Overblog Tous les blogs Top blogs Tourisme, Lieux et Événements Tous les blogs Tourisme, Lieux et Événements
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
18 janvier 2019 5 18 /01 /janvier /2019 14:23

Zoonymie des Odonates : étude des noms du Sympetrum striolatum (Charpentier 1840), "le Sympétrum fascié".

 

.

 .

Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

.

 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

 

 

 

.

ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

.

Résumé.

— Sympetrum, Newman, 1833, Ent. mag. , 1:511.. Des deux suffixes grecs σύμπυκνος, sympiezein   "comprimé" et  ἦτρον, êtron "abdomen" : "qui a l'abdomen comprimé latéralement".  En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum  "à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

S. Striolatum , Charpentier, 1840, Libell. europ:  78; cette forme atténuée du latin striatus, a, um signifie "qui est légèrement strié". La description originale ne permet pas de préciser si l'épithète se réfère aux pattes (jaunes à ligne noire sur toute la longueur) ou au thorax (à deux bandes jaunes), mais le caractère discret fait pencher plutôt vers les pattes (les deux "fasces" du thorax sont larges et franches).

— Noms communs en français : 1°) "La Libellule striolée", Sélys 1850. 2°) "Le Sympétrum fascié", Paul-André Robert 1958,  retenu par la LPO et l'INPN ; 3°) "Le Sympétrum strié", Jourde in Dijkstra 2007 et Précigout-Prudhomme 2009. 

 

.

 

— Noms communs dans d'autres langues :

-en espagnol : La Libélula flecha roja 

-en néerlandais : De bruinrode heidelibel  

-en frison :  Grutte heidelibel, Hjersthopke

-en allemand : die Große Heidelibelle

-en anglais : Common Darter.

- en gallois : Gwäell gyffredin

.

.

NOM SCIENTIFIQUE.

.

NOM DE GENRE SYMPETRUM NEWMAN, 1833.

.

Voir :

Newman, Entomological Magazine vol. 1, London, F. Westley & A.H. Davis, page 511.

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-sympetrum-newman-1833.html

 

.

NOM D'ESPÈCE S. STRIOLATUM (CHARPENTIER, 1840).

Charpentier (de Toussaint von), 1840, Libellulinae europaeae ac depictae, L. Voss, 180 pages ​​​​​​, page 78 et planche X fig. 1 et 2.

 

Description originale.

11. LIBELLULA STRIOLATA. Tab. X. Fig. 2. mas et foem.

Lib. corpore cylindrico, lutescens: abdomine maris rufo, foeminae luteo, in lurido-virescens abeunte: pedes in utroque sexu lutei, nigro-lineati, fronte maris flavida.

 Habitat in Silesia.

Haec Lib.praecedente paullulo maior, et in utroque sexu eiusdem magnitudinis est.

Caput globosum, flavidum: maris adulti frons semper flavida. Oculi gilvi, superne rufo-brunnei. Tempora flava, glabra, maculis nonnullis minus distinctis nigris,

Truncus. Prothorax ater, opacus, postice in lobos duos semiorbiculares elevatus: margine antico et postico flavo. Alitruncus lurido-luteus, in lateribus sulphureus, lineis nonnullis atris. Collaris margo anticus colore vix nigro terminatus, Tubercula interalaria maris adulti rufa.

Alae hyalinae, ad basin non coloratae: maris venis rufis, foeminae luteis: illius parastigmate fusco, huius lutescente.

Pedes flavo-lutei, femoribus utroque latere, tibiis interno linea atra pictis.

Abdomen teres, cylindricum, ad basin subglobosum, in medio leviter attenuatum, versus apicem crassius, et in summo apice demuo attenuatum, id quod etiam de foemina valet.

Color abdominis maris idem est, atque in Lib. nigripede. Foeminae color e luteo aliquantulum in lurido-viridem transit, et macula nigra in segmento octavo et nono tam magna et dilatata plerumque est, ut totum fere segmentum impleat, et in medio utriusque lateris disculus maneat luteus. Caeterum margines omnes ac suturae linea tenui, atra terminantur. In ipsis segmentorum lateribus, praecipue mediorum, adiacet lineola longitudinalis, atra, abbreviata, basin singulorum segmentorum non attingens.

Valva aperturae oviparae incumbens, in margine antico paullulum excisa.

.

 

Zoonymie des Odonates : étude des noms du Sympetrum striolatum (Charpentier 1840).

.

La planche X (peinte et dessinée par Charpentier ) montre les deux formes mâle et femelle dans les figures 1 et 2. Aucun indice ne  nous aide dans notre étude zoonymique.

.

Zoonymie des Odonates : étude des noms du Sympetrum striolatum (Charpentier 1840).

.

.

ÉTUDE DU NOM S. STRIOLATUM.

Le terme latin striolatus n'est pas attesté en latin avant son usage en sciences naturelles au début du XIXe siècle. Le terme latin est celui de  striatus, a, um : participe passé du verbe strio , signifiant "Cannelé, strié": Gaffiot page 1484.

Il semble avoir été construit par les naturalistes sur les modèles linnéens d'atténuation d'épithètes latins valides : libellula sur libella, flaveola sur flava : Striolatus, Olivier 1801, Striolata 1813 ; Gyrinus striolatus Guerin 1830.

En 1834, Jourdan, dans son Dictionnaire raisonné, étymologique des sciences naturelles, le cite  avec cette définition :

"STRIOLÉ, adj. striolatus (stria, "strie") : qui est légèrement strié, comme les élytres du Passalus striolatus."

Ce Passalus est un coléoptère décrit en 1829 par Eschschlotz (celui qui a découvert l'Eschscholtzia)(INPN https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/748786)

En français, l'adjectif "striolé" est employé par les naturalistes comme nom vernaculaire  ("Bruant striolé", "Synnalaxe striolé", "Moiré striolé") ou comme adjectif dans des descriptions d'espèce, surtout depuis la fin du XIXe, alors qu'il n'est pas reconnu par le CNRTL , sauf comme un "synonyme" de "strié". Nous verrons qu'il est apparu sous la plume de Sélys en 1850, précisément pour traduire le striolatum de Charpentier.

Voir :https://en.wiktionary.org/wiki/striatus#Latin

Novo Acta Leopoldina 1727 (striolatus) et 1757 (striolata)

Striolatus, Olivier 1801

https://books.google.fr/books?id=CmZdL4Rr1tgC&pg=PA417&dq=striolatus&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjtuueUkfPfAhVEXhoKHVVJAlMQ6AEIKTAA#v=onepage&q=striolatus&f=false

Quoiqu'il en soit, chacun admettra que ce néologisme propre aux sciences naturelles a été employé par l'allemand Toussaint von Charpentier avec le sens de "strié".

Néanmoins, dans sa description latine pourtant détaillé, l'auteur n'emploie à aucun moment l'adjectif striolatus, et pas davantage celui de striatus. Dans sa diagnose inaugurale, là où il doit indiquer tous les caractères spécifiques, il écrit Lib. corpore cylindrico, lutescens: abdomine maris rufo, foeminae luteo, in lurido-virescens abeunte: pedes in utroque sexu lutei, nigro-lineati, fronte maris flavida : "libellule au corps cylindrique, jaunâtre ; abdomen roux chez le mâle,  jaune chez la femelle avec des amorces jaune-pâle ; pattes jaune dans les deux sexes, à lignes noires ; front du mâle jaunâtre.".

Faut-il voir dans ce nigro-lineati qualifiant les pattes l'origine de l'épithète striolatum ? En toute logique, oui, mais cela choque nos habitudes de voir les auteurs choisir des déterminants des ailes ou de l'abdomen pour nommer leur espèce.

Et puis, ce caractère des pattes ne  permet pas de distinguer, parmi les Sympetrum, S. striolatum de S. flaveolum ou de S. vulgatum.

Certes, mais si nous estimons que l'épithète se rapporte à l'abdomen ou au thorax, il n'est pas non plus spécifique et discriminant.

La description originale ne permet donc  pas de préciser si l'épithète se réfère aux pattes (jaunes à ligne noire sur toute la longueur) ou au thorax (à deux bandes jaunes), mais le caractère discret (striolatum = "strié légèrement")  fait pencher plutôt vers les pattes (les deux "fasces" du thorax sont larges et franches)

Nous verrons que Paul-André Robert a attribué le qualificatif au thorax ou à l'abdomen, puisqu'il écrit en 1958 : "Signification du nom : striolatum = coté ou flanc strié, ou bien coupé par des lignes ou des rainures, c'est-à-dire fascié. "

 

LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

.

POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/sympetrum-strie/

"Striolatum de striolatus (lat) = strié, marqué de petits traits : du fait de la présence d’une ligne noire latérale interrompue le long de l’abdomen."

 

 

.

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Sympetrum striolatum (Charpentier, 1840) from Lat. striolatus, -a, -um = with little furrows [stria = furrow],  presumably for the furrowed underside of the abdomen "


.

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

striolatum (Sympetrum) – diminutivo di striatus, a, um = striato, provvisto di piccole striature. "

 

 

.

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

Non traité

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"striolatum van striola = streepje  "

 

.

 

 

.

.

NOMS VERNACULAIRES.

.

LES NOMS EN FRANÇAIS.

.

1°) "La Libellule striolée",  Sélys, 1850.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q/f64.image.texteImage

On sait que l'habitude d'Edmond de Sélys-Longchamps est de former des néologismes pour les noms français d'Odonates, par décalque du nom scientifique. C'est le cas pour l'adjectif "striolé", qu'il introduit ici dans notre langue. (Je trouve tout de même un précédent en 1826 pour un Cône , un autre en 1830 (le Gyrin striolé) ,  un autre encore en 1840, toujours en sciences naturelles)

La description ne permet pas de dire si Sélys comprend le terme "striolé" comme se rapportant aux stries du thorax ou aux lignes des pattes ; c'est néanmoins à propos du thorax qu'il utilise le nom "stries" ; et il décrit celles-ci avec précision.

20. LIBELLULA STRIOLATA. Charp. 

LIBELLULE STRIOLÉE. 

Diagnose. Ailes non sensiblement colorées à la base ; ptérostigma médiocre ; pieds jaunes en dehors, lignés de noirs. Côtés du thorax jaunâtres, avec trois stries obliques noires (et une bande brune chez l'adulte). Abdomen jaunâtre ( rouge chez le mâle adulte , etc. 
[....]
Thorax olivâtre en avant et en dessus, avec les attaches des ailes rouges, jaune olivâtre sur les côtés avec trois raies noires obliques étroites, terminées en dessous par des taches noires bien marquées et confluentes ;  l'espace avant la première et celui entre la 2° et la 3* stries sont marron-rougeâtre et forment une bande oblique bien marquée le dessous du thorax olivâtre, tacheté de noir et de marron (ou de rouge chez les très-adultes).
Pieds noirs, ['extérieur des cuisses et des tibias  étroitement jaunâtre. Les cuisses ont en outre sur le jaune une ligne noire plus  ou moins distincte.

.

2°) "Le Sympétrum fascié", P-A. Robert 1958 

  Paul-A. Robert, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages page 277.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&focus=searchwithinvolume&q=%22fasci%C3%A9%22

L'auteur écrit : "Signification du nom : striolatum = coté ou flanc strié, ou bien coupé par des lignes ou des rainures, c'est-à-dire fascié. ". Il a donc attribué le qualificatif au thorax marqué de deux larges bandes jaunes. Son adjectif "fascié" est  défini par le CNRTL ainsi : "Zoologie : qui est marqué de bandes" (en conchioliogie dès 1743), puisque le nom "fascie" désigne une bande. En héraldique, la fasce est une bande horizontale. 

Le terme choisi par Robert a le premier inconvénient de ne pas être compréhensible pour tout le monde (mais c'est aussi sa valeur), mais surtout de miser sur l'une des deux interprétations de l'épithète striolata, car "fascié" ne peut plus s'appliquer aux pattes jaunes à lignes noires.

.

Depuis, le nom a été adopté par tous les auteurs et est le nom officialisé par la LPO et l'INPN, et par les guides de Grand et Boudot. .

INPN : https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65344

3°) "Le Sympétrum strié", Jourde in Diskstra 2007.

Pour des raisons que j'ignore, Jourde, dans sa traduction du Guide des Libellules de France et d'Europe de K.-D. B. Dijkstra choisit de ne pas suivre Robert, et d'adopter la traduction "Sympétrum strié". Il reprendra ce nom en 2009 dans Libellules de Poitou-Charentes (Précigout, Prud'homme et Jourde).

C'est aussi le nom mentionné dans l'article Wikipédia (2019).

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Symp%C3%A9trum_stri%C3%A9

.

.

.

.

 

 

LES NOMS EN D'AUTRES LANGUES.

.

-en espagnol : La Libélula flecha roja 

-en néerlandais : De bruinrode heidelibel  

-en frison :  Grutte heidelibel, Hjersthopke

-en allemand : die Große Heidelibelle

-en anglais : Common Darter.

- en gallois : Gwäell gyffredin

- en breton (en attente de validation) : Flemm-aer boutin

.

.

 

 

.

.

SOURCES ET LIENS.

.

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

.

OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— CHARPENTIER (TOUSSAINT DE ), 1840,Libellulinae europaeae ac depictae, L. Voss, 180 pages

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

LUCAS (Hippolyte), 1849, Histoire naturelle des animaux articulés 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/101772#page/66/mode/1up

ROBERT (Paul-A.), Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
16 janvier 2019 3 16 /01 /janvier /2019 14:41

.

PRÉSENTATION.

.

La reconstruction de l'église Saint-Ouen avait été décidée sous Louis XII en 1480, et commença par la façade occidentale. Puis les travaux se poursuivirent avec les sept travées de la nef, qui est raccordée en 1514 au chœur roman, tandis que les bas-cotés, avec leurs 12 chapelles latérales, sont édifiés sous François Ier jusqu'en 1535, et dotés progressivement de vitraux à partir de 1514 environ, et jusqu'en 1556 grâce aux dons des confréries (du Saint-Sacrement en baie 18 et 20), aux corporations (des boulangers en baie 13, des peintres  en baie 10), des familles de notables (baies 7, 8, 10, 12, 16, 17) ou du clergé (abbaye de Saint-Ouen de Rouen en baie 14, chapelain en baie 15). 


 

Les six chapelles du coté sud,  se succèdent ainsi d'ouest en est (vers le chœur) :

  • 1ère chapelle : baies 20 et 18  (vers 1515) : Miracles de l'Eucharistie (20), vie de saint Ouen (18) et procession de la confrérie du Saint-Sacrement (18 et 20), commanditaire.

  • 2ème chapelle : baie 16 (1516) Annonciation et Mise au tombeau offerte par le conseiller Guillaume Tesson et Jeanne Myre.

  • 3ème chapelle : baie 14 (vers 1515-1520) : saints Pierre et Paul offerte par l'abbaye de Saint-Ouen de Rouen.

  • 4ème chapelle :  baie 12  (1519) : saints Eustache, Jean, Nicolas et Mathurin offerte par 2 familles.

  • 5ème chapelle :  baie 10 (v. 1535) : Dormition de la Vierge offerte par une famille.

  • 6ème chapelle : baie 8 (1535) : Vie de saint Jean-Baptiste, peinte par Mausse Heurtault et offerte par Jean de Génouville, marchand.

La baie 10 éclaire donc la 5ème chapelle sud et date de 1535 environ, elle a été offerte par deux familles figurées en donateurs non identifiées par les  armoiries. 

Elle mesure 5 m de haut et 3 m de large et comporte 3 lancettes en plein cintre et un tympan à 4 ajours. Les donateurs, en trois groupes, occupent le soubassement ; le registre principal est consacré à la Dormition de la Vierge ; et le tympan à son Assomption.

.

"Après cette parenthèse germanique [baie 12], nous retrouvons une œuvre où je vois l'ultime floraison du groupe rennais issu de l'atelier d'Arnoult de Nimègue. Avec son avant-corps, le cadre architectural imite celui du vitrail des Trois Marie, à Notre-Dame de Louviers, exécuté par le chef d'école au début de sa période anversoise, donc après 1513 et vers 1520. Aussi bien, deux putti, debout sur la corniche du second plan, portent des étendards où l'on reconnaît à droite l'aigle de la corporation du Saint-Empire, et, à gauche, le blason de la corporation des peintres.

Une composition savamment ordonnée, une ambiance sereine et un coloris harmonieux font de la Dormition un chef-d'œuvre du vitrail normand. Les donateurs, agenouillés dans une galerie qui s'ouvre sur un paysage de montagnes et de châteaux, sont animés d'une vie tout à fait exceptionnelle pour des figures à si petite échelle. Moins individualisées, les têtes des apôtres qui entourent le lit de la mort de la sainte Vierge sont belles et expressives. Au tympan, l'Immaculée est accueillie dans la lumière dorée du ciel, et là aussi l'impression donnée est celle d'un parfait équilibre." (Jean Lafond 1961)

"Le Trépassement de la Vierge fait le sujet du vitrail de la cinquième chapelle et diffère singulièrement de style avec le précédent. A côté de l'école allemande, voici l'école italienne avec ses draperies, ses vieillards à longue barbe blanche entourant le lit à baldaquin sur lequel repose la Vierge. Des colonnes ioniques dont le fût est couvert de trophées supportent le dais du baldaquin. La composition est quelque peu prétentieuse, mais le coloris est admirable et puissant l'effet décoratif.  Cette chapelle était autrefois dite de Saint-Eloi." (Montier p. 106)

.

