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16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 22:46

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Zoonymie des Odonates : avant l'ère des noms, celle des enluminures. Quatre libellules du Bréviaire Grimani (1510-1520) à la Bibliothèque Marciana de Venise.

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Voir aussi :

 

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INTRODUCTION.

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Le Bréviaire Grimani est un bréviaire à usage franciscain  actuellement conservé à la Biblioteca Marciana à Venise.  Ce  manuscrit enluminé  réalisé en Flandres entre 1510 et 1514 est l'un des plus célèbres manuscrits de l'école ganto-brugeoise. Il est décrit de façon détaillé sur l'article Wikipédia  Breviarium-Grimani en néerlandais, et par Kren  & Mckendrick sous leur n°126 page 420 . Son premier propriétaire a été Antonio Siciliano, ambassadeur du duc de Milan Maximilien Sforza à la cour de Marguerite d'Autriche à Malines en 1514. Il le vendit pour 500 ducas d'or au cardinal Dominico Grimani.

 

Le manuscrit contient parmi ses 832 folios les 12 miniatures pleines pages et les 12 miniatures de bas de page du calendrier, mais aussi 50 miniatures en pleine page et 18 miniatures de grande taille et 18 autres de plus petite taille ainsi que de nombreuses bordures historiées.

Le style des enluminures est typique du style de l'école ganto-brugeoise du XVIe siècle. Plusieurs mains sont distinguées. Les miniatures les plus archaïsantes sont attribuées au peintre Alexandre Bening. La plupart des autres sont attribuées à son fils Simon Bening et à son atelier. Quelques miniatures— celles du Calendrier—  ont été toutefois attribuées au Maître de Jacques IV d'Écosse (depuis identifié à Gerard Horenbout) et d'autre à Gérard David et au « Maître des scènes de David du Bréviaire Grimani ».

Il comporte 

— Un calendrier. Les enluminures en diptyque attribuées aujourd'hui au Maître de Jacques  IV d'Ecosse sont inspirées de celles des frères Limbourg pour les Très Riches Heures de Jean de Berry. Ce modèle était à cette époque à Malines, dans la bibliothèque de Marguerite d'Autriche  et était donc probablement accessible au peintre.

le Temporal : 14v-174v. 

Des Rubriques

Un Psautier :  ff 286v-400v : 8 enluminures par le «Maître des scènes de David dans le bréviaire de Grimani», élève du Maître de Jacques IV d'Ecosse. Elles   débutent par la Chute d'Adam et Éve et se poursuivent en illustrantle Psaumes 1, 26, 38, 68, 80 et 97.  

le Commun des saints Commune sanctorum ff 401-448.

L'Office des Morts et les Heures de la Vierge ff.449v-476v.

Le Propre des saints Propium sanctorum ff. ou Sanctoral ff 468v-831v.

L'encadrement des enluminures sont de trois types.

1.Soit les miniatures pleine page se passent d encadrement.

2.Soit elles ressemblent à un retable en bois, dans un cadre ayant une couleur de bois doré.

3.Soit il s'agit de la bordure propre au style ganto-brugeois, soucieux de naturalisme et de réalisme, d'illusion de relief avec des ombres portées, et d' une disposition aérée éloignée de la saturation médiévale par horror vacui. Trois sous-types sont distingués : 

  • Une marge colorée en jaune avec des fleurs éparpillées, des oiseaux et des insectes : c'est là que nous trouverons nos libellules. C'est le type 3a de l'auteur de l'article Wikipédia

  • Une marge colorée décorée de rinceaux de feuilles d'acanthes séparés par des insectes et des oiseaux. Les libellules y seront aussi recherchées

  • Une marge colorée ornée de bijoux et de perles.

    Comme pour la plupart des manuscrits, les opinions des historiens de l'art divergent sur les miniaturistes qui ont contribué au bréviaire. Tout d'abord, il y a ceux qui attribuent l'illumination à Gérard Horenbout  et à Alexander Bening  et à son fils Simon Bening . D'autres parlent de maître de Jacques IV d'Ecosse, identifié dans les œuvres plus anciennes avec Gérard Horenbout et le maître Maximilien qui à son tour est identifié comme Alexander Bening. Certaines miniatures sont attribuées à Gerard David . 

    De nos jours, en 2013, la plupart des historiens d'art s'accordent sur les interventions du  maître de Jacques IV d'Ecosse, Alexander Bening, les scènes de Maître de David dans le Bréviaire Brimani , Gerard David et Simon Bening.

    En 1977 Erik Drigsdahl a cru reconnaître dans une inscription de bordure du folio 339v les lettres   A  . BE . NI . 7I.  Il a pensé y voir la signature d'Alexander Bening suivi de son âge de 71 ans , et suggère que cet artiste avait 71 ans en 1515. A. BE + NC + 71 [A.(lexander) BE(ni)NC 71] . Thomas Kren a fait l'éloge de cette observation, pourtant bien audacieuse.

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    LE BRÉVIAIRE GRIMANI ET LES ODONATES (LIBELLULES).

     

    Ce bréviaire est célèbre parmi les entomologistes et notamment les odonatologistes car il renferme au folio 781v (donc, dans le Propre des saints) une miniature comportant dans son coin inférieur droit une magnifique libellule. Elle a été signalée dans la revue Odonatologica en 1991 par R. Rudolph — un spécialiste qui a publié notamment en 1973 sur l'histologie de la larve de Aeshna cyanea — qui y a reconnu le genre Aeshna , en s'appuyant sur les travaux de Pichetti 1949 sans en donner les références bibliographiques :

    "An Aeshna is illustrated in the Italian "Breviario Grimani" dating from 1495-1500 (PICHETTI, 1949)."

    La même année et dans la même revue Odonatologica, Philip S. Corbet, éminent spécialiste des Libellules, signale aussi ce Bréviaire.

     

    "Much later, we find dragonflies beautifully depicted in the Gutenberg Bible of 1453 (Rudolph, 1991) and in certain medieval breviaries, for example the Breviario Grimani (Conci & Neilsen, 1956), the Belleville Breviary from the workshop of Jean Pucelle in Paris (Hutchinson, 1978) and the Livre d’Heures d’Anne de Bretagne illustrated by Jean Bourdichon (Frain, 1989)."

    Dans l'ouvrage de C. Conci et C. Neilsen cité en référence,  Fauna d’Italia, Vol. 1. Odonata. Calderini, Bologna,  1956, on peut lire l'identification d'un "Escnide" sans-doute pour "Aeshnidae ".:

    "Nessuna notizia riguardante gli Odonati ci è pervenuta dall'antichità. Il primo documento su questi Insetti, a quanto ci è noto, è un fregio miniato rappresentante, in grandezza naturale e con sorprendente efficacia, un Escnide, riportato nel foglio 181 v. del Breviario Grimani (Venezia, Biblioteca di S. Marco), databile fra gli anni 1490 e 1500 (PICCHETTI, 1949). Abbiamo riprodotto nella tavola fuori testo tale preziosa miniatura. Il primo naturalista che scrisse sulle fu Ulisse Aldrovandi."

    La publication initiale est donc celle d'Enricho PICCHETTI, "Libella-ula,  Atti Ist. Veneto Sc. Lett. E Arti, CVII, II, pp.269-279, 1949", dont je parviens à retrouver le texte. C'est lui qui, dans un article passionnant de Zoonymie, donne la meilleure description(seule la foliation est inexacte) et prend parti pour le genre Aeshna :

    "Esistono pero documentazioni iconografische anteriori. Al foglio 181v del Breviario Grimani (Venezia, Biblioteca di S. Marco), che con sufficente esattezza collocare fra gli anni 1490-1500, si puo vedere raffigurato, nell' angolo destro inferiore del fregio miniato marginale, un bell'esemplare di « Aeschna », in grandezza naturrale, screziato di azzurro, verde, giallo, ritratto con sorprendente efficacia veristica."

    "Mais il y a des images iconographiques antérieures. Sur la feuille 181v du bréviaire de Grimani (Venise, Biblioteca di S. Marco), qui avec une précision suffisante peut être daté entre les années 1490-1500, un bel exemple de "Aeschna" peut être vu dans le coin inférieur droit de la frise marginale de la miniature. », en grandeur nature, marbré de bleu, vert, jaune, et  dépeint avec une efficacité réaliste surprenante."

    Enfin, dans la partie historique (chapitre 4) de leur publication Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg, Daniel Grand et Jean-Pierre Boudot ont fait figurer la reproduction du folio 781v du Bréviaire Grimani, sans la décrire.

    En définitive, cette libellule n'a pas été décrite sauf par Picchetti, et pas davantage le folio qui la contient. 

    En outre, le Bréviaire contient au moins trois autres Libellules. Comme il n'est pas numérisé et consultable en ligne, ce décompte dépend du hasard des pages accessibles. 

    C'est à leur description que je vais me consacrer maintenant.


     

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc faisant le portrait de la Vierge.

     

    Cette enluminure du Propre des Saints est attribuée soit à Simon Bening, soit à son père Alexander Bening " ou Maître du Premier Livre de Prière de Maximilien (Alexander Bening ?) " selon E. Morrison et T. Kren en 2007. 

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     — Alexander Bening appelé aussi Sanders Bening est un peintre enlumineur actif entre 1469 et 1519 en Flandre.

    Originaire de la ville de Gand, il est actif dans cette ville ainsi qu'à Bruges et Anvers. La première mention dans les archives à son propos est son inscription à la guilde de Saint-Luc en 1469, cautionné par Hugo van der Goes et Joos van Wassenhove.

    — Simon Bening est généralement considéré comme le dernier grand miniaturiste flamand avant Joris Hoefnagel, d'Anvers.

    Il naît vers 1483, à Gand ou à Bruges. Il est fils d'Alexandre Bening  et de Catherine van der Goes (probablement une nièce ou la soeur du peintre Hugo van der Goes). Il fait son apprentissage dans l'atelier d'enluminure de son père, à Gand puis s'installe ensuite (vers 1500) à Bruges, où il acquiert rapidement une grande renommée. Il devient membre de la Guilde de Saint Luc de Bruges  en 1508 . Il connut un succès rapide et fut au moins trois fois doyen des calligraphes, libraires, enlumineurs et relieurs de la Guilde de  Saint Luc. Selon Smeyers son nom apparaît régulièrement depuis 1517 en charge de la confrérie.

    En 1519, Simon Bening devint citoyen de Bruges, où il s'installa apparemment à l'époque de la mort de son père. En 1555, il payait toujours sa contribution annuelle à la confrérie de Bruges, il avait donc une longue carrière et était aussi un artiste célèbre de son vivant. Francisco da Hollanda , le critique d'art portugais, l'a appelé le plus grand miniaturiste en Europe et Vasari l' appelle aussi un excellent enlumineur. Il meurt à Bruges le 6 novembre 1561.

    Dans l'art de la miniature flamande, il a été un innovateur de la représentation de la nature et du paysage dans la continuation du Maître de Jacques IV d'Écosse et d' autres membres de l' école de Gand-Bruges .

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    La miniature principale et le texte.

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    La miniature centrale montre saint Luc, identifiable par son Taureau, dans sa chambre (lit, cheminée, meubles) devant un chevalet où il peint le portrait de la Vierge, puisque la Tradition voulait que ce soit lui qui ait été l'auteur du premier portrait de Marie. C'est cette tradition qui fait de Luc le patron des peintres, et qui explique que les Guildes des imagiers flamands aient pris son nom. Le sujet a été peint par Rogier van der Weyden en 1435 pour la Guilde de Bruxelles, par Jean Fouquet pour les Heures de Jean Robertet vers 1460, par Bourdichon au folio 19v des Grandes Heures d'Anne de Bretagne vers 1503, etc...

    (On notera que Jean Fouquet a peint, pour montrer l'excellence de son talent à rendre l'illusion du réel, des fioles en verre sur une étagère).

    La rubrique qui indique IN : FES : S : LUCE : EUUANGELISTE :  ORATIO. précède l'Oraison :

    In festo sancti luce Euangeliste : oratio.  Interueniat pro nobis quesumus domine sanctus tuus lucas euangelista qui crucis mortificationem iugiter in suo corpore pro tui nominis honore portauit. (voir Bréviaire)

    La rubrique suivante se lit HIERONYMUS IN LIBRO ILLUSTRIUM VIRORUM : LECTIO : PRIMA.

     

    La Lecture qui suit  est extraite du chapitre 17 du De viri illustribus de Saint Jérôme, texte qui appartient bien au Propre du Bréviaire pour la saint Luc le 18 octobre (2ème Nocturne de l'Office  de nuit)  :

     

     Lucas, medicus Antiochensis, ut eius scripta indicant Graeci sermonis non ignarus fuit. sectator apostoli Pauli et omnis eius peregrinationis comes, scripsit evangelium de quo idem Paulus: Misimus, inquit, cum illo fratrem cuius laus est in evangelio per omnes ecclesias, et ad Colossenes: Salutat vos Lucas medicus carissimus, et ad Timotheum: Lucas est mecum solus. aliud quoque edidit volumen egregium quod titulo apostolicorum πραξεων praenotatur, cuius historia usque ad biennium Romae commorantis Pauli pervenit, id est, usque ad quartum Neronis annum, ex quo intelligimus in eadem urbe librum esse compositum. 

     

    Lucas d'Antioche médecin de profession, et savant dans la langue grecque, comme il paraît par ses écrits, fut disciple de l'Apôtre saint Paul, et le compagnon de tous ses voyages. Il a écrit l'Évangile, et c'est de lui que le même Apôtre dit : Nous avons envoyé avec lui un des frères qui est devenu célèbre par l'Évangile dans toutes les Églises. Et dans la Lettre aux Colossiens : Notre très cher Luc Médecin vous salue. Et dans celle à Timothée : Luc est seul avec moi. Il a composé un autre excellent Livre, intitulé les Actes des Apôtres, dont l'histoire s'étend jusques aux deux ans que saint Paul demeura à Rome, c'est à dire jusqu'à la quatrième année de Néron. Ce qui nous a fait juger que c'est dans cette ville que ce Livre a été composé.

     

    Au bas de la seconde colonne débute  la Leçon 5:

    Igitur de laudibus  pauli & tecle, & totam baptizati leonis fabulam, inter apocryphas scripturas computamus. Quale enim est, ut individuus comes Ap[osto]li, inter ce[teras ejus res hoc solum ignoraverit ?]

    Nous mettons donc au nombre des écritures apocryphes les voyages de Paul et de Thècle et toute la fable du baptême d'un lion. Car quelle apparence y a-t-il que le compagnon inséparable de l'Apôtre ait ignoré cette seule chose de toutes celles qui sont arrivées ?

    Note : on trouve habituellement Igitur  periodos  [περιοδους] Pauli et Theclae (ici)

     

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    Les bordures.

    On y voit deux sortes de violettes (la violette bleue Viola odorata ? et la violette blanche V. alba ?), disposées soigneusement, soit en boutons, soit épanouies alignées ou en sens croisé le long des marges.  Un papillon diurne appartenant aux Nymphalidés et sans-doute aux Satyrines  n'est pas éloigné du Fadet commun, par exemple. Je ne tenterai pas d'identifier la mouche qui descend la marge extérieure. Outre la présence des ombres des objets naturels sur le fond jaune, l'impression de réalité est rendue par un verre d'eau posé sur une surface en coin, comme celui d'une table, et par les reflets du verre, par le niveau de l'eau et par les tiges des violettes qui y ont été placées.   Mais l'effet de trompe-l'œil est surtout rendu par la position en diagonale de la libellule du coin inférieur, vue du dessus, et dont tout concoure à nous faire croire qu'elle s'est posée là, attirée par les fleurs, pendant que le peintre faisait sècher ses derniers coups de pinceaux. Car non seulement la transparence de ses ailes laisse voir les spécimens botaniques, non seulement les ailes gauches sortent de la fiction picturale et débordent la marge blanche extérieure en franchissant allègrement la double ligne du fin encadrement,  non seulement la queue croise le cadre de la colonne droite du texte, non seulement les pattes sont posées, non pas au hasard, mais sur les pétales ou le calice, mais enfin les ailes droites, croisant les deux colonnes du texte, laissent voir les caractères de l'écriture liturgique

    Cet exemple de trompe-l'œil est le seul type d'illusionnisme trouvé dans le Bréviaire Grimani (Morrison et Kren 2007 p. 176 note 459-89) :  « Voyez aussi un petit livre d'heures illustré par Simon Bening et ses associés à Francfort, dans lequel une libellule est peinte de manière similaire avec ses ailes transparentes s'étendant hors au dessus du texte dans la bordure et dans une partie de la marge extérieure. (Francfort , Museum für Kuntsthandwerk, Ms LM 56 fol. 17) ».

    "459–89. Elizabeth Moodey reminds me that this striking example of trompe l’oeil on the page with a portrayal of Saint Luke is the only instance of this kind of illusionism found in the Grimani Breviary. See also a small book of hours illustrated by Simon Bening and associates in Frankfurt, in which a dragonfly is similarly portrayed with transparent wings extending over text, decorated panel borders, and part of the outer margin (Frankfurt, Museum für Kunsthandwerk, Ms. LM 56, fol. 17).

    Significantly, this occurs once again on a page with a miniature of Saint Luke, and it is again the only instance of this kind of bravura trompe l’oeil involving text, decorated border, and margin in the manuscript in which it appears; see color reproduction in the catalogue of the exhibition at the Städelsches Kunstinstitut und Städtische Galerie, Frankfurt am Main: Jochen Sander, Die Entdeckung der Kunst: Niederländische Kunst des 15. und 16. Jahrhunderts in Frankfurt (Mainz: P. von Zabern, 1995), 172, fig. 164, 198, no. 25. 17. See the discussion of related notions by Robert G. Calkins, “Sacred Image and Illusion in Late Flemish Manuscripts,” in Essays in Medieval Studies: Proceedings of the Illinois Medieval A"

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    Pourtant, on retrouve ce procédé utilisé en 1503-1508 par Jean Bourdichon, exclusivement avec des libellules, dans les Grandes Heures d'Anne de Bretagne : les ailes débordent soit sur la marge blanche extérieure, soit sur le texte placé à l'intérieur. Deux à sept ans avant la date estimée de ce Bréviaire.

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    Il est certainement significatif que Simon Bening réalise ici quelque chose d'exceptionnel : en tant que membre et doyen de la Guilde de Saint-Luc, et plusieurs fois doyen, il se devait de créer pour ce folio consacré au patron des peintres quelque chose comme un chef d'œuvre, une démonstration de son savoir-faire. 

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc faisant le portrait de la Vierge.

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc faisant le portrait de la Vierge.

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    La libellule.

    Sa description est limitée par la résolution assez limitée des images qui nous sont proposées. Les entomologistes ont-ils pu voir l'original, ou le fac-similé paru chez Salerno Editrice ? Les critères concernant la nervuration des ailes ne sont pas utilisables, et d'autres critères vont également devoir être écartés.

    Ses ailes sont étendues  sur le coté, comme les Anisoptères, mais les ptérostigmas ne sont pas visibles sur ces clichés. Les yeux, bleus, sont en contact par leur partie interne sur une certaine longueur, ce qui définit les Aesnidae (clef de détermination  Grand et Boudot p. 154). L'angle anal des ailes postérieures est très marqué, comme dans le genre Aeshna. L'abdomen est noir à marques bleues, j'écarte donc A. isoceles (corps brun à roux) et A. grandis (couleur générale brune, ailes très enfumées). Le thorax est sphérique, noir avec des taches en mosaïque : j'écarte A. caerulea, au thorax brun, aux marques bleues de l'abdomen laissant peu de noir entre elles, et qui n'est pas observée (aujourd'hui) dans les Flandres et dans la moitié nord de la  France. 

    On voit très bien, sur le deuxième segment S2 de l'abdomen, une marque jaune "en clou" (la tête du clou vers le thorax). Cette marque est présente chez A. mixta et chez A. Cyanea. J'écarte ainsi l'Aeschne printanière, qui, de toute façon,  est du genre Brachytron et non Aeshna. J'observe aussi que S1 est bleu, que l'abdomen s'étrangle un peu sous S2, et que les dernières taches bleues, lorsqu'elles croisent le montant du cadre factice, sont réunies en une seule. 

    Or, voici ce que je lis sur l'Aeschne bleue A. cyanea :

    "Le mâle et la femelle aeschne bleue (Aeshna cyanea) sont aisément reconnaissables à leurs deux grosses taches claires sur le dessus du thorax et aux deux derniers segments de leur abdomen dont les taches confluent pour former un bandeau clair caractéristique. 

    Les ailes postérieures du mâle adulte sont anguleuses à leur base, le deuxième segment de son abdomen présente un étranglement important." (Odonates costarmoricains)


    "Un des critères infaillibles de reconnaissance de l'espèce est facilement visible quand l'insecte est posé : la disposition des points bleus au bout de l'abdomen : les deux taches présentes sur chaque segment abdominal tendent à se rapprocher au fur et à mesure que l'on s'éloigne du thorax, puis fusionnent et forment une unique tache sur chacun des trois derniers segments.
    Seul le mâle est vert-noir-bleu, la femelle n'a pas de bleu." (Wikipédia)

    Aeshna mixta Wikipédia et Costarmoricain

    Aeshna juncea Wikipedia et Costarmoricain

    Aeshna cyanea Wikipedia et Costarmoricain

    Un moyen très utile est de comparer ces clichés du Brévaire à la Comparaison des Aeschnes sur Odonates costarmoricains

     

    Au total, je proposerai volontiers de reconnaître dans cette libellule de Simon Bening, non seulement le genre Aeshna, mais aussi l'espèce A. cyanea. Mais je ne suis pas docteur. Je laisse le micro aux spécialistes.

    Dans tous les cas, le miniaturiste a bien réussi son coup, et a réalisé un chef-d'œuvre qui va marquer l'histoire de l'odonatologie.

    Trois-quart de siècle plus tard, le miniaturiste Joris Hoefnagel va effectuer la même performance.

     

     

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc faisant le portrait de la Vierge.

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc faisant le portrait de la Vierge.

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc peignant la Vierge.

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 781v. Saint Luc peignant la Vierge.

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 167v.

    Image : Tiziana Plebani 

    Ce folio 167v appartient au Temporal, mais je ne dispose pas de l'illustration de la page entière. J'imagine qu'elle est disposée comme celle-ci, que Salerno Editrice propose dans la présentation de son Fac-Similé de 2009 : deux colonnes de texte énumèrent les saints et les oraisons, et une bordure verticale sur fond jaune comporte des fleurs et un insecte avec un soin particulier donné à la vraisemblance naturaliste .

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    http://www.salernoeditrice.it/grimani/pagine/15.html

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    Le PowerPoint mis en ligne par Tiziana Plebani  ne reproduit que la bordure du folio 167v. de La fleur centrale est peinte avec beaucoup de précision. Les botanistes y reconnaitront-ils l' Iris germanica Iris violet, Iris bleu d'Allemagne, Iris flambe ? .

    La libellule a les yeux séparés et les ailes dressées, comme les Zygoptères. Les ptérostigmas ne sont pas peints.  Les yeux sont translucides.  Le thorax est jaune crème, dilaté et trapézoïdal. L'abdomen de couleur verte, fin, sans dilatation, est divisé en segments réguliers ; six sont visibles sur l'illustration. Il ne porte aucune marque. L'artiste s'est peut-être inspiré d'un membre de la famille des Lestidae  (du genre Lestes), sans fidélité entomologique exacte.

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    Libellule (Zygoptère) sur un Iris, Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 167v.

    Libellule (Zygoptère) sur un Iris, Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 167v.

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 478v : sainte Anne entre David et Salomon.

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    Je puise ce cliché dans le fac-similé publié par F. Ongania. Le folio 478v appartient au Sanctoral, et il est consacré à sainte Anne. Elle est assise sous un dais gothique devant une tenture portant des inscriptions (NOMEN ..) et elle tient un livre sur ses genoux.  Marie est montrée dans son ventre comme un petit enfant, indiquant qu'Anne est enceinte de sa fille, comme sur le vitrail de l'église de Brennilis (29) . Elle est entourée de David et Salomon, les deux rois de Juda, comme un abrégé de l'Arbre de Jessé, tandis que dans les nuées en haut à droite, Dieu le Père bénit cette conception miraculeuse.

    Cette peinture est décrite par l'abbé Delaunay en 1864 (Les Evangiles.., L. Curmer, page 195), ce qui donne accès aux inscriptions : celle qui sort de la bouche d'Anne et se dirige vers Dieu dit FRVCTVS MEVS HONORIS E HONESTATIS "Mon fruit est un fruit d'honneur et d'honnêteté" et celle qui provient de Marie in utero dit QVI ILLUCIDANT PER VITAM ETERNAM HABEBVNT, "Ceux qui me glorifient auront la vie éternelle" (Ecclésiaste 29:31). David s'écrit QVERITUR PECCATVM ILLIUS ET NON INVENIETVR "on cherchera son péché et on ne le ntrouvera point" (Ps. 9:36). Enfin l'inscription qui sort de la bouche de Salomon est rédigé de façon rétrograde et dit : PROGREDITVR QVASI AVRORA CONSVRGENS, "Elle s'avance comme l'aurore à son lever" , reprenant le Cantique des Cantiques 6:9. Dieu, vêtu d'une robe rose, tenant le globus cruciger, répond par un autre verset du Cantique des Cantiques (attribué à Salomon) : TOTA PVLCHRA EST, AMICA MEA NON EST IN TE "Tu es toute belle, ma bien-aimée, et il n'y a pas de tache en toi" (Cantique 4:7). 

    On voit que cette miniature reprend les arguments chers aux franciscains en faveur de l'Immaculée Conception, comme dans ce vitrail de la Collégiale de Moulins datant vers 1486.

    Cette  miniature est entourée d'une marge dans le style Gent-Bruges avec des fleurs alignées, des oiseaux et des insectes, objets naturels dont le relief est rendu par les ombres portées. Les fleurs sont des roses blanches, symbole de virginité, en bouton, semi ouvertes ou épanouies, alternant avec d'autres roses probablement rouges (la Chair ou l'Incarnation). Deux oiseaux ne sont pas identifiables, ils accompagnent un escargot, trois chenilles (qui renvoient aux mystères des métamorphoses), six papillons blancs à ocelles noirs, et une libellule.

    La qualité et le caractère monochrome de l'image ne permet pas de nous étendre sur la description de cet Odonate, malgré une apparence très prometteuse. Les ailes sont semi-dressées, l'abdomen incurvé (comme dans la posture de ponte) est assez épais et porte une ligne latérale de marques blanches et noires. Le thorax porte trois bandes blanches obliques assez caractéristiques. La position des ailes n'est pas incompatible avec un Anisoptère (une Aeschne ??) en train de pondre, mais je n'irai pas jusqu'à penser que l'artiste ait déliberemment choisi cette posture en relation avec la situation de sainte Anne portant sa Fille.

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    Image : https://archive.org/stream/lebreviairegrima00meir#page/n153/mode/2up

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 478v : sainte Anne entre David et Salomon.

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 478v : sainte Anne entre David et Salomon.

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 478v : sainte Anne entre David et Salomon.

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 478v : sainte Anne entre David et Salomon.

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    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 646b :  Saint Pierre délivré de prison par un ange. 

    Dans le même Sanctoral du Bréviaire, une grande enluminure montre saint Pierre dans sa prison du Carcer Tullianum ou Mamertine de Rome. L'Apôtre y aurait baptisé ses geôliers et 47 prisonniers avec l'eau d'un puits. Puis, il aurait été délivré par un ange, qui apparaît ici en grande cape (cappa magna). Le galon de cette cape damassée est brodée de perles traçant une inscription illisible (NEC ---RVES). À l'arrière-plan, nous voyons Pierre et l'ange s'éloigner.

    Comme dans le cas du folio précédent, la miniature est encadrée d'une bordure dans le style Gent-Bruges. Mais les roses blanches ou rouges, épanouies ou en bouton sont fixées au parchemin  par douze épingles en trompe-l'œil. Là encore, je ne me précipiterai pas à y voir un rapport avec les douze Apôtres, ou avec les fers par lesquels Pierre est incarcéré, mais j'y verrai un procédé supplémentaire de la panoplie d'illusionniste de Simon Bening pour convaincre le propriétaire de ce Bréviaire que le texte liturgique est placé dans l'herbier d'un humaniste soucieux de l'exploration encyclopédiste des petits objets de la Création.

    Outre ces 18 roses épinglées, nous trouvons aussi sept papillons (Lepidoptera), un criquet (Orthoptera) et une libellule (Odonata).

    Cet Odonate vu de haut et de 3/4 a les ailes réunies et dressées. Son abdomen qui s'affine vers son extrémité est clair dans sa partie dorsale, avec des marques triangulaires effilées noires. Les yeux semblent se toucher an leur bord interne.

     

    Image : https://archive.org/stream/lebreviairegrima00meir#page/n195/mode/2up

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 646b :  Saint Pierre délivré de prison par un ange. 

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 646b :  Saint Pierre délivré de prison par un ange. 

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 646b :  Saint Pierre délivré de prison par un ange. 

    Venise, Biblioteca Nazionale Marciana, Ms lat. I 99. Bréviaire du cardinal Domenico Grimani, Flandres, vers 1510-1520. folio 646b :  Saint Pierre délivré de prison par un ange. 

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    CONCLUSION.

    Après les Grandes Heures d'Anne de Bretagne enluminées par Jean Bourdichon entre 1503 et 1508 avec 377 plantes individuelles légendées et 91 libellules, dont l'une au moins semble identifiable, le Bréviaire Grimani enluminé vers 1510 offre de nouveaux exemples de représentations au naturel de plantes, de papillons et de libellules. À la différence des Grandes Heures, le manuscrit de la Biblioteca Nazionale de Venise n'est pas (encore) numérisé et consultable in extenso, et l'inventaire entomologique n'est pas possible.  À ma connaissance, aucun entomologiste italien ou autre ne s'est rendu sur place pour se livrer à cet exercice. 

    L'exemple naturaliste le plus connu et le mieux reproduit est la libellule du folio 781v, impressionnante par le réalisme accentué par des procédés de trompe-l'œil uniques dans ce manuscrit. Dès 1949, Enrico Picchetti l'a identifié comma appartenant au genre du genre Aeshna, ce qui n'a pas été démenti par les plus fins spécialistes des Odonates. Personne n'a osé s'aventurer néanmoins dans la détermination  de l'espèce, et c'est avec beaucoup de vergogne et en toute incompétence que je suggère d'y voir une Aeschne bleue. Ce qui est intéressant, c'est de voir cette espèce splendidement  reprise (et dûment déterminée récemment comme A. cyanea ) par Joris Hoefnagel, dernier héritier de la tradition d'enluminure flamande, vers 1575, alors que la période intermédiaire 1510-1575 ne donne aucune illustration convaincante d'un Odonate, et qu'ensuite, après la diffusion de l'imprimerie, les gravures des ouvrages d'Aldrovandi en 1602 puis de Mouffet en 1634  n'égaleront pas, tant s'en faut,  cette enluminure de 1510.

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    Aeshna cyanea, miniature de Joris Hoefnagel dans le volume Ignis (feu) des Quatre Éléments, vers 1575.

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    Les trois autres Odonates sont placés ici afin de les signaler à l'attention des entomologistes, ou de ceux qui pourraient en donner des images plus précises, car il n'est pas encore établi qu'une détermination de famille ou de genre soit impossible, ou que d'autres considérations ne naissent d'un examen des peintures en couleur.

    Même si l'Aeshne de Simon Bening ait été la première  à avoir été connue, pour le XVIe siècle,  des entomologistes préoccupés de l'histoire de leur science, ces libellules du Bréviaire Grimani ne sont pas les seules qui soient issues des peintures sur velin de l'École des miniaturistes de Bruges et de Gand : mes recherches en révèlent un certain nombre, et un inventaire plus approfondi des productions de cette École en trouvera bien d'avantage, maintenant que la numérisation sort peu à peu les manuscrits de la confidentialité des réserves des Musées et des Collections. L'avenir dira si l'une d'entre elles peut rivaliser, dans cette période 1475-1561 des miniaturistes d'influence flamande, avec  celle du folio 781v.

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    SOURCES ET LIENS.

    http://manuscripts.org.uk/chd.dk/misc/ABGrim.html

    — La signature d'Alexander Bening 

    http://manuscripts.org.uk/chd.dk/misc/AB1515.html

    — CORBET (Philip S.)  1991, A brief history of odonatology , Adv. Odonatol. 5 : 21-44

    http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document;docid=593082

     

    — MELY (de) : Les inscriptions du manuscrit Grimani, Revue de l'art

    http://www.tpsalomonreinach.mom.fr/Reinach/MOM_TP_071800/MOM_TP_071800_0003/PDF/MOM_TP_071800_0003.pdf

    — PICCHETTI, (Enrico), 1949,  "Libella-ula,  Atti Ist. Veneto Sc. Lett. E Arti, CVII, II, pp.269-279, 1949"

    http://www.beic.it/it/articoli/periodici-istituto-veneto-di-scienze-lettere-ed-arti

    http://gutenberg.beic.it/view/action/nmets.do?DOCCHOICE=7895663.xml&dvs=1519053491494~816&locale=fr&search_terms=&show_metadata=true&adjacency=&VIEWER_URL=/view/action/nmets.do?&DELIVERY_RULE_ID=7&divType=&usePid1=true&usePid2=true

    — PICCHETTI, Enrico. (1960-63): Le denominazioni della libellula nel dominio linguistico italiano, in «Atti dell’Istituto Veneto di Scienze, Lettere ed Arti», Classe di Scienze Morali e Lettere, CXIX (1960-1), pp. 745-788; CXXI (1962-3), pp. 513-560.

    http://www.beic.it/it/articoli/periodici-istituto-veneto-di-scienze-lettere-ed-arti

    http://gutenberg.beic.it/view/action/nmets.do?DOCCHOICE=9224878.xml&dvs=1518640134260~418&locale=fr&search_terms=&show_metadata=true&adjacency=&VIEWER_URL=/view/action/nmets.do?&DELIVERY_RULE_ID=7&divType=&usePid1=true&usePid2=true

    — RUDOLPH (R.)  (1991) Paintings of Zygoptera in the Gutenberg Bible of 1453 Odonatologica 20(1): 75-78

    http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document;docid=591936

    "An Aeshna is illustrated in the Italian "Breviario Grimani"dating from 1495-1500 (PICHETTI, 1949)."

