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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 13:29

L' Anax empereur règne vraiment sur les libellules : il mesure 7 à 8 centimètres (contre 4,5 cm pour la libellule déprimée) et il l'emporte sur ses concurrents lorsqu'il a décidé de s'approprier un plan d'eau.

   D'ailleurs son nom se réfère aux sources les plus prestigieuses, puisque wanax désignait en syllabaire linéaire B dans la civilisation mycénienne de la Crète et du Péloponnèse de 1500 à 1200 av J.C  le chef  qui avait pouvoir sur les rois locaux, les basylei de Pylos, d'Argos, de Tyrinthe, de Cnossos ou de Mycène. Plus tard le terme s'écrit anax et ne désigne, chez Homére, que les héros légendaires ou les dieux, mais toujours pour signifier un ascendant sur des chefs subalternes : Zeus est dit Zeus Anax car il règne sur les dieux de l' Olympe, Poséïdon est doté de l'épithète homérique d' hippios anax car c'est le maître des chevaux, Agamemnon est  l'Anax des troupes grecques pendant la guerre de Troie et  commande aux autres rois tels Ulysse, roi d' Ithaque .

 

  C'est dire si le qualificatif d'empereur fait double emploi et affaiblit même à mon goût  la puissance souveraine du terme Anax ; je ferai de notre Anax empereur un pléonasme si je n'étais pas retenu par les bras puissants du respect que je dois aux éminents odonatologues qui l'ont baptisé et qui ont leurs raisons.

 

Mais sur l'étang du Stang-Alar, vallon du Conservatoire Botanique de Brest, Anax avait fort à faire pour assurer sa domination. Il passait et repassait haut dans les airs, vraiment royal dans son uniforme bleu acier et sa silhouette arquée comme les jambes d'un officier de cavalerie, mais les mâles de Libellules déprimées occupaient chaque perchoir, attaquaient les intrus de moindre importance ou vrombissaient, effrontément accouplés en coeur à leur compagne, sûrs de l'emporter en nombre sur l'autorité de leur concurrent.

 

     Pourtant, les Anax finirent par s'assurer suffisamment du terrain pour que leurs épouses, récemment fécondées, puissent venir se poser sur les végétaux qui poussaient à la surface de l'eau. S' accrochant de leurs pattes aux feuilles, elles recourbaient leur abdomen jusqu'à ce qu'il atteigne leurs faces inférieures, et y inséraient leurs oeufs, quand elles ne les inoculaient pas directement dans les tiges des plantes aquatiques.

 

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Casquées et vêtues de leur combinaison verte, elles me faisaient penser à des pilotes de scooter des mers parfois presque debout sur leur engin, parfois accroupis, encaissant les vagues, alors qu'elles s'enfonçaient plus ou moins dans l'eau pour réaliser leur tache.

 

 

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J'ajoute ces images prises au reflex, qui montrent la coloration de l'abdomen des femelles : bleue avec une bande rouge violacé au milieu

 

 

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Ici, le grand Anax, exceptionnellement, se repose. Il n'aime pas se laisser photographier pendant la sieste.

 

 

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  N.B Merci à Benoît Guillon qui me permet de corriger mes bévues de débutant par ses observations : j'avais confondu les odonatologues (comme le conseille gentiment Mr Google aussi néophyte que moi : "essayez l'orthographe suivante: "odontologue" ) avec les lépidoptéristes qui chassent, eux, les papillons.

 

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Published by jean-yves cordier
25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 12:07

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N.B Lisez avec attention le commentaire de cet article, où Benoît Guillon vient épauler le débutant que je suis de ses remarques vigilantes et éclairées : hormis les deux derniers clichés, il ne s'agit pas de Crocothemis, mais de Sympetrum fonscolombii...

 

 

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Published by jean-yves cordier
25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 09:48

   J' ai d'abord rencontré cette araignée, Pisaura mirabilis, près d'une fleur de plantain.

 

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 J' avais appris alors que la femelle de Pisaure transporte ses oeufs dans un cocon  qu'elle transporte avec ses pattes mâchoires jusqu'à ce que l'éclosion soit proche. Elle fixe alors le cocon à des herbes et l'entoure d'une tente de soie. dans cette pouponnière vont alors naître les petites pisaurettes qui vont y rester à l'abri des prédateurs jusqu'à leur seconde mue, où ils seront capables de se nourrir. Les Pisaures ne tissent pas de toile mais chassent ses proies en se déplaçant dans les herbes basses.

 

 

   De retour chez moi, sorti la nuit dans mon jardin pour chercher des papillons de moeurs nocturnes, je remarquais sur un massif de bruyères une femelle grimpée en haut d'une tige  et portant son cocon blanc. Et puis à coté une autre, et encore une autre... toutes au sommet des bruyères comme si elles voulaient exposer leur petite boule blanche à la lune.   Le lendemain, en plein jour, impossible de les revoir, mais les nuits suivantes je les retrouvais.

