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2 juin 2011 4 02 /06 /juin /2011 11:25

Observés le 31 mai à Pontavennec (Saint-Renan)

 

1. Meliscaeva cinctella (Zetterstedt, 1843).

 

 Cette Syrphe de 7 à 11 mm aux ailes brunâtres avec une subcostale et un ptérostigma brun est d'observation courante. Ses larves mangent les pucerons (aphidiphage).

 

 

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2. La Syrphe à ceinture  Episyrphus balteatus  (De Geer, 1776), Marmalade hoverfly.

 

Elle mesure 8 à 12 mm, son front peu saillant présente un calus médian très proéminent, ses ailes sont renforcées sur la marge postérieure par des plaques chitineuses microscopiques (comme la Meliscaeva précédente); elle vit dans les conifères (? ici, il n'y avait que des feuillus) et elle pond ses oeufs dans les colonies de pucerons, pour que ses chères petites larves puissent se régaler. C'est une espèce très courante, mais que je trouve très élégante par ses lignes fines et la vivacité de ses couleurs.

 

 

Un mâle, aux yeux contigus : 

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 Une femelle, aux yeux séparés et divergents.

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Episyrphus-balteatus 2369cc

 

 

 

 3. Eristalis tenax  (Linnaeus, 1758).

 

L'arista (la soie de l'antenne) est glabre, les tibias sont épaissis et arqués sur la troisième patte sous un fémur noir, ces tibias portent une brosse de poil dite "brosse mimétique", la face est saillante vers le bas, et les yeux présentent deux bandes sombres verticales de poils. C'est du moins la théorie, mais je distingue bien en tout cas l'incurvation en V de la nervure médiane de l'aile.

 

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Published by jean-yves cordier
31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 20:29

La Petite Tortue Aglais urticae (Linnaeus, 1758).

J'avais observé ses chenilles en nid grouillant sur les tiges d'ortie le 28 avril :

 

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Puisun mois plus tard, c'est une  chenille  solitaire d'une taille plus conséquente que je découvre: En effet, les chenilles de Petite Tortue (comme celle du Paon-du-jour) se rassemblent après l'éclosion des oeufs en un nid communautaire, tissent une toile de soie, et y passent les quatre premiers stades de leur développement, avant de se séparer lors du dernier stade.

 

 

 

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  Le 31 mai, à Pontavennec (Saint-Renan), à  une trentaine de mètres des orties qui les ont nourries, je vois deu Petites Tortues (un couple ? les deux sexes sont identiques) qui volent joyeusement, viennent se poser dans la prairie tout juste fauchée, puisse décider pour une petite station sur une feuille de ronce, et rester  désormais bien indifférentes à l'égard de l'ortie.

 

Lorsqu'elles se posent au sol, elles gardent d'abord les ailes fermées, ce qui permet d'observer le verso sombre qui ressemble à celui des autres Vanesses , les Robert-le-diable, les Paon-du-jour, le Vulcain ou la Belle-Dame :

 

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   Puis elles s'entrouvent timidement  ...

 

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  Et puis elles se décident à déployer leur éventail : quel spectacle !

 

 

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     Elles se nomment Petite Tortue parce qu'elles sont plus petites d'un centimètre que leur grande soeur la Grande Tortue ; et de même que celle-ci se nomme aussi Grand Renard, elle adopte le nom de Petit Renard, qui est la traduction du nom vernaculaire allemand de Kleiner Fuchs. Les anglais préfèrent Small Tortoiseshell, la petite carapace de tortue. Et nous pouvons aussi la désigner sous le zoonyme de Vanesse de l'Ortie.

 

   Le nom scientifique Aglais urticae   (Linnaeus, 1758)se traduirait presque par La Splendeur de l'Ortie, puisque Aglaé est, avec Euphrosyne et Thalie,  l'une des trois Grâces, celle qui est Plus que Belle, Splendide.

 

 

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   Une ténébreuse affaire.

 

   Dans les années 2003-2009, les populations de Petite Tortue déclinèrent, en France et Outre-Manche, et on s'en inquiéta. On incrimina alors une Tachinide, une de ces mouches que j'ai pu découvrir à propos de mon observation de la Petite Tachinide La Petite Tachinide Ectophasia crassipennis à Crozon. On se souvient que ces tachinides sont des parasitoides qui se développent au dépens de différents insectes.

   La coupable désignée est une exoristine, Sturmia bella (Meigen, 1824)   qui parasite divers Vanesses : elle pond des oeufs microscopiques sur les feuilles d'orties, et ces oeufs sont ingérés par les chenilles de Petite Tortue, de Vulcain, de Paon du jour ou de Robert-le-diable. Les larves de Sturmia éclosent et se développent dans l'intestin, qu'elles perforent pour aller se nourrir des organes non-vitaux de la chenille-hôte, puis, lorsqu'elles atteignent le terme de leur développement, elles s'attaquent aux organes vitaux et déchirent la peau de la chenille, d'ailleurs déjà dans son cocon. Une fois à  l'air libre, elles se métamorphosent.

   

   Sturmia bella  était inconnue en Angleterre jusqu'en 1998, et cette intrusion n'a pas été appréciée par nos voisins, qui n'ont pas l'habitude d'être envahis, et sont sourcilleux sur l'arrivée sur leurs sols d'animaux étrangers. Aussi une étude a-t-elle été menée par une équipe de chercheurs de l' Université d'Oxford, avec des données de l'UK Butterfly Monitoring Scheme : des chenilles de Petite Tortue et de Paon-du-jour ont été recueillis dans plus de cinquante sites du sud de la Grande-Bretagne et les parasites y ont été recherchés. La publication de résultats préliminaires par Lewis.O & Hamer N. http://users.ox.ac.uk/~zool0376/Sturmia_bella_report_May09.pdf

  Ils établissent que :

Aglais urticae a subi un déclin important atteignant -50% par rapport aux chiffres antérieurs à 1988 dans le sud de l'Angleterre, mais aussi de 38% au nord et en Ecosse..

