: P. frutetorum (Fabricius, 1775) : 13 départements avec observation (dont le Finistère)
L' Aurore de la Cardamine Anthocaris cardamines (Linnaeus, 1758) devance l'hirondelle pour annoncer le printemps, mais il le célèbre avec tant de fougue, tant d'activité brouillonne que j'avais renoncé à le photographier jusqu'à ce que, à la bonne aubaine d'une promenade de fin de journée, je surprenne mon bonhomme posé sur une fleur, méditatif, comme endormi ou frappé enfin par un coup de blues après ce déchaînement ostentatoire de ce qui n'était, au fond, qu'une recherche de partenaire. Et serait-il le premier qui, après avoir multiplié les rendez-vous et les petites annonces, soigné son style, épuisé ses forfaits téléphoniques, avalé les couleuvres, pris et repris des râteaux, avoir offert des bonbons à Mademoiselle Germaine, avoir cueilli du lilas pour Madeleine, avoir offert une bicyclette à Marinette, avoir rêvé des Argentines félineset des Espagnoles qui passent toutes à la casserole, serait-il le premier, hein, à chanter le Knotte-le-Zoute tango avant de rentre chez lui, le coeur en déroute, et les genitalia sous le bras?
J'ai longtemps penser qu' Aurore de la Cardamine était une aristocrate, fine cousine -par exemple-de Charles-Marie de la Condamine qui inventa la quinine ( en 1745) en rêvant de découvrir les Amazones au sein nu. Mais ces papillons, ces piérides qui me narguent en agitant leurs ailes vanille-orange sont tous des mâles, et leurs compagnes, la Sylphide de leurs rêves sont d' anémiques émules de Lasthènie de Ferjol frappées de chlorose et protégeant leurs ailes pâles sous l'auvent de quelques feuillages jamais assez épais : en un mot, les femelles d'anthocaris ont le verso de leur ailes aussi blanc que les autres piérides qui se contentent de se nommer piéride du chou ou du navet. Elles s'en plaignent assez, mais d'une voix éteinte,d'être confondues avec ces marchandes de légumes.
Ce cliché est pris avec mon Canon et son objectif macro 100mm:
Voici maintenant le cliché obtenu avec mon APN Coolpix P6000 sur mode Macro:
Et voici un cliché ou Monsieur laisse entrevoir sa célèbre couleur Aurore (je rappelle que l'aurore est une couleur orangée) de son verso à travers son recto...
Même si cette couleur est un symbole lié à l'énergie solaire et au feu purificateur, c'est surtout un signal de danger très efficace, et c'est sans-doute afin de détourner les oiseaux des dangers de leur consommation -danger bien réel de leur point de vue- que les mâles, qui s'exposent à tous les risques avec abnégation et audace affichent cette orpiment sur leur casaque.
Les femelles d'Aurores déposent les oeufs sur les plants de crucifères : la cardamine bien-sûr, mais aussi l' alliaire officinale et la moutarde sauvage sinapis arviensis, toute plante qui permette à la larve d'accumuler des huiles de moutarde. L'affaire est d'ailleurs compliquée, car les glucosinates de ces plantes sont justement leur propre moyen de se protéger des insectes qui, en les croquant, déclenchent la fabrication d'isocyanates toxiques (exactement comme lorsque nous épluchons des oignons, cassant les cellules et réunissant un précurseur, le 1-propenyl-L-cystéine-sulfoxyl avec un facteur spécial qui provoque la formation de propanethial-S-oxyde qui nous fait pleurer). Comment les chenilles résistent-elles aux isocyanates? Font-ils comme la Piéride de la rave, qui détourne l'hydrolyse des glucosinates de la voie des thiocyanates vers celle des nitryl moins toxiques? Stockent-ils, comme le puceron du chou, les composés toxiques dans quelque hémolymphe ?
Si le papillon dispose d'une face destinée à servir d'épouvantail, sa face postèrieure veinée de vert comme une feuille lui sert au contraire de camouflage. D'ailleurs, cette couleur verte est une illusion créé par une association subtile d'écailles jaunes et d'autres noires, et par le miroitement de la lumière. Ceci explique que mes photographies, au lieu de reproduire fidèlement cette illusion, me donnent à voir ces réseaux noirs et jaunes plus disgracieux, mais peut-être plus proche de la 'réalité".
Le Crocothemis écarlate, Crocothemis erythraea (Brullé, 1832) n'est pas d'observation rare. Alors qu'il se cantonnait aux pays chauds, il apparut dans la fin de années 1970 au sud de l' Allemagne et atteint le nord du Danemark en 2008.
cliché de juin 2010
• Le genre Crocothemisa été décrit par Friedrich Moritz Brauer (1832-1904) en 1868, mais cet entomologiste autrichien qui fut le directeur du Muséum d'Histoire Naturelle de Vienne exerça plutôt ses compétences dans l'ordre des Neuroptères et des diptères que dans celui des Odonates. L' étymologie associe l'adjectif grec krokos, "safran, orange" et un terme grec themisqui ne désigne pas comme je l'avais suggéré la déesse Thémis, l'une des Titanides et l'épouse de Zeus ( c'eût été trop beau ) mais qui signifie "règle, coutume". C'est l'entomologiste allemand H.A.Hagen (1817-1893) qui l' utilisa comme terminaison de diverses espèces (Brachythemis,Celithemis, Neurothemis, sans se justifier. On suivit son usage, et les Perithemis, Paltothemis, Orthemis,Urothemis, Phyllothemis, Rhodothemis, Rhyothemis,Trithemis, Tetrathemis, Nesciothemis, Gynothemis, Macrothemis, Antidythemis, Aethiothemisvinrent fleurir l'odonatonymie des Libellulidae.
