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1 mars 2022 2 01 /03 /mars /2022 12:20

L'Arbre de Jessé (Pierre des Aubeaux, 1512-1514) du tympan du portail Notre-Dame de la cathédrale de Rouen.

 

 

 

 

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I. Voir sur Rouen :

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II. Voir sur les Arbres de Jessé :

A. ARBRES DE JESSÉ SCULPTÉS.

 

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B. VITRAUX DE L'ARBRE DE JESSÉ 

Outre L'Arbre de Jessé de l'église Saint-Godard de Rouen, par Arnoult de Nimègue (1506), voir dans ce blog

 

 

En Bretagne, par ordre chronologique :

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TENTURE : (hors blog)

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Le  tympan du portail central de la façade occidentale de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Le tympan du portail central de la façade occidentale de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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PRÉSENTATION.

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Consacré à la Vierge Marie comme la cathédrale elle-même, le portail central est orné au tympan d’un Arbre de Jessé (arbre généalogique de la Vierge), œuvre de  l'imagier et tailleur de pierre rouennais rouennais Pierre des Aubeaux ( parfois orthographié « Alobeaux » ou « Desobeaux » ). Il a souffert des mutilations de 1562 par les huguenots, mutilations qui ont été réparées tant bien que mal au siècle suivant par Nicolas Gugu ou Cucu en 1626.  Le portail a été restauré en 2015.

À la suite de désordres liés à la construction de la tour de Beurre, Roulland Le Roux reconstruit le portail central de la cathédrale de Rouen entre 1508 et 1511.  L' Arbre de Jessé du tympan a été commandé  au sculpteur  le 14 juillet 1512 .  Il fut réalisé vers 1514.

 

Il est  entouré d'une riche archivolte consacrée aux prophètes, aux sibylles et aux patriarches.

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Un thème iconographique ancien.

L'arbre de Jessé où figurent les Rois de Juda descendants du patriarche Jessé, père de David forme un tout thématique et typologique (liens génétiques entre l'Ancien et le Nouveau Testament), une démonstration théologique en deux points :

1. La naissance du Christ, et son sacrifice ont été annoncés par les Prophètes bibliques, selon une démonstration où une citation de chacun des douze prophètes est associée à sa réalisation par la vie de la Vierge et celle du Christ. La citation fondamentale est celle d'Isaïe 11:1, "Un rameau sortira du tronc de Jessé, et un rejeton naîtra de ses racines".

 

2. Le chiffre douze est mis en parallèle avec celui des douze rois de Juda, descendants généalogiques et monarchiques de David, dont la liste est donnée par l'incipit de l'évangile de Matthieu et qui conclut : "Jacob engendra Joseph, l'époux de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé le Christ." (Mt 1:16). Certes, Matthieu donne 28 générations entre David et Jésus, mais les auteurs médiévaux ne retiennent que 12 rois pour soutenir leur démonstration.

"les premières représentations datent de la fin du xie siècle alors que les Pères de l’Église et les théologiens du Haut Moyen Âge ont glosé à l’envi sur cette prophétie. Cette image devient, dès le xiie siècle, «l’illustration» choisie pour le début de l’évangile de saint Matthieu, la généalogie du Christ. Suger semble avoir été le premier à lui donner cette orientation en combinant l’idée de la prophétie (Jessé donnant naissance à une tige portant la Vierge et le Christ) avec celle de généalogie royale (ajout des rois de la tribu de Juda, dont le premier, David, fils de Jessé, occupe une place privilégiée), dans le vitrail de l’abbaye de Saint-Denis, créant ainsi un lien typologique évident. La formule eut du succès et c’est sous cette forme dans les vitraux, et au début de l’évangile de Matthieu dans les manuscrits, que l’Arbre de Jessé est diffusé pendant le xiie et le xiiie siècle français." (Lepape 2009)

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Un renouveau à la fin du XVe siècle.

Au XVe et XVIe siècle, sous l'influence d'un ouvrage qui diffuse la pensée typologique, le Speculum humanae salvationis, c'est la Vierge à l'Enfant qui culmine au sommet de l'arbre, en postulant que Marie est de la race de David. Les Arbres de Jessé, qui ont été plus rares au XIVe siècle, deviennent un thème majeur de l'ornementation des églises, et les vitraux qui le représentent occupent souvent une place centrale. Même si elle n'est pas exhaustive, la liste de mes liens (supra) montre bien cette réapparition des Arbres, sous la forme de vitrail aux cathédrales d' Évreux, Moulins en Alliers, Sens et Rouen de 1470 à 1506, ou au chœur des églises et chapelles normandes et bretonnes de 1475 à 1560, et sous la forme de sculptures monumentales sur pierre ou sur bois notamment à Rouen (ce tympan), puis à Gisors et Beauvais, ou Saint-Riquier.

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L'affirmation de la conception immaculée de Marie.

En Normandie en particulier, à la fin du XIVe et début du XVe siècle, l'Arbre s'intégra dans une dévotion à l'Immaculée Conception de la Vierge, lors d'une  fête ou puy des palinods concours de poésie célébrée à Rouen.

L'Arbre illustre la foi en la naissance virginale du Christ, dont la typologie, ancienne,  est fondée sur les versets 11:1-3 d'Isaïe : Et egredietur virga de radice Jesse, et flos de radice ejus ascendet "puis un rameau sortira du tronc d'Isaï [Jessé], et  un rejeton naîtra de ses racines" associé au verset Isaïe 7:14 Ecce virgo concepiet, et pariet filium, et vocabitur ejus Emmanuel, "Voici, la jeune fille sera enceinte, elle enfantera un fils, et elle lui donnera le nom d'Emmanuel."

Un jeu de mot, qui devient un véritable leitmotiv  liturgique, est fait entre virga "la tige, le rameau" et virgo "la vierge".

Enfin, il y a un passage entre cette notion de virginité, prophétisée par Isaïe, puis la notion de virginité d'Anne donnant naissance à la Vierge sous l'effet d'un chaste baiser ou même d'une simple rencontre avec son mari Joachim sous la Porte Dorée de Jérusalem, puis la notion, toute différente, d'une conception "immaculée", exempte du Péché originel.

Le motif iconographique nouveau qui sous-tend cette conviction chère aux Normands est la représentation de Marie comme Vierge de l'Apocalypse, debout sur le croissant de lune.

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L'affirmation de la royauté de Marie.

La généalogie de Jésus de l'évangile de Matthieu vise à souligner l'ascendance royale de Jésus, par David.

La nouvelle iconographie, normande ou rouennaise, honore la royauté de Marie, en plaçant une couronne sur sa tête ; parallèlement se développe le thème iconographique du Couronnement de la Vierge.

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La conjugaison du thème de l'Arbre et de celui des Sibylles.

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Très peu de temps avant la création de ce tympan, vers 1489, Louis de Laval fait réaliser un Livre d'Heures (BnF latin 920) dans lequel les premières enluminures (17r à 29v) mettent en parallèles les prophéties (on dit, pour les distinguer des annonces bibliques, les "vaticinations") de 12 femmes de l'antiquité gréco-latine (ou du moins non bibliques), les Sibylles, avec 12 épisodes de la vie de la Vierge et de la Passion du Christ.

On trouve ces Sibylles représentées sur les colonnes de l'Aître Saint-Maclou à Rouen en 1526-1529.

De même que les 12 prophètes et les 12 rois de Juda ont été associés aux 12 apôtres, les 12 Sibylles font être associées au thème de l'Arbre de Jessé, soit directement soit plus souvent indirectement.

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Sur le portail de Rouen, la relation est directe entre les 12 Sibylles, les 12 Prophètes et 12 Patriarches, qui occupent les archivoltes, et l'Arbre de Jessé du tympan : chacun des 36 personnages périphériques annoncent la croissance verticale de l'arbre issu de Jessé et fleurissant en la Vierge et son Fils.

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Les Arbres de Jessé de Rouen et périphérie au XV et XVIe siècle.

— vers 1470 : verrière de Saint-Maclou (baie 113).

-Vierge à l'Enfant couronnée, dans une mandorle solaire, sur un croissant de lune. L'enfant joue avec un moulinet.

-16 rois tenant des sceptres

- Un prophète à la droite de Jessé (inscription), David à sa gauche. Tous les deux debout.

-Jessé assis, racine de l'arbre naissant du dessus de sa tête.

 

—1506 : verrière de Saint-Godard (baie 4) par Arnoult de Nimègue. 

- Couronnement de la Vierge au tympan

-Vierge à l'enfant couronnée, sur un croissant de lune.

-12 rois, tenant des sceptres, autour de David placé entre Jessé et la Vierge.

-4 prophètes au registre inférieur, entourant Jessé.

-Jessé assis, racine de l'arbre au dessus de sa tête

-Un soubassement portant les inscriptions prophétiques (XIXe).

 

— 1500-1510, Bourg-Achard, église Saint-Lô, baie 7

-Vierge à l'Enfant couronnée, dans une mandorle solaire, croissant de lune peu ou pas visible.

-14 rois de Juda dont David et sa lyre, Salomon en Africain

-4 prophètes et leurs inscriptions citant Isaïe (mais restauré au XIXe)

-Jessé assis sous sa tente, dans l'attitude du songeur. Inscription Virga Jesse Florida.

— 1523, Elbeuf, église Saint-Etienne (baie 9).

-Vierge à l'Enfant nimbée, dans une mandorle solaire, sur un croissant de lune.

-10 rois tenant des sceptres, ou, pour David, sa lyre.

-4 prophètes autour de Jessé au registre inférieur.

-Jessé assis de face, sous son pavillon. L'arbre naît du sommet du pavillon.

-Nombreuses inscriptions sur les galons.

 

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Le chantier du grand portail de la cathédrale 1502-1515

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Le chapitre de la cathédrale est informé en 1502 que le grand portail (datant peut-être du XIIe siècle)  menace de s'effondrer. En 1508 sont exposés à l'Hôtel de Ville les projets du maître maçon Jacques Le Roux et de son neveu Roulland Le Roux, qui allait lui succéder. Les premières assises sont posées en 1509, et les contacts avec des ymagiers (sculpteurs) sont établis. Le nom de Pierre Des Aubeaux apparaît en septembre 1511, assisté d'un puis deux "valets" ou assistants. Son salaire est le plus élevé, supérieurs à celui des autres ymagiers, Jean Théroulde et Jean Poulain notamment. Il est alors débattu de grandes statues d'archevêques de Rouen, financées par des souscriptions auprès des chanoines du chapitre, et du cardinal Georges II d'Amboise.

Le tympan avec son arbre de Jessé et ses voussures apparait aux comptes de 1512-1513. Le prix attribué à Des Aubeaux pour le tympan est considérable : 500 livres. Dans les voussures, les Prophètes  sont de Pierre des Aubeaux, les Sibylles ainsi que les Anges et les Chérubins sont de Nicolas Quesnel, et les Patriarches, de Richard le Roux.

Un Cardin Jovise reçoit en juillet 1512 8 livres pour un "grand portrait" de l'arbre de Jessé, sans doute une mise au net de l'esquisse.

Pierre Des Aubeaux est un sculpteur rouennais alors suffisamment réputé  pour qu'une confrérie de l'Assomption de Gisors  lui commande en 1510 pour sa chapelle une grande hystoire à la louange de Notre-Dame.  Il en persiste à la Collégiale de Gisors les litanies de la Vierge, inspirée de la composition identique placée au dessus de la Dormition de la Vierge à l'abbatiale de Fécamp, également attribuée à Des Aubeaux .

"Il réalise une statue de saint Étienne pour la chapelle éponyme, inaugurée à Noël 1512. Haute de 2 mètres, elle a été peinte et dorée par Louis Le Pilleur. Elle se trouve dans le « chapistrel » réalisé par Roulland Le Roux.

 Il fait partie des 8 « ymagiers » engagés en 1519 pour la réalisation du tombeau du cardinal Georges d'Amboise. À partir de juin 1521, il est chargé de la réalisation du portrait du défunt à partir de deux portraits venus de Gaillon pour l'aider dans son exécution. Il est ensuite chargé, avec l'aide de Chaillou et Therouyn, de la réalisation d'un orant pour le neveu Georges II d'Amboise. " (Wikipedia)

 

 

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DESCRIPTION.

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Après ce long préambule, nous voilà très curieux de découvrir  quel parti-pris a été décidé par les commanditaires du tympan du portail principal de la cathédrale. Il comporte 18 figures.

 

À la base du tympan, Jessé, à demi couché sur le côté dans l'attitude du songeur,  est entouré des statues de grande taille de quatre Prophètes (ce serait Isaïe, Jérémie, Ezéchiel et Daniel).

De son flanc gauche s'élève un puissant rameau sur les branches duquel viennent s’étager les 12 Rois de Juda. Nous verrons que je pense reconnaître, à la meilleure place, le roi David grâce à sa lyre.

Marie trône au sommet du tympan, telle qu’elle apparaît dans la vision de l’Apocalypse, « nimbée de soleil », et jadis couronnée.

La principale différence avec les verrières normandes est la position allongée de Jessé. Elle sera largement reprise, par exemple à Gisors en 1589. Elle est déjà présente à Burgos en 1483-1486. Mais sur la tenture de N.D. de Nantilly à Saumur, datant de 1529 et donc contemporaine de ce tympan, Jessé est assis, accompagné de 12 prophètes et de 12 rois désignés  par leur nom.

Une lithographie de ce tympan a été donnée dans les planches gravées des Voyages pittoresques de Nodier et Taylor en 1825. J'en présente ici le relevé. 

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L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Planche 136 des Voyages pittoresques. Dessin de Fragonard 1823, lithographie de G. Engelmann.

On remarque que les deux prophètes de gauche, et la Vierge, conservent leur tête.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR. LES HUIT PREMIERS PERSONNAGES.

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Jessé rêvant est semi-couché sur le côté droit, la tête appuyée sur la main accoudée.

C'est bien par un songe que Jessé a vu se dérouler sa descendance en une longue suite de rois.

Le riche propriétaire de troupeaux est figuré barbu, indiquant son grand âge. Il est vêtu d'une longue robe et chaussé de sandales à extrémités pointues dont la partie antérieure est marquée de "crevés" relevant de la mode des courtisans de François Ier et Henri II. Les manches, et les pans, forment des plis en rideaux successifs. Un pan est crénelé.

"Cette œuvre certaine nous permet de prendre connaissance d'un système de draperies que l'on rencontre chez Desobeaux beaucoup plus fréquemment que ce que j'appellerai sa draperie noble. C'est un système presque entièrement inorganique avec des paquets de plis par place, des sinuosités arbitraires, à l'extrémité inférieure, souvent des bords frangés et effilochés. " (M. Aubert)

Il porte deux larges colliers pectoraux, évoquant vaguement ceux des grands prêtres. La coiffure est un bonnet à rabats, non conique. 

L'arbre prend racine dans le flanc gauche de Jessé, s'élève obliquement en une volute  et donne toute de suite quelques feuilles.

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L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Droits Gallica BnF.

 

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L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LES DEUX PROPHÈTES DE GAUCHE.

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Rien ne permet de les identifier à défaut d'inscription. J. Le Maho indique les noms d'Isaïe et Jérémie, qui sont les prophètes de base des Arbres de Jessé.

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Leur tête  a été brisée, ainsi que les mains, celles qui traditionnellement adoptent le geste de la prophétie; doigt levé, ou désigne la réalisation effective de celle-ci, la vierge enfantant. Mais ces gestes se devinent par leur esquisse par les avant-bras.

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Le premier, "Isaïe", garde une petite barbiche qui a échappé à la masse des iconoclastes. Il porte une robe et un manteau, et un mélange s'effectue entre le costume contemporain, et celui qui, dans l'iconographie, permet de faire reconnaître au spectateur qu'on a affaire à un personnage de l'Ancien Testament. Pour cela, le sculpteur a à sa disposition un vocabulaire codifié, soi-disant hébraïque (avec des franges, des glands de passementerie) ou exotique et oriental (comme, plus loin, les turbans). La ceinture frangée, ou la frise pectorale relèvent de ces codes. Certainement, bien que cela tient aussi des traits stylistiques du sculpteur, la surcharge des manches superposées est encore à mettre sur ce compte des codes hébraïsants, même si les crevés en ligne de I est aussi propre à la mode du temps.

Il porte, sur des pieds nus, des sandales plus spartiates, plus "romaines" à mes yeux, que celles de Jessé que j'imaginai fourrées comme des pantoufles. Une lanière passe entre le premier et le deuxième orteil avant de se nouer derrière la cheville. 

Alain Rey (Dict. hist. langue franç.) signale que les sandales étaient jadis un signe d'élection, réservé aux prêtres ou à l'aristocratie.

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Son voisin, Jérémie,  a les genoux dénudés, entre une tunique courte et des guêtres. Ses chaussures sont fines et enveloppantes, sans talon.

Son manteau pendouille, déborde, hésite entre l'oripeau et la tenture ; sa ceinture, à défaut  d'être à pendeloques, s'orne de franges ou cannetilles, tandis qu'un gland de passementerie pend sous son camail.

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Tous les deux ont le genou droit en avant, dans la posture de l'orateur distingué.

On a vu pourquoi la référence à Isaïe est incontournable dans un arbre de Jessé. Celle faite à Jérémie se justifie par cette citation  (Jérémie 33:14-17)

Voici, les jours viennent, dit l'Éternel, Où j'accomplirai la bonne parole Que j'ai dite sur la maison d'Israël et sur la maison de Juda. En ces jours et en ce temps-là, Je ferai éclore à David un germe de justice; Il pratiquera la justice et l'équité dans le pays. En ces jours-là, Juda sera sauvé, Jérusalem aura la sécurité dans sa demeure; Et voici comment on l'appellera: L'Éternel notre justice. Car ainsi parle l'Éternel: David ne manquera jamais d'un successeur Assis sur le trône de la maison d'Israël."

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L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LES DEUX PROPHÈTES DE DROITE.

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Ezéchiel et Daniel ? Pourquoi pas ? 

On trouve Ézéchiel, au même titre que les onze autres prophètes, sur l'Arbre de Jessé de Chartres, mais pas au registre principal. Son  verset 44:2 sur la porte close  est reconnu comme une préfiguration de la virginité de Marie : et Porta Clausa figure parmi les Litanies sculptées par Pierre Des Aubeaux à Fécamp et Gisors, sous une porte fermée par une herse.

"Et l'Eternel me dit : Cette porte sera fermée, elle ne s'ouvrira point, et personne n'y passera ; car l'Eternel, le Dieu d'Israël, est passé par là. Elle restera fermée".

 

C'est à ce titre que le prophète figure sur l'Arbre de Jessé de Sens, devant une porte  qu'il désigne du doigt.

Et dans le Speculum humanae salvationis, la miniature qui représente l'entrée close d'un temple porte l'inscription "Porta clausa significat Mariam".

Le personnage affiche les mêmes signes vestimentaires hébraïques, auxquels s'ajoute un bonnet conique à rabats perlés. Les pans du manteau sont festonnés, le bord inférieur de la robe porte sa série de franges réunies en bouquet, le camail est orné de plaques ou médaillons, tout comme le fermail du manteau. La main gauche est brisée. La pointe de chaussures fines et pointues dépasse du manteau.

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Son voisin, appelons-le Daniel. Ce prophète accompagne Ézéchiel sur l'Arbre de Jessé de Sens. S'il est convoqué sur les Arbres, c'est, depuis la Bible des Pauvres et le Speculum humanae, en raison du verset Daniel 2:34 Videbas ita donec abscissus est lapis sine manibus, "Pendant que tu étais plongé dans la contemplation, une pierre se détacha sans l'intervention d'aucune main". On le voit aussi sur l'Arbre de Saint-Denis et celui de Chartres.

On retrouve le bonnet conique à rabats, la robe, le manteau trop ample, aux plis multiples, fendus et festonnés.

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L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LES TROIS PREMIERS ROIS DE JUDA.

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Le tronc issu du flanc de Jessé se divise tris vite en une première branche qui part en volute pour produire une corolle de pétales servant de support à un premier roi.

Puis le tronc donne un deuxième rameau, mais qui est brisé et que nous récupérons un peu plus haut : lui aussi se termine par un petit bourgeon et une corolle, occupé par le deuxième roi.

Enfin, venant de plus haut, un rameau descend pour placer un troisième roi, plus petit, au dessus des pieds de Jessé.

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Commençons par le décrire, puisqu'il est le plus bas placé.

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Il porte une moustache et une barbiche, des cheveux longs, et un turban (c'est un roi oriental). Son sceptre, tenu en mai gauche, est brisé. Autre  attribut notable, son collier, une chaîne dont je gage qu'elle était en or. 

Mais le drapé exubérant est toujours là : le sculpteur ne l'a pas réservé aux prophètes.

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L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le deuxième et le troisième roi.

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Gallica BnF

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Tous les deux s'accrochent aux branches pour ne pas tomber. Celui de gauche est peut-être assis, car son avant-bras droit est posé sur sa cuisse fléchie. La main devait tenir le sceptre.

Camail, robe, plis, replis et re-replis.

Celui de droite a gardé sa tête, ou bien cette dernière a été restaurée au XVIIe siècle, ou après 1825 ; on n'y voit pas de couronne. Le bras gauche et son sceptre sont brisés.

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L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LE REGISTRE MÉDIAN.

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Le groupe des trois rois du centre. David ?

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Gallica BnF.

 

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Le but de cet examen rapproché, on l'a peut-être deviné, est de rechercher des attributs permettant une identification.

Le roi du coté gauche tient un sceptre presque intact. Je remarque des bottes à rabats, un camail à gland frangé, un vaste manteau ouvert en corolle.

Celui de droite a perdu non seulement la tête, mais tout attribut, mais des franges et bords crénelés sont visibles sur le camail et la ceinture.

Le roi placé au centre pourrait être David, si on accepte mon hypothèse de reconnaître le montant d'une lyre, brisée vers le bas, mais portant encore l'attache de ses cordes. 

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L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Les deux rois des branches latérales du côté droit.

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L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Les deux rois des branches latérales du côté gauche.

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L'un est debout mais prosterné, l'autre a un genou à terre.

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L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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LE REGISTRE SUPÉRIEUR. LES DEUX DERNIERS ROIS , LA VIERGE À L'ENFANT .

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Les deux rois supérieurs se tournent vers la Vierge et l'Enfant, et fléchissent à moitié le genou. Ils portent des tuniques courtes sur des chausses ou des bottes à rabats. Les têtes ont été brisées, et aucun attribut n'est visible.

Les iconoclastes ont brisé l'Enfant, entièrement, et la tête de Marie : on ne peut postuler qu'elle était couronnée, comme sur la lithographie de 1825.

Elle est au centre d'une mandorle de rayons solaires, mais le croissant lunaire n'est pas présent.

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L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Droits Gallica BnF.

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L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

L'Arbre de Jessé (P. des Aubeaux, 1514) du tympan du portail central de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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ANNEXE.

L'ARBRE DE JESSÉ DU RECUEIL DE PALINODS DE JACQUES DE LIEUR.

Rouen BM Y.226a f. 34 :

Jacques de Lieur est échevin de Rouen et prince du Puy (concours de poésie) de l'Immaculée conception. Son recueil de poésie pieuses date de 1520 et s'accompagne de peinture sur velin ; il a été réalisé dans un atelier rouennais. Ces "palinods" précédés d'un calendrier forment une sorte de livre d'heures de l'immaculée conception.

L'arbre entoure une poésie : Jessé dans la marge inférieure est assis et donne naissance à deux tiges qui fleurissent en douze rois (dont Salomon à la peau noire et David à la lyre) montant jusqu'à la Vierge à l'Enfant. 

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SOURCES ET LIENS

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AUBERT (Marcel), 1927, " La cathédrale de Rouen par Marcel Aubert", Congrès archéologique de France, 1927, 89e session tenue à Rouen en 1926, article

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k356969/f95.item

"Tel qu'il nous apparaît aujourd'hui, avec les mutilations de 1562 et les restaurations du XVIIe siècle, dont la plupart, d'ailleurs, sont tombés à leur tour, l'Arbre de Jessé du tympan de Rouen donne l'impression d'une œuvre hybride et à demi manquée. Un réel effort vers la grandeur et la solennité dans les figures de Jessé et des quatre prophètes, contraste péniblement avec la mesquinerie, avec la fantaisie poussée, à mesure que les figures s'éloignent du regard, jusqu'à l'irrévérence, des Patriarches placés dans les rameaux de l'arbre et où on ne peut reconnaître que David avec un débris de harpe. Il en est notamment deux, au sommet, inclinés vers la Vierge mère, qui, avec leurs manteaux volants découvrant les chausses montantes, évoquent l'idée des bouffons de quelque mystère plutôt que d'ancêtres du Fils de Dieu.

Au point de vue monumental, c'est une grande nouveauté que cette composition embrassant toute la surface du tympan sans souci des divisions de l'appareil : il est évident du reste, que la conception même d'un arbre généalogique se prêtait mal à cette division et que Desobeaux a été plus influencé par les verrières contemporaines que par aucune œuvre de la plastique.

Cette œuvre certaine nous permet de prendre connaissance d'un système de draperies que l'on rencontre chez Desobeaux beaucoup plus fréquemment que ce que j'appellerai sa draperie noble. C'est un système presque entièrement inorganique avec des paquets de plis par place, des sinuosités arbitraires, à l'extrémité inférieure, souvent des bords frangés et effilochés. Muni de ces données, on s'attendrait à discerner au premier coup d'œil celle des voussures, la plus extérieure, qui lui est donnée par les textes."

 

 

CORBLET (Jules) 1860  Etude iconographique sur l'arbre de Jessé, page 22.

https://books.google.fr/books?id=rchhxXXolF0C&pg=PA23&dq=riquier+%22arbre+de+jess%C3%A9%22&hl=fr&sa=X&ei=a_4bVK3DI-LH7Aam2IFI&ved=0CCYQ6AEwAQ#v=onepage&q=rouen%22arbre%20de%20jess%C3%A9%22&f=false

 

LE MAHO (Jacques), CARMENT-LANFRY (Anne-Marie), 2012, "La façade occidentale", in La cathédrale Notre-Dame-de-Rouen, pages 245-263 © Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2010

https://books.openedition.org/purh/3811

— LEPAPE (Séverine), 2009, « L’Arbre de Jessé: une image de l’Immaculée Conception? », Médiévales, 57 | 2009, 113-136.

https://journals.openedition.org/medievales/5833

— LEPAPE (Séverine),2011 , "L’Arbre de Jessé normand et la question de l’Immaculée Conception", in Marie et la Fête aux normands, dir. Françoise Thelamon ; Presses universitaires de Rouen et du Havre , pages 195-209.

https://books.openedition.org/purh/10938

— NODIER (Charles), Taylor (J.), CAILLEUX (Alph. de ), 1825,  Voyages pittoresques et romantiques de l'ancienne France, Normandie, Didot l'Ainé, Paris, vol. 2, planche 136, page 169.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1040443d/f169.item

 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84521450/f163.item.r=Voyages%20pittoresques%20et%20romantiques%20dans%20l

 

— PATRIMOINE-HISTOIRE.fr

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Rouen/Rouen-Cathedrale-Notre-Dame.htm


 

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Published by jean-yves cordier - dans Arbre de Jessé Sculpture
24 février 2022 4 24 /02 /février /2022 21:16

 Les quadrilobes des pièdroits du Portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. La Genèse et le Bestiaire monstrueux.

 

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Voir sur Rouen :

 

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INTRODUCTION.

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Le 3 juillet 2021, Jérôme Bastianelli, Directeur général délégué du musée du quai Branly, et Président de la société des Amis de Proust, et responsable de l'édition du Proust-Ruskin (la Bible d'Amiens, Sésame et les lys et autres textes) de la collection Bouquins,  posta sur son compte Twitter le message suivant : "Pas de passage à Rouen sans aller saluer, au portail nord de la cathédrale (portail des libraires), le petit lutin qui fascina tant Ruskin, et Proust à sa suite…". Ce passionné de photo accompagna son message d'un excellent cliché du lutin en question.

Le "lutin", ce n'est pas cette espèce de centaure qui fait tournoyer sa fronde en se protégeant d'un bouclier. Non, c'est la figure planquée en bas,  dans le coin gauche, qui ressemble à un G.I observant le poste ennemi derrière un muret, et lançant un appel radio à son Q.G , les jambes camouflées par un sac de couchage. Vous le voyez ? Non ? À vos jumelles !

 

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© J. Bastianelli twitter

 

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Il s'agit d'une vue d'un des 176 quadrilobes des 26 piédroits, disposés comme deux paravents pliés en accordéon de chaque côté des portes et du trumeau (lequel est également couvert de médaillons), au Portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Non pas le portail central ou les portails latéraux (Saint-Jean et Saint-Etienne) de la façade principale, peinte et repeinte par Monet, mais celui, plus discret, de la façade nord, qui s'ouvre dans la rue Saint-Romain.

Il faut au visiteur proustomane passer sous l'une des deux baies de l'avant-portail gothique flamboyant, puis s'approcher du dit accordéon, pour constater qu'il lui va falloir beaucoup de patience  avant de dénicher ce petit médaillon qui suscite tant de pèlerinages à ses semblables passionnés de Proust.

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Le Portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Le Portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Voyages pittoresques et romantiques dans l'ancienne France , Normandie, planche 124 par MM. Ch. Nodier, J. Taylor et Alph. de Cailleux

 

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Le Portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Le Portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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© Le Maho, Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2010

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http://agora.qc.ca/documents/john_ruskin--ruskin_vu_par_marcel_proust_par_marcel_proust

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Ce détail d'architecture qui est devenu le Talisman des proustiens doit sa célébrité d'avoir été d'abord décrit  par Ruskin dans The Seven Lamps of Architecture, page 180-181 et dessiné sur la planche XIV. L'auteur décrit d'abord soigneusement le portail page 179, et s'émerveille surtout qu'aucun des quadrilobes ne soit exactement de même taille, et qu'aucun n'associe un carré géométriquement régulier et un arc de cercle répondant au compas. Les pseudo-carrés sont  "des rhomboïdes", c'est une œuvre humaine, singulière, c'est fait à la main : le contraire de l'appauvrissement de production stéréotypé propre à l'industrialisation qu'il dénonce. Tout Ruskin est là dans cet attachement à l'artisanat sous-jacent à l'art.

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Puis il se focalise sur des détails de ces médaillons :

"Each of the angles, it was said, is filled by an animal. There are thus 70 X 4 = 280 animals, all different, in the mere fillings of the intervals of the bas-reliefs. Three of these intervals, with their beasts, actual size, the curves being traced upon the stone, I have given in Plate XIV.

I say nothing of their general design, or of the lines of the wings and scales, which are perhaps, unless in those of the central dragon, not much above the usual common places of good ornamental work ; but there is an evidence in the features of thoughtfulness and fancy which is not common, at least nowadays.