Sur le plan technique, le verre rouge gravé est utilisé pour les armoiries. La sanguine est employée.

 

.

Verrière de l'Assomption (vers 1535), baie 10, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Assomption (vers 1535), baie 10, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

LE REGISTRE DES DONATEURS.

.

Ce registre est organisé en trois scènes dans les trois lancettes : d'abord à gauche un homme âgé, seul vêtu de bleu , agenouillé au prie-dieu en donateur avec un premier ensemble d'armoiries ; puis un autre homme plus jeune vêtu d'un manteau blanc devant ses deux fils, avec un deuxième complexe d'armoiries. Et enfin l'épouse en manteau rouge, devant ses trois filles, et de nouvelles armoiries. (C'est peut-être la grand-mère, car deux des filles semblent être des femmes mariées).

Ces huit donateurs sont tournés vers la gauche (donc vers le chœur) et ils appartiennent à la même famille, puisqu'ils partagent un motif héraldique commun, que je décrirai en toute incompétence comme d'azur à trois étoiles d'or et brochant sur le tout, de gueules à une "rencontre de cerf d'or, accompagné en chef d'une étoile d'or". Autrement dit, un blason bleu à trois étoiles jaunes, avec au centre un blason plus petit, jaune, contenant une peau couleur rouge, qui contient elle-même une tête de cerf jaune, et une étoile entre les bois de ce cerf.

Le premier homme, que je suppose être le grand-père ou l'ancêtre, écartèle ce premier blason d'un autre , bleu avec une croix pattée jaune. (c'est en réalité plus compliqué que cela).

Le deuxième homme avec ses fils conserve la "rencontre de cerf d'or" et la croix pattée d'or, associé à un autre élément, de gueules fascée d'or avec deux coquilles d'argent en chef. 

L'épouse, qui est sans doute accompagnée des armes de sa propre famille, reprend le premier complexe (d'azur à trois étoiles d'or . d'azur à la croix pattée d'or / de gueules à la rencontre de cerf d'or, accompagné en chef d'une étoile d'or) , coupées en mi-parti par ses armes de gueules au chevron d'or aux trois piques d'or.

Selon Gatouillat, les premières ont été remaniées. Les deuxièmes , bien conservées, seraient  celles d'une alliance des Genouville d'Etelan et des Le Gras. Les troisièmes étaient endommagées et illisibles au XIXe siècle.

Certes, les Picart d'Ételan ont porté de gueules à trois fers de piques d'argent (Picart d'Estelan et de Radeval) ou d'azur à trois fers de pique d'or (Picard de Radeval) ou 1 : de gueules à trois piques d'or, au chef crénelé d'or, armoiries des Picart d'Etelan ; 2 : mi parti en 1, fasce de gueules et d'azur, en 2, de gueules à 3 piques d'or, Picart d'Etelan, mais sans le chevron d'or.

Et certes je trouve mention de GRAS (LE,), élection de Pont-Audemer, maintenu le 20 janvier 1669 d'or, au rencontre de cerf de gueules, accompagné de trois étoiles mal-ordonnées d'azur. 

J'ai décrit les armoiries de Louis Le Picart de gueules à trois fers de piques d'argent dans la baie 1 de Bourg-Achard.

http://www.lavieb-aile.com/2018/10/la-baie-1-de-1460-1480-et-de-1500-1510-marie-madeleine-de-l-eglise-saint-lo-de-bourg-achard.html.

.

 

 

.

Verrière de l'Assomption (vers 1535), baie 10, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Assomption (vers 1535), baie 10, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Assomption (vers 1535), baie 10, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Assomption (vers 1535), baie 10, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

Verrière de l'Assomption (vers 1535), baie 10, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Assomption (vers 1535), baie 10, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

 

Verrière de l'Assomption (vers 1535), baie 10, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Assomption (vers 1535), baie 10, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

La Dormition.

.

"Dans un édifice ouvert flanqué d'un péristyle dont les terrasses supportent 2 putti agitant des étendards (aux armes de la corporation des peintres à gauche, aux armes du Saint-Empire à droite), la Vierge au centre, étendue sur un lit à colonnes vu de front, entourée de saint Jean, de  saint Pierre et de deux anges ; au 1er plan, et dans les lancettes latérales, les autres apôtres (assez bien conservé ; tête de saint Jean et quelques pièces de la lancette droite rest.)" (Gatouillat et al. 2001 p. 193).

 

.

 

Verrière de l'Assomption (vers 1535), baie 10, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Assomption (vers 1535), baie 10, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

 

Verrière de l'Assomption (vers 1535), baie 10, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Assomption (vers 1535), baie 10, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Assomption (vers 1535), baie 10, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Assomption (vers 1535), baie 10, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

LE TYMPAN.

.

Dans l'oculus inférieur central, la Vierge en Assomption, portée par quatre anges.

La Trinité dans les nuées occupe les trois autres oculi :  la colombe du Saint-Esprit entouré d'un cercle de séraphins dans l'oculus supérieur, le Christ sortant du tombeau à gauche, et Dieu sur un trône et coiffé de la tiare à droite.

Six anges (deux fois trois cartons) occupent les écoinçons.

.

Verrière de l'Assomption (vers 1535), baie 10, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de l'Assomption (vers 1535), baie 10, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

SOURCES ET LIENS.

Sources principales :

— GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), HÉROLD (Michel), 2001, Eglise Saint-Ouen in Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France vol. VI, Paris, CNRS, 2001. p. 194.

— LAFOND, (Jean), 1969, Les vitraux de l'arrondissement de Pont-Audemer, Nouvelles de l'Eure, n°36, 1969

En complément :

— MONTIER, (Armand), 1895, Les vitraux de Saint-Ouen de Pont-Audemer, Pont-Audemer, Impr. du Commerce, G. Hauchard, 1895 ;

— MONTIER, (Armand), 1896, "L'église Saint-Ouen à Pont-Audemer", Normandie monumentale et pittoresque p. 109 (simple mention de la baie). page 106

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62406567/f142.item

— PHILIPPE-LEMAITRE (Delphine) 1853, non consulté

— REGNIER (Louis)  en 1899, non consulté.

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
15 janvier 2019 2 15 /01 /janvier /2019 11:52

Zoonymie des Odonates : les noms du Sympetrum flaveolum (Linnaeus, 1758),  "le Sympétrum jaune d'or".

 

 .

Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

.

 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

 

 

 

.

ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

.

Résumé.

— Sympetrum, Newman, 1833, Ent. mag. , 1:511.. Des deux suffixes grecs σύμπυκνος, sympiezein   "comprimé" et  ἦτρον, êtron "abdomen" : "qui a l'abdomen comprimé latéralement".  En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum  "à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

 

— Flaveolum Linnaeus, 1758, Syst. nat. :543, diminutif créé par Linné à partir du latin  flavus = jaune, doré", du fait de la couleur des taches situées à la base des ailes. 

— Nom en français : 1°) "La Libellule flavéole", Latreille 1803 puis Sélys 1850 ; 2°) "Le Sympétrum jaune d'or", Paul-André Robert 1958.

— noms en d'autres langues : 

 

-en allemand : Die Gefleckte Heidelibelle

-en anglais : The Yellow-winged darter

-en néerlandais : Geelvlekheidelibel

-en frison (1981) Bünte heidelibel ; en frison : Gielbünte heidelibel,Gielbünt hopke

-en gallois : gwäell asgell aur 

.

.

NOM SCIENTIFIQUE.

.

 

 

NOM DE GENRE SYMPETRUM (NEWMAN, 1833).

Voir :

Newman, Entomological Magazine vol. 1, London, F. Westley & A.H. Davis, page 511.

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-sympetrum-newman-1833.html

.

NOM D'ESPÈCE SYMPETRUM FLAVEOLUM (LINNAEUS, 1758). 

Libellula flaveoa Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 1-824 : 543. 

https://www.biodiversitylibrary.org/page/25034354#page/553/mode/1up

Description originale.

flaveola. 2. L. alis basi luteis.

Fn. svec. 765. 

Raj. ins 49. n°.4. 

Roef ins. 2. aqv. 2. t. 5. f. 4. 

Habitat in Europa. 

Haec inter minores : variat rarius alis absque basi lutea ; forte sexu. 

Trad : . n°2 : Libellula flaveola. Base des ailes jaunes. [...] Vit en Europe. Elle figure parmi les plus petites. 

.

 

Zoonymie des Odonates : les noms du Sympetrum flaveolum.

.

Les trois références de Linné.

.

 

1°) Linné, Fauna suecica 1746 page 230 n° 765.

 

745 . LIBELLULA alis albis : basi luteis. 

-Raj. Ins. 49, n° 4. Libella maxima abdomine breviore latioreque flavo .

Habitat frequens ad Aquas in Uplandia. 

DESCR. Dorsum luteum; subtus tota nigra; Thorax niger utrinque lineis duabus obliquis flavis. Pedes nigri ; Frons virescens. Oculi grisei. Alae basi ferrugineae. 

"Habitat : fréquent dans les espaces aquatiques d'Uplandia".

Uplandia, l'Uppland, est une province historique de l'est de la Suède correspondant au comté d'Uppsala (l'université de Linné ) et au nord du comté de Stockholm. 

"Dos jaune, tout le dessous noir ; thorax noir marqué sur le coté de deux lignes jaunes. Pattes noires, front jaunâtre, yeux gris. Base des ailes couleur rouille."

.

.

2°) John Ray, 1710, Historia insectorum, page 49 n°4.

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/49/mode/1up

4. Libella maxima abdomine breviore latioreque flavo,

F.W

Ad radicem singularum alarum macula magna e fusco-flavicans, sed major in inferioribus. Ubi alas corpori adhaerent linea albicans in parte inferiore. Alae reticulatae & versus extremum malâ fuscâ notatae. Scapulae utrinque areâ latâ coeruleo-albâ pinguntur.

 

 

.

 

 

.

3°) Roesel, 1749, Insecten Belustigung planche V fig. 4.

Rösel von Rosenhof, August Johann ; Kleemann, Christian Friedrich Carl ; Rösel von Rosenhof, August Johann [Hrsg.] Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung (Band 2): ... welcher acht Classen verschiedener sowohl inländischer, als auch einiger ausländischer Insecte enthält — Nürnberg, 1749

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0259/image

Le chapitre s'intitule Die etwas kleinere art derer schmalleibigen Libellen oder Wasser-Nymphen, nebst ihrent breiten Wurm, und der Art seiner Verwandlung, Tab. V. La planche comporte 4 figures, reconnue ensuite pour les deux premières (dont la larve) comme Cordulia aenea, pour la n° 3 comme Aeshna forcipata 

La figure 4 référencée par Linné est verte aux ailes entièrement transparente, elle ne correspond pas du tout à la description de sa L. flaveola.

.

 

.

Zoonymie des Odonates : les noms du Sympetrum flaveolum.
Zoonymie des Odonates : les noms du Sympetrum flaveolum.

.

Le spécimen de la collection de Linné. Linn 2318

http://linnean-online.org/19709/

.

Linné dans le Fauna suecica de 1761 page 372 n°1460.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/80015#page/426/mode/1up

Pas de changement, hormis la référence à Roesel qui disparaît .

.

.

Linné dans la douzième édition du Systema naturae de 1767.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/137240#page/375/mode/1up

La référence à Roesel revient, et deux autres auteurs, dont les ouvrages sont parus depuis 1758, sont cités : Geoffroy et Schaeffer.

flaveola. 2. L. alis basi luteis.

-Fn. fuec. 1460.

-Raj. ins. 49. n. 4. 

-Roef ins 2. aqv. 2. t. f, f. 4. 

-Geoffr. paris 1. p. 225. n. 7. t. 13. f .t. 

-Schaeff. ins. t.4 f. 1. 

Habitat in Europa. 

Haec inter minores : variat rarius alis abstque basi lutea; forte sexu .Thorax basi maculis punctisque luteis. 

 

.

.

ÉTUDE DU NOM S. FLAVEOLUM .

.

Flaveolum, masculin de flaveola par accord avec le genre Sympetrum, est un diminutif de l'adjectif flavus, a, um "jaune" créé par Linné. Flaveolus n'appartient pas au latin dans le dictionnaire Gaffiot, et semble, selon mes recherches, avoir été créé par Linné pour qualifier notamment des oiseaux. Dans ces emplois linnéens, je n'ai trouver que la forme féminine flaveola.

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=Flavius

Coereba [Certhia] flaveola Linnaeus, 1758 = Sucrier à ventre jaune.

Sicalis flaveola Linnaeus, 1766 : Sicale Bouton-d'or = Fringilla flaveola Linnaeus, 1766 : 

Cypraea flaveola Linnaeus, 1758

Emberiza flaveola Linnaeus, 1758

Parmi les Papillons :

Phalaena flaveola Linnaeus, 1758

Parmi les Libellules :

L. flaveolata Linnaeus 1761

.

En 1834 Jourdan en donne la traduction de "jaunâtre, qui tend à devenir jaune" dans son Dictionnaire raisonné étymologique des termes des Sciences naturelles.

L'Helm dictionary of scientific Birds names indique aussi : diminutif du latin flavus "doré, jaune".

 

Le Wiktionary (en) donne également pour flaveolus yellowish, donc "jaunâtre".

La traduction par "jaune d'or" ne traduit donc pas cette forme diminutive que donnerait "jaunet", ou cette atténuation de valeur de la couleur ("jaunâtre, jaunissant") mais peut trouver sa justification partielle puisque Gaffiot donne pour le nom flavus, i "pièce d'or" et pour l'adjectif flavus jaune, Virgile Géorgiques 1,316  flava arva " campagnes dorées", bond. 

Le Wiktionnaire donne "jaune, blond, doré" en renvoyant à Gaffiot et en précisant "de l’indo-européen commun *bhlē-u̯o-s (« couleur claire ») qui donne aussi le français bleu via une racine gotiquee.

 

.

 

 

.

LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

.

POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/sympetrum-jaune/

"Flaveolum diminutif latin de flavus = doré, jaune d’or, du fait de la couleur des taches situées à la base des ailes. "

 

.

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Sympetrum flaveolum (Linnaeus, 1758) from Lat. flaveolus, -a, -um = somewhat golden yellow [flavus = golden yellow] for the large yellow wing patches."


.

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"flaveolum (Sympetrum) - flavus, a, um = giallo. Per l’estesa macchia gialla sulle ali "

 

 

.

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

" [l. little yellow one] refers to the yellow tinge of the wings bases, which may expand well over the nodus in females "

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

" flaveolum = beetje geel ".

 

.

 

.

.

NOMS VERNACULAIRES.

.

LES "NOMS COMMUNS" EN FRANÇAIS.

On sourira du paradoxe amenant à désigner par "noms communs" les noms propres en langue vernaculaire des insectes pour se conformer à certains usages.

.

Un premier nom est cité (entre crochets) pour l'écarter aussitôt. En effet, bien que Geoffroy soit appelé en référence de L. flaveola par Linné en 1767 (et encore associé à cette libellule par Olivier en 1789), et qu'inversement Geoffroy cite en référence la flaveola de Linné, son Eléonore n°7 n'est pas un Sympetrum flaveolum, mais une Libellula depressa ; son illustration (à laquelle Linné se réfère pourtant aussi) est sans appel, de même que la mention d'un abdomen aplati, ou celle de ptérostigmas noirs.

.

[1°) L'Éléonore, Geoffroy, 1762.]

GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p.

Nouvelle édition, An VII / 1799, A Paris : Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 : Rémont, libraire, no. 41. quai des Augustins, tome second  page 225 n°7 :

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/224/mode/2up

 

"7. LIBELLULA alis albis basi luteis abdomine lutescente. Planche. 13 , fig. 1.

-Linn. faun. fuec. n 765. Libellula alis albis basi luteis.

-Linn. syst. nat edit. 10, p. 543, n. 1, Libellula flaveola.

-Raj. Ins.. page 49, n. 4. Libellula [erroné pour libella] maxima , abdomine breviore latioreque flavo.

-Réaum ins. tom. vj. tab. 35 , f- l.

-Roesel, ins. vol. 2, tab. 6. Insect. Aquatil.. class, 2.

L'éléonore.

Longueur 16 lignes.

Les yeux de cette espèce font fort gros, de couleur brune & se touchent vers le dessus de la tête. C'est au-devant de cette jonction des deux yeux, que se trouvent les trois petits yeux lisses, qui ordinairement font à la partie postérieure de la tête; le corcelet large est d'un brun noirâtre & velu, avec deux plaques jaunes un peu verdâtres, une de chaque côté. Les pattes sont noires & épineuses. Le ventre large, court, applati & composé de neuf anneaux, est noir en dessous & jaune en-dessus. Les aîles diaphanes & claires ont à leur pointe une tache oblongue noire placée au bout du bord extérieur , & à leur base il y a une allez grande tache d'un jaune brun. On trouve cette grande demoiselle dans les prés , &c proche les rivières. Elle vole très-vite."

 

L'illustration planche XIII fig. 1 montre Libellula depressa femelle:

https://archive.org/details/histoireabrg02geof/page/n765

 

Voir mon article sur Libellula depressa : http://www.lavieb-aile.com/2019/01/zoonymie-des-odonates-les-noms-de-libellula-depressa-linnaeus-1758.html

.