• Le genre crocothemis compte dix espèces, dont Crocothemis erythraea, qui tire son nom du grec erythros,"rouge". La couleur du mâle est en effet si visible que c'est elle qui sert à désigner l'espèce, tant pour le nom scientifique que pour les noms vernaculaires de Crocothemis écarlate, Scarlet Darter, Broad Scarlet.
C'est Gaspard Auguste Brullè(1809-1873) qui la décrivit après l'avoir observé en Grèce lors de l'expédition de Morée.
Cette expédition fut menée par la France de 1828 à 1833 dans le Péloponnèse, la péninsule grecque que l'on nommait alors la Morée pour rappeler sans-doute que les Francs avec Villehardouin y avaient fondé une principauté...en 1248. Après que la flotte franco-russe ait gagné la bataille de Navarrin pour soutenir l'indépendance de la Grèce contre l'empire ottoman et son allié égyptien Ibrahim Pacha, des forces militaires débarquèrent à Coron au sud pour s'assurer de l'évacuation des forces égyptiennes, et s'emparer des places fortes tenues par les turcs. Comme lors de l'expédition de Bonaparte en Egypte, cela fut l'occasion d' y associer une mission scientifique chargée d'un inventaire architectural, archéologique, géologique, et naturaliste de la région.
Cette mission débarqua le 3 mars 1829 à Navarrin. Elle était dirigée par Bory de Saint-Vincent (1778-1846), un naturaliste et officier qui avait à son actif sa participation à l'expédition du capitaine Baudin sur Le Naturaliste en 1800-1804 comme zoologiste.
Un jeune entomologiste de vingt ans avait obtenu , grâce au soutien de Georges Cuvier, de participer à cette grande oeuvre : Gaspard Auguste Brullè (1809-1873) . C'est lui qui décrivit sous le nom de Libellula erythraea, notre crocothemis écarlate, de même qu'il décrivit les sous-espèces Calopteryx virgo festiva et platycnemis pennipes nitidula, dans le Tome 3, Partie 1 (Zoologie), section 2 (des animaux articulés) de Expédition scientifique de Morée. Section des sciences Physiques (sous la direction de M. Bory de Saint Vincent).Levrault, Strasbourg (et Paris) 1832 : 102.
Outre un ordre, celui des Isoptera (regroupant les termites), Il y décrit aussi des genres et de très nombreuses espèces nouvelles, dont, entre autres, les suivantes :
-une tenebrionidae, Tentyria rotundata.
-un genre de tenebrionidae,Opatroides, et l'espèce O. punctulatus,
- une sous-espèce de scarabée : Tropinota squalida ssp. pilosa,
- des scarabées,Onthophagus (Palaeonthophagus) ruficapillus Brullé, 1832 et Onthophagus (Palaeonthophagus) suturellus Brullé, 1832
- Cerambyx velutinus, Vadonia bisignata parmi les Cerambycidae,
-un hémiptère, Miridae, Dionconotus cruentatus Brulle, 1832
-un ciccadellidae, Eusclelis lineolatus,
-des orthoptères:
_Arcyptera labiata,
_ Drymadusa dorsalis,
_ Omocestus (dreuxius) minutissimus,
_ Omocestus minutus,
_sous-espèces Acrometopa servillea servillea
Chorthippus parallelus tenuis,
_ synonymes Podisma dimidiata
Podisma tibialis
- une arachnide, Alopecosa albofasciata
- deux scorpions, Lurus dufoureius, et Mesobuthus gibbosus
- des hymènoptères, Lasioglossum pauperatum, Lasioglossum marginatum, Andrena fulvitarsis, Andrena morio,et dans les Eumenidae Tropidodynerus interruptus
- un Ascalaphe (Neuroptère) Libelloides lacteus, sous le protonyme Ascalaphus lacteus.
- une mante (Mantodea) Empusa fasciata,
- un genre de cerambycidae, Morimus (et non morinus)
- des coleoptères Un stenopterini : Callimoxys gracilis et un Elateridae, Dicronychus
- des annelidés amphinominae Hermodices savignyi
-des lamiinae, Oxylia duponchelii et Helladia flavescens .
En 1833, il devient aide-naturaliste auprès de la chaire des crustacés, des arachnides et des insectes dirigée par Victor Audouin(1797-1841).
En 1838, il devient titulaire de la chaire d'Anatomie comparée et de zoologie de l'université de Dijon.
C'est l'auteur des ouvrages suivants(non exaustif):
Brullé, Animaux articulés des îles Canaries, 1838
Audouin et Brullé, Histoire naturelle des Insectes, 1835.
In d'Orbigny : Voyage dans l'Amèrique méridionales 6 (2), 1843
in Webb P.B. & Berthelot, Histoire naturelle des Iles Canaries. 2(2), 1840 : Brullé : Orthoptera
De nombreux naturalistes l'ont honoré en nommant "brullei" les espèces qu'ils découvraient, et je citerais dans le désordre :
Tettigetta brullei (Fieber, 1876), une cigale pygmée,
Crepidodera brullei,
Thorectes brullei Jekel, 1865 : geotrupidae
Necrophories brullei, un Silphydae,
Bembidion brullei Gemminger & Harold, 1868,
Scymnies brullei Mulsant, 1850 : une punaise,
Camptorrhinus brullei Boheman, 1837,
Colobotheini Colobothea brullei Gaham, 1889,
Perga brullei Westwood, 1880,
Tanusia brullei,
Priophorus brullei (Dahlbom), une tenthrède,
Chloracris brullei Pictet & Saussure, 1892, dans Iconographie de quelques sauterelles vertes,
etc...