Inachis Io a mieux résisté, avec une diminution de -2%

Sturmia bella est retrouvé dans 30% des larves.

• Sur les 888 chenilles d' Aglais, 18% avaient succombé à l'attaque de Sturmia bella: cette tachinide est désormais LE parasitoide d' Aglais urticae, devant toutes les autres espèces de tachinides, Phobocampe confusa et Cotesia spp.

. Seuls 3%des Inachis io étaient affectés. Sur les stations où Sturmia est présente, elle tue 61% des chenilles.

Sturmia bella est surtout virulente en fin d'été.

Un autre article publié en ligne le 25 mars 2011, A novel parasitoid and a declining butterfly : cause or coincidence ?par S. Gripenberg, N. Hamer, D.B. Roy et O.T. Lewis dans Ecological Entomology reprend ces conclusions, indiquant que si respectivement 25% et 15% des larves d'Aglais urticae et d' Inachis io abritent Sturmia bella, seul Aglais est affectée en terme de survie. Ce papillon est bivoltin (deux générations) et c'est surtout la seconde génération, celle de l'été, qui est affectée. Au contraire, Inachis io n'a qu'une génération par an, ses chenilles apparaissant en mi-juin/mi-juillet . En un mot, Aglais urticae aurait un cycle vital mieux synchronisé avec celui de la vilaine mouche. Au nord de l'Angleterre, Aglais est univoltin, car la température est plus basse.

 

 

   Le phénomène fait penser à la fameuse extinction des colonies d'abeille : même incertitude sur la cause, même complexité des phénomènes qui interagissent, même diversité des théories proposées, même incrimination des facteurs climatiques (réchauffement) et environnementaux. 

  Quelque soit la durée et les causes de ce déclin,  il a le mérite de souligner  le jeu des interactions entre la plante-hôte, les tachinides, les autres parasites, et le papillon.D'une description du papillon, on accède aux dimensions écologiques de sa présence autour de nous.

 

 

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  C'est l'un des premiers papillons à sortir d'hibernation. J'ai vu les premiers cette année le 25 avril au marais de Sougeal, mais on peut l'observer dés les premiers jours chauds de février. Si le soleil n'est pas suffisant, il se réchauffe en faisant vibrer ses ailes, et cette  friction rapide élève assez leur température pour lui permettre de voler.   Il recherche le nectar sur la plupart des fleurs disponibles, maispendant l'après-midi, le mâle stationne sur son territoire autour d'un buisson d'ortie, posé sur les feuilles ou sur le sol en attendant le passage d'une femelle. Que celle-ci se pointe, et voilà que se déroule un curieux manège : le mâle vient se placer derrière la belle demoiselle et se met à tambouriner avec ses antennes sur les ailes postérieures de sa partenaire, si vigoureusement qu'il produit un son perceptible par nos oreilles. La femelle s'envole un peu, suivie du mâle, joue l'indifférente-qui-n'est-pas-complètement-insensible et le message est reçu 5/5 par le mâle qui recommence à frapper le rythme du Boléro de Ravel . Cela peut durer plusieurs heures sans qu'aucun ne se lasse, même s'il faut aller reprendre un peu d'énergie solaire de temps à autre en étendant grand les ailes. Finalement, en fin de soirée, madame invitera le mâle à la poursuivre dans le labyrinthe  de la végétation et, si il parvient à ne pas se faire semer, les deux amants s'accoupleront : on assure que leur étreinte dure toute la nuit,que seul le chant de l'alouette  annonciateur de l'aube peut convaincre le Romèo des lépidoptères à s'éclipser, et que sous les chaumes on entend ce dialogue de tambourinaire : 

 

AGLAE

Wilt thou be gone? it is not yet near day:
It was the nightingale, and not the lark,
That pierced the fearful hollow of thine ear;
Nightly she sings on yon pomegranate-tree:
Believe me, love, it was the nightingale.

LEPIDO

It was the lark, the herald of the morn,
No nightingale: look, love, what envious streaks
Do lace the severing clouds in yonder east:
Night's candles are burnt out, and jocund day
Stands tiptoe on the misty mountain tops.
I must be gone and live, or stay and die.

AGLAE

Yon light is not day-light, I know it, I:
It is some meteor that the sun exhales,
To be to thee this night a torch-bearer,
And light thee on thy way to Mantua:
Therefore stay yet; thou need'st not to be gone.

LEPIDO

 

Let me be ta'en, let me be put to death;
I am content, so thou wilt have itso.
I'll say yon grey is not the morning's eye,
'Tis but the pale reflex of Cynthia's brow;
Nor that is not the lark, whose notes do beat
The vaulty heaven so high above our heads:
I have more care to stay than will to go:
Come, death, and welcome! Juliet wills itso.
How is't, my soul? let's talk; it is not day.

 

AGLAE 

 


It is, it is: hie hence, be gone, away!
It is the larkthat sings so out of tune,
Straining harsh discords and unpleasing sharps.
Some say the lark makes sweet division;
This doth not so, for she divideth us:
Some say the lark and loathed toad change eyes,
O, now I would they had changed voices too!
Since arm from arm that voice doth us affray,
Hunting thee hence with hunt's-up to the day,
O, now be gone; more light and light it grows.

 

LEPIDO

 

More light and light; more dark and dark our woes!

 

 

(Shakespeare, Romeo et Juliette, ActeIII, scène 5) Mais pour les renseignements sur le comportement des deux amants, j'ai copié servilement ceci :  http://www.ukbutterflies.co.uk/species.php?species=urticae

 

 

 

 

 

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  Sur le plan de la zoonymie, les espèces du genre  Nymphalis présentent une petite particularité à laquelle je n'avais pas prêté attention :  ils sont divisés en sous-genre.