1° bis) La Libellule jaune, Olivier, 1789.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

Je ne retiens pas non plus ce nom de "Libellule jaune" d'Olivier, qui mêle les références linnéennes avec le texte de la description de Geoffroy.

.

1° ter) La Libellule jaunâtre, Latreille 1804.

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

Je ne retiens pas non plus ce nom, pour les mêmes raisons.

.

1°) La Libellule flavéole, Latreille 1803

Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle, Deterville, article LIBELLULE:

je n'y trouve qu'une brève mention sans description, mais je retiens ce nom propre comme valide puisqu'il est la  traduction du nom scientifique.

"Nous avons figuré la libellule flavéole. Son corps et la base des ailes sont rougeâtres. (L.)"

.

2°) "La Libellule jaunette", Sélys, 1840.

Monographie des Libellulidées page 45

https://books.google.fr/books?id=NaI-AAAAcAAJ&printsec=frontcover&dq=%22+libellulid%C3%A9es+%22+s%C3%A9lys&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc2t2J4-3fAhVHgxoKHRScBIkQ6AEIKzAA#v=onepage&q=flaveola&f=false

 

N° 9. LIBELLULA FLAVEOLA. (LIN.) LIBELLULE JAUNETTE. Diagnose. - Parastigma rouge ou brun. La base des ailes supérieures et le tiers au moins des inférieures jaune-safran. Pieds noirs, rayés de jaune. Abdomen notablement plus court que les ailes, jaune (rouge dans le mâle adulte).

Dimensions. — (Voyez le tableau.)

Synonymie. — LIBELLULA FLAVEOLA. Lin., Syst. nat. Fabr. Latr. Charp. Vander L. Steph. De Selys. Burm. - FLAVEOLATA. Lin., Fau. suec. Curtis.

Les Libellula flaveola, Roeselii et Fonscolombii étant extrêmement voisines de la Vulgata, j'aurais dû répéter bien des fois les mêmes caractères : j'ai cru faire une chose plus utile pour la détermination, en me bornant à donner les diagnoses de ces espèces et en signalant ensuite les différences en prenant la Vulgata (n° 12) pour terme de comparaison.

La L. flaveola diffère de la Vulgata :

1° Par son abdomen beaucoup plus court que l'aile inférieure, comprimé, d'un jaunâtre clair (rouge vif dans le mâle adulte ) :

2° Par la couleur de ses ailes, la base des supérieures et le tiers des inférieures, à partir de la base, étant d'un jaune safrané chez le mâle. Chez la femelle, cette couleur jaune s'étend même jusqu'à la moitié de la côte de chaque aile, et forme souvent un espace lavé de jaunâtre près du parastigma. La nervure costale est aussi jaunâtre extérieurement. Les pieds sont noirs avec une ligne étroite jaune en dehors : la membranule accessoire petite, blanchâtre.

Habite une grande partie de l'Europe septentrionale et tempérée. Elle semble étrangère au Midi, car M. de Fonscolombe ne l'a pas observée en Provence, et je ne l'ai pas vue en Italie. Je crois qu'elle ne se trouve pas non plus en Suisse. En Belgique, elle est très-commune dans les bois, dans les champs et les prairies depuis la fin de juillet jusqu'en septembre. On en trouve encore quelques individus à la fin d'octobre.

La grande tache jaune de la base des ailes inférieures au moins, distingue suffisamment cette espèce de ses congénères à abdomen également cylindrique ou comprimé.

.

3°) "La libellule flavéole"  Sélys  1850

Revue des Odonates page 33.

https://books.google.fr/books?id=L9c5AAAAMAAJ&pg=PA33&dq=%22libellula+flaveola%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi4-b-I4e3fAhUN-YUKHWWTB6gQ6AEISzAG#v=onepage&q=%22libellula%20flaveola%22&f=false

 

17. LIBELLULA FLAVEOLA. L.
LIBELLULE FLAVÉOLE.

Diagnose. - Ptérostigma jaune ou rouge; la base des ailes supérieures et le tiers basal des inférieures jaune safrané.Pieds noirs, lignés de jaunâtre cn dehors. Abdomen jaunâtre (rouge chez le o" adulte).

[merged small][ocr errors]

♂ adulte. Tête jaunâtre foncé ; front rouge laque ; lèvre inférieure rouge ; le lobe intermédiaire et les bords des latéraux noirs ; œil rougeâtre obscur ; tempes avec quatre ou cinq taches noires; vertex précédé du côté du front d'une bande d'un noir d'acier qui descend notablement le long des yeux. Prothorax roussâtre, taché de noir sur les côtés. Thorax roux foncé en avant et en dessus, avec les attaches des ailes rouges ; rouge obscur sur les côtés, avec trois raies noires obliques étroites, terminées en dessous par trois taches noires bien marquées et confluentes; rougeâtre taché de noir en dessous.Abdomen court, cylindrique, étranglé vers le 4° segment , d'un rouge vif en dessus, noir tacheté de rouge en dessous. Le 1" segment presque tout noir ainsi que la base du 2e; un petit trait dorsal noir aux 8° et 9e segments ; les 5e, 6e, 7e, 8e et 9e avec le bord latéral noir. Appendices anals supérieurs en fuseau irrégulier, roussâtres à pointe noire, l'inférieur coloré de même , notablement échancré et comme fourchu. Pieds noirs, avec une fine ligne jaunâtre sur l'extérieur des cuisses et des tibias. Ailes hyalines; le premier quart des supérieures et le tiers au moins des inférieures d'un jaune safrané; la nervure costale rougeâtre en dehors; ptérostigma médiocre, rouge, entre deux nervures noires; membranule d'un blanc grisâtre.

♀ adulte. Ptérostigma rouge comme chez le mâle , mais tout le reste du corps en dessus olivâtre clair, excepté le dessus des yeux qui est marron ; les côtés du thorax jaunes avec les taches noires ordinaires. L'abdomen comprimé, est en partie blanc pulvérulent en dessous. L'écaille vulvaire non saillante.Les appendices anals une fois plus long que le dernier segment, colorés comme ceux du mâle. Le reste comme chez le mâle, excepté que le ptérostigma est un peu plus long, et que la tache basale safranée occupe en général plus de la moitié des ailes.

Les mâles nouvellement éclos ressemblent à la femelle quant à la coloration du corps. Les mâles et les femelles à cet âge ont le ptérostigma d'un jaune clair d'abord , puis gris-jaunâtre plus ou moins foncé avant de devenir rouge.

L'espace des ailes coloré en safrané, varie plus ou moins en étendue et en intensité. En général les femelles ont un espace isolé de cette nuance vers le point cubital des ailes supérieures , et la tache basale des mêmes ailes petite. D'autres fois les deux taches sont réunies et forment une longue bande ; aux inférieures l'espace peut occuper depuis le tiers jusqu'au deux tiers de l'aile.

M. Hagen a reçu de Casan de M. Eversmann deux variétés femelles remarquables : chez l'une le jaune des ailes inférieures s'étend depuis la base jusqu'entre le point cubital et le ptérostigma , mais il y a une large bande oblique hyaline incolore à une ligne et demie de la base. Chez l'autre la seconde partie jaune est beaucoup plus petite. - Tous deux ont une tache médiane jaune aux ailes Supérieures.

Enfin je possède une variété femelle, très-remarquable en ce que la tache basale des supérieures est réduite à un vestige, et que celle des inférieures n'a guère que deux lignes en long et en large. Je l'ai prise à Hologne-sur-Geer (Prov. des Liege) accouplée avec un mâle ordinaire, M. Hagen a pris deux femelles adultes 'nlui n'avaient même aucun vestige de jaune aux ailes supérieures , et un espace d'une ligne # seulement aux ailes inférieures. On pourrait au premier abord confondre ces variétés avec la L. Fonscolombii, mais cette dernière a le ptérostigma plus grand , plus large, les pieds plus jaunes, l'abdomen plus long , le jaune de la base des ailes inférieures un peu moins étendu, et la plupart des grandes nervures rouges ou jaunâtres.

Habitat. Se trouve communément dans l'Europe tempérée et septentrionale. Pas encore observée dans le midi (car il n'est pas certain que la flaveola prise en Morée par M. Brullé soit cette espèce). Commune en Belgique depuis la fin de juin jusqu'à la fin de septembre, souvent même en octobre et quelquefois jusqu'au commencement de novembre ; on la trouve dans les marais et sur les champs de trèfle. Très-rare en Lapponie ; très-commune en Suède, en Russie , en Danemarck , en Angleterre, et en Ecosse (pas encore observée en Irlande). Se trouve en Allemagne, dans le nord et le centre de la France, entre le Volga et les Monts Ourals; aussi dans les parties basses de la Suisse. Elle habiterait aussi les Pyrénées, l'Espagne et le Portugal, si l'espèce que j'ai nommée luteola n'en est qu'une variété."

.

4°) Le Sympétrum jaune d'or, Paul-André Robert 1958.

Paul-A. Robert, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages page 292.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&focus=searchwithinvolume&q=%22jaune+d%27or+%22

Depuis, le nom a été adopté par tous les auteurs et est le nom officialisé par la LPO et l'INPN.

.

.

 

 

 

 

.

.

NOMS COMMUNS EN D'AUTRES LANGUES.

-en allemand : Die Gefleckte Heidelibelle

-en anglais : The Yellow-winged darter

-en néerlandais : Geelvlekheidelibel

-en frison (1981) Bünte heidelibel ; en frison : Gielbünte heidelibel,Gielbünt hopke

-en gallois : gwäell asgell aur 

https://cy.wikipedia.org/wiki/Gw%C3%A4ell_asgell_aur

-en breton  (attente de validation) : Flemm-aer eskell aour .

.

.

SOURCES ET LIENS.

.

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

.

OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

CHARPENTIER (TOUSSAINT DE ), 1840,Libellulinae europaeae ac depictae, L. Voss, 180 pages

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— GEOFFROY in FOURCROY : FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy.

 http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. 

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

 — LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

— OLIVIER (Guillaume-Antoine ), 1789, Histoire naturelle, Discours préliminaire page 560.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

— ROBERT (Paul-A.), Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— SCOPOLI , 1763, Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/79410#page/362/mode/1up

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 3

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

— ULINGER (Robert L.), 1964, The Role of Linnaeus in the Advancement of Entomology, Annual Review of Entomology Vol. 9:1-17 (Volume publication date January 1964) 

https://doi.org/10.1146/annurev.en.09.010164.000245

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
14 janvier 2019 1 14 /01 /janvier /2019 11:51

La verrière du martyre de saint Vincent (vers 1540 et 156 et Max Ingrand 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer.

 

 

 

.

 

Voir :

.

Voir : Tous mes articles sur les vitraux.

.

PRÉSENTATION.

.

La reconstruction de l'église Saint-Ouen avait été décidée sous Louis XII en 1480, et commença par la façade occidentale. Puis les travaux se poursuivirent avec les sept travées de la nef, qui est raccordée en 1514 au chœur roman, tandis que les bas-cotés, avec leurs 12 chapelles latérales, sont édifiés sous François Ier jusqu'en 1535, et dotés progressivement de vitraux à partir de 1514 environ, et jusqu'en 1556 grâce aux dons des confréries (du Saint-Sacrement en baie 18 et 20), aux corporations (des boulangers en baie 13, des peintres  en baie 10), des familles de notables (baies 7, 8, 10, 12, 16, 17) ou du clergé (abbaye de Saint-Ouen de Rouen en baie 14, chapelain en baie 15). 

Les six chapelles du coté nord, principalement dédiées à des saints,  se succèdent ainsi d'ouest en est (vers le chœur) :

  • 1ère chapelle : baie 17 (1475 ; v.1530 ; 1551) : saints Mathurin, Sébastien, Jacques le Majeur et Jean-Baptiste.

  • 2ème chapelle : baie 15 (v.1530 ; XVIIe ; XIXe) : Apparition du Christ aux 12 Apôtres.

  • 3ème chapelle : baie 13 (1536) : Saint Honoré.

  • 4ème chapelle :  baie 11  (v.1540 . V; 1556 . 1952) : saint Vincent.

  • 5ème chapelle :  baie 9 : (v. 1556 ; 1952) : saint Nicolas.

  • 6ème chapelle : baie 7 (1556) : Histoire du Salut.

 

La baie 11 occupe donc la quatrième chapelle du bas-coté nord ; elle est haute de 5 m. et large de 3 m et comporte 4 lancettes trilobées et un tympan à 11 ajours principaux. 

C'est une verrière très remaniée, car elle a été endommagée vers 1830 (Philippe-Lemaître 1853). Les lancettes sont organisées en 2 registres : tout le registre inférieur a été créé en 1952 par Max Ingrand, qui est également intervenu dans deux lancettes du registre supérieur. Celui-ci, daté vers 1540 et 1556 par Gatouillat et al. illustre le martyre de saint Vincent.

.

 

"C'est la verrière la plus maltraitée de toute l'église. Parmi les nombreuses pièces qui ont servi jadis à boucher les lacunes figuraient des fragments de la légende de saint Nicolas (baie 12) : peut-être la naissance du saint, avec un morceau d'inscription se rapportant aux « pucelles malheureuses « ; « de trois filles le ... leur jette de nuict ». Ils ont été supprimés par la dernière restauration, ainsi que deux scènes du registre inférieur du vitrail lui-même, dont la Condamnation de l'évêque Valère et de son diacre Vincent par le gouverneur Dacien.

Aujourd'hui la première lancette, en haut à gauche, montre le cadavre de saint Vincent exposé aux bêtes et défendu par les corbeaux du « Cap Saint-Vincent ». Ensuite seulement vient l'épisode du supplice où les bourreaux déchirent avec des râteaux le corps du saint, attaché à une croix en sautoir.

La troisième scène, refaite en grande partie, devait représenter la mort du martyr, replacé dans un lit, mais le panneau inférieur, assez bien conservé, appartenait à l'arrestation de saint Vincent.

Dans la quatrième lancette, le cadavre est jeté à l'eau avec une meule au cou.

Le tympan est entièrement comparable à celui du vitrail précédent [baie 13] avec ses médaillons, ses anges dont les robes blanches sont touchées de jaune d'argent, un peu au hasard semble-t-il, et surtout le compartiment central qui encadre une agréable figure de saint Vincent en dalmatique de drap d'or, tenant un livre et une épée, avec trois épées près de lui sur un rocher.

Le style des lancettes semble assez différent. Autant qu'on puisse en juger dans l'état déplorable de l'œuvre, il paraît annoncer l'art classique que vont nous révéler les deux derniers vitraux de l'église [baies 7 et 9]. Les ruines peintes dans le lointain du supplice des râteau, les colonnes de la chambre, les chevelures et les barbes agitées par le vent sont autant de traits nouveaux. Cependant, il ne semble pas qu'on doive retirer ces scènes de martyre à l'auteur du vitrail précédent [baie 13] car dans le sacre de saint Honoré, il s'éloignait déjà et de son modèle beauvaisien [les Le Prince], et de ce qui était peut-être sa première manière." (Jean Lafond, 1969)

.

La légende de saint Vincent de Sarragosse, diacre et martyr à Valence vers 304 est rapportée par Jacques de Voragine dans la Légende dorée du XIIIe siècle, et déjà auparavant par saint Augustin traduit et versifié par prudence (Hymne V).

https://fr.wikisource.org/wiki/La_L%C3%A9gende_dor%C3%A9e/Saint_Vincent

 

 

 

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

.

Le registre inférieur (Max Ingrand, 1952).

Saint Vincent-de-Paul, sainte Geneviève, Jeanne d'Arc au bûcher, et Charité de saint Martin.

.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

.

Registre supérieur.

.

 

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

.

1°) Lancettes A et B (à gauche).

Saint Vincent mis en croix et écorché vif devant Dacien et ses conseillers.. 

À l'arrière-plan, le corps du saint veillé par les animaux.


 

"[Dacien] épuise sur lui toute la gamme des tourments que la cruauté des bourreaux avait alors inventés. ; Estrapade et ongles de fer, lit métallique hérissé de pointes, posé sur la braise, sel brûlant et graisse fondue, versés dans les plaies vives, cachot ténébreux dont le sol est obstrué d'une couche épaisse de tessons aigus : rien ne vient à bout de la constance du martyr. Soudain l'obscurité du caveau se dissipe; une lumière céleste le remplit; les tessons se changent en fleurs; dans un air embaumé, le Christ et les anges viennent visiter l'athlète. Le geôlier ébranlé se convertit, dit-on; — ut fert vetusta conscia. " (de Lacger)

.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

.

À gauche, un singe, mangeant un fruit, est peint au pied de l'estrade où Dacien délibère.

.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

Le corps de saint Vincent est exposé aux bêtes  (un lion et un loup) mais est gardé par un corbeau.

 

 

 

"Dacianus, deux fois vaincu, veut, du moins, soustraire son cadavre à la vénération de ses frères. Il le fait jeter à la voirie, hors les murs. Mais, ô prodige ! un timide corbeau, « le pourvoyeur d'Elie jadis », monte la garde auprès de la dépouille, et, s'aidant de son bec et de ses ailes, en éloigne par sa vaillance un énorme loup, immanem lupum." (de Lacger)

 

 

.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

 

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

Lancettes C et D à droite. 

