Voir :
PRÉSENTATION.
L'idée de dresser, à partir d'une seule visite du Musée de la basilique Saint-Marc, un catalogue de ses matériaux et mosaïques alors qu'on réside à la pointe ouest de la France et qu'on est dépourvu de toute compétence en art, et notamment en art des mosaïques, est à l'évidence folle et présomptueuse. Mais c'est précisément cette folie qui anime ce projet, et la volonté de proposer au touriste amateur —son frère— ce que l'auteur ne parvient pas à trouver ailleurs, tout en lui partageant son album photo. Une synthèse des données historiques, géologiques, techniques et d'iconographie concernant des œuvres qui l'ont, immédiatement, enthousiasmé.
La présentation générale se trouve dans les deux articles précédants.
Ce fragment, un panneau rectangulaire complet, appartient à un groupe de caisses ou "cassines" du XIIIe et XIVe siècle provenant de la chapelle Zen (ou Zeno) et du baptistère de la basilique. Elles ont été déposées lorque la maçonnerie de la façade sud fut reprise, entre 1865 et 1875.
Celui-ci provient du dessus de la porte de la chapelle Zen et a été déposé vraisemblablement lorsque la compagnie Venezia Murano a refait à neuf "la plupart des têtes" et lorsque l'inspecteur des travaux Antonio Pellanda ait pris le soin de conserver les fragments déposés (C. Boito p. 858).
Étude descriptive.
L'artiste propose une représentation particulièrement excentrique de la chevelure du saint. Les tesselles suivent chacune une courbe. Il n'existe pratiquement aucune ligne droite.
Cette exubérance capillaire n'est pas gratuite, elle souligne que cet ascète, la "voix qui crie dans le désert" pour annoncer prophétiquement la venue d'un Messie, ce nouvel Elie, est un juif observant qui en rajoute sur l'exigence du Lévitique 19:27 "Vous ne couperez pas en rond les coins de votre chevelure; et tu ne raseras point les coins de ta barbe". Les cheveux et la barbe du Baptiste n'ont pas vu les ciseaux et le rasoir. Jean ne fréquente pas plus les coiffeurs que les tailleurs et les fourreurs, et il se vêt d'une peau de chameau ; il se nourrit de sauterelles.
Elles sont extraordinaires. On retrouve déjà ce que nous avions observé sur MSM-002 : blanc ivoire ; rose très pâle ; beige ; et gris rosé.
Mais ici le modelé est beaucoup plus sophistiqué. Les muscles du bras sont obtenus uniquement par la variation des teintes. Il n'y aucun trait noir, seulement des passages de lumière.
C'est probablement la partie la plus spectaculaire de la mosaïque. Les mèches de poils, qui soulignent la musculature du saint, sont tracées par des lignes successives bleues foncées, bleue claires et blanches, elles font sentir la rusticité du vêtement de Jean, dont l'évangile de Marc 1:6 indique "Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage" (trad L. Segond).
Observons les sandales, les doubles lacets noirs au dessus de la cheville, les petits points des courroies (des ferrures?), le dessin presque calligraphique des orteils.. Quelques tesselles noires tracent leur contour, avec la sangle qui passe entre le premier et le deuxième orteil. La ligne rouge suit le contour du pied. Le dessin est d'une économie admirable.
Le rocher n'est pas gris, il est violet, puis gris, puis beige, puis brun. Cette richesse chromatique donne au désert une véritable profondeur. Après un contour brun-violet sombre puis brun clair, un dégradé de bruns de plus en plus clairs une zone claire mène, dans un creux , à une touffe végétale extrêmement raffinée aux feuilles cernées de noir, ombrée de trois verts, éclairée par une ligne jaune.
Plus qu'un rocher isolé, il pourrait s'agir, comme nous le verrons, de la rive du Jourdain, une cuvette que le Baptiste enjambe avec vigueur.
Le vêtement suspendu.
Jean regarde nettement vers sa gauche. Son bras se tend vers un vêtement, un manteau grossièrement plié. Nous allons comprendre que c'est un ange qui le tend au Baptiste
Le rouleau est un autre attribut de Jean. En Occident, il cite généralement Jean 1,29, « ecce agnus dei » (« voici l'Agneau de Dieu »), traduit en grec par « ιδε ο αμνος του θεου » . Cependant, l'inscription actuelle ne semble correspondre au grec, et si elle est en latin, elle n'est pas aisée à déchiffrer. Elle est disposée sur quatre lignes et seules les lettres des lignes 2 et 4 sont claires : NO, et E. Les lignes 3 et 4 doivent-elles se lirent "DTE" ?
Il s'agit peut-être d'une succession d'abréviations.
|
Niveau |
Lecture |
|---|---|
|
Certain |
NO E |
|
Probable |
A/NO |
|
Hypothétique |
DT/E
|
La comparaison avec le Baptême du Christ par Jean-Baptiste de la coupole du Baptistère de Saint-Marc.
