Les peintures murales monumentales (XIVe siècle) du transept sud de l'abbatiale Saint-Pierre et Saint-Paul de Wissembourg. Le Credo apostolique, la Passion et le début des Œuvres de miséricordes.
"Les nombreuses peintures murales de l'église de Wissembourg, du 14e siècle et du 15e siècle, furent badigeonnées, à une époque indéterminée. De nombreuses peintures ont disparu.
Les peintures murales furent redécouvertes lors d'un nettoyage des murs, à partir de 1862, grâce au curé Jacques Schaffner et au professeur Jean Ohleyer, qui en dégagea lui-même un grand nombre.
Les peintures qui subsistent, à l'intérieur de l'église, ont été restaurées dans les années 60. Cette restauration a généralement comporté un nettoyage, la suppression des cernes du 19e siècle, le fixage des pigments, une injection de caséinate de chaux dans les parties soufflées, le rebouchage de tous les accidents d'enduit, une restauration picturale et le fixage de l'ensemble restauré."
Dans le transept sud, à côté de la peinture de saint Christophe, un cycle à trois registres est peint sur deux murs , ceux du sud et de l'ouest, consacrées à saint Pierre et aux apôtres, à la Vie et la Passion du Christ, et aux Oeuvres de Miséricorde.
Cet article se consacre à l'étude du mur sud. Le registre supérieur est consacré à un Credo apostolique (thème bien connu des lecteurs de ce blog), les deux registres, divisés en 20 panneaux comme une bande dessinée, dépeint la Vie publique à la Passion du Christ et au Jugement dernier, et pour les 4 derniers, les 4 premières Œuvres de Miséricordes. Celles-ci se poursuivront sur le mur adjacent, à l'ouest, autour d'une Crucifixion. Nous en décrirons les 32 panneaux.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Description.
I. Registre supérieur.
1 à 5 : le Credo apostolique.
Chaque apôtre, dans une niche architecturée, tient un phylactère présentatn l'article du Credo qui lui est imparti. Le premier est peut-être saint Jacques (avec son bourdon), le deuxième peut-être Philippe, les autres n'ont pas d'attribut permettant de les identifier, et le texte des phylactères n'est pas déchiffrable, du moins par moi. Ils sont tous nimbés, vêtus d'une robe longue, ils tiennent un livre (le Livre des Apôtres) et sont barbus, sauf saint Jean. Cet indice permet de penser que Jean est placé à droite du Christ (n°7).
6 : la mission de saint Pierre.
Saint Pierre, le co-patron de l'abbatiale, se tient à côté du Christ, qui est tourné vers lui, le regarde et lui remet les clefs le désignant comme chef de son Église. Matthieu 18 :18 : "Je te donnerai les clefs du royaume des cieux : ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux. "
7 à 12 : le Credo apostolique, suite.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
II. Deuxième registre.
13 : Résurrection de Lazare.
14. Entrée de Jésus à Jérusalem sur un ânon.
15 : Cène (en haut) et Lavement des pieds des apôtres.
16 : Agonie de Jésus à Gethsémani en présence de Pierre, Jacques et Jean endormis.
17 . Arrestation de Jésus et Baiser de Judas.
18. Dérision ?
19. Comparution devant Pilate.
20 : Flagellation
21 : couronnement d'épines, et remise du roseau par dérision en guise de sceptre
22 : Portement de Croix.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Peintures murales du transept sud de l'église de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
II. Registre inférieur.
À la fin du cycle de la Passion, de la Vie Glorieuse du Christ et de son retour à la Parousie, débute celui des Œuvres de miséricordes, avec 4 des 7 Œuvres de miséricordes corporelles. La série se poursuit ensuite sur le mur ouest.
23. Mise au Tombeau.
24. Marie-Madeleine devant le Tombeau vide; annonce par l'ange de la Ressurection ; Marie-Madeleine au jardin devant le Christ ressuscité, Noli me tangere
25. Le Christ aux Limbes libérant les âmes, dont Adam et Ève.
26. Apparition du Christ aux apôtres.
27. Pentecôte.
28. Jugement dernier. Le Christ est assis, les pieds sur un arc-en-ciel, sous les anges soufflant de la trompe, entre Dieu le Père et (?) Marie.
29. Œuvre de miséricorde corporelle : donner à manger aux affamés .
30 . Œuvre de miséricorde : donner à boire à ceux qui ont soif.
31 : Œuvre de miséricorde : vêtir ceux qui sont nus.
32 : Œuvre de miséricorde : accueillir les pèlerins .
On remarque que, sur les 4 œuvres de miséricorde, le Christ est représenté (nimbé et plus grand que les autres personnages) et placé derrière ou parmi les personnes recevant des soins ou des actions de miséricorde, rappelant le verset de Matthieu 15:40 " je vous le dis : chaque fois que vous l'avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait".
La fresque géante de saint Christophe portant l'Enfant (XIVe siècle, 11 mètres de haut) dans l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Wissembourg (Bas-Rhin).
" Située dans le bras sud du transept, cette peinture murale est réalisée par détrempe à la colle (bleu, jaune, rouge, noir, blanc). La silhouette gigantesque du saint se dresse sur le mur, entre le choeur et la chapelle de la Vierge.
Cette peinture du 14e siècle (?) fut découverte, en 1862, sous 3 couches de badigeons. La partie inférieure qui était endommagée, fut restaurée (selon Straub) sur le modèle d'une ancienne xylographie du 15e siècle. Ne présentant, soi-disant plus d'intérêt artistique et archéologique elle fut rebadigeonnée, vers 1873. Seuls le buste du saint et l'Enfant subsistèrent, inscrits dans un grand médaillon entouré de rayons.
La dernière restauration, en 1967, a dégagé et fixé l'ensemble de la scène. Elle montre sur les berges, 2 minuscules personnages, alors que Joseph Walter (en 1934) en citait (probablement d'après une description ancienne) une demi-douzaine, en froc et capuce.
Saint Christophe, patron des voyageurs et des chercheurs d'or, étant également imploré contre la mort noire, l'hypothèse a été émise que cette peinture avait été réalisée en 1348, alors que la peste sévissait en Europe.
H = 1100 ; d = 160 (Hauteur de saint Christophe et diamètre de la tête du saint)
Le saint est vêtu d'une robe à damiers rouges et blancs et d'un manteau. Il porte l'Enfant Jésus sur son bras gauche et tient un palmier ébranché en guise de bâton. Il a les pieds dans l'eau. En bas, sur la berge droite, est représenté un petit personnage, parfois identifié avec l'auteur de la peinture, et à gauche, un moine." https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM67011570
Cette notice de la Plateforme ouverte du Patrimoine est très instructive. Néanmoins, je voudrais souligner certains points, découlant du travail d'inventaire iconographique rassemblé dans ce blog.
1. La taille exceptionnelle de cette fresque, avec ses 11 mètres de haut, est déterminée par le sujet, tel qu'il est illustré depuis le XIIe siècle : d'une part parce que selon la légende saint Christophe est un géant, d'utre part parce que ces peintures assurent une fonction apotropaïque de protection des voyageurs et pèlerins : elles doivent être vues de loin et créer un effet de saisissement. Elles ont d'ailleurs placées en général tout près du seuil, à l'extérieur (dans le Trentin par exemple), ou à l'intérieur de l'entrée (en Espagne, ou encore à Louviers). Elles pouvaient être accompagnées d'une inscription assurant le fidèle de leur pouvoir , comme celle de Sémur-en-Auxois Cristofori sancti speciem quicumque tuetur/ Illa namque die nullo languore tenetur "Quiconque voit l'image de saint Christophe, n'est tenu ce même jour par aucune maladie".
Clairement, cette fresque est vraiment, par sa taille, "une image pour la route" pour reprendre la formule de D. Rigaux.
La partie inférieure de la fresque de Wissembourg étant perdue, nous ne savons pas si une telle inscription y figurait.
Le saint est de face, dans une posture hiératique, et il regarde devant lui : le fidèle peut ainsi le regarder les yeux dans les yeux pour le protéger du mauvais œil. Les yeux sont bleus, et partiellement cachés par la paupière supérieure, comme si le saint tournait les yeux vers le ciel. La face est circonscrite par le cercle doré de la barbe et de la chevelure, qui s'inscrivent dans le nimbe.
L'Enfant, porté sur le bras gauche, regarde Christophe en posant sa main sur son épaule, tout en traçant une bénédiction. On peut s'étonner qu'il ne porte pas le globe terrestre, pour illustrer la phrase qu'il est en train de prononcer : "non seulement tu as porté sur tes épaules le monde entier, mais aussi Celui qui a créé le monde. Je suis en effet le Christ, ton maître, celui que tu sers en faisant ce que tu fais."
Les couleurs utilisées sont le jaune, avec diverses tonalités d'ocre jaune, le rouge s'atténuant en rose (ocre rouge ?), le bleu clair ou passé, et le noir.
Le géant porte un manteau uni, long, agrafé sur l'épaule droite et dont le pan gauche est écarté et retenu au poignet. Il recouvre une robe à damiers de losanges, serrée par une ceinture à ferrures dorées dont l'extrémité descend sous le pan gauche du manteau. À cette ceinture sont suspendus deux objets, un fourreau ou étui rayé de noir, et un petit éventail ou parasol aux extrémités garnies de glands. Enfin, un pli vertical de tissu à motifs à griffe à trois pointes doit correspondre au revers de la robe.
2. Le miracle qui survient lorsque Christophe reconnaît que l'enfant qu'il porte sur ses épaules est le Christ, c'est le fleurissement et la fructification du bâton sur lequel il s'appuie. Il faut donc interprêter l'extrémité foliée du bâton de marche de Christophe comme l'illustration du texte de Jacques de Voragine, plutôt que d'y voir "un palmier ébranché".
3. Le personnage situé sur la rive du côté gauche porte, si on le regarde bien, une lanterne qu'il lève pour guider le passeur de gué : cet ermite se retrouve très régulièrement dans les représentations médiévales, bien qu'il ne soit pas décrit dans le texte de Jacques de Voragine. Il est agenouillé, porte l'habit monastique à capuche.
4. le personnage de la rive de départ, à droite, sous un ermitage et des arbres (palmiers?) et qui porte une capuche à extrémité conique est peut-être un moine, mais peut-être aussi un laïc car sa tunique est bien courte. Il écarte les bras et part dans la direction opposé au gué.
5. Le saint marche dans l'eau chaussé de chaussures pointues (XIVe ou XVe) fixées avec une sangle à boucle. Devant de telles peintures murales, j'ai l'habitude d'examiner avec attention les flots que franchit le passeur pour y rechercher des créatures marines ou des bateaux. On voit ici un poisson, mais cette découverte est de moindre intérêt lorsqu'on sait que cette partie a été crée lors de la restauration de 1862.
Fresque de saint Christophe, transept sud de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Fresque de saint Christophe, transept sud de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Fresque de saint Christophe, transept sud de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Fresque de saint Christophe, transept sud de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Fresque de saint Christophe, transept sud de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Fresque de saint Christophe, transept sud de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Fresque de saint Christophe, transept sud de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Fresque de saint Christophe, transept sud de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Fresque de saint Christophe, transept sud de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Fresque de saint Christophe, transept sud de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Fresque de saint Christophe, transept sud de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Fresque de saint Christophe, transept sud de l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Wissembourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Source de cette fresque.
Cette peinture doit être comparée à la baie 104 lancette B de la cathédrale de Strasbourg, dans le transept sud.
Mis en place vers 1230, il reste ainsi fortement marqué par le style roman germanique, enrichi d’influences byzantines. On y retrouve la situation dans le transept sud, la grande taille (plus de 10 mètres), la présentation de face et hiératique du saint, son manteau agrafé à droite, sa robe au décor en losange, sa ceinture à l'extrémité longue, etc.
— DENIS (Hortense), 2020. Les représentations artistiques de saint Christophe dans le diocèse de Chartres, du Moyen âge au XVIe siècle. Art et histoire de l’art. Mémoire de recherche (2de année de 2e cycle) en histoire de l’art appliquée aux collections présenté sous la direction de Mme Ioanna RAPTI et M. Jannic DURAND
—RIGAUX (Dominique), 1996, "Une image pour la route. L'iconographie de saint Christophe dans les régions alpines (XIIe-XVe siècle)", Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public Année 1996 26 pp. 235-266
— VORAGINE (Jacques de) 1261, ou IACOPO DA VARAZZE, Legenda aurea, traduite en français par JEAN DE VIGNAY sous le titre de Légende des Sains au plus tard en 1348.
Les vitraux de la basilique du Sacré-Cœur ont été détruits par le bombardement du 20 avril 1944. Leur remplacement a été confié après un concours de 1946, à Théo G. Hanssen (pour les cartons) et Louis Gouffault (pour l'exécution) pour ceux de la chapelle axiale de la Vierge et ceux des chapelles de la nef (3 baies à 3 lancettes), tandis que ceux des chapelles latérales du déambulatoire du chœur, des transepts, des rosaces ou du tambour du dôme ont été confiés à Jacques Le Chevallier.
Théo G. Hanssen (1885-est un ami de Jacques Le Chevallier, ils ont été tous les deux collaborateurs à Paris du maître-verrier Louis Barillet de 1920 à 1940, et ces trois verriers ont travaillé ensemble à l'église Notre-Dame de la Trinité de Blois, consacrée en 1949. Le Chevallier et Hanssen ont tous deux créés des vitraux pour l'église de Chantilly. La basilique du Sacré-Cœur conserve donc, entre ces deux peintres-verriers qui ont chacun leur style, une unité certaine dans son décor vitré.
Louis Gouffault est un maître-verrier qui a créé son atelier en 1930 à Orléans.
Technique : vitraux en verres antiques colorés montés au plomb, peints à la grisaille cuite au four. Fine bordure blanche.
Situation et numérotation.
Les trois baies 0, 1 et 2 de la chapelle de la Vierge.
Chapelle de la Vierge, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La baie 0. La Passion.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette A de la baie 0. Rencontre du Christ portant sa croix et de Marie lors de la montée au Golgotha.
Inscription : JESUS RENCONTRE SA SAINTE MÈRE
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette B de la baie 0. Marie portant le corps de son Fils déposé de la Croix.
En haut, deux Sacré-cœurs rouges et les symboles du Père et du Saint-Esprit.
Marie est debout, levant ses yeux au ciel, tenant dans un linceul le corps de son Fils, aux plaies sanglantes et portant la couronne d'épines, mais nimbé d'une auréole crucifère.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
L'inscription :
FAC ME PLAGIS VULNERARIS
FAC ME INEBRIARI
CRUCI [ET] CRUORE FILII
Citation du Stabat Mater : "Que de ses plaies je sois blessé, que je m'enivre de la croix et du sang de ton Fils"
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Signatures :
COMPOSÉ PAR L. GOUFFAULT ORLEANS
COMPOSÉ ET PEINT PAR T.G. HANSSEN
La mention "composé et peint signifie que Théo Gérard Hanssen est l'auteur des études et maquettes mais aussi qu'il a peint à la grisaille les verres coupés et assemblés au plomb par Louis Gouffault.
La lancette C de la baie 0 : la Mise au Tombeau.
La Vierge est accompagnée de saint Jean portant un flambeaau et de deux saintes femmes. En bas, la couronne d'épines, les clous de la crucifixion, ainsi que la tunique et les dés de son tirage au sort par les soldats.