 

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  Enfin un matin je constatais l'apparition de la fameuse pouponnière abritant de minuscules araignées.

 

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 Ce que je ne vis pas, mais dont on entend souvent parler, c'est comment le mâle, pour éviter d'être dévoré pendant l'accouplement, prend la précaution de présenter à la femelle une proie enveloppée dans la soie.

 

   Cette histoire de présent entouré de soie  me fait penser à une anecdote qui n'a rien à voir avec les femelles dévoratrices : Laure Hayman, cette demi-mondaine qui a servi de modèle pour Odette  dans A la recherche du temps perdu, offrit un jour à Marcel Proust un exemplaire de la nouvelle de Paul Bourget, Gladys Harvey , dont elle était aussi le modèle, en y inscrivant la mention : "Ne rencontrez jamais une Gladys Harvey ".

    Elle avait fait relier cet exemplaire de la soie de l'un de ses jupons....

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Published by jean-yves cordier
16 juin 2010 3 16 /06 /juin /2010 12:08

   Le Damier de la succise tient son nom de la série de points noirs qui apparaissent  sur les deux faces des ailes postérieures sur une bande orange quadrillée, mais aussi de sa plante-hôte, la succise des prés, une scabieuse bleue violacée qui pousse dans les prés humides et les tourbières.  Les engrais azotés, en favorisant des plantes concurrentes, s'opposent à la succise.

   Le Damier de la succise est une espèce menacée et en déclin, protégée  par de nombreux textes de loi. En Bretagne, le réseau Natura 2000 mentionne onze sites à préserver, dont sept  en Finistère. La Presqu'île de Crozon  est l'un d'eux. L'inventaire des espèces remarquables y mentionne une orchidée, le Liparis de Loesel, des libellules, l'Agrion de mercure et la Cordulie à corps fin, une chauve-souris, le Grand rhinolophe, et deux papillons : le damier de la succise et l' Ecaille chinée.

    C'est dans la tourbière basse alcaline de l'arrière-dune de Goulien, près de Kersiguénou que j'ai pu constaté l'omniprésence du damier en ce mois de juin . Les mâles,dont l'émergence est plus précoce que celle des femelles, après s'être exposé au soleil matinal, volent activement autour du site de reproduction et recherchent les femelles deux fois moins nombreuses et qui, juste sorties de l'émergence, s'accouplent.

    Presque lassé de voir tant de ces papillons posés, les ailes grandes ouvertes au soleil _ encore un Damier !_, je fini par voir un couple. Je crus d'abord que le papillon  du dessus était le mâle, mais chez les damiers, la femelle se reconnaît par sa taille plus importante ainsi que par la forme plus arrondie de ses ailes : monsieur était en bas:

 

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C'est bien pratique de disposer ainsi d'une vue concomitante du verso, et du recto des ailes de ce papillon.

 

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 10:20

1- La chenille de la Cucullie

 

La pauvre, j'ignorais son existence, j'ignorais tout : qu'il existait, dans la famille des Noctuelles, une sous-famille des Cucullinae, riche de 53 espèces en France, qu'on y trouvait un genre nommé Shargacucullinae (quatorze espèces en Europe), et dans ce genre deux papillons de nuit nommés l'unShargacucullia verbasci, baptisé par Linné lui-même en 1758,  surnommé "La Brèche", la cucullie du bouillon-blanc _ le bouillon-blanc, c'est la molène, le Verbascum_ et l'autre Shargacucullia Scrofulariae, baptisé en 1775 par D&S, c'est à dire Denis et Schiffermüller, la Cucullie de la scrofulaire, cette plante médicinale qui guérit, comme les rois de France, les écrouelles ou scrofules.

 

Ah, pour un amateur de vocabulaire, c'est du nanan !  Du nanan ? oui, le site dédié à l'insuffisament illustre Pr. Lavieb se permet, pris par l'enthousiasme gourmand, cette locution onomatopéènne à qui déjà le bon Huysmans, le grand Giono et l'inimitable Céline avaient donné des lettres de noblesse. Car pour du nanan, c'en est, la cucullie, la shargacucullie, ça vous reste en bouche, ça fait la queue-de-paon, ça commence rond, culotte-de-velours mais la caudalie explose en notes épicées, c'est du grand art, shargacucullie de la scrofulaire !

 

Revenons sur terre pour découvrir l'anatomie d'une chenille : Cucullie nous servira de guide.

Une chenille est une machine à manger qui peut multiplier son poids par 10.000.

En avant, la tête est une tondeuse, une broyeuse guidée par de courtes antennes ; six paires d'yeux ou ocelles ne servent qu'à distinguer le jour et la nuit, guére  plus.

Puis viennent les trois segments thoraciques, dotés de vraies pattes articulées destinées, comme tout patte qui se respecte, à la locomotion.

