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28 octobre 2020 3 28 /10 /octobre /2020 22:04

Les vitraux de l'église de La Guerche-de-Bretagne. La baie 14 avec le portrait de Jean Ier d'Alençon en donateur (1er quart XVe siècle) et les fragments d'un Arbre de Jessé (milieu XVIe siècle).

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Voir aussi :

Les 18 stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Ia,  le coté sud. Jouée, miséricordes, appui-mains.

 

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PRÉSENTATION.

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a) Les seigneurs de La Guerche jusqu'aux ducs d'Alençon. 

Cette église était primitivement la chapelle du château de La Guerche ; son histoire est par conséquent intimement liée à celle des seigneurs de cette localité.

Les seigneurs de La Guerche portaient de gueules à six (alias : deux) léopards d'or, selon leurs sceaux de 1198 à 1220. Théobald, fils de Loscoran, épousa Guenargant ; Menguen, leur fils, sieur de La Guerche en 998, fut le père de Sylvestre, qui fut chancelier de Bretagne veuf en 1076 puis évêque de Rennes jusqu'à sa mort en 1096. C'est lui qui protégea Robert d’Arbrissel, le fondateur de Fontevrault, et finit par favoriser la réforme grégorienne.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sylvestre_de_La_Guerche

En 1121, Guillaume Ier, fils de Sylvestre, épouse Emma de Pouancé vers 1130, et devient seigneur de Pouancé et de Martigné (entre Bretagne et Anjou). 

Emma de Pouancé avait épousé en premières noces au commencement du XIIe siècle Juhaël de Châteaubriant, et leur fils devint Guillaume II de Pouancé  seigneur de La Guerche. Puis lui succède Geoffroy Ier, puis Guillaume III. C'est ce dernier qui érigea l'église Notre-Dame en collégiale en 1206, desservie par 12 chanoines. À sa mort en 1223, il est inhumé dans le chœur, où son gisant est présent.

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Thibaud de Pouancé, petit-fils de Guillaume III fut évêque de Dol de 1280 à sa mort en 1301 et chancelier de Bretagne en 1297-1298. Il  acheva le chœur de sa cathédrale.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Thibaud_de_Pouanc%C3%A9

À la mort de Geoffroy II, la seigneurie revient en 1263 à la maison des vicomtes de Beaumont, au Maine, puînés de Brienne.

Le château de La Guerche passa ensuite aux Chamaillart, puis aux Valois, comtes d'Alençon, qui le vendirent au connétable du Guesclin. À sa mort en 1380, ses héritiers le vendirent à leur tour au duc Jean IV, qui le laissa à sa fille, épouse du duc Jean Ier d'Alençon, tué à la bataille d'Azincourt en 1415. Il passa ensuite par alliance aux Montferrat, et successivement depuis aux Gonzague, (Pol de Courcy tome II) En effet, avant 1562, la seigneurie fit l'objet d'un échange entre un arrière-petit-fils de René d'Alençon, Ludovic de Gonzague, fils du duc de Mantoue, et les Cossé comtes de Brissac. Les descendants de cette famille la conservèrent jusqu'en 1673. Furent ainsi seigneurs de La Guerche, après Timoléon de Cossé, (1545-1569), son frère Charles II (vers 1550-1621), premier duc de Brissac gouverneur de Bretagne en 1596, époux de Judith d'Acigné en 1579 et de Louise d'Ongnies en 1602, puis ses fils François (vers 1581-1651), duc et pair en 1621, et Charles III, marquis d'Acigné depuis 1609, lieutenant général du roi en Bretagne après son père, époux en 1610 d'Hélène de Beaumanoir, baronne du Pont et vicomtesse du Faou, morte en 1636.

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b) La collégiale Notre-Dame.

Son chœur qui menaçait de s'écrouler  fut rebâti au début du XVe siècle du temps de Jean Ier d'Alençon et de Marie de Bretagne, ce qui explique que ceux-ci figurent avec leurs armes sur la baie 14 (sur des fragments provenant probablement de la baie d'axe du chœur).  "D’une grande pureté architecturale, ce nouveau chœur, à pans coupés désormais, s’éclairait de six baies à lancettes qui reçurent des vitraux neufs, dont les fragments sont aujourd’hui dispersés dans le bas-côté sud, mais qui étaient encore en place au temps d’Yves Mahyeuc." (R. Blot)

Vers 1502-1525, la collégiale fut dotée de stalles par Charles IV d'Alençon. Vers 1525, la nef fut agrandie et flanquée de collatéraux ; le bas-coté nord sera détruit puis reconstruit au XIXe avec six chapelles.

https://www.laguerchedebretagne.fr/IMG/pdf/interieur_de_la_basilique.pdf

L'édifice subit au XIXe siècle d'importants remaniements, notamment de 1859 à 1863 (ajout du bas-coté nord de la nef à des fins de contrebutement), puis en 1888 (modification des parties hautes du chevet). Ce qui restait de ses verrières anciennes fut regroupé dans quatre baies du bas-coté méridional, vers 1865 semble-t-il par le Nantais Échappé. Les panneaux conservés correspondent en majorité aux principales campagnes des travaux d'architecture, celles du début du XVe siècle et celle du deuxième quart du siècle suivant.

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c) La baie n°14.

La baie 14 éclaire le bas-coté sud, c'est la dernière au fond de la nef. Elle mesure 4,20 m de haut et 2,10 m de large et forme une seule lancette dont le sommet ogival  fait office de tympan. C'est une recomposition hétérogène au XIXe siècle de fragments datant du début du XVe siècle et du milieu du XVIe. Les panneaux les plus anciens  portent les armes et les portraits de Jean Ier d'Alençon et d'une donatrice (a priori son son épouse), d'un chanoine, accompagnés de trois saints, d'anges ainsi que des têtes de lancettes. Ceux du XVIe siècle, placés au centre, sont les restes d'un Arbre de Jessé.

Sur le plan de R. Blot, la baie 14 est placée à hauteur du chiffre 7 :

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Plan de la collégiale de La Guerche par R. Blot

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Je m'appuie sur les descriptions de Gatouillat et Hérold 2015 ainsi que sur celles de Roger Blot 2010.

Je suivrai dans ma description un ordre chronologique : panneaux du XVe, puis du XVIe siècle. 

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Vue générale.

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Baie 14 (1er quart XVe et milieu XVIe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe et milieu XVIe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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LE "TYMPAN" ET SES BLASONS.

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Les panneaux occupaient jadis d'ajours cernés de meneaux  en fleurs de lys : le restaurateur les a imité en les peignant sur verre. De même, il a simulé en dessous deux têtes de lancettes trilobées occupées par des sommets de dais architecturaux du XVe.

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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En haut et au centre : les armoiries d'Alençon présentées par un ange.

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L'ange a des ailes colorées (rouges et vertes), un nimbe rouge,  une aube blanche à amict enserrant la nuque, et bordé de jaune,  d'exubérants cheveux jaunes crépus retenus par un serre-tête à médaillon frontal, et, enfin et surtout, des pupilles teintées au jaune d'argent.

Ce point de détail est précieux pour rapprocher ce panneau d'autres verrières comme, en Bretagne, celles de Dol-de-Bretagne, Malestroit, Merléac, Runan ou Quimper, qui, toutes, relèvent des grandes donations du début du XVe siècle par le duc Jean V et son entourage. Elles ont en commun leur prédilection pour les figures traitées en camaïeu de grisaille et jaune d'argent sur fond coloré devant des tentures précieuses.

 

Voir sur les pupilles jaune d'argent :

Outre la liste des mes articles sur les vitraux. :

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Françoise Gatouillat, même si elle ne note pas dans sa description la coloration des pupilles,  souligne le  rapprochement entre les cheveux et le col teinté de jaune d'argent de  cet ange du tympan, et celui — supportant les armes de Bretagne — de la baie 23 de la cathédrale de Dol-de-Bretagne, daté du 2ème quart du XVe siècle comme ceux de mon article. Je ne l'ai pas photographié, et je renvoie au cliché de mesvitrauxfavoris.fr

 

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Le blason porte les armes des ducs d'Alençon, et donc, pour ce premier quart du XVe siècle indiqué par ces éléments stylistiques, celles du premier d'entre eux,  Jean Ier d'Alençon, né en 1385, élevé par Charles VI au titre de duc en 1414 et mort en 1415 à Azincourt.

Elles se blasonnent ici d'azur aux trois fleurs de lys d'or à la bordure de gueules chargées de huit besants d'or. Les armoriaux indiquent que ces besants sont d'argent (et donc blancs, et non jaunes). Mais les besants d'or se retrouvent sur les trois autres représentations de ces armes sur cette baie. Voir aussi ce site.

Les mêmes armoiries sont présentées par deux anges sur le cinquième dossier des stalles sud (réalisées vers 1520), mais sans couleurs bien-sûr, du moins aujourd'hui.

Les fleurs de lys me semble être réalisées en chef-d'œuvre (pièce de verre enchâssée dans la pièce principale).

Puisqu'elles sont associées ici à celle de son épouse, elles sont postérieures au mariage du couple le 26 juin 1396 . Elles sont antérieures au décès de Marie de Bretagne en 1446. Mais les données stylistiques du vitrail limite ce créneau au premier quart du XVe siècle, avant  le décès de Jean Ier en 1415, ou après celui-ci si sa veuve a guidé le chantier (Marie de Bretagne demeura dame de La Guerche après la mort de son mari, alors que son fils Jean II prend les titres de duc d'Alençon et de comte du Perche). F. Gatouillat estime cette donation de verrières de la décennie suivant son veuvage, et donc de 1415-1425. 

 

 

 

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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À gauche : Armoiries d'Alençon sur fond orangé à rinceaux .

Nous retrouvons ici les armes  d'azur aux trois fleurs de lys d'or à la bordure de gueules chargées de huit besants d'or.

Chaque besant est une pièce de verre jaune (ou blanche peinte en jaune) encadrée de pièces rectangulaires rouges : un gros travail !

La fleur de lys inférieure est montée en chef d'œuvre.

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Armoiries de Marie de Bretagne.

Marie de Bretagne (1391-1446) était la fille du duc Jean IV de Bretagne et de Jeanne de Navarre ; elle épousa Jean Ier d'Alençon en 1396.

 

Ses armes associent à celles de son mari celles d'hermines pleines, de Bretagne.

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Tête de lancette simulée du coté droit. Dais architecturé.

 

Les gables et pilastres perlés en rappellent d'autres, du même groupe chronologique. Il faut noter, dans l'oculus, le motif à feuilles de chêne et glands noués , qui se retrouve sous une autre forme sur la verrière  de la baie 12.

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR (Ier quart XVe) : LES DONATEURS, LES SAINTS ET LES ANGES.

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Jean Ier d'Alençon en donateur présenté par saint Jean-Baptiste.

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Jean d'Alençon est agenouillé devant son prie-dieu, sur lequel repose son livre d'heures ouvert. On lit sur la page  les mots Domine Iesu Christe

a) Il peut s'agir  de l'oraison qui se poursuit par ... adoro te in cruce pendentem et coronam spinam in capite portans (" je t'adore Seigneur Jésus Christ suspendu à la croix et portant sur la tête la couronne d'épine")

C'est un indice important, car nous pouvons penser que le jeune seigneur est tourné vers la représentation, sur la partie du vitrail de la maîtresse-vitre qui ne nous est pas parvenu, d'une Crucifixion comme sur les enluminures qui font face, dans les livres d'heures du XVe, aux sept oraisons, dites de saint Grégoire (orationes sancti Gregorii). Effectivement, sur le manuscrit Arsenal ms 639 réserve folio 99v, [suite du ms 638 ou le Livre du Maître-aux-Fleurs], l'enluminure montre la Messe de saint Grégoire, où ce dernier, agenouillé devant l'autel, a la vision du Christ montrant ses plaies.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55008564m/f201.item

b) mais il peut aussi s'agir de deux autres oraisons, attestées dans les Grandes Heures d'Anne de Bretagne; La première est  l'Oraison de Nostre Dame du folio 160v " Oratio. Domine Iesu Christe, rogo te amore illius gaudii quod dilecta Maria [...] omnibus diebus vite mec.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f328.item#

La seconde est l'oraison du Bon Larron (Grandes Heures d'Anne de Bretagne  f. 216v-217) : " Oraison entre la consecration et la communion, et a deux mil ans de pardon. Domine Iesu Christe, qui hanc sacratissimam carnem et preciosum sanguinem [...] presentibus, preteritis et futuris. Qui [...] ". F. 217-v : " Oraison du bon larron. O beatissime Domine Iesu Christe, respicere digneris super me miseram peccatricem [...] Et cum latrone in secula seculorum. Amen [...] "

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f441.item

Pour Roger Blot, la scène principale devant laquelle les donateurs contemplent était un Couronnement de la Vierge, scène conservée en baie 10 :

"Sans doute le couple princier figurait-il dans la verrière axiale. Celle-ci peut être reconstituée dans ses grandes lignes car ses commanditaires avaient fait appel à un artiste différent de celui des autres verrières. Il en reste des fragments magnifiques mais dispersés. Au temps d’Yves Mahyeuc, le haut du vitrail est dominé par un tympan dont le remplage épouse la forme d’une grande fleur de lys. Un ange y brandit les armes à fleurs de lys des Alençon, reprises à gauche pour spécifier Jean Ier et coupées à droite des hermines bretonnes pour rappeler Marie de Bretagne. Dans un riche encadrement architectural, la scène principale évoque le couronnement de la Vierge. En subsistent un Père éternel et des fragments d’anges, dont l’un brandit, sur un phylactère, le début de l’hymne Ave Maria cœlorum. En bas sont agenouillés Jean Ier d’Alençon, à gauche, avec son livre d’Heures ouvert à la prière Domine Iesu Christe ; et à droite Marie de Bretagne, coiffée du fameux chapeau à cornes si à la mode au début du XVe siècle."

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Quoiqu'il en soit, il faut imaginer le donateur agenouillé, mains jointes, en armure et éperons à molettes, devant une scène sacrée  et face à un saint personnage  à qui il est présenté par son intercesseur saint Jean-Baptiste, qui est également son saint patron. Ils sont tous les deux isolés dans une loge délimitée par un rideau rouge.

Jean Ier porte, comme c'est la coutume dans ces scènes de donation, un tabard (et un mantelet sur ses épaules) à ses armes ; Mais le champ d'azur, au lieu d'être uni, forme des bandes entrecroisées qui délimitent les fleurs de lys d'or. Le galon du vêtement forme la bordure, de gueules aux besants d'or.

On peut s'étonner aussi que sur des cheveux coupés court, "au bol" comme c'est alors l'usage, le chevalier ne soit pas tête nue, mais porte un bandeau orné de pierreries.

Le beau fond damassé bleu est moderne.

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Saint Jean-Baptiste est peint en grisaille et jaune d'argent. Il est nimbé, barbu, vêtu d'un long manteau sur une robe dorée, et il porte sur le bras gauche, par l'intermédiaire d'un drap, le livre où est couché l'agneau pascal, au nimbe crucifère.

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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La donatrice, Marie de Bretagne.

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Ce panneau possède une bordure alternant des couronnes (grisaille et jaune d'argent) et des pièces monochromes bleues, comme à Merléac. Cette bordure est, selon F. Gatouillat, rapportée.

La donatrice, agenouillée mains jointes devant son prie-dieu, est peinte en grisaille et jaune d'argent sur verre blanc, et se détache sur un fond damassé rouge et dans une architecture fragmentaire issue de dais : tout cet environnement est donc rapporté, et il manque ici le saint personnage présentant Marie de Bretagne.

La donatrice est coiffée d'un bourrelet (rembourré d'étoupe) modelé en huit formant deux cornes tandis que les cheveux (épilés sur le front) sont ramenés en arrière, tressés et ramassés en coques jusqu'aux oreilles par une crépine. C'est la coiffure à la mode, introduite par Isabeau de Bavière et figurant sur ses comptes comme "chappeau en guise de cornette". On la voit portée par la reine et quatre de ses dames d'honneur sur le célèbre frontispice du manuscrit de La Cité des Dames BL Harley 4431 f.3, datant vers 1414.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Isabeau_de_Bavi%C3%A8re#/media/Fichier:Christine_de_Pisan_and_Queen_Isabeau_(2).jpg

http://www.bl.uk/catalogues/illuminatedmanuscripts/ILLUMIN.ASP?Size=mid&IllID=35552

Il ne s'agit pas d'un hennin, mais   d'un escoffion, tel qu'il est représenté par un maître franco-flamand  en 1410 :

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Franko-fl%C3%A4mischer_Meister_002.jpg

Les cornes de l'escoffion, comme du truffeau dont il est proche, datent de la fin du XIVe et du début du XVe, mais le bourrelet en huit, perlé et entouré d'une précieuse étoffe dorée, comme nous le voyons porté par Marie de Bretagne, semble, d'après l'iconographie donnée ici en liens, dater de 1410-1415.

 

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Si nous nous intéressons maintenant à la robe, nous constatons qu'elle est damassé d'un motif à deux oiseaux affrontés sous une couronne de fleurs. C'est, comme le détail des pupilles teintées au jaune, un point commun avec les verrières de la cathédrale de Quimper et avec la chapelle Saint-Jacques de Merléac. Mais on retrouve aussi ces indices à la même époque sur les verrières de la cathédrale d'Évreux.

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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On remarquera néanmoins dans les pilastres ce qu'il reste de deux apôtres nimbés.

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Un chanoine agenouillé en donateur et présenté par saint Michel.

Appartenait-il lui aussi à la maîtresse-vitre , ou bien à une autre verrière latérale du chœur ? 

Placé sur un soubassement carrelé, il est agenouillé mains jointes, tourné vers la scène principale située à gauche. Il est tonsuré. Il porte l'aumusse canoniale retroussée sur l'avant-bras droit sous forme de larges plis de fourrure. Et il porte autour du cou ce qui est peut-être le ruban rouge d'une croix pectorale, signe honorifique attribuée par indult papal à certains chapitre, avec un ruban de couleur spécifique. J'ignore si le chapitre collégial de La Guerche en bénéficiait, et même à partir de quelle date ces croix ont été attribuées. Cette pièce de verre rouge est la seule pièce de verre colorée dans l'ensemble en camaïeu de grisaille et jaune d'argent, elle est donc importante.

Un phylactère qui s'échappe de la bouche du donateur porte l'inscription SANCTE JOH[ANN]ES BAPTISTA ORA [PRO NOBIS, "Saint Jean-Baptiste priez pour nous". Ce panneau était-il placé derrière Jean-Baptiste présentant Jean Ier ?

 

"Les autres vitraux du chœur furent exécutés à la même époque par un second artiste dont les visages sont halés, alors qu’ils sont très blancs dans la verrière axiale. De ce second artiste subsistent quelques scènes dans un décor architecturé : une Vision d’Apocalypse et quelques détails d’une Annonciation, ou encore de saints en pieds (saint Jacques, saint Georges…). Nous lui devons aussi un portrait intéressant, celui du « chefcier ». Il s’agit du doyen du chapitre qui résidait dans la chefcerie, au nord de l’église, alors que les autres chanoines avaient leur maison dans la ville. Son prénom – Michel – nous est indiqué par son saint protecteur, l’archange Michel en tenue liturgique. Agenouillé et un peu de biais, tout comme le couple princier, il est en habit de chœur, avec au bras l’aumusse, sorte d’étole fourrée en peau de martre. La prière qui monte des lèvres du chanoine, Sancte Iohannes baptista ora pro nobis laisse supposer que le vitrail qu’il offrit se situait à côté du vitrail axial, à droite, et que d’un vitrail à l’autre le chanoine s’adressait avec déférence au saint protecteur de Jean Ier d’Alençon." (Roger Blot)

Voir :

 

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le chanoine est présenté par saint Michel archange. Celui-ci porte à la fois une croix à double traverse, et la balance du Jugement dernier, sur le plateau de laquelle un homme nu est agenouillé mains jointes vers le juge. Un diablotin ailé infléchit la balance pour que ce dernier soit damné, et non sauvé.

C'est à nouveau une composition en grisaille et jaune d'argent, témoignant de cette option (elle laisse passer plus de lumière vers les chanoines installés dans le chœur, à la différence des baies en verre colorés du XIe au début du XIVe). Voir son entrée dans les verrières de Chartres au XIVe

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les traits du visage du saint attirent l'attention. Si on les compare à ceux du chanoine, ils ne diffèrent pas par la bouche, mais par les yeux qui sont étirés et presque orientaux. Comme nous retrouverons cet affinement des yeux parmi les trois saints voisins, j'en déduis qu'il s'agit d'un procédé soulignant la spiritualité des personnages.

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les portraits en pied de trois saints.

 

Il s'agit de saint Jacques le Majeur, de saint Georges et probablement de saint Ambroise, saint archevêque accompagné d'une colombe. Leurs portraits en grisaille et jaune d'argent ont été regroupés et se détachent sur un fond bleu ciel moderne, tandis que le bas du corps est assez maladroitement placé sur un fond carrelé bicolore.

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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L'apôtre saint Jacques porte le chapeau qui lui est propre, frappé de la coquille, le bourdon, la besace suspendue à un baudrier, et le livre ; il est pied-nus, comme tout apôtre.

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le chevalier saint Georges, en armure, porte un turban perlé orné d'un plumet. Son casque est posé à ses pieds.

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le Docteur et Père de l'Église saint Ambroise est mitré porte les chirothèques et tient la croix propre à son rang d'archevêque de Milan. Selon F. Gatouillat, il est accompagné d'une colombe, que je ne découvre pas. Il s'agit pour moi d'une étoile sur la croix.

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les anges.

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Je n'ai pu déchiffrer cette inscription.

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Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 (1er quart XVe ) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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LES PANNEAUX DU MILIEU DU XVIe SIÈCLE : UN ARBRE DE JESSÉ.

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Il faut , pour mieux les comprendre, mettre  en parallèle ces fragments assez réduits avec les vitraux des Arbres de Jessé de la même époque, soit en Ille-et-Vilaine d'abord à Moulins (au nord de La Guerche), puis aux Iffs mais aussi au sud des Côtes d'Armor à La Ferrière ou à Moncontour, voire à Paule, ou au nord-est du Morbihan à Beignon et  Ploermel. 

 

En Bretagne:

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Et en comparaison avec les œuvres bretonnes :

 

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Baie 14 ( milieu XVIe) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 ( milieu XVIe) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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À gauche, un personnage en pied, dans la posture propre aux prophètes accompagnant de part et d'autre Jessé endormi sous sa tente, tient le pan vert de cette dernière. Il correspond vraisemblablement à Isaïe.

Il est intéressant de le rapprocher de son homologue de l'église de Notre-Dame-du-Touchet, et de constater la grande proximité des panneaux. Selon M. Callias-Bey, "cette verrière adopte une formule courante en Normandie au XVIe siècle à Rouen ( à Saint-Maclou , Saint-Godard et Saint-André-de-la-Ville)  avec Jessé accoudé à une cathèdre surmonté d'un riche pavillon entouré de deux prophètes Isaïe et Jérémie.

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Le vitrail de l'arbre de Jessé (v.1537) de l'église de Notre-Dame-du-Touchet.

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Si on accepte cette similitude, on pourra alors penser que le cartouche muet de la verrière de La Guerche comportait l'inscription  Egredietur virga de radice Iesse, [et, sur le cartouche de droite flos de radice eius ascendet] , "une tige sortira de la racine de Jessé, et une fleur s'élèvera de ses racines" (Isaïe 11 :1-2).

De même, nous pourrons reconstituer l'aspect initial de l'Arbre de Jessé de Lag Guerche en se basant sur celui de N.-D. du Touchet :

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Le vitrail de l'arbre de Jessé (v.1537) de Notre-Dame du Touchet.

 

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Le vitrail de l'arbre de Jessé (v. 1537) de Notre-Dame du Touchet.

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Baie 14 ( milieu XVIe) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 ( milieu XVIe) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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À droite, au dessus du sommet du pavillon de Jessé (en verre rouge gravé et peint au jaune d'argent), se tiennent quatre rois, assis tant bien que mal sur les branches de l'Arbre généalogique qui menait, lorsqu'il était intact, à la figure de la Vierge tenant l'enfant Sauveur.

En suivant la même piste que précédemment, la comparaison entre La Guerche et Notre-Dame-du-Touchet se renforce encore en comparant le David normand avec son homologue breton (même si celui-ci a perdu sa harpe dont il ne reste que quelques cordes sur fond bleu) : la similitude des couronnes et des postures permet d'affirmer la reprise des mêmes cartons.

Par contre, les verrières plus proches géographiquement de La Guerche-de-Bretagne adoptent certes une construction semblable, mais ne sortent pas du même atelier.

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Le vitrail de l'arbre de Jessé (v. 1537) de Notre-Dame du Touchet.

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La tête casquée de gauche, à La Guerche, est ensuite rapprochée de celle-ci, à Notre-Dame-du-Touchet :

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Le vitrail de l'arbre de Jessé (v. 1537) de Notre-Dame du Touchet.

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Baie 14 ( milieu XVIe) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 14 ( milieu XVIe) de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile août 2020.

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SOURCES ET LIENS.

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ANDRÉ, 1878

AUBRY (Ernest), 1901, Notes chronologiques sur La Guerche-de-Bretagne. Paris : Office d'édition et de diffusion du livre d'histoire, 1994. (Monographies des villes et villages de France).

— BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, Histoire, Archéologie, Monuments. Rennes : J. Larcher, 1929. p. 133-149

 

— BARBEDOR (Isabelle), ORAIN (Véronique), RIOULT (Jean-Jacques), 1994, La collégiale Notre-Dame de la Guerche-de-Bretagne, Inventaire général dossier IA001130826 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-de-la-guerche-place-du-general-de-gaulle-la-guerche-de-bretagne/19f81236-0eaa-4972-9457-dcf7e0369ddb

BLOT (Roger), 2010, Yves Mahyeuc et la chapelle de Tous les Saints à la collégiale de La Guerche in Augustin Pic  et Georges Provost, "Yves Mahyeuc, 1462-1541: Rennes en Renaissance" © Presses universitaires de Rennes, 2010.

https://books.openedition.org/pur/127311

— BRUNE, 1846, Résumé page 318-319 ;  1849, Résumé page 29

BRUNE, 1849, Indication et descriptions des principales verrières du diocèse de Rennes, Bull. Archéologie association Bretonne t.II,2, p 199.

BRUNE,, 1861, Indication et descriptions des principales verrières du diocèse de Rennes, Bull. Archéologie association Bretonne t.II,2, p 72.

—DALIBARD (Sabrina) MÉNARD (Stéphanie), Inventaire Général

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/architecture-religieuse-sur-la-commune-de-la-guerche-de-bretagne/f7694664-8ad5-4e5d-b847-60ff865a9a45

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005, Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Inventaire général du patrimoine culturel ; Rennes : Presses universitaires de Rennes , impr. 2005

—GUILLOTIN DE CORSON, (Amédée),1880-1884. Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. Rennes : Fougeray, Paris : René Haton, 1884. TI p. 83-85 et  TIII p. 4-19

— GUIFFAULT (Jacques),  2020, Visite guidée de la basilique Notre-Dame-de-Bretagne

https://www.laguerchedebretagne.fr/spip.php?article177&var_mode=calcul

https://documentcloud.adobe.com/link/review?uri=urn:aaid:scds:US:a0b8a548-bca4-4f20-ba4d-75cc6d7b4120#pageNum=1

—JARRY, (Alphonse), 1941. Le sanctuaire de Notre-Dame de la Guerche à travers les âges. Rennes : Imprimerie Bretonne, 1941.

https://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/f19eba6aa5113393960b376867db3b78.pdf

— MENANT (Marie-Dominique, L'HARIDON (Erwana), 2005, Inventaire Général dossier IM35016932, la verrières  de la baie 10 : L'Annonciation. [baie 8 du Corpus Vitrearum]

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/verriere-de-la-baie-10-annonciation/85cd7d32-7a3b-4449-9a41-2f0b61a0ebce

— MENANT (Marie-Dominique, L'HARIDON (Erwana), 2005, Inventaire Général dossier IM35016952, la verrières  de la baie 12 : Couronnement de la Vierge. [baie 12 du Corpus Vitrearum] 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/verriere-de-la-baie-12-couronnement-de-la-vierge/13a1195d-099a-45cb-b9a7-1e3a558eb739

— MENANT (Marie-Dominique, L'HARIDON (Erwana), 2005, Inventaire Général dossier IM35016953, la verrières  de la baie 14 : Le Jugement dernier. [baie 10 du Corpus Vitrearum]

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/le-patrimoine-mobilier-de-l-eglise/fff2dfef-1913-4875-ace7-3c87753d21de

— MENANT (Marie-Dominique, L'HARIDON (Erwana), 2005, Inventaire Général dossier IM35016953, la verrières  de la baie 16 : Arbre de Jessé. [baie 14 du Corpus Vitrearum]

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/verriere-de-la-baie-16-arbre-de-jesse/6ae4fc5b-6578-4b6a-bc30-d0a5f97bd154

— MEURET (Jean-Claude),1993, Le poids des familles seigneuriales aux confins de l'Anjou et de Bretagne. Martigné-Pouancé-La Guerche

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f464b98791223.18123992/1993_05.pdf

TOURNEL (Charles), 1917, Vitraux de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne, Bull. Et mémoires de la société archéologique d'Ille-et-Vilaine TXLV p. 233-238. Non consulté.

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
27 octobre 2020 2 27 /10 /octobre /2020 20:03

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Les 18 stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Ia,  le coté sud. Jouée, miséricordes, appui-mains.

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Voir dans ce blog la description d'autres stalles :

 

 

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Sur les bas-reliefs des panneaux au décor Renaissance en Bretagne, voir :

 

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Note. J'ai lu avec passion et admiration, et j'ai largement exploité ici, la thèse (2012) de Florence Piat consacrée aux stalles de l'ancien duché de Bretagne. Je la citerai copieusement, et, quoique soucieux de publier un article personnel, je m'en voudrais de ne pas partager la qualité et la compétence de son travail, d'ailleurs rendu généreusement disponible en ligne. Je suis très loin d'en avoir épuisé les trésors d'érudition, et c'est à sa publication que je renvoie les lecteurs soucieux d'accéder aux meilleurs sources.

Mon souci principal est de mettre à la disposition des internautes une iconographie commentée des décors de la première Renaissance bretonne.

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PRÉSENTATION.

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I. L'ANCIENNE COLLEGIALE NOTRE-DAME ET SON CHAPÎTRE DE 12 CHANOINES.

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La collégiale Notre-Dame, l'une des plus anciennes de Bretagne, a été fondée en 1206 par Guillaume II, fils de Geoffroy de Pouancé  et neuvième seigneur de la Guerche, sur la chapelle castrale déjà vouée à Notre-Dame et située  à une centaine de mètres du château. Il s'agit pour lui de créer un établissement indépendant de tout évêché et de toute abbaye, et étroitement lié au contraire à son propre pouvoir, au salut et au renom de son propre lignage. Les lignes débutant sa charte (dans une rédaction notariale courante) en témoigne : pro salute anime mee, antecessorum  et haeredum meorum instituo duodecim canonic.... (Dom Morice, Mémoires I p.804Il conclue en y associant son fils Geoffroy, son épouse Hersende de Sillé et sa fille Elisabeth. Les statuts de la collégiale sont confirmés en 1378 par le comte Pierre d'Alençon.

 

Le plus ancien sceau de la collégiale de la Guerche venu à notre connaissance est de 1448; il est de forme ogivale et présente la Sainte Vierge assise dans un fauteuil et sous un dais, ayant sur le bras gauche l'Enfant Jésus et tenant de la main droite une branche de lys fleurie, avec l'inscription S. CAPIT. ECCLE. BE . MARIE.VIRG. DE. GUIRCHIA (Arch dép. Ille-et-Vilaine 8G,67). On remarquera que le décor des stalles, tel qu'il nous est parvenu, ne comporte aucune représentation de la Vierge. 

 

La collégiale  fut convertie en église paroissiale en 1791 ; elle devient basilique mineure en 1951.

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"La collégiale Notre-Dame est une fondation seigneuriale, instaurée par Guillaume II, baron de La Guerche, pour faire œuvre pieuse suite à une expédition punitive et meurtrière qu’il avait mené avec d’autres barons en Normandie en 1203.

En 1203, Arthur Ier duc de Bretagne est assassiné sur ordre de son oncle, Jean sans Terre, alors qu’il était emprisonné à Rouen. Les seigneurs bretons engagent alors une expédition punitive, pour venger le jeune duc, prennent le Mont-Saint-Michel et se dirigent en Normandie, assassinant sur leur passage de nombreux innocents. Guillaume II de La Guerche avait pris part à cette vengeance et faisait même partie de la branche la plus radicale du groupe. Pour se repentir de ces massacres, il décide de faire œuvre pieuse et de fonder le chapitre de la Guerche, transformant ainsi sa chapelle seigneuriale en collégiale placée sous la protection de Notre-Dame. .

La composition et les revenus du chapitre collégiale de La Guerche-de-Bretagne sont plutôt bien connus car une copie datée de 1388 de l’acte de fondation est toujours conservée aux Archives départementales d’Ille-et-Vilaine.

Le chapitre est ici composé de douze chanoines dont le premier d’entre eux n’est pas nommé Doyen mais Chefcier. Un diacre et un sous-diacre venaient ensuite compléter le tableau. Ainsi, le chefcier était le seul dignitaire de ce chapitre. Il est stipulé dans l’acte de fondation que ce chiffre de douze chanoines ne peut en aucun cas évoluer, cela se justifiant par la définition stricte des revenus afférents au chapitre. En effet, la liste des donations est elle aussi stipulée, de sorte que chaque chanoine se voit allouer une somme de 20 livres de revenu mensuel. Cette somme, si elle pouvait sembler très correcte au XIIIe siècle, ne l’était déjà plus à la fin du XVe siècle. De fait, le clergé guerchais n’était pas riche : en 1564, il demanda à être exempté des taxes imposées par le roi sur les établissements ecclésiastiques et en 1693, le revenu moyen de chaque chanoine ne s’élevait qu’à 212 livres de rente annuelle, toutes charges déduites. La nomination des chanoines dépendait du seigneur de La Guerche. Le candidat devait ensuite faire « preuve de chant » devant le chanoine chefcier et jurer de se conformer aux statuts de la collégiale. Il devait également s’acquitter du droit de chape dont le montant était fixé à 60 livres, 100 s’il était chefcier, somme rondelette en comparaison du droit de chape de 20 livres de Tréguier ou de 80 livres de la cathédrale de Rennes. Nous avons donc ici l’image d’un petit chapitre, aux revenus plutôt modestes, au demeurant très investis dans leurs paroisses respectives et aidant très régulièrement les autres paroisses comme celle de Rannée" (F. Piat)

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N.B. Une chapellenie  est fondée dans la chapelle du Temple de La Guerche par un chanoine de La Guerche, Jean Reveleau, et acceptée en 1504 par  Catherine d'Alençon.

http://www.infobretagne.com/commandeurs-guerche.htm

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 II. LES STALLES.

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Rappel : Les stalles sont les sièges qu’utilisaient les religieux pendant les longs moments qu’ils devaient passer dans le chœur de l’église pour les offices et les prières. Ce sont des sièges d’un type particulier : ils sont individualisés, permettant à chaque religieux d’avoir son propre siège, mais ils forment des rangées continues, disposées dans l’axe de l’église, appuyées aux piliers, avec une courte rangée placée en perpendiculaire qui ferme le chœur à l’ouest, isolant les religieux du reste de l’église. Généralement, un ensemble de stalles comporte des stalles basses et des stalles hautes: ces dernières sont surélevées des précédentes par une estrade de 2 ou 3 marches, et sont surmontées par des hauts dossiers et un baldaquin.
 