    RATTU, ( Roberto), 2009, Le denominazioni popolari della libellula nelle varieta sarde meridionali https://dialnet.unirioja.es/descarga/articulo/3623166.pdf

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    — SIEGERT (Bernhart), Cultural techniques : Grids, Filters, Doord and other articulations of the real.

    Sources Google

     

     

     

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    Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
    10 février 2018 6 10 /02 /février /2018 23:40

    Zoonymie des Odonates. Avant l'ère des noms, celle des enluminures. Les manuscrits français de la BnF (base Mandragore).

     

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    Voir aussi :

     

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    Résumé : une quarantaine de libellules, peintes dans 19 manuscrits enluminés des collections de la Bibliothèque nationale de France entre le 13e et le 17e siècle, sont étudiées pour enrichir l'histoire des Illustrations en Entomologie d'une part , et de l'Odonatologie d'autre part. Ou comment les insectes sont devenus objets du regard artiste, puis objets de connaissance scientifique.

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     LES LIBELLULES DU SITE MANDRAGORE DE LA BNF.

    Toutes les images sont soumises à l'obligation d'identification de leur origine :

     Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.

     

    Les enluminures sont classées par ordre chronologique comme faire ce peut, et accompagnées d'extraits des Notices de la BnF.

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    LE TREIZIÈME SIÈCLE.

    2 manuscrits, 2 enluminures..

     

    —  Français 19093,  Album de Villard de Honnecourt (vers 1230-1240)  fol. 7v.

       

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc482952

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10509412z/f16.image

    http://expositions.bnf.fr/utopie/pistes/grand/vill.htm

     

    Villard de Honnecourt est un maître d'œuvre né près de Cambrai vers l'an 1200, est célèbre par son Album. Le manuscrit de Villard de Honnecourt, un carnet de format réduit, d'environ 14 cm sur 22,  est composé de feuilles de parchemin portant des dessins sur les deux faces et réunies en cahiers. 66 pages persistent de la centaine de feuilles initiales. La Faune y tient une place importante, à coté de personnages, de croquis d'architectures et de dessins géométriques : on trouve un aigle et un lion, un porc-épic ou un pélican. Leur représentation est étonnamment précise.
     

    Sur le folio 7v figurent à coté d'un labyrinthe deux chats, une écrevisse, une mouche et un Orthoptère (doté d'oreilles !).   La libellule dessinée est un Anisoptère (ailes étendues horizontalement) aux yeux contigus en une zone étroite, aux ailes postérieures plus larges, à leur base, que les antérieures, et à l'abdomen légèrement dilaté à son extrémité ; les appendices anaux sont figurés. Les annelures de l'abdomen ne correspondent pas aux dix segments des Odonates. La précision du contour est remarquable eu égard à la date, et aux autres images qui vont suivre. 

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     Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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    —  Latin 10483 Breviarium ad usum fratrum praedicatorum Bréviaire de Belleville, enluminure par  Jean Pucelle vers 1323-1326 fol. 24v, 

      Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc785374/ca59930198497994

     

    Le peintre et enlumineur  Jean Pucelle est actif entre 1319 et 1334. .

    "Jean Pucelle a introduit dans l'art de l'enluminure parisienne, jusqu'alors routinier, une nouvelle conception de l'espace dans la peinture venue d'Italie. Inspiré de l'art siennois et notamment de Duccio di Buoninsegna, il en reprend aussi le sens plastique. Cette inspiration italienne est tellement prégnante que certains historiens ont même avancé l'hypothèse qu'il pourrait s'agir d'un artiste italien (Giovanni Pucelli) venu s'installer à Paris. Il insuffle en tout cas un nouvel élan dans l'enluminure parisienne qui se perpétue dans de nombreux suiveur jusqu'à la fin du xive siècle dont le plus célèbre est Jean le Noir. D'après les rares manuscrits qui lui sont directement attribués, son style semble cependant très hétérogène et la part des collaborateurs est difficile à déterminer, si bien que l'on préfère parler d'un style pucellien" Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Pucelle

    Image :image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8451634m/f50.image

    La libellule appartient à l'encadrement d'une page consacrée au Psaume 38 et illustrée par le roi Saul menaçant le jeune  David de sa lance. La marge proche montre un démon jouant de la flûte traversière, et une femme voilée tenant un miroir ou n instrument à archet. Plas bas se trouve un faisan, un singe tenant un papillon identifiable (Aglais urticae), un escargot et un autre papillon. Les fleurs bleues sont des Ancolies du Genre Aquilegia.  Cette précision dans les représentations naturalistes peuvent nous inciter à penser que la libellule n'est pas imaginaire, mais basée sur l'observation. Ses ailes sont étendues latéralement comme celles d'un Anisoptère, ses deux yeux en perle sont légèrement écartés comme ceux des Gomphes, le thorax est ovoïde et l'abdomen est annelé et peut-être velu. Le corps est bleu-vert. Les ailes sont translucides avec  le tiers distal noir, comme  celles du Calopteryx splendens. Finalement, aucune détermination, fut-ce de Famille, n'est possible pour moi.

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    Source BnF Gallica

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    Source BnF Gallica

     

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    LE QUATORZIÈME SIÈCLE.

    1 manuscrit, 1 enluminure.

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    —  Français 13096 Apocalypse de saint Jean, bible nt ap glos. Par Colin Chadewe Belgique 1313,  fol. 80.

    Wikipédia Apocalypse de 1313 :

     

    " L'ouvrage a été achevé en octobre 1313 par un enlumineur du nom de Colin Chadewe ou Chadelve, un peintre mosan actif à Liège à l'époque. Il s'agit de l'un des plus anciens manuscrits signés exécutés par un laïc.

    Le manuscrit pourrait avoir été réalisé pour Isabelle de France, fille de Philippe le Bel et épouse d'Édouard II d'Angleterre. 

    Les miniatures, très nombreuses (162), insistent particulièrement, et ce pour une des premières fois, sur la représentation de l'Enfer. Plusieurs images sont consacrées au supplice des différents métiers de l'artisanat, chacun étant supplicié avec les outils traditionnel de son activité."

     

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc439794

     

    A la fin (f. 167), on lit : « L'an de l'Incarnation M.CCC. et XIII, le semedi après le sain Donis fut parfais cis Apokapse. Colins Chadewe l'ordinat et l'enluminat. » — Très nombreuses miniatures dans la première partie du volume.

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10533304x/f167.image

    L'enluminure représente un ange tendant une baguette vers un édifice dans lequel les 12 apôtres, reconnaissables par leurs attributs, occupent  des loges individuelles :  sans-doute une représentation de l'Église placée en haut de dix degrés.

     Dans l'encadrement, quatre libellules occupent les coins de l'enluminure, comme si elles la portaient dans les airs tels des anges. Elles diffèrent toutes par les couleurs (associant le rouge, le vert pâle et le brun)  du corps et des ailes. celles du haut à gauche porte un plumet et deux petits cercles à l'extrémité de l'abdomen. Ici, à la différence du travail de Jean Pucelle, le but est majoritairement décoratif sans aucune autre inspiration naturaliste que de pouvoir se dire : "tiens, ce sont des libellules".

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     Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

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    LE QUINZIÈME SIÈCLE.

    12 manuscrits, 30 enluminures.

     

    Français 263, Titus Livius, ab urbe condita (trad. Pierre Bersuire), Les Décades de Tite-Live Paris, 1400-1405, fol. 356.

    L'illustration est due au peintre appelée par Millard Meiss le Maître du Virgile, d'après le manuscrit Med. Pal. 69 de la Bibliothèque Laurentienne , daté de 1403.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AEtre_de_Virgile

    Le manuscrit contient rois grandes peintures au début de chaque Décade : f. 10 ( 150 x 180 mm.; f. 198 (140 x 180 mm.); f. 356 (165 x 180 mm.), et 26 miniatures (80 x 80 mm) en tête de chaque Livre.

     

     

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc78552b

    Le folio 356 comporte un titre LE PREMIER LIVRE DE LA TIERCE DECADE, au dessus d'une enluminure divisée en quadrants représentant  Les envoyés athéniens à Rome; les Romains en prière; une bataille; le triomphe de Cornelius Lentulus. Une frise à fleurs de lys libère un rinceau d'encadrement, où nous pouvons découvrir dans les marges inférieure et droite 5 oiseaux, une perruche, trois papillons, et une libellule. 

    Cette libellule de corps et de tête bleus et aux ailes grises possède deux très longues antennes dignes d'une sauterelle. Les yeux sont déportés sur le coté de la tête. Les ailes sont étendues mais ne sont pas perpendiculaires au corps. Le fin abdomen se termine par deux fins appendices. Au total, toute détermination est impossible.

    Image :http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8451118s/f713.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 
    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Latin 1156 B horae ad usum romanum, Heures de Marguerite d'Orléans,  Rennes vers 1430,  fol. 160.

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc590877

    Les enluminures sont attribuées au Maître de Marguerite d'Orléans, actif à Bourges, Rennes, Angers et Poitiers entre 1428 et 1465. C'est vers 1430 qu'il réalise son chef-d'œuvre pour Marguerite d'Orléans, l'épouse de Richard d'Étampes, le fils du duc de Bretagne. 

    Le maître anonyme est particulièrement doué pour ses décorations marginales dans lesquelles il fait preuve d'une grande originalité. Pour le reste, il réemprunte des modèles du Maître de Boucicaut, aux Limbourg ainsi que ses propres modèles qu'il réutilise dans un style de plus en plus lourd jusqu'à la fin de sa carrière

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    Le folio 160 montre le Christ-Roi  Sauveur assis sur un trône et entouré de chérubins bleus.  Cette ilage sacrée est encadrée une première fois par une scène où un couple royal (siège azur fleurdelisé) et leurs enfants reçoivent deux archers tenant leurs flèches et des bilboquets. Un couple d'oiseaux et un couple de papillons sont placés dans la colonne droite de ce premier encadrement. Le second encadrement accueille une scène de tournoi entre deux hérauts, deux cavaliers et autres personnages, des oiseaux au nid,  et enfin un couple de libellules, parmi de nombreuses fleurs.

    Les libellules sont bleues, aux ailes grises étendues latéralement, au thorax dilaté et à l'abdomen fin. Aucune suggestion naturaliste n'est possible.

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    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502614h/f331.image

    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Latin 1156 B horae ad usum romanum, Heures de Marguerite d'Orléans,  Rennes vers 1430,   fol. 172,  

    Le folio 172v montre le miracle de saint Nicolas. L'encadrement est occupé par cinq femmes évoluant parmi des fleurs et entourées d'abeilles et de quatre papillons.

     

    Les libellules sont les mêmes que pour le folio 160, mais placées l'une derrière l'autre et non en position spéculaire. Leurs ailes sont désormais dressées verticalement.

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502614h/f355.image.

    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Latin 1156 B horae ad usum romanum,  Heures de Marguerite d'Orléans,  Rennes vers 1430 fol. 177.

    Le folio 177 qui appartient aux Suffrages montre les Apôtres avec saint Paul face à saint Pierre, au dessus du texte Salvator Mundi, Salva nos omnes. L' encadrement floral (fleurs bleues et fleurs blanches donnant des fruits verts et bruns en forme de courges ou concombre) abrite cinq papillons et quatre oiseaux.

    Une seule libellule est représentée, de même type que les précédentes, aux ailes dressées, buvant au calice d'une fleur de Liseron, au mépris de toute réalité naturelle.

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52502614h/f365.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Français 130 Boccace, de casibus virorum illustrium  (traduction en 1409 par Laurent de Premierfait, clerc du diocèse de Troyes), Paris, 3eme quart XVe (1450-1475) fol. 278v, 

     

    Notice http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc43933v

    Le folio 278v débute le 7ème Livre et montre un homme poursuivi par des assaillants et prenant refuge au pied d'une statue. L'encadrement de rinceaux ( baie, campanule, chardon, fraisier, giroflée,  mouron, pâquerette, pervenche, sainfoin, véronique ) contient un serin  et une libellule.

    Cette libellule est bleue aux ailes blanc-gris dressées verticalement. L'abdomen fin, cylindrique, est divisé en dix segments. Le sous-ordre des Zygoptères pourrait être évoqué, mais les yeux sont ici contigus, et non séparés. 

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10532640k/f562.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Français 328, Le Livre des hystoires du Mirouer du monde, 3eme quart XVe  (1450-1475) Français fol. 23r 

    Le folio 23r et le folio 23v relatent la guerre de Troie. Les rubriques indiquent   : Comment le roy priant [Priam] fut doulant quant on luy porta la nouvelle que troye estoit destruite et son pere occis,  et Comment le roy priant de troye tint conseil comment il se pourroit venger des grecz

    Les encadrements des enluminures, construits selon un schéma constant, associent des rinceaux à fleurs et baies avec une scène allégorique en bas et une scène cocasse en haut entre un motif central et un motif périphérique. Les deux folio 23r et 23v répètent dans l'encadrement supérieur la même scène où un archer en buste sur le calice d'une fleur vise une libellule anthropomorphe. Seules les quatre ailes en croix autour du buste permettent de parler ici d'une "libellule".

     

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc497362

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52000962r/f51.item.zoom

     

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    Source BnF gallica

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    Français 328, Le Livre des hystoires du Mirouer du monde, 3eme quart XVe  (1450-1475) Français fol. 23v

     

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc497362

    Image http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52000962r/f52.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Français 995, Dit des trois vifs et des trois morts, XVe siècle folio 22v

     

    Martial d'auvergne 1430 — Mort à Paris le 13 mai 1508

    dragons, papillons, mouches, escargots

    Folio 22v encadrement inférieur

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059983v/f24.item.zoom

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059983v/f38.item.zoom

    https://www.arlima.net/mss/france/paris/bibliotheque_nationale_de_france/francais/00995.html

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059983v/f23.image

    Cette libellule,et celles des pages qui vont suivre, sont dotées de quatre ailes en forme de feuille, d'un thorax en ballon de rugby et d'une tête de lapin. Leurs abdomen est tronçonné en chapelet. 

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Français 995, Dit des trois vifs et des trois morts, XVe siècle folio 25

    Folio 25 encadrement inférieur http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059983v/f27.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Français 995, Dit des trois vifs et des trois morts, XVe siècle folio 31

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059983v/f32.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Français 995, Dit des trois vifs et des trois morts, XVe siècle folio 33

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059983v/f34.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Français 995, Dit des trois vifs et des trois morts, XVe siècle folio 36v

    Folio fol. 36v, Encadrement inférieur .

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9059983v/f37.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Nouvelle acquisition latine 3115 horae ad usum parisiensem XVe, fol. 4, 

      encadrement

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc70997z

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550008032/f19.image

     

    Peintures à mi-page, avec encadrements ornés de fleurs, fruits, personnages et animaux ; calendrier avec encadrement du même type orné de médaillons peints. Grandes initiales peintes, trois historiées ; petites initiales d'or sur fond bleu ou bleu sur fond rouge à filigranes. Bouts de ligne peints. Rubriques.

    Là encore, comme dans Français 995, nous avons une représentation médiévale, presque archaïque de l'insecte, juste suffisante pour reconnaître qu'il s'agit d'une libellule, mais sans aucun souci de réalité. Une autre époque, avant l'arrivée des artistes de Bruges.

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Nouvelle acquisition latine 3115 horae ad usum parisiensem XVe, fol. 8r

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550008032/f27.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Nouvelle acquisition latine 3115 horae ad usum parisiensem XVe, fol. 33.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550008032/f77.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Nouvelle acquisition latine 3115 horae ad usum parisiensem XVe, fol. 58v

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550008032/f128.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Nouvelle acquisition latine 3115 horae ad usum parisiensem XVe, fol. 71.

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    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550008032/f153.image

     

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Nouvelle acquisition latine 3115 horae ad usum parisiensem XVe, fol. 76r.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550008032/f163.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Nouvelle acquisition latine 3115 horae ad usum parisiensem XVe, fol. 81.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550008032/f173.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Nouvelle acquisition latine 3115 horae ad usum parisiensem XVe, fol. 122

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550008032/f255.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

     

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    —   Rothschild 2973, Chansonnier cordiforme de Montchenu. Recueil de Chansons italiennes et françaises. Savoie, Vers 1475. Fol 7.

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc37421r

     

    Provenance : Jean de Montchenu, évêque d’Agen puis de Viviers ; ex-libris Giuseppe Orazio Pucci, chevalier de Malte (1782-1838) ; anciennes collections Chédeau, notaire de Saumur (Cat. 1865, n°587), baron Jérôme Pichon (1812-1896, Cat., 1869, n° 636 ; 1897, n° 900) et baron James de Rothschild (1844-1849) ; legs du baron Henri de Rothschild (1872-1947) à la Bibliothèque nationale (1949). 

    Joyau de la collection Rothschild, ce célèbre manuscrit cordiforme a été exécuté dans les années 1470-1475 pour Jean de Montchenu, ecclésiastique savoyard de souche noble au caractère belliqueux et à la réputation sulfureuse. Après avoir débuté sa carrière comme Frère de l’ordre hospitalier de Saint-Antoine et protonotaire apostolique, celui-ci fut successivement conseiller de l’évêque de Genève Jean-Louis de Savoie, commandeur du prieuré de Saint-Antoine de Ranverso en Piémont, évêque d’Agen en 1477, puis de Viviers de 1478 à 1497. Très engagé dans la vie politique de son époque, il eut de nombreux démêlés avec l’évêque de Genève et prit un temps le parti de Charles le Téméraire, avant de se ranger aux côtés de Louis XI qui le récompensa en lui donnant l’évêché d’Agen. Surmontées d’un chapeau de protonotaire, les armes qui ornent le frontispice de ce recueil de chansons, écartelé, aux 1er et 4e de gueules à la bande engrêlée d’argent chargée d’une aigle d’azur, et accompagné en chef d’un tau d’or, aux 2e et 3e pallé d’or et d’azur, indiquent que Montchenu en fut le commanditaire. L’aspect et la couleur du chapeau, qui est celui d’un protonotaire et non d’un évêque, permettent de situer l’exécution du manuscrit entre 1460 et 1477, époque où Jean de Montchenu était protonotaire, et non évêque. Le contenu du répertoire musical et la comparaison avec d’autres chansonniers contemporains permettent d’affiner cette datation dans les années 1475.

    Cet étonnant volume se distingue par sa sa forme : un cœur en position fermée, deux cœurs accolés en position ouverte, une forme rarissime dont nous ne connaissons pas d’autre témoignages matériels, à l’exception d’un livre d’heures à l’usage d’Amiens (Paris, BnF latin 10536), du XVe siècle, et de deux recueils poétiques italiens du XVIe siècle à Pesaro (Biblioteca Oliveriana, ms. 1144 et 1145). 
    Ce manuscrit renferme une remarquable sélection de 43 chansons amoureuses issues des répertoires français et italien, les unes signées par de grands compositeurs de l’époque, tels Dufay, Ockeghem, Busnois, Binchois, van Ghizeghem, les autres anonymes. A l’image de la Savoie, véritable creuset d’influences nordiques et méridionales de par sa position charnière entre la France et l’Italie, le contenu du chansonnier se répartit entre 13 chansons italiennes, placées en tête, et 30 chansons françaises. La qualité et la diversité des pièces, qui offrent un échantillonnage équilibré et représentatif de la production musicale de l’époque, et la présence de chansons parodiques, un genre très en vogue dans les années 1460-1470, font de ce chansonnier un recueil unique.

    image :http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b525044884/f23.image

    C'est sans-doute la peinture, peu soucieuse de réalisme, d'un Zygoptère, aux ailes redressées, aux ailes vertes semblables à des feuilles, à l'abdomen incurvé vert et blanc-crème, au thorax brun et aux antennes exagérées.

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —   Rothschild 2973, Chansonnier cordiforme de Montchenu. Recueil de Chansons italiennes et françaises. Savoie, Vers 1475, fol. 7v.

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    Ce nouvel exemple est semblable au précédent.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b525044884/f24.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —   Rothschild 2973, Chansonnier cordiforme de Montchenu. Recueil de Chansons italiennes et françaises. Savoie, Vers 1475 fol. 30.

    Les ailes sont bleues, les yeux contigus, le thorax indistinct, l'abdomen vert et blanc effilé dans la moitié distale, avec une paire d'antennes qui ressemblent à une quatrième paire de pattes.

    image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b525044884/f69.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —   Rothschild 2973, Chansonnier cordiforme de Montchenu. Recueil de Chansons italiennes et françaises. Savoie, Vers 1475, fol. 30v.

     

    Ce spécimen n'est pas plus convaincant que les précédents, avce ses ailes brunes.

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b525044884/f70.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Français 2643, Chroniques de Jean Froissart, Bruges, vers 1470-1475, fol. 207. 

    Notices :

    http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc491411

    http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc491411/ca19799287

    "Le manuscrit de Gruuthuse est un manuscrit illuminé richement illustré en quatre volumes et contenant un texte français issu des Chroniques de Jean Froissart. Ces manuscrits sont actuellement conservés à la Bibliothèque nationale de France sous les cotes Français 2643 à 2646.

    Le texte de Jean Froissart qu’il contient a été recopié de manière manuscrite en plus de 100 exemplaires. Le manuscrit de Gruuthuse en est un des mieux illustrés, commandé par Louis de Gruuthuse, un noble flamand passionné de livres, dans la première moitié des années 1470. Les quatre volumes contiennent 112 miniatures de tailles variées peintes par certains des meilleurs artistes brugeois de l’époque. 

    Loyset Liédet réalisa les soixante miniatures des deux premiers volumes. Il était un brillant réalisateur d’enluminures, travaillant principalement sur les manuscrits pour Philippe III de Bourgogne et sa cour. Il avait probablement des assistants, même s’il est difficile de l’affirmer en observant ses travaux.

    Les deux derniers volumes [dont celui-ci, Fr. 2643], plus fins, furent illustrés par des artistes anonymes désignés sous le nom de Maître d'Antoine de Bourgogne, du Maître de Marguerite d'York, et de Maître du Livre de prières de Dresde, assistant du premier."

     https://fr.wikipedia.org/wiki/Chroniques_de_Froissart_(manuscrits_Gruuthuse)

    Le Maître du Livre de prières de Dresde (actif à Bruges entre ca 1465 et 1515) : Nommé à partir d'un Livre d'heures conservé à Dresde (Dresden, Sächsische Landesbib., A311 ; plus 2 miniatures détachées à présent au Louvre (Paris), inv. 20694 et bis), cet enlumineur prolifique  a travaillé sur une cinquantaine de manuscrits, surtout apprécié pour ses vignettes illustrant les marges des calendriers, où son art s'est pleinement épanoui.  On lui doit entre autres :

     Livre d'heures du Fitzwilliam Museum ; 

    Heures de Jean Carpentin, seigneur de Graville vers1470 (Coll. part.);

    Les Heures Salting (vers 1470-1475), ou Marmion Hours, Londres, Victoria and Albert Museum 

    Heures Crohin-La Fontaine Ms 23 (1480-1485), Jean Paul Getty Museum ;

    Bréviaire de la reine Isabelle de Castille,1480, London, BL, Add. 18851 ;

    Les Heures Huth (1485-1490), London, British Library Add MS 38126 

    Heures Emerson White Van Sinderen (calendrier), Université Harvard, bibliothèque Houghton, Typ. 443-443-1.

    Pierpont Morgan Library M 1077 (1475-1485) [Images ici]; Pour ce qu'en montrent les images présentées, les bordures fleuries n'utilisent pas le procédé de trompe-l'œil par ombrage, et ne contiennent que peu ou pas d'insectes. 

    Livre d'heures de la British Library, Egerton 1147;

    "Avec plus de cinquante manuscrits conservés, ce peintre compte parmi les enlumineurs flamands les plus productifs et les plus originaux du Moyen Âge tardif. Formé peut-être à Utrecht, il apparaît à Bruges à la fin des années 1460. Ses premiers travaux pourraient être quelques miniatures dans deux volumes d'un Froissart pour Louis de Bruges, seigneur de Gruuthuse, enluminés par l'atelier du Maître d'Antoine de Bourgogne (Paris, BnF, Fr. 2645-2646). Le Maître du Livre de prières de Dresde connaissait parfaitement le style de ce dernier ; dans un livre d'heures extrêmement original réalisé pour un noble normand, Jean de Carpentin (collection privée anglaise), il en imite même la facture picturale particulière, avec des pigments d'or et d'argent sur fond noir. En collaboration avec d'autres enlumineurs, le Maître du Livre de prières de Dresde copie, également pour Louis de Bruges, le fameux Livre des tournois de René d'Anjou (Paris, BnF, Fr. 2693). Enfin, il enlumine deux Valère Maxime, respectivement pour Jean de Gros, secrétaire du duc de Bourgogne, et pour Jean Crabbe, abbé de l'abbaye des Dunes à Bruges (Leipzig, Universitätsbibliothek, ms. Rep. I. 11.b, et Bruges, Groot Seminarie, ms. 157/188-159/190). [...] Probablement à la demande de Maximilien Ier d'Autriche, il enlumine jusqu'en 1487-1488 un somptueux bréviaire destiné à Isabelle la Catholique (Londres, British Library, Add. ms. 18851), qui demeurera inachevé. En effet, le soulèvement en Flandres incite le peintre à se rendre d'abord dans l'évêché de Tournai (bibliothèque de la Ville, Cod. 4.A : cartulaire de l'hospice Saint-Jacques), puis à Amiens, où il peint quatre livres d'heures ainsi qu'un évangéliaire pour le maïeur de la ville Antoine Clabault (Paris, bibliothèque de l'Arsenal, ms. 661). Après la pacification des Flandres, il retourne à Bruges avant 1500 et reste en activité pendant deux décennies encore, alors que sa vue semble baisser. Pourtant, on lui confie encore deux doubles pages dans les superbes Heures Spinola enluminées vers 1515-1520 par des artistes plus jeunes, probablement pour Marguerite d'Autriche (Los Angeles, The J. Paul Getty Museum, ms. Ludwig IX 18).' .http://arts-graphiques.louvre.fr/detail/artistes/0/2988-MAITRE-DU-LIVRE-DHEURES-DE-DRESDE

    "Ce  peintre témoigne d'une extraordinaire originalité. À une époque où les artistes privilégiaient les costumes élaborés et les postures artificielles, cet enlumineur donnait à ses personnages une qualité plus douce et plus innocente. Il avait une  capacité particulière pour introduire de l'humour ou de l'ironie dans une scène familière, et il montre une sympathie particulière pour les personnages grossiers ou simples. La nouveauté de ses couleurs - incluant l'orange éclatant, le bleu canard et le rouge bourgogne, les bleus riches et parfois le noir , souvent arrangées dans des combinaisons surprenantes, témoigne encore plus de l'originalité rafraîchissante de son art." Adaptation-traduction de la notice du Paul Getty Museum, site sur lequel on trouvera de nombreuses enluminures de cet artiste.

    http://www.getty.edu/art/collection/artists/1160/master-of-the-dresden-prayer-book-flemish-active-about-1480-1515/ 

     

    "C'est un maître anonyme enlumineur actif en Flandre des années 1460 à 1520. Les plus anciennes miniatures qui lui sont attribuées appartiennent à deux manuscrits de Froissart, réalisés pour Louis de Gruuthuse par le Maître d'Antoine de Bourgogne. Il fait sans doute partie de cet atelier, où il participe à la réalisation de plusieurs manuscrits pour la cour des ducs de Bourgogne. Il illustre le Livre des tournois de René d'Anjou pour le même Louis de Gruuthuse, et deux manuscrits de Valère Maxime, l'un pour Jean de Gros, secrétaire du duc, l'autre pour Jean Crabbe, abbé de l'abbaye des Dunes. Il collabore alors fréquemment avec les plus grands enlumineurs flamands de la période : Simon Marmion, le Maître viennois de Marie de Bourgogne, Gerard Horenbout, Alexander Bening. Il est aussi amené à diriger la réalisation de plusieurs manuscrits avec leur collaboration.

    Dans les années 1470, il réalise plusieurs manuscrits comportant des miniatures dont le décor marginal sur fond coloré, aux ornements en trompe-l'œil, contribuent à forger le style de l'école ganto-brugeoise." (Wikipédia)

     

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84386043/f437.image

    Le folio 207 est précédé de la rubrique Ci parle de la bataille de poitiers entre les prince de galles et le roy jehan de france. La bataille de Poitiers a eu lieu en 1356. L'enluminure la met en scène dans une fenêtre au dessus des deux colonnes du texte. L'  encadrement occupe les deux cotés et la partie inférieure de la page. En bas, un cerf poursuivi par un piqueur sonnant de la trompe et harcelé par quatre chines se dirige vers une femme, parmi des fleurs d'ancolie. La marge gauche est occupée par un oiseau parmi   des pâquerettes, des véroniques, du houx aux baies rouges. La libellule occupe la marge droite, sous un enfant nu tenant un chapeau, accompagnée d'un singe présentant les armoiries de France, d'un oiseau parmi les roses, les bleuets des violettes et les fraises des bois.

    On pouvait espérer trouver ici une bordure en trompe-l'œil avec des effets d'ombres et de lumière propre au style ganto-brugeois, mais ce n'est pas le cas. Néanmoins, la libellule possède certains traits témoignant des préoccupations naturalistes de cette école. Nous pouvons préciser qu'il s'agit d'un Zygoptère, dont les deux yeux en perle sont séparés et écartés. Les ailes, étroites,  sont dressées verticalement. Elles sont brunes, sans ptérostigmas, sans détail des nervures. L'abdomen fin et cylindrique est divisé en 9 segments par des traits noirs. Le thorax trapézoïdal est nettement distinct de l'abdomen. La tête, les yeux, le thorax et l'abdomen sont verts. Les six pattes sont noires, ciliées de soies ou de barbes. Une fleur cache les appendices anaux. Tout cela permet d'affirmer le sous-ordre des Zygoptera sans aller au delà de cette précision.

    Par contre, si nous considérons la saynète composée par l'enfant et l'insecte, il est possible de suggérer que nous sommes devant une peinture, assez rare, de chasse entomologique au chapeau, bien attestée pour les papillons.

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    — Arsenal  638 Livre d'Heures, en latin, Manuscrit dit du "Maître-aux-fleurs", fin XVe siècle (entre 1465 et 1515), folio 4v. 

    N.B : le second volume Arsenal ms 639 complètement exploré ne montre pas de libellule.

    Ce manuscrit, qui se poursuit par l'Arsenal Ms 639, a peut-être été commandité par un breton, car on y trouve des saints bretons dans le calendrier, comme Gildas, Salomon, Yves Donatien, Corentin ou Malo.  Il tient son surnom (Heures du Maître-aux-fleurs) de son décor de fleurs et d'insectes dans le style "ganto-brugeois", qui  serait dû en réalité à trois grands maîtres de l'enluminure flamande,  le "Maître du livre d'heures de Dresde", le le Maître des Livres de prières, et enfin un disciple de Simon Marmion.    Mais le folio 4v, comme les enluminures du Calendrier de ce manuscrit sont attribuées au Maître du Livre de prière de Dresde, actif à Bruges entre ca 1465 et 1515. C'est à dire l'auteur du folio 207 du Français 2643 que nous venons d'examiner. 

    Le calendrier est disposé en douze doubles pages décorées de façon identique : le calendrier proprement dit est placé dans un encart qui occupe la moitié de la surface, tandis que l'autre moitié est celle des bordures à rinceaux et insectes. 

    Le calendrier proprement dit comporte dans une ornementation végétalisée signe de la croissance du temps,  les deux lettres KL pour Kalendae. Puis vient le nombre de jours solaires et lunaires (Aprilis habet dies XXXI et luna XXX). Les sept lettres dominicales sont énumérées verticalement selon le décompte, comme ici  G, A, B, C, D, E, F, G, A, B, C etc. Devant la plupart des lettres est indiquée la fête liturgique, à l'encre noire, ou, dans certains cas, en couleur bleue.

    Pour le mois d'Avril, ces saints sont : 

    –Au folio 4v,  Marie egypciace (9 avril) , Ambrosii episcopi (Saint Ambroise évêque), Vincenti (Vincent Ferrier, 5 avril), Sixte pape (6 avril), Perpetui episc. (Saint Perpétue, évêque 8 avril)  Prothex dyacre, Ézéchiel prophète, Leonis pape (11 avril), Jule pape (12 avril), Tyburcii [Valeriani et Maximi martyrum ] (14 avril). Les jours des fêtes sont indiquées par moi selon Pétin 1850

    Saint Vincent Ferrier ayant été canonisé en 1455, c'est une indication supplémentaire pour la date de ce manuscrit.