"Scène fragmentaire et défigurée par ses compléments : à l'origine, probablement la mort de saint Vincent dans son lit (cf. Philippe-Lemaître, 1853 p. 81.) ; à l'arrière-plan à dr., le corps de saint Vincent jeté à la mer, une meule au cou ; complément de 1952 dans la 3ème lancette (personnages de l'avant-plan). " (Gatouillat et al. 2001 p. 193)

"Dacianus, exaspéré par sa défaite, veut encore tenter l'épreuve : il donne l'ordre de ramener le supplicié à la vie et de le préparer à subir de nouveaux tourments. Tandis qu'on le soigne, les chrétiens accèdent en foule auprès de lui; ils baisent ses plaies et se teignent les lèvres du sang qui en découle; ils recueillent ce sang glorieux sur des linges qui deviendront les premières reliques du martyr. Dès qu'il est déposé sur le duvet et la laine, il expire." (de Lacger)

Le gouverneur, encore battu, découvre un matelot fanatique, du nom d'Euphormion, qui consent à couler le cadavre en haute mer. On l'a cousu dans un couffin de sparterie et attaché à une meule. Mais, nouveau miracle, la pierre immergée revient à flot et convoie sa charge « dans une blanche écume » jusqu'à la plage, si prestement, qu'elle sème, loin derrière elle, la barque des naufrageurs ébahis. Les peuples sur la grève ont assisté à l'étonnant spectacle. Les sables, en s'amoncelant sur le corps, lui donnent d'eux-mêmes une façon de sépulture. Les fidèles en pleurs ornent le tertre (tumulus), et lorsque la paix est rendue à l'Eglise ils transportent la dépouille dans une basilique et la descendent, au centre du sanctuaire (sacrarium), dans un caveau sous l'autel.(de Lacger)

 

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

.

LE TYMPAN.

.

Dans l'ajour central, saint Vincent debout dans un paysage, tenant un livre et la palme, et bénissant trois épées. Dix anges ( cinq cartons retournés) et six têtes de profil à l'antique occupent les autres ajours. Quatre anges portent sur les épaules des camails à festons et à glands.

Les trois épées, souvent représentées retournées, pointes vers le haut, sont un attribut du saint, mal expliqué, où on a pu voir une figure des trois martyres qu'il subit : on les trouve à Rouen, à Saint-Aubin de Bonneval, ou à Varneville-Bretteville.

.

.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

Verrière de saint Vincent (vers 1540 et 1556 ; 1952) ou baie 11 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile 26 août 2018.

.

SOURCES ET LIENS.

Sources principales :

— GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), HÉROLD (Michel), 2001, Eglise Saint-Ouen in Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France vol. VI, Paris, CNRS, 2001. p. 194.

— LAFOND, (Jean), 1969, Les vitraux de l'arrondissement de Pont-Audemer, Nouvelles de l'Eure, n°36, 1969

— PHILIPPE-LEMAITRE (Delphine) 1853, 

En complément :

 

— LACGER (Louis de), 1927, Saint Vincent de Sarragosse, Revue d'histoire de l'Église de France  Année 1927  60  pp. 307-358

https://www.persee.fr/doc/rhef_0300-9505_1927_num_13_60_2438

— MONTIER, (Armand), 1895, Les vitraux de Saint-Ouen de Pont-Audemer, Pont-Audemer, Impr. du Commerce, G. Hauchard, 1895 ;

— MONTIER, (Armand), 1896, "L'église Saint-Ouen à Pont-Audemer", Normandie monumentale et pittoresque p. 109 (simple mention de la baie).

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62406567/f145.item

 

— PERROT (Françoise), 1972, M. Baudot et J. Lafond. Églises et vitraux de la région de Pont-Audemer, numéro spécial des Nouvelles de l'Eure, 3e trimestre 1969 , [compte-rendu], Bulletin Monumental  Année 1972  130-1  pp. 87-88

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1972_num_130_1_5138_t1_0087_0000_3

 

— REGNIER (Louis)  en 1899, non consulté.

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 22:19

Zonymie des Odonates : les noms du Sympetrum vulgatum (Linnaeus, 1758), "le Sympétrum commun". 

.

 

 

.

 

 

 .

Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

.

 

 

Zoonymie des Odonates.

 

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

 

 

 

.

ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

.

Résumé.

Sympetrum, Newman, 1833, Ent. mag. , 1:511.. Des deux suffixes grecs σύμπυκνος, sympiezein   "comprimé" et  ἦτρον, êtron "abdomen" : "qui a l'abdomen comprimé latéralement".  En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum  "à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

vulgatum, Linnaeus, 1758, Syst. nat.,543 :   du latin vulgatus, a, um "répandu, commun, ordinaire" (mais non "vulgaire"), en raison de sa fréquence en Europe centrale et du nord-est.

 

— nom commun français : 1°) "La Libellule vulgaire", Olivier 1789 ; 2°) "La Claire", de Villiers 1789 ; 3°)"Le Sympétrum vulgaire", Paul-André Robert 1958 (adopté par SFO et INPN) ; 4°) "Le Sympétrum commun" d'Aguilar et Dommanget 1985. 

— noms communs en d'autres langues :

- en catalan : El Pixaví muntanyenc

- en allemand : Die Gemeine Heidelibelle 

en anglais : The vagrant darter "Moustached Darter"

- en néerlandais : De Steenrode heidelibel

-en frison : Gewoane heidelibel Gewoane heidelibel, Hingsnorhopke

-en polonais : Szablak zwyczajny

-en suédois : Tegelröd ängstrollslända 

-en gallois (cymraeg) : Gwäell grwydrol , gweyll crwydrol

- en gaélique (Gàidhlig)   : Picellwr Crwydrol

-en lituanien : Paprastoji skėtė 

.

 

.

LE NOM DE GENRE SYMPETRUM NEWMAN 1833.

Voir :

Newman, Entomological Magazine vol. 1, London, F. Westley & A.H. Davis, page 511.

 

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-sympetrum-newman-1833.html

.

LE NOM D'ESPÈCE S. VULGATUM, (LINNAEUS, 1758).

 

[Libellula vulgata], LINNÉ ( Carl von,) 1758, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis.Holmiae : Impensis Direct. Laurentii Salvii, 1758-1759. page 543 n° 3.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/565/mode/1up

 

Description originale.

vulgata. 3. L[ibellula].

alis albis , corpore fusco ; cauda simplici.

-Faun. svec. 766. 

-Raj. ins. 49. n. 6. 

-Roes. ins. 2. aqu. 2. t. 8. 

Habitat in Europa. 

Traduction : "ailes blanches [transparentes], corps brun, queue simple".

 

.

 

Zonymie des Odonates : les noms du Sympetrum vulgatum, le Sympétrum vulgaire.

.

Commentaire :

Linné a décrit en 1758 18 espèces de ses LIBELLULA, classées parmi les NEUROPTERA. 

Il les divise en deux groupes (* et **) :

  • oculi distantes remotique [les yeux écartés et distants] : L. virgo et puella

     

Il indique pour chacune les références, souvent à son propre travail, la Fauna suecica de 1746 (Faun. svec) ou description de la faune de Suède, puis aux naturalistes qui l'ont précédé : ici John Ray et Roesel.

.

Références faites par Linné pour  L. vulgata :

.

a)  Linné, Fauna suecica 1746 page 230 n°766.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/264/mode/1up

LIBELLULA corpore fusco ; alis albis cauda simplici, 

Raj. Ins 49. n° 6. Libella maxima, abdomine flavo angustore, nullis ad radicem alarum maculis fuscis.

Habitat ad Aquas. 

DESCR. Alae albae, puncto marginali rufo-fusco. Corpus nigricans ; Anus absque appendice. "

trad : Libellule à corps brun ; ailes blanches queue simple. Ray Insectes page 49 n°6 : parmi les libellules les plus grandes, abdomen jaune et étroit, rien à la racine des ailes, taches brunes. Habite les lieux aquatiques. Description : ailes blanches, point marginal roux-brun. Corps noirâtre. 

.

b) John Ray, 1710, Historia insectorum page 49 n°6.

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/49/mode/1up

6. Libella maxima, abdomine flavo angustiore, nulllis ad radices alarum maculis fuscis.

F.W.

Alis est pellucidis. Scapulae lanugine rufa hirtae sunt. In anterioribus dorsi annulis par macularum nigricantium : in lateribus scapularum duae latae area virides.

.

c) Roesel  1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. t. 8.

Rösel von Rosenhof, August Johann ; Kleemann, Christian Friedrich Carl ; Rösel von Rosenhof, August Johann [Hrsg.] Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung (Band 2): ... welcher acht Classen verschiedener sowohl inländischer, als auch einiger ausländischer Insecte enthält — Nürnberg, 1749

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0279/image

La planche VIII comporte 5 figures, dont deux larves (1 et 2), et trois imagos semblables aux corps jaune (3), rouge (4) et brun 6). Le chapitre porte le titre N° VII Der kleine breit-leibige Nymphen-Wasser-Wurm, mit seiner Verwandlung, tab. VIII. et occupe les pages 38 à 40.

.

 

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0279/image

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0279/image

.

La 12eme édition du Systema naturae de Linné en 1767 pages 901-902 § IV, 234 n°3.

Elle n'apporte aucun changement, hormis la référence à l'édition de 1761 de Fauna scuecica, et celle à Scopoli, publiée entre temps.

.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/137240#page/375/mode/1up

vulgata. 3. L. alis hyalinis, corpore griseo, cauda simplici

-Fn. svec. 1461. 

-Scop. carn. 680. 

-Raj. Ins. 49. n. 6. 

-Roef. Ins. 2. aqu. 2. t. 8. 

Habitat in Europa. 

.

La référence à Scopoli, Entomologoa Carniolica 1763.

Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763. pages 261-262

https://www.biodiversitylibrary.org/item/79410#page/362/mode/1up

680. LIBELLULA Vulgata, 
— long. umc. i.&Iin. 3. 
LINN. Syst. Nat. p. 543. Faun. Svec. 2. 1461. 
Diagn. Alae basi immaculatae ; lineola flavescente marginali ad apicem. Abdomen triquetrum, postice attenuatum. 
Circa aquas fluentes. 
Variat

1. Thorace abdomineque caeruleis, hujus tamen apice nigro ; lineae marginalis marginibus nigris. 
2. Thorace abdomineque flavescentibus, linea alarum concolore Raj. I. Ins. 49. n. 6.

.

On remarque que Scopoli 1°) abandonne la référence à Roesel ; 2°) décrit deux "variétés" l'une bleue et l'autre jaune à ptérostigmas de même couleur.

 

 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/79410#page/364/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/79410#page/364/mode/1up

.

Une illustration par Toussaint de Charpentier 1840.

.

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

.

ÉTUDE DU NOM VULGATUM.

Vulgatum a succédé au féminin vulgata de Linné pour s'accorder au nom de genre Sympetrum. Il vient du latin vulgatus, a, um "a) habituel, ordinaire" b) répandu, divulgué, ordinaire",  du verbe vulgo "répandre dans le public, faire connaître" qui ne doit pas être confondu avec vulgaris, e "qui concerne la foule, général, commun" issu de vulgus "la foule" : c'est un  "faux-ami" . Sa traduction par "vulgaire" ("du peuple") relève donc d'un singulier contre-sens, hélas très tôt diffusé puis adopté par la majorité des entomologistes . Voir Gaffiot pages 1696-1697. Dans le contexte entomologique, il doit être traduit par "répandu, fréquemment observé".

Linné ne commente pas cette épithète — qui repose sur une évaluation essentiellement suédoise —  dans sa description de 1758, pas plus que dans ses autres publications de 1761 et 1767. C ; néanmoins, le Sympetrum vulgatum est bien reconnu comme "commun" en Europe :

"Sympetrum vulgatum est une espèce commune dont la distribution s’étend de l’Europe de l’ouest au Japon. En France, elle est présente du niveau de la mer à 2000 m d’altitude et moins abondante dans l’ouest du pays. Deux sous-espèces sont actuellement reconnues Sympetrum vulgatum vulgatum et S. v. ibericum." (INPN)

"Eurasiatique : commun en Europe, du nord de l'Espagne, de France (sauf un quart sud-ouest, Bretagne et Normandie). Migre sporadiquement en Angleterre, fréquent jusqu'au sud de la Scandinavie, jusqu'à l'Europe de l'Est et loin en Asie (où il se raréfie vers le sud)." (Wikipédia)

En France, il apparaît sur les Listes rouges ainsi :

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65348/tab/statut

 

LC (Préoccupation mineure (espèce pour laquelle le risque de disparition de métropole est faible) en Alsace 2014, Auvergne 2017, Franche-Comté (2013), Nord - Pas-de-Calais (2012)

VU (vulnérable) en Bourgogne 2015

NA (non applicable) en Aquitaine 2016

EN (en danger) en Centre 2012, Provence-Alpes-Côte d’Azur (2015)

DD (données insuffisantes ) en Picardie (2016) , Ile de France (2014) 

.

.

LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

.

POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/sympetrum-vulgaire/

"Vulgatum de vulgatus (lat) = vulgaire, commun, ordinaire : dans de nombreuses régions d’Europe, il s’agit du plus commun des sympétrums."

Les auteurs ajoutent : "Liste Rouge du Poitou-Charentes : Au bord de l’extinction. L’espèce nominale S. vulgatum vulgatum, qui nous concerne, est largement répartie depuis l’Europe de l’ouest jusqu’en Sibérie. En France cet eurosibérien n’est vraiment commun, sans être abondant, que dans l’Est et dans le Massif central."

 

.

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. vulgatus, -a, -um = common, widespread, familiar ".

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"vulgatum (Sympetrum) - vulgatus, a, um = comune, noto. Comune nella località tipica."

 

.

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"vulgatum (Linnaeus) [l. general, ordinary, common] is true for Middle Europe, where it locally is the most common Sympetrum species. "

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

" vulgatum = algemeen bekend".

 

.

.

.

NOMS VERNACULAIRES.

.

NOMS COMMUNS EN FRANÇAIS.

.

1°) La libellule vulgaire, Olivier 1789.

 "Libellula vulgata, la libellule vulgaire",  OLIVIER (Guillaume-Antoine ), 1789, Histoire naturelle, Discours préliminaire page 560.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

"Elle est presque noire. Les ailes sont transparentes, sans autre tache que le stigmate de l'extrémité de l'aile qui est d'un rouge-brun. Elle n'a point de feuillets apparents à l'extrémité de l'abdomen. Elle se trouve en Europe sur le bord de l'eau."

Incidemment, je note le terme "stigmate" pour rendre compte de ce qui ne porte pas encore le nom de ptérostigma. Sélys utilise le terme de parastigma en 1840 et de ptérostigma en 1850.

Idem Pierre Boitard 1828 ; Sélys-Longchamps, Monographie des Libellulidées 1840 ; Sélys, Revue des odonates, ou libellules d'Europe page 45 n°21.

2°) "La claire", De Villiers 1789.

 VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 3

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

Ce nom ne fait pas référence à la transparence des ailes, mais au parti-pris de l'auteur d'attribuer un prénom féminin aux espèces que Geoffroy, qui avait inauguré cette règle, n'avait pas décrites en 1762.

3°) Le Sympétrum vulgaire. Paul-André Robert 1958 page 281

En 1936, P.A. Robert avait créé le zoonyme "Les Sympètres", et nous pouvions espérer voir surgir sous la plume le nom de "Le Sympètre vulgaire" (à défaut de l'idéal "Le Sympètre commun" qui relève de l'utopie).

Mais en 1958, non seulement l'auteur suisse ne peut se désaffilier du nom de genre scientifique Sympetrum, mais tombe dans le piège de la traduction "vulgatum = vulgaire" (p. 277) et crée le nom de "Sympétrum vulgaire".

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=NDOitQEACAAJ&dq=paul-andr%C3%A9+robert+1958&focus=searchwithinvolume&q=vulgatum+vulgaire

.

4°) Le Sympétrum commun Jacques d' Aguilar, ‎Jean-Louis Dommanget - 1985

 

Sans doute convaincus du contre-sens d'une traduction du nom scientifique par "Sympétrum vulgaire", d'Aguilar et Dommanget le corrige en proposant "le Sympétrum commun", ce qui me semble tout à fait juste.

-Jacques d'Aguilar, ‎Jean-Louis Dommanget, ‎René Préchac - 1986, A field guide to the dragonflies of Britain, Europe and North Africa.

Ils reprennent le nom l'année suivante dans : 

-Jacques d' Aguilar, ‎Jean-Louis Dommanget - 1985 -Guide des libellules d'Europe et d'Afrique du Nord- Page 297 : " Fr. Le Sympetrum commun; Angl. The Vagrant Sympetrum, The Vagrant Darter; All. Gemeine Heidelibelle".

Le nom est repris par quelques guides naturalistes, et, en 2019, c'est celui qui figure dans l'article Wikipédia :

-Cyril Oswald Hammond, ‎Richard Robinson Askew, ‎Robert Merritt - 1983 - ‎The Dragonflies of Great Britain and Ireland

-Richard Robinson Askew, 2004, The Dragonflies of Europe.

-Ingrid von Brandt - 2013 Guide Hachette Nature insectes et papillons page 66

 

.

5°) "Le Sympétrum vulgaire"

réussit un beau retour en parvenant à être élu nom officiel par nos deux instances, l'INPN et la SFO, et à séduire les auteurs de certains guides naturalistes :  Grand et Boudot 2007, Jourde traducteur de Dijkstra 2007,  ou Précigout, Prud'homme et Jourde 2009.

