Ces deux bannières de procession de taille et de facture identiques occupent le chœur de l'église. Elles mesurent chacune 1,60 m de haut et 1,15 m de large, elles sont en velours rouge coupé et soie brodée, et les visages sont peints sur étoffe. Les lambrequins à 5 festons sont enrichis de franges de cannetilles , la bande supérieure forment gousset reçoit la traverse en bois.
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I. LA BANNIÈRE DE SAINT GOULVEN / VIERGE AU SCEPTRE n°1.
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H = 160 ; la = 115. Velours rouge et soie brodée. Classé au titre objet 1991/12/04 . Base Mérimée PA00089981. Base Palissy PM29001370.
1°) La bannière de saint Goulven en évêque.
inscription St GOULVEN.
Le fond est en velours rouge uni semé de rondelles d'argent . Il est brodée au fil d'argent de fleurs à huit pétales et huit sépales, avec rehaut par cannetille dorée, reliées par un rinceau.
La bordure est un simple et étroit galon doré.
Le motif central est celui de "l'évêque de la Réforme", nimbé, mitré, dans l'attitude de la prédication, main droite expressive, tête tournée vers sa gauche et crosse écartée en diagonale . Il est sans doute "réalisé en broderie de rapport, c'est-à-dire brodé sur toile de lin ou de soie puis appliqués sur fond de velours brodé au préalable" (Guillou), mais la trame n'est pas visible. Le visage et les mains sont peintes sur toile, sans doute — comme à Tréflez— par remplacement de broderies trop usées.
La partie inférieure est la plus colorée, avec les rayures violettes du surplis mais surtout le tapis de fleurs avec une variété de verts de bleus en dégradés et des fleurs en fils rose, abricot et jaune.
Les lambrequins sont à cinq festons ronds frangés de cannetilles et brodées au fil d'argent de fleurs à huit pétales et huit sépales, avec rehaut par cannetille dorée.
La présence de clochettes sous les lambrequins n'a pas été recherchée.
La traverse est en bois (?) à pommeaux en forme de fleurons, et d'aspect métallique.
Le gousset à bandes dorées porte le nom de la paroisse : ST GOULVEN écrit en rondelles d'or cousues.
La croix est en métal doré (ou en a l'aspect).
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Bannière du XVIIIe siècle, église de Goulven. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
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Bannière du XVIIIe siècle, église de Goulven. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
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Bannière du XVIIIe siècle, église de Goulven. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
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2°) La Vierge à l'Enfant au spectre (1).
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Le fond, la bordure et les lambrequins sont identiques à la bannière de St Goulven, mais les fleurs sont plus simples, à cinq pétales.
Le motif central est une Vierge à l'Enfant, debout sur un croissant de lune au sein d'une mandorle de nuée à 4 séraphins (c'est donc une Vierge de l'Apocalypse) dont la particularité est qu'elle tient dans sa main droite un fuseau terminé par une fleur de lys (symbole de virginité dans le cadre du culte de l'Immaculée Conception).
Cet attribut est qualifié de "sceptre" par Christiane Guillou 2010 :
"Ce mode de représentation de la Vierge portant un sceptre est courant en statuaire, on en connaît dans nombre d'églises bas-bretonnes, préfiguration de l'image de la Reine du Monde. La Vierge debout sur le croissant de lune annonce les représentations de l'Immaculée Conception. On a ici une double voire triple image avec celle de la Vierge à l'Enfant. Cette triple image en une seule bannière est à mettre à l'actif des artistes concepteurs. Mais ce n'est ni une Vierge consolatrice ni une Vierge protectrice.
Le mode de représentation choisi pour les Vierges de l'Assomption de Locquénolé et Hengoat n'est sans doute pas le plus ancien. Si l'on se fie à la base Joconde, qui répertorie les tableaux conservés dans les différents musées de France, de telles images de la montée au ciel de la Madone apparaissent, comme ici, au XVIIe et XVIIIe siècles, la Vierge au sceptre étant plus ancienne. Cette vision très enlevée d'une Vierge au bord de l'extase apparaît à cette époque de la Réforme tridentine, alors que les siècles précédents, la montée au ciel, sous la conduite du Christ, se fait d'une façon plus calme à en croire la position assise de Marie, de surcroît souvent présentée dans une mandorle. Religion de la splendeur, c'est l'image de Marie en gloire, fort loin de l'humilité de l' Annonciation ou de la Nativité qui ne sont pas présentes en bannière, à cette époque, dans ces lieux."
On trouve ce motif, deux fois représenté à Goulven, également à Lampaul-Guimiliau, à Plougonven et à Trédrez.
La Vierge est voilée et nimbée mais non couronnée. L'Enfant, également nimbé, tient le globus cruciger et trace une bénédiction .
Les fils sont blancs, argent, marron, jaune pâle, bleu clair, bleu plus soutenu pour le globe, brodés au point de Bayeux avec, pour les nuées, des spirales concentriques.
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Bannière du XVIIIe siècle, église de Goulven. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
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Bannière du XVIIIe siècle, église de Goulven. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
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Bannière du XVIIIe siècle, église de Goulven. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
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Bannière du XVIIIe siècle, église de Goulven. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
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II. LA BANNIÈRE DE L'ADORATION DU SAINT-SACREMENT / VIERGE AU SCEPTRE n°2.
Saint-Sacrement, Vierge à l'Enfant H = 160 ; la = 115. 1991/12/04 : classé au titre objet Soie brodée. Base Palissy PM29001371
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1°) La bannière de l'Adoration du Saint-Sacrement.
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Le fond est en velours rouge uni semé de lignes de pastilles d'argent . Il est brodée au fil d'argent de fleurs à cinq pétales .
La bordure est une bande serpentine gris-argent frangée de cannetilles.
Le motif central est consacré à l'Adoration du Saint-Sacrement par deux anges agenouillés, comme à Lampaul-Guimiliau en 1667 où il témoigne de l'existence d'une confrérie, au Musée départemental breton, à Locquémeau, Plougonven, Guimiliau et Saint-Méen. Les visages et les bras sont peints sur toile.
"Bannière de la confrérie du Sacre, elle est aussi répandue que celle du Rosaire, à laquelle elle est souvent jumelée : deux confréries qui ont des autels spécifiques dans la plupart des églises. Ici aussi l'image est définie. Ce sont deux anges adorateurs, de chaque côté de l'hostie, flottant au-dessus d'un calice : blanc argent de l'hostie dans un rayonnement d'or, or sur or du calice, qui contient le vin devenu Sang du Christ, dans une nuée d'où émergent quelques têtes d'angelots. On n'ose, pour de simples travaux d'aiguille, évoquer le rôle du cercle dans l'iconographie et dans l'art en général, on ne saurait cependant exclure que ces théories ont influencé les concepteurs des dessins préliminaires. L'interprétation, répandue, des anges adorant l'ostensoir semble relever d'une lecture rapide. La lunule contenant l'hostie, destinée à l'ostension et proposée à l'adoration des fidèles, a pris sa forme actuelle de « soleil » au-dessus d'un piédestal au XVIe siècle. Quoiqu'il en soit, hostie au-dessus du calice ou bien hostie dans l'ostensoir, les « images » offertes aux fidèles par bannière interposées renforcent cette vision de splendeur et de lumière, quelque chose comme le buisson ardent évoqué par Moïse. [...] l'image est tellement sobre qu'elle serait de peu d'intérêt si elle n'était brodée, fastueusement, pour représenter les ailes des anges, et les rayons de l'hostie au-dessus du calice " (C. Guillou 2010)
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Les lambrequins sont à cinq festons ronds frangés de cannetilles et brodées au fil d'argent de fleurs à trois pétales et gros cœur entre deux tiges en boutons.
La présence de clochettes sous les lambrequins n'a pas été recherchée.
La traverse et la hampe avec sa croix sont en bois.
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Bannière du XVIIIe siècle, église de Goulven. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
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Bannière du XVIIIe siècle, église de Goulven. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
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Bannière du XVIIIe siècle, église de Goulven. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
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2°) La bannière de la Vierge à l'Enfant au spectre (2).
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Elle est identique à la précédente, mais la nuée ne forme pas une mandorle, mais un tapis, dont les angelots sont absents.
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Bannière du XVIIIe siècle, église de Goulven. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
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Bannière du XVIIIe siècle, église de Goulven. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
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Bannière du XVIIIe siècle, église de Goulven. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
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Qui a fabriqué ces deux bannières ?
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Nous n'avons aucune certitude sur l'attribution de ces deux bannières, issues certainement du même atelier, à des brodeuses ou brodeurs particuliers.
La fabrique s'est-elle adressée, loin du Léon, aux religieuses des Ursulines d'Amiens, ou de la « Communauté de Saint-Joseph, développée par Madame de Montespan dans les années 1680, ou encore de la Maison et Communauté de Saint-Louis de Saint-Cyr, fondée par Madame de Maintenon en 1686 ? Ou plutôt aux Carmélites de Guingamp, de Tréguier, de Morlaix, aux Ursulines de Morlaix, de Tréguier, ou bien, dans leur sphère de proximilté et d'influence, à celles de Saint-Pol de Léon ou de Lesneven ?
Ou enfin aux grandes dynasties de brodeurs comme les Tuberville ou les Landais de Lannion, ou encore les Keranfors de Morlaix ? Ou à Ollivier Rachet, Sieur Du Pré à Landerneau ?
Un seul indice peut nous aider, et je propose d'envisager l'hypothèse qu'il suggère. En 1761, la fabrique de Tréflez achète, pour 800 livres, deux bannières de procession à Jean et Gabriel Landais, brodeurs à Lannion. Or, Tréflez est le village immédiatement voisin de Goulven. Heureusement, ces bannières anciennes ont également été conservées, et nous pouvons les comparer avec celles de Goulven. D'autant que, à la différence de ces dernières, elles font l'objet d'une notice en ligne par l'Inventaire général sur le site Gertrude :
Certes le sujet est différent : la première est dédiée à sainte Etheldrède avec le Calvaire au verso, et la seconde au Don du Rosaire avec la Crucifixion au verso.
Certes, si les dimensions sont très proches (1,70 x 1,15 et 1,53 x 1,05) de celles de Goulven, c'est peu significatif car toutes les bannières de procession ont le même format peu ou prou.
Mais on retrouve le fond de velours coupé, la soie brodée centrale, le gousset, et surtout les cinq festons arrondis des lambrequins. Et les fleurs brodées similaires.
Bien entendu, il faudrait étudier les techniques de broderies plus précisément, mais il me semble que si la fabrique de Tréflez s'est adressée aux Landais, la présomption est forte que celle de Goulven en avait fait autant.
Je propose donc de rassembler quelques informations sur cet atelier de Lannion.
"La dynastie des Landais est attestée dès 1679 et pendant tout le XVIIIe siècle. Ils vendent, entre autres, des bannières aux paroisses du Léon et du Trégor, à partir de Lannion. En 1767 la vente des bannières de Tréflez est réputée réalisée par une Demoiselle Kerpuns-Landais. Car contrairement à certaines idées reçues « les femmes occupent une place importante au sein de la communauté des brodeurs chasubliers et l'étude des statuts de cette dernière le confirme. Dès 1292 une femme est présente parmi les jurés de la corporation et en 1316, dans la liste des maîtres, figurent autant d'hommes que de femmes. Celles-ci sont reçues maîtres brodeuses aux mêmes conditions d'apprentissage et de chefs d'oeuvre que leurs collègues masculins.» C. Guillou 2010
On leur doit, parmi les 48 bannières étudiées par Christiane Guillou :
1679 Tréduder brodée par les religieuses du couvent Jean Landais Lannion B neuve, 170 livres 7 livres à un sculpteur pr promonettes, neufves et dorées Couffon p 670, notice église, PP/ Crucifixion Marie Madeleine
1688 Saint Jean Trévoazan Jean Landais Lannion
1715 bannière de Pédernec par Jean Landais Lannion B
1714 Plouzané Landais Lannion B 246 livres
1715 Pédernec Jean Landais Lannion B Couffon
1736 St Servais Charles Landais Carhaix ou Lannion B pour 240 livres
1719 Pédernec Gabriel Landais Lannion B
1719 Plounévez-Moëdec Gabriel Landais B 230 l
1725 Plouzané Landais Lannion B 270 livres
1734 Bodilis Landais Lann 100 Accommode
1736 Bodilis Landais L B neuve 800 livres
Par ailleurs, on distingue dans cette dynastie :
LANDAIS, Charles. Brodeur à Lannion, il fournit une chape pour Pleudaniel en 1735.
LANDAIS, François. Brodeur à Tréguier, il fit une étole, un manipule, une bourse et un voile de ciboire pour Pleudaniel en 1727.
LANDAIS, Gabriel. Brodeur à Lannion, il fit des ornements pour Pédernec en 1718, une bannière pour la même église en 1719, une bannière pour Plounévez-Moëdec en 1719 moyennant 230 livres, deux étoles pour Pédernec en 1726, un ornement pour Saint-Jean-Trévoazan en 1727.
LANDAIS, Jean. Brodeur à Lannion, époux d'Anne de Coëtlosquet. Il fit une bannière pour Tréduder en 1679, une bannière pour Saint-Jean-Trévoazan en 1688, un drap mortuaire pour la même chapelle en 1689, un devant d'autel pour Notre-Dame de l'Isle à Goudelin en 1690, deux chasubles et une étole pour Saint-Jean-Trévoazan en 1695, divers ornements pour Pédernec en 1695, des parements de dais en 1698 et une chasuble en 1700 pour la même église, une chape, une chasuble et un devant d'autel pour Pleudaniel en 1703, divers ornements pour Bulat en 1712, 1716 et 1719, une bannière pour Pédernec en 1715 et divers ornements pour cette dernière église en 1725.
LANDAIS, N... Brodeur à Guingamp, il fit une chasuble pour Pédernec en 1638.
— GUILLOU HEMELIN (Christiane) 2010. Les bannières religieuses en Basse-Bretagne aux XIXe et XXe siècles : Les ”vieilles” bannières. 79 pages + 38 illustrations hors texte Ceci est le chapitre d’une thèse en cours. 2010.
L'ASSOMPTION, À DEUX ANGES et un angelot de Dirinon, a les bras ouverts et moins d'élan. (inspirée du Titien ?). Mais la rénovation lui a fait, sans nul doute, perdre de son caractère et de son charme."
— GUILLOU HEMELIN (Christiane) 2013. Les bannières religieuses , une approche du catholicisme bas-breton. Thèse de doctorat d'histoire de l'art sous la direction d'Yvon Tranvouez. UBO Brest / CRBC.
www.theses.fr/2013BRES0070.pdf
— GUILLOU HEMELIN (Christiane) 2016, Les bannières de Basse-Bretagne, Société des Amis de Louis Le Guennec.
1°) Pierre de fondation (1505) sur les trois faces du contrefort sud-ouest de l'ancienne chapelle de transept sud, devenue maintenant sacristie.
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Inscription lapidaire de l'église de Goulven. Photographie lavieb-aile.
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— matériau : kersantite.
— Description.
Il faut débuter par la face droite du contrefort. La pierre y est sculptée en cartouche à enroulement (en surépaisseur de 1 cm environ) et les signes (ici un G puis un deux-points) taillés en réserve sont en lettres gothiques aux fûts droits, à léger empattement triangulaire, et, notamment pour ce G, ornées d'un long panache à double volutes.
Rien que pour ce pan de la pierre, c'est un régal de découvrir les raffinements de l'enroulement en cornet du pseudo-parchemin, plus large en partie basse (évasée), et parfaitement arrondi, de l'envol plein d'allant du jambage, ou de l'alacrité du deux-points.
Je rappelle que ce deux-points aux losanges réunis par une boucle en S est de règle dans les inscriptions lapidaires jusqu'au XVIe siècle.
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Inscription lapidaire de l'église de Goulven. Photographie lavieb-aile.
Inscription lapidaire de l'église de Goulven. Photographie lavieb-aile.
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La face principale.
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Inscription lapidaire de l'église de Goulven. Photographie lavieb-aile.
Inscription lapidaire de l'église de Goulven. Photographie lavieb-aile.
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la face latérale droite.
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Inscription lapidaire de l'église de Goulven. Photographie lavieb-aile.
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Je lis sur la face principale:
: LAN : M : Vc : V :
: CLECH : Y : PERGUEN : F :
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La troisième face (supra) poursuit le cartouche en forme de parchemin enroulé, mais sans inscription.
Au total, la leçon complète est :
: LAN : M : Vc : V :
G : CLECH : Y : PERGUEN : F :
La transcription est la suivante : L'an mil cinq cent cinq (1505) / G. Clech et Y. Perguen f(abriciens).
Ma lecture diffère donc de celle du chanoine Abgrall "Lan MVcV (1505) G . Clec'h, gouverneur. Per Guen Fabrique". , et de celle de Couffon qui rapporte deux inscriptions (sans doute une confusion) : "LAN. M. VcV / CLECH. G (ou Y ?). PILGUEN. F." et "AN MIL Vc XVII (1517)".
Un Yvon Clec'h est cité parmi ceux qui accompagnent Alain de Penmar'ch en 1420
Le deuxième patronyme doit-il être compris comme une forme de PENGUERN ? ou pour PENGUEN ?
La forme PERGUEN n'est pas attestée comme patronyme, mais elle l'est comme mot breton (mystère de la Passion, mystère de sainte Barbe).
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Autres inscriptions :
Le chanoine Abgrall a relevé également en 1915 sur la fenêtre Sud: 1720 . G . M . CARO: ET : M : LE : GOFF. F. . Et sur la base de la croix du cimetière: LAN MIL : CC CC IIII XX (1480) Y. PINVIDIC.
On notera un mariage Yves PINVIDIC x Marie CLEC'H en 1540 ; les généalogistes localisent les Pinvidic à Goulven et Tréflez.
Abgrall 1915.
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L'INSCRIPTION DE LA MAISON DE 1560.
Cette inscription est bien connue, mais elle n'a pas été étudiée sur le plan épigraphique. Le tilde n'est pas toujours compris et transcrit.
Elle se répartit sur deux blocs de kersanton, sur une façade entièrement en pierre de taille, à coté d'une minuscule fenêtre. Le texte occupe deux lignes sur le premier bloc et trois sur le second. Il est écrit en français, en chiffres romains et en capitales romaines à empattement carrés avec trois particularités :
a) quatre petites croix jouent un rôle ambigu, soit entre deux lignes soit autour d'une lettre.
b) certains fûts sont perlés par de petits traits.
c) les -A- sont d'allure ancienne, avec une traverse en V et une barre au dessus de la pointe du A.
