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25 juin 2017 7 25 /06 /juin /2017 15:11

Les sculpture sur pierre de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle de l'Hôpital-Camfrout : les gargouilles et crossettes du clocher,  et la façade.

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Clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Les gargouilles et crossettes en haut, la façade en bas : l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Les gargouilles et crossettes en haut, la façade en bas : l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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LA GALERIE INFÉRIEURE : DEUX LIONS ET UN DIABLOTIN.

Sous la chambre des cloches, la galerie ceinte par une balustrade est cantonnée par trois gargouilles, puisque le coin sud-est n'en dispose pas. 

Galerie inférieure du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Galerie inférieure du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le diablotin du sud-ouest. 

C'est la gargouille la plus pittoresque et fantasque, avec son ventre et son torse rebondis, ses bras qui se transforment en feuilles de salade avant de lui faire une paire d'ailes, sa tête de vieux barbu aux moustaches en crochets, ses longues oreilles pointues de satyre et, last but not least, son sexe en érection.

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Gargouille sud-ouest du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Gargouille sud-ouest du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Gargouille sud-ouest du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Gargouille sud-ouest du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Gargouille sud-ouest du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Gargouille sud-ouest du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le lion nord-ouest.

Il fait tout pour se conformer à l'archétype des lions des toits. Une gueule ouverte sur ses trente dents, dont quatre crocs. Une langue étendue comme une chemise  à la fenêtre de la mandibule. Des yeux furibonds démentis par une tignasse de brave mouton. Des pattes antérieures bien velues appuyées au balcon d'un reste de fémur.  Mais, bêtement, il a oublié la queue. Il fera mieux la prochaine fois.

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Gargouille nord-ouest du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Gargouille nord-ouest du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le lion du nord-est.

Son collègue posté au coin le plus froid de la tour trouve le temps long en attendant la relève. Ses sourcils hypertrophiés lui donnent l'air d'un babouin.

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Gargouille nord-est du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Gargouille nord-est du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Le clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Le clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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LES QUATRE CROSSETTES DE L'ÉTAGE SUPÉRIEUR DU CLOCHER : CHIENS, COCHON, LION.

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1. Le chien.

Ce bon toutou garde l'angle sud-ouest, d'où il domine le diablotin.

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Crossette de la galerie supérieure du  clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Crossette de la galerie supérieure du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Crossette de la galerie supérieure du  clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Crossette de la galerie supérieure du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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2 Le cochon. 

Ce porc n'en n'est point un : les défenses de sa hure le désignent comme un  sanglier , venu prendre de la hauteur et aérer les narines de son boutoir. Il se retient par ses petits sabots engagés sous la corniche, et il a pris l'ascendant sur le lion, qui lui sert de concierge.

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Crossette de la galerie supérieure du  clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Crossette de la galerie supérieure du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Re un chien. Coin nord-est, du coté de la bise. 

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Crossette de la galerie supérieure du  clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Crossette de la galerie supérieure du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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C'est un lion qui occupe l'angle sud-est. Et pourquoi pas ? Le roi des animaux est chez lui partout.

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Crossette de la galerie supérieure du  clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Crossette de la galerie supérieure du clocher de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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LA CROSSETTE DE LA LUCARNE  SUD : UN CHIEN.

Un chien de chasse, un dogue, un mâtin . Que j'ai d'abord confondu avec une pieuvre. 

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Crossette de la lucarne de l'élévation sud de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Crossette de la lucarne de l'élévation sud de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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Crossette de la lucarne de l'élévation sud de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

Crossette de la lucarne de l'élévation sud de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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LA FAÇADE OCCIDENTALE.

La façade occidentale de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout , ancien prieuré de Landévennec qui date des années 1524-1534, est en pierre de kersanton, tirée des carrières proches. Elle ne comporte aucune inscription ni chronogramme indicatif, à la différence de  l'église du Faou, à 7 km de là, avec ses dix inscriptions liées à des travaux successifs. 

Voir :

Mais cette façade est riche en armoiries, hélas martelées et donc muettes, que l'esprit curieux souhaite faire parler malgré tout.

J'ai d'abord peiné à en trouver une description qui me satisfasse :

"La façade occidentale est très travaillée : la porte centrale, en arc à anse de panier, est encadrée par des moulures prismatiques et accostée de pilastres ou colonnes prismatiques en spirale. Une contre-courbe feuillagée la couronne, commençant à montrer des éléments de style Renaissance." (Notice de la base Mérimée)

"Sur la façade occidentale, se trouve une statue en kersantite représentant saint Guénolé (H. 1,70 m), oeuvre du sculpteur Guy Pavec et datée de 1983 (l'abbé a la main droite bénissante et tient un livre fermé dans la main gauche)."

Le plus précis est le chanoine Abgrall, le premier à relever les inscriptions lapidaires à la fin du XIXe siècle puis à décrire les monements religieux dans les Notices du Bulletin diocésain d'archéologie et d'histoire BDHA : 

"Au fond d’une petite anse, dans laquelle monte la marée venant de la rade de Brest, s’élève le portail occidental, qui est la page d’architecture et de sculpture la plus riche, la plus correcte et la plus élégante qui se puisse imaginer. A quelques cents mètres, de ce point, sont exploitées les carrières qui fournissent la belle et fine pierre de Kersanton ; or, la façade de l’église de l’hôpital est comme le triomphe de cette pierre, grâce à laquelle se sont développés d’une manière si prodigieuse le talent et l’habileté des sculpteurs de la région, dans le cours du XVème siècle et du XVIème.

"Dans cette façade, nous trouvons :

- La porte centrale avec son arc à anse de panier, encadrée par des moulures prismatiques très déliées, accostée de pilastres ou colonnes prismatiques tordues en spirale, puis couronnée par une contre-courbe feuillagée dont les crossettes ne sont plus absolument gothiques et commencent à donner le gras et l’arrondi gracieux de la Renaissance.

- Au-dessus de cette ordonnance, trois blasons dont l’un supporté par deux anges, un autre par deux lions, et celui du milieu habilement encastré dans le fleuron supérieur de la contre-courbe.

- Dans les contreforts et la frise comprise entre les deux bandeaux horizontaux, cinq niches à coquilles, avec mêmes encadrements et mêmes couronnements que la porte, mais où l’on sent s’affirmer davantage le style nouveau-venu de la Renaissance ; la niche médiane abrite une belle et très correcte statue de Notre-Dame-de-Pitié, tenant sur ses genoux le corps inanimé de son Divin Fils.

- A l’ordonnance supérieure, trois cadres rectangulaires, terminés par des rubans en accolade, coquille et frise feuillagée ; les deux latéraux enfermant des écussons supportés par des anges et surmontés de crosses abbatiales, ce qui indiquerait les blasons des abbés de Landévennec ; le cadre du milieu présentant une targe supportée par deux lions, surmontée d’un casque ayant pour cimier un lion. Plus haut, montent les pinacles couronnant les contreforts, puis le clocher avec sa tourelle d’escalier." (M. Abgrall).

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Mais je finis par me procurer la note de la rubrique Monuments et objets d'arts du Finistère  dans le Bulletin de la Société archéologique du Finistère de 2004. Trois pages où Yves-Pascal Castel, Annie Le Men et Michel Quéran  (pages 73 à 75) étudient les 14 écus qu'ils y ont découvert . Je les adopte comme guides et je reprendrai leurs descriptions. 

Puisque la façade est divisée par deux corniches en trois registres, je les étudierai successivement, de haut en bas.

     

     

    Élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    I. LE REGISTRE SUPÉRIEUR OU FRONTON DE LA FAÇADE OCCIDENTALE : TROIS ÉCUS.

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    " Au centre du fronton, en prééminence, encadrée dans une arcature en anse de panier et surpassant les autres armoiries par la taille : écu carré posé sur la pointe, attaché par une boucle à un heaume, lambrequins volants, surmonté du léopard. On y devine un écartelé. Au 1 et au 3, d'azur au léopard d'or, qui est le Faou, au 2 et au 4 d'azur au chef de gueules chargé de trois fleurs de lys d'or, qui est du Quélennec. La vicomté du Faou marque ainsi sa prééminence à L'Hôpital-Camfrout."

    N.b : les armoiries de la famille de Quélennec sont d'hermines au chef de gueules chargé de trois fleurs de lys d'or. Dans le créneau 1524-1534 de construction de l'église, c'est Charles Ier du Quélennec qui est  seigneur du Quélennec, et vicomte du Faou, Baron du Pont-L'Abbé et de Rostrenen du chef de sa femme, seigneur de La Roche-Helgomarc'h, il épouse  le 7 février 1517  Gilette du Chastel, baronne héritière du Pont-L'Abbé et de Rostrenen, dont : Jean V, seigneur du Quélennec, né vers 1520 et marié vers 1538 à Jeanne de Maure.

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    Écu central du registre supérieur, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Écu central du registre supérieur, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    À  gauche : armoiries de Maurice Brient ou Briand, abbé de Landévennec de 1534 à 1538.

     

     "À gauche du fronton: écu à pointe posé sur une crosse et tenu par deux anges, d'azur bordé d'or, armoiries de Maurice Briand, probablement originaire de Touraine et qui fut abbé de Landévennec de 1534 à 1538."

    Les trois auteurs ne disent pas comment ils ont observé les couleurs d'azur bordé d'or, ni comment ils les ont attribués à Maurice Briand.

    Maurice Brient obtint mainlevée de l'abbaye de Landevenec le 14 avril 1525, et mourut en 1538. Arnoul Brient, doyen de Notre-Dame-de-Cléry, obtint les bulles de l'abbaye de Landevenec au mois de septembre 1538, et prêta au roi serment." Lobineau, Vie des saints.

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    Écu de gauche du registre supérieur, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Écu de gauche du registre supérieur, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    À droite

    "A droite du fronton : écu à pointe tenu par deux anges, posé sur une crosse. Si l'observation des traces laissées par le martelage est exacte, on a ici affaire à des macles (4, 3, 2, 1)."

    Pour moi, il ne s'agit pas d'une crosse, mais d'un arbre (un chêne).

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    Écu de droite du registre supérieur, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Écu de droite du registre supérieur, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    LE REGISTRE MÉDIAN : TROIS STATUES DANS DES NICHES.

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    La niche centrale accueille la Vierge de Pitié. Dans les niches latérales,  les statues de saint Pierre et de saint Paul sont l'œuvre  du tailleur de pierre François Le Berre, de Logonna-Daoulas,  qui les a réalisés sur la commande du recteur Emmanuel Le  Nerrant, vers 1980.

    " Sur la console de la niche centrale qui abrite le groupe de Notre-Dame-de-Pitié se remarque un écu mi-parti, totalement illisible."

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    La Vierge de Pitié. 

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    La Vierge de Pitié, kersanton, 1524-1538, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    La Vierge de Pitié, kersanton, 1524-1538, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    LE REGISTRE INFÉRIEUR : TROIS ÉCUS.

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    Au centre : 

    " Sur le dessus de l'accolade qui termine l'archivolte de l'arc au dessus de la porte : écu suspendu de biais à un heaume surmonté d'un tortil . Il s'y devine un lion. Le lambrequin  tailladé en lanières est timbré de meubles qui ont échappé à la vigilance du marteau révolutionnaire. Ainsi, sur le lambrequin de gauche demeure intact le « fermail d'argent» des Kersauzon, seigneurs de Penancoat. De la même manière, fleurit un peu en retrait la rose des Rosmorduc. La même rose orne le le centre des volutes qui, au dessous, terminent le fleuron de l'archivolte. Sur le lambrequin de droite, les deux fasces de gueules sur champ d'or, appartenant vraisemblablement aux Carné, de Kerliver, à Hanvec."

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    Photo omise...

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    A gauche : armoiries du sieur de Kerliver. 

     

     "Au dessus de la colonnette torsadée de gauche : écu accroché par une boucle sous un heaume à tortil, le tout tenu par deux lions, d'azur au sautoir engrêlé d'or accompagné de quatre lionceaux de même (Kerliver, sieur du lieu-dit, de Quilliafel et de Porz-Nedellec, paroisse d'Hanvec)."

    http://marikavel.com/blasons/lion.htm

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    Écu de gauche du registre inférieur, kersanton, 1524-1538,  élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Écu de gauche du registre inférieur, kersanton, 1524-1538, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    A droite : armoiries d'Alain de Trégain, abbé de Landévennec de 1524 à 1534.

    "Au-dessus de la colonnette torsadée de droite : écu carré de biais posé sur une crosse et tenu par deux anges, d'or à trois pommes de pin de gueules, la pointe en haut, une étoile en abîme (Trégain). L'étoile sur "un vol abaissé " se trouve en ornement de la corniche. Alain de Trégain avait été archidiacre  de Quimper et abbé de Landévennec (1524-1534)."

    Voir  POTIER DE COURCY (DE) (Pol) : Nobiliaire et armorial de Bretagne - t. II. - p. 612 : 

    TRÉGAIN (DE) : Seigneur de Trégain (en Briec), de Traonlévénez (en Cast), de Kerlobert (en Châteaulin ou Locquidunet). Réf. et montres de 1426 à 1536, dites par., év. de Cornouaille. D’or à trois pommes de pin de gueules la pointe en haut, comme Trésiguidy. Alain, abbé de de Landévennec en 1524. Fondu en 1644 dans Meslou.

    Cet auteur ne donne pas "une étoile en abyme" à la famille de Trégain.

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    Écu de droite du registre inférieur, kersanton, 1524-1538,  élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Écu de droite du registre inférieur, kersanton, 1524-1538, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

     

    " Sur la même corniche qui couronne le premier niveau : écu à contours, mi-parti, totalement illisible."

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    LE NIVEAU DU PORCHE OCCIDENTAL

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      "Sur la cuve du bénitier à droite de la porte : écu à contours, martelé, illisible". 

     Sur la colonnette torse à gauche, vers la tombée de l'arc : écu à contours sans tenant, martelé, illisible. 

    Sur la colonnette torse à droite, vers la  tombée de l'arc : faisant pendant au 2, une saignée témoigne d'un  écu disparu.

    A la pointe de l'accolade au dessus de l'arc de la porte : écu à contours aux reliefs relativement bien conservés, d'argent à une fasce d'hermines, endenché de sable (Kerdaliou). Un lion le surmonte. Keraliou est un lieu-dit de la paroisse de Hanvec dont l'Hôpital-Camfrout était une trève. La famille serait fondue dans Kervennec par le mariage de Béatrice de Keraliou avec Jean de Kervennec. 

     Sur la colonnette torsadée de gauche : écu contourné, martelé, illisible.

     Sur la colonnette torsadée de droite, faisant pendant au 5 : écu disparu, reste l'encoche destiné à le recevoir."

    Il resterait à "dénicher le bonhomme, le lionceau, le masque fleuri et la chouette nocturne à la retombée de l'arc, de chaque coté de la porte occidentale."

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    Notes à propos de Keraliou (Kerallio) et de Kervennec (= Kerguennec): 

    " Les préminences appartenaient à l'Abbé de Landévennec et au seigneur de Kerallio.

    1506, 22 Avril. — Accord entre Jean (du Vieux-Chastel), abbé de Landévennec, et Fr. Yves Le Ruzic, prieur du prieuré de N.-D. Canfrout, d’une part, et noble homme Hervé de Kerguennec, sgr. de Lesquiffiou et de Kerallio, d’autre part, lequel seigneur, se disant en possession d’avoir une tombe eslevée et armoyée de ses armes et de mettre ses dites armes au plus haut lieu de la chapelle de N.-D. de Canfrout, à raison de son manoir de Kerallio, armes que les dits Abbé et Prieur avaient fait oster, d’où s’était ensuivi un procès pour lequel terminer, les dites parties accordent, à condition que le dit sgr. de Kerguennec aurait sa tombe du côté du Midi et que ses armes pourraient être mises en la vitre de la chapelle de Saint-Sébastien, en sorte que les dits Abbé et Prieur mettent au-dessus celles de l’abbaye, et ce parce que le dit sgr. de Kerguennec donne à la dite chapelle trois pièces de terres... Notaires : Jean Omnès Kermordruc, et Christophle du Menez" (Abgrall)



    "Jean de Kéraliou, du dit lieu, en la trève de l'Hôpital-Camfrout, épouse par contrat du 17 avril 1426, Marie de Brézal, fille de Derrien du dit lieu, et de Marguerite de la Roche" 

    http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/brezal-dh.htm#hopital-camfrout sablière de l'église : armes pleines de Brezal

    Jean de Keraliou et Marie de Brézal sont les parents de Béatrice de Keraliou , qui épousa Jean de Kerguennec le 27 décembre 1444. Ce couple eut un fils, Hervé de Kerguennec, décédé en 1507 : voir généalogie de Jean-Claude Bourgeois

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    LES CONTREFORTS.

    Les grandes statues de kersanton, haute de 1,80 m des contreforts ont  été posées du temps du recteur Emmanuel Le  Nerrant, vers 1980 :  saint Corentin et saint Guénolé, sont dus au talent de Guy Pavec, sculpteur à Landudec. A gauche, saint Guénolé, premier abbé de Landévennec, trace une bénédiction et tient un livre fermé dans la main gauche.

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    Porche , kersanton, 1524-1538,  élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

    Porche , kersanton, 1524-1538, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.

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    SOURCES ET LIENS.

    — ABGRALL (Chanoine Jean-Marie) BDHA

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/cbc9af857ccc544ffbda7fa02b64cb26.pdf

    COUFFON  Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

    Le portail ouest (C.) a cinq niches à coquille semblables à celles du porche de Daoulas, la niche médiane abritant une Pietà, les autres les saints Pierre et Paul, Corentin et Guénolé (1979-1981), en kersanton. L'arcade en anse de panier est accostée de pilastres ou de colonnes prismatiques et couronnée d'une contrecourbe feuillagée. Le clocher à une galerie et une chambre de cloches amortie par une flèche, est accostée d'une tourelle d'escalier cylindrique datant de 1873 (C.).

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/e798d4bbdc61aeb17f7625945200ec67.pdf

    L’église paroissiale Notre-Dame de Bonne-Nouvelle aurait été construite au 16e siècle à l’emplacement d’un prieuré établi par les moines de Landévennec au 11e siècle. Située en bord de rivière, en limite de grève, elle était entourée d’un cimetière jusqu’en 1884.

    Selon André Mussat « Le chantier venu édifier la façade de Rumengol mena parallèlement la construction tout à fait similaire de l’église voisine de l’Hôpital-Camfrout ». La façade ouest de l’église de l’Hôpital-Camfrout présente en effet de grande similitude avec celle de Notre-Dame de Rumengol au Faou.

    Les Vicomtes du Faou, dont un écusson est présent sur la façade ouest, sont les contributeurs de l’église dont les travaux débutent vers 1537. Le massif occidental développe un décor Renaissance ; décor repris lors de la construction du porche sud en 1611. L’utilisation du kersanton a permis de réaliser des ornements d’une très grande finesse. De nombreux blasons, muet pour la plupart, sont répertoriés autant à l’extérieur qu’à l’intérieur de l’église.

    La sacristie, ajoutée en 1734, porte l’inscription : MATHURINLEBRISFABRIQUE : Mathurin Le Bris, président du conseil de fabrique, mort le 21/10/1764 à 72 ans. Le bras sud du transept, en pierre de taille de Logonna, est édifié en 1736. Les fonts baptismaux portent la date de 1792.

    Un incendie détruit la couverture de l’église la nuit du 11 au 12 février 1825. En 1873 les travaux de la façade occidentale terminent le dôme de la tourelle de l’escalier extérieur et la balustrade de la galerie des cloches. Les cloches ont été fondues en 1845 et 1850 par Alphonse Viel, fondeur à Brest. Un projet d’agrandissement de l’église paroissiale est réalisé vers 1866. Profitant de la modification récente de l'environnement de l'église, création des quais, déplacement du cimetière, la façade nord devait recevoir deux chapelles.

    Une partie de ces projets n'a été réalisé qu'un siècle plus tard : un arc plein cintre a été créé dans le bas de la nef ouvrant le bas-côté nord (taillé en 1915, placé en 1970).

    Les vitraux ont été réalisés par Auguste Talbouret (1955) et l’atelier Le Bihan de Quimper (1965-1967).

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    Description

    Edifice de plan irrégulier comprenant une nef avec bas-côté sud de deux travées et bas-côté nord de deux travée, séparée du choeur par un arc diaphragme sauf sur le bas-côté nord. Le choeur comprend deux travées avec bas-côtés formant au sud faux transept ; il est terminé par un chevet polygonal. La sacristie est adossée au chevet à l'ouest. Porche sud en kersanton, pignon du bras nord du transept en pierre de logonna. Façade ouest en kersanton de provenance différente. Niches recevant statues. Ornementation animale et végétale abondante. Vocabulaire renaissance.

    Balustrade, premier niveau de cloches, second niveau pyramidal flanquée de pinacles et flèche à crossettes décoratives.

    Base Mérimée :

    http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/merimee_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_98=REF&VALUE_98=PA00090005

    Il s'agit de l'église du prieuré dépendant de l'abbaye de Landevennec. C'est un édifice du 16e siècle, présentant un plan rectangulaire avec un chevet à trois pans et une sacristie à cinq pans dissymétriques. Un transept au sud. La nef possède deux collatéraux. La façade occidentale est très travaillée : la porte centrale, en arc à anse de panier, est encadrée par des moulures prismatiques et accostée de pilastres ou colonnes prismatiques en spirale. Une contre-courbe feuillagée la couronne, commençant à montrer des éléments de style Renaissance.

    Clocher et façade Ouest (cad. A 723) : classement par arrêté du 18 février 1916

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    18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 20:10

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    Itron-Varia-ar-Feunteunioù : Notre-Dame-des-Fontaines.

    A l'extrémité boisée des jardins de l'abbaye  se voit  une petite fontaine,  citée dans un acte de 1456 sous le nom de Fontaine Notre-Dame, rénovée en 1550 par l'abbé Olivier du Chastel, et restaurée à nouveau vers 1875 par François de  Goësbriant. Elle voisine un oratoire qui a été remanié en 1880 et restauré en 1986 par le Conseil Général du Finistère.

    Une belle description en est donnée par Jean-Luc Deuffic ici :

    http://daoulas.blogspot.fr/2014/12/oratoire-notre-dame-des-fontaines-un.html

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    Oratoire et fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Oratoire et fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    "Le bassin de la fontaine est surmonté d'une sorte de petite chapelle gothique en pierre de Kersanton, couverte de deux rampants aigus avec clochetons aux quatre angles.

    Un caniveau partant de la fontaine conduit l'eau dans trois petites auges creusées dans la même pierre et de là elle se déverse dans un grand bassin de 2 m. 10 sur 1 m. 80. L'ensemble est entouré d'une belle enceinte en pierres de taille formant un rectangle de 6 mètres sur 4 mètres, ayant soubassement et couronnement moulurés, avec bancs à l'intérieur et à l'extérieur pour l'usage des pèlerins." (Abgrall et Peyron 1907)

     

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    Fontaine Notre-Dame, 1550, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Fontaine Notre-Dame, 1550, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    « L'eau de cette fontaine, nous écrit M. Galmiche, passe pour assurer la fécondité des femmes auxquelles il suffit, pour l'obtenir, d'y fixer une croix. Elle prédit aussi aux jeunes gens s'ils se marieront dans l'année ; ils mettent une épingle dans le creux de leur main qu'ils plongent dans la fontaine principale. Si l'épingle flotte et tombe dans l'un des bassins inférieurs, le mariage aura lieu ; dans le cas contraire, il faut attendre. Une petite source qui sort de dessous la fontaine même, opère la guérison des yeux, et la Vierge celle des enfants atteints de la toque ». (M. Peyron, 1905).

    Irène-Georges Paquet témoigne de traditions analogues :  

    "Dans le parc de l'abbaye de Daoulas sont disséminées des statues de saints. Si l'on veut savoir quelle sera pour soi la vie future, il faut fabriquer une croix de bois et la lancer sur un des saints placé dans le fond du parc. Si la croix reste au-dessus de la statue, on ira au Ciel. Si elle se place dans les bras du saint, on ira en Purgatoire. Si elle tombe dans l'eau, on ira en Enfer. Dans le même parc se trouve une source, et par devant plusieurs petits bassins de pierre. On pose une épingle dans le bassin : si l'épingle surnage, on se marie dans l'année." Irène-Georges Paquet, dans la Revue des traditions populaires, t. XV, 1900, p. 140.

    Les trois bassins de cette fontaine rappelleront à certains la Sainte Trinité, et à d'autre le 3, chiffre sacré pour les Celtes.

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    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    Le bas-relief.

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    "Au fond de la voûte en anse de panier est un bas-relief représentant Notre-Seigneur en croix ; à côté de lui sainte Catherine de Sienne, foulant aux pieds un dragon, montrant de la main droite la plaie du côté du Sauveur, et tenant un cœur de la main gauche. Elle est vêtue d'une robe serrée par une ceinture, d'un scapulaire et d'un manteau." (Abgrall et Peyron 1907)

    Il n'est pas commun de voir sainte Catherine de Sienne sortant d'un dragon, et on a pu y voir aussi sainte Marguerite. Mais le thème de Sainte Catherine de Sienne, échangeant son cœur avec le Christ est attesté, par exemple dans un tableau de la Pinacothèque de Sienne par Guidoccio Cozzarelli daté vers 1500, mais auparavant par la prédelle du Retable des Pizzicaioli peinte par Giovanni di Paolo di Grazia (Sienne 1399 ou 1403-Sienne 1482) en  1447 et appartenant maintenant à une collection privée, Coll. Rudolf Heinemann, New-York. Fra Angelico, reliquaire, Florence, Museo San Marco, 1434.

    Contrada de l'Oca, Catherine de Sienne, bois polychrome « Contrada dell'Oca », transformé en église entre 1465 et 1474, avec une statue en bois polychrome de la sainte par Neroccio di Landi (v. 1474). 

    Sainte Catherine de Sienne est une tertiaire dominicaine mystique, docteur de l'église, morte en 1380. La tenue de moniale du personnage du bas-relief est cohérente avec cette hypothèse.

    Selon son biographe Raymond de Capoue, qui transmit les confidences reçues de Catherine, le Seigneur Jésus lui apparut tenant dans ses saintes mains un cœur humain rouge resplendissant, lui ouvrit la poitrine, l'y introduisit et dit : « Ma très chère petite fille, de même qu'un jour j'ai pris le cœur que tu m'offrais, voici à présent que je te donne le mien, et désormais, il prendra la place qu'occupait le tien » (Raymond de Capoue, Sainte Catherine de Sienne, Legenda maior, )

    Au total, nous avons donc ici une représentation très précieuse par son originalité et sa rareté en Bretagne, alors que la sainte est plus souvent peinte lors du Mariage mystique ou la réception des stigmates. 

    Un parallèle peut-il être tracé avec la statue de saint Augustin tenant son cœur, visible sur l'ancien porche des Apôtres de l'église Notre-Dame ?

     

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    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    Dans la niche du fronton se tient une statue de kersanton représentant la Vierge à l'Enfant. Elle tient une pomme, symbole de sa fécondité, ou du don qu'elle fait à son fils, mais aussi de son rôle de Nouvelle Ève dans le plan du Salut. Par sa forme, ce fruit répond au globe tenu des deux mains par l'Enfant en tant que Sauveur du Monde, tandis que celui-ci lève vers Marie un regard rempli de confiance.

    Marie porte un voile, une robe serrée par une ceinture, et un manteau dont le pan droit est retenu à la taille sous le coude gauche. L'Enfant, tout nu, a les jambes croisées.

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    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    Au sommet du fronton sont sculptés, de part et d'autre d'un vase, deux anges tenant des banderoles. Ils passent facilement inaperçu, ce qui accroît la joie de les découvrir. 

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    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    L'inscription.

    Si on a l'idée de contourner ce fronton, on découvre une très belle inscription, l'un de ces trésors d'épigraphie lapidaire en lettres gothiques qu'abrite encore le Finistère.

     

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    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    Nous y déchiffrons ceci

    : LE : Xe : IOUR : DE : IUNG :

    : LAN : MIL V CENTZ : LTE :

    : FUT . RENOVELLE CESTE FO[N]TEU[N]E :

    : P[AR] M. O. DU CHATEL DOULAS ABBE :

    "Le dixième jour de Juin, l'an mil cinq cent cinquante (1550) fut renouvelée cette fontaine par Messire Olivier du Chastel, abbé de Daoulas."

    Olivier du Chastel, né en 1516, abbé de Daoulas entre 1536 et 1550, fils de Tanguy ou Tanneguy IV, sire du Chastel, et de  Marie du Juch,  mourut le 11 octobre 1550, l'année même de la rédaction de cette inscription. Il fut inhumé dans le chœur de l'église abbatiale, coté de l'Évangile, avec sa représentation en pierre. Ses armes, fascées d'or et de gueules de six pièces étaient sur son tombeau et sur la maîtresse-vitre.

    On peut cette inscription comparer à celle, en bois, de la sablière nord de l'église de l'abbaye : elle date de 1529 et de l'abbé Jégou, prédécesseurs d'Olivier du Chastel.

    Ou bien à celles-ci : 

     

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    Ici, après estampage humide : 

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    Inscription de rénovation de 1550, fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Inscription de rénovation de 1550, fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    Préférerez-vous cette image sans estampage ?

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    Inscription de rénovation de 1550, fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Inscription de rénovation de 1550, fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    Inscription de rénovation de 1550, fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Inscription de rénovation de 1550, fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    Inscription de rénovation de 1550, fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Inscription de rénovation de 1550, fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    Inscription de rénovation de 1550, fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Inscription de rénovation de 1550, fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    Inscription de rénovation de 1550, fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Inscription de rénovation de 1550, fontaine Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    L'oratoire Notre-Dame des Fontaines.

    Il fut rendu au culte vers 1841 : 

    Le 20 Août 1841, M. Ollivier, curé de Daoulas, écrivait à son évêque :

    « Vous savez qu'il y a, en dehors de l'enclos de l'ancienne abbaye de Daoulas, une toute petite chapelle dédiée à la Sainte-Vierge, sous la dénomination de N-D. des Fontaines, et qu'auprès se trouve une très belle fontaine en pierres de taille. Cette chapelle fut comprise dans la vente des biens de la communauté, et depuis elle n'a jamais été rendue au culte ; néanmoins, on l'a toujours laissée dans l'état où elle était, on ne l'a jamais employée à aucun usage profane, et elle n'a subi d'autres dégradations que celles du temps, que les divers propriétaires qu'elle a eus ont eu soin de réparer, si non par respect pour la chapelle, du moins par crainte des Daoulasiens qui, à les en croire, auraient fait un mauvais parti à celui qui l'aurait laissée tomber en ruines. M. le général Bonté, à qui elle appartient aujourd'hui, et qui est venu se fixer à l'abbaye, m'est venu prier d'y dire quelquefois la messe et d'y aller avec la procession, comme aux autres chapelles.

    « Quand je lui ai observé que je ne pouvais acquiescer à sa demande sans recourir à Votre Grandeur, il m'a prié de lui en parler, s'engageant à tenir toujours la chapelle dans un état décent et à faire l'abandon de toutes les offrandes à la fabrique.

    « Comme elle était jadis d'une très grande dévotion qui n'est pas encore entièrement éteinte, car bien des personnes d'assez loin ont conservé l'habitude de venir la visiter à toutes les fêtes de la Vierge, je pense que si l'on y disait la messe, cette dévotion se renouvellerait, et rapporterait quelque chose à notre fabrique, qui est, comme vous le savez, si pauvre. »

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    Description :

    "Tout à côté est un petit oratoire du XVIème siècle désigné sous le nom de chapelle de Notre-Dame-des-Fontaines. L'abside est en maçonnerie, les côtés sont vitrés et la façade est formée d'une claire-voie à balustres tournés. La partie basse de la porte est pleine et formée de deux panneaux d'ornements et bas-reliefs d'excellent style. Au-dessus, la toiture forme auvent et est ornée d'ardoises découpées en écailles et en losanges faisant une excellente décoration. "(Peyron et Abgrall, 1907)

     

    "l'oratoire, est fait d’une partie du chancel des moines . On y voit deux anciennes stalles du choeur (siège à miséricorde ”) provenant de l’ancienne église gothique, une Vierge à l’enfant et un curieux Saint Théleau (ou Thélo), chevauchant le cerf dont la course, en une nuit, devait délimiter le terrain de son futur monastère." (site de la commune http://www.daoulas.bzh/decouvrir-daoulas/l-abbaye)

     

     

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    La porte  de l'Oratoire Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    La porte de l'Oratoire Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    Les panneaux sculptés de la porte, de style Renaissance : à droite, trois masques, et à gauche deux enfants (jumeaux ?) vêtus de peaux de bête avec une tête d'homme entre eux deux. 

     

    Panneaux de porte  de l'Oratoire Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Panneaux de porte de l'Oratoire Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    L'intérieur de l'oratoire : l'autel derrière sa clôture.

    L'autel en tombeau galbé peint en faux-marbre bleu est encadré par les statues de la Vierge à l'Enfant et de Jean-Baptiste.

    "A l'intérieur, aux deux côtés de l'autel, sont les statues de la Vierge-Mère et de saint Jean-Baptiste. Sur une paroi latérale est une jolie Vierge gothique, tenant sur ses genoux l'Enfant Jésus drapé. De l'autre côté on voit, en bas-relief, une petite sainte Anne couchée dans un lit à panneaux gothiques, provenant certainement d'un groupe de la Nativité de la sainte Vierge. Puis un petit saint Théleau en chape, mitre et crosse, à cheval sur un cerf. Presque en face est un tableau de saint Nicolas, à genoux devant la sainte Vierge, saint Joseph et l'Enfant Jésus ; à ses pieds il a les trois petits enfants qu'il vient de ressusciter. Les sablières, ou corniches sculptées sont couvertes de feuillages, griffons, masques, dans le style de la Renaissance et portent un blason avec les armes et la crosse d'un abbé" (Peyron et Abgrall, 1907)

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    Intérieur de l'Oratoire Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Intérieur de l'Oratoire Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    Le retable.

    Une peinture de la Vierge dans les cieux ouvrant les bras vers les fidèles, est surmonté du monogramme AM (AVE MARIA). 