Les segments suivants, n°4 à 12, constituent l'abdomen.Quatre  possèdent des fausses-pattes, membraneuses, sorte de ventouses garnies de spicules,qui servent à l'adhérence. A la différence des vraies pattes, elles ne persistent pas chez le papillon et disparaissent sans laisser de trace sur l'abdomen de l'imago.

Le dernier wagon n°12 est le segment anal. il est muni de pattes anales et d'un écusson.

 

A l'intérieur, on trouve surtout l'appareil digestif, mais aussi un vaisseau cardiaque qui transporte les éléments nutritifs, mais pas l' oxygène. La chenille respire par des stigmates, orifices ponctiformes sur les segments n°1 à 9, comme les hublots d'une carlingue d'avion, qui amène l'oxygène et évacue le gaz carbonique.

 

 A vous de reconnaître les vraies pattes des fausses pattes, et les stigmates des taches noires de camouflage de ce drôle de dalmatien.

 

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Une vue des derniers segments : on voit les pattes anales.

 

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  Ici, la tête : les taches noires dessinent deux yeux, un nez en chevron et une bouche, mais la vrai tête n'est pas là, elle est en train de manger. On voit les trois paires de vraies pattes, articulées et terminées par une griffe.

 

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2-  La chenille de l' Ecaille martre.

   Il s'agit peut-être d'une autre Écaille : si chacun peut se tromper,(voir par exemple ma faute d'orthographe de "marte" sur les clichés) c'est encore plus vrai quand on n'y connaît rien, comme moi ! Mais le plaisir des yeux sera le même, n'est-ce-pas?

 

Cette chenille est bien différente de la précédente : elle présente deux caractéristiques des chenilles des Écailles, et plus généralement de la famille des Arctiidae, dont j'ai déjà rappelé l'étymologie provenant de "ours" : elles sont velues comme des oursons,  et ces chenilles oursonnes se laissent tomber de leur support et se roulent en boule comme des hérissons, d'où leur surnom de chenilles hérissonnes. D'ailleurs, l' Écaille Martre est nommée également Écaille hérissone.

 

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3 La chenille du Cul doré.

 

Après la Cucullie, le Cul doré, c'est le hasard des balades.

   C'est toujours un papillon de nuit ou hétérocère, c'est un Bombycoïde comme l' Écaille, mais il appartient à la famille des Lymantriidae dont on trouve 8 autres espèces en Finistère : c'est Euproctis similis Fuessly, qui tire, comme son cousin le Cul brun, son nom vernaculaire de la coloration de l'extrémité de son abdomen. Mis à part cet attribut doré, le papillon est tout blanc : sa livrée est une vraie robe de mariée.

 

    Les lymantriidae sont la terreur des forets :lymantra, en grec, veut dire ravageur. Dans la sous-famille des lymantriinae, on trouve l'Orgyie pudibonde et le fléau des arbres, le terrible Bombyx disparate. Mais seules les chenilles sont redoutables, car chez les lymantriidae, les papillons adultes ne s'alimentent pas.  Le fabuleux site d' Alain  Ramel, aramel.free.fr, précise que notre chenille est celle " d'un des Lépidoptères  les plus polyphages au dépens des essences feuillus, ornementales et fruitiers des régions forestières d'Europe Centrale." , contre lesquels des mesures d'échenillage, de lutte chimique, d'utilisation de bio-insecticide issue du baccillus thuringiensis, ou de piège à phéromones de synthèse, sont mises en oeuvre.

 

 J'attribue le nom scientifique Euproctis à l'association du radical grec -eu- , bon, bel, bien, comme dans évangile_eu vangelos, bonne nouvelle_, ou Eugène _bien né_, ou encore eucalyptus, bien ouvert (concerne le calice de la fleur).

Quand à -proctis, c'est le radical grecproktos, l'anus, le rectum, que nous connaissons dans proctologuepar exemple.   Euproctis, c'est donc une façon scientifiquement correcte de dire cul doré, ou joli cul, comme on aussi d'une beauté qu'elle est callipyge_Vénus callipyge, c'est une chanson de Brassens_ pour dire élégamment qu'elle a de belles fesses.

 

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Published by jean-yves cordier
10 juin 2010 4 10 /06 /juin /2010 12:21

  Qu'il est beau, le mâle de la Libellule écarlate, ou Crocothemis erythraea, avec sa  panoplie de pompier, et quel dommage qu'il soit passé si vite, une fin de soirée, sans me laisser le temps de mieux le photographier !

   Cette espèce africaine a coloniser les pays septentrionaux, témoin vraisemblable du réchauffement climatique.

 

   Son étymologie nous renvoie à ma réflexion sur la balance de Montaigne et l'étymologie du mot libellule puisque si le grec  krokos,crocus, safran, renvoie à la couleur de ce Scarlet dragonfly, le radical-themis renvoie, lui, à la déesse Themis, qui est représentée avec une balance car elle représente la Justice immanente : elle s'oppose à l'hubris, au déchaînement des excès, des passions violentes et de la démesure.

