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19 août 2017 6 19 /08 /août /2017 17:25

En attendant le train en gare d'Hanvec à Roudouhir : la locomotive V212R.

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Il faisait beau ce jour-là, et j'attendais en gare d'Hanvec le train de 13H38 à destination de Landerneau. De là, " je prendrai l’autobus à deux heures et j’arriverai dans l’après-midi. Ainsi, je pourrai veiller et je rentrerai demain soir."

Oui, il faisait beau, et même chaud, voire lourd.

"Comme il faisait une chaleur de 33 degrés, le quai se trouvait absolument désert."

La gare d'Hanvec, photographiée en août 2017 par lavieb-aile.

La gare d'Hanvec, photographiée en août 2017 par lavieb-aile.

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La locomotive qui s'immobilisa devant moi comme dans un rêve semblait, en fait, avoir toujours été là.

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La locomotive V212R, photographiée en gare d'Hanvec  en août 2017 par lavieb-aile.

La locomotive V212R, photographiée en gare d'Hanvec en août 2017 par lavieb-aile.

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J'entendis une voix dont il m' était difficile de dire si elle venait d'un haut-parleur : "Attention c'est  la locomotive V deux cent douze R ...V deux cent douze R ...V deux cent douze R."

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La locomotive V212R, photographiée en gare d'Hanvec  en août 2017 par lavieb-aile.

La locomotive V212R, photographiée en gare d'Hanvec en août 2017 par lavieb-aile.

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Ce qui était bizarre, c'est que je ne voyais aucun wagon de voyageur. Et quelle chaleur !

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La locomotive V212R, photographiée en gare d'Hanvec  en août 2017 par lavieb-aile.

La locomotive V212R, photographiée en gare d'Hanvec en août 2017 par lavieb-aile.

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Mais soudain j'entendis une voix forte me crier :

"Le service voyageur a cessé au début des années 2000, plus aucun train de voyageurs ne s’y arrête." 

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Et un peu plus tard quelqu'un diffusa l'annonce suivante :

"La ligne est finalement fermée entre Quimper et Landerneau pour rénovation du 11 décembre 2016 au 9 décembre 2017. Les circulations ferroviaires sont TOTALEMENT INTERROMPUES."

J'allais louper ma correspondance pour Brest, où selon le télégramme que j'avais reçu, ma tante Pécuchet avait été hospitalisée. 

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Et encore cette voix nasillarde qui reprenait :

"Sur les 70 km de voies renouvelées,  140 km de rails seront posés en Long Rail Soudé (LRS),  100 000 tonnes de ballast seront nécessaires, ainsi que  95 000 traverses,  7 aiguillages. 8 ouvrages d’art seront rénovés et  85 km de fibre optique seront posés. Le bâtiment voyageur Dirinon-Loperhet sera démoli . Les circulations ferroviaires sont TOTALEMENT INTERROMPUES."

 

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Malgré ses couleurs jaune et orange, la locomotive  V212R diffère peu de la V212 Pichenot-Bouillé ou  Vechietti, mais quand même.  Avec une tare de 62 T, elle peut atteindre la vitesse maxi (HLP) de 100 km/h. Si je vous dis que le nombre d'essieux pouvant être freinés est de 130 (cent trente !, c'est considérable), et que sa masse freinée totale est  V : 65T, M : 57 T, je pense qu'elle ne pourra vous laisser indifférent(e).

Son boulot, c'est de tracter des trains de fret ou des trains de travaux, comme pour les RVB. Excusez-moi, les Renouvellement Voie Ballast. Avec ses bourreuses, et ses wagons-trémies. 

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La locomotive V212R, photographiée en gare d'Hanvec  en août 2017 par lavieb-aile.

La locomotive V212R, photographiée en gare d'Hanvec en août 2017 par lavieb-aile.

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La locomotive V212R, photographiée en gare d'Hanvec  en août 2017 par lavieb-aile.

La locomotive V212R, photographiée en gare d'Hanvec en août 2017 par lavieb-aile.

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La locomotive V212R, photographiée en gare d'Hanvec  en août 2017 par lavieb-aile.

La locomotive V212R, photographiée en gare d'Hanvec en août 2017 par lavieb-aile.

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QUELQUES LIENS :

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http://railbreopdl.forumactif.org/t2934-a-hanvec-debut-des-travaux

http://trainjoel.canalblog.com/archives/2012/08/17/24914285.html

http://www.colasrail.com/entreprise/moyens-materiels.php

— Localisation :

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.134998&y=48.341189&z=17&layer1=ORTHOIMAGERY.ORTHOPHOTOS.1950-1965&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS&mode=doubleMap

— Wikipédia :

Établie à 91 mètres d'altitude, la gare d’Hanvec est située au point kilométrique (PK) 740,361 de la ligne de Savenay à Landerneau, entre les gares de La Forêt-du-Cranou (fermée) et de Daoulas (fermée). Les gares ouvertes les plus proches sont Pont-de-Buis (en direction de Quimper) et Dirinon - Loperhet (en direction de Landerneau)1.

Gare d'évitement, elle dispose d'une deuxième voie pour le croisement des trains.

La modernisation de la ligne entre Landerneau et Quimper a été décidée le 2 novembre 2010 avec le bouclage du budget de cette opération. La gare d’Hanvec sera l’une des extrémités de l’évitement « dynamique » de 13 km de long qui sera créé entre Hanvec et Irvillac. Il pourrait se greffer à ce projet de modernisation la réouverture d’un arrêt, pas nécessairement à l’emplacement actuel, mais à un endroit à définir en fonction des souhaits des différentes communes exprimant la volonté de voir de nouveau s’arrêter un train dans leur commune (Hanvec, Irvillac, Daoulas)."

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 18:29

Liste des articles de ce blog décrivant les vitraux.

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AMIENS.

Le vitrail de l'Arbre de Jessé de la cathédrale d'Amiens.

ANGERS.

Le vitrail de l'Arbre de Jessé de la cathédrale d'Angers.

 

Iconographie de saint Christophe à la cathédrale d'Angers II. Saint Eustache et la traversée de rivière.

Iconographie de Saint Christophe : les vitraux de la cathédrale d'Angers, I.

BEAUVAIS.

Saint Jean à Patmos : la verrière de la baie 12 de la cathédrale de Beauvais.

 

Les vitraux anciens de l'église Saint-Étienne de Beauvais. Baie n°19, N.D de Lorette.

Les vitraux anciens de l'église Saint-Étienne de Beauvais. La baie n°9, saint Claude.

Les vitraux anciens de l'église Saint-Étienne de Beauvais : baie n° 6, Le Jugement Dernier .

Les vitraux anciens de l'église Saint-Étienne de Beauvais. La baie n°16.

Les vitraux anciens de l'église Saint-Étienne de Beauvais. La Déposition, ou Baie 0.

Les vitraux anciens de l'église Saint-Étienne de Beauvais . Baie n°12, La Fontaine de Vie.

Le vitrail de l'Arbre de Jessé de l'église Saint-Etienne de Beauvais.

Les vitraux anciens de l'église Saint-Étienne de Beauvais. La baie n°14.

Les vitraux anciens de l'église Saint-Étienne de Beauvais. La baie n°7 de Saint André et saint Jean.

Le vitrail d'Engrand Leprince de la cathédrale de Beauvais : vitrail dit "de Roncherolles" . I. Généralités.

Les vitraux anciens de l'église Saint-Étienne de Beauvais. Adam et Ève.

Les vitraux anciens de l'église Saint-Étienne de Beauvais. Baie n°18, Vie de saint Eustache.

Le vitrail de la Galerie des Sibylles (1538-1539) de la cathédrale de Beauvais par Jean et Nicolas Le Prince.

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CHARTRES.

Les Mois, le Zodiaque et le Temps de la cathédrale de Chartres: sculpture et vitrail. .

Le vitrail de l'Arbre de Jessé de l'église Saint-Pierre de Chartres.

La Baie 114 des vitraux de Chartres : Fuite en Égypte et Nativité, Colin de la chambre royale, donateur. Les échiquiers ou damiers des vitraux de Chartres.

La Vierge allaitante de l'oculus des vitraux de Chartres.

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ÉVREUX

L'Arbre de Jessé de la cathédrale d'Évreux.

LE MANS

La Rose du transept nord de la cathédrale du Mans.

Les vitraux du XIIe siècle de la cathédrale du Mans (I).

Les vitraux du XIIe siècle de la cathédrale du Mans (VII).

L'Arbre de Jessé de la Baie 110 de la cathédrale du Mans.

Le vitrail de l'Arbre de Jessé de la cathédrale du Mans.

Les vitraux du XIIe siècle de la cathédrale du Mans (II) Verrière de l'Ascension.

Les vitraux du XIIe siècle de la cathédrale du Mans (III).

Les vitraux du XIIe siècle de la cathédrale du Mans (IV).

Les vitraux du XIIe siècle de la cathédrale du Mans (V).

Les vitraux du XIIe siècle de la cathédrale du Mans (VI).

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MOULINS

L'Arbre de Jessé de la cathédrale de Moulins, l'Immaculée Conception : la Rencontre de la Porte Dorée.

L'étrange vitrail de l'Arbre de Jessé de la cathédrale de Moulins.

SAINT-DENIS.

Le vitrail de l'arbre de Jessé de la basilique de Saint-Denis.

Vitraux de saint-Denis : Enfance du Christ et Vie de Marie.

Vitraux de la basilique de Saint-Denis : cycle de saint Benoît.

Le char d'Aminadab , vitraux de Saint-Denis : Allégories de Saint Paul.

SENS.

Le vitrail de l'Arbre de Jessé de la cathédrale de Sens, II : la Vierge et la Licorne.

Le vitrail de l'Arbre de Jessé de la cathédrale de Sens. I.

SÉVILLE.

Petite iconographie de Saint Christophe à Séville, III. Le vitrail d'Arnaud de Flandres de la cathédrale.

TOURS.

La verrière de l'Arbre de Jessé de la cathédrale de Tours.

Les vitraux du XIIIe siècle de la cathédrale de Tours. Baie 214, légende de saint Eustache.

NORMANDIE.

Utah Beach et Vitraux I : Carentan.

Les vitraux de Jacques Simon en l'église saint-Vigor de Carolles (50)

Les vitraux de Jacques Le Chevallier de l'église Notre-Dame du Cap Lihou de Granville.

Utah Beach et Vitraux II : Ste-Mère-Église.

 

 

 

MARC CHAGALL.

Le vitrail de la Création de Chagall à la cathédrale de Metz.

Les vitraux de Chagall du déambulatoire nord de la cathédrale de Metz. III. La baie n°11 sans les bla-bla.

Les vitraux de Chagall pour le déambulatoire nord de la cathédrale de Metz.II. La baie n°9, sans mon baratin.

Le vitrail de l'Arbre de Vie de Chagall à la chapelle des Cordeliers de Sarrebourg.

Le vitrail de l'Arbre de Jessé par Marc Chagall de la cathédrale de Reims .

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EN BRETAGNE.

QUIMPER.

Les vitraux du choeur de la cathédrale de Quimper. I.

Les fonds damassés des vitraux du XVe siècle de la cathédrale de Quimper.(vers 1417). Baie 100 et 109.

Les vitraux du chœur de la cathédrale de Quimper. I. Le rond-point du chœur.

 

​Les vitraux du chœur de la cathédrale de Quimper. III. L'usage du jaune d'argent sur les vitraux des baies 110 et 112 (vers 1417). Anne trinitaire à Quimper.

Iconographie de saint Christophe dans les vitraux de la cathédrale de Quimper. V. La baie n°128.

Iconographie de saint Christophe dans les vitraux de la cathédrale de Quimper. IV. La baie n°126 ou Verrière de Kerguelenen.

Les vitraux du chœur de la cathédrale de Quimper V : la baie 103.

Les vitraux du chœur de la cathédrale de Quimper VI : la baie n°107.

Les vitraux du chœur de la cathédrale de Quimper VII : la baie n°111.

Les vitraux du chœur de la cathédrale de Quimper VIII : la baie n°104 du Juch.

Les vitraux du chœur de la cathédrale de Quimper IX : la baie n° 105.

Les vitraux des baies 110 et 112 du chœur de la cathédrale de Quimper.

Iconographie de saint Christophe dans les vitraux de la cathédrale de Quimper. I. La baie 113.

Iconographie de saint Christophe dans les vitraux de la cathédrale de Quimper. II. La baie n°114.

Iconographie de saint Christophe dans les vitraux de la cathédrale de Quimper. III. La baie n°115.

Iconographie de saint Christophe dans les vitraux de la cathédrale de Quimper. Une synthèse des cinq exemples étudiés. (Baies 113, 114, 116, 126 et 128)

Iconographie de saint Christophe dans les vitraux de la cathédrale de Quimper. Une comparaison.

Les vitraux du chœur de la cathédrale de Quimper IV. Les baies 106 et 108 et les pupilles au jaune d'argent.

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AILLEURS EN BRETAGNE.

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Les vitraux de François Dilasser à la chapelle...

Les vitraux de l'église de Saint-Nic (29)....

La chapelle Notre-Dame-de Tréminou à Plomeur :...

Les vitraux de l'église Saint-Louis de Brest : 1) les images.

 

 

 

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PAR THÈMES.

ARBRE DE JESSÉ 

En Bretagne:

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Et en comparaison avec les œuvres bretonnes :

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PASSIONS FINISTÉRIENNES.

 Beaucoup d'entre elles sont dues à l'atelier Le Sodec à Quimper. Le Corpus Vitrearum VII permet d'en dresser une chronologie :

et dans le Morbihan :

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On attribue aussi à l 'atelier des Le Sodec les vitraux suivants :

 

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17 août 2017 4 17 /08 /août /2017 09:54

L'église de Saint-Divy (29) . II. Les vitraux du XVIe siècle (vers 1530 et 1550) de la maîtresse-vitre ou Baie 0. 

 

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A. Sur l'église de Saint-Divy, voir aussi :

 

B. Sur les vitraux décrits dans ce blog, voir cette liste :

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La maîtresse-vitre de l'église Saint-Divy comporte quatre lancettes lancéolées de quatre panneaux chacune, et un tympan de sept ajours et écoinçons. Elle mesure 3,20 m de haut et 2,00 m de large. Elle est classée au titre d'objet depuis le 10 / 11 / 1906.

Les vitraux sont estimés vers 1530 (d'après une inscription de 1531) et vers 1550. A la Révolution, en 1791, les armoiries du tympan furent détruites. Elle fut restaurée une première fois au XIXe siècle, sans-doute lors de l'intervention de Julien-Léopold Lobin en 1866, qui créa des nouveaux vitraux pour l'église. Une seconde intervention eut lieu en 1937, (par l'atelier Rault ?) et les vitreries colorées posées pour combler les armoiries du tympan furent remplacées par des ornements et symboles. Elle a été déposée et mise à l'abri en 1939-45. Enfin, en 2002-2003 elle a été  restaurée par l'atelier HSM de Quintin : "Lors de sa restauration, les moyens informatiques ont permis de retrouver sa composition initiale. C'est ainsi que plusieurs personnages dont des éléments manqués ont pu être reconstitués intégralement en mettant à leur place des morceaux qui avaient été placés ailleurs par erreur.La restauration a consisté à nettoyer les composants, refaire les joints en plomb" (Mairie de Saint-Divy).

La vitre actuelle est une mosaïque de plusieurs compositions, notamment un Couronnement de la Vierge et un Jugement dernier, œuvre datée vers  1531 dont subsiste essentiellement des figures de la cour céleste au registre inférieur. On trouve aussi des fragments d'une scène de festin (Hérode ?) et un donateur. 

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Maîtresse-vitre (baie 0) de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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I. LA LANCETTE DE GAUCHE.

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Registre inférieur : le portrait d'un donateur (vers 1550 ?).

Un donateur est agenouillé à son prie-dieu, présenté par saint Michel en cape rouge et  cuirasse dorée, dont on ne voit plus que le bas du corps et le bras tenant la lance. Une observation attentive permet de remarquer un petit bonhomme vert levant la main vers la jambe droite : c'est bien-sûr le diable ou le dragon terrassé par le pied de l'archange. Devant lui, les courbes d'un phylactère portent les fragments d'une inscription en lettres gothiques cursives : au mieux, j'y discerne le mot FU[N]DA[VIT ?]  et l'abréviation DNE. 

Le donateur est vêtu d'une robe rouge doublée de fourrure (une pelisse, donc) sur lequel passe une écharpe ou étole violette. Une chaîne en or portée en collier se devine dans l'encolure.   Ses cheveux mi-longs correspondent à la mode du début du XVIe siècle, sous Louis XII. 

Le même motif de rangées d'ovales se retrouvent sur l'écharpe, sur ce qui est peut-être une aumônière sous la ceinture, et sur l'étoffe du prie-dieu. Devant cette dernière, sont placées cinq pièces de verre hétéroclites : un chapeau bleu, une "coupe" dorée, un rectangle jaune portant des motifs noirs (animal ? lettres ?), la courbe d'un petit bout de corde tressée, et un support blanc crème. Rien ne permet d'y reconnaître des signes d'identification.

Les auteurs actuels (Jean Bozec, APEVE, site de la Mairie, notice de la base Palissy, etc..) y reconnaissent un certain Hervé de la Palue, sans-doute sous l'inspiration de René Couffon qui écrit dans sa Notice de 1988 :" On y distingue le portrait du donateur, messire Hervé de la Palue, docteur ès droits, recteur de Plouguernével et prieur commendataire de La Forest. Avant sa dépose en 1939, l'on pouvait y lire l'inscription : " HERVEUS PALUDANUS IURIS UTRIUSQUE DOCTOR DOTAVIT 1531. "

Pourtant, cette identification ne va pas de soi car  Gatouillat et Hérold, font remarquer que le style de ce panneau semble trop tardif pour correspondre à la date de 1531. Ils  datent ce panneau de 1550. Pour eux, l'inscription de 1531 concerne le vitrail en entier, mais le donateur agenouillé ne serait pas assimilable à Herveus Paludanus. Pourtant, ils reprennent textuellement les allégations de René Couffon concernant les qualités de ce dernier.

J'ai eu beaucoup de difficultés à trouver la confirmation  des  précisions données par Couffon. L'inscription latine est bien attestée, par deux auteurs sérieux, Miorcec de Kerdanet en 1837 et le chanoine Abgrall en 1904 : 

Miorcec de Kerdanet : "Inscription sur la maîtresse-vitre Herveus Paludanus juris utriusque  doctor dotavit 1531 .Cet Hervé Paludanus est l'un des seigneurs de La Pallue, en Beuzit-Conogan, non loin de St-Divy" 

Abgrall : "Maîtresse -vitre : Couronnement de la Sainte -Vierge, entourée d'anges, ainsi que des Saints et Saintes du paradis. Au bas, on lit cette inscription : HERVEVS : PALVDANVS : IVRIS : VTRIVSQVE : DOCTOR : DOTAVIT . 1531.  Ce donateur était donc de la Palue, en Beuzit-Conogan, près de Landerneau, au bord de l'Elorn."

Le relevé consciencieux de la graphie et de la ponctuation par Abgrall, premier auteur à s'être préoccupé des inscriptions anciennes du Finistère, augmente la crédibilité du  témoignage. Par contre, si les deux auteurs font le rapprochement avec les seigneurs de La Palue en Beuzit-Cogogan, ni de Kerdanet ni Abgrall n'ont tenté de mieux identifier ce donateur. Et aucun n'affirme que ce dernier est le personnage représenté agenouillé.

 

C'est donc Couffon qui franchit cette étape, et qui affirme que ce personnage était :

" messire Hervé de la Palue, docteur ès droits, recteur de Plouguernével et prieur commendataire de La Forest. "

En 2005, Gatouillat et Hérold reprennent ces affirmations en citant quasi à la lettre Couffon, mais en  y associant le titre de Sénéchal :

"HERVEUS PALUDANUS IVRIS UTRIUSQUE DOCTOR, c'est-à-dire Hervé de La Palue, « sénéchal de Léon, docteur ès droit, recteur de Plouguernevel et prieur commanditaire de La Forest"

 

c) Or, je trouve un recteur nommé Hervé de la Palue, mais celui-ci occupa la cure de Plouguerneau, et non de Plouguernevel, et ce fut (d'après H. Pérennès qui donna la liste des recteurs de Plouguerneau) "vers 1600". Il mentionne que ce poste avait été occupé  en 1541-1562 par François Parcevaux, chanoine de Léon, archidiacre d'Ac'h, recteur de Plounéventer de 1550 à 1570, de Plouédern, et de Cléder .

d) Par ailleurs, aucun sénéchal de Léon ne porta ce nom, et on trouve successivement à ce poste Maurice de Parcevaux, en 1472, puis Jean le Scanff en 1500, puis Yvon de Parcevaux (décédé en 1519, et enfin son fils Maurice II de Percevaux (1485-1511), seigneur de Mézarnou ... et de La Palue.

e)  La famille des seigneurs de La Palue est originaire de Beuzit-Conogan en Landerneau et ses armes sont  d'or au lion  de sable au lambel à trois pendants de gueules en chef.  

