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1 juillet 2026 3 01 /07 /juillet /2026 22:35

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PRÉSENTATION.

L'idée de dresser, à partir d'une seule visite du Musée de la basilique Saint-Marc, un catalogue de ses matériaux et mosaïques alors qu'on réside à la pointe ouest de la France et qu'on est dépourvu de toute compétence en art, et notamment en art des mosaïques, est à l'évidence folle et présomptueuse. Mais c'est précisément cette folie qui anime ce projet, et la volonté de proposer au touriste amateur —son frère— ce que l'auteur ne parvient pas à trouver ailleurs, tout en lui partageant son album photo. Une synthèse des données historiques, géologiques, techniques et d'iconographie concernant des œuvres qui l'ont, immédiatement, enthousiasmé.

La présentation générale se trouve dans les deux articles précédents.

MSM-003 : Saint Jean-Baptiste

Ce fragment, un panneau rectangulaire complet, appartient à un groupe de caisses ou "cassines" du XIIIe et XIVe siècle provenant de la chapelle Zen (ou Zeno) et du baptistère de la basilique. Elles ont été déposées lorque la maçonnerie de la façade sud fut reprise, entre 1865 et 1875.

Celui-ci provient du dessus de la porte de la chapelle Zen et a été déposé vraisemblablement lorsque la compagnie Venezia Murano a refait à neuf "la plupart des têtes" et lorsque l'inspecteur des travaux Antonio Pellanda  ait pris le soin de conserver les fragments déposés (C. Boito p. 858).

MSM-003.Jean-Baptiste, fragment de mosaïque, Musée de Saint-Marc à Venise, XIVe siècle. Cliché lavieb-aile 2026

Étude descriptive.

Les cheveux et la barbe

L'artiste propose une représentation particulièrement excentrique de la chevelure du saint. Les tesselles suivent chacune une courbe. Il n'existe pratiquement aucune ligne droite.

Cette exubérance capillaire n'est pas gratuite, elle souligne que cet ascète, la "voix qui crie dans le désert" pour annoncer prophétiquement la venue d'un Messie, ce nouvel Elie, est un juif observant qui en rajoute sur l'exigence du Lévitique 19:27 "Vous ne couperez pas en rond les coins de votre chevelure; et tu ne raseras point les coins de ta barbe". Les cheveux et la barbe du Baptiste n'ont pas vu les ciseaux et le rasoir. Jean ne fréquente pas plus les coiffeurs que les tailleurs et les fourreurs, et il se vêt d'une peau de chameau ; il se nourrit de sauterelles.

MSM-003a. Jean-Baptiste, fragment de mosaïque (détail), Musée de Saint-Marc à Venise, XIVe siècle. Cliché lavieb-aile 2026
Les carnations

Elles sont extraordinaires. On retrouve déjà ce que nous avions observé sur MSM-002 : blanc ivoire ; rose très pâle ; beige ; et gris rosé.

Mais ici le modelé est beaucoup plus sophistiqué. Les muscles du bras sont obtenus uniquement par la variation des teintes. Il n'y aucun trait noir, seulement des passages de lumière.

La tunique de poils de chameau
MSM-003b. Fragment de Jean-Baptiste (détail). Cliché lavieb-aile 2026.

C'est probablement la partie la plus spectaculaire de la mosaïque. Les mèches de poils, qui soulignent la musculature du saint, sont tracées par des lignes successives bleues foncées, bleue claires et blanches, elles font  sentir la rusticité du vêtement de Jean, dont l'évangile de Marc 1:6 indique "Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage" (trad L. Segond).

Les pieds
MSM-003c. Fragment de Jean-Baptiste (détail). Cliché lavieb-aile 2026.

Observons les sandales, les doubles lacets noirs au dessus de la cheville, les petits points des courroies (des ferrures?), le dessin presque calligraphique des orteils.. Quelques tesselles noires tracent leur contour, avec la sangle qui passe entre le premier et le deuxième orteil. La ligne rouge suit le contour du pied. Le dessin est d'une économie admirable. 

 

Le rocher

Le rocher n'est pas gris, il est violet, puis gris, puis beige, puis brun. Cette richesse chromatique donne au désert une véritable profondeur. Après un contour brun-violet sombre puis brun clair, un dégradé de bruns de plus en plus clairs une zone claire mène, dans un creux , à une touffe végétale extrêmement raffinée aux feuilles cernées de noir, ombrée de trois verts, éclairée par une ligne jaune. 

 Plus qu'un rocher isolé, il pourrait s'agir, comme nous le verrons, de la rive du Jourdain, une cuvette que le Baptiste enjambe avec vigueur.

Le vêtement suspendu.

Jean regarde nettement vers sa gauche. Son bras se tend vers un vêtement, un manteau grossièrement plié. Nous allons comprendre que c'est un ange qui le tend au Baptiste

L'inscription du phylactère.
MSM-003d. Jean-Baptiste, fragment de mosaïque (détail), Musée de Saint-Marc à Venise, XIVe siècle. Cliché lavieb-aile 2026

Le rouleau est un autre attribut de Jean.  En Occident, il cite généralement Jean 1,29, « ecce agnus dei » (« voici l'Agneau de Dieu »), traduit en grec par « ιδε ο αμνος του θεου » . Cependant, l'inscription actuelle ne semble correspondre au grec, et si elle est en latin, elle n'est pas aisée à déchiffrer.  Elle est disposée sur quatre lignes et seules les lettres des lignes 2 et 4 sont claires : NO, et E. Les lignes 3 et 4 doivent-elles se lirent "DTE" ?