The upper creature on the left is biting something, the form of which is hardly traceable in the defaced stone — but biting he is ; and the reader cannot but recognize in the peculiarly reverted eye the expression which is never seen, as I think, but in the eye of a dog gnawing something in jest, and preparing to start away with it : the meaning of the glance, so far as it can be marked by the mere incision of the chisel, will be felt by comparing it with the eye of the couchant figure on the right, in its gloomy and angry brooding. The plan of this head, and the nod of the cap over its brow, are fine ; but there is a little touch above the hand especially well meant : the fellow is vexed and puzzled in his malice ; and his hand is pressed hard on his cheek bone, and the flesh of the cheek is wrinkled under the eye by the pressure.

The whole, indeed, looks wretchedly coarse, when it is seen on a scale in which it is naturally compared with delicate figure etchings ; but considering it as a mere filling of an interstice on the outside of a cathedral gate, and as one of more than three hundred (for in my estimate I did not include the outer pedestals), it proves very noble vitality in the art of the time."

 

Comme on le lit, Ruskin ne s'intéresse pas au motif de ce médaillon, pourtant pas bien grand, mais seulement à l'un de ses angles (ou écoinçons). Il sélectionne sur son dessin une seule créature chimérique sur trois quadrilobes différents . Il les réunit sur le même dessin, qui, assure-t-il, est réalisé à l'échelle, par relevé direct sur la pierre.

Non content de cette focalisation sur ces détails minuscules (pour le visiteur qui se trouve réellement en face), il  s'intéresse à celui de l'angle supérieur gauche. Il mord quelque chose, on ne sait quoi mais il est certain qu'il le mord, et Ruskin s'extasie dans la façon par laquelle le sculpteur a rendu, dans l'œil de ce monstre, l'expression du chien qui ronge un objet pour se distraire, et s'apprête à détaler avec.

Voilà le Ruskin qui a séduit Proust : celui qui, loin de se livrer à une description analytique ou objective d'une sculpture, y projette ses sentiments domestiques, évoque les souvenirs de son vieux chien au coin du feu, et, par un tout petit  centimètre carré de pierre, vous amène, par transfert poétique, dans son monde de bonté.

On prendra conscience, selon l'auteur, de l'émotion d'un regard "pour autant qu'il puisse être rendu par l'incision d'un ciseau" en le comparant à celui de la créature du deuxième angle, sombre, menaçant et franchement mauvais. On regarde la gravure, et on comprend parfaitement ce que Ruskin a ressenti. Mais ai-je bien compris, ai-je bien traduit ? Car Ruskin dans sa phrase semble bien décrire le troisième être chimérique, celui qui ne sait pas encore que la célébrité va s'emparer de lui.  C'est le plus anthropomorphe des trois  par sa posture, sa tunique et son visage. Et Ruskin nous dit qu'il est "vexé et perplexe".

 

 

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Ruskin, Seven Lamps of architecture planche XIV, gravure R.P. Cuff.

 

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Proust, qui ne maîtrise pas du tout l'anglais et se fait aider par sa maman, a traduit : "Le compagnon est ennuyé et embarrassé dans sa malice, et sa main est appuyée fortement sur l'os de sa joue et la chair de la joue ridée au-dessous de l'œil par la pression. Le tout peut paraître terriblement rudimentaire, si on le compare à de délicates gravures; mais, en le considérant comme devant remplir simplement un interstice de l'extérieur d'une porte de cathédrale et comme l'une quelconque de trois cents figures analogues ou plus, il témoigne de la plus noble vitalité dans l'art de l'époque."

 

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Jérôme Bastianelli, dans une performance photographique qui s'approche presque de la macrophoto, en donne ce cliché. Je vois mieux le soldat, son casque, son treillis, il discute au téléphone avec ses supérieurs parce que ce qu'il aperçoit par un trou  du mur (trou pas plus gros que son œil) n'était pas prévu du tout. De la main droite, il signale aux gars derrière de stopper la progression. Il serait temps qu'il sorte de son duvet.

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© J. Bastianelli

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Avant de quitter les "Sept Lampes", je voudrais citer les lignes qui suivent immédiatement cette description :

"I believe the right question to ask, respecting all ornament, is simply this : Was it done with enjoyment — was the carver happy while he was about it ? It may be the hardest work possible, and the harder because so much pleasure was taken in it ; but it must have been happy too, or it will not be living. How much of the stone mason's toil this condition would exclude I hardly venture to consider, but the condition is absolute."

Peut-on traduire comme ceci :

"Je crois que la bonne question à poser, en respectant tout le boulot de décoration, est simplement celle-ci : A-t-il été fait avec plaisir ? — le sculpteur était-il heureux pendant qu'il y était ? C'est peut-être le travail le plus dur possible, et le plus dur parce qu'on a pris tant de plaisir à le faire ; mais il doit été heureux aussi, le sculpteur ou bien  il n'y aurait pas survécu . Cette condition semble si contradictoire avec la pénibilité du  labeur du tailleur de pierre que j'ose à peine l'envisager, mais cette condition est absolue." Autrement dit, il faut avoir du cœur à   l'ouvrage, ou ne pas le poursuivre. Tout ce qui mérite d'être fait mérite d'être bien fait, et avec amour.

On reconnaît bien là Ruskin, qui, lorsqu'il donna des cours de dessin à des artisans, disait  qu'il n'aidait peut-être pas à "faire d'un charpentier un artiste, mais à le rendre plus heureux dans son métier de charpentier".

 

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Le pèlerinage de Proust.

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Marcel Proust se rendit le 21 janvier 1900 à Rouen en compagnie de la jeune sculptrice Madeleine Yeatman (1873-1955) et de son mari Léon. 

 

"J'avoue qu'en relisant cette page au moment de la mort de Ruskin, je fus pris du désir de voir le petit homme dont il parle. Et j'allai à Rouen comme obéissant a une pensée testamentaire, et comme si Ruskin en mourant avait en quelque sorte confié à ses lecteurs la pauvre créature à qui il avait en parlant d'elle rendu la vie et qui venait, sans le savoir, de perdre à tout jamais celui qui avait fait autant pour elle que son premier sculpteur.

Mais quand j'arrivai près de l'immense cathédrale et devant la porte où les saints se chauffaient au soleil, plus haut, des galeries où rayonnaient les rois jusqu'à ces suprêmes altitudes de pierre que je croyais inhabitées et où, ici, un ermite sculpté vivait isolé, laissant les oiseaux demeurer sur son front, tandis que, là, un cénacle d'apôtres écoutait le message d'un ange qui se posait près d'eux, repliant ses ailes, sous un vol de pigeons qui ouvraient les leurs et non loin d'un personnage qui, recevant un enfant sur le dos, tournait la tête d'un geste brusque et séculaire; quand je vis, rangés devant ses porches ou penchés aux balcons de ses tours, tous les hôtes de pierre de la cité mystique respirer le soleil ou l'ombre matinale, je compris qu'il serait impossible de trouver parmi ce peuple surhumain une figure de quelques centimètres. J'allai pourtant au portail des Librairies. Mais comment reconnaître la petite figure entre des centaines d'autres?

Tout à coup, un jeune sculpteur de talent et d'avenir, Mme L. Yeatman, me dit : En voici une qui lui ressemble. » Nous regardons un peu plus bas, et... la voici.

Elle ne mesure pas dix centimètres. Elle est effritée, et pourtant c'est son regard encore, la pierre garde le trou qui relève la pupille et lui donne cette expression qui me l'a fait reconnaître. L'artiste mort depuis des siècles a laissé là, entre des milliers d'autres, cette petite personne qui meurt un peu chaque jour, et qui était morte depuis bien longtemps, perdue au milieu de la foule des autres, à jamais.

Mais il l'avait mise là. Un jour, un homme pour qui il n'y a pas de mort, pour qui il n'y a pas d'infini matériel, pas d'oubli, un homme qui, jetant loin de lui ce néant qui nous opprime pour aller à des buts qui dominent sa vie, si nombreux qu'il ne pourra pas tous les atteindre alors que nous paraissions en manquer, cet homme est venu, et, dans ces vagues de pierre où chaque écume dentelée paraissait ressembler aux autres, voyant là toutes les lois de la vie, toutes les pensées de l'âme, les nommant de leur nom, il dit : « Voyez, c'est ceci, c'est cela. » Tel qu'au jour du Jugement, qui non loin de là est figuré, il fait entendre en ses paroles comme la trompette de l'archange et il dit : Ceux qui ont vécu vivront, la matière n'est rien. »

 

Et, en effet, telle que les morts que non loin le tympan figure réveillés à la trompette de l'archange, soulevés, ayant repris leur forme, reconnaissables, vivants, voici que la petite figure a revécu et retrouvé son regard, et le Juge a dit : « Tu as vécu, tu vivras. » Pour lui, il n'est pas un juge immortel, son corps mourra; mais qu'importe! comme s'il ne devait pas mourir il accomplit sa tâche immortelle, ne s'occupant pas de la grandeur de la chose qui occupe son temps et, n'ayant qu'une vie humaine à vivre, il passe plusieurs jours devant l'une des dix mille figures d'une église. Il l'a dessinée.

Elle correspondait pour lui à ces idées qui agitaient sa cervelle, insoucieuse de la vieillesse prochaine. Il l'a dessinée, il en a parlé. Et la petite figure inoffensive et monstrueuse aura ressuscité, contre toute espérance, de cette mort qui semble plus totale que les autres, qui est la disparition au sein de l'infini du nombre et sous le nivellement des ressemblances, mais d'où le génie a tôt fait de nous tirer aussi. En la retrouvant là, on ne peut s'empêcher d'être touché. Elle semble vivre et regarder, ou plutôt avoir été prise par la mort dans son regard même, comme les Pompéiens dont le geste demeure interrompu. Et c'est une pensée du sculpteur, en effet, qui a été saisie ici dans son geste par l'immobilité de la pierre. J'ai été touché en la retrouvant là; rien ne meurt donc de ce qui a vécu, pas plus la pensée du sculpteur que la pensée de Ruskin."

 

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Mon propre pèlerinage absurde et mes photos ratées.

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En 2020, j'ai visité Rouen, avec notamment le projet de photographier les vitraux de la cathédrale. Alors que je m'y rendais d'un bon pas, je suis passé devant le portail des Libraires. Par curiosité, je me suis approché de l'entrée, et, découvrant les alignements de médaillons, je me suis mis à les photographier rapidement, en partant du coté gauche. J'ai photographié les 12 premiers pièdroits (ou pilastres) de ce coté est. Parvenu au trumeau, voyant l'heure tourner, j'ai interrompu cette exploration.

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Malgré mes lectures répétées de la Recherche du temps perdu, du volume Proust et Ruskin, des autres recueils, des articles de commentaires, et notamment, des  allusions à la description par Proust de sa recherche de ce minuscule "petit homme", tout cela m'était sorti de l'esprit (je ne suis qu'un amateur, à tout point de vue, et certainement pas un authentique proustien) au moment où j'étais sur les lieux même du pèlerinage prousto-ruskinien. Il m'eut suffit de poursuivre mon exploration des piédroits du coté droit, à l'ouest, pour découvrir, parvenu au cinquième, le fameux quadrilobe. Encore n'aurais-je pas reconnu l'homuncule.

Il faut dresser la topographie de cet ensemble architectural comme l'a fait Jacques Tanguy ou Franck Thénard-Duvivier, avoir numéroté chaque piédroit, et désigné les cinq quadrilobes de chacun d'entre eux par une lettre A,B,,C, D,E,  pour repérer facilement, avec le code D-5 (quatrième quadrilobe du cinquième piédroit, du coté droit), notre bonhomme.

J'avais réuni les moins bonnes conditions pour mériter un certificat de pèlerinage. Il faut se rendre sur les lieux, avec la meilleure lumière (ou rester sur place en fin de journée pour attendre la lumière frisante), en possédant ce sésame (c'est le terme qui conviendra aux Amis de Proust) "D-5", et, devant la bonne case de cette bataille navale, connaître le bon écoinçon à viser, pour remporter cette affaire délicate. Et il faut pouvoir, sur place, consulter les textes de référence et les réciter, les psalmodier, les reprendre encore, et peut-être qu'un ange apparaitra, comme à saint Jean dans son Apocalypse, disant "Prends et mange-le : il remplira tes entrailles d'amertume mais dans ta bouche il sera doux comme le miel "(Ap.10:9). Car même parvenu au pied du mur, devant la créature au faciès léonin,  seule la parole éclairée pourra vous convaincre du réel éclat de cette pupille et du message de profonde humanité du camarade (fellow) fâché et perplexe (vexed and puzzled). Ou d'admettre que l'œil est réellement ridé  (wrinkled) par la pression de la main sur la joue.

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Revenu à la maison, j'a voulu faire pénitence. Il ne me fut pas demandé, comme à d'autres, d'écrire la biographie d'un abbé de la Trappe, mais de présenter, ici même, les photographies des douze piédroits orientaux, afin que chacun se persuade de leur lamentable qualité. Et prenne la mesure de la folie (géniale, féconde) de deux auteurs qui ne retiennent, des 176 quadrilobes et des quatre écoinçons encadrant chacun d'entre eux, que l'émotion d'un regard, la leçon de la joie qui doit accompagner le travail des tailleurs de pierre. L'une des sept lampes qui doivent éclairer l'architecture, voire même l'art de vivre. Parmi les sept lampes (Sacrifice, Truth, Power, Beauty, Life Memory, Obedience), cette description appartient au chapitre The lamp of life.

 

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Mais aussi, j'ai dû réunir aussi par réparation  les gravures de beaucoup de  ces figures grotesques  que Jules Adeline  avait donné en 1878 (en omettant les écoinçons).

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Mais enfin, j'ai voulu éviter aux dévots proustiens la mésaventure inverse de la mienne, et qu'ils viennent se prosterner devant l'idole et repartent (vers le portail de Lisieux peut-être) en méconnaissant les 175 autres quatre-feuilles et leurs 800 écoinçons...

Cela leur permettrait de trouver quelques réminiscences :

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PRÉSENTATION.

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"Beaucoup plus originale et presque unique en France – puisqu’on n’en retrouve la copie qu’à la cathédrale de Lyon – est la tapisserie sculptée qui revêt entièrement les soubassements du portail. De petits quadrilobes se superposent, par groupes de 5, tout au long des piédroits, habillent le pilier central, montent jusqu’à la rencontre de l’archivolte du portail et font retour sur les côtés. On ne compte pas moins de 150 médaillons, mais ce n’est pas tout ! Chaque pile est couronnée d’un pinacle architectural où trouve place encore une jolie figure. À la base, court une frise de minuscules personnages sculptés tandis que, dans les écoinçons des bas-reliefs, s’ébat tout un monde en miniature, d’une criante vérité.

À première vue, les quadrilobes semblent tous égaux, mais un examen plus attentif révèle, au contraire, une grande variété de proportions (27 × 25 cm, 26 × 32, 27 × 27, 32 × 32, etc.) qui évite toute lassitude pour l’œil.

L’abondance la variété de ce décor suffiraient à le rendre célèbre, mais il présente, de plus, un très grand intérêt, du triple point de vue de l’architecture, de l’iconographie et de la sculpture.

Seul le registre supérieur est consacré à la Genèse. Il faut le lire de gauche à droite, en commençant par l’ébrasement de droite du portail et en terminant par celui de gauche, pour y trouver, narrées avec beaucoup de fraîcheur, les scènes de la Création du Monde, puis la vie d’Adam et Ève avant et après leur faute, jusqu’au meurtre d’Abel par Caïn.

En dehors de ce registre nettement religieux, tous les autres quadrilobes semblent inspirés par la plus savoureuse des fantaisies ! Quelques thèmes plus précis, tels qu’on les trouvait dans les encyclopédies du Moyen Âge (arts libéraux, vices et vertus, Histoire sainte, figures symboliques du Christ), voisinent avec des caricatures, des fabliaux, tout un prodigieux bestiaire d’animaux mythiques, une zoologie fabuleuse d’une richesse d’invention et d’une vigueur d’exécution extraordinaires : sirènes à corps d’oiseau ou de poisson, dragons ailés, centaures, hommes à tête d’âne ou de chien… "

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On remarquera l'importance des figures hybrides, et du caractère désordonné, mélangé sans queue ni tête de ces figures (ou avec des têtes et des queues ectopiques). C'est précisément ce désordre, et cette sortie hors de l'ordre du naturel, sous l'effet d'un goût presque ovidien des Métamorphoses, qui fait l'unité de ce décor. Les modèles chimériques traditionnelles du Centaure ou de la Sirène sont très largement dépassées par l'inventivité du concepteur, qui, sous la figure tutélaire de la Création, recrée à sa façon le Monde en transgressant les limites des états, humain, animal et végétal. Voir F. Thénard-Duvivier.

On peut, sans conviction de ma part, y voir l'opposition entre la Création et la Chute, où le vice entraîne l'humanité vers la dénaturation et l'animalité.

C'est plutôt un univers sans clef, et il est vain de chercher dans les proverbes, les expressions de langage, les fabliaux, le Bestiaire médiéval (malgré la présence du Pélican, du Phénix, du Lion etc.) ou d'autres corpus littéraires les sources d'un imaginaire débridé de toute allégeance.

 

Certes, le motif de l'affrontement contre un adversaire revient souvent, mais ce n'est ni celui de Samson, ni celui de David, ni encore celui d'Hercule. Il n'est ni biblique ni mythologique.

F. Thénard-Duvivier note qu'alors que la grande majorité des hybrides des portails sont anthropocéphales (87 %) et même anthropomorphes en ce qui concerne la moitié supérieure de leur corps (66 %), l’hybridation suivant une logique de répartition de type « haut/bas » en réservant le « haut » à l’anthropomorphisme, le portail des Libraires choisit une  zoocéphalie des hybrides mi-hommes mi-animaux (13 cas sur 15). Parmi ces têtes zoomorphes, on retrouve les animaux les plus fréquents du bestiaire « réel » : le cochon, appelé pour la circonstance « truie philosophe » ou encore « truie qui vielle » ; le bouc  ; le singe  ; le chien correspondant au type du « cynocéphale »  ; le bœuf ou le mouton  ; et  l’âne.

Mais cette œuvre n'est pas sans référence iconographique parmi les tailleurs de pierre et les huchiers, et des rapprochements ont été établis par Jules Adeline avec les figures des stalles de la cathédrale.

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Les pilastres sont numérotés en suivant  l’ordre du récit de la Genèse en débutant d’abord à droite du trumeau de 1 à 11, puis en repartant de l'extérieur du côté gauche, et désignant les médaillons de haut en bas par les lettres A, B, C, D et E.

Puisque je n'ai photographié que le côté gauche, je démarre par le n°12.

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F. Thénard-Duvivier, Books-openedition.org

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Le piédroit n°12.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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12-A. Scène de la Genèse 1:3-23. L'Ange chasse Adam et Ève du Paradis terrestre.

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Voir la copie par Geoffroy-Dechaume pour le portail de la Sainte-Chapelle à la fin du XIXe :

https://www.citedelarchitecture.fr/fr/oeuvre/adam-et-eve-chasses-du-jardin-deden-quadrilobe-du-soubassement-cote-droit-du-trumeau-du

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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12-B. Chimère d'un homme à tête et aux ailes d'aigle.

OU : Ange en position de salutation, à tête d'aigle.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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12-C. La (célèbre) Truie philosophe.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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12-D. Ange nimbé à tête d'aigle face à un objet non identifié.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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12-E. Femme (?) nue, en chevalier servant, déployant un voile sur ses épaules.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le piédroit n°13.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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13-A. Scène de la Genèse I. 3:17-24. Dieu donne des habits de peau à Adam et Ève et les chasse du Paradis.

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Adam tient une bêche, "pour qu'il cultiva la terre, d'où il avait été pris". Gn 3:23 Le nom Adam est apparenté au mot hébreu désignant la terre, haadama. Ou adama.

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Voir la copie de Geoffroy-Dechaume pour la Sainte-Chapelle en 1869-1872 :

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Portail de la chapelle de la Sainte-Chapelle.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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13-B.  Dragon ailé à tête,  buste de femme et pattes de bouc.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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13-C. Lion ailé aux oreilles longues (ou velues).

 

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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13-D. Deux quadrupèdes se mordant l'échine.

 

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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13-E. Deux monstres ?

 

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le piédroit n°14.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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14-A. Scène de la Genèse. Ève filant et Adam bêchant la terre. Gn I 3:17-24

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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14-B. Hybride au corps de lion ailé, aux pattes de palmipède, à arrière-train et queue tronquée et à la gueule barbue, à longues oreilles et faciès vultueux mais anthropomorphe.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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14-B. Cynocéphale.

L'homme à tête de chien et à queue de lion ou de vache est nu, mais porte des chaussures, il marche mais est si penché que sa posture est proche du quatre-pattes.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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14-D. Hybride évoquant une sirène.

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Le buste est féminin malgré une poitrine peu soulignée, une main est sur la hanche, le bas du corps se divise en une queue serpentine, tenue par la main droite, et une patte de lion. Un végétal est esquissé au sol.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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14-E. Hybride au buste humain brandissant un fouet.

 

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le piédroit n°15.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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15-A. Scène de la Genèse. Adam et Ève nourrissant leur (premier ?) enfant. Gn I,4:1.

"Adam connut Ève ; elle conçut, et enfanta Caïn ..."

Ève est couchée sur un lit, sous un voile (comme sur les Nativités couchées), tenant l'enfant et approchant de sa bouche un objet qui ne semble pas compatible avec son sein (en fait, si). D'ailleurs, Adam s'apprête à lui proposer une cuillerée de bouillie, puisée d'un bol.

Ce quadrilobe a été copié par Geoffroy-Dechaume de 1869 à 1872 au soubassement du portail de la chapelle haute de la Sainte-Chapelle.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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15-B. Deux enfants jouant ou luttant, armés d'épée et d'un bouclier.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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15-C. Hybride à tête animale.

L'homme est chaussé, vêtu d'une robe longue, à larges manches et à capuche rabattue. Il a la posture du chevalier servant, main droite sur la hanche, main gauche sur la cuisse, et tête détournée vers le sol. Cette tête est celle d'un lion, ou d'un singe.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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15-D. Hybride à tête de lion(?), au corps anthropomorphe, accroupi, au dessus d'un animal (??).

 

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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15-E. Homme à terre, se protégeant par un bouclier d'un animal hybride (tête de bouc, ailes) qui se jette sur lui.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le piédroit n°16.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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16-A. Scène de la Genèse. Le Bain de l'accouchée ; Naissance de Caïn ou d'Abel. Gn I,4:1

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https://www.rouen-histoire.com/Cathedrale/Quadrilobes/Quad_Affiche.php?Posi=Q_A_16

Ce sujet est rare et les enluminures représentent plus souvent le premier bain de l'enfant.

Ma photo ne montre de façon convaincante qu' Adam versant de l'eau chaude dans le baquet, mais les autres documents montrent bien la femme et l'enfant dans le bain, notamment si on se rapporte au moulage du Musée des Antiquités de Rouen.

 

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©openeditions

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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16-B. Monstre hybride façon centaure, tenant une arme.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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16-C. Hybride type centaure, accroupi, tête tournée vers l'arrière, bras levés.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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16-D. Pélican ?

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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16-E. Hybride au corps fléchi.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le piédroit n°17.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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17-A. Scène de la Genèse. Caïn bêchant, sa femme filant. Gn I, 4:2.

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Jacques Tanguy, comme Franck Thénard-Duvivier voient ici Caïn bêchant et sa femme filant. J'ai cru d'abord que c'était Abel qui filait, tenant  compte de l'opposition entre Caïn le cultivateur et Abel le berger. Mais la scène du pièdroit 18 me donne tort.

https://www.rouen-histoire.com/Cathedrale/Quadrilobes/Quad_Affiche.php?Posi=Q_A_17

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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17-B. Hybride façon centaure bras écartés. Arrière-train de lion, pattes antérieures de bouc, buste humain.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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17-C. Homme accroupi, main sous le menton dans l'attitude du penseur.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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17-D. Femme assise, tenant devant elle l'extrémité d'une bande de tissu partant du sol en formant une courbe

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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17-E. Scène illisible car trop érodée.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le piédroit n°18.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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18-A. Scène de la Genèse. Abel surveillant ses troupeaux, un bâton à la main et sa femme filant et tenant un rameau.

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Remarquez les hybrides des écoinçons.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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18-B. Hybride en médecin mirant les urines.

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Je retrouve ici les caractères ou attributs du médecin médiéval, que j'avais exposé dans mon iconographie de saint Côme : le bonnet de docteur, la robe, et surtout le geste du mire (médecin) examinant les urines contenues dans la matula, ses dépôts, sa couleur et sa transparence.

Cette hybridation relève sans doute, comme pour la truie philosophe, d'une mise à distance du savoir, d'une dérision des éléments de noblesse d'une prétendue spécificité humaine (langage, connaissance, mémoire, histoire...).

 

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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18-C. Homme barbu arc-bouté à un bâton.

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Sa posture est celle des participants qui s'affrontent au jeu de la panoye, souvent représenté sur les sablières bretonne (Le Faoüet et La Roche-Maurice) et sur les miséricordes des stalles de la cathédrale, et l'image illustre peut-être l'absurdité de lutter contre soi-même, tout en regardant vers le passé.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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18-D. Un phénix au dessus de flammes.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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18-E.  Monstre peu distinct.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le piédroit n°19.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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19-A. Scène de la Genèse. Les semailles. Caïn et Abel ? Caïn et un de ses fils ?

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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19-B. Hybride à buste de femme, antérieurs d'équidé, et queue de serpent ou saurien. La femme, qui est coiffée, tient une quenouille et un linge.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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19-C. Hybride anthropomorphe à tête de chien, couverte d'un long voile, et tenant en main droite un objet rond. Position du chevalier servant. 

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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19-D. Lionne léchant ses petits.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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19-E. Hybride à buste de femme tenant une fleur. La tête et le buste  sont partiellement voilés.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le piédroit n°20.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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20-A. Scène de la Genèse. Un homme (Caïn) moissonnant son blé.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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20-B. Hybride homme-lion, buste d'homme barbu regardant vers le ciel, vêtu d'une tunique, levant  une épée, protégé par un bouclier. Les pattes antérieures sont fléchies.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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20-C. Hybride associant un buste d'homme portant une capuche à cornes, sur l'arrière-train d'un lion accroupi. L'homme soulève ou caresse la queue et porte la main gauche à sa barbe dans une expression de jouissance.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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20-D. Homme barbu vêtu d'une robe longue, chaussé, tombant bras écartés, tête vers le bas. Une nuée ou une tête animale occupe le coin supérieur droit.

Dans les écoinçons, cinq animaux hybrides à queue de serpent, dont un souffle dans une trompe.

C'est par erreur que la gravure montre l'homme avec des pieds nus.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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20-E. Hybride principalement humain mais doté d'une longue queue qu'il tient de la main gauche. Il porte un long voile sur les épaules, et échevelé, et tire de la main droite une mèche de ses cheveux.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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20- frise inférieure.

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Le piédroit n°21.

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21-A. Scène de la Genèse GnI,4:3. Caïn et Abel présentant leurs offrandes. Caïn a posé sur l'autel des céréales. Le doigt de Dieu sortant des nuées montre qu'il choisit l'offrande d'Abel, un agneau qu'il tient dans ses bras.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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21-B. Homme assis, soufflant dans une trompe, tête tournée vers sa droite. Il est coiffé d'une capuche conique et vêtu d'une tunique longue serrée par une ceinture.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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21-C. Hybride à tête de lion sur un corps d'homme. Le mufle aux oreilles très longues est tourné vers notre gauche. Le corps , en position de chevalier servant, est vêtu d'une toge laissant nus les avant-bras et la poitrine droite. La main droite posée sur la cuisse et la main gauche sur le mollet gauche participent à une pose martiale ou glorieuse.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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21-D. Une femme demi-accroupie,  nue quoique drapée d'un voile sur ses épaules, se regarde dans un miroir tandis qu'elle ajuste les boucles de sa chevelure sur son oreille gauche. 

Sept hybrides occupent les écoinçons.

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Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

Les quadrilobes (fin XIIe) de la partie gauche du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Photographie lavieb-aile 2020.

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21-E. Hybride à buste humain sur un arrière-train à pattes d'oiseau et à queue de serpent s'achevant en fouet.

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Le portail des Libraires de la cathédrale de Rouen.

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Le piédroit n°22.

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Le portail des Libraires de la cathédrale de Rouen.

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22-A. Scène de la Genèse. Meurtre d'Abel par Caïn.

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Le portail des Libraires de la cathédrale de Rouen.
Le portail des Libraires de la cathédrale de Rouen.

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22-B. Hybride à buste humain et une partie inférieure à pattes de lion et queue en éventail frangé. L'homme barbu, bouche ouverte, écarte un long voile.

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Le portail des Libraires de la cathédrale de Rouen.

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22-C. Hybride associant la tête et le buste d'un humain barbu contorsionniste et l'arrière-train d'un lion dont la longue queue s'achève par un fouet.

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22-D. Hybride à tête de femme dont la tête et la gorge sont voilées, et le corps d'un dragon.

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Le portail des Libraires de la cathédrale de Rouen.

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22-E. Centaure soufflant dans une trompe et tenant une massue (?).

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Le portail des Libraires de la cathédrale de Rouen.
Le portail des Libraires de la cathédrale de Rouen.
Le portail des Libraires de la cathédrale de Rouen.

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LES AUTRES QUADRILOBES, DESSINÉS PAR JULES ADELINE.