Observée le 15 mai à l' Aber à Crozon, cette femelle de Grillon champêtre Gryllus campestris Linnaeus, 1758 me permet de découvrir cet orthoptère : sa tête en casque noir, ses deux sortes d'antennes à l'arrière qui sont les cerques (du grec kerkos, "queue"), et le long oviscapte (de ovum, "oeuf", et captare, "conduire") qui comme son nom l'indique servira à cette future mère pour pondre ses oeufs dans le sol.
J'espère que vous ne remarquerez pas qu'il lui manque, après je ne sais quel combat, la patte postérieure droite.
Je jure que ce n'est pas après les luttes épuisantes destinées à prendre en photo cet animal jamais immobile, mais qui au contraire fuit à toute allure après avoir été capturé, en courant sans me faire de démonstration de saut, ce qu'il sait pourtant faire, ni utiliser ses ailes pour s'envoler, ce dont tout grillon est incapable.
Seule, la jambe de mon pantalon a su l'intimider suffisamment pour prendre ces clichés.
La perte de sa patte postérieure ne la rend pas sourde au chant du mâle, mais si elle avait perdu ses pattes antérieures, ce grillon cul-de-jatte serait sourd par surcroit, car les tympans se trouvent sur la face externe des tibias des pattes-avant (on distingue cette plaque ovale sur le deuxiéme cliché, juste au dessous du "genou").
Si le style du bon français entomologique vous fait, comme moi, frissonner d'aise, suivez-moi dans la lecture de T. deTigny (Histoire naturelle des insectes, 1802) :
Ses antennes sont à-peu-près de la longueur du corps. La tête est grosse, noire, lisse et sans taches; le corselet est noir, arrondi, plus large que long. Les élytres sont obscures, d'un jaune grisâtre à leur base, presqu'aussi longues que l'abdomen. Les ailes sont plus courtes que les élytres, l'abdomen est terminés par deux filets sétacés, garnis de poils fins et longs. Les pattes sont noires, les cuisses postérieures sont renflées, elles ont une grande tache d'un rouge sanguin, qui s'étend depuis la base jusque vers le milieu ; les jambes de ces pattes sont armées de deux rangées d'épines très-fortes. Les autres ont deux ou trois épines près des tarses. La tarière de la femelle est noire, plus longue que les filets.
Le mot français "grillon" est un croisement tardif entre grillet et gresillon, et pour Gilles Ménage en 1676," les Poitevins disent un grelet, les angevins un gresillon et les Normands un criet , il faut dire un grillon avec les Parisiens "
Tout cela évoque une onomatopée de base, proche du surnom de cri-cri qu'il reçoit encore, mais nos divers vocables viendraient du latin grillus, gryllus, "grillon", que nous retrouvons dans le nom scientifique.
On retrouve ce son de cri-cri dans le nom anglais de Field Cricket, et dans le nom allemand Feldgrille.
Si vous consultez la description princeps de Linné à la page 428 de la dixième édition du Systema naturae, 1, vous constatez que Caroli Linneai, "equitis De stella Polari " (je traduis : chevalier de l'Étoile Polaire), fait figurer le grillon champêtre parmi les Coléoptères, dans le groupe Gryllus subdivisé en Mantis, Acrida, Bulla, et Acheta"cauda setis duabus" où trouve place avec le n°21 notre cri-cri. Toujours dans le groupe Gryllus, les Tettigonia et les Locusta suivent les Acheta.
Chopard le décrit sous le nom d'Acheta campestris. (L.Chopard, Faune de France, tome 3, Orthoptères et Dermaptères, Paris chez Paul. Lechevallier, 1922).
Le Gazè Aporia crataegi reste toujours très présent sur la Presqu'île de Crozon en cette fin du mois de mai, et on voit ces éventails de papier aux élégantes dècorations à l'encre de chine sur les fleurs des prairies :
Le papillon, fleur sans tige,
Qui voltige,
Que l'on cueille en un réseau ;
Dans la nature infinie,
Harmonie
Entre la plante et l'oiseau !...
Comme un éventail de soie,
Il déploie
Son manteau semé d'argent ;
Et sa robe bigarrée
Est dorée
D'un or verdâtre et changeant.
Gérard de Nerval, Odelettes.
D'où lui vient cette transparence ? Selon le site UK Butterflies, les femelles frottent leurs ailes entre elles ce qui leur fait perdre beaucoup d'écailles, et les rend plus translucides que les mâles. Mais les anglais ne voient plus guère de Gazè chez eux depuis 1925, pour une raison mal élucidée.
Une chose est certaine : ces gazes, ces voilages, cette blancheur virginale, un grand mariage se prépare ou je ne m'y connais pas ! D'ailleurs j'observe certains préparatifs, certains duos, voilà que l'on lutine parmi le trèfle et la centaurée , et cela tiendra lieu de publication de bans.
Et puis, annoncé par un grand bandeau ponceau comme une bouteille de Mumm Cordon Rouge, il arrive, le grand mariage en blanc :
Chers époux de Mai, que vous offrirais-je en épithalame ? reprendrais-je à Voltaire son poème ?