Il s'agit peut-être d'une succession d'abréviations.

 

Niveau

Lecture

Certain

NO

E

Probable

A/NO

Hypothétique

DT/E

 

David J. Critchley me signale que l'inscription est écrite en grec etr se lit METANOEITE, c'est à dire "Soyez pénitent" Les lettres ETA sont conjointes, liées les unes aux autres, ainsi que les lettres EI.

 

La comparaison avec le Baptême du Christ par Jean-Baptiste de la coupole du Baptistère de Saint-Marc.

 La date de construction du baptistère est inconnue, mais il est probable qu'elle remonte au doge Giovanni Soranzo ( en fonction de 1312 à 1328 ), dont le tombeau se trouve à l'intérieur, ce qui laisse supposer qu'il fut à l'origine des travaux d'adaptation architecturale. C'est le doge Andrea Dandolo,  qui administra la République de 1342 à 1354  qui fit réaliser le décor de mosaïques  à ses propres frais,  et qui y est également inhumé. Les mosaïques murales représentent des scènes de la vie de saint Jean-Baptiste et, dans l'antè-baptistère, l'enfance du Christ.  Juste au-dessus des fonts baptismaux en bronze, conçus par Sansovino, la coupole représente la dispersion des Apôtres, chacun figuré baptisant une personne d'une nationalité différente, en référence au commandement du Christ de prêcher l'Évangile à tous les peuples. La seconde coupole, au-dessus de l'autel, représente le Christ en gloire entouré des neuf chœurs angéliques . 

Selon Pietro Saccardo "Les mosaïques sont de style grec, mais très probablement faites par des artistes vénitiens, qui s'étaient rendus maîtres des procédés de cette école. On y voit en effet, une certaine morbidesse de formes, une vivacité de coloris, une expression dans les mouvements et les visages des figures, qui accuse un progrès de l'art, que les grecs n'obtinrent ni alors, ni plus tard, et pas même aujourd'hui, où les moines du Mont-Athos peignent comme il y a six ou sept siècles. Là, au Baptistère,  la manière grecque est un peu plus apparente, et l'on y remarque même des figures identiques à celles que l'on rencontre dans plusieurs églises de Grèce. Même la distribution des sujets est conforme jusqu' à un certain point à la règle de l'iconographie grecque. La chapelle a presque la même forme que l'Atrium, dont elle est pour ainsi dire le prolongement. [...] Il est même probable qu' elle a été tracée par le Doge André Dandolo, celui qui fit décorer à ses frais le Baptistère et voulut y avoir son tombeau : le plus illustre par le talent, la science et l'amour des arts, de tous ceux qui eurent entre les mains les rênes de la République de Venise. Les compositions qui ont le caractère local commencentdans la coupole qui est au-dessus des fonts baptismaux et tournent en haut sur les murailles qui les entourent. La première renferme au centre une magnifique figure du Christ"

Autour des lunettes sont représentées en sept tableaux les scènes principales de l'histoire de saint Jean-Baptiste. Et parmi celles-ci, nous trouvons celle qui explique probablement notre panneau : " Au-dessus de la porte de la Chapelle Zeno : L'Ange conduit Jean-Baptiste au désert. L'Ange présente au saint un vêtement ( avec l'inscription :) Angélus secum duxit sanctum Johann em in desertum.— Hic Angélus repraesentat vestem beato Johanni. — Hic praedicat

Dans l’anté-baptistère, dont la voûte en berceau représente les prophètes de l’Ancien Testament, le récit de la vie de Jean-Baptiste se déroule  donc en parallèle de celui de l’enfance du Christ, pour se rejoindre dans la magnifique scène du Baptême de Jésus dans les eaux du Jourdain.

Or, il est très interessant de comparer le Jean-Baptiste de ce Baptême de Jésus daté de 1343-1450 avec celui de notre panneau MSM-003 : c'est presque le même ! Même s'il a enfilé le manteau que lui a donné l'ange, c'est le même visage hirsute, le même nimbe rouge, la même tunique en poil de chameau traitée de la même façon, les mêmes sandales au détail près, et même la même posture des jambes sur les riochers de la rive, avec la même touffe d'herbe ! Il est certain que le panneau de notre catalogue a été fait par le même artiste, et à la même époque que ce Baptême.

Baptistère de la basilique Saint-Marc de Venise, décorée par des mosaïstes vénitiens. Le Baptême du Christ dans les eaux du Jourdain 1343-1354, datation 1343 Credit line Alfredo Dagli Orti/Photo12

Sur la lunette est du Baptistère,  sur le mur au-dessus de l’autel, Jésus et saint Jean sont réunis dans la scène de la Crucifixion , représentés avec la Vierge, saint Marc, saint Jean l’Évangéliste, le doge Andrea Dandolo et son conseiller. Nous reconnaissons immédiatement la signature de l'artiste avec son Baptiste à poils de chameau bleus et à ses sandales. Il tient un phylactère où on arrive à distonguer ECCE AGNU9 DEI  --- :

Ce que voit le mosaïste

Nous tenons ici un exemple magnifique de ce que l'on peut appeler le dessin par les andamenti.