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SOURCES ET LIENS

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— ADELINE (Jules), 1878, Les sculptures grotesques et symboliques : Rouen et environs / cent vignettes et texte... par Jules Adeline ; préface par Champfleury Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme, 8-LJ9-1959

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5038268.texteImage

—AUBERT (Marcel), 1927, " La cathédrale de Rouen par Marcel Aubert", Congrès archéologique de France, 1927, 89e session tenue à Rouen en 1926, article

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k356969/f95.item

— FLAVIGNY (Robert, 1935-1938, « À propos du portail des Libraires de la cathédrale de Rouen. Notes sur les grotesques », Bulletin des Amis des Monuments Rouennais, 1935-1938, p. 89-104 

—GAUTHIER (Yvette) photos Flickr

https://www.flickr.com/photos/tags/quadrilobe

— LEFRANÇOIS-PILLION (Louise), 1905, Les soubassements du portail des libraires à la cathédrale de Rouen Rouen, 1 vol. (59 p.-13 pl.) : fig. ; in-8

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k33537713

— LEFRANÇOIS-PILLION (Louise), 1905, "Les soubassements du portail des libraires à la cathédrale de Rouen", Revue archéologique 1905/6 pages 71-96

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2036596/f74.item.r=portail

— LE MAHO (Jacques), CARMENT-LANFRY (Anne-Marie), 2012, "La cour des Libraires", in La cathédrale Notre-Dame-de-Rouen, pages 245-263 © Presses universitaires de Rouen et du Havre, 2010

https://books.openedition.org/purh/3813?lang=fr#ftn4

— RENAUD (Edith), le portail des Libraires

http://docplayer.fr/74905272-Le-portail-des-libraires-de-la-cathedrale.html

— TANGUY (Jacques), 2015, "Quadrilobes", sur Rouen-histoire.com

https://www.rouen-histoire.com/Cathedrale/Quadrilobes/Quad_Affiche.php?Posi=Q_B_22

— TANGUY (Jacques), 2015, Ruskin et le portail des Libraires

https://www.rouen-histoire.com/Cathedrale/Ruskin_Proust.htm

https://www.rouen-histoire.com/Cathedrale/Ruskin.htm

— THÉNARD-DUVIVIER (Franck), 2012, "Le portail des Libraires", in Images sculptées au seuil des cathédrales, Presses universitaires de Rouen et du Havre. Openeditions

https://books.openedition.org/purh/845?lang=fr

— THÉNARD-DUVIVIER (Franck), 2012, "La culture des métamorphoses", in Images sculptées au seuil des cathédrales, Presses universitaires de Rouen et du Havre. Openeditions

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Published by jean-yves cordier - dans Sculpture
19 février 2022 6 19 /02 /février /2022 16:05

L'Aître Saint-Maclou de Rouen III, la  Danse Macabre des colonnes de la galerie ouest (les laïcs) et de la galerie est (les clercs). Pierre calcaire, 1526-1529.

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Sur l'Aître Saint-Maclou, voir le premier article , qui comporte la présentation générale.

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Voir sur les ossuaires de Bretagne :

 

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INTRODUCTION.

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"Une danse macabre sculptée représente une procession de couples, où la Mort, décharnée, entraîne le vivant dans une danse. La Mort gesticule, gambade, sautille alors que le vivant semble figé face à l’arrivée brutale et violente du trépas. La danse macabre de l’aître Saint-Maclou dissocie les laïcs (empereur, roi…) défilant sur les colonnes de la galerie ouest et les religieux (pape, évêque…) sur la galerie est. Il s’agit d’une représentation hiérarchisée de la société allant du plus puissant, l’empereur pour les laïcs, le pape pour les ecclésiastiques, aux plus humbles. Ces statues ont fortement été endommagées, on suppose, dans la deuxième moitié du 16e siècle, durant les Guerres de Religion, ce qui rend leur identification difficile. Les historiens donnent une origine française à la danse macabre, l’expression étant utilisée dans un poème du 14e siècle de Jean Le Fèvre. Un autre poème, la Danse des morts, attribué à Jean Gerson (1363-1429) inspire la première danse macabre peinte : celle du cimetière des Saints-Innocents à Paris en 1424. Le poème agrémenté de gravures reproduisant les fresques du cimetière de Paris se répand à la fin 15e siècle en France et en Europe, grâce au libraire parisien Guyot Marchand. L’imprimerie, nouvellement créée, va permettre cette diffusion et assurer une popularité au thème des danses macabres. Les représentations artistiques se multiplient en Europe. Une centaine a été recensée pour le moment. Leur création est souvent à mettre en relation avec un épisode de peste. Peu d’entre elles sont conservées aujourd'hui. En France, six ont été répertoriées : celles de La Ferté-Loupière (Yonne), de Kermaria (Côtes-d’Armor), de Meslay-le-Grenet (Eure-et-Loir), de la Chaise-Dieu (Haute-Loire), de Kernascléden (Morbihan) et de Brianny (Côte-d’Or). La danse macabre est liée au choc psychologique provoqué par l’effroyable mortalité de la Peste noire de 1348 et aux retours de l’épidémie qui fauchent les générations suivantes. (Métropole)

https://www.metropole-rouen-normandie.fr/sites/default/files/publication/2020/Focus-aitre-st-maclou.pdf

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Des colonnes peintes de couleurs chatoyantes et dorées :

 

 

"Les noms des maçons G. Trubert, G. Ribert, J. Louvel et N. Canu nous sont parvenus grâce aux salaires qui leur ont été versés au cours du chantier. Il en est de même pour les sculpteurs des colonnes de pierre figurant une danse macabre. G. Trubert est chargé de la taille et de la mouluration de toutes les colonnes à l’exception de trois fournies par les maçons Louvel et Canu et Adam Leselin et ensuite Gauthier Leprevost ont ensuite travaillé à la sculpture des couples de personnages. Enfin, Jean de Sées et Robert Collas sont intervenus lorsque les sculptures étaient terminées pour les peindre de couleurs chatoyantes et dorées. Robert Collas fut employé aussi pour enduire d’huile de lin la charpente. "(A. Pavia)

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"Les trois galeries à l’ouest et à l’est comptent 21 colonnes disposées de façon très régulière sur l’ensemble des façades. Elles sont édifiées sur un socle carré reposant lui-même sur un muret, s’élevant en s’étrécissant sur toute la hauteur du rez-de-chaussée des galeries pour déployer à son sommet des chapiteaux aux motifs rappelant ceux de la Renaissance. La moitié inférieure est cannelée et rudentée. À mi-hauteur, une bague timbrée d’un écu au monogramme de saint Maclou, sert d’appui au couple de figures. Le fût laisse apparaître des groupes finement sculptés en saillie représentant un couple de personnages qui mesurent environ 50 centimètres sans la tête. Ceux-ci sont situés un peu plus haut que la taille d’un homme. " (A. Pavia)

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Les colonnes des galeries sont numérotées à partir de l'angle sud-ouest, pour reprendre la numérotation en usage par le site "Aître Saint-Maclou", et de sa visite en ligne  ou sur application pour portable. La galerie  ouest comporte 11 colonnes consacrées à la Danse macabre des Laïcs invités par la Mort à sa danse. La galerie est comporte également 10 colonnes, dont seules 9 sont sculptées des figures de la Danse macabre des Clercs.

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Liste :

Les 11 Laïcs.

Colonne n°1 : trop usée. Le Sergent ?

Colonne n°2 : trop usée. L'Homme d'armes ?

Colonne n°3 : le Marchand ?

Colonne n°4 : trop usée. Le Bourgeois ?

Colonne n°5 : le Bailli ?

Colonne n° 6 : l' Ecuyer ?

Colonne n°7 : le Chevalier ?

Colonne n°8 : le Connétable ?

Colonne n°9 : trop usée. le Duc ?

Colonne n°10 : le Roi.

Colonne n°11 : l'Empereur.

 

Les 9 Clercs.

Colonne n°21 : le Pape.

Colonne n°22 : le "Patriarche" .

Colonne n°23 : trop usé [Le Cardinal ?]

Colonne n°24 : le Légat du Pape.

Colonne n°25 : l'Évêque.

Colonne n°26 : l'Abbé.

Colonne n°27 : Autre Abbé ou l'Astrologue

Colonne n°28 : trop usée. Le Chanoine ?

Colonne n°29 : trop usée. Le Maître d'école ?

Colonne n°30 : un moine prêcheur (Dominicain) : le "Chartreux".

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Comparaison avec les personnages de la Danse des morts de Guyot Marchand 1486 :

La danse macabre, ou danse de la mort, est un motif artistique de la fin du Moyen Âge. On considère la danse macabre du cimetière des Innocents de Paris, peinte en 1424, comme le point de départ de cette tradition. Aujourd’hui détruite, elle a pu toutefois parvenir jusqu’à nous grâce à un livre de l’éditeur Guyot Marchand, publié la première fois en 1485 et 1486.

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Cette liste permet de constater une bonne concordance avec les séquences de personnages de l'Aître Saint-Maclou, et dès lors de combler les lacunes liées aux destructions de Saint-Maclou.

1. L'empereur / le Pape

2. le Roi / Le Cardinal

3. Le Duc  / Le Légat du Pape

4. Le Connétable / Le Patriarche

5. Le Chevalier / L'Archevêque

6. L'Écuyer / L'évêque

7. Le Bailli / L'Abbé.

8. Le Bourgeois/L'astrologue.

9. Le Marchand/ Le Chanoine.

10. L'Homme d'armes/le Maître d'école

11. Le Sergent/ Le Chartreux.

12. L'Usurier et le Pauvre / Le Moine.

13. L'Amoureux/ Le Médecin.

14. Le Ménestrel /L'Avocat.

15. Le Laboureur/ Le Curé.

16. Le Geolier./ Le Promoteur.

17. Le Berger/ Le Pèlerin.

18. L'Enfant / Le Cordelier.

19. L'Ermite/ Le Clerc.

20. Le Sot /Le Hallebardier

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Comparaison avec la liste des personnages de la Danse des Morts du BnF 995 de 1500-1510..

Cette liste montre que ce manuscrit suit assez fidèlement l'ordre de l'ouvrage imprimé par Guyot Marchand en 1486. Le Duc est absent.

1. L'Empereur/ Le Pape.

2. Le Roi/ Le Cardinal.

3. Le Connétable/ Le Patriarche.

4. Le Chevalier / L'Archevêque

5. L'Ecuyer/ Le Prélat (crosse)

6. Le Bailli/ L'Abbé.

7. Le Bourgeois/ L'Astrologue.

8. Le Marchand/ Le Chanoine.

9. Le Sergent/Le Maître d'école.

10. L'Usurier et le Pauvre homme/ Le Médecin

11. L'Amoureux/ L'Avocat.

12. Le Menestrier / Le (Moine)

13. Le Laboureur/ Le Cordelier.

14. L'Enfant/ Le Clerc.

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Plan de l'Aître par S. Bethmont-Gallerand.

Plan de l'Aître par S. Bethmont-Gallerand.

Les galeries de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les galeries de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les galeries de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile août 2020.

Les galeries de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile août 2020.

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GALERIE OUEST : LA DANSE MACABRE DES LAÏCS.

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La colonne n°1. Trop usée. Le Sergent ?

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Hypothèse : le Sergent ? Son attribut est  la masse d'armes.  Voici, en guise d'introduction à ces Danses, le dialogue entre le squelette, et le vivant :

Le mort

Sergent qui porte cellez mace:
Il semble que vous rebellez.
Pour neant faictez la grimace:
Se on vous greve si appellez.
Vous este de mort appellez.
Qui luy rebelle il se decoit.
Les plus fort sont tost ravallez.
Il nest fort quaussi fort ne soit
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       Le sergent

Moy qui suis royal officier:
Comme mose la mort frapper
Ie fasoye mon office hier.
Et elle me vient huy happer:
Ie ne scay quelle part eschapper:
Ie suis pris deca et dela.
Malgre moy me laisse apper.
Enviz meurt qui appris ne la.

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Le Sergent, La Danse macabre historiée, Paris 1486, Guyot Marchand.

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen III, la  Danse Macabre.

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La colonne n°2. Trop usée. L'Homme d'armes ??

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On s'attend à trouver ici l'Homme d'armes.

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen III, la  Danse Macabre.

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La colonne n°3. Un Marchand.

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Il ne reste plus que le bras gauche du squelette mais on devine qu'il porte un cercueil sur l'épaule et tient le vivant pour l'emmener avec lui. Ce vivant est habillé d'une manière qui rappelle les vêtements des riches marchands du 16e siècle.

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L'un des modèles possibles : l'enluminure du Maître de Philippe de Gueldre (1500-1510) du BnF Fr. 995. Selon John Plummer, ce maître pourrait avoir travaillé à Rouen, notamment pour le cardinal d'Amboise, mais Nicole Reynaud a montré qu'il n'avait travaillé qu'à Paris. Il est influencé par le travail de Bourdichon.

Voici l'invite du mort (transcription personnelle) :

Marchant regardez par deca

Plusieurs pays avez cherchié

A pié et à cheval de pieca

Vous n'en serez plus empesche

Decu vostre dernier marche

Il convient que par cy passez

De tout soing serez despeche

Tel convoite qui a assez

Comparez avec le texte de 1485 :

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Le Marchand BnF Fr 995.

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Le relevé de Langlois 1837 :

 

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La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

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La colonne n°4. Très usée. Le Bourgeois ??

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Il ne reste qu'un drap ; le squelette est suffisamment préservé pour déterminer qu'il s'appuie sur une faux.

Il serait logique d'y attendre le Bourgeois.

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen III, la  Danse Macabre.

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La colonne n°5. Le Bailli ?.

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Il se caractérise sur la gravure et l'enluminure par son manteau fourré, son chaperon, voire son aumônière. Sur la colonne, aucun attribut n'est visible, mais le riche et long manteau est présent.

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Le Baillif. BnF 995.

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Le relevé de Langlois.

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen III, la  Danse Macabre.

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La colonne n°6. L'Ecuyer ?.

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Le noble personnage serait, si l'ordre est respecté, l'Ecuyer. Comme sur la gravure, il se tient en arrière pour échapper à  la sollicitation du  squelette dont sont conservés encore les vêtements, les jambes en mouvement, et les deux bras qui saisissent le vivant.

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L'écuyer. BnF fr. 995.

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen III, la  Danse Macabre.
La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

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La colonne n°7. La mort invite à danser le Chevalier.

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Sur l'enluminure, il tient un bâton. Sur la gravure, il porte l'épée au côté gauche. Sur la colonne, il se détourne et tourne le dos au squelette.

Le mort s'adresse à lui en disant Vous q'entre les grans barons avez eu renom chevalier : le titre est donc considérable, au delà de notre acceptation courante.

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Le Chevalier BnF fr.995.

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La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

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La colonne n°8. La mort invite à danser le Connétable.

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Sur la colonne, le squelette porte un bâton de son bras gauche. Et il ne reste du vivant qu'un peu de ses vêtements et une épée, ce qui incite les experts à identifier  un connétable, le chef des armées du roi,  le plus haut grade de la hiérarchie militaire, celui qui, en tout lieu, représente le roi et tient son épée. Sous François Ier, il s'agira du fameux  Anne de Montmorency, mais il reçut cette charge en 1538. Il plaça sur ses armes deux épées, pointe vers le haut. 

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Le Connétable. BnF fr.995 f.4r.

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La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou.

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La colonne n°9. Très usée. Le Duc ?.

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On voit un pan de vêtement appartenant au mort, un bâton (ou épée) central, et le pied du vivant.

 

 

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Le Duc.


 

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La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou.

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La colonne n°10. La mort invite à danser le roi.

 

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Sur la colonne, le roi tient son sceptre avec son bras relevé sur sa poitrine. Le squelette nous tourne le dos, et ce dos est bombé comme une carapace de tortue, par un effet du linceul dont il se drape .

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Le Roi.

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La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

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La colonne n°11. La mort invite à danser l'Empereur.

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Du squelette, nous ne voyons que le pied, et le geste par lequel il tire l'Empereur par son manteau. C'est une large cape retenue sur la poitrine par une agrafe ronde et perlée. L' épée est brandie à la main droite , l'autre main devait tenir le globe impérial. Le vandale iconoclaste, dans son jeu de massacre, a brisé toutes les têtes mais il reste ici la pointe de la barbiche.

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L'Empereur.

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L'un des modèles possibles : l'enluminure du Maître de Philippe de Gueldre (1500-1510) pour BnF fr.995.

 

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Le relevé effectué par Langlois en 1837 :

 

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La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

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Les chapiteaux.

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Ils permettent de constater l'influence de l'ornementation de la Première Renaissance, introduite en Normandie à Gaillon par le cardinal Georges d'Amboise.

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La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

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Un des blasons.

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Ces blasons qui ornent chaque colonne ont  été décrits ainsi par Langlois :

 

"Un écusson dans le goût du temps, surmonté d'une crosse, présente sur chaque colonne le monogramme ci dessous dans les enlacements duquel se trouvent toutes les lettres dont se compose le nom latin de saint Maclou, S. MACUTUS. La tige de la crosse forme le jambage du T, le C se trouve dans la moitié du M, et l'A compte pour le V supposé vu dans un sens inverse ; on ne peut méconnaître l'S, qui réunit, comme une espèce de ligature, ce groupe de caractères. Dans les monogrammes antiques, comme dans ceux du moyen-âge, une seule lettre, par la manière dont elle est combinée, en représente souvent plusieurs à la fois. Dans l'exemple dont nous donnons la figure, il n'existe à la vérité qu'un seul V, mais il suffisait généralement que chacune des lettres dont se composait un mot se trouvât une seule fois figurée, dans ces sortes de chiffres, pour qu'ils fussent considérés comme complet »

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Néanmoins, la présence d'une crosse "en pal" sur ce monogramme laisse supposer la marque d'une abbatiale ou d'une influence épiscopale.

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La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des laïcs, sur les colonnes sculptées de la galerie ouest de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

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LA GALERIE EST : LA DANSE MACABRE DES CLERCS.

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Dans cette galerie, tous les squelettes se dirigent vers notre droite, vers le sud (qui était alors ouvert).

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Colonne n° 21 : le Pape invité à la danse par la Mort.

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Sur la colonne, le Pape tient une croix papale à trois traverses. Sa cape comporte une capuche terminée par un gland frangé.

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La Mort :

Vous qui vivez : certainnement

Quoy qu’il tarde ainsi danceres :

Mais quant ? Dieu le scet seulement

Advisez comme vous serés.

Dam Pape : vous commenceres

Comme le plus digne seigneur :

En ce point honores seres

Aux grans maistre est deu lonneur.

Le Pape :

Hée : fault il que la dance mainne

Le premier : qui suis dieu en terre

J’ay eu dignité souveraine

En l’église comme saint Pierre :

Et comme autre mort me vient querre

Encore point morir ne cuidasse :

Mais la mort a tous maine guerre

Peu vault honneur que si tost passe.

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Le Pape, 1486.

 

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Le Pape, BnF 995.

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Relevé par Langlois à Saint-Maclou :

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La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

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Colonne n° 22 : le Patriarche invité à la danse par la Mort.

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D'après l'iconographie, c'est bien le Patriarche  qui tient une croix à double traverse (d'ailleurs nommée "croix patriarcale". Le Patriarche de la colonne est mitré, comme en témoignent les fanons frangés visibles de dos. Le squelette est drapé de son linceul.

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Le Patriarche 1486

 

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Le Patriarche BnF 995.

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Le relevé de Langlois en 1837 :

 

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La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

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Colonne n° 23 : trop usée. L'Archevêque ? Le cardinal ?

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Le personnage devait être l'Archevêque, tenant sur la gravure et l'enluminure une croix à une seule traverse. (pourtant, en théorie, la croix archiépiscopale a deux traverses).

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Ou le Cardinal (qui vient en deuxième position sur la danse macabre de 1486) :

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La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

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Colonne n° 24 : le Légat du Pape invité à la danse par la Mort.

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Ou : le Cardinal : tous les deux ont les rangs de houppe de leur chapeau qui pendent devant leur robe. Mais le Légat est le seul à tenir la croix à longue hampe et à traverse simple. Les cinq rangs de fiocchi du chapeau témoignent d'un haut rang dans la hiérarchie.

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Le Légat 1486

 

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Le relevé de Langlois en 1837 :

 

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La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

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Colonne n° 25 : un Évêque invité à la danse par la Mort.

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Il ne reste de la mitre que les fanons frangés retombant derrière la nuque sur le capuchon,  orné d'un gland de passementerie.

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L'Évêque, 1486.

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L'Evesque, BnF 995.

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Le relevé de Langlois en 1837 :

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La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

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Colonne n° 26 : un Abbé invité à la danse par la Mort.

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Le Père abbé porte la crosse au même titre que l'évêque, mais du côté droit ;  il s'en distingue par son habit monastique.

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L'Abbé 1486

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L'Abbé, BnF 995.

 

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Le relevé de Langlois en 1837 :

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La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen III, la  Danse Macabre.

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Colonne n° 27 : un autre Abbé invité à la danse par la Mort. L'Astrologue ?

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Ou bien l'Astrologue, si on suit la séquence des Danses macabres contemporaines. Mais la croix, quoique tenue à main gauche, affaiblit cette hypothèse.

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L'Astrologien 1486

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L'Astrologue BnF 995.

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Le relevé par Langlois :

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La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

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Colonne n° 28 :  très usée. Le Chanoine ?

 

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D'après la séquence des Danses macabres, nous pourrions avoir ici le Chanoine portant l'aumusse.

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Le Chanoine, 1486

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Le Chanoine, BnF 995.

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Colonne n° 29 : très usée. 

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Il ne reste du squelette qu'un talon et un morceau d'habit tandis que le vivant n'a plus que ses deux pieds.

D'après la séquence des Danses macabres, nous pourrions avoir le "Maistre d'escole" . 

 

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Le Maistre d'escole, 1486

 

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Colonne n° 30 : un moine prêcheur (dominicain) invité à la danse par la Mort.

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Ou "Chartreux" dans les textes de l'époque.

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Le Chartreux, 1486.

 

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Le Chartreux in BnF 995.

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Le relevé par Langlois.

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La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

La Danse macabre des clercs, sur les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

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Chapiteaux et blasons.

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Les chapiteaux.

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Le relevé de Langlois :

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Les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

Les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

Les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

Les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

Les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

Les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

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Les blasons.

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Ils ont été décrits par Langlois : voir plus haut.

 

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Les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

Les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

Les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

Les colonnes sculptées de la galerie est de l'Aître Saint-Maclou. Photographie lavieb-aile.

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UNE PIERRE  COMMÉMORATIVE DE 1522 (ou 1525) .

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Les donateurs sont peut-être Jean Dufour (accompagné de ses fils et descendance), et son épouse  (accompagnée de ses filles). Ces opulents drapiers avaient fait don en 1505 de deux cours et d'une maison afin d'agrandir l'aître. La famille Dufour est l'une des principales donatrices également de l'église Saint-Maclou (verrière de la façade occidentale).

"Le « Grand Chartrier », cartulaire enluminé exécuté en 1532, consacre le rôle prépondérant et durable de la famille Dufour dans la construction de l'église et célèbre l'accession de ces bourgeois aux plus hautes fonctions publiques et à la noblesse à la fin de la guerre de Cent Ans." (E. Hamon)

En effet Jehan Dufour fut selon Maurice Pillet conseiller de Rouen et seigneur du Monchel

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SOURCES ET LIENS.

AÎTRE SAINT-MACLOU

https://www.aitresaintmaclou.fr/histoire/un-cimetiere-a-galeries/

EXPO VIRTUELLE

https://my.matterport.com/show/?m=kjUCC7ra6RC

— BETHMONT-GALLERAND (Sylvie), 2003, "Un autre travail du bois à Rouen : Les sablières de l’aître saint-Maclou", in Les stalles de la cathédrale de Rouen, C. Elaine Block, Frédéric Billiet p. 199-220 Presses universitaires de Rouen et du Havre

 

https://books.openedition.org/purh/7435?lang=fr

https://books.openedition.org/purh/7437

— LANGLOIS (E.-Hyacinthe ), 1833, "Rouen au XVIe siècle et la danse des morts", Bulletin de la Société libre d’émulation de Seine-Maritime, 6 juin 1832, Rouen, Baudry, 1833, p. 70. Non consulté.

« Dans les statuettes du cimetière de Saint-Maclou, tantôt la mort se montre dans une action d'entraînement plus ou moins brusque; tantôt, affectant une pose tranquille, elle parait employer le raisonnement plutôt que la violence. Sur quelques colonnes des plus mutilées, on retrouve des pieds décharnés dont l'élévation au-dessus du plan sur lequel posaient les figures atteste que plusieurs de ces cadavres symboliques gambadaient en s'emparant de leurs victimes. Quant à ces derniers personnages, ils montrent généralement, par leurs poses simples et calmes, plus de résignation que de résistance, » Langlois,

 

LANGLOIS (Eustache-Hyacinthe), 1837, réed 1852, Essai historique, philosophique et pittoresque sur les Danses des Morts. Rouen, Lebrument, Deux volumes I p.10-30, II p.10-61.

 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k110051h/f1.item

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— LEVASSEUR (P.), 2003, « Observations sur l’iconographie de l’aître saint-Maclou : une synthèse de l’art macabre et des apports de la Renaissance », Actes du onzième congrès international d’études sur les Danses Macabres et l’art macabre en général , Rouen du 1er  au 5 octobre 2003,éditions Danses Macabres d’Europe, p. 41. Non consulté.

 

LOTH (Julien), 1910, L'Aître de Saint-Maclou, Rouen, Léon Gy, 28 p. Non consulté.

MÂLE (Emile) 1922, L’art religieux de la fin du Moyen-Age en France, étude sur l’art religieux du Moyen Age et sur ses sources d’inspiration, Paris, Armand Colin, 1922, p. 253-sq.

METROPOLE

https://www.metropole-rouen-normandie.fr/sites/default/files/publication/2020/Focus-aitre-st-maclou.pdf

PAVIA (Amelie) Le cimetière à galeries et l'inhumation au XVIe siècle.

https://www.academia.edu/31770790/LE_CIMETI%C3%88RE_A_GALERIES_ET_LINHUMATION_AU_XVI_e_SI%C3%88CLE

 

A. PAVIA, L’aître Saint-Maclou de Rouen. Monographie historique et technique d’une construction à pans de bois du XVIe siècle. Étude stylistique et iconographique de ses sablières Mémoire de master 2 en histoire de l’art moderne, (E. LEUTRAT dir.), Rennes 2, 2011, p.49 à 51.

 

PILLET ( Maurice ), 1924, L'Aître Saint-Maclou : ancien cimetière paroissial de Rouen, Paris, Édouard Champion, 1924, 224 p. Non consulté.

PREVOST (Chanoine Louis), 1970 Histoire de la paroisse et des curés de Saint-Maclou, depuis la Fondation jusqu'à nos jours (1219-1966), Rouen, Éditions Maugard. Non consulté.

— VAILLANT (Pierre ) 1975," La danse macabre de 1485 et les fresques du charnier des Innocents ", Actes des congrès de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public  Année 1975  6  pp. 81-86

https://www.persee.fr/doc/shmes_1261-9078_1977_act_6_1_1210

VENOT ( Bernard), MOUILLESEAUX (Jean-Pierre), 1980,, L'Aître Saint-Maclou de Rouen : petit guide à l'usage des habitués du lieu et de ceux qui le découvrent, Rouen,  73 p. Non consulté.

— LAQUERRIÈRE) (A.), 1986, « L'aître Saint-Maclou et les anciens charniers », dans Églises, hôtels, vieilles maisons de Rouen, Rouen, Société des amis des monuments rouennais, 518 p., p. 323-330 Non consulté.

THOMANN (Aminte), CHAPELAIN DE SEREVILLE-NIEL (Cécile), « Rouen – Aître Saint-Maclou » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Normandie, mis en ligne le 04 juin 2021, consulté le 12 février 2022. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/76013

 

II MANUSCRITS ET OUVRAGES IMPRIMÉ BNF Danse Macabre.

https://www.arlima.net/ad/danse_macabre.html

—Notice BNF

"On discute de l'origine de la Danse Macabre ou Danse des Morts qui, apparue dans la seconde moitié du XIVe siècle, connut une grande fortune dans toute l'Europe jusqu'au milieu du XVIIIe siècle. Dérive-t-elle de la légende des "trois morts" et des "trois vifs", ces trois horribles cadavres qui, un soir, apparaissent dans un cimetière à trois jeunes gens pour leur rappeler leur humaine condition, l'inexorabilité de la mort, et les exhorter au bien ? Ou s'agit-il à l'origine d'une sorte de spectacle mimé, destiné à impressionner les fidèles, en conclusion d'un sermon sur la mort ? La plus ancienne représentation figurée d'une Danse Macabre se trouvait à Paris (1424), sur les murs du Cimetière des Innocents. D'elle dérivent de nombreuses représentations européennes. Elle fut détruite en 1663, mais les bois gravés que l'imprimeur parisien Guy Marchant publia en 1485 dans son édition en restitue pour nous une image assez exacte. L'ouvrage connut un tel succès que Guy Marchant imprima coup sur coup deux autres éditions : l'une copiée sur la première et parue sans date ; l'autre (ici présentée), datée de 1486 et augmentée de plusieurs textes. C'est très vraisemblablement sur l'une de ces éditions que fut copié à Paris, vers 1500-1510, le présent manuscrit, témoin du prestige toujours vivant du manuscrit cinquante ans après l'invention de l'imprimerie. Trente couples formés d'un mort et d'un vivant : pape, empereur, cardinal, roi, jusqu'au petit enfant, se succèdent dans cette danse que tous apprendront à danser." (M.-H. T.)

 

 

"Danse macabre historiée" publiée en 1485 et 1486 à Paris par Guyot Marchand, illustré de bois gravés : BnF , département Réserve des livres rares, RES-YE-189 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8615802z/f11.item.zoom#

—BNF français 995, 1500-1510 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b100212581/f17.planchecontact

— BnF RES FOL-TE-8 par Jacques de Besançon, 1491-1492

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10542297k/f15.item

— BnF Rothschild 2535

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10527901x/f222.item#

— Danse macabre des femmes

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3143810/f12.planchecontact

— DUFOUR (abbé Valentin), 1874

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97352151

— FORTOUL (Hippolyte)  1842, Essai ...

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6436855k

—Comparaison des textes :

http://www.dodedans.com/Eparis-1486-text.htm

http://www.dodedans.com/Eparis01x.htm


 

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Published by jean-yves cordier - dans Renaissance Sculpture
15 février 2022 2 15 /02 /février /2022 23:51

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529) : Adam et Eve. Les Sibylles. Caïn et Abel.

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— Sur les Sibylles hors Finistère, voir dans ce blog :

— Sur les Sibylles du Finistère, voir :

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— Sur l'Aître Saint-Maclou, voir le premier article , qui comporte la présentation générale.

L'Aître Saint-Maclou à Rouen. I. La charpente sculptée (sablières et potelets) de 1526-1533 et de 1651 (galerie sud). 

 

Les colonnes des galeries sont numérotées à partir du côté ouest, qui en comporte 11. La colonne n°12 se trouve à l'intérieur, dans l'entrée de l'angle nord-ouest, près de la chapelle des Trépassés, elle représente la Création d'Adam et la Faute d'Adam et Ève. Puis viennent les Sibylles, deux par deux sur chaque colonne extérieure de la galerie nord, et enfin, à l'angle nord-est, et à nouveau à l'intérieur, la colonne sculptée du Meurtre de Caïn et Abel. Si on se souvient que les douze sibylles annoncent par leurs prophéties (ou "vaticinations"), pour les Chrétiens, douze étapes de l'Incarnation et de la Rédemption, nous avons là un programme iconographique assez complet de l'Histoire du Salut, face au Calvaire central de la cour.

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Plan par Sylvie Bethmont-Gasserand.

Plan par Sylvie Bethmont-Gasserand.

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LA COLONNE DE LA CRÉATION ET DE LA FAUTE D'ADAM ET ÈVE.

