Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
19 juin 2016 7 19 /06 /juin /2016 16:47

.

PRÉSENTATION.

Éclairant le bras sud du transept, la verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, de 5,00 m de haut et 2,05 m de large, à 3 lancettes et un tympan de 5 ajours, est organisée en tableaux superposés, la bordure de nuées de celui du haut empiétant sur l'encadrement architectural de celui du bas. 

 

Vue du bras sud du transept, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.
Vue du bras sud du transept, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

Vue du bras sud du transept, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

 

 

Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

.

I. LE REGISTRE INFÉRIEUR.
Sous une large voûte en caissons peuplée d'anges, la Vierge étendue sur son lit,est  veillée par les apôtres. Saint Jean tient la palme que l'ange Gabriel lui a remis. Saint Pierre (reconnaissable à son fameux toupet), avec une étole croisée sur la poitrine, lit une oraison funèbre sur le pontifical. Un apôtre brandit une croix processionnel et un encensoir, un autre asperge le corps d'eau bénite.

Selon Jean-Pierre Le Bihan, "Elle est encadrée ou surmontée d’une sorte de portique ou arcade architecturale portée sur un entablement et des pilastres à chapiteaux corinthiens. L’  ensembIe. .du tableau est composé d’après les données le la Légende dorée et offre beaucoup de rapports avec le panneau flamand du retable de Kerdevot, en Ergué-Gabéric."

Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

.

Saint Pierre.

 

Saint Pierre, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

Saint Pierre, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

.

Apôtre priant.

Cet apôtre dessiné dee profil et priant dvant un livre rappelle celui du retable Lösel de Mulhouse.  Photo Claude Menninger. Notez dans ce panneau le Christ tenant l'âme de sa mère.

Voir aussi la Dormition de Vieux-Thann .

http://www.lavieb-aile.com/2016/06/le-vitrail-de-la-vigne-de-jesse-et-la-vie-de-marie-a-vieux-thann-haut-rhin.html

.

Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

.

L'apôtre au goupillon d'eau bénite.

.

Apôtre au goupillon, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

Apôtre au goupillon, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

.

L'apôtre aux bésicles.

Dans la chapelle, un panneau  nous signale la rareté de la présence de cet accessoire, mais on le retrouve sur une Dormition de l'église de Villeneuve-sur-Yonne datant aussi du XVIe siècle.

http://catholique-sens-auxerre.cef.fr/eglises/villeneuvesyonne.htm

.

... ou bien sur la Dormition de la Chapelle-Janson (35) sur un vitrail de 1558 du maître-verrier rennais  Michel Bayonne :

http://fr.topic-topos.com/la-dormition-de-la-vierge-la-chapelle-janson 

...ou sur le nez de saint Matthieu sur le vitrail de la Dormition de 1594 de l'église Saint-Maudez de Duault (22) :

http://fr.topic-topos.com/la-dormition-de-la-vierge-duault 

...ou bien dans une Dormition d'Hans Holbein-le-Vieux de 1492 :

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Hans_Holbein_the_Elder_-_The_Dormition_of_the_Virgin_-_Google_Art_Project.jpg

.... et René Couffon a pu considérer dans un article de 1943 du MSHAB qu'au contraire, la présence de lunettes était de règle sur les Dormitions du XVIe siècle ! 

Dans La Mort de la Vierge de Martin Schongauer, (<1491), elle sont tenues à la main près du livre.

Rappelons que c'est sur le Tryptique de Bald Wildungen de Conrad von Soest, daté de 1403, que l'on trouve sur une Pentecôte la plus ancienne peinture de lunettes au nord des Alpes. Sur le nez d'un apôtre. 

.

L'apôtre aux bésicles, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

L'apôtre aux bésicles, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

.

Apôtres lisant une oraison.

.

 

Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

REGISTRE MOYEN. 

Le Christ apparaît en buste dans une mandorle d'or au sein de nuées : il tient dans ses bras l'âme de Marie, représentée comme une fillette vêtue d'un voile de gaze.

Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

Le Christ tenant dans ses bras l'âme de la Vierge.

Les rayons blancs sont gravés das le verre rouge doublé.

.

Le Christ tenant dans ses bras l'âme de la Vierge, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

Le Christ tenant dans ses bras l'âme de la Vierge, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

.