Inscription JESVS EST MIS AV TOMBEAV
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La baie 1 de la chapelle axiale de la Vierge
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette A de la baie 1 : l'Annonciation.
La colombe du Saint-Esprit surplombe la main de l'ange Gabriel annonçant à Marie la nouvelle de la conception. Le lit se devine à côté du lis.
L'inscription VIRGO CONCIPIET rappelle la prophétie d'Isaïe 7:14 Ecce virgo concipiet, et pariet filium, et vocabitur nomen ejus Emmanuel: « Une Vierge concevra et enfantera un fils, et il sera appelé Emmanuel.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette B de la baie 1 : la Visitation et la Nativité.
En haut, rencontre de Marie et d'Elisabeth, avec l'inscription "Vous êtes bénie entre toutes les femmes".
En bas, la Nativité avec l'inscription "Et le Verbe s'est fait chair" citant Jean 1:14 et le miracle de l'Incarnation.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette C de la baie 1 : Siméon lors de la Présentation au Temple.
Sous le chandelier à sept cierges, un vieillard, Siméon, élève vers le ciel l'Enfant-Jésus (au nimbe crucifère) sous le regard de Marie et Joseph. À leurs pieds, le couple de tourterelles, offrande rituelle au Temple.
Inscription MES YEVX ONT VV LE SAVVEUR (Luc 2:30)
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La baie 2 de la chapelle axiale de la Vierge.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette A de la baie 2. La Ressurection ou Sortie du Tombeau.
Au premier plan, le personnage est sans doute Marie-Madeleine, car des flacons d'aromates sont posés à ses pieds.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette B de la baie 2 : Couronnement de la Vierge/Pentecôte.
Inscription:
COURONNEMENT DE LA Ste VIERGE MARIE
DESCENTE DU ST ESPRIT SUR LES APÔTRES
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Signature :
"Composition par Théo G. Hanssen . Exécution de L. Gouffault"
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette C de la baie 2 : l'Assomption.
ASSOMPTION DE LA BIENH[eureus]e VIERGE MARIE
Sous le regard d'un seul apôtre, Jean, la Vierge s'élève, transportée par des chérubins ou séraphins.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La baie 21 de la chapelle Saint-Vincent de Paul, côté gauche de la nef.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette 21A. Enfance de saint Vincent de Paul.
Inscription : SAINT VINCENT, PETIT BERGER, VIDE SA BOURSE DANS LES MAINS D'UN PAUVRE
Vincent est né en avril 1581, au village de Pouy, près de Dax. Il était le troisième de six enfants (4 garçons et 2 filles). Son père Jean de Paul et sa mère Bertrande de Moras étaient, selon son expression, « des pauvres laboureurs », propriétaires d’une petite ferme de quelques arpents de terre. C’est là qu’il vécut ses quatorze premières années, entouré d’affection sans doute, mais soumis, très tôt, à la vie rude « des pauvres gens des champs » : « Je suis fils d’un laboureur qui ai gardé les pourceaux et les vaches » (IV, 215). (Vincentians.com).
Il eut une enfance pieuse et laborieuse.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette 21B
a) registre supérieur :Inscription SAINT VINCENT AUMONIER DES GALÈRES
"Accompagnant Philippe-Emmanuel de Gondi dans ses visites des prisons détenant les criminels condamnés aux galères, il prend les galériens en pitié et est nommé par le roi le 8 février 1619 aumônier général des galères" (Wikipedia)
b) registre inférieur :Inscription : ST VINCENT ENVOIE DES PRETRES EVANGELISER LES TRAVAILLEURS DES CHAMPS
"Grâce au soutien financier de madame de Gondi, Vincent de Paul fonde, en 1625 la Congrégation de la Mission. Vouée à l'évangélisation des pauvres des campagnes, la congrégation prendra le nom de Lazaristes (car demeurant dans le quartier Saint-Lazare de Paris, l'enclos Saint-Lazare). Vincent de Paul, qui forme de nombreux prêtres, crée un séminaire de la Mission. Les premiers lazaristes sont envoyés à Alger en 1646, puis à Madagascar en 1648 et en Pologne en 1651." (Wikipédia)
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette 21C
Inscritpion : St VINCENT CONFIE LES ENFANTS TROUVÉS À LOUISE DE MARILLAC ET AUX FILLES DE LA CHARITÉ.
"Le 29 novembre 1633, il fonde les Gardes des Pauvres sous la responsabilité de Louise de Marillac (1591-1660) avec Marguerite Naseau. Elles prennent ensuite le nom de « Compagnie des Filles de la Charité de Saint-Vincent de Paul ». Elles sont vouées au service des malades et au service corporel et spirituel des pauvres.
En 1638, débute l'œuvre des "Enfants-Trouvés". En 1648, il convoque une assemblée de dames charitables et, prenant la parole, il rappelle que l'œuvre avait déjà sauvé six cents enfants, mais que les ressources manquaient pour poursuivre l’œuvre entreprise. Ses paroles furent pathétiques et convaincantes, puisque, le jour même, l'Hôpital des Enfants-Trouvés de Paris reçut les capitaux nécessaires, pour poursuivre sa tâche." (Wikipédia)
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Les signatures de la lancette 21C
Comme sur d'autres lancettes, les signatures sont cachées en partie basse par le panneau de l'inscription, manifestement ajouté secondairement. La possible date nous échappe.
On peut lire L. GOUFFAULT ORLEANS
et
T.G. HANSSEN PINXIT
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La baie 22 de la chapelle Sainte Marguerite-Marie Alacoque, côté droit de la nef.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette 22A
Inscription : St FRANÇOIS DE SALLES REMET LES ARMES DE LA VISITATION À JEANNE DE CHANTAL
"Jeanne-Françoise Frémyot, baronne de Chantal, née le 23 janvier 1572 à Dijon, morte le 13 décembre 1641 à Moulins, est une sainte française originaire de Bourgogne, fondatrice de l'ordre de la Visitation de Sainte-Marie avec saint François de Sales.
En 1604, elle rencontre un prélat du duché de Savoie, François de Sales, évêque de Genève en résidence à Annecy (Genève étant une ville réformée), venu à Dijon pour prêcher le carême : elle s'ouvre à lui et il accepte de devenir son directeur spirituel.
En 1610, libérée de ses obligations familiales, elle rejoint François de Sales dans son diocèse et sous sa direction spirituelle fonde une nouvelle congrégation, l'ordre de la Visitation dans le duché de Savoie.
En 1615, un premier couvent est fondé en France, à Lyon, suivi par la fondation du couvent de Moulins l'année suivante.
Canonisée par Clément XIII le 16 juillet 1767 elle est d'abord liturgiquement commémorée le 12 décembre puis, depuis 2003, le 12 août." (Wikipédia)
La lancette 22B
—Registre supérieur :
Vignette supérieure : l'image du Sacré-Cœur , un cœur rouge enflammé sous la croix, avec la devise CARITAS
Inscription : L'APPARITION DU SACRÉ-COEUR DANS LE NOISETIER
—Registre inférieur :
inscription : PERSÉCUTÉE PAR LES SIENS STE MARGUERITE -MARIE SE RÉFUGIE DANS UNE ÉTABLE POUR PRIER.
"Marguerite Alacoque naît le 22 juillet 1647 à Verosvres dans le Charolais. Élevée dans une famille fervente, la petite fille manifeste un grand amour pour le Christ, spécialement dans l’Eucharistie. A cinq ans, elle fait cette promesse à Jésus : « Mon Dieu, je vous consacre ma pureté et vous fais vœu de perpétuelle chasteté ».
Alors qu’elle a huit ans, son père meurt, Marguerite et sa mère sont recueillies chez des parents qui malheureusement se montrent violents. Marguerite se recueille souvent dans la prière et pratique diverses mortifications. Elle commence à avoir des visions du Christ en Croix et du Christ souffrant sa Passion. Le Seigneur lui apprend à prier.
Le 20 juin 1671, Marguerite entre au couvent de la Visitation de Paray-le-Monial après avoir entendu Jésus lui dire : « C’est ici que Je te veux ». Marguerite vit des expériences mystiques et des extases qui lui font sentir la présence intime de Jésus." (NDML)
Le noisetier du jardin de la Visitation de Paray-le-Monial :
carte-postale
"Un jour où elle priait sous un bosquet de noisetier resté célèbre, Jésus révéla à la jeune novice combien sa passion avait été le témoignage de son amour infini pour les hommes."
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Signatures :
L. GOUFFAULT ORLEANS
et
T.G. HANSSEN INV. PINXIT
La lancette 22C
Inscription : STE MARGUERITE-MARIE PRÉSENTE À SES NOVICES LA PREMIÈRE IMAGE DU SACRÉ-COEUR
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La baie 23 de la chapelle "des Reines de France", côté gauche de la nef.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette 23A
Inscription :
STE THERESE DE L'ENFANT-JESUS A L'EXEMPLE DE STE MARGUERITE MARIE
JE CONSACRE AU SACRÉ COEUR
Je lis que c’est au cours de la messe au Sacré-Cœur de Montmartre, le 6 novembre 1887, que Thérèse Martin, future sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, décide d’offrir son bracelet en or pour la fonte de l’ostensoir des fêtes
La deuxième phrase reprend la "Consécration au Sacré Cœur de Notre Seigneur Jésus Christ" de Sainte Marguerite-Marie : "Je consacre au Sacré Cœur de Notre Seigneur Jésus-Christ, ma personne et ma vie, mes actions, peines et souffrances, pour ne plus vouloir me servir d'aucune partie de mon être que pour l'aimer, honorer, glorifier."
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette 23B : le Voeu de Louis XIII.
Le vitrail montre successivement :
-deux anges tenant la banderole REINE DES REINES PPN (Priez pour nous)
-La Vierge à l'Enfant. La Mère est couronnée (comme son Fils), elle tient le sceptre en fleur de lys et est vêtue du manteau bleu constellé.
-La cathédrale Notre-Dame de Paris
-Louis XIII
-le blason aux armes de Paris avec sa devise FLUCTUAT NEC MERGITUR
Inscription : LOUIS XIII (voue) SON ROYAUME A LA SAINTE VIERGE.
Rappel :
Louis III , par son voeu du 10 février 1638, consacra son royaume à la Vierge, Reine des Cieux et s'engagea à faire bâtir un nouveau maître-autel en la cathédrale Notre-Dame.
Sainte Marie-Marguerite Alacoque par sa vision du 17 juin 1689 à Paray-le-Monial, déclarait que Jésus demandait que le roi de France Louis XIV effectue la « consécration de la France à son Sacré-Cœur et sa représentation sur les étendards du royaume. »
Ce voeu de Louis XIII est mis en parallèle avec le Voeu National rédigé en 1871 après la défaite de la France en 1870 face aux Prussiens et voté par l'Assemblée en 1873, et qui consiste à bâtir une église à Paris dédiée au Sacré-Cœur de Jésus, afin de confier la France au Cœur de Jésus, dans un contexte de pénitence, de l' instauration d'un ordre moral et d'une recharge sacrale : en voici le texte :
« En présence des malheurs qui désolent la France et des malheurs plus grands peut-être qui la menacent encore.
En présence des attentats sacrilèges commis à Rome contre les droits de l’Eglise et du Saint Siège, et contre la personne sacrée du vicaire de Jésus Christ.
Nous nous humilions devant Dieu, et réunissant dans notre amour l’Eglise et notre patrie, nous reconnaissons que nous avons été coupables et justement châtiés. Et pour faire amende honorable de nos péchés et obtenir de l’infinie miséricorde du Sacré Cœur de Notre Seigneur Jésus Christ le pardon de nos fautes, ainsi que les secours extraordinaires qui peuvent seuls délivrer le Souverain Pontife de sa captivité et faire cesser les malheurs de la France nous promettons de contribuer à l’érection, à Paris, d’un sanctuaire dédié au Sacré Cœur de Jésus. »
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette 23C
Inscription : SAINTE JEANNE D'ARC OFFRE SON EPEE A DIEU DEVANT L'AUTEL
À la fin du XIXe siècle après 1871 et la perte de la Lorraine, Jeanne d'Arc symbolise l'élan patriotique et l'indépendance nationale. En 1894, on réclame l'institution d'une fête nationale. Elle sera béatifiée en 1907 et canonisée en 1920, en même temps qu'est instituée la Fête nationale de Jeanne d'Arc et du patriotisme du 10 mai. Le motif de "sainte Jeanne d'Arc offrant son épée à Dieu après la victoire" est en vogue depuis le début du XXe siècle.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Signatures :
COMPOSITION T.G. HANSSEN EXECUTION L. GOUFFAULT [ORLEANS]
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La baie 24 de la chapelle Saint-Louis, côté droit de la nef.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
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La lancette 24A : saint Louis et les croisades.
Inscription : SAINT LOUIS PREND LA CROIX.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette 24B.
Registre supérieur:
Inscription : SAINT LOUIS BATIT LA SAINTE CHAPELLE
registre inférieur :
Inscription : SAINT LOVIS REND LA JVSTICE
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Signatures :
COMPOSITION T.G. HANSSEN EXECUTION L. GOUFFAULT ORLEANS
La lancette 24C
inscription : SAINT LOVIS RAPPORTE LA COVRONNE D'EPINES
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La baie 25 de la chapelle de Notre-Dame de la Mer, côté gauche de la nef.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette 25A
inscription :BENEDICTION DES CROISES AVANT l'EMBARQUEMENT
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette 25B
Registre supérieur :
inscription :AVE MARIS STELLA DEI MATER ALMA
La Vierge à l'Enfant, surmontée d'un ange féminin levant une étoile marine (Maris Stella), est entourée de marins pêcheurs et de marins en uniforme et béret à pompon.
Registre supérieur :
inscription non lisible.
Jésus calme la tempête sur le lac de Tibériade, parmi les apôtres. (Lc 8:22-25)
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette 25C
Inscription :
MGR DE BELZUNCE REMET AUX MARINS DES IMAGES DU SACRE-COEUR
Henri-François-Xavier de Belsunce de Castelmoron, issu de la haute aristocratie périgourdine, s’est converti du protestantisme à l’âge de douze ans. Ordonné prêtre à Agen, puis grand vicaire de l’évêque d’Agen, il est nommé évêque de Marseille en 1710, à l’âge de trente-neuf ans; il le restera jusqu'à 1755.
Mgr de Belsunce est loué pour son dévouement auprès des malades durant la terrible peste qui frappe la ville en 1720. Sur proposition de la bienheureuse Anne Madeleine Remuzat, il a consacré la ville au Sacré-Cœur au plus fort de l’épidémie.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Signatures :
COMPOSITION DE T.G. HANSSEN EXECUTION DE L. GOUFFAULT ORLEANS 1947.
La baie 26 de la chapelle Saint-Michel, côté droit de la nef.
Toute la baie 26 est dédiée à Jeanne d'Arc.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette 26A
Inscription : JEANNE SVR LE BVCHER
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Signatures :
COMPOSITION DE T.G. HANSSEN EXECUTION DE L. GOUFFAULT ORLEANS 1947.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette 26B
Registre supérieur :
Inscription JE SVIS ENVOYEE PAR DIEV POVR FAIRE TOMBER LE SIEGE D'ORLEANS ET AMENER LE ROI A REIMS
Registre inférieur :
Inscription : dissimulée. (Jeanne communie avant de libérer Orléans ?)
