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11 novembre 2019 1 11 /11 /novembre /2019 23:00

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Cet article est le septième d'une série sur l'apparition du jaune d'argent dans les vitraux du chœur de la cathédrale d'Évreux au XIVe siècle. Les quatre premiers articles montrent les vitraux des baies des chapelles du déambulatoire avant cette apparition du "jaune d'Évreux" : voir l'introduction dans le premier article. Le cinquième présente la première baie du chœur qui a bénéficié de cette innovation, la baie 23 datée de 1325-1327 et offerte par l'évêque Geoffroy du Plessis. Le sixième nous faisait accéder aux 15 fenêtres les plus hautes du chœur, pour examiner la baie la plus ancienne de cet ensemble, la baie 211 datée vers 1325-1327. De la même campagne relève la baie 207 offerte par le chanoine Raoul de Ferrières qui est présentée ici. .  Viendront ensuite, dans les travées droite, la baie 208,  puis, dans une deuxième campagne,  les baies du rond-point 200 à 202 :  la Vierge est représentée dans chacune d'entre elles.

Les fenêtres supérieures du chœur sont numérotées de 200 à 214, (les numéros impairs étant situés au nord), au dessus des baies du triforium dont les vitraux héraldiques sont plus tardifs, car réalisés au 3ème quart du XVe siècle.

Ces fenêtres hautes  du chœur bénéficient toutes de l'apport du jaune d'argent, et elles furent réalisées en plusieurs campagnes.

Je suis guidé par les articles de Françoise Gatouillat, et notamment par Gatouillat 2019.

 

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Voir :

 

 

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Voir aussi :

.— Sur les vitraux plus tardifs de la cathédrale d'Évreux :

— Sur les fonds damassés :

.Liste de mes 200 articles sur les vitraux :.

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Succession des vitraux dans le haut chœur, d'après Gatouillat 2001.

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Les vitraux du XIVe siècle de la cathédrale d'Évreux. VII. La baie 207 (1325-1329) offerte par le chanoine  Raoul de Ferrières.

 

 Vue générale des travées droites du chœur, coté nord. Baies 211, 209, 207, 205.

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Les baies hautes du chœur, coté nord. Photographie lavieb-aile.

Les baies hautes du chœur, coté nord. Photographie lavieb-aile.

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La baie 207 entre la baie 209 à gauche et la baie 205 à droite.

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Les baies hautes du chœur, coté nord. Photographie lavieb-aile.

Les baies hautes du chœur, coté nord. Photographie lavieb-aile.

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La baie 207.

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Comme ses voisines, la baie 207 est large de 3,60 m et haute de 6,50 m, elle comporte 4 lancettes trilobées et un tympan à 1 pentalobe, 2 trilobes et 9 écoinçons. 

Elle a été recomposée dans sa forme actuelle en 1955, alors qu'elle était autrefois complétée, jusqu'à la dépose en 1939, par les figures de saint Pierre et de Pierre de Mortain actuellement remontés en baie 209. Lebeurier les a décrit ainsi en 1868 : "La verrière de la fenêtre 42 contient quatre formes : 1° un saint pontife portant la tiare; 2° un chanoine à genoux offrant un vitrail à la Sainte Vierge ; au-dessous l'inscription : M.Raul de Ferrieres; 3* La Sainte Vierge debout tenant l'enfant Jésus; 4° Charles-le-Mauvais, roi de Navarre et comte d'Evreux, qui a été déplacé de la nef, comme nous l'avons déjà dit. Le roi est à genoux, les mains jointes, l'épée au côté ; sa cotte d'armes est rehaussée de ses armoiries : écartelé de Navarre et d'Evreux. "

La disposition générale quitte la disposition "en litre" des verrières précédentes pour placer les panneaux colorés et figurés dans un encadrement de verrerie claire losangiques à fermaillets circulaires bicolores et fleurettes au jaune d'argent .

Les couleurs des panneaux centraux sont celles du trio traditionnel  bleu, rouge, et jaune (avec deux petites pièces vertes), mais l'innovation est de figurer les deux personnages dans un verre blanc peint à la grisaille et au jaune d'argent, à l'exception notable du  manteau jaune de la Vierge, de son nimbe et  de celui de l'Enfant, en verre teintés dans la masse.

La vitrerie géométrique  festonnée est décorée de fleurettes répétitives à 5 pétales jaunes et 5 blancs. Les fermaillets bicolores sont centrés par une petite fleur. 

Les bordures (qui s'interrompent le long des panneaux colorés) alternent des verres bleus ou rouges avec des entrelacs à fleurs jaunes.

Les dais sont semblables à la baie 205 (et bien moins riches que la baie 23) ; ils sont centrés par une flèche (ornée de feuillages) entourée de quatre pinacles à crochets reliés par des contreforts. Le rehaut de jaune d'argent souligne surtout les crochets. En dessous, au dessus du chanoine, et pour compenser sa dimension plus faible, une arcature trilobée s'orne de feuillages et couvre, en gigogne, les gables et la flèche d'une arcade bilobée.

Les fonds des panneaux figurés, rouge ou bleu sont unis, sans le moindre damas, comme sur les verrières du début du siècle.

Les deux personnages sont posés sur une corniche, sans sol carrelé et sans perspective.

C'est, pour Grodecki 1968, "un pur chef-d'œuvre" . Selon Gatouillat 2019, "Devant les arrière-plans architecturaux colorés, les deux personnages, représentés sur du verre blanc associé à deux couches de jaune, imitent de grandes statues en pierre dorée. Les grandses pièces de verre, encore décelables malgré les nombreux plombs de casse, contribuent à la souplesse des formes et à leur monumentalité, rehaussées par des peintures d'une grande finesse. (Against the colored architectural backgrounds, the two figures, depicted on white glass combined with two layers of yellow, imitate large gilded stone statues. The large pieces of glass, still detectable despite the many mending leads, contribute to the suppleness of the forms and theirs monumentality, enhanced bu painting of great delicacy.)

 

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Le jaune d'argent (d'après Lautier 2000).

 

 

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L'apparition du jaune d'argent, qui permet de teinter localement le verre sans coupes ni mise en plombs supplémentaires, est alors toute récente, à Paris un peu avant 1300, dans le milieu   passionné pour la préciosité et le raffinement, des enlumineurs et orfèvres : bien que tous les vitraux parisiens de cette époque aient disparus,  les exemples conservés sont datés de 1313 au Mesnil-Villeman (Manche), entre 1307 et 1312 dans la nef de la cathédrale d'York, vers 1310 dans la chapelle de la Vierge de la cathédrale de Rouen, après 1318 au déambulatoire de  l'abbatiale Saint-Ouen de Rouen,  vers 1320-1324 sur le panneau provenant de la chapelle Saint-Louis de la nef de l'abbatiale de Saint-Denis, en 1328 sur la baie 36 de Chartres, avant 1336 sur les vitraux de Dives-sur-Mer,  en 1328-1329 dans la chapelle de Navarre de Mantes  ... et dans la cathédrale d'Évreux en baie 23 entre 1325 et 1330. 

Dés ces premiers exemples (Mesnil-Villeman, cathédrale de Rouen), le jaune d'argent a été utilisé à la fois sur verre blanc (tapis ornemental, architectures, têtes, vêtements) et sur verre bleu, tant sur les verreries décoratives que sur les panneaux colorés. Il est posé tantôt sur la face interne (architectures), comme cela deviendra la règle, et tantôt sur la face externe (cheveux, vêtements).

Le jaune d'argent est une teinture obtenue par la cémentation des ions d'argent qui pénètrent dans la couche superficielle du verre, tandis que les ions de potassium ou de sodium qu'il contient en sortent. Les ions d'argent provoquent une coloration jaune qui peut varier du jaune pâle à l'orangé foncé, tout en laissant sa transparence au verre. Il est ainsi possible d'obtenir des détails colorés sur une seule et même pièce de verre, comme blondir la chevelure d'une tête peinte sur verre blanc, ourler de vert un vêtement bleu ou nuancer d'or un rinceau ornemental. La coloration du verre par le jaune d'argent commence à apparaître autour de 540°. Le plus souvent, le jaune d'argent est cuit en même temps que la grisaille, c'est-à-dire autour de 620°, mais la cuisson du jaune d'argent peut être poussée jusqu'à 660°.

Pour  Jean Lafond et de Meredith P. Lillich, reprenant les travaux de Heaton en 1947,  le jaune d'argent était fabriqué à l'aide de chlorure ou de sulfure d'argent selon une recette utilisée par les Fatimides égyptiens au XIIe siècle, et  qui serait arrivée en France au XIIIe siècle grâce à un manuscrit ayant appartenu au roi de Castille Alphonse X le Sage, le Lapidario.  Le minerai employé serait la pyrargyrite, qui contient des sulfures d'argent et d'antimoine.

Claudine Lautier a suggéré, et a vérifié par des expériences, que le jaune pouvait  être mis en œuvre plus simplement par application de  limaille d'argent broyée mélangée à de l'œuf et le latex du figuier  (et donc utilisée a tempera), comme le décrit Antoine de Pise, peintre verrier toscan de la fin du XIVe siècle .

 

--Voir à Chartres, la création en 1328 d'un soubassement entièrement en grisaille et jaune d'argent, en bas de la baie 36 de la Vie de saint Apollinaire : celui du chanoine Guillaume Thierry. Cf Lautier 2004.

http://www.medievalart.org.uk/Chartres/036_pages/Chartres_Bay036_Panel05.htm

 

--Voir aussi l'Annonciation de Chartres (2ème quart XIVe siècle)

http://www.lavieb-aile.com/article-vitrail-de-l-annonciation-de-la-cathedrale-de-chartres-123049018.html

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La baie 207 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 207 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Les panneaux colorés centraux  des deuxième et troisième lancettes. Raoul de Ferrières agenouillé devant la Vierge.

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Les vitraux du XIVe siècle de la cathédrale d'Évreux. VII. La baie 207 (1325-1329) offerte par le chanoine  Raoul de Ferrières.

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Le donateur : Raoul de Ferrières offrant la maquette de la baie à la Vierge.

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autre photo :

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Baie_207_Raoul_de_Ferri%C3%A8res_(Notre-Dame,_%C3%89vreux).JPG

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Le donateur, tonsuré, vêtu d'une sorte de mosette couvrant ses épaules et d'un habit aux manches larges sur une robe ajustée (dont le rose pourpre n'apparaît qu'aux poignets et sur le sol), est agenouillé, visage de 3/4 regardant la Vierge.

Il est principalement rendu en verre blanc, le jaune d'argent ne rehaussant que les boucles de sa tonsure.

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L'inscription indique : 

M : RAAUL DE

FERIERES

 

Il était chanoine d'Évreux depuis 1313. Était-il apparenté à Jean Ier de Ferrières, qui avait épousé en 1290 Alix d'Harcourt, dame de Bourtheroulde ?

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La baie 207 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 207 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 207 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 207 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La troisième lancette : la Vierge debout allaitant son Fils.

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Elle est nimbée de rouge, couronnée, et vêtue d'un manteau doré. Elle incline la tête vers son Fils, qu'elle tient sur le bras droit dans un linge blanc à filet d'or (jaune d'argent). L'Enfant tête le sein qu'il entoure de ses mains.

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La baie 207 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 207 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le motif de la Vierge allaitant son Fils est rare au XIVe siècle.

Le site Enluminures réunissant les peintures des manuscrits des bibliothèques municipales françaises comporte dans son index un item "Vierge à l'Enfant allaitant", qui propose 15 réponses.  Deux d'entre elles sont antérieures à notre verrière. La plus ancienne, de la fin du XIIe siècle, Tours ms 0352 folio 080 est une initiale C ornée du livre 3 de la Théologie systématique de Pierre le Lombard. La Vierge est voilée, nimbée mais non couronnée, elle est assise et son enfant emmaillotée est sur ses genoux.

Le second exemple , Le Mans ms 0691 folio 015, le Juratoire de la chapelle royale de Maulny, représente Louis II d'Anjou agenouillé au pied de la Vierge debout, nimbée, couronnée et voilée, portant son enfant sur le bras droit. Voilà donc une peinture très proche par son sujet (un donateur) et son dessin des panneaux de la baie 207. Mais la datation du XIVe siècle des enluminures du manuscrit ne correspond qu'aux 2 premières miniatures, et celle-ci est datée du début du XVe . Louis II d'Anjou, né en 1377,  époux de Yolande d'Aragon, est décédé en 1417.

En conclusion, aucune des réponses du site Enluminures ne peut être intéressante pour des liens d'iconographie de cette verrière. 

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Louis II d'Anjou au pied de la Vierge allaitant son Fils. Le Mans BM ms 0691.

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L'autre source d'information est le site Mandragore des collections de la BnF. La recherche thématique propose 480 images de Vierge à l'enfant", mais il faut rechercher parmi ces images les "Vierges allaitant"  et sélectionner celles antérieures au milieu du XIVe siècle : j'ai peut-être laissé passer quelques manuscrits, mais je retiens :

  •  latin 11767 f 12, 12e, entre 1102 et 1123, regula s. benedicti corbie,
  •  Français 9220 folio 3v Verger de soulas 13e
  • Latin 3023 f 197v Petrus lombardii, sententiarium libri iv italie, Bologne, 3e quart 13e
  • Latin 10438 f 203 breviarium ad usum fratrum praedicatorum vers 1323-1326, Jean Pucelle
  • Français 13342 folio 45v Traité sur la messe 1er quart XIVe,  dialogue du père et du fils , angleterre, edmond rich (s.), speculum ecclesiae (trad. Anonyme) , 1er quart XIVe
  • [Français 162 Bible historiale Paris, milieu ou 3e quart XIVe]

[Et pour mention, quelques manuscrits du XVIe :

latin 10532 f.324 heures de frédéric d'aragon 1501 jean bourdichon

 NAL 302 foli 83v heures d'antoine le bon 1533

NAL 392 f 47 horae ad usum rotomagensem heures ango Rouen vers 1515]

Parmi ces manuscrits, l'un retient l'attention, c'est le Bréviaire de Belleville Latin 10438 de Jean Pucelle, puisque tous les auteurs récents ont souligné que cet artiste a exercé une influence certaine sur les maîtres-verriers de Rouen et d'Évreux. Mais cette influence reste générale, sans que ces auteurs ne puissent fournir une enluminure ayant clairement servi de modèles aux vitraux.

C'est dire l'intérêt de cette enluminure du folio 203 du 1er volume (volume d'hiver) du Bréviaire. Il introduit  le Sermon sur l'Annonciation de saint Augustin De annunciatione dominica, lectio prima, du premier samedi après l'octave de l'épiphanie. Castissimum beate Marie virginis uterum clausum, ventris cubiculum signatum pudoris cenaculum merito plenissime collaudarem, si messem meterem quam non seminavi.

Devant un groupe de trois personnes, une femme mains jointes est agenouillée devant la Vierge assise, nimbée, couronnée, tournée vers la gauche et présentant son sein gauche à l'enfant qui s'en détourne.

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Jean Pucelle, Bréviaire de Belleville I folio 203r. BnF Gallica.

 

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En cherchant bien, je trouve aussi, dans les Heures de Jeanne de Navarre, enluminées un peu plus tard (1330-1340) par Jean Pucelle, Jean Le Noir et Jean Mahiet, les deux miniatures suivantes :

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Horae Johannae reginae Navarrae

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BnF Gallica Horae Johannae Navarrae

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BnF Gallica Horae Johannae Navarrae

 

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La baie 207 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 207 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le tympan.

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Dans l'oculus, une tête de la Vierge, couronnée, est entourée de motifs architecturaux formant redents. Les lobes du pentalobe et du trilobe reçoivent des rinceaux de feuillages enroulés (très restaurés).

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La baie 207 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 207 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le triforium : baie 107. Les armes d'Évreux et de France (3ème quart XVe).

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La baie 107 (3ème quart XVe siècle) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 107 (3ème quart XVe siècle) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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UN AUTRE VITRAIL OFFERT PAR RAOUL DE FERRIÈRES VERS 1315.

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Parmi les vitraux déplacés, F. Gatouillat décrit deux panneaux rectangulaire de 0,70 m sur 0,63 m qui sont les premiers éléments d'une donation du chanoine Raoul de Ferrières, provenant d'une des chapelles du déambulatoire et datés vers 1315-1320. Dans un encadrement architectural, le donateur agenouillé sur un coussin rouge  est identifié par l'inscription placée à la base de la composition. Le jaune d'argent est employé sur la chevelure et le col.  À la différence de la baie 207, sa tête est recouverte d'un capuchon, l'aumusse.

Inscription en haute et étroites lettres gothiques : MISSIRE :   DE FERIERES : CHANOINE : DE : CEANS : DONNA CESTE VERRIERE .

Entre le milieu du XIXe siècle et 1939, ces panneaux occupaient la première lancette de la baie 211, que Lebeurier décrivait ainsi  :La verrière de la fenêtre 44 contient: 1° «un chanoine à genoux et au-dessous l'inscription: messire raoul de ferieres chanoine de céans donna ceste verrière; 2° la Vierge portant l'enfant Jésus; 3- une grisaille ; 4° S. Denis portant sa tète mitrée et revêtu d'une chasuble d'azur semée de fleurs de lys d'or.

 

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Raoul de Ferrières en donateur, vers 1315. Photographié dans Gatouillat 2001 planche XI . Voir aussi Gatouillat 2019 figure 23:2 Droits réservés.

 

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Raoul de Ferrières en donateur, vers 1315. Photographié dans Gatouillat 2001 planche XI .

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SOURCES ET LIENS.

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— Histoire des évêques d'Évreux : avec des notes et des armoiries / par M. A. Chassant,... et M. G.-E. Sauvage,..1846.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k95305k/f101.item

complété par de Burey :

https://books.google.fr/books?id=8XthAAAAcAAJ&pg=PA69&dq=%22Geoffroy++du+Plessis%22+%C3%A9vreux&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwieyITEp9XlAhVPTBoKHSozCGkQ6AEIaDAH#v=onepage&q=%22Geoffroy%20%20du%20Plessis%22%20%C3%A9vreux&f=false

 

— BEUCHER (Monique), 1978, « Les verrières du chœur d'Évreux », Dossiers de l'archéologie, n° 26, 1978, pp. 63-75, et Beucher (Monique), 1975, "Cathédrale d'Évreux : verrières hautes du chœur antérieures à 1340", thèse de 3e cycle : non consultés.

BONNENFANT (Georges),1939, Notre-Dame d’Evreux (Paris: H. Laurens, 1939), 43-44, pl. 16;

— BOUDOT ( Marcel), 1966,“Les verrières de la cathédrale d’Evreux: Cinq siècles d’histoire,” Nouvelles de l’Eure 27 (1966), 28-29.

— BOUSQUET (Jacques et Philippe), 2019, Donateurs avec la Madone, le cas de la cathédrale d'Evreux, site artiflexinopere.

https://artifexinopere.com/?p=17412

— BUREY (comte de), 1897, Le chœur de la cathédrale d'Évreux depuis sa restauration

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5475209v.texteImage

— FOSSEY Jules  1898, Monographie de la cathédrale d'Evreux par l'abbé Jules Fossey,... Illustrations de M. Paulin Carbonnier,...

— GATOUILLAT (Françoise), 2019, "French 14-th-century stained glass and other arts", in Investigations in Medieval Stained Glass, Materials, Methods and Expressions, Brill ed., pages 374-385

https://books.google.fr/books?id=1UueDwAAQBAJ&pg=PA187&lpg=PA187&dq=Un+vitrail+parisien+%C3%A0+Chartres+:+la+grisaille+du+chanoine+Thierry&source=bl&ots=QuRvF1dUau&sig=ACfU3U3lahBykWbfmmvTi-mDVBZ952XdSg&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiFwYn_nuLlAhWPy4UKHRToAEEQ6AEwBXoECAkQAQ#v=snippet&q=%C3%A9vreux&f=false

 — GATOUILLAT (Françoise), 2001, "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in CALLIAS-BEY, M., CHAUSSÉ, V., GATOUILLAT, F., HÉROLD, M., Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum France, Recensement des vitraux anciens vol. VI, Ed du CNRS / Monum ed. du patrimoine. Paris, pages 143-161.

GAVET Philippe, Si l'art m'était conté. La cathédrale d'Évreux.

  http://www.philippe-gavet.fr/05/36/index.html

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ) et  Françoise Gatouillat, La cathédrale d’Evreux, Evreux, Hérissey, 1997.

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_2001_num_159_3_1042_t1_0286_0000_3

 

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ), HENRY (Virginie), 2016, Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07

http://www.eure.gouv.fr/content/download/18041/123811/file/ESSENTIEL_CONNAISSANCE_07%20Historique%20complet%20de%20la%20Cath%C3%A9drale%20d'Evreux.pdf

— GRODECKI ( Louis), 1957. "Architectures peintes dans les vitraux". In: Bulletin Monumental, tome 115, n°3, année 1957. pp. 226-228; https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1957_num_115_3_4022_t1_0226_0000_4

 

— HEATON (Noël ), 1947-1948,, « The origin and Use of Silver Stain », dans Journal of the British Society of Master Glass-Painters, X/1, , pages 9-16

— KURMANN-SCHWARZ (Brigitte), LAUTIER  (Claudine), 2009, « Le vitrail médiéval en Europe : dix ans d’une recherche foisonnante », Perspective [En ligne], 1 | 2009, mis en ligne le 21 février 2018, consulté le 01 novembre 2019.

https://journals.openedition.org/perspective/1841#tocto2n3

— LAFOND (Jean), 1953, "Le vitrail en Normandie de 1250 à 1300", Bulletin Monumental  Année 1953  111-4  pp. 317-358

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1953_num_111_4_3745

 

— LAFOND (Jean), 1973, "Les vitraux royaux et princiers de la cathédrale d'Évreux et les dessins de la collection Gaignières". In: Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France, 1973, 1975. pp. 103-112; doi : https://doi.org/10.3406/bsnaf.1975.8252 https://www.persee.fr/doc/bsnaf_0081-1181_1975_num_1973_1_8252

 

— LASTEYRIE (Ferdinand), 1853-1857, Histoire de la peinture sur verre après ses monuments en France , impr. de Firmin-Didot frères, fils et Cie (Paris), 2 vol. in-fol., dont un de pl. coloriées, dessinées et lithographiées par l'auteur.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65290742/f91.image.texteImage

— LEBEURIER (P-F.), 1868,  Description de la Cathédrale d'Evreux accompagnée d'une vue générale et d'un plan géométrique, Huet ed., Evreux 1868

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ/page/n31

 

"Inventaire des dessins exécutés pour Roger de Gaignières et conservés aux départements des estampes et des manuscrits"

 https://archive.org/details/inventairedesde00gaiggoog/page/n70, 

Fol. 13.  4167. — Vitrail exécuté dans le XV* siècle sur lequel est représenté un chevalier portant un haubert d'or [sic]. Armes : de gueules à deux fasces d'or au lambel à trois pendants d'azur chargé de neuf besants d'argent. Tiré de la cathédrale d'Ëvreux. Aquarelle. — [Portrait de Guillaume d'Harcourt, sieur de Ia Saussaie, queux de France, f 1337.]

 

— LILLICH (Meredith Parsons), 1986, “European Stained Glass around 1300: The Introduction of Silver Stain,” Europäische Kunst um 1300 6, Akten des XXV. Internationalen Kongresses für Kunstgeschichte, Gerhard Schmidt and Elizabeth Liskar, eds. (Wien, Köln and Graz: Hermann Böhlaus Nachf., 1986).

https://www.researchgate.net/publication/324314671_European_Stained_Glass_around_1300_The_Introduction_of_Silver_Stain

— LILLICH (Meredith Parsons), 1992, "Heraldry and Patronage in the Lost Windows of Saint-Nicaise de Reims.", L'Art et les revolutions, 27e Congres international d'histoire de l'art, vol. 8 (Strasbourg: 1992), pp. 71-102.

https://www.academia.edu/36414224/_Heraldry_and_Patronage_in_the_Lost_Windows_of_Saint-Nicaise_de_Reims_

 

— LILLICH (Meredith Parsons), 1994, The Armor of Light: Stained Glass in Western France, 1250-1325

https://books.google.fr/books?id=IUyakUxMpcMC&dq=M.+Beucher:+%27Les+Verri%C3%A8res+du+choeur+d%27Evreux%27&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

— LILLICH (Meredith Parsons), 1985, Gothic glaziers : monks, jews, taxpayers, bretons, women, Journal of Glass Studies

Vol. 27 (1985), pp. 72-92

— LAUTIER (Claudine), 2000, "Les débuts du jaune d'argent dans l'art du vitrail ou le jaune d'argent à la manière d'Antoine de Pise", Bulletin Monumental  Année 2000  158-2  pp. 89-107

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_2000_num_158_2_2371

— LAUTIER (Claudine), 2004, Un vitrail parisien à Chartres : la grisaille du chanoine Thierry. Glas, Malerei, Forschung, Internationalen Studien zu Ehren von Rüdiger Becksmann, Deutscher Verlag für Kunstwissenschaft, Berlin, p. 143-150, 2004. 

— Monuments historiques, Notre-Dame-d'Evreux

http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/evreux/vitraux/1.html

— xxx

http://evreux.catholique.fr/contenu/documents/services/cathedrale_Evreux-bestiaire.pdf

—  Patrimoine-histoire.fr, Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame

http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-NotreDame_v8.htm

— http://www.evreux-histoire.com/evreux-3-1-0.html#icono2

— MUNIER Claudine, À travers le verre, du Moyen Age à la Renaissance, catalogue Expo. Rouen, Musée départemental des Antiquités [compte-rendu], Bulletin Monumental  Année 1990  148-4  pp. 462-464

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1990_num_148_4_4386_t1_0462_0000_3

— PHILIPPE (Michel ), 1992, "Chantier ou atelier : aspects de la verrerie normande aux XIVe et XVe siècles" Annales de Normandie  Année 1992  42-3  pp. 239-257

https://www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_1992_num_42_3_1927

 

 : À la fin du XIIIe siècle et au début du XIVe, il semble que les verreries de verre plat soufflés en cive se sont développées en Normandie, pour devenir prédominantes à la fin du XIVe et au XVe siècle.

— WHATLING (Stuart), 2010, Narrative art in northern Europe, c. 1140-1330 : a narratological re-appraisal.

http://www.medievalart.org.uk/PhD/Contents.html

http://www.medievalart.org.uk/

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INFLUENCES : ENLUMINURES ET ORFÈVRERIE.

a) Jean Pucelle :

Les  Heures (1324-1328) de Jeanne d'Évreux, reine de France (1329-1349) 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/70010733

— Le bréviaire de Belleville : Breviarium ad usum fratrum Predicatorum dit Bréviaire de Belleville. Ce manuscrit destiné à suivre les prières durant la célébration de la messe comprend deux volumes, l'un destiné aux prières pendant l'été (volume 1), l'autre pendant l'hiver (volume 2). BnF lat. 10483 et 10484.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447295h

— Bible de Robert de Billying BnF  latin 11935   Décoration achevée en 1327.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105097447 

 

— Les Heures de Jeanne de Navarre enluminées par Jean Pucelle, Jean Le Noir et Jean Mahiet entre 1330 et 1340..

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10025448r

 — Bréviaire de Jeanne d'Évreux : ms. Chantilly, Musée Condé 51

http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/10299 

Manuscrit de Gautier de Coincy, Miracles de Nostre Dame (Livres I et II) pour Jeanne de Bourgogne, Paris, BnF, NAF 24541

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000451c

— Influence : Heures à l'usage d'Amiens

http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/6048/659

— BLUM (Rudolf ), 1949, Jean Pucelle et la miniature parisienne du XIVe siècle  Scriptorium  Année 1949  3-2  pp. 211-217

https://www.persee.fr/doc/scrip_0036-9772_1949_num_3_2_2230

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Note. La fille de Louis d'Évreux et de Marguerite d'Artois, Jeanne d'Évreux, deviendra reine de France de 1325 à 1328  par son mariage avec Charles IV le Bel. Veuve et douairière depuis 1328,  elle fut enterrée à sa mort en 1371 à l'abbaye de Saint-Denis. Or, l'enlumineur Jean Pucelle (dont l'influence sur les cartons des vitraux d'Evreux après 1330 est reconnue) a orné le Livre d'Heures de Jeanne d'Évreux entre 1325 et 1328 et son Bréviaire à l'usage des franciscains après 1325. Une autre influence exercée sur la peinture sur verre de l'époque est celle de l'orfèvrerie, et on se reportera à la statue en argent doré de 69 cm de la Vierge à l'Enfant, réalisée entre 1324 et 1339, pour la comparer aux Vierges des baies du XIVe siècle d'Évreux.

Orfevrerie : statue de la Vierge à l'Enfant offerte par Jeanne d'Evreux en 1339 à Saint-Denis.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vierge_%C3%A0_l%27Enfant_(Jeanne_d%27%C3%89vreux)

La Vierge de Jeanne d'Évreux (69 cm de haut)  est une œuvre anonyme réalisée à une date située entre 1324 (date où Jeanne devient reine) et 1339 (date du don inscrite sur le socle), conservée et exposée au musée du Louvre, dans les salles du Trésor de Saint-Denis du département des Objets d'art. Jeanne d'Évreux, reine de France de 1324 à 1328, en a fait don à l'abbaye de Saint-Denis en 1339. Sur un socle soutenu dans les angles par des figurines de lion, Marie tient l'Enfant Jésus. Dans sa main droite, elle tient une fleur de lys, reliquaire qui contenait à l'origine les reliques du lait, des vêtements et des cheveux de la Vierge, tandis que l'Enfant pose sa main sur sa joue.

Sur le socle, des petits piliers ornés des figures de prophètes séparent des plaques d'émaux qui retracent les événements de la vie du Christ sur terre.

Ces influences, qui s'exercent à partir de 1325, incitent à séparer les vitraux d'Évreux du XIVe postérieurs à cette date, de ceux qui lui sont antérieurs.

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Évreux
10 novembre 2019 7 10 /11 /novembre /2019 21:09

Les vitraux du XIVe siècle de la cathédrale d'Évreux. VI. La baie 211 (1325-1327) offerte par Guillaume d'Harcourt.

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Cet article est le sixième d'une série sur l'apparition du jaune d'argent dans les vitraux du chœur de la cathédrale d'Évreux au XIVe siècle. Les quatre premiers articles montrent les vitraux des baies des chapelles du déambulatoire avant cette apparition du "jaune d'Évreux" et celle des fonds ornés : voir l'introduction dans le premier article. Le cinquième présente la première baie du chœur qui a bénéficié de cette innovation, la baie 23 datée de 1325-1327 et offerte par l'évêque Geoffroy du Plessis. 

Avec la baie 211, nous grimpons dans les hauteurs des fenêtres supérieures du chœur (numérotées de 200 à 214, les numéros impairs étant situés au nord), au dessus des baies du triforium dont les vitraux héraldiques sont plus tardifs, car réalisés au 3ème quart du XVe siècle.

Ces fenêtres hautes  du chœur bénéficient toutes de l'apport du jaune d'argent, et elles furent réalisées en plusieurs campagnes. La plus ancienne est cette baie 211, offerte vers 1325-1327 par Guillaume d'Harcourt qui y est représenté agenouillé devant la Vierge et sainte Catherine.  Viendront ensuite les baies 207  offerte par le chanoine Raoul de Ferrière (1325-1330), la baie  208,  puis les baies du rond-point 200 à 202 :  la Vierge est représentée dans chacune d'entre elles.

Je suis guidé par les articles de Françoise Gatouillat, et notamment par Gatouillat 2019.

