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30 mars 2011 3 30 /03 /mars /2011 11:27

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  Mais kékcékça ? Sur le capitule de ce pissenlit,  cet insecte grisâtre tout en longueur, qui ressemble à un papillon de nuit ou à une mite avec ses ailes enroulées en cigarette autour de l'abdomen, ses gros yeux proéminents et ces longues, longues antennes ?

 

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    Je regarde mon guide : est-ce un plécoptère, aussi nommé perle en raison des formes de bille des yeux?

   Je joue mon joker, et soumet mon image au forum de Bretagne Vivante, au rayon " invertèbrés" : c'est Mael Garrin en personne qui, dans la demi-heure, me répond, comme il l'avait fait pour le symphite que j'avais pris pour une chenille : ce n'est pas un plécoptère, dont les ailes sont pliées à plat sur le dos, mais un trichoptère, dont les ailes sont placées en toit. Mais savoir lequel, il ne sait pas.

 

   Je vais vite me renseigner sur ces bestioles : elle tirent leur nom de tricho-, poil, et -ptère, aile , car à la différence des mites et des papillons, leurs ailes ne sont pas faites d'écailles (lépido-) mais de poils.

  Je vérifie en zoomant ma photo, et je vois effectivement que les ailes ont des cheveux hérissées sur la tête (si je puis dire).

 

   Si Mael Garrin ne peut préciser l'espèce en question, inutile de dire que ce n'est pas moi qui vais trouver. Des trichoptères, il en existerait 89 espèces dans le Finistère.Mais je trouve un site excellent sur les trichoptères, très complet et pas avare sur les schémas, chez Opie-benthos: jetez-y un coup d'oeil :

http://www.opie-benthos.fr/opie/pages_dyna.php?idpage=841

 

  J'ai observé l'animal à Roscanvel, devant l'île Renard, entre la grève et la cuvette humide constituée derrière  la digue qui relie l'île. Or, sur le site Opie-benthos, il est spécifié que dans les "mares en zone littorale (dune) " se trouvent des trichoptères du groupe des Limnephilidae, notamment Lilmnephilus affinis Curtis, 1834. Si il s'agit ici d'un Limnephilidae, je dois trouver à coté des yeux composés des ocelles : oui, je crois les voir. (j'ai la foi).

 

  De toute façon, cela me permet d'apprendre que ce sont des insectes holométaboles, caractérisés par un cycle vital alternant une phase terrestre adulte, la ponte d'oeufs, et une phase aquatique d'abord sous forme de larves différant beaucoup des adultes et qui sont mobiles (stade actif), puis sous forme de nymphe aquatique immobile, avant l'émergence d'un nouvel adulte  terrestre.

     Ce sont les larves qui sont bien connues, surtout des pêcheurs à la ligne qui s'en servent d'appât pour la truite : ce sont les phryganes.  Sitôt écloses, elles construisent grâce à des glandes séricigènes situées sous la bouche une gaine de soie sur laquelle elles viennent coller des éléments hétéroclites, petits graviers, morceaux de bois ou de végétaux, un vrai "land-art" en bois flotté qu'elles ajustent au fur et à mesure de leur croissance en élargissant le devant et en sectionnant l'arrière trop étroit . elles vont faire évoluer cet étui fait-maison jusqu'au cinquième stade larvaire, puis vont connaître la mue nymphale. La nymphe va rester dans son étui jusqu'à l'émergence.

 

 

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Published by jean-yves cordier
29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 18:05

 

      

  

 

 

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Published by jean-yves cordier
28 mars 2011 1 28 /03 /mars /2011 11:13

   TOUT FAUX !!! : j'ai décrit ici sous le nom de Palomena une autre punaise, Piezodorus lituratus (Fabicius, 1794), et je dois à la gentillesse et à la compétence de Mikaël Buord de pouvoir faire ici amende honorable. J'aurais pu m'en douter, pusique la Piezodorus se nomme Punaise de l'ajonc, Gorse Shield bug.

 

Elle est courante, banale, très répandue, la punaise verte Palomena prasina (Linnaeus, 1761) !  Et pourtant je ne la découvre vraiment qu' aujourd'hui, en scrutant les ajoncs où elle a le talent de se cacher si bien que je peux regarder longtemps les petites flammes jaunes sans la trouver.

  •  Et il y a ceci de curieux qu'elle est verte, d'un beau vert pomme, et qu'une fois prise en photographie elle apparaît argentée dans sa cuirasse nickelée niéllée de petits points .

  •  Ou encore ceci de curieux : les différents aspects que peuvent prendre sa larve, du stade I au stade V, ce qui en fait un jeu amusant lorsqu'il faut les trouver dans la nature. Voir ici : http://www.britishbugs.org.uk/heteroptera/idcards/life_stages.html

   Mais comment reconnaître les larves des adultes ? parce que seuls les adultes ont des hémélytres qui sont les ailes antérieures. Il s'agit moins de larve que de stade nymphal, les punaises étant des insectes hetérométaboles sans stade immobile entre larve et adulte: les cinq  larves ressemblent à l'adulte à l'exception des ailes et des organes génitaux qui se développeront progressivement. Ce sont des paumétaboles, les larves et les adultes partageant le même milieu, alors que les hémimétaboles envoient , par exemple, leurs larves en session aquatique jusqu'à leur majorité.

  Ce sont des pentatomidès, car ces punaises ont des antennes composées de cinq (penta) articles.

  •  Ou bien cela : elles sont brunes à l'approche de l'hiver et deviennent vertes au printemps.