    –Au folio 5r, nous trouvons : petri diaconi,  Victoris pape, Jan pape, Georgi martyris (Saint Georges, martyr 23 avril), alexandre, martyr (24 avril), Marc, évangéliste, (25 avril), Cleti pape (Saint Clet, 26 avril), Anastacy pape (Anastase Ier, patriarche, 21 avril) puis les mentions Pet[rus] de ordis p[re]dic[atorum] (*), Vigilia. (* on trouve aussi  Petri martyri de ordine sancti domini ; il s'agit de Pierre de Vérone, martyr, fêté le 28 ou 29 avril sur les missels et bréviaires du XVIe siècle, ou fin XVe)

    Enfin, le calendrier est bordé par une vignette consacrée à une seule fleur, selon un procédé qui rappelle celui employé par Bourdichon dans les Grandes heures d'Anne de Bretagne. Février reçoit la Rose de Provins et la Pervenche, Mars bénéficie du Compagnon rouge et de la Gesse,  et  Avril  de la Rose blanche et de la Bourrache, Mai se réserve l'Ancolie. (sous réserve)

    Les bordures renferment quatre à six médaillons délimités par des tronçons de tiges, et  renfermant pour chaque mois : -le signe du Zodiaque (ici, un taureau f.5r) ;- l'activité du mois (janvier, se chauffer au feu ; février couper du bois ; ici, planter des arbres) ; -et les fêtes principales avec leur saint. Les deux saints représentés ici sont saint Georges (dont la fête tombe le 23 avril) et saint Marc (qui tombe le 25 avril). Ces fêtes sont importantes pour la vie paysanne car ces deux saints appartiennent aux  « cavaliers du froid » qui arrivent entre le 23 avril et le 3 mai, avec l’équinoxe de printemps et les gelées blanches : Saint Georges (23 avril), saint Marc(25 avril), Saint Eutrope (30 avril). Ils marquent   dans certaines régions  les dernières gelées ont lieu en avril et s'étendent sur une quinzaine de jours. Ailleurs ils déterminent les semailles : "A la saint Georges , bon homme, sème ton orge ; à la saint Marc , il est trop tard". C'est peut-être en fonction de ces considérations que le médaillon de l'activité du mois d'avril montre un homme coiffé d'un bonnet rouge dans un champ cultivé, entre deux arbres, tenant sur son épaule un arbrisseau et dans la main gauche le manche d'un outil (bêche ?) ou de son épée. Cet homme n'a pas la tenue d'un paysan, et le médaillon homologue des Huth Hours montre, sur une route, un seigneur aux interminables poulaines, accompagné de son épouse en robe, collier, hennin et voile, et de leur garçon. Les deux hommes tiennent un arbrisseau sur l'épaule, ils vont manifestement participer à un rite de plantation plutôt que de se livrer à des travaux agricoles. Ce serait ici une représentation de la tradition de planter un arbre le 1er mai, ou le dimanche précédent le 1er mai, ou dans la nuit entre le 30 avril et le 1er mai. Ce rite ancestral, "patrimoine immémorial de l'humanité", célèbre dans le monde celte la fin des calendes d'hiver Kala-Goañv et le début des calendes d'été Kala-Hanv  selon la partition du calendrier breton. Il  y est moins question de plantation que d'offrande d'une branche reverdie à la femme aimée, dans un culte de la fécondité et la célébration du désir amoureux, et la branche d'arbre était soit accrochée sur une porte, soit promenée comme par procession, ce qui éclaire mieux les deux médaillons d'Ars. 638 et de BL add 38126.

    Les bordures se déploient sur un fond uni, couleur beige ponctué de points d'or simili cuir, sauf mai et novembre qui bénéficient d'un très beau bleu.  Ce sont soit les arabesques de rinceaux de tiges distribuant leurs fleurs et leurs feuilles, soit des fleurs coupées, comme jetées ou posées sur le parchemin. C'est le cas pour le mois d'avril, et on identifie facilement sur le folio 4v la Rose, la Pensée sauvage Viola tricolor et la Violette blanche Viola alba, la Pervenche, la Véronique, le Lys orange, une feuille de fraisier,  ainsi que deux papillons. 

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    Pour apprécier ce calendrier, il faut le comparer à celui du livre d'Heures Arsenal Ms 290 : attribué au même enlumineur, on y trouve deux médaillons, celui du Taureau zodiacal et celui de l'homme plantant un arbrisseau, très comparables comme sujets mais beaucoup plus fruste comme qualité. Le fond est blanc, le  calendrier est pauvre (5 fêtes), les bordures (uniquement pour le recto) occupées par  des rinceaux répétitifs à une seule sorte de fleur et sans effet de trompe-l'œil, et sans insectes. La structure globale est la même, mais sans aucun souci de réalisme dans la représentation de la Nature.

    On le comparera aussi, comme nous venons de le faire pour le médaillon, avec le calendrier de  BL. add 38126 . Les saints  sont Quinciani martiris, Ambrosii episcopi, Marie egypciace, Leonis papae, Tyburcii Valeriam,  Eleutherii confessor, Georgii martyris, Marci euvangeli, Petri martyris. Les deux médaillons s'inscrivent dans un cercle d'or ; j'ai décrit le premier, où le couple galant promène l'arbre de mai, et le second représente un berger jouant un air de flûte à son chien, sous le signe du Zodiaque. Au folio 4v, un rinceau d'acanthes produit des fleurs aux improbables combinaisons de bleu, de rouge et de blanc, mas ces plantes peu naturelles bénéficient d'un effet d'ombrage en trompe-l'œil. Le folio 5r s'enrichit d'un papillon brun à ocelle noir dont il est possible de préciser, si ce n'est le genre, du moins la famille, celle des Nymphalidae, et la sous-famille, celle  des Satyrinae. Et un esprit peu pointilleux pourrait souffler le nom du Grand Nègre des Bois. Enfin, dans le même folio 5r sont figurées la Véronique (Petit-chêne ?) et la Pensée sauvage Viola  tricolor . Ce manuscrit présente donc des similitudes importantes avec l'Arsenal 638, mais ne comporte pas ses fleurs jetées au naturel sur la page qui  a donné à ce dernier le nom de Manuscrit du Maître-aux-fleurs".

    Un troisième manuscrit s'offre à la comparaison, Houghton Typ 433.

    https://iiif.lib.harvard.edu/manifests/view/drs:49314349$1i

    Le calendrier occupe là encore la moitié de la surface du folio, mais n'est pas orné d'une vignette monoflorale comme Arsenal 638. Le fond de la bordure varie de couleur à chaque page, il est mauve pour le folio 4v d'Avril. L'artiste place dans ses bordures soit des rinceaux entrecroisés où des fleurs et insectes sont insérés, soit le "jeté" de fleurs au naturel comma dans le folio 4r de mars. On trouve un seul médaillon par page. Pour la première page d'Avril, le jeune homme se promène avec sa bien-aimée sur une route traversant des vergers aux arbres en fleurs. Il s'appuie sur une canne, mais ne porte aucun arbre ou ne tient aucune branche. Il est toujours très élégant, avec un beau bonnet à plume. Les fleurs de cette page sont des roses blanches, des Véroniques, des Bourraches, des Violettes, à coté d'une fraise des bois. Sur le médaillon de la page suivante, le même galant, parvenu au village, tend une fleur à sa belle, sous le signe du Taureau. On remarque parmi les fleurs sont l'œillet rouge et l'Ancolie. Aucun insecte, mais un passereau à gauche. Les ombres portées des tiges ou des fleurs ne sont pas oubliées. Ce manuscrit est daté entre 1485 et 1490. Si on admet, avec le temps, une préoccupation accrue de cet artiste pour rendre fidèlement les objets naturels comme les fleurs et les animaux, et une meilleure maîtrise de sa peinture, cela suggérerait qu'Arsenal 638 est plus tardif qu' Arsenal 290, que BL. add 38126 et peut-être même que Houghton Typ. 433, dont il est le plus proche. Or, je découvre, au folio 7 de celui-ci, pour le mois de juin, une libellule bleue, une Demoiselle dont les ptérostigmas n'ont pas été oubliés.

    Enfin (parce que c'est l'ordre de mes recherches, mais il aurait fallu commencer par cela), on consultera le calendrier du Livre d'Heures éponymes à l'usage de Rome Dresde SLUB A 311. Ce manuscrit est daté vers 1470, et pour le calendrier, une enluminure représentant à la fois le signe du zodiaque et l'activité du mois, sans texte, alterne avec la page des renseignements calendaires. Le mois d'avril occupe les folio 4v et 5. L 'enluminure en pleine page représente un couple élégant, l'homme tenant la branche fleurie sur l'épaule droite, et une lance dans la main gauche (ce chasseur est accompagné de son lévrier). Une jeune femme, en coiffe à hennin, lui donne le bras.L'arrière-plan montre des arbres à fleurs blanches témoignant du renouveau printanier, une église et un château à poivrières. En bordure, ce sont des rinceaux stylisés bleus, verts et or, de rares plantes au naturel (pâquerette et fraisier), et des chimères issus des drôleries médiévales. Les saints sont les mêmes que ceux des autres calendriers, sans Vincent Ferrier. Je ne vois aucun insecte dans ces bordures. Il figurerait volontiers parmi les plus précoces de notre ensemble.

    Après ce long préambule, étudions la libellule d'Arsenal 638. Elle est brune sur l'ensemble du corps, ses yeux sont écartés autour d'une sorte de bec, elle n'a que deux ailes, transparentes sans ptérostigmas. L'abdomen est segmenté, cylindrique sans marques notables (peut-être des triangles noirs en périphérie). Elle projette son ombre sur le papier. Il s'agit sans-doute d'un Zygoptère, mais il est décevant de constater que l'artiste ne place ici aucun indice qui témoignerait de l'acuité de son observation d'un spécimen naturel. 

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    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc798470

     

     

     

     

     

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55008559f/f13.item.zoom

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     Arsenal  638 Livre d'Heures, en latin, Manuscrit du "Maître-aux-fleurs", XVe siècle (après 1465) , folio 4v et 5r. Source gallica .bnf.fr/BnF

    Arsenal  638 Livre d'Heures, en latin, Manuscrit du "Maître-aux-fleurs", XVe siècle (après 1465) , folio 4v et 5r. Source gallica .bnf.fr/BnF

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    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55008559f/f12.image

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b55008564m

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Français 9197, Évrard de Conty, « Libvre des eschés amoureux, ou des eschés d'amours » Hainaut, vers 1490, enluminé par le Maître d'Antoine Rolin : Pluton et Proserpine,  164v.

    Commentaire en prose, composé vers 1400 par Évrard de Conty, , du poème "Les Échecs amoureux" composé à Paris par le même auteur vers 1370.

     

    " La trame narrative du poème des Eschés amoureux et de son commentaire moralisé est empruntée au Roman de la Rose  mais on comprend vite qu’il s’agit ici d’enseigner à un jeune homme, appelé à devenir prince, les préceptes qu’il faut suivre pour bien gouverner et bien se comporter dans la vie amoureuse. Pour faciliter l’apprentissage de cette science délicate qu’est l’amour, ses règles sont allégorisées et moralisées grâce au recours à une vraie partie d’échecs, d’où l’œuvre tire son titre. En réalité, nous avons affaire, dans les deux versions – en vers et en prose – à une véritable encyclopédie, qui offre au lecteur des chapitres entiers consacrés, entre autres, aux arts libéraux et à l’astronomie. Par rapport au poème, le commentaire moralisé est certes plus encyclopédique que didactique. À preuve, l’ajout d’un traité de mythographie qui donne lieu à un cycle iconographique important consacré aux seize dieux et déesses du panthéon grec, dans les deux exemplaires enluminés parvenus jusqu’à nous."

     [Le manuscrit Paris, BnF, fr. 9197 a été réalisé à Valenciennes, ou en tout cas en Hainaut, par le Maître d’Antoine Rolin, un artiste qui se pose comme le continuateur de Simon Marmion et dont le nom de convention évoque l’un des meilleurs clients de l’artiste en la personne du fils même du grand chancelier Nicolas Rolin. C’est bien Antoine Rolin, grand bailli et grand veneur du Hainaut, et son épouse Marie d’Ailly qui furent, sinon les commanditaires, en tout cas les possesseurs de l’exemplaire bourguignon des Eschez amoureux moralisés dont la Bibliothèque nationale de France a proposé un fac-similé en 1991.

    [C']est celui qui a appartenu au fils même du chancelier Rolin, le grand bailli du Hainaut Antoine Rolin, et à son épouse Marie d’Ailly, un exemplaire luxueux doté de vingt-quatre miniatures – vingt-huit à l’origine – réalisées par le Maître d’Antoine Rolin autour de 1490. Tout dans ce manuscrit rappelle ses possesseurs, jusqu’à la miniature consacrée à la déesse de la chasse Diane qui sert de prétexte à souligner le titre de grand veneur du Hainaut que portait aussi Antoine Rolin depuis qu’il l’avait acheté à Guillaume de Lalaing en 1454 . "(Légaré 2007)

     

     Le folio 164v qui nous occupe appartient au traité de mythographie, et plus précisément à la présentation de Pluton, dieu des Enfers et de Proserpine. Le dieu trône, assis sur le chien à trois têtes Cerbère, au séjour des morts, ce qui explique la couleur noir qui est choisie pour le fond.  L'enluminure narrative occupe le coin supérieur gauche et le texte  est encadré par une bordure fleurie où sont placés, éparses, des fleurs ( fraisier, groseillier, pâquerettes, pensées, rosiers, œillets rouges) et des rinceaux,  trois corbeaux, un escargot, et deux libellules.

    C'est peut-être le seul exemple où la libellule est peut-être choisie, en complément des trois corbeaux, en raison de sa réputation néfaste : on connaît ses noms vernaculaires anglais  (adder-fly ou dragon-fly — mouche-vipère ou mouche-dragon —), mais elle est aussi nommée “ pou de serpent ” dans l’Est de la France et la Suisse romande, “ épouille de serpent ” en Languedoc, “ valet de serpent ” dans les Pyrénées, et en Bretagne, Paul Sébillot l’a trouvée sous les noms d’“ agent du diable ”, “ cheval du diable ”, “ aiguille ” ou “ aiguille-serpent ” ; en Basse-Normandie, où elle était réputée aussi venimeuse que la salamandre, elle portait le même nom que celle-ci : “ mouron ”, qui désigne aussi le lézard vert et le triton. En Wallonie où les lézards, les salamandres et les serpents étaient indifféremment appelés “ scorpions ”, Eugène Rolland notait à leur propos cette croyance selon laquelle ils se transformaient en libellule, laquelle était réputée mortelle et appelée aussi “ scorpion ” ou encore “ marteau du diable ” : on craignait, là, d’en être frappé au front. La libellule était, à Lyon, réputée jeter une liqueur aux yeux de ses agresseurs.  Un peu partout, elle est réputée mordre et son nom “ d’aiguille ” associe, comme pour le frelon, la dent et le dard. (Corinne Boujot 2001).

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    Voir les 27 photos (de résolution médiocre) de la RMN :

    https://www.photo.rmn.fr/CS.aspx?VP3=SearchResult&VBID=2CO5PC6BM87FS

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc570218 

    Image : http://visualiseur.bnf.fr/Visualiseur?Destination=Mandragore&O=08015188&E=1&I=45643&M=imageseule

    Ces deux libellules, à gauche et en bas de l'encadrement, sont semblables, mais l'une est bleue et l'autre brune. Leurs ailes transparentes sont dressées comme celles des Zygoptères, et leurs ptérostigmas noirs sont visibles. L'abdomen porte des marques blanches médianes.

    L'ombre qu' elles portent est réelle mais mal perceptible sur l'image proposée par la RMN, néanmoins les autres enluminures sur fonds clairs en rendent bien compte : ces peintures sont bien dans la tradition ganto-brugeoise. Les autres enluminures abritent quelques papillons, mais aucun ne semble identifiable, à la différence des plantes. Voir par exemple l'Iris sur le folio 187v consacré au dieu Pan.

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —   Néerlandais 1  Boèce, De Consolatione Philosophiae, 1491,  texte latin avec traduction et commentaires en flamand. Enluminures par le Maître du Boèce flamand fol. 12v,  

    Ecole ganto-brugeoise. Ce manuscrit appartient à la très riche collection de la bibliothèque de Louis de Gruuthuse, comme les Chroniques de Jean Froissart du  Français 2643 enluminé par le Maître du Livre de prières de Dresde (supra). Louis de Bruges joua un rôle politique de premier plan jusqu'à la fin de sa vie. Il fut à la cour de Bourgogne - après Philippe le Bon - le plus remarquable bibliophile du XVe siècle et, après sa mort, survenue en 1492, sa bibliothèque revint à Louis XII. La plupart des volumes sont profanes et de langue française ; abondamment illustrés et de très grand format, ils se rapportent souvent à l'histoire antique et aux chroniques. Ce sont soixante-quinze titres répartis en plus de cent dix volumes. Ces manuscrits forment un corpus artistique homogène, puisqu'ils sont principalement produits à Bruges, plus rarement à Anvers ou à Gand, par des artistes choisis. Si certains sont identifiés (Guillaume Vrelant, Loyset Liédet, Jean Hennecart ou Lieven van Lathem), beaucoup restent anonymes malgré la qualité de leur art. 

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc89761w

    Le Maître du Boèce flamand (actif 1478-1490) désigne par convention un enlumineur actif entre 1478 et 1492 à Gand et Bruges. Il doit son nom à manuscrit de la Consolation de Philosophie de Boèce traduite en néerlandais pour Louis de Gruuthuse (1422-1492). (Wikipédia)

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    Le corpus de cet enlumineur a été défini à partir d'un manuscrit de Boèce, la Consolation de Philosophie, qui a été traduit en néerlandais. Paul Durrieu a proposé de l'identifier à Alexander Bening mais cette hypothèse a été rejetée. L'historien de l'art allemand Friedrich Winckler l'a désigné sous le nom de pseudo-Alexander Bening. Son nom de convention actuel est utilisé pour la première fois en 19811 et couramment utilisé depuis.

     Il travaille à la décoration de manuscrits pour de grands commanditaires : Édouard IV d'Angleterre, Philippe II de Bourgogne, Philippe de Clèves, Louis de Gruuthuse ou encore Wolfert VI van Borssele. Il semble se spécialiser pour les ouvrages laïcs plutôt que religieux, avec une prédilection pour les manuels pratiques. Installé probablement à Gand où il travaille avec les scribes David Aubert et Jan Kriekenborch, il collabore à plusieurs avec différents enlumineurs de cette période installés à Bruges tels que Philippe de Mazerolles, le Maître aux inscriptions blanches ou le Maître d'Édouard IV.

    Son style est proche d'artistes comme Alexander Bening, ce qui explique les confusions avec ce dernier, et montre une influence d'Hugo van der Goes et de Hans Memling dont il reprend des motifs. Il mêle une monumentalité dans la composition de ses miniatures, avec des personnages longilignes et souvent dans une attitude solennelle. Il s'attache à représenter des décors réalistes et utilisant les débuts de la perspectives, se plaçant à la jonction avec les primitifs flamands. Il adopte d'ailleurs au cours de sa carrière les marges fleuries en trompe-l'œil comme ses collègues de l'école dite ganto-brugeoise. Il fait preuve, avec ses collaborateurs, d'originalité dans les décorations des lettrines ornées, les signes des paragraphes ou des bouts-de-ligne en y introduisant de petits détails symboliques comme des devises ou des symboles héraldiques. À l'inverse, il répond aussi à des commandes de copies strictes de manuscrits reprenant fidèlement les miniatures de ses prédécesseurs." (Wikipédia)

    Le Maître du Boèce flamand est (https://d-nb.info/997762705/04) l'enlumineur des ouvrage de Louis de Bruges suivant :

    • Français 11-16 : Flavius Josèphe, les Antiquités judaïques et la Guerre des Juifs
    • Français 38 : Jules César, Commentaires
    • Français 181 : Ludolphe de Saxe, Vie de Jésus-Christ; La Vengeance de la mort de notre Seigneur
    • Français 190: Jean Gerson, Le Secret parlement de l'homme contemplatif à son âme; Jean Gerson, Livre de contemplation; Saint Bonaventure, Livre de dévotions; etc.
    • Français 9136: Matthieu Platearius, Livre des simples médecines; Jean de Mandeville, Lapidaire; Recettes
    • Latin 8733 A : Nicole Oresme, Tractatus de origine et natura, iure et mutationibus monetarum

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    Le folio 12v.

    La Consolation de Philosophie (latin : De consolatione philosophiae ) est un dialogue philosophique écrit par Boèce vers 524. Il s'agit de l'une des dernières grandes œuvres de l'Antiquité et parmi les plus influentes au Moyen Âge. 

    Les manuscrits de Louis de Gruuthuse portent sa "devise", c'est à dire son mot "PLVS EST EN VOUS et son image, la bombarde et son boulet. Le folio 12v correspond à l'incipit du texte de Boéce. La bombarde est présente dans la lettrine C initiale du texte.   La devise est inscrite cinq fois en lettres d'or sur les murs gris.

    Le texte latin dit :

    Carmina qui quondam studio florete peregi: Flebilis heu mestis cogor inire modos . Ecce michi lacere dictat scribeda Camene. Et ueris elegi fletibus ora rigant. [Has saltem nullus potuit peruincere terror]

    Ce qui peut se traduire en moyen français par :

    Je, qui sueil dicter et escripre

    Les livres de haulte matire

    et d'estude avoye la fleur

    Faiz or dis  de dueil  et de pleur (Trad. par Jean de Meun)

    Ou bien

    Le bonheur, qui jadis inspirait mes accents

    A fait place aux sombres alarmes ;

    C'est une Muse en deuil qui me dicte ces chants,

    Aujourd'hui trempés de mes larmes (Trad. Judicis 1861)

     

    Ces vers sont illustrés par les deux cotés de la peinture, où Boèce, à gauche rédige ses ouvrages chez lui, dans son bureau d'études, et, à droite, désormais en prison, allongé sur son lit de douleurs, pleure tandis que Philosophie le console par la lecture qu'elle lui propose.

    Voir Mazarine 3859 f 001 et Rouen Leber 817

    Le panneau central montre deux hommes autour d'une femme couronnée. Les sept degrés conduisant à la chambre portent les mots Grammatica, Logica, Retorica, Musica, Arismetrica, Geometria et Astronomica. Ce sont les sept  Arts qui mènent à la Philosophie.  Un examen attentif montre que la robe de la femme porte une lettre  P qui la désigne comme Philosophie. Sa poitrine est nue, et les vieillards tendent leurs lèvres vers ses seins.

    Cela correspond au texte Livre I chap. II où il est écrit "Sur le bord inférieur de sa robe était brodé un Π  ; sur le bord supérieur un Φ. "  Un peu plus loin dans le texte se trouvent ces passages : "Est-ce bien toi, toi qui, jadis abreuvé de mon lait, nourri de mon pain, avait puisé dans ce régime une vigueur d'âme toute virile ? […] Je ne l'eus pas plus tôt examinée que je reconnus ma nourrice, dont le toit m'avait abrité dès mon adolescence : la Philosophie."

     

     

     

    Le fonds de l'encadrement est de cette couleur beige ou crème destinée à rendre l'aspect de cuir du parchemin. Des rinceaux d'acanthes gris argentés courent,avec des glands, laissant la place à des fleurs au naturel comme des roses de Provins, des Ancolies, des Vesces Vicia sativa, peut-être la Giroflée Erysimum cheiri. Parmi les animaux, citons d'abord la Chouette, et le Geai, la Faisane (?) Passons sur les deux escargots ou   la chenille hérissée de pustules bleues et noires, et dénombrons les Papillons : quatre sont blancs à ocelles comme les Piérides du Navet, deux ont les ailes brunes à ocelles, l'un est un Hétérocère aux ailes blanches à lignes ondées brunes  et un dernier est entièrement sombre. Terminons avec les deux mouches en haut à gauche. Tous ces objets naturels sont en trompe-l'œil avec ombre projetée.

    La libellule est brune, ses yeux en perle contigus sont comiquement dotés d'une pupille bleue, ses deux  ailes sont dressées verticalement l'une contre l'autre. L'abdomen, divisé en une quinzaine de segments, est parcouru par une double ligne de triangles effilés les uns bleus les autres noirs. Le thorax, saillant, est zébré de marques noires. 

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b84511055/f28.item.r=Flamand.langFR

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Français 6440, Histoires d'Alexandre, traduites en français Quinte-Curce. Hainaut, fin du XVe siècle,  fol 163.

     Exemplaire enluminé aux armes de la famille de Vere, en Zélande. Typique des manuscrits flamands de la fin du XVe siècle, la bordure marginale dorée de ce manuscrit présente un monde délicatement éphémère d'oiseaux, de papillons et même de chenilles et d'escargots qui fait un contraste saisissant avec la miniature centrale et son combat de la flotte macédonienne débarquant en Asie mineure. 

    Notice :  http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc56181j

    Les images disponibles sont en noir et blanc, et de mauvaise qualité. Les libellules ne sont pas passionnantes.

     

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90604270/f391.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Français 6440, Quinte-Curce, Histoires d'Alexandre, traduites en français . Hainaut, fin du XVe siècle  fol. 173.

    Notice : http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc56181j

    Encadrement 

    Image :http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b90604270/f415.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    SEIZIÈME SIÈCLE.

    2 manuscrits, 4 enluminures.

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     — Latin 8880 Psalterium Pauli III, 1542,   folio  159v,  et folio  185v,

    lettre ornée

    http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc62410x

    Signalement dans la base Mandragore, sans images

     

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    —   Latin 10564, Heures de François de France, duc de Brabant, peintes en 1582 par "Joannes Bol." Preces Anvers 1582 Hans Bol fol. 5v

    La libellule est à coup sûr un Zygoptère ; elle est perchée au dessus de l'abdomen de la sauterelle. 

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —   Latin 10564, Heures de François de France, duc de Brabant, peintes en 1582 par "Joannes Bol." Preces Anvers 1582 Hans Bol fol. 16v.

    Notice :http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc72282m

    C'est toujours une Demoiselle ou Zygoptère, bleue.

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —   Latin 10564, Heures de François de France, duc de Brabant, peintes en 1582 par "Joannes Bol." Preces Anvers 1582 Hans Bol fol. 21v.
     

    Cette fois-ci, la libellule (noire et blanche ?) est posée sur la queue du paon. Cherchez aussi la  mouche, l'oiseau, le papillon.

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    —  Français 712, « L'Istoire des successeurs d'Alixandre, extraicte de Dyodore Sicilien (liv. XVIII, XIX et XX) et quelque peu de Plutarque », traduction de  Claude de Seyssel, évêque de Marseille. Bourges, 4ème quart 16e siècle (1575-1599),  fol. 298v.

    Malgré la date de ce manuscrit la libellule de l' encadrement est très fantaisiste, avec ses deux antennes, ses deux pattes, les ocelles des ailes.

     Notice http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc50966w

    Image : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b9058121p/f335.item

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    DIX-SEPTIÈME SIÈCLE.

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    — Latin 8828 Graduale et antiphonale ad usum S.Ludovici domus regiae Versaliensis.  1684-1686 folio Bv.

     

     

    http://archivesetmanuscrits.bnf.fr/ark:/12148/cc62360s

    Décoration à pleine page : bouquets de fleurs dans un vase, dans différents tons : bleu et vert, avec papillons et libellule (f.Bv), jaune (106), bleu, avec libellule (126), au naturel (138, 154), bleu, avec la fleur dite «couronne impériale» (174), au naturel (180), rouge (188), au naturel (196, 204), en camaïeu ocre (212), au naturel (222).

    • Je la cite pour être complet.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b550073187/f8.image

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    Source gallica.bnf.fr / BnF 

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    RÉSULTATS.

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    J'obtiens un corpus de 19 manuscrits du 13e au 17e siècle, soit de 37 enluminures et 1 dessin, soit 40 libellules au total. Le 15e siècle est le plus représenté avec 12 manuscrits et 30 enluminures. Deux groupes se distinguent immédiatement : ceux de la période ou de la tradition médiévale, où ces petits personnages ailés animent les marges de leurs silhouettes sans aucun souci de respect de l'échelle, et surtout de la réalité zoologique, puis, après avoir franchi la borne temporelle des années 1470-1475, les peintures inspirées de l'école de Bruges et de Gant, caractérisée par la représentation d'espèces botaniques fidèlement rendues, par la présence de nombreux insectes (mouches, papillons et libellules, plus rarement Orthoptères) associés à des escargots et des oiseaux, en trompe-l'œil.

    Je place dans le premier groupe 15 manuscrits. 

    Le second groupe, le plus intéressant sur le plan de l'iconographie en entomologie, est fait des quatre manuscrits  suivants :

    • Français 2643, Bruges, par le Maître du Livre de prière de Dresde. Vers 1470-1475.
    • Arsenal 638, Bruges par le le Maître du Livre de prière de Dresde. Fin XVe-début XVIe
    • Français 9197, Hainaut, par le Maître d'Antoine Rolin. Vers 1490-1495.
    • Néerlandais 1, Bruges/Gand, par le Maître du Boèce flamand. 1491.

    Cette production est donc limitée dans le temps et dans l'espace. Elle était pleine de promesses, puisque les espèces botaniques sont souvent parfaitement déterminables et que certains papillons sont proches d'espèces ou de genre reconnaissables. Mais hélas, les cinq libellules peintes de façon très convaincantes de leur naturalisme ont résisté à mes tentatives de détermination. 

    J'ai omis de placer ici, parce que je l'ai traité à part,  la pièce principale de ces manuscrits, le BnF Latin 9474 des Grandes Heures d'Anne de Bretagne par Jean Bourdichon enluminé entre 1503 et 1508, et ses 91 libellules. C'est bien-sûr dans un jeu de mise en relation réciproque que ces quatre manuscrits doivent être placées face à ces Grandes Heures, afin d'évaluer le tour de force de Bourdichon, mais aussi les influences dont il relève.

    C'est donc une lente maturation et évolution de la représentation des  objets naturels, et notamment des insectes que nous voyons se dérouler, pendant laquelle ces objets servent d'abord d'ornements périphériques ludiques et participent à des saynètes avec les singes, les chimères et les archers, puis participent à une mise en scène de l'image narrative en la plongeant dans un décor d'allure naturelle, décor recréant l'illusion d'un Jardin idéalisé ou de Nature primordiale avec ses valeurs d'innocence, de beauté et d'harmonie. Mais ce sont d'abord les plantes, et particulièrement les fleurs, qui sont les vedettes de cette mise en scène pour lesquelles "l'exactitude de l'illusion naturelle" est recherchée. Cette exigence s'étend en tâche d'huile aux Lépidoptères. Et enfin aux Odonates, précisément entre le dernier quart du XVe siècle et le premier quart du XVIe, mais sans encore parvenir, dans le corpus de la BnF excepté le Latin 9474, à reproduire un modèle naturel qui ne soit pas contaminé par des siècles d'habitudes et par une incapacité à s'assujettir à l'observation. L'imprimerie, qui va mettre un terme à la production des miniaturistes, va nous imposer de rechercher la suite de cette aventure ailleurs que dans les collections de la Bibliothèque nationale de France. 

     

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    SOURCES ET LIENS.

     MÉLY, (Fernand de), 1913 Les primitifs et leurs signatures. [Tome 1] Les miniaturistes Paris P. Geuthner

    https://archive.org/details/lesprimitifsetle00mluoft

    https://archive.org/stream/lesprimitifsetle00mluoft#page/94/mode/2up/search/Chadewe

    2007-2008, Simon Bening als landschapsminiaturist. Eigen stijl & evolutie binnen het oeuvre en zijn invloed op de ontwikkeling van het landschap in de schilderkunst van de zestiende eeuw.

    https://lib.ugent.be/fulltxt/RUG01/001/414/918/RUG01-001414918_2010_0001_AC.pdf

    — DURRIEU (Paul), 1910, L’enlumineur flamand Simon Bening, In: Comptes rendus des séances de L’Académie des inscriptions et Belles lettres, Parijs,  54ᵉ année, N. 3,1910, p. 162-170

    DOI : 10.3406/crai.1910.72606

     www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1910_num_54_3_72606

     

    — KREN Thomas (e.a), Illuminating the Renaissance: the triumph of Flemish manuscript painting, LA: J. Paul Getty Museum / London: Royal Academy, Getty Trust Publications, 2003

    — KREN Thomas, Landscape as leitmotif: a reintegrated Book of Hours illuminated by Simon Bening, in: Illuminating the book: makers and interpreters: essays in honour of Janet Backhouse, London, British library, 1998, p. 209-232

    — KREN Thomas, Simon Bening and the development of landscape in Flemish Calendar illumination, in: Flämischer kalender: Clm 23638, Bayer. Staatsbibliothek, München, 1988, p. 204-273

    — KREN Thomas, Simon Bening, Juan Luis Vives, and the observation of nature, in: Tributes in honor of James H. Marrow: studies in painting and manuscript illumination of the late Middle Ages and Northern Renaissance, Londen, 2006, p. 311-322

    — LEGARÉ (Anne-Marie), La réception du poème des Eschés amoureux et du Livre des Eschez amoureux moralisésdans les États bourguignons au XVe siècle,  in Le Moyen Age, Revue d'histoire et de philologie 2007/3 (Tome CXIII) Pages 591-611.

    https://www.cairn.info/revue-le-moyen-age-2007-3-page-591.htm#re7no6

    — MARTIN (Henri), 1885, Catalogue des manuscrits de la bibliothèque de l'Arsenal , Plon, Paris, tome I.

    https://archive.org/details/cataloguedesman01bibl

    Initiale puzzle à filigranes : apparaissant vers les années 1 140, ce type d'initiale dont le cadre est découpé comme un puzzle, est peint en deux couleurs (normalement rouge etbleu) séparées par un filet de parchemin réservé, le tout agrémenté de filigranes. Lettre champie : cette invention du dernier tiers du xne siècle consiste en une lettre dorée surfond peint rouge et bleu, rehaussé de filets blancs. Les plus anciens exemples ont souvent un chromatisme plus riche et varié.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Ma%C3%AEtre_du_Bo%C3%A8ce_flamand

    http://bvmm.irht.cnrs.fr/consult/consult.php?mode=ecran&panier=false&reproductionId=15213&VUE_ID=1389388&carouselThere=false&nbVignettes=4x3&page=6&angle=0&zoom=moyen&tailleReelle=

    — PETIN, 1850, Dictionnaire hagiographique: ou, Vies des saints et des bienheureux, honorés en tout temps et en tous lieux depuis la naissance du christianisme jusqua̓̀ nos jours, avec un supplément pour les saints personnages de lA̓ncien et du Nouveau Testament, et des divers ages de le̓́glise, auxquels on ne rend aucun culte public, ou dont le jour de fête est inconnu, Volume 2 https://books.google.fr/books?id=tmYAAAAAMAAJ&dq=saint+pierre+diacre+avril&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

    — USUARIUM,  a digital Library and  database for the study of latin liturgical history in the Middle Ages and Early Modern Period

    http://usuarium.elte.hu/calendarlabels/1087

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    Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
    1 février 2018 4 01 /02 /février /2018 19:49

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    Zoonymie des Odonates. Avant l'ère des noms, celle des enluminures. 39 libellules des manuscrits français (hors BnF) de la fin du XIVe à la fin du XVIe siècle.