 

 Linné avait divisé ses Nymphalis en Gemmati et en Phalerati. Il a décrit la Petite Tortue sous le nom protonymique de Papilio (Nymphalis) urticae (n° 114) parmi les Phalerati à la page 477 de son Systema Naturae de 1758

  Le genre Nymphalis a été décrit en 1780 par  Jan Krzystof Kluk (1739-1796), naturaliste polonais Hist. nat. pocz. gospod. 4: 86.

L'annèe suivante il a été divisé en sept sous-genres :

• sous-genre Nymphalis Kurk, 1780 avec notre Grande Tortue Nymphalis polychloros, mais aussi N.californica et N. xanthomelas

• sous-genre Aglais Dalman, 1816,décrit dans K. svenska VetenskAkad. Handl., Stockholm 1816 (1): 56, et  comprenant outre la Petite Tortue Aglais urticae  Aglais ichnusa (considérée comme une sous-espèce) et 4  espèces.

• sous-genre Inachis Hübner, 1819 : c'est celui d'Inachis io, le Paon-du-jour.

 • sous-genre  Polygonia Hübner, 1819, où on trouve Robert-le-diable Polygonia-c-album, et treize autres espèces.

 • sous-genre Euvanessa Scudder, 1889, comprenant le Morio  Euvanessa antiopa, et R. cyanomelas.

 • sous-genre Kaniska Moore, 1899, comprenant Nymphalis canace

 • sous-genre Roddia Koshunov, 1995 où trouve place Roddia l-album la Vanesse du peuplier ou Tortue faux-gamma.

 

 Ceci explique que la Petite Tortue ne porte pas le nom de genre en premier terme de la dénomination binominale, même si l'appellation Nymphalis urticae est peut-être plus conforme (c'est la dénomination qu'emploie Funet ). Encyclopedia of Life semble considerer Aglais comme un genre à part entière.

 

 

 

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Published by jean-yves cordier
29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 17:37

 

 

Nom :  L' Ophrys abeille Ophrys apifera  Huds, 1762.

Lieu d'observation : Kerboulen, Plomeur, Finistère.

date : 28 mai 2011

 

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Le britannique William Hudson ( 1730-1793), ce botaniste sous- bibliothécaire du British Muséum, la décrit dans la première édition de sa Flora Anglica de 1662, à la page 391 : elle vient après les Ophris spiralis, lilifolia, Loeselii, monorchis, anthropophora et muscifera, et précède l'O. aranisera.

   Le nom de genre Ophrys L.,1753 vient du grec ophrus, "sourcil" que j'ai déjà rencontré en découvrant la Thécla de la ronce aux beaux sourcils, Callophrys rubi. Il se justifierait par l'aspect velu du bord dulabelle de nombreuses espèces. Les Ophrys appartiennent à la sous-tribu des Orchidinae, de la famille des Orchis. On les nomme en anglais Bee Orchis  en raison de la ressemblance que leurs fleurs prennent fréquemment avec des bourdons, ou d'autres  insectes, voire des araignées. On trouve la première mention de ce nom dans l'Histoire Naturelle de Pline l' Ancien (23-79 av. J.C ).

   Le nom d'espèce est formé sur le schéma xx-, nom d'une espèce animale à laquelle la fleur fait penser ou qu'elle  imite, et -fera, du latin fero, "je porte". Apifera signifie "qui porte l'abeille", comme muscifera signifie "qui porte la mouche".

L' Ophrys Scopolax est sensée présenter  "un gynostème dont la forme peut faire penser à la tête et au bec de la bécasse", mais je penserais volontiers que l'abbé Antonio José Cavanilles, qui l'a nommé ainsi en 1793, s'est contenté de rendre hommage à Scopoli.

 

 

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  Les Ophrys sont facilement identifiables par leur labelle épais et convexe, souvent velouté, offrant à la fois une pilosité importante qui leur a donné leur nom et une zone glabre, la macule. Les deux pétales latéraux sont plus petits.Les sépales, étalés, souvent rabattus en arrière, sont grands, roses, parfois blancs, avec une ligne médiane verte plus ou moins marquée.Les pollinies sont logées dans une colonne dressée, le gynostème, qui se termine par un bec. 

  L' Ophrys apifera est assez commune en France sur les pelouses calcaires et dans les bois clairs ; elle est assez rare en Bretagne. Elle se caractérise par un labelle brun court, au dessin variable avec des lobes lateraux velus, de grands sépales roses retroussés, et surtout un gynostème caractéristique au bec long, flexueux et deux fois retroussé. Les pétales latéraux, verts ou roses, sont très courts.Elle fleurit plus tard que les autres ophrys, fin mai à juin

 

 

 

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     On me l'a fait découvrir en la nommant "Ophrys faux-bourdon", ce qui a réveillé tous les souvenirs d'émissions ou d'articles de vulgarisation sur les orchidées : c'était simple, j'avais affaire à cette Ophrys faux-bourdon qui a pris l'allure d'un bourdon pour inviter les insectes du même nom à participer à sa fécondation.

     Mais à la réflexion, j'ai compris que c'était plus compliqué et que je devais reprendre le problème à la base.

 

I. Les bourdons, et les faux bourdons. 

 

   J'ai déjà rencontrè beaucoup de faux-bourdons : non-pas seulement à l'église ou en concert, puisque c'est le terme qui désigne les chants d' église, ou l'harmonisation du plain-chant ajoutant deux voix parallèles à une mélodie grègorienne, mais aussi chez ces insectes qui se déguisent en fourrure rayée jaune et noire pour faire croire qu'ils sont indigestes : chez les papillons les Sphinx-bourdons, hemaris tityus et H. fuciformis (en forme de frelon) et chez les Syrphes la Volucelle-Bourdon, l'Eristale brouillée ou  Mérodon equestris. Voilà donc déjà cinq imposteurs. Et on peut ajouter le Bourdon noir qui n'est qu'une abeille charpentière, une Xylocope. Et les Bourdon-coucou, des psythirus !