-LPO : Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.

L'erreur est tenace... mais peut-on exiger des entomologistes d'être des latinistes ou de consulter le Gaffiot ?

.

 

 

 

 

.

NOMS COMMUNS EN D'AUTRES LANGUES.

Les autres pays se sont tirés d'affaire avec plus d'élégance et de créativité : 

- en catalan : El Pixaví muntanyenc 

- en allemand : Die Gemeine Heidelibelle  : Libellule des bruyères (générique pour les Sympétrum] commune.

en anglais : "The vagrant darter",  "Moustached Darter"

- en néerlandais : De Steenrode heidelibel (Le Sympetrum rouge brique)

-en frison : Gewoane heidelibel Gewoane heidelibel, Hingsnorhopke

-en polonais : Szablak zwyczajny

-en suédois : Tegelröd ängstrollslända ("libellule de prairie rouge-brique")

-en gallois (cymraeg) : Gwäell grwydrol , gweyll crwydrol

- en gaélique (Gàidhlig)   : Picellwr Crwydrol

- en breton (en attente de validation) : flemm aer-baleantour.

-en lituanien : Paprastoji skėtė 

.

 

.

SOURCES ET LIENS.

 

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

.

OUTILS DE  ZOONYMIE.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— CHARPENTIER (TOUSSAINT DE ), 1840,Libellulinae europaeae ac depictae, L. Voss, 180 pages

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 — LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

OLIVIER (Guillaume-Antoine ), 1789, Histoire naturelle, Discours préliminaire page 560.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

SCOPOLI , 1763, Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/79410#page/362/mode/1up

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 3

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

ULINGER (Robert L.), 1964, The Role of Linnaeus in the Advancement of Entomology, Annual Review of Entomology Vol. 9:1-17 (Volume publication date January 1964) 

https://doi.org/10.1146/annurev.en.09.010164.000245

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 16:37

.

L'ENTRÉE DE LA SACRISTIE.

"Le bas-côté nord du chœur est divisé dans sa longueur en cinq travées qui correspondaient autrefois à autant de chapelles latérales. Mais comme on a au XVe  siècle, établi dans la dernière de ces travées du côté de l’est, une porte pour entrer de l’église dans la sacristie construite par l’évêque Bertrand de Rosmadec, le nombre des chapelles a été réduit à quatre.

 Comme on l’a déjà dit, il n’y a pas de chapelle dans la cinquième travée du bas-côté nord du chœur. C’est dans le mur de cette travée qu’est pratiquée la porte par laquelle on entre de l’église dans la sacristie. On voit au-dessus de cette porte un écusson timbré d’une mitre et portant les armes de l’évêque Bertrand de Rosmadec : pallé d’argent et d’azur avec sa devise : En bon espoir. C’est en effet ce prélat qui fit construire la sacristie supprimée, il y a quelques années, par Mgr Sergent. La nouvelle sacristie a été bâtie de 1857 à 1859, sur les plans de M. A. Durand, architecte à Paris. Les piliers et les arcades des deux galeries dont elle est accostée, sont  des copies de ceux, du cloître, aujourd’hui détruit, des Cordeliers de Quimper, construit au XIIIe siècle. " (Le Men)

.

 

 

 

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

.

LA CHAMBRE DE PÉNITENCE.

.

" Entre cette porte et celle d’un petit escalier à vis, qui conduit aux galeries de l’église on remarque une fenêtre de forme rectangulaire garnie d’un solide grillage en fer, au milieu duquel est une porte carrée, aussi en fer, de vingt-cinq centimètres de côté, qui s’ouvrait en tournant autour d’un axe qui la traverse dans sa partie médiane, et que l’on fermait à l’aide d’un fort cadenas. Le pourtour extérieur de cette fenêtre est orné d’une guirlande de ceps de vigne, sculptée avec une grande délicatesse. À droite et à gauche sont deux colonnettes dont les chapiteaux servaient de support à des statuettes. Au-dessus est un cercle ou couronne de fleurs de lys, dont l’intérieur contenait des armoiries qui ont été grattées. Cette fenêtre éclairait une petite salle d’environ un mètre soixante-dix centimètres de côté, voûtée sur croisée d’ogives, et dont la porte ouvrait sur le couloir qui reliait la sacristie à l’église.

Les nervures de la voûte avaient leur point d’appui sur des corbelets formés par des angelots sculptés avec soin, et portant des cartouches ou devises, sur lesquelles il y avait, sans doute, des inscriptions. L’un d’entre eux est armé d’un bâton noueux, c’est, peut-être, un emblème de la correction.

Diverses hypothèses ont été émises sur la destination présumée de cette pièce. Comme aucune ne me paraît satisfaisante, je m’abstiendrai de les rapporter. Sa situation vis-à-vis du sanctuaire, pourrait faire supposer que c’était une cellule, dans laquelle on se renfermait volontairement pendant un temps déterminé pour faire pénitence. Dans ce cas, si on en juge par le soin et la recherche de sa décoration intérieure et extérieure, elle devait être réservée à des personnages d’une certaine distinction.

Il est regrettable que cette petite pièce, qui avait été construite au XVe siècle, et à laquelle se rattachait probablement quelque coutume intéressante du moyen âge, ait été détruite.

On a heureusement conservé la fenêtre et les nervures des voûtes. Ces dernières ont été utilisées dans le vestibule de l’escalier de la nouvelle sacristie. On voyait dans le vitrail placé au-dessus de cette fenêtre, les armes de Claude de Rohan, évêque de Quimper de 1501 à 1540. Ces armes sont : de gueules à sept alias neuf macles d’or."

.

 

 

 La chambre de pénitence.

"Quand on a passé la chapelle de Saint-Corentin, on trouve, en face de la cinquième travée du chœur, une sorte de petite abside à pans coupés où sont pratiquées différentes ouvertures: d'abord une porte donnant accès à un escalier qui conduit aux galeries, puis une embrasure profonde dans laquelle se voit un solide grillage en fer, au milieu duquel est une petite porte qui s'ouvrait autrefois, mais que la rouille a rendue désormais immobile.

Autour de ce travail de ferronnerie qui ne présente rien d'artistique, règne une décoration du meilleur goût sculptée dans le granit. L'embrasure est accostée de deux colonnettes dont les chapiteaux formant consoles, semblent réclamer des statues. Au-dessus s'ouvre une fenêtre qui n'a pas reçu de vitrail historié. Enfin, au troisième pan de l'abside est la porte de la sacristie, également surmontée d'une fenêtre garnie de verres blancs. Entre la porte et le pied- droit de cette fenêtre est un écusson aux armes de Bertrand de Rosmadec avec la devise de sa famille: En bon espoir. C'est en effet à cet évêque qu'on devait la sacristie démolie en 1857 et heureusement remplacée par la construction élégante et commode qui complète si bien la cathédrale. Plusieurs particularités frappent l'attention de l'archéologue dans cette partie de l'église Saint-Corentin. Comme pour la fenêtre de la chapelle précédente, il y a eu ici des remaniements présentant les caractères du XVe siècle: l'encadrement de la grille, la fenêtre placée au-dessous, le tympan de la porte de la sacristie sont évidemment de cette époque, tandis que les parties adjacentes sont bien du XIIIe siècle.

Était-ce bien là une chambre de reclus ou de recluse ?- Je serai tenté de le croire ; le xv• siècle est l'époque où ce genre de pénitence a été le plus pratiqué ; ainsi, _le savant dominicain Du Paz dit que Prigent, évêque de Saint-Brieuc, « fit enclore en une maison, près de l'église de Saint_-Guillaume, une religieuse nommée Roline Le François, de la ville de Fougère qui l'en requit après avoir solennellement voué entre les mains dudit prelat, viduité continence et chasteté, l'an 1460. » On comprend que la réclusion exigeât la contiguïté avec une église et l'ouverture d'une fenêtre entre la cellule et le lieu saint. On a aussi supposé que cette chambre était destinée à la distributeur des aumônes du Chapitre, qui passait par la petite porte mobile l'argent ou lés petits pains destinés aux pauvres. . On s'est même demandé si cette ouverture ne servait pas à faire passer le pain spécial, appelé pain du Chapitre, que l'on distribuait aux chanoines en plusieurs Circonstances ; mais je persiste à croire que la première hypothèse reste la plus vraisemblable." (Abbé Thomas)

.

Les sculptures de ces moulures reprennent exactement celles des porches de la cathédrale, et de tous les porches des édifices bâtis par l'Atelier ducal du Folgoët sur commande du duc Jean, avec leur rinceau de vigne débutant dans la gueule d'un dragon ou d'un monstre bestial équivalent et se terminant, en haut et au centre, dans la bouche d'un drôle. On les rencontre au Folgoët, à Daoulas, à La Martyre, à Rumengol, à Saint-Herbot, etc...

.

 

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

.

LES CHAPITEAUX DE LA BASE DES NERVURES.

.

Ils sont sculptés de feuilles à trois larges indentations, et, parmi ce feuillage, un personnage encapuchonné se tient presque allongé, une main derrière la nuque.

.

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

.

Il faut changer de point de vue pour constater la présence d'une colombe dont le bec est plongé dans un lieu incongru.

Nous avons là un exemple de ces obscena (la pudeur dissimule la verdeur du réel sous un voile latin) fréquents dans les chapiteaux et modillons, les sablières, les gargouilles  et les crossettes, que Bernard Rio a su découvrir en Bretagne dans Le cul bénit, liaisons sacrées  et passions profanes, Coop Breiz 2013. Notre oiseau y est décrit et interprété page 149.

.

 

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

Cathédrale de Quimper, déambulatoire nord. Photographie lavieb-aile janvier 2019.

.

SOURCES ET LIENS.

— LE MEN (René-François), 1877, Monographie de la cathédrale de Quimper. Quimper, Jacob.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1e08593c46eb46336af146045b16d0f4.pdf

— RIO (Bernard), 2013,  Le cul bénit, liaisons sacrées  et passions profanes, Coop Breiz 2013 p. 149.

— THOMAS (abbé Alexandre), 1892, Visite de la cathédrale de Quimper, Quimper.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c9d5dca31c276caf2782d0a4b99a85ce.pdf

— Blog

http://le-cirque-fou-des-religions.com/religions/on%20a%20retrouv%C3%A9%20le%20saint-esprit.html

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Quimper
11 janvier 2019 5 11 /01 /janvier /2019 12:47

.

PRÉSENTATION.

.

La reconstruction de l'église Saint-Ouen avait été décidée sous Louis XII en 1480, et commença par la façade occidentale. Puis les travaux se poursuivirent avec les sept travées de la nef, qui est raccordée en 1514 au chœur roman, tandis que les bas-cotés, avec leurs 12 chapelles latérales, sont édifiés sous François Ier jusqu'en 1535, et dotés progressivement de vitraux à partir de 1514 environ, et jusqu'en 1556 grâce aux dons des confréries (du Saint-Sacrement en baie 18 et 20), aux corporations (des boulangers en baie 13, des peintres  en baie 10), des familles de notables (baies 7, 8, 10, 12, 16, 17) ou du clergé (abbaye de Saint-Ouen de Rouen en baie 14, chapelain en baie 15). 

Les six chapelles du coté sud,  se succèdent ainsi d'ouest en est (vers le chœur) :

  • 1ère chapelle : baies 20 et 18  (vers 1515) : Miracles de l'Eucharistie (20), vie de saint Ouen (18) et procession de la confrérie du Saint-Sacrement (18 et 20), commanditaire.

  • 2ème chapelle : baie 16 (1516) Annonciation et Mise au tombeau offerte par le conseiller Guillaume Tesson et Jeanne Myre.

  • 3ème chapelle : baie 14 (vers 1515-1520) : saints Pierre et Paul offerte par l'abbaye de Saint-Ouen de Rouen.

  • 4ème chapelle :  baie 12  (1519) : saints Eustache, Jean, Nicolas et Mathurin offerte par 2 familles.

  • 5ème chapelle :  baie 10 (v. 1535) : Dormition de la Vierge offerte par ?.

  • 6ème chapelle : baie 8 (1535) : Vie de saint Jean-Baptiste, peinte par Mausse Heurtault et offerte par Jean de Génouville, marchand.

La baie 12 occupe donc la 4ème chapelle sud et date de 1519, elle a été offerte par deux familles figurées en donateurs et identifiées par les inscriptions et armoiries, celle de Jean de Fréville et celle de Le Tellier de Triqueville. 

Elle mesure 5 m de haut et 2,90 m de large et comporte 4 lancettes trilobées et un tympan à 13 ajours. Les lancettes sont organisées en 4 registres dans lesquels on doit séparer le pavé supérieur de 3 registres, consacré aux saints Eustache, Jean l'évangéliste, Nicolas et Mathurin et qui se lit verticalement de bas en haut lancette par lancette , le registre inférieur réservé aux donateurs et qui se lit horizontalement de gauche à droite.

.

 

 

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

LE REGISTRE INFÉRIEUR.

.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

1°) Lancette A. L'épouse de Jean de Fréville et ses trois filles.

a) le cadre.

Malgré l'altération du vitrail, nous distinguons le cadre architecturé (grisaille sur verre blanc et jaune d'argent) avec ses pilastres et son entablement, et l'intérieur d'une pièce aux murs rouges et à la fenêtre à verres losangés. Une tenture bleue est suspendue à une tringle ; des motifs en pomme de pin dorée scandent cette étoffe damassée.

Nous reconnaissons là le tissu (aux couleurs inversées) de la chape d'un chantre de la procession de la baie 18 de Pont-Audemer, ou bien — en rouge et or — de celle d'un confrère de la même procession en baie 20, toutes les deux datées vers 1515 de la tenture derrière saint Sébastien de la baie 17, datée vers 1475,  1530 et 1551. Faut-il y voir l'indice d'un même atelier  ou, moins probablement, d'une étoffe liturgique appartenant à la sacristie de Pont-Audemer ?

b) les quatre femmes.

Leur identité est basée sur une inscription aujourd'hui illisible, mais déchiffrée au XIXe siècle, mentionnant Jehan de Fréville (représenté en lancette B) et son épouse Juanès de ....

"Juanès de" Fréville est représentée agenouillée devant un prie-dieu où est posé un ouvrage, probablement son missel ou livre d'Heures dans sa couverte. Le meuble est recouvert d'une étoffe rouge, qui se poursuit par une autre qui est rouge à étoiles blanches (verre rouge gravé).

Elle est coiffée d'un bonnet de coiffe blanc, porte une robe rouge à ceinture verte et à encolure carrée laisse voir une chaîne à maillons d'or, recouverte d'un manteau bleu à fourrure recouvrant largement les épaules.

Ses filles portent des tenues similaires.

.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

2°) Jehan de Fréville et ses 7 fils.

.

Dans la même pièce ou la même église que son épouse, Jean de Fréville figure, devant la même tenture bleue à pommes de pins d'or, agenouillé devant le même livre et devant ses sept fils. Le premier de ceux-ci est tonsuré et vêtu d'un habit blanc (dominicain ?).

L'inscription  laisse en partie deviner BLE - JOHANNES DE FREVILLE

DE -- VIC--- ECOU.

En partie haute, deux blasons portent les armes de la famille de Fréville, d’azur à 2 roses d’argent en chef et au fer de dard de même en pointe.

Les nobiliaires qui décrivent ces armes (N.V. de Saint-Allais) les distinguent de celle de Fréville, sieur de la Haye, Boutot, du Dessert  etc, appartenant aussi à l'élection de Pont-Audemer, qui porte d'argent, à trois flèches tombantes et raugées de gueules, surmontées de trois trèfles de même. On précise ailleurs que le titulaire nomme ces roses "fleurs d'épines".

Il existe donc un risque de confusion entre ces deux familles de Pont-Audemer. Dans celle de sieurs de La Haye de Routot, un certain Jean de Fréville, seul fils de Geoffroy,  se maria à Marie de la Haye le 3 février 1586 ; il eut un fils, également prénommé Jean, qui épousa Marie de Harden qui lui donna deux fils, Robert et Antoine.

Vu la notoriété de Jehan de Fréville, capable d'offrir une verrière à Pont-Audemer, et père de 10 enfants, il semble néanmoins raisonnable de l'assimiler  à celui qui fut en 1489 et 1493  garde des sceaux de Pont-Audemer et Pontautou [Pont-Authou] ; et/ ou  entre 1500 et 1525 « avocat du roi en la vicomté de Pont-Audemer », est aussi « avocat de la ville ».

 

On trouve aussi mention de Nicolas de Freville , garde des sceaux de la Vicomté, bourgeois de Pont-Audemer, sieur de La Motte jusqu'à 1456, lieutenant général du bailliage d'Evreux, en 1471,...

Différents documents  mentionnent Jehan de Fréville : ; 

http://bibnum.enc.sorbonne.fr/omeka/files/original/b68e22c2f8cb75a18c8d5b5c2ee60dd7.pdf

https://books.openedition.org/puc/9471?lang=fr

https://books.openedition.org/purh/5052

.

 

 

 

 

 

http://www.archivesdepartementales76.net/pdf/3Bblasons.pdf

http://www.archivesdepartementales76.net/pdf/3Bblasons.pdf

.

 

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

3°) Le seigneur Le Tellier en donateur.

