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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 15:54

     La chapelle Saint-Nicolas en Priziac.

 

     J'avais prévu de m'y rendre sur la simple mention du carillon à clochette qu'on y signalait, sans savoir que j'allais trouver là l'une de mes plus heureuses surprises, celle d'un splendide jubé et des restes d'un arbre de Jessé non moins admirable ; et cela en un jour maussade, après avoir poussé sans succès la porte de multiples églises et chapelles, seul dans ce sanctuaire sombre et humide à près de  mille mètres de tout lieu habité et saisi par l'émoi de ma découverte comme un explorateur des anciens temps.

 

La première mention de cette chapelle date de 1516, date de début de sa construction, alors que les dates de 1533 (?) et 1583 apparaissent sur le clocher. 

      Photo : on voit comme le temps n'aidait pas à ramener de belles images...

st-nicolas-3307.JPG

 

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I. Ce qu'il reste de l'Arbre de Jessé.

  Dans le choeur se trouvent deux niches, de styles différents ; celle de droite abrite, comme d'habitude, une statue du saint patron de la chapelle, et celle de gauche, la place vénérable, du coté de l'Évangile, est occupée par un arbre de Jessé. C'est un haut-relief du XVIe siècle où Jessé, couché, la tête soutenue par la main gauche dans la posture mélancolique habituelle, donne naissance à un tronc qui se divise en rameaux qui montent à droite et à gauche en servant de perchoir aux douze rois de Juda, les ancêtres légendaires de la généalogie de Jésus.

  Au centre se trouvait une représentation de la Vierge, mais celle-ci a été volée entre le 5 et le 8 novembre 1973, et on signale qu'un autre élément a été dérobé entre le 1er et le 2 mai 1990. On voit comment tous les rameaux qui reliaient la statue ont été soigneusement sectionnés.

  Je n'étais pas préparé à cette découverte, et j'en ressens une profonde affliction, une amertume sans fond ; je me suis présenté hors saison devant la chapelle, croyant la trouver fermée comme les autres, j'ai eu la surprise de trouver la porte ouverte et j'ai découvert un superbe jubé, puis ce choeur, et je me sens presque coupable de me trouver seul dans ce lieu qui expose ainsi sa vulnérabilité et ses richesses. 

  L'amertume est d'autant plus forte que ce qu'il reste de la sculpture montre qu'on avait affaire à une oeuvre exceptionnelle, comparable à l'arbre de Jessé que j'ai pu voir à Saint-Aignan (56).


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  Jessé est très attachant, avec sa barbe à doubles cornes de meringue, son costume à manches en accordéon et surtout ce superbe chapeau rouge. A ses cotés, un vase du même rouge (il y en avait trois auparavant) ressemble à un bon flacon que le roi de droite semble lorgner avec concupiscence.

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La série des cinq rois de gauche débute par David, que l'on reconnaît à sa lyre. Les autres semblent avoir tous grimpés sur ses épaules. Aucune inscription ne permet de les identifier, et s'ils sont tous différents, ils portent le même costume (des chausses, une tunique, un manteau, et une armure courte pour l'un d'eux), un sceptre et une couronne. 

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La série de droite débute par un autre roi musicien (je lui donne arbitrairement le nom de Salomon, l'auteur du Cantique des Cantiques) jouant une sorte de luth à quatre cordes, puis les autres sont juchés pareillement sur ses épaules.

  L'alternance de quatre couleurs rouge, bleu et or et blanc, (auxquelles on ajoute le rose des mains et visage et le brun des barbes) donne un ensemble pimpant dont les personnages m'évoquent les Pères Noël des bûches glacées ou les nains de jardin.

  A chaque niveau, la section bien nette des rameaux de l'arbre vient me fendre le coeur.

 

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  Puisqu'on ne compte que dix rois, c'est donc qu'il en manque deux ; la notice PM 56000911 des Monuments historiques (l'oeuvre est classée au titre d'objet à la date du 12 juillet 1912) signale sept personnages à gauche et six à droite, ce qui ferait treize, mais aujourd'hui il y en a dix.

 En 1963, le Dr Louis Le Thomas (Les Arbres de Jessé Bretons, Bull. Soc. Arch. Finist. 1963 p. 46) en a compté 10 également.

   Au dessus se trouvent trois angelots dont deux portent un calice et un phylactère : L'un proclame EXU . P. IXIT . IX....AL ( peut-être une forme d'Exultavit Spiritus Meus du Magnificat ?) et l'autre ORA PRO . NOBIS . DEVM .

  

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 La niche forme un dais décoré de feuillages, de chérubins, de têtes d'anges et de barbus, pour culminer en une pyramide de fuseaux (ou candélabres) bleu-blanc-jaune. Elle est datée de la seconde moitié du 16e siècle.

 

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  Je retrouve une description complète et une photographie couleur de cette oeuvre, avant que la Vierge ne soit dérobée, dans Le Faouët et Gourin, inventaire topographique, Paris 1975, publié par l'Inventaire général des Monuments historiques et des richesses artistiques de la France, Commission régionale de Bretagne, page 89 (texte) et 459 (illustration). La description est la suivante :

 " Ensemble de deux niches, deuxième moitié du XVIe siècle, bois, polychromie, h. 2,20 (sans le couronnement) Niche (à gauche de la fenêtre axiale) Niche en encorbellement, reposant sur deux culots ; plan trapézoïdal (trois pans, pan central plus petit ) composé en élévation d'une plinthe, de montants plaqués de candélabres, d'un dais à trois niveaux (bandeau inférieur à claire-voie, bandeau intermédiaire en bas-relief) ; couronnement formé de trois groupes en candélabres (celui du centre, à deux niveaux, supporte un globe) Décors du dais : mascarons et rinceaux, grotesques et têtes d'angelots, bustes et arabesques.

  " Dans la niche : ensemble comprenant une statue, un groupe en haut-relief, et trois haut-reliefs isolés, traitant le thème de l'Arbre de Jessé : Statue (au centre de la niche) Vierge à l'Enfant, XVIe, bois, polychromie, h. 1,10. Vierge couronnée vêtue d'une robe et d'un manteau portant sur le bras gauche l'Enfant vêtu d'une tunique, un globe à la main gauche, bras droit mutilé [M.H.1912]. Groupe (partie inférieure de la niche) Jessé et les rois de Juda, XVIe, bois, haut-relief, polychromie, h. 1,50. Jessé, coiffé d'un chapeau, étendu, tête appuyé contre la main gauche. De sa poitrine sort le tronc de l'arbre se ramifiant en deux rameaux portant les rois de Juda ( cinq à droite et cinq à gauche)."

 

 

II. La statue de saint Nicolas :

Fêté le 6 décembre.

  Saint Nicolas, (né en 280 à Patara en Lycie, mort en 345) devint évêque de Myra ; au concile de Nicée, en 325, il s'opposa vivement à l'hérétique Arius, et il est alors giflé, dépouillé de ses vêtements sacerdotaux et emprisonné par Arius, avant d'être délivré et rétabli dans la dignité de son titre par le Christ et la Vierge. Très vénérées en Orient, ses reliques qui ont la particularité de laisser suinter une huile sacrée et thérapeutique sont dérobées en 1087 par des marins de Bari en Italie pour les revendre. Lors du trajet, une tempête fait comprendre à l'équipage qu'ils doivent renoncer à ce commerce, et établir les reliques dans un sanctuaire de Bari. Sitôt qu'ils en font la promesse, la tempête s'apaise.

  Ce Saint-Nicolas-de-Bari était dénommé Saint-Nicolas à l'Anabulium, c'est-à-dire "portant le pallium", l'écharpe ou étole sacerdotale propre à son titre, et ce qualificatif aurait donné naissance au prénom nabulione, qui n'est autre que la forme corse du prénom de Napoléon Bonaparte... (données non vérifiées entièrement,  issues de http://quelqueshistoires.centerblog.net/1531005-Napoleon--drole-de-prenom%E2%80%A6. Napoléon enfant était surnommé Nabulio, mais le terme signifie "serpent".)

   La statue  présente dans cette niche montre un saint-évêque bénissant et tenant ce qu'il reste d'une crosse, sans aucun critère d'identification spécifique ; dans l'iconographie (surtout bizantine), Nicolas se reconnaît habituellement par un front large et haut sillonné de rides, une barbe courte et grisonnante, par le port d'un omophorion orné de croix, c'est-à-dire une longue étole croisée sur la poitrine et repliée sur le bras gauche, et par le port d'un évangile fermé dans la main gauche. Son geste de bénédiction se fait alors selon le rite grec, l'index dressé comme un I, le majeur replié dessinant un C, le pouce et l'annulaire croisés en un X, l'auriculaire courbé en un C, pour réaliser les lettres initiale ICXC  du nom grec Jésus- Christ, IHCOYC XPICTOC.

  Le seul élément caractéristique est la partie basse, qualifiée par l'Inventaire d'"eau ou flammes (?) stylisées" : ne pourrait-il pas s'agir de la fameuse huile miraculeuse dont la tradition rapporte qu'elle s'écoula du corps du saint lors de sa mort, puis de ses reliques ? 


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      La niche du 16e siècle, peinture du 18e, est formée de deux piédroits décorés de feuillage soutenant un dais à deux étages et trois pans, décoré de rinceaux (Dieu ou plutôt Moïse au centre, tient les tables de la loi, encadré par deux profils en médaillon) Source : notice PM 56000912 des Monuments historiques, 1994, et IM 56002986 de l'Inventaire régional

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III. Le carillon à carillon :

Voir : La Roue à carillon de Confort-Meilars, celle de Locarn et de Priziac .

     Transept, bras nord, mur est : Roue du XVIe siècle à sept rayons et à huit clochettes, à moyeu encastré dans un bâti scellé au mur, à brancard et manivelle. 

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  IV Le jubé : 

 

    C'est en réalité la première oeuvre que l'on découvre, avant d'accéder au choeur, et c'est certainement la pièce de choix de cette chapelle. 

1°)  Coté nef :

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Neuf panneaux rectangulaires alternant avec des pilastres à atlantes engainés et à cariatides canéphores (portant une corbeille sur sa tête) sont consacrés à la vie de saint Nicolas : de gauche à droite :


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Premier panneau : naissance de saint Nicolas.

On lit dans la Légende Dorée de Jacques de Voragine que "Nicolas, citoyen de Patras, naquit de nobles et  riches et pieux parents. Son père se nommait Epiphanus et sa mère Jeanne... Le premier jour qu'il fut né, comme on le baignait, il se dressa dans son bain, et il ne prenait le sein de sa mère qu'une fois le mercredi et une fois le vendredi, et, dans son enfance, il ne se mêlait pas aux jeux des autres enfants."

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          Nicolas  nè en 270 à Patara en Lycie (Turquie) arriva selon la légende dans la ville de Myre (Turquie) où l'évêque venait de mourir. Le plus vénérable candidat à sa succession entendit une nuit une voix qui l'exhortait à se tenir à la porte de l'église à l'heure de matines et  de sacrer évêque le premier qui se présenterait. Et "ce fut chose merveilleuse car à l'heure de matines par un mouvement de Dieu Nicolas se leva avant tous les autres. Et l'évêque l'arrêta au moment où il entrait dans le lieu saint et il lui dit : "comment te nommes-tu? Et lui, qui était simple comme une colombe, inclina la tête et répondit : Je me nomme Nicolas, serviteur de votre sainteté".

Panneau 2 : Guérison d'un aveugle


  

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Panneau 3 : Le concile de Nicée.

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Panneau 4 : 

 On commence par penser qu'il s'agit de la scène fameuse où le thaumaturge vient sauver "quelques mariniers en danger de périr et qui l'ont imploré", prenant la barre et dirigeant les manoeuvres. Saint Nicolas est, pour cette raison, le saint patron des marins. Mais on voit plutôt trois personnages vêtus comme des religieux et religieuses : il s'agit de pèlerins qui voguent vers Myre pour rencontrer le saint évêque. Mais un passager clandestin, que l'on aperçoit dans la voile, a pris place avec eux et s'est déguisé en bonne femme, leur demandant de remettre de sa part à Nicolas un peu d'huile diabolique, qui brûle les pierres et que l'eau ne peut éteindre, ou plutôt d'en enduire les murailles de sa demeure... Le pays se livrait alors au culte païen de Diane d'Éphèse, et l'évêque venait de faire abattre l'arbre sacré sous lequel les fidèles se réunissaient. 

  Saint Nicolas apparut alors à ces pèlerins et leur ordonna de jeter cette huile à la mer, s'écriant : "C'est la mauvaise Diane !" "Et quand ils l'eurent jeté, un grand feu prit à la mer, et ils la virent longtemps brûler contre nature".


 

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Panneau 5 : miracle de la multiplication des grains.

   "Il fut un temps où la province où était saint Nicolas souffrit d'une extrême famine, et tous manquaient de nourriture. Alors l'homme de Dieu apprit que des navires chargés de froment étaient arrivés au port ; il y alla et demanda aux mariniers de soulager le peuple qui mourait de faim en donnant de chaque nef au moins cent muids de froment. Et ils lui répondirent : "Seigneur, nous n'oserions, car le grain a été mesuré, et il faut que nous rendions aux greniers de l'empereur la quantité qui nous a été livrée. Et le saint leur dit : faites ce que je vous dis, et je vous promets qu'il n'y aura aucune diminution lorsque vous aurez à rendre votre cargaison aux greniers de l'empereur. Ils lui donnèrent du blé, et quand ils déchargèrent leur cargaison, il se trouva exactement la même quantité qu'ils avaient chargés à Alexandrie"

 

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Panneau 6 : réssurection des trois enfants mis au saloir.

   Cet épisode ne figure pas dans la Légende dorèe, ni dans la compilation de Siméon de Métaphraste (premier légendaire en grec du Xe siècle), mais dans les octosyllabes de l'auteur du Roman de Brut, le normand Wace, dans sa Vie de saint Nicolas (v 1150), ou dans un sermon attribué à Bonaventure, ou dans un Mystère latin (Secundum miraculum sancti Nicholai ), avant que Gérard de Nerval n'en popularise la chanson dans La Sylphide de 1842 après l'avoir recueilli dans le Valois. 

  Il s'agit de la complainte de Saint Nicolas : Il était trois petits enfants / Qui s'en allaient glaner aux champs./ S'en vont au soir chez un boucher./ "Boucher, voudrais-tu nous loger ? : Entrez, entrez, petits enfants,/ Il y a de la place assurément." / Ils n'étaient pas sitôt entrés / Que le boucher les a tués, / Les a coupés en petits morceaux, / Mis au saloir comme pourceaux. 

Saint Nicolas au bout d'sept ans / Saint Nicolas vint dans ce champ. / "Boucher, voudrais-tu me loger ?" / Entrez, entrez, saint Nicolas, / Il y a d'la place, il n'en manque pas." / Il n'était pas sitôt entré, / Qu'il a demandé à souper. / Voulez-vous un morceau d'jambon ? / Je n'en veux pas il n'est pas bon. / Voulez-vous un morceau de veau ? / Je n'en veux pas il n'est pas beau ! / Du p'tit sale je veux avoir / Qu'il y a sept ans qu'est dans l'saloir. / Quand le boucher entendit cela, / Hors de sa porte il s'enfuya. / "Boucher, boucher, ne t'enfuis pas, / Repens-toi, Dieu te pardonn'ra." / Saint Nicolas posa trois doigts / Dessus le bord de ce saloir. / Le premier dit : "j'ai bien dormi ! " / Le second dit "et moi aussi!" / Et le troisième répondit : / "Je me croyais en paradis!"