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Inscription lapidaire de la maison de 1560 à Goulven. Photographie lavieb-aile.
Inscription lapidaire de la maison de 1560 à Goulven. Photographie lavieb-aile.
Inscription lapidaire de la maison de 1560 à Goulven. Photographie lavieb-aile.
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Le premier bloc.
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CESTE MAISON ESTA +S+GOLV~E
Le dernier E étant surmonté d'un tilde (abrégeant un N), il faut lire GOLVEN
CESTE MAISON EST A ST GOLVEN, soit :" Cette maison est à St Goulven".
On peut comprendre qu'elle appartient à saint Goulven, donc à la paroisse (ou plutôt à la trève).
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Inscription lapidaire de la maison de 1560 à Goulven. Photographie lavieb-aile.
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Le second bloc.
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ET FUT
FAICTE
LAN 1560
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Soit : CESTE MAISON EST A ST GOLVEN ET FUT FAICTE LAN 1560, soit :" Cette maison est à St Goulven ET FUT FAITE EN L'AN 1560".
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En 1544, le duc de Bretagne (futur roi Henri 1er) octroya à Jacques du Parc érection de foire à Goulven. Alain V de Penmarc'h épousa en 1539, à 14 ans, Françoise du Parc, fille dudict Jacques.
En 1575, le roi Henri III octroya à Claude de Penmarc'h (fils d'Alain V) la création à Goulven d'une foire par an le 1er jour de juillet. En 15786, il octroya au même seigneur l'établissement d'un marché par semaine et de deux foires annuelles (le 1er juillet et le 29 août).
On estime que cette maison de 1560 servait d'auberge, notamment lors des foires et marchés.
Inscription lapidaire de la maison de 1560 à Goulven. Photographie lavieb-aile.
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SOURCES ET LIENS.
— ABGRALL (Jean-Marie), 1911, Notice sur Goulven, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon par MM. PEYRON et ABGRALL Bulletin diocésain d'histoire et d'Archéologie -XIè année - 1911 - (BDHA) Quimper page 89-99
— ABGRALL (Jean-Marie), 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments du Finistère, Société Archéologique du Finistère - SAF 1915 tome 42 - Pages 189 à 216
— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, “Couffon, Répertoire des églises : paroisse de GOULVEN,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 27 mai 2019, http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/841.
— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun, mémoire de maîtrise, 2 vol.
— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.
— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Mémoire de maîtrise d’histoire, 2 vol. 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm.
Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :
l'inscription lapidaire du contrefort de la chapelle : 1505.
L'inscription de la "maison" (auberge?) : 1560.
Création d'une foire (octroi par Henri III à Claude de Penmarc'h) : 1575
Héraldique : clocher : écusson à trois merlettes = Penmarc'h après 1431 et avant 1630
Couffon : "L'édifice actuel, à l'exception de la tour édifiée sur son flanc sud, date des dernières années du XVe siècle et des premières années du XVIe siècle,"
stylistique architecturale ou sculpturaire : études non effectuées. Le porche est franchement Renaissance, avec ses colonnettes baguées "Philibert Delorme"
Le clocher de 1593 est plus tardif.
— Matériau : kersantite ? ( altération par lichens incrustants et foliacés).
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1°) les rampants des élévations.
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a) Lion se saisissant d'une sorcière.
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C'est la crossette la plus spectaculaire et la plus intéressante. L'animal est un lion, d'un type très représenté dans les crossettes de Basse-Bretagne, avec sa tête frisée, ses yeux globuleux, sa langue pendante, sa crinière méchée de la partie antérieure précédant un corps fin (aux côtes marquées) et un arrière-train dont la queue fait retour entre les pattes pour étaler son fouet sur le dos.
Il tient entre ces pattes une créature, ce qui n'est pas rare (Landerneau Saint-Houardon, Dinéault, etc), mais ce qui est propre à cette crossette, c'est que la créature est figurée avec précision, qu'on devine qu'il s'agit d'une femme (cheveux longs bouclés), et que c'est une femme sauvage, au corps couvert de longs poils (comme dans la tradition iconographique de "l'homme sauvage"). Plus singulier encore, elle tient un objet longiligne qu'elle chevauche, comme le font les sorcières avec leur balai.
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Crossette de l'église de Goulven. Photographie lavieb-aile.
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Crossettes de l'église de Goulven. Photographie lavieb-aile.
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Crossettes de l'église de Goulven. Photographie lavieb-aile.
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Géoportail IGN, photo aérienne.
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b) L'angle sud-est de l'élévation sud : un lion assis.
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Crossette de l'église de Goulven. Photographie lavieb-aile.
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c) En guise de crochet : un dragon ailé.
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église de Goulven. Photographie lavieb-aile.
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2°) Le clocheton.
Je n'ai pas trouvé de description de ce clocher central, qui semble émerger de la toiture d'ardoise comme un vestige d'une construction gothique ancienne et composite, avec ces pilastres, ses rampants à crochets, sa frise de rinceaux, sa chambre des cloches à deux lucarnes, ses masques et surtout sa tourelle de guet. C'est lui qui porte les armoiries à trois merlettes des seigneurs de Penmarc'h.
Ce clocheton est cantonné de crossettes.
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Crossettes du clocheton de l'église de Goulven. Photographie lavieb-aile.
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La crossette du nord apparaît sur mon cliché d'ensemble : c'est un lion.
La crossette d'angle est un homme vêtu d'une cape, d'une tunique et d'un pantalon ; jambes écartées et horizontales, il tient un phylactère. Il aurait mérité un cliché plus détaillé.
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Crossettes du clocheton de l'église de Goulven. Photographie lavieb-aile.
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C'est la crossette nord qui retient mon attention. Il s'agit d'un homme nu, tenant un bâton. Jambes écartées, reins cambrés, c'est peut-être un acrobate, mais il évoque, avec ses cheveux longs, son nez épaté et son sourire, un homme sauvage, mais ici, sa pilosité ne peut être précisé en raison des lichens.
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Crossettes du clocheton de l'église de Goulven. Photographie lavieb-aile.
Crossettes du clocheton de l'église de Goulven. Photographie lavieb-aile.
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L'ossuaire (1709).
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L'ossuaire porte l'inscription : "M. R. BRETON. R. 1709". Au-dessous existait une crypte dont l'escalier fut maçonné vers 1880. Une porte du XVIe siècle y a été remployée (Couffon).
Il est entièrement en pierre de taille. Les crossettes pourraient être plus ancienne : la crossette du pignon sud supporte un arc-boutant énigmatique, consécutif peut-être à un réemploi.
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Crossettes de l'ossuaire de 1709 à Goulven. Photographie lavieb-aile.
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Crossettes de l'ossuaire de 1709 à Goulven. Photographie lavieb-aile.
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a). Rampant droit du pignon sud : un dragon ailé.
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Crossettes de l'ossuaire de 1709 à Goulven. Photographie lavieb-aile.
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b). Le rampant gauche du pignon nord : un lion.
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Crossettes de l'ossuaire de 1709 à Goulven. Photographie lavieb-aile.
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Crossettes de l'ossuaire de 1709 à Goulven. Photographie lavieb-aile.
a) Un lion, pattes posées sur une console horizontale.
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Crossettes de la maison de 1560 à Goulven. Photographie lavieb-aile.
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b) Un lion, pattes posées sur une console horizontale (figurée ?).
Cette console pourrait-être figurer une âme pécheresse emportée par le lion ?
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Crossettes de la maison de 1560 à Goulven. Photographie lavieb-aile.
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SOURCES ET LIENS.
— ABGRALL (Jean-Marie), 1911, Notice sur Goulven, Notices sur les paroisses du diocèse de Quimper et de Léon par MM. PEYRON et ABGRALL Bulletin diocésain d'histoire et d'Archéologie -XIè année - 1911 - (BDHA) Quimper page 89-99
lettres octroyées par Henry troisiesme Roy de France audict Claude seigneur de Penmarch, portant establissement et creation au lieu et chapelle de Goulven d’une foire par chasque an pour s’y tenir le premier jour de juillet qu’on solemnise la feste de ladicte chapelle, dattées du moys de novembre mil cinq cent soixante et quinze.
— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, “Couffon, Répertoire des églises : paroisse de GOULVEN,”Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 27 mai 2019,http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/items/show/841.
Le calvaire (1637) de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven.
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Avant toute chose, il faut dire que c'est une très belle œuvre d'art, une superbe surprise esthétique dans un cadre paisible, celui de l'Aulne qui ne se presse pas pour rejoindre la mer : le visiteur ressent le privilège qui lui est donné d'être là.
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PRÉSENTATION.
En juillet 2018, j'ai décrit la traversée de l'Aulne par le bac entre Rosnoën et Dinéault : Appartenant aux seigneurs du Faou sous l'Ancien Régime, le "passage" entre Rosnoën et Dinéault, situé à la limite administrative des eaux fluviales et maritimes, situé sur l'axe allant de Landerneau à Douarnenez, attesté depuis 1514, était appelé Treiz Guenhel, du breton treiz (passage), et du nom de "saint Guinal", dont la chapelle se dressait sur la côte de Dinéault et se faisait par des bacs ou des chalands.
Mais j'étais resté au lieu-dit "Le Passage" coté Rosnoën. Depuis, j'ai traversé la rivière, et me voici devant Maison-Blanche ou Le Passage, coté Dinéault. La chapelle Saint-Guinal y était jadis érigée. Par l'ancien "Chemin de Grande Communication n°47 ", actuelle D47 ou D247 puis par la D60, je monte la côte versKerbastard (fusion de deux écarts proches, Duault ou Duhot et Kerarbastard ) où vivaient les MOREAU en 1670-1724 et sans doute en 1809 (inscription C: MORE : MARC : 1809). Je me dirige vers le bourg de Dinéault.
Cinq cent mètres plus haut, une route vers la droite indique MOUDENNOU, et devant cet embranchement est posé un calvaire, justifiant le toponyme CROAZ MOUDENNOU . Le nom est le pluriel du breton Moudenn, "motte" (souvent féodale) ou parfois "tumulus".
Ce calvaire est noté sur la carte IGN avec l'altitude de 59 m et l'indication Ty ar Nevez (la maison du nouveau?) ; en effet, un petit bâtiment — absent du cadastre 1848— jouxte le calvaire, au départ d'un chemin vers la gauche qui descend vers une source avant de rejoindre (jadis) Kervern et Penn ar Roz (Carte d'état major 1820-1866).
Cette route qui appartient au circuit de "Route touristique de l'Aune maritime" ou du Circuit de randonnée de l'Aulne au Ménez-Hom, est peu fréquentée, et elle est très à l'écart des axes routiers (route Crozon-Châteaulin), et c'est en se remémorant qu'elle était le principal moyen de liaison entre Le Faou et Plomodiern puis Douarnenez que l'on comprend mieux la qualité du calvaire que nous allons maintenant découvrir.
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
Elle l'attribue au sculpteur Roland Doré (1618-1663) ou à son atelier de Landerneau. Selon elle, "il figure, isolé, sur le cadastre de 1848, au milieu du chemin, au carrefour menant au hameau de Moudennou." La feuille 3P47/2/15 du cadastre montre un vague pointillé rosâtre à cet emplacement, qui me laisse septique.
Emmanuelle Le Seac'h ne l'inclut pas dans son catalogue des œuvres de Roland Doré, sans doute par méconnaissance de ce calvaire à l'écart.
L'endroit est bien aménagé, fleuri, encadré de blocs de quartzite dressés, limité par une haie de buis. Sur trois degrés cimentés, le socle cubique chanfreiné porte le fût à pans puis le croisillon à deux groupes de statues géminées et le crucifix, le tout en kersanton. La hauteur du calvaire atteint 4,29 m.
Il est orienté selon les règles, le crucifix tourné vers l'ouest (occident = coucher du soleil = chute = mort = mort du Christ). Le crucifix est entouré de la Vierge et de Marie-Madeleine. Les statues du croisillon sont géminées, c'est à dire que le bloc de pierre est taillé en deux personnages dos à dos. Sur la face orientale, un abbé (moine + croix) est au centre, entouré de saint Jean à sa droite et de saint Pierre à sa gauche. Les statues géminées sont donc Vierge/Pierre et Madeleine/Jean. La règle voulait que le Christ en croix soit encadré par la Vierge à sa droite et saint Jean à sa gauche (comme, immanquablement, sur les Poutres de Gloire), et il est donc très probable qu'initialement, nous avions ici à l'ouest le crucifix entre la Vierge et Jean, et à l'est l'abbé entre Madeleine et Pierre.
Un blason occupe, sur les deux faces, le cœur du croisillon. À l'ouest, ce sont des armoiries à croix ancrée accompagnée de 4 fleurs et d'un lambel, et à l'est, le blason d'un prêtre, où un calice et une patène sont encadrés du monogramme H.T. L'identité du commanditaire n'a pas été établie.
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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LA FACE OCCIDENTALE : LE CRUCIFIX ENTRE LA VIERGE ET MARIE-MADELEINE.
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Le crucifix.
La croix a perdu ses fleurons latéraux (les moignons des bras de la croix sont creux) tandis que le fleuron supérieur est à boule.
De face, le Christ en croix a les caractéristiques stylistiques de Roland Doré.
Y.-P. Castel distingue les crucifix courts (longueur du corps = 5 longueurs de tête) et les crucifix étirés (corps =7 têtes). Ici, nous avons le canon court.
La tête est tournée vers la droite, et projetée en avant, faisant saillir les muscles du cou (cf. profil). La couronne carrée est faite de deux brins entrelacés en spires rondes et douces. Le visage aux yeux clos est grave, anguleux, aux joues creuses, le nez est long et droit, la moustache épaisse escamote la bouche aux lèvres fines, la barbe dessine de gros créneaux sur les joues avant de se terminer en deux pointes sous le menton. Les cheveux s'écartent vers les épaules à la façon d'un voile, mais la mèche droite revient devant la clavicule et l'autre derrière l'omoplate. Tous ces détails sont typiques.
Le corps est en arc, le dos est cambré et le bassin s'écarte de la croix.
Le pagne plat croise deux plis horizontaux supérieur et inférieur et des petits plis en diagonale, sous l'effet du nouage de l'étoffe, où un brin pend sur le coté gauche alors que l'autre, à droite, est glissé et ressort au dessus de la cuisse en s'épanouissant.
Les jambes sont parallèles, le pied droit placé sur le gauche.
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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À gauche, la Vierge.
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Sa tête est voilée par son manteau, avant que celui-ci ne vienne former, en s'enroulant autour des bras aux deux mains jointes, un jeu de plis : à droite, un pan vertical descend en "pli de serviette" avant de serpenter jusqu'au pied, tandis qu'à gauche, ils convergent en diagonale vers une attache qu'on imagine fixée sous l'épaule droite.
Le visage au cou dissimulé par une sévère guimpe est assez ingrat, avec ses yeux globuleux , son nez fort et sa bouche en retrait sous la lèvre supérieure.
Là encore, nous retrouvons le "type" de Roland Doré, même si, à Rosnoën, à Seznec, par exemple, les deux pans du manteau sont symétriques et parallèles. Les plis asymétriques viennent d'un autre modèle, celui des Vierges à l'Enfant, où il est imposé par le bras replié tenant l'enfant.
Si on admet qu'à l'origine, c'était la statue de saint Jean qui se trouvait à droite, on constate que les plis des deux statues se répondent .
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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À droite, sainte Marie-Madeleine tenant le flacon d'aromates.
Tête brisée. La sainte aux cheveux longs et dénoués pose la main droite sur la poitrine et tient le flacon d'aromate ou de parfum de la main gauche. Le manteau fait des plis en volutes au dessus des plis tubulaires de la robe.
Les calvaires de Roland Doré proposent au moins 4 autres statues de Marie-Madeleine.
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Le blason.
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Sur le nœud du croisillon, un blason n'a pas été identifié par Christel Douard. Les meubles, pourtant très lisibles avec une croix ancrée où chaque bras est accompagné d'une fleur à quatre pétales ou quatrefeuille, restent mystérieux. Un lambel à trois pendants occupe la moitié senestre du chef.
L'énigme qu'il pose est complétée, au verso, par le monogramme H. T (cf infra).
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Quelques données en vrac sur la croix ancrée en Bretagne :
— famille de Kermorvan et brisure par un lambel pour Kermorvan de Keruzou :
Les armes de Kermorvan de Keruzou sont d’argent a un nillé d’azur avec un lambeau de gueule c'est à dire avec une croix ancrée affectée d'un lambel une"nièle"
Situé près de l’Aulne, le site du manoir de Kermorvan à Rosnoën, est occupé depuis longtemps. Des découvertes archéologiques y ont été faites lors de travaux agricoles en 1923. Les mentions faisant référence à un manoir remontent à 1426.
Penfeunteniou : de Kermorvan , par. de Trebabu , — de Penhoët , par. de Plougonven , — de Kermoal, — de Keroman, — du Cosquer, ... par. de Cloharz-Fouësnant, — sr de Rosvern, — de Kerventénou, — de Lesveur, — de Rosarnou, par. de Dinéault
— famille du Dresnay "D´argent à la croix ancrée de sable, accompagnée de trois coquilles de gueules"
http://marikavel.com/blasons/croix-ancree.htm
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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LA FACE ORIENTALE : SAINT JEAN, SAINT PIERRE ET UN ABBÉ (GUÉNOLÉ ?).
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Au centre, un saint abbé.
Le personnage central est un moine (il porte la coule à capuche et on devine une tonsure) : et c'est un abbé, puisqu'il tient la crosse et qu'il bénit. S'il occupe cette place, c'est qu'il s'agit d'un saint.
L'identification la plus probable est celle de saint Guénolé, puisque nous sommes à quelques kilomètres de l'abbaye de Landévennec, dont Dinéault était une possession (*). Roland Doré en a donné une statue, différente, pour la chapelle éponyme à Plougastel.
(*) Huit paroisses dépendaient de l'abbaye, dont l'Abbé était recteur primitif ; c'étaient : Dinéault, Edern, Argol, Telgruc, Châteaulin, Landrévarzec, Lothey et Landévennec.
Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Saint Guénolé a ce visage joufflu aux narines dilatées sous une tige fine et à la bouche gourmande, charnue et amène, si caractéristique de Roland Doré.
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Saint Pierre.
Roland Doré l'a sculpté 11 fois sur ses calvaires, notamment géminé avec la Vierge comme ici.