LE REGISTRE SUPÉRIEUR. LE COURONNEMENT DE LA VIERGE.

Sur toute la largeur des lancettes, dans des nuées peuplées d'anges, la Vierge en Assomption est couronnée par des anges et par la Trinité : le Christ à gauche bénissant et tenant le globe, et Dieu le Père à droite tenant une couronne. 

Les thèmes de l'Assomption et du Couronnement sont associés à celui de la Dormition dans un vitrail du XIIe siècle de la cathédrale d'Angers, mais dans des médaillons distincts.

http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1966_num_124_1_4229#bulmo_0007-473X_1966_num_124_1_T1_0020_0000

 

Couronnement de la Vierge, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

Couronnement de la Vierge, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

.

Le Christ bénissant et tenant l'orbe.

Le verre rouge du nimbe est gravé pour tracer les irradiations blanches.

Couronnement de la Vierge, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

Couronnement de la Vierge, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

.

La Vierge couronnée.

 

Couronnement de la Vierge, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

Couronnement de la Vierge, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

.

Dieu le Père présentant une couronne à la Vierge.

.

Dieu le Père, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

Dieu le Père, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

.

Chœur des anges et ange jouant du hautbois.

Couronnement de la Vierge, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

Couronnement de la Vierge, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

Tête d'ange.

 

Registre supérieur, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

Registre supérieur, Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

.

III. LE TYMPAN.

Il a été restitué en 1916 , succédant à une vitrerie blanche qui remplaçait peut-être des armoiries. La colombe du saint-Esprit occupe l'ajour supérieur, et des anges musiciens les autres ajours.

.

 

Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

Verrière de la Dormition et du Couronnement de la Vierge, chapelle Notre-Dame-du-Crann, Spézet. Photographie lavieb-aile.

.

DISCUSSION.

La discussion s'appuiera sur l'étude remarquable de l'iconographie que fit Joseph Duhr en 1950. Il situe l'origine du culte de la "Koimésis" (Dormition) en Orient au VIe siècle grâce au développement du culte marial sous l'empereur Justinien et place le texte Dormitio Dominae nostrae.de Jean, évêque de Thessalonique (ou "pseudo-Jean" selon les auteurs récents) comme récit fondateur . Il oppose "l'art byzantin, qui nous fait voir la Vierge déjà morte, et l'art occidental qui nous la dépeint agonisante ou mourante".  

L'art byzantin présente la mort de Marie  dans ses aspects les plus solennels et les plus pathétiques :  la Vierge, morte déjà, est étendue sur un lit de parade, revêtue de son grand manteau de reine, les mains croisées sur la poitrine, endormie dans l'amour et la paix. Et, à côté d'elle, Jésus, majestueux, tient entre ses bras l'âme de Marie, sous la forme d'un petit enfant, éclatant de lumière; sur le point de la remettre aux deux anges descendus du ciel. 

L'art occidental décrit la Dormition en la rapprochant d'une cérémonie liturgique funèbre célébrée par les apôtres : l'idéalisme et de la grandeur byzantine cède la place  à un réalisme un peu lourd, sentimental, mais une piété sincère et profonde transfigurent ces rites et leur donnent un sens plus élevé et plus spirituel. Surtout (pour ce qui nous concerne), la scène va finir par être amputée de la réception de l'âme de la Vierge par le Christ.

Néanmoins, les deux traditions conservent de nombreux points communs. 

Je me propose de focaliser l'étude du vitrail de Spézet sur quelques points.

1°) Saint Jean et la palme. 

Cette palme tenu par Jean tient un rôle important. Elle provient d'un palmier du paradis, a été remise par saint Michel à la Vierge, qui l'a à son tour remise à l'apôtre Jean. Elle est le gage de la promesse faite par le Christ de venir en personne accueillir Marie dans les Cieux :