Le couple Olivier de la Palue / Jeanne Guyomarch.

 Olivier de La Palue, seigneur de la Grande Palue, gouverneur et capitaine de Brest, et qui était présent à la montre de Dinan le 2 septembre 1489 est mort en 1505 : son  gisant provenant de l'ancienne église de Saint-Houardon de Landerneau, se trouve désormais au château de Kerjean.  En épousant en 1460 la fille de son voisin Olivier Guyomarch, ( seigneur de la Palue,  de sable semé de billettes d'argent au poisson en pal du même), Jeanne Guyomarch, il agrandit son domaine de celui de la Petite Palue.  Leur fille, Marguerite de La Palue, épouse Jan du Mescam, seigneur de Mescaradec entre 1485 et 1500. Leur fils François, qui suit :

Le couple François de la Palue / Marguerite de Trésiguidy.

Le fils et héritier, François de la Palue (décédé en 1553), a de sa femme, Marguerite Christiane de Trésiguidy (d'or, à trois pommes de pin de gueules), quatre enfants, dont une fille, Françoise.

Le couple Françoise de la Palue / Troïlus de Mondragon.

Françoise, "dame de La Palue, de Tréziguidy, des Salles" , épouse  en 1520 un gentilhomme espagnol, Troïlus de Mondragon. Le  gisant de ce dernier, décédé vers 1540-1548,  se trouvait dans l’église de Beuzit-Conogan (près de Landerneau) avant d'être déposé au Musée départemental breton de Quimper. 

Selon Potier de Courcy : 

MONTDRAGON (DE) (bâtard de Montdragon en Espagne), sr de Hallot et baron de Hauteville, en Normandie, — vicomte de Loyaux, par. de Fresnay, — sr de la Palue, par. de Beuzit-Conogan , — de Trésiguidy, par. de Pleyben, — des Salles, par. de Plouisy, — du Prat, par. de Brélévénez, — de Coatquéau, par. de Scrignac.

Réf. de 1535 à 1543, par. de Plouisy et Brélévénez, év. de Tréguier, et Scrignac, év. de Cornouailles.

D'argent au lion de gueules, accosté de deux peupliers de sinople; aliàs : d'argent au peuplier de sinople, soutenu de deux lions affrontés de gueules.

Antoine, l'un des capitaines envoyés par Ferdinand et Isabelle au secours de la duchesse Anne, en 1488; Jean, vicomte de Loyaux, capitaine de Nantes et de Rennes en 1510; Troïlus, colonel de quatre mille hommes de pied, marié à Françoise de la Palue, dame dudit lieu et de Trésiguidy, depuis 1543 et enterré à Beuzit-Conogan.

Fondu dans Montmorency-Bouteville, puis Rosmadec.

Voir l'Histoire de Bretagne de Pierre Le Baud (1638).

Françoise de la Palue et Troïlus de Mondragon eurent une fille, Jeanne de Mondragon, qui épousa en 1543 François de Montmorency.

f) J'en viens au titre de "prieur commanditaire de La Forest" : pour augmenter ma confusion, l'article Wikipédia sur La Forest-Landerneau, sur la rive droite de l'Elorn, indique :

"Un document de 1332 évoque un prieuré dénommé "Goélo-Forest" : ce fut semble-t-il un prieuré régulier, habité par des moines sans doute jusque dans le courant du XVIe siècle. Le prieuré est alors en commende. À la fin du XVIIe siècle, le prieur commendataire est Hervé de la Palue, docteur en droit, recteur de Plouguerneau et décimateur. Les prêtres desservants, recteurs et vicaires perçoivent seulement la portion congrue, les honoraires de messes et le casuel liés à leur ministère".

En effet la paroisse de La Forest a le statut de Prieuré de l'Abbaye de Saint-Mathieu, abbaye (dont deux abbés portèrent le nom de Yves de La Palue en 1315).

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g) Mes recherches pour valider les données apportées par René Couffon allaient rester vaines, lorsque je trouvai après "plusieurs heures" (je ne les compte pas) cette page datant de 1810 : 

"On trouve dans les archives de Mr Le Forestier de Quillien une pièce intéressante datée du 15 septembre 1531 et souscrite au treff et dans l'église Saint Ivy.

C'est un acte notarié, passé à la suite de travaux importants exécutés par les tréviens : la construction d'un nouveau pignon « au bout suzain de l'église », et d'une chapelle « du costé devers l'epistre » ; et aussi « la réparation de la chapelle du costé de l'Evangile ».

Cet acte est dressé en présence de Missire Hervé de la Pallue, docteur ès droictz, protonotaire du St Siège apostolique, Recteur de Ploué Kernevel, et prieur commendataire de la Forest, en privé nom et comme stipulant pour damoiselle Françoise de la Pallue dame des Palues, de Trésiguidy et des Salles, sa nièce. Il s'intitule fils de la maison de la Palue, la plus grande après Mr le Vicomte de Rohan, seigneur de Léon.

Les autres personnes assistant à cette réunion sont, outre les paroissiens : Missire Guillaume Keraval « subcuré ou treff eclélasial de Sainct-Ivy » Missire Louis Delart « pbre et chapellain en la d. esglise. », Jan Barbier sgr de Kerjan époux de Jeanne Kersauson, les sr de Mesgral, de Keraudy, de Botiguery, de Penanlouch, de Kerberiou, de Kerouzault, de Beaurepos. 

Hervé de la Pallue y prend l'engagement de vitrer la grande fenêtre du chevet de l'Eglise, dans laquelle figureront en supériorité les armes du vicomte de Rohan, puis celles de la Palue, enfin celles des Barbier et des Kersauson.

Il fonde une rente de 20 sous monnaie pour l'entretien de cette vitre.

Hervé de la Pallue s'acquitta généreusement de ses engagements : c'est à sa libéralité que nous devons le magnifique vitrail que l'on peut encore admirer à St Divy, et qui porte son nom et la date 1531."

." Revue de Bretagne, de Vendée & d'Anjou, Volumes 43 à 44 Émile Grimaud J. Forest, aîné, 1810 page 306

Cela signifie que Hervé de la Palue est l'oncle de Françoise de la Palue, l'épouse de Troïlus de Montdragon. Serait-il un frère cadet de François de la Palue ?

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Ce document cité partiellement  dans la Revue de Vendée ... peut être compléter car le contenu de ce dernier a été publié textuellement  par Jean-Christophe Cassard : 

 

"Sachent tous que par nos cours de Landerneau et officialité de Léon, & et par chacunes d'icelles, sans que l'execution de l'une puisse empecher ni retarder l'execution de l'autre, ains pourront conclure ensembleme[en]t. Furent presents en droict, & personnalem[en]t establys venerable & discret Missire Hervé de la Palue docte[ur] es droicts, prothonotaire du S[ain]ct Siege Apostolique, Recte[ur] de Plouguerneau & prieur commendataire de la Forest, Missire Keravel  « sous curé du tref ecclésial de Saint-Divy » et Louis Jélart, « prêtre et chapelain de ladite église »

La partie sollicitée – la noblesse – est constituée de neuf familles invitées à contribuer à l'achèvement de l'église. Toutes n'ont pas leur résidence dans la paroisse de La Forest mais y possèdent des terres :

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"& comme stipulent po[ur] Damoiselle Françoise de la Palue dame des Palues, de Tresiguydy et des Sales, Maistre Jean Barbier escuyer seigneur de K[er]jean au nom & comme pro[cureu]r de la cour de Landerneau & en son privé nom.

"Damoiselle Adelice Gouriou dame de Mesgral au nom & comme tutrice d'Olivier Encuff son filz, François K[er]audy sieur de K[er]audy, Yvon le Jeune, sieur de Botiguiry, Louys K[er]velec, sieur de Penaneac, Hervé le Maucare sieur de K[er]biriou, frere Christophle K[er]oudault curateur d'Yvon K[er]oudault son nepveu sieur de K[er]oudault, Maître Jan le Mercier sieur de Beaurepos & chacun d'eux pour son interest, & en ce qui touche d'autre partve se sousmettans & se


"Auroint assigné ce jo[ur] la noblesse po[ur] demender secours & aide a vitrer & faire vitrer lesd[ictes] fenestre & distribuer par entre eux les préminances d'icelles supplians & ont suplié estre d'ordre procédé. Pourquoy le sieur prothonotaire prieur dudict prieuré de la Forest en son privé nom filz de la Maison de la Palue la plus grande : Après Mons[eigneu]r (sic) le vicompte de Roan" (Cassard, 1996) 

L'assignation a lieu à l'église même de Saint-Divy, un dimanche après midi.

 

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J.C. Cassard remarque  1) que les revenus de la fabrique étaient importants : Saint-Divy, à mi-chemin de Landerneau et de Brest, était alors dans la zone de production des « crées », les toiles de lin qui faisaient — et qui feront encore longtemps — la richesse de la vallée de l'Aulne et du haut Léon.

2) que Jean Barbier, écuyer, seigneur de Kerjean, procureur de la cour du Vicomte de Rohan à Landerneau, était le frère du fameux chanoine Hamon Barbier, titulaire d'un nombre considérable de bénéfices et l'époux, en seconde noces, depuis 1523, de Jeanne de Kersauson. Les autres familles nobles sont de La Forest même (Mesgral et Kerbiriou) ou de Guipavas (Keroudaut et Beaurepos), de Saint-Thonan (Botiguiry), de Plounéventer (Keraudy) et de Plougastel (Pennaneac'h).

Nota bene : juste en face de la Palue de Landerneau, sur la rive opposée de l'Elorn, se trouve le lieu-dit de Penarcreac'h, et, à une centaine de mètres, la croix de Mondragon. Voir : 

E. Carrillo-Blouin, "Troilus de Mondragón: Pistas de investigación para un caso de integración social y cultural temprana. Presencia del País Vasco español en Bretaña durante el siglo XVI", Sancho el Sabio, 25, 2006, p. 233-250. 

 

Conclusion : le portrait du donateur est peut-être celui d'Hervé de La Palue, qui était bien docteur en droit, protonotaire apostolique, prieur commandataire du prieuré de La Forest, recteur de Plouguerneau, et oncle de Françoise de la Palue, épouse de Troïlus de Mondragon. Mais c'est peut-être aussi celui d'une des autres familles nobles qui firent apposer leurs armes en prééminence sur le vitrail en contre-partie de l'aide apportée à la pose de vitraux sur les baies de la nouvelle église.

La coiffure, et même les traits, du personnage diffèrent peu de ceux de Troïlus de Mondragon, sur son gisant qui date de 1540-1550.

 

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Maîtresse-vitre (baie 0) de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Maîtresse-vitre (baie 0) de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Registre moyen : l'archange saint Michel .

Je remarque surtout dans cette macédoine les démons de la partie basse.

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Maîtresse-vitre (baie 0) de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Partie supérieure de la lancette gauche.

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Maîtresse-vitre (baie 0) de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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LES TROIS LANCETTES DE DROITE.

 

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Maîtresse-vitre (baie 0) de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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1°) Le registre inférieur : la Cour céleste, sur des nuées.

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Maîtresse-vitre (baie 0) de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Saint François d'Assise présentant ses stigmates.

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Saint Antoine s'appuyant sur sa canne en T (le Tau est son attribut) et tenant son chapelet.

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Maîtresse-vitre (baie 0) de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) de l'église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Sainte Catherine d'Alexandrie (couronnée et tenant un livre).

Vierge et martyre (tenant la palme)

Sainte Barbe (tenant la tour à trois fenêtres).

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Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Saint Jérôme bras nus et tenant un crucifix.

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Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La partie haute du registre inférieur.

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  A gauche : Trois apôtres (restaurés au XVIIIe siècle). Je reconnais saint Pierre à sa calvitie et à sa clef. Saint Paul doit être son voisin. le troisième n'est pas un apôtre, mais saint Jean-Baptiste, qui tient l'Agneau.

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Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le blond saint Sébastien tenant une flèche et montrant ses blessures.

 

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Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Trois Pères de l'Église (ou : un pape, un évêque et un cardinal)

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Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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2°) Le registre supérieur. 

La Vierge est couronnée par Dieu le Père (en manteau rouge) et par le Christ (en bleu), sous la colombe de l'Esprit-Saint volant sur un livre où est écrit UNG DIEU, UNG FOY, UNG LOY.

Marie, agenouillée, mains jointes, est au centre d'un cercle de chérubins et abritée par un pavillon vert à rideaux rouges.

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Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Saint Michel pesant les âmes. 

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Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Maîtresse-vitre (baie 0) vers 1530 et 1550, église de Saint-Divy. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, page 343 :

"Saint- Divy. — Maîtresse -vitre : Couronnement de la Sainte -Vierge, entourée d'anges, ainsi que des Saints et Saintes du paradis. Au bas, on lit cette inscription : HERVEVS : PALVDANVS : IVRIS : VTRIVSQVE : DOCTOR : DOTAVIT . 1531.

Ce donateur était donc de la Palue, en Beuzit-Conogan, près de Landerneau, au bord de l'Elorn."

http://www.archive.org/stream/architecturebre00abgrgoog#page/n377/mode/2up

— MIORCEC DE KERDANET (Daniel-Louis), 1837,  Eglises et chapelles de N.D en l'évesché du Léon,  La Vie des Saints de la Bretagne Armorique, page 520 note 3.

"Inscription sur la maîtresse-vitre Herveus Paludanus juris utriusque  doctor dotavit 1531 .Cet Hervé Paludanus est l'un des seigneurs de La Pallue, en Beuzit-Conogan, non loin de St-Divy" (K)

https://books.google.fr/books?id=YSvBi_0z3gsC&pg=PA520&lpg=PA520&dq=herveus+paludanus+1531&source=bl&ots=H2fiNc5ePI&sig=wq6EBMqPP8AdJdZ7Z1717OLdMLY&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwis04WHnN_VAhWMChoKHdYvDlMQ6AEINDAC#v=onepage&q=herveus%20paludanus%201531&f=false

— BOZEC (Jean) / APEVE :

"Ce vitrail est daté de 1531... Il a été souvent restauré. II faut y regarder de près pour voir la finesse de l’œuvre. Ce vitrail est antérieur de quelques années à celui de La Martyre ou de La Roche Maurice. Il est le témoin de l’activité des verriers bretons en ce début du XVIe siècle. Les aléas politiques (rattachement de la Bretagne à la France) n’ont pas encore modifié la place de la Bretagne en Europe. Ce vitrail porte bien les empreintes de Dürer et d’autres grands maîtres flamands.

Sur les trois lancettes de droite, le sujet principal du vitrail, l’Assomption de Marie, montre aussi la place de cette croyance dans le culte bien avant la proclamation du dogme de l’Assomption, au milieu du XXe siècle. La foule (nous avons compté 82 personnages) est bien présente. Sur la lancette de gauche, le donateur, Hervé de La Palue, se donne une place éminente. Il est surmonté d’un saint Michel combattant les démons. Selon toutes données archivistiques, ce vitrail a été réalisé dès la fin de la construction de l’église. Il est contemporain de plusieurs statues présentées dans la rubrique  « statuaire »."

http://www.apeve.net/spip/spip.php?article109

— CASSARD (Jean-Christophe), 1996  : Le financement des constructions religieuses sous l'Ancien Régime : l'exemple de Saint-Divy au XVIe siècle in Bretagnes:  art, négoce et société, de l'Antiquité à nos jours : mélanges offerts au professeur Jean Tanguy, Association des Amis de Jean Tanguy,  518 pages, page 86-89.

— COUFFON (René), Le Bars (Alfred), 1988, Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper,

" Vitraux : maîtresse vitre consacrée au Couronnement de la Vierge et comprenant actuellement une mosaïque de vitraux (C.). On y distingue le portrait du donateur, messire Hervé de la Palue, docteur ès droits, recteur de Plouguernével et prieur commendataire de La Forest. Avant sa dépose en 1939, l'on pouvait y lire l'inscription : " HERVEUS PALUDANUS IURIS UTRIUSQUE DOCTOR DOTAVIT 1531. " Il est à remarquer également dans cette verrière un buste de saint Sébastien, le nez retroussé et les oreilles cachées par les cheveux, semblable aux cinq Apôtres de Guengat, un buste de saint Jérôme tenant le Crucifix, et un pape provenant d'un Jugement dernier. Les autres vitraux, figuratifs également, sont dus aux ateliers Lobin (1866-1867) et Rault (1931)."

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5eb27adca1ceb10a93836495d298f812.pdf

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005, Les vitraux de Bretagne, Corpus vitrearum Medii Aevi: Centre national de la recherche scientifique, Presses Universitaires de Rennes page 189.

— Notice base Palissy :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=REF&VALUE_98=PM29000988

— MAIRIE DE SAINT-DIVY.

 

"Le maître-vitrail ci-dessus constitue une des pièces majeures de l'église. Il date de 1531 et fut offert par Hervé de La Palue. Il représente la Vierge agenouillée recevant les louanges des cieux. Des angelots lui font un cortège. Les personnages au nombre de quatre vingt dix que sont les archanges, les apôtres, vierges et martyrs sont répartis dans seize compartiments.

Celui-ci apparait toujours lumineux et éblouissant, malgré les dégâts commis en 1791 pour effacer les armoiries.

Classé monument historique en 1909, il fut déposé pendant l'occupation, comme bon nombre de vitraux classés. Il ne fut pas recomposé exactement à l'identique, car la complexité de l'ouvrage rendait difficile la remise des morceaux à leur place initiale.

Lors de sa restauration en 2003, les moyens informatiques ont permis de retrouver sa composition initiale. C'est ainsi que plusieurs personnages dont des éléments manqués ont pu être reconstitués intégralement en mettant à leur place des morceaux qui avaient été placés ailleurs par erreur.La restauration a consisté à nettoyer les composants, refaire les joints en plomb. Elle a été réalisée par HSM Ateliers Sainte-Marie à QUINTIN dans les Côtes d'Armor."

https://www.saint-divy.fr/vitraux.html

— OTTIN (Louis), s.d. [1896], Le Vitrail, son histoire, ses manifestations diverses à travers les âges et les peuples, Librairie Renouard, H. Laurens éditeur, Paris,  In-4°, 376 pages,  4 planche en couleurs, 15 phototypies, 12 planches en teinte hors texte, 219 gravures, de signatures, marques et monogrammes.  page 250.

https://archive.org/stream/levitrailsonhist00otti#page/250/mode/2up

 

—  Note de M.D.-B. et T.D. dans le Bulletin de la S.A.F., 1977, p.183-185.

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
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15 août 2017 2 15 /08 /août /2017 13:39

La chapelle Notre-Dame de Berven en Plouzévédé III. Les crossettes (1573-1579).

 

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"Dis-moi quelles sont tes crossettes, je te dirais qui tu es". Proverbe bas-breton.

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— Sur les crossettes, voir :

Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

 

 

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— Sur la chapelle Notre-Dame de Berven, voir :

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– Datation : j'adopte le créneau 1576-1579, en me fondant sur Couffon :

"L'édifice fut construit par l'atelier de Kerjean à la suite d'une délibération des paroissiens de Plouzévédé du 21 juin 1573. Le clocher, remarquable, a eu une très grande influence sur l'art breton. .... A la base, portail à claveaux rustiques daté 1576 et, au-dessus, niches du type de Kerjean. Sur la longère nord, le couronnement des fenêtres est également inspiré de Kerjean ; on y lit la date de 1580. "

Les sablières (pièces de la charpente, dont l'exécution suppose que tes rampants soient achevés) portent la date de 1579.

– Matériau : granite.

 

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Liste des crossettes de Berven :

 

1. Soldat tirant son épée.

2. Animal tenant entre ses pattes un objet.

3. Femme nue, main sur le pubis.

4. Homme.

5. Femme nue tenant un miroir.

6. Lion

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Je suivrai l'ordre que j'ai naturellement adopté lors de ma visite. Passant sous l'arc triomphal, contournant la tour-clocher par l'ouest, longeant ensuite le coté sud de la chapelle, j'ai aperçu la première crossette sur le rampant est de la sacristie, au dessus de l'oratoire du Pénity..

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Crossettes de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossettes de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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1. La crossette du Soldat tirant son épée. Rampant droit de la sacristie.

C'est un soldat, coiffé d'un bonnet, barbu, à cheveux longs, vêtu d'une tunique à manches courtes. 

