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5 novembre 2016 6 05 /11 /novembre /2016 16:27

Les fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou (29).

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La cuve baptismale de l'église Saint-Sauveur du Faou est, de l'avis général, d'un intérêt exceptionnel. Elle est classée par les Monuments historiques depuis le 10/11/1906 :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/memoire_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_5=LBASE&VALUE_5=PM29000246

Chrystel Douard, Inventaire général 1995 :

http://www.culture.gouv.fr/public/mistral/palsri_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_1=REF&VALUE_1=IM29003537

 

Ces fonts baptismaux sont en pierre de kersanton, issue d'une carrière voisine en Rivière de Daoulas.

Kersantite : Louis Chauris distingue 4 faciès de cette roche remarquable par sa facilité initiale  de taille, et sa dureté ultérieure: celui de Kersanton (Loperhet) de couleur noir verdâtre, c’est le plus tendre ; celui de Rosmorduc (Logonna-Daoulas) gris foncé, presque noir, grain très fin, très dur celui de la pointe du Château (Logonna-Daoulas) gris bleuté, grain fin, très dur ; et celui de Rhunvras (L’Hopital-Camfrout) gris bleu à gris vert, grain moyen et de bonne tenue à l’altération. C'est la pierre de prédilection des plus grands sculpteurs de calvaires et de statues de la région (Roland Doré et Julien Ozanne).

Ils sont installés depuis le XIXe siècle au centre d'un baldaquin en bois, au pavement octogonal,  qui les mettent en évidence mais ne facilite pas leur examen. (C'est à quatre pattes dans l'étroit couloir que je terminerai ma visite). A contrario, une minuterie procure un éclairage efficace, et deux panonceaux explicatifs illustrés procurent les informations souhaitées. Elle résument les travaux d'un érudit local,  Guy Leclerc, Frère de la Congrégation des Frères de l'Instruction chrétienne de Ploërmel. Professeur d'histoire à la retraite (en 2006), auteur d'ouvrages et d'articles dans le domaine du patrimoine religieux. 

 Cette " cuve baptismale aux serpents" polychrome est grossièrement ovalaire, avec deux faces principales (sud et nord), à couple de serpents,  et deux faces plus étroites formant l'arrondi. Le décor de la face est (vers l'autel) a été martelée (armoiries ? on y relève encore des traces de polychromie et de dorure). Le coté opposé (vers le fond de l'église) est relié par un tuyau de plomb à un réservoir en granite qui sert de déversoir. Ces quatre faces sont centrées par de blonds et frisés chérubins.  Des banderoles portent des  inscriptions. 

Vue de profil, elle est évasée de forme semi-ovoïde et est scellée à une base rapportée en granite, cylindrique. Ses dimensions sont les suivantes (Inventaire général 1995) :  hauteur = 92cm ; largeur 90cm ; profondeur 67 cm ; dimension du petit bassin 52 cm de haut. Socle rapporté de 53 cm de haut.  

En réalité, il s'avère qu'il s'agissait de l'ancienne vasque de fontaine datant de la seconde moitié du 16e siècle et qui fut transformée, depuis une date non déterminée, en fonts baptismaux.  Selon Chrystel Douard, "Socle, cuve secondaire, parties en plomb et en bois pourraient être contemporains du baldaquin mis en place en 1881 ; l'inscription a été restaurée (ou mise en place ?) à la même époque. Le symbolisme des quatre fleuves et du paradis terrestre, pas nécessairement lié au baptême, pouvait déjà figurer sur ces vestiges de fontaine civile dont on ignore l'origine. Le léopard pourrait être une allusion héraldique à la famille du Faou dont les armoiries étaient d'azur au léopard d'or. Les quatre têtes d'angelots aux bouches percées (obstruées depuis l'usage en tant que fonts baptismaux) servaient à cracher l'eau."

 

Rappel :

 

Le terme fonts baptismaux est composé de deux mots : l’un emprunté au verbe grec baptizô signifiant "plonger, immerger", et l’autre au mot latin fons signifiant "source, fontaine", et donnant au pluriel fontes.

Au cours des premiers siècles, on baptisait dans les rivières, les fleuves. Plus tard, le baptême s'effectua dans des fonts placés dans les églises d'abord  par immersion : c'est à dire en plongeant le catéchumène dans l'eau ; puis vers le XIIIe siècle  par infusion (ou effusion) : en versant de l'eau sur la tête (le front) du néophyte. Nous avons ici des Fonts baptismaux par infusion.  Les églises sont orientées d'ouest en est et les fonts baptismaux se trouvent, le plus souvent, à gauche de l'entrée principale, souvent protégés par une clôture en bois ou en fer. Les fonts baptismaux en pierre, en marbre, en cuivre, en fonte, en plomb, varièrent de forme et d'ornementation suivant les siècles.

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Vue par l'est des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

Vue par l'est des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

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La vue de haut montre la vasque au bord habillée d'un couvercle en bois fixé par des tiges en fer, et ses deux couvercles de plomb correspondant à la grande cuve bipartite de plomb. L'un est destiné à conserver l'eau baptismale, et l'autre (qui se vide par le tuyau de plomb du coté ouest) permet l'évacuation de l'eau versée sur la tête du nouveau baptisé. Le couvercle oriental est lui-même doté d'un couvercle carré à anneau. La cuve est pourvue d'anneaux dont quatre ont disparu.  La petite cuve liée aux fonts par un déversoir en plomb qui, lors de la pose, a abîmé la bouche de l'angelot.

 

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Face supérieure des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

Face supérieure des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

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La lecture des phylactères débute par le coté droit de la face sud. Rédigée en lettres capitales, elle est disposée sur deux lignes interrompues par les replis de la banderole. On lit ainsi facilement :

PHISON  CEST

LA : TERRE DE

Pour lire la suite, il faut, armé de son calepin, faire, accroupi comme un indien sur le chemin de la guerre,  le tour de la cuve. Je me suis plié (au sens littéral) à ce rituel, pour constater que le chanoine Abgrall, qui m'y avait précédé en 1896, n'avait rien omis, si ce n'est la ponctuation. Nous avons donc chacun  lu et remis dans l'ordre, et transcrit (ponctuation) ceci :

 

"Phison c'est celuy qui environne toute la terre de Hévila, là où croist l'or —

Gehon, c'est celui qui circuit toute la terre d'Ethiopie.

Tigris, c'est le troisième fleuve, va vers l'Assyrie.

Euphrates, c'est le quatrième fleuve."

Chrystel Douard a lu plus précisément :  GEHON CEST CELUI QUI/ CIRCUIT PHISON CEST CELUY/QUI ENVIRONNE TOUTE/TOUTE LA TERRE D'ETHIOPIE LA/TERRE DE HEVILA LA OU/CROIST L'OR (face sud). EUPHRATES ET LE TIGRIS CESTUY/ VA VERS [LE] QUASTRIEME FLEUVE IHS/ASSURIE TROISIEME FLEUVE (face nord)

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Sur cette photo, nous voyons aussi à gauche une autre partie de l'inscription.

CELUI QUI /  CIRCUIT :

D ETHIOPIE

 

 

Le chérubin a —comme ses trois collègues –  la bouche ouverte, comme la gueule d'une fontaine, ce qui fait de lui l'allégorie d'un des quatre fleuves  du Paradis mentionnés sur les banderoles. 

Deux serpents, allégories des puissances du Malin auxquelles le catéchumène va échapper par le baptême, croisent leurs queues, et dardent leur langue vers le texte biblique.

Au dessus de l'ange, un oiseau en vol (une colombe si on veut) s'oppose aux serpents, qui relèvent des forces chthoniennes (souterraines). Il symbolise les forces aériennes, célestes –ouraniennes – et la victoire de l'âme libérée. De son bec, la colombe tient l'extrémité du rouleau d'écriture, mais aussi la tige d'un rameau d'olivier, évoquant bien-sûr ce symbole de la Paix et de l'Espoir qu'est devenue la colombe de Noé, de retour vers l'Arche pour annoncer la fin du Déluge et la nouvelle Alliance de Dieu avec l'Humanité. Elle évoque aussi la colombe qui vint se poser au dessus du Christ lors de son baptême, et, par là, l'Esprit-Saint :

 "voici que les cieux s'ouvrirent et il vit l'Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et des cieux une voix disait: " Celui-ci est mon Fils bien-aimé : en Lui j'ai mis tout mon amour."" (Matthieu chap. 3 versets 13 à 17)

 

 

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Vue sud des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

Vue sud des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

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Sur la vue est, nous retrouvons un deuxième chérubin (le front peut-être orné d'une broche), au dessus de fleurs, à coté d'un serpent enroulé sur lui-même, et, à gauche, les inscriptions  suivantes :

CELUY QVI / ENVIRONNE TOVTE

HEVILA : LA OV /CROIST LOR:

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Vue est des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

Vue est des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

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La vue nord montre d'abord la suite du serpent précédent, et l'inscription:

EUPHRATES / ET LE

E QVATRIESME / FLEVVE/

IHS

La langue du serpent est dardée vers le monogramme du Christ.

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Vue nord-est des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

Vue nord-est des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

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La vue suivante montre le deuxième serpent de cette face, visant de la langue cette-fois l'aile de la colombe.

L'inscription est ici :

TIGRIS CEST V

ASSYRIE

L'angle de vue permet de constater que les fleurs et rinceaux déjà observés constituent en réalité un véritable arbre. Comment ne pas penser aux deux arbres de l'Eden, "l’arbre de vie au milieu du paradis, avec l’arbre de la science du bien et du mal."

 

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Vue nord-ouest des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

Vue nord-ouest des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

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La vue ouest montre bien-sûr le quatrième chérubin, le tuyau d'évacuation du récipient d'eau bénite, le quatrième oiseau, et les inscriptions :

IESME FLEVVE // GEHON

TOVTE

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Vue ouest des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

Vue ouest des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

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Puisque notre tour est (presque) achevé, il est temps de réfléchir au texte des quatre inscriptions. Il s'agit des versets 11, 13 et 14 du deuxième Chapitre de la Genèse  relatant la Création du Monde et décrivant l'Eden. Le Géhon, le Phison, le Tigre, et l'Euphrate sont les noms des quatre fleuves du paradis.  Tigre et Euphrate sont les fleuves de la Mésopotamie, et le Phison, et le Geon étaient identifiés au Moyen Âge comme le Nil et l'Indus. Ces verset suivent immédiatement ceux-ci :  " L'Éternel Dieu fit pousser du sol des arbres de toute espèce, agréables à voir et bons à manger, et l'arbre de la vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Un fleuve sortait d'Éden pour arroser le jardin, et de là il se divisait en quatre bras."

Il s'agit de la traduction du texte latin : 

 nomen uni Phison ipse est qui circuit omnem terram Evilat ubi nascitur aurum [...] et nomen fluvio secundo Geon ipse est qui circuit omnem terram Aethiopiae  nomen vero fluminis tertii Tigris ipse vadit contra Assyrios fluvius autem quartus ipse est Eufrates.

La relation entre ces quatre bras du fleuve primordial et l'immersion ou infusion du baptême est évidente. Au delà du Jourdain dans lequel le Christ fut baptisé, de la Mer Rouge dont la traversée fut fondatrice pour le peuple hébreu, du Jourdain que traverse l'Arche d'alliance  sous la conduite de Josué, le Fleuve de l'Eden représente une référence fondamentale, d'autant que sa division en quatre fleuves ouvre la symbolique du nombre quatre : quatre horizons, quatre Évangiles, mais surtout les quatre temps du signe de croix par lequel le fidèle fait profession de foi chrétienne. Les quatre fleuves peuvent représenter l'ensemble de l'univers, comme dans la mosaïque de l'ancien palais épiscopal de Die (Drôme). Leur figuration peut alors faire des fonts baptismaux  une délimitation d'un espace sacré cosmique au sein duquel le sacrement va se dérouler. 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Accueil_principal

On trouve ces quatre fleuves mentionné dans le rituel du baptême de l'Ordo Romanum. Ils servent de base aux fonts baptismaux d'Hildesheim en bronze, de 1226 : 

Ces fonts, larges d'environ un mètre pour deux mètres de hauteur, comprennent deux parties, la cuve et le couvercle. À la base de la cuve sont représentés les quatre fleuves du paradis, qui sont mis en relation avec les quatre vertus cardinales, les quatre grands prophètes, les quatre évangélistes. Quatre scènes figurent sur la cuve : Vierge à l'Enfant avec le donateur, passage de la mer Rouge sous la conduite de Moïse, baptême de Jésus par Jean, Josué et l'arche d'alliance passant le Jourdain pour entrer en la Terre promise. Sur le couvercle on a les quatre genres de baptême : l'eau, le martyre, la pénitence et les bonnes œuvres. Quatre vers expliquent l'iconographie de la cuve et quatre celle du couvercle. Aux quatre points cardinaux les personnifications des fleuves «irriguent le monde» avec leurs jarres renversées d'où l'eau s'écoule. Au-dessus de chaque fleuve est associée étroitement, dans un médaillon, une vertu cardinale, ces vertus qui à leur tour «baignent les cœurs libérés du péché».  Phison est assimilé à la Prudence, Le Géon, ouverture de la terre, désigne la Tempérance, le Tigre rapide signifie la Force, et l'Euphrate  fertile indique la Justice».

https://en.wikipedia.org/wiki/Baptismal_font_(Hildesheim)

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Fonts baptismaux 'Hildesheim (Basse-Saxe) in Favreau http://www.persee.fr/docAsPDF/ccmed_0007-9731_1995_num_38_150_2609.pdf

Fonts baptismaux 'Hildesheim (Basse-Saxe) in Favreau http://www.persee.fr/docAsPDF/ccmed_0007-9731_1995_num_38_150_2609.pdf

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Ce sont eux que les spécialistes reconnaissent généralement dans les quatre bustes anthropomorphes qui ponctuent les angles de nombreux fonts baptismaux, notamment ceux réalisés en pierre bleue de Tournai au XIIe siècle :

Ces fonts baptismaux peuvent être mis en relation avec une série d'œuvres similaires par la forme, le décor et l'utilisation de la pierre calcaire de Tournai dite pierre bleue et sont datables de la 2e moitié du 12e siècle ou du début du 13e siècle. De nombreuses églises en Thiérache conservent de semblables fonts, ainsi à Jeantes, Bancigny, Saint-Clément ou Martigny. Ces œuvres ont été exécutées dans le cadre des centres de production du Nord de la France et de la vallée mosane du 12e siècle. Elles sont parmi les créations les plus originales de la sculpture romane du 12e siècle. Le décor de têtes anthropomorphes sous un réseau d'arcatures, d'animaux fabuleux affrontés et de rinceaux a fait l'objet de plusieurs interprétations iconographiques et symboliques, le combat des deux animaux seraient ainsi une allusion à la lutte du Bien et du Mal.  (Inventaire Général de Picardie)

DATATION.

Le panonceau de l'église indique : "L'église est rebâtie entre 1544 et 1680. Classée en 1996 (? Erreur, le classement date de 1906) , cette cuve date probablement du début du XVIe siècle et se trouvait dans l'église précédente dont il reste quelques traces."

Cette datation n'est pas approuvée par Chrystel Douard, ingénieur d'études au ministère de la Culture et ensuite à la région Bretagne au service de l'inventaire du Patrimoine dans sa mission de 1995. Elle propose de  dater la vasque de fontaine de la seconde moitié du XVIe siècle, soit 1550-1599, et sa transformation en fonts à une date non déterminée. 

Si on considère que les inscriptions sont authentiques, je voudrais faire remarquer que leur texte procure des informations importantes.

En effet, ce texte est une traduction en français de la bible latine.

a) La première Bible imprimée fut celle de Lefèvre d'Étaples en 1530. J'y lis, pour les versets incriminés, ceci :

A ung est nommé Physon. Cest celuy qui environne toute la terre de Evilath la ou croist lor. Et le second fleuve est nommé Geon, cestuy est lequel environne toute la terre de l'Ethiope. Et le nom du troisième fleuve est Tigris : cestuy va contre les Assyriens." La Saincte Bible, Martin Lempereur, Anvers sur  Gallica

b) En 1535 paraît La Bible qui est toute la saincte escriture en laquelle sont contenus, le Vieil Testament et le Nouveau, translatez en Francoys, par Olivétan. Au verso du titre se trouve une épître latine de Calvin (alors âgé de vingt-cinq ans) : À tous empereurs, rois, princes et peuples soumis à l'empire de Christ. Dans cette épître, Calvin revendique pour chacun le droit de lire l'Écriture.

A lung est nom Phison. Cest cestuy qui environne toute la terre de Hevilach làou croist lor. Let le nom du second fleuve est Gehon : cestuy est qui circuit toute la terre de Ethiope. Et le nom du troysiesme fleuve est Hidekel : cestuy va vers Assyrie. Et le quatriesme fleuve est Euphrates

c)  En 1550, nous disposons de la "Bible louvaniste" :La Saincte Bible nouvellement translatée de latin en françois, selon l'édition latine, dernièrement imprimée à Louvain, reveue, corrigée & approuvée par gens sçavants, à ce députez : à chascun chapitre sont adjouxtez les sommaires, contenants la matière du dict chapitre, les concordances, & aucunes apostilles aux marges par Bartholomy de Grave (Louvain)  Anthoine Marie Bergagne (Louvain) et Jehan de Uvaen (Louvain) 1550

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k53708d/f17.item.zoom

Le texte n'est pas non plus celui du Faou :

A ung est nom Phison. C'est celuy qui environne toute la terre de Hevilath, là où croist l'or.Et le nom du second fleuve est Gehon. C'estuy est, lequel environne toute la terre d'Ethiopie. Et le nom de troisiesme fleuve est Tigris. Cestuy va contre les Assyriens

d) La Bible de Jean de Tournes de 1561 doit être écartée également. Certes on trouve: "qui circuit toute la terre d'Ethiopie" Mais aussi "Et le nom du troisiesme fleuve est Hiddecel".

e) Par contre La Bible publiée par Jean de Tournes à Lyon en 1557 est très proche de notre texte faouiste (je voulais le placer) :  

L'un est nommé Phison : c'est c'il qui environne la terre d'Hevilach, là où croist l'or. Le nom du second fleuve est Gehon : c'est celui qui circuit toute la terre d'Ethiopie. Le nom du troisieme fleuve est Tigris : cestui va vers Assyrie. Et le quatrième fleuve est Euphrates

Je le confronte au texte des banderoles :

"Phison c'est celuy qui environne toute la terre de Hévila, là où croist l'or —

Gehon, c'est celui qui circuit toute la terre d'Ethiopie.

Tigris, c'est le troisième fleuve, va vers Assyrie.

Euphrates, c'est le quatrième fleuve."

Il n'y a pas identité, mais la plupart des caractéristiques sont réunies.

 

f) Par contre il faut écarter  La bible qui est toute la sainte escripture. etc. (Les pseaumes mis en rime francoise par Clement Marot et Theodore de Beze.)- Geneve, Sebast. Honorati  parue en 1570 et qui parle d'"Hidekel"

L'un est nommé Phison : c'est celuy qui environne toute la terre d'Hevilath, là où croist l'or . Et le nom du second fleuve est Gehon : c'est celuy qui circuit toute la terre d'Ethiopie. Et le nom du troisième fleuve est Hidekel : c'estuy-la va vers l'Orient d'Assyrie. Et le quatrième fleuve est Euphrates.

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En conclusion, il me parait possible d'affirmer que les inscriptions sont celles de la vasque d'origine, et qu'elles ont trouvé leur source dans une bible en français traduite vers 1557 ; et peut-être même adaptée de la Bible de Jean de Tournes parue à Lyon en 1557. Une date plus tardive est moins probable, puisque les traductions abandonnent les formes troisiesme, quatriesme, cestuy, etc et  introduisent les c et l apostrophes .

Cette démarche abonde dans le sens de Chrystel Douard et propose une fourchette plus resserrée entre 1555 et 1570. 

Mais surtout, cela fait apparaître un élément essentiel : les inscriptions de la vasque se réfèrent au mouvement de traduction du latin en français qui est celui des humanistes (le catholique Jacques Lefèvre d'Étaples, 1450-1537) puis de la Réforme (Olivétan, 1506-1538, cousin de Jean Calvin). L'imprimeur lyonnais Jean II de Tournes (1539-1615) , Imprimeur du Roi, était un protestant huguenot dot les presses furent saccagées en 1564 lors des Guerres de Religion tandis qu'il était emprisonné durant deux mois. Il fut emprisonné à nouveau en 1572, mais échappa à la Saint-Barthélémy. En 1585, il s'installa à Genève.

Or, il est intéressant de noter que les vicomtes du Faou appartenaient à la famille du Quélennec. La seigneurie du Fou est une très ancienne vicomté en l’évêché de Cornouaille en Basse-Bretagne, les seigneurs d’icelle portaient le nom de leur terre et en armes d’azur au léopard d’or.  Quels sont les seigneurs vers 1550-1600 ?

a) Jean V du Quélennec (né vers 1520), seigneur du Quélennec, baron du Pont, et de Rostrenen, vicomte du Faou et de Coëtmeur, mariée en 1538 à Jeanne de Maure. Or, cette dernière était protestante : "et habite son manoir de la Clarté avec ses enfants. Elle vient parfois en l'église de Cornillé assister au prêche. Elle le fait faire par un ministre qu'elle amène avec elle et fait monter en chaire, usant du droit que lui donne la qualité de son fief d'y faire exercer son culte." (Wikipédia)

b) Charles II du Quélennec, dit de Soubise (1548 † Assassiné le 24 août 1572 - Paris, pendant les Massacres de la Saint-Barthélémy peu après l'Amiral de Coligny), seigneur du Quélennec, vicomte du Faou, baron du Pont, et de Rostrenen. Il embrasse la religion réformée, chasse les chapelains de la chapelle de Saint-Tudy en son château du Pont, et fait faire des prédications par le pasteur protestant Claude Charretier. Il prend le nom de Soubise après son mariage avec l'héritière des Parthenay, mais il est fait prisonnier à Jarnac. Il s'évade et reprend le combat sous les ordres de René de Rohan, mais il est accusé d'impuissance par son épouse ; menacé d'un procès, il l'enferme dans son château de pont avant de trouver la mort au Louvre après avoir combattu vaillamment en étant défenestré. Marié le 20 juin 1568 (Château du Parc - Mouchamps) à Catherine de Parthenay-L'Archevêque (22 mars 1554 - Parc en Poitou † 26 octobre 1631 - Parc en Poitou), dame de Soubis  e. Veuve à 18 ans,  celle-ci se remarie en 1575 avec René II de Rohan, élevé dans le culte réformé , et aménage les principales résidences des Rohan (Blain, Pontivy et Josselin) tout en y développant des églises protestantes.

c) Jane du Quélennec, héritière de son frère Charles, épousa Jacques de Beaumanoir, vicomte du Besso.

Pendant les guerres de la Ligue (1562-1598), Le Faou fut pillée  et soumise à rançon par Anne de Sanzay, comte de la Magnane, notamment en novembre 1593.

La vasque de kersanton fut donc sculptée dans la seconde moitié du XVIe siècle, alors que les versets de la Genèse qui y furent gravés en français étaient copiés de Bible issues de la Réforme, et  au moment même où les vicomtes du Faou étaient protestants. Leur blason d'azur au léopard d'or figurait  peut-être sur la vasque, là où la pierre a été martelée.

Qu'en conclure ? Je l'ignore... mais ce léopard d'or me fait me souvenir qu'un lion figure, selon les commentateurs, sur ces fonts, et que je n'y ai pas prêté garde. Mais, j' y pense, ne parlaient-ils pas aussi d'un chien ? Et d'un cerf ?

Vite, j'y retourne.

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OÙ JE ME LANCE À QUATRE PATTES SUR LA PISTE D'UN LION, D'UN CHIEN ET D'UN CERF.

Je trouve le lion assez facilement. Il m'attendait, dressé sur ses pattes de derrière, à la gauche de la face sud. Il est rampant et non passant, c'est à dire qu'en terme héraldique il n'est nullement léopardé et n'a rien à voir avec le meuble du blason des vicomtes du Faou. Par sa langue et par sa queue au pinceau de poil particulièrement touffue, il semble se défendre contre l'attaque du serpent. Par contre, ces pattes avant tiennent un phylactère qui devait être plus lisible avant l'adjonction d'un déversoir. On y lirait alors JESUS / MARIA / ANNA, la banderole étant tenue de l'autre coté par  une main coupée.

Le panonceau de l'église  suggère que l'inscription devait être différente jadis.

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Vue sud des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

Vue sud des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

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Émile Mâle a écrit de belles choses sur le Lion, symbole de résurrection, en raison de la croyance commune dans les Bestiares du Moyen Âge  que la lionne mettait bas des petits qui semblaient morts-nés. Pendant trois jours, les lionceaux ne donnaient aucun signe de vie, mais le troisième jour, le lion venait et les ranimait de son souffle puissant. Ainsi, la mort apparente du lionceau s'apparentait au séjour du Christ dans son tombeau, avant sa Résurrection tertia die. Voir Sancti Epiphani ad Physiologus,  Christophe Plantin, Anvers 1588

 

Vue sud des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

Vue sud des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

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Pour voir le chien, il faut repérer sa queue en crochet rougeâtre sous la patte avant du lion. Lorsque vous la tenez, ne la lâchez plus et accroupissez-vous dans la poussière. Vous comprenez que ce que vous preniez pour la tête d'un bouquetin sont les pattes arrières en pleine course d'un chien de chasse. 

Ce n'est pas le moment de faiblir.

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Vue sud-ouest des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

Vue sud-ouest des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

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Vue ouest des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

Vue ouest des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

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Vue ouest des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

Vue ouest des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

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Coincé dans un minuscule espace entre la balustrade du dais, la cuve, et le déversoir, vous allez devoir maintenant passer de l'autre coté du tuyau, où il est devenu évident que vous allez découvrir le cerf. Mais l'éclairage de la minuterie laisse cette partie dans l'ombre, et l'affaire se transforme en une équipée spéléologique dans des grottes rupestres . De fantastiques images se dévoilent en ocre sur la paroi de calcite et vous admirez comment, voici des millénaires, l'artiste a su profiter des reliefs naturels de la cuve pour faire frémir le flanc de l'animal qui, haletant, vous jette un regard complice (oxyde de manganèse et charbon de bois ?).

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Vue depuis le point vernal  des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

Vue depuis le point vernal des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

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Vue depuis le point nemo  des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

Vue depuis le point nemo des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

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A bout de souffle, vous tentez l'impossible pour obtenir sur le même cliché le chien et le cerf. Vous installez votre appareil entre le tuyau de plomb et la cuve et tentez d'accéder au commutateur. Clic.

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Vue acrobatique des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

Vue acrobatique des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

Longtemps, les aboiements de la meute ont retenti à ses oreilles (c'est le sens du grec katêkhéô, « faire retentir aux oreilles» ​​​​​​, qui a donné catéchumène). Le cerf a traversé à la nage le fleuve Géhon dont le nom signifie en hébreu "l'impétueux". Il est sauvé. Il devient un magnifique symbole de la renaissance et de la libération spirituelle. Pour d'autres, Géhon ou Gi'hôn vient du sumérien GIEN qui signifie "Les grands Ancêtres". Ce passage initiatique  à travers les eaux lustrales, primitives et ancestrales font de lui un Éveillé.

 

 

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Chérubin des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

Chérubin des fonts baptismaux de l'église Saint-Sauveur du Faou. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

Sur les fonts de l'église du Faou :

— Topic-topos.

http://fr.topic-topos.com/cuve-baptismale-le-faou

— ABGRALL (Jean-Marie), 1898,  "Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère recueillies par M. l'Abbé J-M. Abgrall, Chanoine honoraire". In Congrès archéologique de France; LXIIIe séssion. Séances générales du  tenues à Morlaix et à Brest en 1896 par la Société française d'archéologie Paris, Caen 1898, page 123

https://archive.org/stream/seancesgenerales1896cong#page/122/mode/2up/search/phison

— COUFFON (René) & LE BRAS (Alfred), 1988,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/FAOURUME.pdf

— http://pormenaz.free.fr/Le-faou.php

Sur les fonds baptismaux :

— Dossier pdf "Cuves baptismales et fonts baptismaux : évolution formelle avant le XVIe siècle"

http://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire/CATALOGUES/fontsbapt/fontsbapt_histav16e/html/fontsbapt_histav16e.html

— Dossier pdf "Cuves baptismales et fonts baptismaux : environnement des fonts"

 http://www.culture.gouv.fr/documentation/memoire/CATALOGUES/fontsbapt/fontsbapt_envir/html/fontsbapt_envir_image_1.html

— https://fr.wikipedia.org/wiki/Fonts_baptismaux

— Les Fonts baptismaux d'Hildesheim (Ier tiers XIIIe) :

La bande la plus basse montre quatre figures humaines, qui soutiennent toute la cuve. Ce sont des personnifications des quatre fleuves du jardin d'Eden ( Genèse 2: 10-14 ). Chacun d'eux se déverse sur l'eau de la vie: Les quatre figures sont clairement distinctes par les vêtements, la posture, et la coiffure et symbolisent les différentes classes et phases de la vie. Dans une petite zone au- dessus de leurs têtes, ils sont identifiés par les vertus cardinales : la modération, le courage, la justice et la sagesse. 

https://en.wikipedia.org/wiki/Baptismal_font_(Hildesheim)

— Les fonts de Saint-Clément (Aisne) :

https://inventaire.picardie.fr/dossier/fonts-baptismaux-cuve-baptismale-a-infusion/395d3f40-a71e-4372-88ef-07dc9b844074

— A_Twelfth_Century_Baptismal_Font_from_Wellen_The_Metropolitan_Museum_Journal_v_44_2009 (1).pdf

Baptismal font. Wellen, Limburg, Belgium, 1155–70. Bluestone . The Metropolitan Museum of Art, The Cloisters Collection

In the Ordo romanus, the ritual of blessing the baptismal water alludes to the four rivers of Paradise—the Gehon, the Phison, the Tigris, and the Euphrates—that “water all of the earth,” like the waters of holy baptism. Patrologia Latina, vol. 78, “Romani Ordines,” 21, cols. 1015–16, and 42, col. 956. In early Christian iconography, the rivers of Paradise, associated with the Evangelists in the prayers of Saint Cyprian (ca. 200–258) and by Saint Augustine in the City of God,( Ibid., vol. 3, col. 1110, and vol. 31, col. 395) issue from human or lions’ heads. The four human heads on the Cloisters font are homogeneous enough in design to permit an interpretation of them as personifications of the rivers of Paradise, but the diversity among the heads on a number of other fonts prevents any such generalization. Despite their rather reassuring features, the heads may also have served an apotropaic function.

FAVREAU (Robert), 1995, Les inscriptions des fonts baptismaux d'Hildesheim, Baptême et quaternité Cahiers de civilisation médiévale  Année 1995  Volume 38  Numéro 150  pp. 116-140

http://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1995_num_38_150_2609

— MÂLE ( Émile), 1922 L'art religieux du XIIe siècle en France : étude sur les origines de l'iconographie du moyen age

https://archive.org/details/lartreligieuxdux00mluoft

— MÂLE ( Émile),  L'art religieux du XIIIe siècle en France: étude sur l'iconographie du Moyen ... 1898

https://archive.org/stream/lartreligieuxdu00mlgoog#page/n7/mode/2up

page 20 : https://archive.org/stream/lartreligieuxdu00mlgoog#page/n45/mode/2up/search/lion

page 55 Honorius d'Autin  :https://archive.org/stream/lartreligieuxdu00mlgoog#page/n79/mode/2up/search/lion

page 149 Fonts baptismaux 4 fleuves https://archive.org/stream/lartreligieuxdu00mlgoog#page/n175/mode/2up/search/fonts

—MÂLE ( Émile), 1922, L'art religieux de la fin du Moyen Age en France : étude sur l'iconographie du Moyen Age et sur ses sources d'inspiration, 1922,

https://archive.org/stream/lartreligieuxdel00mluoft#page/n7/mode/2up

— BOGAERT (P-M.) J.-Fr. Gilmont La première Bible française de Louvain (1550)  Revue théologique de Louvain  Année 1980  Volume 11  Numéro 3  pp. 275-309

http://www.persee.fr/doc/thlou_0080-2654_1980_num_11_3_1779

REUSENS, (Edmond Henri Joseph),1885, Éléments d'archéologie chrétienne :

https://archive.org/stream/lmentsdarchologi01reus#page/178/mode/2up/search/fleuves

— Fonts baptismaux de la Somme :

http://www.richesses-en-somme.com/patrimoine-des-%C3%A9glises/fonts-baptismaux/fonts-bapt-du-10e-au-13e-si%C3%A8cle/

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2 novembre 2016 3 02 /11 /novembre /2016 18:44

Le retable de  la Déploration (1517) de l'église de Pencran (29).

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"A gauche du chœur se trouve un retable célèbre qui attire les regards. C’est une sculpture en bois représentant en plein relief une Descente de croix. Abrité dans une niche à dais sculpté, cet ensemble est composé de onze personnages.  Au centre est la Vierge, accablée de douleur : Elle tient sur ses genoux le corps inanimé de son Fils. Près d’elle, saint Jean et la Madeleine, agenouillés, partagent sa souffrance. Au second plan sont groupés les Saintes Femmes éplorées, Joseph d'Arimathie, Nicodème, et deux serviteurs dont l’un porte la Couronne d’épines." (H. Pérénnes).  « Ce sujet, note M. le chanoine Abgrall, a été noblement traité dans plusieurs de nos églises, notamment à Bodilis, Lampaul-Guimiliau, Locronan, Ploéven, La Forêt-Fouesnant, Pont-Croix, Quilinen, mais nulle part on n’a atteint à un si haut degré l'expression de douleur profonde, de compassion et d'adoration pour le divin Rédempteur » .

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Retable de la Descente de Croix, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Retable de la Descente de Croix, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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INSCRIPTION.

L'inscription en lettres gothiques minuscules dorées sur fond blanc dit ceci :

En lã mil Vcc  XVII : cest histoire fust  complet f diouguel :  vioy. ist.

"En l'an 1517 cette histoire fut complet f Diouguel ---." Les lettres qui suivent sont superposées en deux lignes et ont été lues comme deux syllabes moy et ist, "qui pourraient être une marque d’ouvrier.". On pourrait y lire des chiffres (VI) ; le dernier sigle pourrait être une étoile ; deux points s'inscrivent en dessous.

Le patronyme Le Diouguel est attesté à Morlaix au XVI-XVIIe, celui de Le Diouguel de Penanru à Landerneau-Saint-Houradon et à Morlaix au XVIIIe. Un François Le Diouguel sieur de Poulfanc a été maire de Morlaix  en 1635, et son fils François Le Diouguel lui a succédé à ce poste en 1673-74.  On cite aussi Me Guillaume Le Diouguel, notaire royal et apostolique de Morlaix et de Bodister. Un acte en date du 31 janvier 1651, fut passé devant Diouguet et Salaun, notaires royaux à Morlaix. Etc...

Le Nobiliaire de Bretagne mentionne pour Diouguel (le),

sr de Lanrus, — de la Fontaine-Blanche, par. de Saint-Martin-desChamps, — du Penhoat. — du Tromeur, — de Térennez, de Kerbasquiou, de Kergreis et de Lantréouar, par. de Plougasnou, — de Keiïstin, par. de Plouézoch, — de Kerozal. Maint, à l’intend. en 1699, ress. de Morlaix.

Echiqueté d’or et d’azur ; au chef d’argent, chargé de trois tourteaux de sable. François, gouverneur du château du Taureau en 1623 épouse Marguerite Noblet. 

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Retable de la Descente de Croix, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Retable de la Descente de Croix, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Groupe inférieur : Déploration. 

Le motif iconographique est fondé sur l'Évangile de Jean 19:25-27 et 19:38-42:

Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère, la sœur de sa mère, Marie la femme de Clopas et Marie de Magdala. 26 Jésus vit sa mère et, près d'elle, le disciple qu'il aimait. Il dit à sa mère: «Femme, voici ton fils.» 27 Puis il dit au disciple: «Voici ta mère.» Dès ce moment-là, le disciple la prit chez lui."

" Après cela, Joseph d'Arimathée, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des chefs juifs, demanda à Pilate la permission d'enlever le corps de Jésus. Pilate le lui permit. Il vint donc et enleva le corps de Jésus. 39 Nicodème, l'homme qui auparavant était allé trouver Jésus de nuit, vint aussi. Il apportait un mélange d'environ 30 kilos de myrrhe et d'aloès. 40 Ils prirent donc le corps de Jésus et l'enveloppèrent de bandelettes, avec les aromates, comme c'est la coutume d'ensevelir chez les Juifs. 41 Or, il y avait un jardin à l'endroit où Jésus avait été crucifié, et dans le jardin un tombeau neuf où personne encore n'avait été mis. 42 Ce fut là qu'ils déposèrent Jésus parce que c’était la préparation de la Pâque des Juifs et que le tombeau était proche."

Le retable représente non pas une Descente de Croix stricto sensu mais une Déploration.

Au premier plan, la Vierge tient son Fils sur ses genoux, saint Jean et Marie Madeleine portent respectivement la tête et les pieds du Christ. Une Sainte Femme (Marie, femme de Cléophas ?) se penche vers la tête de Jésus.

Marie et sa voisine sont voilées, mais Marie-Madeleine porte une coiffe.

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La Déploration, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

La Déploration, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Groupe supérieur. 

Derrière, les saintes femmes, Joseph d'Arimathie et Nicodème sont accompagnés de deux assistants, dont l'un porte la couronne d'épines. L'autre, à gauche est coiffé d'un bonnet à riche bijou frontal en or. Il porte le chaperon ramassé sur l'épaule droite. Le geste de ses mains exprime l'émotion poignante à laquelle il participe.

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Retable de la Descente de Croix, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Retable de la Descente de Croix, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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Joseph d'Arimathie.

 

Le personnage à gauche de la croix, dont le geste de la main droite correspond peut-être à une codification qui nous échappe,  est vraisemblablement Joseph d'Arimathie, qui, dans les Mises au Tombeau, se tient la tête du Christ. Il est coiffé d'un bonnet pointu aux pans et à la pointe munies de glands. Cette coiffure le détermine, sans stigmatisation,  comme juif, membre du Sanhédrin :

Selon Wikipédia "Le chapeau juif, connu aussi sous les noms de coiffe juive, Judenhut en allemand et de pileus cornutus (calotte à cornes) en latin, était un chapeau pointu en forme de cône, blanc ou jaune, porté par les Juifs dans l'Europe médiévale et parfois dans le monde islamique. D'abord porté traditionnellement et volontairement, il fut imposé aux hommes juifs quelques années après le concile de Latran qui exigeait en 1215 que les Juifs soient reconnaissables par leurs vêtements afin de pouvoir les distinguer des chrétiens.

 La forme du chapeau est variable. Quelquefois, spécialement dans le courant du xiiie siècle, il ressemble à un bonnet phrygien mou, mais plus couramment, surtout au début, c'est un chapeau conique se terminant en pointe, avec à sa base un bord circulaire rond, apparemment rigide. On trouve aussi des versions plus petites, se fixant sur le sommet de la tête. Quelquefois, un anneau encercle le chapeau quelques centimètres au-dessus de la tête. Au XIVe siècle, une balle ou un pompon est fixé au sommet du chapeau, et le bout effilé devient alors une queue de diamètre constant..

À la fin du Moyen Âge, le chapeau est progressivement remplacé par une large variété de couvre-chefs, y compris des chapeaux évasés exotiques de style oriental, des turbans et à partir du XVe siècle de larges chapeaux plats et de larges bérets. Une des principales sources d'informations provient des manuscrits et de leurs enluminures. Dans les images de scènes bibliques, les artistes représentent souvent les personnages avec des habits de leur époque, ce qui permet de les étudier comme des scènes européennes contemporaines.

Le chapeau juif est fréquemment utilisé dans l'art médiéval pour représenter les Juifs de la période biblique. Souvent les Juifs représentés ainsi, sont ceux qui sont présentés de façon plutôt négative dans l'histoire, mais ce n'est pas toujours le cas. "

Voir Joseph d'Arimathie sur le vitrail de Beignon , 1er registre.

http://www.lavieb-aile.com/article-l-arbre-de-jesse-de-l-eglise-de-beignon-107396584.html

La barbe bouclée et longue participe du même souci de détermination. (En 1517, le port de la barbe, longtemps banni par l'Église, n'est pas encore relancé en France, et elle ne le fut, par François Ier, qu'à partir de 1521). http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/comment-le-roi-francois-ier-a-relance-la-mode-de-la-barbe-7779174808

Le reste du costume répond à la mode française contemporaine. La chaîne (plutôt dorée) est portée volontiers en collier. La cape aux pans serrés par un fermail en losange, s'évase en larges manches courtes sur un habit ajusté aux poignets par des boutons.

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Retable de la Descente de Croix, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Retable de la Descente de Croix, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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A droite de la croix, Nicodème, pharisien, membre du Sanhédrin et disciple de Jésus, fait, en regardant la croix,  le geste du comput digital ou du décompte d'argument. Peut-être se remémore-t-il quelque prophétie biblique dont il constate la réalisation ? Ou bien, comme dans Jn 3:1-21, s'interroge-t-il sur un point de la Religion?

Là encore, sa coiffure caractérise son appartenance aux Juifs mentionnés par l'Évangile de Jean (Jn 3:1 : "Mais il y eut un homme d'entre les pharisiens, nommé Nicodème, un chef des Juifs") .