"L’ancien duché de Bretagne conserve aujourd’hui dix ensembles de stalles, majoritairement situés dans la partie nord de la région : celles de la cathédrale de Dol de-Bretagne (77 stalles), de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne (18), de la collégiale de Champeaux (54), de la cathédrale de Tréguier (48), de l’église de Boquého (8), de la chapelle Saint-Quay de Plélo (8), de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon (66), celles provenant du château de Kerjean (6), celles conservées dans l’église Saint-Symphorien de Couëron et provenant de l’abbaye Notre-Dame de Buzay (10), et enfin, celles de l’église Saint-Herbot de Plonévez-du-Faou (15). Ces dix groupes, réalisés entre la fin du XIVe siècle et le premier quart du XVIe siècle, offrent un aperçu qualitatif original de ce mobilier liturgique à la fin du Moyen Âge." (F. Piat)

"Dans la collégiale Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne se trouve un ensemble de dix-huit stalles qui, malgré un état lacunaire, a néanmoins conservé ses parties supérieures. Pendant la Révolution, la collégiale a subi de nombreuses destructions et tous les blasons se trouvant sur les stalles ont été bûchés. Néanmoins, le panneau central des dorsaux des stalles sud porte toujours un blason qui n´a été que partiellement détruit. Les mêmes armes sont représentées sur un vitrail de la nef. Il s´agirait de celles des ducs d´Alençon, qui étaient également barons de La Guerche : de France à la bordure de gueule chargée de huit besants d´or. Plusieurs personnalités auraient pu commander ces stalles, mais la plus probable semble être Charles IV d´Alençon notamment parce que les armes du blason sont pleines. Au cours du XIXe siècle, des travaux de restaurations et d´agrandissement du chœur ont entraîné la destruction des stalles basses et d´une partie des stalles hautes. D´après les recherches et commentaires de l´abbé Jarry, l´ensemble devait être composé, à l´origine, d´une soixantaine de stalles complétées par un jubé."(F. Piat)

"Les miséricordes de La Guerche sont les seules de Bretagne à présenter des scènes de l´Ancien Testament : le Péché Originel, Adam et Eve chassés du Paradis, les raisins de Canaan. Elles comportent également un proverbe d´origine flamande : « Bailler devant le four », c´est-à-dire essayer de faire quelque chose d´impossible. La sculpture des stalles de La Guerche est un mélange étonnant entre des thèmes issus du répertoire de la première Renaissance et des thèmes issus, quant à eux, du répertoire médiéval. Ainsi une sirène est-elle représentée sur un appui-main côté nord, peignant ses longs cheveux alors qu´un bucrane (tête de bœuf décharnée) est sculpté sur une miséricorde côté sud. De même, alors que les dorsaux sont ornés d´arabesques, de mascarons et de grotesques, une autre miséricorde représente un sodomite, vu de dos, mais dont les parties sexuelles ont été bûchées. En dehors de l´ensemble de Tréguier, il s´agit du seul cas de scènes de ce genre sur les stalles bretonnes. Deux artistes, peut-être un maître et son élève, ont travaillé sur ces stalles comme l´atteste la différence de qualité entre les rangs nord et sud." (F. Piat)

"Le nombre de chanoines composant les chapitres cathédraux ou collégiaux bretons peut paraître plutôt modeste et, comme souvent, ne correspond pas au nombre de stalles qui agrémentent leur chœur : 12 chanoines à La Guerche, 14 à Tréguier, 19 à Saint-Malo, 16 à Rennes, 12 à Quimper pour le XVe siècle. Cette différence entre nombre de chanoines et nombre de stalles, phénomène qui se retrouve dans tous les autres exemples à travers l’Europe, s’explique par le fait que ces chanoines n’en étaient pas les seuls occupants, d’autres membres du clergé, des représentants des autorités laïques et des invités pouvant également prendre place avec eux dans le chœur, les stalles hautes étant celles qui étaient véritablement destinées aux chanoines." (F. Piat)

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Au péril de la Révolution, au risque de la restauration : La Guerche-de-Bretagne.

"Les stalles de la collégiale Notre-Dame de La Guerche, réalisées dans les années 1520, comptent parmi les ensembles les plus profondément modifiés pendant la période révolutionnaire d’une part, mais surtout durant le XIXe siècle. L’église fut une première fois profanée par les Huguenots en 1563, lesquels occasionnèrent des dégâts tels que le chapitre demanda à être exempté de l’impôt royal sur les établissements ecclésiastiques en 1564 (202 P. BANEAT, Le département d’Ille-et-Vilaine. Histoire, archéologie, monuments, Paris, Librairie Guénégaud, 1973 (3ème éd.), t. II, p. 140.). Sur le document d’époque, la marquise de Montferrat explique ainsi : « que les huguenots avoient, l'an derroin passé, ravi et emporté tous les calices, ornements, livres et biens de leur dite église collégiale, rompu et brisé les coffres, bancs, pupistres, portes, lampes et ustenciles de ladite église »(203 Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine, 1 G 463.). Il est très probable que les stalles (les « bancs ») furent affectées par cette première vague de destruction, qui fut loin d’être la dernière. De ce qu’il advint des stalles entre le XVIe siècle et la période révolutionnaire, on ne sait que peu de choses. Cependant, la destruction du jubé en 1730 dût entraîner des modifications au niveau de leur agencement. Au moment de la Révolution française, l’église fut désertée et le chœur servit aux réunions du nouveau conseil municipal. La nef, quant à elle, devint pendant un temps un magasin à fourrage, puis un magasin de fournitures militaires et un poste de la garde nationale. Il apparaît que durant cette période, l’église et son mobilier subirent de nombreuses dégradations. Quant au mobilier religieux, son sort ne fut pas meilleur : « [Le sanctuaire fut] souillé et profané. Les confessionnaux servirent de guérites pour les hommes de faction ou de lieu de dépôt pour enfermer les fusils. […] Les nombreux et riches ornements dont les chanoines se paraient pendant les fastueuses cérémonies, furent vendus à l’encan, les vases sacrés furent envoyés à la Monnaie, les cloches fondues pour faire des canons, les admirables vitraux mutilés, etc… » (A. JARRY, Le sanctuaire de Notre-Dame de la Guerche à travers les âges, Rennes, imprimerie Bretonne, 1941, p. 37)

C’est probablement à cette époque que l’ensemble des armoiries figurant sur les stalles fut bûché, occasionnant des problèmes de datation sur lesquels nous aurons l’occasion de revenir. Le XIXe siècle ne fut pas moins tendre avec l’insigne collégiale et surtout son mobilier. Lors du renouveau ecclésiastique qui marqua la seconde moitié de ce siècle, de nombreux travaux d’agrandissement, voire de reconstruction furent entrepris dans tout le département. Des travaux de restauration furent ainsi initiés dans la collégiale Notre-Dame de La Guerche, entraînant un changement profond dans sa physionomie : ajout du collatéral nord, de la tour nord, remaniement intégral de la façade et nivellement du chœur. Lors de la campagne qui toucha le chœur, le tombeau de Guillaume II, fondateur de la collégiale fut mis à jour. On décida alors de le mettre en valeur, supprimant par la même occasion 6 stalles qui pouvaient en gêner la vue. La transformation du chœur ne s’arrêta pas là car en 1888-1889, on profita de ces restaurations pour, certes, ôter la couche de peinture jaunâtre qui recouvrait l’ensemble des miséricordes, mais aussi pour supprimer les rangs inférieurs. Compte tenu de tous ces éléments, il est probable qu’au moment de leur réalisation les stalles de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne, aujourd’hui au nombre de 18, devaient s’élever à plus d’une quarantaine." (F. Piat)

Une nouvelle restauration est survenue en 1984.

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Les stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Plan et numérotation par Florence Piat.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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LA JOUÉE SUD-OUEST.

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Les jouées  sont les quatre  panneaux verticaux ornementés qui terminent les rangées de stalles à l'est et à l'ouest. Les stalles de La Guerche ne conservent que les deux  jouées occidentales.

Les jouées hautes associent ici  un panneau plein orné d'un personnage biblique en bas-relief (Judith, du coté sud), et un ensemble aéré, en ronde-bosse où des entrelacs d'animaux fantastiques  entourent d'un saint personnage. 

Les jouées basses, qui terminent l'accoudoir, sont des panneaux pleins, sculpté de candélabres,  sous un religieux agenouillé (identique en miroir au nord et au sud) en guise d'appui-main en ronde-bosse.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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La jouée basse.

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Au dessus d'un panneau sculpté en bas-relief de candélabres, une sculpture toute en rondeur représente un  religieux agenouillé , front posé sur ses mains jointes, tête recouverte par la capuche de son  scapulaire.

N'est-ce pas une création pieuse et sage des restaurateurs du XIXe ?

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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LA JOUÉE HAUTE, PANNEAU INFÉRIEUR. JUDITH TENANT LA TÊTE D'HOLOPHERNE.

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Judith, brandissant son cimeterre et richement vêtue, tient, dans la main gauche, la tête d'Holopherne qu'elle vient de couper.

" Judith coupant la tête d’Holopherne est sculptée en bas-relief sur le panneau inférieur de la jouée haute sud . Le visage vu de profil, elle adopte un déhanché caractéristique du contrapposto, et évoque indéniablement la Renaissance italienne dans le traitement de la sculpture autant que dans celui de ses atours. Armée d’un cimeterre dans la main droite, elle tient, par les cheveux, le chef d’Holopherne dans la main gauche." (F. Piat)

 

 

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-23x2-stalles-avec-dais-et-dorsaux/f828268e-a046-452a-8f6a-4fa70232352f/illustration/8

Le Livre de Judith (Judith 11, 23) raconte comment Judith, jeune et belle veuve de la ville de Béthulie, a sauvé sa ville et son peuple, assiégés par l’armée d’Holopherne, lieutenant du roi babylonien Nabuchodonosor. Elle se rend au campement d’Holopherne, qui, séduit par sa beauté, a organisé en son honneur un banquet au cours duquel il a bu trop abondamment ! Judith profite de son ivresse et le tue, puis 

La scène est également représentée sur la jouée des stalles , datant vers 1501, de l'abbaye Saint-Martin-aux-bois (Picardie)

https://www.abbaye-saint-martin-aux-bois.fr/les-jouees/

On la trouve également sur les hauts dossiers de la stalle n°47 des stalles (entre 1500 et 1550) de la cathédrale d'Auch : Judith y est représentée également tenant la tête d'Holopherne.

Iconographie : Judith, figure de l'héroïne libérant son peuple du tyran, est un modèle de beauté, de détermination et de dignité, et illustre la victoire sur le Mal (le paganisme et la sexualité). Elle s'apparente à sainte Catherine piétinant la tête du roi son père, ou à la Vierge terrassant le démon.

Le thème est en vogue en Italie à la fin du XVe et au début du XVIe siècles : statue en bronze par Donatello en 1455-1460, peintures par Botticelli vers 1470, par Mantegna, Lucas Cranach l'Ancien vers 1530, etc.

https://www.persee.fr/doc/mefr_1123-9891_2006_num_118_2_10497

 

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Sur la tranche du panneau inférieur : le buste d' une femme noble.

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Les cheveux de cette femme aux joue rondes sont recouverts d'une coiffe encadrant son visage. Elle porte au dessus d'un manteau décolleté un collier de maillons de chaîne, qui signent l'importance de son rang.

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NB Sur la face interne de la jouée, un quadrupède fabuleux semble se mordre le haut du dos.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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LA JOUÉE HAUTE, PARTIE SUPÉRIEURE. 

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Cette partie à claire-voie (permettant la communication visuelle entre les occupants des stalles et l'extérieur) associe un saint personnage avec un entrelacs complexe de figures humaines, anthropoïdes et animales. On ne la saisit complètement qu'en tournant autour, observant sa face intérieure, sa face extérieure (principale), et sa tranche. Mais rien n'y est laissé au hasard, car sa composition est symétrique à son homologue du coté nord.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Je décrirai d'abord sa moitié inférieure.

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Un homme aux cheveux longs (un religieux ?) y tient en laisse, par son étole, un cerf ou plutôt une biche. Ce personnage n'est pas nimbé mais il est très probable qu'il s'agisse d'un saint. Son visage a été buché.  Il est vêtu d'un long manteau à large rabat, dont les pans sont réunis par un fermail au dessus d'une robe serrée par une ceinture.. Il pourrait s'agir de saint Gilles l'ermite, surtout si on remarque que la main droite tient un objet long, compatible avec la flèche qui est un attribut de ce saint. Mais les cheveux longs du personnage et sa tenue correspondraient plutôt à un noble qu'à un moine et ermite. Si on récuse mon identification de l'animal, d'autres solutions pourraient être évoquées peut-être.

Du coté nord, la statue homologue est celle de saint Yves.

 

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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La biche a les pattes antérieures posées sur un rinceau, qui provient de la gueule d'un dragon. De cette première gueule sort une seconde tête de dragon, aux yeux proéminents, qui libère elle-même  deux  oiseaux, peut-être des aiglons, aux corps partiellement feuillagés, et aux têtes formant deux volutes opposées. Ces volutes supportent une console, où saint Gilles est installé.

Ma description reste en deçà de la réalité, puisqu'on peut découvrir deux autres faces humaines, et autres détails.

 

Enfin, il faut remarquer des mouchetures d'hermines sur le montant au dessus du dos de la biche, coté intérieur. Et il faut noter que ces hermines, emblème de la Bretagne,  figurent sur les armes d'Yves Mahyeuc, évêque de Rennes de 1507 à 1547, sous un rang de couronnes d'épines.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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L'étage supérieur.

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Il est formé par un entrelacement d'animaux fantastiques composant une double boucle en huit. L'élément le mieux repérable dans la boucle supérieur est le couple de personnages nus tenant un blason muet mais couronné. Au moins l'un des deux personnages est féminin (cheveux longs et bouclés, forte poitrine, ventre gonflé).

Le blason ne peut être attribué, mais la couronne est compatible avec celui des seigneurs mécènes de l'ancienne collégiale, les ducs d'Alençon.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Dans la boucle inférieure du huit, un petit homme est à cheval sur l'extrémité du volute. Il est nu, son ventre est proéminent, ses cheveux sont longs.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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La double volute est formée par les corps de dragons, qui sont en fait des grylles aux nombreuses têtes ectopiques, qu'on s'amuse à repérer. Certaines prennent dans leur gueules des petits êtres.

C'est l'expression du goût de l'époque pour les métamorphoses, l'effacement des limites entre genre et ordre (animal, végétal, humain ou artificiel) sous le signe de l'entre-dévoration. Cette inspiration est certes grotesque (issue de la découverte du décor de grottes des salles du palais de Néron par des excavations explorées à la lanterne dans la Domus Aurea dès 1480  par les artistes italiens tels que  Ghirlandaio, Pinturicchio, Filippo Lippi, Signorelli, puis vers 1515 par Raphaël, Giovanni da Udine et Michel-Ange), mais si on en compare les créations bretonnes avec les modèles italiens (Loggetta du cardinal Bibbiena en 1516 ), force est de constater leur originalité, et, inversement, leur appartenance à un style régional qu'on retrouve dans les stalles de Champeaux, les jubés, et sur les sablières bretonnes.

Il faut ainsi remarquer l'importance donné au dragon (il inaugurera les miséricordes), un animal emblématique de la dévoration, et qui, en Bretagne — comme en Chine !— n'est jamais terrifiant, pas plus que les loups et les ours des jouets d'enfant aujourd'hui. Il n'est certainement pas  non plus une figure chrétienne du Mal et de la punition réservée aux pécheurs.  Il serait d'avantage un protecteur de l'espace, comme sur les crossettes et sculptures extérieures de l'église.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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L'ange à l'écusson au monogramme énigmatique.

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Sur la jouée haute qui jouxte la stalle sud, au sommet, sur la tranche, un ange tient un écusson sur lequel est sculpté un 'R', qui peut renvoyer soit à un chanoine, soit au commanditaire, soit au maître d'œuvre. Mais ce R est doté d'un jambage supérieur qui pourrait renvoyer, par exemple, à un F ou du moins, à deux lettres conjointes.

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Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Jouée sud-est des stalles (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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LES 9 MISÉRICORDES ET LES APPUIE-MAINS.

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Les miséricordes sont les petits culots qui soutiennent les sellettes sur lesquelles les religieux pouvaient s’appuyer légèrement quand ils devaient rester debout de longs moments. Elles sont ornées de sujets très variés, et mêlent aussi la réalité et la fantaisie.

Liste des miséricordes du coté sud :

 n°1. Crâne d'animal avec serpents.

 n°2. Un dragon, tête tournée vers l'arrière.

 n°3. Homme buvant au tonneau.

 n°4. Le Buveur.

n°5. Vendangeur foulant le raisin.

 n°6. Deux vendangeurs transportant une grappe.

n°7. Homme criant dans un récipient creux (proverbe).

n°8. Deux joueurs de trompettes autour d'un globe crucigère.

 n°9. Homme portant un lourd sac sur le dos, chevauchant un âne.

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Rappelons que l'organisation a été modifiée par rapport aux stalles d'origine. Néanmoins, les miséricordes sud sont marquées par la prédominance du thème de la vigne, des vendanges, de la boisson et de l'ivresse, thème décrit avec gaieté et truculence, mais sans dénonciation ou condamnation patente. Deux miséricordes relèvent de l'illustration, très courante sous les sellettes des stalles, d'une culture populaire associant proverbes, expressions verbales, et, ailleurs, fables et scènes grivoises.

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Les appuie-mains sont les petites sculptures en ronde-bosse, sur les parcloses, qui, comme leur nom l’indique, permettaient aux religieux de poser leurs mains quand ils étaient assis. 

Liste des appuie-mains du coté sud :

 

 n°1. Hybride anthropoïde.

 n°2. Jambes écartées d'un animal.

 n°3. Hybride anthropoïde jambes écartées.

 n°4. Un hybride.

n°5. Hybride ailé mordant la parclose.

 n°6. Grylle ailé tenant un objet. 

 n°7. Hybride ailé.

 n°8.  Hybride au bas du corps en spirale de feuilles.

n°9. Hybride à appendices en spirales.

L'unité thématique est complète, puisque tous ces appuie-mains sont des hybrides, mêlant des formes animales (terrestres et aviaires), végétales, et humaines, sans évocation d'animaux précis tels que les dragons. Cette hybridation des formes n'est pas propre à la Renaissance mais renvoie à cette période artistique par son association aux créations fantastiques des jouées et des dossiers.

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Stalle n°1. Crâne d'animal avec serpents ; centaure.

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a) la miséricorde n°1. Crâne d'animal traversé par deux serpents.

Un couple de serpent chemine à travers les orbites d'un crâne d'animal dépourvu de cornes (ce qui exclurait théoriquement le traditionnel crâne de œuf, ou bucrane). Les dents maxillaires sont visibles.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-01/54aabce5-7170-45a5-8ecd-921f93048c9f

"Crâne d´animal, un cheval ou un boeuf, vu de face. Un ver sort de chacune des orbites. Sur le dossier : des personnages et des rinceaux s'entremêlent dans le style de la première Renaissance. " (F. Piat)

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main n°1. Un hybride anthropoïde bedonnant tient un cœur rayonnant. Son casque forme des cornes devant les oreilles. L'arrière-train d'un animal (lion?) se greffe à son bassin.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Stalle n°2. Un dragon, tête tournée vers l'arrière. Jambes écartées d'un animal.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-02/6c516aae-02a2-49da-b75e-3a09b8fff8d7

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a) La miséricorde n°2 : un dragon, en profil gauche.

C'est un dragon par sa tête, par son échine hérissée, et sa patte à sabot. 

 

"Animal monstrueux, vu en partie du dessus. L´alignement du corps forme un S allongé. Il est tourné vers la gauche, mais sa tête est complètement retournée vers la droite, au-dessus de son dos. Une crête s´étend du sommet de sa tête jusqu´à la base de sa croupe. Une seule patte est visible : il s´agit de sa patte arrière gauche, patte qui se termine par un sabot." (F. Piat)

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main n°2. Bas du corps nu d'un être anthropoïde mais à pattes animales (sabots). Le haut du corps a été buché.

 

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Stalle n°3. Homme buvant au tonneau. Homme jambes écartées.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-03/aa0fc544-bc0c-4754-90df-7e32a431240b

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a) Miséricorde n°3. Un homme boit à un tonnelet en T, la tête affectueusement soutenu par un homme plus jeune.

 

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"Cette miséricorde met en scène deux homme, vêtus tous deux de longue tunique ceinturée, ce qui pourrait sous-entendre qu´il s'agit de chanoines. L´un des personnages, placé sur la gauche, soutient son camarade, complètement renversé sur le dos. Celui-ci tient à deux mains un tonnelet qu´il tête goulûment. Il porte une coiffure particulière, composée de rubans et nouée sous son menton." (F. Piat)

"Quant aux proverbes et autres sujets développés sur les miséricordes, ils correspondent au goût qui se développe pour ce genre de sujets moraux, dont le caractère incongru est apprécié. Les proverbes, emblèmes et blasons sont alors édités en recueils à l’instar des Dictz moraulx pour faire tapisserie de Henri Baude. Le but de ce genre d’ouvrages n’est pas seulement de distraire ou de donner de sages conseils mais aussi, comme le dit Gilles Corrozet en 1540, de servir de modèles aux artistes : « Aussi pourront ymagiers et tailleurs, Paintres, brodeurs, orfévres, esmailleurs, Prendre en ce livre aulcune fantaisie, Comme ilz feroient d’une tapisserie. »" (F. Piat)

 

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Les stalles de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Ia,  le coté sud.
Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main n°3. Hybride anthropoïde jambes écartées. Tête buchée.

Il semble nu jusqu'à la ceinture, mais la moitié haute, confuse laisse imaginer des cheveux longs sous une capuche, l'absence de bras, et un manteau fait de feuillages.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Stalle n°4. Le Buveur. Un hybride.

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a) La miséricorde n°4. Le Buveur.

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Ce jovial jeune homme, au menton fleuri d'une pointe de barbe, et à la longue chevelure bouclée couronnée d'un bonnet à rabat, lève autour de son visage un pichet et un gobelet, comme s'il trinquait à notre santé. Sa tunique, à plis épais et à manches longues, est fendue par devant, avec une encolure  en V dont les rabats disposent d'un gros bouton rond.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Ia,  le coté sud.
Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main n°4. Un Hybride.

Ce n'est pas un Centaure, mais  un être hybride, aux longues pattes animales sur lequel se fixe un buste et une tête anthropoïde, à la face buchée. Comme l'appui-main précédent, la partie basse est nue et la partie haute couverte d'un "manteau" aux pans de feuillage, tandis que la tête est couverte d'un voile  transpercé, à droite d'une corne.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Stalle n°5. Vendangeur foulant le raisin. Hybride ailé mordant la parclose.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-05/ddba1bd7-3e9f-4890-b11b-5a9f4a6cf461

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a) la miséricorde n°5 : Vendangeur foulant le raisin dans une cuve.

Son visage au front froncé, au nez épaté et à la mâchoire large s'encadre de longs cheveux. Il grimace et plisse les yeux par l'effort qu'il accomplit. Il est vêtu d'une riche tunique, aux manches très larges, et dont les pans sont retroussés et glissés dans sa ceinture. Il se tient sur les cotés de la cuve cerclée, tandis que deux grappes nous précisent son labeur.

 

"Un jeune homme, de face, entouré de grappes de raisins dans une cuve. Le personnage tient les rebords de cette cuve tandis que les pans de sa tunique sont coincés sous sa ceinture. Ses manches sont également relevées. Les grappes de raisins disposées tout autour de lui, la présence de la cuve et les gestes de l´homme indiquent qu´il s´agit là d'une scène de pressurage du raisin." (F. Piat) 

 

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main n°5. Hybride ailé mordant la rampe de la parclose.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Stalle n°6. Deux vendangeurs transportant une grappe. Grylle ailé tenant un objet. 

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Deux vendangeurs marchent en s'appuyant sur un bâton et transportent sur une perche une grappe disproportionnée. Ils sont vêtus de tuniques courtes serrées par une ceinture, et leurs jambes sont protégées par des houseaux. La coiffure du premier est un bonnet pointu, mais celle du second est plus élaborée, les oreilles étant protégées par une étoffe réticulée tandis que les rabats du chapeau sont relevés.

Rien ne m'incite à partager l'interprétation biblique que propose Florence Piat. C'est, à mes yeux, une simple scène de vendanges.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-06/165fef3b-a8cf-41f2-9cea-b66c93a1fb04

"Deux hommes, de profil, marchent vers la droite en portant sur leurs épaules un bâton sur lequel est accrochée une énorme grappe de raisins. L´individu situé en arrière tient une partie de cette grappe dans sa main gauche car elle semble trop lourde pour pouvoir tenir sur leur perche. Les deux hommes portent des tuniques courtes et des chapeaux coniques. Celui qui ouvre la marche est jeune et imberbe alors que celui qui la ferme est barbu. Cette miséricorde représente l´épisode de la grappe de Canaan ou d´Eschcol (Livre des Nombres 13, 23). Dieu ayant ordonné à Moïse d´envoyer des hommes explorer le pays de Canaan, les chefs de toutes les tribus y furent envoyés. Ils découvrirent une terre habitée et extrêmement riche et fertile. Comme ils devaient ramener des fruits de ce pays à leurs compagnons restés auprès de Moïse, ils emportèrent avec eux, de la vallée d´Eschcol, des figues, des grenades et une grappe de raisins tellement grosse qu´ils durent la transporter sur une perche. Sur cette miséricorde, l´aspect oriental du récit est rappelé par les chapeaux coniques des personnages. Conformément aux normes iconographiques, l'homme situé devant est imberbe et plus jeune que celui situé à l'arrière, symbolisant l'Ancien et le Nouveau Testament. La même représentation se retrouve sur les stalles de l´église de Champeaux en Seine-et-Marne. Sur le panneau du haut-dossier : le personnage situé dans la partie supérieure droite du panneau semble être un sodomite ou peut renvoyer à une scène scatologique." (F. Piat)

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main n°6. Un grylle ailé.

C'est un grylle, personnage fantastique à multiples têtes ectopiques, puisque ce personnage qui pourrait presque passer pour un ange, assis et tenant un panonceau ou un écu, présente deux têtes difformes en guise de jambes.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Stalle n°7. Homme criant dans un récipient creux. Hybride ailé.

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a) Miséricorde n°7. Homme criant devant l'ouverture d'un récipient.

Cet homme représenté de profil porte la même coiffure que le second vendangeur de la stalle n°6, avec l'étoffe réticulée couvrant sa tête sous la casquette à rabats. Il s'approche, bouche grande ouverte, du creux d'un objet concave posé sur un support de brique. Florence Piat fournit l'interprétation de cette scène : c'est l'illustration d'un proverbe. 

Le proverbe est cité par Wikipédia dans l'article "Proverbes flamands" illustrés par la peinture éponyme de Pieter Brueghel l'Ancien datée de 1559.  "Hij gaapt tegen de oven  : il veut bailler autant qu'un four, il s'attaque à l'impossible. Sur le tableau, un homme fait face à la gueule triangulaire d'un four en brique.

 

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-notre-dame-stalle-07/dca674ed-06c8-4711-acfb-92216f1c412e

"Un homme est représenté de profil, tourné vers la gauche, face au creux d'un objet concave, posé devant lui sur un petit édifice de briques. Il porte un chapeau dont les rabats sont relevés à l'arrière et qui se termine en pointe à l´avant. Il est assis et tient ses jambes repliées vers lui. Sa tête est d'une taille démesurée pour son corps. L´artiste a voulu insister sur l'expression de son visage. En effet, il est en train d´ouvrir grand la bouche face à l´objet posé devant lui. Il s'agit en fait d´un four qui est ici représenté et l´identification de celui-ci permet de voir dans cette image la représentation d´un proverbe : « Qui veut bailler aussi fort qu´un four doit bailler longtemps ». Cette expression signifie : vouloir faire quelque chose d'irréalisable. " (F. Piat)

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main n°7. Hybride ailé.

Cet être est tourné vers le dossier et lève sa "tête" vers le haut. Son corps est couvert de plumes.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Stalle n°8. Deux joueurs de trompettes autour d'un globe crucigère.  Hybride au bas du corps en spirale de feuilles.

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a) Miséricorde n°8.

Deux officiants joufflus sont assis et  soufflent dans une trompette dont l'embouchure entoure un globe terrestre. Ils sont coiffés d'un bonnet prolongé d'un voile qui s'élève en arrière. Le globe, divisé en trois quartiers, porte une croix, comme les globus cruciger entre les mains de Dieu le Père. S'agit-il ici d'une représentation des anges sonnant le Jugement Dernier ?

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"La miséricorde n°08, située du côté sud, est une critique plus explicite du monde clérical bien que son interprétation ne soit pas univoque. Deux chanoines, vêtus de la robe ecclésiastique et de la chape, sont assis de part et d’autre de la représentation du monde chrétien, c’est-à-dire un globe surmonté d’une croix. Tous deux soufflent dans une trompette en direction du globe. Il s’agit là de la représentation d’un proverbe assez fréquent dans les stalles, "Tromper le monde". Mais l’originalité de cette miséricorde réside dans l’identité des sonneurs puisque ce sont deux clercs qui trompent le monde chrétien. Cette image synthétise une partie des reproches formulés à l’encontre d’un clergé qui ne s’impose pas comme garant de la foi.

Cette miséricorde peut cependant revêtir une autre interprétation qui explique peut-être pourquoi sa présence fut acceptée dans le chœur par les chanoines. E. C. BLOCK dans son Corpus ne l’associe pas au proverbe précédemment cité mais légende cette miséricorde d’un Wake Up The Christian World, « Réveillons le monde chrétien » Elle voit d’ailleurs dans cette miséricorde une référence possible au Jugement dernier : « Two men or angels, clad in simple long gowns, sit by a globe with cross on top, representing the Christian world, and blow trumpets. It may be part of the Last Judgment scene. » E. C. BLOCK, Corpus… France, p. 69." (F. Piat)

 

 

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main n°8. Hybride.

Cet hybride tourné vers le dossier du siège a une queue serpentiforme dont la spirale est feuillagé, un corps couvert de plumes, une tête coiffée d'un bonnet au dessus de cheveux en mèches spiralées, et une face (buchée ?) fantomatique mais grimaçante.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Stalle n°9. Homme portant un lourd sac sur le dos, chevauchant un âne. Hybride à appendices en spirales.

 

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Miséricorde n°9.  Un homme chevauche un âne (ou mulet).

Il est chargé d'un sac volumineux et manifestement fort lourd, presque plus gros que lui, et qui repose sur son dos et sur la croupe de sa monture.

C'est une satire de la stupidité d'un homme continuant à porter sa charge alors qu'il dispose d'une monture pour le faire.

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"Cette même maladresse [du sculpteur] se remarque aussi dans les miséricordes, par exemple sur la miséricorde n°09 représentant la Double charge : un paysan, à cheval sur un âne, porte sur ses épaules un sac de grains. Vu de profil, la ceinture du cavalier indique que celui-ci est situé bien plus bas que le dos de l’animal, comme si son image avait été plaquée contre celle du bourriquet.

Cette image renvoie à une historiette du XIIIe siècle où un cavalier, voulant épargner sa monture, décide de porter le lourd sac de grains sur ses épaules. Mais, restant assis sur son cheval, il inflige, par sa stupidité, une double charge à l’animal. Cette histoire est une image récurrente utilisée comme caricature de la stupidité paysanne. Le thème est par ailleurs assez fréquemment représenté, que ce soit sur les stalles, les manuscrits et les insignes de pèlerinage. On le retrouve ainsi sur une miséricorde de la collégiale Saint-Martin de Champeaux, une autre de la cathédrale de Bristol et dans les marges d’une Quête du saint Graal copié à Tournai en 1351 (Paris, bibliothèque de l’Arsenal, ms. 5218, f° 20). D. BRUNA, Saints et diables au chapeau. Bijoux oubliés du Moyen Âge, Paris, Seuil, 2007, p. 144-148." (F. Piat)

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Appuie-main n°9. Hybride à appendices en spirales.

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La pièce a été fortement buchée et n'a ni queue ni tête, mais des appendices spiralés, et des formes feuillagées.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

Les stalles sud (vers 1518-1525) de l'église Notre-Dame de La Guerche-de-Bretagne. Photographie lavieb-aile octobre 2020.

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SOURCES ET LIENS.

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— BRUNE, (abbé Joseph), 1846,  Résumé du cours d'archéologie professé au séminaire de Rennes, suivi de notices historiques et descriptives sur les principaux monuments du diocèse. Rennes page 319

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6559079z/f343.image.r=guerche

 

LA GUERCHE

"Un curieux travail de menuiserie moins usé par le temps, mais maladroitement couvert de peinture, est le double rang de stalles qui décore le chœur. Les accoudoirs, les miséricordes et les montants des extrémités son couverts de ciselures et de figurines pleines d'originalité et de finesse; le dais qui se prolonge au-dessus des stalles est une découpure d'un dessin très-heureux et d'une exécution plus délicate encore que tout le reste. Après celles de Champeaux, nous ne connaissons point dans le diocèse de stalles plus remarquables que celles-ci. Mais encore une fois, pourquoi laisse-t-on les soi-disant décorateurs de nos églises empâter au moyen d'épaisses couches de couleur nos sculptures les plus exquises, et en faire disparaître tout leur effet de relief, sous prétexte de les restaurer et de leur donner un air de nouveauté précisément opposé à leur caractère? Ne serait-il pas plus simple, plus économique et surtout plus sage, dans l'intérêt de ces précieux chefs-d'œuvre, de les nettoyer simplement et d'y passer une légère couche de vernis qui ferait revivre la couleur naturelle du bois sans remplir les creux fouillés à dessin et sans nuire à la pureté des lignes et des contours ?"

CHAMPEAUX

"Mais ce qui s'est mieux conservé, c'est la précieuse boiserie et les remarquables sculptures des stalles. Rien de plus gracieux que la broderie légère, riche et délicate qui décore le baldaquin régnant au-dessus du double rang de sièges des anciens chanoines; rien de plus varié que les décorations des panneaux formant le dossier des supports des accoudoirs, des miséricordes elles-mêmes. - L'imagination la plus féconde et le goût le plus exquis semblent avoir présidé à ce travail à peu près unique dans son genre, dans notre diocèse; car les stalles de La Guerche qu'on pourrait seules comparer à celles-ci, leur sont inférieures et ont beaucoup perdu par suite des couches de couleurs à l'huile dont elles sont revêtues. A Champeaux, c'est l'original dans toute sa franchise, sa hardiesse, sa vigueur de ciseau; tandis qu'à La Guerche, on ne trouve qu'une belle copie exécutée avec timidité et défiance de talent. Tout ce qui manque ici, c'est la pensée chrétienne, c'est l'inspiration et la direction de la foi. Toutes ces dentelles légères, tous ces enroulements et arabesques, toutes ces figures mythologiques ou grotesques, toutes ces décorations en un mot exécutées avec tant de verve et de facilité, ne contiennent rien qui annonce la piété des artistes, ni l'intention chrétienne des donateurs. C'est le XVIe siècle avec ses beautés et ses défauts."