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Crossette du Soldat tirant son épée,  sacristie de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette du Soldat tirant son épée, sacristie de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Crossette du Soldat tirant son épée,  sacristie de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette du Soldat tirant son épée, sacristie de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Il faut que je progresse pour voir, sur son coté gauche,  l' épée qu'il est en train de dégainé de son fourreau. 

On trouve son homologue à Landerneau, avec l'inscription : TIRE-TUE .

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Crossette du Soldat tirant son épée,  sacristie de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette du Soldat tirant son épée, sacristie de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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2. La crossette de l'Animal tenant dans ses pattes un objet.  Rampant droit du pignon du bras sud du transept.

J'emprunte à Wikimedia commons cette photo de Kergoulay qui montre, sur le coté gauche, le toit du bras sud du transept, et, à l'extrémité du rampant, cette crossette :

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On y voit un animal, peut-être un chien, aux longues pattes postérieures comme celles d'un lapin, dont la tête semble coiffer d'un bonnet, et qui tient dans ses pattes antérieures un objet. Est-ce  son petit , ou un petit être dont on verrait surtout la tête, le tronc et les bras?  L'objet ne ressemble pas à un blason.

La tête de l'animal est tournée vers le sud.   Il prend appui sur un support en arc.

 

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Crossette de l'Animal tenant un objet,  rampant du bras sud de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette de l'Animal tenant un objet, rampant du bras sud de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette de l'Animal tenant un objet,  rampant du bras sud de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette de l'Animal tenant un objet, rampant du bras sud de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Plus loin, les rampants du pignon oriental, percé d'une baie ogivale, sont amortis par deux crossettes peu banales. 

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Les deux crossettes du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Les deux crossettes du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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René Couffon  désignait ces crossettes sous le terme d'acrotères, et y voyait "Adam et Ève".  Pourtant, aucun serpent , aucune pomme ou aucun pommier ne permet de valider cette interprétation. Surtout, les crossettes de Basse-Bretagne ne représentent jamais des personnages bibliques. Mais alors, qui sont-ce donc ?

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3. Le rampant gauche du pignon oriental :  Femme nue, main sur le pubis.

Pour elle, mon jugement sera expéditif : c'est une pécheresse. N'imitez pas sa conduite si vous ne souhaitez pas un ticket pour l'Enfer. Voyez ses traits grossiers, presque vultueux, ses cheveux longs défaits, sa poitrine tendue, ses jambes fléchies, sa main qui caresse (ou masque) son sexe. Vade retro !

On trouvera ses sœurs en lubricité sur une crossette de la chapelle Notre-Dame des Trois-Fontaines à Gouezec, ou de  la chapelle Saint-Hervé de Gourin (56), ou encore sur le rampant d'une fenêtre passante nord de l'église Sainte-Nonne à Dirinon, et sur le porche sud de l'église de Landivisiau. Sans parler des bustes de femmes nues, de la cariatide de La Martyre, de toutes les sirènes, ou des démones sculptées en pierre dans les sanctuaires de Bretagne.

Voir aussi la photo de Kergoulay sur Wikimedia en avril 2016. Ce photographe s'est fait prêter un Canon EOS 6D par Wikimedia dans le cadre du projet Sterenn :

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Crossette_Chapelle_Notre-Dame-de-Berven_-_02.jpg

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La Luxure, crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Luxure, crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La Luxure, crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Luxure, crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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4. Le rampant droit du pignon oriental : l'homme.

Contre l'hypothèse de voir ici Adam, cet homme n'est pas nu. Il porte un bonnet, une ceinture (une corde, très basse), des chaussures. En outre, il est barbu, ce qu'Adam ne fut jamais, ce dont je viens encore de m'assurer auprès de mon agent spatio-temporel, qui a fait l'aller et retour. Mais s'il n'est pas nu, pourtant, son sexe est bien mis en évidence, sous l'effet de la mode vestimentaire des braguettes rembourrées qui subsista sous la Renaissance jusqu'aux années 1580 : précisément celles de ces crossettes .

Il a placé sa main gauche dans son dos, et l'autre tient un objet mystère contre sa poitrine. (Peut-être le pommeau de son épée, si on interprète ainsi la barre horizontale au dessus de sa jambe).

Voir aussi la photo de Kergoulay sur Wikimedia en avril 2016 :

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Crossette_Chapelle_Notre-Dame-de-Berven_-_01.jpg

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Crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette gauche du rampant du chevet de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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5. Une femme nue tenant un miroir.

Là encore, cette identification, loin d'être une certitude,  n'est que ma meilleure hypothèse, basée surtout sur cet objet rond tenu par la main droite, tandis que la main gauche est posée sur le pubis. La poitrine est plate, comme sur la femme nue de Dirinon (crossette n°3).

Elle cumulerait donc la Coquetterie avec la Lubricité .

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Voir aussi la photo de Kergoulay sur Wikimedia en avril 2016 :

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Crossette_Chapelle_Notre-Dame-de-Berven_-_03.jpg

 

Crossette  de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Crossette de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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6. Un lion appuyé sur une console.

C'est certainement un lion, comme en témoigne la crinière. Ses longues pattes ou jarrets sont identiques à celle du (chien ?) de la crossette 2. Il prend appui sur un support arqué.

Ma photo a été prise à contre-jour : cette fois-ci, allez voir sans hésitation la photo de Kergoulay :

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Crossette_Chapelle_Notre-Dame-de-Berven_-_04.jpg

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Crossette de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Crossette de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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CONCLUSION.

Nous avons ici six crossettes dont quatre sont des représentations humaines, et deux des représentations animales. Si je prends le risque de valider mes  hypothèses d'identification de ces sculptures, les quatre humains sont le Soldat tirant son épée, la Lubrique, la Coquette et un Homme non identifié, tandis que les animaux sont le Chien et le Lion. Ce programme est représentatif de l'ensemble des crossettes de Basse-Bretagne, et, selon mes clefs de compréhension, il témoigne de l'inscription dans la pierre de la mise en garde adressée aux fidèles contre le risque de mort subite en état de péché, et celui d'être emporté par la gueule d'animaux vigilants au service de la Mort vers l'Enfer et la Perdition.

Mais une bonne part de la fascination qu'elles exercent est due à leur coté énigmatique. 

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SOURCES ET LIENS.

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 Sur Notre-Dame-de-Berven :

— Photographie Wikipédia de juillet 2012   :

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a0/Plouz%C3%A9v%C3%A9d%C3%A9_%2829%29_N.D._de_Berven_Arbre_de_Jess%C3%A9_01.JPG

— Très belle présentation de la chapelle  sur le site :

http://www.expression-bretagne.com/suiviprojets-bat/PLOUZEVEDE-CHAPELLE/CHAPELLE-ESSAI/chapelle-berven-OK.html

"A noter, sur l'angle droit de la toiture de la sacristie, au-dessus de l'oratoire du Pénity, une crossette prenant la forme d'un homme, barbu, casqué et ayant la main droite sur la garde d'une épée."

"La fenêtre du chevet est divisée par trois meneaux (élément vertical qui divise la baie d'une fenêtre). La partie haute du remplage (armature en pierre taillée d'une baie) est caractéristique de la dernière phase de l'art gothique, le gothique flamboyant. 
De part et d'autre de ce chevet se trouvent deux personnages réputés être, à gauche Eve et à droite Adam."

 

 — COUFFON (René) 1948, L'architecture classique au pays de Léon, 1573-1700 l'atelier de l'Elorn : l'atelier de Kerjean .Éditeur: [S.n], 1948 1 vol

COUFFON (René), 1988, Notice sur Plouzévédé :

 

"En forme de croix latine, elle comprend une nef de quatre travées avec bas-côtés, un faux transept et un choeur peu débordant à chevet plat. Entre les bas-côtés et le transept, arcs diaphragmes. L'édifice fut construit par l'atelier de Kerjean à la suite d'une délibération des paroissiens de Plouzévédé du 21 juin 1573. Le clocher, remarquable, a eu une très grande influence sur l'art breton. Une haute tour porte le beffroi à deux étages de cloches et deux galeries, beffroi couronné par un dôme amorti par trois lanternons superposés. A la base, portail à claveaux rustiques daté 1576 et, au-dessus, niches du type de Kerjean. Sur la longère nord, le couronnement des fenêtres est également inspiré de Kerjean ; on y lit la date de 1580. Au bas des rampants du chevet, acrotères représentant Adam et Eve."

 http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLOUZEVE.pdf

BASE MERIMÉE : la Chapelle est classée au titre des Monuments Historiques. Mérimée, référence PA00090273.

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PA00090273

"La chapelle était réputée pouvoir faire marcher les enfants de bonne heure. Ils y étaient conduits trois lundis de suite pour en faire le tour neuf fois. L'édifice a été bâti de 1567 à 1575. Il comprend une nef avec bas-côtés, un transept, le tout couvert de lambris. Le choeur est entouré d'une clôture en bois sculpté. Le clocher présente une partie supérieure ajourée, surmontée d'une petite coupole et de clochetons. Un important arc triomphal du 17e siècle forme l'entrée principale du cimetière. Il se compose de trois arcades décorées de colonnes avec chapiteaux corinthiens. La fontaine est entourée d'une enceinte et surmontée d'un édicule coiffé d'une calotte hémisphérique. Une croix ajoutée en 1936 la surmonte. Dans une niche se trouve une statue de la Vierge tenant l'Enfant Jésus. Le bassin est rectangulaire et l'accès s'effectue par deux marches.

Chapelle, avec la clôture et les stalles du choeur : classement par arrêté du 14 juin 1909 ; Arc de triomphe compris dans la clôture du cimetière au centre duquel se trouve la chapelle, et clôture du cimetière : classement par arrêté du 23 juillet 1909 ; Fontaine dite de Notre-Dame-de-Berven (cad. non cadastré ; domaine public) : classement par arrêté du 27 novembre 1968"

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 22:58

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Tchao bambins, je change d'univers !

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Tchao bambins, je change d'univers !

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Tchao bambins, je change d'univers !

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Tchao bambins, je change d'univers !

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Tchao bambins, je change d'univers !

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Tchao bambins, je change d'univers !

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Tchao bambins, je change d'univers !

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D'où vient ce rêve étrange et pénétrant ? 

De ma visite à la Maison des Minéraux de Saint-Hernot à Crozon, et de sa salle aux roches fluorescentes.

 

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14 août 2017 1 14 /08 /août /2017 19:01

La chiastolite, une andalousite des Salles de Rohan à Sainte-Brigitte (56) à l'origine des macles des Rohan.

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Dans mon article  Sur la piste du "A couronné" de Jehan II de Rohan : I. L'inscription de fondation du pont habité de Landerneau., j'avais appris que les  macles qui formaient le meuble de cette famille depuis le XIIIe siècle venaient d'une pierre caractéristique des terrains entourant la motte féodale d'Alain Ier de Rohan, à Sainte-Brigitte, dans le Porhoët. Ce château "des Salles de Rohan" contrôlait un site très riche en fer, et les Rohan développeront la métallurgie bretonne, sous forme de "forges à bras" mobiles dans la forêt, ou, au XVIIe siècle, avec la construction en 1621-1623 des Forges de Salles par le duc Henri II de Rohan.

J'avais alors regretté de ne pas disposer de clichés de ce minéral, une andalousite qui portait le nom de Chiastolite, du grec kiastos, "croix". Lors de ma visite de la Maison des Minéraux de Crozon, j'ai pu admirer un beau bloc de cette roche, et la photographier.

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PRÉSENTATION A BASE DE COPIER-COLLER ET DE LIENS.

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En débutant par l'orfèvre en la matière :

— Louis Chauris, « Pour une géo-archéologie du Patrimoine : pierres, carrières et constructions en Bretagne », Revue archéologique de l'Ouest [En ligne], 27 | 2010, mis en ligne le 25 février 2012, consulté le 13 août 2017. URL : http://rao.revues.org/1384 ; DOI : 10.4000/rao.1384

"En Bretagne, les schistes appartiennent à toutes les époques de son évolution géologique, depuis les temps briovériens jusqu’à la fin de l’ère primaire. Les différences dans les conditions de sédimentation, puis dans les contraintes tectoniques subies, les modifications introduites éventuellement par le métamorphisme, voire par les influences météoriques, ont conduit à la genèse de multiples variétés.

Parmi les critères de distinction, celui de la coloration est sans doute le plus frappant. Les nuances les plus fréquentes oscillent dans la palette des bleus – du bleu-gris pâle au bleu-noir – mais on connaît aussi des schistes noirs, mauves, violacés, rosés, rouges à lie-de-vin, verts, gris, mordorés… L’alternance de minces lits gréseux clairs dans le fond schisteux sombre entraîne la formation de schistes « zébrés ». Au contact d’intrusions granitiques, le métamorphisme conduit à l’apparition de schistes tachetés, noduleux, ou fortement enrichis en andalousite (faciès chiastolite) ; ces roches seront cependant évoquées ici, avec les schistes sédimentaires dont elles conservent de nombreux caractères, y compris parfois la présence de fossiles. Dans la chiastolite, le silicate d’alumine cristallise en baguettes à section carrée dont la cassure transversale montre des inclusions carbonées ; leur répartition régulière mime une croix sombre sur fond clair ."

 

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— Géocaching :

https://www.geocaching.com/geocache/GC6910N_dans-la-famille-andalousite-la-chiastolite?guid=7b195775-07bd-42fc-b6f6-9c44c32459af

— Les Salles des Rohan : 

http://csem.morbihan.fr/dossiers/sigm/FicheSiteGeol18.htm

— Sortie de Vivarmor 

http://vivarmor.over-blog.com/article-sortie-51-du-groupe-patrimoine-geologique-22-metamorphisme-de-contact-autour-du-massif-de-rostre-107034595.html

— Sainte-Brigitte sur la carte IGN et la carte de Cassini : 

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-3.136088&y=48.175156&z=14&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS&mode=doubleMap

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LE BLOC DE CHIASTOLITE DE LA MAISON DES MINÉRAUX DE SAINT-HERNOT À CROZON

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Chiastolite (Andalousite), Sainte-Brigitte (56), Maison des Minéraux de Crozon. Photographie lavieb-aile août 2017.

Chiastolite (Andalousite), Sainte-Brigitte (56), Maison des Minéraux de Crozon. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Dans le bloc exposé, les marques blanches à reflets jaunes qui se détachent sur le fond noir adoptent des formes diverses, en lignes sagittées, en losanges, en croix pattée ou de Malte, toutes centrées par un losange ou un croisement de lignes noires .

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Chiastolite (Andalousite), Sainte-Brigitte (56), Maison des Minéraux de Crozon. Photographie lavieb-aile août 2017.

Chiastolite (Andalousite), Sainte-Brigitte (56), Maison des Minéraux de Crozon. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Chiastolite (Andalousite), Sainte-Brigitte (56), Maison des Minéraux de Crozon. Photographie lavieb-aile août 2017.

Chiastolite (Andalousite), Sainte-Brigitte (56), Maison des Minéraux de Crozon. Photographie lavieb-aile août 2017.

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Chiastolite (Andalousite), Sainte-Brigitte (56), Maison des Minéraux de Crozon. Photographie lavieb-aile août 2017.

Chiastolite (Andalousite), Sainte-Brigitte (56), Maison des Minéraux de Crozon. Photographie lavieb-aile août 2017.

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"Alors que les schistes « classiques », du fait de leur fissilité plus ou moins accusée, se révèlent le plus souvent inaptes à l’obtention de moellons bien équarris, les schistes à andalousite (faciès chiastolite), par suite de leur texture de type cornéenne, constituent de bons matériaux de construction, susceptibles parfois de fournir des pierres de grand appareil. Un remarquable exemple est donné par l’abbaye de Bon-Repos (Saint-Gelven, Côtes-d’Armor), érigée non loin de l’étang des Salles de Rohan : la façade principale des bâtiments conventuels a fait un large appel aux schistes truffés de chiastolite qui lui confèrent un aspect des plus singuliers.

Mais ici la minéralogie confine à l’héraldique. Les cristaux de chiastolite étaient connus par les anciens auteurs sous le nom de « macles » (parfois orthographié « mâcles »). Comme le rappelle le minéralogiste A. Lacroix (1893), « il semble que l’introduction de ce terme dans la langue héraldique tienne à ce que les Rohan sur les terres desquels se trouvait le célèbre gisement des Salles, au pied du château, les avaient représentés dans leurs armes ».

Marc Vulçon de La Colombière (cité par Lacroix) écrivait en 1744 : « J’estime que les seigneurs de Rohan, qui sont les premiers à mon advis qui ont porté ces figures dans leurs armes… les ont prises, pour ce que dans le très ancien vicomté de Rohan… il y a quantité de petits cailloux, lesquels estant couppez en deux, l’on y voit dedans cette figure marquée… Ce qui estant extraordinaire et particulier à cette contrée, ce n’est pas sans sujet que les anciens Seigneurs d’icelle ayans remarqué cette merveille, ont pris ces figures pour leurs armes, et les ont transmises à leurs descendans, et leur ont donné le nom de Macles, qui vient du latin Macula, qui signifie tache, une macule ou une marque ; d’où quelques uns de cette maison ont pris pour devise sine macula macla… » . Bien plus à l’ouest, dans la région de Morlaix – Pleyber-Christ – Plourin (Nord-Finistère), les schistes à chiastolite ont là aussi été fréquemment recherchés pour le bâti, tant en ville qu’en zone rurale.." (Louis Chauris, idem)

 

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La forme en macle héraldique n'est pas la plus fréquente, mais c'est la plus spectaculaire.

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Chiastolite (Andalousite), Sainte-Brigitte (56), Maison des Minéraux de Crozon. Photographie lavieb-aile août 2017.

Chiastolite (Andalousite), Sainte-Brigitte (56), Maison des Minéraux de Crozon. Photographie lavieb-aile août 2017.

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12 août 2017 6 12 /08 /août /2017 19:11

La chapelle Notre-Dame-de-Berven en Plouzévédé.  II. Les trois Sibylles des volets  du retable de l'Arbre de Jessé (vers 1576-1580).

 

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— Sur ce retable, voir :

 

Sur les Sibylles, voir :

— Sur les Sibylles du Finistère, voir :

 

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Le retable de l'Arbre de Jessé de la chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le retable de l'Arbre de Jessé de la chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Les volets du retable de Notre-Dame-de-Berven s'ajustent, lorsqu'ils se referment, sur le coffre polygonal car ils sont constitués de trois éléments : aux deux volets symétriques droit et gauche est associé un volet plus étroit, articulé avec le volet gauche, et qui se rabat sur la partie la plus centrale du retable.

Les deux volets latéraux sont consacrés à six scènes de la vie de Marie et de l'Enfance du Christ, alors que le volet étroit montre trois des douze Sibylles, prophétesses mythiques de l'Antiquité païenne associées depuis la deuxième moitié du XVe siècle à douze scènes de la vie et de la Passion du Christ.

Si les Vies de Marie et de son Fils sont mis en image depuis le début de la Chrétienté, ce sont ces trois Sibylles, celle d'Erythrée associée à l'Annonciation, de Samos à la Visitation, et la Cimmérienne associée à la Nativité, qui font l'originalité de ces volets, en reprenant un thème qui n'est traité en Finistère que dans douze églises ou chapelles, soit de façon complète — on trouve les douze prophétesses à Brennilis, à Lampaul-Guimiliau et à Saint-Herbot —, soit dans une série partielle en neuf localités, ici à Notre-Dame-de-Berven   mais aussi à Kerjean (Saint-Vougay) et à Pleyben par le même atelier, à Roscoff, à Guimiliau, à Irvillac, La Martyre, Plabennec ,  ou au XIXe siècle à Rumengol. Soit au total 76 Sibylles toutes sculptées dans le bois, et en grande majorité entre la seconde moitié du XVIe siècle et la seconde moitié du XVIIe. Toutes, sauf celles de Kerjean, ont été recensées par l'abbé Castel en 2006. 

Chaque œuvre est différente, soit par le mobilier qui est sculpté (retable, autel, tribune d'orgue, abouts de poinçon, poutre de Gloire, tour de chœur, chaire à prêcher, stalles), soit par la technique (où prédomine le bas-relief), soit par les particularités voire les aberrations par rapport au thème iconographique établi. 

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À Notre-Dame-de-Berven, je peux souligner trois spécificités.