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    Retable de l'Oratoire Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Retable de l'Oratoire Notre-Dame, Musée de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    Ce retable porte l'inscription suivante :

     

    Mr LE MOVLIN P[R]ETRE 1738

    CE RETABLE A ESTE FAIT  . FAIRE. PAR . TESTAMENT . DE. MR . DE

    VILLENEUVE LE GVERMEVR ORIGINERE DE DAOVLAS . ET

    MORT A LANDERNEAV . LE 4 DOCTOBRE . 1727 .

    FAIT / PAINDR / ET DORE / DES DENIERS / DE LA FABRIQUE / PAR LE S - / DE IETAIG VY / FABRICQVE . 1738.

    Jean-René DU MOULIN fut vicaire perpétuel de Daoulas de 1723 à 1752.

    Jean-Luc Deuffic a retrouvé l'acte de décès à Landerneau le 4 octobre 1727 du "noble homme  Germain Gabriel du Guermeur", qui était né le 20 mars 1698 à Daoulas. 

    "Il était fils de Tanguy Le Germeur, un marchand de la ville, "sindic perpétuel", décédé le 15 octobre 1710, et d'Urbanne Mauricette Du Moulin, fille du sr de Pennanguer (Daoulas), morte à Saint-Julien de Landerneau le 15 juin 1739, alors veuve de Jean Hacbec.

    Son parrain fut Germain de La Fontaine, le sénéchal de la châtellenie, et sa marraine Catherine Gabrielle Le Par, membre d'une famille de gros marchands daoulasiens." (Jean-Luc Deuffic)

    On remarque la similitude entre le nom du prêtre Jean-René Du Moulin, et celui de la mère de Germain Le Guermeur, Mauricette Du Moulin.

    Comment expliquer la mention du nom DE VILLENEUVE ? Les généalogistes mentionnent Joseph de MARIGO, Sieur de Guermeur, né à Saint-Nic en 1681,  fils de Claude MARIGO, sieur du Guermeur, sieur de Villeneuve, et qui avait épousé à Landerneau en 1736 Marie-Gillette MARIN, et auparavant (1709) Marie-René de GUERNISAC. 

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     SOURCES ET LIENS.

     

    — ABGRALL (Chanoine Jean-Marie) et PEYRON (Chanoine Paul), 1907, Daoulas,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 5 juin 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/328.

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1f623d8ab53c290b419d50f8f5da88aa.pdf

    https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1913.pdf

    https://archive.org/stream/bulletindiocsai00arcgoog#page/n118/mode/2up

    — CASTEL (Yves-Pascal) 11 août 1979 Mieux connaître l'abbaye de Daoulas

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5706ec4151340cdb93120029fde046d9.jpg

    — CASTEL (Yves-Pascal) 1996, "Monuments et objets d'art du Finistère (année 1995) : Daoulas, Porche du cimetière, la statue de saint Cler", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère(125, p. 148-149)

    CROGUENNEC (André) Le vitrail de l'église Saint-Yves à La Roche-Maurice http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/lr/vitrail-lr.htm

    CROGUENNEC (André), Le moulin de Brézal, 

    http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/moulin-brezal.htm

    — COURCY (Pol de), 1867, Bretagne contemporaine, Finistère, p. 96, Nantes, Charpentier, in-f°, 1867

    — COUFFON (René), 1988, Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

    http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/b7a5a075dd70315bdc8d13759ebc81e4.pdf

     

    — DEUFFIC (Jean-Luc), « Les documents nécrologiques de l’abbaye Notre-Dame de Daoulas », dans Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. 106, 1978, p. 83-102 ; 107, 1979, p. 103-148.

    — DEUFFIC (Jean-Luc), site facebook Notre-Dame de Daoulas une abbaye entre Léon et Cornouaille 

    http://daoulas.blogspot.fr/2014/12/oratoire-notre-dame-des-fontaines-un.html

    — DEUFFIC (Jean-Luc) Daoulas entre Léon et Cornouaille 

    http://daoulas.blogspot.fr/

    DEUFFIC (Jean-Luc)  2011, Enquête sur les sénéchaux féodés de Daoulas (1535-1536), Bulletin de la Société Archéologique du Finistère pages 307-333.

    — LÉCUREUX (Lucien), 1919, église abbatiale de Daoulas, Congrès archéologique de France page 20

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f53.vertical

     — LEON (Anne), 1995, Etude documentaire, in Michel Baillieu,  Les Fouilles de l'abbaye de Daoulas, DRAC Bretagne RAPO1289

    http://bibliotheque.numerique.sra-bretagne.fr/pdf/fichiers/958389ee9e1c8cab5618a25606fa814b/958389ee9e1c8cab5618a25606fa814b.html?search=

    — LEVOT (P.), 1876, "Daoulas et son abbaye", Brest  sur Google book

    — PEYRON (P.), "L'abbaye de Daoulas d'après 1es mémoires de dom Louis Pinson", dans B.S.A.F., 1897, p.49-50.

    — PINSON (Chanoine Louis), 1696, Histoire de l'abbaye de Daoulas, par un chanoine de cet abbaye, manuscrit recopié au début du XIXe siècle et publié par PEYRON (Chanoine P. ) 1897,"L'abbaye de Daoulas d'après les mémoires de dom Louis Pinson", Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 49-70, 197-231, 241-256 319-350 et 425-440.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207639m/f443.vertical.r=SOCIETE%20ARCHEOLOGIQUE%20DU%20FINISTERE

     

     — Le manoir de Kervern-Tréanna : l'inventaire de 1579

    https://www.facebook.com/notes/notre-dame-de-daoulas-une-abbaye-entre-l%C3%A9on-et-cornouaille/le-manoir-de-kervern-tr%C3%A9anna-dirinon-inventaire-de-1579/1405650816166100

    — http://site.erin.free.fr/Bretagne/Finistere/Daoulas.htm#PorcheApotres

    — http://www.infobretagne.com/abbaye_de_daoulas.htm

     

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    Published by jean-yves cordier - dans Daoulas
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    18 juin 2017 7 18 /06 /juin /2017 18:54
    Crossette : un lion. Abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Crossette : un lion. Abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    I. LES STATUES.

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    Les trois statues faites par l'Atelier ducal du Folgoët (1423-1468).

    Dans son ouvrage Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne (2014), Emmanuelle Le Seac'h attribue trois statues des jardins du Musée de l'Abbaye de Daoulas au Grand Atelier ducal du Folgoët, atelier dont elle dresse le catalogue au Folgoët, sur les porches de la cathédrale de Quimper, de Rumengol et de La Martyre ou de Saint-Herbot, etc. Il s'agit du tout premier atelier connu de sculpture sur pierre dans notre région, et je m'attache à en retrouver chacune de ces sculptures pour en publier images et descriptions dans ce blog.

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    1. Saint Sébastien, kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468). 

    Cette statue est placée au pied de l'escalier menant au jardin des plantes médicinales, à l'ombre d'un arbre. Le martyr est représenté comme d'habitude les mains liées dans le dos à un tronc écoté, et, comme d'habitude également, c'est un éphèbe qui, avec son maillot moulé, fait concurrence à un maître nageur ou surveillant de baignade bien bronzé. Mais au lieu de la chevelure bouclée et dorée qui s'impose, il porte les cheveux taillés au bol et s'arrêtant sur le front un un épais rouleau. Il subit son martyre dans la belle indifférence des saints, et c'est même avec un sourire à demi-ironique qu'il regarde les archers qui le visent. Il a deux trous rouges au coté droit, ... deux autres à gauche, et un encore béant en plein sternum.

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    Saint Sébastien, kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Saint Sébastien, kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    Saint Sébastien, kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Saint Sébastien, kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    Saint Sébastien, kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Saint Sébastien, kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    2. Saint André et sa croix. Kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468). 

    Juste avant qu'il ne parvienne au cloître, le visiteur découvre une belle statue de saint André, identifié à sa croix en X dont il tient les traverses, comme le gouvernail d'un navire, devant lui. Il porte une tunique ceinturée à la taille et un manteau aux longues manches relevées. 

    Saint André et sa croix. Kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Saint André et sa croix. Kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    Saint André et sa croix. Kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Saint André et sa croix. Kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    Saint André et sa croix. Kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Saint André et sa croix. Kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    Le visage à la belle barbe peignée est remarquable par la chevelure, faite de mèches bouclées rayonnantes, identique à celles de la statue de Jean-Baptiste dans l'église, mais identiques aussi aux cheveux de saint Jean l'évangéliste sur le calvaire de Rumengol, ou des anges de l'autel du Folgoët, tous  du même atelier.

    Les yeux ressemblent à des amandes dont les fruits charnus apparaîtraient dans l'entrebâillement de deux coques bombées, formant les paupières. Ce trait stylistique est également retrouvé dans les deux autres statue de l'atelier du Folgoët.

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    Saint André et sa croix. Kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Saint André et sa croix. Kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    Saint André et sa croix. Kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Saint André et sa croix. Kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    3. Un moine, kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468). Sortie du  Cloître de l'abbaye.

    Lorsque le visiteur sort du cloître vers  la Salle capitulaire par une porte voûtée en pierre, il passe entre deux statues, celle de saint Pierre à droite, et celle d'un moine à gauche.

    Ce moine est remarquable par sa coupe de cheveu "au bol" ne laissant qu'une couronne. Ses yeux sont en amande ; ses oreilles sont larges. Ses pieds sont nus, et forment un angle ouvert. Il est vêtu d'une aube, d'une coule de bure sans ceinture, et un scapulaire au capuchon rabattu. 

    Il tient dans la main gauche un étui en toile, oblong et  marqué d'une croix. Ce sac protège très certainement un livre, que le (saint) moine désigne d'un index sûr. 

    L'abbaye de Daoulas était une assemblée de chanoines réguliers de saint Augustin.

     L'habit de chœur et la robe d'extérieur des moines augustins est de laine noir, avec de longues manches larges, une ceinture de cuir noir, et un capuchon long dont la pointe atteint la ceinture. La robe d'intérieur se compose d'un habit noir avec scapulaire.

     Voici une illustration de leur habit  (Wikipédia) :

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    Comment l'identifier ? Faut-il y voir un abbé de Daoulas ou un chanoine régulier de Saint-Augustin ? Cela semble très peu vraisemblable. Saint Vincent Ferrier ? Saint Yves ?? Les théologiens augustins Hugues ou Richard de Saint-Victor ?

     

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    Moine, kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Moine, kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    Moine, kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Moine, kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    Moine, kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Moine, kersanton, Grand atelier du Folgoët (entre 1423 et 1468), Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Les sculptures sur pierre de l'ancienne abbaye de Daoulas IV : les jardins et le cloître du Musée.

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    4. Saint Pierre. Kersanton. Sortie du  Cloître de l'abbaye. 

    J'ai déjà signalé sa présence en vis à vis du moine, encadrant l'une des sorties du  cloître. J'ignore pourquoi Le Seac'h ne l'a pas attribué à l'atelier du Folgoët; mais je retrouve ici les yeux caractéristiques de ce dernier. A droite de la tête,  le paneton d'une clef particulièrement grande. Les cheveux sont bouclés, mais dégagent une vaste calvitie. 

    Le saint est vêtu d'une tunique ceinturée à la taille et d'un manteau dont il récupère le pan droit par la main gauche. Un livre est accroché à la ceinture. La poignée de la clef est faite de la réunion en V de deux volutes.

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    Saint Pierre, kersanton, cloitre de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Saint Pierre, kersanton, cloitre de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    5. Tête sur une console. Cloître de l'abbaye. 

    On  trouve ce visage au sourire figé mais charmant en face des deux statues précédentes (moine et saint Pierre).

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    Tête parmi les fleurs de millepertuis,  kersanton, cloitre de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Tête parmi les fleurs de millepertuis, kersanton, cloitre de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    6. Un évêque.

    Dans la pénombre des arbres, la statue d'un saint évêque accueille le visiteur dès le début de son circuit, avant d'accéder au saint Sébastien. C'est un évêque ou un abbé comme nous en voyons tant, mitré, tenant sa crosse, bénissant, vêtu d'une cape sur une tunique et une aube. 

     

    Un évêque ou abbé, Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Un évêque ou abbé, Jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    7. Un drôle de bonhomme vert, kersanton. Devant la fontaine Notre-Dame.

    Ce personnage résulte-t-il de la transformation d'une ancienne stèle ? Est-ce plutôt une crossette détachée de sa toiture ? Il n'a rien de très chrétien, et tout est bouffi chez lui : les yeux, le visage, ou le ventre. Sa teinte verdâtre lui vient de son séjour à l'ombre des futaies. Il est barbu, il a la bouche ouverte, les cheveux tirés en arrière par un double bandeau, et il cavale à califourchon sur son socle par l'intermédiaire de jambes démesurément courtes en comparaison des bras. Ses poignets sont ornés de bracelets. Mais de quel instrument joue-t-il, le bougre ? D'Un cervelas ?

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    Un homme vert et vicieux, ancienne crossette ?, kersanton, fontaine Notre-Dame, jardins de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Un homme vert et vicieux, ancienne crossette ?, kersanton, fontaine Notre-Dame, jardins de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    Un homme vert et vicieux, ancienne crossette ?, kersanton, fontaine Notre-Dame, jardins de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

    Un homme vert et vicieux, ancienne crossette ?, kersanton, fontaine Notre-Dame, jardins de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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    8. Le Christ sortant du tombeau. Bas-relief. Mur du cloître. 

    Il domine la statue du moine sur la clôture du cloître. C'est une Sortie du Tombeau conventionnelle, dans laquelle le Christ, nimbé, enjambe le bord de la tombe, traçant une bénédiction et tenant l'étendard de la Résurrection. Des trois soldats qui gardent le tombeau  l'un est assis, endormi le front sur sa lance, l'autre est  allongé, la main sous la tête, l'autre main tenant la lance et le troisième nous tourne le dos mais s'appuie aussi sur une lance . 

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    Le Christ sortant du tombeau. Bas-relief. Mur du cloître  de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Le Christ sortant du tombeau. Bas-relief. Mur du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    II. LES BLASONS ET PIERRES ARMORIÉES.

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    Je vais tenter de suivre un ordre chronologique.

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    1. Armoiries de l'abbé Guillaume Le Lay 1468-1502.

    Les armoiries suivantes sont immédiatement visibles par le visiteur qui a franchi la billetterie du Musée et qui les découvre sur le pignon d'un bâtiment placé à la gauche de la cour, au sommet d'une arcade gothique en kersanton. Le blason est sommé d'une crosse, témoignant

    On y voit un lion (avec ses griffes et sa langue), ce qui pourrait correspondre à Guillaume Le Lay, de gueules au lion d'or, abbé de Daoulas de  1468 à 1502.

    " Guillaume Le Lay, mort le 23 juin (ou 22 mai) 1502. Ses armes, de gueules au lion d'or, étaient à la chapelle de la Trinité, à la seconde panelle de la chapelle du Rosaire, et à son tombeau placé dans l'église et sur lequel était une statue le représentant couché. Il fut enterré en une tombe de cuivre, au raz de terre, où il est représenté en abbé, tenant un calice en ses mains, mitre en tête et crosse entre son bras droit. Sur une plaque en cuivre émaillé se lisait cette inscription en lettres capitales gothiques : HIC : JACET : FRATER : GUILLELMUS : LE LAY. : ABBAS : HUJUS : MONASTERII : DE : DAOULAS. : QUI : REXIT : ILLUD : ANNOS : XXV : ET : RESTAURAVIT : AC : ACQUISIVIT : EI : PLURA : BONA : OBIIT : AUTEM : DIE : XXIII : MENSIS : JUNII : ANNO : DOMINI : M.CCCCCII. Il était de la famille Le Lay de Gouelettreff, en Plouider, et de Kerprovost, en Cléder.

    Une note marginale du vieux nécrologe nous apprend qu'il avait acheté le manoir du Fresque, et fait reconstruire le monastère, auquel il avait ajouté une maison. Il avait ajouté la paroisse de Dirinon à la mense canoniale en vertu d'une bulle du pape Alexandre V, de 1497, qui permit d'y établir, sans avoir recours à l'ordinaire, un chanoine ou prêtre amovible ayant charge d'âmes et comptable envers l'abbaye. Il avait en outre fait réparer les autres édifices, transféré et rebâti en entier dans le cimetière la chapelle de la Trinité, acheté une mitre d'une grande richesse, beaucoup d'autres ornements, les calices en vermeil, les lits du dortoir, et assigné aux chanoines une rente annuelle de 40 sols pour les aider à s'acheter du bois de chauffage pendant l'hiver, à charge de dire pour lui, chaque matin, à perpétuité, un De profundis avec l'oraison des fidèles."

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    Armoiries de l'abbé Guillaume Le Lay, cour de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 
    Armoiries de l'abbé Guillaume Le Lay, cour de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Armoiries de l'abbé Guillaume Le Lay, cour de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    Armoiries de l'abbé Guillaume Le Lay, cour de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Armoiries de l'abbé Guillaume Le Lay, cour de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    En réalité, je sais parfaitement que mon diagnostic est faux, car j'ai passé sous silence un détail : ce lion est couronné. Ce qui ne correspond, sauf erreur,  à aucun blason des abbé de Daoulas.

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    Armoiries d'un abbé, au lion  couronné, cour de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Armoiries d'un abbé, au lion couronné, cour de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    2. Croix aux armes de Maufuric de Lezuzan. Granit, vers 1450.

    Décrite sous le n° 400 dans l'Atlas des Croix et Calvaires du Finistère et datée vers 1450, c'est une croix à pans de 1,15 m de haut comportant sur la face exposée au public le Crucifix sous le titulus, et au verso une Vierge à l'Enfant sous un dais. À la base de ce coté de la croix se voit le blason des Maufuric,seigneur de Lezuzan à Dirinon, très vraisemblablement en relation avec une donation de Guy de Maufuric, abbé de Daoulas vers 1441-1468

    "Guy de Manfuric de Lezuzan, licencié en droit canonique, qui portait pour armes d'azur au chevron d'argent accompagné de trois oiseaux de mer nommés pales. Ces armes se voyaient aux deux tombes de sa famille dans un caveau sous les marches de l'autel de la chapelle du Faou, à la grande vitre, aux chaises du choeur qu'il avait fait faire, à la grosse cloche fondue par ses soins et à beaucoup d'autres endroits de l'église. Il avait fait bâtir le clocher et avait obtenu du pape le droit de porter la mitre. Il avait fait des legs nombreux pour la nourriture et l'habillement des chanoines. Il mourut le 22 mai 1468. Il paraît qu'il s'était démis en 1452."

    Les armoiries de Maufuric se voient toujours à Dirinon, d'une part au fronton des deux fontaines de Sainte-Nonne et de Saint-Divy, mais aussi sur le gisant de sainte Nonne, et sur son reliquaire gothique en vermeil, conservé dans l'église de Dirinon. A Daoulas, on trouve aussi les armes de l'abbé Maufuric sur l'une des clefs de la voûte lambrissée de l'ancienne abbatiale de Daoulas, mais nous n'avons plus la trace de celles qui ornaient son tombeau, la maîtresse-vitre et les stalles du chœur, ou "la grosse cloche" de jadis.

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    Croix aux armes de Guy Maufuric, jardins de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Croix aux armes de Guy Maufuric, jardins de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    Hélas, le Musée a préféré favoriser la botanique, et la vigoureuse branche d'un arbre occulte aujourd'hui le verso de cette croix. Un arbre ? Que dis-je ! Un Cephalotaxus harringtonia, un vénérable Pin japonais à queue de vache, ou en japonais, 犬榧 INUGAYA . Ni plus ni moins. 


    Voici une photo de l'allée, avec à droite saint Sébastien, et à gauche le floride Cephalotaxus qui essaye de se cacher derrière le petit doigt d'un Palmier. La croix est visible, mais c'est parce que je vous ai mis une flèche, non ?

    La croix de Maufuric à l'extrême gauche, caché par Cephalotaxus et par un palmier,  et saint Sébastien à droite,  jardins de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    La croix de Maufuric à l'extrême gauche, caché par Cephalotaxus et par un palmier, et saint Sébastien à droite, jardins de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    En glissant mon appareil derrière la queue de vache de  ce boa à plumes vertes, voici ce que mon objectif a aperçu des armoiries. Pour ainsi dire que dalle.

    Revers de la Croix, portant au pied les armes de Guy Maufuric, jardins de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Revers de la Croix, portant au pied les armes de Guy Maufuric, jardins de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    Croix aux armes de Guy Maufuric, jardins de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Croix aux armes de Guy Maufuric, jardins de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    3. Blason de Jean de Kerguiziau, l'abbé de Daoulas de 1573 à 1581, kersanton.

    Ouh là là, je me hasarde ! Car je ne vois sur ce blason ovale du mur séparant le cloître de la salle capitulaire qu'une mitre et ses fanons. À la rigueur une crosse abbatiale, pour ce point d'interrogation entre la mitre et le médaillon. 

    En cherchant, je crois d'abord reconnaître la partie inférieure de trois hermines. Mais aucun des abbés de Daoulas ne porte des hermines sur ses armoiries. En cherchant encore, je réalise que le zig-zag que je prends pour la queue de l'hermine peut correspondre au déchiqueté de la tête d'aigle arrachée, un autre meuble héraldique. Or, en Bretagne, on trouve ce meuble sur les armoiries de la famille de Kerguiziau : d'azur aux trois têtes d'aigle (alias d'épervier) d'or arrachées.

    A la longue, je finis par apercevoir les trois yeux, puis distinctement les trois  têtes.

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    Or, Jean de Kerguiziau (originaire de manoir de Kerguiziau en Bohars) fut abbé de Daoulas de 1573 à 1581 à la suite de Jean Le Prédour.

    " Jean de Kerguiziau lui succéda et mourut le 29 septembre 1581. De même que les abbés Jégou et Prédour, il fut nommé contrairement aux prescriptions canoniques par une bulle de Grégoire XIII de 1573. Mais comme cette bulle n'était expédiée qu'à titre provisoire, il y a lieu de croire que la situation de l'abbé de Kerguiziau fut régularisée par une élection. Il prit possession de l'abbaye l'année suivante, et prêta serment de fidélité au roi, à la chambre des comptes de Nantes, en 1576. Ses armes, d'azur à trois têtes d'aigle (alias d'épervier) arrachées d'or, se voyaient à son tombeau, à la fenêtre du porche de l'église abbatiale, construit par ses soins, et à l'enfeu de la maison de Tréanna. (Dom Pinson)

    " Il fut inhumé au côté de l'Evangile du maître-autel ; sa tombe portait cette inscription : HIC. JACET. FRATER . JOHANNES . DE. KERGVIZIEAV. ABBAS . HVIVS . MONASTERI . DE . DOVLAS . QVI . REXIT . ILLVD . ANNIS . VIII . ET . RESTAVRAVIT . ET . ACQVISIVIT . El . PLVRA . BONA . OBIIT . AVTEM . DIE . DECIMA . MEN . SEPTEMBRIS . ANO . DNI . MVcLXXXI. (M. Abgrall, 1906)

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    Finalement, je trouve confirmation de ma découverte dans le texte suivant : "Quelques pierres sculptées provenant des démolitions du choeur ont été recueillies dans le cloître : on y voyait les armes de l'abbé Jean de Kerguiziau (mort en 1581)."

    Armoiries de l'abbé Jean de Kerguiziau (1573-1581), clôture du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Armoiries de l'abbé Jean de Kerguiziau (1573-1581), clôture du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    4. Quatre pierres datées de 1660 portant les armoiries  de Charles Maurice Le Tellier, abbé commendataire de l'abbaye de Daoulas de 1651 à 1666. 

    L'une d'entre elles se trouve devant la croix aux armes de Maufuric, l'autre au bord d'une allée descendant vers la fontaine et l'oratoire, la troisième au dessus d'une porte donnant sur le cloître, la quatrième au dessus de l'entrée de la billetterie. 

    Dom Pinson signale http://visualiseur.bnf.fr/CadresFenetre?O=30000002076390&I=571&M=tdm

    que Charles Le Tellier "a partout arboré ses armes comme sur la porte de la grange (l'actuelle porte du Musée), au pignon de la cour, proche de la fontaine, au colombier et à quelques lieux dépendants de l'abbaye". Pourtant, il ne s'est sans-doute jamais rendu sur place, se contentant de percevoir les bénéfices de son titre : c'est ça, un abbé "commendataire" ! D'autant qu'il n'avait que neuf ans lorsqu'il fut pourvu de l'abbaye de Daoulas, en 1651 bénéficiant de la haute situation de son père Michel Le Tellier (1603-1685), qui fut secrétaire d'État français de la Guerre (1643-1677), puis chancelier de France (1677-1685). Son frère, qui   n'est autre que le célèbre marquis de Louvois, recevra de son père, à quinze ans, la charge de secrétaire d'État français de la Guerre (1662-1691),

    Cet enfant né avec une cuillère d'argent dans la bouche,  ne se contentera pas d'être abbé au fin fond de la Basse-Bretagne. En 1666, Il remit l' abbaye entre les mains du roi en 1666, après en avoir joui pendant quinze ans, puis deviendra Pair de France,  maître de la chapelle de musique du roi, puis archevêque-duc de Reims de 1671 à sa mort.

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    Les armoiries de la famille Le Tellier se blasonnent  d'azur aux trois lézards d'argent posés en pal, au chef cousu de gueules à trois étoiles d'or.

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    Par SanglierT — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=25032533

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Les armoiries sont entourées de deux palmes, sont  complétées ici du chronogramme 1660, de la crosse abbatiale et de la mitre, et, curieusement, sommées d'une couronne de comte. La couronne royale appartient bien aux armoiries épiscopales des archevêques de Reims,par privilège, mais en 1660, Le Tellier n'est pas encore à ce poste. 

     

     

    Pierre datée de 1660 portant les armoiries  de Charles Maurice Le Tellier, abbé commendataire de l'abbaye de Daoulas de 1651 à 1666, jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Pierre datée de 1660 portant les armoiries  de Charles Maurice Le Tellier, abbé commendataire de l'abbaye de Daoulas de 1651 à 1666, jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    Pierre datée de 1660 portant les armoiries  de Charles Maurice Le Tellier, abbé commendataire de l'abbaye de Daoulas de 1651 à 1666, jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Pierre datée de 1660 portant les armoiries  de Charles Maurice Le Tellier, abbé commendataire de l'abbaye de Daoulas de 1651 à 1666, jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    Troisième et quatrième exemples des armoiries de Le Tellier.

     

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    Pierre du cloître portant les armoiries  de Charles Maurice Le Tellier, abbé commendataire de l'abbaye de Daoulas de 1651 à 1666, jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Pierre du cloître portant les armoiries  de Charles Maurice Le Tellier, abbé commendataire de l'abbaye de Daoulas de 1651 à 1666, jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    Pierre au dessus de l'entrée du Musée, portant les armoiries  de Charles Maurice Le Tellier, abbé commendataire de l'abbaye de Daoulas de 1651 à 1666, jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Pierre au dessus de l'entrée du Musée, portant les armoiries  de Charles Maurice Le Tellier, abbé commendataire de l'abbaye de Daoulas de 1651 à 1666, jardin de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    5. Les Armoiries de Rohan-Chabot. XVIIe siècle ?

    Ces armoiries, qui se blasonnent Écartelé : de gueules à neuf macles d'or, posées 3, 3, 3 (qui est de Rohan), et d'or à trois chabots de gueules, 2 et 1 (qui est de Chabot) ont été celles de Louis de Rohan-Chabot, prince de Léon puis duc de Rohan (1652-1727). 

    Dans un aveu de 1641, la mère de ce dernier, Marguerite de Rohan mentionne dans la description de la principauté du Léon La « Terre, seigneurie, chatellenie et vicompté de Daoulas, membre et faisant aussy partye de ladicte principaulté. Et premier : Le vieu chasteau à présant ruyné et démoly, avecq le droict de guet sur les vassaux..." Patrick Kernévez et Robert Le Roy, "La seigneurie de Léon au XVe et XVIe siècle",  Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. CXXXV, 2006, p. 299-319

     

    "Le site de Daoulas était comparable à celui de Landerneau : le premier point de passage au fond d’une ria, c'est-à-dire ce que l’on a parfois qualifié de cité « fluvio-maritime ». La faible superficie de la paroisse est, en outre, caractéristique d’une origine castrale. Ce château est attesté dès 1163, lors des guerres entre les vicomtes de Léon et du Faou : le vicomte de Léon y fit enfermer celui du Faou qui y mourut de faim et de soif. C’est peu après que Guyomarch de Léon y fonda un monastère en faveur des chanoines de saint Augustin. Cette abbaye devait devenir la nécropole des seigneurs de Léon : dans leur testament, Hervé VII et Hervé VIII de Léon demandèrent à y être inhumés, comme leurs ancêtres. Le château de Daoulas était une motte que jouxtait un probable château de pierre. Les deux ouvrages étaient implantés sur des îlots, au milieu du cours d’eau, à proximité du pont que franchissait une ancienne voie romaine permettant de relier Châteaulin à Brest, via Le Passage en Plougastel-Daoulas.  Dans son mémoire de 1479, Jean de Rohan indiquait que le château était en ruine, suite à sa démolition par les Anglais, vraisemblablement vers le milieu du XIVe siècle."

    "L’abbaye profita des libéralités des seigneurs de Léon qui lui abandonnèrent à plusieurs reprises divers droits et même jusqu’à cent livres de revenus annuels octroyés par Hervé VIII dans son testament, en 1363. Une petite forêt s’étendait au nord de la cité ; les seigneurs de Léon disposaient en outre d’un manoir de plaisance au Rosier, à 7,4 kilomètres de Daoulas et 1,3 kilomètre au sud du bourg de Plougastel-Daoulas. Il constitua une partie du douaire de Jeanne de Montmorency, en 1337-1339. Après la ruine du château de Daoulas, les prisonniers de cette juridiction devaient être conduits aux geôles de La Roche-Maurice, pratique encore attestée en 1678. La seigneurie de Daoulas fut affermée par Jacques de Rohan à Jean de Kérérault moyennant 400 livres par an en 1526 mais fut récupérée peu de temps après par ses héritiers." Patrick Kernévez et Robert Le Roy, "La seigneurie de Léon au XVe et XVIe siècle", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. CXXXV, 2006, p. 299-319. 

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     Mais Jean-Luc Deuffic signale que Louis-François-Auguste de Rohan-Chabot (1788-1833), Prince de Léon duc de Rohan possédait en 1825 une maison à Daoulas, dans le quartier de Penanguer. Les armoiries datent-elles du XIXe siècle ?

    Aubisse, travail personnel sur Wikipédia.

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    Armoiries des Rohan-Chabot, cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Armoiries des Rohan-Chabot, cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    Armoiries des Rohan-Chabot, cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 
    Armoiries des Rohan-Chabot, cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

    Armoiries des Rohan-Chabot, cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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    III. LE CLOÎTRE (XIIe SIÈCLE) ET SA VASQUE OCTOGONALE (XIVe ?).

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    Le cloître actuel est ce qui reste du celui du XIIe siècle, construit lors de la création ou reconstruction de l'abbaye entre 1173 (charte de fondation par Guyomard IV vicomte de Léon) et 1232 (consécration en présence des évêques de Quimper et de Vannes). Les bâtiments furent vendus en 1792 à François Guiastrannec ;  les deux ailes sud et nord furent presque aussitôt après démolies, ainsi que la charpente et la couverture du cloître.  Puis la propriété passa aux mains de l'ingénieur de la marine Barbé. Vers 1800 sont construits les bâtiments administratifs actuels. Dans les deux premiers tiers du XIXe siècle : les héritiers du général Barbé abattent le corps principal des bâtiments monastiques, puis Mlle de Berdoaré, nouvelle propriétaire, vend des pierres des diverses constructions de l'abbaye, y compris du cloître, à tous ceux qui ont des constructions à faire. 

    "D'autres ventes des biens de l'abbaye avaient eu lieu antérieurement, notamment celle de l'abbaye proprement dite, du cloître, des jardins, vergers et autres dépendances, adjugés le 12 juillet 1792, pour une somme de 13,200 liv., à M. François Guiastrennec, de Brest, qui les revendit plus tard à M. Barbé, ingénieur de la marine, lequel vint habiter Daoulas et y mourut. Quand son fils, commissaire de la marine, prit sa retraite, il vint se fixer à Daoulas, abattit le corps principal des anciens bâtiments monastiques faisant face au S. S. O., les reconstruisit dans un style simple et moderne, et en signe caractéristique de son ancien grade, il fit placer sur la porte d'entrée, un écusson renfermant une ancre enroulée d'un câble. Il l'habita jusqu'à sa mort. Alors son frère, général d'artillerie, le remplaça et se complut à rassembler toutes les sculptures antiques et autres objets qu'il put trouver dans l'abbaye. De ce nombre, nous dit M. Galmiche, sont l'écusson placé au-dessus de la porte communiquant du cloître avec les jardins, et une très-ancienne pierre représentant la résurrection de Jésus-Christ, que l'on voit sortant du tombeau, tenant sa croix d'une main et posant un pied à terre devant ses gardes endormis. Des fouilles opérées par les soins du général Barbé, firent découvrir la vasque du cloître, de 1m 50 de diamètre, et brisée, quoique ronde, en deux parties offrant à l'extérieur six dessins différents. A l'origine, elle devait contenir une fontaine monumentale, car elle est percée de six trous destinés à l'échappement de l'eau.

    En 1835, le chevalier de Fréminville écrit dans Antiquités de la Bretagne : Finistère : 

    "Le cloître, que je n'avais pas pu voir lors de mon précédent voyage en ce lieu, parce qu'il est devenu une propriété particulière dont l'entrée est interdite au public, le cloître est incontestablement le plus joli monument gothique lombard qui existe dans le Finistère. Il est d'autant plus remarquable qu'il date des derniers monuments où ce genre d'architecture fut usité en France, et qu'on peut le considérer comme un exemple de ce style parvenu à son apogée. Son enceinte, qui figure un carré long, se compose d'arcades à cintres pleins supportées par de petites colonnes tantôt simple, tantôt doubles, et toutes surmontées de chapiteaux décorés d'ornements fort bien conçus et soigneusement exécutée. Il n'y a en vérité aucun ordre, aucune symétrie dans l'ensemble de ces ornements ; chacun des chapiteaux en a de particuliers, et il n'y en a pas deux semblables, mais ils sont dans un genre dont l'élégance ferait honneur aux belles époques de l'art architectural. Ils consistent généralement en feuilles ou volutes et en palmettes disposées avec autant de goût que d'intelligence. Il y a onze arcades sur chacun des grands cotés de l'enceinte de ce cloître, et sept sur chacun des petits cotés (*).

     il est bien à désirer que le propriétaire de cette portion du monastère de Daoulas n'en achève pas la destruction : sa construction, comme je viens de le faire sentir, est aussi importante sur le plan des arts que sous celui de l'archéologie"

    (*)  Le nombre des arcades n'est pas exact ; Fréminville n'en a compté que onze d'un côté au lieu de douze et sept de l'autre au lieu de dix.