Vos désirs satisfaits doivent toujours renaître,
Brûlez toujours des mêmes feux ;
Que le droit de vous rendre heureux
N’ôte rien au plaisir de l’être .
Scandrais-je autour du couple la formule de l'Ancienne Grèce :
O Hymen, O Hyménée !
M'adresserais-je au jeune époux tel Catulle en déclamant :
" Toi qui comme Phoébé déploie l'arc immaculé de ta course dans l'azur, toi qui t'enivre de l'incomparable gloire que te procure la jeunesse, prépare ton coeur à la félicité. Et vous qui tournez les fils que suivent les destins, courez, courez, fuseaux !
Toi qui exerce ton monopole sur les calices et les corolles, écoute, en ce beau jour, l'infaillible oracle que je prononce : voici que vient Eros, astre propice conduisant ta jeune épouse ; elle passe ses bras lisses sous ton cou robuste et se prépare près de toi aux langueurs du sommeil.
Vous qui tournez les fils, courez, courez, fuseaux !
Jamais demeure ne couvrit de telles amours, jamais amour n'enchaîna deux amants par des noeuds aussi beaux que ceux qui unissent maintenant les coeurs de ces deux éventails. Vous qui tournez les fils, courez, courez, fuseaux.
De vous naîtront des fils qui seront les lumières du printemps, les hèros admirés des prairies aux mille fleurs, les flammes radieuses du matin.
Vous qui tournez les fils, courez, courez, fuseaux.
Allez-donc, formez ces noeuds d'amour si désirés. Qu'une heureuse alliance unisse l'époux à la belle marièe ; que l'épouse s'abandonne enfin aux impatients désirs de son mari. Vous qui tournez les fils, courez, courez, fuseaux.
Demain, au lever de l'aurore, sa nourrice en la revoyant ne pourra plus lui ceindre le cou du même fil que la veille. Vous qui tournez les fils, courez, courez, fuseaux.
Jamais ta mère anxieuse n'aura la douleur de voir sa fille, exilée par la discorde du lit nuptial, lui ravir le si doux espoir d'avoir des petits fils bien-aimés. Vous qui tournez les fils, courez, courez, fuseaux».
Non, je laisserai la paix à ces deux coeurs charmants. Je me retirerai sans troubler leurs bonheurs, ému du beau spectacle de leurs noces, et tout irradié de leur félicité.
Suite de :Le nid de polistes (nimpha).
Cette fois-ci, je découvre un autre nid de ces guêpes papetières qui construisent leur nid de papier sur un arbuste. Mais cette fois-ci, il y du monde, toute une équipe d'ouvrières en train de nourrir les larves, larves que je peux désormais observer dans leurs petites couchettes (dans mon bateau, une bannette comme celles-là, on la nomme "la couchette cercueil").
Je crois que j'ai encore affaire à la Polistes nimpha (Christ, 1791) si je suis les explications données par aramel.fr : http://aramel.free.fr/INSECTES14ter-20.shtml, le dessus des antennes est noir, les joues sont jaunes, le clypeus est barré d'une marque noire.
Mais qui est ce Christ qui fait ici une apparition? Un jardinier. Un pasteur. Et, bien-sûr, un naturaliste, spécialiste des hyménoptères, Johann Ludwig Christ (1739-1813), l'auteur de Naturgeschischte, Klassification und Nomenclatur der Insekten von Bienen, Wespen und Ameisengeschlecht (Histoire naturelle des abeilles, guêpes et fourmis) avec 60 planches coloriées formant plusieurs cahiers, 1 volume in 4. Franckfurt am Main, 1791.
Pour le reste, les images parlent d'elles mêmes :
Lors d'une balade, je remarque un individu suspect : déguisé en bourdon, il ne bourdonne pas, mais reste posé sur une feuille. A tout hasard, je le prends en photo, et c'est l'occasion une fois rentré de découvrir les diptères aux allures de bourdon de la famille des Syrphes.
Trois espèces sont signalées : chacune se distingue des deux autres par les moeurs de leurs larves, saprophages, ou phytophages, ou encore commensales :
• l'eristale brouillée Eristalis intricata (Linnaeus, 1758) qui se distingue par la nervation alaire propre aux éristales avec le "V de la médiane", une incurvation en V ou en U d'une des nervures. Ses pattes sont noires marquées de blanc sur la moitiè antérieure des tibias ; son front est roux. elle meure 11 à 15 mm.
Sa larve est saprophage, façon élégante de dire qu'elle se nourrit des matières organiques des eaux souillées.
• Merodon equestris (Fabricius, 1794) ou Syrphe des narcisses a les pattes noires ; ses fémurs postérieurs sont épaissis. Sa face est couverte d'une pilosité blanche. Elle mesure 15 à 17 mm.
Sa larve est phytophage, elle se nourrit des bulbes des fleurs de la famille des liliacées.
• La Volucelle-Bourdon, Volucella bombylans (Linnaeus, 1758) montre une nervation alaire propre aux volucelles. elle mesure 11 à 15 mm. Sa pilosité est abondante sauf au niveau de la partie dorsale du thorax ; se antennes sont plumeuses. Elle a pris le costume du Bourdon terrestre, Bombyx terrestris.
Sa larve est commensale du nid souterrain des bourdons, où elle a éclos : elle se nourrit des déchets et des cadavres, ou plus rarement du couvain.
Je suggère l'étymologie issue du latin volucer, " ailé" (mais aussi rapide, vif ), un adjectif peu discriminant chez les diptères. Volucris parvula, c'est la p'tite chose ailée, le moucheron. Je ferais de volucella un diminutif qui pourrait dire "la petite ailée".