1°) Nous trouvons ici le seul exemple incontestable de l'association étroite entre les Sibylles, et la scène chrétienne qu'elle sont censées avoir annoncée.  Ailleurs, elles peuvent entourer l'Annonciation et la Passion (Lampaul-Guimiliau) mais sans ce couplage Sibylle/scène chrétienne, ou être placées dans le chœur de Guimilau à coté de panneaux de la Nativité, des Bergers ou des Mages mais là encore sans couplage géminé, ou avoir été regroupées ultérieurement (à Brennilis) nous laissant dans l'ignorance de la disposition primitive, mais le plus souvent elles sont clairement groupées en séquences sans rapport avec l'événement qu'indique leur attribut, et que le spectateur est censé connaître.

2°) C'est aussi  le seul exemple finistérien (ou breton) d'une association avec le thème de l'Arbre de Jessé, dont je rappelle qu'il occupe le coffre du retable. Pourtant, les deux thèmes relèvent de la même démarche typologique, de la même volonté de démontrer que ce qui fonde la foi chrétienne vient accomplir ce qui était écrit et prophétisé dans les temps anciens. Soit dans la Bible par les Prophètes — les prophéties d'Isaïe Is.11:1 et Is.7:14 sont le fondement du thème de l'Arbre de Jessé — , soit dans le monde païen de l'Antiquité gréco-latine par les Sibylles. Et, dans les deux cas, cette démonstration participe à authentifier la virginité de Marie (et son Immaculée Conception par voie dérivée).

Ce parallèle entre les 12 Sibylles, les 12 Prophètes et les 12 Rois de Juda a des précédents :

la Sibylle de Cumes figure sur l'Arbre de Jessé du psautier d'Ingeburge vers 1200 , et les Sibylles se disposent en arbre généalogique sur le vitrail de la Collégiale d' Étampes vers 1555 (cf. lien supra). L'arbre de Jessé de la cathédrale de Soissons (baie 100, réalisée vers 1212) comportait deux Sibylles à coté des Prophètes Isaïe, Daniel, Michée, Ézéchiel, Jérémie et Osias. Dans  l'arbre de Jessé du folio 11 du ms 340 de la Bibliothèque de Douai, 12e siècle : De Laudibus sanctae Crucis, une sibylle (inscription SIBILLA dans le phylactère) figure parmi les 8 personnages latéraux avec 7 prophètes.
 

3°) L'association entre la Sibylle de Samos tenant un berceau et la Visitation est unique. Partout ailleurs, elle est associée, bien-sûr, à la crèche de la Nativité. De même l'association entre la Sibylle Cimmérienne et la Nativité s'écarte de la tradition iconographique, qui relie cette Sibylle à une représentation de la Vierge allaitante. Manifestement, l'artiste n'a pas eu accès aux sources de cette tradition, mais à des informations ou modèles fragmentaires. 

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L'Atelier de Kerjean et celui du "Maître de Pleyben".

a)  Selon Couffon, La chapelle Notre-Dame-de-Berven  "fut construit par l'atelier de Kerjean à la suite d'une délibération des paroissiens de Plouzévédé du 21 juin 1573".  Mais c'est ce prolixe et parfois trop rapide auteur qui est lui-même le créateur de la définition ou de l'appellation d' "atelier de Kerjean" dans un article de 1948. Il désigne ainsi l'équipe venue bâtir et décorer le château de Kerjean en Saint-Vougay entre 1560 et 1580, introduisant dans l'architecture bretonne du Léon le répertoire décoratif de la seconde Renaissance française, inspiré de Serlio, Philibert Delorme, Androuet du Cerceau : frontons, volutes, lanternons, cariatides gainées, niches à coquilles, colonnes cannelées et baguées comme celles conçues par Delorme pour le château des Tuileries, celui d'Anet, ou de Villers-Cotterets. Dans le Haut-Léon, les paroisses riches témoignent de leur grande prospérité économique en construisant ou en reconstruisant leurs églises selon les critères à la mode. Ce vocabulaire décoratif de la Renaissance  eut une influence considérable sur l'art des enclos paroissiaux et on le reconnaît dans le porche de Saint-Hervé  de Lanhouarneau (1582-1584), à Bodilis (1585), à Berven (1573) ou à Landerneau (1604).  L’architecture civile  n’est pas en reste et on reconnaît ce style aux châteaux de Maillé et Kergournadec’h  construits vraisemblablement à la même époque, entre 1560 et 1580 et où s'expriment comme à Kerjean la diversité des partis pris architecturaux et la similitude des motifs décoratifs propres à cette période particulièrement féconde.

Sur ce retable, c'est surtout l'influence flamande ou allemande qui a été reconnue, mais  on note pourtant la présence des cartouches de cuir découpés et rubans, des putti, des colonnes cannelées propre à cet atelier.

b) Dans la même période de 1560-1580, la charpente de la chapelle du château de Kerjean a été ornée par les sculptures sur bois d'un artiste anonyme qui est aussi l'auteur des sculptures de la charpente des églises de Pleyben, de Sainte-Marie-du-Ménez-Hom et de Saint-Divy, voire de Roscoff. Sophie Duhem a donné à ce sculpteur le nom de "Maître de Pleyben" et en a défini les spécificités stylistiques. Celles-ci ne sont pas notables sur le retable de Berven, mais on ne peut s'empêcher de noter que le  motif des Sibylles est présent dans les œuvres de ce Maître à Kerjean et à Pleyben. Or, Notre-Dame-de-Berven est séparé de seulement 5 kilomètres du château de Kerjean.

Nota bene : je ne suis pas convaincu par contre par les auteurs qui mentionnent la présence de Sibylles sur les panneaux du jubé (1720) de la chapelle de Berven.

 

 

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Volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé de la chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé de la chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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1. La Sibylle d'Erythrée avec sa fleur, associée à l'Annonciation.

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La Sibylle d'Erythrée est associée à son attribut, la fleur, et à l'Annonciation (où Gabriel tend un lys à Marie) depuis les gravures sur bois imprimées vers 1461 (exemplaire unique au monastère de Saint-Gall) et depuis les enluminures des Heures de Louis de Laval ou de sa copie réalisée à Tours vers 1490-1500

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 La Sibylle d'Erythrée avec sa fleur, associée à l'Annonciation, volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580,   chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle d'Erythrée avec sa fleur, associée à l'Annonciation, volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580, chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La Sibylle d'Erythrée.

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Elle apparait tenant sa rose dans une vignette gravée dans les marges des Heures de Simon Vostre de 1513 avec l'inscription suivante :

Sibile eriche anonca

En laage de xv ans comment

Lange gabriel prononça

De la vierge lenfentement.

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La Sibylle d'Erythrée avec sa fleur, volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580,   chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle d'Erythrée avec sa fleur, volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580, chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La Sibylle d'Erythrée avec sa fleur, volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580,   chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle d'Erythrée avec sa fleur, volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580, chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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L'Annonciation.

Dieu le Père dans les nuées, la colombe en transit du Paternel vers Marie, le lit et son ciel de lit, Gabriel au genou fléchi qui trace une bénédiction et présente un phylactère avec sa déclaration : AVE MARIA, le vase symbole de virginité non enfreinte et le lys blanc symbole de pureté, Marie absorbée par sa lecture pieuse, vêtue de bleu et feignant la surprise, tout le vocabulaire traditionnel est soigneusement cité par l'artiste .

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L'Annonciation, La Sibylle d'Erythrée avec sa fleur, volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580,   chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

L'Annonciation, La Sibylle d'Erythrée avec sa fleur, volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580, chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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2. La Sibylle de Samos et son berceau associée à la Visitation.

.La Sibylle samienne est associée à son attribut, le berceau à bascule, mais contrairement à aux  enluminures des Heures de Louis de Laval  où ce berceau renvoie à la scène où Marie et Joseph entoure l'Enfant dans son berceau de paille, elle introduit à la scène de la Visitation : Marie, enceinte de Jésus, salue sa cousine Elisabeth, elle aussi enceinte par intervention divine, et celle-ci ressent pour la première fois son enfant (le futur Jean-Baptiste) "tressaillir d'allégresse en son sein" (Luc 1:39).

La présence de cette Sibylle à coté de la Visitation est-elle totalement une erreur de l'artiste ? Dans le Livre d'Heures de Charles VIII par Antoine Vérard (1494-1496), une Sibylle (sans attribut) figure avec un Prophète  dans la marge d'une page enluminée en haut d'une Annonciation, et en bas d'une Visitation. 

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 La Sibylle de Samos et son berceau associée à la Visitation, volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580,   chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle de Samos et son berceau associée à la Visitation, volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580, chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La Sibylle de Samos.

Les trois prophétesses portent une robe ceinturée très haut, juste sous la poitrine qu'elle met en évidence. Mais le voile couvrant la tête, la couleur gris-souris et le visage triste contredisent la réputation de grande élégance de ces dames.

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La voici dans les heures de Simon Vostre de 1513 avec l'inscription : "Sibile Sanne proferoit en lange de XXIIII ans que la vierge crist poseroit sans appeler lieux triumphans". C'est la version abrégée des vers de l'édition 1508 de Ces presentes Heures a lusaige de Paris, , 1508, Simon Vostre :

Sibile sanne proferoit

En laage de xxiiii ans

Que la vierge christ poseroit

En la crèche aux beufs et gerroit

Sans apeter lieux triumphans.

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 La Sibylle de Samos et son berceau, volet gauche du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580,   chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle de Samos et son berceau, volet gauche du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580, chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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 La Sibylle de Samos et son berceau, volet gauche du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580,   chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle de Samos et son berceau, volet gauche du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580, chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La Visitation.

Marie est à droite, devant un ange. Elisabeth est agenouillée devant sa cousine et Zacharie, l'époux d'Elisabeth rendu muet pour avoir douté de la capacité de Dieu à lui donner un enfant,  lève le doigt pour dire qu'il est guéri et qu'il va entonner un cantique. Ce sera le fameux Benedictus Dominus Deus Israel ( Luc 1:68-79), qui sera chanté tous les matins aux Laudes de la liturgie des Heures. Zacharie porte la coiffure rituelle de la classe sacerdotale à laquelle il appartient.

On pourra encore remarquer les trois colonnes en marbre aux chapiteaux corinthiens, et s'interroger sur la valeur allégorique de la colonne centrale, comme substitut du Christ.

Et on ne laissera pas passer le petit chien blanc, qui fait souvent une apparition rapide ( sur les vitraux de la Passion, on le voit auprès de Pilate depuis Martin Schongauer) pour donner une touche intimiste et domestique au tableau.

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La Visitation, volet gauche du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580,   chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Visitation, volet gauche du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580, chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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3. La Sibylle Cimmérienne avec sa corne à usage de biberon, associée à la Nativité.

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La Sibylle Cimmérienne avec sa corne à usage de biberon, associée à la Nativité,  volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580,   chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle Cimmérienne avec sa corne à usage de biberon, associée à la Nativité, volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580, chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Non, la Sibylle Cimmérienne n'était pas sourde et n'a pas emprunté au professeur Tournesol son cornet acoustique, mais elle nous présente son attribut, le "cornet à allaiter", une corne de bovin percée et coiffée d'une tétine de cuir afin de servir de biberon.

Cet objet lui a été attribué vers 1460 pour signifier qu'elle a, dans ses vaticinations, eut le prescience fulgurante de la venue d'une Vierge qui allaiterait son enfant. Là encore, il faut consulter l'enluminure du Livre d'Heures de Louis de Laval  ou son homologue de 1490-1500 conservé à Munich pour voir sur une double page d'un coté la Sibylle au biberon, et de l'autre Marie donnant le sein à Jésus, avec des inscriptions détaillées sur le rapport entre les deux scènes.

Sur le bois gravé du monastère de Saint-Gall (la plus ancienne), le biberon ressemble à un entonnoir, mais on voit distinctement la tétine.

Parmi les livres imprimés, voici la gravure des Heures de Simon Vostre 1513 avec l'inscription

"Sibile Cyemeria

aagee de XVIII ans a dit

que la vierge alectera

son enfant sans nul contredit".

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La Sibylle Cimmérienne avec sa corne à usage de biberon,  volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580,   chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle Cimmérienne avec sa corne à usage de biberon, volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580, chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La Sibylle Cimmérienne avec sa corne à usage de biberon,  volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580,   chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Sibylle Cimmérienne avec sa corne à usage de biberon, volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580, chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Ah mais voilà, arrivé au volet principal, l'artiste a sculpté une banale Nativité, et non une Vierge allaitant le petit Jésus sous le regard attendri de Joseph. Bien-sûr, on ne peut pas lui reprocher de ne pas avoir pris exemple sur les enluminures hors de prix dont j'ai donné le lien, et réalisées un siècle auparavant, et qui ne sortaient pas des coffres de leurs nobles  commanditaires. Peut-être ne disposait-il que de catalogues de sculpteurs, ou bien d'un Livre d'heure de Symon Vostre tel que celui-ci, de 1513, qui montre la Cimmérienne dans les marges du texte sans l'associer spécifiquement à la scène de l'allaitement du Fils de Dieu. C'est d'autant plus possible qu'on trouve dans ces Heures imprimées par Symon Vostre un Arbre de Jessé accompagné de la Sibylle de Tibur, et que sa gravure de la Visitation peut aussi avoir été prise en modèle. Tout comme sa Nativité avec le bœuf et l'âne à droite, et l'étable comme un bâtiment romain à arche à caissons , ou même comme les six plateaux des volets principaux.

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La Nativité,  volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580,   chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Nativité, volets gauches du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580, chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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LE VOLET DE DROITE.

Il est fait de trois panneaux de bas reliefs représentant de haut en bas l'Annonce aux Bergers, l'Adoration des Mages et la Présentation de Jésus au Temple.

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Le volet de droite  du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580,   chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Le volet de droite du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580, chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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L'Annonce faite aux bergers.

Comparer avec les Heures de Symon Vostre de 1513 .

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 L'Annonce faite aux bergers, volet de droite  du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580,   chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

L'Annonce faite aux bergers, volet de droite du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580, chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Détail : le joueur de cornemuse.

Il est recensé par le site, impossible à prendre en défaut, de l'Iconographie de la cornemuse de Jean-Luc Matte, avec un commentaire : "un bourdon d'épaule relativement long".

Joueur de cornemuse, détail de  L'Annonce faite aux bergers, volet de droite  du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580,   chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Joueur de cornemuse, détail de L'Annonce faite aux bergers, volet de droite du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580, chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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L'Adoration des Mages.

Comparer avec :

Heures à l'usage de Sens par Simon Vostre 1513 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8408426/f83.item.r=Heures%20vostre

Heures à l'usage de Lyon par Symon Vostre 1513 :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1511386h/f83.item.r=symon%20vostre.zoom

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L'Adoration des Mages, volet de droite  du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580,   chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

L'Adoration des Mages, volet de droite du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580, chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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La Présentation de Jésus au Temple.

Comparer avec les  Heures à l'usage de Sens par Simon Vostre 1513

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8408426/f88.item.r=Heures%20vostre

On notera la colonne brisée à gauche, déjà présente sur le panneau de la Nativité, et qui a valeur allégorique de la rupture déterminée par le Christ avec le monde païen, ou de la chute des idoles.

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La Présentation de Jésus au Temple,  volet de droite  du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580,   chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

La Présentation de Jésus au Temple, volet de droite du retable de l'Arbre de Jessé, bois polychrome, vers 1576-1580, chapelle Notre-Dame-de-Berven. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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SOURCES ET LIENS.

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§ Sur Notre-Dame-de-Berven :

Photographie Wikipédia de juillet 2012   :

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a0/Plouz%C3%A9v%C3%A9d%C3%A9_%2829%29_N.D._de_Berven_Arbre_de_Jess%C3%A9_01.JPG

Très belle présentation de la chapelle  sur le site :

http://www.expression-bretagne.com/suiviprojets-bat/PLOUZEVEDE-CHAPELLE/CHAPELLE-ESSAI/chapelle-berven-OK.html

"Le retable de Notre-Dame de Berven se trouve dans le transept gauche. Il se présente sous la forme d'un coffre entouré de 3 volets. La réalisation de cet ensemble est d'inspiration flamande.
Au centre, se trouve la statue de Notre-Dame de Berven, représentée debout, les pieds posés sur un croissant de lune et tenant l'enfant Jésus dans les bras. La Vierge est entourée d'une gloire rayonnante piquetée de roses. A ses pieds, David et Jessé surmontés des rois de Juda présentant une généalogie réduite de Marie.
Deux anges musiciens sont placés de part et d'autre de la tête de la Vierge. Le haut du retable est décoré de petits personnages et de motifs floraux. 
La lecture des volets de gauche doit se faire en regardant simultanément les deux vignettes placées sur la même ligne. A chaque fois, un épisode de la naissance du Christ est évoqué avec, en regard la figure d'une sibylle (prophétesse de l'Antiquité) qui avait annoncé sa venue. De haut en bas, la sibylle d'Erythrée et l'annonciation, la Samienne et la visitation et enfin la Cimmérienne et la Nativité.
Le panneau de droite présente trois scènes de l'enfance de Jésus. De haut en bas, le réveil des bergers par l'ange, l'Adoration des Mages, la Présentation au temple."

 

Base Palissy :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PM29000833

Base Palissy après la restauration : 14 clichés du 22 août  2016 :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_5=LBASE&VALUE_5=PM29000833

 — COUFFON (René) 1948, L'architecture classique au pays de Léon, 1573-1700 l'atelier de l'Elorn : l'atelier de Kerjean .Éditeur: [S.n], 1948 1 vol

COUFFON (René), 1988, Notice sur Plouzévédé :

 http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLOUZEVE.pdf

 

"A l'autel latéral nord, statue de la Vierge de Jessé (C.), où l'influence allemande est perceptible sur la mandorle, bien que l'oeuvre soit toute bretonne (ateliers de Morlaix) ; elle date de la seconde moitié du XVIè siècle. La Vierge en haut-relief, vénérée sous le nom de Notre Dame de Berven, les pieds sur un croissant de lune, présente l'Enfant Jésus ; tout autour, statuettes illustrant l'Arbre de Jessé. Sur les volets de la niche, six bas-reliefs polychromes : Annonciation, Visitation et Nativité d'un côté, l'Annonce aux bergers, l'Adoration des Mages et Circoncision de l'autre."

SPREV (avec photos)

http://www.sprev.org/centre-sprev/plouzevede-chapelle-notre-dame-de-berven/

CHANTONY.FR

 »Niche à volets d'inspiration flamande.  Au centre, se trouve une Vierge en haut-relief qui est debout sur un croissant lunaire. Elle est entourée d'une gloire rayonnante et de roses. Abraham et Jessé sont à ses pieds tandis que les rois de Judée forment un arbre généalogique sur les côtés. Des scènes de la vie de la Vierge sont figurées sur les volets et, à gauche, des sibylles symbolisent l'Annonciation, la Nativité et l'Allaitement. »

http://www.chantony.fr/patrimoine_et_histoire/29_plouzevede.html

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§ Sur les Sibylles :

 

— CASTEL (Yves-Pascal), Les 70 Sibylles du Finistère, en ligne, Société Archéologique du Finistère

http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles

— CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006 pages 201

 

— RAYBOULD (Robin)  chapitre 10 : The Oracula Sibyllina of St-Gall

https://books.google.fr/books?id=XTtFDQAAQBAJ&pg=PA143&lpg=PA143&dq=st-gall+oracula+sibyllina&source=bl&ots=-Mh6bIynwI&sig=Nn_i1QZPiUE_ui3KR5sVRFgayZU&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj1n5ikzdLVAhWENhoKHUJCAhkQ6AEIQjAE#v=onepage&q=st-gall%20oracula%20sibyllina&f=false

— Oracula Sibyllina (1461-1465) conservé à Saint-Gall :

https://archive.org/stream/bub_gb_bcZGXuwbc9UC#page/n39/mode/2up

 

— Sibyllae et prophetae de Christo Salvatore vaticinantes - BSB Cod.icon. 414, Tours, 1490 - 1500 [BSB-Hss Cod.icon. 414]http://daten.digitale-sammlungen.de/bsb00017917/image_10

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Published by jean-yves cordier - dans Sibylles
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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 13:22

La chapelle Notre-Dame-de-Berven en Plouzévédé. I. L'Arbre de Jessé  du retable de l'autel nord. 

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Au dessus d'un autel Renaissance du bras nord du faux transept de la chapelle Notre-Dame-de-Berven, le retable dit "de Notre-Dame-de-Berven" est la rencontre de plusieurs thèmes : la Vierge de l'Apocalypse sur un croissant de lune dans une mandorle de rayons d'or et d'étoiles (mais où manque la Démone terrassée) ; l'Arbre de Jessé, avec six rois de Juda et les prophètes Isaïe et Jérémie (mais où manque Jessé et son arbre), et sur les volets les trois Sibylles associées à la Vie de la Vierge (mais où manque les neuf autres Sibylles). Ce choix, qui privilégie comme souvent le culte marial au culte christique, dépend d'une volonté de démontrer que la Mère de Dieu était annoncée, sous l'effet d'un plan divin du Salut, tant dans les Écritures par les Prophètes que par les Prophétesses de l'Antiquité païenne.

