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26 juin 2015 5 26 /06 /juin /2015 20:27

Le Musée des Beaux-Arts de Séville : cloîtres et azulejos.

Museo de Bellas Artes de Sevilla : Claustro y azulejos.

Voir dans ce blog à propos de Séville :

— Sur le Musée des Beaux-Arts :

— Sur Séville :

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Les concepteurs du Musée des Beaux-Arts de Séville ont eu la bonne idée d'orner les cloîtres et salles de l'édifice avec des céramiques récupérées de couvents confisqués : cela transforme la visite des œuvres d'art (un moment souvent éprouvant où le touriste arpente d'interminables succession de salles) en un moment de charme, semblable à celui qu'il a pu connaître (le dit touriste) à la Casa de Pilatos ou à l'Alcazar, les deux autres hauts-lieux de collection d'azulejos. Orangers et ombres fraîches, buis taillés et vasques, cyprès et petits oiseaux, arcades et colonnes, voici que se joue, plutôt que les Jeux d'eaux à la Villa d'Este, les Azulejos dans les cloîtres de la Merced.

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Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.
Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.
Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.
Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

"Notre-Dame-de-la-Merci", un Ordre d'échange ou de rachats de prisonniers.

L’édifice qui abrite le Musée des Beaux-Arts est en effet l’ancien couvent de la Merced Calzada de la Asunción, ce qui nous plonge dans une aventure bien passionnante de moines et chevaliers. Nous sommes au XIIIe siècle après la Reconquista ; les Arabes n'occupaient plus alors que le royaume de Grenade, mais  leurs pirates capturaient les chrétiens et les menaient en Afrique du Nord pour les réduire en esclavage ou en obtenir rançon, tandis que les chrétiens menaient des raids pour capturer les musulmans. 

   Les prisonniers étaient échangés contre rançon, sinon ils étaient vendus comme esclaves. Au XIIIe siècle, en plus des épices, des esclaves constituaient l'un des produits de la commerce florissant entre les ports chrétiens et musulmans. Il fallait donc des organismes chrétiens et musulmans pour mener les tractations et récolter les fonds nécessaires au rachat. Dès 1194, l' Ordre des Trinitaires ou Mathurins fut créé en France en 1194, s'engageant à consacrer un tiers de leurs revenus au rachat des captifs emprisonnés par les païens. Des monastères et hôpitaux furent fondés en Espagne. Puis en 1219, le français Pierre Nolasque (1158-1259, Pedro Nolasco pour les espagnols), fils d'un riche drapier normand,  fonda avec l'accord du roi Jacques Ier d'Aragaon  l’ordre de Notre-Dame de la Merci ou Ordre des Mercédaires (Orden de la Merced). Les "mercédaires" prononçaient les trois vœux traditionnels des ordres réguliers : pauvreté, chasteté et obéissance, mais aussi un quatrième vœu plus audacieux encore : être prêts à se livrer en otage si c'était le seul moyen de libérer les captifs. Ils se livrèrent à ce « marché » — c'est le sens étymologique du latin mercedem — jusqu'à ce que disparaisse la piraterie. C'était un Ordre associant aux moines des chevaliers qui s'illustrèrent dans la conquête des Baléares en 1229, et de Valence en 1238, et dont les premiers supérieurs (ou Généraux) furent des chevaliers. 2700 captifs furent parait-il rachetés du vivant de Pierre Nolasque, et 70.000 durant la période d'activité de l'Ordre.  À partir de 1317, l'ordre de la Merci perdit son caractère militaire, et il sera assimilé en 1690 à un ordre mendiant, participant à l'évangélisation du Nouveau-Monde. 

L'Ordre fonda un couvent à Séville après la conquête de la ville en 1248, sur des terres données par Ferdinand III : ce premier édifice, de style mudéjar,  fut démoli au XVIIe siècle à l'initiative de Frère Alonso de Monroy, général de l'Ordre de 1602, pour laisser place à un nouvel ensemble. Les travaux, sont alors menés par l’architecte Juan de Oviedo y de la Bandera, à partir de 1603 à 1612 pour la partie principale, tandis que les bâtiments conventuels s’élèvent progressivement au cours des cinquante années suivantes, créant un des plus beaux exemples de maniérisme andalou. Les niveaux de l'église  et des  trois élégants cloîtres sont reliés par un escalier monumental.

La construction de l’église s’achèva en 1612. En 1835, les moines sont expulsés et leur couvent confisqué par la couronne. Après 1841, date à laquelle l'ancien couvent devient un musée ouvert au public, l’édifice connaît trois grandes phases de restauration. Entre 1942 et 1945, le patio de las Conchas est ouvert sur le site de l'ancienne sacristie; entre 1985 et 1993, le bâtiment est complètement rétabli et adapté aux nombreuses demandes d'un espace d'exposition moderne.

L’intérieur s’ordonne sur deux niveaux, autour de deux cloîtres ceints de galeries à arcades, et de deux patios. Ces quatre espaces sont agrémentés de plantations diverses et de pièces d’eau. 

  • Le cloître de la Citerne (Claustro del Aljibe ) qui est le premier que l'on découvre.

  • le charmant Petit cloître ou Cloître des Buis (Claustro de los Bojes ).

  • le Grand Cloître (Clautro Mayor), centre de vie de l'ancienne communauté monastique.

  • le patio des Coquilles,( los Conchas).

 

 

 

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Musée des Beaux-Arts de Séville, image Maps Google.

Musée des Beaux-Arts de Séville, image Maps Google.

Les cloîtres du Musée des Beaux-Arts de Séville, image Maps Google.

Les cloîtres du Musée des Beaux-Arts de Séville, image Maps Google.

 

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Mais avant de découvrir ces patios du paradis, nous devons passer au purgatoire et prendre notre ticket au guichet d'entrée.

