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4 décembre 2016 7 04 /12 /décembre /2016 22:12

L'église Saint-Salomon de La Martyre. III. Les bénitiers de 1619 et de 1601.

Voir :

L'église Saint-Salomon de La Martyre II. Le bénitier de 1681.

 

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Chonjal én treu marù zo me flijadur.

« Songer aux choses de la mort est mon plaisir. » Yann-Ber Calloc'h, cité par Daniel Giraudon.

I. LE BÉNITIER DU PORCHE SUD, AVEC ANKOU. XVIe siècle.

Cet objet mobilier est classé monument historique dans la base Palissy, base de données sur le patrimoine mobilier français du ministère français de la Culture, sous la référence PM29000543.

Lorsque le fidèle ou le touriste pénètre dans le porche sud de l'église de La Martyre, après en avoir admiré le tympan et les voussures, ce bénitier de kersanton de style Renaissance placé dans le coin sud-est, au dessus du banc de droite, est sûr de faire son petit effet et d'être honoré d'une photographie. Ce n'est pas l'élégante cuve ronde, à la lèvre perlée, aux flancs richement sculptés de frises de fleurs et de feuilles, et –détail singulier pourtant– les deux  petites plateformes destinées à recevoir un cierge, qui épatent les passants, mais bien le squelette qui y grimace, qui y grelotte et qui se déhanche dans des reflets verdâtres  entre les deux colonnes cannelées. 

Si, dominant une terreur instinctive, on s'approche, on constatera qu'il tient serré contre ses cartilages une tête aux paisibles yeux fermés, la belle et jeune tête d'un quidam à qui, la veille, chacun devait promettre belle année, belle santé et le Paradis en surplus tant on lui donnerait le Bon Dieu sans confession. 

Et dans sa main (ou ce qu'il en reste, une récitation anatomique déclinée en carpe, métacarpe et séquences digitales), il tient la hampe d'une pique ou d'une flèche appuyée sur son trochanter gauche. A moins qu'il ne s'agisse d'une faux, brisée.

Chacun a reconnu dans cette mascotte du sanctuaire l'Ankou, qui n'est pas la seulement la Mort personnifiée, mais son homme de main (oberour ar maro *), son Grand Valet en quelque sorte. La Mort était familière aux Bas-Bretons, qui, jusqu'au XVIIe siècle, enterraient leurs défunts sous le sol de leurs églises et chapelles. Au XVIIe siècle, faute de place, les ossements furent rangé dans les ossuaires, dans un spectacle plus macabre qu'aujourd'hui puisque les crânes, parfois placés dans des boites individuelles, ainsi que  les fémurs, tibia et autres humérus étaient visibles à travers les baies. 

(*) ober : faire

Selon le Wiktionnaire et Daniel Giraudon, le mot Ankou vient de la racine indo-européenne Nek- "tuer, périr", "mort, mourir, cadavre" qui a donné le grec necro (nécrophage, nécrose, nécromantie etc.) et le latin neco, as, are "faire mourir" . En breton, la première mention du mot Ankou remonte au IXe siècle, puis on le trouve dans le Catholicon de Jehan Lagadeuc, dictionnaire trilingue imprimé à Tréguier en 1499:

ANCOU : gal. la mort. Voyez MARU

MARU : g. mort, 

MARUEL : g. mortel

Ce mot a donné lieu à des rapprochement en breton avec Anken "angoisse" et Ankoun "oubli". Il est aussi présent dans Le Mirouer de la Mort de Jehan an archer coz (Jehan Larcher), poème rédigé en 1519 ; la première occurrence se rencontre au vers 265 :

Lauaret ara lob, ez meru nep so robust, Ha lese! an bet man, quen buhan hac an Just : Euit ho vanegloar, nac ynt dispar mar rust, An ancaou so voar tro, tro distro hac ho fust.

"Job dit que celui qui est fort meurt Et laisse ce monde, aussi vite que le juste ;  Malgré leur vaine gloire, si extraordinairement rudes qu'ils soient, La mort est en tournée, en tours et détours, et les frappe."

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Bénitier, porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bénitier, porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Bénitier, porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bénitier, porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Datation : 1619.

Le porche  Sud lui-même, avec la Nativité de son tympan et son Credo apostolique, date de 1450-1468, mais ce bénitier à l'Ankou provient en réalité de l'ossuaire accolé au porche, et qui date de 1619. Cela n'est pas pour surprendre, puisque, sur la façade méridionale de cet ossuaire, à coté d'un homme tenant un crâne et un os, deux anges présentent sur une banderole une citation du Mirouer de la Mort dont je viens de parler: 

 

 

An Maru, han Barñ han Yfferñ yen

Pan ho soing den ez dle crenaff.

Foll eu na preder è Spéret,

Guelet ez ev ret decedaff.

 

A la mort, au jugement, à l'enfer froid, pense, fils de l'homme, et ne te 
lasse pas; 
Et jamais nulle part tu ne pécheras, en mettant ton espoir dans la mai- 
son de Dieu. 

 

 

 

 

 

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Bénitier, porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bénitier, porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Attribution : le Maître de Plougastel (1570-1620).

E. Le Seac'h a attribué ce bénitier au Maître de Plougastel – l'auteur du calvaire de cette paroisse – d'une part car c'est lui qui a entrepris en 1619 l'ossuaire de La Martyre, d'où vient ce bénitier, mais aussi car ses caractéristiques stylistiques se reconnaissent dans le visage de l'adolescent emporté par l'Ankou .

Le Maître de Plougastel a œuvré essentiellement dans le Léon, et la Cornouaille immédiatement au sud de l'Elorn. Outre le calvaire de Plougastel-Daoulas (1602-1604), il est l'auteur de deux autres ensembles majeurs, l'arc d'entrée de Guimiliau (1606-1617) et le calvaire de Locmélar . Le bénitier appartient à la troisième période de ce sculpteur, celle de sa maîtrise.

Son style se reconnaît au hiératisme des postures, adouci par la rondeur des visages leur conférant "une quiétude magnifiée proche de l'ataraxie de pierre" ; aux yeux taillés en amande, aux paupières enflées  et ourlées, aux fronts bombés, aux mains larges et plates.

L'adolescent du bénitier de La Martyre a le visage rond caractéristique, la paupière supérieure des yeux fermés est marquée du discret pli palpébral, les sourcils sont soulignés, le front est saillant, le nez épaté. Le philtrum est légèrement tracé, les lèvres sont fines mais s'achèvent par un arc concave bien creux participant à l'impression grave  et sereine. Les cheveux, qui se confondraient facilement avec l'éventail des côtes du squelette, sont fournis, peignés en épaisses torsades sur le front et sur le coté.

Sa beauté angélique et l'intensité de l'impression de calme intérieur sont pour beaucoup dans le choc des contrastes entre l'Ankou et sa victime, entre la Mort et le Vivant : comme un instantané saisissant du mouvement de la funèbre faux. 

Ce contraste est aussi un paradoxe : l'immobilité passive est celle de l'humain, alors que la Mort  est mouvement et activité : elle fauche, mais ne chôme pas.

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Bénitier, porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bénitier, porche sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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II. BÉNITIER DU BAS-COTÉ SUD (1601).

Objet classé Mh PM 29000546.

Précisons immédiatement qu'il s'agit aussi d'une œuvre du Maître de Plougastel.Placé dans le bas-coté sud, contre le pilier de droite lorsqu'on franchit la porte d'entrée, c'est un grand bénitier (environ 1,30 m) en kersanton, à dôme et à lanternons reposant sur une colonne en guise de pied. Comme le précédent (qui avait perdu son lanternon), sa vasque ronde est entourée de deux colonnes, ici lisses et à chapiteaux corinthiens. Trace de polychromie ocre (dominance rouge).

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Bénitier de 1601, bas-coté sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bénitier de 1601, bas-coté sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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La partie centrale est sculpté en bas-relief d'un angelot en tunique dont les plis bouffent au dessus d'une ceinture. Il est agenouillé, comme un ange de l'Annonciation, et son calme visage arrondi, ses yeux en amande, son nez large, ou ses cheveux coiffés en torons rayonnants sur le front et vers les épaules ont bien des points communs avec le visage du jeune homme du bénitier à l'Ankou. 

On lit en inscription :  1601 I.PIME. Cela correspond-il au patronyme Pime ou Le Pime (attesté en France mais disparu) d'un fabricien ? Ou à un abréviatif ?

J'interprétai l'objet tenu dans la main droite de l'ange comme un équivalent du lys de l'Annonciation, avec son fleuron, malgré le bouton pommé de sa base, mais E. Le Seac'h y voit "un goupillon d'ancienne manière avec des soies de cochon". Je me range à cette suggestion après avoir consulté l'iconographie de ce compagnon du bénitier sur le site enluminures.culture.fr

 

 

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Bénitier de 1601, bas-coté sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bénitier de 1601, bas-coté sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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Un mascaron d'anges  ornent les faces de l'hexagone qui coiffe la partie principale ; des pots à feu sont posés dessus.

Un lanternon et un dôme la surmontent, décorés de pots à feu. Saint Michel terrassant le dragon couronne l'ensemble. Il tient un écusson dans la main gauche et enfonce sa lance dans la gueule de la bête allongée sur le dos, pattes en l'air.

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Bénitier de 1601, bas-coté sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Bénitier de 1601, bas-coté sud, église Saint-Salomon, La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

COUFFON (René), LE BARS (Alfred) , 1988, La Martyre,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/MARTYRE.pdf

— GIRAUDON (Daniel), Sur les chemins de l'Anjou - Daniel Giraudon – Ed . Yoran Embanner

— LE BRAS (Anatole), La légende de la mort chez les Bretons armoricains (Nouvelle édition, refondue et augmentée, avec des notes sur les croyances analogues chez les autres peuples celtiques) / par Anatole Le Braz  H. Champion (Paris)  1902

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k8630199c/f17.image

https://fr.wikisource.org/wiki/La_l%C3%A9gende_de_la_mort_chez_les_Bretons_armoricains/Introduction

— LE SEAC'H (Emmanuelle), Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes page 195.

PÉRENNÈS (Chanoine Henri), 1932 et 1933, La Martyre, Notice sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon, BDHA

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1932.pdf

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1933.pdf

SPREV :

http://www.sprev.org/centre-sprev/la-martyre-eglise-saint-salomon/

Infobretagne : 

 http://www.infobretagne.com/martyre-ressources-eglise.htm

http://www.infobretagne.com/enclos-martyre.htm

— http://www.chantony.fr/patrimoine_et_histoire/29_la_martyre.html

— Topic-topos

 http://fr.topic-topos.com/benitier-la-martyre

Fichier photo Wikipédia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:La_Martyre_(29)_%C3%89glise_Saint-Salomon_Porche_sud_B%C3%A9nitier_%C3%A0_l'Ankou_03.JPG

 

Published by jean-yves cordier - dans La Martyre Maître de Plougastel
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3 décembre 2016 6 03 /12 /décembre /2016 23:08

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Résumé.

En 1681, les fabriciens de La Martyre François Quentric et I. Kerraoul firent exécuter par l'architecte et sculpteur de pierre Jean Le Bescont (actif vers 1664-1682 sur huit paroisses) une grande vasque ou "piscine" afin de la remplir chaque dimanche d'eau bénite pour la répartir ensuite dans les bénitiers muraux. Ils suivirent ainsi l'exemple de Ploudiry, la paroisse-mère dont La Martyre était une trève, qui avait fait tailler un an auparavant par le même artisan une piscine analogue. Ils y firent graver la formule Haec aqua benedicta sit nobis salus et vita, "Que cette eau bénite soit pour nous salut et vie" formule liturgique d'aspersion lustrale attestée sur d'autres bénitiers.

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Objet classé Mh PM29000548.

Dans l'église de Saint-Salomon à La Martyre, une vasque de pierre portant le chronogramme de 1681 est désignée par les principaux auteurs, Base Palissy et René Couffon en tête, comme un bénitier. J'y voyais pour ma part une cuve baptismale. Certes, les deux éléments sont destinés à contenir et à distribuer l'eau bénite. Certes aussi, la conversion de fonts baptismaux en bénitier est attestée. Mais on trouve les fonts baptismaux en titre, datés de 1635 par une inscription du baldaquin. 

Cette cuve, que l'on découvre juste après avoir franchi la porte d'entrée, sur sa gauche, est placée en face d'un bénitier intégré à un pilier : sa fonction de bénitier ferait donc double emploi.

D'autre part, au lieu d'être adossée à un mur ou un pilier par une face plate, c'est une sculpture en ronde bosse, dont on fait le tour.

Cette cuve est monolithique, ovoïde, évasée,  aux flancs ornés de godrons, et ornée de têtes de chérubins. Elle mesure (Le Seac'h) 1,12 m de haut, 1,14 m de large et 0,82 m de profondeur.  Elle repose sur un pied en double volute  à galons plats. Entre les volutes, un enfant ou angelot aptère ("buste de femme en cariatide" pour l'Inventaire) est  accroupi, les mains posées sur les cuisses. Sa nudité est atténuée par un linge qui passe en diagonale de l'épaule gauche vers son bassin, avant de disparaître entre ses cuisses ; et ce sont sans doute ses extrémités, soigneusement pliées, qui sont croisées en V derrière les jambes et divergent de chaque coté des chevilles. 

La taille singulière de ce bénitier, et sa ressemblance avec des fonts baptismaux, s'éclairent par le rapprochement établie par Emmanuelle Le Seac'h (2014, p. 299) avec un bénitier de Ploudiry (dont La Martyre était une trève). Car ce dernier, daté de 1680, est mentionné dans les archives paroissiales : le sculpteur, Jean Le Bescont, reçoit 24 livres « pour une grande piscine en pierre de Kersanton où l'on bénit l'eau tous les dimanches matin et que l'on verse ensuite dans les autres moindres piscines de l'église ». Cette "piscine" (en breton, bénitier se dit piñsin ou pileter ) porte l'inscription LABRVM : PAROAE : AQVAE : LVSTRALIS : 1680 "Cuve de l'eau lustrale de la paroisse" dans laquelle le mot latin Labrum désigne (Gaffiot) "un grand vase, un bassin, une cuve, une baignoire", caractérisés par une grande taille.  Il faudrait donc distinguer par un vocabulaire spécifique les petits bénitiers muraux scellés (de porche, de seuil ou d'ossuaire) , et les grandes vasques sur pied, mobiles si besoin, mieux évoqués par  le terme de piscine. A Ploudiry, une autre piscine avait été réalisée en 1675 , également sur pied, circulaire, avec l'inscription : : CETTE PISCINE A ESTE FAICT FAIRE PAR Y PAPE P. EN SA VIE L.A.1675.

 

Je peux supposer que le grand bénitier de La Martyre, réalisé 1 an après celui de Ploudiry, avait la même fonction de réservoir central  d'eau bénite redistribuée dans les bénitiers muraux, ce qui explique sa morphologie.

Ce dernier est attribué d'ailleurs par E. Le Seac'h au même sculpteur, Jean Le Bescont (vers 1664-1682), également architecte, actif en ses deux ateliers de Landerneau et de Carhaix sur huit paroisses, et auteur de trois séries d'apôtres des porches de Dirinon, Goulven et Locmélar. Ceux-ci sont  caractérisés par "les grands yeux exorbités en amande" ..."des orbites très rondes avec un fin contour et une arcade sourcilière marquée", des lèvres fines et serrées, des mains longues et fines. Or, pour E. Le Seac'h, les trois têtes d'angelots ailés du bénitier de La Martyre ont le même style que les apôtres sculptés par Le Bescont. 

 

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Fonts baptismaux, 1681, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Fonts baptismaux, 1681, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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La vasque porte les inscriptions sur deux lignes

 : "HAEC. : AQUA : BENEDICTA : SIT : NOBIS : SALVS : & VITA." et dessous : "F : QVENTRIC : F. /  I. K : RAOUL : 1681."

La ligne supérieure suit la lèvre de la cuve, elle est écrite en  minuscules romaines, avec des lettres simples, sans empattement ni ornementation. On note l'emploi du  N rétrograde et de l'esperluette.

La ligne inférieure est disposée de part et d'autre de la tête du chérubin. Elle est écrite en majuscules romaines et en chiffres arabes. N rétrograde. Q sous la forme d'un 9. 

– La première ligne, en latin, Haec aqua benedicta sit nobis salus et vita, peut se traduire par "Que cette eau bénite nous soit le salut et la vie". On la retrouve sur un bénitier de l'église de Pardaillan, de l'église Saint-Aignan en vallée de la Viaur (81), en Vienne à l'église de Leignes-sur-Fontaine. Mais dans les ouvrages liturgiques, elle est mentionnée, rarement,  soit lors l'aspersion d'eau bénite accompagnant l'administration de l'extrême-onction, soit la remise de l'eucharistie à un malade, ou avec modification (Haec aqua benedicta sit vobis salus et vita), lors de l'exorcisme d'animaux. Son emploi n'apparaît donc pas courant, ni pour le baptême, ni lorsque le fidèle se signe avec l'eau du bénitier.