Il tient la clef et le livre ; il est pieds nus (comme tous les apôtres, dont Jean). Il est barbu (comme tous les apôtres, sauf Jean) et sa calvitie s'orne du toupet qui le caractérise. Sous le manteau dont les pans descendent en deux serpentins parallèles, sa robe est recouverte d'un camail, anachronique pour un pêcheur de Galilée mais habituel pour les chanoines de l'époque de Roland Doré ; la fente pectorale de ce camail se ferme par deux solides boutons ronds.
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Le visage est remarquable par ses pommettes saillantes et son nez long, sorte de Don Quichotte exalté au regard de feu, et à la sévérité accentué par le V inversé de la moustache. La chevelure en triangle de boucles en boules rappelle celle de ses saints Jean, ou celles, inspirées des perruques Louis XIII, de ses gisants.
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Saint Jean.
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Il était "occidenté" (tourné vers l'ouest) à l'origine et nous avions de ce coté le duo de saint Pierre et sainte Madeleine.
Alors que, dans les séries d'apôtres des porches, Jean est identifié par le calice de poison, sur les calvaires, il est sculpté avec une ou deux mains posées sur la poitrine. Les deux mains sont posées à plat et croisées à Saint-Nic, à Plogonnec chapelle Seznec, à Ploéven, calvaire de la chapelle Saint-Nicodème à Plonévez-Porzay, calvaire de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud, à Cléden-Cap-Sizun, calvaire de la chapelle de Langroas, à Senven-Lehart, calvaire de l’église Notre-Dame et à Commana, chapelle de l'église.
Le pli vertical du manteau est double dans la plupart des cas, et il est simple, comme ici, à Cleden-Cap-Sizun, à Ploéven et à Commana. Du coté opposé, les plis convergent en diagonale vers l'aisselle.
La tête a été brisée. Le visage est rond, avec cette chevelure presque nattée, féminine, qui fait qu'on hésiterait toujours entre Jean et Marie-Madeleine si les autres éléments et les rapprochements iconographiques ne nous aidaient pas. Les yeux ronds dans des paupières ourlées ne sont pas creusés au niveau des pupilles comme dans beaucoup d'œuvres de Roland Doré. Et puis il y a ce sourire crispé si reconnaissable...
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Madeleine/Jean, un bigéminisme doréen (*) .
(*) pour me faire plaisir.
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Calvaire de Croaz Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Le monogramme H.T d'un prêtre.
Sur la surface carrée du nœud du croisillon, sont sculptés en réserve un calice (au fût perlé) d'où émerge une hostie (ou la patène du calice, Inventaire), encadrés du monogramme H.T, comme c'est la règle lorsque le donateur est un prêtre.
Quel est cet ecclésiastique ? Le prénom est-il Hervé, Henri ou moins couramment Hubert ?
On ne trouve pas de recteur, curé ou vicaire correspondant à ces initiales dans la liste (incomplète) des prêtres desservant Dinéault relevée par Abgrall et Peyron.
Les abbés de Landévennec à l'époque d'activité de Roland Doré était Jean Briant , Pierre Tanguy puis Jacques Tanguy.
Ce prêtre appartenait-il à la famille dont les armoiries sont sur le coté ouest, ou bien s'agit-il de deux donateurs différents?
S'agit-il d'un chapelain, ou d'un membre d'une famille noble locale ?
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ROLAND DORÉ ET SES 75 CALVAIRES.
Le sculpteur landernéen dont l'atelier de taille du kersanton est le plus renommé du XVIIe siècle. Il a travaillé pour 82 paroisses (Finistère, Côtes d'Armor) essentiellement pour la sculpture religieuse (et 9 gisants). Il a réalisé les séries d'apôtres de 4 églises, partiellement de 4 autres et quantité de statues isolées. Selon Le Seac'h, il a réalisé 98 croix, calvaires ou vestiges dont 21 croix, 50 calvaires, 26 vestiges. Seuls 12 croix et 15 calvaires sont encore complets. 41 croix et calvaires sont datés, entre 1618 à Penmarc'h et 1662 à Saint-Thégonnec.
Voici une liste de 75 croix et calvaires :
Brennilis : croix de calvaire du cimetière (vers 1625) . Ange, Crucifix, Pietà,
Briec de l'Odet, Croix de la chapelle de Trolez (Seul le crucifix est de Roland Doré)
Cast, calvaire de l'église Saint-Jérôme : (1660), GLINEC, recteur, Jacob CROISSANT, fabricien. Vierge, Madeleine, crucifix, Jean, saint au livre
Châteaulin, calvaire (1639) de la chapelle de Kerluan : Vierge, crucifix, Jean (et sur le fût saint Sébastien et saint Roch, hors atelier).
Cléden-Cap-Sizun : calvaire (1630) de la chapelle Saint-They. Vierge, Jacques le Majeur en haut du fût .
Cleder, croix de Kerzuoc'h (1625), Messire PRISER, procureur
Commana : calvaire du cimetière (1624), signé. Vierge/saint Hervé et son guide ; crucifix ; moine au livre ; Jean/moine, écu martelé
Crozon, presbytère, vestige de calvaire, saint Pierre.
Dinéault, calvaire (1648 et 1650), A. LE BUILLER, L. GARO,fabriciens. Crucifix, Christ aux liens.
Dirinon, calvaire de la Croix-Rouge, Jean/saint Roch ; crucifix, Vierge/Sébastien
Douarnenez, calvaire de la chapelle Saint-Vendal (1655), GAVRANT, recteur de Pouldregat, I. LE BIAN. Vierge/Corentin ; crucifix ; Vierge à l'enfant/Jean ; évêque
Douarnenez-Tréboul, vestige de calvaire, Jean/Corentin, Vierge/Nicolas
Esquibien : calvaire de Landrevet Jean/ saint indéterminé ; crucifix /Vierge à l'Enfant ; Pierre/Vierge
Le Folgoët, croix du Champ de Foire. Crucifix
Guiclan, croix de Kerizamel
Guiclan, calvaire de Kerlaviou (1622)
Guiclan, calvaire de Pen-ar-Feuteun (1642), [Jean/Yves par Yan Larhantec 1889] ; crucifix ; Vierge/Catherine.
Hanvec : croix de la forêt du Cranou (1627), vestige. Il appartenait à la chapelle Saint-Conval mais il ne subsiste que le fût portant l'inscription : « R. Dore : ma : faict : 1627 ».
Hanvec, Croas-ar-Huré (1621-1622) M. MICHEL, P. BRIS CVRE. Crucifix, écu au calice, anges à phylactères.
Hanvec, calvaire de Quillafel (1638), NICOLAS JACQUES, prêtre
Hanvec, croix de Lanvoy ; seul le crucifix /Vierge à l'enfant est de Roland Doré
L'Hôpital-Camfrout, Croix du Run (1627), Crucifix/Vierge à l'Enfant
L'Hôpital-Camfrout, Calvaire du Troan, vestiges : anges au calice
Irvillac : calvaire (1644) avec deux bras courbes situé devant la chapelle Notre-Dame-de-Lorette au lieu-dit Coatnan. Larrons, Vierge/Yves ; Jean/Pierre
Irvillac, calvaire de Clénunan (1640), Messire Jean LIDOU.
Irvillac, calvaire (1628) de la chapelle de Locmélar : Jean/Pierre ; Vierge/évêque
Kersaint-Plabennec, calvaire de Laven , crucifix. (En complément du travail du maître de Plougastel qui a réalisé les couples Vierge/Yves ; Jean/Etienne).
Lampaul-Guimiliau, calvaire (1621) de Cosquer-Bihan dit Croaz-Kernevez : crucifix/Vierge à l'enfant.
Lampaul-Guimiliau, calvaire de Kerjaffrès (1626), Mathieu LIVINEC fabricien, Y. KERBRAT, fabricien
Lannilis, calvaire de Kerosven. Vierge ; crucifix/Jean-Baptiste, Jean
Lantic, calvaire de l'église Notre-Dame-de-la-Cour. Crucifix/Vierge à l'enfant. Armoiries des Rosmadec et Gouarlot.
Loc-Éguiner-Saint-Thégonnec, calvaire du cimetière , crucifix (en complément du travail du Maître de Plougastel :Vierge/sainte Femme Pietà/Madeleine ;
Logonna-Daoulas, Croix de Cléménéhy (?), SALOMON PIERRES DE PORS AN . Crucifix/Vierge à l'enfant.
Logonna-Daoulas, calvaire de Rulivet. Crucifix. [Saint Nicodème sur le fût, saint Jean, blason des Rosmorduc, hors atelier.]
Loqueffret, calvaire de Bilirit (1625), Y. et Louis BELERIT, fraires. Crucifix/Vierge à l'Enfant ; [et Yves ; Geneviève ; Edern, hors atelier].
La Martyre, vestige (fût) du calvaire de Kerlavarec (?), Béatrice CABOUN.
Penmarc'h, croix de Lescors (1618), crucifix.
Plabennec, calvaire de Scaven, crucifix.
Pleyber-Christ, calvaire de Kervern (1647), Yvon INISAN et Marie MADEC. Vierge/Marguerite
Plogonnec : calvaire (1644) de la chapelle Saint-Pierre. Vierge/Paul ; Jean/Pierre
Plogonnec : calvaire (1641) de la chapelle Seznec, Guillaume TOULGUENGAT, recteur de 1624 à 1642, René SEZNEC, recteur de 1643 à 1697.
Plomodiern calvaire de la chapelle Sainte-Marie-du Ménez-Hom, tête de la Vierge de la Pierà et Vierge à l'Enfant, tout le reste étant hors atelier.
Plonévez-Porzay : calvaire de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud [1630-1656], Guillaume VERGOZ, recteur de 1630 à 1656, lucas BERNARD, fabricien ?. Vierge/Pierre, Crucifix/Pietà ; Jean/Jacques
Ploubazlanec, calvaire de l'ancienne chapelle de Loguivy-de-la-Mer. Vierge et Jean
Ploudiry, calvaire (1633) de l'église : Crucifix et Marie-Madeleine
Plougastel-Daoulas, Le Passage, calvaire (1622), Jean GUIGORUS, fabricien. François d'Assise/Vierge ; crucifix/Pietà ; évêque/Jean.
Plougastel-Daoulas, calvaire de la chapelle Saint-Claude. Vierge/Yves, Pietà ; Jean/Pierre
Plougastel-Daoulas, calvaire (1654) de la chapelle Saint-Guénolé. Vierge/Guénolé, crucifix/Vierge à l'Enfant ; Jean/Pierre
Ploumilliau (22), calvaire (1622) de Coz-Douar. Crucifix/Vierge à l'Enfant.
Plounéour-Ménez : le calvaire (1641) de l'église . Vierge/Pierre et Jean/Paul.
Plounéour-Ménez : croix de Kersimonnet. Vierge à l'Enfant
Plourin-les-Morlaix ? Vestiges d'un calvaire sur le mur de l'enclos
Port-Launay, calvaire (1651) de Lanvaïdic. Crucifix, culots vides.
Poullan-sur-Mer, calvaire (1640) de Kervignac vestiges
La Roche-Maurice, croix (1625) de Penmarc'h. Crucifix, macles des Rohan.
Calvaire de l'enclos paroissial de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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Ce calvaire placé devant le portail sud de l'église, dans le cimetière, n'a pas fait l'objet de description complète, mais il est décrit par l'abbé Castel dans l'Atlas des Croix et Calvaires du Finistère :
2768. Saint-Nic, église, g. k. 6 m. XVè s. Vers 1630. Soubassement élevé, emplacements pour les gibets des larrons. Fût rond, deux marmousets à la banderole. Croisillon, statues géminées: diacre-Vierge, Jean-orant. Croix, branches rondes, fleurons-boules, crucifix. Statues géminées de l’atelier Doré. [YPC 1980]
Autrement dit, ce calvaire en granit et kersanton de 6 mètres de haut est une œuvre composite alliant une partie datant du XVe siècle et des statues géminées datant vers 1630 car attribuées à l'atelier landernéen de Roland Doré, maître de la sculpture du kersanton.
Sur un soubassement élevé, où Y-P. Castel a observé l'emplacement des deux gibets des larrons, se dresse le fût rond portant à mi-course la sculpture de deux petits personnages tenant autour de leurs jambes une banderole. Ils sont coiffés d'un bonnet (ou d'une épaisse chevelure) et ils sont qualifiés de "marmousets", en sculpture, "personnage de petite taille dans une posture burlesque ou extravagante".
Le croisillon porte deux statues géminées (à deux personnages opposés-accouplés dos-à dos). Ce calvaire a conservé son orientation originelle, crucifix tourné vers l'occident. Sur cette face ouest, les deux statues sont, selon Castel celles "d'un diacre" et saint Jean . Sur la face orientale ce sont la Vierge et un "orant" . Pourtant, ces identifications portent à discussion.
La croix à branches rondes et fleurons-boules porte le Christ crucifié sous le titulus.
Emmanuelle Le Seac'h qui suit les identifications de Castel, précise (2014, p. 350) que seules les statues géminées sont de l'atelier de Roland Doré (1618-1663) : le crucifix et les marmousets sont "hors atelier".
Voici le croquis relevé en 1980 par Y.-P. Castel :
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Vue générale par l'ouest.
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Calvaire de l'enclos paroissial de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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Calvaire de l'enclos paroissial de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de l'enclos paroissial de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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Le crucifix.
Bras écartés en V, paumes cloutées, visage légèrement incliné vers la droite, yeux fermés, bouche entrouverte aux dents visibles, barbe longue en mèches verticales, chevelure longue en deux pans sur les épaules, couronne d'épines en épis de graines rondes. Pagne noué en X sur le devant, jambes parallèles, pieds superposés le droit au dessus du gauche.
Inscription du titulus présente mais peu lisible.
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Calvaire de l'enclos paroissial de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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Le personnage de gauche.
C'est, en règle, l'emplacement occupé par la Vierge (qui est sur l'autre face). Est-ce une erreur d'orientation de la statue sur son croisillon ?
Ce que nous voyons, c'est un personnage (homme ou femme ?) à cheveux longs, tenant devant sa poitrine par ses deux mains un objet rectangulaire. la main droite en soutient le fond, la main gauche le sommet, l'index posé sur ce qui pourrait être le couvercle. Est-ce Marie-Madeleine avec son flacon de parfum ? Saint Damien et son pot d'onguent ?
La tenue vestimentaire devrait nous aider : au dessus d'une cotte plissée dissimulant les chaussures, une chasuble descend jusqu'aux genoux, comme un tablier, laissant voir en dessous, sur une partie brisée en deux blocs l'extrémité possible d'une étole. Ce serait alors un diacre (Etienne ? Laurent ?) .
Nous nous attendrions à avoir quelque part le saint patron de l'église paroissiale, saint Nic. Il faut exclure Nicaise, l'évêque de Reims. En réalité, la paroisse a éré désigné sous les appellations de Plebs sent Mic (au XIe siècle), Seinctnic (au XIVe), Saint Vic (1410 à 1411) et Saint-Nic (en 1599), avec des rapprochements avec saint Maeoc, possible moine itinérant du VIe siècle disciple de saint Samson. Dont on ignore presque tout, et notamment bien-sûr la tenue vestimentaire.
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Calvaire de l'enclos paroissial de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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Le visage est caractéristique du style de Roland Doré, avec son sourire énigmatique.
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Calvaire de l'enclos paroissial de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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Le personnage de droite. Saint Jean .
Sa chevelure est immédiatement remarquable. Elle forme un triangle de grosses boucles jusqu'aux épaules.
Les mains sont croisés sur la poitrine, faisant remonter les pans du manteau dont il est vêtu en deux plis verticaux doublés de deux autres. Sous ceux-ci se voit la robe aux plis tubulaires parallèles formant une manière de colonne, car les pieds ne sont pas visibles.
Il s'agit pour moi de saint Jean.
Plusieurs exemples similaires sont sortis de l'atelier de Roland Doré :
Cleden-Cap-Sizun, calvaire de la chapelle de Langroas.
Seven-Lehart, calvaire de l'église (triangle de cheveux méchés et non bouclés) ,
Commana, calvaire de l'église, 1624.
Ploeven, calvaire de chapelle Saint-Nicodème, 1637.
Cast, calvaire de l'église, 1660. (mains non croisées)
Plonevez-Porzay, calvaire de la chapelle Sainte-Anne-la-Palud.
Plogonnec, calvaire de la chapelle Saint-Denis de Seznec, 1641.
Dinéault, calvaire de Moudennou.
Les cinq derniers exemples sont situés dans le Porzay, à proximité de Saint-Nic.
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Plogonnec, chapelle Seznec. Photo lavieb-aile.
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Calvaire de Moudennou à Dinéault. Photographie lavieb-aile.
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Calvaire de l'enclos paroissial de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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Calvaire de l'enclos paroissial de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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LA FACE ORIENTALE.
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Vue générale.
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Calvaire de l'enclos paroissial de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de l'enclos paroissial de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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Le personnage de droite .
Nouvelle énigme. Une chasuble, une étole : est-ce encore un diacre ? Pas d'attribut pour nous aider. Les cheveux sont longs, repoussés en arrière sur un front dégagé voire épilé. Le saint homme / la sainte femme garde les mains jointes...
Finalement, nous avions sur cette face du calvaire, en supposant que la statue géminée diacre/Vierge ait été inversée lors d'un remontage, un couple vêtu chacun d'une chasuble et portant l'étole, l'un à la chevelure féminine tenant un objet carré, et l'autre à la chevelure également féminine, mains jointes.
La seule solution qui me satisfasse est de cesser de considérer que le vêtement soit une chasuble et une étole, mais qu'il soit la tenue vestimentaire de deux saintes femmes.
Nous aurions ainsi au total autour du crucifix Jean, la Vierge, Marie-Madeleine et une Sainte Femme, ce qui est tout à fait conventionnel dans les Passions.
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Calvaire de l'enclos paroissial de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de l'enclos paroissial de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de l'enclos paroissial de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de l'enclos paroissial de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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LES MARMOUSETS DU FÛT.
Je n'exclus pas la possibilité d'y voir deux anges tenant des textes laudatifs.
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Calvaire de l'enclos paroissial de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
Calvaire de l'enclos paroissial de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.
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SOURCES ET LIENS.
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— CASTEL (abbé Yves-Pascal), Atlas des Croix et Calvaires du Finistère, site de la Société archéologique du Finistère.
— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes, page 216.
-- Le gisant de Perronelle de Boutteville et Bertrand de Trogoff (église Notre-Dame-de-l'Assomption au Faouët par l'atelier du Folgoët. Début XVe, granite, h. 1,70, 1. 0,86. Gisants représentés sur un lit funéraire : à gauche, personnage masculin (Bertrand de Trogoff?), coiffé en calotte, vêtu d'une armure; à droite, personnage féminin (Perronnelle de Boutteville,?) portant une coiffure à cornes.