  

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Panneau 7 : Mort de saint Nicolas

  La légende Dorée écrit ceci : "Quand il fut enterré dans un tombeau de marbre blanc, une fontaine d'huile coula de sa tête, et une autre de ses pieds. Et encore aujourd'hui il coule de cette huile sainte, et beaucoup se trouvent guéris de leurs maux."

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      Panneau 8 : châtiment d'un débiteur malhonnête.

  "Un homme avait emprunté à un juif une somme d'argent. Et il jura sur l'autel de saint Nicolas qu'il la rendrait dès qu'il pourrait ; et il la garda fort longtemps, et le juif la lui redemanda. et l'homme dit qu'il lui avait rendue. Alors le juif le cita devant les juges, et le débiteur fut appelé à prêter serment. Il avait mis cette somme dans un bâton creux sur lequel il s'appuyait. Et quand il fut sommé de jurer, il demanda au juif de tenir son bâton, et il prêta serment qu'il lui avait rendu plus qu'il ne lui avait prêté. Et quand il eut fait le serment, il redemanda au juif le bâton. Et le juif qui ne savait pas la ruse dont il s'était servi, le lui rendit ; et alors celui qui avait fait cette fraude s'en alla, et le sommeil le prit, et il s'endormit dans un carrefour. Il passa un chariot qui le tua, et qui brisa le bâton, et l'or se répandit à terre. "

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Panneau 9 : réssurection d'un jeune homme

 " Et le juif apprit cela, et il vint tout ému, et il vit la fraude. Et ceux qui étaient là lui disaient de reprendre l'or, mais il s'y refusa, disant qu'il ne le ferait point à moins que le mort ne revint au monde par les mérites de saint Nicolas ; mais que s'il ressuscitait, il se ferait, lui, baptiser. Et alors celui qui était mort ressuscita, et le juif fut baptisé au nom de Jésus-Christ"

  Source : Jacques de Voragine, Légende Dorée, Bnf Gallica link p. 31

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      Les quatre piédroits des arcs de la balustrade portent des atlantes engainés et des cariatides canéphores, dont deux se détachent sur des cuirs. Chacun est orné de deux têtes de grotesques.

jube 3155c  jube 3156v

 

 

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      La balustrade est formée de trois arcs à plein cintre, celui du milieu formant portail à deux vantaux. La voûte est décorée d'anges portant coté nef des phylactères sans inscription, ou les instruments de la passion. (Du coté choeur, les mêmes anges portent des inscriptions, antiennes ou prières en latin)

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  Les armoiries seront détaillées infra.

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2°) Coté choeur : les apôtres.

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      Chaque apôtre est dans sa niche surmontée d'un dais à trois pans creusé d'arcatures, séparé du voisin par un pilastre:

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      Bizarrement, le résumé de fiche IM56003004 de l'inventaire général par Denise Dufief et Claude Quillivic mentionne 13 panneaux et propose 13 noms d'apôtres.


Saint Pierre 

et sa clef : 

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Saint André :

avec la croix en X de son supplice : 

jube 3171c

 

Saint Jacques le Majeur :

avec son chapeau, son aumonière, et son bâton de pélerin :

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Saint Jean l'évangéliste :

avec son calice d'où émerge le dragon d'Éphèse: 

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Saint Thomas :

  avec son équerre d'architecte

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Saint Philippe : 

avec sa croix :

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Saint Matthieu : 

avec son évangile:

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Saint Barthélémy : 

avec le couteau par lequel il fut écorché vif :

jube 3188c

 

  Saint Jude ? avec comme attribut un bâton 

 que j'ai omis de prendre en photo !

   jube-3185c-copie-1.jpg

Saint Simon : 

avec la scie avec laquelle il fut coupé en deux : 

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Saint Jacques le Mineur : 

  et son bâton de foulon particulièrement remarquable: 

 

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Saint Matthias le remplaçant de Judas avec sa hache ou hallebarde qui le décapita.

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jube 3205c

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jube 3208c    jube 3212v

 

jube 3213c   

 

 Inscriptions :

1) coté nef : lan 1680 fvt peint sclt letrin catherin le schavff . noble damoesel fille dv dréor . dame de morgant fvt bone fioe

Explication dans l'article Wikipédia consacré à la chapelle. Il y aurait une erreur de date et il faudrait lire 1580. Catherine Le Scanff est la fille de Tristan Le Scanff, seigneur de Dréors (décédé en 1577) et la soeur d'Yves Le Scanff (décédé en oct. 1591) et de Françoise Le Scanff, héritière, dont le mariage avec Jean de Talhoët-Kersévant vers 1564 fit basculer le titre dans cette famille. 

  Catherine Le Scanff figure en 1571 et 1576 dans l'inventaire des titres de Paule comme "dame de morgant".

Le jubé a été commandé en 1565 à la naissance de Nicolas de Talhouët, fils de Françoise Le Scanff, et qui devint seigneur de Kersévant, du Dréortz, de Paule, de Crémenec, chevalier de l'ordre du roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, capitaine du ban et de l'arrière-ban de l'évêché de Cornouailles.

2) corniche, coté choeur : 

REPAINT ET DORÉ 1768 me LOUIS.  DURANS. FABRIQVE goudemare pinxit 1768.

  Louis Durand (?-15/05/1789 à Priziac) est attesté à Priziac, où il épousa Marie-Anne Hervé le 15-02-1987.

 Le patronyme Goudemare est attesté en Morbihan en 1751.

Armoiries : celles de la famille Le Scanff, de sable à la croix engreslée d'argent, à gauche, et les mêmes en alliance à droite au dessus des vantaux du portail, des deux cotés du jubé. Mais les armes en alliance sont différentes entre le coté nef ( où on discerne cinq macles d'or sur fond d'azur en dessous d'une forme carrés à quatre points noirs qui pourrait se rapporter à Claudine de Guer, que Tristan le Scanff épousa, et dont les armes sont "d'azur à sept macles d'or 3,3,1, qui est le Sénéchal ; au franc carton d'argent, frétté de huit pièces de gueules" ) et coté choeur (où un lion rampant d'argent , armé, lampassé et couronné de gueules sur fond d'azur qui est du Juch, rappelle le mariage de Pierre Le Scanff (mort en 1566) avec Jeanne du Juch )


La fiche PM56000908 des Monuments historiques signale à propos du jubé : "éléments volés en 1973. Retrouvés à Bruxelles mais volés à nouveau entre le 1er et le 2 mai 1990."

 

 

V. La déploration, le Christ aux liens et la chaire à prêcher.

 

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La Déploration, nommée Descente de croix sur la fiche 56000909 des Monuments historiques, est datée du premier quart du 16e siècle. Elle est placée de façon originale sur une sorte de scène ou de baldaquin à faux rideaux de bois bleu. Et curieusement encore, Joseph d'Arimathie est absent, et saint-Jean, la Vierge et Marie-Madeleine se trouvent assistés par Nicodème, qui tient encore la paire de tenaille qu'il a utilisé pour la déposition.

  Le corps du Christ forme la diagonale de la composition rectangulaire.

  Le groupe est formé de l'assemblage de trois blocs. 

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      Le Christ aux outrages en granite date du XVIe siècle.

 

Chaire à prêcher en bois polychrome à abat-voix du XVIIe , à la cuve hexagonale sur pieds à ailerons. Elle n'est pas à son emplacement d'origine, et l'escalier a disparu.


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  Saint Jean-Baptiste et son agneau, 16e siècle, granite:

Transept, bras nord, mur est, sur un culot. H. 1,08m.

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Saint Jacques le Majeur : non identifié formellement comme tel , on évoque un pélerin, ou saint Hervé.

16e siècle, granite, inscription sur la tunique, h. 1,37.

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Published by jean-yves cordier
26 avril 2012 4 26 /04 /avril /2012 22:27

                       Ecce Homo :

               Vingt-six piquets de prairie.

 


                      Mourir, cela n'est rien, mais souffrir, ô souffrir !


 

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  Parmi ces vingt-six vues de poteaux et de barbelé se cache un symbole de libération : la chrysalide d'un papillon : l'espoir est là, saurez-vous le voir ?

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Published by jean-yves cordier
24 avril 2012 2 24 /04 /avril /2012 17:38

 

   Bodonou, coté nature : éloge du pissenlit.

Ayant visité la chapelle, j'ai été faire un tour sur le sentier de randonnée qui longe les sablières : rien d'extraordinaire, en ce mois d'avril, mais il est toujours plaisant de faire quelques rencontres : c'est surtout alors les pissenlits qui ont du succès, car ils sont les premiers à produire du pollen.

 Une fleur de pissenlit après la pluie : 


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Misumène vatia et voikukka (en finnois)

après sa capture d'un bibionide type Bibio marci. La misumène adopte la couleur jaune du pissenlit, mais lorsque les fleurons disparaissent au profit des akènes des aigrettes, elle ne peut modifier ses pigments aussi rapidement. Pourtant, elle attrape des proies, ce qui montre que ce phénomène de mimétisme n'est pas un avantage adaptatif impératif. Voir : Deux "araignées-crabes", Misumena vatia, et Xysticus sp.


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Le syrphe porte-plume sur le Pusteblume ( en allemand) 

Sphaerophoria scripta sur le fleuron de taraxacum: voir Sphaerophoria scripta : un emblème pour lavieb-aile ?

Né de la dernière averse comme en témoigne les perles de pluie, ce mâle dédicace chaque page de cet exemplaire de Dent-de lion.

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Pieris napi & pissenli (au Missisipi):

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Pieride du chou et chwervizon (en breton)

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Helophilus et odouvantchik (en russe) :

Un autre syrphidae, Helophilus pendulus si mon pendule dit juste.


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Les triongulins et le papadie roumain

Les triongulins ou "pous des abeilles" sont les larves primaires des Meloe (voir  Le repas de Meloé. et  Meloe proscarabeus, ou ma vie est-elle un songe? ). Ils vont attendre l'eventuel passage d'une certaine abeille pour la parasiter. 

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Tettigonia et pampeliska (en tchèque) :

  Les larves de grande sauterelle verte Tettigonia viridissima prennent des allures de cabri ou de licornes :

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La chrysomèle de la menthe Chrysolina herbacea (Duftschmidt, 1825) (ou Oreina menthastri)

  Ce n'est pas tous les jours, la plupart de nous en conviendra, que l'on rencontre une espèce décrite par Kaspar Erasmus Dufftschmidt (1767-1821) fils d'Anton et père du botaniste Johann-Baptist Duftschmidt, et lui-même docteur en médecine de l'Université de Vienne. Pas tous les jours que l'on trouve l'occasion d'ouvrir sur Biodiversitylibrary.org le tome 3 de sa  Fauna Austriae Ober Beschreibung der österreichischen Insekten für angehande Freunde der Entomologie, Linz, 1825 link puis d'y rechercher patiemment parmi les 289 pages la page 192 qui mentionne la belle chrysomèle   (copyright biodiversitylibrary.org) : à vos dictionnaires !

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  Si vous êtes saturés des rayons jaunes du Taraxacum Dent-de-lion, (ou Dandelion  en anglais), voici , pour conclure, l'Aurore de la cardamine Anthocharis cardamines :

  D'abord le mâle :

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Puis la femelle :  c'est elle que l'on observe sur la cardamine des près ou cresnonnette : alors que Monsieur butine, Madame se préoccupe de choisir la plante où pondre ses oeufs.

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   Cardamine pratensis L, 1753 dans les prairies humides, le long des ruisseaux:

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  C'est une fois les ailes ouvertes que l'on constate qu'elles ne sont pas orange, mais blanche à points noirs comme une autre piéride :

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Published by jean-yves cordier
22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 20:00

La chapelle de Bodonou à Plouzané.


  Avec mes remerciements à l'équipe qui m'a accueillit si gentiment.

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   Au centre d'un triangle tracé entre les villes de Plouzané, Saint-Renan et Guilers, l'Ildut forme une vaste zone humide ou marécageuse, actuellement occupée par les gravières, qui est un terrain privilégié pour les naturalistes brestois. Aussi y ai-je consacré quelques articles témoignant de mes découvertes des cygnes et de leurs cygnots, des ragondins, des libellules et des papillons, des hirondelles ou des rapaces :

les hirondelles de Bodonou

Bodonou : Raclée sans parole pour cygne muet

Le ragondin de Bodonou.

Pouillot véloce, Bodonou

Papillons d'Avril à Bodonou

Verdier d'Europe à Bodonou

Toilette du cygne à Bodonou

Bécassine des marais à Bodonou

Ducky contre Swanny(2) : les cygneaux de Bodonou.

11 mars: premières hirondelles de rivage à Bodonou.

Le phragmite des joncs à Bodonou.

Meutre à Bodonou : un géotrupe empalé.

 

  Mais chaque fois que je longeais la chapelle, passage obligé du randonneur, je la trouvais fermée : elle est pourtant ouverte chaque dimanche, et aujourd'hui, jour du Seigneur, je profitais pour la visiter.

  Le pardon a lieu le deuxième dimanche de septembre.

 


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  Elle a été construite au 16e siècle en l'honneur de Notre-Dame sur un plan simple, une nef sans collatéraux, plus longue autrefois puisqu'on pense que le clocher était placé au milieu de l'édifice. Les archives mentionnent une restauration en 1732. Mais lors d'une restauration en 1822, l'abside fut supprimée, l'ancien arc diaphragme fut muré et devint le pignon qui supporte actuellement les deux flèches jumelles caractéristiques. Deux solides contreforts viennent soutenir ce pignon, crénelé par l'escalier d'accès aux cloches.

  Sous la Révolution, la chapelle, en très mauvais état, fut vendue à une famille Simon pour une valeur estimèe de 407 livres, puis  rachetée pour le compte de la fabrique par Yves Pailler, cultivateur à Kerandantec "dans l'intention d'empècher qu'elle ne fût détruite pour en enlever les matériaux, ce qui aurait pu arriver si les anciens propriétaires, préssés de vendre, avaient traités avec des personnes qui n'eussent pas eu le désir de remettre à la fabrique  en possession de cette chapelle dont les voeux des habitants de Plouzané sollicitent la restauration" (archives de l'évêché, in H. Pérennès). En 1822, Y. Pailler cède donc la chapelle à la fabrique contre la somme de 500 francs.

  Par ordonnance royale du 2 avril 1823, N.D. de Bodonou fut érigée en chapelle de secours.

   En 1931, la foudre (encore elle :  Église Saint-Thurien à Plogonnec II : une inscription du tonnerre!.) frappa la flèche nord. Un autre indice du raccourcissement de la chapelle, ce sont les deux cordes destinées à sonner les cloches, qui pendent désormais librement à l'extérieur, le long du pignon.

  La dernière restauration date de 1957-1959. Le vieux retable baroque vermoulu fut alors déposé, et on installa un maître-autel en granit de kersanton. Un projet de vitrail est actuellement discuté, le carton ne faisant pas l'unanimité.

  Son plan est rectangulaire avec trois entrées et deux fenêtres au niveau du choeur. Une petite sacristie s'élève du coté Est et renferme l'escalier à vis qui donnait accès au clocher.