     

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    Voir aussi :

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    Dans un article de 1991, l'entomologiste britannique Philip S. Corbet (1929-2008), pour dresser un bref tableau de l'histoire de l'odonatologie, décrivait six "brins" (il évitait délibérément le terme de "périodes" ou "ères" car ces Brins (Strands), une fois constitués, se poursuivaient sans s'interrompre).

    Il  distinguait ainsi le   Brin de l'Exploration, principalement pré-linnéen, puis  le Brin de la Codification, apparu en 1758 avec le Systema naturae de Linné, puis le  Brin de la Classification né en 1820, le Brin de l'Intégration (1913-), le Brin de l'Intercommunication rendu nécessaire par l'explosion des informations (1970-) et enfin celui de la Préservation (1980-), imposé par les destructions des habitats  engendrés par  l'importance croissante de l'impact humain.

    CORBET (Philip S​​​​​​.), 1991, A brief history of odonatology  Adv. Odonatol. 5 : 21-44 December, 1991.

    Cette systématisation, comparable à l'étude des cernes de croissance d'un tronc, pourrait reconnaître une partition plus générale autour de la parution en 1758 de la 10ème édition du Systema naturae de Linné :  le brin Pré-linnéen, ou Anonyme, car les insectes en général et les Odonates en particulier sont dépourvus de nom propres, précéderait le brin Post-Linnén, ou Nomenclatural, où chaque espèce va progressivement être dénommée, et placée dans le vaste système des noms de Genre, de Famille et d'Ordre.

    Le champ de la Zoonymie, étude des noms des animaux, ne débute donc en toute logique qu'après 1758. C'est d'autant plus vrai pour les Odonates, puisqu'avant cette date, le mot Libellula (et a fortiori Libellule) n'existe pas. 

    Néanmoins, toute science doit explorer non seulement son objet (ici, le nom des Odonates), mais aussi le terreau qui a permis le développement de son objet (ici, la période Pré-Linnéenne).

    Cette recherche peut porter sur la philologie, pour dénicher d'éventuelles appellations vernaculaires anciennes comme "Demoiselle", ou pour saluer l'apparition du nom Libella (1550) pour les larves puis les Libellules dans le langage scientifique, sur les ouvrages des naturalistes décrivant les Insectes (successivement ceux d'Aldrovandi en 1602, de Thomas Moufet en 1634, de Johann Swammerdam en 1669, d'Anton van Leuwenhoeck en 1695, de James Petiver en 1698 et de John Ray en 1710, de René-Antoine Ferchault de Réaumur en 1738 et 1742, ou de Roesel), ou enfin sur les illustrations qui permettaient de désigner un insecte en le représentant. 

    Ce sont précisément sur les seules illustrations que reposent notre compréhension des connaissances acquises sur les Odonates pour la large période précédant Aldrovandi, soit toute la période médiévale et de la Renaissance avant le début du XVIIe siècle. 

     

    Pour P.S Corbet, lors du très long Brin Exploratoire précédant le travail de Linné, des faits biologiques et des constatations subjectives ont été accumulés. P.S. Corbet suit les torons de ce brin dans l'art préhistorique du bronze ancien égéen, dans la poterie inca ou pré-inca du Chili et du Pérou, dans la littérature dans l'Épopée de Gilgamesh (3000-2000 av. J.C),  dans le glossaire Urra-Hubullu  des tablettes babyloniennes (à partir du XVIIIe siècle av. J.C), dans les peintures égyptiennes exécutées à partir du XVe siècle av. J.C, ou dans les symboles de libellules apparaissant en Chine sur de la vaisselle de cuivre, des carapaces de tortues ou des ossements oraculaires, de la dynastie Yin (Chang) du XVe au XIe siècle avant notre ère.

    Pour la période médiévale, il mentionne les libellules, magnifiquement dépeints dans certains bréviaires médiévaux, par exemple le Bréviaire de Belleville de l'atelier de Jean Pucelle à Paris (1323-1326 ), dans l'exemplaire de Berlin de la Bible de Gutenberg de 1453,  dans les Grandes Heures d'Anne de Bretagne illustrées par Jean Bourdichon ( 1503-1508), et dans le Bréviaire Grimani (1510-1520). "Il a fallu l'invention de l'imprimerie en Europe et la libération intellectuelle de la Renaissance pour révéler ce que les observateurs contemporains connaissaient  des libellules. Les progrès au cours du 16ème siècle ont été marqués par les activités impressionnantes des encyclopédistes, parmi lesquels le Suisse Conrad Gesner, et surtout l'Italien Ulisse Aldrovandi, qui  avaient des observations intéressantes à consigner."

    Mais si on se penche sur la période [0-1758] de  ce Brin Exploratoire, il devient vite évident qu'il faut placer deux jalons majeurs : la parution du De animalibus insectis d'Aldrovandi en 1602, mais aussi, pour les illustrations, la naissance de l'École de Gant-Bruges vers 1470. En effet, c'est avec cette école que vont apparaître, dans les Bordures à fleurs et insectes et les Attrapes qui la caractérisent, les premières représentations évocatrices d'espèces naturelles. 

    Je complète donc ainsi la schématisation de Philip Corbet (je ne donne que quelques exemples) :

    Brin Exploratoire ( < 1758) :

    période médiévale 1200->1470 : Marges des enluminures et dessins médiévaux ->Miniaturistes  de Bruges. 

    Bréviaire de Belleville BnF lat. 10483 de Jean Pucelle

    période pré-naturaliste I. 1470->1575 : Bordures florales  "au naturel" : Miniaturistes  de Gand-Bruges -> Hoefnagel

    – Jean Bourdichon,  Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508)

    – Simon Bening, Bréviaire Grimani (1510)

    période pré-naturaliste II. 1575->1602 : l'insecte devient objet de science, et occupe une place central dans l'illustration. Joris et Jacob Hoefnagel

    – Joris Hoefnagel, Ignis 1575-1580  et Jacob Hoefnagel Archetypa studiaque 1592

    période naturaliste 1602->1758 : Aldrovandi ->Linné.

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    Le corpus d'enluminure des deux premières périodes comportant des Odonates est suffisamment copieux, non seulement pour constituer un sujet d'étude à part entière, mais aussi pour devoir être diviser en plusieurs articles. Je me "limite" donc ici aux manuscrits français des bibliothèques de province (bases Enluminure et Initiales) avant de rédiger un second article à ceux de la  BnF (base Mandragore). 

     

     


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    LES ENLUMINURES DES MANUSCRITS DES BIBLIOTHÈQUES  EN FRANCE .

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    Le site publique Enluminure indique la présence de libellules sur six manuscrits, et le site Initiale de lRHT-CNRS sur quarante manuscrits : les voici par ordre chronologique approximatif  :

    (Les textes en retrait sont des citations des notices de  l'IRHT, pour les distinguer de mes commentaires d'amateur ).

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    — Lyon BM 5146, Heures, latin, France, fin 14e siècle folio 146v.

    Libellule aux ailes étendues, nervurées, blanches à points orange, parmi des rinceaux, des fleurs de chardon et des fraises des bois. 

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/2568

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    Lyon BM 5146, Heures, latin, fin 14e siècle folio 146v

     

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    —  Chambéry - BM - ms. 0004 Bréviaire franciscain, Bréviaire de Marie de Savoie  vers 1430, Italie du Nord (Milan), folio 385.

    Enluminures atribuées au Maître des Vitae imperatorum, enlumineur italien, actif à Milan dans le second quart du 15e siècle (attesté après 1428-1449). Nommé d'après un manuscrit de la traduction italienne de Suétone, Paris, BNF, ital. 131, daté de 1431. Cf. F. Lollini, "Maestro delle Vitae Imperatorum", dans Dizionario biografico dei miniatori italiani, secoli IX-XVI, éd. M. Bollati, Milan, 2004, p. 587-589.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/intervenant/1926

    Lire : Anne Ritz-Guilbert, « Extrait de la deuxième partie (chapitre I) « Le Bréviaire de Marie de Savoie, un manuscrit à plusieurs mains », p. 75-93. », in Des drôleries gothiques au bestiaire de Pisanello. Le Bréviaire de Marie de Savoie, Paris, INHA/CTHS (« Les Essais de l'INHA »), 2010, http://journals.openedition.org/inha/2943

    "Dans le Psautier, le Maître des Vitae ne s’est pas contenté d’enluminer les initiales historiées. Il exécute aussi la plupart des illustrations marginales, que ce soit les animaux, singe de ménagerie (f. 319), chien courant après un lièvre (f. 319v), guépard (f. 319v), paon (f. 340), sauterelle verte (f. 346v), ou encore les putti. Il n’a pas son pareil pour suggérer l’épaisseur d’une fourrure ou la délicatesse des nus enfantins. Il suffit de mettre côte à côte le putto de sa main du f. 353, aux formes rebondies, jouant de la cornemuse assis sur un coussin dans l’herbe étoilée, et celui d’un collaborateur au f. 594v, à l’ossature maladroitement saillante, assis lui aussi sur un coussin posé dans une herbe aux formes floues, pour en être convaincu. Sa virtuosité dans le rendu du mouvement et de la robe tachetée du guépard bondissant dans la marge du f. 319v  n’est en rien comparable à la manière du collaborateur qui a peint sans grand effet volumétrique, tranquillement posé sur un réceptacle d’herbe au f. 511, un autre spécimen de la même espèce. Seules les illustrations marginales du f. 367v, oiseaux et putti, et la libellule du f. 385 sont d’une qualité inférieure." Ritz-GUILBERT  Folio 009v 

    La libellule occupe la  marge supérieure ; c'est un insecte à trois ailes bleues étendues (Anisoptère), au thorax et à la tête verte, à l'abdomen segmenté, au thorax ovoïde, aux yeux jaunes écartés (Zygoptère), avec quatre longues antennes en fouet.

     

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/2568

     

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    Chambéry - BM - ms. 0004 folio 385 Bréviaire franciscain vers 1430. Site Enluminure.

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    Tours, BM, 0218, Heures dites de Charles V à l'usage de Rome, Belgique (Bruges), vers 1450, f. 150.

     Page décorée de  fleurs dont des roses, d'oiseaux, et d'une libellule. Cette dernière, peinte de profil, a l'abdomen velu, noir à segments blancs, avec une queue en fouet. Les six pattes noires, les yeux séparés et le thorax sont convaincants, mais les ailes semblent contaminées par la forme des fleurs bleues voisines.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/67189

    http://bvmm.irht.cnrs.fr/mirador/index.php?manifest=http://bvmm.irht.cnrs.fr/iiif/8369/manifest&canvasId=http://bvmm.irht.cnrs.fr/iiif/8369/canvas/canvas-1267234

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    — Lyon MS 6022 , Livre d'Heures à l'usage de Rome, latin, France de l'ouest (Angers), vers 1450-1460  folio 74-75.

    Encadrement orné, initiale ornée (en nombre), page décorée (en nombre), encadrement animé, encadrement historié, miniature en marge (24), initiale à figure (2), miniature (12), bout-de-ligne orné (en nombre), or, couleur. Attribution au Maître de Jouvenel des Ursins. 

    La libellule, de profil, est gris-brun ; l'abdomen est segmenté, le thorax et les yeux imprécis, les ailes en raquettes. Les antennes longues et courbées sont irréalistes. Voir la page entière ici.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/2600

     

     

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    —  Clermont-Ferrand - BM - ms. 0084 Heures à l'usage des Antonins, France du sud-est (Savoie)3ème quart XVe s (1450-1475), folio 088 .

     Enluminure par le Maître du Prince de Piémont, enlumineur actif vers 1460-1470 en Savoie et dans le Lyonnais, au service de la maison de Savoie. Nommé d'après le manuscrit Stuttgart, Württemb. Landesbibl., ms. HB I 175, qui porte les armoiries du futur duc de Savoie, Amédée IX en tant que prince de Piémont (1439-1465). Cf. F. Avril et N. Reynaud, Les manuscrits à peintures en France 1440-1520, Paris, 1993, p. 209.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/intervenant/1997

    Marge extérieure : Enfant nu assis sur une  libellule. Libellule bleue, à l'abdomen fin et segmenté, aux ailes semi-étendue, aux yeux contigus, aux trois antennes longues en fouet. Odonata sp.

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     Clermont-Ferrand - BM - ms. 0084 folio 088 Heures à l'usage des Antonins.(3ème quart XVe s (1450-1475). Enfant nu et libellule. 

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    —  Marseille - BM - ms. 0112 Heures à l'usage de Troyes ( ?) France de l'est (Troyes), 3ème quart du  XVe s (1450-1475 ) folio 084 . 

    Artiste du "Paris, BNF, ms. lat. 00865A", le Missale Trecense. Style archaïque par rapport à la date présumée de l'exécution du décor de ce ms. Influence des continuateurs tardifs du Maître de Bedford, rappelant l'art des années 1410-1420. Artiste dont on retrouve la main dans un certain nombre de livres d'Heures : "Paris, BNF, ms. lat. 10471", "Paris, BNF, ms. lat. 13273", "Nancy, B. m., ms. 0036", "Troyes, B. m., ms. 0117". (http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/2769?contenuMaterielId=7298)

     

    La libellule occupe la marge extérieure. Insecte à six pattes, à deux ailes à allure foliaire repliées le long du corps, aux yeux séparés l'un de l'autre. L'abdomen blanc, segmenté, forme une crosse dont l'extrémité repose sur une sorte de sac beige, ouvert en entonnoir vers la droite. 

    Ce qui serait fabuleux, ce serait d'imaginer que l'artiste ait voulu représenter une libellule lors de son émergence. Le sac, qui est segmenté, serait alors son exuvie, l'apparence gondolée, molle et fripée des ailes serait celle d'un insecte immature, et nous aurions alors une observation particulièrement précoce et attentive de ce stade de développement. Faut bien rêver ! Les découpes en zig-zag du thorax pourraient être liées aux stigmates des modifications qui se sont déroulées.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/52358

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    Société Limousine d'onatologie. Tout doucement, le thorax, la tête, les pattes s’extirpent de l’enveloppe. La libellule se trouve la tête en bas, l’abdomen encore coincé. Elle s’immobilise ainsi de longs moments, comme pour reprendre ses forces.D’un violent coup de rein, elle se redresse, et libère son abdomen. Elle a alors entièrement quitté son enveloppe larvaire.

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     Marseille - BM - ms. 0112 folio 084 Heures à l'usage de Troyes (?) 3ème quart du  XVe s (1450-1475).

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    —  Marseille - BM - ms. 0112 Heures à l'usage de Troyes (?), France de l'est (Troyes),  3ème quart du  XVe s (1450-1475) folio 084v .

    L'artiste a reproduit en miroir sa libellule sur le verso. La peinture est mieux distincte, et mon hypothèse me semble encore plus crédible.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/52359

     

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    — Tours, BM, 2273 A, Heures (fragment), France de l'ouest (Touraine, Tours ?), 15e s. (1475-1499)  f. 026v,

    Page décorée avec une libellule et des  pâquerettes. La libellule au corps bleu ressemble à un petit poisson, mais la segmentation est soigneusement peinte.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/15303

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    Amiens, Bibl. mun., ms. 0200,  Heures à l'usage de Paris vers 1460 (France du Nord ; Amiens?) f. 095.

     

    Heures à l'usage de Paris latin , français France du nord (Amiens) vers 1460, page décorée, miniature (35), initiale ornée (en nombre), initiale champie (en nombre), initiale cadelée, encadrement animé, armoiries, couleur, orAttribution au Maître de Rambures et au Second maître des Grandes Chroniques Peinture du f. 31 par le Second maître des Grandes Chroniques selon Cat. Avril-Reynaud, du Premier Maître des Grandes Chroniques de France selon M. Gil 'Miniatures flamandes'.
    Possesseur Jacques de Rambures, sire de Dompierre (destinataire) et Corbie, abbaye Saint-Pierre

    Heures à usages multiples : Paris (heures de la Vierge), Thérouanne (office des morts), Amiens 

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/202?contenuMaterielId=507


    Maître de Rambures, Picardie, Hesdin, enlumineur nommé d'après Amiens, BM, ms. 200, exécuté pour Jacques Rambures (mort en 1488). Actif dans le troisième quart du 15e s. en Hesdin où, vers 1460, il collabore avec Loyset Liédet, et, vers 1460-1470, en Picardie (probablement Amiens, cf. S. Nash, Between France and Flanders. Manuscript Illumination in Amiens in the Fifteenth Century, Londres, 1999, p. 194-204). Il maintient des connexions artistiques avec Bruges. Cf. T. Kren et S. McKendrick, Illuminating the Renaissance: The Triumph of Flemish Manuscript Painting in Europe, Los Angeles, 2003, p. 255-256

    http://initiale.irht.cnrs.fr/intervenant/2015

    Bordure de la représentation de David s'adressant à Yahvé le psaume pénitentiel n°6.  Domine ne in furore tuo arguas meParmi des fleurs bleues, rouges ou pourpres,  sont peints deux hybrides anthropomorphes musiciens.  Un joueur de cornemuse occupe la marge droite, et un autre être, aux ailes et abdomen de libellule, jouant d'un instrument à une seule corde, occupe la marge inférieure. Ce monocorde ressemble fort à la trompette marine, mais l'artiste a omis de représenter l'archet. Le musicien, entièrement bleu,  au buste de jeune garçon possède l'abdomen segmenté à extrémité effilée et les deux paires d'ailes roses aux ptérostigmas marqués par des taches saumon.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/91042

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    Il me paraît judicieux de montrer le joueur de cornemuse  de la marge latérale droite.

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    — Lyon BM 5147, Heures (Belgique, Flandres?), 1450-1499 folio 080.

    Dans la très riche bordure florale, il est plus facile de reconnaître l'Ancolie ou les deux oiseaux que le frêle insecte de la marge verticale droite. Son corps losangique et ses ailes en deux éventails se distinguent néanmoins, et on ne peut qu'admirer avec quelle minutie le miniaturiste a peint chaque patte et chaque segment.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/2569

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    Lyon BM 5147, Heures (Belgique, Flandres?), 1450-1499 folio 080.

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    Chaumont, BM, 0033, Bréviaire à l'usage de Langres, France de l'est (Bourgogne ?), après 1481,  f. 330. Page décorée de fleur, de fraise, et d'un enfant nu sur une (?)  libellule.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/10970

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    Avignon, BM, 0146 Missel, avant 1585, f. 001. Page décorée, avec armes de Georges d'Armagnac, Insectes (chenille, libellule, coccinelle, mouche), fleur, oiseau, gerbe de blé. Devise : "exinanitus repleo".

    La libellule est peinte en bleu, avec les ailes semi-redressées comme les Zygoptères. Les antennes en corne et le "museau", ou la position des pattes, montrent que, malgré la date tardive (Hoefnagel a peint déjà son Aeshna cyanea  parfaitement fidèle au modèle !), l'artiste se préoccupe d'avantage de la stylisation remarquable de la composition que de l'observation de la Nature.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/7172

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     — Chantilly, Musée Condé, 0564 (1047) Recueil de ballades et de chansons, France ou Italie, 15e s.  f.037. Tête de chien-libellule.


    Prolongement marginal.  Représentation associée dans la même marge d' une tête de chien et d' une libellule (Anisoptère).

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/78281

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    Autun, BM, S 151  Pontifical romain d'Antoine de Chalon, evêque d'Autun  , France de l'est (Bourgogne) 1483-1500  f. 091


    Page décorée, miniature pleine page (1), miniature (5), encadrement historié (1), encadrement animé, initiale ornée, initiale juridique, armoiries , couleur, or
    Attribution au Maître des prélats bourguignons  (attesté vers 1475-1510) enlumineur actif en Bourgogne dans le dernier quart du 15e s. et la première décennie du 16e. Nommé d'après sa clientèle principale, des dignitaires ecclésiastiques d'Autun, de Langres et de Dijon. Il enlumine de nombreux livres liturgiques et livres d'heures. Cf. F. Avril et N. Reynaud, Les manuscrits à peintures en France 1440-1520, Paris, 1993, p. 393. Pour son corpus voir aussi M.-F. Demongeot-Bourdat, "Un livre d'heures inédit de la famille Berbisey", Art de l'enluminure, 13, 2005, p. 16-39. 

     http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/398?

    http://initiale.irht.cnrs.fr/intervenant/1925

    La libellule aux allures sommaires possède deux caractéristiques notables : les ailes bleues — comme Calopteryx virgo — et l'extrémité de l'abdomen qui est bifide, afin de représenter les appendices anaux.

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    Toulouse, BM, 0135, Heures à l'usage de Rome, France du sud-est (Provence), 1480-1490  f. 035. Marge extérieure Singe tenant une libellule en laisse . Le singe est assis sur un tabouret.

    Le enluminures sont attribuées à l'entourage du . Le  Maître du Coeur d'Amour épris, enlumineur et peintre actif probablement en Anjou ou en Provence, dans la seconde moitié du 15e s. Nommé d'après l'exemplaire du Livre du Coeur d'Amour épris de Paris, BNF, fr. 24399. Il enlumina aussi entre autres le Trésor des histoires, Paris, BNF, ms. fr. 1367, un Code de Justinien portant les armoiries de Pierre de Laval (Louvre) et un tableau, le Retable Beaussant (cathédrale d'Angers). Cf. Splendeur de l'enluminure. Le Roi René et les livres, dir. M.-E. Gautier, Angers, 2010, no. 28, p. 304-305. http://initiale.irht.cnrs.fr/intervenant/1984

    S'il est attesté que les enfants des siècles passés s'amusaient à attraper des papillons et à y attacher un fil pour les faire voler à leur guise, je n'ai pas de témoignage de cette pratique avec les libellules, hormis, indirectement, cette enluminure. Abdomen et thorax cylindriques. Couleur bleue pour l'ensemble du corps et des ailes, qui sont divisées en quatre ou cinq secteurs frappés d'une ocelle. Décoratif mais non naturaliste.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/59480

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    Toulouse, BM, 0136, Heures, France, vers 1480-1490  f. 159

     

    Page décorée d' oiseaux dont un paon, de libellule, de pensées et  acanthe. L'artiste a distingué le thorax et la tête par une couleur brune, tandis qu'il a peint l'abdomen en bleu-vert à segments blancs. Les ailes, nervurées comme des feuilles de Plantain, sont dressées (Zygoptère) et de couleurs bleu et vert. Les appendices anaux sont ébauchés. 

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/97621

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    Amiens, BM, Lescalopier 020 Heures à l'usage de Rome France du nord (Picardie) vers 1495 f. 019v.

     

    La Notice précise : "Enluminures attribuées au Maître d'Antoine Clabault. Bordures au naturel s'inspirant des modèles ganto-brugeois."

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/6051?contenuMaterielId=664

     Le Maître d'Antoine Clabault 15e s. (attesté vers 1490-1500 ), actif à  Amiens, est un enlumineur amienois actif vers la fin du 15e s. Nommé d'après un Epistolier (Paris, BNF, Arsenal, ms. 662) décoré pour Antoine Clabault (mort en 1504), échevin et plusieurs fois maïeur d'Amiens. Cf. F. Avril et N. Reynaud, Les manuscrits à peintures en France 1440-1520, Paris, 1993, p. 390-392.

    N.B : l'Epistolier à l'usage d'Amiens ne comporte pas de bordures florales.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/intervenant/2006

    Le Maître d'Antoine Clabault est aussi l'enlumineur de deux miniatures du Missel à l'usage d'Amiens, Amiens BM 0163 : ces miniatures possèdent des bordures à fleurs et insectes "au naturel", dont l'ombre est projetée dans un effet de trompe-l'œil donnant l'illusion que ces spécimens étaient posés sur la page. Or, ces ombres sont également présentes autour des fleurs et de la libellule du folio 19v, venant du haut et du centre du manuscrit.

     

    Parmi les  fleurs se reconnaissent des  roses, des feuilles d'acanthe, des bourraches, des fraisiers, des violettes ou des pâquerettes alors que les insectes du folio 20 sont une coccinelle, et un papillon, voisinant avec un  paon  et  des noeuds d'entrelacs.

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    La vue de dessus de l'insecte est rare. L'abdomen noirâtre est effilé,  les ailes blanches sont dressées, marquées de points noirs centraux. L'écartement des yeux des Zygoptères a été correctement observé.

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    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/91817

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    Paris, Bibl. Mazarine, 0483 Heures à l'usage de Paris, France du nord (Paris), 15e s. (fin) f. 025v.

    Page décorée initiale ornée, initiale champie, bout-de-ligne champi, marge ornée, marge 1 côté, ornementation, cloisonné, insecte, feuille d'acanthe, fleur. Fleur en bout-de-ligne. Insecte : libellule ? Alternance fond or et fond réservé.

    Si nous pouvons confirmer qu'il s'agit d'une libellule, et même d'un Zygoptère aux ailes – bleues – dressées, ce sera tout, car l'artiste a donné un croquis né de son idées (vague) des Odonates mais ne s'est pas livré à une observation des espèces naturelles. 

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/26664

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    Autun, BM, S 137  Missel à l'usage d'Autun, France, 15e s. (fin)  f. 001


    Page décorée, avec armes du chanoine Jacques de la Boutière Insectes (mouche, libellule), fleurs (chardon, pâquerette), perruche.

    Libellule aux ailes dont le bleu métallique est plus foncé aux extrémités. Corps et yeux bleus. Thorax ovoïde, abdomen segmenté, quatre pattes noires visibles.

     

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/385

     

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    Paris, Bibl. Mazarine, 0381, Psautier-hymnaire dominicain, France du nord ou Belgique, 15e-16e s. ?  folio 015. 

    Page décorée, avec armes ajoutées de la famille Pardieu et Vaudricourt
    Début du texte encadrement orné, encadrement animé, encadrement armorié, marge ornée, marge animée, marge armoriée, héraldique, marge 4 côtés, initiale ornée, initiale filigranée, lettre B, lettre S, lettre E, lettre N, lettre I, ornementation, coccinelle, libellule, tige, feuille, pensée, écu armorié, couronne d'épines, coeur ornemental
    Les armoiries ont été ajoutées (Samaran et Marichal, 1959).

    Les initiales ornées, de manière ancienne, tranchent avec les bordures peintes 'au naturel' (fleurs, fruits, insectes) de style ganto-brugeois.

    Manuscrit donné en 1514 par 'soeur' Ysabeau de Waudricourt (dominicaine ?) à sa nièce, 'soeur' Marie de Pardieu (dominicaine ?), fille de David de Pardieu, gouverneur d'Eu et seigneur d'Assigny (Seine-Maritime) (CGM).

    Leroquais, Psautiers..

    Libellule aux ailes hyalines dressées (Zygoptère), à l'abdomen cylindrique fin bleu, segmenté. thorax bleu à bandes noires ; yeux bleus. Appendices anaux ébauchés. 

    Là encore, les ombres des objets naturels sont portées pour accentuer l'effet de vraisemblance sur le fond d'or mat ponctué comme un cuir. Les deux autres insectes sont des coccinelles, les fleurs évoquent les Pensées sauvages  Viola tricolor. Tous ces objets ne sont peut-être pas exacts sur le plan botanique ou entomologique, mais sont parfaitement crédibles et la volonté d'illusion naturaliste est évidente.

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    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/80690

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    Paris, Bibl. Mazarine, 0381, Psautier-hymnaire dominicain, France du nord ou Belgique, 15e-16e s. ?  folio  048.

     Encadrement orné, encadrement animé, marge ornée, marge animée, marge 4 côtés, initiale ornée, initiale filigranée, lettre D, Ps 026 (27) texte, lettre Q, lettre S, lettre U, lettre E, ornementation, papillon, libellule, tige, feuille, ancolie, rinceau, bande perlée

    Libellule fine, entièrement bleue, aux ailes bleues mais transparentes dressées (Zygoptère), au thorax strié, à l'extrémité de l'abdomen bifide.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/80692.

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    Paris, Bibl. Mazarine, 0381, Psautier-hymnaire dominicain, France du nord ou Belgique, 15e-16e s. ?  folio  067v

    Encadrement orné, encadrement animé, marge ornée, marge animée, marge 4 côtés, initiale ornée, initiale filigranée, lettre D, Ps 038 (39) texte, lettre P, lettre A, lettre C, lettre L, lettre E, lettre U, ornementation, coccinelle, libellule, tige, feuille, feuille d'acanthe, rose, rinceau, bande perlée.

     

     

     

    Libellule fine, bleue, aux ailes transparentes dressées (Zygoptère), au thorax strié, à l'abdomen annelé.

     

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    Paris, Bibl. Mazarine, 0381, Psautier-hymnaire dominicain, France du nord ou Belgique, 15e-16e s. ? f. 167 

    Les initiales ornées, de manière ancienne, tranchent avec les bordures peintes 'au naturel' (fleurs, fruits, insectes) de style ganto-brugeois.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/6458?contenuMaterielId=8934

    Libellule fine, bleue, aux ailes transparentes dressées (Zygoptère), au thorax ovoïde, à l'abdomen cylindrique.

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    Auxerre, Cath., n°012 Heures, France du nord 15e-16e s,  f. 169.

    Cycle de saint Marc Médaillons en marge. Cycle narratif. Représentation associée avec saint Marc écrivant. Une libellule, une mouche et un oiseau en marge. Écu tenu par un ange ; crosse épiscopale en marge inférieure. Libellule, hybrides zoomorphes, fleurs et fruits.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/66968

    Libellule grisâtre aux ailes dressées (Zygoptère), aux yeux écartés, mais dont les proportions entre le thorax et l'abdomen ne sont pas naturelles.

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    — Lyon, BM, ms. 5125. La Vie du Christ France du nord (Paris), 1506 Folio 134v

    Auteur, Ludolphus Saxo. Auteur secondaire, Guillaume Le Menand (traducteur) ?  Possesseur, Philippe de Gueldre (destinataire). Premier volume (second volume autrefois dans la collection H. Yates Thompson).

     

    Attribué au Maître de Philippe de Gueldre, enlumineur parisien, actif dans la première décennie du 16e siècle. Nommé d'après la Vie du Christ, enluminée pour la duchesse de Lorraine, Lyon, BM, ms. 5125. Outre la famille de Lorraine, il travailla pour Louise de Savoie et le cardinal Georges d'Amboise et fournissait des illustrations pour les imprimés de luxe d'Antoine Vérard. Cf. F. Avril et N. Reynaud, Les manuscrits à peintures en France 1440-1520, Paris 1993, p. 278.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/2547?contenuMaterielId=7031

    Libellule aux ailes hyalines  dressées aux yeux, au thorax ovoïde et à l'abdomen jaunes. Yeux écartés comme les Zygoptères.

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    — Lyon, BM, 1558   Heures à l'usage de Rome,  Heures d'Anne de Bretagne et de Marie d'Angleterre , latin, France de l'ouest (Touraine) avant 1504 ? vers 1510-1515. Folio 008.

    Attribution Jean Poyer. Datation ramenée à avant 1504, si on accepte cette date pour la mort de Jean Poyet.  La décoration semble néanmoins un peu plus tardive : vers 1510-1515. Possesseur : Anne de Bretagne, reine de France ; Marie d'Angleterre, reine de France. 

     

     Jean Poyer, peintre et enlumineur documenté à Tours de 1465 à 1498, mort avant 1504. Formé sous l'influence de Jean Fouquet. Sa première œuvre documentée, le retable de la chartreuse du Liget, date de 1485 ; la plupart de ses travaux, dont les manuscrits enluminés pour Anne de Bretagne [Livre de prière d'Anne de Bretagne]  et Charles VIII  datent des années 1490-1500. Il est mentionné parmi les artistes défunts par Jean Lemaire des Belges dans La Plainte du Désiré, composé en 1504. Cf. M. Hofmann, Jean Poyer: Das Gesamtwerk, Turnhout, 2004 et M. Hofmann, "Jean Poyer", dans Tours 1500, capitale des arts, dir. B. de Chancel-Bardelot, P. Charron, P.-G. Girault et J.-M. Guillouët, Tours, 2012 , p. 243-246. Voir les Heures d'Henry VIII Les Heures Petau

    Le folio 8 est commenté ainsi  : "le Lion de S. Jérôme, encadrement avec fleurs, fruits, insectes dans le goût du Maître des fleurs ". Sur le Maître des Fleurs, voir J.L. Deuffic 2011. Or, le manuscrit Arsenal ms 638 folio 4v montre dans une (et une seule) enluminure du Maître des Fleurs une belle libellule.