Gisant d'Yves Bervet au Musée départemental breton de Quimper. Photographie lavieb-aile 2011.
PRÉSENTATION : LA SCULPTURE TUMULAIRE DE ROLAND DORÉ.
(D'après Le Seac'h).
L'atelier de Roland Doré (1618- Plouedern 1663), tailleur de pierre et sculpteur établit à Landerneau pour bénéficier de l'arrivée par voie fluviale du kersanton, pierre extraite sur les rivières de Daoulas et de L'Hopital-Camfrout en rade de Brest, est le plus renommé des ateliers de Basse-Bretagne pour le XVIIe siècle. On trouve les œuvres de ce sculpteur d'exception, "Michel-Ange du kersanton", dans plus de 82 paroisses, essentiellement dans le Léon et le nord de la Cornouaille. Il a exercé pour des commandes religieuses (statues, croix et calvaires), mais neuf gisants d'hommes d'armes et quatre statues en pied témoignent de son activité dans le domaine profane.
Ses neuf gisants se concentrent autour de Saint-Brieuc pour six tombeaux, et dans le Finistère pour les trois autres. Ce sont :
Gisant de Guillaume de Rosmadec, vers 1608. Chapelle Notre-Dame-de-la-Cour, Lantic (22). Ce serait la plus ancienne.
Gisant de la famille de Bois-Boissel. Angle sud-est du cloître de la cathédrale de Tréguier (22).
Deux gisants des Bréhant. Cloître de la cathédrale de Tréguier (22).
Gisant de Thébault de Tanouarn, vers 1655. Enfeu du transept nord de l'église de Plérin (22).
Gisant de Gilles de la Noë. Conservé au château de Keranroux à Ploujean (29) mais provenant de l'église de Plounez (fusionné avec Paimpol (22).
Le gisant de Jacques Barbier, seigneur de Kernaou à Ploudaniel. 1638.Conservé au Musée du Léon de Lesneven (29).
Gisant d'Auffray du Chastel, vers 1638. Musée départemental breton de Quimper, venant de l'église Saint-Théleau de Landeleau (29).
Gisant d'Yves Bervet, sieur du Parc (1640). Musée départemental breton de Quimper, venant de la chapelle Saint-Eutrope de Plougonven (29).
Dans tous les cas, les gisants de kersanton sont allongés, les mains jointes, vêtu de la même armure Louis XIII au col à plis empesés en ailes de chauve-souris, les pieds posés sur un lion ou un lévrier, et l'épée au coté gauche. La tête repose sur un "carreau" ou coussin à pompons, rarement soutenue par des anges. Ils affichent un visage serein, les yeux clos dans la tradition médiévale avec une chevelure bouclée semblable à une perruque qui s'étale sur les cotés. Une fine moustache ombre la lèvre supérieure et un toupet taillé en pointe sur le menton rappelle la coiffure des mousquetaires sous Louis XIII. Un blason est parfois présent contre le bras gauche, mais les armoiries et des inscriptions sont gravés sur les flancs du monument. Un bénitier est présent dans deux cas.
Les gisants ne sont pas personnalisés, ils donnent du défunt une image idéale du seigneur dans sa fonction militaire à la fleur de l'âge : les visages, les armures et les postures sont les mêmes dans tous les cas. Seuls différent les éléments héraldiques.
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Le gisant d'Yves Bervet.
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"Le tombeau d'Yves Bervet, sieur du Parc, mort en 1640 est exposé dans les collections du Musée Départemental Breton de Quimper dans la même salle que le gisant de Troïlus de Mondragon. Il était à l'origine au cimetière de la chapelle Sainte-Eutrope à Plougonven dans le diocèse de Tréguier. Le gisant reposait sur un caisson constitué de plaques de kersanton dont les parties centrales des cotés étaient ornées de deux anges tenant un blason. Aux pieds du gisant est creusé un bénitier. Bien que ce soit un des tombeaux les plus complets parvenus jusqu'à nous, il a été démonté, et le musée n'en présente plus que le gisant, son chien et les parties latérales et médianes. Les armoiries des Bervet, d'argent à trois jumelles surmontées d'une étoile de même sont en alliance avec celle des Le Duc de La Biardais, d'azur, à trois étoiles, et celles des Huon de Kergadou d'argent à trois chevrons de gueules, une fasce d'azur brochante, sur l'autre. Sur la partie médiane, sous le chien, le bénitier est gravé des armoiries des Bervet surmontées du collier de l'ordre de Saint-Michel. Les mêmes armoiries se retrouvent sur le bouclier du gisant." (E. Le Seac'h page 225).
Aucune inscription ne précise l'identité du défunt.
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Biographie et éléments généalogiques et héraldiques.
Yves LE BERVET (1579-1641), écuyer, seigneur de Kergadou et de Garspern, maire de Morlaix en 1615, chevalier de Saint-Michel, né en 1579, et décédé le 21 août 1641 à l'âge de 62 ans, fut enterré dans l' église paroissiale de Plougonven.
Il était le fils de François LE BERVET, seigneur de Toulanlan 1549-ca 1630 et de Catherine de May, dame de Toulalan. François Le Bervet était, en 1600, jurat de la communauté morlaisienne et, en 1608, receveur des ports et havres de Morlaix. Ce dernier demeurant en son manoir de Manachty en la commune de Plufur, fut autorisé par un arrêt du 12 novembre 1614 de la Cour du Parlement de Bretagne, à reprendre le nom de "du Parc" quitté par Tristan du Parc, fils de Philippe du Parc, seigneur du Parc, par son mariage, en 1405, avec Claudine Le Bervet.
Il épousa le 5 Janvier 1605 Marie HUON, fille et unique héritière de Guyon HUON, seigneur de Kercadou.
Leur fils aîné François DU PARC ou Le Bervet, (Plusquellec,1608- manoir de Rosampoul en Plougonven, 1678),fut conseiller du roi au Parlement de Bretagne en 1634-1673- Il épousa Marie LE DUC DE LA BIARDAIS en 1634 dont il avait deux fils : Jean (1641-1720, conseiller au Parlement de 1673 à 1699) et Joseph (mort en 1730).
Selon Courcy, :
Duc (le), (orig. du Maine), sr de la Massais, — de la Biardais, — de la Forêt-Neuve. D'azur à trois étoiles à sept rais d'argent. Marc, président aux enquêtes en 1618 ; Jean, son fils, conseiller au parlement en conseiller au parlement en 1643. Fondu dans du Parc-Kergadou.
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Conclusion.
Le tombeau porte les armes d'Yves LE BERVET, mais aussi de son fille Jean DU PARC et de l'épouse de celui-ci, Marie LE DUC DE LA BIARDAIS. Cela incite à penser que c'est son fils qui a commandité cet ouvrage tumulaire par contrat avec Roland Doré, ou du moins qu'il a participé à cette commande (au plus tôt après 1634).
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Gisant d'Yves Bervet au Musée départemental breton de Quimper. Photographie lavieb-aile 2011.
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Gisant d'Yves Bervet au Musée départemental breton de Quimper. Photographie lavieb-aile 2011.
Gisant d'Yves Bervet au Musée départemental breton de Quimper. Photographie lavieb-aile 2011.
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SOURCES ET LIENS.
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— CHAURIS (Louis), 2010, Le kersanton, une pierre bretonne, Presses Universitaires de Rennes, 244 p.
https://journals.openedition.org/abpo/2187
— GUICHOUX (Jean), 2016, L’église de Landeleau et l’étonnante histoire de la tombe au gisant d’Auffray du Chastel KAIER AR POHER N° 52 – Mars 2016
-- Le gisant de Perronelle de Boutteville et Bertrand de Trogoff (église Notre-Dame-de-l'Assomption au Faouët par l'atelier du Folgoët. Début XVe, granite, h. 1,70, 1. 0,86. Gisants représentés sur un lit funéraire : à gauche, personnage masculin (Bertrand de Trogoff?), coiffé en calotte, vêtu d'une armure; à droite, personnage féminin (Perronnelle de Boutteville,?) portant une coiffure à cornes.
N.B : je place en erratum à la fin de cet article celui de Claude Le Menn, du Musée du Léon, démontrant qu'il ne s'agit pas du gisant de Jacques Barbier, et qu'il n'est pas dû au ciseau de Roland Doré. Je le remercie de cette communication reçue en mai 2020.
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PRÉSENTATION GÉNÉRALE : LA SCULPTURE TUMULAIRE DE ROLAND DORÉ. (D'après E. Le Seac'h).
L'atelier de Roland Doré (1618- Plouedern 1663), tailleur de pierre et sculpteur établit à Landerneau pour bénéficier de l'arrivée par voie fluviale du kersanton, pierre extraite sur les rivières de Daoulas et de L'Hopital-Camfrout en rade de Brest, est le plus renommé des ateliers de Basse-Bretagne pour le XVIIe siècle. On trouve les œuvres de ce sculpteur d'exception, "Michel-Ange du kersanton", dans plus de 82 paroisses, essentiellement dans le Léon et le nord de la Cornouaille. Il a exercé son art pour des commandes religieuses (statues, croix et calvaires), mais neuf gisants d'hommes d'armes et quatre statues en pied témoignent de son activité dans le domaine profane.
Ses neuf gisants se concentrent autour de Saint-Brieuc pour six tombeaux, et dans le Finistère pour les trois autres. Ce sont :
Gisant de Guillaume de Rosmadec, vers 1608. Chapelle Notre-Dame-de-la-Cour, Lantic (22). Ce serait la plus ancienne.
Gisant de la famille de Bois-Boissel. Angle sud-est du cloître de la cathédrale de Tréguier (22).
Deux gisants des Bréhant. Cloître de la cathédrale de Tréguier (22).
Gisant de Thébault de Tanouarn, vers 1655. Enfeu du transept nord de l'église de Plérin (22).
Gisant de Gilles de la Noë. Conservé au château de Keranroux à Ploujean (29) mais provenant de l'église de Plounez (fusionné avec Paimpol (22).
Le gisant de Jacques Barbier, seigneur de Kernaou à Ploudaniel. 1638, conservé au Musée du Léon de Lesneven (29).
Gisant d'Auffray du Chastel, vers 1638. Musée départemental breton de Quimper, puis à nouveau aujourd'hui en l'église Saint-Théleau de Landeleau (29).
Gisant d'Yves Bervet, sieur du Parc (1640). Musée départemental breton de Quimper, venant de la chapelle Saint-Eutrope de Plougonven (29).
Dans tous les cas, les gisants de kersanton sont allongés, les mains jointes, vêtu de la même armure Louis XIII au col à plis empesés en ailes de chauve-souris, les pieds posés sur un lion ou un lévrier, et l'épée au coté gauche. La tête repose sur un "carreau" ou coussin à pompons, rarement soutenue par des anges. Ils affichent un visage serein, les yeux clos dans la tradition médiévale avec une chevelure bouclée semblable à une perruque qui s'étale sur les cotés. Une fine moustache ombre la lèvre supérieure et un toupet taillé en pointe sur le menton rappelle la coiffure des mousquetaires sous Louis XIII. Un blason est parfois présent contre le bras gauche, mais les armoiries et des inscriptions sont gravés sur les flancs du monument, lorsque celui-ci est conservé. Un bénitier est présent dans deux cas.
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Le gisant de Jacques Barbier.
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Le visiteur du Musée du Léon peut (il se mordrait les doigts de s'en abstenir) pénétrer gratuitement, avant d'accéder au musée proprement dit et à ses collections lapidaires, dans le cloître de l'ancien couvent des Ursulines (créé en 1678), ou ce qu'il en reste après l'incendie de 1938.
C'est là que Jacques Barbier l'attend, allongé comme si, crustacé touriste pétrifié, il faisait une pause au soleil après avoir déclaré "j'ai les jambes moulues!" ; une sieste qui dure depuis son décès, en 1644.
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Gisant de Jacques Barbier, cloître du couvent des Ursulines, Lesneven. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
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Cet homme n'est pas un inconnu pour celui qui a eu l'occasion de visiter le château de Kerjean (à Saint-Vougay, à moins de 16 km à l'est de Lesneven) : Jacques Barbier n'est autre que le deuxième fils de Louis Barbier (1523-1596) et de Jeanne Gouzillon, les bâtisseurs du château entre 1566 et 1595 . Et d'ailleurs, il y est né, le 24 juin 1572.
Il était un "Barbier de Kerjean", avant de prendre le titre de seigneur de Kerno ou Kernaou (sa mère avait reçu en héritage le château de Kerno). Et ses armoiries d'argent à deux fasces de sable, que le visiteur va bientôt découvrir, sont aussi — bien-sûr— celles de son père, celles que j'ai décrites dans mon article sur la chapelle seigneuriale de Kerjean. Peut-être avait-t-il été baptisé dans cette chapelle ?
Pour ma part, je suis donc en pays de connaissance, j'ai l'impression de rendre visite à un parent (je redore mon blason à peu de frais).
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Cartel d'exposition au château de Kerjean. Photographie lavieb-aile.
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En enjambant le muret, (et le gisant), nous découvrons le coté gauche, où les armoiries, consciencieusement martelées à la Révolution, gardent vaguement la trace des deux fasces familiales (mais aussi d'une ligne médiane troublante).
Les sans-culottes ou citoyens révolutionnaires ont également brisé les jambes (*), l'extrémité des mains, le nez et une partie du menton. C'est amusant, ce sont exactement les dégradations que subirent les gisants des Bréhant et Bois-Boissel, à Saint-Brieuc.
(*) Le gisant avait été coupé en deux pour pouvoir être encastré sous l'arcade du maître-autel de la chapelle de l'hôpital dédié à Saint-Maudez à Lesneven où il se trouva de 1869 à 2005. Auparavant, il avait déjà été déplacé, en 1830, du couvent des Recollets jusqu'au jardin des sœurs de la Retraite.
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Gisant de Jacques Barbier, cloître du couvent des Ursulines, Lesneven. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
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Jacques Barbier, seigneur de Kernaou à Ploudaniel, gouverneur de Lesneven en 1603 puis capitaine de la ville et maître-es-art de sa confrérie, était un homme avisé : il commanda son tombeau en 1638 alors qu'il avait 66 ans (il était né en 1572), au meilleur sculpteur de la région, Roland Doré. Mais peut-être était-il déjà fort affaibli, bien qu'il ne décéda que six ans plus tard, puisqu'il n'eut pas la capacité de signer "obstant l'empeschement de ses mains" le marché conclu avec le sculpteur le 23 février 1638 (et encore conservé dans les archives du château de Lesquiffiou à Pleyber-Christ) : ce fut son fils, Alain, qui venait de se marier, qui signa à sa place.
Le sculpteur s'engageait à réaliser en pierre de kersanton une tombe qu'il devait placer dans la nef de l'église des Recollets de Lesneven, dans la chapelle Notre-Dame de Lorette de messire Jacques Barbier ; une tombe de deux pieds et demi de haut, non compris le personnage qui sera dessus la tombe, qui aura dessous la tête un carreau (coussin) soutenu de deux anges et un lévrier à ses pieds et au bout du bas de cette tombe un écusson avec les armoiries plaines de la maison de Kernaou (*), avec à coté de la dite tombe un autre écu avec les mêmes armoiries en alliance avec celles de la maison de Kergof (**), lesquels écus auront le collier de l'ordre de Saint-Michel.
(*) Kernaou s'appelle aujourd'hui Kerno à Ploudaniel où le manoir existe toujours.
(**)Les Kergoff sont orthographiés Kergof ou Kergo dans le contrat Barbier/Doré.
Ce qui importe au commanditaire, c'est que ce monument soit de même taille que celui d'un autre seigneur (il ne précise pas le nom de ce modèle, mais c'est peut-être Auffray du Chastel), avec ses six pieds de long et ses deux pieds et demi de large avec les mêmes moulures et les mêmes dispositions : bel exemple de rivalité mimétique.
De plus, il devra sculpter six autres écussons, d'un pied quatre pouces de large et un pied et demi de large : trois aux armes de Kernaou et trois en alliance avec celles des Kergo (Kergof, Kergoff).
C'est le commanditaire qui prendra en charge le charroi des pierres depuis Landerneau (où est l'atelier) jusqu'à l'église des Recollets à Lesneven, ainsi que les cordages et le bois pour l'échafaudage, et la chaux et le mortier.
L'ouvrage qui lui coûtera 198 livres tournois, devra être livré pour la Saint-Michel (le 29 septembre) ; le règlement en six versement s'étalera jusqu'au 21 juillet 1639.
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C'est en 1610 que Jacques Barbier épousa Claudine de Lescoët (1580-ap. 1626), dame de Lescoët et de Kergoff (Kernoues) , de l'ancienne paroisse de Languengar, aujourd'hui en Lesneven. Elle était la fille de Prigent de Lescoët et d'Anne de Kerloec'h. Les armoiries en alliance des Kergoff honorent donc l'épouse de Jacques Barbier.
Jacques et Claudine eurent deux enfants, Jeanne et Alain (Alain Barbier, seigneur de Lescoët, né en 1640, marié avec Renée d'Altovity, décédé le 14 février 1692).
Gisant de Jacques Barbier, cloître du couvent des Ursulines, Lesneven. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
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Le gisant mesure aujourd'hui 1,70 m de long, 54 cm de large et 38 cm de haut. Il est globalement bien conservé.
Jacques Barbier est en armure, équipée d'épaulières et de coudières, de genouillères en forme de losange et de solerets en pattes d'ours.
Sa tête repose sur le carreau à glands de passementerie à chaque angle. Les anges au coin du coussin, et le lévrier aux pieds du défunt, qui étaient exigés par le contrat, ne sont pas ou plus visibles.
Nous retrouvons la moustache et la barbiche "Louis XIII" et la coiffure bouclée triangulaire évoquant une perruque, communes à tous les gisants de Roland Doré.
Le pourpoint forme des plis transversaux au niveau des manches, et le col est à plissés plats aux extrémités pointues. Un baudrier lui ceint la poitrine, soutenant l'épée qui descend sous le genou. Ses mains sont jointes.
Il porte une cuirasse rembourrée avec des tassettes horizontales boutonnées sur le devant, du ventre aux genoux.
Le ciselage imitant des rivets qui fixent les épaulières, les coudières et les tassettes est très soigné.
Comme cela est habituel dans l'art tumulaire, nous n'avons pas ici une représentation de l'armure réellement portée par le personnage. Ce dernier exerça réellement des fonctions militaires comme en témoignent les archives :
... Barbier de Kerno, capitaine de Lesneven à la tête de 3000 hommes pour s'opposer à un prétendu débarquement des Espagnols à Roscoff en 1637.