Chez toutes les trois, les mâles ont les yeux rapprochés , et les femelles les yeux écartés et plus petits.
Leur mimétisme peut être un mimétisme dissuasif à l'égard des oiseaux et autres prédateurs qui mangent les mouches et évitent les bourdons ; ou bien, pour la volucelle, ce peut être un mimétisme stratégique pour atteindre les nids de bourdons sans se faire repérer comme espèce étrangère.
Laquelle des trois ai-je photographiée ? Mon cliché est trop médiocre, mais les antennes me semblent plumeuses; je me contente de parier pour la volucelle au nom chantant.
J'avais observé les chenilles des zygènes, puis le moment où elles se transformaient en chrysalides en construisant leur étui de papier-maïs : un rappel par deux images :

... et deux liens :Les Zygènes : premières chenilles, premières chrysalides.
; Noces chez les Zygènes de la filipendule : usurpation.
Depuis une semaine, les chrysalides sont sorties de leur diapause, et les jeunes zygènes ont émergé, laissant derrière elles l'habit noir-goudron pour endosser une superbe tenue à pois.
Crozon, l'Aber, 17 mai 2011
Mais alors qu' il vient juste d'émerger, ce mâle tient encore ses ailes verticalement, laissant voir le verso d'un beau carmin. ( Avec cet adjectif, nous restons dans l'entomologie puisqu'il vient de l'arabe kirmiz, "cochenille", cette couleur étant fabriquée à partir de ces insectes)
Plus tard, il ira compter fleurette aux demoiselles, ce qui nous permettra de compter les points : pour identifier les zygènes, c'est très important de savoir compter les points. Cinq, c'est Zygaena trifolii,même si ses taches sont souvent confluentes. Six, c'est Zygaena filipendula, moins courante en Bretagne, et plus tardive.
J'avais donné comme étymologie du nom zygène le grec zugos, le joug, mais le CNRTL (Trésor de la langue française ) après m'avoir appris que les zygènes étaient les seuls insectes à survivre dans "le flacon de cyanure traditionnel des entomologistes" en raison de l'imprégnation de leur tissus par l'acide cyanhydrique, due elle-même au liquide qu'elles sécrètent par la base de leur trompe et qui est hautement toxique, signale que le nom zygène est d'abord utilisé en ichtyologie pour désigner le requin marteau, depuis 1572. Les grecs puis les latins n'utilisaient le mot (zugaina ou zygaena) que pour désigner ce "poisson", et ce n'est que par analogie que Fabricius créa en 1775 le terme entomologique zygaena , repris en français par Cuvier dans son Histoire Naturelle de 1798 sous la forme zygène.
Crozon, Aber, 17 05 11: Zygaena trifolii.
Il convient de ne pas les confondre avec l'Ecaille du sénéçon, la Goutte-de-sang, ou... Carmin, Tyria jacobaeae (Linnaeus, 1758).
Crozon, dunes de Goulien, 17 mai 2011
L'écaille du séneçon, comme son nom l'indique, et comme l'indique aussi Linné dans sa description de 1758 (Habitat in Jacobaea senecionis) pond ses oeufs sur le sénéçon de Jacobée, où on peut découvrir (ici le 28 mai) ses chenilles "pilosa, albo (sic) luteoque annulata ", velue, avec des anneaux noirs et jaunes :
L'étymologie du nom scientifique est simple pour l'épithète spécifique jacobaea.
Pour expliquer le nom de genre, relisons l' Histoire Naturelle de Pline l'Ancien, ou tout du moins cet extrait : " La pourpre la plus estimée est, en Asie, celle de Tyr. " Le nom Tyra est une tournure à la grecque pour dire "Tyrien, venant de Tyr", rendant hommage à la superbe cape pourpre de ce papillon. Dans l'antiquité, le Pourpre de Tyr était un privilège de l'élite car la couleur qui avait fait la richesse de la cité phénicienne atteignait des prix exorbitants, mais partiellement justifiés par son origine. En effet, la teinture était fabriquée à partir d'un coquillage, un murex, Bolinus brandaris, et on dit qu'il fallait 12000 murex pour obtenir 1,5 gramme de pigment. Le port de vêtements teintés de pourpre était régi par des lois somptuaires.
Observée le 17 mai à l'Aber à Crozon, ce diptère m' a séduit par son élégance. Son identification, avec toutes les réserves habituelles de la part d'un néophyte, comme Ectophasia crassipennis (Fabricius, 1774) m'a permis de découvrir sur le site remarquable http://aramel.free.fr/INSECTES15-53.shtml la famille des Tachinides, et leurs moeurs.
Quelles sont ses caractéristiques ? Une taille de 8 à 9 mm, un abdomen velu (mais pas autant que la Tachina fera, d'ailleurs plus grande), abdomen qui est jaune-crème traversé par un triangle beige-orangé en pyramide centré par une marque longitudinale noire. Cet abdomen est encore remarquable par sa largeur et par son caractère aplati Les ailes sont très larges, et présentent une ou plusieurs marques noires ( mes photos sans flash n'ont pas de profondeur de champ). Les mâles auraient plusieurs marques et les femelles une seule.
Sur cette image de face, on voit les antennes et la soie nommée arista : chez les Tachinides, celle-ci n'est pas velue.
