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28 mars 2026 6 28 /03 /mars /2026 12:20

Le Salon de la fontaine (Salone della fontana, entre 1565 et 1568) de la Villa d'Este  à Tivoli : un art de l'illusion et de la théâtralité.

 

Sur les pergolas illusionnistes, voir dans ce blog :

 

 

PRÉSENTATION

Le Salone della fontana de la Villa d'Este à Tivoli était destiné à accueillir les somptueux banquets organisés par le cardinal Hippolite II d'Este pour sa cour de poètes et de lettrés. Le Festin des dieux représenté sur la voûte célébrait le rôle de Rome et honorait le cardinal et ses invités.

Les colonnes torsadées des murs, inspirées des colonnes « salomoniques » de la basilique Saint-Pierre-et-Saint-Paul, reproduisaient l'architecture illusionniste d'une loggia ouverte sur le paysage et ornée de guirlandes de fruits, de fleurs et de légumes.

Les scènes panoramiques (restaurées après 1920 et entièrement restaurées en 1949) furent conçues par Girolamo Muziano (*) dans le style vénitien et offraient des vues simultanées sur le territoire tiburtin et les somptueuses résidences du cardinal. La scène principale représente la Villa d'Este et ses jardins d'après les plans de 1565.

Girolamo Muziano est un peintre  né à Brescia et à qui Hyppolite d'Este avait confié  en 1560 les peintures de sa Villa du Quirinal. Selon les livres de comptes, il dirigea une équipe de six peintres dans la Sala della Fontanina et le Salon d'Hercule entre 1565 et 1566. (M. Hochmann). Ils  furent remplacés  en 1567 par une équipe dirigée par Federico Zuccari. Ce dernier peignit les fresques au centre des voûtes.

La fontaine rustique, conçue par le graveur Curzio Maccarone (achevée en 1568 par Paolo Calandrino de Bologne et embellie en 1570 par Molino), accentue l'effet théâtral de ce jardin artificiel, en lien direct avec les espaces extérieurs. La petite fontaine est ornée de mosaïques et d'émaux polychromes et abrite, dans sa niche, une représentation du temple de la Sibylle de Tibur.

Cette grande salle fut la première à être décorée, en même temps que la salle d'Hercule adjacente, à partir de 1565. Les travaux furent menés par une équipe de six artistes sous la direction de Girolamo Muziano. La fausse loggia à colonnes, qui amplifie l'illusion d'espace, fut probablement ajoutée par le Siennois Matteo Neroni en 1565.

 

A : Fontaine rustique.

B : La fontaine ovale de la Villa d'Este.

C : Résidence de Montecavallo sur la colline du Quirinal à Rome, propriété d’Hippolyte d'Este

D : Vue de la Villa d'Este et de son jardin, basé sur un dessin de 1565

E : Viviers et fontaine de l'Orgue de la Villa d'Este dans sa version primitive (repeint en 1949)

F : Fontaine de l'Orgue dans son aspect originel.

I. LE PLAFOND.

 

G : Pluton, Neptune, Junon et Jupiter

H: Couple de dieux supportant l'emblème des aigles de la famille d'Este : Jupiter et Junon ; Mercure et Minerve ; Mars et Venus ; Bacchus et Cérès.

I : Sacrifices en l'honneur d'Apollon, de Diane, de Cérès et de Bacchus

L : Le Festin des dieux accueillant Hercule.

 

Le Festin des dieux, Federico Zuccari v. 1565.

Federico Zuccari est l'un des maîtres romains du maniérisme romain dans la seconde moitié du XVIe siècle. Il venait de peindre le Casino du pape Pie IV.

La scène centrale du plafond est une première illustration de l'art illusionniste du Maniérisme , car elle donne l'impression d'être située dans un étage supérieur, soutenue par des colonnades qui laissent apercevoir des mosaïques ou panneaux de marbres.

Dans l'art maniériste italien de la réinterprétation d'un modèle antique à partir de sources écrites, le Salone,  pièce principale de l'appartement de représentation, a été conçu comme une loggia-belvédère ouvrant sur les jardins et le paysage. Cette ouverture se fait ici vers le haut, vers les espaces factices d'un atrium romain, laissant apercevoir dans les nuées une scène céleste.

 

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

On voit Hercule, de dos, sa massue contre son siège, être accueilli par les dieux de l'Olympe, dont Jupiter et Junon, au centre.

"Au centre de la voûte, la scène du Festin des dieux auquel est convié le héros Hercule apparaît comme une allusion supplémentaire à la double fonction de la salle et au prestige qu'elle recouvrait dans la vie de la villa La scène est inspirée de la célèbre fresque des Noces de Psyché de Raphaël dans la loggia homonyme de la villa Farnesina à Rome. Poursuivant sur le thème de la salle à manger antique, le peintre, probablement Federico Zuccari, a représenté là une véritable accubatio, c'est-à-dire un dîner où les personnages semi couchés à la mode antique et entourés de danseurs et de musiciens, discutent et se restaurent. En s'inspirant de l'architecture et de la décoration antiques pour leurs villas et palais, les cardinaux romains du XVIe siècle comme Hippolyte d'Este cherchaient à recréer un décor mais aussi une organisation sociale romaine basée sur le cérémonial et la représentation. C'est dans cette pièce que, à l'exemple des anciens, Hippolyte divertissait ses invités par des spectacles de danse, de musique, de théâtre ou de poésie. Offrant au regard des convives attablés la scène du Festin des dieux, le cardinal faisait preuve de magnificence, attitude appropriée à son rang, et d'un sens aigu de la flatterie, dont ses hôtes, rompus au jeu de l'imprese et du symbole, lui savaient sûrement gré." (D. Ribouillault)

 

Le banquet de noces de Psyché accueillie parmi les dieux de l'Olympe, Raphaël, 1518, Loggia de Psyché, Palais Parnesina. Cliché lavieb-aile

 

"Le Salone est conçu comme la récréation d'une salle à manger antique, et  dans la description de la villa par Umberto Foglietta en 1569, la salle était  désignée par le terme explicite de triclinio, c'est-à-dire salle à manger antique. La fonction de salle à manger du Salone, dans le contexte du revival de l'antiquité qui qualifie la villa d'Este, dépasse de beaucoup une simple définition typologique des pièces d'un palais cardinalice : elle donne au Salone un statut de prestige et d'apparat et conditionne la forme de sa décoration, son rapport au paysage et son iconographie.

À l'époque antique, l'événement central de toute réunion entre membres de la haute société était le banquet. Que l'on commence par se rendre aux bains ou que l'on s'exerce à la chasse, le banquet venait toujours couronner la journée par un cérémonial bien défini. Les auteurs anciens, de Cicéron racontant la réception qu'il offrit à Jules César dans sa villa de Puteoli (Ad Att., 13,52) jusqu'à Sidoine Apollinaire relatant cinq siècles plus tard son séjour agreste en Gaulle (Ep., 2, 9), s'accordent à placer le banquet au centre du concept d'hospitalité. ". (D. Ribouillault)

 

 

 

 

 

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

La partie périphérique du plafond est encore consacrée aux dieux romains, mais sans effet d'illusion. Par contre, l'artiste place les médaillons et grands cartouches de stuc sur un fond blanc egayé de tout le vocabulaire de l'art grotesque inspiré — depuis le début du XVIe siècle, notamment par Raphaël au Vatican— de la Domus aurea de Néron.

Parmi les vues murales, peintes en 1568 par Matteo Neroni da Siena, certaines sont particulièrement importantes pour l'histoire de la Villa d'Este, car elles représentent des paysages ou des détails du jardin et des fontaines ; ainsi, la grande fresque du mur nord-est témoigne de l'avancement des travaux du palais en 1568, avant l'ajout des ailes latérales, et montre le jardin « tel qu'il aurait dû être » selon A. Del Re.

 

Les médaillons ovales.

Dans les cadres ovales des bordures, quatre peintures de dieux sur des chars symbolisent les quatre éléments : Neptune l'eau, Jupiter l'air, Pluton le feu et Junon la terre. Aux angles, les armoiries en stuc du Cardinal se trouvent près de couples de dieux : Bacchus et Cérès, Jupiter et Junon, Mars et Vénus, Minerve et Mercure, ce dernier étant probablement un autoportrait de Gerolamo Muziano.

Les médaillons nous présentent donc Pluton sur son char armé de son bident , Neptune dont le char, vu de face jaillit des flots sous la fougue de ses chevaux, , Junon sur un char mené par ses paons et Jupiter à cheval sur un aigle et brandissant, bien-sûr, la foudre.

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Les sacrifices en l'honneur d'Apollon, de Diane, de Cérès et de Bacchus.

Au centre des quatre côtés de la voûte, des édicules en stuc représentent des scènes offrant des sacrifices à Apollon, Diane, Cérès et Bacchus.  J'en présenterai deux.

1 Le sacrifice offert à Bacchus.

Sous le regard d'une tête couronnée de lauriers posée sur une colonne, trois bergers offrent à la statue de Bacchus (buvant à une coupe et tenant une grappe) un bouc, et une plante. À droite, trois faunes foulent le raisin.

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

2. Le sacrifice offert à Diane.

J'hésite avec Cérès en raison des gerbes de blé. On retrouve la composition avec une tête posés sur une colonne, une statue dorée de l'idole (tenant un arc), le sacrifice d'une biche, et trois hommes offrant des gerbes de blé et un main, ou un fruit.

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Le décor à la grotesque.

Toujours dans le cadre d'une ornementation illusionniste, mais sans souci de trompe-l'œil d'e rapport avec la réalité, le peintre reprend pour l'arrière-plan des médaillons et cartouches le style découvert dans les fresques de la Domus aurea de Néron et répandu depuis 1480 par Ghirlandaio ou  Pinturicchio puis suprbement mis en scène par Giovanni da Udine sur les pilastres de la Loggia de Raphaël du Vatican en 1516 ou sur le plafond de la Villa Madama de Rome vers 1520-1521.

Suspendus par de fins rubans à des guirlandes d'étoffes, sous des bucranes et autres têtes animales, ou simplement posés sur le fond blanc, toutes sortes d'objets votifs, de putti, d'animaux, de nymphes ailées crééent ce décor de lignes courbes léger et onirique dans lequel l'imagination flotte avec délice. Certains personnages sont feuillagés en dessous du tronc, voisinant avec des chimères, tandis que d'autres prennent des poses théâtrales sans aucune justification.  La vie est un songe, le monde une scène de théâtre, mais un théâtre fait de rêves éphémères, dépourvus de toute logique.

 

 

 

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

II. LES MURS DU SALON : UN PIÈGE VISUEL.

Parmi les quatre murs de la pièce, un seul, celui du nord-ouest, est ouvert vers le jardin et la longue perspective de l'Axe d'Hercule par trois porte-fenêtres. Sur les deux murs latéraux, une porte donne accès à gauche au Salon d'Hercule, et à droite à la première Stanze Tiburtine.

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Mais les quatre murs sont peints en trompe-l'œil de 11 fausses ouvertures qui créent l'illusion que la pièce est placée à l'extérieur, dans le jardin,  dans un édifice de colonnades. En outre, une vraie fontaine occupe le centre de la paroi nord-est. Des peintures de paysages se succèdent sur les quatre côtés et font croire que nous les apercevons à travers les colonnes. Porur renforcer l'effet, un paon est représenté devant le parapet d'une loggia fictive sur le mur sud-ouest, et se trouve donc compris dans l'espace du spectateur, « à l'intérieur » de la salle.

La conception suit donc  la tradition du triclinum romain :

"Toutes les sources s'entendent pour faire du rapport entre intérieur et extérieur et de l'importance de la vue sur le jardin et le paysage les caractéristiques principales de ce type de pièces. En effet, le triclinium pouvait être ouvert sur l'extérieur au moyen d'une rangée de colonnes ou situé directement en plein air, la végétation jouant alors le rôle d'architecture grâce à des tonnelles ou des pergolas 8. Souvent, dans les pièces fermées et là où de véritables baies étaient impossibles, les murs étaient décorés de peintures illusionnistes qui en rompaient la continuité. Cette ouverture sur l'extérieur permettait d'y installer des fontaines, des cascades, ou même de véritables cours d'eau qui reliaient l'espace domestique à l'espace du jardin." (D. Ribouillault)

 

Mais l'examen des paysages fictifs montrent, selon D. Ribouillault, que le Salon est une représentation du jardin d'Este et du territoire entre Tivoli et Rome : tout comme dans le jardin avec la succesion Fontana dell Ovato/ allée des cents fontaines/ Fontana di Rometta , il est traversé métaphoriquement par l'écoulement de l'Aniene vers le Tibre.

 

"Paysage réel et paysage peint forment donc un tout continu, un paysage panoramique dans le véritable sens du terme. La continuité du paysage peint est soulignée plus avant par un expédient théâtral classique consistant à encadrer chacune des vues par des arbres placés au tout premier plan, créant ainsi, au-delà des colonnes de la loggia fictive, une rangée régulière d'arbres qui entoure littéralement « l'extérieur » de la pièce. Dans le jardin, on retrouve en outre certains motifs comme les colonnes torses ornées de vignes et de putti utilisées par le peintre dans le Salone . En bref, le même vocabulaire architectonique et décoratif qualifie les jardins et le Salone.  Le Salone apparaît ainsi comme la transposition de la réalité topographique du jardin lui-même, de son orientation géographique et partant, de son fonctionnement iconographique. Sa forme rectangulaire reproduit celle du jardin qu'il surplombe immédiatement et dont il est pour ainsi dire l'antichambre, les deux entités Salone et jardin étant géométriquement parallèles et unifiées par leurs positions analogues sur Taxe d'Hercule."(D. Ribouillault)

 

 

1. Villa d'Horace  à Tivoli

2. Villa de Macio Vopisco à Tivoli

3. Porte feinte au courtisan (ou courtisane)

4. Fontaine de l'Ovale et allée des cent fontaines au jardin de la Villa d''Este

5. Villa d'Hippolyte d'Este sur le mont Quirinal de Rome (de Montecavallo)

6. Vue d'un pont sur l'Aniène

7. Le Ponte Lucano traversant l'Aniène à Tivoli

8. Le Ponte Cornuto  traversant l'Aniène

9. Porte feinte que franchit un homme, sans doute le cardinal Hippolyte d'Este

10. Grande vue de la Villa d'Este et de son jardin, avec l'Aniène coulant vers Rome, basé sur un dessin de 1565

11 : Villa d'Auguste (?) à Tivoli

12 :  Viviers et fontaine de l'Orgue de la Villa d'Este .

13 : Villa d'Hippolyte d'Este de Belriguardo sur le Pô, avec ses viviers.

14 : Fontaine de l'Orgue dans sa version primitive.

(identification des sites par Denis Rigouillault)

 

La fontanina.

Nous pouvons débuter la description de la pièce par son mur nord-est centré par la petite fontaine, qui donne son nom au Salon, et qui occupe une niche encadrée de rinceaux de vignes.

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La fontanina est une réduction ou citation métonymique de  la topographie de Tivoli avec son temple de la Sibylle de Tibur, ses monts et sa fameuse cascade. Elle est placée  au nord-est du salon, tout comme la fontaine réelle se trouve dans l'angle est du jardin.

Elle est ornée de céramiques et de sculptures polychromes, incrustées de fragments de verre, de coquillages et de pierres précieuses, et surmontée de l'aigle blanc de la famille d'Este. Elle fut achevée en 1568 par Paolo Calandrino. 

Sa vasque repose sur de gros poissons ou dauphins, figurant le cours d'eau s'épanchant dans l'espace de la pièce. Elle a la forme des barges qui ornent le canal supérieur de l'Allée des Cent Fontaines dans les jardins. 

Le Salon est donc métaphoriquement baigné par les eaux de l'Aniene tout comme l'est concrètement le jardin et le territoire. Débouchant depuis la petite fontaine rustique à une extrémité de la salle, la rivière réapparaît dans la fresque sur la paroi opposée, la Vue de la Villa d'Este, un rappel des cours d'eaux traversant les triclinia antiques dont parlent les sources classiques mentionnées plus haut.

On la doit peut-être au peintre Matteo da Sienna et daterait de 1568. Elle est encadrée par deux supports anthropomorphes ou cariatides, deux statues identiques d'allégories féminines.

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Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Les peintures en trompe-l'œil encadrant la fontanina.

Elles sont consacrées à des vues de paysage de villas romaines de Tivoli. Elles ont été identifiées par D. Ribouillault comme représentant peut-être la Villa d'Horace à gauche et la Villa romaine  de Mancio Vopisco, à droite.

1. La villa d'Horace à Tivoli.

Je ne distingue pas grand chose de la vue de la villa d'Horace. Pour accroître l'effet d'illusion, qulques fruits sont peints sur le sol.

fotografia.cultura.gov.it
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2. La villa de Mancio Vopisco à Tivoli.

Entre les deux colonnes salomoniques, la vue de la villa de Mancio Vopisco me montre surtout les temples de la Vesta et de la Sibylle, dans une direction nord-est par rapport à la Villa d'Este. Mais une illustration de D. Ribouillault 2009, décidémment incontournable, nous offre une image plus précise.

D. Ribouillault 2009

 

 

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

3. La porte feinte au courtisan.

Cette porte aux vantaux entrouverts laisse imaginer une communication avec la salle voisine, ou Stanze Tiburtina. De l'autre côté, l'endroit correspond aussi à une fausse porte, aux vantaux fermés

La décoration de cette Première Salle Tiburtine, réalisée en 1569 par une équipe d'artistes dirigée par Cesare Nebbia, est dédiée à la fondation et à la construction de la ville de Tivoli qui, selon la légende, fut fondée avant Rome par Tiburtus, Corax et Catillus, trois frères grecs descendants des Sept Rois de Thèbes. 

Ce courtisan en habit coordonné  de soie turquoise et or et portant une fraise fait face, du côté opposé, à une porte feinte semblable où arrive un homme. 

Mais ce courtisan a un visage jeune et imberbe et une chevelure féminine.  Verena Hake s'est interrogée à son propos.

 

cliché V. Hake

"Enfin, la question se pose de savoir qui pourrait être l’autre personnage représenté en fresque grandeur nature dans la fausse porte orientale, face à « Ippolito ». L’hypothèse de Coffin, selon laquelle il pourrait s’agir d’un page, n’est pas convaincante compte tenu de l’importance des fausses portes décrites précédemment. De plus, les traits physionomiques décrits dans la section III.2 permettent d’envisager qu’il puisse s’agir d’une figure féminine (malgré les vêtements « masculins »). Une possibilité est qu’il s’agisse d’une femme proche d’Ippolito II d’Este, avec laquelle il aurait entretenu une liaison. Outre ses relations avec Diane de Poitiers et Madame d’Étampes, déjà mentionnées dans la section consacrée à la Loggia, Violante Lampugnano figurait peut-être parmi les amantes d’Ippolito, dont il y en eut certainement d’autres. Selon la programmation ornementale du Salone della Fontana, il serait logique que la figure s’approche de lui depuis la Fontana dell’Ovato, près de la Grotta di Venere, et donc depuis la partie du jardin dédiée à Volupta.

De plus, elle tourne la tête précisément vers cette vue en trompe-l’œil, peinte sur une fresque, qui représente exactement cette fontaine. Cette interprétation concorderait également avec la programmation palatiale du Salone proposée au point III.4, car dans l’aile est du palais, d’où le trompe-l’œil « pénétre » dans la pièce, se trouve une Sala di Venere.

Cependant, si l'on se souvient du trompe-l'œil de la Villa Barbaro à Maser, il semble également plausible que le trompe-l'œil oriental représente un membre (peut-être une femme) de la famille d'Ippolito. Sa fille, Renée d'Este, est-elle représentée ici ? Bien que Renée soit décédée en 1555, elle avait donné naissance peu avant à une petite-fille prénommée Ippolita, portant ainsi le nom de son grand-père. Renée, en tant que descendante illégitime, rencontre-t-elle ici son père déguisée ? Ou bien Ippolita avec son grand-père ? Dans cette interprétation, il s'agit d'une réunion familiale symbolique qui, à l'instar de la Villa Barbaro à Maser, pourrait symboliser la continuité dynastique et la perpétuation d'Ippolito II d'Este dans la génération suivante. Si l'on considère la Loggia comme une architecture de la rencontre, il convient de se demander si le Salone della fontana, l'antichambre du jardin, représente la rencontre de deux personnes qui, de là, progressent dans une séquence chorégraphiée d'approche et de départ, descendent dans le jardin par le chemin décrit au début, passent devant la double loggia, descendent les marches en cascade et pénètrent dans le Vialone." (V. Hake 2024)

La porte feinte, côté Stanze Tiburtina


 

 

4. Dans l'angle gauche de la paroi nord-ouest, les deux colonnes laissent voir une vue de la Fontaine de l'Ovale à Tivoli et de l'allée des cent fontaines.

 

Ribouillault 2011 fig. 8.5

 

 

5. La villa de Montecavallo sur le mont Quirinal.

 

Cette vue représente les jardins et la villa de Montecavallo, propriété du cardinal sur le mont Quirinal considérée par ses contemporains, Hondius, Boissard ou Vasari, comme une des merveilles de Rome. L'air frais et sain du Quirinal y attirait les aristocrates et les familles papales qui y construisirent des villas à l'emplacement des anciens jardins de Salluste.  En 1550, parallèlement à la réalisation des jardins de sa Villa d’Este, à Tivoli, le cardinal Hippolyte II d’Este, fils du duc de Ferrare et de Lucrèce Borgia, fit réaliser d’importants travaux dans les jardins du Quirinal , à la suite du renouvellement pour quinze ans du bail de propriété qui lui fut accordé (1550-1565). Au début des années 60, Hippolyte d'Este devait construire au Quirinal des pavillons s'inspirant d'édifices sacrés -le baptistere Saint- Jean et la coupole de Santa Maria del Fiore de Florence (S. Frommel).

Cette vue  constitue la seule représentation de la villa avant la construction par le pape à l'époque où les travaux d'aménagement furent relancés. Sa fontana del Bosco commencée en 1560 1561 et achevée en 1565, fut décorée  par Girolamo Muziano.  Dans la partie sud, un nouveau tracé des allées du jardin en trident fit converger les allées vers la fontaine. Muziano aurait peint  sa vue pour le Salon vers 1565-1566, avant ces modifications.

Une visite à la villa du cardinal Luigi d'Este, héritier d'Hippolyte, en 1573 convainquit le pape Grégoire XIII de commencer la construction d'une résidence d'été l'année suivante.

 

 

 

C.L. Frommel 1999
C.L. Frommel 1999

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

6. Paysage non déterminé. Un pont sur l'Aniène. Lugano ? 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

7. Le Ponte Lucano sur l'Aniene

Maps.

Wikipédia

Il est situé entre les Thermes de Tivoli et la villa d'Hadrien, au pied des hauteurs de Tivoli?£. Son site archéologique comprend sur la rive gauche une grosse tour ronde, datant du 1er siècle av. J.C, et bardée d'inscriptions, le mausolée des Plautii.

 

"Au centre de la paroi ouvrant sur le cryptoportique, on peut aisément reconnaître le fameux ponte Lucano, clairement dessiné avec ses cinq arches originales, le troisième pont à enjamber l'Aniene près de Tivoli en aval dela rivière . Le mausolée des Plauzi, imposant monument circulaire à l'extrémité du pont auquel le peintre a rendu son dôme originel, est aisément identifiable et la disposition de l'ensemble correspond fidèlement aux nombreuses gravures du site réalisées aux XVIIIe et XIXe siècles ainsi qu'aux photographies modernes . On reconnaît de surcroît au fond à droite dans le paysage la route qui mène aux anciennes carrières romaines de travertin avec, se détachant bien visiblement sur le ton blanc des pierres, les arches de l'aqueduc antique qui y conduisait les eaux sulfureuses de Vaqua Albula, sans doute pour actionner les scies nécessaires à la découpe des blocs. En comparant la vue avec la carte du site, on constate que le peintre a reproduit avec une grande précision les linéaments de la rivière, qui disparaît dans l'arrière-plan à l'endroit où elle forme une boucle. Au loin, le profil du col Cesarano est parfaitement reconnaissable.

Il est probable que la représentation dans le Salone de cette zone autour du ponte Lucano devait faire allusion, au-delà du thème central de l'Aniene, à la réserve de chasse, ou Barco, que le cardinal avait créé à cet endroit entre les sources sulfureuses de Vaqua Albula et le ponte Lucano, là où la via Tiburtina traverse le fleuve. La zone fut entourée à partir de 1564 d'un long mur de clôture et on y introduisit de nombreux animaux sauvages, en particulier des faisans. Le fait que la plupart des terres que le cardinal s'était approprié pour son Barco, appartenaient à la commune, le rendit extrêmement impopulaire. Cette question fut débattue lorsqu'une action en justice fut intentée par la commune contre les abus du cardinal en 1568. L'année suivante cependant, les terres lui furent concédées." (D. Ribouillault)

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

8. Le Ponte Cornuto traversant l'Aniène.

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

9. Porte feinte franchie par un homme, identifié comme étant peut-être Hippolyte d'Este, apparaissant sur la « scène » de son propre théâtre-salle à manger. 


 À gauche de la vue panoramique de la Villa d'Este se trouve une fausse porte ornée de fresques, à travers les vantaux desquels s’ouvre un personnage masculin grandeur nature qui semble entrer sur la scène du Salone della fontana. Il a les cheveux gris coupés courts, une barbe, et est représenté en costume profane d’époque, portant un pourpoint à taillades et sans manches sur un gilet rouge et une chemise blanche  une pantalon bouffante et des chausses. Le visage de cette figure fantomatique présente des zones indistinctes, parfois abîmées, mais on reconnaît clairement qu'elle regarde, les sourcils levés, vers la porte qui mène du salon à la double loggia et donc au jardin. Dans sa main gauche, elle tient une rapière, dans sa main droite une chaîne auquel est attaché un singe assis à ses pieds. Et elle aussi tourne la tête vers le jardin.

S'agit-il du cardinal Hippolyte II d'Este ?

C'est du moins la thèse de Verena Hake : qui d’autre aurait-il voulu être représenter de façon si ostentatoire dans cette pièce, la plus importante du palais, sinon lui-même ? À qui d’autre aurait-il accordé cette visibilité extraordinaire et l’attention qui en découle ? Ces fausses portes font partie d’une enfilade de fausses portes, et on les retrouvent dans le Salon d'Hercule  adjacent (au dos de celle-ci), et, nous l'avons vu, dans la Stanze Tiburtine, alignées de la même manière. "En suivant cet alignement, on arrive directement au généreux escalier en colimaçon qui relie le piano nobile à l’étage supérieur, l’Appartamento Ippolito. On peut donc conclure que notre pseudo-« Ippolito » « entre » dans le Salone par un Salon dédiée à son alter ego mythologique – Hercule – (et donc, en pratique, à lui-même), et qu’il « entre » également dans le Salon, au sens large, depuis son appartement privé. Outre la programmation topographiquement correcte du Salone della Fontana par rapport aux axes du jardin, telle qu’identifiée par Denis Ribouillaut, il convient dès lors de se demander si l’apparition d’« Ippolito » depuis l’appartement susmentionné implique également une programmation palatiale de l’espace. Ribouillaut estime également que, dans la partie centrale de la fresque du plafond du Salone, on peut discerner une représentation d’Hippote II d’Este – ici sous la forme d’un portrait déguisé en Hercule. Selon son interprétation de la fresque du plafond située sur l’axe d’Hercule et celle de la fausse porte occidentale proposée ici, l’Hippote II d’Este « mythologique » serait ainsi réuni à l’Hippote II d’Este « réel » du Salone." (V. Hake)

 

Plan du rez-de-chaussée de l'étage noble. L'enfilade feinte est schématisé en pointillés (V. Hake). Les flèches montrent la rencontre du couple peint dans le Salon de la Fontaine.



Les fresques du Salone della Fontana n’ont été découvertes qu’en 1949 et restaurées par la suite, et les traits du visage de la fausse figure occidentale sont mal conservés, ce qui rend son identification formelle difficile.

 



"Néanmoins, une comparaison avec les représentations d’Ippolito II d’Este s’avère pertinente : l’un des portraits les plus connus d'Hippolyte d'Este figure sur une fresque de la Sala dei fasti Farnesiani du Palazzo Farnese à Caprarola . Il le représente de profil, avec un nez proéminent et des cheveux clairsemés. Une représentation moins fréquente d’Hippolite est son portrait publié en 1777 dans les « Memorie istoriche di lefèreti ferraresi » de Giannandrea Barofi  ; celui-ci est particulièrement intéressant pour notre étude car ses caractéristiques biométriques essentielles – notamment les distances respectives entre le sommet du crâne, les yeux, le bout du nez et le menton – correspondent à la tête ou aux traits du visage conservés du mannequin de Tivoli "(V. Hake).

 

Comparaison des portraits d’Hippolite II d’Este provenant de la Sala dei fasti Farnesiani du Palazzo Farnese à Caprarola et des « Memorie istoriche di letterati Ferraresi » de Giannandrea Barotti (reproduit ici en miroir) avec la tête/le visage de la pseudo-figure occidentale de Tivoli . Ces deux derniers portraits présentent de nombreuses similitudes biométriques frappantes. in Verena Hake

On peut s'étonner de ses vêtements civils, mais il faut imaginer le cardinal d'Este comme un "prince" de la Renaissance, avide de bénéfices ecclésiastiques pour financer non seulement son mécénat, mais ses chasses, ses fêtes, ses bals, et ses banquets, et lui  permettre de mener une  vie dissolue, voire extravagante bien documentée ; par exemple, il possédait une collection exceptionnellement importante et sans cesse croissante de vêtements principalement civils, et il  affectionnait des couleurs  peu  appropriées à son rang de cardinal  comme le « lionato », un orange foncé. Sur le dessin du Primatice "Un Turc" conservé à la Bibliothèque de Florence, dans des costumes peut-être réalisés pour la turquerie faite à Blois le 16 mars 1541,  François Ier, le cardinal de Lorraine, Hippolyte d’Este et Charles d’Angoulême apparaissent "vêtus de belles livrées de diverses couleurs et coiffés de turbans".