 

 

 

Je peux tout-de-même admirer ses pterostigmas jaune ocre, les taches jaune caramel de la base de ses ailes et son abdomen aplati fin comme une lame.

   (les ptérostigmas _ litteralement : points sur les ailes _sont ces marques dont les caractères sont déterminants pour l'identification.)

 

 

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Et si nous regardions des libellules déprimées se remonter le moral ? Les voici "in copula".

 

   Post-scriptum rédigé en octobre à la suite du commentaire de Benoît Guillon  qui n'avale pas les couleuvres de mes grossières erreurs : ce ne sont pas des Libellules déprimées, mais un couple d' Orthetrum cancellatum !

 

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Quittons les anisoptères pour les zygoptères : parmi les Calopterix  (les "belles ailes " ), je ne rencontre que des vierges, C.virgo. Mais en cherchant bien, j'ai tout-de-même aperçu un mâle de Calopterix splendens.

 

 

 

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   J'en rencontrais davantage sur la rivière Ildut elle-même, près de l'eau vive :

 

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La Cordulie à corps mince.

 

 

 Elle est assez rare pour être signalé comme espèce remarquable dans l'inventaire Natura 2000.

Je la trouve à Crozon  là où elle est signalée, près de l'étang de Kerloc'h, et je la trouve accouplée: non pas à terre ou en vol, mais accrochée aux branches d'arbustes.

 

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Published by jean-yves cordier
9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 12:37

    Lorsque Montaigne se retira à l'age de 37 ans dans son château pour y écrire ses Essais, il fit graver une médaille représentant une balance aux plateaux équilibrés avec la devise qui devait constituer le trébuchet de ses pensées face aux déchaînements des passions, des intolérances et des convictions acharnées de ses contemporains enflammés par les Guerres de religions : "Que sais-je?". Pour Montaigne, penser c'est peser, et soumettre sa pensée à la balance, c'est la soumettre au doute.

   On trouve dans les Essais des références aux abeilles, "qui pillottent  deçà delà les fleurs", mais non à la libellule, et pourtant il suffit de contempler une libellule posée sur la tige d'un jonc pour y voir la plus belle métaphore de l'équilibre :

 

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  Car elles sont  l'incarnation de leur étymologie : le mot latin libra a désigné d'abord, comme le mot grec litra qui a donné litre, une unité de poids, origine de la Livre anglaise, the pound . Puis le mot a désigné non le poids, mais la balance,et la constellation de la Balance,entre Vierge et Scorpion, est toujours nommée Librae en astrologie. Le mot a ensuite désigné l'acte de peser lui-même, puis enfin l'acte de mettre à niveau, et a donné notre terme niveler, et surtout -pour mon propos- par le latin aequi-librum, le mot équilibre .

   Enfin le mot libellule vient du mot libella, le niveau, dérivé de libra.

 (sources : dictionnaire étymologique Robert )

 

  J'aime laisser ces mots tourbillonner autour du mot libellule lorsque je les observe : balance, niveau, équilibre.

elles n'en sont que plus légères, plus aériennes, plus adroites, posées sur les plantes avec la grâce d'un funambule jouant de son balancier là-haut dans le ciel : l'esprit même de Michel de Montaigne.

 

 

 

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Published by jean-yves cordier
9 juin 2010 3 09 /06 /juin /2010 12:25

1  Commençons par un tout petit papillon aux couleurs remarquables : la coquille d'or, ou Nemophora  degeerella (j'ai commis une faute sur les clichés). Le mâle a des antennes quatre fois longues comme ses ailes, alors que les antennes de la femelle ne font que 1,5 fois la longueur des ailes.

Super famille des Incurvarioidae, famille des Adelidae, sous-famille des Adelinae, genre Nemophora.

 

 

 

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2 Le Demi-deuil

   C'est en lisant "l'affaire Saint-Fiacre", de Georges Simenon que je découvris pour la première fois l'expression "demi-deuil" pour qualifier l'association à partie du noir et du blanc. Le commissaire Maigret dîne dans un restaurant  de Moulins avec Saint-Fiacre et son avocat. Ils sont servis  par le maître d'hôtel dont " on voyait surgir son bras noir terminé par un gant blanc"

 " _ Poulet demi-deuil... annonça-t-il comme le maître d'hôtel apportait en effet des poulets aux truffes.