Le décor est le même, l'étoffe damassée pourpre à pommes de pins de même teinte accueille des motifs blancs et or en fleurons.

Deux anges présentent un blason composite, en chef d'azur à trois [mains] de sable et en dessous le fragment d'un élément blanc avec des cloches pourpres (et un lambel ?).

Elles auraient été attribuées (Gatouillat 2001) à un Le Tellier de Triqueville et à son épouse Marguerite Lanyer.

L'inscription  laisse voir PONTIAU DU ROY EN VICOMTE DU PONT.

Gatouillat et al. indiquent que les fragments citaient Mathieu Dukay et Nicole Dupont (erreur pour Vicomte du Pont[audemer] ?.

.

 

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

4°) La donatrice et ses trois filles.

La tenture est rouge marquée de fleurs blanches à cœur bleu.

Inscription : MMISE LA.

.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

LES TROIS REGISTRES SUPÉRIEURS.

.

Les scènes s'inscrivent toutes dans un encadrement architecturé à arc surbaissé à décor tantôt flamboyant, tantôt Renaissance.

.

Lancette A : la Vie de saint Eustache.

.

1°) Saint Eustache abandonne sa femme aux bateliers (peu restitué).

J'ai déjà présenté la Légende de saint Eustache et son iconographie  dans ces trois articles :

 

On trouve d'autres verrières de la vie de saint Eustache,  à Chartres (baie 43 datant de 1210)...

http://www.vitraux-chartres.fr/vitraux/43_vitrail_vie_st_eustache/index.htm

...et à la cathédrale de Sens (1200-1210) 

https://cem.revues.org/11639

.

Les bases sont données au XIIIe siècle  par la Légende Dorée de Jacques de Voragine ...

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/voragine/tome03/162.htm

...et par le Miroir historial de Vincent de Beauvais.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8449688c/f43.item

Pour cet épisode, nous trouvons ce récit :

 

"Après avoir fait quelque chemin, les fugitifs arrivèrent à la mer Où ayant trouvé un vaisseau, ils s'embarquèrent. Alors  le maître du navire, voyant que la femme d'Eustache était fort belle, conçut un grand désir de la posséder. Après la traversée, il exigea d'Eustache le prix du passage, et comme ils n'avaient pas d'argent, il ordonna que cette femme fût retenue pour payement, dans la conviction de l’avoir à soi. Eustache, informé de cela, refusa absolument d'y consentir, et comme il persistait, le maître fit signe à Ses matelots de le précipiter dans la mer; afin de pouvoir ainsi posséder sa femme. Eustache, qui s'aperçut de cela, leur abandonna sa femme tout désolé, et prenant ses deux enfants, il s'en alla en versant des larmes : « Malheur à moi et à vous, dit-il, car votre mère est livrée à un mari étranger! » "

.

Eustache, à gauche, tenant ses deux enfants, est très luxueusement habillé et coiffé. En face de lui, à bord d'une nef, son épouse est gardée par le maître de barque.

Trois pièces de verre rouge sont gravées.

.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

2°) Eustache doit traverser un fleuve et ne peut porter qu'un seul fils à la fois. Ses enfants sont enlevés par un lion et par un loup sur chaque rive du fleuve. Ils sont sauvés par deux homme mais Eustache l'ignore.

"Parvenu sur les bords d'un fleuve, il n'osa le passer avec ses deux fils à la fois, parce qu'il y avait beaucoup d'eau; mais en en laissant un sur la rive, il se mit en devoir de transporter l’autre; quand il eut passé le fleuve à gué, il posa par terre l’enfant qu'il avait porté, et se hâta de venir prendre l’autre. Il était au milieu du fleuve, lorsqu'un loup accourut tout à coup, saisit l’enfant qu'il venait de mettre sur la rive, et s'enfuit dans la forêt. Eustache, qui n'espérait pas le sauver, courut à l’autre : mais en y allant survint un lion qui s'empara du petit enfant et s'en alla. Or, comme il ne pouvait l’atteindre, puisqu'il n'était encore qu'au milieu du fleuve, il se mit à gémir et à s'arracher les cheveux. Il se serait laissé noyer, si la divine providence ne l’eut retenu. Des bergers, qui virent le lion emporter un enfant vivant, le poursuivirent avec leurs chiens, et Dieu permit que l’animal lâchât sa proie sans lui avoir fait aucun mal. D'un autre côté, des laboureurs se mirent à crier après le loup et délivrèrent de sa gueule l’autre enfant aussi sain et sauf. Or, bergers et laboureurs, tous étaient du même village et ils nourrirent les enfants chez eux. Eustache de son côté ignorait cela ; alors il s'en alla bien triste. "

"

"Il delaissa la reine et prist ses enfanz et vint a tres grant pleur a un fleuve. Et pour le seuron dennit de lyaue il nosa entrer ou fleuve a tout les .II. enfans. Mais en laissa .I. a la rive et lautre porta outre.

Et li rive il revenoit arriere pour lautre porter outre , il fust en mi le fleuve et avoit lautre laissie de lautre p[er]t Vez ci que .I. lyon le ravi et l'emporta el lui. Et il desespere retourna pour espance de l'autre. Mais li rive il sen aloit vez ci un lou et emporta lautre semblablement et sen ala. Et pour ce que il estoit ou mi lieu du fleuve ne il ne pot avoir icelui. Il vin ca a pleurer et plaindre et tirer ses cheveux et rompre. Et se voult gerer en lyaue. Mesme sire retint sa pensee qui veoit avaut les choses a venir. Et les pasteurs escoustrent lenfant au lyon avec leurs chiens. Et les areurs osterent aussi lautre au lou. Et ainsi les .II. enfans furent nourriz en une vue. Mais vraiement eustace ne le sotnne. Mais s'en ala a pleurs et a lermes en une ville et la garda par .XV. ans les champs des hommes." (Vincent de Beauvais, BnF NAF 15941 ).

.

Vincent de Beauvais, BnF NAF 15941

 

Eustache est au milieu du gué, avec de l'eau à mi-jambes. Il garde le luxueux habit de la scène précédente, tunique bleue à ceinture violette, manteau rouge doublé de fourrure, étoffe verte à crevés au poignets, toque rouge. Les verres rouges sont gravés ( médaillons du chapeau et boutons du manteau).

À droite, un lion tient un des fils dans sa gueule, au moment où un paysan élève son glaive.

À gauche, même scène avec le second fils attaqué par un loup. (verre gravé rouge).

.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

3°) Eustache et les siens refusent de sacrifier aux idoles : l'empereur les fait supplicier dans un taureau d'airain rougi au feu.

 

"Mais Eustache lui dit: « Le Dieu que j'adore, c'est Jésus-Christ., et je n'offre de sacrifices qu'à lui seul. » Alors l’empereur, en colère, ordonna de les exposer dans le cirque avec sa femme et ses enfants, et fit lâcher contre eux un lion féroce. Le lion accourut, et baissant la tête comme s'il eût. adoré ces saints personnages il s'éloigna d'eux humblement. L'empereur ordonna aussitôt de faire rougir au feu un taureau d'airain, et commanda de les y jeter tout vifs. Les saints se mirent donc en prières et se recommandant à Dieu, ils entrèrent dans le taureau où ils rendirent leur âme au Seigneur. Trois jours après, on les en tira en présence de l’empereur; et on les retrouva intacts au point que pas même leurs cheveux, ni aucune partie de leurs membres n'avait été atteinte par l’action du feu. Les chrétiens prirent leurs corps et les ensevelirent en un endroit fort célèbre où ils construisirent un oratoire. Ils pâtirent sous Adrien qui commença à régner vers l’an du Seigneur 120, aux calendes de, novembre, ou, d'après quelques auteurs, le douze des calendes d'octobre (20 septembre)." Légende dorée.

On discerne bien le taureau d'airain contenant Eustache, sa femme et ses deux fils, un bourreau s'activant à attiser le feu, les flammes (verre rouge gravé), mais aussi l'empereur et un bourreau.

.

 

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

.

Lancette B. Vie de saint Jean l'évangéliste.

.

1°) Supplice de saint Jean à la Porte latine.

"L’apôtre et évangéliste Jean, lorsque après la Pentecôte les apôtres se séparèrent, se rendit en Asie, où il fonda de nombreuses églises. Or, l’empereur Domitien, ayant appris sa renommée, le manda à Rome, et le fit plonger dans une chaudière d’huile bouillante ; mais le saint en sortit sain et sauf, de même qu’il avait échappé à la corruption des sens. Ce que voyant, l’empereur le relégua en exil dans l’île de Patmos, où, vivant seul, il écrivit l’Apocalypse." Légende dorée https://fr.wikisource.org/wiki/La_L%C3%A9gende_dor%C3%A9e/Saint_Jean

 

.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

2°) Vision de l'Apocalypse 1:12-20. 

Saint Jean agenouillé voit sept chandeliers , et le Fils d'homme tenant sept étoiles et une épée, dans une trouée de lumière.

Je me retournai pour connaître quelle était la voix qui me parlait. Et, après m'être retourné, je vis sept chandeliers d'or, et, au milieu des sept chandeliers, quelqu'un qui ressemblait à un fils d'homme, vêtu d'une longue robe, et ayant une ceinture d'or sur la poitrine. Sa tête et ses cheveux étaient blancs comme de la laine blanche, comme de la neige; ses yeux étaient comme une flamme de feu;  ses pieds étaient semblables à de l'airain ardent, comme s'il eût été embrasé dans une fournaise; et sa voix était comme le bruit de grandes eaux. Il avait dans sa main droite sept étoiles. De sa bouche sortait une épée aiguë, à deux tranchants; et son visage était comme le soleil lorsqu'il brille dans sa force." Ap. 1:12-20 L. Segond)

Verre rouge gravé pour les rais de lumière sur l'embrasement rouge.

.

 

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

3°) Saint Jean debout bénissant la coupe de poison à Éphèse.

.

"Alors le grand prêtre Aristodème souleva une sédition dans le peuple, au point que les deux partis s’apprêtaient à en venir aux mains. Et l’apôtre lui dit : « Que veux-tu que je fasse pour t’apaiser ? » Et lui : « Si tu veux que je croie en ton Dieu, je te donnerai du poison à boire ; et, s’il ne te fait aucun mal, c’est que ton Dieu sera le vrai Dieu. » Et l’apôtre : « Fais comme tu l’as dit ! » Et lui : « Mais je veux que d’abord tu voies mourir d’autres hommes par l’effet de ce poison, pour en constater la puissance ! » Et Aristodème demanda au proconsul de lui livrer deux condamnés à mort : il leur donna à boire du poison, et aussitôt ils moururent. Alors l’apôtre prit à son tour le calice, et, s’étant muni du signe de la croix, il but tout le poison et n’en éprouva aucun mal : sur quoi tous se mirent à louer Dieu."  Légende dorée https://fr.wikisource.org/wiki/La_L%C3%A9gende_dor%C3%A9e/Saint_Jean

Le serpent ou dragon qui sort de la coupe, selon l'iconographie, est ici stylisé par des virgules blanches gravées sur verre rouge.

.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

.

Lancette C : Vie de saint Nicolas.

.

La légende de saint Nicolas est également illustrée à Pont-Audemer en baie 9.

Voir la Légende dorée :

https://fr.wikisource.org/wiki/La_L%C3%A9gende_dor%C3%A9e/Saint_Nicolas

1°) Saint Nicolas ressuscite les trois enfants.

Les trois enfants sortent du saloir. Nous retrouvons le verre rouge gravé d'étoiles déjà rencontré à deux reprises.

.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

2°) Saint Nicolas dote les trois jeunes filles.

Le vieil homme dont la maladie a entraîné la misère et qui envisageait de prostituer ses trois filles en désespoir de cause est représenté dans son lit mains jointes. Saint Nicolas, vêtu en évêque, est à l'intérieur de la chambre et jette une bourse à l'une des trois filles qui sont agenouillées.

Nouvelle occurrence du verre rouge gravé d'étoiles.

.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

3°) Saint Nicolas et le débiteur de mauvaise foi.

Certain homme avait emprunté de l’argent à un Juif, en lui jurant, sur l’autel de saint Nicolas, de le lui rendre aussitôt que possible. Et comme il tardait à rendre l’argent, le Juif le lui réclama : mais l’homme lui affirma le lui avoir rendu. Il fut traîné devant le juge, qui lui enjoignit de jurer qu’il lui avait rendu l’argent. Or l’homme avait mis tout l’argent de sa dette dans un bâton creux, et, avant de jurer, il demanda au Juif de lui tenir son bâton. Après quoi il jura qu’il avait rendu son argent. Et, là-dessus, il reprit son bâton, que le Juif lui restitua sans le moindre soupçon de sa ruse. Mais voilà que le fraudeur, rentrant chez lui, s’endormit en chemin et fut écrasé par un chariot, qui brisa en même temps le bâton rempli d’or. Ce qu’apprenant, le Juif accourut : mais bien que tous les assistants l’engageassent à prendre l’argent, il dit qu’il ne le ferait que si, par les mérites de saint Nicolas, le mort était rendu à la vie : ajoutant que lui-même, en ce cas, recevrait le baptême et se convertirait à la foi du Christ. Aussitôt le mort revint à la vie ; et le Juif reçut le baptême."

La représentation du récit n'est que partielle, mais nous voyons bien le débiteur malhonnête allongé à terre, son bâton brisé laissant se répandre les pièces d'or.

Le Juif est coiffé du bonnet et porte la barbe : sa tunique est faite d'un verre rouge gravé de bandes régulières.

Le juge est entouré de ses conseillers.

.

 

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

.

Lancette D : Vie de saint Mathurin.

.

Saint Mathurin est aussi représenté à Pont-Audemer en baie 17, avec la reine Théodora à ses pieds.

http://www.lavieb-aile.com/2018/12/la-verriere-des-saints-mathurin-sebastien-jacques-et-jean-baptiste-a-pont-audemer.html

J'ai déjà décrit les 8 panneaux de la verrière de Moncontour (Ille-et-Vilaine) contemporaine de celle-ci puisque datant de 1525. Je renvoie à cet article pour les textes et l'iconographie commentant la légende.

http://www.lavieb-aile.com/2018/03/les-vitraux-de-moncontour.v.la-verriere-de-la-vie-de-saint-mathurin-vers-1500-1525.html

.

1°) Saint Mathurin guérit les possédés.

.

Le saint bénit des possédés et des infirmes tandis que deux diablotins s'enfuient.

Nouvel exemple d'un verre rouge gravé.

.

 

 

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

2°) Scène perdue remplacée par une macédoine.

On y trouve une tête de Michel archange, une inscription EGO SUM QUI venant de l'Apocalypse, une petite inscription DESCEND...LINNOCENT...FOU.

.

 

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

3°) Saint Mathurin sauve un navire démâté par les démons.

Voir le 8ème panneau de Moncontour où, en route vers Rome, saint Mathurin s'endort dans le bateau et une tempête se lève. Il l' apaise et aborde à l'île St-Honorat (Lèrins) où deux anges le conduisent à la chapelle.

Les trois démons s'enfuyant et les deux anges sur l'île de Lérins sont bien visibles

.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

LE TYMPAN.

.

Jugement dernier et résurrection des morts.

De haut en bas, le Christ, Marie et Jean, les anges buccinateurs, les hommes et femmes sortant de leur tombe, dont un pape, un évêque, un moine, un roi. En bas, les démons.

.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints ..., (1519), baie 12 de l'église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

.

SOURCES ET LIENS.

 

Sources principales : — GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), HÉROLD (Michel), 2001, Eglise Saint-Ouen in Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France VI, Paris, CNRS, 2001. p. 193.

— LAFOND, (Jean), 1969, Les vitraux de l'arrondissement de Pont-Audemer, Nouvelles de l'Eure, n°36, 1969 ;

— MONTIER, (Armand), 1895,Les vitraux de Saint-Ouen de Pont-Audemer, Pont-Audemer, Impr. du Commerce, G. Hauchard, 1895 ;

— MONTIER, (Armand), 1896, "L'église Saint-Ouen à Pont-Audemer", Normandie monumentale et pittoresque p. 109.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62406567/f145.item

En complément :

— PERROT (Françoise), 1972, M. Baudot et J. Lafond. Églises et vitraux de la région de Pont-Audemer, numéro spécial des Nouvelles de l'Eure, 3e trimestre 1969 , [compte-rendu], Bulletin Monumental  Année 1972  130-1  pp. 87-88

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1972_num_130_1_5138_t1_0087_0000_3

— PHILIPPE-LEMAITRE (Delphine) 1853, Notice sur les vitraux de Saint-Ouen de Pont-Audemer (Eure), Rouen, non consulté

— REGNIER (Louis)  en 1899, non consulté.

.

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
9 janvier 2019 3 09 /01 /janvier /2019 19:09

Zoonymie des odonates : les noms de Leucorrhinia albifrons (Burmeister, 1839), la "Leucorrhine à front blanc".

.

 .

Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

.

 

 

Zoonymie des Odonates.

 

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

 

 

 

.

ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

Résumé :

— Nom de genre Leucorrhinia , Brittinger 1850,  SitzBer. Akad. Wiss., Wien, 4:333 vient des deux mots grec leukos = blanc et rhinios = nez. C'est une transcription en grec du nom latin albifrons "front blanc" de l'espèce type du genre, décrite par Burmeister en 1839. Cette transcription créée par Charpentier en 1840 sous la forme Leucorhinus a été féminisée (et complétée d'un -r-) par Brittinger, pharmacien et naturaliste de Vienne.