 Une fontaine existait à une cinquantaine de mètres.

facade ouest :

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Facade sud :

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 Facade nord  et la sacristie:

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Facade nord :

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  Une pierre encastrée dans l'un des contreforts sud porte la date de 1544. Nous l'avons cherché en vain longtemps avec les bénévoles qui "étaient de garde" pour ouvrir le sanctuaire malgré le froid, jusqu'à ce qu'une dame plus initiée nous la désigne ; nous ne la voyions toujours pas. Là, là voyons ! Il fallut aller chercher l'escabeau pour découvrir le bloc de kersanton parmi les moellons, insigne mais modeste témoin de la dédicace camouflée par les lichens:

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L'année 1544 et la peste :

Connaître la date de construction est un élément important : 1544, nous sommes encore sous François Ier (qui meurt en 1547), et l'union de la Bretagne à la France a été conclue en 1532. On peut aussi confronter cette date à la légende qui se rapporte à Notre-Dame de Bodonou : celle-ci serait apparue, en pleine épidémie de peste, à un meunier pour lui demander une place sur sa charrette. A un certain endroit, elle demanda à descendre et déclara : "pour te récompenser, je te promets que la peste ne dépassera jamais cet endroit-ci". L' épidémies de peste la plus notable pour Plouzané, Guilers et Locmaria (où elle fit 53 victimes et entraîna la construction de la chapelle Saint-Sébastien) date de 1640. Les autres épidémies concernent d'autres localités, comme Daoulas en 1521, Quimper en 1564-1565, Plougastel en 1598, (lors de la Grande Peste de 1597-1599 qui fit un millier de victimes au total), Morlaix et le nord du Léon entre 1625 et 1640.

   Mais j'apprends (Y.P. Castel, AUCUBE 1977) que cette pierre a été placée ici lors d'une restauration, alors qu'elle provient d'un ancien calvaire disparu. Pour dater la chapelle, on s'appuie alors sur les éléments d'architecture les plus anciens, arc diaphragme, les trois portails, la fenêtre nord et le clocher à flèches géminées qui pourraient dater du XVe siècle (Y.P. Castel, id.), et sur la date 1560 du bénitier (voir infra).

  Enfin cette légende de la peste ressemble un peu trop à celle de Notre-Dame de Kerdévot qui évita à Ergué-Gabéric la propagation de la peste d'Elliant ; elle fut recueillie par le Docteur Dujardin auprès de M. Taburet de Saint-Renan qui la tenait de sa grand-mère... (in H. Pérennès). 


Les cloches :

   Avant de pénétrer dans la chapelle, j'examine les cloches à la recherche d'inscriptions : la seconde me comble par un très bel ensemble de N rétrogrades ( voir : Visite de Camaret et de ses inscriptions lapidaires ; tildes et N rétrograde .)

 

 

 

 

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  Je déchiffre ceci  :

MIre . CLAVDE . VENN . VICAIRE . DE . ST . RENAN . PAREIN. NOBLE  ..MAR

IEAL LE GAC . Sr . DE . KAMPARCQ . COMMANDANT . DE ..RENAN MARENE 

DEMOISFRANCOISE . DV . MESCAM . DAME . DE . KERSAINT . MARCHAND YVES 

HERVE . MENARD . GOVERNEVRS . DE . ST . YVES. L'AN 1692 ... MIL(ECE)

 

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 Les personnages et lieux cités sont :

  • Le vicaire Claude Venn 
  • Le Gac, sieur de Keramparc 
  • Françoise du Mescam, dame de Kersaint
  • Hervé Ménard, gouverneur de St-Yves 

1) Le vicaire Claude Venn signalé comme parrain :  (attesté dans un document cité par le Bull. Soc. Arch. Finist. 1936)

2) Le Gac, sieur de Keramparc : signalé comme marraine : 

3) Françoise du Mescam : il s'agirait de la fille unique héritière de François du Mescam sieur de Kerambellan et de Marie de Kerannou. Elle épousa Jacques de Coetnempren sieur de Querochant et de Kersaint, de la paroisse de Plouzévédé par contrat passé en la ville de Saint-Renan devant maître Guillou notaire le 4 septembre 1691.

 Une notice des Archives de France indique ceci :  "22AP, fond Kersaint et Coëtnempren:

 : La famille de Coëtnempren est originaire du pays de Léon, en Bretagne. Elle a eu pour berceau la seigneurie de son nom, située dans la paroisse de Trefflaouénan. Son premier représentant est Raoul, qui, en 1248, accompagne Pierre Mauclerc à la première croisade de saint Louis. La famille de Coëtnempren figure de 1426 à 1534 aux réformations et montres de la noblesse des diocèses de Léon, Tréguier et Saint-Malo. La souche se partage à une époque très reculée en branches dont on connaît mal le point de jonction. La branche des seigneurs de Kerdournant descend de Jacques de Coëtnempren, seigneur de Kergoulan, dans la deuxième moitié du XVIe siècle. A la fin du XVIIe siècle, un des descendants de Jacques de Coëtnempren recueille la seigneurie de Kersaint par héritage de son cousin germain René, fils de son oncle Tanneguy de Coëtnempren."

 

4) Hervé Ménard est donné comme Sieur de Nolières en 1698 dans des documents concernant St-Renan (Arch. Finist. liasse B 1789).

5) St-Yves : il s'agit-il vraisemblablement de l'hôpital saint-Yves de Saint-Renan, et non de celui de Brest, dont nous parlerons à propos de Pierre Quilbignon qui y fit une donation en 1534.

 

 

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La cloche plus petite porte l'inscription FAITE PAR  (UVEL ?) FRERES BREST 1829 (?) autour d'un crucifix.

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  Les bénitiers

  Je les mentionnent ici car ils apportent des indices historiques. Au nombre de trois, ils ont été placés par un prêtre qui a fait représenté un calice entouré de (ses) initiales Y VP autour d'un calice sur deux d'entre eux. 

  Voici le premier, situé à l'ouest à droite de la porte d'entrée : on remarquera la graphie particulière du Y, sur laquelle je m'interroge.

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  Il porte un blason frontal à six fasces, interprété comme représentant les armoiries des du Chastel "fascé d'or et de gueules de six pièces". En 1646, le Père Cyrille Le Pennec écrit à propos de la chapelle de Bodonou : "elle n'est pas beaucoup éloignée du manoir de Kerélec [...] la nomination du chapellain est aux puissants seigneurs du Chastel-Trénazan".(H. Pérennès). Il faut lire "du Chastel-Trémazan", le château de Trémazan en Landunvez étant le fief d'origine de l'une des quatre plus puissantes familles de Bretagne jusqu'à son extinction à la fin du XVIe siècle.

  H. Pérennès ajoute : "Bodonou constituait un gouvernement à la présentation des seigneurs du Chastel, valant 410 livres en 1583, à charge d'une messe basse dimanches et fêtes".

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  La face droite la plus à l'ombre porte l'inscription L.MdLV, L'an 1560, datation assez proche de la pierre venant du calvaire. 

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Le second bénitier est placé à gauche du choeur, près d'une autre porte.

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  Les armoiries des de Poulpiquet :

A coté du calice et des initiales Y VP, on découvre un blason portant trois merlettes, qui seraient de Poulpiquet. Les armoiries de Poulpiquet sont "d'azur à trois pies de mer d'argent, becquées et membrées de gueules", ce qui présente le double intérêt d'une part d'être des armes "parlantes", traduisant le nom de famille (poul piquet = la mare aux pies, Pol de Courcy), et d'autre part de faire apparaître en héraldique l'huitrier-pie (ou pie de mer) Haematopus ostralegus :

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Lien pour connaître cette famille et voir le blason : http://www.gwiler.net/cub/cubplouzane.htm#poulpiq

La devise des de Poulpiquet est euz a neubeut awalc'h, "de peu assez".

  D'autres familles portent des armoiries à trois merlettes : Penmarc'h de Coatenez (d'or à trois colombes d'azur, qui sont Colombier, mais seulement en écartelé), Le Vayer ( d'or à trois merlettes de sable), Le Garo de Keredec (d'or aux trois sarcelles de sable).

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  Ces éléments historiques étant présentés, nous pouvons élargir le regard et découvrir l'intérieur de la chapelle :

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Notre-Dame de Bodonou a toujours fait l'objet d'une grande dévotion, et son pardon reste de nos jours un temps fort de la communauté paroissiale. De nombreuses plaques ex-voto en attestent, dont la plus ancienne est celle-ci :

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La Vierge à l'enfant :

statue en kersanton polychrome, h : 1,45 m, première moitié du XVIe siècle. Socle gravé. 

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Le socle :

il porte une roue à cinq rayons et l'inscription en lettres gothiques onciales :

                     o m :y : quilbigno

 interprété comme o Messire Yves ou Yvon Quilbignon (La première lettre n'est pas mentionnée par les différents auteurs hormis M. Floch qui y voit un -s-, mais cette lettre est bien présente et ressemble à un -o-)

   Y.P. Castel reprend H. Pérennès qui signale un maître Yves Quilbignon, seigneur de Coaténez, présent en 1534 à la montre de l'évêché de Quimper. Mais il fut précédé par Yvon Quilbignon, noble, de Ploëzané, qui figure à la montre de 1427, et par Yvon Quilbignon absent en 1503 de la montre en tenue à Lesneven, "excusé pour ce qu'il est des ordonnances du roi". Le manoir de Coatenez ou Coadenez est situé à 2,5 km au NE du bourg, et conserve un pavillon de défense et une habitation, datant du XVe siécle et appartenant alors à une branche cadette des Quilbignon avant de passer aux Bohier, Penmarc'h (1525, mariage de Charles de Penmarc'h avec Jeanne Quilbignon), Le Veyer de Kerandantec, sr du Parc en Rosnoen (vers 1640, mariage de Marie-Françoise de Penmarc'h avec François le Veyer), Guer de Pontcallec, Kerguiziou. Ce manoir était surnommé " le château du diable" et voisinait la feunten ar diaoul.

  Les seigneurs de Quilbignon possédaient la terre de Lanneuc, sur l'actuel Saint-Pierre-Quilbignon, ce qui leur donnait droit de prééminence sur la vitre, droit de tombe et d'enfeu en l'église de Saint-Pierre. En 1602, le seigneur de Coaténez fut amené à défendre ce droit face à Guillaume de Penmarc'h. (la paroisse primitive de Plouzané englobait Plouzané, Saint-Pierre-Quilbignon, Locmaria, et une partie de Saint-Renan).

  Un Prigent de Quilbignon fut notaire à Brest de 1510 à 1537.

   C'est Henri Pérennès qui compare la rouelle  à celle de sainte Catherine d'Alexandrie, mais cette comparaison ne vaut pas raison, et sa signification restait à trouver :  il est temps de reprendre ces éléments, à la lumière du document suivant : Michel Floch, Regard sur le passé de Saint-Pierre-Quilbignon, en ligne ici :link. et à l'aide du site suivant link

La famille de Quilbignon est présentée ainsi par Pol de Courcy:

Quilbignon (de), sr dudit lieu, par.de Saint-Pierre, -de Goëtenez, de Penamprat, de Coscastel, de Penhoët et de Pellinec, par. de Plouzané.  Réf. et monstres de 1427 à 1534, dites par. év. de Léon. Porte un croissant surmonté d'une molette. Pierre, fait une donation à Saint-Yves de Brest en 1534.

 Selon Michel Floch, dont l'étude est particulièrement approfondie, les armoiries sont "d'argent au croissant de gueules", croissant surmonté d'une molette d'éperon. "Les érudits ne sont pas d'accord sur cette roue, les uns y voient une étoile, les autres une roue dite de sainte-Catherine. La molette a d'ailleurs six branches et est percée en son centre, ce qui laisse supposer que les Quilbignon étaient chevaliers et avaient été aux Croisades."

  Selon cet auteur encore, mais qui ne donne pas ses sources, la chapelle de Bodonou "qui existait en 1501 fut édifiée par la haute et puissante dame de Laneuc, douairière de Coaténez, qui fut mariée à un seigneur de Quilbignon". Celle-ci est plutôt fondatrice d'un oratoire en l'honneur de N.D du Rosaire non loin de Bodonou.

En l'èglise Saint-Yves des Carmes à Brest se trouvait une statue de saint-Yves dont le socle portait des écussons avec un croissant surmonté d'une molette à six branches et de l'inscription P : Quilbignon. 1534 fit faire l'image.  Pierre Quilbignon offrit donc cette statue en complément de la donation faite la même année à l'hôpital Saint-Yves de Brest


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      Cette vue montre l'arc diaphragme muré sur lequel on a disposé cinq statues. Jadis, un petit retable  à colonnes et fronton les intégrait dans des niches, mais il était en trop mauvais état et il a été déposé et remplacé par un autel  et un crucifix en kersantite :

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Vierge à l'enfant "Notre-Dame de Bodonou":

Bois, hauteur 1,10m, XVIIe 

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      Sainte Barbe :

Bois polychrome, hauteur 1m, XVIIe siècle.

  Une paroisienne me confie qu'elle la reconnaît "à son phare" (sans-doute celui de l'Île Vierge).

 Comme on l'a vu, la vigilance de Madame sainte Barbe dans sa mission de protéger le clocher de l'orage fut prise à défaut une nuit de 1931 : sans-doute quelqu'un qui n'avait pas payé son cierge ce jour là.

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Saint Joseph :

Bois polychrome, hauteur 0,95 m, XVIIe, toujours affligé d'un lys géant soulignant sa pureté.

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Saint Gouesnou :

Bois polychrome, hauteur 0,85 m, XVIIIe.

L'origine possible du nom de Bodonou est Bot Gouesnou, "village de Gouesnou", formule qu'emploie l'aveu du Chastel de 1505 (H. Pérennès).

  L'identification de saint Gouesnou n'est pas certaine, et H. Pérennès y voit " un évêque, genre Louis XIV, coiffé d'une haute mitre". Mais la chapelle de la Trinité à Plouzané abritait une statue de Saint-Gouesnou.


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Saint Bernard (?)

      Bois, hauteur 0,95 m, XVIe siecle : "un saint moine vêtu d'une coule à long plis, aux manches très amples, tenant un bâton terminé par une croix" (H. Pérennès), qui évoque assez bien "Saint Bernard préchant la seconde Croisade à Vézelay en 1146", que nous montrait nos livres d'histoire.

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La pierre de l'age de fer christianisée:

  Une pierre antique (stèle de l'age de fer pour Pérennès, gallo-romaine ? pour Y-P Castel) se découvre à une cinquantaine de la chapelle ; c'est un fut en forme de cône polygonique de 2 mètres, qui a été installée lors de la restauration de 1959 sur les instance du Dr Dujardin alors qu'elle était auparavant utilisée comme pierre d'angle d'une grange d'une ferme de Milizac, dont elle garde deux trous servant de gond pour une porte.  Elle est surmontée d'une petite croix récente.

  Gravée en creux sur toutes les faces de ce lech, une inscription en breton a été relevée partiellement par Y-P. Castel : link n°2412 :

DANAON--FO/ NISO BET---N / NE SI DOMP QUET MARO / NE CHOMO QUET / PEDIT EVIDOMP / NIO PET ------ / GANT DOVE INC / ANET / ...