     

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/2531
    http://bvmm.irht.cnrs.fr/consult/consult.php?mode=ecran&panier=false&reproductionId=12469&VUE_ID=1333077&carouselThere=false&nbVignettes=4x3&page=1&angle=0&zoom=grand&tailleReelle=

    C'est l'un des plus beaux exemples de cet inventaire. Le folio 8, le premier à être enluminé après le calendrier, est aussi le seul des 95 folio à bénéficier de cette bordure totalement étrangère à l'Antienne de saint Jérôme, docteur de l'Église, et à la scène narrative centrale, qui s'y découpe plutôt qu'elle ne s'y intègre. Le texte dit :  De Sainct Jherosme. Antienne. La scène montre un âne ou mulet bâté, le lion de saint Jérôme et, au loin, deux personnages devant une église. Aucun rapport avec la bordure. Celle-ci accueille un lys martagon, une rose ponceau, un œillet, une fraise des bois, des violettes, une paquerette et une fleur de bourrache. Outre la libellule, l'artiste a peint une coccinelle, et deux papillons. Celui de gauche, bleu et brun, est trop fantaisiste, avec ses longues antennes plumeuses, pour être identifié, mais celui de droite, à l'aile fauve à ocelle et bordure crème, possède une certaine ressemblance avec le Fadet commun Coenonympha pamphilus L.

    Ce type de bordure ne se retrouve pas non plus dans les autres manuscrits enluminés par Jean Poyer, pour ceux que j'ai pu consulter : on peut penser à un emprunt ponctuel à l'art flamand, ou au travail d'une main étrangère.

    L'un des éléments remarquables est l'ombre portée par les plantes et les insectes, dans une volonté de trompe-l'œil et avec une lumière venant du milieu du manuscrit. Cette ombre n'est pas appliquée sur la page de gauche, entièrement vouée à la scène hagiographique.

     

     

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    —  Rouen - BM - ms. 3028 Heures à l'usage de Rome Belgique (Bruges) vers 1510-1525 et XVIe siècle ( troisième quart ?), folio 115-115v .

      Libellule/Papillons/Pensée.

    Ce manuscrit est attribué à Simon Bening et à son atelier  à Bruges (Flandres) : il illustre donc le style de l'école ganto-brugeoise, dans sa période tardive. Selon les commentateurs, la présence répétée d'anémones et de tulipes – introduite en Europe occidentale à partir des années 1550– semble indiquer que le décor a été exécuté en deux campagnes. 

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    Simon Bening, enlumineur né en 1483 ou 1484 probablement à Gand, mort en 1561 ; fils de Sanders (Alexander) Bening, enlumineur de Gand. Il apparaît au registre de la Guilde de Saint-Jean et Saint-Luc de Bruges en 1500 et s'installe définitivement dans cette ville en 1519. Sa première œuvre documentée, le Livre d'Heures d'Imhof (collection privée), date de 1511. Son style se développe sous l'influence de Gérard David, peintre et enlumineur de Bruges, et de Joachim Patinir, peintre d'Anvers (traitement des paysages). Il travaille pour une clientèle issue des familles royales, de la haute noblesse et de la bourgeoisie, surtout dans le domaine des Habsbourg (l'empereur Charles Quint, la famille royale du Portugal, le cardinal Albrecht von Brandenburg, et probablement Henri III de Nassau). Cf. T. Kren et S. McKendrick, Illuminating the Renaissance : The Triumph of Flemish Manuscript Painting in Europe, Los Angeles, 2003, p. 447-448. Voir : Section des Manuscrits enluminés, notice de « Rouen, BM, 3028 (Leber 0142) » dans la base Initiale. Catalogue des manuscrits enluminés, http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/5109, consulté le 29.01.2018.

     

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    On notera les bouts-de-ligne en rinceau, les larges bordures "au naturel", sans encadrement,  comme si des échantillons de fleurs, des spécimens d'insectes ou de menus objets familiers (médailles, pièces) étaient conservés dans les pages où ils sont parfois épinglés ou en trompe-l'œil  (ce que reprendra Hofnagel) . Le naturalisme est parfois spectaculaire (papillon, chenille et  et souci f. 095v). Les fleurs sont parfois placées, comme cette Pensée du folio 184, dans un verre d'eau.

    La libellule occupe la marge inférieure, et une fleur de Bourrache (Borago officinalis) [ou d'Ancolie ?] placée en arrière souligne la transparence des ailes. Les nervures sont représentées, mais de façon fantaisiste ; et des virgules correspondent peut-être aux ptérostigmas. Les yeux sont séparés. Le thorax, striè, est différencié de l'abdomen, un cylindre vert  à extrémité effilée, aux marques noires en ligne médiodorsale et à ponctuations noires latérales.

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    Rouen - BM - ms. 3028 folio 115-115v Heures à l'usage de Rome vers 1510-1525 troisième quart XVIe

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    Rouen - BM - ms. 3028 folio 115-115v Heures à l'usage de Rome vers 1510-1525 troisième quart XVIe

     

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    Libellule, marge inférieure,Rouen - BM - ms. 3028 folio 115-115v Heures à l'usage de Rome vers 1510-1525 et XVIe siècle ( troisième quart ?).

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     Rouen - BM - ms. 3028 folio 160-160v Heures à l'usage de Rome Belgique (Bruges)  vers 1510-1525 et troisième quart XVIe. Fraise/Fleur/Libellule/Groseille. Il s'agit de la même libellule qu'au folio 115v.

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    —  Rouen - BM - ms. 3028 folio 205-205v Heures à l'usage de Rome Belgique (Bruges)  vers 1510-1525 et  troisième quart XVIe. Marge latérale : ancolie. Marge inférieure : groseilles et libellule aux ailes redressées (Zygoptère), dont les ptérostigmas sont marqués. Abdomen segmenté de traits noirs délimitant des rectangles blancs à cercle bleu. Yeux en perle, nettement séparés. Six pattes noires ; pas d'antennes.

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    Rouen - BM - ms. 3028 folio 205-205v Heures à l'usage de Rome vers 1510-1525 et  troisième quart XVIe

     

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     Foix, BM - ms. 0056 Bréviaire à l'usage de Mirepoix, France, 1522,  f.044v,

    cathédrale de Mirepoix pour Philippe de Lévis, commanditaire. Lettrines Initiale D. La libellule est un Zygoptère (ailes dressées) aux ailes bleues au thorax ovoïde et au corps brun-beige.

     

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     Foix, BM - ms. 0056 Bréviaire à l'usage de Mirepoix, France, 1522,  f.045,

    cathédrale de Mirepoix pour Philippe de Lévis, commanditaire. Lettrines initiale U . La libellule est un Zygoptère (ailes dressées) aux ailes bleues, au thorax ovoïde et au corps brun-beige.

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    Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, 0106, Evangéliaire à l'usage de l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris (?), France du nord (Paris) ,vers 1520-1530 ? f. 188v.  Page décorée miniature, ornementation, encadrement orné, cloisonné, carré, losange, triangle, feuille d'acanthe, libellule, lambrequin, raisin, zoomorphe, fleur, campanule, pâquerette, grappe, fraisier, ancolie, rose, initiale ornée, lettre L, décor vigneté, cartouche, signe de paragraphe, bout-de-ligne champi
    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/51776

     

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    Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, 0106, Evangéliaire à l'usage de l'abbaye Sainte-Geneviève de Paris (?), France du nord (Paris) , vers 1520-1530 ? f. 194. 

    Page décorée, ornementation, initiale champie, lettre S, initiale ornée, lettre I, décor vigneté, miniature, encadrement orné, cloisonné, feuille d'acanthe, lambrequin, zoomorphe, mordant, fraise, rose, ancolie, compagnon blanc, libellule, signe de paragraphe, bout-de-ligne champi, cartouche.


    Attribué à Etienne Collault, au style proche de celui de Bibliothèque Sainte Geneviève, ms. 642 (dont le style est plus maniéré, sans doute plus tardif). Coloris lumineux, presque métallique (influence des émaux ?). Cadres des miniatures à colonnes torsades ou galbées.
    Possesseur :Paris, abbaye Sainte-Geneviève (destinataire). Enluminé pour un membre de la famille Massué (cf. Cousseau, 2010) : dont les armoiries, f. 1.

      Etienne Collault ou Collaud, copiste, enlumineur et libraire, documenté entre 1523 et 1541 à Paris. Il organisa, en 1528, un groupe d'artistes pour enluminer sept Statuts de l'ordre de Saint-Michel pour François Ier ; d'après Cousseau son style individuel est représenté par les Mémoires de Philippe de Commynes, Nantes, Musée Dobrée, ms. 18. Cf. M.-B. Cousseau, Autour d’Etienne Colaud, recherches sur les enlumineurs à Paris sous le règne de François Ier, thèse, Ecole des Hautes Etudes en Sciences Historiques, Paris, 2009 et M. Orth, Renaissance Manuscripts, II, Londres, Turnhout, 2015, à paraitre (A Survey of Manuscripts Illuminated in France).

    http://initiale.irht.cnrs.fr/intervenant/1953

    Cette libellule très décorative avec ses ailes dorées respecte quelques détails naturalistes, comme le thorax ovoïde, l'abdomen segmenté à extrémité bifide par l'ébauche d'appendices anaux, ou les yeux en "perle". Les antennes en massue dénotent.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/51779

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    Paris, Bibl. Sainte-Geneviève, 0855, Généalogie des comtes de Dreux et de Braine, France du nord ou Belgique, après 1539  p. 003

    Page décorée , ornementation, héraldique, initiale historiée, lettre E, encadrement partiel, iris, libellule, pensée, papillon, oeillet, marge ornée, écu armorié, couronne.L'écu est aux armes de la maison de France.

    La libellule aux ailes trop nervurées dessinées à la plume est bleue pour les yeux, le thorax, et verte à reflets jaunes pour l'abdomen. Les appendices anaux ne sont pas omis.

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    — Douai, BM, 0124 Tropaire-prosaire à l'usage de l'abbaye d'Anchin France du nord (Valenciennes) 16e s. (première moitié : 1500-1549)  f. 019


    Page décorée de raisin, fraises et fleurs (gesses, oeillets, violettes...), escargot, oiseaux, libellule, chenille. Attribuées à  Hubert Cailleau, enlumineur né et établi à Valenciennes, actif entre 1526 et 1579 ; travaille pour l'abbé Charles Coguin d'Anchin et les abbés Jacques de Groot et Arnould Gantois de Marchiennes ; fut également peintre de cour de Marie de Hongrie. Cf. P. D'Ancona et E. Aeschlimann, Dictionnaire des miniaturistes du Moyen âge et de la Renaissance dans les différentes contrées de l'Europe, Milan, 1949, p. 40-41. 

    http://initiale.irht.cnrs.fr/intervenant/1944

    Libellule à ailes transparentes redressées (Zygoptère), abdomen cylindrique marron à fins points noirs et blancs, appendices anaux représentés, thorax à bandes jaunes, yeux jaunes et noires séparés (?),  huit pattes noires.

    On notera les ombres projetées sur un fond jaune ponctué donnant l'illusion d'objets naturels posés sur du cuir, comme dans le Mazarine 0381.

    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/46989

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    Valenciennes, BM, 0836 , Heures, Belgique ? (Flandres ?), 16e s.  f. 046v-047.

     

    Manuscrit teinté en noir écrit en lettres d'or et d'argent. Fleurs, fruits, insectes, oiseaux, lapins peints au naturel dans les marges. Quelques bordures de style ganto-brugeois découpées dans d'autres manuscrits et collées. Des miniatures illustrant la messe et la vie des saints ont été découpées et également collées. Au f. 3v, on lit "Carolus Philippus de Rodouan meus est herus ex dono clarissime et honoratissime matris sue, domine Isabelle de Bethz, anno 1573". Ce personnage mourut évêque de Bruges en 1616. https://patrimoine-numerique.ville-valenciennes.fr/ark:/29755/B_596066101_MS_0836

    La libellule de la marge inférieure est représentée de profil avec ses ailes redressées (Zygoptère). Le thorax rouge à bandes noires est bien individualisé de l'abdomen. Ce dernier est rouge, segmenté de noir. Les appendices anaux sont figurés comme deux crochets concaves, les cercoïdes. Les yeux sont rouges et les pattes noires. Des petites antennes s'élèvent presque verticalement en avant des yeux. 

    Cette description serait compatible avec un mâle de  Pyrrhosoma nymphula, la Petite nymphe au corps de feu, même s'il est hors de question de procéder à une détermination entomologique.
    http://initiale.irht.cnrs.fr/decor/95341

    On sera sensible à l'ombre projetée, mais aussi à un autre procédé de trompe l'œil (que reprendra Hoefnagel), par lequel la tige de la fleur bleue semble glissée dans une fente du parchemin. 

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    Au folio 11 de ce manuscrit, un papillon peut être déterminé avec précision comme la Petite Tortue Aglais urticae (Linnaeus, 1758). Le projet de rendre compte avec fidélité des espèces naturelles est ici patente, et vient renforcer la fiabilité de la compétence, et la minutie de l'artiste qui a peint la libellule. On appréciera notamment la rangée de lunules marginales bleues.

    Voir aussi le criquet du folio 24, le Vulcain Vanessa atalanta du folio 27

     

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    — Lyon Ms 0521 Missel à l'usage de Saint-Pol de Léon, France, fin 16e sièclefolio 058. Page décorée, initiale ornée (en nombre), initiale historiée (38), armoiries (en nombre), miniature pleine page (3), marge animée (38), or, couleur. Eléments héraldiques dans les marges ornées..Possesseur Roland de Neuville, évêque de Saint-Pol-de-Léon (destinataire).

    http://initiale.irht.cnrs.fr/codex/2402

    http://bvmm.irht.cnrs.fr/consult/consult.php?mode=ecran&panier=false&reproductionId=12340&VUE_ID=1330635&carouselThere=false&nbVignettes=4x3&page=7&angle=0&zoom=grand&tailleReelle=

    http://bvmm.irht.cnrs.fr/consult/consult.php?reproductionId=12340

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    RÉSULTAT.

    Cette exploration me permet de réunir un corpus de 39 représentations de libellules (Odonata) sur les enluminures des manuscrits des bibliothèques publiques françaises hors BnF, appartenant à 29 manuscrits enluminés de la fin du 14e siècle à la fin du 16e siècle. 

    Provenance.

    Ces 29 manuscrits proviennent :

    — de Belgique, ou de "Belgique ou France du Nord" dans 7 cas, dont 2 de Bruges précisément.

    — d'Amiens (1), de Picardie (1) de Valenciennes (1), de Troyes (1),  de Paris (3) ou de "France du Nord" (1) dans 8 cas, soit le Nord de la France.

    — d'Angers (1), de Tours (1), de Touraine (1) ou de Bourgogne (2), dans 5 cas du Centre de la France.

    — de Provence (1), d'Avignon ? (1), de Savoie (1), et de Milan (1) soit 4 cas d'une origine méridionale.

    — de France sans précision dans 6 cas.

    Au total, l'origine en Belgique et dans le Nord de la France est prédominante, mais il faudrait comparer ces chiffres à la provenance, non pas des exemples de libellules, mais des enluminures dans leur ensemble pour affirmer que les insectes, et  notamment les libellules, sont d'avantage représentés au Nord.

    Influence de l'école ganto-brugeoise.

    Ce mouvement artistique d'enluminure actif à Gand et surtout à Bruges, mais aussi dans l'ensemble des Pays-Bas méridionaux entre 1475 et 1525  rayonna dans toute l'Europe occidentale, et Paul Durrieu a reconnu son influence sur Jean Bourdichon, peintre entre 1503 et 1508 des Grandes Heures d'Anne de Bretagne.  Cette école se caractérise par le développement des bordures florales, qui s'enrichissent en plantes fidèles à un modèle botanique et qui accueillent des fleurs coupées en trompe-l'œil, des petits mammifères (écureuil), des singes, des oiseaux dont des paons, des pièces et médailles, et des insectes : mouches, criquets, et surtout papillons et libellules.

    Cette école est représentée de façon argumentée dans mon corpus par les enluminures de Simon Bening et de son atelier pour le manuscrit Rouen BM 3028 (1510-1525). Elle n'est pas apparente pour l'autre manuscrit venant de Bruges vers 1450, le Tours BM 0218, trop ancien. Son influence est signalée dans la notice IRHT pour Amiens BM Lescalopier 020, pour Mazarine 0381, pour Valenciennes 0836. Elle est patente à mon sens pour Douai 0124, et par le Maître des Fleurs, pour le folio 008 du Lyon BM 1558.

    Les ombres portées des spécimens naturels sont retrouvées dans cinq manuscrits qui, justement, relèvent de cette école :

    • Amiens BM Lescalopier 20 (vers 1495)
    • Mazarine 0381 (15-16e siècle) (4 enluminures)
    • Lyon BM 1558 (1510-1515)
    • Douai BM 0124 (vers 1500-1549)
    • Valenciennes BM 0836 (16e siècle)

    Ce sont donc six manuscrits qui peuvent être considérés comme relevant de ce courant, entre 1495 et la première moitié du 16e siècle. 

    Couleurs.

    Les libellules sont bleues ou vertes (soit par leur corps, soit par leurs ailes) dans  enluminures, elles sont jaunes ou brunes dans les autres cas, hormis celle de Valenciennes 0836 qui est rouge. Cela reflète la fréquence des couleurs bleu et jaune chez les espèces naturelles.

    Détermination.

    Les ailes sont étendues horizontalement dans 7 cas, sans que ce critère puisse classer ces libellules parmi les Anisoptères. Elles sont clairement dressées verticalement dans 25 cas, évoquant la possibilité de représentation de Zygoptères, ou Demoiselles, les libellules au corps le plus fin. Mais il ne m'est pas paru possible de reconnaître une espèce particulière, sauf dans le cas de la Demoiselle rouge du Valenciennes 0836 où la ressemblance avec Pyrrhosoma nymphula est réelle.

     

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    CONCLUSION
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    Cette recherche montre bien l'influence des enlumineurs flamands "naturalistes" de Bruges et Gand dans l'apparition d'une iconographie des insectes soucieuse de véracité et d'imitation des modèles naturels. Aussi est-il possible de séparer ce corpus de 39 enluminures en deux groupes.

    Dans le premier, les artistes restent dans la tradition médiévale de l'illustration des manuscrits religieux dans un but ornemental ou d'agréable détente pour le ou la lectrice, en égayant les encadrements de plaisantes figures animales ou végétales, soit pour témoigner des charmes des jardins (locus amoenus), soit pour créer des saynettes, drôleries et grimaces dans lesquelles des singes ou des nains visent de leur arc des insectes, des chimères ou des dragons voisinent avec des animaux réalistes. Les libellules sont quasi constamment des Demoiselles, ou Zygoptères au corps très fins et aux ailes dressées, sortes d'elfes bleus qui ressemblent à des crevettes par leur abdomen effilé et annelé. Malgré la tentation d'y lire un projet allégorique, ces libellules sont indépendantes du texte liturgique ou de la scène sacrée, et n'ont qu'un rôle décoratif. Loin de vouloir représenter les animaux naturels, les figures sont destinées  à être reconnues comme des signaux familiers, conformes à la représentation mentale et non à la réalité. Au même titre qu'un bonhomme-têtard dans un dessin d'enfant.  

    Dans le second cas inspirée par les miniaturistes flamands, le projet ornemental reste entier mais il devient plus ambitieux. La marge devient une bordure qui perd son statut marginal et participe pleinement à l'illustration. Le propos est de proposer l'objet naturel comme un sujet de contemplation et d'émerveillement, mais aussi de connaissance. Le propos allégorique ou religieux, s'il existe, peut être de  rendre hommage à la Création et à son Créateur, ou de témoigner de la finitude de l'existence, ou de convertir le fidèle à l'Humilité devant la complexité de l'infiniment petit. L'idée est séduisante mais rien ne vient la corroborer, à la différence des Natures mortes et Vanités du XVIIe siècle riches en crânes et en bougies se consumant.

    A ce deuxième groupe appartiennent quatorze enluminures de  six manuscrits en lien direct avec l'école ganto-brugeoise , et, déjà, dans cette période,  entre 1495 et 1550 (?), une espèce d'Odonate est peut-être identifiable, Pyrrhosoma nymphula. C'est sous la même influence que Jean Bourdichon peint, dans les Grandes Heures d'Anne de Bretagne en 1503-1508, 91 Odonates dans ses bordures florales, avec une espèce peut-être identifiable, Libellula depressa.

    C'est donc aux prémisses  de la constitution des Insectes comme objet de connaissance et aux toutes  premières représentations entomologiquement exactes — ou à peu-près exactes — d'Odonates que nous assistons au début du XVIe siècle, un siècle avant la première description scientifique d'Aldrovandi en 1602.

     

    Un peu à part, je place le folio 84 des Heures à l'usage de Troyes (1450-1475) Marseille 0112, afin d'attendre la confirmation de ce que je considère comme la première illustration de la sortie d'une libellule hors de son exuvie. 

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    Ce qui est vrai dans les collections de manuscrits français l'est aussi dans les collections de la BnF, et parmi les manuscrits étrangers, notamment avec le Bréviaire Grimani vers 1510 et l'Aeshna cyanea peinte par Simon Béning. La période 1495-1510  s'avère cruciale. D'autres découvertes m'attendent, l'aventure ne fait que commencer.

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    SOURCES ET LIENS.

    — SITE ENLUMINURES

    http://www.enluminures.culture.fr/public/mistral/enlumine_fr?ACTION=RETROUVER_TITLE&LEVEL=1&GRP=0&REQ=%28%28LIBELLULE%29%20%3aSUJET%20%29&USRNAME=nobody&USRPWD=4%24%2534P&SPEC=9&FIELD_2=SUJET&VALUE_2=LIBELLULE&SYN=1&IMAGE_ONLY=&MAX1=1&MAX2=1&MAX3=100&DOM=All

    — SITE INITIALE. ITHT.CNRS

    http://initiale.irht.cnrs.fr/

    — ECOLE DE GAND-BRUGES. WIKIPEDIA

    https://nl.wikipedia.org/wiki/Gent-Brugse_stijl_in_de_boekverluchting

    — LEROQUAIS (Abbé Victor ), 1924, Les sacramentaires et les missels manuscrits des bibliothèques publiques de France, Paris, 4 volumes.

    https://archive.org/details/lessacramentaire01lero

    https://archive.org/details/lessacramentaire02lero

    https://archive.org/details/lessacramentaire03lero

    https://archive.org/details/lessacramentaire04lero

     

    — LEROQUAIS (Abbé Victor ), 1934, Les bréviaires manuscrits des bibliotheques publiques de France, Paris, 1934, t. 4, p. [420] - 441

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1513129d

    —STONES (Alison),2008, « L'illustration des Livres Liturgiques français au Moyen Âge », Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences historiques et philologiques [Online], 139 | 2008, Online since 05 January 2009, connection on 01 February 2018. URL : http://journals.openedition.org/ashp/288

    — OMONT (Henri) 1888,  Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France, Rouen (CGM 2), Manuscrits 2523-3493, p. 74

    https://archive.org/details/cataloguegnr021888fran

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k209231w

     

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    Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
    27 janvier 2018 6 27 /01 /janvier /2018 23:12

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    I. LA PUBLICATION ORIGINALE. LEACH 2015.

    En 1813, William Elford Leach (1791-1836), diplômé en médecine de l'université St-Andrews (Ecosse) après avoir étudié à Edimbourg, devint responsable des collections zoologiques du British Museum. En 1815, il rédigea la première bibliographie, extraordinairement détaillée, de l'entomologie, dans la partie historique d'un article "Entomologie" de l'Edinburgh Encyclopaedia de D. Brewster. Il publia entre 1814 et 1817 ses Zoological Miscellany, mais en 1822, atteint de dépression et de surmenage, il démissionna de son poste pour voyager.

    LEACH, W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) – via Biodiversity Heritage Library.

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    482 GOMPHUS. GENUS CCCCLXXXII. GOMPHUS. Leach's MSS. 

    LIBELLULA. Linn. Donovan. 

    Wings of the male angulated at their anal edge. Abdomen clavate in both sexes. 

    Vulgatissimus

     - Sp- 1. Vulgatissimus 

    Libellula vulgatissima. Linn. 

    Libellula forcipata. Donovan. 

    Gomphus vulgatissimus. Leach's MSS. 

     

    Inhabits Europe. Is occasionally taken near London. 

     

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    Leach 1815, Edinburgh encyclopedia, numérisé par Biodiversity Heritage Library

     

     

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    II. COMMENTAIRES.

     

    a) Datation.

    L'Edinburgh Encyclopaedia publiée par William Blackwood et éditée par David Brewster   est parue en 18 volumes de 1808 et 1830, mais le volume 9 England to Fruit, qui contient l'article Entomology, est paru en 1830. Le volume 7 contient l'article Crustaceology de Leach, page 383, est également daté de 1830. Pourtant, les espèces de crustacés décrites dans le volume 7, sont mentionnés Leach, 1817, et les genres et espèces d'insectes du volume 9 sont mentionnées Leach, 1815. 

    Les articles ne sont pas signés, mais l'encyclopédie a publié dans le volume 1 (1830) la liste des contributeurs, dont William Leach pour les articles "Craniometry, &c., &c. Crustaceology, Insecta, Entomology".

    Cette datation de 1814 et 1815 s'expliquerait par les manuscrits originaux de Leach, qui portent ces dates. Les lettres MSS de la description renvoient sans doute à ceux-ci.

       Voir aussi l'édition américaine de l'Encyclopédie de Brewster, page 726 dans un tiré à part paru en 1816 ?

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     b) étude du nom Gomphus.

      Leach décrit son genre par l'angulation des ailes du mâle à leur bord anal (on distingue les mâles des femelles gomphe grâce à la forme de leurs ailes postérieures qui est anguleuse chez le mâle et arrondie chez la femelle, mais c'est aussi le cas de beaucoup d'aeschnes, de la plupart des cordulies et de  toutes les cordulégastres).

    L'autre critère est la forme en massue ("clavate") de l'abdomen chez les deux sexes. Cette caractéristique est remarquable chez Gomphus vulgatissimus, mais ne se retrouve pas chez tous les Gomphes et les Onychogomphes. Elle existe chez les deux spécimens que Leach indique dans son texte : Libellula vulgatissima de Linné 1758 actuellement Gomphus vulgatissimus ou Gomphe vulgaire, et Libellula forcipata de Donovan. 

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    Libellula forcipata peint par Donovan. https://www.biodiversitylibrary.org/item/94866#page/136/mode/1up

    Libellula forcipata peint par Donovan. https://www.biodiversitylibrary.org/item/94866#page/136/mode/1up

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    C'est donc en se fondant sur le texte originale qu'il est possible d'affirmer que le nom de genre  Gomphus vient du latin gomphus, issu de grec gomphos, "clou, coin, cheville", du fait de la forme en massue ("clavate") de l'abdomen des mâles. (Fleidner, 2009 ; Endersby 2012)

    –  grec ancien γόμφος, gómphos (« cheville (de fer ou de bois) pour lier ensemble les pièces d’un navire », et, « latte ou traverse de bois pour soutenir les planches d’un navire » mais aussi «jointure», «articulation».

    –  latin gomphus (« cheville, clou, jointure»). Gaffiot  ou latin impérial 'large cheville en forme de coin" (Alain Rey)

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    L'entomologie à coup de marteau.

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    Ces noms grecs et latins ont donné depuis le XIIe siècle notre substantif "gond", morceau de fer sur lequel tournent les pentures d'une porte. Par extension, on nomme gomphus (ou gond) la deuxième vertèbre cervicale (l'axis), dont l'apophyse est dite "odontoïde", en forme de dent; c'est sur elle que tourne l'atlas, qui porte la tête. Voyez celui-ci, qui est engoncé, parce que son cou est enfoncé dans la tête. 

      Plus tardivement, au XVIe siècle  Ambroise Paré a utilisé le terme de "gomphose" pour désigner la façon dont les les dents s'articulent dans les maxillaires : " Gomphose est faite quand un os est fiché dedans un autre comme un clou ou une cheville" (Paré IV, 43).

    En zoologie, le radical grec entrera dans la composition du nom du céphalopode GomphocerasJ. Sowerby 1839 de gomphos, massue et ceras, une corne. On peut aussi épater la galerie avec le Gomphotherium angustidens, et préciser qu'il s'agit d'un éléphant fossile du Miocène aux défenses droites... comme des clous. Mais il est plus poétique d'évoquer le Gomphose Bleu, un poisson appartenant, avec le Gomphose varié,  au  68ème genre de Lacépède (1836), les Gomphoses "au museau allongé en forme de clou ou de masse". Tous les deux ont été décrits par Philibert Commerson, en 1768, alors qu'il naviguait sur l'Étoile de conserve avec la Boudeuse de Bougainville dans leur Voyage autour du monde. 

    Les Gymnogomphes sont des animalcules infusoires rotifères. Mais ai-je mentionné les Chrysogomphes ?

    En Mycologie, nous citerons les Gomphides, Gomphidius, ces champignons nommés ainsi par le botaniste suédois d'Uppsala Elias Magnus Fries en 1836 car ils ont une forme de clou. Mais leur chapeau, la tête du clou, est particulièrement visqueuse (cf G. glutinosus), ce que n'apprécierait pas tout bon charpentier qui estimerait que ce champignon ne vaut pas un clou ; avis partagé par les gastronomes.

    En Botanique ? Nous avons le genre Gomphrena, nommé par Linné en personne. Ou le genre Gompholobium, nommé par Smith en 1798 en raison de ses gousses en forme de massue.

     

    Le grec gomphos ne devrait pas être confondu avec  le nom grec ancien γομφίος (gomphios) «dent molaire» qui a donné "monogomphe" "qui n'a qu'une dent", ou "dont chaque mâchoire n’offre qu’une seule dent saillante, fixée à cette mâchoire par la base seulement.." 

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    Bref, l'abdomen de ces Gomphus ressemble à un clou. Mais il y a clous et clous. Les clous à maugère (Scupper nails) ont la tête plate : ils servent à clouter des placards sur les dalots , ou des garnitures sur les vergues. Les clous à pompe (Pump nails), ont la tête arrondie, comme les clous à latte. La tête des clous à bec-de-cane ou clous de rimage est carrée.  Mais connaissez-vous les clous de tillac et les clous de demi-tillac ? Les  clous de guipon et de maillet ? Les clous à tête de mouche, dont la tête est découpée sous la forme de deux portions de cercles ? Les rudder-nails sont gros et courts, les clous à tête de diamant sont bien-sûr à tête pyramidale : les charpentiers de marine les emploient pour la construction des mantelets de sabord. Enfin, car je termine par eux, les clous de carvelle (ou ceux de demi-carvelle et de double-carvelle), à tête carrée, servent au bordage des ponts des navires en bois.

    Les chevilles, quant à elles,  sont en métal ou en bois, elles sont cylindriques, quadrangulaires, à barbe ou à grilles, à goupille ou à œillet, à boucle, à crochet et à boucle ;  à cosse ; à pointes, en mentonnet, à rosettes, de plates, à viroles, pour bosses, ou pour affût. Encore n'ai-je rien dit des gournables, des chevilles de commettage, d'ourdissoir, et de halage. 

    Mais la "cheville ouvrière" ? C'est, si vous voulez, la pièce qui travaille le plus tout en supportant l'effort principal. En 1694, Furetière la définit, à propos des carrosses et autres voitures de l'époque : comme la "grosse cheville de fer sur laquelle tourne le train de devant, et qui l'attache à la flèche". Dans la Marine, c'est "la tige de fer qui traverse le châssis de l'affût d'une caronade ainsi que le piton de sabord ; elle maintient l'affût contre le bord, et elle sert de pivot au châssis". Un dessin ?

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    Pour moi, un clou est un clou, avec une tête, un corps et une pointe. 

    Voici un clou : 

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    Et voici le gomphus vulgatissimus avec son abdomen en clou :

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    Christian Fischer : Gomphus vulgatissimus, in Wikipédia

     

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    c) les autres noms créés par Leach.

    La base Animalbase dénombre 42 taxons nommés par Leach et encore en usage, des Mammifères jusqu'aux Céphalopodes. Parmi les Odonates, outre Anax, il est l'auteur, en 1815,  des genres Calopteryx [Calepteryx], Cordulegaster, Cordulia, Gomphus, Lestes, et de l'espèce A. imperator. En 1811, il avait été l'auteur de Libellula scotica.

    Il faudrait ajouter à cette liste le genre Petalura, Leach 1815 (Anisoptera).Ou bien la  famille des Aeschnidae et des Libellulidae, etc.

    La nomenclature de Leach est souvent très personnelle. Il nomma 19 espèces et un genre d'après le nom de son employé et ami John Cranch, décédé en 1816 pendant qu'il récoltait des spécimens en Afrique dans l'expédition chargée d'explorer les sources du fleuve Congo. (Achaeus cranchii Leach 1817, L'Achée de Cranch ; Ebalia cranchii Leach, 1817 ou Ébalie de Cranch ;Eualus cranchii Leach 1817 ou Hippolyte bouledogue de Cranch ; Cirolana cranchi ou Cirolane de Cranch Leach 1818 Ocythoë cranchii Leach 1817, Pandarus cranchii, Leach 1819, etc.)