Ce premier article décrira les sculptures du coffre (Dieu, La Vierge à l'Enfant, les Rois et Prophètes), alors qu'un second article décrira les trois volets (la Vie de la Vierge et les Sibylles).

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Ce retable appartient aux  19 Arbres sculptés recensés en Bretagne par le docteur Louis Le Thomas en 1963,  dont 6 en Finistère (Plourin-les-Morlaix, Locquirec, Plounevezel, Plouzevedé/Berven, St-Thégonnec, St-Yvi),  dont 13 comportant une Démone, et 6, comme ici, sans Démone.

Classé au titre d'objet le 10/11/1906, il a été restauré en 2016. Les photos antérieures à cette date montre une organisation un peu différente. 

 

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Voir dans ce blog lavieb-aile des articles consacré aux Arbres de Jessé de Bretagne:

Les sculptures :

Et les vitraux :

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Et en comparaison avec les œuvres bretonnes :

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DESCRIPTION GÉNÉRALE.

Éclairé faiblement par un lustre du meilleur goût (qui me rappelle celui qui masque le vitrail de Chagall dans le déambulatoire de la cathédrale de Metz), c'est un coffre en bois polychrome à volets de 2 mètres sur trois (selon la base Palissy). Comme ce coffre forme un volume de section hexagonale, il se ferme avec, à droite, un seul volet, et à gauche, un double volet dont l'élément extérieur est plus étroit, ces volets s'adaptant au  fronton à trois pans, le pan central étant le plus court.

Le coffre lui-même possède un fond plat, bleu pâle, deux cotés encadrés par des demi-colonnes corinthiennes cannelées ou sculptées de bas-reliefs Renaissance à putti, et un couronnement à trois arcades ajourées et trois acrotères.

On n'y lit aucune inscription et aucune date. La datation de la fin du XVIe siècle peut être déduite du décor Renaissance du couronnement et des colonnes, des chronogrammes portés par l'édifice (1576 sur un portail, 1579 sur une sablière, 1580 sur une fenêtre de la longère), ou   du fait que, selon une délibération des paroissiens de Plouzévédé du 21 juin 1573, l'édifice fut construit par l'atelier du château de Kerjean (actif vers 1570-1580). D'autre part, la présence de trois Sibylles sur les volets renvoie aux Sibylles de la chapelle de Kerjean ( vers 1570) et  de l'église de Pleyben (vers 1571), par le même atelier qui a reçu le nom de Maître de Pleyben. Enfin, le cartouche de cuir découpé au masque de lion, et les volutes du devant de l'autel qui reçoit ce retable ressemblent au décor des sablières de la chapelle de Kerjean. 

 

 

 

 

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Au centre, dans une mandorle de rayons dorés (certains absents)  et de roses rouges, jaunes ou or, la Vierge tient son Fils sur le bras droit et ses pieds reposent sur un croissant de lune. Cette disposition fait d'elle une Vierge de l'Apocalypse (Ap. 12:1) enveloppée du soleil couronnée d'étoile, et la lune à ces pieds. Dans le contexte du développement de l'Arbre de Jessé, c'est une allusion à l'Immaculée Conception.

L'Enfant, en Sauveur, bénit et tient le globe terrestre. 

Le manteau bleu de Marie, fermé par une chaîne d'or, tombe en lourd plis sur une robe lie-de-vin au décolleté légèrement arrondi.

Les traits du visage, au front et aux sourcils épilés, au long nez et à la bouche petite sur un menton rond et saillant,  sont  songeurs voire tristes.

Je ne manque pas de remarquer la coiffure : c'est un bandeau plissé comme un "chouchou" qui rassemble les cheveux châtains avant d'en laisser flotter les mèches sur les épaules. : comme sur de très nombreuses Vierges ou saintes du Finistère.

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Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Un Arbre de Jessé de Basse-Bretagne adopte le plus souvent une disposition dans laquelle Jessé, ancêtre fondateur de la lignée de David qui mène au Christ selon les évangiles de Matthieu et de Luc, est allongé et voit, dans un songe, un arbre s'élever de son corps : sur les branches s'échelonnent un certain nombre (jusqu'à douze) des rois de Juda tels que David, son fils Salomon, son petit-fils Roboam, etc. 

Comme cette représentation, inaugurée par l'abbé Suger à Saint-Denis au XIIe siècle, illustre la prophétie d'Isaïe 11:1 Puis un rameau sortira du tronc de Jessé, et un rejeton naîtra de ses racines", les artistes ont représenté ce Prophète aux cotés de Jessé. Souvent accompagné du prophète Jérémie, et même de onze autres Prophètes, pour égaler le nombre de rois.

Et comme la prophétie d'Isaïe 7:14  dit "Voici que la Vierge concevra et enfantera   un fils, et on le nommera Emmanuel", la Vierge à l'Enfant devient le fruit ou la fleur sommitale de l'Arbre de Jessé.

Enfin, pour montrer que par cet enfantement, la Vierge permet à l'Humanité d'échapper à la malédiction du Péché, les artistes bretons ont représenté sous le croissant de lune ou sous les pieds de Marie une Démone brandissant la pomme.

Or, ici, nous ne trouvons ni Jessé allongé, ni Démone terrassée.

Pourtant, les commentateurs identifient l'un des personnages encadrant la Vierge comme étant Jessé, l'autre étant alors Isaïe (ou "Abraham").

Néanmoins, si on se réfère à la disposition avant la restauration du retable, nous voyons que les deux hommes debout sont posés sur une boite de rehaussement, qui soutient aussi le croissant de lune.

Pour moi, cette caisse rectangulaire a vraisemblablement pris la place qu'occupait jadis Jessé allongé, voire même une Démone, peut-être détruite par un recteur pudibond.

 

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L'une des raisons de mes réticences à reconnaître dans le personnage de gauche Jessé, c'est que celui-ci porte un phylactère, sur lequel était peinte jadis une inscription, ou, du moins, qui renvoie à une prophétie ou une citation biblique. Et l'index dirigé vers la Vierge montre que cette citation trouve son accomplissement en Marie. Or, la Bible n'attribue aucune déclaration semblable à Jessé, le propriétaire de troupeaux.

A l'inverse, cette phylactère pourrait être déroulée par Isaïe (Ecce virgo concipiet et pariet), ou par Jérémie. 

Deuxièmement, ce personnage n'est en rien relié aux bourgeons floraux sur lesquels sont installés les rois. Il ne donne naissance à aucune tige.

Mais la difficulté vient du fait qu'il est couronné. Si cela s'oppose à y voir Jessé (qui est le père du roi David, mais qui n'a jamais été roi lui-même), cela ne permet pas d'y voir non plus un prophète. Zut alors ! Kicéty ? Salomon, dans toute sa gloire ? Notez le turban orientaliste sous la couronne, et les oreillettes hébraïsantes. 

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À Moncontour, un vitrail du XVIe siècle (1530-1540) montre Jessé assis endormi au centre, entouré de Jérémie à gauche avec l'inscription Jerémie 23:5 Ecce dies veniunt ... "Le temps viendra, dit le Seigneur, où je suciterai à David une race juste" , et d'Isaïe à droite, portant les mots du verset Is. 11:1  [Et egredietur virga  de radice Iesse], Et flos de radice ejus ascendet.

C'est cette disposition courante que je suggère de reconstituer ici.

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Le prophète Jérémie (?) en roi tenant un phylactère.

 

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Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le prophète Isaïe tenant un phylactère.

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Le personnage de droite est un Isaïe très convaincant, avec sa longue barbe blanche, son bâton où s'enroule son verset, son bonnet ceint d'un turban, et son regard tourné vers la Vierge. Notez l'amusante position des pieds.

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Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le prophète Isaïe ; la tige brisée de l'Arbre.

Au dessus de la tête d'Isaïe, la base du bourgeon floral qui sert de support au roi David montre sa tige brisée. Cela confirme que ce que nous voyons n'est que ce qui reste de l'Arbre complet. Et renforce ma conviction de la présence de Jessé comme point d'origine des deux tiges droite et gauche.

La tige du bourgeon du coté gauche est brisée également.

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La chapelle Notre-Dame-de-Berven en Plouzévédé. I. L'Arbre de Jessé du retable de l'autel nord.

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A droite : le roi David.

On l'identifie facilement avec sa harpe, sa couronne et son sceptre. Les bourgeons floraux de l'Arbre de Jessé se retrouvent dans différentes œuvres, comme sur l'Arbre de Jessé de Burgos.

La barbe sera et le sceptre vont se retrouver chez tous les autres rois, et moins constamment le turban, la robe serrée par une ceinture, la courte pèlerine ou le scapulaire couvrant les épaules.

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Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Deuxième roi de Juda à droite.

La tige ou le bourgeon sur lequel il était posé a disparu. Il montre du doigt la Vierge.

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Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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 Troisième roi de Juda à droite.

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Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Premier roi à gauche.

Une tunique courte, des chausses, des bottes. Une coiffure associant le bonnet, la couronne et le turban.

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Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Deuxième roi à gauche.

Celui-ci tient comme regalia le sceptre, mais aussi le globus cruciger (sans sa croix).

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Troisème roi à gauche.

Celui-ci a choisi de se faire représenter avec son livre de chevet.

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Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Le fronton.

Il est caractéristique du style de la seconde Renaissance, avec, sous les arcades, ses cuirs découpés en bandes à enroulement, ses fruits vus par leur base, ses douze putti, et sur les acrotères, ses médaillons tenus par des femmes à demi-dénudés.

Il coiffe le registre supérieur, où Dieu, dans ses nuées privées, reçoit les louanges et la musique de ses anges et bénit les foules.

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Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Dieu le Père.

Sous l'ombrage du fronton, Dieu porte les attributs de sa gloire royale : manteau rouge doublé d'hermine, couronne d'or et orbe.

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Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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L'ange portant une palme.

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Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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L'ange jouant du serpent.

... ou plutôt une trompe un peu sinueuse (le vrai serpent est doté d'une embouchure nommée bouquin).

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Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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L'ange jouant de la vièle à archet.

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Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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Détail des colonnes et de leurs putti.

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Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

Retable de Notre-Dame-de-Berven, bois polychrome, fin XVIe siècle, transept nord de la chapelle Notre-Dame-de-Berven à Plouzévédé. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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SOURCES ET LIENS.

— LE THOMAS (Louis), 1963, Les Arbres de Jessé bretons, première partie, Bulletin de la société Archéologique du Finistère 165- 196, 1963.

— LE THOMAS (Louis), 1963,  Les Arbres de Jessé bretons, troisième partie, Bulletin de la société Archéologique du Finistère pp. 35-72, 1963.

 

— Photographie Wikipédia de juillet 2012   :

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a0/Plouz%C3%A9v%C3%A9d%C3%A9_%2829%29_N.D._de_Berven_Arbre_de_Jess%C3%A9_01.JPG

— Très belle présentation de la chapelle  sur le site :

http://www.expression-bretagne.com/suiviprojets-bat/PLOUZEVEDE-CHAPELLE/CHAPELLE-ESSAI/chapelle-berven-OK.html

"Le retable de Notre-Dame de Berven se trouve dans le transept gauche. Il se présente sous la forme d'un coffre entouré de 3 volets. La réalisation de cet ensemble est d'inspiration flamande.
Au centre, se trouve la statue de Notre-Dame de Berven, représentée debout, les pieds posés sur un croissant de lune et tenant l'enfant Jésus dans les bras. La Vierge est entourée d'une gloire rayonnante piquetée de roses. A ses pieds, David et Jessé surmontés des rois de Juda présentant une généalogie réduite de Marie.
Deux anges musiciens sont placés de part et d'autre de la tête de la Vierge. Le haut du retable est décoré de petits personnages et de motifs floraux. 
La lecture des volets de gauche doit se faire en regardant simultanément les deux vignettes placées sur la même ligne. A chaque fois, un épisode de la naissance du Christ est évoqué avec, en regard la figure d'une sibylle (prophétesse de l'Antiquité) qui avait annoncé sa venue. De haut en bas, la sibylle d'Erythrée et l'annonciation, la Samienne et la visitation et enfin la Cimmérienne et la Nativité.
Le panneau de droite présente trois scènes de l'enfance de Jésus. De haut en bas, le réveil des bergers par l'ange, l'Adoration des Mages, la Présentation au temple."

 

— Base Palissy :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palissy_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=PM29000833

— Base Palissy après la restauration : 14 clichés du 22 août  2016 :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_5=LBASE&VALUE_5=PM29000833

 

—COUFFON (René), 1988, Notice sur Plouzévédé :

 http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PLOUZEVE.pdf

 

"A l'autel latéral nord, statue de la Vierge de Jessé (C.), où l'influence allemande est perceptible sur la mandorle, bien que l'oeuvre soit toute bretonne (ateliers de Morlaix) ; elle date de la seconde moitié du XVIè siècle. La Vierge en haut-relief, vénérée sous le nom de Notre Dame de Berven, les pieds sur un croissant de lune, présente l'Enfant Jésus ; tout autour, statuettes illustrant l'Arbre de Jessé. Sur les volets de la niche, six bas-reliefs polychromes : Annonciation, Visitation et Nativité d'un côté, l'Annonce aux bergers, l'Adoration des Mages et Circoncision de l'autre."

— SPREV (avec photos)

http://www.sprev.org/centre-sprev/plouzevede-chapelle-notre-dame-de-berven/

— CHANTONY.FR

 »Niche à volets d'inspiration flamande.  Au centre, se trouve une Vierge en haut-relief qui est debout sur un croissant lunaire. Elle est entourée d'une gloire rayonnante et de roses. Abraham et Jessé sont à ses pieds tandis que les rois de Judée forment un arbre généalogique sur les côtés. Des scènes de la vie de la Vierge sont figurées sur les volets et, à gauche, des sibylles symbolisent l'Annonciation, la Nativité et l'Allaitement. »

http://www.chantony.fr/patrimoine_et_histoire/29_plouzevede.html

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Published by jean-yves cordier - dans Arbre de Jessé
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8 août 2017 2 08 /08 /août /2017 22:24

Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus : le manuscrit du duc Albert V de Bavière de l' Österreichische Nationalbibliothek de Vienne, Mus.Hs.18744/1-4 Mus 

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Sur les enluminures des Livres de chœur d'Albert V par  Hans Mielich, voir :

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— Sur les Sibylles, voir :

— Sur les Sibylles du Finistère, voir :

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    Un texte a récemment été découvert qui permettrait de se replonger dans la vie d’Albert V, l’employeur de Lassus, à cette époque. La probabilité qu’il s’agisse d’un texte authentique est voisine de zéro. Mais il stimule l’imagination...

    « Dans la salle de musique de son palais, à Munich, Albert V s’est paré de sa large écharpe de velours rouge et de ses deux rangées de colliers d’argent. Il a aussi revêtu sa coiffe ornée de dessins dorés en forme de V. Assis devant la grande table, il contemple ses trésors. Quels chefs-d’œuvre ! Sans l’ombre d’un doute, les générations futures lui élèveront des autels pour les avoir initiés. Pour l’heure, il se les réserve pour sa satisfaction personnelle. Exclusive ! Il profitera seul de ces plaisirs hors norme... et hors de prix. Tant qu’il vivra, les partitions ne quitteront pas son palais. Quelques maigres informations sur ces partitions secrètes pourront fuiter, par-ci, par-là... Un parfum de légende n’a jamais nui à l’exercice du pouvoir, bien au contraire. Mais cela n’ira pas plus loin. Hormis pour de rares exécutions privées.

    Il en convient, sa politique n’a pas amélioré les finances de la Bavière. Toutefois, la dette du pays, il ne l’a pas inventée. À son arrivée au pouvoir, elle était déjà là, abyssale. Ce qui ne l’a pas empêché de déployer des moyens considérables pour unifier la Haute et la Basse Bavière. Et au passage, lutter contre l’hérésie protestante. Sans oublier les recruteurs qu’il a envoyés parcourir l’Europe pour tenter de convaincre les meilleurs chanteurs, les instrumentistes d’exception, de venir enrichir sa Chapelle musicale. Ces charlatans de recruteurs l’ont si souvent escroqué.

    Les quatre grands livres de chœur des Psaumes de la pénitence de Roland de Lassus sont là, ouverts devant lui. Une réalisation hors du commun. Plusieurs années de travail. La partition suit la disposition habituelle, celle qui permet de chanter à quatre depuis le livre, deux voix notées sur la page de gauche, deux sur celle de droite. Quelle chance d’avoir eu Jean Pollet comme copiste. Il a donné la mesure de son talent. La graphie est somptueuse. Mais ce n’est pas ce que le souverain admire en premier. Les quatre zones de la partition sont littéralement enveloppées d’une profusion de dessins et de gravures ! Les couleurs sont flamboyantes. Ce qui n’est pas surprenant quand on connaît le nom de leur auteur, le génial Hans Mielich. Oui, cette partition est sans équivalent, à la hauteur du seul Lassus.

    Il repense au recrutement de Lassus, quinze ans auparavant, comme simple ténor. Et déjà à prix d’or ! Depuis, son compositeur et ami a pris une envergure européenne. Il suffit qu’un éditeur, que ce soit à Venise, à Paris ou à Amsterdam, mette son nom sur un recueil, parfois pour une unique chanson perdue au milieu des autres, et les ventes s’envolent.

    Que de souvenirs. Et combien son propre père, Guillaume IV, apprécierait le spectacle de cette partition ! En son temps, il en a bien fait une équivalente pour des Messes du grand Josquin. Aujourd’hui, grâce à ses propres efforts, Munich est désormais la capitale de l’Europe. Les plus célèbres peintres, sculpteurs, graveurs de médailles, musiciens sont prêts à tout pour se faire engager à sa cour. Tiens, par exemple, le petit Gabrieli qui insiste tant pour venir tenir l’orgue et apprendre la composition auprès de Lassus. Il faudrait peut-être le faire venir ? Il semble avoir du talent.

    Le Duc range avec soin les quatre livres et sort un autre ouvrage, moins imposant, Les Prophéties des Sibylles. Lassus n’a jamais voulu lui révéler quand il a composé cette musique sur la langue énigmatique des prêtresses d’Apollon. Peut-être à Rome. Il a dû être marqué par les Sibylles que Michel-Ange a peintes sur le plafond de la Chapelle Sixtine. Mais Michel-Ange n’en a seulement peint que cinq. Mielich, lui, a réalisé une miniature pour chacune des douze. Et au passage, il a fait un des plus beaux portraits qui soit de Lassus.

    Pourtant, ce qui fascine Albert V est d’une autre nature. Il se chante l’introduction. Le texte est de Lassus lui-même : « Ces chants que tu entends, élaborés selon une mélodie chromatique, ce sont ceux-là par lesquels, jadis, les douze Sibylles ont chanté d’une voix intrépide les secrets de notre salut. » Ah, ce chromatisme ! Quel mystère... Quand les malheureux compositeurs italiens qui s’agitent dans les cameratas de Ferrare l’utilisent pour une horrible musique expérimentale, réservée aux connaisseurs, brutale pour l’oreille, Lassus a réussi une réalisation bien supérieure. Puissante et discrète. Albert ne saurait dire pourquoi, mais cette musique est belle, mystérieuse et envoûtante. Les règles anciennes y sont abolies, un monde neuf entrouvert. Il le sent, l’héritage de cette œuvre devra attendre longtemps avant d’être reçu ! Un jour, peut-être, quelqu’un percera le mystère de ces nouvelles lois. »

    BBBBBBBBBBBBBb

    Ce texte, légèrement effrayant et opaque, est une prophétie chrétienne, une annonciation de la venue du Christ. Mais la figure de la Sibylle est plus ancienne que cela. Elle remonte à l’Antiquité. On la confond parfois avec la Pythie de Delphes. Il y a d’ailleurs un lien. Les deux disent des oracles et font des prophéties. Mais, d’une certaine façon, la Pythie est la version titularisée, fonctionnarisée, de la prophétesse. Elle réagit seulement quand on vient la voir. Et alors, elle annonce – mais de façon cryptée – son avenir au visiteur. Pour sa part, la Sibylle est libre. Elle ne parle que lorsqu’elle a une vision. Et elle cultive une façon très particulière, très « sibylline », de transmettre ses visions.

    Avant tout, la Sibylle est simplement la version féminine du Prophète. Et les compositeurs ont d’innombrables fois mis les Prophètes en musique. Par contre, pour les Sibylles, en dehors de Lassus, il semble n’y avoir que Maurice Ohana qui l’ait fait au XXe siècle.