 

Son protonyme, celui qui a été attribué par Linné, me semble être, si j'en crois Geoffroy, Cimex subrotundus viridis, mais il se réfère au Fauna svec. n°648 et au Syst. Nat. de 1758. Le  Fauna Svecica de 1761 mentionne, page 254 sous le n°950 le Cimex campestris, "apud nos frequentissimus", et ressemblant au Cimex pratensis en plus petit mais dépourvu de points à l'extrémité des élytres. C'est mon meilleur choix. Mais Palomena fut aussi nommé Pentatome dissimilis par Latreille, Cimex dissimilis . Je trouve sans-doute mon bonheur avec :

Pentatoma dissimile : Cimex dissimilis Fabricius Syst. Rhin.p. 157, n.59. Cimex prasinus, Fabricius, Syst. Rhin. p.166, n.58 ; Linnaeus, Fauna svecica, n.731.(in Blanchard et Brullé, hist des insectes, T 3, 1860).

  Je donne donc comme protonyme : Cimex prasinus. (je ne trouve pas l'acces aux banques de données taxonomiques.)

Mais cela ne me donne pas l'origine du nom Palomena, attribué au genre par Etienne Mulsant, auteur avec Claudius Rey  d'une Histoire Naturelle des punaises de France (Deyrolle 1765).

 

    Après avoir recherché le sens de son nom scientifique (prasina vient du latin prasinus, a, um : de couleur verte), on peut s'amuser à la distinguer de :

                     -Nezara viridula, plus grande, à l'abdomen caréné, et qui porte 5 petites taches blanches à la base du scutellum.

          

                    -Palomena viridissima Poda, 1761 : très semblable, mais dont la marge anterolatérale du pronotum est légèrement convexe (légèrement concave chez P. prasina) et jamais soulignée d'orangé, et dont le deuxième article antennaire est 1,5 à 1,8 fois plus long que le troisième article, alors que ces articles sont de même longueur chez prasina. (Auguste Puton, Annales de la Société entomologique de France, 1881, 5 : 44-45)

 

   Amusant, oui, à condition de connaître cela :

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  Et voici ma punaise :

 

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    Ici, c'est bien Palomena prasina :

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Published by jean-yves cordier
27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 21:32

 Trente-six vues...du Port de Brest.

 

 

  Je pense que nous sommes tous comme ça, lorsqu'on admire une oeuvre, cela donne envie de faire pareil, à son petit niveau. En tout cas, cela donne des ailes à l'inspiration. 

   Lorsque j'ai vu la belle image que Pascal a réalisé du remorqueur Abeille Bourbon qui stationne quai Malbert au port de Brest cela a réveillé de vielles démangeaisons de photographier le port, qui est à dix minutes de voiture pour moi.

   Bien-sûr, le résultat n'a rien de comparable, mais je me suis fait plaisir, et c'est ça qui compte, non?

http://www.regardelamer.com/article-abeille-bourbon-illumination-de-la-retine-69628753.html

 

Bizarrement, j'ai continué à utiliser pour la plupart des images l'objectif macro que je venais d'utiliser pour la coccinelle : je voulais voir si c'était utilisable, en emmenant un seul appareil en balade.

   Ce sont les bittes d'ammarage qui m'ont inspiré, et j'ai donné à cet article le titre Trente-six vue...du Port de Brest, comme Hokusai et Hiroshige avec leur Trente-six vues du Mont Fuji, ou Henri Riviére aves ses Trente-six vues de la Tour Eiffel.

 

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Published by jean-yves cordier
27 mars 2011 7 27 /03 /mars /2011 20:41

C'est une coccinelle minuscule, de 5 mm de long, que j' ai repéréesur le tronc d'un arbre le long de l'étang de Pontavennec à St Renan, et que j'ai eu bien du mal à photographier vu sa taille, malgré que je sois en train d'étrenner un objectif macro Canon 100mm  1: 2,8 L IS.

  Les anglais la nomment Heather Lady Beetle, coccinelle des bruyères, ou Twice-stabbed Lady Beetle et les scientifiques Chilocorus bipustulatus Linnaeus, 1758,en raison des deux taches rouge orangé  sur les élytres. Ces deux bandes sont parfois constituées de trois punctuations presque confluentes.

C'est une redoutable prédatrice de pucerons et autre cochenille, aussi a-t-elle été utilisée dans la lutte biologique.

  

 

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23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 20:13

22 mars à Kerloc'h, Crozon : j'aperçois mon premier Tircis :

 

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  Le Tircis est un Nymphalidé : Pararge aegeria (Linnaeus, 1758): Speckled wood des anglais.

   Les mâles de ce papillon sont connus pour leur stratégie dite "bourgeoise" d'entrer en compétition pour des territoires de reproduction qui sont des taches ensoleillées : leur lutte consiste en vols brefs vers le haut au cours desquels chacun des adversaires tournent en spirale autour de l'autre. Le perdant est celui qui quitte le rayon de soleil le premier. Mais c'est toujours le premier occupant, le "résident", qui gagne ( Davies, 1978).

   En effet, dés le début d'une matinée ensoleillée, chaque mâle prend position d'un perchoir sur une feuille ensoleillée et y guette le passage d'une femelle. La course du soleil fait que, régulièrement, chaque perchoir se retrouve à l'ombre et que son propriétaire doit courir (ou plutôt voler) vers un nouveau perchoir, un peu comme dans un jeu de société du genre des chaises musicales ou d' Un, Deux, Trois, Soleil. Cela engendre inévitablement - c'est cela qui est amusant-son lot de conflits territoriaux et de stratégie "bourgeoise", qui sont certainement autant d'échanges de messages chimiques. Ce qui amuse d'avantage les savants, c'est de s'arranger pour faire croire à deux mâles en même temps qu'ils sont les résidents du perchoir, et d'observer en se tapant sur les cuisses tellement c'est comique que le vol en spirale vers la canopée peut durer pendant des heures ; enfin, pendant plusieurs minutes.

