initiale ornée (en nombre), page décorée (en nombre), encadrement animé, encadrement historié, miniature en marge (24), initiale à figure (2), miniature (12), bout-de-ligne orné (en nombre), or, couleur. Attribution au Maître de Jouvenel des Ursins. 

    La libellule, de profil, est gris-brun ; l'abdomen est segmenté, le thorax et les yeux imprécis, les ailes en raquettes. Les antennes longues et courbées sont irréalistes. Voir la page entière ici.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/2600

     

     

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    —  Clermont-Ferrand - BM - ms. 0084 Heures à l'usage des Antonins, France du sud-est (Savoie)3ème quart XVe s (1450-1475), folio 088 .

     Enluminure par le Maître du Prince de Piémont, enlumineur actif vers 1460-1470 en Savoie et dans le Lyonnais, au service de la maison de Savoie. Nommé d'après le manuscrit Stuttgart, Württemb. Landesbibl., ms. HB I 175, qui porte les armoiries du futur duc de Savoie, Amédée IX en tant que prince de Piémont (1439-1465). Cf. F. Avril et N. Reynaud, Les manuscrits à peintures en France 1440-1520, Paris, 1993, p. 209.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/intervenant/1997

    Marge extérieure : Enfant nu assis sur une  libellule. Libellule bleue, à l'abdomen fin et segmenté, aux ailes semi-étendue, aux yeux contigus, aux trois antennes longues en fouet. Odonata sp.

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     Clermont-Ferrand - BM - ms. 0084 folio 088 Heures à l'usage des Antonins.(3ème quart XVe s (1450-1475). Enfant nu et libellule. 

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    —  Marseille - BM - ms. 0112 Heures à l'usage de Troyes ( ?) France de l'est (Troyes), 3ème quart du  XVe s (1450-1475 ) folio 084 . 

    Artiste du "Paris, BNF, ms. lat. 00865A", le Missale Trecense. Style archaïque par rapport à la date présumée de l'exécution du décor de ce ms. Influence des continuateurs tardifs du Maître de Bedford, rappelant l'art des années 1410-1420. Artiste dont on retrouve la main dans un certain nombre de livres d'Heures : "Paris, BNF, ms. lat. 10471", "Paris, BNF, ms. lat. 13273", "Nancy, B. m., ms. 0036", "Troyes, B. m., ms. 0117". (http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/2769?contenuMaterielId=7298)

     

    La libellule occupe la marge extérieure. Insecte à six pattes, à deux ailes à allure foliaire repliées le long du corps, aux yeux séparés l'un de l'autre. L'abdomen blanc, segmenté, forme une crosse dont l'extrémité repose sur une sorte de sac beige, ouvert en entonnoir vers la droite. 

    Ce qui serait fabuleux, ce serait d'imaginer que l'artiste ait voulu représenter une libellule lors de son émergence. Le sac, qui est segmenté, serait alors son exuvie, l'apparence gondolée, molle et fripée des ailes serait celle d'un insecte immature, et nous aurions alors une observation particulièrement précoce et attentive de ce stade de développement. Faut bien rêver ! Les découpes en zig-zag du thorax pourraient être liées aux stigmates des modifications qui se sont déroulées.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/52358

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    Société Limousine d'onatologie. Tout doucement, le thorax, la tête, les pattes s’extirpent de l’enveloppe. La libellule se trouve la tête en bas, l’abdomen encore coincé. Elle s’immobilise ainsi de longs moments, comme pour reprendre ses forces.D’un violent coup de rein, elle se redresse, et libère son abdomen. Elle a alors entièrement quitté son enveloppe larvaire.

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     Marseille - BM - ms. 0112 folio 084 Heures à l'usage de Troyes (?) 3ème quart du  XVe s (1450-1475).

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    —  Marseille - BM - ms. 0112 Heures à l'usage de Troyes (?), France de l'est (Troyes),  3ème quart du  XVe s (1450-1475) folio 084v .

    L'artiste a reproduit en miroir sa libellule sur le verso. La peinture est mieux distincte, et mon hypothèse me semble encore plus crédible.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/52359

     

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    — Tours, BM, 2273 A, Heures (fragment), France de l'ouest (Touraine, Tours ?), 15e s. (1475-1499)  f. 026v,

    Page décorée avec une libellule et des  pâquerettes. La libellule au corps bleu ressemble à un petit poisson, mais la segmentation est soigneusement peinte.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/15303

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    Amiens, Bibl. mun., ms. 0200,  Heures à l'usage de Paris vers 1460 (France du Nord ; Amiens?) f. 095.

     

    Heures à l'usage de Paris latin , français France du nord (Amiens) vers 1460, page décorée, miniature (35), initiale ornée (en nombre), initiale champie (en nombre), initiale cadelée, encadrement animé, armoiries, couleur, orAttribution au Maître de Rambures et au Second maître des Grandes Chroniques Peinture du f. 31 par le Second maître des Grandes Chroniques selon Cat. Avril-Reynaud, du Premier Maître des Grandes Chroniques de France selon M. Gil 'Miniatures flamandes'.
    Possesseur Jacques de Rambures, sire de Dompierre (destinataire) et Corbie, abbaye Saint-Pierre

    Heures à usages multiples : Paris (heures de la Vierge), Thérouanne (office des morts), Amiens 

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/202?contenuMaterielId=507


    Maître de Rambures, Picardie, Hesdin, enlumineur nommé d'après Amiens, BM, ms. 200, exécuté pour Jacques Rambures (mort en 1488). Actif dans le troisième quart du 15e s. en Hesdin où, vers 1460, il collabore avec Loyset Liédet, et, vers 1460-1470, en Picardie (probablement Amiens, cf. S. Nash, Between France and Flanders. Manuscript Illumination in Amiens in the Fifteenth Century, Londres, 1999, p. 194-204). Il maintient des connexions artistiques avec Bruges. Cf. T. Kren et S. McKendrick, Illuminating the Renaissance: The Triumph of Flemish Manuscript Painting in Europe, Los Angeles, 2003, p. 255-256

    http://initiale.irht.cnrs.fr/intervenant/2015

    Bordure de la représentation de David s'adressant à Yahvé le psaume pénitentiel n°6.  Domine ne in furore tuo arguas meParmi des fleurs bleues, rouges ou pourpres,  sont peints deux hybrides anthropomorphes musiciens.  Un joueur de cornemuse occupe la marge droite, et un autre être, aux ailes et abdomen de libellule, jouant d'un instrument à une seule corde, occupe la marge inférieure. Ce monocorde ressemble fort à la trompette marine, mais l'artiste a omis de représenter l'archet. Le musicien, entièrement bleu,  au buste de jeune garçon possède l'abdomen segmenté à extrémité effilée et les deux paires d'ailes roses aux ptérostigmas marqués par des taches saumon.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/91042

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    Il me paraît judicieux de montrer le joueur de cornemuse  de la marge latérale droite.

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    — Lyon BM 5147, Heures (Belgique, Flandres?), 1450-1499 folio 080.

    Dans la très riche bordure florale, il est plus facile de reconnaître l'Ancolie ou les deux oiseaux que le frêle insecte de la marge verticale droite. Son corps losangique et ses ailes en deux éventails se distinguent néanmoins, et on ne peut qu'admirer avec quelle minutie le miniaturiste a peint chaque patte et chaque segment.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/2569

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    Lyon BM 5147, Heures (Belgique, Flandres?), 1450-1499 folio 080.