On la trouve aussi sous la forme haec aqua benedicta sit mihi salus et vita et pro ea sunt dimissa peccata venialia mea , ou bien plus brièvement dans Hore beate virginis marie ad usum Sarum [Wolf. Hopyl] Pro Anthonio Vérard, Paris 1503-05 Copenhagen Kongelige Bibliotek CMB Pergament 19 4°  Aqua benedicta sit mihi salus 1503-05, f.10;

– La seconde ligne peut être transcrite ainsi : "F[rançois] Quentric, F[abricien] / I Kerraoul, 1681", puisque le K initial d'un nom est souvent abréviatif de Ker-. Or, un certain Yvon Keraoul "fabrique de N.-D. de La Martyre", apparaît en 1637 avec son collègue Olivier Paugam dans l'établissement d'un marché pour la construction de l'orgue de l'église. Les fabriciens sont désignés dans les familles honorables (et donc riches) de la paroisse, et c'est peut-être son fils Ian ou Ivon qui occupe ce rôle en 1681. Les généalogistes mentionnenent un François de Kerraoul ou Keraoul, Keroul, Keroullé  ca 1628-ca 1670. Il existe de nos jours à la Roche-Maurice une ferme nommée Keraoul.

 

http://gw.geneanet.org/parnoult?lang=it&v=KERRAOUL+(DE)+(KERAOUL)(KEROUL)(KEROULL%C3%89&m=N

http://it.geneanet.org/search/?name=KERAOUL&country=FRA&region=BRE&subregion=F29&place=La%2BMartyre%2C29144&ressource=arbre

http://gw.geneanet.org/katoff?lang=it&v=KERAOUL&m=N

De la même façon, un François Quentric  ( 1632- La Martyre, 1692) est attesté par les généalogistes. François Quentric, époux de Catherine Nicolas, eut cinq enfants (François, Guillaume, Françoise, Marie, Catherine) nés à La Martyre. 

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Fonts baptismaux, 1681, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

Fonts baptismaux, 1681, église Saint-Salomon de La Martyre. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

CASTEL (Yves Pascal), THOMAS ( ‎Georges-Michel) 1987,  Artistes en Bretagne: Dictionnaire des artistes, artisans et ingénieurs en Cornouaille et en Léon sous l'Ancien Régime, Société archéologique du Finistère, 1987 - 364 pages

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred) , 1988, La Martyre,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/MARTYRE.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes, p. 298-299.

— SPREV :

http://www.sprev.org/centre-sprev/la-martyre-eglise-saint-salomon/

— Infobretagne : Emploi des ressources de l'église de Martyre

 

http://www.infobretagne.com/martyre-ressources-eglise.htm

http://www.infobretagne.com/enclos-martyre.htm

— http://www.chantony.fr/patrimoine_et_histoire/29_la_martyre.html

Site Bretania  "La Martyre"

Site Bretania "Fonts Baptismaux" (387 réponses)

Sur les fonds baptismaux :

— Dossier pdf "Cuves baptismales et fonts baptismaux : évolution formelle avant le XVIe siècle"

http://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire/CATALOGUES/fontsbapt/fontsbapt_histav16e/html/fontsbapt_histav16e.html

— Dossier pdf "Cuves baptismales et fonts baptismaux : environnement des fonts"

 http://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire/CATALOGUES/fontsbapt/fontsbapt_envir/html/fontsbapt_envir_image_1.html

— Dossier pdf : "Cuves baptismales et fonts baptismaux : évolution formelle au XVIe siècle"

http://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire/CATALOGUES/fontsbapt/fontsbapt_hist16e/html/fontsbapt_hist16e.html#fig5

— Dossier pdf : "Cuves baptismales et fonts baptismaux : évolution formelle au XVIIe siècle"

http://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire/CATALOGUES/fontsbapt/fontsbapt_hist17e/html/fontsbapt_hist17e.html#fig12

— https://fr.wikipedia.org/wiki/Fonts_baptismaux

— Les Fonts baptismaux d'Hildesheim (Ier tiers XIIIe) :

La bande la plus basse montre quatre figures humaines, qui soutiennent toute la cuve. Ce sont des personnifications des quatre fleuves du jardin d'Eden ( Genèse 2: 10-14 ). Chacun d'eux se déverse sur l'eau de la vie: Les quatre figures sont clairement distinctes par les vêtements, la posture, et la coiffure et symbolisent les différentes classes et phases de la vie. Dans une petite zone au- dessus de leurs têtes, ils sont identifiés par les vertus cardinales : la modération, le courage, la justice et la sagesse. 

https://en.wikipedia.org/wiki/Baptismal_font_(Hildesheim)

— Les fonts de Saint-Clément (Aisne) :

https://inventaire.picardie.fr/dossier/fonts-baptismaux-cuve-baptismale-a-infusion/395d3f40-a71e-4372-88ef-07dc9b844074

— A_Twelfth_Century_Baptismal_Font_from_Wellen_The_Metropolitan_Museum_Journal_v_44_2009 (1).pdf

Baptismal font. Wellen, Limburg, Belgium, 1155–70. Bluestone . The Metropolitan Museum of Art, The Cloisters Collection

In the Ordo romanus, the ritual of blessing the baptismal water alludes to the four rivers of Paradise—the Gehon, the Phison, the Tigris, and the Euphrates—that “water all of the earth,” like the waters of holy baptism. Patrologia Latina, vol. 78, “Romani Ordines,” 21, cols. 1015–16, and 42, col. 956. In early Christian iconography, the rivers of Paradise, associated with the Evangelists in the prayers of Saint Cyprian (ca. 200–258) and by Saint Augustine in the City of God,( Ibid., vol. 3, col. 1110, and vol. 31, col. 395) issue from human or lions’ heads. The four human heads on the Cloisters font are homogeneous enough in design to permit an interpretation of them as personifications of the rivers of Paradise, but the diversity among the heads on a number of other fonts prevents any such generalization. Despite their rather reassuring features, the heads may also have served an apotropaic function.

 FAVREAU (Robert), 1995, Les inscriptions des fonts baptismaux d'Hildesheim, Baptême et quaternité Cahiers de civilisation médiévale  Année 1995  Volume 38  Numéro 150  pp. 116-140

http://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1995_num_38_150_2609

— MÂLE ( Émile), 1922 L'art religieux du XIIe siècle en France : étude sur les origines de l'iconographie du moyen age

https://archive.org/details/lartreligieuxdux00mluoft

— MÂLE ( Émile),  L'art religieux du XIIIe siècle en France: étude sur l'iconographie du Moyen ... 1898

https://archive.org/stream/lartreligieuxdu00mlgoog#page/n7/mode/2up

page 20 : https://archive.org/stream/lartreligieuxdu00mlgoog#page/n45/mode/2up/search/lion

page 55 Honorius d'Autin  :https://archive.org/stream/lartreligieuxdu00mlgoog#page/n79/mode/2up/search/lion

page 149 Fonts baptismaux 4 fleuves https://archive.org/stream/lartreligieuxdu00mlgoog#page/n175/mode/2up/search/fonts

—MÂLE ( Émile), 1922, L'art religieux de la fin du Moyen Age en France : étude sur l'iconographie du Moyen Age et sur ses sources d'inspiration, 1922,

https://archive.org/stream/lartreligieuxdel00mluoft#page/n7/mode/2up

— BOGAERT (P-M.) J.-Fr. Gilmont La première Bible française de Louvain (1550)  Revue théologique de Louvain  Année 1980  Volume 11  Numéro 3  pp. 275-309

http://www.persee.fr/doc/thlou_0080-2654_1980_num_11_3_1779

REUSENS, (Edmond Henri Joseph),1885, Éléments d'archéologie chrétienne :

https://archive.org/stream/lmentsdarchologi01reus#page/178/mode/2up/search/fleuves

— VIOLLET-LE-DUC "Fonts", in Dicionnaire raisonné de l'architecture française

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Fonts_(Baptismaux)

— Fonts baptismaux de la Somme :

http://www.richesses-en-somme.com/patrimoine-des-%C3%A9glises/fonts-baptismaux/fonts-bapt-du-10e-au-13e-si%C3%A8cle/

— Fonts de saint Barthélémy à Liège

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fonts_baptismaux_de_Saint-Barth%C3%A9lemy
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Published by jean-yves cordier - dans La Martyre Fonts baptismaux
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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 16:31

L'enclos paroissial de Brasparts.  II. Le clocher et ses gargouilles, l'ossuaire et les crossettes : Eros et Thanatos.

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Voir aussi :

L'église Notre-Dame de Rumengol. V. Les gargouilles et les crossettes.

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I. LA FAÇADE OUEST ET LE CLOCHER.

L’église Notre-Dame et St Tugen de Brasparts, a été commencée en 1551, comme l'indique la date "L.M.VcLI"  en lettres gothiques placée sous une console entre deux blasons martelés. La porte, à arcature gothique à crochets à feuilles frisées et fleurons entre deux pinacles  est surmontée d'un fronton, doté de deux têtes en haut-relief à chaque coin. De ces angles montent deux colonnes engagées sculptées  de jolies moulures prismatiques.

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Façade ouest et clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.
Façade ouest et clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Façade ouest et clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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La façade est surmontée d'une flèche octogonale  ajourée à sa base par de larges lucarnes et hérissée à ses arêtes de crossettes végétales.   Cette flèche est soutenue par une chambre de cloches à 2 galeries. Pour monter à la chambre des cloches, on accède au clocher  par une tourelle d'escalier en vis placée à son flanc sud de la tour, tourelle octogonale à sa base et passant ensuite à la forme cylindrique, couronnée enfin d'une flèche. 

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La seconde galerie (XVIIe siècle) faite d'une succession de courts piliers est encadrée de quatre fausses gargouilles identiques qui sont des anges-oiseaux.

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Seconde galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Seconde galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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Fausse gargouille, seconde galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Fausse gargouille, seconde galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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I. LES FAUSSES GARGOUILLES DE LA PREMIÈRE GALERIE. EROS. 

La première galerie (2ème moitié XVIe siècle) est plus élégante, avec ses découpes en quatre-feuilles.  Quatre fausses gargouilles à forme humaine l'encadrent. Leur examen attentif, qui relèvera presque du voyeurisme, réserve quelques surprises : on se gardera de prêter sa paire de jumelles aux enfants et aux ithyphallophobes.

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Première galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Première galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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Le personnage situé au nord-ouest tient ses mains croisées devant son bas-ventre ; la bouche entrouverte, il tire sans vergogne une longue langue, ce qui est impoli et donne le mauvais exemple aux paroissiens circulant dix mètres plus bas.

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Fausse gargouille de la première galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Fausse gargouille de la première galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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Effet néfaste du mauvais exemple  ? Son collègue qui défend l'angle nord-est a adopté la même posture, qui manque d'élégance. Il est pourtant richement vêtu d'un manteau plissé, aux manches boursouflées (on n'économise pas l'étoffe). Sa langue est si longue qu'on se demande s'il ne vomit pas tripes et boyaux. 

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Fausse gargouille nord-est de la première galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Fausse gargouille nord-est de la première galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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Le même.

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Fausse gargouille nord-est de la première galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Fausse gargouille nord-est de la première galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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Au sud-ouest, on croit avoir affaire à un philosophe qui, ébahi, la main sous le menton, s'interroge avec perplexité sur le sens de rotation du monde. Ou bien ce quidam lance-t-il un appel au peuple : ohé, ohé.

C'est la position de sa main gauche qui nous détrompe. Encore un bon exemple de mauvais exemple. 

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Fausse gargouille sud-ouest de la première galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Fausse gargouille sud-ouest de la première galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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Au sud-est, le dernier membre de notre quatuor ne rachète pas ses compagnons. En manches courtes, il a placé son index dans sa bouche. Je n'en dis pas plus ; mais je renvoie au personnage semblablement ithyphallique de la première galerie du  clocher de Rumengol.

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Fausse gargouille sud-est de la première galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Fausse gargouille sud-est de la première galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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Fausse gargouille sud-est de la première galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Fausse gargouille sud-est de la première galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Détail de la fausse gargouille sud-est de la première galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Détail de la fausse gargouille sud-est de la première galerie du clocher de l'église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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Autour de la tourelle de la flèche de l'escalier d'accès au clocher, des masques se succèdent.

 

Tourelle de la flèche de l'escalier d'accès au clocher. Église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Tourelle de la flèche de l'escalier d'accès au clocher. Église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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II. LES CROSSETTES DE L'OSSUAIRE. THANATOS.

Au sud-ouest de l'église, au coin de l'ancien cimetière, se trouve l'ancien ossuaire rectangulaire (XVIe siècle). Au bas des rampants des pignons on voit quatre crossettes  tenant des inscriptions gothiques et portant les attributs de la mort.  

1°) L'Ankou à l'angle sud-ouest.

 

Un squelette représentant la Mort, an Ankou, tient un javelot avec une inscription rongée  où on lit OS A/  RE ("Ossuaire"?). 
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Crossette de l'angle sud-ouest de l'ossuaire,  église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Crossette de l'angle sud-ouest de l'ossuaire, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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Crossette de l'angle sud-ouest de l'ossuaire,  église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Crossette de l'angle sud-ouest de l'ossuaire, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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2°) L'ange de la Résurrection .

Il sonne de la trompe et tend un phylactère où est tracée l'injonction  « REVEILLEZ VOUS».

Crossette de l'angle sud-est de l'ossuaire,  église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Crossette de l'angle sud-est de l'ossuaire, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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3°) Un lion.

Conforme à l'iconographie des crossettes finistériennes, il tire la langue, sa queue passe entre ses cuisses arrières avant de longer son dos et de se diviser en une fourche (son plumeau), et ses pattes avant prennent appui sur un rouleau. Sa patte arrière semble posée sur une petite bête (à cinq pattes) tirant la langue, mais le lion suivant montre qu'il s'agit de la toison méchée et de la pelote terminale de cette patte.

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Crossette de l'ossuaire de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Crossette de l'ossuaire de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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4°) Un autre lion moins la tête.

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Crossette de l'angle sud-est de l'ossuaire,  église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Crossette de l'angle sud-est de l'ossuaire, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

http://patrimoine-de-france.com/finistere/brasparts/eglise-avec-le-calvaire-et-l-ossuaire-2.php

—CIRÉFICE (Patrice), L'Ossuaire de Brasparts, sur :  Forum de Brasparts : un article remarquable et d'excellentes photographies :

http://ville-brasparts.forum-actif.net/t1528-l-ossuaire-de-brasparts

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun, mémoire de maîtrise, 2 vol.

—Wikipedia :

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Notre-Dame-et-Saint-Tugen_de_Brasparts

— Topic-topos :

http://fr.topic-topos.com/ossuaire-brasparts

— BRETANIA "Gargouilles"

.— HERMINE 

http://www.hermine.org/app/photopro.sk/hermine/?#sessionhistory-ready

28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 13:18

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Comme l'indique René Couffon et Alfred Le Bars (1988), le porche sud de l'église de Brasparts, "daté, sur son entablement, de 1589, présente une curieuse juxtaposition des deux styles gothique et Renaissance, ainsi que le montrent notamment les culs-de-lampe supportant les statues des Apôtres. Tandis que les deux travées de l'intérieur sont voûtées sur arcs ogives et que les portes jumelées du fond ont une décoration toute gothique, les contreforts, ornés de niches, colonnettes et pilastres Renaissance sont amortis par des lanternons pleins à dôme, et le tympan par un lanternon ajouré".

1589 ? Nous sommes alors au début du règne de Henri IV (1589-1610). Mais parmi les statues des apôtres, celle de saint Jean porte l'inscription : "LA.1592. L. GO./ PO. LORS. FAB., "l'an 1592 Le Goff (?) étant pour lors fabricien". Donc, nous voilà en 1592, et les troupes royales luttent contre le duc de Mercœur et ses alliés espagnols : c'est la Guerre de la Ligue (1588-1598).

 

 

 

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Porche sud (1589), église de Brasparts, photographie lavieb-aile.

Porche sud (1589), église de Brasparts, photographie lavieb-aile.

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Cela aura peu d'incidence sur le sujet de mon article qui concerne ces culs-de-lampe qui donnent appui aux statues des douze apôtres. En granite, avec une base supérieure à cinq cotés moulurée et perlée, chaque encorbellement est sculpté en son soubassement  par une figure angélique, humaine, animale ou à demi-monstrueuse. On retrouve là le masque, fréquent dans les sablières, de la bouche  duquel s'échappent les tiges d'un feuillage ; un ange tenant un blason effacé, et dont les cheveux ébouriffés en boules évoquent l'atelier du Folgoët ; des feuilles frisées ; une tête de lion ; deux faces enserrées ensembles. 