 

   Je m'interromps car j'ai fait jadis un voeu que je suis obligé de réaliser : j'ai un jour promis à Saint Robert de donner l'étymologie de  "canopée" la première fois que j'écrirais ce nom. Donc, voilà:

 

Le nom "canopée" désigne la cime des arbres , l'étage supérieur de la forêt. Il tient son nom de l'anglais canopy, désignant le ciel de lit ou baldaquin, à rapprocher de notre canapé. Ces deux noms viennent du grec désignant la moustiquaire et dérivé de kounoupi, moustique.  Il a fallu passer par le latin conopeum, conopium, moustiquaire, par le latin médieval canapeum, XIVème siècle, par l'ancien français conopé   "rideau de lit" (1180), ou canope (1508).   Canopée et canapé sont donc cousins, mais ils cousinent aussi avec le terme conopée qui désigne le tissu qui recouvre le tabernacle dans les églises chrétiennes.  On peut y ajouter l'utilisation du mot canapé en art culinaire dès 1787 pour nommer ces petits pains garnis de caviar, de pâté ou d'anchois.        Une telle descendance   pour un moustique, étonnant, non?                                                                                      

 

   Certains mâles de Tircis adoptent une autre stratégie de drague que celle du perchoir et patrouillent à la recherche des meufs... et Jeremy Thomas ( Butterflies  of Britain and Ireland) soutient que ceux qui ont quatre points sur l'aile postérieure sont des percheurs, et ceux qui n'en ont que trois sont les patrouilleurs. Vraiment étonnant ! Mais mon Tircis n'a que trois points et c'est un percheur.

   Les mâles ne s'en prennent qu'aux papillons de leur espèce, et ignorent les autres papillons.

Lorsqu'une femelle interceptée est réceptive, elle se pose sur une feuille et étend ses ailes. Le mâle la survole en frôlant ses ailes postérieures : les papillons ont des récepteurs olfactifs situés sur les pattes et on pense que ce rituel lui permet de flairer sa partenaire pour savoir si son émergence est récente. Information capitale puisqu'une jeune femelle a devant elle une espérance de vie prolongée et pourra produire un plus grand nombre d'oeufs.

   L'accouplement survient en fin de matinée et dure une heure environ.

  Les tircis adultes se nourrissent de miellats (sécrétions de pucerons)  sur la face supérieure des feuilles de chêne, de frêne ou de noisetier, et ne butinent pas les fleurs, sauf en fin d'été.

 

 Lépidoptéronymie.

 

  •  Le zoonyme Pararge  nous vient de Jakob Hübner, 1819, il est formé du grec para-, "à coté, proche de-", pour indiquer selon A. Maitland  Emmet (1991). les affinités avec le genre Arge  Schrank, 1802 qui regroupe ...des hyménoptères symphites comme les tenthrèdes. J'ignore quelles sont les affinités en question. Arge, que j'aurais rapproché à tort d'Argus, signifierait en grec  "blanc", et on le retrouve dans Melanargia galathea, le Demi-deuil, qui est noir et blanc. Mais ni les tenthrèdes ni notre Tircis ne sont blancs : ce sont les mystères de la science.

 

•  L'épithète aegeria, que l'on doit à Linné,renvoie à Égérie. Ce nom qui est devenu  dans notre langue un nom commun désignant l'inspiratrice d'un homme de pouvoir est d' abord le nom d'une Camène, ces nymphes des sources et des bois de l'ancienne religion latine. Le deuxième roi lègendaire de Rome (après Romulus) Numa Pompilius fit  croire au peuple latin que c'est Égèrie qui lui inspirait toutes ses décisions politiques lorsqu'il fonda les institutions religieuses romaines : il se rendait dans le bois d'Aricie, où elle résidait . Mais Ovide suggère qu'il y rencontrait sa maitresse...

   De toute façon, cela n'a rien n'a voir avec ce papillon, qui n'a été ainsi baptisé par Linné que parce que celui-ci l'avait classé parmi les Nymphalidés et a donc attribué des noms de nymphe au petit bonheur aux spécimens qu'il était en train de classer pour la postérité dans son Systema Naturae.

 

   •  Le Tircis  tient son nom d'un berger de la mythologie grecque, tel qu'il apparaît dans les Idylles de Theophraste ou chez Virgile. Ce berger Tircis ou Thyrsis est réputé pour ses chants bucoliques. Son nom s'inspire du thyrse, un bâton surmonté d'une pomme de pin et d'un bouquet de feuilles de vigne ou d'une touffe de lierre, noué par un ruban.

   Aucun rapport clair n'est à établir entre ce papillon et ce héros grec ou avec son espèce de caducée, sauf à considérer que les feuilles de lierre sont les canapés (j'ai réussi à le placer) de prédilection des Pararges pour leur sieste au soleil.

    La septième Églogue des Bucoliques de Virgile, imitée de la huitième idylle de Théophraste, présente la joute poétique de deux bergers, Corydon et Thyrsis, qui invoquent dans des couplets de quatre vers alternés successivement les Muses, Diane, Priape, avant de chanter Galatée, puis les saisons, puis Alexis, Phyllis et Lycidas, avant que Corydon soit déclaré vainqueur.

Ce nom Tircis a été attribué en 1821 par Godart sous la forme Satyrus tircis  à une sous-espèce. Mais il l'a emprunté à Etienne Louis Geoffroy qui l'utilise pour la première fois dans son Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris, Paris, 1762, Tome 2,p. 48 : après avoir donné les noms de Silène, de Baccante et de Tristan aux papillons de sa Première famille, il nomme le Tircis et renvoie aux descriptions de la dixième édition de Linné et à l'Histoire des insectes de Réaumur I; t.27,f.16-17.

   En choisissant ce nom de berger pour baptiser un  papillon, Geoffroy rend d'abord hommage à Virgile et aux églogues de ses Bucoliques. Il nommera le papillon suivant Corydon, puis viendra Myrtil, puis Amaryllis, la belle Amaryllis de la première Églogue. Je note que la sixième Églogue porte le titre de Silène.