  La traduction donne : "Nous fûmes vivants, nous ne resterons pas dans la mort. Priez pour nous le Seigneur incarné."

Coté ouest :

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coté est :

 DSCN3143c

 

Croix de Bodonou

1,40 m.

  Placée contre la talus au croisement de l'allée d'accès avec la route, elle posséde des branches très courtes à larges chanfreins. J'aime son aspect massif mais rendu élégant par sa section octogonale.

  En 1977, Y.P. Castel proposait une datation incertaine du XVIe, mais l'inventaire de son Atlas des croix et calvaires link n° 2411 propose désormais la période du haut Moyen Âge (?).

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  Sources :

 

   Yves-Pascal Castel, Sylvaine Lozac'h, Commune de Plouzané, Le Patrimoine architectural et les sites, AUCUBE, 1977 p. 25-30.

 

   Chanoine H. Pérennès, Plouzané et Locmaria-Plouzané, monographie des deux paroisses, Rennes imprimerie bretonne 1942.

 

   Feuillet explicatif mis à la disposition des "pélerins, randonneurs, marcheurs, visiteurs occasionnels" gracieusement dans la chapelle.

 

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17 avril 2012 2 17 /04 /avril /2012 16:42

                Ancienne gare à Crozon :

             Papillons de jour du 17 avril.

Date : 17 avril 2012.

Lieu : étang de Kerloc'h, ancienne gare.

  L'année dernière, le 13 avril 2011, j'avais écrit cet article :  Encore de nouveaux papillons à Crozon : La petite Violette, le Point-de-Hongrie et la Mégère. Aujourd'hui, on prend les mêmes et on recommence... avec une surprise en prime.

1. Le Point-de-Hongrie  Erynnies tages (Linnaeus, 1758) :

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2. La pieride du navet Pieris napi (Linnaeus, 1758):

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3. La mégère Lasiommata megera (Linnaeus, 1767) :

   J'avais observé les tout-premiers couples le 13 mars sur les talus de pierre sèche des sentiers littoraux de Plomoguer, mais la journée était exceptionnelement chaude. 

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4. La Petite violette Clossiana dia (Linnaeus, 1767) :

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5. Le Machaon Papilio machaon Linnaeus, 1758 :

 

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6. Les intrus :

a) le grillon champêtre Gryllus campestris Linnaeus, 1758:

 Sur le bord abrupt d'un talus sud.  A noter que selon la liste obsnorm, les premiers chanteurs de Normandie ont été observées le 16 avril près de Carolles (à Jullouville) et le 20 avril à Siouville. Le Finistère est ex-aequo.

 

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b) L'Agrion  porte-coupe enallagma  cyathigerum :

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c) La petite nymphe à corps de feu Pyrrhosoma nymphula (Sulzer, 1776):

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d) Une syrphe : une helophile ?

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16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 10:50

 

    Chapelle de La Madeleine à Penmarc'h:

   Le Beau n'est pas un luxe, mais une nécessité et un droit

 

             Les vitraux de Jean Bazaine.

 

 

  Dans ma vie de peintre, je suis passé insensiblement des formes aux forces.

 

 

Vitraux contemporains : voir aussi :

 

 Bazaine à Locronan chapelle ar Sonj :

Les vitraux de Jean Bazaine à la chapelle Ty ar Zonj de Locronan (29).

Manessier à Locronan, 

http://www.lavieb-aile.com/article-les-vitraux-de-manessier-a-locronan-chapelle-de-bonne-nouvelle-103071184.html

  les vitraux de Saint-Louis à Brest :

http://www.lavieb-aile.com/article-les-vitraux-de-l-eglise-saint-louis-de-brest-103429661.html

Jacques Le Chevallier à Gouesnou :

http://www.lavieb-aile.com/article-l-arbre-de-jesse-de-l-eglise-de-gouesnou-et-les-autres-vitraux-117897470.html,

Gérard Lardeur à Langonnet :  

http://www.lavieb-aile.com/article-les-vitraux-de-gerard-lareur-a-langonnet-104407243.html

ou Gérard Lardeur à Saint-Sauveur :

http://www.lavieb-aile.com/article-les-vitraux-contemporains-de-saint-sauveur-finistere-90229755.html


Père André Bouler à Sainte-Marine (29) :

Chapelle Sainte-Marine à Combrit : la Vierge allaitante et la bannière Le Minor.

Père André Bouler à Concarneau :

La chapelle de Notre-Dame de Bon Secours à Concarneau (29).

Mosaïque de Jean Bazaine :

La mosaïque de Jean Bazaine à l'église St-Guénolé de Concarneau (29).

 

.

Région de Penmarc'h. Voir aussi :

La chapelle de la Madeleine à Penmarc'h : Bannière et statues. 

Les vitraux de l'église Saint-Nonna de Penmarc'h (29). Vitraux contemporains de Jacques, Anne et Guy Le Chevallier, et vitraux du XVIe siècle. 

Les deux bannières de la chapelle St-Trémeur au Guilvinec (29). J.M. Pérennec et Le Minor.   

 La Virgo paritura de l'église Sainte Thumette de Plomeur (29). 

Papillons de nuit à Plomeur.

Sortie à PLozevet ( Finistère Sud) avec Bretagne Vivante  

La chapelle Notre-Dame-de Tréminou à Plomeur (29) : la bannière, les vitraux, etc. 

 Chapelle de Tronoën à Saint-Jean-Trolimon. La vierge couchée du calvaire. La bannière Le Minor. La statuaire. Saint Saturnin. Les vitraux de Petit.

L'église Notre-Dame des Carmes à Pont-L'Abbé et les réalisations Le Minor.

Dom Robert à Pont-L'Abbé : Le Minor confronté à Aubusson.

Le vitrail de la Vie de Jésus de l'église Notre-Dame de Confort à Confort-Meilars :

Le vitrail de l'Arbre de Jessé de l'église Notre-Dame du Confort à Confort-Meilars :

Les Roues à carillon de Confort-Meilars, de Locarn, de Priziac et de Quilinen (Landrévarzec). 

 

 

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   Si vous avez la chance, comme je l'ai eu le 15 avril 2012 pour la journée du Patrimoine, de trouver ouverte la porte de la chapelle de la Madeleine à Penmarc'h, et si une surabondance de grâce vous accorde d'y être accueillis par Madame Andro au nom des Amis de la Madeleine, vous écouterez un exposé si passionnant sur les vitraux de Jean Bazaine que soudain, vous vous sentirez vous aussi un Ami, un Amoureux de la Madeleine et tenu par un lien de complicité chaleureuse avec l'esprit de cet artiste. 

 

 

  Elle commencera par raconter comment Jean Bazaine ( 1904-2001) avant d'être la personnalité majeure de la nouvelle École de Paris avec Fernand Léger ou Soulages parvient en 1936 à vendre une œuvre : pour fêter cela, il décide d'acheter une voiture et de partir avec son épouse "cap à l'Ouest" : ils arrivent ainsi un soir d'octobre à Saint-Guénolé-Penmarc'h par un de ces coups de vent de noroît qui jamais ne renoncent  à défier ici  le phare d'Eckmülh : terribles, hurlants, parfaitement inhumains. Madame Bazaine  n'a qu'une idée, "cap à l'est", mais l'artiste est têtu et il sort réserver une chambre à l'Hôtel de la Mer face aux rochers de Saint-Gué. Le lendemain matin, c'est un nouveau monde, lavé, tout neuf qui s'offre à leurs regards, c'est la Baie d'Audierne comme elle sait être belle, exposant sa palette de bleus, et Jean Bazaine décide de s'installer à Penmarc'h, installant vers 1950 un atelier à Saint-Guénolé où il résidera 6 mois par an quand il ne sera pas à Clamart, jusqu'à sa mort en 2001. (Dans le n° 56 d'Ar Men, le peintre raconte cet épisode, mais c'est la rencontre, en arrivant après quinze heures de trajet et quelques pannes, d'un groupe de gaillards sur le port, tous habillés en rouge, "un rouge superbe", qui provoqua l'exclamation de Madame Bazaine : "Sauvons-nous vite, c'est un pays de sauvage !"). 

 

  Voici ce qu'il écrit en janvier 1999 à propos de ces vitraux : 

       " Les six vitraux qui éclairent la chapelle de la Madeleine en Penmarc'h, j'en ai commencé la réalisation il y a maintenant vingt ans et j'y ai travaillé pendant deux ans. 

     "Je crois n'avoir jamais eu plus de bonheur à chercher les divers mouvements d'orchestration lumineuse d'un thème que dans cette petite chapelle isolée du début du XVe siècle que j'avais trouvé presque en ruines, mais toute animée du chant des oiseaux qui la peuplaient. Cela pour une raison simple.

    "Elle se trouve au coeur de la Bretagne, plus exactement du pays bigouden, dont la lumière est devenue peu-à-peu, depuis bientôt trois-quart de siècle _sait-on pourquoi ?_ l'élément vital de ma peinture, c'est-à-dire de moi-même.

    " C'est avec cette lumière que j'étais appelé, comme on dit, à jouer. Dès-lors, il n'était plus question "d'intérioriser" dans l'espace concentré du vitrail la lumière environnante, mais d'y laisser sourdre ce que celle-ci m'avait apporté au cours des années.

   " Ce qui a permis à un ami "complaisant" de m'écrire que le paysage alentour se trouvait, de son coté, tout imprégné de la présence des vitraux." 

      ( in : Sculpter la lumière, le vitrail contemporain en Bretagne 1945-2000, Château de Kerjean, p. 42).

  L'histoire se poursuit : s'étant pris d'affection pour la pointe de Penmarc'h, le peintre cherche un moyen de donner un témoignage des liens qui se sont tissés entre lui, cette terre et ses habitants, d'y laisser en héritage un testament artistique, mais offrir un tableau ne semble pas la solution, et comme il apprécie depuis longtemps la chapelle de la Madeleine, et quoiqu'il ne soit pas croyant, il lui vient l'idée d'y réaliser des vitraux ; il en parle au recteur Mr Lebeul, qui en parle au diocèse, tout le monde est enthousiaste, les habitants trouvent formidable d'installer de beaux vitraux dans leur sanctuaire, et Bazaine dessine un projet de six cartons. Mais ce sont les Bâtiments de France (administration des Beaux-Arts) qui ne sont pas d'accord pour placer une verrière contemporaine dans un édifice qu'ils viennent de restaurer dans le style XVIe. Chacun fait intervenir ses relations, on se regroupe, on négocie, on vend des crêpes et des autocollants, et finalement l'accord est donné. Les verrières sont installées, et les vitraux de la Madeleine sont inaugurés le 26 juillet 1981.

 

  Ainsi racontée avec la verve que j'ai dit, c'est une belle histoire, mais il me faut, pour ma propre compréhension de cette oeuvre, réaliser que ces vitraux sont en réalité inscrits dans un récit plus vaste : le double cheminement, individuel de Jean Bazaine dans le champ de la religion et de la spiritualité ; et collectif de l'Église dans son accueil des artistes contemporains pour la décoration des  lieux de culte.

  Jean Bazaine, pensée, spiritualité et religion.

Oh oh, vais-je traiter, en parfait béotien, d'un tel sujet ? Non, mais je prends juste des notes qui soulignent que Bazaine ne fait pas cette œuvre sans avoir derrière lui déjà une longue pratique de la réflexion sociale, contestataire ou spirituelle, et une expérience en matière de vitraux. 

  • Jean Bazaine  a rencontré vers 1932 Pierre Bonnard qui a reconnu en lui un héritier possible ; rappelons que Bonnard a fait partie avec Sérusier Vuillard et Maurice Denis des Nabis, qui cherchaient à retrouver le caractère sacré de la peinture et la mission spirituelle de l'art, se passionnaient pour l'occultisme, l'ésotérisme et la spiritualité, s'ouvraient aux influences orientales (japonisme), et se préoccupaient de marier l'art et l'artisanat sous forme de tapisseries, papiers peints, décors, mais aussi vitraux. Mais l'oeuvre tardive de Bonnard est plus intimiste, cherchant toutes les possibilités d'exploiter la lumière et de rendre par les couleurs les impressions sensorielles d'un lieu. On retrouve cette idée lorsque Bazaine, refusant l'étiquette d'art "abstrait", déclare : "ce que je peins est l'aboutissement d'une émotion que j'ai éprouvée devant la nature".
  • Il a également rencontré Emmanuel Mounier, fondateur du personnalisme, animé par une foi chrétienne convaincue, conférencier à l'école des cadres d'Uriage. De 1934 à 1938, il a collaboré à sa revue Esprit, qui, sans être une revue chrétienne, recherche une voie intermédiaire entre fascisme et communisme dans un humanisme communautaire. En effet, la revue s'appuie sur un groupe d'artistes tels que Lurcat, Gromaire, Roger Leenhardt  et Bazaine.
  • C'est encore Mounier qui est à l'origine du mouvement Jeune France en 1940 sous le régime de Vichy. Présidé par Alfred Cortot, il réunissait des intellectuels, des hommes de théâtre, et les peintres (Manessier, Jean Le Moal, Bazaine, Jean Bertholle, quatre artistes qui créeront des vitraux en Bretagne) dans le projet d'une nouvelle politique culturelle moderne avec organisation de concerts, d'expositions et de manifestations. Jean Bazaine est l'un des cadres puisque c'est lui qui est chargé de l'organisation de la section Arts Plastiques. En juillet 1941, Mounier, qui a introduit dans ce mouvement des personnalités et des objectifs déplaisant pour le régime du maréchal Pétain et un esprit de résistance, est exclu, puis Jeune France est dissous en juillet 1942. 
  • Cet esprit de résistance est orchestré par Jean Bazaine lorsqu'il organise au printemps 1941 la première manifestation d'avant-garde française au mépris de l'hostilité des nazis à " l'art dégénéré" : c'est l'exposition "Vingt jeunes peintres de tradition française" à la galerie Braun, dont les protagonistes se placent dans la tradition de l'art roman et de ses techniques (émaux cloisonnés, tapisserie, vitraux) tout autant que du fauvisme, du cubisme et de leurs prolongements abstraits. Derrière ce titre lénifiant se cachait le travail "judéo-marxiste" (Jean Bazaine) de  tous ceux qui développeront la peinture non figurative, et les membres de la Nouvelle École de Paris.
  • Les vitraux et réalisations d'art sacré:  
  •  En 1937, il réalise un premier vitrail pour une chapelle privée. En 1942, il rencontre le Père Couturier, ancien élève des Ateliers Sacrés de Maurice Denis et directeur de la revue L'Art Sacré depuis 1937 qui lutte contre l'académisme, "les poncifs architecturaux, les plâtres "sulpiciens", les similis d'orfèvrerie, la décalcomanie décorative ou figurative sur verre usuel" (M. Dilasser) qui détournaient l'Église de l'art vivant et creusaient le fossé entre les artistes et architectes contemporains et le soi-disant art religieux. Ce dernier l'intègre à l'équipe d'artistes qu'il réunit quelque soit leur confession pour faire de l'église Notre-Dame de Toute-Grâce du Plateau d'Assy de Maurice Novarina un manifeste pour ses conceptions de l'art sacré, avec Georges Rouault, Pierre Bonnard, Fernand Léger, Jean Lurcat, Henri Matisse, Georges Bracque, Jacques Lipchitz ou Marc Chagall. Jean Bazaine y réalise trois vitraux.
  • 1951 : mosaïque de la façade de l'église d'Audincourt (Doubs) du même architecte, Novarina.
  • 1954 : vitraux du baptistère d'Audincourt
  • 1957 : vitraux inspirés des mystères glorieux de la chapelle du Père Joseph Wresinski, lieu historique de fondation du mouvement ATD Quart Monde sur le camp des sans-logis de Noisy-le-Grand. Dans le même temps, l'épouse du peintre, Catherine de Seyne créait une troupe de théâtre pour les adolescents. Lorsque le "bidonville" a été supprimé en 1969, les habitants ont remonté la petite chapelle en préfabriqué pièce par pièce. En 1983, Bazaine a illustré le livre "Paroles pour demain" du Père Wresinski. 
  • 1958 : nouvelle collaboration avec Novarina à l'église de Villeparisis (Seine-et-Marne)
  • 1964-69  : il réalise huit vitraux de l'église Saint-Séverin à Paris sur le thème des sept sacrements.
  • 1969 : tapisserie L'eau et le Sang pour l'église Cran-Gévrier (Haute-Savoie) de Novarina
  • 1970 :vitraux aux Arcs (Var), 
  • 1976 vitraux du château de Penguilly (22) 
  • 1976 :  il proteste contre la restauration des vitraux de Chartres et crée avec Manessier l'Association pour la défense des vitraux de France
  • 1977 : vitraux de la chapelle Ti-ar-Zonj à Locronan placés sous le thème du vent
  •  1981 :  vitraux de la chapelle de Berlens en Suisse,
  • 1984-1988 : vitraux de la cathédrale de Saint-Dié.