Démone de la Tentation, porche sud, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Démone de la Tentation, porche sud, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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Sous la statue de saint Jacques, voici un buste d'homme entouré d'un chien et d'un lièvre, témoin des vices dont il est l'emprise.  Les deux animaux ont posé leur patte arrière sur ses flancs, alors que lui-même empoigne leur patte avant.

Personnage accosté d'un chien et d'un lapin,  porche sud, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.
Personnage accosté d'un chien et d'un lapin,  porche sud, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Personnage accosté d'un chien et d'un lapin, porche sud, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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Mais ce qui m'intéresse d'avantage, c'est la démone cornue qui tient une pomme dans sa main droite tandis qu'elle coiffe l'une de ses nattes, ou soutient sa tête, de la main gauche au bras accoudé. Elle possède les généreux attributs féminins d'une poitrine qu'elle met en évidence en se renversant en arrière, mais le bas de son corps est celui d'un serpent.  Sa longue queue s'entortille sur elle-même, avant d'entourer le cou d'un pauvre homme. 

C'est l'une des 10 ou 11 "Ornements du type femme-serpent" que Hiroko Amemiya a recensé dans sa thèse sur ces représentations semi-humaines, dont 9 dans le Finistère, alignées sur un axe nord-sud entre Bodilis, Sizun, Brasparts, Lannédern, et Plonevez-du-Faou et Lennon, avec des écarts à Le Juch et Plouay. Dans une cinquantaine d'autres exemples (dont 28 dans le Finistère), ces créatures sont foulées par la Vierge à l'Enfant, motif complet de la Nouvelle Ève abolissant la malédiction du Péché Originel dont ces Femmes-serpent isolées sont une figure métonymique.

Cette sculpture ne peut donc pas être comprise sans l'inclure dans cet ensemble, qui possède une forte cohérence thématique, géographique (Finistère) et temporelle (XVIe et XVIIe), d'autant qu'il faut y associer les vingt exemples bretons de sirènes, tenant souvent un miroir, mais parfois une pomme (Sizun), et surtout les 4 exemples de porches des Monts d'Arrée en vallée de l'Élorn, à Pencran, Guimiliau, Landivisiau et Ploudiry, où, dans une représentation de la tentation d'Ève par le Malin, ce dernier est représenté par une femme-serpent, à la queue enroulée autour de l'arbre de la Connaissance du Bien et du Mal, à la tête à longue chevelure, à la poitrine nue et qui tend une pomme à la femme d'Adam. Or, une trentaine de kilomètres séparent ces quatre porches de celui de Brasparts.

Ces regroupements thématiques incitent donc à voir dans cette femme-serpent une forme féminine de Satan, ou une assimilation de la féminité avec la Tentation responsable de la Faute, et dans l'homme enserré dans les orbes de la queue Adam lui-même, ou tout homme entraîné par le Désir vers la répétition du Péché.

D'autres associations enrichissent l'interprétation de cette figure. Gwenc'hlan Le Scouëzec a écrit à son propos :
" C'est là, teintée du souvenir du démon chrétien du Paradis terrestre, l'antique déesse vipérine des profondeurs de la terre et de l'eau ; elle est la reine du marais de l'Ellez, celle qui se tient à la porte des Enfers."

C'est aussi ce que suggérait l'étude, à Brennilis, de la Vierge à la Démone nommée Notre-Dame de Bréac-Ellis.  

Ici, on doit tenir compte aussi des autres culs-de-lampe, qui développent le thème de l'homme en proie à ses vices, figurés sous des formes animales, alors qu'au dessus les douze saints énoncent les douze articles du Symbole des Apôtres, que sur le trumeau se tient le Christ Sauveur, et que sur la voûte était peint l''Agneau de l'Apocalypse ouvrant le livre scellé et portant l'étendard orné d'une croix,  entouré d'une auréole rayonnante. Une opposition radicale entre un monde soumis au Malin, et la victoire de  la Rédemption. 

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Démone de la Tentation, porche sud, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Démone de la Tentation, porche sud, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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Démone de la Tentation, porche sud, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Démone de la Tentation, porche sud, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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Cul-de-lampe, coté droit du porche sud, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Cul-de-lampe, coté droit du porche sud, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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Cul-de-lampe, porche sud, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Cul-de-lampe, porche sud, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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Cul-de-lampe, coté droit du porche sud, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Cul-de-lampe, coté droit du porche sud, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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Culs-de-lampe, coté gauche du porche sud, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Culs-de-lampe, coté gauche du porche sud, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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Cul-de-lampe, coté gauche du porche sud, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

Cul-de-lampe, coté gauche du porche sud, église de Brasparts. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (chanoine Jean-Marie), PEYRON (chanoine Paul),  1903 et 1904, "[Notices sur les paroisses] Brasparts", Bulletin de la commission diocésaine d'histoire et d'archéologie, Quimper, 3e année, 1903, p. 364-374, 4e année, 1904, p. 33-64.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf_notices/brasparts.pdf

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1903.pdf

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1904.pdf

— Infobretagne :

 http://www.infobretagne.com/brasparts.htm

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Brasparts, in  Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles , Quimper : Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/BRASPART.pdf

— Topic-topos :

http://fr.topic-topos.com/apotres-brasparts

—CIRÉFICE (Patrice), sd, Le porche de l'église de Brasparts,   Forum de la ville de Brasparts :

http://ville-brasparts.forum-actif.net/t1497-le-porche-de-l-eglise-de-brasparts

 

 

Published by jean-yves cordier - dans Vierges à la démone. Brasparts
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28 novembre 2016 1 28 /11 /novembre /2016 12:22

 

            Les bannières le Minor .

 

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N.B Je place ici cet article débuté en avril 2012 et réactualisé depuis. Je remercie Monsieur Gildas Le Minor qui a bien voulu me communiquer la liste des bannières sorties des ateliers dirigés par sa grand-mère, par son père puis par lui-même dans ce qui dessine une très belle aventure artistique et spirituelle ancrée dans le pays breton. Aventure désintéressée ? Que non ! Il obtient, dit-il, une indulgence d'un an de purgatoire à chaque bannière réalisée !

 

 

  Jadis, les bannières étaient réalisées en série, et les fabriciens ou le recteur commandaient une bannière de Sainte-Thérèse, du Sacré-Cœur, de Jeanne-d'Arc, ou de leur saint patron dont il fallait préciser s'il s'agissait d'un ou d'une martyre, ou d'un saint-évêque : c'est la mention du nom qui différait. Mais depuis 1953, où l'entreprise de broderie à la main Le Minor et l'artiste Pierre Toulhoat s'unirent pour créer la bannière de Locronan, tout a changé, et chaque bannière est une vraie création artistique. C'est aussi, à chaque fois, une aventure humaine et spirituelle, lors du financement, de la conception, du choix de l'artiste, des retouches, ou, enfin, de la bénédiction lors du pardon. 

   N'ayant vécu aucune de ces aventures, j'ai parfois réussi à retrouver quelques informations sur l'histoire de ces bannières, dont l'attrait pour les Associations de sauvegarde ou les équipes paroissiales a été croissant.

 

I. La Maison Le Minor à Pont-L'Abbé.

 

   Les origines de Le Minor seraient à peu-prés les mêmes que celles de la confection de dentelles en pays bigouden : rappelons que c'est pour faire face à la famine de 1845-1849 en Irlande, the Irish Potato Famine liée au mildiou, que se développa la guipure d'Irlande au crochet, puis que, face à la crise sardinière en Cornouaille en 1903, des femmes remarquables, dames d'oeuvre préoccupées de la misère qui s'abat brutalement dans les familles de pêcheurs, reprennent les techniques dentellières au fuseau et à l'aiguillée que religieuses et femmes du monde expertes en ouvrage de dame avaient transposées au crochet et créent des ateliers de dentelle dans un pays qui ignorait cette tradition afin d'apporter un complément de ressources aux ménages. En 1911, ce sont plus de 4000 ouvrières qui s'adonnent à cette activité en Bretagne Sud. Leur travail fut commercialisé dans le monde entier.

 

   En 1936, Anne-Marie Cornic (28 janvier 1901 à Plonevez-Porzay-Pont-L'Abbé 1984), fille de commerçants en costumes bretons et épouse du patron des Grands Moulins de Pont-L'Abbé Louis Le Minor, préoccupée de voir disparaître le costume breton traditionnel et les compétences des brodeuses et tisserands, et de savoir que les femmes employées dans les conserveries manquaient de travail une fois la saison finie, ouvrit un atelier d'habillage de poupées. Présent dès l'année suivante à l'exposition universelle de Paris, l'atelier acquiert un réel succès auprès de l'écrivain Colette, de clients aussi célèbres que Caroline Kennedy, Eisenhower ou le Prince Rainier de Monaco, avec une collection de 250 modèles différents, tous réalisés de manière entièrement artisanale et traditionnelle.

 

  La production profite des Congés payés, les vacanciers prenant l'habitude de ramener des régions où ils séjournent une poupée qu'ils offrent ou qu'ils collectionnent. De 1937 à 1980, ce sont même 400 modèles de costumes bretons et d'autres régions de France ou des pays étrangers qui habillent les poupées : costume adulte ou d'enfant, costumes historiques, mignonettes de chez Petitcollin, Nobel, Jumeau, SFBJ, Huard ou Clelia, poupons ou poupées de taille variée sortis d'un atelier qui emploie 400 salariés en 1945. 

      La pénurie de celluloïd incite l'entreprise à se diversifier durant la Seconde Guerre Mondiale en se tournant vers la broderie à la main, produisant du linge de table, des sacs, des costumes folkloriques. C'est l'époque où Mathurin Méheut dessine la nappe "La mer". En 1947, Pierre Toulhoat dessine le célèbre foulard Penmarc'h, vite indissociable du costume bigouden. En 1950, Madame Le Minor lance une gamme de bustes et de coiffes miniatures.

       Dans les années 1970, Madame Le Minor confie l'entreprise à ses deux fils Jacques et Jean ; la production du kabig le Minor, vêtement traditionnel des goémoniers en drap de laine à l'aspect feutré fait la renommée de l'entreprise qui compte près de 500 salariés. En 1982 la Manufacture de Bonneterie Lorientaise rachète la marque et produit toute la partie vestimentaire, mais en 1987, le petit-fils Gildas Le Minor reprend la confection de broderie main et le linge de table (une vingtaine de gamme d'imprimé et autant de brodés).

      On trouve aujourd'hui au 5 quai Saint Laurent à Pont-L'Abbé la Boutique Le Minor, avec un choix de nappes, sets de table, torchons, plateaux, panneaux brodés, mais produisant aussi des vêtements sacerdotaux et des bannières, ou des costumes traditionnels pour les particuliers ou les cercles celtiques.

 

Voir la présentation par Madame Le Minor et son fils Jean en 1976 de leur Musée de la Broderie.

http://www.ina.fr/video/RXC00000873

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 Le Minor et la création artistique.

   La société a su collaborer avec des artistes et des designers réputés : Pierre Toulhoat, Mathurin Méheut qui a signé la première nappe imprimée, René-Yves Creston à l'origine du lancement du "kabig", Nelly Roddi qui conçue la ligne Pont-L'Abbé de linge de table imprimé, Gaëlle Le Fur, Jacques Godin, et la styliste Gwen Le Gac avec sa collection "sardines".

   Les tapisseries brodées ont été conçues pour reprendre à l'aiguille les motifs des tapisseries de basse-lisse de Dom Robert, ami de Jean Lurcat. Elles partagent avec les tapisseries d'Aubusson le privilège du statut et de l'appellation d'oeuvre d'art , entièrement à la main, tirage limité à huit exemplaires portant chacun la signature de l'artiste et un numéro. Outre Dom Robert, les oeuvres ont porté les signatures de Picart Le Doux, Simon Chaye, Alain Cornic, François Lesourt, Jean Renault, Dominique Villard, Caly, ou Patrice Cudennec.

Les brodeuses et brodeurs :

Jean-Michel Perennec est employé depuis 1989 à la broderie à la main, alors que Patricia Cassard s'occupe de la broderie sur machine Cornely.

 

Le Bolduc.

Bolduc ? drôle de nom, qu'est-ce-que c'est que ce truc ? Vite, mon dictionnaire breton : rien. Cherchons dans le Wiktionnaire :

"Ruban décoratif pour ficeler et enrubanner des paquets contenant des cadeaux, etc. Étymologie :  Altération de Bois-le-Duc (’s-Hertogenbosch), ville du Brabant septentrionale en Hollande, où l'on fabriquait ce type de ruban. Dès le XVIIe siècle le nom fut altéré en bolduc (en linguistique, cet amuïssement est nommé syncope)."  

Des rubans ? Je cherche des images bien nettes sur le net : "Dévidoires à Bolduc". Bolducs de mariage" .

 

       

 

Quel rapport avec les bannières ? Cherchons encore :

 « bolduc » : un certificat d’authenticité comportant un numéro d’enregistrement, la signature du lissier et celle du représentant officiel de la certification,
Le bolduc est une pièce de tissu ou de papier toilé cousu sur l’envers d’une tapisserie contemporaine.

 

Le décret 67-454 du 10 juin 1967 prenant effet le 1er janvier 1968, a été décidé pour les tapisseries entièrement tissées à la main sur les métier haute et basse lisse dont le tirage est limité à 8 exemplaires y compris les exemplaires artiste. Une tapisserie d’Aubusson récente (copie d’ancien ou création contemporaine) est accompagnée de son bolduc.

Les bannières de la Maison Le Minor étant des œuvres d'art, elles portent chacune à leur revers leur Bolduc ou Certificat d'authenticité.

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II. Les bannières Le Minor :    

 

N;b : le lien en dessous de chaque titre renvoie à un article plus complet de mon blog.

 

N° 1. Locronan : 1953, Pierre Toulhoat :

Ce fut la première : il y en a plus de trente aujourd'hui.

Ma visite de Locronan : les bannières.

 

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2. Sainte-Anne d'Auray, A. Bouler, 1954 .

Sainte-Anne d'Auray : les bannières.

 

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3. Saint-Jean-du-Doigt, 1957, Jo Le Corre :

Les inscriptions et les bannières de l'église de Saint-Jean-du-Doigt.

  Ses deux faces sont consacrées à saint Jean-Baptiste, sans inscriptions.

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banniere 3460c

 

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4. Pont L'Abbé, église des Carmes, 1960, Le Bouler :

L'église Notre-Dame des Carmes à Pont-L'Abbé habillée par Le Minor.

 

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5.  SANTE BERNADETTE / CONFORS MEILARS / 1960.

 

6 ) SAINT SIMILIEN / NANTES / 1965 / P.TOULHOAT

 

7) ND DU DRENNEC / CLOHARS FOUESNANT / 1984.1985 / P.TOULHOAT

 

La bannière Le Minor de la chapelle du Drennec en Clohars-Fouesnant (29). 

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8. Combrit, chapelle Sainte-Marine, 1987, P. Toulhoat :

Chapelle Sainte-Marine à Combrit : la Vierge allaitante et la bannière Le Minor.

banniere 2587c

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banniere 2581c

 

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9) ST CORENTIN. ST POL / DIOCESE QUIMPER / 1988 / P.TOULHOAT

 

10) SAINTE ANNE LA PALUD / PLONEVEZ-PORZAY / 1990 / A.BOULER

 

11) SAINT EFFLAM / KERVIGNAC / 1990 / P.TOULHOAT

 

 

 12. Saint-Nic, église Saint-Nicaise, 1990, Pierre Toulhoat.

La bannière paroissiale de Saint-Nic (29).

                           banniere 7973c

 

                       MG 7951c

 

 13) SAINT ROCH / LOCADOUR / KERVIGNAC / 1991 / P.TOULHOAT

 

 

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14.Le Faouët, chapelle Saint-Fiacre, 1991, Toulhoat :

 

  Elle représente au recto saint Fiacre  patron des jardiniers avec sa bêche, la chapelle Saint-Fiacre à ses pieds. On lit A.D 1991, Toulhoat Le Minor.

 Le verso est consacré à la Vierge et à la paroisse du Faouët.

 

banniere 3313c

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banniere 3315c

 

Un beau détail de passementerie : 

DSCN3335v

 

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15) SAINT KERRIEN / QUERRIEN / 1992 / P.TOULHOAT

 

16) SAINT ANNE / GUIMILIAU / 1992 / P. TOULHOAT.

Carton de Pierre Toulhoat. Brodeurs Cécile le Roy et Jean-Michel Pérennec.

Voir : L'enclos paroissial de Guimiliau I : la bannière Le Minor (1992).

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Sainte Anne éducatrice, bannière de la paroisse de Guimiliau, 1992. Photographie lavieb-aile.

Sainte Anne éducatrice, bannière de la paroisse de Guimiliau, 1992. Photographie lavieb-aile.

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bannière de la paroisse de Guimiliau, 1992. Photographie lavieb-aile.

bannière de la paroisse de Guimiliau, 1992. Photographie lavieb-aile.

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Bolduc de la bannière de la paroisse de Guimiliau, 1992. Photographie lavieb-aile.