    Comment Roland de Lassus a-t-il eu l’idée de traiter ce thème ? Mais aussi, quand l’a-t-il fait ? Dans quelle ville ou pays ? Sait-on même de qui sont les textes qu’il met là en polyphonie ? Et pourquoi précisément douze Sibylles ? Voilà une belle liste de questions. Les spécialistes en débattent encore.

    La Sibylla europaea, la Sibylle européenne, neuvième de la liste de Lassus chante :

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    PRÉSENTATION.

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    Albert V de Bavière dit Albert le Magnifique (né le 29 février 1528 à Munich ; † 24 octobre 1579 à Munich) fut duc de Bavière de 1550 à 1579.

    Hans Mielich ou Müelich (Munich 1516-1573) est un peintre, miniaturiste et  dessinateur allemand de la Renaissance tardive, connu principalement pour ses portraits (il fut le portraitiste favori de la bourgeoisie de Munich), miniatures et enluminures. Ses relations avec le duc Albert V de Bavière, grand amateur d'art qui lui commande à partir de 1546-1547 de plus en plus d'œuvres, évoluent bientôt vers une étroite amitié. Mielich devient un peintre de cour apprécié. En 1558 il est élu chef de la corporation des peintres.  Dans le domaine des miniatures sont à ranger les deux Inventaire des bijoux d'Albert (1546–55) et de son épouse Anne (1552–55), et surtout l'illustration d'un recueil de Motets de Cyprien de Rore (1557–59, 300 pages) et des Psaumes pénitentiels de Roland de Lassus. Il était lié d'une amitié d'artiste avec ce compositeur.

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    Roland de Lassus ou Orlando di Lasso (Mons,1532-Munich,1594) , est un compositeur de l'école franco-flamande, vers la fin de la Renaissance. Estimé d'abord pour la qualité de sa voix, à Mons, puis Milan, Naples en 1550, il occupe le poste de Maître de chapelle de Saint-Jean-de-Latran à Rome en 1553, puis séjourne à Anvers où il publie ses premières compositions en 1555.

     C'est en 1556 qu' il rejoint à Munich la cour d'Albert V de Bavière, qui désire s'entourer de musiciens prestigieux à l'instar des cours des princes italiens.

    En 1558, il épouse Regina Wäckinger, la fille d'une dame d'honneur de la duchesse.

     

    Son art fut d'emblée reconnu et Roland de Lassus était, dès le milieu du siècle, surnommé le « divin Orlande » par le poète Ronsard, ou « Prince de la musique » par ses contemporains, ou encore, plus tard, l'« Orphée belge ». Dans les années 1560, Lassus était déjà devenu très célèbre, et des compositeurs se rendaient à Munich pour étudier avec lui.

    En 1563, Lassus est nommé maître de chapelle à Munich, succédant à Ludwig Daser à ce poste. Il demeure au service d'Albert V et son héritier, Guillaume V de Bavière, jusqu'à sa mort en 1594.

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    Les prophetiae sibyllarum.

    Roland de Lassus s'est illustré dans un style connu à l'époque comme Musica reservata (ou musica secreta). Il s'agit de mettre le texte en musique de façon expressive et intense, en mêlant échelle chromatique et échelle diatonique. Un exemple célèbre d'une composition de Lassus, écrite dans ce style, est sa série de 12 motets intitulé Prophetiae Sibyllarum (les Prophéties des Sibylles), qui annonce le chromatisme de Carlo Gesualdo. Innovante pour l'époque, cette manière de composer n'est réapparue qu'au XXe siècle. Mais  le duc Albert V  ne lui permettait pas de les faire éditer parce qu'il s'en réservait la propriété exclusive pour la cour de Bavière afin de les faire jouer pour un usage privé. C'est notamment le cas  pour les Prophetiae Sibyllarum  et surtout les Psaumes pénitentiels (Psalmi pœnitentiales Davidis), tous écrits entre  1556 et 1559. Il faisait copier les partitions sur manuscrit, les faisait enluminer par Mielich et relier à prix d'or et faisait garder  ces chefs d'œuvre de bibliophilie dans son Trésor, en réservant la présentation à quelques hôtes illustres.

    J'ai déjà présenté dans ce blog les trois livres de chœur conservés à la Bibliothèque Nationale de Munich : a) les partitions de 26 motets de Cypriano de Rore copiés sur velin par Johannes Pollet datant de 1559 (Mus. Ms B I ) et leur commentaire par le médecin et bibliophile Samuel Quickelberg , et  b) Les sept Psaumes pénitentiels et deux psaumes Laudate de Roland de Lassus  copiés sur velin par Johannes Pollet et enluminés par Mielich  datant de 1565  (cote Mus.Ms A I et II ). 

    Mais un troisième livre de chœur est conservé à la  Bibliothèque Nationale de Vienne sous la cote 18744 : les Prophetiae sibyllarum, datant de 1560 environ.

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    Les manuscrits enluminés des Lectiones ex libris Hiob et Prophetiae sibyllarum.

    Österreichischse Nationalbibliotek  Cote Mus.Hs.18744/1-4 Mus sous le titre Lectiones ex libris Hiob und Prophetiae Sibyllarum .

    Lien vers la notice et le manuscrit numérisé :  http://data.onb.ac.at/rec/AL00234956

    Il s'agit de quatre volumes manuscrits (velin ?) de 18,6 x 25,6 cm. Chaque volume est sensiblement identique.

    Ils réunissent deux ensembles composés vers 1552-1553 (?) à la forme SATB : les Sacrae lectiones ex propheta Job, neuf lectures ou leçons de l'Office des défunts aux Matines, avec les Prophetiae sibyllarum, douze Prophéties des Sibylles .

    L’édition en fac-similé a été publiée  et introduite par J. A. Owens  en 1986.

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    Les neuf Leçons de Job sont ornées par une lettrine dorée. Ce sont :

     

    1."Parce mihi Domine". "Peccavi, quid faciam tibi" (Job 7,16-21)

    2."Taedet animam meam" "Indica mihi, cur me ita iudices" "Numquid sicut dies hominis" (Job 10 1-7)

    3."Manus tuae. Domine fecerunt me" "Nonne sicut lac" (Job 14,1-6)

    4."Responde mihi, quantas habeo" "Scribis enim contra me".

    5"Homo natus de muliere" "Et dignum ducis" "Constituisti terminos".

    6 "Quis mihi hoc tribuat". "Vocabis me, et ego respondebo"

    7 "Spiritus meus attenuabitur". "Libera me, Domine, et pone me" "Si sustinuero, infernus domus mea".

    8 "Pelli meae, consumptis carnibus". "Quare persequimini" "Scio enim, quod redemptor".

     9 "Quare de vulva eduxisti me". "Dimitte me ergo".

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    Les 12 pièces des Sibylles sont précédés d'une introduction musicale où Lassus explique qu'il a voulu provoquer l'étonnement par une écriture inattendue.  En effet,   "l’écriture de ce cycle est complètement originale : Lassus y recourt à ces altérations ou chromatismes très étonnants qui font qu’immédiatement on perçoit la volonté de sortir du langage ordinaire, c’est-à-dire du langage du mode diatonique caractérisé à l’inverse par son absence de tout dièse ou bémol " (I. His)

    Le texte des prophéties est celui d'hexamètres issus  d' un recueil imprimé à Bâle en 1545 et  intitulé Sibyllinorum oraculorum libri octo, multis huiusque seculis abstrusi nuncque primum in lucem editi ... Per Xystum Betuleium ...Sixt Birck, Ex offic. J. Oporini, 1545, qui donne en appendice au texte principal les douze textes anonymes choisis (hormis le prologue), rassemblés sous le titre Sibyllarum de Christo vaticinia.  Le musicien en a sans doute plutôt utilisé la réédition de 1555), [Oracula Sibyllina].  Sibyllinorum oraculorum libri VIII. Addita Sebastiani Castalionis interpretatione latina... cum annotationibus Xysti Betulei in graeca sibyllina oracula et Sebastiani Castalionis in translationem suam... / Basileae : per J. Oporinum , [1555] ).  Voir 1599 Sibylliakoi Chrēsmoi hoc est Sibyllina Oracula ex vett. codd. aucta ..page 458

     


     

    "L’éditeur dit fournir ici en supplément des chants latins qu’il a récemment trouvés dans un livre « ancien » ; l’ordre des douze textes y est bien celui repris par Lassus, excepté l’interversion entre les deux dernières sibylles, Agrippa et Erythraea, qui reste à expliquer  " (I. His).  En fait, ces hexamètres pourraient être une traduction approximative des poèmes en italien populaire qui accompagnent douze gravures de Baccio Baldini.

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    Le portrait.

    Les manuscrits se terminent, pour trois des quatre volumes, par un portrait de Roland de Lassus "à l'âge de 28 ans", soit en 1560.

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    Isabelle His a suggéré que les Psaumes pénitentiels, les Leçons de Job et les Prophéties des Sibylles pouvaient constituer un corpus cohérent : 

    "Le fait est qu’elles [les Prophéties] y voisinent avec un autre cycle musical, celui de neuf Leçons de Job, et qu’un autre manuscrit consacré à Lassus fait cohabiter quant à lui un ensemble de sept Psaumes de pénitence et deux psaumes Laudate. Les Sibylles appartiennent donc, matériellement, à une sorte de triptyque dont elles peuvent former le volet  central : Leçons de Job /Sibylles/Psaumes. Par ailleurs, un lien avec le corpus des psaumes est avéré par la représentation, rassemblées sur une page de son manuscrit, des douze sibylles dont l’autre manuscrit contient la musique . L’ensemble que forment ces manuscrits de Lassus semble correspondre à des corpus composés autour de 1560, peu après sa prise de fonctions à Munich, peut-être selon un programme défini par son prince, donnant en tout cas la mesure des divers talents de son jeune musicien."

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    RAPPEL SUR LES SIBYLLES.

    J'ai présenté le thème iconographique des 12 Sibylles dans mon premier article sur l'église de Brennilis (cf. lien supra). Quelques dates :

     

    1461-1465 : Les Oracula sibyllina dites de Saint-Gall, du nom du monastère qui conserve cet ouvrage : première apparition de la série organisée de 12 prophétesses antiques, associées chacune à un épisode de la vie du Christ, qu'elles annoncent : un attribut symbolise leur prophétie. Avec 12 xylographies. 

    v. 1470 : le 12 gravures des  Prophètes et les Sibylles par le florentin Baccio Baldini . Cette série, – dont Francesco Rosselli, vers 1485-1490, fit des copies  – daterait  vers 1470-1475, selon Hind, Oberhuber et Levenson, vers 1475-1480, selon Zucker ; pour cette série, Baldini s’inspira parfois des gravures du Maître E. S., graveur allemand dont les dernières œuvres sont datées des environs de 1466-1467 . La séquence est : Persica / Libica / Delphica / Cimmeria / Erythrea / Samia / Cumana / Hellespontica / Phrygia / Tiburtina / Europa / Agrippa.

    1470-1480 : le manuscrit enluminé des Heures de Louis de Laval réserve douze doubles pages aux Sibylles, en reprenant le texte et la systématisation liturgique des Oracula Sibyllina de  saint-Gall : 

    a) Les sept Sibylles de la Vie de la Vierge et Enfance  de Jésus : Persica Libica Erythrea Cumana Samia Cimmeria Europa : Etoile des Bergers / Incarnation de la Lumière / Annonciation / Accouchement / Mise au berceau / Allaitement/ Fuite en Egypte Massacre des Innocents

    b) Les cinq Sibylles de la Passion et de la Résurrection : Tiburtina Agrippa Delphica Hellespontica Phrygia  : la Passion : Le Soufflet / La Flagellation / Le Couronnement d'épines / La Crucifixion / La  Résurrection.

    1481 : Philippo Barbieri (= de Barberis) donne la première publication imprimée dans  Discordantii sanctorum doctorum, 1481,  réed. 1505 d'une suite de 12 Sibylles en indiquant leur âge, leur attribut, et en les accompagnant d'un texte en latin.

    1493. Le  Liber chronicarum, la Chronique de Nuremberg, donne sur les marges d'une page le portrait et les prophéties de huit Sibylles. https://www.wdl.org/fr/item/4108/view/1/140/

    1509 : Michel-Ange peint cinq Sibylles sur le plafond de la chapelle Sixtine.

    1545 et 1555 : recueil imprimé à Bâle en 1545 et  intitulé Sibyllinorum oraculorum libri octo, Bâle,  J. Oporini, 1545,  réédition Bâle  1555).

    vers 1552 : composition des Prophetiae sibyllarum par Roland de Lassus :

    La série ainsi composée par Lassus, : Persica / Libica / Delphica / Cimmeria / Samia / Cumana / Hellespontica / Phrygia / Europa /Tiburtina / Erythrea / Agrippa, est  différente à la fois de celle de Barbieri en 1481, de celle des Heures de Louis de Laval, et de celle de Jean Dorat, illustrée par Jean Rabel, en 1586. 

    1560 : réalisation du manuscrit de la partition enluminé par Hans Mielich pour le duc Albert V.

    1570 : apparition de Sibylles sculptées sur les voûtes de l' église de Pleyben (Finistère) et de la chapelle seigneuriale de Kerjean (Saint-Vougay, Finistère).

    1600 : publication des Prophetiae sibyllarum de Roland de Lassus à Munich par Nicolaï Henrici.

     

     

     

     

     

     

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    LES ENLUMINURES DES MANUSCRITS VIENNA MUS.Hs.18744 PAR HANS MIELICH. LES DOUZE SIBYLLES ; LE PORTRAIT DE ROLAND DE LASSUS.

    Après la série d'émissions de Musicopolis consacrée en avril 2017 par Anne-Charlotte Rémond  à Roland de Lassus à Munich, en cette semaine d'août 2017, cinq épisodes de sept minutes d'une émission est diffusée par France Musique : Roland de Lassus et les Prophéties des Sibylles, dans Les enquêtes musicales  de Claude Abromont. À cette occasion, et aiguillonnée par mes précédents articles d'iconographie des Sibylles, je découvre que je ne connais pas  les enluminures des Sibylles par Hans Mielich pour ces Prophéties. Et pour cause : elles  ne sont pas disponibles en ligne.

      

    Bien que les Prophetiae Sibyllarum aient été très soigneusement étudiées par les musicologues, Peter Bergquist et Ann Owens en tête, et que les manuscrits aient été publiés en fac-similé par ce dernier auteur, l'internaute  ne dispose pas  des portraits des 12 Sibylles ou du compositeur : et l'article d'Isabelle His ne donne  accès qu'aux reproductions en noir et blanc de ces 12  sibylles. J'ai voulu profiter de la numérisation du Vienna Mus. Hs 18744 pour proposer ici des documents. Tous les droits relèvent de la Bibliothèque Nationale de Vienne.

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    La ferrure centrale de la reliure : monogramme AH et armoiries.

    Les quatre manuscrits sont reliés avec, au centre une pièce métallique portant le monogramme AH (Albrecht Herzog = le duc Albert V ?), d'un blason aux anciennes armes  écartelés de Bavière entouré du collier de la Toison d'or et surmonté d'une devise mal lisible  I CANTRAT ENORS (???).

    Ces armoiries sont à comparer aux garnitures en métal (des pièces d'orfèvrerie) du manuscrit Mus.ms.A de Munich

     http://www.lavieb-aile.com/2015/05/autoportrait-de-hans-mielich-suite-le-mus-ms-a-i-et-ii.html

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

     

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    L'INTRODUCTION MUSICALE : CARMINA CHROMATICO.

    Les douze pièces sont précédées d’une sorte d’introduction musicale, dont le texte est peut-être de la main de Lassus lui-même, qui explique :

    Carmina chromatico quae audis modulata tenore
    Haec sunt illa quibus nostrae olim arcana salutis
    Bis senae intrepido cecinerunt ore Sibyllae

     

    "Ces chants que tu entends avec un ténor chromatique
    Ce sont ceux avec lesquels autrefois nos deux fois six sibylles
    Annoncèrent d’une bouche sans crainte les secrets de notre salut. » (I. His 2004)

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    On notera la lettrine, dans le pur style des calligraphies de la chancellerie ducale, ou du moins de celles que Georg Bocksay secrétaire de l'empereur Ferdinand Ier assembla en 1561 dans un Livre de modèles qui sera enluminé 30 ans plus tard par Joris Hoefnagel (le Mira calligraphiae monumenta).

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Voici la liste des 12 sibylles que nous allons découvrir : 

     

     

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    1. La Sibylle de Perse tenant la lanterne : la lumière  de l'étoile des bergers.

    2. La Sibylle de Libye tenant un flambeau : la lumière fait Christ Ego sum lux.

    3. La Sibylle de Delphes tenant une couronne : le Couronnement d'épines.

    4. La Sibylle Cimmérienne tenant une corne à usage de biberon : l'allaitement de l'Enfant-Jésus.

    5. La Sibylle de Samos tenant un berceau : la Nativité dans la Crèche.

    6. La Sibylle de Cumes tenant un bassin ovale : la Nativité

    7. La Sibylle d'Hellespont  tenant une croix, préfigurant la Crucifixion.

    8. La Sibylle de Phrygie tenant l'étendard de la Résurrection, annonçant ...la Résurrection.

    9. La Sibylle Europe, tenant une épée, annonçant la Fuite en Égypte et le Massacre des Innocents.

    10. La Sibylle de Tibur tenant une main coupée, annonçant l'affront fait au Christ pendant sa Passion (gifle d'un soldat).

    11. La Sibylle d'Erythrée, tenant une fleur, reliée au lys tenu par Gabriel lors de l'Annonciation.

    12. La Sibylle Agrippa, tenant un fouet, préfigurant la Flagellation.

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    Chacune est associée à un mode musical 

     

     

     

     

    1. LE CARTOUCHE   "SIBI : PERSICA" ET LA SIBYLLE PERSIQUE.

     

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    Le cartouche de "cuir découpé à enroulement" : il constitue un sujet d'étude à part entière. Venu d'Italie, développé par l'École de Fontainebleau vers 1526, il est repris par les artistes flamands et de l'Europe du nord. Il m'intéresse de le retrouver ici, en 1560, après en avoir admirer les développements savants sur les sablières de la chapelle de Kerjean (vers 1570) où sont sculptés de belles Sibylles.

    Avant Hoefnagel, qui en fera ses délices, Hans Mielich s'ingénie à enchevêtrer des cuirs de plusieurs couleurs, à y pendre des colliers, des rubans ou des guirlandes, à y placer des feuillages et des oiseaux, à y suspendre des masques, à y faire évoluer des putti,  etc. 

    Comme nous avons quatre manuscrits dont les enluminures diffèrent légèrement, ce sont quarante-huit cartouches qu'il faudrait étudier.

    En outre, les médaillons dans lesquels s'inscrivent les Sibylles sont eux-mêmes placés dans des cartouches. Y'a d'koi faire !

    Je donnerai à chaque fois deux exemples d'enluminure de chaque Sibylle, parmi les quatre manuscrits, tirés du premier et du dernier proposés en numérisation.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    La Sibylle Persica : 

    Elle est âgée de 30 ans (chiffre 30 sur le fond noir)  et son attribut est la lanterne. Elle annonce la lumière  qui guida les Bergers et les Mages à la Nativité. Par contre, Hans Mielich ignore une solide tradition, celle de la représenter piétinant un serpent. Comme ici sur l'oracula Sibyllina de saint-Gall (vers 1460) :

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    Texte : Mode musical associé : 8 (Sol).

    ​​​​​​Pour chaque folio, je donnerai le texte en latin de la pièce musicale de Roland de Lassus, puis la traduction.

     

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    Virgine matre satus, pando residebit asello,
    Iucundus princeps, unus qui ferre salutem
    Ritè queat lapsis : tamen illis fortè diebus
    Multi multa ferent, immensi fata laboris.
    Solo sed satis est oracula prodere verbo :
    ille Deus casta nascetur virgine magnus.

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    "Né d'une mère vierge, il sera assis sur un âne à l'échine courbée,

    Prince gracieux, qui seul peut porter le salut

    Selon les rites aux pécheurs ; pourtant sans doute en ces jours

    Beaucoup supporteront les nombreuses prophéties d'une souffrance immense.

    Mais une seule parole suffit pour rendre les oracles :

    Ce grand Dieu naîtra d'une vierge pure." Copyright Trad. Guy Laffaille

     

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Sur chaque vignette, nous verrons la Sibylle lever l'index, en signe d'énonciation oraculaire, et tenir un attribut. 

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Sur un autre manuscrit :

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    2. LE CARTOUCHE "SIBI : LIBICA" ET LA SIBYLLE DE LIBYE.