... Le 14 Février 1641, il y a une montre tenue par écuyer Jean Bohier, sieur de Kerferré, lieutenant de Ia garde côtes, sous le commandement de Jacques Barbier, seigneur de Kerno,
... Son fils présent à la date du 2 Octobre 1665, lors de la montre des mousquetaires, sous le commandement de M. de Kerno, capitaine de Lesneven, à l'occasion de l'arrivée de Mgr le duc de Mazarin (Arch. dép. E, Fonds Barbier de Lescoet).
Gisant de Jacques Barbier, cloître du couvent des Ursulines, Lesneven. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
Gisant de Jacques Barbier, cloître du couvent des Ursulines, Lesneven. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
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Aujourd'hui, il ne reste plus du tombeau que le gisant. Le reste a été démoli à la révolution.
Nous ne voyons donc plus les armoiries pleines de Kernaou, d'argent à deux fasces de sable qui ornaient le petit coté du caisson au bout du gisant, ni, sur l'autre coté, les armoiries des Kernaou en alliance avec celles de Kergoff d'argent à la fasce de gueules, accompagnées de six macles d'azur, 3, 3, celles-ci rangées 2e et 1. , entourées du collier de Saint-Michel.
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Gisant de Jacques Barbier, cloître du couvent des Ursulines, Lesneven. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
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ANNEXE : l'article de Claude Le Menn.
Avec tous mes remerciements à son auteur .
Le gisant de la famille Barbier : Jean, Jacques… ou Sébastien ?
Il semble qu’une erreur ait été commise quant à l’identification du gisant transféré, en 2005, de la chapelle Saint-Maudez au Musée du Léon. Au fil du temps, diverses identités ont été attribuées à ce personnage en pierre de Kersanton.
Jean Barbier ?
En 1946, le gisant est identifié comme celui de Jean Barbier dans la légende accompagnant une reproduction d’un dessin de Charles Corcuff qui illustre l’ouvrage du chanoine Calvez Notre-Dame de Lesneven et du Folgoët. A cette époque le gisant se trouvait encastré derrière l’autel de la chapelle Saint-Maudez.
Dans les années 1970, Ambroise Guénolé, dans ses recherches sur les Barbier de Kerno, signale que le gisant en question est “une statue de chevalier, probablement celle de Jean ou de Jacques Barbier”.
L’hypothèse “Jean” doit être écartée. Les seuls Jean Barbier connus ont été seigneurs de Kerjean aux XVè et XVIè siècles et n’ont pas vécu à Lesneven ou dans les environs. On connaît notamment un Jean Barbier, décédé en 1537, dont le gisant se trouve actuellement au château de Kerjean.
Jacques Barbier (1572-1644) ?
Dans les années 1920-1930, Louis Le Guennec, dans ses travaux sur les archives de la famille Barbier, estime que la statue tumulaire conservée à Lesneven, “actuellement encastrée de la façon la plus absurde, derrière le maître-autel de la chapelle de l’hôpital” est celle de Jacques Barbier, seigneur de Kerno. Ce dernier, décédé en 1644, avait effectivement demandé à Roland Doré de lui sculpter un tombeau dans l’église des Récollets de Lesneven en 1638.
Mais la description de ce tombeau de Jacques Barbier, que Le Guennec a retrouvée dans les archives, ne correspond pas à la statue en question. En effet, le gisant du tombeau sculpté par Doré comportait “sous la tête un carreau soutenu de deux anges et un lévrier à ses pieds”, éléments qui n’apparaissent pas sur la statue conservée à Lesneven. Le texte du marché passé avec Roland Doré ne mentionne rien quant à la tenue vestimentaire du gisant. Par ailleurs, le gisant de Lesneven ne correspond en rien au style de Doré, aisément reconnaissable sur de nombreuses statues de la région.
Gabriel Pondaven, dans le Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie de janvier-février 1919, se montre plutôt circonspect quant à l'identification du gisant : il signale qu'il s'agit de « la statue d'un seigneur de Kerno et emploie de prudentes parenthèses pour supposer « (sans doute Jacques Barbier, fondateur des Récollets en 1625) ».
Si le gisant en question n’est pas celui de Jacques Barbier, on ignore ce qu’il est advenu du tombeau que celui-ci fit réaliser par Doré. Toutefois, un bloc sculpté, actuellement conservé près du gisant, à proximité du Musée du Léon, et représentant un ange portant les armes (martelées) des Barbier, est vraisemblablement un reste de ce monument. En effet, la commande passée par Jacques Barbier au sculpteur mentionnait que l’un des côtés du tombeau devait porter “les armoiries de la maison de Kernaou”.
Si Jacques Barbier a bien fait construire, en 1638, un tombeau qu’il destinait à la chapelle N.D. de Lorette du couvent des Récollets de Lesneven – les quittances du sculpteur en témoignent -, curieusement, quelques années plus tard il demande par testament, si l’on en croit Louis Le Guennec, à être enterré dans la tombe de sa mère, Jeanne de Gouzillon, en l’église Saint-Michel. Le tombeau sculpté par Doré demeura-t-il donc inoccupé après la mort de Jacques Barbier en 1644 ? L’affaire se complique encore puisqu’un inventaire de 1632 signale la présence, dans cette église Saint-Michel, de “deux tombes de Messire Jacques Barbier, seigneur de Kernaou, sises sous l’arcade, entre le chœur et la chapelle de Madame Sainte Anne” et revêtues des armes de Gouzillon : “une fasce à trois pigeons”. La présence d’au moins l’une de ces tombes est confirmée en 1754 avant la reconstruction de l’église. Il n’est cependant jamais fait mention d’un gisant à propos de ce tombeau. Résumons-nous : Jacques Barbier aurait donc disposé de trois lieux de sépulture possibles : le tombeau qu’il avait fait sculpter par Doré dans la chapelle des Récollets et, dans l’église Saint-Michel, la tombe de sa mère ainsi qu’un autre tombeau élevé pour lui-même.
Quoi qu’il en soit, le gisant qui nous occupe ne saurait être, comme nous l’avons vu plus haut, celui du tombeau sculpté par Doré pour Jacques Barbier.
Sébastien Barbier (1640-1704) ?
Vers 1834, Y.M.G. Laouenan écrit, dans son ouvrage Kastel Ker Iann Koatanskour : “On pouvait voir également dans l’église du couvent des Récollets, à Lesneven, la statue de Sébastien Barbier, frère du précédent, le représentant ainsi que nous venons de décrire ce dernier. Cette statue, comme je l’ai appris récemment, est aujourd’hui dans la cour du couvent des religieuses de la même ville.”
Laouenan se réfère ici au gisant qu’il a observé dans l’église de Saint-Vougay et qu’il attribue à René Barbier, seigneur de Kerjean. Il décrit ainsi cette statue : “(…) revêtu de l’armure qui se portait au temps de Louis XIII. Sa tête est nue, mais ornée d’une chevelure très abondante qui retombe de chaque côté en d’innombrables bouclettes. Autour du cou une fraise plissée. Il porte une cuirasse, des épaulières et des brassards ; ses tassettes, qui bordent la cuirasse ou la cotte de fer, sont composées de nombreuses lamelles et leur donnent le style de l’armure du dix-septième siècle. Ses mains jointes comme à la prière sont nues, mais on remarque, dépassant des brassards, des manchettes plissées (…)”
Effectivement, d’après cette description, le gisant de Saint-Vougay est quasi-identique à celui de Lesneven. Mais Laouenan se trompe lorsqu’il dit que le Sébastien Barbier du gisant de Lesneven est un frère de René Barbier de Kerjean. Si le gisant de Saint-Vougay est bien celui de René 1er Barbier de Kerjean (décédé en 1619), et si celui de Lesneven est celui de Sébastien Barbier de Kerno (décédé en 1704), ce dernier n’était que le fils d’un cousin de René.
En 1836, le gisant de Lesneven, qui se trouve alors dans la cour de l’ancien couvent des Ursulines, est aussi identifié par Emile Souvestre (“Le Finistère en 1836”, publié en 1836) comme étant celui de Sébastien Barbier, seigneur de Kerno. En 1843, cela est confirmé par Marteville et Varin (continuateurs du Dictionnaire géographique et historique de la province de Bretagne écrit par Ogée au XVIIIè siècle), ainsi que par Fréminville deux ans plus tard. En 1859, dans son Voyage en Bretagne- Finistère, Edouard Vallin évoque aussi « le tombeau de Sébastien Barbier, sieur de Kernaou, placé dans la cour du couvent des Ursulines. »
Mais qui était ce Sébastien Barbier ? Il naquit en 1640, au manoir de Follezou en Duault, fils aîné et unique d’Alain Barbier et de Renée d’Altovity. Il épousa Marie Le Moyne, douairière de Kerliviry, puis, en secondes noces, Julie de Cleuz du Gage, en 1689. Cette dernière avait alors dix-huit ans et lui presque cinquante. Ce ne fut pas un mariage heureux : “il n’y a en son cœur pour moi que de l’aversion” se plaint-il. Sébastien reproche à son épouse d’avoir “un esprit occupé à tout ce qui est opposé à l’amitié conjugale”, et de n’être “pas en état de remplir aucun devoir”. Cela ne les empêcha pas d’avoir cinq enfants, tous nés au manoir de Kerno, en Ploudaniel, entre 1690 et 1698.
Chevalier, baron puis comte de Lescoët, seigneur de Kerno, Kergoff, La Villeneuve et Le Follezou, Sébastien Barbier occupait aussi la charge de gouverneur militaire de Lesneven et de capitaine des paroisses de Kernilis, Elestrec, Guicquelleau, Kernouës, Languengar et Trégarantec. Peu après son second mariage sa santé se dégrade : il souffre de fièvres, qu’il soigne au quinquina, de goutte et de sciatique. En 1703, ces maux ne lui permettent probablement pas de se rendre à la cour où il est invité comme député des Etats. En 1704, il finance des travaux sur l’église des Récollets de Lesneven où il souhaite être inhumé. Il décède à Kerno en mars de cette même année. Pour ses funérailles dans l’église conventuelle, son fils aîné composa cette épitaphe : “Cy gissent les dépouilles mortelles de très haut et très puissant seigneur Messire Sébastien Barbier, juvigneur de la maison de Kerjan Barbier et aujourd’hui chef de nom et d’armes, chevalier, seigneur comte de Lescoët, chastelain de Kergof, sire de Kernouès, seigneur de Kerno, de Kerangouez et de plusieurs autres églises, paroisses, couvents et hôpitaux, entre autres celuy de cette ville de Lesneven, de laquelle luy et ses ancêtres ont été gouverneurs pour le Roy et commandants des milices voisines. Le défunt avoit été élu par la noblesse du païs, assemblée en temps de guerre, pour estre le Major de ce corps, qui estoit commandé en chef par le marquis de Kerjan Barbier, aîné de sa maison, de laquelle il y a eu un amiral de Bretagne. Plusieurs autres ont eu des charges honorables, tant dans les armées qu’auprès de nos Roys de France qui, pour les récompenser de leurs services, en ont fait plusieurs chevaliers de leurs ordres, ont érigé de leurs terres en marquisats et leur ont accordé plusieurs autres marques de distinction et privilèges. Cette maison a des alliances avec les plus illustres maisons de l’Europe et mesmes avec des princes souverains et des testes couronnées, tant étrangères que de la Nation.” L’acte de sépulture de Sébastien Barbier a été rédigé, au couvent, en ces termes : “Le 25è mars 1704, Sébastien Barbier écuier, chevalier et comte du Lescoët, fondateur de nostre couvent fut enterré dans la voute de la chapelle où ses ancêtres ont été inhumés. Le V .P. Angélique Guillaume estant lors gardien. Requiescat in pace.” La chapelle et la crypte dont il est question dans cet acte avaient été aménagées, aux Récollets, par Jacques Barbier. En 1629, ce dernier avait, en effet, fait construire une chapelle privée qui s’ouvrait sur l’église conventuelle et qui comprenait “une voulte soubz terre pour enfeu et enterrement de 9 pieds en carré.” Sébastien a donc été inhumé dans une tombe de famille qui existait déjà, et dans laquelle reposait son père, Alain Barbier décédé en 1692. L’acte de sépulture de Sébastien ne dit pas si un gisant avait été ajouté au tombeau lors de son inhumation. Sébastien a donc peut-être été enterré dans un tombeau familial qui possédait déjà un gisant.
Le style du gisant de Lesneven, s’il s’agit de Sébastien Barbier (1640-1704) peut paraître un peu anachronique car, comme le dit Laouenan, la statue porte une armure d’époque Louis XIII (1610-1643), ce qui correspondrait mieux à la période durant laquelle vécut Jacques Barbier (1572-1644). Mais les Barbier se plaisaient, comme en témoignent plusieurs portraits, à se faire représenter dans des tenues anciennes : ils apparaissent, sur divers tableaux, et ce en plein XVIII è siècle, revêtus d’une armure de chevalier. La tenue de style Louis XIII serait donc aussi une sorte de stéréotype pour les statues tumulaires de la famille, ce qui expliquerait la ressemblance, signalée par Laouenan, entre le gisant, plus ancien, qu’il avait observé dans l’église de Saint-Vougay, et celui de Sébastien Barbier de Kerno, si c’est bien de lui dont il s’agit.
Quoi qu’il en soit, il est certain que ce gisant provient d’un enfeu de la famille Barbier de Kerno qui se trouvait aux Récollets de Lesneven. Si le sculpteur Doré a sculpté un tombeau pour cette crypte, il est également certain que le gisant qui nous intéresse ne provient pas de ce tombeau-là.
Après la profanation des tombeaux de la noblesse en 1793, le gisant avait été déposé dans le jardin de l'ancien couvent des Ursulines (actuelle Maison d'Accueil) puis avait été transporté dans la chapelle de l'hôpital, probablement lors de la reconstruction de cet édifice en 1869. Peut-être se souvenait-on, à l'époque, que les Barbier de Lescoët, ou plus précisément leurs ancêtres Gouzillon, avaient été les fondateurs de cet hôpital. Mais pour pouvoir encastrer la statue sous l'autel de la chapelle, on lui avait tout simplement - et stupidement - cassé les jambes, au niveau des genoux. Le gisant a finalement retrouvé l'endroit où il avait été placé après la Révolution : en effet, depuis 2005, il se trouve sous l'ancien cloître des Ursulines, à proximité du Musée du Léon.
Claude LE MENN (Musée du Léon, 29260 Lesneven)
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SOURCES ET LIENS.
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— ABGRALL (chanoine Jean-Marie) & PEYRON (chanoine ), 1917, Notice sur Lesneven, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie de Quimper BDHA.
— CHAURIS (Louis), 2010, Le kersanton, une pierre bretonne, Presses Universitaires de Rennes, 244 p.
https://journals.openedition.org/abpo/2187
— CORDIER (Jean-Yves), 2017, La charpente sculptée de la chapelle seigneuriale du château de Kerjean (Saint-Vougay, Finistère) par le Maître de Pleyben (vers 1570-1580) : sablières, blochets, entraits et clefs de voûte. Les armoiries des Barbier de Kerjean
La parenté entre l'élévation occidentale et le clocher de l' église aux arêtes ornées de têtes de Landévennec et de celle de Trégarvan est remarquable, suggérant un atelier commun pour ces deux paroisses voisines qui se succèdent sur la fin du trajet de l'Aulne maritime.
Cette parenté se renforce aussi par des dates de réalisation rapprochées (1690-1696 pour Trégarvan et 1693 pour Landévennec) : autant d'indices précieux pour les historiens du patrimoine architectural.
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LA FAÇADE OCCIDENTALE DE TRÉGARVAN ET SES CROSSETTES.
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Comme à Landévennec, elle est faite de pierres soigneusement taillées de microdiorite quartzite (ou pierre de Logonna, le site d'extraction en rade de Brest), et ces blocs rectangulaires superposés forment une ligne particulièrement alignée entre le début des deux rampants, là où, précisément, sont disposées les deux pierres sculptées figuratives en surplomb, ou crossettes, à fonction d'amortissement.
La porte en plein cintre est également commune aux deux pignons.
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Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Là où, à Landévennec, nous trouvions le blason de l'abbé Jacques Tanguy et la date de 1693, nous avons, à Trégarvan, l'inscription Y: SCOARNEC : F mentionnant le nom du fabricien chargé de superviser les travaux. Les inscriptions datées se retrouvent sur la tour (F: MORO 1690 ou 1696) et sur son cadran solaire (1698).
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Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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La crossette nord-ouest : une sirène ou femme-poisson.
Longueur 105 cm (dont 65 cm engagés dans le mur). Pierre de Logonna. Deux blocs ont été nécessaires. la face longitudinale est sculptée en faible relief. Corps pisciforme lisse — sans écailles, à la différence de Landévennec, queue bifide ("queue de poisson"), partie antérieure du corps se féminisant par une chevelure aux mèches parallèles.
La partie en surplomb, taillée en biais en haut relief, est résolument réservé à un visage féminin joufflu et puéril, dont les cheveux s'écartent en une frange médiane tandis que le cou est limité par une collerette à trois dents rondes.
Cette sirène a échappé au recensement effectué par Hiroko Amemiya (2005).
La ressemblance entre les deux corps, et entre les deux visages de Trégarvan et de Landévennec est très prononcée.
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Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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La crossette sud-ouest : un visage féminin ou angélique.
Longueur 93 cm (dont 58 cm encastré) ; épaisseur 30 cm. Microdiorite quartzite. La face longitudinale n'est pas sculptée, seule la tranche est sculptée en haut-relief.
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À Landévennec, le visage était complété par des ailes, affirmant d'avantage qu'il s'agissait d'une femme-oiseau, ou d'un ange.
À Trégarvan, ces ailes font défaut, et nous n'avons ici qu'un visage féminin ou enfantin. Mais un élément vient plaider pour l'hypothèse d'un ange, celui d'un diadème à deux volutes frontale et occipitale, comme en portent fréquemment ces acolytes divins. Les cheveux aux mèches épaisses n'apparaissent que sur l'encadrement du visage, le sommet de la tête étant complètement recouvert par une coiffure intégré à ce diadème.
Le visage est juvénile, joufflu, souriant, le cou encadré par une collerette (comme à Landévennec).
Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
Crossette de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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Le clocher, sa galerie et ses crossettes.
Le massif occidental légèrement saillant porte la tour à une galerie et la chambre des cloches, puis la flèche polygonale presque aveugle et ajourée à arêtes sculptées de têtes humaines.