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I. Le hall d'entrée ou guichet des touristes.

Le visiteur achète son billet dans un vestibule décoré de panneaux carrelés. Mais, trop pressé de pénétrer dans les salles d'exposition, ou préoccupé de trouver les vestiaires ou de chercher son portefeuille, il risque de franchir trop rapidement ce seuil ; d'autre part, les installations vitrées qu'imposent la muséologie et la sécurité, et les préposés qui les occupent, masquent partiellement (ou largement) les plinthes d'azulejos. Quitte à perdre ma place dans la queue, je vais, pour ma part, prendre tout mon temps (en réalité, je suis passé sans rien regarder et c'est en fin de visite que, attendant la famille partie aux toilettes, j'ai eu tout le temps nécessaire).

 

 Les céramiques réunies ici  proviennent du couvent dominicain San Pablo et sont attribuées à  Hernando de Valladares (j'expliquerai qui c'est). Notamment, on peut reconnaître sur l'arche d'entrée qui sépare ce vestibule du Cloître de la Citerne  deux chiens noir et blanc tenant dans leur gueule un flambeau : c'est, comme on le sait sans-doute, l'un des attributs de saint Dominique,  puis l'emblème de son Ordre. Dominique de Guzman naquit en Vieille Castille, et sa mère eut avant sa naissance en1170 une étrange vision d'un chien tenant une torche et prêt à répandre le feu sur la terre. Il s'agit du feu de la Foi, et non des bûchers de l'Inquisition. (Celui qui goûte, comme moi, les jeux de mots peut apprécier de savoir qu'on voit aussi dans ce chien une allusion au Chien de Dieu, Domini canis qui s'entend dans le nom "Dominicain"). Ces deux chiens entourent le monogramme christique IHS surmonté d'une croix, placé dans un cuir avec les trois clous de la Passion.

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Faïences par Hernando de Valladares de l'arche de l'ancien couvent Saint-Paul, XVIIe siècle, hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

Faïences par Hernando de Valladares de l'arche de l'ancien couvent Saint-Paul, XVIIe siècle, hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

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Azulejos par Hernando de Valladares sur l'arche de l'ancien couvent Saint-Paul, XVIIe siècle, hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

Azulejos par Hernando de Valladares sur l'arche de l'ancien couvent Saint-Paul, XVIIe siècle, hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

 

Le couvent dominicain de San Pablo el Realdont il ne reste aujourd'hui que l'église de la Magdalena, a été fondé par Ferdinand III en 1248-1255. L'édifice a été dévasté par le feu en 1350, puis rebâti par Pierre le Cruel. A la fin du XVe siècle, avant la découverte de l'Amérique, il a accueillit les de bureaux imposants de l'Inquisition avant que la sinistre institution ne s'installe à Triana au Castillo de San Jorge . Le couvent servit alors de noviciat et de centre de formation des prédication pour les missionnaires partant évangéliser le Nouveau Monde. Le 30 Mars 1544 Frère Bartolomé de las Casas, connu par sa défense des droits des Indiens, y fut  consacré évêque de Chiapas -Mexique-. L'église médiévale a été détruite en 1690. Le couvent a été confisqué en 1838. 

 

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Les armoiries de Guzman.

La composition en azulejos comporte aussi deux armoiries, qu'on commencerait à décrire comme d'azur aux deux paniers échiquetés d'or et d'azur, portant des feuillages d'or, à la bordure alternant des tours d'or sur champ de gueules [avec une petite porte d'azur ]et des lions rampants d'or  sur champ d'argent". Il faudrait encore préciser que les paniers sont marquées par trois bandes blanches (pardon, "d'argent"). Et, surtout, s'apercevoir que les "feuillages" sont, en réalité, trois horribles dragons crocodilesques dardant une longue langue brune. Les seules armoiries ressemblant à cela sont celles d'un quartier du blason figurant sur le grand retable de la cathédrale de Séville, offert par le comte de Baños vers 1700. 

 

Heureusement, j'ai assez travaillé sur la Vue de Séville 1588 par Hoefnagel et je peux identifier ici, non des paniers (cestas), mais des "chaudrons guingolés" ou caldera gringolata en espagnol, c'est-à-dire que je retrouve ici, sous la couronne ducale, les armoiries de la Maison des Medina Sidonia : on attribuera le changement de couleurs du chaudon aux impératifs du fabriquant d'azulejos, ou à une impardonnable fantaisie. Elles sont actuellement les armes de la ville de Mellila, et on les blasonne "armas sobre campo de azur, dos caldeiras jaqueladas en oro y gueules, gringoladas de siete Serpientes en sinople, puestas al palo, bordadura de las Armas Reales de Castilla y León, de nueve piezas de gueules, con castillos de oro, alternadas, con nueve piezas de plata con leones de gueules".


 

 

Le fondateur de cette Maison est Alonso Pérez de Guzmán  "el bueno' (1256-1309); en plaçant ces armoiries ici, les dominicains créent un lien entre saint Dominique de Guzman et cette Maison, ce qui n'est pas historiquement fondé.  

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Azulejos par Hernando de Valladares sur l'arche de l'ancien couvent Saint-Paul, XVIIe siècle, hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

Azulejos par Hernando de Valladares sur l'arche de l'ancien couvent Saint-Paul, XVIIe siècle, hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

Au dessus de l'arcature, nous découvrons un panneau qui comporte aussi les deux chiens noir et blancs, et qui vient donc aussi de San Pablo, On y lit une inscription :ESTA CAPILLA Y SANC- VARIo / MANDo HAZE LA MADRE MAY / A LA ORIVANDE ESPINAÑO

...que je lis comme Esta capilla y sanct vario mando haze la madre may a la orivande espinaño (ou : ...orivan de espin año). Je n'en n'ai trouvé aucune citation épigraphique.