Ces Tachinaires sont une famille de plus de 4000 espèces (je peux faire le savant, grâce à A. Ramel !) dont la particularité est de se livrer à l'endoparasitisme des autres insectes, se débrouillant pour introduire leurs oeufs ou leurs larves à l'interieur des larves ou chenilles de tous les trucs en -ptère, les Orthoptères, les Hémiptères, les Lépidoptères, les Héminoptères ou les Coleoptères. Aussi a-t-on utilisé leurs compétences dans la lutte biologique contre les insectes "nuisibles". Certaines pondent des oeufs sur les végétaux, où ils seront ingérés par l'hôte, tandis que d'autres pondent les oeufs directement sur l'hôte : la larvule percera le tégument et consommera la chair de son cher hôte. Enfin les Tachinides vivipares donnent des larves très agiles à se dresser sur les sommités des plantes, et hop ! elles attrapent le malheureux hotelier involontaire pour s'inviter à sa table. ( ce qui me rappelle les larves des Méroés).
Parmi ces Tachinides, quatre sous-familles : les Dexiines, les Tachinines, les Exoristines, et les Phasiines. Ma jolie mouche appartient à cette dernière.
Le genre Ectophasia a été décrit par Townsend en 1912. Apprenons que Charles Henry Tylor Townsend (1863-1944) est un entomologiste et même un diptèrologiste (vous en réviez, je le crée) américain qui n'a pas écrit moins de 1000 articles, décrivant près de 3 000 nouvelles espèces et 1 491 nouveaux genres.
L'Ectophasia crassipennis a été décrite par Fabricius en 1794. On la connaît aussi sous le synonyme de Phasia crassipennis. Le mot latin crassus signifie épais, gros, gras, lourd : crassi-pennis signale donc un gros, gras et épais ... pennis ? non, je vous Taquine ! une grosse aile, du latin penna, ae,f, l'aile. Elle vole de mai à septembre, et surtout en août-septembre ; elle est fréquente dans les régions du Sud (méditerranée) mais rare au Nord.
Les victimes de son parasitisme sont les Punaises, ou Pentatomidae, mais on (tachinidae.org) signale aussi les Coreidae et les Lygaeidae.
Elle vole de fleur en fleur à la recherche de nectar, privilégiant les Asteracées et les Ombellifères.
24 mai : un autre exemple :
2 juin : encore une autre (je ne m'en lasse pas) :
Vous vous souvenez de ce conte d'Alphonse Daudet, Les Trois Messes Basses ? De cette nuit de Noël où le révérend dom Balaguère, chapelain gagé des sires de Trinquelage, est si pressé d'en arriver au réveillon à la fin des trois messes basses _car le jour de la Nativité tout officiant doit dire ses trois messes_ , et de pouvoir déguster les dindes truffées, les faisans, les huppes, les gelinottes, les coqs de bruyère, les anguilles, les carpes dorées, et les truites, si dévoré de gourmandise qu'il expédie les génuflexions, les oremus, les dominus vobis cumet le maniement des burettes avec une célérité accélérée par la sonnette infernale de Garrigou qui n'est autre que Satan déguisé en enfant de choeur ?
Alors vous vous souvenez aussi de l'étonnement de l'assistance, puis de sa confusion grandissante, et de ceux qui se lévent pendant que d'autres s'agenouillent, de ceux qui s' asseyent pendant que d'autres s'inclinent pour l'élévation, de ceux qui entendent dom Balaguère dire le Benedicite à la place du Kirié, de ceux qui battent leur coulpe alors que d'autres se signent le front et la poitrine, et vous revoyez Maître Arnoton, ses grandes lunettes d'acier sur le nez, chercher dans son
paroissien où diantre on peut bien en être.
Et pendant que Balaguère aiguilloné par Garrigou saute des versets, abrège l'épître,"effleure l'Évangile, passe devant le Credo sans entrer,saute le Pater, salue de loin la préface, et par bonds et par élans se précipite ainsi dans la damnation éternelle",...
... vous entendez comme si c'était hier la vieille marquise douairière qui s'est mise belle dans son brocart couleur de feu marmonner en agitant sa coiffe que : L'abbé va trop vite...on ne peut pas suivre!
Eh bien en ce mois de mai, je ne sais pas qui presse ainsi dame Nature, quel festin lui a été promis par Pomone lorsque toutes les couvées, tous les naissains, les fécondations polliniques auront été réalisées, quel orgie Pan, Bacchus et Dionysos ont annoncé lorsque tous les oeufs auront éclos, que tous les papillons auront été "in copula", que toutes les libellules auront émergées de leur exuvies, mais je peux vous dire qu' elle nous mène une sarabande endiablée, et que, quittant une "observation des craves à bec rouge" à Camaret pour gagner les vasiéres de l' Aulne où il faut "compter les Anatidés nicheurs" (en l'occurence les Tadornes accouplés et les mâles cantonnés), repèrant au passage une araignée-crabe avant de noter une chenille ou un papillon "pour l'Atlas de Jean David", partant à l'aube pour les toiles d'araignées ou les émergences, je rentre le soir pour chasser les hétérocères ( c'est les papillons de nuit, qu'il faut AUSSI saisir sur l'Atlas ), je lache mon guide des Orthoptères pour feuilleter celui des Lépidoptères, quitte les bouquins pour le Forum Bretagne Vivante, abandonne le Forum pour SERENA, reprend mon materiel photo mais j'oublie le filet à papillon, prend le filet mais entend chanter un oiseau qu'il faudrait identifier, je saisis la loupe vers un insecte quand on me signale qu'un rapace nous survole, vais à hue alors que ça s'agite à dia, et n'en pouvant plus de rechercher dans l'index de mes bréviaires naturalistes ou de manier des clès d'identification face à des serrures qui se multiplient comme des champignons, incapable de retrouver dans mon missel où nous en sommes de cet office célébré tambour battant, à mon tour je m' écris :
La Belle va trop vite... On ne peut pas suivre!