Bolduc de la bannière de la paroisse de Guimiliau, 1992. Photographie lavieb-aile.

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17. Saint-Jean-Trolimon, Chapelle N.D.de Tronoën, 1993, Pierre Toulhoat.

Carton de Pierre Toulhoat. Brodeuse Cécile le Roy.

Inscription : 

TRONOEN Ravo Gant Gwaz Jezuz Diwallet Va Ene Evid Ar Vuhez Peurbaduz.

PARREZ SANT YANN AD 1993 Le Minor /Toulhoat . PAOHA SERGENT PERSON

 

saint-jean-trolimon 8499c

 

saint-jean-trolimon 8500c

 

 

18) BAPTEME DU CHRIST / BATZ SUR MER / 1997 / P.TOULHOAT

 

19) SAINT TRECHMEUR / GUERLESQUIN / 1997 / P.CAMUS

 

20) SAINTE ANNE / HOSPITALIERS DU FINISTERE / 1997

 

21) SANTEZ BARBA / LENNON / 1998 / Bruno LE FLOC'H

 

22. Plogonnec, chapelle de La Lorette, 1998, P. Camus

Carton de P. Camus.

Brodeur : J.M. Pérennec.

Commanditaire : Les Amis de La Lorette.

Recteur en fonction: G. Léon.

                    la-lorette 5585c

 

                       la-lorette 5586v

 

 

23) BANNIERE DU TRO BREIZ / SAINT POL DE LEON / 2000 / J.RENAULT

 

24) SANT ALAR / LANHOUARNEAU / 2002 / C.LE FUR

 

25) SANT TELO / LEUHAN / 2004 / Y.G.MOULLEC

 

26) SANT C'HIREG / PERROS GUIREC / 2005 / P.CUDENNEC

 

 

 

 

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27. Lanrivain, chapelle N.D du Guiaudet, 2006:

Cartonnier : ?

Brodeur : J.M. Perennec

Commanditaire : Association de Sauvegarde du Guiaudet, "l'abbé Caroff étant recteur".

 

bannieres 3604cc

 

bannieres 3605c

 

DSCN3718

 

 

 

28) SAINT MARCEL / SAINT MARCEL / 2006

 

 

29. Plougasnou, église Saint-Pierre, Jakes Derouet, 2006 :

Compléments sur l'église Saint-Pierre de Plougasnou :

  La face principale represente le patron de la paroisse en tricot rayé avec son filet de pêche, alors que le verso est consacré à saint Samson. Le certificat d'authenticité honore les brodeuses, A.M. Fleiter et P. Cassard.

  Patricia Cassard est, chez Le Minor, particulièrement chargée des broderies sur machine Cornely.

                banniere 3552c

 

                     banniere 3567c

 

DSCN3626

 

 

 

 

 

 

 

 

30. Locronan 2007, Pierre Toulhoat :

Ma visite de Locronan : les bannières.

bannieres 3899c

 

 

31 . N° 31 :  2008 :  Pleyben, chapelle de Lannelec : Jakes Derouet :

Vierges allaitantes VII : Chapelle de Lannelec à Pleyben, la Vierge.

vierge 9415c

 

                        vierge 9417c

 

 

 

32. 2008 :  église Saint-Pierre de Plonevez-du-Faou, Annick Quéffellec :

L'église Saint-Pierre de Plonevez-du-Faou : bannières

              bannieres 0101c

 

         bannieres 0105c

 

 

 

33) ND DES CROIX SEPT SAINTS / ERQUY / 2010 / R.BUDET

 

34) SAINT VENDAL / POULDAVID / 2010 / B.OLLIVIER

 

 

35. 2008 : chapelle de la Madeleine à Penmarc'h, Jakes Derouet :

                       banniere 2916c

 

                      banniere 2975c

 

 

36) ND DE LA PAIX / LE POULDU-CLOHARS CARNOET /2012 / C. HUART

 

37) SAINT FIACRE / PLOUHINEC MORBIHAN / 2012 / J. DEROUET

 

38) SAINTE ANNE DU PAYS BLANC / LA TURBALLE / 2012 / J. DEROUET

39.  2014, Chapelle de Saint-Trémeur au Guilvinec Jakes Derouet.

Les deux bannières de St-Trémeur au Guilvinec.

Carton Jakes Derouet, Brodeur Jean-Michel Pérennec. Commanditaire Association Gwarez chapel sant Trevel.

                 bannieres 0648c

 

                          bannieres 0653c

 

40.  2013, Sainte-Anne-la-Palud à Plonevez-Porzay, D. Passard.

La bannière Le Minor de Sainte-Anne-la-Palud.

 

                            247c

 

                       255c

 

 

 

 

41) ANNE DE BRETAGNE / ASSOCIATION BRETONNE 1843 / 2014 / J.DEROUET

Voir : bannière de l'Association Bretonne

 

 

42. Août 2014 : Guidel, les Sept chapelles. Patrice Cudennec. 

  La bannière Le Minor de Guidel.

                          022c

 

 

                                   012c

 

 43) SAINT YVES / LE POULIGUEN / 2014 / P. CUDENNEC

44) SAINT-YVES-DES-BRETONS à Rome. 

http://styvesdesbretons.canalblog.com/

Et ce n'est pas fini !

 

 

 

liste récapitulative : 

 

LISTE DES BANNIERES REALISEES AUX ATELIERS LE MINOR

DEPUIS 1953

 

 

1) SAINT CORENTIN / LOCRONAN / 1953 / P.TOULHOAT

 

2) SAINTE ANNE / AURAY / 1954 / A.BOULER

 

3) ND DES CARMES / PONT-L'ABBE / A.BOULER

 

4) SANTE BERNADETTE / CONFORS MEILARS / 1960

 

5) SAINT JEAN BAPTISTE / SAINT JEAN DU DOIGT / 1965 / J.LE CORRE

 

6 ) SAINT SIMILIEN / NANTES / 1965 / P.TOULHOAT

 

7) ND DU DRENNEC / CLOHARS FOUESNANT / 1984.1985 / P.TOULHOAT

 

8) SAINT MARINE / COMBRIT / 1987 / P.TOULHOAT

 

9) ST CORENTIN. ST POL / DIOCESE QUIMPER / 1988 / P.TOULHOAT

 

10) SAINTE ANNE LA PALUD / PLONEVEZ-PORZAY / 1990 / A.BOULER

 

11) SAINT EFFLAM / KERVIGNAC / 1990 / P.TOULHOAT

 

12) SAINT NICAISE / SAINT NIC / 1990 / P.TOULHOAT

 

13) SAINT ROCH / LOCADOUR / KERVIGNAC / 1991 / P.TOULHOAT

 

14) SAINT FIACRE / LE FAOUET / 1991 / P.TOULHOAT

 

15) SAINT KERRIEN / QUERRIEN / 1992 / P.TOULHOAT

 

16) SAINT ANNE / GUIMILIAU / 1992 / P.TOULHOAT

 

17) ND DE TRONOEN / SAINT JEAN TROLIMON / 1993 / P.TOULHOAT

 

18) BAPTEME DU CHRIST / BATZ SUR MER / 1997 / P.TOULHOAT

 

19) SAINT TRECHMEUR / GUERLESQUIN / 1997 / P.CAMUS

 

20) SAINTE ANNE / HOSPITALIERS DU FINISTERE / 1997

 

21) SANTEZ BARBA / LENNON / 1998 / B.LE FLOC'H

 

22) ND DE LORETTE / PLOGONNEC / 1998 / P.CAMUS

 

23) BANNIERE DU TRO BREIZ / SAINT POL DE LEON / 2000 / J.RENAULT

 

24) SANT ALAR / LANHOUARNEAU / 2002 / C.LE FUR

 

25) SANT TELO / LEUHAN / 2004 / Y.G.MOULLEC

 

26) SANT C'HIREG / PERROS GUIREC / 2005 / P.CUDENNEC

 

27) SAINT GREGOIRE / LE GIAUDET. LANRIVAIN / 2006

 

28) SAINT MARCEL / SAINT MARCEL / 2006

 

29) SAINT PIERRE / PLOUGASNOU / 2006 / J.DEROUET

 

30) SAINT RONAN / LOCRONAN / 2007 / P.TOULHOAT

 

31) SAINT HERBOT / PLONEVEZ DU FAOU / 2008 / A.QUEFFELEC

 

32) ND DE LANNELEC / PLEYBEN / 2008 / J.DEROUET

 

33) ND DES CROIX SEPT SAINTS / ERQUY / 2010 / R.BUDET

 

34) SAINT VENDAL / POULDAVID / 2010 / B.OLLIVIER

 

35) ND DE LA MADELEINE / PENMARC’H / 2010 / J.DEROUET

 

36) ND DE LA PAIX / LE POULDU-CLOHARS CARNOET /2012 / C. HUART

 

37) SAINT FIACRE / PLOUHINEC MORBIHAN / 2012 / J. DEROUET

 

38) SAINTE ANNE DU PAYS BLANC / LA TURBALLE / 2012 / J. DER 0OUET

 

39) SAINT PIERRE – SAINT NICOLAS / LE GUILVINEC / 2013 / J. DEROUET

 

40) SAINTE ANNE LA PALUD / PLONEVEZ-PORZAY /2013 / D. PASSAT

 

41) ANNE DE BRETAGNE / ASSOCIATION BRETONNE 1843 / 2014 / J.DEROUET

 

42 ) SAINT PAUL-SAINT PIERRE / GUIDEL / 2014 / P. CUDENNEC

 

43) SAINT YVES / LE POULIGUEN / 2014 / P. CUDENNEC

 

 

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27 novembre 2016 7 27 /11 /novembre /2016 23:28

L'enclos paroissial de Guimiliau.  I. La bannière Le Minor par Pierre Toulhoat (1992).

Voir :

les  43 bannières Le Minor de 1954 à 2014 (toutes les photos et les liens vers les articles dédiés) .

 

Les bannières, c'est comme les papillons. Le Grand Pardon de Kerdévot. Les bannières d'Ergué-Gabéric.

Les bannières de la paroisse d'Ergué-Gabéric (29) : Kerdévot, Kerdévot, Fatima, ...Tonkin !

 

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En 1953, Pierre Toulhoat a dessiné les cartons de la première bannière brodée par les ateliers Le Minor de Pont-L'Abbé, pour la paroisse de Locronan. Dans le cadre du renouveau de l'Art Sacré, le dessin de quatre nouvelles  bannières fut confié au Père A. Bouler et à J. Le Corre, et, en 1965, la collaboration reprit entre Toulhoat et Le Minor pour les bannières de Nantes, Notre-Dame du Drennec à Clohars-Fouesnant, le diocèse de Quimper (1988), Sainte-Anne-La-Palud (1990), Kervignac ( 1990 et 1991), Saint-Nic (1990), Querrien (1992). 

La seizième bannière de cette série qui atteint aujourd'hui le nombre de 43 réalisations avec divers artistes fut celle de la paroisse de Guimiliau, en 1992, et ses cartons furent aussi  confiés au quimpérois Pierre Toulhoat (1923-2014). Comme toute broderie ayant le statut d'œuvre d'art, elle est dotée de son "bolduc" (certificat) cousu au verso d'un des deux pans. Celui-ci est rédigé en breton :

Ar banniel an a zo bet neudet er blanez 1992 Gant Cécile Le Roy ha Jean-Michel Pérennec e ty Ar Minor Pont-n'Abas di wareun dressaden savet Gant Per Toulhoat an ao. Urien a oa Person Gwimilio.

Nous apprenons ainsi qu'elle a été brodée par Jean-Michel Pérennec et Cécile Le Roy, de l'atelier Le Minor, et que Roger Urien était le recteur de Guimiliau.

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Bolduc de la bannière de la paroisse de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Bolduc de la bannière de la paroisse de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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La face principale est consacrée à sainte Anne éducatrice : on y lit les inscriptions en trois langues  SANTEZ ANNA PEDIT EVIDOM  "Sainte Anne Priez pour nous", ANNO DOMINI 1992 "Année du Seigneur 1992", PARREZ GWIMILIO "Paroisse de Guimiliau" ROGER URIEN RECTEUR -1983-1992.

Au centre, sur un fond bleu, la Vierge et sa mère sont brodées avec un coton blanc (robe, voile), jaune (nimbe, ceinture), or (robe d'Anne), marron (cheveux) et rouge, dans une scène d'apprentissage de la lecture rendue très intimiste par le panier de couture placée à droite. L'encadrement allie les cotons jaune et or sur drap noir, les couleurs traditionnelles des brodeurs de Cornouaille, dan un graphisme typique. Des décors architecturaux et floraux, des faux glands de passementerie aux allures d'hermines, s'associent à la représentation de deux saints, Miliau (Santez Milio) patron de la paroisse et Yves (Santez Erwan) patron de la Bretagne.

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Sainte Anne éducatrice,  bannière de la paroisse de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Sainte Anne éducatrice, bannière de la paroisse de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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L'autre face, en fil jaune sur drap rouge, porte les mots PARREZ GWIMILIO . Elle est illustrée par le crucifix du Grand Calvaire de l'enclos, où deux anges recueillent le Précieux Sang. Autres inscriptions : INRI et IHS.

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Le Christ crucifié, la Vierge et saint Jean, bannière de la paroisse de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

Le Christ crucifié, la Vierge et saint Jean, bannière de la paroisse de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.

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Bannière de la paroisse de Guimiliau (détail). Photographie lavieb-aile.

Bannière de la paroisse de Guimiliau (détail). Photographie lavieb-aile.

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La signature du cartonnier figure sur un galon qui se dévide depuis le panier du brodeur. Sur ce galon, les motifs traditionnels des brodeurs bigoudens. Le soleil, le cœur, la chaîne de vie, la plume de paon, etc...

Voir la présentation en 1976  Madame Le Minor et son fils Jean Le Minor  :

http://www.ina.fr/video/RXC00000873

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Bannière de la paroisse de Guimiliau (détail). Photographie lavieb-aile.

Bannière de la paroisse de Guimiliau (détail). Photographie lavieb-aile.

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Bannière de la paroisse de Guimiliau (détail). Photographie lavieb-aile.

Bannière de la paroisse de Guimiliau (détail). Photographie lavieb-aile.

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Bannière de la paroisse de Guimiliau (détail). Photographie lavieb-aile.

Bannière de la paroisse de Guimiliau (détail). Photographie lavieb-aile.

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Voir aussi le site de la Maison Le Minor :

http://leminor.com/zencart/index.php?main_page=page&id=4

 

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 23:50

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Je vous propose de regarder ces deux tapisseries de l'Histoire de Diane comme une histoire très humaine et, quoique de tout temps, très contemporaine :  celle d'une femme qui, en prise avec  la colère et la jalousie d'une rivale suffisamment puissante pour la condamner à l'exil (cela pourrait être une grande puissance, ou la vox populi) doit fuir, sans trouver la moindre terre d'accueil pour donner naissance à ses enfants. Les griffes de Python, son souffle de feu, ses ailes pourraient, à notre époque, avoir des allures bien plus martiales et bien plus terribles encore.    C'est sur une île grecque, Délos, que la malheureuse Latone, à qui toute terre et toute mer sont interdites, va trouver refuge.

Elle y accouche de deux enfants qui cumulent à eux deux toutes les bénédictions du monde, mais bientôt, arrivée dans le sud de la Turquie, la population autochtone lui est si hostile qu'on lui refuse même l'eau de l'étang, dont elle veut désaltérer ses enfants. C'est l'épisode que le fameux Bassin de Latone, devant le château de Versailles, a fait connaître à des millions de touriste : les paysans de Lycie, maudits par la migrante désespérée, sont transformés en grenouille.

Au miroir des Métamorphoses d'Ovide, deux amants magnifiques, Henri II et Diane de Poitiers ont pu , au XVIe siècle, se reconnaître et se dissimuler derrière les masques de Diane et d'Apollon. 

Mais aujourd'hui, que voyons-nous à ce miroir écrit par cet auteur romain qui fut, par disgrâce, condamné à l'exil sur une île de la Mer Noire, et qui y mourut après avoir écrit Les Tristes ?

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Note : je me suis copieusement inspiré de l'article, qui fait référence, de Nello Forti Grazzini,  paru en 2007 dans la Revue du Louvre.

Le Musée d'Ecouen présente,depuis leur acquisition en 2007 suivie de leur restauration, les deux premières pièces d'une tenture intitulée l'Histoire de Diane :  la Conception de Diane et Apollon, avec Latone mise en fuite par le serpent Python, et La Naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires.