Dans le salon de la Fontaine de sa résidence d'Este, dominé par le Banquet d'Hercule,  se tenaient des réceptions qui, assurément, dégénéraient fréquemment en excès . . Dans le Salon "della Gloria", située trois salons plus à l'ouest et également ornée de fresques en trompe-l'œil sur toutes ses faces, son chapeau de cardinal est  négligemment à côté d'une mitre blanche, au rayon des accessoires et posée sur la fausse étagère représentée sur le mur ouest, à côté d'ouvrages érudits.

Villa d'Este, Salon de la Gloire. Cliché lavieb-aile.

On peut dès lors imaginer que Hippolyte se dirige vers la jeune femme : le Salon de la Fontaine devient le milieu d'une rencontre annoncée, suspendue, attendue.
 

 

 

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

10. Le grande vue du Jardin de la Villa d'Este.

Sous des guirlandes suspendues aux colonnes salomoniques, accentuant comme ailleurs le côté décor de théâtre,  et le cartouche HIP CAR FER (Hippolyte cardinal de Ferrare), la vue de la Villa, de la partie haute en pente du jardin puis de sa partie basse, montre dans le lointain et la lumière du couchant l'Aniène qui serpente vers Rome.

Réalisée  alors que le chantier n’était pas encore terminé, car basée sur un dessin de 1565, cette fresque est une vue de profil de l’ensemble du site. Au centre, un arbre dédié à Jupiter marque symboliquement la construction de l’image qu’il divise en deux parties distinctes : une surface plane et un plan fortement incliné, sur la gauche de l’image, offert au regard comme une sorte d’écritoire. Une troisième partie est constituée par le ciel - où l’on distingue des oiseaux - et un horizon lointain. La fresque est dessinée depuis le flanc intérieur de la colline à laquelle s’adosse le plateau du jardin, sa face oblique et le bâtiment qui domine l’ensemble, comme une coupe. "Le choix de ce point de vue fait en effet porter le regard vers Rome, à l’ouest, donc vers le soleil couchant, ces deux horizons se confondant avec le point de fuite de la fresque. La construction de la fresque rend possible une manipulation, un jeu de l’esprit, un jeu sur et avec les sens, certains points de vue de la villa in situ offrant également une telle jouissance spectaculaire. Si l’on ne connaît pas l’orientation du site ou, plus subtilement, si l’on en suspend volontairement la géographie objective, plus encore, si l’on abandonne son attention à la puissance magique et flottante, ambiguë, d’une rêverie éveillé par le lieu, l’on peut imaginer que la lumière venant frapper la face dressée obliquement est celle d’un soleil qui se lève sur une nouvelle création, non celle d’un soleil qui se couche sur Rome. Les signes semblent alors pouvoir s’inverser et tournoyer dans l’air du soir, comme la promesse d’une aube nouvelle : ce n’est plus Rome qui domine le monde, c’est le cardinal qui semble dominer Rome en attirant à lui toute la force conquérante de la ville éternelle." (Philippe Nys)

Rappel : "En fonction de la structure du terrain, le jardin fut divisé en trois sections distinctes : une première partie abrupte (30 mètres de profondeur et 15 mètres de dénivelé) est suivie d'une seconde en pente douce (60 mètres de profondeur et 15 mètres de dénivelé), se terminant par une troisième section plane de 85 mètres de profondeur. Le motif géométrique du plan, basé sur un module carré (30 mètres sur 30), est clairement évident dans les deuxième et troisième sections, divisées en carrés réguliers par plusieurs chemins rectilignes perpendiculaires.
Ce motif est moins évident dans la section la plus élevée, car elle est traversée par une série de chemins diagonaux destinés à faciliter l'ascension. L'axe perpendiculaire au palais, partant de l'ancienne entrée du jardin située Via del Colle, constitue la ligne de perspective principale du plan et est donc appelé « Viale della Prospettiva » (Chemin de la Perspective). Un thème architectural récurrent, mis en évidence par la perspective mentionnée ci-dessus, est celui de la loggia, réinterprétée avec différents niveaux de complexité compositionnelle, de la Fontana dei Draghi (Fontaine des Dragons) au palais : la succession de loggias représente en effet le seul élément reliant le volume du palais au jardin en contrebas." (Unesco)

Rappelons la présence du paon, accentuant le trompe-l'œil en déambulant queue trainante entre le fond du renfoncement factice organisé par les quatre colonnes, et le plancher. C'est encore un rappel du décor des maisons romaines et dominant au VIe siècle ap. J.C, notamment à Pompei et dans le Latium. Il était mis en relation avec le thème du renouveau et de la renaissance, car ses plumes caudales repoussent chaque année, et il était devenu, en Grèce, l'attribut d'Héra entre le VIe et le Ve siècle av. J.C avant d'acquérir une dimension eschatologique, médiateur entre le ciel et la terre, l'humain et le divin (Raphaël Démes 2017)

On en voitr un exemple sur une fresque de la Villa de Poppée à Pompéi.

 

 

 

 

 

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

11. Vue de la villa d'Auguste à Tivoli.

angle gauche de la façade ouvrant sur le jardin. Pas de photo. D. Ribouillault a publié cette figure :

Denis Rigouillault 2009

 

12. Vue de la fontaine de l'Orgue et des  trois  bassins à poissons dans le jardin de la Villa d'Este.

Aux deux extrémités du mur donnant sur le jardin se trouvent deux vues de la Fontana dell'Organo, dont celle de droite représente la fontaine avant les modifications du XVIIe siècle et celle de gauche, retouchée à plusieurs reprises, son état actuel.

Un oiseau est posé sur la guirlande de fruits.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

13. Vue de la Delizia de Belriguardo sur le Pô, propriété d'Hippolyte d'Este.

Voir : D. Ribouillault 2009 p. 362-363

Bâtie  en 1435 par Nicolas d'Este, la Délice de Belriguardo, au sud de Voghiera, fut la première demeure construite en dehors des remparts de Ferrara. Ce fut l'une des plus grandes et des plus somptueuses résidences nobiliaires de la Renaissance. Lucrèce Borgia, mère d'Hippolyte d'Este, y séjournait fréquemment.

 Un peu après qu'Hercule d'Este eut construit au début des années 1540 la Montagna di Sotto avec des viviers et fossés faisant de l'eau l'élément principal du décor, la célèbre villa de Belriguardo fut agrémentée d'un réseau de fossés assurant fraicheur et encadrant les grands parterres de surfaces cristallines (S. Frommel)

 

14. Fontaine de l'Orgue à la villa d'Este.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

Salon de la Fontaine, Villa d'Este. Cliché lavieb-aile 2024.

CONCLUSION.

Grâce à des auteurs comme Denis Rigouillault  et Verena Hake  entre 2005 et 2025, la compréhension du décor peint  du Salon de la Fontaine a fortement progressé, mettant en évidence les volontés de l'architecte et du commanditaire d'imiter les anciens (triclinum romain, grotesques de la domus aurea, divinités romaines), et de répondre aux principes maniéristes de théatralité et de jeu avec le spectateur, dans un très savant réseau de références au génie du lieu (la Sibylle...), à la rivière (l'Aniène), à l'espace environnant et à ses monuments antiques,  à l'ancêtre mythique de la famille d'Este (Hercule), et aux propriétés du cardinal Hippolyte II d'Este. Que ces auteurs soient remerciés de nous faire approcher de la complexité savante de la conception de la Villa d'Este.

SOURCES ET LIENS.

— FROMMEL (Sabine), 2008. Hippolyte d'Esté à Chaalis.  In: Monuments et mémoires de la Fondation Eugène Piot, tome 87, 2008. pp. 143-172;

https://www.persee.fr/doc/piot_1148-6023_2008_num_87_1_1647

—HAKE (Verena), 2024, Transition et rencontre, dissolution et connaissance : La Loggetta dans le jardin d’eau de la Villa d’Este à Tivoli Avec des remarques sur les fausses portes du Salone della Fontana, INSITU – Zeitschrift für Architekturgeschichte

https://www.academia.edu/144944417/%C3%9Cbergang_und_Begegnung_Aufl%C3%B6sung_und_Erkenntnis_Die_Loggetta_im_Wassergarten_der_Villa_dEste_zu_Tivoli_Mit_Bemerkungen_zu_den_Scheint%C3%BCren_im_Salone_della_fontana

— HOCHMANN (Michel), Venise et Rome 1500-1600 p. 366

https://www.google.fr/books/edition/Venise_et_Rome_1500_1600/VVkFELS4m4oC?hl=fr&gbpv=1&dq=fontanina+%22villa+d%27este%22&pg=PA368&printsec=frontcover

—RIBOUILLAULT (Denis), 2005,« Le Salone de la Villa d'Este à Tivoli : un théâtre des jardins et du territoire » Studiolo : revue d'histoire de l'art de l'Académie de France à Rome  Année 2005  3  pp. 65-94 Fait partie d’un numéro thématique : Arts visuels et théâtre.

https://www.persee.fr/doc/studi_1635-0871_2005_num_3_1_1139

—RIBOUILLAULT (Denis), 2009, Le ville dipinte del cardinale Ippolito d’Este a Tivoli : l’architettura di fronte all’antico, la tradizione ferrarese, e un nuovo documento su Belriguardo 2009, Delizie estensi. Architetture di villa nel Rinascimento italiano ed europeo, F. Ceccarelli, M. Folin, ed., Florence, Olschki.

https://www.academia.edu/3430333/Le_ville_dipinte_del_cardinale_Ippolito_d_Este_a_Tivoli_l_architettura_di_fronte_all_antico_la_tradizione_ferrarese_e_un_nuovo_documento_su_Belriguardo

—RIBOUILLAULT (Denis), 2011, Toward an Archaeology of the Gaze: Perception and Function of Garden Views in Italian Renaissance Villas, in Clio in the Italian garden : twenty-first-century studies in historical methods and theoretical perspectives, Éditeur Dumbarton Oaks Research Library and Collection.

 https://www.academia.edu/3429818/Toward_an_Archaeology_of_the_Gaze_the_Perception_and_Function_of_Garden_Views_in_Italian_Renaissance_Villas

— RIBOUILLAULT (Denis), 2006 ‘Paesaggio dipinto, Paesaggio reale’ : notes sur une fenêtre de la Villa d’Este à Tivoli, Actes du colloque international (Ferrare, Castello Sforzesco, 2006). Collection : Ferrara Paesaggio estense ; 4

https://www.academia.edu/3430314/_Paesaggio_dipinto_Paesaggio_reale_notes_sur_une_fen%C3%AAtre_de_la_Villa_d_Este_%C3%A0_Tivoli?sm=b&rhid=38794173488

—Ministère italien  de la culture:

https://fotografia.cultura.gov.it/va-ve/resource/IT-ICCD-PHOTO-0157-000316

— Site TIBURSUPERBUM

https://www.tibursuperbum.it/ita/museo/CascataWittel3.htm

— UNESCO World Heritage Centre

https://whc.unesco.org › document pdf

Je reproduis ici ce texte après l'avoir traduit.

 

Symbolisme. La Villa d'Este fut créée selon un programme iconographique d'une grande érudition, conçu par Pirro Ligorio, le cardinal Hippolyte II d'Este et son conseiller et secrétaire dévoué, l'humaniste Marc-Antoine Muret. Ce programme visait à ennoblir la demeure et le cardinal lui-même en exaltant ses vertus et sa lignée, et en conférant une signification profonde à son œuvre architecturale. Fondé sur une connaissance intime des mythes et thèmes classiques, même les plus insolites et les plus ésotériques, ce programme tisse des récits à travers les différents espaces de la Villa, tissant des liens entrelacés aux niveaux de signification de plus en plus complexes et sophistiqués. Les significations symboliques, allégoriques et festives furent développées par l'ensemble des éléments du complexe architectural : des innombrables fontaines aux allées et jeux d'eau, de l'agencement de la végétation aux décorations picturales intérieures, jusqu'aux statues antiques qui ornaient à l'origine le palais et le jardin. La forte unité et la cohérence entre le contenu symbolique et l'apparence extérieure du jardin du XVIe siècle s'atténuèrent progressivement après la mort du cardinal, pour finalement disparaître en raison des modifications apportées à la décoration du jardin au cours des siècles suivants. De ce fait, il est aujourd'hui assez difficile de reconstituer les différents niveaux de signification symbolique.

Les allégories et les symboles de la villa peuvent être interprétés selon deux parcours différents, de haut en bas et inversement. Le premier parcours, « logique et destiné au public » (Madonna, 1979), est ascendant et débute par la porte de la Via del Colle, empruntée par les invités du cardinal. Au cours de l'ascension, parfois éprouvante, vers le palais, la succession des terrasses et le plan géométrique du jardin permettaient au visiteur de percevoir la structure spatiale et le contenu allégorique de la villa de manière ordonnée et logique. Tout au long de l'allée ascendante, le visiteur découvrait la succession de représentations du mythe d'Hercule, le symbole le plus évident du jardin, explicitement mentionné dans les deux épigrammes de Marc-Antoine Muret : « La fatigue n'eut pas raison d'Hercule, ni le plaisir voluptueux – l'âme du chaste Hippolyte – enflammé par l'amour de ces deux vertus – à Hercule et Hippolyte, Hippolyte dédia ces jardins.» « Les pommes d'or qu'Hercule déroba au dragon endormi appartiennent désormais à Hippolyte – reconnaissant de ce don, il voulut que celui qui l'avait offert soit dédié aux jardins qu'il avait plantés ici.» La figure centrale du programme iconographique « public » est donc Hercule, auquel la villa est liée par une double relation : il est à la fois l'un des dieux protecteurs de la région et le fondateur légendaire de la Maison d'Este. De même, la Villa célèbre le cardinal de Ferrare qui, à l'instar de son ancêtre mythique, dut accomplir des travaux mémorables pour créer son jardin et reçut ainsi les pommes d'or volées par Hercule au dragon Ladon, le gardien des Hespérides.

À ce mythe est dédiée la Fontaine des Dragons, située au centre du jardin où Hercule, et en son nom son héritier, le cardinal de Ferrare, et actuel propriétaire des pommes des Hespérides, représente le protecteur des vertus et des qualités morales léguées depuis l'Antiquité et actuellement gardées dans les jardins mythiques de la Villa d'Este. Le mythe s'est développé le long de la succession de loggias de l'étage supérieur : la Loggia di Hercole (où, dans la niche centrale, se trouvait à l'origine la statue d'un Hercule au repos), et la Loggia del Cardinale (avec la statue d'Hercule à la massue, qui faisait alors face au jardin). La série de statues d'Hercule le représentant à différentes étapes de sa légende symbolisait le développement espéré des vicissitudes personnelles d'Hippolite II : la lutte, la victoire, l'immortalité. Une salle du rez-de-chaussée du palais est dédiée aux travaux d'Hercule, et il figure également parmi les figures mythologiques représentées dans la première salle tiburtine, illustrant le mythe de la fondation de Tivoli.

Lié à Hercule est aussi le thème du choix entre la Vertu et le Vice (Hercule à la croisée des chemins), que la « Descrittione Anonima» place dans la grotte de Vénus « dédiée aux plaisirs voluptueux » et celle de Diane« dédiée aux plaisirs honnêtes et à la charité ». Dans cette grotte, située au sommet d'une pente abrupte, la statue de Diane est placée côte à côte avec celle du mythique Hippolyte, qui porte le nom du cardinal et auquel ce dernier s'identifie. Hippolyte est un emblème de chasteté, ayant préféré la mort à l'inceste avec sa belle-mère Phèdre. Il fut ramené à la vie par Esculape grâce à l'intercession de Diane, pour être réincarné en Virbius latin. Hippolyte était également le protagoniste du récit qui aurait été représenté sur les seize tapisseries conçues par Pirro Ligorio lui-même pour les salles du Piano Nobile.

La voie descendante propose un itinéraire antithétique, du palais au jardin, à la fois exotérique et alogique,destiné à une élite exclusive d'initiés capables de décrypter les différentes strates de signification héodonique, avec une« relecture globale des lieux comme une cosmogonie d'origine hésiodique, resématisée par l'orphisme néoplatonicien, et historicisée pour célébrer le génie de Joci » (Madonna, 1979).
La fontaine située dans la cour du palais, avec la statue d'une Vénus couchée plongée dans un sommeil néoplatonicien prédisposant à un niveau de connaissance supérieur, marque le début d'un voyage initiatique vers les mystères les plus profonds de la nature, ouvrant la voie à la rencontre avec la Sibylle de Tibur et son monde hermétique.
Vénus est ici représentée comme la Nimpha Loci, la gardienne sacrée de la première source qui alimente le jardin. L' identification de Vénus à la Nimpha Loci s'effectue par l'intermédiaire de l'élément eau, car toutes deux incarnent la fécondation et la nourriture vitale. Dans le jardin de Tivoli, Vénus ne doit pas être perçue comme la déesse de la luxure, mais comme Vénus Génératrice, le principe vital d'où naissent tous les éléments naturels, et vers qui ils retournent tous.
De nombreuses fontaines lui sont dédiées, de la grotte du Giardino Segreto à celle de l'enceinte de l'Ovato, en passant par la fontaine de la terrasse de l'Organo ; plusieurs statues la représentant ornaient autrefois les salles du palais, la loggia principale et diverses niches du jardin. Vénus émergeant des eaux est représentée au centre d'un mur de la seconde salle Tiburtine, où est représentée la représentation du mythe de l'une des principales divinités de Tivoli, à savoir la Sibylle Albunea, sous ses diverses personnifications : Ino, Leucothea, la Sibylle Tiburtine, Mater Natura, Diane d'Éphèse, Déesse de la Nature.
La figure de Vénus, allégorie de la vie et du mystère de la naissance, de la mort et de la régénération dans le cycle naturel, préfigure en effet la Sibylle, avec laquelle elle partage plusieurs caractéristiques. Ces caractéristiques peuvent être plus facilement comprises en revenant brièvement sur le mythe, décrit à plusieurs reprises par Pirro Ligorio dans son « Libro dell'Antichità » (Madonna, 1979-1981) : Vénus est la mère d'Harmonie, Concordia discors, qui, à son tour, engendra Ino et Cadmos, roi de Thèbes. Afin d'échapper à la folie de son époux Athamas, Ino se jeta à la mer avec son fils Mélicerte ; elle fut ramenée à la vie grâce à l'intercession de Vénus et de Bacchus, dont elle était la mère nourricière, et, transformée en Leucothée, elle fut accueillie parmi les Néréides, devenant déesse de la mer et protectrice des marins, tandis que son fils devint Palémon, dieu des ports. Entraînée avec Palémon par les eaux du Tibre jusqu'à Rome, devant l'île Tibérine, elle fut attaquée par les Bacchantes et sauvée par Hercule Saxanus. Tous deux trouvèrent réfugié auprès de la déesse Carmenta, qui prophétisa leur transformation en Mater Matuta et Portunus.

On ignore encore à quelle phase du mythe il convient d'attribuer sa personnification en la Sibylle Albunea Tiburtina, qui, entre autres, prophétisa la ruine de Rome (« urbs mollis, iniqua nefanda ») et, selon la tradition, l'avènement du Christ.

Le lien entre le mythe et l'élément principal de la villa, à savoir l'eau, est très clair. La mort symbolique d'Ino et sa métamorphose ont lieu dans l'eau. De sauvée, elle devient la protectrice des marins et la déesse de la mer, cette dernière étant à la fois l'origine et la fin de toutes les eaux. Leucothea entreprend alors son voyage initiatique et arrive à Rome par les eaux du Tibre, « symbolisant cette fois la détresse et le risque » (Madonna, 1980), et devient ici Mater Matuta, « la mère de toutes les eaux, la mère de la nature, la mère, c’est-à-dire l’origine, de toutes les activités » (Madonna, 1979).

On peut rattacher au mythe de la Sibylle tous les thèmes développés dans les trois fontaines principales, situées au même niveau, à mi-hauteur de la colline : le thème de la nature physique, le thème de l’exotérisme et de la nature mystique, le thème des éléments féminins (l’eau et la terre), le thème de la musique… le thème de la Grèce antique » (Madonna, 1979). Les trois fontaines marquent également les étapes du voyage initiatique de la déesse-prophétesse « comme une allégorie du transport physique de l'eau depuis l' Aniene » (Madonna, 1979). La Fontana di Tivoli, dominée
par la grande statue d'Albunea, est la représentation symbolique de ses multiples rôles : source, rivière,
montagne sacrée, forêt. Dans l'enceinte de la fontaine, le double secours apporté par Vénus et Bacchus est commémoré, avec la grotte et les deux petites fontaines qui leur sont dédiées. Le mystère du voyage initiatique de la Sibylle est symbolisé par le long chemin de la Cento Fontane, marqué par les Métamorphoses d'Ovide, une allégorie des changements opérés par le temps. La barque au centre de la fontaine de Rometta fait référence à l'Isola Tiberina, le lieu où Leucothea a débarqué, et à toute la scène théâtrale 

La scène rappelle la malédiction de la Sibylle contre Rome. Le mythe s'achève à la Fontana dell'Organo, avec la glorification de la Sibylle comme Grande Mère, la Mater Matuta, représentée par la statue de Diane d'Éphèse déesse de la Nature, qui se dressait autrefois devant la grande niche centrale ; la déesse, par l'eau jaillissant de ses seins, est un être créateur de vie et produit les sons de la Musique et de l'Art. La clé d'interprétation du spectacle unique offert au XVIe siècle par la fontaine réside dans la
représentation des principales forces transformatrices de la Nature par la combinaison de quatre
éléments : la Terre, symbolisée par la statue de la déesse créatrice ; l'Air, qui donnait le souffle aux instruments de musique et reproduisait les cris des animaux ; Le Feu, évoqué par les miroirs qui, au XVIe siècle, furent disposés le long de la perspective afin de refléter les rayons du soleil, et l'Eau, qui coulait partout pour donner la vie au monde.

Les étonnantes métamorphoses de la nature provoquées par la Sibylle - Matuta, par son mystérieux pouvoir cosmogonique, sontégalement symbolisées par les trois Grottes des Sibylles situées sous la terrasse de la Fontaine de l'Organe. Le rugissement assourdissant de la cascade qui dévale de la grotte centrale, symbole du sein de la Grande Mère, ne peut manquer de rappeler que la voix prophétique de la Sibylle se métamorphose ici en le rugissement hermétique et terrifiant de la Terre Mère.
À la Sibylle, figure centrale du parcours exotérique, source de toute connaissance et de toute créativité, peut également être rattaché au thème de la Vertu, développé non seulement dans le jardin, mais aussi dans les décorations picturales des salles du Piano Nobile du palais. « La Vertu peut être comparée à la Sibylle, indiquant aux Romains le chemin du salut »(Fagiolo, 1979) : le paganisme peut être christianisé en opposant le chemin de la Vertu à celui de Volupté, représentée par la Rometta, emblème de la tromperie et des valeurs négatives. Le thème du choix entre la Vertu et le Vice, attribué par l'interprétation « publique » à Hercule, est en réalité rapporté à la Sibylle. Dans l'iconographie du XVIe siècle, la Sibyle de Tivoli est souvent accompagnée du Y pythagoricien, préfiguration de la croix, symbole d'Hercule à un carrefour, et, par analogie, du Cardinal lui-même. Comme les autres figures clés de l'iconographie de la Villa, de Vénus génératrice à Hercule et Hippolyte, Virbius, la Sibyle poétesse, vierge et mère, fait référence au Cardinal de Ferrare qui s'était arrogé le même rôle d'ordonner le monde à Tivoli et dans le jardin qu'il avait créé.

En effet, le Cardinal est symbolisé par la Sibylle dans ses activités de gouvernance et de réglementation, ainsi que sa nature de prêtresse et sa virginité.

L'ambiguïté apparente inhérente à la coexistence de natures opposées dans la figure de la Sibylle de Tibur (Vierge et Terre Mère) est à attribuer au syncrétisme de la culture de l'époque, se traduisant par l'
attitude mentale de « l'intellect supérieur » selon laquelle une vérité cachée se trouve dans la synthèse de significations opposées. En conséquence, la contradiction, ou plutôt la double signification des valeurs attribuées à Rome dans la fontaine qui porte son nom, peut être perçue : à la célébration de son image triomphante, lieu où les mythes et les vertus de l'antique Tibur se renouvellent et où coulent les eaux purificatrices de cette dernière, but convoité du parcours de vie du cardinal, s'oppose la condamnation implicite du rôle négatif de Rome, cité de la tromperie, corruptrice des âmes et objet d'ambitions sans bornes.

Le Salon de la Fontaine

Le salon principal central est appelé la Sala della Fontana diTivoli, en raison de la petite fontaine rustique placée contre le mur nord-est (n° 8), commencée par le graveur de fontaines Curzio Maccarone et achevée en 1568 par Paolo Calandrino. Entièrement recouverte de mosaïques et d'émaux, la fontaine est dédiée à la ville de Tivoli, représentée de manière synthétique dans le bas-relief de la niche centrale par les deux éléments paysagers les plus représentatifs de la ville, à savoir les ruines antiques, avec le temple de la Sibylle, et les eaux qui, coulant entre les rochers de tartre aujourd'hui disparus, se déversaient supposément dans le bassin en contrebas. La décoration picturale de cette salle, comme celle de la salle voisine d'Hercule, fut réalisée – à partir de 1565 – par six artistes sous la direction de Gerolamo Muziano, qui, en 1567, furent remplacés par une équipe dirigée par Federico Zuccari. Ce dernier peignit les fresques au centre des voûtes. Les peintures agrandissent l'espace de manière illusionniste, non seulement le long du périmètre des murs – une fausse loggia à colonnes torsadées s'ouvrant sur des vues du paysage –, mais aussi vers le haut, où une colonnade en perspective encadre le ciel en arrière-plan, le théâtre du « Banquet des Dieux », une fresque inspirée de celle de Raphaël à la Farnesina.

Au centre des quatre côtés de la voûte, ornés de figures grotesques, des édicules en stuc représentent des scènes allant des sacrifices à Apollon, Diane, Cérès et Bacchus. Dans les cadres ovales des bordures, quatre peintures de dieux sur des chars symbolisent les quatre éléments : Neptune l'eau,
Jupiter l'air, Pluton le feu et Junon la terre. Aux angles, les armoiries en stuc du Cardinal se trouvent près de couples de dieux : Bacchus et Cérès, Jupiter et Junon, Mars et Vénus, Minerve et Mercure, ce dernier étant probablement un autoportrait de Gerolamo Muziano. Parmi les vues murales, peintes en 1568 par Matteo Neroni da Siena, certaines sont particulièrement importantes pour l'histoire de la Villa d'Este, car elles représentent des paysages ou des détails du jardin et des fontaines ; ainsi, la grande fresque du mur nord-est témoigne de l'avancement des travaux du palais en 1568, avant l'ajout des ailes latérales, et montre le jardin « tel qu'il aurait dû être » selon A. Del Re.

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20 mars 2026 5 20 /03 /mars /2026 13:44

Les 10 personnages sculptés (poteaux d'huisseries, bois, vers 1500) de la façade de la maison à pondalez de Morlaix dite  "Maison de la Duchesse Anne". Les sculptures intérieures.

 

PRÉSENTATION.

Morlaix a été envahie et en grande partie détruite par les troupes du roi anglais Henri VIII, en 1522. Lors de sa reconstruction, la ville est refaite dans un style très contemporain, de la Renaissance. La mode des maisons à lanterne émerge alors : la lanterne ne désigne pas ici une lampe mais une cour intérieure couverte chauffée par une très haute cheminée.

Ces habitations appartenaient à des nobles, qui avaient abandonné leur titre et quitté leur manoir en campagne, préférant profiter du commerce florissant du lin. À l'époque, des marchands d'Angleterre, d'Espagne ou du Portugal accostaient dans le port de Morlaix. Le lin était vendu sur les étales, devant les maisons, sous forme de rouleau de toile de 120 m sur 70 cm.  Seules restent en place cette "maison de la Duchesse-Anne" et l Maison à Pondalez/Musée de Morlaix " de  9 Grand-Rue. Deux maisons dont l'escalier à pondalez est partiellement en place se trouvent rue Ange de Guernisac. Des poteaux corniers sculptés de saints et saintes sont conservés dans la Grand-Rue

Autour de 1530, cet hôtel particulier, haut de trois étages, est construit dans la rue des Nobles (actuelle rue du Mur), au dessus des Halles. Il sera dénommé "de la Duchesse-Anne" au XIXe siècle par souci publicitaire.

 

La Maison de la Duchesse-Anne, rue des Nobles. En bleu, le confluent du Jarlot et du Queffleuth. Plan de Morlaix par Del Michal, avant 1733.

 

Dans ses éléments les plus marquants, il compte une cheminée monumentale et un escalier en chêne richement sculpté dont la colonne principale, haute de 10 mètres, a été construite dans un tronc d’un seul tenant.  C'est ce pilier central, sur lequel s'appuie toute la charpente, qui est LA particularité de ces maisons à pondalez : une vraie prouesse architecturale, presque propre à Morlaix (un exemple à Tréguier, Maison Saint-Pierre vers 1490, un autre à Landerneau, Maison des treize lunes).

L’hôtel particulier a été construit pour Yves Pinart de Kerverziou, docteur es droits, qui fut notamment sénéchal du nord du Léon et du Goëlo, sénéchal de Pordic (1507), de Langarzeau (1511), de Plouha et d'Yvias (1516) ou de Coëtmen (1522) et conseiller au Parlement de Bretagne. Il épousa successivement Jeanne du Boisgelin dame de la Noëverte, Marguerite de Kerbuzic, dame héritière de Keranglas et de Kerlaouënan, et après 1562, Jeanne de Kersauzon.