Et sans transition, de la même voix légère :

 _L'assassin va manger du poulet demi-deuil, comme les autres ! "

    

 

Le demi-deuiln'est pas qu'une recette de volaille bressane aux truffes, c'est aussi la période qui suit, après une durée variable, le deuil lui-même : au Grand deuil,souvent d'une année, en noir, succède le Petit deuil, en mauve, gris ou violet, puis le Demi-deuil. Voici ce que pouvait lire les jeunes-filles du Second-Empire dans Le Magasin des demoiselles, ouvrage de "morale,histoire, sciences, littérature, voyages, beaux-arts, biographies, récréations, économie domestique, modes, petits courriers des demoiselles", dans son tome neuvième,  1852-1853, paru à Paris, rue Laffite :

     "Les premiers mois, le deuil se porte tout en laine ; la façon et les ornements doivent être très-simples. Les manches se font justes, avec manchettes et col en crêpe lisse soutaché, ou, ce qui est mieux, ruché de tulle gaufré.[...]Pour le demi-deuil, la soie, les taffetas gris, les baréges de même nuance, les bonnets de dentelle, les garnitures ruchées, les manches blanches et même les chapeaux de paille avec garniture grise ou violette. Les fleurs de demi-deuil sont la scabieuse, la violette, l'héliotrope, le lilas, etc.,etc. "

 

   Le Demi-deuil est, aussi, un papillon de la famille des Nymphalidae : c'est Melanargia galatheaLinnaeus 1758, et coté soieries, dentelles, taffetas, et autres baréges, il n'a pas fait les choses à moitié tout en sachant rester très simple, très nature.

 

C'est un papillon fatigant à poursuivre de buisson en buisson, d'une touffe d'herbe à une autre, sans cesse affairé, jamais satisfait, mais c'est parce que le mâle ne se plaît pas à séduire les femelles en paradant du haut d'un perchoir, comme tant de Rhopalo-machos, mais doit  chercher à les débusquer au berceau, sitôt issues de leur émergence dans les graminées.

   A la fin de la journée, j' en trouvais quand-même un qui était aussi fourbu que moi : le voilà :

 

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   Une semaine plus tard, le Demi-deuil est visible partout, par dizaines : on se lasse de tout...

 

La Petite tortue, Aglais urticae.

 

Papillon classique là encore, mais sa rencontre reste toujours une bonne surprise. C'est la Vanesse de l'ortie, ce qui m'incite à redoubler de négligence dans mon jardin et à laisser pousser des orties qui sont tant appréciées par les vanesses ( Belle-dame, Vulcain, Paon-du-jour ), par le Gamma, par la Carte géographique, entre autre.

 

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Le Tristan, Aphantopus hyperantus.

 

Lui portait le deuil complet, mais il s'est fait éclabousser de peinture blanche, et ses efforts pour détacher sa tenue a laissé de gros cernes : c'est malin ! 

  A cette plaisanterie douteuse (n'est pas Jules Renard qui veut ), on préférera la jolie description du site Papillons de Poitou-Charentes qui mentionne "des ocelles noires cernées de jaune et pupillées de blanc "

 

    Compère Tristan appartient à la tribu des Maniolini  (7 especes en France) : elle tire sans-doute  son nom d'un de ses membres, le Myrtil qui s' appelle Maniolia jurtinapour la science. Cette tribu appartient à la grande sous-famille des Satyrinae (dix espèces dans le Finistère , aussi communs que : le Tircis, la Mégère, le Fadet, l' Amaryllis ,...le Demi-deuil, le Myrtil ou comme le Céphale,  l'Agreste, l'Ariane. Là encore, je présume que le nom de la sous-famille vient  de celui de la Mégère, aussi appelé Satyre, mais cela n'explique rien.

 

 

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Le Myrtil, Maniola jurtina.

 

  Cela tombe bien, Wikipedia signale qu'on le trouve souvent en compagnie du Tristan.

J'ai hésité avec le Fadet et l'Amaryllis, pour des histoires de nombre d'ocelles : Amaryllis en prend deux, Myrtil un seul, or sur ma photographie j'en compte deux sur les ailes antérieures, si je compte le plus petit point blanc, oui mais je retrouve cela aussi sur les images de Myrtil authentifiés...

 

 

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L'Amaryllis, Pyronia tithonius.

 

   Il est à la fois bien proche du Myrtil, mais il est bien doté de deux beaux vrais points blancs  l'aile antérieure, sans compter les points du verso de l'aile postérieure.

   Si la Petite tortue appréciait les orties, l'amaryllis n'aime que les fleurs de ronce... et cela tombe bien, j'en ai aussi dans mon jardin : pour les papillons, je suis vraiment un jardinier modèle.

 

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Le Paon-du-jour, Inachis io.

 

 

   Il se pose sur un saule, il joue à la feuille morte, il fait la manche dans son vieux blue-jean aux coutures usées, on lui donnerait trois sous.

 

 

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    Il  ressemble à  un vieux gréement , coque passée au coaltar et calfatée de brai bitumineux, voile tannée par le cachou, au mouillage sur les lieux de pêche.

 

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  Qui penserait à un Paon ? Mais où sont les ocelles splendides du Pavon orgueilleux? La robe de soierie et de soirée, les cocardes écarlates, l'éclat et le lustre ?