Les Italiens utilisent ce mot issu du verbe andare "aller"pour désigner le sens de pose des tesselles.

Ici, les andamenti ne suivent jamais une grille géométrique. Ils épousent  les cheveux, les bras  et les doigts, les plis du manteau  et les rochers. La direction des tesselles construit déjà le dessin avant même que la couleur n'intervienne.

Il serait intéressant de comparer ce fragment avec, par exemple :

 

  • le Jean-Baptiste de la cathédrale de Torcello ;

Torcello, basilique Santa Maria Assunta, apothéose du Christ et le Jugement dernier (XIe – XIIe siècle). Cliché lavieb-aile
  • les figures de prophètes de Hosios Loukas ;

  • les mosaïques de Monastère de Daphni.

Ces mosaïques des artistes vénitiens sont elles aussi des « paysages géologiques ». Chaque visage est composé de centaines de fragments minéraux et verriers, chacun avec sa couleur, sa texture, son orientation. On peut  regarder ces œuvres comme un géologue regarde une falaise : strate après strate, tesselle après tesselle. 

Discussion :

Cette sophistication chromatique peut appeller  à certains les ateliers paléologues davantage que les premiers mosaïstes vénéto-byzantins. En effet, le dessin général de la figure est extraordinairement fluide. Regardez les boucles des cheveux. Puis les plis du manteau. Puis les contours du phylactère. Puis les courbes du rocher. Tout est construit avec une ligne souple et continue. Cette élégance linéaire est, à mes yeux, beaucoup plus proche de la peinture byzantine paléologue que du style plus hiératique du XIIᵉ siècle. Ce n'est pas une preuve absolue. Mais c'est un faisceau d'indices. C'est là où la discussion entre internautes, les échanges collaboratifs seraient passionnants. Voir E. de Francesci et V. Pace.

Ce que cette œuvre m'a appris.

Certainement le mot "andamenti". C'est l'oculiste de Crozon, Lïya, qui est vénitienne et qui  devenue mon amie après être venue regarder mes photos par dessus mon épaule, qui me l'a appris. 

Andamenti, je pense à l'andante, ce tempo musical qui a de l'allant. D'ailleurs, andamento, qu'on peut traduire par "tournure", désigne en musique "régulier et lent". Un tour de main fluide, un "unique coup de pinceau" réalisé paradoxalement avec des petits cailloux pour donner du mouvement à la mosaïque.

Lïya m'explique que la maîtrise de la couleur et des andamenti constitue les fondamentaux du mosaïste : "Apprends à regarder  les lignes de directions et le rythme des tesselles, et les mouvements et sensations qu'elles induisent : sont-ce des courbes? des ondes ? des calmes ? des chaos ? des reliefs? "

"Oublie le sujet et écoute la musique des lignes."

C'est, me dit l'opticienne, l'avantage (moins ici que sur d'autres pièces) du fragment de nous extraire de l'anectote de la scène religieuse pour apprendre à voir à travers de nouveaux verres.

Elle m'apprend aussi l'adjectif musival, "qui se rapporte à la mosaïque" : "art musival", qui rappelle que mosaïque vient du latin opus musivum, "qui se rapporte aux muses" parce que ce mode de décoration fut d'abord utilisé en Grèce dans les grottes dédiées aux muses. 

Un amateur, c'est quelqu'un qui aime apprendre auprès des autres.

Conclusion :

MSM-003. Fragment de mosaïque la scène de l'Ange remettant à Jean-Baptiste un vêtement. Troisième des sept scènes de la Vie de Jean-Baptiste.

Localisation primitive : chapelle du Baptistère au dessus de la porte de la chapelle Zeno.

Atelier : le même que celui qui a réalisé le Baptême du Christ, et sans doute les sept scènes de la Vie de Jean-Baptiste

Datation : 1343 

Localisation actuelle : Musée de la Basilique Saint-Marc, Venise

Article rédigné avec l'aide de Lïya, de ChatGPT.

SOURCES ET LIENS

Seules ont été consultées les publications disponibles en ligne.

— BERGMEIER (Armin)  The Production of ex novo Spolia and the Creation of History in Thirteenth-Century Venice

https://www.academia.edu/47146937/The_Production_of_ex_novo_Spolia_and_the_Creation_of_History_in_Thirteenth_Century_Venice

 

—BOITO (Camilio) 1889 La Basilique de St Marc à Venise étudiée au double point de vue de l'art et de l'histoire (Venise) : (impr. Emilienne) Fred. Ongania 1889 , 227 p. : fig. ; in-4°

https://books.google.fr/books/about/La_Basilique_de_St_Marc_%C3%A0_Venise_%C3%A9tudi.html?id=2fXSDNquWM4C&redir_esc=y

https://books.google.fr/books/about/La_basilique_La_Basilica_de_St_Marc_a_Ve.html?id=YXla0QEACAAJ&redir_esc=y

 

— BETTINI (Sergio) 1944, Mosaici Antichi di San Marco a Venezia

— BETTINI (Sergio), 1974, Saggio introduttivo, in Venezia e Bisanzio, catalogo della mostra (Venezia, palazzo Ducale, 1974) a cura di Italo Furlan, Giovanni Mariacher, Sotiro Messinis, Lino Moretti, Michelangelo Muraro, Antonella Nicoletti, Antonio Niero, Rodolfo Pallucchini e Fulvio Zuliani, Venezia, Electa, 1974, pp. 15-87, cit. dalle pp. 86-87.