 

BOURDE DE LA ROGERIE (H.), 1924, "L'Excursion de la Société Archéologique, II  Notes sur les églises d'Arbrissel, Bais, Domalain, La Guerche, Louvigné de Bais Moutiers, Piré et Rannais",  Bulletins et Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, tome LI pages 137 et suiv.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k122070m/f185.item

"Les stalles de La Guerche représentent plus brillamment l'art du bois elles sont justement célèbres. Un minutieux nettoyage exécuté sous la direction des architectes des monuments historiques les a récemment débarrassées des couches de peinture qui empâtaient les sculptures et leur a restitué leur beauté ancienne. Malheureusement les stalles basses ont disparu ainsi que six stalles hautes, et les dix-huit qui subsistent n'occupent plus leur emplacement primitif. Par suite de modifications dans l'aménagement du chœur au xvm" et au xix° siècle, elles ne se déploient plus en avant et de chaque coté du maître-autel comme les cinquante-quatre stalles de Champeaux, mais elles sont reléguées dans l'étroit arrière-chœur encombré de bancs et de divers objets. MM. Brune et Guillotin de Corson qui ont donné de bonnes descriptions des stalles, n'ont pas essayé de les dater d'après un écrivain auquel on doit deux intéressantes et instructives notices sur l'histoire de La Guerche (31), elles auraient été faites après la fin des guerres de religion, soit après 15HS.

 

Cette date nous paraît inadmissible : les stalles, gothiques dans leur construction générale et dans plusieurs de leurs éléments (colonnettes, dais, statuettes, miséricordes), renaissance dans les beaux panneaux qui forment le fond des dossiers, sont bien antérieures au règne d'Henri IV. Un détail qui paraît avoir échappé aux auteurs que nous venons de citer, corrobore l'impression donnée par l'examen des sculptures et permet de les attribuer à la première moitié du xvi" siècle. Un des angelots du dais tient un écusson les vandales de la Révolution ont gratté les trois  meubles qui en occupaient le centre, mais ils ont négligé la bordure chargée de besants. Cela suffit pour que l'on reconnaisse les armes des ducs d'Alençon, barons de La Guerche, plusieurs trois reproduites dans les vitraux de la Collégiale de France à la bordure de gueules cAarf/ec de huit /M'.ff77~ d'07'. Le dernier duc d'Alençon fut Charles IV, mort  à Lyon le 11 avril 1525. Si ce blason avait été le seul sculpté, on pourrait affirmer que les stalles ont été placées entre 1505, date à laquelle il hérita La Guerche de sa tante Catherine d'Alençon, femme de Guy XIV de Laval, et 1525; mais d'autres armoiries ont existé. Celles qui se trouvaient sur la porte principale de la clôture du chœur ou jubé, les plus significatives, ont disparu comme le jubé lui-même, quatre autres écussons tenus par des angelots du dais sont indéchiffrables. Peut-être portaient-ils les armes des Laval, ou celles des Bourbons-Vendôme, ou celles des Paléologues ? Dans ce cas, il faudrait attribuer l'honneur d'avoir présidé et peut-être contribué à la construction des stalles à Catherine d'Alençon, femme de François ou Guy XIV de Laval, baronne de La Guerche de 1463 à 1505 et généreuse bienfaitrice des églises, ou à Françoise d'Alençon, sœur de Charles IV, femme de Charles de Bourbon-Vendôme, dame de la Guerche à titre provisoire de 1525 à 1527, ou à Anne d'Alençon, autre sœur de Charles, femme de Guillaume Paléologue, marquis de Montferrat, baronne de la Guerche de 1527 à 1562. Toutefois, le fait que le blason qui subsiste porte des armes pleines, sans alliance, semble devoir faire préférer Charles d'Alençon. Cette attribution est confirmée par l'aspect de l'œuvre qui paraît antérieure à l'époque du triomphe définitif du style Renaissance sur le style gothique.

Ajoutons que Charles d'Orléans ne fut pas indifférent a l'état de la Collégiale de La Guerche, bien qu'il eût beaucoup de domaines plus importants et plus rapprochés de sa résidence ordinaire que ne l'était cette petite baronnie bretonne.
Il exécuta les fondations créées par sa tante la dame de Laval en 1518, il provoqua ou facilita la réforme du chapitre qui un avait, dit-on, grand besoin. La commission pour diriger cette opération délicate fut décernée par le cardinal de Luxembourg, évêque du Mans, légat du Saint-Siège, qui en plusieurs circonstances analogues s'était associé aux projets de réforme monastique de la pieuse duchesse douairière d'Alençon. Marguerite de Lorraine . Les statuts rédigés par le chanoine manceau Jean Bordier furent promulgués ou approuvés par le duc el par l'évêque de Rennes, Yves Mayeuc, en 1518.

Il est vraisemblable que la maison d'Alençon voulut compléter la restauration morale du chapitre par la restauration matérielle de l'église. Quatre écussons peints sur les vitraux attestent encore ses bienfaits. Mais si l'existence d'un blason aux armes de la maison d'Alençon établit que les stalles furent faites avant la date de la cession de la baronnie à la famille de Cossé (1562), elle ne prouve pas que les frais du travail aient été en partie ou en totalité acquittés par le duc Charles IV, par sa tante, ou par ses sœurs. On ne possède malheureusement aucun livre de compte, aucun document qui fasse connaître le montant de la dépense, probablement très élevée, ni qui révèle les noms des sculpteurs."

 

— CHARLES (Olivier), sd, Les chanoines-chapelains d’une petite collégiale bretonne. Notre-Dame de Lamballe au XVIIIe siècle.

https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-02106235/document

 

—CHARLES Olivier), 2004, , Chanoines de Bretagne. Carrières et cultures d’une élite cléricale au siècle des Lumières, Rennes, 2004, 456 p.

https://www.cairn.info/revue-d-histoire-moderne-et-contemporaine-2009-3-page-192.htm

—GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée) 1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes, Rennes : Fougeray, Librairie-Editeur. Paris : René Haton. vol. 3 page 16, et vol.6 page 634

 

https://archive.org/stream/pouillhistoriqu05corsgoog/pouillhistoriqu05corsgoog_djvu.txt

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

"Le choeur de la collégiale était garni de stalles en bois sculptées et fermé par un jubé qui devait correspondre à ces stalles. Le jubé fut malheureusement détruit, au XVIIIème siècle, par le chefcier Charles de Tanouarn, qui en fit transporter les débris au bas de la nef pour en faire une tribune d'orgues (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 66). Mais le double rang des stalles existe toujours et fait encore l'admiration des artistes, malgré l'épaisse couche de peinture jaune dont on a eu la sottise d'empâter ses plus fines ciselures. Les accoudoirs, les miséricordes et les montants des extrémités sont couverts d'élégants feuillages et de figurines pleines d'originalité. Au Sud, les miséricordes représentent les diverses scènes du Paradis terrestre : la création d'Adam et d'Eve, la tentation, le renvoi, etc. ; au Nord, les miséricordes sont consacrées à figurer les péchés capitaux sous des scènes extrêmement pittoresques ; les ivrognes, surtout, y sont largement représentés. Les dossiers sont couverts de charmantes arabesques qui rappellent les plus jolis dessins de la renaissance : hercules, génies, centaures, griffons, fleurs et plantes de toutes sortes, animaux et végétaux, chimères fantastiques et délicieux types d'enfants ; tout cela court, se joue, s'entremêle, forme mille contours et arrête, sans le lasser, l'oeil qui les contemple avec bonheur. Mais là aussi, sous prétexte de décence, de jolies figurines ont été horriblement mutilées. Enfin, le dais qui se prolonge au-dessus des stalles est une découpure d'un dessin très heureux et d'une exécution plus délicate encore que tout le reste ; au milieu des autres motifs d'ornementation on y voit apparaître des joueurs d'instruments d'un excellent effet."

De nombreuses verrières ornaient jadis l'église de Notre-Dame ; on a essayé de nos jours de les restaurer. Des débris de celles qui occupaient le choeur, joints aux fragments d'autres vitraux du collatéral Sud, on a pu remplir les fenêtres de ce collatéral. Nous ne pouvons plus juger de ce qu'étaient jadis ces verrières, généralement toutes du XVIème siècle, que par les quatre fenêtres qu'on est parvenu à remplir de leurs restes. 

Premier vitrail. — Sous un riche portique de la renaissance, l'évêque de Rennes Yves Mahyeuc est agenouillé au pied d'un autel que surmonte la scène de l'Annonciation de l'ange à Marie ; derrière le prélat se tient debout son patron, saint Yves, vêtit d'une robe rouge avec un surcot d'hermines et un rouleau de papiers à la main. Aux pieds d'Yves Mahyeuc, deux petits anges tiennent l'écu épiscopal : d'argent à trois mouchetures d'hermines de sable, au chef d'or chargé de trois couronnes d'épines de sinople. A côté, sur un cartouche, on lit la date 1536. Le Bienheureux Yves Mahyeuc, mort en odeur de sainteté en 1541, affectionnait beaucoup Notre-Dame de la Guerche ; il faisait partie de la confrérie de Toussaints établie en cette église ; aussi voulut-il y être représenté aux pieds de Marie. Ce vitrail est d'autant plus précieux que nous ne connaissons pas d'autre portrait de ce saint prélat.

 Deuxième vitrail. — Les ducs de Brissac, seigneurs de la Guerche, semblent avoir donné cette verrière ; on y voit, en effet, au haut, quatre écussons enveloppés dans des manteaux de ducs et pairs et couronnés de couronnes ducales : trois d'entre eux portent les armes pleines de Cossé-Brissac : d'or, à trois fasces de sable denchées par le bas ; un quatrième écu renferme une alliance d'un seigneur de Brissac. La principale scène de ce vitrail, rempli de fragments hétérogènes, représente le couronnement de la Sainte Vierge au ciel.

 Troisième vitrail. — Dans les débris qui composent cette verrière sont de très-jolies têtes. La seule scène un peu complète figure un jeune homme armé qui pourrait bien être l'archange saint Michel ; à ses côtés se tiennent un homme et une femme qui semblent le contempler avec admiration et le remercier de son aide ; sur un cartouche est inscrite la date 1537, et non loin est un écusson portant : d'argent, à l'aigle éployée de sable, membrée et becquée de gueules, à la cotice de même brochant sur le tout. Ce sont les propres armes de l'illustre connétable Bertrand Du Guesclin, seigneur de la Guerche en 1380 et membre de la confrérie de Toussaints en l'église de Notre-Dame. Il est permis de croire que ces armoiries furent placées au XVIème siècle par les seigneurs Du Guesclin, qui possédaient non loin de la Guerche la terre de la Roberie, en Saint-Germain-du-Pinel.

 Quatrième vitrail. — On ne voit dans cette verrière que des scènes informes où apparaissent des anges, des évêques, un vieux seigneur, un donateur présenté par son saint patron, etc. Plusieurs écussons s'y trouvent aussi : d'abord, celui de Marie de Bretagne, duchesse d'Alençon et baronne de la Guerche : parti, au 1er de France à la bordure de gueules, qui est Alençon, au 2ème d'hermines plein, qui est Bretagne ; — puis celui d'un duc d'Alençon, baron de la Guerche, peut-être le duc Charles, qui s'occupa beaucoup vers 1518 de la collégiale de la Guerche ; — enfin, quelques écussons des seigneurs de Cossé, ducs de Brissac : d'or, à trois fasces de sable denchées par le bas. A propos de ces derniers, notons en passant que c'est dans l'église de Notre-Dame de la Guerche que François de Cossé, duc de Brissac et baron de la Guerche, épousa, le 17 février 1621, Guyonne Ruellan, fille du seigneur du Rocher-Portal (Guérin, Histoire ms. de la Guerche).

Il y avait autrefois dans l'église de Notre-Dame un grand nombre d'autels et de chapellenies. Outre le maître-autel, on y voyait en 1705 ceux de la Sainte-Vierge, du Saint-Esprit, de Toussaints, de Sainte-Catherine, de Saint-Sébastien, de Saint-Mammert, de l'Ecce-Homo et de Sainte-Avoye. Parmi les chapellenies qu'on desservait, les plus importantes étaient celles de Sainte-Catherine (nota : la chapelle Sainte-Catherine est une sorte de tribune ou chantrerie construite dans le style ogival, au-dessus de la sacristie, et occupant avec celle-ci la première travée du collatéral méridional), d'Availles, de la Déserterie, du Touchet, du Prébarré, de Saint-Lazare, de la Forestrie, de la Hairie, de Beaumanoir, des Coquilles, de Chévreuse, d'Auffray Le Vayer, de Guy de Domagné, de Geffroy de Pouencé, etc.

Nous avons déjà parlé de la confrérie de Toussaints, mentionnée dans nos archives dès 1402, mais plus ancienne encore, puisque la tradition veut que Du Guesclin en ait fait partie (Archives départementales d'Ille-et-Vilaine, 8 G, 79). En 1693 elle avait 300 livres de rentes fixes, sans compter les oblations, qui étaient nombreuses ; on chantait la messe à son autel, avec diacre et sous-diacre, tous les jours pour les confrères vivants, et on y célébrait un service à la mort de chacun d'eux selon une Déclaration de 1693 (Pouillé de Rennes). Nous avons longuement décrit l'église de Notre-Dame de la Guerche, jadis collégiale, aujourd'hui paroissiale ; mais depuis la Révolution elle a été complétée avec intelligence. On l'a d'abord régularisée en construisant au Nord un collatéral semblable à celui qui accompagnait seul au Sud la grande nef ; on a aussi transféré dans ce collatéral méridional les débris des verrières antiques du choeur que nous avons décrits, et l'on a placé de nouveaux vitraux peints dans le sanctuaire.

Ces verrières modernes représentent trois scènes de la vie de la Sainte Vierge : sa présentation au temple, sa purification et son assomption. Enfin, une fort belle tour de style ogival a été construite au bas des nefs ; la première pierre de ce monument fut posée le 3 septembre 1869, et la première pierre de la flèche qui le surmonte fut placée le 19 octobre 1872. Cette tour carrée avec flèche fort élégante, accostée de quatre clochetons, rappelle beaucoup le superbe et célèbre clocher du Kreisker à Saint-Pol-de-Léon ; elle fait honneur à son architecte, M. Regnault, et aux paroissiens de la Guerche, qui, sous la direction de M. le curé Fouré, l'ont élevée avec autant de zèle que de bon goût (Pouillé de Rennes).

La collégiale est fondée en 1206 par Guillaume II, neuvième seigneur de la Guerche, convertie en église paroissiale en 1791, et devient basilique mineure en 1951. Le collatéral nord est édifié par M. Baussan en 1859. La tour-porche est édifiée en 1869 par Arthur Regnault. Le chevet date du XI-XV-XVI-XIXème siècle. Le Bas-Côté Sud date du XVIème siècle. Le chœur à pans coupés date du XIVème siècle. Le gisant de Guillaume II (décédé en 1223), situé à gauche, dans le choeur, date du XIIIème siècle (ce tombeau avait été enfoui sous terre en 1735 comme gênant la circulation, et il ne fut exhumé que le 30 août 1888). Guillaume II est représenté, un coussin sous la tête, allongé sur un lit dont les bordures sont garnies d'écussons, et revêtu de sa cotte de mailles avec son épée et son bouclier. Près de sa tête deux anges en prières sont agenouillés, et à ses pieds repose un chien. A signaler que les armes des seigneurs de la Guerche présentent "de gueules à deux léopards d'or l'un sur l'autre". La nef est reconstruite beaucoup plus large que l'ancienne, au début du XVIème siècle, en fusionnant les trois vaisseaux du XIIIème siècle : elle est flanquée, au sud, de six chapelles à pignon

. La verrière de l'Arbre de Jessé date du début du XVème siècle. Les verrières du Jugement dernier et de l'Annonciation datent de 1536-1537.

Les stalles, restaurées en 1888 et portant les armoiries des ducs d'Alençon, seigneurs de la Guerche, datent, semble-t-il, de 1520.

La Vierge à l'Enfant date du XVIIème siècle. On y trouve les armes des ducs d'Alençon, des ducs de Brissac, des Du Guesclin, d'Yves Mahyeuc, évêque de Rennes de 1507 à 1541. L’église est profanée par les Huguenots en 1563 ;

 

 

— MENANT (Marie-Dominique), L'HARIDON (Erwana), 2005, Ensemble de 23 x 2 stalles avec dais et dorsaux de La Guerche de Bretagne, dossier IM35016879 de l'Inventaire général. 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-23x2-stalles-avec-dais-et-dorsaux/f828268e-a046-452a-8f6a-4fa70232352f

PIAT (Florence), 2004

http://perso.numericable.fr/tessonmic/Les%20Stalles%20en%20Bretagne.pdf

PIAT (Florence) 2006, Dossier IM35022583  "Ensemble de stalles dans la collégiale Notre-Dame (contre les murs Nord et Sud du choeur)".

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-stalles-dans-la-collegiale-notre-dame-contre-les-murs-nord-et-sud-du-choeur/6f57cbb0-e9ed-4371-96ab-cc45e1aefca8

 

PIAT (Florence), Les stalles de l'ancien duché de Bretagne de la fin de la guerre de Succession jusqu'au Concile de Trente.

https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne_De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

SITE DE LA MAIRIE DE LA GUERCHE DE BRETAGNE.

https://www.laguerchedebretagne.fr/spip.php?article180&var_mode=calcul

 

SITE

http://www.bretagneweb.com/photos-35/35-laguerchedebretagne.htm

http://www.apemutam.org/instrumentsmedievaux/articles/enigm/laguerche.html

— THUAL (Ewen), répertoire des collégiales, et,  Les collégiales séculières de Bretagne au Moyen-Âge (milieu XIIe-début XVIes). Histoire religieuse et sociale du monde capitulaire breton médiévale. Thèse en préparation depuis 2017 à Limoges sousla direction de Anne Massoni 

 

https://chartes.hypotheses.org/19

https://www.unilim.fr/criham/2017/09/29/les-collegiales-seculieres-de-bretagne-au-moyen-age-milieu-xiie-debut-xvie-siecle-histoire-religieuse-et-sociale-du-monde-capitulaire-breton-medieval/

http://vafl-s-applirecherche.unilim.fr/collegiales/index.php?i=fiche&j=666

http://vafl-s-applirecherche.unilim.fr/collegiales/equipe/

—Liste des collégiales de Bretagne :

Diocèse de  Nantes (Loire Atlantique)

Diocèse de  Rennes (Ille-et-Vilaine)

  • Notre-Dame de La-Guerche-de-Bretagne. 12 prébendes/ 12 chanoines.

  • Sainte-Marie-Madeleine de Champeaux  6 prébendes/6 chanoines

  • Collégiale Notre-Dame de Vitré, église paroissiale Saint-Pierre puis prieuré cure de bénédictins  La collégiale Notre-Dame, fondée vers 1060 par Robert Ier de Vitré, fut confiée en 1116 à l'abbaye Saint-Melaine de Rennes qui y établit un prieuré dont l'église était à la fois priorale et paroissiale. (Collégiale Sainte-Madeleine de Vitré 12 prébendes/12 chanoines)

Diocèse de  Saint-Brieuc (Cotes-D'Armor)

  • Saint-Guillaume de Saint-Brieuc. 20 prébendes/18 chanoines

  • Collégiale Notre-Dame-de-Grande-Puissance à Lamballe, fondée en 1437 par Jean V, confirmées par l’évêque de Saint-Brieuc en 1538 et poursuivies par la fondation de Marie de Beaucaire, duchesse douairière de Penthièvre, en 1583. 6 chanoines

  • Notre-Dame de Matignon 3 prébendes

  • Notre-Dame de Quintin 11 prébendes/11 chanoines

     

—Diocèse de Vannes (Morbihan)

  • Notre-Dame-de-la-Tronchaye de Rochefort-en-Terre, du XVIe siècle jusqu'à la Révolution. Au XVIième , un collège des chanoines est créé et l’église tréviale devient collégiale. Jean IV de Rieux-Rochefort, maréchal de France, y établit un doyen et six chapelains. Le 1er juin 1527, le chapitre est fondé à perpétuité  par le fils de Jean IV, Claude 1er, et voit le nombre de chanoines passer de 7 à 13. 

  • Collégiale de Saint-Michel-du-Champ près d'Auray, fondée en 1382  par Jean III de Monfort après sa victoire sur Charles de Blois à Auray en 1364. Remplacé par un couvent de chartreux en 1482.

  • Notre-Dame-de-la-Fosse de Guéméné 12 prébendes/8 chanoines

 

Diocèse de Quimper (Finistère)

— Diocèse de Tréguier

  • Notre-Dame de Tonquédec 4 chanoines
  • Notre-Dame du Mur de Morlaix 9 prébendes/9 chanoines

 

— Diocèse de Saint-Pol-de-Léon

  • Kersaint-Trémazan 5 chanoines
  • Sainte-Anne de Lesneven 7 chanoines
  • Saint-Charles de Plourin ?

 

 

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—  Le patrimoine des communes d'Ille-et-Vilaine. Paris : Flohic éditions 2000, 2 vol. (Le patrimoine des communes de France)

Bibliographie de F. Piat (non consultée)

Documents d'archives

  • Notes sur la collégiale de La Guerche, correspondance entre R. Couffon et H. Bourde de la Rogerie. Archives Départementales d'Ille-et-Vilaine, 5J107.

  • BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, histoire, archéologie, monuments Rennes : Larcher, 1927 (1ère éd.), Mayenne : éditions régionales de l'Ouest, 1994 (rééd.).

  • BLOCK, Elaine C. Corpus of medieval misericords in France, XIII-XVI century. Turnhout : Brepols, 2003.

  • KRAUS, Dorothy, KRAUS, Henry. Le monde caché des miséricordes. Suivi du répertoire de 400 stalles d'églises de France. Paris : Les éditions de l'Amateur, 1986.

  • JARRY, A. Le sanctuaire de Notre-Dame de La Guerche à travers les âges, Rennes : Imprimeries Bretonnes, 1941.

  • LEPAROUX, Sylvain. Les stalles en Ille-et-Vilaine, XIVe-XVIIe siècle. Mémoire de maîtrise : Hist. Art. Rennes : université Rennes 2, 1997.

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles Sculpture Chapelles bretonnes.
12 octobre 2020 1 12 /10 /octobre /2020 14:06

Les vitraux héraldiques (1541, ou XIXe) provenant du château d'Ecouen, et remontés dans la Galerie Duban du château de Chantilly.

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Sur le château de Chantilly et ses expositions :

Sur l'héraldique civile :

Sur la famille de Bourbon-Vendôme :

Les vitraux de la Sainte-Chapelle de Champigny-sur-Veude : la Vie de saint Louis.

 

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PRÉSENTATION.

 

"La galerie Duban est construite en 1846 par l'architecte Félix Duban (1798-1870), prenant la forme d'une extension sur la façade du petit château, côté cour, pour desservir les petits appartements. Elle est dans un premier temps décorée des vitraux de Psyché, aujourd'hui dans la galerie du même nom. Ils sont remplacés par six vitraux héraldiques provenant eux aussi du château d'Écouen et représentant les armes de Guillaume Gouffier de Bonnivet, compagnon d'armes d'Anne de Montmorency, du dauphin, le futur Henri II en 1541, peut-être celles de Philippe de Montmorency, évêque de Limoges et frère d'Anne, armes d'Antoinette de La Marck, femme de Henri Ier de Montmorency, fils d'Anne, armes d'Anne lui-même et de Marie de Montmorency, sœur cadette d'Anne et abbesse de Maubuisson. Les autres vitraux, qui datent du xixe siècle, portent les armes des Condé et des Orléans.." https://fr.wikipedia.org/wiki/Mus%C3%A9e_Cond%C3%A9

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"Les vitraux héraldiques de Chantilly.

Dans la galerie construite en 1845, Duban remonta cinq verrières anciennes au décor héraldique, dont certaines très restaurées, provenant d'Écouen, les cinq autres se révélant à l'analyse être des œuvres du xixe siècle.

Mme Perrot en a donné une analyse pertinente. Au premier groupe précédemment défini, elle rattache un vitrail portant les armoiries du connétable (l'écu est en fait moderne) et un second avec les armes également modernes d'Antoinette de La Mark.

Deux autres panneaux : l'un avec les armes pleines des Montmorency surmontées d'une mitre avec la crosse en pal et le second avec un écu en losange également aux armes des Montmorency surmontées d'une crosse en pal soulèvent le problème du personnage ici évoqué. Il n'existe en effet à cette date aucun évêque susceptible de porter les armoiries du premier panneau.

Quant au second, il pourrait s'agir de la sœur du connétable, Marie, abbesse de Maubuisson (1529-1543).

Le dernier panneau, aux armes de Guillaume Goufîier, devait faire partie d'une paire. Il rappelle certains des panneaux de la suite de Psyché. On sait d'autre part qu'en 1798 Alexandre Lenoir avait acheté à la veuve Pétrée, à Écouen, quarante-huit panneaux. Tailleur, le vitrier du Musée des Monuments français, dut vraisemblablement en acquérir d'autres puisqu'il en vendit en 1802 au marchand anglais J. C. Hamp. Il s'agit peut-être des six panneaux qui ont été remontés depuis dans la chapelle du Lord Maire, à Bristol. En 1816, Lenoir fit restaurer quarante-quatre panneaux d'arabesques pour remplacer les quarante-quatre panneaux de l'histoire de Psyché, rendus au prince de Condé. La fermeture peu après du Musée des Monuments français ne lui permit pas de réaliser cette présentation. En 1820, ils furent rendus eux aussi aux Condé qui les déposèrent au Palais Bourbon avant de les transporter à Chantilly." (Françoise Perrot)

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I. Armoiries de la maison de Bourbon- Condé et  du duc d'Aumale Henri d'Orléans (1822-1897). Verrière du XIXe.

 

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Armoiries des Bourbon, princes de Condé.

 

 

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D'azur à trois fleurs de lys d'or et au bâton péri en bande de gueules.

https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Entry_Mus%C3%A9e_Cond%C3%A9_Chantilly.jpg

Vocabulaire : Péri.  "Péri" est le participe passé du verbe périr et qualifie un bâton raccourci, dont les extrémités ne touchent pas les bords de l'écu : "péri en bande", ou "péri en barre. Le bâton péri est une brisure, comme le lambel ou la bordure.

Selon Alain Rey (DHLF), ce participe passé a été adjectivé, d'abord au sens de "perdu, damné" (sorti d'usage), puis à la fin du XIVe dans le domaine maritime pour un bateau (emploi encore vivant mais spécialisé, et depuis 1561 en héraldique, par allusion probable au sens originel car la figure semble disparaître de l'écu. Alain Rey fait le rapprochement avec le terme d'héraldique "abîme" (1671), du grec abussos "très profond, dont on ne peut toucher le fond" désignant le centre de l'écu (qui ne peut toucher le bord?), et indique, ce qui ne manque pas  d'intérêt, que c'est Gide qui, en 1893, a rétablit le -y- originel dans l'expression "mise en abyme", devenue très courante mais qui trouve son origine dans l'héraldique.

 

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Armoiries d' Henri d’Orléans, duc d’Aumale, 1822-1897.

 

Armoiries d'azur trois fleurs de lys d'or au lambel d'argent aux trois pendants.

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Le lambel.

Puisque j'ai pris goût à la lexicologie, intéressons-nous à "lambel", cette brisure en forme de filet garni de pendants à la partie supérieure de l'écu. Alain Rey (DHLF) nous apprend que le mot, datant de 1283, vient du francisque °labba "morceau d'étoffe déchirée" qui a donné label, labiau nasalisé en lambiau, puis lambel et enfin lambeau.

Il est revenu depuis 1899 en français moderne avec l'anglicisme label "étiquette, bande de papier collé sur un produit commercialisé", spécialisation du sens originel "bande, frange de quelque chose". (CNRTL)

 

En français, c'est au XVe siècle que notre acceptation courante de "lambeau" pour un morceau de tissu déchiré irrégulièrement.

Dans un amusant retour à l'héraldique, lambeau, associé au néerlandais kijn, a donné lambequin, puis lambrequin pour désigner en 1581 des bandes d'étoffes découpées et descendant du heaume en encadrant l'écu.

Enfin, lorsque nous traitons quelqu'un de lambin parce qu'il traine trop et qu'il nous irrite par sa lenteur, nous transposons dans le domaine moral cette idée d'un chiffon qui traine !

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https://www.wikiwand.com/fr/Henri_d%27Orl%C3%A9ans_(1822-1897)

http://bibale.irht.cnrs.fr/bibale_img/003372.JPG

http://bibale.irht.cnrs.fr/23523

http://bibale.irht.cnrs.fr/bibale_img/003378.JPG

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Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

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Armoiries de Henri de France, futur Henri II (1519-1559) comme dauphin et duc de Bretagne de 1536 à 1547. Verrière de 1541.

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 Les armes d'Henri de France sont  blasonnées ainsi : écartelé aux 1 et 4, contre-écartelé aux 1 et 4 d'azur à trois fleurs de lys d'or (France) et aux 2 et 3 d'or au dauphin d'azur, crêté, barbé, loré, peautré et oreillé de gueules (Dauphiné) ; aux 2 et 3, contre-écartelé aux 1 et 4 d'azur à trois fleurs de lys d'or et aux 2 et 3 d'hermine (Bretagne).

Pour satisfaire à cette description, il faudrait que les dauphins aient le corps bleu et la crête, la barbe, les nageoires, la queue et les ouïes de couleur rouge.

Or, ce n'est pas le cas ici, où les dauphins sont entièrement bleus, mais sont couronnés d'or. L'écu est couronné, et entouré du collier de l'Ordre de Saint-Michel.

 

 

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Je vais m'intéresser aux armes du Dauphiné :

 

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Par Odejea, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=2974948

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Loré : se dit des nageoires et de la queue d'un poisson qui sont d'un émail (une couleur, quoi) différent de celui du corps. Présent dans le dictionnaire de l'Académie Française 4ème édition, absent des autres éditions et du Trésor de la Langue Française. Présent dans le Littré sans fournir d'étymologie. Présent dans le dictionnaire de Pierre Richelet en 1780. Présent dans Antoine de Furetière 1694 sous la forme "lorré". Présent dans le Dictionnaire des Arts et des Sciences de l'Académie Française de 1694. Présent dans la Méthode ... du blason de Gilles André de la Roque en 1674, etc. En 1644, le terme est désuet et abandonné en dehors de l'héraldique (si il a été employé en dehors de cette sicence)  puisque Marc de Vulson écrit "Ce terme de lorré duquel les anciens Hérauds se sont servis, est ce que les modernes appellent les nageoires". De fait, on ne le retrouve pas utilisé en dehors de l'héraldique.

Je ne trouve une tentative de réflexion étymologique que dans le Wiktionnaire : "étymologie obscure, semble apparenté à l'ancien français loreise "à deux tranchants", ici désignant de façon métaphorique les deux nageoires du poisson héraldique, appelé "dauphin".

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Peautré. Se dit des poissons dont la queue est d'un émail  différent de l'ensemble du corps.

Wiktionnaire : dérive de peautre, "gouvernail" 

Godefroy donne "peautre, peaultre, piautre, biaultre, gouvernail, timon, poupe, barque. Ce nom est enregistré dans plusieurs dictionnaires du XVIIe siècle. On lit dans Dumez "Peautre, gouvernail ou timon de navire :  virer ou tourner le peautre."

 

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https://www.wikiwand.com/fr/Armorial_des_Cap%C3%A9tiens

http://bibale.irht.cnrs.fr/bibale_img/001423.JPG

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Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

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Armoiries du connétable Anne de Montmorency .

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Armes : D’or à la croix de gueules, cantonnée de seize alérions d’or.

"Fils du baron Guillaume de Montmorency, il entre en possession de Chantilly en 1522. Protecteur des lettres et des arts, il est le créateur de la bibliothèque du château. Il est un des premiers princes à apposer sur ses reliures des marques d’appartenance : armes, nom ou titre, épée de connétable, initiale associée à celle de son épouse Madeleine de Savoie (A M), ou sa devise : APLANOS (droit devant en grec). Le château de Chantilly échoit ensuite à son fils François (1530-1579), puis en 1579 au frère cadet de celui-ci, Henri Ier (1534-1614)."

https://www.bibliotheque-conde.fr/expositions/histoire-de-la-reliure/reliures-aux-armes-des-seigneurs-de-chantilly-xvie-xixe-siecle/

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Alérion : 

 

 

Wiktionnaire : "(Héraldique) Meuble représentant une petite aigle mornée dans les armoiries. Il est donc représenté sans bec ni pattes avec un seul œil au milieu de la tête. Contrairement aux aiglettes et aiglons qui font aussi référence à une petite aigle mais représentées en nombre (sauf cas particulier de l’aiglette), l’alérion peut être aussi bien seul qu’en groupe. Il n’y a pas de confusion possible avec l’aigle contrairement à l’aiglette ou l’aiglon.

Également attesté sous la forme aillerion en moyen français, du vieux-francique *adalaro, aδalarjo (« aigle » → voir Adler en allemand, du gotique *adelâr « noble oiseau » → voir Adèle et *er)."

CNRTL : "B.− HÉRALD. et domaine de l'emblématique, gén. au plur. Petite(s) aigle(s) représentée(s) les ailes étendues, le vol abaissé, sans bec ni pattes et figurant sur les armoiries de certaines familles nobles ou de certaines villes ou provinces"

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http://racineshistoire.free.fr/LGN/PDF/Montmorency.pdf

Fils de Guillaume de Montmorency et d'Anne Pot, Anne de Montmorency est né le 15 mars 1493 à Chantilly. Il est mort à Saint-Denis le 12 novembre 1567. Il  est duc et pair de France, maréchal puis grand maître de France, baron des Baux et connétable et émule de Bayard. Cet homme extrêmement puissant, qui a symbolisé la Renaissance française, fut un ami intime des rois François Ier et Henri II. Il doit son prénom à Anne de Bretagne, dont il est le filleul, et a été élevé au château d'Amboise avec le futur roi François Ier, dont il est très proche.

Prisonnier à Pavie avec le roi, et libéré contre rançon, il négocie le traité de Madrid de 1526, qui met un terme au conflit de François Ier et de Charles Quint.

Il fait rénover le château de Chantilly et fait construire le château d'Écouen.

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Il a été Capitaine-Général des Suisses, Maréchal de France en 1522, Grand-Maître de France en 1526, Connétable de France le 10 février 1538. Il a été fait 1er duc de Montmorency en juillet 1551, et Généralissime en 1560. Il épouse le 10 janvier 1529 à Saint-Germain-en-Laye Madeleine de Savoie née vers 1510 et décédée en 1586 .

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Monogramme d'Anne de Montmorency avec l'épée de connétable en pal. Vitrail exposé au Musée de la Renaissance du château d'Écouen.

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Monogramme d'Anne de Montmorency. Vitraux exposés au château d'Écouen. Photographie lavieb-aile.

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Deux anges présentant les armes d'Anne de Montmorency, Paris, vers 1557, par Nicolas Beaurain. Le vitrail montre aussi  sa devise : APLANOS (droit devant en grec)Provenant de la Sainte-Chapelle du château de Vincennes et exposé au Musée de la Renaissance du château d'Écouen.

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Deux anges présentant les armes d'Anne de Montmorency, Paris, vers 1557, par Nicolas Beaurain. Photographie lavieb-aile.

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Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

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Armoiries  de Marie de Montmorency, sœur cadette du connétable Anne, et abbesse de Maubuisson de 1524 à 1543.

 

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Les armes sont les mêmes que celle de son frère Anne d’or à la croix de gueules, cantonnée de seize alérions d’or, mais l'écu est losangique donc féminin, et doté d'une crosse en pal , permettant l'attribution à une abbesse.

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Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile

Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile

Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

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Armoiries d'un évêque de Montmorency (Philippe, évêque de Limoges).

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Le blason des Montmorency est posé sur une crosse en pal et chargé d'une mitre brochant sur le tout; Ce sont des armoiries épiscopales.

Les auteurs hésitent à y voir les armes de Philippe de Montmorency, frère d'Anne et évêque de Limoges, peut-être parce qu'il était décédé une vingtaine d'année avant  la date présumée de ces vitraux.

"Philippe fut d'abord pourvu dans l'Église de Bayeux de la prébende de Cambremer en 1517. Il devint ensuite archidiacre de Blois dans l'Église de Chartres et chanoine de la Sainte-Chapelle de Paris ; et enfin on le nomma évêque-« comte » de Limoges ; mais il jouit peu de temps de tous ces honneurs, étant mort très jeune le 21 octobre de l'an 1519."