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L'entrée dans l'Aître Saint-Maclou. © Explor Visit

 

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1. La Création d'Ève.

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"Alors, yhvh elohim fit tomber un sommeil profond sur l'homme, et il s'endormit.

Alors il prit l'un de ses côtés et il referma la chair en dessous.

Alors, yhvh elohim  bâtit le côté qu'il avait pris de l'homme en forme de femme et il la présenta à l'homme." (Genèse 2:21-22, trad. M.A. Ouaknin)

 

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Dieu se tient debout à gauche et lève la main droite, tandis que, de la main gauche, il aide la jeune Ève à se redresser et à s'extraire du flanc droit d'Adam, dont elle naît. De celle-ci, au corps en grande partie brisée, nous voyons les mains jointes, les fesses, le ventre  et les jambes : leurs formes laissent préjuger de la beauté du visage.

Adam est allongé sur le coté gauche, jambes fléchies, et cachant son sexe de la main droite.

À droite, derrière la tête d'Adam, une montagne est couronnée d'un édifice, vers lequel se dirige divers animaux : lion (?), renard (?) ou gallinacé (?). Ce n'est pas exactement ce qu'on attend d'une scène de création du monde et des animaux, ce qui excite la curiosité sur l'interprétation de cette partie.

Dieu est vêtu d'une robe, serrée à la taille par un cordon noué, et à larges manches. Une ample cape est fermé par un cabochon carré. La tête (hormis un morceau de la barbiche), et les bras sont brisés. Les drapés sont particulièrement élégants.

La pierre blanche, ici comme sur les autres colonnes que nous allons examiner,  est calcaire, et il serait intéressant d'en connaître l'expertise géologique, qui pourrait indiquer la provenance.

On comparera ce sujet avec celui du quadrilobe du portail de la Sainte-Chapelle par Geoffroy-Dechaume, peut-être inspiré du portail de la cathédrale de Lyon.

https://www.citedelarchitecture.fr/fr/oeuvre/creation-deve-quadrilobe-du-soubassement-cote-gauche-du-trumeau-du-portail-de-la-chapelle

https://books.openedition.org/purh/845?lang=fr

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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La Faute d'Adam et d'Ève.

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"La femme contempla . Oui, l'arbre était bon à manger et enviable pour les yeux ! Oui, l'arbre engendrait le désir de devenir intelligent ! Alors elle prit de son fruit et elle mangea. Et elle en donna aussi à son homme qui était avec elle, et il mangea." (Genèse 2:5-6, trad. M.A. Ouaknin).

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Cette représentation du serpent à la poitrine (et au visage, même s'il est ici brisé) féminine, mais à la queue qui s'enroule autour du tronc de l'arbre, je la connais bien, tant elle est fréquente, taillée en kersanton à l'entrée des porches bretons contemporains de cette colonne !  Et toujours, le serpent-femme est tournée vers Ève. Je l'ai décrite par exemple  à Pencran, à Guimiliau, à Sizun et à Ploudiry, et on en retrouve la source dans des enluminures comme celle du Livre d'Heures  dites de Henri IV BnF Latin 1171 , au folio 20v (sauf que, pour me contredire, le serpent regarde Adam). Ces enluminures sont peintes par le Maître des Triomphes de Pétrarque. Or ce livre provient de la bibliothèque du château de Gaillon, et ce peintre a laissé "une empreinte durable sur le milieu rouennais" (E. Adam).

 

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Sans chercher une science exacte, on peut créer des liens entre le cardinal Georges d'Amboise, commanditaire du château de Gaillon qui a introduit en Normandie le vocabulaire de la Première Renaissance, son neveu Georges II d'Amboise qui fut archevêque de Rouen en 1511 et prolongea l'œuvre de son oncle (chapelle de Gaillon et ses stalles), l'église Saint-Maclou dont ils favorisèrent tous deux la reconstruction (dédicace en 1521), et cette Aître Saint-Maclou.

Et examiner, pour se rapprocher plus encore de Georges Ier d'Amboise, et de Rouen, voici une enluminure attribuée à Robert Boyvin, actif entre 1480 et 1536, et qui avait été formé par le Maître de l'échevinage de Rouen . Et cette fois-ci, Dame-serpent regarde Dame-Ève.

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Robert Boyvin, Heures à l'usage de Rouen, Rouen, vers 1500. Paris, BNF, Arsenal, Ms. 416, f.10

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Mais ici (et combien on regrette le vandalisme des exaltés qui ont fracassé ces colonnes), la femme-serpent dont les formes généreuses et la chevelure établissent un rapport de rivalité spéculaire avec Ève, lui posent la main gauche sur l'épaule, tandis que la main droite, toujours en imitation symétrique, se pose sur une spire de la queue en face de la main de la première femme, laquelle est posée sur son sexe. 

Et s'il est fâcheux de ne pas voir l'œuvre d'art déployer la splendeur probable du temps où elle était intacte, par contre, cela libère l'imaginaire. Si bien que j'ai cru voir les deux visages se rapprocher dans leur entreprise de séduction, et s'embrasser.

J'ai ainsi pu bénéficier d'un unicum dont les perspectives spirituelles ou artistiques renouvelait le thème élimé de la Tentation.

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La main droite d'Ève, qui est brisée, tenait jadis la pomme. Dans certaines enluminures et sculptures, le serpent la tient, et la propose au désir. Dans d'autres, le fruit est encore tenu par les deux mains. Mais ici, le serpent ne l'a plus, Ève l'a saisi. Les jeux sont faits.

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le relevé d'Eustache-Hyacinthe Langlois en 1837, gravure d'après le dessin d'Espérance Langlois.

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E.-H. Langlois Essai historique, philosophique et pittoresque sur les danses des morts planche V. Gallica

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Il ne reste plus rien d'Adam, sauf une paire de pieds nus. Et à côté du pied droit, un pied de forte taille sort d'un drapé, laissant deviner un autre personnage :qui donc à cette époque, si ce n'est Dieu ou son messager ?

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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L'un des côtés de la colonne porte deux panneaux en bas-reliefs Renaissance. En haut, un couple nu entouré d'arbres stylisés (Adam et Ève dans l'Eden ?) au dessus d'une vasque. La femme qui nous tourne le dos a des cheveux très longs. L'homme, barbu, tient un objet (la pomme...?). En bas, un décor semblable à celui du château de Gaillon, avec une chimère au dessus de rinceaux. Entre les deux, un enfant, habillé, tient un fruit.

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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LES 7 COLONNES DES SIBYLLES.

 

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Cette série de sept colonnes, dont la plupart conservent encore, quoique mutilées, leurs personnages féminins assemblés par deux, pose un problème délicat.

En effet, il est certains que nous avons affaire à une série des  sibylles, prophétesses de l'Antiquité dont le nombre, par parallélisme avec les prophètes bibliques, venait d'être fixé à douze à la fin du XVe siècle par  Filippo Barbieri  en Italie, et dont les attributs et l'association avec des épisodes de l'Enfance et de la Vie du Christ avait été durablement fixé par les Heures de Louis de Laval vers 1480-1485.

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Les Sibylles à Gaillon et à Rouen.

1. On sait l'influence des deux cardinaux Georges d'Amboise sur le développement artistique de Rouen et de sa région, à commencer par leur château de Gaillon. Or, les stalles de la chapelle du château de Gaillon, commanditées par Georges II d'Amboise qui y a placé ses armes et devises, montrent sur le premier registre des dorsaux le Dialogue des Sibylles et des Vertus. Les vaticinations des sibylles répondaient aux prophéties des 12 Prophètes.  Persique est associée à la Prudence, Érythrée à la Force, Tiburtine à la Justice, Agrippa à la Tempérance, Delphique à la Foi, Hellespontique à la Charité.  La Phrygique , associée à l' Espérance, était prévue dans le programme. (source)

Ces stalles ont été remontées dans le chœur de la basilique de Saint-Denis. Georges d'Amboise avait fait enluminer le manuscrit des Institutions divines de Lactance, texte qui décrit les Sibylles. Cf C. Meneau d'Anteroches 2020 et Wikipédia. Plus précisément, c'est Alphonse le Magnanime, roi d'Aragon et de Sicile, qui pourrait avoir commandé le manuscrit vers 1455 à Naples, et il aurait été acheté à Frédéric d'Aragon roi de Naples, avant sa mort en 1504,  par Georges Ier d'Amboise pour sa bibliothèque de Gaillon. Voir BnF Lat. 1674, qui a perdu son frontispice, ainsi que BM Besançon MS 170 dont le frontispice armorié est intact. Les miniatures du BnF lat. 1674 sont huit initiales dorées entrelacées avec des bianchi girari, et non des enluminures où auraient pu figurer des sibylles...

2. Le portail Notre-Dame de la cathédrale de Rouen  a été réalisé en 1512-1513. Les voussures portent, de l'intérieur vers l'extérieur, 12 Patriarches, 12 Sibylles et 12 Prophètes.  Les sibylles sont sculptées par Nicolas Quesnel, tandis que Pierre Des Aubeaux a sculpté les Prophètes, et Richard Le Roux les Patriarches.

3. La Tour de Beurre de la cathédrale date de la in du XVe siècle. Elle comporte deux sibylles et deux prophètes au sud, et deux sibylles dont la Tiburine face à Auguste à l'est. (Source)

 

 

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L'idéal serait, pour disposer cette série, que la galerie nord ne compte que six colonnes. Hélas, elle en compte sept, en comptant les deux extrêmes qui sont aujourd'hui partiellement incluses dans l'entrée et dans l'escalier de droite.

Certains ont proposé de reconnaître ici quelques Vertus. Celles-ci sont, dans l'iconographie traditionnelle au nombre de sept, en associant les Vertus théologales et cardinales. Elles se distinguent par leur attribut. Mais cela complique encore le problème, et aucune n'est identifiée ici (sur la colonne n° 13, les auteurs voient la Prudence, Vertu portant un miroir, mais les rayons qui diffusent autour du cercle m'incitent à y voir une lampe, attribut de la sibylle Persique ou Lybique). J'écarte cette hypothèse.

L'autre possibilité est de penser que la série n'est pas complète, et que le personnage est dédoublé. C'est la solution envisagé pour expliquer qu'une femme tienne une colonne, à coté de la sibylle Agrippa tenant son attribut bien connu, le fouet de la Flagellation. Sa voisine porterait la colonne, l'un des Instruments de la Passion, où le Christ est lié. L'hypothèse résout ce cas particulier de la colonne 18, et éventuellement celui de la colonne n°18, mais il est très surprenant que le commanditaire ait choisi cette option, attestée nulle part ailleurs, et qui lui impose de ne pas présenter la série, au chiffre très fort symboliquement, de 12 alors qu'il dispose de sept colonnes.

On peut penser qu'il y a eu des modifications lors de réaménagements ou de restaurations.

La colonne n°17 fait exception par rapport aux autres, car elle est la seule à présenter un blason qui occupe une place importante. Les deux personnages, détruits et dont on ne voit que l'emplacement, étaient-ils des sibylles.

Si on exclut cette colonne, nous avons bien douze personnages féminins, dont trois sont détruits, quatre n'ont pas d'attribut permettant de les identifier, quatre ont un attribut caractérisé (lampe ; rameau fleuri ; fouet ; croix).

Enfin, la revue des iconographie montre (comme pour les 12 apôtres et leurs attributs) un certain nombre de variantes.

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Rappel des attributs : Les 12 Sibylles françaises issues des Heures de Louis de Laval s'organisent  en deux sous-ensembles :

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— Vie de la Vierge :

1. La Persique tenant une lanterne et foulant un serpent : annonce la Vierge  de l' Immaculée Conception foulant le serpent.  : Incarnation : la Vierge donne naissance à celui qui se dira Lumière du Monde.

2. La Libyque tenant un cierge annonce la Vierge et l'Enfant apportant cette Lumière. Manifestation aux Gentils. 

3. L'Erythréenne tenant la fleur prophétise l' Annonciation et la Conception virginale.

4. La Cuméenne tenant un bol (une boule)  annonce la Virginité (ou Venue d'un enfant).  Naissance dans une crèche

5. La Samienne tenant un berceau  annonce la  Nativité  et l'Annonce aux Bergers.

6. La Cimmérienne tenant une corne (biberon) annonce l' allaitement de l'Enfant  par la Vierge 

7. L'Européenne tenant une épée annonce la Fuite en Égypte pour fuir le Massacre des saints Innocents.

— Passion et Christologie :

8. La Tiburtine tenant une main  annonce les gifles infligées à Jésus lors de sa Passion.

9. L'Agrippine  avec son fouet annonce la Flagellation.

10. La Delphique tenant une couronne :annonce le Couronnement d'épines de la Passion. Incarnation.

11. L'Hellespontine tenant une croix  annonce la Crucifixion. Incarnation et Passion

12. La Phrygique tenant un étendard crucifère annonce la Résurrection

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On pourra lire ici les réflexions de E.-H. Langlois :

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k110051h/f70.item

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Liste des statues des colonnes :

Colonne n° 13. Sibylle à la lampe (Persique) ; sibylle au rameau fleuri (Erythrée).

Colonne n°14. Deux sibylles indéterminées.

Colonne n°15. Deux personnages détruits.

Colonne n°16. Sibylles à la colonne. Sibylle au fouet (Agrippa).

Colonne n° 17. Deux personnages détruits. Grand blason central.

Colonne n°18. Sibylle à la lance. Sibylle à la croix (Hellespont).

Colonne 19. Un personnage détruit, une sibylle.

 

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Colonne n° 13 contre l'escalier.  Sibylle tenant la lampe (Persique ? ) et sibylle Erythrée tenant le rameau fleuri.

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La tenue de ces deux jeunes femmes aux allures dansantes de Ménades est tout à fait celle que l'on retrouve sur les autres séries iconographiques de Sibylles, sous le signe de l'élégance, de la jeunesse et de l'exotisme. Les têtes étant brisées, nous ne pouvons pas chercher ici les turbans et coiffures à glands qui sont un attribut général de ces dames vaticineuses. Leurs chaussures sont à bout pointu.

Mais leur duo dansant en ronde poursuit aussi le thème des autres galeries, à l'ouest et à l'est, celui de la Danse Macabre des Laïcs et des Clercs.

La sibylle Persique (identifiée par les autres auteurs comme la Prudence tenant un miroir) tient la lampe dont l'éclat est manifesté par des rayons. C'est bien sûr une hypothèse.

La sibylle Erythrée tient le rameau fleuri  (ailleurs une simple fleur) prophétisant la tige vierge qui fleurit et porte un fruit, virga et virgo.

 

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Relevé de Langlois en 1837 :

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E.-H. Langlois Essai historique, philosophique et pittoresque sur les danses des morts planche V. Gallica

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Colonne n° 14. Deux sibylles.

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Quelle grâce ! Quel charme juvénile, presque insolent  dans ce cimetière ! Quelle taille fine sous le corselet contrastant avec les manches bouffantes, les flots de plissé, les jupons, les frou-frous et les traines !

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Mais dans cette Aître où tout est destiné à rappeler au visiteur que le Temps passe, mais l'attend, la pierre usée, ces têtes brisées, ces accessoires de beauté qui ont perdu leur lustre, cette vétusté incitent à une méditation sur les Ruines et à une nostalgie du temps où ces Dames sculptées du temps Jadis venaient de surgir du ciseau du sculpteur.

La Beauté a deux ennemis : les vandales, et le vieillissement.

La Bêtise, et le Temps.

Mais elle montre ici, malgré tout, à qui sait en rêver, son triomphe : quelle grâce ! quelle charme juvénile !

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le relevé de Langlois 1837 :

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Gravure d'E.H. Langlois 1837 Essai historique, philosophique et pittoresque sur les danses des morts planche V. Dessin Espérance Langlois. Gallica

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen II, la galerie nord : Adam et Eve. Les Sibylles. Caïn et Abel.
L'Aître Saint-Maclou de Rouen II, la galerie nord : Adam et Eve. Les Sibylles. Caïn et Abel.
L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Colonne n° 15. Sculpture trop abimée.

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Voilà à quoi cela ressemble sur l'application du Site pour mon portable :

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Colonne n° 16. Deux sibylles dont Agrippa tenant le fouet de la Flagellation.

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.La sibylle de gauche est difficile à identifier, elle porte  une colonne brisée, qui est un symbole de la Passion (Ecce Homo, Outrages et Flagellation)

La sibylle de droite porte un fouet, par lequel elle annonce  la Flagellation. C'est Agrippa.

Là encore, on remarque leur beauté, et l'allure dansante de leur procession.

 

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le relevé de Langlois en 1837 :

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Gravure d'E.H. Langlois 1837 Essai historique, philosophique et pittoresque sur les danses des morts. Dessin Espérance Langlois. Gallica

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Il faudrait revenir pour faire une étude de tous les chapiteaux.

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Colonne n° 17. Les sibylles ont été détruites. Un blason.

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Sur cette colonne, les sibylles sont effacées. Seul subsiste le blason qu'elles devaient  tenir. Peut-être le blason d'un riche marchand ou bourgeois de Rouen, d'un clerc ou d'un membre de la fabrique qui n'a pas été identifié.

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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On comparera ce que nous avons sous les yeux avec le relevé qu'en donne Langlois ; En 1 deux ou trois animaux  ; en 3,  trois fers à cheval  ou fers de mule ; à droite Deux quartiers avec 5 étoiles 2;1;2 (et des coquilles en chef ?).

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Gravure d'E.H. Langlois 1837 Essai historique, philosophique et pittoresque sur les danses des morts planche V. Dessin Espérance Langlois. Gallica

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le chapiteau de la colonne n°17.

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Les boules rondes sont-ils des fruits, ou plutôt des grelots ?

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Colonne n° 18. Deux sibylles dont l'Hellespontine tenant la croix.

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La sibylle de gauche relève sa robe et tient la lance. 

https://studioaix.pagesperso-orange.fr/cathedrale/sib_lance.htm

La sibylle Hellespontine est à droite, et avance d'un pas décidé. Elle porte la croix annonçant la Crucifixion du Christ.

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le relevé par Langlois 1837 :

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Gravure d'E.H. Langlois 1837 Essai historique, philosophique et pittoresque sur les danses des morts planche VI. Dessin Espérance Langlois. Gallica

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le chapiteau aux oiseaux ailes déployés.

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Colonne n° 19 .

Elle est aujourd'hui incluse dans l'escalier.

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Celle de gauche presque entièrement brisée.

La sibylle de droite est  bien conservée, mais si on admire sa pose gracieuse on ne peut l'identifier à défaut d'attribut..

 

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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Le relevé par Langlois 1837 :

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Gravure d'E.H. Langlois 1837 Essai historique, philosophique et pittoresque sur les danses des morts planche VI. Dessin Espérance Langlois. Gallica

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

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LA COLONNE DU MEURTRE D'ABEL PAR CAÏN.

 

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Elle reprend la composition de la Colonne d'Adam et Ève.

On devra se contenter de ces médiocres images.

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L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.

L'Aître Saint-Maclou de Rouen. Les colonnes de pierre sculptées du côté nord (1526-1529). Photographie lavieb-aile août 2020.


 

SOURCES ET LIENS.

AÎTRE SAINT-MACLOU

https://www.aitresaintmaclou.fr/histoire/un-cimetiere-a-galeries/

EXPO VIRTUELLE

https://my.matterport.com/show/?m=kjUCC7ra6RC

— BETHMONT-GALLERAND (Sylvie), 2003, "Un autre travail du bois à Rouen : Les sablières de l’aître saint-Maclou", in Les stalles de la cathédrale de Rouen, C. Elaine Block, Frédéric Billiet p. 199-220 Presses universitaires de Rouen et du Havre 

https://books.openedition.org/purh/7435?lang=fr

https://books.openedition.org/purh/7437

— LANGLOIS (E.-Hyacinthe ), 1833, "Rouen au XVIe siècle et la danse des morts", Bulletin de la Société libre d’émulation de Seine-Maritime, 6 juin 1832, Rouen, Baudry, 1833, p. 70. Non consulté.

« Dans les statuettes du cimetière de Saint-Maclou, tantôt la mort se montre dans une action d'entraînement plus ou moins brusque; tantôt, affectant une pose tranquille, elle parait employer le raisonnement plutôt que la violence. Sur quelques colonnes des plus mutilées, on retrouve des pieds décharnés dont l'élévation au-dessus du plan sur lequel posaient les figures atteste que plusieurs de ces cadavres symboliques gambadaient en s'emparant de leurs victimes. Quant à ces derniers personnages, ils montrent généralement, par leurs poses simples et calmes, plus de résignation que de résistance, » Langlois,

 

LAFOND ( Jean), 1969, « L'iconographie des portes de Saint-Maclou de Rouen ». In: Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France, 1969, 1971. pp. 283-294; doi : https://doi.org/10.3406/bsnaf.1971.2239 https://www.persee.fr/doc/bsnaf_0081-1181_1971_num_1969_1_2239

LANGLOIS (Eustache-Hyacinthe), 1837, réed 1852, Essai historique, philosophique et pittoresque sur les Danses des Morts. Rouen, Lebrument, deux volumes I p.10-30, II p.10-61.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k110051h/f66.item.zoom#

— LEVASSEUR (P.), 2003, « Observations sur l’iconographie de l’aître saint-Maclou : une synthèse de l’art macabre et des apports de la Renaissance », Actes du onzième congrès international d’études sur les Danses Macabres et l’art macabre en général , Rouen du 1er  au 5 octobre 2003,éditions Danses Macabres d’Europe, p. 41. Non consulté.

 

LOTH (Julien), 1910, L'Aître de Saint-Maclou, Rouen, Léon Gy, 28 p. Non consulté.

MÂLE (Emile) 1922, L’art religieux de la fin du Moyen-Age en France, étude sur l’art religieux du Moyen Age et sur ses sources d’inspiration, Paris, Armand Colin, 1922, p. 253-sq.

METROPOLE

https://www.metropole-rouen-normandie.fr/sites/default/files/publication/2020/Focus-aitre-st-maclou.pdf

— PAVIA (Amélie), 2011,  L’aître Saint-Maclou de Rouen. Monographie historique et technique d’une construction à pans de bois du XVIe siècle. Étude stylistique et iconographique de ses sablières Mémoire de master 2 en histoire de l’art moderne, (LEUTRAT E. dir.), Rennes 2, 2011, 633 p. Voir p.30 à35 :

https://www.academia.edu/31770552/La_symbolique_macabre_dans_les_sabli%C3%A8res_de_la%C3%AEtre_saint_Maclou_%C3%A0_Rouen

PILLET ( Maurice ), 1924, L'Aître Saint-Maclou : ancien cimetière paroissial de Rouen, Paris, Édouard Champion, 1924, 224 p. Non consulté.

https://www.google.fr/books/edition/L_Aitre_Saint_Maclou_ancien_cimeti%C3%A8re_p/8hEgAAAAMAAJ?hl=fr&gbpv=1&bsq=%22sibylle%22+Maclou+rouen&dq=%22sibylle%22+Maclou+rouen&printsec=frontcover

PREVOST (Chanoine Louis), 1970 Histoire de la paroisse et des curés de Saint-Maclou, depuis la Fondation jusqu'à nos jours (1219-1966), Rouen, Éditions Maugard. Non consulté.

VENOT ( Bernard), MOUILLESEAUX (Jean-Pierre), 1980,, L'Aître Saint-Maclou de Rouen : petit guide à l'usage des habitués du lieu et de ceux qui le découvrent, Rouen,  73 p. Non consulté.

— LAQUERRIÈRE) (A.), 1986, « L'aître Saint-Maclou et les anciens charniers », dans Églises, hôtels, vieilles maisons de Rouen, Rouen, Société des amis des monuments rouennais, 518 p., p. 323-330 Non consulté.

THOMANN (Aminte), CHAPELAIN DE SEREVILLE-NIEL (Cécile),2021 « Rouen – Aître Saint-Maclou » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Normandie, mis en ligne le 04 juin 2021, consulté le 12 février 2022. 

https://journals.openedition.org/adlfi/76013

 

"La campagne 2018 a permis la fouille et l’étude d’environ 250 sépultures, le corpus total sur l’ensemble de l’aître s’élevant à environ 500 sépultures. La densité funéraire est telle que le sol géologique (situé entre 4 et 6 m de profondeur par un précédent sondage géotechnique) n’a pu être atteint, même dans un petit sondage effectué jusqu’à 3,5 m de profondeur. La fouille de cet espace a mis en évidence une partie du cimetière paroissial utilisé jusqu’à la fin du xviiie s., mais aussi des fosses communes, accueillant jusqu’à six individus déposés simultanément. Des traces de fondation d’un bâtiment en bois inédit, probablement postérieur à l’occupation funéraire, ont également pu être observées directement au sud du calvaire.

L’étude en cours de cette collection ostéo-archéologique se fait grâce à une approche pluridisciplinaire impliquant plusieurs approches biologiques : analyses paléopathologiques macroscopiques, menées en partie dans le cadre d’une recherche doctorale, pour appréhender l’état sanitaire de la population, analyses isotopiques, particulièrement informatives sur le régime alimentaire des défunts, analyses paléoparasitologiques, renseignant notamment sur les conditions de vie et analyses paléomicrobiologiques, détectant la présence de l’ADN ancien de certains pathogènes dans le matériel dentaire et osseux, tels que la tuberculose, la syphilis ou la peste. Des analyses paléomicrobiologiques préliminaires, menées sur le corpus provenant du diagnostic de 2016, ont déjà permis de détecter la présence très probable du bacille de la peste chez un individu daté du début du xve s.

Les résultats archéologiques et anthropologiques issus de cette fouille vont permettre de développer de manière significative les connaissances concernant la population rouennaise et la gestion de ce cimetière de la fin du Moyen Âge et de l’époque moderne."

FOUILLES.

https://www.aitresaintmaclou.fr/histoire/la-restauration-et-la-nouvelle-vie-du-lieu/

THOMANN (Aminte), CHAPELAIN DE SEREVILLE-NIEL (Cécile), 2019, 

https://journals.openedition.org/archeomed/24586

https://france3-regions.francetvinfo.fr/normandie/seine-maritime/rouen/si-squelettes-aitre-saint-maclou-pouvaient-parler-1305877.html

— INRAP La boîte en plomb de l'Aître Saint-Maclou. Une boîte en plomb a été retrouvée dans une pierre sous la colonne (galerie ouest ?), contenant la plaque commémorative déposée en 1859 avec quelques pièces de monnaie contemporaines.

Dans le cadre des journées européennes de l’archéologie 2020, l’Inrap vous propose une vidéo inédite sur une curieuse boîte en plomb, découverte à l'aître Saint-Maclou, à Rouen. Que contient-elle ?

En 2019, lors des travaux de restauration du cimetière de l’aître Saint-Maclou, un site de la Métropole Rouen Normandie, des ouvriers trouvent une pierre évidée sous une colonne sculptée datant de la Renaissance. Et ils découvrent, enchâssée dans la pierre, une boîte en plomb.
Par ailleurs, on sait grâce aux archives qu’une plaque de cuivre portant une inscription a été laissée en dépôt dans l’édifice en 1859, lors d’une restauration antérieure.
Le service régional de l’archéologie (Drac Normandie) confie l’ouverture de la boîte à l’Institut national de recherches archéologiques préventives. La boîte contient-elle la plaque commémorative ou est-elle bien plus ancienne ?

Durée : 00:06:58 Sous-titres automatiques disponibles en français. Réalisation, montage : Serge Le Maho, Inrap Avec la participation de Sylvain Mazet Directeur-adjoint scientifique et technique Normandie (Seine-Maritime et Eure), Inrap

 

https://journees-archeologie.fr/c-2021/Archeorama/fiche-archeorama/61/La-boite-en-plomb-de-l-aitre-Saint-Maclou


 


 

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Published by jean-yves cordier - dans Sibylles Sculpture Renaissance Héraldique
14 février 2022 1 14 /02 /février /2022 14:37

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PRÉSENTATION (D'APRÉS LES CARTELS EXPOSÉS ET AUTRES SOURCES).

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L'aître Saint-Maclou est un ancien aître charnier datant du XVIe siècle, situé 186, rue de Martainville à Rouen. Il constitue un des rares exemples d'ossuaire de ce type subsistant en Europe. L'aître Saint-Maclou fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1862

L'ossuaire se compose de quatre galeries encadrant une place centrale ; il est large de 32 mètres pour une longueur de 48 mètres. Les trois premières galeries sont réalisées en pans de bois au-dessus d'un soubassement en pierre, les fûts des colonnes sont sculptés de décors de la première Renaissance. La galerie du sud du XVIIe siècle est en revanche dépourvue de soubassement et de sculptures. Les galeries sont fermées par des cloisons en pans de bois maçonnés et des fenêtres lors de la construction d'un étage au XVIIIe siècle.

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Cliquez sur les images.

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Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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"Le conseil de fabrique de la paroisse de saint Maclou décide, dès 1526, la construction de trois galeries qui entoureraient le cimetière : à l’Ouest, au Nord et à l’Est. La galerie Ouest mesure 45,50 mètres, 31,90 mètres pour celle du côté Nord et 44,35 mètres pour la galerie de l’Est. La décision n’a pas été envisagée sans lien avec les terribles épidémies de peste des années 1521 et 1522 qui ont ravagé le pays, la Normandie mais surtout sa capitale : Rouen, et qui fut particulièrement meurtrière.

Les galeries ont été édifiées les unes à la suite des autres de 1527 à 1533 par les maçons, ymagiers et huchiers placés sous la direction des maçons Jehan Louvel et Guillaume Ribert. Le corps de bâtiment situé à l’Ouest ouvrit le chantier, puis celui du Nord, et enfin les travaux se terminèrent par celui de l’Est. "

 

En 1526, la paroisse décide la construction de trois galeries ouvertes sur le cimetière, formant un U autour de celui-ci. Les travaux débutent en 1527 par la galerie ouest (celle qui permet d’aller de la rue Géricault à la rue Martainville). S’ensuivent l’édification de la galerie nord achevée en 1529 puis de la galerie est, dont la fin des travaux est estimée à 1533. La galerie nord possède une chapelle située à son extrémité du côté de la galerie ouest, la chapelle des Trépassés. Des messes y étaient données pour les morts.

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Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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"L’Aître Saint-Maclou se présente comme un parallélogramme presque régulier, limité, dans sa plus grande longueur, par la rue Martainville à l’ouest et sur un petit côté par la rue Géricault (ancienne rue du Chaudron) au nord. La première entrée se faisait par la porte de l’ancienne rue du Sac ou du Chaudron (actuelle rue Géricault), cette porte disparaît en 1924. Les galeries entourent l’espace central du cimetière où les morts, au Moyen Age, sont ensevelis en pleine terre. Des restes osseux sont mis au jour à mesure que l’on ouvre de nouvelles fosses au sein du terrain déjà utilisé. Par respect pour les défunts, ces restes, des ossements rendus à l’anonymat par la décomposition du corps, peuvent être entreposés dans les charniers. Dans ce cas, sous la toiture à double pan, munie de lucarnes, les os sont empilés sur le plancher des combles.