 Selon Jean de Thessalonique, "Trois Jours avant son départ définitif, Marie reçoit la visite du grand ange, qui n'est autre que saint Michel. L'envoyé de Dieu lui annonce que, ce laps de temps écoulé, « elle déposerait son corps» . Il lui remet également une branche cueillie sur un palmier du paradis, gage de l'amitié de Dieu, gage aussi de sécurité et de salut. « Cette branche, lui recommande le messager céleste, confie-la aux apôtres pour qu'ils la portent devant toi pendant le parcours du cortège funèbre, en chantant des hymnes ». Il lui apprend que les apôtres, réunis autour d'elle avant sa mort, pourvoiront à sa sépulture. Enfin, il lui révèle que, les trois jours écoulés, il reviendra, mais non pas seul ; Dieu lui-même descendra auprès d'elle, escorté de toutes les armées angéliques qui chanteront en sa présence. Qu'elle prenne soin, insiste-t-il une nouvelle fois, de garder précieusement la branche de palmier (le brabêîon»). Une visite au mont des Oliviers, ordonnée par l'ange, achève la journée. De retour à la maison, Marie adresse une prière à Jésus, où elle lui rappelle sa promesse de venir lui-même en personne la prendre à son heure dernière ; et de ne pas abandonner ce soin aux puissances angéliques. Le lendemain, Marie convoque parents et connaissances, pour lui prêter assistance en tenant une lampe allumée entre leurs mains. Les voyant réunis, elle les exhorte à prier . — Sur ces entrefaites, Jean arrive de Sardes (d'Ephèse, dit le Pseudo-Méliton), porté sur une nuée. Marie recommande à Jean de prendre soin de sa sépulture et de préserver son corps contre les machinations des princes des prêtres, résolus de livrer ses restes aux flammes. Elle lui montre l'habit spécial dont elle devra être revêtue après sa mort, ainsi que la branche de palmier apportée par l'ange. «Tu la porteras, précise-t-elle, devant la litière funèbre." Les onze autres apôtres arrivent à leur tour, sur l'aile des nuées. Et Jean les informe du départ prochain de la Vierge"

 

2°) L'accueil de l'âme de Marie par le Christ.

a) Le résumé du récit de Jean de Thessalonique:

"Et voici que le Seigneur, en grande gloire, se présenta, (porté) sur une nuée du ciel, escorté de la. multitude des anges et de l'armée céleste, innombrable. Il entra dans la chambre où Marie se trouvait, accompagné de Michel et de Gabriel; les autres anges, à l'extérieur, entouraient la demeure et chantaient les louanges de Dieu. En entrant, le Sauveur trouva les apôtres autour de Marie. Les ayant salués, il embrassa chacun d'eux ; puis il embrassa sa Mère». Celle-ci le remercia d'être venu lui-même prendre son âme. « Qui suis-je, conclut-elle humblement, pour être gratifiée d'une telle gloire et d'un tel honneur ». « Après ces mots, elle remet, dans un sourire, son âme sans tache, précieuse et sainte, entre les mains du Seigneur, son Fils. L'ayant reçue, le Maître la fit passer aux mains de ses glorieux anges Michel et Gabriel. "Et les apôtres contemplèrent l'âme de Marie qui avait la forme d'un corps humain, pourvu de tous ses membres, mais sans sexe. « Elle était blanche, plus éclatante infiniment, que le soleil ». 

On voit que le peintre-verrier, en représentant l'âme de la Vierge, en a donné une peinture fidèle à ce texte du VIe siècle. Il a aussi été inspiré par de nombreux artistes et une longue tradition :

b) La tradition iconographique :

Dans l'art byzantin, au monastère de Daphni près d'Athènes au XIe siècle, ou sur la mosaïque de Mortarana en Sicile (v. 1150)  la Dormition inclut la figuration du Christ descendu en personne auprès du lit pour recevoir l'âme de Marie figurée comme un petit enfant emmailloté et remis aux archanges Michel et Gabriel.  On la retrouve encore en 1423 au mont Athos. En Occident, le Christ acceuille l'âme de sa mère au XIIIe siècle à la cathédrale de Chartres (au tympan du portail central de la façade nord) et à celle de Strasbourg (tympan de la porte gauche du portail sud). Au XIVe, sur la Dormition de Giotto (v.1313) "Les anges, debout, majestueux et graves, contemplent la petite Vierge qui, entre les bras de Jésus, lui tend ses petites mains avec une grâce charmante.". De même, sur le panneau de la Maesta de Duccio (1308). Ou dans la Dormition de Fra Angelico (1431).

Mais cette représentation disparaît de la gravure de Dürer dans sa série de la Vie de la Vierge de 1510.

3°) Le rôle des apôtres.