 

      Vitraux de la Madeleine et renouveau de l'art sacré en Bretagne :

  De même qu'aucun des artistes majeurs de notre temps n'auraient pu réaliser leurs œuvres dans les églises contemporaines sans l'impulsion du Père Marie-Alain Couturier et sans la maturation de l'Église qui "devait d'abord remettre en cause sa perception d'un monde en mutation, comprendre les aspirations diffuses de celui-ci et proposer le message de l'Évangile dans un langage adapté à la culture de chaque peuple. Le concile Vatican II a entrepris cette mise à jour et en a précisé les orientations. Sa réforme s'est attachée d'abord au renouveau liturgique. La constitution Sacrosanctum concilium  a voulu faire de l'assemblée liturgique une manifestation de l'Église dans son aspect visible et son mystère profond : à cette fin, elle stimulait la participation unanime des fidèles par l'usage de la langue vernaculaire dans la proclamation de la Parole, dans le dialogue entre prêtres et fidèles ; en outre, elle rénovait prière et musique et organisait le lieu même de l'assemblée pour favoriser sa réunion autour de l'autel et autour du célébrant comme un signe de la présence du Christ ressuscité au milieu de ceux qui prient en son nom. De là découle une nouvelle conception de l'édifice, de ses signes extérieurs et de son organisation intérieure, de son mobilier et de sa lumière. Ainsi naît une architecture novatrice : au plan gothique, développé en longueur pour l'échelonnement hiératique de l'assemblée, tend à se substituer un plan en éventail, favorable au rassemblement autour du livre de la parole et de la table eucharistique. Ainsi se propose l'aménagement des édifices anciens dont le sanctuaire s'ouvre sur le transept pour esquisser un mouvement semi-circulaire, suggestif d'une assemblée non de sujets mais de convives."(Chanoine Dilasser, Sculpter la lumière, 2000).

  Cette longue mais splendide citation était nécessaire pour expliquer la conversion (au sens spatial du terme) et les changements de paradigmes qui préparèrent l'installation des verrières contemporaines dans les sanctuaires. Et c'est précisément l'auteur de ces lignes, Maurice Dilasser, qui sollicita Jean Bazaine pour la chapelle de Ti-ar-Zonj à Locronan dont il était le recteur, puis qui permit au peintre de réaliser la verrière de La Madeleine ("oui, c'est l'abbé Dilasser qui m'a fait obtenir cette commande", revue Ar Men n° 56 p. 71).

   La Commission Diocésaine d'Art Sacré de Quimper, crée en 1949 par Mgr Fauvel "qui, après le long épiscopat de Mgr Duparc, introduisait pastoralement son diocèse dans un monde nouveau (id)" a opté, depuis ses premiers choix audacieux de Saint-Louis de Brest, pour l'art contemporain et non figuratif. 

  C'est la rencontre de peintres engagés,  d'un clergé ouvert au progrès, et d'associations locales de fidèles délibérément avides d'innovations esthétiques, qui permit de convaincre une administration encore parfois acquise au conservatisme académique ( "Ce parti conduisit l'administration à promouvoir un style figuratif souvent bien mièvre, illustrant jusqu'à la caricature le poncif d'un art breton folklorique et archaïsant", Philippe Bonnet, Sculpter la lumière, 2000, p. 17)

    Un vitrail est une œuvre à quatre mains : administration ; diocèse réunissant dans sa Commission clergé, professionnels et fidèles ; peintre cartonnier ; maître-verrier. Chacun doit tenir son rôle, et M. Dilasser insiste sur celui du diocèse dans l'élaboration d'un programme. Il précise qu'à La Madeleine, ce n'est pas Bazaine qui a décidé du thème iconographique centré sur le personnage de Marie-Madeleine : "Cette composition de La Madeleine, déclenchée par une initiative de la commission diocésaine et la proposition d'un thème, est issu librement de l'inspiration de l'artiste, de sa méditation évangélique, de sa fréquentation du site et de son expression personnelle. Elle fut accueillie par les gens du village, malgré son secret langage, car le peintre prit le temps d'éclairer sa démarche disposant chacun à cheminer vers le sens, à travers formes et couleurs. L'accueil communautaire de cette belle oeuvre confirme l'importance des rencontres préalables avec les artistes, d'un dialogue familier avec le projet ; ils établissent la confiance et disposent les esprits à s'ouvrir à une forme d'art qui passait pour étrangère et inaccessible." (M. Dilasser, Sculpter la lumière, 2000, p. 36)

 Sur le rôle de Maurice Dilasser, voir aussi  Les vitraux de Manessier à Locronan, chapelle de Bonne-Nouvelle.

 

 

 

 

 

      II. Les vitraux :

  Il me paraît essentiel de mentionner d'abord le nom du maître-verrier : il s'agit de Bernard Allain, qui a réalisé aussi les cartons de Jean Le Moal (notamment à la cathédrale de Saint-Malo et à Saint-Servant -sur-Oust), ceux de Léon Zack à Issy-les-Moulineaux, qui a formé de nombreux maîtres-verriers et qui fut professeur aux Beaux-Arts. 

Les cartons de ces vitraux se trouvent au musée des beaux-arts de Quimper.

Le cursus de ces verrières débute par le vitrail près de la porte d'entrée, suit le coté sud jusqu'au choeur et revient vers le fond de la chapelle et l'unique vitrail nord. Bien qu'il fut non-croyant, Jean Bazaine a lu soigneusement dans les Évangiles les textes qui avaient trait à Marie-Madeleine afin d'en traduire les éléments de spiritualité qui le marquaient. C'est pour cela que j'ai détaillé ces textes dans la première partie  La chapelle de la Madeleine à Penmarc'h : bannière et statues.

 

1. Le premier vitrail prés de la porte d'entrée (baie 5) :

 

Il évoque un portrait de Marie-Madeleine à travers sa chevelure transformée en une flamme montant vers le ciel. Les formes ondulent et dansent avec souplesse. Chacun des morceaux de verre taillés en fuseaux, navettes, croissants ou demi-lunes est placé verticalement, noué comme dans une natte avec le voisin en mariant les tons châtains, roux, fauves et ocres évoquant le feu d'une femme ardente avec le blanc d'une spiritualité dépouillée. On remarquera que sur chaque pièce colorée est appliquée une grisaille qui vient en moduler la lumière, et que la disposition de cette grisaille, loin d'être stéréotypée, est travaillée comme peut l'être, sur un tableau, la touche de pinceau. Observer ces grisailles permet de prendre conscience du travail et du métier de Jean Bazaine.

  Chaque vitrail est organisé en écho réciproque, souvent en diagonale, avec un deuxième : celui-ci préfigure le dernier (qui lui est presque vis-à-vis) où ce blanc de la transmutation spirituelle a mûri et s'est organisé en Forme, à la suite de la rencontre du Christ ressuscité, mais sa couleur rouge se retrouve dans le vitrail n°3.

    Pour celui qui a en mémoire les textes évangéliques, l'évocation de la chevelure de la sainte s'associe immédiatement à celle du parfum, et les volutes des boucles de cheveux se transforment en effluves capiteuses ; puis vient aussitôt l'effusion des larmes, l'écoulement liéerateur du chagrin, ou du remords, ou du bonheur inouï de se sentir accueillie, aimée et pardonnée au delà des fautes ou des troubles de la vie ; aussi ces boucles, ces effluves, ces larmes deviennent-ils embrasement chaleureux et amour rayonnant. 

  De même que les couleurs du vitrail ne cessent d'évoluer avec autant de rapidité que, sur la côte bretonne, la lumière et les couleurs du ciel et de la mer, de même les émotions que suscitent ces vitraux varient selon l'état d'âme et selon l'heure, basculent en leur contraire et battent de leur vagues le flux et le reflux de leur beauté.

 

                                              vitraux 2792c

 

 

2. Le second vitrail sud (baie 3)

 

Il représente l'atmosphère du Golgotha, une composition dominée par la forme oblique de la croix, mais dont les éléments acérés et blessant ont la violence d'une vitre fracassée dans le sang versé. Bazaine le décrit comme celui "où les bleus dominent, c'est le Golgotha, on voit une amorce de croix sur la droite et une descente dramatique de violets". Il répondra aux bleus du vitrail en diagonal (n° 5) de la robe de Madeleine.

               vitraux 2813c

 

3. Le troisième vitrail sud ( baie 1) : le lundi de Pâques.

  Dés potron-minet, dans la belle lumière de l'aube, Marie de Magdala se hâte de se rendre au tombeau, accompagnée de Marie:

" Après le sabbat, à l'aube du premier jour de la semaine, Marie la Magdaléenne et l'autre Marie allèrent voir le tombeau. Et voilà qu'il se fit un grand tremblement de terre, car un ange du Seigneur, étant descendu du ciel, s'approcha, roula la pierre, et s'assit dessus. Son aspect était brillant comme l'éclair, et son vêtement blanc comme la neige".(Mat. 28, 1-3)

 

  "et prenant la parole, l'ange dit aux femmes : vous, ne craignez rien. Car je sais que vous cherchez Jésus le crucifié. Il n'est point ici car il est ressuscité, comme il l'avait dit ; venez, et voyez la place où il était". (Mat. 28, 5-6)

 

" Et voici que Jésus se présenta devant elles et leur dit : Salut!"

 

" Elles s'approchèrent, saisirent ses pieds et se prosternèrent devant lui". (Mat. 28, 9)

 

 

   C'est un peu délicat de le souligner, mais Marie-Madeleine et les pieds de Jésus, c'est tout un roman. Elle leur porte une vénération absolue. Mais Bazaine ne représente pas une paire de pieds, ni Madeleine avec sa robe bleue pleurant de joie, ni ses cheveux, mais la dilatation d'un cœur bouleversé par l'inespéré. 

  Le bleu, le blanc et le rouge sont des couleurs que Bazaine n'a cessé de marier pour exprimer le tremblement intérieur des émotions, le tremblement des lumières du littoral, le tremblement de la musique (Tremblement du temps, Hommage à Schubert, huile sur toile 1989 ; Peinture bleu, blanc, rouge, article de 1943), mais ici le rouge, qui prend la prédominance, tremble et scintille d'un soleil qui se lève. Un grand soleil intérieur.

 

 

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4. La maîtresse-vitre : la réssurection.

  Il est identique aux autres par cette façon d'assembler des fuseaux colorés en lignes de forces, mais celles-ci jaillissent ici comme un torrent ascensionnel avec ses veines violettes d'une part, jaune-orangé de l'autre, pour culminer en ce que le peintre nomme "le rose à l'or" : On l'appelle rose à l'or parce que jadis il rentrait de l'or dans sa composition, je crois. J'aime bien cette couleur, c'est une couleur très mystique qui se nuance du rouge au rose" (Ar Men n°56).

  Le rose à l'or ? Je voulais en savoir plus, et j'en trouvais la mention ici : link "Les couleurs obtenues sont désignées par des numéros mais certains termes étalons sont utilisés pour désigner une teinte précise : ainsi le rouge signal, le vert pré, l'isly (une turquoise bien précise), le jaune d'or plus cher que le ton uni, le pourpre de cassius, ancienne dénomination du rose à l'or obtenu avec des oxydes de métal précieux"

  On en signale l'emploi à Vence par Matisse (qui paya de sa poche le surcoût entraîné), et par son élève François Rouan à Nevers qui utilise un rose à l'or soufflé et plaqué sur un verre incolore.

 

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5. Le vitrail du bas-coté gauche (baie 2) : Noli me tangere.

  C'est la rencontre entre Madeleine et le Christ en son corps transfiguré par la résurrection, mêlant le violet mystique à la palette des jaunes. Je retrouve la problématique évoquée devant le vitrail de la Transfiguration à Plogonnec : Vitrail de Plogonnec III : la Transfiguration. : comment rendre un corps dont la matière est énergie pure, transformée par l'alchimie spirituelle en une irradiation, un don rayonnant ?

   Jésus connaît la puissance de ce feu, et recommande à Marie-Madeleine : Noli me tangere, ne me touche pas. 

  Madeleine, comme l'aveugle Bartimée (Marc 10, 51)  vient de l'appeler Rabbouni (rhabboni en grec,tiré de l'araméen que parlaient  Jésus et Marie-Madeleine), "Mon Maître" ! Rabbouni est, par rapport à Rabbi qui est utilisé ailleurs dans les Évangiles, une amplification du titre par l'adjonction d'un nun emphatique. Plus que "mon maître", ce sont les mots "Mon Dieu" qui viennent à se lêvres : un face-à-face avec la divinité, et comme Moïse c'est bien face à un buisson ardent qu'elle se trouve ; "Alors, Moïse  se voila la face, car il craignait de fixer son regard sur Dieu".

  Ce vitrail est le plus "figuratif" des six, et on discerne très bien Madeleine en robe bleue entraînée par un mouvement de retrait face à la puissance embrasante de la divinité, et dont l'être commence déjà à se métamorphoser sous l'effet de la vocation, l'appel qui lui est lancé : "Va vers mes frères et dis-leur".

  Noli me tangere... Un des sommets de la mystique occidentale, qui reste indissociable du souvenir du jour où, à Florence, au couvent San Marco, je me suis trouvé dans la cellule dépouillée où l'œuvre de Fra Angelico attendait dans la lumière toscane.

  Les œuvres les plus fortes sont souvent celles qu'on découvre dans un lieu tout simple, très naturel, dans le silence que rompt un chant d'oiseau : ici, à la Madeleine, ou bien à l'étage donnant sur le cloître de San Marco.