Au centre de l’Aître s’ouvraient des fosses individuelles, comme le montrent les enluminures de l’Office des Morts.

Lors des inhumations successives, ou lors de la levée des restes après disparition des chairs, les os sont disposés au-dessus des galeries. Ainsi se remplissent les charniers, sortes de galetas reposant sur des piliers de bois. Les empilements d’ossements montent jusqu’à la charpente du toit à double pente, ouverte, de place en place, par des lucarnes. Cette disposition, similaire à celle du charnier des Innocents à Paris, se retrouve au cimetière de Montvilliers, près du Havre, ou à celui de Vienne à Blois. Un autre cimetière à galeries, datant de la fin des XVe et XVIe siècles, existe encore à Montfort-Lamaury, dans les Yvelines. Mais le décor de l’Aître Saint-Maclou est unique, par la richesse et la complexité de son programme iconographique, et surtout par l’ensemble des motifs ornant les sablières et les potelets de bois. " (Bethmont-Gallerand)

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© Kosept. Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

© Kosept. Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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L'image qui suit permet de comprendre la disposition du décor sculpté : des colonnes  en pierre soutiennent une galerie ajourée.

— Les maisons à pans de bois associent deux éléments : 1. le colombage désigne l' ensemble des poutres formant la charpente d'un mur. Cette ossature de bois est constituée de pans de bois dont les poutres délimitent des compartiments appelés carreaux ; 2. le hourdage, qui forme les murs et qui a un rôle de remplissage et de raidisseur.

—Les poutres horizontales supérieures et inférieures portent le nom de "sablières" dans le vocabulaire propre à la construction des maisons à pans de bois (ou à colombage). Ces sablières sont, pour les demeures des notables en milieu urbain, et ici  en particulier, le support de sculptures en bas ou moyen-relief.

— Les montants verticaux ou "potelets" assemblés aux sablières, sont régulièrement aussi le support de sculptures.

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Les sculptures des colonnes, hélas très dégradées, portent une remarquable Danse macabre  qui fera l'objet d'un second article, et des chapiteaux souvent décorés de grotesques. 

Les sablières et potelets reçoivent des frises de symboles macabres, certes communs et répétitifs (crânes et os entrecroisés), mais aussi plus divers et plus originaux, ce qui justifie leur examen détaillé le long des quatre galeries.

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"À cette époque, l’élévation des galeries se compose d’un soubassement en pierre, rythmé par des colonnes sculptées, surmonté d’une ossature en pan-de-bois servant de comble. Cette ossature forme une grille constituée de deux poutres horizontales nommées sablières et de potelets verticaux. L’ossuaire prend place dans ces combles. D’anciennes recherches (Laquerrière) donnent une interprétation de l’aspect de cet ossuaire : un espace ajouré, rythmé de petites colonnes en bois, où les ossements sont apparents ; au-dessus une toiture percée de lucarnes permettant au fossoyeur d’accéder à ce "grenier" au moyen d’une échelle. Toutefois, les archives et les recherches archéologiques récentes ne permettent pas de confirmer pleinement cette hypothèse. "

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Hypothèse d’élévation d’une des galeries de l’aître Saint-Maclou. Dessin d’Anatole Laquerrière, 1909. Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Hypothèse d’élévation d’une des galeries de l’aître Saint-Maclou. Dessin d’Anatole Laquerrière, 1909. Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Seuls les galeries ouest, nord et est datent de 1526-1533. Les éléments sculptés de la galerie sud sont bien plus tardifs ( 1650-1652), mais reprennent le même vocabulaire macabre.

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"L'AILE SUD. La construction de l’aile sud ferme la cour de l’aître Saint-Maclou en 1652. Elle est réalisée grâce à des donations dont la plus importante est due à Robert Duchesne, prêtre de la paroisse Saint-Maclou. Le chêne sculpté sur la façade rappelle peut-être ce donateur. Une volonté d’harmonisation avec les galeries antérieures se ressent : usage de matériaux semblables, colonnes, ossature en pan-de-bois, décor similaire. Quelques différences toutefois : le bâtiment est conçu avec un étage ; les colonnes ne reposent pas sur un soubassement et leurs sculptures restent, pour une raison inconnue, inachevées. Il comprend des logements sur plusieurs niveaux destinés aux prêtres, dont l’accès se faisait à l’arrière du côté de la cour des prêtres, ainsi qu'une galerie sur cour. Une chapelle dédiée à saint Michel est aménagée dans cette galerie du côté ouest." (Métropole)

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Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Une vue de l'Aître au XVIe siècle, imaginée par Langlois (1833).

© Bibliothèque municipale de Rouen (Est.A.Langlois 124 12301)

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Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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"LES AMÉNAGEMENTS DU 18e SIÈCLE Face au nombre croissant d’enfants fréquentant les écoles, un étage est ajouté aux galeries ouest, nord et est, de 1745 à 1766, afin d’y accueillir des classes. L’avancée des travaux se fait peu à peu selon les ressources financières dont dispose le curé Adam Charles Esmangard, celui-ci ayant décidé de prendre personnellement en charge ce coût. En 1758 un incendie touche l’angle sud-ouest de l’aître freinant les travaux. Quatre escaliers extérieurs couverts sont installés aux angles des galeries. Ils permettent d’accéder à l’étage (l’escalier à l’angle sud-est de la cour a été démoli au début du 20e siècle puis plus tard celui situé à l’angle sud-ouest). Cette surélévation suppose la destruction des combles servant d’ossuaire. Les ossements ont été préalablement retirés et enterrés dans le cimetière en 1705. Les galeries seront ensuite peu à peu fermées du 18e à la fin du 19e siècle." (Métropole)

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Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

Cartel de l' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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LES PHOTOGRAPHIES DE MA VISITE (2020).

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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"UN FUNÈBRE DÉCOR.

 Le décor de l’aître illustre son activité. Sur les sablières et sur les potelets, se déroulent des frises d’objets macabres, aperçu de l’univers quotidien d’un charnier : ossements (crânes, mâchoires, fémurs, omoplates, côtes, os iliaques) ; instruments liés à la cérémonie religieuse de l’office des morts (étoles*, missels*, croix, cierges, ciboires*, bénitiers, cloches), instruments de la Passion (clous et fouets) ; outils du fossoyeur (pelle, pioche, bêche, cercueil). …" (Métropole)

 

 

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Sur la photographie qui suit, nous avons successivement :

-Un cercueil entrouvert

-Un fémur entrecroisé avec un tibia.

-Un os iliaque

-Un crâne et sa mandibule

-Une mandibule (brisée).

 

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Un potelet montant orné d'une couronne de laurier à l'antique où figure un buste. Galerie ouest (1526-1533).

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Ces potelets au décor Renaissance sont tous centrés par une couronne à l'antique et enrubannée, rappelant la  pratique de déposer dans la tombe des couronnes de fleurs fraîches, ou bien de lierre ou de laurier, semper virens, comme le préconise Guillaume Durand, évêque de Mende au XIIe siècle.

Les couronnes reçoivent soit des instruments de fossoyeurs parfois entrecroisés ; soit des ossements ; soit des bustes, qui ne sont pas des portraits d’êtres vivants, mais le rappel des formes antiques de portraits funéraires.

Un autre rappel de l’Antiquité, des têtes de putti ailés ornent les chapiteaux."

 Sur la sablière haute, un tibia. Sur la sablière basse, une côte, et un livre.

Les bases des potelets sont constamment sculptés d'une tête de mort, motif qui se retrouvent moins constamment sur le chapiteau, où on trouve parfois des ossements, comme ici avec cette mandibule, ou des têtes de putti ailés.

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Frise d'une sablière inférieure, galerie sud (1651). 

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Flambeau et instrument croisés,

Mandibule dentée,

Cercueil fermé,

Côte.

Fémur et tibia entrecroisés.

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Le flambeau (on en trouve ailleurs, entrecroisés) rappelle ceux qui accompagnent le corps porté en procession jusqu’à l’église, puis ensuite jusqu’à la terre bénite du cimetière.

Voir la procession des Charitons aux Andelys :

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Verrière de la Création et de la Procession des charitons, 150-1560 en baie 120 de l'ancienne collégiale du Grand-Andelys. Photographie lavieb-aile 27 août 2018.

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Voir l'Office des Morts des Heures d'Etienne Chevalier :

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Office des Morts, Jean Fouquet, Heures d'Etienne Chevalier.

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Montant vertical encadrant une porte  de la galerie sud (1651). Crâne  démantibulé "crachant" un ruban où s'entrecroisent fémur et tibia puis  deux houes.

n.b "démantibulé", étymologiquement "démandibulé", sans mandibule.

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On trouve ailleurs des pioches, des pelles, des bêches et des louchets à fer plus allongé. "Les fossoyeurs figurent souvent dans les illustrations non bibliques de l’office des morts. Ils ramassent les os, les rassemblent dans les ossuaires. Dans les cimetières situés autour des églises, ils les déposent sous les gouttières. L’eau ruisselant du toit de l’édifice saint est bénite, ceux qui ne peuvent bénéficier d’une sépulture à l’intérieur de l’édifice en profitent." (Bethmont-Gallerand)

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Montant vertical encadrant une porte de la galerie sud (1651). Crâne démantibulé "crachant" un ruban où s'entrecroisent deux os indistincts puis une côte et un os iliaque.

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À la différence d'autres pièces sculptées où la précision anatomique des ossements est remarquable et laisse supposer que les sculpteurs disposaient des modèles du charnier, les os sont moins bien rendus. L'os iliaque, semblable à une palette de peintre, se reconnaît au trou obturateur. Les côtes thoraciques ont toujours une large tête arrondie, et la tubérosité n'est jamais omise.

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Montant vertical encadrant une porte de la galerie sud (1651). Crâne démantibulé "crachant" un ruban où s'entrecroisent deux os indistincts puis un sablier, symbole du temps qui passe (Tempus fugit) et une faux symbolisant la Mort.

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Montant vertical encadrant une porte de la galerie sud (1651). Crâne démantibulé "crachant" un ruban où s'entrecroisent deux os (fémur et tibia stylisés) puis une pelle et une houe.

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Potelet  dont la couronne est ornée d'une mandibule. Galerie ouest (1526-1533).

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La couronne enrubannée est suspendue à un anneau, et supporte ensuite des rameaux de chêne avec leurs glands.

Sur la sablière inférieure autour du crâne central, une pelle à bout carré  et une bêche à bout triangulaire renforcé par une ferrure ; une côte ; un fémur et un tibia entrecroisés.

Sur la sablière haute, autour du crâne central, un fémur et une pioche  puis un fémur et une côte.

Cette image montre la précision anatomique des fémurs, où la tête fémorale, le col, le grand et le petit trochanter ainsi que les deux condyles sont parfaitement rendus. Sur d'autres exemples, la qualité anatomique des tibias est également remarquable, avec les plateaux tibiaux à une extrémité, et la malléole externe bien sculptée de l'autre.

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Potelet  dont la couronne est ornée d'un crâne. Galerie ouest (1526-1533).

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Ce crâne est singulier. Eustache-Hyacinthe Langlois y voyait « une tête de mort à triple face entourée d’une couronne », mais pour Sylvie Bethmont-Gallerand, " en fait, il n’en est rien, les trous des maxillaires aussi réguliers que les orbites donnent l’illusion d’une triple face".

Sous la couronne, un groupe végétal : des chardons?

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Sur la sablière supérieure : un fémur, deux côtes affrontées ; une omoplate (scapula) ; une houe ; un fémur et un tibia entrecroisés ; une mandibule ; une pelle .

Sur la sablière inférieure : deux côtes affrontées (comme sur le grill costal), deux torchères, une cloche symbolisant les heures. Puis après le crâne central viennent un goupilllon et le seau d'eau bénite, puis une croix de procession.

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— La cloche est un rappel du Temps, et de la dernière heure de survenue incertaine, mais S. Bethmont-Gallerand pense aussi aux sonnailles des morts et cloches à l’usage des crieurs des morts, ou crieurs des corps, ou des "clocheteurs". Le tintinabulum est une petite clochette agitée par le crieur, mais il y a aussi les tinterelles, petites cloches portées en tête des processions, pour accompagner le viatique et alerter les passants. La mort est annoncée par le glas et par les crieurs, salariés qui « crient le pater noster » et le nom du défunt, en invitant à la prière. Comme la croix, ces clochettes, parfois agitées par des anges dans les images aux marges des manuscrits, servent à faire fuir le diable. "

— Le goupillon ou "aspersoirs, aspergès"  est identifié par S. Bethmont-Gasserand : "Ces objets servent aux aspersions nombreuses qui précédent la mort et lui succèdent. Avant d’être incorporé à la terre bénite le corps est longuement aspergé. Des vases à eau bénite peuvent faire partie du mobilier funéraire, plantés dans la terre du cimetière, à proximité de la tombe.".

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Sablières de la Galerie ouest (1526-1533).

Sixièmes sablières depuis l'entrée à l'angle nord-ouest.

Sablière haute : Croix de procession, potelée ; côte ; fémur ; scapula. Crâne central. Cercueil entrouvert ; croix ; reliquaire ; fémur.

Sablière basse : Fémur et houe croisés ; cloche ; étole et instrument de procession ; côte ;  crâne central ; pioche et pelle croisées ; livre ouvert ; cercueil fermé ; côte ou mandibule.

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Escalier de l'angle nord-est.

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

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Montant (détail) de cet escalier : crâne, fémurs croisés, pelles.

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L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

L' Aître de Saint-Maclou. Photo lavieb-aile août 2020.

 

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POST-SCRIPTUM.

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J'aurai aimé photographier tous les motifs funéraires de ces sablières et de ces potelets. Je ne l'ai pas fait, mais j'ai retrouvé dans mes photos une incitation à bénéficier d'une visite virtuelle de l'Aître. 

Elle est remarquable, et permet de se livrer, comme je l'ai fait, à une recension du décor de chacune des sablières, de chaque potelet, de chaque colonne, et d'en faire pour des fins privés une belle série de captation d'écran.

Mais pourquoi vouloir être exhaustif ?

Je dirai seulement qu'en numérotant chaque sablière dans le sens anti-horaire à partir de l'entrée (angle nord-est) par S1, S2, S3 etc. j'ai repéré d'autres motifs que ceux que j'ai présenté ici :  en S2 un calice, en S3 un miroir, en S5 un reliquaire, en S10 et S12 un globe crucigère, etc...Ou qu'en désignant selon le même procédé chaque potelet (P1, P2, etc.), j'ai vu se succéder dans les couronnes de ces potelets des écus, des mandibules, des crânes, des os croisés, et en P10 des peaux de tanneurs, et ailleurs le visage rond d'un personnage sans doute féminin, etc.

Donc, je ne peux que conseiller à chacun de vivre cette très passionnante et très riche expérience :

https://my.matterport.com/show/?m=kjUCC7ra6RC

 et souligner la qualité   de l'article de Sylvie Bethmont-Gallerand, qui est accompagné de quelques illustrations.

Merci aux organisateurs du site, et à leurs remarquables cartels d'exposition, car il est rare que le visiteur soit aussi bien guidé.

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SOURCES ET LIENS.

— AÎTRE SAINT-MACLOU

https://www.aitresaintmaclou.fr/histoire/un-cimetiere-a-galeries/

EXPO VIRTUELLE

https://my.matterport.com/show/?m=kjUCC7ra6RC

— BETHMONT-GALLERAND (Sylvie), 2003, "Un autre travail du bois à Rouen : Les sablières de l’aître saint-Maclou", in Les stalles de la cathédrale de Rouen, C. Elaine Block, Frédéric Billiet p. 199-220 Presses universitaires de Rouen et du Havre

 

https://books.openedition.org/purh/7435?lang=fr

https://books.openedition.org/purh/7437

LANGLOIS (E.-Hyacinthe ), 1833, "Rouen au XVIe siècle et la danse des morts", Bulletin de la Société libre d’émulation de Seine-Maritime, 6 juin 1832, Rouen, Baudry, 1833, p. 70. Non consulté.

« Dans les statuettes du cimetière de Saint-Maclou, tantôt la mort se montre dans une action d'entraînement plus ou moins brusque; tantôt, affectant une pose tranquille, elle parait employer le raisonnement plutôt que la violence. Sur quelques colonnes des plus mutilées, on retrouve des pieds décharnés dont l'élévation au-dessus du plan sur lequel posaient les figures atteste que plusieurs de ces cadavres symboliques gambadaient en s'emparant de leurs victimes. Quant à ces derniers personnages, ils montrent généralement, par leurs poses simples et calmes, plus de résignation que de résistance, » Langlois,

 

—LANGLOIS (Eustache-Hyacinthe), 1837, réed 1852, Essai historique, philosophique et pittoresque sur les Danses des Morts. Rouen, Lebrument,deux volumes I p.10-30, II p.10-61.Non consulté.

 

LEVASSEUR (P.), 2003, « Observations sur l’iconographie de l’aître saint-Maclou : une synthèse de l’art macabre et des apports de la Renaissance », Actes du onzième congrès international d’études sur les Danses Macabres et l’art macabre en général , Rouen du 1er  au 5 octobre 2003,éditions Danses Macabres d’Europe, p. 41. Non consulté.

 

LOTH (Julien), 1910, L'Aître de Saint-Maclou, Rouen, Léon Gy, 28 p. Non consulté.

—MÂLE (Emile) 1922, L’art religieux de la fin du Moyen-Age en France, étude sur l’art religieux du Moyen Age et sur ses sources d’inspiration, Paris, Armand Colin, 1922, p. 253-sq.

— METROPOLE

https://www.metropole-rouen-normandie.fr/sites/default/files/publication/2020/Focus-aitre-st-maclou.pdf

PAVIA (Amélie), 2011,  L’aître Saint-Maclou de Rouen. Monographie historique et technique d’une construction à pans de bois du XVIe siècle. Étude stylistique et iconographique de ses sablières Mémoire de master 2 en histoire de l’art moderne, (LEUTRAT E. dir.), Rennes 2, 2011, 633 p. Voir p.30 à35 :

https://www.academia.edu/31770552/La_symbolique_macabre_dans_les_sabli%C3%A8res_de_la%C3%AEtre_saint_Maclou_%C3%A0_Rouen

 

 

PILLET ( Maurice ), 1924, L'Aître Saint-Maclou : ancien cimetière paroissial de Rouen, Paris, Édouard Champion, 1924, 224 p. Non consulté.

PREVOST (Chanoine Louis), 1970 Histoire de la paroisse et des curés de Saint-Maclou, depuis la Fondation jusqu'à nos jours (1219-1966), Rouen, Éditions Maugard. Non consulté.

VENOT ( Bernard), MOUILLESEAUX (Jean-Pierre), 1980,, L'Aître Saint-Maclou de Rouen : petit guide à l'usage des habitués du lieu et de ceux qui le découvrent, Rouen,  73 p. Non consulté.

LAQUERRIÈRE) (A.), 1986, « L'aître Saint-Maclou et les anciens charniers », dans Églises, hôtels, vieilles maisons de Rouen, Rouen, Société des amis des monuments rouennais, 518 p., p. 323-330 Non consulté.

 

THOMANN (Aminte), CHAPELAIN DE SEREVILLE-NIEL (Cécile), « Rouen – Aître Saint-Maclou » [notice archéologique], ADLFI. Archéologie de la France - Informations [En ligne], Normandie, mis en ligne le 04 juin 2021, consulté le 12 février 2022. URL : http://journals.openedition.org/adlfi/76013

— Maison à colombage vocabulaire :

https://books.openedition.org/pufr/7923

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Published by jean-yves cordier - dans Sablières Renaissance Sculpture Stalles
12 février 2022 6 12 /02 /février /2022 17:35

La verrière de sainte Anne (J. Le Vieil ? 1520-1530), baie 2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen, provenant de l'église Saint-Vincent.

 

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Voir :


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PRÉSENTATION.

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Les 13 verrières provenant du chœur de l'église Saint-Vincent de Rouen  et magnifiquement remontées  en 1979 dans l'église Sainte-Jeanne-d'Arc, sont parfaitement présentées en ligne sur le site patrimoine-histoire.fr. La description de référence, dont je m'inspire largement,  est celle du volume du Corpus Vitrearum VI consacré aux Vitraux de Haute-Normandie.

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L'église Saint-Vincent a été détruite par les bombardements de 1944, mais ses verrières avaient été mises à l'abri dès la fin 1938. Cette paroisse connue depuis le XIIIe siècle était devenue l'une des plus riches de Rouen, notamment grâce au privilège sur la vente du sel accordé en 1409 par Charles VI. L'église fut réaménagée à partir de 1458, et notamment en 1470 sous l'impulsion d'Ambroise Harel, puis de 1478 à 1483 sous celle de Thomassin et à partir de 1512 sous la direction de Guillaume Touchet secondé par Vincent Gaillard.

Le fenestrage de la chapelle Saint-Nicolas est repris de 1512 à 1514, puis un nouveau chœur est conçu ; au sud, la chapelle Saint-Anne est terminé en 1519 et le déambulatoire l'est en 1523.

En 1519, avant la démolition de la dernière partie du chœur, abattue à mesure que progressaient les fondations, Richart Le Voirrier a désassemblé les vitres de l'église et les a remis en état. En 1523, les fenêtres sont vitrées avant l'achèvement des voûtes, et la fabrique verse 20 livres "au gendre Barbe (*), verynier, pour deux verrières assise aux galeries". 

(*) On reconnait sous cette désignation Olivier Tardif, qui épousa vers 1525 Jeanne Barbe, fille du verrier Jehan Barbe.

https://www.wikiwand.com/fr/Guillaume_Barbe

Avant la dédicace de l'église le 1er août 1531, l'église est nettoyée et le peintre verrier Maure Heurtault reçoit plus de 10 livres pour la réfection de toutes les verrières brisées.  En en 1528-1529 les verrières ont été  qui déposées puis reposées.

Les verrières basses du chœur de Saint-Vincent, qui avaient été posées entre 1520 et 1530, ont été remontées à l'église Sainte-Jeanne-d'Arc, construite en 1979 sur la Place du Vieux-Marché par l'architecte Louis Arretche en forme de carène renversée. Elles sont toutes placées au nord et numérotées de 1 à 13 de gauche à droite. Ces treize verrières avaient été réalisées par deux ateliers, dont le plus célèbre est celui des Le Prince de Beauvais. on retrouve les initiales d'Engrand Le Prince sur le vitrail des Chars.

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Liste des vitraux.

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  1. Verrière de la Vie de saint Pierre,  atelier rouennais, 1520-1530, don des Boyvin, seigneurs de Bonnetot . Provient de la baie 11 de Saint-Vincent, au nord. 

  2. Verrière de Sainte Anne, 1520-1530, œuvre de Jean (?) Le Vieil  et probablement offerte par la confrérie de Compostelle ; Provient de la baie n°8 de Saint-Vincent, au Sud.

  3. Verrière du Triomphe de la Vierge ou vitrail des Chars, commandée en 1515 et réalisée vers 1522, œuvre de Jean et Engrand Le Prince ; Provient de la baie n°10 de Saint-Vincent, au Sud

  4. Verrière de la Parenté de sainte Anne, atelier rouennais,  1520-1530 ; Provient de la baie n°6 de Saint-Vincent, au Sud

  5. Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, réalisée en 1525-1526, œuvre d'Engrand Le Prince ; Provient de la baie n°13 de Saint-Vincent, au Nord.

  6. Verrière des Œuvres de Miséricorde, réalisée en 1520-1530, œuvre d'Engrand et peut-être de Jean Le Prince ; Provient de la baie n°7 de Saint-Vincent, au Nord

  7. Verrière de Saint Antoine de Padoue, atelier rouennais,  1520-1530, seule verrière uniquement en grisaille et jaune d'argent ; Provient de la baie n°5 de Saint-Vincent, au Nord

  8. Verrière des  six Saints, atelier rouennais,  1520-1530 ; Provient de la baie n°9 de Saint-Vincent, au Nord

  9. Verrière de l'Enfance et de la Vie publique du Christ, atelier rouennais,  1520-1530, don des Le Roux de Bourgtheroulde ; Provient de la baie n°3 de Saint-Vincent, au Nord.

  10. Verrière de la Passion, atelier rouennais, 1520-1530 ; Provient de la baie n°1 de Saint-Vincent, au Nord.

  11. Verrière de la Crucifixion, atelier rouennais, 1520-1530, ancienne verrière axiale ou baie 0 de l'église Saint-Vincent ;

  12. Verrière de la Vie glorieuse du Christ, atelier rouennais, 1520-1530 ; Provient de la baie n°2 de Saint-Vincent, au Sud

  13. Verrière du martyre de saint Vincent, atelier rouennais, 1520-1530, don des Le Roux, seigneurs de l'Esprevier. Provient de la baie n°4 de Saint-Vincent, au Sud.

 

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"L'atelier rouennais".

"Cet atelier regroupe en réalité l'œuvre de plusieurs peintres verriers dont le seul identifié est le rouennais Le Vieil auteur de la verrière de sainte Anne n°2. Ce pourrait être Jean Le Vieil, ancêtre des peintres verriers qui ont travaillé au XVIIe siècle à Saint-Vincent, et qui est mentionné à Saint-Maclou en 1519 et 1520.

Des caractères communs rassemblent ces verrières comme la densité des compositions, la vivacité de la gamme colorée ou l'emploi de verres soufflés en plateau (nombreuses traces de cives). Des techniques savantes sont mises en œuvre, notamment dans la verrière de saint Vincent, la plus richement travaillée de la série : ainsi la chape de l'évêque Valère est ornée de petites figures de saints gravés, la colonne de la comparution est faite en verre vénitien et même les fleurs sont l'occasion de raffinement technique puisqu'elles sont montées en chef d'œuvre.

Selon un procédé courant, l'atelier emploie souvent les mêmes cartons pour exécuter plus rapidement les anges symétriques des tympans ou pour reprendre des silhouettes, comme celle de l'enfant jouant avec un chien, utilisées à la fois dans la verrière de la Passion et dans celle de saint Vincent.

Ces peintres verriers ont repris des formules mises au point par Arnoult de Nimègue pour les types de personnage et le répertoire ornemental, hérité de Gaillon. Ainsi dans la verrière de la Crucifixion, les petits anges, les rinceaux peuplés de putti et de chimères ou bien, dans la verrière des saints, le décor du registre supérieur animé de putti et de pots à feu, les visages au contour hésitant, le traitement des carnations à la sanguine pure ou mêlée de grisaille, rappellent la verrière de l'Arbre de Jessé à l'église Saint-Godard de Rouen ou celle des Trois-Marie à l'église Notre-Dame de Louviers peintes par Arnoult de Nimègue.

Il serait vain de vouloir distinguer une personnalité distincte à l'origine de chacune de ces verrières ; plusieurs artistes peuvent collaborer à la même œuvre, comme on peut l'observer de façon spectaculaire , sur la verrière des saints où les deux registres inférieurs sont traités beaucoup plus simplement que le registre supérieur,..." (Corpus Vitrearum VI p. 403)

 

 

 


 

 

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Annotation lavieb-aile

Annotation lavieb-aile

Les vitraux 1 à 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Les vitraux 1 à 4 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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L'examen du plan  de situation des verrières de Saint-Vincent montre la cohérence du programme iconographique de l'ancienne église : au centre l'abside du chœur est consacrée, de gauche à droite n°3, 1, 0 , 2, à la Vie et à la Passion du Christ, et enfin n°4 au saint patron de l'église, saint Vincent.

Le coté sud est réservé à sainte Anne (n°6 et 8) avant la verrière des Chars ou Triomphe de la Vierge.

Le coté nord est consacré aux saints, avec successivement saint Antoine (n°5), les Oeuvres de Miséricorde (n°7), les 6 Saints dont saint Nicolas (n°9), saint Pierre (n°11) et saint Jean-Baptiste (n°13).

 

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Plan Corpus Vitrearum annoté lavieb-aile

Plan Corpus Vitrearum annoté lavieb-aile

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DESCRIPTION.

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La baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc  de Rouen mesure 6,60 m. de haut et 3,24 m. de large. Ses 4 lancettes trilobées s'organisent en deux registres de deux scènes de la vie de sainte Anne, tandis que les 6 soufflets et 6 mouchettes de son tympan témoignent, par l'épisode du "pendu dépendu" de la légende de saint Jacques, de la donation probable par une confrérie de  Saint-Jacques de Compostelle.

 

Une gravure de la Vie de la Vierge de Dürer, publiée vers 1511, est la source de la scène de l'apparition de l'ange à Joachim.

La dernière restauration de cette verrière très bien conservée est celle de Sylvie Gaudin en 1975.

Base Palissy : IM76001491

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM76001491

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Le maître-verrier : Jean Le Vieil.

Une inscription LEVIEL du galon du costume de Joachim a incité les auteurs à lire le nom de Jean Le Vieil et d'y voir la signature du verrier : nous jugerons sur pièce tout à l'heure. Caroline Blondeau,  dans son Catalogue, apporte des éléments très convaincants sur ce verrier qui justifient cette attribution malgré la faiblesse de l'indice :

" Installé à Rouen sur la paroisse Saint-Vincent, la plus ancienne trace de son activité remonte à 1499, date à laquelle il est désigné avec sa femme Jeanne, trésorière de sa paroisse (ADSM, G7671.En 1519, la fabrique de Saint-Maclou le sollicite pour une verrière [...] puis en 1520 il insère plusieurs panneaux de verre peints pour la chapelle Sainte-Barbe.

En 1507, il est sollicité par le cardinal Georges Ier d'Amboise au château de Gaillon. Jean Barbe, alors seul intervenant sur le chantier, est sans doute dépassé par la charge de travail : le prélat fait alors appel à d'autres peintres verriers rouennais dont Jean Le Vieil [...].

Entre 1520 et 1530, il participe au grand chantier de renouvellement des verrières du chœur de Saint-Vincent de Rouen. Il en subsiste une verrière illustrant la vie de sainte Anne. Si la signature sur le galon de Joachim indique seulement LEVIEIL [note personnelle : on lit seulement sur ce galon VIEL, et LE VIEL, sans I, sur le galon de la Nativité] , il n'existe aucun membre de sa famille en activité  à cette époque. Marqué par l'art d'Arnoult de Nimègue, il s'inscrit parmi ses "suiveurs" en reprenant à la fois des poncifs techniques et iconographiques. Les archives sont muettes quant à la suite de ses activités. Il fonde un atelier familial : dès 1546, Richart Le Vieil reprend l'affaire de son parent, puis Guillaume, François, Martin, Jacques, Abraham, Robert, Louis et Pierre avec la postérité qu'on lui connait. Jean Le Vieil meurt autour de 1555, il est inhumé à Saint-Vincent ; c'est même la fabrique qui paie l'épitaphe de cuivre placé sur sa sépulture (ADSM, G 7714, non folioté : "A ung graveur qui a parachevé l'espitatle de cuivre de Jehan Vieil, 15 sous."