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_de_Montmorency_(%C3%A9v%C3%AAque_de_Limoges)

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Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile

Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile

Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

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Armoiries (?) d'Antoinette de la Marck.

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Les armoiries d'Antoinette de la Mark sont parti en 1 de Montmorency, et en 2 de la maison de la Marck  d'or, à la fasce échiquetée d'argent et de gueules de trois tires.

On nomme tire un rang de petits carrés bicolores d'un échiqueté. 

Ce sont, d'après les auteurs, les armes d'Antoinette de La Marck, fille de Robert IV de la Marck et de Françoise de Brezé et femme de Henri Ier de Montmorency (1534-1614), seigneur de Damville fils d'Anne de Montmorency. Par sa mère, elle est la petite fille de Diane de Poitiers et de Louis de Brezé. Le mariage a eu lieu en juin 1558 au château d'Écouen, et le couple eut les enfants suivants : Hercule comte d'Ostremont, mort en 1591. Henri ( 158-83) ; Charlotte (v.1571-1636) marié à Charles de Valois, duc d'Angoulême. Et Marguerite (1577-1660), qui épousa en 1593 Anne de Lévis.

Le blason surmonté de la couronne de duchesse est entouré de la cordelière à lacs d'amour, parfois considérée comme portée en leur écu par les veuves.

Mais je ne trouve nulle part la description du quartier en haut à droite, jaune à trois serviettes ou étoles rouges suspendues à une barre de même couleur. J'ignore même le nom de ce meuble. Il ressemble à la forme que prend le gonfanon  des armoiries de Catherine de Médicis, sur le second pavement du château d'Écouen réalisé en 1549-1551. Ce sont les armes d'Auvergne, d'or au gonfanon de gueules. On les trouve par exemple sur les armes d'Antoinette de la Tour-d'Auvergne, ... qui épousa en 1574 Charles-Robert de la Marck, frère d'Antoinette de la Marck.

https://gw.geneanet.org/jfdemers?lang=en&pz=richard&nz=lumley&ocz=6&p=antoinette&n=de+la+marck

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Et cette verrière, que le site pop.culture donne comme "Vitrail héraldique de la Galerie Duban à Chantilly, provenant d'Ecouen : armes de Antoinette de La Marck, femme de Henri de Damville, vers 1544 (avant restauration)" ne peut être antérieur à la date du mariage du couple, en 1588.


https://gw.geneanet.org/favrejhas?lang=fr&n=de+la+marck&oc=0&p=antoinetteLiens :

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/joconde/00000106104

https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_IV_de_La_Marck

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Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

 

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Armoiries  de Guillaume II Gouffier de Bonnivet (v.1482-Pavie 1525), amiral de France fils de Guillaume I et de Philippa de Montmorency, tante paternelle d'Anne de Montmorency dont il fut compagnon d'armes  .

armes  Écartelé, au 1. & 4. de Gouffier,  d'or à trois jumelles de sable posées en fasce, au 2. & 3. de Montmorency.

Le blason est placé sous une couronne à rang de perles (baron ?) et entouré du collier de l'Ordre de Saint-Michel à double cordelière (après 1515).

"Guillaume II Gouffier, seigneur de Bonnivet, amiral de France [1517], né probablement vers 1482, fut l’un des principaux conseillers de François Ier depuis l’avènement de celui-ci, en 1515, jusqu’à son propre décès, le 24 février 1525 sur le champ de bataille de Pavie. Avant 1515, il avait figuré pendant plusieurs années dans le cercle des compagnons du jeune François d’Angoulême, futur François Ier. https://fr.wikipedia.org/wiki/Guillaume_Gouffier_de_Bonnivet

https://fr.wikipedia.org/wiki/Armorial_des_familles_de_France

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Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

Blasons héraldiques du château d'Écouen, remontés au château de Chantilly. Photographie lavieb-aile.

Les vitraux héraldiques provenant du château d'Ecouen, 1541, de la Galerie Duban à Chantilly.

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SOURCES ET LIENS.

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—MAGNE ( Lucien), 1888, Les vitraux de Montmorency et d'Ecouen, Firmin-Didot

https://archive.org/details/lesvitrauxdemont00magn/page/n11/mode/2up

— PERROT (Françoise), 1972, Les panneaux de vitrerie héraldique du château d' Écouen, au Musée Condé, dans Le Musée Condé, n° 3, octobre 1972, p. 11-18, 7 fig , compte-rendu dans  Erlande-Brandenburg Alain. Les cheminées peintes. In: Bulletin Monumental, tome 136, n°1, année 1978. p. 90; https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1978_num_136_1_6537

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1978_num_136_1_6537

— RENTET, (Thierry), 2011,  Anne de Montmorency : Grand Maître de François Ier. Nouvelle édition [en ligne]. Rennes : Presses universitaires de Rennes, 2011 (généré le 12 octobre 2020). Disponible sur Internet : <http://books.openedition.org/pur/105246>. , BN : 9782753567771. DOI : https://doi.org/10.4000/books.pur.105246.

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Published by jean-yves cordier - dans Chantilly Vitraux Héraldique
9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 22:05

Les vitraux du XVIe siècle de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux (35). V. La baie 3 ou verrière du Calvaire et des saints (vers 1500 et 1968). La baie 4 (XVIe et 1968) et le tympan de la baie 6 (XVIe).

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Voir sur cette église :

 

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LA BAIE  3 : PRÉSENTATION.

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Cette petite baie à remplage gothique de 3 lancettes et un tympan à 3 soufflets et 4 écoinçons occupe la "chapelle seigneuriale nord" (cf. plan) fondée vers 1490. Elle  mesure 2,00 m. de haut et 1,50 m. de large. Elle a été recomposée et complétée en 1968 par Hubert de Sainte-Marie. 

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Baie 3 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 3 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 3 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 3 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Panneau supérieur. 

Dans un édicule, sainte Marguerite et sainte Barbe se reconnaissent à leur attribut : sainte Marguerite, coiffée d'un turban, tien le crucifix qui lui a permis de sortir du dos du dragon qui l'avait avalée. Sainte Barbe, dont la coiffe aplatie laisse voir des cheveux nattés en rouleau sur les tempes et libérés en flot à l'arrière, et qui porte le surcot ouvert doublé d'hermines des princesses, tient la palme du martyre, tandis que sa tour (crénelée et à baie lancéolée) est visible derrière elle, en bleu . 

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Baie 3 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 3 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 3 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 3 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 3 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 3 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Panneau inférieur. 

Saint Jean-Baptiste est identifiée à son manteau de poils de chameau au dessus de jambes nues, ses cheveux longs, sa barbe, son livre d'où s'chappe les rubans des sceaux, et l'Agneau tenant la hampe de l'étendard de la Résurrection.

Saint André porta la croix en X de son supplice.

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Baie 3 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 3 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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LE TYMPAN.

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En haut, le Christ en croix, deux anges hématophores et le crâne d'Adam.

En dessous, la Vierge et saint Jean.

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Baie 3 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 3 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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LA BAIE  4 : PRÉSENTATION.

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Baie d'une lancette, de 2,50 m de haut et 1,50 m de large, dont la verrière ornementale a été composée par Hubert de Sainte-Marie en 1968, mais qui intègre des fragments anciens autrefois en réemploi dans la baie 3, et dont certains pourraient être originaires de la baie occidentale. (Gatouillat et Hérold).

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Baie 4 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 4 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 4 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 4 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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LA BAIE  6 : PRÉSENTATION.

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Baie de 3 lancettes et un tympan à 7 ajours, de 2,50 m de haut et 1,70 m de large, dont le tympan conserve du XVIe siècle un Dieu le Père au centre de nuées de chérubins. Les lancettes ont été complétées au XIXe siècle d'une vitrerie ornementale et d'un Sacré-Cœur au centre. (Gatouillat et Hérold).

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Baie 6 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 6 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 6 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 6 de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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LIENS ET SOURCES.

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— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005, Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Inventaire général du patrimoine culturel ; Rennes : Presses universitaires de Rennes , impr. 2005

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
9 octobre 2020 5 09 /10 /octobre /2020 15:36

Les vitraux du XVIe siècle de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux (35). IV. La baie 2, verrière du Sacrifice d'Abraham (vers 1594 et 1910).

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Voir sur cette église :

 

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PRÉSENTATION.

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En 1594, la famille d'Espinay ouvre, du coté sud, une nouvelle chapelle seigneuriale, alors que leur chapelle nord, dite de Sainte-Barbe, avait été fondée vers 1490. Et cette nouvelle chapelle est éclairée, à l'est, par la baie 2.

À cette date, Jean, marquis d'Espinay, est décédé depuis 3 ans, et c'est sa veuve Marguerite de Scepeaux qui pose la première pierre, avec son petit-fils Charles, nouveau marquis d'Espinay.

Comme je l'ai déjà mentionné dans ma description de la porte sud du chœur, ouvrant sur cette chapelle et sur la salle capitulaire, le visiteur n'a pas accès aujourd'hui à cette chapelle. J'ai donc pris mes photos depuis le chœur.

"Cette baie de 3,50 m. de haut et 1,65 m. de large est occupée par une verrière restituée du sacrifice d'Abraham, une grande scène présentée dans un encadrement architectural timbré d'écus armoriés, probablement offerte par Marguerite de Champeaux vers 1594, date de la construction de la chapelle.

La scène a été recomposée par l'atelier parisien Tournel en 1910 à partir de trois panneaux originaux eux-mêmes lacunaires, placés à la périphérie de la composition.[...] Le sacrifice d'Abraham peut presque être considéré comme une création de 1910, Brune attestant que toute la partie centrale était perdue bien avant cette intervention. " (Gatouillat et Hérold)

Les auteurs signalent la grande proportion de verres modernes, notamment les têtes des personnages. Cette verrière ne me retiendra pas trop longtemps.

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Baie 2 ou verrière du sacrifice d'Abraham (v. 1594) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 2 ou verrière du sacrifice d'Abraham (v. 1594) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Abraham lève son glaive et s'apprête à sacrifier son fils Isaac, comme Yahvé lui donné l'ordre pour l'éprouver dans sa foi. L'autel du sacrifice est à gauche, centré par un foyer. 

Mais voici qu'un ange arrête son geste, et le bélier, victime de substitution, se dresse sur le bord droit du vitrail.

 

Baie 2 ou verrière du sacrifice d'Abraham (v. 1594) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 2 ou verrière du sacrifice d'Abraham (v. 1594) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 2 ou verrière du sacrifice d'Abraham (v. 1594) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 2 ou verrière du sacrifice d'Abraham (v. 1594) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 2 ou verrière du sacrifice d'Abraham (v. 1594) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 2 ou verrière du sacrifice d'Abraham (v. 1594) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les 4 ensembles d'armoiries sont modernes, mais sont entourés de chapeaux de triomphe anciens.

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En haut, ce sont les armoiries d'Espinay, d'argent au lion coupé de gueules et de sinople, armé, lampassé et couronné d'or. Je m'intéresse plus à la couronne de marquis, et au collier de l'ordre de Saint-Michel. Nous retrouvons le blason sculpté sur la porte sud . 

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Baie 2 ou verrière du sacrifice d'Abraham (v. 1594) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 2 ou verrière du sacrifice d'Abraham (v. 1594) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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En bas, ce sont les armes de Scépeaux, vairé d'argent et de gueules.

Nous retrouvons la couronne de marquis, mais aussi une cordelière à cinq nœuds en huit (ou lacs d'amour) et nœuds de capucin. Cette figure rappelle celle de l'Ordre de la Cordelière, créé en 1498 par Anne de Bretagne  — après en avoir adopté l'emblème après son veuvage du roi Charles VIII — en hommage aux Franciscains ou Cordeliers, auxquels son père le duc François II était attaché. Anne de Bretagne le fit porter à toutes les Dames de la Cour qui étaient veuves.

Bine que (Laurent Hablot) on ne puisse affirmer, après la moitié du XVIe siècle, que ce collier soit réservée aux veuves, il semble cohérent, comme le suggère Florence Piat, que ce blason soit adopté par Marguerite de Scépeaux après le décès de Jean D'Espinay en 1591. C'est parfaitement cohérent avec la date de 1594 de pose de la première pierre de la chapelle sud. 

On retrouve aussi cet insigne sur le blason de la clef de voûte de la chapelle.

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Baie 2 ou verrière du sacrifice d'Abraham (v. 1594) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 2 ou verrière du sacrifice d'Abraham (v. 1594) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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De chaque coté, nous avons deux blasons identique, mi-parti d'Espinay et de Scepeaux, entouré de la cordelière, et renvoyant à Marguerite de Scepeaux, comtesse de Durtal, née vers 1533 et décédée le 28 mars 1603 à Rennes, mère de Claude d'Espinay. Claude d'Espinay eut deux enfants, Charles, et Françoise, qui, à la mort de son frère en 1609, devint héritière d'Espinay et de Durtal. Elle épousa Henri de Schomberg.

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Baie 2 ou verrière du sacrifice d'Abraham (v. 1594) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Baie 2 ou verrière du sacrifice d'Abraham (v. 1594) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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LIENS ET SOURCES.

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COUFFON (René), 1969, « La collégiale de Champeaux. Contribution à l’étude de la première Renaissance en Bretagne » dans Mémoires de la Société d’émulation des Côtes-du-Nord, tome XCVIII, 1969, pp. 15-49 .

— COUZY (H), 1968, Collégiale La Madeleine de Champeaux, Congrès archéologique de France, 126e session, Haute-Bretagne, p.60-73

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005, Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Inventaire général du patrimoine culturel ; Rennes : Presses universitaires de Rennes , impr. 2005

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1880-1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. [Volume 3] 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1904, "Les seigneurs de Champeaux, leur collégiale et leur château", Revue de Bretagne, de Vendée & d'Anjou, Volumes 31 à 32 page 385-

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k453834v/f383.image.r=champeaux

— JOUBERT (Solen), 2003, Audace et renommée : un réseau de la noblesse bretonne, vecteur d'échanges culturels et artistiques pendant la Renaissance. SHAB pages 205-

https://m.shabretagne.com/scripts/files/54da14d35ff576.88078498/2003_08.pdf

MOIREZ (Denise), 1975, Vitraux de Champeaux et de Louvigné-de-Bais, Mémoires de la SHAB

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f461a0de8f9e7.95056646/1975_14.pdf

— RIOULT ( Jean-Jacques ), ORAIN (Véronique), 1979,L'ancienne collégiale de Champeaux, Dossier IA00130695 (c) Inventaire général ; (c) Conseil général d'Ille-et-Vilaine

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancienne-collegiale-actuellement-eglise-sainte-marie-madeleine-place-de-la-collegiale-champeaux/d2fdc8a2-dd6b-4bea-83c6-91455faf82e9

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-d-epinay-ancien-chateau-de-la-riviere-champeaux/380ed73c-19d0-4e1e-8082-64d1b7934c77

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA35000276

https://monumentum.fr/chateau-epinay-ancien-chateau-riviere--pa00090518.html

— SITE DECOUVRIR CHAMPEAUX

https://www.champeaux35.fr/decouvrir-champeaux/histoire-et-patrimoine/collegiale-2/

— WIKIPEDIA, Pfingstfenster (Champeaux)

https://de.wikipedia.org/wiki/Pfingstfenster_(Champeaux)

 

 — WIKIPEDIA, La collégiale Sainte-Marie-Madeleine de Champeaux.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Coll%C3%A9giale_Sainte-Marie-Madeleine_de_Champeaux

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
7 octobre 2020 3 07 /10 /octobre /2020 21:23

Les vitraux du XVIe siècle de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux (35). III. La baie 1 ou verrière de sainte Barbe (Gilles de la Croix-Vallée ?, vers 1540)

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Voir sur cette église :

 

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Voir sur sainte Barbe :

 

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Pour une présentation détaillée de la Légende de Sainte Barbe :

Pour le culte de sainte Barbe contre la foudre, voir :

Statues de sainte Barbe : elles sont innombrables.

Vitraux de la Vie de sainte Barbe :

 

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PRÉSENTATION.

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Cette baie éclaire, par son coté est, la chapelle nord ou chapelle Sainte-Barbe, qui a été  sous le nom de Chapelle Saint-Julien, la première chapelle des seigneurs d'Espinay (avant la construction en 1594 d'une chapelle sud). Comme la jeune Claude d'Espinay (+ 1554) y possède son tombeau, elle fut parfois nommée Chapelle Saint-Claude, et on a longtemps pensé (cf. Guillotin de Courson) que sa verrière représentait la vie de sainte Claude.

Cette chapelle a été fondée vers 1490 par Guy Ier d'Espinay, qui, selon Du Paz (Généalogie de Bretagne p. 296), "l'a fist dédiée à Monsieur Sainct Juslien  dédiée à saint Julien et y fit fonder une messe chacun jour de la semaine et doit être chantée par les enfants du chœur, et voulut y estre enterrée avec sa compagne épouse.".

"Il fit son testament le 2 septembre 1494 et mourut le 2 mai 1501, étant au service du roi ; son corps fut porté à Champeaux, selon ses dernières volontés. Quant à sa femme, Isabeau de Goyon, fille du seigneur de Matignon, nous ignorons l'époque de sa mort, mais elle dut reposer auprès de son mari, et l'on voyait encore au XVIIème siècle leur tombeau, qui a disparu depuis. C'est vraisemblablement dans cette même chapelle, et près de son aïeul, que fut inhumé en 1522 Guy II, seigneur d'Espinay, fils d'Henri d'Espinay et de Catherine d'Estouteville : « Ledit sire d'Espinay fit testament le 5e de juin, l'an 1522, par lequel il ordonna son corps estre inhumé en l'église de Champeaux et porté en terre par six de ses mestaiers, à chacun desquels il donna deux aulnes et demie de drap noir pour faire une robe, et aussi une mine de bled seigle » (Du Paz, Histoire généalogique de Bretagne, 299). Le tombeau de Guy II n'existe plus aujourd'hui. Mais auprès de l'autel de cette chapelle est un autre monument funéraire : c'est celui que Charles d'Espinay, alors chantre de Rennes et abbé de Saint-Gildas-des-Bois, plus tard évêque de Dol, fit élever à la mémoire de sa soeur, Claude d'Espinay." (Guillotin de Corson, in Revue de Bretagne)

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Cette verrière fragmentaire de sainte Barbe est composée  d'une seule lancette de 2,35 mètres de haut et 1,20 mètre de large. Elle résulte d'une restructuration au XIXe siècle, lorsqu'on l'a complétée d'une vitrerie géométrique. De nouveaux compléments furent ajoutés en 1912 et 1968.

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Datation et attribution.

Elle est estimée (Gatouillat et Hérold) vers 1540, date de la réalisation de la maîtresse-vitre, ou du moins des paiements qui s'y rapportent dans les comptes de 1539-1541. "Le vocable de la chapelle Saint-Julien en était déjà changé en 1550 et c'est, semble-t-il quelques années auparavant que la verrière honorant la nouvelle sainte patronne y a été posée, conçue pour une fenêtre à meneaux, modifiée ensuite en une lancette unique" (Gatouillat et Hérold).

Ces auteurs l'attribuent au peintre verrier auteur de la maîtresse-vitre, le "Guillequin" des comptes de la fabrique, qui est selon toute probabilité Gilles de  La Croix Vallée.

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La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les vitraux du XVIe siècle de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux (35). III.
La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Amortissement : deux anges présentant les armes de Guy I d'Espinay et de son épouse (1912).

Ce panneau de Charles et Emmanuel Tournel a remplacé un fragment de l'apothéose de la sainte, conçu pour le tympan de la verrière primitive.

Armoiries de Guy Ier d'Espinay : d'argent, au lion rampant coupé de gueules et de sinople, armé, couronné et lampassé d'or.

Armoiries de Goyon : d'argent au lion de gueules armé, lampassé et couronné d'or

Guy Ier épousa le 19 septembre 1476 Isabeau de Goyon-Matignon, décédée en 1505. D'où Henri , marié en 1485 avec Catherine d'Estouteville ; d'où Guy II, marié en 1509 avec Françoise de Villebranche ; d'où Guy III.

https://gw.geneanet.org/pierfit?lang=fr&n=d+espinay&oc=0&p=guy

Les armes de Goyon devraient être écartelées de celles de Matignon.

Ces armoiries du fondateur de cette chapelle sont  sans rapport avec la date de 1540 vers laquelle cette verrière a été réalisée, sous Guy III d'Espinay et Louise de Goulaine.

 

 

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La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le registre supérieur : le martyre de sainte Barbe.

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La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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À gauche : le père de Barbe tente une dernière fois de convaincre sa fille de renoncer à sa foi, et à son attachement au dogme de la Trinité. Il s'apprête à l'enfermer dans une tour.

Le père de Barbe, qui porte les attributs royaux (c'est en fait le satrape Dioscore), fait, en posant le pouce sur la pulpe de l'index, le geste codifié de l'argumentation, mais sa fille, richement vêtue en princesse orientale (turban), lui oppose les vérités contenues dans son livre. Elle tient déjà la palme du martyre, et, déjà, les fenêtres de la tour sont au nombre de trois, car la vierge opiniâtre les a fait ouvrir pour témoigner de sa foi en la Trinité. Nous sommes donc au moment où, après avoir enfermé sa fille en espérant  qu'elle renonce,  et s'être absenté pour un voyage, le roi découvre son acte provocateur, devient furieux, et appelle ses bourreaux. L'un d'eux montre du doigt les trois fenêtres éloquentes.

Ça va chauffer.

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La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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À droite, Barbara, liée par les poignets à une colonne, dénudée jusqu'à la taille, est livrée aux bourreaux devant son père . 

Dans le Mystère de sainte Barbe de 1557, les bourreaux se nomment Agripant, Claudin, Loupart et Glouton, sous la direction du Prévôt ; la sainte est vigoureusement fustigée.

Mais ici, elle est exposée aux flammes de flambeaux, dont la fumée est peinte en grisaille sur les verres bleus. Cette scène est attestée sur les peintures de Saint-Etienne du Rond à Rome.

Sous l'œil de Dioscore, le bourreau, d'un index inquisiteur, la somme d'abjurer.

On remarquera les crevés des chausses et tuniques, indice précieux pour dater cette peinture selon la mode Renaissance sous François Ier (après 1525) et Henri II.

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La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le registre inférieur : le martyre de sainte Barbe (suite) : Décollation de la sainte ; punition de son père.

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La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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La décollation de sainte Barbe par son père. Scène restituée.

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La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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La mort brutale du méchant père.

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Dans le Mystère de Sainte Barbe, le roi est foudroyé et Belzébuth et Satan l'entraînent dans les abymes. C'est bien ce que nous voyons ici, tandis que sainte Barbe est élevée vers le Ciel par des anges.

Noter les tourbillons verts sur le fond bleu : ils résultent, comme les trainées blanches qui les accompagnent de la gravure du verre bleu (et de la peinture au jaune d'argent des parties bleus éclaircies).

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La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

La baie 1 ou Martyre de sainte Barbe (v. 1540, Gilles de la Croix Vallée ?) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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LIENS ET SOURCES.

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COUFFON (René), 1969, « La collégiale de Champeaux. Contribution à l’étude de la première Renaissance en Bretagne » dans Mémoires de la Société d’émulation des Côtes-du-Nord, tome XCVIII, 1969, pp. 15-49 .

— COUZY (H), 1968, Collégiale La Madeleine de Champeaux, Congrès archéologique de France, 126e session, Haute-Bretagne, p.60-73

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005, Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Inventaire général du patrimoine culturel ; Rennes : Presses universitaires de Rennes , impr. 2005

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1880-1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. [Volume 3] 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1904, "Les seigneurs de Champeaux, leur collégiale et leur château", Revue de Bretagne, de Vendée & d'Anjou, Volumes 31 à 32 page 385-

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k453834v/f383.image.r=champeaux

— JOUBERT (Solen), 2003, Audace et renommée : un réseau de la noblesse bretonne, vecteur d'échanges culturels et artistiques pendant la Renaissance. SHAB pages 205-

https://m.shabretagne.com/scripts/files/54da14d35ff576.88078498/2003_08.pdf

MOIREZ (Denise), 1975, Vitraux de Champeaux et de Louvigné-de-Bais, Mémoires de la SHAB

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f461a0de8f9e7.95056646/1975_14.pdf

— RIOULT ( Jean-Jacques ), ORAIN (Véronique), 1979,L'ancienne collégiale de Champeaux, Dossier IA00130695 (c) Inventaire général ; (c) Conseil général d'Ille-et-Vilaine

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancienne-collegiale-actuellement-eglise-sainte-marie-madeleine-place-de-la-collegiale-champeaux/d2fdc8a2-dd6b-4bea-83c6-91455faf82e9

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-d-epinay-ancien-chateau-de-la-riviere-champeaux/380ed73c-19d0-4e1e-8082-64d1b7934c77

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA35000276

https://monumentum.fr/chateau-epinay-ancien-chateau-riviere--pa00090518.html

— SITE DECOUVRIR CHAMPEAUX

https://www.champeaux35.fr/decouvrir-champeaux/histoire-et-patrimoine/collegiale-2/

— WIKIPEDIA, Pfingstfenster (Champeaux)

https://de.wikipedia.org/wiki/Pfingstfenster_(Champeaux)

 

 — WIKIPEDIA, La collégiale Sainte-Marie-Madeleine de Champeaux.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Coll%C3%A9giale_Sainte-Marie-Madeleine_de_Champeaux

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Sainte Barbe.
7 octobre 2020 3 07 /10 /octobre /2020 13:36

Les vitraux du XVIe siècle de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux (35). II. La baie 8 de la nef sud,  verrière de la Pentecôte (Jean Adrian, 1529).

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Voir sur cette église :

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N.B : la version en allemand de l'encyclopédie Wikipedia consacre un bref article et 5 photos à ce vitrail, dans le cadre de sa catégorie "Vitraux du département d'Ille-et-Vilaine". Mais les descriptions de référence sont celles de Couffon en 1969 et de Gatouillat et Hérold en 2005.

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PRÉSENTATION.

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La baie 8 éclaire la chapelle Saint-Jacques, qui s'ouvre au sud de la nef. On trouve dans cette chapelle un retable de la Passion du XVIe siècle, sur un autel du XVIIIe siècle consacré à saint Jacques.

Haute de 4 mètres et large de 1,90 mètres,  la verrière est composée d'une seule lancette, toute entière consacrée à la Pentecôte. Elle porte à quatre reprises l'inscription de la date de sa création, en 1529, ce qui la place au début du mécénat de Guy III d'Espinay et de Louise de Goulaine, qui offriront aussi la maîtresse-vitre vers 1539, les stalles du chœur entre 1530 et 1550, l'ancien banc et les boiseries de la porte sud (après 1551 ?), et leur tombeau en 1553, et, en la cathédrale de Rennes, les vitraux commandés en 1531 à Jehan Le Breton et Jehan Mauger et portant leurs armes.

Pourtant, ils n'y figurent pas comme donateurs, leurs armoiries en sont absentes, et c'est Jean ou Jacques Masure, le doyen du chapitre de six chanoines de la collégiale qui y est peint en donateur, intégré à la scène sacrée  à droite de la Vierge. 

Le vitrail était jugé en 2005 "peu restauré, avec des verres corrodés et une peinture fragilisée", une verrière "aujourd'hui très altérée", mais qui était "manifestement somptueuse, d'un dessin élégant et comportant maintes prouesses techniques", (Gatouillat). Toutes les verrières ont été restaurées en 2015-2018 par les ateliers Helmbold de Corps-Nuds (35) avec mise en place d'un doublage de protection. 

https://www.ouest-france.fr/bretagne/corps-nuds-35150/h-helmbold-fait-passer-lhistoire-de-lombre-la-lumiere-3437221

https://www.ouest-france.fr/bretagne/champeaux-35500/la-collegiale-se-refait-une-beaute-du-sol-au-plafond-3572788?page=3

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Le donateur.

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 René Couffon, qui a consulté les comptes de fabrique, donne le prénom  et le nom de "Jean Masure" et le qualifie de recteur de Saint-Jean-sur-Vilaine. F. Gatouillat reprend ces données, mais fait de Jean Masure le doyen du chapitre de Champeaux.

"[la verrière] représente la Pentecôte , et , à droite , le donateur agenouillé, Jean Masure, chanoine de Champeaux, recteur de Saint-Jean sur Vilaine et fondateur de la chapelle du Saint-Esprit et des quatre évangélistes. Il est à remarquer que le donateur, Jean Masure, ne porte ni chape ni aumusse , cette autorisation n' ayant été accordée aux chanoines de Champeaux que le 8 juin 1542 par l' évêque Claude Dodieu ; son vêtement a d' ailleurs été refait  en grande partie, notamment toute la partie inférieure." (R. Coufon)

Certes, de 1474 à 1777, la cure paroissiale de Saint-Jean-sur-Vilaine dépendait de la collégiale de Champeaux, un des six chanoines de cette collégiale étant toujours recteur en titre de Saint-Jean-sur-Vilaine (le doyen étant recteur de Champeaux et les quatre autres, de Guipel, Saint-Mervé,  Vergéal et Montreuil-sur-Pérouze). Du moins, il en percevait les fruits et dîmes en prébendes.

Mais il est peu probable que  Jean Masure soit en même temps le doyen de la collégiale, car il serait alors de droit, nous l'avons vu, recteur de Champeaux. 

Enfin, le Pouillé de l'archevêché de Rennes donne Jacques Mazure, chanoine de Champeaux, comme recteur de Vergeal vers 1531, puis recteur de Saint-Jean-sur-Vilaine vers 1537-1540. Lui, ou un homonyme,  est cité comme recteur de Pocé-les-Bois avant 1588.

Au total, le donateur doit plutôt être identifié comme Jacques Mazure, et ses fonctions, prébendes de recteur et titres indiquées par Couffon ne sont pas ceux dont il disposait en 1529, date de réalisation du vitrail.

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Le peintre-verrier d'origine hollandaise: Jehan Adrian (Adrien, Adriaen).

 

"La figure de la Vierge , assise sur un trône au milieu des apôtres, est particulièrement remarquable et les verres de très belles couleurs. Sur les candélabres tout italiens qui l'entourent, figure trois fois le millésime 1529, ce qui permet de l'attribuer à Jean Adrian, les comptes de la collégiale ne mentionnant à cette date que la présence de ce seul peintre-verrier à Champeaux  (Archives Ille-et-Vilaine G 456, année 1529)

 Ce Jean Adrian , qualifié en 1505 venu de Hollande à Rennes , appartenait sans doute à cette famille des Adriaen, peintres-verriers mentionnés au XVe siècle à Anvers et Tournai . En 1517 , il reçut vingt trois livres tournois pour travaux de décoration  faits à Vitré lors de l' entrée de la comtesse de Laval ; en 1526 , il exécuta la maîtresse vitre de Toussaints de Rennes moyennant six cent quarante livres tournois , suivant marché du 20 novembre

 

En 1532, il fut employé pour les fêtes du couronnement du dauphin François comme duc de Bretagne. Un autre Jean Adrian peut-être son fils figure en 1565 parmi les artistes employés pour les préparatifs de l' entrée de Charles IX à Rennes ; il est qualifié peintre étranger ." (Couffon)

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"En 1505 est signalé le peintre et peintre verrier Jehan Adrian, dont il est spécifié qu'il est "venu de Hollande"(*) et qui pouvait être relié à la famille des Adriaen, peintres verriers à Tournai et Anvers au XVe siècle. Il fut évidemment un artiste important, dirigeant en 1517 les travaux de décoration pour l'entrée à Vitré de la comtesse de Laval, obtenant en novembre 1526 pour l'énorme somme de 640 livres tournois le marché de la maîtresse-vitre de l'église des Toussaints de Rennes, et étant employé pour les fêtes du couronnement du dauphins François, fils de François Ier, comme duc de Bretagne en 1532 (**). D'après les comptes de la fabrique de la collégiale de Champeaux, il paraît être l'auteur de la verrière de la Pentecôte." (Gatouillat p. 37-38)

Dans les minutes d'un procès d'août 1536 opposant les époux de Bouillé à la fabrique de l'église Notre-Dame de Vitré, Jean Adrien, vitrier et peintre est cité pour avoir participé, à la réparation de diverses vitres de l'église avant son collègue Thomas Faverie [né à Vitré vers 1481, et qui intervint aussi à Champeaux], qui intervint à partir de 1506.

(*) marché du 26 novembre 1526 pour la verrière des Toussaints de Rennes, marquée aux armes du vicomte de Rennes Guy XVI de Laval et de Charlotte d'Aragon.

(**) Archives municipales Rennes AA6, contrat du 5 mai 1532.

Voir le Dictionnaire biographique d'André Bérard.

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POINTS FORTS.

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C'est la verrière la plus belle à mon sens, et la plus précoce des 7 verrières du XVIe siècle de l'ancienne collégiale.

Elle est précisément datée par inscriptions de 1529.

Son décor relevant de la Première Renaissance bretonne en est la manifestation la plus précoce à Champeaux.

Son donateur Jacques Mazure, intégré à la scène sacrée devant saint Jacques, était chanoine du chapitre de Champeaux.

Son auteur Jehan Adrian est un peintre-verrier d'origine néerlandaise actif à Vitré, puis à Rennes en 1526.

Le verre rouge gravé et peint au jaune d'argent est une prouesse technique remarquable.

Son sujet, la Pentecôte, est dominé par une Trinité spectaculaire.

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Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

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Situation de la chapelle Saint-Jacques sur le plan.

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Détail du plan d'après Découvrir-champeaux/histoire-et-patrimoine.

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Vue générale.

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Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

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Je décrirai le vitrail de haut en bas.

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Pour débuter, rappelons nous que la Pentecôte désigne la descente du Saint-Esprit,  de l'inspiration divine et du don des langues sur 120 disciples de Jésus réunis au Cénacle de Jérusalem. Les Actes des Apôtres décrivent des langues de feu se déposant sur la tête de chacun.

« Le jour de la Pentecôte, ils étaient tous ensemble dans le même lieu. Tout à coup il vint du ciel un bruit comme celui d'un vent impétueux, et il remplit toute la maison où ils étaient assis. Des langues, semblables à des langues de feu, leur apparurent, séparées les unes des autres, et se posèrent sur chacun d'eux. Et ils furent tous remplis du Saint Esprit, et se mirent à parler en d'autres langues, selon que l'Esprit leur donnait de s'exprimer. » Actes 2:1-4

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Dans l'enluminure peinte par le tourangeau Jean Fouquet pour les Heures d'Etienne Chevalier vers 1452-1460, les apôtres sont au nombre de 12 (Judas ayant été remplacé par Matthias) et entourent la Vierge (bien qu'elle soit absente du texte des Actes). Les langues de feu partent en serpentins dorés dans les rayons issus de la colombe de l'Esprit Saint. La coquille symbole de renaissance (cf la Naissance de Vénus de Boticelli) forme une voûte fermant la pièce.

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Pentec%C3%B4te#/media/Fichier:La_Pentec%C3%B4te.jpg

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Plus proches de la date de cette verrière, les enluminures du tourangeau Jean Bourdichon pour les Heures de Louis XII (1498-1499), les Heures de Frédéric III d'Aragon (1501-1502), les Grandes Heures d'Anne de Bretagne (v. 1503-1508) ou pour le Missel de Jacques de Beaune (1506-1508 ou 1511) reprennent cette construction, tout en adoptant  un cadrage plus serré, mais les Apôtres sont rejoints par les nombreux disciples.  .

 

 

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Pentecôte peinte par Jean Bourdichon, Heures de Louis XII (1498-1499), British Library

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La Pentecôte peinte par Jean Bourdichon, Heures de Frédéric III d'Aragon (1501-1502) BnF latin 10532 f. 206. Droits Gallica.