 

                     vitraux 2809c

 

6. Le vitrail nord (baie 4) : Madeleine transfigurée.

  Le feu divin l'a touché, et il ne reste plus rien de la matière bleue dont elle était revêtue : elle n'est plus faite que du rouge du matin de Pâques et de l'or de la parole du Christ et  les cellules curvilignes des pièces de verre qui formaient sa chevelure, ses parfums ou les plis de sa robe deviennent des corolles, des coupes débordants, des paumes jointes, les rameaux d'un arbre. Elle n'est plus qu' extase, réception et don.

  

 

 

                                DSCN2925c

 

 

  Lorsqu'il a appris le décès de Jean Bazaine le 4 mars 2001, le mouvement Aide à toutes détresse-Quart Monde fondé par Joseph Wrésinski, a déclaré : Les pauvres ont perdu un vrai ami, qui avait compris que le beau n'est pas un luxe, mais un droit et une nécessité pour les plus défavorisés. 

  En effet, Jean Bazaine avait écrit à propos des vitraux de Noisy-le-Grand : " La première conquête de l'individu, c'est la conscience de sa dignité d'homme. Je pense que ces modestes vitraux où certains n'auraient pu voir que l'inutilité, la gratuité de l'œuvre d'art en un lieu où manque le pain, la population de Noisy-le-Grand a senti qu'ils n'étaient rien d'autre que l'affirmation de leurs droits irréductibles à une conscience plus élevée".

   

 

  Sources :

 

Rencontre avec Jean Bazaine à Penmarc'h, revue Ar Men n°56, Scop Le Chasse-Marée, janvier 1994, pp.64-75.

 

Sculpter la lumière, le vitrail contemporain en Bretagne 1945-2000, Château de Kerjean

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Published by jean-yves cordier
16 avril 2012 1 16 /04 /avril /2012 10:48

       La chapelle de la Madeleine à Penmarc'h :

                Bannière et statues.

 

      I. La chapelle :

  La chapelle de la Madeleine tirait son intérêt premier d'être un témoignage historique sur les anciennes léproseries médiévales. Soigneusement remise en état par Les Amis de la Madeleine après plusieurs détériorations liées notamment à la rivière qui la traverse, elle abrite un ensemble de statues consacrées à Marie-Madeleine, à sa soeur Marthe et à leur frère Lazare. Récemment, elle s'est enrichie d'un splendide ensemble de vitraux de Jean Bazaine qui traitent, sur le mode non-figuratif, de Marie-Madeleine. Enfin, une bannière Le Minor représentant Marie-Madeleine a été réalisée en 2010. 

   Cet édifice qui est devenue un joyau du pays bigouden nous donne ainsi l'occasion d'approfondir la connaissance de l'hagiographie de sainte Madeleine.

 

 

 

Vue du chevet et de la maîtresse-vitre; à l'opposé, le pignon ouest est surmonté d'un clocher à jour, terminé par une flèche et dont l'accès s'effectue par des escaliers extérieurs.

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   Près du hameau de Lescors à Penmarc'h, l'emplacement de la chapelle correspond à un ancien culte celte, organisé autour de la Pointe de la Torche et dont attestaient jadis des alignements de menhirs proches. On peut découvrir ces mégalithes "de Lestriguiou" à 250 mètres au nord de la chapelle. Ce fut ici le plus important alignement du Finistère, un "petit Carnac" de quelques 600 pierres encore visibles au début du XIXe siècle. On en voit une cinquantaine qui ont été redressées en 1989 (ils avaient été enterrés pour ne pas géner les cultures) le long des chemins par une association, sans prétention d'exactitude scientifique mais en témoignage de l'importance de ce site. Il y avait jadis quatre rangs de pierres parallèles, sur plus d'un kilomètre. (d'après ce blog :http://voyageautretombe.over-blog.com/article-22263059.html )

 

 

 

Puis le lieu abrite dès le XIIIe siècle une  léproserie : les lépreux ou "ladres"  ou "cagots" mis au ban de la société y vivaient à l'écart, mais disposaient d'une chapelle dédiée à saint Étienne.

  La lèpre qui prit une grande importance au Moyen Âge dès le Xe siècle est sans-doute assez éloignée de la maladie peu contagieuse, responsable de mononévrite, de troubles trophiques et de mutilations des extrémités, due au bacille de Hansen, que nous désignons sous ce nom : nous ignorons ce que nos ancêtres intitulaient "lèpre", englobant peut-être les dermatoses suintantes chroniques, les artérites, le lupus tuberculeux, les lésions de l'ergotisme avec les cas authentiques de lèpre. (M. Trévien, J.C. Sournia, les léproseries en Bretagne, Ann. Bret. 1968  link ).

  Les léproseries, créées sous l'égide des évêques, des monastères ou des seigneurs et fonctionnant grâce à des dons et legs, consistaient en un regroupement de huttes, puis de maisons autour d'une source ou d'un puit, d'une chapelle, et d'un cimetière. Les habitants avaient le droit d'y cultiver la terre, ou d'exercer des métiers réservés, dont le plus répandu était celui de cordier. Lorsque la "maladrerie" était entourée d'une enceinte, les familles des malades, ou les personnes dévouées, apportaient leurs dons par un tourniquet, afin d'éviter tout contact.


  Saint Étienne est connu pour son martyr par lapidation cité dans les Actes des Apôtres, mais c'est un saint thaumaturge responsable de guérisons miraculeuses ; et je note qu'à Caen, la Maladrerie portait le nom de "maison des lépreux ou d'"hôpital Saint-Étienne". On (Wikipédia) cite que les fleurs, posées sur l'autel dédié à ce saint, possédaient le pouvoir de guérir les malades. Ici, à Penmarc'h, l'autel avait été construit au dessus d'une source, dont les eaux traversaient l'église d'est en ouest avant d'atteindre la fontaine de Feunteun Sant Pustoc'h et celle de Sant Stefen: c'est ainsi que cette eau acquérait des vertus curatrices envers les maladies de la peau.

  Un mention sur ce nom de Sant Pustoc'h : cet hagionyme, si on me passe ce néologisme, vient du breton puster, "pustule", et il s'agit de l'un de ces noms et l'un de ces saints forgés de toute pièce par une effet de langue pour répondre aux besoins du culte : on avait besoin d'un saint guérisseur de pustule, eh bien voilà Sant Pustoc'h ! (Mireille Andro, 1994, Les fontaines dans le sud-ouest du pays bigouden, Mem. de maîtrise d'histoire (inédit), J.Y. Éveillard dir. U.B.O, Brest, 2 vol.). Cette fontaine porte aussi le nom de Feunteun Intron Varia an Delivrans, ce qui fait penser que les femmes s'y rendaient pour que l'accouchement se passe bien, comme à feunteun an delivrans de Trévars. Cette fontaine semble donc se dédoubler dans ses fonctions, tantôt dédiée à Sant Pustoch contre les maladies (on transmettait au saint la maladie d'un enfant en faisant porter quelques instants à sa statue la chemise du petit malade, et le mal était ainsi "fixé", ou bien on posait la chemise d'un patient et on regardait si elle surnageait, signe de guérison), et tantôt réservée aux parturientes. (Mireille Andro, Les fontaines du sud-ouest du pays bigouden, in Fontaines, puits, lavoirs en Bretagne, CRBC-UBO, Brest 1998).


  Au XVIe siècle, la petite chapelle est agrandie et dédiée (à la suite d'un voeu ) à sainte Marie-Madeleine. Celle-ci est la patronne des lépreux car celle est, selon l'évangile de Jean, la soeur de Lazare. 

  En réalité, c'est un peu plus compliqué et il faut revenir aux textes pour comprendre l'histoire de famille que les statues de la chapelle, sa bannière et ses vitraux vont nous raconter. 

1. Marie, Marthe et Lazare :

  a) Nous avons d'abord dans les évangiles deux Lazares : Lazare de Béthanie, et Lazare le juste, sorte de Job couvert d'ulcères qui, dans Luc 16, 19-31, se nourrit des miettes qui tombent de la table du mauvais riche. "Et même les chiens venaient encore lécher ses ulcères".  Ce dernier, qui le jour de sa mort sera reçu bras ouvert par Abraham aux Cieux, pourrait sembler un candidat idéal pour devenir le saint patron des lépreux, mais pas du tout, c'est l'autre qui reçut leurs faveurs, et comme personne ne pense que ces deux Lazares ne font qu'un, lorsque nous parlerons de Lazare, il ne sera pas question du scrofuleux de la parabole du Mauvais riche.

 b) Lazare de Béthanie vit dans une bourgade de la banlieue de Jérusalem (sur le Mont des Oliviers) avec sa soeur Marthe et sa soeur Marie, et tous les trois sont d'excellents amis de Jésus. En lisant Luc 10, 33-42, nous avons appris que Marthe est la parfaite maîtresse de maison toujours angoissée d'avoir oublié un couvert à poisson en mettant la table, et qui reçoit Jésus en s'affairant sans-cesse, tandis que Marie est la contemplative qui reste assise à écouter le Seigneur. Et  nous jubilons un peu lorsque Jésus s'adresse à Marthe pour lui dire : "Marthe, Marthe, tu t'agites et t'inquiètes pour beaucoup de choses. Une seule chose est nécessaire. Marie a choisi la bonne part, qui ne lui sera point ôtée". J'aime d'autant plus cette citation car mon père affectionnait de la déclamer à tort ou à propos, pour le seul plaisir d'accentuer la liaison finale en disant  "elle ne te sera point tôter".

   c) Plus tard, dans Jean 11, 1-44, nous lisons comment Jésus, averti que Lazare est gravement malade, se rend à Béthanie, mais arrive trop tard : Marthe vient en courant (bien-sûr) lui annoncer que Lazare est mort, alors que Marie est restée, elle, assise dans la maison à pleurer. Jésus la fait appeler et elle se jette à ses pieds en lui disant "Seigneur, si tu eusses été ici mon frère ne serait pas mort". Jésus décide alors de ressusciter Lazare et se rend à la grotte où est le tombeau. "Ayant dit cela, il cria d'une voix forte Lazare, sors! Et le mort sortit, les pieds et les mains liés de bandes, et le visage enveloppé d'un linge. Jésus leur dit : déliez-le, et laissez-le aller."

 d) Ce texte de Jean commence par "C'était cette Marie qui oignit de parfum le Seigneur et qui lui essuya les pieds avec ses cheveux, et c'était son frère Lazare qui était malade". Mais Jean situe la scène de l'onction quelques temps plus tard (Jean 12, 1-4) :

  "Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie, où était Lazare, que Jésus avait ressuscité d'entre les morts. On lui fit là un repas. Marthe servait. Lazare était l'un des convives. Alors Marie, prenant une livre d'un parfum de nard pur, de grand prix, oignit les pieds de Jésus et les essuya avec ses cheveux ; et la maison s'emplit de la senteur du parfum."

2. La femme pécheresse de Naïm dans Luc 7, 37-38 :

   Jésus, qui vient de ressuscité le fils unique de la veuve de Naïm, une ville de Galilée, est reçu dans la maison de Simon le pharisien; là, alors qu'il est à table, 

"Et voici, une femme pécheresse qui se trouvait dans la ville, ayant su qu'il était à table dans la maison du pharisien, apporta un vase d'albâtre plein de parfum, et se tint derrière, aux pds de Jésus. Elle pleurait ; et bientôt elle lui mouilla les pieds de ses larmes, puis elle les essuya avec ses cheveux, les baisa, et les oignit de parfum."

3. Marie de Magdala dans Luc 8, 2 :

" Les douze étaient avec lui et quelques femmes qui avaient été guéries d'esprits malins et de maladies : Marie, dite de Magdala, de laquelle étaient sortis sept démons."  

  Le texte ne dit pas que ce Magdala est une ville,, mais le rapprochement a été fait avec  la ville de Galilée du bord du lac de Tibériade nommée Migdal,  forme de l'hébreu mighdal qui signifie "tour".

  La forme latine Magdalena, "de Magdala" a donné notre prénom Madeleine.

4. Marie de Magdala, la disciple du Christ :

  Cette Marie magdalena est mentionnée plusieurs fois parmi les disciples qui entourent le Christ:

  • soit au calvaire (Marc 15, 40-41 ; Matthieu 27, 55-56 ; Jean 19, 25-28 :" Près de la croix se tenait sa mère et la soeur de sa mère, Marie, femme de Cléophas, et Marie de Magdalena" ).
  • Soit lors de l'ensevelissement et la mise au tombeau (Marc 15, 46-47 ; Matthieu 27, 59-61)
  • soit lors de la constatation du tombeau vide et de la Résurrection (Marc 16, 1-11 ; Matthieu 28,1-10, Luc 23, 55, Jean 20, 1-18) "Les femmes qui étaient venues de Galilée avec Jésus accompagnèrent Joseph, virent le sépulcre et la manière dont le corps de Jésus y fut déposé, et, s'en étant retournées, elles préparèrent des aromates et des parfums. [...] A leur retour du sépulcre, elles annoncèrent toutes ces choses aux onze, et à tous les autres. Celles qui dirent ces choses aux apôtres étaient Marie de Magdala ..." (Luc 23, 55 à 24, 11) 
  • soit lors du tête à tête de Marie-Madeleine avec le Christ ressuscité (Jean 20,1)

"Et, le premier jour de la semaine, Marie de Magdala se rendit au sépulcre dès le matin, comme il faisait encore obscur ; et elle vit que la pierre était ôtée. [...] Femme pourquoi pleures-tu Qui cherches-tu ? Elle, pensant que c'était le jardinier, lui dit : Seigneur, si c'est toi qui l'as emporté, dis-moi où tu l'as mis, et je le prendrai. Jésus lui dit : Marie ! Elle se retourna, et lui dit en hébreu : Rabbouni ! C'est-à-dire : Maître ! Jèsus lui dit : Ne me touches pas ; car je ne suis pas encore monté vers mon père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur que je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu". (Jean 20, 15-18).

C'est la scène de Noli me tangere, "ne me touche pas", sujet de l'un des vitraux de Bazaine.

 5. Sainte Marie-Madeleine de l'église chrétienne d'Occident.

  Saint-Augustin (354-430) puis  Grégoire le Grand (540-604) dans ses Homélies sur l'Évangile (Homiliae in Evangelium 25) assimilèrent Marie de Béthanie avec la pécheresse de Naïm et avec Marie de Magdala , et le père du chant grégorien fut ainsi le père de ce personnage légendaire, Marie-Madeleine, pécheresse repentie et disciple préférée de Jésus, caractérisée par ses longs cheveux, son flacon de parfum, par son élégance, et par sa présence au pied de la Croix lors de la Passion, lors de la Mise au tombeau, et surtout, le lundi de Pâques, lors de sa rencontre avec le Christ ressuscité. Cette Marie-Madeleine, cette Sainte Madeleine fut vénérée dans l'Église d'Occident sans que la véracité de son existence ne fut remise en cause pendant 14 siècles, malgré Lefèbvre d'Étaples au XVIe siècle  par Paul VI en 1969, qui énonce que ce n'est pas la pécheresse que l'Église vénère, mais la disciple de Jésus. 

   Si les spécialistes de l'exégèse sont d'accord pour dénoncer la confusion entre les différentes Marie, c'est pourtant la Sainte Marie-Madeleine de la tradition catholique qui est représentée par les statues ou les vitraux, et à laquelle s'est adressée la vénération des fidèles : légendaire ou non, c'est elle qui a donné son nom à cette chapelle de Penmarc'h, c'est elle qui l'anime.