 

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Voir :

 

 

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Voir aussi :

.— Sur les vitraux plus tardifs de la cathédrale d'Évreux :

— Sur les fonds damassés :

.Liste de mes 200 articles sur les vitraux :.

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 Cette baie étant très haute, elle est peu accessible à l'appareil photo du touriste, qui a fait ici ce qu'il a pu et supplie le lecteur de lui accorder son indulgence.

Large de 3,60 m et haute de 6,50 m, elle comporte 4 lancettes trilobées et un tympan à 1 pentalobe, 2 trilobes et 9 écoinçons. 

La disposition générale s'inspire de celle, dite en litre, des verrières précédentes, mais ici la verrerie claire losangiques à fermaillets bicolores et fleurettes au jaune d'argent se réserve la moitié haute et laisse toute la moitié basse aux panneaux colorés.

Les couleurs sont le bleu, le rouge, le jaune et parfois le vert du XIIIe siècle, et nous ne trouverons pas ici les teintes plus atténuées et délicates remarquées dans la baie 23 (et pas d'avantage le verre bleu rehaussé de jaune d'argent). De même, les dais sont plus timides, et désertées des statuettes de la baie 23.

Pourtant, une nouveauté doit être signalée, le verre bleu gravé du lambel des armoiries du tympan.

Les bordures des lancettes alternent les carreaux rouges et les fleurs d'or (qui sont, par coïncidence, les couleurs du donateur), où le bleu et l'or, ou le vert et l'or.

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Les deux saints personnages sont placés dans des niches surmontés de haut dais à clochetons et pinacles. Les deux donateurs occupent des niches moins élevées. Tous se détachent sur des fonds bleus, rouge ou vert à ornementation feuillagée.

Le donateur est Guillaume d'Harcourt, baron d'Elbeuf. Les donateurs des baies que nous avons étudiées chronologiquement au XIVe siècle dans le déambulatoire ont été le Comte d'Évreux Louis de France vers 1301-1310, puis le cardinal Nicolas de Layde, puis les évêques Mathieu des Essarts et Geoffroy du Plessis. Dans les hautes baies du chœur, nous allons trouvé le chanoine Raoul de Ferrière, puis Blanche de Navarre épouse de Philippe VI, puis les évêques d'Évreux Jean du Prat et Geoffroy Faë, puis le chanoine Renault de Moulins. La présence de ce baron parmi ces clercs ou ces membres de la famille royale interroge. 

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La verrière occupait la baie 209,  mais en 1956 elle a été transférée à cet emplacement, sans modification sauf l'inversion entre la Vierge et sainte Catherine. 

Elle avait été restaurée par Steinheil et Leprévost vers 1890.

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Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Situation du coté nord du chœur, entre la baie 213 (vers 1450) et la baie 209 (vers 1390-1400).

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Baies 213, 211, et 209 de gauche à droite. Photo lavieb-aile.

Baies 213, 211, et 209 de gauche à droite. Photo lavieb-aile.

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Les lancettes de gauche :  Blanche d'Avaugour agenouillée devant la Vierge.

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Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La première lancette (lancette de gauche) : la donatrice Blanche d'Avaugour.

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Blanche d'Avaugour,  fille de Henri III d'Avaugour  et de Marie de Brienne, dite de Beaumont, Dame de Margon près de Nogent-le-Rotrou, épousa avant mars 1312 Guillaume d'Harcourt, qui figure dans la dernière lancette.

Elle porte les armoiries des d'Harcourt (de gueules à deux fasces d'or). La partie haute de sa robe   blanche au niveau pectoral et bleu au niveau des manches, doit rappeler le lambel qui affecte ses armoiries, d'azur à trois pendants, chargés chacun de trois besant d'argent, puisqu'une série de cinq boutons blancs rappelle un peu ces besants.

Sa tête coiffée d'un bonnet et ornée de boucles est couverte d'un voile, qui pourrait signifier son veuvage.

Sur le panneau inférieur sont les armes d'Avaugour (d'argent au chef de gueules) dans un polylobe à fond damassé bleu détouré sur le fond de vitrerie ornementale. Curieusement, les deux champs des armoiries, (rouge et jaune) sont ornés d'un décor de feuilles en grisaille.

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Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge à l'Enfant.

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Elle est nimbée et couronnée (comme toutes ces Vierges des vitraux d'Évreux) et présente une fleur blanche à cœur jaune à son Fils. Celui-ci, qui détourne la tête, tient également un objet que je ne peux identifier.

Le manteau de Marie est bleu, sa robe est jaune.

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Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Troisième lancette : sainte Catherine.

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Par sa couronne, Catherine d'Alexandrie, très vénérée par les femmes nobles (et incontournable dans leurs Livres d'Heures) répond à la Vierge. Elle tient la roue armée de lames du supplice dont elle triompha, et l'épée de sa décollation ultime.

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Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Quatrième lancette : Guillaume d'Harcourt.

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Guillaume d'Harcourt († août 1327), baron d'Elbeuf et de la Saussaye, conseiller du roi, grand maître d'hôtel et grand-queux de France, fut le fondateur de la collégiale de La Saussaye..

 

"Une des plus grandes seigneuries et dynasties féodales de Normandie, la maison de Harcourt, nommée plus tard la maison d'Harcourt, est issue d'un lignage aristocratique d'origine scandinave, compagnons de Rollon.

Bernard le Danois s'installe en Normandie avec ses compatriotes vikings vers 900. Il est compagnon de Rollon.

Rollon nomme Bernard le Danois Gouverneur et régent du duché de Normandie vers 911. Il lui attribue la seigneurie d'Harcourt, près de Brionne, et le comté de Pont-Audemer. Bernard le Danois sera Vicomte de Pont-Audemer, Comte de Rouen, Seigneur d'Harcourt. Il meurt en 955.

Torf, son fils, devient Seigneur d'Harcourt. Et ainsi de suite de père en fils, ou de frère en frère, les Seigneurs d'Harcourt traversent le temps.

La baronnie d'Harcourt fut érigée en comté d'Harcourt, conjointement avec les seigneuries de Lillebonne, Troispierres, La Saussaye et Elbeuf, par lettres de Philippe VI en mars 1338.

Outre de grands barons, la première maison d'Harcourt compte parmi ses cadets de grandes personnalités politiques, intellectuelles et ecclésiastiques."

Guillaume d'Harcourt, mort en 1327, fils de Jean Ier d'Harcourt et de Alix de Beaumont-en-Gâtinais, fille de Jean Ier de Beaumont-en-Gâtinais et d'Alix de Mauvoisin, fut Seigneur d'Elbeuf et de la La Saussaye, Conseiller du Roi, Grand maître d'hôtel et grand-queux de France. Il épousa en première noce Jeanne de Meulan, Baronne de Neufbourg, puis Isabeau de Léon et enfin Blanche Clémence d'Avaugour.

 

(*) Grand queux :  Le grand queux ou chef des cuisines était encore , au moyen âge un des principaux officiers de la maison du roi. 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Ier_d%27Harcourt

Il était le fils de Jean I d'Harcourt et de son épouse Alix de Beaumont. Jean I d'Harcourt avait accompagné le roi Louis IX de France à la septième croisade en 1248 puis participé encore, avec son fils Jean II d'Harcourt, à la 8e croisade en 12691 alors qu'il était âgé de plus de 70 ans. Le château d'Harcourt se situe sur le territoire de la commune d'Harcourt dans le Centre-Ouest du département de l'Eure, entre Brionne et Le Neubourg.

On notera ce lien fort de la famille avec saint Louis. En effet, Guillaume d'Harcourt met en avant, sur l'inscription qui le concerne, son titre de seigneur de La Saussaye, car il a fondé en cette localité de 1307 à 1317  la Collégiale Saint-Louis. De même, sa sœur Agnès d'Harcourt, abbesse de Longchamp de 1263 à 1279, est l'auteure d'une Vie d'Isabelle de France, sœur de Saint Louis.

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Parmi les frères de Guillaume d'Harcourt, trois furent des religieux  :

  • Robert d'Harcourt († 1315), baron de Saint-Sauveur, conseiller de Philippe III le Hardi et de Philippe IV le Bel, cofondateur du collège d'Harcourt, ambassadeur à Rome en 1288, évêque de Coutances (1291)

  • Raoul d'Harcourt († 1307), chanoine de Paris (1305), conseiller de Philippe IV le Bel, aumônier de Charles de Valois, fondateur du collège d'Harcourt à Paris (actuel Lycée Saint-Louis)

  • Guy d'Harcourt évêque et comte de Lisieux (1303), fondateur du collège de Lisieux à Paris (1336)

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Le donateur est représenté, comme c'est la règle, en armure complète (y compris solerets et éperon, mais bien-sûr sans gants et heaume), avec une épée passée dans un fourreau très ouvragé suspendue à la ceinture. La cotte de maille est rehaussée de séries de cinq-points et de billettes au jaune d'argent.

Son buste est encadré à sa droite d'un carré vert, et à sa gauche d'un écu carré à ses armes, alors même que ses armoiries sont représentées sur son tabard : ces deux écus correspondent, comme l'a bien vu de Gaignières dans son relevé,  à deux boucliers d'épaule .

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Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Ce vitrail a été relevé en 1853 par Lasteyries  :

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Lasteyrie 1853 planche XXXV, droits réservés Gallica BnF

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Il avait relevé vers 1700 par de Gaignières : 

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Gallica BNF

 

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Le panneau inférieur reprend les armoiries de Guillaume d'Harcourt.

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Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Lasteyrie, 1853, planche XXXV, Gallica BnF

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L'inscription au dessus du donateur est rédigé dans la même textura quadrata que celles de la baie 23 de l'évêque Geoffroy du Plessis. 

Elle énonce :

MONSEIGNEUR :

GUILLAUME : D

HA RECOURT SEGN

EUR DE LA SAUCHL

IE : ET MADAME

BLANCHE 'AVAUGOUR

"Monseigneur Guillaume d'Harecourt segneur de la Sauchlie et madame Blanche Avaugour."

L'orthographe de La Saussaye (dans l'Eure, au sud d'Elbeuf ) varie : la Saucée, la Saulcée, la Chaussaye, parfois la Saucoye.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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LE TYMPAN.

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L'oculus du pentalobe contient, dans un polylobe redenté, l'écu armorié parti d'Harcourt et d'Avaugour, pouvant indiquer que la donation est postérieure à la mort du sénéchal (Gatouillat 2001). Les lobes de la rose et des trilobes inférieur contiennent des enroulements de feuillage cernés de filets perlés.

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Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 211 du chœur de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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— Histoire des évêques d'Évreux : avec des notes et des armoiries / par M. A. Chassant,... et M. G.-E. Sauvage,..1846.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k95305k/f101.item

complété par de Burey :

https://books.google.fr/books?id=8XthAAAAcAAJ&pg=PA69&dq=%22Geoffroy++du+Plessis%22+%C3%A9vreux&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwieyITEp9XlAhVPTBoKHSozCGkQ6AEIaDAH#v=onepage&q=%22Geoffroy%20%20du%20Plessis%22%20%C3%A9vreux&f=false

 

BEUCHER (Monique), 1978, « Les verrières du chœur d'Évreux », Dossiers de l'archéologie, n° 26, 1978, pp. 63-75, et Beucher (Monique), 1975, "Cathédrale d'Évreux : verrières hautes du chœur antérieures à 1340", thèse de 3e cycle : non consultés.

BONNENFANT (Georges),1939, Notre-Dame d’Evreux (Paris: H. Laurens, 1939), 43-44, pl. 16;

— BOUDOT ( Marcel), 1966,“Les verrières de la cathédrale d’Evreux: Cinq siècles d’histoire,” Nouvelles de l’Eure 27 (1966), 28-29.

— BOUSQUET (Jacques et Philippe), 2019, Donateurs avec la Madone, le cas de la cathédrale d'Evreux, site artiflexinopere.

https://artifexinopere.com/?p=17412

— FOSSEY Jules  1898, Monographie de la cathédrale d'Evreux par l'abbé Jules Fossey,... Illustrations de M. Paulin Carbonnier,...

— GATOUILLAT (Françoise), 2019, "French 14-th-century stained glass and other arts", in Investigations in Medieval Stained Glass, Materials, Methods and Expressions, Brill ed., pages 374-385

 — GATOUILLAT (Françoise), 2001, "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in CALLIAS-BEY, M., CHAUSSÉ, V., GATOUILLAT, F., HÉROLD, M., Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum France, Recensement des vitraux anciens vol. VI, Ed du CNRS / Monum ed. du patrimoine. Paris, pages 143-161.

GAVET Philippe, Si l'art m'était conté. La cathédrale d'Évreux.

  http://www.philippe-gavet.fr/05/36/index.html

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ) et  Françoise Gatouillat, La cathédrale d’Evreux, Evreux, Hérissey, 1997.

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_2001_num_159_3_1042_t1_0286_0000_3

 

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ), HENRY (Virginie), 2016, Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07

http://www.eure.gouv.fr/content/download/18041/123811/file/ESSENTIEL_CONNAISSANCE_07%20Historique%20complet%20de%20la%20Cath%C3%A9drale%20d'Evreux.pdf

GRODECKI ( Louis), 1957. "Architectures peintes dans les vitraux". In: Bulletin Monumental, tome 115, n°3, année 1957. pp. 226-228; https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1957_num_115_3_4022_t1_0226_0000_4

 

 

— KURMANN-SCHWARZ (Brigitte), LAUTIER  (Claudine), 2009, « Le vitrail médiéval en Europe : dix ans d’une recherche foisonnante », Perspective [En ligne], 1 | 2009, mis en ligne le 21 février 2018, consulté le 01 novembre 2019.

https://journals.openedition.org/perspective/1841#tocto2n3

— LAFOND (Jean), 1953, "Le vitrail en Normandie de 1250 à 1300", Bulletin Monumental  Année 1953  111-4  pp. 317-358

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1953_num_111_4_3745

 

LAFOND (Jean), 1973, "Les vitraux royaux et princiers de la cathédrale d'Évreux et les dessins de la collection Gaignières". In: Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France, 1973, 1975. pp. 103-112; doi : https://doi.org/10.3406/bsnaf.1975.8252 https://www.persee.fr/doc/bsnaf_0081-1181_1975_num_1973_1_8252

 

LASTEYRIE (Ferdinand), 1853-1857, Histoire de la peinture sur verre après ses monuments en France , impr. de Firmin-Didot frères, fils et Cie (Paris), 2 vol. in-fol., dont un de pl. coloriées, dessinées et lithographiées par l'auteur.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65290742/f91.image.texteImage

— LEBEURIER (P-F.), 1868,  Description de la Cathédrale d'Evreux accompagnée d'une vue générale et d'un plan géométrique, Huet ed., Evreux 1868

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ/page/n31

"La verrière de la fenêtre 43 contient : 1°- une donatrice à genoux, les mains jointes et au-dessus ses armes : d'argent, au chef de gueules ; 2° une sainte Catherine tenant une roue dans la main droite et un glaive de la main gauche; 3° la Sainte Vierge portant l'enfant Jésus ; 4° un personnage à genoux, les mains jointes, l'épée au côté. Au-dessus son écusson : de gueules à deux fasces d'or, qui est d'Harcourt; brisé en chef d'un lambel d'azur à trois pendants, chargés chacun de trois besant d'argent. Au-dessus encore l'inscription : Monseigneur GUILLAUME HA RECOURT SEGNEUR DE LA SAUCHIE ET MADAME BLANCHE DAVAUGOUR , qui montre que les personnages représentes sont Guillaume d'Harcourt, seigneur de la Saussaye, qui mourut en 1327 et Blanche d'Avaugour, sa troisième femme, qui mourut veuve en 1345. Leurs armes sont encore reproduites dans la rosace de la fenêtre et sur leurs vêtements."

— "Inventaire des dessins exécutés pour Roger de Gaignières et conservés aux départements des estampes et des manuscrits"

 https://archive.org/details/inventairedesde00gaiggoog/page/n70

Fol. 13.  4167. — Vitrail exécuté dans le XV* siècle sur lequel est représenté un chevalier portant un haubert d'or [sic]. Armes : de gueules à deux fasces d'or au lambel à trois pendants d'azur chargé de neuf besants d'argent. Tiré de la cathédrale d'Ëvreux. Aquarelle. — [Portrait de Guillaume d'Harcourt, sieur de Ia Saussaie, queux de France, f 1337.]

 

— LILLICH (Meredith Parsons), 1986, “European Stained Glass around 1300: The Introduction of Silver Stain,” Europäische Kunst um 1300 6, Akten des XXV. Internationalen Kongresses für Kunstgeschichte, Gerhard Schmidt and Elizabeth Liskar, eds. (Wien, Köln and Graz: Hermann Böhlaus Nachf., 1986).

https://www.researchgate.net/publication/324314671_European_Stained_Glass_around_1300_The_Introduction_of_Silver_Stain

— LILLICH (Meredith Parsons), 1992, "Heraldry and Patronage in the Lost Windows of Saint-Nicaise de Reims.", L'Art et les revolutions, 27e Congres international d'histoire de l'art, vol. 8 (Strasbourg: 1992), pp. 71-102.

https://www.academia.edu/36414224/_Heraldry_and_Patronage_in_the_Lost_Windows_of_Saint-Nicaise_de_Reims_

 

— LILLICH (Meredith Parsons),, 1994, The Armor of Light: Stained Glass in Western France, 1250-1325

https://books.google.fr/books?id=IUyakUxMpcMC&dq=M.+Beucher:+%27Les+Verri%C3%A8res+du+choeur+d%27Evreux%27&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— LAUTIER (Claudine), 2000, "Les débuts du jaune d'argent dans l'art du vitrail ou le jaune d'argent à la manière d'Antoine de Pise", Bulletin Monumental  Année 2000  158-2  pp. 89-107

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_2000_num_158_2_2371

— Monuments historiques, Notre-Dame-d'Evreux

http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/evreux/vitraux/1.html

— xxx

http://evreux.catholique.fr/contenu/documents/services/cathedrale_Evreux-bestiaire.pdf

—  Patrimoine-histoire.fr, Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame

http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-NotreDame_v8.htm

— http://www.evreux-histoire.com/evreux-3-1-0.html#icono2

— MUNIER Claudine, À travers le verre, du Moyen Age à la Renaissance, catalogue Expo. Rouen, Musée départemental des Antiquités [compte-rendu], Bulletin Monumental  Année 1990  148-4  pp. 462-464

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1990_num_148_4_4386_t1_0462_0000_3

— PHILIPPE (Michel ), 1992, "Chantier ou atelier : aspects de la verrerie normande aux XIVe et XVe siècles" Annales de Normandie  Année 1992  42-3  pp. 239-257

https://www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_1992_num_42_3_1927

 

INFLUENCES : ENLUMINURES ET ORFÈVRERIE.

a) Jean Pucelle :

Les  Heures (1324-1328) de Jeanne d'Évreux, reine de France (1329-1349) 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/70010733

— Le bréviaire de Belleville : Breviarium ad usum fratrum Predicatorum dit Bréviaire de Belleville. Ce manuscrit destiné à suivre les prières durant la célébration de la messe comprend deux volumes, l'un destiné aux prières pendant l'été (volume 1), l'autre pendant l'hiver (volume 2). BnF lat. 10483 et 10484.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447295h

— Bible de Robert de Billying BnF  latin 11935   Décoration achevée en 1327.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105097447 

 — Bréviaire de Jeanne d'Évreux : ms. Chantilly, Musée Condé 51

http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/10299 

Manuscrit de Gautier de Coincy, Miracles de Nostre Dame (Livres I et II) pour Jeanne de Bourgogne, Paris, BnF, NAF 24541

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000451c

— Influence : Heures à l'usage d'Amiens

http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/6048/659

— BLUM (Rudolf ), 1949, Jean Pucelle et la miniature parisienne du XIVe siècle  Scriptorium  Année 1949  3-2  pp. 211-217

https://www.persee.fr/doc/scrip_0036-9772_1949_num_3_2_2230

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Note. La fille de Louis d'Évreux et de Marguerite d'Artois, Jeanne d'Évreux, deviendra reine de France de 1325 à 1328  par son mariage avec Charles IV le Bel. Veuve et douairière depuis 1328,  elle fut enterrée à sa mort en 1371 à l'abbaye de Saint-Denis. Or, l'enlumineur Jean Pucelle (dont l'influence sur les cartons des vitraux d'Evreux après 1330 est reconnue) a orné le Livre d'Heures de Jeanne d'Évreux entre 1325 et 1328 et son Bréviaire à l'usage des franciscains après 1325. Une autre influence exercée sur la peinture sur verre de l'époque est celle de l'orfèvrerie, et on se reportera à la statue en argent doré de 69 cm de la Vierge à l'Enfant, réalisée entre 1324 et 1339, pour la comparer aux Vierges des baies du XIVe siècle d'Évreux.

Orfevrerie : statue de la Vierge à l'Enfant offerte par Jeanne d'Evreux en 1339 à Saint-Denis.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vierge_%C3%A0_l%27Enfant_(Jeanne_d%27%C3%89vreux)

La Vierge de Jeanne d'Évreux (69 cm de haut)  est une œuvre anonyme réalisée à une date située entre 1324 (date où Jeanne devient reine) et 1339 (date du don inscrite sur le socle), conservée et exposée au musée du Louvre, dans les salles du Trésor de Saint-Denis du département des Objets d'art. Jeanne d'Évreux, reine de France de 1324 à 1328, en a fait don à l'abbaye de Saint-Denis en 1339. Sur un socle soutenu dans les angles par des figurines de lion, Marie tient l'Enfant Jésus. Dans sa main droite, elle tient une fleur de lys, reliquaire qui contenait à l'origine les reliques du lait, des vêtements et des cheveux de la Vierge, tandis que l'Enfant pose sa main sur sa joue.

Sur le socle, des petits piliers ornés des figures de prophètes séparent des plaques d'émaux qui retracent les événements de la vie du Christ sur terre.

Ces influences, qui s'exercent à partir de 1325, incitent à séparer les vitraux d'Évreux du XIVe postérieurs à cette date, de ceux qui lui sont antérieurs.

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COMPARATIF :

Chartres, baie 36 (1328)

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle/123456789/3/discover?rpp=10&etal=0&group_by=none&page=3&filtertype_0=periode&filter_relational_operator_0=equals&filter_0=1328

Rouen, Saint-Ouen, baie 19 : miracle du cheval rétif. 86 clichés :

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle/123456789/3/discover?rpp=10&etal=0&group_by=none&page=2&filtertype_0=edifice&filter_relational_operator_0=equals&filter_0=Saint-Ouen

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Évreux
7 novembre 2019 4 07 /11 /novembre /2019 18:02

Le vitraux du XIVe siècle de la cathédrale d'Évreux V: la baie 23 offerte par l'évêque Geoffroy du Plessis vers 1327.

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Cet article est le cinquième d'une série sur l'apparition du jaune d'argent dans les vitraux de la cathédrale d'Évreux au XIVe siècle. Les quatre premiers articles montrent les vitraux  avant cette apparition du "jaune d'Évreux" et celle des fonds ornés : voir l'introduction dans le premier article.

Avec la baie 23 nous voyons apparaître plusieurs changements :

  • l'utilisation du jaune d'argent en rehaut du verre blanc, mais aussi du verre bleu qui devient vert.
  • la présence de deux fonds bleus à décor de feuillages, à coté de trois fonds rouges encore uniformes.
  • L'enrichissement des dais par des statuettes d'anges musiciens pleins de grâces ou de personnages bibliques ou religieux, des rosaces, des mouchettes très aériennes avec utilisation de verres aux coloris plus clairs et plus délicats. 
  • Dans les verres clairs géométriques, les têtes de 4 personnages dans des médaillons, 
  • Dans les mêmes verres clairs, des rinceaux rehaussés au jaune d'argent de plusieurs nuances.
  • Mais la perspective est absente, sauf dans le fauteuil de la Vierge de la 2ème lancette. Elle est également absente des dais.

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Cette baie 23 datée de 1325-1327 sous l'épiscopat de Geoffroy du Plessis, va nous introduire dans une nouvelle campagne de pose de vitraux dans le chœur de la cathédrale, après la période 1300-1310. On trouvera dans ce nouveau groupe des baies placées en hauteur : 

  • la baie 211 offerte par Guillaume d'Harcourt (1325-1327) du coté nord
  • la baie 207 offerte par le chanoine Raoul de Ferrière (1325-1330), du coté nord
  • la baie 208 du coté sud

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À peine plus tard viendront les baies relevant d'une troisième campagne vers 1330-1333, et qui occupent la place la plus prestigieuse, au centre de l'abside ou rond-point, et sous l'épiscopat de Jean du Prat et de Geoffroy Faë .

Cette nouvelle période, avec ces changements stylistiques conséquents, correspond d'une part à l'apparition dans l'enluminure parisienne des peintures de Jean Pucelle, notamment les Heures de Jeanne d'Évreux (1324-1328), et d'autre part à de grands chantiers par des maîtres-verriers influents : à Paris (dont il ne reste rien), mais surtout en Normandie à Rouen (cathédrale et Saint-Ouen) et à Jumièges. 

"les maîtres-verriers de Saint-Ouen ont essaimé dans toute la Normandie : on retrouve leur savoir-faire dans les années 1310-1340 à la cathédrale de Rouen, à la cathédrale d'Évreux, dans les vestiges de Jumièges, à la Mailleraye, à Fécamp, à Dives-sur-Mer, à Auffay, à Saint-Hymer-en-Auge. Les maîtres-verriers anglais contemporains exercèrent un art très similaire notamment à la cathédrale d'York (grande baie occidentale de 1339, Annonciation de 1340). (Vitraux de Haute-Normandie)"

Elle correspond aussi (ou succède  ) à l'expression du gothique rayonnant dans la construction du chœur de la cathédrale : "L'édification du chœur s'échelonne sur une période comprise entre 1260-1310. Le sanctuaire est conçu selon le style du gothique rayonnant (technique et esthétique) : l'architecture doit permettre de laisser entrer la lumière divine. Pour cela, les fenêtres sont élargies, les murs pleins disparaissent au bénéfice des vitraux et les faisceaux de colonnettes sans rupture jusqu'à la voûte accentuent l'effet de verticalité."

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Voir :

 

 

 

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Voir aussi :

.— Sur les vitraux plus tardifs de la cathédrale d'Évreux :

— Sur les fonds damassés :

.Liste de mes 200 articles sur les vitraux :.

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Voisine des baies 25 et 27 offertes par l'évêque Mathieu des Essarts, la baie 23 mesure 5,20 m de haut et 3,50 m de large. Elle compte 4 lancettes trilobées, couronnées par un tympan à 9 ajours principaux.

Les lancettes adoptent, comme les baies précédentes, la disposition en litre où une bande horizontale colorée et figurée occupe le milieu d'une verrière décorative claire.

Les bordures colorées étroites portent des motifs végétaux, des castilles et des fleurs de lys.

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Je décrirai les panneaux figurés lancette après lancette, comme le fait spontanément le regard.

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La première lancette.

Elle reçoit deux panneaux figurés superposés dans un édicule.

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Les panneaux supérieurs montrent un évêque  agenouillé en donateur de la fenêtre dont il tient une maquette. Au dessus, une inscription est partiellement conservée :

EVESQUE : DONNE : CESTE : V

Lebeurier a lu : LEVESQUE GIEFROY DONNE CESTE VERRIÈRE

Nous pourrions hésiter entre Geoffroy de Bar (en titre en 1298-1299) et Geoffroy du Plessis (en titre en 1310-1327), mais  les caractéristiques stylistiques imposent de choisir Geoffroy du Plessis.

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Pour L.  Grodecki, « La fenêtre est composite ; les panneaux nos 5-6 que M. Baudot attribue au temps de l'évêque Geoffroi de Bar (1298-1299) sont nettement plus récents : le jaune d'argent y est employé à profusion, le décor d'architecture est identique à celui des vitraux des chapelles droites du chœur de SaintOuen de Rouen (vers 1315-1325). On peut penser que le personnage représenté est Geoffroy du Plessis (avant 1327). " 

 

Pour Baudot (note de l'article de Grodecki), " La fenêtre 12, imposerait l'identification de l'évêque figuré avec ce personnage s'il n'y avait pas eu remaniement du vitrail. Mais le style des architectures justifie une datation nettement postérieure. Nous possédons, il est vrai, une certitude d'emploi du jaune d'argent en Normandie, au Mesnil-Villeman, dans une église rurale, grâce à l'inscription datant de 1313 cette verrière. On pourrait aussi admettre que, par suite de la mort rapide de ce Geoffroy, sa donation n'a pu être réalisée que tardivement par les soins du chanoine Alain de Balau et de son frère qui figurent avec leur nom sur le vitrail."

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Je recueille sur cet évêque les données suivantes :

GEOFFROY II du Plessis.1311—1327.

Mathieu des Essarts mourut le 1er octobre 1310.

Aussitôt après la mort de Mathieu des Essarts, le Chapitre envoya deux chanoines demander l'autorisation d'élire son successeur à Philippe le Bel qui l'accorda, le 8 du même mois (2). Cependant la nomination de Geoffroy du Plessis souffrit quelques difficultés, car il paraît que l'évêché resta en régale jusqu'au 1" juin 1311, et certains auteurs prétendent que Baoul d'Elbeuf précéda Geoffroy. Quoi qu'il en soit de cette question qu'un examen plus approfondi des cartulaires pourra éclaircir, Geoffroy du Plessis était évoque en 1315 lorsque le comte d'Évreux lui enleva le manoir de Saint-Germain par retrait féodal.

Geoffroy II du Plessis, neveu de Geoffroy, chancelier de l'église de Tours, élu évêque d'Evreux, fut chargé par le roi Philippe IV, le 14 février 1311, de conclure un traité entre le roi de France et le roi des Romains. A la date du 5 mars 1311, il est encore appelé évêque-élu dans les registres du Vatican. Par une bulle de Clément V, datée de Vienne, 5 des ides d'avril (9 avril), septième année du pontificat de Clément, Geoffroy, évêque d'Evreux, fut nommé commissaire avec Geoffroy du Plessis, chancelier de l'église de Tours, pour terminer un différend survenu au sujet d'un canonicat. On trouve aussi son nom dans un grand nombre d'actes rédigés dans les années suivantes. On croit qu'il est mort en 1327.

En 1318, Geoffroy du Plessis, évêque d'Evreux, institua la fête du très-Saint Sacrement. Il avait, en 1314, assisté à la dédicace de l'église d'Ecouis (Escoïacum). En 1320, il confirma la collégiale de douze chanoines avec un doyen fondée en 1311 à Saint-Martin-Ia-Corneille, et il approuva la fondation des chapelles de S. Pierre et de S. Jean dans l'église Notre-Dame de Vernon.

en 1320,  Protonotaire de France, Geoffroy du Plessis fonde le collège du Plessis dans la rue Saint-Jacques à Paris, pour y accueillir les enfants démunis des diocèses d'Evreux, Reims, Rouen, Saint-Malo, Sens et Tours.

Il fut remplacé par Adam de Lîle, mort avant d'avoir été consacré, puis par Jean du Prat en 1328.

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Décor d'architecture.

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On le comparera à celui des  vitraux des chapelles droites du chœur de Saint-Ouen de Rouen (vers 1315-1325). 