Il ne porte pas la barbe ; il est vêtu d'un manteau vert à revers rouge et ses épaules sont recouvertes d'une chape. Une aumônière est suspendue sur son coté droit, c'est encore un détail significatif.  

Les deux femmes sont  richement vêtues.

La coiffure de celle qui tient un linge blanc et dont le visage est empreint de chagrin est remarquable. Les cheveux épilés sur le front, ramenés en arrière et nattés en deux pelotes temporales sont modelés par une résille aux larges mailles dorées. Une couronne de tissu bleu rembourrée d'étoupes ou de coton s'enrichit de tours d'étoffes dorée et, au centre, d'une émeraude sertie. Des mèches s'échappent en arrière pour tomber sur les épaules.  Cette coiffure est bien celle des femmes élégantes de la fin du XVe siècle.

Celle de sa voisine est plus singulière. C'est d'abord une coiffe ajustée, semblable à celle qu'Anne de Bretagne a rendu célèbre, mais, après un cercle d'or, elle s'évase en diabolo ; un médaillon à motif concentrique est épinglé sur le coté. Cette singularité, plus remarquable que gracieuse, s'accorde au reste du costume, avec une robe violette et de larges manches rapportées jaune, mais surtout une courte pèlerine sur les épaules, à fermail, et à bords frangés, qui pourrait faire d'elle la compagne de Nicodème.

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Retable de la Déposition, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Retable de la Déposition, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Retable de la Déposition, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

Retable de la Déposition, église de Pencran. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

— ABGRALL (Chanoine Jean-Marie)1904, Architecture Bretonne, Quimper 1904

https://archive.org/stream/architecturebre00abgrgoog#page/n271/mode/2up/search/pencran

—COUFFON (René) & LE BARS (Alfred), 1988, "Pencran" in  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/PENCRAN.pdf

—PÉRÉNNES (Chanoine Henri), Notice sur Pencran, BDHA 1938 page 51 et suivantes

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/3c650c05ef86fe15d59ddb6b528d5f93.pdf

— BDHA 1901. page 268.

— BDHA 1903:page 33

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/bdha/bdha1903.pdf

— Infobretagne "Pencran"

http://www.infobretagne.com/pencran.htm

— Topic-topos "Pencran"

http://fr.topic-topos.com/descente-de-croix-pencran

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 17:30

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Au Moyen Âge, et encore à la Renaissance, les paroissiens défunts cherchent à être inhumés au plus près du centre vital de leur église. Les nobles les plus puissants obtenaient d'être ensevelis dans le chœur, les seigneurs locaux dans l'enfeu de leur chapelle privative, et les autres étaient inhumés sous les dalles de la nef. Mais bientôt la place vient à manquer, et un cimetière fut créé, à l'extérieur de l'église, mais à l'intérieur d'une enceinte sacrée, l'enclos paroissial.

Les défunts avaient — enfin!— le privilège de pénétrer dans l'enclos par l'Arc Triomphal, la Porte des Morts, Porz ar maro : celle qu'on ne franchit que les pieds devant. 

Pour visiter cet ossuaire, je me suis adjoins l'aide du chanoine Jean-Marie Abgrall, qui a rendu compte de sa visite en 1910. Après l'avoir recopiée à la main, j'ai découpé sa description au gré de mes images. Voici ce qu'il dit du Credo apostolique de l'ossuaire de Sizun 

"Le second étage de cette façade est formé par une longue suite de douze niches, séparées par des pilastres, doriques cannelés, lesquelles enferment les statues de douze apôtres, tenant chacun une banderole avec un article du Credo. C'est ce qui fait la richesse de cet ossuaire, car aucun des autres monuments de ce genre ne possède ces statues, pas même celui de St-Thégonnec. "

 "Cet édifice forme une véritable chapelle comme à Lampaul, Landivisiau , Guililiau , Saint-Thégonnec et la plupart des paroisses de cette contrée. Il est situé dans la partie Ouest du cimetière, entre le clocher et la grande place du bourg", adossé à l'Arc de Triomphe.
 
Le voici, vu du placître :.

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Vue générale de l'arc de triomphe et de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Vue générale de l'arc de triomphe et de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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La façade ouverte vers l'est, et donnant sur le placître, est d'une ornementation très riche. Sur un soubassement décoré de cupules et habillement mouluré, se déploie une série de 7 baies à plein-cintre séparées par des pilastres à gaines, les uns cannelés, les autres taillés en cariatide. 

Elle est divisée en trois registres que viennent couper, entre les deux baies de gauche et les cinq baies de droite, la porte et son fronton triangulaire. C'est le troisième registre, sous la toiture, qui accueille les douze apôtres.

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L'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

L'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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Le troisième registre : une photo pour lui tout seul :

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Le troisième registre de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Le troisième registre de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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"En tête de cette série d'apôtres, au contrefort sud-est, se trouve la state d'excellent style de saint Suliau, représenté en chasuble antique, tenant un livre de la main gauche et de la droite son faisceau de quatre verges ou houssines."

Le saint patron de l'église est fêté le 1er octobreSaint Suliac, appelé aussi saint Suliau ou Sulian ou Silio ou Sulien, est un moine gallois évangélisateur du pays de Galles et de l'Armorique au VI e siècle dont le culte est très localisé puisqu'on trouve, outre la paroisse de Sizun, une chapelle à Plomodiern ; une autre chapelle, à Pleyben, a disparu. Il est aussi le saint éponyme de Saint-Suliac. Voici comment le chanoine Abgrall décrit sa statue, et explique l'objet qu'il tient en main.

 

"Au fond du porche Midi de cette église nous trouvons sa statue en bois, drapée de la chasuble antique, aux plis souples et gracieux, ayant la figure jeune et imberbe, tenant un livre de la main gauche. La main droite a disparu ; si elle avait existé, nous y aurions constaté sans aucun doute le même emblème que l'on voit dans les trois autres statues du même saint. En effet, la statue en bois du chœur, celle en pierre qui se trouve au-dessus de la porte de l'ossuaire, et une autre plus petite, sur la face Sud de la sacristie, tiennent dans leur main droite quelque chose comme une petite botte d'asperges, quatre chevilles ou courtes brochettes. Pour en avoir le sens, il faut recourir à l'histoire du saint, qui nous en donne l'explication. Voici ce que nous lisons dans sa vie, par Albert Le Grand, édition de 1901, p. 434 :


« Ayant obtenu autant de terre qu'il luy en fallait pour bastir un Hermitage pour lui et pour ses confrères (au bord de la Rance, au lieu où l'on voit encore l'église de Saint-Suliac), il commença à travailler, et, en peu de jours édifia une petite Chapelle et quinze petites cellules pour se loger lui et ses religieux ; et ayant labouré de ses propres mains une pièce de terre qui luy restait dudit don, il y sema du bled, lequel crût fort beau ; mais le bétail qui d'ordinaire, paisait ès prochains marests, se jetta, une nuit, dans ce champ qui n'était pas fermé et en gâta une partie ; le matin on vint en avertir S. Suliau, lequel ne s'émût pas beaucoup ; seulement, il se mit en prière, et puis prit son bâton, dont il traça une ligne tout à l'entour du champ, et, aux quatres coins d'iceluy, planta quatre petites houssines pour toute haye et fossé ; priant Dieu de ne permettre que le bétail outre-passât ces bornes, pour endommager les semailles de ses serviteurs. Dieu exauça son Oraison, et, la nuit suivante, les mêmes animaux sortans des marêts et paturages, se voulurent jetter sur le dit champ ; mais (chose merveilleuse si-tost qu'ils touchèrent cette ligne que le Saint avait tracée tout à l'entour de son champ, ils devinrent tous immobiles, sans se mouvoir, n'y remuer, non plus que s'ils eussent été de marbre ou de bronze. Le matin, les païsans du voisiné, ne trouvans pas leur bestail dans les marêts, les trouvèrent en cette posture tout à l'entour du champ de S. Suliau ; et le bruit de cette merveille ayant couru par le pais circonvoisin, une grande multitude de peuple se rendit en l'hermitage pour voir une chose si étrange. Le S. Abbé, craignant que cette affluence de monde n'interrompit les exercices de ses Religieux, s'en allant devers le champ, donna sa bénédiction à ces animaux, et leur deffendit désormais de venir ravager son bled, ce qu'ils observèrent invariablement et se retirèrent dans les marêts ».

"Ce sont donc ces quatre houssines ou piquets plantés par saint Suliau au coin de son champ que les sculpteurs lui ont donnés comme caractéristique."

La statue montre aujourd'hui un saint vêtu d'une courte dalmatique aux clavi caractéristiques, à la chevelure frisée, tenant son livre de la main gauche ; mais ses "houssines" se comparent, non plus à des asperges comme en 1910, mais à deux petits pains ronds.

 

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Saint Suliau, ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Saint Suliau, ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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LES APÔTRES.

Tous les apôtres ont les pieds nus comme il se doit, et sont tous barbus, sauf saint Jean comme il se doit également. Chacune des barbes est différente des autres, ce qui en fournit une jolie collection.  Ils portent tous un livre, fermé (sauf un). La plupart portent un habit à gros boutons,  parfois sous un manteau et nombreux sont dotés de ceintures, sangles ou baudriers. 

1. Saint Pierre.

Il tient la clef qui marque sa primauté, et un livre. Il est aussi identifiable au célèbre "toupet" qui fleurit sa calvitie frontale.

Pas de texte sur le phylactère. On devrait trouver Credo in Deum Patrem omnipotentem, creatorem coeli et terrae.

"Je crois en Dieu le Père tout-puissant créateur du ciel et de la terre".

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Saint Pierre ; Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Saint Pierre ; Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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2.  Saint André.

Le livre et la croix ...de Saint-André. . 

[Et in ] JESVM CHRISTVM FILIVM EIVS VNICVM [Dominvm nostrvm]

"Et en Jésus Christ son fils unique notre Seigneur."

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Saint André. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Saint André. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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3. Saint Jacques le Majeur.

Livre ouvert. Pèlerine, chapeau, coquilles, bourdon, besace  .

QVI CONCEPVS EST DE SPIRITVO [sancto natus ex de Maria virgine].

"Qui a été conçu du Saint-esprit, est né de la Vierge Marie"

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Saint Jacques le Majeur. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Majeur. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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4. Saint Jean.

Le calice et le livre. L'écritoire ?

Et passus SVB PONTIO PILATO CRVCIFIXVS Mortvvs .

"A souffert sous Ponce Pilate, a été crucifié, est mort"

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Sait Jean. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Sait Jean. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

 

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5. Saint Thomas.

La lance et le livre. Saint Thomas tient la lance dont il a été frappé dans le dos. C'est avec cet attribut qu'il est représenté dans le Compost et Calendriers des Bergers.

DESCENDIT AD INFEROS (tertia die resvrrexit a mortvis). 

" est descendu aux Enfers, le troisième jour est ressuscité des morts."

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Saint Thomas.  Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Saint Thomas. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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6. Saint Jacques le Mineur.

Bâton (foulon), livre.

ASCENDIT AD COELOS SEDET AD [dexteram Dei patris omnipotentem]  

"est monté au ciel, est assis à la droite de Dieu le Père tout-puissant"

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Saint Jacques le Mineur. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Saint Jacques le Mineur. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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7. Saint Philippe.

La croix à longue hampe. Le livre.

VNDE VENTVRVS EST IVDICARE  [vivos et mortvos ]

"d'où il viendra juger les vivants et les morts".

 

Saint Philippe. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Saint Philippe. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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8. Saint Barthélémy.

Le coutelas (de son dépeçage)  et le livre.

CREDO IN SPIRITVM SANCTVM.

"Je crois en l'Esprit-Saint"

 

Saint Barthélémy. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Saint Barthélémy. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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9. Saint Matthieu.

La balance et le livre

[Sanctam Eccles] IAM CATHOLICAM SANCTORVM [commvnionem]

"En la Sainte Église Catholique, en la Communion des Saints"

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Saint Matthieu. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Saint Matthieu. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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10. Saint Simon.

La scie et le livre.

REMISSIONEM PECCATORVM

"En la rémission des péchés"

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Saint Simon. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Saint Simon. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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11. Saint Jude.

Le coutelas à forme d'hallebarde et le livre.

CARNIS RESVRRECTIONEM

"En la résurrection dela chair"

 

Saint Jude. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Saint Jude. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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12. Saint Matthias.

L'équerre et le livre.

VITAM AETERNAM AMEN

"En la Vie éternelle, amen".

Saint Matthias. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Saint Matthias. Credo apostolique de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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Commentaire.

Le texte latin est celui des douze articles du Symbole des apôtres.

L'identification n'est pas celle que propose le texte du site Infobretagne (source ?) , mais repose sur l'attribution, depuis le haut Moyen-Âge, d'un article à chaque apôtre selon un ordre précis. Le désaccord porte sur le n°5, Thomas,(Matthias pour Infobretagne) et le n°12, Matthias (Thomas pour Infobretagne). Certes Thomas est souvent porteur d'une équerre, comme ici pour le n°12,  mais la lance est un autre de ses attributs. Néanmoins, les attributions d'accessoires (comme dans le Calendrier des Bergers, figure infra), ou l'ordre de succession (comme sur la verrière de Quemper-Guezennec) sont souvent fantaisistes. 

1- St Pierre : Credo in Deum, Patrem omnipotentem, creatorem caeli et terrae. La clef.

2- St  André : Et in Iesum Christum Filium eius unicum , Dominum nostrum. La croix en X.

3 - St Jacques le Majeur : qui conceptus est de Spirituo Sancto natus est Maria Virgine. La tenue de pèlerin de Compostelle.

4 -St Jean : passus sub Pontio Pilato, crucifixius, mortuus et sepultus. Le calice.

5 -St Thomas : descendit ad inferos, tertia die ressurrexit a mortuos. La lance.

6 -St Jacques : ascendit ad caelos ; sedet ad dexteram patris Dei Patris omnipotentis. Le foulon.

7 -St Philippe : inde venturus est iudicare vivos et mortuos. la croix à grande hampe.

8 -St Barthélémy : Credo in Spiritum Sanctum. Le coutelas.

9 -St Matthieu : sanctam ecclesiam catholicam. La balance.

10 -St Simon : sanctorum communionem, remmisionem pecatoribus. La scie.

11 -St Jude : carnis resurrectionem. Le couteau.

12 -St Matthias : vitam eternam. L'équerre. 

Voir d'autres développements en Annexe.

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La porte de  l'ossuaire et son fronton.

 

 

"La ligne d'arcatures est coupé par une porte accostée de deux colonnes cannelées, coiffées de chapiteaux corinthiens écourtés, lesquels portent un entablement et un fronton triangulaire montant jusqu'à la corniche haute.

 

 

La porte de  l'ossuaire et son fronton. Ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

La porte de  l'ossuaire et son fronton. Ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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"Au dessus de l'entablement, dans la frise curant au dessus du cintre de la porte, on lit : MEMENTO. MORI ("Souviens-toi qu'il faut mourir").

Sur la petite frise d'entablement est une longue inscription en caractères très fins, dont la plupart des mots sont invisibles, empâtés qu'ils sont par la peinture. Sur la corniche faisant la base du fronton, est gravée cette sentence :

VOVS.NOS. ANFENS. QVI. PAR. CY. PASSÉS.

SOVVENES.VOVS.QVE.NOVS.SOMMES.TRÉPASSÉS.

"Vous nos enfants qui par ici passés, souvenez-vous que nous sommes trépassés". 

N.B. J'ai cherché en vain cette sentence décrite par J.M Abgrall "sur la corniche faisant la base du fronton".


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Inscription Memento Mori. Ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Inscription Memento Mori. Ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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Fronton de l' ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Fronton de l' ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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"Au haut du champ du fronton, est une petite statuette minuscule de saint Suliau, tenant son faisceau de houssines ou de petites baguettes."


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Saint Suliau. Ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Saint Suliau. Ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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Dans les écoinçons, ou triangles extérieurs, deux autres statuettes : Saint François d'Assise, montrant ses stigmates, et un autre saint franciscain tenant un ciboire ou calice, très probablement saint Pascal Bayon, populaire pour sa grande dévotion à l'eucharistie, et que l'on retrouve au églises de Bodilis, La Roche-Maurice, Brennilis, etc..."

 

Saint François d'Assise montrant ses stigmates, Ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Saint François d'Assise montrant ses stigmates, Ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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L'identité du franciscain tenant un calice est délicate à préciser. A Brennilis, où le même problème se pose, j'ai écrit :

  • Parmi les moines franciscains béatifiés, nous trouvons saint Fidèle de Sigmaringen (mort en 1622), prêtre et martyr souabe, mais le calice, témoignant de l'importance accordée à l'Eucharistie, correspond davantage à saint Pascal Baylon (1540-1592). On peut aussi penser à saint Antoine de Padoue (1195-1231), bien que son attribut soit le cœur enflammé ou le lys.

Les deux statues, l'une de saint François, l'autre d'un cordelier tenant un calice forment un duo qui  se retrouve à Bodilis, (église), à Sizun, (fronton de l'ossuaire,1588), à Lanneufret (église) et à La Roche-Maurice, témoignant de l'implantation des Franciscains dès le XIIIe siècle dans le Léon. L'identité du deuxième moine est régulièrement discutée dans chacun de ces sanctuaires.

Ce qui pose problème à Sizun, c'est qu'en 1585-1588, saint Pascal Bayon, le meilleur candidat en raison de son attachement à l'eucharistie, n'était pas encore mort,  et  bien loin d'être béatifié (1618) et a fortiori d'être canonisé (1690).

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Saint franciscain tenant un calice, Ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Saint franciscain tenant un calice, Ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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Le fronton est centré par un cuir accueillant dans un blason carré les neuf macles (martelées mais distinctes) des Rohan, avec la date de 1588. Les armes du vicomte Jehan de Rohan comportaient sept macles, alors que les armes  de gueules à neuf macles d'or, posées 3, 3, 3 furent adoptées par Henri Ier , 19ème vicomte de Rohan entre 1552 et 1575. 

Juste au dessus, sur la corniche en bois, deux lions tiennent les mêmes armoiries, intactes.

Armes des Rohan. Ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Armes des Rohan. Ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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Ces armoiries des Rohan et cette date de 1588 amènent à préciser ceci :

— Le 18ème vicomte de Rohan fut René Ier de Rohan-Gié (1516-1552), prince de Léon, comte de Porhoët, marquis de Blain, seigneur de Beauvoir et de La Garnache, chevalier de l'ordre du Roi et capitaine d'une compagnie d'ordonnance. Il  épousa Isabeau d'Albret, tante de Jeanne d'Albret, reine de Navarre. Isabeau d'Albret se convertit au protestantisme en 1558, qu'elle  introduisit  dans son château de Blain où s'organisa la première église protestante bretonne. Isabeau reçoit du roi, en 1560, la liberté de conscience pour elle et pour toute sa Maison.

 Le couple eut quatre enfants, Henri, Jean, Françoise et René qui résidèrent au château de Blain.

— Le 19ème vicomte de Rohan est Henri Ier de Rohan (1535-1575). Il épousa Françoise de Tournemine puis le titre passa  à son frère :

— Le 20ème vicomte de Rohan est René II  (1550-1586) dit Parthenay, du nom de sa seconde épouse l'humaniste Catherine de Parthenay d'une puissante famille protestante du Poitou

— C'est avec le 21ème vicomte de Rohan que nous arrivons à la date de 1588. En effet, il s'agit de Henri II de Rohan (Blain le 21 août 1579- 13 avril 1638), fils de René II. Mais il avait 9 ans à la date gravé sur le fronton de l'ossuaire.  Élevé dans la religion réformée par sa grand-mère Isabelle d'Albret et par son père René II de Rohan, instruit dans les humanités par sa mère, cousin germain de Henri IV,  il fut le chef de guerre des rébellions huguenotes contre le pouvoir royal catholique. En 1590 le Duc de Mercoeur et 4000 espagnols assiégea son château de Blain. Le roi  Henri IV érigea en 1603 la vicomté de Rohan en duché-pairie et lui fait épouser en 1604 Marguerite de Béthune, fille du futur duc de Sully. Il devient alors Henri Ier en tant que premier duc. Après l'assassinat du roi par Ravaillac, il est condamné à l'exil par l'hostilité de Richelieu, qui fait abattre une partie de son château de Josselin. 

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Armes des Rohan. Ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Armes des Rohan. Ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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LE DEUXIÈME REGISTRE.

Situé au dessus du registre inférieur appareillé en pierres en granit jaune alvéolé, c'est une série de fenêtres en plein cintre, séparées par des pilastres à gaines.

Deuxième registre de la façade de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Deuxième registre de la façade de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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A main droite de la porte, selon l'usage traditionnel de nos ossuaires, est un bénitier finement sculpté, surmonté d'une accolade de rubans aux extrémités enroulées en volutes."

Deuxième registre de la façade de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Deuxième registre de la façade de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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Les cariatides sont intéressantes, en ce qu'elles viennent confirmer la vogue populaire du décor en spirale ; l'une d'elles porte la date de 1585

 

Deuxième registre de la façade de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Deuxième registre de la façade de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième registre de la façade de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.
Deuxième registre de la façade de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Deuxième registre de la façade de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième registre de la façade de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.
Deuxième registre de la façade de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Deuxième registre de la façade de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Deuxième registre de la façade de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.
Deuxième registre de la façade de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

Deuxième registre de la façade de l'ossuaire de l'enclos paroissial de Sizun. Photographie lavieb-aile.

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ANNEXE.

 

LE CREDO APOSTOLIQUE.

Cette iconographie s'est développée au XIIIe siècle à la suite de réflexions théologiques montrant que les articles du Credo trouvent leur fondement dans le Nouveau Testament, par des références à des textes des Évangiles, des Épîtres et des Actes des Apôtres, mais aussi dans l'Ancien Testament par des citations des Prophètes, ce qui fonde le Credo non pas sur tel ou tel Concile, mais sur la parole de Dieu.

 Le Symbole des Apôtres

Ce Symbole des apôtres, souvent appelé Credo comme celui de Nicée, était récité quotidiennement par les clercs dans la lecture de leur bréviaire, et, depuis le Missel Romain de 2002, il peut être récité à la place du Credo lors de la Messe.  

  Il est la traduction, latine puis française, d'un texte grec. On le reconnaît dès le premier article qui dit Je crois en Dieu le Père tout-puissant (Credo in Deum, Patrem omnipotentem) alors que le Credo énonce Je crois en un seul Dieu, le Père tout-puissant (Credo in unum deum ).

Il s'agit  ici non pas du Credo à proprement parler, celui qui est récité à la messe et qui est le Symbole de Nicée-Constantinople, mais le Symbole des Apôtres, une profession de foi qui, selon la tradition, proviendrait directement des Apôtres et qui serait donc inspiré par l'Esprit-Saint. La légende développée dès le IVe au VIe siècle veut même qu'à la veille de leur dispersion, chacun des douze apôtres en ait récité un article : il compte donc douze articles de foi. On trouve cette tradition chez Ambroise de Milan (339-397) puis chez Rufin d'Aquilée (345-410), l'auteur qui donne le premier texte latin du symbole. celui-ci écrit dans Commentaire du symbole des apôtres (v.400) " Nos anciens rapportent qu'après l'ascension du Seigneur, lorsque le Saint-Esprit se fut reposé sur chacun des apôtres sous forme de langues de feu, afin qu'ils puissent se faire entendre en toutes les langues, ils reçurent l'ordre de se séparer et d'aller dans toutes les nations pour prêcher la parole de Dieu. Avant de se quitter, ils établirent en commun un règle de la prédication qu'ils devaient faire afin que, une fois séparés, ils ne fussent exposés à enseigner une doctrine différente à ceux qu'ils attiraient à la foi du Christ ; étant donc tous réunis, remplis de l'Esprit -Saint, ils composèrent ce bref résumé de leur future prédication, mettant en commun ce que chacun pensait et décidant que telle devra être la règle à donner aux croyants. pour de multiples et très justes raisons, ils voulurent que cette règle s'appelât symbole."

http://www.patristique.org/Historique-du-symbole-des-apotres.html

  Au VIe siècle, à la suite de deux sermons pseudo-augustiniens (Sermon 240 et 241) d'un prédicateur gaulois, chaque article fut attribué à un apôtre particulier : ce point est important , puisqu'il va nous aider à déchiffrer le texte du phylactère si nous identifions l'apôtre, et inversement. Voici la répartition selon le texte latin, celui qui nous intéresse :

1- St Pierre : Credo in Deum, Patrem omnipotentem, creatorem caeli et terrae

2- St  André : Et in Iesum Christum Filium eius unicum , Dominum nostrum

3 - St Jacques le Majeur : qui conceptus est de Spirituo Sancto natus est Maria Virgine

4 -St Jean : passus sub Pontio Pilato, crucifixius, mortuus et sepultus

5 -St Thomas : descendit ad inferos, tertia die ressurrexit a mortuos

6 -St Jacques : ascendit ad caelos ; sedet ad dexteram patris Dei Patris omnipotentis

7 -St Philippe : inde venturus est iudicare vivos et mortuos

8 -St Barthélémy : Credo in Spiritum Sanctum

9 -St Matthieu : sanctam ecclesiam catholicam

10 -St Simon : sanctorum communionem, remmisionem pecatoribus

11 -St Jude : carnis resurrectionem

12 -St Matthias : vitam eternam.

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Bibliothèque Municipale Angers Compost et calendrier des bergers, 1493  - BM - SA 3390, f. 039v-040

Les attributs des trois derniers apôtres sont ...inhabituels.

 

 

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 Ce Credo apostolique est représenté en Bretagne dans le porche ou sur le calvaire de très nombreuses chapelles et églises (je citerai le calvaire de Saint-Venec en Briec, l'ossuaire de Sizun, le porche de Saint-Herbot à Plonevez-du-Faou, saint-Mélaine à Morlaix, mais la rencontre de l'alignement de leurs niches est trop fréquente pour qu'une liste soit exhaustive.)

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SOURCES ET LIENS.

ABGRALL (Jean-Marie), 1910, « L´église paroissiale de Sizun et ses annexes », Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Quimper, Société archéologique du Finistère, t. 28,‎ 1910, p. 129-138

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207696j/f176.image

— COUFFON (René), LE BARS ( Alfred), Diocèse de Quimper et de Léon : Nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association Diocésaine de Quimper, 1988, p. 416-420.

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/54730d797d70be488e00757c7d0fcef7.pdf

— Inventaire du Patrimoine :

— http://monumentshistoriques.free.fr/calvaires/sizun/sizun.html

— Topic-topos :

http://fr.topic-topos.com/ossuaire-sizun

— Infobretagne :

http://www.infobretagne.com/sizun.htm

http://www.infobretagne.com/enclos-sizun.htm

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Sur le Credo apostolique :

Site http://idlespeculations-terryprest.blogspot.fr/2014/02/the-apostles-creed.html

— Grant Kalendrier et compost des bergiers , 1529, imprimé à Troyes.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b86095054/f89.item.zoom

 

 Émile Mâle http://patrimoine.amis-st-jacques.org/documents/000135_e_male_credo_des_apotres_2.pdf

—Denis Pichon Note sur les peintures murales de Notre-Dame-du-Tertre à Châtelaudren : présence d'un Credo prophétique Société d'émulation des Côtes-d'Armor, 2000, 130, p. 115-122

 Robert Favreau Les autels portatifs et leurs inscriptions, Cahiers de civilisation médiévale 2003 Volume   46 pp. 327-352 :http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/ccmed_0007-9731_2003_num_46_184_2865

 — Baptistère de Sienne : http://www.viaesiena.it/fr/caterina/itinerario/battistero/articoli-del-credo/articoli-della-seconda-campata

 — Psautier de Jean de Berry, Enluminures de André Beauneveu 1380-1400 : gallica 

— RANSON (Lynn) 2002 A franciscan program of illumination Insights and Interpretations: Studies in Celebration of the Eighty-fifth .publié par Colum Hourihane  ..pp 84-89 En ligne

 

— GAY (Françoise) 1993, Le choix des textes des prophètes face aux apôtres au Credo", in Actes du Colloque Pensée, image et communication en Europe médiévale. A propos des stalles de Saint-Claude - Besançon 

 HASENORH (Geneviève), 1993 "Le Credo apostolique dans la littérature française du Moyen-Âge", Actes du Colloque Pensée, image et communication en Europe médiévale. A propos des stalles de Saint-Claude - Besançon 

 LACROIX (Pierre) , Renon, Andrée,  Mary, Marie-Claude, Vergnolle, Éliane [Publ.] Pensée, image et communication en Europe médiévale. A propos des stalles de Saint-Claude - Besançon (1993).Sommaire en ligne 

 — GAULTIER DU MOTTAY (Joachim) Répertoire archéologique du département des Côtes-du-Nord, Saint-Brieuc, 1883-1884, extrait des Mémoires de la Société archéologique et historique des Côtes-du-Nord, nouvelle série, T.I, 1883-1884.

 

— RENON F, relevé du Credo du chœur de la cathédrale de Cambray en 1404 Revue de l'art chrétien: recueil mensuel d'archéologie religieuse, Volume 8 Arras ; Paris 1864 page 262.

—  RITZ-GUILBERT, Anne 1993 ; "Aspects de l'iconographie du Credo des apôtres dans l'enluminure médiévale", Pensée, image & communication en Europe médiévale : à propos des stalles de Saint-Claude; Besançon; Asprodic L'auteur analyse les Credo typologiques apparus dans l'enluminure du 13e siècle, puis la version originale qu'en donne Jean Pucelle dans le Bréviaire de Bellevill (Paris, B. N., ms lat. 10483) aux environs de 1323-1326. Le peintre a utilisé le Credo des apôtres comme attribut de la vertu personnifiée de la Foi

SCHMITT (Jean-Claude), 1989  "Les images classificatrices", in Actualité de l'histoire à l'Ecole des chartes: études réunies à l'occasion publié par Société de l'Ecole des charte 1989 pp.311-341.

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Published by jean-yves cordier - dans Sizun Credo Rohan
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26 octobre 2016 3 26 /10 /octobre /2016 14:43

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Plan :

  • L'interversion des deux noms des Sibylles
  • L'étude du texte de leur phylactère
  • L'inscription MEIAPAROS
  • L'Infante Isabelle du Portugal, modèle de la Sibylle de droite.

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Chacun connaît le polyptyque de  l’Adoration de l'Agneau mystique de la cathédrale de Gand, débuté vers 1420 par Hubert Van Eyck et achevé de 1426 à 1432 par son frère Jan. En effet, ce  chef-d'œuvre de la peinture des primitifs flamands, inscrit sur la liste du patrimoine culturel mondial par l'UNESCO, est mondialement connu, et a été étudié dans ses moindres détails, ce qui représente une lourde tâche  pour un ensemble de 24 panneaux mesurant  3,75 m sur 5, 20 m. 

Et pourtant, et pourtant, ce retable si fameux dissimule (visible comme le nez au milieu du visage) une belle erreur dont les peintres (où quelque restaurateur) se sont rendus coupables. Et dont les auteurs des articles encyclopédiques ( et même les auteurs du beau livre  Van Eyck par le détail) ne rendent pas compte, si j'excepte l'article Wikipédia en ..japonais. 

Cette "bavure" porte sur les deux Sibylles peintes en grisaille sur la face extérieure des volets.

En effet, le retable était ouvert les dimanches et fêtes, montrant en haut la Déisis et en bas l'Adoration de l'Agneau de Dieu, mais les volets  étaient fermés les jours de semaine et montraient une scène composite à tris registres. Au milieu, l'Annonciation ;   en bas le couple de donateurs  Joost Vijdt et  Lysbette Borluut autour de  saint Jean-Baptiste et saint Jean l’Évangéliste.  C'est en partie haute, au dessus de l'Annonciation, que nous trouvons sur les cotés deux prophètes dans des panneaux en demi-lunes et au centre les deux Sibylles occupant les deux moitiés de la  même arcade. Si les prophètes ont, pour l'Église, annoncés par leurs oracles la venue du Sauveur au monde hébraïque, les Sibylles ont prédit par leurs vaticinations le même événement aux "Gentils" (païens) d'Europe, d'Afrique et d'Asie. Si les deux prophètes et les deux prophétesses sont venus occuper les combles au dessus du plafond de la chambre de la Vierge, c'est précisément parce qu'ils ont prévus depuis des lustres ce qui est en train de s'y dérouler : une jeune fille vierge va devenir enceinte par l'opération du Saint-Esprit et donner naissance au Sauveur dont  l'humanité attend sa rédemption. Le texte de leurs prévisions, qui le démontre, se déroule en paperolles au dessus de leurs têtes.

Alors, cherchons l'erreur ? En chemin, nous découvrirons des détails inattendus. Et des énigmes mal résolues.

Quelques images préalables pour situer les lieux.

 

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https://fr.wikipedia.org/wiki/L%27Agneau_mystique#/media/File:Lamgods_closed.jpg

 

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https://ja.wikipedia.org/wiki/%E3%83%98%E3%83%B3%E3%83%88%E3%81%AE%E7%A5%AD%E5%A3%87%E7%94%BB#/media/File:Ghent-altarpiece-Lunetes-left.jpg

 

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I. "SIBILLA ERITREA", panneau de 212 cm x 37.1 cm. Une inversion des noms avec la Sibylle de Cumes.

http://closertovaneyck.kikirpa.be/#viewer/id1=53&id2=0

Dans le panneau central de gauche, une femme à genoux et tournée vers la gauche  est vêtue d'une robe blanche bordée d'or très semblable à celles de la Vierge et de l'Ange et formant ainsi une triangulation.  Un châle  noir est noué autour de son cou . Sa tête est recouverte d'un turban blanc rayé de bleu. Celui-ci retient un voile jaune d'or, à bord échancré et ourlé de noir, et  qui recouvre ses épaules, son dos et ses reins. Une perle pend par un anneau à son oreille droite. Un bracelet est passé à son poignet gauche : c'est un épais demi-jonc en or, constellé de brillants.

Il est écrit sur la banderole  au dessus de sa tête : NIL MORTALE SONANS AFFLATA...ES NUMINE CELSO . La traverse au bas du compartiment porte l'indication  SIBILLA ERITREA.  En réalité, l'inscription est tirée du Livre VI de l'Énéide de Virgile et se donc rapporte à la Sibylle de Cumes. A l'évidence, il y a eu une interversion des panneaux et des noms des sibylles, puisque la prophétesse voisine porte sur la traverse inférieure l'inscription qui conviendrait ici,  SIBILLA CUMANA. Nous allons voir que c'est une interversion des inscriptions des traverses, et non des textes des banderoles,  et que la sibylle représentée ici est bien celle de Cumes. Cette interversion a été remarquée et argumentée en 1945 par Jean Gessler (1878-1952), professeur à l'Université de Louvain, dans une brève communication dans la Revue belge de philologie et d'histoire. On peut aussi arguer d'une confusion flottante, depuis Saint Augustin et toujours au XVe siècle, entre la Sibylle de Cumes et celle d'Érythrée avant de penser à une erreur.

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1. L'origine et le sens du texte de la banderole : l'Énéide de Virgile.

Nil mortale sonans afflata es numine celso  est une citation partielle et détournée d'une épopée extrêmement célèbre du poète latin Virgile, l'Énéide, racontant les aventures du héros troyen Énée, fils d'Anchise et de la déesse Aphrodite. Anchise, que son fils a enterré en Sicile, lui apparaît et lui demande d'aller voir la Sibylle de Cumes afin qu'elle le conduise aux Enfers, où il pourra lui parler. Il se rend donc avec son navire à Cumes, près de Naples (Italie), où se trouve l'antre de la Sibylle. Le Livre VI est celui de cette "catabase", ou descente aux Enfers ; il débute par l'arrivée devant le temple d'Apollon :

"Le pieux Énée de son côté gagne la hauteur que domine le haut Apollon et, plus loin, l'antre immense, la retraite de l'effrayante Sibylle, à qui le prophète de Délos [Apollon] insuffle grande intelligence et grande énergie, et lui découvre l'avenir." ...

"Le flanc immense de la roche euboïque [golfe d'Eubée] a été creusé, formant un antre, où conduisent cent larges accès, cent portes, d'où surgissent autant de voix, les réponses de la Sibylle. On était arrivé au seuil, lorsque la vierge déclara : « C'est le moment d'interroger les destins ; le dieu, voici le dieu ! »

C'est ici que se situe le vers qui nous occupe  : celui de l' Énéide Livre VI vers 50 :

Cui talia fanti ante fores subito non uoltus, non color unus, non  mansere comae ; sed pectus anhelum, et rabie fera corda tument ; maiorque uideri, nec mortale sonans, adflata est numine quando iam propiore dei

"Pendant qu'elle parle ainsi devant les portes, ses traits, son teint subitement se décomposent, ses cheveux en désordre se soulèvent, tandis que sa poitrine se fait haletante, et son cœur déchaîné se gonfle de rage ; elle apparaît plus grande, sa voix n'est plus d'une mortelle, puisque l'atteint le souffle puissant du dieu déjà tout proche." 

http://bcs.fltr.ucl.ac.be/Virg/V06-001-263.html

Ce rôle de la Cumméenne comme passeuse vers les Enfers fut si réputé dans tout le moyen Âge que Dante choisi Virgile comme guide dans l'Enfer de sa Divine Comédie (et selon Manetti, la "forêt obscure" du vers fameux Nel mezzo del cammin di nostra vita / mi ritrovai per una selva oscura / ché la diritta via era smarrita se situe entre Naples et Cumes).

Mais le vers a été modifié et le mot celso (de celsus "haut, élevé") a remplacé l'expression quando iam propiore dei. De même, Nec ("Ni, et ne") est remplacé par Nil ("rien, en rien, nullement").   Et Est, "elle est" se transforme en es "tu es".  Je traduis donc la banderole librement ainsi : " Tu ne prononces aucun des mots d'une mortelle, tu es inspirée par les signes d'en haut". Le Numen est, au départ, le signe de tête d'un Dieu qui marque sa volonté inflexible. 

Le vers de Virgile, simple description de la transformation de la Sibylle sous le coup de l'inspiration divine, est transformé par ces petits changements en une vaticination adressée à...Mais à qui ?

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 La Sibylle de Cumes, volet gauche du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

La Sibylle de Cumes, volet gauche du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

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Mais à qui s'adressent ces mots ? Ils ne peuvent, dans ce contexte, s'adresser à la Sibylle, puisque c'est elle qui parle. Pourtant, ils semblent définir l'action même de prophétiser : du latin tardif prophetizo, emprunt de l'ancien grec, variante hellénistique de propheteuo de πρό- ‎(pró-, “avant”) +‎ φημί ‎(phēmí, “J'annonce, je déclare, je parle ”). « j'annonce les desseins de Dieu, par inspiration spéciale» (en français dès 1155).

Il pourraient s'adresser à l'ange Gabriel, mais un indice montre qu'ils s'adressent à la Vierge : Dans l'Annonciation du Polyptyque, les paroles prononcées par l'ange Gabriel AVE GRATIA sont écrites à l'endroit, de même que leur suite écrites sur la fenêtre et la colonne voisine PLENA DNS TECU[M], alors que celles prononcées par la Vierge sont écrites doublement à l'envers (en miroir et donc en rétrograde et tournées vers le haut)  ECCE ANCILLA DNI. 

Cette subtilité, est reprise dans l'Annonciation de Van Eyck aujourd'hui à Washington, et peinte deux à quatre ans après l'achèvement du Polyptyque.

L'inscription inversée a été  interprétée comme "écrite à l'envers pour que Dieu puisse la lire du ciel" (!) ou "destinée à la colombe du Saint-Esprit" qui plane au dessus de la tête de Marie. En réalité, si nous considérons cette double inversion comme une représentation picturale du Nil mortale sonans, et du fait que les paroles qui sortent de la bouche de la Vierge sont inspirées par l'Esprit-Saint comme paroles non humaines, mais sacrées, nous atteignons des sommets de théologie et de spiritualité. Cette simple écriture rétrograde et renversée témoigne alors que la Vierge "per-phétise", rend actuel ce que la Sibylle a pro-phétisé, qu'elle accomplit la vaticination sibylline telle que l'a écrite plus haut le peintre.

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L'Annonciation de Jan Eyck de 1434-36 à Washington :

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/6/6a/Jan_van_Eyck_-_The_Annunciation_-_Google_Art_Project.jpg

 

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 La Sibylle de Cumes, volet gauche du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

La Sibylle de Cumes, volet gauche du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

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Les auteurs de la fin du XVe siècle (F. Barbieri) ne feront pas référence, pour la Sibylle de Cumes, au texte de l'Énéide, mais à trois autres textes : la légende des Livres et de Tarquin, les Métamorphoses d'Ovide, et les Bucoliques de Virgile. 

a) L'histoire de l'acquisition des livres sibyllins par Tarquin le Superbe, dernier roi de la monarchie romaine , ou Tarquin , est la suivante : une vieille femme "qui n'était pas originaire du pays"  arrive un jour à Rome et propose à Tarquin d'acheter neuf livres de prophéties ; et comme le roi refuse de les acheter, en raison du prix exorbitant qu'elle demandait, elle en brûle trois. Elle offre les six restant, pour le même prix. Nouveau refus du roi. Elle en brûle à nouveau trois, décidant ainsi le roi a acheter les trois derniers. C'est l'origine des Livres Sibyllins, les textes sacrés de l'État romain, conservés au Capitole et que l'on consultera lors des grands dangers car ils sont censés contenir les destinées de l’État.  Les livres sibyllins exposaient la doctrine de l'éternel retour : à la fin de chaque cycle, ou Grande Année, les astres retrouvent la même place dans le ciel, ce qui amène le retour des événements dans le même ordre.