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette 26C
Inscription : JEANNE ENTEND DES VOIX
(celles de saint Michel de sainte Catherine et de sainte Marguerite)
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La baie 27 de l'entrée sous le porche, côté gauche.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette 27A : Sainte Marguerite-Marie Alacoque
Inscription :
JE BENIRAI LES MAISONS OU L'IMAGE DE MON SACRE-COEUR SERA EXPOSEE ET HONOREE
STE MARGUERITE-MARIVignette basse : lampe à huile Sacré-Coeur et vase avec des fleurs
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette 27B : Charles de Foucauld
Inscription : CHles DE FOUCAULD
O MON SEIGNEUR VOTRE PRESENCE ECLAIRE NON AMES ET VERSE UNE LUMIÉRE BENIE
Vignette inférieure : tombe de Charles de Foucauld (1858-1916) à Tamanrasset.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Signatures :
L. GOUFFAULT ORLEANS 1949
T.G. HANSSEN DEL...
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La baie 28 de l'entrée sous le porche, côté droit.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette 28A : sainte Gertrude
Inscription :
Ste GERTRUDE
JE VOUS SALUE O COEUR SACRE DE JESUS SOURCE VIVIFIANTE DE LA VIE ETERNELLE FOURNAISE ARDENTE DU DIVIN AMOUR
Vignette : un livre ouvert sur un petit personnage nimbé devant un cœur embrasé.
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Signatures :
L. GOUFFAULT ORLEANS
T.G. HANSSEN DEL... 1949
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
La lancette 28B. Saint Jean Eudes.
Inscription :
St JEAN EVDES
BENIS SOIENT A JAMAIS LE COEUR TRES AIMANT ET LE DOUX NOM DE NOTRE SEIGNEUR JESUS CHRIST ET DE LA TRES SAINTE VIERGE MARIE SA MERE
Vignette : deux cœurs autour des monogrammes IHS (Jésus) et MA(Marie) réunis. L'un des cœurs, travesré par une ligne sinueuse verte, est embrasé de flammes rouges. L'autre, entouré de fleurs blanches, est transpercé par un poignard, il est embrasé de flammes blanches.
Le texte inscrit sur le livre ouvert que tient Jean Eudes est celui de l'oraison
Verrière de T.G. Hanssen et L. Gouffault, Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, cliché lavieb-aile 2025.
Ensemble de verrières ( 400 m² : 8 rosaces 70 m², 1946; 2 transepts, 72 m² 1946-1951 ; 18 baies des chapelles latérales du chœur 61 m², 1960-1962 ; 20 verrières du tambour du dôme 200 m², 1969-1973) de Jacques Le Chevallier en la basilique du Sacré-Cœur de Montmartre, Paris 18e 75018.
PRÉSENTATION.
Les vitraux de Jacques Le Chevallier.
Ces vitraux du Sacré-Cœur résulte d'un concours organisé par la direction des Beaux-arts, Musées et Bibliothèques de la Ville de Paris pour le remplacement des vitraux détruits par le bombardement du 20 avril 1944 (concours jugé le 1er mai 1946). L'architecte est Mr Hulot. Les vitraux de l'entrée (2 baies à 2 lancettes) des chapelles de la nef (6 baies à 3 lancettes) et ceux de la chapelle axiale de la Vierge (3 baies à 3 lancettes) ont été attribués à Théo G. Hanssen pour les cartons et Louis Gouffault pour l'exécution.
Par arrêté du 16 décembre 1946, Jacques Le Chevallier (cartons) et l'atelier de Louis Barillet se voient confiés la réalisation de :
1°) rosaces sous les petits dômes
2°) tribunes des grandes orgues, côté ouest, est et sud,
3°) transept ouest, partie haute et partie inférieure
4°) transept est, partie haute et partie inférieure,
pour un tarif forfaitaire initial de 6000 frs/m² de vitrail décoratif.
Le programme et le parti coloré est défini par une correspondance échangée en 1946 entre le peintre et Mgr Aubé.
L'atelier a eu à remplacer des vitraux en très mauvais état « avec de gros cabochons de verre qui se déchaussaient, » selon Guy Le Chevallier. Étaient-ils de l'atelier Maumejean ? De Hirsch ?
SITUATION ET NUMÉROTATION
DESCRIPTION.
I. Les 8 Rosaces, vers 1946 .
Leur devis est établi dès 1946, sans motif figuratif central, ce dernier étant demandé ultérieurement par Mgr Aubé.
Leur nombre rappellerait les 8 béatitudes. Elles seraient « en forme de marguerite pour évoquer les apparitions du Sacré-Cœur de Jésus à sainte Marguerite Marie ». On les trouve au dessus des chapelles de la nef, et au dessus de l'entrée vers le déambulatoire.
Au cœur de chacune, des symboles eucharistiques (le pain, le blé, la vigne) mais aussi les symboles christiques de la Passion et du Sacré-Cœur : un pélican (baie 102), la couronne d'épines et 3 clous sanglants(baie 104), le Cœur entouré de la couronne. Un médaillon porte les initiales J et M de Jésus et Marie, un autre montre une fontaine. Enfin, au dessus de la chapelle de Notre-Dame de la Mer, l'ancre de l'Espérance et trois poissons (109).
Baie 103, au dessus de la chapelle Saint-Vincent-de-Paul. Symbole eucharistique : épis de blé et hostie.
Rose de Jacques Le Chevallier pour la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Baie 104, au dessus de la chapelle Sainte-Marguerite Alacoque.
Symboles de la Passion : Couronne d'épines et 3 clous sanglants
Rose de Jacques Le Chevallier pour la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Rose de Jacques Le Chevallier pour la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Baie 107, au dessus de la chapelle de la Vierge Reine .
Symboles christiques : corbeille de pain, 2 poissons, Alpha et Oméga
Rose de Jacques Le Chevallier pour la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Baie 108, au dessus de la chapelle Saint Louis .
Symboles eucharistiques : calice , grappe de raisin, vigne
Rose de Jacques Le Chevallier pour la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Baie 109, au dessus de la chapelle de Notre-Dame de la Mer .
Symboles marins : ancre (Espoir) + 3 poissons
Rose de Jacques Le Chevallier pour la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
II Le transept Ouest 1948-1950.
Note : la basilique n'est pas « orientée » (vers l'Est), elle est tournée vers le nord)
Cet ensemble de dix verrières de 36 m², désigné ici sous le terme de Baie 105 est dédié à la Passion du Christ.
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune ouest de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
A. Les 3 lancettes supérieures A, B et C du transept ouest, 18, 40 m², 1948
La verrière centrale ( (croix, inscription Ecce lignum crucis), est entourée de 2 verrières latérales moins hautes à symboles instruments de la Passion)
Un premier arrêté du 1er octobre 1946 décide de la mise en œuvre par Louis Barillet, demeurant rue Vergennes, Paris, de sept verrières du transept ouest conçus et dessinés par Jacques Le Chevallier. En effet, ce dernier, ancien collaborateur salarié de Barillet, a pris son indépendance mais n'a pas encore ouvert son atelier de Fontenay-aux-Roses. Les travaux sont réglés à Louis Barillet et des honoraires sont rétro-versés au peintre-verrier Le Chevallier. Budget 381 286 frs, 20 082 frs/m².
Des maquettes et recherches sur calques sont réalisées par J. Le Chevallier (archives).
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune ouest de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Lancette A .
Symboles : glaive de saint Pierre. Fouets de la Flagellation .Voile de Véronique
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune ouest de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Lancette B centrale. La Passion .
Triangle à inscription hébraïque et astres de la manifestation cosmique de la Crucifixion, croix au titulus INRI, inscription Ecce lignum crucis (Voici le bois de la Croix).
Lance et éponge de vinaigre. Roseau de la dérision
Coq du reniement. Colonne de la Flagellation
Tunique tirée au sort aux dés.
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune ouest de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Lancette C .
Symboles :Clous et couronne d'épines ; marteau et tenailles, liens, échelle de la Déposition, bourse de Judas aux trente deniers
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune ouest de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
En partie basse les 3 verrières centrales portent des inscriptions et symboles liés au Sacré-Cœur .
Lancettes A et B, décoratives
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune ouest de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Lancettes C, D et E, à symboles et inscriptions
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune ouest de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Lancette C
Symbole : brasier
Inscription : Cor Jesu fornax ardens caritatis. "Coeur de Jésus, brasier brulant d'amour"
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune ouest de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Lancette D centrale.
Symbole : tabernacle
Inscription : Cor Jesu tabernaculum altissimum "Coeur de Jésus, tabernacle très haut"
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune ouest de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Lancette E.
Symbole : ciel étoilé, maison et flots.
Inscription : Cor Jesu Domus Dei et Porta Coeli : "Cœur de Jésus, maison de Dieu et porte du Ciel"
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune ouest de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Lancettes F et G décoratives.
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune ouest de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
III. Le transept Est, 1950-1951.
Cet ensemble, de 10 verrières désigné ici sous le terme de Baie 106 et dédié au Christ victorieux, associe en partie haute une verrière centrale et 2 verrières latérales moins élevées à symboles, et en partie basse 7 verrières, dont les 3 centrales porte des inscriptions et symboles.
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune est de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
A. Les 3 lancettes supérieures du transept est, 18, 40 m², 1951.
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune est de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Lancette A.
Dans les deux baies latérales, sont placées les quatre figures du Tétramorphe, renvoyant aux évangélistes : on trouve dans la lancette A l'ange pour Matthieu et le taureau pour Luc .
Cette première lancette porte en bas la signature du peintre et du verrier : « composition J. LE CHEVALLIER. Exécution J. Barillet. » . Louis Barillet étant décédé en 1948, l'atelier est repris par son fils Jean.
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune est de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune est de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune est de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune est de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Lancette B.
La verrière haute centrale présente sous la main de Dieu le Père et sous la Colombe de l'Esprit le Christ en gloire, dans le manteau écarlate, debout sur le Livre de l'Apocalypse aux sept sceaux, tenant la croix de sa victoire sur la Mort, bénissant le Monde, les plaies de sa Crucifixion bien visibles. Une inscription indique CHRISTUS VINCIT.
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune est de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune est de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
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Lancette C.
On y voit l'aigle de Jean et le lion ailé de Marc.
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune est de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune est de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
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B. Les sept lancettes inférieures du transept (ou « tribune ») est : 18 m², 1950-1951.
Deux groupes de deux lancettes sont décoratives, à compositions géométriques colorées.
Les 3 lancettes centrales C, D et E, portent des vignettes symboliques en lien avec l'inscription sous-jacente.
Les inscriptions sont puisées dans le Traité d'iconographie chrétienne de Barbier de Montault (1898)
Lancettes A et B décoratives.
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune est de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Lancette C .
La première lancette C porte l'inscription Arca superflua /dux sunt Christus/ fons sacer et crux ("l'arche flottant au dessus des flots, la fontaine sacrée et la croix du Christ nous conduisent"). Le symbole est l'arche de Noé sous l'arc-en-ciel de l'Alliance.
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune est de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
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Lancette D .
La lancette D porte l'inscription surrexit Christius spes mea ("Le Christ, mon espérance, est ressuscité") sous l'image d'un oiseau nimbé s'élevant d'un brasier. L'inscription provient de la séquence grégorienne Victimae paschali laudes.
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune est de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
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Lancette E.
La lancette E porte l'inscription ita exaltari / oportet/ filium hominum ("de même, il faut que le Fils de l'Homme soit élevé") sous l'image réunissant les tables de la loi, le serpent d'airain enroulé autour d'un bâton et l'étoile et se référant à Moïse : voir Jean 3: 14 « Et sicut Moyses exaltavit serpentem in deserto, ita exaltari oportet Filium hominis ».
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune est de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
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Lancette F et G décoratives.
Verrière de Jacques Le Chevallier de la tribune est de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
IV. Le Déambulatoire du Chœur. Les 18 verrières des 6 chapelles latérales du déambulatoire du chœur. 61 m², 1960-1962.
6 chapelles, trois baies par chapelle, surface 3,40 m², 40 000 frs/m²
Commande : arrêté du 19 juin 1958. Pose en 1960 (baies 15, 17, 19 et 16, 18 et 20), 1961 et 1962. Cartons : Jacques Le Chevallier. Exécution : Atelier du Vitrail de Fontenay (Guy Le Chevallier). Bénédiction des vitraux le 18 novembre 1961 par Mgr Charles, recteur du Sacré-Cœur.
Description : baies en verre antique monté sous plomb, à symboles et inscriptions peints à la grisaille cuite au four.
L'iconographie est préconisée par Mgr Aubé, recteur de la basilique, qui fournit à Jacques Le Chevallier toutes les indications et une copieuse documentation, riche en dessins, photos nécessaires et qui précise les inscriptions et armoiries qui doivent figurer sur les vitraux.
La description part du côté gauche du chœur et progresse dans le déambulatoire vers le côté droit.
Chapelle Sainte Ursule.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Esquisse sur calque, archive J. Le Chevallier
-Baie 19 : Vitrail de gauche dédié à sainte Angèle (1474-1540), fondatrice des Ursulines en 1535.
Inscription SOROR ANGELORUM DOCTRIX FIDEI ET CARITATIS.
Symboles : la lampe des catacombes romaine (Angèle est italienne) ; le livre, avec la main au doigt indicateur du texte (fonction d'enseignement) ; les lauriers du blason de l'Ordre ; avec la mention Ursula Laurus.
Blason des Ursulines communiqué par Mgr Aubé à Jacques Le Chevallier.
Cette première baie du déambulatoire porte la signature en bas à droite J. LE CHEVALLIER PEINTRE-VERRIER 1962.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
-Baie 17 :Vitrail central dédié dédié à sainte Ursule.
Sainte Ursule, martyrisée à Cologne eau IIIe ou IVe siècle, choisie comme patronne de la Sorbonne au Moyen-Âge, mais dédié aussi aux Ursulines martyres de Valenciennes, d'Orange et d'ailleurs en 1794.
Inscription SERVIAM (Je servirai), devise du blason des élèves des Ursulines.
Symboles : blason des Ursulines à croix rouge sur fond blanc avec en chef les sept étoiles de la Petite Ourse (Ursula signifie « petite ourse »). La nef du voyage de sainte Ursule et des onze mille vierges. L'arc et les flèches de leur massacre par les Huns à Cologne.
Blason des élèves Ursulines communiqué par Mgr Aubé.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
-Baie 15 :Vitrail de droite dédié à Marie de l'Incarnation (Tours 1599- Quebec 1672), fondatrice de la Congrégation des Ursulines de la Nouvelle France à Québec au Canada, en 1636.
Inscription : JE VOUS ADORE POUR CEUX QUI NE VOUS ADORENT PAS.
Symboles : Mappemonde avec la croix plantée sur le Canada ; coiffure à plumes des Iroquois (demandé par Mgr Aubé).
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Chapelle saint Ignace (ou : des Jésuites).
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
-baie 13 : Louis de Gonzague (1568-1591).
Inscription : OBEISSANCE.
Blason de Louis de Gonzague sous une couronne de marquis , d'après le croquis de Mgr Aubé.
Armoiries de Louis de Gonzague, communiquées par Mgr Aubé à Jacques Le Chevallier (archives de l'atelier)
Symboles : fleurs de lys, lys naissant d'un crâne.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
- baie 11 : Ignace de Loyola
Fondateur de la Compagnie de Jésus au XVIe siècle.
Inscription JE SUIS VENU APPORTER LE FEU SUR LA TERRE.
Monogramme IHS, premières lettres de JESUS en lettres grecques, figurant dans les armoiries des Jésuites. Blason de Loyola à deux loups rampants affrontés devant une marmite pendue à une crémaillère.