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La Pentecôte peinte par Jean Bourdichon pour les Grandes Heures d'Anne de Bretagne (v. 1503-1508) BnF latin 9474 f.49v.

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La Pentecôte peinte par Jean Bourdichon pour le Missel de Jacques de Beaune (1506-1508 ou 1511) BnF latin 886 f.226v  

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Voir aussi :

Jean Poyer, Pentecôte, Heures de Henri VIII, Tours vers 1500, Pierpont Morgan Library  

https://www.themorgan.org/sites/default/files/images/collection/download/MSH0008_C_0101_verso-0102_recto.jpg

Même si le maître verrier Jean Adrian est d'origine néerlandaise, il me parait légitime de rechercher des sources iconographiques dans les enluminures de l'Ecole de Loire (N. Reynaud) et des ateliers de Tours, car le mécénat de Guy III d'Espinay et de Louise de Goulaine renvoie régulièrement au Val de Loire où la cour royale était établie. Inversement, la consultation des enluminures d'un livre d'Heures des seigneurs d'Espinay, du XVe siècle et d'inspiration flamande (Rennes Métropole ms 33 f. 124) montre que cette source d'inspiration peut être écartée.

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Ici, à Champeaux, dans une composition toute verticale,  le Cénacle est  vu en perspective,  et doté d'un péristyle aux colonnes en marbre veiné rose et vert, qui soutient une arche en plein cintre et un plafond à caisson. La Vierge est assis dans une cathèdre de marbre au dais en coquille (rappelant celle de Jean Fouquet). Elle est entourée d'une dizaine de participants au premier plan, non nimbés (dont saint Pierre portant sa clef, et Jean, imberbe, et dont des femmes), tandis que les visages d'une douzaine d'autres forment une ligne horizontale en deuxième plan.

Entre le seuil du Cénacle, où le spectateur est censé être placé, et les disciples, s'élèvent deux colonnades de fuseaux et vases ou "candélabres" décorés de masques et d'angelots crachant des feuilles, où s'accrochent les trois cartouches à chronogramme 1529. Cette interposition de candélabres crée une délimitation verticale d'un espace sacré, et un effet de profondeur.

Ces candélabres dorés (grisaille et jaune d'argent) rappellent ceux qui encadrent sur toute la hauteur la Pentecôte du Missel de Jacques de Beaune, et qui avaient été introduits pour l'encadrement des Heures de Frédéric d'Aragon par Giovanni Todeschino, mais sont ici très astucieusement intégrés à la scène.

La grande innovation de Jean Adrian par rapport aux enluminures de Jean Bourdichon est de placer dans le même espace du Cénacle non seulement la colombe de l'Esprit Saint, mais le Père et le Fils composant ainsi une Trinité.

L'autre innovation est de remplacer toute l'architecture du Cénacle au dessus des disciples par un grand triangle descendant rouge et or, un flot de feu et de lumière qui se déverse sur les têtes dans un effet d'irruption et de rupture spatiale spectaculaire. 

La troisième idée est de reprendre le symbole de la coquille, mais puisqu'elle ne peut occuper la voûte, elle se place sur le dais dominant la tête de la Vierge et en double le nimbe.

L'enluminure la plus proche est peut-être encore celle de Fouquet, par la mise en scène de cette ondée spirituelle. Mais pour la disposition des personnages, c'est celle du Missel de Jacques de Beaune qui se rapproche le plus du vitrail de Champeaux. Elle ne précède que d'une vingtaine d'année la verrière. Ce Jacques de Beaune était trésorier d'Anne de Bretagne, évêque de Vannes de 1504 à1511, et doyen du chapitre Saint-Gatien de Tours en 1506. 

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Puisque je débute par le haut, j'observe les éléments décoratifs en grisaille et jaune d'argent dont les masques-feuilles anthropomorphes de profil et les volutes, mais aussi les deux médaillons aux profils féminins relèvent de l'influence des ornemanistes italiens. Ce témoignage de la Première Renaissance bretonne, dont le mécénat des Espinay va offrir de très beaux exemples,  s'exprime  à Champeaux pour la première fois dans cette verrière.

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Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

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Le Père et le Fils bénissant l'assemblée des disciples.

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S'inscrivant dans l'orbe du plein cintre, le Père et le Fils, assis sans différence de taille et de position sur une même banquette de pierre, sont adorés par trois cercles concentriques  d'anges, successivement bleus, verts et rouges, nus, ailés et mains jointes.

Le Fils tient l'étendard de la Résurrection, et en porte le manteau rouge ; il bénit et montre ses plaies (du flanc et du poignet droit). Le Père, en robe pourpre et manteau rouge, bénit également, tandis qu'il tient le globus cruciger de la main gauche. Ils se regardent, se détachant sur un fond jaune d'or, seulement séparés par un coussin vert.

Voir la Trinité du Missel de Jacques de Beaune :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b104614851/f475.item

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Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

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La colombe, et les langues de feu.

L'ardente inspiration divine troue avec force un ciel bleu clair où volent quelques anges.

Les langues de feu, présentes chez Fouquet, sont absentes des Heures de Louis XII et de celles de Frédéric III d'Aragon, apparaissent dans les Grandes Heures d'Anne de Bretagne, et ne se distinguent bien sur la tête des Apôtres que dans le Missel de Jacques de Beaune.

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Pentecôte, Jean Bourdichon, Missel de Jacques de Beaune, droits Gallica BnF

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Mais ici, elles sont particulièrement visibles, en jaune sur fond rouge.

Ce panneau est un splendide exemple de la technique du verre gravé. Le verre rouge est toujours doublé, car s'il était de l'épaisseur des autres verres, il serait presque noir. Une fine plaque de verre rouge est appliquée contre une plaque de verre blanc. En gravant la partie rouge avec un outil (molette) ou de l'émeri, la zone gravée apparaît blanche. Elle peut alors être peinte au jaune d'argent pour donner ces rais et ces flammes (lesquelles sont surlignées de traits noirs à la grisaille. Sur une telle surface, c'est ici un réel tour de force.

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Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

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Les cartouches à chronogramme des candélabres.

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Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

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La Vierge entourée des Apôtres et des disciples.

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Une vue de détail monterait que la plupart des visages ont les yeux tournés vers le haut (sauf Jean, visage refait), quoique certains aient les yeux baissés. À droite de Marie (à sa gauche) sont deux femmes, dont l'une porte une coiffe.

Nous pouvons identifier trois apôtres : Pierre, avec sa clef, Jean qui est imberbe, et Jacques le Majeur, en rouge à l'extrême droite, qui porte le bourdon et la besace frappée d'une coquille.

 

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Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

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La Vierge, voilée et nimbée, mains jointes, est vêtue d'une robe dorée et damassée sous un manteau bleu.

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Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

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Le donateur Jacques Mazure devant saint Jacques.

Derrière les candélabres, le chanoine de Champeaux appartient à la scène (comme le chanoine Van der Paele peint par Van Eyck), mais se distingue par sa posture agenouillée, son regard dirigé vers la Vierge, et son surplis au dessus d'une robe violette. Il occupe la place de saint Jean sur l'enluminure du Missel  de Jacques de Beaune, mais il est situé devant saint Jacques, ce qui renforce mon hypothèse de l'identifier comme Jacques Mazure, plutôt que Jean (cf. plus haut).

Était-il, en 1529, doyen du chapitre (et alors, recteur de Champeaux) ? Représente-t-il ce chapitre collégiale qui serait dans son ensemble commanditaire du vitrail ?

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Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

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Les autres apôtres et disciples.

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Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

Baie 8 de la Pentecôte (Jehan Adrian, 1529) de l'ancienne collégiale de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020 .

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LIENS ET SOURCES.

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— BARRIÉ (Roger), 1976, Les verres gravés et l'art du vitrail en Bretagne occidentale, Annales de Bretagne et des pays de l'ouest n°80-1 pp. 35-44

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1976_num_83_1_2796

— BOESPFLUG (François), 2006, La Trinité en théologie et dans l'art  à la fin du Moyen-Âge( 1400-1460).Presses universitaires de Strasbourg

https://books.openedition.org/pus/12732?lang=fr

COUFFON (René), 1969, « La collégiale de Champeaux. Contribution à l’étude de la première Renaissance en Bretagne » dans Mémoires de la Société d’émulation des Côtes-du-Nord, tome XCVIII, 1969, pp. 15-49 .

— COUZY (H), 1968, Collégiale La Madeleine de Champeaux, Congrès archéologique de France, 126e session, Haute-Bretagne, p.60-73

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005, Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Inventaire général du patrimoine culturel ; Rennes : Presses universitaires de Rennes , impr. 2005

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1880-1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. [Volume 3] 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1904, "Les seigneurs de Champeaux, leur collégiale et leur château", Revue de Bretagne, de Vendée & d'Anjou, Volumes 31 à 32 page 385-

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k453834v/f383.image.r=champeaux

— JOUBERT (Solen), 2003, Audace et renommée : un réseau de la noblesse bretonne, vecteur d'échanges culturels et artistiques pendant la Renaissance. SHAB pages 205-

https://m.shabretagne.com/scripts/files/54da14d35ff576.88078498/2003_08.pdf

MOIREZ (Denise), 1975, Vitraux de Champeaux et de Louvigné-de-Bais, Mémoires de la SHAB

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f461a0de8f9e7.95056646/1975_14.pdf

— RIOULT ( Jean-Jacques ), ORAIN (Véronique), 1979,L'ancienne collégiale de Champeaux, Dossier IA00130695 (c) Inventaire général ; (c) Conseil général d'Ille-et-Vilaine

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancienne-collegiale-actuellement-eglise-sainte-marie-madeleine-place-de-la-collegiale-champeaux/d2fdc8a2-dd6b-4bea-83c6-91455faf82e9

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-d-epinay-ancien-chateau-de-la-riviere-champeaux/380ed73c-19d0-4e1e-8082-64d1b7934c77

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA35000276

https://monumentum.fr/chateau-epinay-ancien-chateau-riviere--pa00090518.html

— SITE DECOUVRIR CHAMPEAUX

https://www.champeaux35.fr/decouvrir-champeaux/histoire-et-patrimoine/collegiale-2/

— WIKIPEDIA, Pfingstfenster (Champeaux)

https://de.wikipedia.org/wiki/Pfingstfenster_(Champeaux)

 

 — WIKIPEDIA, La collégiale Sainte-Marie-Madeleine de Champeaux.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Coll%C3%A9giale_Sainte-Marie-Madeleine_de_Champeaux

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
3 octobre 2020 6 03 /10 /octobre /2020 20:23

 Les vitraux du XVIe siècle de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux (35).  I. La maîtresse-vitre (1539-1541) de la Crucifixion et de l'Extase de Marie-Madeleine.

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Voir sur cette église :

 

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N.B : la version en allemand de l'encyclopédie Wikipedia consacre un article et 4 photos à ce vitrail, dans le cadre de sa catégorie "Vitraux du département d'Ille-et-Vilaine". Mais la description de référence est celle de Gatouillat et Hérold 2005.

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LA MAÎTRESSE-VITRE OU BAIE 0 (Gilles de la Croix-Vallée, 1539-1541).

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Cette verrière d'axe haute de 6,40 m de haut et 3,70m de large comporte 5 lancettes et un tympan de 11 ajours.

 

Elle a succédé à une première verrière, peut-être contemporaine de la construction du chœur avant le milieu du XVe siècle, et qui avait été restaurée entre 1516 et 1518 par Thomas Faverie, peintre verrier de Vitré.

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La verrière actuelle résulte  d'une donation à la collégiale par Guy III d'Espinay et Louise de Goulaine, qui, après ou en même temps qu'ils dotaient l'église de 54 stalles, et avant d'y commander vers 1551 leur tombeau dans le chœur, commandèrent un ensemble de verrières. Les comptes de fabrique  de 1539-1541 font connaître le versement d'une  quarantaine de livres en trois paiements à   l'ymagier, painctre et vitrier Guillequin, que Gatouillat et Hérold identifient comme étant Gilles de la Croix-Vallée, installé à Vitré, et également actif à Louvigné-de-Bais (Transfiguration et Résurrection) pour les mêmes donateurs.  La participation du chapitre à la commande de verrières entre 1538 et 1550 est attestée par les comptes de la fabrique : Arch. dép. d’Ille-et-Vilaine, série 1 G 456. H. COUZY, « Collégiale La Madeleine… » p. 69.  Guyon Collin, associé de Gilles de la Croix-Vallée à Louvigné, reçut d'ailleurs vingt sol à Champeaux en 1545 pour des travaux non identifiés.

 

Jusqu'à leur destruction pendant la Révolution, les armes des donateurs et de leurs ascendants se voyaient sur les lancettes latérales au dessus de leur portraits, comme le rapporte le maître vitrier Collin, de Vitré, dans un procès verbal de 1716 établi pour la prise de possession de la seigneurie d'Espinay. Elle était disposée sur trois registres et sous les armes pleines d'Espinay,  répétées, figuraient celles de Simon II , grand chambellan de Bretagne et de Marguerite de Chateaubriand (vivant vers 1430), de Guy Ier et d'Ysabeau Gouyon (fin du XVe), de Richard marié en 1435 à Béatrice de Montauban, et enfin celles des donateurs.

En 1880, un atelier  a réalisé les ornements placés dans les lancettes latérales tout en conservant les parties originales qui subsistaient après la destruction des armoiries.

Entre 1908 et 1913, l'atelier parisien d' Emmanuel et Charles Tournel restaurèrent l'ensemble des fenêtres de l'église. Plus récemment est intervenu Hubert de Sainte-Marie, entre 

Elle a été restaurée en 2016 par l'atelier Helmbold de Corps-Nuds (35) avec doublage de protection de la verrière, Olivier Weets étant architecte en chef des Monuments historiques.

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La verrière est dissimulée, dans sa partie basse et centrale, par une grande statue dont il est très difficile de se dégager pour observer la scène, pourtant capitale dans l'ancienne collégiale de la Madeleine, de l'Extase de Marie-Madeleine à Sainte-Baume, un thème précieux par sa rareté.

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LES POINTS FORTS.

1. Un nouvel exemple du mécénat de Guy III d'Espinay et Louise de Goulaine (les stalles après 1530, leur tombeau après 1551), représentés en donateurs.

2. l'Extase de Marie-Madeleine, sujet iconographique rare, très précoce en peinture, et unique sans doute en vitrail. Un dossier y sera consacré en annexe.

3. Une grande Crucifixion centrale sur trois lancettes, disposition en rupture avec l'art des vitraux mais qui apparaît en même temps en Finistère dans ce deuxième quart du XVIe siècle.

4. Au tympan, une Trinité Souffrante au centre du chœur des anges en cercles colorés.

5. Dans les lancettes périphériques, deux panneaux de la Première Renaissance bretonne avec les monogrammes G & L des donateurs reliés par des lacs d'amour (comme sur leur tombeau et les boiseries de la porte de sacristie). 

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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LE TYMPAN

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Cet ensemble, bien conservé malgré quelques pièces remplacées, montre dans la mouchette sommitale la Trinité souffrante. Celle-ci domine une série de sept cercles concentriques d'anges orants, successivement blanc et or, rouge, bleu, vert, orangé et bleu.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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L'élément sommital est une Compassion du Père : Dieu le Père, barbu, couronné, assis sur un trône devant un drap d'honneur bleu damassé, vêtu d'un manteau rouge sur une tunique  bleue, est accompagné par la colombe de l'Esprit, posée sur son épaule droite.

Il tient sur ses genoux le Fils, déposé de la Croix, dans un suaire, dans la posture commune aux Pietà.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le premier cercle est jaune, avec les anges (verre gravé) en blanc, mains jointes ou bras croisés.

Le deuxième cercle est rouge, le troisième est bleu, et les anges y tournoient, allongés dans le sens du cercle : ils y sont peints à la grisaille.

Cette représentation évoque fortement la manière propre à l'atelier tourangeau de Jean Fouquet et ses successeurs, où les anges sont peints en camaieu d'or sur le fond bleu, rouge, etc. Plusieurs exemples peuvent être trouvés en ligne, comme La Toussaint des Heures d'Etienne Chevalier par Jean Fouquet (aujourd'hui à Chantilly).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Livre_d%27heures_d%27%C3%89tienne_Chevalier#/media/Fichier:La_Trinit%C3%A9_et_tous_les_saints.jpg

Un autre exemple est celui-ci :

Maître du retable Beaussant de la cathédrale d'Angers (vers 1480-1490), Le Louvre:

https://art.rmngp.fr/fr/library/artworks/maitre-du-retable-beaussant_la-trinite_rehauts-d-or_parchemin_peinture-sur-papier-2ace0e2a-6217-4884-9f0f-6bdade1a2b73

Mais on peut trouver ces légions d'anges en  nuées concentriques ici même, à Champeaux, sur la verrière de la Pentecôte, réalisé vers 1529 et attribué à Jean Adrien.

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La Pentecôte (1529), baie 8, collégiale La Madeleine de Champeaux. Photo lavieb-aile.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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L'ensemble coloré en arc en ciel fonctionne comme un tourbillon lumineux aspirant le regard, et peut-être l'âme, certes vers la souffrance d'un père, mais, par cette expérience, vers le divin.  

J'aurais dû terminer par ce tympan, puisque cette Trinité souffrante est placée au dessus de la Crucifixion.

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Chaque cercle s'élargit obligatoirement, et dans le dernier, en bleu, les anges ne sont plus alignés en rang ou en bancs, mais réunis par groupes de trois  à six, tournés vers le centre.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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LES LANCETTES.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR : EXTASE DE MARIE-MADELEINE À LA SAINTE-BAUME, CONTEMPLÉE PAR GUY D'ESPINAY ET LOUISE DE GOULAINE.

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Tout le registre inférieur est réuni sous un élément architectural formé essentiellement d'une longue architrave en faux marbre rythmé d'anges tenant des guirlandes. Au centre, le massif de la Sainte-Baume atteint par son sommet  — pour ce qu'on peut en voir derrière la statue — cette architecture.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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1°) Les donateurs.

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a) Louise de Goulaine à gauche.

Il manque la partie inférieure.

Louise de Goulaine, épouse de Guy III d'Espinay depuis 1528, et veuve en 1551,  et qui décéda le 8 février 1568 à Champeaux où elle fut inhumée. Elle figure ici  sous un haut dais de velours vert à glands d'or et tenant son livre de prières, et (a priori) agenouillée. 

Le dais ressemble à des baldaquin avec un ciel de lit  (détail d'un pan retroussé et suspendu dans une poche).

Elle est accompagnée par un abbé portant l'habit franciscain, et par une femme jeune vêtue d'un manteau bleu à fermail, et portant un vase ; cette dernière semble jeter un coup d'œil en passant. Ils ne sont pas nimbés. Les visages sont restaurés. À la différence des solides conventions régissant les figures de donation des vitraux du XVIe,  ou, pour ce couple, de la baie 4 (v.1540)  de Louvigné-les-Bais — où Louise est présentée par saint Louis —, ces personnages ne sont pas  des saints patrons présentant les seigneurs, mais ils semblent s'intégrer dans la scène centrale. Il n'y a pas de coupure entre la scène de donation et la scène sacrée, qui sont réunis par le même ciel et le même portique. Comment les identifier ? Il est peu probable que Louise de Goulaine soit  figurée avec son confesseur, par exemple, et sa suivante. 

Une hypothèse plus complexe peut se rapporter à la légende de Marie-Madeleine, à son iconographie, et à celle de Marie l'Egyptienne (qui s'y fond) dans laquelle c'est un prêtre ou abbé qui assiste miraculeusement au transport de la sainte par les anges. On peut penser aussi à Jean Cassien, abbé de Saint-Victor, ou à un abbé cassianiste (Jean Cassien aurait découvert les restes de sainte Madeleine et en aurait confié les reliques à la communauté de Cassianistes qu'il avait fondé au Ve siècle à Saint-Maximin. Les tombeaux de Marie-Madeleine et de saint Maximin ont été redécouverts au XIIIe siècle.

Louise de Goulaine ou Guy III d'Espinay se sont-ils rendus en pèlerinage à Sainte-Baume ? Cela n'est pas relaté, mais ces proches de la cour royale ou leurs parents (Guy II fut échanson d'Anne de Bretagne, et Christophe de Goulaine fut gentilhomme ordinaire de la chambre de Louis XII et François Ier) ont pu y accompagner les rois et reines. 

En 1503, Anne de Bretagne alla à Sainte-Baume et fit modifier la chasse contenant le crâne de Marie-Madeleine pour la montrer soulevée par quatre anges, par dévotion pour la légende du Transport angélique de la sainte. 

 

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Chasse du chef de Marie-Madeleine, in Monuments inédits sur l'apostolat de Sainte Marie-Madeleine en Provence, 1818, p. 1031

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En 1516, François Ier se rendit à Sainte-Baume accompagnée de Claude de France, de Louise de Savoie, de Marguerite de Navarre, et d'un grand nombre de seigneurs.

En 1533, Eléonore d'Autriche effectua le pèlerinage à Sainte-Baume. Henri II et François II renouvelèrent les privilèges des moines de Saint-Maximin.

[notons aussi que le dominicain espagnol Vincent Ferrier  mort le 5 avril 1419 à Vannes (Bretagne), très apprécié à la cour ducale de Bretagne et qui avait prêché cette province,  a consacré son sermon de 1407 à Marie-Madeleine , disant qu’à l’heure des vêpres,  les anges élevaient Madeleine en chantant : « Dans son trésor, le roi a placé la drachme perdue ; la pierre précieuse, tirée de la fange, étincelle au soleil radieux. » Un autre saint, Bernardin de Sienne, a décrit les sept délices des élévations de Madeleine.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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La donatrice est vêtue d'une robe de drap rouge à encolure carrée et à manches rapportées courtes, à taillades, au dessus d'une chemise fine à col court et frisé.

Un collier en or est sculpté de deux motifs, le croissant et le losange.

Sa coiffure est une coiffe rouge, au dessus d'un premier bonnet à bordure dorée perlée, et d'un voile translucide (en lin ?) également perlé. Cette coiffure correspond à la "coiffe bretonne" mise à la mode par Anne de Bretagne et qui superpose le béguin, le "ruban" ou second bonnet, et le "chaperon", le plus souvent noir.

https://annedebeaujeu.fr/index.php/2019/09/10/reconstitution-dune-coiffe-noble-1490-1520/

Anne de Bretagne et plus encore  Claude de France, fille d'Anne de Bretagne et reine de 1515 à 1524 (donc avant la réalisation de ce vitrail) portait une coiffe repoussée en arrière et dévoilant la chevelure temporale, divisée par une frange.

La date présumée de ce vitrail, en 1539, correspond au règne de François Ier et d'Eléonore de Habsbourg, reine de 1530 à 1547. Le portrait de la reine en 1529 montre l'encolure carré, les taillades ou crevés (apparus vers 1525), et une coiffe encore plus repoussée en arrière  et devenant plus discrète. Le portrait conservé à Chantilly (RMN)  date de 1530.

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89l%C3%A9onore_de_Habsbourg#/media/Fichier:Joos_van_Cleve_003.jpg

https://www.photo.rmn.fr/archive/06-510701-2C6NU0BMN6LY.html

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La comparaison avec les portraits présumés de Louise de Goulaine sculptés sur les boiseries des stalles (entre 1528 et 1550) est intéressante (ils accompagnent ses armoiries), mais doit tenir compte des licences de l'artiste qui idéalise son modèle et le conforme aux médaillons italiens faisant référence.

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Jouée nord des stalles de Champeaux. Photographie lavieb-aile.

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Allégorie, ou portrait idéalisé de Louise de Goulaine, boiserie de la collégiale de Champeaux (1528-1550). Photo lavieb-aile.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le donateur Guy III d'Espinay.

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Le seigneur d'Espinay est ici mains jointes, probablement agenouillé, et tourné vers la scène centrale qu'il fixe. Il est barbu, asse jeune, et vêtu d'un pourpoint orangé.

Derrière lui, une jeune femme coiffée d'un voile tient un vase (Sainte Marie-Madeleine ???), devant un homme blond. Aucun d'eux n'est nimbé.

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Comparaison avec la baie 4 — restituée — de Louvigné-de-Bais (1540) :

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Guy III d'Espinay et Louise de Goulaine en donateurs de la baie 4 de Louvigné-de-Bais (1540). Photographie lavieb-aile.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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L'EXTASE DE MARIE-MADELEINE.

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Cette scène qui occupe le registre inférieur des trois lancettes centrales ne peut se découvrir que panneau par panneau en se déplaçant à droite et à gauche de la fâcheuse statue.

Si nous pouvions l'observer du haut d'un échafaudage, nous verrions la sainte allongée sur le coté mais en appui sur le coude droit, la tête levée, les yeux ouverts, le buste nu (seulement couvert par les longs cheveux blonds qui sont un de ses attributs) et le bas du corps couvert par un manteau ou une couverture rouge bordeaux. Elle tient un livre dans sa main droite, indiquant que sa lecture vient de lui inspirer une vision céleste. La main gauche réunit quelques mèches de cheveux pour cacher partiellement sa poitrine.

Elle est entourée d'une quantité d'anges, dont certains la soutiennent et la soulèvent à la tête et aux pieds, tandis que d'autres, en duo ou trio, entonnent des cantiques. Ils portent des manteaux et des robes colorées, parfois damassés, avec quelques manches à crevés témoignant de la mode Renaissance. Les expressions des visages des chanteurs sont vivantes et bien observées. Quelques angelots nus se mêlent à l'assemblée.

Le regard de la sainte est dirigé vers une scène en troisième lancette (la plus cachée) où se voit, dans une grotte à proximité d'une masure, sa propre lévitation, debout, enveloppée dans un manteau rouge, soulevée par six anges.

Un amas de rochers (grisaille et jaune d'argent) forment la grotte du massif de  la Sainte-Baume, où, selon la Légende Dorée chap. 45, Marie-Madeleine s'est retirée en ermite après avoir débarquée avec son frère Lazare et sa sœur Marthe aux Saintes-Maries-de-la-Mer. Elle y mène alors une vie solitaire de pénitence (c'est une ancienne pécheresse) et de contemplation.

Voici le texte de Jacques de Voragine (XIIIe siècle), dans la traduction et adaptation de Teodor de Wyzewa en 1910 :

 

"Cependant Sainte Marie-Madeleine, désireuse de contempler les choses célestes, se retira dans une grotte de la montagne, que lui avait préparée la main des anges, et pendant trente ans elle y resta à l’insu de tous. Il n’y avait là ni cours d’eau, ni herbe, ni arbre ; ce qui signifiait que Jésus voulait nourrir la sainte des seuls mets célestes, sans lui accorder aucun des plaisirs terrestres. Mais, tous les jours, les anges l’élevaient dans les airs, où pendant une heure, elle entendait leur musique ; après quoi, rassasiée de ce repas délicieux, elle redescendait dans sa grotte, sans avoir le moindre besoin d’aliments corporels.

Or, certain prêtre, voulant mener une vie solitaire, s’était aménagé une cellule à douze stades de la grotte de Madeleine. Et, un jour le Seigneur lui ouvrit les yeux, de telle sorte qu’il vit les anges entrer dans la grotte, prendre la sainte, la soulever dans les airs et la ramener à terre une heure après. Sur quoi le prêtre, afin de mieux constater la réalité de sa vision, se mit à courir vers l’endroit où elle lui était apparue ; mais, lorsqu’il fut arrivé à une portée de pierre de cet endroit, tous ses membres furent paralysés ; il en retrouvait l’usage pour s’en éloigner, mais, dès qu’il voulait se rapprocher, ses jambes lui refusaient leur service. Il comprit alors qu’il y avait là un mystère sacré, supérieur à l’expérience humaine. Et, invoquant le Christ, il s’écria : « Je t’en adjure par le Seigneur ! Si tu es une personne humaine, toi qui habites cette grotte, réponds-moi et dis-moi la vérité ! Et, après qu’il eut répété trois fois cette adjuration, Sainte Marie-Madeleine lui répondit : « Approche-toi davantage, et tu sauras tout ce que tu désires savoir ! ». Puis, lorsque la grâce du ciel eut permis au prêtre de faire encore quelques pas en avant, la sainte lui dit : « Te souviens-tu d’avoir lu, dans l’évangile, l’histoire de Marie, cette fameuse pécheresse qui lava les pieds du Sauveur, les essuya de ses cheveux, et obtint le pardon de tous ses péchés ? ». Et le prêtre : « Oui, je m’en souviens ; et, depuis trente ans déjà, notre sainte Eglise célèbre ce souvenir ». Alors la sainte : « Je suis cette pécheresse. Depuis trente ans, je vis ici à l’insu de tous ; et tous les jours, les anges m’emmènent au ciel, où j’ai le bonheur d’entendre de mes propres oreilles les chants de la troupe céleste. Or, voici que le moment est prochain où je dois quitter cette terre pour toujours. Va donc trouver l’évêque Maximin, et dis-lui que, le jour de Pâques, dès qu’il sera levé, il se rende dans son oratoire : il m’y trouvera, amenée par les anges ». Et le prêtre, pendant qu’elle lui parlait, ne la voyait pas, mais il entendait une voix de suavité angélique.

Il courut aussitôt vers saint Maximin, à qui il rendit compte de qu’il avait vu et entendu, et, le dimanche suivant, à la première heure du matin, le saint évêque, entrât dans son oratoire, aperçut Marie-Madeleine encore entourée des anges qui l’avaient amenée. Elle était élevée à deux coudées de terre, les mains étendues. Et, comme Saint Maximin avait peur d’approcher, elle lui dit : « Père, ne fuis pas ta fille ! ». Et Maximin raconte lui-même, dans ses écrits, que le visage de la sainte, accoutumé à une longue vision des anges, était devenu si radieux, qu’on aurait pu plus facilement regarder en face les rayons du soleil que ceux de ce visage. Alors l’évêque, ayant rassemblé son clergé, donna à Sainte Marie-Madeleine le corps et le sang du Seigneur ; et, aussitôt qu’elle eut reçu la communion, son corps s’affaissa devant l’autel et son âme s’envola vers le Seigneur. Et telle était l’odeur de sa sainteté, que, pendant sept jours, l’oratoire en fut parfumé. Saint Maximin fit ensevelir en grande pompe le corps de la sainte, et demanda à être lui-même enterré près d’elle, après sa mort."

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L'analyse de ce texte, et de ceux qui en sont la source, montre qu'il y a plusieurs scènes :

- durant sa retraite de 30 ans près d'Aix-en-Provence dans une grotte du massif de Sainte-Baume [sainte grotte en provençal], Madeleine est transportée sept fois par jours (heures canoniales) par les anges  au sommet de la montagne,  où elle entend le concert angélique de louanges. Il y a donc un transport angélique et une audition spirituelle. Ce sommet, nommé "Saint-Pilon"

-Un prêtre du voisinage, dans un rêve, a la vision par un tiers de ce transport angélique de Madeleine. La sainte lui révèle son identité. 

-Saint Maximin, l'un des 72 disciples de Jésus et premier évêque d'Aix, assiste à une lévitation de Madeleine entourée d'anges.

-Huit jours avant sa mort, sa sœur Marthe entendit le chœur des anges qui emportaient l' âme de Marie-Madeleine au Ciel (Légende Dorée Chap. 104).

 

Je  trouve la relation de ce récit dans la Légende dorée traduite par Jean de Vignay et copiée en 1404 (BnF fr. 414 , au folio 206r et suivants, dans une version en moyen français bien plus savoureuse et émouvante.

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La scène peinte à Champeaux montre bien le transport par les anges (Madeleine est soulevée et portée), ainsi que le concert spirituel, et  la lévitation reportée en hauteur et en plus petit comme un autre temps du récit.

 

On trouvera en annexe une discussion qui montre que cette "Extase de Marie-Madeleine" est rarement peinte avant cette peinture de Champeaux. Je la trouve sur 2 enluminures (XIV et XVe siècle), sur un panneau d'Aix-la-Chapelle) de la fin du XVe, et sur une gravure de Cranac'h en 1506. Je n'en ai trouvé aucun exemple  en peinture sur verre avant la période moderne. L'intérêt exceptionnel de ce thème justifierait de plus amples investigations.

 

 

 

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Vue partielle de la partie gauche.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Vue partielle de la partie droite.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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La lévitation de la sainte .

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Deux anges en adoration sur des nuages.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le concert angélique.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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LE REGISTRE SUPÉRIEUR. LA CRUCIFIXION (lancettes B, C et D).

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J'ai présenté ces grandes Crucifixions qui font leur apparition dans le vitrail breton au second quart du XVIe siècle ici :

http://www.lavieb-aile.com/2020/08/la-maitresse-vitre-de-l-eglise-de-guimiliau.html

Elle prend place ici sous trois dais à angelots tenant des guirlandes.

Bien que d'un style différent des Crucifixions finistériennes issues de l'atelier quimpérois, elle en reprend les éléments principaux (qui se retrouvent d'ailleurs dans les enluminures et peintures).

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Au centre, le Christ en croix, dont le sang est recueilli dans des calices par trois anges hématophores. Les jets de sang sont rendus par des verres rouges très minces et longs, ce qui souligne l'importance de leur représentation à une époque où la dévotion du Précieux Sang est grande. Elle est d'autant plus grande à la collégiale de La Madeleine  que le grand modèle de cette dévotion est Marie-Madeleine, toujours figurée au pied de la croix qu'elle étreint, contemplant l'écoulement qui rejoint les pieds sanguinolents, et la terre.

La même dévotion s'exprime par le détail très visible ici (sur la lancette de gauche) de Longin, qui transperce le flanc droit du Christ :nous le voyons mettre la main devant ses yeux, rappelant la légende par laquelle, atteint par le sang ruisselant le long de la lance, il fut guéri d'un trouble de la vue.

On remarquera que la croix est un tronc écoté, reprenant la symbolique de la croix-arbre.

En dessous du Christ, et du ciel hérissé de lances et d'étendards rouges à aigle bicéphale noirs, la foule associe les soldats, un centurion sur son cheval et les dignitaires Juifs, ou Pharisiens.

Marie-Madeleine est richement coiffée et vêtue, et témoigne par son élégance, et sa compassion parfois éplorée de la tradition iconographique qui va de plus en plus céder la place au personnage  de la Madeleine pénitente et retirée presque nue à Sainte-Baume, ou de la Madeleine méditant sur la Mort.

 

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le Bon larron est ici montré crucifié, mais et pieds cloutés (et non bras liés sur la traverse et jambes liées ou fléchies, en Finistère). Il a rendu l'âme, qu'un ange emporte vers les Cieux.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Autre détail, outre la hallebarde, celui d'un homme monté sur une échelle. Juste en dessous, Longin la main droite sur les yeux.

En dessous, Jean et deux  Saintes Femmes (Marie-Salomé ou Marie-Jacobé) soutiennent Marie en pâmoison. Mais on s'étonne que Jean soit ici barbu.

La Sainte Femme qui est au premier plan pourrait, par son élégance, être aussi Marie-Madeleine ; quoiqu'il en soit, son habillement et sa coiffe se rapprochent de ceux de Louise de Goulaine.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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En lancette D, l'âme du Mauvais Larron est emportée par un diable.

Sous la croix, un cavalier très expressif, bouche ouverte, l'index levé vers le Christ, est le Bon Centenier qui s'esclame Vere Filius Dei erat iste, "celui-ci était vraiment le Fils de Dieu".

Sa barbe, sa toque de velours rouge orné d'un médaillon d'or, sa veste damassée d'or et aux manches à crevés en font un portrait des nobles cavaliers sous François Ier .

Au sol, l'inévitable chien blanc (ici plutôt caramel), rarement omis de ces Crucifixions.

 

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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LES PANNEAUX LATÉRAUX : LE CHIFFRE DES DONATEURS.