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    On trouve en ligne chez Collin-estampes cette lithographie de Louis-Julien Jaccotet  donnée comme extraite du "voyage pittoresque et romantique dans l'ancienne France du Baron Isodore Taylor et Charles Nodier" imprimée par Thierry frères. Mais je n'ai pu retrouver celle-ci dans les Voyages pittoresques publiés en 1854-46

     

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    http://www.collin-estampes.fr/?idp=8057&idr=49&lang=fr

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

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    Un nouveau propriétaire,  François de Goësbriand, met un terme à ces destructions. En 1875, la vasque monolithe est retrouvée et placée au centre du cloître, qui sera reconstitué par l'architecte diocésain Joseph Bigot en 1876-1877, beau-père du propriétaire M. Danguy des Déserts. Voici la description de Joseph Bigot :

    "Il ne restait plus alors qu'un côté et demi resté debout, encore était-il ébranlé et prêt à tomber par la violence du vent. Je le fis étançonner d'abord pour prévenir sa chute. A l'aide des vestiges recueillis, de la recherche de quelques autres et d'une certaine quantité de pierres manquantes que je fis extraire de la même carrière, en Logonna, j'ai pu reconstruire trois des quatre côtés. Mais, pour compléter le dernier de ceux-ci, j'ai le regret de ne pouvoir l'entreprendre à cause de la dépense qui en résulterait. Ce que j'ai fait suffira, d'ailleurs pour en faire apprécier la beauté et en perpétuer le souvenir. On sait que la fondation de l'abbaye de Daoulas date de 1173. L'église fut commencée en 1167 et terminée en 1173." (Joseph Bigot, architecte diocésain).

     

     

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    Parmi 24 photographies offertes en 1889 par Mme Vickers, on en trouve une qui  représente le cloître :

     

     

     

     

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      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b85538130/f4.item.r=%22daoulas%22

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b85538130/f4.item.r=%22daoulas%22

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      Description .

      Le cloître a été restauré sur trois de ses cotés et mesure près de 15 m sur 13. Le coté oriental reste ouvert sur le mur dont la porte à arcade donne accès à d'anciennes salles.  Les côtés de  l'est et de l'ouest sont percés par douze baies ; ceux opposés n'en contiennent que dix.

       

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      Le coté sud.

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      Le coté sud du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Le coté sud du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      Le coté ouest.

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      Le coté ouest du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Le coté ouest du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      L'angle nord-ouest.

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      L'angle nord-ouest du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      L'angle nord-ouest du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      Le coté nord.

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       Coté nord du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Coté nord du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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       Cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      Déambulation autour du cloître : les arcades.

      Ses arcades simples,  où la pierre de Logonna a été employée, reposent alternativement sur des colonnes simples et accouplées. Les angles  sont formés d'un faisceau de quatre colonnettes.

       

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      Autour  du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Autour du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      Autour  du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Autour du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      Autour  du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Autour du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      Les chapiteaux.

      Les chapiteaux ont une partie inférieure aux motifs végétaux tous différents (feuilles recourbées et lancéolées, crossettes, volutes)  recouverte par de larges tailloirs presque tous ciselés présentant des dents de scie, des damiers des étoiles ou des enroulements en losange.

       

       

       

      Chapiteau du  cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Chapiteau du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      Chapiteau du  cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Chapiteau du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      Chapiteau du  cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Chapiteau du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      Chapiteau du  cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Chapiteau du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      La vasque claustrale octogonale (VIIe-IXe siècle). 

      Cette vasque à huit pans a été retrouvée au XIXe siècle et  fut d'abord placée au centre du cloître, avant d'occuper son angle nord-ouest. Comme lavatorium, elle servait aux ablutions des chanoines et l'eau s'écoulait par la bouche de dix masques périphériques : elle est à nouveau rééquipée d'une alimentation en eau avec un jet central. 

      Le Vot affirmait qu'elle a été faite au temps de l'abbé Guérault, 1352-1398, mais on pense aujourd'hui qu'elle daterait du VIIème ou du IXème siècle et serait d’inspiration irlandaise.

      Entre les dix masques, chacun des huit pans offre une ornementation différente, avec un décor d'étoiles, de losanges, de cercles et de vannerie.

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      Vasque du  cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Vasque du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      Vasque du  cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Vasque du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      Vasque du  cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Vasque du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      Vasque du  cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Vasque du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      Vasque du  cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Vasque du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      Vasque du  cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Vasque du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      Vasque du  cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Vasque du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      Loup dévorant un âne (?)

      Ce pan est le seul à recevoir une scène figurée, sous la forme d'un animal qui menace de sa gueule un autre. On a proposé de reconnaître ici un loup dévorant un âne. L'agresseur possède de grandes oreilles et une large mâchoire alors que sa queue est courte. L'agressé a au contraire une longue queue ; sa tête disparaît sous les algues vertes. 

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      Vasque du  cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Vasque du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      Vasque du  cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Vasque du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      Vasque du  cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Vasque du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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      Vasque du  cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

      Vasque du cloître de l'abbaye de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017. 

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       SOURCES ET LIENS.

       

      — ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1906, “Daoulas,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 5 juin 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/328.

      http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1f623d8ab53c290b419d50f8f5da88aa.pdf

      https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1913.pdf

       

      — COURCY (Pol de), 1867, Bretagne contemporaine, Finistère, p. 96, Nantes, Charpentier, in-f°, 1867

      — COUFFON (René), 1988, Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

      http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/b7a5a075dd70315bdc8d13759ebc81e4.pdf

       

      — DEUFFIC (Jean-Luc), « Les documents nécrologiques de l’abbaye Notre-Dame de Daoulas », dans Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. 106, 1978, p. 83-102 ; 107, 1979, p. 103-148.

      — DEUFFIC (Jean-Luc), site facebook Notre-Dame de Daoulas une abbaye entre Léon et Cornouaille 

      https://fr-fr.facebook.com/Notre-Dame-de-Daoulas-une-abbaye-entre-L%C3%A9on-et-Cornouaille-824697447594776/

      — DEUFFIC (Jean-Luc) Daoulas entre Léon et Cornouaille 

      http://daoulas.blogspot.fr/

      DEUFFIC (Jean-Luc)  2011, Enquête sur les sénéchaux féodés de Daoulas (1535-1536), Bulletin de la Société Archéologique du Finistère pages 307-333.

      — LÉCUREUX (Lucien), 1919, église abbatiale de Daoulas, Congrès archéologique de France page 20

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f53.vertical

       — LEON (Anne), 1995, Etude documentaire, in Michel Baillieu,  Les Fouilles de l'abbaye de Daoulas, DRAC Bretagne RAPO1289

      http://ns2014576.ovh.net/files/original/958389ee9e1c8cab5618a25606fa814b.pdf

       

      — LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut. Pages 95-100.

      — LEVOT (P.), 1876, "Daoulas et son abbaye", Brest  sur Google book

      — PEYRON (P.), "L'abbaye de Daoulas d'après 1es mémoires de dom Louis Pinson", dans B.S.A.F., 1897, p.49-50.

      — PINSON (Chanoine Louis), 1696, Histoire de l'abbaye de Daoulas, par un chanoine de cet abbaye, manuscrit recopié au début du XIXe siècle et publié par PEYRON (Chanoine P. ) 1897,"L'abbaye de Daoulas d'après les mémoires de dom Louis Pinson", Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 49-70, 197-231, 241-256 319-350 et 425-440.

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207639m/f443.vertical.r=SOCIETE%20ARCHEOLOGIQUE%20DU%20FINISTERE

      TAYLOR, Justin NODIER (Charles) 1845-1846, Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France. Bretagne.

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84521739/f209.item.r=FOL-UB-24

       

      — Chemins du patrimoine http://www.cdp29.fr/fr/presentation-daoulas

      — http://site.erin.free.fr/Bretagne/Finistere/Daoulas.htm#PorcheApotres

      — http://www.infobretagne.com/abbaye_de_daoulas.htm

      — http://arrosoirs-secateurs.com/Jardin-de-l-Abbaye-de-Daoulas

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      Published by jean-yves cordier - dans Daoulas
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      13 juin 2017 2 13 /06 /juin /2017 21:31

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      LA VOÛTE LAMBRISSÉE DE LA NEF DE L'ANCIENNE ABBATIALE NOTRE-DAME.

       De l'édifice primitif, commencé en 1167 et consacré le 12 septembre 1232, il ne subsiste que la nef et le collatéral nord, puisque le chœur et le transept, qui avaient été reconstruits au XVIe siècle, sous l'abbatiat de Charles Jégou, furent démolis vers 1830 et le vaisseau alors fermé par un mur de fond.

      La nef, qui nous occupe dans cet article, est donc "ancienne" (restons flou). 

       Elle comprend sept travées avec bas-côtés. Sauf dans la première travée, aveugle, la nef est éclairée par des fenêtres étroites et très ébrasées percées au-dessus de chacune des arcades.

      La voûte en arc de cercle est habillée de planches de bois nommés merrains (je crois qu'ils sont en châtaignier, mais ils étaient en chêne)  séparés par 25 nervures : c'est une voûte lambrissée à bois nu.  Ce lambris cache la succession des fermes, composées d'un entrait horizontal, de deux arbalétriers en V renversé, et, pour transformer le triangle du V en un demi-cercle,  de faux-entraits, d'un poinçon et de jambe de force. Voir Corentin OLIVIER, La Charpente armoricaine en Ille-et-Vilaine 2014. Cet habillage est toujours secondaire, et au départ le squelette de la charpente était apparent.

      Je compte huit entraits (les poutres transversales), non sculptées, sauf la huitième (je les numérote en allant vers le chœur) qui est ornée d'une ligne torsadée, et qui est engoulée : ses extrémités semblent avalées par la gueule de dragons, ou engoulants. Chaque espace entre les entraits comporte trois alignements de merrains, entre quatre nervures.

      La charpente s'appuie sur les murs par des pièces de bois horizontales nommées sablières. Celles-ci ne sont pas visibles, et c'est par un abus de langage passé dans les mœurs que nous nommons "sablières" les planches d'habillage qu'il faut nommer "corniches". Sur la longueur de la nef, on peut compter de chaque coté neuf corniches. Seules celles du coté nord sont sculptées. J'ai donc neuf corniches à décrire, numérotées de 1 à ...9, mais cinq d'entre elles sont très ressemblantes.

      Je reprendrai le terme de "sablière" communément utilisé y compris dans les travaux universitaires :  

      Voir : Sophie Duhem. Les sablières sculptées en Bretagne. Images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe siècles).. Presses Universitaires de Rennes. PUR, pp.385, 1997. Issu d'une thèse de doctorat en histoire sous la direction d'Alain Croix.

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      Au sommet de la voûte court du pignon jusqu'au chœur, parallèlement à la panne faîtière, une succession de traverses de bois qui croise chaque nervure. Le point de croisement est marqué par une pièce quadrangulaire (est-ce l'extrémité du poinçon ?) formant ce qu'on peut nommer une clef de voûte, comme les clefs pendantes des voûte de pierre. Chacune de ces clefs est sculptée, soit de simples motifs floraux, soit d'anges portant des blasons armoriés. Si j'ai bien compté, vous aurez droit à la description de 27 clefs sculptées (on sent bien que je ne suis pas sûr de mon terme technique ...) dont deux particulièrement croquignolettes, quoique sans doute piquées des vers (ou de la vrillette). 

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      I. LES NEUF SABLIÈRES NORD.

      Nous trouverons de l'ouest vers l'est :

      • N° 1 à 3 : couples de porteurs de phylactères.
      • N° 4 : Une inscription de fondation de 1529.
      • N° 5 : Un groupe d'animaux et deux anges présentant un blason.
      • N° 6  à nouveau les porteurs de phylactères.
      • N° 7 : blason tenu par deux léopards.
      • N° 8 : sablière non sculptée. 
      • N°9 : Le renard et le lion entre des ailes nervurées.

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      Sablières nord, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile.
      Sablières nord, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile.

      Sablières nord, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile.

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      A. Les porteurs de phylactères. Sablières n° 1, 2,  3, 6.

      Sur la sablière n°1, un homme déroule une banderole : le sculpteur n'a pas représenté son voisin, et il n'existe que l'épure de son emplacement.

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      Sablière n° 1, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile.

      Sablière n° 1, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile.

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      Sur les sablières n°2 et 3, deux anges déroulent leur banderole. Leurs cheveux bouclés en gros macarons successifs sont resserrés par un bandeau frontal à perles. J'imagine que, lorsque ces décors étaient peints, des textes religieux ou honorant les abbés de Daoulas étaient inscrits sur ces phylactères.

       

       

      Sablière n° 2, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile.

      Sablière n° 2, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile.

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      Sablière n° 3, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Sablière n° 3, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Sur la sablière n° 6, ce ne sont plus des anges, mais des hommes en costume du XVIe siècle qui offrent leur texte à la lecture des fidèles. Et, à la différence de la sablière n°1, ils sont barbus, leur bandeau est torsadé, et ils portent une sorte de béret ou de bonnet. Ils sont encadrés par des extrémités d'ailes nervurées.

       

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      Sablière n° 6, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Sablière n° 6, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Sablière n° 6, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Sablière n° 6, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Sablière n° 6, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Sablière n° 6, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      B. La sablière n° 4 : l'inscription de fondation de la charpente en 1529.

      Deux anges déroulent une banderole portant deux lignes d'une inscription en caractères gothiques. Le bois de ce legs très précieux de l'épigraphie locale est rongé par les vers, notamment dans sa partie supérieure : il est temps de le photographier, et d'aller l'admirer : o tempora, o mores !

      On verra ainsi la dilatation en losange aéré d'un cercle qui orne le corps ou la hampe de nombreuses lettres. On note aussi l'absence de ponctuation et d'espace de séparation entre les mots.

      L'inscription est lue ainsi :

      "LABBE CHARLES FIT EN SON TEMPS CE BOIS DE CEANS LAN MIL V CENTS AVECQ[UE] XX COMPRINS IX ANS PAR O GARIC ET SES AIDANS. "

      "L'abbé Charles [Jégou] fit en son temps ce bois de céans l'an 1529 par O[livier] Garic et ses aidants".

      J'ai évoqué l'abbé Charles Jégou en présentant sa plaque tombale, exposée dans l'église, une vingtaine de mètres plus bas que cette sablière. Son abbatiat dura de 1519 à 1535, fut marquée par la réalisation de la maîtresse-vitre aujourd'hui détruite ; cette inscription incite aussi à lui imputer la reconstruction de toute ou partie de la charpente (ou de la pose du lambris ?). 

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      Sablière n° 4, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Sablière n° 4, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      On peut discuter cette lecture, car l'attaque du bois a effacé  le mot qui suit CHARLES, hormis la première lettre qui est une majuscule, compatible avec Le I de IEGOU.

      Il faut surtout s'étonner de l'étrange façon d'écrire la date de 1529 (si on la valide) par 'L'an mil cinq cents avec vingt comprins neuf ans". Certes, la forme "comprins" est attestée, par exemple en 1550 dans des titres d'ouvrage avec l'expression "où est comprins" , ou dans des locutions "y comprins", et Godefroy mentionne le sujet féminin Comprinse avec le sens "ce qu'une chose comprend". 

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      Sablière n° 4, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Sablière n° 4, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Quant au personnage mentionné par "O. GARIC ET SES AIDANS", on y a reconnu Olivier Garric, qui fut chargé de construire le moulin et l'étang de Brézal à Plounéventer, en raison de l'inscription qui s'y trouve, relevée par André Croguennec :

      LAN : MIL CINQCC : XX : GUILLE[M] : DE : BRESAL

      ET : MARGARITE : LE : SENECHAL : SR : ET : DA[ME] : DE

      BRESAL : FIRE[N]T : FAIRE : CEST : ESTA[N]C : ET : MOULI[N] :

      AU : DYVYS : DE : OLIVIER : GARRIC :

      "L'an mil cinq cent vingt, Guillaume de Bresal et Marguerite Le Senechal, seigneur et dame de Bresal, firent faire cet estanc et moulin au dyvys d'Olivier Garric."

      Note : dyvys : Godefroy donne pour DEVIS  la forme dyvis, avec les sens "Séparation, division", mais aussi "Intention, désir, volonté, souhait."

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      Inscription de la sablière n° 4, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Inscription de la sablière n° 4, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      La sablière n° 5 : Scène animalière et blason Tréanna-Kerguern.

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      La sablière n°5, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      La sablière n°5, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      La sablière n°5, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      La sablière n°5, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      a) le groupe de gauche : un animal fantastique à ailes de chauve-souris, fait danser deux singes.

      La cinquième corniche  nous réserve l'une de ces truculentes et osées scénettes animales dont les sablières ont le secret. A droite, une chimère associant des ailes de chauve-souris, des pattes de chien et un corps formé du sac ventru d'une cornemuse (le biniou !) dirige le son  — et l'air — de son hautbois  vers les fesses d'un singe. Ce hautbois, qui forme l'appendice nasal de l'étrange créature, est doté d'un pavillon, et de trous, actionnés par la patte droite. Un tuyau s'élève vers la droite sur l'épaule de la bestiole, correspondant à un bourdon (ou au porte-vent). 

      Bien entendu, cela n'a pas échappé à Jean-Luc Matte, qui l'a enregistré dans son encyclopédie de la cornemuse : http://jeanluc.matte.free.fr/fichdk/daoulas.htm

      Et ce qui ne vous échappera peut-être pas, c'est le sexe en érection que l'ymagier s'est bien gardé de sous-estimer. Car l'animal est vu de face, pattes écartées, et non de dos comme je l'ai cru un moment, interprétant cet étui comme une queue.

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      Cornemuse-chauve-souris, sablière n°5, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Cornemuse-chauve-souris, sablière n°5, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Dans la partie gauche, deux singes se tiennent par les mains, enfin, les pattes, en se penchant en avant. Leur face est fendue par un grand sourire, bien visible chez celui des deux qui se tourne vers nous. Je crois l'entendre : "Hé hé hé, hé hé hé ..."

      Les deux comparses ont une queue qui se glisse dans l'entrecuisse, contourne le flanc et se dresse vers l'arrière. Voilà un accessoire caudal bien ambigu.

      La scène complète peut être vue comme une allégorie du Vice, de l'animalité de l'homme peccamineux, un miroir tendu au fidèle pour l'inciter à la contrition et à la conversion vers la conduite chrétienne. Et plus précisément comme une représentation de la Luxure, cette sexualité désordonnée et incontrôlée qui est le propre des "pécheurs charnels, qui soumettent la raison aux appétits" (Dante) destinés aux tourments de l'Enfer.

      C'est aussi une dénonciation de la nature diabolique de la musique vulgaire, celle qui fait danser ; la cornemuse étant, avec la bombarde, le plus diabolique parmi tous les instruments. Et il est bien connu que c'est le Diable lui-même qui mène le bal. Cette scène daoulasienne est à relier avec celle des sablières de la chapelle Saint-Sébastien du Faouët (vers 1598).

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      Mais parmi les nombreux modes de la Luxure, ce n'est ni la fornication, ni l'adultère, ni l'inceste, ni la masturbation, ni le stupre, ni le rapt, ni le sacrilège qui sont visés, mais plutôt la sodomie. 

      Il n'est donc pas contournable, devant cet usage du hautbois,  d'évoquer ici les emplois ambigus des termes pipeau et piperie (*) chez Rabelais, tels que je les ai évoqués dans mon article sur la Chevêche et la pipée du Cinquième Livre.  Ou d'aller lire les interprétations contestées de Thierry Martin sur l'argot en vogue chez Villon et Rabelais, le jobelin.

      (*)  bag-pipe ou sac-tuyau est le nom de la cornemuse écossaise.

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      Deux singes et une chauve-souris/cornemuse,  sablière n°5, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Deux singes et une chauve-souris/cornemuse, sablière n°5, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

       

       

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      b) à droite : deux anges tiennent un blason de Tréanna-Kerguern.

      Ces anges, aux cheveux bouclés en coques tiennent un blason divisé en quatre parties. On s'attendrait à trouver les armoiries de l'abbé Jégou, mais non. En 1 et 4, nous avons la macle que j'attribue bêtement aux Rohan. En 2 et 3, nous trouvons trois annelets. Devinette : à qui sont ces annelets ? Sont-ce ceux de Buzic, sr de Kerdaoulas sur la trève de Saint-Urbain, paroisse de Dirinon  : Pol de Courcy signale ancienne extinction, fondu dans Goëbriand. Ecartelé aux 1,4 d'or au léopard de gueules qui est Névet, au 2,3 de gueules à six annelets d'argent, qui est Buzic. Voir Tudchentil.

      Je trouve mieux avec les  Kerguern , sr dudit lieu, paroisse de Dirinon, évêché de Cornouailles. D'azur à trois annelets d'argent. (Guy le Borgne.) Fondu au XVe siècle dans Lanvilliau, puis Tréanna. Or, quelles sont les armoiries de Tréanna ? D'argent, à la macle d'azur. Ah ah !

      J'ai rencontré jadis un Yves de Tréanna, lors de ma visite des vitraux de la cathédrale de Quimper : il résidait en baie 106  et m'avait raconté qu'il avait été sénéchal de Daoulas, seigneur de Kervern et époux d' Amou (ou Amice) de Kerbescat vers 1420. Il vivait  au manoir de Tréanna-Kervern, en Dirinon, lequel sera  la résidence des Sénéchaux de Daoulas  jusqu'à la fin du XVIIe siècle. Par exemple, son descendant Guyaumarch de Tréanna, seigneur de Kervern, sénéchal de Daoulas y vivait en 1529. Voir la Réformation de 1668 sur Tudchentil  et le document de 1535:

      "ladite terre de Kervern a le droit prohibitif et que le proprietaire d’icelle etoit senechal feodé de ladite juridiction de Daoulas, et que ce droit avoit eté autrefois concedé au seigneur proprietaire de ladite maison de Kervern, par le seigneur comte de Leon, lors seigneur de ladite juridiction de Daoulas, il y a 400 ans ou environ, et que cette maison et terre de Kervern etoit venue à la famille de Treanna par le mariage de dame Amou de Kerbescat, heritiere de ladite terre de Kervern, avec messire Yves de Treanna, qui etoit le bisayeul dudit Guillaume ; ladite information en date du dernier Decembre 1535, signee et garantie par original".

      La lignée depuis cet Yves de Tréanna fut :

      • Olivier de Tréanna / Catherine de Guisiau
      • Guyomar de Tréanna / Alice du Louet.
      • Guillaume de Tréanna /1502 Catherine de Lanvilliau
      • Yves de Tréanna vivant en 1544/ Jeanne de Coatnezre : cet  Yves de Tréanna me reçut en baie 112 de la cathédrale.
      • Jacques de Tréanna / Péronnelle Simon
      • Guillaume de Tréanna / Bonaventure de Saluden
      • Guillaume de Tréanna / 1622 Françoise de Visdelou de la Gourblay.
       

      Au total, ce blason datant de 1529  ne date  pas de l'alliance Yves de Tréanna/ Amou de Kerbescat mais honorerait cette alliance et témoignerait de droits ou d'une donation de Guillaume de Tréanna, seigneur de Kerguern et sénéchal féodé de Daoulas. Ou de son fils.

       

       

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      Blason Tréanna/ Kerguern, sablière n°5, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Blason Tréanna/ Kerguern, sablière n°5, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      La sablière n° 7. Armoiries de Guy  Maufuric tenues par deux léopards à queue trifide.

      Les deux léopards (en terme d'héraldique) tiennent un blason dans lequel un chevron séparent trois oiseaux ressemblant peu ou prou à des hirondelles. On y reconnaît les armoiries au chevron d'argent accompagné de trois oiseaux de mer de même, celle de Guyomarc'h  Maufuric, qui fut abbé de Daoulas de 1441 à 1467, date où il résigna sa charge avant sa mort en 1468. Le blason est surmonté d'une crosse (ou d'une mitre ?)

      Le Nobiliaire de Pol de Courcy indique :

      MAUFURIC , sr de Lezuzan et de Keramborgne, par. de Dirinon. Réf. et montres de 1426 à 1481, dite par., év. de Cornouailles. D'azur au chevron d'argent, accomp. de trois huppes ou palles (oiseaux de mer) de même. Guy, abbé de Daoulas, t 1468.

      La graphie MAUFURIC est attestée dans un document en latin cité par P-H Morice, la Fondation des Cordeliers de Landerneau de 1488 par Jean II de Rohan. Mais dans la même Histoire ecclésiastique de P-H. Morice, on lit aussi MANFURIC.

      J'ai rencontré ces armes :

      Jean-Luc Deuffic les signale ailleurs sur la charpente de l'église, où je vais bientôt les découvrir. Selon cet auteur,

      "...l'abbé Guyomarc'h Maufuric, issu d'une importante famille locale, attestée anciennement à Lezuzan (Dirinon), était licencié en droit canon. Il fut chargé en 1450 de défendre les biens du cardinal Alain de Coëtivy, évêque d'Avignon, dans la province de Tours. Pour ces services le cardinal lui accorda, le 12 avril 1456, le droit et la faculté de porter la mitre et les ornements pontificaux. "

       

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      Armoiries de l'abbé Guyomarc'h Maufuric, Sablière n° 10,  1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Armoiries de l'abbé Guyomarc'h Maufuric, Sablière n° 10, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      La sablière n° 9. Un renard volant une poule face à un lion.

      Le renard emportant une poule est un grand classique des sablières.

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      Renard emportant une poule, face à un lion. Sablière n° 9,  1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Renard emportant une poule, face à un lion. Sablière n° 9, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Renard emportant une poule, face à un lion. Sablière n° 9,  1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Renard emportant une poule, face à un lion. Sablière n° 9, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

       

       

      Armoiries de l'abbé Guyomarc'h Manfuric, Sablière n° 10,  1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Armoiries de l'abbé Guyomarc'h Manfuric, Sablière n° 10, 1529, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      II. LES CLEFS DE LA VOÛTE.

      Dans ma présentation, j'ai dis que la voûte lambrissée à 8 entraits comptait 27 clefs de voûte , dont certaines armoriées. Dans la description que donne Dom Pinson au XVIIe siècle, on lit page 328 de la transcription de Peyron:

       

      "A la voûte du sanctuaire, il faut encore considérer plusieurs armes considérables et premièrement celles de Bretagne, parti de Bretagne et de France, parti de Rohan et de Bretagne, de Léon, de Vitré, de Rosnivinen, de Tréanna, de Kerverne, parti de Kervern et Tréanna, parti de Tréanna et de Kerverne, de Rosmadec surmonté de la crosse abbatiale. ..."Autre écu surmonté de la crosse abbatiale je crois de Léon, de gueules à six besants d'argent 3, 2, 1, qui est Buzic, Kerdaoulas et les armes de l'abbé de Manfuric surmontées de la crosse." (Dom Pinson)"(Dom Pinson)

      • Bretagne : d'hermines plain
      • France : d'azur à trois fleurs de lis d'or
      • parti de Bretagne et de France : en 1, d'hermines plain ; en 2 d'azur à trois fleurs de lis d'or : Jeanne de France épousa en 1396 le duc Jean V. Peut se référer à Anne de Bretagne.
      • parti de Rohan et de Bretagne : en 1, de gueules à neuf macles d'or et en 2, d'hermines plain. Armes d'Alain IX, vicomte de Rohan et de Léon, décédé à 80 ans le 20 mars 1462, et de Marguerite de Bretagne, dame de Guillac, fille du duc Jean IV de Bretagne et de Jeanne de Navarre, morte en avril 1428, .
      • Léon : d'or au lion morné de sable
      • Vitré : de gueules au lion d'argent
      • Rosnivinen : d'or à la hure de sanglier de sable arachée, et armée de gueule bordée, et engrellée de mesme
      • de Tréanna : d'argent à une macle d'azur.
      • De Kerverne ou Kerguern : d'azur aux trois annelets d'argent
      • Parti de Kervern et de Tréanna : en 1, d'azur aux trois annelets d'argent et en 2 d'argent à une macle d'azur.
      • Rosmadec : palé d'argent et d'azur de six pièces. Surmonté d'une crosse ("abbatiale" ??), il renvoie à Bertrand de Rosmadec, évêque de Cornouailles de 1416 à 1444. 

       

       

      Pour nous aider, nous pouvons aussi tenir compte des armoiries de la maîtresse-vitre : elles comportaient selon don Minson les armes "de France-Bretagne, Bretagne-Pont-l’Abbé, de Rohan, de Vitré, de Rohan-Bretagne, de Rohan-Vitré, de Léon, de Léon-d’Avaugour, de Léon-de Rohan, de du Chastel, de Manfuric-Lezuzan surmonté de la crosse de l’abbé Manfuric, de l’abbé Jégou, de Lezuzan-Guarlot Rosmadec, de Rosniven, Manfuric Lezuzan-du Chastel, de l’abbé Guerrault, de Manfuric Lezuzan-Kergouarn, de Manfuric Lezuzan-Huon, Manfuric Lezuzan-Rosmadec, de l’abbé Petit, de Kervain, de Trefilis, de Rouazle, de Keroullé, de Guerrault, soit trente armoiries."

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      Je les numéroterai cette fois-ci du chœur vers le fond de la nef :

      1 : ange ? présentant un phylactère. Contre le mur diaphragme.

      2. Ange portant la couronne d'épines.

      3. Ange présentant les armes des Rohan.

      4. Fleuron.

      5. Ange présentant les armoiries épiscopales de Claude de Rohan.

      6. Homme sauvage présentant les armoiries avec un lion.

      7. Deux anges présentant les armoiries abbatiales (mitre et crosse) avec un lion.

      8. Fleuron à "pomme de pin"

      9. Ange présentant les armoiries écartelées 

      10. Ange présentant les armoiries abbatiales de Guy Maufuric.

      11. Homme sauvage soulevant sa tunique comme une banderole.

      12. Fleuron.

      13. Ange présentant un phylactère.

      14. Fleuron.

      15. Fleuron.

      16. Ange présentant un phylactère.

      17. Fleuron.

      18. Fleuron "pomme de pin".

      19. Ange présentant un phylactère.

      20. Fleuron.

      21. Fleuron à huit pétales.

      22. Fleuron au centre carré.

      23. Ange présentant un phylactère.

      24. Homme sauvage relevant sa tunique et laissant pendre un objet.

      25. Fleuron "pomme de pin".

      26. Fleuron carré.

      27. Visage. 

       

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      La voûte lambrissée de la nef,  ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      La voûte lambrissée de la nef, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

       

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      2. Ange tenant la couronne d'épines.

      Ange à la chevelure crêpée soigneusement peignée en deux masses latérales, habillé d'une tunique plissée, bouffante au dessus de la ceinture (cette tunique apparaissant à travers la couronne). Longues ailes bien visibles. 

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      Ange tenant la couronne d'épines, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Ange tenant la couronne d'épines, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Ange tenant la couronne d'épines, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Ange tenant la couronne d'épines, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      3. Ange présentant les armes des Rohan à neuf macles.

      L' ange (ou du moins le jeune homme aux allures de page ou la jeune femme au décolleté arrondi), aux cheveux bouclés, a la tête posée sur un coussin orné de macles. 

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      Armoiries des Rohan, évêque de Quimper et abbé de Daoulas, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Armoiries des Rohan, évêque de Quimper et abbé de Daoulas, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Armoiries des Rohan, évêque de Quimper et abbé de Daoulas, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Armoiries des Rohan, évêque de Quimper et abbé de Daoulas, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      5. Ange aptère ou jeune homme présentant un blason aux armes aux neuf macles des Rohan surmonté d'une crosse et d'une mitre.

      On peut l'attribuer à Claude de Rohan, évêque de Quimper de 1501 à 1540 et abbé de Daoulas, mais dont la simplicité d'esprit imposa qu'il fut remplacé dans ses fonctions d'évêque et d'abbé par Jean du Largez

      : Jean du Largez, abbé de Daoulas 1502 - 1519, était originaire de Botlézan, évêché de Tréguier. En 1505, il est aussi nommé évêque suffragant de Quimper (administrant le diocèse à la place de Claude de Rohan, l'évêque titulaire évêque de Cornouaille de 1501 à sa mort en 1540. , simple d'esprit) et en 1515 évêque de Vannes. Il démissionne en 1519 et meurt à l'abbaye de Daoulas le 5 juin 1533. Le 8 juin 1505, il est nommé avec une pension de 200 livres « évêque suffragant » de Cornouaille afin d'exercer les fonctions épiscopales pour le compte de Claude de Rohan, l'évêque en titre depuis 1501, qui, du fait de son incapacité, ne sera sacré que le 6 avril 1510 et ne prendra officiellement possession de son siège que le 6 juin 1518.

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      Armoiries de Claude de Rohan, évêque de Quimper et abbé de Daoulas, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Armoiries de Claude de Rohan, évêque de Quimper et abbé de Daoulas, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Armoiries de Claude de Rohan, évêque de Quimper et abbé de Daoulas, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Armoiries de Claude de Rohan, évêque de Quimper et abbé de Daoulas, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Armoiries de Claude de Rohan, évêque de Quimper et abbé de Daoulas, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Armoiries de Claude de Rohan, évêque de Quimper et abbé de Daoulas, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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       6. Le lion morné.  Blason tenu par les deux bras d'un homme sauvage barbu.

      Le lion n'a ni langue, ni griffe ni sexe : il est morné. C'est le lion des seigneurs de Léon, et non celui de Vitré ou de Pont-l'Abbé.

      La présentation d'armoiries par un couple d'hommes sauvages est ancienne.

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      Homme sauvage présentant les armoiries des seigneurs du Léon. clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Homme sauvage présentant les armoiries des seigneurs du Léon. clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Homme sauvage présentant les armoiries des seigneurs du Léon. clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Homme sauvage présentant les armoiries des seigneurs du Léon. clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      7 .  Deux anges présentant un blason abbatial (mitre et crosse) au  lion morné .

      La tête de ce lion se détache sur une bande horizontale. 