  Rien à voir avec les faux-bourdons, qui sont les mâles des abeilles. Ceux-ci ne vont jamais butiner les fleurs car leur trompe est trop courte pour atteindre le nectar.

  Mais alors, qui sont les vraisbourdons? C'est là où tout se complique si on exige une définition exacte, et il vaut mieux se dire simplement que les bourdons, c'est d'abord Bombus terrestris, le bourdon terrestre avec sa fourrure blanche à l'arrière, le plus commun en Europe, et quelques autres du genre Bombus reconnaissables (sauf contrefaçon) à leur silhouette trapue et leur forte pilosité.

Pourtant le terme est communément appliqué aux plus gros des membres des Apidae, pourvu qu'ils soient velus, et quand on sait que cette famille des Apidae comprend les Apinae ( les Apis, ou abeilles domestiques ; les Bombinae ; et les Eucerini ), les Nomadinae, et les Xylocopinae (dont les abeilles charpentières), on comprend que la lutte contre les déguisements de bourdon devienne difficile.

 

Peu importe, puisque ce n'était pas un insecte, mais une plante qui était accusée de port illicite de fourrure postiche. Mai là non plus, ce n'était pas simple, car l'Ophrys Faux-bourdon n'existe pas, bien que ce terme soit parfois employé:

 

II. Les Orphys faux-bourdons.

 Parmi nos noms vernaculaires, nous avons :

   • l'Ophrys bourdon, dont le nom scientifique  Ophrys fuciflora se traduit par ...Ophrys fleur -frelon, et qu'il est donc plus juste de nommer Ophrys frelon. Elle se reconnaît par la forme trapézoïdale, et non arrondie globuleuse, de son labelle. Elle cherche à imiter des Eucères, du genre Eucera décrit par Scopoli, des abeilles (!) solitaires.

   Elle a été décrite par le professeur de botanique Conrad Moench (1744-1805) en 1802 en sa bonne ville de Marbourg.

 

  • l'Ophrys abeille, Ophrys apifera,dont le labelle est d'aspect assez proche de la précédente mais de forme globuleuse, et qui attire dans son piège les mêmes abeilles du genre Eucera, notamment Eucera longicornis.

 

  En conclusion cette Ophrys Faux-bourdon est une Ophrys abeille qui ressemble à Ophrys bourdon, mais aucune des deux n'est fécondée par l'entremise des bourdons, et c'est une abeille Eucera mâle ( mais pas un faux-bourdon qui n'est  mâle que de l'abeille Apis) qui s'en charge, autrement dit un de ces gros Apidae velus qu'on nomme parfois..bourdons.

 

   J'en étais là de mes réflexions lorsque j'entendis de longs coups de corne de brume : un navire sortait de la Rade de Brest et  franchissait le Goulet pour prendre son poste devant Camaret : un remorqueur de haute-mer qui s'y positionne dès 20 noeuds de vent, puis file à Ouessant s'il dépasse 25 kt.

   Son nom ?

L' Abeille Bourbon !

  

 

              

  

 

 

 

 

 

 

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Published by jean-yves cordier
29 mai 2011 7 29 /05 /mai /2011 07:39
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J'observe à Bodonou ( Plouzané, 29) le 26 mai cette jolie mouche qui a endossé le costume des Dalton. Avec sa gueule d'hymenoptère, sa tête aussi large que le thorax et le "faux bord" de ses ailes, je peux la classer dans la famille des Syrphidae. J'ai cru identifier une Hélophile, mais celles-ci ont des antennes noires, et j'ai fini par comprendre que l'individu que j'avais interpellé appartenait au gang des Parhelophilus
   • Genre Parhemophilus: Girschner, 1897.  Ernst Girschner (1871-1914) fut un entomologiste allemand spécialisé dans les diptères.
   • On trouve dans : SARTHOU J.P., FROMAGE P., GENET B., VINAUGER A., HEINTZ W. et MONTEIL C., 2010. SYRFID vol. 4 : Syrphidae of France Interactive Data [On-Line URL : syrfid.ensat.fr]. ...
   ... les informations suivantes : quatre espèces sont connues en France:
                   : P. frutetorum (Fabricius, 1775)       : 13 départements avec observation (dont le Finistère)
                     P. versicolor (Fabricius, 1794)        :  18 départements avec observation (sans le Finistère)
                     P. consimilis  (Malm, 1863)              : 1 département,
                     P. crococoronatus  Reemer, 2000  : 1 département.
   N'étant pas qualifié pour me prononcer, de me prononcer, je salue ici ma belle Parhélophile sp.
 
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  II. Huit jours plus tard : l'Hélophile suspendue Helophilus pendulus  (Linnaeus,1758). 
 
Je la trouve à quelques centaines de mètres de ma première observation, et j'en profite pour les comparer.
  Je dois aussi savoir s'il s'agit bien d' Helophilus pendulus, avec son 3ème fémur jaune sur le tiers apical, ses bandes jaunes ocre sur l'abdomen, sa bande faciale noire, et éliminer ainsi H. Trivittatus et H. hybridus : espèrons que je ne me suis pas trompé !
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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 18:36

L' Aurore de la Cardamine Anthocaris cardamines (Linnaeus, 1758)  devance l'hirondelle pour annoncer le printemps, mais il le célèbre avec tant de fougue, tant d'activité brouillonne que j'avais renoncé à le photographier jusqu'à ce que, à la bonne aubaine d'une promenade de fin de journée, je surprenne mon bonhomme posé sur une fleur, méditatif, comme endormi ou frappé enfin par un coup de blues après ce déchaînement ostentatoire de ce qui n'était, au fond, qu'une recherche de partenaire. Et serait-il le premier qui, après avoir multiplié les rendez-vous et les petites annonces, soigné son style, épuisé ses forfaits téléphoniques, avalé les couleuvres, pris et repris des râteaux, avoir offert des bonbons à Mademoiselle Germaine, avoir cueilli du lilas pour Madeleine, avoir offert une bicyclette à Marinette, avoir rêvé des Argentines félineset des Espagnoles qui passent toutes à la casserole, serait-il le premier, hein, à chanter le Knotte-le-Zoute tango avant de rentre chez lui, le coeur en déroute, et les genitalia sous le bras?