 

Les cartons originaux de cette célèbre tenture, comprenant au moins dix tapisseries, furent probablement commandés par Henri II pour Diane de Poitiers en 1550 auprès des artistes de l’Ecole de Fontainebleau, notamment Jean Cousin le Vieux (1490-1560), peintre à Sens puis à Paris (ou, pour les autres pièces que celles d'Ecouen,  peut-être d'après des gravures d'Etienne Delaune d'après Lucca Penni ). L'attribution des cartons à l'atelier de Jean Cousin se fonde sur des rapprochements stylistiques avec les trois tapisseries restantes de la tenture de l'Histoire de Saint Mammès, pour la cathédrale de Langres (1543).    La tenture  était selon toute probabilité destinée à orner la grande galerie du château d'Anet (Eure-et-Loir) de la favorite du roi.  La tenture a été tissée par un atelier parisien — sans-doute celui de Pierre II Blasse et Jacques Langlois — en un seul exemplaire. Quatre pièces appartenant aux collections du château d'Anet ont disparu dans l'incendie, en 1997, de l'atelier de restauration où elles étaient entreposées ("Diane pleurant la mort d'Orion" ; "Les paysans de Lycie transformés en grenouille" ; "Diane sauvant Iphigénie du supplice" "La mort de Méléagre") . Les quatre autres pièces sont exposées pour deux d'entre elles, au Metropolitan Museum de New York ("Le blasphème de Niobé" ; "La Noyade de Britomartis"), une au Musée des Antiquités de la Seine-Maritime à Rouen (« Diane implore de Jupiter le don de chasteté »), et la dernière dans une collection privée américaine ("Le triomphe de Diane", New-York).

Tapisseries en laine et soie, 4,65 x 2,92 m (pour les pièces du Metropolitan Museum, recoupées en "portières") et 4,66 x 4,23 m (Anet) ou 4,64 x 4,07 m (Rouen), 4,55 x 3,50 m (La Conception de Diane et Apollon), 4,70 x 3,50 m (La Naissance de Diane).

 "Elles sont tissées dans une trame de laine et de soie sur une chaîne plutôt fine. Ceci explique l'extrême précision du rendu des détails. Les scènes et les bordures présentent les mêmes teintes que les autres pièces, graduées par de multiples nuances dans un spectre de couleurs restreint : brun, marron, vert, bleu, crème, jaune d'or. Le rouge est utilisé avec parcimonie, tout comme le rose, pour rehausser le manteau des figures." (Grazzini 2007)

Les sujets sont tirés :

a) des Métamorphoses d'Ovide : Livre VI : "Conception de Diane". "Naissance de Diane". "Le Blasphème de Niobé". Livre I : "Diane implore de Jupiter le don de chasteté". 

b) du Poetica Astronomica d'Hygin : "La Mort d'Orion".

c) De l'Hymne à Artémis de Callimaque : "Diane implore ..." et "La Mort de Britomarchis"

d) Ciris, poème du Pseudo-Virgile, pour "La Mort de Britomarchis", certainement tiré de G.L. Giraldi, De Deis gentium varia multiplex istoria, Bâle, 1548.

e) Des "Triomphes" de la Renaissance, comme le Triomphe de Diane gravé dans l'édition de 1546 de l'Hypnerotomachia Polophili de Francesco Colonna : "Le Triomphe de Diane".

 4.64 m
Largeur : 4.07 m
 4.64 m
Largeur : 4.07 m

 

 

I. LA CONCEPTION DE DIANE ET APOLLON ; LATONE MISE EN FUITE PAR LE SERPENT PYTHON. Inv. Ec.1877. Laine et soie, chaine : 7 fils par cm. H : 4,55 ; L. : 3,50. ÉCOUEN, Musée national de la Renaissance.

Cette première pièce illustre les amours du dieu Jupiter et de la nymphe Latone, et la colère de Junon qui, jalouse, met en fuite sa rivale depuis son char traîné par quatre paons en envoyant le serpent Python, qui prend ici la forme d'un dragon. Jupiter et son aigle lui viennent en aide en faisant surgir l'île de Délos sur laquelle elle pourra se réfugier.

Elle est inspirée du Livre VI des Métamorphoses d'Ovide, mais il s'agit d'un passage très bref :

 

Ovide Métamorphoses Livre VI 185-94 et suiv.

« ...la fille de Céus, je ne sais quel Titan, Latone, qui jadis ne put trouver, sur le vaste sein de la terre, un peu de place pour mettre au monde ses enfants. Le ciel, la terre et l'onde refusèrent un asile à votre déesse ; elle fut exilée de l'univers jusqu'au moment où, par pitié, Delos lui dit, pour arrêter sa course vagabonde : «Toutes deux étrangères, nous errons, toi sur la terre, moi sur les mers». Et elle lui donna un abri flottant, où Latone devint mère de deux enfants, à peine la septième partie de ceux que mes flancs ont portés. »

 

 Fille du titan Céus et de Phébée, Latone est la mère de Diane et Apollon, deux jumeaux nés de sa brève liaison avec Jupiter. La tapisserie représente à gauche l'étreinte dans un sous-bois d'olivier de Latone et de Jupiter, qui a posé à coté de lui sa foudre. Mais le dieu est surpris par son épouse Junon, qui survole le couple de son char. Furieuse de l’infidélité de son époux et de la grossesse de Latone, et folle de jalousie, elle décrète qu’aucune terre éclairée par le soleil et aucune mer ne pourra l'accueillir pour son accouchement . Elle charge enfin le serpent Pytho de pourchasser sa rivale.

 

 

 

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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Les vers qui coiffent la composition (un dizain d'hexasyllabes) seraient du poète Pontus de Tyard, poète de la Pléiade, ce qui pose la question de son influence éventuelle sur le choix des scènes représentées. Cette attribution repose sur le fait que le poète participa en 1550, avec Jacques de Vintimille et Gabriel Syméoni  à un projet de décoration du château d'Anet, que Philibert Delorme construisait alors pour Diane : ses Douze Fables de Fleuves ou Fontaines.

"Qui de Diane admire le pouvoir et de ses faits  "

QVI DE DIANE ADMIRE LE POVVOIR

ET DE SES FAITZ COGNOISTRE PRET  ENVIE

EN CE QVI EST CY DEPAINCT POVRRA VEOIR

SA -OLITE SA NAISSANCE ET SA VIE .

EN VN GRANT BOYS SA MERE POVRSVYVIE

DE IVPITER EST ENCEINT ET FORCEE.

DEQVOY IVNO IALOVSE ET COVRROVCEE

CREA PYTHO SERPENT POVR LENGLOVTIR

MAIS SVR LA PIERRE EN FUVYANT SEST LANCEE

QUE DIEV EN ISLE AVOIT FAICT CONVERTIR

Ce texte renvoie à trois sources littéraires au moins : les Métamorphoses d'Ovide, les Fables d'Hygin, et l'Hymne à Délos de Callimaque. 

Callimaque est un poète  d'Alexandrie (305-240 av. J.C) qui s'inspire des Hymnes Homériques et des hymnes cultuels épigraphiques ; grec,  il célèbre Artémis et Léto, et non les équivalents romains Diane et Latone. Son Hymne à Délos et son  Hymne à Artémis sont précédées de l'Hymne à Zeus. L'édition princeps des Hymnes de Callimaque avait été publiée en 1494 à Florence par Jean Lascaris. Or, ce dernier a été ensuite chargé par François Ier de constituer avec Guillaume Budé la Bibliothèque de Fontainebleau : les artistes de l'école de Fontainebleau pouvaient donc consulter cette édition. Elles influencèrent les Hymnes (au masculin) de Ronsard (1555 et 1556) qui en appliqua la visée de célébration non plus aux dieux, mais aux rois et aux princes. Alde Manuce donna en 1513 à Venise une copie de l'édition de Lascaris. Puis vint l'édition de Frobenius à Bâle en 1532 ; celle de Michael Vascosanus à Paris en 1549. Mais les traductions du grec en latin n'étaient pas disponibles au XVIe siècle, et a fortiori les traductions en français, bien plus tardives. Callimaque appartient à la pléiade grecque, (avec Lycophron, Théocrite, Aratus, Nicandre, Homère le jeune, Apollonius de Rhodes) , qui vivaient sous Ptolémée Philadelphe : il ne pouvait être indifférent à la pléiade française  formée par Ronsard, Joachim du Bellay, Pontus de Tyard, Jodelle, Belleau, Baïf et Dorat.

Callimachus, Hymni,  graece, cum scholiis graecis, cura J. Lascaris,Firenze, Lorenzo d'Alopa 34 p. en deux parties in-4.  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k70517h

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L'étreinte de Jupiter et de Latone.

Elle est représentée comme une rencontre voluptueuse dans un bois non loin de la mer, entre un chêne (attribut de Jupiter) et un poirier. Le dieu est resté couronné mais il a laissé son saint-frusquin ( éclair, trait de foudre ) pour embrasser Latone assise nue entre ses jambes. 

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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La colère de Junon, qui surprend les amants en flagrant délit, est terrible , et toute aussi terrible fut la fuite de Latone : la voici qui essuie, pays après pays, terre après terre, ville après ville, île après île, des refus embarrassés mais soumis et des expulsions sans appel :

"Tu ne craignis donc point la colère de Junon ? Son terrible courroux éclatait contre toutes les maîtresses qui donnaient des enfants à Jupiter, mais surtout contre Latone, à qui le Destin promettait un fils que son père devait préférer à Mars même. Furieuse et transportée de rage, elle-même repoussait du ciel cette Nymphe en travail, tandis que par ses ordres deux gardiens attentifs l'observaient sur la terre. Du sommet de l'Émus, l'impitoyable Mars, tout armé, veillait sur le continent, et ses coursiers paissaient dans l'antre aux sept bouches qui sert de retraite à Borée, pendant qu'Iris du haut du Mimas veillait sur les îles.
De là ces deux divinités menaçaient toutes les villes dont Latone approchait et leur défendaient de la recevoir.  Ainsi vit-elle fuir devant elle l'Arcadie et le mont sacré d'Auge ; ainsi vit-elle fuir l'antique Phénée et toutes les villes du Péloponnèse voisines de l'Isthme : Égialée resta seule avec Argos ; Latone n'osait point approcher de ces lieux arrosés par un fleuve trop aimé de Junon. Ainsi vit-elle fuir l'Aonie  avec Dircé et Strophie que leur père, le sablonneux Ismène, entraînait avec lui. Asope les suivit, mais de loin, d'un pas tardif et tout fumant encore des coups de la foudre ; et l'indigène Mélie, épouvantée de voir l'Hélicon secouer sa verte chevelure, quitta ses danses, pâlit et trembla pour son chêne. O Muse ! O ma déesse ! les Nymphes en effet sont donc nées avec les chênes ? Les Nymphes du moins se réjouissent quand la rosée ranime les chênes, et les Nymphes pleurent quand les chênes dépouillent leur feuillage.
Phébus indigné, quoique encore au sein de sa famille, adresse à Thèbes ces menaces qui n'ont point été vaines : "Pourquoi, malheureuse Thèbes, m'obliger à dévoiler déjà ton destin ? Ne me force point à prophétiser ton sort. Pytho ne m'a point encore vu m'asseoir sur le trépied, et son terrible serpent n'est point mort : ce monstre barbu rampe encore sur les rives de Plistus, et de ses replis tortueux embrasse neuf fois le Parnasse que couvrent les neiges. Toutefois je te le prédis ici plus clairement que du pied de mon laurier : fuis ; mais bientôt je t'atteindrai ; bientôt je laverai mes traits dans ton sang ; garde, garde les enfants d'une femme orgueilleuse : ni toi ni le Cithéron ne nourriront point mon enfance. Phébus est saint ; c'est aux saints à lui donner un asile."
    Il dit, et Latone retourna sur ses pas ; mais les villes d'Achaïe, mais Hélice, l'amie de Neptune, et Bure, retraite des troupeaux de Dexamène, le fils d'Oïcée, l'avaient déjà repoussée : elle s'avança vers la Thessalie. Vain espoir ! le fleuve Anaurus, la ville de Larisse, les antres du Pélion, tout s'enfuit, et le Pénée précipita son cours au travers des vallons de Tempé.
Cependant ton cœur, ô Junon ! était encore inflexible. Déesse inexorable, tu la vis sans pitié étendre ses bras et former vainement ces prières : "Nymphes de Thessalie, filles du Pénée, dites à votre père de ralentir son cours impétueux ; embrassez ses genoux, conjurez-le de recevoir dans ses eaux les enfants de Jupiter. O Pénée ! pourquoi veux-tu l'emporter sur les vents ? O mon père ! tu ne disputes point le prix de la course ! Es-tu donc toujours aussi rapide ou ne le deviens-tu que pour moi ? Et n'est-ce qu'aujourd'hui que tu trouves des ailes ? ...  Hélas ! il est sourd... Fardeau que je ne puis plus soutenir, où pourrai-je vous déposer ? Et toi, lit nuptial de Philyre, ô Pélion ! attends-moi donc, attends ; les lionnes mêmes n'ont-elles pas cent fois enfanté leurs cruels lionceaux dans tes antres ?"
Le Pénée, l'œil humide de pleurs lui répond : "La Nécessité, Latone, est une grande déesse. Je ne refuse point, vénérable immortelle, de recevoir vos enfants : bien d'autres mères avant tous se sont purifiées dans mes eaux. Mais Junon m'a fait de terribles menaces. Voyez quel surveillant m'observe du haut de ces monts ; son bras, d'un seul coup me peut accabler. Que ferai-je ? Faut-il me perdre à vos yeux ? Allons, tel soit mon destin ; je le supporterai pour vous, dussé-je me voir à jamais desséché dans mon cours, et seul de tous les fleuves rester sans honneur et sans gloire ; je suis prêt, c'en est fait, appelez seulement Ilithye."
Il dit et ralentit son cours impétueux. Bientôt Mars, déracinant les monts allait les lancer sur lui et l'ensevelir sous les rocs du Pangée ; défié du haut de l'Émus il pousse un cri terrible et frappe son bouclier de sa lance : l'armure rend le son de la guerre, et l'Ossa en frémit ; les vallées de Cranon et les cavernes glaciales du Pinde en tremblent, et l'Émonie entière en tressaille. Ainsi, quand le géant terrassé jadis par la foudre, se retourne sur sa couche, les antres fumants de l'Etna sont tous ébranlés ; les tenailles de Vulcain, le fer qu'il travaille, tout se renverse dans la fournaise, et la forge retentit du choc épouvantable des trépieds et des vases. Tel fut le bruit horrible que rendit le divin bouclier. Pénée, toujours intrépide, demeurait fixe et retenait ses ondes fugitives ; Latone lui cria : "Fuis, ô Pénée ! songe à te garantir : que ta pitié pour moi ne fasse point ton malheur ; fuis et compte à jamais sur ma reconnaissance."
A ces mots, quoique accablée, défié de fatigue, elle marcha vers les îles mais aucune ne voulut la recevoir ; ni les Échinades dont le port est si favorable aux navires, ni Corcyre la plus hospitalière des îles. Iris menaçante, au sommet du Mimas, leur défendait d'y consentir, et les îles épouvantées fuyaient toutes à l'approche de Latone.

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Elle voulait aborder à Cos, séjour antique des sujets de Mérops, retraite sacrée de Chalciope ; mais Phébus lui-même l'en détourna. "O ma mère ! lui dit-il, ce n'est point là que tu dois m'enfanter, non que je dédaigne ou méprise cette île ; je sais qu'elle est plus qu'aucune autre fertile en pâturages et féconde en moissons. Mais les Parques lui réservent un autre dieu, fils glorieux des Sauveurs , qui aura les vertus de son père et verra l'un et l'autre continent, avec les îles que la mer baigne du couchant à l'aurore, se ranger sans peine sous le sceptre macédonien. Un jour viendra qu'il aura, comme moi, de terribles assauts à soutenir, lorsque empruntant le fer des Celtes et le cimeterre des Barbares, de nouveaux Titans , aussi nombreux que les flocons de la neige ou que les astres qui peuplent un ciel serein, fondront des extrémités de l'occident sur la Grèce. Ah ! combien gémiront les cités et les forts des Locriens, les roches de Delphes, les vallons de Crissa et les villes d'alentour, quand chacun apprendra l'arrivée de ces fiers ennemis non par les cris de ses voisins, mais en voyant ses propres moissons dévastées par le feu ; quand, du haut de mon temple, on apercevra leurs phalanges et qu'ils déposeront auprès de mon trépied leurs épées sacrilèges, leurs larges baudriers et leurs boucliers épouvantables, qui toutefois serviront mal cette race insensée de Gaulois, puisqu'une partie de ces armes me sera consacrée et que le reste, sur les bords du Nil, après avoir vu ceux qui les portaient expirer dans les flammes, sera le prix des travaux d'un prince infatigable ! Tel est mon oracle ; ô Ptolémée ! et quelque jour tu rendras gloire au dieu qui, dès le ventre de sa mère, aura prophétisé ta victoire. ." (Callimaque, Hymne à Délos).

Elle bénéficie pourtant de la protection de  Jupiter, dont on aperçoit dans les nues l’aigle armé du foudre.