    Il nomma 9 genres d'après une mystérieuse Caroline (voir infra en Annexe), en utilisant les anagrammes de Carolina comme Cirolana, Conilera et Rocinela.  Il associa Cranch et Caroline pour le nom d'un crustacé isopode marin qu'il nomma en 1818 Cirolana cranchi . De nombreux genres de Leach  des noms de l'Antiquité comme Hippolyte, Eurydice et Palaemon.

    Mais les noms choisis pour les Odonates sont descriptifs des morphologies ou des comportements.

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    RÉCEPTION DU GENRE GOMPHUS.

    Le genre Gomphus fut à l'origine de la famille des Gomphidae, crée par Rambur en 1840.  Les gomphidae ont généralement des ailes sans tache et transparentes. Les triangles des ailes antérieures et postérieures sont placés à égale distance de l'arculus et orientés vers l'apex de l'aile. Les yeux sont séparés au-dessus de la tête. Cette famille contient 95 genres avec près de 1000 espèces ; cinq genres vivent en Europe. Deux se trouvent en Bretagne :  Gomphus et Onychogomphus.

    — Le genre Gomphus de Leach  est définit aujourd'hui ainsi :

    "Les espèces de ce genre sont de taille moyenne, avec un corps jaune à verdâtre marqué de noir.

    Ce genre se distingue des autres genres de Gomphidae par la ligne claire longitudinale marquant la partie supérieure de l'abdomen qui est plus étroite que la largeur de l'abdomen.

    Il est aussi caractérisé par la ligne médiodorsale quasi-continue qui lie les segments S1 à S7, voire S10.

    De plus, les ailes postérieures sont dépourvues de champ anal et une nervure perpendiculaire ininterrompue relie le subtriangle à la bordure postérieure de l’aile. Les cercoïdes des mâles sont plutôt courts (à peu près aussi longs que le segment S10) et divergent nettement. La lame supra-anale bifide est à peine plus courte et ses branches sont peu visibles du dessus, souvent cachées par les cercoïdes."

    On y trouve en Bretagne  :

    –Gomphus pulchellus Seys 1840 Gomphe joli ou Gomphe gentil

    http://nature22.com/odonates22/anisopteres/gomphe_joli/gomphe_joli.html

    – Gomphus simillimus Selys, 1840 - Gomphe semblable

    – Gomphus vulgatissimus (L., 1758) - Gomphe vulgaire

    http://nature22.com/odonates22/anisopteres/gomphe_vulgaire/gomphe_vulgaire.html

     

     

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    En 1840, Edmond de Sélys Longchamps a distingué le genre Onychogomphus . Ils possèdent sur le dessus de l' abdomen des taches jaunes du dessus de l'abdomen alternent  avec des marques noires alors que les Gomphus ont une ligne quasi-continue.  Les yeux sont largement séparés (comme tout gomphidé), mais l'abdomen, dilaté à l'extrémité (le clou...) est muni chez les mâles, de trois crochets (pince anale) de taille imposante. Ces crochets sont recourbés à angle droit vers l'intérieur. Ils sont à l'origine du nom, car Onycho vient de onyx (gr) = serre griffe du fait de la forme des appendices anaux des mâles. 

    On trouve en Bretagne :

     Onychogomphus forcipatus, ou Gomphe à pince.

    Onychogomphus uncatus, ou Gomphe à crochet.

    Voir : http://www.nature22.com/odonates22/anisopteres/gomphe_pinces/gomphe_pinces.html

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    SOURCES ET LIENS.

     

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    — GRAND (Daniel), BOUDOT (Jean-Pierre), 2006 Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg. Collection Parthénope, Biotope 479 pages

    https://books.google.fr/books?id=cYwSCwAAQBAJ&dq=inauthor:%22Daniel+Grand%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

     — LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) – 

    https://www.biodiversitylibrary.org/page/17493627#page/145/mode/1up

     PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

    — NATIONAL HISTORY MUSEUM

    http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/calopteryx_splendens.html

     — SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840, Monographie des libellulidées d'Europe, Roret, 220 pages.

    https://books.google.fr/books?id=8aBIt4TdIM0C&dq=AEschna&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

     Identification :

    — ODONATES COSTARMORICAINS

    http://www.nature22.com/odonates22/index.html

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    OUTILS ZOONYMIE.

    — LSJ Site de traduction grec/anglais Liddell  Scott Jones

    https://lsj.translatum.gr/wiki/Main_Page

    https://lsj.translatum.gr/wiki/LSJ:GreekEnglishLexicon

    — ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

    https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

    — ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

    https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

    — ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

    https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

    — ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

    https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

    — ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

    https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

     http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

    — FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

    http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

     

    — FLIEDNER (Heinrich),  MARTENS (Andreas ), 2008, The meaning of the scientific names of Seychelles dragonflies (Odonata) , Phelsuma 16 (2008); 49-57

    https://www.researchgate.net/publication/228819379_The_meaning_of_the_scientific_names_of_Seychelles_dragonflies_Odonata [accessed Jan 04 2018].

     — POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

    http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulie-bronzee/


    Derivatio nominis libellularum europaearum (Téléchargement PDF disponible). Available from: https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum [accessed Jan 08 2018].

    LISTE DES LIBELLULES DE BRETAGNE

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_libellules_de_Bretagne

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    Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
    11 janvier 2018 4 11 /01 /janvier /2018 20:21

     

    I. PRÉSENTATION DU MANUSCRIT.

    Souvent appelé Les Grandes Heures d'Anne de Bretagne, ce livre d'heures a été commandé par la reine Anne de Bretagne à l'enlumineur Jean Bourdichon, et réalisé de 1503 à 1508. Il est conservé actuellement à la Bibliothèque nationale de Paris (Ms. lat. 9474). Les images sont disponibles sur la base Mandragore et sur Gallica de la BNF.

    Une réplique du même atelier datant de 1515 est conservée au Pierpont Morgan Library MS M 732, avec 96 enluminures botaniques avec dénomination.

     

    Les Grandes Heures ont donné lieu à des répliques postérieures, dont trois exemplaires sont de conception très voisine :

    Alors que la première réplique est présenté comme « un double des Grandes Heures » par Delisle, les deux suivantes ont les mêmes bordures florales, mais les peintures sont présentées dans des tabernacles à corniche dorée compliquée (F. Avril). 

     

    L'ouvrage, de 30,5 cm par 20 cm, est constitué de 476 pages en latin dont 49 grandes miniatures en pleine page et 337 enluminures marginales. Il est remarquable par le travail d'enluminure de chaque marge de page, sur lesquelles figure la représentation réaliste sur fond doré de 337 plantes légendées en latin et en français. On y trouve des fleurs, cultivées ou sauvages, des arbustes, quelques arbres, et une grande diversité d'insectes et de petits animaux de la campagne. Les insectes représentés sont des papillons de jour et de nuit, libellules, sauterelles, chenilles, coccinelles, mouches, abeilles charpentières, grillons, perce-oreille, bourdons, gendarmes, lucanes.

    Les petits animaux représentés sont des serpents, lézards, orvets, grenouilles, tortues, écureuils, escargots, lapins, singes, araignées.

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    Psaume 137 In conspectu angelorum psallam tibi, folio 115r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    II. LA BOTANIQUE DES GRANDES HEURES D'ANNE DE BRETAGNE.

     

    Les  337 dessins de plantes, sont pour la plupart réalistes et aisément identifiables. Quelques-unes sont fantaisistes, et parfois des fleurs blanches sont peintes en bleu. L'immense intérêt de ce manuscrit pour l'histoire des plantes, qui  réside dans sa date, au plus tard 1508, a été remarquée par Antoine de Jussieu en 1722, qui en a  donné une étude critique botanique. Les identifications botaniques sont aidées par le fait que chaque plante est accompagnée de son nom vernaculaire et de son nom latin, mais ces noms  créent aussi des difficultés propres. Les déterminations ont été complétées par Joseph  Decaisne puis par Jules Camus en 1894.
    Voir : 

    http://uses.plantnet-project.org/fr/Livre_d%27heures_d%27Anne_de_Bretagne.

    http://www.plantillustrations.org/volume.php?id_volume=6863&mobile=0

    Néanmoins, il ne semble pas que la préoccupation des auteurs ait été de s'interroger sur les sources d'inspiration  de l'enlumineur ou des commanditaires royaux, ni de se livrer à une étude philologique des noms de plante, ni encore de replacer ce manuscrit dans le cursus de l'histoire des sciences de la nature.

    Néanmoins, le travail réalisé par Jules Camus va fournir une base documentaire pour l'analyse zoologique, qui reste à réaliser.

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    VIOLLA ALBA / VIOLETE DE MARS = (Viola odorata L. = violettes à fleurs blanches), folio 105r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    III. LA ZOOLOGIE DES GRANDES HEURES D'ANNE DE BRETAGNE.

      

     

    Si les botanistes se sont intéressés à ce témoignage unique et particulièrement précoce de leur science, il en va tout autrement des zoologistes, puisque je n'ai pu trouver aucun dénombrement, et, a fortiori, aucune tentative d'identification systématique des espèces animales peintes par Bourdichon. 

    Parmi les espèces représentées, les papillons et les libellules l'emportent largement, et le peintre a placé sur presque chaque enluminure soit  des papillons, soit des libellules. C'est donc l'Entomologie qui a jusqu'à présent dédaigné une source majeure de documentation iconographique. 

    Hâtons-nous de donner la justification de cette carence : pour des savants, les insectes représentés sont encore, à première vue, des créatures décoratives non réalistes. Les identifications ne pourraient descendre, au mieux, en dessous de la précision sur la Famille, mais non reconnaître le Genre et encore moins  l'Espèce peinte. 

    Une autre raison, majeure, de ce désintérêt est que le manuscrit n'était pas consultable, sauf à être autorisé à se rendre à la BnF. Des reproductions ont circulé au XIXe siècle, avec des planches en noir et blanc ou en couleur, mais rien celles-ci ne permettent pas facilement  l'examen des insectes, qui ne sont que des détails accessoires des enluminures botaniques. Le manuscrit fut numérisé par la BnF et son site Gallica en novembre 2012, et ce n'est qu'à cette date que l'examen entomologique des peintures furent réellement possible pour le public.

    En outre, puisque les noms vernaculaires et latins ne concernent que les plantes,  nous sommes privés de toute indication zoonymique, c'est à dire de tout indice permettant la détermination des espèces des insectes dépeints. Ce qui n'est guère étonnant puisque ceux-ci ne furent nommés que par la nomenclature linnéenne, à partir de 1758.

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    Ces raisons m'avaient amené, lors de l'étude pré-zoonymique des Lépidoptères, à délaisser ce manuscrit. 

    Je me décide aujourd'hui à y rechercher les insectes de l'Ordre des Odonates (communément "Libellules").

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    Folio 115r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    On sait que cet ordre se sub-divise en deux sous-ordres, celui des Anisoptères et celui des Zygoptères. Dans le langage courant, les anisoptères sont appelés libellules tandis que les zygoptères sont appelés demoiselles.

    Les Anisoptères (Libellules au sens strict, Dragonfly en anglais) sont caractérisés par de gros  yeux généralement joints au-dessus de la tête et un corps allongé, par des ailes antérieures et postérieures  de formes différentes (plus large à la base pour les postérieures) et qui restent dans une position perpendiculaire au corps  au repos.

    Les Zygoptères (Demoiselles en français, Damselflies en anglais) ont un corps plus grêle, des ailes  à peu près égales et repliées au repos à la verticale (sauf chez les Lestidae qui les gardent semi-étalées), des yeux non contigus.

    Cette opposition  entre des Anisoptères massives et aux ailes placées comme celles des avions, et les Demoiselles fines comme des aiguilles et aux ailes en hélicoptères, si elle est caricaturale, nous donne un bon moyen pour savoir si, dans cette premier "herbier" fidèle à la réalité, les Libellules respectent cette partition, ou si l'artiste a donné libre cours à son imagination sans tenir compte de la réalité naturelle.

    Après avoir passé une après-midi à tourner les 377 feuillets numérisés et à zoomer sur les Odonates, je fus "vite" fixé. J'avais dans mon filet 91 spécimens, que je classais dans ma boite de collection en 55 "avions" et 36 "hélicoptères". 55 Anisoptères et 36 Zygoptères.

    Soixante-et-un étaient de couleur bleu azur, les autres étaient jaunes, ou rouge-orangé, ou noir et jaune. La présence des ombres du corps ou des ailes, ou bien le fait que les ailes, dans de nombreux cas, sortaient du champ de la feuille de dessin, et débordaient dans les marges, laissaient penser que le peintre (il s'agit de Jean Bourdichon) avait travaillé d'après nature, avec des papillons, des criquets et des libellules qui étaient venus de poser sur les plantes qu'il avait mission de représenter. (Bien-sûr, les planches qui comportaient des singes endormis au pied des plants gâchaient cette certitude).  On pouvait croire qu'on allait y reconnaître des espèces bien précises, malgré certaines bizarreries qui montraient que le peintre était un artiste, et non un naturaliste. La plus choquante était la présence de longues antennes en crosse, peut-être du meilleur effet, mais qui n'avaient rien à voir avec les  courtes antennes fines comme des cheveux des Odonates. L'abdomen effilé de nombreux spécimens, dépourvu de tout appendice anal ou de tout cercoïde, était troublant. Malgré le nombre élevé des individus récoltés, il était manifeste que  l'on avait repris la même figure pour la placer soit en haut, soit en bas, soit à droite, soit en miroir à gauche, mais que la diversité des espèces ne s'en trouvait pas accrue.

    D'ailleurs, hormis dans un cas, toutes les ailes étaient transparentes, ce qui excluait d'emblée que les Calopteryx fassent partie des modèles.

    Les ptérostigmas, ces "taches" sombres mais parfois colorés de l'extrémité du bord antérieur des ailes, étaient bien peints, au nombre de quatre, mais de manière stéréotypée.

    Il était évident qu'aucun entomologiste n'accepterait de prononcer la moindre détermination d'espèce, voire de genre, et qu'il allait falloir se contenter d'approximations et de vagues évocations.

    Mais il était aussi évident que le peintre, s'il n'avait pas reproduit la nature dans un souci de fidélité ( il faudra attendre cette révolution du regard introduit par Joris Hoefnagel soixante-dix ans plus tard), ne s'était néanmoins pas affranchi de toute exigence de respect du réel. Et qu'un pas important avait été franchi ici, dans le sillage de la volonté de reproduire fidèlement les spécimens de plante, pour montrer les insectes pour eux-mêmes, comme objet d'étude.

    Jean Bourdichon avait, dans ses enluminures, rompu avec les images décoratives marginales de papillons et de libellules qui ne sont pas rares dans les marges des Livres d'Heures.

    De même, les insectes ne portaient aucune valeur symbolique ou allégorique, et ils n'avaient aucun rapport avec le texte (des oraisons) qu'ils illustraient.

    Or, les autres peintures de Bourdichon ne donnent pas d'exemples d'un tel souci naturaliste, où les objets naturels sont le sujet de l'enluminure, et non son détail marginal cocasse ou ornemental. De même, les autres Livres d'Heures d'Anne de Bretagne (Petites Heures NAL 3027 ou Très Petites Heures NAL 3120)  n'offrent pas non plus de figures semblables, qui montreraient que ces insectes et cet herbier  relevaient d'une préoccupation naturaliste de la reine de France. Sous quelles influences cet herbier peint et ces animaux prenaient-ils soudain, dans une effraction spectaculaire de l'orée du XVIe siècle, la première place ?

    Avant de tenter de répondre à cette question, je devais d'abord rechercher si, dans la littérature scientifique en ligne, quelqu'un, de préférence un entomologiste, avait reconnu dans ces 88 spécimens peint, un indice de détermination. 

    Le seul résultat est un passage d'un texte de l'immense spécialiste des Odonates P. S Corbet, qui écrit en 1991 : 

    "Plus tard, nous trouvons des libellules joliment peintes sur une Bible de Gutenberg de 1453 (Rudolf, 1991), et dans certains bréviaires médiévaux, par exemple le Bréviaire Grimani ((Conci & Neilsen, 1956), le Bréviaire de Belleville de l'atelier de Jean Pucelle à Paris (Hutchinson, 1978)  et le Livre d'Heures d'Anne de Bretagne illustré par Jean Bourdichon (Frain, 1989). En Europe, il faudra l'invention de l'imprimerie et le libération intellectuelle de la Renaissance pour révéler ce que les observateurs contemporains connaissaient sur les Libellules". (Trad. lavieb-aile)

    L'auteur mettait sur un même plan les Odonates illustrés dans le Bréviaire de Belleville de 1323-1326, dans une Bible de Gutenberg de 1453 conservée à la Staatsblbliothek Preussischer Kulturbesitz de Berlin, dans les Grandes Heures d'Anne de Bretagne de 1503-1508, et dans le fameux Bréviaire Grimani de 1510-1520, tous  regroupés dans les temps médiévaux. 

    Or, la libellule enluminée au folio 781v du Bréviaire Grimani a été identifiée comme étant l'Aeschne bleue Aeshna cyanea, alors qu'aucune détermination d'espèce n'a pu être prononcée pour les manuscrits ou ouvrages précédents. Bien qu'aucun recensement des Odonates représentés dans l'art, ou plus étroitement dans les manuscrits à peintures, n'ait été mené, il s'agit peut-être de la première représentation d'Odonate déterminée jusqu'au niveau de l'espèce.

    Je rappelle que la détermination peut descendre en précision au niveau de l'Ordre des Odonates — on reconnait des libellules dès l'Age du Bronze—, du Sous-ordre, de la Famille, du Genre et de l'Espèce.

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    Il est possible d'aller au delà des analyses de P.S. Corbet sur l'histoire de l'Odonatologie, et sur l'histoire des Illustrations entomologiques, en remplaçant les listes d'exemples d'illustrations médiévales dispersées par la recherche d'un axe évolutif, au cours duquel le regard qui se porte sur l'objet d'histoire naturelle s'affine et  l'exigence de l'artiste et l'attente du commanditaire progressent. Le travail de Jean Bourdichon pour les Grandes Heures s'inscrit dans cette progression sur laquelle je place en guise de jalon :

    •  les libellules des marges des enluminures médiévales peintes par Jean Pucelle (et par beaucoup d'autres artistes du XIIIe au XVe siècle), essentiellement décoratives,
    • celles du Bréviaire Grimani au premier quart du XVIe siècle sont (avec indulgence) déjà exactes et réalistes par rapport au modèle naturel,
    •  celles de Joris Hoefnagel au dernier quart du XVIe siècle, qui sont si précises qu'elles pourront être citées comme sources par Linné dans ses définitions d'espèces.

    Autrement dit, au delà de la déception de ne pas pouvoir déterminer les modèles naturels utilisés par Jean Bourdichon pour les Grandes Heures,  il pourrait être très excitant de percevoir dans ses peintures la gestation d'une représentation scientifique progressivement en cours, et d'y reconnaître un stade pré-naturaliste : suffisamment attentive à la Nature pour placer des caractéristiques d'espèces réelles, mais suffisamment désinvolte et fantaisiste pour les mélanger indifféremment à d'autres caractéristiques contradictoires, comme les longues antennes par exemple.

    Ainsi, la libellule du folio 115r (supra) perd toute crédibilité avec ses antennes de papillon ou de zygène, son abdomen dépourvu d'appendices et la dilatation du tiers inférieur de cette abdomen.

    Nous sommes loin de l'Aeshna cyanea qui est reconnue dans l'enluminure du Bestiaire Grimani  peint moins de dix ans après ces Heures, et que Joris Hoefnagel a peint avec une précision microscopique ensuite pour le volume Ignis. Mais nous sommes loin aussi de la "libellule" à trois paires d'ailes peint sur un Bréviaire franciscain vers 1430 : je  place les quatre stades suucessifs :

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    I. Bréviaire franciscain de 1430

    Bréviaire franciscain vers 1430, BM Chambery MS 0004 folio 385

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    II. Jean Bourdichon.

    Anisoptère indéterminable Jean Bourdichon, folio 115v, Heures d'Anne de Bretagne 1503-1508 BnF Gallica

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    III. Bréviaire Grimani. 

    Aeshna cyanea, Bréviaire Grimani folio 781v (vers 1510-1520)

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    IV. Hoefnagel.

    Aeshna cyanea, Joris Hoefnagel, Ignis (1575-1585), source NGA

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    UNE LIBELLULE IDENTIFIABLE MALGRÉ TOUT ?

    Je propose de reconnaître dans la libellule peinte au folio 45v  un mâle immature de Libellula depressa Linnaeus 1758.

    Elle est vue de dessus, de trois-quart, posée sur la base d'un plant.

    Le texte : l'Office de la Vierge :

    Deus, qui de beatae Mariae Virginis utero Verbum tuum, Angelo nuntiante, carnem suscipere voluisti: praesta supplicibus tuis; ut, qui vere eam Genitricem Dei credimus, eius apud te intercessionibus adjuvemur. Per eúmdem Dóminum nostrum Jesum Christum Fílium tuum, qui tecum vivit et regnat in unitáte Spíritus Sancti

    La plante.

    Il s'agit du  Lierre terrestre Glechoma Hederacea , L. 1753. La bordure est surmontée du nom latin EDERA TERRESTRIS (cf le Botanicon de Theodor Dorsten  1540 page 144) alors que le nom français est inscrit en dessous : QUE DIEU MARCHA. La seule justification de ce dernier nom est la citation biblique du Livre de Jonas 4:6 et praeparavit Dominus Deus hederam et ascendit super caput Ionae "Le Seigneur Dieu fit naître alors un lierre, qui s'éleva au-dessus de la tête de Jonas, pour l'ombrager". Le Lierre est aussi en relation avec le dieu Bacchus / Dionysos, dieu couronné de lierre car il fut caché, enfant, sous cette plante par les nymphes. voir Daléchamps 1615

    . On peut noter que ce nom vernaculaire pourtant très précieux car il ne sera pas repris, n'a pas suscité la curiosité des chercheurs.

    Les insectes.

    La libellule est accompagnée d'un papillon à ocelle, imaginaire.

    Libellula depressa.

    L'enluminure montre d'un Anisoptère de couleur brun jaune. Libellula depressa, que j'identifie, est reconnaissable par son abdomen particulièrement large et aplati ou "déprimé", qui lui a donné son nom. Cet abdomen est bleu azuré chez le mâle mature, mais brun avec des bords jaunâtres chez la femelle et le mâle immature. La partie antérieure du thorax porte deux larges bandes blanchâtres bien représenté par Bourdichon. Surtout, il a bien indiqué les marques noirâtres de la base des ailes, celle des ailes antérieures étant en barre et celle des postérieures en triangle. Les yeux de l'insecte en naturel sont, comme ici, brun-verts mais  moins contigus qu'il n'est ici dessiné. Les quatre ptérostigmas sont effectivement noirs et rectangulaires. L'aile postérieure est élargi à sa base, comme il se doit. 

    Je compte, exactement, dix segments. Le dernier est recourbé vers le haut. L'artiste n'a pas représenté les appendices anaux. Il faut bien dire que sur les différentes photos en ligne, ils sont parfois bien discrets.

    Mes guides (K.D.B. Dijkstra et Grand-Boudot) me montrent des femelles à l'abdomen plus larges que ceux des mâles immatures, je fais donc l'hypothèse d'un mâle, mais si on me conteste cela et qu'on m'accorde la détermination de l'espèce, je serais déjà comblé.

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    Folio 45v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne, BnF gallica

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    Par B59210 — Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=49376910

     

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    L'INFLUENCE DE L'ÉCOLE DE GAND-BRUGES ?

     

    Peintre de quatre rois (Louis XI, Charles VIII, Louis XII puis François Ier), Jean  Bourdichon (1457-1521) est le type même de l'artiste officiel, réalisateur avant tout d'ouvrages de luxe d'une exécution raffinée.  Ce sont  ses manuscrits enluminés, particulièrement ses œuvres de maturité comme les Grandes Heures d'Anne de Bretagne (vers 1503-1508), le Missel de Jacques de Beaune (entre 1506 ou 1509 et 1511), les Heures de Frédéric III d'Aragon, entre 1501 et 1503 (Bibliothèque nationale), qui font sa renommée actuelle. Tourangeau manifestement formé auprès de Fouquet et de son fils le Maître du Boccace de Munich, dont il garde l'équilibre classique et les formes pleines, il s'éloigne de lui par sa conception de la peinture plus décorative qu'attachée au réel : c'est un auteur d'images d'une grande beauté formelle plus qu'un novateur inspiré. (D'après Wikipédia)

    Mais c'est l'influence de l'école de Gand-Bruges qui est ici déterminante, par ses bordures à fleurs et insectes, déjà présents chez Hans Memling et Gérard David.. C'est dans les années 1470-1480 que l'école ganto-brugeoise se tourne vers plus de naturalisme. Bourdichon s'y serait formé en reprenant et appliquant les armes du roi Louis XII sur une centaine de manuscrits de la bibliothèque de Louis de Bruges, seigneur de la Gruuthuyse.

     

    Il est remarquable, pour notre sujet,  que  les principaux artistes de cette école ont participé au Bréviaire Grimani  : Gérard Horenbout, Gérard David, Alexandre Bening et son fils Simon Bening (1483-1561). C'est à ce dernier qu'est attribué le folio 781v du Bréviare Grimani, avce son Aeshna cyanea. 

    Les Livres d'Heures de cette école offrent beaucoup d'exemples de libellules :

    a) Le Livre d'Heures à l'usage de Rome (XVe siècle) de Beinecke Rare Book and Manuscript Library, MS 287 fol. 161v

    https://brbl-dl.library.yale.edu/vufind/Record/3433117?image_id=1025452

    b) Le" Bréviaire" (ou plutôt Livre d'Heures) du Brukenthal Museum à Sibiu, en Roumanie, fut réalisé au début du XVIe siècle en Hollande par le Maître des scènes de David du Bréviaire Grimani. Parmi ses 92 enluminures se trouvent beaucoup de libellules.

    http://www.brukenthalmuseum.ro/breviar/index_en.htm

    Mais ce sujet de l'influence des peintres de Bruges sur la représentation de la Nature étant trop vaste, je l'interromps ici. 

     

     

     


     

     


     

     

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    Liste descriptive des 91 Odonates représentés sur les enluminures des Grandes Heures d'Anne de Bretagne.
     

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     Folio 11v : Anisoptère bleu ATY (Abdomen, Thorax et Yeux). Abdomen cylindrique, bleu à lignes jaunes. Extrémité des ailes foncées ou bleutées. Quatre ptérostigmas noirs.

     

     

    folio 11v, Grandes heures d'Anne de Bretagne, Gallica BnF

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    13v  : Anisoptère bleu AYT, marques jaunes en cupules sur l'abdomen et le thorax, lignes dorées sur le bord antérieur des ailes, quatre ptérostigmas noirs. Queue effilée. [ Aeshna ?? ]

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    Folio 13v, Grandes Heures de Bretagne, numérisé par Gallica BnF

     

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    25r  : Anisoptère, abdomen noir à marques jaunes en cupules. Thorax rouge bordeaux à marques jaunes en cupules. Yeux verts. Quatre ptérostigmas noirs. Antennes blanches terminées en boule.  [Cordulegaster ??]

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    Folio 25r, Grandes Heures de Bretagne, numérisé par Gallica BnF

     

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    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v/f58.item.zoom
    Folio 25r, Grandes Heures de Bretagne, numérisé par Gallica BnF

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    31r : Zygoptère rouge, abdomen rouge  à 10 segments, thorax rouge, yeux noirs, pas de ptérostigmas, dernier segment bien détaillé . Un pyrrhosoma nymphula aurait les yeux rouges.

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    Folio 13v, Grandes Heures de Bretagne, numérisé par Gallica BnF

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    32r : Anisoptère bleu ATY, thorax ovoïde, quatre ptérostigmas noirs, appendices du dernier segment détaillés.

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    Folio 32r, Grandes Heures de Bretagne, numérisé par Gallica BnF.

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    32v : Anisoptère abdomen et thorax noir à marques jaunes en cupules, yeux bleus, pas de pterostigmas, dernier segment effilé.  [Cordulegaster ? ?]

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    Folio 32v, Jean Bourdichon, Grandes Heures de Bretagne (1503-1508), numérisé par Gallica BnF.

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    34r (sup) : Zygoptère bleu; grandes antennes recourbées.

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    Folio 34r (sup), Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne. Numérisé Gallica BnF.

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    34r (inf). Zygoptère bleu ATY, thorax ovoïde, quatre ptérostigmas noirs.

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    Folio 34r (inf), Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne. Numérisé Gallica BnF.

     

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    35v : Zygoptère bleu ATY, thorax ovoïde, quatre ptérostigmas noirs..

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    Folio 35v (inf), Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne. Numérisé Gallica BnF.

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    37r : Zygoptère bleu ATY, abdomen annelé.

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    Folio 37r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

     

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    39v : Zygoptère rougeâtre, jaune et bleu, thorax et yeux bleus, quatre ptérostigmas noirs.

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    Folio 39v Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    44v : Anisoptère abdomen bleu à traits jaunes dernier segment effilé.

     

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    Folio 44v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    45r : Anisoptère bleu ATY (Abdomen, Thorax et Yeux), quatre prétostigmas bruns, dernier segment détaillé.

     

     

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    Folio 45r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

     

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    45v : Anisoptère, abdomen plat  jaune annelé (dix ou onze segments), thorax jaune, yeux jaunes, tache noire en triangle à la base des ailes, quatre ptérostigmas noirs,  [Libellula depressa mâle immature ?? ]

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    Folio 45v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

     

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    46r : Anisoptère bleu ATY, base et extrémité des ailes bleues, ptérostigmas rectangulaires noires,  queue fourchue, antenne terminée en massue. Une seule paire d'ailes visible.

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    Folio 46r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    53r : Anisoptère abdomen jaune à triangles médians noirs, thorax ovoïde bleu, yeux bleus, 4 ptérostigmas noirs, dernier segment détaillé.

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    Folio 53r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    57r : Anisoptère bleu ATY , « queue » fourchue, 4 ptérostigmas noirs..

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    Folio 57r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    65v: Zygoptère bleu ATY, thorax ovoïde, 4 ptérostigmas noirs,  queue fourchue.

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    Folio 65v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    66v: Zygoptère bleu ATY, thorax ovoïde, 4 ptérostigmas grisâtres, queue fourchue.

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    Folio 66v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    75v: Zygoptère bleu ATY, abdomen cylindrique annelé,  thorax ovoïde ponctué, ptérostigmas noirs,  dernier segment à appendices, longues antennes en crosse comme les Zygènes

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    Folio 75v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    77r : Anisoptère bleu ATY, thorax ovoïde, 4 ptérostigmas, 

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    Folio 77r, , Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    78v : Anisoptère bleu ATY, abdomen plat, 4 ptérostigmas,  [Orthetrum coerulecens ??? ].

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    Folio 78v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    84v: Zygoptère bleu ATY queue fourchue, antennes en crosse.

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    Folio 84v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    86v: Zygoptère bleu ATY queue fourchue.

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    Folio 86v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    88r: Zygoptère bleu ATY , reflets jaunes sur le thorax, queue fourchue.

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    Folio 88r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    90v: Zygoptère Rouge-rouille ATY queue fourchue.

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    Folio 90v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    95v : Anisoptère, abdomen orangé annelé, jaune dessous, thorax orangé, yeux noirs ptérostigmas noirs, derniers segments effilés, antennes en crosse.

    Note : pour l'entomologiste Jacques Jouannic, cet insecte, comme les suivants aux caractères semblables,  abdomen pointu, longues pattes, parfois tête de mouche, ... sont  des Tipules. Communic. pers. sept. 2018.  Il ajoute :

    " il serait bon de rajouter parmi les critères que les tipules sont des diptères et sont toujours représentées avec une seule paire d'ailes, contrairement aux odonates qui en ont 2 paires.
    La différence se voit très bien sur le folio 109r. 
    Pour bien voir la différence je pense qu'on peut comparer les représentations (qui se suivent avec les mêmes couleurs) des folios 129v (odonate) et 131v (tipule).
    [A noter aussi que certains zygoptères ont parfois les ailes superposées et sont représentés (folio 113v par ex.) avec seulement 2 ailes].

    Cela me semble, désormais, évident !!

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    Folio 95v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    96r : Anisoptère bleu ATY et jaune, queue fourchue.

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    Folio 96r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    99r: Zygoptère bleu ATY, ptérostigmas bleuâtres, queue fourchue.

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    Folio 99r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    100r : Anisoptère Abdomen et thorax jaune et noir, yeux noirs, pattes jaunes, ptérostigmas, derniers segments effilés, [Libellula depressa ??]

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    Folio 100r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    105r: Zygoptère bleu ATY queue fourchue.

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    Folio 105r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    108r : Anisoptère bleu ATY thorax ovoïde, ptérostigmas noirs, queue fourchue.

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    Folio 108r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    109r (sup) : Zygoptère bleu ATY, queue fourchue.

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    Folio 109r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    109r (inf.) : Anisoptère jaune rayé de noir, queue pointue

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    Folio 105v (inf), Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    110r : Anisoptère bleu Abdomen et thorax bleus marquées de cupules jaunes , yeux verts, ptérostigmas pâles, segment inférieur effilée. .

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    Folio 110r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    113r : Anisoptère abdomen jaune à triangles noirs, thorax et yeux bleus, ptérostigmas noirs, dernier segment détaillé.

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    Folio 113r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    113v: Zygoptère abdomen et thorax rouges annelés de noir, yeux bleus, ptérostigmas noirs, antennes en crosse et à bouton.

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    Folio 113v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    115r : Anisoptère bleu TY, Abdomen bleu à marques noires, quatre ptérostigmas, derniers segments effilés.