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    Chaumont, BM, 0033, Bréviaire à l'usage de Langres, France de l'est (Bourgogne ?), après 1481,  f. 330. Page décorée de fleur, de fraise, et d'un enfant nu sur une (?)  libellule.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/10970

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    Avignon, BM, 0146 Missel, avant 1585, f. 001. Page décorée, avec armes de Georges d'Armagnac, Insectes (chenille, libellule, coccinelle, mouche), fleur, oiseau, gerbe de blé. Devise : "exinanitus repleo".

    La libellule est peinte en bleu, avec les ailes semi-redressées comme les Zygoptères. Les antennes en corne et le "museau", ou la position des pattes, montrent que, malgré la date tardive (Hoefnagel a peint déjà son Aeshna cyanea  parfaitement fidèle au modèle !), l'artiste se préoccupe d'avantage de la stylisation remarquable de la composition que de l'observation de la Nature.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/7172

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     — Chantilly, Musée Condé, 0564 (1047) Recueil de ballades et de chansons, France ou Italie, 15e s.  f.037. Tête de chien-libellule.


    Prolongement marginal.  Représentation associée dans la même marge d' une tête de chien et d' une libellule (Anisoptère).

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/78281

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    Autun, BM, S 151  Pontifical romain d'Antoine de Chalon, evêque d'Autun  , France de l'est (Bourgogne) 1483-1500  f. 091


    Page décorée, miniature pleine page (1), miniature (5), encadrement historié (1), encadrement animé, initiale ornée, initiale juridique, armoiries , couleur, or
    Attribution au Maître des prélats bourguignons  (attesté vers 1475-1510) enlumineur actif en Bourgogne dans le dernier quart du 15e s. et la première décennie du 16e. Nommé d'après sa clientèle principale, des dignitaires ecclésiastiques d'Autun, de Langres et de Dijon. Il enlumine de nombreux livres liturgiques et livres d'heures. Cf. F. Avril et N. Reynaud, Les manuscrits à peintures en France 1440-1520, Paris, 1993, p. 393. Pour son corpus voir aussi M.-F. Demongeot-Bourdat, "Un livre d'heures inédit de la famille Berbisey", Art de l'enluminure, 13, 2005, p. 16-39. 

     http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/398?

    http://initiale.irht.cnrs.fr/intervenant/1925

    La libellule aux allures sommaires possède deux caractéristiques notables : les ailes bleues — comme Calopteryx virgo — et l'extrémité de l'abdomen qui est bifide, afin de représenter les appendices anaux.

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    Toulouse, BM, 0135, Heures à l'usage de Rome, France du sud-est (Provence), 1480-1490  f. 035. Marge extérieure Singe tenant une libellule en laisse . Le singe est assis sur un tabouret.

    Le enluminures sont attribuées à l'entourage du . Le  Maître du Coeur d'Amour épris, enlumineur et peintre actif probablement en Anjou ou en Provence, dans la seconde moitié du 15e s. Nommé d'après l'exemplaire du Livre du Coeur d'Amour épris de Paris, BNF, fr. 24399. Il enlumina aussi entre autres le Trésor des histoires, Paris, BNF, ms. fr. 1367, un Code de Justinien portant les armoiries de Pierre de Laval (Louvre) et un tableau, le Retable Beaussant (cathédrale d'Angers). Cf. Splendeur de l'enluminure. Le Roi René et les livres, dir. M.-E. Gautier, Angers, 2010, no. 28, p. 304-305. http://initiale.irht.cnrs.fr/intervenant/1984

    S'il est attesté que les enfants des siècles passés s'amusaient à attraper des papillons et à y attacher un fil pour les faire voler à leur guise, je n'ai pas de témoignage de cette pratique avec les libellules, hormis, indirectement, cette enluminure. Abdomen et thorax cylindriques. Couleur bleue pour l'ensemble du corps et des ailes, qui sont divisées en quatre ou cinq secteurs frappés d'une ocelle. Décoratif mais non naturaliste.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/59480

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    Toulouse, BM, 0136, Heures, France, vers 1480-1490  f. 159

     

    Page décorée d' oiseaux dont un paon, de libellule, de pensées et  acanthe. L'artiste a distingué le thorax et la tête par une couleur brune, tandis qu'il a peint l'abdomen en bleu-vert à segments blancs. Les ailes, nervurées comme des feuilles de Plantain, sont dressées (Zygoptère) et de couleurs bleu et vert. Les appendices anaux sont ébauchés. 

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/97621

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    Amiens, BM, Lescalopier 020 Heures à l'usage de Rome France du nord (Picardie) vers 1495 f. 019v.

     

    La Notice précise : "Enluminures attribuées au Maître d'Antoine Clabault. Bordures au naturel s'inspirant des modèles ganto-brugeois."

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/6051?contenuMaterielId=664

     Le Maître d'Antoine Clabault 15e s. (attesté vers 1490-1500 ), actif à  Amiens, est un enlumineur amienois actif vers la fin du 15e s. Nommé d'après un Epistolier (Paris, BNF, Arsenal, ms. 662) décoré pour Antoine Clabault (mort en 1504), échevin et plusieurs fois maïeur d'Amiens. Cf. F. Avril et N. Reynaud, Les manuscrits à peintures en France 1440-1520, Paris, 1993, p. 390-392.

    N.B : l'Epistolier à l'usage d'Amiens ne comporte pas de bordures florales.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/intervenant/2006

    Le Maître d'Antoine Clabault est aussi l'enlumineur de deux miniatures du Missel à l'usage d'Amiens, Amiens BM 0163 : ces miniatures possèdent des bordures à fleurs et insectes "au naturel", dont l'ombre est projetée dans un effet de trompe-l'œil donnant l'illusion que ces spécimens étaient posés sur la page. Or, ces ombres sont également présentes autour des fleurs et de la libellule du folio 19v, venant du haut et du centre du manuscrit.

     

    Parmi les  fleurs se reconnaissent des  roses, des feuilles d'acanthe, des bourraches, des fraisiers, des violettes ou des pâquerettes alors que les insectes du folio 20 sont une coccinelle, et un papillon, voisinant avec un  paon  et  des noeuds d'entrelacs.

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    La vue de dessus de l'insecte est rare. L'abdomen noirâtre est effilé,  les ailes blanches sont dressées, marquées de points noirs centraux. L'écartement des yeux des Zygoptères a été correctement observé.

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    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/91817

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    Paris, Bibl. Mazarine, 0483 Heures à l'usage de Paris, France du nord (Paris), 15e s. (fin) f. 025v.

    Page décorée initiale ornée, initiale champie, bout-de-ligne champi, marge ornée, marge 1 côté, ornementation, cloisonné, insecte, feuille d'acanthe, fleur. Fleur en bout-de-ligne. Insecte : libellule ? Alternance fond or et fond réservé.

    Si nous pouvons confirmer qu'il s'agit d'une libellule, et même d'un Zygoptère aux ailes – bleues – dressées, ce sera tout, car l'artiste a donné un croquis né de son idées (vague) des Odonates mais ne s'est pas livré à une observation des espèces naturelles. 