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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Rejetée de partout par Python, Latone arrive sur l’île déserte de Délos, alors appelée Ortygie, perdue au milieu de la mer Egée. Elle  suit ainsi le conseil de son fils qui s'adresse à elle in utero :

"Pour toi, ma mère, écoute mes paroles : il est au milieu des eaux, une petite île remarquable, qui erre sur les mers ; elle n'est point fixe en un lieu, mais, comme une fleur, elle surnage et flotte au gré des vents et des ondes : porte-moi dans cette île, elle te recevra volontiers" 

"Ainsi parla Phébus, et les îles fuyaient toujours. Mais toi, tendre et sensible Astérie, quittant naguère les rivages de l'Eubée, tu venais visiter les Cyclades et tu traînais encore après toi la mousse du Géreste. Saisie de pitié à la vue d'une infortunée qui succombait sous le poids de ses peines, tu t'arrêtes et t'écries : "Junon menace en vain ; je me livre à ses coups. Viens, Latone, viens sur mes bords."
Tu dis, et Latone, après tant de fatigues, trouve enfin le repos : elle s'assied sur les rives de l'Inopus, qui chaque année grossit son cours dans le même temps où le Nil tombe à grands flots des rochers d'Ethiopie. Là, détachant sa ceinture, le dos appuyé contre le tronc d'un palmier ; déchirée par la douleur la plus aiguë, inondée de sueur et respirant à peine, elle s'écrie : "Pourquoi donc, cher enfant, tourmenter ta mère ? ne suis-je pas dans cette île errante que tu m'as désignée ? Mais, ô mon fils ! nais, et sors avec moins de cruauté de mon sein.
(Callimaque, Hymne à Délos)

Python est l'un de ces monstrueux et fantastiques dragons chers au goût maniériste, introduits surtout par Jules Romain à Mantoue, puis par Primatice, son disciple, qui les diffusa avec succès en France à Fontainebleau. De couleur bleuâtre, ailé, doté d'un long cou et de pattes de félins, il exhale des flammes et de la fumée par sa gueule ouverte.

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

 

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Latone porte sur elle le manteau rouge moiré de jaune et la robe bleu-métal qu'on voyait  dans le bosquet de son rendez-vous galant. Ses seins découverts disent l'urgence de sa course, mais cette précipitation dans la fuite n'est qu'un prétexte pour peindre Latone en femme sauvage, qui préfigure Diane chasseresse, ou même sa protégée Camille reine des Volques : impossible de ne pas évoquer les vers fameux de Virgile qui décrit ainsi cette dernière dans L'Énéide VII, 810 :

proelia uirgo dura pati cursuque pedum praeuertere uentos.

[...] uel mare per medium fluctu suspensa tumenti

ferret iter celeris nec tingueret aequore plantas.

"ou, suspendue à une vague gonflée, elle aurait pu marcher en pleine mer, sans y tremper la plante de ses pieds agiles".

a) La ceinture a un rôle attributif : elle n'est portée que par les femmes nubiles, et l'expression "détacher sa ceinture" signifie soit se mettre nue (pour le bain), soit perdre sa virginité. Lors de la première nuit de noce, une divinité portant le nom de Cinxia (du latin cingulus, "ceinture")  était invoquée pour présider au dénouement de la ceinture de l'épousée. Ce fut ensuite une épithète de Junon, Juno cinxia. C'est donc un symbole de virginité. Sous le nom d'Artémis Lysizonos ("à la ceinture dénouée"), Diane/Artémis assistait les femmes en couche. Les jeunes filles offraient leur ceinture à Diane.

  Latone, dans  Callimaque, détache sa ceinture pour accoucher. La couleur dorée de la ceinture de Diane est spécifiée par l'auteur grec. 

b) La robe bleutée est transparente. Elle est fixée par un pendentif où est serti un cabochon  de saphir à un cordon passant autour du cou.

c) La coiffure est complexe ; elle était déjà visible dans la scène de l'étreinte. Elle est maintenue par un diadème en or où brille un saphir. Elle rassemble des tresses au dessus du crâne comme un chignon, laisse échapper des mèches sur le front, en fixe d'autres près de l'oreille par un nouveau saphir, tandis que des mèches très ondulées tracent comme un sillage témoignant de la rapidité de la course. On retrouve une coiffure semblable dans Eva Prima Pandora de Jean Cousin (1550) et dans d'autres œuvres de l'école de Fontainebleau (Diane chasseresse, Louvre ) ou dans la statuaire romaine (Artémis à la biche).

d)  deux agrafes retiennent (à peine) les pans de la robe sur la cuisse droite.

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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Les cartouches et les bordures.

 

1°) La bordure latérale droite:

On y trouve de bas en haut :

— Deux Deltas majuscules enchâssés, avec des arcs et des flèches, représentant l'initiale de Diane (ou de Diane de Poitiers) et ses attributs de déesse chasseresse. Les flèches s'entrecroisent, de même que les arcs, auxquels est noué un ruban, multipliant ainsi les allusions  à la relation duelle de l'amour.

— Trois croissants lunaires, autre attribut de Diane, la déesse nocturne Artemis, mais aussi emblèmes de Henri II.

— Dans un médaillon de douze croissants, le monogramme de deux G en miroir. On y décrypte les chiffres des Grillo de Gènes, qui ont remplacés au XVIIe siècle les lettres HDD  d'Henri II et Diane (ou les lettres H et D pour Henri Deux ou Henri le Dauphin, H et C pour Henri et Catherine de Médicis). La tenture fut vraisemblablement  acquise au cours du XVIIe siècle par le marchand et financier Génois Francesco Grillo (1636-1703), époux de Vittoria Spinola, élevé au marquisat de Francavilla en 1692. .  Le blason des de Grille est "de gueules à la bande d'argent chargée d'un grillon de sable". Les écus de la famille Grillo et de la famille Spinola ont été retissés sur les angles des deux tapisseries du Metropolitan. 

— Suspendus et noués par un ruban, trois flèches, deux arcs, deux Deltas, deux flèches,

— Une couronne contenant trois croissants lunaires entrelacés, emblème d'Henri II.

— la reprise des motifs précédents.

— Le pilastre se termine par un petit chapiteau orné de têtes de biches sculptées, allusion à la déesse chasseresse, et de petits croissants de lune en relief

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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2°) La bordure latérale gauche.

Les pilastres y sont décorés de deux tronçons de chaîne verticaux or sur fond azur, séparés à mi-hauteur par un élément circulaire. dans les chaînes, des croissants de lune alternent avec des fermoirs d'or en forme de "e" affrontés et arrondis, perpendiculaire à l'axe. N.F. Grazzini  et LLoyd ont retrouvé ce décor "à la chaîne" sur une tapisserie tissée à Florence en 1545 par Giovanni Rost, ou sur d'autres pièces tissées à Florence et à Ferrare. Selon Grazzini, l'alternance des motifs dorés, solaires et des croissants lunaires peut faire allusion à la bipolarité Apollon / Diane et par extension Henri / Diane.

3°) Les bordures supérieures et inférieures : les inscriptions.

Les bordures supérieures imitent un fronton et une corniche de marbre blanc et jaune pâle

a) Bordure supérieure :

En partant de la gauche, après un masque alié surmonté d'un croissant, qui fait l'angle, vient une banderole avec les mots Sic immota manet . Le centre est occupé par une riche composition de fruits et légumes et de masques autour d'un cuir contenant le dizain de décasyllabes. Puis, une banderole avec les mots  non frustra Iupiter ambas. Soit :

SIC IMMOTA MANET /  NON FRVSTRA IVPITER AMBAS."Jupiter n'attend pas inutilement entre deux décisions. Ou "Jupiter ne (donne ou accorde) pas en vain les deux" . "Aussi (l'île de Délos) attend-elle confiante" ou "ainsi elle reste immobile".

Ces formules en forme de devises ne sont retrouvées que sur ces tapisseries. Sic immota manet (où le jeu de mot avec Anet a été souligné )  se réfère à la stabilisation de l'îe de Délos, errante jusqu'à l'accouchement de Latone et l'intervention de Jupiter. Ambas est la forme féminine de l'adjectif numéral  ambo, ae, o "les deux (ensemble)", "tous les deux". S'applique -t-il à deux îles ? Les auteurs y ont vu une application à Apollon et Diane, et, par extension spéculaire, à Henri II et Diane de Poitiers, confiants en la protection des dieux. 

 

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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2°) Bordure inférieure.

Elle est encadrée par des écus décorés de tête de lion. Nous  retrouvons les inscriptions précédentes, dans un ordre inversé : NON FRUSTRA JUPITER AMBAS (avec un rameau d'olivier et des palmes) et  SIC IMMOTA MANET  (avec une île, un olivier et un palmier).

Au centre, un médaillon bleu ovale montre un aigle attaquant un oiseau au dessus d'une (?) enclume. Une banderole porte les mots : NON HAEC SINE NVMINE DIVVM. Il s'agit d'une citation partielle d'un vers de l'Énéide de Virgile, Livre II vers 777 non haec sine numine divum eveniunt  "Ce n'est pas sans le vouloir des dieux que ces choses arrivent ". http://bcs.fltr.ucl.ac.be/Virg/V02-559-804.html.

"L'enclume" est en réalité l'île de Délos et "l'oiseau" est une caille, illustrant le mythe d'Astérie, la sœur de Latone. Selon Apollodore, Servius dans ses Commentaires de l'Enéide de Virgile, 3, 73, ou Hygin au chapitre 53 de ses Fables, racontent qu'Astérie, poursuivie comme sa sœur par Jupiter, se transforma en caille pour échapper au dieu. Jupiter l'attaqua alors sous la forme d'un aigle, et la transforma en un bloc rocheux qui tomba en mer et y flotta sans attache, l'île d'Ortygie (du grec ortux, "caille"). Du fond de la mer,  elle aurait surgi pour secourir Latone, prenant alors le nom de Délos.

"Tu t'appelais d'abord Astérie, parce que jadis, telle qu'un astre rapide, tu t'étais élancée du ciel au fond de la mer pour échapper aux poursuites du dieu de l'Olympe ; et jusqu'au temps où l'aimable Latone se réfugia dans ton sein, tu n'avais point porté d'autre nom." (Callimaque, Hymne à Délos).  Astéria accepta d’accueillir la malheureuse mère sur son sol sans tenir compte des terribles menaces d’Héra. L’île fut récompensée pour sa courageuse décision. Elle se vit dotée de racines permettant sa fixation dans la mer (Callimaque, v. 273), elle se transforma en or (v. 260-264) et devint la plus célèbre des îles (v. 16), théâtre de fêtes permanentes, de danses et de chants exécutés en son hon­neur.

Alors que les inscriptions latérales se retrouvent sur chacune des dix pièces de la tenture, le médaillon central est différent à chaque fois. Ainsi, les pièces de New York comportent-elles : HOC TUA MORS VALUIT , et  HEI MIHI QUALIS ERAM. A Anet, on trouvait : DIGNA FIDES COELO ; VROR ET DEIGNEIS, etc.

Chaque citation peut s'appliquer au roi et à sa favorite.

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La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

La conception de Diane et Apollon ; Latone pourchassée par le serpent Python, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 1 ère pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, tapisserie en laine et soie, Ec. 1877 1 er étage, salle des broderies de l'Arsenal Musée d'Écouen, photographie lavieb-aile.

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II. LA NAISSANCE DE DIANE PUIS D'APOLLON ET LEUR TRANSFORMATION EN DIVINITÉS PLANÉTAIRES. Inv. Ec.1878. Laine et soie, chaine : 9 fils par cm. H : 4,70 ; L. : 3,50. ÉCOUEN, Musée national de la Renaissance.

Latone ne pouvant donner vie ni sur terre ni sur mer, d'après la malédiction d'Apollon, accouche sur l'île de Délos. La tapisserie met en scène la naissance d'Apollon, aidé par sa jumelle Diane.

Ovide Métamorphoses Livre VI  v 332-338 :

« A peine Délos accorda-t-elle un asile à ses prières, alors que, île légère, elle voguait errante sur les mers. Là, couchée entre un palmier et l'arbre de Pallas, Latone donna le jour à deux enfants, en dépit de leur implacable marâtre. Devenue mère, dit-on, elle fuit encore, loin de cette île, le courroux de Junon, emportant sur son sein ses deux divins jumeaux.»

 

Aidée par sa fille Diane à peine sortie elle-même du ventre maternel, Latone accouche du petit Apollon en s’appuyant sur un palmier et un olivier, signes de fécondité et de gloire. A droite de la tenture, et au second plan, selon un procédé habituel en tapisserie, se passe une deuxième scène : Jupiter survient, en manteau jaune vif sur le dos d’un aigle en vol, tandis que Diane et Apollon marchent sur Délos avec leur mère. Jupiter, roi des Dieux, prend sous sa protection ses enfants en leur attribuant les divinités planétaires : Diane devient alors déesse de la lune et Apollon dieu du soleil.

— Callimaque, dans son Hymne à Délos, ne décrit par contre que la naissance d'Apollon :

"Latone, après tant de fatigues, trouve enfin le repos : elle s'assied sur les rives de l'Inopus, qui chaque année grossit son cours dans le même temps où le Nil tombe à grands flots des rochers d'Ethiopie. Là, détachant sa ceinture, le dos appuyé contre le tronc d'un palmier ; déchirée par la douleur la plus aiguë, inondée de sueur et respirant à peine, elle s'écrie : "Pourquoi donc, cher enfant, tourmenter ta mère ? ne suis-je pas dans cette île errante que tu m'as désignée ? Mais, ô mon fils ! nais, et sors avec moins de cruauté de mon sein."

Apollodore  Bibl. I, IV mentionne le rôle de Diane :

"Latone ayant cédé aux désirs de Jupiter, Junon la poursuivit par toute la terre, jusqu'à ce que, étant arrivée dans l'île de Délos, elle y mit au monde Diane, qui l'accoucha ensuite d'Apollon. "

Mais l'édition princeps d'Apollodore en grec et latin ne semble pas avoir été disponible avant 1555, dans l'édition romaine d'Antoine Bladi.

Servius (Comm. En III, 73) mentionne également ce rôle :

Sane nata Diana parturienti Apollinem matri dicitur praebuisse obstetricis officium: unde cum Diana sit virgo, tamen a parturientibus invocatur.

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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Les chaines reliant l'île de Délos aux roches de Gyare et de Mycone :

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 La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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Jamais une scène d'accouchement ne fut rendue sur une tapisserie avec autant d'évidence .

 Latone, vêtue d'une tunique blanche transparente, du manteau de velours rouge et or et de la robe bleue à deux ceintures se soutient aux troncs du palmier et de l'olivier tandis que Diane agenouillée entre ses jambes tire vers elle son frère Apollon dont le tronc est en train de franchir le détroit. 

 

 

Latone donnant naissance à Apollon avec l'aide de sa fille Diane, Tenture de l'Histoire de Diane, Musée de la renaissance, château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Latone donnant naissance à Apollon avec l'aide de sa fille Diane, Tenture de l'Histoire de Diane, Musée de la renaissance, château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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La Naissance de Diane et d'Apollon avait déjà été illustrée par Jules Romain dans une peinture réalisée à Mantoue vers 1533-34 et dont le dessin préparatoire se trouve au Louvre  ; mais ce n'est pas l'accouchement, mais le premier bain donné par des nymphes qui est figuré :

© 2012 - Musée du Louvre, Département des Arts graphiques Giulio  PIPPI  Léto mettant au monde Apollon et Diane dans l'île de Délos . INV 3500, Recto Fonds des dessins et miniatures. (Remarquez les coiffures des Nymphes).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Latone donnant naissance à Apollon avec l'aide de sa fille Diane, Tenture de l'Histoire de Diane, Musée de la renaissance, château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Latone donnant naissance à Apollon avec l'aide de sa fille Diane, Tenture de l'Histoire de Diane, Musée de la renaissance, château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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Selon Callimaque (Hymne à Artémis), Diane était vénérée par les femmes enceintes comme protectrice lors du travail de l'accouchement parce que Latone n'avait pas souffert en la mettant au monde: 

« J' habiterai les monts, et n'approcherai des cités qu'aux moments où les femmes, travaillées des douleurs aiguës de l'enfantement, m'appelleront à leur aide. Tu sais qu'au jour de ma naissance les Parques m'ont imposé la loi de les secourir, parce que le sein qui m'a porté n'a point connu la douleur, et, sans travail, a déposé son fardeau. »

C'est donc à ce titre qu'elle est présente auprès de sa mère pour l'assister. Diane la lunaire est assimilée peu ou prou à Lucine (pourtant considérée comme un Junon), dont le nom est rapprochée de Lux, "lumière", ou à Ilithyie. Ce passage de l'Églogue 4 vers 10 de Virgile l'atteste :

Casta fave Lucina, tuus jam regnat Apollo

"Souris, chaste Lucine, déjà règne ton Apollon".

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Latone donnant naissance à Apollon avec l'aide de sa fille Diane, Tenture de l'Histoire de Diane, Musée de la renaissance, château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

Latone donnant naissance à Apollon avec l'aide de sa fille Diane, Tenture de l'Histoire de Diane, Musée de la renaissance, château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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L'attribution à Diane et à Apollon du rôle de divinités planétaires.