— Nom d'espèce L. albifrons Burmeister 1839 Handb. Ent., 2.:251 : du latin albus, "blanc" et frons, frontis "front", justifié par l'auteur dans sa description originale : L. albifrons : nigra opaca, fronte alba;. "Libellula albifrons : noire sombre, à front blanc.".

— Nom commun en français : "la Leucorrhine à front blanc" Paul-André Robert, 1958.

— Noms communs  en d'autres langues :

- en anglais : The Dark Whiteface

- en allemand : Östliche Moosjungfern  

-en néerlandais : Oostelijke wytsnüt / witsnuitlibel 

-en frison :  Eastlike glêzewasker, Eastlike wytsnüt,

-en polonais : Zalotka bialoczelna  

.

 

LE NOM SCIENTIFIQUE.

.

LE NOM DE GENRE LEUCORRHINIA BRITTINGER, 1850. 

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-leucorrhinia-brittinger-1850.html

Brittinger a défini en 1850, les caractéristiques du genre : le lustre métallique du thorax , la tache noire triangulaire sur la base de l'aile postérieure, le front et la face blancs, ainsi que la forme des appendices du flanc et de l' abdomen . 

 

.

LE NOM D'ESPÈCE L. ALBIFRONS (BURMEISTER, 1839).

Libellula albifrons, Burmeister, Handbuch der Entomologie, Berlin, G. Reimer vol. 2 1839, page 851 n°19.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34110#page/103/mode/1up

.

Description originale :

19. L. albifrons*: nigra opaca, fronte alba; alis aqueis, posticis in basi fusco-nigris, omnibus nubecula alba post stigmata. 
Long. 11/6 
Variat: pterostigmate quadrato ore cercisque nunc nigris nunc albis, sed macula alba in ipsa ala post stigma semper adest. 
Bei Berlin, auch aus der Schweiz. 


traduction : noire sombre, à front blanc. Ailes transparentes, les postérieures brun-noir à la base, et pour toutes un petit nuage blanc à l'arrière des ptérostigmas. 

.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34110#page/103/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34110#page/103/mode/1up

.

Une illustration par Toussaint de Charpentier 1840.

.

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

.

ÉTUDE DU NOM ALBIFRONS.

Albifrons : du latin albus, "blanc" et frons, frontis "front", dont l'explication est fournie par Burmeister dans sa diagnose : L. albifrons : nigra opaca, fronte alba;. "Libellula albifrons : noir foncé, front blanc."

C'est effectivement la description donnée par le Plan Odonate :

"Cette leucorrhine présente la particularité d’avoir une face et un front blancs, et un abdomen bleu à la base puis noir (chez le mâle mature). L’abdomen est toujours plus étroit que le thorax et peu élargi à l’extrémité. Celui-ci est noir et jaune chez la femelle. Les cercoïdes sont blancs, et le dessus des ptérostigmas noirs (pour les deux sexes). Elle est plus svelte et élancée que la leucorrhine à large queue (Leucorrhinia caudalis), qui elle est plus petite et présente un abdomen plus large."

http://odonates.pnaopie.fr/wp-content/uploads/2010/12/Fiche_Leucorrhinia-albifrons.pdf

.

 

LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

PRECIGOUT ET PRUD'HOMME / POITOU-CHARENTES-NATURE:

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

.

"Leucorrhinia albifrons : Leucorrhinia  du grec leukos = blanc et rhinios = nez (du fait de la couleur du front) ; albifrons du latin albi = blanc et frons = front. Le nom français n’est qu’une adaptation du nom scientifique.

Remarque : L. albifrons est la seule leucorrhine dont le front peut être très sombre chez certains individus."

 

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Leucorrhinia: Brittinger, 1850 feminine form of an artificial adjective derived from Grk. λευκός = white + ῥίς; ῥινός = nose. Albifrons from Lat. albus, -a, -um = white +
frons = forehead

.

.

HEINRICK FLIEDNER 2009.

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"Leucorrhinia [gr. leukos - white; rhin* - nose] refers to the white frons of its species. -albifrons [l. albus - white; frons - forehead, front] points to the same feature as the genus name. - pectoralis [l. concerning the breast] CHARPENTIER (1825: 46) chose as name because he was wrongly convinced that the thorax showed characteristic features, by which this species might be distinguished from other anisopteran species."

- albifrons [l. albus - white; frons - forehead, front] points to the same feature as the genus name. "

.

VAN HIJUM, 2005

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document;docid=555521

"Leucorrhinia Wytsnüt, Wytkopke leukos = wit; rhinios = neuzig
Leucorrhina albifrons albus = wit; frons = voorhoofd "

.

.

.

.

NOMS VERNACULAIRES.

.

I. NOMS COMMUNS EN FRANÇAIS.

 

La Leucorrhine à front blanc. Paul-André Robert, 1958

Paul-André Robert, Les Libellules (Odonates), Delachaux et Niestlé, 1958 page 310.

https://books.google.fr/books?id=RoS9uwEACAAJ&dq=Paul-Andr%C3%A9+Robert,+Les+Libellules+(Odonates),+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwirr9a76t7fAhUJLBoKHYrxCUIQ6AEIKTAA


L'auteur suisse, fidèle à la ligne établie par le belge de Sélys-Longchamps plus d'un siècle auparavant,  se soucie bien peu  de créativité et se  contente de franciser grossièrement la forme latine par le  très laid néologisme : Leucorrhine. Qu'il associe en toute logique à la traduction d'albifrons : "Leucorrhine à front blanc". Pourquoi s'embêter ?

Il  reprend sans le savoir un terme médical utilisé en homéopathie où Leucorrhine serait un remède issu de la dilution du liquide de la leucorrhée et utilisé (par Héring ?) comme moyen de guérison dans la leucorrhée, la menstruation irrégulière et  les affections spastiques. Heureusement, ce remède est mentionné par un adversaire de l'homéopathie, mais cette souche d'isothérapie n'est pas confirmée, hormis un Leucorrhin 30. Le nom français de notre libellule ne s'en trouve néanmoins pas avantagé.

En 1985, Jacques d' Aguilar et Jean-Louis Dommanget adoptent le nom créé par Robert dans leur Guide des libellules d'Europe et d'Afrique du Nord, Delachaux et Niestlé, 1985 - 341 pages, page 305.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=SPNMAAAAYAAJ&dq=leucorrhinia+albifrons&focus=searchwithinvolume&q=leucorrhine

Le nom, rendu officiel par son emploi dans la liste de référence des Odonates de la France métropolitaine de  la SFO ( [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.] ) et par l'INPN du Museum d'Histoire naturelle, est repris par l'ensemble des auteurs de guides de vulgarisation. 

.

 

 

 

 

 

II. NOMS COMMUNS EN D'AUTRES LANGUES.

On appréciera comment les entomologistes non francophones ont su utiliser leur nom vernaculaire pour apporter des informations complémentaires susceptibles d'aider les entomologistes amateurs : précision concernant la couleur générale  (noire  sans taches rouges ) et la distribution géographique prédominante à l'est (au nord-est) de l'Europe.

- en anglais : The Dark Whiteface

- en allemand : Östliche Moosjungfern  (tandis que L. caudalis se nomme Zierlichen Moosjungfern, L. pectoralis Große Moosjungfer, L. rubicunda Nordische Moosjungfern   et L. dubia Kleine Moosjungfern) .

-en néerlandais : Oostelijke wytsnüt / witsnuitlibel 

-en frison :  Pompeblêdwytsnüt Eastlike glêzewasker, Eastlike wytsnüt,

-en polonais : Zalotka bialoczelna  [bialoczelna = à front blanc]

- en breton (en attente de validation : fas-gwenn teñval .

 

.

 

SOURCES ET LIENS.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

SOURCES ET LIENS.

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

 

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

 

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— Odonates costarmoricains.

http://www.nature22.com/odonates22/ordresystematique.html

— LIBELLULES DE FRANCE ET D'AILLEURS

http://odonatas69a.blogspot.fr/search?q=albifrons

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
8 janvier 2019 2 08 /01 /janvier /2019 14:39

La verrière de saint Pierre et de saint Paul (vers 1515-1520) ou baie 14  de l'église Saint-Ouen de Pont-Audemer.

.

 

 

 

 

.

 

 



 

 

Voir :

.

PRÉSENTATION.

.

La reconstruction de l'église Saint-Ouen avait été décidée sous Louis XII en 1480, et commença par la façade occidentale. Puis les travaux se poursuivirent avec les sept travées de la nef, qui est raccordée en 1514 au chœur roman, tandis que les bas-cotés, avec leurs 12 chapelles latérales, sont édifiés sous François Ier jusqu'en 1535, et dotés progressivement de vitraux à partir de 1514 environ, et jusqu'en 1556 grâce aux dons des confréries (du Saint-Sacrement en baie 18 et 20), aux corporations (des boulangers en baie 13, des peintres  en baie 10), des familles de notables (baies 7, 8, 10, 12, 16, 17) ou du clergé (abbaye de Saint-Ouen de Rouen en baie 14, chapelain en baie 15). 

Les six chapelles du coté sud,  se succèdent ainsi d'ouest en est (vers le chœur) :

 

  • 1ère chapelle : baies 20 et 18  (vers 1515) : Miracles de l'Eucharistie (20), vie de saint Ouen (18) et procession de la confrérie du Saint-Sacrement (18 et 20), commanditaire.

  • 2ème chapelle : baie 16 (1516) Annonciation et Mise au tombeau offerte par le conseiller Guillaume Tesson et Jeanne Myre.

  • 3ème chapelle : baie 14 (vers 1515-1520) : saints Pierre et Paul offerte par l'abbaye de Saint-Ouen de Rouen.

  • 4ème chapelle :  baie 12  (1519) : saints Eustache, Jean, Nicolas et Mathurin offerte par 2 familles.

  • 5ème chapelle :  baie 10 (v. 1535) : Dormition de la Vierge offerte par ?.

  • 6ème chapelle : baie 8 (1535) : Vie de saint Jean-Baptiste, peinte par Mausse Heurtault et offerte par Jean de Génouville, marchand.

La baie 14 occupe donc la 3ème chapelle sud et date vers 1515-1520, elle mesure 5 m. de haut et 3,15 m de large et comporte 4 lancettes trilobées et un tympan à 11 ajours.  Elle a probablement été offerte par les abbés de Saint-Ouen de Rouen, auxquels était attribuée cette chapelle comme en témoigne leurs armes à la clé de voûte, les armes de France posés sur la clef de saint Pierre et le glaive de saint Paul. "Or aucun lien spirituel ou juridique n'est connu entre le monastère rouennais et la paroisse, dont le patronage appartenait à l'abbaye Saint-Pierre-des-Préaux. On est conduit à supposer une libéralité des religieux de saint-Ouen qui aurait permis d'édifier la chapelle et de la doter d'un vitrail consacré non pas à saint Ouen, déjà pourvu, mais aux saint Pierre et Paul, sous l'invocation desquels était fondée  l'abbaye royale." (J. Lafond)

 Le registre inférieur représente 4 saints (Jean-Baptiste, Sébastien, Antoine et Jacques le majeur) et le registre supérieur des scènes de vie des saints Pierre et Paul. Au tympan, la Vierge entourée d'anges musiciens.

.

"L'admirable composition du tympan rappelle d'abord le vitrail précédent [ baie 16, vers 1516, de l'Annonciation ]. Dans la fleur de lys que dessinent les meneaux, un luxuriant plant de lis porte la Sainte Vierge et l'Enfant Jésus, entourés dune cour de séraphins bleus. Les autres compartiments sont peuplés d'anges musiciens sur fond rouge.

Cependant, les deux ouvrages sont d'une facture très différente. L'élégance un peu sèche est remplacée ici par une verve truculente dans les tableaux du registre supérieur où l'on voit saint Pierre marchant sur les flots, le supplice du prince des apôtres sur une croix fourchue où il est attaché la tête en bas ; la conversion de saint Paul sur le chemin de Damas et sa décollation aux Trois-Fontaines.

Au dessous, quatre figures sont debout devant des niches à coquille encadrées de fines colonnettes. Ce sont saint Jean-Baptiste (dont la tête est moderne), saint Sébastien, saint Antoine flanqué de son cochon, et saint Jacques le Majeur en costume de pèlerin. Ici, le style se relève et c'est la noblesse qui prend le dessus.

Dans ce vitrail abondent les souvenirs d'Arnoult de Nimègue et aussi du Maître de saint Jean-Baptiste. C'est encore une œuvre rouennaise des environs de 1520, où la technique est caractérisée notamment par l'emploi d'un verre bleu plaqué et gravé dans la bride du cheval de saint Paul, le nimbe de saint Pierre, etc.)." (Jean Lafond)

 

 

 

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

LE REGISTRE INFÉRIEUR.

.

Des dais à coquilles avec dais ornés soutenus par de fins balustres et socles vus en perspective abritent successivement les saints Jean-Baptiste (tête restituée au XIXe siècle), Sébastien et ses flèches, Antoine avec son cœur enflammé, son cochon, son chapelet  et sa canne en tau, et  enfin Jacques le Majeur.

Les deux nimbes latéraux portent des inscriptions que je n'ai pas pris le temps d'étudier.

.

.

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

.

 

LE REGISTRE SUPÉRIEUR.

.

 

 

 

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

1°) Saint Pierre marchant sur les eaux après la Pêche miraculeuse sur le lac  de Tibériade. 

.

J'ai d'abord  penché pour l'Apparition de Jésus à Pierre après sa Résurrection  selon le récit de Jean 21:11-15.  Pourtant, Jésus ne porte aucun attribut du Ressuscité. Il s'agit donc  de la Pêche miraculeuse et de Pierre marchant sur les eaux selon Matthieu 14:15-21.

https://www.biblegateway.com/passage/?search=Jean%2021&version=LSG;VULGATE

Le peintre a représenté deux nefs marchandes du XVe siècle. La première est au mouillage, c'est une caraque à deux mâts, coque ronde à clins, château arrière, et deux saints apôtres (André et Jean) relèvent le filet. Sous la vergue, le verre offre de belles teintes rosées.

Verre verre rouge gravé pour le nimbe de Pierre.

.

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

2°) Néron et le crucifiement de saint Pierre.

.

On y remarque sur le plan technique :

- Le verre rouge gravé pour le nimbe du saint, pour l'épée du bourreau, le médaillon d'une toque.

- Le verre bleu gravé pour le bonnet du bourreau.

.

Sur le plan stylistique, Jean Lafond a rapproché cette verrière des styles d'Arnoult de Nimègue, et du Maître de saint Jean-Baptiste. Ce dernier nom est un "nom de convention" dont les œuvres attribuées ont été ré-étudiées par Michel Hérold. Il s'agirait d'un atelier rouennais, possédant des cartons issus d'un atelier d'un peintre parisien assimilé au Maître des Très Petites Heures d'Anne de Bretagne Jean d'Ypres.

Dans le cadre de ce travail, Michel Hérold a souligné l'emploi des mêmes cartons pour les scènes de la vie de saint Jean-Baptiste à Bourg-Achard, Saint-Romain de Rouen, Conches, ou à Louviers .

De même, des cartons identiques ont été employés (par le Maître de Montmorency) pour la baie 20 de Pont-Audemer et pour la verrière des Miracles de l'Eucharistie de Nogent-le-Roi (et des tapisseries de Ronceray).

F. Gatouillat & al. écrivent : "d'autres verrières procèdent de cartons fournis par des peintres d'origine probablement flamande (baie 14, 16 et scènes des lancettes de la baie 20)".

Par contre, je n'ai pas trouvé de rapprochement entre ce Crucifiement et celui de la baie 24 de Louviers :

http://www.lavieb-aile.com/2018/11/la-verriere-de-saint-claude-de-l-eglise-de-louviers.html

.

Baie 24 de Louviers. Photographie lavieb-aile.

.

Certes, on ne peut pas parler d'identité de patron à grandeur et de mise en plombs, mais d'un modèle (peinture, gravure) commun.

L'un des éléments qui diffère est, à Pont-Audemer,  la bande dorée centrale dotée d'une inscription.  Mais cette dernière rappelle immédiatement celle qui descend de Dieu le Père vers son Fils sur les Baptêmes du Christ par Jean-Baptiste des verrières de Bourg-Achard, Conches, Louviers, Saint-Romain de Rouen et Philadelphie. Par le "maître de la vie de saint Jean-Baptiste".

http://www.lavieb-aile.com/2018/11/la-verriere-du-bapteme-du-christ-et-de-la-procession-des-drapiers-de-l-eglise-de-louviers.html

.

Louviers, (baie 26, Maître de la vie de saint Jean-Baptiste vers 1500-1510). photographie lavieb-aile.

 

.

Ce bandeau d'inscription, vertical, est un trait stylistique à mon sens suffisamment discriminant pour en faire un critère d'appartenance à un atelier commun, actif dans l'Eure et la Seine-Maritime , a priori identique à celui étudié par M. Hérold dans son analyse du Maître de la Vie de saint Jean-Baptiste.

.

Néron est présent à gauche, tenant un bâton de commandement et vêtu d'un manteau rouge à revers damassé. Il est coiffé de ce qui peu être considéré comme une couronne. Une dague est passée à sa ceinture, où est appendue une aumônière.