Elle est placée sous un blason couronné avec deux angelots tenant une palme,  et une tête de putto. Le motif central noir et blanc à huit étoiles, quatre flèches et une croix fleur-de-lysée reste à identifier. Nous allons le retrouver plus loin, ce n'est donc pas un simple ornement. Je l'assimile au blason dominicain "d'argent chapé de sable" à la croix fleur-de-lysée noire et blanche et à l'étoile à huit branche propre à saint Dominique.

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Azulejos par Hernando de Valladares sur l'arche de l'ancien couvent Saint-Paul, XVIIe siècle, hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

Azulejos par Hernando de Valladares sur l'arche de l'ancien couvent Saint-Paul, XVIIe siècle, hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

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Je suis toujours, nez en l'air, en train de regarder l'arche du couvent de San Pablo, sans me décider à passer dessous pour débuter ma visite du Musée, et le gardien s'interroge. Moi aussi : est-ce à lui que je dois demander le sens des deux aigles couronnés blancs tenant dans leur bec un encrier ?  Ce motif accompagne généralement, dans les enluminures médiévales, et sans la couronne, la figure de saint Jean rédigeant son évangile ou son Apocalypse à Patmos. Or, le couvent des dominicains est dédié à saint Paul (San Pablo), et non à Jean. Peut-être une allégorie de l'étude des textes sacrés, et de la prédication ?   

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Azulejos par Hernando de Valladares sur l'arche de l'ancien couvent Saint-Paul, XVIIe siècle, hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

Azulejos par Hernando de Valladares sur l'arche de l'ancien couvent Saint-Paul, XVIIe siècle, hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

Toujours là ? 

AncreAncre Oui, car j'ai promis de tenter d'apprendre quelque chose sur l'artiste  Hernando de Valladares. A quoi sert de voyager si ce n'est pour élargir son esprit et muscler ses neurones? 

Mais ce ne sera pas long. J'apprends (http://www.arrakis.es/~ramoscor/sigloxvii.html) que simultanément aux potiers d'origine italienne (Francisco Niculoso et ses successeurs), une famille de potiers andalous, les Valladares, a acquis une grande popularité au cours des dernières années du XVIe siècle et la première moitié du XVII. Son fondateur est Juan Valladares, né en 1530 dans la province de Séville à Aznalcázar, et installé à Triana Calle del Marqués (1574). Hernando, qui est dit "maestro de hacer loza", ou "maître en faïence"  est son fils.  Il eut lui-même deux fils, Hernando et Benito, qui furent actifs jusqu'au milieu du XVIIe siècle, sans que l'on puisse facilement discerner les travaux d'Hernando père et  fils : on parle d'"atelier (taller) d'Hernando Vallidares". Ils participèrent à la décoration de nombreux bâtiments civils et ecclésiastiques effectuées ou modifiées à ce moment à Séville, ainsi qu'en  dehors de la ville comme à Cordoue et Grenade, Evora, Lisbonne. Leur production pour le Nouveau-Monde fut importante, attestée au Mexique ou au Pérou. Parmi les œuvres emblématiques de cet atelier, on trouve le devant d'autel  du couvent de l'Assomption dédié aux des saintes Justa et Rufina et conservé au Musée des Beaux-Arts de Séville,  ou les panneaux de la chapelle de las animas de l'église de San Lorenzo de Séville, le devant d'autel au pot de lys de la même église (vers 1609), .. Cet atelier est aussi mentionné au Monastère de Santa Paula, à la Chartreuse de las Cuevas, à l'Apeadero de l'Alcazar (1609), pour les plinthes de la nef de l'église Santa Clara ( Devant du maître-autel 1622 ), à Lima en 1604 pour les couvents de Saint-Dominique et de Saint-François.

 

Ceci étant appris, je tourne autour de la guichetière et de l'agent d'accueil et je photographie les plinthes et pilastres visibles dans leurs stands :

 

 

 

Azulejos par Hernando de Valladares,XVIIe siècle, Hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

Azulejos par Hernando de Valladares,XVIIe siècle, Hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

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Azulejos par Hernando de Valladares, XVIIe siècle,  Hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.Azulejos par Hernando de Valladares, XVIIe siècle,  Hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

Azulejos par Hernando de Valladares, XVIIe siècle, Hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

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Azulejos par Hernando de Valladares, XVIIe siècle,  Hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.
Azulejos par Hernando de Valladares, XVIIe siècle,  Hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.
Azulejos par Hernando de Valladares, XVIIe siècle,  Hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.
Azulejos par Hernando de Valladares, XVIIe siècle,  Hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.
Azulejos par Hernando de Valladares, XVIIe siècle,  Hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.
Azulejos par Hernando de Valladares, XVIIe siècle,  Hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.
Azulejos par Hernando de Valladares, XVIIe siècle,  Hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

Azulejos par Hernando de Valladares, XVIIe siècle, Hall d'entrée, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

Découvrons désormais, enfin !, le cloître dont nous apercevions delion la douce lumière : 

I. Le Cloître de la Citerne ou  Claustro del Aljibe.

Son nom d'"Aljibe" vient de l'arabe hispanique algúbb, dérivé lui-même de l'arabe classique  gubb. La citerne, normalement enterrée entièrement ou en partie, est destinée à recevoir l'eau de pluie s'écoulant des toits. Ce patio d'usage domestique communiquait avec d'autres cours plus petites qui ont disparu.

Certes, avec son pavage ocre-rouge, ce n'est pas le havre de verdure annoncé, et on puiserait sans-doute en vain à la citerne qui lui donne son nom, mais on découvre déjà la disposition adoptée par l'architecte : des colonnes toscanes...

Des quoi ?