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      Deux anges présentant un blason abbatial (mitre et crosse) au  lion morné ; clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Deux anges présentant un blason abbatial (mitre et crosse) au  lion morné ; clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Deux anges présentant un blason abbatial (mitre et crosse) au  lion morné ; clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Deux anges présentant un blason abbatial (mitre et crosse) au  lion morné ; clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      9. Jeune homme présentant un blason écartelé aux léopards, aux hermines et fleurs de lis.

      On peut le blasonner approximativement  comme écartelé en 1 et 4 au léopard, en 2 et 3 à six hermines, au chef chargé de trois fleur de lis : 

      Je retrouve le léopard à queue fourchue de la sablière 9 : faut-il y voir les armes des  Vicomtes du Faou d'azur au léopard d'or ? Certesle territoire qui forme aujourd'hui la commune de Daoulas appartenait aux seigneurs du Faou .

      Mes recherches me conduisent aussi aux armoiries de Quellenec de Colledo "d'argent, à six hermines de sable; au chef de gueules, chargé de trois fleurs de lis d'or" http://marikavel.com/blasons/fleur-de-lys.htm

       

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      Clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      10. Ange présentant les armoiries de l'abbé Guy Maufuric de Lezuzan

      Au niveau du septième entrait, avant la sablière n°7 qui porte aussi les armes de cet abbé. Cf supra.

      Comme l'ange s'enroule autour de la clef et que la septième poutre gêne le spectateur, il faut deux clichés pour voir d'une part la tête de l'ange et ses mains, la mitre, la crosse et la partie supérieure du blason, d'autre part le blason en entier, au chevron et aux trois oiseaux. 

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      Armoiries de Guy Maufuric abbé de Daoulas, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Armoiries de Guy Maufuric abbé de Daoulas, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Armoiries de Guy Maufuric abbé de Daoulas, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Armoiries de Guy Maufuric abbé de Daoulas, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Armoiries de Guy Maufuric abbé de Daoulas, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Armoiries de Guy Maufuric abbé de Daoulas, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      11. Un homme sauvage seulement drapé par une banderole  révèle sans pudeur son anatomie. Ou : sauvage pissant sur les fidèles. 

      Heureusement, la voûte est haute et, jadis, les projecteurs actuels n'étaient pas installés. Heureusement aussi, personne ne remarque ce détail riquiqui. 

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      Homme sauvage se cachant mal derrière son phylactère,  clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Homme sauvage se cachant mal derrière son phylactère, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Homme sauvage se cachant mal derrière son phylactère,  clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Homme sauvage se cachant mal derrière son phylactère, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Un ange bien déchu,  clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Un ange bien déchu, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

       

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      13. Ange tenant un phylactère muet.

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      Ange tenant un phylactère muet,  clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Ange tenant un phylactère muet, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      16. Ange tenant un phylactère muet.

       

      Ange tenant un phylactère muet,  clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Ange tenant un phylactère muet, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      18 Fleuron en  "pomme de pin".

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       clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Un autre motif floral.

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       clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      19. Ange tenant un phylactère.

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      Ange tenant un phylactère muet,  clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Ange tenant un phylactère muet, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Ange tenant un phylactère muet,  clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Ange tenant un phylactère muet, clef de la voûte de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      24. Homme déféquant.

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      Les sablières de l'ancienne abbatiale de Daoulas : inscription de 1529, blasons armoriés et scènes animalières

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      27. Visage.

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      Les sablières de l'ancienne abbatiale de Daoulas : inscription de 1529, blasons armoriés et scènes animalières

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      AUTRES SCULPTURES DE L'ÉGLISE.

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      LE CRUCIFIX.

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      Crucifix du coté sud de la nef de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Crucifix du coté sud de la nef de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Crucifix du coté sud de la nef de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Crucifix du coté sud de la nef de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Saint Sébastien.

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      Les sablières de l'ancienne abbatiale de Daoulas : inscription de 1529, blasons armoriés et scènes animalières

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      Saint Laurent.

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      Statue de saint Laurent, coté sud  du chœur de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Statue de saint Laurent, coté sud du chœur de l'ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      La Vierge à l'Enfant.

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      Vierge à l'Enfant, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Vierge à l'Enfant, ancienne abbatiale Notre-Dame, Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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       SOURCES ET LIENS.

       

      — ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1906, Daoulas,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 5 juin 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/328.

      http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1f623d8ab53c290b419d50f8f5da88aa.pdf

      https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1913.pdf

      — CASTEL (Yves-Pascal) 11 août 1979 Mieux connaître l'abbaye de Daoulas

      http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5706ec4151340cdb93120029fde046d9.jpg

      — CASTEL (Yves-Pascal) 1996, "Monuments et objets d'art du Finistère (année 1995) : Daoulas, Porche du cimetière, la statue de saint Cler", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère(125, p. 148-149)

      — CROGUENNEC (André) Le vitrail de l'église Saint-Yves à La Roche-Maurice http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/lr/vitrail-lr.htm

      — CROGUENNEC (André), Le moulin de Brézal, 

      http://andre.croguennec.pagesperso-orange.fr/moulin-brezal.htm

      — COURCY (Pol de), 1867, Bretagne contemporaine, Finistère, p. 96, Nantes, Charpentier, in-f°, 1867

      — COUFFON (René), 1988, Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

      http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/b7a5a075dd70315bdc8d13759ebc81e4.pdf

       

      DEUFFIC (Jean-Luc), « Les documents nécrologiques de l’abbaye Notre-Dame de Daoulas », dans Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. 106, 1978, p. 83-102 ; 107, 1979, p. 103-148.

      DEUFFIC (Jean-Luc), site facebook Notre-Dame de Daoulas une abbaye entre Léon et Cornouaille 

      https://fr-fr.facebook.com/Notre-Dame-de-Daoulas-une-abbaye-entre-L%C3%A9on-et-Cornouaille-824697447594776/

      DEUFFIC (Jean-Luc) Daoulas entre Léon et Cornouaille 

      http://daoulas.blogspot.fr/

      DEUFFIC (Jean-Luc)  2011, Enquête sur les sénéchaux féodés de Daoulas (1535-1536), Bulletin de la Société Archéologique du Finistère pages 307-333.

      — LÉCUREUX (Lucien), 1919, église abbatiale de Daoulas, Congrès archéologique de France page 20

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f53.vertical

       — LEON (Anne), 1995, Etude documentaire, in Michel Baillieu,  Les Fouilles de l'abbaye de Daoulas, DRAC Bretagne RAPO1289

      http://bibliotheque.numerique.sra-bretagne.fr/pdf/fichiers/958389ee9e1c8cab5618a25606fa814b/958389ee9e1c8cab5618a25606fa814b.html?search=

      LEVOT (P.), "Daoulas et son abbaye", dans B.S.A.B., 1875-76,p.113-190.

      PEYRON (P.), "L'abbaye de Daoulas d'après 1es mémoires de dom Louis Pinson", dans B.S.A.F., 1897, p.49-50.

      — PINSON (Chanoine Louis), 1696, Histoire de l'abbaye de Daoulas, par un chanoine de cet abbaye, manuscrit recopié au début du XIXe siècle et publié par PEYRON (Chanoine P. ) 1897,"L'abbaye de Daoulas d'après les mémoires de dom Louis Pinson", Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 49-70, 197-231, 241-256 319-350 et 425-440.

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207639m/f443.vertical.r=SOCIETE%20ARCHEOLOGIQUE%20DU%20FINISTERE

       

       — Le manoir de Kervern-Tréanna : l'inventaire de 1579

      https://www.facebook.com/notes/notre-dame-de-daoulas-une-abbaye-entre-l%C3%A9on-et-cornouaille/le-manoir-de-kervern-tr%C3%A9anna-dirinon-inventaire-de-1579/1405650816166100

      — http://site.erin.free.fr/Bretagne/Finistere/Daoulas.htm#PorcheApotres

      — http://www.infobretagne.com/abbaye_de_daoulas.htm

       

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      Published by jean-yves cordier - dans Daoulas
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      11 juin 2017 7 11 /06 /juin /2017 14:51

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      I. Gargouille du cimetière : homme vomissant.

      Il pourrait servir de mascotte à l'abbaye et saluer les visiteurs, s'il ne passait pas si facilement inaperçu, menacé par un lierre envahissant dont il m'a fallu le déshabiller. 

      Vu de profil, dans sa tenue camouflée de lichens incrustants grisâtres, nous ne l'identifions pas ; et c'est de face  que nous le saluerons.

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      Gargouille du cimetière de  l'ancienne abbatiale de Daoulas : homme vomissant.  Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Gargouille du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas : homme vomissant. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Môssieur Bourses Garnies.Dans cette vue en contre-plongée à laquelle les gouttières sont vouées, nous découvrons un homme à genoux, penché en avant et élargissant sa bouche dans les hoquets des  vomissements. Ainsi sommes-nous mis en garde contre les désagréments de l'Intempérance, des excès de boisson et de la bonne chère. Ses yeux globuleux montrent aussi sa tendance à avoir les yeux plus gros que le ventre, bien que, coté ventre ou plutôt bas-ventre, il ne répugne pas à exhiber ses avantages. Et il ne manque pas tout à fait de jugeote, puisqu'il a pris la précaution de ceindre ses reins d'une solide corde afin de ne pas "se faire péter la sous-ventrière".

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      Gargouille du cimetière de  l'ancienne abbatiale de Daoulas : homme vomissant.  Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Gargouille du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas : homme vomissant. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Gargouille du cimetière de  l'ancienne abbatiale de Daoulas : homme vomissant.  Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Gargouille du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas : homme vomissant. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Cette ceinture lui sert aussi à maintenir, au dessus de sa poche droite, sa gourde en forme de coloquinte, et à gauche, un étui oblong contenant sans-doute son couteau (cercle rouge sur l'image) : à boire et à manger . 

      Je ne décrirai pas sa chupenn aux quatre boutons ronds, et ne dirai mot de ses brais.

       

      Gargouille du cimetière de  l'ancienne abbatiale de Daoulas : homme vomissant : détail de la gourde.  Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Gargouille du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas : homme vomissant : détail de la gourde. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Gargouille du cimetière de  l'ancienne abbatiale de Daoulas : homme vomissant : détail de l'étui de couteau.  Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Gargouille du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas : homme vomissant : détail de l'étui de couteau. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      RENTRONS DANS L'ÉGLISE.

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      II. STATUE DE SAINT JEAN-BAPTISTE. Kersanton, Maître du Folgoët (1423-1468). Traces de polychromie ocre.

      Cette statue occupe l'angle nord-ouest de l'église, derrière les fonts baptismaux, dans un emplacement assez obscure et peu accessible (derrière la clôture des fonds par une balustrade), à coté d'une autre statue posée au sol. Provenant de la chapelle Sainte-Pétronille du manoir de Kervern-Tréanna, ancienne demeure des sénéchaux de Daoulas, elle a été donnée à l'ancienne abbatiale en 1957. Elle a été attribuée par Emmanuelle Le Seac'h au Maître de l'atelier ducal du Folgoët (1423-1468), et elle peut être rapprochée de la statue de Jean-Baptiste que j'ai décrite dans mon article sur les sculptures de la Basilique du Folgoët. Son ancienneté, son intérêt dans la connaissance de la stylistique du premier atelier de sculpture du kersanton en Basse-Bretagne, aurait pu inciter les décideurs à lui réserver un meilleur sort, mais c'est telle que je l'ai découverte, et avec sa poussière, que je l'ai photographiée. L'emplacement dans la clôture des fonts baptismaux est par contre, parfaitement logique pour celui qui a baptisé le Christ.

       

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      Les fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Les fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      La tête inclinée sur la gauche (comme au Folgoët), il désigne de l'index l'agneau qu'il tient sur le bras gauche, mettant ainsi en scène la phrase fameuse de l'évangile de Jean : Altera die videt Iohannes Iesum venientem ad se et ait Ecce agnus dei, qui tollit peccatum mundi  , "Le lendemain, Jean vit Jésus venant à lui, et il dit : —Voici l'Agneau de Dieu, qui ôte le péché du monde— ".

      Au Folgoët, Jean-Baptiste tenait l'agneau sur un livre ; et ici, c'est peut-être le cas aussi, si on imagine que le support placé sous le manteau n'est pas le bras du saint, mais un livre.

      Comparez avec son homologue du Folgoët :

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      Selon Le Seac'h, à Daoulas, le saint est vêtu d'une tunique qui découvre les jambes nues, et d'un manteau drapé sur les épaules, dont la manche du pan droit est rabattue. Mais je ne devine cette tunique de poils de chameaux (Matthieu 3:4  vestimentum de pilis camelorum) que dans l'entrebaillement du manteau, sous la barbe. Par contre, les plis en  tuyau, en accordéon ou en pyramide descendant sous le bras gauche avant de s'épanouir en un méandre de volutes sont ceux qui se rencontrent de façon presque caractéristique au Folgoët, soit dans la statue de Jean l'évangéliste de la chapelle de Coëtivy, soit dans celle des apôtres du Porche.  

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      Statue de Jean-Baptiste, kersanton, vers 1423-1468, Maître du Folgoët, angle nord-ouest des  fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Statue de Jean-Baptiste, kersanton, vers 1423-1468, Maître du Folgoët, angle nord-ouest des fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Statue de Jean-Baptiste, kersanton, vers 1423-1468, Maître du Folgoët, angle nord-ouest des  fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Statue de Jean-Baptiste, kersanton, vers 1423-1468, Maître du Folgoët, angle nord-ouest des fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Statue de Jean-Baptiste, kersanton, vers 1423-1468, Maître du Folgoët, angle nord-ouest des  fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Statue de Jean-Baptiste, kersanton, vers 1423-1468, Maître du Folgoët, angle nord-ouest des fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Statue de Jean-Baptiste, kersanton, vers 1423-1468, Maître du Folgoët, angle nord-ouest des  fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Statue de Jean-Baptiste, kersanton, vers 1423-1468, Maître du Folgoët, angle nord-ouest des fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Les cheveux sont longs, disposés en trois mèches redressées en houppe sur le haut du large front, et s'étalant en mèches ondulantes sur les épaules. La barbe déploie, à partir des narines et des joues, d'épaisses mèches bouclées. 

      Son visage est semblable à la grande statuaire du Folgoët. Le sillon naso-génien est marqué. Les deux paupières des yeux en amande sont soigneusement sculptés. L'ovale du visage est creusé au niveau des joues, manière du premier Maître du Folgoët de 1423 comme pour les Mages de l'Adoration ou pour le duc Jean V de Quimperlé. (d'après Le Seac'h p. 77)

       

      Statue de Jean-Baptiste, kersanton, vers 1423-1468, Maître du Folgoët, angle nord-ouest des  fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Statue de Jean-Baptiste, kersanton, vers 1423-1468, Maître du Folgoët, angle nord-ouest des fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Statue de Jean-Baptiste, kersanton, vers 1423-1468, Maître du Folgoët, angle nord-ouest des  fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Statue de Jean-Baptiste, kersanton, vers 1423-1468, Maître du Folgoët, angle nord-ouest des fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Notez la polychromie, avec des ocres jaunes et rouges, mais aussi de minuscules parcelles dorées (flèches) , qui font rêver de la splendeur perdue.

       

      Traces de polychromie, Statue de Jean-Baptiste, kersanton, vers 1423-1468, Maître du Folgoët, angle nord-ouest des  fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Traces de polychromie, Statue de Jean-Baptiste, kersanton, vers 1423-1468, Maître du Folgoët, angle nord-ouest des fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      III. Statue d'un évêque ou d'un abbé. Kersanton. Non daté.

      La crosse et le bras droit sont brisés. Le personnage porte la tonsure en couronne. Sa mitre est particulière, Elle est droite ou très peu évasée, presque cylindrique, sans ornementation de broderie ou de pierreries, et ses cornes en bec sont très hautes et peu profondes. Les fanons ne sont pas visibles. On la comparera à la mitre de l'abbé Jégou, à suivre. 

      Il est vêtu d'une cotte longue, d'un surplis (surcot) et d'une chasuble. Le cou est protégé par l'amict fendu par devant. 

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      Statue d'un évêque ou d'un abbé, kersanton, mur ouest  des  fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Statue d'un évêque ou d'un abbé, kersanton, mur ouest des fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Statue d'un évêque ou d'un abbé, kersanton, mur ouest  des  fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Statue d'un évêque ou d'un abbé, kersanton, mur ouest des fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      On notera la présence du sudarium, le tissu par lequel l'abbé tient la crosse pour ne pas l'abîmer par sa transpiration.

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      Statue d'un évêque ou d'un abbé, kersanton, mur ouest  des  fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Statue d'un évêque ou d'un abbé, kersanton, mur ouest des fonts baptismaux, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      La plaque tombale de Charles Jégou, abbé de 1520 à 1535.

      Elle occupe le fond de l'église, à droite (angle sud-ouest), et a été fixée au mur du pignon avec une traduction de  son inscription " Ci-gît le frère Charles Jégou, abbé de ce monastère de Daoulas. Il acquit des biens assez nombreux et fit faire beaucoup de constructions. Il dirigea le monastère selon les lois de l'Eglise pendant 15 ans. Il mourut le 10ème jour du mois de janvier de l'année du Seigneur 1535 ".

      Charles Jégou, originaire, sans doute, de Quimper, où il possédait plusieurs maisons, rue de la Vigne, et des propriétés en Kerfeunteun, fut  recteur en 1498 de Tréoultré-Penmarch  dont il fit reconstruire la tour, puis il fut le dix-neuvième abbé de l'abbatiale Notre-Dame Daoulas (1520-1535) depuis Rivallon en 1130. Il fit reconstruire entièrement le chœur et le transept  et fit d'importantes restaurations au niveau de la charpente. A cet effet, il renouvela, en 1529, la sablière, en faisant appel à un sculpteur, probablement léonard, nommé Olivier Garic (ou Garric) que nous fait connaître cette inscription : "L’abbe Charles fit en son temps ce bois de ceans lan mil V cents avecq(ue) XX comprins IX ans par O Garic et ses aidans". (voir l'article suivant décrivant les sablières).
      Cet  artisan a également laissé son nom  
      à Pont-Christ, Plouvénenter,  sur une belle pierre de kersanton du moulin de Brezal,  qu'il sculpta en 1520. (d'après le site facebook de Jean-Luc Deuffic).

      A Penmarc'h, l'abbé Jégou, alors recteur, fit inscrire en 1508 sur le porche sud de son église de Tréoultré ces mots : 

      Ce jour sainct rené, l'an mil CCCC VIII fut fondé ceste église et la tour e[n] lan Mvc neuff dõt estoit recteur K[arioluos] Iegou.

      Il fut aussi chanoine de la collégiale Saint-Trémeur à Carhaix-Plouguer et recteur de Plouguer en Carhaix (en cumul avec Tréoultré)

       

      L'ancienne église abbatiale de Notre-Dame de Daoulas possédait un superbe chœur gothique  qui a été démoli au XIXe siècle. L'église a ainsi perdu sa maîtresse vitre, (l'un des plus beaux vitraux de Basse-Bretagne, dont il ne nous reste que la description), et une quarantaine de tombes armoriées ; gisants en bronze, en pierre; tables de cuivre ou en Kersanton.

      "Les tombeaux de plusieurs d'entre eux se voyaient dans l'église avant les dévastations de 1793. Les principaux étaient:

      1° Celui de Guillaume le Lay, mort en I502; il se trouvait dans le chœur et était surmonté de la statue couchée et en cuivre émaillé de cet abbé. On y lisait cette inscription en lettres capitales gothiques:

      Hic :jacet : frater : Guillelmus : le Lay : abbas: hujus : monasterii : de : Daoulas : qui : rexit : illud: annis : XXXV: et : restauravit: ac : acquisivit : ei: plura : bona : obiit: autem : die : XXIII: rnensis: junii: anno : Domini 1502.

      2°) Celui de Charles Jegou : cf.

      3° La tombe plate de Jean du Largez ( famille encore existante ) était aussi devant le maître-autel, avec cette épitaphe en lettres gothiques carrées:

      Hic jacet. frater. Joannes. du. Largez. Episcopus. avennensis et abbas hujus rnonasterii. eidem. multa. acquirens. bona honorificè illud rexit XX annos. obiit sextaluce novembris. anno M. CCCCC. XXXIII. anima, ejus. requiescat, in. pace. Amen.

      4° La sépulture de René du Louet, encore devant le maître-autel, était un sarcophage élevé orné de la statue de cet abbé, mort en 1598. On y lisait cette inscription en lettres majuscules romaines:

      Hic jacet frater Renatvs dv Lovet, abbas hvjvs cœnobii de Daovlas, qvi qvidem acqvisivit ei Silvam de Daovlas et plvra alla bona, et rexit Ulvd annis sex decim. obiit avtem 12 jvlii anno 1598 cvjvs animi pace frvatvr." (Chevalier de Fréminville, 1835)

      Seule ne subsiste aujourd'hui que la pierre tombale de l'abbé Charles Jégou, qui se trouvait jadis entre la clôture du chœur et la première marche de l'autel.

      Papillons.

      Je regrette, après avoir écrit tant d'articles sur la zoonymie et la symbolique des papillons, de ne pas pouvoir admirer ici  le blason de la famille Jégou. De gueules, au chevron d'argent accompagné de trois papillons de même !  Voilà qui a de la gueule !  Je l'ai omis dans mon article Les papillons dans l'héraldique. Dans le Dictionnaire héraldique de Bretagne, Pol de Courcy donne 9 familles bretonnes qui portent un ou plusieurs papillons dans leurs armes : Barrin à trois papillons d'or ; Cassart, deux p. de sable, surmontant ; Chemillé, papelloné d'or et de gueules ; Coëtriou, un p. de gueules, accompagnant ;  Drouallen, trois p. de sable ; Gillot, trois p. d'azur, alias d'or ; Jégou ; Mauvy, papeloné de gueules et d'hermines ; et Menez, aux trois papillons d'argent.

      Dans son Nobiliaire de Bretagne, le même Pol de Courcy ne fournit, pour cette famille Jégou, que le seul exemple de Charles, abbé de Daoulas. Mais étaient-ce des armes familiales ? 

      J'en trouve une illustration sur le site de l'encyclopédie Marikavel : 

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      Sur la plaque tombale, je finis par discerner assez nettement le chevron. 

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      Pierre tombale de Charles Jégou, abbé de Daoulas de 1520 à 1535. Angle sud-ouest de l'ancienne abbatiale, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Pierre tombale de Charles Jégou, abbé de Daoulas de 1520 à 1535. Angle sud-ouest de l'ancienne abbatiale, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Plaque tombale de Charles Jégou, abbé de Daoulas de 1520 à 1535. Angle sud-ouest de l'ancienne abbatiale, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Plaque tombale de Charles Jégou, abbé de Daoulas de 1520 à 1535. Angle sud-ouest de l'ancienne abbatiale, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      L'inscription.

      Elle a été déchiffrée par différents auteurs. Ma leçon est la suivante (en tenant compte des tildes):

      HIC : IACET : FRATER : CHAROLUS : IEGOU : ABBAS :  HUIUS MONASTERII: DEDOULAS : ET ACQUISIVIT : PLURA : BONA : ET FECIT MULTA : EDIFICIA : ET REXIT CàP[ER] XV. ANNOS. OBIIT. DIE DECIMA MENSIS JANUARII : A : D : M. Vc. XXXV

      Si on compare ce texte à celui des plaques des autres abbés (supra), on constate que sa rédaction est stéréotypée et obéit à un modèle, une épitaphe gravée sur la bordure, avec  son incipit Hic jacet Frater, et sa finale obiit anno domino .... C'est celle des tombes des moines de diverses abbatiales, comme celle de ce bénédictin, Jean de Corrobert, à Saint-Claude (Jura) en 1400. Ce modèle est attesté dès le XIVe siècle (en 1318 à l'abbaye de Maillezais

      Le premier auteur qui recopia cette inscription en 1696 fut Louis Pinson, chanoine de Daoulas, qui est cité dans le texte suivant, du chanoine Peyron (1897) : 

      "[Charles Jégou] fut enterré devant le maître autel sous « une grande pierre de cinq pieds de long sur deux et demy de large, sur laquelle, est représenté au milieu un écusson de gueullle au chevron d'argent aux trois papillons de même, l'écu surmonté de la mitre et la crosse passant derrière l'écu tout du long de la pierre et autour est écrit : Hic jacet frater Carolus Jegou, abbas hujus monasterii de Daoulas et acquisivit ei plura bona et ei fecit multa aedificia et rexit per 15 annos obbiit die decima januari 1535 ".

      "Cette tombe existe encore telle qu'elle est décrite ci-dessus par l'historien de l'abbaye [Pinson], sauf que l'écusson est martelé, et qu'au lieu d'être dans l'église elle est dans la partie du cimetière, occupée autrefois par le chevet de l'église, mais non cependant dans sa place primitive au milieu du chœur. Voici exactement l'inscription qui se lit autour de la pierre :

      HIC : JACET : FRATER : CHAROLVS : JEGOV : ABBAS : HVIVS : MONASTERII : DE DAVLAS : ET ACQVISIVIT : PLVRA : BONA : ET FECIT : MVLTA EDIFICIA : ET REXIT : Cà P XV ANOS : OBIITT DIE DECIA MEN JANVARII : A : D : MVcXXXV :

      "Comme on peut le voir, la lecture de l'inscription est assez facile si ce n'est peut-être pour les deux lettres CÃ [les lettres CA sont surlignées par un trait horizontal] qui suivent le mot rexit, notre auteur tranche la difficulté en ne le traduisant pas, l'abbé Trévaux lit eam, mais outre que le C est très bien formé, on ne voit guère à quel mot se rapporterait ce pronom féminin car plus haut il est question non de l'abbaye, mais du monastère, aussi les notaires lisent dans leur procès-verbal de 1645 « rexit monasterium quindecim annis ». Pour être logique, cette lecture n'en est pas plus exacte, car le CÃ surmonté d'une abbréviation est parfaitement lisible, aussi nous rangeons-nous facilement à la lecture proposée par M. de Courcy, qui lit canonice, sauf à y voir une sorte de protestation discrète contre les soupçons d'irrégularité qui avaient entaché l'élection à la dignité abbatiale."

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207639m/f290.image.r=SOCIETE%20ARCHEOLOGIQUE%20DU%20FINISTERE

      Malgré ce souci de rigueur, Paul Peyron commet une erreur en lisant DEDAVLAS  au lieu de DEDOULAS, et en plaçant des V pour transcrire les U minuscules. D'autre part, il lit  MEN au lieu de ME~SIS que je transcris comme MENSIS, "mois".

      La transcription de Dom Pinson a été  Dom Taillandier en 1756, puis par le chevalier de Fréminville en 1835. 

      Le chanoine Abgrall, le premier auteur à dresser un relevé épigraphique du Finistère, en donne un texte qui comporte à nouveau la leçon DE DAVLAS au lieu de DEDOULAS

      La leçon de Jean-Luc Deuffic est la plus fidèle :  « hic : iacet : frater : charolus : iegou : abbas : huius : monasterii : de doulas : et acquisivit : plura : bona : et : fecit multa edificia : et rexit : ca (=eam) p(er) xv an(n)os obiit die decimo mensis ianuarii a. d. m. v. xxxv.».

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      Mais l'essentiel est aussi d'admirer la beauté de l'épigraphie en lettres minuscules gothiques, et de la comparer aux autres inscriptions lapidaires du Finistère relevées dans ce blog dont voici un petit échantillon:

       

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      Pierre tombale de Charles Jégou, abbé de Daoulas de 1520 à 1535. Angle sud-ouest de l'ancienne abbatiale, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Pierre tombale de Charles Jégou, abbé de Daoulas de 1520 à 1535. Angle sud-ouest de l'ancienne abbatiale, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Plaque tombale de Charles Jégou, abbé de Daoulas de 1520 à 1535. Angle sud-ouest de l'ancienne abbatiale, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Plaque tombale de Charles Jégou, abbé de Daoulas de 1520 à 1535. Angle sud-ouest de l'ancienne abbatiale, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Pierre tombale de Charles Jégou, abbé de Daoulas de 1520 à 1535. Angle sud-ouest de l'ancienne abbatiale, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Pierre tombale de Charles Jégou, abbé de Daoulas de 1520 à 1535. Angle sud-ouest de l'ancienne abbatiale, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Pierre tombale de Charles Jégou, abbé de Daoulas de 1520 à 1535. Angle sud-ouest de l'ancienne abbatiale, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Pierre tombale de Charles Jégou, abbé de Daoulas de 1520 à 1535. Angle sud-ouest de l'ancienne abbatiale, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Pierre tombale de Charles Jégou, abbé de Daoulas de 1520 à 1535. Angle sud-ouest de l'ancienne abbatiale, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Pierre tombale de Charles Jégou, abbé de Daoulas de 1520 à 1535. Angle sud-ouest de l'ancienne abbatiale, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Pierre tombale de Charles Jégou, abbé de Daoulas de 1520 à 1535. Angle sud-ouest de l'ancienne abbatiale, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Pierre tombale de Charles Jégou, abbé de Daoulas de 1520 à 1535. Angle sud-ouest de l'ancienne abbatiale, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      L'ossuaire.

      a) La porte Renaissance de la façade avec son inscription, et les armoiries martelées de l'abbé René du Louët (1581-1598).

      MEMENTO : LAN : 1589 : MORI : RS : FI:

      Il faut lire ici : "Memento Mori / Respice Finem l'an 1589" (Souvenez-vous des morts / Considérez la fin dernière /   en l'an 1589).

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      Porte de l'ossuaire de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Porte de l'ossuaire de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Chapiteau sculpté d'une tête et d'une feuille, ossuaire de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Chapiteau sculpté d'une tête et d'une feuille, ossuaire de Daoulas. Photographie lavieb-aile juin 2017.

      Maison ancienne, Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Maison ancienne, Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Crossette sur une maison ancienne, Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Crossette sur une maison ancienne, Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      LA PORTE DE LA CHAPELLE SAINTE-ANNE (1667).

      Voir mon article de 2012 La chapelle Sainte-Anne à Daoulas, et le retable de Sainte Anne trinitaire.

      "La porte, de style classique et datée 1667, est encadrée de quatre colonnes corinthiennes soutenant un entablement surmonté d'un grand gable orné d'une niche. Celle-ci abrite une statue de sainte Anne ; les niches entre les colonnes renferment, elles, les statues, également en kersanton, de saint Joseph et de saint Joachim." (R. Couffon 1988)

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      Chapelle Sainte-Anne de Daoulas , photographie lavieb-aile juin 2017.

      Chapelle Sainte-Anne de Daoulas , photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Sainte Anne éducatrice. Kersanton, 1667.

       

      Les sculptures sur pierre de l'ancienne abbatiale de Daoulas. III. Quelques œuvres de l'église, de l'ossuaire ou de la chapelle Sainte-Anne.

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      Chérubin de gauche. 

       

      Les sculptures sur pierre de l'ancienne abbatiale de Daoulas. III. Quelques œuvres de l'église, de l'ossuaire ou de la chapelle Sainte-Anne.

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      Chérubin de droite. 

      Chapelle Sainte-Anne de Daoulas , photographie lavieb-aile juin 2017.

      Chapelle Sainte-Anne de Daoulas , photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Saint Joseph et son bâton fleuri.

      La floraison de cette baguette est le signe de son élection miraculeuse comme époux de la Vierge, selon l'apocryphe de Jean ou la Légende Dorée du XIIIe siècle. 

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      Saint Joseph, chapelle Sainte-Anne de Daoulas , photographie lavieb-aile juin 2017.

      Saint Joseph, chapelle Sainte-Anne de Daoulas , photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Saint Joseph, chapelle Sainte-Anne de Daoulas , photographie lavieb-aile juin 2017.

      Saint Joseph, chapelle Sainte-Anne de Daoulas , photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Joachim, mari de sainte Anne et père de la Vierge.

      Il est représenté tenant son bâton, signe de son âge, ou de sa vie de propriétaire de troupeau, et qui répond symétriquement à la verge de Joseph. Et il est coiffé d'un bonnet rond portant au dessus du front un bijou à quadrilobe : cette coiffure cherche peut-être à souligner que Joachim est un notable Juif.

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      Saint Joachim, chapelle Sainte-Anne de Daoulas , photographie lavieb-aile juin 2017.

      Saint Joachim, chapelle Sainte-Anne de Daoulas , photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Saint Joachim, chapelle Sainte-Anne de Daoulas , photographie lavieb-aile juin 2017.

      Saint Joachim, chapelle Sainte-Anne de Daoulas , photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Chronogramme 1621 sur le clocher.

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      Clocher de la chapelle Sainte-Anne de Daoulas , photographie lavieb-aile juin 2017.

      Clocher de la chapelle Sainte-Anne de Daoulas , photographie lavieb-aile juin 2017.

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      SOURCES ET LIENS.

       

      ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1906, Daoulas,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 5 juin 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/328.

      http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1f623d8ab53c290b419d50f8f5da88aa.pdf

      https://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1913.pdf

       — BAULIEU (Michèle), BAYLÉ ((Jeanne), 1973," La mitre épiscopale en France : des origines à la fin du XVe siècle", extrait de Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques. Fasc. A,  1 vol. (p.[41]-97) ; 26 cm. 

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62529335/f101.image.r=mitre%20%C3%A9piscopale

      CASTEL (Yves-Pascal) 11 août 1979 Mieux connaître l'abbaye de Daoulas

      http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5706ec4151340cdb93120029fde046d9.jpg

      CASTEL (Yves-Pascal) 1996, "Monuments et objets d'art du Finistère (année 1995) : Daoulas, Porche du cimetière, la statue de saint Cler", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère(125, p. 148-149)

      COURCY (Pol de), 1867, Bretagne contemporaine, Finistère, p. 96, Nantes, Charpentier, in-f°, 1867

      COUFFON (René), 1988, Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

      http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/b7a5a075dd70315bdc8d13759ebc81e4.pdf

       

      — DEUFFIC (Jean-Luc), « Les documents nécrologiques de l’abbaye Notre-Dame de Daoulas », dans Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. 106, 1978, p. 83-102 ; 107, 1979, p. 103-148.