 On a peut-être oublié la place que tenait Virgile en France et dans toute l'Europe du seizième au dix-neuvième siècle, l'importance des antiquités grecques et latines dans la formation scolaire de l'élite intellectuelle, comment la maîtrise du latin et des auteurs latins remplissait le rôle qu'occupe actuellement les mathématiques dans la sélection des meilleurs esprits, en un temps où les doctorats se soutenaient dans cette langue. On a aussi sans-doute oublié l'importance de la poésie pastorale et du roman pastoral qui s'inspirèrent des oeuvres latines pour divertir avec de charmantes histoires de bergères et de berger, de moutons et de houlettes, de rossignols et de fleurettes. Pourtant ces idylles roucoulantes tiennent une place considérable dans notre littérature, et puisque par convention le berger s'ynommait régulièrement Tircis, on trouve Tircis chez Guillaume Colletet, chez Honoré d'Urfé et son Astrée , chez La Fontaine ( Tircis et Amarante, Fables VIII, 13, Le berger et la mer, Fables, II,2, Contre ceux qui ont le goût difficile Fables II, 1, Les Poissons et le berger qui joue de la flûte, Fables X, 10), chez Fontenelle ( 23 occurrences dans le premier volume de ses Poésies), chez Molière ( dans les Intermèdes de Georges Dandin, dans l'Eclogue (sic) qui ouvre le Malade Imaginaire, dans Le Sicilien ou l' amour peintre, dans les Amants magnifiques...), chez Pierre Corneille (dans Mélite ,1629), chez Houdart de la Motte, chez Berquin,et chez une quantité innombrable d'auteurs de Bergeries ou d' Idyllies un peu moins connus, où Tircis  dialogue avec Corydon ,Doristée, Eraste, Cléon, Climène, Daphné ou Dorillas.

   Lorsque Geffroy écrit son Histoire abrégée, la mode des bergers bat son plein, accompagnant un mouvement plus général de retour à la nature, favorisé par le rousseauisme et la Nouvelle  HéloÏse, et on trouve une illustration de l'importance de cette mode dans la construction au château de Chantilly, au château de Rambouillet ou au Petit Trianon de fermes dotées, non de bergeries, mais de laiteries où les nobles  vont "jouer à la vacherie". Signalons encore que les fauteuils dits "bergères" reçurent ce nom en 1725.

 

 

  Mais revenons à nos moutons  ( c'est le conseil que l'on donna à Mme Deshouillières (1633-1694) qui avait écrit auparavant une idylle à succès, Les Moutons, après qu'elle se soit aventurée à faire paraître Genseric, une tragédie pitoyable) et retrouvons Tircis au dix-neuvième siècle sous la plume de Paul Verlaine dans ses  Fêtes galantes :

 

                                                    Mandoline

      Les donneurs de sérénades
      Et les belles écouteuses
      Échangent des propos fades
     Sous les ramures chanteuses.

 

      C’est Tircis et c'est Aminte,, 

      Et c’est l’éternel Clitandre,,
      Et c’est Damis qui pour mainte
      Cruelle fait maint vers tendre.

 

      Leurs courtes vestes de soie,
      Leurs longues robes à queues,
      Leur élégance, leur joie
      Et leurs molles ombres bleues

 

      Tourbillonnent dans l ’ extase
      D ’ une lune rose et grise,
      Et la mandoline jase

      Parmi les frissons de brise.

 

 

 

 

 

 

Source :

http://www.learnaboutbutterflies.com/Britain%20-%20Pararge%20aegeria.htm

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Published by jean-yves cordier
22 mars 2011 2 22 /03 /mars /2011 22:09

22 mars, dunes de l'Aber à Crozon : les petits sentiers qui parcourent la dune sont, à certains endroits, envahis par des centaines d'abeilles des sables. Au total, certainement plusieurs milliers d'hyménoptères peu agressifs mais très actifs.

 

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  Mais  prendre en photo une des danseuses du ballet s'avère difficile. heureusement, je repère un accouplement :

 

 

 

 

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   Quelles sont ces abeilles? Si ce sont des abeilles à langue courte, j'ai le choix entre  Andrenidae, Colletidae, Halictidae. Pour être si précoces, ce sont peut-être des andrénes Andrena vaga, ou bien des Colletidae, Colletes cunicularius, par exemple. Et pour bien les différencier, il faut que je recherche la nervation alaire :

Est-elle caractéristique des Colletes :

  - la deuxième cellule submarginale plus grande que la troisième,

  - la nervure basale  relativement courte; "importante le long de la cellule discoïdale et plus courte le long de la cellule cubitale".

  - la deuxième nervure récurrente en forme de S .

... ou bien  cette fameuse deuxième récurrente est-elle droite comme chez les andrènes ?

 

Allons-y voir :

    La deuxième cellule submarginale me paraît en effet légèrement plus grande que la troisième. ( J'ai indiqué aussi  le ptérostigma, dont je découvre l'existence chez les abeilles après l'avoir rencontré chez les libellules.)

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  Et voilà ce que l'on nomme la deuxième récurrente :

 

DSCN3545

 

 

    Pour moi, cette deuxième récurrente est droite : je baptise mes abeilles Andrènes, et comme il y a des saules en fleur à moins de 300 mètres, j'en fais, allez, pourquoi pas, des Andrena vaga Panzer, 1799. Sous toute réserve et en attendant qu'un gentil correcteur vienne redresser mes erreurs. Cela va me permette de donner l'étymologie du joli nom d' Andrène, qui vient du latin scientifique andrena lui même issu du grec anthrênê, "frelon".