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Pour respecter la chronologie de la narration, je commence par le registre supérieur.

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Verrière  (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Verrière (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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LE REGISTRE SUPÉRIEUR.

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Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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1. L'apparition de l'ange à Joachim.

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Je ne reviens pas sur la Vie de sainte Anne, représentée sur de nombreux vitraux dans le cadre de la Vie de la Vierge. La stérilité du couple d'Anne et de Joachim, le rejet de leur offrande au Temple, la retraite de Joachim, offensé et se jugeant impur,  dans la montagne pour garder ses troupeaux, ou le chagrin d'Anne restée seule à Jérusalem sont les épisodes qui précèdent la présente scène où un ange apparaît en songe  à Joachim pour lui annoncer que son épouse va enfanter, s'il veut bien la rejoindre aux portes de Jérusalem.

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La verrière s'inspire de la gravure réalisée en 1505 par Albert Dürer pour la série de la Vie de la Vierge (1500-1511). Mais ici Joachim est  assis, tenant sa houlette de berger, même s'il témoigne de sa surprise par un geste de la main droite. Un chien et quatre moutons ou brebis sont au premier plan, l'un portant une clochette bleue.

Quelques fabriques (tourelles de châteaux et toits) occupent le fond bleu.

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Albert Dürer, gravure sur bois, 1505, Apparition de l'ange à Joachim, cycle de la Vie de la Vierge n°2.

 

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Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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L'ange est splendide, et les motifs damassés de sa tunique, peints au jaune d'argent, évoquent ceux de l'atelier des Le Prince, notamment le motif de la rouelle.  

L'ange tend à Joachim un papier où sont gribouillées trois lignes indéchiffrables. Un sceau d'or y est appendu.

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Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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Les galons du manteau rouge doublé de bleu de Joachim sont ornés d'une succession de lettres romaines capitales, qui sont dépourvues de sens, selon une tradition qui se retrouvent dans les enluminures et dans les vitraux de l'atelier Le Prince, ou les vitraux de l'atelier quimpérois Le Sodec.

On peut lire : 

TEASOVXNTADFHRT C

NEEVNSVFAMTOEVIRMVIEL METE N

/ NN

NVRVETINAEICSAE / REVTA

MESANETIMXDVTDMRVE

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C'est dans cette séquence qu'on a isolé les lettres VIEL pour y voir la signature d'un atelier LE VIEL, et par une nouvelle extrapolation, celle de JEAN LE VIEL.

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Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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L'image du berger jouant de la cornemuse en gardant ses moutons est reprise de Dürer, mais est classique par ailleurs.

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Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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2. La rencontre de la Porte Dorée.

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La tête de sainte Anne est restituée.

Les deux époux sont face à face, mais séparés quoiqu'ils se tendent la main. Joachim tient encore sa houlette, tandis que son chapeau est rejeté sur sa nuque. La houlette est bien détaillée, avec son crochet permettant d'attraper les brebis par la patte.

Anne est nimbée (verre rouge gravé), voilée et la gorge couverte de la guimpe.

Le plus intéressant est peut-être la porte de Jérusalem, évoquant les arcs de triomphe de l'antiquité romaine avec leurs médaillons à l'antique , mais plus encore les pilastres et architraves du château de Gaillon, premier édifice à introduire le vocabulaire Renaissance en Normandie en 1506-1510, ou du tombeau de Thomas James à Dol (1507-1508). On retrouve les cuirasses suspendus par des rubans, les volutes striés de I, les guirlandes, les putti, les candélabres, et un cartouche. De nombreux verres rouges sont gravés.

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Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR. NAISSANCE DE LA VIERGE, et PRÉSENTATION DE LA VIERGE AU TEMPLE.

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Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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3. Nativité de la Vierge.

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La restauration porte sur la main gauche et la partie inférieure de la femme assise à gauche, la tête de la femme debout à droite tenant un vase, et la partie supérieure de la crédence.

Dans la partie gauche, sainte Anne est allongée, dans cette posture classique de l'accouchée à qui trois femmes servent le brouet. Une quatrième, assise sur un tabouret, vient sans doute de tendre l'écuelle.

Dans la partie droite, nous sommes, en haut, devant un buffet de toilette, portant un miroir (double) et un vase, rendus par des verres bleu-clair, puis un broc et d'autres vaisselles.

Au dessous, une femme procède à la toilette de la petite Marie en trempant une éponge dans un baquet.

Le galon du bas d'une robe verte porte les lettres : VONIC/ VA--SE --VRCVRTS  .

Le voile d'une femme  porte les lettres : CHADLEVIELVE puis MRV / MXM . On y a isolé la séquence VIEL pour confirmer l'hypothèse de la signature. Pourquoi retenir ces lettres, sans déchiffrer les autres ?

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Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

La verrière de sainte Anne  de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen.)
Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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4. Présentation de la Vierge au temple.

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Les marches et l'autel, comme les têtes de sainte Anne et de la Vierge, sont restituées.

La première marche porte les lettres ERIS I. REA SS ---

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Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Vie de sainte Anne, lancettes (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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LE TYMPAN.

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Voir aussi la photo publiée par Sebylmay en 2014 : https://fr.wikipedia.org/wiki/Miracle_du_pendu-d%C3%A9pendu#/media/Fichier:RouenVitrauxStVincent_01d%C3%A9tail.jpg

Voir mes articles :

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Le thème de ce tympan, celui de la légende du Pendu-dépendu des pèlerins de Compostelle, appartient à un  corpus iconographique que H. Jacomet a recensé en 1992 : il  dénombre 22 vitraux (pour la plupart au nord de la Loire). Le plus précoce (voir ma description) est celui de la cathédrale de Tours au XIIIe siècle. "Saint-Léon" correspond à la maîtresse-vitre de Merléac que j'ai décrite en 2017.

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H. Jacomet, Iconographie du miracle du Pendu, la lettre V désigne les vitraux.

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Laurence Riviale retient, pour le XVIe siècle,  13 verrières dont les exemples clairement lisibles ou dont la description ne prête pas à équivoque. En voici la liste par ordre chronologique (j'ai mis en italique les vitraux disparus, et j'ai souligné les cinq qui ont été, soit de façon certaine, soit selon toute probabilité, offertes par une confrérie de Saint-Jacques : 

 

  • les vitraux de Féricy (Seine-et-Marne), église Sainte-Osmane, baie 2, 2e quart du xvi* siècle;
  • Rouen (Seine- Maritime), église Saint-Vincent , baie 8, vers 1520-1530 ;
  • Cour-sur-Loire (Loir- et-Cher), église Saint-Vincent, baie 5, 1495-1515
  • Lisieux (Calvados), église Saint-Jacques, 1526
  • Triel (Yvelines), église Saint-Martin, baie 3, 1554
  • Vendôme (Loir-et-Cher), vitrail provenant de la chapelle Saint-Jacques de la ville, acquis par la paroisse de Villiers à la Révolution, conservé ensuite au musée de Vendôme, aujourd’hui disparu, connu par des textes, premier quart du xvie siècle ?
  • Courville (Eure-et-Loir), église Saint-Pierre, baie 11, 1525-1550, disparu
  • Châtillon-sur-Seine (Côte d’Or), église Saint-Nicolas, baie 6, 1546-1548
  • Châlons-sur-Marne (Marne), église Notre-Dame-en-Vaux, baies 24 et 26, vers 1525-1530 (provenant de la chapelle de la Maladrerie,
  • Roye (Somme), église Saint-Pierre, vers 1520, vitrail disparu en 1914-1918
  • Sully-sur-Loire (Loiret), baie 4, 1953
  • Suèvres (Loir-et-Cher), église Saint-Christophe, baie 1, 2 et 4, vers 1490-1515
  • Lestiou (Loiret), 1603 

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Sur cet ensemble du XVIe siècle, tous ou presque ne suivent pas le récit donné par Jacques de Voragine mais des variantes populaires.

Je ne présenterai pas à nouveau cette légende, et je renvoie aux auteurs de référence, ou à mes descriptions de Tours ou Merléac, ou à l'article Wikipédia. Mais les cinq mouchettes de ce tympan consacrées à cette légende sont loin d'en donner un parcours narratif complet, et fonctionnaient, chez les fidèles qui le contemplaient d'assez loin, comme des rappels édifiants.

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Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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La rangée inférieure.

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Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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Une famille de trois pèlerins devant un autel ou apparaît saint Jacques  .

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La scène est facile à décrire : saint Jacques, en manteau rouge et tenant son bourdon (donc semblable à sa figure centrale) apparaît, assis ou accroupi  sur un autel, devant trois pèlerins (ils portent le bourdon et la pèlerine et l'homme une besace) en prière. Ce sont manifestement un père, une mère et leur fils, donc les protagonistes de la légende du Pendu-rependu. 

Mais où la scène se situe-t-elle dans cette légende ?

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"Prière commune de la famille" (Corpus)

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"La dernière scène se trouve dans le panneau de gauche de la rangée du bas. Le père et la mère sont en prière devant un saint Jacques en gloire au dessus de l’autel. C’est de façon évidente celui de l’autel de Compostelle. Le jeune qui se trouve près des parents est sans doute le fils ; ses habits ne sont plus les mêmes que ceux des autres représentations dans lesquelles il est représenté en blanc, couleur du linceul. Nos trois pèlerins semblent repartis à Compostelle pour remercier saint Jacques. C’est le seul exemple que je connaisse. Y aurait-il eu inversion des lancettes ? La disparition de l’accusation et du jugement pose également question. Y aurait-il eu une recomposition de ce récit lors de travaux de réparation ou de déplacement de vitraux, avec suppression de certaines scènes ? Nous savons qu’en 1541, des vents violents ont endommagé gravement quelques verrières et qu’en 1562, les Calvinistes ont saccagé l’église. Est-ce là la cause ? Ces modifications posent question.

Dans la composition (ou recomposition ?), c’est le miracle de saint Jacques soutenant le pendu qui est central et qui est l’élément essentiel. Dans la représentation, il n’y a pas de jugement, ni pour le pendu, ni pour celui qui accuse injustement. L’auteur de cette verrière (ou celui qui l’a recomposée ?) a préféré mettre en évidence les pèlerins et les chanoines en prière. Les donateurs de ce vitrail sont anonymes, il n’y a pas d’armoiries. F. Perrot suppose qu'ils pourraient être les membres d’une confrérie de saint Jacques." (Hébert)

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Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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Saint Jacques au centre.

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"Le personnage central est saint Jacques . Il est représenté marchant avec le bourdon et le livre, comme l'a vu l’abbé Edmond Renaud qui fut curé de Saint-Vincent de Rouen avant 1885 (Renaud (abbé Edmond), Eglise Saint-Vincent, Librairie Charles Métérie, Rouen, 1885, page 54-57 ).." (Hébert)

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Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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 "Arrestation de saint Jacques accusé de vol [??] ou disciples de saint Jacques échappant à une poursuite grâce à la rupture miraculeuse d'un pont ? Même sujet sur le vitrail disparu de Saint-Jacques de Lisieux." (Corpus Vitrearum VI p. 403)

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"La scène, en bas à droite, ne fait pas partie du miracle du Pendu-Dépendu. Il s'agit de la représentation d'un autre miracle de la légende de saint Jacques. Les disciples de saint Jacques poursuivis par l'armée du mari de la reine Luppa sont sauvés par l'effondrement d'un pont." (Hébert)

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Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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Partie supérieure.

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Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le Pendu.

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"Pendaison du jeune homme au désespoir de ses parents qui  poursuivent cependant leur pèlerinage." (Corpus Vitrearum VI)

"La scène représente le fils pendu à la poutre du gibet. Les parents sont à genoux implorants. On constate qu’il n’y a ni présentation de l’accusation ni jugement." (Hébert)

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Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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Le miracle du coq qui ressuscite devant le juge.

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En 1130, Hugonel, jeune pèlerin germanique en route avec ses parents vers Saint-Jacques-de-Compostelle, passa la nuit dans une auberge de Santo Domingo de la Calzada. Une jeune servante lui fit des avances, qu’il repoussa. Éconduite, elle cacha dans son bagage de la vaisselle d'argent. Au moment du départ, elle l’accusa du vol du plat. Il fut condamné et pendu pour ce vol qu’il n’avait pas commis.

Les parents éplorés continuèrent leur pèlerinage et prièrent saint Jacques. À leur retour de Compostelle, ils entendirent leur fils dire du haut du gibet qu'il vivait, car saint Jacques le protégeait. Émerveillés, ils s'adressèrent à l’alcalde (de l’arabe al cadi : le juge) alors qu'il était en train de déguster un coq et une poule rôtis, qui leur répondit avec ironie : « Si votre fils est vivant, cette poule et ce coq se mettront à chanter dans mon assiette. » Ce qu’il advint : le coq chanta et la poule caqueta. L’alcalde bouleversé fit dépendre le jeune homme et pendre à sa place la fautive. (Version de Santo Domingo de la Calzada, Wikipédia)

"La scène suivante, représente les parents en prière à genoux implorants de dépendre leur fils ; devant eux, se tient un juge debout qui montre un coq à la broche en train de rôtir. Le coq est arrivé au milieu de la salle." (Hébert)

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Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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"À leur retour, [les parents] retrouvent leur fils vivant, soutenu par saint Jacques." (Corpus)

"La scène  représente le fils encore pendu au gibet. Le père et la mère arrivent et on aperçoit saint Jacques assis (en gloire) un bâton sur l’épaule et le livre sur les genoux ; il soutient le fils. " (Hébert)

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Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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Les pèlerins en tenue de Jacquet,  prosternés. 

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Les cartons sont inversés en symétrie à droite et à gauche. En bas, ce sont des laïcs. Ils sont vêtus d'une tunique lacée par devant, portent des guêtres, le bourdon, la besace en bandoulière, et une ceinture. Ils effectuent une génuflexion.

En haut, les pèlerins sont agenouillés, leur chapeau rejeté sur la nuque ; ils sont vêtus d'un surplis et d'une cape, ce sont des membres du clergé. Leur calebasse munie d'une sangle occupe la partie inférieure du soufflet.

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"Dans deux mouchettes, de part et d'autre, deux pèlerins sont à genoux mains jointes, (en admiration ou en prière ?) Plus bas à l’extérieur, à genoux encore se trouvent deux chanoines ou prélats également en prière, le regard tourné vers ces tableaux." (Hébert)

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Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

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Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

Tympan (1520-1530, atelier rouennais) de la baie n°2 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen. Photographie lavieb-aile 2017.

 

SOURCES ET LIENS.

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BLONDEAU (Caroline), "L'escu de voirre", le vitrail à Rouen 1450-1530

— CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD ( Michel) 2001,  Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum -p. 399-411, Monum, Éditions du patrimoine, Paris, 2001 (ISBN 2-85822-314-9) ; p. 495

— CALLIAS-BEY (Martine), 1997, « A l'Escu de voirre » : un atelier rouennais de peinture sur verre aux XVe et XVIe siècles. In: Bulletin Monumental, tome 155, n°3, année 1997. pp. 237-242; doi : https://doi.org/10.3406/bulmo.1997.917000 https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1997_num_155_3_917000

DAVID (Véronique), 2004, Rouen, église Sainte-Jeanne d'Arc : les verrières, Connaissance du patrimoine de Haute-Normandie, coll. « Itinéraires du patrimoine », 16 p. (ISBN 2-910316-03-3)

— DELSALLE (L.), 1998, "A St-Vincent de Rouen, vitrail dit des Œuvres de Miséricorde", Bull. CDA, 1998, p. 119-130.

— HÉBERT (Pierre)  Le Pendu-Dépendu en Normandie

http://lodel.irevues.inist.fr/saintjacquesinfo/index.php?id=281

Saint Jacques en Normandie Colloque des 23 et 24 janvier 2004 aux Archives départementales de la Manche

https://www.saint-jacques.info/progstLO.htm

JACOMET (Humbert), 1992, « Un miracle de Saint Jacques : le pendu dépendu », Archéologia, no 278 (Avril 1992), pp. 36 47.

https://www.academia.edu/28174718/Un_miracle_de_Saint_Jacques_le_pendu_d%C3%A9pendu

— LAFOND (Jean), 1958, "Les vitraux de l'église St-Vincent et l'aménagement du Vieux-Marché",  Bull. AMR, 1958-1970, p. 147-167.

LANGLOIS (E.H), 1832, Essai historique et descriptif sur la peinture sur verre, Rouen, page 67-68.

https://archive.org/details/memoiresurlapein00lang

LAQUERRIERE (E. De) 1843, Eglise Saint-Vincent de Rouen, les vitraux,  Revue de Rouen et de Normandie vol.11 page 359.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=FNYwAQAAIAAJ&dq=bas-reliefs+de+la+%22rue+de+l%27Ecureuil%22+rouen&q=boyvin#v=onepage&q=pierre&f=false

PALISSY (Base) https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM76003070

— PERROT (Françoise ) 1995, Vitraux retrouvés de Saint-Vincent de Rouen, Catalogue d'exposition Musée des Beaux-arts, Rouen, 190 p.

— PERROT (Françoise ), « Les vitraux de l'ancienne église Saint-Vincent remontés place du Vieux-Marché » , Bulletin des Amis des monuments rouennais, 1979, p. 49-98

— PROUIN (Norbert), PRÉAUX (André), JARDIN (Anne), 1983, Rouen place du Vieux-Marché, L'Église Jeanne-d'Arc et ses vitraux, Charles Corlet, 36 p.

RIVIALE (Laurence) 1996,   Les verrières de l’église paroissiale Saint-Vincent de Cour-sur-Loire,  mémoire de maîtrise  à l’Université François Rabelais, Tours, Centre d’études supérieures de la Renaissance (C.E.S.R./C.N.R.S.), sous la direction de MM. Claude Mignot et Michel Hérold.

RIVIALE (Laurence), (1998), Les vitraux du XVIe siècle consacrés à la légende du « pendu-dépendu » : nouvelles informations iconographiques, Histoire de l'art  Année 1998  40-41  pp. 113-125.

https://www.persee.fr/doc/hista_0992-2059_1998_num_40_1_2802

RIVIALE (Laurence), 2003, « Les verrières de l’église Saint-Vincent de Rouen remontées à Sainte-Jeanne d’Arc », Congrès archéologique de France, 161e session, 2003, Rouen et Pays de Caux, Paris, Société archéologique de France, 2006, p. 262-268.

RIVIALE (Laurence), 2007, Le vitrail en Normandie, entre Renaissance et Réforme (1517-1596), Presses universitaires de Rennes, coll. Corpus Vitrearum .

 

 

TANGUY (Jacques) 2003. Rouen-histoire.com

http://www.rouen-histoire.com/SteJA/fenetre_01.htm

Divers

 

http://www.rouen-histoire.com/SteJA/index.html

http://www.rouen-histoire.com/Eglises_Rouen/St-Vincent.htm

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Rouen/Rouen-Sainte-Jeanne-d-Arc.htm

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Sainte-Jeanne-d%27Arc_de_Rouen

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Renaissance Inscriptions
10 février 2022 4 10 /02 /février /2022 21:38

La verrière de la Vie de saint Pierre (v.1520-1530), baie 1 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen, provenant de l'église Saint-Vincent.

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Voir :

Le vitrail des Chars ou verrière du Triomphe de la Vierge (Jean et Engrand Le Prince, v.1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen, provenant de l'église Saint-Vincent.

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PRÉSENTATION.

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Les 13 verrières provenant du chœur de l'église Saint-Vincent de Rouen  et magnifiquement remontées  en 1979 dans l'église Sainte-Jeanne-d'Arc, sont parfaitement présentées en ligne sur le site patrimoine-histoire.fr. La description de référence, dont je m'inspire largement,  est celle du volume du Corpus Vitrearum consacré aux Vitraux de Haute-Normandie.

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L'église Saint-Vincent a été détruite par les bombardements de 1944, mais ses verrières avaient été mises à l'abri dès la fin 1938. Cette paroisse connue depuis le XIIIe siècle était devenue l'une des plus riches de Rouen, notamment grâce au privilège sur la vente du sel accordé en 1409 par Charles VI. L'église fut réaménagée à partir de 1458, et notamment en 1470 sous l'impulsion d'Ambroise Harel, puis de 1478 à 1483 sous celle de Thomassin et à partir de 1512 sous la direction de Guillaume Touchet secondé par Vincent Gaillard.

Le fenestrage de la chapelle Saint-Nicolas est repris de 1512 à 1514, puis un nouveau chœur est conçu ; au sud, la chapelle Saint-Anne est terminé en 1519 et le déambulatoire l'est en 1523.

En 1519, avant la démolition de la dernière partie du chœur, abattue à mesure que progressaient les fondations, Richart Le Voirrier a désassemblé les vitres de l'église et les a remis en état. En 1523, les fenêtres sont vitrées avant l'achèvement des voûtes, et la fabrique verse 20 livres "au gendre Barbe (*), verynier, pour deux verrières assise aux galeries". 

(*) On reconnait sous cette désignation Olivier Tardif, qui épousa vers 1525 Jeanne Barbe, fille du verrier Jehan Barbe.

https://www.wikiwand.com/fr/Guillaume_Barbe

Avant la dédicace de l'église le 1er août 1531, l'église est nettoyée et le peintre verrier Maure Heurtault reçoit plus de 10 livres pour la réfection de toutes les verrières brisées.  En en 1528-1529 les verrières ont été  qui déposées puis reposées.

Les verrières basses du chœur de Saint-Vincent, qui avaient été posées entre 1520 et 1530, ont été remontées à l'église Sainte-Jeanne-d'Arc, construite en 1979 sur la Place du Vieux-Marché par l'architecte Louis Arretche en forme de carène renversée. Elles sont toutes placées au nord et numérotées de 1 à 13 de gauche à droite. Ces treize verrières avaient été réalisées par deux ateliers, dont le plus célèbre est celui des Le Prince de Beauvais. on retrouve les initiales d'Engrand Le Prince sur le vitrail des Chars.

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Liste des vitraux.

 

  1. Verrière de la Vie de saint Pierre,  atelier rouennais, 1520-1530, don des Boyvin, seigneurs de Bonnetot . Provient de la baie 11 de Saint-Vincent, au nord. 

  2. Verrière de Sainte Anne, 1520-1530, œuvre de Jean (?) Le Vieil et probablement offerte par la confrérie de Compostelle ; Provient de la baie n°8 de Saint-Vincent, au Sud

  3. Verrière du Triomphe de la Vierge ou vitrail des Chars, commandée en 1515 et réalisée vers 1522, œuvre de Jean et Engrand Le Prince ; Provient de la baie n°10 de Saint-Vincent, au Sud

  4. Verrière de la Parenté de sainte Anne, atelier rouennais,  1520-1530 ; Provient de la baie n°6 de Saint-Vincent, au Sud

  5. Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, réalisée en 1525-1526, œuvre d'Engrand Le Prince ; Provient de la baie n°13 de Saint-Vincent, au Nord.

  6. Verrière des Œuvres de Miséricorde, réalisée en 1520-1530, œuvre d'Engrand et peut-être de Jean Le Prince ; Provient de la baie n°7 de Saint-Vincent, au Nord

  7. Verrière de Saint Antoine de Padoue, atelier rouennais,  1520-1530, seule verrière uniquement en grisaille et jaune d'argent ; Provient de la baie n°5 de Saint-Vincent, au Nord

  8. Verrière des Saints, atelier rouennais,  1520-1530 ; Provient de la baie n°9 de Saint-Vincent, au Nord

  9. Verrière de l'Enfance et de la Vie publique du Christ, atelier rouennais,  1520-1530, don des Le Roux de Bourgtheroulde ; Provient de la baie n°3 de Saint-Vincent, au Nord.

  10. Verrière de la Passionatelier rouennais, 1520-1530 ; Provient de la baie n°1 de Saint-Vincent, au Nord.

  11. Verrière de la Crucifixionatelier rouennais, 1520-1530, ancienne verrière axiale ou baie 0 de l'église Saint-Vincent ;

  12. Verrière de la Vie glorieuse du Christatelier rouennais, 1520-1530 ; Provient de la baie n°2 de Saint-Vincent, au Sud

  13. Verrière du martyre de saint Vincentatelier rouennais, 1520-1530, don des Le Roux, seigneurs de l'Esprevier. Provient de la baie n°4 de Saint-Vincent, au Sud.

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"L'atelier rouennais".

"Cet atelier regroupe en réalité l'œuvre de plusieurs peintres verriers dont le seul identifié est le rouennais Le Vieil auteur de la verrière de sainte Anne n°2. Ce pourrait être Jean Le Vieil, ancêtre des peintres verriers qui ont travaillé au XVIIe siècle à Saint-Vincent, et qui est mentionné à Saint-Maclou en 1519 et 1520.

Des caractères communs rassemblent ces verrières comme la densité des compositions, la vivacité de la gamme colorée ou l'emploi de verres soufflés en plateau (nombreuses traces de cives). Des techniques savantes sont mises en œuvre, notamment dans la verrière de saint Vincent, la plus richement travaillée de la série : ainsi la chape de l'évêque Valère est ornée de petites figures de saints gravés, la colonne de la comparution est faite en verre vénitien et même les fleurs sont l'occasion de raffinement technique puisqu'elles sont montées en chef d'œuvre.

Selon un procédé courant, l'atelier emploie souvent les mêmes cartons pour exécuter plus rapidement les anges symétriques des tympans ou pour reprendre des silhouettes, comme celle de l'enfant jouant avec un chien, utilisées à la fois dans la verrière de la Passion et dans celle de saint Vincent.

Ces peintres verriers ont repris des formules mises au point par Arnoult de Nimègue pour les types de personnage et le répertoire ornemental, hérité de Gaillon. Ainsi dans la verrière de la Crucifixion, les petits anges, les rinceaux peuplés de putti et de chimères ou bien, dans la verrière des saints, le décor du registre supérieur animé de putti et de pots à feu, les visages au contour hésitant, le traitement des carnations à la sanguine pure ou mêlée de grisaille, rappellent la verrière de l'Arbre de Jessé à l'église Saint-Godard de Rouen ou celle des Trois-Marie à l'église Notre-Dame de Louviers peintes par Arnoult de Nimègue.

Il serait vain de vouloir distinguer une personnalité distincte à l'origine de chacune de ces verrières ; plusieurs artistes peuvent collaborer à la même œuvre, comme on peut l'observer de façon spectaculaire , sur la verrière des saints où les deux registres inférieurs sont traités beaucoup plus simplement que le registre supérieur,...

... ou encore sur la verrière de saint Pierre où les deux scènes pleines de verve et de rivalité de saint Pierre et de Simon le Magicien contrastent avec celles, beaucoup plus placides, de la vocation de saint Pierre et de la pêche miraculeuse." (Callias-Bay & al. Corpus Vitrearum, page 403)

 

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 lavieb-aile 2022.

lavieb-aile 2022.

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L'examen du plan  de situation des verrières de Saint-Vincent montre la cohérence du programme iconographique de l'ancienne église : au centre l'abside du chœur est consacrée, de gauche à droite n°3, 1, 0 , 2, à la Vie et à la Passion du Christ, et enfin n°4 au saint patron de l'église, saint Vincent.

Le coté sud est réservé à sainte Anne (n°6 et 8) avant la verrière des Chars ou Triomphe de la Vierge.

Le coté nord est consacré aux saints, avec successivement saint Antoine (n°5), les Oeuvres de Miséricorde (n°7), les 6 Saints dont saint Nicolas (n°9), saint Pierre (n°11) et saint Jean-Baptiste (n°13).

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 lavieb-aile 2022.

lavieb-aile 2022.

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DESCRIPTION.

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La baie n°1 de l'église Jeanne-d'Arc mesure 6,60 m de haut et 3,36 m de large. Ses 4 lancettes trilobées  s'organisent en deux registres soit 4 épisodes de la Vie de saint Pierre, tandis que les 6 soufflets et 6 mouchettes du tympan moderne (1869) proposent d'autres épisodes, entourés d' anges.

À la partie inférieure, trois écus attribuent la donation de cette verrière aux Boyvins, seigneurs de Bonnetot. 

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La verrière a été restaurée par Guillaume Le Vieil en 1721 et par Duhamel-Marette en 1869 (cf. inscription infra dans l'écu du bas de la 3ème lancette).

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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR.

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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

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1. La vocation de saint Pierre et de saint André.

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La tête des apôtres a été restituée.

La Vie de saint Pierre commence par le début : comment il fut, avec son frère André, appelé par Jésus alors qu'il pêchait ,comme le raconte l'Évangile de Matthieu 4:18-20, sur le lac de Galilée,  :

 Un jour qu'il marchait au bord du lac de Galilée, il vit deux frères: Simon (qu'on appelle aussi Pierre), et André, son frère, qui lançaient un filet dans le lac, car ils étaient pêcheurs.  Il leur dit:
    ---Suivez-moi et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes.

Ils abandonnèrent aussitôt leurs filets et le suivirent.

On comparera ce panneau, de même que le suivant, à ceux de la baie n°16 de l'église Saint-Etienne de Beauvais, réalisé par l'atelier Le Prince en 1548. 

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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

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En arrière-plan, un navire (pas du tout adapté à la navigation sur le Lac de Tibériade ...) est représenté.

C'est une "galée" portant trois mâts chacun gréé d'une voile ferlée sur une antenne ou une vergue. Les châteaux avant et arrière sont excessivement élevés. Ce qui est remarquable, c'est la précision de tracé des haubans, où la garniture de protection des voiles contre le ragage est figurée. 

Ce navire rappelle que saint Pierre est le saint patron des marins-pêcheurs. Mais il témoigne aussi de la vocation commerciale maritime et fluvial de Rouen dans les échanges de draps, de pastel ou de guède, et de vins. Le port du Havre est créé en 1517 par François Ier comme avant-port sur la Seine.

On trouve aussi à Beauvais sur la verrière de la baie N°16 des paysages maritimes similaires en arrière-plan, et j'avais déjà indiqué lors de ma description un certain nombre de données auxquelles je renvoie.

 

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"L'essor économique de la ville à la fin du xve siècle est dû essentiellement aux draperies, mais aussi à la soierie et à la métallurgie.

Les pêcheurs de Rouen allaient jusqu'à Terre-Neuve pêcher la morue et en Baltique pêcher le hareng. Le sel venait du Portugal et de Guérande.

Les draps étaient vendus en Espagne, qui fournissait alors la laine, et les Médicis ont fait de Rouen le principal point de revente de l'alun romain.