 La vieille femme n'était autre que la Sibylle de Cumes.

b) Le Livre XIV des Métamorphoses d'Ovide reprend l'épopée d'Énée. Il se rend à Cumes, où sa réputation d'homme valeureux lui vaut la faveur de la Sibylle à qui il a demandé de pouvoir visiter  les mânes de son père. La Sibylle lui fait couper un rameau d'or, lui permettant l'accès au royaume des morts et la possibilité d'apprendre de la bouche d'Anchise les lois de l'au-delà et d'autres révélations sur les dangers qui l'attendent encore sur terre. Après quoi, il quitte le monde souterrain en compagnie de la prêtresse. (14, 101-121)

Chemin faisant, il promet à la Sibylle de lui élever un temple pour lui montrer sa reconnaissance. Précisant qu'elle n'est pas une divinité, la Sibylle lui raconte son histoire : elle inspira un jour une vive passion à Apollon qui, pour la séduire, lui proposa d'accomplir le vœu qu'elle choisirait ; elle souhaita vivre autant d'années qu'il y avait de grains de poussière dans une poignée de sable, sans spécifier qu'il s'agissait d'années de jeunesse. Le dieu, qui n'était pas arrivé à la séduire, tint pourtant sa promesse. C'est ainsi que la Sibylle, âgée de sept siècles déjà, toujours solitaire et vierge, doit encore vivre trois cents années avant de n'être plus qu'une voix. (14, 122-153)

c) Dans la quatrième Églogue de Virgile se trouve le célèbre vers : Ultima Cumaei uenit iam carminis aetas « Le voici venu, le dernier âge de l'oracle de Cumes »  Buc., 4, 4  . Les vers suivants annoncent qu'une vierge venue des cieux donnera naissance à un enfant qui renouvellera le monde. Au sens littéral et historique la quatrième Églogue est un message de félicitation adressé au consul Pollion, l'ami de Virgile, avant la venue au monde de son enfant. Le passage s'adresse à Lucine, protectrice des accouchées.  Et Virgo désigne Astrée, fille de Zeus et de Thémis, qui pendant l'âge d'or, habitait la terre, avant de prendre place parmi les constellations. Mais depuis Saint Augustin et les Pères de l'Église, les chrétiens, inspirés par  la consonance avec la prophétie d'Isaïe, 11, 1 : '" Un rameau sortira de la souche de Jessé, un rejeton jaillira de ses racines",  s'accordèrent à y voir la prédiction par Virgile / par la Sibylle italienne de la naissance du Christ. Par une vierge (virgo). Le chant de la Cuméenne – Carmen cumaeum–  devient annonce messianique.

Ultima Cumaei venit jam carminis aetas ;

Magnus ab integro saeclorum nascitur ordo.

Jam redit et virgo, redeunt Saturnia regna,

Jam nova progenies cœlo demittitur alto.

Casta, fave , Lucina, tuus jam regnat Apollo. Virgile, Bucoliques 4, 4-10.

"Il est venu, le dernier âge de la prophétie de Cumes  le grand ordre des siècles naît sur de nouvelles bases Déjà revient aussi la Vierge, revient le règne de Saturne, déjà une nouvelle race est envoyée du haut du ciel. Toi, du moins, à l'enfant qui naît par qui la race de fer finira enfin et surgira une race d'or dans le monde entier, chaste Lucine, accorde ta protection ; déjà règne ton [frère] Apollon" http://fleche.org/lutece/progterm/virgile/eglogue4.html

 

d) Cette réputation de l'Églogue de Virgile datait de saint Augustin,  au IVe siècle : d'après Jean-Michel Roessli, :

La conception qu'Augustin se fera des sibylles, découle de sa lecture chrétienne de la quatrième Églogue qui se profile déjà dans le premier texte où il y fait référence, soit dans l'ep. Rom. inch., § 3, rédigée vers 394-395. Dans ce petit traité exégétique, le futur évêque d'Hippone explique qu'il y eut, au cours de l'histoire, des prophètes qui n'étaient pas à proprement parler des interprètes de la Parole de Dieu, mais qui ont entendu des prophéties relatives au Christ et les ont chantées. C'est à cette catégorie, dit-il, que l'on rattache la Sibylle, rapportant ainsi une opinion apparemment fort répandue. Augustin s'empresse ensuite d'ajouter qu'il aurait du mal à y croire si le plus noble des poètes latins, à savoir Virgile, n'avait lui-même parlé du renouvellement du monde en des termes qui évoquent le règne de Jésus-Christ. Or, la source d'inspiration à laquelle Virgile se réfère n'est autre que le carmen Cumaeum, naturellement identifié par Augustin à un oracle de la Sibylle du même nom . 

« Il y a eu en effet des prophètes qui n'étaient pas les prophètes de Dieu et dans lesquels on trouve également quelques oracles prophétiques chantant les oracles qu'ils avaient entendus sur le Christ, comme on le dit aussi de la Sibylle ; ce que je ne croirais pas facilement, si l'un des poètes les plus nobles de la langue latine, célébrant l'avènement d'une ère nouvelle en termes qui paraissent assez correspondre et convenir au règne de Notre Seigneur Jésus-Christ, n'avait commencé par ce vers : “Le dernier âge de l'oracle de Cumes est enfin venu” (Virgile, Églogue, 4, 4). Or, personne ne doutera que l'oracle de Cumes est un oracle de la Sibylle. »AUG., ep. Rom. inch. 3 (PL, 35, col. 2089) 

Augustin reprend cette idée dans la lettre 258 à Marcianus : 

« Votre vie présente vous rend digne de recevoir, par les eaux salutaires du baptême, la rémission de vos péchés passés. Car c'est seulement à Notre Seigneur Jésus-Christ que le genre humain peut dire : “Sous ta conduite, s'il reste encore quelques traces de nos crimes, / elles disparaîtront, et la terre n'aura plus rien à craindre” (Virgile, Églogue, 4, 13-14). Virgile avoue qu'il a emprunté ces deux vers à l'oracle de Cumes, c'est-à-dire à la Sibylle. Peut-être cette prophétesse avait-elle, par une inspiration, appris quelque chose sur notre unique Sauveur, et avait-elle été forcée de le révéler. » AUG., ep. 258, 5 (CSEL, 57, p. 609, l. 11-17-p. 610, l. 3) 

Et à nouveau ici dans la Cité de Dieu Livre X chap. 27

« Car il ne t'aurait pas trompé celui que “vos propres oracles”, comme tu l'écris toi-même, ont reconnu saint et immortel : lui dont a parlé le plus illustre des poètes, en poète il est vrai, car il traçait l'ébauche d'un autre personnage, mais non sans vérité, si on rapporte au Christ ces vers : “Sous ta conduite, s'il reste quelque trace de nos crimes, / elle sera effacée et la terre délivrée de son perpétuel effroi” (Virgile, Églogue, 4, 13-14). Il s'agit ici de ce qui, en raison de l'infirmité de cette vie, peut subsister sinon de crimes, du moins de traces de crimes, même chez les plus avancés dans la vertu de justice et que seul peut effacer le Sauveur désigné par ces vers. Qu'il ne parle pas en son propre nom, Virgile lui-même l'indique au quatrième vers, je crois, de son Églogue en disant : “Déjà voici venu le dernier âge de l'Oracle de Cumes” (ibid., 4, 4). D'où il apparaît immédiatement qu'il parle ainsi d'après la Sibylle de Cumes », AUG., ciu., X, 27 (CSEL, 40, 1, p. 492, l. 29-p. 493, l. 14) :  traduction de G. Combès [BA 34], Paris, 1959, p. 523-524).

 

Le vers Jam nova progenies caelo de mittitur alto "Déjà une nouvelle progéniture est envoyée du haut du ciel" figure au portail gauche de la façade occidentale de la cathédrale de Laon au XIIe siècle , ou dans les peintures murales romanes récemment découvertes des Salles-Lavauguyon en Limousin, ou dans les stalles de la cathédrale d’Ulm au XVe s, etc.

Si les frères Van Eyck font figurer la Sibylle de Cumes au dessus de l'Annonciation et en référence avec elle, c'est bien-sûr à cause de ces vers de la 4ème Églogue. S'il n'ont pas choisi d'inscrire ces vers sur la phylactère, c'est qu'ils étaient connus de tous les lettrés, et que leur choix de détourner les vers du Livre VI de l'Énéide leur permettait de donner une dimension spirituelle nouvelle à l'ensemble des panneaux.

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La Sibylle de Cumes et la Vierge de l'Annonciation, Van Eyck, Polyptyque de l'Agneau Mystique, http://closertovaneyck.kikirpa.be/#viewer/id1=53&id2=0

La Sibylle de Cumes et la Vierge de l'Annonciation, Van Eyck, Polyptyque de l'Agneau Mystique, http://closertovaneyck.kikirpa.be/#viewer/id1=53&id2=0

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2. Le port de la boucle d'oreille par la Sibylle de Cumes.

La boucle d'oreille est, dans la peinture médiévale et plus tardive, non un ornement, mais un signe distinctif indiquant une marginalité ou l'appartenance à un peuple ou une religion différentes de ceux de la chrétienté. On la trouve sur l'oreille du mage Balthasar parce qu'il est noir de peau, à celle de sainte Marie-Madeleine parce qu'elle a été une prostituée, ou à celle de la Vierge pour signifier sa judéité (voir l'Annonciation d'Ambrogio Lorenzetti) . Ici, elle est particulièrement ostensible sur le lobe de la Sibylle, témoignant, comme le turban, d'une appartenance à la fois au monde païen, et à l'Asie (bien que Cumes soit en Italie, c'est une colonie grecque). Néanmoins, c'est une perle de belle taille et de belle eau qui est suspendue à l'anneau. La perle  est un symbole pluriel, attribut de la déesse de l'Amour, mais aussi un modèle de pureté, de limpidité  et donc de virginité et d'innocence, autant de qualités propres à la Vierge. Dans le panneau de l'Annonciation, Marie porte un diadème de dix perles (et cinq autour d'un saphir) et une broche de huit perles autour d'une émeraude. L'Ange en porte six autour du saphir du serre-tête et quatre sur le fermail de sa cape.

Les trois personnages partagent donc non seulement le même vêtement blanc orné d'or, mais aussi les mêmes perles de leurs bijoux. A mon sens, c'est elle qui est associée à l'Annonciation, et donc au Polyptique fermé, alors que sa collègue sera associé au Jugement, et à la peinture du Polyptyque ouvert. Elle est déjà par elle-même une préfiguration de la Vierge.

Les  mains de la Sibylle sont expressives. L'une présente la banderole portant l'oracle, alors que l'autre, la gauche, posée sur le genou droit dans une posture naturelle, tend néanmoins l'annulaire vers la chambre de Marie placée au dessous d'elle.

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 La Sibylle de Cumes, volet gauche du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

La Sibylle de Cumes, volet gauche du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

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3. Le prophète Zacharie.

Cette Sibylle est couplée (par voisinage) avec la lunette voûtée de gauche qui abrite le prophète Zacharie. Le prophète tend le doigt vers un livre ouvert, dont il tourne une page, tandis qu'une banderole cite le verset du Livre de Zacharie 9:9 :   EXULTA SATIS FILIA SYO[N] JUBILA ECCE REX TUUS VE[N]IT 9°  "Exulte de joie, fille de Sion, voici que ton roi vint à toi. [chap.] 99

La Vierge est reconnue "Fille de Sion" par les exégètes et par la liturgie après qu'il ait été reconnu dans le texte de l'évangile de Luc sur la Nativité et la Visitation (Lc 1:28-33 et Lc 1:46-54) des références avec les oracles prophétiques bibliques de Sophonie 3,14-17; Joël 2,21-27; et Zacharie 2,14.-15; 9,9-10 annonçant la  joie  qui se répandra sur Israël, quand YHWH accordera à son peuple le salut et la libération définitive par la venue d'un roi messianique. La relation typologique entre Zacharie 9:9 et l'Annonciation est donc bien établie à l'époque des frères van Eyck. 

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Le prophète Zacharie,  lunule du volet gauche du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

Le prophète Zacharie, lunule du volet gauche du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

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II. LA SIBYLLE D'ÉRYTHRÉE SIBILLA CUMANA.

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Sibilla Cumana,  panneau de 213,5 cm x 36,1 cm.

Vous aurez compris que la femme désignée par les mots Sibilla Cumana sur la traverse gris du panneau est en réalité Sibilla Eritrea, la Sibylle d'Érythrée. Elle tient son nom d'une ville antique d'Ionie, en l'actuelle Turquie près d'Izmir (ou au dessus d'Éphèse). Notons que Cumes était, précisément, une colonie des grecs d'Ionie.

 Agenouillée, la tête inclinée vers le bas et la gauche, les sourcils et le front épilés, le regard triste ou pensif, elle  est richement vêtue d'une cotte bleue lacée par devant  et d'une robe verte garnie de fourrure et resserrée par une ceinture dorée.

Elle est coiffée d'un turban brun recouvert d'une résille de perles, puis  d'un voile diaphane qui retombe sur les épaules. Une banderole au dessus de sa tête porte : REX ALT [ISSIMVS]… ADVENIET P[ER] SECLA FVTVR[VS] SCI[LICET]  I[N] CARNE.

Ces mots  la désignent comme la sibylle d'Erythrée, et cette identification est confirmée par les lettres MEIAPAROS. Ce qu'il faut démontrer.

 

 La Sibylle d'Érythrée, volet droit du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

La Sibylle d'Érythrée, volet droit du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

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1°) L'inscription de la banderole.

Si on excepte le superlatif  altissimus, elle se réfère à un acrostiche fameux cité par Saint Augustin dans la Cité de Dieu – De Civitate dei – Livre XVIII chap. 23 qui lui a donné son autorité et sa validité. (Si, en matière de Sibylles, Augustin fut précédé par Lactance — Lactance, Institutions Divines Livre IV chap. 18 et 19.  (vers 321) et chapitres 6 et 15 où Erythrée est mentionnée, ou chapitre 13 où le lien est établi entre la tige de Jessé et la prophétie sibyllinne d'une fleur pure qui en  fleurira —, cet auteur ne mentionne pas ce texte et parle le plus souvent de "la Sibylle" sans la dénommer).

L'évêque d'Hippone est, après Lactance, (et avant Quodvultdeus, évêque de Carthage entre 437 et 453, qui fera également un large usage des Oracles sibyllins dans ses écrits, en particulier dans Le livre des promesses et des prédictions de Dieu, 445-455 ) , celui qui fait le plus souvent référence aux sibylles et aux oracles sibyllins dans sa réflexion théologique et dans son œuvre. Nous l'avons vu à propos de la Cuméènne. Dans la Cité de Dieu,  Augustin expose sa conception de l'histoire universelle et y distingue trois grandes étapes ou trois grands moments : 1) l'histoire du peuple de Dieu, telle qu'elle est représentée dans l'Ancien Testament (la Genèse, les Livres historiques et prophétiques), et qu'il commente dans les chapitres 1 à 8 du livre XV ; 2) l'histoire profane, évoquée une première fois au livre XVI, chap. 17, puis amplement développée au livre XVIII, du chapitre 2 au chapitre 26 ; et 3) la récapitulation de l'histoire avec l'entrée en scène de Jésus-Christ et l'avènement de l'Église, ce dont il est question dans les chapitres 49 à 54 de ce même livre XVIII. Dans cet ample tableau de l'histoire universelle, la place réservée aux sibylles est tout à fait exceptionnelle. Pour l'évêque d'Hippone, ces dernières appartiennent bien sûr, de par leurs origines, à l'histoire païenne ou histoire profane, qui se distingue de l'histoire du peuple de Dieu, telle qu'elle est relatée dans l'Ancien Testament, mais elles bénéficient d'un statut privilégié, et ce, parce qu'elles ont annoncé la venue du Christ et rejeté le culte des faux dieux ou des idoles. Ce faisant, Augustin semble ignorer, ou feint d'ignorer, que les poèmes de la Sibylle qui circulent à son époque sont majoritairement des pseudépigraphes rédigés à des fins apologétiques par des auteurs juifs et chrétiens entre le deuxième siècle avant J.-C. et le troisième ou quatrième siècle de notre ère. Il se montre prêt à les accepter comme d'authentiques témoignages de la prescience païenne et à les considérer comme de véritables prophéties, dont certaines n'ont pas grand-chose à envier aux prophéties de l'Ancien Testament. Pour Augustin, la Sibylle parle du Christ avec tant de vérité et contre les faux dieux et leurs adorateurs avec tant de force qu'elle « devrait être comptée au nombre des membres de la cité de Dieu ». Ainsi, bien que d'origine païenne, les sibylles ne sont pas rattachées à la ciuitas terrena, comme les anges déchus par exemple, mais semblent bien devoir être intégrées à la ciuitas Dei. Ici, Augustin n'éprouve pas le besoin de recourir explicitement à l'autorité de Virgile pour justifier son interprétation, comme il l'avait fait dans des écrits antérieurs, mais il y a néanmoins de bonnes raisons de penser qu'il n'aurait pas accordé tant de crédit à ces oracles, si, dans la quatrième Églogue déjà évoquée, Virgile n'avait fait de la Sibylle de Cumes l'annonciatrice du renouveau eschatologique lié à la naissance d'un enfant divin, renouveau qu'Augustin a naturellement rapproché du règne de Jésus-Christ, comme Lactance et Constantin l'avaient fait avant lui , pour autant que l'Oratio ad sanctorum coetum soit effectivement de Constantin ou, tout au moins, d'un auteur contemporain.

Dans le Livre XVIII de la Cité de Dieu, on apprend que l'évêque d'Hippone a pris connaissance de plusieurs oracles ou prophéties sibyllines relatives au Christ: 

"Plusieurs historiens estiment que ce fut en ce temps que parut la sibylle d’Erythra. On sait qu’il y a eu plusieurs sibylles, selon Varron. Celle-ci a fait sur Jésus-Christ des prédictions très-claires que nous avons d’abord lues en vers d’une mauvaise latinité et se tenant à peine sur leurs pieds, ouvrage de je ne sais quel traducteur maladroit, ainsi que nous l’avons appris depuis. Car le proconsul Flaccianus , homme éminent par l’étendue de son savoir et la facilité de son éloquence, nous montra, un jour que nous nous entretenions ensemble de Jésus-Christ, l’exemplaire grec qui a servi à cette mauvaise traduction. Or, il nous fit en même temps remarquer un certain passage, où en réunissant les premières lettres de chaque vers, on forme ces mots : Iesous Kreistos Theou Uios Soter, c’est-à-dire Jésus-Christ, fils de Dieu, Sauveur . Or, voici le sens de ces vers, d’après une autre traduction latine, meilleure et plus régulière :

 

"Aux approches du jugement, la terre se couvrira d’une sueur glacée. Le roi immortel viendra du ciel et paraîtra revêtu d’une chair pour juger le monde, et alors les bons et les méchants verront le Dieu tout-puissant accompagné de ses saints. Il jugera les âmes aussi revêtues de leurs corps, et la terre n’aura plus ni beauté ni verdure. Les hommes effrayés laisseront à l’abandon leurs trésors et ce qu’ils avaient de plus précieux. Le feu brûlera la terre, la mer et le ciel, et ouvrira les portes de l’enfer. Les bienheureux jouiront d’une lumière pure et brillante, et les coupables seront la proie des flammes éternelles. Les crimes les plus cachés seront découverts et les consciences mises à nu. Alors il y aura des pleurs et des grincements de dents. Le soleil perdra sa lumière et les étoiles seront éteintes. La lune s’obscurcira, les cieux seront ébranlés sur leurs pôles, et les plus hautes montagnes abattues et égalées aux vallons. Plus rien dans les choses humaines de sublime ni de grand. Toute la machine de l’univers sera détruite, et le feu consumera l’eau des fleuves et des fontaines. Alors on entendra sonner la trompette, et tout retentira de cris et de plaintes. La terre s’ouvrira jusque dans ses abîmes; les rois paraîtront tous devant le tribunal du souverain Juge, et les cieux verseront un fleuve de feu et de soufre."

Ajoutez à cela que, si l’on joint ensemble les premières lettres de ces cinq mots grecs que nous avons dit signifier Jésus-Christ, Fils de Dieu, Sauveur, on trouvera Ichthus, qui veut dire en grec poisson, nom mystique du Sauveur, parce que lui seul a pu demeurer vivant, c’est-à-dire exempt de péché, au milieu des abîmes de notre mortalité, semblables aux profondeurs de la mer.

D’ailleurs, que ce poème, dont je n’ai rapporté que quelques vers, soit de la sibylle d’Erythra ou de celle de Cumes, car on n’est pas d’accord là-dessus, etc..." (Cité de Dieu XVIII, 23)

Voici maintenant l'acrostiche et le passage qui nous concerne (les premières lettres, en gras, sont en réalité des lettres grecques)

 

I Iudicii signum tellus sudore madescet. "Signe du jugement : la terre sera trempée de sueur."

H E caelo rex adueniet per saecla futurus, "Du ciel viendra le roi qui régnera dans les siècles",

S Scilicet ut carnem praesens, ut iudicet orbem.  "pour en personne juger la chair et la terre."

O Unde deum cernent incredulus atque fidelis "C'est pourquoi l'incroyant et le fidèle le verront,"

U Celsum cum sanctis aeui iam termino in ipso. "le Dieu très haut, avec les saints, dès la fin même des temps."

S Sic animae cum carne aderunt, quas iudicat ipse, "Ainsi les âmes avec leurs corps seront là ; lui-même les juge,"

 

 

Soit, pour la part la plus citée et devenue fameuse: Indicii signum tellus sudore madescet, E coelo Rex adveniet per saecla futurus, Scilicet in carne praesens ut judicet orbem. La traduction diffère, notamment pour les mots in carne.  L'inscription Rex alt. adveniet per saecla futurus scilicet in carne, "et alors un Roi dont le règne doit être éternel, descendra des Cieux : il descendra revêtu d'un corps humain " 

Ce poème grec d'Eusèbe de Césarée attribué à la Sibylle érythréenne  et traduit en latin par Augustin fut repris par Quodvultdeus, évêque de Carthage dans son  Sermo contra Judaeos, Paganos et Arianos  ; ce sermon était lu comme sixième leçon des offices de la Nativité, puis  intégré à des drames liturgiques. Le poème figure avant le Xe siècle dans la liturgie de Noël sous le titre  Judicii signum tellus sudore madescet, et il fut  inclus au XIe siècle dans le drame liturgique intitulé "Ordo prophetarum". -On en connaît 23 versions monophoniques et 6 versions polyphoniques. Voir The Song of the Sibyll . Les vers sont inscrits dans divers monuments et documents : le premier vers Judicii signum se retrouve à la cathédrale de Sessa Aurunca en Italie du Sud au XIIIe siècle. Le vers qui suit, e caelo rex adveniet per secla futurus, est en l’église de la Nativité à Bethléem, au portail nord de la façade de la cathédrale de Laon, et dans les peintures murales des Salles-Lavauguyon. 

Pierre Abélard y fait référence au XIIe siècle dans ses Lettres à Héloïse an ajoutant  "Que la sibylle paraisse ici la première, et qu'elle nous dise ce qui lui a été révélé au sujet de Jésus-Christ. […] nous verrons que cette grâce [de la prophétie] est bien plus éminente dans cette femme que dans tous les hommes".

Au XIIe siècle également, Honorius d'Autun le cite dans  un Sermon pour le jour de l'Annonciation (Speculum Ecclesiae, In  Annuntiat. Patrol., I- CLXXII, col. 90 j et suiv.).


En conclusion, ce texte Rex altissimus adveniet per secla futurus scilicet in carne  au dessus de la Sibylle d'Érythrée est une citation partielle du début du célèbre acrostiche et se traduit ainsi :

"Un roi viendra du ciel qui sera pendant des siècles, bien entendu [scilicet]  dans la chair". Ou bien comme le propose Roessli "Du ciel viendra le roi qui régnera dans les siècles  pour en personne juger la chair et la terre."

Il annonce la venue d'un roi sauveur, ou bien l'incarnation royale d'une divinité céleste. En ce sens, il est lié à l'Annonciation, et c'est bien ainsi que ces mots sont sculptés au portail de la cathédrale de Laon sous la forme Et : P : Secla : Futur.

Le portail nord de la cathédrale de Laon.

Il mérite que nous l'examinions, car le tympan entièrement dédié à la Vierge associe l'Annonciation, la Nativité et l'Annonce aux Bergers, puis l'Adoration des mages, alors que les voussures comportent d'un coté Virgile avec une citation de la 4ème Églogue, et de l'autre la Sibylle avec l'inscription abrégée de Per secla futurus. Les relations avec l'Annonciation et les deux Sibylles du Polyptyque sont donc caractérisées. Je ne peux mieux faire que de renvoyer à l'étude et aux figures de Marie-Louise Thérel (1972).  Ce portail encadre les scènes centrales par une typologie biblique extrêmement élaborée, dont le but est de fonder par les textes bibliques et sibyllins la virginité de la Vierge.  En effet,pour les écrivains ecclésiastiques, le thème de la maternité virginale de Marie est l'un des plus fréquemment développés parce qu'il prouve la divinité du Christ. Aussi sont sculptés dans les voussures, outre Virgile et la Sibylle, la femme qui écrase la tête d'un dragon, le buisson ardent qui brûle devant Moïse sans se consumer, la pluie qui mouille la toison de Gédéon sans atteindre l'aire environnante, la porte close d'Ézéchiel, la nourriture portée à Daniel à travers la voûte scellée, la présence de Yahvé dans l'Arche qui garde la manne et la verge fleurie d'Aaron, La jeune fille attirant la licorne par sa virginité,  la préservation des jeunes Hébreux du feu de la fournaise, autant de prodiges qui préfigurent la conception et la naissance virginale du Christ.

L'inscription de la Sibylle d'Érythrée, qui m'avait d'abord paru annoncer le Jugement Dernier, est donc, comme celle de la Sibylle de Cumes, en rapport avec l'Annonciation qu'elles dominent, dans un argumentaire destiné à prouver que, comme les textes prophétiques bibliques, les vaticinations des prêtresses d'Apollon des païens annonçaient l'Incarnation d'un roi rédempteur de l'Humanité.

     

    La Sibylle d'Érythrée, volet droit du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

    La Sibylle d'Érythrée, volet droit du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

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    La Sibylle d'Érythrée, volet droit du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

    La Sibylle d'Érythrée, volet droit du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

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    Le prophète Michée.

    http://closertovaneyck.kikirpa.be/#viewer/id1=61&id2=0

    Cette Sibylle est couplée (par voisinage) avec la lunette voûtée de droite qui abrite le prophète Michée. 

     Drapé dans un manteau doublé de vair (fourrure) , il regarde Marie. A côté de lui, un livre est posé et au dessus de lui est inscrit:  Ex te egredietur qui sit dominator in Israel Michée 5:2 "mais c'est de toi que sortira celui qui doit régner en Israël."

    Le mot egredietur évoque si immédiatement la prophétie d'Isaïe 11:1 Egredietur virga de radice Jesse, et flos de radice ejus ascendet, que l'on peut dire qu'elle se trouve citée ici en creux.Mais le verset de Michée insiste sur la fonction royale, reprenant l'annonce de la Sibylle sur le Roi qui viendra pour les siècles à venir.

     

     

    Le prophète Michée, volet droit du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

    Le prophète Michée, volet droit du Polyptyque de l'Agneau Mystique d'Hubert et Jan Van Eyck, cathédrale de Gand, image closertovaneyck.

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    L'Inscription MEIAPAROS.

    http://closertovaneyck.kikirpa.be/#viewer/id1=57&id2=0

    La Sibilla Cumana (alias la Sibylle d'Érythrée) porte sur un galon doré l'inscription MEIAPAROS brodé sur le galon doré de l'encolure carrée de son corsage.

    Ces lettres ont été interprétées par Jean Gessler en 1945 : 

    "Ceci étant admis [l'interversion du nom des deux Sibylles], on expliquera plus aisément l'inscription sur le corsage de la seconde sibylle, telle qu'elle a été découverte et transcrite correctement par le chanoine Van den Gheyn : M ΕΙ Α ΠΑΡΘΣ. Ce meia parthenos a été complété généralement comme Cumeia parthenos, e. a. par feu l'abbé L. Aerts, adversaire du chanoine précité dans l'identification du personnage principal. Cette reconstitution est inadmissible, parce que basée sur une forme fictive, la dénomination réelle étant Cumaea ou Cumana. Une fois la sibylle au corsage orné reconnue comme l'Erythrée, on lira, à la suite de Virgile (Priameia virgo : Cassandre) : Priameia parthenos, que l'on interprétera ici, pour les besoins de la cause, comme : « vierge (du pays) de Priam »."

    On objectera qu'aujourd'hui, on lit ΜΕΙΑPΑRΟΣ , que la cinquième lettre est un P et non un Π et que la septième lettre est un O et non un Θ ou thêta. Néanmoins, on ne balayera pas la précieuse hypothèse pour autant. Les publications du chanoine Gabriel  van den Gheyn ne sont pas consultables en ligne : il s'agit de publications qui font autorité : L'interprétation du retable de Saint Bavon à Gand: l'Agneau mystique des frères Van Eyck. Bruxelles, 1920, et  L'art ancien à Gand: le retable de l'Agneau mystique des frères van Eyck, Gand, 1921.

     

    Primaeia virgo se trouve, chez Virgile, dans l'Énéide livre III vers 321, où Andromaque s'exclame :

     "Elle est heureuse entre toutes, la fille de Priam, qui, près du tertre d'un ennemi, sous les hauts murs de Troie, fut condamnée à mourir, sans avoir à subir un tirage au sort et sans avoir, captive, à partager la couche d'un vainqueur ! "

    La "fille de Priam" est identifiée comme Polyxène, mais aussi comme Cassandre. Mais il faut beaucoup de bonne volonté "pour les besoins de la cause" pour glisser de Meiaparos à Meia Parthenos, pour emprunter le détour virgilien de  Primaeia virgo , pour accepter d'y reconnaître Cassandre, avant de traduire Primaeia pathenos par "Vierge du pays de Priam" et d'y voir la désignation d'une Sibylle, Cassandre alias Érythrée !

    "Force est de constater que, parmi les dix Sibylles de l’Antiquité, aucune ne s’appelait Cassandre. Néanmoins, une tradition ancienne, sûrement d’origine hellénique post-homérique, attribuait à ce personnage des dons divinatoires. Dans la mythologie grecque, Cassandre est la fille de Priam, le roi de Troie et d’Hécube. D’après Homère elle est d’ailleurs la plus belle des filles de Priam, alors que dans le XIe chant de l’Odyssée on raconte son meurtre perpétré par Clytemnestre. Le don de la prophétie procède d’une tradition plus tardive qui rapporte qu’elle fut aimée d’Apollon, qui lui accorda ce don, mais lorsqu’elle repoussa son amour, le dieu la condamna à toujours prophétiser la vérité sans être crue. Et c’est dans ce rôle qu’elle apparaît chez les tragiques grecs : elle prédit en vain la chute de Troie, en annonçant même la ruse du cheval d’Ulysse. Les princes étrangers, épris de sa beauté, viennent lutter aux côtés de Troyens, et tombent tous sous les coups de guerriers grecs. Cassandre est ainsi vouée à rester seule, et ne se mariera jamais. Après le sac de Troie, Cassandre échoit comme concubine à Agamemnon, chef des Grecs, mais lors de leur retour à Mycènes elle est assassinée par Clytemnestre, la femme d’Agamemnon. Nous retrouvons sa figure chez les Latins : Sénèque, dans sa pièce Agamemnon, décrit le désespoir de Cassandre après la perte des siens lors de la guerre de Troie (vers 695-709). Elle apparaît également à quatre reprises dans l’Enéide de Virgile (Virgile, Enéide, II, 246, 343, 403 ; III, 183, 187 ; V, 636, X, 68.), où on rappelle le destin malheureux de la célèbre prophétesse troyenne. Néanmoins, nous devons à Servius (Ve siècle de notre ère), le commentateur de Virgile le plus lu au Moyen Âge, d’avoir établi, sans le vouloir, le lien entre la Sibylle de Cumes et Cassandre. En effet, Servius commente la figure de Cassandre chez Virgile en la confondant avec celle de Cumes, sans doute influencé par l’histoire de cette dernière, qui apparaît aussi dans les Métamorphoses d’Ovide, et qui présente plusieurs points de contact avec l’histoire de Cassandre. Chez Ovide, la Sibylle de Cumes, comme chez Virgile au VI chant de l’Enéide, est celle qui permet à Enée d’avoir accès au royaume de l’Hadès, pour rencontrer l’ombre de son père Anchise grâce au rameau brillant (« fulgentem ramum ») (qui était d’or chez Virgile) qu’il doit détacher d’un arbre. Chez Virgile, tout comme chez Ovide, la Sibylle de Cumes est la gardienne de l’Hadès à cause de son âge immémorial, car elle avait demandé à Apollon, en échange de ses faveurs, de lui accorder autant d’années que le nombre des grains de sable qu’elle tenait dans sa main. Mais elle avait oublié de demander aussi que ces années fussent toujours ceux de la jeunesse, et Apollon, face à la trahison de la Sibylle, lui accorda son vœu, qui devint ainsi une malédiction, car la Sibylle vieillissait sans mourir, d’où le fait qu’elle ne put jamais se marier. Seule la voix lui resta, avec laquelle elle émettait un son de plus en plus rauque, qui exprimait son désir de mourir." (E. Canonica).

    Je lis aussi que "le marquis de Santillane, Iñigo López de Mendoza, dans sa Comedieta de Ponza (composée vers 1435-1436), associe la Sibylle Érythrée à Cassandre, dans deux vers consécutifs : « e la muy famosa sebila Heritea ; / vi a Casandra e vi a Almatea » (CII, vers 812-813)."

    Néanmoins, nous pouvons  penser que l'inscription n'est pas clairement déchiffrée aujourd'hui. Malgré la proposition qui va suivre.

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    La Sibylle d'Érythrée, inspirée par l'Infante Isabelle ?

      D'après Wikipédia "Le 19 mai 1425, une lettre patente  nomme Jan Eyck peintre de cour et valet de chambre au service de Philippe le Bon, duc de Bourgogne. Sa mission n'est pas attachée à une résidence du duc ni pour des travaux traditionnels de décorations pour des fêtes, il est chargé de missions exceptionnelles et secrètes comme l'indiquent les archives bourguignonnes à son sujet. Une rente annuelle fixe lui est régulièrement attribuée jusqu'à sa mort. Il doit pour cela rester proche du duc et déménage à Lille, résidence ducale habituelle, où il est mentionné avant le 2 août 1425.

     Pour ces missions,  il obtient à chaque déplacement des sommes beaucoup plus importantes que sa rente annuelle. En juillet et août 1427, il perçoit de nouveau des sommes pour des missions diplomatiques à l'étranger. L'une d'entre elle pourrait être un voyage à la cour d'Alphonse V d'Aragon, à Valence pour lui demander la main de sa nièce Isabelle d'Urgel pour Philippe le Bon. Entre le 19 octobre 1428 et le 25 décembre 1429, il est  envoyé en ambassade au Portugal, afin de négocier le mariage entre le duc de Bourgogne et Isabelle de Portugal auprès du père de celle-ci, Jean Ier de Portugal.Après qu'une tempête les ait forcés à passer quatre semaines en Angleterre, les Bourguignons sont arrivés à Lisbonne en décembre. En janvier 1429, ils ont rencontré le roi dans le château d' Aviz  où Jan Eyck réalise deux portraits de la future duchesse. Ils furent expédiés au duc le 12 février pour accompagner les deux groupes distincts qui ont quitté la ville par mer et par terre.

     Pendant cette période, Jan van Eyck effectue aussi des déplacements personnels. Il est invité le 18 octobre 1427 lors de la Saint Luc à Tournai. La corporation locale des peintres y organise un banquet en son honneur. Il y rencontre sans doute à cette occasion Robert Campin (1378-1444) et Roger de la Pasture, futur Rogier van der Weyden, ou encore Jacques Daret (1404-1470), tous membres de cette corporation. Il retourne d'ailleurs à Tournai le 23 mars 1428. Notez que Jacques Daret (ou Robert Campin) est l'auteur d'un "Portrait de Louise de Savoie en Sibylla Agrippa" daté de 1430-1440 par Chatelet (mais Louise de Savoie n'est pas née), et de 1525 par Thürlemann (mais les deux artistes sont morts  à cette date) . https://rkd.nl/en/explore/images/65821

     On a perdu la trace des portraits d'Isabelle de Portugal par Jan Eyck , mais une copie à l'encre de Chine  du XVIIe siècle en a été conservé  (Archives Nationales  de Torre do Tombo, Lisbonne) ). Le cadre  comporte dans la frise des briquets ou "fusils" en forme de B horizontal, éléments propres au duc de Bourgogne et que l'on retrouvent dans le collier de la Toison d'or, ordre fondé le 10 janvier 1430 à l'occasion du mariage du duc avec Isabelle du Portugal). On y lit le titre L'INFANTE DAME ISABIEL et l'inscription

    Cest la pourtraiture qui fu envoiié a phe duc de bourgoingne & de brabant de dame ysabel fille de roy Jehan de portugal & dalgarbe seigneur de septe par luy conquise qui fu depuis feme & espeuse du desus dit duc phe” 

    La comparaison entre ce dessin et la Sibilla Cumana révèle que Jan Eyck a  utilisé la robe de la princesse portugaise pour la sibylle érythréenne sur le Retable de Gand. La coiffure perlée, la robe doublée de fourrure, la large et haute ceinture sont identiques, de même que l'encolure.

     

    https://en.wikipedia.org/wiki/Portrait_of_Isabella_of_Portugal_(van_Eyck)

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    Au milieu du XXème siècle, l'historien de l'art Volker Herzner a noté la similitude de visage entre la Sibylle de Cumes et la femme de Philippe Isabelle de Portugal , d'autant plus qu'elle est représentée dans le portrait de fiançailles  maintenant perdu de van Eyck 1428-1429.  Herzner a spéculé que le texte dans la banderole dans le panneau de la sibylle avait un double sens, se référant non seulement à la venue du Christ, mais aussi à la naissance en 1432 du premier fils d'Isabelle du Portugal, donnant ainsi un héritier de Philippe. B. Ridderboos & al. (p. 58) rejettent cette idée, étant donné la contingence de cette naissance pour un Polyptyque destiné à une fonction sacrée, les taux élevés de mortalité infantile à l'époque, et les connotations de superstition négative généralement associées à l'a célébration d'un fils avant qu'il ne soit né. 

     

    La coiffure de la Sibylle est si caractéristique de la mode au Portugal qu'Olivier de la Garde, dans ses Mémoires, décrit ces bourrelets chargés d'orfèvrerie comme "à la façon du Portugal" : Lors du fameux Banquet du Faisan, lors du dernier des intermèdes,  une figure féminine allégorique portant un costume religieux, vient devant le duc pour lui présenter douze demoiselles accompagnées par douze chevaliers. Ces figurants se présentent dans de fabuleux atours décrits par Olivier de la Marche :

     "Et après vindrent douze chevaliers, chascun menant une dame par la main  […]. Et lesdictes douze dames furent vestues de cottes simples de satin cramoisy, bordées de letices (1) ; et par-dessus avoient en maniere d’une chemise de si fine toille, qu’on vit la cotte parmy ; et avoient ung atour (2) tout rond à la façon de Portugal, dont les bourreletz (3) estoient à maniere de rauces (4) ; et passoient par derriere, ainsi que pattes de chapperons pour hommes, de deliés voletz  (5) chargez d’orfavrerie d’or branlant ; et furent leurs visaiges couverts du volet."Olivier de La Marche, Mémoires…,, vol. II, p. 372.

    (1) La létice est la fourrure de couleur blanche de la belette des neiges.

    (2) L’atour désigne ici un bonnet ajouré, chargé d’orfèvrerie, selon la mode portugaise du milieu du XVe siècle.

    (3) Le bourrelet est une couronne faite de bourre, diversement agrémentée, servant de base à une coiffure de femme ou à un chaperon d’homme.

    (5). Le volet est une pièce d’étoffe flottant au vent.

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    En 2012, dans son livre“Os Painéis em Memória do Infante D. Pedro” , Clemente Baeta a repris cette hypothèse : L'inscription Rex altissimus adveniet per secla in carne peut être comprise comme l'annonce d'un héritier : "Un roi suprême prendra forme humaine pour régner dans les siècles à venir". Il propose quelques arguments :

    http://clemente-baeta.blogspot.fr/2014/09/17-apendice.html

    http://paineis.org/Isabel_c1430.htm

    a) La main de la Sibylle placée sur son ventre indique qu'elle est enceinte. Comme la duchesse, dont la grossesse alla de juillet 1431 à avril 1432, l'était lorsque le Polyptyque s'achevait. Mais en août,  elle perdit cet enfant, prénommé Joseph . En février le couple avait perdu un autre fils, Antoine, à l'âge de 13 mois. 

    b) Dans l'inscription MEIAPAROS  la lettre P peut se confondre  avec un D, ​​afin que nous puissions y deviner  MEIAP (D) AROS. En admettant qu'il s'agit d'un anagramme, nous pouvons le déchiffrer comme «DAME ISA POR," soit Isabelle du Portugal. Cette lecture nous amène à évoquer immédiatement l'inscription "L'INFANT DAME ISABIEL" placé juste au-dessus de la copie du portrait.
    Les peintures de Jan van Eyck comprennent beaucoup de ces jeux de mots (Rebus, anagrammes), des lettres inversées et des messages écrits.

    c) Dans un autre portrait  de la duchesse, celle-ci est comparée à une sibylle : celui du maître flamand  Roger van der Weyden qui porte  est en haut à gauche, l'inscription Sibylla Persica Iª. Clemente Baeta pense que dans les deux cas, il s'agit d'anagrammes dont la solution est Isabelle du Portugal :  SIBYLLA <> YSABILL.