—DAL BIANCO (Barbara), 2012, Elena Paz Rebollo San Miguel, "Basilica of San Marco (Venice, Italy/Byzantine period): Nondestructive investigation on the glass Mosaic Tesserae. ", J. Non-Cryst. Solids 358 (2012) 368–378. Pdf en ligne

Étude scientifique fondée sur des analyses non destructives des tesselles de verre. Très utile pour distinguer les tesselles de verre des tesselles en pierre naturelle et pour caractériser leur composition.

https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0022309311006272

— DEMUS (Otto), 1988, The Mosaics of San Marco in Venice (4 volumes), The Mosaic Decoration of San Marco Venice (Chicago: University of Chicago Press, Ed. Herbert

C'est l'ouvrage de référence sur les mosaïques de Saint-Marc. Il traite de la chronologie, de l'iconographie, des techniques d'exécution et des matériaux employés.

https://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1993_num_36_141_2558_t1_0084_0000_1

— DEMUS (Otto), 1960, The Church of San Marco in Venice: History, Architecture, Sculpture (Washington: Dumbarton Oaks Research Library and Collection, 1960) OCLC 848981462

  Il donne le contexte architectural et artistique de la basilique et aborde les revêtements de marbre et les mosaïques.

https://books.google.fr/books/about/The_Church_of_San_Marco_in_Venice.html?id=5GiG9-KgdbYC&redir_esc=y

— DEMUS (Otto), 1988, The Mosaic Decoration of San Marco, Venice.

Synthèse des recherches de Demus sur le décor de Saint-Marc.

https://archive.org/details/mosaicdecoration0000demu

https://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1993_num_36_141_2558_t1_0084_0000_1

— FRANCESCI (E. de), 2019, « Les mosaïques du baptistère, entre le renouveau byzantino-paléologue et la peinture vénitienne des premières décennies du XIVe siècle » , dans  San Marco. La basilique de Venise. Art, histoire, conservation , édité par E. Vio, Venise 2019, vol. I, p. 309-317.

https://www.academia.edu/39094950/I_mosaici_del_battistero_fra_il_rinnovamento_bizantino_paleologo_e_la_produzione_pittorica_veneta_dei_primi_decenni_del_Trecento

— LAZZARINI (Lorenzo), 1997 'Le pietre e i marmi colorati della basilica di San Marco a Venezia', in Renato Polacco, ed., Storia dell'arte marciana: l'architettura, Atti del Convegno internazionale di studi, Venezia 11–14 ottobre 1994 (Venezia: Marsilio, 1997), pp. 309–328 En ligne

https://www.academia.edu/6979376/I_marmi_e_le_pietre_del_pavimento_marciano_Lorenzo_Lazzarini

— LAZZARINI (Lorenzo), 2025,  Myriam Pilutti Namer, Luigi Sperti, Ancient Marbles and Stones in Venice. Architecture, Sculpture, Reuse from Antiquity to the Baroque (2025). pdf en ligne

C'est aujourd'hui la meilleure synthèse sur les pierres antiques de Venise, avec une large section consacrée à San Marco.

https://www.istitutoveneto.it/wp-content/uploads/2026/02/ancient-marbles-and-stones-in-venice-architecture-sculpture-reuse-from-antiquity-to-the-baroque-revised-edition.pdf

— PACE (Valentino), 2013,  Il ruolo di Bisanzio nella Venezia del XIV secolo. Nota introduttiva a uno studio sui mosaici del battistero marciano, Ateneo Veneto, Rivista di Scienze, Lettere ed Arti, anno CC, terza serie, 12/I (2013), pp. 243-251.

https://www.academia.edu/5467640/Il_ruolo_di_Bisanzio_nella_Venezia_del_XIV_secolo_Nota_introduttiva_a_uno_studio_sui_mosaici_del_battistero_marciano_2013_

—SACCARDO (Pietro), 1896, Les mosaïques de Saint-Marc à Venise, Venise, Fred. Ongania

 

https://archive.org/details/lesmosaiquesdesa00sacc

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/a/a0/Les_mosa%C3%AFques_de_Saint-Marc_%C3%A0_Venise_%28IA_lesmosaiquesdesa00sacc%29.pdf

https://bibliotheque-numerique.inha.fr/viewer/20843/?offset=#page=255&viewer=picture&o=bookmark&n=0&q=

—TOZZI (Rozanna), I MOSAICI DEL BATTISTERO DI S. MARCO A VENEZIA E L'ARTE BIZANTINA ©Ministero dei beni e delle attività culturali e del turismo -Bollettino d'Arte

https://bollettinodarte.cultura.gov.it/wp-content/uploads/Importer/1437550663475_05_-_Tozzi_418.pdf

— VIO (Ettore), 2001, Lo splendore di san Marco (Rimini: Idea, 2001).

Pendant 35 ans, Ettore Vio fut proto de la basilique Saint-Marc , responsable de sa conservation.

—VIO (Ettore), 2001 La basilique Saint-Marc de Venise. Texte imprimé / sous la dir. de Vio Ettore,  Edité par Citadelles & Mazenod. Paris - 2001

—VIO (Ettore), 1999, Scienza e tecnica del restauro della Basilica di San Marco : atti del convegno internazionale di studi, Venezia, 16-19 maggio 1995 — 2 v. (1058 p.) : ill. (some col.), plans ; 24 cm.