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/26664

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    Autun, BM, S 137  Missel à l'usage d'Autun, France, 15e s. (fin)  f. 001


    Page décorée, avec armes du chanoine Jacques de la Boutière Insectes (mouche, libellule), fleurs (chardon, pâquerette), perruche.

    Libellule aux ailes dont le bleu métallique est plus foncé aux extrémités. Corps et yeux bleus. Thorax ovoïde, abdomen segmenté, quatre pattes noires visibles.

     

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/385

     

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    Paris, Bibl. Mazarine, 0381, Psautier-hymnaire dominicain, France du nord ou Belgique, 15e-16e s. ?  folio 015. 

    Page décorée, avec armes ajoutées de la famille Pardieu et Vaudricourt
    Début du texte encadrement orné, encadrement animé, encadrement armorié, marge ornée, marge animée, marge armoriée, héraldique, marge 4 côtés, initiale ornée, initiale filigranée, lettre B, lettre S, lettre E, lettre N, lettre I, ornementation, coccinelle, libellule, tige, feuille, pensée, écu armorié, couronne d'épines, coeur ornemental
    Les armoiries ont été ajoutées (Samaran et Marichal, 1959).

    Les initiales ornées, de manière ancienne, tranchent avec les bordures peintes 'au naturel' (fleurs, fruits, insectes) de style ganto-brugeois.

    Manuscrit donné en 1514 par 'soeur' Ysabeau de Waudricourt (dominicaine ?) à sa nièce, 'soeur' Marie de Pardieu (dominicaine ?), fille de David de Pardieu, gouverneur d'Eu et seigneur d'Assigny (Seine-Maritime) (CGM).

    Leroquais, Psautiers..

    Libellule aux ailes hyalines dressées (Zygoptère), à l'abdomen cylindrique fin bleu, segmenté. thorax bleu à bandes noires ; yeux bleus. Appendices anaux ébauchés. 

    Là encore, les ombres des objets naturels sont portées pour accentuer l'effet de vraisemblance sur le fond d'or mat ponctué comme un cuir. Les deux autres insectes sont des coccinelles, les fleurs évoquent les Pensées sauvages  Viola tricolor. Tous ces objets ne sont peut-être pas exacts sur le plan botanique ou entomologique, mais sont parfaitement crédibles et la volonté d'illusion naturaliste est évidente.

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    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/80690

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    Paris, Bibl. Mazarine, 0381, Psautier-hymnaire dominicain, France du nord ou Belgique, 15e-16e s. ?  folio  048.

     Encadrement orné, encadrement animé, marge ornée, marge animée, marge 4 côtés, initiale ornée, initiale filigranée, lettre D, Ps 026 (27) texte, lettre Q, lettre S, lettre U, lettre E, ornementation, papillon, libellule, tige, feuille, ancolie, rinceau, bande perlée

    Libellule fine, entièrement bleue, aux ailes bleues mais transparentes dressées (Zygoptère), au thorax strié, à l'extrémité de l'abdomen bifide.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/80692.

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    Paris, Bibl. Mazarine, 0381, Psautier-hymnaire dominicain, France du nord ou Belgique, 15e-16e s. ?  folio  067v

    Encadrement orné, encadrement animé, marge ornée, marge animée, marge 4 côtés, initiale ornée, initiale filigranée, lettre D, Ps 038 (39) texte, lettre P, lettre A, lettre C, lettre L, lettre E, lettre U, ornementation, coccinelle, libellule, tige, feuille, feuille d'acanthe, rose, rinceau, bande perlée.

     

     

     

    Libellule fine, bleue, aux ailes transparentes dressées (Zygoptère), au thorax strié, à l'abdomen annelé.

     

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    Paris, Bibl. Mazarine, 0381, Psautier-hymnaire dominicain, France du nord ou Belgique, 15e-16e s. ? f. 167 

    Les initiales ornées, de manière ancienne, tranchent avec les bordures peintes 'au naturel' (fleurs, fruits, insectes) de style ganto-brugeois.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/6458?contenuMaterielId=8934

    Libellule fine, bleue, aux ailes transparentes dressées (Zygoptère), au thorax ovoïde, à l'abdomen cylindrique.

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    Auxerre, Cath., n°012 Heures, France du nord 15e-16e s,  f. 169.

    Cycle de saint Marc Médaillons en marge. Cycle narratif. Représentation associée avec saint Marc écrivant. Une libellule, une mouche et un oiseau en marge. Écu tenu par un ange ; crosse épiscopale en marge inférieure. Libellule, hybrides zoomorphes, fleurs et fruits.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/66968

    Libellule grisâtre aux ailes dressées (Zygoptère), aux yeux écartés, mais dont les proportions entre le thorax et l'abdomen ne sont pas naturelles.

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    — Lyon, BM, ms. 5125. La Vie du Christ France du nord (Paris), 1506 Folio 134v

    Auteur, Ludolphus Saxo. Auteur secondaire, Guillaume Le Menand (traducteur) ?  Possesseur, Philippe de Gueldre (destinataire). Premier volume (second volume autrefois dans la collection H. Yates Thompson).

     

    Attribué au Maître de Philippe de Gueldre, enlumineur parisien, actif dans la première décennie du 16e siècle. Nommé d'après la Vie du Christ, enluminée pour la duchesse de Lorraine, Lyon, BM, ms. 5125. Outre la famille de Lorraine, il travailla pour Louise de Savoie et le cardinal Georges d'Amboise et fournissait des illustrations pour les imprimés de luxe d'Antoine Vérard. Cf. F. Avril et N. Reynaud, Les manuscrits à peintures en France 1440-1520, Paris 1993, p. 278.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/2547?contenuMaterielId=7031

    Libellule aux ailes hyalines  dressées aux yeux, au thorax ovoïde et à l'abdomen jaunes. Yeux écartés comme les Zygoptères.

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    — Lyon, BM, 1558   Heures à l'usage de Rome,  Heures d'Anne de Bretagne et de Marie d'Angleterre , latin, France de l'ouest (Touraine) avant 1504 ? vers 1510-1515. Folio 008.

    Attribution Jean Poyer. Datation ramenée à avant 1504, si on accepte cette date pour la mort de Jean Poyet.  La décoration semble néanmoins un peu plus tardive : vers 1510-1515. Possesseur : Anne de Bretagne, reine de France ; Marie d'Angleterre, reine de France. 

     

     Jean Poyer, peintre et enlumineur documenté à Tours de 1465 à 1498, mort avant 1504. Formé sous l'influence de Jean Fouquet. Sa première œuvre documentée, le retable de la chartreuse du Liget, date de 1485 ; la plupart de ses travaux, dont les manuscrits enluminés pour Anne de Bretagne [Livre de prière d'Anne de Bretagne]  et Charles VIII  datent des années 1490-1500. Il est mentionné parmi les artistes défunts par Jean Lemaire des Belges dans La Plainte du Désiré, composé en 1504. Cf. M. Hofmann, Jean Poyer: Das Gesamtwerk, Turnhout, 2004 et M. Hofmann, "Jean Poyer", dans Tours 1500, capitale des arts, dir. B. de Chancel-Bardelot, P. Charron, P.-G. Girault et J.-M. Guillouët, Tours, 2012 , p. 243-246. Voir les Heures d'Henry VIII Les Heures Petau

    Le folio 8 est commenté ainsi  : "le Lion de S. Jérôme, encadrement avec fleurs, fruits, insectes dans le goût du Maître des fleurs ". Sur le Maître des Fleurs, voir J.L. Deuffic 2011. Or, le manuscrit Arsenal ms 638 folio 4v montre dans une (et une seule) enluminure du Maître des Fleurs une belle libellule.