      — DEUFFIC (Jean-Luc), site facebook Notre-Dame de Daoulas une abbaye entre Léon et Cornouaille 

      https://fr-fr.facebook.com/Notre-Dame-de-Daoulas-une-abbaye-entre-L%C3%A9on-et-Cornouaille-824697447594776/

      — DEUFFIC (Jean-Luc) Daoulas entre Léon et Cornouaille 

      http://daoulas.blogspot.fr/

      LÉCUREUX (Lucien), 1919, église abbatiale de Daoulas, Congrès archéologique de France page 20

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f53.vertical

       

      — LEON (Anne), 1995, Etude documentaire, in Michel Baillieu,  Les Fouilles de l'abbaye de Daoulas, DRAC Bretagne RAPO1289

      http://bibliotheque.numerique.sra-bretagne.fr/pdf/fichiers/958389ee9e1c8cab5618a25606fa814b/958389ee9e1c8cab5618a25606fa814b.html?search=

      — LEVOT (P.), "Daoulas et son abbaye", dans B.S.A.B., 1875-76,p.113-190.

      — PEYRON (P.), "L'abbaye de Daoulas d'après 1es mémoires de dom Louis Pinson", dans B.S.A.F., 1897, p.49-50.

      PINSON (Chanoine Louis), 1696, Histoire de l'abbaye de Daoulas, par un chanoine de cet abbaye, manuscrit recopié au début du XIXe siècle et publié par PEYRON (Chanoine P. ) 1897, "L'abbaye de Daoulas d'après les mémoires de dom Louis Pinson", Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 49-70, 197-231, 241-256 et 425-440.

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207639m/f156.item.r=SOCIETE%20ARCHEOLOGIQUE%20DU%20FINISTERE

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207639m/f327.image.r=SOCIETE%20ARCHEOLOGIQUE%20DU%20FINISTERE

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207639m/f283.item.r=SOCIETE%20ARCHEOLOGIQUE%20DU%20FINISTERE

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207639m/f327.item.r=SOCIETE%20ARCHEOLOGIQUE%20DU%20FINISTERE

      LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut. Pages 95-100.

      — FAVREAU (Robert), 2005,  Les inscriptions médiévales de Maillezais in L'Abbaye de Maillezais, des moines du marais aux soldats  huguenots, Presses Universitaires de Rennes, p. 121-134

      http://books.openedition.org/pur/18520?lang=fr

      — 

       

      http://site.erin.free.fr/Bretagne/Finistere/Daoulas.htm#PorcheApotres

      http://www.infobretagne.com/abbaye_de_daoulas.htm

       

       

       

       

       

       

       

       

       

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      6 juin 2017 2 06 /06 /juin /2017 21:11

      Les sculptures sur pierre de l'ancienne abbatiale de Daoulas. II. Le calvaire du cimetière (XVe siècle).

       

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      Voir : 

       

       

       

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      Ce calvaire du XVe siècle, haut de 7,50 m,  est sculpté dans la pierre de kersanton, au dessus d'une base architecturée à pilastres. De bas en haut, nous trouvons le socle à pans coupés, puis le long  fût à pans, portant un croisillon à deux personnages (La Vierge et saint Jean) et enfin  le Crucifix.   Il est décrit par Yves-Pascal Castel dans l'Atlas des croix et calvaires du Finistère sous le numéro 401. 

      http://patrimoine.dufinistere.org/commune/index.php?groupe=croix&art=daoulas

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      Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      LA FACE OCCIDENTALE.

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      Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Deux anges bouclés et  tenant des phylactères soutiennent les consoles polygonales du  croisillon. La banderole passe de l'un à l'autre en formant au centre un savant entrecroisement de plis. Je peux y voir des anges chanteurs qui lisent leur partition, ou bien imaginer que les phylactères portaient jadis une inscription peinte.

      Entre les deux consoles, un rectangle ne semble pas avoir été martelé ; sans-doute n'a-t-il jamais porté de motifs sculptés.

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      Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Entre la Vierge et saint Jean, deux anges tiennent un calice recueillant le sang des plaies des pieds du Christ, selon un motif très courant sur nos calvaires. Ces anges en aube et amict semblent arriver tout droit des Cieux, le corps horizontal, les reins cambrés, l'aube flottant derrière eux.  

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      Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      La Vierge porte un manteau qui lui voile la tête, une guimpe, et une robe plissée. Ses mains sont jointes.

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      Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Saint Jean est reconnaissable à son visage imberbe encadré par des cheveux bouclés, et ses pieds nus comme tout apôtre. Il est vêtu d'une robe aux plis cannelés, serrée par une ceinture, et d'un manteau dont le pan droit croise pour se fixer sous le bras gauche. Il tend la paume droite, et tient un livre, attribut commun aux apôtres, ou propre à l'évangéliste et auteur du Livre de l'Apocalypse. 

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      Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      L'ange qui descend des Cieux en tenant le titulus (panneau où sont inscrites les lettres INRI) s'apparente aux anges de sollicitude qui se penchent sur la tête du Crucifié. Comme par exemple sur le calvaire du bourg à Dirinon.

       

      Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      II. LA FACE ORIENTALE. LA PIETÀ.

      Il s'agit d'une Pietà à quatre personnages, la Vierge tenant le corps de son fils étant encadré par saint Jean et par Marie-Madeleine.

      On la comparera d'abord à la Pietà à deux personnages du Porche des Apôtres.

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      Face orientale du calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Face orientale du calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Face orientale du calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Face orientale du calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Face orientale du calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Face orientale du calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Face orientale du calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Face orientale du calvaire du cimetière de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      SOURCES ET LIENS.

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      — ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1906, “Daoulas,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 5 juin 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/328.

      http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1f623d8ab53c290b419d50f8f5da88aa.pdf

       

      — CASTEL (Yves-Pascal) 11 août 1979 Mieux connaître l'abbaye de Daoulas

      http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5706ec4151340cdb93120029fde046d9.jpg

      — CASTEL (Yves-Pascal) 1996, "Monuments et objets d'art du Finistère (année 1995) : Daoulas, Porche du cimetière, la statue de saint Cler", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère (125, p. 148-149)

      — COUFFON (René), 1988, Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

      http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/b7a5a075dd70315bdc8d13759ebc81e4.pdf

       

      COURCY (Pol de), 1867, Bretagne contemporaine, Finistère, p. 96, Nantes, Charpentier, in-f°, 1867

      — LÉCUREUX (Lucien), 1919, église abbatiale de Daoulas, Congrès archéologique de France page 20

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f53.vertical

      — PINSON (Chanoine Louis), 1696, Histoire de l'abbaye de Daoulas, par un chanoine de cet abbaye, manuscrit recopié au début du XIXe siècle et publié par PEYRON (Chanoine) 1897 Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 49-70, 197-231, 241-256 et 425-440.

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207639m/f327.image.r=SOCIETE%20ARCHEOLOGIQUE%20DU%20FINISTERE

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207639m/f283.item.r=SOCIETE%20ARCHEOLOGIQUE%20DU%20FINISTERE

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207639m/f327.item.r=SOCIETE%20ARCHEOLOGIQUE%20DU%20FINISTERE

      — http://site.erin.free.fr/Bretagne/Finistere/Daoulas.htm#PorcheApotres

      — http://www.infobretagne.com/abbaye_de_daoulas.htm

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      Published by jean-yves cordier - dans Daoulas Calvaires
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      4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 20:20

      Sculpture sur pierre de l'Abbaye de Daoulas.  I. Le Porche aux Apôtres (vers 1560-1566).

       

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      Voir sur Daoulas :

       

       

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      Voir les porches du Finistère du XV au XVIIe siècle : 

       

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      PRÉSENTATION.

      Un pêle-mêle de copier-coller.

      L'église abbatiale Notre-Dame (1167) a été restaurée aux XVIe et XIXe siècles. L'édifice primitif a été commencé en 1167 et consacré le 12 septembre 1232. L'église a connu par la suite plusieurs transformations, notamment la reconstruction, entre 1520 et 1535, sous l'abbatiat de Charles Jégou, du transept, d'un clocher et d'un choeur détruits vers 1830. L'église actuelle n'est donc qu'une partie de l'ancien édifice, dont on a supprimé le chœur et le transept sud. Une importante campagne de travaux a été menée jusqu'en 1880 par l'architecte Bigot . Seuls la façade occidentale avec son porche roman, le mur nord et l'intérieur de la nef à sept travées avec bas-côtés subsistent de l'édifice primitif (1167-1173).

      Le porche aux apôtres, édifié pour l'abbé Jean Le Prédour près de transept coté sud, date de 1560 : il a été déplacé en 1880 par l'architecte Bigot à une des extrémité du cimetière, où il sert à la fois d'arc de triomphe et de campanile. A l'intérieur, de chaque côté du porche, sont des niches (séparées par des pilastres et décorées de coquilles et galons plats) contenant les statues des douze Apôtres (la statue de saint Pierre porte la date de 1560). Les arcades datent de 1173-1881. Au revers du porche, se trouvent quelques statues anciennes en kersanton dont saint Riec (1447), la Vierge-Mère, saint Augustin, Annonciation et une Pietà. A noter que saint Riec, fils d'Elorn, seigneur de la Roche-Maurice, fut à Landévennec un des disciples de saint Guénolé.

      En 1867, avant l'intervention de Bigot, Pol de Courcy décrivait ce porche ainsi :

      « Un joli porche de la Renaissance a été ajouté le long du collatéral sud. Son arcade, en anse de panier, est surmontée des armes timbrées d'une crosse de l'abbé Jean Prédour, abbé en 1550 et mort en 1573 ; la Vierge, saint Augustin, un cœur à la main, et deux anges, agenouillés sur des consoles, ornent l'extérieur de ce porche dont les parois intérieures sont garnies de niches contenant les statues des apôtres avec la date de 1566. Les voussures des portes du fond sont remplies de feuilles de vigne ; les colonnes sont cannelées en spirale, et la scène de la Nativité remplit le tympan de l'ogive. Tous ces charmants détails sont exécutés en kersanton»

       

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      I. LA FAÇADE OCCIDENTALE. 

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      La façade ouest est celle qui se présente au visiteur venant de l'extérieur. Celui-ci découvre la grande arcade surbaissée sous laquelle il devra passer, alors que se détache dans l'obscurité du porche les deux portes en anse de panier qui donnent accès au cimetière, mais qui, jadis, ouvraient sur le bas-coté sud de l'église.

      Cette arcade est encadrée successivement, de dedans en dehors,  par des piédroits dépourvus d'ornementation, puis rythmé par deux colonnes jumelles torsadées, par des contreforts accueillant les deux statues d'un groupe de l'Annonciation. Sur les cotés de ces contreforts, il devine deux autres statues placées dans des niches.

      Les piédroits se prolongent par trois voussures où six anges se sont posés, et cette arcade ogivale encadre, dans le  tympan, une Nativité disposée sur trois consoles.

      J'ai ainsi déroulé le programme des sculptures qu'il nous reste à découvrir, en nous rapprochant.  

       

       

      Façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      A. LE TYMPAN.

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      La Nativité.

      Comparer aussi ce tympan avec celui de la Basilique du Folgoët (1423-1433), du  porche sud de La Martyre (1450-1468), par l'atelier du  Folgoët (image lavieb-aile),  et avec celui de Pencran. Le plus petit dénominateur commun de ces Nativités est bien le groupe de l'âne et du bœuf, représentés frontalement, comme s'ils transperçaient la muraille. 

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      Tympan de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Tympan de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Saint Joseph à droite de la crèche.

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      Ce Joseph de Daoulas, assis bien droit, est remarquable par son aspect de riche bourgeois de la seconde moitié du XVIe siècle, avec ses cheveux peignés, sa barbe soignée, son chapeau de feutre typique des années 1560-1580, son manteau soigneusement fermé par une série de boutons, ses manches bouffantes, et le hiératisme de sa posture ou de ses traits. Curieusement (c'est inhabituel pour l'époux de Marie), il tient un livre dans la main gauche. Le bâton tenu dans la main droite est par contre l'un des éléments d'identification. Notez les yeux aux paupières ourlées.

       

      Comparez au Joseph très différent de la Nativité de La Martyre :

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      Saint Joseph, kersanton, tympan de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Saint Joseph, kersanton, tympan de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Marie est agenouillée devant son enfant.

       

      La Vierge, kersanton,  tympan de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      La Vierge, kersanton, tympan de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      L'Enfant-Jésus, l'âne et le bœuf.

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      L'Enfant entre deux anges, l'âne et le bœuf, kersanton, vers 1560,  tympan de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      L'Enfant entre deux anges, l'âne et le bœuf, kersanton, vers 1560, tympan de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Un examen attentif montre que l'Enfant-Jésus tient dans sa main une sphère (globe terrestre) alors qu'il lève la main droite dans un geste de bénédiction. Il est couché sur la paille, au centre de rayons lumineux stylisés par des lignes triangulaires. Cette représentation n'est pas éloignée de celle de la Nativité du Calvaire monumental de Plougonven sculpté par Bastien et Henry Prigent en 1554, guère plus de dix ans avant ce porche.

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      L'Enfant entre deux anges, kersanton, vers 1560,  tympan de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      L'Enfant entre deux anges, kersanton, vers 1560, tympan de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      L'âne et le bœuf sont reliés ensemble par une corde. L'âne porte un licol complet, avec sa têtière derrière les oreilles,  sa frontale ... sur le front, et sa muserolle sur le chanfrein du ... museau. La longe ...longe le coté droit de la tête. Le bœuf ne semble pas avoir besoin de la muserolle.

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      L'âne et le bœuf, kersanton, vers 1560,  tympan de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      L'âne et le bœuf, kersanton, vers 1560, tympan de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Console de la crèche de la Nativité.

      Selon Couffon, il s'agit d' "Adam chassé du Paradis". Mais en toute logique, ce sont des anges qui devraient alors se charger de cette sanction, armés de glaives. Ici, nous voyons deux hommes nus, armés de gourdins ; l'homme de gauche nous tire la langue. Quand au personnage central, nu également, barbu, il a la bouche ouverte, sous l'effet du plaisir qu'il se donne. Malgré tout le respect que je dois au lecteur, nous sommes ici dans l'obscène, dans le registre marginal qui est loin d'être rare sur les corniches, les culots, les gargouilles et les crossettes ou sur les miséricordes des stalles, en contrepoint des représentations sacrées. Mais, comme dans La Lettre volée, ce qui devrait nous crever les yeux est escamoté par les parti-pris de notre regard.

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       "Adam chassé du Paradis", kersanton, Console de la crèche de la Nativité,  tympan de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      "Adam chassé du Paradis", kersanton, Console de la crèche de la Nativité, tympan de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      B. LES ANGES DES VOUSSURES DE L'ARCADE.

       

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      Ange orant, kersanton, arcade ogivale de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Ange orant, kersanton, arcade ogivale de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Ange thuriféraire, kersanton,  arcade ogivale de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Ange thuriféraire, kersanton, arcade ogivale de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Ange orant, kersanton, arcade ogivale de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Ange orant, kersanton, arcade ogivale de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Ange orant, kersanton, arcade ogivale de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Ange orant, kersanton, arcade ogivale de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Ange thuriféraire, kersanton,  arcade ogivale de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Ange thuriféraire, kersanton, arcade ogivale de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Ange orant, kersanton, arcade ogivale de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Ange orant, kersanton, arcade ogivale de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Anges orants, kersanton,  arcade ogivale de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Anges orants, kersanton, arcade ogivale de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      C. LES STATUES DES CONTREFORTS.

      1°) L'ANNONCIATION.

      Ces Annonciations en deux éléments en ronde-bosse, la Vierge d'un coté agenouillée en prière devant un lutrin, avec un lys devant elle, et l'ange Gabriel  , souvent disposés de part et d'autre d'une ouverture, se retrouvent fréquemment dans le Finistère :

      Sur le tympan intérieur du porche de Rumengol.

      Sur l'arc triomphal  de La Martyre 

      De chaque coté de la baie de l'église du Folgoët

      Ici, le même bloc de pierre est taillé pour représenter la Vierge, son lutrin, et le vase avec son lys. La main droite fait un geste de salutation ou d'acceptation, la main gauche tient le livre de prière. Ces parties, comme le buste, la robe et sa ceinture, sont assez grossièrement réalisées. Le visage, carré, est plus fin, avec son front épilé, ses sourcils bien marqués, ses yeux aux paupières ourlées, le nez fin, les lèvres charnues et le petit menton.

      Les cheveux descendent en torsades bouclées de chaque coté avant d'être rassemblées par un bandeau qui passe derrière la nuque, selon cette mode caractéristique dont j'ai mainte fois relevé la présence dans ce blog, sous le quolibet de "chouchou". C'est lui que nous avons déjà remarqué en la Vierge de la Nativité, et que nous retrouverons sur la Vierge à l'Enfant du contrefort droit.

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      La Vierge, kersanton, groupe de l'Annonciation, contrefort gauche de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      La Vierge, kersanton, groupe de l'Annonciation, contrefort gauche de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      La Vierge, kersanton, groupe de l'Annonciation, contrefort gauche de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      La Vierge, kersanton, groupe de l'Annonciation, contrefort gauche de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      La Vierge,kersanton,  groupe de l'Annonciation, contrefort gauche de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      La Vierge,kersanton, groupe de l'Annonciation, contrefort gauche de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      L'ange Gabriel, kersanton. 

      Il tient un objet (fleur, phylactère) brisé dans la main gauche. Les caractères stylistiques de l'auteur de la Vierge se retrouvent ici, avec le contraste entre la main droite potelée et la finesse du visage rond, aux narines puissantes, à la bouche charnue, et au regard franc et calme.

      L'ange Gabriel, kersanton, groupe de l'Annonciation, contrefort droit de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      L'ange Gabriel, kersanton, groupe de l'Annonciation, contrefort droit de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Culot de la statue précédente, kersanton, contrefort droit de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Culot de la statue précédente, kersanton, contrefort droit de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      2°) LES STATUES LATÉRALES DES CONTREFORTS.

       

      "les contreforts sont ornés de niches aux coquilles Renaissance et gallons enroulés ainsi qu'à Landivisiau." (Couffon)

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      Contrefort gauche : un évêque. Saint Augustin tenant son cœur ? 

      Cette identification est fondée d'une part sur la représentation habituelle d'Augustin, évêque d'Hippone, tenant son cœur enflammé, et d'autre part  sur le fait que le monastère initial de Daoulas a laissé place à  une abbaye de chanoines réguliers de Saint-Augustin, fondée vers 1167-1173. 

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      Saint Augustin tenant son cœur, kersanton, contrefort gauche de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Saint Augustin tenant son cœur, kersanton, contrefort gauche de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Saint évêque, contrefort gauche de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Saint évêque, contrefort gauche de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Contrefort droit : la Vierge à l'Enfant.

      La Vierge est couronnée, elle porte le même bandeau de cheveu derrière la nuque que sur les autres statues, elle fait de la main droite un geste bienveillant. La robe, serrée par une ceinture, fait retour sur le bras gauche.

      L'Enfant, assis de profil sur le bras gauche, est représenté en Sauveur, bénissant et tenant un globe. 

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      Vierge à l'Enfant, kersanton, contrefort droit de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Vierge à l'Enfant, kersanton, contrefort droit de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      La console : vieillard caressant sa barbe.

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      Vieillard caressant sa barbe, console de la Vierge à l'Enfant, kersanton, contrefort droit de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Vieillard caressant sa barbe, console de la Vierge à l'Enfant, kersanton, contrefort droit de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Vieillard caressant sa barbe, console de la Vierge à l'Enfant, kersanton, contrefort droit de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Vieillard caressant sa barbe, console de la Vierge à l'Enfant, kersanton, contrefort droit de la façade occidentale du Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      II. L'INTÉRIEUR DU PORCHE.

      Sous le porche, tout est englobé dans une atmosphère grisâtre ou verdâtre, aux formes diluées par l'obscurité : d'où ces photographies approximatives.

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      A. LES APÔTRES.

      Ils tiennent tous un livre (cf le Livre des Apôtres), un phylactère (où était peint l'article du Symbole des Apôtres qui leur est propre), et un attribut. Les statues prennent place dans des niches à coquilles, globalement identiques, au dessus de culots sculptés de motifs floraux, de masques, de personnages, ou d'un ange. Six d'entre elles portent à leur base  un écu, muet. 

      Les six apôtres de droite.

      De gauche à droite : Pierre, André, Jacques le Majeur, Jean, Jude Thaddée (lance), ? (bâton de foulon ? hampe ?).

       

       

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      Les six apôtres de droite, Porche des Apôtres, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Les six apôtres de droite, Porche des Apôtres, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Saint Pierre et sa clef. 

      Le chronogramme 1566 est inscrit sur sa base.

      Sculpture sur pierre de l'Abbaye de Daoulas. I. Le Porche aux Apôtres (1566).

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      Sculpture sur pierre de l'Abbaye de Daoulas. I. Le Porche aux Apôtres (1566).

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      Saint André et sa croix en X.

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      Sculpture sur pierre de l'Abbaye de Daoulas. I. Le Porche aux Apôtres (1566).

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      Saint Jacques le Majeur en tenue de pèlerin de Compostelle.

       Notez le baudrier à coquilles, comme au Folgoët.

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      Sculpture sur pierre de l'Abbaye de Daoulas. I. Le Porche aux Apôtres (1566).

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      Saint Jean et la coupe de poison.

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      Sculpture sur pierre de l'Abbaye de Daoulas. I. Le Porche aux Apôtres (1566).

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      Un apôtre tenant une lance : Jude Thaddée ?

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      cinquième apôtre, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      cinquième apôtre, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Un apôtre tenant la hampe d'un attribut. Saint Philippe tenant la croix ?

      Sculpture sur pierre de l'Abbaye de Daoulas. I. Le Porche aux Apôtres (1566).

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      Les six apôtres du coté gauche.

      De gauche à droite :

      Barthélémy (coutelas), Matthieu (balance), Philippe ou Jacques le Mineur (hampe de la croix, ou bâton de foulon), Mathias ou Jude (couteau), Simon (scie), Thomas (équerre). 

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      Les six apôtres de gauche, Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Les six apôtres de gauche, Porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Diaporama des six apôtres.

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      Les six apôtres de la gauche du porche, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.
      Les six apôtres de la gauche du porche, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.
      Les six apôtres de la gauche du porche, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.
      Les six apôtres de la gauche du porche, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.
      Les six apôtres de la gauche du porche, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.
      Les six apôtres de la gauche du porche, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Les six apôtres de la gauche du porche, ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Saint Barthélémy avec son coutelas de dépeçage (?).

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      Sculpture sur pierre de l'Abbaye de Daoulas. I. Le Porche aux Apôtres (1566).

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      Saint Matthieu et sa balance de percepteur d'impôts.

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      Sculpture sur pierre de l'Abbaye de Daoulas. I. Le Porche aux Apôtres (1566).

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      Saint Philippe et sa croix à grande hampe ? Ou saint Jacques le mineur avec son bâton de foulon ?

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      Sculpture sur pierre de l'Abbaye de Daoulas. I. Le Porche aux Apôtres (1566).

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      Saint Mathias tenant un glaive.

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      Sculpture sur pierre de l'Abbaye de Daoulas. I. Le Porche aux Apôtres (1566).

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      Saint Simon avec sa scie.

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      Sculpture sur pierre de l'Abbaye de Daoulas. I. Le Porche aux Apôtres (1566).

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      Saint Thomas et son équerre.

       

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      Saint Thomas.

      Saint Thomas.

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      Le Christ Sauveur. 

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      Dans une niche à coquille exactement semblable à ceux des Apôtres, et sous un dais à fleurons identique mais coiffé d'un écu et et d'une mitre (?), se trouve la statue d'un personnage barbu, la main droite traçant une bénédiction, et la main gauche portant le globe terrestre. Ses pieds sont nus, son genou gauche légèrement fléchi. Comme ses Apôtres, il est vêtu d'une tunique longue, bouffante à la taille, plissée aux manches et sous la ceinture, avec une courte fente sous le col, fermée par un bouton. Son emplacement qui domine les 12 Apôtres, et ses caractéristiques font de lui un Christ Sauveur du Monde.

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      Christ Sauveur, kersanton, v.1560, Porche des Apôtres,Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Christ Sauveur, kersanton, v.1560, Porche des Apôtres,Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      B. Les consoles des statues d'apôtres.

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      L'une des consoles : personnage lissant sa barbe, ou désignant de l'index gauche.

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      Console du porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Console du porche des Apôtres, Abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Autres consoles : masques.

      Notez les paupières ourlées. Le nez est pyramidal, car les ailes narinaires sont généreuses ; les vestibules sont très apparents, comme vus en contre-plongée (dans l'idéal, l'orifice des narines doit être finement visible "à la manière d'une aile de mouette en vol"). 

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      Console du porche des Apôtres, ancienne Abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Console du porche des Apôtres, ancienne Abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Console du porche des Apôtres, ancienne Abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Console du porche des Apôtres, ancienne Abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Console du porche des Apôtres, ancienne Abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Console du porche des Apôtres, ancienne Abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Ange orant.

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      Console du porche des Apôtres, ancienne Abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Console du porche des Apôtres, ancienne Abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      C. Les piédroits et voussures du porche intérieur.

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      Les animaux de la base des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Les animaux de la base des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Les animaux de la base des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Les animaux de la base des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Les animaux de la base des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Les animaux de la base des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Les animaux de la base des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Les animaux de la base des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      La vigne  des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      La vigne des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      La vigne  des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      La vigne des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      La vigne  des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      La vigne des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Les petits vignerons   des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Les petits vignerons des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Les petits vignerons   des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Les petits vignerons des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Les petits vignerons   des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Les petits vignerons des piédroits du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Les personnages des sommets des arcs d'ogive.

      Pas faciles à photographier dans l'obscurité, et à contre-jour ! On en trouve trois exemples. Ils ont le visage poupins de jeunes garçons, et tiennent les tiges des rinceaux de vigne, à feuilles trifides. Les sourcils sont marqués, soulignant le volume des paupières aux contours ourlés. Les yeux sont en amande. Les cheveux sont soit bouclés, soit peignés en deux mêches latérales. 

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      Personnage du sommet des voussures du porche intérieur de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Personnage du sommet des voussures du porche intérieur de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Personnage du sommet des voussures du porche intérieur de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Personnage du sommet des voussures du porche intérieur de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      Personnage du sommet des voussures du porche intérieur de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Personnage du sommet des voussures du porche intérieur de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      C. Le bénitier du trumeau. Kersanton.

      Sa cuve à godrons, surmontée d'une partie concave décorée d'une frise de feuilles, ne manque pas de ressemblance avec celle du bénitier du porche de Landivisiau, ou même avec celle du bénitier du porche de La Martyre,par le Maître de Plougastel, ou encore du bénitier de Lampaul-Guimiliau.

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      Porche de landivisiau :

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

       

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      Le bénitier (vers 1560) du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Le bénitier (vers 1560) du porche intérieur de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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       III. LA FAÇADE ORIENTALE. 

      Le mur de pierre du XIXe qui forme le revers du porche-clocher est orné de trois sculptures en kersanton posées sur des consoles. .

       

       

       

      Revers  du porche-clocher de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Revers du porche-clocher de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      La Pietà. Kersanton. 

      C'est à mon sens la plus belle pièce de ce porche.

      Le thème est bien-sûr très fréquent depuis le XIVe siècle dans la sculpture de Basse-Bretagne et le l'ai décrit  :

      Au Folgoët à l'intérieur de la Basilique

      Au Folgoët sur le Calvaire, atelier Prigent, kersanton polychrome, 

      Au Folgoët dans le jardin du Musée,

      A Rumengol, avec saint Jean.

      A Saint-Nic, intérieur de l'église, atelier Prigent, kersanton polychrome, groupe de cinq personnages.

      A Dinéault, sur le Calvaire, atelier Prigent

      A Sizun, sur le pelouse du placître : il s'agit alors d'une Déploration. par G. Palut 1532,

      à Plougonven

      à Saint-Herbot, en tuffeau, avec deux anges

      dans la chapelle Sainte-Anne de Daoulas,

      etc, etc.

      Mais Yves-Pascal Castel en a dressé un inventaire de 200 exemples dans un article mis en ligne sur le site de la Société Archéologique du Finistère : http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_pieta

      La Pietà du porche de Daoulas est particulièrement remarquable, mais je n'ai pu en trouver nulle part une description, et elle est absente du remarquable ouvrage d'E. Le Seac'h sur la Sculpture sur pierre en Basse-Bretagne. On ne peut l'attribuer aux deux frères Prigent (pas de larmes visibles), ni à Roland Doré.

      Parmi les Pietà à deux personnages, en kersanton, (ce qui limite considérablement la liste des 200 Piétà finistériennes de Castel), elle se distingue par le voile dessinant un trapèze autour du sommet de la tête, et qui recouvre une petite coiffe, et par l'absence de guimpe, puisque la gorge est nue au dessus d'une encolure arrondie. Le visage grave, hiératique, les yeux en amande mais non ourlés, le nez fin ne s'évasant que pour dessiner la pyramide adoucie des narines pourraient évoquer le style du Maître de Plougastel, actif de 1570 à 1621, mais E. Le Seac'h, qui en a dressé le catalogue, n'en parle pas. Le buste est lisse, le volume de la poitrine est très discret, alors que les manches s'animent de plis ronds et d'un revers sur le poignet, dévoilant — très sagement —une chemise de dentelle. On ne voit pas l'éventuelle ceinture ; la robe va suivre, essentiellement, les volumes des deux genoux, dont le rôle est essentiel puisque ce sont eux qui soutiennent le corps du Christ. Le genou droit est fléchi à angle droit (la Vierge est assise), laissant apparaître la chaussure ; c'est lui qui soutient le tronc et les épaules.  Le genou gauche, reculé et écarté, et donc plus bas, soutient les cuisses. Ainsi, le plissé forme un grand mouvement d'étoffe oblique qui descend vers  les pieds du Fils pour les isoler du sol.

      Le corps du Christ, — visage calme, barbe peignée, moustache bouclée, côtes droites, pagne court noué, plaies peu visibles — forme un arc concave harmonieux, ce qui participe à conférer à la scène une douceur recueillie dépourvue de tout expressionnisme. La Mère tient son fils sous l'épaule droite, alors qu'elle a posé sa main gauche sur l'abdomen.

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      Pietà, kersanton, XVIe, revers du porche-clocher de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Pietà, kersanton, XVIe, revers du porche-clocher de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Pietà, kersanton, XVIe, revers du porche-clocher de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Pietà, kersanton, XVIe, revers du porche-clocher de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Pietà, kersanton, XVIe, revers du porche-clocher de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Pietà, kersanton, XVIe, revers du porche-clocher de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Pietà, kersanton, XVIe, revers du porche-clocher de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Pietà, kersanton, XVIe, revers du porche-clocher de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Statue de saint CLER. Kersanton. 
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      Saint Clair, Confesseur du IVe siècle, aurait été le premier évêque de Nantes à qui il aurait apporté de Rome le clou du crucifiement de saint Pierre. A cause de son nom, il passait pour guérir les maladies des yeux. 

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      Statue de saint Cler, kersanton, XVIe, revers du porche-clocher de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Statue de saint Cler, kersanton, XVIe, revers du porche-clocher de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Statue de saint Cler, kersanton, XVIe, revers du porche-clocher de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Statue de saint Cler, kersanton, XVIe, revers du porche-clocher de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Cette statue porte deux inscriptions : sur le mor de chape :"S : CLER", et sur le socle, selon Y-P. Castel citant L. Pinson " A°:D : 1542 "(Anno Domini 1542) .

      Dans sa description de 1696, le chanoine Louis Pinson mentionne la présence de cette statue et de la Pietà dans la "chapelle de Notre-Dame-de-Pitié" de l'abbatiale et il en relève l'inscription : "Il y a de plus, aussy en pierre, une Notre-Dame-de Pitié et un saint Clair en habits pontificaux ; au bas de la figure de saint Clair est gravé : anno d. 1542."

      Pour ma part, je lis, en lettres minuscules : Æ : O : IH47, ou bien 1H43 ou IH42.

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      Statue de saint Cler, kersanton, XVIe, revers du porche-clocher de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

      Statue de saint Cler, kersanton, XVIe, revers du porche-clocher de l'ancienne abbatiale de Daoulas, photographie lavieb-aile juin 2017.

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      Évêque ou Père Abbé. Kersanton.

      Mitré, tenant le bâton pastoral dont la crosse est tournée vers l'extérieur dans la main droite, et un livre. Le crosseron est feuillagé en quatre volutes. 

      Notez les paupières ourlées, et les pupilles percées (comme chez Roland Doré).

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      Statue d'évêque, kersanton,  revers du porche-clocher de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

      Statue d'évêque, kersanton, revers du porche-clocher de l'abbaye de Daoulas, photographie lavieb-aile février 2017.

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      SOURCES ET LIENS.

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      — ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1906, “Daoulas,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 5 juin 2017, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/328.

      http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1f623d8ab53c290b419d50f8f5da88aa.pdf

      "A la fin du XVe siècle, on construisit un porche près du transept côté du Midi, non loin duquel se trouvaient les fonts baptismaux. Lors de la réparation de cette partie de l'église, ce porche fut reconstruit à une des extrémité du cimetière, où il sert à la fois d'arc de triomphe et de campanile. Il s'ouvre sur un côté par une arcade surbaissée surmontée d'un tympan qu'encadre une arcade ogivale L'autre côté est percé de deux portes jumelles en anse de panier. C'est un travail de la Renaissance, correspondant aux porches de Pencran et de Landivisiau, à la porte latérale de la Roche et au portail Ouest de Rumengol. Le socle de la statue de saint Pierre porte la date de 1566, mais le porche lui-même pourrait être antérieur de quelques années. La grande arcade d'entrée et les deux portes intérieures ont conservé dans leur encadrement tous les détails de la période flamboyante ; mais en dehors de là la plupart des motifs d'ornementation rappellent la Renaissance, particulièrement dans le bénitier, les niches des Apôtres et le couronnement des portes jumelles. Le tympan de l'entrée reproduit la scène de la Nativité de l'Enfant Jésus, sujet traité avec tant de grâce et de naïveté dans les porches de Pencran et de La Martyre."