Des colonnes d'ordre toscan, utilisé par les anciens Romains (Etrusques) avant qu'ils n'adoptent les ordres grecs dorique (contemporain de l'ordre toscan), ionique et corinthien. Les architectes italiens de la Renaissance les remirent à l'honneur, par exemple au Palais Pitti de Florence. Sa hauteur fait sept fois son diamètre. Elle est remarquable par sa simplicité, d'autant plus dépouillée qu'elle est se passe de piédestal, et que son chapiteau se limite au filet d'une astragale et à un bref tailloir sans talon. (Claude Perrault page 42) Chaque fût de marbre reçoit la courbe en plein cintre des arcatures.  Puis vient l'étage aux fenêtres rectangulaires séparées par des pilastres plats. Et le deuxième étage, ouvert, aéré et ombragé répète le rythme de la colonnade du rez-de-chaussée. La peinture saumon tendance abricot souligne l'élégance du décor. 

La cour a la forme d'un trapèze irrégulier de 9 à 10 m sur 9 à 12 m sur les côtés, soit quatre arcades sur trois cotés, et cinq arcades sur un coté. 

image wikiwand.

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Comme on le voit, des plinthes d'azulejos entourent le patio. Mais, surtout, la Vierge du Rosaire fait l'admiration de tous. ce bijou de céramique a été réalisé par Cristobal Augusta en 1577 pour le couvent de Madre de Dios, en s'inspirant d'une peinture de Luis de Vargas. Une œuvre à ne pas manquer, mais que j'ai oublié de photographier. 

 

Patio de la Citerne, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

Patio de la Citerne, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

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II. Le Cloître des Buis (El Claustro de los Bojes)

 Le Cloître des Buis a été dessiné par Juan de Oviedo et construit autour de 1612. Il est également connu sous le nom de Cloître du Réfectoire (Claustro del Refectorio) car il communiquait avec cette pièce par son côté sud . Son plan est rectangulaire et quelque peu irrégulier, mesurant 12 à 13 mètres par 19, et un développement de cinq et de sept baies, et il se compose de deux niveaux. En bas reviennent les fines colonnes toscanes  de marbre blanc et les arcs de plein cintre du patio de l'Aljibe alors que l' étage est construit comme un piano nobile avec de hautes fenêtres à balcon, dont deux sont coiffées d'un fronton triangulaire et une, au centre, d'un fronton cintré.  La peinture des motifs muraux est ici le rouge brique.   

Je compte sept arcades d'un coté et cinq arcades sur le coté le moins long. Autour d'un bassin central, les buis y sont taillés en motifs topiaires de quinconces d'un demi mètre de haut délimitant d'étroites allées.

 

On ne trouve pas ici de plinthes d'azulejos, mais une Vierge, que je n'ometterais pas de photographier à ma prochaine visite.

 

Cloître des Buis, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

Cloître des Buis, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

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Cloître des Buis, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

Cloître des Buis, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

 

III. Le Grand cloître ou Claustro Mayor.

le Grand cloître (Claustro Mayor),  se compose de deux niveaux:

  • Inférieure formée par des arcs qui s'abaissent sur deux colonnes de marbre

  • Supérieur, rénovée en 1724 par Leonardo de Figueroa , qui se profile en balcons encadrés par des pilastres ioniques.

Il communique avec l'église par deux entrées ainsi qu'avec le Cloître des Buis. Il  a été conçu par Juan de Oviedo. Il était le centre de la vie quotidienne de la communauté. Mesurant   22 mètres  sur 24, avec un développement de cinq à six arcades, on y retrouve les colonnes, mais elles sont ici doubles et prennent apppui  sur un muret orné d'azulejos.. L' étage, dissimulé par les cyprès et les orangers, a été  rénové par  Leonardo de Figueroa en 1724 ; il alterne de hautes fenêtres à balcons avec  des pilastres ioniques. Comme dans les autres cours, les lignes générales sont soulignées par contraste entre les murs blancs et la peinture ocre rougeâtre des pilastres et de festons rectilignes.


 

 

 

III. Le Grand cloître ou Claustro Mayor.

  • le Grand cloître (Clautro Mayor), qui se compose de deux parties:

    • Inférieure formée par des arcs qui s'abaissent sur deux colonnes de marbre

    • Supérieur, rénovée en 1724 par Leonardo de Figueroa , qui se profile en balcons encadrés par des pilastres ioniques.

 

Le cloître Grand ou principal est fixé sur le côté droit de l'église avec qui communiquait par deux entrées, par croisière et de la faible chœur. Parallèlement à cela le cloître de Bojes hausses, aussi appelé le réfectoire par communiquer son mur sud avec cet appareil. Une troisième cour, la citerne, le moment accédé au Musée était à l'origine la maison, et a cédé la place à sa gauche pour d'autres tribunaux ont aujourd'hui disparu. Un quatrième petit patio de taille avec des colonnes, appelé Académies, qui est le centre d'une zone adjacente à la zone de saisie, et que, une fois a été occupée par les académies Séville. De la cour de l'Académie, il a été adhéré à la sacristie, qui existe encore, et de là à la chapelle principale de l'église et de la sacristie, qui a brûlé en 1785 et a finalement été démoli avec l'occupation française. Actuellement, l'espace occupé par la sacristie est appelé cour de coquillages. Le Cloître Grande a été conçu par Juan de Oviedo, et transformé en son étage par Leonardo de Figueroa en 1724. Il était le centre de la vie quotidienne la communauté et est le plus grand monastère du 22 par 24 mètres côté, avec un développement de cinq à six baies. La partie inférieure du corps est composée d'arcs sur des colonnes doubles de marbre reposant sur ​​un banc recouvert de céramique base de panneaux, où des trous sont ouverts. Le deuxième étage, rénové par Figueroa, est en brique, avec séparés par des pilastres ioniques vous avitoladas balcons; les ouvertures sont encadrées par la couleur moulures droites filets ocre. Souligne à l'ensemble du contraste entre les murs blancs et les piliers rouges et l'ocre des festons rectilignes. Ce cloître est connecté à l'église par deux linteaux couvre et par un autre vain, il est passé dans la cour des buis

 





Su construcción comenzó en 1602 y se ejecutó en estilo barroco sevillano.