Derrière lui, les quatre personnages, coiffés qui d'une toque, qui d'un bonnet, qui d'un chaperon, peuvent être considérés comme ses officiers ou conseillers.

À droite, le personnage principal est le bourreau chargé de hisser la croix. L'artiste lui a donné tous les traits du type : la gestuelle pleine de dynamisme, la chemise débraillée aux manches relevées, les collants bleus à la braguette avantageuse, et la trogne moustachue, mais c'est un soldat portant épée.

Derrière lui, c'est le peuple des curieux à la discussion très animé, mais l'un des hommes, richement vêtu et coiffé d'un bonnet conique à turban, portant l'aumônière à la ceinture, est désigné par l'artiste, selon les codes en vigueur, comme un Juif : cette disposition lui donne un rôle équivalent à celui de Néron dans la responsabilité du martyre.

En bas, un second bourreau est représenté comme le premier, mais le peintre l'a figuré en plein effort, un pied arc-bouté à un montant de la croix, et le tronc renversé en arrière. Ses cheveux sont réunis en chignon.

Saint Pierre est crucifié vêtu d'un manteau bleu noué autour des chevilles, comme à Louviers où j'ai déjà étudié cette tradition iconographique.

dans la tête de lancette, Dieu, au visage christique, lui envoie sa bénédiction depuis les nuées.

.

 

 

 

 

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

L'inscription centrale.

Elle possède la même position axiale, les mêmes proportions, les mêmes couleurs, le même encadrement par un double trait, la même écriture que celles des Vies de saint Jean-Baptiste, et, comme elles, elles descendent de la Divinité placée au dessus et dont elle porte la parole. Pourtant, celle-ci est composée de deux parties inversées quant au sens de lecture. D'autre part, le texte n'en est pas directement en rapport avec la scène représentée.

La portion supérieure (sans doute inversée lors d'une restauration, ou provenant d'une verrière différente) porte les mots : GAUDE TE MEAUN.

On imagine volontiers qu'il faille lire Gaudete meam ou Gaudete meum. Des mots (Réjouis-toi avec moi ?) qui se retrouvent en Luc 15, dans un contexte bien différent. Le mystère reste entier.

La partie inférieure, qui descend correctement de Dieu vers son Apôtre, porte les mots : NOLITE FLERE SED

C'est à nouveau dans l'évangile de Luc que nous trouvons ce fragment : Luc 28.29.30 

https://www.biblegateway.com/passage/?search=Luc%2023&version=LSG;VULGATE

http://gregorien.info/chant/id/3335/0/fr

Filiae Ierusalem, nolite flere super me,
sed super vos ipsas flete et super filios vestros,

 

Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi,
mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants ;

Rien n'explique la présence de ce verset fragmentaire ici.

J'en suis là de mes pérégrinations lorsque je songe à interroger le moteur de recherche en replaçant les fragments sous la forme  nolite flere sed gaudete meum ... et je parviens  à cet antienne qui me donne tout l'éclaircissement :

 

Dum duceretur Petrus apostolus ad crucem,
repletus gaudio magno, dixit:
Non sum dignus ita esse in cruce sicut Dominus meus,
qui de Spiritu Sancto conceptus est.
Me autem ex limo terrae ipse formavit;
ita crux mea caput meum in terris debet ostendere.
At illi verterunt crucem,
et pedes eius sursum confixerunt, manus vero deorsum.
Dum esset Petrus in cruce,
venit turba multa maledicens Caesarem,
et fecerunt planctum magnum ante crucem.
Petrus exhortabat eos de cruce dicens:
Nolite flere, sed gaudete mecum,
quia ego hodie vado vobis parare locum
et cum hoc dixisset, ait:
Gratias tibi ago, pastor bone,
quia oves quas tradidisti mihi compatiuntur mecum;
peto namque ut participentur mecum de gratia tua in sempiternum.

Traduction :  P. Gueranger, L'Année liturgique 1911 : https://archive.org/details/lanneliturgiqu12gu/page/470

 

"Comme l'on conduisait Pierre l'Apôtre à la croix,

rempli d'une grande joie, il dit :

Je ne suis pas digne d'être sur la croix comme mon seigneur

qui lui fut conçu du Saint-Esprit,

tandis que moi j'ai été formé par lui du limon de la terre

Ainsi ma croix à moi doit montrer ma tête en la terre.

On tourna donc la croix ; on cloua ses pieds en haut et ses mains en bas.

Pendant que Pierre était en croix, vint une grande multitude maudissant César, et ce fut une grande lamentation devant la croix.

Pierre, de la croix, exhortait tout ce peuple, et il disait :

Ne pleurez pas, mais réjouissez-vous avec moi,

parce que je m'en vais aujourd'hui vous préparer une place.

Et ayant dit cela, il ajouta :

Bon Pasteur, je vous rends grâces de ce que les brebis que vous m'avez confiés s'unissent de cœur à mes souffrances ;

faites donc, je vous en prie, qu'elles participent comme moi à votre grâce dans l'éternité."

 

Cette antienne provient de la liturgie de la célébration de la Fête de saint Pierre et saint Paul le 29 juin In natali apostolorum Petri et Pauli ,  et on la trouve aussi  dans les Bollandistes (Acta sanctorum novembre, tome 67 1925 page 110) pour la fête de saint Ursin, 1er évêque de Bourges dont la tradition en fait un contemporain du Christ et des apôtres, le faisant assister à la Cène, au lavement des pieds, à la Passion du Seigneur, à sa Résurrection, à l’Ascension et à la Pentecôte jusqu’à suivre saint Pierre à Rome.

.

Elle  est chantée depuis bien longtemps, puisqu'on la trouve dans les Antiphonaires du XIIe siècle avec une notation en grégorien. Le site gregorien.info en donne 4 références.

http://gregorien.info/chant/id/2505/9/fr


1°) Benevento, Biblioteca Capitolare 34 f.  207  

A. Mocquereau, 1937 paléographie musicale XV, le codex VI.34 de la Bibliothèque capitulaire de Bénévent (XIe-XIIe siècle) page 207*

https://archive.org/stream/palographiemusic15macq#page/208/mode/1up

.

.

2°) Cambrai, Bibliothèque municipale 0075 (0076) - St-Vaast d’Arras f. 12v : DE SANCTO PETRO AD ...

https://bvmm.irht.cnrs.fr/consult/consult.php?mode=ecran&corpus=manuscrit&COMPOSITION_ID=4675&IMAGE_ID=530616

.

 

.

3°) Ivrea, Biblioteca Capitolare 60 - Gr. Ivrea IV 60

4°)Monza, Basilica di S. Giovanni Battista - Biblioteca Capitol C. 12/75 - Ant. Monza

.

.

 

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

3°) La Conversion de saint Paul sur le chemin de Damas.

.

Verres rouges gravés : buste de Dieu ; toques des deux cavaliers.

Verre bleu gravé : harnachement des deux chevaux.

.

La scène de la conversion de Paul, alors prénommé Saul, sur le chemin qui le mène à Damas à la tête d'une troupe de soldats, est très connue et très fréquemment représentée.  Elle illustre le début du chapitre IX des Actes des apôtres : Actes IX:1-7

"Cependant Saul, respirant encore la menace et le meurtre contre les disciples du Seigneur, se rendit chez le souverain sacrificateur,

et lui demanda des lettres pour les synagogues de Damas, afin que, s'il trouvait des partisans de la nouvelle doctrine, hommes ou femmes, il les amenât liés à Jérusalem.

 Comme il était en chemin, et qu'il approchait de Damas, tout à coup une lumière venant du ciel resplendit autour de lui.

Il tomba par terre, et il entendit une voix qui lui disait: Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?

 Il répondit: Qui es-tu, Seigneur? Et le Seigneur dit: Je suis Jésus que tu persécutes. Il te serait dur de regimber contre les aiguillons.

 Tremblant et saisi d'effroi, il dit: Seigneur, que veux-tu que je fasse? Et le Seigneur lui dit: Lève-toi, entre dans la ville, et on te dira ce que tu dois faire.

 Les hommes qui l'accompagnaient demeurèrent stupéfaits; ils entendaient bien la voix, mais ils ne voyaient personne."

 

.

Nous pourrions comparer cette peinture à celle du Maître de Dunois, pour les Heures de Prigent de Coëtivy (entre 1443 et 1450) : Dublin, Chester Beaty Library  CBL W 082 f. 260 : j'y retrouve saint Paul encore sur son cheval mais renversé sur son encolure bras écartés, tandis que son manteau qui s'envole témoigne de la soudaineté de l'événement. Et le cheval lui-même, terrassé par l'épouvante, au riche harnachement, et dont la tête très expressive est peinte en enfilade.

L'intervention de Dieu est figurée, dans cette enluminure, par un rayonnement partant de Dieu et atteignant la tête du cavalier, englobant  le phylactère avec les mots Saule, saule, quid persecutis : ce que le peintre-verrier a repris à Pont-Audemer sous la forme du bandeau vertical qui le caractérise.

.

.

Mais ici, le peintre a choisi de placer la troupe de six cavaliers romains casqués et en armure en deuxième plan entre Paul et Dieu le Père. Ainsi qu'un noble personnage, également à cheval, qui tend la main vers le saint, et retiens son manteau.

L'ensemble est plus animé et dramatique que l'enluminure peinte par Fouquet pour les Heures d'Etienne Chevalier . Mais dans tous les cas, la colonne de lumière verticale accompagne les mêmes mots Saule saule quid persecutis.

Nous pourrions multiplier les références plus tardives, les comparaisons.

Par exemple avec le vitrail de l'église de Iffs en Bretagne (baie 2, vers 1550)

http://www.lavieb-aile.com/article-les-vitraux-de-l-eglise-des-iffs-107930990.html

.

 

 

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

L'inscription.

Sa disposition verticale partant de la figure divine supérieure, ses proportions, sa couleur, l'écriture utilisé, ou l'encadrement par une double ligne jaune sur le fond rouge, créent un parallèle immédiat entre les deux scènes qui sont deux théophanies.

 

 

SAULE SAULE QUID ME PERSEQUERIS.

.

C'est ce verset des Actes des Apôtres IX:4  qui accompagne cette scène de la Conversion et qui la résume, dans les enluminures comme dans la liturgie. 

Et cadens in terram audivit vocem dicentem sibi : Saule, Saule, quid me persequeris?

 Qui dixit: Quis es, domine? Et ille: Ego sum Jesus, quem tu persequeris: durum est tibi contra stimulum calcitrare.

grec original:  Σαοὺλ Σαούλ, τί με διώκεις;εἶπεν δέ· Τίς εἶ, κύριε; ὁ δέ· Ἐγώ εἰμι Ἰησοῦς ὃν σὺ διώκεις·

" Il tomba par terre, et il entendit une voix qui lui disait: Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu?  Il répondit: Qui es-tu, Seigneur? Et le Seigneur dit: Je suis Jésus que tu persécutes. Il te serait dur de regimber contre les aiguillons (*)." (Segond)

(*) Ou bien : "de regimber contre l'aiguillon"

.

Au fur et à mesure de mon examen des vitraux, je comprends que ceux-ci servent d'illustrations à des scènes cultes, parfaitement connues des fidèles par une quantité de medium : textes liturgiques (antiennes) prononcés à l'office, livres d'heures, bréviaires, livre imprimé, antiennes chantées en grégorien, motets composés en polyphonie, peintures, sculptures, mais aussi, comme l'avait souligné Émile Mâle, le théâtre religieux.

a) Grégorien et motets :

https://www.youtube.com/watch?v=crFE35g5MKQ

Motets de Jean Le Brung, Treize livres de motets parus chez Pierre Attaingnant en 1534 et 1535.

https://imslp.org/wiki/Saule%2C_Saule_quid_me_persequeris_(Le_Brung%2C_Jean)

b) théâtre religieux du XVe siècle. "Tu fais que fol et que felon"

Manuscrit de la bibliothèque Sainte-Geneviève retranscrit par A. Jubinal en 1837

https://books.google.fr/books?id=a2J1xccH8ScC&dq=%22tu+fais+que+fol+et+que+felon%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

SAULUS, en alant.
Alon en à Damas bon erre.
Le cuer d’ire ou ventre me serre
De ce que ces faulz crestiens,

Ces faulz bougres, cez ruffiens,
Sy vont nostre loy destruisant.
Certes je leur seray nuysant
Dore-en-avant quenque porray;
Ou ilz mourront ou je morray.
Brief et court n’en faut plus parler.

Ses compaignons.

Or tost, tost, penssons de l’aler.

Lors sy comme Saules passera par dessoulz Paradis , Jhésus prengne .l. brandon ardant, et gete sus ly, et lors il se lesse cheoir à terre.

JHÉSUS die :
Saulé, Saulé , tropt es testu.
Dy pour quoy me guerroies tu?

SAULUS.
Qui es tu qui es cy venus?
muses,
Je suis Jhesus Nazarethus
Que tu poursuis, quant guerroiant
Vas ceulz qui en moy vont croiant.
Tu fais que fol et que félon
De regiber contre aguillon.

 

.

 

 

 

 

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

4°) La décollation de saint Paul.

.

Paul est décapité sur ordre de l'empereur Néron, qui se tient à gauche, tenant son bâton de commandement. Derrière lui, sept personnages, dont deux portent le bonnet conique caractérisant les Juifs.

À droite, le bourreau rengaine son épée. Il tient sa toque à plumet en main droite. C'est un soldat, qui a revêtu une cuirasse au dessus d'une tunique dorée et de chausses bleues, tous deux à crevés. Le détail "qui fait vrai" (et que Lafond relève sans l'expliquer) réside dans la jambe droite dont la chausse est relevé jusqu'à la racine de la cuisse. Il s'agit d'une précaution professionnelle afin d'éviter que le geste ne soit entraver. (Dans la décollation de Jacques le Majeur, Fouquet , le bourreau porte un tablier ; ailleurs, les deux jambes sont nues, au dessus de bottes).

Voir d'autres exemples ici :

Maître de Boucicaut, Décollation de saint Denis, Châteauroux BM 0002, Bréviaire de Louis de Guyenne f. 364

 

http://www.enluminures.culture.fr/public/mistral/enlumine_fr?ACTION=RETROUVER&FIELD_2=SUJET&VALUE_2=DECOLLATION%20DE%20SAINT%20NICAISE&NUMBER=3&GRP=0&REQ=%28%28DECOLLATION%20DE%20SAINT%20NICAISE%29%20%3aSUJET%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&SYN=1&IMLY=&MAX1=1&MAX2=100&MAX3=100&DOM=All

http://www.enluminures.culture.fr/public/mistral/enlumine_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_2=SUJET&VALUE_2=%27DECOLLATION%20DES%20SAINTS%20FUSCIEN,%20VICTORIC%20ET%20GENTIEN%27

http://www.enluminures.culture.fr/public/mistral/enlumine_fr?ACTION=CHERCHER&FIELD_2=SUJET&VALUE_2=DECOLLATION%20DE%20SAINT%20CORNEILLE

Le bourreau saisit la victime par les cheveux, qu'il a pris le soin de nouer : c'est ce que nous voyons sur la tête de Paul, à terre.

Verre rouge gravé : le chapeau de Néron et un bonnet conique.

Pièce montée en chef d'œuvre : le médaillon sur la poitrine de Néron.

.

.

 

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

LE TYMPAN.

.

Vierge à l'Enfant couronnée, au sein d'une mandorle de chérubins dorés, au dessus d'un lis dans un vase.

 

Dix-huit chérubins bleus.

Trois paires d' anges musiciens (cartons renversés) : harpe, mandore, et une représentation plus rare, celle d'une viole de gambe.

Deux anges orants.

  .

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

Verrière des saints Pierre et Paul (vers 1515-1520), baie 17, église de Pont-Audemer. Photographie lavieb-aile août 2018.

.

SOURCES ET LIENS.

Source principale :

— GATOUILLAT ( Françoise), CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), HÉROLD (Michel), 2001, "Eglise Saint-Ouen" in Les Vitraux de Haute-Normandie, Corpus vitrearum / Recensement des vitraux anciens de la France vol. VI, Paris, CNRS, 2001. p. 193.

En complément :

— LAFOND, (Jean), 1969, Les vitraux de l'arrondissement de Pont-Audemer, Nouvelles de l'Eure, n°36, 1969 ; 

— MONTIER, (Armand), 1895, Les vitraux de Saint-Ouen de Pont-Audemer, Pont-Audemer, Impr. du Commerce, G. Hauchard, 1895 ;

— MONTIER, (Armand), 1896, "L'église Saint-Ouen à Pont-Audemer", Normandie monumentale et pittoresque p. 105.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62406567/f141.item

 

— PERROT (Françoise), 1972, M. Baudot et J. Lafond. Églises et vitraux de la région de Pont-Audemer, numéro spécial des Nouvelles de l'Eure, 3e trimestre 1969 , [compte-rendu], Bulletin Monumental  Année 1972  130-1  pp. 87-88

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1972_num_130_1_5138_t1_0087_0000_3

— PHILIPPE-LEMAITRE (Delphine) 1853, non consulté

— REGNIER (Louis)  en 1899, non consulté.

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
7 janvier 2019 1 07 /01 /janvier /2019 11:56
Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Quimper

Présentation

  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
  • Contact

Profil

  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

Recherche