Symboles : des flammes .
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
-baie 9 : Claude de la Colombière (1641, 1682)
Claude de la Colombière, jésuite, aumônier de la duchesse d'York, puis supérieur de la résidence des Jésuites à Paray-le-Monial, où il devint le directeur spirituel de Marguerite-Marie Alacoque, ce qui fit de lui un apôtre ardent de la dévotion au Sacré-Cœur.
Blason de Claude de la Colombière d'azur à trois colombes d'argent, onglées et becquées de gueules. Acronyme AMDG, « ad maiorem dei gloriam ».
Symboles : chaîne ; Sacré-Cœur (en rouge) ; vue de Paray-le-Monial.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Chapelle de Saint Luc .
La chapelle a été offerte par les médecins catholiques de la Société médicale Saint-Luc et son décor est en rapport avec la médecine.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
-baie 7 : saint Luc peintre de la Vierge selon la Tradition.
Inscription : AVE GRATIA PLENA (Lc 1:28).
Symboles : 2 colombes (Lc 2:24) ; la palette de peintre.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
-baie 5 : saint Luc évangéliste
Avec son attribut le Taureau, l'inscription BENEDICTUS DOMINUS DEUS ISRAEL du Cantique de Zacharie (Lc 1:68), et le livre ouvert sur les deux lettres Alpha et Oméga du Livre de l'Apocalypse de Jean.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
-baie 3 : saint Luc médecin
Voir l'épître de Paul Col. 4:14 Salutat vos Lucas, medicus charissimus, « Luc, le cher médecin vous salut ».
Sous l'inscription GUERISSEZ LES MALADES (Lc 10:9) se voient un caducée et un pot d'onguent.
En dessous : MEDECIN.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Chapelle saint Joseph.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
baie 4.
symbole : un ange mains levées. Inscription CE QUI EST NÉ EN ELLE VIENT DE L'ESPRIT ». Symboles : les outils de charpentier. Inscription AMOUR.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
- Baie 6.
Inscription LE JUSTE CROÎTRA COMME UN LIS. Symboles : des lys, et un bâton fleuri. Inscription JOSEPH. Référence à l'élection de Joseph parmi les prétendants de Marie, car il a vu sa verge fleurir.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
-Baie 8 .
Vignette : pyramides. Inscription : PRENDS MARIE ET PARS EN ÉGYPTE. Un ange en vol, une canne de marche et une gourde. Inscription : FOI.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Chapelle saint Jean-Baptiste.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
-Baie 10.
Un ange ; des sauterelles (dont se nourrit Jean-Baptiste dans le désert)
Inscription JE SUIS LA VOIX QUI CRIE AU DÉSERT ; pierres dans le désert ; inscription PRÉCURSEUR.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
-Baie 12
Le Père (deux mains dans les nuées) et le Saint-Esprit (colombe nimbée) ; inscription MOI JE BAPTISE DANS L'EAU ; le Jourdain (sinuosité de l'eau et roseaux) ; inscription JEAN.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
-Baie 14
Symbole : la tête de Jean-Baptiste dans le plat de Salomé ; inscription J'AI VU ET J'AI RENDU TÉMOIGNAGE.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Chapelle de saint François ou chapelle du Jubilé 2025.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
-baie 16.
Inscription PAX ET BONUM ; croix ; deux mains de prédicateur, croisées, manches blanches ; maisons avec un clocher renversé par une main ; inscription ALVERNE (du nom de la montagne d'Ombrie où François d'Assise a reçu les stigmates)
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
- baie 18
Astres (cf. Cantique du soleil de François d'Assise) ; inscription DEUS MEUS ET OMNIA (Dieu est mon Tout ) ; fleurs et croix + flammes (le Feu) ; inscription FRANCOIS D'ASSISE.
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
-Baie 20.
5 oiseaux blancs ; inscription PAUVRETÉ ; le loup de Gubbio ; des poissons nageant dans l'eau claire ; inscription PORTIONCULE (nom d'une petite église d'Assise, du VIe siècle, troisième église que saint François restaura, après avoir entendu dans sa prière devant le crucifix de San Damiano cet appel : « Va et répare mon Église ».
Verrière de Jacques Le Chevallier des chapelles du déambulatoire de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Les 20 panneaux rectangulaires du tambour du dôme, 200 m², 1969-1973.
Dôme de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux de Jacques Le Chevallier du dôme de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux de Jacques Le Chevallier du dôme de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Vitraux de Jacques Le Chevallier du dôme de la basilique du Sacré-Cœur, cliché lavieb-aile 2025.
Au creux de la boucle que forme la Seine entre Chatou et Saint-Germain-en-Laye, ou le Vésinet, l' île de la Grenouillère, dans les Yvelines, est située entre Bougival et Rueil-Malmaison sur la rive gauche, et Croissy-sur-Seine sur la rive droite, fusion de l'île de Croissy et de l'île de la Chaussée.
Elle abritait jadis une plage minuscule sur laquelle se pressèrent les peintres paysagistes romantiques puis les impressionnistes, et un bac ainsi qu'un passeur y déposaient des flots de parisiens attirés par sa nature intacte, par les promenades, lpar es bosquets accueillants aux couples de passage, par le canotage et par les fritures de poisson que proposent les pêcheurs des restaurants du quai de Bougival ou de Croissy-sur-Seine.
En 1852, François et Félicité Seurin installent des tentes sur cette plage pour une restauration rapide des habitués toujours plus nombreux, venus notamment par le chemin de fer reliant la gare Saint-Lazare à la gare de Chatou. En 1857, les Seurin installent à demeure sur la rive, côté Rueil, deux péniches, l'une faisant office de café en journée et de salle de danse le soir ; l'autre de cabines de bains. Les nantis du second Empire s'écrasent sur l'îlot minuscule faisant face à la rive, centré par un seul arbre, nommé selon les cas le « Pot à fleurs », le « Camembert » ou l'« île de Saint-Caleçon » (car on n'en portait pas toujours). On y créa des bals hebdomadaires, des cirques, des démonstrations nautiques.
Le nom ne désignait plus l'île, mais le restaurant-péniche, qu'il fallait gagner par une passerelle glissante sous les regards gauguenards des clients, des baigneurs et des amateurs de périssoires, de yoles, ou autres canots à rames ou à aviron.
BnF GallicaBnF GallicaBnF Gallica
Durant l'été 1869, Monet et Renoir passent quelques jours ensemble. Ils décident de peindre le même sujetet de rivaliser pour savoir lequel d'entre eux captera le plus rapidement ses impressions subjectives sur la toile. Ils choisirent le même lieu sur la berge pour voir en même temps le "Pot-à-Fleurs" (moi, j'ai adopté son autre nom de "Camembert"), la péniche-bar, la paserelle escarpée, et la baignade, avec, en arrière-plan, les voiliers et les embarcations.
Sur le tableau de Renoir, le Pot-à-Fleurs, tout proche, est bondé, les hommes en canotier, gilets noirs et pantalon rayé couleur crème y mènent des femmes en robe blanche et chapeau audacieux, accompagnées de leurs chiens.
"Le tableau de Renoir est composé de coups de pinceau courts et rapides, utilisant des couleurs directement sorties du tube. C'est une impression instantanée, saisie dans le chatoiement des couleurs et les reflets de l'eau. Pour ses contemporains, le tableau semblait inachevé, une simple esquisse. Mais aujourd'hui, nous le considérons comme un exemple typique d'impressionnisme. La manière rapide et esquissée des impressionnistes – leur désir de représenter leurs impressions directement sur la toile – était novatrice. Ils rompaient avec la tradition et remettaient en question le goût artistique de l'époque. La Grenouillère ne représente pas seulement une nouvelle façon de peindre. Le sujet choisi l'était également. Ils dépeignaient la modernité, la vie moderne, avec sa vie commerciale et publique. Ils peignaient les nouveaux grands magasins, les cafés, les parcs et les théâtres. Les artistes masculins étaient des flâneurs, des personnes qui déambulaient au hasard dans la ville et l'observaient. Pour eux, Paris et ses environs étaient une scène publique. Cette scène était totalement séparée, selon le sexe et la classe, d'une manière dont nous avons souvent du mal à nous rendre compte aujourd'hui. Le regard du flâneur exprime l'hétérosexualité masculine, avec la liberté de voir, d'apprécier et de posséder, en fait ou en imagination. Le rôle de la prostitution dans la modernité, son accessibilité aux femmes des classes populaires, occupent une place importante dans leurs tableaux. Des sujets que nous percevons aujourd'hui comme idylliques avaient une signification bien différente pour les gens de l'époque."
Auguste Renoir, La Grenouillère, huile sur toile 1869, Nationalmuseum de Stockholm
Sur le tableau de Monet, nous voyons mieux les baigneurs et baigneuses, et nous lisons l'inscription sur la péniche : LOCATION DE CANOTS. Un homme en chapeau haut-de-forme s'aventure sur la passerelle. Dans les deux tableaux, les remous et reflets de l'eau sont rendus en larges touches. Le soleil filtre à travers les feuilles vertes et scintille à la surface de la Seine.
Claude Monet, La Grenouillère, huile sur toile, 1869, Metropolitan Museum of Art de New York
Cette Grenouillère qui donne son titre aux deux tableaux est un élément central de la nouvelle de Maupassant La Femme de Paul. Il y met en scène un homme, Paul qui aime passionnément son amie Madeleine ; mais il va être confronté à la jalousie née de la rencontre de quatre femmes homosexuelles, dont Pauline, bien connue de Madeleine...
Je ne conserve dans ces extraits que les descriptions de La Grenouillère et de son public, mais ne vous privez pas du plaisir délicieux et troublant de la lecture de la (courte) nouvelle :
"Les bateaux, un à un, se détachaient du ponton. Les tireurs se penchaient en avant, puis se renversaient d’un mouvement régulier ; et, sous l’impulsion des longues rames recourbées, les yoles rapides glissaient sur la rivière, s’éloignaient, diminuaient, disparaissaient enfin sous l’autre pont, celui du chemin de fer, en descendant vers la Grenouillère.
... Et M. Paul, prenant ses rames, partit aussi pour la Grenouillère.
Quand ils arrivèrent, il allait être trois heures, et le grand café flottant regorgeait de monde.
L’immense radeau, couvert d’un toit goudronné que supportent des colonnes de bois, est relié à l’île charmante de Croissy par deux passerelles dont l’une pénètre au milieu de cet établissement aquatique, tandis que l’autre en fait communiquer l’extrémité avec un îlot minuscule planté d’un arbre et surnommé le « Pot-à-Fleurs », et, de là, gagne la terre auprès du bureau des bains.
M. Paul attacha son embarcation le long de l’établissement, il escalada la balustrade du café, puis, prenant les mains de sa maîtresse, il l’enleva, et tous deux s’assirent au bout d’une table, face à face.
...
Le bras de la rivière (qu’on appelle le bras mort), sur lequel donne ce ponton à consommations, semblait dormir, tant le courant était faible. Des flottes de yoles, de skifs, de périssoires, de podoscaphes, de gigs, d’embarcations de toute forme et de toute nature, filaient sur l’onde immobile, se croisant, se mêlant, s’abordant, s’arrêtant brusquement d’une secousse des bras pour s’élancer de nouveau sous une brusque tension des muscles, et glisser vivement comme de longs poissons jaunes ou rouges.
Courbet : la femme au podoscaphe.
Il en arrivait d’autres sans cesse : les unes de Chatou, en amont ; les autres de Bougival, en aval ; et des rires allaient sur l’eau d’une barque à l’autre, des appels, des interpellations ou des engueulades. Les canotiers exposaient à l’ardeur du jour la chair brunie et bosselée de leurs biceps ; et, pareilles à des fleurs étranges, à des fleurs qui nageraient, les ombrelles de soie rouge, verte, bleue ou jaune des barreuses s’épanouissaient à l’arrière des canots.
...
Aux abords de la Grenouillère, une foule de promeneurs circulait sous les arbres géants qui font de ce coin d’île le plus délicieux parc du monde. Des femmes, des filles aux cheveux jaunes, aux seins démesurément rebondis, à la croupe exagérée, au teint plâtré de fard, aux yeux charbonnés, aux lèvres sanguinolentes, lacées, sanglées en des robes extravagantes, traînaient sur les frais gazons le mauvais goût criard de leurs toilettes ; tandis qu’à côté d’elles des jeunes gens posaient en leurs accoutrements de gravures de modes, avec des gants clairs, des bottes vernies, des badines grosses comme un fil et des monocles ponctuant la niaiserie de leur sourire.
Dans l’établissement flottant, c’était une cohue rieuse et hurlante. Les tables de bois, où les consommations répandues faisaient de minces ruisseaux poisseux, étaient couvertes de verres à moitié vides et entourées de gens à moitié gris. Toute cette foule criait, chantait, braillait. Les hommes, le chapeau en arrière, la face rougie, avec des yeux luisants d’ivrognes, s’agitaient en vociférant par un besoin de tapage naturel aux brutes. Les femmes, cherchant une proie pour le soir, se faisaient payer à boire en attendant ; et, dans l’espace libre entre les tables, dominait le public ordinaire du lieu, un bataillon de canotiers chahuteurs avec leurs compagnes en courte jupe de flanelle.
...
C’est, avec raison, nommé la Grenouillère. À côté du radeau couvert où l’on boit, et tout près du « Pot-à-Fleurs », on se baigne. Celles des femmes dont les rondeurs sont suffisantes viennent là montrer à nu leur étalage et faire le client. Les autres, dédaigneuses, bien qu’amplifiées par le coton, étayées de ressorts, redressées par-ci, modifiées par-là, regardent d’un air méprisant barboter leurs sœurs.
Sur une petite plate-forme, les nageurs se pressent pour piquer leur tête. Ils sont longs comme des échalas, ronds comme des citrouilles, noueux comme des branches d’olivier, courbés en avant ou rejetés en arrière par l’ampleur du ventre, et, invariablement laids, ils sautent dans l’eau qui rejaillit jusque sur les buveurs du café.
...
Le spectacle était sur le fleuve, où le va-et-vient incessant des barques tirait les yeux. Les canotières s’étalaient dans leur fauteuil en face de leurs mâles aux forts poignets, et elles considéraient avec mépris les quêteuses de dîners rôdant par l’île.
Quelquefois, quand une équipe lancée passait à toute vitesse, les amis descendus à terre poussaient des cris, et tout le public, subitement pris de folie, se mettait à hurler.
Au coude de la rivière, vers Chatou, se montraient sans cesse des barques nouvelles. Elles approchaient, grandissaient, et, à mesure qu’on reconnaissait les visages, d’autres vociférations partaient."
Maupassant, La femme de Paul, in La maison Tellier P. Ollendorf 1891.
Puis un incendie détruit la Grenouillère ; on reconstruit l'établissement, mais la clientèle tarde à revenir, puis déserte lorsque les égouts de Paris viennent se déverser en amont. Ce qui explique le chagrin de Guillaume Apollinaire :
La Grenouillère
Au bord de l'île on voit
Les canots vides qui s'entre-cognent,
Et maintenant
Ni le dimanche, ni les jours de la semaine,
Ni les peintres ni Maupassant ne se promènent
Bras nus sur leurs canots avec des femmes à grosses poitrines
Et bêtes comme chou.
Petits bateaux vous me faites bien de la peine
Au bord de l'île.