El convento se articula en tomo a varios claustros con una escalera imperial que articula los tres principales " llamados Claustro Grande, de los Bojes y del Aljibe - , en torno a los que se sitúan las estancias fundamentales del edificio, ahora convertidas en las salas del Museo, y que junto con la iglesia constituyen los elementos más destacados de la Merced.


El claustro Grande o principal queda adosado al lado derecho de la iglesia con la que comunicaba a través de dos accesos, por crucero y por el coro bajo. Paralelo a éste se levanta el claustro de los Bojes, también llamado del Refectorio por comunicar su pared sur con esta dependencia. Un tercer patio, el del Aljibe, por el que actualmente se accede al Museo, era primitivamente el más doméstico, y daba paso a su izquierda a otros patios hoy desaparecidos. Hay un cuarto patio de pequeñas dimensiones con columnas, llamado de las Academias, que es el centro de un sector adyacente a la zona de entrada, y que antaño fuera ocupado por las academias sevillanas. Desde el patio de las Academias, se accedía a la antesacristía, que aún se conserva, y desde ella a la capilla mayor de la iglesia, y a la sacristía, que se quemó en 1785 y finalmente fue demolida con la ocupación francesa. En la actualidad, el espacio que ocupó la sacristía es el llamado patio de las Conchas.


El Claustro Grande fue trazado por Juan de Oviedo, y transformado en su piso alto por Leonardo de Figueroa en 1724. Era el centro de la vida cotidiana de la comunidad y es el más amplio del monasterio, de 22 por 24 metros de lado, con un desarrollo de cinco por seis intercolumnios. El cuerpo inferior está formado por arcos de medio punto sobre columnas pareadas de mármol que descansan sobre un zócalo corrido cubierto por paneles cerámicos, en el que se abren algunos huecos. La segunda planta, reformada por Figueroa, es de ladrillo, con balcones separados por pilastras jónicas pareadas avitoladas; los vanos se enmarcan con molduras de filetes rectilíneos de color almagra. Destaca en el conjunto el contraste entre los paramentos blancos y las pilastras rojizas y el almagra de los festones rectilíneos.


Este claustro se comunica con la iglesia por dos portadas adinteladas y a través de otro vano, se pasa al patio de los Bojes.


La construction a commencé en 1602 et a été exécuté dans le style baroque de Séville.


Le couvent est articulé prendre plusieurs cloîtres avec un escalier impérial qui relie les trois principaux "appelé grand cloître, les buis et Aljibe - autour du noyau reste du bâtiment se trouvent, aujourd'hui transformée en chambres de musée, et avec l'église sont les points forts de Merced.


Le cloître Grand ou principal est fixé sur le côté droit de l'église avec qui communiquait par deux entrées, par croisière et de la faible chœur. Parallèlement à cela le cloître de buis, aussi appelé le Réfectoire de communiquer son mur sud avec cet appareil augmente. Une troisième cour, la citerne, le moment accédé au Musée était à l'origine la maison, et a cédé la place à sa gauche pour d'autres tribunaux ont aujourd'hui disparu. Un quatrième petit patio de taille avec des colonnes, appelé Académies, qui est le centre d'une zone adjacente à la zone de saisie, et que, une fois a été occupée par les académies Séville. De la cour de l'Académie, il a été adhéré à la sacristie, qui existe encore, et de là à la chapelle principale de l'église et de la sacristie, qui a brûlé en 1785 et a finalement été démoli avec l'occupation française. Actuellement, l'espace occupé par la sacristie est appelé cour de coquillages.


Le Cloître Grande a été conçu par Juan de Oviedo, et transformé en son étage par Leonardo de Figueroa en 1724. Il était le centre de la vie quotidienne de la communauté et est le plus grand monastère de 22 par 24 mètres de côté, un développement de cinq à six compartiments. La partie inférieure du corps est composée d'arcs sur des colonnes doubles de marbre reposant sur un banc recouvert de céramique base de panneaux, où des trous sont ouverts. Le deuxième étage, rénové par Figueroa, est en brique, avec séparés par des pilastres ioniques vous avitoladas balcons; les ouvertures sont encadrées par la couleur moulures droites filets ocre. Énoncée dans le contraste entre les murs blancs et ocre rougeâtre de pilastres et de festons rectiligne.


Ce cloître est relié à l'église par deux linteaux couvertures et d'un autre vain, il est passé dans la cour des buis.

IV Patio de las Conchas.

Connu comme Patio de las Conchas, où quatre cyprès actuel, il est une recréation des années 40 du XXe siècle, où dans son jour était l'ancienne sacristie du couvent de la Miséricorde. 
Au centre, un bassin avec une fontaine, des nénuphars et les poissons, espace heureux et cool.

 

  LA COLLECTION D'AZULEJOS.

http://leyendasdesevilla.blogspot.fr/2011/08/el-museo-de-bellas-artes-de-sevilla-i.html

El vestíbulo está decorado con paneles de azulejería procedentes de conventos sevillanos desamortizados. Destacan los procedentes del Convento del
Pópulo y el arco de acceso al Claustro del Aljibe, realizado hacia 1600 por Hernando de Valladares para el Convento de San Pablo. En el Claustro del Aljibe se halla el panel cerámico de la Virgen del Rosario, realizado por Cristóbal de Augusta en 1577 para el Convento de Madre de Dios.
Le vestibule est décoré avec des panneaux de tuiles de Séville couvents confisqués. Faits saillants du Couvent Pópulo et l'arche d'entrée du Cloître de Aljibe, fait autour de 1600 par Hernando de Valladares pour le Convento de San Pablo. Dans le Cloître de Aljibe panneau en céramique de la Virgen del Rosario, menée par Christopher Augusta en 1577 au couvent de la Mère de Dieu est.