     

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/2531
    http://bvmm.irht.cnrs.fr/consult/consult.php?mode=ecran&panier=false&reproductionId=12469&VUE_ID=1333077&carouselThere=false&nbVignettes=4x3&page=1&angle=0&zoom=grand&tailleReelle=

    C'est l'un des plus beaux exemples de cet inventaire. Le folio 8, le premier à être enluminé après le calendrier, est aussi le seul des 95 folio à bénéficier de cette bordure totalement étrangère à l'Antienne de saint Jérôme, docteur de l'Église, et à la scène narrative centrale, qui s'y découpe plutôt qu'elle ne s'y intègre. Le texte dit :  De Sainct Jherosme. Antienne. La scène montre un âne ou mulet bâté, le lion de saint Jérôme et, au loin, deux personnages devant une église. Aucun rapport avec la bordure. Celle-ci accueille un lys martagon, une rose ponceau, un œillet, une fraise des bois, des violettes, une paquerette et une fleur de bourrache. Outre la libellule, l'artiste a peint une coccinelle, et deux papillons. Celui de gauche, bleu et brun, est trop fantaisiste, avec ses longues antennes plumeuses, pour être identifié, mais celui de droite, à l'aile fauve à ocelle et bordure crème, possède une certaine ressemblance avec le Fadet commun Coenonympha pamphilus L.

    Ce type de bordure ne se retrouve pas non plus dans les autres manuscrits enluminés par Jean Poyer, pour ceux que j'ai pu consulter : on peut penser à un emprunt ponctuel à l'art flamand, ou au travail d'une main étrangère.

    L'un des éléments remarquables est l'ombre portée par les plantes et les insectes, dans une volonté de trompe-l'œil et avec une lumière venant du milieu du manuscrit. Cette ombre n'est pas appliquée sur la page de gauche, entièrement vouée à la scène hagiographique.

     

     

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    —  Rouen - BM - ms. 3028 Heures à l'usage de Rome Belgique (Bruges) vers 1510-1525 et XVIe siècle ( troisième quart ?), folio 115-115v .

      Libellule/Papillons/Pensée.

    Ce manuscrit est attribué à Simon Bening et à son atelier  à Bruges (Flandres) : il illustre donc le style de l'école ganto-brugeoise, dans sa période tardive. Selon les commentateurs, la présence répétée d'anémones et de tulipes – introduite en Europe occidentale à partir des années 1550– semble indiquer que le décor a été exécuté en deux campagnes. 

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    Simon Bening, enlumineur né en 1483 ou 1484 probablement à Gand, mort en 1561 ; fils de Sanders (Alexander) Bening, enlumineur de Gand. Il apparaît au registre de la Guilde de Saint-Jean et Saint-Luc de Bruges en 1500 et s'installe définitivement dans cette ville en 1519. Sa première œuvre documentée, le Livre d'Heures d'Imhof (collection privée), date de 1511. Son style se développe sous l'influence de Gérard David, peintre et enlumineur de Bruges, et de Joachim Patinir, peintre d'Anvers (traitement des paysages). Il travaille pour une clientèle issue des familles royales, de la haute noblesse et de la bourgeoisie, surtout dans le domaine des Habsbourg (l'empereur Charles Quint, la famille royale du Portugal, le cardinal Albrecht von Brandenburg, et probablement Henri III de Nassau). Cf. T. Kren et S. McKendrick, Illuminating the Renaissance : The Triumph of Flemish Manuscript Painting in Europe, Los Angeles, 2003, p. 447-448. Voir : Section des Manuscrits enluminés, notice de « Rouen, BM, 3028 (Leber 0142) » dans la base Initiale. Catalogue des manuscrits enluminés, http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/5109, consulté le 29.01.2018.

     

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    On notera les bouts-de-ligne en rinceau, les larges bordures "au naturel", sans encadrement,  comme si des échantillons de fleurs, des spécimens d'insectes ou de menus objets familiers (médailles, pièces) étaient conservés dans les pages où ils sont parfois épinglés ou en trompe-l'œil  (ce que reprendra Hofnagel) . Le naturalisme est parfois spectaculaire (papillon, chenille et  et souci f. 095v). Les fleurs sont parfois placées, comme cette Pensée du folio 184, dans un verre d'eau.

    La libellule occupe la marge inférieure, et une fleur de Bourrache (Borago officinalis) [ou d'Ancolie ?] placée en arrière souligne la transparence des ailes. Les nervures sont représentées, mais de façon fantaisiste ; et des virgules correspondent peut-être aux ptérostigmas. Les yeux sont séparés. Le thorax, striè, est différencié de l'abdomen, un cylindre vert  à extrémité effilée, aux marques noires en ligne médiodorsale et à ponctuations noires latérales.

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    Rouen - BM - ms. 3028 folio 115-115v Heures à l'usage de Rome vers 1510-1525 troisième quart XVIe

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    Rouen - BM - ms. 3028 folio 115-115v Heures à l'usage de Rome vers 1510-1525 troisième quart XVIe

     

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    Libellule, marge inférieure,Rouen - BM - ms. 3028 folio 115-115v Heures à l'usage de Rome vers 1510-1525 et XVIe siècle ( troisième quart ?).

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     Rouen - BM - ms. 3028 folio 160-160v Heures à l'usage de Rome Belgique (Bruges)  vers 1510-1525 et troisième quart XVIe. Fraise/Fleur/Libellule/Groseille. Il s'agit de la même libellule qu'au folio 115v.

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    —  Rouen - BM - ms. 3028 folio 205-205v Heures à l'usage de Rome Belgique (Bruges)  vers 1510-1525 et  troisième quart XVIe. Marge latérale : ancolie. Marge inférieure : groseilles et libellule aux ailes redressées (Zygoptère), dont les ptérostigmas sont marqués. Abdomen segmenté de traits noirs délimitant des rectangles blancs à cercle bleu. Yeux en perle, nettement séparés. Six pattes noires ; pas d'antennes.

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    Rouen - BM - ms. 3028 folio 205-205v Heures à l'usage de Rome vers 1510-1525 et  troisième quart XVIe

     

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     Foix, BM - ms. 0056 Bréviaire à l'usage de Mirepoix, France, 1522,  f.044v,

    cathédrale de Mirepoix pour Philippe de Lévis, commanditaire. Lettrines Initiale D. La libellule est un Zygoptère (ailes dressées) aux ailes bleues au thorax ovoïde et au corps brun-beige.

     

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     Foix, BM - ms. 0056 Bréviaire à l'usage de Mirepoix, France, 1522,  f.045,

    cathédrale de Mirepoix pour Philippe de Lévis, commanditaire. Lettrines initiale U . La libellule est un Zygoptère (ailes dressées) aux ailes bleues, au thorax ovoïde et au corps brun-beige.