Au début du XVIe siècle, Rouen est devenue le principal port français de commerce avec le Brésil, principalement pour les colorants de draperies. En effet, les manufactures de Rouen utilisent des teintures directement importées du Nouveau Monde, le rouge tiré de l'essence du bois-brésil, le bleu issu de la culture et la transformation de l’indigo. Cette fonction teinturière de la ville est confirmée par la présence des Florentins qui en font la plaque tournante de l'alun romain dans le Nord de la France. L'alun est un minéral permettant la fixation des pigments sur les textiles. " (Wikipedia)

Rouen dispose d'un chantier naval : le "port aux Galées", même si la fondation du Havre mit un terme à son activité, le dernier bateau a en être sorti datant de 1532.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Clos_aux_gal%C3%A9es

Malgré son caractère schématique, cet arrière-plan est  un document ethnographique qui peut être rapproché des autres documents iconographiques concernant les navires du XVIe siècle, provenant par exemple des enluminures, mais aussi des graffiti normands, ou des sculptures sur pierre et sur bois des édifices religieux.

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La Grande vue de Rouen, 1525, vue du faubourg d'Emendreville (Saint-Sever). Le Livre des Fontaines de Jacques le Lieur, planche 15.

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Frédéric Vivien, Le Clos aux Galées de Rouen

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Une caravelle et son équipage, verrière datée de 1586.église Saint-Aubin de Neuville-les-Dieppe.

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Navire de la verrière de Neuville-les-Dieppe.

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Voir les graffiti normands :

-Dives-sur-mer, église : 400 graffiti

-Saint-Vaast la Hougue, chapelle des Marins, graffito,  XVIe

http://www.saintvaast.fr/pageLibre000125fc.aspx

-Vatteville-la-rue graffiti des murs de l'église

http://www.jpdugene.com/camping_car/normandie_2012/2012-08-07.htm

-Fécamp, abbatiale Ste-Trinité, graffiti

http://www.unicaen.fr/recherche/mrsh/sites/default/files/forge/vignettes/abbatialeFecamp.jpg

-Région de Fécamp :

http://www.fecamp-terre-neuve.fr/GalerieGraffiti.html

-Honfleur, Maison Erik Satie, graffiti XVIe-XIXe

-Eglise d'Hénouville:

http://perso.numericable.fr/~arnaudser/serander/Henouville/Graffiti.htm

-Dreux, beffroi, graffiti de 1537 :

https://www.sagaphoto.com/photo.asp?from=liste&id=PF008391#.XlEHBWhKiM8

-Couvent Sainte-Barbe de Canteleu près de Rouen:

https://rouen.blogs.com/photo/2007/11/o-trouver-ce-gr.html


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Voir  sur les carvelles ou les embarcations de pêche sculptées sur pierre en Finistère : 

Voir les embarcations de pêche sculptées sur bois sur les sablières du Finistère:

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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

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2. La pêche miraculeuse.

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Jésus, en bleu, est figuré derrière les deux frères Pierre et André qui remontent leurs filets bien remplis.

 

 

 

 

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

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Derrière la tête du Christ, nous retrouvons figurés trois navires, et une barque à trois rameurs. Aucun navire  n'est entièrement représenté, mais par contre, nous découvrons des détails très vivants, comme des haubans rompus par la tempête et qui battent au vent, un matelot en train de ferler la voile en bout de vergue, tandis qu'un équipier monte, par l'échelle disposée entre deux haubans pour accéder au poste de vigie en forme de panier (gabion) .

 

 

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

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3. Chute de Simon le Magicien.

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Bien que les Actes des Apôtres (Ac 8. 4-25) mentionnent Simon le Magicien, sa conversion et son baptême, l'épisode représenté trouve sa source dans un texte apocryphe, les Actes de Pierre, selon lequel Simon aurait séduit la foule en s'envolant dans le ciel (Actes de Pierre, 32). L'Apôtre Pierre aurait alors invoqué le nom de Jésus et provoqué sa chute. 

"Selon les Actes des Apôtres (VIII, 9-24), Simon était un magicien, qui opérait en Samarie et se faisait appeler la Puissance de Dieu, la Grande. Converti par la prédication de Philippe, il reçut le baptême. Mais, quand il offrit de l'argent à Pierre pour obtenir le pouvoir de donner lui aussi le Saint-Esprit en imposant les mains (de là vient le nom de simonie), Pierre le repoussa violemment. Les discussions de Simon avec Pierre et leur fin dramatique sur le Forum sont une légende qui remonte aux livres apocryphes intitulés Actes de Pierre et aux romans pseudo-clémentins, plus connus sous le nom d'Homélies pseudo-clémentines. Ces dernières résument la doctrine (III, 2) que Simon prétendait démontrer par les Écritures : le Dieu suprême est un dieu autre que celui qui a créé le ciel et la terre ; il est inconnu et ineffable et il pourrait être appelé le Dieu des dieux. Irénée et Hippolyte font de lui le père du gnosticisme et le fondateur d'une secte gnostique ; mais on peut se demander s'il s'agit du même personnage." (Universalis.fr)

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Le peintre a représenté Pierre levant la main (une des postures rhétoriques de l'Orateur) tandis que Simon qui s'était envolé retombe dans le Ciel, tête et mains dirigées vers le sol, environné de trois démons. Trois disciples contemplent la scène.

En partie basse, à une échelle plus petite, un homme vêtu (comme les "disciples") comme un bourgeois ou noble de Rouen à la Renaissance fait face à un démon enflammé et s'en protège de la paume.

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Plusieurs détails sont remarquables :

-le verre rouge gravé à l'acide du démon, qui permet de rendre les reflets éclatants du vermillon métallique de la créature bestiale (ailes de chiroptères, échine épineuse du dragon, oreilles d'âne et doigts ou orteils dilatés de  crapaud) .

-Le verre rouge gravé d'un rond pour figurer le médaillon du bonnet d'un disciple.

-Les verres bleus gravés qui, après peinture au jaune d'argent, donnent les coloris verts.

-Le réseau de plomb, qui est traité par le peintre comme des branchages sur lesquelles il peint des ramifications et de petites feuilles.

-l'architecture du fond (détail infra), censé représenter un monument romain, mais dans laquelle nous serions tenter de reconnaître un monument local, exercice auquel invitent aussi les vitraux des Le Prince ici ou à Beauvais. 

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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

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4. Dispute de Pierre et de Simon le Magicien en présence de la foule.

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Scène qui précède l'épisode précédent. Saint Pierre reprend là aussi une posture de l'éloquence rhétorique , celle de l'exposé des arguments. Simon déchire ou piétine des livres.

Le livre à reliure rouge présente le double intérêt d'une part d'être en verre gravé, et d'autre part de porter un motif Renaissance, celui des "dauphins" affrontés. Un décor introduit en Normandie sur les pilastres du château de Gaillon pour Georges d'Amboise, archevêque de Rouen entre 1502 et 1509.

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Le fond architecturé montre une vue d'une cathédrale, qu'on comparera aux églises de sur la Grande Vue  du Livre des fontaines de Jacques Le Lieur, contemporaine de cette verrière. La Querrière y reconnait par sa tour "l'église de l'abbaye de Saint-Ouen, et à coté à main droite une autre église ressemblant à Saint-Maclou".

Mais Saint-Ouen n'était-elle pas en pleine reconstruction? Voir les images suivantes :

http://www.rouen-histoire.com/Eglises_Rouen/Ste-Croix_St_Ouen.php

http://www.rouen-histoire.com/Saint-Ouen/Saint-Ouen/Abbaye_Saint-Ouen.htm

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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Grande vue de Rouen, Jacques de Lieur, 1525, Le livre des fontaines, BM de Rouen Gallica

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La tour de l'église de l'abbaye de Saint-Ouen.

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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

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Les armoiries des donateurs, et le cartel de la restauration.

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La lancette B montre, présentées par un ange, des armoiries d'azur , à Trois croisettes d'or , 2 et 1 qui sont celles des Boyvin seigneurs de Bonnetot.

La lancette A montre deux anges présentant les mêmes armoiries en alliance avec d'autres, d'azur à trois [?] d'argent. 

La lancette D montre les armes des Boyvin en alliance avec d'autres, d'or à deux ou trois merlettes de sable.

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Les informations sur la famille de Boyvin ou Boisvin que je réunis ici sont postérieures à la date de cette verrière. 

 

 

 

On lit dans l'Histoire de la ville de Rouen divisée en six parties, Volume 1 de François Farin, et dans le Dictionnaire de la Noblesse de La Chesnaye des Bois  ceci :

 

"BOYVIN, Seigneur de Saint-Ouen & de Tourville en Normandie, Généralité de Rouen, famille maintenue dans sa Noblesse le 28 Août 1668. On trouve dans l'Hift. de Rouen , que Noel Boyvin, Sieur de Tourville, obtint des Lettres de Noblesse en 1574. Messire Noël de Boyvin, II. son fils, Seigneur de Tourville, Saint, Claville & de Boisguilbert, fut reçu Président en la Chambre des Comptes de Rouen, l'an 1582. Jena-baptiste Boyvin, Seigneur de Bonnetot, fut Premier Président de la même Chambre des Comptes en 1692. Il avoit épousé Marie Mallet de Graville. Charles Boyvin, Seigneur de Canonville, l'aîné de cette famille est mort au service du Roi, Capitaine de Vaisseau, & fut tué dans un combat naval. Il avoit épousé Antoinette de Nicolaï, fille d’Antoine de Nicolai, Premier Président de la Chambre des Comptes de Paris. Ses freres, Guillaume & Antoine Boyvin, furent tués au siège de Namur, & à la bataille de Nerwinde, Lieutenans dans le Régiment des Gardes. Les armes : d'azur , à trois croix d'or, 2 & 1."

 

Bin qu'aucun rapport n'ait été établi entre cette famille et l'enlumineur Robert Boyvin, je ne peux éviter de noter les informations qui concernent ce dernier :

"Robert Boyvin appartient à une famille de gens du livre rouennais installés depuis au moins le début du xve siècle. Un Jean Boyvin, écrivain et vendeur de livre est en effet installé à proximité de la cathédrale Notre-Dame de Rouen, du côté du portail des libraires. C'est le cas également d'un Thomas Boyvin, mentionné dans les sources en 1479, à nouveau un Jean Boyvin en 1487-1488 puis, sans doute son fils, Robinet (petit Robert) à partir de 1487. Il occupe alors la quatrième échoppe du côté de l'archevêché. Il est indiqué sur place jusqu'en 1502. Son mariage est également documenté en 1480 avec la fille du libraire Jean Coquet.

À partir de 1503, il est indiqué comme prestataire pour Georges d'Amboise, archevêque de Rouen dans les comptes de son château de Gaillon.  Les plus anciens manuscrits attribués à Robert Boyvin permettent de dire que ce dernier a probablement été formé au sein de l'atelier du Maître de l'Échevinage de Rouen, le plus important enlumineur rouennais du milieu du xve siècle. "(Wikipedia)

Cf Elliot Adam :

 https://www.academia.edu/36296926/Retour_sur_l%C5%93uvre_de_Robert_Boyvin_enlumineur_%C3%A0_Rouen_vers_1500

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Je ne peux accéder à la généalogie  de ces  Boyvin seigneurs de Bonneville à l'époque qui nous concerne, ce qui ne me permet pas d'élucider les alliances des écus mi-parti.

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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

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Inscription de restauration dans un écu.

 

 

Texte : "Cette verrière a été restaurée et complétée à l'aide des deniers de M. B.L [Bernard Leduc] pour lors membre de la fabrique de S. Vincent. 1869."

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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

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Lancette D : armoiries des Boyvin et alliance.

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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

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LE REGISTRE SUPÉRIEUR.

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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

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4. Prédication de saint Pierre.

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Depuis une chaire de l'intérieure d'un édifice d'inspiration romaine, et à galerie, saint Pierre expose ses arguments à quatre hommes en tenue de riches bourgeois de Rouen(verre rouge gravée d'une toque et d'une aumônière).

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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

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Dans les galeries de l'édifice (dont on aimerait que les érudits rouennais recherchent des modèles dans les hôtels particuliers ou autres construction Renaissance), des personnages apparaissent aux rampes des balustrades à colonnes,  tandis qu'une niche contient une statuette.

Une femme, à sa fenêtre, réalise un tableau charmant, très vivant par son impromptu, mais réservé aux curieux armés de jumelles. 

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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

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Dans la partie inférieure est peinte une scène qui semble un peu étrangère à la scène principale, dans laquelle une femme, assise contre la chaire, tient un enfant qui regarde vers le haut, ou qui est aveugle. Il tend le bras gauche vers un personnage accroupi, peut-être un artisan, qui sort d'un panier en osier au couvercle rabattu une planchette indistincte, peut-être un jouet.

Les bandes jaunes des manches et le galon de l'encolure sont gravés sur le verre rouge, et peints au jaune d'argent.

Comment sont faites les bandes jaunes et noires du plastron de l'enfant ?

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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

 

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5. Miracles opérés par saint Pierre.

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Le peintre semble décidé à nous présenter, à travers Pierre, une part du catalogue des gestes décrits dans le De institutione oratoria (De l’institution oratoire) de Quintilien.

— Catherine VERMOREL, « De la rhétorique au geste : l’actio dans le portrait peint de la Renaissance italienne », Laboratoire italien [En ligne], 25 | 2020, mis en ligne le 14 décembre 2020, consulté le 10 février 2022. URL : http://journals.openedition.org/laboratoireitalien/5357 ; DOI : https://doi.org/10.4000/laboratoireitalien.5357

Car le geste qu'il adopte à l'égard des scrofuleux, des paralytiques tenant leur béquille, d'un aveugle à la longue canne, et d'autres encore, n'est pas exactement un geste de bénédiction.

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Les prouesses techniques et les détails à découvrir abondent :

-verre rouge gravé de la culotte "à crevés" (dont la mode débute) et de la bourse du mendiant, ou du bol rouge à reflets du paralytique.

-verre rouge ponceau de la masse de feuillage s'éclaircissant en périphérie en  rose.

-verre bleu gravé du buisson aux dégradés de verts et de bleu.

-feuilles rondes bourgeonnants autour des plombs.

-façade gothique vieux rose, et sa fenêtre où paraît un vieillard (??)

-scène d'extérieur en jaune d'argent dans laquelle un homme barbu court en portant sur ses épaules un homme handicapé, devant un pauvre homme s'aidant de deux béquilles d'aisselles,

-architecture civile, etc.

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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

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6. Remise des clés à saint Pierre.

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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

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7. Apparition du Christ à  saint Pierre.

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Tête de saint Pierre restituée.

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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

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Le fond bleu nous réserve encore une vue architecturée, une "fabrique", en ruine ou en construction, devant laquelle passe, une main sur la hanche et s'appuyant à un long bâton, un homme. Mon imagination, que ces détails enchantent, y voit un soudard, un soldat barbu, casqué et éreinté.

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Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

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LE TYMPAN (DUHAMEL-MARETTE, 1869).

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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

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Saint Pierre marchant sur les flots.

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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

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Ange présentant les clefs emblématiques.

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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

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Résurrection de Tabitha.

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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

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Crucifiement de Saint Pierre .

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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

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Rencontre du Christ et de saint Pierre.

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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

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Saint Pierre délivré de prison par un ange.

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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

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Ange tenant un cartouche : PASCE AVES MEOS (Jn 15:17 Pais mes brebis).

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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

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Ange tenant un livre.

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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

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Saint Pierre dans une gloire entouré d'anges.

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Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

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SOURCES ET LIENS.

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— BLONDEAU (Caroline), "L'escu de voirre", le vitrail à Rouen 1450-1530

— CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD ( Michel) 2001,  Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum -p. 399-411, Monum, Éditions du patrimoine, Paris, 2001 (ISBN 2-85822-314-9) ; p. 495

DAVID (Véronique), 2004, Rouen, église Sainte-Jeanne d'Arc : les verrières, Connaissance du patrimoine de Haute-Normandie, coll. « Itinéraires du patrimoine », 16 p. (ISBN 2-910316-03-3)

— DELSALLE (L.), 1998, "A St-Vincent de Rouen, vitrail dit des Œuvres de Miséricorde", Bull. CDA, 1998, p. 119-130.

— LAFOND (Jean), 1958, "Les vitraux de l'église St-Vincent et l'aménagement du Vieux-Marché",  Bull. AMR, 1958-1970, p. 147-167.

— LAFOND (Jean), 1908, "Un vitrail de Engrand Leprince à l'église Saint-Vincent", Bull. AMR, 1908, p. 22, 23, 157-167.

 

LANGLOIS (E.H), 1832, Essai historique et descriptif sur la peinture sur verre, Rouen, page 67-68.

LAQUERRIERE (E. De) 1843, Eglise Saint-Vincent de Rouen, les vitraux,  Revue de Rouen et de Normandie vol.11 page 359.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=FNYwAQAAIAAJ&dq=bas-reliefs+de+la+%22rue+de+l%27Ecureuil%22+rouen&q=boyvin#v=onepage&q=pierre&f=false

— PALISSY (Base) https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM76003098

— PERROT (Françoise ) 1995, Vitraux retrouvés de Saint-Vincent de Rouen, Catalogue d'exposition Musée des Beaux-arts, Rouen, 190 p.

— PERROT (Françoise ), « Les vitraux de l'ancienne église Saint-Vincent remontés place du Vieux-Marché » , Bulletin des Amis des monuments rouennais, 1979, p. 49-98

— PROUIN (Norbert), PRÉAUX (André), JARDIN (Anne), 1983, Rouen place du Vieux-Marché, L'Église Jeanne-d'Arc et ses vitraux, Charles Corlet, 36 p.

RIVIALE (Laurence), 2007, Le vitrail en Normandie, entre Renaissance et Réforme (1517-1596), Presses universitaires de Rennes, coll. Corpus Vitrearum .

RIVIALE (Laurence), 2003, « Les verrières de l’église Saint-Vincent de Rouen remontées à Sainte-Jeanne d’Arc », Congrès archéologique de France, 161e session, 2003, Rouen et Pays de Caux, Paris, Société archéologique de France, 2006, p. 262-268.

— TANGUY (Jacques) 2003. Rouen-histoire.com

http://www.rouen-histoire.com/SteJA/fenetre_01.htm

Divers

 

http://www.rouen-histoire.com/SteJA/index.html

http://www.rouen-histoire.com/Eglises_Rouen/St-Vincent.htm

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Rouen/Rouen-Sainte-Jeanne-d-Arc.htm

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Sainte-Jeanne-d%27Arc_de_Rouen

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Héraldique
7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 18:22

 

 

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Voir sur Guengat :

 

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 PRÉSENTATION.

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Cette plaque gravée est vissée (au moins depuis 2011) sur le mur à la gauche de l'enfeu nord et du gisant du couple de Saint-Alouarn. Elle était auparavant conservée au presbytère, selon Pérennès (1941) cité par C. Jouin. 

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J'emprunterai à René Couffon son relevé :

 "Une plaque de cuivre, frappée des armes de Guengat, porte l'inscription :"Nous, haut et puissant Messire Charles, Joseph François Quemper, chevalier, Seigneur de Lanascol, de Guengat et autres lieux, permettons au général de la paroisse de Guengat de baisser notre tombe, existant au milieu du choeur de l'église de Guengat, à la hauteur de deux pieds et demi, et de la mettre au ras du pavé. Mais la pierre supérieure sera mise en même état au niveau des autres pierres du dit pavé, nous réservant la faculté de la rétablir à notre volonté à la hauteur où elle est aujourd'hui. A Lanascol, le 4 juillet mil sept cent quatre vingt un. Charles Quemper comte de Lanascol, Hamon recteur, Louboutin curé, Alain Le Garz fabrique."

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Il faut compléter cette description en précisant que les armes des Guengat, d'azur à trois mains dextres appaumées d'argent en pal 2.1, sont timbrées de la couronne de marquis et ornées de lambrequins principalement végétaux.

Ni Diverrès en 1891 ni   Abgrall en 1906 n'en font  mention.

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Elle pose à mon sens trois petites énigmes aux curieux.

1°) Pour quelles raisons ce sont les armes des premiers seigneurs prééminenciers de l'église, la famille de Guengat, qui figurent ici, et non celles des Quemper de Lanascol, d'argent au léopard de sable à  trois coquilles de même en chef ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Blason_Famille_Quemper_de_Lanascol.svg

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2°) Qui est ce "Messire Charles, Joseph François Quemper, chevalier, Seigneur de Lanascol, de Guengat et autres lieux" ? 

A priori, la réponse est facile, mais à condition de bien vouloir modifier les prénoms et y substituer Charles Claude Yves Joseph Quemper, chevalier , comte de Lanascol, lieutenant des maréchaux de France, colonel de la maréchaussée, grand voyer de Bretagne, né le 11 juillet 1723 à Keraudy, Ploumiliau, Côtes d'Armor et décédé le 4 novembre 1781 au château de Lanascol, même lieu.

La plaque datée de juillet 1781 précède de peu celle du décès du comte.

Il est le fils d'Yves Joseph  Jacques Quemper, chevalier , seigneur de Lanascol, et de Marie Marquise de Cleuz.

https://gw.geneanet.org/hamety?lang=en&iz=3808&p=yves+joseph+jacques&n=quemper

https://man8rove.com/fr/profile/spf8bqvh9-charles-claude-yves-joseph-de-quemper-de-lanascol

Et c'est le père de Jacques Yves Joseph Marie, seigneur marquis de Lanascol, dont le nom apparait sur la cloche de 1773.

 

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3°) Pour quelle raison ce seigneur accepte-t-il d'abaisser la pierre tombale familiale, dont nous apprenons l'existence par cette inscription, et qui était placée au milieu du chœur, surélevée de 75 centimètres, pour la placer au ras du sol ? Pour des raisons pratiques qui s'imposent par leurs nécessités ? Par un nouvel équilibre des prétentions des trois Etats ?

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Les co-signataires :

— Le recteur HAMON est déjà en poste en 1773, puisque son nom apparaît sur la cloche ; son curé (vicaire) est alors un certain Kerlen.

— Le curé est Nicolas Louboutin, sur lequel les archives rapportées par Christian Jouin apporte de nombreuses informations. C. Jouin indique qu'il est né à Guengat le 1er mai 1754, qualifié de prêtre le 24 octobre 1778, et qui signe un baptême dès le 13 mars 1783. Il prêta serment, puis se rétracta en 1791 en même temps que son recteur Le Gorgeu. "Mais il se refusa à émigrer. Il resta sur le terrain, cinq années (de 1792 à 1797) durant, caché, exerçant un ministère clandestin". (C. Jouin)

— Alain Le Garz est sans doute celui que mentionnent les généalogistes : né le 2 septembre 1735 à Langolen (29), et marié le 5 février 1760 à Kerfeuteun avec Jeanne Thomas, il est décédé le 13 mars 1787 à Crinquellic, Guengat. Mais les généalogies sont confuses :

https://gw.geneanet.org/herveline29?n=le+garz&oc=&p=alain

https://gw.geneanet.org/jeannettepelliet?n=le+garz&oc=&p=alain

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Plaque de 1781 apposée dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Plaque de 1781 apposée dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Plaque de 1781 apposée dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Plaque de 1781 apposée dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

 

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SOURCES ET LIENS.

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— ABGRALL (Jean-Marie), 1911, Notice sur la paroisse de Guengat, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, BDHA, Quimper

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/344

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988,  Notice sur les paroisses,...

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/GUENGAT.pdf

 

 

— DILASSER (Maurice), 1979 : Locronan et sa région (Paris, 1979)

DIVERRÈS (Henri), 1891,  "Monographie de la commune de Guengat ", Bull. S. A. F., pages 42-61).

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f115.image

 

— JOUIN (Christian), s.d, Tout sur l'histoire de Guengat.

https://www.guengat.com/

 

 

PÉRENNÈS (Henri), 1941 : Guengat (Rennes) non consulté

— POP.CULTURE

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00089983

— WAQUET (Henry ), 1957,  Guengat (S.F.A. - Congrès archéologique de France CXVe session 1957 Cornouaille.) -

— WAQUET (Henry ), 1942, Art breton, 2è éd., 1942, pp.145-151

— Site Infobretagne : http://www.infobretagne.com/guengat.htm

http://www.guengat.fr/patrimoine/leglise

 

— WIKILAND

https://www.wikiwand.com/fr/Guengat

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Héraldique
4 février 2022 5 04 /02 /février /2022 14:02

Les sculptures extérieures des façades sud et ouest de l'église de Guengat. Les gargouilles, et crossettes (granite, XVIe siècle). Les  inscriptions (1557 et 1706). Les cloches (1773 et 1872).

 

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Voir sur Guengat :

 

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— Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère (ou de Bretagne) destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

 

 

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L'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

L'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

L'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

L'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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LES TROIS GARGOUILLES.

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Rappel : les gargouilles servent à l'évacuation des eaux pluviales afin qu'elles ne ruissellent pas sur les murs ou qu'elles ne favorisent l'humidité des fondations. Elles diffèrent donc par leur fonction des crossettes, pierres d'amortissement à l'union du toit et des murs.

Dans son Dictionnaire raisonné,  Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc a consacré à la gargouille (ou « gargolle, guivre, canon, lanceur ») une notice détaillée et illustrée.  « Beaucoup de ces gargouilles sont des chefs-d’œuvre de sculpture ; c’est tout un monde d’animaux et de personnages composés avec une grande énergie, vivants, taillés hardiment par des mains énergiques et sûres. Ces êtres s’attachent étroitement aux larmiers, se soudent à l’architecture et donnent aux silhouettes des édifices un caractère particulier, marquant leurs points saillants, accusant les têtes des contre-forts, faisant valoir les lignes verticales » (Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, Paris, A. Morel, 1868, tome VI p. 22).

 

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1°) Un dragon ailé.

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La gargouille est creusée ici en canalisation sur sa face supérieure, et elle reçoit les eaux pluviales par un trou du mur, communiquant avec les  toitures des deux premières chapelles, puisqu'elle est placée au dessus du contrefort séparant les deux pignons.

Le motif du dragon (ou animal fantastique ailé) des  gargouilles est certainement le plus courant.

Date-t-elle de la construction initiale (XVIe) ou de la restauration de 1706 ? 

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Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Deux écuyers jumeaux enlacés.

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C'est l'un des éléments sculptés les plus remarquables de cette façade, par son originalité.

La situation au dessus d'un contrefort séparant le pignon de la première chapelle de celui du porche et de sa chambre d'archives, est semblable à celle de la gargouille précédente, mais est plus élevée.

Une canalisation rectangulaire (recevant les eaux par un orifice du mur) est soutenue par deux personnages identiques. Ils évoquent les écuyers armés d'une épée et allongés horizontalement avec une jambe fléchie qui se retrouvent (mais sans ce doublement gémellaire) sur nos édifices en tant que crossettes, à Landerneau, Plougourvest, Notre-Dame-de-Berven, Le Tréhou, Locmélar et Saint-Servais.

Ils évoquent aussi les "acrobates" qui ont la même posture, mais tenant sa cheville empoignée, à La Martyre, en "acrobate lubrique" (Dirinon, Confort-Meilars, chapelle Saint-Nicodème de Ploéven, Doyenné du Folgoët) et en "acrobate-buveur" à Pontivy ou Roscoff.

Leur coude extérieur est fléchi, et je ne parviens pas à préciser si la main tient la poigne d'une épée ou d'une dague.

Ils n'ont d'autre coiffure que leurs cheveux mi-longs, mais sont vêtus d'un pourpoint dont l'encolure à larges rabats est bien visible.

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Le plus surprenant n'apparait que pour le visiteur qui se place juste en dessous et observe la face inférieure de la gargouille. On découvre que leurs bras (gauche pour celui de gauche et droit pour celui de droite) se croisent si bien que les mains se retrouvent au niveau de la ceinture ... ou un peu en dessous. Cet enlacement est-il d'ordre érotique ?

L'iconothème des jumeaux est présent sur les édifices de Bretagne, mais il n'y est pas fréquent. Pourtant, à l'intérieur même de l'église de Guengat, deux masques jumeaux sont sculptés en bois comme blochet de la chapelle Saint-Michel. Faut-il rappeler l'ancienneté du mythème des jumeaux divins  cavaliers proto-indo-européens et la présence des Dioscures Castor et Pollux? J'avais trouvé dans le duo des saints Côme et Damien, duo presque jamais séparé en iconographie bretonne, un premier début de réflexion sur ce sujet.

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Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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3°) Une gargouille anthropomorphe lubrique. Pignon ouest.

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Le thème érotique est ici incontestable. Un homme nu (?) porte un doigt de la main gauche au coin de sa bouche, tandis que sa main droite est placée dans l'entrejambe ; le sexe n'est pas visible.

Les exemples identiques sont fréquents, à Brasparts notamment. Et d'une manière générale, les gargouilles sont souvent inconvenantes, ce qui assure un fond de commerce à de nombreux auteurs sûrs de trouver leur public.

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Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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LES CROSSETTES : TROIS LIONS.

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Les "lions de crossettes", comme je les nomme, sont légions en Bretagne, et particulièrement en Basse-Bretagne. Ils tiennent parfois un petit être, une "âme" entre leurs pattes ou dans leur gueules. 

Ici, l'un tient un écu qui portait peut-être jadis les armes de Guengat.

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1. Lion de l'angle sud-est.

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Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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2. Lion de la façade sud.

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En dessous de l'extrémité des gables des pignons du porche et de la première chapelle, au dessus des écuyers jumeaux. 

Le lion semble tenir quelque chose entre les pattes.

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Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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3. Lion tenant un écu.

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On peut penser que cet écu (comme celui placé au faîte du pignon de la chapelle Saint-Michel) portait les armes des seigneurs de Guengat, comme s'en réclame Jacques de Kergorlay dans son aveu de 1681.

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Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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L'inscription de l'ossuaire.

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1557 RESPICE FINEM.

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https://www.guengat.com/8/eglise02.html

 

Ossuaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Ossuaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Ossuaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Ossuaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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L'inscription du  pignon de la troisième lucarne, correspondant à la chapelle du Rosaire (1706) .

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1. Sur la première pierre , sur trois lignes  en réserve dans un cartouche à cupule latérale :

V : ET : D : MI :

I : LHOSTIS :

RECTEVR

soit : "« Vénérable et Discret Messire Jean LHOSTIS, recteur"

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2. Sur la pierre rectangulaire placée dans le prolongement, et également sur trois lignes  en réserve dans un cartouche à cupule latérale :

V : MI : M : QVEMENER : C

UR  : MI : F : IVZEAV : P :

G : LIZEN : F : LAN : 1706

Soit : 

Ce qui signifierait : « Vénérable Messire M. QUÉMÉNER, curé ; Messire F. JUZEAU, prêtre - G. LIZEN, fabrique - l'an 1706  » .

 

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J'ai modifié le relevé (la "leçon") donnée par les auteurs précédents.