/image%2F1401956%2F20260701%2Fob_2067d7_plan-baptistere.png)
La date de construction du baptistère est inconnue, mais il est probable qu'elle remonte au doge Giovanni Soranzo ( en fonction de 1312 à 1328 ), dont le tombeau se trouve à l'intérieur, ce qui laisse supposer qu'il fut à l'origine des travaux d'adaptation architecturale. C'est le doge Andrea Dandolo, qui administra la République de 1342 à 1354 qui fit réaliser le décor de mosaïques à ses propres frais, et qui y est également inhumé. Les mosaïques murales représentent des scènes de la vie de saint Jean-Baptiste et, dans l'antè-baptistère, l'enfance du Christ. Juste au-dessus des fonts baptismaux en bronze, conçus par Sansovino, la coupole représente la dispersion des Apôtres, chacun figuré baptisant une personne d'une nationalité différente, en référence au commandement du Christ de prêcher l'Évangile à tous les peuples. La seconde coupole, au-dessus de l'autel, représente le Christ en gloire entouré des neuf chœurs angéliques .
Selon Pietro Saccardo "Les mosaïques sont de style grec, mais très probablement faites par des artistes vénitiens, qui s'étaient rendus maîtres des procédés de cette école. On y voit en effet, une certaine morbidesse de formes, une vivacité de coloris, une expression dans les mouvements et les visages des figures, qui accuse un progrès de l'art, que les grecs n'obtinrent ni alors, ni plus tard, et pas même aujourd'hui, où les moines du Mont-Athos peignent comme il y a six ou sept siècles. Là, au Baptistère, la manière grecque est un peu plus apparente, et l'on y remarque même des figures identiques à celles que l'on rencontre dans plusieurs églises de Grèce. Même la distribution des sujets est conforme jusqu' à un certain point à la règle de l'iconographie grecque. La chapelle a presque la même forme que l'Atrium, dont elle est pour ainsi dire le prolongement. [...] Il est même probable qu' elle a été tracée par le Doge André Dandolo, celui qui fit décorer à ses frais le Baptistère et voulut y avoir son tombeau : le plus illustre par le talent, la science et l'amour des arts, de tous ceux qui eurent entre les mains les rênes de la République de Venise. Les compositions qui ont le caractère local commencentdans la coupole qui est au-dessus des fonts baptismaux et tournent en haut sur les murailles qui les entourent. La première renferme au centre une magnifique figure du Christ"
Autour des lunettes sont représentées en sept tableaux les scènes principales de l'histoire de saint Jean-Baptiste. Et parmi celles-ci, nous trouvons celle qui explique probablement notre panneau : " Au-dessus de la porte de la Chapelle Zeno : L'Ange conduit Jean-Baptiste au désert. L'Ange présente au saint un vêtement ( avec l'inscription :) Angélus secum duxit sanctum Johann em in desertum.— Hic Angélus repraesentat vestem beato Johanni. — Hic praedicat
/image%2F1401956%2F20260701%2Fob_af495b_capture-d-ecran-2026-07-01-232305cc.png)
Dans l’anté-baptistère, dont la voûte en berceau représente les prophètes de l’Ancien Testament, le récit de la vie de Jean-Baptiste se déroule donc en parallèle de celui de l’enfance du Christ, pour se rejoindre dans la magnifique scène du Baptême de Jésus dans les eaux du Jourdain.
Or, il est très interessant de comparer le Jean-Baptiste de ce Baptême de Jésus daté de 1343-1450 avec celui de notre panneau MSM-003 : c'est presque le même ! Même s'il a enfilé le manteau que lui a donné l'ange, c'est le même visage hirsute, le même nimbe rouge, la même tunique en poil de chameau traitée de la même façon, les mêmes sandales au détail près, et même la même posture des jambes sur les riochers de la rive, avec la même touffe d'herbe ! Il est certain que le panneau de notre catalogue a été fait par le même artiste, et à la même époque que ce Baptême.
Sur la lunette est du Baptistère, sur le mur au-dessus de l’autel, Jésus et saint Jean sont réunis dans la scène de la Crucifixion , représentés avec la Vierge, saint Marc, saint Jean l’Évangéliste, le doge Andrea Dandolo et son conseiller. Nous reconnaissons immédiatement la signature de l'artiste avec son Baptiste à poils de chameau bleus et à ses sandales. Il tient un phylactère où on arrive à distonguer ECCE AGNU9 DEI --- :
/image%2F1401956%2F20260701%2Fob_a9259c_battistero-lunette-est-crucifixion.png)
Nous tenons ici un exemple magnifique de ce que l'on peut appeler le dessin par les andamenti.