    En effet, je retrouve facilement le portrait d'Isabelle de Portugal attribué à l'atelier de Rogier van der Weyden, et daté vers 1450. Les experts estiment que l'inscription Persica Sibylla a été ajoutée ultérieurement. 

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    huile sur panneau. Getty Museum, 78.PB.3 Image R. Mathis http://www.getty.edu/art/collection/objects/651/workshop-of-rogier-van-der-weyden-portrait-of-isabella-of-portugal-netherlandish-about-1450/

    https://en.wikipedia.org/wiki/Portrait_of_Isabella_of_Portugal_(van_der_Weyden)

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    En définitive, la ressemblance entre la Sibylle du Polyptyque et le portrait d'Isabelle du Portugal est indéniable. Sur le portrait de Van der Weyden, on retrouve la coiffure perlée recouverte d'un voile aussi transparent que la gaze. On y retrouve aussi le laçage en zig-zag du corsage, et la large ceinture verte, le front et les sourcils très épilés, et le visage ovale de la Sibylle.

    La célébration d'une naissance princière par le biais avec l'allusion à la prophétie d'une Sibylle n'a rien d'incongru, puisqu'on sait que  François Villon plaça, vers 1457, le vers jam nova progenies caelo demittitur alto en épigraphe de son Épître à Marie d'Orléans, Le Dit de la naissance Marie. , où il célèbre une naissance princière... qui lui a valu la bienveillance du duc Charles d'Orléans, d'être libéré de prison et lui a ouvert les portes du château de Blois ! Selon la thèse de Julien Abed (2010), cette  utilisation de la sibylle pour propager l’image d’une vierge mère d’un héritier royal  s’épanouira "surtout à la fin du Moyen Âge avec Anne de Beaujeu (fille de Louis XI), Anne de France (femme de Charles VIII puis de Louis XII), ou Louise de Savoie (mère de François Ier), qui ont toutes entretenu, par la commande de livres d’heures, de tapisseries ou d’ouvrages pro-féminins, l’écho des paroles sibyllines".

    Voir aussi : Memling, 1480, portrait d'une jeune fille en Sibylle Sambetha Persica avec l'inscription Sibylla Sambetha quae et Persica an : ante Christ :nat :2040.

    Néanmoins, il n'en demeure pas moins que le retable fermé est d'abord, par la scène de l'Annonciation, une célébration de la Virginité de Marie, selon une pensée typologique développée depuis les Pères de l'Église, illustrée dans toute la liturgie de la Nativité de Jésus, de la Nativité de la Vierge, sur les portails de chaque cathédrale, dans chaque Arbre de Jessé depuis le XIVe siècle,  dans les enluminures de l'Office de la Vierge des Livres d'Heures, et par la plupart des peintres primitifs  flamands , etc., etc. (Cf; M-L. Thérel).

    Par exemple :

    Le Triptyque de Pierre Bladelin de Rogier Van der Weyden vers 1450 : autour d'une Nativité centrale, la Sibylle de Tibur montre à l'empereur Auguste la Vierge et son Enfant. Pierre Bladelin (1408-1472), dont le mariage fut stérile,  fut trésorier de Philippe le Bon, mais aussi son conseiller (1440), son intendant (1446), le trésorier de l'Ordre de la Toison d'Or (1447).

    L'Annonciation à la Licorne, ou "Chasse mystique" de Martin Schongauer (v.1480) dans le Retable des Dominicains du Musée Unterlinden de Colmar.

    L'Annonciation (ca. 1490) de Pedro Berruguete à la Chartreuse de Miraflores ( Burgos). Perspective et points de fuite, transparence et lumières.

     

    Mais c'est une constance aussi que le thème de la Conception, central dans ce culte marial, a fasciné les reines, duchesses et princesses pour lesquelles leur propre capacité à engendrer, et à engendrer un fils, était dramatiquement préoccupant. 

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    SOURCES ET LIENS.

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    1°) Sur le retable de l'Agneau Mystique des frères van Eyck à  Gand .

    — Wikipédia :

    https://en.wikipedia.org/wiki/Ghent_Altarpiece#Annunciation

    — Closer to Van Eyck rediscovering the Ghent altarpiece :

    http://closertovaneyck.kikirpa.be/

    http://closertovaneyck.kikirpa.be/#viewer/id1=53&id2=0

    http://closertovaneyck.kikirpa.be/#viewer/id1=57&id2=0

     

    — Les frères VAN EYCK, L'agneau mystique (partie 1)

    http://daredart.blogspot.fr/p/les-freres-van-eyck.html

    — Les frères VAN EYCK, L'agneau mystique (partie 2)

    http://daredart.blogspot.fr/p/les-freres-van-eyck-lagneau-mystique.html

    — Isabelle GOUDE

    http://goude-news.overblog.com/2013/11/l-agneau-ressuscit%C3%A9.html

    — http://www.oogvanhorus.nl/index.php?option=com_content&view=article&id=33&Itemid=27&limitstart=2

    — BANJENEC (Élise), 2013, « Une cour cousue d’or. Les ornements précieux utilisés par le duc Philippe le Bon », Questes  L'habit fait-il le moine ? pages 45-64

    http://questes.revues.org/124 ; DOI : 10.4000/questes.124

    — BEAULIEU (Michèle) )et Jeanne Baylé, Le Costume en Bourgogne, Paris, Puf, 1956 .

    — BORN (Annick), MARTENS (M.P.J), sd, Van Eyck par le détail, Hazan.

     

    — FIERENS-GEVAERT (Hippolyte), 1905, La Renaissance septentrionale et les premiers maitres des Flandres: Jacques Cavael [et al.] Bruxelles https://archive.org/stream/larenaissancesep00fieruoft#page/190/mode/2up

     

    — GESSLER (Jean), 1945, Les Sibylles Eyckiennes , Chronique. In: Revue belge de philologie et d'histoire, tome 24, 1945. pp. 493-671. http://www.persee.fr/doc/rbph_0035-0818_1945_num_24_1_1727

    IV. — La Section entend enfin une communication de M. Jean Gessler (Louvain), intitulée Les Sibylles Eyckiennes. Sur le voltes du retable de l'Agneau Mystique figurent deux sibylles, désignées par une inscription contemporaine sur le cadre, de gauche à droite, comme : Sibylla Erythrea - S. Cumana. Sur leur phylactère, la première porte un vers de l'Enéide (VI, v. 50) ; la seconde, le deuxième vers des Oracula Sibyllina, attribué constamment à la sibylle Erythrée, dont il constitue une caractéristique essentielle. Dans ces conditions, on peut affirmer que les inscriptions sur le cadre ont été interverties dans l'atelier de Jean van Eyck. Ceci étant admis, on expliquera plus aisément l'inscription sur le corsage de la seconde sibylle, telle qu'elle a été découverte et transcrite correctement par le chanoine Van den Gheyn : M ΕΙ Α ΠΑΡΘΣ. Ce meia parthenos a été complété généralement comme Cumeia parthenos, e. a. par feu l'abbé L. Aerts, adversaire du chanoine précité dans l'identification du personnage principal. Cette reconstitution est inadmissible, parce que basée sur une forme fictive, la dénomination réelle étant Cumaea ou Cumana. Une fois la sibylle au corsage orné reconnue comme l'Erythrée, on lira, à la suite de Virgile (Priameia virgo : Cassandre) : Priameia parthenos, que l'on interprétera ici, pour les besoins de la cause, comme : « vierge (du pays) de Priam ». Quoi qu'il en soit, l'interversion des deux appellations sibyllines sur le cadre du polyptyque est manifeste et méritait d'être signalée. 

    IACOBELLIS (Lisa Ann Daugherty), 1981, The portraits f Isabell of Portugal, Thèse, Master of Arts, Ohio State University, History of Art https://etd.ohiolink.edu/!etd.send_file?accession=osu1420211546&disposition=inline

     

    — JOLIVET ( Sophie)  (2003) , Pour soi vêtir honnêtement à la cour de monseigneur le duc de Bourgogne : costume et dispositif vestimentaire à la cour de Philippe le Bon de 1430 à 1455, thèse dactylographiée de doctorat sous la direction de Vincent Tabbagh, Université de Bourgogne, soutenue en 2003, p. 159.

    https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00392310/document

    — OLIVIER DE LA MARCHE  Olivier de La Marche, Mémoires d’Olivier de La Marche : maître d’hôtel et capitaine des gardes de Charles le Téméraire, éd. Henri Beaune et Jules d’arbaumont, Paris, Renouard, « Publications pour la Société de l’Histoire de France », 1883 1888

    Tome I : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6549624s

    Tome II : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65505119

    Tome III http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6550417f

    https://archive.org/details/mmoiresdolivie01lamauoft

    https://archive.org/details/mmoiresdolivie03lamauoft

    https://archive.org/details/mmoiresdolivier00marcgoog

    — RIDDERBOS ( Bernhard), Henk Th. van Veen, Anne van Buren 2005, Early Netherlandish Paintings: Rediscovery, Reception and Research, Amsterdam University Press, 2005 - 481 pages

    https://books.google.fr/books?id=e0X5lErg2tsC&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

     

    — SOMMÉ (Monique), 1995, Isabelle de Portugal, duchesse de Bourgogne, une femme au pouvoir au quinzième siècle Thèse de doctorat en Histoire Sous la direction de Marie-Thérèse Caron. Soutenue en 1995 à Lille 3 .Résumé :

    Isabelle de Portugal (1397-1471), épouse en 1430 de Philippe le Bon, duc de Bourgogne, a exercé son autorité et sa protection sur une sphère familiale large composée de son fils Charles, de bâtards du duc, de cousins, de neveux et nièces, dont plusieurs furent des portugais. Elle disposait de ressources abondantes, certaines attribuées au maître de la chambre aux deniers pour le fonctionnement de son hôtel, d'autres étant des fonds propres provenant de ses domaines en Flandre, Artois et Bourgogne, de dons et d'aides votées par les états. Son hôtel, dont plus de quatre cents personnes ont été identifiées, formait un milieu protégé d'hommes et de femmes, de nobles et de roturiers, qui partageaient sa vie itinérante, essentiellement aux Pays-Bas. La stabilité de l'emploi y était remarquable. La duchesse a été associée par le duc au gouvernement de l'état et, en son absence, disposait de complètes délégations de pouvoir. Elle a montré une grande compétence dans la gestion des finances et a joué un role diplomatique important dans les relations de la Bourgogne avec l'Angleterre et la France. Son hôtel a été dissous à sa demande en 1455 et, en 1457, elle s'est retirée de la cour pour vivre dans la charité et encourager les formes nouvelles de vie religieuse, mais elle revint à la vie publique pendant les premières années (1467-1471) du règne de Charles le Téméraire.

    THÉREL (Marie-Louise), 1972, "Étude iconographique des voussures du portail de la Vierge-Mère à la cathédrale de Laon". In: Cahiers de civilisation médiévale, 15e année (n°57), Janvier-mars 1972. pp. 41-51.

    http://www.persee.fr/docAsPDF/ccmed_0007-9731_1972_num_15_57_2021.pdf

    2°) Sur les Sibylles en général.

    — Dans les vitraux :

    http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm5601/sibylles.php

    Baie 12 d'Ervy-le-Chatel (Aude), v1515 : 

    http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm8601/eg_StP@Ervy_12.php

    — Article de Wikipédia

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Sibylle

    https://it.wikipedia.org/wiki/Sibilla

    — ABÉLARD (Pierre) Lettres d'Abélard à Héloïse sur l'origine des religieuses. lettre VII. Lettre en latin 

    http://www.pierre-abelard.com/Tra-Abelard-Heloise%20VII.htm

    ABED ( Julien) 2010, La Parole de la sibylle. Fable et prophétie à la fin du Moyen Âge, thèse de doctorat préparée sous la direction de Mme Jacqueline Cerquiglini-Toulet, soutenue le 13 mars 2010 à l’université Paris-Sorbonne.

    https://peme.revues.org/85

    — BARBIERI (Filippo de) [Philippus de Barberiis] [Filippo Barberio], 1481,  [Discordantiae sanctorum doctorum Hieronymi et Augustini, et alia opuscula] ([Reprod.]) / [Philippus de Barberiis] , Bnf, Gallica :

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531, 

    — BELCARI (Feo), « Sacra rappresentazione » du mystère de l’Annonciation. Ce mystère fut joué à Florence, en 1471, à l’occasion de la visite du duc Galeazzo Maria Sforza. la première édition en parut à Florence, sans nom d’auteur, à la fin du xve siècle.

    https://archive.org/details/bub_gb_ZTjxnHHEHGgC

    http://www-personal.usyd.edu.au/~nnew4107/Texts/Fifteenth century_Florence_files/Belcari_Annunciation.pdf  

    BURON (Emmanuel), 2004, Oracles humanistes et rumeurs de la cour : Sibyllarum duodecim oracula de Jean Rabel, Jean Dorat et Claude Binet (1586) in La Sibylle. Parole et représentation sous la direction de Monique Bouquet et Françoise Morzadec. Presses Universitaires de Rennes p. 241-254.

    — CANONICA (Elvezio ), 2013,  « La Sibylle au miroir des Anciens comme reflet de l’image de la Modernité dans l’Auto de la Sibila Casandra de Gil Vicente (début XVIe s.) », e-Spania [En ligne], 15 | juin 2013, mis en ligne le 15 juin 2013, consulté le 31 octobre 2016. URL :

    http://e-spania.revues.org/22416 ; DOI : 10.4000/e-spania.22416

     —CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006 pages 201 et suivantes

    http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles 

    — CLERC (C de ), 1979, "Quelques séries italiennes de Sibylles", Bulletin de l'Institut historique belge de Rome, fasc. 48-49 pages 105-127.

    — CHAMPIER (Symphorien), 1503, "Les prophéties, dits et vaticinations des Sibylles, translatés de grec en latin par Lactance Firmian", 3ème partie de  La nef des dames vertueuses

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k79103w/f124.item.zoom

    DIURNAL DE RENÉ II DE LORRAINE , 1492-1493,  diurnale ad usum ecclesiae romanae diurnal de rené 2 de lorraine Bnf Latin 10491. Nancy. Artiste Georges Trubert. http://nossl.demo.logilab.fr/biblissima/id/Illumination/Mandragore/69433

    — EL ENIGMA DE LA SIBILA

    https://sites.google.com/site/omnedecus/Home/art/el-enigma-de-la-sibila

    — GAY( Françoise),1987,. Les prophètes du XIe au XIIIe s. (Épigraphie). In: Cahiers de civilisation médiévale, 30e année (n°120), Octobre-décembre 1987. pp. 357-367;

    http://www.persee.fr/docAsPDF/ccmed_0007-9731_1987_num_30_120_2381.pdf

    — GIUSTINIANI (Giulia), 2014 « Gli esordi critici di Emile Mâle : la tesi in latino sulle sibille »,Mélanges de l’École française de Rome - Moyen Âge 

     http://mefrm.revues.org/1527 

    — HEURES DE LOUIS DE LAVAL , avant 1489,  Horae ad usum romanum Bnf Latin 920. 

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f42.item

     — HÜE (Denis), 2004, La Sibylle au théâtre, in Sibylle, parole et représentation, Presses Universitaires de Rennes p. 177-195 http://books.openedition.org/pur/30366

    JOURDAIN & DUVAL, 1845, -"Les Sibylles, peintures murales de la cathédrale d'Amiens", Mémoire de la Société des Antiquaires de Picardie Tome VIII pages 275-302 :

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4083456/f273.image

     

     

    — KRIEGER (Denis), Autour des vitraux d'Arnauld de Moles à la cathédrale Sainte-Marie d'Auch

    (un dossier iconographique sur les Sibylles)

    http://www.mesvitrauxfavoris.fr/index_htm_files/Auch%20et%20les%20Sibylles.pdf

     —LAMBERT (Gisèle),   Les gravures de Baccio Baldini : une suite de 24 prophètes et 12 Sibylles . in Les premières gravures italiennes 

    http://books.openedition.org/editionsbnf/1365

    LE VERDIER, (Pierre Jacques Gabriel,) 1884, Mystère de l'incarnation et nativité de Notre Sauveur et Rédempteur Jésus-Christ : représenté à Rouen en 1474, publié d'après un imprimé du XVe siècle Société des bibliophiles normands

    https://archive.org/stream/mysteredelincarn01leve#page/n69/mode/2up

    — MÂLE  (Émile), 1910, L'art religieux du XIIIe siècle en France : étude sur l'iconographie du moyen age et sur ses sources d'inspiration . Paris : Libr. A. Colin 512 pages. Bibliographie: p. [471]-474 Sibylles page 181 ; 203 ; 387-397 ;

    https://archive.org/stream/lartreligieuxdu00mluoft#page/180/mode/2up/search/sibylle 

    — MÂLE  (Émile), 1925,  L'art religieux de la fin du Moyen Age en France  : étude sur l'iconographie du Moyen Age et sur ses sources d'inspiration  3e éd., rev. et augm. / Paris : A. Colin ,  p. 254-279.

    https://archive.org/stream/lartreligieuxde00ml#page/252/mode/2up

    https://archive.org/stream/lartreligieuxde00ml/lartreligieuxde00ml_djvu.txt

    — MÂLE  (Émile) , 1899, Quomodo Sibyllas recentiores artifices repraesentaverint [Texte imprimé] / E. Mâle,.. / Parisiis : E. Leroux , 1899  

    — MONTEIRO (Mariana), 1905, As David and the Sibyls says. A sketch of the Sibyls and the sibylline oracles  

    https://archive.org/details/asdavidsibylssay00montrich

    — PASCUCCI (Arianna), 2011, L'iconografia medievale della Sibilla Tiburtina in Contributi alla conoscenza del patrimonio tiburtino, Vol. VIII, Liceo classico statale Amedeo di Savoia di Tivoli, 2011,

     http://www.liceoclassicotivoli.it/Pascucci_Sibilla_Tiburtina_2011.pdf

    https://www.academia.edu/9789364/Liconografia_medievale_della_Sibilla_Tiburtina_di_Arianna_Pascucci_Tivoli_2011

    RÉAU (Louis), Iconographie de l'art chrétien, II, Iconographie de la Bible, Ancien Testament, p. 420-430.

    — ROESSLI (Jean-Michel), 2002,  Catalogues de sibylles, recueil(s) de Libri Sibyllini et corpus des Oracula Sibyllina Remarques sur la formation et la constitution de quelques collections oraculaires dans les mondes gréco-romain, juif et chrétien Jean-Michel Roessli (Université de Fribourg, Suisse)  in E. NORELLI (ed.), Recueils normatifs et canons dans l'Antiquité. Perspectives nouvelles sur la formation des canons juif et chrétien dans leur contexte culturel. Actes du colloque organisé dans le cadre du programme plurifacultaire La Bible à la croisée des savoirs de l'Université de Genève, 11-12 avril 2002 (Lausanne, 2004; Publications de l'Institut romand des sciences bibliques 3), p. 47-68

    http://www.concordia.ca/content/dam/artsci/theology/profiles/jean-michel-roessli-catalogues-sibylles.pdf

    — ROESSLI (Jean-Michel) , 2007 « Vies et métamorphoses de la Sibylle », Revue de l’histoire des religions :

     http://rhr.revues.org/5265

    ROESSLI (Jean-Michel), 2003 "Augustin, les sibylles et les Oracles sibyllins" Saint Augustin, Africanité et Universalité, colloque Alger-Annaba 2001  Augustinus Afer, p 263-285, 

    http://www.concordia.ca/content/dam/artsci/theology/profiles/jean-michel-roessli-augustin-sibylles-oracles-sibyllins.pdf

    https://books.google.fr/books?id=wecM6Qn1o-kC&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

     — Sibyllae et prophetae de Christo Salvatore vaticinantes - BSB Cod.icon. 414 (1490-1500) http://bildsuche.digitale-sammlungen.de/index.html?c=viewer&lv=1&bandnummer=bsb00017917&pimage=00017917&suchbegriff=&l=fr

    — TASSERIE (Guillaume), 1499  Le Triomphe des Normans composé par Guillaume Tasserie traictant de la Immaculée Concepcion Nostre Dame

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k424472s

    Le Triomphe des Normans traictant de la Immaculée Conception Nostre Dame est un mystère qui fut joué en 1499. Une seule copie de ce texte nous est parvenue, dans un manuscrit ayant appartenu jadis au Duc de la Vallière. La mise en ligne et la mise en page ont été assurées par Denis Hüe à l’Université Rennes

    2http://www.sites.univ-rennes2.fr/celam/cetm/triomphe/triomphe.html

    BERTAUD (Jean) , 1529, Encomium trium Mariarum cum earundem cultus defensione aduersus Lutheranos [et alia opera : Sequitur Officium trium filiarum beatae Annae et ♦ De cognatione sacerrimi Ioannis Baptistae cum filiabus et nepotibus beatae Annae Libri tres ♦ expurgati et emuncti]

    — Tractatus Zelus Christi, Venise 1592

    https://books.google.fr/books?id=eItlAAAAcAAJ&pg=PA44-IA1&lpg=PA44-IA1&dq=ensem+nudum+sibylla&source=bl&ots=mmZ9XSX-Hd&sig=mpqSs1Y5_ou3a9KrWaEIqX-w4eo&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiS4_Ghx8nPAhXnDsAKHeLyAXEQ6AEIHDAA#v=onepage&q=ensem%20nudum%20sibylla&f=false

    — Description des sibylles de la rosace de la cathédrale de Beauvais par Jean et Nicolas Le Prince 1537 : 

    https://archive.org/stream/beauvaissacathd00pihagoog#page/n95/mode/2up/search/sibylle

     

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    Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Sibylles Retable
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    23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 12:18

    Les peintures murales des Sibylles (1506) de la cathédrale d'Amiens selon des données disponibles en ligne.

    Voir :

    .

    En 1506, 25 ans après la parution du livre du dominicain de Syracuse Filippo Barbieri qui en fixa le nombre à 12 et leur attribua des vaticinations, le doyen du chapitre cathédrale d'Amiens  Adrien de Hénencourt fit peindre  dans les arcatures du soubassement de la chapelle Saint-Éloi huit des douze Sibylles. Ces peintures murales jadis somptueuses furent recouvertes par des boiseries, puis redécouvertes en 1845 par deux chanoines de la cathédrale. Elles   sont à mettre en parallèle avec les enluminures des Heures de Louis de Laval (peu après 1475), avec les panneaux sculptés de Brennilis (milieu XVIe), avec la verrière de la cathédrale de Beauvais (1537), et celle de l'Arbre aux Sibylles d'Étampes (vers 1555), etc...

    Pour faciliter cette comparaison, j'ai rassemblé deux documents et quelques images.


     

    1. La description par Jourdain et Duval en 1845. Elle est certes consultable en ligne mais n'était pas transcrite, ce qui n'autorise pas les citations aisées.

    2. II.  Ilona HANS-COLLAS, De bon augure... Les somptueuses sibylles de la cathédrale d'Amiens. Communication devant la Société des Antiquaires de Picardie le 13 avril 2013.

     

    .

    I. LA DESCRIPTION DE JOURDAIN ET DUVAL 1845.

    Dans le but de réunir un dossier documentaire sur l'iconographie des Sibylles, je me suis contenté ici de transcrire l'article paru dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie, tome VIII de 1845 sous le titre Les Sibylles, peintures murales de la cathédrale d'Amiens, découvertes et expliquées par MM.DUVAL et JOURDAIN aux pages 275 à 302. J'ai utilisé la numérisation de la Bnf : 

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4083456/f299.item.texteImage

    ... et pour les images, j'ai procédé par copie d'écran de la numérisation de Google :

    https://books.google.fr/books?id=5GPRu283il8C&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

    https://archive.org/details/LesSibyllesDamiens

    Des photographies sont disponibles en ligne ici :

    http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Amiens/Amiens-Notre-Dame2.htm

    http://www.regards.monuments-nationaux.fr

    http://www.gettyimages.fr/photos/sybilles?sort=mostpopular&excludenudity=false&mediatype=photography&phrase=sybilles#license

    J'ai placé quelques photographies supplémentaires dans le cours de l'article des deux chanoines d'Amiens.

    Ma transcription a laissé courir diverses fautes, pour, j'en suis certain, votre plus grand plaisir.

     Louis Edouard Jourdain (21 mars 1804 à Amiens (Somme) - 26 février 1891) était vicaire de la cathédrale d'Amiens, chanoine honoraire et membre résidant (élu en 1843)  de la Société des antiquaires de Picardie. Il est l'auteur de  « Les Stalles de la cathédrale d'Amiens, par MM. Jourdain et Duval », Mémoires de la Société des antiquaires de Picardie, tiré à part, Amiens, Duval et Herment, 1843 ;  « Le Portail Saint-Honoré, dit de la Vierge, de la cathédrale d'Amiens, par MM. Jourdain et Duval », tiré à part, Amiens, Duval et Herment, 1843
    ; « La Légende de saint Norbert d'après dix tableaux sur bois conservés au Musée d'antiquités d'Amiens, par M. l'abbé Jourdain, lue en séance du 7 novembre 1848 [à la Société des antiquaires de Picardie] », tiré à part, Amiens, Duval et Herment : ; et « Cathédrale d'Amiens. Les stalles et les clôtures du chœur, par MM. les chanoines Jourdain et Duval », tiré à part, Amiens, Vve Caron, 1867.

    Les Sibylles, peintures murales de la cathédrale d'Amiens, découvertes et expliquées par MM.DUVAL et JOURDAIN

    "Notre chapelle St.-Eloi n'en renferme que huit couvrant deux faces du pentagone que décrit son enceinte et l'on ne voit pas qu'il il en ait jamais eu un plus grand nombre, les autres parois ayant été occupés par le retable d'autel, par d'autres peintures et par la porte de communication de l'église an cloître. Voici leurs noms, tels qu'ils sont inscrits, soit au-dessus de la tête, soit à droite et à gauche de chacune: Agrippa, Libica Europea Persica Frigia Erithrea – Cumana Tiburtina. 

    Le texte latin de leurs prédictions est peint sur un lambel qu'elles portent dans leurs mains ou qui s'ar- 
    rondit en arc-en-ciel au sommet (les niches sous les arcades. La Cumane seule le présente, nous dirons pourquoi, dans un livre ouvert et appuyé sur sa poitrine. Sous les pieds de chaque image un cartouche porte en rimes la traduction des prophéties. 

    J. Pages (ms. sur la Cathédrale d'Amiens) pense « qu'il y a  encore deux autres figures de Sibylles peintes sur l'autre côté de la muraille de la même chapelle qui sont cachés par des volets de  tableaux que l'on y a placés servant de cloison à une petite sacristie que l'on a pratiquée dans cette chapelle». L'examen attentif que nous avons fait de toutes les parties de la chapelle, même cachées par les boiseries et par l'autel, nous a convaincus que l'auteur du ms. est dans l'erreur, et qu'il n'a jamais dû exister là que huit Sibylles

    Parcourons maintenant l'une après l'autre chacune de ces niches ainsi consacrées: 

    Relevé (1895) de peinture murale de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens ; la sibylle phrygienne, l'Erythréenne, la sibylle de Cume et la Tiburtine, par  Henri-Louis  Laffillée (1859-1947) Charenton-le-Pont, Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine http://www.photo.rmn.fr/archive/14-585046-2C6NU0AWCH6MC.html

    Relevé (1895) de peinture murale de la cathédrale Notre-Dame d'Amiens ; la sibylle phrygienne, l'Erythréenne, la sibylle de Cume et la Tiburtine, par Henri-Louis Laffillée (1859-1947) Charenton-le-Pont, Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine http://www.photo.rmn.fr/archive/14-585046-2C6NU0AWCH6MC.html

    .



    Agrippa et Libica.

     

    Dans la première et sous ce titre: SIBILE AGRIPPA se lève une femme se drapant dans l'ample manteau qui recouvre sa robe dont l'échancrure à la gorge est ornée de camées de diverses formes et de diverses grandeurs; une couronne aussi en pierreries et un voile léger emporté par le vent, composent l'ornement de sa tête. Ses yeux baissés vers le philactère qu'elle tient dans sa main gauche lui donnent l'air de méditer ces paroles prophétiques qui y sont inscrites Invisibile verbum palpabitur germinabit ut radis nascetur ex matre ut deus
    Les rimes du cartouche presque entièrement radiées par la mutilation ne laissent plus lire que ces quelques mots:

      Sibilla Agripa en son dict …. vaticine le fils de Dieu debuon ... el ventre ...

    2° Dans la niche suivante, la sibylle LIBIQUE nous offre l'image d'une véritable inspirée, mais non enthousiaste et furieuse comme nous la montrent d'ordinaire les historiens et les poètes. Notre dessinateur a bien exactement copié sa figure qui est pleine de douceur et de sérénité. Ses yeux et ses mains sont levés avec grâce et sans violence vers la légende dont elle est nimbée. Elle lit Ecce veniet dies et tenebit illum in gremio virgo domina gentium et regnabit in misericordiam et uterus matris ejus erit statera cunctorum. Tout cela est bien l'histoire de la douce et suave extase chrétienne plutôt que de l'inspiration désordonnée et saisissante des trépieds. Et pour qu'il en soit ainsi à tous égards, on a composé le gracieux costume de notre prêtresse d'une jupe traînante recouverte d'une courte robe fendue le long des hanches où des affiquets la retiennent. Cette robe frangée à tous ses bords, disparaît à sa taille sous un riche corset bordé lui-même de pierre à toutes les coutures et laissant échapper aux  épaules des manches bouffantes et serrées aux poignets. Une chevelure abondante descend de dessous une couronne de tendre verdure et s 'étale comme un voile sur ses épaules. 

    Les huit rimes du cartouche mieux conservées que celles du précédent ne sont cependant pas intactes; voici ce qui en reste :

    Vingt et quatre ans eut sibille Libicque 
    Lors qu'elle dit de Dieu l'advenement 
    Du sainct esprit aussi semblabement 
    Et que clarté céleste et angélique 
    Viendroit du ciel par voeul mistique 
    Et entremit la maison basse et orde 
    Plus desliroit la signagogue juique. 
    Et requerroit saincte miséricorde

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    Sibylles Agrippa et Libica, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

    Sibylles Agrippa et Libica, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

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    Europa et Persica.

    3° La sibylle Europa.

    La troisième arcade étant occupée dans toute sa partie inférieure par une porte qui donne entrée  aux galeries du premier étage de l'église, l'image n'a pu y être exécutée qu'à mi-corps. Le nom de la sibylle a lui même été emporté ainsi que le cartouche. Nous avons pu rétablir le premier en nous reportant aux historiens et à d'autres monuments à l'aide de la légende ou prophétie qui est conservée au-dessus de sa tête.

    Photo de Vassil sur Wikipédia 

    https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Sibylle_Cath%C3%A9drale_d%27Amiens_110608.jpg

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    Elle est ainsi conçue Veniet ille et transibit colles et latices olympi et regnabit in paupertate et egredietur de utero Virginis, oracle qui ne peut se rapporter qu'à la sibylle Europa qui prédit aussi, dans la bibliothèque des Pères, que le Messie franchira les vallées et les hautes montagnes en descendant du ciel, et qu'il viendra au monde portant les insignes de la pauvreté 

      Virginis aeternutn veniet de corpore Verbum 
    Purum, qui valles et montes transiet altos. 
    Ille volens etiàm stellato missus olympo 
    Edetur mundo pauper qui cuncta silenti 
    Rexerit imperio: sic credo, et mente fatebor: 
    Humano simul ac divino semine gnatus. 


    Dans les heures d'Anne de France (Ms. 920 de la bibl. royale)*, la sibylle d'Europe porte une inscription à peu près semblable à celle que nous avons ici: Veniet ille et transiliet colles et montes et latices olympi regnabit in paupertate et dominabitur in silentio, egredietur de utero virginis

    [* Il s'agit des Heures de Louis de Laval. NDT]

    L'espèce de turban dont est coiffé notre image est aussi le même qu'à la bibliothèque royale. 

    Le caractère qu'on a cherché à donner ici à la sibylle d'Europe est conforme aussi à la manière dont  elle est traitée dans les nombreuses descriptions que nous en avons rencontrées et selon la légende qui la suppose âgée seulement de quinze ans et belle comme on l'est à cet âge: sibilla Europa annorum quindecim et inter cœteras pulcherrima (Ms. 920 bibl. r. ).

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    4° La sibylle Persique, à laquelle nous arrivons sous la quatrième arcade a les manches tailladées avec des bouffants et des brassières comme on ne les portait plus au XVIe siècle. Sa robe, damassée et fendue par devant, laisse voir un habit de dessous très riche aussi. Un manteau, jeté en bandouillière de l'épaule gauche sur la hanche droite, corrige seul la raideur et le défaut de proportion qui forment le caractère dominant de cette image. La figure est peu gracieuse et mal dessinée sur notre muraille. Le voile de la tête est certainement trop empesé. Sa prophétie qu'elle nous montre sur son lambel, n'est qu'une répétition ou imitation du texte de la Genèse « Une femme écrasera la tête du serpent. » 
    Elle est ainsi conçue Ecce bestia conculcaberis et gignetur dominus in orbem terrarum et gremium virgini erit salus gentium. 

    Les rimes du cartouche sont en partie effacées; on y distingue encore ces mots: 

    Du Messyas la sibille Persique 
    Vaticine disant qu'il froisseroit 
    La....du serpent veneficque 
    Quant... vierge... enfanteroit 
    Car son enfant en la croix pendroit 
    Pour aux bumains bailler béatitude. 

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    Sibylles Europa et Persica , peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

    Sibylles Europa et Persica , peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

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    FRIGIA et ERITHREA

    5° Sous la cinquième arcade se tient la Frigée SIBILE FRIGIA.

    Sa figure est ridée, ses bras sortent longs et nus, comme ceux des vieilles, de dessous ses manches pendant aux coudes, sa coiffure en turban est chaude et étoffée nous lirons tout-à-l'heure sur son cartouche qu'elle prophétisa en son vieil âge. Evidemment le peintre décorateur de ce mur a voulu réunir dans ce personnage tous les caractères et les allures de la vieillesse. Serait-ce qu'il aurait attribué à la sibylle de Phrygie ce que d'autres ont dit de celle de Cumes? L'histoire des sibylles est, du reste, si incertaine et si confuse qu'il est difficile de donner tort ou raison à personne dans sa manière de la traiter. Quoi qu'il en soit, voici le fait, tel qu'il est rapporté par plusieurs,  entre autres par Ovide. La sibylle de Cumes jeune encore, ayant pris de l'empire sur le cœur d'Apollon dont elle était la prêtresse, eut l'idée de lui demander que par la vertu de sa puissance, il lui assurât autant d'années de vie qu'elle pourrait contenir de menus grains de sable dans sa main. Le dieu, en lui accordant cette faveur, lui en proposa une seconde à laquelle elle n'avait point songé, et qui était de lui donner en même temps une jeunesse impérissable si elle voulait correspondre à sa passion mais la sibylle préféra la gloire d'une chasteté inviolable au plaisir de jouir d'une éternelle jeunesse. Elle n'en profita pas moins du premier avantage, si tant est que la décrépitude en soit un au temps d'Enée elle avait déjà vécu 700 ans, et, au compte de ses grains de sable, il lui restait encore à voir trois cents moissons et trois cents vendanges. C'est ce qu'elle raconte elle-même, dans Ovide, au fils d'Anchise pour charmer les ennuis de son voyage aux enfers :


    Lux aeterna mihi, carituraque fine dabatur. 
    Si mea virginitas Phaebo patuisset amanti. 
    Dùm tame hanc sperat, dùm praecorrumpere donis 
    Me cupit: «Elige, ait, virgo Cummaea, quid optes: 
    « Optatis potiere tuis. » Ego pulveris hausti 
    Ostendens cumulum. quot haberet corpora pulvis. 
    Tot mihi natales contingere vana rogavi. 
    Excidit optarem juvenes quoque protinus annos: 
    Hos tamen ille mihi dabat, aeternamque juventam 
    Si venerem paterer : contemto munere Phœbi 
    Innuba permaneo : sed jam felicior aetas 
    Terga dédit, tremuloque gradu venit aegra senectus, 
    Quae patienda diù est; nam jam mihi saecula septem. 
    Acta vides: superest, numéros ut pulverisaequem, 
    Tercentum messes, tercentum musta videre. 

    Ajoutons avec la fable qu'ainsi consommé par les années le corps de la sibylle se serait réduit à rien, et qu'on ne la reconnaissait plus qu'au son de sa voix qui avait dû lui être laissée éternellement par le destin :

    .nullique videnda,
    Voce tamen noscar, vocem mihi fata relinqoent
    ( Ovid. metamorph. Lib. XIV. /. – Virgil. Eneid. lib. VI. ). 

    Mais cette voix elle-même, selon d'autres auteurs, ne devait être conservée à la sibylle par la puissance d'Apollon qu'autant qu'elle quitterait la terre d'Erithrée sa patrie pour ne la jamais revoir. Fidéle à l'engagement qui lui était imposé, elle ne dut la perte de sa voix, seul reste de son immortalité, qu'à la ruse que ses concitoyens, soit par pitié, soit par malice employèrent à son égard. Ils imaginèrent de lui envoyer une lettre scellée avec de la terre selon l'usage ancien. En voyant cette terre qui était celle de son pays, la pythonnisse c'est-à-dire sa voix s'éteignit (Servius in Virgil. En. lib. VI. ). 
    Les oracles par lesquels la Frigée annonça les mystères chrétiens sont bien explicites de la part d'une prophétesse païenne. Autour de sa tête, ils sont conçus en ces termes Ex olympo excelsus veniet et confirmabit consilium celo et annunciabitur virgo in vatibus desertorum. Le cartouche qui lui sert d'escabeau nous apprend que: 

    La sibille Frigëe en son viel âge 
    Prophétisa la resurrection 
    Du fils de Dieu et son ascension 
    Et de son tamps l'éternel héritage 
    .. Vaticina aussi. ..
    ...
    Que des juifs 
    ....mage

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    6°) Erithrée que nous voyons un glaive en main et posant sur une sphère céleste sous la sixième arcade est illustre parmi toutes les sibylles. Nous lisons dans plusieurs auteurs ( Plin. lib. XIII. 13. – Lactant. De ira Dei XXII. Servius in Eneid, lib. VI. 1. ) que c'est dans la ville ou elle a prophétisé et qui lui a donné son nom que l'on retrouva la plus grande partie des livres sibyllins détruits dans l'incendie du capitole au temps de Sylla, Sa  légende et son cartouche exposent très explicitement le mystère de l'Incarnation. On lit sur la première In ultima etate humiliabitur deus, humanabitur proles divina, jacebit in feno agnus et puelari officio educabitur

    Le second développe les mêmes idées :

    Erithrée de science munie 
    Dyt au dernier age que déyté 
    Se humiliroit et que seroit unie 
    Divinité avecq humanité 
    Ypostaticque estant ceste unité 
    Dont messyas aguel qui tout pucelle 
    Gisant sus fain. puis sa nativité 
    Seroit nourry et sa mère pucelle. 



    Les écrivains prétendent qu'elle prophétisa, dans un acrostiche sur ces mots [caractères grecs pour Christus Ihesus Servator Crux ], la ruine du monde et la séparation des bons d'avec les méchants au jugement dernier, ce qui explique à la fois la présence du glaive dans ses mains et de la sphère sous ses pieds ( S. Aug. De Civit. Dei. Lib. XVIII. 23. – Biblioth. Pair. Tom. II page 516 ). Dans les heures d'Anne de France c'est la sibylle Europa qui porte le glaive, parce qu'elle y est représentée en même temps prédisant le massacre des innocents.

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    Sibylles Frigia et Erythrea, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

    Sibylles Frigia et Erythrea, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

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    CUMANA.


    7° Voici venir enfin la Cumane, la plus célèbre chez les poètes. Sa robe blanche ramagée de bleu son manteau plus blanc encore que sa robe, ses bracelets, son diadème et son collier tous trois d'or et de rubis formaient sans doute le noble et brillant costume dans lequel la pure Amalthée se présenta à Tarquin-l'ancien pour traiter avec ce prince du prix de la sagesse et de la science profonde que renfermaient ses livres. Jaloux de posséder ces précieux recueils Tarquin en avait demandé le prix. « Cent écus d'or», avait-elle répondu et comme le roi hésitait la fière Cumane de jeter elle-même au feu trois des neuf livres qu'elle portait. «Et des six autres?» avait repris le roi étonné; « Cent écus d'or » .  Et, comme on ne répondait que par les exclamations de la surprise, trois autres volumes sont immédiatement livrés aux flammes. L'histoire raconte que, se gardant de marchander davantage, Tarquin s'empressa d'offrir le prix des trois qui restaient. C'était encore cent écus d'or ( Plin. lib. XIII. 13.-Solin. Polyhist. VIII.– Aul. Gell. I. 9. – Lactant. De falsâ Rclig. I. 6.  ). Notre sibylle n'en a conservé ici que deux très magnifiquement reliés. L'un est fermé dans sa main droite; sur les pages du second qu'elle appuie ouvert sur son sein on lit le célèbre oracle que Virgile aurait emprunté d'elle pour le transporter dans sa IVe églogue, au dire des partisans de l'authenticité des oracles sibyllins. Ces beaux vers, du reste, valent la peine d'être récités une fois de plus: 



    Magnus ab integro seculorum nascitur ordo; 
    Jam redit et virgo, redeunt saturnia regna, 
    Jam nova progenies celo dimmillitur alto. 