 

À l'extérieur, la façade sur rue repose sur un rez de chaussée en granit ; les étages supérieurs sont structurés autour de pans de bois dont les interstices étaient initialement rempli avec un mélange d'argile. La façade de la maison donnant sur la rue (33 du Mur à Morlaix) est décorée de 10 statues :  ses quatre poteaux corniers  reçoivent des personnages religieux (deux saints et deux saintes), tandis que 3 de ses poteaux d'huisseries sont sculptés de personnages profanes souvent irrévérencieux :

-Poteaux corniers :

Saint Jacques

Saint Yves

Sainte Barbe

Sainte Catherine

-Poteaux d'huisserie :

Homme sauvage tenant un bâton écoté

Fou et sa marotte

Homme en position d'atlante

Homme accroupi, coiffé d'un chapeau de pèlerin

Homme tirant la langue

Vieil homme songeur.

Il m'a paru intéressant de les présenter en détail, notamment pour les confronter aux statues, crossettes, blochets des édifices religieux contemporains, largement documentés dans ce blog, pour constater qu'on y trouve la même iconographie associant les personnages religieux et les thèmes profanes fabuleux ou imaginaires. Ainsi, les saints Jacques et Yves sont très représentés dans les églises et chapelles bretonnes, tandis que les saintes Barbe et Catherine sont les premières du catalogue des représentations sculptées bretonnes du XVe-XVIe siècle. Dans le domaine profane, on trouve plus souvent dans les églises et chapelles des animaux (lions, dragons), puis viennent les acrobates et les sirènes ou femmes serpents ; l'homme sauvage s'y retrouve  souvent, notamment comme tenant d'écus armoriés.

Mais les œuvres sculptées des maisons à pondalez ne différent guère, dans leur facture, de celles des église et chapelles bretonnes, et, notamment, de celles des églises Saint-Mélaine et Saint-Mathieu de Morlaix.

Rappel :

1)Le poteau cornier est une pièce maîtresse de la structure de la maison à pan de bois.
A l’origine, il était réalisé d’une seule pièce du sol au toit (bois long). Il est situé à l’extérieur dans l’angle formé par le pignon sur rue et le mur gouttereau donnant sur la cour.
Cette poutre angulaire symbolisait à la fois la propriété et le soutien de la demeure paysanne. Il n’est donc pas étonnant que cette pièce de bois, située à un emplacement stratégique, soit fréquemment dotée d’inscriptions côté rue : date de construction, inscriptions patronymiques, symboles chrétiens, emblèmes et inscriptions ayant un rapport étroit avec la vie professionnelle et affective du propriétaire.

2) les maisons à pondalez sont des demeures de négociants en toile de lin ou crées, spécialité du Léon. Elles sont à pans de bois, datant du premier quart du XVIe siècle. Elles se caractérisent par un imposant escalier à vis qui soutient les « ponts d’allée » galeries intérieures. Beaucoup ont disparu, mais deux maisons morlaisiennes, témoins de cette époque florissante, sont ouvertes au public : la Maison à Pondalez au 9 Grand Rue et la Maison dite de la Duchesse Anne, rue du Mur.

Elles se composent d’un grand rectangle divisé en trois parties : un corps de bâtiment sur rue avec sa façade en encorbellement sur la rue, un corps de bâtiment sur jardin (ou sur le rempart) avec sa façade également en encorbellement sur l’extérieur, et, entre les deux, un espace couvert : éclairée par le toit sur l’iconographie du XIXe siècle, cette « lanterne » est le lieu privilégié de la maison.

LES SCULPTURES EXTÉRIEURES

 

 

 

 

 

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La Maison de la Duchesse Anne à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'écu, non gravé,  est présenté non par un ange aux ailes déployées comme je le pensais, mais par un aigle, comme l'indique Daniel Leloup qui a remarqué la pointe du bec et les griffes des serres.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

LE PREMIER ÉTAGE.

1. Saint Jacques le Majeur.

Sous un dais à indentation, il est coiffé du fameux chapeau à larges bords des pèlerins de Compostelle. Il tient un livre ouvert dans la main gauche, tandis que sa main droite a perdu le bourdon qu'il tenait jadis. Sa robe est serrée par une ceinture, où on ne voit pas la classique besace.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

2. L'Homme sauvage tenant un bâton écoté.

L'homme sauvage, qui s'impose dans l'art occidental à partir du XIIIe siècle, est un personnage ambiguë : il est recouvert dans les textes comme dans les images d'une pilosité surabondante dont le caractère animal est attesté dans toutes les sources écrites (littérature, encyclopédisme, médecine). Il est une figure légendaire, folklorique et parfois héraldique couverte de poils et souvent armée d'un gourdin. Cet être anthropomorphe fait le lien entre l'humanité et l'animalité, entre le sauvage et le civilisé, et ces transitions ou transgressions de frontières, ces formes marginales entre humanité, régne animal et monde végétal fascinent les commanditaires d'églises et de chapelles, de manoirs et de châteaux, qui les réservent précisément aux espaces de transitions : sablières à la liaison entre le mur et la charpente à l'intérieur, crossettes entre mur et charpentes à l'extérieur, miséricordes et appuis-mains des stalles, charpente et boiseries intérieures et extérieures des maisons

Les trois régnes sont bien réunis, puisque le personnage est anthropomorphe, sa toison est animale, et le bâton est en bois écoté, brut de toute finition.

C'est ce même principe de métamorphose, très diffusé par l'œuvre d'Ovide, qui explique la profusion des êtres hybrides comme le dragon, la sirène, la femme-oiseau, les masques feuillus, les animaux feuillagés, et tant d'autres figures du vocabulaire ornemental médiéval et Renaissance.

La force de la nature sauvage doit être canalisée, domestiquée (par des rituels), mais ne perd jamais sa menace d'explosion violente. La figure du chasseur ne se contrôlant plus et oubliant toute civilité, tout respect des règles — religieuses— apparaît dans la légende de saint Julien, de saint Eustache ou de saint Hubert.

Le bois écoté rappelle aussi l'importance de la forêt, source de revenus, et lieu de chasse, mais aussi lieu où, dans les Romans bretons, le héros accède au merveilleux du monde féerique.

On trouve à l'intérieur de la maison un écu présenté par deux hommes sauvages à genoux.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

3. Le Fou et sa marotte.

La proximité du Sauvage et du Fou est bien réelle puisque la folie est  le franchissement de la frontière de la raison. Mais rien n'est simple, et c'est ce qui fascine : la raison la plus sage peut se dissimuler dans les dérèglements de l'esprit, et l'apparence humaine est si préservée que le fou nous tend  un miroir où nous sommes troublés de nous reconnaître, ou charmés d'un monde poétique ou, là encore, merveilleux. On pensera aussi à l'ambiguïté des bouffons des cours seigneuriale.

Ce Fou a tous les attributs que l'iconographie a fixés à la fin du moyen-âge, lors des fêtes des fous ou des carnavals, renversement des valeurs, ou depuis la parution en français de la Nef des Fous , traduction du Narrenschiff de Sébastian Brant en 1494 : le bonnet à longues oreilles d'âne, se prolongeant en capuche à bords crantés ; les manches aux coudes ornés de glands à fanfreluches (dissimulant sans doute un grelot) qu'on retrouve aussi à la pointe pectorale de la capuche ; les extrémités des manches et des quartiers des chaussures également crantées (s'opposant aux bords droits autant que l'esprit s'écarte de la rectitude de la logique); et, bien sûr la marotte, ce spectre de dérision présentant à l'aliéné son visage spéculaire. Le Fou le serre ici contre sa poitrine comme une poupée et appuie son index contre le menton, geste où nous pouvons hésiter à reconnaître celui de la risette, où celui de la leçon de morale...

Enfin, remarquons le sourire grimaçant, montrant les dents.

Ces sculptures des maisons étaient certainement peintes, et on peut parier que les vêtements du Fou étaient bariolés, mi-partis.

Voir :

 

 

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

4. L'homme en robe, soutenant le corbeau, en position de chevalier servant.

Ce personnage accroupi, peut-être un clerc ou un bourgeois, est figuré en atlante.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

5. Saint Yves.

Saint Yves, qui fut Official à  Rennes puis Tréguier et recteur de Trédrez (Côtes d'Armor) avant de mourir en 1303, est largement vénéré en Finistère. Il est, on le sait, patron des juristes et des avocats et défenseur de droits des pauvres. Sa statue est bien abîmée. Il est assis sur un siège droit, comme une cathèdre, et est coiffé de la barrette de docteur recouverte de la capuche du camail qui recouvre ses épaules. Ses mains brisées ne fournissent plus les indices habituels : tenait-il un rouleau de parchemin? un livre de droit. Opposait-il pouce et index dans un geste d'argumentation juridique ?

Voir :

Yves Pinart avait plusieurs raison de faire représenter saint Yves : non seulement c'était son saint patron, mais il tenait son prénom de deux de ses ancêtres Yvon Pinart seigneurs du Val depuis le XIVe siècle. En outre, saint Yves de Kermartin était le patron des juristes, et il était docteur en droit. Et encore, la rue des Nobles se prolongeait par la rue Saint-Yves.


 


 

 

 

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

II. LE DEUXIÈME ÉTAGE.

 

6. Sainte Barbe tenant sa tour.

Sainte Barbe propose les édifices de la foudre, et les fidèles des risques  d'explosion, ou, plus largement, de mort subite. C'est une sainte majeure de nos églises et chapelles, incontournable avec sainte Catherine dans les Livres d'Heures. Elle est reconnaissable à son attribut, la tour à trois fenêtres : elle fut enfermée en raison de sa foi chrétienne dans une tour, mais elle l'a fit percer de trois fenêtres pour affirmer son attachement au dogme de la Trinité.

Le sculpteur a souligné sa beauté et sa richesse de princesse par sa robe ajustée, son fin visage et sa longue chevelure, tandis qu'en la coiffant d'un turban il indiquait son origine orientale : elle vivait au IIIe siècle à Nicomédie, dans la Turquie actuelle.


 


 

 

 

 

 

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

"Les trois personnages profanes qui occupent le second étage sont d’une catégorie différente de celle de leurs coreligionnaires du premier étage. Certains détails plaident pour une installation largement postérieure à la date de construction de l’hôtel particulier. À l’exception du vieillard endormi, à droite, elles détonnent par leur facture nettement inférieure à celle des trois statues profanes du premier étage, qui sont d’une grande unité stylistique. L’espace occupé par ces trois statues devait à l’origine contenir une ornementation plus simple, comme des « choux fleuris »."

7. Homme accroupi, coiffé d'un chapeau large.

Ce personnage ne paye pas de mine avec son visage très fruste engoncé sous son chapeau. Il porte un vêtement chaud sur les épaules, une tunique courte et des bottes basses. Il fait fonction d'atlante.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

8. Homme en tunique, tirant la langue, en position de chevalier servant.

Ce jeune homme est une figure de la dérision puisqu'il grimace les bras croisés en tirant la langue. Son tablier indique-t-il qu'il est un artisan?

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

9. Homme barbu dans l'attitude du songeur, posture du chevalier servant.

On a proposé qu'il s'agisse de Jessé, père de David et  d'un emprunt à un édifice religieux doté d'un Arbre de Jessé.

"Le vieillard endormi doit correspondre à un élément d’arbre de Jessé. Ses dimensions excédant la hauteur « standard » expliquent qu’il ne repose pas sur une console. L’individu bras croisés du milieu ne tire pas gratuitement la langue aux passants, comme cela a été écrit, mais montre par son expression le poids qu’il porte sur ses épaules. Avec son chapeau au large bord relevé au-dessus de sa tête et sa cape, le personnage de gauche échappe à toute identification. 

Soulignons que les consoles sur lesquelles reposent ces deux dernières statues sont identiques, alors que l’artiste ou l’atelier qui réalisa les autres statues de la façade prit soin d’en varier les motifs et les dimensions. Cet élément supplémentaire plaide pour un apport postérieur. Remarquons que la Maison dite de la duchesse Anne hébergeait au début des années 1880 la boutique d’un antiquaire, contexte favorable à une telle modification de la façade. Des éléments de maisons démolies à cette époque ont pu être récupérés pour « compléter » la décoration. La statue de Jessé doit par contre provenir d’un édifice religieux." (source)

 

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 

10. Sainte Catherine, sa roue brisée et son épée.

Sous un dais bien préservé, elle porte une couronne à fleurons, un manteau couvrant une robe de princesse, et ses attributs : l'épée de sa décollation et la roue brisée de son supplice.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

11. Le décor des autres poteaux.

Les poteaux intermédiaires alternent leurs ornements en rangs de perles, en feuilles, ou en tuiles, et en écailles.

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Selon Daniel Leloup, ces fûts à décor d'écailles est une constante du vocabulaire des maîtres sculpteurs morlaisiens. On les retrouvent sur le poteau de jonction de l'escalier conservé au Victoria et Albert Museum :

 

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

La façade de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

LES SCULPTURES INTÉRIEURES.

Il est difficile de rendre compte des volumes de la demeure en raison du manque de recul, et pourtant, c'est l'organisation spatiale qui est passionnante à découvrir. Les galeries, qui déservent aux étages les pièces de réception des clients venus acquérir des créées, ou toiles de lin du Léon, s'appuient sur un seul pilier central monoxyle, comme celui conservé au Victoria et Albert Museum  de Londres : Il s'élève sans être appuyé à son extrémité supérieure, qui est sculptée (ici d'un Jean-Baptiste). Placer ce pilier et l'étayer était le premier acte de la construction, sur lequel venait s'étager du bas vers le haut des échafaudages, et même le colombage des façades.

Galeries présumées du 17 Grand'Rue à Morlaix. V&A Museum, Londres

Cet escalier  occupait un hall central fermé et reliait les pièces donnant sur la rue à celles de l'arrière, donnant sur une cour. Le poteau d'escalier décalé, bien visible, est orné d'un mélange de motifs de la fin du Moyen Âge et représente un évêque, saint Clément, un roi de France et saint Jean-Baptiste (en haut), peut-être le saint patron du premier propriétaire. Les balustrades encadrent des panneaux à plis de serviette, très répandus en Europe du Nord entre 1460 et 1550, et sont surmontées de figures représentant sainte Catherine, des paysans et des animaux dont des dragons. Richement sculptés et faiblement éclairés par le bas, ces escaliers devaient créer un effet magnifique dans cet espace haut et étroit.

J'emprunte cet écorché au site Baie de Morlaix : le pan manquant est celui ou s'élève l'immense cheminée qui chauffe tout le hall.

 

Voir aussi une maquette au 1/10e réalisée par des élèves du lycée de Quintin:

 

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Je décrirai deux ensembles d'éléments sculptés : les sculptures du pilier et des galeries, en bois. Et celles, en pierre, des deux frises de la cheminée.

 

I. LES SCULPTURES EN BOIS.

On trouve sur le pilier, de bas en haut :

un ange à écusson

un prêcheur sur une chaire dressée sur trois crânes

une tête isolé

saint Yves, assis, tenant un phylactère 

saint Roch et son Roquet (1ère galerie)

Ornements croisés intermédiaire. Un ange à écusson

un saint  tenant un bâton avec un enfant à ses pieds (saint Nicolas?) (2ème galerie)

Ornements croisés intermédiaire. Un ange à écusson

saint Christophe (3ème galerie).

Saint Michel (3ème étage couronnement de la poutre centrale)

Sur les galeries :

un acrobate tenant un tonnelet

un homme buveur.

un homme sauvage portant un écu

Sur les murs :

un crucifix

Samson et le lion

Un prêcheur sur une chaire dressée sur trois crânes puis une tête isolée.

Remarquez les gardes-corps à panneaux de serviettes plissées.

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Ce motif m'a beaucoup intrigué mais hélas je n'ai pu l'élucider, car le personnage occupant la chaire est partiellement détruit. Globalement, il m'a évoqué les scènes de Renart prêchant aux poules, mais c'est à l'évidence autre chose. Les crânes font-ils allusion aus prédications de saint Vincent Ferrier sur la mort. Sur le garde-corps de ce que j'appelle la chaire, on voit une série de barres qui peuvent évoquer les doigts d'une main.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Les sculptures des maisons à pondalez de Morlaix. I. La maison de la Duchesse Anne.

Je ne m'explique pas non plus cette tête sans corps. La série de références codées m'échappent. Un saint dont la tête fut tranchée? Un saint céphalophore? Denis? Mélar ? La tête d'un roi piétinée par sainte Catherine??

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Un clerc tenant un phylactère : saint Yves.

Ce personnage partage avec saint Yves la coiffure (barrette de docteur), le camail recouvrant la tête, et la cotte talaire. Il ressemble au saint Yves de la façade extérieure.

 

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Un ange présentant un écusson.

 

Les armoiries d'Yves Pinart étaient un fascé ondé d'or et d'azur de six pièces au chef de gueules chargé d'une pomme de pin d'or. Mais Daniel  Leloup a montré que depuis 1451-1456,  les nobles de Morlaix, lorsqu'ils se consacraient au commerce, appartenaient alors à la "noblesse dormante" et abandonnaient leurs prérogatives, comme celle d'afficher les armes. Ils n'étaient plus exemptés d'impôts.

 

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Poteau de jonction de l'escalier du 1er étage. Saint Roch montrant le bubon pesteux de sa cuisse droite, que désigne un ange ; son chien roquet lui amène un morceau de pain.

Le saint protecteur de la peste, barbu, est coiffé du chapeau des pèlerins vers Rome, dont il tient le bourdon et dont il porte la pèlerine.

 

 

 

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Ornements intermédiaires. Un ange tenant un écusson.

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Un saint  tenant un bâton avec un enfant à ses pieds (saint Nicolas?) (2ème galerie)

Saint Nicolas est le patron des marins, et donc des armateurs et du commerce maritime. On retrouve sa statue en façade du 9 Grande Rue à Morlaix (en évêque avec les 3 enfants dans le chaudron). Au 17 Grande-Rue, c'est le pape saint Clément également patron des marins qui est représenté tenant une ancre.

Victoria & Albert Museum

 

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Saint Christophe portant l'Enfant-Jésus et traversant le gué, s'appuyant sur son bâton.

Saint Christophe est le patron des voyageurs.

 

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Je ne présenterai pas de cliché du Saint Michel terrassant le dragon du couronnement du poteau, car l'accès au troisième étage n'est pas autorisé aux visiteurs. Voici saint Jean-Baptiste, sculpture sommitale du 17 rue du Mur (V&A Museum).

 

LES AUTRES ÉLÉMENTS SCULPTÉS.

1°) Sur les autres montants des galeries.

 

Poteau d'huisserie du 1er étage. Un acrobate tirant la langue et tenant un tonnelet.

Le motif de l'acrobate est très répandu sur les sablières, crossettes des églises, ou en ornement des manoirs et châteaux. Le thème du buveur l'est tout autant. Mais il est rare que les deux soient associés.

 

L'escalier à pondalez de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Un homme en position de chevalier servant, coiffé d'un chapeau rond et buvant à une bouteille. 

Le chapeau est ornementé d'un gland de passementerie. Le nez du personnage est épaté. Autre dénonciation du vice de l'ivresse.

 

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Deux hommes sauvages à genoux, gourdin en main, tenant un écu non gravé.

Nous retrouvons le thème de l'homme sauvage remarqué sur la façade extérieure. 

 

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Les poteaux de jonction sont ornés de feuilles quadrilobées et de rubans  à incrustations de perles.

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2°) sur les murs.

Samson et le lion.

Il s'agit sans doute d'une pièce de collection d'antiquaire d'origine exogène.

 

 

 "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

"Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

 "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Homme supportant le corbeau (atlante)

La "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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Pièce à l'étage de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

Pièce à l'étage de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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LA CHEMINÉE DE LA COUR INTÉRIEURE.

Cette cheminée est ornée de deux frises, l'une sur le manteau, l'autre à mi-hauteur. Ces frises montrent des vignes (les feuilles alternent avec des grappes) dont les tiges partent de la bouche ou des mains de masques grotesques aux yeux exorbités qui en occupent les angles.

 

 

Cheminée de la "Maison de la Duchesse-Anne" à Morlaix. Cliché lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

 

https://www.14grandrue.eu/14grandrue.eu/Divers.html#3

— « La façade [archive] », sur mda-morlaix.com, Maison dite de la duchesse Anne - Morlaix, 2006 

https://archive.wikiwix.com/cache/?url=http%3A%2F%2Fwww.mda-morlaix.com%2Findex.php%2Ffr%2Fun-hotel-particulier-du-debut-du-xvie-siecle%2F80-the-house%2F72-the-facade

— Base PALISSY PA00090135, 64 photos

https://pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00090135

—Baie de Morlaix

https://www.baiedemorlaix.bzh/fr/planifier/les-maisons-a-pondalez-de-morlaix/

https://www.baiedemorlaix.bzh/fr/activite/maison-dite-de-la-duchesse-anne-pcubre029v53ktza/

"La ville de Morlaix, fréquentée dès l’époque romaine, n’est au XIIe qu’une simple bourgade de pêcheurs qui entre définitivement dans le Duché de Bretagne en 1187. Ville prospère grâce à ses actifs armateurs, elle subit de nombreuses invasions et pillages jusqu’à la construction, au XVIè siècle, du Château du Taureau pour protéger la baie. La Grand rue garde, dans sa configuration actuelle, l’image de la riche cité médiévale telle qu’elle a perduré au-delà de la Renaissance, même si aucune des constructions qui la bordent n’est antérieure au XVIè siècle.

Il semblerait, que dès le XVè siècle, on voit à Morlaix, se construire des maisons d’un genre particulier qu’on ne rencontre dans aucune autre ville de Bretagne et qui, dans cette ville, est, dès le XVIè siècle, très répandu.

Construites par des marchands, des négociants en toiles de lin, fines toiles appelées crées, spécialité du Léon, ces maisons à pans de bois, se composent d’un grand rectangle divisé en trois parties :

-un corps de bâtiment sur rue avec sa façade en encorbellement sur la rue,

-un corps de bâtiment sur jardin (ou sur le rempart) avec sa façade également en encorbellement sur l’extérieur

-et, entre les deux, un espace couvert : éclairée par le toit sur l’iconographie du XIXè siècle, cette « lanterne » est le lieu privilégié de la maison.

 

Une grande cheminée en pierre richement moulurée occupe un des murs mitoyens sur la hauteur de plusieurs étages, tandis que, lui faisant face dans un angle du vide central, l’escalier représente une permanence du genre : il est composé d’une vis, ensemble de marches pleines, assemblées sur un noyau cylindrique et d’une série de passerelles accrochées à l’escalier par l’intermédiaire d’un poteau d’angle, élément sculpté qui caractérise la maison et se termine par une représentation du saint patron, protecteur du propriétaire. Des passerelles, ou « ponts d’allée », permettent d’aller de l’escalier à la partie arrière."

La Maison dite de la duchesse Anne, à Morlaix, en Bretagne, offre un exemple particulièrement bien conservé de maison à lanterne, principe architectural emblématique de la ville à la Renaissance.

Le visiteur y découvre la lanterne – cour intérieure couverte – abritant une cheminée monumentale et un escalier en vis, en chêne richement sculpté, qui garantit le passage entre les pièces de l’avant et celles de l’arrière, ainsi sur trois étages.

Le 28 mai 1883, Jules Ferry, ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, signait le décret de classement « au nombre des Monuments historiques » de la Maison dite de la duchesse Anne. Le premier monument morlaisien à bénéficier de cette mesure de sauvegarde et le seul de tout le 19e siècle.

Demeure de famille noble, bâtie vers 1530, la Maison dite de la duchesse Anne a échappé in extremis à la destruction programmée dans le cadre de lourds travaux d’urbanisme. Elle doit sa sauvegarde à l’intérêt suscité par sa cour couverte – sa lanterne – qui abrite son remarquable escalier sculpté.
Cet escalier unique en son genre, objet d’admiration, a suscité ce commentaire élogieux de Prosper Mérimée, alors inspecteur général des Monuments historiques, le découvrant lors de sa visite de la ville en 1835 :
« Dans une maison de la rue des Nobles (aujourd’hui rue du Mur) on voit un magnifique escalier gothique, en bois, du quinzième siècle, parfaitement conservé, quoique d’un usage journalier. Ses ornements, variés à chaque étage, sont d’une délicatesse inouïe. Je n’avais jamais rien vu de plus parfait et de meilleur goût. »
Aux yeux des urbanistes, cette notoriété ne devait pas préserver l’édifice de la démolition. Tout au plus imaginait-on démonter l’escalier pour en assurer au moins la conservation. Ce fut le mérite d’Henri de Lestang du Rusquec de saisir toute l’importance du maintien de l’escalier en l’état, sur place, dans l’écrin constitué par la maison.
Henri de Lestang du Rusquec (1822-1906), maire de Sibiril, propriétaire du château de Kerouzéré, qui fut classé le même jour que la Maison dite de la duchesse Anne, en fit l’acquisition en octobre 1882 et obtint son classement huit mois plus tard.

Quelle ironie que celle de ce « crime d’avancer de quelques cinquante centimètres sur l’alignement imposé », soulignée par l’illustrateur et romancier Albert Robida, heureux de constater que « ce beau spécimen des riches maisons du Morlaix d’autrefois » ait pu finalement être préservé et restauré.
Pour le plus grand plaisir des amateurs du patrimoine, de l’art et de son histoire, la Maison dite de la duchesse Anne commet toujours ce crime. Elle devrait le commettre encore de très nombreuses années grâce aux travaux de restauration programmés qui permettront d’ouvrir de plus larges espaces à la visite tout en assurant sa pérennité.

La Maison est ouverte du jeudi au samedi, de 14 h à 17 h, jusqu’aux vacances de Pâques.
A partir du 8 avril, la Maison sera ouverte du mardi au samedi, de 14 h à 18 h, même les jours fériés.

Infos pratiques 33, rue du Mur, 29600 Morlaix Téléphone : 02 98 88 23 26

— DEMEURE HISTORIQUE

https://www.demeure-historique.org/collectes/maison-de-la-duchesse-anne/

La Maison dite de la duchesse Anne, fleuron du patrimoine de Morlaix (Finistère) situé dans l’ancien quartier des halles, a été bâtie vers 1530. Il s’agit du plus bel exemple conservé de maison à lanterne, type d’architecture caractéristique du Morlaix de la Renaissance. Le terme de lanterne désigne la cour couverte au centre de l’édifice, à l’origine éclairée par une suspension. Cette cour est ici particulièrement remarquable par sa hauteur de seize mètres, son escalier à galeries « à pondalez » tout en chêne, richement sculpté, haut de onze mètres et sa cheminée monumentale. Le terme « pondalez » désigne à Morlaix les galeries menant de l’escalier à vis vers les pièces de l’arrière. Cet ensemble unique par sa qualité justifia la préservation in extremis de l’édifice par son classement au titre des monuments historiques dès 1883. Il est ouvert à la visite de façon continue depuis 1983.

— LELOUP (Daniel), 2015, Demeures remarquables en Bretagne. Les maisons à pondalez du siècle d'or, Morlaix. Ed Skol Vreizh

— MUSEE DE MORLAIX Dossier de presse

https://musee.ville.morlaix.fr/wp-content/uploads/2015/05/Dossier_Presse_Maison%C3%A0Pondalez_2015.pdf

—OUEST-FRANCE

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morlaix-29600/les-maisons-pondalez-des-joyaux-au-coeur-de-la-ville-3566072

Chacune de ces maisons, construites en bois, nécessitait d'abattre un hectare de forêt de chêne. Un matériel robuste et moins inflammable que d'autres essences. Dans la maison à Pondalez, chaque marche pèse 80 kg. Le pilier qui tient l'escalier est réalisé en un seul tenant, dans un tronc de plus de 10 mètres.
Derrière le viaduc, blottie dans une vallée, la ville de Morlaix a conservé ses maisons à pans de bois ou à colombages. Certaines sont à pondalez. Elles datent du XVIe siècle. Les deux plus connues et les mieux conservées sont la maison dite de la duchesse Anne, rue du Mur, et la maison à Pondalez, Grand rue, qui fait partie du musée de Morlaix.

Pour constater la particularité de ces habitations, il faut y rentrer. À l'intérieur, une pièce principale, dont la hauteur de plafond représente une dizaine de mètres, et un escalier en vis, menant aux chambres. « Pondalez signifierait en breton corridor ou pallier. En français, on disait le pont pour aller d'un côté et de l'autre de l'habitation », explique un des guides du musée de Morlaix, Philippe Pogam. La grande cheminée centrale est aussi un élément marquant de leur architecture.

Ces habitations appartenaient à des nobles, qui ont abandonné leur titre et quitté leur manoir en campagne, préférant profiter du commerce florissant du lin. À l'époque, des marchands d'Angleterre, d'Espagne ou du Portugal accostaient dans le port de Morlaix. « Le lin était vendu sur les étales, devant les maisons, sous forme de rouleau de toile de 120 m sur 70 cm », décrit Philippe Pogam.

La maison de la duchesse Anne était à l'origine un hôtel particulier. Elle a appartenu à plusieurs propriétaires avant d'être en possession de la famille Lahellec. Elle a été habitée jusqu'en 1983. Un étage sur trois et la grande salle sont ouverts au public. Les propriétaires aimeraient ouvrir les cuisines et les jardins. Ils font des recherches sur la date de construction de l'édifice.

Au plus fort de la période, il y en aurait eu une centaine à Morlaix. Au fil des années et des successions, elles ont été modifiées ou détruites. À la crêperie Atypik Bilig, place de Viarmes, et au bar le Ty Coz, place Alliende, l'escalier est encore visible. Il y en a aussi rue Longue, rue Basse, rue Ange de Guernisac. "

—Maisons d'alsace en bois

https://www.couloirs-du-temps.com/2019/10/25/decors-des-poteaux-corniers/

—VIOLLET-LE-DUC, Dictionnaire d'architecture

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Poteau

—VIDEOS

https://www.youtube.com/watch?v=r4pdE5FwGbQ

— VICTORIA & ALBERT MUSEUM

https://collections.vam.ac.uk/item/O55930/staircase-unknown/

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Published by jean-yves cordier - dans XVIe siècle. Acrobate Sainte Barbe. Saint Christophe. Saint Yves Fou.
18 mars 2026 3 18 /03 /mars /2026 10:55

La renaissance en 2026 de la cloche Marie-Jeanne de Rumengol fondue en 1899.