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Parmi les panneaux latéraux, deux sont d'origine et portent les initiales G et L reliées par des lacs d'amour. Le G de Guy et le L de Louise sont ainsi reliées sur le tombeau des époux à gauche du chœur (Delespine 1551) ou sur les boiseries encadrant la porte de la chapelle sud, associées à leurs armoiries.

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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LES TÊTES DE LANCETTE.

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Il est possible de reconnaître dans des édicules à colonnes, coquilles et putti un roi et deux prophètes (Enoch et Élie selon Brune 1846) .

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Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Maîtresse-vitre (1539-1541) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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ICONOGRAPHIE DE L'EXTASE DE MARIE-MADELEINE.

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A. Enluminure.

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 — BnF latin 757 f. 343vMissale et horae ad usum Fratrum Minorum. 1301-1400 origine italienne

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8470209d/f690.item

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BnF latin 757 f. 343vMissale et horae ad usum Fratrum Minorum. 1301-1400 Droits Gallica BnF

 

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— Arsenal ms 661 Res f. 153v (détail). Scènes de la légende provençale de Marie Madeleine Évangéliaire à l’usage d’Amiens 1489-1490 Parchemin enluminé, 182 feuillets Paris, BnF, Bibliothèque de l’Arsenal  Evangeliarium cum notis (Amiens). [Évangéliaire à l'usage d'Amiens. Musique notée. Les Ms-661 et 662 sont appariés]. Meister des Dresdner Gebetbuches. Enlumineur. Date d'édition :   1475-1505 .

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550092747/f312.item
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Droits Gallica BNF

 

 

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B. Gravures.

Lucas Cranach l'Ancien , 1506, gravure sur bois:

http://www.histoiredelafolie.fr/psychiatrie-neurologie/calmeil-extase-extrait-de-encyclographie-des-sciences-medicales-repertoire-general-de-ces-sciences-au-xixe-siecle-london-tome-13-exe-fur-1837-pp-12-14

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Lucas Cranach l’ancien (allemand, 1472-1553), l’Extase de Sainte Marie Madeleine, 1506, gravure sur bois

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C. Peinture de chevalet.

 

— Élévation de Marie Madeleine par les anges : panneau peint à l'huile sur bois, fin du XV, musée Suermondt-Ludwig, Aix-la-Chapelle (Allemagne)

http://site-catholique.fr/index.php?post/Priere-de-Charles-II-d-Anjou-a-Marie-Madeleine

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Élévation de Marie Madeleine par les anges : panneau peint à l'huile sur bois, fin du XV, musée Suermondt-Ludwig, Aix-la-Chapelle (Allemagne).

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Le Caravage, en 1606. Diverses copies.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Marie-Madeleine_en_extase#/media/Fichier:Mary_magdalene_caravaggio.jpg

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Francesco del Cairo

http://www.artnet.com/artists/francesco-del-cairo/lextase-de-sainte-marie-madeleine-entour%C3%A9e-danges-UKKdux_M-Je6vnJ_MZSpgw2

— Rubens en 1618-1620, Beaux-arts de Lille

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sainte_Marie-Madeleine_en_extase_(Rubens)#/media/Fichier:Lille_Pdba_rubens_marie_madeleine.JPG

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Rubens, Marie-Madeleine en extase, Lille.

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Simon Vouet v. 1640

https://utpictura18.univ-amu.fr/GenerateurNotice.php?numnotice=A4450

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Simon Vouet, Marie-Madeleine soutenue par deux anges

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Sources scripturaires et bibliographie.

 

 

—JACQUES DE VORAGINE, La Légende dorée / Jacques de Voragine ; traduction de J.-B. M. Roze chronologie et introduction par le Révérend Père Hervé Savon Jacques de Voragine1228?-1298; Roze, Jean-Baptiste-Marie <1810-1899> ; Savon, Hervé

—GAZAY (Joseph) 1939, Étude sur les légendes de sainte Marie-Madelaine et de Joseph d'Arimathie 

Annales du Midi  Année 1939  51-201  pp. 5-36

—DUSCHENE (L. )1893, La légende de Sainte Marie-Madeleine  Annales du Midi  Année 1893  5-17  pp. 1-33

https://www.persee.fr/doc/anami_0003-4398_1893_num_5_17_3094

 « Mais d’une riens li grieve fort / Et mout en a grant desconfort, / Que il ne sot ne o ne non / A dire coument ele ot non » (v. 1165-1168, ibid., p. 520).

— https://www.saintsdeprovence.com/les-textes/vie-de-marie-madeleine/

— http://www.saintsdeprovence.com/wp-content/uploads/2013/10/vie-Marie-madeleine.gif

— https://fr.wikipedia.org/wiki/Chapelle_du_Saint-Pilon

— PINTO-MATHIEU (Elisabeth), 1992,Marie-Madeleine dans la littérature du Moyen Age, thèse en 1992. :Sainte Marie-Madeleine dans la littérature latine et vernaculaire du Moyen Âge, sous la direction d'Alain Michel et Michel Zink (Paris-IV).

https://books.google.fr/books?id=uxE2XmpHrcYC&pg=PA35&dq=%22saint+vincent+ferrier%22+%22marie-madeleine%22&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjlmOPJtpXsAhXQzoUKHeJTByoQ6AEwAHoECAUQAg#v=onepage&q=%22saint%20vincent%20ferrier%22%20%22marie-madeleine%22&f=false

 

 

 

 

 

 

—  BAZIN, (René) , 1927.

https://www.biblisem.net/etudes/bazisain.htm

 

— ORTENBERG (Veronica), 1992,Le culte de sainte Marie Madeleine dans l'Angleterre anglo-saxonne. In: Mélanges de l'École française de Rome. Moyen-Age, tome 104, n°1. 1992. pp. 13-35;

—FAILLON  É.-M. 1848,  Monuments inédits sur l'apostolat de sainte Marie-Madeleine en Provence, et sur les autres apôtres de cette contrée, saint Lazare, saint Maximin, sainte Marthe, les saintes Maries Jacobé et Salomé, publiés par M. l'abbé Migne, 2 tomes, Paris, 1848, xlviii p. + 1558 col. + 1668 col. 

https://archive.org/stream/monumentsindits00failgoog#page/n8/mode/2up

https://archive.org/stream/monumentsindits00failgoog#page/n48/mode/2up/search/anges

— Marie Madeleine, la passion révélée, exposition 2017 monastère de Brou, dossier de presse

https://presse.monuments-nationaux.fr/view/pdf/1665641

—L'Evangélisation de la Provence

http://www.spiritualite-chretienne.com/provence/evangelisation.html

http://www.spiritualite-chretienne.com/provence/sainte-baume.html

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LA PROXIMITÉ AVEC SAINTE MARIE L'EGYPTIENNE OBSERVÉE EN LÉVITATION  PAR L'ERMITE ZOSIME.

"Certains auteurs se sont demandé si Marie-Madeleine et Marie l'Égyptienne n'étaient pas une seule et même personne, et si La vie érémitique de Marie Madeleine (récit du ixe siècle) n'était pas directement inspirée de celle de la pénitente du désert, eu égard aux nombreux points communs que l'on retrouve dans leur hagiographie :

  • Elles portent le même prénom ;

  • Elles sont toutes les deux pécheresses repenties ;

  • Elles se sont toutes deux retirées au désert (à la Sainte Baume pour Marie Madeleine) durant trente ans ;

  • Toutes deux ont reçu la communion des mains d'un ermite ;

  • Leur représentation iconographique est très semblable : nudité, longs cheveux en guise de vêtement.

Mais d'autres détails comme les trois pains, le visage émacié sont propres à Marie l'Égyptienne souvent représentée comme une vieille femme (tableaux de Ribera)."

Il faut ajouter que dans les deux cas, un prêtre ou l'ermite Zosime est le spectateur de l'élévation de la sainte par les anges., puis celle-ci lui révèle son identité.

—Ludmilla Evdokimova, La version « X » de la Vie de sainte Marie l'Égyptienne. Entre la prose et le vers : du style sublime au style moyen Romania  Année 2000  471-472  pp. 431-448

https://www.persee.fr/doc/roma_0035-8029_2000_num_118_471_1537

 

 

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— Dans la Légende dorée traduite par Jean de Vignay et copiée en 1404 (BnF fr. 414 ),le  chapitre consacré à sainte Marie l'Egyptienne,  relate au folio 121r cette  lévitation. La sainte apparait soulevée de terre devant les yeux du moine Zosimas.

— La même scène est illustrée dans le Miroir historial de Vincent de Beauvais traduit par Jean de Vignay, manuscrit vers 1370-1380 BnF NAF 15942 f. 89v

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55000813g/f818.image

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84496928/f186.image

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Lévitation de Marie l'Egyptienne. BnF NAF 15942 f. 89v Droits Gallica BNF

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Voir aussi le le Miroir historial de Vincent de Beauvais traduit par Jean de Vignay manuscrit de 1332-1335, Arsenal ms 5080 f .406v, 

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droits réservés Gallica BNF

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LIENS ET SOURCES.

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BOESPFLUG (François), 2006, La Trinité en théologie et dans l'art  à la fin du Moyen-Âge( 1400-1460).Presses universitaires de Strasbourg

https://books.openedition.org/pus/12732?lang=fr

COUFFON (René), 1969, « La collégiale de Champeaux. Contribution à l’étude de la première Renaissance en Bretagne » dans Mémoires de la Société d’émulation des Côtes-du-Nord, tome XCVIII, 1969, pp. 15-49 .

— COUZY (H), 1968, Collégiale La Madeleine de Champeaux, Congrès archéologique de France, 126e session, Haute-Bretagne, p.60-73

GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005, Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Inventaire général du patrimoine culturel ; Rennes : Presses universitaires de Rennes , impr. 2005

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1880-1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. [Volume 3] 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1904, "Les seigneurs de Champeaux, leur collégiale et leur château", Revue de Bretagne, de Vendée & d'Anjou, Volumes 31 à 32 page 385-

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k453834v/f383.image.r=champeaux

— JOUBERT (Solen), 2003, Audace et renommée : un réseau de la noblesse bretonne, vecteur d'échanges culturels et artistiques pendant la Renaissance. SHAB pages 205-

https://m.shabretagne.com/scripts/files/54da14d35ff576.88078498/2003_08.pdf

—MOIREZ (Denise), 1975, Vitraux de Champeaux et de Louvigné-de-Bais, Mémoires de la SHAB

https://www.shabretagne.com/scripts/files/5f461a0de8f9e7.95056646/1975_14.pdf

— RIOULT ( Jean-Jacques ), ORAIN (Véronique), 1979,L'ancienne collégiale de Champeaux, Dossier IA00130695 (c) Inventaire général ; (c) Conseil général d'Ille-et-Vilaine

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancienne-collegiale-actuellement-eglise-sainte-marie-madeleine-place-de-la-collegiale-champeaux/d2fdc8a2-dd6b-4bea-83c6-91455faf82e9

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-d-epinay-ancien-chateau-de-la-riviere-champeaux/380ed73c-19d0-4e1e-8082-64d1b7934c77

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA35000276

https://monumentum.fr/chateau-epinay-ancien-chateau-riviere--pa00090518.html

— SITE DECOUVRIR CHAMPEAUX

https://www.champeaux35.fr/decouvrir-champeaux/histoire-et-patrimoine/collegiale-2/

— WIKIPEDIA, La collégiale Sainte-Marie-Madeleine de Champeaux.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Coll%C3%A9giale_Sainte-Marie-Madeleine_de_Champeaux

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux
29 septembre 2020 2 29 /09 /septembre /2020 15:41

Les 54 stalles (vers 1530-1550) de l'ancienne collégiale de La Madeleine de Champeaux (35).

 

 

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Voir sur cette église :

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Voir dans ce blog la description d'autres stalles :

 

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Sur les bas-reliefs des panneaux au décor Renaissance en Bretagne, voir :

 

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Note. J'ai lu avec passion et admiration, et j'ai largement exploité ici, la thèse (2012) de Florence Piat consacrée aux stalles de l'ancien duché de Bretagne. Je la citerai copieusement, et, quoique soucieux de publier un article personnel, je m'en voudrais de ne pas partager la qualité et la compétence de son travail, d'ailleurs rendu généreusement disponible en ligne. Je suis très loin d'en avoir épuisé les trésors d'érudition, et c'est à sa publication que je renvoie les lecteurs soucieux d'accéder aux meilleurs sources.

Mon souci principal est de mettre à la disposition des internautes une iconographie commentée des décors de la première Renaissance bretonne.

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Présentation.

Les stalles anciennes de Bretagne.

Selon Florence Piat, qui leur a consacré sa thèse, l’ancien duché de Bretagne conserve aujourd’hui dix ensembles de stalles, réalisés entre la fin du XIVe siècle et le premier quart du XVIe siècle, et majoritairement situés dans la partie nord de la région : celles de la cathédrale de Dol de-Bretagne (77 stalles), de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne (18 stalles), de la collégiale de Champeaux (54), de la cathédrale de Tréguier (48 stalles), de l’église de Boquého (8), de la chapelle Saint-Quay de Plélo (8 stalles), de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon (66 stalles), celles provenant du château de Kerjean (6 stalles), celles conservées dans l’église Saint-Symphorien de Couëron et provenant de l’abbaye Notre-Dame de Buzay (10), et enfin, celles de l’église Saint-Herbot de Plonévez-du-Faou (15 stalles) .

-Dol-de-Bretagne (cathédrale): XIVe siècle, les plus anciennes.

-Boquého (ancienne abbaye de Beauport) : fin XVe

-Tréguier (cathédrale) : 1508 (chapitre des chanoines)

-Saint-Pol-de-Léon (cathédrale) : 1504-1523 (évêque Jean de Carman et Guy le Clerc)

-Guerche-de-Bretagne : 1502-1525, duc Charles d'Alençon

-Plélo : 1520-1530. Origine inconnue.

-Saint-Herbot : entre 1550 et 1570.

On sait que les stalles sont destinées à accueillir un chapitre, assemblée de chanoines chargés de chanter (8 fois par jour) les offices dans le chœur, et assistés de façon variable de musiciens, de  choristes ou chantres, et d'enfants de chœur regroupés en une école nommée psalette et dirigée par un maître. Mais d'autres églises sont dotées de stalles. Les stalles des abbatiales accueillaient les moines et moniales.

On sait aussi que ces chapitres sont le propre de cathédrales (Dol-de-Bretagne, Saint-Pol de Léon, et Tréguier dans la liste énoncée, les stalles de Saint-Malo, Rennes, Nantes, Quimper et Vannes n'étant pas conservées), d'abbatiales, mais aussi d'églises ayant été élevées au statut de "collégiales" (Champeaux et Guerche de Bretagne). Ces collégiales sont issues de fondations par le pouvoir ducal (Le Folgoët) ou par de grandes familles de la noblesse, et ce sont ces dernières qui, dans la première moitié du XVIe siècle par leur lien avec la cour royale établie en Touraine, introduiront en Bretagne les manifestations assez précoces de l’influence des modèles renaissants sur l’art : la Première Renaissance bretonne.

Ces ensembles de stalles ont une disposition assez homogène, fixée par des impératifs liturgiques et acoustiques. Outre les miséricordes, (ces consoles de sellettes permettant aux choristes de se reposer en position debout-appuyée), elles disposent de parcloses, d'appui-main, de jouées, de dorsaux et de dais à frise.

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Les stalles de La Madeleine de Champeaux (35). Description.

On ne les confondra pas aux stalles de la collégiale de Saint-Martin de Champeaux en Seine-et-Marne.

La collégiale de La Madeleine de Champeaux contient aujourd´hui cinquante-quatre stalles, en chêne,  datées entre 1528 et 1550. Elles furent, en effet, vraisemblablement réalisées à l´occasion du mariage de Louise de Goulaine et de Guy III d´Epinay, seigneur de Champeaux et grand-échanson de la duchesse Anne de Bretagne, en 1528. Cette hypothèse s'appuie sur les très nombreuses  armoiries car celles-ci, quoique presque toutes été bûchées, l'ont été  bien souvent de manière sommaire, de sorte que les lions couronnés et les fleurs de lys sont encore visibles et correspondent sans doute aux parties périphériques d'un blason mi-parti d' Espinay [d’argent au lion coupé de gueules sur sinople armé, lampassé et couronné d’oret de Goulaine [« mi-parti de France et d’Angleterre : mi-parti de gueules à trois léopards d’or passant l’un sur l’autre et d’azur à trois fleurs de lys d'or ».]. Elles peuvent néanmoins être postérieures, jusqu'au décès de Guy d'Espinay en 1551.

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La première Renaissance bretonne.

Les stalles de la collégiale ont donc bien été commandées par Guy III d’Espinay et Louise de Goulaine et participaient  à un vaste programme de décoration de l’édifice., entièrement conçu alors dans le style de la première Renaissance bretonne. Ainsi, avec la participation des chanoines (attestée pour la commande de verrières entre 1538 et 1550  par les comptes de la fabrique), ils commandent huit verrières ornées de leurs armoiries et de leurs initiales (baie 0). Mais Les stalles de Champeaux ne sont cependant pas les premières stalles bretonnes à présenter des motifs issus de cette première Renaissance puisque celles de La Guerche-de-Bretagne leur sont  antérieures (1502-1525). 

On notera que Guy III était seigneur d'Espinay, mais aussi de Segré (au nord-ouest d'Angers), tandis que la famille de Goulaine possédait son château de Haute-Goulaine en Loire-Atlantique, sur les Marches de Bretagne. Ce château a été édifié au début de la Renaissance. Ce couple était donc largement ouvert aux influences du Val-de-Loire. C'est à un architecte d'Angers, Jean Delespine, que Louise de Goulaine confiera la réalisation de leur tombeau.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Ch%C3%A2teau_de_Goulaine

 

"Le répertoire décoratif italien est expérimenté en Bretagne sensiblement à la même époque que dans le royaume de France, ce dont témoigne des œuvres telles que le tombeau de Thomas James (1507), son missel (1484), le portail de la chapelle du Saint-Sacrement à Vannes (1515-1531), ainsi que la présence, dans la péninsule, d’artistes venus expressément des régions transalpines pour travailler auprès de mécènes influents. Comme dans beaucoup d’autres régions, ce nouveau vocabulaire s’intègre et se mêle jusqu’aux années 1520-1530 à l’architecture et aux images médiévales, sans pour autant profondément modifier les structures issues du Gothique.

Dans les stalles de l’ancien duché, le tournant s’opère effectivement en l’espace d’une décennie et, alors qu’un ensemble comme celui de Tréguier réalisé au début des années 1510 présente encore toutes les caractéristiques iconographiques médiévales, les stalles de La Guerche-de-Bretagne, réalisées à la fin de cette même décennie développent largement de nouveaux motifs directement inspirés de l’art italien. En l’espace d’une dizaine d’années, ces thèmes pénètrent donc le vocabulaire décoratif et iconographique des sculpteurs sous l’action combinée de grands mécènes, comme les Laval et Espinay, la diffusion de gravures provenant de Flandres, d’Allemagne et également du bassin ligérien. Cependant, cette arrivée des thèmes de la Renaissance ne se fait pas au même rythme partout en Bretagne et une distinction entre la partie occidentale et orientale du duché doit être faite. En effet, si l’on constate que les exemples de stalles situés en Haute-Bretagne et plus généralement le long des marches de Bretagne accueillent ces motifs dès les années 1515-1520, il semble qu’en Basse-Bretagne, ce répertoire ne s’implante véritablement que dans la seconde moitié de ce même siècle, par le biais de la seconde Renaissance comme dans la chapelle de Saint-Herbot. Ainsi, quatre groupes de stalles bretons présentent des éléments décoratifs empruntés à ce nouveau répertoire, cependant associés à des motifs déjà employés dans les exemples de la fin du XVe siècle : les stalles de la chapelle Saint-Quay de Plélo, celles de la collégiale de La Guerche-de-Bretagne, de la collégiale de La Madeleine de Champeaux et, enfin, celles de la chapelle de Saint-Herbot." (F. Piat)

"Si la province reste attachée aux images propres au répertoire médiéval, pour autant, on ne peut pas parler d’une arrivée tardive des motifs de la première Renaissance dans le duché. Il est, en effet, fort à parier que la commande du tombeau de Thomas James à Dol-de-Bretagne, puis de celui du duc François II et de Marguerite de Navarre à Nantes ainsi que le passage dans la région de plusieurs artistes d’origine italienne et la circulation d’images imprimées aient marqué, rapidement, la production artistique dès le début du XVIe siècle. Les exemples des stalles de Tréguier, La Guerche-de-Bretagne et de Champeaux montrent d’ailleurs qu’en l’espace de dix ans, les premiers motifs italianisants sont assimilés par les menuisiers et que les thèmes et styles de la Renaissance sont totalement adoptés à l’horizon des années 1550, tout du moins pour la réalisation de ces objets particuliers. " (F. Piat)

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Un précédent : les stalles de 1520 de la cathédrale de Rennes .

 

Selon P. de la Vigne Villeneuve, et d'après le procès-verbal de 1775, le dossier de la troisième stalle du chœur, coté nord (en vis à vis de celle de l'évêque), portait un écusson aux armes de Guy II d'Espinay, en vertu d'un privilège obtenu en 1520 (8 ans avant le mariage de Guy III). Ces stalles commandées par le chapitre cathédral de Rennes relevait sans doute déjà du style de la Première Renaissance (le chêne des panneaux sculptés  des stalles provenait des forêts d'Orléans, même si le bois plus grossier venait du domaine d'Escures, propriété d'Espinay à Acigné):

"Si le contrat des stalles de la cathédrale de Rennes n’a pas été conservé, en revanche, la mention de la réalisation de nouvelles stalles en 1520 apparaît dans un acte extrait des archives du chapitre de la cathédrale rennaise. . Les stalles commandées en 1520 ont été réalisées grâce aux larges donations, notamment en matières premières, du seigneur Guy II d’Espinay dont le frère, Robert, était grand-chantre de ce même chapitre : « À ces causes, désireux de répondre dignement à de tels bienfaits, dans la mesure de notre pouvoir, Nous donnons, octroyons et concédons à Vous et à Votre héritier principal et successeur dans la Seigneurie d’Espinay existant dans la suite des temps, à perpétuité, et dans les meilleures forme et mode qui soient possibles et valables, une stalles ou chaire en quelque sorte semblable aux nôtres ; laquelle stalle sera armoriée et décorée du blason de vos armes, dans le chœur de notre Église et sur laquelle sera sculpté votre écusson ; elle sera placée et établie entre les stalles des Dignitaires de la Chantrerie et de la Scholasticité, tournée en face des sièges des chanoines. Cette donation, octroi et concession est faite au nom de Dieu d’une façon irrévocable. » La motivation des chanoines à faire réaliser de nouveaux sièges diffère de celle de leurs confrères du début du siècle. Le but principal est ici de rendre hommage à l’investissement d’un seigneur au demeurant puissant, lié à la famille Laval et proche du pouvoir royal, en lui donnant une place d’honneur et une présence perpétuelle au sein même de leur chœur. De plus, il n’est pas à douter que leurs anciennes stalles gothiques leur paraissaient démodées alors même que le vocabulaire de la première Renaissance était déjà expérimenté en divers endroits et notamment à la cathédrale de Dol-de-Bretagne où le tombeau de Thomas James sculpté par les frères Justes, achevé en 1507," (F. Piat)

On constate aussi qu'à Rennes, les chanoines occupaient les stalles du coté sud, tandis que celles du coté nord (coté de l'Évangile) étaient celles des dignitaires et de la "Scholasticité" [docteurs de l'université ?] : peut-être en était-il de même à Champeaux.

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Un autre précédent : les stalles de la chapelle de la collégiale d'Ussé.

Le frère de Guy I d'Espinay (grand-père de Guy III), Jacques d'Espinay, acquit le château d'Ussé et y fonda en 1521 une collégiale. Son fils Charles (1475-1535) et son petit-fils René poursuivent les travaux et la chapelle est consacrée en 1538. Les stalles (après 1520 et avant 1538) de style gothique  mais enrichies de décors "à l'italienne" sont dues à Jean Goujon. Sur l'une des joues, un  profil féminin dans un médaillon évoque celui de Champeaux.

 

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Description.

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Ces stalles s'organisent sur deux fois deux rangs (stalles hautes et basses) de 9,65 m de long, et 1, 75 m de profondeur. Chaque siège mesure (J.-J. Rioult) 97 cm de haut, 62,5 cm de long et 53 cm de profondeur (stalles basses). La dimension des stalles hautes ne diffère pas de celles des stalles basses, suggérant que le confort s’avère identique dans les deux sièges, le prestige associé aux rangs supérieurs tenant avant tout à la position surélevée de ceux-ci.

 Les stalles de la collégiale de  Champeaux  sont dotées de haut dossiers ou dorsaux et d'un dais à pan oblique. Elles  atteignent 3,75 mètres en hauteur,  alors que celles de La Guerche-de-Bretagne mesurent 3,58 mètres de hauteur, celles provenant du château de Kerjean, 3,70 mètres et celles de la cathédrale de Saint-Pol-de-Léon  plus de 4,10 mètres. La hauteur des stalles rivalisait avec celle des jubés, obstruant complètement la vue du chœur depuis la nef et le déambulatoire, signalant leur présence par la forêt de pinacles qui s’alternaient sur les crêtes. (d'après F. Piat)

Leur organisation actuelle résulte d'un réarrangement, car elles ont été remontées au cours du 18e siècle lors du réaménagement du chœur et de la suppression de l´ancien jubé qui leur était associé, dans un ordre qui ne semble pas respecter l´alternance originelle ; de légères restaurations sont signalées en 1921 par Victor Pasquet et Norbert Le Floch de Vitré. Quoiqu'il en soit, il faut imaginer que l'ancien jubé fermait l'espace séparant aujourd'hui les deux doubles rangs qui s'y appuyaient.

Il faut mentionner aussi un 53ème siège, véritable cathèdre et probable siège d'honneur que j'ai décrit avec les boiseries encadrant la porte  menant à la chapelle latérale sud, chapelle des seigneurs d'Espinay. Sur ces boiseries, plus anciennes que la porte datant de 1594, les armes des époux figurent encore en bonne place, dans un écu  couronné d’un cimier et tenu par un couple de sauvages, l’homme portant une massue, baissée sur le panneau de droite et levée sur son épaule sur le panneau de gauche. La femme tient quant à elle une cordelette à houppe qui entoure le blason. Deux plumes dépassent du heaume sur lesquelles deux putti se tiennent debout. Tenant une cordelière à houppe également, ils encadrent deux grandes lettres : « G » et « L », qui pourraient être les initiales de Louise de Goulaine autant que celles des prénoms des deux époux. La cordelette à nœuds en huit et nœuds de capucin qui entourent les armes de Louise de Goulaine pourraient être un signe de son veuvage — ce que l'on retrouve sur le tombeau des époux —, ce qui daterait ces boiseries entre 1551 et 1567, date du décès de Louise.

A contrario, (F. Piat) les armes sculptées sur ces dernières ne présentent pas de cordelière ; il faudrait alors envisager que les panneaux qui décoraient le chœur aient été commandés à une époque postérieure à celle des stalles, mais certainement auprès du même atelier compte tenu des similitudes factuelles et de la cohérence de ces boiseries avec les chaires.

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Attribution et datation.

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"L´atelier qui a réalisé ces stalles n´est pas connu. Néanmoins, il est intéressant de noter la similitude de style entre ces stalles et la cathèdre se trouvant dans la cathédrale de Dol-de-Bretagne, exécutée à la demande de François de Laval (1528-1556) au milieu du XVIe siècle. Détail intéressant, ce dernier était le fils de Guy XIV de Laval et d´Anne d´Espinay. Les lions qui tiennent les armes de l´évêque sur le siège épiscopal sont assez proches, dans leur traitement (crinières, museaux arrondis, griffes) de ceux présents sur les stalles de Champeaux, bien que le sculpteur semble différent. Enfin, les commanditaires de stalles de Champeaux ont également fait construire leur tombeau dans cette même collégiale par un architecte angevin, Jean Delespine."

Cathèdre de François de Laval :

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/stalle-de-l-eveque/10dd00cb-c64c-49ae-96bc-89dc20e4d339

 

"Les documents d’archives ne sont que de peu d’utilité pour l’établissement d’une chronologie fiable de la réalisation des stalles de la collégiale, mais le style même de l’œuvre, les thèmes abordés dans la sculpture inclinent à la dater entre les années 1530 à 1550. Les comptes de la fabrique mentionnent le versement de 15 livres en 1538 à Guillaume Chenevièvre ou Chenevière pour la réalisation de travaux de menuiserie (Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine : série 1 G 456 : « comptabilité du dépensier, institution des receveurs du chapitre, comptes des recettes et des dépenses, 1509-1600 » ; Inventaire général : 35 – CHAMPEAUX – II – Canton de Vitré Ouest ). Cependant, la somme engagée ne semble pas à la hauteur de la réalisation, surtout si nous la comparons à celles mentionnées dans les trois contrats étudiés auparavant. Il est donc possible que ces travaux de menuiserie fassent référence à d’autres aménagements, comme ceux qui furent nécessaire à l’installation d’un orgue dans la galerie du jubé, et dont la présence est attestée en 1540 puisqu’il servait d’accompagnement à la psallette.

Deux ans plus tard, en 1542, Louise de Goulaine et Guy d’Espinay fondèrent douze obits par an qui prévoyaient la récitation des sept psaumes de la Pénitence, les litanies des saints ainsi que le chant d’un libera sur leur tombeau à chacune de ces cérémonie (9 Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine : série 1 G 431 : « Permission de Guy d’Espinay d’instaurer des fondations, 1531 » et « Règlements sur les célébrations des obits par l’évêque de Rennes, 1637 » ; A. GUILLOTIN DE CORSON, « Les seigneurs de Champeaux… », Op. cit., p. 389. ). Peut-être est-ce à cette occasion qu’ils envisagèrent de remplacer les anciennes stalles de chœur par les actuelles.

En 1545, le même Guillaume Chenevièvre est mentionné une nouvelle fois dans les comptes pour un travail plus long, semble-t-il (Arch. Dép. d’Ille-et-Vilaine série 1 G 456 ; R. COUFFON, « La collégiale de Champeaux, contribution à l'étude de la première Renaissance en Bretagne », Mémoire de la Société d'Emulation des Côtes-du-Nord, vol. 98, 1970, p. 35. ). Mais, le texte reste trop évasif pour y voir avec certitude la commande des stalles de Champeaux bien que l’idée soit séduisante. De plus, ces comptes ne mentionnent pas l’achat éventuel de bois ou ne serait-ce que le coût de son acheminement.

Les hypothèses sont donc multiples concernant la date de la commande de ses stalles, depuis le mariage de Guy III et Louise de Goulaine en 1528, jusqu’au décès du seigneur d’Espinay en 1551, en passant par les différentes donations qu’ils effectuèrent pour la collégiale et son chapitre. Néanmoins, l’élaboration de ces stalles dans une période maximale comprise entre 1530 et 1555 paraît la plus probable, élément corroboré par les rapprochements stylistiques qui peuvent être établis avec la cathèdre de Saint-Samson de Dol-de-Bretagne." (F. Piat)

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Les seigneurs d’Espinay et la collégiale de Champeaux

"La collégiale de la Madeleine de Champeaux est profondément liée à la maison d’Espinay puisque sa fondation, au XVe siècle, leur est due. Avant l’édification de La Madeleine, il existait une église primitive placée sous le vocable de saint Pierre et qui était alors entourée d’un cimetière. C’est dans ce dernier que se trouvait la petite chapelle seigneuriale d’Espinay, dédicacée à Sainte-Marie-Madeleine. En 1430, il semble que l’église, menaçant ruines, ne pouvait plus tenir lieu d’édifice paroissial. Simon d’Espinay, seigneur de La Rivière et chambellan du duc Jean V, décide alors d’agrandir la modeste chapelle et de la transformer en église paroissiale. Un peu plus tard, en 1437, Robert Ier fonde un chapitre de six chanoines qui, accompagné de chapelains, dessert la nouvelle collégiale. La véritable ambition du seigneur d’Espinay, à cette époque, est d’en faire le lieu de sépulture de la famille, vocation funéraire qui ne se dément pas puisque plusieurs de ses successeurs s’y font inhumer."

Le pape Eugène IV autorisa Robert Ier à établir et à doter cinq chapelains et éleva La Madeleine de Champeaux au rang d’église collégiale, tout en la maintenant paroissiale.

« Le collège de Champeaux […] est composé de six prébendes ou canonicats, où à chacun y a une cure annexée […]. Il y a dignité de doyen dix chapelains, quatre enfants de chœur, maistre de psalette, et chaque chanoine doit avoir un prêtre sous lui. Il y a bonne musique, le service divin y est célébré avec beaucoup de dévotion. Duquel collège le revenu vaut huit mille livres ou environ.» in : A. DU PAZ, Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, Paris 1620, p. 265 (également cité par A. GUILLOTIN DE CORSON, « Les seigneurs de Champeaux, leur collégiale et leur château », in Revue de Bretagne, de Vendée et d'Anjou, 1904, p. 328 ».

Si on estime que les chapelains ne sont pas des chanoines, mais des prêtres chargés des chapellenies, je compte 6 chanoines, 10 chapelains, 4 enfants de chœur et leur maître de psalette, 6 prêtres, et il faut ajouter sans doute un organiste(après 1540), et des musiciens : soit une trentaine de personnes. Or, les stalles comportent 54 sièges. Mon compte des desservants de la collégiale est peut-être sous-estimé, mais il faut prévoir aussi des sièges pour la famille des Espinay, et d'autres pour des dignitaires.

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"Vassaux du baron de Vitré qui est également comte de Laval, les Espinay n’en étaient pas moins proches de cette puissante famille. En 1399, Simon d’Espinay était ainsi sénéchal de Vitré et il fut l’un des signataires du contrat de mariage de Jeanne de Laval et de Louis I er de Bourbon-Vendôme en 1422. André d’Espinay (1451-1544), frère du précédent, s’est illustré dans le conflit franco-breton, par son attachement précoce et sans faille à la cause française338. Évêque de Bordeaux, il aide à la diffusion de la politique de Louis XI dans cette province nouvellement rattachée à la couronne, et, à la mort de ce dernier, il reste au service de la régente Anne de Beaujeu. Lors de la réunion des États Généraux à Tours au début de l’année 1484, c’est d’ailleurs lui qui défend les intérêts de la régente et du futur Charles VIII. De fait, le rattachement de la Bretagne à la France lui paraît naturel tout comme les prétentions de la famille royale à la couronne ducale, en vertu du rachat des privilèges des Penthièvre. Durant le conflit, il sert de messager à Anne de Beaujeu, n’hésitant pas à venir voir les barons rebellés contre le duc afin de leur confirmer l’envoi de troupes339. Au lendemain du mariage d’Anne de Bretagne avec Maximilien d’Autriche, c’est encore lui qui rapporte la nouvelle à l’ancienne régente. Enfin, il est présent aux négociations qui suivent la défaite des Bretons à Saint-Aubin-du-Cormier en 1488 et qui aboutissent à la Paix du Verger et au mariage d’Anne de Bretagne avec le roi de France. Comme pour la maison de Laval, la position d’Espinay ne fut pas simple durant ce conflit. Leur domaine, situé à proximité de la frontière franco-bretonne, les intérêts qu’ils partageaient avec le domaine français et leur allégeance aux Laval, les mettaient dans une situation inconfortable où le parti français apparut rapidement comme étant le plus prometteur. Le statut de cette famille ne cessa d’ailleurs jamais de croître depuis le XVe siècle, notamment par un jeu d’alliance réfléchi. À ce titre, le mariage de Guy III d’Espinay (♰ 2 août 1551) et de Louise de Goulaine (♰ 8 février 1567), célébré le 17 septembre 1528 est tout à fait représentatif de cette ascension sociale. La maison de Goulaine était en effet une de ces vieilles familles nobles qui composaient le haut de l’aristocratie bretonne. Établis autour de Nantes, leur nom apparaît dès le XIIe siècle, mais c’est à la fin du XVe et au début du XVIe siècle que le château de Goulaine est érigé près du marais de Goulaine. La construction, remarquable, est composée d’un corps de logis central flanqué de deux pavillons carrés, dont les ouvertures sont ornées de sculptures empruntant au dernier gothique autant qu’à la première Renaissance. (F. Piat)"

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Plan  et numérotation des stalles de Champeaux par Florence Piat (2012).