       

      — CASTEL (Yves-Pascal) 11 août 1979 Mieux connaître l'abbaye de Daoulas

      http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/5706ec4151340cdb93120029fde046d9.jpg

      — CASTEL (Yves-Pascal) 1996, "Monuments et objets d'art du Finistère (année 1995) : Daoulas, Porche du cimetière, la statue de saint Cler",  Bulletin de la Société Archéologique du Finistère (125, p. 148-149)

      — COUFFON (René), 1988, Notice extraite de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, par René Couffon, Alfred Le Bars, Quimper, Association diocésaine, 1988.

      http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/b7a5a075dd70315bdc8d13759ebc81e4.pdf

      "Dans l'enclos, ancien porche. Il date du XVe siècle Il a gardé d'un côté les deux portes jumelles en anse de panier et, de l'autre, la porte extérieure dont l'arcade surbaissée est surmontée d'un tympan. Dans ce tympan, groupe de la Nativité en haut-relief ; dessous, Adam chassé du paradis ; au contrefort d'angle groupe de l'Annonciation, la vierge à gauche, l'ange à droite. Contre ces contreforts deux autres statues en kersanton : Vierge à l'enfant et saint Augustin tenant son coeur. Les voussures, à bases prismatiques, de l'arcade, sont profondément moulurées et décorées d'anges thuriféraires. Les colonnes extérieures sont torses ; les contreforts sont ornés de niches aux coquilles Renaissance et gallons enroulés ainsi qu'à Landivisiau.  A l'intérieur, les niches abritant les statues des Apôtres sont séparées par des pilastres et décorées de coquilles et gallons plats. La statue de saint Pierre porte la date de 1566. Au-dessus du trumeau à bénitier, statue en pierre du Christ Sauveur. Au revers, côté cimetière, on a placé des statues anciennes en kersanton : Pietà, saint Augustin (?), et saint portant l'inscription : "S. RIEC" et la date de 1447.

       

      COURCY (Pol de), 1867, Bretagne contemporaine, Finistère, p. 96, Nantes, Charpentier, in-f°, 1867

      — LÉCUREUX (Lucien), 1919, église abbatiale de Daoulas, Congrès archéologique de France page 20

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35688p/f53.vertical

      — PINSON (Chanoine Louis), 1696, Histoire de l'abbaye de Daoulas, par un chanoine de cet abbaye, manuscrit recopié au début du XIXe siècle et publié par PEYRON (Chanoine) 1897 Bulletin de la Société archéologique du Finistère pages 49-70, 197-231, 241-256 et 425-440.

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207639m/f327.image.r=SOCIETE%20ARCHEOLOGIQUE%20DU%20FINISTERE

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207639m/f283.item.r=SOCIETE%20ARCHEOLOGIQUE%20DU%20FINISTERE

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207639m/f327.item.r=SOCIETE%20ARCHEOLOGIQUE%20DU%20FINISTERE

      — http://site.erin.free.fr/Bretagne/Finistere/Daoulas.htm#PorcheApotres

      — http://www.infobretagne.com/abbaye_de_daoulas.htm

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      Published by jean-yves cordier - dans Daoulas
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      4 juin 2017 7 04 /06 /juin /2017 20:00

      Pollicipes pollicipes, Ave !

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      En guise de détente pour le rédacteur, et pour le lecteur.

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      Policipes policipes Gmelin, 1789. Photographie lavieb-aile.

      Policipes policipes Gmelin, 1789. Photographie lavieb-aile.

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      Policipes policipes Gmelin, 1789. Photographie lavieb-aile.

      Policipes policipes Gmelin, 1789. Photographie lavieb-aile.

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      2 juin 2017 5 02 /06 /juin /2017 11:09

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      LA CHEVÊCHE ET LA PIPÉE DANS LA LITTÉRATURE.

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      Alors que l'un des points de départ de ma recherche iconographique est, dans le n° 105 de sa revue La Hulotte, la description par Pierre Deom de la façon dont la Chevêche, de mœurs partiellement diurnes, est houspillée par les passereaux lorsqu'elle se pose sur un poteau ou une branche, et de la manière dont les chasseurs ont profité de cette antipathie des oiseaux diurnes envers ce rapace pour le placer en appât et les attraper grâce à de grandes pinces à linges nommées brais ou breulles ou surtout à la pipée (avec appeaux et gluaux), néanmoins,  les textes anciens que j'ai explorés parlent de l'utilisation d'une chouette ou d'un chat huant, sans que le nom spécifique de Chevêche ne soit cité. Car on trouve plutôt les termes de chouette, chuette, chat-huant, chahuan. 

      Certes, Noël Chomel dans la description de la chasse à la pipée de son Dictionnaire oeconomique de 1709 (cf ma troisième partie), et particulièrement de l'utilisation de la feuille de gramen pour piper, écrit : "le bruit qui se fait de cette manière contrefait le cri de la cheveche qui est la femelle du hibou". 

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      On peut reculer la date de l'apparition de cette mention de la chevêche lors de la chasse lorsqu'on découvre que Noël Chomel a en réalité copié les Ruses Innocentes dans lesquelles se voit comment on prend les oiseaux.  page 110  de François Fortin, paru en 1688 : Instruction pour une chasse divertissante qu'on appelle  la pipée Ce qui ne change pas radicalement les choses, mais, accessoirement, qui nous donne accès à la description de la feuille d'herbe  de  la Planche 10 figure 9 . "Il faut prendre une fueille, et la tenir avec le pouce, et le premier doigt de chaque main par les deux bouts, a, b, et mettre le bord c entre les deux lèvres jusqu'à la moitié de la largeur, puis en pressant les lèvres l'une contre l'autre, souffler délicatement et contrefaire le cri de la cheveche, qui est la femelle du hibou". On trouvera dans la figure 26 de la Planche 9 le dessin de la feuille de lierre pliée et percée. 

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      Pour trouver mention plus précoce dans notre littérature du nom Chevêche, il faut plutôt rechercher la graphie  CHEUECHE. 

      Le nom Cheueve [Cheveche] est cité par Robert Estienne dans son Dictionarium cum gallica fere interpretatione de 1531 en traduction du nom VLVLA , puis inversement, il est cité dans son Dictionnaire françois-latin de 1539 page 88 :

      CHEUECHE : Une Cheueche, Vlula. Une cheueche ou fresaye, ou selon aucuns ung hibou, Strix.  

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      En 1546, ce nom est employé par Clément Marot pour désigner l'animal emblématique de Minerve Athéna :

      De Minerua la garde reculee / Et pour auoir este mal taciturne / Va deuant moy la Cheueve nocturne,

      et, plus loin

       Quand Nycthimène estant par son gref vice faicte cheueche a eu tant de bonheur / Qu'elle succède à mon premier honneur.. (Livre II, De la métamorphose d'Ovide, Fable VIII.)

      Dans ce passage, la corneille (cornix) raconte son histoire : fille du roi Coroneus de Phocide, elle inspira à Neptune une violente passion ; mais pour lui permettre d'échapper à la poursuite du dieu, Minerve la métamorphosa en corneille et fit d'elle sa fidèle suivante ; elle fut pourtant détrônée par Nyctimène. Voir Ovide 2, 566-597.

      C'est cette Nyctimène qui concerne ma recherche, puis que dans la mythologie grecque, et pour Ovide, elle est la fille du roi de Lesbos qui la viola. Elle alla se cacher dans une forêt où elle fut prise en pitié par Athéna, qui la transforma en chouette. Autrement dit, Nycthimène, c'est la Chevêche d'Athéna :

      "N'as-tu donc pas entendu cette histoire, connue de tout Lesbos, disant que Nyctimène a souillé la couche paternelle ? Elle est oiseau sans doute, mais consciente de sa faute, elle fuit les regards et la lumière, dans les ténèbres, elle cache sa honte, chassée par tous du royaume de l'éther." (Ovide II 591-595)

      La dernière partie de la phrase témoigne de l'hostilité des oiseaux diurnes pour la chouette : en latin  et a cunctis expellitur aethere toto. Et Clément Marot est plus explicite en traduisant : 

      Ou s'on la voit, tous les autres l'agassent,

      Et hors de l'air de tous costés la chassent.

      Rabelais cite Nyctimène dans le début de l'Isle Sonnante parmi les oiseaux issus de métamorphose d'héroïnes ou héros, avec  Procné (rossignol ou hirondelle), Ithys (chardonneret, ou ramier),  Antigone (en cigogne) Alcmène (pour Alcyone, transformé en alcyon, Téreus ( huppe), comme autant d'exemples rendant parfaitement plausible l'existence, sur l'Ile Sonnante, d'oiseaux qui étaient jadis des Siticines, ces chanteurs et joueurs d'instruments sur le tombeau des morts. . 

      La Chevêche est décrite en 1555 par Pierre Belon du Mans dans son Histoire de la nature des oiseaux chapitre XXXIII : Des deux manières de Chevêches (Des deux maniëres de cheueuche). Mais il ne mentionne pas la chasse qu'elle autorise, ni l'animosité des oiseaux à son égard.

       

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      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8608302w/f175.item.zoom

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8608302w/f175.item.zoom

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      L'ISLE SONNANTE DE RABELAIS (1562).

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      Dès 1534 puis dans l'édition de 1542  Rabelais, dans son Gargantua, avait cité dans sa fameuse liste des 215 jeux comment le géant joue  "au hibou", puis "à la chevêche" ou plus exactement "au hybou" et "a la cheueche". Voir sur Gallica RES-Y2-2126 folio 80 pour l'édition de 1534, RES-Y2-2130 pour l'édition de 1535 chez  Juste, etc. 

      Pour trouver une allusion à la chasse à la pipée associée au nom de la Chevêche, il faut ouvrir le Quint Livre, ou le Cinquième Livre  attribué à François Rabelais et paru en 1564.  Et plus précisément sa première partie, intitulée L'Isle Sonnante. L'ouvrage a pu être conçu en 1550, et l'Isle Sonante est paru en 1562 sous ce titre dans une brochure sans nom de lieu  in-8° de 32 feuillets imprimée à quelques exemplaires. 

      A partir de copies souvent fautives de brouillons rédigés lors de l'écriture du Quart Livre, et   rassemblés par des éditeurs après la mort de Rabelais en 1553, nous disposons de trois états de ce texte : L'Isle Sonnante de 1562, le Cinquiesme et dernier  Livre de 1564, et un Manuscrit non autographe (donc rédigé par un copiste) découvert dans la bibliothèque du roi en 1840 et étudié par Paul Lacroix. Dans les trois cas, la Chevêche est mentionnée dans le chapitre VIII intitulé Comment nous fut montré Papegaut à grande difficulté. L'Université de Tours en propose la lecture en ligne.

       

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      Voici donc ce bref passage dans les deux versions imprimées :

       

       

      "Panurge r'estoit en vehemente contemplation de ce Papegault & de sa compaignie, quand il apperceut au dessoubs une cheuesche, ado[n]c il s’escria en disant: Par la vertu Dieu nous sommes icy pippez a pleines pippes, malequippez. Il y a par Dieu de la pipperie, ripperie, & fripperie tant & plus en ce manoir : regardez là ceste cheuesche. Nous sommes par Dieu assessinez. Parlez bas, dist Editus. Par Dieu ce n’est mye une Cheuesche, c’est un noble cheuecier." (1562)

      "Panurge restoit en contemplation vehemente de Papegaut et de sa compagnie, quand il apperceut au dessouz de sa cage une cheueche : adonc se escria, disant : « Par la vertu Dieu, nous sommes icy bien pippez à plaines pippes, et mal equippez. Il y a, par Dieu, de la pipperie, fripperie et ripperie tant et plus en ce manoir. Regardez-là ceste cheueche : nous sommes, par Dieu, assassinez. - Parlez bas de par Dieu, dist Aeditue; ce n'est mie une cheueche ; il est masle : c'est un noble cheuecier." (1564)

       

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      Commentaire.

      1. Présentation.

      Je débute par un rappel de l'argument de ce Cinquième Livre : Les navigateurs abordent d'abord dans l'île Sonnante (ainsi nommée en raison des cloches qu'on y sonne) et leur guide leur explique que l'île est habitée par des oiseaux en cages :

      "Les cages estoient grandes, riches, somptueuses, & faictes par merveilleuse architecture.

      Les oiseaux estoient grands, beaux &polis à l'avenant, bien resemblans les hommes de ma patrie, beuvoient & mangeoient comme hommes, esmoutissoient comme hommes, pedoient & dormoient & roussinoient comme hommes, brief à les veoir de prime face eussiez dit que fussent hommes, toutesfois ne l'estoient mie, selon l'instruction de maistre Aeditue: mais protestant qu'ils n'estoient ny seculiers ny mondains. Aussi leur pennage nous mettoit en resverie, lequel aucuns avoient tout blanc, autres tout noir, autres tout gris, autres miparti de blanc & noir, autres tout rouge, autres partis de blanc & bleu, c'estoit belle chose de les veoir. Les masles il nommoit Clergaux, Monagaux, Prestregaux, Abbegaux, Evesgaux, Cardingaux, et Papegaut, qui est unique en son espece. Les femelles il nommoit Clergesses, Monagesses, Prestregesses, Abbegesses, Evesgesses, Cardingesses, Papegesses. "

       

       

       

      Nous comprenons que l'Île est une métaphore de l'Église, que les oiseaux en cage figurent les membres du clergé en leur églises, couvents ou palais, et que leurs titres sont construits en ajoutant le suffixe -gaut (féminin -gesse) aux noms français de clerc, moine, prêtre  ou abbé, etc..

      Cette construction trouve sans-doute son origine sur le jeu de mot rapprochant les mots Pape avec celui de Papegaut, (ou Papegault, Papegai ), un  nom désignant en moyen français soit un perroquet, soit un oiseau en carton servant de cible aux tireurs dans le jeu du même nom, soit une girouette. Voir  Godefroy.

      Mais le nom renvoie aussi à Papelart, "faux dévot, hypocrite ", à l'adjectif Papelard,  à Papelardise et à Papelarder, "faire l'hypocrite d'une façon doucereuse". Cette assimilation des prêtres à des oiseaux et ces néologismes créés par Rabelais trouvent donc leur source dans le vocabulaire courant de ses contemporains, mais renvoie immédiatement à l'idée de duplicité : pour l'auteur, le Pape est un perroquet, mais aussi un papelart, qui joue un double jeu. Par le suffixe -gaut accolé aux autres termes, c'est l'ensemble du clergé, c'est l'Église qui est accusée de fausseté.

      La métaphore des oiseaux s'étend avec le parallèle entre leur plumage, et les habits ecclésiastiques , puis entre leur chant, et les chants des moines commandés par les cloches. La colonisation de l'île par les volatiles est comparée à l'entrée en religion, causée selon Rabelais par la famine ("Joursanspain") et la surpopulation ("tropditieux" pour "trop d'iceulx enfants").

      Le suffixe -gaut renvoie à d'autres résonances. La première est, un peu plus loin dans le texte, la description d'un got, dont il se trouve (pour le sujet qui  nous concerne) qu'il s'agit d'un oiseau de proie :

       "Icy pres de vous est cestuy pour veoir si parmy vous recognoistra une magnifique espece de gots, oiseaux de proye terribles, non toutesfois venans au leurre, ne recognoissans le gand, lesquels ils disent estre en vostre monde. Et d'iceux les uns porter jects aux jambes bien beaux & precieux, avec inscription aux vervelles, par laquelle qui mal y pensera, est condamné d'estre soudain conchié".

       D'autre part, Michèle Huchon y lit une allusion aux margaux et aux godets, des oiseaux décrits par Jacques Cartier dans la relation de son voyage de 1534 : "Tout le jeu onomastique de l'Isle Sonante, fondé sur got et gau, proviennent de ces godets et margaux. (Rabelais, Oeuvres complètes, ed. Pléiade, page 1602 et 1627).

      Retenons ceci: le principe de duplicité concerne autant le sens que la forme (les mots), et il faudra s'en souvenir pour interpréter le passage mentionnant la Chevêche.

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      2. La chevêche et la pipée dans l'Isle Sonante.

      Dans les quatre phrases de notre passage, l'auteur montre Panurge qui aperçoit, sous  la cage du Papegaut (en soubassement du palais du Pape, le Vatican), une chevêche. Sa réaction immédiate est de voir cette chouette dans le rôle qu'elle joue dans la chasse à la pipée : celui d'appât et donc de piège. "Panurge restoit en contemplation vehemente de Papegaut et de sa compagnie, quand il apperceut au dessouz de sa cage une cheueche : adonc se escria, disant : « Par la vertu Dieu, nous sommes icy bien pippez à plaines pippes, et mal equippez.  Dans ce premier degré de lecture, Panurge et ses amis s'assimilent à des oiseaux séduits par l'attirance exercé par la chevêche (Panurge restoit en contemplation vehemente de Papegaut et de sa compagnie") et ils réalisent qu'ils sont — ou risquent  d'être — pris par les filets et gluaux de cette séduction papelarde. La métaphore est, à ce niveau, purement cynégétique.

      Mais Panurge enchaîne trois expressions qui procèdent par glissement de sens : "Pippez" / "à pleine pippes" / et malequippez.

      — Le verbe piper est polysémique : il signifie, dans le contexte de la mention de la Chevêche, "Imiter le cri de la chouette", et "Chasser à la pipée (en particulier en imitant le cri de la chouette ou en plaçant celle-ci en appât)", mais aussi "Jouer de la pipe, du pipeau" (avec le double sens sexuel de la pipe et du pipeau, en général, et chez Rabelais), et, au figuré, "Tromper, duper en séduisant". Voir CNRTL, ou Godefroy Complément.

      — "A plaines pippes"  fait glisser le sens, de la chasse à la pipée vers celui de pippe, "tuyau" (du latin médiéval pipa, même sens, et piparius, "celui qui joue de la flûte". "À pleines pipes" signifie ici "à pleins tuyaux", "à fond", mais renforce le sens de grand flux de liquide puisque pipe désigne aussi un tonneau : 

      Nicot 1606 "Pipe, f. Est un petit instrument de bois que l'oiseleur met en sa bouche pour contrefaire le pippis des oiseaux qu'il veut prendre. Pipe aussi est une espece de tonneau à vin, dont on use en Anjou et ailleurs. Et certaine mesure de bled, estant ce mot commun à vin et à bled, tout ainsi que cet autre muyd, duquel on dit muyd de vin, muyd de ble". 

      En un mot, la polysémie se renforce, avec son ambiguïté entre la chasse, le jeu de séduction, la tromperie et le piège, et le fait de souffler dans un tuyau (ou, dans la phrase nous sommes bien ici pippez à pleines pippes, le fait d'être l'objet de ce jeu de tuyau). Voir Gargantua XI que le mau de pipe vous byre, tournure gasconne poliment interprétée comme "que le mal du tonneau (ivresse) vous retourne", mais le sens sexuel est évident si la lecture se poursuit : Et sabez quey hillotz, que le mau de pipe vous byre, ce petit paillard tousjours tastonoit cen dessus dessoubz, cen devant derriere , harry bourriquet : et desjà commencoyt exercer sa braguette."

      — Mal equippez, qui n'a pas de sens objectif dans cette phrase,  relève du jeu d'écriture, de la paronomase  quippez / pippez, précédé de mal qui peut être lu comme mâle. 

      Au total, nous avons affaire à une belle allitération en -pi et -pe, et je ne vais pas vous ôter le plaisir de l'interpréter vous-même.

      Poursuivons notre texte : Il y a par Dieu de la pipperie, ripperie, & fripperie tant & plus en ce manoir : regardez là ceste cheuesche. 1562 Ou bien ... de la pipperie, fripperie et ripperie en 1564 (inversion des deux derniers noms) 

      L'accusation de tromperie dénoncée par Panurge face à la demeure (la cage, le "manoir") du Papegaut, alias le Saint-Siège, est ici reprise, et le sens de pipperie devient clair : mais cette clarté est immédiatement flouée ou froutée par la dérive des mots dans la rime paronomastique pipperie / fripperie. Ce dernier nom désigne a) un ensemble d'habits, de tissus, d'objets usagés et de peu de valeur, b) un commerce de vieilles fripes, puis par métaphore des vieilleries. Voir CNRTL , Godefroy . Dés lors, la Papauté est dénoncée comme se livrant au commerce de notions et de pratiques d'un autre âge, et qu'il faudrait réformer.

      Puis vient la paronomase pipperie, fripperie et ripperie, qui relève surtout de la surenchère sonore puisque le mot est une création de l'auteur. On peut éventuellement le relier au verbe riper, "gratter étriller", mais surtout au terme rippeu, rippeulx "galleux, teigneux" qui accentue la charge sur le Pape.

      De Ripe, rippe : ulcère, gale 

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      La suite.

       

      Regardez-là ceste cheueche : Nous sommes par Dieu assessinez (1562) / nous sommes, par Dieu, assassinez (1564)

      On peut comprendre : "nous avons été piégés, nous sommes faits, nous sommes morts", mais dans la duplicité des sens des graphies et des sons, j'entends aussi  "Nous sommes assez sinés",  du verbe segnier, siner "faire une marque, marquer", ou bien "nous sommes assez saignés". 

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      Nous terminons par la chute de cette minuscule histoire :

      Parlez bas, dist Editus. Par Dieu ce n’est mye une Cheuesche, c’est un noble cheuecier." (1562)

      "Parlez bas de par Dieu, dist Aeditue, ce n'est mie une cheveche, il est masle, c'est un noble chevecier ." (1564)

       

      "Parlés bas (dist Editus)  de par dieu. Ce n'est mye une cheveche. Il est masle. C'est un noble chevecier." (Manuscrit)

       

      Un chevecier, c'est un titre de dignité ecclésiastique  donné au chanoine qui avait autrefois la charge de l'entretien du chevet, du luminaire et de veiller sur le trésor d'une église.  Dérivé de chevez, ancienne forme de chevet, avec le  suffixe -ier : du  latin. médiév. capitiarius « id. » . On trouve aussi : Italien capicerio ; bas-latin capicerius et capitiarius qui est la vraie orthographe, du bas-latin capitium, chevet d'église, de caput, tête. Godefroy.

      En tant que maître du chœur, le chevecier est à la tête de la hiérarchie, et on comprend que ce chevecier/chevêche placé immédiatement au dessous du Pape soit redoutable pour ceux qui peuvent être accusés d'hérésie et être excommuniés voire brûlés.

      Le terme n'est pas dénué d'ambiguïté, puis qu'il désigne aussi celui qui est digne d'être pendu à une corde de chanvre.  Chevechier, du Cange.

      Chevêche et chevechier jouent aussi avec la sonorité du mot archevêque.

      Surtout, il ne faut pas oublier le "il est masle". Au sens littéral, celui de la fiction, lorsqu' Editus dit : ce n'est pas une chevêche, c'est un mâle, c'est un chevecier", ses interlocuteurs, qui ne sont pas censés connaître les arcanes du vocabulaire de la hiérarchie des chanoines des chapitres cathédrales, ont toutes les raisons de penser que chevecier est le masculin de chevêche. Après tout, n'ai-je pas souligné que jusqu'au XVII ou XVIIIe, on pensait que la chevêche était "la femelle du hibou" ? 

      D'ailleurs, si, sous l'effet des notes de bas de page, nous comprenons de manière trop savante les mots chevêche et chevecier, nous brisons le cadre fictionnel de la fable, où les oiseaux de l'Isle ne sont des hommes d'église que par allusion et allégorie, en clin d'œil de l'auteur, en soulevant le coin du déguisement dont les clercs sont affublés, mais surtout pas de manière explicite. Dans une première lecture, pour que le charme opère, nous devons tomber dans le piège tendu par Rabelais, et considérer que le chevecier est le mâle de la chevêche. Puis, mais seulement dans un deuxième temps, le contexte allégorique et satirique peut nous amener à découvrir le sens réel de chevecier , à mieux goûter à la façon dont nous avons été pipés par Rabelais, et à nous écrier : "Bien joué !". Les éditions modernes nous privent de cette jubilation et nous détournent de la lecture juste.

      Le mot chevecier est accouplé par sonorité à celui de chevesche, et ce n'est pas innocent. Chevecier va être contaminé par chevesche, et les éditions du XVIIIe (Le Durlat) vont employer la graphie chevechier. Et mettre alors en évidence le jeu de mot scatologique sous-jacent à cette historiette. Le verbe chier est propre (si je puis dire) au vocabulaire rabelaisien (Gargantua, XIII), et l'auteur aurait autant de mal à nous convaincre de son innocence dans ces alliances de sonorité en -che et -cier que dans ses allusions aux pipes et aux pipeaux.  C'est lourd, certes, mais c'est signé.

       

       

       

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      LA LECTURE DE LA "CHEVÊCHE" DE RABELAIS : UN EXERCICE COMPLIQUÉ MAIS INSTRUCTIF.

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      Bien qu'il soit très bref, ce passage de l'Isle Sonante m'a amené  à mieux appréhender ma lecture de l'œuvre de Rabelais en discernant divers niveaux de réception du texte.

      A)  Texte originel ou texte annoté ?

      Aujourd'hui, et dès le XVIIIe siècle, le texte est inséparable de son appareil critique de notes en bas de pages, ou d'un renvoi éventuel à un glossaire. Il est donc nécessaire de faire la différence entre un lecteur "naïf" du texte tel qu'il fut publié au XVIe siècle, et un lecteur assisté par ces notes. Pour lequel Rabelais a-t-il écrit ? Les notes de bas de page explicitent le texte, mais cela ne gène-t-il pas l'effet recherché par l'écrivain ?  Si je compare ses écrits à des farces jouées sur des tréteaux, faut-il qu'un directeur de théâtre viennent dévoiler ce que cachent les déguisements,  et rendre le spectateur certes moins dupe, mais aussi moins apte à jouir des surprises du jeu ?

      Ces annotations donnent le sens des mots chevêche et chevecier, ce qui montre qu'il ne sont pas  compris par le lecteur moyen. En effet, le DVLF indique pour chevêche une utilisation infime (non mesurable) avant 1700 (sous cette graphie), une occurrence de 0,8 par million de mots de 1700 à 1800, un pic à 0,45 par million en 1900 avant un effondrement vers 1950. Tout le monde n'est pas lecteur de la revue naturaliste La Hulotte !

      De même, pour chevecier, le DVLF indique une utilisation de 0,15 occurrences en 1650, et une extinction de son emploi depuis 1700. 

      A l'époque de Rabelais comme à la notre, les lecteurs cultivés ne pouvaient, hormis quelques philologues, comprendre ces mots. 

      Je me pose donc la question suivante : Rabelais écrivit-il en misant sur l'utilisation future d'un  dictionnaire en guise d'ouvre-boite donnant accès à la substantifique moelle de son texte, ou bien au contraire comptait-il sur une compréhension à mi-mots et surtout sur les jeux d'intrication du sens et de l'effet sonore?

      D'autant que ces doctes commentaires sont souvent envahis par des citations peu appropriées, comme pour masquer l'incompréhension du mot étudié en faisant appel à une occurrence fort opaque dans un auteur de référence. 

       

      1°) La première édition commentée fut celle de Jacob Le Duchat  en 1711 (puis 1732 et 1741) :

      • En 1711 fut faite la première édition critique des œuvres de Rabelais, due aux soins de le Duchat et de la Monnoye. Œuvres de Maitre François Rabelais: pub. sous le titre de Faits et dits du géant Gargantua et de son fils Pantagruel, avec La prognostication Pantagrueline, L'epître du Limosin, La crême philosophale, et Deux epîtres à deux vieilles de mœours & d'hummeurs differentes, Volumes 5 à 6.  H. Bordesius, 1711 : Voir page 35.

      •  Une nouvelle édition avec le commentaire de le Duchat parut en 1732, chez Praut, puis en 1741, en trois volume in-4. Oeuvres de maitre François Rabelais: pub. sous le titre de Faits et dits du géant Gargantua et de son fils Pantagruel, avec La prognostication Pantagrueline, L'ei̊tre du Limosin, La crème philosophale, Deux epi̇tres à deux vieilles de moeurs & dʾhumeurs differentes, & des remarques historiques & critiques de monsieur Le Duchat, sur tout l'ouvrage. Nouvelle ed. Augmentée de quelques remarques nouvelles … P. Prault, 1732.

      Cet auteur annote 3 noms ou expressions : 

      Les commentaires des critiques (1711, 1741) : Le Duchat : 

      7. Une Chevesche. "Marot, dans son Epître à un qui calomnia celle qu'il avoit intitulée : Au Roy, pour avoir esté desrobé. Quel qu'il soit, il n'est point Poëte Mais fils ainé d'une Chouette Ou aussi larron pour le moins. A la vue de cette prétendue Chevêche ou Chouette, qui est un Oiseau naturellement larron, Panurge se demène, comme s'il se voyoit déja livré aux Sangsues de la Cour de Rome."

      8 Pippez à pleines pippes  "Enjollez, ou endormis, comme au son du pipeau, & ensuite pillez à l'aise, & comme réduits à la besace. Marot, dans son Epitre au Roi pour le délivrer de prison, parle ainsi de son Procureur qui n'avoit tenu compte d'une Becasse dont il lui avoit fait present : Encor je croy, si j'en envoyois plus, Qu'il le prendroit; car ils ont tant de glus Dedans leurs mains, ces faiseurs de pippée, Que toute chose où touchent est grippée. On voit dans les Mémoires de l'Etat de France sous Charles IX. Tom 2. au feuil. 12.a. de l'Edit. de 1579. que la Chevêche sert à une espèce de pipée."

      9 . Chevechier. "Les nouvelles éditions, & même celles de  Lyon 1573, 1584 & 1600 ont Chevalier, mais on doit  lire chevechier conformément à celle de Nierg 1573 & à celle d'Estiart 1596, ou chevecier, comme dans celle de 1626. Entre chevèche & chevechier il y a ici une allusion qui consiste en ce que chevèche c'est une chouette, et que le chevechier d'une église ou comme on parle aujourd'hui le chevecier est l'officier qui a soin du chevet de son église, c'est à dire l'endroit où la clôture tourne en rond. Le mot de chevecier vient de cavicerius, qu'on a dit pour Primicerius, ou comme Caput in cera, ou Primus in catalogo, de cet officier, qui est le premier dans l'Église après l'Évêque. Voyez l'Anti-Baillet chap. 39"

      .

      2°) En 1823, l'édition dite variorum, reprend les annotations des auteurs qui l'ont précédés et les complète :  Œuvres de François Rabelais, édition variorum, augmentée de pièces inédites, des songes drolatiques de Pantagruel (ouvrage posthume), avec l'explication en regard ; des remarques de Le Duchat, de Bernier, de Le Motteux, de l'abbé de Marsy, de Voltaire, de Ginguené, etc. ; et d'un nouveau commentaire historique et philosophique par Esmangart et Éloi Johaneau, Paris, Dalibon, 1823, 9 volumes in-8.

      Pour notre passage, quatre mots ou expressions sont annotés : Chevesche 12, pippez a pleines pippes 13, / ripperie 14, / cheveschier 15.

       

      12 Chevesche "Marot, dans son Épître à un qui calomnia celle qu'il avoit intitulée : Au roy, pour avoir esté desrobé:

      Quel qu'il soit il n'est point poète,
      Mais filz aisné d'une chouette,
      Ou aussi larron pour le moins.

      A la vue de cette prétendue chevêche ou chouette, qui est un oiseau naturellement larron, Panurge se démène comme s'il se voyoit déja livré aux sangsues de la cour de Rome. Au reste, cette chevêche , qui fit tant de peur à Panurge, pourroit bien faire allusion au hibou qui vint, dit-on, deux jours de suite, se percher au-dessus de la tête de Balthasar Cossa, connu sous le nom de Jean XXII ou XXIII, en un concile que ce pape célébroit à Rome. Nicolas de Clemangis parle de ce fait dans quelqu'une de ses lettres, et Balœus, qui le rapporte aussi dans la Vie de ce pontife, en donne pour garant ce fameux écrivain. (L. ) — La chevesche est la première dame de compagnie du papegaut, comme le cheveschier ou chévecier est le premier homme d'église, le chef après l'évêque. Voyez Roquefort au mot Chévacerie. Cette chevesche ou chouette est au propre un oiseau de nuit et de mauvais augure, qui prend les oiseaux à la pipée; au figuré, c'est la maîtresse ou le mignon, le concubin du pape, comme Ganyméde, pipé, enlevé par un aigle, l'étoit de Jupiter. Voyez le commentaire historique."

       

      13 pippez a pleines pippes :  "Enjollés ou endormis, comme au son du pipeau, et ensuite pillez à l'aise, et comme réduits à la besace. Marot, dans son Epitre au roi, pour le délivrer de prison, parle ainsi de son procureur, qui n'avoit tenu compte d'une bécasse dont il lui avoit fait présent:

      Encor je crey, si j'en envoyois plus,
      Qu'il le prendroit; car ils ont tant de glus
      Dedans leurs mains, ces faiseurs depippée,
      Que toute chose où touchent est grippée.

      On voit dans les mémoires de l'État de France, sous Charles IX, tome II, au feuillet 12 a, de l'édition de 1579, que la chevêche sert à une espèce de pipée. (L. )"

      14 Ripperie : "Volerie. Ce mot a la même origine que rober et dérober comme les gens de robe, parce qu'il est en effet facile de cacher ce qu'on vole sous une robe."

      15 Cheveschier "Les nouvelles éditions, et même celles de Lyon 1573, 1584 et 1600, ont chevalier, mais on doit lire cheveschier, conformément à celle de Nierg, 1673, et à celle d'Estiart, 1596, ou chevecier, comme dans celle de 1626. Entre chevesche et chevechier il y a ici une allusion qui consiste en ce que chevêche est une chouette, et que le cheveschier d'une église, ou, comme on parle aujourd'hui, le chevecier, est l'officier qui a soin du chevet de cette église, c'està-dire du fonds de l'église , depuis l'endroit où la cloture tourne en rond. Le mot de chevecier vient de capicerius, qu'on a dit pour primicerius, comme caput in cera, ou primus in catalogo, de cet officier qui est le premier dans l'église après l'évêque. Voyez l'AntiBaillet, chapitre xxxix. (L.)— Le même officier a soin des chapes, de la cire, etc. Ce jeu de mot de chevesche et de cheveschier, dit Ginguené [*], n'est ni de bon goût, ni de beaucoup de sel; mais il sert à amener cette petite sortie: nous sommes icy bien pipés, etc.; et nous devons le pardonner à Rabelais, nous qui ne sommes plus pipés, et qui commençons même à n'être pas mal équipés."

      [*] bel exemple de fausse piste, puisque dérober ne tire pas son origine de robe, et que le passage de ripperie à rober n'est pas licite.

      [**]Pierre-Louis Guinguené , De l'autorité de Rabelais dans la Révolution, 1791... p. 119

      Et voici le même passage annoté par Paul Lacroix dans son édition Charpentier 1840 : voyez page 472 de ce lien.

      https://books.google.fr/books?id=iXwJOltKLJQC&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=papegaut&f=false

      .

      .