Voir :

PRÉSENTATION

Parmi les quatre cloches de l'église Notre-Dame de Rumengol, très célèbre lieu de dévotion du Finistère dans la commune du Faou, deux ont été fondues par Adolphe Havard avec la collaboration de Le Jamptel en 1899, « Marie-Jeanne », elle sonne un La3 pour 84,1cm de diamètre et un poids de 280 kg et « Marie-Françoise », qui chante un Si3 pour un diamètre de 74, 5cm. et un poids de  400 kgs.

L'entreprise de Morieux (Côtes d'Armor) Art Camp', chargée de la maintenance des cloches, a remarqué en 2023 un problème de corrosion de l'anse de Marie-Jeanne qui menaçait son intégrité. Elle avait été mise à l'arrêt pour éviter tout risque de chute.

Exemple d'une anse ancienne provenant d'une autre fonderie avec un problème de corrosion. Fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

La Mairie du Faou avait le choix entre la fonte d'une nouvelle cloche, sa restauration, la copie à l'identique de l'ancienne cloche en fac-similé, ou sa "renaissance", un concept patrimonial récent par lequel les caractéristiques techniques et d'ornementation sont conservées, où une partie du bronze de la cloche ancienne est utilisée, mais par une fonte nouvelle assurant les garanties des fonderies actuelles.  Une souscription publique fut lancée pour une somme de 12 000 €.

C'est ce dernier choix qui a été fait puisque le coût est inférieur à une nouvelle cloche car on récupère une part du métal, et l'attachement au patrimoine campanaire y trouve son compte. On palie à la cause qui a conduit sans doute à la félure de l'anse par oxydation.

La réalisation a été confiée, par l'intermédiaire d'Art Camp', à la fonderie Paccard, d'Annecy, campaniste depuis 1796, qui peut s'enorgueillir des plus belles réalisations nationales et internationales.

Plaque aux carillonneurs de la fonderie Paccard. Cliché lavieb-aile.
Verrière aux carillonneurs de la fonderie Paccard. Cliché lavieb-aile.

 

La fonte qui a eu lieu le 22 janvier 2026 a été commentée par Philippe Paccard à la délégation municipale menée par le maire du Faou Ludovic Lassagne.

Elle avait été précédée bien-entendu par la spectaculaire descente de Marie-Jeanne de son clocher le 10 juillet (voir la vidéo) et par son transport à Annecy (Art Camp') .

Puis se succédèrent les étapes habituelles de la réalisation d'une cloche (texte venant du site Paccard) : 

  • confection du "noyau",  la partie du moule qui représente l’intérieur de la cloche construit en briques habilement disposées, cerclées avec du fil de fer et recouvert d’argile. Après la coulée, le noyau remplira entièrement l’intérieur de la cloche. 
  • confection de la "fausse cloche", cette partie du moule, en terre friable, représente la cloche elle-même, qui va tenir provisoirement la place de la future cloche et en a les mêmes dimensions, et la même épaisseur .

  • Mise en place de l’ornementation et les inscriptions, en cire et en relief selon la  technique de la cire perdue. Les inscriptions reprennent celles de Marie-Jeanne, mais le nom du fondeur de 1899 est remplacé par celui de la fonderie Paccard (et du logo d'Art Camp'). Les médaillons et les croix de baptême ne sont pas reproduites sauf pour l'Assomption et pour les cœurs couplés du Sacré-Cœur qui ont été moulés, et reproduits en cire. Ce n'est pas une copie, et la nouvelle cloche ne portera ni les armoiries papales, ni deux autres décors christiques. La frise supérieure de vignes et grappes sera reprise, et complétée par le même motif en frise inférieure sous la faussure.

  • Réalisation de la "chape",  partie supérieure du moule qui va recouvrir la fausse cloche. Elle est également en terre et formée de couches successives. Les premières couches sont obtenues au moyen d’une terre très fine, presque liquide, que l’on nomme  « potée » . Ensuite, on continuera la fabrication de la chape avec de la terre glaise, plus épaisse, armée de chanvre, qui assurera à l’ensemble une plus grande solidité.

  • On procède alors à la cuisson du moule, opération qui fera fondre les décorations en cire placées au préalable et dont les empreintes resteront en creux et à l’envers dans la chape.

    Le moule étant terminé. Alors, va-t-on procéder aussitôt à la coulée ? Pas encore. Ici se place l’opération du démoulage. La fausse cloche, avons-nous dit, remplace provisoirement la future cloche en bronze ; elle n’est alors utile que pour la fabrication de la chape. Le moment est donc venu de l’enlever. A l’aide d’un palan, on soulève la chape et l’on brise la fausse cloche. La chape est alors replacée sur le noyau. Entre ces deux parties du moule et grâce à une portée minutieusement établie, il reste un vide créé par la disparition de la fausse cloche. C’est ce vide que viendra occuper le métal en fusion lors de la coulée .

 

  • Maquette de démonstration du noyau, de la fausse cloche et de la chape, musée Paccard. Cliché lavieb-aile.
    Maquette de démonstration du noyau, de la fausse cloche et de la chape, musée Paccard. Cliché lavieb-aile.

     

 

Moule de silicone et décor, musée Paccard. Cliché lavieb-aile.

 

Pose des lettres d'une inscription en cire perdue, entreprise Paccard. Cliché lavieb-aile.

 

Puis vient le grand jour de la fonte.

 

 

 

Le maire du Faou Ludovic Lassagne assistant à la fonte de La cloche Marie-Jeanne, à la fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Le maire du Faou Ludovic Lassagne assistant à la fonte de La cloche Marie-Jeanne, à la fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Ce moment est commenté à l'équipe municipale du Faou par Philippe Paccard lui-même.

Philippe Paccard commentant la fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Philippe Paccard commentant la fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Les anses de l'ancienne Marie-Jeanne vont être placées dans la cuve de métal en fusion : moment symbolique confié au maire et à l'association Tenzorioù Bro Ar Faou  !

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Un morceau de l'anse de l'ancienne Marie-Jeanne qui va être fondu. Fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Un morceau de l'anse de l'ancienne Marie-Jeanne qui va être fondu. Fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Les anses sont placées au bord de la cuve : dans un instant on pourra dire "feu marie-Jeanne"!

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Le bronze fondu est versé dans un verseur.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Lorsqu'il est rempli, un pont roulant l'entraîne au dessus du moule.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

La coulée du bronze dans le moule.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Robin tourne le volant du verseur tandis que Valentine contrôle sa position. David tient la commande du pont roulant. Louison va retirer la quenouille et la coulée débute. Elle ôte progressivement les impuretés (scories) qui remontent à la surface car elles sont plus légères. Par deux évents, l'air du moule s'échappe, accompagné des fumées et flammes de la cire d'abeille en fusion. Cela va très vite, et on ne peut s'empêcher de les applaudir.

La renaissance de la cloche Marie-Jeanne de Rumengol.
Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

Fonte de La cloche Marie-Jeanne, fonderie Paccard à Annecy. Cliché lavieb-aile janvier 2026.

La renaissance de la cloche Marie-Jeanne de Rumengol.
La renaissance de la cloche Marie-Jeanne de Rumengol.

On va laisser la cloche refroidir cinq jours dans son moule, puis vient le moment très émouvant aussi du décochage.

Un fondeur frappe vigoureusement sur le moule, et peu à peu les briques réfractaires en tombent.

 

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

Il continue, il frappe en haut, en bas, devant, derrière,

et soudain, la cloche se détache et tombe sur le sol. Quelle émotion !

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

Voici la cloche à côté du moule vide.

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

La voilà, toute grise et terne et pas débarbouillée.

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

Ensuite, la cloche va être sablée et poli. Quelle est belle!

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

Cliché fonderie Paccard, Annecy.

Et enfin, moment capital, Philippe Paccard va  l’accorder en ôtant de la matière. À quelques centièmes de tons près, car c'est un musicien très exigeant et à l'oreille très fine. Et un geste malheureux de meulage serait fatal, car on peut ôter du bronze, mais non revenir en arrière.

La nouvelle "Marie-Jeanne" déposée en l'église de Rumengol en mars 2026 après sa renaissance.

MARIE-JEANNE EST MORTE, VIVE MARIE-JEANNE!

 

 

 

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

La cloche Marie-Jeanne, église de Rumengol. Cliché lavieb-aile mars 2026

LIENS

https://www.intramuros.org/lefaou/actualites/817045

https://www.intramuros.org/lefaou/actualites/790293

https://www.facebook.com/watch/?v=1370685094299772

https://www.facebook.com/watch/?v=1954553642126010

https://www.art-camp.com/

https://paccard.com/

https://www.youtube.com/watch?v=z9EBzLWj6-0&t=12s

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Published by jean-yves cordier - dans Le Faou
17 mars 2026 2 17 /03 /mars /2026 15:55

La rose occidentale du Jugement dernier ou baie 143 (v. 1215) de la cathédrale de Chartres.

Voir sur Chartres :

 

PRÉSENTATION

La description et les clichés de cette baie se trouvent tant sur Wikipédia que sur la base Palissy (avec 237 photos!) ou sur le site d'Alison Stones et je ne peux rien ajouter de plus. Je publie tout de même mon modeste article, et je profiterai de la disponibilité des photos du site POP.culture pour le compléter. Ces dernières ont été prises sur table lumineuse lors de la dernière restauration mais sont présentées en pêle-mêle, je les ai ordonnées. Et je proposerai une interprétation du dernier médaillon, différente de l'article Wikipédia.

J'adopterai le procédé habituel de description des médaillons en comparant les cercles à des cadrans d'horloge.

Le portail Ouest est ajouré par les baies 49, 50, 51, trois lancettes en arc brisé, surmontées par la rosace 143.

"La rosace a été construite après l'incendie de 1194, qui avait épargné les trois verrières inférieures. Construite en 1215, c'est la rosace la plus ancienne de la cathédrale. La nef de 1200 ayant été reconstruite plus haute, l'espace ainsi dégagé a été occupé par la rosace qui complète ainsi les trois verrières inférieures. Son diamètre est de 13,5 m et l'œil central fait 2,6 m"

Elle est consacrée au Christ Juge (au centre), puis  aux quatre évangélistes, et aux apôtres avant de représenter  la Résurrection des morts soumis au  Jugement dernier et à la pesée des âmes séparant les élus et les  damnés.

Endommagée en 1591 par un tir d'artillerie, la rose a été restaurée en 1846 et en 1919 par l'atelier Lorin, puis en 2012 par Isabelle Havard, Claudine Lautier et Delphine Geronazzo.

 

 
Baies 49, 50 , 51 et 143  de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baies 49, 50 , 51 et 143 de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Je distingue quatre cercles :

Le cercle 1 : le Christ Juge

Le cercle 2 : les quatre Évangélistes représentés par les quatre animaux du Tétramorphe, séparés chacun par deux anges désignant de la main le Christ. En haut l'aigle de saint Jean, à 3 heures le taureau ailé de saint Luc , à 6 heures l'ange de saint Matthieu, à 9 heures le lion ailé de saint Marc . (Il est difficile de distinguer le lion du taureau car aucun n'a de crinière (lion). Mais la tête de l'animal en 3 heures est frisée,  et en outre on finit par y voir des cornes vertes). J'opte pour un taureau, comme Alison Stones, à la différence de Wikipedia.

Le cercle 3 : les 12 apôtres groupés par 2 à 2 heures, à trois heures, quatre heures, huit heures, neuf heures et dix heures. En haut  le Christ et deux chérubins. En bas le Jugement dernier avec saint Michel tenant la balance devant un diable,  entouré d'un ange emmenant les élus, et d'un diable entraînant les damnés.

Le cercle 4 : en haut sur quatre médaillons les anges du Jugement dernier, puis dans 8 autres médaillons la résurrection des morts.

Mais de loin, les cercles 2 et 3 forment les pétales d'une grande et belle marguerite à 12 rayons : le chiffre 12, dont la symbolique biblique et chrétienne est très riche, est le principe de cette rose, ou plutôt la dualité/unité entre le Un et le Douze.

 

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

LE MEDAILLON CENTRAL

Le centre de la rosace est occupé par un Christ, dans un quadrilobe sur fond rouge. Il reconnaissable à la croix que porte son limbe, assis sur un nuage très stylisé, qui montre le sang coulant de ses mains, de ses pieds et de son flanc.

Le cercle est complété par 12 petits médaillons décoratifs à motifs végétaux.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812

 

LES 12 PÉTALES.

Dans le deuxième cercle autour du Christ (médaillons internes des pétales), les quatre évangélistes marquent les quatre points cardinaux par leur représentation symbolique, le « tétramorphe ». Dans les intervalles, huit petits anges apparaissant à mi-corps contemplent la gloire du Christ. Deux d'entre eux, à 6 et 7 heures, tiennent un livre. 

Dans le troisième cercle (médaillons externes des pétales), viennent les  douze Apôtres (deux par médaillon), à deux heures trois heures, quatre heures, huit heures, neuf heures et dix heures. Saint Pierre  reconnaissable à sa clef est à  neuf heures, Paul à la calvitie frontale et Jean, imberbe, sont à deux heures. Certains tiennent un livre (Livvre des apôtres) et tous tendent la main vers le Christ.

En haut (midi, onze heures et une heure)  le Christ et deux chérubins aux ailes ocellées.

En bas le Jugement dernier avec saint Michel tenant la balance devant un diable,  entouré d'un ange emmenant les élus, et d'un diable entraînant les damnés. 

La description part de midi et se poursuit dans le sens horaire.

 

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Pétale sommital (midi) : les âmes des élus portées dans un linge par Abraham assis sur une cathèdre ( classiquement "le sein d'Abraham")/ l'aigle du Tétramorphe symbole de l'évangéliste Jean

 

 

 

 

 

 

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812

 

Quatrième pétale (à 3 heures) : deux apôtres (peut-être Paul au crâne dégarni, et Jean  à l'exterieur, imberbe) / au centre le taureau ailé du Tétramorphe, symbole de saint Luc. 

 

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812

Deuxième pétale (à 1 heure) : un chérubin aux ailes occelées / au centre un ange adorateur. 

 

 

 

 

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812

 

Troisième pétale (à 2 heures) : deux apôtres dont un imberbe/ au centre un ange adorateur. 

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812
https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812
https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812

 

Quatrième pétale (à 3 heures) : deux apôtres (peut-être Paul au crâne dégarni, et Jean  à l'exterieur, imberbe ?) / au centre le taureau ailé du Tétramorphe, symbole de saint Luc. 

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

 

 

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812
Saint Paul, Base Palissy PM28000812
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Cinquième pétale (à 4 heures) : deux apôtres / au centre un ange adorateur. 

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

​ https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812 ​
https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812
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Sixième pétale (à 5 heures) : un diable ricanant entraîne avec une fourche les damnés vers l'Enfer / au centre un ange adorateur. 

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

 

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812

 

 

 

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812

 

Septième pétale (à 6 heures) : la pesée des âmes par l'archange Michel en présence d'un démon / L'ange du Tétramorphe symbole de l'évangéliste Matthieu.

Un démon appuie sur le plateau de la balance pour influencer la pesée  vers la damnation d'une âme.

 

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812

 

 

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Huitième pétale (à 7 heures) : un ange guide quatre élus (nus sous leur linceul, mais l'un a conservé sa couronne) vers le Royaume des Cieux / au centre un ange adorateur. 

 

 

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812

 

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812

 

Neuvième pétale (à 8 heures) :  deux apôtres tenant un livre (les mêmes qu'à 10 heures)  / au centre un ange adorateur. 

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812

 

Dixième pétale (à 9 heures) : deux apôtres un est imberbe (Jean??) accompagné de  saint Pierre tenant sa clef / au centre le lion ailé de saint Marc. 

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812

 

Onzième pétale (à 10 heures) :  deux apôtres / au centre un ange adorateur. 

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812
https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812

 

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812
https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812

 

Douzième pétale (à 11 heures) : un chérubin comme en 1  / au centre un ange adorateur. 

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

LES 12 MÉDAILLONS POLYLOBÉS EXTÉRIEURS : LA RÉSURRECTION DES MORTS.

Le dernier cercle de roses polylobées comprend : deux anges portant les instruments de la Passion (1 et 12h) ; deux anges (2 et 10h) sonnant de la trompette (olifant) pour réveiller les morts : « Il enverra ses anges avec la trompette retentissante, et ils rassembleront ses élus des quatre vents, depuis une extrémité des cieux jusqu'à l'autre » (Mt 24:31). Réveillés par ces trompettes, les morts sortent de leurs tombeaux (médaillon 4, 5, 8 et 9h), et se présentent devant leur juge (3 et 10h). Le séjour des morts est symbolisé par deux démons qui culbutent deux damnés (médaillon 6h) dans les flammes de l'enfer représenté par la gueule du Léviathan (médaillon 7h).

En 12 et 1 : deux anges tenant les instruments de la Passion.

À 12 heures : ange tenant une croix rouge.

 

 

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812

 

À 1 heure, ange tenant la lance qui a percé le flanc droit de Jésus et les clous de sa crucifixion, dans une couronne royale verte.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812

 

 

 

En 11 et 2 : deux couples d'anges soufflant dans des trompes pour annoncer la résurrection des morts.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812

 

En 10 et 3 : deux médaillons où trois hommes et femmes s'avancent, vêtus de leur linceul.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

​ https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812 ​

 

 

 

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812
Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

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En 8, 9, 4 et 5 : couples d'hommes (et une femme) sortent de leur tombeau en en soulevant la dalle.

L'artiste a repris à peu près le même carton en modifiant les couleurs de la dalle et de détails et les visages.

À 8 heures

 

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812
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À 9 heures

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

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https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812
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À 4 heures

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

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À 5 heures

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

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En 6 deux démons se saisissent d'un damné.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

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En 7, le Christ descend dans les Limbes et accueille Adam et Ève.

L'auteur de l'article Wikipedia interprète autrement ce médaillon :"trois damnés sont dans la bouche d'un grand monstre, au milieu des flammes. Celui du milieu porte un bonnet juif et a une bourse autour du cou, il s'agit probablement de Judas Iscariote qui trahit le Christ pour trente deniers." Le titre de ce médaillon sur le site d'Alison Stones, Hell Mouth (la bouche de l'Enfer) va dans mon sens. C'est la tradition iconographique du Léviathan,  et de la descente du  Christ aux Limbes, dont il ouvre la porte et libère les âmes nées et mortes avant la Rédemption. 

Mon cliché ne valant pas tripette, je profite de celui de POP.culture. Et je le renverse pour faite voir la gueule du Léviathan, d'où s'échappe une moustache de flammes blanches.

Le Christ devant les Limbes, baie 143, Chartres, cliché

 

Le Christ devant les Limbes, baie 143, Chartres, cliché inversé

 

 

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812

 

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Rose du Jugement dernier (baie 143) de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

SOURCES ET LIENS

— ALISON STONES

https://www.medart.pitt.edu/image/France/Chartres/Chartres-Cathedral/Windows/West-windows/143-Rose/chartres-143WRose-main.html

— BASE PALISSY « Verrière (rose) : le Jugement dernier, Christ juge (le), la Résurrection des morts, apôtres (les), élus et damnés (baie 143)  », notice no PM28000812, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Palissy, ministère français de la Culture.

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM28000812

— WIKIPEDIA

https://fr.wikipedia.org/wiki/Rosace_du_jugement_dernier_(Chartres)

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Published by jean-yves cordier - dans XIIIe siècle Chartres.
13 mars 2026 5 13 /03 /mars /2026 11:24

Les 24 vieillards de l'Apocalypse du Portail royal (Maître de Chartres, 1145-1150) de la cathédrale de Chartres, et leurs instruments. Les 24 vieillards de la  rosace sud 122 .

Voir sur Chartres :

PRÉSENTATION.

Construit entre 1145 et 1150 et à peu près contemporain du portail de Saint-Denis, le portail royal a été réalisé dans cette période très brève, charnière de l’art roman et art gothique. Il se développe autour de trois larges baies entièrement décorées centrées sur l'Incarnation à droite,  l'Ascension à gauche,  et au centre le Retour glorieux du Christ. Les grandes statues des ébrasements, appelées les statues colonnes, semblent épouser la forme de l’architecture. Le portail central est attribué au Maître de Chartres, contemporain de la construction de la basilique de Saint-Denis. 

Le tympan de ce portail central est tout entier déterminé par le Livre de l'Apocalypse  puisque au centre y est sculpté le Christ en majesté, tenant le livre de vie et  trônant dans une mandorle, entouré des quatre vivants et des 24 vieillards. C'est exactement la vision de Jean dans l'Apocalypse 4:1-11 :

"Aussitôt je fus ravi en esprit. Et voici, il y avait un trône dans le ciel, et sur ce trône quelqu'un était assis. Celui qui était assis avait l'aspect d'une pierre de jaspe et de sardoine; et le trône était environné d'un arc-en-ciel semblable à de l'émeraude. Autour du trône je vis vingt-quatre trônes, et sur ces trônes vingt-quatre vieillards assis, revêtus de vêtements blancs, et sur leurs têtes des couronnes d'or.Du trône sortent des éclairs, des voix et des tonnerres. Devant le trône brûlent sept lampes ardentes, qui sont les sept esprits de Dieu. Il y a encore devant le trône comme une mer de verre, semblable à du cristal.

Au milieu du trône et autour du trône, il y a quatre êtres vivants remplis d'yeux devant et derrière.  Le premier être vivant est semblable à un lion, le second être vivant est semblable à un veau, le troisième être vivant a la face d'un homme, et le quatrième être vivant est semblable à un aigle qui vole. Les quatre êtres vivants ont chacun six ailes, et ils sont remplis d'yeux tout autour et au dedans. Ils ne cessent de dire jour et nuit: Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout Puisant, qui était, qui est, et qui vient! 

Quand les êtres vivants rendent gloire et honneur et actions de grâces à celui qui est assis sur le trône, à celui qui vit aux siècles des siècles, les vingt-quatre vieillards se prosternent devant celui qui est assis sur le trône et ils adorent celui qui vit aux siècles des siècles, et ils jettent leurs couronnes devant le trône, en disant: Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire et l'honneur et la puissance; car tu as créé toutes choses, et c'est par ta volonté qu'elles existent et qu'elles ont été créées. 

Puis je vis dans la main droite de celui qui était assis sur le trône un livre écrit en dedans et en dehors, scellé de sept sceaux."

 

Pour compléter mes articles sur la représentation des vieillards de la  rose nord de la cathédrale de Laon , je présente les photographies des deux voussures externes du tympan du porche central du Portail royal de la cathédrale de Chartres.

Sur ces deux voussures, une troupe céleste glorifie le Christ : des anges —tenant pour 5 d'entre eux des astrolabes— et vingt-quatre vieillards, couronnés et nimbés tenant dans leurs mains flacons de parfum et instruments de musique, acclament sa royauté et y participent au travers des odeurs et des sons. Deux anges apportent une couronne au-dessus de la tête du Christ.

Les instruments tenus par les vieillards ont été remarquablement étudiés par André Bonjour président de l'Instrumentarium de Chartres, ce qui décuple le plaisir et l'intérêt de les passer en revue.

Il dénombre :

Parmi les instruments à cordes frottées :

—8 vièles en huit 

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-frottees/les-vieles-en-huit/les-vieles-en-huit-du-portail-royal.php

—5 vièles piriformes 

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-frottees/les-vieles-piriformes-a/les-vieles-piriformes-du-portail-royal.php

Parmi les instruments à cordes pincées :

—2 psaltérions 

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-pincees/les-psalterions/les-psalterions-du-portail-royal.php

—2 harpes 

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-pincees/les-harpes.php

—1 rote (harpe-psaltérion)

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-pincees/la-harpe-psalterion-rote/la-harpe-psalterion-du-portail-royal.php

Ainsi que :

—2 instruments non déterminés  et 4 instruments disparus .

Je partirai du bas à droite à l'extérieur et à chaque étage je décrirai le roi de la voussure plus interne II (n° impairs) et de la voussure III la plus externe (n° pairs).

Je réclame la plus grande indulgence pour cet article abordant en parfait amateur un sujet sur lequel se sont penchés tant de musiciens et luthiers chevronnés. Mon but  est de réorienter les lecteurs vers leurs publications.

 

Le porche central du portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Le porche central du portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Tympan du porche central du portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Tympan du porche central du portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Tympan du porche central du portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Tympan du porche central du portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Deux rois debout 1 et 2.

 

 

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

1. Roi tenant une vièle en huit. 

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-frottees/les-vieles-en-huit/les-vieles-en-huit-du-portail-royal/la-representation-du-12eme-claveau.php

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-instruments/les-cordes-frottees/viele-en-huit-portail-royal-12e-claveau.php

Ce vieillard barbu, couronné et nimbé tient dans la main droite un vase et dans la main gauche une vièle en huit ou gigue, mais comme tous les autres rois tenant des vièles, il n'a pas d'archet. On voit trois cordes , un chevillier polycyclique,  l'absence de touches, et un chevalet placé entre les deux parties du huit. La caisse supérieure dispose d'ouies à quatre trous en quadrilobe, la caisse inférieure d'ouies en C contournées se faisant face. L'instrument se joue da gamba,  avec la vièle posée entre les genoux.

Voir l'étude de Christian Rault en  2001 à propos des gigues du Porche de Gloire de Saint-Jean de Compostelle, achevé en 1188.

https://www.christianrault.com/sp/publicaciones/la-gigue-l-autre-viele-medievale

Voir la première représentation d'une gigue en 1109 dans la bible de St. Etienne Harding, Bibliothèque publique de Dijon, Ms. 14, vol. III, f° 13v. (musicien en dessous du roi David)

https://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/11101/img-2.jpg

 

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

2. Roi tenant une harpe. 

Le roi a une barbe aux mèches longues s'écartant en rayons. Son vase de parfum est identique à celui du voisin. La harpe aux belles courbes  comporte 16 cordes.

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-pincees/les-harpes.php

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Deux rois assis 3 et 4.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

3. Roi tenant une vièle piriforme

Ce roi, comme les suivants, tient , en guise de vase, un récipient (?) évasé se terminant par un cylindre. Il le tient par l'intermédiaire d'un linge, ce qui indique son caractère sacré , comme les vases liturgiques.

 

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-frottees/les-vieles-piriformes-a/les-vieles-piriformes-du-portail-royal/la-representation-porte-centrale-2eme-cordon-11eme-claveau.php

 

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

4. Roi tenant une vièle piriforme

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-frottees/les-vieles-piriformes-a/les-vieles-piriformes-du-portail-royal/la-representation-porte-centrale-2eme-cordon-11eme-claveau.php

 

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

2 rois assis 5 et 6

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

5. Roi tenant une harpe psalterion ou harpe triangulaire ou micanon

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-pincees/la-harpe-psalterion-rote/la-harpe-psalterion-du-portail-royal.php

 

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

 6. Roi tenant un psalterion

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-pincees/les-psalterions/les-psalterions-du-portail-royal/la-representation-porte-centrale-3eme-cordon-22eme-claveau.php

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

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Les 24 vieillards de l'Apocalypse du portail royal de la cathédrale de Chartres, et leurs instruments.

Deux rois assis 7 et 8.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

 7. Roi tenant une vièle en huit

Les 24 vieillards de l'Apocalypse du portail royal de la cathédrale de Chartres, et leurs instruments.

 8. Roi tenant une vièle en huit

Comme en 1, les deux lobes du huit sont séparés par une digitation. Chaque instrument se distingue par la forme des ouies.

Les 24 vieillards de l'Apocalypse du portail royal de la cathédrale de Chartres, et leurs instruments.

Deux rois assis 9 et 10.

 

9. Roi tenant un instrument perdu.

10. Roi tenant une vièle en huit.

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-frottees/les-vieles-en-huit/les-vieles-en-huit-du-portail-royal/la-representation-du-20eme-claveau.php

 

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Les 24 vieillards de l'Apocalypse du portail royal de la cathédrale de Chartres, et leurs instruments.
Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Les 24 vieillards de l'Apocalypse du portail royal de la cathédrale de Chartres, et leurs instruments.

Deux rois assis 11 et 12. Sommet du tympan, côté droit.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

11. Roi tenant un instrument non identifié

 

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

12. Roi tenant une vièle piriforme.

Les 24 vieillards de l'Apocalypse du portail royal de la cathédrale de Chartres, et leurs instruments.

Deux rois assis 13 et 14. Sommet du tympan, côté gauche.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

13. Roi tenant une vièle piriforme

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-frottees/les-vieles-en-huit/les-vieles-en-huit-du-portail-royal/la-representation-du-18eme-claveau.php

 

14. Roi tenant une vièle en huit (moulure externe)

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-frottees/les-vieles-piriformes-a/les-vieles-piriformes-du-portail-royal/la-representation-porte-centrale-2eme-cordon-2eme-claveau.php

 

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Deux rois assis 15 et 16.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

15. Roi tenant une vièle en huit. (moulure interne)

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-frottees/les-vieles-en-huit/les-vieles-en-huit-du-portail-royal/la-representation-du-5eme-claveau-1.php

16. Roi tenant une vièle en huit (moulure externe.

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-frottees/les-vieles-en-huit/les-vieles-en-huit-du-portail-royal/la-representation-du-17eme-claveau.php

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Deux rois assis 17 et 18.

17. Roi  à l'instrument perdu 

18. Roi  à l'instrument perdu

 

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Deux rois assis 19 et 20.

19. Roi tenant une harpe tenue entre ses genoux  (moulure interne).

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-pincees/les-harpes/les-harpes-du-portail-royal/la-representation-du-24eme-claveau.php

 

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

20. Roi tenant un instrument brisé dont l'extrémité est posée entre ses genoux (moulure externe).

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Deux rois assis 21 et 22 

 

21. Roi assis tenant une vièle piriforme

22. Roi assis tenant une vièle piriforme (moulure externe)

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Deux rois debout 23 et 24.
 