Loin de m'entendre, le ciel redouble de fureur de vivre. Heidegger décrivait l'Homme comme un Etre Jeté (Geworfenheit), projeté sur terre sans l'avoir demandé avec le lourd devoir d'exister, mais il oubliait que nous n'étions pas ainsi jeté sur une terre stable et paisible, mais sur une roulette folle, un tapis roulant accéléré, un maestrom, un champ de course où il fallait dès le premier souflle avancer, suivre le rythme, suivre le cours affolé des choses, tenir en équilibre dans la barque folle et ramer, suivre les autres, suivre, suivre, suivre !
Et voilà que survient la Sortie de Formation Invertébré de Bretagne Vivante ! L'Etre Jeté supplie :n'en jetez plus!
Cela avait lieu à Landeleau, commune du bassin oriental de Chateaulin situé à 10 km de Carhaix, ancien ermitage de Saint Théleau créé autour d'un gué franchissant l'Aulne. Le Canal de Nantes à Brest , et le confluent de l' Ellez, sont proches, ce qui est bien alléchant pour les chasseurs de dragons volants ou libellules. Inutile de dire que nous ne sommes pas revenus bredouilles.
Vous êtes prêts ? Il va falloir suivre....suivre...suivre... suivre...suivre.
Le Hanneton des jardins Phylloperta horticola (Linnaeus, 1758).
La Trichie fasciée Trichius fasciatus (Linnaeus, 1758) : un scarabée, sous-famille des cétoines.
Le Cardinal, Pyrochroa serraticornis (Linnaeus, 1761) .
La Cantharide Cantharis fusca (Linnaeus, 1758) :
Le Carabe purpurin Carabus purpurascens si j'en crois le site insecte .net, ou bien une autre espèce,( intricatus)mais pas le carabe violet qui serait très rare, désolé je dois passer au suivant. De toute façon je ne l'ai pas observé à Landeleau, mais dans mon jardin à Plouzané.
Où on pourrait voir les palpes maxillaires spatulées et les mandibules puissantes :
Aux chenilles à présent, j'appelle la Chenille du Bombyx disparate Bombyx dispar, la terreur des forêts :
C'est au tour de la chenille du Cul doré Euproctis similis :
Vous suivez ? La chenille de la Livrée des arbres Malacosoma neustria (Linnaeus, 1758):
La chenille de la Buveuse, Euthryx potatoria :
La chenille de la Grande Tortue Nymphalis polychloros (sur tronc de peuplier)
Après la Grande Tortue, la chenille de la Petite Tortue Aglais urticae Linnaeus, 1758, servie sur sa feuille d'ortie bien-entendu (on ne s'appelle pas Vanesse de l'Ortie pour rien)
La chenille de la Thécla du chêne Neozephyrus quercus (Linnaeus, 1758) :
C'est une observation intéressante car l'imago est rarement observé : il se pose sur le sommet des chênes, les ailes fermées, et comme le verso des ailes sont grises, il échappe régulièrement aux investigations. On découvre sa présence sur un site en recherchant ses oeufs, ou en trouvant ses chenilles. Celle-ci a eu la bonne idée de tomber sur ma veste, en plein milieu d'un cercle de naturalistes chevronnés consommant leurs pique-niques : bien vu !
La chenille de Poecilocampa populi :
Passons aux imagos : de soit-disant papillons de nuit ou plutôt héterocères étaient de sortie de jour :
L'Écaille fermière Epicallia villica (Linnaeus, 1758) :
La Bordure jaune Euclidia glyphica :
Bien-sûr, les papillons de jour étaient là :
La Piéride du navet Pieris napi :
L' Azuré de la burgane Polyommatus icarus :
La mélitée du Melampyre : déjà présenté dans un article précédent;
Mais aussi : la Carte géographique,
le Fadet commun,
le Tircis,
le Gazé,
le Cuivré fuligineux, et le cuivré commun,
la Sylvaine,
la Piéride du chou,
le Citron
l'Aurore de la cardamine,
le Vulcain...
Ne quittez pas! On continue avec les orthoptères :
Tetryx undulata
Tettigonia viridissima...
... et les Longicornes :
Le Clyte bélier
L'Agapanthia villosoviridescens,
Revenons aux papillons :
On remarquait la présence de ce cousin bleuté des zygènes, la Turquoise Adscita statices :
Bonne occasion pour réviser la clef de détermination que Maël Garin vient de diffuser sur le Forum de Bretagne Vivante :
Parmi les Procridinae, on trouve essentiellement en Bretagne Adscita statices, sur les Rumex. On les identifie par la forme particulière de l'antenne du mâle, qui ressemble à un peigne, mais dont la pectination s'arrète avant l'extrémité.
Ici, une femelle, aux antennes filiformes, paraît-il un peu dilatées en massue à l'extrémité :
Quelques araignées :
Une araignée-crabe sans-doute, avec ses deux paires de pattes de devant très développées pour être tendues vers la proie qu'elle attend :
Une araignée-crabe dont les pattes sont faites de tiges de soja : Misumena vatia (Clerck, 1757).
C'est à coup sûr une femelle, car les mâles ne mesurent que 3 à 5 mm.
En toute rigueur je ne l'ai pas observé à Landeleau, mais au bord de l'Aulne près de Chateaulin.