DEVS ET SPIRITVM RECTVM .COR MVNDVM .

Deus et spiritum rectum cor mundum

Psaume 51:12 Miserere

Cor mundum crea in me, Deus, et spiritum rectum innova in visceribus meis. Créez en moi un cœur pur, mon Dieu, et renouvelez au-dedans de moi un esprit de droit.

 

INPLEPATE RQVOD – DIXISTI – NOS.TVISIVVA NSPRECIPVS -

Inple pater quod dixisti nos tuis iuvans precipus

O spem miram O spem miram quam dedisti mortis hora te flentibus, dum post mortem promisisti te profuturum fratribus: Imple Pater quod dixisti, nos tuis iuvans precibus. Qui tot signis claruisti in aegrorum corporibus, nobis opem ferens Christi, aegris medere moribus. Imple Pater quod dixisti, nos tuis iuvans precibus.”

 

 

Voir Christobal Augusta à l'Alcazar http://www.panoramio.com/photo/93808402 et surtout http://www.retabloceramico.net/bio_augustacritobalde.htm

 

Comparer à l'Alcazar de Séville de 1578 http://www.panoramio.com/photo/93808427

 
Cloître principal, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

Cloître principal, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

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Cloître principal, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.
Cloître principal, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.
Cloître principal, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

Cloître principal, Musée des Beaux-Arts de Séville, photo lavieb-aile.

IV Patio de las Conchas.

 

Connu comme Patio de las Conchas, avec ses quatre cyprès, sa fontaîne, son bassin à nénuphar et ses poissons, c'est une création des années 1940 , là où se trouvait  l'ancienne sacristie du couvent de la Miséricorde. 
Eh oui, mais il devait être fermé, et je ne l'ai pas vu. 

Rendez-vous à la case   Pinterest.com, ou passez un tour.

 

  LA COLLECTION D'AZULEJOS.

 

Tourisme (CNRTL) : Activité d'une personne qui voyage pour son agrément, visite une région, un pays, un continent autre que le sien, pour satisfaire sa curiosité, son goût de l'aventure et de la découverte, son désir d'enrichir son expérience et sa culture. Le tourisme se distingue du voyage en ce qu'il implique dans le fait du voyageur, d'une part le choix délibéré du but, d'autre part le souci de satisfaire son agrément (Jocard, Tour. et action État, 1966, p. 13). − P. analogie. Faire du tourismeExercer une activité en dilettante, en dehors de tout professionnalisme.

Revenons à nos chers carreaux de faïence. J'en ai cueilli un certain nombre le long des plinthes des cloîtres. Un inventaire complet s'imposait, mais, privilège du touriste,  je m'en suis dispensé. Dites-moi merci.

Je débuterai par trois ensembles qui portent des inscriptions religieuses.

 

 

 

Azulejos, provenant d'un couvent dominicain. Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

Azulejos, provenant d'un couvent dominicain. Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

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Nous lisons ici :   INPLEPATE RQVOD DIXISTI ~ NOS.TVISIVVA / NSPRECIPVS ~

Soit : Inple pater quod dixisti nos tuis iuvans precipus.

Il s'agit d'un passage de l'Antienne à saint Dominique O spem miram , repons chanté par les Dominicains aux matines ou aux complies, comme le O Lumen Ecclesiae.

O spem miram quam dedisti mortis hora te flentibus, dum post mortem promisisti te profuturum fratribus: Imple Pater quod dixisti, nos tuis iuvans precibus. Qui tot signis claruisti in aegrorum corporibus, nobis opem ferens Christi, aegris medere moribus. Imple Pater quod dixisti, nos tuis iuvans precibus.”

"O Merveilleux espoir donné par vous à ceux qui vous pleuraient à l'heure de votre mort, lorsque vous promîtes qu'après le trépas vous viendriez en aide à vos frères. Accomplissez, ô Père, ce que vous avez dit, en nous secourant par vos prières. V. Vous qui vous êtes illustré par tant de miracles en faveur des malades, apportez un remède à nos âmes souffrantes, en nous secourant par vos prières."

Ces mots entourent un blason couronné identique à celui découvert dans le vestibule, et que je commence à comprendre : la croix fleur-de-lysée emblématique noire et blanche est doublée d'une autre croix décalée de 45°, ce qui forme ainsi une étoile à huit branches, autre emblème de l'Ordre. Voir wikipédia

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O Spem miram, Azulejos, provenant d'un couvent dominicain. Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

O Spem miram, Azulejos, provenant d'un couvent dominicain. Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

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Dans ce deuxième panneau, une fois de plus, j'ai fait fort : je n'ai pas photographié tout le texte !

Je lis néanmoins DEVS ET SPIRITVM RECTVM .COR MVNDVM , soit Deus et spiritum rectum cor mundum, ce qui suffit à identifier le verset 12 du  Psaume 51, le Miserere.

Cor mundum crea in me, Deus, et spiritum rectum innova in visceribus meis. "Créez en moi un cœur pur, mon Dieu, et renouvelez au-dedans de moi un esprit de droit."

L'idéal serait d'identifier le cardinal titulaire des armoiries (le galero n'est vert que par un impératif technique). 