 

Les parties centrale et droite de la tapisserie illustrent les vers du dizain : "dont Jupiter leur père la rendit Lune et Apollon son frère Soleil luisant". Au centre, Latone, dans la tenue vestimentaire qu'on lui connaît, lève son regard vers son amant Jupiter. Ce dernier, sur son aigle, dans toute la puissance de sa gloire,  fait tomber depuis les nues sur la tête de ses jumeaux une onction de lumière superbement illustrée en deux colonnes s'épanouissant en un astre, la Lune à gauche sur la petite Diane accroupie et joueuse, le Soleil à droite sur Apollon tenant un arc et des flèches. 

C'est là que l'allusion au couple Henri II / Diane de Poitiers est la plus visible. Certes, Diane accoucheuse d'Apollon exaltait déjà la fonction de guide que la veuve de Louis de Brezé  exerça, à 31 ans, dans l'éducation de cour du jeune Henri, âgé de 11 ans. Mais, de même que le château d'Anet est considéré par les poètes comme figure de l'île de Délos, sa propriétaire est considérée comme un astre lunaire capable de réfléchir la lumière solaire royale pour la distribuer sur terre. 

 

 

Un peu plus tard, mais dans le même souci courtisan, Ronsard comparera vers 1559 l’influence de Diane de Poitiers à l’action de la lune qui réfléchit et réverbère la lumière d’un soleil absent :

Tout ainsi que la Lune en s’approchant aupres

Du Soleil prend clarté, vertu, force, et puissance,

Puis s’esloignant de luy, d’une douce influence

Et ciel, et terre, et mer elle nourrist apres :

Ainsi nostre Soleil, vous ornant de ses rais,

Vous fait par tout verser un bon-heur en la France.

(Ronsard, à l’édition P. Laumonier, Œuvres complètes, STFM, Paris, Hachette, 1914- 1975 X, p. 7).

Olivier Pot, qui cite cet extrait, multiplie les autres exemples, notamment chez Du Bellay, et il écrit :

 

"Certes, le déguisement de personnages réels en divinités de l’Olympe ne débute-t-il pas avec Henri II : déjà François Ier, renonçant à la tradition du roi dialoguant humblement avec des personnifications ou des allégories abstraites telles la Sagesse ou la Vertu, préfère de loin se transformer in persona, lui-même et au moins sa famille restreinte, en autant d’hypostases divines ou d’entités représentant des forces cosmiques. Ainsi le scénario familial du « parfait triangle » des Angoulême, qui veut que les deux frère et sœur, Apollon-François et Diane-Marguerite, secourent leur mère Latone-Louise de Savoie attaquée par Python , semble préfigurer, il est vrai, la mode mythologique des déguisements de cour qui envahira la cour d’Henri II. Mais de l’emblématique de François Ier à l’emblématique d’Henri II, il y a en vérité tout l’espace qui sépare les arcanes du Poliphile ou de l’Alector des travestissements courtisans des Bergeries de Ronsard et de Du Bellay, et bientôt des badinages de l’Astrée. Les divinités de l’Olympe ont pris le visage familier des personnages influents de la cour ; le mythe s’est abaissé aux jeux de l’histoire politique ; l’unité mystique de la Sainte Famille Royale s’est diffractée dans les méandres des apparences mondaines."

Nello Forti Grazzini rappelle le rôle des Dialoghi di amore, synthèse du néoplatonisme et de la kabbale de Léon l'Hébreux. Dans la traduction de Pontus de Tyard, c'est à la page 224 que la naissance des enfants sur l'île de Délos, et l'intervention de Diane comme accoucheuse sont décrits. Léon l'Hébreu commente la fable de manière néoplatonicienne, la reliant à la Bible suivant une lecture à clefs multiples, où l'épisode de la Fuite de Latone est une allégorie du Déluge et de la Création.  Dès lors, la naissance des jumeaux correspond à la réapparition des astres dans le ciel au dessus de la première terre immergée après le Déluge. L'aide apportée par Diane pour la naissance d'Apollon signifie que la réapparition de la Lune, de nuit, précède et prépare le retour du Soleil. Ces conceptions allégoriques se combinent aisément à Diane de Poitiers et Henri II : ils souligneraient leur différence d'âge.

Toutefois, la représentation de notre tapisserie se fonde principalement sur la seconde interprétation allégorique proposée par Léon l'Hébreu. La fécondation de Latone par Jupiter correspondrait à l'intention de Dieu le Père, dès le premier jour de la Création, de former les astres à partir de la substance céleste. Dès lors, la tapisserie de La Naissance de Diane et Apollon illustre également, en termes allégoriques, le Quatrième jour de la Création.

Alors que l'on peine à comprendre l'image sur la seule base des sources littéraires antiques, cette interprétation en éclaire la lecture :

"Le décor de Délos ne se réfère pas uniquement à Anet, mais également à la terre séparée des eaux, sur laquelle, déjà au troisième jour de la Création, la végétation commence à croître. La mère des deux enfants est la personnification de la substance céleste qui produit les astres sous une impulsion divine, le quatrième jour de l'origine biblique de l'univers, [...] Le sujet de la tapisserie est sous un travestissement allégorique, celui qui est illustré dans la chapelle Sixtine.  " (Gazzini, 2007) 

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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"A droite, le temple d'aspect Renaissance, à plan centré et surmonté d'une coupole, est orné de bucranes et de festons. Sous le portique cylindrique, quelques personnages participent à une cérémonie qui inclut l'utilisation de feuillages  d'olivier. Le pronaos saillant, surmonté d'une statue masculine, fait peut-être allusion au temple que Délos obtint pour avoir accueilli la naissance d'Apollon. Toutefois, des cornes de cerfs, disposées aux angles supérieurs du pronaos, peuvent suggérer également la dédicace de l'édifice à Diane " (Gazzini 2007).

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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Les bordures.

 

1°) Bordure latérale droite.

Elle est sous le thème de Diane chasseresse et de la cynégétique. De bas en haut : un cuir orné de deux Deltas entrelacés en étoile. Le buste d'un faune tenant en trophée la tête d'un cerf, dans les bois duquel sont attachées les deux pattes. Un cadre central avec les deux G des Grillo remplaçant le monogramme de Diane. Deux objets en forme de croissant. Une trompe de chasse et deux paires de lacets. Un cuir avec deux Deltas entrecroisés par la pointe. Deux flèches en croix, un arc et son carquois.

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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2°) Bordure supérieure.

Au centre, un cartouche contient le dizain attribué à Pontus de Tyard :

 

BIEN TOST APRES LATONA SVR LA RIVE

DV LIEV SACRE : SA DIANE ENFANTA

EN EMBRASSANT LE PALMIER ET LOLIVE

PVYS APOLLO AV MONDE ELLE APPORTA

VRAY QVE DIANE A SA MERE PRESTA

AYDE ET SECOURS : DONT IVPITER LEVR PERE

LA RENDIT LVNE ET APPOLLO SON FRERE

SOLEIL LUYSANT . ET LORS FVT ORDONNE

LIER DELOS . QVI SE MONSTRA SI CLERE

A DEVLX ROCHERS GYARE ET MICONE ;

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"Bientôt après Latone sur la rive du lieu sacré sa Diane enfanta en embrassant le palmier et l'olive puis Apollon au monde elle apporta vrai que Diane à sa mère prêta aide et secours, dont Jupiter leur père la rendit Lune et Apollon son frère Soleil luisant. Et lors fut ordonné lier Délos qui se montra si claire (?) à deux rochers Gyare et Micone. "

Le cartouche est différent du précédent et, au lieu d'une composition fruitière et potagère, on trouve deux têtes de béliers (référence possible à Louis de Brezé, mari de Diane de Poitiers, et dont l'emblème était le bélier ; ou signe de régénération ; et/ou référence au signe zodiacal). Sur les cotés, on retrouve les deux formules Sic immota manet et Non frustra Jupiter Ambas.

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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2°) Bordure inférieure.

On retrouve une nouvelle fois les mêmes formules, inversées. Ms ma photo me montre mieux le médaillon latéral. Jupiter qui préside à la naissance des jumeaux, comme l’atteste la bordure inférieure, où apparaît la devise NON FRUSTRA JUPITER AMBAS  "Ce n’est pas en vain que Jupiter (les) protège", retient l’îlot à l’aide d'un anneau de  chaîne bleu et blanche  qui la relie  à des rochers voisins, comme l’explique la devise SIC IMMOTA MANET "Ainsi elle (l'île de Délos) reste immobile". 

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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Médaillon monochrome central.

Il est encadré d'une monture métallique et de deux carquois.

On y lit : SIC ME NEC TERRA NEC AEQVOR SVSCIPIET

" Ainsi aucune terre ni mer (ni île) ne m'accueillera".

Une femme isolée tente de trouver un chemin, genoux à demi-fléchis, les mains tendues en avant en supplication, tandis que des vents personnifiés soufflent pour la chasser. Dans le ciel, Jupiter, couronné, l'observe. Il s'agit donc de l'errance et de la plainte de  Latone dans sa migration .

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La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

La naissance de Diane et Apollon et leur transformation en divinités planétaires, d’après les dessins de l’atelier de Jean Cousin (?), 2 nd pièce de la Tenture de l’Histoire de Diane Paris, vers 1550, Tapisserie en laine et soie,Inventaire  Ec. 1878, 1er étage, salle des broderies de l'Arsenal, Musée d'Écouen. Photographie lavieb-aile

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SOURCES ET LIENS.

Photographie des autres pièces :

— Tenture de l'Histoire de Diane pour Anet. "Diane implore de Jupiter le don de chasteté" Rouen, musée départemental des Antiquités

http://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/tenture-de-l-histoire-de-diane-pour-anet-diane-implore-de-jupiter-le-don-de-chastete_laine-textile_soie-textile

— Tenture de l'histoire de Diane : "Diane sauve Iphigénie" Anet, château

http://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/tenture-de-l-histoire-de-diane-diane-sauve-iphigenie_soie-textile_laine-textile_tapisserie-technique

— Tenture de l'histoire de Diane : La mort de Méléagre

http://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/tenture-de-l-histoire-de-diane-la-mort-de-meleagre_soie-textile_laine-textile_tapisserie-technique

— Mythologie c'est à dire, Explication des Fables contenant les genealogies des Dieux... Extraite du Latin de Noel Le Comte, et augmentée... Par I. D. M. [Jean de Montlyard, auteur de l'ép. déd. au prince de Condé], 1600, page 1020. 

https://books.google.fr/books?id=2qNZWmCZbjAC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

 

— APOLLODORE, Bibliothèque, Livre I, chap. IV

http://remacle.org/bloodwolf/erudits/apollodorebiblio/livre1d.htm

— APOLLODORUS 1555 : Apollodori Atheniensis Bibliotheces, sive de Deorum origine, tam graece, quam latine, luculentis pariter, ac doctis annotationibus illustrati, & nunc primum in lucem editi libri tres in aedibus Antoni Bladi, 1555 - 276 pages

https://books.google.fr/books?id=eaxoAAAAcAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— BEGUIN (Sylvie), 1978, Tenture de l'Histoire de Diane", Défense du patrimoine national ; œuvres acceptées par l'Etat en paiement de droits de succession 1972-1977, Musée du Louvre, Paris

https://books.google.fr/books?id=XrIrAAAAIAAJ&q=SIC+IMMOTA+MANET+diane+anet&dq=SIC+IMMOTA+MANET+diane+anet&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjm6uq4pMfQAhXEJMAKHWlICAIQ6AEILzAD

— CALLIMAQUE, Hymnes,

http://remacle.org/bloodwolf/poetes/falc/callimaque/hymnes.htm

— CRÉPIN-LEBLOND , Sens et contre-sens de l'emblématique de Henri II, Henri II et les Arts. Actes du colloque de 1997 ...Paris 2003 p. 77-92

— EBREO (Leone) Dialoghi di amore (1535) /LEON HÉBRIEV De l'amour, traduction par Pontus de Tyard, Lyon, Jean de Tournes, 1551.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k110352t/f232.image

— L'École de Fontainebleau, Numéro 9 Galeries nationales du Grand Palais Editions des musées nationaux, 1972 -517 pages

— GRAZZINI (Nello Forti), 2007,  "Deux tapisseries retrouvées de la tenture de l'Histoire de Diane."  La Revue des musées de France. Revue du Louvre, Volume 57 pages 41-61.

— HYGINUS, Python, Fabulae 140

http://www.theoi.com/Text/HyginusFabulae3.html#140

— HYGINUS, Astérie, Fabulae 153 

http://www.theoi.com/Text/HyginusFabulae2.html#53

— LLOYD (Gail Patricia) The tapestries of Diane de Poitiers

https://www.cs.arizona.edu/patterns/weaving/articles/nb88_tps.pdf

— MÜNTZ ( Eugène). 1897 Tapisserie représentant l'Histoire de Diane tissée en 1610. In: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, 41ᵉ année, N. 3, 1897. pp. 266-267; doi : 10.3406/crai.1897.70983 http://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1897_num_41_3_70983

M. Eug. Muntz place sous les yeux de l'Académie les photographies d'une suite de tapisseries qui lui a été signalée par M. Collignon et qui se trouve depuis plus de quatre-vingts ans dans la famille de M. le général Bézard. Cette tenture, représentant l' Histoire de Diane, a été tissée en 1610, mais elle reproduit des cartons au moins d'un demi-siècle plus anciens, et qui se rattachent à l'École de Fontainebleau. Elle tire son prix, tout d'abord, de l'élégance rare des figures , parmi lesquelles on remarque plusieurs portraits; mais la composition même n'offre pas moins d'intérêt; on y trouve la paraphrase littérale des Métamorphoses d'Ovide, dont les moindres épisodes sont interprétés avec la plus scrupuleuse exactitude, en costumes du xvie siècle toutefois. Enfin — et ce fait avait été contesté à tort — les cartons originaux de YHistoire de Diane ont été commandés par Diane de Poitiers, ainsi que le prouve le chiffre de la favorite de Henri II, non moins que des emblèmes dont la signification n'est pas douteuse. On connaît aujourd'hui trois suites de tapisseries exécutées pour Diane de Poitiers et consacrées toutes trois, mais dans des données essentiellement différentes, à la glorification de la déesse sous le patronage de laquelle la duchesse de Valentinois s'était placée : quatre pièces qui ont fait retour au château d'Anet, une autre pièce de la même suite , conservée à Rouen ; un Triomphe de Diane dans la collection de M. Maurice Kann; enfin les six pièces appartenant à M. le général Bézard. Nul doute que Diane de Poitiers n'ait elle-même tracé aux peintres le canevas des compositions : elle n'avait pour cela qu'à ouvrir la traduction française des Métamorphoses, dont elle possédait un manuscrit dans sa bibliothèque d'Anet.

— PHILLIPS (John Goldsmith) 1943,  "Diane de Poitiers and Jean Cousin"  Bulletin du Metropolitan Museum ns(2) 109-17

 https://www.metmuseum.org/pubs/bulletins/1/pdf/3257148.pdf.bannered.pdf

— http://musee-renaissance.fr/sites/musee-renaissance.fr/files/fiche_de_salle_broderies_de_larsenal_0.pdf

— http://musee-renaissance.fr/sites/musee-renaissance.fr/files/dossier_pedagogique_metamorphoses_d_ovide.pdf

 

— http://bcs.fltr.ucl.ac.be/METAM/Met06/M-06-146-411.htm

— http://www2.culture.gouv.fr/culture/actualites/communiq/albanel/tenturediane.htm

— OVIDE, Métamorphoses Livre VI : http://bcs.fltr.ucl.ac.be/METAM/Met06/M-06-146-411.htm

— OVIDE, Métamorphose d'Ovide figurée, J. de Tournes, Lyon, 1557 

Bibliothèque nationale de France, Rés. p. Yc 1270 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k71516d/f75.image

— POT (Olivier), 1990, Sous le signe de Diane, Etudes ronsardiennes IV,  Droz, pages 474 

https://books.google.fr/books?id=WOtVz3JlcJsC&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— POT (Olivier), 2002, "Le mythe de Diane chez Du Bellay : de la symbolique lunaire à l’emblème de cour", Albineana, Cahiers d'Aubigné  Volume 14 Numéro 1 pp. 57-80

http://www.persee.fr/doc/albin_1154-5852_2002_num_14_1_929

— RUFFY (Maria Vamvouri ) 2004, Les Hymnes de Callimaque : la tradition revisitée. Les hymnes à Zeus, Artémis et Délos. In La fabrique du divin: Les Hymnes de Callimaque à la lumière des Hymnes , Presses Universitaires de Liège, p. 45-66. …

http://books.openedition.org/pulg/1508

— SERVIUS, Commentaires sur l'Énéide Livre III, v.73 :

http://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus%3Atext%3A1999.02.0053%3Abook%3D3%3Acommline%3D73

— STANDEN (Edith Appleton), 1985, European Post-medieval Tapestries and Related Hangings in the ..., Volume 2 ,Metropolitan Museum of Art (New York, N.Y.) page 247.

https://books.google.fr/books?id=GbW18KCGWgEC&dq=%22Sic+immota+manet%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— J. J. Vernier  Musée départemental des antiquités, Rouen, ‎- 1923 -

— VASSELIN (Martine), 2002, Les métamorphoses d’une déesse antique : les figures de Diane dans les gravures du XVIe siècle. In: Albineana, Cahiers d'Aubigné, 14, 2002. Le mythe de Diane en France au XVIe siècle. pp. 247-277; doi : 10.3406/albin.2002.940 http://www.persee.fr/doc/albin_1154-5852_2002_num_14_1_940

 http://www.persee.fr/docAsPDF/albin_1154-5852_2002_num_14_1_940.pdf

— Sur la famille de Grille : 

http://www.patrimoine.ville-arles.fr/document/famille-grille-arles-caylux.pdf

 

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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 23:10

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Le Calvaire. 