L'accès au clocher est extérieur, nécessitant d'abord une échelle posée au nord, avant de parvenir à une succession de quatre longues pierres posées en surplomb, puis à la volée de marche qui suit le rampant nord.
Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
Clocher de l'église de Trégarvan. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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La galerie à forte balustrade est cantonnée par quatre crossettes.
Au sud-ouest, et au nord-est ce sont des têtes de lion.
Au sud-est et au nord-ouest, des têtes féminines. On notera la ressemblance entre celles-ci et les visages de l'ange et de la sirène.
À droite de la grande porte gothique de l'abri du pèlerin du Folgoët, entre l'entrée des toilettes et celle du Musée de la Basilique, on a encastré une pierre provenant de l'ancien ossuaire de Gicqueleau. Elle échappe volontiers à l'attention d'un visiteur car elle est en partie dissimulée par un houx panaché, qui en défendit farouchement l'accès au candidat photographe.
On sait peut-être que Guicquelleau (ou Gicqueleau) est une ancienne trève de la paroisse du Folgoët, à 4 km au nord de la collégiale ; après la destruction par la foudre de l'église d'Elestrec vers 1530, le siège de cette trève fut transférée au manoir de Guicquelleau, et de sa chapelle privée. En 1675, une nouvelle église y fut construite, avec cimetière, ossuaire, mur d'enclos et presbytère. À une date que j'ignore, après la destruction de l'ossuaire, la pierre portant l'inscription affichant sa vocation a été déplacée et placée en réemploi, curieuse destinée, contre le mur des latrines.
C'est en réalité un ensemble de deux blocs de pierre, l'un principal, l'autre placé en complément (le tailleur ou sculpteur ayant sans doute sous estimé l'étendue du texte) pour prolonger la dernière ligne.
Nous y lisons :
AN ESQUERN
MA BRUZUNET O
DEVEZO CALS AIO
A CERTENNIA R / ESUCITO
Soit : AN ESQUERN MA BRUZUNET O DEVEZO CALS A IOA CERTEN NI A RESSSUCITO.
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Matériau : granite.
Datation : 1675 ? (par estimation de la construction de l'ossuaire et du cimetière de Gicqueleau).
Épigraphie : caractères latins en majuscules de taille inégale, de dessin maladroit, dont les N sont tous rétrogrades. Le Q est également rétrograde (comme un P inversé). Les U sont des V. Pas de ponctuation. Pas de séparation entre les mots. Lettres gravées (et non en réserve), sur quatre lignes, sans cartouche ni réglure ni justification.
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— L'inscription a été relevée par au moins quatre auteurs, et d'abord par Alfred Le Bars dans sa monographie Les ossuaires bretons (SHAB 1961). Celui-ci donne la leçon (partiellement fautive) suivante :
AN ESKERN MAN BRUZUNET O DEVEZO CALS A JOA CERTENAMENT NI A RESUCITO
avec la traduction « Ces ossements-ci fragmentés auront beaucoup de joie. Certainement nous ressusciterons. ». Il donne en référence (du relevé ou de la traduction?) le chanoine Guéguen, recteur du Folgoët.
— En 1995, Alain Croix , dans Cultures et religion en Bretagne aux 16e et 17e siècles, donne le même texte An eskern man bruzunet o devezo cals ajoa certenament ni a resucito , en écrivant : "Thème développé par le Père Polanque et aussi, avec une ferveur émouvante, sur les ossuaires d'Elven et Guicquelleau : « Exultabunt Domino ossa humiliata » (1626), [dans lequel ] on reconnaît la formule du psaume 51 « qu'ils dansent, les os que tu broyas ».
Il faut considérer d'abord l'inscription latine de l'ossuaire d'Elven (Morbihan), effectivement datée de 1626 Exultabunt Domino ossa humiliata et effectivement extraite du psaume 51 (50), verset 10 :
Auditui meo dabis gaudium et laetitiam et exsultabunt ossa humiliata
Annonce-moi l’allégresse et la joie, et les os que tu as brisés se réjouiront.
Ce verset mis en musique a pu être psalmodié lors de la liturgie dans l'office des défunts (pro defunctis) au XIIe siècle : antiphonaire du Vatican San Pietro B. 79. Mais on connait surtout ce psaume sous son titre de Miserere, chanté lors de l'Office des ténèbres au cours duquel on éteignait les 15 cierges un à un. C'est un des 7 psaumes pénitentiels. Le fameux Miserere d'Allegri date de 1630, et les Psalmi Davidis Pœnitencialis de Roland de Lassus de 1560 (publiés en 1584).
— En 2019, Élégoët et Provost en cite presque fidèlement le texte avec la traduction "Ces ossements-ci réduits en poussière auront beaucoup de joie [étant] - certains que nous ressusciterons".
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La première partie du texte breton se révèle alors clairement comme une traduction (*) du verset latin : An esquern ma bruzunet o devezo cals ajoa, "les os (an eskern) brisés (bruzunet) auront (devezo) beaucoup de joie ( cals a joa). Ils sont commentés ou expliqués par la suite, Certen ni a ressucito, "certainement ils ressusciteront".
(*) Dans une Bible en breton de 1897, on trouve cette traduction du verset 10 du psaume 50 : Laka ac'hanoun da glevet ar joa hag-al levenez ; Ra en em laouenao an eskern pere ec'h euz bruzunet !
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On remarquera qu'il s'agit d'un distique rimé, de 11 à 12 syllabes bien que je sois incapable de les compter en breton, sans rime interne, et à rime pauvre.
An esquern ma bruzunet o devezo (11 pieds ?)
Cals a joa, certen ni a ressucito. (12 pieds ?)
(pour mémoire, Le Mirouer de la Mort, ouvrage en vers bretons, a été composé par Jean Larcher en 1519 à Plougonven et imprimé près de Morlaix en 1575.)
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Inscription de l'ossuaire de Gicqueleau, Musée de la basilique et de la Piété populaire, Le Folgoët. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
Inscription de l'ossuaire de Gicqueleau, Musée de la basilique et de la Piété populaire, Le Folgoët. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
Inscription de l'ossuaire de Gicqueleau, Musée de la basilique et de la Piété populaire, Le Folgoët. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
Inscription de l'ossuaire de Gicqueleau, Musée de la basilique et de la Piété populaire, Le Folgoët. Photographie lavieb-aile 18 mai 2019.
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CONCLUSION.
Par son intérêt pour l'épigraphie religieuse en Basse-Bretagne (dont le chanoine Abgrall a été le zélé précurseur en Finistère dans ses excursions en vélo à la fin du XIXe siècle) et dans l'épigraphie en breton particulièrement, mais aussi par sa valeur patrimoniale à l'égard de l'ossuaire détruit de Gicqueleau, cette inscription mérite d'être mieux mise en valeur. Dans l'idéal, un cartel pourrait indiquer au visiteur sa traduction et son origine.
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SOURCES ET LIENS.
— ABGRALL (chanoine Jean-Marie), 1915, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments recueillies par M. le chanoine Abgrall,Bulletin de la Société Archéologique du Finistère T. 42. page 189.
— ABGRALL (Jean-Marie) 1916, Inscriptions gravées et sculptées sur les églises et monuments recueillies par M. le chanoine Abgrall (suite),Bulletin de la Société Archéologique du Finistèrepage 95.
La liste des abbés de Landévennec est bien établie. L'intitulé des armoiries d'un certain nombre d'entre eux peut être assez facilement retrouvé. Par ailleurs, des éléments matériels héraldiques peuvent être découverts, et c'est un jeu tentant de découvrir "à qui sont ces armes", pour paraphraser le jeu "à qui sont ces manches" (tagasode) de la poésie et des paravents japonais. Sur ceux-ci, les propriétaires ont disparu, et n'ont laissé comme indice que leurs kimonos pliés, nous laissant rêver sur les belles qui s'en sont dévêtues.
De même, les blasons sculptés sur les monuments, ou sur les pierres des ruines, gardent secret le nom des titulaires. Comme il est excitant d'aller réveiller la mémoire des abbés !
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I. ESSAI DE LISTE DES ARMOIRIES DES ABBÉS DE LANDÉVENNEC.
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Bernard
? - 1282
Bernard de Kerlouré (ou de Kerlozrec), originaire de Ploudalmezeau (Jourdan), fondue en Kersulguen, portant : palé dor et azur de 6 pièces.
Rioc
? - 1283
Originaire de Plonéour-Cap Caval
Jean du Parc
1293 - 1308
Originaire de Rosnoën. Il fit rédiger le nécrologe de l'abbaye par Guillaume de Rennes en 1293.
D'azur, au léopard d'or, au lambel de gueules.
Guillaume
1308 - 1311
Originaire de l'abbaye Saint-Melaine de Rennes ; décédé à Vienne
Yves (ou Eudes) Gormon
1311 - 1344
Fut un temps accusé d'hérésie par Yves de Boisboissel, évêque de Quimper
Alain Piezres
Mort à Avignon
Armel de Villeneuve
? - 1362
Originaire de Lanvern
Alain de Daoulas
? - 1371
Dernier abbé cité dans le Cartulaire de Landévennec
Bernard
? - 1380
Également prieur de Lanvern
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Guillaume de Parthenay
1381 - 1399
Auparavant prieur de l'abbaye de Saint-Denis. D'argent à la croix pattée de sable.
Yves Poulmic
1400 - 1425
Originaire de Poulmic en Lanvéoc.
échiqueté d'argent et de gueules.
Henri de Morillon
1425 - 1442
de la maison de la Porte-Neuve, en Riec, portait : d'or au griffon de gueules armé de sable. Il mourut le 22 Février 1442.
Jacques de Villeblanche
1443 - 1490
Nommé abbé à l'âge de 21 ans ; chanoine de Luçon
de gueules, à la fasce d'argent, accompagnée de 3 hures de saumon de même.
Mathieu Hémery
1490 - 1496
Hemery, Sr. de Lanvagen à Crozon
d'or à 3 chouettes de sable becquées et membrées de gueules
ou : d'or à 3 chouettes de sable, membrées et becquées d'or, qui est Cavan, un annelet de sable en abîme, alias à la bordure de gueules.
Jehan du Vieux-Chastel
1496 - 1522
Originaire de Trébrivan ; prieur de Concarneau ; restaurateur de plusieurs prieurés dépendant de l'abbaye ; dernier abbé régulier
3 fasces accompagnées de 10 hermines 4. 3.2.1
Thomas Le Roy
1522 -1524
Originaire de Messac ; envoyé à Rome où il résida entre 1512 et 1524 par Anne de Bretagne ; premier abbé commendataire ; décédé à Rome
: d'or à 2 fleurs de lys rangées d'azur
Alain de Trégain
1524 - 1530 (?)
Famille de Briec, d'or à trois pommes de pin de gueules la pointe en haut.
Il est vicaire perpétuel de Briec de 1512 à 1531
Louis de Kerguen
1530 - 1534
Originaire de Dirinon et archidiacre de Cornouaille.
de sable à 3 aigrettes huppées d'argent (La Passardière)
Maurice Briant
1534 - 1538
d'azur à 3 banderoles d'or
Arnoul Briand
1538 - 1542
Neveu de Maurice Briant, l'abbé précédent. Il était aussi doyen des chanoines de Notre-Dame-de-Cléry, bénéficier de Saint-Martin-de-Tours, recteur de la paroisse Saint-Martin à Cléon, etc.
d'azur à 3 banderoles d'or
Maurice Commacre
1542 - 1577
Neveu d'Arnoul Briand, l'abbé précédent. Il fut abbé à 19 ans.
Pierre Largan
1577 - 1608
Abbé considéré comme inapte à diriger l'abbaye, dirigée en fait par le seigneur de Kermoalec, René du Mescouez. Il démissionne en 1608
Jean Briant
1608 - 1630
Peut-être originaire de Corseul ; recteur de Crozon ; chanoine et grand archidiacre de Cornouaille. Il trouve l'abbaye dans un état déplorable, mais la restaure.
D'azur au pigeon [ou colombe] d'argent portant dans son bec
un rameau de sinople
Ou pour Courcy : Ecarlelé aux 1 et 4 d'argent à l'aigle cantonnée de deux étoiles, le tout de sable ; aux 2 et 3 d'azur à une colombe d'argent, portant dans son bec un rameau d'olivier de sinople.
Pierre Tanguy
1630 - 1665
Parent de l'abbé précédent ; aussi recteur de Crozon.
Ecarlelé aux 1 et 4 d'argent à l'aigle cantonnée de deux étoiles, le tout de sable ; aux 2 et 3 d'azur à une colombe d'argent, portant dans son bec un rameau d'olivier de sinople.
Courcy donne : "Tanguy, sr de Kerobézan, — de la Villebranche, ☺— de la Congraye, par. de Saint-Martin des Prez. Déb. ref. 1668, ress. Lesneven. D'azur à l'aigle d'or, accomp. de trois etoiles de même (Arm. 1096). Pierre et Jacques, abbés de Landévennec de 1627 à 1695."
Jacques Tanguy
1665 - 1695
Neveu de l'abbé précédent ; laisse l'abbaye quasiment en ruines lors de son décès.
Ecarlelé aux 1 et 4 d'argent à l'aigle cantonnée de deux étoiles, le tout de sable ; aux 2 et 3 d'azur à une colombe d'argent, portant dans son bec un rameau d'olivier de sinople.
Courcy donne : "Tanguy, sr de Kerobézan, — de la Villebranche, ☺— de la Congraye, par. de Saint-Martin des Prez. Déb. ref. 1668, ress. Lesneven. D'azur à l'aigle d'or, accomp. de trois etoiles de même (Arm. 1096). Pierre et Jacques, abbés de Landévennec de 1627 à 1695."
Pierre Le Neboux de la Brosse
1695 - 1701
Évêque de Léon de 1671 à 1701 et inhumé dans sa cathédrale.
Écartelé : 1 et 4) de gueules à six billettes d’argent – 2et 3) d’azur à trois fusées d’argent rangées en fasce.
Balthasar Rousselet du Châteaurenault
1702 - 1712
Déjà abbé de l'abbaye de Fontaine-les-Blanches ; membre de la famille du maréchal de Châteaurenault, comte de Crozon et gouverneur de Brest
d'azur à 3 chardons d'or, avec la devise : Non est mortale quod opto
Jean-Baptiste-Marie Champion de Cicé
1746 - 1779
Originaire de Rennes ; devient abbé à 21 ans ; il fut aussi vicaire général de Bourges, évêque de Troyes puis évêque d'Auxerre ; dernier abbé commendataire
d'azur à 3 écussons d'argent chargés chacun de 3 bandes de gueules, avec la devise ; « Au plus vaillant le prix » (Courcy).
Toussaint Conen de Saint-Luc
1780 - 1790
La mense abbatiale est réunie à l'évêché de Cornouaille dont il est alors l'évêque de 1773 à 1790 ; il fut aussi abbé de l'abbaye de Langonnet entre 1767 et 1790
D'argent coupé d'or, un lion l'un dans l'autre, armé, couronné et lampassé de gueules
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LES BLASONS DE L'ÉGLISE DE LANDÉVENNEC.
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1. Chevet de l'église de Landévennec. Sans date ; martelé. Pierre ou Jacques Tanguy ??
donné comme "1652, Pierre Tanguy".
C'est un blason d'abbé, comme en témoigne la mitre et la crosse. Je ne parviens pas à deviner le motif sculpté sur l'écu, mais il ne semble pas écartelé (divisé en quatre quartiers).
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Photographie lavieb-aile 9 mai 2019.
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2. Le pignon occidental de l'église de Landévennec. Jacques Tanguy, 1693.
Mitre à fanons, à senestre et crosse à dextre. La détermination du titulaire se fait principalement par la date (Jacques Tanguy était abbé de 1665 à 1695), corrélée aux données de la littérature, et en rapprochant ce blason de celui, mieux lisible, de l'église d'Argol. Le nombre d'étoiles autour de l'aigle est bien de trois. Les deux abbés Pierre et Jacques Tanguy de la Congraye (Saint-Martin-des-Près, canton de Corlay, au NNE de Quimper) auraient-ils écartelé leurs armes D'azur à l'aigle d'or, accomp. de trois etoiles de même avec celles de leur prédécesseur et parent Jean Briant D'azur à la colombe d'argent portant dans son bec un rameau de sinople ?
On retrouvait leurs armes sur le chevet de la chapelle Saint-David à Saint-Martin-des-Près, leur paroisse d'origine.
En l'absence des couleurs sur ces blasons en kersantite, je blasonne :
Ecarlelé aux 1 et 4 à l'aigle cantonnée de trois étoiles, [le tout de sable] ; aux 2 et 3 à une colombe , portant dans son bec un rameau d'olivier.
"1665-1690. Jacques TANGUY, neveu du précédent (Pierre Tanguy). Dans son aveu au Roi, en 1666 (H. 10), il s'intitule « ci-devant conseiller du Roi, chapelain ordinaire de la défunte Reine mère du Roi ». Nous relevons, dans cet aveu, les articles suivants : « Etre dû à l'Abbé, le jour des Roys, par le maître charpentier de navire, en la juridiction de Landévennec, un oiseau nommé le Bertrand, qu'il est obligé de présenter au dit seigneur Abbé, à l'endroit de la grand'messe qu'on célèbre dans le chœur de la dite abbaye, à peine de 60 sols un denier d'amende pour le dit Bertrand. ce Lui est dû de chaque navire en construction dans l'étendue de la juridiction, pour le premier pont 40 sols, pour le second 20 sols,- « Est en possession immémoriale de prendre de chaque vaisseau chargé de sel qui aborde et mouille en la terre de la dite abbaye, une brique de sel mesure de l'abbaye. « Le Sr Vicomte du Faou lui doit six douzaines de vesselle de boys, savoir deux douzaines d'assiettes, deux douzaines de sallières et deux douzaines d'écuelles. • « A droit, le premier jeudi de Janvier, de prendre un diner avec toute sa suite, chez le vicaire de Telgruc. a Au jour de Noël, a droit, sur le manoir de LescofT, en Dinéault, que le seigneur du dit lieu lui serve de cuisinier, et à dîner, la veille et le jour de Noel, et à défaut, peut être mulcté. » C'est du temps de Jacques Tanguy, en 1685 que fut nommé prieur de Landévennec, Jean-Maur Audren Kerdrel, né à Landunvez en 1650, profès à SaintMelaine de Rennes en 1669. Il fut prié, par Mg r de Coetlogon, évêque de Quimper, de faire une nouvelle Histoire de Bretagne. Prieur de Redon en 1687, puis de Marmoutiers, il devint Abbé de Saint-Vincent du Mans, où il mourut en 1725 (Le Vot.). A la fin du XVII* siècle, l'histoire de l'abbaye ne fait guère que constater des ruines. En 1691, les religieux se plaignent « que la couverture de l'église abbatiale est prête de tomber par l'ancienneté et caducité des bois, qui sont presque tous pourris et vermoulus, de sorte que les clous pour attacher les lattes et les ardoises n'y tiennent point, et lorsqu'il fait tant soit peu de vent extraordinaire les religieux sont obligés de quitter le chœur, pour chanter l'office divin, et se retirer sous la voûte du grand autel, et ceux qui y viennent prier Dieu sont en danger de la vie et doivent s'éloigner pour ne pas,demeurer sous les ruines des dits bois». Les réparations monteraient à âo.OOO livres. — Jean Banyec, procureur de l'abbaye. Près de l'abbaye, est l'enclos de Saint-Vallois, prieuré claustral avec chapelle de Saint-Guénolé. Jacques Tanguy, Abbé, a transporté cette chapelle, qui était proche la muraille de la cour de la maison, et l'a fait relever hors de son enclos, dans le cimetière de la paroisse. En 1695, les religieux abandonnaient au profit de la paroisse de Landévennec la chapelle du Petit-Folgoet, rebâtie sur le fonds de l'abbaye, par l'abbé Jacques Tanguy, pour le soulagement, commodité et dévotion du peuple. Cette chapelle ne rapporte que 15 livres et manque de réparations."