 

  • Le genre Andrena a été décrit par J.C.Fabricius en 1775 dans Systema entomologiae, sistens insectorum classes, ordines, genera, species, adiectis synonymis, locis, descriptionibus observationibus, Libraria Kortii, Flensburgii et Lipsiae, 832pp, page 376. Le type est Apis helvola Linnaeus , 1758.

 

  • L'espèce a été décrite par Georg Wolfgang Franz Panzer (1755-1829) dans Fauna insectorum germanicae initia, oder Deutschlands Insecten,VI, P.64, T.18, 1799 . (publié à Nuremberg :Felsecker 1792-1823 et illustré de 2600 gravures coloriées à la main par Jakob Sturm )

   Georg Panzer était un médecin  allemand exerçant à Hersbruck. Botaniste et entomologiste, il constitua un herbier réputé, et une très vaste collection d'insectes.

  Andrena vaga fut aussi nommée Apis pratensis Müller, 1776; Andrena ovina Klug, 1810; Andrena nitidiventris Blanchard, 1840;Andrena leucothorax Herrich-Schäffer, 1840; Andrena nitidiventris_homonym Dufour, 1841; Andrena atricula Bischoff, 1922.

 

• l'andrène vague est une abeille solitaire  qui vole exclusivement de mars à mai : le pic d'activité des femelles correspond avec la floraison des saules (Salix sp) qui fournit le pollen nécessaire à l'alimentation des larves. Les saules ne doivent pas être distants de plus de 245 mètres du nid.

  Elle construit son nid dans le sol sablonneux souvent en légère pente, en situation sèche et ensoleillée. A l' entrée du nid le sable évacué forme  un petit cône. Ces nids sont toujours individuels mais se regroupent en "bourgades" parfois importantes (plusieurs milliers de nids, une cinquantaine par mètre carré). La galerie principale descend à la perpendiculaire du sol jusqu'à 25 à 50 cm, et se divise en couloirs accessoires encore plus profonds avant de s'élargir sur la chambre .

 

• C'est une grande abeille (13mm : 11-16mm) au thorax couvert de poils denses gris-blancs et à l'abdomen à peine velu et noir brillant. Les mâles sont plus petits et se remarquent par leur belle moustache grise et par leurs mandibules supérieures en forme de sabre.

 

• Seule la femelle récolte le pollen, grâce aux poils très denses dont sont équipés ses fémurspostérieurs. ( ces brosses de poils à la base des fémurs des troisièmes pattes sont nommées floccus)  Elle dépose dans le nid un mélange de pollen et de nectar qui servira au couvain.

 

• Les oeufs éclosent en larves qui se nourrissent du mélange nectar-pollen, grossissent jusqu'à la fin du printemps et forment un cocon , se nymphosent, et émergent en abeilles adultes  qui attendront le début du printemps pour sortir du nid. 

 

• Ses sites de nidification sont semblables à ceux deColletes cunicularius [ cunicularius: "mineur, sapeur, pionnier", creuseur de galerie ], aussi rencontre-t-on souvent les deux espèces en étroit voisinage.

 

• comme d'autres, cette abeille possède son "abeille coucou"  : c'est Nomada lathburiana Kirbi,1802, une abeille aux allures de guèpe avec son abdomen rayé jaune et noir et ses pattes rougeâtres. elle pratique le cleptoparasitisme en venant pondre ses oeufs dans les nids des Andrènes. Sa larve, dont l'éclosion est un peu plus précoce que celle de sa victime  se dirige dans le nid et se nourrit du pollen accumulé, au dépens de la larve d'andrène.

   Un autre parasite serait Bombylius major, le Grand Bombyle, un diptère ressemblant à une abeille et doté d'une très longue trompe. On cite aussi Sphecodes gibbus (qui parasite les halictes)comme parasite probable.

 

  Si bien même ce n'est pas un couple d'Andrena vagaque j'ai photographié, j'aurais du moins appris quelque chose... 

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Published by jean-yves cordier
15 mars 2011 2 15 /03 /mars /2011 20:48

"Il était une fois...Un oiseau ! s'écrieront aussitôt mes fidèles lecteurs. Non, les amis, vous vous trompez. Il était une fois...un morceau de zan."

   Si je paraphrase ainsi l'incipit des Avventure di Pinocchio. Storia di un burattino,c'est que tout le monde n'a pas comme géniteur un Gepetto manieur de varlope, de guillaume et d'égoïne, et qu'il arrive qu'on ait comme papa un confiseur : et vous vous retrouvez, comme notre héros du jour, avec un dos comme un bonbon acidulé au cassis, bien sucé bien luisant, des antennes en rangées de morceau de zan, des pattes en réglisse haribo, et si on vous énerve, vous vous défendez en crachant de la gelée de groseille. Chacun, s'il a  lu mon article Du noir, et caetera..., aura reconnu ce cow-boy solitaire qui erre d'un pas de consul romain sur des chemins plus arides que ceux de la Mancha : le Crache-sang, le Timarche, Timarcha tenebricosa.  Allez, renvoyez l'image :

 

DSCN2694c

 

   Et il avait marché, et il avait erré sur la pauvre terre l' hidalgo atrabilaire, rêvant de rencontrer un de ses frères, le doryphore fabriqué avec un berlingot nantais, le balanin des glands avec une praline, celui-ci  avec un cachou lajaunie, celui-là  en fraise tagada, untel en caramel, toute cette grande fratrie des bonbons-insectes que son père avait réalisé en anis de Flavigny ou en bergamote de Nancy, les carabes en malabar ou en carambar, les coccinelles en dragibus, les cétoines en ours d'or, les chrysolines en Bêtise de Cambray, et lui-aussi se sentait saisi par la vocation et destiné à donner le jour à des créatures en chupa chups, en jelly babies, en niniches ou en sugus, en marshmallow, en car en sac ou en boule coco.