    Ceux qui remplissent ici le cartouche sous les pieds de la prophétesse n'ont pas à coup sûr autant de mérite, à moins que ce ne soit celui d'avoir mis dans la bouche de Virgile, ou de la Cumane des prophéties claires et précises à l'égal de celles d'Isaïe. On en jugera, voici la pièce 

    La sibille Cumane de Ysalye 
    A dix-huit ans du rengne Tarquin prisque 
    Prophétisa et dit tout en publique 
    Que Ihs-Crist seroit nay de Marie 
    Et que partout y auroit paix (unie?) 
    Sans nuls discords et inconveniens 
    Et verrait on lors leage dor flourie 
    Plus que jamais es jours saturniens. 

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    Sibylles Cumana et Tiburtina, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

    Sibylles Cumana et Tiburtina, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

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    TIBURTINA. (planche supra)

     

    8°) La huitième et dernière image de cette série est en même temps une des plus curieuses par les développements que lui ont donnés le dessin et la peinture, ainsi que par la nature des oracles qui lui sont attribués sur notre muraille et qui concordent bien avec ce que nous retrouvons dans nos vieux et érudits compilateurs. Au-dessus de sa tête est inscrit son nom Sibile Tiburtina. A la différence de ses sept sœurs, elle admet dans son cadre des détails que nous allons signaler, tout en rappelant sa fabuleuse histoire. 
    La sibylle Tiburtine avait déjà parcouru et rempli du bruit de ses oracles toutes les parties du monde connu et n'était pas âgée de moins de deux cents ans, lorsqu'en je ne sais quelle année, peut-être aux premiers temps de la république comme le supposent certains écrivains du me siècle, et s'il est vrai qu'elle fut fille du roi Priam elle arriva à Rome escortée de la solennelle ambassade que le sénat et le peuple  lui avaient adressée. Voici à quelle occasion il ne s'agissait de rien moins, pour la célèbre Pythonisse, que d'expliquer les rêves ou plutôt le rêve, qu'avaient eu simultanément cent des plus vénérables et des plus puissants sénateurs. Donc la Tiburtine reçue triomphalement dans les murs de la ville éternelle, nos illustres pères-conscrits quittèrent leurs chaises curules et s'en vinrent d'abord complimenter sur sa beauté la prêtresse deux fois centenaire
    Venientes autem viri qui somnia viderant dicunt ad eam : magistra et domina quam magnus decor est corporis tui qualem nunquam in feminis praeter te vidimus ; et puis la supplièrent de leur expliquer la vision qu'ils avaient eue, chacun en particulier, de neuf soleils différents les uns les autres par leur forme leur couleur et leur aspect. Ce lieu est trop immonde et trop souillé, répondit la sibylle, pour qu'il soit convenable d'y faire la révélation de notre songe, allons au mont Aventin et là je vous annoncerai ce qui doit arriver dans les siècles futurs au peuple romain. Et la grave assemblée fit ce qui était demandé. 
    – Alors la prophétesse lisant, comme dans un livre, sur le front des astres, se met à dérouler tous les grands événements de l'histoire du monde qu'ils annoncent Novem soles quos vidistis omnes futuras generationes praesignant. Elle s'arrête plus longtemps à l'explication du quatrième soleil, plus rouge que le troisième qui est de sang, et qui rayonne à son midi comme un cristal étincelant. Dans ces jours là, dit-elle, il se lèvera une femme du côté du midi, elle sera de la race des Hébreux el s'appellera Marie. Son époux aura le nom de Joseph, et de son sein, sans le commerce de l'homme, mais par la vertu du St-Esprit naîtra celui qu'on nommera Jésus. Ce récit qu'on peut lire tout au long à la fin du 2e tome des œuvres du vénérable Bède, pourrait avoir inspiré le tableau de la Tiburtine montrant au sommet du mont sacré et comme dans un soleil la Vierge Marie et son fils Jésus, tel que nous l'avons dans notre cadre. Mais au lieu des cent sénateurs c'est un vieillard aux cheveux blancs à longue barbe et vêtu d'habits royaux que nous trouvons humblement agenouillé aux pieds de Ia sibylle, sa couronne et son sceptre étant déposés à terre. Pourquoi cette variante? Car, enfin les artistes de 1450 à 1500 étaient encore trop consciencieux et trop avisés pour oser travailler d'inspiration et de fantaisie à la manière de beaucoup de peintres et décorateurs d'aujourd'hui. La difficulté s'explique par le récit d'autres historiens qui racontent la même prophétie avec cette différence qu'ils substituent l'empereur Auguste en personne aux cent sénateurs, et les premiers temps de l'empire romain aux premières année» de la république.

    En puisant dans ces derniers auteurs le fond principal du sujet les peintres paraissent avoir tenu compte 
    de certaines circonstances racontées seulement par l'auteur que nous avons désigné en premier lieu et par ceux qui ont adopté sa version. 
    Laissons parler dans le style contemporain de nos peintures un interprète des écrivains dont le thème semble avoir servi de base principale à la composition du tableau « Orosius racompte que les romains du temps de  l'empereur Octovian qui estoient payens et ydolatres  et n'avoient pas vraye congnoissance de Dieu et voyant la grant paix et transquilité où ilz vivoient lors, et avoient ja vescu des XLII ans soubz le dit  Octovian; ilz pensèrent et creurent en eulx que le dit Octovian fust déifié et que la dicte paix procedast de sa vertu et puissance, et le voulurent adorer. Mais le dict Octovian qui estoit sage, congnoissant qu'il estoit homme mortel comme les austrcs,  demanda conseil à la dicte Tiburtine pour sçavoir se au monde devoit naistre plus grant que luy. Laquelle Tiburtine monstra au dit Octovian en l'air  une moult belle vierge sur un autel: la quelle tenoit ung enfant environné et enluminé d'un soleil d'or ayant une lune soubz lés piedz et en sa teste une couronne de douze estoilles disant la dite sibille que celle vierge devoit enfanter ung enfant qui seroit roy et seigneur du ciel et de la terre. Et lors ledit empereur l'adora et depuis ne voulut souffrir que Ies romains luy feissent quelque chose d'adoration. Au lieu où fust faicte la dicte apparition est de présent édifié à Romme une belle église qui encore est appellée: Nostre Dame de Ara cœli.» ( Bref sommaire des sept Vertus), etc, etc. 

    Cette citation avec celles qui précèdent nous dispensent presqu'entièrement de toute explication. C'est bien la sibylle de Tibur et César Auguste sur la terre, la Vierge mère dans le ciel, qui sont les éléments de toute la composition. Le rapport de ces personnages entre eux n'est pas moins clair.

    La prophétesse avait dit, dans le récit de Bède dans ces jours là, il se lèvera une femme du côtè du midi. La peinture a pris soin de placer l'apparition au midi du tableau.

    Le royal vieillard qui en recoit la révélation et l'intelligenoe est l'empereur Auguste que Baronius dit et que les autres supposent être alors d'un âge avancé, jam provectiore aetate. Jeune au contraire, belle, forte et maîtresse la sibylle donne bien par le caractère de toute sa personne, comme par la nature des oracles, l'idée des âges nouveaux qui vont succéder aux âges anciens, du règne  naissant prêt à remplacer l'empire caduque dont ce vieillard agenouillé est le triste représentant.

    Assise sur le ciel et revêtue du soleil, la vierge Marie est elle-même le trône et l'autel de celui qui sera roy et seigneur du ciel et de la terre. Sur un lambel mêlé aux rayons d'or vous voyez ces mots: Celle-ci est l'autel du fils de Dieu – Hœc ara filiî Dei est. Cette réponse entendue, César s'en revint à Rome construire, au capitole, un grand autel sur lequel on grava cette inscription huine Ara primogeniti Dei, circonstance qui n'a pas été négligée sur notre tableau où s'élève en arrière plan un édifice en style religieux du XVe siècle, souvenir peut-être de l'ex-voto d'Auguste, ou même de l'église qui existe encore aujourd'hui à Rome sous le titre d'Ara-Coeli et à laquelle on se plaît à attribuer la même origine. 

    Il y a beaucoup d'entente dans cette composition, il y a de la science légendaire, il y a en parliculier tout l'esprit et les idées du moyen-âge dans ce contraste d'un empereur du monde déposant en ce jour là son sceptre et sa couronne ( Voir V. Bèd. loin, Baronius, app. ad Ad. Eccl. tom, n. Serval. Gallœus. De or. sibjll. ri ) en présence d'une sibylle, qui, debout à ses côtés, la tête haute, le regard assuré et comme conquérant de l'avenir, lui montre d'un doigt à lire dans le ciel comme à un enfant dans un syllabaire tandis que dans sa main gauche se déroulent en un long philactère ces prophétiques paroles: 
    Nascelur Xus in Bethleem annunciabitur in Nazareth, regnante tauro pacifico fundatore quietis.
    La légende rimée sur le socle n'en est que la reproduction, augmentée seulement d'un court épithalame à la gloire de la mère heureuse et tant pudique. 
    N'omettons pas de la consigner ici


    La sibille Tiburtine en josne âge 
    Prophétisa Crist debuon estre né 
    En Bethelem et ce tressainct presage 
    En Nazareth an~uchié et fulminé 
    Rengnanl le tor pacificque ordonné 
    Fundateur de repos. 0 mère heureuse 
    Glore vous croist par lui avoir donné 
    Mamelle tant pudicquc et precieuse.

     

    Les expressions employées dans le texte latin de la prophétie pour désigner le règne d'Auguste : Regnante tauro pacifico fundatore quietis, se retrouvent dans l'inscription qui accompagne la sibylle Tiburtine sur deux autres monuments, le manuscrit de la bibliothèque royale dont. nous avons déjà parlé et une peinture de l'église de Sienne mentionnée dans Servatius Gallœus. La légende de la peinture italienne est absolument la même que la nôtre ,celle de la miniature française n'offre qu'une légère variante et porte regente tauro. L'identité de ces formules nous prouve que nous avons bien lu et que noua avons bien fait de reproduire, sur le lambel Regnante tauro pacifico fundatore quietis et dans les rimes Françaises Rengnant le tor pacifique ordonné fondateur de repos. 

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    Les anciennes peintures murales sont devenues trop rares maintenant et par conséquent trop précieuses pour que n'ayons pas tenu à sauver de l'oubli, si ce n'est de la destruction, le peu qui nous en reste de notre Cathédrale. Les deux planches que nous joignons aux quatre qui reproduisent les Sybilles, ne sont pas pour le sujet d'un intérêt aussi général que celles-ci; on nous saura gré néanmoins de les avoir publiées pour la raison que nous venons de dire et pour d'autres encore qu'il est facile de comprendre. 

    La décoration des églises à l'époque dont nous parlons, ne s'empruntait pas seulement aux actes et aux enseignements des Saints elle s'inspirait de tout ce qui est bon et recommandable pour l'édification et la réforme des mœurs elle faisait de la maison de Dieu une maison de famille une maison commune où tout se traitait les enseignements de la sagesse chrétienne et ceux de la sagesse profane les leçons du passé et celles du présent. Aux pieds de Jésus-Christ et des Saints on montrait ceux qui avaient retracé leurs vertus, et sur les parois des monuments leurs illustres donateurs. La vénération la reconnaissance et la piété meublaient ainsi et enrichissaient le saint temple et de la même manière que les statues et les portraits des personnages vénérés étaient reproduits, avec plus ou moins de bonheur, d'après l'image qu'on avait sous les yeux, ainsi les lieux qu'ils avaient habités, les objets qu'ils avaient touchés, les insignes et les vêlements de leur dignité faisaient l'accompagnement naturel et ordinairement fort naïf de ces intéressants motifs d'ornementation. 

    M. Adrien de Hénencourt, le père des pauvres et des églises dans tout le diocèse d'Amiens, au commencement du XVIe siècle, était aussi le principal donateur de la décoration de cette chapelle alors consacrée à la Mère de Dieu et aux mystères de Noël ; en raison de quoi, il y fit peindre les Sibylles que nous venons d étudier c'est pour cela sans contredit que,  sous les arcades opposées et au voisinage de I'autel on lui consacra une place qu'il occupe encore mais que les menuiseries postérieurement ajoutées ont changée pour lui en un vrai tombeau où faut l'aller chercher mutilé et défiguré par toute sorte d injures. C est cependant bien lui que nous reconnaissons à genoux au prie-dieu où il se prépare sans doute à célébrer les saints mystères accompagné de son chapelain à genoux aussi ; lui qui s'avance, dans l'arcade voisine, le calice en main et précédé de ses clercs dont l'un porte les burettes et l'autre le missel, celui peut -être dont l'illustre chanoine fut l'éditeur ( Voir sur ce Bréviaire les Stalles de la Cathédrale d'Amiens.)

    C

    e qui nous constate ici la présence de cet important personnage, c'est son costume dans lequel il faut bien remarquer en particulier la soutane rouge, c'est son blason appendu à la draperie de son prie-dieu; c'est son aumusse que relève encore son blason, c'est enfin sa devise favorite tolle moras telle que nous l'avons déjà retrouvée au tombeau de Ferry de Beauvoir. 

    Note Il n'est pas douteux que les chanoines du chapitre d'Amiens n'aient été, au XVe siècle dans l'usage, de porter la soutane rouge. Le chanoine Villeman en parle ainsi dans le chap. V de ses Observations sur les Missels. Bréviaires etc., (manuscrit n." 120 de la Bibliothèque d'Amiens): « Notre soutane est noire. Autrefois nous l'avons portée rouge, comme on le voit encore à d'anciens monuments, notamment dans le cloître du Machabé pour aller au chapitre; à droite en entrant, contre la muraille, est l'épitaphe de M. Robert de Fontaine, chanoine et doyen d'Amiens, mort en 1467, où il est représenté avec une soutane rouge. Au pilier du dehors de la chapelle de l'Aurore est l'épitaphe de M. Robert d'Ailly mort en 1413. 11 y est représenté à genoux vêtu d'une soutane rouge. M Adrien de Hénencourt chanoine et doyen en 1412, est représenté dans son missel ms. aussi habillé de rouge. Les enfants de chœur ont retenu cet ancien usage puisqu'on les voit encore vêtus de rouge de couleur de sang en mémoire de St.-Firmin martyr premier évoque et patron de ce diocèse. Les chanoines réguliers de St.Maurice d'Auganne en Suisse la portent encore rouge, et Guillaume, comte de Ponthleu, l'an 1210, leur assigna tous les ans 13 livres de rente sur la halle d'Abbeville pour acheter 20 aunes d'écarlate pour leurs Capuces, dit le P. Héliot (tome 2, page 82), et comme en portaient autrefois ceux de l'abbaye de St.- Vincent de Senlis fondée en 1061 ou selon d'autres en 106 par Anne, reine de France, deuxième femme de Henry qui y mit des chanoines, et ordonna qu'à la différence des autres ils portassent des robes et des capuchons rouges en mémoire de St.-Vincent, martyr. »

    Le dessin que nous donnons nous dispense de décrire les détails de ces peintures et tout ce curieux mobilier sacré, remarquable seulement par sa simplicité, et composant tout ce qui est nécessaire la célébration de la messe; le bénitier avec son goupillon les burettes avec leur plateau, la boîte aux pains à chanter, et le cierge de cire jaune pure et odorante que nos fabriques appauvries ont remplacée depuis par la graisse rance, puante et économique.

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    Donateur, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

    Donateur, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

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    La petite armoire que nous voyons là  fermée d'une porte aux longues pentures et aérée d'un jour en quatrifolium, n'est pas une simple peinture, mais une vraie et solide armoire devenue inutile aujourd'hui comme le sont devenues, je ne sais pourquoi, bien des choses remplacées par de vraies incommodités souvent par des inconvenances.  Il faut bien en dire autant de la piscine creusée dans la pierre au-dessous,de l'armoire, et dans laquelle était versée jadis l'eau bénite à l'offertoire, qu'on jette à présent je ne sais on. 
    Nous laissons à d'autres le mérite de reconnaître, dans la disposition et le style des édifices qui remplissent le fond du tableau n.° 10 la topographie ancienne des environs de la Cathédrale. 
    Les couleurs dont on a revêtu ces remarquables figures leur donnent un caractère que nous voudrions bien pouvoir reproduire autrement que par une note descriptive et inventoriale. Mais les dessins coloriés coûtent trop cher et puis notre but principal étant l'étude et l'explication du sens des  illustrations plutôt que l'appréciation de leur mérite artistique notre tâche est remplie. 

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    Armoire, Sibylle Cumana, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

    Armoire, Sibylle Cumana, peintures murales de la chapelle Saint-Éloi, cathédrale d'Amiens in Jourdain & Duval 1845 Google.

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    Si ces peintures achèvent de disparaître avant qu'on ait complété notre travail en joignant le coloris au dessin que nous donnons ce ne sera pas notre Faute. Nous aurons fait tout ce que nous permet l'exiguïté de nos ressources en conservant au moins, l'imparfait souvenir que voici 

    1.° Nom des couleurs dont sont peintes les huit Sibylles de la Cathédrale d'Amiens, chapelle St.-Eloy. 

    Agrippa: Coiffure et voile, blanc – ornements, or- robe, rouge manteau, rouge-manches, bleu-ceinture et nœud, bleu à reflets blancs. 

    Libica : Coiffure, vert à reflets d'or -robe fendue, bleu avec franges d'or -robe de dessous rouge – corsage enveloppant le buste et la taille, blanc avec ornements en or et en pierreries – linge plissé aux épaules et au cou, blanc. 

    Europea. Turban, blanc nuancé de bleu – guimpe, blanc; -robe de desous bleu-surcot damassé à manches, rouge; ornements en or et en pierreries -manteau bleu, doublé de blanc. 

    Persica Voile, blanc – robe de dessous, rouge- robe de dessus ouverte par devant, et manches tailladées, blanc ramagé de gris -manteau, bleu. 

    Frigia Coiffure, bleu pale – -ceinture, id. – robe, rouge -manches de dessus pendantes, blanc. 

    Erithrea Voile, bleu foncé – robe, blanc manteau, bleu foncé; ornements d'or -ceinture, bleu nuancé de blanc -garde de l'épée, rouge – pommeau, or– sphère rouge – cercle ,bleu – étoiles d'or.

      Cumana Couronne ou bandeau, or -robe, gris foncé, damassé de bleu -manteau, blanc – livre de la main gauche, rouge -tranche d'or – livre ouvert de la main droite reliure rouge; tranche, gris. 


    Tiburtina Coiffure or – résille, bleu-robe, rouge– manches courtes et corsage rouge-manches serrées, bleu-ceinture, or-guimpe, blanc. Le Roi robe de dessus, rouge manches de dessus, id. – robe de dessous fendue sur les côtés, bleu damassé – manches de dessus pendantes, bleu – cheveux, gris – couronne, fond rouge ornements d'or. – La Vierge robe, bleu. 

    2.° Noms des couleurs dont sont peints les personnages et ornements des arcades à droite de l'autel. 

    Iere ARCADE: Personnage portant un calice,: Robe et toque, rouge – collet de chemise, blanc – manteau sans manches, gris-violet. 

    IIe Arcade 
    Personnage au prie-dieu: Surplis à manches, blanc – Calotte, noir – Soutane paraissant au cou, aux manches et au bas du surjtlis rouge-tapis du prie- dieu, vert pale – vêtement de l'acolythe, brun. 
     

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    II.  Ilona HANS-COLLAS, De bon augure... Les somptueuses sibylles de la cathédrale d'Amiens. Communication devant la Société des Antiquaires de Picardie le 13 avril 2013.

    https://sites.google.com/site/socdesantiquairesdepicardie/archives/communications-des-prochains-mois/communication-du-13-avril-2013

    "La communication prononcée devant une assistance très nombreuse nous a permis d’entendre Mme Ilona Hans-Collas, spécialiste de la peinture murale et de l’enluminure, membre du Groupe de recherche sur la peinture murale.

    Les sibylles de la chapelle Saint-Eloi de la cathédrale d’Amiens, peintes vers 1506 dans les arcatures du soubassement, figurent parmi les plus belles réalisations de peintures murales en France de la fin du XVe siècle et du début du XVIe siècle. Elles sont le témoignage d’un art monumental lié au mécénat du doyen du chapitre Adrien de Hénencourt. Elles présentent de surcroît une iconographie fascinante.

    Les sibylles sont des femmes prophétesses dont l’origine remonte à l’antiquité païenne. Elles sont appelées d’après leur nom d’origine : Perse, Libye, Delphes, Erythrée (en face de l’île de Chios en mer Egée), Cumes, Phrygie, Tibur, Europa (Thrace). Leurs oracles ont été appliqués au Christ dès leiie siècle de notre ère. A la manière des prophètes, les sibylles annoncent les événements de la vie du Christ. Elles sont souvent 10, mais leur nombre peut atteindre 12, voire 14.

     Les sibylles d’Amiens sont signalées par le bénédictin Dom Grenier (1725-1789). En 1839, Charles Dufour, se référant aux écrits de dom Grenier, soupçonnait leur présence derrière les lambris de la chapelle. Elles furent redécouvertes en 1844 lors de la dépose provisoire des lambris ; les chanoines Joudain et Duval les étudièrent et en firent faire le dessin. En 1853, les boiseries du xviiie siècle furent définitivement enlevées. Outre les huit sibylles que nous connaissons et qui ornent les huit arcatures de deux pans de murs, Jourdain et Duval firent dessiner les peintures de quatre autres arcatures du côté de l’autel. A en croire les deux chanoines, le commanditaire Adrien de Hénencourt s’y fit représenter. Aujourd’hui ne subsistent que quelques infimes traces de couleurs.

     Les sibylles sont représentées debout, vues de trois-quarts, de face ou de profil. Chaque figure mesure environ 1m 60 de haut. Le lien avec l’architecture de la chapelle est très fort, obligeant l’artiste à peindre chaque sibylle dans l’espace relativement étroit d’une arcature. En 1895, l’architecte Henri Laffillée (1859-1947) réalisa deux relevés très précis pour le compte des Monuments historiques.

    Les inscriptions sur les peintures murales d’Amiens tiennent une place significative : le nom de chaque sibylle est écrit près de la figure ; une inscription en latin figure sur les phylactères ; une inscription en français, que l’on ne trouve que sur le cycle amiénois, figure sur un cartouche en bas de chaque sibylle. Sont peintes depuis l’extérieur de la chapelle vers l’intérieur les sibylles Tiburtine (qui prédit la naissance du Christ à Auguste), de Cumes, Erythrée, Phrygie (qui prophétise la Passion et la Résurrection), Persique, Europa (figure conservée à moitié), Libyque, Agrippa.

      La conservation de ces peintures murales est mauvaise ; la comparaison avec les relevés réalisés au xixe siècle montre une importante dégradation. Les peintures murales sont des œuvres fragiles ; indissociables de leur support architectural, elles subissent souvent les outrages du temps et des hommes : transformations et aménagements des espaces, grattages, humidité, variations de température, lumière. Au xixe siècle Laffillée signalait déjà de nombreux soulèvements de la couche picturale. En 1958 Aimée Neury, collaboratrice au musée des Monuments français, signale des peintures ruinées. La même année, Jean Taralon, inspecteur principal des Monuments historiques, donne un rapport aussi alarmant : « les peintures s’écaillent dangereusement, leur enduit est devenu pulvérulent ». En 1973 une analyse des peintures murales (stratigraphie et pigments) est réalisée par le Laboratoire de Recherche des Monuments historiques. Parmi les pigments ont été utilisés le vermillon (rouge très vif), l’azurite, le blanc de plomb ; l’huile a servi de liant. En 1980 la dépose des peintures est envisagée mais ensuite abandonnée. En 1992 l’étude préalable à la restauration des sibylles établit un constat alarmant. Les peintures ont beaucoup souffert de l’humidité et des remontées de sels. En 2007 est menée une intervention d’urgence, visant à refixer les soulèvements de la couche picturale. Aujourd’hui les peintures sont toujours en attente d’une intervention de conservation plus ample.

      Adrien de Hénencourt commanda l’œuvre en 1506. Le choix des sibylles pour la décoration est dans l’ère du temps à cette époque. En 1432, les frères Van Eyck avaient peint deux sibylles sur les volets fermés du polyptique de l’Agneau mystique de Gand. C’est surtout à partir de la fin du XVe et dans la première moitié du XVIe siècle qu’elles connaissent le plus grand succès dans les arts. Adrien de Hénencourt fit appel à un artiste de talent, probablement issu du milieu local. Plusieurs œuvres créées à Amiens - notamment dans le domaine de l’enluminure - s’apparentent fortement au décor des sibylles de la cathédrale. Bodo Brinkmann et Nicole Reynaud ont évoqué un lien possible entre un manuscrit et le décor mural de la cathédrale. Les recherches menées par Mme Hans-Collas confirment cette piste et de nouveaux éléments enrichissent le propos. La délicatesse et l’élégance des figures des sibylles, le soin apporté à leurs habits et coiffures, aux inscriptions, mais aussi le paysage plaisant de la sibylle Tiburtine se retrouvent dans l’Episolier à l’usage d’Amiens réalisé vers 1490 pour Antoine Clabault, échevin d’Amiens, et son épouse Ysabeau Fauvel, enluminé par un artiste anonyme à qui on a donné le nom de convention de Maître d’Antoine Clabault (BNF, Arsenal, ms. 662). De toute évidence, les sibylles de la chapelle Saint-Éloi se rattachent à l’art de cet enlumineur, attestant le travail polyvalent des artistes et des ateliers. On lui attribue d’autres œuvres, notamment un Missel à l’usage d’Amiens (Amiens, bibliothèque municipale, ms. 163). Ce manuscrit a été rapproché à juste titre par Marc Gil du Maître anonyme du retable d’Ochancourt (musée de Picardie). A ce petit corpus maintenant constitué, s’ajoute encore une autre œuvre : l’Escritel de la confrérie du Puy Notre-Dame d’Amiens (Amiens, Société des Antiquaires de Picardie, ms. 23) dont le frontispice montre une Vierge à l’Enfant protégeant sous son manteau les membres de la confrérie. De toute évidence il est de la même main que le manuscrit Clabault de l’Arsenal. Notons enfin que le style de ces miniatures n’est pas sans rappeler un autre décor peint à la cathédrale, celui qui accompagne le tombeau de Ferry de Beauvoir, érigé vers 1490-1500, à la demande d’Adrien de Hénencourt. La peinture de l’enfeu se place visiblement dans le même entourage artistique que le manuscrit de Clabault. La technique semble la même que celle de la chapelle Saint-Eloi (peinture probablement à l’huile, appliqué directement sur la pierre)Ces comparaisons montrent sans conteste que des liens existent entre la peinture monumentale et le décor des livres, et probablement aussi avec la sculpture. Les artistes sont polyvalents. Amiens en est des exemples les plus convaincants. Le style est tellement proche qu’on peut envisager la même main ou au moins le même atelier.

     Mais qui est donc cet artiste ou ce groupe d’artistes si actif vers les années 1490-1510 ? Nicole Reynaud avançait le nom de Riquier Haulroy, un peintre renommé d’Amiens, documenté par les archives dès les années 1480 : il peignit des bannières, des sculptures et faisait de la dorure. Il est le seul artiste documenté comme peintre et enlumineur. On sait qu’il fut maître de la confrérie de Saint-Luc en 1503, dont le siège était dans la chapelle Saint-Eloi."

     

     

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    Published by jean-yves cordier - dans Sibylles Amiens Peintures murales
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    21 octobre 2016 5 21 /10 /octobre /2016 15:39

    Le vitrail de la Galerie des dix Sibylles (1538-1539)  de la cathédrale de Beauvais par Jean et Nicolas Le Prince. Baie 323 sous la Rose du bras nord du transept.

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    — Sur les Sibylles, voir :

     

     Sur les autres vitraux de La cathédrale  de Beauvais, voir :

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    — Voir :L'église Saint-Étienne :

    — Beauvais :

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    LA BAIE 323 : LA ROSE OCCIDENTALE ET SES GALERIES.

    Les vitraux dans les bras du transept de la cathédrale de Beauvais accueillent deux grandes verrières constituées chacune de deux galeries de saints et de prophètes, au sud (baie 324), et  de sibylles, au nord (baie 323). Ces deux thèmes, loin d'être isolés, se répondent mutuellement, les Prophètes bibliques étant considérés comme ayant annoncé au peuple Hébreu la venue du Christ, tandis que les Sibylles de l'Antiquité l'annonçaient aux "Gentils", les peuples païens du monde entier. Depuis 1481 avec Filippo Barbieri, chaque Sibylle avait été mis en correspondance avec un oracle, un Prophète dont le verset s'accordait à l'oracle, et avec un événement de la vie de la Vierge et de la Passion de son Fils. 

    Comme la majeure partie de la décoration des cathédrales et églises chrétiennes, cette disposition relève de la typologie biblique.

    "La typologie biblique est une doctrine théologique fondée sur le rapprochement entre une personne ou un événement de l'Ancien Testament (rarement aussi de la mythologie antique ou de légendes anciennes), le type et de leur antitype, personne ou événement du Nouveau Testament.

    Cette méthode d'interprétation de la Bible consiste à rechercher la « promesse » et le « respect » : ce qui, dans l'Ancien Testament, est annoncé, s'accomplit dans le Nouveau Testament (également préfiguration)." (Wikipédia Typologie biblique)

    Cette typologie, suggérée dès saint Paul à propos de la Bible hébraïque ("Ce sont des empreintes de choses à venir ; la réalité est à trouver dans le Christ." Col :2-17) a été développée par les Pères de l'Église.

    Préambule : les dix Sibylles du portail nord.

    Le fidèle qui pénétrait dans la cathédrale par le portail nord (actuellement fermé) recevait sur les deux vantaux une entrée en matière de cette pensée typologique : le sculpteur de Beauvais  Jean Le Pot y avait réalisé  à partir de 1530 (à peine avant la verrière) les statuettes en bas-relief  des quatre évangélistes, à droite, et de quatre docteurs de l'Église, à gauche : saint Augustin, saint Grégoire, saint Jérôme et saint Ambroise. Ces vantaux, toujours visibles, montrent qu'une Sibylle est placée entre chacune de ces statuettes. On trouve donc, intercalées, intégrées à ce corpus des huit piliers de l'Église, dix prophétesses antiques, ces mêmes dix Sibylles de la verrière qui domine ce portail.

    Je n'ai pas pris de photographies de ce portail, mais on peut en trouver ici :

    http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Beauvais/Beauvais-Saint-Pierre.htm

    http://www.cathedrale-beauvais.fr/nouveausite/cathedrale/portailnord/portailnord.html

    https://inventaire.picardie.fr/dossier/paire-de-vantaux-du-portail-nord-n-2/e48b2ebf-cd44-474c-b5c3-c021c49356f3

    Nous y trouvons successivement  de gauche à droite :

    - la sibylle Érythrée, portant une rose ;

    - la sibylle de Cumes, portant un objet rond ;

    - la sibylle Samienne, portant un berceau 

    - la sibylle Persique, portant une lanterne ;

    - la sibylle Libyque, portant une torche enflammée ;

    - la sibylle Cimérienne, portant une une corne-biberon ;

    - la sibylle Tiburtine, portant une main ;

    - la sibylle Delphique, portant les clous et la couronne d'épines  ;

    - la sibylle Agrippa entourant une colonne ;

    - la sibylle Phrygienne, portant une croix-étendard .

    Soit exactement, comme nous allons le voir, les mêmes sibylles que sur le vitrail, dans le même ordre et portant les mêmes attributs.

    N.B Les stalles de la clôture de chœur de la Collégiale Saint-Etienne de Beauvais sont ornées de bas-relief du XVIe siècle représentant les 12  Sibylles  portant leur attribut sous des arcs Renaissance. Voir sur l'article Wikipédia la photo de Chatsam qui en montre six :

    https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Saint-%C3%89tienne_de_Beauvais#/media/File:Cloture_du_coeur_2.JPG

    On distingue les attributs suivants sur cette image : La fleur (ou le flambeau) ; le fouet (Agrippa) ; le glaive (Europa) ; la lanterne (Persique) ; la colonne de Flagellation (Agrippa ?) ; un objet à sommet arrondi (Cumes ?).

     

     

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    Retour à la baie 323.


    Le vitrail nord a été endommagé en 1940. Y subsiste la galerie des sibylles de Jean et Nicolas Le Prince (maîtres verriers à Beauvais), posée en 1537-1538. Au-dessous trônait une rangée de séraphins «couleur de feu à six ailes» [Congrès archéologique de Beauvais de 1905]. Selon des témoignages anciens, la rose était ornée d'un soleil d'or ,sous la forme d'une figure humaine et dont les rayons remplissaient les divisions du remplage, sur un ciel d'azur semé d'étoiles et de séraphins, datant peut-être du 17e siècle, qui fut détruit en 1940. . En 1958, Max Ingrand a remplacé la galerie des séraphins par une rangée de Vierges folles et Vierges sages. La rose d'Ingrand représente maintenant un Jugement dernier.

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    Baie 323 : la rose occidentale et ses galeries. Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 : la rose occidentale et ses galeries. Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    Baie 323 : la rose du Jugement Dernier (Max Ingrand). Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 : la rose du Jugement Dernier (Max Ingrand). Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    Baie 323 : la rose occidentale et la galerie des Sibylles. Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 : la rose occidentale et la galerie des Sibylles. Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    LA GALERIE SUPÉRIEURE DE LA BAIE 323 : DIX SIBYLLES.



     La rangée de sibylles du XVIe siècle est l'œuvre de Jean et Nicolas Le Prince (atelier d'Engrand Le Prince, maître-verrier auteur de l'Arbre de Jessé de Saint-Etienne de Beauvais ; cet atelier est réputé pour sa maîtrise du jaune d'argent). La galerie  a été posée dans le bras nord du transept en 1538-1539.

    Historique

    Dès l'achèvement du bras nord du transept, la vitrerie de la grande rose est commandée aux Le Prince. Jean Le Prince est payé en 1537 pour ses travaux sur la façade nord du transept et Nicolas Le Prince en 1538. Ils sont les auteurs des dix Sibylles garnissant les lancettes sous la rose, reprenant ainsi l'iconographie des vantaux du portail nord.  En 1958, Max Ingrand réalise de nouvelles verrières pour la rose (Jugement dernier) et pour la première galerie de lancettes (Vierges sages et Vierges folles).

    Description

    La façade nord du transept est abondamment vitrée : une grande rose surmonte deux galeries de dix lancettes chacune. Les lancettes de chaque galerie sont juxtaposées et assemblées par paire. Les lancettes de la galerie inférieure sont de tailles égales, tandis que les lancettes de la galerie supérieure présentent trois tailles différentes : les lancettes latérales étant les plus grandes et les deux lancettes centrales les plus petites. L'ensemble est en verre soufflé et les détails peints à la grisaille et au jaune d'argent. Dimensions approximatives : h = 2000 ; la = 780 (Corpus Vitrearum). 

     Dans la deuxième galerie dix sibylles prennent place sous des dais architecturaux modernes. La plupart des sibylles sont identifiables grâce à des inscriptions situées en dessous et grâce à leurs attributs (de gauche à droite) :

    - la sibylle Érythrée, portant une rose ;

    - la sibylle de Cumes, portant un objet rond ;

    - la sibylle Samienne, portant un berceau (l'inscription située en dessous l'identifie comme la sibylle delphique) ;

    - la sibylle Persique, portant une lanterne ;

    - la sibylle Libyque, portant une torche enflammée  ;

    - la sibylle Cimérienne, portant une une corne ;

    - la sibylle Tiburtine, portant une main coupée ;

    - la sibylle Delphique, portant les clous et la couronne d'épines (l'inscription située en dessous l'identifie comme la sibylle européenne) ;

    - la sibylle Agrippa entourant la colonne de la Flagellation ;

    - la sibylle Phrygienne, portant une croix-étendard.

    Les Sibylles Hellespontique et  Europa sont donc absentes.

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    Baie 323 : la galerie des 10  Sibylles. Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 : la galerie des 10 Sibylles. Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    1°) La Sibylle d'Érythrée et la Sibylle de Cumes.

    Inscription : Sibille erithree / Sibille cumane.

    La Sibylle d'Érythrée et la Sibylle de Cumes. Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    La Sibylle d'Érythrée et la Sibylle de Cumes. Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    La Sibylle d'Erythrée.

    - la sibylle Érythrée tient une rose.  Elle évoque ainsi l'Annonciation  parce qu'elle a proclamé qu'une vierge doit enfanter. En effet, comme le rappelle É. Mâle, "entre la Vierge et l'ange Gabriel, les peintres, depuis le XIIIe siècle, ne manquaient jamais de mettre un beau vase plein de roses blanches ou de lis."  C'est également une rose qu'elle tient dans les Heures de Louis de Laval. Elle est vêtue, assez simplement, d'une robe dorée moulante et à manches courtes,  laissant apparaître le col plissé d'une chemise, et un manteau vieux rose dont le pan droit est retenu par la main gauche. Sa coiffure est plus étudiée, c'est un balzo, bourrelet rembourré d'étoupe et recouvert de velours vert autour duquel s'enroulent les spires espacées d'un large ruban ; celui-ci s'achève par u nœud dont les brins frisés s'envolent. Elle est pieds nus, comme toutes les autres sibylles qui vont suivre.

     

    — Le Prophète associé est  Ézéchiel dans Ez 44:2.: Porta haec clausa erit. La Porte close est une préfiguration de l'utérus clos de la Vierge, et donc de sa virginité. Ézéchiel est représenté en position  n°4 dans la galerie de la rose sud.

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    La Sibylle d'Érythrée, Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    La Sibylle d'Érythrée, Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Ézéchiel, baie 324. Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Ézéchiel, baie 324. Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    la Sibylle de Cumes.

     

    Elle est vêtue d'une robe vert d'eau (vert foncé en partie basse) et d'un manteau rouge à pan rabattu sur le bras droit. Une broche en or est suspendu à un collier. Ses cheveux sont retenus par un foulard rose.

    Elle porte un coquillage (?) tenu sur un linge. Le coquillage  représente la virginité de la Vierge. Cette Sibylle a annoncé qu'un enfant descendra du ciel.

    En fait, l'objet ovale et beige ne ressemble nullement à un de ces coquillages nommés porcellena en italien, du fait de sa ressemblance avec la vulve de la truie (porcella), et là comme ailleurs, sa nature est resté une énigme. On peut y voir un petit pain, ou bien astucieusement un petit pain fendu qui a représenté parfois la plaie du flanc du Christ.  Mais ici, l'objet n'est pas fendu, et garde son mystère, comme d'ailleurs à Brennilis, ou dans le Diurnal de René II de Lorraine (1492-1493). On peut le comparer à cette gravure de l'Encomium trium Mariarum de Jean Bertaud datant de 1529 et reproduit par É. Mâle p. 271 fig. 140.

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    La Sibylle de Cumes, in É. Mâle, L’Art religieux de la fin du Moyen Âge en France.

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    La Sibylles de Cumes est associée au prophète Daniel et aux versets Dan 2:34-35. Daniel est placé en 5e position dans la galerie de la rose sud.

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    La Sibylle de Cumes, Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    La Sibylle de Cumes, Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    2°) La Sibylle de Samos et la Sibylle Persique.

    — Inscriptions / Sibille delphic (l'inscription ne correspond pas à la sibylle représentée au-dessus)/ Sibille persique.

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    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    La Sibylle Samienne  porte un berceau parce qu'elle a annoncé la Nativité dans la crèche. Ce berceau est parfaitement dessiné, avec son piétement permettant la bascule, et ses barreaux. Il est semblable à ceux des Heures de Louis de Laval, des panneaux de Brennilis.

    La sibylle est vêtue d'une robe blanche et d'un manteau parme. Ses cheveux sont retenus par une foulard blanc frangé d'or. Un rubis est suspendu à un collier en or. 

    Son partenaire du coté sud est  le premier de la galerie des Prophètes  : c'est le roi David, le compositeur des Psaumes. Le verset choisi pour s'apparier avec la vaticination de la Sammienne est le Psaume 71:11. — Adorabunt eum omnes reges terrae ; omnes gentes servient ei. "Tous les rois se prosterneront devant lui, toutes les nations le serviront".

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    La Sibylle de Samos et son berceau. Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    La Sibylle de Samos et son berceau. Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Le roi David, galerie des Prophètes, baie 324,  Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Le roi David, galerie des Prophètes, baie 324, Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    - la Sibylle Persique, porte une lanterne  symbolisant la lumière apportée par le Messie. Elle foule habituellement au pied le serpent de Genèse qui a abusé Ève, mais celui-ci n'est pas figuré. 

    Elle est vêtue d'une robe vieux rose et d'un manteau vert cru. Ses cheveux blonds vénitiens sont tenus par un large diadème. Son pied gauche est posé sur un bloc de pierre ; le détail serait insignifiant si on ne le retrouvait pas sur les stalles de Saint-Etienne de Beauvais où Agrippa pose le pied sur ce qui ressemble à un livre.