 

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

23. Roi debout tenant une vièle piriforme

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

24. Roi debout tenant un psalterion

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-pincees/les-psalterions/les-psalterions-du-portail-royal/la-representation-porte-centrale-3eme-cordon-13eme-claveau.php

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

La femme-oiseau et l'homme-oiseau.

Sous les pieds de ce roi n°24, comme sous ceux du roi n°2  se trouvent des sirènes (femmes-oiseaux). Au n° 2, la femme-oiseau, portant collier et bandeau, place sa main dans la gueule d'un lion. Du côté gauche, sous le roi n°2, c'est plutôt un homme-oiseau, barbu et coiffé d'une capuche, qui embrasse une reine. Le savant commentaire d'Édouard Jeauneau n'est pas très convainquant.

"Que font-elles là? Simples ornements engendrés par la fantaisie de l'artiste? Ou bien messagères d'un enseignement accessible aux seuls lettrés? Dans sa République (X, 617ac), Platon dit que, sur chacune des sphères célestes, une sirène est assise, faisant entendre sa note propre. De l'ensemble, comme des huit notes de la gamme, résulte l'harmonie cosmique. Or, dans un rêve, dont fait état Cicéron en sa propre République, Scipion le jeune se trouve transporté dans l'autre monde: là un son "fort et doux" emplit ses oreilles. Macrobe, qui commente Cicéron, dit que ce son est la musique des sphères. Et Guillaume de Conches, qui commente Macrobe, dit que l' Apôtre Jean eut le même privilège lorsqu'il entendit le chant des Vieillards-Citharèdes. On peut donc se poser la question suivante: "En plaçant des sirènes couronnées sous les pieds des Vieillards de l' Apocalypse, le génial artiste qui conçut le Portail Royal de Chartres aurait-il pensé au Songe de Scipion?" (Édouard JEAUNEAU).

https://www.brepolsonline.net/docserver/fulltext/10.1484/M.IPM-EB.5.112155/M.IPM-EB.5.139623.pdf?expires=1772357833&id=id&accname=guest&checksum=AD4572B68FEB271B61F62DCCC0363FBD

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Détail. Un ange tenant un livre.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

LES 24 VIEILLARDS DE L'APOCALYPSE DANS LA CATHÉDRALE

 la Rose du transept sud ou rose de l'Apocalypse, baie 122.

Datant de 1221-1225 et offerte par Pierre de Dreux, elle reprend le thème du Portail central. Autour de la rose centrale, où trône le Christ glorieux, douze médaillons gravitent, avec les anges et les Quatre Vivants. Les vingt-quatre Anciens de l'Apocalypse dessinent autour d'eux deux autres cercles d'adoration. Ils tiennent là aussi de la main droite la fiole de parfum symbolisant les prières des saints, de la gauche leurs instruments de musique. Douze quadrilobes sont vitrées aux armes du donateur, échiquetées d’or et d'azur à la bordure de gueules et au franc quartier d’hermine. 

Il comporte selon l'Instrumentarium  13 vièles piriformes, 2 vièles en huit, 6 harpes, et 3 psaltérions. J'en donne quelques images.

 

 

 

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Baie 122, cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

Discussion.

Si on admet que le décor choisi pour ce porche central l'a été pour affirmer ce qui tenait le plus à cœur aux décideurs, et si on admet aussi que ces décideurs devaient être les membres du Chapitre cathédrale (72 chanoines),

si on admet en outre que dans ce chapitre, dirigé par le Doyen et le Grand chantre, c'est le Chancelier (celui qui appose le sceau et  qui dirigeait en tant qu'écolâtre l'école de Chartres), qui devait jouer un rôle important dans ce choix d'affirmation des convictions théologiques et donc philosophiques, car c'est celui qui déterminait les orientations intellectuelles du chapitre,

si on tient compte des dates de construction du Portail royal en 1145-1150,

si on constate que le chancelier était en 1141  le breton Thierry de Chartres, qui décéda vers 1150 et en tout cas avant 1155,

...nous sommes amenés à nous interesser à ce personnage, qui avait enseigné à Paris où Jean de Salisbury  l'a eu pour maître à Paris. Il est décrit comme  l'un des esprits les plus actifs et les plus avancés du XIIe siècle, de plain-pied avec le savoir nouveau qui affluait à son époque.

"Auteur d'un manuel des sept arts libéraux, l'Heptateuchon, Thierry est un des premiers à avoir connu des œuvres logiques d'Aristote jusque-là oubliées (Premiers Analytiques, Topiques, Réfutations sophistiques). Son ambition est d'unir le trivium (arts du langage : grammaire, dialectique, rhétorique) et le quadrivium (arts mathématiques : arithmétique, géométrie, musique, astronomie) pour en faire résulter une culture philosophique neuve.

Platonicien comme bien d'autres de ses contemporains, il l'est d'une façon qui lui est propre, faisant penser au Platon pythagorisant dont certains passages du Timée lui proposaient l'exemple. Appliquant la mathématique à la théologie, il exprime au moyen de l'arithmétique la fécondité divine : Dieu est unité, et les rapports de l'unité à elle-même donnent une image des rapports trinitaires ; en outre, la production des nombres à partir de l'unité représente la création, puisque tout être est en tant qu'il est un (Boèce), c'est-à-dire en tant qu'il participe de cette « forme d'être » qu'est l'unité : « La création des nombres est la création des choses ».

Son souci d'expliquer les phénomènes par des processus naturels, son intérêt pour les sciences des choses prennent place dans un large courant d'idées dont l'un des premiers représentants fut Adélhard de Bath, qui fut un des introducteurs en Occident de la science arabe, et dont les Questions naturelles datent du début du xiie siècle. (Jean Jolivet Encyclopedia universalis)

Il serait le frère du breton  Bernard de Chartres (mort après 1126), qui est également l'un des grands noms de l'école de Chartres, fondée par l'évêque de Chartres Fulbert au XIe siècle. Il tenta lui aussi de concilier le platonisme du Timée et du Banquet avec les écrits d'Aristote. Une étude récente de Guillotel a montré qu'il fut également évêque de Quimper sous le nom de Bernard de Moelan. Il y aurait rédigé les Vitae de Saint Corentin et Saint Ronan. (lire sur ce sujet André Bourgès  2008 "Les trois Bernard")

Leurs éléves furent Jean de Salisbury, Bernard Sylvestre,  et Alain de Lille.  Ils participèrent avec  Guillaume de Conche (mort vers 1150)  au rayonnement de l'école de Chartres.

On relève aussi un autre chancelier de Chartres, Gilbert de la Porée, qui devient évêque de Poitiers en 1146.

Si on recherche le rapport entre cette nouvelle philosophie de la nature, où Dieu n'agit que par ses lois, s'étant retiré du monde qu'il a créé, et où l'homme  doit se livrer à la recherche des secrets de la nature, à la recherche de son destin, en déchiffrant l'univers, et le choix de la référence à Apocalypse livre 4,  à ses quatre Vivants et à ses 24 rois jouant des instruments à cordes, il est vraisemblable que l'une des clefs est l'importance donnée au nombre, et aux arts du Quadrivium : arithmétique, géométrie, astronomie et musique.

Le fait que le porche de gauche soit illustré par la mesure du Temps (signe du Zodiaque et activités des Mois) et le porche de droite par les Arts Libéraux et la référence aux  sages de l’antiquité, dont le XIIe siècle étudiait les œuvres (Cicéron, Pythagore, Aristote, Ptolémée, Euclide, Donat, Boèce), me semble souligner l'importance donnée à la Physique, et à la Mesure. Ou au dogme de la philosophie pythagoricienne : tout ce qui existe est un nombre ; l'essence et le principe des choses est le nombre. Le principe de la musique, et de la gamme, également.

Je consacre donc un article au tympan du porche de droite, et à sa représentation des Arts Libéraux, dont la Musique.

Thierry de Chartres et les Arts libéraux (v. 1145) du porche droit du portail royal de Chartres.

 

 

SOURCES ET LIENS

 

— INSTRUMENTARIUM DE CHARTRES

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/index.php

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-24-vieillards-de-l-apocalypse-dans-la-cathedrale/index.php

— BULTEAU (abbé) 1872, Petite monographie de la cathédrale de Chartres

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991684d.texteImage

—DALANÇON (Alain) Le Vieillard de l’Apocalypse et le portail de l’église de la Vieille Paroisse à Rochefort

https://socgeo-rochefort.fr/documents/fichiers/731_attach.pdf

— KENAAN (Nurith), BARTAL (Ruth), 1981, Quelques aspects de l'iconographie des vingt-quatre Vieillards dans la sculpture française du XIIe s. Cahiers de Civilisation Médiévale  Année 1981  24-95-96  pp. 233-239

https://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1981_num_24_95_2180

—LE VRAUX (Denis) PONT (Olivier), s.d, "Les vièles en huit de la cathédrale d'Angers" Le porche occidental  de la cathédrale Saint-Maurice d'Angers,  seconde moitié du XIIe siècle,  montre le Christ en majesté entouré des 24 vieillards sculptés sur les voussoirs. Ils jouent tous de la vièle en huit.  Apemutam.

https://www.apemutam.org/wp-content/uploads/2009/05/angersvielesenhuit-c29.pdf

— MOISSAC et AULNAY

https://www.parole-et-patrimoine.org/romanes/images-romanes/33-des-vieillards-de-l-apocalypse

— SITE DE LA CATHEDRALE

https://www.cathedrale-chartres.org/cathedrale/monument/les-sculptures/le-portail-royal/

— SITE AUTRE

https://www.la-vie-au-grand-art.com/medias/files/portails-de-chartres.pdf

 

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Published by jean-yves cordier - dans Instrumentarium Instruments de musique Sculpture XIIe siècle.
9 mars 2026 1 09 /03 /mars /2026 11:52

Thierry de Chartres et les Arts libéraux (v. 1145) du porche droit du portail royal de Chartres.

Voir sur les 7 Arts libéraux :

 

Voir aussi sur Chartres :

 

 

PRÉSENTATION.

Les écoles cathédrales.

Nées sous l'influence des écrits de saint Augustin (De doctrina christiana) défendant les sept arts libéraux (Grammaire, Rhétorique et Dialectique ;  Arithmétique, Géométrie, Astronomie et Musique)  afin de mieux défendre le christianisme, les  écoles cathédrales assurent initialement la formation supérieure des candidats du diocèse à l'état clérical  mais ont, peu à peu, elles ont accepté des étudiants laïcs afin de former des administrateurs civils, pour des études supérieures après les études de base assurées dans les paroisses et les couvents. Systématisées par Charlemagne, elles se créent à Lyon, Chartres, Orléans, Reims, Paris, Laon, Rouen ou Langres. Au XIe siècle, elles passent à la charge des chanoines de la cathédrale et dépendent du chapitre dirigé par son doyen. Dépendant du chapitre des chanoines elles prennent également le titre d'«école capitulaire». Les étudiants mènent une vie commune, chantent les psaumes et textes liturgiques sous la conduite du chantre, et suivent des études religieuses, mais aussi l'étude des Arts libéraux, le Trivium, et le Quadrivium. Ces écoles capitulaires ont été à la base de la renaissance culturelle et philosophique du XIIe siècle et ont précédé la fondation des universités au XIIIe siècle.

L'École de Chartres.

L'École épiscopale de Chartres  connaît sa renommée à partir du XIe siècle grâce à son fondateur Fulbert de Chartres (écolâtre renommé et évêque de Chartres en 1006 puis atteint son apogée au XIIe siècle, sous l’impulsion de plusieurs philosophes et théologiens, auteurs d’études philosophiques savantes basées sur de Platon, dont beaucoup sont chanceliers du chapitre, ou écolâtres, et dirigent l'enseignement. Ces enseignants sont principalement  Yves de Chartres (spécialiste du droit canonique et évêque de Chartres en 1090, le breton Bernard de Chartres ou de Moélan (chancelier v. 1120 et évêque de Quimper mort en 1167), Gilbert de La Porrée (chancelier en 1126), Thierry de Chartres (frère possible de Bernard, chancelier et archidiacre en 1121), son élève Clarembaud d'Arras et  son autre élève le grammairien Guillaume de Conches (auteur de Gloses sur Martianus Capella, Boéce, Priscien et Platon), Jean de Salisbury (qui avait étudié à Chartres) et Bernard Silvestre (commentateur des Noces de Martianus Capella et auteur de la Cosmographia,  variation poétique sur les thèmes pythagoriciens grâce à l’herméneutisme égyptien). Tous étudient les textes de Platon, et les thèses pythagoriciennes de son Timée Augustin, Macrobe, Chalcidius, Boèce et Martianus Capella.

L'École de Chartres et les Arts libéraux : Thierry de Chartres.

Ce Portail Royal est daté vers 1145, et son programme iconographique est certainement l'expression des choix et de la pensée du chapitre épiscopal, et de son École. Or, le chancelier (à qui les sceaux sont confiés, le numéro 3 du chapitre après le Doyen et le Chantre) est alors Thierry de Chartres. On doit rechercher les bases du décor de ce portail dans sa pensée. Avec les trois porches, celui de gauche (Ascension) exposant la mesure du Temps (zodiaque et activités des Mois) celui du centre (Christ glorieux) présentant une scène du Livre de l'Apocalypse avec 24 vieillards musiciens, et celui de droite (Vierge à l'Enfant) montrant les sept Arts libéraux et les sept auteurs de l'antiquité grecque et romaine qui fondent ces Arts.

Or, Thierry de Chartres est connu pour être l'auteur de l'Heptateuchon, et il écrit dans son pologue qu'il voit dans l'étude (compréhension intellectus et analyse interpretatio) des septs arts libéraux "le seul et simple instrument de toute philosophie".

Thierry est chancelier de la cathédrale de Chartres en 1141 ; avant cette date, Jean de Salisbury l'a eu pour maître à Paris. Il est un des esprits les plus actifs et les plus avancés du XIIe siècle, de plain-pied avec le savoir nouveau qui affluait à son époque. Hermann le Dalmate lui dédie en 1143 sa traduction du Planisphère de Ptolémée. Auteur d'un manuel des sept arts libéraux, l'Heptateuchon, son ambition est d'unir le trivium (arts du langage : grammaire, dialectique, rhétorique) et le quadrivium (arts mathématiques : arithmétique, géométrie, musique, astronomie) pour en faire résulter une culture philosophique neuve. Platonicien comme bien d'autres de ses contemporains, il l'est d'une façon qui lui est propre, faisant penser au Platon pythagorisant dont certains passages du Timée lui proposaient l'exemple. Appliquant la mathématique à la théologie, il exprime au moyen de l'arithmétique la fécondité divine : Dieu est unité, et les rapports de l'unité à elle-même donnent une image des rapports trinitaires ; en outre, la production des nombres à partir de l'unité représente la création, puisque tout être est en tant qu'il est un (Boèce), c'est-à-dire en tant qu'il participe de cette « forme d'être » qu'est l'unité : « La création des nombres est la création des choses ». Mais il dit tout aussi bien que « les noms donnent leur essence aux choses »  montrant qu'il liait le platonisme et la grammaire. (Jean Jolivet)

L'Heptateuchon de Thierry de Chartres.

Pour montrer que le portail est l'illustration de l'ouvrage de Thierry de Chartres, associant à chacun des sept arts les auteurs de l'antiquité compilé dans l'Heptatheucon, je produit ici trois copiés-collés :

"Somme encyclopédique de l'enseignement des arts libéraux, l'Heptateuchon est composé par le maître chartrain, si l'on en croit Alexandre Clerval , entre les années 1130 et 1140, et l'on y trouve principalement un florilège de textes de référence pour l'enseignement de chacune des sept disciplines du trivium et du quadrivium réunis : Donat, Priscien, Cicéron, Severianus le rhéteur, Martianus Capella, Porphyre, Aristote, Boèce, Adélard de Bath, Isidore de Séville, Frontin, Columelle, Gerbert d'Aurillac, Gerland le computiste, Hygin le grammairien et Ptolémée. Cet ouvrage, qui ne fait à l'heure actuelle l'objet d'aucune édition critique (à l'exception de son prologue et d'un autre extrait), nous est parvenu sous la forme d'un unique manuscrit en deux volumes , le premier de 349 folios à deux colonnes, le second de 246 folios à deux colonnes également, tous de relativement bonne exécution. Ces manuscrits ont malheureusement été presque intégralement perdus lors de l'incendie de la bibliothèque de Chartres du 26 mai 1944, consécutif à un accidentel bombardement américain. Nous devons toutefois beaucoup à la prévoyance du Pontifical Institute of Mediaeval Studies de Toronto ainsi qu'à l'abbaye du Mont César à Louvain pour avoir effectué des microfilms de ces manuscrits par lesquels le texte est sauf. En ajoutant à cela les récents travaux de Dominique Poirel, Claudia Rabel et Joanna Fronska qui ont permis de mettre au jour quelques fragments sauvés des flammes, nous sommes en mesure de reconstituer ce texte et d'en offrir une édition critique. L'objectif de ce projet est ainsi double : éditer l'Heptateuchon d'une part, rendant alors accessible un témoin important de l'enseignement à l'école de Chartres, le commenter d'autre part afin de comprendre ce qu'il nous dit de la nature de la formation du philosophe à la renaissance du XIIe siècle. Il s'agit donc d'un travail philologique d'une part et spéculatif de l'autre." Louis JANSEN, 2025, projet thèse Generosae nationis philosophorum propago ; L'Heptateuchon de Thierry de Chartres comme témoin de la formation du philosophe au XIIe siècle

https://theses.fr/s428278

Les manuscrits de l'Heptateuchon :

 "Mais nous possédons aussi, en plus d’un microfilm d’avant-guerre, les fragments de l’Heptateuchon de Thierry de Chartres (mss 497- 498), l’ouvrage emblématique de l’école de Chartres du xiie siècle. Dans cette bibliotheca inédite des sept arts libéraux, Thierry avait regroupé les textes — notamment d'auteurs antiques et arabes — fondant un programme d’enseignement encyclopédique. Une de ses sources dut être le ms. 214, un recueil aujourd’hui détruit de traités astronomiques et mathématiques, dont nous avons découvert un dessin, celui d’un astronome utilisant un nocturlabe ." Dominique Poirel, Claudia Rabel La lettre de l’inshs,  mars 2014 La Renaissance virtuelle des manuscrits sinistrés de Chartres en 1944 https://shs.hal.science/halshs-00139736v1

https://portail.biblissima.fr/ark:/43093/mdata37533227147282ef9ff5091a18162f6b327f225a

Voir le fac similé du Ms 498 : https://archive.org/details/heptateuchon00unse/page/n1/mode/2up

Wikipedia ? :

"L' Heptateucon (du grec επτα-τεῦχος, «sept recueils») est une grande encyclopédie d' œuvres anciennes relatives aux sept arts libéraux , distinguées sur la base de leurs différents domaines de connaissance , mais toutes convergeant vers une compréhension globale de la connaissance, capable avant tout de rendre accessible le sens philosophique des Saintes Écritures . Dans le Prologue, Thierry ne le présente pas comme son propre ouvrage, mais comme une transcription de textes anciens, rassemblés selon les deux instruments fondamentaux de la philosophie, l’ intellectus et l’ interpretatio , c’est-à-dire la raison et l’exégèse , dont l’union, symbolisée par le mariage de Mercure et de la Philologie selon une image tirée de Marciano Capella , représente le contenu spirituel du quadrivium qui devient expression à travers le trivium.

 En particulier, si le quadrivium est la « science de la nature », incluant les sujets mathématiques et scientifiques, le trivium est la « science des mots » :  parmi les trois disciplines de cette dernière, il accorde la plus grande importance à la grammaire , bien que ses recherches les plus pertinentes concernent la rhétorique , dans laquelle il propose un précieux commentaire du De inventione de Cicéron . Concernant également la dialectique , Thierry fut le premier à réintroduire en Occident les Premiers Analytiques et les Listes sophistiques d’ Aristote dans une version latine, malgré son platonisme . 

Parmi les sources du quadrivium, il s'est plutôt inspiré des tables du philosophe persan al-Khwārizmī , traduites en latin par Adélard de Bath , comme référence pour le sujet de l'astronomie ."

 

LE PORCHE DE DROITE DU PORTAIL ROYAL.

Je décrirai d'abord les 14 figures  des voussures du porche consacrées aux 7 arts libéraux et aux sept auteurs de l'antiquité compilés par Thierry de Chartres dans son Heptatheucon.

Puis je décrirai les sujets complémentaires 15 et 16, puis les anges de la voussure.Pour être complet, je décrirai ensuita la Vierge à l'Enfant du tympan, et les deux linteaux consacrés d'abord à la Présentation au Temple, puis aux scènes de l'Incarnation, l'Annonciation, la Visitation, la Nativité et l'Annonce aux Bergrs.

Je terminerai rapidement par les statues colonnes.

Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.

1. Aristote associé à la Dialectique (2).

Aristote est assis, et porte sur ses genoux un écritoire rectangulaire formant pupitre,  à l'angle duquel un encrier  de corne est inséré. Le calame qu'il tenait dans sa main droite est perdu. Dans sa main gauche,  il tient un grattoir qui lui permet de corriger éventuellement son parchemin et aussi de retailler ses roseaux. Trois calames arciformes bien taillés sont suspendus sur un ratelier  près de lui, ainsi qu'un objet ressemblant à une éponge. On remarque aussi à droite  une règle suspendue à un clou, dont un côté se découpe pour former un "pistolet" de dessinateur.

Au VIIe siècle, Isidore de Séville avait proclamé Aristote"père de la dialectique". C'est dans les Topiques, cinquième livre de l'Organon (« outil » ou « instrument » en grec ancien), nom scolastique utilisé pour désigner un ensemble de traités  de logique d'Aristote, que le philosophe grec aborde  la dialectique, ou art du dialogue argumentatoire entre deux personnes ayant des points de vue différents.

Thierry de Chartres est un des premiers à avoir connu des œuvres logiques d'Aristote jusque-là oubliées , les Premiers Analytiques, les Réfutations sophistiques et ... les Topiques.

 

Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.

2. DIALECTICA, personnification de la Dialectique (Trivium).

Voussure II, côté gauche figure 2. Restaurée.

Dialectica est assise, la tête et le corps couverts d'un voile, et elle tient  dans la main gauche un vase fleuri tandis qu'une sorte de dragon, posé sur sa main droite, monte vers son épaule grâce à ses pattes griffues. Ce "dragon" a une gueule aux dents acérées et aux oreilles longues et pointues, une échine hérissée de dents, des ailes, et une queue longue qui se perd entre les jambes de l'allégorie. C'est bien là son attribut,  qui était chez Martianus Capella (Ve siècle) un serpent symbole du sillogisme ou de la ruse des sophismes, un scorpion chez Alain de Lille (XIIe siècle), une tête de chien  (inscription caput canis) dans l'Hortus Deliciarum de Herrade de Landsberg (XIIe siècle), c 'est parfois un basilic (coq serpent), un serpent sur le porche de la Collégiale de Loches (milieu XIIe) ou à la façade ouest de la cathédrale de Laon (XIIe) où le serpent est enroulée en guise de ceinture (comme à Auxerre), ou encore sur la chaire de la cathédrale de Pise (entre 1302 et 1311), un livre à la cathédrale de Clermont, un scorpion et un lézard sur la peinture murale du Puy-en-Velay  (dernier quart XVe), un couple de lézards encore (affrontement d'arguments opposés)  sur la verrière de la chapelle Saint-Piat de Chartres (1415), et un scorpion noir sur  la Fresque des arts libéraux de Botticelli au Louvre  (1483-1486). 

La fleur (ou sceptre d'aspect végétal)  suggére la sève et donc la vie, mais aussi l'art de plaire ou la beauté séduisante et puissante du langage.

 

 

 

 

Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.
Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.
Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.

3. Cicéron associé à la Rhétorique (4).

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle//123456789/359219

Si ce n'est Cicéron, l'avocat, homme d'Etat et écrivain romain auteur de discours, de lettres, et de traité de l'Art de l'Orateur (De Orator), et la Rhétorique à Herennius, celui de savoir parler pour prouver, convaincre, et plaire, ce pourrait être Quintilien, rhéteur, pédagogue et avocat du 1er siècle,  auteur de l'œuvre majeure qu'est l'Institution oratoire. C'est en tout cas Cicéron qui est nommé au Puy-en-Velay à la fin du XVe siècle. Et Thierry de Chartres le lisait, puisque le De Oratore de Cicéron était étudié, à Chartres comme ailleurs, par quiconque voulait acquérir l'art de l'éloquence, et puisqu'il a laissé un commentaire du De inventione.

Cicéron est assis devant un pupitre posé sur ses genoux (comme Aristote et tous les autres auteurs) devant son ratelier de calames. Il lève la main gauche dans un geste d'éloquence, mais il tient un livre (?) de la main droite.  Le sculpteur, emporté par son habitude de représenter des Grecs barbus, a oublié que Cicéron, comme généralement les Romains, était rasé.  Mais il n'a pas omis de représenter une régle suspendue à sa gauche.

 

Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.
Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.
Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.

4. la Rhétorique (Trivium).

Rhétorique fait un geste d’orateur, bras droit demi étendu vers la gauche et poing serré, bras gauche soulevant un pan de son habit dans un spectaculaire effet de manches. Sa tête est tournée vers  le geste rhétorique de la main gauche pour le renforcer, sa bouche est ouverte. Elle est drapée dans un manteau-voile à bords brodés.

Elle est représentée à la cathédrale de Laon avec le même geste de la main gauche levée, mais avec la paume ouverte.

Car si la  rhétorique est l’art de l’éloquence, elle se base sur l'apprentissage du geste et de la posture. Elle comportait cinq parties : l’inventio (invention ; art de trouver des arguments et des procédés pour convaincre), la dispositio (disposition ; art d’exposer des arguments de manière ordonnée et efficace), l’elocutio (élocution ; art de trouver des mots qui mettent en valeur les arguments ), la memoria (procédés pour mémoriser le discours), mais aussi l’actio (la scansion, les gestes de l’orateur plaçant dans l'espace son verbe, le comput des arguments sur les doigts de la main) . 

Elle fait appel au sensible plutôt qu'au spéculatif, elle est ornement plus que vérité :

" La Rhétorique antique avait survécu dans les traditions de quelques écoles romaines de la Gaule et chez quelques rhéteurs gaulois, dont Ausonius (310- 393), grammaticus et rhetor à Bordeaux, et Sidoine Apollinaire (430-484) évêque d'Auvergne. Charlemagne inscrit les figures de rhétorique dans sa réforme scolaire, après que Bède le Vénérable (673-735) eut entièrement christianisé la rhétorique (tâche amorcée par saint Augustin et Cassiodore), en montrant que la Bible est elle-même pleine de « figures ». La rhétorique ne domine pas longtemps ; elle est vite « coincée » entre Grammatica et Logica : c'est la parente malheureuse du Trivium, promise seulement à une belle résurrection lorsqu'elle pourra revivre sous les espèces de la « Poésie » et d'une façon plus générale sous le nom de Belles-Lettres. Cette faiblesse de la Rhétorique, amoindrie par le triomphe des langages castrateurs, grammaire (rappelons-nous la lime et le couteau de Martianus Capella) et logique, tient peut-être à ce qu'elle est entièrement déportée vers l'ornement, c'est-à-dire vers ce qui est réputé inessentiel — par rapport à la vérité et au fait." Mais elle est utile aux prêcheurs pour leurs sermons (Artes sermocinandi ) : sermones ad populum (pour le peuple de la paroisse), écrits en langue vernaculaire et sermones ad clerum (pour les Synodes, les écoles, les monastères), écrits en latin.  

 

Thierry de Chartres a écrit un traité sur la Rhétorique,  Accessus circa artem rhetoricam , "Approche de l'art de la rhétorique", en se référant à Cicéron, à Boèce et à Quintilien. Les traités d'Aristote sur la rhétorique ne seront traduits qu'en 1270.

 

 

Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.

5. Euclide associé à la Géométrie (6).

Voussure II, côté gauche figure 5.

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle//123456789/359221

Portail royal, portail droit, voussoir : Euclide, l'art de la géométrie

Euclide d'Alexandrie (vers vers 300 avant notre ère) est l'autorité de l'Antiquité classique dans l'art de la géométrie par son ouvrage Les Éléments.

Il est représenté comme les autres auteurs de référence, assis penché sur son pupitre posé sur ses genoux et dont l'encrier en corne occupe le coni gauche. Il est en train d'effectuer un tracé, comme absorbé par quelque problème géométrique. Il tient un objet rectangulaire en main droite, et un grattoir en main gauche.

Les Éléments d'Euclide furent connus en Occident médiéval par des traductions  arabes, hébraïques ou latines et notamment par la Recension de Campanus en 1260, et l'Heptameron de Thierry de Chartres en est imprégné :  19 textes sont consacrés à la géométrie. (M. Lejbowicz)

 

 

 

Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.
Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.

6. La Géométrie (Quadrivium).

 

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle//123456789/359223

Voussure II, côté gauche figure 6 .

Cette figure féminine représentant la géométrie, voilée comme ses compagnes,  a une tablette sur les genoux , sur laquelle sa main gauche, et notamment son index pointé, sont posés. Sa main droite a disparu, mais on peut imaginer qu'elle maniait un compas comme dans les Noces de Martianus Capella, ou sur le dessin du XIIe siècle de l'Hortus Deliciarum (le Jardin des Délices). Sur ce dessin, elle tient aussi un étalon pour mesurer le monde.

Hortus Deliciarum

C'est encore un compas qu'elle tient à la Collégiale de Loches, à la cathédrale de Laon, à Notre-Dame de Paris, à la cathédrale de Sienne, à celle de Clermont, d'Auxerre,  (en sculpture et sur un vitrail de 1260), sur la baie 103 de la cathédrale de Soissons, à l'église Notre-Dame de Sémur-en-Auxois. Sur la baie 5 de la chapelle Saint-Piat de Chartres, elle tient le compas et l'équerre.