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    Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, 0106, Evangéliaire à l'usage de l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris (?), France du nord (Paris) ,vers 1520-1530 ? f. 188v.  Page décorée miniature, ornementation, encadrement orné, cloisonné, carré, losange, triangle, feuille d'acanthe, libellule, lambrequin, raisin, zoomorphe, fleur, campanule, pâquerette, grappe, fraisier, ancolie, rose, initiale ornée, lettre L, décor vigneté, cartouche, signe de paragraphe, bout-de-ligne champi
    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/51776

     

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    Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, 0106, Evangéliaire à l'usage de l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris (?), France du nord (Paris) , vers 1520-1530 ? f. 194. 

    Page décorée, ornementation, initiale champie, lettre S, initiale ornée, lettre I, décor vigneté, miniature, encadrement orné, cloisonné, feuille d'acanthe, lambrequin, zoomorphe, mordant, fraise, rose, ancolie, compagnon blanc, libellule, signe de paragraphe, bout-de-ligne champi, cartouche.


    Attribué à Etienne Collault, au style proche de celui de Bibliothèque Sainte Geneviève, ms. 642 (dont le style est plus maniéré, sans doute plus tardif). Coloris lumineux, presque métallique (influence des émaux ?). Cadres des miniatures à colonnes torsades ou galbées.
    Possesseur :Paris, abbaye Sainte-Geneviève (destinataire). Enluminé pour un membre de la famille Massué (cf. Cousseau, 2010) : dont les armoiries, f. 1.

      Etienne Collault ou Collaud, copiste, enlumineur et libraire, documenté entre 1523 et 1541 à Paris. Il organisa, en 1528, un groupe d'artistes pour enluminer sept Statuts de l'ordre de Saint-Michel pour François Ier ; d'après Cousseau son style individuel est représenté par les Mémoires de Philippe de Commynes, Nantes, Musée Dobrée, ms. 18. Cf. M.-B. Cousseau, Autour d’Etienne Colaud, recherches sur les enlumineurs à Paris sous le règne de François Ier, thèse, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Historiques, Paris, 2009 et M. Orth, Renaissance Manuscripts, II, Londres, Turnhout, 2015, à paraitre (A Survey of Manuscripts Illuminated in France).

    http://initiale.irht.cnrs.fr/intervenant/1953

    Cette libellule très décorative avec ses ailes dorées respecte quelques détails naturalistes, comme le thorax ovoïde, l'abdomen segmenté à extrémité bifide par l'ébauche d'appendices anaux, ou les yeux en "perle". Les antennes en massue dénotent.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/51779

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    Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, 0855, Généalogie des comtes de Dreux et de Braine, France du nord ou Belgique, après 1539  p. 003

    Page décorée , ornementation, héraldique, initiale historiée, lettre E, encadrement partiel, iris, libellule, pensée, papillon, oeillet, marge ornée, écu armorié, couronne.L'écu est aux armes de la maison de France.

    La libellule aux ailes trop nervurées dessinées à la plume est bleue pour les yeux, le thorax, et verte à reflets jaunes pour l'abdomen. Les appendices anaux ne sont pas omis.

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    — Douai, BM, 0124 Tropaire-prosaire à l'usage de l'abbaye d'Anchin France du nord (Valenciennes) 16e s. (première moitié : 1500-1549)  f. 019


    Page décorée de raisin, fraises et fleurs (gesses, oeillets, violettes...), escargot, oiseaux, libellule, chenille. Attribuées à  Hubert Cailleau, enlumineur né et établi à Valenciennes, actif entre 1526 et 1579 ; travaille pour l'abbé Charles Coguin d'Anchin et les abbés Jacques de Groot et Arnould Gantois de Marchiennes ; fut également peintre de cour de Marie de Hongrie. Cf. P. D'Ancona et E. Aeschlimann, Dictionnaire des miniaturistes du Moyen âge et de la Renaissance dans les différentes contrées de l'Europe, Milan, 1949, p. 40-41. 

    http://initiale.irht.cnrs.fr/intervenant/1944

    Libellule à ailes transparentes redressées (Zygoptère), abdomen cylindrique marron à fins points noirs et blancs, appendices anaux représentés, thorax à bandes jaunes, yeux jaunes et noires séparés (?),  huit pattes noires.

    On notera les ombres projetées sur un fond jaune ponctué donnant l'illusion d'objets naturels posés sur du cuir, comme dans le Mazarine 0381.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/46989

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    Valenciennes, BM, 0836 , Heures, Belgique ? (Flandres ?), 16e s.  f. 046v-047.

     

    Manuscrit teinté en noir écrit en lettres d'or et d'argent. Fleurs, fruits, insectes, oiseaux, lapins peints au naturel dans les marges. Quelques bordures de style ganto-brugeois découpées dans d'autres manuscrits et collées. Des miniatures illustrant la messe et la vie des saints ont été découpées et également collées. Au f. 3v, on lit "Carolus Philippus de Rodouan meus est herus ex dono clarissime et honoratissime matris sue, domine Isabelle de Bethz, anno 1573". Ce personnage mourut évêque de Bruges en 1616. https://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/B_596066101_MS_0836

    La libellule de la marge inférieure est représentée de profil avec ses ailes redressées (Zygoptère). Le thorax rouge à bandes noires est bien individualisé de l'abdomen. Ce dernier est rouge, segmenté de noir. Les appendices anaux sont figurés comme deux crochets concaves, les cercoïdes. Les yeux sont rouges et les pattes noires. Des petites antennes s'élèvent presque verticalement en avant des yeux. 

    Cette description serait compatible avec un mâle de  Pyrrhosoma nymphula, la Petite nymphe au corps de feu, même s'il est hors de question de procéder à une détermination entomologique.
    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/95341

    On sera sensible à l'ombre projetée, mais aussi à un autre procédé de trompe l'œil (que reprendra Hoefnagel), par lequel la tige de la fleur bleue semble glissée dans une fente du parchemin. 

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    Au folio 11 de ce manuscrit, un papillon peut être déterminé avec précision comme la Petite Tortue Aglais urticae (Linnaeus, 1758). Le projet de rendre compte avec fidélité des espèces naturelles est ici patente, et vient renforcer la fiabilité de la compétence, et la minutie de l'artiste qui a peint la libellule. On appréciera notamment la rangée de lunules marginales bleues.

    Voir aussi le criquet du folio 24, le Vulcain Vanessa atalanta du folio 27

     

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    — Lyon Ms 0521 Missel à l'usage de Saint-Pol de Léon, France, fin 16e sièclefolio 058. Page décorée, initiale ornée (en nombre), initiale historiée (38), armoiries (en nombre), miniature pleine page (3), marge animée (38), or, couleur. Eléments héraldiques dans les marges ornées..Possesseur Roland de Neuville, évêque de Saint-Pol-de-Léon (destinataire).

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/2402

    http://bvmm.irht.cnrs.fr/consult/consult.php?mode=ecran&panier=false&reproductionId=12340&VUE_ID=1330635&carouselThere=false&nbVignettes=4x3&page=7&angle=0&zoom=grand&tailleReelle=

    http://bvmm.irht.cnrs.fr/consult/consult.php?reproductionId=12340

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    RÉSULTAT.

    Cette exploration me permet de réunir un corpus de 39 représentations de libellules (Odonata) sur les enluminures des manuscrits des bibliothèques publiques françaises hors BnF, appartenant à 29 manuscrits enluminés de la fin du 14e siècle à la fin du 16e siècle. 

    Provenance.