 

   J'ai longtemps penser qu' Aurore de la Cardamine était une aristocrate, fine cousine -par exemple-de Charles-Marie de la Condamine qui inventa la quinine ( en 1745) en rêvant de découvrir les Amazones au sein nu. Mais ces papillons, ces piérides qui me narguent en agitant leurs ailes vanille-orange sont tous des mâles, et leurs compagnes, la Sylphide de leurs rêves sont d' anémiques émules de Lasthènie de Ferjol frappées de chlorose et protégeant leurs ailes pâles sous l'auvent de quelques feuillages jamais assez épais : en un mot, les femelles d'anthocaris ont le verso de leur ailes aussi blanc que les autres piérides qui se contentent de se nommer piéride du chou ou du navet. Elles s'en plaignent assez, mais d'une voix éteinte,d'être confondues avec ces marchandes de légumes.

 

 

 

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  Ce cliché est pris avec mon Canon et son objectif macro 100mm:

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   Voici maintenant le cliché obtenu avec mon APN Coolpix P6000 sur mode Macro:

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   Et voici un cliché ou Monsieur laisse entrevoir sa célèbre couleur Aurore (je rappelle que l'aurore est une couleur orangée) de son verso à travers son recto...

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  Même si cette couleur est un symbole lié à l'énergie solaire et au feu purificateur, c'est surtout un signal de danger très efficace, et c'est sans-doute afin de détourner les oiseaux des dangers de leur consommation -danger bien réel de leur point de vue- que les mâles, qui s'exposent à tous les risques avec abnégation et audace affichent  cette orpiment  sur leur casaque.

Les femelles d'Aurores déposent les oeufs sur les plants de crucifères : la cardamine bien-sûr, mais aussi l' alliaire officinale et la moutarde sauvage sinapis arviensis, toute plante qui permette à la larve d'accumuler des huiles de moutarde. L'affaire est d'ailleurs compliquée, car les glucosinates de ces plantes sont justement leur propre moyen de se protéger des insectes qui, en les croquant, déclenchent la fabrication d'isocyanates toxiques (exactement comme lorsque nous épluchons des oignons, cassant les cellules et réunissant un  précurseur, le 1-propenyl-L-cystéine-sulfoxyl avec un facteur spécial qui provoque la formation de propanethial-S-oxyde qui nous fait pleurer).  Comment les chenilles résistent-elles aux isocyanates? Font-ils comme la Piéride de la rave, qui détourne l'hydrolyse des glucosinates de la voie des thiocyanates vers celle des nitryl moins toxiques? Stockent-ils, comme le puceron du chou, les composés toxiques dans quelque hémolymphe ?

 

  Si le papillon dispose d'une face destinée à servir d'épouvantail, sa face postèrieure veinée de vert comme une feuille lui sert au contraire de camouflage. D'ailleurs, cette couleur verte est une illusion créé par une association subtile d'écailles jaunes et d'autres noires, et par le miroitement de la lumière. Ceci explique que mes photographies, au lieu de reproduire fidèlement cette illusion, me donnent à voir ces réseaux noirs et jaunes plus disgracieux, mais peut-être plus proche de la 'réalité".

 

 

 

 

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27 mai 2011 5 27 /05 /mai /2011 11:10

Le Crocothemis écarlate, Crocothemis erythraea  (Brullé, 1832) n'est pas d'observation rare. Alors qu'il se cantonnait aux pays chauds, il apparut dans la fin de années 1970 au sud de l' Allemagne et atteint le nord du Danemark en 2008.  

 

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crocothemis 1540cc

 

 cliché de juin 2010

libellule-anisoptere 0275

 

 

•  Le genre Crocothemisa été décrit par Friedrich Moritz Brauer (1832-1904) en 1868, mais cet entomologiste autrichien qui fut le directeur du Muséum d'Histoire Naturelle de Vienne exerça plutôt ses compétences dans l'ordre des Neuroptères et des diptères que dans celui des Odonates. L' étymologie associe l'adjectif grec krokos, "safran, orange" et un terme grec themisqui ne désigne pas comme je l'avais suggéré la déesse Thémis, l'une des Titanides et l'épouse de Zeus ( c'eût été trop beau ) mais qui signifie "règle, coutume". C'est l'entomologiste allemand H.A.Hagen (1817-1893) qui l' utilisa comme terminaison de diverses espèces (Brachythemis,Celithemis, Neurothemis, sans se justifier. On suivit son usage, et les Perithemis, Paltothemis, Orthemis,Urothemis, Phyllothemis, Rhodothemis, Rhyothemis,Trithemis, Tetrathemis, Nesciothemis, Gynothemis, Macrothemis, Antidythemis, Aethiothemisvinrent fleurir l'odonatonymie des Libellulidae. 

 

• Le genre crocothemis compte dix espèces, dont Crocothemis erythraea, qui tire son nom du grec erythros,"rouge". La couleur du mâle est en effet si visible que c'est elle qui sert à  désigner l'espèce, tant pour le nom scientifique que pour les noms vernaculaires de Crocothemis écarlate, Scarlet Darter, Broad Scarlet.

 

  C'est Gaspard Auguste Brullè(1809-1873) qui la décrivit après l'avoir observé en Grèce lors de l'expédition de Morée.