Arianella opisthographa (Kulczynski, 1905) : les images sont mauvaises, mais je la trouve si belle que je vous les montrent : on la trouve dans le fameux n° 73 de la Hulotte consacré aux toiles d'araignées sous le sobriquet d' Epeire concombre, "une des plus jolies orbitèles d'Europe" ; ou plutôt, il s'agit de sa cousine Arianella cucurbitina, car les araniella se distinguent en comptant (lorsque la photo est nette...) les points noirs du coté de l'abdomen en arriere des six points centraux. Moi, j'en compte ici 3. Pierre Deom indique que 4 boutons, c'est la cucurbitina, 3, c'est l'epeire dépliée, A. displicata, 2, c'est l'alpina, et zero, c'est inconspicua. Il ne mentionne pas l'opisthographa. Je trouve dans le site d'André Bon Toutunmondedansmonjardin ce commentaire à propos de l'Epeire concombre : il existe des espèces voisines. Il est possible de les différentier par le nombre de points noirs sur le côté de l'abdomen bien que cette méthode soit considérée comme très peu fiable par les spécialistes.
L'espèce très voisine, Épeire dépliée (Araniella opisthographa) ne possède que trois points sur le côté de l'abdomen mais ne peut vraiment être séparée que par un examen à la binoculaire.
L'Épeire alpine (Araniella alpica) ne possède que deux points sur le côté de l'abdomen. Elle peut aussi être reconnue par les quatre taches claires sur une bande foncée visibles sur la face ventrale.
L'Épeire anodine (Arianella inconspicua) ne possède pas de points noirs sur le côté de l'abdomen.
J'aimerais bien que cela soit l'opisthographa, car cela permet de faire connaissance avec Władysław Kulczyński ( 1854 à Krakow-1919, Krakow) , un zoologiste polonais spécialiste des araignées.
Les Arianella tissent des toiles creusées en entonnoir, de moins de dix centimètres, dotées de 15 à 30 rayons sur les arbustes des champs, ou des lisières, sur les lilas ou les rosiers de nos jardins, et elle se tient à l'affut au centre. Je regrette d'avoir négligé cette rencontre photographique et me promets de prendre ma revange, mais l'animal n'est pas bien gros : 5 mm peut-être.
Est-ce ça suit derrière ? On termine avec les libellules :
Parmi les zygoptères, les inévitables Caloperyx splendens et virgo étaient là, ils ne manquent aucune réunion de famille, et il y avait aussi les Ischnures élégants,
Nous avons croisé l'agrion jouvencelle, mais je vois bien que cela ne suit plus, je ne montrerais que Platycnemis pennipes:
Parmi les Anisoptères, nous avons eu le droit au Gomphe vulgaire (qui n'a pas sa place sur ce blog de bonne tenue, d'autant que, non content d'être vulgaire, il l'est au superlatif : Gomphus vulgatissimus. Exit), à l'Aeschne printanière, et aux Libellulla Quadrimaculata, Fulva et depressa.
La Libellule à quatre taches Libellula quadrimaculata Linnaeus, 1758.
La Libellule fauve, Libellula fulva Müller, 1764.
Dècrite par Otto Friedrich Müller (1730-1784), zoologiste danois, dans Fauna insectorum Friedrichsdaliana : 62. Gleditsch, Copenhague.
Le mâle :
Libellule déprimée Libellula depressa Linnaeus, 1758.
Description dans le Systema Naturae, 10ème édition, 1 :544, Stockholm, sous le nom de Platetrum depressa.
Une femelle:
Alphonse Daudet raconte que dom Balaguère fut puni de sa gourmandise sacrilège et de sa hâte excessive, et qu'il dut, pour son rachat, célébrer trois cent messes de minuit. Mais Nature elle-même n'est-elle pas la déesse Perséphone condamnée éternellement , pour sa gourmandise_ on se souvient qu'elle a croqué dans la grenade et qu 'Ascalaphos l' a dénoncé _à ne rester sur terre que durant les six mois de printemps et d'été, et de retourner aux Enfers auprès d'Hades comme Reine du royaume Très-Profond ? Le temps lui est compté comme à nous, et comme je la comprends de courir, de mettre les bouchèes doubles pour croquer, tant qu'il est temps, le beau fruit de la Vie, quitte à nous bousculer et nous ennivrer de cette valse géante qu'on nomme le Printemps !
Et cette valse me fait entendre la chanson de Queneau :
Si tu t'imagines
Si tu t'imagines, fillette fillette
Si tu t'imagines
Qu'ça va qu'ça va qu'ça
Va durer toujours
La saison des a
La saison des a
Saison des amours
Ce que tu te gourres fillette fillette
Ce que tu te gourres
Si tu crois petite
Si tu crois hum hum
Que ton teint de rose
Ta taille de guêpe
Tes mignons biceps
Tes ongles d'émail
Ta cuisse de nymphe
Et ton pied léger
Si tu crois qu'ça va
Qu'ça va qu'ça va qu'ça
Va durer toujours
Ce que tu te gourres fillette fillette
Ce que tu te gourres
Les beaux jours s'en vont
Les beaux jours de fête
Soleils et planètes
Tournent tous en rond
.....
Allons cueille cueille les roses, les roses
Roses de la vie
Roses de la vie
Et que leurs pétales
Soient la mer étale
De tous les bonheurs
De tous les bonheurs
Allons cueille cueille
Si tu le fais pas
Ce que tu te gourres fillette fillette
Ce que tu te gourres