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Rouen, église Saint-Ouen, baie 5 de saint Jean-Baptiste (1325-1339)

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Le dais est un bel exemple de ces nouvelles architectures couronnant les niches, où un gable central orné de feuillages est entouré de dix pinacles dont deux contiennent des statuettes. Ce sont des anges musiciens, sveltes, aux beaux drapés, l'un jouant de la harpe et l'autre pinçant les cordes d'un instrument à identifier (toutes ces statues auraient mérité des photos de détail). Voir les anges de la baie 19 (entre 1325 et 1339)  de Saint-Ouen de Rouen:

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle/123456789/13244

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle/123456789/13245

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/bitstream/handle/123456789/13248/CAC_V_003993.JPG?sequence=1&isAllowed=y

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Le fleuron du gable est encadré par deux personnages, un moine tenant une croix, et un archevêque.

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/bitstream/handle/123456789/13285/CAC_V_003948.JPG?sequence=1&isAllowed=y

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Complètement à l'extérieur, et débordant sur la bordure, on remarque deux gargouilles, comparables à celles de la baie 19 de Saint-Ouen :

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle/123456789/13231

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle/123456789/13232

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Le fronton est découpé par une dentelle évoquant les remplages des fenêtres, associant deux rosaces (bleue et rose) et des mouchettes, chacun de ces éléments étant à nouveau divisé par des arabesques, des roses et des mouchettes. Au rouge et au bleu des vitraux précédents s'ajoutent des teintes roses et bleu-clair.

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Les pièdroits (qui apparaissent dans les panneaux sous-jacents) accueillent aussi, parmi des fenestrages semblables,  des statuettes , dont celle d'un roi tenant son spectre et d'un ange jouant de la harpe.

Cette architecture nouvelle des peintures sur verre est celle du gothique rayonnant. Mais elle évoque déjà la dentelle du portail nord (gothique flamboyant) de la cathédrale de la fin du XVe-début XVIe (avant 1507) :

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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L'évêque mitré, revêtu de la dalmatique, est agenouillé et présente la fenêtre qu'il offre à Notre-Dame. Sa tête et son col sont peints à la grisaille rehaussé de jaune d'argent sur un verre blanc, tout comme la maquette du vitrail. Le fond bleu recouvert d'abord d'un lavis de grisaille révèle son coloris par enlevé de cette grisaille dans un décor de rinceaux.

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Comparez avec le détail de la baie 19 de Saint-Ouen (retournée pour favoriser la comparaison) :

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Rouen église Saint-Ouen, baie 19 (détail), image retournée.

 

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le panneau inférieur montre un autre donateur : c'est un ecclésiastique, un dignitaire comme l'indique les orfrois du col et de la bordure de son aube. Son identité est précisée par une inscription :

MAISTRE ALAIN DE BALAIS.

Lebeurier a lu DE BALAIT, Grodecki DE BALAU et F. Gatouillat DE BALAN.

Le patronyme le plus probable est celui de DE BALAY, famille noble de Bourgogne (La Chesnay-Desbois page 226).

https://gw.geneanet.org/alaindufour11?n=de+balay&oc=&p=jean

Mais aucun chanoine, aucun clerc d'Évreux ne répond à ce nom.

Le jaune d'argent permet de n'utiliser qu'une seule pièce de verre pour la face du clerc, et sa chevelure tonsurée.

Le manipule est en verre bleu. La dalmatique est lie-de-vin.

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Il est temps de présenter cette technique du jaune d'argent :

IL faudrait, maintenant présenter ce fameux jaune :

"Le jaune d'argent est un mélange de sels d'argent (chlorure, nitrate ou sulfure) et d'ocre. Historiquement, la composition des premiers vitraux rassemblaient essentiellement les couleurs rouge, bleue, jaune et verte. Une nouvelle technique de coloration apparaît en Occident au début du XIVe siècle, elle s'applique au revers de la pièce avant cuisson et permet de teinter localement le verre sans coupe ni mise en plombs supplémentaires. L'apparition de cette méthode coïncide avec une évolution fondamentale de l'esthétique et du style de l'art de la peinture sur verre. Le procédé donne alors une palette de couleurs enrichie : les teintes obtenues varient du jaune clair (chlorure d'argent + ocre), au jaune orangé (sulfure d'argent + ocre), en passant par le vert quand il est apposé sur un verre bleu. A la même époque, la qualité des verres s’améliore, ils sont plus fins, plus réguliers et l'utilisation de verres incolores permet d'éclairer largement les verrières.

L'une des plus belles verrières de la cathédrale d'Évreux se situe dans la chapelle Saint-Louis (la 4ème côté nord du chœur). Il s'agit de la baie 23, dont les panneaux ont été exécutés vers 1325-1330 avec l'emploi du jaune d'argent, notamment sur verre bleu. Les verrières des lancettes représentent l'évêque Geoffroy agenouillé en donateur, un chanoine, la Vierge à l'enfant et la charité de saint Martin. La qualité du jaune d'argent utilisé par le maître-verrier a fait notamment la renommée des vitraux de la cathédrale lui donnant le nom de jaune d'Évreux, passé à la postérité." (GOSSE-KISCHINEWSKI   & HENRY) .

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Détail sur l'inscription.

Elle est limitée par des réglures. Ses fûts droits, épais, serrés, aux empattements en losange évoquent la textura quadrata (en usage du XIIIe au XVe siècle). On note des lettres conjointes DE, un signe de séparation des mots en point prolongé par une petite queue. Cette écriture diffère franchement de l'inscription précédente, mais on la retrouve en quatrième lancette pour mentionner Jehan de Balay.

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La deuxième et la troisième lancettes. La Vierge à l'Enfant ; la Charité de saint Martin.

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La deuxième lancette : la Vierge à l'Enfant assise dans une cathèdre.

Le fond rouge est uniforme. La Vierge est couronnée, nimbée et voilée et porte une robe bleue sous un manteau pourpre. Elle tient une fleur à la main gauche tandis que son Fils repose sur son bras droit. Sous l'effet d'une probable restauration, la main droite compte six doigts. 

Les rehauts de jaune d'argent porte sur les chevelures et les détails d'architecture et du fauteuil. Ce fauteuil introduit ici un effet de perspective avec ses lignes de fuite convergents plus ou moins vers l'épaule droite de la Vierge.

 

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Là encore, le dais à triple gable (chacun centré par une rose) et pinacles  est surmonté de statuettes. Ce sont deux anges tenant des phylactères et faisant un geste très gracieux de la main ; le carton a été renversé. Une inscription est presque lisible.

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La troisième lancette : la Charité de Saint Martin.

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Sous un dais semblable au précédent , où deux anges jouent de la harpe et de la viole ou mandole, et sur un fond de verre rouge uniforme, saint Martin, à cheval, coupe un pan de son manteau d'officier pour l'offrir à un pauvre qui s'appuie sur un bâton. Le manteau bleu forme un V inversé qui réunit comme une tente les protagonistes.

De nombreux détails sont soigneusement peints et rehaussés de jaune d'argent, comme les chevelures, la barbe, les mors, les grelots de l'harnachement, l'étrier, mais la réputation de ce panneau vient surtout de la bande verte du manteau du saint, sous son coude, puisqu'elle est obtenue par application de jaune d'argent sur un verre bleu clair. Hélas, mes photos ne rendent pas suffisamment justice à cet événement artistique.

On admirera aussi les sinuosités fluides des deux chevelures et de la crinière, ainsi que le fin tracé de l'œil du cheval.

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La quatrième lancette. Deux donateurs,  l'évêque et Jean de Balay.

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Dans un édicule semblable à celui de la première lancette, à trois étages et à huit statues, deux personnages — un évêque et un clerc— en dalmatique jaune sont présentés en donateur, par reprise inversée des cartons de la première lancette. 

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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L'évêque [Geoffroy du Plessis] en donateur.

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Sous les statuettes d'un saint évêque et d'un roi tenant un phylactère, l'évêque est figuré agenouillé mains jointes, mais il ne tient plus la maquette de la baie. Le fond bleu est orné de rinceaux.Geoffroy du Plessis est-il représenté deux fois, ou bien s'agit-il, par commémoration, d'un autre évêque ?

 

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le donateur suivant est un clerc (tonsuré) en vêtement liturgique de cérémonie et portant au bras le manipule (vert). Une inscription indique ABE IEHAN DE BALAU.

Il appartient donc à la même famille qu'Alain de Balay (ou balau, Balan, Balait) qui lui fait face en première lancette . 

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Enfin, on trouve une inscription en bas de lancette, dans une écriture différente des précédentes, et de lecture difficile.

HSN~ IEHAN DE BARES .

P.F. Lebeurier a lu : ..SSU JEHAN DE BA ..."

 

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Les médaillons des verreries décoratives .

Quatre médaillons en grisaille et jaune d'argent occupent le centre des panneaux placés immédiatement au dessus des panneaux colorés. Les têtes de deux rois et deux jeunes hommes sont peints de trois-quart.

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Les têtes de lancettes.

Elles sont occupées par deux médaillons et deux écus armoriés.

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Dans le premier médaillon, la tête d'un homme d'âge mur, aux cheveux courts (mais non tonsurés) est peinte en grisaille et jaune d'argent.

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La tête de lancette suivante renferme un écu armorié d'un évêque, puisqu'il est traversé par une crosse en pal. Il a été blasonné en 1874 comme étant d'argent à deux fasces échiquetées de gueules et d'azur, de deux traits, accompagnées de neuf mâcles de sable posées 3.3.3..Les armoiries ont été attribuées par l'auteur de l'article de 1874 comme étant celles de Geoffroy de Bar, mais uniquement en raison de leur présence sur la baie 23 (où l'évêque était identifié alors comme tel).

Sur mon cliché, les fasces sont plutôt échiquetées de sable et d'azur.

Il serait précieux de pouvoir lire ces armoiries à partir de données héraldiques. Aujourd'hui, nous ne pouvons pas affirmer que ce sont celles de Geoffroy de Bar, ni de Geoffroy du Plessis.

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le document ci-dessous n'est qu'une mise en image des attributions  basées sur les verrières d'Evreux : il ne confirme donc rien.

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Le vitraux du XIVe siècle de la cathédrale d'Évreux V: la baie 23 offerte par l'évêque Geoffroy du Plessis vers 1327.

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La troisième tête de lancette reprend le même écu, mais sans la crosse épiscopale. Mais le damier de la fasce comporte des carrés rouge, donc "de gueules" : le mystère s'épaissit.

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Enfin, la dernière tête de lancette offre un médaillon où est peint un clerc, tonsuré.

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La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

La baie 23 (vers 1325-1330) de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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— Histoire des évêques d'Évreux : avec des notes et des armoiries / par M. A. Chassant,... et M. G.-E. Sauvage,..1846.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k95305k/f101.item

complété par de Burey :

https://books.google.fr/books?id=8XthAAAAcAAJ&pg=PA69&dq=%22Geoffroy++du+Plessis%22+%C3%A9vreux&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwieyITEp9XlAhVPTBoKHSozCGkQ6AEIaDAH#v=onepage&q=%22Geoffroy%20%20du%20Plessis%22%20%C3%A9vreux&f=false

 

— BEUCHER (Monique), 1978, « Les verrières du chœur d'Évreux », Dossiers de l'archéologie, n° 26, 1978, pp. 63-75, et Beucher (Monique), 1975, "Cathédrale d'Évreux : verrières hautes du chœur antérieures à 1340", thèse de 3e cycle : non consultés.

BONNENFANT (Georges),1939, Notre-Dame d’Evreux (Paris: H. Laurens, 1939), 43-44, pl. 16;

— BOUDOT ( Marcel), 1966,“Les verrières de la cathédrale d’Evreux: Cinq siècles d’histoire,” Nouvelles de l’Eure 27 (1966), 28-29.

— BOUSQUET (Jacques et Philippe), 2019, Donateurs avec la Madone, le cas de la cathédrale d'Evreux, site artiflexinopere.

https://artifexinopere.com/?p=17412

— FOSSEY Jules  1898, Monographie de la cathédrale d'Evreux par l'abbé Jules Fossey,... Illustrations de M. Paulin Carbonnier,...

— GATOUILLAT (Françoise), 2019, "French 14-th-century stained glass and other arts", in Investigations in Medieval Stained Glass, Materials, Methods and Expressions, Brill ed., pages 374-385

 — GATOUILLAT (Françoise), 2001, "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in CALLIAS-BEY, M., CHAUSSÉ, V., GATOUILLAT, F., HÉROLD, M., Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum France, Recensement des vitraux anciens vol. VI, Ed du CNRS / Monum ed. du patrimoine. Paris, pages 143-161.

GAVET Philippe, Si l'art m'était conté. La cathédrale d'Évreux.

  http://www.philippe-gavet.fr/05/36/index.html

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ) et  Françoise Gatouillat, La cathédrale d’Evreux, Evreux, Hérissey, 1997.

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_2001_num_159_3_1042_t1_0286_0000_3

"Les vitraux des chapelles du chœur mis en place à partir de 1300 ne reflètent pas seulement les remaniements de l'édifice au XIIIe siècle, mais aussi des changements d'ordre technique, liturgique et religieux. L'introduction et le développement de la technique du jaune d'argent peuvent être suivis à leur exemple. Les plus anciennes verrières des chapelles du chœur (celles de Louis de France ou de l'évêque Matthieu des Essarts) ne montrent pas encore de trace de cette nouvelle technique. Dans la deuxième décennie, en revanche, elle s'affirme, quoique hésitante au début, comme dans l'image du chanoine Raoul de Ferrieres, récemment redécouverte. Au XVe siècle, les réseaux des fenêtres furent refaits selon les formes modernes de l'architecture flamboyante, mais ces travaux achevés, les vitraux gothiques furent remis en place. Aussi les panneaux des réseaux ont-ils été mal insérés dans les ouvertures des nouveaux couronnements, comme on peut l'observer dans la chapelle de Louis de France, comte d'Evreux . A l'époque du flamboyant, on ne réemploya pas seulement des vitraux anciens, mais on ajouta aussi des éléments nouveaux, surtout dans les grisailles du  XIVe siècle. Ces compléments du XVe siècle ont été enlevés à l'occasion du remontage des vitraux après la guerre pour garder l'unité du style . Ces panneaux représentent des personnes ayant fait des fondations dans les chapelles. Pour en laisser un témoignage visuel, ils ont fait insérer leurs images dans les grisailles déjà en place . En les mettant en dépôt après la guerre, on a amputé les chapelles de témoins historiques importants. Nous avons observé ailleurs que, quand les chapelles passaient à une autre famille, cette dernière adaptait les vitraux à cette nouvelle situation . Ainsi la famille de l'Aubespine a introduit ses armoiries dans le vitrail de Jacques Cœur à Bourges ; on peut mentionner un changement encore plus profond à la cathédrale de Moulins : dans le vitrail dit des ducs , trois grands personnages et une sainte ont été introduits dans celui-ci par la famille de Dornes .

Les verrières les plus connues sont celles du chœur. Se sont aussi les seules qui ont été prises en considération hors des frontières. Ainsi ces vitraux sont-ils régulièrement considérés comme des modèles utilisés par les artistes qui ont exécuté les peintures de la clôture du chœur de la cathédrale de Cologne . Mais faut-il vraiment penser à un rapport direct entre Évreux et Cologne? La recherche antérieure a toujours daté les vitraux d'Évreux du 2e quart du XIVe siècle en rapport avec ceux de Saint-Ouen de Rouen (1325-1339). En revanche, F. Gatouillat les rapproche, à juste titre, de la peinture parisienne des années 1330. Il est donc plus probable que les verriers d'Evreux et les peintres colonais se sont servis des mêmes modèles parisiens, aujourd'hui perdus, pour la création de leurs œuvres. F. Gatouillat, qui connaît parfaitement les conditions de création du vitrail et de sa technique, a réussi à redresser plusieurs jugements erronés sur ces œuvres. En effet, le vitrail est un médium qui demande une approche prudente et une expertise que l'on ne peut s'approprier que par une longue expérience. Ces images fragiles ont rarement été conservées sans restaurations. Souvent les vitraux ont été déplacés à l'intérieur même de l'édifice pour compléter des lacunes. Ainsi, des ensembles importants ont été démembrés ce qui est justement le cas d'une partie des vitraux de la cathédrale d'Évreux et non des moindres. Je mentionnerai le cas des « verrières royales » : F. Gatouillat a fourni la preuve que le roi de France se trouvant depuis 1956 dans la baie 210 du chœur est bien Charles VI parce que la tenture fleurdelisée du fond n'a pas été refaite à la fin du xviir siècle mais date bien de 1390/95. Comme elle le souligne, les verriers du XVllf siècle n'auraient pu, techniquement, créer un tel élément. L'analyse du vitrail dans l'atelier du restaurateur a permis de constater l'état original de cette tenture. L'auteur a pu également reconstituer une troisième verrière de cette série magnifique grâce a une découverte heureuse faite après la parution de la monographie. Une Vierge de très grande qualité, mais très endommagée, a été retrouvée en dépôt à Evreux. Après une soigneuse étude des descriptions anciennes, F. Gatouillat a pu la mettre en rapport avec l'image de Blanche de Navarre, reine veuve de France (aujourd'hui son image et ses armoiries sont placées dans la fenêtre 208 du chœur). L'auteur souligne à juste titre que ces vitraux ont été créés par des artistes au service de la cour, mais qu'ils se distinguent des œuvres encore conservées de ce milieu, comme ceux de Bourges (la Sainte-Chapelle et la cathédrale, particulièrement les chapelles Aligret, Trousseau et Boisratier). Cette observation rejoint les recherches faites sur l'art des cours européennes. L'art commandité par les membres des cours princières ne recherche pas l'unité de l'expression, mais se plaît à affirmer les goûts personnels des différents personnalités impliquées . Le chapitre sur le vitrail ébroïcien du XV est d'un intérêt primordial. La restauration en cours des verrières de la chapelle d'axe commandées par le roi Louis XI a incité l'auteur à entreprendre une recherche approfondie sur ces œuvres. Elle a réussi à reconstituer la production de trois ateliers différents, deux travaillant à Evreux (à l'église Saint-Taurin) et un à Rouen, qui se sont partagés la création des vitraux de la chapelle d'axe de la cathédrale d'Evreux. Il est rare dans l'histoire de l'art français du XV siècle, surtout dans l'histoire du vitrail, de pouvoir redécouvrir des groupes cohérents d'œuvres et de suivre l'activité des mêmes artistes sur plusieurs décennies. Souvent, comme par exemple à Bourges ou à Moulins, on ne connaît que les vitraux d'un ou de deux monuments tandis que le reste de la production de l'atelier a disparu. Quoique ces vitraux de la troisième décennie du XV siècle n'atteignent pas la qualité des verrières royales, leur étude nous renseigne d'avantage sur le fonctionnement des ateliers, la manière de travailler des verriers et la coopération entre les différents ateliers. Ceci n'est possible que lorsqu'une grande densité de vitraux a été conservée comme c'est le cas en Haute-Normandie."

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ), HENRY (Virginie), 2016, Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07

http://www.eure.gouv.fr/content/download/18041/123811/file/ESSENTIEL_CONNAISSANCE_07%20Historique%20complet%20de%20la%20Cath%C3%A9drale%20d'Evreux.pdf

— GRODECKI ( Louis), 1957. "Architectures peintes dans les vitraux". In: Bulletin Monumental, tome 115, n°3, année 1957. pp. 226-228; https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1957_num_115_3_4022_t1_0226_0000_4

Puis, vers le troisième quart du XIIIe siècle, préparé par quelques essais isolés et disparates (à Chartres, en particulier), apparaît l'encadrement par arcade brisée sous un gable gothique. A côté de l'exemple célèbre de la cathédrale d'Amiens (fenêtre centrale du chœur, 1268), on pourrait citer certaines baies de Saint-Urbain de Troyes, où l'ancienne forme du dais voisine avec celle-ci, proprement gothique, et que Mme Kraft-Frodl compare à une épure d'architecte.

Ce décor, tantôt d'une grande simplicité, tantôt enrichi de claires-voies, de galeries, de pinacles, de pignons à arcs-boutants (comme à Saint-Ouen de Rouen, dans les fenêtres basses du chœur, vers 1325), reste rigoureusement « plat », découpé sur un fond uni ou quadrillé. Ces architectures peintes de la fin du XIIIe et du XIVe siècle sont l'expression parfaite de la tendance gothique à multiplier, dans l'édifice, ses éléments en miniature, ses « répétitions » réduites (selon la thèse de Sedlmayr).

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Mais, dès le milieu du XIVe siècle, une nouvelle tendance naît et se développe : celle de l'architecture « en perspective », due à l'influence italienne, giottesque ou siennoise. Les verrières de Koenigsfelden, celles du chœur d'Evreux, puis celles de la cathédrale de Vienne montrent ces perspectives qui, à nouveau, introduisent dans l'encadrement peint des formes qui ne sont pas celles de l'architecture gothique contemporaine : coupoles, mâchicoulis et motifs d'architecture militaire, constructions semblables à des praticables de théâtre : la Herzogsfenster de Saint-Étienne de Vienne en est le meilleur exemple.

la double évolution qui, chez nous, se dessine à la fin du xive siècle : d'une part, naissance du « dais en perspective », véritable tour peinte sous laquelle s'abrite le personnage isolé (à Saint-Séverin de Paris, à Évreux, etc.) ; d'autre part, apparition d'architectures en perspective qui unifient plusieurs compositions de lancette, véritables « enfeus » comme celui qui couronne la fenêtre de Charles VI à la cathédrale d'Evreux"

 

— KURMANN-SCHWARZ (Brigitte), LAUTIER  (Claudine), 2009, « Le vitrail médiéval en Europe : dix ans d’une recherche foisonnante », Perspective [En ligne], 1 | 2009, mis en ligne le 21 février 2018, consulté le 01 novembre 2019.

https://journals.openedition.org/perspective/1841#tocto2n3

— LAFOND (Jean), 1953, "Le vitrail en Normandie de 1250 à 1300", Bulletin Monumental  Année 1953  111-4  pp. 317-358

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1953_num_111_4_3745

 

— LAFOND (Jean), 1973, "Les vitraux royaux et princiers de la cathédrale d'Évreux et les dessins de la collection Gaignières". In: Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France, 1973, 1975. pp. 103-112; doi : https://doi.org/10.3406/bsnaf.1975.8252 https://www.persee.fr/doc/bsnaf_0081-1181_1975_num_1973_1_8252

— LEBEURIER (P-F.), 1868,  Description de la Cathédrale d'Evreux accompagnée d'une vue générale et d'un plan géométrique, Huet ed., Evreux 1868

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ/page/n41

 

"La chapelle 42 montre, dans la partie supérieure de la verrière, deux écussons semblables à celui de la chapelle précédente. Ses formes contiennent: 1° l' inscription : LEVESQUE GIEFROY DONNE CESTE VERRIÈRE ; au-dessous un évêque à genoux, présentant un vitrail ; plus bas, un personnage, les mains jointes, avec l'inscription: MAISTRE ALAIN DE BALAIT; au-dessous encore l'inscription : MAISTRE ALAIN DE BARES ;

2° un écusson d'argent, à la fasce d'azur,, accompagnée de 3 cœurs de gueules, 2 en chef et 4 en pointe ; la Vierge et l'enfant Jésus dans un berceau; au-dessous un cavalier (S. Maurice?) et des fragments de l'inscription : SANCTA MARIA ORA PRO NOBIS;

3° Saint Martin donnant la moitié de son manteau ; au-dessous un évêque bénissant de la main droite et tenant une croix de la gauche, un fragment d'inscription: CUJUS G' AMEN ;

4° un évêque à genoux, les mains jointes, l'inscription: MOS. JEHAN DE BALAIT; au-dessous un autre personnage ayant la couronne de moine et un fragment d'inscription: ...SSU JEHAN DE BA ..."

— LILLICH (Meredith Parsons), 1986, “European Stained Glass around 1300: The Introduction of Silver Stain,” Europäische Kunst um 1300 6, Akten des XXV. Internationalen Kongresses für Kunstgeschichte, Gerhard Schmidt and Elizabeth Liskar, eds. (Wien, Köln and Graz: Hermann Böhlaus Nachf., 1986).

https://www.researchgate.net/publication/324314671_European_Stained_Glass_around_1300_The_Introduction_of_Silver_Stain

— LILLICH (Meredith Parsons), 1992, "Heraldry and Patronage in the Lost Windows of Saint-Nicaise de Reims.", L'Art et les revolutions, 27e Congres international d'histoire de l'art, vol. 8 (Strasbourg: 1992), pp. 71-102.

https://www.academia.edu/36414224/_Heraldry_and_Patronage_in_the_Lost_Windows_of_Saint-Nicaise_de_Reims_

 

— LILLICH (Meredith Parsons),, 1994, The Armor of Light: Stained Glass in Western France, 1250-1325

https://books.google.fr/books?id=IUyakUxMpcMC&dq=M.+Beucher:+%27Les+Verri%C3%A8res+du+choeur+d%27Evreux%27&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— LAUTIER (Claudine), 2000, "Les débuts du jaune d'argent dans l'art du vitrail ou le jaune d'argent à la manière d'Antoine de Pise", Bulletin Monumental  Année 2000  158-2  pp. 89-107

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_2000_num_158_2_2371

— Monuments historiques, Notre-Dame-d'Evreux

http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/evreux/vitraux/1.html

— xxx

http://evreux.catholique.fr/contenu/documents/services/cathedrale_Evreux-bestiaire.pdf

—  Patrimoine-histoire.fr, Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame

http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-NotreDame_v8.htm

— http://www.evreux-histoire.com/evreux-3-1-0.html#icono2

— MUNIER Claudine, À travers le verre, du Moyen Age à la Renaissance, catalogue Expo. Rouen, Musée départemental des Antiquités [compte-rendu], Bulletin Monumental  Année 1990  148-4  pp. 462-464

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1990_num_148_4_4386_t1_0462_0000_3

— PHILIPPE (Michel ), 1992, "Chantier ou atelier : aspects de la verrerie normande aux XIVe et XVe siècles" Annales de Normandie  Année 1992  42-3  pp. 239-257

https://www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_1992_num_42_3_1927

 

INFLUENCES : ENLUMINURES ET ORFÈVRERIE.

a) Jean Pucelle :

Les  Heures (1324-1328) de Jeanne d'Évreux, reine de France (1329-1349) 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/70010733

— Le bréviaire de Belleville : Breviarium ad usum fratrum Predicatorum dit Bréviaire de Belleville. Ce manuscrit destiné à suivre les prières durant la célébration de la messe comprend deux volumes, l'un destiné aux prières pendant l'été (volume 1), l'autre pendant l'hiver (volume 2). BnF lat. 10483 et 10484.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447295h

— Bible de Robert de Billying BnF  latin 11935   Décoration achevée en 1327.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105097447 

 — Bréviaire de Jeanne d'Évreux : ms. Chantilly, Musée Condé 51

http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/10299 

Manuscrit de Gautier de Coincy, Miracles de Nostre Dame (Livres I et II) pour Jeanne de Bourgogne, Paris, BnF, NAF 24541

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000451c

Influence : Heures à l'usage d'Amiens

http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/6048/659

BLUM (Rudolf ), 1949, Jean Pucelle et la miniature parisienne du XIVe siècle  Scriptorium  Année 1949  3-2  pp. 211-217

https://www.persee.fr/doc/scrip_0036-9772_1949_num_3_2_2230

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Note. La fille de Louis d'Évreux et de Marguerite d'Artois, Jeanne d'Évreux, deviendra reine de France de 1325 à 1328  par son mariage avec Charles IV le Bel. Veuve et douairière depuis 1328,  elle fut enterrée à sa mort en 1371 à l'abbaye de Saint-Denis. Or, l'enlumineur Jean Pucelle (dont l'influence sur les cartons des vitraux d'Evreux après 1330 est reconnue) a orné le Livre d'Heures de Jeanne d'Évreux entre 1325 et 1328 et son Bréviaire à l'usage des franciscains après 1325. Une autre influence exercée sur la peinture sur verre de l'époque est celle de l'orfèvrerie, et on se reportera à la statue en argent doré de 69 cm de la Vierge à l'Enfant, réalisée entre 1324 et 1339, pour la comparer aux Vierges des baies du XIVe siècle d'Évreux.

Orfevrerie : statue de la Vierge à l'Enfant offerte par Jeanne d'Evreux en 1339 à Saint-Denis.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vierge_%C3%A0_l%27Enfant_(Jeanne_d%27%C3%89vreux)

La Vierge de Jeanne d'Évreux (69 cm de haut)  est une œuvre anonyme réalisée à une date située entre 1324 (date où Jeanne devient reine) et 1339 (date du don inscrite sur le socle), conservée et exposée au musée du Louvre, dans les salles du Trésor de Saint-Denis du département des Objets d'art. Jeanne d'Évreux, reine de France de 1324 à 1328, en a fait don à l'abbaye de Saint-Denis en 1339. Sur un socle soutenu dans les angles par des figurines de lion, Marie tient l'Enfant Jésus. Dans sa main droite, elle tient une fleur de lys, reliquaire qui contenait à l'origine les reliques du lait, des vêtements et des cheveux de la Vierge, tandis que l'Enfant pose sa main sur sa joue.

Sur le socle, des petits piliers ornés des figures de prophètes séparent des plaques d'émaux qui retracent les événements de la vie du Christ sur terre.

Ces influences, qui s'exercent à partir de 1325, incitent à séparer les vitraux d'Évreux du XIVe postérieurs à cette date, de ceux qui lui sont antérieurs.

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COMPARATIF :

—Chartres, baie 36 (1328)

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle/123456789/3/discover?rpp=10&etal=0&group_by=none&page=3&filtertype_0=periode&filter_relational_operator_0=equals&filter_0=1328

— Rouen, Saint-Ouen, baie 19 : miracle du cheval rétif. 86 clichés :

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle/123456789/3/discover?rpp=10&etal=0&group_by=none&page=2&filtertype_0=edifice&filter_relational_operator_0=equals&filter_0=Saint-Ouen

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Évreux
4 novembre 2019 1 04 /11 /novembre /2019 16:01

Les vitraux du XIVe siècle de la cathédrale d'Évreux : IV. La baie 27 offerte par l'évêque Mathieu des Essarts vers 1300-1310.

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Cet article est le quatrième d'une série sur l'apparition du jaune d'argent dans les vitraux de la cathédrale d'Évreux au XIVe siècle. Ces premiers articles montrent les vitraux avant 1330, avant cette apparition du "jaune d'Évreux" : voir l'introduction dans le premier article.

 

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Voir aussi :

Liste de mes 200 articles sur les vitraux :.

.— Sur les vitraux de la cathédrale d'Évreux :

— Sur les fonds damassés :

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La baie 27, qui éclaire la chapelle des saints évêques d'Évreux,  est haute de 5,20 m et large de 3,50 m. Elle comporte 4 lancettes trilobées et un tympan à 9 ajours et 9 écoinçons. On y retrouve la disposition en litre courante à l'époque, avec une verrière décorative claire et une bande horizontale de panneaux colorés et figurés. 

La baie 25 qui éclaire la chapelle voisine (jadis chapelle Saint-Claude), où se trouve l'enfeu de Mathieu des Essarts, répondait à la même disposition, mais les panneaux colorés ont été regroupés avec ceux de la baie 27.

Les verres blancs sont répartis dans un réseau de plombs dessinant des quadrilobes concentriques, avec, au centre des panneaux, un fermaillet losangique coloré. Les verres blancs sont peints à la grisaille de rinceaux à feuilles de chêne et glands : nous retrouvons donc ici cet arbre utilisé de façon emblématique dans les baies précédentes (les photographies rendent mal ce détail, et les verres semblent blancs si la lumière n'est pas réduite : il est mieux visible sur le registre inférieur plus tardif de la dernière lancette).

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Les bordures.