       

      SOURCES ET LIENS.

      http://jcraymond.free.fr/Celebrites/R/Rabelais/Mediagraphie/Mediagraphie.php

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      Published by jean-yves cordier
      commenter cet article
      13 mai 2017 6 13 /05 /mai /2017 18:31

      La chouette harcelée par les oiseaux. Cinquième partie : la chasse à l'épervier et la chasse à la pipée dans le Livre de chasse du Le Roi Modus et la royne Ratio. Et les réflexions que cela inspire à la  reine...

       

       

      Voir les six parties  :

      Sur le hibou harcelé, voir aussi (et surtout) :

      .

       

      Vous mes amis que je ne connais pas

      Je ne vous connais pas

      Mais je vous imagine

      Rien d'autre comme en moi

      Qu'un rêve qui s'obstine

      Hourrah

      Jean Ferrat

      .

      Mais avant de me mettre au travail, une chose que j'aurai du faire depuis longtemps : remercier ma petite centaine d'abonnés. Un grand grand merci venant du fond de ma solitude de bloggeur de fond.

      Et hop ! j'y vais.

      .

       

      .

      Je ne reprendrai pas le résumé des parties précédentes. D'ailleurs, je n'aime pas les prétéritions. Non, je ne dirai rien de la façon dont les oiseaux diurnes harcèlent les rapaces partiellement nocturnes telles que les Chevêches. Rien de l'astuce cruelle des oiseleurs et autres chasseurs qui utilisent cette animosité pour capturer ou tuer les passereaux de toutes plumes. Rien des considérations de Hoefnagel ou de Dürer qui élèvent au rang de vertu stoïque ou chrétienne la passivité impuissante des chouettes ainsi chahutées par les foules hargneuses de volatiles énervés. Je passerai sous silence ce paragraphe du livre des déduis du Roy Modus qui traite de la "chasse au brai" (ou aux breulles) en plaçant une malheureuse chouette comme appât pour attraper les grives. Non pas parce que ces pratiques d'un autre âge sont strictement interdites par le bel Âge d'or d'aujourd'hui. Mais parce qu'il suffit de cliquer sur les liens ad hoc des cinq passionnants articles de mon chapeau.

      Donc, j'attaque in media res par un paragraphe du premier livre du Roy Modus et de la royne Ratio (XIVe siècle), qui précède celui de la chasse aux grives, mais qui m'avait d'abord échappé : celui de la chasse aux éperviers, avec encore !, une chouette pour appât. Puis j'enchaîne avec la chasse à la pipée, et avec les commentaires de Madame Modus, autrement dit la reine Ratio, sur ce comportement cynégétique. 

      .

      I. Cy devise comment len prent espreviers a la perche : comment attraper un épervier dans un filet grâce à une chouette disposée en appât.

       

      .

       

       

      Le texte (d'après l'édition de Blaze 1839).

      "Cy devise comment on prent espreviers a la perche.

      L' aprentis demande on prent de ceste maniere les espreviers à la perche. Modus respond : Il n'est nul oysel qui tiengne perche que on ne prengne bien au laz; mais pource que les espreviers n'ont mie les jambes si grosses ne si fortes comme ont les faulcons, on ne les prent mie volentiers au laz. Et aussi ne tiennent mie espreviers leurs perches si communement comme font les faulcons ; mais on les prent à la perche en autre maniere. Si vous dirons comment.

      Du temps d'yver qu'il faict grant froit, espreviers perchent volentiers ou bois, où il y a bon abry, et perchent es menues bois de fustoyes grosses comme ung homme porroit empoingner à deux mains. Et tousjours perchent emmy le bois, et perchent volentiers coste dune haye. Et te metz à l'oriere du bois au dessoubz du vent, car il vient volentiers à sa perche contre le vent, environ soleil couchant. Et se tu le vois entrer au bois, si te preng bien garde par quel endroict il se boutera. Donc approche tout bellement, toute l'oriere du bois, tant que viengnes à l'endroit où il se bouta, où tu orras comme les menus oyseaulx l'agacheront ; et quant il sera anuittié, si te boute au bois, et le quiers tout bellement parmy le bois. Et se tu le treuves, si gaitte une nuyt ou deux, pour savoir s'il tient son pays; et se tu vois qu'il le tiengne, ten tes paus, ainsi comme il est figuré comme il te sera devisé, regarde où il perche, et pren deux paus d'iraigne à trois verges. De quoy les deux bouts des deux paus se tenront à une des verges, et ès deux autres bouts aura deux verges, et seront tendues en trepié, ainsi comme à quatre affours de où l'esprevier perche, et soyent tendus en la plus clere place, et en la moins encombrée de bois que on porra trouver; et les cordeaux si peu amorsés es oches qu'ilz chiéent légierement, se l'esprevier se fiert dedens. Puis fay ung ployon de deux lies verges en la maniere que tu le vois, et hault en les deux verges aura loyé ung peu de mousse ou une chuette, si serra, et aura environ elle ung peu de plume, et au milieu de tel arcon ara voye une ligne, de quoy le bout sera porté loing, et celun qui le gaittera sera au bout du cordel enfaillolé , et s'il voit l'esprevier, il tirera a soy tout bellement la ligne, et au laisser aler la chuette branlera des aesles, et quant l'esprevier la verra, il se veura flatrir emmy les paus, Et ainsi sont prins les espreviers à la perche."

      Glossaire :

      perche : lieu où les oiseaux se perchent : le roi Modus avait expliqué précédemment que Faulcons prennent leurs perches ...es arbres des grands forests et es bois, et es falaises ...L'Epervier d'Europe Acciter nissus se perche en effet pour chasser dans les bois de feuillus de préférence clairsemés, près des lisières, pour y pouvoir voler : ce qui correspond au texte qui mentionne l'intérieur d'un bois, dans de petites futaies, près des orières (bordure), et à la tombée de la nuit (soleil couchant).

      —paus : très vraisemblablement, forme pour  palis, paulis "pieu, poteau". 

      — iraignes : filets (en forme de toile d'araignée) pour attraper les oiseaux.

      fustoye : graphie fustaine (français 1301) cf. notre "futaie". Godefroy donne l'adjectif fustain, fustayne : "de bois". Le Bnf fr. 1297 emploie la forme fustaie.

      affour : Godefroy afour, arfour, arrefour : "pas, enjambée".

      ployon : ou ploion : Godefroy "baguette flexible servant à tendre des lacets" : ou "baguette, branche en général".

      arçon : diminutif d'arc, mais ici, le mot prend le sens d'arceau, comme le montre l'enluminure. Voir aussi  Godefroy "demi-cercle qui forme le tomberel ou la tonnelle, espèce de filet à prendre les perdrix" .

      enfaillolé : le ms 1301 donne enfueillolé : du verbe enfoillir : Godefroy "couvrir de feuilles, enfeuiller".

      branlera : "balancer, agiter". Mais le ms fr. 1301 utilise "bavolera des esles". Voir CNRTL : [D'un oiseau] Bavoler des ailes. "Battre des ailes". Pourtant Godefroy Complément donne pour bavoler "voler bas", qui ne convient pas, ou "voltiger", mais il cite cet exemple d'un poème de J. de Baïf qui convient mieux à notre occurrence par la délicieuse évocation d'une jarretière qui s'agite : Sous le souple jarret la peinte banderole D'un jartier ondoyant sur la grève [jambe] bavole.  (Et parmi la blancheur des membres qu'elle estend Un incarnat rosin flambe s'entrejettant , etc.. in Evvres en rime.) D'ailleurs, un bavolet désigne "une coiffe paysanne ornée d'un volant couvrant la nuque" ... et battant des ailes.

      flatrir : ou flatir : "se jeter, se précipiter". Voir Godefroy qui cite précisément cet exemple.

      En résumé, on chassera l'épervier en plaçant, là où il a l'habitude de se percher, en confectionnant un piège fait de filets (ou "araignées") ouvert en triangle, au centre duquel sera placé sur un support une chouette (ou de la mousse ?) qui, sous l'effet d'une corde, agitera ses ailes. Lorsque l'épervier fondera sur la chouette ou son leurre, le piège sera refermé.

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      Les enluminures.

      Le Bnf français 1297 folio 84v 

      Le texte décrit une chasse de nuit par grand froid d'hiver. L'artiste a donc peint un ciel bleu-nuit, et constellé, mais il a  oublié d'ôter les feuilles aux arbres. L'épervier est fidèlement peint, avec son dos gris-ardoise, sa gorge blanche striée, sa longue queue et ses ailes larges. Une touche de jaune rehausse les yeux et le bec. La chouette est posée sur un arceau, sans liens visibles. Son bec est crochue, sa tête n'est pas aussi ronde et lisse que celle d'une Chevêche, ses yeux sont blancs et noirs. Le piège du filet, dont les cordes sont manipulées par un chasseur accroupi dans un arbuste,  est retombé sur les deux oiseaux. Selon le texte, une corde devrait être reliée à l'arceau pour faire en sorte que la chouette branle des ailes.

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b85508592/f176.item.zoom
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      Capture d'un épervier avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 1297 folio 84v, Gallica.

      Capture d'un épervier avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 1297 folio 84v, Gallica.

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      Bnf fr. 1298 folio 82r.

      Cette miniature diffère peu de la précédente, même si le ciel est ici bleu clair et que l'homme qui tire la corde est debout, tourné vers la droite, et chaussé de poulaines.

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      Capture d'un épervier avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 1298 folio 82r, Gallica.

      Capture d'un épervier avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 1298 folio 82r, Gallica.

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      Bnf fr. 1301 folio 92v.

      La chouette ne prête pas ici à confusion avec un hibou.

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      Capture d'un épervier avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 1301 folio 92v, Gallica.

      Capture d'un épervier avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 1301 folio 92v, Gallica.

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      Bnf fr. 1302 folio 87r.

      L'enluminure est très comparable au bnf fr. 1297.

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      Capture d'un épervier avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 1302 folio 87r, Gallica.

      Capture d'un épervier avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 1302 folio 87r, Gallica.

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      Arsenal 3079 folio 210r.

      C'est le dessin le plus original puisque le piège est tendu à la cime d'un arbre. Un chasseur, en tunique courte et chausses, a laissé son bonnet et grimpe à l'arbre, tandis que son collègue tient la corde du rondel. On verra que cette situation en hauteur du piège se retrouve, dans le même manuscrit, pour l'enluminure de la pipée.

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      Capture d'un épervier avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bibl. de l'Arsenal 3079 folio 210r, Gallica.

      Capture d'un épervier avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bibl. de l'Arsenal 3079 folio 210r, Gallica.

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      Bnf français 12399 folio 86v.

      L'enluminure de ce manuscrit, dont nous avons vu qu'il était considéré comme le meilleur de tous, n'apporte rien de plus pour la compréhension de la technique de chasse.

       nhttp://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515896h/f176.item.zoom.

      Capture d'un épervier avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 12399 folio 86v , Gallica.

      Capture d'un épervier avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 12399 folio 86v , Gallica.

       

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      II. La chasse aux oiseaux grâce au cri de la Chouette : "Cy devise Modus comme on prent les oyseaulx à la pipée".

      Cette chasse à la pipée, qui se pratique en automne après la Saint Michel (29 septembre) et avant la chute des feuilles, est proche de la chasse au brai décrite dans ma quatrième partie mais elle se caractérise théoriquement par l'usage d'appeaux contrefaisant le cri de la Chouette. Mais ici, le roi Modus, ainsi que les artistes qui enluminent le texte, font intervenir la chouette elle-même, posée sur un bâton. Les appeaux sont de quatre  sortes : on débute en appelant les oiseaux avec un appeau de feuille de lierre. Puis on utilise  soit la feuille d'arbre (hêtre ou autre), soit la feuille d'herbe ou gramen  placée entre les lèvres, soit un appeau de bois.

      De sorte que la différence avec la chasse aux grives de la chasse au brai repose surtout sur l'usage de gluaux, des tiges enduites de glu.

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      Le texte (d'après l'édition de Blaze 1839)

       

      Cy après devise Modus comment on prent les oyseaulx à la pipée.

      "L'aprentis demande comme on prent oyseaulx à la pipée. Modus respond : La Saison de piper au bois as oyseaulx si commence après la Sainct Michel archange, et dure tant comme les fueilles sont es arbres: Et quant les arbres sont descouvers de leurs fueilles, les oyseaulx se puent asseoir en pluseurs lieux où l'on ne porroit mettre gluons à quoy ilz peussent prendre, car tant plus sont les arbres couvers de fueilles, et mieulx se prennent; et aussi est la saison plus froide, et ont plus l'entente à pasturer que à eulx esbatre, ne aler à la pipée. Et de tous les déduiz qui peuvent estre à prendre oyseaulx, c'est le meilleur, le plus delictable et le plus plaisant. Si vous dirons comme il se faict : Au commencement de la saison de piper, pipers valent mieux au matin que au vespre, pour ce que le temps est gay, et ne sont mie les oyseaulx si aigres de pasturer comme ilz sont quant il fait froit. Tu dois adonc faire ta pipée ung jour ou deux avant que tu pipes, et soit faicte ou pays où les oyseaulx hantent au matin, et garde bien que tu ne faces ta pipée trop desnuée, ne descouverte, c'est à dire que tu ne coppes mie trop de branches, ne souplui ne le bois dedens la pipée, et la fay la plus couverte que tu porras, Si en sera mieux prenable; et garde que quant tu vouldras piper que tu viengnes si matin à la pipée que tu ayes ta pipée gluée à soleil levant, ou ung peu après.

      Et agache premièrement de la fueille d'ierre; car c'est une chose qui moult attrait les oyseaulx de venir à la pipée. Adoncques porras tu piper de trois manières: L'une d'une fueille de fay ou d'autre arbre, l'autre si est d'erbe que on met entre ses lèvres. La tierce est d'une pipee de bois, où l'on met une teille bien parée faicte d'enton d'esglantier. Et doit on piper basset et attrait, et plus gros pour les mesles que pour les pinchons et autres menus oyseaulx.

      On doit avoir une chuette ou ung autre huant mis sur ung baston, ainsi comme vous pouvez veoir en la pourtraicture pour les attraire. Les gluons à piper doivent avoir ung pic de long à pié main, et doivent estre ſichies sur la branche, que l'ung pende d'ung costé et l'autre de l'autre, si que les bolz des gluons atteignent ceulx qui vont devant, affin que l'oyseau ne se puist asseoir entre deux qu'ilz ne prengment. La pipée du soir est bonne, quant le temps est refroidi, que les oyseaulx quièrent l'abry pour eulx jucher, et si laissent les hayes et les hameaux et vont au bois oü il y a à mengier de prunelles, de chevelles, de graines de pueples, et de telles choses qu'ilz menguent volentiers. Pipe toujours où tu sauras que les oyseaulx seront, et dois commencer à piper devant soleil couchant, se les oyseaulx ne sont environt oy, et s'ilz y sont, tu pues bien piper plus tost. Ces gluons doivent estre bien déliés et doivent estre de blanc boul et jaune, et qu'ilz soient ung peu pelus, car ceux de rouges bouilliaux ne ceux qui sont grumeleux ne valent riens parce que la glu n’ y puet tenir, et s'en est ung oysel tantost desveloppé. Et la glu ne se puet desadherdre de ceux qui sont de blanc boul qui sont pelus, et pource ne s'en puent les oyseaux desvelopper ni eux en aler. Ca glu doit estre de joennes houx. La plus verde est la meilleure de toute glux,"

      Glossaire :

      — Adoncques porras tu piper : je lis dans les ms consultés et quant tu agachiees de la fueille dierre perchiée lors que pourras tu (fr 1297) ou Et quant tu aras agachiee de la fueille dierre perchiee donques pourras tu piper (fr 12399). Ce qui donne l'indication de la feuille de lierre percée

      fay (ou fou, fr. 1297 et 12399) : "hêtre". 

      teille : Godefroy renvoie à tille : "pièce"  "bois ", ficelle fait de l'écorce du tilleul". Le CNRTL donne "partie filamenteuse du bois". De tilia, "tilleul", le Lidenbaum de Schubert...

      enton : pour Godefroy, qui cite en exemple notre texte "ente, greffe". La teille bien parée faicte d'enton d'esglantier serait-elle ici une lame de bois fait d'un greffon (un petit rameau nouvellement poussé) d'églantier ? J'ai des scrupules à abandonner cet enton d'esglantier — l'églantine de Proust !— qui me fait des signes désespérés  pour que j'en saisisse mieux le sens. Que font les chercheurs ? Le fr 12399 donne une pipe de bois ou len met une teille bien paree qui est faite dantem desglentier : pipe désigne un pipeau. Le ms 3079 omet le mot enton : une pippe de bois ou len met une teille bien paree qui est faite d'englentier . 

      chevelles, de graines de pueples :  le ms 12399 donne "de cheneles, de graines de pinne". Chenele renvoie à cenele donné par Godefroy : "baie rouge de l'aubépine et du houx", qui convient parfaitement.

      — boul : "bouleau".

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      Les enluminures.

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      Bnf fr 1297.

      Fond or, sol vert où des herbes ou fleurs sont esquissées. Le pipeur, dont on ne voit que la tête couverte d'un chaperon rouge et la main, est caché dans une futaie de six arbustes touffus ; il porte à ses lèvres l'appeau, un objet vert (feuille, herbe ?) et ovale dont il module le son avec sa paume. Il est tourné vers les oiseaux de gauche. Les branches des arbres ont été dépouillées de leurs feuilles, sauf à leur extrémité, et équipés de gluaux bien visibles à gauche sous la forme de lignes blanches parallèles. Seul un oiseau est encore en train de voler, les autres sont englués, et celui de gauche pend, attrapé par l'aile.

      A droite, un tasseau horizontal émerge du taillis, et sert de support à la chouette.

      Source Bnf : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b85508592/f193.item.zoom

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      Chasse à la pipée  avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 1297 folio 93r , Gallica.
      Chasse à la pipée  avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 1297 folio 93r , Gallica.

      Chasse à la pipée avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 1297 folio 93r , Gallica.

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      Bnf fr. 1298 folio 90v.

      Le chasseur porte ici un chapeau de feutre gris, plus discret. Ce qu'il tient entre ses lèvres ressemble fort à une feuille. La chouette n'est pas représentée. Les arbres sont apprêtés pour la pipée, et les gluaux sont clairement visibles. Tous les oiseaux semblent s'y être posés.

       

      Source bnf  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105222077/f183.item

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      Chasse à la pipée  avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 1298 folio 90v , Gallica.

      Chasse à la pipée avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 1298 folio 90v , Gallica.

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      Bnf français 1301 folio 101v.

      Un sous-bois, une tête de pipeur, une chouette, trois oiseaux (tête grise, gorge aurore, ventre grivelé). C'est tout.

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53084171s/f216.item

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      Chasse à la pipée  avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 1301 folio 101v , Gallica.

      Chasse à la pipée avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 1301 folio 101v , Gallica.

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      Bnf français 1302 folio 95r

      Assez semblable à fr 1297, avec sept oiseaux dont un seul est encore libre ; mais le fond est bleu nuit ; le bonnet du pipeur est discret. Les gluaux sont bien visibles. 

      Chasse à la pipée  avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 1302 folio 95r , Gallica.

      Chasse à la pipée avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 1302 folio 95r , Gallica.

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      Bnf fr. 3079 folio 228v.

      L'inspiration de cette peinture d'un manuscrit du XVe siècle est totalement originale, par sa technique ou son paysage d'arrière-plan, mais aussi par son sujet : la chouette (en fait, un hibou avec ses aigrettes) est placée sur un support haut placé au faîte d'un arbre. Les gluaux ne sont pas dessinés. Parmi les neuf oiseaux, on compte cinq pies. Deux chasseurs guettent, mais aucun n'est en train de piper.

      Sourece bnf http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55007805c/f466.item.r=du%20Monde.zoom.

      Chasse à la pipée  avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 3079 folio 228v  , Gallica.

      Chasse à la pipée avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 3079 folio 228v , Gallica.

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      Bnf français 12399 folio 95v.

      La réputation du manuscrit daté de 1379 n'est pas usurpée : l'enluminure sur fond d'or rehaussé de rinceaux rouge est très stylisée (feuillage représenté par trois grosses feuilles, personnage vu en pied à l'intérieur de la loge qui le dissimule, sol et loge faits de feuilles ovales alignées, ...). Néanmoins, aucune concession n'est faite à la précision didactique et à la valeur documentaire de la scène. 

      Mais  le plus intéressant est la description du pipeur. Il porte un bonnet blanc, une tunique rouge courte, des bas de chausse, des chaussures à la poulaine (interdites par Charles V en 1368 mais dont la mode ne passa qu'en 1470), et un chaperon rouge rabattu. Ce dont il joue pour piper, ce n'est ni la feuille de lierre, ni celle du hêtre, ni le gramen, mais  un instrument en bois, tenu transversalement comme un harmonica, long d'une petite coudée, avec deux points noirs qui sont peut-être des trous. Il ne lui manque que le son pour satisfaire notre curiosité.

      Le plus délicieux n'est pas dans sa jambe gauche passée sous la droite jusqu'à l'équin du pied, mais dans son regard orienté en haut et à gauche, cherchant le ton juste dans le lointain des feuilles qui bougent au vent, dans la concentration sur un objet doucement mobile.

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      Chasse à la pipée  avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 12399 folio 95v  , Gallica.

      Chasse à la pipée avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 12399 folio 95v , Gallica.

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      Chasse à la pipée  avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 12399 folio 95v  , Gallica.

      Chasse à la pipée avec une chouette mise en appât, Livre des déduits du Roy Modus et la royne ratio, Bnf fr. 12399 folio 95v , Gallica.

       

      Documentation : l'art de piper selon Jacques-Joseph Baudrillart.

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      Pour mieux comprendre la scène, comme je l'a fait pour la chasse au brai, je me suis plongé dans la lecture du Dictionnaire de la chasse de Baudrillart ( entre 1821 et 1848). Tout en soulignant ce qui concerne la chouette.

      Ainsi, je retrouve les deux temps décrits dans Le Roi Modus : le pipeur commence d'abord avec la feuille de lierre  pour attirer les petits oiseaux, en imitant le geai et d'autres oiseaux : on dit alors qu'il froue.  Puis il utilise l'herbe à piper, ou un appeau, et imite alors  la chouette : c'est alors qu'il pipe à proprement parler.

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5529872s/f607.item.r=appeau%20chouette

       



      Page 600-601. Manière de piper et de frouer ; conduite à tenir pendant la pipée.

      "En restreignant à sa propre signification le mot piper, c'est l'art d'appeler les oiseaux avec un appeau qui imite le cri de la chouette, ou celui des autres oiseaux. Ainsi, on dit, dans ce sens, qu'un oiseleur pipe bien quand, au moyen des appeaux à piper (voyez ces mots) ou d'une feuille de  chiendent, il imite bien la chouette, et qu'il réussit à attirer un grand nombre d'oiseaux ; mais cet art est très difficile , et si l'imitation n'est point parfaite, les oiseaux ne s'y laissent point tromper. Il faut que si le pipeur ait appris de la chouette même à imiter son cri.
      Lorsque l'oiseleur a terminé tous ses préparatifs, il rentre dans sa loge avec ses aides et les personnes qui doivent assistera sa chasse. Un vêtement sombre et peu apparent est celui qui convient le mieux à ceux qui doivent se montrer, et le silence le plus profond est de rigueur. Avant d'imiter le cri de la chouette, il excite la curiosité des oiseaux en frouant doucement à l'aide de la feuille de lierre (voyez Appeaux) ; il exprime d'abord le cri des petits oiseaux, parce que d'après l'instinct de la nature, qui leur fait connaître l'inégalité de leurs forces, ce sont eux qui appellent les plus forts. Attentifs à ces premiers sons, qui doivent être assez forts pour être entendus de loin, et baisser ensuite à mesure que les oiseaux approchent, ceux-ci ne tardent point à y répondre ; et il arrive même quelquefois que l'oiseleur n'a pas besoin de piper , et que le seul appel fait avec l'appeau à frouer suffit pour attirer et prendre beaucoup d'oiseaux. Il imite successivement le cri du geai, cet ardent agresseur de la chouette, et au cri duquel les autres oiseaux se rallient, celui de la pie, du merle, de la grive, du pinson, de la mésange et des autres espèces les plus hardies et les premières arrivées, lorsqu'il s'agit de combattre.

      Mais lorsqu'il a entendu les oiseaux répondre à ses sons, il fait entendre quelques légers cris de la chouette, au moyen de l'appeau ou de l'herbe à piper. 
      Peu à peu les sons qu'il tire de la feuille de lierre deviennent plus forts et plus précipités , les cris de la chouette qu'il entremêle deviennent aussi plus aigus ; il s'agit de peindre le moment où les oiseaux s'enhardissent à attaquer leur ennemie et où celle-ci cherche à fuir, en les menaçant par ses cris. Si on avait alors quelques oiseaux vivans, il faudrait les faire crier, en leur serrant un peu les ailes ; ce qui amène ceux de leur espèce et en fait venir d'autres. 
      On a remarqué que le rouge-gorge , qui fait peu de bruit, attire presque toutes les espèces ; que le pinson attire les grives , les merles, les geais et les pies, et qu'enfin les geais font accourir les pies, outre leur propre espèce. 
      Lorsque le pipeur s'aperçoit que les oiseaux sont en foule autour de la loge, il fait entendre plus rarement et d'une manière plus faible et plus lugubre les cris de la chouette, comme si elle était alors réduite à l'extrémité ; les oiseaux croient que leur ennemi va succomber, cherchent à le découvrir pour achever sa défaite, et voltigeant sans cesse de branche en  branche, rencontrent les funestes gluaux.

      Quelques auteurs conseillent de casser la cuisse à une chouette et d'agiter de temps en temps l'os fracturé pour la faire crier ; c'est alors que la pipée devient productive, et que la terre se couvre d'oiseaux qui se précipitent à l'envi. Ce succès a valu à ce moyen le nom de la pièce de victoire; mais il n'est pas toujours possible de se procurer une chouette pour chaque pipée, et l'on réussit sans avoir recours à ce moyen barbare. 
      On conseille aussi de s'emparer promptement des premiers oiseaux qui tombent à la proximité de la loge et de les faire crier, en leur cassant une mandibule du bec, après quoi on leur retrousse les ailes sur le dos. Ce moyen n'est pas souvent nécessaire, parce que les oiseaux qui se sont abattus à terre avec  les gluaux font entendre assez de cris pour le rendre inutile. 

      Oiseaux qui se prennent à la pipée. Les rouges- gorges, les roitelets, les mésanges sont les premiers à répondre au frouement ; c'est alors, ainsi qu'on l'a déjà dit, que l'on imite le cri de la chouette ; les premiers coups de l'appeau doivent avoir une demi-heure d'intervalle, ensuite on pipe et on froue alternativement. Bientôt paraissent les pinsons, les geais, les merles, les grives, les draines, les pic-verts, les fauvettes, les verdiers , les bruans, les moineaux, les rossignols , les gros-becs, etc.; les corbeaux , plusieurs espèces d'oiseaux de proie diurnes et nocturnes et généralement toutes les espèces qui se perchent et répondent à l'appeau. On n'y prend que rarement des ramiers, des tourterelles  des linottes, des chardonnerets. 
      Lorsque l'heure de terminer la pipée est arrivée, les chasseurs sortent de la loge et vont ramasser les oiseaux ; il est rare qu'il s'en échappe , car ils s'entortillent tellement dans les gluaux qu'ils ne peuvent  souvent faire aucun mouvement. On doit se méfier  de certains oiseaux qui pincent très serré. "

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      On lira aussi la préparation et la tendue de la pipée (taille des arbres, préparation des gluaux) page 600

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      Les appeaux.

       

      Baudrillart Page 111 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5529872s/f118.item.r=%C3%A9pervier%20chouette.texteImage

      "Appeaux à piper et à frouer. Dans la pipée  on a différens sons à imiter : le cri de la chouette qui attire les oiseaux, les cris de ces oiseaux , le bruit de leur vol et plusieurs bruits propres à fixer leur attention. 

      Les anciens appelaient pipeaux les instrumens dont ils se servaient pour imiter le cri de la chouette, et l'on emploie encore le mot piper pour exprimer l'action de rendre le cri de cet oiseau, tandis que l'on exprime, par le mot frouer, l'action de faire rendre à des appeaux les cris et autres bruits des oiseaux qui viennent à la pipée. "

      1°) Appeaux à frouer : la feuille de lierre percée.

      "Frouer, c'est produire, en soufflant sur un instrument quelconque, des sons qui imitent les cris et le bruit que font les oiseaux , tels que les grives, les merles, les geais, etc. lorsque ces oiseaux, animés contre là chouette, leur ennemi commun, cherchent à se venger, réclament du secours et s'enhardissent les uns et les autres à l'attaquer: II faut que l'oiseleur s'attache à rendre par les sons de l'appeau, les sentimens dont les oiseaux sont animés, leur crainte, leur envie de se venger, leurs cris d'alarme. Il doit se rappeler quels sont les cris des geais, quand après avoir entendu la chouette ils entendent aussi le cri d'un oiseau qu'ils croient en péril, et ne pas oublier que ces cris, dans ce moment, sont bien différens de leurs cris ordinaires d'appel. On sent que pour bien frouer, quoique cet art soit moins difficile que celui de piper, il faut avoir assisté plusieurs fois à une pipée.

      L'un des plus anciens et des meilleurs appeaux à frouer est une feuille de lierre disposée en cône, fig. 2 , PL 34. Sa préparation consiste à la percer dans le milieu d'un trou a, fig. 3 , à un tiers de sa longueur, du côté de la queue ; ce trou doit être assez grand pour y passer un grain de chenevis. On le fait en pliant la feuille de lierre en quatre, et en enlevant le petit coin avec ses dents, ou mieux encore en se servant d'un emporte-pièce carré. On roule cette feuille de manière qu'elle forme le cône représenté fig. 2, et pour s'en servir, on la tient entre les trois premiers doigts d'une main qui présente la pointe de ce cône à la bouche; puis on souffle par ce bout, et à l'aide des coups de langue on rend les sons que la circonstance exige. "

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      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6572082t/f87.item.r=planche%2033

      Appeaux à frouer, Planche 34 fig. 1 à 6 par Blanchard, lith. de Langlumé, Atlas du Dictionnaire de la chasse de Baudrillart.

      Appeaux à frouer, Planche 34 fig. 1 à 6 par Blanchard, lith. de Langlumé, Atlas du Dictionnaire de la chasse de Baudrillart.

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      2°) Appeaux à piper.

      "On se servait autrefois des appeaux ou pipeaux représentés par les fig. 13, 14, 15 et 16 de la Pl. 33.

      La fig. 13 est celle d'un appeau de la plus ancienne date, qui consiste dans un petit morceau de bois entaillé et uni dans son entaille, servant de base à une languette faite d'un petit ruban de soie, qui était recouverte par une petite pièce de bois carrée ; il y restait un intervalle où l'on aurait à peine passé la pointe d'un couteau.

      La fig. 14 représente un appeau que l'on nomme pratique, à peu près aussi ancien que le précédent, et qui est fait d'une lame de fer-blanc ou de plomb, recourbée, à ses deux extrémités bb sur une autre plaque de fer-blanc, et également moins longue. Une faveur assujettie entre ces deux plaques, fait l'office de languette et sert à rendre le son qu'on veut imiter . Cet appeau est encore estimé aujourd'hui.

      La fig. 12 est celle d'une feuille de chiendent, qui a servi aussi fort anciennement à la pipée, sous le nom générique de gramen, et qui est toujours employée avec le plus grand succès. Mais cette feuille, que les oiseleurs appellent l'herbe à piper, n'était pas employée dans les premiers temps avec l'habileté nécessaire, et il faut encore une longue pratique pour s'en servir avec avantage.

      Le choix du chiendent est une chose importante. Les pipeurs en distinguent deux sortes ; celle qui doit être préférée est le chiendent qui croît dans les bois sombres et frais, dont la feuille est mince, couverte d'un duvet presque insensible à la vue, et dont la côte du milieu soit petite et aplatie. On prend les feuilles qui tiennent au milieu de la tige, parce que celles d'en bas, étant épaisses, résistent trop à l'agitation de l'air, et rendent des sons durs et criards , et que celles du haut de la tige sont trop tendres et peuvent se rompre lorsqu'on en fait usage, ce qui expose à donner des tons faux. On cueille ces feuilles lorsqu'elles sont vertes, cependant elles sont encore bonnes, quoique fanées.
      On peut remplacer ce chiendent , qu'on ne trouve pas dans tous les bois , par une autre espèce qui lui ressemble fort, et qui n'en diffère que parce qu'elle est fort velue et que ses soies sont grandes et raides. […] Pour piper avec cette feuille, on la prend avec l'index et le pouce de chaque main et on la place entre les lèvres, en ayant soin de ne pas l'approcher jusqu'aux dents, et de ne pas la serrer avec les lèvres; la langue, en se baissant et s'élevant par intervalle contre le palais, augmente et diminue par mesure la capacité dé la bouche, et sert à modifier l'air que le pipeur pousse contre la feuille; et ces modifications lui font rendre les cris lents et plaintifs de la chouette. Quant aux tremblemens monotones que le pipeur fait de moment à autre, ils doivent venir du gosier.

      Comme il est très difficile de bien piper avec le chiendent, et qu'il y a peu de personnes qui y réussissent parfaitement, on n'a point encore abandonné lès pipeaux de bois, de fer-blanc, etc.

      La fig. 17 PI. 33, est celle d'un appeau à languette qui est toujours fort en usage. Il se fait avec un morceau de bois de coudrier ou de chêne vert, que l'on entaille, comme la figure l'indique ; on en polit bien la portion entaillée, puis on lève adroitement une languette de bois, que l'on amincit avec un morceau de verre ou un canif. La fig. 18 représente la pièce de bois qui doit remplir le vide de l'entaille c d de la fig. 17, dont les extrémités, coupées obliquement, la maintiennent, quoiqu'on puisse encore la fixer en la liant, aux deux extrémités, avec un fil. Cette pièce, fig. 18, est également évidée à sa face inférieure, pour laisser assez de jeu à la vibration de la languette a."

       

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      Appeaux à piper, Planche 33 fig. 12 à 16  par Blanchard, lith. de Langlumé, Atlas du Dictionnaire de la chasse de Baudrillart.

      Appeaux à piper, Planche 33 fig. 12 à 16 par Blanchard, lith. de Langlumé, Atlas du Dictionnaire de la chasse de Baudrillart.