    Mais il lui suffit, comme en baillant, d'ouvrir son éventail : le voilà : Musique !

 

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Published by jean-yves cordier
4 juin 2010 5 04 /06 /juin /2010 08:06

1 le Rhagium

 

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2. le pentatome rayé

 

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   avec son fer à cheval porte-bonheur en guise de roue de secours:

 

 

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Notez que sa tenue est réversible : rayé au recto, mais à pois au verso  : bien commode pour suivre la mode ou retourner sa veste

.

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Le pentatome estsociable, il aime la compagnie :

 

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Mais qui n'aimerait pas passer de bons moments sur la couette duveteuse à souhait d' une capitule de fleurs de carotte sauvage ?

 

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 Attention les gendarmes...ou un masque africain, là encore la figure est réversible :

 

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Un couple de charançons, mais de quelle espèce?

 

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Et ceux-là : encore des charançons ?

 

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Le Ver luisant. Lampyris noctiluca

 

Forcément une femelle car ce sont elles qui brillent (lampyris=briller) pour attirer les mâles . On se sera pas étonné d'apprendre que ce piège féminin est de nature diabolique : cette bioluminescence est le résultat de l'oxydation de la luciférine par une luciférase ; elle produit une lumière froide (95% de lumière et 5% de chaleur).

  Les dames _des demoiselles plutôt car elles conservent leur vie durant leur forme larvaire et sont dépourvues d'ailes_ montent par les beaux soirs d'été le long des tiges et contractent leur abdomen qui devient alors lumineux; elles le dressent et l'agitent et bientôt les mâles que la nature a pourvu d'un vrai corps d'adulte, de bonnes ailes de coleoptères et surtout d'une paire d' yeux hypertrophiés, répondent à leurs signaux et accourent à leurs pieds, ou à leurs pattes : elles se laissent choir, et c'est le grand Moment, auquel le mâle ne survivra pas.

 

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La sauterelle verte

 

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Published by jean-yves cordier
3 juin 2010 4 03 /06 /juin /2010 09:44

La Zygène du trèfle

L' Écaille roussette

La Mi

La Citarie verdâtre

La Citarie à bec

Le Cloporte ?

L' Écaille fermière

Le Ptérophore blanc

La Cabère virginale

Le Céladon

L' Écaille tigrée

L' Avrilière

Le Phalène du Noisetier
L' Herminie grisée

La Timandre aimée

La Noctuelle à museau

L' Impolie,  

La Phalène sillonnée

L'Ecaille rosette

Le Hibou,

                              ......sous toutes réserves.

 

 

 

 

 

J'ai débuté mes observations de juin par une énigme : comptant les points de toutes les zygènes que je voyais (finalement, qu'est-ce-qu'il y en a !) pour trouver, comme le trèfle à quatre feuille, un individu à six points, je trouve ceci :

 

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Qu'est-ce-que c'est encore ? Je croyais que dans le Finistère nous n'avions que deux zygènes, celle du tréfle et celle de la filipendule, vite à mes bouquins !

 

Mais ce n'est pas la romeo

                         pas la carniolica

                         pas la minos

                          pas la sardepon

                          pas la purpuralis

                          pas la fausta

                          pas l' osterodensis

                          pas la loti

                          mais alors c'est qui? 

   J'm voyais déjà en haut de l'affiche Et dix fois plus gros que n'importe qui mon nom s'étalait

   J'm voyais déjà baptisant une nouvelle espèce Moi premier zig venu je l'aurai appellé ma Zygène primo zigii

   Je voyai déjà le site de Goulien accueillant les entomologistes puis les naturalistes puis les touristes sur la Station de Z.primozigii, une découverte incroyable par un simple promeneur, l' équivalent de la grotte de Lascaux découverte par Marcel Ravidat et son chien Robot... aussi célèbre que le chien Robot, on est obligé de construire un fac-similé de la plage de Goulien, "Goulien II", alors que la station de Z;primozigii devient un sanctuaire inviolable ... Et pourquoi ne pas réaliser un fac-similé de chacune de nos plages, en béton et polyester avec du faux sable pour les châteaux, des fausses vagues pour les long-boards et les kite-surf, du vent par turbine pour les cerfs-volants et les planches à voile, des coquillages cachés par les employés pour être retrouvés par les amateurs de pêche à pied, des kilomètres de béton gravillonné et de beau sable fin pour les serviettes et les parasols, le beach volley et les promeneurs de chien. Il y aurait le bruit de la mer, les cris d'enfants et des rires enregistrés tout comme à la télé; On mettrait des oeufs de gravelot dans les cailloux et des bécasseaux mécaniques qu'on pourrait faire envoler pour s'amuser : les plages redeviendraient ces espaces naturels indispensables et les oiseaux pourraient venir s'y reposer et s'y alimenter en paix...