    Ces 29 manuscrits proviennent :

    — de Belgique, ou de "Belgique ou France du Nord" dans 7 cas, dont 2 de Bruges précisément.

    — d'Amiens (1), de Picardie (1) de Valenciennes (1), de Troyes (1),  de Paris (3) ou de "France du Nord" (1) dans 8 cas, soit le Nord de la France.

    — d'Angers (1), de Tours (1), de Touraine (1) ou de Bourgogne (2), dans 5 cas du Centre de la France.

    — de Provence (1), d'Avignon ? (1), de Savoie (1), et de Milan (1) soit 4 cas d'une origine méridionale.

    — de France sans précision dans 6 cas.

    Au total, l'origine en Belgique et dans le Nord de la France est prédominante, mais il faudrait comparer ces chiffres à la provenance, non pas des exemples de libellules, mais des enluminures dans leur ensemble pour affirmer que les insectes, et  notamment les libellules, sont d'avantage représentés au Nord.

    Influence de l'école ganto-brugeoise.

    Ce mouvement artistique d'enluminure actif à Gand et surtout à Bruges, mais aussi dans l'ensemble des Pays-Bas méridionaux entre 1475 et 1525  rayonna dans toute l'Europe occidentale, et Paul Durrieu a reconnu son influence sur Jean Bourdichon, peintre entre 1503 et 1508 des Grandes Heures d'Anne de Bretagne.  Cette école se caractérise par le développement des bordures florales, qui s'enrichissent en plantes fidèles à un modèle botanique et qui accueillent des fleurs coupées en trompe-l'œil, des petits mammifères (écureuil), des singes, des oiseaux dont des paons, des pièces et médailles, et des insectes : mouches, criquets, et surtout papillons et libellules.

    Cette école est représentée de façon argumentée dans mon corpus par les enluminures de Simon Bening et de son atelier pour le manuscrit Rouen BM 3028 (1510-1525). Elle n'est pas apparente pour l'autre manuscrit venant de Bruges vers 1450, le Tours BM 0218, trop ancien. Son influence est signalée dans la notice IRHT pour Amiens BM Lescalopier 020, pour Mazarine 0381, pour Valenciennes 0836. Elle est patente à mon sens pour Douai 0124, et par le Maître des Fleurs, pour le folio 008 du Lyon BM 1558.

    Les ombres portées des spécimens naturels sont retrouvées dans cinq manuscrits qui, justement, relèvent de cette école :

    • Amiens BM Lescalopier 20 (vers 1495)
    • Mazarine 0381 (15-16e siècle) (4 enluminures)
    • Lyon BM 1558 (1510-1515)
    • Douai BM 0124 (vers 1500-1549)
    • Valenciennes BM 0836 (16e siècle)

    Ce sont donc six manuscrits qui peuvent être considérés comme relevant de ce courant, entre 1495 et la première moitié du 16e siècle. 

    Couleurs.

    Les libellules sont bleues ou vertes (soit par leur corps, soit par leurs ailes) dans  enluminures, elles sont jaunes ou brunes dans les autres cas, hormis celle de Valenciennes 0836 qui est rouge. Cela reflète la fréquence des couleurs bleu et jaune chez les espèces naturelles.

    Détermination.

    Les ailes sont étendues horizontalement dans 7 cas, sans que ce critère puisse classer ces libellules parmi les Anisoptères. Elles sont clairement dressées verticalement dans 25 cas, évoquant la possibilité de représentation de Zygoptères, ou Demoiselles, les libellules au corps le plus fin. Mais il ne m'est pas paru possible de reconnaître une espèce particulière, sauf dans le cas de la Demoiselle rouge du Valenciennes 0836 où la ressemblance avec Pyrrhosoma nymphula est réelle.

     

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    CONCLUSION
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    Cette recherche montre bien l'influence des enlumineurs flamands "naturalistes" de Bruges et Gand dans l'apparition d'une iconographie des insectes soucieuse de véracité et d'imitation des modèles naturels. Aussi est-il possible de séparer ce corpus de 39 enluminures en deux groupes.

    Dans le premier, les artistes restent dans la tradition médiévale de l'illustration des manuscrits religieux dans un but ornemental ou d'agréable détente pour le ou la lectrice, en égayant les encadrements de plaisantes figures animales ou végétales, soit pour témoigner des charmes des jardins (locus amoenus), soit pour créer des saynettes, drôleries et grimaces dans lesquelles des singes ou des nains visent de leur arc des insectes, des chimères ou des dragons voisinent avec des animaux réalistes. Les libellules sont quasi constamment des Demoiselles, ou Zygoptères au corps très fins et aux ailes dressées, sortes d'elfes bleus qui ressemblent à des crevettes par leur abdomen effilé et annelé. Malgré la tentation d'y lire un projet allégorique, ces libellules sont indépendantes du texte liturgique ou de la scène sacrée, et n'ont qu'un rôle décoratif. Loin de vouloir représenter les animaux naturels, les figures sont destinées  à être reconnues comme des signaux familiers, conformes à la représentation mentale et non à la réalité. Au même titre qu'un bonhomme-têtard dans un dessin d'enfant.  

    Dans le second cas inspirée par les miniaturistes flamands, le projet ornemental reste entier mais il devient plus ambitieux. La marge devient une bordure qui perd son statut marginal et participe pleinement à l'illustration. Le propos est de proposer l'objet naturel comme un sujet de contemplation et d'émerveillement, mais aussi de connaissance. Le propos allégorique ou religieux, s'il existe, peut être de  rendre hommage à la Création et à son Créateur, ou de témoigner de la finitude de l'existence, ou de convertir le fidèle à l'Humilité devant la complexité de l'infiniment petit. L'idée est séduisante mais rien ne vient la corroborer, à la différence des Natures mortes et Vanités du XVIIe siècle riches en crânes et en bougies se consumant.

    A ce deuxième groupe appartiennent quatorze enluminures de  six manuscrits en lien direct avec l'école ganto-brugeoise , et, déjà, dans cette période,  entre 1495 et 1550 (?), une espèce d'Odonate est peut-être identifiable, Pyrrhosoma nymphula. C'est sous la même influence que Jean Bourdichon peint, dans les Grandes Heures d'Anne de Bretagne en 1503-1508, 91 Odonates dans ses bordures florales, avec une espèce peut-être identifiable, Libellula depressa.

    C'est donc aux prémisses  de la constitution des Insectes comme objet de connaissance et aux toutes  premières représentations entomologiquement exactes — ou à peu-près exactes — d'Odonates que nous assistons au début du XVIe siècle, un siècle avant la première description scientifique d'Aldrovandi en 1602.

     

    Un peu à part, je place le folio 84 des Heures à l'usage de Troyes (1450-1475) Marseille 0112, afin d'attendre la confirmation de ce que je considère comme la première illustration de la sortie d'une libellule hors de son exuvie. 

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    Ce qui est vrai dans les collections de manuscrits français l'est aussi dans les collections de la BnF, et parmi les manuscrits étrangers, notamment avec le Bréviaire Grimani vers 1510 et l'Aeshna cyanea peinte par Simon Béning. La période 1495-1510  s'avère cruciale. D'autres découvertes m'attendent, l'aventure ne fait que commencer.

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    SOURCES ET LIENS.