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Les bordures à verre bleu, rouge et jaune alternent des armoiries de gueules au lion d'argent à la queue fourchée (non déterminées par les différents auteurs) avec celles  du donateur, de gueules au chevron d'or avec la crosse en pal. Où plutôt, les armes au chevron sont placées sur la bordure gauche, et celles au lion sur la bordure droite.

Je ne vois pas d'autre solution pour le blason de gueules au lion d'argent à la queue fourchée (d'autant que la queue n'est pas passée en sautoir) que de l'attribuer aux seigneurs de Monfort, qui furent comte d'Évreux de 1198 à 1195 avant que ce comté ne rentre dans le domaine royal en 1200 et qu'il soit donné en apanage à Louis de France en 1298. Il reste à expliquer le choix de cette référence par l'évêque. Ces armoiries ne relèvent pas d'une restauration fantaisiste, car elles ont été décrites par de Gaignières dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale (BnF., Fond Gaigneres, 468), où on voit la représentation de son tombeau, avec une verrière au-dessus; la description suivante accompagne le dessin:

MATHIEU DES ESSARTS

Vitre dans la chapelle Saint-Claude, dans l'aile de gauche du chœur de l'église N.-D. d'Evreux.

Mathieu des Essarts, la mitre en tête, & genoux, mains jointes, manteau, chape jaune, sur fond rouge, accosté aux quatre angles d'une rose blanche; au-dessus de sa tête, dans l'ogive : MATHEUS EPISCOP' EBROICEN.

La vitre entourée, bordée à gauche d'une série d'écussons de gueules au chevron d'or avec une crosse; à droite, écussons de gueules au lion d'argent lampassé la queue fourchue. ,

Au-dessous de la vitre est la statue en pierre de l'évêque Mathieu, couchée, en habits pontificaux, mains jointes, mitre. Cy gist révérend père en Dieu messire Mathieu des Essartz, jadis evesque d'Evreux.

 

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Armoiries des Essarts

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Armoiries de Simon III et d'Amaury de Monfort, comtes d'Évreux, travail personnel par Odejea sur Wikipédia

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Les panneaux colorés.

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Les panneaux colorés utilisent des verres rouges (tous les fonds), bleus, jaunes, plus rarement verts. Dans quatre panneaux sur cinq, deux à quatre étoiles (ou roses) jaunes sont placées au sein du fond rouge, sans doute jadis en chef-d'œuvre (la pièce de verre étant trouée pour y sertir la pièce) même si les refends réparés par des plombs de casse ne permettent plus de l'affirmer.

Les dais sont semblables à ceux des bais précédentes de 1300-1310, avec leurs piliers en pierre, leur arcature trilobée sous un gable encadré de pinacles, au dessous d'un étage supérieur de trois flèches. Les gables principaux sont ornés de feuilles, qui sont franchement des feuilles de chêne dans la plupart des cas (et avec un gland sur un fleuron dans la première lancette).

Le jaune d'argent n'est retrouvé que sur la Vierge en grisaille de la lancette de droite, qui date des années 1400 et sort donc de notre sujet.

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Le donateur.

Les baies 25 et 27 ont été offertes par l'évêque Mathieu des Essarts, comme le prouve l'inscription qui le représente en tenue épiscopale, à genoux et tenant la maquette d'une baie. Or, ce dernier fut évêque d'Évreux de 1299 à 1310, ce qui fournit une date ultime pour la datation de ces baies. Le créneau de datation 1300-1310 est le même que celui des baies de la chapelle Saint-Joseph (du coté sud du chœur), baies offertes par le comte d'Évreux Louis et son épouse, et où il figure dans la même posture, tenant également une maquette de vitrail. Nous avons donc "du coté de l'évangile" (le plus sanctifié) la donation de l'évêque, et, du coté de l'épître, la donation contemporaine faite par le comte d'Évreux. 

"Mathieu des Essarts. 1299—1310. Il est issu du chapitre cathédral d'Évreux. Il est mentionné comme chantre en mai 1298. Il accède en 1299 au siège d'Évreux et succède à Geoffroy de Bar.  Le gros-œuvre et la décoration du chœur de la cathédrale d'Évreux sont achevés avant 1310, date de sa mort. Il est inhumé dans la chapelle des saints évêques d'Évreux, dans un enfeu avec un gisant en cuivre. Sa tombe a aujourd'hui disparu.

En 1286 , Mathieu des Essarts fit l'acquisition d'un fief  à Saint-Germain-les-Évreux, puis en 1304 du manoir de Saint-Germain . En 1306, il en fait donation à la manse de l'évêché.

Son frère Roger († avant 1308) est trésorier en 1302 et archidiacre d'Ouche. Jean et Gilbert, fils de Pierre des Essarts, sont respectivement archidiacre d'Ouche et chantre du chapitre en 1309. D'autres membres de sa famille ont accédé au siège épiscopal d'Évreux: Guillaume (1333-1334) et Vincent (1334-1335), frère de Guillaume. (Wikipédia)

L'évêque a également fait apposer ses armoiries sur la voûte du chœur de la cathédrale.

 

Les verrières 25 et 27 ont été restaurée par E. Champigneulle en 1894, puis recomposées en 1950 : quatre panneaux offerts par Georgette Le Gras en 1509 à l'occasion de la refondation de la chapelle Saint-Claude (baie 27) ont été déposés, puis reposés en 2001 au nord de la nef.

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La baie 25.

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Baie 25 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 25 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La baie 27.

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Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Les vitraux du XIVe siècle de la cathédrale d'Évreux : IV. La baie 27 offerte par l'évêque Mathieu des Essarts vers 1300-1310.
Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Lancette de gauche.

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Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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En haut : Vierge à l'Enfant debout.

La Vierge, couronnée et nimbée de bleu, et son Fils, au nimbe crucifère, sont tournés vers la gauche où se trouvait sans doute le donateur, et l'Enfant le bénit.

On notera les yeux en virgule, et la pupille en raisin noir déporté sur le coté plein de celle-ci .

La Vierge est cantonnée de quatre roses-étoiles d'or.

Le gable du dais est orné de feuilles de chêne, et en fleuron de deux glands à pédoncules courts : il s'agit donc de chêne rouvre, ou sessile, l'essence prédominante en forêt d'Évreux.

Cette insistante présence du chêne m'est déjà apparue comme emblématique, mais de quoi ou de qui ? De l'importance des forêts en Haute-Normandie  (forêts d'Évreux, d'Eu, de Lyons-la-forêt ) ? Du lien associant celles-ci avec la fabrication du verre (cendre de bois) ? De la valeur nutritive du gland pour les porcs ? L'arbre est-il reconnu comme le roi des forêts, et le gland devient-il par métonymie leur emblème, comme la pomme est devenu le Fruit par excellence ?

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Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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En dessous : panneau déplacé : saint Martin en archevêque de Tours.

Inscription S. MARTINUS.

Sous le même dais à feuille de chêne, saint Martin mitré et tenant la crosse bénit un personnage placé à sa droite.

 

 

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Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Les trois lancettes suivantes.

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Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Deuxième lancette : l'évêque Mathieu des Essarts en donateur.

L'évêque agenouillé mains jointes est tourné vers sa droite et vénère la Vierge à l'Enfant (ou le Christ). Il est mitré mais sans sa crosse.

Inscription :

MA

THEUS

: EPISCOPIS :

EBROICENSIS

"Mathieu évêque d'Évreux".

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Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

 

 

Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Troisième lancette : le Christ en croix.

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Nous retrouvons pour la 3ème fois le gable aux feuilles de chêne et les glands.

Le buste du Christ a été restauré. La Vierge regarde la croix, les mains serrées témoignant de son chagrin, tandis que Jean détourne et baisse la tête, les deux mains entourant le livre de son évangile. Ce détournement de Jean se retrouve sur le Calvaire de Jean de Baumetz en 1390.

Le buste du Christ, avant restauration, est tourné légèrement vers la droite, et les jambes pliées sont de profil, les pieds croisées. Voir un peu plus tard la Crucifixion de Jean Pucelle :

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/70010733

Et celle par son élève Jean le Noir pour le Psautier de Bonne de Luxembourg :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Psautier_de_Bonne_de_Luxembourg#/media/Fichier:3_Jean_Le_Noir._Miniature_from_Psalter_of_Bonne_of_Luxemburg_1348-49_Metropolitan_Museum,_N-Y.jpg

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Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Quatrième lancette : l'évêque Mathieu des Essarts en donateur, tenant la maquette d'une baie.

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Inscription :

MA

THEUS :

EPISCO

PUS : EBRO

ICENSIS.

Mathieu, évêque d'Évreux.

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Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Quatrième lancette, registre inférieur : Vierge à l'Enfant vers 1400.

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Ce panneau de complément exécuté vers 1400 montre une Vierge à l'Enfant peinte à la grisaille sur un verre coloré bleu clair,  debout sur un carrelage bicolore. Elle est couronnée, nimbée mais non voilée, vêtue d'un manteau blanc à roses d'or, et elle tient une fleur de lys.

Le jaune d'argent rehausse la couronne, les nimbes, les chevelures, les ornements des vêtements et la fleur.

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Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 27 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le tympan et les têtes de lancettes.

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a) les têtes de lancettes.

Les têtes des lancettes 1 et 3 contiennent les armoires de Mathieu des Essarts de gueules au chevron d'or avec la crosse en pal, déjà observé dans les bordure.

Dans les lancettes 2 et 4, nous retrouvons les armes des Monfort de gueules au lion d'argent à la queue fourchée, mais dans un ensemble complexe, qui rappelle la succession de rectangles colorés des bordures, avec deux quadrants jaunes (opposés par la pointe) dont l'un, en 1, laisse la place à un demi-quartier bleu, et un quadrant rouge opposé au blason des Monfort. Ces couleurs ont-elles une valeur héraldique ? Elles proviennent plutôt de la rencontre au sommet  des deux bordures droite et gauche. Enfin, au centre, une mandorle de verre blanc est ornée à la grisaille d'un végétal et d'une bande à annelets, sans doute par souci de se rapprocher de l'écu de l'évêque avec sa crosse en pal.

La présence des armes anciennes du comté d'Évreux indique-t-elle une double donation, civile et ecclésiastique ?

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b) Le tympan : la vitrerie géométrique.

Il est semblable à tous les tympans examinés jusqu'à présent dans les baies des chapelles sud du chœur, et qui datent tous du 3ème quart du XVe (ou de leur copie lors des restaurations du XIXe), avec ses soleils ondés.

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SOURCES ET LIENS.

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— Histoire des évêques d'Évreux : avec des notes et des armoiries / par M. A. Chassant,... et M. G.-E. Sauvage,..1846.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k95305k/f101.item

BONNENFANT (Georges),1939, Notre-Dame d’Evreux (Paris: H. Laurens, 1939), 43-44, pl. 16;

— BOUDOT ( Marcel), 1966,“Les verrières de la cathédrale d’Evreux: Cinq siècles d’histoire,” Nouvelles de l’Eure 27 (1966), 28-29.

— BOUSQUET (Jacques et Philippe), 2019, Donateurs avec la Madone, le cas de la cathédrale d'Evreux, site artiflexinopere.

https://artifexinopere.com/?p=17412

— FOSSEY Jules  1898, Monographie de la cathédrale d'Evreux par l'abbé Jules Fossey,... Illustrations de M. Paulin Carbonnier,...

— GATOUILLAT (Françoise), 2019, "French 14-th-century stained glass and other arts", in Investigations in Medieval Stained Glass, Materials, Methods and Expressions, Brill ed., pages 374-385

 — GATOUILLAT (Françoise), 2001, "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in CALLIAS-BEY, M., CHAUSSÉ, V., GATOUILLAT, F., HÉROLD, M., Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum France, Recensement des vitraux anciens vol. VI, Ed du CNRS / Monum ed. du patrimoine. Paris, pages 143-161.

GAVET Philippe, Si l'art m'était conté. La cathédrale d'Évreux.

  http://www.philippe-gavet.fr/05/36/index.html

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ) et  Françoise Gatouillat, La cathédrale d’Evreux, Evreux, Hérissey, 1997.

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_2001_num_159_3_1042_t1_0286_0000_3

"Les vitraux des chapelles du chœur mis en place à partir de 1300 ne reflètent pas seulement les remaniements de l'édifice au XIIIe siècle, mais aussi des changements d'ordre technique, liturgique et religieux. L'introduction et le développement de la technique du jaune d'argent peuvent être suivis à leur exemple. Les plus anciennes verrières des chapelles du chœur (celles de Louis de France ou de l'évêque Matthieu des Essarts) ne montrent pas encore de trace de cette nouvelle technique. Dans la deuxième décennie, en revanche, elle s'affirme, quoique hésitante au début, comme dans l'image du chanoine Raoul de Ferneres, récemment redécouverte. Au XVe siècle, les réseaux des fenêtres furent refaits selon les formes modernes de l'architecture flamboyante, mais ces travaux achevés, les vitraux gothiques furent remis en place. Aussi les panneaux des réseaux ont-ils été mal insérés dans les ouvertures des nouveaux couronnements, comme on peut l'observer dans la chapelle de Louis de France, comte d'Evreux . A l'époque du flamboyant, on ne réemploya pas seulement des vitraux anciens, mais on ajouta aussi des éléments nouveaux, surtout dans les grisailles du  XIVe siècle. Ces compléments du XVe siècle ont été enlevés à l'occasion du remontage des vitraux après la guerre pour garder l'unité du style . Ces panneaux représentent des personnes ayant fait des fondations dans les chapelles. Pour en laisser un témoignage visuel, ils ont fait insérer leurs images dans les grisailles déjà en place . En les mettant en dépôt après la guerre, on a amputé les chapelles de témoins historiques importants. Nous avons observé ailleurs que, quand les chapelles passaient à une autre famille, cette dernière adaptait les vitraux à cette nouvelle situation . Ainsi la famille de l'Aubespine a introduit ses armoiries dans le vitrail de Jacques Cœur à Bourges ; on peut mentionner un changement encore plus profond à la cathédrale de Moulins : dans le vitrail dit des ducs , trois grands personnages et une sainte ont été introduits dans celui-ci par la famille de Dornes .

Les verrières les plus connues sont celles du chœur. Se sont aussi les seules qui ont été prises en considération hors des frontières. Ainsi ces vitraux sont-ils régulièrement considérés comme des modèles utilisés par les artistes qui ont exécuté les peintures de la clôture du chœur de la cathédrale de Cologne . Mais faut-il vraiment penser à un rapport direct entre Évreux et Cologne? La recherche antérieure a toujours daté les vitraux d'Évreux du 2e quart du XIVe siècle en rapport avec ceux de Saint-Ouen de Rouen (1325-1339). En revanche, F. Gatouillat les rapproche, à juste titre, de la peinture parisienne des années 1330. Il est donc plus probable que les verriers d'Evreux et les peintres colonais se sont servis des mêmes modèles parisiens, aujourd'hui perdus, pour la création de leurs œuvres. F. Gatouillat, qui connaît parfaitement les conditions de création du vitrail et de sa technique, a réussi à redresser plusieurs jugements erronés sur ces œuvres. En effet, le vitrail est un médium qui demande une approche prudente et une expertise que l'on ne peut s'approprier que par une longue expérience. Ces images fragiles ont rarement été conservées sans restaurations. Souvent les vitraux ont été déplacés à l'intérieur même de l'édifice pour compléter des lacunes. Ainsi, des ensembles importants ont été démembrés ce qui est justement le cas d'une partie des vitraux de la cathédrale d'Évreux et non des moindres. Je mentionnerai le cas des « verrières royales » : F. Gatouillat a fourni la preuve que le roi de France se trouvant depuis 1956 dans la baie 210 du chœur est bien Charles VI parce que la tenture fleurdelisée du fond n'a pas été refaite à la fin du xviir siècle mais date bien de 1390/95. Comme elle le souligne, les verriers du XVllf siècle n'auraient pu, techniquement, créer un tel élément. L'analyse du vitrail dans l'atelier du restaurateur a permis de constater l'état original de cette tenture. L'auteur a pu également reconstituer une troisième verrière de cette série magnifique grâce a une découverte heureuse faite après la parution de la monographie. Une Vierge de très grande qualité, mais très endommagée, a été retrouvée en dépôt à Evreux. Après une soigneuse étude des descriptions anciennes, F. Gatouillat a pu la mettre en rapport avec l'image de Blanche de Navarre, reine veuve de France (aujourd'hui son image et ses armoiries sont placées dans la fenêtre 208 du chœur). L'auteur souligne à juste titre que ces vitraux ont été créés par des artistes au service de la cour, mais qu'ils se distinguent des œuvres encore conservées de ce milieu, comme ceux de Bourges (la Sainte-Chapelle et la cathédrale, particulièrement les chapelles Aligret, Trousseau et Boisratier). Cette observation rejoint les recherches faites sur l'art des cours européennes. L'art commandité par les membres des cours princières ne recherche pas l'unité de l'expression, mais se plaît à affirmer les goûts personnels des différents personnalités impliquées . Le chapitre sur le vitrail ébroïcien du XV est d'un intérêt primordial. La restauration en cours des verrières de la chapelle d'axe commandées par le roi Louis XI a incité l'auteur à entreprendre une recherche approfondie sur ces œuvres. Elle a réussi à reconstituer la production de trois ateliers différents, deux travaillant à Evreux (à l'église Saint-Taurin) et un à Rouen, qui se sont partagés la création des vitraux de la chapelle d'axe de la cathédrale d'Evreux. Il est rare dans l'histoire de l'art français du XV siècle, surtout dans l'histoire du vitrail, de pouvoir redécouvrir des groupes cohérents d'œuvres et de suivre l'activité des mêmes artistes sur plusieurs décennies. Souvent, comme par exemple à Bourges ou à Moulins, on ne connaît que les vitraux d'un ou de deux monuments tandis que le reste de la production de l'atelier a disparu. Quoique ces vitraux de la troisième décennie du XV siècle n'atteignent pas la qualité des verrières royales, leur étude nous renseigne d'avantage sur le fonctionnement des ateliers, la manière de travailler des verriers et la coopération entre les différents ateliers. Ceci n'est possible que lorsqu'une grande densité de vitraux a été conservée comme c'est le cas en Haute-Normandie."

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ), HENRY (Virginie), 2016, Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07

http://www.eure.gouv.fr/content/download/18041/123811/file/ESSENTIEL_CONNAISSANCE_07%20Historique%20complet%20de%20la%20Cath%C3%A9drale%20d'Evreux.pdf

— KURMANN-SCHWARZ (Brigitte), LAUTIER  (Claudine), 2009, « Le vitrail médiéval en Europe : dix ans d’une recherche foisonnante », Perspective [En ligne], 1 | 2009, mis en ligne le 21 février 2018, consulté le 01 novembre 2019.

https://journals.openedition.org/perspective/1841#tocto2n3

— LAFOND (Jean), 1953, "Le vitrail en Normandie de 1250 à 1300", Bulletin Monumental  Année 1953  111-4  pp. 317-358

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1953_num_111_4_3745

— LEBEURIER (P-F.), 1868,  Description de la Cathédrale d'Evreux accompagnée d'une vue générale et d'un plan géométrique, Huet ed., Evreux 1868

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ/page/n29 

— LILLICH (Meredith Parsons), 1986, “European Stained Glass around 1300: The Introduction of Silver Stain,” Europäische Kunst um 1300 6, Akten des XXV. Internationalen Kongresses für Kunstgeschichte, Gerhard Schmidt and Elizabeth Liskar, eds. (Wien, Köln and Graz: Hermann Böhlaus Nachf., 1986).

https://www.researchgate.net/publication/324314671_European_Stained_Glass_around_1300_The_Introduction_of_Silver_Stain

— LILLICH (Meredith Parsons), 1992, "Heraldry and Patronage in the Lost Windows of Saint-Nicaise de Reims.", L'Art et les revolutions, 27e Congres international d'histoire de l'art, vol. 8 (Strasbourg: 1992), pp. 71-102.

https://www.academia.edu/36414224/_Heraldry_and_Patronage_in_the_Lost_Windows_of_Saint-Nicaise_de_Reims_

— LAUTIER (Claudine), 2000, "Les débuts du jaune d'argent dans l'art du vitrail ou le jaune d'argent à la manière d'Antoine de Pise", Bulletin Monumental  Année 2000  158-2  pp. 89-107

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_2000_num_158_2_2371

— Monuments historiques, Notre-Dame-d'Evreux

http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/evreux/vitraux/1.html

— xxx

http://evreux.catholique.fr/contenu/documents/services/cathedrale_Evreux-bestiaire.pdf

—  Patrimoine-histoire.fr, Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame

http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-NotreDame_v8.htm

— http://www.evreux-histoire.com/evreux-3-1-0.html#icono2

— MUNIER Claudine, À travers le verre, du Moyen Age à la Renaissance, catalogue Expo. Rouen, Musée départemental des Antiquités [compte-rendu], Bulletin Monumental  Année 1990  148-4  pp. 462-464

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1990_num_148_4_4386_t1_0462_0000_3

— PHILIPPE (Michel ), 1992, "Chantier ou atelier : aspects de la verrerie normande aux XIVe et XVe siècles" Annales de Normandie  Année 1992  42-3  pp. 239-257

https://www.persee.fr/doc/annor_0003-4134_1992_num_42_3_1927

 

 

INFLUENCES : ENLUMINURES ET ORFÈVRERIE.

a) Jean Pucelle :

Les  Heures (1324-1328) de Jeanne d'Évreux, reine de France (1329-1349) 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/70010733

— Le bréviaire de Belleville : Breviarium ad usum fratrum Predicatorum dit Bréviaire de Belleville. Ce manuscrit destiné à suivre les prières durant la célébration de la messe comprend deux volumes, l'un destiné aux prières pendant l'été (volume 1), l'autre pendant l'hiver (volume 2). BnF lat. 10483 et 10484.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447295h

Bible de Robert de Billying BnF  latin 11935   Décoration achevée en 1327.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b105097447

 

 — Bréviaire de Jeanne d'Évreux : ms. Chantilly, Musée Condé 51

http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/10299

 

Manuscrit de Gautier de Coincy, Miracles de Nostre Dame (Livres I et II) pour Jeanne de Bourgogne, Paris, BnF, NAF 24541

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b6000451c

— Influence : Heures à l'usage d'Amiens

http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/6048/659

— BLUM (Rudolf ), 1949, Jean Pucelle et la miniature parisienne du XIVe siècle  Scriptorium  Année 1949  3-2  pp. 211-217

https://www.persee.fr/doc/scrip_0036-9772_1949_num_3_2_2230

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Note. La fille de Louis d'Évreux et de Marguerite d'Artois, Jeanne d'Évreux, deviendra reine de France de 1325 à 1328  par son mariage avec Charles IV le Bel. Veuve et douairière depuis 1328,  elle fut enterrée à sa mort en 1371 à l'abbaye de Saint-Denis. Or, l'enlumineur Jean Pucelle (dont l'influence sur les cartons des vitraux d'Evreux après 1330 est reconnue) a orné le Livre d'Heures de Jeanne d'Évreux entre 1325 et 1328 et son Bréviaire à l'usage des franciscains après 1325. Une autre influence exercée sur la peinture sur verre de l'époque est celle de l'orfèvrerie, et on se reportera à la statue en argent doré de 69 cm de la Vierge à l'Enfant, réalisée entre 1324 et 1339, pour la comparer aux Vierges des baies du XIVe siècle d'Évreux.

Orfevrerie : statue de la Vierge à l'Enfant offerte par Jeanne d'Evreux en 1339 à Saint-Denis.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vierge_%C3%A0_l%27Enfant_(Jeanne_d%27%C3%89vreux)

La Vierge de Jeanne d'Évreux (69 cm de haut)  est une œuvre anonyme réalisée à une date située entre 1324 (date où Jeanne devient reine) et 1339 (date du don inscrite sur le socle), conservée et exposée au musée du Louvre, dans les salles du Trésor de Saint-Denis du département des Objets d'art. Jeanne d'Évreux, reine de France de 1324 à 1328, en a fait don à l'abbaye de Saint-Denis en 1339. Sur un socle soutenu dans les angles par des figurines de lion, Marie tient l'Enfant Jésus. Dans sa main droite, elle tient une fleur de lys, reliquaire qui contenait à l'origine les reliques du lait, des vêtements et des cheveux de la Vierge, tandis que l'Enfant pose sa main sur sa joue.

Sur le socle, des petits piliers ornés des figures de prophètes séparent des plaques d'émaux qui retracent les événements de la vie du Christ sur terre.

Ces influences, qui s'exercent à partir de 1325, incitent à séparer les vitraux d'Évreux du XIVe postérieurs à cette date, de ceux qui lui sont antérieurs.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Évreux
2 novembre 2019 6 02 /11 /novembre /2019 21:12

Les vitraux du XIVe siècle de la cathédrale d'Évreux : III. Les baies 22 et 24 (fin XIIIe, 1300-1310, 1320-1330) et la baie 26 (vers 1330).

 


 

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Cet article est le troisième d'une série sur l'apparition du jaune d'argent dans les vitraux de la cathédrale d'Évreux au XIVe siècle. Ces premiers articles montraient les vitraux avant 1330, avant cette apparition du "jaune d'Évreux" : voir l'introduction dans le premier article.

J'aborde ici (assez rapidement) les baies des chapelles voisines des deux précédentes, la chapelle Sainte-Catherine, et la chapelle Notre-Dame de Liesse, au sud du chœur.

Voir :

 

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Voir aussi :

Liste de mes 200 articles sur les vitraux :.

.— Sur les vitraux de la cathédrale d'Évreux :

— Sur les fonds damassés :

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Les baies 22 et 24 mesurent chacune 5,20 m de haut et 3,50 m de large ; elles comportent 4 lancettes trilobées et un tympan à 13 ou 15 soufflets et mouchettes. Elles répondent comme les précédentes à la disposition en litre où seule une bande horizontale d'éléments colorés et figurés prend place dans un grand espace de verres blancs ornés de sobres grisailles décoratives. La bordure alterne les fleurs de lys et les castilles (22) ou n'emploie que les castilles (24). Ces bordures datent de 1300-1310.

Et toujours pas de jaune d'argent ? Mais si ! Dans la baie 24, les motifs végétaux des panneaux ornementaux losangés sont peints en grisaille, mais avec utilisation du jaune d'argent pour une partie plus tardive, datée de 1320-1330. Et dans la baie 26, on le trouve soit sur le décor des vitres claires, soit en rehaut des deux panneaux colorés, datant de 1330. 

Tout ceci confirme que le jaune d'argent, qui va offrir de vastes possibilités aux peintres-verriers, n'a pas été introduit à Évreux avant cette date repère de 1330 (alors qu'il a été inventé à Paris vers 1300 ou un peu avant). 

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La baie 22 (fin du XIIIe, vitrerie claire et bordure de 1300-1310 ).

Lors de ma visite, le panneau figuré de la lancette de gauche, représentant la Charité de saint Martin, était masqué. Ce panneau est daté vers 1500.

La lancette suivante et sa voisine contiennent un saint Jean et une Vierge qui entouraient jadis un Christ en croix. Ils sont estimés dater de la fin du XIIIe siècle.

La vitrerie aux soleils ondés du tympan date du 3ème quart du XVe siècle.

La verrière a été restaurée par Duhamel-Marette en 1895.

Les deux saint personnages occupent une niche à fond monochrome bleu (frappé de quatre étoiles jaunes) et à arcature trilobée : d'épais piliers en pierre soutiennent une architecture gothique .

La Vierge est fortement déhanchée, comme sur la baie 18. Mais saint Jean adopte aussi cette pose hanchée.

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Baie 22 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 22 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 22 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 22 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 22 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 22 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 22 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 22 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La baie 24 (1er tiers XIVe, bordure de castille vers 1300-1310,  et 3eme quart XVe).

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Cette verrière composite associe deux fragments de dais sur des vitreries claires de deux modèles différents. C'est sur la partie datant vers 1320-1330 que se retrouvent des fleurs et des médaillons peints au jaune d'argent. Hélas, je n'y ai pas prêté attention lors de la prise de mes clichés : je n'en montrerai qu'un exemple.

Comme dans les baies précédentes, le tympan aux soleils ondés date du 3ème quart du XVe.

 

Baie 24 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 24 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 24 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 24 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La baie 26 (vers 1330, et XIXe-XXe).

Elle mesure 5,20 m de haut et est large de 2,90 m et comporte 4 lancettes et un tympan.

La verrière décorative réunit deux modèles de losanges peints du 2ème quart du XIVe siècle  (complété au XIXe).

Deux panneaux y ont été placés en réemploi :

Dans la 2ème lancette, un saint Maurice à cheval autrefois monté en baie 23 a été très restauré au XIXe.

Dans la 3ème lancette, un saint évêque date vers 1330 .

Le tympan est une verrerie géométrique à soleils ondés datant de la restauration du XIXe siècle (en 1895).

 

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Baie 26 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 26 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 26 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 26 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Une vue moins surexposée dévoile l'emploi du jaune soit pour les fleurs des losanges, soit pour le harnachement du cheval de saint Maurice, soit pour la mitre et l'orfroi de l'évêque.

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Baie 26 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baie 26 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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— Histoire des évêques d'Évreux : avec des notes et des armoiries / par M. A. Chassant,... et M. G.-E. Sauvage,..1846.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k95305k/f101.item

BONNENFANT (Georges),1939, Notre-Dame d’Evreux (Paris: H. Laurens, 1939), 43-44, pl. 16;

BOUDOT ( Marcel), 1966,“Les verrières de la cathédrale d’Evreux: Cinq siècles d’histoire,” Nouvelles de l’Eure 27 (1966), 28-29.

— BOUSQUET (Jacques et Philippe), 2019, Donateurs avec la Madone, le cas de la cathédrale d'Evreux, site artiflexinopere.

https://artifexinopere.com/?p=17412

— FOSSEY Jules  1898, Monographie de la cathédrale d'Evreux par l'abbé Jules Fossey,... Illustrations de M. Paulin Carbonnier,...

— GATOUILLAT (Françoise), 2019, "French 14-th-century stained glass and other arts", in Investigations in Medieval Stained Glass, Materials, Methods and Expressions, Brill ed., pages 374-385

 — GATOUILLAT (Françoise), 2001, "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in CALLIAS-BEY, M., CHAUSSÉ, V., GATOUILLAT, F., HÉROLD, M., Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum France, Recensement des vitraux anciens vol. VI, Ed du CNRS / Monum ed. du patrimoine. Paris, pages 143-161.

GAVET Philippe, Si l'art m'était conté. La cathédrale d'Évreux.

  http://www.philippe-gavet.fr/05/36/index.html

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ) et  Françoise Gatouillat, La cathédrale d’Evreux, Evreux, Hérissey, 1997.