—ZULIANI (Fulvio), 1969 I marmi di San Marco. Uno studio ed un catalogo della scultura ornamentale marciana fino all'XI secolo .

Toujours indispensable pour le corpus des sculptures et des remplois.

https://www.academia.edu/65045121/I_marmi_di_San_Marco_Uno_studio_ed_un_catalogo_della_scultura_ornamentale_marciana_fino_al_XI_secolo

—Site de la basilique :

https://www.basilicasanmarco.it/basilica/mosaici-2/il-patrimonio-musivo/le-cappelle/il-battistero/

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Published by jean-yves cordier - dans San Marco, Venise XIVe siècle.
1 juillet 2026 3 01 /07 /juillet /2026 11:18

Voir:

PRÉSENTATION

Le Musée de Saint-Marc de Venise ( Musée Marciano), inauguré en 1927 par le proto Luigi Marangoni, était situé dans la Basilique de Saint-Marc, près des espaces de l'étage situé au-dessus de l'atrium-narthex.

En 1986, à l'occasion du nouveau système avec agrandissement des espaces d'exposition, le Musée fut  conçu comme un instrument pour comprendre l'héritage spirituel, culturel et matériel constitutif de la Basilique. Les espaces du musée comprennent aujourd'hui la zone historique au-dessus de l'atrium-narthex de la basilique Saint-Marc et l'ancienne salle de banquet du Doge. La zone d'exposition s'articule autour des trois grands thèmes du patrimoine du Musée de San Marco : les mosaïques, les textiles (une très belle tenture de la Passion faite à Arras), et les chevaux du Quadrige. 

On y accède par un petit escalier, à droite du portail central. La tribune du côté nord offre une vue d'ensemble sur l'intérieur de la basilique et place le visiteur au pied de la grande mosaaïque de l'Arbre de Jessé. On se dirige ensuite vers l'ouest et après avoir admiré de très près les quatre chevaux de Saint-Marc sur la Loggia dei Cavalli,  on accède aux  galeries extérieures avec une vue sur la Place Saint-Marc, mais aussi sur la façade ouest.


L'itinéraire muséal est composé de cinq sections positives. La première est consacré aux mosaïques

Plus de vingt fragments de mosaïques— dégagés lors de la restauration des murs mais non réinstallés — ont été insérés dans une couche de mortier et placés dans des caissons à bordure en bois ou "cassine". Bon nombre de ces vestiges ont été sauvés durant la restauration des murs de la façade sud de la basilique (1865-1875). Le décor en mosaïque est une reconstitution quasi complète de plusieurs tableaux, dont la quasi-totalité provient de la chapelle Zen et du baptistère. Ils sont principalement datés du XIIe et du XIVe siècle. Ils sont regroupés selon la provenance et les thèmes iconographiques.

MSM-002 : Saint Marc guérissant un lépreux.
Fragment d'un ancien panneau de la Vie de saint Marc (Museo di San Marco, deux fragments conservés : buste de saint Marc ; Vêtement et pieds de saint Marc).
MSM-002. Fragment de saint Marc bénissant un lépreux, XIIe siècle. Cliché lavieb-aile 2026

Le fragment  photographié (le buste du saint) est particulièrement intéressant parce qu'il montre une étape de maturité de l'art des mosaïstes de Saint-Marc. Nous quittons peu à peu l'émotion contenue de la Déposition pour entrer dans le domaine du récit hagiographique.

Identification

Le panneau appartenait à une vaste série consacrée à la Vie de saint Marc, provenant de la tribune nord du chœur, à côté du presbytère.

Le sujet est identifié depuis longtemps comme : Saint Marc guérissant un lépreux. Deux fragments sont aujourd'hui conservés. La photographie représente celui où apparaît le saint en buste.

On trouve cet épisode dans le cycle du décor d'un devant d'autel gothique du XIVe siècle qui présente  quatorze scènes : 1) l'ange lui dicte l'Évangile ; 2) saint Marc guérit un lépreux ; 3) il baptise ; 4) son Évangile est approuvé par saint Pierre. On sait en effet que l'apôtre Saint Marc servit, selon la tradition,  de secrétaire et d'interprète à saint Pierre, et que son Évangile est considéré comme la prédication de saint Pierre mise par écrit : Il aurait accompagné Pierre dans ses voyages à Rome. Il rédigea son Évangile en grec, la langue la plus répandue à l'époque. L'Évangile selon saint Marc a pour but de démontrer la puissance de Jésus-Christ, Fils de Dieu, telle qu'elle se manifeste à travers l'accomplissement de nombreux grands miracles, dont celui de Jésus guérissant un lépreux.