La Géométrie est alors "l'art de mesurer les surfaces et les lignes" (Grégoire de Tours) et dans la description d'Alain de Lille (Anticlaudianus v. 1120) elle mesure le monde avec une aune et fabrique une roue.

 

 

Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.

7. L'Arithmétique(Quadrivium).

Voussure II, côté droit, figure 7.

La figure féminine représentant l'Arithmétique est assise, la tête et le corps voilés, ses manches sont amples, ses chaussures pointues. Elle tient en main gauche deux livres, mais son visage est penché vers un objet qu'elle tenait en main droite et qui est brisé. Si l'on se réfère au manuscrit Hortus Deliciarum , elle pouvait se servir d'une corde sur laquelle sont fixées des boules formant graduation .

Calque de l'Hortus Deliciarum.

La science de l'arithmétique est "de connaître les fonctions des nombres" (Grégoire de Tours). Dans la description d'Alain de Lille, elle tient la table de Pythagore. À Loches, elle tient un livre, à Laon  elle tient des groupes de boules dans ses deux mains, à Pise elle compte sur ses doigts, à Clermont elle compte sur un boulier, à Sémur-en-Auxois elle a des boules dans la main droite, et sur la baie 103 de Soissons, elle désigne du doigt une tablette sur laquelle sont inscrits douze chiffres romains.

 

Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.
Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.
Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.

8. Boèce associé à l'Arithmétique.

Voussure II, côté droit, figure 8.

Boèce, philosophe et homme politique latin contemporain de Cassiodore, vers 480-524, et très célèbre pour sa Consolation de Philosophie écrits en prison à la fin de sa viea publié entre autre un traité De arithmetica. 

Il avait traduit  l’Organon d'Aristote accompagné de gloses grecques, ainsi que l’Isagogè de Porphyre de Tyr, rédigé une introduction à la logique aristotélicienne et un commentaire sur les Topiques de Cicéron. Il eut une très forte influence sur la scholastique des écoles médiévales, sur Alcuin, Jean Scot Érigène, les écoles d'Auxerre et de Reims au IXe siècle,  et sur Gilbert de Poitiers et les commentateurs de l'école de Chartres au XIIe siècle.

On retrouve les caractéristiques déjà notés pour les autres auteurs antiques comme la position assise, le ratelier avec ses calames et son éponge, et le pupitre posé sur les genoux.  Un coude appuyé sur son accoudoir, Boèce se tourne sur sa gauche, comme pour répondre à un interlocuteur ou observer un objet, celui qu'il tenait dans la main gauche et qu'il élevait, coude plié. Mais cet objet a disparu.

 

Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.

9. L'Astronomie (Quadrivium).

Voussure II, côté droit, figure 9

Cette figure féminine assise et voilée qui observe les étoiles représente l'astronomie. Elle a la tête levée vers le ciel et les mains ouvertes, projetées en avant dans une attitude d'admiration (ou de déduction?). C'est ainsi que la décrivait Alain de Lille, mais tenant une sphère ; la main gauche ne tient-elle pas un objet, peut-être un globe comme le suggère Gérard Fleury ? Sur la figure de l'Hortus Deliciarum,  Astronomie montre les étoiles en les pointant de son index droit et elle tient un seau rempli d’eau ou un miroir.

Astronomia, Hortus Deliciarum

À Loches, elle  montre deux étoiles. À Laon, elle élève des deux mains un astrolabe, à Notre-Dame de Paris elle montre le ciel d’une baguette dans la main gauche, à Sienne elle montre un disque de la main gauche, à Pise elle élève un astrolabe au niveau de son œil avec le bras gauche et elle montre du doigt un cahier posé sur son genou droit, sur le vitrail d'Auxerre elle regarde le ciel, à Sémur-en-Auxois elle présente un astrolabe, sur la fresque des Arts libéraux de Botticelli au Louvre elle tient un sextant dans sa main gauche, sur la baie 103 de Soissons elle porte et contemple un disque ou une sphère, dans laquelle il faut voir un astrolabe ou une sphère armillaire.

Sur les conceptions de Thierry de Chartres sur les rotations des sphères célestes, influencé par Macrobe et par les péripatéticiens,  voir son écrit Opusculum de opere sex dierum analysé par  Pierre Duhem.

 

 

 

Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.

On remarquera que sur le porche central, parmi les 12 anges qui entourent le Christ, cinq tiennent de astrolabes en désignant le ciel, ce qui est assez extraordinaire. Un sixième tient un instrument (qui n'est peut-être qu'un livre ceinture.

Ange à astrolabe, porche centrail du Portail Royal de Chartres, cliché lavieb-aile.
Ange à astrolabe, porche centrail du Portail Royal de Chartres, cliché lavieb-aile.
Ange à astrolabe, porche centrail du Portail Royal de Chartres, cliché lavieb-aile.

 

Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.

10. Ptolémée associé à l'Astronomie (9).

Voussure II, côté droit, figure 10

Ptolémée (100-168 ap. J.C) est  l'autorité de l'Antiquité classique choisie comme référence dans l'art de l'astronomie. Il fit des observations astronomiques à la Grande Bibliothèque d'Alexandrie et  est l'auteur de l'Almageste, traité  d'astronomie qui nous est parvenu complet, et du Tetrabiblos, traité d'astrologie, c'est-à-dire de l'influence des astres sur le monde sublunaire et sur les destinées humaines. Pour lui, la Terre est  sphérique, immobile au centre de l’Univers et les cieux eux-mêmes sont sphériques.  Ptolémée reprend sous l’influence d’Aristote  l’idée d’un monde supra-lunaire fait d’éther. Il compléte le catalogue d’Hipparque, qui décrivait 850 étoiles , et en identifie 1028, en utilisant  pour cela l’astrolabe armillaire (à ne pas confondre avec l’astrolabe plan) qu'il nomme son astrolabon. Le mot astrelabe (du grec astrolabios, "preneur d'étoile") apparaît dans notre langue en 1155, précisément la date où furent sculptés ces Arts libéraux.

On retrouve le schéma habituel d'un personnage  barbu assis, portant sur ses genoux le pupitre avec on encrier en corne, les quatre calames sur le ratelier, une règle suspendue au mur. Il tient en main gauche ce qui doit être un livre, et de la main droite une sphère qu'il observe.  Pour B. Coquet, "l'objet qu'il tenait sur son pupitre est presque entièrement disparu. Était-ce un boisseau ? En effet, on admet que les astronomes regardaient l'image des constellations réfléchie dans un boisseau empli d'eau : ce qui avait pour avantage de limiter le champ d'observation."

 

L'époque médiévale dispose de deux sortes de sphères armillaires, soit portative tenue avec un manche à la main, soit fixe et orientée vers le pôle.

Représentation par V. Naboth (1573) du modèle astronomique géo-héliocentrique d'Héraclide transmis par Martianus Capella

Thierry de Chartres est lecteur de Ptolémée et Hermann le Dalmate lui dédie en 1143 sa traduction du Planisphère de Ptolémée. On connaissait alors le Liber de astrololabio de Gerbert, écrit avant 999 où cet auteur devient le pape Sylvestre II. 

Dans son Heptateuchon, Thierry de Chartres insère ainsi les premières tables astronomiques provenant du Preceptum Canonis Ptolemei du VIe siècle, conservé à Chartres sous le nom de Ptolémée. (I. Draelants)

Une des sources de Thierry de Chartres pour son Heptateuchon  dut être, selon C. Rabel et D. Poirel,  le ms. 214 de la Bibliothèque Municipale de Chartres, des Sententiae astrolabii attribué éventuellement à Gerbert (Sylvestre II) , un recueil aujourd’hui détruit de traités astronomiques et mathématiques, dont  ils ont découvert un dessin, celui d’un astronome utilisant un nocturlabe (Un nocturlabe est un instrument utilisé pour déterminer l'écoulement du temps en fonction de la position d'une étoile dans le ciel nocturne ).

 

Astronome utilisant un astrolabe. Traités astronomiques et mathématiques, 2e quart du XIIe siècle, in Claudia Rabel, Dominique Poirel INHS CNRS Lettre info 2014. (Chartres, BM, ms. 214 ; ms. détruit, dessin reproduit par H. Michel, « Les tubes optiques avant le télescope », dans Ciel et Terre, Bulletin de la Société belge d’astronomie, de météorologie et de physique du globe, 70, 1954, p. 175-184, ici p. 177 fig.

 

Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.
Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.
Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.
Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.

11. La Grammaire (Trivium).

Voussure II, côté droit, figure 11. Restaurée.

 La figure féminine représentant la Grammaire, assise et voilée comme les autres, présente un grand livre ouvert et brandit de sa main droite une férule ; un petit garçon, sa tête frisée à demi-couverte par sa capuche, est assis sur un siège bas et se penche sur le livre qu'il tient ouvert sur ses genoux ; il sourit, la tête appuyée sur sa main, peut-être pour se protéger. Son camarade, assis sur les talons, a posé son livre grand ouvert sur sa cuisse ; il lève les yeux vers la Grammaire et il lui tend sa main, paume ouverte posée sur la chevelure de son voisin ; il a le torse nu et l'on pourrait supposer d'abord qu'il a été fouetté, n'était l'échange de regards paisibles entre l'enfant et la femme. Une interprétation de Georges Bonnebas est qu'il s'agirait d'un enfant pauvre, qui contraste avec le garçon de droite, abondamment couvert de beaux habits très riches : l'intention serait alors de montrer que la même instruction est dispensée à l'un et l'autre . Pour G. Fleury, celui qui est situé à droite courbe la tête, tandis que celui de gauche tend la main droite pour recevoir sa punition.

SElon Grégoire de Tours, Grammaire est celle qui apprnd à lire. Dans le Ier Livre des Noces de Martianus Capella, Grammaire est revêtue de la paenula (manteau ordinaire des sénateurs romains), et porte à la main une trousse médicale pour guérir les vices du langage : encre, plumes, tablettes, limes à 8 traits (8 parties du discours « classique »), un martinet pour l’autorité et un scalpel pour opérer dents et langues. Dans le 3ème Livre, Grammaire  apparaît sous les traits d'une femme assez vieille, mais qui possède encore du charme. Originaire d'Égypte, elle est passée en Grèce puis à Rome. Elle porte une boîte contenant une plume et un encrier, instruments qui lui sont nécessaires pour enseigner la grammaire aux enfants, car celle-ci passe par l'écrit. Elle commence par enseigner les lettres, en indiquant les combinaisons possibles de voyelles et de consonnes et les façons de les prononcer, puis expose les différentes sortes de syllabes. Elle passe ensuite au genre des mots et aux accords, puis aux verbes et aux adverbes. En terminant, elle signale une longue liste d'exceptions, montrant que la formation des mots ne suit pas des règles absolument régulières et qu'il faut respecter l'usage. Le livre se termine en signalant que l'assemblée des dieux s'est copieusement ennuyée durant cet exposé et en invitant Grammaire à ne pas s'étendre sur les solécismes, barbarismes et autres fautes de langage.

Pour Alain de Lille, Grammaire, douce et sévère, tient la férule (*) et le scalpel. Elle travaille au timon du char y gravant le portrait des grammairiens : Donat — Ælius Donatus, grammairien latin, vers 320-380, auteur d’un traité de grammaire — et Aristarque de Samothrace, grammairien grec (IIe siècle av. J.-C.).

(*) Férule : étymologiquement : faisceau de branches, mais aussi « Petite palette de bois ou de cuir, à l'extrémité plate et élargie, autrefois utilisée comme instrument de discipline pour frapper les mains des écoliers fautifs ».

Sur la roue de l'Hortus Deliciarum, elle  tient un livre et une férule. Une inscription près du fouet SCOPE9, renvoie sans doute au latin scopula, ae "petit balai".

Grammatica, calque de l'Hortus Deliciarum.

À Loches, Grammaire se découvre par la férule qu’elle applique des deux mains, comme une arme, sur l’épaule. À Laon, Grammaire est représentée avec un écolier (ou deux, sur le vitrail), sans férule (sauf peut-être sur le vitrail), l’air débonnaire. À Pise, elle allaite deux enfants qu’elle tient sur ses genoux, c’est la mère nourricière. À Auxerre, elle fait face à un enfant. Sur le Portail des Libraires de la cathédrale de Rouen  elle est  en train de fouetter un personnage nu, à genoux et implorant. À Sémur-en-Auxois, Grammaire tient une férule de la main droite, elle fait suivre d’un doigt sur un livre ouvert sur ses genoux un jeune écolier assis devant elle.

Sur la fresque du Puy-en-Velay, Grammaire lève les mains et Priscien (alors que c’est Donat qui est habituellement invoqué) suit sur un livre ouvert sur ses genoux.

Sur la baie 103 de Soissons, Grammaire, de trois-quarts, tient une clef à la main droite (la clef de l'art du langage) et lit dans un livre ouvert dans lequel est inscrit l'alphabet.

 

 

Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.
Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.

12. Donat, associé à la Grammaire (11).

Voussure II, côté droit, figure 12.

Les  autorités de l'Antiquité classique faisant référence alors dans l'art de la grammaire sont Donat ou Priscien. On pense plutôt voir ici  Donat car celui-ci était tenu en grande estime par Thierry de Chartres, l'inspirateur probable de ces sculptures. Donat comme Priscien étaient auteurs d'une grammaire latine (pour Donat : Ars Donati grammatici urbis Romae, débutant par un Ars minor ou version abrégée et suivi des trois livres de l'Ars maior).

La Bibliothèque de Chartres possédait un manuscrit du XIIe siècle (vers 1100) réunissant l'Opuscula de Priscien, l'Ars major de Donat, (BM Ms 497) et des Opuscules de Cicéron et Aristote.

 

 

 

Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.
Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.

Pythagore et Donat.

Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.

13. Pythagore, associé à la Musique (14).

Voussure I, côté droit, figure 13.

Le philosophe présocratique grec décédé vers 495 avant J.C ressemble ici comme un frère jumeau au grammairien Donat du 4ème siècle après J.C. Comme les femmes des Arts libéraux, ce ne sont pas des portraits, mais des figures. Lui aussi est assis, penché sur son pupitre à encrier en corne, un calame et un grattoir en main, sous le ratelier porte-plumes où sont posées deux éponges.

Cette figure représente la pensée de l'école pythagoricienne, et notamment pour Thierry de Chartres, son arithmétique (le fameux théorème), sa cosmogonie, et son idée que "les choses sont nombres", le nombre est la matière des êtres, ce qui leur donne forme et les rend intelligibles. Connaître le nombre d’une chose revient à connaître la chose elle-même. pour les pythagoriciens, ce sont les nombres entiers qui sont à la racine des choses, le Cosmos est littéralement régi par eux. Et la musique est au cœur de cette représentation car en musique les intervalles de ton sont des rapports de nombre.

Source Philharmonie de Paris : 

 Voilà comment Guido d’Arezzo (~992-~1050), le moine bénédictin à l’origine du système de notation musicale encore en vigueur, rapporte l’événement au dernier chapitre de son ouvrage Micrologus (vers 1020) :

"Un certain Pythagore, grand philosophe, voyageait d’aventure ; on arriva à un atelier où l’on frappait sur une enclume à l’aide de cinq marteaux. Étonné de l’agréable harmonie qu’ils produisaient, notre philosophe s’approcha et, croyant tout d’abord que la qualité du son et de l’harmonie résidait dans les différentes mains, il interchangea les marteaux. Cela fait, chaque marteau conservait le son qui lui était propre. Après en avoir retiré un qui était dissonant, il pesa les autres et, chose admirable, par la grâce de Dieu, le premier pesait douze, le second neuf, le troisième huit, le quatrième six de je ne sais quelle unité de poids. Il connut ainsi que la science de la musique résidait dans la proportion et le rapport des nombres."

Pierre le Mangeur (1100?-1179? Pythagore et les forgerons, illustration extraite du Petri Manducatoris sermones, BSB Clm 2599. München - Bayerische Staatsbibliothek

Cette expérience s’avère fondamentale pour les pythagoriciens, car elle corrobore l’intuition de base de leur philosophie : tout ce qui existe est nombre, y compris des phénomènes aussi peu matériels que les intervalles musicaux. Son importance est telle qu’elle figure dans la plupart des traités musicaux ou arithmétiques du Moyen Âge et de la Renaissance.

NB. Sur la peinture des Arts libéraux de Puy-en-Velay, Musica est accompagnée de "Tubal" (Jubal) qui frappe une enclume avec deux marteaux.

Afin de faire « entendre les nombres », Pythagore cherche rapidement à transposer cette découverte sur un instrument : le monocorde.

Le monocorde est de constitution très simple : il s’agit juste d’une corde tendue sur une caisse de résonance munie d’un chevalet mobile placé sous la corde et permettant de diviser celle-ci en deux parties. Ce n’est pas un instrument de musique à proprement parler, c’est un instrument pour l’expérimentation et un support pédagogique. On en trouve la première trace indubitable dans l’ouvrage d’Euclide.

En déplaçant le chevalet du monocorde, nous observons que plus la longueur de corde que l’on fait vibrer est courte plus le son qu’elle émet est aigu, c’est-à-dire plus sa fréquence de vibration est élevée. Nous pouvons en conclure la loi importante que la fréquence de vibration de la corde est inversement proportionnelle à sa longueur. Pythagore prouve ainsi, grâce au monocorde, que les intervalles musicaux reconnus comme les plus consonants sont identifiables à des fractions simples construites avec la suite des 4 premiers entiers 1, 2, 3 et 4, désignée par le terme tetraktis. Les pythagoriciens pensent enfin avoir découvert les fondations de l’harmonie dans l’Univers. Avec sa corde unique, son chevalet mobile et sa règle graduée, le monocorde fait se rejoindre les notes et les nombres, les intervalles et les rapports, la perception sensorielle et la raison mathématique. Le monocorde fait ainsi « entendre les nombres » et « voir les sons ». Plus encore, par l’acte même de mesurer des longueurs de corde (géométrie) pour les associer à des rapports de nombres entiers (arithmétique) liés aux intervalles musicaux, le monocorde fait converger deux domaines pourtant strictement séparés dans les mathématiques grecques.

Par cette découverte fondamentale, la musique devient ainsi une branche des mathématiques. 

 

Pythagore et la Musique, titre des traités ed. Augsbourg, 1500. Gallica-BnF

 

Or, nous allons découvrir maintenant, dans le quatrième art du Quadrivium, Musica ... un monocorde.

Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.

14. La Musique (Quadrivium).

Voussure I, côté droit, figure 14

La Musique est, comme les autres Arts, assise, voilée, et vêtue sous le manteau-voile d'une robe à bords brodés, mais elle est entourée de quatre instruments : trois instruments à cordes et un instrument à percussion. Les yeux vers le ciel, les lèvres entrouvertes, elle semble attentive et concentrée sur l'écoute des harmonies.

 Elle est considérée comme une science des nombres à part entière comme la géométrie, l'arithmétique ou l'astrologie : "La mathématique possède quatre espèces : l’arithmétique, la musique, la géométrie, l’astronomie." GUuillaume de Conches, Accessus ad Timaeum, § 5-6

"Voici donc les quatre espèces mathématiques. L’arithmétique traite des nombres, la musique, de la proportion, la géométrie, de l’espace, l’astronomie, du mouvement. L’élément de l’arithmétique est l’unité, celui de la musique, l’unisson, celui de la géométrie, le point, celui de l’astronomie, l’instant. C’est pourquoi, l’arithmétique est la science des nombres. La musique est l’harmonie de plusieurs sons dissemblables se réunissant en un tout. La géométrie est la discipline de la grandeur immobile et la description contemplative des formes. L’astronomie est la discipline de la grandeur mobile " Vincent de Beauvais, Speculum doctrinale, XVI, 3 (De speciebus mathematicae), début XIIIe siècle.

Rappellons que l'évêque Fulbert, fondateur de l'École de Chartres, était un compositeur estimé, auteur de poèmes liturgiques et de trois Repons de la Nativité.

 

Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.

a) le tintinnabulum.

On voit trois cloches suspendues à une tringle. Musica frappe la dernière cloche avec un marteau, tandis que sa main gauche tient le manche d'un autre marteau (j'ai d'abord pensé qu'elle saisissait le battant de la cloche voisine). 

Voir André Bonjour, Instrumentarium de Chartres, les idiophones.

https://www.instrumentariumdechartres.fr/data/IndeXysBibliothequeHTML/1ca9c331-d85b-410c-8917-4c385631ff1f/LES-DOSSIERS/MA123-p.62-69.pdf

https://www.apemutam.org/wp-content/uploads/2024/02/03-Chartres-Les-percussions.pdf

Le carillon est l'un des principaux attributs de la Musique dès l'art roman et au début de l'art gothique, à Autun (chapiteau de la cathédrale), Rouen (Portail des Libraires).

*) à Autun, le sculpteur a représenté les deux manières de faire sonner une cloche, le tintement par le marteau ou la volée par le balancement du battant,  sont représentées.

 

La Musique, chapiteau de la cathédrale d'Autun, 1125-1135. Cliché lavieb-aile.

**) à Rouen au portail des Libraires : Le portail du transept nord, dit le « portail des libraires » de la cathédrale de Rouen a été construit autour de 1300. Il possède un riche décor et en particulier des sculptures en faible relief sur les jambages des ébrasements et du trumeau. Sur le trumeau, quatre quadrilobes concernent les arts libéraux  avec , de gauche à droite : Géométrie, Musique, Astronomie, Grammaire. La Musique tient un tintinnabulum (de 4 cloches) assez proche de la Musique de Laon. Elle frappe les cloches suspendues à une tringle inclinée avec deux marteaux.

***) à la cathédrale de Laon, sculpture, XIIe siècle. On compte 5 cloches ; la tringle est inclinée.

****) cathédrale de Laon,  vitrail de la rose nord: 3 cloches sont représentées

La Musique, rose (vers 1200) des Arts libéraux de la cathédrale de Laon, cliché lavieb-aile

 

Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.

b) le monocorde.

Lire : 

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-pincees/le-monocorde.php

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-instruments/cordes-pincees-1/le-monocorde.php

https://pad.philharmoniedeparis.fr/pythagore-entendre-les-nombres.aspx?_lg=fr-FR

Les Arts libéraux du portail royal de Chartres.

c) la vièle en huit.

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-frottees/les-vieles-en-huit.php

L'instrument est sculpté avec toute la précision souhaitée. On le comparera aux vièles tenues par les Vieillards de l'Apocalypse sur le porche central.

 

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

d) le psaltérion.

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/cordes-pincees/les-psalterions/les-psalterions-du-portail-royal/la-representation-porte-sud-la-musique.php

LES AUTRES SCULPTURES DES VOUSSURES INTERIEURES (VOUSSURE I)

La voussure I débute, à gauche, par deux motifs qui sont parfois considérés comme des signes du Zodiaque (comme sur le portail de l'Ascension à gauche), les Poissons et les Gémeaux, ce qui est peu vraisemblable (il n'y a qu'un seul poisson ; les Gémeaux ne tiennent pas de bouclier).

 

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

15  : un poisson, des arbres et des oiseaux (à droite d'Aristote).

On peut suggérer que ce motif, placé à la base de la voussure I aux côtés d'Aristote, est une figure de la Nature illustrant la volonté  des chartrains d'expliquer les phénomènes par des processus naturels et de porter intérêt aux  sciences des choses, dans un large courant d'idées dont l'un des premiers représentants fut Adélhard de Bath, qui fut un des introducteurs en Occident de la science arabe, et dont les Questions naturelles datent du début du XIIe siècle.. 

" L' Hexaeméron interprète la Genèse en se référant au « Timée » de Platon . Ce texte constitue une défense raisonnée de l'existence de Dieu, s'appuyant sur la philosophie naturelle platonicienne et la logique aristotélicienne pour expliquer la création du monde.  Thierry établit que le moment de la création divine fut le commencement même du temps, et qu'ensuite, la création s'est développée naturellement par la combinaison des quatre éléments (le feu, l'air, l'eau et la terre). Selon Thierry, Dieu créa les quatre éléments au premier instant. Le feu, en mouvement perpétuel, tournoya et illumina l'air, engendrant ainsi le premier jour et la première nuit. Le deuxième jour, le feu réchauffa l'eau, la faisant monter vers le ciel et former les nuages. La diminution du volume d'eau permit l'apparition de la terre le troisième jour. Le réchauffement continu des eaux au-dessus du firmament entraîna la formation des corps célestes le quatrième jour. Le réchauffement continu de la terre permit l'apparition de la vie végétale, animale et humaine les cinquième et sixième jours.

L'explication de Thierry sur la création du monde est basée sur une interprétation théologique des quatre causes d' Aristote , qu'il identifie aux trois personnes de la Trinité plus la matière (composée des quatre éléments ) : le Père est la cause efficiente , le Fils est la cause formelle , le Saint-Esprit est la cause finale et les quatre éléments sont la cause matérielle .

Selon Thierry, l'acte de création divine se limite à la création des quatre éléments, qui évoluent ensuite d'eux-mêmes, se mélangent selon des proportions mathématiques et constituent le monde physique." (en.wikipedia)

L'histoire de la création est racontée dans la Genèse, et Thierry s'efforce de  rendre compte de la Création de la Genèse selon les lois d'une physique cohérente : par exemple, les animaux aquatiques sont apparus au cinquième jour, à la suite de la pénétration dans les eaux de la chaleur résultant du mouvement des étoiles. (Jean Jolivet). Il est l'auteur de In Hexaéméron ou De sex dierum operibus glosant sur les six jours de la Création biblique par des éxégèses selon des lectures littérales et historiques, écartant les lectures morales et allégoriques. (De septem diebus et sex operum distinctionibus primam Geneseos partem secundum physicam et ad litteram ego expositurus . . . Postea vero ad sensum litterae historialem exponendum veniam, ut et allegoricam et moralem lectionem . . . ex toto praetermittam . "Je vais expliquer la première partie de la Genèse, concernant les sept jours et la distinction des six œuvres selon le sens physique et littéral… Mais j’en viendrai ensuite à expliquer le sens historique de la lettre, afin de pouvoir omettre complètement l’interprétation allégorique et morale…") (W. Ciweski)

Cet intérêt pour la nature sera reprise par Guillaume de Conches.

 

 

 

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

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16. Deux soldats derrière leur bouclier (à droite de la Dialectique).

Malgré leur apparente géméllité, j'écarte les hypothèses d'y voir les saints Protais et Gervais ou Côme et Damien, à qui la baie 118 est consacrée.

 

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Les six anges de la voussure I.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

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LA VIERGE À L'ENFANT DU TYMPAN.

Elle est selon la tradition romane, hiératique , assise frontalement sur une cathèdre. Elle est entourée de deux anges thuriféraires, dont les encensoirs sont encore visibles, l'un devant la cuisse droite de l'ange de gauche, l'autre suspendu en l'air devant celui de droite, les détails des chaînes ayant disparu.

 

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

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Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

LE REGISTRE SUPÉRIEUR DU LINTEAU : SCÉNES DE LA VIE DE LA VIERGE.

 

 

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

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La Présentation de Jésus au Temple avec dix personnages porteurs des couples de tourterelles et d'offrandes.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

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LE REGISTRE INFÉRIEUR DU LINTEAU: L'Annonciation, la Visitation, la Nativité et l'Annonce aux Bergers.

Remarquez les yeux creusés, caractère stylistique qui ne se retrouve pas sur les statues-colonnes ce ce porche ni sur les personnages des voussures. Étaient-ils jadis comblés par des pierres colorées ?

 

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

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L'Annonciation.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

La Visitation.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

La Nativité : Joseph

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

La Nativité : Marie couchée sur son lit d'accouchée, et l'Enfant-Jésus au dessus.

Voir mes commentaires  et ma revue iconographique sur le thème des Vierges couchées à Chartres :

... et à propos de la baie n° 2 de la cathédrale de Laon :

La Vierge a l'attitude des songeurs inspirés (Jessé, etc), la main droite sous la joue. Elle regarde sans doute l'Enfant emmailloté dans son berceau.

Des amorces sur la façade au dessus de l'Enfant indiquent que des  sujets ont été brisés : étoile? âne et bœuf? ange? lampe?

Comparez à la scène analogue du Portail nord, réalisé entre 1210 et 1225 :

Nativité, Linteau du portail nord de Chartres. Cliché lavieb-aile

 

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

L'Annonce aux Bergers.

Précédés par un ange qui leur en a fait l'annonce, les bergers des environs de Béthlém arrivent à la crèche où est né le Messie. Le premier berger désigne de son index l'étoile (non visible) qui les a guidé. Il tenait dans la main gauche un objet (instrument ?) qui est brisé, mais qui ne peut correspondre à la houlette, ni à la cornemuse habituelle.

De même, l'animal qui l'accompagnait à ses pieds est brisé : un chien probablement.

Derrière viennent six moutons.

 

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Le berger jouant du frestel ou flûte de Pan

https://www.instrumentariumdechartres.fr/les-310-representations/les-vents/frestel.php

On constate la proximité de ces scènes avec celles de la baie n°2 de la cathédrale de Laon, certes plus tardive car datant de 1220 environ. Sur cette baie, l'un des bergers joue du frestel.

Berger jouant du frestel. Baie n°2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile

Ce berger qui tient la houlette en main droite se tourne vers nous, et approche ses lèvres de cet instrument qu'André Bonjour a si bien analysé et fait restituer.

 

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

LES STATUES COLONNES.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

Porche de l'Incarnation, Portail royal de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile 2026.