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LE BLASON SUR LE PORTAIL DE LA CLÔTURE DE L'ANCIENNE ABBAYE DE LANDÉVENNEC.
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Porte du bâtiment dit "manoir prioral" . Ce manoir ou Maison du Péniti a été construit vers 1630 par Jean Briant pour les abbés : il l'entoura "de plusieurs beaux jardins, vergers, clôtures et pêcheries".
Les armoiries martelées sont difficiles à lire, mais on retrouve l'encadrement par deux palmes, la crosse et la mitre, et surtout les quatre quartiers semblables aux armoiries des abbés Pierre et Jacques Tanguy.
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Photographie lavieb-aile 9 mai 2019.
Photographie lavieb-aile 9 mai 2019.
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LES BLASONS DES MAISONS DU BOURG DE LANDÉVENNEC.
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1. Rue Saint-Guénolé : armoiries de l'abbé Jacques Tanguy 1694.
C'est bien le blason d'un abbé, comme en témoignent la crosse et la mitre malgré le bûchage. On ne retrouve pas les deux palmes entrecroisées, mais des volutes centripètes. Les armes sont parfaitement lisibles, ce sont celles des Tanguy données par Courcy, [D'azur] à l'aigle d'or, accompagné de trois étoiles [de même].
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Photographie lavieb-aile 9 mai 2019.
Photographie lavieb-aile 9 mai 2019.
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2. Rue du Pâl : armoiries de l'abbé Toussaint de Saint-Luc.
Je propose de reconnaître ici les armoiries du dernier abbé de Landévennec (1780-1790), qui fut aussi abbé de Langonnet en 1767 et le dernier évêque de Cornouaille (1773-1790) : Mgr Toussaint Conen de Saint-Luc.
D'argent coupé d'or, un lion l'un dans l'autre, armé, couronné et lampassé de gueules (ou coupé cousu d'argent sur or, à un lion de l'un sur l'autre, couronné de gueules).
Puisqu'il a été nommé abbé de Landévennec alors qu'il était déjà évêque de Quimper, il est normal de voir le blason coiffé du chapeau à cordelières et trois rangs de houppes.
La crosse est tournée vers l'extérieur, privilège des évêques, alors que la crosse des abbés doit être tournée vers l'intérieur (cf les blasons des Tanguy), signifiant que leur juridiction ne s'exerce qu'à l'intérieur de leur monastère.
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Armoiries de la famille Conen
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Photographie lavieb-aile 9 mai 2019.
Photographie lavieb-aile 9 mai 2019.
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LES BLASONS CONSERVÉS AU MUSÉE DE LANDÉVENNEC.
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1. Armoiries de l'abbé Jehan du Vieux-Chastel (1496 - 1522).
3 fasces accompagnées de 10 hermines 4. 3.2.1 et un lambel à trois pendants.
2. Armoiries de Maurice Briant ( 1534-1538) ou d'Arnoult Briant (1538 - 1542)son neveu : deux pierres, dans la réserve du jardin du Musée.
"Arnoud Briand de Cornouailles, abbé de Landevenec en 1541, fit rebâtir à neuf le chœur de son église, et fit mettre ses armes sur les vitres du haut-chœur: elles sont d'azur à trois banderoles d'or. Il mourut en 1553 , et fut inhumé dans un magnifique tombeau, au milieu du chœur de l'église." (Ogée)
La pierre la plus complète, appartenant à un élément structurel d'un bâtiment, porte l'écu avec autour de lui deux phylactères portant une inscription. La crosse est placée en pal.
"1534-153S. Maurice BRIANT : d'azur à 3 banderoles d'or, Cet Abbé commendataire n'était que clerc.Il ne nous est connu que par la bulle de Paul IlI nommant son successeur.
1538-1542. Arnoul BRIAND, neveu de Maurice ; reçut ses lettres de nomination de Paul III, datées de Tusculum, le 12 des kalendes de Septembre (19 Août) 1538. Arnoul était doyen des chanoines de l'église de Notre-Dame de Clery, au diocèse d'Orléans, bénéficier de Saint-Martin de Tours, recteur de l'église de Saint-Martin de Cléon, au diocèse de Rouen. Le Pape lui accorda le privilège de cumuler ces bénéfices avec ceux qui pourraient lui être conférés par la suite, mais lui recommanda que le culte divin ne souffrît aucune diminution ; que si les menses abbatiale et conventuelle sont communes, la troisième partie de ses revenus doit être consacrée à l'entretien du monastère, des ornements et des pauvres, et le quart, si les menses sont séparées. L'Abbé devra, avant d'entrer en possession, prêter serment entre les mains soit de l'Archevêque de Vienne, soit de l'Evêque de Nantes. Cette bulle, qui se trouve aux Archives départementales (H. 28), porte le certificat de prestation de serment entre les mains de Pierre Palenyer, archevêque et comte de Vienne, primat des Gaules, demeurant à Paris, le 19 Octobre 1538. Le 7 Janvier 1540, Arnoul, âgé seulement de 54 ans, mais se sentant infirme, et peut-être atteint de népotisme, obtenait de Paul III une bulle pour son neveu Maurice de Commacre, du diocèse de Tours, l'autorisant, quoiqu'il n'ait que 17 ans, à devenir coadjuteur de son oncle Arnoul Briant, Abbé commendataire de Landévennec, âgé de 54 ans, mais infirme. Maurice est fils dune sœur d'Arnoul, d'extraction noble, demeurant dans le moment à Paris pour ses études (H. 19). Arnoul, dit Noël Mars, ne mourut que le 14 Septembre 1555 et fut enseveli sous le clocher de l'église abbatiale, à la décoration de laquelle il avait travaillé. Mais dès 1542, il avait cédé à son neveu Ie gouvernement de l'abbaye. C'est Arnoul qui fit rebâtir le chœur de l'église et les vitres du bas du chœur. (Son tombeau fut élevé au milieu du chœur, selon Missirien.)"
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Photographie lavieb-aile mai 2019.
Photographie lavieb-aile mai 2019.
Photographie lavieb-aile mai 2019.
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3. Les armoiries de l'abbé Jean Briant (1608-1630).
[D'azur] à la colombe [d'argent] portant dans son bec un rameau [de sinople] .
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"1608-1630. Jean BRIENT ou BRIANT; est dit Curiosilita dans l'inscription de son tombeau à Landévennec ; est-ce pour dire qu'il était originaire de Curiosolit ou de Corseult (Côtes-du-Nord) ? Il était allé en Allemagne, puis en Italie, pour achever ses études, et fut reçu docteur in utroque à l'université de Bologne, le 28 Mars 1599 (H. 9). Il devint chanoine, grand archidiacre de Cornouaille et recteur de Crozon. Missirien ajoute « qu'il peut être honoré en la qualité de restaurateur de l'abbaye, qu'il a fait réparer presque depuis les fondements; il a fait bâtir la maison du Péniti, pour le logement des Abbés commendataires, et la décora de plusieurs beaux jardins, vergers, clôtures et pêcheries. Il a établi la réforme et appelé en cette abbaye les religieux de la congrégation de Saint-Maur. Il portait pour armes : d'azur au pigeon d*argent portant dans son bec un rameau de sinople,
Une pièce des archives départementales (H. 19) nous apprend que, le 10 Mars 1608, le Roi a agréé la résignation de Mr Pierre Loargan, Abbé, en faveur de Me Jehan Briant, prêtre, chanoîne archidiacre de Cornouaille, à charge de 500 livres de pension à payer à M. Augustin Potier, clerc du diocèsie de Paris, sa vie durant. Jean Briant trouva l'abbaye dans le plus triste état, car elle avait reçu la visite des Ligueurs, à la fin du xvie siècle, et l'on peut voir le détail des dévastations commises, dans la notice que M. Le Vot a consacrée à Landévennec, comme aussi on y voit les difficultés de toutes sortes opposées à son projet de réforme nous en donnerons un aperçu dans la pièce suivante (H. 49), dans laquelle Jean Briand expose ses plaintes au Baillif de Châteaulin, le 14 Février 1628.
« Lan 1606 (1608 ?) Jan Briand fut pourvu, par la faveur du Roi, de l'abbaye de Landévennec, quil trouva à son arrivée dans un état déplorable. Les réparations à faire s'élevaient à plus de 19.000 livres ; mille livres de rentes avaient été aliénées, les titres étaient perdus ou égarés, toutes choses étaient en telle désolation, que les deux pauvres religieux qui y habitaient, et non plus, semblaient plutôt des ermites en un désert. a Jan Briant s'employa à défricher ce désert ; il répara les ruines, rechercha les titres, acquitta les biens aliénés, et ce au prix et de soins et de dépenses considérables. Il ne lui restait plus que d'y introduire une meilleure discipline ; mais, il faut l'avouer, qu'il se trompa dans le choix qu'il fit des Frères Benoît Grosdoy (prieur claustral), Christophe Picot (prieur de l'Hôpital-Camfrout), Jan Talliotz (prieur du Parc), Guillaume Robineau (prieur de Concarneau), René Silguy (prieur de Châteaulin), qu'il appela, l'an 1616, du prieuré de Léon (Lehon) et autres maisons quils occupaient en cette province, sous le titre de réformés ». « II est considérable (on doit remarquer) que Silguy, qui renonce aujourd'hui (1628) à la réforme, était lors demeurant en l'abbaye du Tronchet, une des maisons de leur prétendue réforme, où, en effet, il faisait profession ou (quoi que soit), contenence de réforme comme les autres. Il dit, par sa missive du 21 Janvier 1617, que depuis 1612 ou 1613, il ne pippe, ni n'affronte plus personne pour avoir de l'argent; et par celle du 27 Février 1612, il fait des congratulations particulières à Jan Briant, de la résolution et du soin qu'il prenait.de rétablir en son abbaye la règle de S 1 Benoît; qu'étant venu (lui Silguy), à Landévennec, sous prétexte de réforme, comme les autres, il y a vécu, du commencement, comme réformé et lui-même s'est qualifié tel; tellement que quand il dit aujourd'hui, qu'il n'est point réformé et que jamais il n'en a fait vœu ni profession, c'est bien avouer, en effet, que l'on se trompait et abusait en l'appelant sous prétexte de réforme. Comme de fait, pour montrer en passant la vanité et l'abus de cette prétendue réforme, il est à remarquer que les religieux d'icelle s'étaient faite une prétendue congrégation à part, qui était plutôt un& désagrégation de la compagnie des autres, congrégation acéphale, du tout informe et sans approbation de Sa Sainteté ; ils s'étaient, de leur autorité, fait un supérieur visiteur, Frère François Heiûplé qui, par ses déportements, s'était rendu ennuyeux au Frère Picot, qui avait été prieur de Landévennec... »
Le baillif de Chateaulin déclara, par sentence, que Hemplé n'aurait aucun droit de visite à Landévennec. Tant de troubles dans son administration engagèrent Jan Briand à résigner son abbaye, ce qu'il fit dès 1627, dit Noël Mars ; mais elle ne fut confirmée que par la nomination de son successeur, Pierre Tanguy, par Urbain VIII, en Mars 1630 (Le Vot). M. Le Men (Monographie, p. 71), nous apprend que Jean Briant avait, en 1611, choisi pour sa sépulture une tombe près de l'autel de Notre-Dame (des Victoires), à la cathédrale, et fondé une messe avec 25 livres de rente au Chapitre. Dans un autre acte du 29 Avril 1617, il donnait au Chapitre 130 livres de rente pour la fondation d'un salut ou station après vêpres, le dimanche, et le Chapitre, en retour, lui accorde, s'il le désire, droit de sépulture dans la nef de la cathédrale, à condition qu'il abandonne ses droits sur la tombe déjà choisie en la chapelle Notre-Dame. Il semble que, dans la suite, Jean Briant abandonna ce projet de se faire inhumer à la cathédrale, car il se fît construire de son vivant un tombeau, dans son église abbatiale, où on lisait l'inscription suivante : HIC . EXPECTAT . RESVRRECTIONEM . MORTVORVM R . ET . V . VIR . JOANNES „ BRIENT . CVRIOSOUTA QVI . SVPERSTAT . JVRIS . VTRIVSQVE . DOCTOR ARCBIDIACONVS , AC . CANONICVS . CORISOPITENSIS HVIVSQVE . COENOBII , ARCH1MANDRIDA . EIVSQVE REFORMATIONIS . REDIBITOR . AEDIVM AEDIFICIORVMQVE . RESTAVRATOR . NOVORVMQVE PER VIGIL . EXTITIT . EXTRVCTOR . 1630
Cette date de 1630 apposée sur la tombe de Jean Briant, à Landévennec, semble indiquer qu'elle était un cénotaphe, rappelant simplement la mémoire du célèbre Abbé ; d'un autre côté, nulle trace de sa tombe n'a été conservée à la cathédrale; ce qui est hors de doute, c'est que Jean Briant ne mourut, comme le dit le nécrologe, que le 21 Mai 1632, et qu'il ne fut inhumé que dix jours après, ce qui ferait penser que, mort à Quimper, son corps fut transporté dans son ancienne abbaye."
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Photographie lavieb-aile mai 2019.
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4. Armoiries des abbés Pierre ou Jacques Tanguy dans la réserve du jardin du Musée.
Mitre, crosse en pal (tournée vers l'extérieur), blason échiqueté où on devine les armes des Tanguy. Pas de date.
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"1630-1665. Pierre TANGUY; parent du précédent (Jean Briant), obtint de lui, par résignation, l'abbaye et Ia paroisse de Crozon. Pierre était conseiller du Roi et aumônier de la reine Anne d'Autriche (Missirien). Sur sa demande, on obtint, en 1635 (H. 19), des lettres royales données à Saint-Germain en Laye, établissant en la ville de Landévennec un marché par semaine, le mercredi, et trois foires par an : le 3 Mars, le 26 Juin et le 1« Août. En 1644, Pierre Tanguy réclama son droit de nomination au sujet du vicariat perpétuel de Dinéault. Huit paroisses dépendaient de l'abbaye, dont l'Abbé était recteur primitif ; c'étaient : Dinéault, Edern, Argol, Telgruc, Châteaulin, Landrévarzec, Lothey et Landévennec. Ces paroisses, dans les synodes, étaient appelées immédiatement après l'Abbé de Landévennec, donc l'Abbé a droit de présentation dans la paroisse de Dinéault, comme dans les sept autres (G. 326). 1645. Le vendredi dans l'octave de Pâques, Sr René du Louet consacra le maître-autel de l'église abbatiale de Landévennec, nouvellement reconstruit, et y déposa les reliques de saint Etienne, de saint Sébastien et de saint Guenolé. Le 12 Décembre 1650, l'Abbé se plaint que les religieux ont laissé tomber en ruine la grande église de Saint-pierre du Parc, dont on a pris les débris pour construire certaines dépendances de l'abbaye (H. 9). En 1665, il résigna son abbaye h Jacques Tanguy, mourut en 1669, et fut inhumé à Landévennec, en la chapelle Notre-Dame de l'église abbatiale."
Photographie lavieb-aile mai 2019.
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LA CHAPELLE DU FOLGOAT À LANDÉVENNEC.
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Chapelle du Folgoat à Landévennec. Photographie lavieb-aile 9 mai 2019.
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Le blason de l'abbé Pierre Tanguy.
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Plaque de kersanton de même facture que les autres plaques des Tanguy, mais portant l'inscription DEO ET IMMACULATAE CONCEPTIONI VIRGINIS: , "A Dieu et à l'Immaculée Vierge [Marie].
Le blason encadré par deux palmes a été soigneusement martelé, et on peut juste s'assurer des quatre quartiers.
"Dans une requête détaillée contre les religieux, en 1650, il est dit « que, depuis cinq ans (l'abbé Tanguy), a fait construire une belle chapelle nommée Notre-Dame du Folgoet, assez proche de l'abbaye, où il y a une grande dévotion, et où il tombe de grandes offrandes que les religieux ont perçues sans aucun droit, et dont il demande le rapport (H. 9). Il s'agit ici de la chapelle du Petit-Folgoat, rebâtie par Pierre Tanguy.
À 3 kilomètres du bourg de Landévennec, à vol d'oiseau ; à 4 kilomètres et demi, par un chemin peu praticable et par détroits sentiers traversant un grand bois, à la queue de l'étang du moulin à mer, tout près de la maison d'un garde forestier, se trouve aujourd'hui une petite chapelle assez misérable, dénommée chapelle du Folgoat, du même nom que la forêt au bas de laquelle elle est située. Elle se composait primitivement d'une nef de 13 m. 30 sur 5 m. 55, ayant l'air de dater de la fin du xvie siècle ou du xviie , à laquelle on a ajouté plus tard une branche en équerre, du côté Nord, mesurant 5 m. 50 sur 4 m. 12, communiquant avec la nef par une large arcade. Le mur Midi est percé de deux fenêtres à, plein-cintre, larges de O m. 45 et hautes de 1 m. 20. Dans le mur Est sont deux fenêtres à meneaux flamboyants, dernière époque. Un petit clocher XVIIe OU XVIIIe siècle surmonte le pignon Nord.