     

    Deux cartouches dont l'un est orné de deux oiseaux dont un chardonneret, et l'autre de fleurs et de masques.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    La Sibylle de Libye. 

    Mode musical associé : 8 (Sol). Son attribut est le flambeau. Elle annonce la Lumière apportée au Monde par le Christ. :L'âge de 24 ans est indiqué, la Sibylle tient son cierge allumé, les vêtements et la coiffure diffèrent d'une enluminure à l'autre. 

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    Le texte de la Sibylle Libica :


    Ecce dies venient, quo aeternus tempore princeps,
    Irradians sata laeta, viris sua crimina tollet,
    Lumine clarescet cuius synagoga recenti :
    Sordida qui solus reserabit labra reorum,
    Aequus erit cunctis, gremio rex membra reclinet
    Reginae mundi, sanctus, per saecula vivus.
    ans, et gloria certa manebit.

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    "Voici que les jours viennent où le Prince éternel

    Irradiant d'une lumière joyeuse, enlèvera aux hommes leurs crimes.

    La Synagogue s'illuminera de sa lumière nouvelle.

    Lui qui seul ouvrira les lèvres viles des accusés,

    Il sera bienveillant pour tous, roi,

    il reposera ses membres sur le sein de la reine du monde,

    Saint, vivant dans les siècles." (Trad. Guy Laffaille copyright 2010)

     

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    Pour cet exemple, je vais comparer ces six vers aux diverses sources que j'ai étudié dans mi=on étude sur les Sibylles de Brennilis. Pour les autres, le lecteur pourra s'y référer. Ici, on constatera que l'incipit ecce dies venient (qui citent le prophète Jérémie) se retrouvent dans tous les cas, de même que la référence à la Synagogue, 

     

    Baccio Baldini (1470-1480) : SIbILLA·LIbICA· (S à rebours). Assise dans un jardin, coiffée d’un chapeau conique à plumes, elle tourne les pages d’un livre posé sur ses genoux. Un cartouche porte l'inscription  Ecce venientem diem et latentia aperientem tenebit gremio gentium regina

     Tentative de traduction "Voici venir le jour ou sera révélé celui que la reine des nations  tiendra en son giron"

    Le poème en italien est le suivant :

    Il di Verra che ll'etterno signiore

    Lume dara alle chose naschose

    E legami iscora del nostri errore

    Fara le sinagoge luminose

    E solvera le lab[ra] al pechatore

    E fie stadera di tute le chose

    En grenbo alla rina delle giente

    Sedra questo re santo evivente

     

    Voir Marjorie Roth 2005.

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    — Filippo Barbieri (1481) : Sibylla Libyca ornata serto viridi et florido in capite, vestita pallio honesto et non multum juvenis sic ait : Ecce veniet dies et illuminabit condempsa [sic] tenebrarum et solventur nexus Sinagogae et desinent labia hominum et videbunt regem viventium ; tenebit illum in gremio virgo domina gentium et regnabit in misericordia et uterus matris erit statua [ou statera] cunctorum. "Elle porte une guirlande verte et fleurie  sur la tête, elle est vêtue d'une belle robe et elle n'est plus toute jeune." A défaut de pouvoir donner une traduction claire de la suite, je remarque que la Libyque est associée à la venue de la Lumière dissipant l'obscurité de la Synagogue, mais aussi à celle d'un Roi régnant dans la miséricorde et issu de l'utérus d'une Vierge . cf in gremio virgo, "dans le giron d'une vierge" et uterus matris.

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    — Prophète associé par Barbieri : Jérémie 23:5  Ecce dies veniunt dicit Dominus et suscitabo David germen iustum et regnabit rex et sapiens erit et faciet iudicium et iustitiam in terra "Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, Où je susciterai à David un germe juste; Il régnera en roi et prospérera, Il pratiquera la justice et l'équité dans le pays." 

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    — Livre d'Heures de Louis de Laval  folio 18v: "La Sibylle Libyque  tient à la main un cierge allumé. L'inscription qui l'accompagne est ainsi conçue : « Sibylla Libyca, XXIV annorum, cujus meminit Euripides. Videtur clare vaticiriari de adventu Salvatoris cum prophetis. Ecce veniet deus et illuminabit condensa tenebrarum et solvet nexus Synagogœ... »

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    3. LE CARTOUCHE "SIBI : DELPHICA" ET LA SIBYLLE DE DELPHES.

     

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    La Sibylle de Delphes

    Son attribut est la couronne, annonçant le Couronnement d'épines de la Passion. L'âge est de 20 ans. Elle porte un voile, des voilages transparents, et, dans le deuxième exemple, elle tient la couronne par l'intermédiaire d'un linge.

    Texte :


    Non tarde veniet, tacita sed mente tenendum
    Hoc opus, hoc memori semper qui corde reponet,
    Huius pertentant cor gaudia magna prophetae
    Eximii, qui virginea conceptus ab alvo
    Prodibit, sine contactu maris, omnia vincit
    Hoc naturae opera : at fecit, qui cuncta gubernat.

     

    "Il ne viendra pas tard, mais il doit être gardé en secret

    Cet acte ; celui qui le mettra dans son cœur pour toujours

    D'une grande joie son cœur sera rempli par les Prophètes

    Éminents, conçu dans le ventre d'une vierge

    Il se présentera, sans le contact d'un homme, ceci vainc

    Les actes de la nature, mais c'est celui qui gouverne tout qui l'a fait."(Trad. Guy Laffaille)

    Source : poème en italien sur une gravure de Baccio Baldini vers 1470-1480 ; 

    None daeser lenta matraquilla

    Averta lopera echonsiderare

    Lavenimento che alta villa

    Dovel profeta grande aincharnare

    Nel ventre verginal dumanancilla

    Sansa congiunto duom mortalsafare

    Ecchotalchosa fie sopra natura

    Fatta per chuel chepvo che idio dara

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    4. LE CARTOUCHE "SIBI CIMMERIA" ET LA SIBYLLE CIMMÉRIENNE.

     

     

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Notez la différence de graphie Cimmeria / Cimeria.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    La Sibylle Cimmérienne.

     

    Mode musical : 1 (b Sol) . Âge 18 ans. Elle tient une corne, utilisée comme biberon, pour annoncer que Marie allaitera son Fils.

    Le texte  mis en musique : 


    In teneris annis facie praesignis, honore
    Militiae aeternae regem sacra virgo cibabit
    Lacte suo : per quem gaudebunt pectore summo
    Omnia, et Eoo lucebit sidus ab orbe
    Mirificium : sua dona Magi cum laude ferentes,
    Obiicient puero myrrham, aurum, thura Sabaea.

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    "Dans ses tendres années, d'une beauté insigne, honorée

    Par l'armée éternelle, une vierge sainte nourrira un roi

    De son lait ; par lui de grand cœur ils se réjouiront

    Tous et l'étoile du Matin brillera dans un ciel magnifique,

    Les Mages portant leurs dons avec respect

    Présenteront à l'enfant la myrrhe, l'or et l'encens de l'Arabie." (Trad. Guy Laffaille)

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    5. LE CARTOUCHE "SIBI : SAMIA" ET LA SIBYLLE SAMIENNE.

     

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    La Sibylle de Samos.

    Mode musical : 2 (b Sol). Âgée de 15 ans, elle tient un berceau à bascule annonçant la crèche de la Nativité. Dans la première enluminure, elle est entièrement vêtue d'un manteau bleu couvrant la tête ; dans l'autre, un voile blanc recouvre les cheveux.

    Texte.

     


    Ecce dies, nigras quae tollet laeta tenebras,
    Mox veniet, solvens nodosa volumina vatum
    Gentis Judaeae, referent ut carmina plebis.
    Hunc poterunt clarum vivorum tangere regem,
    Humano quem virgo sinu inviolata fovebit.
    Annuit hoc coelum, rutilantia sidera monstrant.

     

    "Voici le jour, qui enlèvera joyeusement les ténèbres noires,

    Il viendra bientôt, résolvant

    les volumes compliqués des prophètes

    De la race de Judée, les chants du peuple rapportent

    Qu'ils pourront toucher ce brillant roi des vivants,

    Qu'une vierge intacte réchauffera sur son sein humain.

    Le ciel l'indique par un signe, les étoiles éclatantes le montrent." (Trad. Guy Laffaille)

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    6. LE CARTOUCHE "SIBI : CVMANA" ET LA SIBYLLE DE CUMES.

    Mode musical : 2 (b Sol).

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    La Sibille de Cumes

    Elle est âgée de 18 ans. Elle tient un bassin. Ceci est intéressant, car il est difficile de reconnaître sur les autres exemples iconographiques l'attribut de cette prophétesse pourtant clairement associée à la Nativité dans les Heures de Louis de Laval, et Émile Mâle hésitait entre un petit pain rond, ou un coquillage de forme vulvaire comme les porcelaines. Ici, ce bassin, accessoire fréquemment représenté dans les Nativités et présenté par une servante alors que la Vierge est couchée, peut être celui du premier bain donné à l'Enfant. Ce qui ne trouve aucune résonance dans le texte mis en musique.

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    Texte :

     


    Iam mea certa manent, et vera, novissima verba,
    Ultima venturi quod erant oracula regis,
    Qui toti veniens mundo cum pace, placebit,
    Ut voluit, nostra vestitus carne decenter,
    In cunctis humilis, castam pro matre puellam,
    Deliget, haec alias forma praecesserit omnes.

     

    "Maintenant mes paroles restent certaines, vraies et tout à fait neuves,

    En ce qu'elles étaient les dernières prophéties de l'arrivée du roi,

    Qui en venant plaira au monde entier avec la paix,

    Comme il l'a voulu, revêtu de notre chair avec grâce,

    Humble en toutes choses, comme mère une jeune fille chaste

    Il choisira, cette forme aura emporté sur toutes les autres." (Trad. Guy Laffaille)

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    7. LE CARTOUCHE "SI : HELLESPONTICA" ET LA SIBYLLE D'HELLESPONT.

     

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    La Sibylle Hellespontine.

    Mode musical : 7 (Sol). Elle est âgée de 50 ans et tient une croix, car elle a prophétisé la Crucifixion. Une fois de plus, le texte n'a aucun rapport avec la tradition iconographique issue du Manuscrit de Saint-Gall et des Heures de Louis de Laval.

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    Dum meditor quondam vidi decorare puellam,
    Eximio (castam quod se servaret) honore,
    Munere digna suo, et divino numine visa,
    Quae sobolem multo pareret splendore micantem :
    Progenies summi, speciosa et vera Tonantis,
    Pacifica mundum qui sub ditione gubernet.

     

    "Pendant que je méditais, un jour j'ai vu orner une jeune fille

    D'un honneur extraordinaire parce qu'elle se gardait pure,

    Un don et une vision dignes de sa puissance divine,

    Elle qui porterait une lignée brillant d'un grand éclat,

    Descendance belle et vraie du Dieu de tonnerre

    Qui gouverne le monde sous son pouvoir pacifique." (Trad. Guy Laffaille)

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    8. LE CARTOUCHE  "SIBI PHRIGIA" ET LA SIBYLLE  PHRYGIENNE.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    La Sibylle Phrygienne.

     

    Mode musical : 7 (Sol). Pas d'indication d'âge. Elle tient l'étendard à croix  rouge sur fond blanc qui est celui du Christ sortant du tombeau dans la tradition iconographique.

    Texte mis en musique :

    Ipsa Deum vidi summum, punire volentem
    Mundi homines stupidos, et pectora caeca, rebellis.
    Et quia sic nostram complerent crimina pellem,
    Virginis in corpus voluit demittere coelo
    Ipse Deus prolem, quam nunciet Angelus almae
    Matri, quo miseros contracta sorde levaret.


    "J’ai vu moi-même un Dieu très grand qui voulait punir,
    En ce monde, les hommes stupides et rebelles dans leurs cœurs aveuglés ;
    Et parce que les crimes remplissaient notre peau,
    Il a voulu faire descendre du ciel dans le corps d’une vierge,
    Lui Dieu, un enfant qu’un ange annoncerait à la mère bienveillante,
    Pour laver les malheureux de la souillure qu’ils ont contractée."

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    9. LE CARTOUCHE  "SIBI : EVROPEA" ET  LA SIBYLLE D' EUROPE.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    La Sibylle Europe.

    Âgée de 15 ans, son  attribut est  l'épée ou glaive : elle annonce la Fuite en Égypte et le Massacre des innocents. Mode musical : 4 (Mi).

    Texte de la partition.

     


    Virginis aeternum veniet de corpore verbum
    Purum, qui valles et montes transiet altos.
    Ille volens etiam stellato missus Olympo,
    Edetur mundo pauper, qui cuncta silenti
    Rexerit imperio : sic credo, et mente fatebor :
    Humano simul ac divino semine gnatus.

     

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    "Du corps d'une vierge viendra l'éternel Verbe

    Pur, qui passera les vallées et les hautes montagnes,

    Lui aussi volant, envoyé de l'Olympe étoilé,

    Pauvre il naîtra au monde,

    Lui qui dans un pouvoir silencieux sera le roi de tout.

    Ainsi je crois et je reconnaîtrai :

    Il est né d'une semence humaine en même temps que divine." (Trad. Guy Laffaille)

     

     

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    10. LE CARTOUCHE "SI : TYBVRTINA" ET  LA SIBYLLE DE TIBUR.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    La Sibylle de Tibur.

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    Âgée de 20 ans, elle tient une main coupée annonçant le soufflet d'un soldat lors de la Passion. On notera le turban ou balzo, très à la mode à la Renaissance, mais qui permet de conférer une touche orientale à la prophétesse, bien que Tibur, ou Tivoli, se trouve en Italie.

    Texte. Le mode musical associé est le 4 (Mi).

     

    Verax ipse Deus dedit haec mihi munia fandi,
    Carmine quod sanctam potui monstrare puellam,
    Concipiet quae Nazareis in finibus, illum
    Quem sub carne Deum Bethlemica rura videbunt.
    O nimium felix, coelo dignissima mater,
    Quae tantam sacro lactabit ab ubere prolem.

     

    "Le vrai Dieu lui-même m'a donné cette charge de parler

    Parce que j'ai pu montrer dans un chant la sainte Vierge

    Qui concevra dans le pays de Nazareth ce Dieu

    Que les campagnes de Bethléem verront incarné.

    Ô mère trop heureuse, très digne du ciel,

    Qui allaitera de son saint sacré un si grande descendance." (Trad. Guy Laffaille)

     

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    11. LE CARTOUCHE : "SI : ERYTHREA" ET   LA SIBYLLE D'ERYTHRÉE.

     

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    La Sibylle d' Erythrée.

    Âgée de 25 ans, elle tient une fleur, qui préfigure l'Annonciation (et le lys présenté par l'ange Gabriel à Marie). Dans le premier manuscrit elle est coiffée d'un hénin, et dans le dernier d'un turban d'où descend un long ruban blanc.

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    Texte. Le mode musical associé est le 6 (b Fa).

     

    Cerno Dei natum, qui se demisit ab alto,
    Ultima felices referent cum tempora soles :
    Hebraea quem virgo feret de stirpe decora,
    In terris multum teneris passurus ab annis,
    Magnus erit tamen hic divino carmine vates,
    Virgine matre satus, prudenti pectore verax.

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    "Je vois le fils de Dieu, qui est descendu du ciel,

    Quand des soleils heureux ramèneront les temps ultimes.

    Lui qu'une belle vierge portera d'une racine hébraïque,

    Sur terre depuis ses tendres années il souffrira beaucoup.

    Pourtant il sera un grand prophète au chant divin,

    Né d'une mère vierge, véridique dans la sagesse de son cœur." (Trad. Guy Laffaille)

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    12. LE CARTOUCHE :  "SIBI : AGRIPPA" ET  LA SIBYLLE AGRIPPA.


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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    La Sibylle Agrippa.

    Son attribut est le fouet car elle annonce la Flagellation de la Passion du Christ. Âge : 30 ans.

     

    Texte.  Mode musical associé: 6 (bFa) .

     

    Summus erit sub carne satus, charissimus atque,
    Virginis et verae complebit viscera sanctum
    Verbum, consilio, sine noxa, spiritus almi :
    Despectus multis tamen ille, salutis amore,
    Arguet et nostra commissa piacula culpa :
    Cuius honos 
    constans, et gloria certa manebit.

    "Il sera très grand, semé sous la chair, et très aimé,

    Il emplira le ventre d'une vraie vierge,

    Verbe saint, sans dommage, par l'action de l'esprit saint,

    Pourtant méprisé par beaucoup, par amour du salut,

    Il montrera les châtiments encourus par notre faute

    Son honneur sera constant et sa gloire n'aura pas de fin." (Trad. Guy Laffaille)

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    FOLIO 36 :  LE PORTRAIT DE ROLAND DE LASSUS ÂGÉ DE 28 ANS (Hans Mielich, 1560).
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    A la fin du volume, au folio 35, Hans Mielich a peint un portrait du compositeur dans un médaillon en pleine page.

     En haut, Athéna (avec sa  lance et son bouclier ou Égide à tête de Méduse, telle qu'elle est sortie toute armée de la tête de Zeus) et d'Hermès (avec son caducée) forment le couple de l'Hermathena, alliance de la sagesse et de l'éloquence que chaque artiste se donne comme modèle depuis le XVe siècle, et que Hoefnagel, successeur de Hans Mielich à la cour de Bavière, reprendra indirectement comme emblème sous forme de la chouette au caducée et aux pinceaux. Voir mon étude de l'Hermathena et de la chouette/hibou chez Hoefnagel dans ce blog.

    La chouette d'Athena est bien présente, entre la tête des deux divinités, devant une urne. Parfaitement au centre, ce qui lui donne une importance tutélaire qui confirme celle que lui donnera Joris Hoefnagel. L'artiste, avant d'être un individu inspiré par une Muse ou une emprise divine, se veut être un sage et un savant.   (Et, par les temps de déchaînement des conflits religieux qui courent alors, un adepte de la paix).

    Voir aussi :

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    Des fruits, des feuillages de chêne et d'olivier entourent ces dieux.

    Le médaillon est encadré par deux petites scènes mythologiques en grisaille. À gauche, Apollon joue de la lyre et Pan de la flûte.

    A droite est figuré le supplice de Marsyas attaché à un pin. On sait que ce silène, devenu fort habile à la flûte qu'il avait ramassée après qu'Athéna l'eut jetée,  avait eu l'impudence de défier Apollon dans un concours musical. Les muses ayant déclaré le dieu vainqueur, celui-ci punit Marsyas de son orgueil en le condamnant à être écorché vif par un esclave scythe.

    Le concours entre Apollon et Marsyas, symbolise la lutte entre les influences apolliniennes et dionysiennes de l'homme.

    Ces deux grisailles associées à la chouette et au couple Athena-Hermès composent un véritable manifeste sur le statut de l'artiste à la cour d'Albert V.

    Le médaillon lui-même est supporté par un appareil ornemental doré associant deux griffons en guise de volutes, à l'enroulement d'un cuir découpé où est suspendu une tête de bouc (celui du sacrifice dyonisien de la tragédie antique, car le mot tragôidía est composé de « bouc » et de « chant» ?)

    Rappelons que Hans Mielich peint ici des miniatures, dans la tradition des enluminures médiévales sur parchemin.  L'ovale est peint en bleu, ce bleu de lapis-lazuli très précieux que l'artiste réserve à ce type d'usage. On y lit, en lettres d'or, "ORLADVS * DE * LASSO * AETATIS * SVAE * XXVIII, "Roland de Lassus à l'âge de 28 [ans]". Si on admet la date de 1532 pour celle de sa naissance, cela conduit à dater ce portrait de 1560.

    Le musicien est peint en buste, de trois-quart, le regard tourné vers le spectateur. Les cheveux aux tempes grisonnantes sont dégarnis, les yeux bleus, le nez fin et aigu, le menton caché par une barbe châtain. 

    La tenue vestimentaire  associe un manteau noir (dont le pan est retenu par un ruban passé autour du cou)  à un habit de cour de satin violet, boutonné par devant comme une soutane, très ajusté à l'encolure qui laisse passer une fraise finement plissée. La même dentelle frisée, ourlée de noir, s'échappe des manches. Les étoffes sont fines, souples, soyeuses, presque moirées, au fil souligné par des lignes horizontales régulières. 

    La main gauche, seule visible, serre un mouchoir ou un rouleau de papier. Une bague en jonc est passée à l'annulaire.

    L'impression générale est celle d'un homme riche, élégant et soigneux, contrôlant un caractère bouillonnant et sensible par un goût de la précision et de maîtrise technique.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Dans les autres manuscrits, le cadre change : il est couronné par deux  Muses ailées, parmi les masques, le lion et la lionne (animaux du duc et de la duchesse)  et les guirlandes, ou bien entouré de deux putti qui portent les trompettes de la renommée.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.