SOURCES ET LIENS

— BARTHES (Roland)

http://palimpsestes.fr/textes_philo/barthes/articles/ancienne-thetorique.pdf

— BULTEAU (abbé) 1872, Petite monographie de la cathédrale de Chartres

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991684d/f58.item

—CHARRON (Pascale), Les Arts libéraux dans la tapisserie à la fin du Moyen Âge : entre iconographie savante et pratiques d’atelier. Université de Tours-CESR/UMR 7323

https://shs.hal.science/halshs-00948535v1/document

https://shs.hal.science/halshs-00948535

—COQUET (Béatrice ) 06/12/2012 Notice : Chartres, Notre-Dame - Portail royal, portail droit, Portail de l'Incarnation, voussure : les arts libéraux. Révision scientifique : Iliana Kasarska Ressources numériques du Centre André Chastel

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle//123456789/359230

— FLEURY (Gérard), 2021 Allégories des Arts libéraux de Martianus Capella (Ve siècle) jusqu'au XXe siècle. Académie de Touraine.  (++)

http://academie-de-touraine.com/wp-content/uploads/2021/03/Les-all%C3%A9gories-des-arts-lib%C3%A9raux-R.pdf

—  KNÄBLE (Philip), 2014, "L’harmonie des sphères et la danse dans le contexte clérical au Moyen Âge", Médiévales.

http://journals.openedition.org/medievales/7202

—MÂLE ( Émile), 1899, L’art religieux du XIIIe siècle, Paris, 1899, p. 102-117.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9326593/f114.item

—MÂLE ( Émile), « Les arts libéraux dans la statuaire du moyen âge », Revue archéologique, T. 17, 1881, p. 334- 346. Cité par G. Fleury

—OHMANN ( Isabelle ) 2009, L’enseignement des Arts Libéraux, le portail royal de Chartres

https://isabelle-ohmann.over-blog.com/article-l-enseignement-des-arts-liberaux-le-portail-royal-de-chartres-40165175.html

—VERDIER (Philippe), 1967, "L’iconographie des arts libéraux dans l’art du Moyen Âge jusqu’à la fin du quinzième siècle". Verdier, P. In Arts libéraux et philosophie au Moyen Âge. Actes du 4e congrès international de philosophie médiévale (Montréal, 1967), pages 305–332. Montréal, 1969. Non consulté.

— VIOLLET-LE-DUC , Dictionnaire raisonné…, tome II, article « Arts libéraux »

https://fr.wikisource.org/wiki/Dictionnaire_raisonn%C3%A9_de_l%E2%80%99architecture_fran%C3%A7aise_du_XIe_au_XVIe_si%C3%A8cle/Arts_(lib%C3%A9raux)

— SITE DE LA CATHEDRALE

https://www.cathedrale-chartres.org/cathedrale/monument/les-sculptures/le-portail-royal/

— SITE AUTRE

https://www.la-vie-au-grand-art.com/medias/files/portails-de-chartres.pdf

https://pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/IM28000099

— WIKIPEDIA : Thierry de Chartres

https://it.wikipedia.org/wiki/Teodorico_di_Chartres

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Published by jean-yves cordier - dans XIIe siècle. Arts libéraux. Chartres.
9 mars 2026 1 09 /03 /mars /2026 11:43

Ensemble de 16 baies (vers 1479, restaurées XIXe et XXe) de la collégiale Saint-Étienne d'Eymoutiers (suite). II. Les baies 12 à 14 et la baie 101.

Annexe ou bonus : la frise des modillons romans de la corniche.

Voir sur cette collégiale :

Voir :


 

LA BAIE 12  DU COLLATERAL SUD.

Cette baie de  5,50 m de haut et 1,70 m de large comporte  2 lancettes trilobées au décor réparti sur 2 registres , et un tympan à  2 quadrilobes autour d'un écoinçon.

Les lancettes présentent au registre supérieur quatre saints en pied, saint-Jean-Baptiste et saint Jean, saint Jacques le Majeur et saint Étienne, et au registre inférieur les sainte Barbe et Catherine, et le supplice de saint Sébastien.

Le décor architectural dont les dais se détachent sur un ciel rouge, détermine des niches tendus de tentures damassées bleue, vertes ou rouge sous des voûtains et des baies trilobées, au dessus d'un sol dallé jaune et noir à la perspective accentuée.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Le registre supérieur partie gauche : saint-Jean-Baptiste et saint Jean.

Jean-Baptiste porte la peau de chameau et un manteau rouge, il désigne de l'index l'Agneau de Dieu qu'il porte sur le bras gauche.

À droite, Jean l'évangéliste, en manteau blanc galonné d'or et robe verte bénit la coupe de poison d'où s'échappe un serpent.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Le registre supérieur partie droite : saint Jacques le Majeur et saint Étienne.

Saint Jacques le Majeur porte ses attributs,  le chapeau de pèlerin timbré d'une coquille, mais à sommet plat, le bourdon et le livre, il est vêtu d'un manteau blanc agrafé sur le côté droit et une robe rouge .

Saint Étienne tient devant lui le livre où est posé une pierre à angles aigus rapellant son martyre par lapidation. Il est vêtu d'une dalmatique pourpre damassé de boutons floraux dorés, sur une tunique blanche.

 

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Le registre inférieur partie gauche : les sainte Barbe et Catherine .

Saint Barbe tient la tour symbole de son attachement au dogme de la Trinité, elle est accompagnée par sainte Catherine (ou du moins une sainte reine et férue en théologie, comme l'indiquent la couronne et le livre).

 

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Le registre inférieur partie droite : le supplice de saint Sébastien .

 

Saint Sébastien, éphèbe à peine couvert d'un pagne, est visé par l'un de ses archers, tandis que l'autre bande son arc. Tout le panneau inférieur, mais aussi le torse du saint et la tête de l'un des archers ont été restaurés.

 

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Le tympan : l'Annonciation.

L'oculus du quadrilobe supérieur, à fond rouge moderne, montre la colombe de l'Esprit Saint.

L'archange Gabriel occupe le quadrilobe de droite et présente un phylactère où se lisent les mots de la salutation AVE GRATIA PLENA DOM[INUS].

À droite, sous un ciel de lit damassé largement ouvert, la Vierge est devant son prie-dieu à drap pourpre où son livre de prières à tranche doré est ouvert. Tête légèrement baissée, elle porte une robe bleue sous un manteau blanc.

 

 

 

 

 

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 12 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

LA BAIE 13  DU COLLATERAL NORD.

Cette baie de  6,00 m de haut et 1,65 m de large comporte  2 lancettes trilobées, et un tympan à  1 quadrilobe  et 1 écoinçon.

Les lancettes présentent l'Annonciation exécutée par Lucien Léopold Lobin en 1872. En bas, les armoiries des donateurs du XIXe siècle : à gauche, et réunis sous la couronne comtale, les écus de Coudert de Sardent et de Bourgeois de Longueville. À droite, un écu au chiffre de Marie-Emilie Cramouzaud. La colombe du Saint-Esprit est un réemploi du XVe siècle.

La baie 13 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 13 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Le tympan.

Le quadrilobe est occupé par le Christ aux liens daté vers 1490-1500.

 

La baie 13 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 13 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

LA BAIE 14  DU COLLATERAL SUD.

Cette baie de  5,20 m de haut et 1,70 m de large comporte  2 lancettes trilobées au décor organisé en 2 registres, et un tympan à  2 quadrilobes  et 1 grand écoinçon.

Elle est datée par Françoise Gatouillat vers 1490-1500, et elle tranche par rapport aux autres baies par la préciosité de ses figures, par la richesse de ses décors architecturaux et la finesse des scènes du tympan.

Les lancettes présentent au registre supérieur l'Annonciation, et au registre inférieur saint Étienne, patron de la collégiale, et saint Pierre.

 

 

 

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Le registre supérieur : l'Annonciation.

L'archange

Se détachant sur la tenture damassée verte, l'archange Gabriel, aux ailes violines, et au visage très fin, tient un sceptre où s'enroulent les mots de la salutation AVE GRATIA PLENA.

Sa chape blanche damassée est remarquable par sa bordure dorée où sont brodés les figures de  8 des 12 apôtres, parmi lesquels se reconnaissent Philippe (par sa croix à longue hampe), Pierre (par sa clé) et André (par sa croix en X). Cela atteste d'une tradition bien établie en paramentique pour les chapes épiscopales : 

Voir :

Les apôtres se retrouvent dans les loges des piédroits du cadre architecturée (qui rappellent quelque peu ceux des vitraux de la Sainte-Chapelle de Bourges un siècle auparavant). On reconnaît ainsi Pierre, André, Jacques le Majeur et sans doute Thomas.

La Vierge.

Surprise par l'ange, elle se détourne de la lecture de son livre posé sur un haut prie-dieu, et de la main droite, elle exprime son acceptation ou "Fiat".

Elle porte un long manteau blanc au fermail en fleur perlée, et une robe bleue.

La tenture rouge est damassée d'un motif de feuilles polylobées.

Les piédroits accueillent eux aussi quatre apôtres, dont Barthélémy, Jean, et Jacques le Mineur.

 

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Le registre inférieur : saint Étienne et saint Pierre.

Saint Étienne, patron de la collégiale, porte pour signifier sa lapidation une pierre sur son crâne tonsuré, et l'autre en main gauche. Il est vêtu d'une tunique blanche et d'une dalmatique.

La tenture damassée.

Ce qui est extraordinaire, c'est le motif de la tenture damassée : des oiseaux  de type perruche (hélas partiellement masqués par les plombs), rappelant fortement les lampas qui font alors la réputation des soies damassées de Lucques, en Italie, et que toute cathédrale, tout grand sanctuaire, toute chapelle royale recherche pour ses linges liturgiques et renferme dans ses trésors. On les retrouve notamment au XVe siècle à la cathédrale d'Évreux, de Quimper, de Sées,  à Merléac, ou à Bourges.

 

 

 

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

On distingue aussi, en bas à gauche, l'arrière-train d'un lion, et en haut à droite les lettres DIE et SH.

Cette tenture luxueuse trouvait peut-être son modèle dans une étoffe entourant alors une statue du patron de la collégiale?

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Saint Étienne est accompagné, dans les loges des piédroits, de l'apôtre Simon (avec sa scie) et de sainte Catherine (avec sa couronne, sa roue brisée à lames tranchantes et son  épée).

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Autre détail précieux, le "livre-ceinture" dont l'étoffe est glissée à la ceinture du saint.

Voir  aux XVe, XVIe et XVIIe siècle :

 

Saint Pierre est accompagné, dans les loges des piédroits, de saint Léonard de Noblat (avec les fers de prisonniers) et de  saint Laurent avec son grill.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Le tympan : le Couronnement de la Vierge par la Trinité.

Dans l'oculus centrale, la Vierge est peinte agenouillée, à très petite échelle, entourée du Père et du Fils sur fond de rinceaux, et de la colombe au dessus.

À gauche, le Christ en gloire trône entouré du Tétramorphe, chaque symbole des évangélistes étant accompagné d'un phylactère à son nom.

À droite, le Calvaire est moderne.

Dans l'écoinçon central, les armoiries sont celles de Léonard Romanet, prévôt du chapitre en 1483 de gueules au chevron d'argent accompagné de trois feuilles de romarin de sinople. Le fond de l'écu a été refait mais les meubles sont authentiques.

 

 

 

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

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La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

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La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 14 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

LA BAIE 101 : UN OCULUS  .

Cet oculus de 1,50 m de diamètre de la rose du bras nord daterait de 1490-1500 et a peut-être été réutilisé en réemploi à une période ancienne. Il porte les armes écartelées d'or et d'azur de Candolle, famille qui deviendra calviniste au XVIe siècle.

C'est un Calvaire dans une niche en arcature sur fond blanc damassé, dont le buste du Christ et la tête de Jean ont été restaurées anciennement. Le sol carrelé et le fond bleu damassé de l'extérieur de la niche créent le lien avec les baies déjà présentées. Il a été complété en 1883 et restauré en 1981 par l'Atelier du Vitrail de Limoges.

 

 

 

 

La baie 101 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

La baie 101 de la collégiale d'Eymoutiers. Cliché lavieb-aile 2024.

Bonus : la frise des modillons romans de la corniche.

Le portail.

« Constituant l'entrée principale de la collégiale tournée vers la ville, le portail largement ébrasé à multiples ressauts animés de colonnes adossées, tores assisés et chapiteaux disposés en frise, correspond à une mode régionale quasi exclusive au XIII siècle. Au-dessus d'une corniche sur modillons, a été aménagée une rose réseaux rayonnants dont la facture et la forme témoignent d'une parfaite maîtrise des formes les plus novatrices du gothique. Malgré une certaine étroitesse commandée par les murs romans du transept, cette façade révèle un programme ambitieux constituant une belle synthèse entre des goûts régionaux et un gothique de style français qui évoque la modernité à architecturale des grands chantiers contemporains » (E. Sparhubert).

 

 Cliché lavieb-aile 2024.

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 Cliché lavieb-aile 2024.

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 Cliché lavieb-aile 2024.

Cliché lavieb-aile 2024.

 Cliché lavieb-aile 2024.

Cliché lavieb-aile 2024.

 Cliché lavieb-aile 2024.

Cliché lavieb-aile 2024.

 Cliché lavieb-aile 2024.

Cliché lavieb-aile 2024.

 Cliché lavieb-aile 2024.

Cliché lavieb-aile 2024.

 Cliché lavieb-aile 2024.

Cliché lavieb-aile 2024.

 Cliché lavieb-aile 2024.

Cliché lavieb-aile 2024.

 Cliché lavieb-aile 2024.

Cliché lavieb-aile 2024.

 Cliché lavieb-aile 2024.

Cliché lavieb-aile 2024.

 Cliché lavieb-aile 2024.

Cliché lavieb-aile 2024.

 Cliché lavieb-aile 2024.

Cliché lavieb-aile 2024.

 

 

SOURCES ET LIENS.

https://www.limousin-medieval.com/collegiale-de-eymoutiers

https://www.mairie-eymoutiers.fr/histoire/historique/les-vitraux/

https://photos-eglises.fr/Limousin/87/Eymoutiers/Vitraux/vitraux.htm

—DELAGRANGE (Robert), DESPROGES (abbé), 1943, "La Collégiale d'Eymoutiers (Haute-Vienne) : monument historique... : [Description des vitraux : leur symbolisme, identification des personnages"  Introduction par Dupelaud / Limoges : Impr. Société des journaux et publications du Centre , 1943, non consulté.

—GATOUILLAT (Françoise), 2011. Eymoutiers, ancienne collégiale Saint-Etienne. In : Gatouillat & Hérold, Les vitraux d'Auvergne et du Limousin, Corpus Vitrearum Medii Aevi, Recensement IX pages 253-265

— LOISEL, (C.) | BAUCHAU, (F.) | HUGUENOT, (J.-B.) | FRANÇOIS, (A.) | CARPENTIER (V.), "EYMOUTIERS - 87, Haute-Vienne (Limousin). Collégiale Saint-Étienne (ancienne). Choeur, baies 5, 7 et 11 : vitraux (XVe siècle) : état sanitaire et analyses scientifiques, Etude et rapport", edition Champs-sur-Marne : LRMH, février 2015 - 2015

https://www.lrmh.fr/Default/doc/SYRACUSE/84170/eymoutiers-87-haute-vienne-limousin-collegiale-saint-etienne-ancienne-choeur-baies-5-7-et-11-vitraux?_lg=en-US

— SENÉ (Alain), 1962, Les vitraux anciens de l'église collégiale d'Eymoutiers Thèse de doctorat de  Lettres, Poitiers (non consulté, cité par F. Gatouillat)

https://www.sudoc.abes.fr/cbs/DB=2.1//SRCH?IKT=12&TRM=096065613

— SENÉ (Alain), 1979,  Signatures de donateurs et de verriers relevées sur les vitraux de l'église Saint-Etienne d'Eymoutiers, Haute-Vienne / Alain Sené / Limoges : [S.n] , 1979

—SPARHUBERT (Eric ), 2013, La collégiale d'Eymoutiers, l'époque romane Bull. de la Soc. archéol. et hist. du Limousin, t. CXLI, 2013.

https://www.limousin-medieval.com/_files/ugd/63e1d8_38160bd8214d4ade92b0ac6e7c0db52e.pdf?index=true

—TEXIER (Jacques), 1846, Vitraux d'Aymoutiers,  Bulletin de la Société archéologique et historique du Limousin p.86, 221-230

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6548532p/f95.item

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6548532p/f230.item

https://www.google.fr/books/edition/Manuel_d_%C3%A9pigraphie/FvmZNX8OC_UC?hl=fr&gbpv=1&dq=%22aymoutiers%22&pg=PA376&printsec=frontcover

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Published by jean-yves cordier - dans XVe siècle fonds damassés lampas -oiseaux
8 mars 2026 7 08 /03 /mars /2026 16:32

Ensemble de 14 verrières (abstraction, symboles, 1947) dont 2 verrières de Jacques le Chevallier pour la chapelle de la péniche « Je Sers », paroisse fluviale à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

 

PRÉSENTATION

D'après la notice de l'Office du patrimoine religieux et diverses sources.

Voir les  notice IM78002519 et IA78001050

Construit à Amfreville-sous-les-Monts (27) en 1919 pour le compte de l’Office national de la Navigation pour pallier aux besoins de transport en charbon en vrac , et construit en ciment en raison de la pénurie d'acier de l'Après-Guerre ce chaland fut exploité jusqu'en 1932 sous le nom de LANGEMARK, village des Flandres où les gaz de combat furent utilisés pour la première fois en 1915.

Dès 1935, l’abbé Joseph Bellanger, aumônier national de la batellerie soutient le projet de reconversion du « Langemark » en bateau-chapelle, dont ce dernier était voué à la destruction. Une année plus tard, le chaland est acheté par cession au Ministère des Travaux Publics, par l’association « L’Entraide Sociale Batelière », fondée en 1935 par l’abbé Bellanger. Le bateau-chapelle est alors rebaptisé « Je Sers » et est dédié aux bateliers ainsi qu’à leur patron saint Nicolas. Le 11 novembre 1936, la chapelle flottante est inaugurée et sacralisée.

L'aménagement a été réalisé par l’architecte Pierre Robuchon, qui en confie en 1947 les vitraux au peintre-verrier Jacques Le Chevallier qui avait créé en 1946 son propre atelier à Fontenay-Aux-Roses après avoir été de 1920 à 1945 l'un des principaux collaborateurs de Louis Barillet.

Selon Roselyne Bussière, conservateur honoraire du patrimoine seules deux baies sont de Jacques Le Chevallier

Le mobilier liturgique fut confié au sculpteur spécialisé dans le mobilier d'église Paul Croix-Marie, qui animait le groupe des «Artisans de l'autel ».

Malgré la quasi-disparition des artisans bateliers et l'apparition des « pousseurs » de longs trains de péniche chargées de conteneurs, le bateau-chapelle « Je Sers » joue un rôle important dans la vie sociale et religieuse de Conflans. Il dépend aujourd'hui de la cure de la paroisse de Conflans, et la paroisse fluviale « Je Sers » ainsi que ses associations partenaires mènent activement des missions d’aide aux plus démunis et de lutte contre la précarité.

Le bateau abrite une chapelle, un lieu d’accueil, d’une banque alimentaire, de bureaux, une salle de réunion, une salle de spectacle et un petit musée de la batellerie. Ce bateau-chapelle réaménagé en paroisse fluviale, se distingue par son caractère anciennement industriel et son style marinier de l’Entre-deux-guerres.


Au fil du temps, la paroisse fluviale « Je Sers » s’est agrandie au-delà du bateau-chapelle. Elle se compose désormais de cinq péniches ainsi qu’un entrepôt de stockage à Conflans-Sainte-Honorine.

Caractéristiques :

A l'origine le bateau n'était pas ponté puisqu'il était destiné à transporter du charbon en vrac. L'architecte a ajouté une superstructure en ciment armé. La cale est divisée en trois parties égales : à l'arrière, le logement du prêtre et des bureaux, au milieu une salle polyvalente, à l'avant la chapelle. Les dimensions du bateau sont les suivantes : longueur 70, 26 m, largeur 8, 10 m, hauteur sous plat-bord 3, 02 m, enfoncement maximum 3, 00.

La chapelle occupe un tiers de la surface du bateau, elle est constituée d’un plan allongé, comprenant une nef et un chevet à abside polygonale. Elle possède la particularité d’être recouverte d’un dôme en verre, un puits de lumière éclairant le sanctuaire.

« Je sers » est amarré devant le château de Théméricourt (acheté en 1921 par l'Enfance batelière) sur la berge de la Promenade François Mitterrand et du quai de la République, à Conflans-Sainte-Honorine, haut lieu de l’industrie française du transport fluvial, du milieu du XIXe siècle jusqu’au début du XXe siècle. Il est classé MH le 22-12-2020 .

Les vitraux de Jacques le Chevallier pour la chapelle de la péniche « Je Sers », à Conflans-Sainte-Honorine.
Les vitraux de Jacques le Chevallier pour la chapelle de la péniche « Je Sers », à Conflans-Sainte-Honorine.
Les vitraux de Jacques le Chevallier pour la chapelle de la péniche « Je Sers », à Conflans-Sainte-Honorine.
Les vitraux de Jacques le Chevallier pour la chapelle de la péniche « Je Sers », à Conflans-Sainte-Honorine.
Les vitraux de Jacques le Chevallier pour la chapelle de la péniche « Je Sers », à Conflans-Sainte-Honorine.
Les vitraux de Jacques le Chevallier pour la chapelle de la péniche « Je Sers », à Conflans-Sainte-Honorine.

SITUATION ET NUMÉROTATION

 

 

 

Seules les baies 3 et 4 sont de Jacques Le Chevallier.

 

DESCRIPTION.

Verrières en verre antique de couleur monté au plomb. Peinture à la grisaille cuite pour les baies 3 et 4.

Les baies 1 et 2 sont de dominante jaune, les baies 3 et 4 sont claires avec symboles colorés, les baies bâbord de la nef sont de dominante rouge et les baies tribord de la nef de dominante bleue.


 

baie

situation

forme

signature

description

1

Chœur bâbord

octogonale

 

Composition colorée dominante jaune

2

chœur tribord

octogonale

 

Composition colorée dominante jaune

3

Nef, bâbord

octogonale

J. LE CHEVALLIER

PEINTRE-VERRIER

1947

Symbole de l'Espérance : étoiles, ancre et cordage, inscription SPES

4

Nef, tribord

octogonale

non signée mais attribuée à Jacques Le Chevallier

Symboles eucharistiques : calice et hostie, blé et grappe de raisins

5

Nef, bâbord

octogonale

 

Composition colorée dominante rouge

6

Nef, tribord

octogonale

 

Composition colorée dominante bleue

7

Nef, bâbord

octogonale

 

Composition colorée dominante rouge

8

Nef, tribord

octogonale

 

Composition colorée dominante bleue

9

Nef, bâbord

octogonale

 

Composition colorée dominante rouge

10

Nef, tribord

octogonale

 

Composition colorée dominante bleue

11

Nef, bâbord

octogonale

 

Composition colorée dominante rouge

12

Nef, tribord

octogonale

 

Composition colorée dominante bleue

13

Nef, bâbord

octogonale

 

Composition colorée dominante rouge

14

Nef, tribord

octogonale

 

Composition colorée dominante bleue


 


 

Abside du chœur, baies 1 et 2, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

Abside du chœur, baies 1 et 2, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

Baie 1, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

Baie 1, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 2, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 2, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 3, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 3, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 3, signature , chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 3, signature , chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 4, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 4, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 5, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 5, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 6, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 6, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 7, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 7, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 8, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 8, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 9, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 9, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 10, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 10, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 11, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 11, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 12, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 12, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 13, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 13, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 14, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

baie 14, chapelle du bateau "Je Sers", paroisse fluviale, Conflans-Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

Les vitraux de la péniche en dehors de la chapelle. Hors atelier, non attribués.

 

Vitraux (XIXe siècle?) de la péniche "Je Sers" de Conflans Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

Vitraux (XIXe siècle?) de la péniche "Je Sers" de Conflans Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

Vitraux (XIXe siècle?) de la péniche "Je Sers" de Conflans Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

Vitraux (XIXe siècle?) de la péniche "Je Sers" de Conflans Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

Vitraux (XIXe siècle?) de la péniche "Je Sers" de Conflans Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

Vitraux (XIXe siècle?) de la péniche "Je Sers" de Conflans Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

Le mobilier.

Mobilier de la chapelle de la péniche "Je Sers" de Conflans Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

Mobilier de la chapelle de la péniche "Je Sers" de Conflans Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

Mobilier de la chapelle de la péniche "Je Sers" de Conflans Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

Mobilier de la chapelle de la péniche "Je Sers" de Conflans Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

Mobilier de la chapelle de la péniche "Je Sers" de Conflans Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

Mobilier de la chapelle de la péniche "Je Sers" de Conflans Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

Mobilier de la chapelle de la péniche "Je Sers" de Conflans Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

Mobilier de la chapelle de la péniche "Je Sers" de Conflans Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

La cloche de 1936.

La cloche Gemma, « de l'église flottante « Je Sers », œuvre sociale batelière du Sacré-Cœur fondée le 11 novembre 1936  par Mr l'abbé Bellanger», « a chanté son premier Gloria en la nuit de Noël 1936 et a été baptisée en 1937 par Mgr Rolland Gosselin évêque de Versailles », elle porte en médaillon un crucifix, une fleur  au dessus de l'inscription "Ave Maria. Trois fois le jour je chante l'Ave" , et l'agneau pascal.

Parrain Paul Marchand-Lirot. Marraine Paulette Guérin.

 

La cloche  de la péniche "Je Sers" de Conflans Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

La cloche de la péniche "Je Sers" de Conflans Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

La cloche  de la péniche "Je Sers" de Conflans Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

La cloche de la péniche "Je Sers" de Conflans Sainte-Honorine. Cliché lavieb-aile 2026.

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Published by jean-yves cordier
28 février 2026 6 28 /02 /février /2026 13:31

Les 3 verrières du chevet de la cathédrale de Laon : les baie 0 (Scènes de la Vie du Christ ), vers 1220.

 

Voir aussi sur la cathédrale de Laon:

PRÉSENTATION

Sous la rose du chevet plat de la cathédrale, trois baies (1, 0  et 2) en hautes lancettes ogivales viennent reprendre la forme de la voûte gothique à 10 travées du chœur dont la construction s'est achevée entre 1205 et 1220.

Les trois baies alignent des séries de médaillons : ceux de la baie centrale 0 présentent 15 scènes de la Passion du Christ. La baie 1, à gauche, raconte l'histoire du diacre Théophile et la vie du diacre saint Etienne. Et la baie 2, à droite, est consacrée à la Vie de la Vierge et à l'Enfance du Christ, incluant des références typologiques, c'est-à-dire des épisodes bibliques dans lesquels la tradition chrétienne a vu une préfiguration de l'avènement du Christ.

Les médaillons de la baie 0, décrits de bas en haut et de gauche à droite, seront accompagnés des relevés d'Étienne Midoux, datant de 1882, et des clichés du Centre Chastel (cf. Boulanger Karine).

 

Chevet de la cathédrale de Laon vu depuis la nef. Cliché lavieb-aile 2025.

Chevet de la cathédrale de Laon vu depuis la nef. Cliché lavieb-aile 2025.

LA BAIE CENTRALE OU BAIE 0 : SCENES DE LA VIE DU CHRIST.

Cinq petits médaillons quadrilobes alternent avec 5 grands médaillons ronds et relatent  15 scènes de la vie du Christ. La lecture  se fait de bas en haut. Cette verrière contemporaine de l'édification du chevet (vers 1215), a été endommagée en 1870 par l'explosion de la citadelle. Elle mesure 9 mètres de haut et 1,85 mètres de large. 

 

 

 

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

1. Demi-médaillon : L'Entrée à Jérusalem de Jésus, monté sur un ânon, et suivi par des apôtres (on reconnaît Pierre, en second) ; la foule l'accueille avec liesse devant les portes , les uns jetant sous les pas de l'ânon  des rameaux en criant Hosannah, les autres se dépouillant de leurs habits et les étendant devant lui. Un homme est monté sur la branche d'un arbre.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

2. La Cène. Quadrilobe intermédiaire.

Jésus n'est pas représenté au centre, mais sur la gauche, l'apôtre Jean endormi sur des cuisses. Dix autres apôtres sont regroupés face à la coupe présentée par Jésus. Bien séparé des autres par toute la longueur de la table, Judas dissimule la bourse qu'il a reçu comme prix de sa trahison et tend la main vers un plat.

 

 

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Judas, dissimulant la bourse des trente deniers, et tendant la main pour se servir de pain et de poisson.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

 

3. Demi-médaillon inférieur : Le Lavement des pieds des apôtres par Jésus.

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

4. L'agonie de Jésus au Jardin des Oliviers. (demi médaillon supérieur)

L'artiste a représenté, devant l'ange, Jésus seul se retournant dans un geste éloquent témoignant de son émotion, mais aussi de sa surprrise de voir tous ses disciples endormis (alors qu'il avait demandé à Jacques, Jean et Pierre de veiller avec lui). En général, ces trois apôtres sont représentés avec Jésus, sans les autres disciples.

Agonie de Jésus à Gethsémani. Cliché Centre Chastel.

 

5.  Le Baiser de Judas et l'arrestation de Jésus (quadrilobe intermédiaire). La tête de Pierre est moderne. Pierre tient le glaive avec lequel il va trancher l'oreille du serviteur du grand prêtre.

 

 

 

Arrestation. Cliché Centre Chastel.

6.  la comparution de Jésus devant Caïphe (demi médaillon inférieur côté gauche) 

 

 

Comparution de Jésus. Gravure E. Midoux 1882.

 

Comparution de Jésus. Cliché Centre Chastel.

 

67. la Flagellation du Christ. (demi médaillon inférieur côté droit)

 

Flagellation. Cliché Centre Chastel.

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Demi-médaillon supérieur.

8. La montée au calvaire devant Marie.

9. Le Portement de Croix.

Sur ordre d'un personnage, Simon de Cyrène s'apprête à aider le condamné à porter la croix.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

10. La Crucifixion. Quadrilobe entre les médaillons.

Le Christ crucifié entre Marie et Jean. Le titulus indique : 

IHC / NAIAREN[US

REX IUDEORUM

 

 

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Demi-médaillon inférieur.