Le poème fut mis en musique par Francis Poulenc en 1938.
C'est Caillebotte qui a le mieux souligné combien la figure du canotier, explicitemet sexualisé, était alors un des supports privilégiés du désir féminin . Il pratique intensément ce sport, notamment sur des périssoires, sur l'Yerres. Le tricot blanc — assimilé à un dessous — du rameur, très près du corps, met en valeur la blancheur troublantes des bras musclés, la largeur du dos et la puissance de la nuque. Même lorsqu'il conserve le chapeau et le gilet, il ne plaisante pas, et une partie de bateau devient un défi à remporter.
Caillebotte, Partie de bateau, Musée d'Orsay
Canotiers, huile sur toile, 1877
CaillebotteCaillebotte, Le PagayeurCaillebotte, périssoire sur l'Yerres
Mais Caillebotte pratique un canotage sérieux, sportif, viril et non-mixte, loin des parties de bateau où les couples flirtent et fréquentent les guinguettes. Il n'a pas dû se rendre souvent à la Grenouillère ...
Ensemble de 13 verrières (vers 1946-1950, 3 vitraux historiés du chœur, 10 compositions colorées de la nef) de Jacques Le Chevallier pour l'église de l'hôpital civil de Strasbourg (Bas-Rhin), exécution par Ott Frères.
PRÉSENTATION.
L'hôpital civil de Strasbourg est le site principal et historique des Hôpitaux universitaires de Strasbourg, le centre hospitalier universitaire de la ville de Strasbourg. La première trace écrite de l'hôpital date de 1143 et situe sa fondation en 1119. En 1428, une chapelle spécifique à l'hôpital, dédiée à saint Ehrard est achevée. Elle est ravagée par un incendie en 1716.
L'église catholique de l'hôpital civil de Strasbourg a été construite de 1856 à 1858. Incendiée pendant le siège de la ville en 1870, elle a été reconstruite de 1881 à 1883.
Elle a dû perdre ses vitraux pendant la Seconde Guerre mondiale, puisque l'ensemble de ceux-ci ont été remplacés par Jacques Le Chevallier. La signature de ce dernier devait s'accompagner d'une date, aujourd'hui cachée, mais qu'on peut estimer vers 1946-1950. Bien que Jacques Le Chevallier ait fondé son propre atelier de verrier à Fontenay-aux-Roses en 1946, il a fait appel ici pour l'exécution des vitraux à l'entreprise strasbourgeoise Ott frères.
La signature de Jacques le Chevallier, auteur des cartons, est moins visible que celles des verriers, ce qui explique que ces vitraux sont le plus souvent attribués à Ott frères.
Vue de la nef et du chœur de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
LES 3 BAIES DU CHŒUR.
Le chœur de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Les 3 baies du chœur de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Ces trois verrières sont en verre antique montées au plomb et peintes à la grisaille cuite au four.
Selon un procédé cher à Jacques Le Chevallier, les figures se détachent sur un fond coloré géométrique cloisonné de rectangles irréguliers, avec un savant jeu de lignes de plombs et de rehauts de grisaille.
La baie 0 , au centre : le Christ sortant du tombeau, dans une mandorle.
Le Christ est vêtu du manteau écarlate et tient l'étendard frappé de la croix, signe de sa victoire sur la Mort. Les plaies des mains et des pieds ou du flanc droit sont visibles.
Baie n°0 de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 1 , à gauche : Saint Arbogaste.
Inscription Sctus ARBOGASTUS. Saint Arbogast fut évêque de Strasbourg vers 550-570, il eut comme successeur saint Florent.
Il est représenté mitré, bénissant, tenant la crosse et portant une chasuble et une étole.
Baie n°1 de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
La baie 2 , à droite : Saint Erhard.
Inscription Sctus ERHARDUS
Erhard de Ratisbonne est né en Irlande au VIIe siècle, d'où il partit vers le Continent comme évêque missionnaire. Il s'établit d'abord dans les Vosges où il se lia d'amitié avec l’ermite Hydulphe. On dit qu'il fondèrent chacun sept monastères. Puis sous la protection de Théodon de Bavière, Erhard partit pour Ratisbonne et y fonda le couvent de Niedermünster. Une inspiration divine l'appela en Rhénanie pour y baptiser sainte Odile, aveugle de naissance, qui à cette occasion recouvra la vue.
Il est également représenté en evêque, avec sa mitre et sa crosse, mais il porte une chape verte au dessus de l'étole et de l'aube, et des pantoufles épiscopales jaunes.
Baie n°2 de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie n°2 de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie n°2 de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Les signatures.
OTT FRERES FECIT (Fait par Ott Frères) signe l'exécution, c'est à dire la fabrication du vitrail par découpe et assemblage des verres. On la voit en bas à droite sous la pointe de la chaussure jaune du saint.
"Ott Frères" était incontestablement l’entreprise de vitraux la plus ancienne et la plus féconde en Alsace, même si elle était parfois, selon lui, de qualité inégale. Elle était fréquemment chargée , comme c'est le cas ici,d’exécuter des maquettes fournies par des peintres-verriers. La pérennité de cette entreprise repose en réalité sur deux générations de frères : La première génération est composée des frères : Joseph Hippolyte Ott (1825-1893), et Antoine Jérôme Isidore Ott (1834-1908), tous deux fils de Joseph Ott et Jeanne Vilvot.
La seconde génération, plus connue, et qui a rendu célèbre l’entreprise, est composée des frères : Léon Théodore Ott (1865-1917), et Henri Isidore Ott (1874-1945), tous deux fils du peintre verrier, ci-dessus, Antoine Jérôme Isidore Ott.
L’usine employait plus de 30 salariés entre les deux guerres.
Baie n°2 de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
La signature J. LE CHEVALLIER n'est que partiellement lisible, en bas à droite, tracée à la grisaille sur fond bleu. Elle a été cachée par des matériaux du support, mais elle comportait peut-être, comme ailleurs, la mention "peintre-verrier" suivie de la date.
Jacques Le Chevallier est l'auteur des cartons (mais les esquisses n'ont pas été conservées dans les archives de l'atelier), mais vraisemblablement — comme il l'a fait à la même époque dans sa collaboration avec Jacques Degusseau en Centre Loire — il a dû venir à Strasbourg pour peindre également lui-même les verres montés au plomb, à la grisaille.
Baie n°2 de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
LES 10 BAIES DE LA NEF.
Ce sont des verrrières simples en composition géométrique régulières rectangulaires à bordure jaune et orangée et dont les carreaux du centre sont de teintes fumées.
Baie n°3
Baie de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie n°4
Baie de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie n°5
Baie de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie n°6
Baie de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie n°7
Baie de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie n°8
Baie de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie n°9
Baie de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie n°10
Baie de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie n°11 (tribune, côté gauche : seule la partie basse est visible)
Baie de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Baie n°12 (tribune, côté gauche : seule la partie basse est visible)
Baie de l'église de l'hôpital civil de Strasbourg. Cliché lavieb-aile 2025.
Peut-on identifier les oiseaux peints par Giotto dans la Prédication aux oiseaux (Louvre, inv. 309) ?
Saint François recevant les stigmates est un panneau de peuplier peint par Giotto vers 1298 ; il était placé à côté de la Maesta de son maître Cimabue sur le jubé de San Francesco de Pise, mais il a rejoint les collections du Louvre depuis 1812.
Giotto di Bondone, Saint François recevant les stigmates, Le Louvre inv. 309 cliché RMN
On trouve à la prédelle : Le songe d’Innocent III, le pape approuvant les statuts de l’ordre, et saint François prêchant aux oiseaux.
Sur la dernière scène, ou Prédication aux oiseaux, le saint, devant un franciscain, s'adresse aux oiseaux, et le coloris de ces derniers est mieux conservé que sur le même Prêche, peint à fresque par Giotto en la basilique Saint-François à Assise
Lorsque j'ai pu examiner ce tableau, j'ai été frappé par la présence de deux oiseaux noirs à pattes et bec rouges. Étaient-ce un couple de Craves à bec rouge Pyrrhocorax pyrrhocorax, tels que ceux que nous pouvons observer en Presqu'îe de Crozon ?
Je vérifie que ces derniers sont bien présents en Ombrie.
Giotto, à la suite de Cimabue, et tout en conservant le fond d'or, a rompu avec la tradition de la peinture byzantine pour se soucier de l'exactitude naturaliste des personnages, aux visages réalistes et variés, aux expressions bien humaines, comme dans la Dérision du Christ de Cimabue, au Louvre. Ce souci de naturalisme s'étend-il aux espèces animales, et, ici, aux espèces d'oiseaux ?
Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : la Prédication aux oiseaux. Cliché lavieb-aile 2024.
Giotto a peint 26 oiseaux, dont deux en vol. Au sol, ils se présentent face au prédicateur par couples , et l'un de ces couples, au moins, est identifiable sans discussion. Ce sont les Chardonnerets, dont on sait qu'ils sont associés, dans l'esprit des peintre, à la Passion du Christ (par leur gorge rouge, et leurs intérêts pour les épines.
Ces chardonnerets ont trouvé place sous un couple de Pinson, c'est en tout cas la proposition que je fais.
Derrière eux vient un couple d'oiseaux noirs à bec jaune crème. Des Merles peut-être, ou bien des Chocards à bec jaune.
Ils précèdent deux oiseaux au ventre blancs et aux ailes noirs. Pourquoi pas des Hirondelles ? Mais je reste prudent.
Derrière eux, ce sont à l'évidence des Pies. Puis deux oiseaux presque superposés : je sêche.
Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : la Prédication aux oiseaux. Cliché lavieb-aile 2024.
Au deuxième rang, un oiseau noir, puis deux Oies au bec jaune orangé (Oies sauvages ?), puis deux Hérons bihoreaux ou Bihoreau gris (mon audace me fait frémir, c'est le grand équilibre sans filet).
Au troisième rang, des Grives??, mes deux "Craves à bec rouge" — même si ce bec est un peu trop droit—, un couple de canards dont l'un des deux tente un petit envol, un oiseau lambda mais qui est peutêtre le conjoint de la sorte d'alouette qui descend en vrille.
Enfin, en toute sécurité, j'identifie le Coq.
Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : la Prédication aux oiseaux. Cliché lavieb-aile 2024.
Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : la Prédication aux oiseaux. Cliché lavieb-aile 2024.
Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : la Prédication aux oiseaux. Cliché lavieb-aile 2024.
Suis-je le premier à jouer à cette devinette ornithologique?
J'aimerai bien ne pas être le dernier, et j'espère que l'on viendra contester mes propositions, pour les enrichir.
Le 18 septembre 2025 me parvient ce message d' Alfonso Aldea :
"Bonjour, j'ai lu avec intérêt votre texte du 15 août sur les oiseaux dans le tableau de Giotto. Puis-je me permettre de contribuer à l'identification des oiseaux ? L'art et les oiseaux sont deux domaines auxquels je consacre beaucoup de temps (https://avicelli.blogspot.com/).
En effet, au premier plan, on voit deux chardonnerets. Au second plan, derrière eux, je crois reconnaître un pinson mâle ou gros-bec et, devant lui, il pourrait s'agir de la femelle ou, si la teinte olive est fidèle, d'un verdier.
Derrière les chardonnerets, des merles ou des craves à bec jaune. Le couple qui les suit est difficile à identifier, il pourrait s'agir de tourterelles des bois.
Les pies sont reconnaissables entre toutes et, derrière elles, on pourrait apercevoir une hirondelle de rochers. La rangée arrière compte deux oies et, devant, un choucas des tours?.
Derrière, deux bihoreaus gris.
La rangée arrière : cela ressemble à un couple de bruants proyers, car leur bec est trop épais pour être celui de grives.
Derrière, ce qui semble être le couple de choucas devant ; deux craves à bec rouge avec un canard au milieu et un autre en train d'atterrir. Devant le coq, un autre hirondelle des rochers.
Quant à celui qui vole, il ressemble à un autre pinson ou à un autre gros-bec.
Votre attention pour ces détails est très intéressante et je vous félicite pour travail. Merci et mes meilleurs voeux."
Son site met en exergue cette citation de Claude Lévi-Strauss: "Les espèces sont choisies non comme bonnes à manger, mais comme bonnes à penser", qui trouve ici une belle illustration.
En bonus, quelques autres de mes photos.
Saint François recevant les stigmates
"Saint François recevant les stigmates" . Cliché lavieb-aile 2024.
Le songe d’Innocent III
Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : Le songe d’Innocent III . Cliché lavieb-aile 2024.
Le pape approuvant les statuts de l’ordre.
Prédelle de "Saint François recevant les stigmates" : Le pape approuvant les statuts de l’ordre . Cliché lavieb-aile 2024.
Les Démones tentatrices, ou les Vierges à la Démone de Bretagne ont été étudiées par Louis Le Thomas en 1961, puis par Hiroko Amemiya en 1996, puis j'ai multiplié sur ce blog depuis une dizaine d'année mes articles d'analyse iconographique à leur propos.
1. Louis Le Thomas.
Louis Thomas a recensé 19 Arbres de Jessé sculptés en Bretagne dont 6 en Finistère (à Locquirec, Plounevezel, Plouzevedé/Berven, Plourin-les-Morlaix, St-Thégonnec, St-Yvi) dont un sous-groupe de 13 où la Vierge foule une Démone.
Ces Démones fascinent Louis Le Thomas, qui leur a consacré un article particulier, et les classe en deux figurations anthropomorphiques, celle de Démone-Serpent ou anguiforme, ou ophioure (ou "Echidna"), et celles, plus rares, de Démone-poisson (ou "Néreïde"). Il voit dans ces formes qui "relèvent d'une gynécomorphie du Serpent de la tentation" "l'occasion rare, dans l'iconographie religieuse; d'une étude du nu féminin, bustes et torses de démones ayant été, dans les Arbres de Jessé bretons, traités avec une verve évidemment complaisante et un réalisme particulièrement suggestif" car elles ont "pour attribut principal des mamelles orthomorphes, discoïdes, d'un galbe partout très exagéré" dont le mérite est néanmoins de consoler le fidèle des démons et démones de l'iconographie religieuse, très souvent affligées de mamelles pendantes, à titre péjoratif, et d'inspiration probablement monacale". Souvent, hélas, ces "exubérance mammaire a servi de prétexte à une chirurgie iconographique correctrice particulièrement tenace afin, presque partout, de réduire —sinon de supprimer— cette exubérance en pratiquant des amputations, alors qu'aux personnages "cacheurs" de Molière suffisait...le mouchoir".
A la question qu'avait posé le chanoine Abgrall (Est-ce Ève ? Est-ce le serpent qui l'a trompé ?), Louis Le Thomas répond : c'est le Serpent, car il tend la pomme plutôt qu'il ne s'en saisit, mais aussi en raison de ses caractères chtoniens : main griffue, tête cornue, animalité.
2. Hiroko Amemiya.
H. Amemiya recense 52 "Vierges à l'Enfant foulant une représentation semi-humaine" en Bretagne, dont 28 en Finistère, 10 en Côtes d'Armor, 11 en Morbihan et 3 en Ille-et-Vilaine, la grande majorité en pays bretonnant (seuls 4 exemples sont en pays gallo). Parmi les 28 exemples du Finistère, 13 se trouvent dans l'église paroissiale et 15 dans des chapelles. La Vierge est debout dans tous les cas, sauf 2. Elle appartient à un arbre de Jessé dans 12 cas, et est posée sur un croissant de lune dans 15 cas, ces deux représentations évoquant un lien avec le culte de l'Immaculé-Conception.