Les Italiens utilisent ce mot issu du verbe andare "aller"pour désigner le sens de pose des tesselles.
Ici, les andamenti ne suivent jamais une grille géométrique. Ils épousent les cheveux, les bras et les doigts, les plis du manteau et les rochers. La direction des tesselles construit déjà le dessin avant même que la couleur n'intervienne.
Il serait intéressant de comparer ce fragment avec, par exemple :
-
le Jean-Baptiste de la cathédrale de Torcello ;
-
les figures de prophètes de Hosios Loukas ;
-
les mosaïques de Monastère de Daphni.
Ces mosaïques des artistes vénitiens sont elles aussi des « paysages géologiques ». Chaque visage est composé de centaines de fragments minéraux et verriers, chacun avec sa couleur, sa texture, son orientation. On peut regarder ces œuvres comme un géologue regarde une falaise : strate après strate, tesselle après tesselle.
Discussion :
Cette sophistication chromatique peut appeller à certains les ateliers paléologues davantage que les premiers mosaïstes vénéto-byzantins. En effet, le dessin général de la figure est extraordinairement fluide. Regardez les boucles des cheveux. Puis les plis du manteau. Puis les contours du phylactère. Puis les courbes du rocher. Tout est construit avec une ligne souple et continue. Cette élégance linéaire est, à mes yeux, beaucoup plus proche de la peinture byzantine paléologue que du style plus hiératique du XIIᵉ siècle. Ce n'est pas une preuve absolue. Mais c'est un faisceau d'indices. C'est là où la discussion entre internautes, les échanges collaboratifs seraient passionnants. Voir E. de Francesci et V. Pace.
Conclusion :
MSM-003. Fragment de mosaïque la scène de l'Ange remettant à Jean-Baptiste un vêtement. Troisième des sept scènes de la Vie de Jean-Baptiste.
Localisation primitive : chapelle du Baptistère au dessus de la porte de la chapelle Zeno.
Atelier : le même que celui qui a réalisé le Baptême du Christ, et sans doute les sept scènes de la Vie de Jean-Baptiste
Datation : 1343
Localisation actuelle : Musée de la Basilique Saint-Marc, Venise
SOURCES ET LIENS
Seules ont été consultées les publications disponibles en ligne.
— BERGMEIER (Armin) The Production of ex novo Spolia and the Creation of History in Thirteenth-Century Venice
https://www.academia.edu/47146937/The_Production_of_ex_novo_Spolia_and_the_Creation_of_History_in_Thirteenth_Century_Venice
—BOITO (Camilio) 1889 La Basilique de St Marc à Venise étudiée au double point de vue de l'art et de l'histoire (Venise) : (impr. Emilienne) Fred. Ongania 1889 , 227 p. : fig. ; in-4°
https://books.google.fr/books/about/La_Basilique_de_St_Marc_%C3%A0_Venise_%C3%A9tudi.html?id=2fXSDNquWM4C&redir_esc=y
https://books.google.fr/books/about/La_basilique_La_Basilica_de_St_Marc_a_Ve.html?id=YXla0QEACAAJ&redir_esc=y
— BETTINI (Sergio) 1944, Mosaici Antichi di San Marco a Venezia
— BETTINI (Sergio), 1974, Saggio introduttivo, in Venezia e Bisanzio, catalogo della mostra (Venezia, palazzo Ducale, 1974) a cura di Italo Furlan, Giovanni Mariacher, Sotiro Messinis, Lino Moretti, Michelangelo Muraro, Antonella Nicoletti, Antonio Niero, Rodolfo Pallucchini e Fulvio Zuliani, Venezia, Electa, 1974, pp. 15-87, cit. dalle pp. 86-87.
—DAL BIANCO (Barbara), 2012, Elena Paz Rebollo San Miguel, "Basilica of San Marco (Venice, Italy/Byzantine period): Nondestructive investigation on the glass Mosaic Tesserae. ", J. Non-Cryst. Solids 358 (2012) 368–378. Pdf en ligne
Étude scientifique fondée sur des analyses non destructives des tesselles de verre. Très utile pour distinguer les tesselles de verre des tesselles en pierre naturelle et pour caractériser leur composition.
https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0022309311006272
— DEMUS (Otto), 1988, The Mosaics of San Marco in Venice (4 volumes), The Mosaic Decoration of San Marco Venice (Chicago: University of Chicago Press, Ed. Herbert
C'est l'ouvrage de référence sur les mosaïques de Saint-Marc. Il traite de la chronologie, de l'iconographie, des techniques d'exécution et des matériaux employés.
https://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1993_num_36_141_2558_t1_0084_0000_1
— DEMUS (Otto), 1960, The Church of San Marco in Venice: History, Architecture, Sculpture (Washington: Dumbarton Oaks Research Library and Collection, 1960) OCLC 848981462
Il donne le contexte architectural et artistique de la basilique et aborde les revêtements de marbre et les mosaïques.
https://books.google.fr/books/about/The_Church_of_San_Marco_in_Venice.html?id=5GiG9-KgdbYC&redir_esc=y
— DEMUS (Otto), 1988, The Mosaic Decoration of San Marco, Venice.