 

   Mais celle qu'il rencontra lui parut plus suave, plus sucrée, plus fruitée, plus pétillante, plus croustillante, plus craquante que toutes ces friandises. Il s'emballa, chavira, et tout ça tout ça, et voilà ce que cela donna :

 

DSCN3382cc

 

  C'est l'avantage d'avoir des mains et des pieds munis de patins adhésifs, que de pouvoir s'agripper au dos du partenaire. Mais si l'animal aux doigts collants perd l'équilibre, l'autre tombe ; s'il glisse, l'autre choit ; et ce sont des parties de seize fers en l'air, et des rigolades, et on recommence.

 

DSCN3379c 2

 

DSCN3380c

 

  Trop tard pour consulter le Manuel d'équitation à l'usage des deux sexesd' Armand Denis Vergnaud, Paris,1834, où pourtant notre Timarche apprendrait que :"en s'habituant graduellement aux différentes allures du cheval, [ le crache-sang] finit par en sentir le mécanisme. Il parvient à s'y conformer, à se lier à tous les mouvements, à les assouplir, à les régulariser. En apprenant à se servir du cheval, il apprend à connaître ses besoins, et à y pourvoir ; bientôt il attache de l'intérêt à tout ce qui concerne ce noble animal dont l'intelligence plus qu'instinctive se révèle à comprendre ['insecte] dont il est compris ; enfin de cavalier il devient écuyer, et d'écuyer [ timarche] de cheval."

   Mais de l'apprentissage de la monte à cheval sans étrier (type entrée en voltige académique), notre insecte n'a cure : il a ses crampons, et il s'y cramponne. Pas de cravache ni d'éperons, et les rênes tenues d'une main ( A une main les rênes sont superposées et séparées par un doigt. A main gauche, le petit doigt sépare les rênes qui viennent par dessous. Le flot de rênes est tenu dans la main et ressort au dessus entre le pouce et l'index. (pour s'en souvenir:cafetière) .

Donc,  "en selle" :

 

DSCN3391c

 

Avec 2 Euros ( 2 centimètres de diamètre) pour mesurer : la femelle  dèpasse guère  un centimètre...sans les antennes.

 

timarcha-maritima-8018c.jpg

  (N.B ce ne sont pas les mêmes : photo prise à Guisseny, de même que les deux suivantes)

 

  Ils vont pouvoir déambuler pendant longtemps, franchir les pires obstacles, vivre les aventures les plus effroyables, rien ne fera lacher prise à ce macho jucher sur sa belle comme un roi fénéant : y compris sur le bout de mon doigt :

 

timarcha-maritima 8048c

 

timarcha-maritima 8057c

 

 

Mais le Psalmiste ou Mallarmé l'ont dit, la chair est triste, et la condition d'un chevalier errant est d'errer : errare timarchum est.

 

Aussi le sombre héros remet son sombrero et part, au soleil couchant :

 

DSCN3392c

 

 

   Je laisse aller où bon lui semble le joyeux drille, mais pourtant quelque chose m'intrigue . Tout d'abord je ne suis pas sûr d'avoir affaire au même individu qu'en février : celui-ci me semble plus petit, et son dos plus grenu. Je suis aussi surpris par la différence de taille des deux protagonistes, Monsieur semble un tiercelet gringalet  à coté de Madame. Il me faut approfondir mes connaissances sur ces scarabées.

   Et d'abord, ce ne sont pas des scarabées!   Vous voilà étonnés ? Nous allons repartir du début.

_ Ces insectes sont des coléoptères. Qui peut me dire ce qui les définit ?

_ ( Tous, récitant) " Parce qu'ils ont les ailes protégées par deux élytres identiques qui se rejoignent sans se chevaucher : ils ont au milieu du dos une ligne qui le sépare en deux parties identiques."

_ Bravo. Je précise tout-de-suite que les Timarche n'ont pas d'ailes ( ils sont aptères), et que leurs élytres sont soudées. Mais parmi les coléoptères, il y a les scarabées, les longicornes, les charançons, les buprestes, etc... Alors, à quoi, Élève Trufigue, reconnaît-t-on les scarabées ?

_ Les scarabées ont des antennes coudées terminées par des petites massues qui se déploient en éventail.

_ Excellent, Trufigue, je vous mets vingt-sur-vingt. Si ce ne sont pas des scarabées, ce sont... voyons, Éléonore ?

_ Eh bien, M'sieur, déjà ils sont ronds et ressemblent un peu à des coccinelles, et puis il y a trois indices :

   1) les formes arrondies du corps,

    2)les yeux bien développés, 

    3) les antennes insérées en avant des yeux ne dépassant pas la moitié de la longueur du corps.

   Donc ce sont des Chrysomèles.

_ Éléonore je vous adore, vous aurez la médaille d'or !  Les Chrysomèles sont une famille riche de 37 000 espèces dans le monde, herbivores et qui sont des championnes de chimie : non seulement ils reconnaissent leur plante-hôte par l'odeur émise par la plante (le gaillet pour le Timarche), mais aussi à défaut de pouvoir voler ils se défendent des prédateurs en fabriquant des composés volatils répulsifs ou toxiques.

 

Donc le Timarche est un coléoptère de la famille des chrysomélides et du genre des Timarches (une centaine d'espèces). On en compte quinze à seize en France, dont la moitiè dans les Pyrénées. Deux peuvent être communément rencontrées :

  Timarcha tenebricosaFabricius,1775 : 94

      -il mesure 11 à 19 mm.

      - sa carapace est lisse, noir mat.

      - les marges du pronotum sont sinuées vers la base.

  • Timarcha goettingensis(Linnaeus 1758 : 368) Protonyme Chrysomela göttingensis.

       - il est plus petit : maximum 8 à 13 mm (H.Chevin : 10-11mm pour le mâle, 11-13mm pour la femelle)

       - il est brillant avec des reflets métalliques bleus. Linnaeus le décrit pedibus violaceis, et Degeer, 1775 le nomme Chrysomela Violaceo-nigra.