   Cette expédition fut menée par la France de 1828 à 1833 dans le Péloponnèse, la péninsule grecque que l'on nommait alors la Morée pour rappeler sans-doute que les Francs avec Villehardouin y avaient fondé une principauté...en 1248. Après que la flotte franco-russe ait gagné la bataille de Navarrin pour soutenir l'indépendance de la Grèce contre l'empire ottoman et son allié égyptien Ibrahim Pacha, des forces militaires débarquèrent à Coron au sud pour s'assurer de l'évacuation des forces égyptiennes, et s'emparer des places fortes tenues par les turcs. Comme lors de l'expédition de Bonaparte en Egypte, cela fut l'occasion d' y associer une mission scientifique chargée d'un inventaire architectural, archéologique, géologique, et naturaliste de la région.

 Cette mission débarqua le 3 mars 1829 à Navarrin. Elle était dirigée par Bory de Saint-Vincent (1778-1846), un naturaliste et officier qui avait à son actif sa participation à l'expédition du capitaine Baudin sur Le Naturaliste en 1800-1804 comme zoologiste.

  Un jeune entomologiste  de vingt ans avait obtenu , grâce au  soutien de Georges Cuvier, de  participer à cette grande oeuvre : Gaspard Auguste Brullè (1809-1873) . C'est lui qui décrivit sous le nom de Libellula erythraea, notre crocothemis écarlate, de même qu'il décrivit les sous-espèces Calopteryx virgo festiva et platycnemis pennipes nitidula, dans le Tome 3, Partie 1 (Zoologie), section 2 (des animaux articulés) de Expédition scientifique de Morée. Section des sciences Physiques (sous la direction de M. Bory de Saint Vincent).Levrault, Strasbourg (et Paris) 1832 : 102.

 

  Outre un ordre, celui des Isoptera (regroupant les termites), Il y décrit aussi des genres et de  très nombreuses espèces nouvelles, dont, entre autres, les suivantes :

-une tenebrionidae, Tentyria rotundata.

-un genre de tenebrionidae,Opatroides, et l'espèce O. punctulatus,

- une sous-espèce de scarabée : Tropinota squalida ssp. pilosa,

- des scarabées,Onthophagus (Palaeonthophagus) ruficapillus Brullé, 1832 et  Onthophagus (Palaeonthophagus) suturellus Brullé, 1832

- Cerambyx velutinus, Vadonia bisignata parmi les Cerambycidae,

-un hémiptère, Miridae, Dionconotus cruentatus Brulle, 1832

-un ciccadellidae, Eusclelis lineolatus,

-des orthoptères:

      _Arcyptera labiata,

      _ Drymadusa dorsalis,

      _ Omocestus (dreuxius) minutissimus,

      _ Omocestus minutus,

      _sous-espèces Acrometopa servillea servillea

                             Chorthippus parallelus tenuis,

      _ synonymes Podisma dimidiata

                           Podisma tibialis

- une arachnide, Alopecosa albofasciata

deux scorpions, Lurus dufoureius, et Mesobuthus gibbosus

- des hymènoptères, Lasioglossum pauperatum, Lasioglossum marginatum, Andrena fulvitarsis, Andrena morio,et dans les Eumenidae Tropidodynerus interruptus

- un Ascalaphe (Neuroptère) Libelloides lacteus, sous le protonyme Ascalaphus lacteus.

- une mante (Mantodea) Empusa fasciata,

- un genre de cerambycidae, Morimus (et non morinus)

- des  coleoptères Un stenopterini : Callimoxys gracilis et un Elateridae, Dicronychus

-   des annelidés  amphinominae Hermodices savignyi

-des lamiinae, Oxylia duponchelii et Helladia flavescens .

 

  En 1833, il devient aide-naturaliste auprès de la chaire des crustacés, des arachnides et des insectes dirigée par Victor Audouin(1797-1841).

En 1838, il devient titulaire de la chaire d'Anatomie comparée et de zoologie de l'université de Dijon. 

                                                          

  C'est l'auteur des ouvrages suivants(non exaustif):

Brullé, Animaux articulés des îles Canaries, 1838

Audouin et Brullé, Histoire naturelle des Insectes, 1835.

In d'Orbigny : Voyage dans l'Amèrique méridionales 6 (2), 1843

in Webb P.B. & Berthelot, Histoire naturelle des Iles Canaries. 2(2), 1840  : Brullé : Orthoptera

 

  De nombreux naturalistes l'ont honoré en nommant "brullei" les espèces qu'ils découvraient, et je citerais dans le désordre :

Tettigetta brullei (Fieber, 1876), une cigale pygmée,

Crepidodera brullei,

Thorectes brullei Jekel, 1865 : geotrupidae

 Necrophories brullei, un Silphydae,

Bembidion brullei Gemminger & Harold, 1868,

Scymnies brullei Mulsant, 1850 : une punaise,

Camptorrhinus brullei Boheman, 1837,

Colobotheini Colobothea brullei Gaham, 1889,

Perga brullei Westwood, 1880,

Tanusia brullei,

Priophorus brullei (Dahlbom), une tenthrède,

Chloracris brullei Pictet & Saussure, 1892, dans Iconographie de quelques sauterelles vertes,

etc...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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26 mai 2011 4 26 /05 /mai /2011 14:41

Observée le 15 mai à l' Aber à Crozon, cette femelle de Grillon champêtre Gryllus campestris  Linnaeus, 1758 me permet de découvrir cet orthoptère : sa tête en casque noir, ses deux sortes d'antennes à l'arrière qui sont les cerques (du grec kerkos, "queue"), et le long oviscapte (de ovum, "oeuf", et captare, "conduire") qui comme son nom l'indique servira à cette future mère pour pondre ses oeufs dans le sol.

   J'espère que vous ne remarquerez pas qu'il lui manque, après je ne sais quel combat, la patte postérieure droite.