Plan et numérotation des stalles de Champeaux par Florence Piat (2012).

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I. LES PANNEAUX EN BAS-RELIEF DES STALLES.

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Les jouées du coté sud-est.

Les "jouées" sont les cloisons fermant les rangées de stalles. Un grand volet étroit ferme les dais et les dorsaux de la rangée supérieure ; il est aéré par un élément médian à claire-voie.

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1. Le  panneau supérieur de la jouée.

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Il est sculpté d'angelots. Celui du haut crache des rinceaux — s'achevant en fleur au cœur en tête d'angelot —, et de rubans, auxquels est suspendu un cuir découpé à enroulement, globalement losangique. Celui-ci portait, avant d'être bûché par les burins de la Révolution, des armoiries. Les rubans, en se prolongeant en passant entre le long bec de deux échassiers, se transforment en dauphins, qui présentent un deuxième cuir découpé à enroulement, également bûché. On reconnait peut-être à deux endroits les pendants d'un lambel.

Si le motif héraldique ne peut être précisé sur cette jouée, ces cuirs découpés aux armoiries bûchées vont se retrouver sur tous les dorsaux, où on devine mieux le lion des Espinay et les lys des Goulaine, permettant de les attribuer à Guy III d'Espinay et Louise de Goulaine, mariés en 1528.

Nous avons donc déjà, sur ce premier panneau examiné, de nombreux éléments caractéristiques de ces stalles :

a) la forte prévalence des éléments héraldiques, témoignant du souci de la famille d'Espinay d'affirmer son mécénant sur cette collégiale et son chapitre.

b) Le souci de ce couple de rendre compte, de façon précoce en Bretagne, de l'art des ornemanistes de la Renaissance, d'origine italienne mais introduite en France à Fontainebleau et en Touraine. Car ces  blasons inscrits dans des cuirs découpés à enroulements, ces rinceaux exubérant métamorphosant leurs tiges végétales en floraisons anthropomorphes (têtes de putti) et ces dauphins témoignent du vocabulaire italianisant de ces artistes. Cette influence va se constater plus loin par de nombreux petits personnages hybrides, de nombreux masques feuillus, des têtes de lions, et deux médaillons de profil.

c) L'influence du tombeau de Thomas James en la cathédrale de Dol-de-Bretagne, exemple le plus précoce (1507) de la Première Renaissance en Bretagne. La similitude entre les motifs des stalles de Champeaux et ceux développés sur le tombeau de Thomas James est très forte. "Les nombreux poissons hybrides [dauphins], dont le corps est partiellement recouvert de feuilles ou d’algues apparaissent aussi bien sur les jouées hautes de Champeaux que sur les piliers du tombeau . La composition diffère quelque peu mais la forme des queues de ces poissons, rattachées à leur extrémité et présentant des enroulements au même niveau, reste très proche." (F. Piat)

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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2. Le panneau inférieur de la jouée : masque-feuille crachant un couple de "dauphins", blason, etc.

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Ce deuxième panneau mérite aussi un examen soigneux, car il est également emblématique de la première Renaissance.

Le masque-feuille anthropomorphe est à lui-seul un témoin caractéristique de cet art. Nous le retrouvons plusieurs fois parmi les motifs des miséricordes. Ce motif du visage humain dont le contour s'étale en se transformant en une feuille indentée, est fréquemment retrouvé en sculpture bretonne Renaissance, notamment sur les sablières (Kerjean v.1570). On le trouve aussi dans les vitraux (Saint-Ouen, Rouen), et Jean Lafond  y voit "un motif cher aux ornemanistes italiens, aux sculpteurs de Gaillon et à Arnoult de Nimègue", et repris en marque de fabrique dans les vitraux rouennais jusqu'à la moitié du XVIe siècle. Voir ici Saint-Lô baie 8.

Ici, c'est un masque-feuille crachant des tiges de rinceaux, qui se retrouve sur les dais des stalles de Saint-Pol-de-Léon (1504-1520), sur de nombreuses sablières bretonnes (Saint-Sébastien de Saint-Ségal vers 1550, Kerjean vers 1570,  Saint-Thomas de Landerneau, etc).

Les tiges tout en produisant de nombreuses prolongements à petites feuilles enroulées, ou en bourgeons se transforment en dauphins affrontés.

Ce seul exemple est instructif : il exprime a) le goût pour les volutes, b) celui pour la production profuse, c) celui pour les métamorphoses entre les formes animales, végétales et humaines.

— L'un des rameaux de rinceaux suspend, par l'intermédiaire d'une boucle, un blason (bûché) dans un cuir découpé.

Là encore, nous avons une fusion/confusion des matières, et des thèmes. On sait que ces cuirs découpés imitent la forme d'une peau animale tendue par les mégissiers et tanneurs (avec le corps et l'amorce des pattes de l'animal), peau qui, détachée de ses cordes de séchage, s'enroule sur ses extrémités . Ces peaux servaient notamment à la fabrication des manuscrits en vélins (vélots, "veaux morts-nés"). Ils servent de cartouche (ornement en forme de carte) pour un blason, et ils envoient sur le coté des boucles ou serpentins évoquant des lambrequins. L'écriture codée, sur une peau semblable à un trophée,  de l'identification emblématique d'une famille de la noblesse (dont la lignée renvoie à l'idée d'arbre, de croissance et de fécondité), avec ses lions et ses fleurs (même s'ils sont effacés aujourd'hui), est déjà l'expression d'un passage entre humain, animal et végétal, mais cette expression est reprise et développée, comme un thème musical, par les motifs du masque-feuille, des rinceaux et de leur extrémités delphiques.

— Plus bas, les rinceaux se développent encore, libérant de nouvelles feuilles ; mais deux d'entre elles s'amusent à ressembler à des gueules animales.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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3. Jouée sud-est : panneau fermant le rang des stalles basses. Deux dauphins et deux oies affrontés autour d'un candélabre à rinceaux.

Les dauphins grotesques sont empanachés de feuilles plumes et dotés d'une queue en tête de dauphin.

Notez le graffiti IEANHAN et ses N rétrogrades, attestant de son ancienneté (voir les graffiti des enfants de la psallette sur les stalles de la cathédrale de Tréguier).

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les jouées intermédiaires sud.

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Les rangs inférieurs sont interrompus, après les cinq sièges les plus près du chœur (n°15 à 19 au sud et 42 à 46 au nord) par trois marches donnant accès aux rangs supérieurs. Les panneaux encadrant cet accès (les "jouées") sont sculptés.

Au sud, ils présentent deux rinceaux en lyre, s'achevant en tête de "dauphins" affrontés autour d'un candélabre.

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Jouées d'extrémité, coté occidental.

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Là encore se reprennent les variations autour du trio rinceaux/dauphins/candélabre, avec, ici, une tête d'angelot.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les jouées du coté nord-est.

Il est symétrique de celui du sud-est.

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1. Le  panneau supérieur de la jouée et les armoiries de Guy III d'Espinay et de Louise de Goulaine.

Il débute par une tête de lion, ailé, tenant dans sa gueule un anneau. À cet anneau sont suspendus, bien-sûr, des rinceaux dont certaines tiges se transforment, bien-sûr, en dauphins. Mais ces tiges ont perdu leur aspect végétal et naturel pour adopter la forme, artificielle et manufacturée, de sangles marquées de I répétées. Ces sangles vont descendre en cabrioles et suspendre, en bas, un livre relié, ficelé avec deux pinceaux.

Ce motif, sous les deux blasons, qualifie le couple des commanditaires, et leurs deux familles comme des humanistes éclairés et des mécènes des arts. (On possède encore le Livre d'Heures de Richard d'Espinay).

Le blason supérieur dans son cuir découpé portait le lion d'Espinay, puisque ses pattes, en avant, et sa queue, en arrière, sont encore visibles.

Le blason inférieur portait les armoiries de Louise de Goulaine, mi-parti d'Angleterre (aux trois léopards passant) et de France (aux trois fleurs de lys). Deux de ces fleurs sont préservées.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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1. Le  panneau inférieur de la jouée nord-est.

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Autour d'un vase, ou candélabre, une paire de rinceaux s'achève en gueules de dragons. Plus bas, un couple d'animal dos à dos, comme deux lions héraldiques rampants. Mais les marques de poinçons imposent d'écarter cette hypothèse (le corps des lions est glabre, en dessous de la crinière) et d'opter pour des dragons aux pustules infectes. On pourrait croire que ces figures animales n'étaient pas affectées par le processus de transformation et contamination réciproque par le Végétal. Mais la langue et les oreilles, sont, sans aucun doute, des feuilles.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les jouées intermédiaires du coté nord : les commanditaires Louise de Goulaine et Guy III d'Espinay de profil dans des médaillons Renaissance.

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Les rangs inférieurs sont interrompus, après les cinq sièges les plus près du chœur (n° 42 à 46) par trois marches donnant accès aux rangs supérieurs. Les panneaux encadrant cet accès (les "jouées") sont sculptés d'un médaillon et des armoiries des commanditaires.

 

 

  "Louise de Goulaine y est figurée vêtue d´une robe à encolure carrée et les cheveux recouverts par une petite coiffe nouée sous le menton. Le portrait ne paraît pas flatteur en comparaison de celui de Guy d´Espinay qui, lui, s´est fait représenter en César, couronné de lauriers. Nul doute ici que des médailles antiques ont influencé ces portraits. Cependant, celui-ci est figuré, de profil, dans un médaillon situé sur les jouées centrales des stalles basses nord. Représenté en César, couronné de lauriers et drapé d’une toge, les traits de son visage ne paraissent pas aussi réalistes que ceux de sa femme qui lui fait face, sculptée dans un médaillon sur l’autre jouée centrale. En effet, Louise de Goulaine y est représentée vêtue à la mode de l’époque, la tête couverte d’un chaperon à bavolet pendant noué sous le cou, les traits épais, le menton en galoche. Cet élément vestimentaire, plutôt répandu, a fait son apparition au début du XVIe siècle, s’inspirant des coiffures des Ciociare, paysannes des Romagnes et de la Calabre.( J. RUPPERT, M. DELPIERRE (et al.), Le costume.., p. 80 )" (F. Piat)

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Le panneau correspondant à Louise de Goulaine, à gauche en montant les marches, la montre en profil droit dans un médaillon, un motif parfaitement Renaissance inspiré, par exemple, des médailles sculptées par Pisanello dès 1438, et notamment de celle de Cécile de Gonzague en 1447, mais aussi de l'art du portrait comme représentation individualisée (Botticelli 1476-1480) lors de la première Renaissance italienne.

Au dessous, on reconnait de ce qui reste des  armoiries un lion couronné à gauche et une fleur de lys à droite : ce sont bien les armes de Goulaine.

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https://www.mba-lyon.fr/fr/fiche-oeuvre/medaille-de-jean-viii-paleologue#:~:text=Pisanello%2C%20c%C3%A9l%C3%A8bre%20peintre%20du%20Quattrocento,maintenu%20par%20Byzance%20en%20Orient.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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En vis à vis, le médaillon de Guy III d'Espinay, barbu selon la mode de l'époque et couronné de laurier comme un empereur romain, domine le blason dont les traces (lion couronné et reste de fleur) sont proches de celles de gauche.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Les dorsaux des stalles.

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Chaque siège est dominé par un dorsal, et ces panneaux  sont tous du même modèle, lisses sur les deux-tiers inférieur et divisés en deux parties symétriques  sculptés au tiers supérieur. Chacune de ces parties associe un rectangle à figure emblématique en haut, et un élément cintré autour d'un blason (sur cuir découpé bien entendu) au dessous.

Croyant à une répétition un peu vaine des motifs, je n'ai pas pris la peine de les photographier tous, et je le regrette, car outre les tiges végétales, les dauphins, les oiseaux, les masques grotesques, les transformations animales, les têtes d'enfants, on y trouve  les emblèmes humanistes des arts libéraux, tels divers instruments de musique, (violon, flûte, tambourin ), ou des livres suspendus, dont l'inventaire iconographique serait en ligne précieux. Florence Piat signale ainsi plusieurs bucranes (crane de bœuf)  "toujours traité de la même façon : le crâne y est en effet entouré de grotesques et de rinceaux qui traversent ses orbites, donnant une composition symétrique". 

J'en donnerai néanmoins un exemple.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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II. LES 48 MISERICORDES.

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À  la différence des autres stalles du XVIe siècle en Bretagne, les sellettes de Champeaux adoptent une forme en arc de cercle.  "Cette différence souligne la singularité de ce groupe au sein du corpus breton, singularité accentuée par la sculpture en bas-relief ou demi-relief des miséricordes, alors que sur tous les autres groupes celle-ci est en haut-relief. Par ailleurs, les thèmes iconographiques abordés sur cet ensemble, relevant essentiellement du vocabulaire de la première Renaissance, ne se retrouvent sur aucun autre groupe. La particularité du cas des stalles de Champeaux s’explique par leur localisation, la date de leur construction et la personnalité des commanditaires." (F. Piat)

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Salles hautes sud.

Stalle n°1. Hybride ailé, barbu, au bas du corps feuillagé bifide.

Stalle n°2. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

Stalle n°3. Hybride ailé à la tête de cochon coiffé d'un bonnet.

Stalle n°4. Hybride ailé, au visage casqué et barbu, vêtu d'une tunique ceinturée et tenant une bourse.

Stalle n°5. Hybride ailé, au visage barbu ricanant, vêtu d'une tunique ceinturée. Son index droit désigne le sol.

Stalle n°6. Hybride ailé, à tête et buste humain (féminin ?) et au bas du corps feuillagé et bifide.

Stalle n° 7. Deux feuilles à 3 folioles indentés, posées sur une boule.

Stalle n°8. Centaure archer. Corps de lion, buste humain à visage juvénile.

Stalle n° 9. buste de personnage ailé, souriant ou ricanant, vêtu d'une tunique flottante, serrée autour du cou.

 Stalle n° 10. Deux feuilles de 3 folioles indentées, posées sur une boule.

Stalle n° 11. Vieillard ailé barbu et riant, vêtu d'une tunique ceinturée, agrippant en se cambrant son pied droit qu'il regarde, la main gauche étant placée vers le pubis : posture traditionnelle de l'acrobate lubrique.

Stalle n° 12. Hybride ailé, bélier aux cornes enrubannées.

Stalle 13.  Masque-feuille anthropomorphe.

Stalle 14. Miséricorde absente.

Stalles basses sud.

Stalle n° 15 : hybride ailé, à visage et buste humain, et au bas du corps feuillagé et serpentiforme.

Stalle n°16. Masque-feuille anthropomorphe.

Stalle n°17. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

Stalle n°18. Miséricorde au motif bûché.

Stalle n°19. miséricorde absente.

Stalle n°20. Grylle ailée à deux têtes.

Stalle n°21. Animal chimérique dragon/fouine/serpent.

Stalle n°22. Un lion, en profil gauche, tête couronnée, gueule ouverte, patte antérieure droite levée.

 Stalle n°23. Femme vêtue d'une longue tunique, bras écartés, dansant ou chantant, pivotant sur elle-même allongée comme un ange en vol.

 Stalle n°24. Femme vêtue d'une longue tunique, bras écartés, dansant ou chantant, pivotant sur elle-même allongée comme un ange en vol.

Stalle n°26. Un lion, en profil gauche, tête couronnée, gueule ouverte, langue tirée, patte antérieure droite levée, patte postérieure gauche tendue.

Stalle n°27. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

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Stalles du coté nord.

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Stalles hautes nord.

Stalle n°28. Un dragon ailé.

Stalle n°29. Enfant tenant un serpent : Hercule enfant ?

Stalle n°30. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

Stalle n°31. Dragon se mordant la patte.

Stalle n°32. Ange en buste, tête tournée vers la droite.

Stalle n°33. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

Stalle n°34. Masque-feuille anthropomorphe au visage riant, barbu et faunique.

Stalle n°35. Jeune femme agenouillée mains sur les hanches.

Stalle n°36. Angelot nu, tête baissée, main gauche entre les cuisses.

Stalle n°37. Hybride anthropomorphe ailé agenouillé, tête baissée, vêtu d'une longue tunique. Les bras sont réduits à des ébauches stylisés..

Stalle n°38. Masque-feuille anthropomorphe (homme bouche ouverte, à moustache en pointe).

Stalle n°39. Centaure, au buste d'homme casqué, tenant un bouclier (rondache) et une flèche (ou fronde).

Stalle n°40. Licorne à la crinière feuillagée, et dont la tête se tourne vers son flanc gauche.

Stalle n°41. Feuille à folioles découpées posées sur une boule.

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Stalles basses nord.

Stalle n°42. Hybride ailé aux ailes-feuilles, sans bras, à la tunique longue serrée par une ceinture, agenouillé ou en train de voler.

Stalle n°43. Femme nue, accroupie de face, levant l'index droit et touchant sa cheville gauche. Elle porte une coiffe ; une banderole passe devant sa gorge.

Stalle n°44. Ange ou hybride ailé dénudé jusqu'à la taille, main droite sur la hanche, index gauche tendu vers le haut. Le bas du corps est caché par une étoffe. Il semble voler.

Stalle n°45. Hybride ailé, à buste féminin (visage tourné vers la gauche et bouche entrouverte) dépourvu de bras, et queue bifide.

Stalle n°46. Miséricorde absente.

Stalle n°47. Grylle à tête de dragon et tête ventrale anthropomorphe.

Stalle n°48. Masque-feuille anthropomorphe, bouche ouverte en O allongé.

Stalle n°49. Garçon nu, bouche entrouverte, tenant un cimeterre en main gauche, jambes fléchies en avant comme s'il sautait.

Stalle n°50. Feuille à folioles indentées, posées sur une boule.

Stalle n°51. Masque-feuille anthropomorphe.

Stalle n°52. Miséricorde absente.

Stalle n°53. Dragon ailé à deux pattes, dont une posée sur la tête.

Stalle n°54 : miséricorde absente.

 

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LES MISERICORDES DES STALLES HAUTES DU COTÉ SUD N° 1 À 14.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°1. Hybride ailé, barbu, au bas du corps feuillagé bifide.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-01/5683b994-4dc7-49ee-a9d8-c3cd591f6679

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Appui-main.

On ne découvre que trois appui-main sur les cinquante-quatre stalles , situés sur les stalles en retour n°01 et 02, qui étaient probablement, selon F. Piat,  des stalles d’honneur. La troisième est brisée.  Ce sont des  feuilles enroulées en boule, très accueillantes à la main.

Je n'ai pas pris de photos de détail de ces appui-main : on les trouve dans la thèse de F. Piat, t.II.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°2. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-02/70e5b625-45a5-4cac-a70e-4d413021ee19

 


 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°3. Hybride ailé à la tête de cochon coiffé d'un bonnet.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-03/50b3a75a-ce97-4278-ae66-352e8d8ae1ec

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°4. Hybride ailé, au visage casqué et barbu, vêtu d'une tunique ceinturée et tenant une bourse.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-04/4508196c-76c8-4e63-a648-c5047a72b19d

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°5. Hybride ailé, au visage barbu ricanant, vêtu d'une tunique ceinturée. Son index droit désigne le sol.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-05/e7aca789-e386-4c8a-81e3-afe6faea78ff

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°6. Hybride ailé, à tête et buste humain (féminin ?) et au bas du corps feuillagé et bifide.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-06/5f4460ca-6679-409c-b007-d3e210e9f188

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n° 7. Deux feuilles à 3 folioles indentées, posées sur une boule.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-07/6ba7ec47-3591-47fd-b905-7798e024e2c5

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°8. Centaure archer. Corps de lion, buste humain à visage juvénile.

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Les stalles de l'ancienne collégiale de Champeaux.

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Stalle n° 9. buste de personnage ailé, souriant ou ricanant, vêtu d'une tunique flottante, serrée autour du cou.

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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 Stalle n° 10. Deux feuilles de 3 folioles indentés, posées sur une boule.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-10/da1ba74f-e8f4-4b0c-9d70-f693d1aaf148

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n° 11. Vieillard ailé barbu et riant, vêtu d'une tunique ceinturée, agrippant en se cambrant son pied droit qu'il regarde, la main gauche étant placée vers le pubis : posture traditionnelle de l'acrobate lubrique.

Le thème de l'acrobate lubrique, se cambrant pour agripper sa cheville (cf. ici n°43) ou toucher son pied est fortement représenté sur les sablières et abouts de poinçon des charpentes bretonnes ou, en pierre,  sur les crossettes de la jonction mur-toiture des églises, et j'en ai donné de fréquents exemples dans ce blog. Souvent, les acrobates exécutent des renversements postérieurs au caractère exhibitionniste lorsqu'ils sont nus. Ce contexte iconographique incite à considérer ici la position de la main gauche comme autoérotique, et à interpréter de la même façon  l'expression du visage. La reprise de cette expression dans les stalles qui suivent, et les miséricordes franchement érotiques, confirment ce choix.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-11/2008161a-1f05-4c9a-9d2a-a1bc1aaee3ee

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n° 12. Hybride ailé, bélier aux cornes enrubannées.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-12/6374101a-62e1-4334-b1bd-5bfa37dd0c56

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle 13.  Masque-feuille anthropomorphe.

Ce motif du visage humain dont le contour s'étale en se transformant en une feuille indentée, est fréquemment retrouvé en sculpture bretonne Renaissance, notamment sur les sablières (Kerjean v.1570). On le trouve aussi dans les vitraux (Saint-Ouen, Rouen), et Jean Lafond  y voit "un motif cher aux ornemanistes italiens, aux sculpteurs de Gaillon et à Arnoult de Nimègue", et repris en marque de fabrique dans les vitraux rouennais jusqu'à la moitié du XVIe siècle. Voir ici Saint-Lô baie 8.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-13/5caef373-b995-4c8e-9c66-4b02b059f926

Florence Piat décrit cette miséricorde ainsi : " Végétaux anthropomorphes. Des feuilles prennent l´aspect d´un visage d' homme bien individualisé. Le nez est fin, il est joufflu et sa bouche est légèrement ouverte. Ses lèvres sont fines et le philtrum est bien marqué."

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°14 .

La stalle n°14 a perdu sa miséricorde.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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LES MISERICORDES DES STALLES BASSES DU COTÉ SUD N° 15 À 27.

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Stalle n° 15 : hybride ailé, à visage et buste humain, et au bas du corps feuillagé et serpentiforme.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-15/a4912535-f10c-403c-ad8d-c1600bdf3c85

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°16. Masque-feuille anthropomorphe.

Voir n°13.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-16/81bc17c0-5488-43dd-8926-c0df36a067ce

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°17. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

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http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-17/c0eeb575-765b-44c6-8751-fc4569ffac47

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°18. Miséricorde au motif bûché.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

 

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Stalle n°19. miséricorde absente.

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°20. Grylle ailée à deux têtes.

 

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Une grylle (du grec gryllos, "caricature") peut se définir comme une créature grotesque ou monstrueuse représentée notamment, à l'époque médiévale sous forme de drôleries sur les enluminures et en bas-relief sur les sculptures de bois ou de pierre. Ces chimères ou hybrides se retrouvent encore à la Renaissance, et associent à des formes animales des têtes de localisation ectopique (ventre, pattes, queue) et évoquant parfois les faciès humains. Les sablières bretonnes en offrent de nombreux exemples (Pont-Croix, Confort-Meilars, Notre-Dame de Grâces, Loguivy-Plougras, etc..). L' appuie-main n°38 des stalles de Saint-Pol de Léon m'a  amené à citer le commentaire de Florence Piat éclairant ce motif.

Ici, l'allure générale est celle d'un dragon, battant des ailes, dressant de grandes oreilles, et tirant une longue langue, mais les pattes antérieures sont remplacées, au niveau de leur attache sur le poitrail, par une tête presque jumelle de la principale, notamment par la taille de la langue. Le caractère troublant lié à l'hybridation est aussi dû à l'aspect de ces têtes, presque canines ou humaines, à l'absence d'écailles, à la forme de la queue (celle d'un lion ou d'un chien), des sabots trifides ou des pattes à ergots.

Le but n'est certainement pas ici de provoquer l'effroi, et il n'est pas probable que les chanoines bretons aient crus aux monstres sur lesquels ils s'asseyaient.  Ce sont, comme sur les enluminures, des motifs joyeux, ludiques, propres à égayer les chantres et prêtres lors des pauses de leurs offices. Et c'est aussi une variation sur le thème principal du décor des stalles, celui des métamorphoses et du floutage des limites entres genres.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-20/61f7730b-93b0-4611-9d4c-b1c35c660aba

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°21. Animal chimérique dragon/fouine/serpent.

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Le fait que Florence Piat hésite, dans sa description, entre une hermine et un renard témoigne de la réussite de l'effet recherché, celui de troubler nos repères d'identification. J'y vois un dragon, pour la tête et les pattes, une hermine ou autre mustélidé (loutre, fouine ou belette) pour la longueur du cou et de la queue et la finesse du corps (déformé pourtant par un bourrelet), mais aussi le serpent par les boucles et la pointe de la queue. Mais ces trois sortes d'animaux sont, dans notre imaginaires, quelque peu maléfiques, non?

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-21/e3cbabaf-9d15-474d-b60a-cc5ce29deb67

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°22. Un lion, en profil gauche, tête couronnée, gueule ouverte, patte antérieure droite levée.

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La couronne discrètement gravée au dessus de la tête est le seul indice pour y voir une allusion au lion héraldique des seigneurs d'Espinay, mais ce lion n'est pas rampant (dressé debout) comme dans leurs armoiries. D'autre part, tout le matériel héraldique des commanditaires occupe largement les panneaux an bas-relief des dossiers et cloisons, alors que les miséricordes en sont préservées. Il s'agit seulement pour moi de la figure emblématique du Lion, roi des animaux.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-22/e646feca-abf5-4661-98b8-00449576c405

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°23. Femme vêtue d'une longue tunique, bras écartés, dansant ou chantant, pivotant sur elle-même allongée comme un ange en vol.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-23/d5506064-bedd-4a3b-9dce-6271a2cc8dca

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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 Stalle n°24. Femme vêtue d'une longue tunique, bras écartés, dansant ou chantant, pivotant sur elle-même allongée comme un ange en vol.

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C'est le même motif que la stalle n°23. Les différences sont si minimes qu'on croit avoir photographié deux fois la même miséricorde. Mais non !

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-24/05fb71b8-37a3-4aed-8ab0-a25c696e4ca7

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n° 25. Miséricorde absente.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°26. Un lion, en profil gauche, tête couronnée, gueule ouverte, langue tirée, patte antérieure droite levée, patte postérieure gauche tendue.

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Ce lion est assez proche de celui de la stalle n°22, mais la couronne, qui y était gravée, est ici sculptée en relief, tandis que la langue est gravée.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-26/45e9f7b5-7a68-4f6e-89a9-3affff823f2c

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°27. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-27/b0c4f82f-9f77-47fd-96f3-82d145737222

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalles du coté nord.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalles hautes n°28 à 41.

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Stalle n°28. Un dragon ailé.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-28/36eaca48-4012-4e4a-95f7-6e5ccafd7224

 "Monstre quadrupède de type dragon, ailé, vu de profil, tourné vers la droite. Il retourne sa tête et regarde derrière lui. Il lève la patte antérieure gauche. Sa queue est épaisse, ronde et striée. Il possède un bec, des oreilles de taille moyenne et pointues. L´échine de son cou est parcourue d´une crête et son corps est recouvert de reliefs de forme circulaire taillés en creux." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°29. Enfant tenant un serpent : Hercule enfant ?

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-29/edcbb770-16a6-4d6c-baeb-232a24eb1db4

"un enfant nu tient un serpent par la queue de la main droite. Le serpent, qui tire la langue passe sur l´épaule droite du jeune garçon." (F. Piat).

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°30 Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-30/8172fc56-7e39-4754-bfba-04a5d01b0031

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°31. Dragon se mordant la patte.

Je l'identifie à un dragon en raison des marques de pustules sur le corps.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-31/ec2b7f56-799a-4ba8-82cb-a62bbffc79d2

"Monstre hybride ailé, à tête de lion vu de profil, tourné vers la droite. Ses pattes postérieures sont celles d´un équidé. Son cou est long et il se mord le haut de la patte antérieure droite. Des tâches sont figurées sur son pelage." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°32. Ange en buste, tête tournée vers la droite.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-32/245d4502-7f1b-49ab-87cf-5b8d60a97990

"Ange vu en buste, de face. Il tourne la tête vers la gauche et porte une tunique à encolure ronde et à manches à crevées. Le visage est jeune et les traits à peine esquissés." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°33. Feuilles à folioles indentées, posées sur une boule.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-33/39859c57-5e2e-4b88-a1e2-1d21cf0c0892

 

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°34. Masque-feuille au visage riant, barbu et faunique.

 

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-34/56075510-0134-4473-a398-5251d2e710ac

"Des feuilles prennent l´aspect d´un visage d´homme bien individualisé, le nez fin, la bouche entrouverte et exagérément en pointe." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°35. Jeune femme agenouillée mains sur les hanches.

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Cette femme jeune, ou cet enfant, est vêtu d'une tunique bouffante à la taille, et dont les manches très amples partent vers l'arrière comme des voiles, comme emportée par le vent, en laissant les bras nus. Elle est agenouillée et renversée en arrière, les mains sur les hanches, et regarde vers le bas et la gauche avec un rire ironique.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°36. Angelot nu, tête baissée, main gauche entre les cuisses.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-36/019b30c6-c166-4f11-9472-0661dc21e54a

 

"Angelot assis. L´enfant ailé a les cheveux ondulés. Son visage est vu de profil, tourné vers la droite du spectateur. Il regarde          d'ailleurs celui-ci, la tête enfoncée dans les épaules. Sa jambe droite est repliée vers lui et il pose sa main droite dessus. Ses jambes sont écartées et il semble glisser sa main gauche, que l´on n´aperçoit plus vers l´intérieur de ses cuisses. Ses ailes sont déployées derrière lui." (F. Piat)

" Plusieurs scènes ont un caractère érotique assez net comme un petit angelot, assis, et qui plonge sa main entre ses cuisses, regardant le spectateur d´un air équivoque." (J.-J. Rioult)

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°37. Hybride anthropomorphe ailé agenouillé, tête baissée, vêtu d'une longue tunique. Les bras sont réduits à des ébauches stylisés.

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" Personnage féminin ailé, vêtu d´une tunique longue ceinturée à la taille. Son corps est tourné vers la droite mais elle regarde, la tête baissée, vers la gauche. Ses bras sont absents, remplacés par des sortes de feuillages faisant intégralement partie de sa tunique. Sa bouche est entrouverte et ses genoux pliés. Les ondulations de son vêtement sur l´arrière de la sculpture suggèrent que le personnage est en train de voler. Ses cheveux sont relevés et attachés." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°38. Masque-feuille anthropomorphe (homme riant bouche ouverte, à la moustache en pointe).

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-38/f86e83af-aff5-4916-8922-1243910f4a9f

"Végétaux anthropomorphes. Des feuilles prennent l´aspect d´un visage d´homme bien individualisé, le nez fin, la bouche ouverte et les lèvres ourlées. De plus, il porte une moustache." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°39. Centaure, au buste d'homme casqué, tenant un bouclier (rondache) et une flèche (ou fronde).

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-39/0f7e714f-c8da-48dd-8748-1d84228d1977

 "Centaure. Ce personnage possède le haut du corps d´un homme mais le bas du corps d´un cheval. Il porte un casque à la mode italienne, un bouclier orné d´une fleur dans la main gauche et une sorte de flèche dans la main droite qu´il s´apprête à lancer. Les cheveux sont courts, le visage carré, le nez aquilin et la bouche entrouverte."(F. Piat)

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°40. Licorne à la crinière feuillagée, et dont la tête se tourne vers son flanc gauche.

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Rien n'indique que cette licorne n'ait une valeur allégorique (comme ailleurs où elle renvoie à une figure de la virginité). Sa crinière en feuille indentée, sa queue épaisse comme un panache, la ligne de décoration en mèches de son corps ou ses sabots stylisés en font plutôt une figure imaginaire ou fantastique.

 

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-40/4ab09a8d-d3ba-4cb6-8d9b-c7362f58095f

"Licorne vue de profil, tournée vers la gauche. Sa tête, baissée, revient sur son flanc et elle lève sa patte avant droite." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°41. Feuille à folioles découpées posées sur une boule.

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-41/3d771808-3f62-48d4-87ce-02b24e06ea50

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalles basses du coté nord n° 42 à 54.

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Stalle n°42. Hybride ailé aux ailes-feuilles, sans bras, à la tunique longue serrée par une ceinture, agenouillé ou en train de voler.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-42/fde6577d-4320-4714-9a61-af56f498b21e

"Jeune garçon vêtu d´une tunique courte, ceinturée à la taille, regardant vers la droite. Ses bras sont absents, remplacés par des feuillages ou des plumes qui se trouvent dans le prolongement de sa tunique. Ses cheveux ondulés sont courts, sa bouche entrouverte. Il semble soit agenouillé, soit voler comme le suggère sa ceinture dont les extrémités ondulent derrière lui, incisées dans le bois." (F. Piat).

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°43. Femme nue, accroupie de face, levant l'index droit et touchant sa cheville gauche. Elle porte une coiffe ; une banderole passe devant sa gorge.

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C'est l'une des deux scènes érotiques du corpus, mais d'interprétation difficile. Comme les auteurs l'ont souligné, les parties génitales sont clairement visibles. La bouche est ouverte et grimaçante et les dents sont visibles. La tête est légèrement inclinée et complètement tournée vers la droite.

Cette posture, ce visage grimaçant, cette bouche entrouverte rappellent franchement ceux des personnages des miséricordes n° 5,  9, 11, 35, 36, et 37, mais aussi à un moindre degré ceux des n° 1, 3, 4, 15, 23, 24, 32, 42, voire de la licorne n°40. Une fois identifié, nous le retrouvons aussi aux n° 44 et 45.

Si nous interprétons ce fléchissement, cette rotation de la tête et ce rictus comme liés au plaisir érotique, nous devons considérer que ce thème concerne 18 miséricordes sur 48, et la quasi totalité des figures humaines.  La grande majorité de ces sujets (anthropomorphes ou animaux) sont ailés, ou, à défaut, semblent voler. 

Les ailes font-elles allusion aux anges, et à leur déchéance, ou au contraire le plaisir donne-t-il des ailes aux personnages emportés par les transports érotiques ?

La dénonciation morale de ces extases est absente ou, pour le moins, ambiguë. Seule la dénaturation en animal (cochon du n°3) ou par hybridation animale ou végétale du bas du corps peut en être un indice. Certains hybrides évoquent des sirènes, et c'est alors la figure de Mélusine, à la double nature de femme vertueuse et de créature féérique érotique, qui doit être évoquée.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-43/042db81f-d451-4479-bd02-20adae95a33f

 "Femme accroupie, vue de face et nue. Elle tourne la tête vers la gauche et pointe l'index dans cette direction. Sa bouche est entrouverte. Une écharpe ondule autour de son cou. Elle porte une sorte de casque. Sa main gauche vient retenir sa jambe gauche. Ses parties génitales sont visibles de même que ses seins et son ventre est arrondi."