  C'est aussi elle qui selon sa légende, face aux persécutions d'Hérode, quitta Bethanie et la Palestine en bateau avec Marthe, Lazare, Marie Jacobé soeur de la Vierge, Marie Salomé mère des apôtres Jacques et Jean, Maximin l'un des 72 disciples et débarqua en Camargue. Maximin se dirigea vers Aix, Lazare se rendit à Marseille dont il devint le premier évêque, Marthe alla à Tarascon, les deux Marie restèrent avec Sara leur servante fonder les Saintes-Maries de la Mer, et Madeleine se retira dans le massif de la Sainte-Baume pour vivre en ermite pendant trente ans pour épancher sa douleur. Elle fut enterrée à Saint Maximin-la-Sainte-Baume, où son tombeau d'abord gardé par des moines cassianites devint le troisième tombeau de la chrétienté après la découverte des reliques en 1279.

  A l'époque carolingienne la fête de la sainte est fixée le 22 juillet. Le prénom "Madeleine" apparaît au IXe siècle.

  L'abbaye de Vézelay, fondée en 860, est placée sous l'égide de sainte Madeleine à partir du XIe siècle après que l'abbé Geoffroy ait convaincu les fidèles que les reliques de Sainte Madeleine y étaient conservées. 

  Au XIIIe siècle, Jacques de Voragine publie la légende de "Sainte-Marie-Madeleine, pécheresse" au chapitre 95 de sa Légende Dorée.

 

6. La figure de Marie-Madeleine dans l'iconographie.

  Marie-Madeleine associe par les différents aspects du personnage de l'évangile et de son enrichissement légendaire de multiples figures, qui furent soulignés et illustrés tour à tour :

  • La prostituée, la femme symbolisant le péché sexuel et la luxure, et reprenant la figure de la mauvaise Éve : d'où, indirectement, la diabolisation possible de la sexualité, voire de la féminité.
  • La femme des sept démons, des sept péchés capitaux, figure de l'humanité frappée par le péché mais pardonnée par le Christ
  • La femme repentante, rachetant son péché par ses larmes et par son amour quasi sacrificiel pour le Christ.
  • La femme sauvage, versant féminin de Jean-Baptiste, dénudée, seulement couverte par ses très longs cheveux, vivant son remords ou son chagrin dans la solitude du désert ou dans une grotte, 
  • La femme riche, élégante, raffinée caractérisée par les vêtements et surtout son flacon de parfum, et dont le nom (mighdal, "tour"donc "château") évoque la noblesse.
  • la figure de la mélancolie : Madeleine lors d'un exercice de mortification contemple les symboles des vanités de sa vie de courtisane, ou de la vie temporelle : crâne, bougie qui se consume, bijoux, et médite sur le caractère dérisoire et futile de ces biens d'ici-bas par rapport à l'importance de faire son salut et de gagner la vie éternelle.


7. Et les lépreux ?

 Hormis le lien de famille avec Lazare, j'ignore pourquoi exactement sainte Madeleine est devenue la patronne des lépreux, ou peut-être plus précisément des léproseries. 


     D. Iogna-Prat :La genèse du culte de Marie-Madeleine : http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/mefr_1123-9883_1992_num_104_1_3217

 

  La chapelle.

  Un premier édifice rectangulaire consistant en une simple nef sans bas-cotés a été bâti dans le style roman au XVe (date 1410 sur le coté sud-ouest de le nef). Les lépreux y entendaient l'office à l'écart des autres paroissiens, dans la partie ouest, séparés par une barrière en bois. 

 Au XVIe siècle, une augmentation de la population de "cacous" imposa un agrandissement du lieu : le clocher fut déplacé au dessus du pignon ouest, renforcé de contreforts, le mur est fut abattu et remplacé par un arc diaphragme et on construisit un batiment de style gothique à chevet plat avec choeur à trois travées avec unique bas-coté gauche, dont la belle  porte est actuellement murée. Cette augmentation du nombre des malades entraina l'établissement d'autres lazarets, à Plovan et à Pont L'Abbé (chapelle de la Madeleine détruite en 1970, remplacée par des toilettes publiques).  A La Madeleine, une grille de fer séparait l'église en deux parties : celle d'ouest, correspondant à l'ancienne chapelle romane, était réservée aux lépreux.  

  Le pignon oriental fut percé d'une large baie, conforme aux prescriptions de l'école d'architecture de Pont-Croix, qui faisait autorité et dont les tailleurs de pierre ont signé leur passage par leur marque spécifique d'un motif en frise. 

  En 1809, elle a été vendue comme bien national à Pierre Durand, maire de Penmarc'h, puis restituée à la paroisse en 1819.

  La rivière qui traverse d'est en ouest le sous-sol a toujours été responsable d'une humidité considérable qui a entrainé à de multiples reprises la ruine de la chapelle. C'était le cas, bien attesté, en 1890, où une rénovation quasi totale (vitraux, charpente, toiture) fut menée à bien. Mais en 1928, un orage fit tomber la foudre sur le clocher, lequel s'effondra sur la toiture en la détruisant. En 1933, une nouvelle remise en état est décidée, mais on poussa le zèle jusqu'à lambrisser la charpente, ce qui en supprima si bien la ventilation qu'elle s'ecroula brutalement un beau jour.

  Quoiqu'elle fut classée en 1956 par les Monuments historiques, elle était alors réduite à ses murs, une ruine où les gamins du voisinage venaient jouer, lorsque dans les années 1960, Edmond Michelet, alors ministre de la culture, et qui possédait une maison à Penmarc'h depuis 1930, décida sa restauration. Des crédits furent alloués, des projets élaborés, les habitants furent sollicités pour débrousailler le placître et la chapelle et regrouper les pierres...jusqu'au changement de ministre et la suspension des crédits. Enfin, une équipe de Compagnon de France fut envoyée par les Bâtiments de France, lesquels rénovèrent la charpente en 1966-68 dans le plus pur style XVIe siècle, poutres en chêne chevillée de bois, remarquable travail qui n'eut pas son équivallent pour la maçonnerie. Là, pour remonter les murs, point de maîtres maçons, pas de tailleurs de pierre, mais les bonnes volontés improvisées localement à coup de ciment ou de parpaings. Dommage, mais voilà enfin, en 1970, la chapelle "hors d'eau", et bien ventilée puisqu'il n'y avait ni porte ni vitre aux fenêtres ! 

  C'est alors que se situe la grande aventure de la réalisation des vitraux par Jean Bazaine : ce que nous découvrirons dans l'article consacré à ce chef d'oeuvre.

 

  Ces éléments historiques sont issus des notes prises lors d'une visite remarquablement guidée par Mme Andro, de l'association des Amis de la Madeleine, lors de le Journée du Patrimoine du 15 avril 2012. Que l'on me pardonne toute erreur de compréhension ou de transmission de son exposé aussi vivant et passionné que passionnant.

 

II. Les statues    

      Marie-Madeleine :

Bois polychrome

  Elle apparaît ici comme une femme riche, habillée "dernier cri", maquillée, les sourcils épilés en arc, le front épilé également. Sous un manteau violet (couleur de la pénitence) aux larges manches, elle porte une robe dorée constellée de quatrefeuille, robe courte qui dévoile largement une tunique blanche ornée et ourlée d'or. L'encollure n'autorise aucun décolleté, mais montre les rabats d'une chemise blanche et or, qui apparaît aussi aux manches.

  C'est ici la femme aux parfums qui est donnée à voir, sans aucun élément évoquant le chagrin, le remords, ou le péché. 

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Les deux attributs principaux sont le flacon de parfum, et la chevelure. Le flacon est suffisamment précieux pour laisser imaginer la valeur du nard qu'il contient : c'est une pièce d'orfévrerie d'or et d'argent, aux flancs torsadés.

  La chevelure est également torsadée, déroulant ses volutes sur les épaules et vers les reins au lieu de le maintenir sagement attachée, ce qui est le symbole de la liberté (passée) de ses moeurs. Elle est recouverte d'un voile fait de ce tissu blanc rayé que j'ai retrouvé sur les vierges allaitantes. Ce tissu posséde certainement un nom qui en préciserait la provenance, mais je l'ignore. Au dessus du front, une rose d'or symbolise peut-être la pureté conférée par le repentir et la conversion, à moins qu'il ne soit là que comme un bijou luxueux. 

  Le maquillage des yeux et des lèvres est outré, mais faut-il l'attribuer à la sainte elle-même, ou au zèle du dernier de ses restaurateurs ?

 

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Sainte Marthe

  Est-ce vraiment elle ? Elle ne porte aucun des attributs que l'on pourrait lui imaginer, le plateau ou la table roulante, le chiffon à poussière ou la tête-de-loup, le tuyau d'aspirateur ou la raquette à battre les tapis. Pourtant l'étymologie de son nom, l'araméen martã signifie "maîtresse de maison, hotesse". Freud aurait pu la donner en exemple d'un cas de psychose de la ménagère pour traiter sa patiente Ida Bauer, alias Dora, dont la mère était sévèrement atteinte. (Fragmenjts d'une analyse d'hystérie, Cinq psychanalyses, 1905).

  En y regardant de près, on voit que les mains de Marthe tenaient jadis un manche à balai, qui n'a pas été conservé.

   En réalité, le véritable attribut de sainte Marthe est la Tarasque, la bête féroce (une araignée peut-être ?) qu'elle captura à Tarascon en l'enlaçant de sa ceinture. Mais point de tarasque ici, nous sommes dans le Finistère et non dans le Midi.

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Saint Lazare

Bois polychrome, XVIIIe siècle.

frère de Marthe et de Marie, porte sa tenue de premier évêque de Marseille. Rien ne le différencie d'un autre saint-évêque, rien n'évoque son petit séjour outre-tombe, dont il semble revenu sans crier gare, le teint frais et le regard bleu ciel.


 

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      Un diacre : saint Étienne. 

Bois polychrome, XVIIe siècle.

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Pietà.

Bois polychrome, fin XVe (R. Couffon) ou 4ème quart XVIe (fiche PM 29001625 des Monuments historiques), classée.


DSCN2943c

 

      Saint Yves

représenté ici en official ou juge écclésiastique, comme à l'église paroissiale Saint-Nonna.

 " En official ", facile à dire, mais trouver une description fiable du costume de l'official du XIIIe siècle, c'est autre chose. L'article, comme toujours trés documenté et à la riche iconographie, de Yves-Pascal Castel dans la publication de CRBC et des Presses Universitaires de Rennes de 2004 Saint-Yves et les Bretons, ne m'a pas donné d'éléments précis, et surtout, aucune des statues décrites ou photographiées ne montrent cette cocarde blanche qui semble, sur la statue de La Madeleine comme à Saint-Nonna, l'attribut de sa fonction.

  L'iconographie de saint Yves, vêtu dans ses fonctions de recteur ( de Trédrez ou de Louannec) ou dans celle d'official, apparaît en réalité très variable : robe rouge, carmail d'hermine, soutane, tunique orné d'hermine, cotte et surcot complété d'un capuchon, coiffures diverses.



 

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La statue de saint Yves à Saint-Nonna : sur l'épaule gauche cette fois-ci, la large galette blanche cousue sur une bande de tissu fixée au cou. 

  Si vous pouvez éclairer ma lanterne, n'hesitez pas !

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  Yves Hélory de Kermartin a été nommé official du Diocèse de Tréguier en 1284 et a exercé cette fonction pendant 20 ans. 

  Ici, il porte comme coiffure une sorte de bonnet rond, et non la "barrette" ou bonnet carré.

  Au dessus de la sage chemise blanche, il porte un camail qui recouvre ses épaules et est orné de franges dorées dessinant des créneaux. Et puis une robe noire, simple, aux manches larges, descendant jusqu'aux pieds chaussés de chaussures noirs sans boucles.  Dans la main, il tient le rouleau de sa plaidoirie.

 

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III. La bannière : 

  Elle a été réalisée à la demande de l'association des Amis de la chapelle de la Madeleine, présidée par Pierre Gloaguen, pour le pardon du 25 juillet 2010 et un article du Télégramme de Brest nous apprend que le trésorier Antoine Tirily a du réunir une somme de 8000 à 9000 Euros. Le carton a été confié à Jakes Derouet, qui avait déjà conçu celle de la chapelle de Lannelec  Vierges allaitantes VII : Chapelle de Lannelec à Pleyben, la Vierge. 

  Une bannière de procession est en réalité composée de deux pans de tissu brodés, qui peuvent être exposés de façon indépendante.

   1. La première face :

Une face est consacrée à Saint Étienne, à qui la chapelle romane initale (XIIIe siècle) était vouée : on voit ce diacre tenir fermement un livre qui témoigne de son érudition et de sa volonté de défendre la fidélité aux Écritures. La lecture du chapitre 7 des Actes des Apôtres montre Étienne s'en prenant aux vingt-trois membres du Sanhédrin en s'appuyant sur la Bible pour leur montrer qu'ils ont repoussé les prophètes et se sont opposés au Saint-Esprit pour adorer des veaux d'or. C'est lorsqu'il les traite d' "hommes au cou raides, incirconcis de coeur et d'oreilles" et qu'il déclare :" lequel de vos prophètes vos pères n'ont-ils pas persécuté ? Ils ont tué ceux qui annonçaient d'avance la venue du Juste, que vous avez livré maintenant, et dont vous avez été les meurtiers" qu'ils le conduisirent à l'écart de la ville et qu'ils le lapidèrent. Et les témoins déposèrent leurs vêtement au pied d'un jeune homme nommé Saul, qui n'est autre que Saint Paul, du temps où il persécutait les chrétiens.

  On voit donc les pierres qui fusent de partout, les éclairs venant du ciel, et Étienne pris dans un très beau mouvement qui entraîne avec lui manteau, cordon de ceinture, étole et surplis , dans l'accession au martyr.

  Parmi les inscriptions, on lit Ar Valaden, transcription en breton de "La Madeleine", puis  Le Minor, la célèbre Maison de broderie de Pont-L'Abbé, et enfin J.M.Pérennec suivi d'une sorte d'étoile.

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  Cette dernière mention est intéressante car elle indique pour une fois le nom du brodeur, Jean-Michel Pérennec, qui a brodé depuis 1989 les bannières Le Minor ; or c'est à ma connaissance  la première bannière qui l'honore.

  Le brodeur Jean-Michel Pérennec

  Dans la revue Ar Micheriou Coz d'avril-mai 2004 sur les brodeurs se trouvent quelques éléments sur ce professionnel. "Né en 1957 d'un père glazic et d'une mère bigoudenne", J.M. Pérennec montre très tôt un intérêt marqué pour l'art et l'artisanat, mais intègre une carrière dans la banque tout en se consacrant pendant ses loisirs à recopier les motifs de broderie des costumes anciens, et en apprenant la broderie blanche, celle des coiffes, auprès d'une de ses voisines du Guilvinec, Marie Le Bec née Simon.