       - ses élytres sont fortement ponctuées, le fond des élytres est bosselé.

         -pronotum entièrement rebordé à la base.

         - présent sur l'ensemble du territoire, souvent sur des touffes de Gallium mollugo.(H.Chevin) .

 Ajoutons que le mâle est plus petit que la femelle, et se distingue aussi par la forme des tarses : les trois premiers articles des tarses notamment antérieurs sont élargis (ce qui permet de se fixer au dos de la femelle et de se laisser véhiculer lors de l'accouplement ) et équipés d'une brosse de poils entière. (chez la femelle, les tarses ne sont pas élargis et la brosse de poils est séparée par une ligne médiane.)

 

Un gros plan sur les patins de Monsieur, et sur les jambes fines de Madame :

DSCN3391ccc

 

  La femelle une fois débarrassée de son mari crampon  va déposer ses oeufs dans la nature sans précaution particulière, et ces oeufs éclosent un mois plus tard, ou après la pause hivernale, pour donner une larve noire. Celle-ci passe par trois phases, puis va s'enfouir dans le sol pour la nymphose. Dans sa loge souterraine, la nymphe est orange avec un appendice apical noir bifide ; elle patiente un mois, puis c'est la forme adulte, ou imago, qui sort de son trou.

  Les timarcha se nourrissent exclusivement de rubiacées du genre Galium, du moins chez nous, car les espèces méridionales font des concessions envers les plantaginacées. H. Chevin signale quelques consommations exceptionnelles de scrophulariacées, dipsacacées, crucifères ou rosacées.

 

  Dans la collection Lebeurier (Édouard Lebeurier 1892-1986, père de l'entomologie bretonne, dont la collection  récoltée en Finistère prés de Morlaix,déposée au Cloître Saint-Thegonnec a été expertisée par Gérard Thibergien dans Invertébrés Armoricains 2007 , 1 : 47-50), on retrouve un T. tenebricosa, un T. goettingensis et un T. maritima.

  En septembre 2001, un stage GRETIA à Beffou retrouvait un T. tenebricosa et un Timarcha sp.

 

Pour 75% à 95% du territoire hexagonal, la discussion s'arrête à ces deux espèces, mais en région montagneuse (Alpes et Pyrénées) et littorale, les experts commencent à ne plus pouvoir affirmer des identifications, même après étude des génitalia ! L'une des raisons est expliquée par Henri Chevin et tient au caractère aptère du timarcha ; ne pouvant voler, il forme dans les vallées des chaînes de montagne des populations aus caracteristiques propres, de nombreuses races qui rendent la description univoque d'une espèce bien problématique.

   Sur le littoral, dans l'Ouest armoricain, une espèce, Timarcha maritima,Perris, est décrite qui se nourrit exclusivement (larve et imago) du gaillet maritime Galium arenarium. On signale que les formes adultes sont nombreuses au printemps, puis en début avril on trouve surtout des larves noires à reflets dorés. Dés la fin de l'été, les imagos redeviennent nombreux et le demeurent pendant tout l'hiver, actifs les jours chauds. La reproduction a lieu avec une fréquence maximale en février en en septembre. La ponte a lieu surtout en mars-avril et en septembre-octobre dans des trous que la femelle fore dans le sable, près des plantes nourricières. Les imagos se déplacent souvent sur le sable nu et quittent les plaques de Galium. Ils parcourent toute la dune, l'arrière-dune et quelques-uns atteignent la plage, en particulier au niveau des laisses. Cette espèce a été trouvée lors d'un inventaire naturaliste de la dune de Bon-Abri, en Baie de Saint-Brieuc, en 2002. Mes renseignements proviennent de la publication par le GRETIA de Les invertébrés de la dune de Bon Abri,premier inventaire, Gabriel Hacquet, Muriel Chevrier, Etienne Brunel.

 Je rajoute donc :

 

• Timarcha maritima Perris, 1855.

  - plus petit que T.tenebricosa.

  - élytres de ponctuation nettement plus marquée et grossière.

  - localisé sur le littoral.

 

  Je dois maintenant donné le lieu de ma seconde observation. La première (première photo ici) avait eu lieu en février sur le sentier côtier en haut de la falaise littorale de Trefeuntec (Baie de Douarnenez). Celle-ci avec accouplement a eu lieu le 15 mars sur les dunes de Goulien à Crozon, à 50 mètres de la plage.

    J'ai compris qu'il fallait être très prudent pour l'identification. Je remarque que mon premier spécimen était de grande taille, que ses élytres sont assez lisses, donc il est compatible avec un Timarcha tenebricosa, mais il n'est pas si mat..

    Dans ma deuxième observation, le mâle est particulièrement petit, le ponctuation des élytres est forte, il se trouvait sur le sable dunaire, il me semble compatible avec un Timarcha maritima.

 

 

 

 

 

 

Sources :

http://animateur-nature.com/gros_plans/crache-sang.html

http://www.biol.uni.wroc.pl/cassidae/European%20Chrysomelidae/timarcha%20maritima.htm

  http://www.insectes.org/opie/pdf/1257_pagesdynadocs4b6bda89b62db.pdf

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Published by jean-yves cordier
13 mars 2011 7 13 /03 /mars /2011 19:57

La Grande Tortue ou Nymphalis polychloros (Linnaeus, 1758) apparaît dès les beaux jours de mars au sortir de l'hibernation : elle vole rapidement mais parfois se pose sur le tronc d'un arbre ; c'est ce qui me permit de la photographier sur l'île Renard en Presqu'île de Crozon. Puisqu'on la nomme aussi Vanesse de l'Orme ou le Dorè ou le Grand-Renard, voilà donc le Grand-Renard de l'île Renard !