Quant à la Démone, sur les 28 exemples finistériens, elle tient la pomme de la Tentation dans 22 cas, Elle associe un visage féminin, un buste aux seins dénudés, et une queue de serpent dans tous les cas.
De façon générale, "la grande série des Vierges sur croissant et démone date de la fin du XVIe"
Voici la liste commentée des 28 exemples du Finistère :
Bohars, église Saint-Pierre-es-Liens / chapelle de Locquillo: bois polychrome, assise, XVIe. Démone à la pomme. Queue de serpent nouée sur elle-même.
Brennilis, église Notre-Dame.Bois polychrome, vers 1575. Niche à volets. Vierge couronnée. Démone à la pomme. Queue de serpent remontant verticalement.
Brest, église Saint-Louis, bois polychrome, XVIIIe.
Carhaix-Plouguer, chapelle Sainte-Anne, bois polychrome, 2eme moitié XVIe. Vierge couronnée. Bandeau occipital, Jessé. Démone à la pomme associée à un dragon. Queue de serpent se redressant verticalement.
Irvillac, chapelle Notre-Dame de Lorette, granite polychrome, 2eme moitié XVIe.Vierge couronnée. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.
Kergloff, chapelle de la Trinité,bois polychrome, 2eme moitié XVIe. Vierge couronnée ; croissant. Démone à la pomme. Queue de serpent se redressant verticalement.
Lampaul-Ploudalmézeau, église Saint-Paul.Bois polychrome, XVIe? Démone à la pomme. Queue de serpent remontant verticalement.
Landeleau, chapelle Saint-Laurent, bois polychrome, 2eme moitié XVIe, assise. Vierge couronnée. Bandeau occipital. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.
Landudal, église Notre-Dame-du-Populo, bois polychrome, Fin XVIe ? Vierge couronnée par deux anges. Croissant. Enfant tenant la citation d'Isaïe Ecce virgo concipiet. Démone à la queue de serpent se redressant verticalement.
Le Moustoir, chapelle Saint-Ruellin, bois polychrome, fin XVIe. Couronne ? Bandeau occipital. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.
Le Folgoët, église Notre-Dame. Kersantite, XVe (?) Ceinture nouée par une ganse. Cape fermée par une chaîne. Bandeau occipital. Croissant. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.
Leuhan, église Saint-Théleau, bois polychrome, 2eme moitié XVIe. Vierge couronnée. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant autour du pied de la Vierge.
Locquirec, église Saint-Jacques. Bois polychrome. Niche à volets, arbre de Jessé. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.
Plabennec, chapelle de Locmaria Lann.Bois polychrome, XVIIe. Vierge à bandeau occipital. Mandorle rayonnante (perdue).Croissant. Démone à la pomme ? (bras perdu). Queue de serpent remontant verticalement.
Pleyben, chapelle de Gars-Maria. Kersantite. vers 1578-1580. Vierge couronnée. Démone à la pomme, Queue de serpent remontant verticalement.
Pleyben, chapelle de Gars-Maria.Bois polychrome, XVIe. Démone à la pomme. Queue de serpent remontant verticalement.
Pleyben, chapelle de Notre-Dame de Lannelec. Kersantite, vers 1578. Bandeau occipital. Démone à la pomme. Queue de serpent remontant verticalement. Atelier de Pleyben d'après les modèles de l'atelier de Locronan.
Plogonnec, chapelle Saint-Pierre, bois polychrome, 2eme moitié XVIe. Vierge couronnée. Démone à poitrine nue. Queue de serpent s'enroulant verticalement.
Plougastel-Daoulas, chapelle Saint-Trémeur.bois polychrome, XVIIe. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.
Plouider, chapelle Saint-Fiacre. Bois polychrome, XVIe. Bandeau occipital. Croissant. Queue de serpent remontant verticalement.
Plourin-les-Morlaix, église Notre-Dame. Bois polychrome, début XVIe ? Vierge couronnée. Croissant, arbre de Jessé. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant à l'arbre de Jessé.
Poullaouen, église Saint-Pierre et Saint-Paul,atelier de Carhaix ? 2eme moitié XVIe, bandeau occipital. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.
Poullaouen, chapelle Saint-Tudec, bois polychrome, atelier de Carhaix ? 2eme moitié XVIe. Vierge couronnée. Démone à la pomme. Queue de serpent se redressant verticalement.
Saint-Hernin, ossuaire de l'église Saint-Hernin, bois polychrome : Anne trinitaire à la démone. "Fin XVIIe"?? Vierge couronnée. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant en socle.
Saint-Ségal, chapelle Saint-Sébastien,bois polychrome, fin XVIe. Vierge couronnée (couronne perdue) par deux anges. Bandeau occipital. Démone à la pomme. Queue de serpent s'enroulant verticalement.
Saint-Yvi, église Saint-Yvi.Bois polychrome. Fin XVIe. Croissant (disparu) et Jessé endormi. Bandeau occipital. Fin XVIe.
Saint-Thégonnec, église Notre-Dame. Bois polychrome, fin XVIe. Niche à volets, Arbre de Jessé, croissant. Bandeau occipital. Démone à queue de serpent.
Scaer, chapelle Saint-Adrien. Bois polychrome, fin XVIe. Démone à la pomme.
Il faudrait ajouter à cette série les 20 exemples de "Vierge foulant un serpent ou un dragon", série apparentée mais apparaissant au XVIIe et XVIIe siècle (cf. Kerdévot en Ergué-Gabéric) . Ainsi, les démones semi-humaines disparaissent quasi complètement à partir du XVIIe.
Commentaires.
Parmi ces 28 Vierges à la Démones du Finistère, on dénombre (rapidement) : 1 statue du XVe (en kersantite), 21 statues du XVIe, 3 statues du XVIIe et 1 du XVIIIe.
Dans le groupe majoritaire du XVIe, 1 date du début de ce siècle, 7 du milieu, 9 de son dernier tiers ou de sa fin, et 4 sont "du XVIe".
Cela confirme les remarques de Couffon puis de Christiane Prigent, pour qui la grande série des Vierges à croissant et démones date de la deuxième moitié du XVIe siècle : 16 exemples sur 28.
Ces démones bas-bretonnes sont donc, on le voit, l'une des caractéristiques des sanctuaires de notre région, et leur confère un cachet d'autant plus intéressant à découvrir que leur compréhension n'est pas univoque, et que l'énigme qu'elles proposent rebondit à chaque nouvel exemple, alors qu'au contraire, les traits qu'elles ont en commun suscitent ce plaisir, pour le touriste, d'une connivence jubilatoire : Ah, j'en étais sûr, la queue de la démone s'entortille encore ici en se dissimulant dans le dos de la robe de la Vierge pour témoigner de son opiniâtreté à répandre son venin !
À me lire, on pourrait croire que ce groupe sculpté de l'église de Lampaul-Ploudalmézeau a été très étudié , mais il n'en est rien. Seul l'ouvrage de H. Amemiya en donne une description détaillée page 99, avec une photographie noir et blanc de la Démone.
Description.
Vierge à l'Enfant debout sur une représentation semi-humaine. Hauteur 1, 68 m, bois, polychromie écaillée.
La Vierge, aux cheveux bruns tombant en mèches sur les épaules, est vêtue d'un manteau bleu à revers rouge dont le pan droit fait retour sous le poignet gauche. La robe très longue et doublée de rouge retombe sur les pieds, seule l'extrémité d'une chaussure noire à bout rond est visible. Cette robe est serrée par une ceinture d'étoffe.
L'Enfant, entièrement nu, est porté par la main gauche de sa mère et se tourne à demi vers elle, sans la regarder. Il tient un globe terrestre de la main gauche, tandis que son bras droit entoure le cou de Marie.
"La Démone est couchée sur le ventre sous les pieds dela Vierge, tête relevée à droite. Son corps cambré suggère la forme d'un croissant. Une chevelure épaisse encadre un visage inexpressif au front dégagé. Le bras ainsi que le buste sont musclés. (Louis le Thomas note que les mamelles ont été très bretouchés : le sein gauche a été bûché.). Elle prend appui sur sa main droite et tient une pomme rouge dans la main gauche levée. La partie inférieure du corps peinte en bleu est anguiforme. L'extrémité remonte contre la jambe gauche de la Vierge jusqu'à sa robe." H. Amemiya
Cette Démone, au buste féminin et au corps inférieur de serpent écailleux, dérive des représentations du serpent de la Tentation qui, dans la Genèse, tend la pomme à Ève, cueillie à l'arbre de la connaissance du bien et du mal, fruit que Yahvé a interdit de consommer à Adam et Ève. Dans les enluminures des Livres d'Heures et les sculptures des épisodes de la Genèse des porches du Finistère, c'est ainsi que la Démone, forme féminine et tentatrice de Satan, est représentée, la queue enroulée sur le tronc de l'arbre .
Horae ad usum romanum, Heures dites de Henri IV folio 20v, BnF Latin 1171 GallicaPorche de Pencran, kersanton, atelier Prigent V. 1550.
Vierge à la démone de l'église de Lampaul-Ploudalmézeau. Cliché lavieb-aile 2025.
Vierge à la démone de l'église de Lampaul-Ploudalmézeau. Cliché lavieb-aile 2025.
Vierge à la démone de l'église de Lampaul-Ploudalmézeau. Cliché lavieb-aile 2025.
Vierge à la démone de l'église de Lampaul-Ploudalmézeau. Cliché lavieb-aile 2025.
Vierge à la démone de l'église de Lampaul-Ploudalmézeau. Cliché lavieb-aile 2025.
Vierge à la démone de l'église de Lampaul-Ploudalmézeau. Cliché lavieb-aile 2025.
SOURCES ET LIENS.
— AMEMIYA (Hiroko) 2005, Vierge ou démone, exemple dans la statuaire bretonne, Keltia éditeur, Spézet. 269 p. page 68-69. Version remaniée de la thèse de 1996.
— AMEMIYA (Hiroko), 1996, Figures maritimes de la déesse-mère, études comparées des traditions populaires japonaises et bretonnes . Thèse de doctorat d'études littéraires, histoire du texte et de l'image Paris 7 1996 sous la direction de Bernadette Bricout et de Jacqueline Pigeot. 703 pages Thèse n° 1996PA070129 . Résumé : Le thème principal de cette étude est de voir quel rôle la femme non-humaine - et notamment la femme qui appartient au monde maritime - a joué au Japon et en Bretagne, à travers les récits relatifs à l'epouse surnaturelle. Pour la Bretagne, les recherches s'étendent également sur l'iconographie religieuse representant l'être semi-humain telles la sirène et la femme-serpent. La région conserve dans ses chapelles de nombreuses statues des xvie et xviie siecles figurant ce type faites par des artisans locaux. L'imagination populaire s'epanouit ainsi dans la femme non-humaine de deux facons en Bretagne : dans l'expression orale et dans l'expression plastique ce qui nous offre une occasion inestimable d'etudier leur compatibilite dans leur contexte socioculturel. Les recits qui traitent le thème du mariage entre l'être humain et l'être non-humain révèlent la conception de l'univers d'une societé. L'autre monde ou les êtres de l'autre monde sont en effet une notion fonctionnelle qui permet à la societé de maintenir l'ordre interne par une intervention externe fictive : la suprématie du fondateur du Japon s'explique par la transmission d'une puissance surnaturelle par sa mère du royaume maritime, alors qu'en Bretagne, la destruction de la cité légendaire d'Is est causée par une fille maudite née d'une fée. Le premier volume de cette étude est composé de trois parties : i. L'autre monde dans la tradition populaire au Japon, ii. Recits relatifs au mariage au Japon et en Bretagne, iii. Iconographie d'une femme semi-humaine. Le deuxieme volume est un inventaire des différents types de representation semi-humaine en Bretagne.
— COUFFON (René), Notice sur Lampaul-Ploudalmézeau
" autre Vierge Mère, écrasant une démone tenant la pomme, XVIè siècle (?)"
— LE THOMAS (Louis) 1963 "Les Arbres de Jessé bretons", première partie, Bulletin de la société Archéologique du Finistère 165- 196.
— LE THOMAS (Louis) 1963, "Les Arbres de Jessé bretons", troisième partie, Bulletin de lasociété Archéologique du Finistère pp. 35-72.
— LE THOMAS (Louis), 1961 "Les Démones bretonnes, iconographie comparée et étude critique", Bulletin de la société Archéologique du Finistère t. 87 p. 169-221.
— Fauchille Gwénaël Dossier d’œuvre architecture IA29003520 ,enquête thématique départementale, Inventaire des édifices religieux publics dans le Finistère [1801-1905] Église paroissiale Saint-Paul-Aurélien (Lampaul-Ploudalmézeau)
Tandis que Marguerite d'Autriche fait construire le monastère de Brou et ses 74 stalles, c'est avec bien moins de moyen, et dans un contexte d'épidémie de peste, qu'un riche ecclesiastique de Notre-Dame de Bourg-en-Bresse, Jean de Loriol évêque de Nice d'origine bressane et prieur de Brou, fait reconstruire en 1505 l'ancien chœur. Mais il mourut dans les premiers mois de l'année 1507.
En 1513, les libéralités de Louis de Gorrevod, évêque de Maurienne neveu de Jean de Loriol et frère de Laurent, ce dernier gouverneur de Bresse et chevalier d'honneur de Marguerite d'Autriche, et les sacrifices que s'impose la ville, permettent de marcher un peu plus rapidement ; malheureusement, sur la fin de 1514, la majeure partie de la construction s'écroule. Ce grave accident ne décourage pas les habitants; ils prennent immédiatement des mesures pour réparer le mal, et ils étaient absorbés par ces nouveaux travaux lorsqu'ils apprennent tout à coup qu'on vient d'ériger, à Bourg, le siège d'un évêché et que l'église qu'ils construisent est devenue église cathédrale. L'église paroissiale ne devient que brièvement, de 1515 à 1534 le siège de l'éphémère diocèse de Bourg.
Notre-Dame conserva son chapitre de chanoines, devenant par là-même collégiale de Bourg.
Les 52 stalles
Les stalles de Notre-Dame de Bourg occupent, depuis 1768, la partie orientale de la dernière travée de la collégiale ainsi que l'abside. Auparavant, situées dans l'avant-dernière travée, elles formaient le chœur canonial avec un jubé qui a disparu. Abîmées au cours de la Révolution, elles furent restaurées en 1840 par Bontemps.
De part et d'autre du chœur, on compte 9 stalles basses et 17 stalles hautes. Sculptées dans le bois de chêne vers 1530, elles sont attribuées au genevois Pierre Mochet, auteur également de celles de la cathédrale de Saint-Jean-de-Maurienne. Offertes par Marguerite d'Autriche, Louis de Gorrevod, le Conseil de Ville et divers notables locaux, elles mêlent harmonieusement style gothique flamboyant et ornementation renaissance, scènes religieuses et chroniques de la vie quotidienne bressane.
Attribution.
Les archives citées par Kraus mentionnent que l'exécution des stalles a été confiée, à raisons de 30 florins le siège de stalle, à une équipe d'artisans de la ville (operarii hujus oppodi, approbati in arte) locale dirigée par Pierre Terrasson, maître menuisier, avec la mention "les artisans sont invités à exécuter les sièges conforméméent au désir de ceux qui les financent" (quod ipsi operarii sedes facere teneuntur ... ad deliberationem particularium qui heleemosinam in hoc facere voluerint).