Plinthe de patio,  Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

Plinthe de patio, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

Psaume 51 Miserere, Azulejos, provenant d'un couvent dominicain. Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

Psaume 51 Miserere, Azulejos, provenant d'un couvent dominicain. Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

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Ave Maria, Azulejos, provenant d'un couvent confisqué. Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

Ave Maria, Azulejos, provenant d'un couvent confisqué. Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

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Cet élégante composition associe trois symboles de la Virginité de Marie, les lys ; le vase ; et les perles avec un phylactère où se lisent les mots de l'Ave Maria : . AVE R--A--CIA PLENA DOMIN-M TECUM.

 

 

Ave Maria, Azulejos, provenant d'un couvent confisqué. Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

Ave Maria, Azulejos, provenant d'un couvent confisqué. Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

 

Quelques autres azulejos des plinthes des cloîtres et patios.

Je débute par des éléments sur l'histoire de la céramique sévillane réunis pour ma gouverne sous forme d'une macédoine de diverses lectures sur la toile.  Si cela peut être utile...

« Azulejo » est un mot d'origine arabe employé en Espagne et au Portugal pour désigner un carreau de faïence, c'est-à-dire un carreau de terre cuite recouvert d'un émail stanifère opaque. Dans ces deux pays, on fit dès le XIIIe siècle un usage fréquent d'azulejo pour revêtir et orner murs, sols, fontaines, plafonds ou cheminées. Cet art suppose donc  la colaboration d'un potier et d'un céramiste. 

Cet art de l'Orient a été introduit en Espagne par les Arabes, avec une techique initiale assemblant des morceaux de carreaux découpés (« Alicatado »), comme on peut en voir de magnifiques exemples à l'Alcazar de Séville ou, surtout, àl'Alhambra de Grenade. Les schémas ornementaux répondent à l'impératif  islamique de ne pas représenter des figures, et sont fondamentalement géométriques. A ces alicatados ont succédé la technique dite « cuerda seca » de cloisonné où les pigments sont placés dans des espaces séparés délimités sur la terre cuite. Elle  permettait de réaliser des motifs  en lignes droites,  imitant les alicatados, mais n'était pas adapté pour les dessins à lignes courbes.  Aux environs des années 1500, le procédé de la cuerda seca fut remplacé par celui de l'arista ou cuenca où le cloisonnement se fait par moulage (moule en bois puis métallique) de l'argile molle : les alvéoles sont rempllies d'oxydes métalliques. Avec la Renaissance, à la fin du XVe siècle s'est développée en Italie la technique de la majolique ; on fabrique plats ou vases de terre cuite émaillés avec des décors colorés très élaborés : rinceaux, personnages, grotesques, etc. La ville de Faenza, centre de production important, donna le mot « faïence » en français. Des carreaux commencent à y être décorés de ces décors, peints sur l'argile comme sur une toile, ce qui élargit la palette (bleu, jaune clair, jaune foncé, vert, brun, blanc, noir, violet) et permet le clair-obscur et le dégradé . D'une production artisanale complexe mais répétitive, on passe à une activité artistique, et la technique permet de créer. de grands panneaux décorés à thèmes figuratifs et narratifs.

Triana est depuis toujours à  Séville, sur l'autre rive du fleuve, le quartier des potiers, qui exploitent les gisements d'argile entourant la Chartreuse de Cartuja dans la vallée du Guadalquivir et fabriquent des jarres d'huiles, des tonneaux de vin, des plats  et autres poteries. L'activité est ancienne, puisque les deux sœurs martyres patronnes de la ville, sainte Juste et sainte Rufine, exercaient selon la tradition cette profession de potiers. C'est à Triana que l'art des azulejos connut ses développements les plus spectaculaires.

 Séville est alors en pleine expansion par l'afflux continu de la richesse à partir des fonds du Nouveau Monde après la découverte de l'Amérique en 1492  :  l'augmentation de la demande d'azulejos est considérable  tant au niveau local, par l'afflux des marchands, des banquiers, des marins, des soldats, etc., qu'à l'étranger, pour  fournir les monuments des nouvelles colonies. Vers 1498, s'établit à Séville un peintre italien de majoliques formé à FlorenceFrancesco Niculoso, dit Niculoso Pisano car il est originaire de Pise. Depuis son atelier de Triana, il va introduire en Espagne la technique de la majolique et va brillamment l'appliquer à l'azulejo. Les premières œuvres connues de Niculoso Pisano sont la pierre tombale d'Inigo Lopez dans l'église de Santa Anna, à Triana (1503), et le retable de la Visitation. de l'Alcazar de Séville (1504). Son atelier se poursuit sous la direction de ses fils Juan Bautista et Francisco, auxquels se sont ajoutés bientôt d'autres maîtres potiers comme Diego Rodriguez de San Román .

 

Après la mort de Francesco Niculoso en 1529, c'est l'atelier des frères  Diego et Juan Polido en 1530-1540 va prendre le relais : ils réalisent ainsi les céramiques de la Casa Pilatos de Séville, et ceux des jardins de l'Alcazar.

Le XVIIe siècle est caractérisé par une grande diversité de sujets : scènes religieuses, de chasse, de guerre, scènes mythologiques ou satiriques. Les sources d'inspiration sont variées, mais elles sont surtout librement transposées, mélangées et interprétées. Les peintres d'azulejos s'inspirent de gravures ornementales venues d'Europe, en particulier les « Grotesques », motifs profanes de la Rome Antique réinterprétés par le peintre Raphaël au XVIe siècle pour décorer le palais du Vatican. Ces grotesques ont un caractère fantastique qui sera largement repris et mélangé à des thèmes religieux notamment. C'est l'époque des colonies et l'inspiration provient également des indiennes, tissus exotiques imprimés en provenance des Indes utilisés comme devant d'autel, que les peintres adaptent à la symbolique catholique. 

La taille des carreaux est en général de 12 x 12 cm.