11.Embaumement sur la pierre de l'Onction.

Ce sujet m'intéresse tout particulièrement, car il ne doit pas être considéré comme une Mise au tombeau, bien plus courante. Hélas, j'ai négligé de le photographier correctement. Les gravures d'E. Midoux vont nous aider.

Voir :

 

 On voit très clairement que les sept personnages (quatre hommes et trois femmes dont Marie, nimbée) se livrent aux soins d'embaumement sur la Pierre de l'Onction. Celui qui doit être Joseph d'Arimathie, à la tête chenue,  tient avec précaution et respect (en l'entourant d'un linge) une fiole de baume (ou de parfum de prix), alors qu'un homme coiffé du bonnet conique verse le contenu d'une fiole identique sur la poitrine du Christ et l'applique avec la main. Dans la partie droite du demi-médaillon, un troisième, également coiffé du bonnet juif, déplisse le suaire sur le bassin du défunt. Enfin  Nicodème tête nue présente un grand bol rempli de myrrhe et d'aloès. Les femmes assistent passivement aux soins, s'essuyant les yeux de leurs pleurs avec le coin de leur voile. L'une d'entre elles est Marie-Madeleine.

Nous avons donc l'illustration du passage suivant de l'évangile de Jean 19 :38-42

"Après cela, Joseph d'Arimathée, qui était disciple de Jésus, mais en secret par crainte des Juifs, demanda à Pilate la permission de prendre le corps de Jésus. Et Pilate le permit. Il vint donc, et prit le corps de Jésus. Nicodème, qui auparavant était allé de nuit vers Jésus, vint aussi, apportant un mélange d'environ cent livres de myrrhe et d'aloès. Ils prirent donc le corps de Jésus, et l'enveloppèrent de bandes, avec les aromates, comme c'est la coutume d'ensevelir chez les Juifs. Or, il y avait un jardin dans le lieu où Jésus avait été crucifié, et dans le jardin un sépulcre neuf, où personne encore n'avait été mis. Ce fut là qu'ils déposèrent Jésus, à cause de la préparation des Juifs, parce que le sépulcre était proche."

 

 

 

 

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

 Demi-médaillon supérieur.

12.Noli me tangere, Apparition du Christ à Marie-Madeleine. Demi-médaillon supérieur côté gauche.

 

Demi médaillon supérieur, côté gauche : Marie-Madeleine se prosterne devant le Christ ressuscité qu'elle vient de reconnaître sous les traits du jardinier. Ce dernier tient un phylactère où est inscrit NOLI ME TANGERE, "Ne me touche pas".

 

apparition à Marie-Madeleine, Centre André Chastel

12. Les Saintes femmes au tombeau (Marie-Madeleine, Marie Jacobé et Marie Salomé) , face à un ange leur montrant le tombeau vide. Trois soldats sont endormis. Demi-médaillon supérieur côté droit.

 

Les saintes femmes et le tombeau vide. Cliché Centre Chastel.

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

13. Quadrilobe intermédiaire. Saint Jean et saint Pierre avec Marie-Madeleine face au tombeau vide.

"A gauche Marie-Madeleine montre à Jean et à Pierre le sépulcre vide. Elle tient un livre à fermoir, orné de cabochons, dont le sens symbolique ne se détache pas très nettement ici. L'apôtre « que Jésus aimait » est debout dans une attitude qui dénote sa surprise. Pierre est profondément courbé et il approche de son visage un des linceuls, comme s'il voulait ne s'en rapporter qu'au témoignage de ses yeux. Mais alors ses doutes disparaissent et bientôt il annoncera lui-même aux Juifs la Résurrection ." (A. De Florival)

 

"Celles qui racontèrent cela aux apôtres étaient Marie de Magdala, Jeanne, Marie la mère de Jacques et les autres femmes qui étaient avec elles, 11 mais ils prirent leurs discours pour des absurdités, ils ne crurent pas ces femmes. 12 Cependant, Pierre se leva et courut au tombeau. Il se baissa et ne vit que les bandelettes [qui étaient par terre]; puis il s'en alla chez lui, tout étonné de ce qui était arrivé."Luc 24:11-12

"Le premier jour de la semaine, Marie de Magdala se rendit au sépulcre dès le matin, comme il faisait encore obscur; et elle vit que la pierre était ôtée du sépulcre. Elle courut vers Simon Pierre et vers l'autre disciple que Jésus aimait, et leur dit: Ils ont enlevé du sépulcre le Seigneur, et nous ne savons où ils l'ont mis. Pierre et l'autre disciple sortirent, et allèrent au sépulcre. Ils couraient tous deux ensemble. Mais l'autre disciple courut plus vite que Pierre, et arriva le premier au sépulcre; s'étant baissé, il vit les bandes qui étaient à terre, cependant il n'entra pas. Simon Pierre, qui le suivait, arriva et entra dans le sépulcre; il vit les bandes qui étaient à terre, et le linge qu'on avait mis sur la tête de Jésus, non pas avec les bandes, mais plié dans un lieu à part. Alors l'autre disciple, qui était arrivé le premier au sépulcre, entra aussi; et il vit, et il crut." (Jean 20:2-10)

 

 

 

 

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

14. Pèlerins d'Emmaüs : les deux scènes du demi-médaillon supérieur.

Selon Karine Boulanger, les visages du Christ et de l'un des pèlerins sont modernes ; il pourrait s'agir de la combinaison de deux thèmes : celui du souper à Emmaüs et celui de l'Ascension à laquelle le Christ avait convié les pèlerins.

Dans le panneau de gauche, les deux pèlerins, coiffés de leur chapeau de voyage et tenant leur bourdon, font face au Christ rescussité, au nimbe crucifère.

 

 

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

 15. L'Ascension du Christ devant les disciples.

16. Le Christ dans son Ascension.

17. Deux anges thuriféraires.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 0 de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

 

SOURCES ET LIENS

—BOULANGER (Karine), 2008, Notice du Centre André Chastel

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle//123456789/210273

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle//123456789/209744

— BOURGEOIS ( Aurélie), 2011- Les Vitraux gothiques de la cathédrale de Laon. Sous la dir. de Heck, Christian. Master2 : Hist. art : Lille III, 2011. Non consulté

—BROCHE, (Lucien) 1926, La cathédrale de Laon ([Reprod. en fac-sim.]) / Lucien Broche ed. Laffitte (Marseille)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3370697m/f112.image.r=vitraux

—DOREL-FERRE (Gracia) 1986 · ‎Les vitraux de la cathédrale de Laon, non consulté

— FLORIVAL A. de), MIDOUX ( ‎Étienne), 1882 Les vitraux de la cathédrale de Laon - Volume 1 page 8

https://www.google.fr/books/edition/Les_vitraux_de_la_cath%C3%A9drale_de_Laon/Q_FZAAAAYAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=vitraux+cath%C3%A9drale+laon&printsec=frontcover

https://books.google.fr/books?id=Q_FZAAAAYAAJ&pg=RA2-PA13&focus=viewport&hl=fr&output=text#c_top

—LAUTIER (Claudine)  2000, Les vitraux du chevet de la cathédrale de Laon. Première approche. Österreichische Zeitschrift für Kunst und Denkmalpflege, 2000, 54, p. 257-264. ⟨halshs-00355365⟩ Non consulté

— SITES

https://photos-eglises.fr/Picardie/02/Laon/cathedrale/vitraux.htm

https://laon.fr/VILLE_LAON_21_WEB/FR/Accueil.awp?page=101&m=&ar=119

https://eglisesduconfluent.fr/Pages/VIT-02Laon-CathNotreDame.php

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Published by jean-yves cordier - dans XIIIe siècle Passion
25 février 2026 3 25 /02 /février /2026 16:08

Les 3 verrières du chevet de la cathédrale de Laon : la baie 2 (vers 1220).

 

 

Voir aussi sur la cathédrale de Laon:

PRÉSENTATION

Sous la rose du chevet plat de la cathédrale, trois baies (1, 0  et 2) en hautes lancettes ogivales viennent répéter la forme de la voûte gothique à 10 travées du chœur dont la construction s'est achevée entre 1205 et 1220.

Les trois baies alignent des séries de médaillons : ceux de la baie centrale 0 présentent 15 scènes de la Passion du Christ. La baie 1, à gauche, raconte l'histoire du diacre Théophile et la vie du diacre saint Etienne. Et la baie 2, à droite, est consacrée à la Vie de la Vierge et à l'Enfance du Christ, incluant des références typologiques, c'est-à-dire des épisodes bibliques dans lesquels la tradition chrétienne a vu une préfiguration de l'avènement du Christ.

Cette baie 2 comporte 24 médaillons groupés en 12 paires de médaillons inscrits dans des panneaux carrés et entourés d'une bordure de fleurs rouges.

Les médaillons, décrits de bas en haut et de gauche à droite, seront accompagnés des relevés d'Étienne Midoux, datant de 1882.

 

Vue du chœur de la cathédrale de Laon depuis la nef. Cliché lavieb-aile 2025.

Vue du chœur de la cathédrale de Laon depuis la nef. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

1a. L'Annonciation.

La tête de la Vierge est moderne.

 

A. de Florival, 1882, Les vitraux de la cathédrale de Laon ; gravure de E. Midoux.

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

1b. La Visitation.

A. de Florival, 1882, Les vitraux de la cathédrale de Laon ; gravure de E. Midoux.

La tête de la troisième personne (sainte Anne, mère de Marie et parente d'Elisabeth selon Karine Boulanger malgré l'absence de guimpe) est moderne.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

2 a et b. La Nativité.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

​2a La Vierge allongée sur son lit d'accouchée.

 La tête de la Vierge est moderne.

Dans le médaillon 2a de gauche, la Vierge est couchée et une sage femme (sainte Anastaise?) lui présente l'enfant emmailloté. Une lampe est suspendue à un portique. Dans le médaillon 2b, une servante ou sage femme prépare le bain de l'Enfant, tandis que Joseph (bonnet juif et canne soulignant son âge) est assis à l'écart (il semble même placé derrière un écran rouge supporté par un portique). Tous ces éléments se retrouvent assez régulièrement dans l'iconographie de la"Vierge en gésine" . 

Comparez avec la baie 50 de Chartres (1145-1155)

Baie 50 de la cathédrale de Chartres

On peut distinguer trois phases dans le rituel des relevailles. La première a lieu juste après la naissance de l’enfant et consiste essentiellement dans le don d’une nourriture à la femme, le « brouet ». La deuxième phase est la période de gésine où la femme reste dans son lit et reçoit des visites de sa famille et de ses voisines. La troisième phase est constituée par les relevailles ou Purification quarante jours après la Nativité

« Car la loi juive avait décrété que toute femme ayant enfanté un fils restait absolument impure pendant sept jours, c’est-à-dire exclue à la fois du contact de l’homme et de l’entrée du temple. Après sept jours, elle devenait pure quant au contact de l’homme, mais restait impure pendant trente-trois jours encore quant à l’entrée du temple. Enfin, le quarantième jour après sa délivrance, elle était admise dans le temple, où elle offrait son enfant avec des présents. Que si elle avait mis au monde une fille, la durée de son état d’impureté était doublée, tant quant au contact de l’homme que quant à l’entrée du temple. «  (Jacques de Voragine, Légende dorée)

Ces notions de pureté et impureté rituelle expliquent sans doute que Joseph est très souvent tenu à l'écart du lit d'accouchée.

Voir :

 

A. de Florival, 1882, Les vitraux de la cathédrale de Laon ; gravure de E. Midoux.

 

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Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

2b La servante préparant le bain ; Joseph assis

 

A. de Florival, 1882, Les vitraux de la cathédrale de Laon ; gravure de E. Midoux.

 

La tête de la servante puisant de l'eau pour le bain à l'Enfant est moderne.

 

 

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

3a et b. L'Annonce faite aux Bergers.

Un ange, tenant un phylactère et un lys, apparaît à un berger à la longue barbe, qui tient sa houlette (en forme de club de golf) et est accompagné par ses moutons.

On remarque sur toute la baie l'emploi de modèles (ou cartons?) pour l'ange, les moutons, les chiens, la chèvre

 

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

 

Le berger jouant d'une flûte de pan.

Deux bergers plus jeunes occupent le médaillon 3b, tenant aussi leur houlette, et accompagnés de leur chien. Des moutons paissent tandis qu'une chêvre tend le museau vers un arbre.

 

 

A. de Florival, 1882, Les vitraux de la cathédrale de Laon. gravure de E. Midoux.

L'intrument est une flûte de pan monoxyle percée de 5  à 6 trous et dont l'embouchure est en biseau.

On en voit un très bel exemple au linteau inférieur droit du portail sud de la cathédrale de Chartres, entre les mains d'un berger d'une Annonce aux Bergers. Voir A. Bonjour, Revue Archéologique du Loiret - N°40, 2019 ou bien Instrumentarium de Chartres et voir Apemutam. Les trous visibles de face seraient décoratifs, les trous effectifs étant sous les lèvres du berger, sur le biseau.

Berger jouant du frestel, portail sud de la cathédrale de Chartres. Cliché lavieb-aile.

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

4a et b. L'Adoration des Mages.

Sur le panneau de gauche, la tête du roi de droite est moderne.

 

 

 

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

4a: Gaspard et Balthazar tenant leur présents (l'encens et la myrrhe) , devant un écuyer tenant les rènes de leurs chevaux.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

4b. Melchior offrant l'or à l'Enfant-Jésus, qui le bénit sous le regard de la Vierge (couronnée).

 

A. de Florival, 1882, Les vitraux de la cathédrale de Laon ; gravure de E. Midoux.


Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

5a et b. La Présentation de Jésus au Temple, ou la Circoncision .

Comparez avec la scène homologue de la baie 50 de la cathédrale de Chartres :

baie 50 de la cathédrale de Chartres. Cliché Wikipédia

À Laon, A. de Florival, décrit la scène comme étant celle de la Présentation de Jèsus au Temple et identifie les personnages féminins : Anne la Prophétesse tiendrait l'Enfant, et la Vierge les deux cierges et deux agneaux (*). Mais on peut aussi identifier Marie sous les traits de la femme tenant l'Enfant face à Siméon. Celui-ci (ou le prêtre), devant l'autel et une lampe votive, tend les bras recouverts d'un linge blanc. 

(*) l'offrande décrite par Luc 2:22 est celle de deux colombes ou tourterelles.

Mais cet épisode est représenté sur le médaillon 10b : n'est-ce pas ici la Circoncision?

 

 

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

A. de Florival, 1882, Les vitraux de la cathédrale de Laon ; gravure de E. Midoux.

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

6a. Le Miracle de la Rosée de Gédéon. Dieu fait tomber la rosée sur la toison.

L'image qui figure dans la Biblia Pauperum (certes plus tardive) à la page de l'Annonciation, en vis à vis de celle de la Nativité témoigne d'une relation typologique entre le texte vétéro-testamentaire de Juges, 6:37-38, et la virginité de Marie et l'Incarnation:  Gédéon, cinquième juge d’Israël, souhaite  tester la parôle de Yahvé qui souhaite l'envoyer libérer la Terre Promise. En réponse à Gédéon, un miracle se produit. Une toison déposée au sol se couvre de rosée, que le juge recueille dans une coupe alors que la terre alentour est restée sèche. Au Moyen Âge, on interprète cet espace recevant la rosée comme un symbole de la virginité de Marie. Gédéon sortira vainqueur du combat, grâce à ce signe de Dieu. Sur la gravure de la Biblia Pauperum Gédéon lève les bras vers l'ange qui lui dit Dominus tecum virorum fortissime (Juges 6:12), dans un parallèle évident avec l'archange Gabriel disant à la Vierge Ave gratia plena dominus tecum. De même l'inscription placée au dessus de Gédéon, descendet dominus sicut pluvia in vellus ("Dieu descendit comme une pluie sur la toison")  crée un parallèle entre l'ondée de rosée, et la puissance fécondatrice de Yahvé lors de l'Annonciation.

 

Biblia pauperum (1480-1485), BnF Réserve des livres rares, XYLO-5

 

"Le peintre verrier de Laon a choisi le moment où Gédéon obtient de Dieu, comme preuve de sa mission, à la veille d'attaquer les Madianites, la rosée miraculeuse.

« O Jéhovah ! » s'écrie-t-il, « si vous voulez faire de moi le  libérateur d'Israël, faites que les champs d'alentour demeurant secs, la rosée ne tombe que sur cette toison placée dans l'aire. »  Le lendemain, à l'aurore, il pressa la toison et remplit un vase de l'eau qui en sortit.  "Seigneur, » dit encore Gédéon, « que votre courroux ne s'allume pas contre moi si je vous demande encore une épreuve. Ordonnez que la campagne  soit trempée de la rosée et que la toison seule reste sans humidité. » Et la rosée tomba sur toute la terre et la toison demeura sèche ( Juges 6 :36-40).

Jéhovah apparaît, sur la gauche, au milieu d'un cercle de nuages dont une partie seule est visible, sous les traits du Christ, qu'on lui donnait fréquemment à cette époque. Mais, par exception, son nimbe n'est pas crucifère. De sa main levée et aux doigts inclinés dans l'attitude de la bénédiction, s'échappe une pluie qui se répand sur la terre en bouillonnant. L'autre main tient les tables de la loi. Gédéon s'avance vers lui; ses gestes, sa physionomie expriment le respect, la surprise, l'admiration. Il est vêtu en guerrier de la fin du XIIe siècle. C'est un croisé partant pour la délivrance des Saints Lieux, et non le libérateur hébreu des premiers temps d'Israël dans la terre promise.

Il porte cette espèce particulière de haubert ou cotte de mailles, appelée broigne, couverte d'annelets de fer cousus sur une tunique de peau, de soie ou de velours et maintenus par un galon. La broigne, fendue de côté, dépassait le genou et laissait voir une tunique, également fendue, qui découvrait la partie inférieure des jambes. Les manches sont demi-longues, aussi garnies d'annelets et bordées d'un galon perlé. Celles de la tunique sont collantes et descendent jusqu'aux poignets. La broigne enveloppe le cou et la tête entière, en dégageant le visage du front au menton. Le casque pointu, ou heaume conique, légèrement recourbé derrière et devant, où il se termine par un nasal assez court, est orné d'une bande sobrement ciselée de lignes verticales. Le héros hébreu ne porte point de brodequins, mais une sorte de chaussure très simple, son sabre pend au côté, soutenu par un baudrier large et uni, une lance dont on n'aperçoit que la hampe est appuyée sur son épaule droite et permet le jeu des bras. Un bouclier rond, de couleur rouge, retenu d'une épaule à l'autre par une courroie, couvre une partie du dos, qu'il dépasse même sensiblement. Ce costume militaire, dont le XIe siècle offre déjà quelques exemples, fut surtout usité au XII, ainsi qu'on le voit, d'après Montfaucon, pour les cavaliers figurés sur les vitraux que Suger fit peindre pour l'église de l'abbaye de Saint-Denis et pendant le XIIIe siècle, pour être abandonné vers le milieu du XIVe, où il fut remplacé par les armures formées de plaques ajustées." (A. de Florival)

A. de Florival, 1882, Les vitraux de la cathédrale de Laon ; gravure de E. Midoux.

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

6b. Moïse et le Buisson ardent.

Dans la même pensée typologique que pour l'image de Gédéon, la scène du Buisson ardent, ou manifestation théophanique de Yahvé à Moïse gardant ses troupeaux, a été mise en paralléle avec la Nativité. 

Exactement comme sur la gravure, Moïse est représenté en train de se déchausser, obéissant à Yahvé (Exode 3 :1-6) tout en plaçant sa main devant ses yeux pour se protéger de l'éblouissement.

Sur la gravure, l'inscription du haut indique solve calceamentum de pedibus tuis: locus enim, in quo stas, terra sancta est "ôte tes souliers de tes pieds, car le lieu sur lequel tu te tiens est une terre sainte."

L'inscription du bas indique Vadam, et videbo visionem hanc magnam, quare non comburatur rubus "J'irai, et je verrai cette grande vision, pourquoi le buisson ne se consume pas."

Sur le vitrail, ce texte n'est pas indiqué, mais il est implicite.

On retrouve ici la houlette et les moutons de l'Annonce faite aux bergers, et la chèvre qui, non sans humour, vient brouter le buisson ardent.

Biblia pauperum (1480-1485), BnF Réserve des livres rares, XYLO-5
 
A. de Florival, 1882, Les vitraux de la cathédrale de Laon ; gravure de E. Midoux.
 

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

7a. Avant la Fuite en Égypte.

Voici l'interprétation d'A. de Florival :

"Saint Joseph nimbé, et dont l'habillement consiste en une tunique blanche et un manteau pourpre, d'une riche coloration, porte dans ses bras l'enfant Jésus, le front ceint du nimbe crucifère et tendant les mains vers la Vierge que l'on voit, dans le médaillon contigu, assise sur un âne.

A la gauche de Joseph, se trouve une femme voilée, non nimbée. C'est sans doute Salomé, la sage-femme, qui se joignit à la sainte Famille et l'accompagna dans son voyage (Evang. apocr. cap. VIII. )."

Mais je ne crois pas que l'homme nimbé du médaillon 7a, aux allures christiques, soit Joseph, qui est représenté sur le médaillon 7b, non nimbé, la canne sur l'épaule chargée de son baluchon. S'agirait-il de Yahvé ? En dehors de cela, les deux médaillons se répondent et se complètent, le personnage de gauche tendant l'Enfant vers Marie qui lui tend les bras.

Le texte de l'évangile de Matthieu 2 :13-14 est le suivant :

"Lorsqu'ils furent partis, voici, un ange du Seigneur apparut en songe à Joseph, et dit: Lève-toi, prends le petit enfant et sa mère, fuis en Egypte, et restes-y jusqu'à ce que je te parle; car Hérode cherchera le petit enfant pour le faire périr. Joseph se leva, prit de nuit le petit enfant et sa mère, et se retira en Egypte."

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

7b.La Fuite en Égypte

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

8 a. Le rêve des trois mages après la Nativité : un ange les avertit de ne pas retourner par Jérusalem auprès d'Hérode, mais de rentrer dans leur pays par un autre chemin.

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

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8 b. Le retour des mages dans leur pays.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

9a. Le prophète Daniel ?.

Un personnage nimbé, à longue barbe, est assis sous une colonnade qui supporte un rideau négligemment relevé. Le rouleau qu'il tient de la main droite et sur lequel est écrit le nom de DANIEL jette une lumière très nécessaire sur cette figure qu'aucune particularité, aucun symbole ne pouvait faire reconnaître.

On sait que Daniel, le dernier des grands prophètes, est celui qui annonça, en termes formels, l'époque de la naissance de Jésus-Christ ( Daniel, IX, 24 et seq.). Il a la main gauche levée soit dans l'attitude de la parole, soit pour montrer le médaillon voisin qui complète cette scène biblique. Dans un édifice soutenu par des colonnes entremêlées de draperies, on voit, élevées sur de larges piédestaux portés sur des colonnes minces à base arrondie et chapiteau à crochets, deux statues d'or, nues, couronnées, qui, violemment ébranlées par une force invisible, se partagent en plusieurs morceaux et s'écroulent. Les deux médaillons sont liés par la continuité des draperies.

A. de Floridal écrit : " On comprend la pensée qui a rapproché cette scène de la figure de Daniel. En effet, la chute des idoles devait être la conséquence de la venue du Messie qu'il annonçait (Daniel, ibid). Plusieurs circonstances de sa vie pouvaient aussi en être considérées comme l'image symbolique. Il montra un grand zèle pour la destruction des faux dieux (Id. XIV, 21-27). Ce fut lui qui expliqua la vision de la statue aux pieds d'argile renversée par la pierre, image du royaume du Christ (Id. II, 31-46.). ".

Mais il serait plus logique de trouver ici Isaïe ou Jérémie, et le nom du phylactère a peut-être été modifié par un restaurateur, car elle est un peu trop lisible. La scène renverrait alors à Isaïe 19:1 :  "Oracle sur l'Égypte. Voici, l'Éternel est monté sur une nuée rapide, il vient en Égypte; Et les idoles de l'Égypte tremblent devant lui, Et le coeur des Égyptiens tombe en défaillance". Ou encore Jérémie 43, 13 : « Il brisera les stèles de la maison du soleil qui est dans le pays d’Égypte et il brûlera les maisons des dieux d’Égypte ».

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

9b. La chute des idoles lors de la Fuite en Égypte .

Cet épisode de la chute des idoles à Sotinien dans le temple égyptien où s'est arrétée la Sainte Famille  se trouve relaté à partir du VIIIe siècle  dans deux Évangiles apocryphes, l'Evangile du Pseudo-Matthieu ou l'évangile arabe de l'enfance, repris par Vincent de Beauvais  ou dans la Légende dorée de Jacques de Voragine. Il est fréquemment illustré en sculpture, enluminure (Lewis Psalter, Paris 1225-1240) ou vitrail (Chartres, Vitrail de l'Enfance baie 50, 1145-1155). Sur la baie 2, les idoles sont dorées, et leurs coiffures peuvent évoquer les coiffures égyptiennes.

Cf G. de Muelenaer et Jacques Poucet

 

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

10a. Le sacrifice de Caïn refusé, le sacrifice d'Abel accepté.

Le médaillon montre les deux sacrifices offerts à Yahvé par Cain et Abel, selon le texte de la Genèse chapitre 4 :

"Au bout de quelque temps, Caïn fit une offrande des produits de la terre à l'Eternel.  De son côté, Abel en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L'Eternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande,  mais pas sur Caïn et sur son offrande. Caïn fut très irrité et il arbora un air sombre."

Abel est à gauche et présente à Yahvé un agneau. À droite, Abel présente une gerbe de blé. Au centre, la main de Yahvé descend des nuées et les flammes du sacrifice s'élèvent, vives et hautes.

À première  vue, puisque la main de Dieu et les flammes appartiennent à la moitié droite de l'image, j'ai pu penser que cela signifiait que c'était, par erreur de l'artiste, l'offrande de Caïn qui était acceptée. C'est bien -sûr l'inverse.

L'interprétation typologique de cette scène est à discuter. Dans l'iconographie, les scènes typologiques de l’histoire de Caïn et Abel les plus fréquentes selon Sabine Maffre sont celles des offrandes et du meurtre (Abel, qui est tué par Caïn, préfigurant le Christ). Mais cette deuxième possibilité n'est pas à retenir ici. Reste donc celle d'une offrande agréée par Yahvé. Le sacrifice d'Abel incite donc à lire la Présentation de Jésus  au Temple comme une offrande où l'Enfant est consacré à Dieu comme victime sacrificielle, et l'ensemble des panneaux en rapport avec la théologie de l'Agneau mystique. 

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

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10b. La Présentation de Jésus au Temple.

"Quand fut arrivé le huitième jour, celui de la circoncision, l'enfant reçut le nom de Jésus, le nom que l'ange lui avait donné avant sa conception. Quand arriva le jour fixé par la loi de Moïse pour la purification, les parents de Jésus le portèrent à Jérusalem pour le présenter au Seigneur, selon ce qui est écrit dans la Loi : Tout premier-né de sexe masculin sera consacré au Seigneur. Ils venaient aussi présenter en offrande le sacrifice prescrit par la loi du Seigneur : un couple de tourterelles ou deux petites colombes." (Luc 2 :21-25)

Joseph et Marie présentent Jésus au grand prêtre qui, au dessus de l'autel, tient un globe doré d'une main et tend à l'enfant un objet.  Derrière le couple viennent trois animaux dont un bœuf.

 

 

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

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11a et b. Le roi Hérode ordonne à ses soldats le massacre des Innocents.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

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12. Deux anges répandent des parfums et de l'encens sur les scènes précédentes.

Baie 2 du chevet de la cathédrale de Laon. Cliché lavieb-aile 2025.

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SOURCES ET LIENS

—BOULANGER (Karine), 2008, Notice du Centre André Chastel

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle//123456789/210273

Cycle de la Vierge : histoire de Gédéon ; vie de la Vierge ; vie du Christ ; enfance du Christ ; histoire des Juges ; histoire de Moïse ; histoire de la Genèse ; vie de sainte Elisabeth de Jérusalem

http://e-chastel.huma-num.fr/xmlui/handle//123456789/210134

— BOURGEOIS ( Aurélie), 2011- Les Vitraux gothiques de la cathédrale de Laon. Sous la dir. de Heck, Christian. Master2 : Hist. art : Lille III, 2011. Non consulté

—BROCHE, (Lucien) 1926, La cathédrale de Laon ([Reprod. en fac-sim.]) / Lucien Broche ed. Laffitte (Marseille)

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k3370697m/f112.image.r=vitraux

—DOREL-FERRE (Gracia) 1986 · ‎Les vitraux de la cathédrale de Laon, non consulté

— FLORIVAL A. de), MIDOUX ( ‎Étienne), 1882 Les vitraux de la cathédrale de Laon - Volume 1 page 8

https://www.google.fr/books/edition/Les_vitraux_de_la_cath%C3%A9drale_de_Laon/Q_FZAAAAYAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=vitraux+cath%C3%A9drale+laon&printsec=frontcover

https://books.google.fr/books?id=Q_FZAAAAYAAJ&pg=RA2-PA13&focus=viewport&hl=fr&output=text#c_top

—LAUTIER (Claudine)  2000, Les vitraux du chevet de la cathédrale de Laon. Première approche. Österreichische Zeitschrift für Kunst und Denkmalpflege, 2000, 54, p. 257-264. ⟨halshs-00355365⟩ Non consulté

— SITES

https://photos-eglises.fr/Picardie/02/Laon/cathedrale/vitraux.htm

https://laon.fr/VILLE_LAON_21_WEB/FR/Accueil.awp?page=101&m=&ar=119

https://eglisesduconfluent.fr/Pages/VIT-02Laon-CathNotreDame.php

 

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Published by jean-yves cordier - dans XIIIe siècle Annonciation Vierges couchées

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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