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    Hans Mielich a peint aussi,  cinq ans plus tard, le portrait de Roland de Lassus pour le manuscrit des Psaumes pénitentiels, que j'ai précédemment décrit : 

    Voir

     http://www.lavieb-aile.com/2015/05/autoportrait-de-hans-mielich-suite-le-mus-ms-a-i-et-ii.html

    L'aspect général est le même, avec le quelques années en plus et quelques cheveux en moins. On remarque un pendentif accroché au ruban noir déjà visible en 1560 : tous les membres de la cour peints par Hans Mielich en portent un.

     Roland de Lassus / Orlando di Lasso, Les sept psaumes pénitentiels de David avec le motet Laudes Domini : Livre de chœur volume I,  BSB-Hss Mus.ms. A I(1), Bibliothèque Nationale de Bavière Bayerrische Staat Bibliothek BBS , Munich, 1565

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    http://daten.digitale-sammlungen.de/~db/0008/bsb00089635/images/index.html?id=00089635&groesser=&fip=qrsfsdrxdsydwewqxdsydwwxdsydsdasfsdr&no=&seite=44

     

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    Nous disposons d'autres portraits encore sous forme de gravures (publiés dans les articles Wikipédia).

     :

     

    Les douze Sibylles peintes par Hans Mielich pour les Prophetiae Sibyllarum de Roland de Lassus.
    Orlando di Lasso gravure sur cuivre de René Boyvin

    Orlando di Lasso gravure sur cuivre de René Boyvin

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    SOURCES ET LIENS.

    — Edition et traductions des Prophéties des Sibylles de Roland de Lassus :

    http://www.lieder.net/lieder/assemble_texts.html?SongCycleId=945

     

    — ABROMONT (Claude), Les enquêtes musicales de Claude Abromont, France musique, 5 émissions de 7 minutes, , 7 au 11 août 2017

    — BERGQUIST (Peter), 1979, "The Poems of Orlando di Lasso's "Prophetiae Sibyllarum" and Their Sources", Journal of the American Musicological Society, Vol. 32, No. 3 (Autumn, 1979), pp.516-538 University of California Press on behalf of the American Musicological Society

    http://www.jstor.org/stable/831253

     

    — HEITZ  (Paul), 1903,  Oracula sibyllina (Weissagungen der zwölf Sibyllen) nach dem einzigen, in der Stiftsbibliothek von St. Gallen aufbewahrten exemplare , Stiftsbibliothek Sankt Gallen

    https://archive.org/details/oraculasibyllin00gallgoog

    — HIS (Isabelle) "La Sibylle en musique : d’Orlande de Lassus à Maurice Ohana"  , in LA SIBYLLE, Parole et représentation Monique Bouquet y Françoise Morzadec (dir.), page 255-272, Presses Universitaires de Rennes

    http://books.openedition.org/pur/30373?lang=es#bodyftn18

    — OWENS (Jessie Ann)  Vienna, Österreichische Nationalbibliothek, Musiksammlung, Mus. Hs. 18.744 : in four parts introduction by Jessie Ann Owens.


    http://booktoday.ru/Vienna-%C3%96sterreichische-Nationalbibliothek-Musiksammlung-Mus-Hs-18744--in-four-parts--or--cintroduction-by-Jessie-Ann-Owens/2/ccgeba

    — ROTH (Marjorie A.), 2005, The voice of Prophety, Orlando di Lasso's Sibyls and Italian humanism

    / Ann Arbor (Mich.) : ProQuest LLC, UMI , 2005, cop. 2005  University of Rochester, 414 pages.

    — RAYBOULD (Robin)   The Sibyl Series of the Fifteenth Century

    https://books.google.fr/books?id=XTtFDQAAQBAJ&pg=PA134&dq=Sibyllarum+de+Christo+vaticinia.+(%C2%A0%5BOracula+Sibyllina%5D&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj37rnI-srVAhVInBoKHWDlBZMQ6AEISjAF#v=onepage&q=Sibyllarum%20de%20Christo%20vaticinia.%20(%C2%A0%5BOracula%20Sibyllina%5D&f=false

     

    — WIKIPEDIA

    https://en.wikipedia.org/wiki/Prophetiae_Sibyllarum

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    Sur les Sibylles.

    .

    EL ENIGMA DE LA SIBILA

    https://sites.google.com/site/omnedecus/Home/art/el-enigma-de-la-sibila

    HÜE (Denis), 2004, La Sibylle au théâtre, in Sibylle, parole et représentation, Presses Universitaires de Rennes p. 177-195 http://books.openedition.org/pur/30366

    Dans les vitraux :

    http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm5601/sibylles.php

    Baie 12 d'Ervy-le-Chatel (Aude), v1515 : 

    http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm8601/eg_StP@Ervy_12.php

    Article de Wikipédia

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Sibylle

    https://it.wikipedia.org/wiki/Sibilla

    ABED ( Julien) 2010, La Parole de la sibylle. Fable et prophétie à la fin du Moyen Âge, thèse de doctorat préparée sous la direction de Mme Jacqueline Cerquiglini-Toulet, soutenue le 13 mars 2010 à l’université Paris-Sorbonne.

    https://peme.revues.org/85

    ABED ( Julien), 2007, "Une à la douzaine : le statut du personnage de la sibylle dans le BnF fr 2362 "in Façonner son personnage au Moyen Âge Chantal Connochie-Bourgne, Coll. Sénéfiance, Presses Universitaires de Provence,  pages 9-19 http://books.openedition.org/pup/2255?lang=fr

    BARBIERI (Filippo de) [Philippus de Barberiis] [Filippo Barberio], 1481,  [Discordantiae sanctorum doctorum Hieronymi et Augustini, et alia opuscula] ([Reprod.]) / [Philippus de Barberiis] , Bnf, Gallica :

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531, 

    — BELCARI (Feo), « Sacra rappresentazione » du mystère de l’Annonciation. Ce mystère fut joué à Florence, en 1471, à l’occasion de la visite du duc Galeazzo Maria Sforza. la première édition en parut à Florence, sans nom d’auteur, à la fin du xve siècle.

    https://archive.org/details/bub_gb_ZTjxnHHEHGgC

    http://www-personal.usyd.edu.au/~nnew4107/Texts/Fifteenth-century_Florence_files/Belcari_Annunciation.pdf  

     

    BOUISSOUNOUSE (Jean), 1925, Jeux Et Travaux D'apres Un Livre D'heures Du XV Siecle : Livre d'heures Chantilly n°1362 « Livre d'heures de la duchesse de Bourgogne, Adélaïde de Savoie » Xve siècle folio 21r :La Vierge et l'Enfant, en gloire et les sibylles.  Paris 1925, Reprints Slatkine Genève 1977.

    https://books.google.fr/books?id=ZUq0Pgh2ye8C&dq=%22livre+d%27heures%22sibylles&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

     

     —CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006 pages 201 et suivantes

    http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles 

    CLERC (C de ), 1979, "Quelques séries italiennes de Sibylles", Bulletin de l'Institut historique belge de Rome, fasc. 48-49 pages 105-127.

    CHAMPIER (Symphorien), 1503, "Les prophéties, dits et vaticinations des Sibylles, translatés de grec en latin par Lactance Firmian", 3ème partie de  La nef des dames vertueuses, 

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k79103w/f124.item.zoom

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k79103w/f31.vertical

    GIUSTINIANI (Giulia), 2014 « Gli esordi critici di Emile Mâle : la tesi in latino sulle sibille »,Mélanges de l’École française de Rome - Moyen Âge 

     http://mefrm.revues.org/1527 

    HEURES DE LOUIS DE LAVAL , avant 1489,  Horae ad usum romanum Bnf Latin 920. 

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f42.item

     

    KRIEGER (Denis), Autour des vitraux d'Arnauld de Moles à la cathédrale Sainte-Marie d'Auch

    (un dossier iconographique sur les Sibylles)

    http://www.mesvitrauxfavoris.fr/index_htm_files/Auch%20et%20les%20Sibylles.pdf

     — LAMBERT (Gisèle), Les premières gravures italiennes =  Les gravures de Baccio Baldini : une suite de 24 prophètes et 12 Sibylles .

    http://books.openedition.org/editionsbnf/1365

    — LE VERDIER, (Pierre Jacques Gabriel,) 1884, Mystère de l'incarnation et nativité de Notre Sauveur et Rédempteur Jésus-Christ : représenté à Rouen en 1474, publié d'après un imprimé du XVe siècle Société des bibliophiles normands

    https://archive.org/stream/mysteredelincarn01leve#page/n69/mode/2up

    MÂLE  (Émile), 1925,  L'art religieux de la fin du Moyen Age en France  : étude sur l'iconographie du Moyen Age et sur ses sources d'inspiration  3e éd., rev. et augm. / Paris : A. Colin ,  p. 254-279.

    https://archive.org/stream/lartreligieuxde00ml#page/252/mode/2up

    https://archive.org/stream/lartreligieuxde00ml/lartreligieuxde00ml_djvu.txt

    MÂLE  (Émile) , 1899, Quomodo Sibyllas recentiores artifices repraesentaverint [Texte imprimé] / E. Mâle,.. / Parisiis : E. Leroux , 1899  

    MONTEIRO (Mariana), 1905, As David and the Sibyls says. A sketch of the Sibyls and the sibylline oracles  

    https://archive.org/details/asdavidsibylssay00montrich

    PASCUCCI (Arianna), 2011, L'iconografia medievale della Sibilla Tiburtina in Contributi alla conoscenza del patrimonio tiburtino, Vol. VIII, Liceo classico statale Amedeo di Savoia di Tivoli, 2011,

     http://www.liceoclassicotivoli.it/Pascucci_Sibilla_Tiburtina_2011.pdf

    https://www.academia.edu/9789364/Liconografia_medievale_della_Sibilla_Tiburtina_di_Arianna_Pascucci_Tivoli_2011

    RÉAU (Louis), Iconographie de l'art chrétien, II, Iconographie de la Bible, Ancien Testament, p. 420-430.

    ROBERTET (Jean), Œuvres. Édition critique par Margaret Zsuppán, Genève, Droz; Paris, Minard (Textes littéraires français, 159), 1970, 208 p.

    https://books.google.fr/books?id=3Kn4gp0HSEQC&dq=Jean+Robertet,+%C5%92uvres.&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

     

    ROESSLI (Jean-Michel), 2002,  Catalogues de sibylles, recueil(s) de Libri Sibyllini et corpus des Oracula Sibyllina Remarques sur la formation et la constitution de quelques collections oraculaires dans les mondes gréco-romain, juif et chrétien Jean-Michel Roessli (Université de Fribourg, Suisse)  in E. NORELLI (ed.), Recueils normatifs et canons dans l'Antiquité. Perspectives nouvelles sur la formation des canons juif et chrétien dans leur contexte culturel. Actes du colloque organisé dans le cadre du programme plurifacultaire La Bible à la croisée des savoirs de l'Université de Genève, 11-12 avril 2002 (Lausanne, 2004; Publications de l'Institut romand des sciences bibliques 3), p. 47-68

     

    http://www.concordia.ca/content/dam/artsci/theology/profiles/jean-michel-roessli-catalogues-sibylles.pdf

    ROESSLI (Jean-Michel) , 2007 « Vies et métamorphoses de la Sibylle », Revue de l’histoire des religions :

     http://rhr.revues.org/5265

     — Sibyllae et prophetae de Christo Salvatore vaticinantes - BSB Cod.icon. 414 (1490-1500) http://bildsuche.digitale-sammlungen.de/index.html?c=viewer&lv=1&bandnummer=bsb00017917&pimage=00017917&suchbegriff=&l=fr

    TASSERIE (Guillaume), 1499  Le Triomphe des Normans composé par Guillaume Tasserie traictant de la Immaculée Concepcion Nostre Dame

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k424472s

    Le Triomphe des Normans traictant de la Immaculée Conception Nostre Dame est un mystère qui fut joué en 1499. Une seule copie de ce texte nous est parvenue, dans un manuscrit ayant appartenu jadis au Duc de la Vallière. La mise en ligne et la mise en page ont été assurées par Denis Hüe à l’Université Rennes

    2http://www.sites.univ-rennes2.fr/celam/cetm/triomphe/triomphe.html

    Tractatus Zelus Christi, Venise 1592

    https://books.google.fr/books?id=eItlAAAAcAAJ&pg=PA44-IA1&lpg=PA44-IA1&dq=ensem+nudum+sibylla&source=bl&ots=mmZ9XSX-Hd&sig=mpqSs1Y5_ou3a9KrWaEIqX-w4eo&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiS4_Ghx8nPAhXnDsAKHeLyAXEQ6AEIHDAA#v=onepage&q=ensem%20nudum%20sibylla&f=false

     

     

     

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    5 août 2017 6 05 /08 /août /2017 10:31

     À propos de la plaque de cocher de la  Route Nationale 169 de Lorient à Roscoff. Quelques données historiques.

     

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    Placée à l'angle de la rue Albert de Mun (Maps) à Roscoff, cette plaque signale l'extrémité de la Route Nationale N° 169 de Lorient à Roscoff. 

    Elle est recensée comme "la plaque sans-doute  la plus photographiée de France" sur le site de Patrick Rollet, avec une photographie récente, et un autre qui montre son aspect avant que la plaque ne soit repeinte par Nicolas Jamois en août 2016 à Courcy-aux-Loges :

    Plaque de cocher :

    http://plaquedecocher.fr/article-finistere-122411197/#3

    http://plaquedecocher.fr/2016-09-aout-2016-roscoff/#5

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    La plaque de cocher de la Route Nationale N°169 de Lorient à Roscoff, rue Albert de Mun à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

    La plaque de cocher de la Route Nationale N°169 de Lorient à Roscoff, rue Albert de Mun à Roscoff. Photographie lavieb-aile juillet 2017.

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    La route nationale 169 était une route nationale française reliant Hennebont à Roscoff. À la suite de la réforme de 1972, elle a été déclassée en départementale D 769. 

    Elle a succédé à la Grande route Morlaix-Saint-Pol-de-Léon de l'Ancien Régime,  à la Route Impériale  RI 189 de Lorient à Roscoff de 1811 à 1824, puis à la Route royale n° 169, de Lorient à Roscoff sous Charles X (1824-1830) et   Louis-Philippe (1830-1847), où elle fut réaménagée entre 1838 et 1843. A Roscoff, elle mène à l'église et au port, et plus précisément à la rue de Ker da Laez, qui deviendra rue Albert de Mun.

    Des chemins romains et médiévaux.

    Leur tracé, de Morlaix à St-Pol-de Léon, est détaillé par Y. Autret 2012.

    Sous l'ancien Régime.

    La carte Cassini de la fin du XVIIIe siècle montre la route menant de Morlaix à Taulé, Saint-Pol-de-Léon et Roscoff.  À Saint-Pol-de-Léon, un embranchement mène à Lesneven, centre important et origine de la route Lesneven-Landerneau-Le Faou-Carhaix.

    Roscoff est un liieu commercial pour le textile et pour les produits de la pêche :

    "Pendant trois siècles la richesse de Roscoff est exclusivement le commerce maritime. Les nobles peuvent s'adonner au commerce et des commerçants sont anoblis. De 1612 à 1754 les armateurs et les commerçants sont groupés dans la confrérie de Saint-Ninien. Les exportations consistent en toiles fabriquées dans toute la région, en vins achetés à Bordeaux et en Espagne, en eaux-de-vie de Gascogne, en graines de lin, bois et merrains (petites planches de chêne) des pays nordiques. Les principaux partenaires commerciaux sont l'Angleterre, les Pays-Bas et l'Espagne. Une contrebande s'établit avec l'Angleterre. Les vins et spiritueux constituent la matière du commerce interlope. L'Angleterre et l'Ecosse imposent alors des droits exorbitants à l'entrée de ces marchandises. Les merrains servent à fabriquer de petits barils reliés en chapelet et remplis d'eau-de-vie. Les bateaux pour échapper au contrôle de la douane les mouillent tout près des côtes anglaises où la nuit des marchands viennent les chercher. Vers 1750 une cinquantaine de lougres et de sloops fréquentent régulièrement le port de Roscoff. La fin du XVIIIe siècle voit la décadence du port. Traité avec l'Angleterre, concurrence des toiles de Silésie, troubles dus à la Révolution en sont les causes. «La misère des habitants est affreuse par la suite de la suppression de tout commerce » . La contrebande reprend pendant le blocus continental, mais la prospérité qu'elle engendre est de courte durée." (Aubry Marie-Louise. Le port de Roscoff. Les mutations d'un site. In: Norois, n°64, Octobre-Décembre 1969. pp. 521-535; doi : 10.3406/noroi.1969.1665 http://www.persee.fr/doc/noroi_0029-182x_1969_num_64_1_1665)

    "Au XVIIe siècle, Roscoff, devient le principal marché des semences de lin. Son bureau de contrôle, sous l'autorité du juge des Requaires, les fait distribuer par des commissionnaires dans le haut Léon qui produit la rosconne et sa marque finira par en monopoliserau xviiie siècle le réacheminement via les succursales installées dans les ports du Trégor, d'où sortent les gratiennes, et de Penthièvre, où sont produites les Bretagnes." (Wikipédia Roscoff)

    "Les toiles qui se travaillent à Morlaix, Landerneau, Roscoff, St Paul de Léon, Guingamp, Grace, etc, se nomment des Cres. Comme elles sont de diverses largeur et finesse, pour les distinguer, on les partage en Cres larges, Cres communes, Cres Graciennes, et Cres Rosconnes. Les Cres larges s'envoient en Espagne, et dans les Indes Occidentales : les communes et les Graciennes se portent aussi en Espagne, ou sont enlevées par temps de paix par les Anglais. Et les Rosconnes sont seulement propres pour l'Espagne". Dictionnaire universel de commerce, contenant tout ce qui concerne ..., Volume 3, 1742

    "La pêche du maquereau se fait du coté de Roscoff, en Basse Bretagne, par deux sortes de bateaux ou barques, les uns petits et sans pont, les autres plus grands et pontés. Les petits bâtiments n'ont que neuf à douze hommes d'équipage : ils vont à six ou sept lieux de l'isle de Bas, où les pécheurs tendent leurs filets, et la pêche étant faite ils retournent à Roscoff pour vendre leur Les petits bâtiments n'ont que neuf à douze hommes d'équipage : ils vont à six ou à sept lieues de l'isle de Bas, où les pêcheurs tendent leurs filets, et la pêche étant faite ils retournent le lendemain à Roscoff pour vendre leur poisson. Il n'y a qu'environ vingt-deux petits bateaux employés à cette pêche, dont dix ou douze font de la Hogue en Normandie, lesquels se rendent à Roscoff vers la fin d'avril, où ils restent jusqu'à fin juin. Les autres sont de Roscoff." 1742 - ‎puis Dictionnaire portatif, François Alexandre Aubert de La Chesnaye Des Bois,- 1765

     

     

    La numérotation systématiques des routes françaises a été établie par le  décret napoléonien  de 1811. Une numérotation systématique y est pour la première fois appliquée à l'échelle nationale, distinguant parmi les routes impériales numérotées de 1 à 229 une division en trois classes, selon leur importance et l‟attribution de leur entretien. Les routes impériales de première classe mènent de Paris aux grandes villes et places fortes frontalières, terrestres mais surtout maritimes, depuis Calais (route impériale n°1) jusqu'à Cherbourg (n°14), destination qui referme à l‟Ouest un premier cadran. Les routes de seconde classe retrouvent les grands axes commerciaux de l‟espace français qui n‟ont pas de vocation stratégique affirmée. Elles constituent une deuxième auréole autour de Paris qui se décline dans le sens des aiguilles d‟une montre, vers Le Havre (n°15) et jusqu‟à Lorient à partir de Rennes (n°27).

    Enfin, les liaisons interurbaines de second rang sont assurées par les routes de troisième classe (des numéros 27 à 229) qui forment un troisième cercle, auxquelles viennent s'ajouter les 1165 routes départementales proprement dites à plus faibles portées. 

    En 1824, l'Administration des Ponts-et-Chaussées publie le Tableau des Routes royales divisées en trois classes et crée parmi les routes royales de troisième classe la Route Royale n°169 de Lorient à St-Pol et Roscoff en remplacement de la Route Impériale n° 189.

     

     

    On consultera :

     

    • https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-3.974252&y=48.731738&z=13&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.MAPS&mode=doubleMap
    • https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-3.986110&y=48.725277&z=14&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.ETATMAJOR40&mode=doubleMap


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