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ), HENRY (Virginie), 2016, Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07

http://www.eure.gouv.fr/content/download/18041/123811/file/ESSENTIEL_CONNAISSANCE_07%20Historique%20complet%20de%20la%20Cath%C3%A9drale%20d'Evreux.pdf

KURMANN-SCHWARZ (Brigitte), LAUTIER  (Claudine), 2009, « Le vitrail médiéval en Europe : dix ans d’une recherche foisonnante », Perspective [En ligne], 1 | 2009, mis en ligne le 21 février 2018, consulté le 01 novembre 2019.

https://journals.openedition.org/perspective/1841#tocto2n3

— LAFOND (Jean), 1953, "Le vitrail en Normandie de 1250 à 1300", Bulletin Monumental  Année 1953  111-4  pp. 317-358

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1953_num_111_4_3745

— LEBEURIER (P-F.), 1868,  Description de la Cathédrale d'Evreux accompagnée d'une vue générale et d'un plan géométrique, Huet ed., Evreux 1868

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ/page/n29 

LILLICH (Meredith Parsons), 1986, “European Stained Glass around 1300: The Introduction of Silver Stain,” Europäische Kunst um 1300 6, Akten des XXV. Internationalen Kongresses für Kunstgeschichte, Gerhard Schmidt and Elizabeth Liskar, eds. (Wien, Köln and Graz: Hermann Böhlaus Nachf., 1986).

https://www.researchgate.net/publication/324314671_European_Stained_Glass_around_1300_The_Introduction_of_Silver_Stain

LILLICH (Meredith Parsons), 1992, "Heraldry and Patronage in the Lost Windows of Saint-Nicaise de Reims.", L'Art et les revolutions, 27e Congres international d'histoire de l'art, vol. 8 (Strasbourg: 1992), pp. 71-102.

https://www.academia.edu/36414224/_Heraldry_and_Patronage_in_the_Lost_Windows_of_Saint-Nicaise_de_Reims_

LAUTIER (Claudine), 2000, Les débuts du jaune d'argent dans l'art du vitrail ou le jaune d'argent à la manière d'Antoine de Pise, Bulletin Monumental  Année 2000  158-2  pp. 89-107

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_2000_num_158_2_2371

Monuments historiques, Notre-Dame-d'Evreux

http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/evreux/vitraux/1.html

— xxx

http://evreux.catholique.fr/contenu/documents/services/cathedrale_Evreux-bestiaire.pdf

—  Patrimoine-histoire.fr, Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame

http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-NotreDame_v8.htm

— http://www.evreux-histoire.com/evreux-3-1-0.html#icono2

 

ENLUMINURES.

Jean Pucelle :

Les  Heures (1324-1328) de Jeanne d'Évreux, reine de Navarre (1329-1349) 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/70010733

Le bréviaire de Belleville : Breviarium ad usum fratrum Predicatorum dit Bréviaire de Belleville. Ce manuscrit destiné à suivre les prières durant la célébration de la messe comprend deux volumes, l'un destiné aux prières pendant l'été (volume 1), l'autre pendant l'hiver (volume 2).

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447295h

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Évreux
2 novembre 2019 6 02 /11 /novembre /2019 16:14

Les vitraux du XIVe siècle de la cathédrale d'Évreux : II. Les baies 16, 18 et 20 (1308, et tympan du 3ème quart XVe siècle).

 

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Cet article est le deuxième d'une série sur l'apparition du jaune d'argent dans les vitraux de la cathédrale d'Évreux au XIVe siècle. Ces premiers articles montrent les vitraux avant 1330, avant cette apparition du "jaune d'Évreux" : voir l'introduction dans le premier article.

 

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Voir aussi :

Liste de mes 200 articles sur les vitraux :.

.— Sur les vitraux de la cathédrale d'Évreux :

— Sur les fonds damassés :

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Ce deuxième article décrit les trois baies 16, 18 et 20 qui éclairent la chapelle fondée en 1308 (selon F. Gatouillat)  par le chanoine Pierre de l'Aide à la mémoire de son frère le cardinal Nicolas de l'Aide (ou Nicolas de Nonancourt). Cette chapelle porte depuis le XIXe siècle le nom de Chapelle de l'Immaculée-Conception

Les cahiers d'enregistrement des recettes des revenus afférents aux chapelles de l'église cathédrale d'Évreux mentionnent « deux portions de chapelle sous l'invocation de saint Jacques et de saint Philippe, fondées en 1308 par Nicolas de Nonancourt, cardinal du titre de saint Laurent « Mais ce dernier décéda en 1299.

La chapelle était décrite ainsi par P.F. Lebeurier en 1868 :

La chapelle 6, percée de trois fenêtres, a également des médaillons à la base de sa clôture. Sur la porte, un bas-relief, représentant Samson chargé des deux poteaux delà porte de Gaza, est entouré de l'inscription: valvas confractis hic sanson vectib's effert sed vires ejvs dalila com'invit. Ce bas-relief parait être une allusion au nom et aux armes des Postel, ancienne famille normande qui a donné plusieurs chanoines à la cathédrale. Leur écusson, à trois trèfles posés 2 et I traversés d'un poteau mis en bande, est gravé sur plusieurs colonnettes de cette clôture. Au-dessous des colonnettes, sur une seule ligne, on lit encore cette inscription : conceptiotva DEI GENITR1X VIRGO GAUDIV' ANNVNCIAVIT IN VNIVERSO MVNDO EX TE ENI' ORTVS EST SOL JUSTICIE XPS DEVS NOSTER ; et, sur la corniche de la porte : ladem non sensit conceptvs virginis vllam. Neuf petits sujets du xive siècle sont insérés dans les vitraux: 4° S. Paul tenant un glaive par la pointe ; 2° la Sainte Vierge tenant l'enfant Jésus sur son bras gauche et un lys de la main droite-, 3° S. Pierre tenant les clefs ; 4° la Sainte Vierge ; 5° le Christ en croix ; 6° S. Jean tenant un livre ; 7° un saint évêque avec l'inscription : s. aquilinus ; 8° un autre évêque avec l'inscription : s. taurinus ; 9° un évêque donateur à genoux présentant un vitrail avec l'inscription : nicolaus cardinal. Ce doit être Nicolas de l'Aide, cardinal du titre de Saint-Laurent in Damaso, né à Nonancourt et inhumé dans la cathédrale d'Evreux, vers 1299. Cette chapelle contient encore une pierre tumulaire représentant un chanoine en habits sacerdotaux, avec l'inscription suivante, dont chaque mot est séparé par deux points : ci gist MESTRE ESTIENNE CLAVBL IADIS ARCHEDIACBE DU NVEFBOVRG ET CHANOINE DEVREVS QV1 TRESPASSA LAN DE GRACE V CCC ET XXIX LE VMSIEME IOVR DE MARS PROIES POVR LAME DE LVI AMEN

 

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ/page/n39

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Vue générale des trois baies :

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Chacune, haute de 5,20 m et large de 2,70 m comporte 3 lancettes trilobées et un tympan à 4 soufflets et 2 écoinçons .

Les trois baies adopte la disposition "en litre" à la mode depuis le milieu du XIIIe siècle, où une verrière décorative claire accueille à mi-hauteur une bande horizontale de panneaux colorés figurés. Les panneaux ornementaux en verre blanc  forment un réseau géométrique de losanges et de quadrilobes. Ils sont peints à la grisaille de rinceaux de chêne ou d'autres essences, tandis que des fermaillets bleus sont centrés par des fleurs de lys jaunes. Les bordures sont bleues à fleurs de lys jaune pour la baie 18, et rouge avec des castilles jaune dans les deux autres baies.

Dans les panneaux centraux, un saint personnage occupe un édicule en brique à arc trilobé dont le gable est orné de feuilles de chêne et de glands. Plus haut, entre des pinacles, s'élèvent trois flèches ou pinacles à crochets.

La présence de ce décor à feuilles de chêne peut être sans doute considéré comme emblématique plutôt qu'ornemental, d'autant que c'était un chêne que la Vierge tenait en baie 12, et également  semble-t-il en baie 14 ici.

Les verres colorés sont principalement bleus, rouges, jaunes, plus rarement verts, avec ponctuellement quelques verres lie-de-vin. Les verres rouges sont parfois hétérogènes, "flammés", mais de façon aléatoire sans exploitation de cet effet pour un rendu expressif.

Le jaune d'argent n'est pas encore utilisé dans ce début du XIVe siècle, et, de même, les fonds des niches sont unis et jamais damassés.

L'ordre des lancettes a  été modifiée, car la succession habituelle des fonds rouge et bleu n'est pas respectée, la Vierge à l'Enfant n'est pas centrale (elle a été intervertie avec saint Pierre en 1868), et en baie 20 les deux saints et le donateur se succèdent sans cohérence.

Les baies ont été restaurées par Duhamel-Marette en 1894.

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Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La baie 16.  Saint Paul, saint Pierre et la Vierge à l'Enfant.

 

 

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Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Saint Paul tenant par sa pointe l'épée de sa décapitation.

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Les traits du visage, le toupet frontal, le geste de ma main gauche et les plis du manteau témoignent de la maîtrise artistique du peintre.

La position des pieds, très écartée, est archaïque.

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Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Saint Pierre tenant sa clé et un livre.

La tête du saint a été remplacée en 1870.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge à l'Enfant, couronnée et tenant un rameau bourgeonnant.

La Vierge couronnée et voilée est fortement déhanchée. La Mère et le Fils ne se regardent pas.

Marie tient un rameau bourgeonnant qui, par comparaison avec le chêne déracinée tenue par la Vierge de la baie 12, peut peut être se comprendre comme un rameau de chêne stylisé  ; mais le rameau fleuri possède une riche symbolique mariale (virga virgo de Jessé ou verge de Joseph).

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Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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En bas de lancette centrale : Mgr Devoucoux évêque d'Évreux agenouillé en donateur.

En bas de lancette droite : blason épiscopal et inscription.

CETTE CHAPELLE FUT RESTAURÉE PAR ILL[USTRE] ET RÉV[ÉREND] PÈRE EN DIEU MGR JEAN-SÉBASTIEN-ADOLPHE DEVOUCOUX ÉVÊQUE D'ÉVREUX DE MDCCCLVIII À MDCCCLXX.

Monseigneur Devoucoux, évêque de 1858 à sa mort en 1870, était membre de la société française d'archéologie et il présida la Société Libre de l'Eure. Il  a été le donateur de la restauration de ces vitraux par Duhamel aidé de Marette, auteurs de son portrait. Il s'est fait représenter aussi sur la baie 22 de l'église Saint-Sauveur des Andelys, restaurée à ses frais par Didron. Ses armes se blasonnent comme un écartelé de gueules et d'or, à la croix ancrée de sable. Il avait fait restaurer 5 panneaux de la chapelle des Fonts (baie 42) et la verrière des Trois Maries en baie 213.

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Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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LA BAIE 18 : LE CALVAIRE (LA VIERGE, LE CHRIST EN CROIX ET SAINT JEAN).

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Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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La Vierge.

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La posture est déhanchée à l'extrême. Elle a les pieds posés sur un rocher.

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Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le Christ en croix.

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Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Saint Jean tenant son évangile.

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Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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LA BAIE 20 : SAINT AQUILIN, SAINT TAURIN ET LE CARDINAL NICOLAS DE L'AIDE EN DONATEUR.

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Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Saint Aquilin, proto-évêque d'Évreux.

Inscription S. AQUILINUS.

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Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Saint Taurin, proto-évêque d'Évreux.

Inscription S. TAURINUS.

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Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le donateur : le cardinal Nicolas de l'Aide présentant un vitrail.

Inscription  NICOLAUS CARDINAL.

Nicolas L'Aide ou de Nonancourt, né à Nonancourt et mort le 22 ou 23 septembre 1299 à Rome a été chancelier de l'université de Paris de 1284 à 1288 et doyen du chapitre de Notre-Dame de Paris de 1288 à 1294, puis a été établi cardinal au titre de San-Marcello par Célestin V en 1294, puis nommé au titulus de San Lorenzo di Damasio l'année suivante.

Une épitaphe en vers qui se lisait jadis dans la cathédrale d'Evreux et dont le texte nous a été conservé par Le Brasseur et par Gaignières indiquait : »
 

"Haec praesens fossa Nicolai continet ossa,
Qui pius et prudens extitit atque studens.
Mitram cardineam Romana gessit in urbe
Et pileum rubeum. Dans multae dogmata turbae
In pravos mores naturae Theologia,
Hujus erant flores una cum Philosophia.
Editus est illa quae Nonancuria villa
Fertur, ubi cura vigili fecit bona plura.
M, c bis, x novies, nono, septembre timendo,
Finiit iste dies sub Mauritio moriendo.
Auxilium dictus, multis dedit ipse juvamen,
Sed nunquam fictus ; requiem sibi det Deus ! Amen."

Son frère, chanoine à Évreux, est connu sous le nom de Pierre L'Aide ou Layde (magister Petrus Layde).

Le cardinal Nicolas l'Aide, de Nonancourt, dont la cathédrale d'Evreux avait recueilli les restes, avait donc terminé sa carrière en 1299, le jour de la Saint-Maurice, c'est-à-dire le 22 septembre. Plusieurs obituaires confirment la date qui est assignée à la mort de Nicolas de Nonancourt par l'inscription de la cathédrale d'Evreux. Nous savons, en effet, que le chapitre d'Evreux célébrait chaque année, le 24 septembre, l'anniversaire de maître Pierre l'Aide et de son frère « sire Nicolas, prêtre cardinal du titre de Saint-Laurent « in Damaso ». A Rouen, c'était le 23 septembre que les chanoines priaient pour l'âme du « révérend père Nicolas de « Nonancourt, cardinal ». Le chapitre de Paris avait enregistré au 8 septembre l'obit de « sire Nicolas, prêtre cardinal « du titre de Saint-Laurent in Damaso ».

https://fr.qwertyu.wiki/wiki/Nicolas_de_Nonancourt

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Le motif du donateur tenant la maquette du vitrail qu'il offre se retrouve en baie 14 avec le comte Louis d'Évreux, ou en baie 207 avec Raoul de Ferrières.

 

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Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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Le tympan.

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La vitrerie géométrique ponctuée de soleils ondés date du 3ème quart du XVe siècle , et de la restauration du XIXe siècle.

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Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

Baies 16, 18 et 20 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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— Histoire des évêques d'Évreux : avec des notes et des armoiries / par M. A. Chassant,... et M. G.-E. Sauvage,..1846.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k95305k/f101.item

BONNENFANT (Georges),1939, Notre-Dame d’Evreux (Paris: H. Laurens, 1939), 43-44, pl. 16;

BOUDOT ( Marcel), 1966,“Les verrières de la cathédrale d’Evreux: Cinq siècles d’histoire,” Nouvelles de l’Eure 27 (1966), 28-29.

— BOUSQUET (Jacques et Philippe), 2019, Donateurs avec la Madone, le cas de la cathédrale d'Evreux, site artiflexinopere.

https://artifexinopere.com/?p=17412

— FOSSEY Jules  1898, Monographie de la cathédrale d'Evreux par l'abbé Jules Fossey,... Illustrations de M. Paulin Carbonnier,...

— GATOUILLAT (Françoise), 2019, "French 14-th-century stained glass and other arts", in Investigations in Medieval Stained Glass, Materials, Methods and Expressions, Brill ed., pages 374-385

 — GATOUILLAT (Françoise), 2001, "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in CALLIAS-BEY, M., CHAUSSÉ, V., GATOUILLAT, F., HÉROLD, M., Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum France, Recensement des vitraux anciens vol. VI, Ed du CNRS / Monum ed. du patrimoine. Paris, pages 143-161.

GAVET Philippe, Si l'art m'était conté. La cathédrale d'Évreux.

  http://www.philippe-gavet.fr/05/36/index.html

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ) et  Françoise Gatouillat, La cathédrale d’Evreux, Evreux, Hérissey, 1997.

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ), HENRY (Virginie), 2016, Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07

http://www.eure.gouv.fr/content/download/18041/123811/file/ESSENTIEL_CONNAISSANCE_07%20Historique%20complet%20de%20la%20Cath%C3%A9drale%20d'Evreux.pdf

KURMANN-SCHWARZ (Brigitte), LAUTIER  (Claudine), 2009, « Le vitrail médiéval en Europe : dix ans d’une recherche foisonnante », Perspective [En ligne], 1 | 2009, mis en ligne le 21 février 2018, consulté le 01 novembre 2019.

https://journals.openedition.org/perspective/1841#tocto2n3

— LAFOND (Jean), 1953, "Le vitrail en Normandie de 1250 à 1300", Bulletin Monumental  Année 1953  111-4  pp. 317-358

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1953_num_111_4_3745

— LEBEURIER (P-F.), 1868,  Description de la Cathédrale d'Evreux accompagnée d'une vue générale et d'un plan géométrique, Huet ed., Evreux 1868

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ/page/n29 

LILLICH (Meredith Parsons), 1986, “European Stained Glass around 1300: The Introduction of Silver Stain,” Europäische Kunst um 1300 6, Akten des XXV. Internationalen Kongresses für Kunstgeschichte, Gerhard Schmidt and Elizabeth Liskar, eds. (Wien, Köln and Graz: Hermann Böhlaus Nachf., 1986).

https://www.researchgate.net/publication/324314671_European_Stained_Glass_around_1300_The_Introduction_of_Silver_Stain

LILLICH (Meredith Parsons), 1992, "Heraldry and Patronage in the Lost Windows of Saint-Nicaise de Reims.", L'Art et les revolutions, 27e Congres international d'histoire de l'art, vol. 8 (Strasbourg: 1992), pp. 71-102.

https://www.academia.edu/36414224/_Heraldry_and_Patronage_in_the_Lost_Windows_of_Saint-Nicaise_de_Reims_

LAUTIER (Claudine), 2000, Les débuts du jaune d'argent dans l'art du vitrail ou le jaune d'argent à la manière d'Antoine de Pise, Bulletin Monumental  Année 2000  158-2  pp. 89-107

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_2000_num_158_2_2371

Monuments historiques, Notre-Dame-d'Evreux

http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/evreux/vitraux/1.html

— xxx

http://evreux.catholique.fr/contenu/documents/services/cathedrale_Evreux-bestiaire.pdf

—  Patrimoine-histoire.fr, Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame

http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-NotreDame_v8.htm

— http://www.evreux-histoire.com/evreux-3-1-0.html#icono2

 

ENLUMINURES.

Jean Pucelle :

Les  Heures (1324-1328) de Jeanne d'Évreux, reine de Navarre (1329-1349) 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/70010733

Le bréviaire de Belleville : Breviarium ad usum fratrum Predicatorum dit Bréviaire de Belleville. Ce manuscrit destiné à suivre les prières durant la célébration de la messe comprend deux volumes, l'un destiné aux prières pendant l'été (volume 1), l'autre pendant l'hiver (volume 2).

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447295h

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Évreux
31 octobre 2019 4 31 /10 /octobre /2019 09:19

Les vitraux du XIVe siècle de la cathédrale d'Évreux : I. Les chapelles rayonnantes du déambulatoire. Les baies 10, 12, 14 (1301-1310) de la  chapelle du comte Louis d'Évreux .

Avant l'apparition du jaune d'argent.

La Vierge au chêne !

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Voir aussi :

Liste de mes 200 articles sur les vitraux : Pour la fin XIIIe ou le XIVe siècle, en Bretagne, j'ai déjà admiré la maîtresse-vitre de Dol-de-Bretagne (1290-1300), et à  Merléac, les baies 2 et 3 datant du  1er tiers XIVe.

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— Sur les vitraux de la cathédrale d'Évreux :

— Sur les fonds damassés :

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La parution récente d'un  article de Françoise Gatouillat sur les Vitraux français du XIVe siècle et les autres arts (Gatouillat 2019) m'incite à me replonger dans mes archives photographiques de la cathédrale d'Évreux.

Mon but (mon jeu) est de partir à la découverte du fameux Jaune d'Évreux parmi les vitraux de la cathédrale. Ce colorant n'apparut ici qu'au tiers du XIVe siècle, et je débuterai, par contraste ou pour le suspens, par les vitraux du début de ce siècle, et où, justement, ce pigment n'est pas encore utilisé.

Je débuterai ma visite dans le déambulatoire, juste à droite de la Chapelle d'axe ( qui, de toute façon, n'était pas encore construite au XIVe siècle ).

Dans un deuxième article, j'examinerai les trois baies de la chapelle voisine, les 16-18 et 20 datant de 1308, pour constater là encore l'absence du jaune d'argent. Et ainsi de suite dans les articles suivants (baies 22-24-26), avant d'arriver, au nord, aux verrières 25-27 offertes par l'évêque Matthieu des Essarts vers 1300-1310, et, enfin à la baie 23 offerte par l'évêque Geoffroy des Plessis vers 1325-1330 : ce sera mon Île au Trésor, avec une belle pièce de verre bleu devenu vert sous l'effet du jaune d'argent : victoire !

Ainsi récompensé, je grimperai jusqu'aux baies (très) hautes du rond-point du chœur afin de continuer à me régaler : baie 200, puis 201, 204, etc..

Mon guide sera, bien-sûr, Françoise Gatouillat, orfèvre en la belle matière : Gatouillat 2001.

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Pourquoi m'imposer la contrainte de débuter par les vitres qui ne répondent pas à mes attentes ?

Ah, vous ignorez tout de la sérendipité, ou quoi ? Ici, ce sera la Vierge à l'Enfant tenant, savez-vous quoi ? Un chêne !!

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INTRODUCTION : LES VITRAUX DU DÉBUT DU XIVe SIÈCLE EN FRANCE (PARIS ET NORMANDIE).

Dans la seconde moitié du XIIIe siècle : les vitraux "en litre" :

 

"Au XIIIe siècle, la grisaille, ou vitrail ornemental sur verre blanc, s’est développée à partir de la forme tardive de la verrière à entrelacs dans laquelle de fins rubans sont combinés avec des rinceaux végétaux. Ce type de vitrail s’est rapidement enrichi d’éléments de couleurs (bordures, entrelacs, fermaillets) et devint prédominant dans les vitreries des cathédrales de France et d’Angleterre. Le goût croissant pour les grisailles s’explique non seulement par le coût moindre du verre blanc, mais surtout en raison du souhait des maîtres d’œuvre et des commanditaires d’apporter plus de lumière à l’intérieur des églises. La verrière dite « en litre », dans laquelle les panneaux figurés forment une bande de couleur dans une vitrerie en grisaille, devint la forme la plus répandue en France et en Angleterre au cours de la deuxième moitié du XIIIe siècle. La vitrerie composite, associant les ornements et les figures, était également connue dans les pays germaniques. " (Kurmann-Schwartz et Lautier)

 

Je me dresse auprès des bons auteurs  une petite liste des caractères des vitraux du XIVe siècle.

-Augmentation de la taille des baies gothiques flamboyantes

-Développement de grands chantiers : Paris, Rouen (cathédrale Notre-Dame et Saint-Ouen), Jumièges et Évreux

-Influence de l'enluminure parisienne : Jean Pucelle.

-Début de quelques représentations en perspective ( sous l'influence de Jean Pucelle)

-Introduction du jaune d'argent, permettant la réalisation de verres plus grands.

-Introduction de couleurs plus claires.

-Utilisation de verres colorés doublés. La gravure à l'acide des vitraux plaqués n'apparaîtra que plus tard, au XVe siècle.

-Développement de la production de verre dans les forêts de Normandie (Lyons-la-Forêt) et progrès dans la qualité et la taille des  ronds soufflés (cives) de 60 cm de diamètre.

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Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

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Les trois baies  sont hautes de 5,20 m et larges de 2,70 m, et elles comportent chacune trois lancettes trilobées et un tympan à 4 soufflets et 2 écoinçons. Elle forment, dans la chapelle Saint-Joseph (dénomination du XIXe) un ensemble où le donateur, à droite, et son épouse à gauche sont agenouillés devant la Vierge à l'Enfant. Il s'agit de Louis de France, comte d'Évreux de 1298 à sa mort en 1319 et demi-frère cadet du roi Philippe IV le Bel, et de son épouse Marguerite d'Artois, épousée en 1301 et décédée en 1310 ou 1311 (ce qui fournit le créneau de datation des verrières).

Ils se détachent au centre de panneaux ornementaux clairs en verre blanc peints d'entrelacs géométriques  de rinceaux en grisaille et ponctués de fermaillets colorés bleu-rouge-jaune. Cette disposition témoigne du souhait de l'époque de bénéficier d'un meilleur éclairage du déambulatoire, en rupture avec les vitraux entièrement remplis de médaillons aux couleurs soutenues. Elle est autorisée par les progrès de l'industrie du verre, qui propose un verre blanc plus  fin et de plus grande taille.

Les bordures verticales  de chaque lancette où des fleurs de lys jaune se succèdent dans les entrecroisements bleus en losanges forment en réalité le motif héraldique des armes des comtes d'Évreux (celle de France avec la brisure d'Évreux)  d'azur semé de fleurs de lys d'or à la bande componée d'argent et de gueules. Les blasons sont cités trois fois, dans des trilobes dans chacun des tympans, en réemplois parmi  des soleils ondés en grisaille et jaune d'argent qui datent de 1465-1470. Les armoiries se retrouvent aussi sur les vêtements des deux donateurs.

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Un registre inférieur a été ajouté vers 1450 à la suite de la concession de la chapelle à la famille du doyen Simon Chevestre.

Les baies ont été  restaurées avec modération par Duhamel-Marette en 1894

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La partie datant du début du XIVe siècle illustre une transition dans les nouveautés qui se mettront en place au XIVe siècle dans l'art du vitrail, et dont la cathédrale d'Évreux offre un des plus beaux témoignages. En effet, la place donnée aux verres blancs relève de ces changements, mais nous n'observons pas encore d'utilisation de jaune d'argent (le fameux  "jaune d'Évreux" !) qui ne fera son apparition ici qu'en baie 23 vers 1325-1330. 

Les couleurs  utilisées sont le bleu, le vert, le rouge et le jaune du XIIIe siècle (et aussi un rose pour la colonnade au dessus du donateur de la baie 14.

Les verres rouge sont d'une teinte hétérogène, marquée de stries blanches, et celles-ci suivent parfois (donateur de la baie 12) les courbes de la cive dans laquelle le verre a été taillé.

Les inscriptions, la couronne, les fleurs de lys et les pinacles à crochets ou autres détails d'architecture des dais sont réalisés en appliquant une couche de grisaille sur le verre (jaune le plus souvent), puis en l'ôtant pour faire apparaître le dessin. 

Au contraire, les trais des visages sont finement tracés à la grisaille.

Mais ces deux techniques ne sont nullement des innovations.

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Note : la fille de Louis d'Évreux et de Marguerite d'Artois, Jeanne d'Évreux, deviendra reine de France de 1325 à 1328  par son mariage avec Charles IV le Bel. Veuve et douairière depuis 1328,  elle fut enterrée à sa mort en 1371 à l'abbaye de Saint-Denis. Or, l'enlumineur Jean Pucelle (dont l'influence sur les cartons des vitraux d'Evreux après 1330 est reconnue) a orné le Livre d'Heures de Jeanne d'Évreux entre 1325 et 1328 et son Bréviaire à l'usage des franciscains après 1325. Une autre influence exercée sur la peinture sur verre de l'époque est celle de l'orfèvrerie, et on se reportera à la statue en argent doré de 69 cm de la Vierge à l'Enfant, réalisée entre 1324 et 1339, pour la comparer aux Vierges des baies du XIVe siècle d'Évreux.

 

Ces influences, qui s'exercent à partir de 1325, incitent à séparer les vitraux d'Évreux du XIVe postérieurs à cette date, de ceux qui lui sont antérieurs.

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AU CENTRE : LA VIERGE À L'ENFANT ET LOUIS D'ÉVREUX EN DONATEUR.

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Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

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La Vierge au chêne.

Elle est debout sous un dais assez simple à ouverture trilobée sous une arcature à crochet encadrée de pinacles, sous une architecture plus complexe où la grisaille du verre jaune découpe des réseaux, des oculi, des gables à crochets tandis que des lancettes se détachent sur un verre rose.

Ce qui est extraordinaire ici, c'est que la Vierge tient dans sa main non pas un sceptre ou un lys, mais un chêne muni de ses racines !

Je crois halluciner, mais il faut se rendre à l'évidence : c'est bien un arbre, doté du chevelu racinaire, de quatre petites branches feuillues, et d'une cime à trois ou quatre feuilles. Je veux bien concéder que l'essence de l'arbre est discutable, entre un chêne et un érable.

Je ne parviens pas à trouver d'autre exemple iconographique. Ni à trouver ce détail mentionné dans  une description de ce vitrail.

Quelle en est la signification ? La plus évidente est de voir là une allusion à  l' Arbre de Jessé. La Vierge (qui est couronnée) montrerait à son Fils son ascendance royale  et son appartenance à la Maison de David.

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Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

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La vue de détail montre la finesse de la peinture en grisaille des traits de l'enfant, montre aussi la grâce de son geste d'argumentation, et révèle qu'il tient un objet (pomme ou globe) dans la main. Le Fils et la Mère se regardent.

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Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

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LE DONATEUR,  LE COMTE LOUIS D'ÉVREUX.

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Il est agenouillé mains jointes et levées devant la Vierge, et il porte une tunique à ses armes. 

Le dais trilobé  à gable à crochets renferme l'inscription (lavis de grisaille sur verre blanc) en lettres gothiques ornées d'extrémités serpentines :

LUDÕ

COMES

EBR~ :

soit DÕ LUDO[VICUS] COMES EBROICENSIS (les abréviations étant indiquées par des tildes sur les O et le R ).

Les lettres DÕ peuvent correspondre  soit à DONUM, soit à  DOMINUS. Je penche pour la première solution, en adéquation avec la scène, et je traduis par : "DON DE LOUIS COMTE D'ÉVREUX". La seconde lecture a été adoptée par Bernard de Monfaucon puis par  Eugène Baretsk dans un article de L'Artiste de 1837, mais en ajoutant un M (DOM) qui n'est pas observé aujourd'hui.

Les premières lettres DO ont été omises dans les transcriptions de Lebeurier, puis  de F. Gatouillat pour le Corpus, mais elles sont précieuses dans l'étude des figures de donateurs de vitraux, surtout si elles qualifient bien celui-ci comme donateur, ce qui sera plus clair sur la peinture de la baie 14 où le comte tend à la Vierge le vitrail stylisé.

En fait, la même inscription sur la baie 14 montre plutôt un signe abréviatif  9 (pour -us) qu'un tilde, ce qui affaiblit ma suggestion.

On comparera cette représentation à celle de son gisant : 

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Gisant de Louis, Comte d'Évreux. © Jean-Christophe Ballot - Centre des monuments nationaux.

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Notez le verre rouge aux stries concentriques.

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Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

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LA DONATRICE : LA COMTESSE MARGUERITE.

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La donatrice Marguerite d'Artois est représentée dans une attitude de donatrice symétrique de celle de son mari. Elle est coiffée d'un voile qui cache également sa gorge, ce qui n'est pas très éloignée de la mentonnière de son gisant :

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Gisant de Marguerite d'Artois dans la basilique de Saint-Denis. © Pascal Lemaître - Centre des monuments nationaux.

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Elle avait fondé cette chapelle et un obit de 100s. était versé chaque année à l'Ascension pour elle, pour son mari Louis et pour un certain Simon, comte d'Évreux

L'inscription indique :

MAR

GAR~:

COMITIS

SA : EBR~

MARGARITA COMITISSA EBROICENSIS, "Marguerite, comtesse d'Évreux."

 

La représentation de la comtesse et du comte sur ce vitrail a été recopiée, avec le relevé des inscriptions, et publiée en 1730 sur la planche 38 des Monuments de la monarchie française de Bernard de  Monfaucon, tome II page 214.

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Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

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Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

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En baie 14 : à nouveau le donateur.

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Nous retrouvons l'inscription :

LUDÕ : COMES

EBR~ 

Mais la grande différence est que Louis d'Évreux présente ici une maquette de la fenêtre qu'il offre à Notre-Dame.Une maquette à deux lancettes à losanges décoratifs, surmonté d'un oculus polylobé.

Ce motif de la donation d'un vitrail se retrouve entre 1325 et 1330 en baie 23 offerte par l'évêque Geoffroy du Plessis et en  baie 207 offerte par le chanoine Raoul de Ferrière.

La présence d'un éperon en verre jaune montre que le comte est représenté ici en armure, et que les marques des bras et jambes témoignaient d'une cotte de maille, tandis que la "robe" armoriée était un tabard.

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Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

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Le registre inférieur : Saint Nicolas et saint Yves, Pietà, Jehan Chevestre, son épouse et sa fille.