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      La figure 19 est celle dont la description m'évoque le plus la pipe de bois ou len met une teille bien paree qui est faite dantem desglentier :



      "La fig. 19 représente un autre appeau, qui consiste en deux pièces de bois évidées, entre lesquelles on met une feuille de chiendent ou bien une pièce d'épiderme de cerisier, c'est à dire une petite peau transparente qui recouvre la grosse écorce du cerisier. On lie les deux pièces ensemble , par leurs extrémités, au moyen d'un fil.

      La fig.16 est celle d'un pipeau de l'espèce précédente, qui a une languette a. On le fait soit de saule, soit de chêne, de coudrier ou de sarment. L'écorce de ce dernier sert de languette. On lie les deux pièces avec un fil aux deux pièces avec un fil, aux deux bouts, comme dans la figure précédente."

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      Appeaux à piper, Planche 33 fig. 17 à 20  par Blanchard, lith. de Langlumé, Atlas du Dictionnaire de la chasse de Baudrillart.

      Appeaux à piper, Planche 33 fig. 17 à 20 par Blanchard, lith. de Langlumé, Atlas du Dictionnaire de la chasse de Baudrillart.

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      IV. Les commentaires de la reine Ratio : valeur allégorique de la chouette, et de la glue.

      Feuillets CXXXJX et suivants de l'édition Blaze

      "Le roy Modus vous a devise comment moult d'oyseaulx sont prins à la glus par le fait et engin d'homme. Si vous diray comment les menus oyseaulx viennent aguettier le huant ou la chuette, si sont prins à la glus telment qu'ilz ne puent voler ne bouger. Je entends par ceste glus char d'homme et de femme, car glus est si ardent et si tenant qu'il n'est riens qui desadherdre s'en puist. Elle se prent et adhert à tout ce que elle attouche, et par especial à la plume des oyseaulx. Et je entends par le huant et par la chuette aucuns grans seigneurs de ce monde. Si vous dirons comment le huant et la chuette si ne s’osent monstrer de jour, ains se tiennent es creux des arbres tant qu'il soit nuyt. Et ce font ilz pour ce qu'ilz ne pourroient durer aux menus oyseaulx qui les suichent et agachent. "

      "Ainsy est il d'aucuns grans seigneurs de ce monde, car ilz ont la char si glueuse et si ardant comme est la glus qui s'adherd à la plume des petis oyseaulx. Aussy les grans seigneurs prennent et adherdent la plume des menues gens qu'ilz engluent et prennent du leur sans payer. Et quant les menues gens viennent pour demander le leur, ces seigneurs ne s'osent apparoir comme le huant, car ilz seraient aguechiez des menues gens qui crient et agachent en demandant ce que on leur doit ; ainsi sont ilz engluez par la convoitise de la char qui est trop adherdant ; et les menues gens ont les plumes si englues qu'ilz ne se puent aydier. Dont quant la char d'homme est si gluant et si adherdant, puet elle bien estre accomparagié à la glus. Plus est de telle condicion que, quant elle est mouillié, elle ne se puet prendre ne adherdre à aucune chose; aussy est il de la char d'homme. Quant la char d'homme est bien mouillié de larmes de contricion et de repentance, elle ne puet prendre ne soy adherdre fors que à ce que deu luy est de droit et de raison. Et est ce qui puet destruire à homme la mauvaise volenté de la char qui est à homme grant ennemi. Et se tu te vuelz deffendre de ces trois ennemis, c'est assavoir du deable, du monde et de la char, Sois garni de trois choses, c'est de foy, d'espérance et d'amour, et sois armé de trois armeures, c'est de confession, de repentance et de satisfaction. Ainsy ces ennemis ne te porrant nuyre ni grever. Explicit le livre des déduis des chiens et des oyseaulx que le roy Modus ordonna."

      Glossaire :

      — desadherdre : voir Godefroy desherdre, deshardre : "détacher, déprendre". Et voir  en vénerie harder CNRTL "attacher les chiens à la harde", et enharder "attacher par la laisse".Donc ici, desadherdre signifie détacher de la glue, décoller, mais avec une allusion aux liens reliant les chiens de chasse. 

       

      Résumé :

      La glue est comparée à la chair et au désir charnel entre homme et femme, désir si intense que rien ne peut le rompre. Mais les larmes de la contrition et de la repentance permettent, comme l'eau sur le plumage évite à la glue de coller, aux êtres humains d'éviter d'être assujettis à la chair. 

      La chouette est assimilé aux grands seigneurs, qui se cachent durant le jour et se montrent la nuit, et qui en outre, "plument" les gens du peuple.

      In fine, le diable, la chair, et  le monde sont les trois ennemis des humains, comme les appeaux, la glue et la chouette sont ceux des oiseaux. La reine propose trois protection, Foi, Espérance et Charité, et trois armures, Confession, Repentance et Satisfaction [opposé à Envie ?] . 

      L'exemplaire Bnf fr 1298 du Roy Modus et la Royne Ratio place, à la fin de ce discours de la reine Ratio, une enluminure du folio 93v que la base Mandragore intitule Allégorie de la convoitise. Elle représente une autre modalité de chasse à la chouette : une chouette dans le creux d'un arbre, et un hibou sur une souche au centre d'une clairière, attirent huit oiseaux vers des tiges enduites de gluaux et tendues sur des cordes.

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      Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105222077/f190.image

       enluminure du folio 93v  du manuscrit Bnf fr 1298 du Roy Modus et la Royne Ratio , source Gallica.

      enluminure du folio 93v du manuscrit Bnf fr 1298 du Roy Modus et la Royne Ratio , source Gallica.

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      V. Le manuscrit Bnr fr 12399 : une énigme... et sa réponse.

       

      L'énigme est présentée par Elzéar Blaze dans son introduction à son édition de 1839 des manuscrits du Roy Modus et de la royne Ratio :

       

      "La Bibliothèque Royale possède un grand nombre de manuscrits du Roy Modus ; la plupart sont enrichis de dessins coloriés, représentant des sujets de chasse fort curieux par les costumes du temps, les armes dont on se servait, et par les scènes diverses qu'ils représentent. Le manuscrit portant le numéro 652–12 [actuellement français 12399]  fut fait en l'an 1579. A la dernière page se trouve une rosace dans laquelle on lit les vers suivants:

      Les lettres de ci environ

      Si font le nom et le sournom;

      Qui bien les saroit à droit mettre

      Et curieux de l'entremettre,

      De celui qui cest livre fist

      Et du clerc qui son songe escript,

      Quil a prophésie a monstré,

      U checle dessus est nommé,

      Qui le livre a fait et trouvé. C'est tout.

      Vous croyez trouver le nom de l'auteur, et vous pensez avoir atteint le but de vos recherches, pas du tout: dans le premier cercle vous voyez douze lettres, et dans le second quinze lettres, quine forment aucun sens. Il faudrait savoir comment les placer, et le copiste ne nous en a pas donné la clé. En combinant de mille manières les vingt-sept lettres dont je viens de parler, on parviendrait peut-être à former le nom, le surnom et les qualités de quelque savant de cette époque; c'est un soin que je laisse à ceux qui sont doués d'une grande patience..."

      Souhaitez-vous vous y frotter ? Voici le cercle en question, tel qu'il apparaît au folio 177v du manuscrit Français 12399 de la Bnf . Mais lisez auparavant le texte qui l'accompagne, puisque son chronogramme peut vous aider. : 

      Explicit le livre du roy modus et de la royne ratio qui parle des deduis et de pestilence

      Puis la souscription a été effacée, à l'exception  de la dernière ligne :

      Explicit lan de grace  mille CCCLXXIX. [1379]

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      D'autre part, les lettres sont les suivantes : 

      DRHIENREIESEREF
      HDOSEDMISNER

      et le texte inscrit dans le cercle est : Les / lettres de ci environ / si font le non et le sour/non— qui bien les saroit / a droit metreet curieux de / lentremestre —de celui qui cest / livre fist et du clerc qui son / songe escript. Qui la prophe/sie a moustre u checle des/sus est nommé qui le livre a fait et trouvé. / C'est tout.

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      Bon courage. Vous avez une heure.

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      Explicit du ms Bnf fr. 12399 folio 177v du Roy Modus et la royne Ratio.

      Explicit du ms Bnf fr. 12399 folio 177v du Roy Modus et la royne Ratio.

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      La solution : Henri de Ferrières Saint-Hilaire  et son copiste Denis d'Hormes.

      En 1869, un célèbre paléographe, Alphonse Chassant (1808-1907) s'arme de patience et découvre la résolution de l'énigme, ainsi qu'il en donne le récit dans le Bulletin du Bouquiniste :

      "Et c'est par cette indifférence ou cet égoïsme que ce secret de Polichinelle est entré dans la tombe avec les contemporains de l'auteur du Roy Modus. Et à nous, chercheurs du XIXe siècle, postérité négligée des anciens, mais curieuse et soucieuse à bon droit des hommes et des choses du passé, à nous de faire tous nos efforts pour retrouver le nom d'un auteur qui mérite d'autant plus de nous occuper que, de l'attestation du savant éditeur de son livre, pays du monde la grande chasse porte le nom de chasse française, c'est au Roy Modus qu'il faut en attribuer l'honneur. C'est donc plus qu'un nom, c'est une illustration à exhumer.

      On a vu plus haut comment il procède. II trace deux cercles concentriques, et dans leur circonférence il distribue un certain nombre de lettres, en ayant bien soin de faire observer 1° Que Les lettres de ci environ Si sont le nom et le sournom. De celui qui cest livre fist, Et du clerc qui son songe escrit . 2°) Que ces mêmes lettres sont transposées, puisqu'elles n'auront de sens que pour celui Qui bien les saroit à droit mettre Et curieux de le entremettre. 3° Que dans le cercle extérieur se trouvent les noms de l'auteur U chècle dessus est nommé Qui le livre a fait et trouvé. 4° Et par conséquent que dans le cercle intérieur sont les lettres qui forment le nom et le surnom du copiste du clerc qui son songe escrit."
      D'après ces données, pas de méprises possibles. Chaque cercle renferme un nom et un surnom. Il n'y a pas à combiner de mille manières les 27 lettres, pour en former le nom, le surnom et les qualités de quelque savant de cette époque, comme le pense M. Elzéar Blaze. Il faut opérer sur chaque cercle séparément. "C'est tout".
      Muni des instructions qui précèdent, et certain du lieu où chacun des deux inconnus s'était réfugié, je me lançai résolument à leur poursuite.
      Le cercle extérieur fut le premier champ de mes explorations.
      Quinze lettres rangées dans un ordre mystérieux, espacées à peu près à égale distance en occupent toute la circonférence.
      Aucune d'elles n'affecte de prééminence, n'est précédée d'un signe quelconque pour indiquer un point de départ. Par où commencer, à quelle lettre donner la préférence? Voilà ce qu'on se demande tout d'abord, et ce qui faisait regretter à M. Elzéar Blaze de n'avoir pas la clé.
      En adoptant pour la disposition de ses lettres la forme symbolique du cercle, qui n'offre ni commencement ni fin, l'auteur a voulu évidemment mettre les chercheurs dans l'embarras du choix. II ne faisait en cela qu'imiter les Grecs et les Romains qui inscrivaient sur un cercle les noms, soit de leurs dieux, soit de leurs amis, soit de leurs esclaves, à l'égard desquels ils ne voulaient laisser voir aucune préférence ou, sans remonter si haut, l'institution romanesque des chevaliers de la Table-Ronde, où l'honneur était également partagé, où l'on ne pouvait distinguer quelle était la première, la seconde ou la dernière place, avait-elle donné à notre auteur l'idée de son procédé? Qu'importe Je pris les lettres du grand cercle telles qu'elles s'offraient, et, commençant par celle qui occupe le sommet de la circonférence, je les transcrivis dans l'ordre qu'elles suivent de gauche à droite, ainsi:
      F. D. R. H. I. E. N. R. E. I. E. S. E. R. E.

      Ces 15 lettres comprennent donc :

      • 7 voyelles EEEEEU dont 5 E et 2 I
      • 8 consonnes DFHNRRRS dont 3 R

      Ces lettres n'offrant dans leur suite aucun sens, lues à droite ou à gauche, accusent une transposition certaine. Je dus donc opérer à leur égard de la même manière que pour dégager un nom d'un anagramme. Après quelques tâtonnements, je fus assez heureux pour trouver, le jour même de mon entrée en connaissance avec le Roy Modus de M. Elz. Blaze, le nom et le surnom de l'auteur :

      HENRI DE FERIERES,

      Nom d'une grande famille, déjà connu dans les lettres, et où venaient si à point, et sans effort, se placer les cinq E, les deux 1 et les trois R des quinze lettres qui s'offraient à mes premières investigations.

      Encouragé par ce premier succès, j'attaquai le second cercle, où était caché le copiste. Douze lettres disposées et transposées comme les précédentes se déroulaient en cet ordre de gauche à droite, en commençant par la lettre qui occupe le sommet du cercle
      H. D. 0. S. E. D. M. I. S. N. E. R.

      Où se trouvent :

      • 4 voyelles EEIO dont 2 E
      • 8 consonnes DDHMNRSS dont 2 D et 2 SS


      J'avoue que je tournai longtemps dans ce cercle sans rien découvrir qui pût me satisfaire. J'arrivais bien à des noms acceptables, mais pour le surnom, il ne me restait pas assez de voyelles, ou j'avais trop de consonnes. Plusieurs fois, las et découragé, je renonçai à mon entreprise. Après tout, me, disais-je, qu'importe à l'histoire littéraire le nom d'un copiste? Nous avons le nom de l'auteur du Roy Modus, n'est-ce pas l'essentiel? Mais j'avais beau me raisonner ainsi, je me sentais toujours attiré néanmoins vers ce maudit cercle, pour lequel ma persistance semblait croître en raison de la difficulté. Un jour enfin, mieux inspiré, ou plus favorisé du hasard, dans une nouvelle battue, je pus saisir par les oreilles notre copiste, que depuis longtemps je' ne faisais que tirer par les cheveux. En effet, à force de retourner, combiner, agencer mes douze lettres, je parvins à les remettre à leur vraie place, et à lire le nom et le surnom seuls exacts de 

       DENIS D'HORMES.
      J'avais donc complété ma découverte par ce dernier nom, qui vient révéler des rapports tels entre l'auteur et son copiste que je n'eus plus de doute sur l'identité de chacun d'eux. J'avais alors raison de persister dans mes recherches, puisque, comme si je l'eusse pressenti, cette seconde découverte devait fortifier la première.
      Je vais maintenant entrer dans quelques explications et essayer de faire partager mes convictions aux lecteurs que cette question bibliographique peut intéresser, et pour ne pas fatiguer leur bienveillante attention, je m'efforcerai d'être bref sans obscurité.

      Henri de Ferrières, l'auteur du Roy Modus, appartient à l'une des plus anciennes et l'une des plus puissantes familles de Normandie, qui datent de la conquête de l'Angleterre par les Normands. Le nom de Ferrières est aussi illustre dans cette île que dans notre province. Les baronnies de Ferrières, du Neubourg et de Thury-Harcourt, les terres de Livarot, Saint-Vincent du Boulay, Montreuil, Faverolles, Chambrais, etc., etc., furent jadis ses possessions en Normandie. Et aujourd'hui les lords Ferrers ou Ferrars la représentent en Angleterre

      Le siège de cette famille était à Férrières-Saint-Hilaire, au Balliage d'Evreux, dans la vicomte d'Orbec (Eure, arrondissement de Bernay, canton de Broglie). Les seigneurs de Ferrières devaient au duc de Normandie cinq chevaliers. Ils avaient le deuxième rang à l'échiquier parmi les barons du bailliage d'Evreux. Leur mouvance était fort étendue. Ils prenaient le titre de barons fossiers de Normandie voulant montrer qu'ils possédaient les principales ou les plus anciennes forges de la province. Propriétaires de grands bois, voisins des belles forêts de Beaumont, de Conches, de Lire et de Breteuil, assistant aux grandes chasses royales de la contrée, les sires de Ferrières durent compter parmi eux d'habiles chasseurs, initiés à tous les secrets, exercés à toutes les ruses de la vénerie et de la fauconnerie. Aussi trouvons-nous ce passage significatif dans le livre même du Roy Modus : « En droit moy, dit l'auteur, je vis le Roy Charles  qui fu  fils au beau roy Phelippe, qui chaça en la forest de Breteul, en ung buisson, appelé la Boullaye-Guerardet, où il print six vingt bestes noires en ung jour" (feuillet 48)


      A l'appui de cette citation, je pourrais, s'il en était besoin, donner la liste des rois qui, de Philippe-Auguste (1204) à Philippe VI (1331), vinrent séjourner à Breteuil, soit pour les plaisirs de la chasse, soit pour des affaires politiques. Je me contenterai de dire, d'après des documents positifs, que Charles le Bel, dont parle l'auteur du Roy Modus, se trouvait à Breteuil en 1323, en décembre 1325 et en juillet et août 1327. C'est donc à l'une de ces dates qu'il faut reporter la grande chasse royale dont parle l'auteur du Roy Modus. De La Roque, dans son Histoire  généalogique de la maison d'Harcourt (tome II page 1022), nous fait connaître les titre et qualité d'Henri de Ferrières

       

      « Les échiquiers de Normandie, dit-il, et des arrêts-dates de 1321, 1341, 1374, 139, 1391, 1395, 1397, 1398 et des années suivantes, nous décrivent amplement les intérêts de cette maison (de Ferrières) avec les qualités. Isabelle de.Ferrières, dame de Saint-Martin-le-Gaillard, femme de Nicole de Hotot, chevalier, plaidant en cette cour; noble homme, monseigneur. HENRI DE FERRIÈREs, chevalier; noble et puissant seigneur Jean, sire et baron de Ferrières et de Chambrais, seigneur de Saint-Martin-le-Vieil, contre Robert de Nardo, escuyer, qui prétendait la même seigneurie, etc., etc. » Quoique la rédaction de de La Roque soit confuse, et qu'il ait groupé des dates sans application directe, c'est bien évidemment Henri de Ferrières, auteur du Roy Modus, que désignent les échiquiers de 1321 à 1390, car cet auteur, comme il nous l'apprend lui même, a vécu longtemps, puisqu'il a vu Charles IV chassant dans la forêt de Breteuil, de 1323 à 1327, et qu'il s'est fait l'historien de Charles V, qui mourut en 1380.

       


      Je crois inutile de faire remarquer que le nom de Henri a été fréquemment porté du XII au XIVe siècle inclusivement.par les Ferrières. Je ne m'arrêterai pas davantage sur l'orthographe du surnom de Ferières, écrit par un seul R médial.contrairement à notre usage. Les documents du XIIIe et du XIVe siècle ne l'écrivent pas autrement . Je me hâte d'arriver à la justification du nom du copiste.

      DENIS D'HORMES.

      Lorsque je fus en possession de ces noms, je ne me tins pour satisfait qu'autant que j'aurais en main des documents qui appuieraient ma découverte; car j'avais besoin de me rassurer sur le nom de Denis, .peu commun dans le pays d'Evreux. J'avais déjà découvert, en m'occupant de Henri de Ferriéres, qu'un Hugues de Ferriéres et Isabelle, sa femme, avaient fait une donation, vers le commencement du XIIIe siècle, au monastère de Lyre, de deux gerbes de dîmes qu'ils possédaient à ORMES, ce qui établissait des relations des de Ferriéres avec Ormes mais cela ne me suffisait pas. Je fis des recherches sur cette localité, et je rencontrai ce précieux document dont je ne reproduis que les passages nécessaires:

      «  A tous ceulx qui ces lettres verront ou orront, Pierre du Buisson, garde pour le Roy, notre sire, du scel des obligations de la vicomté de Beaumont-Ie-Roger, salut, savoir faisons que
      DENIS MUTEL, Clerc, commis à OURMES [ORMES], soubz Jehan Grison, prestre, tabelliondud. Beaumont, nous a relaté et tesmoigné [par son serment] auquel nous adjoustons foy, que il avoit veu et leu, mot après mot, la copie d'unes lettres d'aveu, parmi lesquelles, etc, etc.

      Nous, à la relacion dud. Commis, avons mis à ces lettres le scel dessudit. Ce fut fait l'an de grâce 1397. ..Ainsi signé collation faicte J. Grison, D. Mutel. –Scellées en simple queue et cire vert. (V. cartulaire de l'éveché d'Evreux, tit. Ourmes; Archives de l'Eure.)

      Ainsi, l'auteur du Livre du Roy Modus nous donne dans un de ses cercles les noms de DENIS D'HORMES, ...du clerc qui son songe escrit «  Et voilà un titre du XIVe siècle qui constate qu'un DENIS d'Ormes, DENIS MUTEL, également clerc, est établi à Ormes, comme commis du tabelion de Beaumont-le-Roger. Si celui-ci n'est pas le Denis d'Ormes, copiste du Livre du Roy Modus, qui aurait pris alors, comme cela se pratiquait mainte fois, et comme simple clerc, le seul nom de DENIS avec celui du lieu de sa naissance ou de sa résidence, il faut convenir qu'il y aurait un singulier hasard à trouver dans les mêmes conditions de rapports, de noms et de lieux, des personnes qui n'ont rien de commun entre elles.

      La seigneurie d'Ormes, que les anciens écrivaient indifféremment Ormes, Hormes, Ourmes, en français et Hulmi ou Ulmi en latin, était située dam le bailliage d'Evreux, vicomté de Conches et seigneurie de Beaumont-le-Roger. " Alphonse Chassant, paléographe : 1808-1907

      .

      L'hypothèse d'Alphonse Chassant a été adoptée ou confirmée par Gunnar Tilander, qui signale  que la découverte du  nom de l'auteur revient à  Jean-Baptiste de La Curne de Sainte-Palaye (1697- 1781). 

      La discussion a été reprise par François Remigereau en 1935.

      La notice de la Bnf indique qu'on  a lu aussi dans ces lettres des deux cercles  les noms de Henri de Vergy, seigneur de Feré,  et de Jean de Melun, sieur de TancarvilleIl y a en effet  aux fol. 75-82 v°, un petit poème sur « Le jugement de chiens et d'oisiaus au compte de Tancarville.". Le clerc chargé de le contacter se rend en son château de Blandy, dans le village du même nom au nord-est de Melun. Jean II, comte de Tancarville, devint seigneur de Blandy en 1354

      Plusieurs faits rendent évident que l'auteur de ce récit composé entre 1354 et 1377  était Normand : la mention de localités telles que Tancarville, Blandy, Breteuil, et la langue, parsemée de normandismes, montrent sans doute possible qu'il était Normand. Ces normandismes ont été signalés par  M. A. Thomas en 1905 , Romania Tome 34 page 111. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k16042j/f117.image

      .

       

      .

      L'explicit du français 1297 : le folio 169r.

      Le manuscrit français 1297 possède aussi, à son dernier folio, le double cercle portant les mêmes lettres. 

      .

       

      La chouette harcelée par les oiseaux. Cinquième partie : la chasse à l'épervier et la chasse à la pipée dans le Livre de chasse Le Roi Modus et la royne Ratio.

      .

      SOURCES ET LIENS.

      .

      BAUDRILLART (Jacques-Joseph) (1774-1832) Traité général des eaux et forêts, chasses et pêches . par M. Baudrillart,...

       3e Partie. I. Dictionnaire des chasses... par M. Baudrillart,... Ouvrage revu... par M. de Quingery ;

       http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5529872s/f608.item.r=appeau%20chouette

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5529872s/f123.item.r=arbret

      3e Partie. II. Dictionnaire des chasses, par MM. Baudrillart et de Quingery. Atlas ; . Paris : Mme Huzard, 1821-1848 11 vol. et 3 atlas ; in-4

      Planche 32 Appeaux : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6572082t/f83.item.r=planche%2033

      Planche 33 Appeaux : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6572082t/f85.item.r=planche%2033

      Planche 34 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6572082t/f87.item.r=planche%2033

      BLAZE (Elzéar), 1839, Le livre du roy Modus et de la royne Racio, nouvelle édition, conforme aux manuscrits de la Bibliothèque royale, ornée de gravures faites d'après les vignettes de ces manuscrits fidèlement reproduites, avec une préface par Elzéar Blaze, Paris, Blaze, 1839, 19 p. + cxxxix f.

      https://archive.org/stream/lelivreduroymod00ferrgoog#page/n285/mode/2up

      CHASSANT (A),  Le livre du Roy Modus, dans Journal des Chasseurs (1869), p. 302,

      CHASSANT (A). 1869, Le livre du roy Modus et de la royne Racio, Bulletin du Bouquiniste, 1er juin page 291-298 et page 323

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k202466h/f294.item.r=modus

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k202466h/f326.item.r=modus

      — GIRAUD (Sylvie) 2016,  « La Légende saint Julien l’Hospitalier. La chasse au cerf, de l’image au texte », Flaubert [Online], 15 | 2016, Online since 20 June 2016, connection on 31 May 2017. URL : http://flaubert.revues.org/2552

      Et, pour le paragraphe, et l'enluminure Cy devise comment len prent les espreviers a la perche, voir du même auteur http://www.eman-archives.org/FLIM/items/show/5759
      "- Lors de ses recherches à la Bibliothèque nationale à partir de novembre 1875, Flaubert a consulté l'ouvrage dans l'édition d'Elzéar Blaze, Paris, 1839 (voir Carnet de travail n° 17, f° 11 et f° 90v° à 72v°, ainsi que les notes f° 487, f° 489, f° 491, f° 491v° du dossier manuscrit de La Légende de saint Julien l'Hospitalier, BnF Mss NAF 23 663-2).
      - Bien que le Carnet de travail n° 17 ne le mentionne pas, il a très certainement visité le très riche département des manuscrits médiévaux, et feuilleté quelques volumes avec pages enluminées.
      - Le piège par panneau est mentionné dans l'avant-texte de La Légende de saint Julien l'Hospitalier, brouillon f° 419v°."

       — PAGENOT, (Sandrine),2009, Recherches sur l'iconographie profane à la fin du Moyen Âge: les premiers traités de chasse enluminés ("Livre du roy Modus et de la royne Ratio" de H. de Ferrières – Livre de chasse" de Febus), thèse de doctorat, Université de Paris IV-Sorbonne, 2009, 4 t.

      Non consulté ! Commentaires en ligne :

      Sandrine Pagenot étudie le ms. BnF, fr. 12399, de la fin du xive siècle, qui contient le Livre du roy Modus et de la royne Ratio de Henri de Ferrières. Résultat d’une collaboration étroite entre l’enlumineur et un expert en cynégétique, ce livre montre bien comment l’image peut illustrer le texte, mais aussi le compléter, voire prendre des libertés à l’égard de l’écrit (Le recours au texte pour la création iconographique profane au xive siècle: le cas d’un traité de chasse, pp. 271-282).

      Sandrine Pagenot montre ainsi qu’en trois occasions Henri de Ferrière « se décharge en partie de l’explication » en renvoyant le lecteur à la miniature subséquente, à charge pour l’enlumineur de suivre fidèlement ses instructions pour la composition de l’image (p. 271 284). Dans ce type d’ouvrage, les « infidélités » des illustrateurs sont à interroger, l’image étant en général parfaitement assujettie au propos didactique.  (http://www.fabula.org/acta/document8106.php)

      — REMIGEREAU (François) 1935 "Questions relatives au « Livre du Roy Modus et de la Royne Ratio » par François REMIGEREAU, Professeur à l'Université de Milan" in Mélanges de littérature, d'histoire et de philologie offert à Paul Laumonnier par ses élèves et ses amis, Droz 1935, page 57 et suivantes  Slatkine reprints 1972

      https://books.google.fr/books?id=8wHSRRPfsa0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=modus&f=false

      — STEINFELD (Nadine), 2013,  "La traque des mots fantômes à travers les terres de La Curne et de Godefroy : un tableau de chasse chargé de trophées pittoresques extraits du Livre des deduis du roy Modus et de la royne Ratio" in Emili Casanova Herrero/Cesareo Calvo Rigual. XXVIe Congrès International de Linguistique et Philologie Romanes, Sep 2010, Valence, Espagne. De Gruyter, 7, pp.411-422, 2013

       

      Résumé : Sur la base d'un échantillonnage d'une dizaine de lexèmes empruntés au Livre des deduis du roy Modus et de la royne Ratio (ca 1354-1377) par le " Godefroy " (Dictionnaire de l'ancienne langue française et de tous ses dialectes du IXe au XVe siècle par Frédéric Godefroy, paru de 1881 à 1902), qui les a repris, pour la plupart, aux matériaux réunis par La Curne avant 1781 et qui ont été publiés par Léopold Favre (Dictionnaire historique de l'ancien langage françois, ou Glossaire de la langue françoise depuis son origine jusqu'au siècle de Louis XIV, par La Curne de Sainte-Palaye [1697-1781], 1875-1882), notre étude propose une grille de lecture pour l'identification des ghost words ou fantasmas lexicográficos, c'est-à-dire les pseudo-lexèmes disposant à tort d'un statut lexicographique (" ces mots qui n'existent pas "), les sens fantômes et les lemmatisations erronées. Les résultats convergent avec ce que l'on sait de la typologie des mots fantômes, mais ils montrent aussi qu'il faut se méfier des exemples uniques (unica / hapax) relevés de surcroît dans des manuscrits réputés médiocres ou des éditions signalées comme défectueuses. Ils ont statistiquement bien des chances d'être des mauvaises lectures de copiste, d'éditeur ou d'auteur de dictionnaire. La confrontation des attestations tirées du célèbre traité de chasse d'Henri de Ferrières par Godefroy à travers La Curne ou l'édition d'Elzéar Blaze (parue en 1839), avec le texte fourni par l'édition critique de Gunnar Tilander (publiée en 1932), nous a permis de débusquer une quarantaine de " mirages lexicographiques " qu'il conviendrait de supprimer de la nomenclature opulente du " Godefroy ". Cette communication s'inscrit dans le cadre des travaux visant à " dépoussiérer " le " Godefroy ", pierre angulaire de la lexicographie du français médiéval, bien qu'il s'agisse d'un dictionnaire âgé de plus d'un siècle, et qui ne fera jamais l'objet d'une refonte.

      TILANDER (Gunnar);1932  Les livres du roy Modus et de la royne Ratio, Volume 77,Partie, Henri de Ferrières, Société des anciens textes français, 1932

       — TILANDER (Gunnar);1932  Les manuscrits des Livres du roi Modus et de la reine Ratio,Lund, Håkan Ohlsson (Lunds universitets årsskrift, n. f., avd. 1, Bd 28, Nr 5), 1932,

      TILANDER (Gunnar);  Mélanges de linguistique et de littérature offerts à m. Alfred Jeanroy par ses élèves et ses amis. Alfred Jeanroy E. Droz, 1928 - 679 pages. Reprint Slatkine 1972

      https://books.google.fr/books?id=_xbaRK3trFsC&pg=PA620&lpg=PA620&dq=Denis+d%27Hormes.&source=bl&ots=h_kStuhmPE&sig=q7GKgWMStXqDW4eqij5atIE29BY&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjim6KthIvUAhXLPRoKHTwOD4kQ6AEIKjAB#v=onepage&q=Denis%20d'Hormes.&f=false

      SMETS An, Van Den Abeele Baudouin , 1998, "Manuscrits et traités de chasse français du Moyen Âge. Recensement et perspectives de recherche" Romania Année 1998 Volume 116 Numéro 463 pp. 316-367 http://www.persee.fr/doc/roma_0035-8029_1998_num_116_463_1470

      https://books.google.fr/books?id=8wHSRRPfsa0C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=modus&f=false

      https://books.google.fr/books?id=_xbaRK3trFsC&pg=PA620&lpg=PA620&dq=Denis+d%27Hormes.&source=bl&ots=h_kStuhmPE&sig=q7GKgWMStXqDW4eqij5atIE29BY&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjim6KthIvUAhXLPRoKHTwOD4kQ6AEIKjAB#v=onepage&q=Denis%20d'Hormes.&f=false

       

      https://books.google.fr/books?id=FXI0LtmUTscC&pg=PA412&lpg=PA412&dq=modus+%22La+Curne%22&source=bl&ots=UfhArX-FbX&sig=BExlkF_2KOdqCZq4qSkztKm-Vyg&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwje0KzLj5rUAhXFVxoKHarlC0MQ6AEIKDAA#v=onepage&q=modus%20%22La%20Curne%22&f=false

      .

      MANUSCRITS ET EDITIONS

      Tilander en a dénombré 32. Voir Arlima : https://www.arlima.net/eh/henri_de_ferrieres.html

      Bibliothèque de l'Arsenal 3079, XVe siècle, folio 210r, 225v et 228v. 

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55007805c/f429.item.r=du%20Monde.zoom

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55007805c/f460.item.r=du%20Monde

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55007805c/f466.item.r=du%20Monde.zoom

      — Bibliothèque de l'Arsenal 5197, XVe siècle : les miniatures manquent pour les paragraphes étudiés.

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55010550z/f82.item.r=Arsenal%205197

      Bnf fr 614 :  texte seulement, pas de miniatures

      Bnf fr 615 date 1406 . pas de miniatures

      Bnf fr 1297 folios 84v, 91v et 93r :

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b85508592/f176.item.zoom

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b85508592/f190.item.zoom

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b85508592/f193.item.zoom

      — Bnf 1298 folios 82r, 88v, et 90r

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105222077/f167.item

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105222077/f180.item

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105222077/f183.item

      Bnf fr 1300 texte seulement, pas de miniatures

      Bnf fr 1301 folio 92v, 100 r et 101v

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53084171s/f198.item

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53084171s/f213.item

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b53084171s/f215.item

      Bnf fr 1302 folio 87r, 94r , et  95v

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530841494/f179.item.zoom

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530841494/f193.item.zoom

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b530841494/f196.item.zoom

      — Bnf fr 12399 « Livre du roy Modus et de la royne Ratio, qui parle des deduis et de pestilence », folio 86v, 93v, et 96v :

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515896h/f176.item.zoom

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515896h/f190.item.zoom

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10515896h/f193.item.zoom

      BR 10218 Bruxelles, milieu du xve s., parchemin, 183 fol., min. : Henri de Ferrières, Les livres du roy Modus . foliio 100, engin pour prendre les «mauvis» (espèce de grives) ; folio 101, la manière de prendre «les oyseaulx a la pipee au bost»;

      http://belgica.kbr.be/pdf/ms/ms_10218_19_lyna.pdf

      — BNF fr RES-S-596 Par Jehan Trepperel folio 88v et suivants. Bois gravés 88v et 90r

       http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k850314m/f193.image

       

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      • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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