    — SITE ENLUMINURES

    http://www.enluminures.culture.fr/public/mistral/enlumine_fr?ACTION=RETROUVER_TITLE&LEVEL=1&GRP=0&REQ=%28%28LIBELLULE%29%20%3aSUJET%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&FIELD_2=SUJET&VALUE_2=LIBELLULE&SYN=1&IMAGE_ONLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=100&DOM=All

    — SITE INITIALE. ITHT.CNRS

    http://initiale.irht.cnrs.fr/

    — ECOLE DE GAND-BRUGES. WIKIPEDIA

    https://nl.wikipedia.org/wiki/Gent-Brugse_stijl_in_de_boekverluchting

    — LEROQUAIS (Abbé Victor ), 1924, Les sacramentaires et les missels manuscrits des bibliothèques publiques de France, Paris, 4 volumes.

    https://archive.org/details/lessacramentaire01lero

    https://archive.org/details/lessacramentaire02lero

    https://archive.org/details/lessacramentaire03lero

    https://archive.org/details/lessacramentaire04lero

     

    — LEROQUAIS (Abbé Victor ), 1934, Les bréviaires manuscrits des bibliotheques publiques de France, Paris, 1934, t. 4, p. [420] - 441

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1513129d

    —STONES (Alison),2008, « L'illustration des Livres Liturgiques français au Moyen Âge », Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences historiques et philologiques [Online], 139 | 2008, Online since 05 January 2009, connection on 01 February 2018. URL : http://journals.openedition.org/ashp/288

    — OMONT (Henri) 1888,  Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France, Rouen (CGM 2), Manuscrits 2523-3493, p. 74

    https://archive.org/details/cataloguegnr021888fran

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k209231w

     

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    Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
    28 janvier 2018 7 28 /01 /janvier /2018 15:35

    Quelques crossettes sculptées de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. 

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    Voir aussi :

    — Sur les crossettes, voir :

    Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

    Les crossettes de l'église de Plougourvest (29).

     

     

     

     

     

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      J'ai photographié vingt-huit crossettes, ou pierres d'amortissement sculptées, de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. J'y dénombre 8 humains, 5 anges, 14 animaux dont deux chevaux, des dragons, des lions, des chiens et des oiseaux. Et un poisson.

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      Crossette n°1. Un homme ou animal assis (très érodé). 

      Crossette n°2. Animal anthropoïde (dragon) tirant la langue et tenant sa queue dans la gueule (?).

      Crossette n°3. Homme nu, tourné vers sa gauche, main entre les cuisses.

      Sculpture n°4. le culot gauche : un acrobate grimaçant.

      Crossette n°5. Un dragon ailé.

      Crossette n°6. Le cheval de gauche.

      Crossette n°7. Le cheval de droite.

      Crossette n°8. Sur l'arête de gauche : un personnage assis.

      Crossette n°9. Sur l'arête de droite : un acrobate obscène.

      Crossette n°10. Un oiseau tenant un poisson dans sa gueule.

      Crossette n°11. Un dragon tenant une âme humaine.

      Crossette n°12. Ange tenant un phylactère.

      Crossette n°13. Un lion.

      Crossette n°14. Buste d'un homme jeune coiffé d'un bonnet et présentant un phylactère muet.

      Crossette n°15. Homme barbu, en manteau plissé, tenant des deux mains un objet.


      Crossette n°16. À gauche :  Chien courant gueule ouverte.

      Crossette n°17. À droite :  Chien courant gueule ouverte.

      Crossette n°18. À gauche : un ange déroulant son phylactère muet.

      Crossette n°19. À droite : un oiseau.

      Crossette n°20. Un chien.

      Crossette n° 21. Un lion.

      Crossette n°23. Un ange (tenant un écu ?).

      Crossette n°24. Un ange aux ailes en cœur (comme sur la lucarne sud) tenant un objet.

      Crossette n°25. Un ange déroulant un phylactère portant une inscription.

      Crossette n°26. Un jeune homme accroupi.

      Crossette n°27. Un chien aboyant.

      Crossette n°28. Un lion.

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      I. LES CROSSETTES DE LA TOUR OCCIDENTALE (1509).

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      La tour du clocher est restée inachevée. Grâce à l'Association "Saint-Nonna cinq siècles d'histoire" présidée par Michelle Rohou, elle a été restaurée en 2013-2015.  Elle s'ouvre à l'ouest par deux portes cintrées  jumelées inscrites dans un portail ogival coiffé par un fronton fleuronné. On trouve au dessus une baie encadrée par deux niches à dais, désertées de leurs statues. Cette élévation est encadrée par deux contreforts, diagonaux, et ce sont eux qui vont recevoir les crossettes placées sur les arêtes.

      Le manque de recul devant cette tour ne m'a pas permis de proposer une vue d'ensemble de la tour.

      Note : le terme de crossette est parfois abusif ici, mais je le conserve pour plus de simplicité. Je leur donnerai un numéro d'ordre, qui n'est que celui de ma description. Des sculptures trop érodées ont été négligées. 

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      Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      1°) Le contrefort nord-ouest (à gauche).

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Arête gauche du contrefort.

      Crossette n°1. Un homme ou animal assis (très érodé). 

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Crossette n°2. Animal anthropoïde (dragon) tirant la langue et tenant sa queue dans la gueule (?).

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Arête droite du contrefort nord.

       

      Crossette n°3. Homme nu, tourné vers sa gauche, main entre les cuisses.

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      2°) L'arcade surplombant la baie.

      Sculpture n°4. le culot gauche.: un acrobate grimaçant.

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      3°) Le contrefort sud-ouest (à droite).

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      C'est le plus spectaculaire, et celui qui s'offre le mieux au regard, puisque le visiteur vient volontiers du sud, où se trouve la porte d'accès à l'édifice. Il est notamment remarquable par les deux chevaux qui y sont engagés à mi-corps.

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      — Arête interne gauche.

      Crossette n°5. Un dragon ailé.

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Les arêtes externes du contrefort de droite et leurs quatre crossettes.

      On identifiera rapidement ces quatre crossettes : deux chevaux en buste, et deux hommes nus dans des postures scabreuses.

      Mais il sera plus difficile de voir, en raison de l'érosion, sous la frise à étoiles de mer, la grande  carvelle centrale. Et, au dessus, entre les deux têtes de chevaux, une forme peu distincte dans laquelle je vois un personnage apparaissant à sa fenêtre, les bras en appui sur le balcon. Il est évident que ces six motifs forment un tout, et que l'interprétation des parties ne peut faire l'économie d'une vison globale. Or, nous achoppons précisément à proposer une lecture cohérente du tout.

       

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Arêtes externes du contrefort de droite : les deux chevaux.

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      Tout d'abord, s'agit-il de chevaux, et non d'ânes ? Les deux espèces du même genre Equus se distinguent par leurs queues, ce qui ne va pas nous aider, pas plus que l'absence de châtaignes aux postérieurs. Les yeux sont plus dirigés vers l'avant, et surtout, leurs oreilles sont plus longues. C'est relatif !

      Ici, la belle convexité de l'encolure me fait pencher (subjectivement) pour le cheval, mais les oreilles sont tout de même bien longues.