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Vers 1450 (F. Gatouillat) ou 1460, la famille du doyen du chapitre cathédrale  Simon Chevestre a obtenu la concession de la chapelle qu'éclairent les trois baies 10, 12 et 14. Le registre inférieur de la baie 14 montre cette famille en donateurs, tandis que deux saints et une Pietà occupe celui de la baie 10, les six panneaux formant un ensemble puisque chaque personnage occupe une niche voûtée à clefs pendantes et à sol carrelé devant une tenture damassée par des feuillages : les trois donateurs sont tournés vers la Vierge tenant le corps de son Fils, encadrée par deux saints issus du clergé (un évêque, Nicolas, et un juge ecclésiastique, Yves).

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La baie 10 : saint Nicolas, la Pietà, et saint Yves.

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1. Saint Nicolas ressuscitant les trois étudiants (ou petits enfants).

Les personnages, le sol, le siège du saint et le baquet sont peints à la grisaille sur des verres blancs (les plombs de casse ne permettent pas de dire combien ) tandis que la tenture de fond est en verre bleu, au motif de damas feuillagé. La grisaille est rehaussée au jaune d'argent, d'usage courant pour cette partie datant du XVe siècle. La scène du miracle légendaire est représentée dans une niche octogonale voûtée.

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Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

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La Vierge de Pitié.

Le buste de la Vierge a été restauré. 

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Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

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Saint Yves.

L'Official de Tréguier, patron des avocats et juristes, est représenté coiffé du bonnet rouge de docteur et vêtu d'une robe aux bordures et camail d'hermines. Il tient un rouleau de parchemin, témoin de son activité d'étude des pièces de procès. Surtout, il fait un geste caractéristique d'argumentation, index tendu, selon une tradition que j'ai déjà examiné à Saint-Ségal à propos de deux exemples :

http://www.lavieb-aile.com/2019/07/saint-segal-le-calvaire-du-bourg.html

http://www.lavieb-aile.com/2019/07/la-chapelle-saint-sebastien-en-saint-segal-l-arc-de-triomphe.html

Il ne peut y avoir de doute sur son identification.

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Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

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La baie 14 : la famille Chevestre, en donateurs.

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1. Jean Chevestre.

L'homme chenu est agenouillé à son prie-dieu, l'aumônière à la ceinture, et vêtu d'une riche robe rouge fourrée au col et au poignets, un vêtement fréquemment retrouvé chez les donateurs de vitraux normands et témoignant de la respectabilité de leurs fonctions. En effet, Jehan Chevestre, identifié par l'inscription, était procureur du roi pour le baillage d'Évreux de  1447 à 1449,  et en 1461.

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Inscription indique : JEHAN :  CHEVE----E : LEUR FILZ.

On peut néanmoins s'interroger sur le sens de cette inscription : de quel fils s'agit-il ? 

On relie ce personnage à Simon Chevestre, Docteur en Décret,  Prieur de la Madelaine de Neubourg ,  seigneur en Saint-Germain-des-Angles,  chantre puis trésorier puis doyen vers 1460 des chanoines de la cathédrale d'Évreux, et autrefois (1458) prébendé à Sainte-Colombe-la-Campagne (ou de la Commanderie).

"Simon Chevestre, qui pour lors occupoit la dignité de doyen en l'eglise cathedrale d'Evreux, auparavant prebendé de Ste Collombe, dont les sieurs de Harcour sont fondateurs, osmona au chapitre d'Evreux le fief de St Germain des Angles, et fit faire l'image d'argent de la mere de Dieu, qui est au dessus de l'autel du chœur. Il fonda en l'an 1439 le service qui se dit le dernier jour de decembre, feste de Ste Collombe, en la chapelle de Ste Anne, en l'eglise de Nostre Dame d'Evreux."

 

Il était encore en vie en 1458, date d'un bail en 1458 passé par Simon Chevestre, doyen :  vénérables et discrètes personnes Maistres Simon Chevestre, Jehan .... ...et en lieu de maistre Simon Chevestre, prebtre, doyen d'Evreux et seigneur en son Saint-Germain-des-Angles

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"CHEVESTRE des CHAPELLES (de). Armes : d'azur à trois hiboux d'or, 2 et 1, ceux du chef surmontés d'une étoile du même.

Le nom de CHEVESTRE est celui d'une ancienne famille noble de Normandie sur laquelle on n'a pu se procurer que des renseignements insuffisants.

Maître Simon Chevestre, docteur en décret, était vers 1458 chanoine prébende de Sainte-Colombe et doyen d'Évreux. Il fit don au chapitre d'Evreux du fief de Saint-Germain-des-Angles ; il fit également don à la cathédrale d'Évreux d'une statue de la Vierge, en argent.

Jacques de Chevestre épousa vers 1560 Marie de Mauvoisin, héritière de l'importante seigneurie de Cintray, dans l'élection de Verneuil. Il était veuf quand, en 1577, il fit, au nom de sa défunte épouse,

une présentation au bénéfice de Cintray. D'après un tableau très sommaire conservé dans les Dossiers bleus, tableau qui malheureusement n'est accompagné d'aucune date, ce Jacques de Chevestre aurait été fils d'Etienne de Chevestre et de Thomasse Guercy, petit-fils de Jean de Chevestre et arrière-petit-fils de Robert de Chevestre.

https://archive.org/stream/dictionnairedesf10chai/dictionnairedesf10chai_djvu.txt

 

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Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

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La donatrice.

L'inscription indique : MARIE :FEMME DUDICT DEFUNCT.

Là encore, il nous manque des informations pour préciser qui était le mari de cette veuve. Elle est vêtue d'une grande robe bleue à décolleté en V serrées par une ceinture portée très haut. Elle porte une coiffe rouge à cornette. 

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Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

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Autre donatrice, Jeanne d'Alorge.

Le verrier a repris le carton du panneau précédent.

L'inscription indique Jeanne, fille de Robert Alorge et nièce des précédents.

Un acte de 1689 mentionne ces deux familles Chevestre et Allorge à Evreux (à propos de la rivière l'Iton).

La famille Allorge est une famille rouennaise annoblie en 1396.

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Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

Baies 10, 12 et 14 de la cathédrale d'Évreux. Photographie lavieb-aile 2018.

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-NotreDame_v8.htm

http://www.eure.gouv.fr/content/download/18041/123811/file/ESSENTIEL_CONNAISSANCE_07%20Historique%20complet%20de%20la%20Cath%C3%A9drale%20d'Evreux.pdf

L'art du vitrail : le Jaune d’Évreux. Le jaune d'argent est un mélange de sels d'argent (chlorure, nitrate ou sulfure) et d'ocre. Historiquement, la composition des premiers vitraux rassemblaient essentiellement les couleurs rouge, bleue, jaune et verte. Une nouvelle technique de coloration apparaît en Occident au début du XIVe siècle, elle s'applique au revers de la pièce avant cuisson et permet de teinter localement le verre sans coupe ni mise en plombs supplémentaires. L'apparition de cette méthode coïncide avec une évolution fondamentale de l'esthétique et du style de l'art de la peinture sur verre. Le procédé donne alors une palette de couleurs enrichie : les teintes obtenues varient du jaune clair (chlorure d'argent + ocre), au jaune orangé (sulfure d'argent + ocre), en passant par le vert quand il est apposé sur un verre bleu. A la même époque, la qualité des verres s’améliore, ils sont plus fins, plus réguliers et l'utilisation de verres incolores permet d'éclairer largement les verrières. L'une des plus belles verrières de la cathédrale d'Évreux se situe dans la chapelle SaintLouis (la 4ème côté nord du chœur). Il s'agit de la baie 23, dont les panneaux ont été exécutés vers 1325-1330 avec l'emploi du jaune d'argent, notamment sur verre bleu. Les verrières des lancettes représentent l'évêque Geoffroy agenouillé en donateur, un chanoine, la Vierge à l'enfant et la charité de saint Martin. La qualité du jaune d'argent utilisé par le maître-verrier a fait notamment la renommée des vitraux de la cathédrale lui donnant le nom de jaune d'Évreux, passé à la postérité.

L'art du vitrail. Le jaune d'argent est un mélange de sels d'argent (chlorure, sulfure, iodure, oxyde d'argent, etc.) et d'un cément (ocre ou argile calcinée). Historiquement, ce mélange était inconnu pour la composition des premiers vitraux, qui rassemblaient essentiellement des couleurs rouge, bleue et verte. Ce nouveau sel apparaît en Occident au tout début du XIVe siècle et entraîne avec lui une révolution dans l'art du vitrail et de la peinture sur verre. Comme il s'applique facilement au revers d'une pièce avant cuisson, on peut désormais ajouter la couleur jaune sur le verre sans être obligé de souder des pièces différentes par du plomb.
Le procédé donne accès à une palette supplémentaire de couleurs : les teintes obtenues varient selon que l'on utilise du chlorure d'argent et de l'ocre (jaune clair) ou du sulfure d'argent et de l'ocre (jaune orangé). Sur un verre bleu, il donne du vert.
Notons en outre que, à la même époque, la qualité des verres s’améliore. Plus fins, plus réguliers, plus limpides, ils vont permettre aux verrières de s’éclaircir grâce à l’utilisation de verres incolores et... de grandir en beauté. Le jaune d'argent est idéal pour colorer les chevelures, les bijoux, les couronnes, les sceptres - tout ce qui est jaune ou blond dans la réalité - ainsi que certains éléments architecturaux (vitreries ornementales et grisaille décorative rehaussée de jaune d'argent).
Pour certains passionnés de vitraux, la plus belle (et la plus célèbre) verrière de la cathédrale d'Évreux se situe dans la chapelle Saint-Louis (la quatrième chapelle dans le déambulatoire nord). Au début du XIVe siècle, un maître verrier de la ville utilisa la nouvelle couleur à base de sels d'argent qu'on venait d'inventer. Comme tout nouveau procédé (utilisant de plus un métal précieux), il était coûteux. Mais la gamme supplémentaire de couleurs qu'il autorisait lui assura une diffusion rapide dans toute la France. Á Évreux, la qualité du jaune d'argent utilisé par ce maître verrier a fait que le jaune d'Évreux est passé à la postérité.
Dans la galerie des vitraux, vous pouvez voir l'ensemble de la verrière de la chapelle Saint-Louis ainsi que les célèbres petits panneaux historiés en gros plan.

Nef – côté nord : chapelle Saint-André chapelle Saint-Nicolas chapelle Saint-Sébastien chapelle Notre-Dame du Mont Camel chapelle Saint-Aquilin

Chœur – côté nord chapelle Saint-Fiacre chapelle des Saints Évêques d'Évreux chapelle Sainte-Thérèse chapelle Saint-Louis chapelle Saint-François chapelle du Rosaire chapelle du Sacré-cœur Chapelle axiale chapelle de la Mère de Dieu

Chœur – côté sud : chapelle Saint-Joseph chapelle de l'immaculée conception chapelle Sainte-Catherine chapelle Notre-Dame de Liesse chapelle du Trésor

Nef – côté sud : chapelle de la Bonne-Mort chapelle Sainte-Anne chapelle de l'Annonciation chapelle des Saints-Anges chapelle des Fonts-Baptismaux

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Les chapelles des bas-côtés de la nef datent du XIVe siècle. Tous les fenestrages ont été refaits à la fin du XVe siècle mais les voûtements et les colonnettes intérieures sont du XIVe siècle. Les voûtes sur croisées d'ogives à pénétration, dotées de clefs pendantes appartiennent à l'art gothique flamboyant. Les chapelles du chœur sont bâties entre 1260 et 1310. Elles sont toutes dotées de fenestrages flamboyants vers 1470-1475, et l'ancienne vitrerie a été intégrée au nouveau remplage.

La chapelle de la Mère de Dieu, plus vaste avec ses trois travées, témoigne de la première phase du gothique flamboyant avec l'abolition des murs, l'amincissement en amande des structures de pierre et la prédominance des vitraux. Couverte par des voûtes sur croisées d'ogives finement moulurées, elle s'éclaire par des fenêtres formées de lancettes trilobées supportant une grande fleur de lys en référence au roi Louis XI qui en a financé la construction et les verrières.

L'édification du chœur s'échelonne sur une période comprise entre 1260-1310. Le sanctuaire est conçu selon le style du gothique rayonnant (technique et esthétique) : l'architecture doit permettre de laisser entrer la lumière divine. Pour cela, les fenêtres sont élargies, les murs pleins disparaissent au bénéfice des vitraux et les faisceaux de colonnettes sans rupture jusqu'à la voûte accentuent l'effet de verticalité. Le chœur, d'un plan plus large que la nef, présente une élévation à trois étages : les grandes arcades en arcs brisés finement moulurés, le triforium éclairé de vitraux, et les fenêtres hautes. La première travée du chœur, de forme trapézoïdale, permet le raccordement à la croisée du transept. Cette structure si particulière est due à la nécessité de compenser la différence avec l'ancien transept roman dont l'écartement des piles était plus étroit. Le triforium ajouré présente une division en quatre baies de style flamboyant : lancettes trilobées affinées en accolade, balustrades, profusion de l'ornementation (choux frisés).

Les fenêtres hautes composées de quatre lancettes trilobées sont surmontées d'une rose. Les voûtes sur croisées d'ogives sont ornées de clés de voûtes décorées de couronnes de feuillage.

Au rond-point, la clef recevant les huit branches d'ogives figure un buste d'évêque bénissant de la main droite et tenant une croix dans la gauche.

Le déambulatoire s'ouvre sur treize chapelles rayonnantes dont la plus profonde dans l'axe est la chapelle de la Mère de Dieu.

Les vitraux. Série remarquable de vitraux des XIIIe , XIVe , XVe et XVIe siècles, avec l'emploi des techniques de la grisaille, du jaune d'argent et des très nombreux montages en chefs-d’œuvre, figurant notamment les donateurs et bienfaiteurs de l'édifice : rois de France, évêques, chanoines ou grands seigneurs locaux.

Les chapelles renferment les vitraux les plus anciens de la cathédrale : des petits panneaux de la fin du XIIIe et du début du XIVe siècles (nef côté sud et déambulatoire)

La nef possède encore de très beaux vitraux :

5e baie nord : une Vierge à l'Enfant et l'évêque Guillaume Cantiers, qui offrit la verrière pour son avènement en 1400.

6e baie nord : Annonciation (XVe ).

5e baie sud : St Paul et St Vincent. Don de l'évêque Paul Capranica (1420- 1427).

Le chœur est orné de magnifiques vitraux du XIVe siècle, l'une des plus belles séries qui soit en France :

1° baie nord : Verrière des trois Marie, vers 1450.

2° baie nord : Blanche d'Avaugour, Vierge à l'Enfant, Ste Catherine, Guillaume d'Harcourt (avant 1320).

3° baie nord : Vierge à l'Enfant, St Pierre Pape, Pierre de Mortain, St Denis (vers 1390).

4° baie nord : Chanoine Raoul de Ferrières et Vierge à l'Enfant (avant 1330). Verrière célèbre pour sa couleur jaune, le fameux « jaune d'Évreux ».

5° baie nord : St Bernard et St Taurin (1376-1383).

6° baie nord : Bernard Cariti et Vierge à l'Enfant. Cette verrière et la précédente ont été offertes par l'évêque Cariti (1376-1383).

7° baie nord : Annonciation, offerte par l'évêque Geoffroy Faë (1335-1340).

8° baie axiale : Vierge à l'Enfant et St Jean-Baptiste offerte par l'évêque Jean Du Pré (1328-1333).

9° baie sud : Couronnement de la Vierge, offerte par l'évêque Geoffroy Faë (1335-1340).

10° baie sud : St Jean et St Martin (Geoffroy Faë).

11° baie sud : St Michel et St Maur (Geoffroy Faë).

12° baie sud : Assomption et Blanche d’Évreux (fin XIVe ).

13° baie sud : Vierge à l'Enfant, Charles VI et St Denis, offerte par la reine Blanche (fin XIVe ).

14° baie sud : St Aquilin, Vierge à l'Enfant, chanoine R. de Molins, St Taurin (vers 1330).

15° baie sud : Ste Foy, Crucifixion, St Pierre, St Aubin (XVe ).

 

 

Les chapelles rayonnantes

Les chapelles du chœur sont bâties entre 1260 et 1310. Elles sont toutes dotées de fenestrages flamboyants vers 1470-1475, et l'ancienne vitrerie a été intégrée au nouveau remplage.

Au nombre de treize, elles sont fermées par des clôtures de bois sculptés du xve au xviie siècle. À l'entrée du bas-côté sud de la nef, se trouve également un calvaire de terre cuite du xviiie siècle.

Chapelles nord (d'ouest en est) :

  • La première chapelle nord contient un retable peint anonyme, du xviie siècle

  • Chapelle des saints évêques d'Évreux : elle possède une clôture de la fin du xve siècle de style gothique flamboyant. Un enfeu, vide aujourd'hui, contenait le gisant en cuivre de Mathieu des Essarts4.

  • Chapelle Saint-Louis et Jeanne-d'Arc

  • Chapelle du Rosaire : clôture flamboyante et renaissante.

Chapelles sud (d'est en ouest) :

  • Chapelle Saint-Joseph: clôture du xvie siècle.

  • Chapelle de l'Immaculée Conception: clôture renaissance, donnée par la famille Les Postel des Minières.

  • Chapelle Sainte-Catherine et Saint-Jean-Baptiste (surnommée au xvie siècle la « chapelle des paresseux »): clôture Renaissance

  • Chapelle Notre-Dame de Liesse : elle contient la clef de voûte de l'ancienne église Notre-Dame de la Ronde.

  • Chapelle du Trésor : elle dispose d'une armoire en chêne qui contenait jusqu'au 12 novembre 1792 le trésor de la cathédrale. Cette armoire, œuvre des huchiers d'Évreux, a été réalisée entre 1464 et 1467.

Nef – côté nord : chapelle Saint-André chapelle Saint-Nicolas chapelle Saint-Sébastien chapelle Notre-Dame du Mont Camel chapelle Saint-Aquilin Chœur – côté nord chapelle Saint-Fiacre chapelle des Saints Évêques d'Évreux chapelle Sainte-Thérèse chapelle Saint-Louis chapelle Saint-François chapelle du Rosaire chapelle du Sacré-cœur Chapelle axiale chapelle de la Mère de Dieu Chœur – côté sud : chapelle Saint-Joseph chapelle de l'immaculée conception chapelle Sainte-Catherine chapelle Notre-Dame de Liesse chapelle du Trésor Nef – côté sud : chapelle de la Bonne-Mort chapelle Sainte-Anne chapelle de l'Annonciation chapelle des Saints-Anges chapelle des Fonts-Baptismaux

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Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07 – Janvier 2016 – Annick GOSSE-KISCHINEWSKI - Virginie HENRY L'histoire de la Cathédrale d’Évreux Évreux, ancienne cité gallo-romaine appelée au IV e siècle Mediolanum Aulercorum, est implantée au fond de la vallée de l'Iton. Reliant Lisieux, Chartres, Rouen et Paris, elle constitue pour les grandes villes de l'époque un point de convergence et un trait d'union. La tradition attribue à saint Taurin, premier évêque d’Évreux, l'évangélisation de la ville. La cathédrale Notre-Dame d’Évreux s'impose de par sa majesté au cœur du centre-ville. L'édifice présente une composition architecturale assez hétéroclite témoignant de son histoire au fil des siècles ; ainsi s'explique le mélange des styles roman, gothique rayonnant et flamboyant, Renaissance. Bien appartenant à l’État, elle est classée au titre des Monuments Historiques depuis 1862. Probablement élevée à l'emplacement de la basilique païenne, dont aucun vestige ne subsiste, la cathédrale d'Évreux est mentionnée pour la première fois dans la Chronique de Guillaume de Jumièges. En 912, lors de son baptême, Rollon, chef viking et fondateur de la Normandie, fait une donation en faveur de la reconstruction de la cathédrale qu'il avait brûlée. Cette église a sans doute été plusieurs fois restaurée durant les décennies suivantes et un nouvel édifice est entrepris au milieu du XI e siècle. Il est consacré par l'archevêque de Rouen et l'évêque d'Évreux Gilbert en 1076. Incendiée en 1119 par Henri Ier Beauclerc, roi d'Angleterre, la cathédrale est reconstruite entre 1125 et 1140 par ce roi, menacé d'excommunication. Les grandes arcades de la nef actuelle et le triforium de la première travée datent de cette époque. En 1194, la cathédrale est de nouveau incendiée par le roi de France Philippe-Auguste alors en lutte avec Richard Cœur de Lion. Toutes les parties hautes de la nef sont alors détruites, seules les 1/7 Pour aller plus loin : Annick Gosse-Kischinewski, Françoise Gatouillat, La cathédrale d’Évreux, Les Colporteurs, 1997 Corpus Vitrearum, Les vitraux de Haute-Normandie, Monum, éd. Du patrimoine,2001. Jean-Marie Pérouse de Montclos, Le patrimoine en Normandie, éd. Place des Victoires, 2008. grandes arcades subsistent. Les travaux de réfection interviennent tardivement, vers 1230, malgré la demande d'indulgences dès 1202 ; le triforium, les fenêtres hautes et les voûtes sont achevés en 1253. La reconstruction du chœur, dans le style gothique rayonnant, commence vers 1260 et s'achève vers 1310. En 1356, Jean le Bon, assiège la ville et la cathédrale est une nouvelle fois la proie des flammes. Puis, nouvel incendie en 1379 par les troupes du roi Charles V. La première travée du chœur est reprise, puis les travaux de restauration du transept roman sont entrepris sous les règnes de Charles VI (1380-1422) et Charles VII (1422- 1461). Les architectes "rhabillent" l'ancien transept dans le style gothique flamboyant. Puis, dès 1461, les grandes libéralités de Louis XI permettent l'achèvement du transept, avec sa façade sud et l'édification de la tour lanterne avec sa flèche, terminée en 1475. Louis XI fait aussi bâtir la bibliothèque, le "revestiaire" (sacristie), une aile du cloître et la chapelle axiale dédiée à la Mère de Dieu. Toutes les chapelles des bas-côtés de la nef avaient été aménagées au XIVe siècle mais l'ensemble des fenestrages est refait pendant le règne de Louis XI (1461-1483). Le croisillon nord est élevé par l'architecte Jean Cossart (mort avant 1509), dans la grande lignée des grands portails de style gothique flamboyant de la fin du XVe – début XVIe siècle. La cathédrale est de nouveau consacrée en 1548. Entre 1575 et 1591, le portail occidental est agencé entre les deux tours de l'ancienne façade harmonique romane. Dès 1609, la tour nord est construite par l'architecte parisien François Galopin, et sera achevée en 1631 par le couronnement d'un dôme en pierre, appelé « GrosPierre ». Le XVIIIe siècle est consacré à l'aménagement intérieur de la cathédrale : confection des grilles du chœur en 1747, refonte des deux cloches en 1760, installation d'un maître d'autel et d'un autel de la Sainte-Vierge en 1764, divers travaux de dallage de 1782 à 1785 et la restauration de l'orgue (1774-1778) du facteur Jean-Baptiste Nicolas Lefebvre de Rouen et du menuisier Dubois d’Évreux. Le XIXe siècle est celui des restaurations : réfection des bases de la tour en 1816, reconstruction de la flèche en 1826, réparation des verrières en 1826 et 1838, restauration des parties hautes de la nef de 1874 à 1887 et du chœur en 1896. En 1874, l'architecte Darcy, soutenu par Viollet-le-Duc, se charge de la restauration complète des voûtes et des arcs boutants de la nef, modifiant considérablement l'aspect de l'édifice connu depuis le XIIIe siècle. Au XXe siècle, plusieurs campagnes de restauration interviennent sur la dernière travée de la nef et celle sous les tours, ainsi que sur la flèche, anéanties suite à l'incendie du 11 juin 1940 qui endommagea considérablement Notre-Dame d'Évreux, détruisant le buffet d'orgue du XVIIIe siècle. Depuis les vingt dernières années de notre siècle, d'importants travaux sont entrepris, à l'image des chantiers pour la restauration du transept nord et des pinacles, la mise en sécurité de l'édifice et l'installation d'un orgue contemporain. La composition générale de l'édifice. De plan en croix latine, la Cathédrale Notre-Dame d’Évreux comprend une nef de huit travées, dont la première est enserrée entre les deux tours occidentales, flanquée de bas-côtés s'ouvrant sur dix chapelles latérales. Le chœur de quatre travées présente une largeur légèrement supérieure par rapport à la nef, le déambulatoire est bordé de treize chapelles rayonnantes, dont celle du Trésor (grille de 1470) et la chapelle axiale de « la Mère de Dieu » de plan allongé et pentagonal. 2/7 Le transept peu saillant est surmonté à sa croisée d'une haute tour-lanterne ; il s'ouvre, au sud-ouest, sur la grande sacristie, et au sud-est, sur la petite sacristie. Derrière le mur nord-ouest se trouve une grande salle voûtée servant de réserve au clergé (ancienne bibliothèque). Enfin, le cloître, autrefois à double étage, n'a toujours comporté que deux ailes. Prolongée jusqu'à l'évêché au XIXe

L'architecture extérieure de l'édifice. La façade principale Ouest présente une architecture de style Renaissance et classique avec la référence aux ordres antiques. Elle a été successivement édifiée entre la fin du XVIe et le milieu du XVIIe siècles par différents architectes. Le massif de façade conserve les deux tours de tradition normande. La Tour Sud. Le gros-oeuvre date du XIIe siècle et a été entièrement rhabillé vers 1573 sous l'évêque Gabriel Le Veneur. Elle s'élève sur cinq niveaux, présente une ordonnance variée, dont un entablement classique avec une frise alternant triglyphes et métopes. Avant l'incendie de juin 1940, la tour était coiffée d'un clocher octogonal en charpente bois avec abat-sons et courte flèche. Il ne fut pas rétabli car jugé disgracieux. La tour Nord, commencée en 1609, conduite à partir de 1612 par l'architecte François Galopin, a été achevée vers 1631. L'effet monumental est créé par l'élévation à trois étages, identique à la tour Sud, enrichi d'un beffroi de plan carré légèrement en retrait et abritant les cloches, lui-même surmonté d'un lanternon de forme polygonale en retrait. Les colonnes et pilastres accentuent la verticalité donnée à cette tour. Au sommet, un lanternon porte la croix. Le portail. La porte centrale est resserrée entre les deux tours et s'inscrit dans un cadre plein cintre. Elle a été exécutée sous l'épiscopat de Claude de Saintes (1575- 1591) et restaurée au XIXe siècle. La rosace aux formes arrondies, supportée par une série de colonnades, appartient au style de la Renaissance. Le pignon sommital est percé de deux oculi. De plan octogonal, la structure actuelle de la Tour Lanterne date de sa reconstruction après l'incendie du 11 juin 1940 : une restauration à l'identique sur la base de plans du XIXe siècle et d'anciennes photographies. La tour est flanquée de minces tourelles octogonales. Devant les grandes fenêtres à l'ouest trônent deux statues superposées installées au XIXe siècle : la Vierge à l'enfant et l'évêque saint Taurin. La flèche, formée de grands triangles ajourés sur quatre niveaux est recouverte de plaques de plomb. Depuis 2002, elle est couronnée d'une croix et d'une tige portant un coq. L'ensemble culmine alors à 78,15 mètres du sol. 3/7 DIMENSIONS Longueur totale hors œuvre : 108,87 m Nef : Longueur : 43,47 m Largeur totale : 25,42 m Hauteur sous voûte : 21,75 m Chœur : Longueur : 27,50 m Largeur : 31,60 m Hauteur sous voûte : 24,10 m Transept : Longueur : 31,50 m Largeur : 7,00 m Hauteur sous voûte : 2,21 m Hauteur sous la lanterne : 45,00 m Hauteur de la flèche : 75,00 m Hauteur avec la croix et le coq : 78,15 m L'élévation de la façade nord de la nef est simple et homogène grâce aux fenestrages refaits au XVe siècle. Le premier niveau abrite les chapelles du XIVe siècle, à l'étage les minces arcs-boutants ont été refaits au XIXe siècle, les fenêtres hautes de la nef de style rayonnant ont été restaurées mais sont fidèles au style du XIII e siècle. La couverture et la charpente en béton ont été entièrement reprises suite à l'incendie de juin 1940. Le portail Nord. La façade du bras nord a été élevée vers 1504 par l'architecte Jean Cossart de style gothique flamboyant. Elle fait écho aux édifices de Senlis et Beauvais et compte parmi les beaux exemples de France. La monumentalité de l'architecture flamboyante de ce portail illustre la recherche de la verticalité, la richesse et la profusion du décor sculpté du début du XVI e siècle. Les deux tourelles à six pans abritent les escaliers disposés de chaque côté et sont surmontées d'un lanternon octogonal coiffé d'une pyramide à fleurons. L'effet sculptural donné par les nombreuses niches, consoles, dais et gâbles, révèlent des jeux d'ombre et de lumière (architecture des pleins et des vides) sur la façade. Le grand portail ébrasé est encadré d'archivoltes redentées de petits bouquets de chardons. Le tympan a perdu son décor figuré à la Révolution Française. L'ensemble est surmonté d'un imposant gâble ajouré d'un réseau flamboyant. La porte du XVI e siècle laisse entrevoir la trace de trois personnages, l'iconographie reste toutefois difficile à interpréter. La rosace est un chef d’œuvre de légèreté, inscrite dans une accolade élancée, le jeu de courbes et contre-courbes, les plans décalés attirent le regard vers le haut. La façade Sud de la cathédrale présente une architecture plus sobre, en contraste avec celle du nord. Les fenestrages des chapelles ont été refaits au XVe siècle sur un modèle proche de celui du nord. Néanmoins, l'ornementation est soignée : quelques sculptures figuratives, de la faune, des grotesques et des personnages fantastiques. La balustrade de la nef ne présente pas de gâbles dentelés comme au nord. Quant aux contreforts, un simple décor de pyramidions les habillent sans cacher la rigidité des arcs-boutants du XIXe siècle. La nudité de la façade du croisillon sud, accentuée par la disparition de l'étage du cloître, contraste avec la luxuriance de la façade du portail Nord. La rose qui surplombe le portail sud dite « Rose du Paradis », célèbre pour ses tons doux, représente le Couronnement de la Vierge (XVe siècle). Construit à la fin du XIIIe siècle, le chevet conserve une homogénéité d'ensemble avec un parfait équilibre des différents styles apportés au fil du temps. Il est caractérisé par la verticalité des trois étages (chapelles, triforium, fenêtres hautes), accentuée par les clochetons qui le couronnent sur le pourtour. L'architecture intérieure et la distribution de l'édifice. La nef présente une élévation à trois étages : grandes arcades, triforium, fenêtres hautes. Les premières grandes-arcades en plein cintre de la nef remontent au XII e siècle ; elles reposent toutes sur des piliers cantonnés de neuf colonnettes engagées. L'ornementation des chapiteaux alterne entre des motifs simples géométriques ou de feuillages, et des motifs d'entrelacs et figures grimaçantes. Le triforium aveugle de style gothique rayonnant comprend quatre arcatures trilobées reliées par une balustrade ajourée. Les fenêtres hautes sont divisées en quatre lancettes trilobées et surmontées d'une rose. Les formes arrondies du réseau et du décor témoignent du style gothique rayonnant. Suite à l'incendie de 1194, les étages supérieurs, triforium, fenêtres hautes et voûtes sur croisées d'ogives, sont reconstruits au XIIIe siècle (1240) par Gauthier de Varinfroy, maître d’œuvre de la cathédrale de Meaux.