    Les deux sibylles sont tournées l'une vers l'autre.

    La Persique est associée à la prophétie d'Osée Os 13:14. Osèe est en sixième position sur la verrière de  la galerie sud .

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    La Sibylle Persique et sa lanterne. Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    La Sibylle Persique et sa lanterne. Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    3°) La Sibylle Lybique et la Sibylle Cimmérienne.

    Inscription :  Sibille libique/ Sibille cim[...]

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    Sibylles Lybique et Cimmérienne. Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Sibylles Lybique et Cimmérienne. Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    La sibylle Lybique  porte une torche enflammée qui symbolise la Lumière que la naissance du Sauveur a apporté au monde, faisant repousser les ténèbres. Sa tête est recouverte par un voile qui retombe sur ses épaules et son buste. Robe violette à ceinture rouge et manches vertes. Comme la Persique, elle pose le pied sur un cube de pierre. Le visage est sombre, témoignant de l'altération du verre.

    Dans la galerie sud, son collègue le prophète Jérémie lui est associé, eu égard au verset Jr 23:5 Ecce dies veniunt "Les jours viennent, où je susciterai à David un germe juste" : ce "germe juste" de la Maison de David préfigure pour les chrétiens le Christ. 

     

    Sibylle Lybique . Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Sibylle Lybique . Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    La sibylle Cimmérienne tient  une une corne ; cette dernière est en réalité un biberon  en forme de corne témoignant qu'elle a annoncé la venue d'une Vierge allaitant son Enfant.

    Elle est coiffée d'un véritable casque d'or qui dénote avec le voile violet qui y est fixé. Les traits de son visage sont virils, surtout en raison de la force du nez. Sa robe blanche est sobre, quoique les manches vertes laissent échapper aux poignets les fronces d'une fine étoffe. Mais cela se complique sous la ceinture, avec un double rang de guirlandes et de glands, de perles, de macarons multicolores et  de parements d'orfroi, toute une quincaillerie bling-bling qui n'est portable que dans cette seule circonstance : un défilé de mode sous les voûtes d'une cathédrale. Elle étudie la position de ses pieds, celui de gauche en avant, celui de droite en retrait, à 90°.

    Son compère en prophétie est Joël, pour le verset  Joël  2, 29 : In diebus illis effundam spiritum meum "En ces jours je répandrai mon esprit". Mais il est absent de la galerie sud.

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    Sibylle Cimmérienne..Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Sibylle Cimmérienne..Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    4°) La Sibylle de Tibur et la Sibylle Delphique.

     

    Inscription :Sibille tiburtine/ Sibille europe (l'inscription ne correspond pas à la sibylle représentée au-dessus).

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    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    La sibylle Tiburtine  porte une main  coupée qui symbolise la main du garde qui a souffleté le Christ au cours de la Passion. 

    Elle est coiffée du turban de velours rouge lacé de ruban jaune d'or, et d'où s'échappent des mèches blondes,  elle tourne son beau visage vers sa voisine, elle a noué autour de sa robe verte une ceinture dorée, et posé sur ses épaules un manteau rouge : elle a fière allure.

    Son prophète ? C'est Michée, que vous trouverez sous le nom de Micheas dans la galerie sud. 

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    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    - Ce n'est pas la sibylle Europe, mais bien la  Delphique qui, dans la tradition institué par Barbieri et surtout par les Heures de Louis de Laval, porte  la couronne d'épines. Mais tout est possible ! L'artiste lui a confié en outre les trois clous, autre Arma Christi ou instrument de la Passion du Christ . La Sibylle de Delphes avait prophétisé « un Dieu viendra pour mourir et il sera plus grand que les immortels ».

    Elle porte sur sa tête brunie un champignon vert à faveur rouge. Une robe parme, recouverte d'une robe dorée damassée à motif de rinceau. Une ceinture rouge ^nouée à la diable semble s'échapper.

    Elle va de pair avec le prophète Jérémie, déjà attribué pourtant à la Lybique. Mais ce n'est pas pour le même verset (j'allais écrire "pour la même danse") : il s'agit ici de Jérémie  31:21 : Revertere virgo Israhel revertere ad civitates tuas istas "Reviens, vierge d'Israël, Reviens dans ces villes qui sont à toi!"

    [Europe sort, elle, avec Zacharias, qui est bien présent parmi les dix prophètes de la Galerie, en antépénultième position.

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    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    5°) La Sibylle Agrippa et la Sibylle de Phrygie.

    Inscription : Sibille frigee / aome-nesp ---ci. (??)

     

     

     

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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     Au dessus de l'inscription Sibille frigée se voit une femme tenant dans ses bras une colonne. Elle nous fait face, avec ses cheveux blonds rassemblés sous un bourrelet vert très simple, son justaucorps vert laissant libre les manches rouges et jaunes, et les jupes superposées vert d'au et rouge. Je l'ai d'abord identifié comme la sibylle Agrippa, car celle-ci est associé à la scène de flagellation (attribut : le fouet), et qu'il s'agit très vraisemblablement ici de la colonne de flagellation, nouvel Arma Christi. Mais depuis que j'ai découvert sur les stalles de Saint-Étienne de Beauvais cette sibylle tenant la colonne à coté d'une authentique Agrippa tenant le fouet , je ne sais plus.

     

     

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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     On reconnaît ici la sibylle Phrygienne, portant l'étendard du Christ Ressuscité  : car c'est son attribut attitré. Pourtant, l'inscription sibille frigée est placé sous sa voisine. On imagine qu'il y a eu une belle salade lors de différentes restaurations plus ou moins qualifiées.

    Elle est tournée vers sa voisine ; elle est coiffé d'un diadème compliqué d'une couronne. Robe mauve très pale, manteau vieux rose pale, 

     

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

    Baie 323 . Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, photographie lavieb-aile.

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    CONCLUSION.

    L'étude des inscriptions, des attributs et des détails vestimentaires ne permet pas de proposer une interprétation particulière. Les attributs indiquent que les  artistes connaissent les travaux de leurs collègues (Jean Colombe pour les Heures de Louis de Laval), mais le nombre de dix, plutôt que douze, l'ordre de succession des sibylles, la non concordance entre les noms et les attributs ne permettent pas d'établir des liens avec les sibylles d'Amiens, d'Étampes, de Brennilis, par exemple.

     

     

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    SOURCES ET LIENS.

    1. Sur les Sibylles de la cathédrale de Beauvais.

    — Laissez-vous conter la cathédrale de Beauvais : http://www.beauvais-cathedrale.fr/docs/vpah-cathedrale.pdf

    —​​​​​​Les vitraux de la cathédrale :

     http://www.cathedrale-beauvais.fr/nouveausite/cathedrale/vitraux/vitraux.html

    Patrimoine-histoire.fr : 

    http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Beauvais/Beauvais-Saint-Pierre.htm

    http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Beauvais/Beauvais-eStPierre_v15.htm

    — DESJARDINS (Gustave 1865 Histoire de la cathédrale de Beauvais en ligne

     

    —  PICARDIE. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. Verrière figurée : Jugement dernier, les Sibylles, les Vierges sages et les Vierges folles (baie 323)

     

    https://inventaire.picardie.fr/dossier/verriere-figuree-jugement-dernier-les-sibylles-les-vierges-sages-et-les-vierges-folles-baie-323/cb5f6d58-96c2-417a-b1b0-3baade3b9bf8

    — GUILHERMY (Baron dee) BnF. NAF 6096. Papiers archéologiques du baron De Guilhermy. fol. 154

    — BM Beauvais. Collection Bucquet-Aux Cousteaux, tome 26. p. 519

    — BM Beauvais. Collection Bucquet-Aux Cousteaux, tome 28. p. 313

     

    — BARRAUD, Pierre-Constant (Abbé), 1850. Description des vitraux des deux grandes rosaces de la cathédrale de Beauvais (XVIème siècle). Mémoires de la Société académique d'archéologie, sciences et arts du département de l'Oise. Beauvais : A. Desjardins, 1850, tome I. p. 225-246

    —  BONNET-LABORDERIE, Philippe. La Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais. La Mie-au-Roy : GEMOB, 1978 (Histoire et architecture). p. 186 et 191

    — FRANCE. Corpus Vitrearum Medii Aevi. Les vitraux de Paris, de la Région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais. Recensement des vitraux anciens de la France, vol. 1. Paris : éditions du CNRS, 1978. p. 181

    — DESJARDINS, Gustave. Histoire de la cathédrale de Beauvais. Beauvais : Victor Pineau, 1865.

    — LEBLOND, Victor. L'art et les artistes en Ile-de-France au XVIe siècle (Beauvais et Beauvaisis) d'après les minutes notariales. Paris : E. Champion, 1921. p. 30

    — LEBLOND, Victor. La Cathédrale de Beauvais. Paris : Henri Laurens, 1926 (Petites monographies des Grands Edifices). p. 70-71

    — PICARDIE. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. La cathédrale Saint-Pierre de Beauvais, architecture, mobilier et trésor. Réd. Judith Förstel, Aline Magnien, Florian Meunier et al. ; photogr. Laurent Jumel, Thierry Lefébure, Irwin Leullier. Amiens : AGIR-Pic, 2000 (Images du Patrimoine, 194). p. 56

    — PICARDIE. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. La cathédrale Saint-Pierre de Beauvais,

    https://inventaire.picardie.fr/dossier/la-cathedrale-saint-pierre/5cff9dd6-30a7-4d39-b709-5ddb6b03f1dd

    — WOILLEZ, Emmanuel. Description de la cathédrale de Beauvais, accompagnée du plan, des vues et des détails remarquables du monument et précédée d'un résumé des principaux évènements qui s'y rattachent. Paris : Derache, Beauvais : Caux-Porquier, 1838. p. 14

    Sur les Sibylles en général.

     

     

     

     

    Dans les vitraux :

    http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm5601/sibylles.php

    Baie 12 d'Ervy-le-Chatel (Aude), v1515 : 

    http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm8601/eg_StP@Ervy_12.php

    Article de Wikipédia

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Sibylle

    https://it.wikipedia.org/wiki/Sibilla

    ABED ( Julien) 2010, La Parole de la sibylle. Fable et prophétie à la fin du Moyen Âge, thèse de doctorat préparée sous la direction de Mme Jacqueline Cerquiglini-Toulet, soutenue le 13 mars 2010 à l’université Paris-Sorbonne.

    https://peme.revues.org/85

    BARBIERI (Filippo de) [Philippus de Barberiis] [Filippo Barberio], 1481,  [Discordantiae sanctorum doctorum Hieronymi et Augustini, et alia opuscula] ([Reprod.]) / [Philippus de Barberiis] , Bnf, Gallica :

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531

    — BELCARI (Feo), « Sacra rappresentazione » du mystère de l’Annonciation. Ce mystère fut joué à Florence, en 1471, à l’occasion de la visite du duc Galeazzo Maria Sforza. la première édition en parut à Florence, sans nom d’auteur, à la fin du xve siècle.

    https://archive.org/details/bub_gb_ZTjxnHHEHGgC

    http://www-personal.usyd.edu.au/~nnew4107/Texts/Fifteenth century_Florence_files/Belcari_Annunciation.pdf  

    — BURON (Emmanuel), 2004, Oracles humanistes et rumeurs de la cour : Sibyllarum duodecim oracula de Jean Rabel, Jean Dorat et Claude Binet (1586) in La Sibylle. Parole et représentation sous la direction de Monique Bouquet et Françoise Morzadec. Presses Universitaires de Rennes p. 241-254.

     —CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006 pages 201 et suivantes

    http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles 

    CLERC (C de ), 1979, "Quelques séries italiennes de Sibylles", Bulletin de l'Institut historique belge de Rome, fasc. 48-49 pages 105-127.

    CHAMPIER (Symphorien), 1503, "Les prophéties, dits et vaticinations des Sibylles, translatés de grec en latin par Lactance Firmian", 3ème partie de  La nef des dames vertueuses

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k79103w/f124.item.zoom

    — DIURNAL DE RENÉ II DE LORRAINE , 1492-1493,  diurnale ad usum ecclesiae romanae diurnal de rené 2 de lorraine Bnf Latin 10491. Nancy. Artiste Georges Trubert. http://nossl.demo.logilab.fr/biblissima/id/Illumination/Mandragore/69433

    EL ENIGMA DE LA SIBILA

    https://sites.google.com/site/omnedecus/Home/art/el-enigma-de-la-sibila

    GIUSTINIANI (Giulia), 2014 « Gli esordi critici di Emile Mâle : la tesi in latino sulle sibille »,Mélanges de l’École française de Rome - Moyen Âge 

     http://mefrm.revues.org/1527 

    HEURES DE LOUIS DE LAVAL , avant 1489,  Horae ad usum romanum Bnf Latin 920. 

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f42.item

     — HÜE (Denis), 2004, La Sibylle au théâtre, in Sibylle, parole et représentation, Presses Universitaires de Rennes p. 177-195 http://books.openedition.org/pur/30366

    — JOURDAIN & DUVAL, 1845, -"Les Sibylles, peintures murales de la cathédrale d'Amiens", Mémoire de la Société des Antiquaires de Picardie Tome VIII pages 275-302 :

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4083456/f273.image

     

     

    KRIEGER (Denis), Autour des vitraux d'Arnauld de Moles à la cathédrale Sainte-Marie d'Auch

    (un dossier iconographique sur les Sibylles)

    http://www.mesvitrauxfavoris.fr/index_htm_files/Auch%20et%20les%20Sibylles.pdf

     —LAMBERT (Gisèle), Les premières gravures italiennes =  Les gravures de Baccio Baldini : une suite de 24 prophètes et 12 Sibylles .

    http://books.openedition.org/editionsbnf/1365

    LE VERDIER, (Pierre Jacques Gabriel,) 1884, Mystère de l'incarnation et nativité de Notre Sauveur et Rédempteur Jésus-Christ : représenté à Rouen en 1474, publié d'après un imprimé du XVe siècle Société des bibliophiles normands

    https://archive.org/stream/mysteredelincarn01leve#page/n69/mode/2up

    MÂLE  (Émile), 1925,  L'art religieux de la fin du Moyen Age en France  : étude sur l'iconographie du Moyen Age et sur ses sources d'inspiration  3e éd., rev. et augm. / Paris : A. Colin ,  p. 254-279.

    https://archive.org/stream/lartreligieuxde00ml#page/252/mode/2up

    https://archive.org/stream/lartreligieuxde00ml/lartreligieuxde00ml_djvu.txt

    MÂLE  (Émile) , 1899, Quomodo Sibyllas recentiores artifices repraesentaverint [Texte imprimé] / E. Mâle,.. / Parisiis : E. Leroux , 1899  

    MONTEIRO (Mariana), 1905, As David and the Sibyls says. A sketch of the Sibyls and the sibylline oracles  

    https://archive.org/details/asdavidsibylssay00montrich

    PASCUCCI (Arianna), 2011, L'iconografia medievale della Sibilla Tiburtina in Contributi alla conoscenza del patrimonio tiburtino, Vol. VIII, Liceo classico statale Amedeo di Savoia di Tivoli, 2011,

     http://www.liceoclassicotivoli.it/Pascucci_Sibilla_Tiburtina_2011.pdf

    https://www.academia.edu/9789364/Liconografia_medievale_della_Sibilla_Tiburtina_di_Arianna_Pascucci_Tivoli_2011

    RÉAU (Louis), Iconographie de l'art chrétien, II, Iconographie de la Bible, Ancien Testament, p. 420-430.

    ROESSLI (Jean-Michel), 2002,  Catalogues de sibylles, recueil(s) de Libri Sibyllini et corpus des Oracula Sibyllina Remarques sur la formation et la constitution de quelques collections oraculaires dans les mondes gréco-romain, juif et chrétien Jean-Michel Roessli (Université de Fribourg, Suisse)  in E. NORELLI (ed.), Recueils normatifs et canons dans l'Antiquité. Perspectives nouvelles sur la formation des canons juif et chrétien dans leur contexte culturel. Actes du colloque organisé dans le cadre du programme plurifacultaire La Bible à la croisée des savoirs de l'Université de Genève, 11-12 avril 2002 (Lausanne, 2004; Publications de l'Institut romand des sciences bibliques 3), p. 47-68

    http://www.concordia.ca/content/dam/artsci/theology/profiles/jean-michel-roessli-catalogues-sibylles.pdf

    ROESSLI (Jean-Michel) , 2007 « Vies et métamorphoses de la Sibylle », Revue de l’histoire des religions :

     http://rhr.revues.org/5265

     — Sibyllae et prophetae de Christo Salvatore vaticinantes - BSB Cod.icon. 414 (1490-1500) http://bildsuche.digitale-sammlungen.de/index.html?c=viewer&lv=1&bandnummer=bsb00017917&pimage=00017917&suchbegriff=&l=fr

    TASSERIE (Guillaume), 1499  Le Triomphe des Normans composé par Guillaume Tasserie traictant de la Immaculée Concepcion Nostre Dame

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k424472s

    Le Triomphe des Normans traictant de la Immaculée Conception Nostre Dame est un mystère qui fut joué en 1499. Une seule copie de ce texte nous est parvenue, dans un manuscrit ayant appartenu jadis au Duc de la Vallière. La mise en ligne et la mise en page ont été assurées par Denis Hüe à l’Université Rennes

    2http://www.sites.univ-rennes2.fr/celam/cetm/triomphe/triomphe.html

     

    —BERTAUD (Jean) , 1529, Encomium trium Mariarum cum earundem cultus defensione aduersus Lutheranos [et alia opera : Sequitur Officium trium filiarum beatae Annae et ♦ De cognatione sacerrimi Ioannis Baptistae cum filiabus et nepotibus beatae Annae Libri tres ♦ expurgati et emuncti]

     

     

    Tractatus Zelus Christi, Venise 1592

    https://books.google.fr/books?id=eItlAAAAcAAJ&pg=PA44-IA1&lpg=PA44-IA1&dq=ensem+nudum+sibylla&source=bl&ots=mmZ9XSX-Hd&sig=mpqSs1Y5_ou3a9KrWaEIqX-w4eo&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiS4_Ghx8nPAhXnDsAKHeLyAXEQ6AEIHDAA#v=onepage&q=ensem%20nudum%20sibylla&f=false

     

    Description des sibylles de la rosace de la cathédrale de Beauvais par Jean et Nicolas Le Prince 1537 : 

    https://archive.org/stream/beauvaissacathd00pihagoog#page/n95/mode/2up/search/sibylle

     

     

     


     

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    Published by jean-yves cordier - dans Beauvais Vitraux Sibylles
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    17 octobre 2016 1 17 /10 /octobre /2016 07:50

    Le vitrail de l'Arbre aux Sibylles de la Collégiale Notre-Dame-du-Fort à Étampes. Vers 1555. 

    Voir aussi : 

    Les douze Sibylles de Brennilis étudiées à la lumière des Heures de Louis de Laval.

     

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    L'un de mes buts est de fournir une documentation en ligne en matière d'iconographie. Pour ce vitrail d'Étampes, le travail a déjà été supérieurement réalisé, disponible sur Commons Wikipédia. Mon autre but est d'y associer un texte d'analyse. Cette étude a été rédigée par Eugène Lefèbre-Pontalis en 1911. Néanmoins, les inscriptions latines ne sont pas disponibles en ligne, notamment parce qu'elles sont signalées comme étant issues des Discordantiae sanctorum doctorum Hieronymi et Augustini  (1481) de Filippo Barbieri, ce qui est partiellement exact.

    J'ai tenté ici d'y ajouter malgré tout mon grain de sel.

    L'ARBRE AUX SIBYLLES D'ÉTAMPES (vers 1555).

    C'est un arbre en tout point comparable aux Arbres de Jessé, qui ont à l'évidence inspirés la conception de ce vitrail. Douze Sibylles, prophétesses de l'Antiquité, sont assises sur ses branches, tenant chacune un cartouche portant le texte latin de leur prophétie. De l'autre main, certaines tiennent un rouleau de papier, d'autres lèvent un index oraculaire et désignent le tympan. Dans celui-ci se trouve, au dessus du roi David et du prophète Isaïe, la Vierge tenant son Fils. En effet, depuis le XIIe siècle, les chrétiens ont estimé que les Sibylles avaient annoncé la venue du Christ comme Fils de Dieu et Sauveur par la Croix. A la fin du XVe siècle en Italie, c'est le rôle de la Vierge comme mère, et comme Nouvelle Ève indemne du Péché, qui a été mis en avant.

    1. L'Arbre de Jessé.

    Dans la démarche théologique consistant à démontrer que les vérités tirées des Évangiles se retrouvent  sous forme de prémonition dans le passé, l'Arbre de Jessé servait de support visuel spectaculaire pour montrer que la Vierge et son Fils réalisait (on dit "accomplissait") la prophétie d'Isaïe 7:14 "C'est pourquoi le Seigneur lui-même vous donnera un signe, Voici, la jeune fille deviendra enceinte, elle enfantera un fils, Et elle lui donnera le nom d'Emmanuel.". Si on l'associait à  la prophétie du même Isaïe 11:1  "Un rameau poussera sur le tronc de Jessé, un rejeton naîtra de ses racines, et portera du fruit", cela permettait de développer l'idée que Jessé était à l'origine d'un arbre (assimilé à un arbre généalogique), et que le "rejeton" était la jeune vierge, et que son fils Emmanuel était le "fruit" de l'arbre de Jessé. Si on ajoute à cela que les descendants de Jessé ne sont autres que les rois de Juda, une dynastie débutant par David, on dresse un arbre enraciné dans la poitrine (ou le bassin) de Jessé, portant sur chaque branche l'un des 12 rois de Juda, et s'achevant par La Vierge et par son Fils, le Christ. 

    Il ne reste plus qu'à rapprocher cela des généalogies de Jésus énoncées dans les évangiles de Matthieu et de Luc, et témoignant des ascendances royales du Christ pour que le motif iconographique de l'Arbre de Jessé soit un condensé lapidaire d'une méditation théologique extrêmement riche. Initialement centré sur le Christ (au XIIe siècle à saint-Denis ou à Chartres), le thème va ensuite honorer Marie dans sa maternité, dans sa virginité, et dans sa nature royale.

    N;b. la valeur des prophéties d'Isaïe envers la virginité de Marie s'apprécie mieux à travers le texte latin : Is.7:14  propter hoc dabit Dominus ipse vobis signum ecce virgo concipiet et pariet filium et vocabitis nomen eius Emmanuhel et Is 11:1: et egredietur virga de radice Iesse et flos de radice eius ascendet (avec le jeu sur virga / virgo, "rejeton" et "vierge").

    Dans ce contexte, c'est tout naturellement David et Isaïe que nous retrouvons dans le tympan du vitrail d'Étapes. David tient le cartouche où est cité le psaume 110 Tu es sacerdos in aeternum secundum ordinem Melchisedech "Tu es sacrificateur pour toujours à la manière de Melchisédek", qui rend honneur à la fonction sacerdotale du Christ (ses trois fonctions sont : sacerdotale; royale ; et prophétique). Isaïe tient le verset 11:1   egredietur virga de radice Iesse qui rend honneur à sa fonction royale car il est "de la maison de David" fils de Jessé. 


     

     2. Des 12 prophètes bibliques  aux Sibylles.

    Le théologien ou le clerc qui a conçu l'Arbre aux Sibylles d'Étampes a remplacé les douze rois de Juda par les 12 Sibylles, sans s'embarrasser du fait que la cohérence généalogique de l'image de l'arbre n'était plus respectée pour ces prophétesses d'époques, de pays et de continents différents, et en l'absence d'un ancêtre enracinant. L'essentiel était de récupérer la signification typologique de l'Arbre de Jessé (la Vierge donnant un Fils Sauveur a été annoncée au peuple hébreu par Isaïe) et de l'appliquer aux vaticinations énoncées pendant l'Antiquité : la Vierge donnant un Fils Sauveur a été annoncée aux nations païennes par les Sibylles. Le nombre de ces dames avait précisément été porté de 10 à 12 par Filippo Barbieri dans un livre imprimé en 1481 afin, notamment, de se calquer non seulement sur les 12 apôtres et les 12 articles du Credo, mais aussi sur les 12 rois de Juda, et sur les 12 prophètes qui les accompagnaient sur le coté des Arbres de Jessé (Saint-Denis, Chartres, etc..). Mais Barbieri avait aussi attribué aux prophétesses des oracles bien différents de ceux qui avaient été diffusés par Lactance, et les nouvelles proclamations étaient beaucoup plus centrées sur  le rôle de la Vierge. 

    Or, ce sont les textes de Barbieri qui sont placés ici entre les mains des Sibylles. 

    Un grand absent.

    Néanmoins, la perte du registre inférieur (détruit avant le XIXe siècle) ne permet pas de connaître complètement la pensée théologique qui est exposée ici. Il existait dans ce registre, non pas seulement peut-être des donateurs agenouillés et leur blasons, comme le suggère Lefèvre-Pontalis, mais aussi certainement le tronc initial de l'arbre, et, selon toute vraisemblance, un personnage tutélaire, transposition de Jessé dans cette nouvelle réflexion typologique. Il est vain de vouloir imaginer l'identité de cet ancêtre attribué aux Sibylles, et pourtant en l'absence de cette clef, tout le sens du vitrail nous échappe. Était-ce une grande figure de la philosophie antique, comme Platon et Aristote dans l'École d'Athènes (1508) de Raphaël ?  Une femme ? Une Allégorie ?

    Des précédents.

    1) Dans le Psautier d'Ingeburge de Danemark, reine de France (1176-1236), manuscrit conservé au Musée Condé de Chantilly et réalisé au début du XIIIe siècle, le folio 4verso représente un arbre de Jessé dans lequel, parmi les prophètes des secteurs latéraux se trouve une femme tenant elle aussi la banderole de sa prophétie. Je ne la déchiffre pas mais je découpe dans mes lectures cette information : "La Sibylle est généralement accompagnée d'un vers des oracles sibyllins. Le texte du psautier d'ingeburge ne correspond pas au texte donné par Eusèbe de Césarée (P.L., VIII, col. 450 à 454) mais à celui d'Augustin De civitate Dei (éd. «Bibliothèque augustinienne », n° 36, 1960,  "

    image Wikipédia https://commons.wikimedia.org/wiki/File:MuseeConde.jpg?uselang=fr

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    2) L'arbre de Jessé de la cathédrale de Soissons (baie 100, réalisée vers 1212) comportait deux Sibylles à coté des Prophètes Isaïe, Daniel, Michée, Ézéchiel, Jérémie et Osias.

    http://www.lavieb-aile.com/article-le-vitrail-de-l-arbre-de-jesse-de-la-cathedrale-de-soissons-124006261.html

    https://inventaire.picardie.fr/dossier/verriere-figuree-maitresse-vitre-verriere-royale-l-arbre-de-jesse-baie-100/fae6dd56-8636-433f-842a-8ebeba8a9fcc

    3)  L'arbre de Jessé du folio 11 du ms 340 de la Bibliothèque de Douai, 12e siècle : De Laudibus sanctae Crucis, Hrabanus Maurus, (Raban Maur, 780-856), origine : Abbaye bénédictine Saint-Sauveur d'Anchin . Une sibylle (inscription SIBILLA dans le phylactère) figure parmi les 8 personnages latéraux avec 7 prophètes.
    Voir : http://initiale.irht.cnrs.fr/ouvrages/ouvrages.php?imageInd=9

     

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    VUE GÉNÉRALE.


     

    Cet objet mobilier est classé monument historique dans la base Palissy, base de données sur le patrimoine mobilier français du ministère français de la Culture, sous la référence IM91000245.

     La fenêtre du chœur, côté Nord, est séparée en trois lancettes cintrées par deux meneaux. Chaque lancette est divisée par des barlotières en cinq panneaux.  Les sibylles sont disposées comme les rois d'un arbre de Jessé, sur fond bleu ; chacune d'elle porte un cartouche rectangulaire où est inscrite son nom et sa propriété. Un registre inférieur dépourvu de figures est consacré au tronc et à la première division de l'arbre, sur fond de paysage. Ce registre date de la restauration menée en 1873 par les soins de M. l’abbé Delanoue, curé de Notre-Dame qui restaura la sacristie à la même époque.  Des restaurations ultérieures ont eu lieu en 1941, 1945, 1950 et 1959.

    Les calvinistes auraient saccagé en 1562 la plupart des vitraux de la ville, et donc peut-être la partie basse de celui-ci.

    Le  nom du maître-verrier auteur de ce vitrail est ignoré, de même que celui du commanditaire. Un vitrail voisin comporte deux vitraux d'époques différente : le vitrail du Baptême du Christ probablement été offert par maître Jean Hué, mort en 1488 ou 1489. Et  l'Adoration des bergers,  datable de 1571 grâce à une inscription.

    La commande a dû relever des attributions du chapitre des chanoines de la Collégiale.

    Selon l'auteur de l'article Wikipédia, "des liens de parenté avec des vitraux semblables de la cathédrale Saint-Étienne de Sens et de l'église de Fleurigny ne peuvent pas être exclus." La cathédrale de Sens contient un vitrail représentant La Sibylle de Tibur montrant à l'empereur Auguste la Vierge à l'Enfant dans la chapelle fondée par le chanoine Nicolas Fritard vers 1550 et qui fut consacrée ne 1560. Il est attribué à Jean Cousin l'aîné. Au même Jean Cousin est attribué, avec plus de certitude, le vitrail de la Sibylle de Tibur de la chapelle du château de Fleurigny, avec une datation vers1532 (Françoise Gatouillat). 

    Mais on n'oubliera pas de rapprocher ces 12 sibylles à celles de la galerie de la rose de la cathédrale de Beauvais (baie 323) réalisées par Jean Le Prince  et Nicolas Le Prince en  1538. Les dix Sibylles garnissant les lancettes sous la rose y reprennent l'iconographie des vantaux du portail nord.

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    Vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

    Vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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    I. LE TYMPAN.

    Je débute par lui puisque c'est lui qui donne son sens au rassemblement des Sibylles mis en parallèle avec la prophétie d'Isaïe Egredietur... . (cf. supra).

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    https://commons.wikimedia.org/wiki/File:%C3%89tampes_Notre-Dame-du-Fort_Sibyllen_792.JPG

    https://commons.wikimedia.org/wiki/File:%C3%89tampes_Notre-Dame-du-Fort_Sibyllen_792.JPG

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    Tympan du vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

    Tympan du vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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    Le roi David.

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    Tympan du vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

    Tympan du vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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    LES TROIS LANCETTES.

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    Vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

    Vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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    Le registre inférieur.

    Commons Wikipédia G. Freihalter 2012

     

    Il s'agit d'une composition décorative datant d'une restauration ( 1873 ?) dans laquelle le tronc de l'arbre (une vigne ?) et ses premières divisions s'épaulent à une balustrade. Derrière les montants se développe en arrière plan un paysage en grisaille, avec des montagnes, des châteaux-forts et des bourgs.


     

     

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    Registre inférieur du vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

    Registre inférieur du vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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    Le deuxième registre .

    Voir Commons Wikipédia G. Freihalter 2012

    L'arbre possède des feuilles dissemblables évoquant parfois celles d'un figuier, parfois celles d'une vigne, ou encore d'un érable.

    On y trouve trois Sibylles : Phrygia, Erythrea et Europa.

     

     

    Deuxième registre du vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

    Deuxième registre du vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.


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    1. Phrygia, la Sibylle phrygienne.

    Commons Wikipédia

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    a) Cartouche : 

    PHRYGIA. 

    Invisibile verbum palpabitur et nascetur ex virgine ut deus 

     "On touchera le Verbe invisible de Dieu, et il naîtra d'une Vierge en tant que Dieu."

     

    Cette vaticination (prophétie, du latin vaticinari "action de prédire l'avenir")  provient de l'ouvrage de Filippo Barbieri, mais était alors attribuée à la sibylle Agrippa. D'autre part, elle n'en est qu'un fragment, et le terme "virgine" remplace celui de "matre" :

    Texte de Barbieri :

     Invisibile verbum, palpabitur et germinabit ut radix et siccabitur ut folium et non apparebit venustas ejus et circumdabit eum alvus maternus et flebit Deus letitia sempiterna et ab hominibus conculcabitur et nascetur ex matre ut Deus et conversabitur ut peccator.

    b) la Sibylle de Phrygie.

    Très belle coiffure à chignon et à tresses enlacées par un ruban jaune, lequel retient un foulard blanc à rayures jaunes qui revient sur l'épaule gauche. Sur une chemise plissée à encolure ras du cou, la robe bleue  à décolleté carré laisse les bras nus. L'emmanchure est resserrée au dessus des manches de la chemise par quelques tours croisés d'une bande blanche et or. Une chaîne servant de collier retient un pendentif d'or. La ceinture bleue maintient un tablier plissé jaune à galon blanc. Elle tient une feuille roulée de la main droite, et lève l'index gauche dans un geste d'énonciation.

     

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      Phrygia, la Sibylle phrygienne, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      Phrygia, la Sibylle phrygienne, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      2. Erythrea, la sibylle Érythréenne.

      Voir Commons Wikipédia G. Freihalter 2012

      a) Cartouche :

      Jesus christus filius dei salvator et coelo rex adveniet per secula futura, sanctus in carne presens, ut judicet orbem.

      "Jésus-Christ, fils de Dieu et sauveur, viendra comme roi du ciel dans la suite des siècles ; plein de sainteté et en chair, il viendra juger le monde."


       

      Source selon Lefèbre-Pontalis : "Stalles de la cathédrale d'Ulm d'après saint Augustin. On y lit Ex coelo rex adveniet."

      Mais aussi : Sermon apocryphe  d'un Bréviaire à l'usage du diocèse d'Arles, XIIe siècle

      Joachim Du Bellay dit, au seizième siècle, dans sa Défense et Illustration de la langue françoise, dédiée au roi Charles IX :

      « Quant à la disposition des lettres capitales, Eusèbe, au livre de Ia préparation évangélique, dit que la sibylle Érithrée avoit prophétizé de Jésus Christ, préposant à chacun de ses vers certaines lettres qui déclaroient le dernier advénement de Christ. Lesdites lettres portoient ces mots : Jésus, Christus, servator, crux. Les vers furent translatez par sainct Augustin (et c'est ce qu'on nomme les XV signes du jugement), lesquels se chantent encore en quelques lieux. « (OEuvres françaises de Joachim Du Bellay..., à Paris, de l'imprimerie de Fred. Morel, MDLXXlIII,fol. 29, verso. — Déf. et Ulustr., livr, II, chap. 8.)

      Augustin a en effet emprunté ces vers à Eusèbe, le sermon apocryphe les a empruntés à saint Augustin, et le moyen âge les empruntait d'ordinaire au sermon apocryphe.

      Robert Favreau, Sources des inscriptions médiévales  Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres  Année 2009  Volume 153  Numéro 4  pp. 1277-1330

      "Les Oracles sibyllins fournissent un autre exemple de réemploi d’une œuvre de l’Antiquité sous une forme chrétienne. Le Judicii signum tellus sudore madescet, « Signe du jugement la terre s’imprègne de sueur » est prononcé par la sibylle qui annonce l’agonie du Christ au jardin des Oliviers. On a Judicii signum à la cathédrale de Sessa Aurunca en Italie du Sud au XIIIe siècle20. Le vers qui suit, e caelo rex adveniet per secla futurus, est en l’église de la Nativité à Bethléem, au portail nord de la façade de la cathédrale de Laon, et dans les peintures murales des Salles-Lavauguyon. Ce sont les deux premiers vers d’un ensemble de vingt-sept vers, que saint Augustin donne dans la Cité de Dieu (l. XVIII, ch. 23) et que son contemporain Quodvultdeus, évêque de Carthage cite dans son Sermon contre les juifs. Les deuxième, troisième, quatrième et vingt-sixième de ces vingt-sept vers sont inscrits au pignon de la châsse de San Millán de la Cogolla."

      b) La Sibylle d'Érythrée.

      Elle porte un voile sur la tête, un rouleau de parchemin dans la main, et est chaussée de sandales (seules Cymeria et Aegetina sont pieds-nus). Sa robe bleue et or est  ornée d'un motif géométrique à entrelacs de quatre-feuille. Ce motif  est appliqué au pochoir de manière mécanique sans s'ajuster aux effets de volume imposés par les plis, ce qui donne l'effet désagréable de collage de verre pré-imprimé.

       On remarquera la façon dont la partie du visage placé à l'ombre est traitée, comme la paupière droite et d'autres reliefs, par rehaut de jaune d'argent, ou plutôt de Jean Cousin.

       

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      Sibylle Erythrea, Collégiale d'Étampes, photographie lavieb-aile

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      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      3. Europa, la sibylle Europe.

      Voir aussi Commons Wikipédia G. Freihalter 2012

      a) le cartouche dit :

      Veniet ille, regnabit in paupertate et dominabitur in silentio.

      "Il viendra, il régnera dans la pauvreté et dominera dans le silence." 

      Source : Filippo Barbieri dont le texte complet dit : Veniet ille et transibit montes et colles et latices sylvarum Olympi ; regnabit in paupertate et dominabitur in silentio et egredietur de utero virginis.

      b) la sibylle.

      Tête baissée, main droite sur la poitrine, elle est coiffée d'un foulard retenu par un serre-tête perlé. Tunique rouge à manche violette et à bracelets de bras. La robe en verre blanc porte des motifs de brocard au jaune d'argent. Comme pour Erythrea, ces motifs sont appliqués au pochoir de manière mécanique sans s'ajuster aux effets de volume imposés par les plis.


       

       

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      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.
      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      Troisième registre.

      On y trouve les Sibylles Cymeria, Aegetina et Samia.


       

       

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      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      4. Cymeria, la sibylle Cimmérienne.

      Commons Wikipédia G. Freihalter 2012

       

      a) Le cartouche.

      Nascetur de paupercula et bestye terrarunt et adorabunt eum

      "Il naîtra d'une pauvresse et les animaux l'adoreront."

      Source : fragment du texte attribué par Filippo Barbieri à la Sibylle de Samos :  Ecce veniet dies et nascetur de paupercula et bestiae terrarum adorabunt eum et dicent «laudate eum in atriis cœlorum .

      b) La Sibylle Cimmérienne.

      Elle lève l'index droit et abaisse l'index gauche en une gestuelle oraculaire. Cheveux frisés retenus par un foulard et un fin serre-tête. Collier et bracelets de bras. Tunique blanche, ceinture rouge. Robe en verre blanc et jaune d'argent qui reprend le motif stéréotypé de l'Erythrea. Pieds nus.

       

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      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      5. Oegetina (sic) , la Sibylle Egéenne ou Hellespontique

      Voir Commons Wikipédia G. Freihalter 2012

      a) Le cartouche.

      Nascetur Deus ... diebus novissimis de virgine hebrea

       "Dans ces derniers temps un Dieu naîtra d'une vierge, juive."

      Source : Filippo Barbieri, fragment de l'Hellespontique De excelsis cœlorum habitaculo prospexit Deus humiles suos. Et nascetur in diebus novissimis de virgine hebraea in cunabulis terrae.

      b) La Sibylle.

      Foulard noué sur des cheveux courts, une perle est pendu au nœud. Robe verte, tunique blanche, ceinture violette, jupe grise à rayures blanches. Pieds nus.

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      Sibylle Oegetina, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      Sibylle Oegetina, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      6. Samia, La Sibylle de Samos.

      a) Le cartouche

      In ultima aetate humanabitur Deus et erit salus gentium.

      "Dans ce dernier âge, Dieu se fera homme et sera le salut des nations".

      Source : Les textes de Filippo Barbieri, mais la première partie est mise dans la bouche d'Erythrea (In ultima autem aetate humiliabitur Deus et humanabitur proles divina, jungetur humanitati divinitas. Jacebit in feno agnus et officio puellari educabitur Deus et homo. Signa praecedent apud Apellas. Mulier vetustissima puerum praemium corripiet. Boetes orbis mirabitur, ducatum prœstabit ad ortum) ...et la seconde de Persica (Ecce bestia conculcaberis et gignetur Dominus in orbe terrarum, et gremium virginis erit salus gentium et pedes ejus erunt in valitudine hominum).

       

      b) La Sibylle.

      Cheveux noués par un foulard. Collier, bracelets et ceinture en or. Tunique vieux-rose, robe violette, manteau au motif stéréotypé à entrelacs de quadrilobes. Index prophétique.

       

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      Sibylle Samia, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      Sibylle Samia, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      Quatrième registre.

      On y trouve les Sibylles Delphica, Lybica, et  Persica.

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      7. Delphica, la sibylle de Delphes.

      Voir Commons Wikipédia G. Freihalter 2012a.

      ) Le cartouche.

      Jacebit in feno agnus et puellari officio educabitur Deus et homo

      "Il reposera sur la paille comme un agneau ; Dieu et homme, il sera élevé par les soins d'une vierge."

      Source : Fragment des paroles attribuées par Barbieri à Erythrea (Jacebit in feno agnus et officio puellari educabitur Deus et homo. Signa praecedent apud Apellas. Mulier vetustissima puerum praemium corripiet. Boetes orbis mirabitur, ducatum prœstabit ad ortum.), avec un mot changé de place.  

      Barbieri: http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f15.item

      b) La Sibylle de Delphes.

      Ses cheveux sont rassemblés par un foulard tressé et formant une natte. Sa robe bleue à revers or, son châle et son manteau blancs sont  unis. 