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    Folio 115r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    115v : Zygoptère abdomen bleu à marques noires, queue effilée.

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    Folio 115v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    117v : Anisoptère abdomen jaune annelé de noir, thorax jaune, yeux bleus, queue effilée.

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    Folio 117v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    122r : Anisoptère abdomen jaune à triangles noirs, Thorax et yeux bleus.

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    Folio 122r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    124v : Anisoptère jaune à raies et anneaux noirs, antennes en crosse, queue effilée.

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    Folio 124v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

     

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    125v : Zygoptère abdomen bleu, antennes en crosse, queue fourchue.

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    Folio 125v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    127r : Zygoptère bleu ATY, queue bifide,  extrémités des ailes bleuâtres, pas de ptérostigmas.

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    Folio 127r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    129r  (sup) : Zygoptère bleu ATY, ptérostigmas noirs, dernier segment bifide.

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    Folio 129r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    Folio 129r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    129r (inf) : Anisoptère abdomen et thorax noirs à marques et cupules jaunes, yeux bleus, quatre ptérostigmas noirs, extrémité inférieur de l'abdomen dilaté, antennes en crosse plumeuses. [Cordulegaster ??]

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    Folio 129r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    129v : Anisoptère abdomen rouge à marques médianes noires en triangle, thorax et yeux rouges, quatre ptérostigmas noirs, "queue" bifide

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    Folio 129v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    131v : Anisoptère rouge-orange annelé de noir, à ventre jaune, "queue" effilée, ptérostigmas noirs, antennes en crosses et à boutons.

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    Folio 131v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    132r : Anisoptère bleu ATY, marques médianes dorsales noires et jaunes, " queue" aux appendices esquissés .

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    Folio 132r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    132v : Anisoptère rouge ATY, marques noires et jaunes.

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    Folio 132v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    133v : Zygoptère bleu ATY, queue fourchue (en face d'un "Machaon" ).

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    Folio 133v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    136r : Anisoptère bleu ATY, anneaux noirs, queue fourchue (avec une chenille évocatrice de celle de l'Euphorbe Hyles euphorbia)

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    Folio 136r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    137r : Anisoptère rouge-orange ATY, marques triangulaires dorsales noires, ptérostigmas noirs, "queue" fourchue.

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    Folio 137r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    138r : Anisoptère bleu ATY, marques jaunes en cupules, queue effilée.

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    Folio 138r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    138v : Anisoptère bleu ATY, marques annelées noires, queue fourchue.

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    Folio 138v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    139v (à droite)  : Zygoptère bleu ATY , ptérostigmas noirs.

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    Folio 139v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    139v ( à gauche) : Zygoptère bleu clair ATY, antennes en crosse

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    141v : Zygoptère bleu ATY, "queue" fourchue, quatre ptérostigma noirs (en face d'un "Machaon").

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    Folio 141v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

     

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    143r  : Zygoptère bleu ATY, queue fourchue.

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    Folio 143r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    144v : Zygoptère rouge-orange ATY, marque noire longitudinale, quatre ptérostigmas  "queue" fourchue, antennes en crosse.

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    Folio 144v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    145r (sup) : Anisoptère bleu ATY, quatre pérostigmas, "queue" fourchue.

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    Folio 145r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    145r(inf) : Anisoptère abdomen jaune à triangles médians dorsaux noirs, thorax et yeux orange, derniers segments effilés.

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    Folio 145r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    150v : Anisoptère orange, queue effilée, antennes en crosse.

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    Folio 150v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    151r : Anisoptère bleu ATY, thorax ovoïde, quatre ptérostigmas noirs, "queue" fourchue.

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    Folio 151r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    153r (à droite) : Zygoptère orange ATY, marques dorsaux en triangles noirs "queue" fourchue.

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    Folio 153r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    153r (à gauche) : Zygoptère bleu ATY, queue fourchue.

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    154r : Zygoptère bleu ATY, queue fourchue.

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    Folio 154r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    157r : Zygoptère bleu ATY, ptérostigmas, queue fourchue.

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    Folio 129r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    160r : Anisoptère orange ATY, triangles dorsaux  noirs, ptérostigmas, "queue" fourchue.

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    Folio 160r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    160v  : Anisoptère jaune-orange ATY, abdomen large, annelé, queue effilée

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    Folio 160v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    164r  : Anisoptère bleu ATY, queue fourchue.

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    Folio 164r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    166r. Anisoptère bleu ATY, ventre jaune, quatre ptérostigmas noirs, 

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    Folio 166r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    170r : Anisoptère bleu ATY, ventre jaune, queue effilée, antennes en crosse.

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    Folio 170r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    178r : Anisoptère bleu ATY, marques en cupules jaunes, ptérostigmas, derniers segments effilés, longues antennes.

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    Folio 178r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    180r : Anisoptère bleu ATY, queue fourchue.

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    Folio 180r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    184r : Zygoptère bleu ATY, ventre jaune, triangles noirs, queue fourchue, antennes en crosse.

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    Folio 184r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    188r : Anisoptère bleu ATY, queue fourchue.

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    Folio 188r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

    .

    .

    190r  : Anisoptère jaune ATY, queue effilée, antennes.

    .

    Folio 190r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

    .

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    196r : Anisoptère bleu ATY, anneaux noirs, ventre jaune, queue effilée, ptérostigmas, antennes.

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    Folio 196r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    202r : Anisoptère bleu ATY, queue fourchue.

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    Folio 202r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    208r  : Anisoptère jaune ATY, , queue effilée, antennes.

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    Folio 208r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

    .

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    213r : Zygoptère bleu ATY, queue fourchue.

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    Folio 213r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    220v : Anisoptère bleu ATY, marques jaunes en cupules, ptérostigmas, queue effilée, longues antennes.

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    Folio 220v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    223r (à gauche) : Zygoptère bleu ATY, cupules jaunes, queue effilée, longues antennes.

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    Folio 223r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    223r (à droite)  : Anisoptère bleu ATY annelé, abdomen large aplati, antennes longues en crosse, queue effilée.

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    229v : Zygoptère bleu ATY, ptérostigmas,  "queue" bifide, longues antennes.

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    Folio 229v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    233r : Anisoptère jaune ATY, abdomen élargi et annelé, queue effilée, longues antennes.

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    Folio 233r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    233v : Anisoptère bleu ATY, marques dorsales noires et jaunes, pterostigmas noirs,, queue fourchue.

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    Folio 233v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    234r : Zygoptère bleu ATY, anneaux dorés, queue fourchue.

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    Folio 234r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    235v : Anisoptère orange ATY, abdomen élargi à marques noirâtres et jaunes dorsales, "queue" effilée, longues antennes à massues.

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    Folio 235v, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    236r  : Anisoptère bleu ATY, ptérostigmas,  "queue" fourchue.

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    Folio 236r, Jean Bourdichon, Grandes Heures d'Anne de Bretagne (1503-1508). Numérisé Gallica BnF.

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    Résultats.

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    Mon décompte est celui d'un amateur, certes plein de bonne volonté, mais qui ne rédige pas ici sa thèse de doctorat. Les professionnels vérifieront derrière moi. Ou pas.

    Nombre total : 91 Odonates.

    Si je prends comme critère (discutable) de considérer comme Anisoptères les espèces figurées ailes écartées et comme Zygoptères les espèces figurées ailes redressées, je compte 55 Anisoptères et 36 Zygoptères.

    Je compte  

    91 Odonates : 55 Anisoptères et 36 Zygoptères

    Couleurs.

    Il y a 31 Anisoptères bleus, 13 Anisoptères jaunes, 3 Anisoptères noirs et jaunes, 8 Anisoptères rouges ou orangé.

    Et 30 Zygoptères bleus, 6 Zygoptères rouge ou orangé.

    Soit 61 "bleus", 13 "jaunes", 14 "orangés" et 3 "noirs et jaunes"

    La prédominance des deux couleurs bleu et jaune (avec sa variante orange)  est réaliste, correspondant à la distribution dans la nature, et à la coloration de nombreuses espèces entre mâles bleus et femelles jaunes. On remarque néanmoins l'absence de la couleur verte.

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    .

     

     

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    SOURCES ET LIENS.

    — GRANDES HEURES  d'Anne de Bretagne LATIN 9474 HORAE ROMANUM 

    Numérisation du manuscrit Bnf latin 9474 :

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b52500984v

    — Notice Wikipédia

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Grandes_Heures_d%27Anne_de_Bretagne

    — Fac-similé CURMER 1841 :

    Le Livre d'Heures de la Reine Anne de Bretagne: Traduit du latin et accompagné de notices inédites par l'abbé [Henri] Delaunay,  volume 1

    http://reader.digitale-sammlungen.de/de/fs1/object/display/bsb10800533_00098.html

    Le Livre d'Heures de la Reine Anne de Bretagne: Traduit du latin et accompagné de notices inédites par l'abbé [Henri] Delaunay,  volume 1 volume 2

    https://books.google.fr/books?id=1xZKAAAAcAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

    https://archive.org/details/lelivredheuresde01cath

    — Facsimilé Moleiro 2014 : commentaires rédigé par Marie-Pierre Laffitte (BnF), Georges Minois, Michèle Bilimoff (CNRS) et Carlos Miranda, AA.vv., Grandes heures d'Anne de Bretagne, Barcelone, M. Moleiro Editor, 2014, 397 pages, (ISBN 978-84-96400-99-3).

    — AVRIL (François) et N. Reynaud, 1993, Les manuscrits à peintures, n° 164, p. 297-300, avec bibliographie.

    — BILIMOFF Michele, Promenade dans des jardins disparus, Les plantes au Moyen Âge d'apres les Grandes Heures d'Anne de Bretagne, OUEST-FRANCE, 2001.

     

    — BREVIAIRE GRIMANI

    https://archive.org/stream/lebreviairegri00onga#page/n9/mode/2up

    https://archive.org/stream/lebreviairegri00onga#page/164/mode/2up

    https://archive.org/stream/lebreviairegri00onga#page/206/mode/2up

    https://archive.org/stream/lebreviairegri00onga#page/240/mode/2up

    http://marciana.venezia.sbn.it/sites/default/files/filemanager/file/UserFiles/File/Grimani-2.pdf

    — CAMUS (Jules), « Les noms des plantes du Livre d'Heures d'Anne de Bretagne », Journal de Botanique, t. 8, no 19-23,‎ 1894, p. 325-336, 345-352, 366-375, 396-401  https://www.biodiversitylibrary.org/item/18810#page/335/mode/1up

     retranscription sur plantnet :

    http://uses.plantnet-project.org/fr/Camus,_Livre_d%27heures_d%27Anne_de_Bretagne,_1894

    Article permettant l'identification complète des plantes représentées

     

    — DELISLE ( Léopold), 1913  Les Grandes heures de la reine Anne de Bretagne et l'atelier de Jean Bourdichon, E. Rahir,.

    https://archive.org/details/mdu-rare-025674

    http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1913_num_74_1_460890

    http://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1910_num_54_3_72620

    — DURRIEU Paul. L'enlumineur flamand Simon Bening. In: Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres, 54ᵉ année, N. 3, 1910. pp. 162-169; doi : 10.3406/crai.1910.72606 http://www.persee.fr/doc/crai_0065-0536_1910_num_54_3_72606

     

    — GATIEN / GENDRE (Philippe), 2015, Un prince de l'enluminure , Jean Bourdichon, blog.

    http://autourdemesromans.com/un-prince-de-lenluminure-jean-bourdichon-peintre-de-cour/

    — KREN (Thomas), Scot McKendrick 2003, Illuminating the Renaissance: The Triumph of Flemish Manuscript Painting in Europe Getty Publications, 1 juil. 2003 - 591 pages

    https://books.google.fr/books?id=tyA2AgAAQBAJ&dq=%22thomas+kren%22+ghent-bruges&hl=fr&source=gbs_navlinks_s
    —OMONT ( H.),  "Un document nouveau relatif à Jean Bourdichon", dans Bibliothèque de l'école des chartes, t. 73, 1912, p. 581-583 

    http://www.persee.fr/doc/bec_0373-6237_1912_num_73_1_460949

     

    —  MÂLE (Émile), 1902, « Trois œuvres nouvelles de Jean Bourdichon, peintre de Charles VIII, de Louis XII et de François Ier », Gazette des beaux-arts, vol. 27, no 3,‎ mars 1902, p. 185-203.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2031554/f216

    — MONSERRAT (Victor J. ) 2016,  LOS ARTRÓPODOS EN LOS LIBROS ILUMINADOS DE LA EDAD MEDIA EUROPEA Boletín de la Sociedad Entomológica Aragonesa (S.E.A.),  nº58 (30/06/2016): 259–331.

    https://www.academia.edu/26637740/LOS_ARTR%C3%93PODOS_EN_LOS_LIBROS_ILUMINADOS_DE_LA_EDAD_MEDIA_EUROPEA

    — Bourdichon : Heures de Frederic d'Aragon BnF http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8427228j/f1.planchecontact

     

    —REPLIQUES :  Réplique des Heures d'Anne de Bretagne : Heures Holford, Pierpont Morgan Library, New York, manuscrit M. 732 (1515, avec 96 enluminures botaniques avec dénomination ) 

    http://ica.themorgan.org/manuscript/thumbs/77418

    — Réplique des Heures d'Anne de Bretagne : Heures Rothschild, Waddeson Manor, manuscrit 20 https://waddesdon.org.uk/the-collection/item/?id=1781

    — Réplique des Heures d'Anne de Bretagne : Heures Gardner, à Boston, Gardner Museum, ms. 8 https://www.gardnermuseum.org/experience/collection/17646

    — RUDOLF R.), 1991. Paintings of Zygoptera in the Gutenberg Bible of 1453. Odonatologica, 20 (1) : 75-78.  

    http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document;docid=591936

    SUR SIMON BENING:

    a) Simon Bening als landschapsminiaturist. Eigen stijl & evolutie binnen het oeuvre en zijn invloed op de ontwikkeling van het landschap in de schilderkunst van de zestiende eeuw. https://lib.ugent.be/fulltxt/RUG01/001/414/918/RUG01-001414918_2010_0001_AC.pdf

    b) 

    http://manuscripts.org.uk/chd.dk/misc/ABGrim.html

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    Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
    8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 14:45

    Zoonymie des Odonates. Le nom de genre Calopteryx  Leach, 1815.

    .

    Voir sur la zoonymie (étude du nom) des Odonates :

     

    .

    Résumé.

    Genre Calopteryx, Leach, 1815.  Brewster's Edinb. Encycl. 9(1): 137. Le nom qui vient du grec kalos "beau" et pteryx "aile" signifie "qui a de belles ailes" en raison de la couleur métallique de celles-ci, surtout chez les mâles.

    .


     

     

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    .

    .

    I. LA PUBLICATION ORIGINALE. LEACH 1815.

     

    En 1813, William Elford Leach (1791-1836), diplômé en médecine de l'université St-Andrews (Ecosse) après avoir étudié à Edimbourg, devint responsable des collections zoologiques du British Museum. En 1815, il rédigea la première bibliographie, extraordinairement détaillée, de l'entomologie, dans la partie historique d'un article "Entomologie" de l'Edinburgh Encyclopaedia de David Brewster. Il publia entre 1814 et 1817 ses Zoological Miscellany, mais en 1822, atteint de dépression et de surmenage, il démissionna de son poste pour voyager.

    — LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) – via Biodiversity Heritage Library.

     FAMILY I. LIBELLULIDA.

    489. Libellula

    490. Cordulia.

    FAMILY II. ÆSHNIDES.

    482. Cordulegaster

    483. Gomphus

    484. Anax

    FAMILY III. AGRIONIDA.

    485. Agrion

    486. Lestes

    487. Calepteryx.

     

    .

    486. GENUS CCCCLXXXVII. CALOPTERYX. Leach's MSS. 
    Agrion Fabricius Latreille.

    Wings coriaceo-membranaceous, without a real stigma, in place of which is sometimes an irregular opaque spot. Abdomen of the male furnished with a forceps-like appendage. 

    Obs. This genus comprehends those Agrionida with coloured wings. 


    .

     

    Leach décrivait son genre Calepteryx ainsi : "ailes coriaceo-membraneuses, sans réel stigma, remplacé par une zone opaque irrégulière . L'abdomen des mâles est équipé d'appendices en forme de pince [ou de forceps] . Ce genre comprend ceux des Agrionidés aux ailes colorées."

     

     

    .

    .

     

    L'espèce type du genre est Libellula virgo Linnaeus, 1758.

    .

    II. ÉTUDE DU NOM.

    . 

    Calopteryx vient du grec  kαλοσ, α, ον = belle + πτεριξ, υγοσ = aile et signifie "qui a de belles ailes", qualificatif qui ne nécessite pas d'explication pour celui qui connait les splendides couleurs bleu-vert métallique irisé des ailes des mâles de l'espèce-type C. virgo.

    La graphie CALEPTERIX de Leach, fautive à l'égard des racines grecques, a été corrigée par Burmeister en 1839 dans Handbuch der  Entomologie, 2, 825.  Ce dernier attribue le nom Calopteryx à Charpentier.


    .

    III.  RECEPTION du genre.

     

     

    Leach, qui sépare ses Agrionida en trois genres AGRION Latreille, LESTES Leach et CALEPTERYX Leach,   signale qu'il reprend sous son nom Calepteryx les espèces du genre Agrion (ou Agrionida) "qui ont les ailes colorées". Il renvoie aux AGRIONS du danois  Fabricius [1775 puis 1798  Syst. Ent. 286 (emendation)] et du français Latreille [1801  Hist. Nat. T.3 p. 287 ]. C'est ce dernier qui y place la Libellula virgo de Linné. Latreille définissait son genre Agrion ainsi : 

    "Antennes à troisième article allongé, et terminées par une soie qui n'est pas deux fois plus longue que la tête, sans articles distincts. Lèvre inférieure à trois pièces assez grandes; les latérales ayant une pièce palpiforme et un angle saillant; celle du milieu fortement échancrée.

    Téte et corselet ne faisant que le tiers de la longueur totale du corps ; tête courte, large. Yeux gros, écartés. Vessie frontale petite.Petits yeux lisses, très-apparens, sans élévation vésiculeuse au milieu d'eux. Ailes élevées. Abdomen très-long, menu, cylindrico-linéaire."

    Le genre fut repris par les auteurs suivants :

    CALOPTERYX Burgmeister 1839 Handbuch Ent.2, 285

    CALEPTERYX Hagen 1840 Syn. Lib. Eur. 61.

    CALOPTERYX Selys et Hagen 1850 Revue des Odonates Paris 133

    SYLPHIS Selys 1852 Synopsis des Calopterygines.

    AGRION Selys 1876, Bull. Acad. r. Belg. 2 41 1

    AGRION Kirby, 1890 Syn. Cat. Neur. Odon. London

    CALOPTERYX Jacobson et Bianqui  1905, Pryam Lozhnos Ross imp. 796.

    AGRION, Muttkowski, 1910, Bull. Pub. Mus. Milwaukee

    AGRION, Ris, 1916, Suppl. Ent. Berlin.

    etc.. : voir Thierreich Teilband

    .

    DESCRIPTION.

    Les Caloptéryx se caractérisent parmi les Zygoptères :

    • par la coloration métallique d' ailes grandes et larges. Le plus souvent bleu chez le mâle et vert métallique ou brun chez les femelles.
    • par leur forme non pédonculée (mais ovales,  progressivement rétrécies vers la base), ce qui les distingue des Lestes, plus petites et au corps vert métallique.
    • par l'absence de ptérostigmas des mâles alors que les pseudoptérostigmas des femelles sont pâles, mal définis et traversés de nervure. 
    • par la nervation très serrée.
    • Par leur cantonnement le long des cours d'eau, à berges végétalisées en grand nombre. Au repos, les ailes sont maintenues ensemble ou légèrement entrouvertes selon un axe de 30 ° environ par rapport à l'abdomen.
    • par la parade précopulatoire des mâles en vol stationnaire devant la femelle avec un battement des ailes à haute fréquence, extrémité de l'abdomen relevé.

    .

    ESPÈCES FRANÇAISES :

     

    • Calopteryx haemorrhoidalis (Vander Linden, 1825) - le Caloptéryx méditerranéen
    • Calopteryx splendens (Harris, 1782) - le Caloptéryx éclatant (présent partout en Bretagne)

    • Calopteryx virgo (Linnaeus, 1758) - le Caloptéryx vierge (présent partout en Bretagne)

    • Calopteryx xanthostoma (Charpentier, 1825) - le Caloptéryx occitan

    SOURCES ET LIENS.

    Bibliographie de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

    — GRAND (Daniel), BOUDOT (Jean-Pierre), 2006 Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg. Collection Parthénope, Biotope 479 pages

    https://books.google.fr/books?id=cYwSCwAAQBAJ&dq=inauthor:%22Daniel+Grand%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

     

    — LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) – 

    https://www.biodiversitylibrary.org/page/17493627#page/145/mode/1up

     

    PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

    — NATIONAL HISTORY MUSEUM

    http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/calopteryx_splendens.html

     — SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840, Monographie des libellulidées d'Europe, Roret, 220 pages.

    https://books.google.fr/books?id=8aBIt4TdIM0C&dq=AEschna&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

     

    .

    OUTILS ZOONYMIE.

    — LSJ Site de traduction grec/anglais Liddell  Scott Jones

    https://lsj.translatum.gr/wiki/Main_Page

    https://lsj.translatum.gr/wiki/LSJ:GreekEnglishLexicon

     

    — ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

    https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

    — ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

    https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

    — ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

    https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

    — ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

    https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

    — ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

    https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

     http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

    — FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

    http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

     

    — FLIEDNER (Heinrich),  MARTENS (Andreas ), 2008, The meaning of the scientific names of Seychelles dragonflies (Odonata) , Phelsuma 16 (2008); 49-57

    https://www.researchgate.net/publication/228819379_The_meaning_of_the_scientific_names_of_Seychelles_dragonflies_Odonata [accessed Jan 04 2018].

     

     

    — POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

    http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulie-bronzee/



     


     


     


     

     


    Derivatio nominis libellularum europaearum (Téléchargement PDF disponible). Available from: https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum [accessed Jan 08 2018].


     

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    Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
    4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 21:28

    Zoonymie des Odonates. Le nom de genre Lestes Leach, 1815.

    .

    Voir sur la zoonymie (étude du nom) des Odonates (Libellules) :

     

    .

    Résumé.

    Genre Lestes, Leach, 1815. Entomology, in Brewster's Edinb. Encycl. 9(1): 137. Le nom vient du grec  λῃστής = "voleur, brigand, pirate".  La seule espèce décrite en 1815 étant Agrion barbara de Fabricius, et celle-ci devant son nom à sa provenance du nord-ouest de l’Afrique, région géographique où vivaient les Berbères et dénommée alors Barbarie ou Etats barbaresques, il est logique de considérer que Leach a donné le nom de genre Lestes , "pirate"  par référence aux pirates et corsaires barbaresques basés à Alger.

    .

     

    .

    .

    I. LA PUBLICATION ORIGINALE. LEACH 1815.

     

    En 1813, William Elford Leach (1791-1836), diplômé en médecine de l'université St-Andrews (Ecosse) après avoir étudié à Edimbourg, devint responsable des collections zoologiques du British Museum. En 1815, il rédigea la première bibliographie, extraordinairement détaillée, de l'entomologie, dans la partie historique d'un article "Entomologie" de l'Edinburgh Encyclopaedia de D. Brewster. Il publia entre 1814 et 1817 ses Zoological Miscellany, mais en 1822, atteint de dépression et de surmenage, il démissionna de son poste pour voyager.

    LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) – via Biodiversity Heritage Library.

     FAMILY II. ÆSHNIDES.

    482. Cordulegaster

    483. Gomphus

    484. Anax

    FAMILY III. AGRIONIDA.

    485. Agrion

    486. Lestes

    487. Calepteryx.

     

    .

    486. GENUS CCCCLXXXVI. LESTES. Leach. 

    Wings membranaceous, with an oblong quadrate stigma. Abdomen of the male armed with a forceps-like appendage.

    Obs. We have three indigenous species. 

    .

     

    Leach décrivait son genre Lestes ainsi : "ailes nervurées, avec des stigma longs et rectangulaires. L'abdomen des mâles est armé d'appendices en forme de pince."

    .

    II. ÉTUDE DU NOM.

     Le nom du genre Lestes vient du grec  λῃστής = "voleur, brigand, pirate". Pour D'antonio et Végliante, "Lestes - ληστησ , ον = maraudeur . Fait allusion au comportement prédateur des espèces de ce genre"Pour Fleidner repris par  Endersby,  Il n'y a pas d'explication pour ce nom puisque tous les Odonates sont des prédateurs  [prédateur = autre sens du mot grec (Fleidner 2009, Endersby 2012).

    Leach n'accompagne ce nom, après la description, que de la mention "Obs. We have three indigenous species".

    Néanmoins, seule l'espèce que Fabricius avait décrit en 1798 est antérieure à 1815, et il l'avait nommé Agrion barbara. Elle provient, comme l'indique Fabricius dans son Supplementum Entomologiae Systematicae (Agrion barbara ...Habitat in Barbaria Dom. Rehbinder [et, pour d'autres spécimens "Habitat in Algier", etc]) de la collection du baron Johann von Rehbinden (1751-1825), qui avait été consul du Danemark à Alger et avait écrit ses  Notices et remarques sur Alger, Altona 1798 Nachricten und Bemerkungen ûber den Algierischen Staat (von J.-Ad.-Frhn. von Rehbinder). Altona, Hammerich, 1798-1800 , 3 vol.  Il est donc possible de valider l'affirmation de l'Association Poitou-Charentes Nature : "Lestes (gr) = brigand, pirate ; barbarus (gr/lat) = barbare. Cette espèce a été décrite du nord-ouest de l’Afrique, région géographique où vivaient les Berbères et dénommée Barbarie ou Etats barbaresques jusqu’au début du XIXe siècle." Le nom de genre Lestes , "pirate" lui est donné par son espèce, Lestes barbarus, par référence aux pirates et corsaires barbaresques basés à Alger (cf la captivité de Cervantes).

    J'ai un moment envisagé l'hypothèse séduisante que ce nom trouve son explication dans les "forceps-like appendage", les cerques des mâles recourbés en pinces ou en forceps, par assimilation du crochetage des femelles avec la technique d'abordage des pirates. Mais, outre le coté un peu farfelu de cette solution, on peut lui opposer le fait que ces tenailles ne soient pas caractéristiques du genre, puisqu'on les retrouve dans la description des "Calepteryx" de l'auteur.

    En 1958, Paul-André Robert, auteur qui est à l'origine d'une majeure partie de nos noms vernaculaires publiés dans Les Libellules (Odonates), interprète mal la signification du genre Lestes en écrivant page 75 :

    " Lestes = "leste" (d'après les anciens auteurs français). Synonyme Anapetes (Charpentier, 1825), "s'envoler rapidement".

    "Ces deux noms s'appliquent très bien à ces insectes, qui se posent légèrement sur des objets bien dégagés, avec les pattes tendues, le corps obliques, les ailes à demi-ouvertes, semblant toujours prêts à s'envoler. Lorsqu'ils le font, la rapidité de leurs mouvements, leurs ailes transparentes et leur corps fin les font bien vite disparaître aux regards."


    .

    — Réception du genre : voir

    http://addo.adu.org.za/pdf/Pinhey_1980_African_Lestidae.pdf

    ou plutôt :

    https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA109&lpg=PA109&dq=lestes+type-species+lestes+sponsa%22&source=bl&ots=RgdDtgMcMv&sig=qzRJhD3rzgQ9-BU_4Y0d_oU8g8c&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj3v6GYpMjYAhUGJ1AKHW-SBW8Q6AEIZzAM#v=onepage&q=lestes%20type-species%20lestes%20sponsa%22&f=false

    .

     

    — GRAND (Daniel), BOUDOT (Jean-Pierre), 2006 Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg. Collection Parthénope, Biotope 479 pages

    https://books.google.fr/books?id=cYwSCwAAQBAJ&dq=inauthor:%22Daniel+Grand%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

     

    — LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) – 

    https://www.biodiversitylibrary.org/page/17493627#page/145/mode/1up

     

    — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

    — NATIONAL HISTORY MUSEUM

    http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/calopteryx_splendens.html

     — SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840, Monographie des libellulidées d'Europe, Roret, 220 pages.

    https://books.google.fr/books?id=8aBIt4TdIM0C&dq=AEschna&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

     

    .

    OUTILS ZOONYMIE.

    — LSJ Site de traduction grec/anglais Liddell  Scott Jones

    https://lsj.translatum.gr/wiki/Main_Page

    https://lsj.translatum.gr/wiki/LSJ:GreekEnglishLexicon

     

    ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

    https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

    — ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

    https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

    — ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

    https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

    — ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

    https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

    — ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

    https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

     http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

    — FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

    http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

     

    — FLIEDNER (Heinrich),  MARTENS (Andreas ), 2008, The meaning of the scientific names of Seychelles dragonflies (Odonata) , Phelsuma 16 (2008); 49-57

    https://www.researchgate.net/publication/228819379_The_meaning_of_the_scientific_names_of_Seychelles_dragonflies_Odonata [accessed Jan 04 2018].

     

     

    — POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

    http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulie-bronzee/

     

     

    .

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    Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
    4 janvier 2018 4 04 /01 /janvier /2018 18:32

    La bibliographie de mes articles de zoonymie des Odonates.

    .

    .

    OUTILS ODONATES.

    .

     —ALBARDA Herman 1889 Catalogue raisonné et synonymique des Névroptères, observés dan les Pays-Bas et dans les Pays limitrophes,  Tijdschrift voor entomologie 1857

    http://www.eis-nederland.nl/Portals/4/pdfs/Albarda_1889.pdf

    https://archive.org/stream/tijdschriftvoore32188889nede#page/212/mode/2up

     — ALDROVANDI, (Ulysse) 1602 De animalibus insectis libri septem, cum singulorum iconibus. J. B. Bellagambam (Bononiae)

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991248/f314.item

    — ANIMALBASE

    http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/highergroup?id=59

    http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/list/families?highergroup=59

     

     

    — BARBUT, (James) 1781, Les genres des insectes de Linné : constatés par divers échantillons d'insectes d'Angleterre, copiés d'après nature The Genera Insectorum of Linnaeus exemplied by various specimens English insects drawn from Nature by James Barbut  London : Imprimé par Jacques Dixwell, dans St. Martin's Lane, et se vend au profit de l'auteur chez J. Sewell, Libraire, dans Cornhill. Dessins de Barbut gravés par James NEWTON.

    https://www.biodiversitylibrary.org/item/208811#page/9/mode/1up

     

    CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictaeL. Voss, 180 pages

    https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

     — GEOFFROY (Etienne-Louis), 1762,  Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris. Chez Durand, à Paris 1762, in-4 (4) xxviij, 523pp. et (4), 2 volumes reliés.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991697/f615

    — GEOFFROY (Etienne-Louis), 1799 Histoire abrégée des insectes, dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Tome 2 / par M. Geoffroy, C. Volland / Rémond (Paris)

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1043241t/f227.image

    http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/216/mode/2up/search/sylvie

     —  GOEDART (Jan), 1685, (Johannes Goedartius) De insectis, in methodum redactus; cum notularum  : Dragon-Flies ou Libella : section IV page 227

    https://books.google.fr/books/ucm?vid=UCM5327359323&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

    GRAND (Daniel), BOUDOT (Jean-Pierre), 2006 Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg. Collection Parthénope, Biotope 479 pages

    https://books.google.fr/books?id=cYwSCwAAQBAJ&dq=inauthor:%22Daniel+Grand%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

    HARRIS, Moses, 1731-1785, 1786, Exposition des insectes que se trouvent en Angleterre; comprenant les différentes classes des Neuroptera, Hymenoptera, et Diptera: ou des abeilles, mouches, et Libellulae. Londres, B. White et J. Edwards,1786.

    https://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/130967#/summary

    LA CHESNAYE-DESBOIS (François-Alexandre Aubert de ), 1754 Système naturel du regne animal, par classes, familles ...Chez Cl. J.B. Bauche, 1754, 641 pages

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    LA CHESNAYE-DES BOIS (François-Alexandre Aubert de)  Dictionnaire raisonne et universel des animaux ou le regne animal etc, Volume 2  chez Claude-Jean-Baptiste Bauche, 1759 page 19

     — LATREILLE (P.A.), Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes , Paris :F. Dufart, An X-XIII [1802-1805] , Troisième volume (1805).

    https://www.biodiversitylibrary.org/item/80064#page/288/mode/1up

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    https://books.google.fr/books?id=aeU32BqlxZAC&dq=fabricius+aeshna&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

    LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) – 

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    LEACH, (W. E.) 1814. The zoological miscellany; being descriptions of new, or interesting animals. Illustrated with coloured figures, drawn from nature, by R. P. Nodder. Vol. I. - pp. 1-144, Pl. 1-60. London. (Nodder).

    LEACH, (W. E.)  1815. The zoological miscellany; being descriptions of new, or interesting animals. Illustrated with coloured figures, drawn from nature, by R. P. Nodder. Vol. II. - pp. 1-154, [1-6], Pl. LXI-CXX [= 61-120]. London. (Nodder).

    https://www.biodiversitylibrary.org/item/91182#page/37/mode/1up

    LEACH, (W. E.) . 1817. The zoological miscellany; being descriptions of new, or interesting animals. Illustrated with coloured figures, drawn from nature, by R. P. Nodder. Vol. III. - pp. i-v [= 1-5], [1], 1-151, Tab. 121-149. London. (Nodder).