Mais depuis toujours l'attribution est incertaine. On peut imaginer, comme à Brou, que les stalles elles-mêmes (miséricordes, appuie-mains et parcloses) soient de facture locale, et que les dorsaux soient confiés à des sculpteurs étrangers. La notice Palissy attribuent ces stalles à Pierre Mochet, sculpteur des stalles se Saint-Jean-de-Maurienne, achevées en 1498.
"Les stalles de Bourg sont l'oeuvre des derniers tailleurs d'ymages dépositaires des traditions de l'art gothique. Elles sont conçues dans une donnée qui était suivie depuis des siècles et qui allait passer de mode; toutes leurs figures semblent taillées sur les patrons, et si l'on modifiait certains détails de leur ornementation, on pourrait sans peine reculer de cent ans la date de la construction.
Il est difficile de placer cette date avant l'année 1510. Nous avons dit précédemment que Jean de Loriol avait commencé la reconstruction de l'église dans les premières années du xvi® siècle, et qu'il mourut en 1507, laissant le sanctuaire inachevé. C'est évidemment à l'aide de ses libéralités que furent exécutées nos stalles, on en a des preuves; mais il est certain, d'autre part, que l'œuvre ne fut pas entreprise avant sa mort. Voici d'ailleurs les renseignements que donne à cet égard M. Jules Baux:
« C'est en 1510, dit-il, qu'on commença à se préoccuper de la boiserie du chœur. Les prêtres de Notre-Dame annoncèrent, le 19 avril de cette année, au conseil de la ville, l'arrivée à Bourg de plusieurs maîtres étrangers fort experts en l'art de menuiserie, et disposés à se charger de cette besogne. Toutefois, ils convinrent que la somme qu'ils demandaient était considérable. D'un autre côté, les maîtres menuisiers de Bourg, à la tête desquels figurait Terrasson, le plus habile d'entre eux, réclamaient la préférence. Leur capacité était connue de toute la ville; ils avaient exécutés dans plusieurs églises des travaux qui leur faisaient honneur, et notamment, dans l'église Notre-Dame, les siéges qui, dans les grandes cérémonies, servaient au célébrant, au diacre et au sous-diacre. Le Conseil ne prit pas en considération l'offre des maîtres étrangers; il se borna à dire que s'il convenait à Terrasson et autres ouvriers de confectionner les sièges à trente florins l'un, l'ouvrage leur serait adjugé, mais à condition qu'ils se conformeront à la volonté des personnes pieuses et charitables qui voudront les faire confectionnner, à leurs frais, la ville n'entendant nullement contribuer à cette dépense. »
Il est acquis que c'est vers 1510 que furent commencées nos stalles. Reste à savoir si leur exécution a été confiée à des menuisiers de Bourg. Nous voudrions pouvoir les leur attribuer, car c'est un travail qui leur ferait honneur.
Elles sont fort belles, soit qu'on les considère dans leur ensemble, soit qu'on les examine dans leurs détails. Aujourd'hui, malheureusement, elles sont incomplètes, et nous ne pouvons juger qu'imparfaitement de la valeur du travail et de l'effet qu'il devait produire.
Les formes des stalles hautes sont surmontées de grands dossiers ornés de grandes figures en bas-relief qui constituent la partie principale de l'œuvre. Ces grandes figures, dont on trouvera plus loin la liste, sont plus ou moins correctement dessinées et drapées d'une façon plus ou moins gracieuse. Prise chacune en particulier, elles n'auraient pas une bien grande valeur artistique; mais réunies et juxtaposées, elles produisent un effet d'ensemble excellent.
Elles sont enfermées entre deux colonnettes dont les minces fûts sont chargés d'ornements variés; un grand arc en accolade, sur l'extrados duquel rampent de gros feuillages, surmonte les colonnettes et va s'épanouir en épi sur un fond de petites arcatures qui garnissent la partie supérieure du panneau. Dans le principe, les dossiers devaient être isolés les uns des autres par des colonnettes indépendantes, qui supportaient une statuette. On retrouve encore des traces de ces colonnettes sur quelques accoudoirs. Au-dessus des panneaux régnait probablement un long dais plus ou moins découpé et plus ou moins chargé d'ornements et de figurines. Avec cet ensemble de pièces, l'œuvre acquérait un puissant relief, qu'elle a malheureusement perdu.
Le chœur de Notre-Dame, fermé autrefois par un jubé, était placé en avant de l'autel. Lorsqu'on le transporta au fond de l'abside, à une époque que nous ignorons, les stalles furent probablement déplacées, et c'est sans doute dans cette translation qu'elles ont perdu les pièces qui leur manquent.
Les bas-reliefs qui décorent les dossiers des stalles hautes sont au nombre de trente-quatre. "
PRÉSENTATION par Georges de Soultrait
"L'église Notre-Dame de Bourg est un édifice de la première moitié du XVIe siècle assez intéressant au point de vue architectonique plus encore à cause de ses belles stalles en bois sculpté, et des vitraux dont quelques fenêtres sont encore garnies. Les archéologues et les artistes qui traversent Bourg vont admirer l'église de Brou, mais ils ne se donnent pas la peine d'entrer dans l'église paroissiale de la ville qui, cependant, mérite d'être visitée, même après le splendide monument qui recouvre les restes de Philibert-le-Beau.
Avant de décrire les stalles nous allons dire quelques mots de l'église l'édifice orienté se compose d'une nef, de collatéraux garnis de chapelles et d'un chœur à pans cette dernière partie est la plus ancienne, elle date des premières années du XVe siècle on construisit ensuite la nef et ce fut seulement en 1545 que l'on éleva le premier étage de la façade, comme l'indique cette date placée au-dessus de l'une des portes. Cent ans plus tard, un architecte de Lyon, nommé Maugras , acheva cette façade qui offre plusieurs étages d'ordres différents et qui, bien qu'un peu lourde, ne manque pas d'effet. Le clocher fut élevé quelques années après.
La nef comprend six travées dont la première est occupée par l'orgue. Les voûtes assez élancées sont garnies de nervures prismatiques se prolongeant jusqu'à terre le long des piliers les collatéraux ont des voûtes pareilles à celle de la grande nef.
Des chapelles plus profondes à gauche qu'à droite se trouvent à chaque travée, elles sont de la même époque que le reste de l’édifice et n'offrent rien de particulier; leurs fenêtres sont ogivales et garnies de meneaux assez gracieux,la plupart d'entr'elles renfermaient des verrières qui ont été détruites en partie. Une seule chapelle, celle des saints Crépin et Crépinien, a conservé son vitrage presqu'entier; il représente diverses scènes de la vie de ces martyrs, on lit au-dessous :
A la louange de Dieu le créateur de la glorieuse mère et des glorieux saints et martyrs sainct Crépin et sainct Crépinien ont faict faire ceste verrière … confrères des dis martyrs l'an mil Vc
Les deux travées du chœur ont des nervures compliquées et un pendentif d'une grande hardiesse des cinq hautes fenêtres qui éclairaient cette partie trois seulement sont ouvertes, leurs meneaux d'un dessin fort simple sont assujettis au milieu de leur hauteur par une traverse en pierre. Des vitraux de la même époque que ceux de la chapelle de St. Crépin ornaient ces fenêtres; ils ont été brisés, puis mal raccommodes et on n'y reconnaît pas grand chose. Ils représentaient des scènes de la vie de Jésus-Christ et de celle de la Vierge, puis une grande figure de saint Etienne. On voit encore dans la fenêtre centrale un écusson aux armes de l'évêque Louis de Gorrevod, surmonté d'une mitre et d'une crosse.
Une grande chapelle à droite du chœur renferme une image miraculeuse de la Vierge. La large fenêtre ogivale qui lui donne du jour est occupée par une verrière moderne représentant l'Annonciation; le dessin en est bon, mais les couleurs sont un peu trop vives, puis on a placé dans l'amortissement des rinceaux en st\le beaucoup plus ancien que celui adopté pour le reste.
Passons maintenant à la description des stalles dont malheureusement les couronnements ont disparu, mais dont les dossiers offrent une suite de sujets sculptes en bas-reliefs fort intéressants au double point de l'art et de l'iconographie; quoiqu'elles aient été commencées seulement en 1512 ou en 1513. on y trouve le style gothique dans toute sa pureté, et nous pensons que M. Baux, dans la remarquable notice historique sur Notre-Dame de Bourg que nous avons citée plus haut, a été bien sévère en disant que l'art et le goût n'avaient rien à louer dans les panneaux supérieurs de la boiserie.
Les stalles, au nombre de soixante-huit, étaient autrefois devant l'autel elles sont actuellement placées sur deux rangs de chaque côté des parois de l’arrière-chœur. Nous allons décrire les sujets sculptés sur les dossiers de celles du rang supérieur, en commençant par la partie la plus rapprochée de l'autel du côté de l'évangile. Chaque sujet est compris entre deux espèces de petits contreforts à pinacles
et surmonté d'une arcade ogivale légèrement en accolade garnie de festons trilobés et de choux frisés; au-dessus de cette arcade le haut de chaque panneau est orné de moulures disposées de manière à figurer un rang de fenêtres à meneaux toute cette ornementation est très sûre, du meilleur goût et parfaitement conservée.
Tous les saints dont nous allons parler sont nimbés."
La description débute du côté gauche du chœur et se poursuit dans le sens des aiguilles d'une montre. Les descriptions sont celles de G. de Soultrait, à peine adaptée.
LES DORSAUX DES STALLES DU CÔTÉ GAUCHE.
1. Saint Pierre, les pieds nus comme les autres apôtres représentés dans les stalles, tient des clefs et un livre.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
2. Saint Christophe, les jambes dans l'eau d'un rivière qu'il franchit à gué, s'appuie sur une branche écotée et porte sur son épaule l'enfant Jésus, nu sous sa tunique, qui bénit le Monde.
Christophe lève les yeux sur l'Enfant et le reconnaît.
— Sur l'iconographie de saint Christophe : Voir (classement plus ou moins chronologique) :
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
3. Sainte Anne éducatrice de la Vierge.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
4. Saint André tient la croix en forme de sautoir qui lui est donnée comme attribut depuis le XIVe siècle; cette croix, dont on ne voit que la moitié, est formée de deux troncs d'arbres bruts.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
5. Saint Thomas porte la lance qui est un de ses attributs ordinaires et la ceinture de la Vierge qui, suivant la légende, tomba au-dessus de lui lors qu’étant arrivé après les autres apôtres au moment de la résurrection de Marie, il refusa d'y croire.
Cet épisode est représenté dans un vitrail de l'église de Brou.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
6. Un saint évêque, sans attribut particulier, tient une croix de procession et bénit.
Ses ornements épiscopaux, comme ceux de tous les autres évêques représentés sur ces stalles, sont d'une grande magnificence.
Il pourrait s'agir de saint Claude du Jura.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
7. Sainte Catherine foulant aux pieds l'empereur Maxime qui la fit martyriser ou, selon quelques auteurs, le roi son père tient une palme emblème de sa gloire et une épée instrument de son supplice.
Près d'elle est un fragment des roues garnies de pointes qui avaient été préparées pour déchirer son corps et qui furent miraculeusement brisées; on a mutilé la couronne qui ornait sa tête.
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8. Saint Jean l'évangéliste devant la porte latine est représenté nu, les mains jointes, dans une chaudière placée sur un feu ardent.
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9. Saint Louis d'Anjou évêque de Toulouse, en costume épiscopal, tenant une croix tréflée, présente un évêque donateur agenouillé devant la Vierge qui est figurée deux tableaux plus loin.
L'évêque donateur serait Louis de Gorrevod, évoque de Maurienne et de Bourg, puis plus tard cardinal et légat du saint siège, qui contribua de ses deniers à la construction de l’église; au-dessous se trouve un écusson dont les armoiries ont été effacées, surmonté d'une croix.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
10 et 11 . L'Annonciation occupe deux panneaux.
Le fond de ces deux panneaux est semé de trèfles nous ne savons trop pourquoi, ces trèfles ne figurent point dans les armes de la famille de Gorrevod, peut-être sont-ils là pour rappeler la croix tréffée de saint Maurice qui forme les armes de Bourg.
10. l'ange Gabrielporte un sceptre et montre du doigt le ciel.
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11. la Vierge debout tient un livre; à ses pieds se trouve le vase d'où sort une tige de lys.
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12. L'empereur Charlemagne revêtu d'une armure complète et d'une cotte d'armes autrefois fleurdelisée, la tête ceinte d'une couronne impériale, porte de la main droite un globe et de la gauche une épée.
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13. Saint Yves, patron des avocats et des gens de loi bretons entre le Riche et le Pauvre.
C'est l'un des grands saints de la Bretagne, en costume d'official, en robe et en chaperon, tenant un rouleau de parchemin et donnant une charte à un homme du peuple qui se trouve devant lui, tandis qu'il tourne le dos à un autre homme dont les habits longs indiquent la haute position cet homme tient à sa main une bourse, indice de la tentative de séduction qu'il a voulu exercer sur saint Yves afin de s'assurer le gain du procès. L'homme du peuple est court vêtu et fort petit, sa tête ne vient guère qu'à la hauteur de la ceinture du saint. L'on sait qu'au moyen-âge, surtout il est vrai à une époque antérieure à celles des stalles de Bourg, on représentait généralement les gens de moindre qualité de taille plus petite que les grands personnages. Saint Yves de Kermartin fut official du diocèse de Tréguier pendant la seconde moitié du XIIe siècle il est représenté dans beaucoup d'églises de Bretagne rendant la justice et, comme dans le bas-relief dont nous nous occupons, donnant raison au pauvre contre le riche cette scène est au reste expliquée par ce passage de sa vie :
« Et encore bien qu'il prist plus gayement en main la défense des misérables et pauvres gens denuez d'assistance, que des grands seigneurs, et que mesme, en faveur de ceux là quand ils avoient bon droit, il faisoit decheoir ceux cy de leurs prétentions, neantmoins, jamais on ne s'est plaint qu'il ait donné jugement inique, et entrepris la défense d'une cause qui ne fut bonne et juste. »
On chantait autrefois dans les églises de Bretagne, le jour de la fête de saint Yves, une hymne qui commençait ainsi : Sanctus Yvo erat Brito
Advocatus sed non laro
Res miranda populo
Il est assez singulier de rencontrer ici cette figure de saint Yves qui se voit rarement ailleurs qu'en Bretagne nous pensions que peut-être ces stalles avaient pu être sculptées par des ouvriers bretons, mais nous voyons dans la notice de M. Baux que ce furent des huchiers du pays qui exécutèrent ces stalles à l'exclusion des ouvriers étrangers qu'on avait d'abord voulu employer.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
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14. Saint Roch en pèlerin tenant un bourdon, ayant une aumônière et un chapeau sur lequel sont deux bourdillons en sautoir, relève sa tunique et montre la plaie de sa cuisse; près de lui est son chien Roquet et un ange qui contemple sa blessure.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
15. Saint Eloi en évêque, tenant de la main gauche un livre et de la droite sa crosse et un marteau d'orfèvre.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
16. La Vierge debout, une couronne posée sur ses longs cheveux épars, porte sur son bras gauche son fils qui lui-même tient le globe du monde.
Le piédestal de la Vierge offre un écusson (perdu) surmonté d'une crosse et d'une mitre du donateur ; d'autres écussons, tous effacés, se voyaient en plusieurs endroits de ces boiseries.