      Le gros plan sur le visage permet de remarquer, là encore, des rehauts brun-doré pour la partie ombrée du visage. Peut-on parler de "Jean Cousin" ? De "sanguine" ?

      "Le « Jean Cousin » désigne aujourd'hui les produits utilisés depuis le début du XVIème siècle pour colorer les carnations."  Couleur de cémentation qui varie du rosé au brun chaud selon la dilution appliquée. Elle est obtenue à partir de dérivés du fer. On l'utilise pour les carnations des visages ou pour la teinte des chevelures. Son aspect est mat et translucide. D'après Nicole Blondel, le « Jean Cousin » serait une couleur de cémentation variant du rosé au brun chaud, obtenue à partir de dérivés du fer (sulfate et peroxyde)."
      "La sanguine est le composant principal des produits de carnation, ceux-ci sont obtenus à partir de sa décantation. Elle est composée d'hématite (Fe2 O3 ), oxyde ferrique naturel produisant une couleur rouge s'il est broyé en grains très fins et une couleur brune s'il est utilisé en grains plus gros. En utilisant l'hématite en couche très fine on obtient la possibilité de colorer en ton chair et de façon translucide un verre incolore."

      http://www.infovitrail.com/index.php/fr/la-sanguine-le-rouge-jean-cousin-ou-la-carnation?showall=&start=1



       

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.
      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.


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      8. Lybica, la sibylle Lybique.

       

      a) Le cartouche :

      In paupertate egredietur de utero virginis et in perpetuum regnabit.

      "Dans la pauvreté il sortira du sein d'une vierge, et son règne n'aura pas de fin."

      Source : fragments de l'Europa de Barbieri, (Veniet ille et transibit montes et colles et latices sylvarum Olympi ; regnabit in paupertate et dominabitur in silentio et egredietur de utero virginis ) dont les mots ont été placés dans un sens différent et auxquels on a ajouté in perpetuum

      Voir aussi la sentence de la Lybica de Barbieri, contenant les mots regnabit et uterus matris.

      Barbieri : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f14.item

      b) La Sibylle de Lybie.

      Coiffure blonde et bouclée rassemblée par une étoffe blanche rayée de jaune ; robe bleue à manches courtes, manteau rouge ourlé d'or, chaussures hautes. Tient un rouleau de parchemin dans la main gauche.

       

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      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.
      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      9. Persica, La Sibylle Persique.

      Voir : Commons Wikipédia G. Freihalter 2012

      a) Le cartouche : 

      Ascendet puella puerum nutriens dans ei lac proprium.

      "Une vierge naîtra qui nourrira son enfant de son propre lait."

      Source : fragment de la Cimmérienne de Barbieri : ..prima facie virginis scendet puella pulchra facie,prolixa capillis, sedens super sedem stratam [nutrit puerum] , dans ei ad comedendum vis proprium, id est lac de cœlo missum.

      Barbieri : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f13.item

      b) La Sibylle de Perse.

      Chevelure blonde (jaune d'argent) retenue par un serre-tête et une natte circulaire. Robe jaune damassée en pomme de pin, motif centré par quatre losanges peints à l'émail bleu. Plaque pectorale à tête de putti, d'où part une languette qui s'insère dans la ceinture.


       

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      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      Cinquième et dernier registre.

      On y trouve les Sibylles Agripa, Cumoea, et  Tiburtina.

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      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      10. Agripa, la Sibylle Agrippa.

      a) Le cartouche:

      Nascetur propheta magnus ex virgine absque maris coitu.

      "Un grand prophète naîtra d'une vierge".

      Source : Sentence de Filippo Barbieri pour la Delphique, modifiée et intervertie ( le texte de Barbieri est Nascetur propheta absque matris coitu ex virgin ejus )

      b) La Sibylle Agrippa (Aegypta).

      Coiffure complexe où les cheveux sont couverts d'un voile et resserrés par un ruban en plusieurs masses. Le voile retombe sur les épaules. Beau visage inspiré aux lèvres entrouvertes. La main droite est posée sur le cartouche, l'autre tient un codex. Tunique jaune d'or , frangée ;  manches vertes ; jupe violette.   


       


       

       

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      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.
      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      11. Cumoea, la sibylle de Cumes.

      a) Le cartouche :

      Dabunt Deo alapas manibus iniquis, Ora conspuent immundorum labiis.

      "Ils donneront des soufflets à Dieu, de leurs mains criminelles ; leurs lèvres impures le couvriront de crachats."

      source : inspiré de Lactance, dans une prophétie sibylline  relative à la Passion. Lactance dit : in manus iniquas infidelium postea veniet ; dabunt deo alapas manibus incestis et impurato ore exspuent venenatos sputus". Lactance reprend les termes de la Cité de Dieu Civitates Dei Livre 18 chap. 23 de Saint Augustin.


       

      b) La Sibylle de Cumes.

      Elle est représentée de dos, le visage tournée vers sa gauche. Elle porte un serre-tête orné d'un bijou. La robe jaune d'or est ornée de motifs répétitifs en cercle où s'inscrivent cinq lobes. Ses mains montrent qu'elle est en train de s'exprimer.

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      Sibylle Cumea, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.
      Sibylle Cumea, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      Sibylle Cumea, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      12. Tiburtina, la sibylle de Tibur.

      a) Le cartouche :

      Hic vere magnus est, ipsum adora

      "Celui-ci est vraiment grand, adorez-le."

      Lefèbre-Pontalis signale qu'il n'a pas retrouvé la source de cette sentence dans le travail , qui fait référence, d'Émile Mâle. Mais elle provient de la légende de l'Arca Cœli, diffusée dans toute l'Europe au XIIe siècle par la Légende Dorée au chapitre VI, De Nativitate Domini Nostri Jesu Christi.  Hic puer major te est et ideo ipsum adora. 

      Voici le résumé de cette légende :


       

        "Les sénateurs, remarquant la beauté surhumaine d'Auguste et l'éclat insoutenable de son regard, et prenant acte de la prospérité et de la paix qu'il faisait régner dans le monde, proposèrent de l'adorer. L'empereur demanda un délai. Il fit venir la Sibylle de Tibur et lui fit part de la motion des sénateurs. Celle-ci jeûna trois jours avant de rendre son oracle sous la forme de la récitation de trente-trois vers acrostiches (d'ordinaire mis dans la bouche de la Sibylle Erythrée). Lues verticalement, les trente-quatre lettres de ces hexamètres grecs donnent : Ίησοϋς χριστός θεοΰ ύιος σωτήρ σταυρός. (Jésus Christ Fils de Dieu Sauveur (par la) Croix). Alors le ciel s'ouvrit et une théophanie lumineuse apparut au-dessus de l'empereur. Il vit dans le ciel une Vierge très belle, debout sur un autel et tenant un Enfant dans ses bras, cependant qu'une voix prononçait: «Hec ara filii Dei est». Il tomba à genoux et adora la vision. Les sénateurs auxquels il la rapporta s'en émerveillèrent. Elle eut lieu dans la chambre de l'empereur, sur l'emplacement de l'église de Sainte-Marie-au-Capitole que l'on appelle Sainte-Marie-de-l'Ara-Coeli " (Philippe Verdier).

      Émile Mâle s' est longuement intéressé à son iconographie :

      "Le XIIIe siècle connaissait déjà les Sibylles ; Vincent de Beauvais nomme les dix Sibylles cataloguées par Varron ; mais, en France, les artistes n'en représentent qu'une, la Sibylle Erythrée, la terrible prophétesse du jugement dernier.  L'italie honorait une autre Sibylle : la Sibylle de Tibur. C'est qu'elle était mêlée aux légendes qui enveloppent d'un réseau de poésie cette merveilleuse Rome du Moyen Âge. On racontait que l'empereur Auguste, incertain de l'avenir, et voulant savoir qui obtiendrait après lui l'empire, fit venir à Rome la Sibylle de Tibur. La prophétesse consentit à soulever pour lui le voile du temps ; du haut du Capitole, elle lui montra, dans le ciel entr'ouvert, une Vierge tenant un enfant dans ses bras ; en même temps, une voix prononça ces paroles : Haec est ara cœli. L'empereur Auguste, ému de cette vision, fit graver ces mots mystérieux sur un autel dédié au futur maître du monde, et c'est à cet endroit même que s'éleva plus tard l'église de l'Ara cœli . Dès la fin du XIIe siècle l'art italien représenta cette scène , que l'art du Nord ne connut que beaucoup plus tard. La Sibylle de Tibur et la Sibylle Erythrée sont donc les deux Sibylles que les artistes du moyen âge représentèrent d'abord Grâce au Speculum humanae Salvationis qui l'avait adoptée. [la scène entre la Sibylle et Auguste accompagne, dans le Spéculum le miracle de la Verge d'Aaron, et vient immédiatement après le Buisson ardent et la Toison de Gédéon]. Les plus anciennes représentations nous montrent, comme le Spéculum, Auguste seul avec la Sibylle (Très riches Heures de Chantilly ; tableau peint par Jean Van Eyck pour l'église d'Ypres [Triptyque de Saint-Martin d'Ypres, 1440]). Mais avec Rogier Van der Weyden (triptyque de Middlebourg, à Berlin)  la scène s'enrichit tout d'un coup. On voit près d'Auguste trois personages qui sont les témoins du miracle. Quels sont ces personnages ? Il suffit pour le savoir de lire le Mystère de l'incarnation joué à Rouen, ou le Mystère d'Octavien et de la Sibylle. On verra qu'Auguste est accompagné de ses fidèles : sénéchal, prévôt, connétable; on verra aussi qu'au moment où la Vierge portant l'Enfant apparaît dans le ciel, Auguste se découvre, puis qu'il prend un encensoir [Mystère de l' Incarnation] et encense. [...]. Il y avait donc une tradition artistique qui venait du théâtre. Dans notre art français, la vision de l'empereur Auguste se rencontre, assez souvent, au commencement du XVIe siècle. C'est un sujet particulièrement cher aux verriers champenois (Vitrail de Saint-Léger-lèz-Troyes, de Saint-Parres-les-Tertres, d'Ervy, de Saint-Alpin de Châlons, de Sens, du château de Fleurigny). Dans tous ces vitraux l'influence des Mystères est évidente.... Une tapisserie du Musée de Cluny, qui représente la vision d'Auguste, nous montre aussi trois suivantes derrière la Sibylle de Tibur." (É. Mâle, L'Art religieux..., page 255)

       

       

      b) La Sibylle de Tibur.

      Voile sur les cheveux. Robe lie-de-vin, damassée de pampres. Index oraculaire. Jean Cousin sur les lèvres, le cou, l'ombre des yeux et du nez.

       

      Sibylle de Tibur dans le Speculum humanae salvationis Latin 511  folio 9r (Gallica) &  Speculum humanae salvationis Latin 512folio 10r  (Gallica)
      Sibylle de Tibur dans le Speculum humanae salvationis Latin 511  folio 9r (Gallica) &  Speculum humanae salvationis Latin 512folio 10r  (Gallica)

      Sibylle de Tibur dans le Speculum humanae salvationis Latin 511 folio 9r (Gallica) & Speculum humanae salvationis Latin 512folio 10r (Gallica)

      La Sibylle de Tibur dans le Discordantiae de Barbieri (1481). Gallica

      La Sibylle de Tibur dans le Discordantiae de Barbieri (1481). Gallica

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      Sibylle Tiburtina, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

      Sibylle Tiburtina, vitrail de l'Arbre aux Sibylles, Collégiale Notre-Dame-du-Fort d'Étampes. Photographie lavieb-aile.

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      DISCUSSION.

      L'étude des inscriptions ne permet pas de connaître la source d'inspiration du commanditaire, puisque toutes ne proviennent pas des Discordantiae de Filippo Barbieri , et que, pour  celles qui en proviennent , la concordance n'est pas respectée entre l'oracle inscrit, et la Sibylle à qui Barbieri l'a attribué. Le texte de l'oracle n'est pas non plus suivi à la lettre, mais fait l'objet d'inversions ou de changement de mots. L'oracle n'est cité que partiellement, ce qui est compréhensible par manque de place.

      Au total, neuf des douze oracles viennent de Barbieri, un seul de Saint Augustin (via Lactance), et, selon Lefèvre-Pontalis, trois viennent des stalles de la cathédrale d'Ulm.

      Les Sibylles sont représentées l'index levé et tenant un parchemin, comme elles l'étaient avant que Barbieri ne décrivent leur âge, leur allure et leur attribut ; elles ne répondent pas non plus à la systématisation des attributs des Heures de Louis de Laval, qui fera autorité.

      La place donnée à la Sibylle de Tibur, en haut à droite, proche de la Vierge à l'Enfant, est choisie délibérément, mais rien n'indique par ailleurs le statut privilégié qui sera le sien à la cathédrale de Sens, ou sur les autres vitraux consacrés à la légende de l'Arca Cœli.

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      CONCLUSION

      Malgré les incertitudes concernant sa datation, l'identité de son auteur et de son commanditaire ou de ses sources, et enfin du personnage placé à sa base, cette verrière de l'Arbre aux Sibylles de la Collégiale d'Étampes est passionnante car elle représente l'unique exemple de la transposition vers les prophétesses païennes du thème iconographique de l'Arbre de Jessé. De même que ce thème a migré, du XIIe siècle au XVIe siècle, de la Christologie vers la Mariologie, les Sibylles ont connu la même évolution et, depuis la fin du XVe siècle, les auteurs leur ont prêté des oracles annonçant, comme la Tiburtine devant l'empereur Auguste, l'avènement d'une Vierge, la naissance d'un Fils . C'est ici le cas de Phrygia (nascetur ex virgine), de Cymeria (nascetur de paupercula), de Oegetina ou Hellespontique (nascetur deus...de virgine hebraea), de Samia (humanabitur Deus), de Delphica (puellari officio educabitur), de Lybica (egredietur de utero virginis) , de Persica (ascendet puella puerum nutriens), et d'Agripa (Nascetur propheta magnus ex virgine absque maris coitu), avec cette répétition des mots nascetur (il naîtra), virgine (vierge), ou puella  (jeune fille) qui témoigne de l'importance prise par les notions de virginité, de maternité et de naissance, et donc du rôle de Marie dans l'Incarnation et dans le plan du Salut.

       

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      Le vitrail photographié en 1910 in Revue de l'art chrétien p. 261 https://archive.org/stream/revuedelartchr60lilluoft#page/260/mode/2up

      Le vitrail photographié en 1910 in Revue de l'art chrétien p. 261 https://archive.org/stream/revuedelartchr60lilluoft#page/260/mode/2up

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      ANNEXES 
       

      Description du vitrail par Eugène Lefèvre-Pontalis, 1910.

       

      "Ia verrière occupe une grande fenêtre romane, dans un des bas-cotés du chœur, au nord-est de l'église. C'est l'œuvre d'un artiste d'un réel talent. Les visages des prophétesses sont d'un style très noble ; quelques-uns sont d'un grand charme, surtout celui de la sibylle Hellespontique qui est au centre de la composition. Les pieds nus ont été traités avec soin et les mains sont en général d'une exécution parfaite : plusieurs , malheureusement, ont souffert des injures du temps. On remarque beaucoup de grâce et de variétés dans les attitudes, ainsi qu'une étonnante diversité dans les coiffures, dans es bijoux, dans les costumes , dans les tissus et les broderies. Plusieurs robes sont en étoffes de brocart dont les dessins sont très remarquables. Dans son ensemble, l'œuvre est à la fois élégante et riche. On peut ajouter que cette verrière est assez bien conservée. Elle fut entièrement réparée, en 1873, mais nous pensons que cette restauration a été assez discrète et qu'on s'est contenté de faire le strict nécessaire. Si plusieurs robes de sibylles ont des teintes assez douteuses, et nous donnent à croire qu'elles sont en partie modernes, beaucoup de détails du moins et des plus importants, comme les visages et les mains des personnages, ont un caractère de beauté et de pureté, qui prouve incontestablement leur ancienneté.

      Seule toute la partie inférieure du vitrail est récente. Il est fort à craindre qu'une mutilation voulue et complète, accomplie par exemple au temps de la Révolution n'ait fait disparaître, soit des armoiries, soit une inscription importante, voire même de précieux portraits. Mais enfin le sujet principal a été épargné et c'est un document de valeur incomparable pour l'art et l'iconographie chrétienne."

       

           

       

       

           LA COLLÉGIALE: LE VITRAIL DES SIBYLLES, CURIOSITÉ DU SUJET, SA PERFECTION ET SA RICHESSE. Léon Guibourgé 1957.
       

         "Le vitrail, dit des Sibylles, dans l’église Notre-Dame est remarquable par sa facture et son sujet. Il date de l’époque de la Renaissance du XVIe siècle. Son dessin et ses couleurs sont fort bien traités. Léon Marquis écrit avec enthousiasme dans son livre sur Etampes: «Par un jeu de la perspective, dû sans doute à l’étrange irrégularité du monument, l’œil rencontre cette verrière presque de tous les côtés de l’église. Tantôt à demi voilée par une colonne, tantôt se découvrant tout entière, c’est une explosion de vive lumière où les têtes semblent s’animer et les personnages se mouvoir.»

           Quant au sujet traité, il est curieux. C’est la représentation de l’Arbre de Jessé, sujet que l’on retrouve assez souvent au moyen âge. [...].

           L’arbre de Jessé, c’est l’arbre généalogique du Christ. Le patriarche Jessé est représenté à terre et endormi. De sa poitrine s’élance un tronc vigoureux qui se ramifie de chaque côté, et chaque branche porte un des ancêtres ou un prophète qui a annoncé sa venue. La plus haute branche se termine par la Vierge Marie tenant l’Enfant Jésus entre ses bras.

           Ce qui est remarquable dans l’arbre de Jessé du vitrail d’Etampes, c’est que les ancêtres ou prophètes de Notre Seigneur sont remplacés par des prophétesses ou sibylles. L’auteur de ce vitrail a cédé à la tendance de son époque, la renaissance du monde païen, et il a dû faire un tour de force en attribuant aux Sibylles des prophéties concernant le Messie.

           Le vitrail représente donc douze Sibylles portées sur des branches. Elles montrent un écriteau où sont écrits en caractères gothiques, quelques passages de leurs soi-disants oracles. Voici les noms des personnages avec la traduction française des oracles.

           Le haut du vitrail représente la Vierge Marie et l’Enfant Jésus. Un peu au-dessous nous voyons deux vrais prophètes avec leurs prédictions authentiques.

           A droite, c’est Isaïe qui annonce: «Un rejeton sortira de la race de Jessé»; à gauche c’est David qui dit «Tu es prêtre pour l’éternité».

          Voici maintenant les Sibylles. Nous mettons leurs oracles entre parenthèses. D’abord, en partant de la gauche: la sibylle Agrippa (un grand prophète naîtra d’une vierge par miracle); la sibylle de Cumes (ils donneront des soufflets à Dieu de leurs mains criminelles, leurs lèvres impures le couvriront de crachats) la Tiburtine (celui-ci est vraiment grand, il faut l’adorer).
      Au deuxième rang: la Delphique (il reposera couché sur la paille comme un agneau, Dieu et homme il sera élevé par les soins d’une vierge); la Lybique (il naîtra d’une vierge dans la pauvreté et son règne n’aura pas de fin); la Persique (une vierge naîtra qui nourrira son fils de son propre lait).

           Dans la rangée suivante: la Cimmérienne (il naîtra d’une pauvre femme, les animaux eux-mêmes lui rendront hommage); l’Egéenne (dans des temps très prochains un Dieu naîtra d’une vierge juive); la Samienne (dans ce dernier âge, Dieu se fera homme et deviendra le salut des nations); la Phrygéenne (on touchera le Verbe invisible de Dieu, Dieu il naîtra d’une vierge); l’Erythréenne (Jésus-Christ, fils de Dieu et Sauveur dans la suite des siècles viendra du Ciel comme roi, plein de sainteté il paraîtra dans sa chair pour juger le monde); enfin l’Européenne (il viendra, il règnera dans la pauvreté et le silence).

           Toutes ces prophétesses aux attitudes différentes, sont richement habillées. Leur costume est varié. Il est éclatant sans être criard. L’or s’y mélange agréablement avec la pourpre; les perles brillent sur les sandales; les joyaux envoient de doux reflets; et rien dans les plis des vêtements ne saurait choquer la plus correcte élégance.

           Ce vitrail est vraiment une merveille. Il est du temps où  Anne de Pisseleu et Diane de Poitiers furent en succession rapide duchesses d’Etampes. Sa beauté rare laisse fort à supposer qu’il est un présent de l’une de ces dames fameuses.

           A la Révolution il subit quelques dommages. Il fut réparé en 1873 par les soins de M. l’abbé Delanoue, le même curé de Notre-Dame qui restaura la sacristie à la même époque. Cette restauration porta seulement sur la partie inférieure du vitrail. Le sujet principal avait été épargné et il faut nous en féliciter, car c’est une œuvre d’art de haute valeur, en même temps qu’un curieux document comme sujet religieux et profane tout à la fois."

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      SOURCES ET LIENS.

      Sur le vitrail d'Étampes.

      — Les détails de la verrière des Sibylles en haute résolution sur Commons Wikipédia. Mis en ligne par G. Freihalter 2012.

      https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:Vitrail_des_sibylles_(%C3%89glise_Notre-Dame-du-Fort_d%27%C3%89tampes)?uselang=fr

      — Notre-Dame d'Étampes sous l'ancien régime. Archives municipales d'Étampes, 

      http://www.corpusetampois.com/che-20-wingler1998notredame.pdf

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k356891/f28.image

      —Site http://www.mythologie.fr/Sibylles_oracles_sibyllins.htm

      http://www.corpusetampois.com/che-20-guibourge1957etampes301notredame.html

      http://www.inschriften.net/worms/inschrift/nr/di029-0603.html#content

      —Images Réunion des Musées Nationaux : 

      http://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&VBID=2CO5PCDPRTSQK&SMLS=1&RW=1280&RH=616

      — GUIBOURGÉ (Léon), 1957, L’église Notre-Dame d’Étampes, in Étampes ville royale, chapitre III.1http://www.corpusetampois.com/che-20-guibourge1957etampes301notredame.html

      GRODECKI ( Louis), PERROT (Françoise), TARALON (Jean) 1978, Les Vitraux de Paris, de la région parisienne, de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais, Corpus vitrearum vol. I, Paris, Ed du CNRS, planche XVII et page 80.

      — LEFÈVRE-PONTALIS (Eugène) 1920,  « Guide archéologique du congrès de Paris en 1919 : Étampes - Église de Notre-Dame », Congrès archéologique de France, LXXXIIe session tenue à Paris en 1919, Paris, A. Picard / Levé, vol. 82,‎ 1920, p. 3-49 

      — LEFÈVRE-PONTALIS (Eugène) , 1910, Les Inscriptions prophétiques dans le vitrail des Sibylles de l'Eglise N.D.d'Etampes. Revue de l'Art Chrétien, 1910, LX , Honoré Champion / Desclée de Brouwer , p. 259.

      https://archive.org/stream/revuedelartchr60lilluoft#page/260/mode/2up

      — LEFÈVRE-PONTALIS (Eugène) , 1909, « Les campagnes de construction de Notre-Dame d'Étampes », Bulletin monumental, Paris, vol. 73,‎ 1909, p. 5-31 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k31099q/f63.item.r=sibylle.zoom

      — LEFÈVRE-PONTALIS (Eugène) , 1913, - Note biographique sur maître Jean Hue, d'Étampes (xve siècle) Société historique et archéologique du Gatinais. Auteur du texte. Annales de la Société historique & archéologique du Gâtinais. 1883-1939.1913 (T31). pages 44-82

      http://visualiseur.bnf.fr/ark:/12148/cb32694033g/date1913

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      Sur les Sibylles en général.

      — EL ENIGMA DE LA SIBILA

      https://sites.google.com/site/omnedecus/Home/art/el-enigma-de-la-sibila

      — HÜE (Denis), 2004, La Sibylle au théâtre, in Sibylle, parole et représentation, Presses Universitaires de Rennes p. 177-195 http://books.openedition.org/pur/30366

      — Dans les vitraux :

      http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm5601/sibylles.php

      Baie 12 d'Ervy-le-Chatel (Aude), v1515 : 

      http://ndoduc.free.fr/vitraux/htm8601/eg_StP@Ervy_12.php

      — Article de Wikipédia

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Sibylle

      https://it.wikipedia.org/wiki/Sibilla

      —ABED ( Julien) 2010, La Parole de la sibylle. Fable et prophétie à la fin du Moyen Âge, thèse de doctorat préparée sous la direction de Mme Jacqueline Cerquiglini-Toulet, soutenue le 13 mars 2010 à l’université Paris-Sorbonne.

      https://peme.revues.org/85

      — BARBIERI (Filippo de) [Philippus de Barberiis] [Filippo Barberio], 1481,  [Discordantiae sanctorum doctorum Hieronymi et Augustini, et alia opuscula] ([Reprod.]) / [Philippus de Barberiis] , Bnf, Gallica :

      Persica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f13.item

      Libica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f14.item

      Delphica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f15.item

      Chimica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f16.item

      Erythrea http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f17.item

      Samia http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f18.item

      Cumana http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f19.item

      Hellespontica http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f20.item

      Phrygia ? http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f21.item

      Europa http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f22.item

      Tiburtina http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f23.item

      Agrippa http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k591531/f24.item

       

       BELCARI (Feo), « Sacra rappresentazione » du mystère de l’Annonciation. Ce mystère fut joué à Florence, en 1471, à l’occasion de la visite du duc Galeazzo Maria Sforza. la première édition en parut à Florence, sans nom d’auteur, à la fin du xve siècle.

       

      https://archive.org/details/bub_gb_ZTjxnHHEHGgC

      http://www-personal.usyd.edu.au/~nnew4107/Texts/Fifteenth-century_Florence_files/Belcari_Annunciation.pdf  

       —CASTEL (Yves-Pascal), 2006, "Les 70 sibylles du Finistère", Bulletin de la Société Archéologique du Finistère - T. CXXXV - 2006 pages 201 et suivantes

      http://patrimoine.dufinistere.org/art2/index.php?art=ypc_sibylles 

      — CLERC (C de ), 1979, "Quelques séries italiennes de Sibylles", Bulletin de l'Institut historique belge de Rome, fasc. 48-49 pages 105-127.

      — CHAMPIER (Symphorien), 1503, "Les prophéties, dits et vaticinations des Sibylles, translatés de grec en latin par Lactance Firmian", 3ème partie de  La nef des dames vertueusesArnoullet Lyon 1503 Bibliothèque municipale de Lyon, Inc. 830

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k79103w/f124.item.zoom

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k79103w/f124.item.zoom

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k79103w/f27.image

      — GIUSTINIANI (Giulia), 2014 « Gli esordi critici di Emile Mâle : la tesi in latino sulle sibille »,Mélanges de l’École française de Rome - Moyen Âge 

       http://mefrm.revues.org/1527 

      — HEURES DE LOUIS DE LAVAL , avant 1489,  Horae ad usum romanum Bnf Latin 920. 

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52501620s/f42.item

       

      — KRIEGER (Denis), Autour des vitraux d'Arnauld de Moles à la cathédrale Sainte-Marie d'Auch

      (un dossier iconographique sur les Sibylles)

      http://www.mesvitrauxfavoris.fr/index_htm_files/Auch%20et%20les%20Sibylles.pdf

       —LAMBERT (Gisèle),  Les gravures de Baccio Baldini : une suite de 24 prophètes et 12 Sibylles . in Les premières gravures italiennes

      http://books.openedition.org/editionsbnf/1365

      LE VERDIER, (Pierre Jacques Gabriel,) 1884, Mystère de l'incarnation et nativité de Notre Sauveur et Rédempteur Jésus-Christ : représenté à Rouen en 1474, publié d'après un imprimé du XVe siècle Société des bibliophiles normands

      https://archive.org/stream/mysteredelincarn01leve#page/n69/mode/2up

      — MÂLE  (Émile), 1925,  L'art religieux de la fin du Moyen Age en France  : étude sur l'iconographie du Moyen Age et sur ses sources d'inspiration  3e éd., rev. et augm. / Paris : A. Colin ,  p. 254-279.

      https://archive.org/stream/lartreligieuxde00ml#page/252/mode/2up

      https://archive.org/stream/lartreligieuxde00ml/lartreligieuxde00ml_djvu.txt

      — MÂLE  (Émile) , 1899, Quomodo Sibyllas recentiores artifices repraesentaverint [Texte imprimé] / E. Mâle,.. / Parisiis : E. Leroux , 1899  

      — MONTEIRO (Mariana), 1905, As David and the Sibyls says. A sketch of the Sibyls and the sibylline oracles  

      https://archive.org/details/asdavidsibylssay00montrich

      — PASCUCCI (Arianna), 2011, L'iconografia medievale della Sibilla Tiburtina in Contributi alla conoscenza del patrimonio tiburtino, Vol. VIII, Liceo classico statale Amedeo di Savoia di Tivoli, 2011,

       http://www.liceoclassicotivoli.it/Pascucci_Sibilla_Tiburtina_2011.pdf

      https://www.academia.edu/9789364/Liconografia_medievale_della_Sibilla_Tiburtina_di_Arianna_Pascucci_Tivoli_2011

      —RÉAU (Louis), Iconographie de l'art chrétien, II, Iconographie de la Bible, Ancien Testament, p. 420-430.

      — ROBERTET (Jean), Ce sont les douze Sibylles, Ou Les ditz prophetiques des sibilles tirés du altin et composés par feu messire Jehan Robertet, en son vivant notaire et secretaire du roy nostre sire et de monseigneur de Bourbon, greffier de l('Ordre et du parlement dalphinal. In Robertet, Oeuvres complètes, éditon critique par Margaret Zsuppan,Droz, Genève 1970

      — ROESSLI (Jean-Michel), 2002,  Catalogues de sibylles, recueil(s) de Libri Sibyllini et corpus des Oracula Sibyllina Remarques sur la formation et la constitution de quelques collections oraculaires dans les mondes gréco-romain, juif et chrétien Jean-Michel Roessli (Université de Fribourg, Suisse)  in E. NORELLI (ed.), Recueils normatifs et canons dans l'Antiquité. Perspectives nouvelles sur la formation des canons juif et chrétien dans leur contexte culturel. Actes du colloque organisé dans le cadre du programme plurifacultaire La Bible à la croisée des savoirs de l'Université de Genève, 11-12 avril 2002 (Lausanne, 2004; Publications de l'Institut romand des sciences bibliques 3), p. 47-68

      http://www.concordia.ca/content/dam/artsci/theology/profiles/jean-michel-roessli-catalogues-sibylles.pdf

      — ROESSLI (Jean-Michel) , 2007 « Vies et métamorphoses de la Sibylle », Revue de l’histoire des religions :

      http://rhr.revues.org/5265

      — ROESSLI (Jean-Michel), "Augustin, les sibylles et les Oracles sibyllins" Augustinus Afer, p 263-285, 

      http://www.concordia.ca/content/dam/artsci/theology/profiles/jean-michel-roessli-augustin-sibylles-oracles-sibyllins.pdf

       

       Sibyllae et prophetae de Christo Salvatore vaticinantes - BSB Cod.icon. 414 (1490-1500) http://bildsuche.digitale-sammlungen.de/index.html?c=viewer&lv=1&bandnummer=bsb00017917&pimage=00017917&suchbegriff=&l=fr

      — SEPET (Marius) 1867, "Les prophètes du Christ. Étude sur les origines du théâtre au Moyen Âge"  Bibliothèque de l'école des chartes  Année 1867  Volume 28  Numéro 1  pp. 1-27 http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1867_num_28_1_446185

      — VERDIER (Philippe), 1982   "La naissance à Rome de la Vision de l'Ara Coeli. Un aspect de l'utopie de la Paix perpétuelle à travers un thème iconographique ", Mélanges de l'Ecole française de Rome. Moyen-Age, Temps modernes Volume 94 Numéro 1 pp. 85-119 http://www.persee.fr/doc/mefr_0223-5110_1982_num_94_1_2642

       

      Tractatus Zelus Christi, Venise 1592

      https://books.google.fr/books?id=eItlAAAAcAAJ&pg=PA44-IA1&lpg=PA44-IA1&dq=ensem+nudum+sibylla&source=bl&ots=mmZ9XSX-Hd&sig=mpqSs1Y5_ou3a9KrWaEIqX-w4eo&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiS4_Ghx8nPAhXnDsAKHeLyAXEQ6AEIHDAA#v=onepage&q=ensem%20nudum%20sibylla&f=false

       

      — Description des sibylles de la rosace de la cathédrale de Beauvais par Jean et Nicolas Le Prince 1537 : 

      https://archive.org/stream/beauvaissacathd00pihagoog#page/n95/mode/2up/search/sibylle

       

      — David Blondel, Des Sibylles célébrées tant par l'antiquité païenne que par les Saints Pères ; Charenton, 1649, in-4°.

      — Servatii Gallsei, Dissertationes de Sibyllis earumque oraculis ; Amsterdam, 1688, in-4°.

      — Mgr X. Barbier de Montault, Iconographie des Sibylles (dans la Revue de l'Art Chrétien, 1869-1871).

      — G. Durand, Monographie de la Cathédrale d'Amiens, t. II, pp. 345-353.

      — Abbé Ch. Nioré, Les Sibylles dans l'église d'Ervy et dans le diocèse de Troyes, étude iconographique (extr. de l'Annuaire de l'Aube) ; Troyes, 1904, 84 pp.

       

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      Published by jean-yves cordier - dans Sibylles Étampes Vitraux
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      16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 22:59

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      Je rappelle que je m'appuie (fortement) sur le texte de Nicole Veronee-Verhaegen L'Hospice de Beaune, paru en 1973. J'ai découpé les fragments de son texte pour les illustrer et les compléter. Les auteurs cités par elle sont référencés dans sa bibliographie.

       

      Nous commencerons par le plus facile.

       

      I. L'INSCRIPTION ENTOURANT LE CHRIST. PANNEAU 4.

      Le Christ vêtu du manteau rouge de la résurrection est assis sur un arc-en-ciel et présente la plaie de la main droite tout en traçant une bénédiction. Un lys qui naît presque de ses lèvres déroule un arc à sa droite, alors qu'une épée, le pommeau lui-aussi placé près des lèvres, est pointée vers le bas et la gauche. Une inscription blanche (donc mal visible) serpente en montant sur la droite. Une autre, en rouge sang presque noir , descend en arc autour de la main gauche.

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      Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 4, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

      Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 4, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

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      1°) Sous le lys le texte est écrit en minuscules gothiques blanches sur le fond d'or  :

      venite benedicti Patris mei possidete paratum vobis regnum a constitutione mundi 

       "Venez, vous qui êtes bénis de mon Père; prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde " 

      Source : Évangile de Matthieu 25:34  tunc dicet rex his qui a dextris eius erunt venite benedicti Patris mei possidete paratum vobis regnum a constitutione mundi

      Contexte : ce texte vient à la suite de la Parabole des talents.  Matthieu 25:31-33 :

        "Lorsque le Fils de l'homme viendra dans sa gloire, avec tous les anges, il s'assiéra sur le trône de sa gloire. Toutes les nations seront assemblées devant lui. Il séparera les uns d'avec les autres, comme le berger sépare les brebis d'avec les boucs; et il mettra les brebis à sa droite, et les boucs à sa gauche.  Alors le roi dira à ceux qui seront à sa droite: Venez, etc..." .

      Il est suivi du passage Mt 25:35-40 qui prend tout son sens à l'Hospice de Beaune dans la chapelle qui termine la Salle des Pôvres, où sont allongés et soignés les malades et les mourants :

       "Car j'ai eu faim, et vous m'avez donné à manger; j'ai eu soif, et vous m'avez donné à boire; j'étais étranger, et vous m'avez recueilli ; j'étais nu, et vous m'avez vêtu ; j'étais malade, et vous m'avez visité; j'étais en prison, et vous êtes venus vers moi. Les justes lui répondront: Seigneur, quand t'avons-nous vu avoir faim, et t'avons-nous donné à manger; ou avoir soif, et t'avons-nous donné à boire? Quand t'avons-nous vu étranger, et t'avons-nous recueilli; ou nu, et t'avons-nous vêtu? Quand t'avons-nous vu malade, ou en prison, et sommes-nous allés vers toi? Et le roi leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous avez fait ces choses à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous les avez faites."

      Ainsi, cette citation centrale du polyptyque peut être vue comme un manifeste du couple donateur (Nicolas Rolin et son épouse Guigone de Salins ) mettant en exergue leur pratique charitable par la fondation des Hospices. Par cette charité, ils proclament leur espérance de figurer parmi les élus lors du Jugement.

      C'est aussi une exhortation adressée aux malades pour les convaincre d'une conversion du cœur.

      Et c'est aussi un hommage et un réconfort pour les soignants, en l'occurrence les Sœurs Hospitalières de Beaune, ordre créé par le chancelier Rolin. 

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      Inscription à la droite du Christ, Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 4, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.
      Inscription à la droite du Christ, Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 4, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

      Inscription à la droite du Christ, Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 4, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

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      2°)  Sur le fond d’or, à la gauche du Christ, sous l'épée  en minuscules gothiques rouges (garance) :

      Discedite a me maledicti in Ignem eternum qui paratus est dyabolo et angelis eius

      "Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges"

      C'est le versant sombre de la déclaration de Jésus dans Matthieu 25:41   tunc dicet et his qui a sinistris erunt discedite a me maledicti in ignem aeternum qui paratus est diabolo et angelis eius :

      Ensuite il dira à ceux qui seront à sa gauche: Retirez-vous de moi, maudits; allez dans le feu éternel qui a été préparé pour le diable et pour ses anges. Car j'ai eu faim, et vous ne m'avez pas donné à manger; j'ai eu soif, et vous ne m'avez pas donné à boire; j'étais étranger, et vous ne m'avez pas recueilli; j'étais nu, et vous ne m'avez pas vêtu; j'étais malade et en prison, et vous ne m'avez pas visité. Ils répondront aussi: Seigneur, quand t'avons-nous vu ayant faim, ou ayant soif, ou étranger, ou nu, ou malade, ou en prison, et ne t'avons-nous pas assisté? Et il leur répondra: Je vous le dis en vérité, toutes les fois que vous n'avez pas fait ces choses à l'un de ces plus petits, c'est à moi que vous ne les avez pas faites. Et ceux-ci iront au châtiment éternel, mais les justes à la vie éternelle."

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      Inscription à la gauche du Christ, Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 4, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.
      Inscription à la gauche du Christ, Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 4, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

      Inscription à la gauche du Christ, Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 4, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

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      II. PANNEAU 4, SUITE.

      1°) Le personnage dans la balance, à la droite de saint Michel, est désigné par le mot Virtutes, "Les Vertus" en minuscules gothiques dorées. L’autre personnage dans la balance, à la gauche de saint Michel, est désigné par le mot Peccata, "Les Péchés"  en minuscules gothiques bleu foncé  devenu vert foncé. Ces personnages sont donc des Allégories, et non des humains en train d'être pesés. Comme en français, Virtus est un nom latin féminin, et peccatus un nom masculin, mais les deux personnages sont masculins, sans valorisation positive ou négative des deux sexes. 

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      Inscription Virtutes à la droite de l'ange du Jugement, Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 4, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

      Inscription Virtutes à la droite de l'ange du Jugement, Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 4, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

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      2°) La bordure du manteau du Christ

      Elle porte un texte en caractères dores, hébreux, ou apparentés à l’hébreu, et coptes (?).

      Malgré des tentatives répétées (notamment par Latour  et par Mély, ce texte n’a pas encore été déchiffré. Mély a cru pouvoir reconnaître, parmi les caractères avoisinant les pieds du Christ, les lettres I M ou H M qu’il pense être le monogramme de Memling. Esdouhard d’Attisy, Durrieu, Verhaegen et Stein ne purent admettre cette lecture et proposèrent d’y voir plutôt les initiales des mots Ihesus et Maria ; Durrieu remarqua que d’autres peintres conviendraient mieux ici que Memlinc, par exemple Jean de Maisoncelles. .

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      Inscriptions de la bordure du manteau du Christ,   Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 4, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

      Inscriptions de la bordure du manteau du Christ, Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 4, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

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      INSCRIPTIONS DU PANNEAU 5.

       

       La bordure du manteau de saint Jean-Baptiste.

      Saint Jean-Baptiste porte une tunique en peau de chameau de couleur brune, plutôt claire, beige rosé à l’intérieur. Son manteau, face et revers, est d un gris légèrement violacé. Des inscriptions et un liseré d’or en décorent la bordure.

      Cette inscription est faite de caractères de même type que ceux du manteau du Christ au panneau 4. Cette inscription n’est pas déchiffrée non plus.

      .

      Inscriptions sur  la bordure du manteau de saint Jean-Baptiste. Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 5, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

      Inscriptions sur  la bordure du manteau de saint Jean-Baptiste. Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 5, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

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      Inscriptions sur  la bordure du manteau de saint Jean-Baptiste. Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 5, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

      Inscriptions sur  la bordure du manteau de saint Jean-Baptiste. Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 5, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

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      INSCRIPTION DU PANNEAU 6.

       La bordure du manteau de saint Paul : des bribes du Credo. 

      Saint Paul est vêtu de vert, tunique et manteau assortis, malheureusement criblés de taches dues aux dégâts. Les inscriptions du manteau et le liseré de la tunique sont d’or, très usé, parfois invisible. Les yeux sont gris-brun avec le curieux point rouge au coin ; la barbe et les cheveux sont gris. Il est assis, comme saint Pierre, sur un siège de ton ivoire ou bois clair.