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SOURCES ET LIENS.

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— Histoire des évêques d'Évreux : avec des notes et des armoiries / par M. A. Chassant,... et M. G.-E. Sauvage,..1846.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k95305k/f101.item

—BONNENFANT (Georges),1939, Notre-Dame d’Evreux (Paris: H. Laurens, 1939), 43-44, pl. 16;

— BOUDOT ( Marcel), 1966,“Les verrières de la cathédrale d’Evreux: Cinq siècles d’histoire,” Nouvelles de l’Eure 27 (1966), 28-29.

 

BOUSQUET (Jacques et Philippe), 2019, Donateurs avec la Madone, le cas de la cathédrale d'Evreux, site artiflexinopere.

https://artifexinopere.com/?p=17412

 

FOSSEY Jules  1898, Monographie de la cathédrale d'Evreux par l'abbé Jules Fossey,... Illustrations de M. Paulin Carbonnier,...

GATOUILLAT (Françoise), 2019, "French 14-th-century stained glass and other arts", in Investigations in Medieval Stained Glass, Materials, Methods and Expressions, Brill ed., pages 374-385

 — GATOUILLAT (Françoise), 2001, "Les vitraux de la cathédrale d'Évreux", in CALLIAS-BEY, M., CHAUSSÉ, V., GATOUILLAT, F., HÉROLD, M., Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum France, Recensement des vitraux anciens vol. VI, Ed du CNRS / Monum ed. du patrimoine. Paris, pages 143-161.

GAVET Philippe, Si l'art m'était conté. La cathédrale d'Évreux.

  http://www.philippe-gavet.fr/05/36/index.html

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ) et  Françoise Gatouillat, La cathédrale d’Evreux, Evreux, Hérissey, 1997.

GOSSE-KISCHINEWSKI  ( Annick ), HENRY (Virginie), 2016, Unité Départementale de l'Architecture et du Patrimoine de l'Eure (DRAC Normandie) Connaissance n°07

http://www.eure.gouv.fr/content/download/18041/123811/file/ESSENTIEL_CONNAISSANCE_07%20Historique%20complet%20de%20la%20Cath%C3%A9drale%20d'Evreux.pdf

— KURMANN-SCHWARZ (Brigitte), LAUTIER  (Claudine), 2009, « Le vitrail médiéval en Europe : dix ans d’une recherche foisonnante », Perspective [En ligne], 1 | 2009, mis en ligne le 21 février 2018, consulté le 01 novembre 2019.

https://journals.openedition.org/perspective/1841#tocto2n3

— LAFOND (Jean), 1953, "Le vitrail en Normandie de 1250 à 1300", Bulletin Monumental  Année 1953  111-4  pp. 317-358

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1953_num_111_4_3745

LEBEURIER (P-F.), 1868,  Description de la Cathédrale d'Evreux accompagnée d'une vue générale et d'un plan géométrique, Huet ed., Evreux 1868

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ

https://archive.org/details/bub_gb_TYdZAAAAYAAJ/page/n29 

— LILLICH (Meredith Parsons), 1986, “European Stained Glass around 1300: The Introduction of Silver Stain,” Europäische Kunst um 1300 6, Akten des XXV. Internationalen Kongresses für Kunstgeschichte, Gerhard Schmidt and Elizabeth Liskar, eds. (Wien, Köln and Graz: Hermann Böhlaus Nachf., 1986).

https://www.researchgate.net/publication/324314671_European_Stained_Glass_around_1300_The_Introduction_of_Silver_Stain

 

— LILLICH (Meredith Parsons), 1992, "Heraldry and Patronage in the Lost Windows of Saint-Nicaise de Reims.", L'Art et les revolutions, 27e Congres international d'histoire de l'art, vol. 8 (Strasbourg: 1992), pp. 71-102.

https://www.academia.edu/36414224/_Heraldry_and_Patronage_in_the_Lost_Windows_of_Saint-Nicaise_de_Reims_

 

— LAUTIER (Claudine), 2000, Les débuts du jaune d'argent dans l'art du vitrail ou le jaune d'argent à la manière d'Antoine de Pise, Bulletin Monumental  Année 2000  158-2  pp. 89-107

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_2000_num_158_2_2371

— Monuments historiques, Notre-Dame-d'Evreux

http://monumentshistoriques.free.fr/cathedrales/evreux/vitraux/1.html

xxx

http://evreux.catholique.fr/contenu/documents/services/cathedrale_Evreux-bestiaire.pdf

—  Patrimoine-histoire.fr, Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame

http://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-Notre-Dame.htm

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Evreux/Evreux-NotreDame_v8.htm

— http://www.evreux-histoire.com/evreux-3-1-0.html#icono2

 

ENLUMINURES.

Jean Pucelle :

—Les  Heures (1324-1328) de Jeanne d'Évreux, reine de Navarre (1329-1349) 

https://www.metmuseum.org/art/collection/search/70010733

— Le bréviaire de Belleville : Breviarium ad usum fratrum Predicatorum dit Bréviaire de Belleville. Ce manuscrit destiné à suivre les prières durant la célébration de la messe comprend deux volumes, l'un destiné aux prières pendant l'été (volume 1), l'autre pendant l'hiver (volume 2).

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8447295h

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Évreux
27 octobre 2019 7 27 /10 /octobre /2019 16:55

Les crossettes et sculptures sur pierre (vers 1550-1556) des porches de l'église de Saint-Nic.

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— I. Voir sur l'église Saint-Nicaise de la commune de Saint-Nic les articles suivants:

 

 

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On y comprendra que l'édifice actuel a vu le début de sa construction au milieu du XVIe siècle, puisque, si nous nous  basons sur les inscriptions datées, le porche sud date de 1561 et sa charpente de 1562, tandis que la nef porte la date de 1566.

Pour dater les crossettes (pierres d'amortissement faisant saillie à la jonction entre les murs et le toit) et les sculptures en bas-relief des élévations des deux porches, nous pouvons donc proposer la période de 1550 à 1566, sous le règne de Henri II et l'épiscopat en Cornouailles de Nicolas Cajetan di Sermonetta et en Léon de Christophe et de Roland de Chauvigné  (ces évêques ayant d'ailleurs eu peu d'influence). Cette période est surtout celle la pleine activité de l'atelier landernéen des sculpteurs Henri et Bastien Prigent, dont les œuvres en kersanton sont présentes, à proximité de Saint-Nic, à Pleyben (1550) et à la chapelle Saint-Laurent de Pleyben, à Dinéault, Chateaulin, ou sans doute à Saint-Ségal, voire à Crozon (Tal-ar-Groas), tandis qu'à Saint-Nic nous reconnaissons leur style dans la Déposition conservée à l'intérieur de l'église.

Bien que cet atelier ait réalisé plusieurs porches (à Pencran en 1553, Landivisiau en 1554-1565, à Guipavas (1563), ou partiellement à Lampaul-Guimiliau en 1533, nous ne sommes pas autorisés à lui attribuer les éléments sculptés en granite des deux porches de Saint-Nic.

 

 

 

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— II. Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

 

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I. LE PORCHE OUEST.

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La porte au cintre à peine brisé est sobrement soulignée par quatre moulures, dont la dernière s'élève en une  arcature ogivale à crochets d'acanthe tandis que deux pilastres trapézoïdaux puis à crochets.

De chaque coté, au dessus d'une moulure horizontale, deux sculptures en bas-relief gardent l'entrée : un lion à gauche et un ange à droite.

Le lion (identifié à sa crinière crépue, son arrière-train lisse et sa queue au fouet triple) tourne vers le fidèle sa gueule à la langue pendante.

L'ange allongé en vol déroule un phylactère  aujourd'hui muet.

Comparez avec le porche de Lampaul-Guimiliau :

http://www.lavieb-aile.com/2019/04/la-facade-du-porche-sud-de-lampaul-guimiliau.html

Ce porche de Lampaul-Guimiliau est encadré de deux anges porteurs de phylactères, se tenant debout , tandis que  6 anges couchés en vol se trouvent à l'intérieur du porche :

http://www.lavieb-aile.com/2019/04/le-porche-de-l-eglise-de-lampaul-guimiliau-ii-les-anges.html

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Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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À gauche : un lion.

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Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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À droite : un ange tenant un phylactère.

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Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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LE PORCHE SUD (1561-1562).

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Il possède la même forme et la même disposition que le précédent, mais la porte est surmontée de deux gables à crochets et fleurons.

La ligne du gable inférieur se prolonge après sa traversée des pilastres pour s'achever sur le dos de deux lions sculptés en bas-relief. Le gable supérieur se termine par deux lions, appuyés sur des piliers rectangulaires.

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Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Les "crossettes" (?) du gable supérieur : deux lions.

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Le lion de gauche en est un, indubitablement, mais ses oreilles orientées vers l'avant, sa large langue et sa crinière à la Pierrot   lui donnent un air farceur.

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Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Le lion de droite a la tête tournée vers son avant. 

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Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Les sculptures d'encadrement du porche sud : deux lions tenant des petits êtres.

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Le coté droit : un lion tenant entre ses pattes un petit être qu'il lèche. 

J'interprète cette figure, assez courante mais rarement parfaitement lisible, comme un animal psychopompe qui s'est saisit de l'âme d'un humain qu'il emporte avec lui. Donc, comme une mise en garde contre le sort qui attend les paroissiens peu chrétiens. Mais l'interprétation reste ouverte, et chaque nouvelle occurrence du thème la questionne à nouveau. Voir par exemple les crossettes de la chapelle Saint-Nicodème à Ploéven, ou celle de l'église de Goulven.

 

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Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Le coté gauche : un lion tenant entre ses pattes un petit être qu'il lèche. 

 

La tête du petit être n'est jamais complètement distincte, même si on multiplie les points de vue.

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Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Crossette d'angle : un lion.

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Église Saint-Nicaise de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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CONCLUSION.

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Le sculpteur anonyme a orné les deux porches et l'angle d'un toit d'un ange à phylactère et de six lions. Cette représentation quasi exclusive du lion (il est le plus souvent associé au dragon et à d'autres thèmes) doit être remarquée. Cinq d'entre eux sont placés sur les porches. Un seul a la tête de profil ("lion" en héraldique"), les autres tournent la tête face au fidèle ("léopard" des blasons). Deux d'entre eux tiennent une tête entre leur pattes, de chaque coté de l'entrée du porche sud. Trois ne sont pas des crossettes entre murs et toits, mais des encadrements des entrées des porches.

Cette prévalence du lion s'oppose à celle des dragons sur les sculptures sur bois des sablières du porche et de la nef. Elle mérite réflexion.

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1. Emmanuelle Le Seac'h.

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Dans sa série de 381 gargouilles et crossettes des cantons de Landerneau, Landivisiau, Ploudiry et Sizun, Emmanuelle Le Seac'h dénombre 34 anges, 67 êtres humains, 20 dragons, 5 sirènes et 45 monstres, et enfin 109 animaux non monstrueux, sans compter les 86 gargouilles-canons. Parmi les 109 animaux, le lion vient en tête (49) suivi du chien (24), du singe (comme gargouille, 20 fois), de 3 loups, d' un sanglier, d'un bouc, de quelques oiseaux, d'une chauve-souris.

À propos du lion, elle écrit :

« L'abondance du thème, 49 pièces sur 381 rejoint celle que l'on trouve dans toute la Bretagne. Le lion, roi des animaux, est donc l'animal le plus représenté. Il se tient dans différentes postures. Il est couché à Dirinon, à la chapelle Sainte-Anne de Guimiliau, à Sizun. La position couchée est ambiguë. Le lion semble aussi courir. Les pattes sont regroupées sous le corps et donnent l'impression de fuite en avant ou de repos. Il se tient debout à Landerneau 18 rue Chanoine Kerbrat, à Lampaul-Guimiliau ou à La Roche-Maurice. Il est installé quelquefois dans la position intermédiaire, assis sur l'arrière-train sur l'ossuaire de Trémaouézan, au moulin de Brézal à Plounéventer ou sur l'ossuaire de Commanan.

Il saisit bien souvent un objet : un rouleau au Tréhou, un os qu'il semble prêt à grignoter à Landivisiau, une banderole à Lampaul-Guimiliau ou un écu sur la chapelle Saint-Herbot de Saint-Thonan. Il peut devenir féroce et saisir un homme ou une femme comme à Sizun ou à Dirinon, prêt à les croquer. Il s'en mord la queue à Mézarnou en Plounéventer. Il saisit un crâne humain à La Martyre.

Le lion apparaît le plus souvent la crinière soigneusement peignée, la bouche ouverte et la langue pendante (Guimiliau). Il est parfois hirsute. Il enroule d'une manière curieuse la queue autour de son corps à la manière d'une corde qui le ficelle comme à Landivisiau. Elle se divise en son extrémité en deux ou trois ramifications qu'elle pende sic] derrière le corps de l'animal ou qu'elle enlace. Les représentations de lion les plus abouties sont à Pencran, Guimiliau Landivisiau et Sizun."

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2. Didier Jugan : le Physiologus.

Dans un commentaire de mon article, Didier Jugan suggère de voir dans les deux lions tenant une petite tête le thème médiéval, issu du Physiologus et repris dans de nombreux bestiaires, "de la naissance des lionceaux, êtres morts, que le lion (ou la lionne) amène à la vie au bout de 3 jours en rugissant ? C'est une analogie à la Résurrection du Christ, qui est souvent reprise dans l'iconographie du Moyen Âge ou au début des Temps modernes."

Le Physiologus est un bestiaire chrétien du IIe ou IVe siècle, écrit en grec, et qui fut traduit en latin, enrichi du chapitre XII De animalibus des Etymologiae d'Isidore de Séville.

Selon Isidore de Séville

Cum dormierint, vigilant oculi; cum ambulant, cauda sua cooperiunt vestigia sua, ne eos venator inveniat. Cum genuerint catulum, tribus diebus et tribus noctibus catulus dormire fertur; tunc deinde patris fremitu vel rugitu veluti tremefactus cubilis locus suscitare dicitur catulum dormientem.

Quand ils dorment, leurs yeux veillent. Quand ils marchent, ils effacent leurs traces avec leur queue, pour échapper aux chasseurs. Quand ils enfantent des petits, ceux-ci restent endormis trois jours et trois nuits, avant que leur père ne les éveille par un rugissement doux et un grondement.

Raban Maur, dans De Rerum Naturis livre VIII, est plus prolixe.

Les enluminures montrent  le rugissement du lion sur ses lionceaux par l'intermédiaire d'un geste de léchage, où la longue langue rouge balaye le dos des petits .

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© London, British Library, Royal MS 12 C. xix, ca. 1200-1210, f. 6r

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© Gallica, Paris, Bibliothèque Nationale de France, fr. 1951, 13-14 siècle, f. 18r

 

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Cette idée, si elle trouvait confirmation, renouvellerait complètement l'interprétation habituelle, en distinguant le lion des autres animaux et monstres qui l'accompagnent habituellement sur les crossettes  et qui sont vu soit comme l'expression d'un imaginaire non chrétien, autorisé par exutoire dans des espaces marginaux (partie hautes intermédiaires entre murs et toits pour les sablières et les crossettes ou gargouilles, miséricordes et appui-mains des stalles, chapiteaux), ou d'une Sur-nature, d'un monde intermédiaire peuplé d'animaux inquiétants (mais toujours d'allure débonnaires), ou encore d'un désir du clergé de terrifier les fidèles en leur représentant les prémisses de l'Enfer et le sort réservé aux mauvais paroissiens.

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En effet, l'une des particularités des crossettes est de ne jamais comporter des thèmes liturgiques (croix, instruments de la Passion, phénix, monogrammes christiques ou mariaux), ni de figures du Christ, de la Vierge, des saints, des Apôtres ou des Prophètes. Les anges souvent sculptés font exception, mais ils appartiennent à ce monde intermédiaire entre la Divinité et les Humains.

Certes, ici, trois lions (dont les deux tenant une tête)  occupent un emplacement autour de l'entrée, c'est à dire non plus un espace intermédiaire vertical entre terre et Ciel, mais   horizontal entre espace  profane et espace sacré avant de franchir le seuil du sanctuaire. Est-il plausible qu'un symbole animal de la Résurrection soit placé ici ?

Nous pouvons examiner d'autres porches de Bretagne ; mais la plupart sont entourés sur deux ou trois moulures, d'une quantité de personnages bibliques.

Le porche de Rumengol (1468) est dépourvu de sculptures d'encadrement.

Le porche de Saint-Herbot (1498-1509) n'a pas de sculptures d'encadrement, et les deux anges à phylactères sont placés en hauteur :

L'enclos paroissial de Saint-Herbot à Plonévez-du-Faou VI. Le porche sud (1498-1509) par le Second atelier du Folgoët : l'extérieur, et le revers.

Sur le porche de La Martyre (vers 1450), aux riches moulures, les anges à phylactères sont également reportés en partie haute :

 

Le porche de Penmarc'h (1509) nous intéresse car l'une des statues d'encadrement est un animal (dragon, bouc, ...ou lion après tout) tient dans ses pattes un petit personnage.

Avec du citron ! Les poissons du porche sud de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h.

 

Celui de Landivisiau (1544-1559) est encadré par deux des quatre évangélistes, mais il est sommé en haut de gable par un dragon et un lion.

Le porche (1554-1559) de l'église de Landivisiau. II. La grande arcade extérieure .

Celui de Lampaul-Guimiliau est encadré à hauteur d'homme de deux anges tenant des phylactères à inscription pieuse.

La façade du porche sud de Lampaul-Guimiliau.

L'arcade de celui de Dirinon s'appuie,  à hauteur d'homme sur des culots aux  deux anges tenant des phylactères.

L'enclos paroissial de Dirinon X. Le porche sud. (1618).

 

Le porche de l'abbaye de Daoulas (1566) est entourée d'une frise d'anges, tandis que les statues d'une Annonciation est placée en encadrement :

 

Celui du Folgoët associe les deux consoles de l'arcade (un vieillard et un ange) et des statues de saints (Marguerite et son dragon) 

L'ancien porche sud de Goulven ne comporte pas d'encadrement :

​​​Celui de Guipavas est encadré de deux statues sous leur dais ; mais les crossettes sont des dragons, et un lion :

 

L'église de Guipavas II. Le porche de 1563 : l'extérieur.

L'église de Guipavas I. Les crossettes.

Le porche de Pencran (1553) est dotée de crossettes : des lions et des dragons tiennent des os dans leur pattes

L'enclos paroissial de Pencran I. Les crossettes du porche (1553).

Plus tardif (1604), le porche sud de Saint-Houardon de Landerneau présente deux statues sur les contrefort.

Le porche sud et la porte sud de l'église Saint-Houardon de Landerneau.

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Au total, je ne trouve pas d'autre exemple de lion tenant une tête, et placé dans cette emplacement d'encadrement d'un porche.

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Par ailleurs, on remarquera que l'iconographie de ce motif du Lion réveillant ses lionceaux est médiévale, et donc plus ancienne, que les sculptures de ce porche en pleine Renaissance au XVIe siècle.

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ANNEXE : le lion réveillant ses lionceaux, étudié par Jean Favreau :

 

"C'est la troisième caractéristique du lion — le réveil des lionceaux au souffle du lion le troisième jour après leur naissance — qui a eu la plus grande fortune en tant que figure de la Résurrection. A la suite du Physiologus tous les auteurs qui traitent des animaux en parlent : Isidore de Séville, Raban Maur, l'auteur du Physiologus, l'auteur du De Bestiis, Hildegarde ou encore Richard de Fournival. On peut lire cette même interprétation du lion comme symbole de la résurrection chez Rufin d'Aquilée, dans des écrits attribués à tort à saint Jérôme et à saint Augustin, chez Paulin de Noie, Anselme de Laon, Geoffroy d'Admont. Cette figure du lion comme symbole de la résurrection a eu d'autant plus de succès que le lion est devenu l'attribut de l'évangéliste Marc et que le lion de Marc va à son tour, sous l'influence du Physiologus, symboliser le Christ ressuscité. Irénée de Lyon avait rapproché la vision des quatre animaux d'Ézéchiel (I, 5-10) des quatre Vivants de l'Apocalypse (IV, 6-7) et il en avait fait l'application aux quatre évangélistes. Jérôme adopta l'attribution proposée par Épiphane, l'homme à Matthieu, le lion à Marc, le bœuf à Luc, l'aigle à Jean, en se fondant sur les débuts de chaque évangile : le lion est Marc parce que Jean-Baptiste paraît dans le désert, comme l'annonçait le prophète Isaïe : « Une voix crie dans le désert, préparez le chemin du Seigneur » (Marc, I, 3-4) et que le lion est l'animal du désert. Grégoire le Grand a trouvé, dans les Moralia in Job, une admirable formule pour montrer que les quatre figures des évangélistes représentent la totalité du mystère du Christ, « homo nascendo, vitulus moriendo, ko resurgendo, aquila ad caelos ascendendo ». Dans ses homélies sur Ézéchiel il voit, dans le lion qui dort les yeux ouverts, une figure de la Résurrection : le Christ peut dormir dans la mort par son humanité, mais par sa divinité il veille pour toujours. Il sera repris textuellement par Walafrid Strabon dans son Expositio in quatuor evangelia, et par Druthmar de Corbie dans son Expositio in Mattheum evangelistam. Le verbe surgere ici utilisé est celui-là même qui est employé dans la guérison du paralytique, de l'homme à la main paralysée, des dix lépreux, dans la résurrection de la fille de Jaïre et du jeune homme de Naïn, et bien sûr dans la Résurrection du Christ.

 

L'identification du lion à la Résurrection dérive évidemment du Physiologus comme le dit un commentaire sur l'Apocalypse attribué à tort à Alcuin. Les textes qui accompagnent les enluminures des évangéliaires font souvent état de l'interprétation lion-résurrection pour le symbole de l'évangéliste Marc. C'est le cas pour les évangéliaires carolingiens ou ottoniens de Saint-Emmeran de Ratisbonne, de la Sainte-Chapelle de Paris, de Gérard de Luxeuil, d'Henri II, de la cathédrale de Bamberg, comme pour ceux de l'Ambrosiana de Milan, de 996-1002, de Stuttgart, de 1020-1040, de Cologne, vers 1000, qui ont le même texte, ou encore, au xne siècle, pour les évangiles d'Henri le Lion ou la Bible d'Averboden. L'homélie de Grégoire le Grand sur la vision d'Ézéchiel entra de bonne heure dans l'office comme lecture (épître) pour les fêtes des évangélistes. La symbolique lion-Résurrection pénétra dans toute la liturgie, prose de l'Epiphanie du début du Xe siècle, tropaires de l'office de Pâques d'Apt et de Winchester, visitatio sepulchri du drame de Pâques, hymnes d'Abélard et d'Adam de Saint- Victor pour les fêtes du samedi saint et de Pâques.

Le rapprochement se trouve aussi au xiie siècle, chez Hildegarde, ou chez les poètes comme Baudri de Bourgueil et Pierre Riga. Le troubadour Rigaut de Barbezieux rappellera, lui, cette caractéristique du lion mais en y voyant une figure de l'Amour qui viendra le guérir de ses souffrances. Les inscriptions confirment dans des œuvres nombreuses et variées, que l'intention de l'auteur du programme était bien de faire du lion une figure du Ressuscité. Sur un devant d'autel de la cathédrale de Sens on pouvait lire que « le lion fort signifie le Christ vainqueur de la mort », victorem mortis christum signât leo fortis, et au début du XIe siècle l'animal symbolique de Marc est accompagné, sur l'ambon d'Henri II à la cathédrale d'Aixla-Chapelle du distique : MARCE, LEO FORTIS, FORTEM RESONARE VIDERIS CERTA RESURGENDI PER QUEM SPES VENERAT ORBI. « C'est par le lion fort qu'une espérance de résurrection est désormais assurée pour le monde. »

 

Sur un tympan roman fixé à l'extérieur du mur sud de l'église d'Armentia, près de Vitoria, l'Agneau crucifère est accompagné d'une inscription qui explique que l'agneau du Sacrifice est aussi le lion fort qui, par sa mort, a vaincu la mort : AGNUS SUM, LEO FORTIS, MORS EGO SUM MORTIS VOCOR . « Je suis l'agneau, je suis appelé le lion fort, moi je suis la mort de la mort ». Si, à Armentia, l'inscription renvoie au symbole du lion sans qu'il y ait une iconographie correspondante, au tympan de la porte occidentale de la cathédrale de Jaca le lion de droite pour le spectateur), qui foule aux pieds un ours et un basilic, est bien le lion fort de la résurrection qui a mis fin à l'empire de la mort : IMPERIUM MORTIS CONCULCANS EST LEO FORTIS. « Le lion fort terrasse l'empire de la mort », ce qui est, à deux mots près, le vers de l'évangéliaire d'Averboden. Le Physiologus et son interprétation christologique sont mis en parallèle par l'iconographie elle-même sur un flabellum en cuivre doré de la seconde moitié du xne siècle en l'abbaye de Kremsmûnster (Autriche), où l'on voit figurés d'une part un lion et ses petits apparemment mort-nés, de l'autre les saintes femmes au tombeau. Une inscription commente chaque scène, pour la première : QUID LEO VEL CATALUS SIGNENT VIX EXPRIMET ULLUS, « ce que le lion et son petit signifient on peut à peine l'exprimer » et pour la seconde : MYSTICUS ECCE LEO SURGIT BARATRO POPULATO, « voici que le lion mystique se lève de l'abîme qu'il a détruit ». A la fin du xne siècle on retrouve le Physiologus, et le rapprochement qui est fait avec la bénédiction de Jacob (Genèse, XLIX, 9) mise en rapport avec la Résurrection dans le « retable » de Klosterneubourg : la légende épigraphique qui accompagne la bénédiction de Jacob dit que « en nous rachetant l'agneau devient le grand lion de Juda » et Jacob touche de sa baguette deux lions endormis en disant : « Qui le fera lever ? ».

Deux autres exemples explicites sont fournis par des croix du xiiie siècle. Sur un crucifix de l'abbé Henri Ier (1197-1223) à Engelberg figuraient, aux quatre bras de la croix, les médaillons des quatre évangélistes, et avec Marc et le lion on pouvait lire : IN TRIDUO SURGENS LEO FIT DEUS ISTEQUE MARCUS, « le lion représente Dieu qui ressuscite le troisième jour et aussi Marc », et la croix de l'abbaye de Clairmarais à Saint-Omer porte de même l'évangéliste Marc avec le commentaire épigraphique suivant : EFFIGIAT MARCUM LEO CUJUS LITTERA CLAMAT QUANTA SURREXIT VI TUA, CHRISTE, CARO, qui est une citation du Floridus aspectus de Pierre Riga. Le rapprochement devient si évident qu'on ne le commentera plus. Dans un vitrail qui illustre la Résurrection à la cathédrale de Bourges, le lion qui donne vie à d'autres lions a une brève inscription : hoc leo formas, tandis que sur le vitrail du chœur de la cathédrale de Lyon, de 1215-1220, le lion qui souffle sur ses petits n'est plus accompagné que du mot : leo. Cette iconographie sera aussi celle que le Guide de la peinture du xve siècle recommandera aux artistes byzantins pour l'ensevelissement du Christ."

 

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SOURCES ET LIENS.

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—  DURLIAT (Marcel), 1993.. Du texte à l'image: l'exemple du lion. In: Bulletin Monumental, tome 151, n°2, année 1993. p. 429;

https://doi.org/10.3406/bulmo.1993.3374 https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1993_num_151_2_3374

"Du TEXTE À L'IMAGE. L'EXEMPLE DU LION. — Dans la pensée médiévale le lion est un être ambivalent. Parfois il est considéré comme un animal dangereux et même maléfique. Plus souvent sa signification est hautement positive. Cette ambiguïté a peut-être contribué à faire accompagner nombre de ses représentations — celles qui ne sont pas uniquement décoratives — d'inscriptions plus ou moins développées. Dans un article d'un grand intérêt, Robert Favreau montre que celles-ci se réfèrent à des textes empruntés à l'Ancien et au Nouveau Testament, à la liturgie et à des œuvres littéraires, soit qu'elles les citent, soit qu'elles les résument, soit qu'elles les commentent. L'Ancien Testament donne généralement une image négative du lion, principalement à travers des épisodes de la vie de Samson, de David et de Daniel. Le lion dont triomphe Samson symbolise les forces du mal et la mort. Le Samson fortissimus est une figure du Christ fortitudine potentissimus qui a comme lui triomphé de Satan. De la même manière, la pensée chrétienne a interprété le combat du jeune David contre le lion venu lui enlever l'une de ses brebis comme celui du Christ arrachant l'humanité aux griffes et à la gueule du démon. Enfin, le thème de Daniel sauvé des lions — le plus fréquent des trois — est depuis les origines du christianisme un exemple de salut, un motif d'espérance qui l'a fait entrer dans la première liturgie des défunts. Les représentations des figures de Samson et de David triomphant du lion, celle de Daniel dans la fosse aux lions ne demandaient qu'un minimum d'explications, étant immédiatement reconnues. Pour la dernière on se borne souvent à utiliser l'expression lacus leonum « répétée onze fois dans le livre de Daniel ». Le lion demeure un animal dangereux et malfaisant dans les Psaumes. Le verset 22 du psaume XXII (XXI) : Salva me ex ore leoms et a cornibus unicornium humilitatem meam et le verset 13 du psaume XCI (XC) : Super aspidem et basiliscum ambulabts et conculcabts leonem et draconem ont connu une grande fortune dans l'épigraphie parce qu'ils avaient été adoptés auparavant par la liturgie. Le premier constitue un répons du dimanche de la Passion et le second sert de trait à l'office du premier dimanche de Carême. La situation se renverse avec l'Apocalypse, le livre des visions eschatologiques du Nouveau Testament. Le lion n'est plus le mal. Il est devenu son principal ennemi et son vainqueur. Il représente le Christ lui-même. Avec le titre de « Lion de la tribu de Juda », le Christ triomphe de la mort par sa résurrection, alors que son autre image apocalyptique, celle de 1' « Agneau comme égorgé » symbolise sa mort sur la croix. Ce verset Vieil Leo de tribu de Juda radix Jacob (Ap. , V, 5) est lui aussi entré dans la liturgie. « A diverses reprises il est associé au répons Ecce crucem Dominifugite partes adversae dans les offices de l'Invention et de l'Exaltation de la Sainte Croix et du dimanche de Pâques ». Toujours dans l'Apocalypse, un des êtres qui entourent le trône de Dieu est « comme un lion », à l'instar de l'un des animaux de la vision d'Ezéchiel. Saint Irénée ayant appliqué aux quatre évangélistes la vision des quatre animaux d'Ezéchiel et celle des quatre vivants de l'Apocalypse, le lion deviendra le symbole de l'évangéliste Marc. Cependant, si dans l'art du Moyen Age le lion a si fréquemment une valeur positive, c'est surtout à un ouvrage profane, les bestiaires, qu'il le doit. Les bestiaires ont adopté le contenu d'un Physiologus grec, compilé sans doute à Alexandrie au IIe ou au IIP siècle, et traduit en latin dès le IVe siècle. Cet ouvrage condensait le savoir des Anciens sur la « nature » des animaux, mais il véhiculait aussi une pseudo-science issue d'une interprétation aberrante d'observations mal comprises ou supposées. Il comportait en outre un commentaire allégorique et moralisateur. Dans le Physiologus et dans les bestiaires le lion est cité le premier, car il est le roi des animaux. Sa « nature » présente dans le Physiologus trois traits caractéristiques : il dort les yeux ouverts et ne relâche jamais sa vigilance ; il épargne ceux qui sont abattus, c'est-à-dire que, de tous les fauves, il est le seul à montrer de la clémence envers les suppliants ; enfin, et ce n'est pas le moins surprenant, il donne la vie par son souffle et son rugissement aux lionceaux qui, après leur naissance, demeurent sans vie pendant trois jours. Tous ces traits ont contribué à faire du « lion fort » l'image privilégiée du Christ dans l'iconographie et dans l'épigraphie médiévales et plus spécialement en ce qui concerne sa résurrection, sa victoire sur la mort. La signification positive du lion ne cesse de s'étendre, au point de se substituer au sens négatif qui est le sien dans certains épisodes de l'Ancien Testament. C'est la démarche que conseille de suivre Rupert de Deutz, un des maîtres de l'exégèse médiévale. La où ses prédécesseurs voyaient la figure du diable, lui préférait reconnaître la figure du Christ, le « Dieu fort ». Ainsi se trouvait-on en mesure — comme à San Silvestro de Nonantola — de résoudre l'énigme proposée par l'essaim d'abeilles et le miel que Samson, à son retour de Timna, avait trouvé dans la gueule du lion qu'il avait tué : « Qu'y a-t-il de plus doux que le miel et quoi de plus fort que le lion? » (Juges, XIV, 18). Et voici la solution, d'ailleurs déjà trouvée par Paulin de Noie : cette nourriture sauvage est la figure de l'eucharistie, du Dieu fait homme et mort sur la croix, donné en nourriture aux hommes pour leur communiquer la vie. — Robert Favreau, Le thème iconographique du lion dans les inscriptions médiévales, dans Académie des Inscriptions et Belles -Lettres, Comptes rendus des séances de l'année 1991, p. 613- 636."