Synthèse des recherches de Demus sur le décor de Saint-Marc.
https://archive.org/details/mosaicdecoration0000demu
https://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1993_num_36_141_2558_t1_0084_0000_1
— FRANCESCI (E. de), 2019, « Les mosaïques du baptistère, entre le renouveau byzantino-paléologue et la peinture vénitienne des premières décennies du XIVe siècle » , dans San Marco. La basilique de Venise. Art, histoire, conservation , édité par E. Vio, Venise 2019, vol. I, p. 309-317.
https://www.academia.edu/39094950/I_mosaici_del_battistero_fra_il_rinnovamento_bizantino_paleologo_e_la_produzione_pittorica_veneta_dei_primi_decenni_del_Trecento
— LAZZARINI (Lorenzo), 1997 'Le pietre e i marmi colorati della basilica di San Marco a Venezia', in Renato Polacco, ed., Storia dell'arte marciana: l'architettura, Atti del Convegno internazionale di studi, Venezia 11–14 ottobre 1994 (Venezia: Marsilio, 1997), pp. 309–328 En ligne
https://www.academia.edu/6979376/I_marmi_e_le_pietre_del_pavimento_marciano_Lorenzo_Lazzarini
— LAZZARINI (Lorenzo), 2025, Myriam Pilutti Namer, Luigi Sperti, Ancient Marbles and Stones in Venice. Architecture, Sculpture, Reuse from Antiquity to the Baroque (2025). pdf en ligne
C'est aujourd'hui la meilleure synthèse sur les pierres antiques de Venise, avec une large section consacrée à San Marco.
https://www.istitutoveneto.it/wp-content/uploads/2026/02/ancient-marbles-and-stones-in-venice-architecture-sculpture-reuse-from-antiquity-to-the-baroque-revised-edition.pdf
— PACE (Valentino), 2013, Il ruolo di Bisanzio nella Venezia del XIV secolo. Nota introduttiva a uno studio sui mosaici del battistero marciano, Ateneo Veneto, Rivista di Scienze, Lettere ed Arti, anno CC, terza serie, 12/I (2013), pp. 243-251.
https://www.academia.edu/5467640/Il_ruolo_di_Bisanzio_nella_Venezia_del_XIV_secolo_Nota_introduttiva_a_uno_studio_sui_mosaici_del_battistero_marciano_2013_
—SACCARDO (Pietro), 1896, Les mosaïques de Saint-Marc à Venise, Venise, Fred. Ongania
https://archive.org/details/lesmosaiquesdesa00sacc
https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a0/Les_mosa%C3%AFques_de_Saint-Marc_%C3%A0_Venise_%28IA_lesmosaiquesdesa00sacc%29.pdf
https://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/20843/?offset=#page=255&viewer=picture&o=bookmark&n=0&q=
—TOZZI (Rozanna), I MOSAICI DEL BATTISTERO DI S. MARCO A VENEZIA E L'ARTE BIZANTINA ©Ministero dei beni e delle attività culturali e del turismo -Bollettino d'Arte
https://bollettinodarte.cultura.gov.it/wp-content/uploads/Importer/1437550663475_05_-_Tozzi_418.pdf
— VIO (Ettore), 2001, Lo splendore di san Marco (Rimini: Idea, 2001).
Pendant 35 ans, Ettore Vio fut proto de la basilique Saint-Marc , responsable de sa conservation.
—VIO (Ettore), 2001 La basilique Saint-Marc de Venise. Texte imprimé / sous la dir. de Vio Ettore, Edité par Citadelles & Mazenod. Paris - 2001
—VIO (Ettore), 1999, Scienza e tecnica del restauro della Basilica di San Marco : atti del convegno internazionale di studi, Venezia, 16-19 maggio 1995 — 2 v. (1058 p.) : ill. (some col.), plans ; 24 cm.
—ZULIANI (Fulvio), 1969 I marmi di San Marco. Uno studio ed un catalogo della scultura ornamentale marciana fino all'XI secolo .
Toujours indispensable pour le corpus des sculptures et des remplois.
https://www.academia.edu/65045121/I_marmi_di_San_Marco_Uno_studio_ed_un_catalogo_della_scultura_ornamentale_marciana_fino_al_XI_secolo
—Site de la basilique :
https://www.basilicasanmarco.it/basilica/mosaici-2/il-patrimonio-musivo/le-cappelle/il-battistero/