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°44. Ange ou hybride ailé dénudé jusqu'à la taille, main droite sur la hanche, index gauche tendu vers le haut. Le bas du corps est caché par une étoffe. Il semble voler.

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La tête, tournée vers la gauche, est couronnée d'un anneau tressé ; la bouche est entrouverte . Le bras gauche passe devant la poitrine afin que l'index dressé désigne une direction à droite, en arrière et en haut. Les jambes, dissimulées par d'amples plis d'étoffe, seraient allongées vers la gauche comme si ce personnage volait.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-44/6dabad41-c4f4-4178-9fbf-76e67712c90b

"Un ange est vu en buste, de trois-quart. Il tourne la tête derrière lui, vers la droite. Sa main droite vient s´appuyer contre sa taille tandis que de la main gauche, il désigne, l´index levé, quelque chose. Le bas de son corps est caché par un tissu animé par de nombreux plis ; ses ailes sont visibles et déployées ; ses cheveux sont torsadés autour de son visage qui est d´ailleurs bien individualisé. Son nez est protubérant, son visage allongé et sa bouche entrouverte." (F. Piat)

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°45. Hybride ailé, à buste féminin (visage tourné vers la gauche et bouche entrouverte) dépourvu de bras, et queue bifide.

Ce serait une sirène si la queue était celle d'un poisson, mais elle est ici végétalisée ou stylisée en volutes.

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-45/4af527ba-fc0c-42f3-a9cf-af88ae7b969b

"Sirène féminine (?). Le haut du corps est celui d´une femme (?), mais les bras ont été remplacés par des ailes. Elle est tournée vers la gauche, mais son visage regarde vers la droite. Ses cheveux sont courts et sa bouche entrouverte. Le bas du corps n´est pas celui d´un poisson mais constitué de feuillages." (F. Piat)

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°46. Miséricorde absente.

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Stalle n°47. Grylle à tête de dragon et tête ventrale anthropomorphe.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-47/1473c846-149f-4f1f-a899-be93175fef2d

 "Monstre hybride de type grylle à deux pattes et bicéphale. Ses pieds sont pourvus de trois doigts crochus et il avance. La première tête située au bout de son long cou est celle d´une chauve-souris à grandes oreilles pointues. Sa gueule est ouverte. La seconde tête se trouve sur le ventre de l´animal et il s´agit cette fois-ci d´une tête humaine." (F. Piat)

 

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°48. Masque-feuille anthropomorphe, bouche ouverte en O allongé.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-48/796e73b9-895a-4db7-bb30-2af78e1c83b8

"Végétaux anthropomorphes. Des feuilles prennent l´aspect d´un visage d´homme bien individualisé, le nez fin, la bouche est grande ouverte et ses yeux baissés." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°49. Garçon nu, bouche entrouverte, tenant un cimeterre en main gauche, jambes fléchies en avant comme s'il sautait.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-49/c943d27f-3f3b-4c55-8703-1de08c3935da

"Personnage masculin (?) assis, la jambe droite repliée vers le buste. Le haut du corps est vu de face mais le visage de profil. Les cheveux sont courts et ondulés et il a la bouche entrouverte. Son bras gauche est levé et sa main fermée sur un cimeterre gravé dans le bois de la miséricorde. Son bras droit est rejeté en arrière et il semble se saisir de quelque chose." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°50. Feuille à  folioles indentées, posées sur une boule.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-50/774201d1-c3cf-48d4-9526-5f93397c837b

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°51. Masque-feuille anthropomorphe.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-51/aed26549-cfb4-4872-8c65-45237f52d1b2

 "Des feuilles prennent l´aspect d´un visage d´homme bien individualisé, le nez fin, la bouche entrouverte et légèrement de biais." (F. Piat)

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°52. Miséricorde absente.

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Stalle n°53. Dragon ailé à deux pattes, dont une posée sur la tête.

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http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/collegiale-sainte-marie-madeleine-stalle-53/6e962d3d-c499-455a-9f5f-5d3f501ec0c2

"Dragon à deux pattes ressemblant à celles d'un oiseau et pourvu de 2 ailes. Il est vu de côté. Son long cou est retourné vers le bas de son corps et sa patte droite vient s'appuyer sur sa tête. Celle-ci est de type oursine ou simiesque (petites oreilles, museau arrondi), mais sa gueule ouverte ne laisse pas voir de dents. Son corps est recouvert d'écailles ou de plumes figurées par des sillons en forme de fer à cheval scindés en deux par une intaille." (F. Piat)

 

 

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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Stalle n°54. Miséricorde absente.

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Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les stalles (v. 1528-1550) de l'ancienne collégiale La Madeleine de Champeaux. Photographie lavieb-aile août 2020.

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DÉCOMPTE ET ANALYSE DES MISÉRICORDES.

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1. Les  feuilles. N =9.

Au nombre de 9 (n°2, 7, 10, 17, 27, 30, 33 , 41 et 50), ces feuilles verticales sont stéréotypées, étant toutes une composition de folioles indentées posées sur une boule. Elle peuvent correspondre à un motif de ponctuation.

2. Les masques-feuilles anthropomorphes. N = 6.

Ces motifs se retrouvent aux stalles n° 13, 16, 34, 38, 48 et 51. À la différence des feuilles, ces masques feuilles aux visages d'hommes qui épousent la forme bombée et conique de la miséricorde sont tous construits sur le même modèle mais les visages varient en expression. Ces visages jamais grotesques sont ouverts, d'allure joviale et semblent décliner un personnage identique aux pommettes saillantes. 

Ils offrent ici  de très beaux exemples de ce motif.

3. Les lions couronnés. N = 3.

Ils occupent les miséricordes n°22 et 26, sur les stalles basses sud.  Ils peuvent renvoyer au lion des armoiries de la famille d'Espinay, ou seulement participer au décor.

4. Les animaux fabuleux traditionnels. N =10.

a) la licorne : stalle n°40

b) Le Centaure. N =2.  Stalle n° 8 (Centaure archer) et n°39 (Centaure armé)

c) Les dragons. N = 3. Ils sont ailés (n°28 et 53) ou non (N°31)

d) Les grylles à deux têtes. N = 2. n° 20 et 47.

e) l'animal chimérique dragon/fouine/serpent de la miséricorde n°21.

f. Le bélier ailé de la miséricorde n°12.

 

5. A part. L'enfant étouffant un serpent. N=1.

Miséricorde n° Faut-il le classer comme sujet mythologique d'Hercule enfant ?

6. Les personnages humains ou anthropomorphes, souvent hybrides (animalisés ou végétalisés), souvent ailés. N = 19.

Miséricordes n° 1, 3 , 4, 5, 6, 9, 11, 15, 23, 24, 32, 35, 36, 37, 42, 43, 44, 45  et 49.

Ils sont ailés pour 14 d'entre eux, mais on ne peut les considérer facilement comme des anges; Ils portent pourtant (comme des anges) pour la plupart des tuniques longues, bouffante au dessus d' une ceinture.  Un seul a le visage remplacé par une tête de cochon, coiffé d'un bonnet (de prêtre ?). Ce sont des vieillards ou des hommes jeunes, des femmes ou des garçons. Dans deux cas incontestables, les sujets sont érotiques, soit pour une femme (n°43) exhibant son sexe, soit pour un garçon (n°36) se caressant. D'autres sont nus (n°49, sans compter l'Hercule n°29) ou à la poitrine dénudée. Leur visage tournée ou inclinée est déformée par une grimace bouche ouverte, dents parfois visibles, proche du rictus, pouvant être interprétée comme liée au plaisir érotique. Enfin, deux tiennent leur pied, ce qui (notamment pour l'acrobate lubrique n°11) est associé dans l'iconographie romane ou médiévale où le motif est stéréotypé, à un écart de conduite.

L'intégrité corporelle des représentations humaines est rarement préservée, et au contraire, le processus d'hybridation transforme les êtres en oiseaux (par les ailes), en cochon, ou bien les bras sont remplacés par des sortes de feuilles, ou le bas du corps se transforme en queue de poisson, elle-même végétalisée.

7. Les thèmes absents. La religion, la musique, ou les scènes comiques.

Nous ne trouvons ni représentation religieuse ou liturgique (ce qui est vrai aussi pour les panneaux sculptés, mais aussi pour les tombeaux et la porte exécutés sous le mécénat des d'Espinay). Il n'y a pas non plus de caricature de chanoines. Cela témoigne-t-il du contexte religieux (la Réforme et le Concile de Trente 1542-1563 ?). Je pense plutôt que l'obsession des seigneurs d'Espinay est de reproduire dans "leur" collégiale la thématique italianisante inspirée de l'antiquité grecque et romaine.

Nous ne trouvons pas de musiciens ou d'allusion à la musique, alors que ces stalles accueillent des chanteurs et des instrumentistes.

Enfin, il n'existe pas de scènes issus des fabliaux, des proverbes, de la vie quotidienne ou d'activités professionnelles.

 

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EN CONCLUSION. MÉTAMORPHOSE, HYBRIDATION ET CONFUSION DES GENRES.

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Alors que ces miséricordes pourraient sembler encore fidèles aux œuvres des huchiers médiévaux, et qu'elles ne reprennent pas les motifs des panneaux des jouées avec leurs rinceaux, candélabres et  dauphins, il est néanmoins possible de constater qu'elles sont toutes l'expression d'un thème majeur, très présent sur les jouées, ou sur les panneaux sculptés : celui de la métamorphose.

On connaît le goût du XVIe siècle pour les Métamorphoses d'Ovide. La lecture des Métamorphoses a perduré pendant tout le Moyen-Âge mais sous forme d'un Ovide moralisé dressant des parallèles avec le christianisme. L'humanisme de la Renaissance et les éditions imprimés du texte entraine un retour au texte premier.

C'est aussi le goût pour les Métamorphoses de Lucien (l'Âne d'Or) qui a fait représenter la Légende de Psyché sur les vitraux (Ecouen) et les tentures.

Alors que le Moyen-Âge valorisait la pureté et l'intégrité et condamnait moralement les couleurs mélangées, les rayures, les tachetés, et l'atteinte à l'intégrité du corps (anneaux des oreilles) les transformations mythologiques (d'Actéon en cerf, de Diane en laurier) valorisent les tenues bariolées, ou mi-parti (sous l'influence des lansquenets), et d'une manière générale la transgression des limites.

Ces limites qui séparaient l'humanité, centre de l'univers, des animaux et des végétaux cèdent sous l'effet des progrès de la science, comme par exemple, lorsque Léonard de Vinci et les autres artistes s'intéressent à la dissection, introduite dans les études médicales à partir de 1470. (la Fabrica de Vésale ne paraît qu'en 1543).

La découverte à Rome de la Domus Aurea de Néron à la fin du XVe siècle incite Domenico Ghirlandaio, Raphaël et Michel-Ange à s'inspirer des fresques aux motifs qualifiés de grotesques : enroulement de feuillages, mascarons, animaux fantastiques et figures extravagantes, où le monde fictionnel se libère de toute allégeance au réel et au vraisemblable et à la perspective, au profit d'un jeu graphique onirique. Comme l'écrit André Chastel, les formes mi-végétales et mi-animales (dont le glissement de l'une à l'autre est constamment illustré à Champeaux) entraîne un sentiment de libération "à l'égard de l'ordre du monde, qui gouverne la distinction des êtres".

C'est bien ce qui est en jeu sur ces miséricordes de Champeaux, où les formes animales et humaines sont végétalisées, soit sous forme de masque-feuilles, soit par glissement d'un buste et ventre humain en une queue imitant celle des poissons avec des volutes et découpures végétales, soit par confusion humain/animal par les grylles dont les têtes humaines surgissent du ventre d'une bête, soit par toutes ces altérations grotesques des formes par des feuilles (moignon des bras, oreilles de dragons, crinière de la licorne, etc.).

La confusion terre/air/mer est présente aussi lorsque les êtres d'apparence humaine sont dotés d'ailes (parfois feuillagées), ou lorsqu'ils volent, ou lorsque les feuillages s'apparentent à des plumes.

C'est cette analyse que j'ai déjà présentée dans l'étude des sablières sculpté en Finistère par le Maître de Plomodiern en Porzay (Plomodiern et Saint-Nic) et au Cap Sizun (à Confort-Meilars, Pont-Croix, Saint-Tugen), et dans l'analyse des panneaux issus du jubé d'Esquibien (29)

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Voir :

 

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LIENS ET SOURCES.

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— BARRIÉ (Roger), DUCOURET (Jean-Pierre), RIOULT (Jean-Jacques), PIAT (Florence), 2006, « Ensemble de stalles dans la collégiale Sainte-Marie-Madeleine (contre les murs nord et sud du choeur) » Dossier IM35022581 de l'Inventaire général

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ensemble-de-stalles-dans-la-collegiale-sainte-marie-madeleine-contre-les-murs-nord-et-sud-du-choeur/d9c79125-9bf0-4cfa-9667-340fdff8e099

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/recherche/globale?texte=%22Piat+Florence%22&render=liste&type=&ou=Champeaux

Bibliographie citée :

BANEAT, Paul. Le département d'Ille-et-Vilaine, histoire, archéologie, monuments Rennes : Larcher, 1927 (1ère éd.), Mayenne : éditions régionales de l'Ouest, 1994 (rééd.).

FRAIN. Epinay en Champeaux, sa splendeur au XVIe siècle, son état de ruine au XVIIIe siècle, la restauration de nos jours. Vitré : Imprimerie Gilles, 1908.

LEPAROUX, Sylvain. Les stalles en Ille-et-Vilaine, XVIe-XVIIe siècles. Mémoire de maîtrise : Hist. De l'Art. Rennes : université Rennes 2 Haute-Bretagne, 1997.

 

—BLOCK, Elaine C. Corpus of medieval misericords in France, XIII-XVI century. Turnhout : Brepols, 2003.

 

COUFFON (René), 1969, « La collégiale de Champeaux. Contribution à l’étude de la première Renaissance en Bretagne » dans Mémoires de la Société d’émulation des Côtes-du-Nord, tome XCVIII, 1969, pp. 15-49 .

— COUZY (H), 1968, Collégiale La Madeleine de Champeaux, Congrès archéologique de France, 126e session, Haute-Bretagne, p.60-73

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1880-1886, Pouillé historique de l'archevêché de Rennes. [Volume 3] 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k55608m.pdf

GUILLOTIN DE CORSON (abbé Amédée), 1904, "Les seigneurs de Champeaux, leur collégiale et leur château", Revue de Bretagne, de Vendée & d'Anjou, Volumes 31 à 32 page 385-

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k453834v/f383.image.r=champeaux

— JOUBERT (Solen), 2003, Audace et renommée : un réseau de la noblesse bretonne, vecteur d'échanges culturels et artistiques pendant la Renaissance. SHAB pages 205-

https://m.shabretagne.com/scripts/files/54da14d35ff576.88078498/2003_08.pdf

 

— LELOUP (Daniel), 2019, Rennes au temps d'Yves Mahyeuc : une ville entre gothique et Renaissance. in Augustin Pic, " Yves Mahyeuc, 1462-1541: Rennes en Renaissance"  Presses Universitaires de Rennes.

https://books.google.fr/books?id=I5izDwAAQBAJ&dq=COUZY+(H),+1968,+Coll%C3%A9giale+La+Madeleine+de+Champeaux,+Congr%C3%A8s+arch%C3%A9ologique+de+France,+126e+session,+Haute-Bretagne,+p.60-73&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

En France, la période correspondant à la fin de l'Etat breton (Acte d'union de la France et de la Bretagne en 1532) correspond en histoire de l'art à celle de la Renaissance italianisante puis antiquisante, période où sont édifiés les châteaux de la Loire comme celui de Chenonceaux (v.1513-1516), d'Azay-le-Rideau (v. 1518-1527) et de Chambord (v. 1513-1516).

"Mais avant même la construction de ces œuvres majeures, l'influence de l'Italie du Quattrocento se fait sentir en Bretagne, notamment sur plusieurs monuments funéraires : tombeau de François II et de Marguerite de Foix par Michel Colombe dans la cathédrale de Nantes (1499-1507), tombeau de l'évêque Thomas James dans la cathédrale de Dol-de-Bretagne (1507). L'apparition du vocabulaire et des formes italianisantes touche simultanément de nombreuses constructions, qu'elles soient civile (façade principale du château de Goulaine et loggias du château des ducs de Bretagne à Nantes vers 1500) ou religieuses (portail du croisillon nord puis cloître de la cathédrale Saint-Pierre de Vannes en 1515-1520).

Dès ses prémices en Bretagne, la Renaissance est l'art d'une élite aristocratique composée de certains hauts dignitaires civils (Guy III d'Espinay et Louise de Goulaine à Champeaux, mais également de religieux proche du pouvoir (Claude de Rohan, évêque de Quimper)."

 

 

— LEVY (Tania), Projet de recherche. Le beau XVIe siècle en Bretagne - B16B, MCF en histoire de l’art moderne, UBO

https://www.univ-brest.fr/digitalAssets/82/82654_Projet-recherche-beau16e.pdf

 

— MUSSAT (  André), 1995, Arts et cultures de Bretagne : un millénaire, Rennes, Éditions Ouest-France, 380 p.

MUSSAT (André), La Renaissance en Bretagne.

En Haute-Bretagne, ce sont naturellement les châteaux de la grande noblesse qui donnèrent le ton. Ils imitèrent les modèles de la Touraine directement inspirés par l'occupation de l'Italie du Nord. Citons la délicieuse et blanche loggia du château de Vitré et dans la même région, les stalles de la collégiale de Champeaux, commande des Espinay, parents des châtelains d'Ussé en Touraine. Aux Laval encore est dû, vers 1530, au flanc d'un antique donjon l'élégant château de Châteaubriant et sa longue galerie où se marient adroitement la brique, le tuffeau et le schiste.

Aux seigneurs se joignent les ecclésiastiques retour d'Italie. Les neveux d'un prélat humaniste commandent, dès 1507, aux Justi ou Juste, florentins devenus tourangeaux, le grandiose et élégant tombeau de la cathédrale de Dol. Tout ces novateurs suivaient le chemin illustré par la duchesse-reine lorsqu'elle avait confié à Jean Perréal et à Michel Colombe le tombeau de ses parents aujourd'hui à la cathédrale de Nantes, exécuté en marbre d'Italie.

MUSSAT (André), 1975, "Le château de Vitré et l'architecture des châteaux bretons du XIVe au XVIe siècle", Bulletin Monumental  Année 1975  133-2  pp. 131-164

"C'est pourtant à la petite cour de Gui XVI que des nobles voisins, les Espinay, s'habituèrent au style nouveau, celui de leurs œuvres de Champeaux, qui, avec les châteaux des Nétumières en Erbrée, rappelle l'existence d'un foyer, mais qui fut sans large rayonnement. L'histoire de la Renaissance en Bretagne s'en trouve modifiée. Jusqu'à la fin de sa longue histoire architecturale, le château de Vitré resta donc une œuvre des marches, avec ce que cela veut dire de limites et d'ambiguïté. Il faut attendre les années 1560-1570 pour que des châteaux bretons s'inspirent du nouveau style : ce sera avec un parfum provincial plus marqué."

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1975_num_133_2_5456

— PIAT (Florence), Les stalles de l'ancien duché de Bretagne de la fin de la guerre de Succession jusqu'au Concile de Trente.

https://www.academia.edu/34924613/THESE_UNIVERSIT%C3%89_RENNES_2_Les_stalles_de_lancien_duch%C3%A9_de_Bretagne_De_la_fin_de_la_guerre_de_Succession_jusquau_concile_de_Trente

 

— RIOULT ( Jean-Jacques ), ORAIN (Véronique), 1979,L'ancienne collégiale de Champeaux, Dossier IA00130695 (c) Inventaire général ; (c) Conseil général d'Ille-et-Vilaine

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/ancienne-collegiale-actuellement-eglise-sainte-marie-madeleine-place-de-la-collegiale-champeaux/d2fdc8a2-dd6b-4bea-83c6-91455faf82e9

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/chateau-d-epinay-ancien-chateau-de-la-riviere-champeaux/380ed73c-19d0-4e1e-8082-64d1b7934c77

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/IA35000276

https://monumentum.fr/chateau-epinay-ancien-chateau-riviere--pa00090518.html

 

— VILLENEUVE (P. DE LA BIGNE)1862, Les anciennes stalles de la cathédrale de Rennes et le privilège du sire d'Epinay, Bulletin et mémoires de la Société archéologique d’Ille-et-Vilaine, tome 2, pages 261-275.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k110712p/f262.image

— SITE DECOUVRIR CHAMPEAUX

https://www.champeaux35.fr/decouvrir-champeaux/histoire-et-patrimoine/collegiale-2/

 

— WIKIPEDIA, La collégiale Sainte-Marie-Madeleine de Champeaux.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Coll%C3%A9giale_Sainte-Marie-Madeleine_de_Champeaux

WIKIPEDIA

Listes des miséricordes en France

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_mis%C3%A9ricordes_de_France

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Stalles Renaissance Sculpture
26 septembre 2020 6 26 /09 /septembre /2020 11:27

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La tribune (bois polychrome, XVIe siècle) ou ancien jubé  de l'église d'Esquibien.

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Voir sur Esquibien :

 

 

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Sur les bas-reliefs des panneaux au décor Renaissance en Bretagne, voir :

 

 

 

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PRÉSENTATION.

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1. Introduction : la Renaissance en Bretagne.

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L'art ornemental de la Renaissance, d'origine italienne, est apparu très précocement en Bretagne, dès 1507, à Dol-de-Bretagne pour le Cénotaphe de l'évêque Thomas James sculpté par Jean Juste.

On y trouve déjà, en bas-relief, les dauphins, les putti, les mascarons, les lions et les dragons à corps végétalisés, les vases, les grotesques et les faunes, les bucranes, les rinceaux extravagants et les rubans ou linges suspendus, les coquilles, les figures accouplées par le cou ou la queue par un anneau, les cornucopia, les cartouches rectangulaires inspirés des ruines romaines, et, bien-sûr, les médaillons. 

http://www.lavieb-aile.com/2018/08/le-cenotaphe-de-thomas-james-dans-l-ancienne-cathedrale-de-dol-par-jean-juste-et-1507.html

Tout semble organiser pour dissoudre les frontières entre terrestre et aérien, entre l'humain et l'animal, entre espèces animales, qui sont hybridées, et entre animal et végétal, puisqu'on ne n'y trouve aucune figure qui ne mêle pas ces différents règnes. D'où naît une confusion illusionniste  enivrante, entretenue ou accentuée par les volutes de tous genres (tiges, queues, étoffes) qui tournoient autour des figures. La référence à l'antique, et le rôle de modèle des décors découverts à la fin du XVe siècle dans la Domus Aurea, y sont évidents. Or, la date de 1507 est fort précoce pour l'expression de cet art grotesque en France (et même en Italie, les Loggias du Vatican sont plus tardives, entre 1516 et 1519).

L'art de la Renaissance s'exprima un peu plus tard sous l'influence de François Ier à Fontainebleau, par les peintures, panneaux de bas-relief en bois et encadrements en stuc déterminant l'art ornemental bellifontain vers 1530.

La Première Renaissance bretonne débute réellement vers 1560. La chapelle Sainte-Yves de Kerfons  en Ploubezre en relève (1553-1559), tout comme le tombeau de Guy III d'Espinay, conçu par l'angevin Jean de l'Espine en 1552-1553. Le château de Kerjean en Saint-Vougay (1550-1580) en donne une magistrale expression, tant pour l'architecture que pour la sculpture sur bois des sablières (v.1580)

L'influence des ornemanistes bellifontains est précisément évidente dans les sablières de Kerjean, attribuées au Maître de Pleyben actif, à Pleyben, Plomodiern Saint-Divy, entre 1560 et 1580, et cette influence se reconnaît notamment par les "cuirs découpés à enroulement" des cartouches.

Un autre sculpteur de sablières, que j'ai nommé Maître de Plomodiern (S. Duhem le nomme Brellivet), a multiplié les éléments Renaissance particulièrement par les figures hybrides et dragons végétalisés, à Plomodiern, et à Saint-Nic, mais aussi — ce qui nous concerne d'avantage ici — dans le Cap Sizun à Pont-Croix à la chapelle Saint-Tugen de Primelin ou à la Chapelle Saint-Trémeur de Beuzec-Cap-Sizun. Il est actif entre 1544 et 1564 environ.

Les sablières de l'église d'Esquibien n'échappent pas à cette influence de l'art de la Renaissance, par l'importance donnée aux formes hybrides et végétalisées (mais sans coquille, sans cuirs à enroulement, sans bucrane, etc.).

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Les jubés.

 

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Dans une église, le jubé est une tribune formant clôture de pierre ou de bois séparant le chœur liturgique de la nef, car suivant la conception médiévale, l'autel, lieu du mystère sacré, ne doit pas être visible. : le chœur était réservé au clergé, et les fidèles, installés dans la nef, écoutait la lecture et les prédications, chants liturgiques.

 Il se compose de 3 parties :
- La clôture appelée chancel,, elle est à claire-voie et dotée d'une ou deux portes.
- Au-dessus la tribune (le véritable jubé), parfois en encorbellement, à laquelle on accédait pour prêcher ou chanter, par un ou deux escaliers.
- Et l'ensemble étant dominé par un groupe de crucifixion ou « tref » — du latin trabs (« poutre ») — .

Nous pouvons ajouter une quatrième partie, les autels latéraux destinés parfois à déposer des offrandes en nature (St-Herbot) ou à la célébration des messes à l'intention des fidèles, le maître-autel leur étant interdit.

La tribune est souvent ornée, coté nef, de douze panneaux figurant dans un but didactique les apôtres.

Au XVIe siècle, le concile de Trente (achevé en 1563) provoqua une évolution de la liturgie catholique en réponse au succès des églises protestantes. Le chœur devant désormais être visible pour les fidèles, les jubés étaient condamnés. Tandis que les chaires à prêcher les remplaçaient, ils seront déplacés ou détruits aux siècles suivants, quelquefois tardivement au XIXe siècle. Curieusement, les jubés bretons ont été construits pendant ou après le Concile de Trente.

La Bretagne conserve encore 12 jubés complets (liste en annexe) et quelques chancels. Les panneaux des tribunes furent remontés ici ou là comme tribune d'orgue (Goulven) ou tribune de fond d'église, comme à Esquibien.

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L'ancien jubé d'Esquibien.

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L'église Saint-Onneau d'Esquibien date de la seconde moitié du XVIe siècle (date inscrite la plus ancienne : 1581) : la tribune de son jubé a été réalisé dans cette période, et l'influence de la Renaissance est patente dans le choix des décors.

Nous ignorons quand elle a été démontée ; mais 26 panneaux sont aujourd'hui conservés, soit sans doute l'ensemble presque complet de 12 panneaux de chaque face et des retours d'angle. Huit ont trouvé un ré-emploi autour de l'autel de la chapelle Sainte-Brigitte, 12  composent la tribune de fond de nef de l'église Saint-Onneau, et 6 sont conservés ailleurs.

Chaque panneau, centré par un médaillon, montre au dessus et au dessous de celui-ci un décor typiquement Renaissance, ce qui est rare en Bretagne , mais qui se retrouve à Goulven, en Finistère-nord.

C'est la composition des panneaux de bois de la Galerie de François Ier à Fontainebleau (mais sans cartouche, sans cuirs à enroulement et avec une finesse d'exécution moindre).

 

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Rinceaux à bucrane et dauphins autour d'un médaillon, Panneau sculpté, Galerie François Ier, château de Fontainebleau. Photo lavieb-aile.

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Plus proche, par son décor, aux dauphins affrontés, nous avons ce panneau conservé au Musée de la Renaissance d'Écouen.

Rinceau en lyre formé de deux dauphins affrontés dans un candélabre – Musée national de la Renaissance château d’Ecouen ©Evelyne Thomas

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Ces décors de Fontainebleau  sont diffusés par des recueils comme Allégories de diverses sciences d'Etienne DELAUNE (Orléans 1518 et Paris 1583), ou les recueils de René BOYVIN ou les Petites Grotesques et  Grandes Grotesques  (1562), les Grandes cartouches de Fontainebleau de Jacques ANDROUET du CERCEAU (1510->1584).

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Panneaux d'ornements, XVIe siècle, , Nicoletto da Modena (15??-15?? ), Graveur Daddi, Bernardo (1512?-1570 ; dit Maître au dé), Graveur, Agostino Veneziano (1490?-1540? ), graveur

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Mais l'élément singulier, propre à Esquibien, est la présence parmi ces grotesques de deux caraques témoignant de l'activité florissante de la paroisse dans le commerce maritime de sa pêche.

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Ces deux pôles d'intérêt (histoire de l'art et ethnographie maritime) justifient que je m'attarde sur chaque panneau, et sur chaque partie de ceux-ci, afin de partager en ligne avec les happy few  ces documents.

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Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Premier panneau.

Arabesques affrontées à tête de dauphins, autour d'une vasque.

Médaillon : homme barbu.

Trois-mâts à gréement carré.

 

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Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Le médaillon.

La peinture n'est pas d'origine. Les médaillons comportaient des éléments sculptés en haut relief, qui ont été rabotés ("bûchés") pour une raison que nous ignorons, et la surface a alors été peinte d'un motif choisi par le peintre. C'est ici un homme barbu, dans lequel nous pouvons voir un armateur, si nous le souhaitons.

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Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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La caraque à gréement carré.

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Ce navire est au mouillage, comme l'indique l'ancre bien visible. Les forts châteaux avant et arrière sont de même taille. Cette  surélévation des gaillards d'avant et d'arrière se justifie à une époque où l'abordage constitue encore l'élément majeur du combat naval, l'artillerie étant trop faible pour prétendre à la meilleure part. Selon cette vision du combat, il est indispensable d'être très haut sur l'eau afin de dominer son adversaire et de s'en emparer à l'abordage. 

Les mâts, non apiqués, portent chacun une seule voile carrée, ferlée sur leur vergue. Le mât central (grand-mât) dispose d'un nid-de-pie par lequel on grimpe par l'échelle établie sur le hauban.

Deux piques sortent, en diagonale, du nid-de-pie (un terme peu exact et datant du XIXe, nous pourrions dire "hune", ou "gabion") et ces deux piques se terminent en cœur. Seraient-ce des signaux ? Des piques semblables s'observent dans les enluminures du XVe siècle, mais ce sont soit des hampe des pavillons, soit des lances.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b72000271/f449.item.zoom

Ce gréement diffère donc de celui des caravelles, dont le mât arrière porte une voile triangulaire, "latine". Comme on ne connaît pas avec précision le gréement des carvelles d'Audierne, si ce n'est par les sculptures des églises, nous pouvons désigner ce navire comme étant une "carvelle" ou, en raison de son importance,  une "caraque".

Un trois-mâts comparable est sculpté sur la façade ouest de l'église de Confort.

Les pavillons ou flammes portent les couleurs du drapeau français, et cet anachronisme témoigne d'une restauration des peintures. À l'époque, les navires de Penmarc'h et Audierne portaient le nom du navire et/ou celui de l'armateur, ou des couleurs emblématiques.

La carène présente des sabords (le navire est alors équipé d'autant de canon) ou de faux-sabords (faisant croire à la présence de canons. 

Les châteaux sont percés de hublots.

Tous ces détails peints et non sculptés peuvent être dus aux initiatives du restaurateur et doivent être interprétés avec prudence.

La banderole à bords enroulés en cornet, qui est placé au dessus, portait peut-être le nom du navire.

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Ce navire, ainsi que celui du panneau n°7, sont certainement les seuls à figurer sur un jubé ; ils témoignent (comme les poissons sculptés sous le porche ce cette église Saint-Onneau), de l'importance de la pêche et du commerce maritime pour Penmarc'h et Audierne, jusqu'à la première moitié du VIe siècle. Cette importance était basée sur la pêche du merlu, sur les sécheries, sur son transport vers les Flandres et l'Espagne : 

"Au XVe siècle, les pêcheurs du Cap ramènent dans leurs barques du merlu, du congre, de la julienne, qu'ils pêchent près des côtes de Pâques à la Saint-Michel (voire jusqu'à la Toussaint).
Notons l'existence du fief du Quemenet, appartenant aux Rohan, faisant un arc-de-cercle de Penhars jusqu'à Plouhinec, et apportant ainsi une certaine richesse grâce à la pêche.
Le poisson est ensuite traité par des sècheries et des saleries, et vendu jusqu'à Bordeaux et La Rochelle ; en retour, les bateaux ramènent des barriques de vin. En 1453, la bataille de Castillon met fin à la guerre de Cent Ans, ce qui permet au commerce maritime de se développer. Le bateau type d'Audierne est alors la carvelle, d'au plus 60 tonneaux. Mais on peut trouver ailleurs des caraques et autres navires plus gros.
Les navires bretons montent jusqu'aux Flandres (avant-ports d'Anvers et de Bruges) et en Ecosse (Leith), vont aussi en Irlande, descendent à Cadix et Séville (sans rentrer en Méditerranée). La façade atlantique devient le monde du commerce maritime breton, qui fait l'essentiel du trafic. Le commerce du pastel (teinture bleue) se fait surtout par la flotte de Penmarc'h, qui est majoritaire à Bordeaux ; mais à la fin du XVIe siècle, Audierne finit par s'y imposer. Pourtant, au XVIIe siècle, les Flandres et l'Angleterre construisent leurs propres flottes de commerce, et c'est le début du déclin pour les ports bretons." 
Serge Duigou - La vie maritime au Cap-Sizun du XVe au XVIIIe siècle.

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Voir aussi sur les carvelles ou les embarcations de pêche, ou les poissons sculptées sur pierre en Cap Sizun et Cap Caval : 

 

Voir les embarcations de pêche sculptées sur bois sur les sablières :

 Voir aussi :

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Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Deuxième panneau.

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Masque feuillagé dans un losange, entre deux oiseaux (cygnes ?) tirant la langue.

Médaillon : homme coiffé d'un bonnet à oreillettes.

Masque feuillagé dans un losange, entre deux bustes d'hommes de profil, coiffés d'un casque.

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Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Troisième panneau.

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Arabesques affrontées à tête de dauphins, autour de deux têtes d'hommes de profil.

Médaillon : homme (marin ?) vêtu d'une blouse et coiffé d'un bonnet.

Arabesques de feuillage, affrontées, à tête de dauphins.

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Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Quatrième panneau.

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Homme nu mais casqué tenant la gueule de lions (ou dauphins) à corps d'arabesques feuillagées .

Médaillon : marin ayant un foulard noué autour du cou.

Arabesques de feuillage, affrontées, à tête de dauphins casqués.

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Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Cinquième panneau.

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Tête d'enfant, ailée, crachant des arabesques de feuillage, affrontées, à tête de dauphins.

Médaillon : homme barbu de profil.

Arabesque de feuillages affrontés.

 

 

 

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Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Sixième panneau.

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Dans une architecture simplifiée, une coquille de Vénus domine un médaillon contenant une tête d'homme barbu de face.

Médaillon : homme à chapeau à très large bords, à fraise et à vêtement rayé, évoquant un Arlequin.

Arabesques de feuillages  affrontés autour d'une vasque, et s'achevant par deux mascarons de profil.

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Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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Septième panneau.

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Arabesques de feuillages  affrontées autour d'un quadrilobe en masque d'homme feuillagé, et s'achevant par deux mascarons de profil.

Médaillon : homme vêtu de noir et coiffé d'un chaperon noir.

Caraque.

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Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

Tribune (bois polychrome, XVIe siècle) de l'église d'Esquibien. Photographie lavieb-aile juillet 2020.

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La caraque.

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Elle diffère de la première par ses mâts plus apiqués, par le château arrière à double galerie et donc plus haut que le gaillard d'avant, par  les postes de vigie sur les trois mâts, par le fort éperon de proue, et par le mâtereau partant du pied du grand-mât. Le haubanage est complété par les cordages reliant la pointe des mâts.

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