On trouve aussi cette scène sur les mosaïques de la Vie de saint Marc  de la chapelle Saint-Pierre, avec l'inscription LEPRAM SANAT (il guérit un lépreux). Un relevé très intéressant (par O. Demus?) est disponible :

Public Image - Evangelist Mark: consecrated by Peter; Miracle of healing Leper; baptizing (drawing) Download https://theindex.princeton.edu/images/050147.gif

Pietro Saccardo les décrivait en 1896 en les localisant dans la galerie gauche des chantres, sur la chapelle de S. Pierre.  "Dans la grande voûte, en allant de gauche à droite, en quatre rangées : 1. S. Pierre qui sacre évêque S. Marc. — S. Marc qui guérit un lépreux. — S. Pierre qui bénit S. Hermagoras. 2. S. Pierre qui sacre évêque S. Hermagoras. — S. Marc avec l'évangile en main. — S. Hermagoras qui baptise les Aquiléiens. 18 — 274 — 3. S. Marc qui, averti par un ange, part pour Alexandrie.— Le Saint qui guérit le cordonnier Aniane. 4. S. Marc qui prêche l'Évangile. — S. Marc qui baptise les infidèles. On y lit ces vers : Marcus sacratur, lepram sanat, atra lavantur. I consecratus iam fungere Pontificatus, Nunciat, hic pergit, sutoris vulnera tergit. Mentibus ut surgant, docet hos baptismate purgans."

Localisation de la chapelle Saint-Pierre

Il apporte cet élément très précieux :" Ces mosaïques, des plus anciennes de l'église, ont été refaites en grande partie par la Compagnie Venezia-Murano vers l'année 1879."

 

Le 31  janvier 828 , les reliques de saint Marc furent transférées d'Alexandrie, en Égypte, à Venise et accueillies par le doge Giustiniano Particiaco. Saint Marc deviendra le saint patron de la ville, son symbole étant un  lion ailé armé d'un livre, ouvert en temps de paix à la phrase Pax Tibi Marce Evangelista Meus, et brandissant une épée de manière menaçante en temps de guerre. 

Sur la vie de saint Marc et son importance à Venise, voir :

https://www.basilicasanmarco.it/storia/san-marco-evangelista/

 

Datation

Il est l'œuvre d'un des premiers ateliers du XIIe siècle. Mais par rapport à la Déposition (ou Déploration ?) MSM-001, les formes gagnent en souplesse, les volumes sont plus amples, les draperies moins strictement géométriques .

Première impression

Avant même d'identifier le sujet, quelque chose frappe immédiatement. Le personnage semble surgir de la lumière. Il n'est pas enfermé dans un contour. Il émerge du fond d'or.

Cette impression provient de la manière dont les mosaïstes ont organisé les orientations des tesselles. Le fond n'est pas un simple décor. Il devient une véritable lumière.

Analyse iconographique

Le fragment montre saint Marc  en buste. Son visage est celui d'un apôtre inspiré. La barbe, ample et soigneusement modelée, est déjà un véritable chef-d'œuvre de construction graphique.

Les yeux ont une remarquable intensité, accentuée par le cerne sombre de la paupière inférieure.

La main droite, conservée, exécute le geste traditionnel de bénédiction, deux doigts étendus tandis que les autres sont repliés. Ce geste liturgique identifie immédiatement l'action miraculeuse de saint Marc. La perte du reste de la scène empêche de voir le lépreux, mais le geste suffit à évoquer sa présence, et d'évoquer sa guérison.

Il porte un  grand manteau blanc et beige jeté sur l'épaule sur une tunique bleue barrée par une bande d'or sous l'épaule.

 

Analyse des matériaux

Le fond d'or

 On y observe plusieurs nuances. Certaines tesselles sont franchement dorées. D'autres prennent des reflets verts. D'autres encore deviennent brun miel.

Ce phénomène ne traduit pas seulement le vieillissement. Il résulte surtout de l'orientation volontaire des cubes. Chaque tesselle constitue un minuscule miroir.

Autour de la tête, les tesselles ne sont pas disposées au hasard : elles rayonnent, elles accompagnent le contour du visage.

Même si la majorité de l'auréole au cercle délimité par le trait rouge est perdu,  la lumière forme une aura lumineuse autour du visage, par  une technique très raffinée. Le mosaïste compose littéralement avec la lumière. 

Les carnations

Les chairs sont d'une subtilité remarquable.

On distingue  un blanc ivoire, un rose très pâle, un beige rosé, un brun clair, le rouge brun pour les paupières. Le contour du nez et les lèvres sont tracées par des tesselles rouges.

Le visage est construit par juxtaposition de minuscules transitions. Il ne s'agit jamais d'aplats. La chair est un véritable dégradé minéral.

MSM-002a. Saint Marc guérissant un lépreux (détail). Cliché lavieb-aile 2026.
La barbe

C'est probablement la partie la plus admirable.

Elle utilise le blanc ; le gris clair ; le gris bleuté ; le bleu très pâle ; et quelques noirs. Le résultat produit une vibration extraordinaire.  Les tesselles ne sont pas posées horizontalement, elles tournent, elles s'enroulent, elles décrivent des ondes concentriques soulignées par les coutours noirs.

On retrouve ici une technique héritée directement des grands ateliers constantinopolitains. Le mosaïste ne dessine pas la barbe : il la fait naître de la direction des tesselles. Chaque rang suit le mouvement naturel des mèches. La barbe est moins représentée que "construite" par l'orientation même de la matière. Cette maîtrise du sens de pose constiturait l'un des critères qui distinguent les grands ateliers byzantins.

La tunique bleue

La gamme des couleurs est là-encore très belle, avec un bleu gris, un bleu ardoise, un bleu légèrement violacé, et un bleu presque noir.

Les mosaïstes évitent soigneusement toute uniformité. Chaque nuance participe au modelé, et le vêtement semble respirer.