Comme l'indique C. Jouin, cette année là, au cours d'un orage, le clocher s'effondra, endommageant fort le bas-côté sud. Une inscription, sur le pignon de la chapelle du Rosaire, rappelle les travaux de restauration qui durent y être effectués .

a) Le recteur Jean L'Hostis n'a pu être clairement identifié ; On mentionne un Jan L'Hostis, prêtre, décédé à 45 ans à Plounéaour-Trez en 1710.

 

https://forum.cgf.bzh/forum/phpBB3/viewtopic.php?t=30356

b) Ma lecture de l'initiale du prénom du curé, M, est fiable. La famille QUEMENER est bien attestée à Guengat,ais je ne trouve aucun Michel (par exemple) QUEMENER à Guengat à cette époque sur Geneanet.

c) La famille LUZEAU est bien attestée à Guengat, et les généalogistes signalent  François LUZEAU né en 1675 à Guengat :

https://gw.geneanet.org/fazery?n=juzeau&oc=&p=francois

d) Le membre de la fabrique Guillaume LIZEN est parfaitement cerné par le forum CGF : il réside   sans doute à Keranmarrec, Guengat, il est né de Yvon et de Adelice KERLEGAN,  a été baptisé le 18 juillet 1660 à Plogonnec (paroisse voisine de Guengat), est mentionné comme parrain en 1697 et  comme témoin de décès en 1705 ou de mariage en 1710, ou du décès de son beau-père en 1719. Il a épousé Marin (Marie) ROLLAND de Guengat le 9 février 1706 au Juch, et est décédé à Guengat, village de Keramarec.*

https://gw.geneanet.org/loicleroy?n=lizen&oc=&p=guillaume

Il est mentionné sous le nom de Guillaume Le LIGEN, décédé en 1719, marié avec Marie ROLLAND (1664-1708), dont un fils Jean marié en 1711 avec Catherine LE MOENNER

https://gw.geneanet.org/momos?n=rolland&oc=&p=marie

Voir toutes les mentions :  ici https://forum.cgf.bzh/forum/phpBB3/viewtopic.php?t=30356

Les cartes mentionnent Kergaradec et Keramarch, Kermarc.

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.189278&y=48.041867&z=14&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.PLANIGNV2&mode=doubleMap

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Inscription de 1706 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Inscription de 1706 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Inscription de 1706 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Inscription de 1706 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Inscription de 1706 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Inscription de 1706 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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LES CLOCHES (1773 et 1872).

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Leur inscriptions ont été fidèlement relevées par Diverrès en 1871 et Pérennès en 1941 puis plus complètement par  C. Jouin. Je complète ces informations par des photographies de la partie visible depuis l'ouest. Cela permet d'en préciser le décor et notamment les médaillons.

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Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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1. La petite cloche de 1773.

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La date la fait appartenir à la liste assez restreinte des cloches du Finistère qui ont échappé aux ordres de faire fondre les cloches lors de la Révolution. Elle est donc fort précieuse.

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Elle porte, selon les auteurs,  l'inscription sur les deux lignes supérieures :

« F. PAR JACQUES Y. L. M. QUIMPER. 1773. C. DE LANASCOUET. LOUIS CADIC. ALÉNO DE SAINT-ALOUARN. M. HAMON. RECTEUR. P. KERLEN. CURE »

 (B.S.A.F. : 1890 - p. 284 ; DIVERRÈS (H.) : Monographie de la commune de Guengat - B.S.A.F. 1891 )

Je lis pour ma part (il faut débuter les lignes par la petite main à l'index tendu) :

LAN 1773 J'AI ETE NOMMEE PAR IACQUES --------

HAMON RRE ------------------------- ALENO DE ST ALOUARN

 

Et sur la ligne inférieure :

 J.FS GUILLAUME F.

 

 


Soit : L'an 1773, j'ai été nommée par Jacques L. Y. M. QUIMPER DE LANASCOL, Marie-Sophie ALÉNO DE SAINT-ALOUARN, HAMON : Recteur, KLEN : Curé, Louis CADIC, Jean QUÉAU : Fabriques, J. Fs Guillaume F.(fondeur)" ( in PÉRENNES (H., Chanoine) : Guengat - Rennes, 1941)

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Il est mentionné dans les registres : « 29/VIII/1773 a été bénite la deuxième cloche nommée Marie-Renée-Sophie-Jacquette, par Monsieur Jacques QUIMPER DE LANASCOL, représenté par Monsieur DE KERGADIO, et par Sophie ALÉNO DE SAINT-ALOUARN, qui ont signé. Ont signé en outre : Alain DE ROSMADEC, BARBIER DE LESCOET (*), de Reymond NOEL DE CARNE, J. LE GALL, recteur de Plonéis » " (C. Jouin)

 (*)BARBIER : Seigneur de Lanarnuz (en Tréflez), Marquis de Kerjan en 1618 (en Saint-Vougay), Seigneur de Lanorgant (en Plouvorn), de Nernaou et de Quilimadec (en Ploudaniel), de Landouzan (au Drénec), Vicomte de Trouzilit (en Plouguin), Châtelain de Lescoët en 1656 (en Lesneven), Seigneur de Mezarnou (en Plounéventer), de Kerc'hoënt (en Minihy), de Rodalvez (en Languengar), de Kernatoux (en Ploudalmézeau), du Lescoat (en Lanarvily), de Kergoff et de Tromelin (en Kernouëz), de Kerhuon, de Kerannou, de Lesquiffiou (en Pleyber-Christ), de Kerally, de la Fontaine-Blanche, de Coëtmenec'h (en Plouider). In POTIER DE COURCY (DE) (Pol) : Nobiliaire et armorial de Bretagne - t. I. - p. 39 )

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Le fondeur "J. FS GUILLAUME".

Il s'agit sans doute  de :

Jean-François GUILLAUME,  Fondeur à Morlaix. Il fit, entre autres, en 1769, une cloche à Kersaint-Plabennec, en 1772, une cloche pour les Etats de Bretagne réunis à Morlaix, et une cloche pour Saint-Thégonnec ; en 1775, une cloche pour Locmaria-Plouzané, une pour Le Ponthou .. et une pour Plogastel-Saint-Germain (J.F. MA FAIT) ; en 1776; une pour Treflez ; en 1777, une pour Guilers Brest et une pour Milizac ; en 1778, une pour Plouézoch et une pour Kergloff ; en 1779, une cloche pour Saint-Mathieu ; en 1783, une pour Saint-Houardon de Landerneau ; en 1784, une :pour Le Ponthou ; en 1785, une pour Saint-Servais ; en 1791, une pour Saint-Jean-du-Doigt.

Voir :

Les fondeurs de cloche actifs dans le Finistère sous l'Ancien-Régime.

 

 

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Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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Le médaillon armorié.

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Malgré le téléobjectif, il est difficile d'en avoir une image parfaite, mais néanmoins, nous avons la certitude que ce médaillon est surmonté d'une couronne de marquis (fleurons et perles), et que les meubles sont assez effacés pour qu'on ne distingue que deux ou trois traits horizontaux non alignés.

Ces armes ne peuvent se rapporter qu'aux familles citées sur la cloche:

— QUEMPER DE LANASCOL : D'argent, au léopard de sable, acc. de trois coquilles du même, rangées en chef

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Blason_Famille_Quemper_de_Lanascol.svg

Jacques Yves Joseph Marie Quemper , chevalier marquis de Lanascol, est né en 1759 à Keraudy, Côtes d''Armor, et décédé en 1813 à Guingamp. Il émigra en 1791, combattit la France en 1792 dans les armées des princes et revint en France en 1801. Il épousa en 183 Marie Françoise  Julie de la Boessière, d'où huit enfants.

En 1773, date de la cloche, il avait donc 14 ans.

https://gw.geneanet.org/hamety?lang=en&pz=jeanne&nz=biard&p=jacques+yves+joseph+marie&n=quemper

— ALÉNO DE SAINT-ALOUARN :  D'argent à trois hures de sanglier de sable, arrachées de gueules 

https://man8rove.com/fr/blason/17xx7h2-alleno

Marie-Renée Sophie Aléno de Saint-Alouarn, fille de Louis, et de Marie Drouallen, est née à Quimper en 1763 et décédée en 1849. Elle épousa en 1791 François Pierre Marie Le Veyer. 

https://gw.geneanet.org/ckerjosse?lang=en&pz=claude&nz=kerjosse&p=francois+pierre+marie&n=le+veyer

https://gw.geneanet.org/henribernard?lang=en&pz=alexis+stephane&nz=bernard&p=marie+renee+sophie&n=alleno+de+saint+alouarn

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Et moins probablement aux familles suivantes, citées dans les archives :

—DE KERGADIO (représentant de Jacques de Lanascol) : D'argent au lion morné de sable, accompagné de trois molettes de même.

—DE ROSMADEC, palé d'argent et d'azur

https://man8rove.com/fr/blason/cwcqm22-rosmadec

—BARBIER DE LESCOET : d'argent à deux fasces de sable.

DE CARNE, d'or à deux fasces de gueules.

https://man8rove.com/fr/blason/rgqxb13-carne

 

.La seule figure compatible serait celle des armoiries de la marraine, Sophie Aléno de Saint-Alouarn (Quimper 1763-Saint-Pol-de-Léon 1849, les trois traits horizontaux étant alors les bases des hures de sanglier.

Néanmoins la couronne de marquis  impose le choix du parrain,  Jacques-Yves-Joseph-Marie DE QUEMPER, IIème du nom, marquis, de Lanascol et du Guérand, seigneur de Kerhallin, de la châtellenie de Lanascol, de la Lande, de Ploumilliau, de Guengat et Lezarcoet, du Gage, du Cleux, de Chemillé, de Kermartin et de beaucoup d'autres lieux dont l'énumération serait trop longue, fils du précédent, naquit le 25 septembre 1759, et épousa, le 28 avril 1783, Marie-Marguerite-Françoise-Julie de la Boessière, fille de Bertrand-Pierre-Marie, IIIème du nom, marquis de la Boessière, seigneur de Lennuic, etc. et de Marie-Jeanne de Tavignon, dont les armes sont : de sable, au sautoir d'or.

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Un indice que j'ai omis de remarquer jusqu'alors est que ce blason est un losange, c'est un blason féminin.

Ce ne peut être celui de l'épouse de Jacques Quemper de Lanascol, car celui-ci se maria en 1783. Ni celui de sa mère, décédée en 1749.

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Enfin, il est intéressant de rapprocher ce motif héraldique de celui que porte une plaque en cuivre datée du 4 juillet 1781 et portant le nom de  "Charles Joseph François Quemper, chevalier seigneur comte de Lanascol de Guengat et autres lieux", personnage que les généalogistes ignorent, du moins dans cette séquence de prénom. Les armes sont celles de Guengat et la couronne est celle de marquis.

Les trois marques verticales des armes de la cloche pourraient être compatibles avec la base des paumes.

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Photo lavieb-aile 2022.

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La mise en ligne des descriptions des cloches du Finistère est très incomplète, et éparpillée sur de très nombreux sites. Dans le meilleur des cas, on trouve le relevé (plus ou moins fidèle) des inscriptions, mais bien plus rarement la description, pourtant très précieuse, des médaillons et des décors. 

La documentation photographique est encore plus souvent absente.

Je ne peux me baser que sur mon expérience pour indiquer que ce médaillon armorié est un cas unique, sauf à y ajouter les armoiries abbatiales de Landévennec sur la cloche de l'église de cette paroisse.

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Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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2. La grande cloche de 1872.

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Selon Christian Jouin : 

"Réparée en 1866, car elle était fêlée, il fallut cependant la refondre en 1872, pour 480,62 francs ( Délibérations du conseil de fabrique - A.D.F. - V. Dépôt Guengat 1. ). Il fut même question de la remplacer (« Achat d'une cloche pour la tour en place de celle qui est fêlée » : (Budget et comptes de fabrique (1860-1879) - A.D.F. - V Dépôt Guengat 3 )). Cette cloche porte les inscriptions suivantes (H. Pérennes PÉRENNES 1941) :

Parrain : Jean-Louis NIHOUARN

Marraine : Marie-Catherine PHILIPPE

Recteur : Jean ROHOU

Maire : Jacques PLOUZENNEC

1872

Jean : Fondeur à Quimper."

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a) Le début des trois lignes supérieures est indiqué par une main tenant une couronne, et tournée vers la droite.

Première ligne :PARRAIN JEAN-[LOUIS NIHOUARN ]----------[PLOUZENNEC] JACQUES MAIRE 1872

Les autres lignes ne sont pas visibles du coté ouest.

b) La ligne inférieur montre bien JEAN  FONDEUR / A QUIMPER, de part et d'autre d'un crucifix.

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Jean, fondeur à Quimper, est le nom du fondeur de cloches, comme l'atteste un moulage en plâtre d'une marque d'une cloche de Morlaix fondue en 1862.

L'église de Trégarvan, toute proche, possède deux cloches de Jean Fondeur, l'une de 1859 et l'autre nommée Marie Joseph Anna, de 1880.

Voir la cloche de la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic, datant de 1875 :

 

 

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Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

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SOURCES ET LIENS.

 

— ABGRALL (Jean-Marie), 1911, Notice sur la paroisse de Guengat, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, BDHA, Quimper

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/344

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988,  Notice sur les paroisses,...

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/GUENGAT.pdf

"En 1706, la chute du clocher causa de graves dégâts, notamment aux pignons des chapelles sud dont les fenestrages furent brisés - d'où leurs réseaux simplifiés. L'inscription de l'aile sud se rapporte aux travaux de restauration : "V. ET. D. MI. LHOSTIS. RECTEVR. / V. M. QVEMENER. C. Y. M. F. IVZEAV / P. G. LIZEN. F. L. AN. 1706.". Le clocher ne fut reconstruit qu'en 1892 par le spécialiste Le Naour sur les plans du chanoine Abgrall ; galerie à balustrade classique, chambre de cloches et flèche octogonale à crochets. Le porche est voûté sur ogives avec liernes. Les arcs s'appuient sur des colonnettes couronnées de petits chapiteaux, mais dont le profil est prismatique. Il est surmonté d'une chambre d'archives A l'ouest du porche et accolé également à la façade ouest, est un ossuaire surmonté d'une chambre à laquelle on accède par un escalier extérieur. Il porte la date de 1557 et l'inscription : "RESPICE FINEM". Deux baies jumelées avec accolades simplement moulurées s'ouvrent sur sa face sud ; il porte à la base une plinthe à talon bien moulurée. Vue de l'ouest, l'église paraît être à trois nefs; le comble ne pouvait couvrir sous deux rampants continus le vaisseau élargi. Des arcs en accolade couronnent les cintres brisés des fenêtres du chevet et de la chapelle sud.

Cloche datée "LAN 1773... J Fs. GVILLAVME. F.". - L'acte de baptême :" le 29 août a été bénite la 2ème cloche nommée Marie Renée Sophie Jacquette, parrain Jacques Quimper de Lanascol, représenté par M. de Kergadio et par Sophie Aleno de Saint-Alouarn qui ont signé. Ont signé en outre : Alain de Rosmadec, Barbier de Lescoët, de Raymond, Noël de Carné, J. Le Gall, recteur de Ploneis." La grosse cloche de 1872 de Jean, fondeur à Quimper, a remplacé une précédente de 1790."

"

— DILASSER (Maurice), 1979 : Locronan et sa région (Paris, 1979)

DIVERRÈS (Henri), 1891,  "Monographie de la commune de Guengat ", Bull. S. A. F., pages 42-61).

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f115.image

Infobretagne

http://www.infobretagne.com/guengat.htm

— JOUIN (Christian), s.d, Tout sur l'histoire de Guengat.

https://www.guengat.com/

— KERGORLAY (Jacques de), 1681, Extrait de l'aveu de Jacques DE KERGORLAY :1681 : [AN P/1689] - Quimper (Finistère, France) - Terriers | 1678 - 1682 - Geneanet

« A cause de laquelle terre et Seigneurie de guengat cy devant déclarées ledit Seigneur déclarant est patron fondateur et le premier préminancier de l'églize parroissialle de guengat, laquelle parroisse a tousiours porte le nom de la Maison de guengat comme estants Véritablement les seigneurs patrons et fondateurs d'Icelle, ainsy qu'il Se Justiffie par la déclaration cy devant où l'on a employé plusieurs tenues Situées audit bourg appartenantes audit Seigneur déclarant, en laquelle Église parroissialle de guengat tant en la maistresse Vitre aux plus haults Soufflets tant en la Maistresse Vitre, qu'aux autres Vitres de ladite Église et chapelles d'Icelle, mesme en bosse et relief autour des murailles tant par dehors que au dedans en plusieurs endroicts et en la tour et clocher d'Icelle Sont les arbres timbrés et alliances de ladite Maison de guengat et dans le coeur &  chanceau de ladite Église, au milieu proche le balustre du grand autel est Un tumbeau de pierre de taille Enlevé de terre d'Environ deux pieds et demy armoyé par dessus et à l'entour des Armes et timbres de ladite Maison de guengat, Lequel tumbeau est l'ancienne Sépulture et Enfeu prohibitif des Seigneurs de guengat proche duquel tumbeau du costé de l'Évangille est Un banc à queue et Accoudouers Aussy Armoyé des Armes de ladite Maison appartenant audit Seigneur déclarant lequel et Ses prédécesseurs Seigneurs de guengat Sont En droict et possession Immémorialle de faire mettre Une ceinture et Lizière avec leurs Armes tant par dedans que par dehors à l’entour d'Icelle Églize parrochialle de guengat à chaque décéds des Seigneurs de guengat"

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Mémoire de maîtrise d’histoire,  2 vol. 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm. 

PÉRENNÈS (Henri), 1941 : Guengat (Rennes) non consulté

— WAQUET (Henry ), 1957,  Guengat (S.F.A. - Congrès archéologique de France CXVe session 1957 Cornouaille.) -

— WAQUET (Henry ), 1942, Art breton, 2è éd., 1942, pp.145-151

— Site Infobretagne : http://www.infobretagne.com/guengat.htm

http://www.guengat.fr/patrimoine/leglise

— WIKILAND

https://www.wikiwand.com/fr/Guengat

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes Inscriptions Héraldique
2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 15:51

Les ailes des moulins de "Pontaven[t]" et le nom de Pont-Aven selon Proust : un malentendu au départ ?

Voir :

 

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Chacun connait  sans doute la rêverie onomastique de Proust concernant Pont-Aven,  et la citation figure en grandes lettres au Musée de cette ville :

"Pont-Aven, envolée blanche et rose de l’aile d’une coiffe légère qui se reflète en tremblant dans une eau verdie de canal." (Recherche du temps perdu ed. Pleiade  I, Nom de Pays : le Nom, Du côté de chez Swann, 1913,   page 382).

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Pourtant, si nous nous référons aux avant-textes, nous lisons (< > désigne un ajout) : (c'est moi qui surligne en gras) :

1.« Comment ce rêve, cette douce image < en camaïeu > blanche de Lamballe, cette image fraîchement verdie de Pontaven, obscurément murmurante de Quimperlé elles existent. [...] Pont Aven, aile blanche et rose et d’une coiffe bre (trégorroise ?) qui tremble au vent et se reflète dans l’eau secrète et verdie de ta rivière, entre les ailes des moulins, Ponta Ven Benodet, noms à peine amarrés < aux >, noms qui flottent entre les algues, Quimperlé qui ruisselle s’emperle [...]  » (Cahier 29, f° 25r°   ) ;

Ou pour le même cahier, la transcription de C. Quémar  où les mots et les phrases barrés par Proust sont en italique. Les ratures successives sont séparées par des barres obliques. 2) Les additions sont placées entre soufflets : < >. 3) Les crochets droits [ ] encadrent un fragment de mot restitué par l'éditeur, ou bien un mot ajouté par lui pour une meilleure compréhension. 4) Le passage d'un folio à l'autre est indiqué dans le texte par une double barre verticale. L'indication du folio figure à hauteur dans la marge. 5) La ponctuation est toujours respectée. :

" Comment ce rêve, cette douce image blanche en camaïeu blanc de Lamballe, cette image fraîchement verdie de Pontaven, obscurément murmurante de Quimperlé elles existent. [...] Pont Aven, aile blanche et rose et d’une coiffe bre (trégoroise ?) qui tremble au vent et se reflète dans l’eau secrète et verdie de ta rivière, entre les ailes des moulins, Ponta Ven Benodet, noms à peine amarrés , noms qui flottent entre les algues, Quimperlé qui ruisselle s’emperle [...]  Pont Aven Quimperlé il va y avoir un moment réel de ma vie, demain presque à l'heure du dîner où f° 26r° j'entrerai, Quimperlé, dans le || gazouillis emperlé de vos charmes du moyen-âge, de vos délices romans, restés si divinement frais, où, Pontaven, sauté en bas du wagon, je respirerai enfin l'air qui circule entre vos syllabes et les fait tourner doucement, toutes verdies — Pont-Aven... — comme les ailes de vos moulins. […] Et de là nous irions aux pays poétiques (PEUT-ÊTRE METTRE ICI PONTAVEN ETC. APRÈS AVOIR MIS VITRE) nous irions aux pays poétiques, passant en souriant en jetant sur le chemin un sourire à ces lieux naïfs qui y sont éparpillés [tels] que de blanches oies, comme des béjaunes, de vulgaires auberges, Pontorson, Questambert! < METTRE ICI SEULEMENT LES NOMS BRETONS > "

 

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2. « [...] j’arrivais enfin < un soir à aux Pontaven, à Benodet à Quimperlé ! > : Pont Aven, aile légère d’une coiffe légère blanche et rose qui se reflète en tremblant dans l’eau < secrète et > verdie de la rivière, aux sept moulins < de Benodet >, où < Quimperlé, Benodet [en marge] > Pontaven, Benodet, noms à peine amarrés que semble vouloir entraîner la rivière au milieu de ses algues, Quimperlé mieux assis fixé [...] » (Cahier 32, f° 9r°  ) 

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3.«[...] Même à Pontaven comment retrouver l'atmosphère verdie par la sonorité unie de la dernière syllabe [...]» (Cahier 32, f° 15r°  ).

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4.« [...] < Benodet, nom à peine amarré que semble vouloir entraîner la rivière au milieu de ses algues, Pontaven aile envolée blanche et rose de l’aile d’une coiffe légère qui se reflète en tremblant dans l’eau verdie en tremblant dans une eau verdie d’un canal, [en marge] > [...] » (Cahier 20, N. a. fr. 16660, f° 8r°   ).

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Le cahier 29 et le cahier 32,  sont datés par C. Quémar de 1910 : "ces brouillons datent d'une époque où le roman proustien avait déjà bien progressé dans son voyage au long cours (qui a dû commencer pendant le premier semestre de 1909). Il est probable qu'ils ont été rédigés tous les deux en 1910."

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Remarques.

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1°) Dans le cahier 29, Proust fait une erreur notable en évoquant dans son premier avant-texte "les ailes des moulins", puisque les 14 moulins proverbiaux de Pont-Aven  sont des moulins à eau, et non à vent. Les meules sont entrainées par des roues verticales, et non par des ailes. Les moulins sont situés sur le cours de l'Aven ou de ses affluents.

Il est probable à mes yeux que Proust ne connaissait cette ville que par ces lectures, qu'il ne l'a jamais visité (*), qu'il situait même d'abord Bénodet et Pont-Aven sur la même rivière et que sa connaissance de ces villes ne se basait que sur la lecture des guides Joanne. Lisant dans l'édition de 1905 "nombreux moulins", il aurait imaginé des moulins à vent.

(*) C. Quémard est convaincue du contraire, tandis que S. Kawamoto est sceptique. Certes Marcel séjourna à Beg-Meil, au Finistère sud, en septembre - octobre 1895, mais il ne reverra plus la Bretagne malgré les aspirations dont témoignent ses lettres, sauf lors d’une visite à Saint-Malo, Dinard et Dinan après une croisière autour du Cotentin en août 1904. 

 

Dès les brouillons suivants, il corrige cette erreur, mais conserve l'image des moulins, désormais au nombre de sept. Pourtant, ces moulins ne participent plus (sauf dans la  trace mnésique du premier brouillon) à l'évocation du vent, qui est, nous allons le voir, centrale avec la reprise de "l'aile légère d'une coiffe légère", laquelle, en dépit de l'absence de toute logique, "se reflète en tremblant dans l'eau secrète et verdie de la rivière". Seules, dans la réalité, pourraient se refléter dans l'eau de la rivière les roues des moulins, à moins d'imaginer une bretonne en coiffe penchée au dessus du pont. 

Claudine Quémar, pour expliquer cette bévue, imagine que cette mention dans les guides des moulins de Pont-Aven, associée à l'image sonore du vent,  a attiré ici un paysage de Hollande, ses moulins à vent, et ses canaux.

Ce qui expliquerait la présence d'un canal dans le troisième brouillon.  Par celui-ci (qui dissimule la Hollande), la trace des moulins à vent persiste en filigrane. (S. Kawamoto ouvre la possibilité que ce "canal" puisse désigner en réalité le "bief" d'un moulin, même si celui-ci a totalement disparu de la citation.)

 

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2°) La deuxième "erreur" est encore plus surprenante et témoigne elle aussi des connaissances purement livresques de Proust. Car, si on croit Claudine Quémar, la métaphore centrale du nom de Pont-Aven est le vent. Ses arguments sont extrêmement convaincants, presque imparables,  mais ils supposent que Marcel Proust prononçait, dans sa lecture du nom, celui-ci comme Pontavant et non comme Pontavène ( en phonétique :  pɔ̃.ta.vɑ̃ et non la forme correcte pɔ̃.ta.vɛn).

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Ce qui montre une méconnaissance totale du lieu, de son environnement, de sa vocation, et une incompréhension ou un refus de l'étymologie (très simple) du toponyme, "Pont-Aven", le pont sur la rivière Aven. Ce n'est pas un hasard si il écrit le plus souvent Pontaven, un peu comme Pouliquen et Ségalen, Rosporden et Elven [in], sans se douter des particularités des prononciations bretonnes où Kernascleden et Pont-Aven  requièrent le [ènn] et Tréffendel le [an]. 

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C. Quémar souligne que Proust orthographie « Benodet » au lieu de Bénodet, et elle y voit à l’origine une assonance en [ɛn] avec « Pont-Aven».  Kawamoto 2015  renvoie à son étude exhaustive sur les correspondances phonétiques et graphiques entre les « Noms », où il note un « Questambert » au lieu de Questembert.

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Voici ce que nous apprend Erwan Vallerie :

"En français, -en se prononce [an]. Que ceux qui en douterait prennent la peine de voir ce qu'il en est dans la phrase suivante : j'ai entendu cent fois la sentence de ces gens qui vilipendent le renvoi d'ascenseur mais n'en pensent pas moins". Fort bien, dira-t-on, mais examen, lichen. ? Eh oui, il existe quelques mots français où -en se prononce [in] ; examen, pentagone, benjoin ... et quelques autres où il se prononce [ènn] : lichen, abdomen, pollen ... mais ces mots ont tous un point commun : ils n'appartiennent pas au vieux fonds roman de la langue : ce sont des mots savants empruntés à diverses époques au latin ou au grec, parfois à d'autres langues."

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La direction de Pontavent ? Dessin de Nono

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Revenons à la réflexion de C. Quémar :

 

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"On aura remarqué le jeu graphique auquel Proust se livre sur ce Nom dans cet avant-texte I. Il l'écrit en effet de quatre manières différentes : outre la graphie correcte « Pont-Aven » et celle très proche de « Pont Aven », on trouve « Pontaven » (qui pourrait s'expliquer par une simple négligence, à la rigueur), mais aussi « Ponta Ven » (car il n'y a là aucun doute possible quant au déchiffrement : la syllabe « Ven » est nettement séparée et commence bien par une majuscule). De ces quatre manières d'écrire le Nom, la plus intéressante est évidemment cette dernière : « Ponta Ven », parce que la plus fantaisiste; donc la plus ludique; et par là même la plus significative : celle qui montre à l'évidence l'importance pour Proust des éléments proprement phoniques du Nom. Cette graphie isole dans « PontAven » la syllabe « ven », au mépris et de l'étymologie, et de la réalité géographique qui la fonde; c'est-à-dire en détruisant, en faisant éclater le Nom de la rivière sur laquelle est située la ville, l'Aven. Ainsi détachée, affectée d'une majuscule, bref devenue autonome, la syllabe « Ven » prend une valeur sonore nouvelle [va] (et non plus [van]), grâce à laquelle elle évoque irrésistiblement l'idée du « vent ». Rapprochement qui par ailleurs est favorisé sur le plan visuel par la présence des mêmes lettres dans l'unité « Ven » et le vocable « vent ». Or dans l'image de Pont-Aven, telle qu'elle se dessine et s'organise au fil de l'avant-texte I, nous avions constaté la prédominance précisément du sème « vent ». Si ce sème se développe par la suite à travers des expressions diverses (« l'air qui circule » et « fait tourner » les syllabes comme des ailes de moulin), notons qu'il est introduit d'abord, et très vite, par le signifiant « vent » lui-même : « qui tremble au vent ». Il nous semble donc assez manifeste que le traitement ludique auquel l'écrivain a soumis le Nom de « Pont-Aven », dans l'écriture ou/et dans l'imaginaire, a fait de la ville, à la lettre, un « pont » sur une rivière, que balaye le « vent » : un pont où souffle un vent perpétuel, « Ponta Ven », « Pont a Ven », « Pont à Vent »."

 

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Le rapprochement de "pontaven" avec  "vent" est-il d'abord sonore, ce qui suppose une méconnaissance de la prononciation usuelle, ou visuelle en glissant de la graphie pontaven à pontavent, le pont aux vents faisant tourner les ailes des moulins ?

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Il est quand même amusant, et même ironique, que le logo littéraire formé par Proust —et que la ville revendique comme une bannière— trouve sa source cachée sur une image fantasmée de l'envol d'une   coiffe sur fond d'un plat pays où le vent fait tourner les ailes de moulins ... à vent. Et sur une prononciation erronée du toponyme. Et sur un rejet , par fragmentation/destructuration de ce dernier (Pont-Aven devenant Ponta -Ven prononcé Ponta-Vent), de la rivière Aven, laquelle ne subsiste que dans l'image d'un canal aux eaux verdies, suprême  flétrissure faite à  l'image touristique d'une rivière capricieuse traversant la ville en rebondissant entre de gros blocs arrondis de granite, traversée par des passerelles secrètes, alimentant des lavoirs,  des biefs complexes et les roues de moulins aux pierres dorées.

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Paul Gauguin, Moulin à Pont-Aven (1894), Paris, musée d'Orsay.

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Je souhaite seulement souligner ce paradoxe, pour le plaisir du sourire intérieur qu'il suscite.

Aller plus avant, c'est explorer le champ immense et passionnant de la critique littéraire concernant ces rêveries onomastiques. Je vous ai conduit au seuil.

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COMPLÉMENTS.

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1°) Consulter les manuscrits (cliquez).

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Cahier 29 f°15r

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