Le texte de Jean de Thessalonique le précise ainsi, après que les apôtres aient été miraculeusement rassemblés et transportés par des nuées autour de la Vierge  :

« Pierre était assis du côté de la tête, et Jean du côté des pieds de la Vierge. Les autres apôtres se tenaient autour de la couche. Vers la troisième heure (minuit) un grand coup de tonnerre retentit dans le ciel, et un parfum ineffable (se fit sentir), si bien que sous l'action de ce parfum excessif, tous ceux qui entouraient la couche de Marie furent envahis par le sommeil, à l' exception des apôtres et de trois vierges, à qui Marie avait demandé de veiller avec elle, pour être les témoins de sa faiblesse et de sa gloire".

La tradition byzantine peint donc les apôtres, rassemblés autour du lit, la plupart du temps formant deux groupes, l'un à la tête, l'autre aux pieds de la Vierge; saint Pierre, au chevet et saint Jean, au côté opposé (pas toujours cependant) ; parfois les trois vierges; le parfum ineffable qui envahit la chambre de -Marie, évoqué par un encensoir agité par saint Pierre.

En Occident, des détails nouveaux s'introduisent dans l'image traditionnelle.  Pierre ne tient plus l'encensoir. Une croix de procession, deux chandeliers, et un livre font leur apparition dans l'Evangéliaire de Henri II (1002-1024) , et dans une miniature d'un graduel d'Osnabrûck (fin du XIIe siècle), Pierre tient le bassin d'eau bénite et l'aspersoir. Chez Giotto, Pierre, au chevet, ne tient plus l'encensoir mais, revêtu de l'étole, il récite dans un livre les prières liturgiques, et ce sont deux autres apôtres qui sont pourvus de l' encensoir et de la navette; Jean, au pied de la couche, tient en mains la branche de palmier. Entraînés par cet exemple, les artistes postérieurs nous feront presque toujours voir, dans la suite, saint Jean muni de la palme précieuse que les orientaux lui confiaient uniquement pour précéder le cortège funèbre .

Notons l'introduction du motif de la lecture d'un livre, puisque c'est par ce motif que l'introduction des bésicles s'imposera.

 En 1510, sur la gravure de Dürer, Saint Pierre, coiffé d'une mitre, asperge la mourante d'eau bénite; un autre apôtre, à côté de lui, récite, dans un rituel sans doute, les prières des agonisants; pendant que saint Jean, tout près s'efforce de fixer le cierge béni, allumé, dans la main droite défaillante de Marie. A l'avant-plan, un apôtre, à genoux, revêtu de la chasuble, tient en main la hampe élancée d'une croix de procession, et un autre, penché vers lui, tient un encensoir. 

 

 

 

 

.

.

SOURCES ET LIENS

— ARLAUX (Claire), 2006, La chapelle de Notre-Dame-du-Krann à Spézet, ed. Keltia Graphic.

DUHR (Joseph), 1950, La « dormition » de Marie dans l'art chrétien , Nouvelle Revue théologique 72, pages 135-157.

http://www.nrt.be/docs/articles/1950/72-2/2156-La+%C2%AB%26nbsp%3BDormition%26nbsp%3B%C2%BB+de+Marie+dans+l'art+chr%C3%A9tien.pdf

— GATOUILLAT (Françoise), HEROLD (Michel), 2005, Les Vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum VII, Presses Universitaires de Rennes, page 197.

— MIMOUNI (Simon ), 2011,  Dormition et l'Assomption de Marie: Études littéraires, historiques et doctrinales, Brill, 382 p.

https://books.google.fr/books?id=0wXhXwG_l4sC&dq=dormition+athos&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Partager cet article

Repost 0
Published by jean-yves cordier - dans Chapelles bretonnes. Vitraux
commenter cet article

commentaires

Présentation

  • : Le blog de jean-yves cordier
  • Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons (Zoonymie) observés en Bretagne.
  • Contact

Profil

  • jean-yves cordier
  • &quot;Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure&quot; Guillevic, Théraqué.  &quot;Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)&quot; (Rabelais )&quot;prends les sentiers&quot;. Pytha
  • &quot;Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure&quot; Guillevic, Théraqué. &quot;Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)&quot; (Rabelais )&quot;prends les sentiers&quot;. Pytha

Recherche