 

Mais non, cette zygène n'est ni zigii ni imbeciliiii :

 

C'est la trifolii ...à priori. Les livres que j'ai ouvert ne montrent cette zygène qu'avec ses cinq points bien espacés et non  avec cette figure en forme de forcola,la dame de nage des gondoles de Venise...

 

  C'est sur "lepinet.fr, les carnets du lépidéptoriste français" que je trouve l'information : Z.trifolii présente souvent des taches aux formes confluentes.  Et j'y trouve aussi des photographies qui correspondent bien à mon observation.

Mais comme rien n'est simple, cette Z. peut être confondue avec la Z.filipendulae à cinq taches : si si, ça existe, et on peut aussi se tromper avec Z.lonicerae, sauf si les antennes sont moins effilées et si  la bordure des ailes postérieures est moins régulière. Comble : "les genitalia des deux espèces sont identiques".

 

   Ah les genitalia!  C'est pourtant le moyen quasi infaillible pour se prononcer, et Alain Ramel sur aramel.free nous le rappelle, : "seules l' observation sous la loupe binoculaire et éventuellement la dissection des génitalias permettent d'identifier certains insectes."

  Le recours au latin pour désigner les organes reproducteurs,  recours utilisé aussi pour l'accouplement où on parle d'insectes "in copula" relève-t-il de la même protection défensive que Sigmund Freud utilisait à son insu pour mettre à distance les affects embarrassants? On sait comment il utilisa l' expression "matrem nudam" dans une des premières lettres à Fliess pour raconter comment il avait aperçu sa mère nue lors d'un voyage en train quand il avait trois ans, et André Haynal y voit une technique inconsciente pour adoucir l'impact affectif subjectif dangereux par l'utilisation d'une langue étrangère ou par celle d'un terme scientifique destiné à objectiver une affectivité.

 

Comme je ne n'envisage pas de compléter la longue-vue et le mode macro de mon APN par un matériel de dissection , un speculum  et une loupe binoculaire, j' attribue d'autorité à ma zygène le titre de trifolli : qu'elle soit du trèfle et qu'elle y reste jusqu'à preuve du contraire, ductus ejaculatorius ou germarium en main. 

 

 

La voici donc, telle qu'en elle-même Dame nature l'a faite :

 

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Voilà la même zygène du trèfle, dans sa robe à pois de tous les jours :

 

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Et voilà sa chenille, ou une chenille de zygène vue juste à coté de ces Z.Trifolii :

 

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Cette chenille m'incite à décrire le cycle de  vie d'une zygène.

 

Après l'accouplement, la femelle cherche avec ses antennes l'odeur de la plante-hôte. Elle choisit soigneusement une feuille et y dépose ses oeufs, qu'elle a entourée d'une substance gluante pour qu'ils y adhèrent bien. Après trois jours d'incubation, une toute petite chenille sort de l'oeuf, en mange la coquille puis racle la surface de la feuille pour se nourrir. Pendant trois semaines elle mange et elle mange et elle mange tant de feuilles qu'elle grossit et qu'elle doit changer plusieurs fois de costumes lors de mues successives. Au terme de ces trois semaines, elle voit que tout cela est bon et elle se repose : c'est la diapause hivernale, une sorte de jeun rituel, où elle vit cachée.

   Tous les papillons s'arrétent ainsi dans leur développement  et interrompent leur métabolisme en attendant des jours meilleurs : certains au stade d'oeuf, d'autres au stade de chenille, de chrysalide ou de papillons.

 

   Au printemps la chenille de zygène sort donc de  sa grasse matinée et grimpe sur la tige de la graminée la plus proche; elle y accroche très solidement l'extrémité de son corps en utilisant ses glandes salivaires puis met en marche ses glandes séricigènes (productrices de soie)  pour y tisser un beau cocon, un tipi écologique en parchemin dans laquelle elle se retire comme le grand Achille sous sa tente :c'est  la nymphose.

 

La chrysalide perce le cocon par se contorsions et se dégage à moitié.

Enfin le papillon -l'imago- se libère de sa carapace et s'envole à la recherche du partenaire avec lequel il s'accouplera au plus tôt.

 

Place aux images :

 

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  Toutes ces photographies ont été prises au même endroit, près de l'étang de Pontavennec, sur une aire de dix mètres carrés riche en joncs (juncus effusus ?) qui avait dû bénéficier d'une ponte copieuse. J'ai rapproché les différents stades des métamorphoses en jouant sur la prise de vue.