Si j'observe mon cliché, je remarque que les tesselles de la tunique présentent une gamme de bleus plus étendue que ne le suggèrent les reproductions publiées ; plusieurs cubes semblent légèrement inclinés vers la gauche afin d'accroître les effets de réflexion.

Les traits de contours

Ils constituent l'ossature du dessin. Ils sont réalisés avec un verre très sombre, probablement coloré par le manganèse. Mais lorsque ce trait traverse le fond d'or, il est fait de tesseles rouges. Nous retrouverons cette caractéristique dans les autres fragments  de notre Catalogue.

On peut penser que ces lignes n'enferment pas les formes, mais qu'ellles les rythment.

Les tesselles

On remarque immédiatement plusieurs catégories. Le fond utilise des cubes relativement réguliers. Le visage emploie des cubes beaucoup plus petits. La barbe devient presque une micro-mosaïque. Le mosaïste adapte donc constamment la taille des tesselles à la difficulté du motif. C'est l'une des marques des grands ateliers.

 

Les pierres naturelles

Comme dans MSM-001, la mosaïque n'est pas exclusivement composée de verre. Quelques tesselles calcaires apparaissent dans les carnations, et leur matité équilibre les surfaces vitrées.

Cette alternance donne au visage une présence étonnamment vivante.

Ce que voit le géologue

Le géologue distingue immédiatement deux mondes. Les cubes dorés proviennent d'une matière entièrement artificielle. Les tesselles calcaires sont extraites de carrières bien réelles. La mosaïque est donc une rencontre entre la géologie et la chimie.

Chaque visage associe une roche vieille de dizaines de millions d'années et un verre fabriqué quelques semaines avant la pose.

Ce que voit le mosaïste

Le mosaïste admire surtout la pose. Regardez la barbe : les rangées de tesselles suivent exactement le mouvement des boucles. Les cheveux ne sont pas dessinés. Ils sont construits par l'orientation même des cubes, et la matière devient le dessin. C'est probablement l'une des plus belles leçons techniques que donne ce fragment.

Ce que voit l'historien de l'art

Il reconnaît immédiatement l'évolution du style. Le visage n'est plus entièrement hiératique. Les joues prennent du volume. Le cou tourne légèrement. La barbe se déploie avec naturel. Nous approchons progressivement de ce que l'on appellera bientôt le « style vénitien », sans rompre encore avec la tradition byzantine.

Ce que voit le restaurateur

Le restaurateur s'intéresse d'abord aux limites du fragment. Le pourtour n'est pas un contour ancien : c'est une fracture. Les tesselles s'arrêtent brutalement là où la dépose a séparé le fragment du reste du décor. Le support moderne, uniforme et neutre, met volontairement cette irrégularité en évidence afin que le visiteur distingue sans ambiguïté l'œuvre médiévale des compléments contemporains.

Une réflexion esthétique

Ne pouvons-nous pas penser qu'il ne s'agit pas d'un portrait ni même  non plus d'une illustration? Ne pouvons-nous pas voir ici une surface qui produit de la lumière ?

Un tableau absorbe une partie de la lumière qui l'éclaire. Une mosaïque d'or, au contraire, la renvoie, la diffracte, la fragmente. Ainsi, l'image change lorsque le spectateur se déplace. Il n'existe donc pas une seule vision de saint Marc, mais une infinité de visions successives, dépendantes de l'heure, de la saison, de la flamme des cierges ou du soleil entrant dans la basilique. La mosaïque est un art du temps autant que de l'espace.

Le geste du mosaïste

 

Le maître a commencé par le regard. Les yeux sont les tesselles les plus précises du visage. Puis il a construit les pommettes, la barbe, enfin les draperies. Le fond d'or n'est venu qu'en dernier, comme un ciel que l'on ferme autour de la figure. Ainsi, en suivant les joints et l'orientation des cubes, le visiteur peut presque reconstituer l'ordre du travail exécuté il y a huit siècles.

 

Biographie de l'œuvre (proposition)

—Datation : premier atelier du XIIᵉ siècle (selon le Museo di San Marco).  Quelle proportion de tesselles est encore d'origine ?

—XIIIᵉ–XIVᵉ siècle : restauration locale.

—après l'incendie : reprises ponctuelles.

—XIXe siècle: dépose et remplacement par la Compagnie Venezia-Murano vers l'année 1879.

—1955 : découverte du fragment.

    Conservation actuelle : Museo di San Marco. 

Discussion sur la datation

a) Les arguments en faveur d'une datation au début du XIIᵉ siècle sont  letraitement encore très byzantin du visage ; la barbe construite en spirales régulières ;les tesselles fines dans les carnations ; le hiératisme de la figure ;les analogies avec les premières campagnes décoratives de Saint-Marc.

b) Leséléments pouvant évoquer une date plus tardive sont la souplesse plus grande des draperies ; la recherche plus sensible du volume ; la palette bleu-gris plus riche.

En l'absence d'étude archéométrique spécifique et conformément à la datation retenue par le Museo di San Marco, il est préférable de conserver l'attribution au premier atelier du XIIᵉ siècle. Tout avis complémentaire sera le bienvenu.

Article réalisé à partir des cartels du Musée de la basilique Saint-Marc et en collaboration avec l'IA chatgpt.

 

SOURCES ET LIENS.