   Je jure que ce n'est pas après les luttes épuisantes destinées à prendre en photo cet animal jamais immobile, mais qui au contraire fuit à toute allure après avoir été capturé, en courant sans me faire de démonstration de saut, ce qu'il sait pourtant faire, ni utiliser ses ailes pour s'envoler, ce dont tout grillon est incapable.

   Seule, la jambe de mon pantalon a su l'intimider suffisamment pour prendre ces clichés.

    La perte de sa patte postérieure ne la rend pas sourde au chant du mâle, mais si elle avait perdu ses pattes antérieures, ce grillon cul-de-jatte serait sourd par surcroit, car les tympans se trouvent sur la face externe des tibias des pattes-avant (on distingue cette plaque ovale sur le deuxiéme cliché, juste au dessous du "genou").

 

grillon-champetre 1215cc

 

 

  Si le style du bon français entomologique vous fait, comme moi, frissonner d'aise, suivez-moi dans la lecture de T. deTigny (Histoire naturelle des insectes, 1802) :

 

   Ses antennes sont à-peu-près de la longueur du corps. La tête est grosse, noire, lisse et sans taches; le corselet est noir, arrondi, plus large que long. Les élytres sont obscures, d'un jaune grisâtre à leur base, presqu'aussi longues que l'abdomen. Les ailes sont plus courtes que les élytres, l'abdomen est terminés par deux filets sétacés, garnis de poils fins et longs. Les pattes sont noires, les cuisses postérieures sont renflées, elles ont une grande tache d'un rouge sanguin, qui s'étend depuis la base jusque vers le milieu ; les jambes de ces pattes sont armées de deux rangées d'épines très-fortes. Les autres ont deux ou trois épines près des tarses. La tarière de la femelle est noire, plus longue que les filets.

 

DSCN7405cc

 

 DSCN7409cc

 

Le mot français "grillon" est un croisement tardif entre grillet et gresillon, et pour Gilles  Ménage en 1676," les Poitevins disent un grelet, les angevins un gresillon et les Normands un criet , il faut dire un grillon avec les Parisiens " 

   Tout cela évoque une onomatopée de base, proche du surnom de cri-cri qu'il reçoit encore, mais nos divers vocables viendraient du latin grillus, gryllus, "grillon", que nous retrouvons dans le nom scientifique.

   On retrouve ce son de cri-cri dans le nom anglais de Field Cricket, et dans le nom allemand Feldgrille.

 

   Si vous consultez la description princeps de Linné à la page 428 de la dixième édition du Systema naturae, 1, vous constatez que Caroli  Linneai, "equitis De stella Polari " (je traduis : chevalier de l'Étoile Polaire),  fait figurer le grillon champêtre parmi les Coléoptères, dans le groupe  Gryllus subdivisé en Mantis, Acrida, Bulla, et Acheta"cauda setis duabus" où trouve place avec le n°21 notre cri-cri. Toujours dans le groupe Gryllus, les Tettigonia et les Locusta suivent les Acheta.

   Chopard le décrit sous le nom d'Acheta campestris. (L.Chopard, Faune de France, tome 3, Orthoptères et Dermaptères, Paris chez Paul. Lechevallier, 1922).

 

  

 

 

 

 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 08:40

  Le Gazè Aporia crataegi reste toujours très présent sur la Presqu'île de Crozon en cette fin du mois de mai, et on voit ces éventails de papier aux élégantes dècorations  à l'encre de chine sur les fleurs des prairies :

 

 


Le papillon, fleur sans tige,
Qui voltige,
Que l'on cueille en un réseau ;
Dans la nature infinie,
Harmonie
Entre la plante et l'oiseau !...

 

 

gaze 1781cc

 

Comme un éventail de soie,
Il déploie
Son manteau semé d'argent ;
Et sa robe bigarrée
Est dorée
D'un or verdâtre et changeant. 

Gérard de Nerval, Odelettes.

 

 

gaze 1153cc

 

 

   D'où lui vient cette transparence ? Selon le site UK Butterflies, les femelles frottent leurs ailes entre elles ce qui leur fait perdre beaucoup d'écailles, et les rend plus translucides que les mâles. Mais les anglais ne voient plus guère de Gazè chez eux depuis 1925, pour une raison mal élucidée.

 

   Une chose est certaine : ces gazes, ces voilages, cette blancheur virginale, un grand mariage se prépare ou je ne m'y connais pas !  D'ailleurs j'observe certains préparatifs, certains duos, voilà que l'on lutine parmi le trèfle et la centaurée , et cela tiendra lieu de publication de bans.

 

 

gaze 1761cc

 

Et puis, annoncé par un grand bandeau ponceau  comme une bouteille de Mumm Cordon Rouge, il arrive, le grand mariage en blanc :

 

 

 

 gaze 1910cc

 

         Chers époux de Mai, que vous offrirais-je en épithalame ?  reprendrais-je à Voltaire son poème ?

 

 

 Vos désirs satisfaits doivent toujours renaître,
 Brûlez toujours des mêmes feux ;
 Que le droit de vous rendre heureux
 N’ôte rien au plaisir de l’être
.

 

   Scandrais-je autour du couple la formule de l'Ancienne Grèce :

 

O Hymen, O Hyménée !

 

M'adresserais-je au jeune époux tel Catulle en déclamant :

 

" Toi qui comme Phoébé déploie l'arc immaculé de ta course dans l'azur, toi qui t'enivre de l'incomparable gloire que te procure la jeunesse, prépare ton coeur à la félicité. Et vous qui tournez les fils que suivent les destins, courez, courez, fuseaux !
 

   Toi qui exerce ton monopole sur les calices et les corolles, écoute, en ce beau jour, l'infaillible oracle que je prononce : voici que vient Eros, astre propice conduisant ta jeune épouse ; elle passe ses bras lisses sous ton cou robuste et se prépare près de toi aux langueurs du sommeil.