 Le renouveau vient d' un potier d'Anvers, Frans Andries, résident de Triana, lorsqu'il s'associe en 1561 avec  un potier  de Triana nommé Roque Hernandez , pour lui apprendre  à fabriquer des carreaux et faïences peintes dans les couleurs et le style de Pise, en échange de l'utilisation de ses fours. 

Un  fils de Roque Hernandez, nommé Cristobal de Augusta,  a été embauché en 1575 pour réaliser les magnifiques salons  de Charles Quint de l'Alcazar de Séville. C'est lui qui a créé le groupe de la Virgen del Rosario signalé dans le Patio de la Citerne.  On trouve  aussi ses réalisations au palais gothique de l'Alcazar de Séville, dans les couvents de San Clemente et San Augustin, au Monastère de San Francisco et Santa Maria de Tentudía .  Voir Christobal Augusta à l'Alcazar http://www.panoramio.com/photo/93808402 et surtout http://www.retabloceramico.net/bio_augustacritobalde.htm

Dans les dernières décennies du XVIe siècle surviennent de grands changements dans le style de décoration de azulejos, en grande partie sous l'influence de la conception "vénitienne" des rinceaux  répétitifs inspirée par les tissus, après l'arrivée à Séville de céramistes génois attirés par la rapide prospérité de la ville. Parmi les immigrés génois, il faut nommer Thomas Pesaro (fils de Francesco da Pesaro, qi avait un atelier de céramique à Gênes depuis 1520), qui est arrivé à Séville avant 1569, établissant son Ollería dans une maison qui avait appartenue à Hernando Colomb, le fils du découvreur de l'Amérique. Deux de ses fils,  Francisco et Guisepe, ont suivi les traces de leur père, de sorte que Gusepe a maintenu  l'atelier sévillan de Pesaro au moins jusqu'en 1615, tandis que Francisco a voyagé au Mexique pour ouvrir une  boutique à Puebla de los Angeles. L'atelier Pesaro était  liés à d'autres génois tels que Francisco Salomon, Virgilio Cortivas, Bernardo Cerrudo, Bernardino Seirullo ou Ghirlandi. 

Ainsi, à la fin du XVIe siècle, les dessins sont une fusion des entrelacs mudéjares et des motifs  inspirés des tissus importés de Venise, avec des motifs réalisés par la juxtaposition de quatre carreaux.  On y trouve , venant de l'art des grotesques de la Renaissance  des chérubins, des chandeliers, des corbeilles de fleurs, des animaux fantastiques et des feuillages, des pilastres à atlantes et cariatides,  utilisant une palette de couleurs associant le bleu, le vert, le blanc, le noir, l'orange, le jaune et l'orange foncé. 

Au début du XVIIe siècle Séville connaissait encore une activité constructive intense. De nombreux monastères ont été construits ou restaurées, décorant les finitions avec des azulejos, notamment par l'atelier de Hernando  Valladares.

 

Tout ceci pour dire qu'au Musée des Beaux-Arts de Séville, les azulejos datent du XVIIe siècle, et relèvent donc des techniques, du style d'ornement et de la palette d'influence "pisane" puis  gênoise.

Dans le Grand Cloître, les bases des colonnes jumelées sont ornées de panneaux à décor géométrique, encadrés de pilatres à atlantes. (diaporama)

Azulejos à l'aplomb des colonnes jumelées du Grand Cloître, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.
Azulejos à l'aplomb des colonnes jumelées du Grand Cloître, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.
Azulejos à l'aplomb des colonnes jumelées du Grand Cloître, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.
Azulejos à l'aplomb des colonnes jumelées du Grand Cloître, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.
Azulejos à l'aplomb des colonnes jumelées du Grand Cloître, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

Azulejos à l'aplomb des colonnes jumelées du Grand Cloître, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

Pilastres à atlantes, Azulejos à l'aplomb des colonnes jumelées du Grand Cloître, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.
Pilastres à atlantes, Azulejos à l'aplomb des colonnes jumelées du Grand Cloître, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

Pilastres à atlantes, Azulejos à l'aplomb des colonnes jumelées du Grand Cloître, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

Les plinthes des autres cloîtres et patios :

 

Pilastres à atlantes, Azulejos, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

Pilastres à atlantes, Azulejos, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

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Azulejos, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

Azulejos, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

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Azulejos, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

Azulejos, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

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Azulejos, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

Azulejos, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

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Azulejos, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

Azulejos, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

Azulejos, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

Azulejos, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

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Azulejos, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

Azulejos, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

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Azulejos, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

Azulejos, Musée des Beaux-Arts, Séville. Photo lavieb-aile.

SOURCES ET LIENS.

Dépliant-guide du Musée :

http://www.museodebellasartesdesevilla.es/espanol/grupos/descargas/folletos/es.pdf

Retablo ceramica. http://www.retabloceramico.net/5672.htm

 — Leyendas de Sevilla 2011, El Museo de Bellas Artes I : el edificio 

http://leyendasdesevilla.blogspot.fr/2011/08/el-museo-de-bellas-artes-de-sevilla-i.html

— http://www.azulejos.fr/

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Published by jean-yves cordier - dans Séville
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commentaires

cath 26/08/2017 15:54

Passionnant et erudit! Je decouvre votre blog avec joie!

jean-yves cordier 27/08/2017 10:27

Merci beaucoup. Vous me donnez l'occasion de me remémorer la belle mélodie de cette visite au Musée de Séville, ses lumières et ses parfums. Bonne continuation de lecture,
Jean-Yves

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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" Guillevic, Théraqué.  "Un peu de Pantagruélisme (vous entendez que c'est certaine gayeté d'esprit conficte en mespris des choses fortuites)" (Rabelais )"prends les sentiers". Pytha
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