   Cest ma première photographie de papillon de l'année, elle est prise à 20 mètres en digiscopie ! lorsque je me suis approché avec mon APN en mode macro, le papillon s'est envolé.

 

  Date de l'observation : 13 mars 2011.

 

DSCN3279cc

 

Nos noms vernaculaires se retrouvent dans les langues européennes puisque ce papillon se nomme en anglais Large Tortoiseshell (grande carapace de tortue) et en allemand Grosser fuchs, ou Grand renard.

  Sa chenille se développe sur le saule, l'orme, le chêne, le peuplier ou le prunus.

 Il fut nommé par Esper en 1781 Papilio testudo : or, testudo est le nom latin signifiant tortue ; la même année, le dictionnaire raisonné d'histoire naturelle de Jacques Christophe Valmont de Bomare le nomme papilio testudinarius, cet adjectif latin se rapprochant de testudineus, a, um, "de tortue", "de l'écaille de tortue". Et le même dictionnaire explique que ce papillon a tét nommé tortue à cause de sa couleur qui imite assez celle de l'écaille de quelques tortues.

 En 1824 Hübner le nomme Pyrrhomelaena, de couleur fauve (pyrrho-) et noir (melaena).

En 1831 il est nommé par Freyer Vanessa pyromelas, de même signification.

 

  En prime, la description de Linné dans la dixième édition du Systema naturae p. 477 sous le nom de Papilio polychloros :

 

Nymphalis-polychloros-Linne-SNed10-p.477.jpg

 

Je note que Linné cite Réaumur  : il se réfère au Mémoire genéral de l'histoire des insectes (1734-1742), tome I, planche 23, figure 2.

http://books.google.fr/books?id=Hv1sGXp5cXMC&pg=PA63&dq=R%C3%A9aumur+Histoire+des+insectes+papillons&hl=fr&ei=ajh9TZmdC8rwsgaJ1-jtBw&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&ved=0CDgQ6AEwAA#v=snippet&q=tortue&f=false

 Cette figure est commentée page 382 comme suit :" le fond de leur couleur est un aurore brun, sur lequel sont des taches noires. Ile est un de ceux à qui on a donné le nom de tortuë, à cause de la distribution de ses couleurs qui imite en quelque sorte celles de l'écaille. Le bordé qui suit le contour de l'aile est formé de taches noires, de taches aurores et de taches d'un fort beau bleu." (la couleur "aurore" est jaune orangée)?.

 

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Published by jean-yves cordier
8 mars 2011 2 08 /03 /mars /2011 23:06

   Aux entomologistes soucieux de connaître à quel saint adresser leurs prières et leurs demandes d'observer moult insectes, je recommande Saint Fiacre, patron de l'église de  Guengat.

   En tant que patron des cochers de carrosse, le saint homme n'est pas débordé; mais il est aussi patron des jardiniers, et c'est une autre paire de gants. L'un veut la pluie, l'autre le soleil, le troisième un bon coup de gel, mais pour tout ce qui concerne la météo, il les renvoie à Saint Médard, et c'est terminé. Son truc, c'est les plants, leurs racines, leur développement, la pollinisation, et la protection des nuisibles. C'est là qu'il est intéressant, Saint Fiacre, pour les entomologistes, sauf s'ils demandent des doryphores ou la piéride du chou.

   C'est Jacques de Voragine, dans sa Legenda aurea, qui nous raconte que Saint-Fiacre, alors qu'il bêchait son jardin, constata que tous ses plants d'oseille avaient été dévorés. Il se concentra, invoqua les cieux, ce qui lui réussissait bien, d'habitude, plaça son étole sur les châssis dévastés, la retira : aucun résultat. Il se penche et remarque des animalcules, des bêtes-au-malin qui se gobergeaient sans complexe : alors il traça un signe de croix sur ces mange-oseilles, et aussitôt apparurent une armée de cuirassiers rouges qui fit un sort à cette racaille. Saint Fiacre les baptisa bêtes-à-Bon-Dieu, d'un coup de goupillon, et chacune des sept gouttes d'eau bénite s'inscrivit sur leur armure écarlate comme autant de stigmates sacrées.

   L'histoire des mange-oseilles aurait été mieux connu si un moine copiste de l'abbaye de Landevennec n'avait pas commis un lapsus calami et écrit sur son manuscrit "mange-oreille" à la place de "mange-oseille". Et c'est ainsi que l'on raconte que Saint Fiacre eût affaire à un monstre qui dévorait ses oreilles, ce qui est encore représenté sur les sablières de l'église :

 

DSCN2919c

 

Ici, nous voyons Saint Fiacre avec sa bêche et, dans la main droite, le châssis de serre contenant son oseille.

A sa droite, nous reconnaissons Saint Yves venu en voisin et qui demande à boire à la servante.

 

DSCN2921c

 

    Là, on fait bombance pour fêter le miracle de Saint Fiacre, où la mâle peste des pucerons a été détournée de la paroisse: le tonneau de cidre a été mis en perce.

 

 DSCN2920c

 

 

 

   J'étais venu de Brest faire mes dévotions à Saint Fiacre : l'hiver était long, qui n'offrait pas de petites bêtes à mon objectif macro, et je le priais de faire surgir les insectes, papillons et libellules qui avaient enchanté mon été. Aussi miraculeux que cela paraisse, la première chose que je vis en sortant, ce fut un papillon, un citron très affairé. Puis ce fut un skimia dont les fleurs bourdonnaient de guèpes ou de mouches. Et enfin, je découvrissur les massifs de l'enclos parroisial une soixantaine de bêtes-à-bon-dieu qui se prosternaient à qui-mieux-mieux:

 

 

DSCN2923c

 

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DSCN2946c

 

  N.B Pour une histoire véridique de l'Eglise de Guengat et de son Saint Patron, on sera avisé de consulter d'autres sources.

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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