Vous qui tournez les fils, courez, courez, fuseaux !

 

 

Jamais demeure ne couvrit de telles amours, jamais amour n'enchaîna deux amants par des noeuds aussi beaux que ceux qui unissent maintenant les coeurs de ces deux éventails. Vous qui tournez les fils, courez, courez, fuseaux.

 

  De vous naîtront des fils qui seront les lumières du printemps, les hèros admirés des prairies aux mille fleurs, les flammes radieuses du matin.

Vous qui tournez les fils, courez, courez, fuseaux.

 

 

Allez-donc, formez ces noeuds d'amour si désirés. Qu'une heureuse alliance unisse l'époux à la belle marièe ; que l'épouse s'abandonne enfin aux impatients désirs de son mari. Vous qui tournez les fils, courez, courez, fuseaux.

Demain, au lever de l'aurore, sa nourrice en la revoyant ne pourra plus lui ceindre le cou du même fil que la veille. Vous qui tournez les fils, courez, courez, fuseaux.

Jamais ta mère anxieuse n'aura la douleur de voir sa fille, exilée par la discorde du lit nuptial, lui ravir le si doux espoir d'avoir des petits fils bien-aimés. Vous qui tournez les fils, courez, courez, fuseaux».

 

 

 gaze 1927cc

 

   Non, je laisserai la paix à ces deux coeurs charmants. Je me retirerai sans troubler leurs bonheurs, ému du beau spectacle de leurs noces, et tout irradié de leur félicité.

 

gaze 1934cc

 

 

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24 mai 2011 2 24 /05 /mai /2011 21:42

 Suite de :Le nid de polistes (nimpha).

 

   Cette fois-ci, je découvre un autre nid de ces guêpes papetières qui construisent leur nid de papier sur un arbuste. Mais cette fois-ci, il y du monde, toute une équipe d'ouvrières en train de nourrir les larves, larves que je peux désormais observer dans leurs petites couchettes (dans mon bateau, une bannette comme celles-là, on la nomme "la couchette cercueil").

   Je crois que j'ai encore affaire à la Polistes nimpha (Christ, 1791) si je suis les explications données par aramel.fr : http://aramel.free.fr/INSECTES14ter-20.shtml, le dessus des antennes est noir, les joues sont jaunes, le clypeus est barré d'une marque noire.

 

   Mais qui est ce Christ qui fait ici une apparition? Un jardinier. Un pasteur. Et, bien-sûr, un naturaliste, spécialiste des hyménoptères, Johann Ludwig Christ (1739-1813), l'auteur de Naturgeschischte, Klassification und Nomenclatur der Insekten von Bienen, Wespen und Ameisengeschlecht (Histoire naturelle des abeilles, guêpes et fourmis)  avec 60 planches coloriées formant plusieurs cahiers, 1 volume in 4. Franckfurt am Main, 1791.

 

   Pour le reste, les images parlent d'elles mêmes :

 

 

DSCN7709cc

 

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DSCN7704cc

 

 

polistes 1959cc

 

 

polistes 1971cc

 

 

 

polistes 1965cc

 

 

 

polistes 1996c

 

 

 

 

 

 

 

 

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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 11:21

Lors d'une balade, je remarque un individu suspect : déguisé en bourdon, il ne bourdonne pas, mais reste posé sur une feuille. A tout hasard, je le prends en photo, et c'est l'occasion une fois rentré de découvrir les diptères aux allures de bourdon de la famille des Syrphes.

 

 

volucella-bombylans 1717

 

 

  

 Trois espèces sont signalées : chacune se distingue des deux autres par les moeurs de leurs larves, saprophages, ou phytophages, ou encore commensales :

 

   •  l'eristale brouillée Eristalis intricata (Linnaeus, 1758) qui se distingue par la nervation alaire propre aux éristales avec le "V de la médiane", une incurvation en V ou en U d'une des nervures. Ses pattes sont noires marquées de blanc sur la moitiè antérieure des tibias ; son front est roux. elle meure 11 à 15 mm.

   Sa larve est saprophage, façon élégante de dire qu'elle se nourrit des matières organiques des eaux souillées.

 

   • Merodon equestris (Fabricius, 1794) ou Syrphe des narcisses a les pattes noires ; ses fémurs postérieurs sont épaissis. Sa face est couverte d'une pilosité blanche. Elle mesure 15 à 17 mm.

   Sa larve est phytophage, elle se nourrit des bulbes des fleurs de la famille des liliacées.

 

   • La Volucelle-Bourdon, Volucella bombylans (Linnaeus, 1758) montre une nervation alaire propre aux volucelles. elle mesure 11 à 15 mm. Sa pilosité est abondante sauf au niveau de la partie dorsale du thorax ; se antennes sont plumeuses. Elle a pris le costume du Bourdon terrestre, Bombyx terrestris.

   Sa larve est commensale du nid souterrain des bourdons, où elle a éclos : elle se nourrit des déchets et des cadavres, ou plus rarement du couvain.

   Je suggère l'étymologie issue du latin volucer, " ailé" (mais aussi rapide, vif ), un adjectif peu discriminant chez les diptères. Volucris parvula, c'est la p'tite chose ailée, le moucheron. Je ferais de volucella un diminutif qui pourrait dire "la petite ailée".

 

  Chez toutes les trois, les mâles ont les yeux rapprochés , et les femelles les yeux écartés et plus petits.

 

Leur mimétisme peut être un mimétisme dissuasif à l'égard des oiseaux et autres prédateurs qui mangent les mouches et évitent les bourdons ; ou bien, pour la volucelle, ce peut être un mimétisme stratégique pour atteindre les nids de bourdons sans se faire repérer comme espèce étrangère. 

 

 

   Laquelle des trois ai-je photographiée ?  Mon cliché est trop médiocre, mais les antennes me semblent plumeuses; je me contente de parier pour la volucelle au nom chantant.

 

 

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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