La littérature spécialisée montre que les mosaïques de Saint-Marc sont constituées majoritairement de tesselles de verre coloré et de verre à feuille d'or, auxquelles s'ajoutent des tesselles en pierres naturelles utilisées pour certaines carnations, les architectures, les sols ou des effets chromatiques. Les pierres mentionnées comprennent notamment le marbre blanc, le marbre noir, les calcaires, parfois le  porphyre, la serpentine et d'autres roches décoratives selon les campagnes de mosaïque.

Il est toutefois difficile d'attribuer une provenance géologique précise à chaque pierre sans s'appuyer sur des études pétrographiques ou archéométriques spécifiques ; les ouvrages de Demus décrivent surtout les techniques et l'histoire artistique, tandis que les analyses de Dal Bianco et Russo concernent principalement les tesselles de verre.

Seules ont été consultées les publications disponibles en ligne.

— BERGMEIER (Armin)  The Production of ex novo Spolia and the Creation of History in Thirteenth-Century Venice

https://www.academia.edu/47146937/The_Production_of_ex_novo_Spolia_and_the_Creation_of_History_in_Thirteenth_Century_Venice

— BETTINI (Sergio) 1944, Mosaici Antichi di San Marco a Venezia

—DAL BIANCO (Barbara), 2012, Elena Paz Rebollo San Miguel, "Basilica of San Marco (Venice, Italy/Byzantine period): Nondestructive investigation on the glass Mosaic Tesserae. ", J. Non-Cryst. Solids 358 (2012) 368–378. Pdf en ligne

Étude scientifique fondée sur des analyses non destructives des tesselles de verre. Très utile pour distinguer les tesselles de verre des tesselles en pierre naturelle et pour caractériser leur composition.

https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0022309311006272

— DEMUS (Otto), 1988, The Mosaics of San Marco in Venice (4 volumes), The Mosaic Decoration of San Marco Venice (Chicago: University of Chicago Press, Ed. Herbert

C'est l'ouvrage de référence sur les mosaïques de Saint-Marc. Il traite de la chronologie, de l'iconographie, des techniques d'exécution et des matériaux employés.

https://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1993_num_36_141_2558_t1_0084_0000_1

— DEMUS (Otto), 1960, The Church of San Marco in Venice: History, Architecture, Sculpture (Washington: Dumbarton Oaks Research Library and Collection, 1960) OCLC 848981462

  Il donne le contexte architectural et artistique de la basilique et aborde les revêtements de marbre et les mosaïques.

https://books.google.fr/books/about/The_Church_of_San_Marco_in_Venice.html?id=5GiG9-KgdbYC&redir_esc=y

— DEMUS (Otto), 1988, The Mosaic Decoration of San Marco, Venice.

Synthèse des recherches de Demus sur le décor de Saint-Marc.

https://archive.org/details/mosaicdecoration0000demu

https://www.persee.fr/doc/ccmed_0007-9731_1993_num_36_141_2558_t1_0084_0000_1

— LAZZARINI (Lorenzo), 1997 'Le pietre e i marmi colorati della basilica di San Marco a Venezia', in Renato Polacco, ed., Storia dell'arte marciana: l'architettura, Atti del Convegno internazionale di studi, Venezia 11–14 ottobre 1994 (Venezia: Marsilio, 1997), pp. 309–328 En ligne

https://www.academia.edu/6979376/I_marmi_e_le_pietre_del_pavimento_marciano_Lorenzo_Lazzarini

— LAZZARINI (Lorenzo), 2025,  Myriam Pilutti Namer, Luigi Sperti, Ancient Marbles and Stones in Venice. Architecture, Sculpture, Reuse from Antiquity to the Baroque (2025). pdf en ligne

C'est aujourd'hui la meilleure synthèse sur les pierres antiques de Venise, avec une large section consacrée à San Marco.

https://www.istitutoveneto.it/wp-content/uploads/2026/02/ancient-marbles-and-stones-in-venice-architecture-sculpture-reuse-from-antiquity-to-the-baroque-revised-edition.pdf

—SACCARDO (Pietro), 1896, Les mosaïques de Saint-Marc à Venise, Venise, Fred. Ongania

https://archive.org/details/lesmosaiquesdesa00sacc

— VIO (Ettore), 2001, Lo splendore di san Marco (Rimini: Idea, 2001).

Pendant 35 ans, Ettore Vio fut proto de la basilique Saint-Marc , responsable de sa conservation.

—VIO (Ettore), 2001 La basilique Saint-Marc de Venise. Texte imprimé / sous la dir. de Vio Ettore,  Edité par Citadelles & Mazenod. Paris - 2001

—VIO (Ettore), 1999, Scienza e tecnica del restauro della Basilica di San Marco : atti del convegno internazionale di studi, Venezia, 16-19 maggio 1995 — 2 v. (1058 p.) : ill. (some col.), plans ; 24 cm.

—ZULIANI (Fulvio), 1969 I marmi di San Marco. Uno studio ed un catalogo della scultura ornamentale marciana fino all'XI secolo .

Toujours indispensable pour le corpus des sculptures et des remplois.

https://www.academia.edu/65045121/I_marmi_di_San_Marco_Uno_studio_ed_un_catalogo_della_scultura_ornamentale_marciana_fino_al_XI_secolo

 

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Published by jean-yves cordier - dans San Marco, Venise

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