      La bordure de son manteau porte une inscription en majuscules gothiques dorées, abîmée et restaurée en de nombreux endroits.  L’inscription sur la bordure est exécutée en préparation blanche sur le fond vert; le relief est atténué par la transposition et les lettres ont pratiquement perdu toute dorure. La lisibilité de certains caractères est aussi diminuée par des lacunes intempestives. Les deux ou trois restaurations proprement dites sont grossières et nettement visibles.

      On peut y retrouver des bribes du Credo :

      1°) Au bas du manteau  :

      .../M + DEUM + PATREM + OMNIPOTENTE/ [M] /IN + ...EVE / /CREDO + IN + SPERITU /... /SANCTUM...T SA...TE.../ ...CATOLICAM -f SANCTUM + ...NMUT.../ ...CCATORUM + .../ /+ ...U R + ... + VITEM /

      correspondant aux articles suivants :

      Credo in unum Deum, Patrem omnipoténtem, factόremli et terræ, visibílium όmnium, et invisibílium.

      [...Et] in Spíritum Sanctum, Dόminum, et vivificántem : qui ex Patre, Filiόque procédit.

      Qui cum Patre, et Filio simul adorátur, et conglorificátur : qui locútus est per Prophétas.
      Et unam, sanctam, cathόlicam et apostόlicam Ecclésiam.

      Confíteor unum baptísma in remissiόnem peccatόrum.

      Et expécto resurrectiόnem mortuόrum.

      Et vitam ventúri sǽculi. Amen.

      .

      Inscriptions sur  la bordure du manteau de saint Paul. Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 6, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

      Inscriptions sur  la bordure du manteau de saint Paul. Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 6, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

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      Inscriptions sur  la bordure du manteau de saint Paul. Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 6, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

      Inscriptions sur  la bordure du manteau de saint Paul. Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 6, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

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      Inscriptions sur  la bordure du manteau de saint Paul. Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 6, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

      Inscriptions sur  la bordure du manteau de saint Paul. Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 6, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

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      Inscriptions sur  la bordure du manteau de saint Paul. Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 6, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

      Inscriptions sur  la bordure du manteau de saint Paul. Rogier van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450), panneau 6, Hospices de Beaune, photographie lavieb-aile.

      .

      2°) A hauteur des mains, à gauche :

      /+ PA... ATOREM + .../ /RESURREX... O... EM -f ... + ITA.../

       

      3°) A hauteur des mains, à droite  :

      /... UM + PATREM + OMNIPOTENTEM + ...ATOREM + ...ELI + ET/

      correspondant aux articles suivants :

      Credo in unum Deum, Patrem omnipoténtem, factόremli et terræ, visibílium όmnium, et invisibílium.
      Et in unum Dόminum Iesum Christum, Fílium Dei unigénitum.

      Et ex Patre natum ante όmnia sæcula.

      Deum de Deo, lumen de lúmine, Deum verum de Deo vero.

      Génitum, non factum, consubstantiálem Patri : per quem όmnia facta sunt.

      Qui propter nos hόmines, et propter nostram salútem descéndit de cælis.

      Et incarnátus est de Spíritu Sancto ex María Vírgine : et homo factus est.

      Crucifíxus étiam pro nobis : sub Pόntio Piláto passus, et sepúltus est.

      Et resurréxit tértia die, secúndum Scriptúras.

      Et ascéndit in cælum : sedet ad déxteram Patris.

      Et íterum ventúrus est cum glόria iudicáre vivos, et mόrtuos : cuius regni non erit finis.
      Et in Spíritum Sanctum, Dόminum, et vivificántem : qui ex Patre, Filiόque procédit.

      Qui cum Patre, et Filio simul adorátur, et conglorificátur : qui locútus est per Prophétas.
      Et unam, sanctam, cathόlicam et apostόlicam Ecclésiam.

      Confíteor unum baptísma in remissiόnem peccatόrum.

      Et expécto resurrectiόnem mortuόrum.

      Et vitam ventúri sǽculi. Amen.

       

       

      Le polyptyque du Jugement Dernier (1445-1450) de Rogier van der Weyden aux Hospices de Beaune &quot;à la loupe&quot;.  III. Les inscriptions.

      .

      INSCRIPTION DU PANNEAU 8.

      La pancarte de la croix porte les quatre lettres habituelles INRI, en majuscules gothiques, pour Ihesus Nazarenus Rex Iudeorum (Joh., XIX, 19) 

       

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      INSCRIPTIONS. ANNEXE.

      L'opinion de Nicole Veronee-Verhaegen page 94 :

      "Un mot pour finir des inscriptions non encore déchiffrées aux panneaux 4 et 5 (voir D. 3, Inscriptions..., p. 60). L’idée de lire isolément dans le texte du manteau du Christ un monogramme de Memlinc ne nous semble pas raisonnable. Une abréviation des mots Jhesus et Maria sans rapport avec le contexte paraît tout aussi étrange. Toutefois Latour et Mély  ont raison de penser que les textes ont un sens. Il serait difficile de croire que le manteau de saint Paul porte un texte véritable et que ceux du Christ et de saint Jean-Baptiste n’aient que des caractères décoratifs sans signification. Ces deux derniers textes semblent comporter un mélange de caractères hébreux (dont  ש, shin, s, et   , jod, y), coptes ou grecs (dont  janja, j ; N, ni, n; H, pi, p) et latins (dont S, N, X, Z). La juxtaposition d’hébreu, de grec et de latin dans un même tableau est indiscutable dans les Crucifixions et Descentes de croix (E. Schiltz,Les Ecriteaux infamants de Jean van Eyck, Anvers, 1963-1965, trois brochures polycopiées). Mais à Beaune les caractères sont mélangés; de plus certaines lettres apparaissent dans des positions variables, par exemple renversées tête en bas. De telles inscriptions se rencontrent notamment dans les tableaux du groupe eyckien, dans celui du Maître de Flémalle et dans certaines œuvres anonymes contemporaines (cf. N. Veronee- Verhaegen,"Le Jugement dernier de Diest. Le point de vue de l'historien d'art", dans Bulletin de l'institut royal du Patrimoine artistique (Bruxelles), X, 1967-1968, p. 106-108; T.L. de Bruitt, "Vier Südflandrische Tafeln", dans Das Münster (Munich), XX, 1967, p. 305-308; Idem, "Inschriften auj alten religiösen Abbildungen", Ibidem, XIX, 1966, p. 400-404).

      Les déchiffrer est souvent très difficile. Si le R.P. E. Schiltz, C.I.C.M., Brasschaat, a bien voulu nous communiquer qu’il ne s’agissait pas ici, pour lui, d’un texte hébreu, mais d’un cryptogramme dont l’alphabet est propre à l’artiste et se retrouve notamment sur le retable des Sept Sacrements à Anvers (lettre du l-IV-1973), l’Abbé M. Lejevre, Dijon, qui a eu l’amabilité de donner également son avis sur le problème, se déclare convaincu qu’il s’agit bien de la langue hébraïque (lettre du 4-VIII-1973). M. A. Vanrie, archiviste aux Archives générales du Royaume, Bruxelles, exclut la langue copte (communication du 20-X-1971). Nous pensons que la difficulté majeure de ce genre d’inscriptions provient du fait que les caractères employés ne sont pas nécessairement ceux de la langue du texte: il s’agit parfois de transcriptions phonétiques comme c’est le cas, par exemple, de la devise de Jean van Eyck, la signature de Petrus Christus, ou certains des écriteaux infamants de la croix dans les tableaux de la même époque. C’est aussi le cas, nous l’avons signalé, des inscriptions du manteau du Christ de la Seconde Parousie sur le retable de Gand et sur le Jugement dernier de Diest. Dans ces deux derniers cas, la lecture de l’inscription est indubitable et elle se trouve confirmée par le fait que le texte Rex regum et Dominus dominantium est précisément celui que doit porter le vêtement rouge-sang du Verbe de Dieu lors de la Seconde Parousie (Apoc., XIX, 16). Il est très possible que l’inscription du vêtement du Christ sur le retable de Beaune ait la même signification. Quant au mélange des caractères, choisis dans les trois langues sacrées (J. Schwering, "Die Idee der drei heiligen Sprachen in Mittelalter", dans Festschrift August Sauer, Stuttgart, 1925, p. 3), peut-être signifie-t-il l’universalité du Christ ?  Saint Jean-Baptiste, le dernier des prophètes, porte une inscription plus purement hébraïque et saint Paul, citoyen romain et apôtre des Gentils, un texte entièrement latin. L’introduction de quelques caractères coptes semble difficile à expliquer. Peut-être furent-ils confondus avec du grec? Nous en sommes réduits aux hypothèses."

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      SOURCES ET LIENS.

       VERONEE-VERHAEGEN (Nicole), 1973, L'Hôtel-Dieu de Beaune ; introduction de Pierre Quarré,  Corpus de la peinture des anciens Pays-Bas méridionaux au quinzième siècle 13, Bruxelles : Centre national de recherches Primitifs flamands. 

      http://xv.kikirpa.be/uploads/tx_news/CORPUS_13_-_BEAUNE_-_1973.pdf

      — L'article Wikipédia est de grande qualité :

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Jugement_dernier_(Rogier_van_der_Weyden)

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      Published by jean-yves cordier - dans Beaune Retable Inscription
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      16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 22:57

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      Rappel : comme dans les articles précédents de cette série, je me fonde sur la publication de Nicole Veronee-Verhaegen (1973), dont je cite les extraits entre guillemets et sans référence. Je la complète par mes commentaires, et par des citations (avec référence) d'autres auteurs.

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      PANNEAU 4.

      1°) Le Christ.

       

      Les bijoux et ornements peints par van der Weyden sont sans-doute le reflet de ceux portés à la cour du duc de Bourgogne.

      "Un inventaire des joyaux ducaux est conservé à Lille, intitulé « ce sont joyaulx et vaisselle qui sont à monseigneur de Bourgogne pour savoir où ilz sont ». Dans la marge, on a daté approximativement, « vers 1450 ». On y dénombre 33 fermaux, dix colliers, deux bracelets, trois écharpes, cinq anneaux, un poitrail, un chapeau d’or, deux croix, une chaîne, un grand nombre de pierres précieuses : cent rubis balais, 77 saphirs, dix diamants, six rubis, et 568 perles."

      "Parmi les pierres précieuses [à la cour du duc de Bourgogne], le diamant était le plus apprécié de la personne ducale. Outre sa taille la façon de le tailler était un bon critère de choix. Il pouvait présenter plusieurs faces, « à façon de tablettes », c’est-à-dire à petites faces aplanies, « à façon de losanges ou d’écusson » ; quand les uns étaient plats, d’autres étaient pointus, et certains étaient dits carrés. Une fleur de diamant présentait plusieurs facettes. Les autres gemmes présentes sont le rubis, rouge, et le rubis balais de couleur rose, le saphir, bleu, l’émeraude, verte, l’améthyste, violette. Les perles associaient fréquemment leur blancheur nacrée aux gemmes colorées dans des pièces parfois très chargées. Les pierres et perles pouvaient être acquises seules, conservées par le garde des joyaux en attendant leur utilisation." (Sophie Jolivet)

       "balaiz" ou rubis balais : déformation de "Badakhchan".   Les rubis balais (rose clair), mentionnés par Marco Polo, sont originaires du Badakhchan, province montagneuse de l'extrême nord-est de l'Afghanistan.

       

      Le nimbe du Christ comporte des  rubis sur monture d'or trilobée, des rubis et saphirs sertis sur or,et des  perles. Le relief est rendu d'une part par un ombrage du coté gauche du Christ, celui des damnés ; et d'autre part par le positionnement vers le haut et la droite du reflet blanc cassé de gris de chaque perle. Chaque gemme est rehaussé par un éclat lumineux blanc, dont la position et la forme varie pour témoigner du volume de chaque pierre. La couleur des rubis passe du grenat sombre à gauche au rose délicatement hétérogène. Le bleu des saphirs est atténué par endroits par du gris.

      Les pierres précieuses sont des pierres brutes plus ou moins  sculptées ou polies en forme de cabochon. Les techniques de tailles modernes n'existent que depuis quelques siècles, et ce n'est qu'au cours du XVIIe siècle que la taille connut une avancée majeure grâce à Vincenzo Peruzzi qui inventa la taille brillant à 57 facettes. Auparavant, les pierres dures étaient choisies pour leur couleur, et polies pour en faire des pierres plates ou arrondies. Elles sont décrites dans des ouvrages nommés "lapidaires" qui en donnent les caractéristiques, les vertus médicinales, les origines, les différentes qualités et les façons de les éprouver. Elles représentent, pour les puissants, un capital ou placement financier, qui sera monnayé en cas de difficulté. Mais il existe aussi des Lapidaires chrétiens, qui énumèrent les douze gemmes de la Jérusalem céleste (Apocalypse, 21:19-21) et du pectoral d'Aaron (Exode 28:15-20) . Les douze gemmes représentent les douze tribus d'Israël, mais aussi les douze apôtres (rubis = André, saphir = Philippe, ...) et les vertus. cf. Valérie Gontéro.

      On peut, par curiosité, jeter un coup d'œil à la collection de bijoux de la Duchesse Anne xwde Bavière, peinte en  1552 par Hans Mielich:

      http://daten.digitale-sammlungen.de/~db/bsb00006598/images/index.html?fip=193.174.98.30&seite=13&pdfseitex=


       

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      Visage nimbé du Christ,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

      Visage nimbé du Christ, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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      Sur la poitrine, un fermail retient le manteau. « C’est un cabochon [bleu] sombre dont le chaton à trois redents est entouré d’une moulure » (F. Marot, Les Bijoux à l’époque des ducs de Bourgogne. Le fermail (Mémoire présenté pour l’obtention du grade de licencié en archéologie et histoire de l’art. Université catholique de Louvain, exemplaire polycopié), 1964, p. 263). 

      Le fermail est un saphir enchâssé dans une monture d’or trilobée. Je ne peut discerner s'il s'agit de trois pierres assemblées, ou d'une seule pierre taillée. 

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      Fermail du manteau du Christ, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

      Fermail du manteau du Christ, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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      "Sous les pieds du Juge, le globe de la puissance universelle est décoré de pierreries comme un globe impérial. Le globe lui-même est ocre brun, plus clair au centre, avec lumières empâtées jaune clair coupées de deux traits verticaux du même ton de fond brun clair. L’effet est celui d’un globe de bronze poli. Le décor d’orfèvrerie est fait de perles et de pierres rouges et bleues alternées, enchâssées dans l’or."

      La couleur bleue de chaque saphir vertical est complétée par deux traits  témoignant des reflets, celui de gauche étant blanc et celui de droite étant gris, pour indiquer que la lumière vient de la droite du Christ.

      Les plaies des pieds du Christ sont traitées comme deux rubis.

      Rachel Billinge a étudié en 1997 les bijoux d'un autre tableau de van der Weyden,  La Madeleine lisant. Elle écrit :

      "Les saphirs cousus à l'ourlet ont un reflet composé de deux zones blanches soigneusement placées , une beaucoup plus grande que l'autre, tandis que la lumière secondaire se compose de cinq, ou peut-être six, touches de blanc, apparemment peintes dans l'azurite humide.  La perle à côté de celle-ci est tenue sur un chaton d'or. La perle elle-même et son ombre projetée sont composées de divers mélanges de blanc, d'azurite et de laque, tous peints humides sur humides [donc en retravaillant la matière en cours de séchage]". Voir les figures 54 et 55 ici.

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      Globe sous les pieds du  Christ, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

      Globe sous les pieds du Christ, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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      2°) L'ange du Jugement (Saint Michel).

      "Saint Michel a les yeux gris-bleu et les cheveux châtain clair. Le teint est plus clair et rosé que celui du Christ. L’archange porte un diadème bleu foncé orné de cinq perles entourant un rubis. L’amict et l’aube sont blancs à ombres gris-violet et hautes lumières blanc chaud. L’étole et les ornements de l’aube et de l’amict sont faits du même chatoyant brocart que la chape : un splendide rouge et or, obtenu par les jeux des glacis de garance. L’or de la chape, y compris les galons et les franges, est fait de jaune sur un fond gris-brun.

      "Les perles ont des reflets bleutés, surtout dans l’ombre à droite, et les pierres rouges et bleues sont enchâssées dans de l’or. La doublure de la chape est d’un vert très entaché de dégâts.

       

      "Les ailes sont grises à l’intérieur, de nuances variées. A l’extérieur, elles sont brun-rouge, passant du sombre au clair selon l’incidence de la lumière sur la surface courbe. Les yeux des plumes de paon ont un centre noir-blanc, cerclé de jaune, puis de brun, puis de gris en un jeu de couleurs assez lourd.

      La balance est faite d’un métal bleu sombre, presque noir. Aux anneaux de cuivre pendent trois cordes brunes à lumières claires, reliées aux anneaux par des floches rouges à lumières très claires et aux plateaux par trois cordelettes de même couleur que les floches. Le cuivre des plateaux est rendu par l’ocre brune et grise rehaussée de lumières jaunes. On y distingue ce qui pourrait représenter quelques reflets rosés des chairs." (N. V-V) 

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      Saint Michel,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

      Saint Michel, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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      Saint Michel,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

      Saint Michel, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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      "Le mors [fermail de chape] est orné d’un rubis entouré de trois perles; l’or en est d’un ton différent de celui de la chape."

      Un tel bijou est attesté à la cour des ducs de Bourgogne en 1432 : " Le prix des joutes du premier jour, offert par le duc ([Philippe le Bon], était un fermail garni de trois perles et un rubis, d’une valeur de trente livres" Archives départementales du Nord  B 1948, f. 316 r°.

      Ou bien : "En 1442, Philippe offrit à son épouse pour le premier jour de l’année [...] un petit fermail pendant devant, « ouquel à une bien grosse perle et ung bon ruby dessus ». Il valait 780 livres" (S. Jolivet)

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      Fermail du manteau de saint Miichel, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

      Fermail du manteau de saint Miichel, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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      Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

      Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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      Orfrois du manteau de saint Michel : rangées de perles et succession de saphirs et de rubis ou rubis balais en alternance.

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      Bordure du manteau de Saint Michel,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

      Bordure du manteau de Saint Michel, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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      Bordure du manteau de Saint Michel,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

      Bordure du manteau de Saint Michel, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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      PANNEAU DEUX.

      Le pape. 

      " Le visage encore jeune, tiare en tête, il est vêtu de ses ornements liturgiques: aube et amict, dalmatique et chape. Seule lui manque la chasuble, par respect pour le Christ, seul prêtre ici. La pointe d’une mule blanche apparaît au bas des vêtements. Le velours violet de la chape se poursuit au delà du cadre, sur le panneau suivant."

      "Fanons, amict, aube et mule visible sont blancs à ombres grises. Les vêtements liturgiques sous la chape sont ornés de brocart bleu et or. "

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      Panneau 2,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

      Panneau 2, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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      La chape et ses  orfrois.

      La chape elle-même est taillée dans un riche velours violet sombre, doublé de vert clair et bordé dans le bas d’un liseré or. La bille et les orfrois sont tissés de fils d’or et présentent en des tons assourdis, brunâtres mais toujours identifiables, des personnages en des édicules dorés sur fonds rouges.

      Le mors de sa chape est rectangulaire, divisé en deux niches gothiques couleur or  décorées d’un saphir et d’un rubis.

       Sur les orfrois on reconnaît saint Pierre avec la clef, saint André avec la croix caractéristique et saint Jacques le Mineur avec la  batte de foulon .

      —On comparera avec la chape de Saint Donatien dans la Vierge du chanoine van der Paele de Van Eyck (1434-1436) , elle aussi dotée d'orfrois à personnages : la Vierge et l'Enfant , et le Christ

      http://vlaamseprimitieven.vlaamsekunstcollectie.be/en/collection/madonna-with-canon-joris-van-der-paele

      — On comparera aussi avec la chape pluviale de Luis Osorio de Acuña sur le retable de la Chapelle Sainte-Anne, cathédrale de Burgos, et la chape du XVe siècle conservée dans cette cathédrale. :

      http://www.lavieb-aile.com/article-la-chasuble-de-la-chapelle-de-burgos-118652151.html

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      Panneau 2,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

      Panneau 2, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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      Saint Pierre.

      Panneau 2,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

      Panneau 2, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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      Saint André.

       

      Panneau 2,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

      Panneau 2, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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      Saint Jacques le Mineur.

      Saint Jacques le Mineur. Panneau 2,  Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

      Saint Jacques le Mineur. Panneau 2, Rogier Van der Weyden, Polyptyque du Jugement Dernier, Hospices de Beaune. Photographie lavieb-aile.

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      DISCUSSION.

      Le souci de rendre chaque objet avec un réalisme extrême est propre à la peinture flamande initiée par Jan van Eyck, et s'exerce avec un brio sans précédent dans le Polyptyque de l'Agneau Mystique de Gand (1432). Auparavant, les artistes appliquaient de l'or et des pierres précieuses sur la surface peinte, alors que Jan van Eyck a recours à des pigments mélangés dans de l'huile. Après  une étude minutieuse de la manière dont la matière reflète ou absorbe la lumière, il s'efforce de peindre exactement ce qu'il voit et atteint alors un degré de fidélité inégalé dans l'imitation de la nature. De par ses propriétés techniques intrinsèques, la peinture à l'huile permet de restituer toutes les nuances, tons et saturations de couleurs, de l'opaque au translucide.

      Je propose d'examiner un détail du Polyptyque de l'Agneau Mystique qui comporte des pierres précieuses, des perles, des brocarts, une chape avec son fermail et ses  orfrois à personnages. :

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      Ange chanteur (détail) Van Eyck, Polyptyque de l'Agneau Mystique (1432), cathédrale de Gant, macrophoto http://vaneyck.kikirpa.be/

      Ange chanteur (détail) Van Eyck, Polyptyque de l'Agneau Mystique (1432), cathédrale de Gant, macrophoto http://vaneyck.kikirpa.be/

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      Nous voyons ici que van der Weyden est un héritier parfait de cet art de van Eyck.

      Les pigments utilisés sont (d'après S. Desprouw-Augustin) et l'analyse par la National Gallery de cinq tableaux de van der Weyden de ce musée:

      • "des pigments verts : du vert-de-gris (vert sombre), un mélange plomb-étain (vert clair/jaune). La robe de Marie-Madeleine, par exemple, est faite d'une alternance des deux pigments suivant les ombres et les parties éclairées.

      • des pigments rouges : très souvent du laque rouge (une résine), du vermillon (orangé, d'origine minérale), rarement de la garance (issue d'une plante tinctoriale, et qui met des mois à sécher. Le modelé est donné par un glacis rose mêlant laque rouge et blanc de plomb (d'autant plus épais que la zone est éclairée).

      • des pigments bleus : azurite (minérale riche en cuivre, moins précieux que le lapis-lazuli), un peu d'outremer (poudre de lapis-lazuli). Il obtient du pourpre par mélange azurite/laque rouge. Du blanc de plomb (également appelé céruse) en sous-couche ou en mélange, pour nuancer le bleu, lui donner de la profondeur.

      • En somme, il utilise les couleurs les plus courantes à l'époque. Le fait qu'il n'emploie presque pas de rouge de garance tendrait à indiquer un besoin de peindre vite pour satisfaire de nombreuses commandes. En effet, cette matière d'origine végétale met des mois à sécher."

      Par contre Nicole Veronee-Verhaegen mentionne  l'utilisation de la laque de garance pour le Polyptyque de Beaune.

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      SOURCES ET LIENS.

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       VERONEE-VERHAEGEN (Nicole), 1973, L'Hôtel-Dieu de Beaune ; introduction de Pierre Quarré,  Corpus de la peinture des anciens Pays-Bas méridionaux au quinzième siècle 13, Bruxelles : Centre national de recherches Primitifs flamands. 

      http://xv.kikirpa.be/uploads/tx_news/CORPUS_13_-_BEAUNE_-_1973.pdf

      .

       

      — BILINGE (Rachel) 1997, Lorne Campbell, Jill Dunkerton, Susan Foister, Jo Kirby, Jennie Pilc, Ashok Roy, Marika Spring and Raymond White  "The Materials and Technique of Five Paintings by Rogier van der Weyden and his Workshop", National Gallery Technical Bulletin Volume 18,

      http://www.nationalgallery.org.uk/upload/pdf/van_der_weyden1997.pdf

      — Closer to van Eyck; Rediscovering the Ghent Altarpiece.

      http://vaneyck.kikirpa.be/

       

      —  DEPROUW-AUGUSTIN (Stéphanie) ,2012, La ligne droite de Rogier Van der Weyden, blog Apprendre à voir :

      https://deprouw.fr/blog/la-droite-ligne-de-rogier-van-der-weyden-2/

      —  DEPROUW-AUGUSTIN (Stéphanie) ,2012, Jan van Eyck, la grandeur au miroir de l'intime

      https://deprouw.fr/blog/jan-van-eyck-la-grandeur-au-miroir-de-lintime/

      — GONTERO (Valérie), 2006, « Un syncrétisme pagano-chrétien : la glose du Pectoral d’Aaron dans le Lapidaire chrétien », Revue de l’histoire des religions [En ligne], 4 | 2006, mis en ligne le 29 janvier 2010, consulté le 04 novembre 2016. URL : http://rhr.revues.org/5212 ; DOI : 10.4000/rhr.5212

      — GONTERO (Valérie), Le lapidaire chrétien. Transcription du manuscrit 164 (Res. Ms. 12) de la Bibliothèque municipale Méjanes d’Aix-en-Provence (sigle M) par Valérie Gontéro

      http://www.sites.univ-rennes2.fr/celam/cetm/lapidaire/Lapidairechretien.htm

      — JOLIVET (Sophie), 2003. Pour soi vêtir honnêtement `a la cour de monseigneur le duc : costume et dispositif vestimentaire à la cour de Philippe le Bon, de 1430 à 1455. Sciences de l’Homme et Société. Université de Bourgogne, 2003.

      https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00392310/document

      — Idem, Tome 2. Annexe :

      https://halshs.archives-ouvertes.fr/tel-00392310/file/doc_maitre_Annexes_3.pdf

       

      — LABORDE (Léon de ) Glossaire français du Moyen Âge à l'usage de l'archéologue et l'amateur des arts précédé de l'inventaire de Louis, duc d'Anjou dressé vers 1360. Slatkine Reprints Genève 1975

      https://books.google.fr/books?id=nJDxce7BD2wC&dq=%22mors%22+fermail&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

      — MANDEVILLE (Jean de) (1300?-1372) Le lapidaire du quatorzième siècle : description des pierres précieuses et de leurs vertus magiques ([Reproduction en fac-similé]) / d'après le traité du chevalier Jean de Mandeville... ; avec notes, commentaires... [par] Isaac Del Sotto  Éditeur :  Slatkine (Genève) [diffusion Champion] (Paris) 1862  http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k22335b/f39.vertical

       

      Le Lapidaire de Jean de Mandeville constitue une somme qui réunit les trois types de lapidaires : la présence du zodiaque et des planètes le rapproche du courant magique ou astrologique ; la description des gemmes et de leurs vertus le situe dans le courant scientifique ; les références aux pierres saintes et aux douze gemmes du pectoral d’Aaron sont empruntées au lapidaire chrétien. Il traite une soixantaine à une centaine de gemmes, selon les manuscrits. Léopold Pannier recense trois manuscrits du Lapidaire de Jean de Mandeville, du XVe  au XVIIe  siècle  ­ Paris, Bibliothèque nationale de France, fr.4836 ­ Paris, Bibliothèque nationale de France, fr. 9136 ­ Bruxelles, Bibliothèque Royale de Belgique, ms. 11058  ­ (attribution incertaine : Paris, Bibliothèque nationale de France, fr. 14830)

      Un autre manuscrit est conservé à la Bibliothèque Méjanes d’Aix­ en Provence : il s’agit du manuscrit 1254 (1137)

      http://gsite.univ-provence.fr/gsite/Local/cuerma/dir/user-1086/Gontero-lapidaireFV.pdf

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      15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 23:32

      Lannédern, la commune des Monts d'Arrée qui met ses poèmes à sécher au lavoir ou les éparpille le long des haies.

      Une initiative de La Cie des Ifs en 2008 poursuivie par Arrée lecture et la Brouette.

      Voir aussi :

      L'enclos paroissial de Lannédern I . Les sculptures extérieures : le calvaire , l'ossuaire  et les crossettes.

       

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      A toute l'équipe de l'atelier d'écriture de Lannédern.

       

      Le village ("commune" manquerait ici de charme) de Lannédern est très actif. Surtout autour des mots, les jolis mots multicolores que les habitants attrapent comme des papillons, pour les remettre en liberté autour de leurs demeures. Mais les mots tordus, les vilains mots, les mots pas propres, pas de chez eux, ils ne les mettent pas à la porte comme des faquins. Ils les amènent au vieux lavoir, et que je te les bats à plate couture mais dans le sens du poil sur la pierre à laver,  que je te les savonne, et que je te les brique, et que je les fais reluire avec les ragots des copines, que je te leur rends une nouvelle santé,  jusqu'à ce que, bien mignons sur eux, tout odorant de savon,  je te les fasse sécher sous la surveillance de quatre pinces à linge.

      Il suffit de suivre le cours de l'eau.

      I. LE COURS DE L'EAU.

       Le ruisseau a été conduit par une rigole toute emplie de cresson vers la fontaine, et celle-ci va, dans l'auguste silence de la campagne, le confier au lavoir.

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      Vers la fontaine endormie de Lannédern, photographie lavieb-aile.

      Vers la fontaine endormie de Lannédern, photographie lavieb-aile.

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      E là, humm, un joli poème de Jean-Pierre Siméon.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Sim%C3%A9on

      C'est le directeur artistique du Printemps des Poètes. 

      Vous connaissez ? " Chaque année, plus de 12 000 manifestations et autres festivités sont organisées, principalement en France et au Québec, à l'occasion de cette semaine consacrée à l'art poétique, qui se déroule habituellement au mois de mars, précédant de quelques jours l'arrivée du printemps. En 2016, la manifestation reçoit le prix Goncourt de la poésie pour l'ensemble de son action. Et pour le 18e Printemps des Poètes, du 5 au 20 mars 2016, le thème était "Le Grand XXe. Cent ans de poésie". Le "Collectif des Associations" ou collectif Les Mots des Monts  de Lannédern (Arrée lecture, autour de la bibliothèque ; La Brouette, qui crée et diffuse des spectacles de poésie, musique et théâtre ; et la Compagnie des Ifs, qui met en scène « le Misanthrope » de Molière et promeut "toute initiative artistique dans le domaine du spectacle vivant, émanant des adhérents de l'association" ) était de la partie, et organisait de nombreuses animations :

      — La  chasse aux trésors à travers la commune était organisée par les jeunes . Et pas n'importe quel trésor. C'était une chasse aux mots, aux poèmes et à leurs illustrations. Il fallait trouver des morceaux de poème ou de chanson éparpillés, dans les rues ou la très proche campagne sur les ardoises ou autres supports . Au cours de leur quête, les chasseurs avaient également pour mission de rapporter trois mots avec lesquels ils devaient écrire un petit poème.  

      http://www.ouest-france.fr/bretagne/lannedern-29190/les-mots-des-monts-ont-organise-une-chasse-au-tresor-4100501
       

      — Écritures de poèmes, haiku, extraits de poèmes, sur des supports qui seraient ensuite disposés dans le bourg . atelier vidéo à chacun son poème, qui veut raconte, récite ou lit son poème préféré.

      — Participation de  Louis Bertholom, poète, accompagné à la guitare par Yvonnick Penven.

      — Etc..

       

       

       

       

      Devant la  la fontaine à poésie de Lannédern, photographie lavieb-aile.

      Devant la la fontaine à poésie de Lannédern, photographie lavieb-aile.

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      Le lavoir, le voilà. Si vous voulez le voir vivre comme dans l'ancien temps, cliquez sur ce lien qui décrit son frère jumeau de Braspart. Et puis revenez par ici lire le poème du mur de droite.

      http://ville-brasparts.forum-actif.net/t815-le-lavoir-de-brasparts-visite-par-les-enfants-de-l-ecole-sainte-therese

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      Le lavoir de Lannédern,  photographie lavieb-aile.

      Le lavoir de Lannédern, photographie lavieb-aile.

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      Quand je vous le disais ! La lessive d'hier y est encore ! 

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      Le linge poétique du lavoir de Lannédern ; photographie lavieb-aile.

      Le linge poétique du lavoir de Lannédern ; photographie lavieb-aile.

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      Ce Marcel a attiré cinq hirondelles qui sont venues se poser sur son fil ; elles en voient de drôles de couleurs. Photographie lavieb-aile.

      Ce Marcel a attiré cinq hirondelles qui sont venues se poser sur son fil ; elles en voient de drôles de couleurs. Photographie lavieb-aile.

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      Dessous chics, chemise de corps, c'est toujours du beau linge, lavé en famille. Photographie lavieb-aile.

      Dessous chics, chemise de corps, c'est toujours du beau linge, lavé en famille. Photographie lavieb-aile.

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      Toujours le lavoir. "Je ne sais pas quoi écrire ! Je sèche". Photographie lavieb-aile.

      Toujours le lavoir. "Je ne sais pas quoi écrire ! Je sèche". Photographie lavieb-aile.

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      II. LES MOTS SE METTENT AU VERT.

       

      A peine plus loin, fini l'angoisse de l'ardoise noire, version locale de la "page blanche".

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      Au plaisir des mots dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Au plaisir des mots dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      Les ardoises noires (on est dans le pays des ardoisières) remplacent ici les cailloux blancs du Petit Poucet qui jalonnent le récit d'un conte inattendu.

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      Au plaisir des mots dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Au plaisir des mots dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      Au plaisir des mots dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Au plaisir des mots dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      Au plaisir des mots dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Au plaisir des mots dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      Poème de Jeanne Benameur.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Jeanne_Benameur

      Notre nom est une île est un recueil paru en chez Bruno Doucet, collection  "Embrasures".

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      A la chasse aux 13 ors  dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      A la chasse aux 13 ors dans les rues de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      Tiens, un poème d'Hervé Lauwik. Auteur mineur de livres d'humour, né en 1891 et mort en 1975. On ne connaît de lui que ce bon mot, aussi attribué à l'autrichienne Marie von Ebner-Eschenbach, auteur d'Aphorismes (1880) : 

      « Les véritables bons amis sont les personnes qui nous connaissent très bien mais qui nous supportent quand même » ( Wirklich gute Freunde sind Menschen, die uns ganz genau kennen, und trotzdem zu uns halten). 

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      Poème d'Hervé Lauwik, à Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Poème d'Hervé Lauwik, à Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      Un poème d'Eurydice El Etr, née un jour d'avril 1981. Comédienne et chanteuse, traductricede Carlo Gozzi,  agrégée d'italien, et ancienne élève de l'ENS rue d'Ulm. On peut être et avoir été.

       

      Eurydice El Etr, dont le nom est à lui seul poésie.  Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Eurydice El Etr, dont le nom est à lui seul poésie. Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      Encore quelqu'un qui a laissé une ardoise. Qu'il a signé avant de filer.

      Jacques Turbin, kicékcé ?

       

      Kicéquecé ? Je le trouve dans mon Dictionnaire des anarchistes. Né à Mulhouse (Haut-Rhin) le 30 avril 1843, mort le 19 juillet 1913 ; ingénieur, poète et militant politique. - Membre de la Commune de Paris (1871). - Fondateur, à Nancy (Meurthe-et-Moselle), de la Maison du peuple et de l'Université populaire. - Pseudonyme de Charles Keller. Auteur de A l'oreille, ed. A. Lemerre Paris 1899. Je parcours ce recueil sur Gallica :

       http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5455262p/f21.double

      Viens au pays d'ivresse 
      Où le bonheur fleurit, 
      Où tout chante et caresse, 
      Désaltère et guérit; 
      Au pays du délice 
      Où la ronde sans fin 
      Des heures lentes glisse 
      Sur un rythme divin. 

       

      J'abandonne après Notre Ménage, Soyons époux, et A Notre-Dame des baisers. On est loin de Léo Ferré. 

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      Citation de Jacques Turbin, Lannédern. Photographie lavieb-aile

      Citation de Jacques Turbin, Lannédern. Photographie lavieb-aile

      Bientôt envoûté, comme le narrateur dans le Grand Meaulnes, j'arrive devant un château. Enfin, plutôt une bâtisse gardée par un chat. Devant les mots d'ici, il boit du petit lait.

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      L'Outre-Monde de Lannédern, entre Po et Sie. Photographie lavieb-aile.

      L'Outre-Monde de Lannédern, entre Po et Sie. Photographie lavieb-aile.

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      La "bâtisse", c'est en fait l'ancienne école de Lannédern. Sa propriétaire m'apparaît,  mystérieuse  fée à la main verte.

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      L'Outre-Monde de Lannédern devant la vieille école. Photographie lavieb-aile.

      L'Outre-Monde de Lannédern devant la vieille école. Photographie lavieb-aile.

      Est-ce Laudine, héroïne du roman breton Yvain ou le chevalier au Lion? Est-ce sa servante Lunette ? Va-t-elle me proposer un philtre, une baguette de coudrier ou un pampre de chévrefeuille?  Tout est possible au Pays des Mots.

      Comme elle a aménagé son ancienne école en gite rurale, elle me donne sa carte où je lis  son nom.

      http://www.huelgoat-carhaix-tourisme.com/fr/se-loger/les-chambres-dhotes/chambre-dhotes-lannedern-1-rue-de-la-vieille-ecole

      http://www.ouest-france.fr/bretagne/lannedern-29190/les-mots-des-monts-ont-organise-une-chasse-au-tresor-4100501

      Puis, après ces présentations, madame Maryvonne Molineux, très impliquée dans les associations locales,   m'explique l'origine de toutes ces ardoises, produites par l'atelier d'écriture de la bibliothèque. "Nous voulons gagner le titre de "Commune aux 100 poèmes", nous allons continuer à en placer le plus possible dans les chemins". 

      Avant de me mettre au piquet. Littéralement. Au pied de la lettre, si on veux.

      J'ai pas dit "au pieu".

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      Rencontre à Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Rencontre à Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      III. LA POÉSIE MIS AU PIQUET.

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      Palissade de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Palissade de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      Claie de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Claie de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      Barrière girondine de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Barrière girondine de Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      J'écris ton nom Liberté, de Paul Eluard.

       

      Lattis de châtaignier, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Lattis de châtaignier, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      Citation d'Abbas Kiarostami ,  réalisateur, scénariste et producteur de cinéma iranien (Où est la maison de mon ami ? et Le vent nous emportera,) est  né le 22 juin 1940 à Téhéran en Iran et mort le 4 juillet 2016 à Paris. Son style est très inspiré par la poésie persane. Les personnages récitent principalement des poèmes du poète persan classique Omar Khayyam ou de poètes persans modernes tels que Sohrab Sepehri et Furough Farrokhzad : 

      Ils promettent des houris dans les cieux Mais je dirais que le vin est meilleur Préférez le présent aux promesses. C'est de loin que le son du tambour parait mélodieux (Omar Khayyam)

      Il cite aussi le poète Mawlana Djalâl ad-Dîn Rûmî, mort en 1273 :

       Tu es ma balle de polo poursuivie par ma crosse. Je cours sans cesse pour te suivre bien que ce soit moi qui te pourchasse

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      Citation d'Abbis Kiarostami, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Citation d'Abbis Kiarostami, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      Poème de Jean-François Le Gal.

      Né en 1960, Jean-François Le Gal, enseignant à Quimper, a publié en 1995 chez Calligrammes L'Impatience.

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      Écriteau écrit tôt, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Écriteau écrit tôt, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      Poésie de Marie-José Christien.

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      Ganivelle, Lannédern, Photographie lavieb-aile.

      Ganivelle, Lannédern, Photographie lavieb-aile.

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      Claire-voie, Lannédern, Photographie lavieb-aile.

      Claire-voie, Lannédern, Photographie lavieb-aile.

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      Echalas de châtaignier, Lannédern, Photographie lavieb-aile.

      Echalas de châtaignier, Lannédern, Photographie lavieb-aile.

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      Sorte de sommier à lattes, vertical. Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Sorte de sommier à lattes, vertical. Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      Plessis de châtaignier à Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Plessis de châtaignier à Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      Eugène Guillevic

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      Clôture de piquets à Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Clôture de piquets à Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      Raymond Devos.

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      Bâtons, ardoise et fil de fer, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Bâtons, ardoise et fil de fer, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      Encore Eugène Guillevic :

       

       

      9 potes et demi, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      9 potes et demi, Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      Un poème de Maurice Carême (1899-1978). La Bonté.

      Lu par l'auteur : https://www.youtube.com/watch?v=dPj5yEBGQUI

       

      Feuille de roche schisteuse et trace d'écriture humaine, Anthropocène, Massif Armoricain. Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Feuille de roche schisteuse et trace d'écriture humaine, Anthropocène, Massif Armoricain. Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      Poème de Paul-Louis Couchourel.

      Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Lannédern. Photographie lavieb-aile.

       

      Robert Desnos.

       

      Branches de châtaigniers écorcées et enlacées de torsades de fer. Lannédern. Photographie lavieb-aile.

      Branches de châtaigniers écorcées et enlacées de torsades de fer. Lannédern. Photographie lavieb-aile.

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      Un grand merci à Maryvonne Molineux.

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