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17. Saint Jacques-le-Majeur en pèlerin, portant un bourdon, l'aumônière, le chapeau timbré d'une coquille, et un livre.
Il est à remarquer que cet apôtre est chaussé de souliers, contrairement à l'usage iconographique observé pendant tout le moyen-âge de représenter les apôtres pieds nus.
Le panneau où est figuré saint Jacques est le dernier de cette rangée de stalles; la boiserie qui tapisse l'abside date du siècle dernier et n'affecte nullement la prétention de se raccorder avec les stalles anciennes.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
LES DORSAUX DES STALLES DU CÔTÉ DROIT
18. Saint Adrien de Nicomédie en chevalier, les pieds sur un lion. Il est armé d'une épée et soutient de la main gauche une enclume.
Saint Adrien de Nicomédie était invoqué contre les épidémies et la mort subite.
Officier romain, en charge des supplices réservés aux chrétiens à la suite de l'édit de Dioclétien en 303, Adrien se convertit et subit à son tour la torture à Nicomédie (actuellement Izmit en Turquie). Ses bourreaux lui cassent chaque membre sur une enclume puis il est décapité avec une épée.
Il porte ici une coiffure qu'on retrouve sur les personnages des miséricordes.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
19. Saint Nicolas représenté comme d'habitude en habits épiscopaux, tenant sa crosse et bénissant trois enfants placés devant lui dans une cuve.
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20. Saint Crépin avec des alènes au bout des doigts.
Lors du martyre des saints Crépin et Crépinien, les alènes enfoncées sous les ongles des saints se retournent, telles des flèches, contre les bourreaux qui meurent à leurs pieds. Voir la baie 23 de Gisors.
Saint Crépin et de Saint Crépinien, patrons de la confrérie des Cordonniers, vécurent au IIIème siècle et appartenait à une famille chrétienne et distinguée de Rome. Quand la persécution de Maximien sévit, ils quittèrent leur pays pour se fixer à Soissons où ils devinrent d'habiles cordonniers. Arrêtés et livrés à Maximien, ils furent martyrisés en 287. Le père et le fils eurent les dix doigts transpercés avec des alènes.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
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21. Sainte Catherine, figurée à peu près de la même manière que de l'autre côté des stalles, porte un livre et une épée; près d'elle est la roue brisée de son supplice. Son costume est d'une grande richesse.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
22. Saint Jean-Baptiste prêchant dans le désert.
Le précurseur vu de face, vêtu de sa peau de chameau, semble prêcher en s'appuyant sur un bâton noueux placé en travers devant lui sur les branches de deux arbres; un homme et une femme agenouillés paraissent écouter avec attention les paroles qui sortent de la bouche du saint.
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23.Un saint évêque, peut-être saint Philibert, abbé de Jumièges et de Noirmoutier.
Le livre laisse penser qu'il s'agit d'un fondateur de règle monastique.
Il s'agirait alors d'une référence à Philibert le Beau, duc de Savoie, mari de Marguerite d'Autriche.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
24. Sainte Marguerite, les cheveux épars et les mains jointes, se libérant du dragon qui l'avait avalé, et qui tient encore l'extrémité de sa robe dans sa gueule.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
25. Saint Maurice en costume de chevalier, porte la croix tréflée, qui est son attribut, sur sa poitrine, sur son écu et sur la banderole de sa lance.
Saint Maurice est le patron de la Savoie dont dépendait alors Bourg. La croix tréflée figure dans l'écusson de la ville.
On retrouve un saint chevalier semblable sur la jouée sud-ouest.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
26. Saint Jean-Baptiste et un donateur.
Saint Jean-Baptiste est représenté une seconde fois tenant sur un livre l'Agneau Pascal, dont la tête est ornée d'un nimbe croisé devant lui est agenouillé un évêque donateur revêtu de ses ornements pontificaux, sans nul doute Jean de Loriol, évêque de Nice, abbé de St.-Pons et prieur de Brou, qui fit commencer à ses frais la construction de l'église Notre-Dame.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
27. Décollation de saint Jean-Baptiste sur l'ordre d'Hérode.
Le précurseur agenouillé, les mains jointes, tend la tête au bourreau qui, armé d'une épée, se dispose à la lui trancher.
Sur le piédestal de cette scène se trouve un écusson effacé, timbré d'une mitre et d'une crosse, qui portait sans doute les armoiries de Jean de Loriol.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
28. Saint Laurent en diacre, tient la palme du martyre et le gril sur lequel se consomma ce martyre.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
29. Saint Philippe apôtre porte une croix de supplice et un livre .
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
30. Sainte Barbe tenant un livre et une palme, près d'elle se trouve la tour dans laquelle elle fut enfermée par son père.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
31. Un saint évêque sans attribut particulier, mais tenant un livre.
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32. Saint François portant un crucifix de la main gauche ses mains et ses pieds offrent les stigmates, et une ouverture de son froc laisse voir la plaie de son flanc.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
33. Saint Hubert en costume de chasse, un faucon sur le poing et l'épieu à la main; à ses pieds est un chien dont le collier est orné d'une coquille.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
34. Saint Léonard en diacre, tenant d'une main un livre et de l'autre une palme et des fers servant à désigner sa charité pour les prisonniers.
Les dorsaux (chêne, v.1510-1530) des stalles de l'église Notre-Dame de Bourg-en-Bresse. Cliché lavieb-aile 2025.
SOURCES ET LIENS
— BAUD (Jules), 1846, Notice descriptive et historique sur l'église paroissiale de Notre-Dame de Bourg. Bourg. pages 23-24
"On commença à se préoccuper, en 1510, de la boiserie du chœur. Les prêtres de Notre-Dame annoncèrent, le 19 avril de cette année, au conseil de la ville, l'arrivée à Bourg de plusieurs maîtres étrangers fort experts en l'art de menuiserie, et disposés à se charger de celle besogne.
Toutefois, ils convinrent que la somme qu'ils demandaient était considérable. D'un autre côté, les maîtres menuisiers de Bourg, à la tête desquels figurait Terrasson, le plus habile d'entr'eux, réclamaient la préférence. Leur capacité était connue de toute la ville; ils avaient exécuté dans plusieurs églises des travaux qui leur faisaient honneur, et notamment, dans l'église de Notre-Dame, les sièges qui, dans les grandes cérémonies , servent au célébrant, au diacre et sous-diacre. Le conseil ne prit pas en considération l'offre des maîtres étrangers; il se borna à dire que s'il convenait à Terrasson et autres ouvriers de la ville de confectionner les sièges à raison de trente florins l'un ; l'ouvrage leur sera adjugé, mais à la condition qu'ils se conformeront à la volonté des personnes pieuses et charitables qui voudront les faire confectionnera leurs frais, la ville n'entendant nullement contribuera cette dépense.
Comme les contreforts n'étaient pas encore terminés, celte affaire fut ajournée et reprise le 7 juin de l'année suivante par Messieurs de Notre-Dame, qui firent observer au conseil que les travaux de maçonnerie étant sur le point d'être achevés, il devenait urgent de s'occuper des stalles et d'en donner la tâche, afin que dès ce moment les ouvriers pussent préparer le bois nécessaire à celle œuvre.
La proposition fut agréée par le conseil, et, séance tenante, la tâche fut délivrée aux ouvriers par le ministère du notaire Michaelis , qui dressa à ce sujet un acte que signèrent les syndics et quatre des prêtres incorporés de Notre-Dame. Messieurs de Notre-Dame avaient à cœur la confection des boiseries; aussi s'ingéniaient-ils de toutes manières pour se procurer de l'argent. Ils eurent la bonne idée de mander en Flandres, à Madame Marguerite d'Autriche, un exprès pour solliciter sa générosité : cette démarche leur valut de la part de la princesse, cent écus d'or au soleil.
Messieurs de Notre-Dame ayant reçu les cent écus d'or allèrent informer le conseil de cette heureuse circonstance, et lui proposèrent en même temps d'autoriser une quête à domicile dans la ville, quête qui serait faite par une commission composée de prêtres et de conseillers de la ville, ces derniers au choix des syndics et du conseil.
—BROSSARD (Joseph-Philibert), 1897, Regeste ou mémorial historique de l'église Notre Dame de Bourg, depuis les temps les plus reculés jusqu'à nos jours. Annales de la Société d'émulation, agriculture, lettres et arts de l'Ain, 1896, édité par impr. du "Courrier de l'Ain". Bourg-en-Bresse - 1897
—KRAUS (Dorothy et Henry Kraus) 1986 Le monde caché des miséricordes: Suivi du répertoire de 40 stalles d'églises en France, Les éditions de l'amateur.
Situé sur une légère éminence à l'écart du bourg, le quartier de Brou renoue avec sa vocation religieuse antique dès le Xe siècle lorsque saint Gérard, évêque de Mâcon, vient s'y retirer. Suivi par de nombreux disciples, il bâtit un premier ermitage. Saint Gérard meurt à Brou en 958 : une église est bâtie autour de sa tombe tandis que l'ermitage s'organise en cellules individuelles.
À cette première église dédiée à saint Pierre succèdent, au cours du Moyen-Âge d'autres édifices construits sur une nécropole gallo-romaine. Il s'agit d'abord d'un prieuré bâti à la demande de Marguerite de Bourbon(. L'église construite par Marguerite d'Autriche conserve les traces de ces bâtiments antérieurs notamment deux baies romanes, un contrefort gothique sont pris dans la maçonnerie du mur nord du premier cloître ; la statue de saint Pierre ou encore l'ensemble des stalles hautes et basses en ch$êne datant du XVe siècle.
Longs de 4,80 m et larges de 1,70 m, ces rangées de stalles en chêne, restaurées en 1990 par Pierre Nillon, sont présentées dans le monastère royal de Brou, dans la pièce qui précède l'entrée de l'exposition. Leurs miséricordes représentent essentiellement des visages d'hommes et de femmes : on ne trouve qu'un élément végétal, une feuille. Les traits de ces visages sont souvent accentués par un trait graphique proche de celui de la caricature, plusieurs grimacent, tirent la langue, mais le grotesque se porte souvent d'avantage sur leur coiffure non réalistes : nombreuses sont celles qui sont dotées d'oreille d'âne — voire d'oreilles fabuleuses—, et désignent ainsi les personnages comme des fous.
On retrouve ces costumes de fous sur les appuie-mains, qui représentent tous des personnages en bustes, coiffés de bonnet ou de cagoules, vêtu de tuniques, là encore parfois explicitement dotés d'oreilles fabuleuses.
Voir sur les stéréotypes du Fou au Moyen-Âge et Renaissance :
Toute la série relève donc de la tradition carnavalesque ou de "l'esprit de mardi-gras" (Kraus p. 85), ou d'un joyeux esprit rabelaisien et moqueur des huchiers, mais ne peut non plus être sans rapport avec le succès considérable et la diffusion de la Nef des Fous de Sebastian Brant dénonçant dans une vision pessimiste du monde la folie du monde contemporain voguant vers son naufrage moral. Les éditions des traductions françaises débutent en 1497, peu de temps avant la création de ces stalles. Je pense néanmoins qu'il s'agissait ici de proposer aux chanoines un décor distrayant et d'introduire, dans ces éléments sculptés marginaux, seulement visibles lorsque le siège n'est pas rabattu, un contrepoint ludique et prosaïque à leurs exercices de chants religieux.
Les stalles sont classées au titre objet au 18 juillet 1934.
Si elles diffèrent beaucoup des 74 stalles de l'église Saint-Nicolas-de-Torentou du monastère de Brou, elles se rapprochent, par ce choix de portraits d'hommes et de femmes et par l'acuité du trait, des miséricordes de la co-cathédrale Notre-Dame de Bourg-en-Bresse, attribué à Pierre Teraillon ou au genevois Pierre Mochet et datées de 1512 ou vers 1530.
Les dorsaux et les jouées ne portent qu'un décor gothique répétitif.
Je regrette bien-sûr le flou de certaines de mes photos, prises à la volée lors d'une visite touristique. Je n'en ai supprimé pourtant aucune par souci documentaire.
Les 7 miséricordes et appuie-mains des stalles basses du côté gauche.
1. Visage d'homme moustachu, vu de profil. La coiffure descend bas derrière la nuque et se retrousse en revers exubérants.
2. Visage d'homme à bonnet de fou.
3. Visage de femme de face, portant une coiffe.
4. Visage d'homme de profil, portant un bonnet à revers frontal et queue en gousset.
Le nez busqué et les plis commissiaux accentués se rapprochent de la caricature.
5. Visage d'homme de profil, renfrogné, au bonnet de fou ( en cagoule à oreilles d'âne) relevé sur le front dégarni et rebiquant en arrière en pointe loufoque.
6. Visage d'homme de face, aux traits renfrognés, portant le bonnet de fou à oreilles d'âne.
7. Visage d'homme de face, au nez et à la bouche déformés, portant un bonnet serré sous le menton par des lanières à bouton.
Quelques appuie-mains.
Appuie-main à la tête de fou à cagoule à oreilles d'âne.
Les 7 miséricordes et appuie-mains des stalles hautes du côté gauche.
8. Visage de femme de trois-quart, portant une coiffe à crevés.
9. Visage d'homme de face, au sourire figé, portant un chapeau plat.
Appuie-main à la tête de fou à cagoule à crête.
10. Visage d'homme de face, aux traits renfrognés, enserré dans une cagoule à revers crenelé.
11. Visage d'homme de trois-quart, coiffé d'un chapeau complexe formant une corne autour de l'oreille.
Appuie-main à la tête de fou à cagoule à oreilles d'âne.
12. Visage d'homme de face, à casquette à revers temporaux.
Appuie-main à la tête de fou à cagoule à crête.
13. Visage d'homme de face à coiffure à revers.
14. Feuillage
L'une des jouées des stalles de gauche.
LES DEUX RANGS DE STALLES DU CÔTÉ DROIT.
Les sept miséricordes des stalles basses.
15. visage d'homme "mauresque" de face, grimaçant, enturbanné.
16. visage d'homme barbu grimaçant à coiffure fantaisiste à deux boules latérales.
17. visage d'homme de face, au nez et à la bouche tordus sur la gauche; tirant la langue. Coiffure fantaisiste à bords festonnés portant des cupules.
18. visage d'homme chauve, de face, grimaçant en montrant les dents.
19. visage d'homme de profil, moustachu, à coiffure fantaisiste à large rabat vers l'arrière s'achevant par un enroulement.
Appuie-main à la tête de fou à cagoule à cornes.
20. visage d'homme de face, dans une cagoule étroite. La figure est placée perpendiculairement à l'axe de la miséricorde.
21. visage d'homme de profil semblable à la miséricorde n°1.
Les sept miséricordes et appuie-mains des stalles hautes.
22. visage d'homme de face, coiffé d'un chapeau plat à rabat replié vers l'arrière .
23. visage d'homme de face, moustachu, aux cheveux peignés en mêches, s'achevant en arrière par deux crochets.
Appuie-main à la tête de fou à cagoule à cornes.
24. visage d'homme barbu coiffé d'un bonnet de fou aux oreilles très étroites et pointues.
25. visage d'homme au nez tordu, tirant la langue, coiffé d'un bonnet de fou aux oreilles d'âne.
26. visage d'un homme de face, aux cheveux bouclés mi longs sous un bonnet à rabats latéraux.
27. visage d'un homme de profil, barbu, coiffé d'un turban.
28. visage d'un homme de face, joufflu, aux cheveux peignés en mêches bouclées, aux oreilles très larges.
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1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
"Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)