Au-dessus de la porte Ouest, est encastrée une pierre rectangulaire encadrée de moulures et portant cette inscription : DEO ET IMMACVLATE CONCEPTION! VIRGINIS puis un écusson martelé; qui devait porter les armes de l'Abbé Pierre Tanguy, qui l'avait fait reconstruire en 1635.
Toute la maçonnerie est faite en assez pauvres moellons; il n'y a de pierres de taille que dans les encadrements des portes et des fenêtres. A l'intérieur, le pavé est en terre battue, et le plafond en lambris de bois n'a jamais été peint. Les statues en vénération sont : 1° Vierge-Mère, portant sur le bras gauche l'EnfantJésus nu, tenant la boule du monde. Cette sculpture est de la famille de celles qui sortent des ateliers du port de Brest. Hauteur, 1 m. 10; 2° Saint Joseph tenant un livre, et le pied d'un lis ; 3° Saint Pierre, dont on a fait un saint Gouesnou, genre lourd du xvne siècle ; 4° Saint Jean-Baptiste, maigre ; 5° Sainte. Anne tenant un livre et donnant la main à la petite Sainte Vierge. Celte statue a la facture et. le style de la sainte Candide qui se trouve dans la chapelle de Locunduf de Tourch, et pourrait remonter au xv 6 siècle ou au commencement du xvie . Cest la seule des statues de cette chapelle qui ait un peu de genre et de caractère, Au-dessus du maître-autel, est un tableau en peinture sur bois, mesurant 1 m. 10 sur O m. 65, représentant le supplice d'un jeune martyr. Un bourreau lui lie les pieds, un autre lui passe des liens sur le milieu du corps. Un « personnage à couronne laurée est à cheval ; un autre, casqué, tient une oriflamme; un troisième porte une enseigne romaine ; un quatrième est armé d'une lance ; trois ou quatre autres sont coiffés de turbans. Près de l'angle Sud-Est de la chapelle, est une pauvre petite fontaine, à moitié desséchée et pour laquelle on semble avoir bien peu de dévotion. .
C'est là que Noël Mars, l'historien de Landévennec au XVII« siècle, a voulu faire vivre Salaun ar foll (le Salaun du Folgoat de Lesneven), en se basant sur une traduction incorrecte et incomprise du manuscrit de Jean de Langoueznou, et en faisant de celui-ci un Abbé de Landévennec, où il n'a jamais été probablement. Dans cette traduction, faite par l'angevin Pascal Robin, celui-ci, absolument ignorant des noms des localités bretonnes, en mème temps écrivain brouillon et pressé, semble avoir fait double ou triple confusion : il a dû traduire Languen- * noel (de Langoueznou) par Landévennec, et également encore par Landévennec, le terme Lesnevennensis (de Lesneven). Ce texte désordonné et incompréhensible, M. de Kerdanet l'a rectifié dans son annotation d'Albert Le Grand, mais malheureusement sans exposer les raisons et l'explication, conformément aux règles de la critique de nos, jours. Pour mettre en lumière cette question quon a embrouillée à plaisir, il faudrait une exposition dune assez grande étendue. Dans cette note, il suffit de dire que la pauvre chapelle de Landévennec peut valoir tout au plus trois ou quatre mille francs, tandis que l'église merveilleuse du Folgoat vaut trois ou quatre millions ; que la petite chapelle du bois de Lampigou n'a jamais de pèlerins, sinon un nombre assez restreint, le jour du Pardon annuel, tandis que le Folgoat du Léon en compte des centaines de mille par an, Sentant le besoin d'une réforme plus radicale que celle qu'avait essayée Jean Briant, Pierre Tanguy introduisit à Landévennec les bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, dès 1636 (Trévaux) ; mais cet essai ne semble pas avoir porté de grands fruits, "
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Chapelle du Folgoat à Landévennec. Photographie lavieb-aile 9 mai 2019.
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En passant : le bénitier extérieur de la chapelle.
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Chapelle du Folgoat à Landévennec. Photographie lavieb-aile 9 mai 2019.
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LE CALVAIRE DE L'ENCLOS DE TRÉGARVAN : ALAIN DE TRÉGAIN (1524-1530)
Le socle du calvaire porte la date de 1527. Le croisillon porte les armes à trois pomme de pin d'Alain de Trégain, abbé de Landévennec de 1524 à 1530. Le cliché pris en 2019 montre que les pommes de pin sont bien érodées, alors que le lichen blanc perturbe la lecture, tandis que la crosse en pâle se devine à peine, mais Yves-Pascal Castel en a dressé un croquis en 1980.
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Trégarvan, calvaire : croquis par Yves-Pascal Castel.
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Calvaire de Trégarvan (kersanton, 1527), blason d'Alain de Trégain. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
Calvaire de Trégarvan (kersanton, 1527), blason d'Alain de Trégain. Photographie lavieb-aile 15 mai 2019.
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L'ÉGLISE DE L'HÔPITAL-CAMFROUT : ALAIN DE TRÉGAIN (1524-1530).
Identification par Monuments et objets d'arts du Finistère dans le Bulletin de la Société archéologique du Finistère de 2004 par Yves-Pascal Castel, Annie Le Men et Michel Quéran, non confirmé par mon observation sur place puisque le blason est lisse.
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Écu de droite du registre inférieur, kersanton, 1524-1538, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.
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L'ÉGLISE DE L'HÔPITAL-CAMFROUT : MAURICE BRIENT (1534-1538).
Identification par Monuments et objets d'arts du Finistère dans le Bulletin de la Société archéologique du Finistère de 2004 par Yves-Pascal Castel, Annie Le Men et Michel Quéran, non confirmé par mon observation sur place puisque le blason est lisse..
Écu de gauche du registre supérieur, élévation ouest de l'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle à l'Hôpital-Camfrout. Photographie lavieb-aile février 2017.
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LE PRESBYTÈRE DE L'ÉGLISE DE CROZON.
La façade du presbytère (en rénovation en 2019) porte le blason d'un abbés de Landévennec, Pierre ou Jacques Tanguy.
Jean Briant puis Pierre Tanguy furent successivement recteurs de Crozon.
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Presbytère de Crozon. Photographie lavieb-aile 12 mai 2019.
Presbytère de Crozon. Photographie lavieb-aile 12 mai 2019.
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LES BLASONS DE L'ÉGLISE D'ARGOL.
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1. Le blason de l'abbé Jean Briant sur le calvaire du cimetière.
La croix du cimetière porte la date de 1593 (pan méridional du socle), et sur la face orientale du croisillon la mention IANGVENQVALEC Y GAL 1617.
Sur le nœud du croisillon, coté occidental, se trouve le blason de l'abbé Jean Briant, abbé de Landévennec de 1608 à 1632, et sous l'abbatiat duquel le calvaire a été érigé. Il est aujourd'hui si couvert de lichens qu'il faut se reporter à des CPA (n°2937 Jos Le Doaré, ed. E. . Hamonic ) ou au cliché de Christel Douard pour voir clairement la colombe et son rameau.
Néanmoins, on peut s'étonner, sur ces derniers clichés, du coté trop net, trop neuf et trop stylisé du blason, très différent du blason de Jean Brient retrouvé dans les ruines de l'abbaye, et penser qu'il relève d'une restauration zélée en 1891, au même titre que la statue de saint Pierre du fût ... ce qui renforce le doute sur l'ancienneté du blason du fronton de l'église (infra).
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Calvaire de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile 9 mai 2019.
CPA n°2937 Jos Le Doaré, ed. E. . Hamonic . ansichtskartenversand.com
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2. Les blasons des Tanguy sur l'église et sur l'Arc de triomphe (porte monumentale de l'enclos).
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Sur le fronton du porche méridional de l'église d'Argol, et au dessus d'une date de 1839, on voit, parfaitement conservé (ou restauré ??) et placé ici en réemploi le blason à quatre quartiers des abbés Pierre ou Jacques Tanguy.
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Face sud de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile 9 mai 2019.
Fronton de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile 9 mai 2019.
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La colombe tenant son rameau, en 2 et 3, et l'aigle accompagné de trois étoiles en 1 et 4, sont (trop) parfaitement détaillés.
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Fronton de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile 9 mai 2019.
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Le même blason, très martelé au contraire, se trouve au dessus de la baie de la chapelle du Rosaire de la même façade sud.
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Fronton de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile 13 mai 2019.
Fronton de l'église d'Argol. Photographie lavieb-aile 13 mai 2019.
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Derrière le cavalier intitulé pour les touristes "roi Gradlon" (en réalité l'un des cavaliers encadrant le Christ en croix sur les calvaires monumentaux bretons, comme aujourd'hui à Sainte-Marie-du-Ménez-Hom par ex.) et placé sur cet arc de triomphe assez récemment (XIXe ?), on voit le blason d'un abbé de Landévennec très martelé : sans doute celui de Pierre ou Jacques Tanguy.
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Arc de triomphe d'Argol. Photographie lavieb-aile 9 mai 2019.
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PLOMODIERN, la chapelle Saint-Suliau. Armoiries d'un des abbé Tanguy.
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La chapelle est datée d'après ce blason, mais on lit partout la date de 1665, au lieu du créneau 1630-1695.
Le blason est bien conservé.
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Chapelle Saint-Suliau à Plomodiern. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.
Chapelle Saint-Suliau à Plomodiern. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.
Chapelle Saint-Suliau à Plomodiern. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.
Chapelle Saint-Suliau à Plomodiern. Photographie lavieb-aile 5 juin 2019.
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LISTE RÉCAPITULATIVE.
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— Henri de Morillon (1425 - 1442), d'or au griffon de gueules armé de sable.
Blason retrouvée en réemploi dans un mur de l'ancienne abbaye lors des fouilles. Pas de photo
— Jehan du Vieux-Chastel (1496-1522) à 3 fasces accompagnées de 10 hermines 4. 3.2.1 accompagné d'un lambel à 3 pendants
Statue de saint Guénolé : ancienne abbaye de Landévennec, in situ (Musée)
gisant de Jehan du Vieux-Chastel, ancienne abbaye de Landévennec :Musée)
Ruines de l'ancienne abbaye de Landévennec , jardin du Musée de Landévennec.
Cloche de 1513 de l'ancienne abbaye (installée sur le clocher de l'église)
— Alain de Trégain (1524-1538), d'or à trois pommes de pin de gueules.
Calvaire de Trégarvan.
Hôpital-Camfrout
— Maurice Briant (1534-1538) ou plutôt Arnoul Briant (1538-1542), d'azur à 3 banderoles d'or.
Ruines de l'ancienne abbaye de Landévennec (deux blocs de pierre).
— Jean Briant (1608-1630), d'azur à la colombe d'argent portant dans son bec un rameau de sinople.
Musée de l'ancienne abbaye de Landévennec.
Argol, calvaire (1593 et 1617).
— Pierre Tanguy (1630-1665) ou Jacques Tanguy (1665-1695), écarlelé aux 1 et 4 d'argent à l'aigle cantonnée de deux étoiles, le tout de sable ; aux 2 et 3 d'azur à une colombe d'argent, portant dans son bec un rameau d'olivier de sinople.
Landévennec, église, chevet (1652 ?)
Landévennec, église, pignon ouest (1693)
Landévennec, ancienne abbaye, porte de clôture du logement prioral
Landévennec, maison 1 rue Saint-Guénolé (1694)
Landévennec, chapelle du Folgoat.
Argol, église, arc de triomphe
Argol, église, fronton porche sud
Argol, église, élévation sud.
Crozon, presbytère
Plomodiern, chapelle Saint-Suliau.
— Toussaint Conen de Saint-Luc (1780-1790), d'argent coupé d'or, un lion l'un dans l'autre, armé, couronné et lampassé de gueules
Landévennec, rue du Pâl.
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En conclusion, et sous réserve d'inventaire, cette liste témoigne du souci des abbés de Landévennec d'affirmer (comme les seigneurs prééminenciers sur les vitres des chapelles de leur paroisse) leurs droits sur leurs possessions en apposant leurs armoiries sur les églises et autres monuments religieux, sans qu'il soit possible (pour moi) de dire s'ils exercent en outre un rôle de commanditaire. Autrement dit, se contentent-ils d'affirmer leurs droits, ou se soucient-ils de bâtir, de restaurer, d'entretenir ou d'embellir leurs possessions?
Malgré un biais évident dans ma recherche, c'est principalement sur la presqu'île de Crozon, et surtout après l'installation du régime de la commende, que les abbés font sculpter leur blason, avec une mention très particulière à Pierre et Jacques Tanguy. Témoin de leur cupidité ou au contraire de leur implication patrimoniale ?
Les possessions de Landévennec:
Les donations de Gradlon, énumérées dans le Cartulaire de Landevennec, comprenaient le territoire des paroisses d'Argol, Telgruc, Crozon, Treflez, Trégarvan et Landevennec, trois îles et 106 métairies, dont 22, situées dans la paroisse de Briec.
Huit paroisses dépendaient de l'abbaye, dont l'Abbé était recteur primitif ; c'étaient : Dinéault, Edern, Argol, Telgruc, Châteaulin, Landrévarzec, Lothey et Landévennec.
Neuf priorés éloignés dépendaient de l'abbaye de Landevennec. C'étaient :
Celui de Topopegia, ou Ty-Bidy, en Rosnoen, relevant de la juridiction royale de Châteaulin. L'abbaye y possédait une ferme qui payait, entre autres redevances, 4200 livres de beurre net et salé, et dont les métayers étaient tenus à loger les religieux lorsqu'ils ne pouvaient passer la mer.
Le prieuré de Saint-Idumet ou Idunet, à Châteaulin,
Le prieuré de Conq ou Concarneau, cédé et uni, en 1727, à l'hôpital de cette ville.
Le prieuré de Notre-Dame. de l'Hôpital-Camfrout, en Hanvec
Le prieuré de l'île de Sein.
Le prieuré de Lanvern, ex-trêve de Lanvern, commune de Plounéour.
Le prieuré du Parc ou de Saint-Pierre du Parc, en Rosnoën,
Le prieuré de Saint-Valez ou Saint-Valais, en Landevennec.
Le prieuré de Batz-sur-Mer (Loire-Atlantique), fondé en 945 par Alain Barbe-Torte, qui le donna à l'abbé Jean.
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Carte 2 – Donations faites à l’abbaye de Landévennec. (Sources : Tanguy, Bernard, Noms de lieux, Landévennec et le monachisme breton dans le Haut Moyen Âge, 1985, p. 153)
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Ce sont donc les monuments de ces possessions qu'il faudrait continuer à explorer pour y chercher de nouveaux exemples d'armoiries.
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"Les abbés avaient droit de haute, moyenne et basse justice sur une très-grande partie des fiefs relevant de la seigneurie de Landevennec, où il existait une cour dont les jugements ressortissaient en appel au présidial de Quimper. Comme seigneurs temporels, ils nommaient aux offices de bailli, de procureur fiscal et de greffier de la juridiction. ils nommaient aussi aux offices de greffier et de notaire en la cour du prieuré de Châteaulin, et avaient six prévôts chargés de la cueillette des deniers, dîmes et redevances de leurs domaines, où des receveurs particuliers étaient en outre préposés la perception des droits de rachats, taux et amendes, lods et ventes, épaves et galloys (choses délaissées, perdues, terres vagues), et successions de bâtard.
L'abbé avait ses armoiries appendues dans l'église de son abbaye, dans celle d'Ergué-Gabéric, dans la chapelle de Saint-Gwennolé, même commune, ainsi que dans l'auditoire et les autres bâtiments de la maison abbatiale. L'abbé était en outre outre curé primitif des églises paroissiales de Landevennec, de Crozon, de Châteaulin, et il revendiquait les droits, qui lui furent parfois contestés, le patronage, présentation et nomination des paroisses et trêves d'Argol, Dineault, Édern, Landrevarzec, Lothey, de Batz, Châteaulin, Lanvern, Saint-Pierre et Sainte-Marie de Telgruc, etc., etc
Dans un aveu de l'abbaye, fourni le 7 juin 1679, l'abbé Tanguy se déclarait, seigneur justicier de Landevennec, d'Argol et de Telgruc. Il y énumérait cinq prévôtés, dont les titulaires étaient tenus, sous peine d'amende, d'assister aux généraux plaids. II y déclarait, en outre, avoir le droit de pêche dans la rivière de Châteaulin, le long des terres de l'abbaye."
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RELEVÉ D' INSCRIPTIONS LAPIDAIRES SUR LES MAISONS DE LANDÉVENNEC.
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1°) Rue de l'abbaye faisant l'angle avec la rue du Pâl. Maison de caractère en pierre de Logonna, en cours de rénovation en 2019.
inscription sur le linteau d'une fenêtre.
N: BVZARE ET M : LA/NIVINEC / 1672.
soit : NICOLAS BUZARE ET MARIE LANIVINEC 1672.
Nicolas BUZARE, né vers 1642 à Trégarvan (au bord de l'Aulne, à moins de 18 km de Landévennec) et décédé le 9 février 1710 à Landévennec, était Maistre, Capitaine de la paroisse de Landévennec, Bourgeois, Sénéchal de la juridiction de Landévennec et Noble marchand. Il épousa avant 1667 Marie LANIVINEC, née à Landévennec en 1649, décédée le 19 mai 1682 à Landévennec. à l'âge de 33 ans. Ils eurent 9 enfants entre 1667 et 1681.
Nicolas BUZARE épousa ensuite, le 14 avril 1692, à Landévennec, Renée DUVAL, dont il eut 11 enfants.
— ABGRALL (chanoine Jean-Marie) et PEYRON (chanoine Paul), 1917, Landévennec, [notices sur les paroisses], Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Quimper, 17e année 1917, p. 129-142, 161-170, 193-203, 225-236.
— BARDEL (Annie), PÉRENNEC (Ronan), Les anciens fours à cloches de l’abbaye de Landévennec, in Louis Lemoine, Bernard Merdrignac (dir.), CORONA MONASTICA. Moines bretons de Landévennec, histoire et mémorial celtique. Mélanges offerts au père Marc Simon, p. 129-146
— BARDEL (Annie) 1991, L'Abbaye Saint-Gwénolé de Landévennec. In: Archéologie médiévale, tome 21, 1991. pp. 51-101; doi : https://doi.org/10.3406/arcme.1991.990 https://www.persee.fr/doc/arcme_0153-9337_1991_num_21_1_990
— JOURDAN DE PASSARDIÈRES, 1912, : Histoire de l'abbaye de Landévennec par dom Noël Mars Bibliothèque national manuscrit français n° 22358 anciennement Blancs-Manteaux, Bulletin diocesain d'histoire et d'archéologie de Quimper pages 193-204
:
1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
"Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)