 En 1980, la commission broderie de la confédération culturelle bretonne Warl Leur voit le jour grâce à Viviane Hélias, Geneviève Jouanic, Raymond Yaouanc, Marie Le Bec, Mimi Kerloc'h...et Jean-Michel Pérennec pour guider les groupes traditionnels afin qu'ils réalisent leurs costumes et leurs coiffes: dés 1982 son savoir-faire l'amène à intervenir lors de stages de la fédération War'leur, puis à mettre en place une initiation à la broderie au sein du Musé Départemental Breton de Quimper. Il est alors sollicité par le groupement culturel de la municipalité, il intervient à Landerneau, et ce bénévole très actif songe à faire de la broderie son métier.

  C'est en 1989 qu'il quitte la banque pour entrer chez Gildas Le Minor, à l'étage de l'atelier de Pont-L'Abbé, poursuivant une activité d'enseignement au Relecq-Kerhuon, ou auprès des enfants du Centre Rosquerno de Pont-L'Abbé. Chez Le Minor, il a travaillé avec Cécile Le Roy puis avec Christelle Baron. 

  Il est aussi le président de la Maison de la broderie et de la dentelle bigoudène à Plonéour-Lanvern, association de plus de 70 adhérents. 

 

     Alors que la broderie sur coiffe était réservée aux femmes, parce qu'elle exigeait des doigts fins, la broderie sur drap était un métier d'homme, complémentaire de celui des "tailleurs d'habits", qui sillonnaient le pays pour confectionner les costumes à domicile. Au XIXe siècle, la corporation des tisserands et tailleurs d'habits était extrémement importante, mais tandis que les tisserands se voient remplacès assez tôt par des marchands de tissu, les tailleurs et les brodeurs restent encore nombreux au début du XXe siècle et à Pont-L'Abbé on dénombrait 70 tailleurs (on ne peut distinguer entre tailleur et brodeur) et apprentis en 1901, 4 tailleuses et 54 brodeuses. Les apprentis en question sont des garçonnets de 8 à 9 ans qui tirent l'aiguille  tout le long du jour pour acquérir, après un long ue formation auprès du maître, la capicité de réaliser un travail parfait. Dès 1911 cette population décline, la guerre de 1914-18 accentue les choses d'autant que le deuil vient chasser les couleurs des costumes. Le costume n'est plus porté, le coût des matières premières augmente, les ateliers ferment, les brodeuses se reconvertisent en dentelieres mieux rémunérées. 

   Jean-Michel Pérennec marche sur les traces d'hommes hauts en couleur, et dont certains restent des figures mémorables, comme Per Canevet qui se rendit célèbre pour avoir travaillé Place de l'Opéra, exposé dans une vitrine de La Grande Maison du Blanc en décembre 1948, pour Le Minor. Et Vincent Nicolas, dit "le Protestant", ou les frères Louis et Nicolas Cossec.  Mais le grand maître, Ar Mestr Bras, ce fut Laouig Jégou, né à Plonéour-Lanvern en 1863, et qui donna son nom à un point utilisé pour l'entourage des napperons, le "point Laouig Jégou". C'est lui qui fut choisi pour broder l'habit d'académicien de Charles Le Goffic.

 

 

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  Sur la bannière de la Madeleine,Jean-Michel Pérennec a travaillé pendant deux mois.

 

 2. La seconde face :

  Ce serait le recto, si on admet qu'étant consacrée à sainte Madeleine, Santez Mari-Madalen, à qui est dédiée la chapelle depuis le XVIe siècle, elle porte les couleurs de la chapelle.

  La sainte est placée dans une diagonale ascendante vers la droite, où elle tend le flacon de parfum vers le corps crucifié du Christ. La chevelure est littéralement aspirèe vers le pied ensanglanté, et sur le visage, une larme est là pour rappeller l'épisode où elle a baigné de ses larmes les pieds de Jésus puis les a essuyé de ses cheveux.

   Cette chevelure est une référence aux couleurs du vitrail de Bazaine qui la transforme en un feu sacré.

  C'est donc Marie-Madeleine lors de la Passion qui est ici illustrée, Madeleine éplorée, embrasée par le chagrin.

  

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        Sur les autres bannières Le Minor: voir :  Les bannières Le Minor.

 

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Published by jean-yves cordier
14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 14:51

        Menophra abruptaria (Thunberg, 1792)

                 la Boarmie pétrifiée.

 

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Published by jean-yves cordier
14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 14:45

Opisthograptis luteolata (Linnaeus, 1758 )

                  la Citronelle rouillée.

006c

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Published by jean-yves cordier
14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 08:11

 

 L'église Saint-Monna de Logonna-Daoulas :

          Inscriptions, statues, bannières...

                       et saint Isidore

         dans son beau costume  breton.

 

 

 

Saint Isidore.

    Patron des paysans, il est représenté dans son costume du dimanche sur cette statue du XVIIe siècle.  La datation de cette oeuvre est importante, puisqu'elle apporte un document iconographique sur le costume régional d'une classe sociale, et je trouve sur la fiche de Protection PM 29000524 des Monuments historiques consacrée aux 4 statues de saint Isidore, la Vierge à l'Enfant, saint Monna, saint Yves, que celles-ci sont attribuées à l'atelier d'Anthoine et datent du dernier quart du XVIIe siècle, soit 1675-1699. Il s'agirait de cet Anthoine qui a signé le Sépulcre de Lampaul-Guimiliau (Anthoine fecit) en 1676, et qui a réalisé quatre statues à L'Hopital-Camfrout (Christ, Vierge, saint Jean, saint Yves).

    Si on lit René-Yves Creston, (Le Costume breton, écrit entre 1953 et 1958, ed Tchou 1978, p. 30), on apprend que nous ne disposons pas de documents matériels sur les costumes bretons avant la Révolution en dehors des sculptures sur bois des sablières, d'ornementation de meubles, qui ne nous montrent "que des costumes d'origine française et plus particulièrement de l'époque Louis XIII", et que c'est sous cette forme qu'apparurent à la fin du XVIIIe les costumes masculins des paysans bretons, sans existence de modes locales ou régionales, le phénomène de fragmentation des modes n'apparaissant qu'après la Révolution.

   Philippe Le Stum, dans son introduction de l'ouvrage de Yann Guesdon (Costumes de Bretagne, ed. Palantines, 2009) conteste cette notion en écrivant page 12 : "On a longtemps supposé que la diversification locale des costumes ne datait que de l'extrême fin du XVIIIe siècle "...mais "le dépouillement et l'analyse des sources d'Ancien-Régime, effectués principalement par Marie-Thérèse Sclippa dans une thèse soutenue à Brest en 1982 dément cette croyance en une rupture post-révolutionnaire"..."faisant remonter la multiplication de formes locales du vêtement populaire breton au moins au début du XVIIIe siècle, et très vraisemblablement avant cette date". 

   Plus loin, cet auteur cite le travail mené par Marie-Dominique Menant, chercheur à l'Inventaire régional de Bretagne, pour classer et analyser les représentations des saints Fiacre et Isidore, tous deux protecteurs de l'agriculture et représentés dans le costume paysan contemporain du sculpteur. 


  J'ai examiné ici les statues d'Elliant  Costumes bretons d'Elliant : vitrail et statues. et de Brélès Église de Brélès : anges musiciens et Isidore en costume breton.


   Comment est habillé ce fermier qui vient, faucille en main, offrir une gerbe de blé? 


 

 logonna-daoulas 2637c


  En partant du bas (la statue est placée en hauteur...d'où ma photo en contre-plongée) on remarque les chaussures à boucles d'argent, les guêtres qui semblent de cuir mais qui étaient le plus souvent de toile, boutonnée sur le coté, qui ne couvrent pas les chaussures ;  la culotte bouffante de drap blanc semblable aux bragou braz ; le gilet de drap bleu fermé sur le coté droit par une douzaine de boutons ronds en métal ; la ceinture de flanelle, rouge, comparable au turban mais portée ici très haut.

  La veste est longue (comme dans l'habit à la française), dotée de larges poches au rabat fermé par deux boutons arrondis dorés, de manches à revers. Elle reste ouverte malgré le double alignement de boutons (boutons convexes comme nos boutons de blazer). Le col est relevé dans le cou autour du col de chemise blanche, laquelle épanouit sa corolle après avoir été sévèrement fermée par un joli petit bouton d'or:


 logonna-daoulas-0127c.jpg

   Bien-sûr, on remarque le collier de grosses perles dorées auquel est suspendu une croix.

 

logonna-daoulas 2639c

  En résumé, ce costume fin XVII n'est pas très éloigné, pour un néophyte, de celui que porteront deux ou trois cent ans plus tard les paysans de Logonna.

  Logonna-Daloulas est placé par R.Y. Creston dans la guise de la presqu'île de Plougastel (p. 138) : le costume masculin y est décrit avec un seul gilet et une veste à manche, entièrement bleues.

 

La statue de saint Yves.

  Elle serait donc contemporaine de celle de saint Isidore, et réalisée par l'atelier Anthoine. Une confrérie de saint Yves est attestée par ses comptes, conservés pour la période de 1764 à 1790 dans les archives départementales.

logonna-daoulas 2674c

 

La Pietà :

logonna-daoulas 2671c

 

Les bannières :

Bannière de Saint Monna :

 

logonna-daoulas 2627v

 

Bannière de Jeanne d'Arc :

logonna-daoulas 2651c

 

Bannière de Saint Jean :

 Sant Yan Badezour pedit evidomp, "Saint Jean Baptiste priez pour nous".

  Elle porte les armoiries de la Bretagne,  et celle de Mgr Duparc évêque de Quimper et du Léon de 1908 à 1946.

  Les armoiries papales correspondent à celles de Benoît XV, Giacommo della Chiesa, pape de 1914 à 1922. Ce sont des "armes parlantes", sortes de rébus qui traduisent en images le nom du possesseur. Elles sont tranchée d'azur et d'or à l'église d'argent couverte de gueules brochant sur le tout, au chef d'or à l'aigle issant de sable.  L'église traduit ainsi le nom Chiesa.

  La devise n'est pas mentionnée ici, il s'agit de "in te, Domine, speravi ; non confundar in aeternum", "En toi, Seigneur, j'ai mis mon espérance ; que je ne sois jamais confondu". C'est la dernière phrase du Te Deum, hymne chrétien des jours de gloire.

 

La bannière peut donc être datée entre 1914 et 1922.

 

  Cette bannière est sans-doute celle de la chapelle Saint-Jean-Baptiste, du XVIIe à Logonna. Elle dépendait prohibitivement de la seigneurie de Rosmorduc et en porte les armoiries.


logonna-daoulas 2643c

 

Bannière de sainte Anne :

D'hor Mam santez Anna,"à notre mère sainte Anne".

  Il s'agit des premiers mots du cantique breton qui débute ainsi :

  D'hor Mamm santez Anna

D'an Itron Varia

D'hor Salver benniguet

Ni vo fidel bepred

Hor c'halon baour mantret

gant glac'har hag enkerz

Ni a zo daoulinet

Dirazoc'h-c'hwi, Gwerc'hez

 "A notre Mère Sainte Anne, à Marie, Notre-Dame, à notre sauveur béni, nous serons toujours fidèles."



logonna-daoulas 2649c

Les vitraux :

logonna-daoulas 2653c

logonna-daoulas 2654c

 

 L'ange aux cinq plaies :

 traditionnel blason des carriers "aux mains meurtries" :

logonna-daoulas 0137

 

 

Les inscriptions lapidaires :

  Nombreuses sont celles qui datent d'une importante période de modification de l'église, vers 1700. Les fabriques ou fabriciens qui sont mentionnés, Quillien, Herrou, Guermeur, Madec, sont des familles honorables de la paroisse, et le fond des archives départementales possède une série nombreuse de fondations allant de 1609 à 1742 dans lesquelles les noms de Herrou et Guermeur reviennent souvent. Par exemple: "1615 : fondation de 2 livres 8 sols faite à la fabrique de Logonna par René le Herrou à la charge de faire célébrer un obit le jour et fête de saint René et le prochain dimanche ensuivant".  Yves Herrou en 1601, Charles Herrou de 3630 à 1645,  Gabriel Herrou de 1641 à 1643, furent recteurs  de Logonna.

  Jeanne Guermeur fut la marraine de la cloche Hyacinthe-Jeanna de 1769...posée par "Corentin Quillien du moulin à mer".  Jeanne Fily, femme de Charles Guermeur, de Rungléo avait été celle de la cloche Monna de 1641.

  Le bénitier porte l'inscription IHS . Maria. F. GUERMEUR. LA. FAIT. FAIRE. I. THOMAS. F.1693



 

GVILLAVME : QVILLIEN : YVES : HEROV : FABRIQVE : 1701

logonna-daoulas 5238c

F : MADEC : M : 

logonna-daoulas 5239c

 ? 1566 sur kersantite :

logonna-daoulas 5241c

       GVILLAVME QVILLIEN DV COET ET YVON LE HERROV LE EVY DEMENCVIT 1701

logonna-daoulas 5246c

      M : MADEC : M : GVERMEVR : FABRIQVE : 1700

logonna-daoulas 5248c

 

Le Pieuré-cure de Logonna était un bénéfice dépendant de l'abbaye de Daoulas. 

 Le Nobilial de de Courcy donne :

Clévédé, sr de Coëtbihan, par. de Kerlaz (etc... sans citer Logonna), d'argent à deux lions affrontés de gueules, tenant une lance d'azur de leur pattes de devant.

  Le Bdha donne la liste des prieurs de Logonna, parmi lesquels :

"Paul Gourgon de Clévédé, Sr de Kergadoret, prieur de logonna, prit possession de son siège le  25 août 1700; il mourut le 30 juillet 1733 et fut inhumé dans l'église de Logonna". 

 

1710 LE Sr DECLEVEDE PRIEVR DE LOGONNA :

logonna-daoulas 5251c

LE Sr DECLEVEDE PRIEUR DELOGoNNA : 1715 :

 

logonna-daoulas 5252c

N'ENTRE : ICI : QVAVEC : CRAINTE : CAR : CEST : LA : MAISON DV SEIGNEVR DIEV :

logonna-daoulas 5245c

 

Armoiries sur l'ossuaire :

La famille de Rosmorduc s'est fondue dans Le Gentil après le mariage en 1608 d'Anne de Rosmorduc, fille de Michel, sr du dit-lieu et d'Isabeau le Jeune, avec Allain du Gentil seigneur de Coatninon et de Pencran. Elle eut trois fils, dont l'aîné, Jacques de Gentil donna une riche postérité : ses descendants possèdent encore le manoir de Rosmorduc.

  Sur la famille Le Gentil, voir : Vierges allaitantes III : Quillidoaré, la légende du Marquis de Pontlez et l'histoire.  

Les armoiries de la famille Le Gentil sont : D'azur au serpent volant d'or lampassé de gueules, avec la devise Spargit unde quaque venenum alors que celles de Rosmorduc sont d'argent à trois roses de gueules, boutonnées d'or.

logonna-daoulas 5243c

 

Les mêmes armoiries sur l'entrée de la maison voisine, en alliance avec celle de Rosmorduc.

 

logonna-daoulas 5258c

 


logonna-daoulas 5259c

       

     A l'intérieur de l'église, actuellement placée juste devant et en dessous de saint Isidore, j'avais pu observé ces armes :

logonna-daoulas-0130c.jpg

 

 

Lien : Henri Pérennès Notice sur Logonna-Daoulas Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, Bdha, , 1928, p. 1, 65 et  127 :http://catholique-quimper.cef.fr/opac/doc_num.php?explnum_id=48

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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