      Or, si nous reconnaissons ici un cheval, une voie royale d'interprétation se déroule comme un tapis rouge : Penmarc'h  doit son nom, qui signifie tête de cheval,a une pointe rocheuse prés de laquelle il est situé et qui a la forme d'une tête de cheval. Ce qui a donné au Pays Bigouden son ancien nom, Cap Caval. Mais selon Alain Stéphan  ce nom peut aussi faire référence au roi légendaire ; la présence d'une petite chapelle Saint-Marc à l'est de la commune de Penmarc'h, la dénomination bretonne de l'Ile-Chevalier dans la rivière de Pont l'Abbé Enez Sant Mark, et la légende tenace qui fait de Penmarc'h le lieu de la mort de Tristan, confirment cette hypothèse.

      On se rappelle alors de l'évangéliaire enluminé conservé à l'abbaye de Landevennec, où l' évangéliste Marc est représenté non pas avec le lion qui est son attribut, mais avec une tête de cheval. L'explication de cette figure originale s'explique par le jeu de mots: Marc = Marc 'h = Cheval (en breton).  Cet évangéliste évoque vraisemblablement le dieu-cheval celtique plutôt que le roi Marc'h à oreilles de cheval du cycle arthurien. Le cheval, avec tout ce qu'il comporte de réminiscences celtiques, est présent dans le Finistère plus que partout ailleurs en Bretagne. Dix noms de lieux habités l'évoquent : cinq Penmarc'h (tête de cheval), un Lost marc'h (queue de cheval) et quatre Poulmarc'h (mare de cheval). « Marc'h » est le terme générique pour désigner le cheval mâle ou le cheval au sens collectif. 

      L'orateur enchaîne alors habilement en exposant tout ce qui concerne le roi légendaire d'Armorique Marc'h, aux oreilles de cheval comme le roi Midas, sans oublier qu'il est l'oncle de Tristan. Il est le frère de Blanche-Fleur, qui est morte en donnant naissance à Tristan.

      Si les oreilles de ces chevaux sont longues, c'est par allusion au roi et à son cheval Morvac'h, "cheval de mer"

      Si, par contre, l'artiste a représenté un âne, tous ces beaux échafaudages s'écroulent.

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      J'imaginais que ces chevaux étaient les mascottes de la commune, photographiées partout, placées en effigie dans chaque commerce, et pas seulement pour la boucherie chevaline ou le centre équestre, mais mes recherches en ligne sont restées vaines, tant pour "tête de cheval"+ Penmarc'h que pour "tête d'âne".

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Crossette n°6. Le cheval de gauche.

      Ses pattes antérieures sont si repliées qu'elles sont corps avec le poitrail, à la différence de son compagnon. L'harnachement est réduit à une muserole, une lanière frontale, et une seule paire de rênes, lesquelles rejoignent un collier assez épais.

      Vu de face, ces rênes, et l'absence de pattes bien visibles, créent un effet comique laissant croire que l'animal se frotte le museau. 

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Crossette n°7. Le cheval de droite.

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Crossette n°8. Sur l'arête de gauche : un personnage assis.

      Ce personnage est assis penché en avant, les coudes en appui sur les genoux et la main sous le menton. Est-il nu ? Porte-t-il un bonnet ? Sa posture est-elle scatologique ? Henni soit qui mal y pense...

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Crossette n°9. Sur l'arête de droite : un acrobate obscène.

       

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      II. LES CROSSETTES DU COTÉ SUD DE LA TOUR OCCIDENTALE (1509).

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Crossette n°10. Un oiseau tenant un poisson dans sa gueule.

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Crossette n°11. Un dragon tenant une âme humaine.

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      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes de la Tour-clocher de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      III. LES CROSSETTES DE L'ÉLÉVATION SUD.

       

      Extrémité sud d'un muret.

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      Crossette n°12. Ange tenant un phylactère.

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      Les crossettes du sud de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes du sud de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Crossette n°13. Un lion.

      Malgré la ressemblance avec un chien, j'identifie un lion à sa crinière bouclée et à sa queue passant entre les pattes postérieures et faisant retour sur le dos, selon le modèle iconographique quasi constant.

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      Les crossettes du sud de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes du sud de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      "Les murs gouttereaux portent de hauts pignons dans lesquels sont percées les fenêtres, pignons dont les rampants sont ornés de choux frisés et amortis par des fleurons donnant à l'ensemble une silhouette très découpée. Ils sont décorés de caravelles, et, le premier, de la légende de saint Nonna chassant le démon qui troublait la pêche de ses paroissiens. " (Couffon 1988)

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      Crossettes sculptées du rampant de la première lucarne.

      Le rampant à crochet du fronton-pignon de la première lucarne est amorti par deux crossettes représentant deux hommes d'âges différents.

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      Les crossettes de l'élévation sud de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Crossette n°14. Buste d'un homme jeune coiffé d'un bonnet et présentant un phylactère muet.

      Il porte la main droite à la tête, dotée d'une chevelure profuse.

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      Les crossettes de l'élévation sud de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes de l'élévation sud de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Les crossettes de l'élévation sud de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Crossette n°15. Homme barbu, en manteau plissé, tenant des deux mains un objet.

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      Les crossettes de l'élévation sud de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Crossettes sculptées du rampant d'un édicule borgne : deux chiens.

      Ces deux chiens dévalent la pente du rampant en aboyant d'un air féroce.

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      Les crossettes de l'élévation sud de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Crossette n°16. A gauche :  Chien courant gueule ouverte.

       

      Les crossettes de l'élévation sud de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Crossette n°17. A droite :  Chien courant gueule ouverte.

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      Les deux crossettes sculptées de la deuxième lucarne : un ange et un oiseau. 

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      Les crossettes de l'élévation sud de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Crossette n°18. à gauche : un ange déroulant son phylactère muet.

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      Les crossettes de l'élévation sud de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Crossette n°19. à droite : un oiseau.

      Cet oiseau pourrait être considéré comme une sphinge, mais sa tête est pourvue d'un bec .

       

      Les crossettes de l'élévation sud de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

      Les crossettes de l'élévation sud de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Angle sud-est de l'église.

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      Crossette n°20. Un chien.

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      Les crossettes de l'élévation sud de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      IV. LES CROSSETTES DE L'ÉLÉVATION NORD.

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      Crossette n° 21. Un lion.

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      Les crossettes de l'élévation nord de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Crossette n°22. Une chimère.

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      Les crossettes de l'élévation nord de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Lucarne de la chapelle de bas-coté nord-est.

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      Les crossettes de l'élévation nord de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      Crossette n°23. Un ange (tenant un écu ?).

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      Crossette n°24. Un ange aux ailes en cœur (comme sur la lucarne sud) tenant un objet.

      Cet objet est-il un encensoir ? Un poisson ? 

       

      Les crossettes de l'élévation nord de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      La lucarne suivante.

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      Crossette n°25. Un ange déroulant un phylactère portant une inscription.

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      Crossette n°26. Un jeune homme accroupi.

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      L'ANGLE NORD-OUEST.

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      Crossette n°27. Un chien aboyant.

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      Crossette n°28. Un lion.

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      BAS-RELIEF DU FRONTON : UNE ÉNIGME.

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      EN ANNEXE.

      Quelques autres...

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      Les crossettes  de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h. Photographie lavieb-aile septembre 2017.

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      SOURCES ET LIENS.

      COUFFON (René), 1988, “Couffon, Répertoire des églises : paroisse de PENMARCH,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 24 janvier 2018, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/939.

      http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/ab10cc2545648874044c500510a8c554.pdf

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