Le Christ en Croix entre la Vierge et saint Jean (ou Marie-Madeleine ?). Pas d'élément de datation. Fin XIXe ?

 

Bannière du Calvaire, église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Bannière du Calvaire, église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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L'Assomption.

sans élément de datation.  Fin XIXe ?

Bannière de l'Assomption, église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Bannière de l'Assomption, église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Bannière de procession "Notre-Dame de Rumengol".

Monogramme MA. Pas  d'élément de datation. XXe. 

 

Bannière de  procession "Notre-Dame de Rumengol", église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Bannière de procession "Notre-Dame de Rumengol", église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Bannière de  procession "Notre-Dame de Rumengol", détail : 

une bretonne en costume offre un lys à la statue de pèlerinage de Notre-Dame-de-Rumengol.

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Bannière de  procession "Notre-Dame de Rumengol", église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Bannière de procession "Notre-Dame de Rumengol", église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Pietà .

Nef,coté gauche. Saint Jean et la Vierge soutiennent le corps du Christ déposé de la Croix. 

Pietà. église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Pietà. église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Statue de la Trinité.

Chœur, coté droit.

 

Trinité , église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Trinité , église de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Published by jean-yves cordier - dans Rumengol Bannières.
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21 novembre 2016 1 21 /11 /novembre /2016 22:53

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"Au milieu du bourg, à cinquante pas de l'abside de l'église, est la fontaine miraculeuse, entourée d'une enceinte quadrangulaire dans laquelle on descend par deux escaliers. Elle alimente un bassin et un lavoir. L'édicule à arcade ogivale abrite un bas-relief de l'Annonciation en Kersanton, et deux statuettes ·de S. Guenolé et de S. Fiacre. Elle a été construite en 1792, aux frais de la fabrique, et après autorisation donnée par le département du Finistère. L'ancienne fontaine était "située dans un  bas-fond, et les eaux étaient souvent troublées par la chute des eaux bourbeuses du  grand chemin qui l'avoisine". On la déplaça donc, et on construisit la fontaine actuelle, pour le prix de 1500 livres. C'est à la même occasion que fut acheté pour 240 livres « pour tourner au profit de l'église  le petit courtil voisin,  situé au nord de l'ancienne fontaine  . (Délibération du dimanche 15- janvier 1792). Abbé Billant 1924.

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« À Rumengol est une fontaine miraculeuse : j'y fus un jour de pardon le 15 août et je pus assister aux pieuses ablutions des pèlerins accourus fort nombreux, environ 3 000. Sur la gauche de la route, en contre-bas, est la fontaine, protégée par une niche haute, encastrant une plus petite où se trouve la statuette de Notre-Dame. Accôtée à la niche se trouvait une jeune femme, simplement vêtue. À la main elle avait un bol qu'elle plongeait dans l'eau sainte et qu'elle présentait ensuite aux pèlerins. Ceux-ci, hommes et femmes,procédaient rituellement aux ablutions. Les manches légèrement relevées, le pèlerin plongeait successivement ses mains dans le bol, les retirant mi-fermées de façon à conserver l'eau lustrale ans le creux de la main. Alors il élevait le bras en l'air, lui donnant un mouvement de torsion, ouvrant la main, la paume en avant. Ce mouvement (...) provoquait une sorte de rotation de la masse aqueuse qui lentement s'enrubannait autour du bras. Après il oignait son front et ses joues de l'eau lustrale dont il buvait une gorgée. » A. Hamon, La Revue socialiste, Paris, 1893

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Fontaine de pèlerinage de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Fontaine de pèlerinage de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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 La fontaine a  vraisemblablement été mise en place à la fin du 15e ou au début du 16e siècle sur l'emplacement d'un lieu de culte plus ancien, mais elle a été restaurée en 1792.

A gauche, derrière la statue de saint Guénolé, (probablement XVIe),  une pierre porte la mention J.GUEGUEN F. 1792.

Fontaine de guérison de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Fontaine de guérison de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Fontaine de guérison de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Fontaine de guérison de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Annonciation et statue de saint Fiacre. Kersanton.  XVe siècle (?).

Statues de saint Fiacre date probablement du XVIe siècle. Le demi-relief représentant le groupe de l'Annonciation a été exécuté autour des années 1500.

 

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Annonciation et statue de saint Fiacre, Fontaine de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Annonciation et statue de saint Fiacre, Fontaine de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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Statue de saint Guénolé (XVIe ?). Granite.

 

Fontaine de guérison de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

Fontaine de guérison de Rumengol. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

— BILLANT (Abbé Nicolas)  Rumengol, son sanctuaire et son pèlerinage, 1924, sn.  Brest, Imprimeries de la Presse Libérale.

(L'abbé Billant de Saint-Urbain fut recteur de Rumengol de 1920 à ? après avoir été recteur de l'Île Tudy.)

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/eb755cd60bfa806ccd9513f01749829c.pdf

 ABGRALL (Jean-Marie), 1904, Architecture bretonne, Quimper, Ar de Kerangal.

https://archive.org/details/architecturebre00abgrgoog

 

— COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/FAOURUME.pdf

 

 LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Coll. "Art et Société" Presses Universitaires de Rennes, pages 74 et 92.

 MUSSAT (André), 1957, article -Rumengol, in Société française d'archéologie. Congrés archéologique de France. CXVe Cession, 1957,  Cornouaille. page 165.  In-8° (23 cm), 285 p., fig., carte, plans. H. c.Orléans : M. Pillault, 37, rue du Pot-de-Fer (Nogent-le-Rotrou, impr. Daupeley-Gouverneur). Pages 161-177.

 

— Infobretagne :

http://www.infobretagne.com/faou.htm

— http://monumentshistoriques.free.fr/calvaires/rumengol/eglise.html

— http://www.cc-aulne-maritime.fr/patrimoine.htm

— http://nd-rumengol-quimper.cef.fr/index.php/vie-de-la-paroisse/ensemble-paroissial

— http://www.actuacity.com/le-faou_29590/monuments/page2

 

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 18:37

 

De curieux "blasons roturiers" de Rumengol sont  visible sous le socle d'une statue de saint Matthieu évangéliste (avec son attribut, l'Ange, son évangile, sa plume dans la main droite et son encrier dans la main gauche).

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Statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

Statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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Socle de la statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

Socle de la statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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Le premier blason en partant de la droite a été lu par André Mussat (1957) comme  "trois fasces brisés d'une cotice, qui est Colin". Pourtant, la bande oblique est de la même épaisseur que les fasces. La disposition des meubles ne semble pas respecter un dessin héraldique. Je n'ai pas retrouvé les armoiries de  ce "Colin". 

Les deux autres sont qualifiés par le même auteur de "monogrammes", ce qui est mon modeste point de vue. Néanmoins, Louis Le Guennec avait suggéré d'y voir (cf. Annexe) des marques professionnelles. Certes, dans le pêle-mêle du second, une ancre peut être trouvée.  On constatera que le relevé de Le Guennec n'est pas scrupuleusement exact, ni pour la figure  n° 49 ni pour la n° 50.

Si on adopte une autre clef de déchiffrement et qu'on cherche à y trouver des lettres, on voit apparaître sur le blason du milieu  un P, un S, un T, un J, et deux A , tête-bêche, ou des V, et un L.

A 3 km de Rumengol, le calvaire du Faou présente sur son socle (aujourd'hui au cimetière communal) une inscription qui inclut ce monogramme. (Atlas des croix et calvaires du Finistère Faou n°501) . L'inscription de 1526 porte le nom de Y. Cozkelec. 

 

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Socle de la statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

Socle de la statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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Dans le troisième, on peut voir des chevrons, ou bien deux V, deux S, etc..

Mais le secret de ces blasons reste entier. Sera-t-il percé en le partageant sur la toile ?

Socle de la statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

Socle de la statue de Saint Matthieu évangéliste, église de Rumengol, photographie lavieb-aile.

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ANNEXE.

Je transcris ici un article publié en 1928 par Louis Le Guennec :.

Marques et signes sur des pierres tombales à Penmarc'h . Louis Le Guennec 1928 :

"Décrivant l'église de Tréoultré-Penmarc'h dans la substantielle notice qu'il a consacrée en 1925 à l'histoire et aux monuments de cette commune, M. l'abbé Quiniou, recteur de Penmarc'h, y signale (pp. I63-I64) « des pierres tombales armoriées de signes caractéristiques que tel armateur ou telle famille mettait sur ses bateaux, ses maisons ou ses tombes. Ce sont des formes d'ancres, de bateaux, de poissons, et parfois de caractères hiéroglyphiques : armoiries de ceux qui n'avaient pas de blason et signature de ceux qui ne savaient pas écrire ». 

Il existe en effet de nombreux signes dans l'église de Penmarc'h, sur des dalles tumulaires pavant la nef et les bas-côtés. J'en ai relevé vingt-six, et je suis certain que quelques autres m'ont échappé, soit à cause de l'éclairage plus ou moins favorable, soit parce que dissimulés sous des bancs ou des chaises. Ils sont généralement gravés en creux au centre de la pierre. Deux ou trois à peine offrent un léger relief. Les deux planches qui accompagnent le présent texte les montrent réduits environ au cinquième de leur dimension réelle.  tel marchand, tel patron de barque des temps prospères du vieux Penmarc'h, lui constituait une sorte de « blason roturier a dont il timbrait, à volonté, aussi bien la porte de son logis que la voile ou le bordage de son navire et même ses ballots de toiles ou de poissons séchés. 

Un essai de classement des 26 signes reproduits ci-contre permet de les répartir en six groupes : 1° initiales ; 20 attributs maritimes (ancres ou barques) ; 3° armes ou instruments divers ; marques ayant le « quatre de chiffre » ; 5° emblèmes végétaux ; 6° signes divers. Le premier groupe comprend les nos 1, sorte de monogramme où paraissent s'assembler un A, un V et un L ; le n° 14, où les lettres I et L accompagnent une ancre et peut-être le n° 26, qui pourrait être un F dessiné à rebours. Le second groupe montre, soit des arrières de barques schématisés (nos 3, 9 et peut-être 20) soit des ancres de marine (nos 6, 8, 14, 18, 24 et 25). 

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Dans le troisième groupe figurent un poids d'horloge (n° 2) en relief ; une tenaille (n° 4) ; un fer de hallebarde (n° 12) ; trois poids accolés (n° 17). Les deux signes (nos 16 et 22) du quatrième groupe sont surmontés de ce fameux « quatre de chiffre » si fréquent dans les marques typographiques des imprimeurs et des libraires du XVIe siècle, dont on ignore encore la signification précise et dans lequel on a proposé de voir « l'emblème du commerce ». Le cinquième groupe ne se compose que d'une unité, une feuille de trèfle (n° 5). Enfin le sixième groupe, le plus nombreux, (n°s 5, 7, 10, 11, 13, 19, 20, 21, 23) est formé de signes caractérisés par des croix à longue hampe, que coupent de traits horizontaux ou obliques et qu'accompagnent des sphères, des crochets, des lignes droites et courbes d'un tracé bizarre. 

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Une autre marque analogue se voit dans l'église, sur un bénitier qui porte la date 1617 et un « Nom de Jésus », c'est- à-dire le monogramme I. H. S. Cette marque (n° 27) offre à  sa base les lettres A et V, puis une longue hampe munie d'anses et de crochets, que termine le « quatre de chiffre » tourné à droite. De l'autre côté est figuré un instrument singulier, qui ressemble à une béquille. Je n'ai remarqué aucun des poissons signalés par M. l'abbé Quiniou sur les pierres tombales. Il n'en existe à ma connaissance, qu'au portail sud de l'église (poissons croisés et scène de pêche). 

Outre la reproduction des curieuses marques-signatures copiées par M. l'abbé Toulemont sur les anciens registres;  baptistaires de Tréoultré-Penmarc'h, je joins à ces notes le dessin (relevé par mon ami, M. Victor Surel, peintre-décorateur à Morlaix) d'un monogramme daté de 1565, sculpté sur une pierre de kersanton encastrée dans le mur de la métairie du château de Lannuguy, en Saint-Martin-des-Champs, (n° 48). On y trouve un A, un G et un « quatre de chiffré » retourné. A la date ci-dessus, la terre de Lannuguy appartenait à la famille de Crémeur, qui faisait le commerce de mer à Morlaix. Mais le G est trop bien formé pour qu'aucune confusion avec l'initiale des Crémeur soit possible.

 Les nos 49 et 50 représentent deux autres signes passablement cabalistiques, en relief sur des écussons qui timbrent deux consoles, dans le bas-côté gauche de l'église de Rumengol

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Couverture

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On peut signaler encore, dans la catégorie de ces « blasons roturiers » qui mériteraient une recherche et une étude attentives, le marteau et la règle sculptés sur un bénitier de la chapelle de Saint-Germain (en Plogastel), avec le nom : Y. PIZIVEN, du brave tailleur dé pierres de la fin du xvre siècle qui le façonna ; un autre marteau sculpté sur le pied-droit d'une porte latérale de la chapelle de N.-D. de Lannien, en Edern ; une tenaille, sur l'écusson d'une console de la nef de l'église de Locronan, adroite, près de l'entrée de la chapelle du Pénity; un troisième marteau et une pelle (?) en saillie sur deux des pans coupés d'un bénitier octogonal, dans l'église de Guipavas ; enfin, une tenaille et un marteau de forgeron,   timbrant un bénitier qui gît dans le cimetière de Milizac, à gauche du portail. 


Le procès-verbal des prééminences de l'église de Ploudalmézeau, dressé en 1762 (Arch. départ. B. 1849) nous décrit, parmi les tombes de la nef, diverses dalles portant respectivement une croix longue, un «Nom de Jésus », les lettres I. P. N., une hache en demi-relief, une ancre dans un cartouche et en dessous un marteau renversé, une autre croix et un poids d'horloge en relief. Le chevalier de Fréminville, parcourant vers 1830 le pays de Léon et visitant l'église de Lanrivoaré, près Saint-Renan, la trouva « pavée de pierres tombales sur lesquelles on voit sculptées des bâches, des piques, des pioches, etc. Ce sont, ajoute-t-il, les instruments des diverses professions qu'exerçaient ceux qui gisent sous ces pierres sépulcrales. (Antiquités du Finistère, tome Ier, 1832, p. 257). J'ai visité l'église, d'ailleurs rebâtie, de Ploudalmézeau, et celle de Lanrivoaré, sans avoir remarqué ces dalles. Mais il est probable qu'un examen attentif en révélerait un certain nombre, principalement dans les églises des anciennes localités maritimes et commerçantes du littoral finistérien.

La chapelle de Saint-Jean-du-Créach, en Plédran (Côtes-du-Nord) conserve aussi plusieurs dalles chargées d'attributs professionnels que j'ai examinées en 1908 (1)." L. LE GUENNEC. 

(1) Genavia, Bulletin du Musée d'art et d'histoire de Genève, t. VI, 1928, mentionne, dans les collections lapidaires de ce Musée, plusieurs dalles ou fragments de dalles provenant des anciennes églises de la ville et qui portent des attributs de métier ou des « marques de maison ou de commerce» d'un type assez voisin de celles de Penmarc'h, fer à cheval, marteau, équerre, tenaille, pot d'étain, figures géométriques surmontées de croix et de « quatre de chiffre ». Ces dalles sont du XVe et du XVIe siècles. A la page 137, un tableau reproduit une cinquantaine de ces « marques de maison », « marques de propriété », «motifs souvent fort anciens, emblèmes talismaniques, astrologiques, magiques», qui ont aussi le plus grand rapport avec nos marques basses-bretonnes. Ces insignes, aujourd'hui encore employés par les hôteliers allemands, étaient jadis d'un usage général dans l'Ouest de l'Europe. 

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SOURCES ET LIENS.

— LE GUENNEC (Louis), 1928, XI. Marques et signes sur des pierres tombales à Penmarc'h Bulletin de la Société archéologique du Finistère. Page 100 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5786704t/f154.image.r=rumengol

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