 

Des papillons noirs à taches rouges, vous en voulez encore ?  Pour les vampires,nous avons en rayon aujourd'hui la Goutte-de-sang: je lui trouve (c'est une obsession) un coté très zygène-turquoise, avec sa grande cape et sa capuche à fourrure, mais c'est une Écaille : Tyria jocobaeae, c'est à dire de la jacobée ou séneçon. Les écailles font partie de la famille des Arctiidae (de arctos, l'ours : l'ours brun c'est Ursus arctos, les continents arctique et antarctique sont les pays des ours)   

 

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C'est beau en train de poser pour la photo, mais en vol c'est une splendeur : l'écaille ouvre ses ailes et laisse voir ses ailes postérieures qui sont rouge uni. J' ai vu passer ce grand fantôme gris et carmin et je l'ai poursuivi, mais il est venu se réfugier en plein milieu des grands joncs très pointus pour me compliquer l'existence. J'ai été récompensé mais j'étais transformé en Saint -Sébastien transpercé par les flèches.

 

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   Passons à une autre écaille, l' Écaille roussette, qui est bien belle aussi : le mâle du moins est somptueux, majestueux dans son grand manteau jaune. On le nomme Bordure ensanglantée ou Écaille à bordure amarante pour designer l'élégance des décorations liminales d'un rose soutenu. La femelle est plus menue et discrète, si bien que je ne l'ai pas remarquée : la prochaine fois je serai plus attentif.

 

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 Quittons les écailles et leurs couleurs vives dites aposématiques destinées à avertir les prédateurs que ces papillons sont déconseillés à la consommation pour nous tourner vers ceux qui ont opté pour le camouflage. En mai j'avais observé  la Doublure jaune: dans la même famille des Euclidiini se trouve la Mi, ou M noir, Callistege (Euclidia) mi.

Drôle de papillon de nuit qui butine en plein soleil et se repose la nuit.

 

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Dans la série camouflée, j' ai trouvé deux citaries

La Citarie verdâtre 

 

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Et la Citarie à bec

 

 

 

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Le papillon suivant est peut-être un Cloporte, Heterogenea asella, ainsi nommé en raison de la forme de sa chenille, qui se nourrit des feuilles des chênes et hètres : un bombycoïde de la famille des Limacododae, comme la Tortue, apoda limacodes.Je ne retrouve pas sur mon papillon les deux lignes sombres divergentes de la Tortue (quoique...), et sur Lepinet cette dernière n'est pas mentionnée dans le Finistère alors que le Cloporte y est signalé : arguments non définitifs. Observé à Pontavennec, St Renan, le 5 juin 2010.

 

 

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  L'Ecaille fermière, ou villageoise.

 

   Gourmand, ce mâle d' Arctia villica, ou Epicallia villica, s'est laissé piéger  dans le fond d'un bocal de compote vide, qui devait encore diffuser des parfums assez attractifs pour attirer notre écaille dans la cuisine.

   C'est donc le premier papillon que je photographie alors qu'il n'est pas vivant, et je souhaite bien que cela reste l'exception.

  

 

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Le Ptérophore blanc.

 

   Ce papillon, Pterophorus pentadactylusLinnaeus 1758  de la  super-famille des pyraloïdes à laquelle appartient la plupart des ravageurs des graminées et des farines est un hôte crépusculaire et nocturne des jardins. Son nom ne signifie pas porteur (phore) d'ailes (ptére), ce qui le qualifierait mal parmi les papillons, mais porteur de plumes, car     -ptére signifie aussi en grec "plume".

   En effet, il est doté d'ailes plumeuses.

Sa chenille affectionne les liserons.

Le qualificatif de pentadactyle, muni de cinq doigts, fait sans-doute allusion aux éperons de ses longs tibias.

 

Il est difficile à photographier la nuit surtout si on ne dispose pas de flash perfectionné du fait de sa blancheur uniforme.

 

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La cabère virginale

 

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Le Céladon, Campaea margaritata.

 

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L' Ecaille tigrée, ou Ecaille de la menthe, Spilosoma lubricipeda.

 

 

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L'Avrilière : Moma alpium

 

En anglais: " Scarce Merveille du jour "

 

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La Phalène du Noisetier, l' Angéronie du prunier, Angerona prunaria.

 

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L'Herminie grise, Herminia grisealis.

   Observée le 23 juin ; doute possible avec l' Herminie de la ronce.

 

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La Timandre aimée, Timandra comae.

 

 

 

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La Noctuelle à museau, Hypena proboscidalis

 

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L' Impolie : Idaea aversata.

  

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La Phalène sillonnée, Hemithea aestivaria.

 

Je l'identifie sur la coloration en damier noir et blanc de ses franges, et sur la coloration de son abdomen, pour écarter la phalène du thym.

 

 

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L'Ecaille rosette, Miltochrista miniata.

 

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Le Hibou, Noctua pronuba.

 

   C'est un timide : attiré par ma lampe, il se cache vite dans un coin d'ombre et y reste. Dérangé, il écarte ses ailes pour m'effrayer, et je découvre ses ailes postérieures orange avec une bande noire : je lui cours après pour qu'il refasse le coup devant la caméra, mais il repart se cacher... Je ne parviens pas à le photographier ailes écartées, en entier.

   Il existe une espèce assez semblable, la Hulotte : espèrons que j'ai fais le bon choix.

 

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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