— FAVREAU (Robert), 1991, "Le thème iconographique du lion dans les inscriptions médiévales", Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres  Année 1991  135-3  pp. 613-636

https://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1991_num_135_3_15027

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Mémoire de maîtrise d’histoire,  2 vol. 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm. Non publié.

— ZUCKER (Arnaud), 2007  , « Morale du Physiologos : le symbolisme animal dans le christianisme ancien (IIe-Ve s.) », Rursus [En ligne], 2 | 2007, mis en ligne le 02 décembre 2009, consulté le 28 octobre 2019. URL : http://journals.openedition.org/rursus/142 ; DOI : 10.4000/rursus.142

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Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes
25 octobre 2019 5 25 /10 /octobre /2019 13:32

Les sablières (1566) de la nef et du transept de l'église de Saint-Nic.

 

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Les sablières de l'église Saint-Nicaise  de Saint-Nic. Le porche sud (1562).

Voir sur la commune de Saint-Nic :

— L'église Saint-Nicaise :

 

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— La chapelle Saint-Côme et Saint-Damien :

 

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— La chapelle Saint-Jean :

 

— L'église de Trégarvan (sablières de 1670 par le Maître de Saint-Nic) :

L'église de Plomodiern (sablières de 1564 par le même artisan qu'à Saint-Nic en 1562):

 

 

Enfin, voir  :

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LES SABLIÈRES DE LA NEF.

Elles succèdent à celles du porche sud, réalisées par le même artisan en 1562, et également à celles de la nef et du porche de l'église de Plomodiern, réalisées en 1564 toujours par le même artisan dont le style se reconnait assez facilement (voir les articles précédents).

Elles sont datées par l'inscription lapidaire du mur nord de la nef, qui porte le nom du fabricien de l'année et le chronogramme 1566 : M : LE : PARLANT : 1566.

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Les entraits (poutre entre les deux cotés de la nef) ont été coupés, il n'en reste qu'un tronçon de 20 cm. Ces tronçons divisent néanmoins l'ensemble des sablières de la nef en différentes "pièces" de corniches (que je nomme "sablières" selon l'usage consacré). Les sablières figurées sont au nombre de 4 du coté nord de la nef, alors qu'il n'y en n'a qu'une du coté sud. Seuls les cotés ouest des transepts sont sculptés, soit 4 pièces.

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LES SABLIÈRES DU COTÉ GAUCHE (ou NORD) DE LA NEF.

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Sablière n°1 : partiellement cachée par la tribune. Angelot et dragon. 

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Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Sablière n°2 : Angelot et quatre dragons liés par le col. 

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Les dragons ailés portent les marques au ciseau à bois caractéristiques de l'artisan de Saint-Nic et de Plomodiern, associées avec les perforations au foret qui figurent les verrucosités. Deux dragons ont des ailes nervurées de chauve-souris, les autres des ailes foliacées en volutes indentées.

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Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Sablière n°3 : Hommes-dragons tenant un cartouche entre deux médaillons. 

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Il s'agit exactement du motif présent sur les porches sud de Saint-Nic et de Plomodiern. Mais hélas, le cartouche ne porte ici aucune inscription. L'œil démesuré de l'homme-dragon, son nez proéminent, son menton fuyant, ses marques figurant les taillades de ses vêtements, les marques en I ou en ( nous sont donc familières. On retrouve sur les médaillons les deux personnages de profil, a priori un couple, portant la fraise, et coiffés d'un casque ou d'un bonnet.

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Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Sablière n°4 (angle du transept) : masque humains et animaux isolés.

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Cette pièce (comme les trois suivantes) sont moins facilement attribuable à la même main que les sablières précédentes, hormis le grand œil de profil. 

On trouve successivement une tête de bélier (ou de mouton), une feuille de figuier, une tête de femme et une tête de chat.

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Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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SABLIÈRES DU COTÉ DROIT (ou SUD) DE LA NEF.

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Sablière n°4 du coté sud (angle du transept) : masque humains et animaux isolés.

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Une tête d'animal près d'une tête de femme grimaçant de toutes ses dents.

Une tête d'homme moustachu coiffé d'un turban.

Une tête de femme coiffée d'un hennin à cornes (dit "en papillon) propre au XVIe siècle.

Un chien blanc et brun (ou un porc).

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Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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LES SABLIÈRES DU TRANSEPT.

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LE BRAS NORD DU TRANSEPT.

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Sablière n°1 formant l'angle nord-ouest du transept : masque humains et animaux isolés.

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un visage féminin.

Une scène mal identifiable mais inconvenante.

Une tête d'homme coiffé d'un bonnet, tenu par les oreilles par deux petits dragons.

Voir sur ce dernier motif les sablières de Guengat

http://www.lavieb-aile.com/article-l-eglise-de-guengat-ii-statues-sablieres-et-inscriptions-122885782.html .

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Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Sablière n°2  du coté nord-ouest du bras nord : masque humains et animaux isolés.

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Une feuille.

Une tête de bélier.

Deux dragons verticaux affrontés langue contre langue.

 

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Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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SABLIÈRES DU BRAS SUD DU TRANSEPT, coté ouest.

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Sablière n°1 et 2 frise de fleurs (tulipes à quatre feuilles).

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Cette frise se retrouve dans la nef de l'église de Plomodiern, ce qui incite à l'attribuer au même artisan que l'ensembles des sablières précédentes, plutôt que d'y voir un ajout plus tardif.

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Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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Blochet : Aigle (?).

Cet oiseau à tête de cheval n'a a priori guère d'intérêt, et passe facilement inaperçu dans l'ombre de son enfoncement. Pourtant, il ressemble beaucoup aux trois oiseaux des bas-cotés de la chapelle Saint-Côme de Saint-Nic, en  B17 et B20  de ma description ; or, ceux-ci datent de 1641-1675. 

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Chapelle Saint-Côme et Saint-Damien

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Chapelle Saint-Côme et Saint-Damien

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Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

Sablières (1566) de l'église de Saint-Nic. Photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières
22 octobre 2019 2 22 /10 /octobre /2019 14:07

Le vert et le blanc, le vif et le pâle : ironie des fleurs vertes dans Die Liebe Farbe de la Belle Meunière (1820) de Wilhem Müller.

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Voir aussi :

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J'ai eu, bien qu'étant nullement mélomane, des quantités d'occasion d' entendre le cycle Die Schöne Müllerin de Schubert en entier, et d'autres encore de n'écouter que l'un de ses 20 lieder : on n'échappe pas une vie durant à un chef d'œuvre. 

Chef d'œuvre ou pas, le titre du cycle s'est gravé dans ma mémoire avec cet a-priori favorable, cette affection automatique que mon esprit confère à tous les titres composés sur le modèle "La Belle + xxx", en commençant par la Belle Ferronnière de Léonard de Vinci, en passant par La Belle Noiseuse de Jacques Rivette, et  en terminant par Les Belles endormies de Kawabata. J'achète les yeux fermés.

 

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https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/2/2b/La_belle_ferronni%C3%A8re%2CLeonardo_da_Vinci_-_Louvre.jpg

 

 

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J'ai donc écouté ces pièces musicales avec ferveur, mais en n'ayant qu'une idée très vague de ce que cela racontait. L'histoire d'une jolie meunière, sans doute (et je l'imaginai tantôt dorée comme une sole, tantôt blanche avec les seins enfarinés comme la Fornarina , la Belle boulangère de Raphaël). 

J'ai écouté indifféremment Dietrich Fischer-Dieskau, Ian Bostridge, Matthias Goerne ou Jonas Kaufmann (je vérifie mes orthographes)  uniquement sur la foi de ce titre. Je dois avoir au moins un coffret dans ma discothèque : acheté uniquement pour le titre. 

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Par extension ou par esprit de famille, j'ai accueilli aussi Le Voyage d'hiver, qui est également un titre magnifique. Au concert, je serais sans doute capable de  m'endormir rapidement, et de rêver, emporté par la puissance d'évocation de ces formules : Ah, La Belle Meunière ! Ah, Le Voyage d'hiver. À la fin, j'applaudirais à tout rompre, un peu farineux ou un peu glacé selon le cas. 

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On remarquera que ces deux titres ont la même couleur : le blanc. Faites-vous rouler dans la farine ou dans la neige pendant plus d'une heure, la teinte reste à peu près la même. Couleur d'oreiller, pour la  traversée somnambulique d'une longue nuit blanche.

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Après tant d'années de somnolence dans les draps de mon ignorance, ceux-ci se sont déchirés hier dans un grand éclair vert, en écoutant Marion Rampal chanter la pièce n°16 du cycle, Die Liebe Farbe, "La couleur chérie". Les paroles disaient  Mein Schatz hat's Grün so gern : "Ma chérie aime tant le vert, ma chérie aime tant le vert". 

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https://www.youtube.com/watch?v=S__oLepnKxs

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Que venait faire ce vert dans ce bal blanc ? Pourquoi cette insistance dont on devinait l'obsession malsaine ? Ce fut un réveil fracassant, et je décidai de me secouer et de tenter d'y voir clair sur cette verdure inattendue.

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J'ai d'abord   compris que Die Schöne Müllerin n'était pas l'histoire d'une belle meunière, mais d'un tout  jeune meunier ; un blanc-bec. Il est sorti frais émoulu d'un apprentissage et il part chercher une embauche. Il suit donc le cours des rivières, car on doit préciser que nous ne sommes pas dans Don Quichotte, et que les moulins de Wilhem Müller ne sont pas à vent, mais à roue.

Oh là, qu'ai-je écris ? Les moulins de Müller ! L'auteur de ces poésies se nomme Müller, ce qui veut dire "meunier" (et qui est le masculin de Müllerin). Miller en anglais. Allo Sigmund, j'ai quelque chose pour toi !

Bon sang, mais c'est bien sûr, le héros de son lied, c'est lui ! Comme Flaubert et Bovary, mais, que je sache, Flaubert (du germanique froh et berht, "avisé et brillant") ne signifie pas "Bovary" (ou "Bouvard").

Donc, un type qui se nomme Guillaume Meunier écrit, à l'âge de 20 ans, un poème sur un jeune meunier. Intéressant, non ?

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Ce blanc-bec se promène en 1 et 2 (Das Wandern. Wohin) le long du ruisseau, en 3, Halt ! il trouve un moulin, avec une belle jeune fille dedans. Il tombe amoureux, et en 6 Der Neugierige, il se demande si elle l'aime aussi. En 7, avec impatience Ungedung il voudrait écrire son amour sur un papier ... blanc. En 8, Morgengrußil lui dit "Bonjour", et cherche à la voir, mais de loin, de très loin (von ferne, ganz von ferne) et seulement par le reflet d'une vitre . Les couleurs arrivent : la tête de l'aimée est blonde et ses yeux sont bleus. En 9 Der Müller Blumen, les yeux sont comparés aux myosotis (en allemand Vergiß mein nicht, "ne m'oublie pas") du ruisseau, que l'énamouré timide veut planter sous la fenêtre de la bien-aimée pour qu'elles parlent à sa place . En 10, Tränenregen ou "Pluie de larmes" il est question encore de fleurs bleues, mais aussi de larmes. Tu m'étonnes ! Ah le gai compagnon ! Dans l'eau du ruisseau il voit le regard bleu de son amie qui tente de le convaincre de les rejoindre au fond: Und sahe sie nicken und blicken Herauf aus dem seligen Bach, [...]in seine tiefe.

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En 12, Mit den grünen Lautenbande, c'est l'entrée en scène de la couleur verte, sous la forme d'un ruban avec lequel le meunier, qui est aussi poète (nous le savions) a raccroché son luth. (Lautenband : courroie par lequel le musicien suspend son luth à son épaule). Il ne peut plus chanter, mais seulement pleurer, "tant son bonheur est accablant". Il est meunier, blanc, passif, amateur du repos, des soupirs, des larmes, et des tremblements de son cœur. La belle aux yeux de myosotis commence à trouver le temps long. Wilhem Müller ne l'écrit pas, mais je vois bien qu'elle baille.

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En 13, son amie se lamente de voir "le ruban vert pâlir ainsi au mur". Car, déclare-t-elle, Ich hab das grün so gern, "j' aime tant le vert". Le vert, nom de Dieu, la vigoureuse sève du joli mois de Mai, où les amoureux offrent de tendres rameaux à l'élue de leur cœur ... et de leur corps ! Mais le müller persiste à se déclarer tout blanc  (Ist auch dein ganzer Liebster weiß,) : s'il accepte d'aimer le vert, c'est celui de l'Espérance, des Amours éternelles (toujours vertes) et des envolées lyriques. Ce chant 13 porte le titre de Pause ; ça ne bougeait déjà pas, mais on voit que ça va s'arrêter là. C'est pourtant le lied clef du cycle, le seul où les deux adjectifs des couleurs blanc et vert sont utilisés. Le blanc sentimental n'entend pas l'appel vert du sexe. Il fait le poireau.

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En 14, Der Jäger,  voici le Chasseur, un vrai, avec ses chiens, son fusil, son cor, ses poils au menton. Plus phallique tu meurs ! C'est l'homme des bois, c'est l'Homme Vert, Im grünen gezweig. Le Blanc contre le Vert, c'est le monde civilisé contre le monde sauvage, un combat développé dans cette strophe par une quantité d'oppositions : Bois / Ruisseaux et Moulins, Gibier / Biche apprivoisée, Écureuil et Sangliers / Poissons , Buissons / Jardins potagers, etc. Taïaut !

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Le Livre de la Chasse de Gaston Phèbus, BnF Fr 616 f. 56V Copyright Gallica

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52505055c/f157.item.zoom

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En 15, Eifersucht und Stolz (Jalousie et Fierté),  la jeune fille est devenue "la perfide, infidèle et volage meunière". Mais le meunier livide reste muet, "aucun mot sur ma triste figure" : kein wort von meinen traurigen gesicht.

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Le lied n°16 Die liebe Farbe est celui qui m'a réveillé, celui de la Couleur chérie. C'est maintenant que cela va devenir délicieusement perfide, avec un système de double sens et de parodie dont on ne sait s'il faut l'attribuer au meunier devenu subitement fort habile. De but en blanc, le voici qui nous moud une farine bien prête à lever. Face à l'homme des bois Homo ferus ou homo sylvestris, Monsieur Homo faber a élaboré sa vengeance : le suicide ! Métamorphosé, il brandit des rameaux avec un rictus démoniaque et parcourt les bosquets comme une ménade dansant autour de Bacchus. Ah ah ah ah ! 

C'est une Reverdie paradoxale, le chant de mai d'un losengier qui détourne les strophes printanières pour ouvrir à l'aimée le chemin des silences éternels. Et cueillir les plantes d'un brouet infâme et redoutable.

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Ah, Madame aime le vert ? Eh bien je vais m'en vêtir, d'un beau vert emprunté au Saule pleureur, puisqu'elle me  fait tant pleurer. Ah, elle en veut du vert ? Voici un bosquet de Cyprès, l'arbre des cimetières où je n'ai plus qu'à me pendre. Quoi, de la verdure ? Je lui choisi du Romarin, dont on fait les bouquets funèbres. Voilà pour vous, Madame qui aime le vert !

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In Grün will ich mich kleiden,

In grüne Thränenweiden,

Mein Schatz hat's Grün so gern.

Will suchen einen Zypressenhain,

Eine Haide voll grünem Rosmarein:

Mein Schatz hat's Grün so gern.

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Mademoiselle aime les chasseurs ? Eh bien allons-y, taillons à travers les bosquets, mais ma chasse à moi ce sera celle de ma propre mort ! Et ma lande, et mes guérets ? J'ai toute l'étendue du chagrin d'amour , pour chasser avec   Mademoiselle qui aime les chasseurs !

 

Wohlauf zum fröhlichen Jagen!

Wohlauf durch Haid' und Hagen!

Mein Schatz hat's Jagen so gern.

Das Wild, das ich jage, das ist der Tod,

Die Haide, die heiß' ich die Liebesnoth:

Mein Schatz hat's Jagen so gern.

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Du vert ? Une belle tombe semée de gazon, recouverte d'herbe verte, pour ma Dame qui aime tant le vert. Pas de croix noire, ni de fleurs de toutes les couleurs, rien que du vert, je ne veux que du vert autour de moi, une belle pelouse sur la tombe de l'amant de la Dame qui aime le vert.

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Grabt mir ein Grab im Wasen,

Deckt mich mit grünem Rasen,

Mein Schatz hat's Grün so gern.

Kein Kreuzlein schwarz, kein Blümlein bunt, 

Grün, Alles grün so rings und rund!

Mein Schatz hat's Grün so gern.

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Alors, contente ? Eh bien maintenant, voici mon chant 17 : Die Böse Farbe, "La couleur haïe".

Bien deviné, pour moi, ce sera le Vert ! Je vais dévaster le monde du vert, l'annihiler, le stériliser de sa sève, et tout recouvrir du blanc manteau de mon deuil !

Hélas, que vois-je ? Ces bois, ce cor, elle qui court, le ruban vert, le ruban vert, Reviens ! Viens tenir la main du pauvre homme qui fais chou blanc !

 

Pour parcourir tout l’univers, Je voudrais m’en aller d’ici, S’il n’y avait pas tant de vert Dans les bois et les prés aussi !

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Ich möchte ziehn in die Welt hinaus,

Hinaus in die weite Welt;

Wenn’s nur so grün, so grün nicht wär,

Da draußen in Wald und Feld!

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Je voudrais dépouiller les branches De toutes leurs si vertes feuilles, Et que l’herbe devienne blanche À force d’y pleurer mon deuil.

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Ich möchte die grünen Blätter all

Pflücken von jedem Zweig,

Ich möchte die grünen Gräser all

Weinen ganz totenbleich.

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Ah, couleur odieuse, impertinente, Pourquoi ces regards triomphants ? Pourquoi te moquer, insolente, De ce pauvre meunier tout blanc ?

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Ach Grün, du böse Farbe du,

Was siehst mich immer an

So stolz, so keck, so schadenfroh,

Mich armen weißen Mann?

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Dans la pluie, la neige et le vent, Je voudrais coucher sur son seuil, Nuit et jour, toujours répétant Un petit mot, un seul : adieu !

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Ich möchte liegen vor ihrer Tür

In Sturm und Regen und Schnee.

Und singen ganz leise bei Tag und Nacht

Das eine Wörtchen: Ade!

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Quand le cor sonne dans les bois, On entend s’ouvrir sa fenêtre. Elle y cherche un autre que moi, Mais je pourrai la voir peut-être…

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Horch, wenn im Wald ein Jagdhorn schallt,

So klingt ihr Fensterlein!

Und schaut sie auch nach mir nicht aus,

Darf ich doch schauen hinein.

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Le ruban vert, le vert ruban Enlève-le de tes cheveux Je pars, je pars ! Ô ma mie, tends Moi la main pour me dire adieu.

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O binde von der Stirn dir ab

Das grüne, grüne Band;

Ade, ade! Und reiche mir

Zum Abschied deine Hand !

 

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On peut aussi citer Shakespeare : Non pas tant Ophélie dans Hamlet IV:5, offrant du Romarin à Laerte "pour le souvenir" que la nourrice dans Roméo et Juliette, remarquant que "Roméo et Romarin commencent par la même lettre".

https://laplumedeloiseaulyre.com/?p=2830

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CONCLUSION.

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L'un de mes auteurs favoris, après Daniel Arasse, c'est Michel Pastoureau. J'ouvre son "Vert. Histoire d'une couleur." (2013). Le vert, c'est la couleur préférée d'une personne sur six, mais elle est détestée par 10 % des gens, qui pensent qu'elle porte malheur. Pour les Égyptiens, elle est bienfaisante, associée à la fertilité, la fécondité et la croissance : elle éloigne les forces du Mal ; c'est la couleur d'Osiris, dieu de la croissance mais aussi dieu funéraire et de la résurrection.

Les Romains l'ignorent : c'est une couleur "barbare".

Après eux, les auteurs chrétiens comme saint Bernard ou les Franciscains, et plus tard les réformateurs protestants du XVIe, les bourgeois du XIXe et les puritains de toutes sortent du XXe distinguent les couleurs honnêtes  des couleurs "deshonnêtes". Dans ce classement moral des couleurs, le vert a toujours été rangé dans le mauvais groupe, celui des couleurs fausses, instables et indignes d'un honnête homme. Judas, quand il n'est pas représenté en jaune, est en vert.

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Pourtant, au Moyen-Âge, c'est la couleur du verger (issu du latin viridarium), et surtout des vergers littéraires du Roman de la Rose ou des romans courtois , avec leurs lauriers et leurs pins, leurs oliviers et leurs cyprès, leurs ormes, courdriers,  frênes, érable et chênes :  le  locus amoenus pour toute sortes d'idylles prosaïques ou sacrées. C'est la couleur du printemps et donc de l'amour.

Mais à la fin du Moyen-Âge, le vert, tant admiré à l'époque de la chevalerie et de la courtoisie commence à se dévaluer : il est associé avec tout ce qui est changeant ou capricieux : la jeunesse et l'amour certes, mais aussi la fortune et le destin. Il se dédouble entre le bon vert de la gaieté et de l'espérance, et le vilain vert des sorcières et du Diable, comme sur les vitraux, mais aussi des dragons pustuleux, des sirènes et des monstres.

C'est la couleur des êtres de la Nature : les Faunes, les Sylvains, et les Elfes.

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Je remarque à la page 105 la reproduction d'une miniature du Livre de la mutacion de Fortune de Christine de Pisan (vers 1420-1430), un manuscrit ms 494 folio 16 du Musée Condé de Chantilly. Sa reproduction par mes Musées Nationaux (RMN) n'est plus accessible, et sur l'image que je trouve, la robe est grisâtre alors qu'elle est (comme les couronnes sur la tête et tenue entre les mains) d'un beau vert à peine plombé dans le livre de Pastoureau. Fortune se trouve entre ses deux frères, Eur et Meseur. Heur est un beau jeune homme enfeuillagé, tandis que Malheur est un paysan lourdaud, à la tunique et aux chausses d'un blanc écru, et tenant un gourdin. Fortune tend une couronne au premier, et la flèche de la Mort au second.

Eur est la Bonne Fortune, le hasard et la chance : la robe de Fortune est d'or, sa couronne est à fleurons Un ruisseau fécondateur  jaillit de ses pieds .

Meseur est la déveine, la tristesse et le malheur : le visage de Fortune est sombre, sa robe est grise, sa couronne hérissée de pointes. Elle règne sur le Feu. On pense au couple de divinités de l'hindouisme Shiva et sa parèdre Shakti, le pouvoir destructeur du temps.

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Le vert est la couleur des chasseurs : non seulement parce que c'est la couleur emblématique médiévale de la chasse, mais aussi par souci de dissimulation et de tromperie du gibier. Les oiseaux capturés et collés à la glue servent à la chasse à la pipée, car "piper", c'est imiter le bruit de la chouette pour attirer les passereaux qui la haïssent. J'ai déjà exploré et illustré largement ce thème ici :

http://www.lavieb-aile.com/2017/05/la-chouette-harcelee-par-les-oiseaux.cinquieme-partie-la-chasse-a-l-epervier-et-la-chasse-a-la-pipee-dans-le-livre-de-chasse-le-roi

Autrement dit, la couleur verte est liée à la Nature, mais aussi à la piperie, la tromperie. Et la chasse permet d'attraper à la pipée de naïves jeunes filles qui aiment tant le vert !

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En fait, j'ai plus à apprendre de l'analyse du texte de Müller que de la passionnante étude de l'historien des couleurs. (Je note cependant que Pastoureau prête à Schubert une violente phobie de la couleur verte, "devenue proverbiale", mais je n'en trouve pas la source).

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D'un coté, voici Herr Müller, Blanc-le-Meunier, pur produit du Néolithique puis du Protestantisme : il faut travailler la terre, transformer ses produits (le blé), asservir les forces de la nature (le moulin), et fonder une famille pour transmettre la connaissance et le patrimoine. Il hait le vert.

Max Weber, l'éthique protestante et l'Esprit du capitalisme.

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De l'autre coté, voici Herr Jäger, avec son chapeau vert à plume : chasseur-cueilleur, il mise sur sa force, sa ruse et son art d'imiter pour tromper. Il s'allie aux animaux (chiens, appeaux) en les apprivoisant plutôt qu'en  les exploitant. Il aime le vert, il est le vert. Il méprise le blanc.

Au milieu, Frau Müllerin n'est pas une oie blanche. La blonde aux yeux bleus  aime le vert, le reste est cousu de fil blanc.

La Roue tourne, rien ne va plus ! Et c'est le vert qui gagne !

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J'ai encore autre chose à ajouter. Dans sa prétendue déclaration d'amour pour la couleur verte, le meunier choisit trois sites  : les branches d'un vert Saule pleureur, un bosquet de Cyprès toujours verts et  un taillis de verts Romarins (einen grünen Thränenweiden, einen Zypressenhain, eine Haide voll grünem Rosmarein) pour former un paysage romantique du chagrin et de la Mort.

— Le Saule Pleureur :  Thränenweide est une forme poétique rare pour Trauerweide.  Son rapport avec le chagrin est évident, pas de problème.

— Le Cyprès Cupressus sempervirens est l'arbre des cimetières depuis l'Antiquité, enraison de son feuillage toujours vert et de son bois au parfum d'encens.  Ovide décrit comment Cyparisse, amant d'Apollon, fut transformé en cyprès à sa demande après avoir blessé de son javelot un cerf dont il était épris. Regrets éternels.

 

 

Hermann Traugott Rüdisühli (1864-1944), Tempel im Zypressenhain am Meer

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— Le Romarin Rosmarinus en latin (rosée marine), et  Rosmarin en allemand, est une plante aromatique et le recrutement de cette herbe condimentaire dans le paysage mental du meunier est plus surprenant.  Sa forme anglaise Rosemary en faisait un symbole de l'amour. Pourtant, son parfum est rapproche de l'encens, et c'est l'une des étymologies de son nom (rhops myrinos). 

 

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Le Romarin dans les Grandes Heures d'Anne de Bretagne. Copyright BnF Gallica.

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Surtout, on le surnomme Herbe-aux couronnes, et, du moins en Allemagne au XVIII et XIXe siècles, il s'agissait de couronnes funéraires. Dans une poésie de G.-A. Bürger (1747-1794), Suzanne, qui cultivait un myrte pour en faire une couronne de mariage, voit en rêve ce plant se transformer en romarin : Malheur, c'est la mort annoncée, "le romarin fleurit pour ta couronne funèbre".

 

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Le chant Ich habe die Nacht geträumet , publié en 1777, mentionne un rêve identique :

 

Ich hab die Nacht geträumet
wohl einen schweren Traum,
es wuchs in meinem Garten
ein Rosmarienbaum.

Ein Kirchhof war der Garten,
ein Blumenbeet das Grab,
und von dem grünen Baume
fiel Kron und Blüte ab.


 

J'ai rêvé cette nuit
probablement un cauchemar, 
que  poussait dans mon jardin
un romarin.

Mon jardin était
 un cimetière 
Le parterre de fleurs était une tombe,
et de l’arbre vert
tombaient une couronne et des fleurs.

Ce chant a été mis en musique par Carl Bank Lied Der Schwere Traüm op. 20), J. Bandish , Emil Bohn en 1878, et bien d'autres.

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Johannes Brahms a composé un lied Ich hab die Nacht geträumet WooO post. 36 n°4, l'une des Huit chansons folkloriques allemandes ( Acht Deutsche Volkslieder).

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Le même Brahms a également placé, parmi ses Sept lieder op 62, ce lied nommé Rosmarin :

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I. ROSMARIN.

 Es wollt’ die Jungfrau früh aufstehn,
wollt’ in des Vaters Garten gehn.
Rot’ Röslein wollt’ sie brechen ab,
davon wollt’ sie sich machen
ein Kränzelein wohl schön.

2. Es sollt’ ihr Hochzeitskränzlein sein:
„Dem feinen Knab’, dem Knaben mein.
Ihr Röslein rot, ich brech’ euch ab,
davon will ich mir winden,
ein Kränzelein so schön.“

3. Sie ging im Grünen her und hin,
statt Röslein fand sie Romarin:
„So bist du, mein Getreuer, hin!
Kein Röslein ist zu finden,
kein Kränzelein so schön.“


4. Sie ging im Garten her und hin,
statt Röslein brach sie Rosmarin:
„Das nimm du, mein Getreuer, hin!
Lieg’ bei dir unter Linden,
mein Totenkränzlein schön.“

 

Traduction de Dominique Sourisse :

http://dominique.sourisse.free.fr/cariboost_files/brahms_opus_62.pdf

La jeune fille alla se lever tôt,

pour aller dans le jardin du père.

Elle alla cueillir des petites roses rouges,

pour en faire une petite couronne bien belle.

Cela devait être sa couronne de mariage.

« Pour le gentil garçon, mon garçon à moi.

Vous, petites roses rouges, je vous cueille,

avec vous je veux me tresser

une petite couronne si belle. »

Elle alla dans la verdure çà et là,

au lieu de petites roses elle trouva du romarin :

« Ainsi, mon fidèle, as-tu disparu !

Pas de petites roses à trouver,

pas de petite couronne si belle ! »

Elle alla dans la verdure ça et là,

au lieu de petites roses

elle cueillit du romarin :

« Accepte cela, mon fidèle !

Que repose près de toi sous le tilleul,

ma belle couronne mortuaire ! »

 

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Une fois que nous connaissons ce contexte poétique du Romarin comme mauvais présage, le choix du meunier de placer, dans son Éloge du Vert,  un buisson de Romarin à coté du bosquet de Cyprès et du Saule Pleureur devient parfaitement éloquent, et nous admirons comment, dans un sardonique renversement des valeurs, le brave meunier fait la nique au goût de la Belle Meunière pour les beaux chasseurs bien verts et l'avertit de sa revanche.

Pauvre blanc-bec, elle n'en n'aura cure ! Et le chant du meunier n'en est que plus frappant.

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Antoine Watteau, le Gilles (1717-1719).

 

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Published by jean-yves cordier

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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