    LEEUWENHOEK (Antoni van), 1695, Arcana naturae detecta, 1695 page 18

    https://archive.org/stream/gri_arcananatura00alee#page/n33/mode/2up

    — LINNÉ (Carl von,) 1746, Caroli Linnaei medic. & botan. prof. Upsal ... Fauna Svecica, sistens animalia Sveciae regni : Quadrupedia, Aves, Amphibia, Pisces, Insecta, Vermes, distributa per classes & ordines, genera & species, cum differentiis specierum, synonymis autorum, nominibus incolarum, locis habitationum, descriptionibus insectorum. Stockholmiae :Sumtu & literis Laurentii Salvii,1746. Bergquist, Carl, 1711-1781 , graveur. Leche, Johan, 1704-1764 , ill. 

    https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/261/mode/1up

     — LINNÉ (Carl von,) 1758, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiae : Impensis . Laurentii Salvii, 1758-1759. pages 543-546.

    https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/565/mode/1up

    — LINNÉ (Carl von,) 1764, Museum Ludovicae Ulricae reginaeSuecorum, in quo animalia rariora , exotica imprimis insecta et conchilia describuntur, etc. Holmiae, l764 , 2 t. en 1 vol. in-8.

     —— LINNÉ (Carl von,) 1767, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae... 12eme édition, tome II pages 901-906.

     https://www.biodiversitylibrary.org/item/137240#page/377/mode/1up

    — MOFFET (Thomas) 1634 Insectorum, sive, Minimorum animalium theatrum. Londini : Ex officin typographic Thom. Cotes et venales extant apud Guiliel. Hope, 1634.

     

    — OLIVIER, 1792,  Libellules, in Insectes, in Encyclopédie méthodique vol. 7 page 558-572

    https://books.google.fr/books?id=BrRdAAAAcAAJ&pg=PA568&dq=libellula+sophie&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjg66362ObYAhVTnRQKHTaBCVcQ6AEIKDAA#v=onepage&q=libellula%20sophie&f=false

    — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

    — NATIONAL HISTORY MUSEUM

    http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/calopteryx_splendens.html

     

     


     

     

     — RAY (John) Historia insectorum, Londini 1710 pages 47-53 et page 140

    https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/46/mode/2up

    https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/140/mode/2up

     

    ——RÉAUMUR (René -Antoine Ferchault de) , Mémoires pour servir à l'histoire des insectes :

    — Tome IV : Histoire des Gallinsectes, des Progallinsectes et des Mouches à deux ailes, Imprimerie royale, Paris, 1738, 636 p., 44 pl. ;

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65246505.r=m%C3%A9moires%20pour%20servir%20%C3%A0%20l%27histoire%20des%20insectes?rk=21459;2

    https://archive.org/details/mmoirespourser04ra

    — Tome VI  : Suite de l'Histoire des Mouches à quatre ailes avec un supplément des Mouches à deux ailes, Imprimerie royale, Paris, 1742, 608 p., 48 pl. ;

    https://archive.org/stream/memoirespourserv16ra#page/n707/mode/2up

     

     

    — —SWAMMERDAM, (JAN), 1669, Historia Insectorum Generalis ofte Algemeene Verhandeling van de Bloedeloose Dierkens, 1669

    www.dbnl.org/tekst/swam001hist01_01/swam001hist01_01.pdf

    http://www.dbnl.org/tekst/swam001hist01_01/swam001hist01_01_0004.php

    http://www.dbnl.org/tekst/swam001hist01_01/swam001hist01_01_0007.php?q=libella#hl1

     

    SWAMMERDAM, (JAN), 1682, Histoire générale des insectes ou l'on expose clairement la manière lente & presqu'insensible de l'accroissement de leurs membres , & ou l'on découvre evidemment l'Erreur ou l'on tombe d'ordinaire au sujet de leur pretendue transformation, par Jean Swammerdam, docteur en médecine, avec des figures A Autrecht, chez Guillaume de Walcheren, Marchant Libraire demeurant en la place de St-Jan 1682 - 215 pages

      https://books.google.fr/books?id=bu5AAAAAcAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

      http://www.biusante.parisdescartes.fr/histoire/medica/resultats/index.php?cote=07478x01&p=91&do=page

      — SWAMMERDAM (Jan), 1738, Biblia naturæ : sive, Historia insectorum in classes certas redacta, trad. Hieronimus David Gaubius, préf. Herman Boerhaave,  , apud Isaacum Severinum, 2 tomes.

      Biblia naturae sive historia insectorum t. 1, Leyde, 1737

      http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/65389/rec/3

      Planche XII :

      http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/65389/show/65384

      Biblia naturae sive historia insectorum t 2, Leyde 1738.

      http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/68732/rec/4

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k98985f

      — SWAMMERDAM (Jan), 1752, Bybel der Natur, Hermann Boerhave, Leipzig 

      http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/114424/rec/1

      — SWAMMERDAM (Jan), 1758, Histoire générale des insectes : tome V de la collection académique de la Faculté de Dijon  traduite du Biblia naturae avec 36 planches et des notes de Savary et de Guénau de Montbeillard.

      https://books.google.fr/books?id=pppr3UErJ6cC&pg=PA51&dq=savary+%22+brest%22+histoire+naturelle&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwivifrYmuHYAhWCYlAKHejsB8k4ChDoAQhCMAU#v=onepage&q=savary%20%22%20brest%22%20histoire%20naturelle&f=false

       

       — SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840, Monographie des libellulidées d'Europe, Roret, 220 pages.

      https://books.google.fr/books?id=8aBIt4TdIM0C&dq=AEschna&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

      — WALKER, E. M. (Edmund Murton), 1912, The North American dragonflies of the genus Aeshna, Toronto : University of Toronto Library

      https://archive.org/details/northamericandra00walk

      — WIKIPEDIA Neuroptera in the 10th edition of Systema Naturae

       https://en.wikipedia.org/wiki/Neuroptera_in_the_10th_edition_of_Systema_Naturae

       

       

      DUPONT P. 2010. Plan national d'actions en faveur des Odonates 2011-2015. Office pour les insectes et leur environnement, Société française d’Odonatologie et Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer. 170 pp.

      http://www.pnaopie.fr/odonates/wp-content/uploads/2011/01/plan_national_d_actions_odonates.pdf

       

       

       

       

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      OUTILS ZOONYMIE.

      LSJ Site de traduction grec/anglais Liddell  Scott Jones

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      ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

      https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

      — CRAIG (John), 1858, A New Universal Etymological, Technological, and Pronouncing Dictionary of the English Language, Embracing All the Terms Used in Science, Literature and Art, George Routledge&Company,

      https://books.google.fr/books?id=hdKk8t8s5-EC&dq=kordyle&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

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      https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

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      — FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

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      — FLIEDNER (Heinrich),  MARTENS (Andreas ), 2008, The meaning of the scientific names of Seychelles dragonflies (Odonata) , Phelsuma 16 (2008); 49-57

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      1800-1850

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      1850-1900

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      — CALEPINO (Ambrosio) 1550 Dictionarium

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      yfrWFmMbc7lnd6YXDBVi3dgdBms&hl=fr&sa=X&ei=mlZ0VJCYE8WYPK-qgIAE&ved=0CCcQ6AEwAQ#v=onepage&q=calepino%20argus&f=false

      — GESSNER (Conrad) 1550 Onomasticon propriorum nominum, books.google

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       BOISDUVAL Histoire naturelle des insectes Roret 1836

      books.google.fr/books?id=2Kgi4FH6kj0C

      — BOITARD (Pierre ) Manuel d'entomologie ou Histoire naturelle de insectes: contenant la synonymie de la plus grande partie des espèces d'Europe et des espèces exotiques les plus remarquables, Tome second, Paris : Roret, 1828, Gallica

      ​​— BURMEISTER (Hermann), 1839,  Handbuch der Entomologie,  Berlin

      https://www.biodiversitylibrary.org/item/34110#page/77/mode/1up

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      https://www.biodiversitylibrary.org/item/25890#page/7/mode/1up

      — CHARPENTIER (Toussaint de), 1825 - De Libellulinis europaeis In Horae entomologicae. - Wratislaviae. -

      https://www.biodiversitylibrary.org/item/25890#page/7/mode/1up

      — CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. Leopold. Voss, 180 pages

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      https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

      — CHINERY (Michael), Insectes de France et d'Europe occidentale, adaptation française G. Luquetpour les lépidoptères, Flammarion 2005, 2eme édition 2012, 320 p.

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      — FABRICIUS (Johann Christian) 1807 "Nach Fabricii systema glossatorum" in Johann Karl Wilhelm Illiger, "Die Neueste Gattungs-Eintheilung der Schmetterlinge [...], Magazin für Insektenkunde , Braunschweig [Brunswick] (6) https://archive.org/stream/magazinfrinsek06illi#page/280/mode/2up

      — FABRICIUS (Johann Christian) 1787 Fabricii Mantissa insectorum Hafniae 1787 en ligne Goettingen.

      — FABRICIUS (Johann Christian) 1798 Supplementum Entomologiae systematica , Hafniae.

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       FRISCH (Johann Leonhard.) 1730 . Beschreibung von allerley Insecten in Teutsch-Land : nebst nützlichen Anmerckungen und nöthigen Abbildungen von diesem kriechenden und fliegenden inländischen Gewürme : zur Bestätigung und Fortsetzung der gründlichen Entdeckung : so einige von der Natur dieser Creaturen herausgegeben : und zur Ergäntzung und Verbesserung der andern (1730) Berlin : Verlegts Christ. Gottl. Nicolai https://archive.org/stream/johleonhardfrisc01fris#page/n7/mode/2up

      — FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy. http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

      — FUESSLI (Johan Caspar) Verzeichniss der ihm bekannten Schweizerischen Inseckten : mit einer augemahlten Kupfertafel: nebst der Ankhundigung eines neuen Insecten Werks Joh. Caspar Fuesslins 1775. BHL libr

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      — GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

      — GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

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      http://books.google.fr/books/ucm?vid=UCM5327266043&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

      — Goedart par Lister Londres, 1685 :: Bibl. Strasbourg

      http://books.google.fr/books/ucm?vid=UCM5327359323&printsec=frontcover&redir_esc=y#v=onepage&q&f=false

       

      HARRIS, M. 1776-[1780]. An exposition of English insects. Including the several classes of Neuroptera, Hymenoptera & Diptera, or bees, flies & Libellulæ. Exhibiting on 51 copper plates near 500 figures, accurately drawn & highly finished in colours, from nature. The whole minutely described, arranged & named, according to the Linnean-system, with remarks. The figures of a great number of moths, not in the Aurelian collection, formerly published by the same author, and a plate with an explanation of colours, are likewise given in the work.  White & Robson, London. - [Rééd. complète en 1782 ]. 166 pp.

      https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[152],%22panX%22:0.515,%22panY%22:0.796,%22view%22:%22thumbnails%22,%22zoom%22:1.541}

       — HOEFNAGEL (Joris) Cf 

      http://www.lavieb-aile.com/2015/02/hoefnagel-et-les-entomologistes-du-xviiie-siecle.html

       HOEFNAGEL (Jacob), 1592, Archetypa studiaque Patris Francofurti

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      — HOEFNAGEL [Jacob], 1630, Diversae insectarum volatilium icones ad vivum accuratißime depictæ per celeberrimum pictorem. [Amsterdam] Typis[que] mandatæ a Nicolao Ioannis Visscher , 32 pages, 16 planches,

       

       

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      LATREILLE, P. A., 1805. Histoire Naturelle, Générale et Particulière des Crustacés et des Insectes. Tome XIII, p. 10. Paris : Dufart.

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      — LINNÉ 1758 Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 1-824

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      — LINNÉ par GMELIN 1790 Systema naturæ, Tom. I. Pars V. Treizième édition.

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      — MERIAN (Maria-Sibylla) Histoire générale des insectes de Surinam et de toute l'Europe contenant leur description, leurs figures, leur différentes métamorphoses..., par Mademoiselle Marie-Sybille de Mérian, en deux parties in-folio. Troisième édition, revue, corrigée & considérablement augmentée par M. Buchoz, ... A laquelle on a joint une troisième partie qui traite des plus belles fleurs, telles que des plantes bulbeuses, liliacées, caryophillées... Tome premier [-troisième] traduit par Jean Marret Paris : Desnos, 1771. PDF Bibliothèque de Toulouse, 3 volumes http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/07558171x

      — MERIAN (Maria-Sibylla) 1683 Der Raupen wunderbare Verwandelung, und sonderbare Blumen-nahrung: worinnen, durch eine gantz-neue Erfindung, Der Raupen, Würmer, Sommer-vögelein, Motten, Fliegen, und anderer dergleichen Thierlein, Ursprung, Speisen, und Veränderungen, samt ihrer Zeit, Ort und Eigenschaften (Band 2) Nürnberg , Frankfurt , Leipzig, 1683 Volume 2 (insectes d'Europe) digitalisé par Universitätsbibliothek Heidelberg;

      — MERIAN (Anna Maria-Sibylla) http://de.wikisource.org/wiki/Maria_Sibylla_Merian

      1719 Metamorphosis insectorum Surinamensium : édition 1730 : https://archive.org/stream/MariaSybillaMer00Meri#page/n13/mode/2up

      b) [Illustrations de Veranderingen der Surinaemsche Insecten...] / Maria Sybilla Merian, dess., aut. du texte ; I. Mulder, P. Sluyter, D. Stoopendaat, grav. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b2300244f

      — MERIAN (Anna Maria-Sibylla) De Europische insecten 1730 Jean Marret, M.D. Amsterdam J.F. Bernard https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n3/mode/2up

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      — MÜLLER  O.F. 1764 - Fauna insectorum Fridrichsdalina. - Hafnia & Lipsia. -

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      — PETIVER (James), 1702-1706? Gazophylacii naturae & artis, : decas prima-[decima]. In quaÌ‚ animalia, quadrupeda, aves, pisces, reptilia, insecta, vegetabilia; item fossilia, corpora marina & stirpes minerales eÌ€ terra eruta, lapides figuraÌ‚ insignes &c. Descriptionibus brevibus & iconibus illustrantur. Hisce annexa erit supellex antiquaria, numismata, gemmae excisae, & sculpturae, opera figulina, lucernae, urnae, instrumenta varia, inscriptiones, busta, reliquaque ad rem priscam spectantia: item machinæ, effigies clarorum virorum, omniaque arte producta... / Jacobus Petiver Londini: : Ex OfficinaÌ‚ Christ. Bateman ad insignia Bibliae & Coronae, vico vulgo dict. Pater-Noster-Row., MDCCII. [1702-1706?]. Version Google books de 1702 ou mieux GDZ Göttingen (Planches).

      — PETIVER (James) 1695-1703 Musei Petiveriani centuria prima-decima, rariora naturae continens: viz. animalia, fossilia, plantas, ex variis mundi plagis advecta, ordine digesta et nominibus propriis signata, London, 1695-1703 Version Books-Google.

      — PETIVER (James) 1767 Jacobi Petiveri Opera, historiam naturalem spectantia containing several thousand figures of birds, beats, fifh, reptiles, insects shells, corals, and fossils; also of trees, shrubs, herbs, fruits, fungus's, mosses, sea-weeds, &c. from all parts, adapted to Ray's History of plants on above three hundred copper-plates, with English and Latin names, London, James Empson (éditeur), 1767 Version Books.Google

      — PODA (Nicolaus) 1761. Insecta Musei Græcensis, quæ in ordines, genera et species juxta systema naturæ Caroli Linnæi. Graecus [= Graz]. (Widmanstadius). 127 pp. Google books

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      — RÉAUMUR [René-Antoine] de Ferchault 1734-1748 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes Paris : Imprimerie Royale, 6 volumes, de 1734 à 1748 [un 7e, copie du manuscrit original, paraîtra en 1928], 267 planches gravées par Simoneau, Lucas, Haussard et Fillioeul. En ligne BHL. Voir aussi VALLOT J.N. 1802.

      — RÖSEL VON ROSENHOF 1764-68 De natuurlyke historie der insecten; voorzien met naar 't leven getekende en gekoleurde plaaten. Volgens eigen ondervinding beschreeven, door den heer August Johan Rösel, van Rosenhof, miniatuur-schilder. Met zeer nutte en fraaie aanmerkingen verrykt, door den heer C. F. C. Kleemann ...Te Haarlem, By C. H. Bohn en H. de Wit, boekverkoopers [1764-68] BHL Library

      — Rösel von Rosenhof 1746 Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung Nürnberg.

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      — SCHAEFFER (Jacob-Christian) Iacobi Christiani Schaefferi 1766Icones Insectorum circa Ratisbonam indigenorum coloribus naturam referentibus expressae = Natürlich ausgemahlte Abbildungen Regensburgischer Insecten Regensburg [Ratisbonne]: gedruckt bey H.G. Zunkel, [1766?-1779?] ; Gravure par Haid, Johann Jacob (1704-1767), 5 tomes in-4° avec 220 planches coloriées VOL. II Google

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      — SCHAEFFER (Jacob-Christian), 1766, Iacobi Christiani Schaeffer, s. theolog. et philos. ... Elementa entomologica ... = Iacob Christian Schaeffers ... Einleitung in die Insectenkenntnis Regensburg :Gedruckt mit Weissischen Schriften.

      http://www.biodiversitylibrary.org/item/44500#page/11/mode/1up

      SCOPOLI (Jean-Antoine) Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763. En ligne BHL.

      SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles. http://www.deliry.com/selys1840.pdf
      — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
      — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris. http://www.deliry.com/selys1850.pdf

      — SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

      — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

      http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

       — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

      https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

      — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

      https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

      — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

      https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

      — SWAMMERDAM (Jan) 1685 Historia insectorum generalis et 1737-38 Biblia naturae (Leyde)

      http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/65389/rec/3

      — VALLOT J.N. Concordance systématique, servant de table de matières à l'ouvrage de Reaumur, Paris : Grégoire, Thouvenin, 1802. En ligne Google books.

      — VANDER LINDEN (Pierre Léonard) 

       -1820 Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1

      -1823 Aeshnae Bononienses descriptae, Opuscoli scientifici, volume 4 158-167

      https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

      -1825 sa Monographiae Libellulinarum europaearum specimen  de 42 pages.

      https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

      — VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789). https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

      — WALCKENAER (C.A.) 1802, Faune parisienne, insectes, ou, Histoire abrégée des insectes des environs de Paris classés d'après le système de Fabricius; précédée d'un discours sur les insectes en général, pour servir d'introduction à l'étude de l'entomologie accompagnée de sept planches gravées Paris : Dentu 1802 en ligne BHL.
       

      Goedart par Lister 1685 : http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/64604/rec/1

      Harris M. 1766 http://archive.org/stream/Aurelian00Harr#page/n7/mode/2up

      1840 : http://www.biodiversitylibrary.org/item/120628#page/9/mode/1up

      Hübner 1779 http://www.biodiversitylibrary.org/item/89180#page/1/mode/1up

      ICZN F. Hemmings http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/50753#/summary

      Bulletin : http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/51603#/summary

      Kirby 1871: http://www.biodiversitylibrary.org/item/64906#page/9/mode/1up

      Latreille 1804 http://books.google.fr/books?id=xBsOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

      Latreille 1810 : http://www.biodiversitylibrary.org/item/47766#page/358/mode/1up

      Leach : http://biodiversitylibrary.org/page/17493618#page/136/mode/1up

      https://archive.org/details/CUbiodiversity1121039

      Linné http://www.biodiversitylibrary.org/item/10277#page/3/mode/1up

      http://books.google.fr/books?id=Jps-AAAAcAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=elinguis&f=false

      Linné, Mantissa plantarum http://bibdigital.rjb.csic.es/spa/Libro.php?Libro=947&Pagina=545

      Linné fauna suecica 1746 :http://biodiversitylibrary.org/bibliography/63899#/summary

      Linné fauna suecica 1761 : http://biodiversitylibrary.org/bibliography/46380#/summary

      Linné S.N. 1767 :http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/img/?PPN=PPN362053723&DMDID=DMDLOG_0001&LOGID=LOG_0001&PHYSID=PHYS_0002

      LINNE Systema naturae 1766-1768

      https://www.biodiversitylibrary.org/item/137337#page/5/mode/1up

      Linné, Species Plantarum http://www.biodiversitylibrary.org/item/13829#page/1/mode/1up

      Merian, Insectes d'Europe : http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/merian1683bd2

      Moffet http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/60501#/summary

      Moore, Lep. indic http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/8763#/summary

      Ochsenheimer 1808 http://archive.org/stream/dieschmetterling12ochs?ui=embed#page/180/mode/1up

      Petiver James, Musei petiveriani centura prima 1695 digitalisé par Google (accès partiel)

      http://books.google.fr/books/about/Musei_Petiveriani_centuria_prima.html?id=vp05AAAAcAAJ&redir_esc=y

      Petiver, Gazophylacii :books.google.fr/books?id=sp05AAAAcAAJ

      Petiver, Papilionum brittaniae 1717 in Opera Books .google

      PetiverOpera (1767) https://archive.org/stream/jacobipetiveriop11767peti#page/n5/mode/2up

      Ray https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/n11/mode/2up

      Réaumur http://www.biodiversitylibrary.org/item/50298#page/11/mode/1up

      Rösel http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/7362#/summary

      http://www.biodiversitylibrary.org/item/31182#page/138/mode/1up

      http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

      les quatre tomes :

      http://gdz.sub.uni-goettingen.de/dms/load/toc/?PPN=PPN369099060&IDDOC=282169

      Rottemburg :

      http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/speciestaxon?id=8326

      Schneider 1787 http://books.google.fr/books?id=VnY-AAAAcAAJ&pg=PA241&lpg=PA241&dq=schwarzgestrichelter+schmetterling&source=bl&ots=c5RGnFNYx4&sig=-HkttVMLK2SZP6KRw5MXfvJCYxI&hl=fr&sa=X&ei=

      AHwGU7m9LoLm7Abd7oGICg&ved=0CC8Q6AEwAA#v=onepage&q=schwarzgestrichelter%20schmetterling&f=false

      Scopoli Entomologia carniolica 1763

      http://www.biodiversityheritagelibrary.org/bibliography/34434#/summary

      Scudder http://biodiversitylibrary.org/page/3076769#page/269/mode/1up

      Spuler http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/9477#/summary

      De Villers 1789 https://archive.org/stream/carolilinnaeient02linn#page/n11/mode/2up

      Walckenaer http://www.biodiversitylibrary.org/item/79375#page/289/mode/1up

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      Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
      3 janvier 2018 3 03 /01 /janvier /2018 18:46

      Zoonymie des Odonates. Le nom de genre Anax, Leach, 1815.

      .

       

       

       

       Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

       

      Voir aussi :

       

      GÉNÉRALITÉS

      ANISOPTÈRES

      ZYGOPTÈRES

       

       

       

      . Résumé.

      Anax, Lech, 1815, "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) Anax vient de l'ancien grec ἄναξ anax qui signifie « seigneur », « chef [de guerre] » ou « roi [tribal] ». Il est interprété comme qualifiant le comportement dominant d'Anax imperator, la seule espèce décrite par Leach 1815 sous son genre Anax. L'auteur lui-même ne fait aucun commentaire ni sur la justification de son nom de genre, ni sur le comportement de l'espèce qu'il nomme sans la décrire. Néanmoins, les liens unissant  Anax "roi" en grec et imperator "empereur" en latin, sont évidents, comme il est évident que cette espèce est de morphologie  tout à fait royale, par sa taille , l'une des plus grandes des Libellulidae (son envergure peut atteindre 11 cm) ou par les couleurs bleu et noir de l'abdomen des mâles (vert et/ou bleu et noir chez les femelles). Le vol des mâles est également majestueux, lorsqu'ils dominent "de manière impériale un territoire allant d'une simple flaque à une zone atteignant 2400 m2, duquel ils repoussent leurs congénères. Ils patrouillent continuellement au dessus de l'eau, parfois loin des rives" (Grand et Boudot, 2006). 

      .

      .

      I. LA PUBLICATION ORIGINALE. LEACH 2015.

      (n.b : le renvoi à la publication originale vers Zoological Miscellary donné par Grand et Boudot 2006 est erronée).

      En 1813, William Elford Leach (1791-1836), diplomé en médecine de l'université St-Andrews (Ecosse) après avoir étudié à Edimbourg, devint responsable des collections zoologiques du British Museum. En 1815, il rédigea la première bibliographie, extraordinairement détaillée, de l'entomologie, dans la partie historique d'un article "Entomologie" de l'Edinburgh Encyclopaedia de D. Brewster. Il publia entre 1814 et 1817 ses Zoological Miscellany, mais en 1822, atteint de dépression et de surmenage, il démissionna de son poste pour voyager.

      — LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) – via Biodiversity Heritage Library.

       

      .

       

      484. ANAX. GENUS CCCCLXXXIV. ANAX. Leach's MSS. 

      Hinder wings of the male not angulated at their anal edge, but resembling those of the female. Abdomen cylindric in both sexes ; not clavate. . Imperator. Sp. 1. Imperator.  Inhabits England. 

      .

       

      .

      .

      II. COMMENTAIRES.

       

      a) Datation.

      L'Edinburgh Encyclopaedia publiée par William Blackwood et éditée par David Brewster   est parue en 18 volumes de 1808 et 1830, mais le volume 9 England to Fruit, qui contient l'article Entomology, est paru en 1830. Le volume 7 contient l'article Crustaceology de Leach, page 383, est également daté de 1830. Pourtant, les espèces de crustacés décrites dans le volume 7, sont mentionnés Leach, 1817, et les genres et espèces d'insectes du volume 9 sont mentionnées Leach, 1815. 

      Les articles ne sont pas signés, mais l'encyclopédie a publié dans le volume 1 (1830) la liste des contributeurs, dont William Leach pour les articles "Craniometry, &c., &c. Crustaceology, Insecta, Entomology".

      Cette datation de 1814 et 1815s'expliquerait par les manuscrits originaux de Leach, qui portent ces dates.

         Voir aussi l'édition américaine de l'Encyclopédie de Brewster, page 726 dans un tiré à part paru en 1816 ?

      .

      b) les noms créés par Leach.

      La base Animalbase dénombre 42 taxons nommés par Leach et encore en usage, des Mammifères jusqu'aux Céphalopodes. Parmi les Odonates, outre Anax, il est l'auteur, en 1815,  des genres Calopteryx [Calepteryx], Cordulegaster, Cordulia, Gomphus, Lestes, et de l'espèce A. imperator. En 1811, il avait été l'auteur de Libellula scotica.

      Il faudrait ajouter à cette liste le genre Petalura, Leach 1815 (Anisoptera).Ou bien la  famille des Aeschnidae et des Libellulidae, etc.

      La nomenclature de Leach est souvent très personnelle. Il nomma 19 espèces et un genre d'après le nom de son employé et ami John Cranch, décédé en 1816 pendant qu'il récoltait des spécimens en Afrique dans l'expédition chargée d'explorer les sources du fleuve Congo. (Achaeus cranchii Leach 1817, L'Achée de Cranch ; Ebalia cranchii Leach, 1817 ou Ébalie de Cranch ; Eualus cranchii Leach 1817 ou Hippolyte bouledogue de Cranch ; Cirolana cranchi ou Cirolane de Cranch Leach 1818 Ocythoë cranchii Leach 1817, Pandarus cranchii, Leach 1819, etc.)

      Il nomma 9 genres d'après une mystérieuse Caroline (voir infra en Annexe), en utilisant les anagrammes de Carolina comme Cirolana, Conilera et Rocinela.  Il associa Cranch et Caroline pour le nom d'un crustacé isopode marin qu'il nomma en 1818 Cirolana cranchi . De nombreux genres de Leach  des noms de l'Antiquité comme Hippolyte, Eurydice et Palaemon.

      Mais les noms choisis pour les Odonates sont descriptifs des morphologies ou des comportements.

      .

       

       

      .

      c) Le zoonyme ANAX.

       

      Anax vient de l'ancien grec ἄναξ anax qui signifie « seigneur », « chef [de guerre] » ou « roi [tribal] ». Il est interprété comme qualifiant le comportement dominant d'Anax imperator, la seule espèce décrite par Leach 1815 sous son genre Anax. L'auteur lui-même ne fait aucun commentaire ni sur la justification de son nom de genre, ni sur le comportement de l'espèce qu'il nomme sans la décrire. Néanmoins, les liens unissant  Anax "roi" en grec et imperator "empereur" en latin, sont évidents, comme il est évident que cette espèce est de morphologie  tout à fait royale, par sa taille , l'une des plus grandes des Libellulidae (son envergure peut atteindre 11 cm) ou par les couleurs bleu et noir de l'abdomen des mâles (vert et/ou bleu et noir chez les femelles). Le vol des mâles est également majestueux, lorsqu'ils dominent "de manière impériale un territoire allant d'une simple flaque à une zone atteignant 2400 m2, duquel ils repoussent leurs congénères. Ils patrouillent continuellement au dessus de l'eau, parfois loin des rives" (Grand et Boudot, 2006). 

      Costantino D'Antonio écrit : "Anax - αναξ, ανακτοσ = seigneur, souverain, roi [des zones humides]"

      Anax est le terme grec qui désigne les rois de la période mycénienne (1600-1100 av. J.C), c'est à dire les maîtres de maison des palais fortifiés. A la période classique, le terme basileus fut utilisé, et "le passage d' anax à basileus représente le passage d'un système de subordination personnelle, caractéristique du système palatial  à un système fondé sur le titre et la fonction, et annonce ainsi l'émergence de la «cité» et du politique." (E. Levy, 1987). Dans l'Iliade d'Homère, il se réfère à Agamemnon, roi de Mycènes.  

      Il est assimilé au terme wanax inscrit en Linéaire B sur des vases et tablettes ( wa-na-ka (ϝάναξ / wánax) pour désigner  celui qui nomme ou mute les fonctionnaires et fait travailler des artisans à son service. Le titre n'étant jamais accompagné d'un nom propre, on suppose donc qu'il est le seul dirigeant. Il est très probablement identifiable au ἄναξ / anax homérique (« seigneur divin, souverain, maître de maison »), mais son rôle est moins bien défini — il est sans doute militaire, juridique et religieux, et peu étendu car les marqueurs d'un pouvoir royal fort sont limités dans le monde mycénien." (Wikipédia)

      .

      c) Les autres noms de genre d'Odonates créés en 1815.

       

      Calopteryx vient du grec et signifie "qui a de belles ailes".

      Cordulegaster vient de deux mots grecs  κορδύλη kordylē - "massue, renflement, bosse, gonflement";  et gastēr - "abdomen", pour désigner  la forme typique du corps de ces libellules. (Fleidner, 2009 ; Précigout 2009 ; Endersby 2012)

      Cordulia est basé sur un adjectif issu du grec κορδύλη  kordylē -"massue renflement, bosse, gonflement" et s'explique par la forme de l'abdomen des mâles. (Fleidner 2008 et 2009) ou du grec kordyleia "massue", pour même raison ; Précigout 2009)

      Gomphus vient du latin gomphus, issu de grec gomphos, "clou, coin, cheville", du fait de la forme en massue de l'abdomen des mâles. (Fleidner, 2009 ; Endersby 2012)

      Lestes Le nom du genre Lestes vient du grec  λῃστής = voleur, brigand, pirate. Pour Fleidner repris par  Endersby,  Il n'y a pas d'explication pour ce nom puisque tous les Odonates sont des prédateurs. (Fleidner 2009, Endersby 2012). Leach n'accompagne ce nom, après la description, que de la mention "Obs. We have three indigenous species". Néanmoins, seule l'espèce que Fabricius avait décrit en 1798 est antérieure à 1815, et il l'avait nommé Agrion barbara. Elle provient, comme l'indique Fabricius (Agrion barbara ...Habitat in Barbaria Dom. Rehbinder [et, pour d'autres spécimens "Habitat in Algier", etc]) de la collection du baron Johann von Rehbinden (1751-1825), qui avait été consul du Danemark à Alger et avait écrit ses  Notices et remarques sur Alger, Altona 1798 NACHRICTEN und Bemerkungen ûber den Algierischen Staat (von J.-Ad.-Frhn. von Rehbinder). Altona, Hammerich, 1798-1800 , 3 vol.  Il est donc possible de valider l'affirmation de l'Association Poitou-Charentes Nature : "Lestes (gr) = brigand, pirate ; barbarus (gr/lat) = barbare. Cette espèce a été décrite du nord-ouest de l’Afrique, région géographique où vivaient les Berbères et dénommée Barbarie ou Etats barbaresques jusqu’au début du XIXe siècle." Le nom de genre Lestes , "pirate" lui est donné par son espèce type, Lestes barbarus, par référence aux pirates et corsaires barbaresques basés à Alger (cf la capitivité de Cervantes).

      .

      Conclusion.

      Les six noms de genres d'Odonates créés par William Leach en 1815 montrent une réelle homogénéité par leur origine directe ou par le biais du latin à la langue grecque ancienne, et par leur caractère descriptif, soit de la morphologie (Calopteryx, Cordulegaster, Cordulia, Gomphus), soit du comportement (ou des couleurs ?) avec Anax, soit de l'origine géographique avec Lestes.  

       .

       

      LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

       

      .

      POITOU-CHARENTE NATURE

      http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/anax-empereur/

      "De Anax (gr) = souverain, maître "

       

      .

      DRAGONFLYPIX

      http://www.dragonflypix.com/etymology.html

      "from Grk. ἄναξ = master, ruler, king"

       

       

       .

      D'ANTONIO & VEGLIANTE.

      https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

       

      "Anax - αναξ, ανακτοσ = signore, sovrano, re [delle aree umide]."

       

      .

      H. FLIEDNER, 2009

      https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

      http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

      "Anax [gr. Lord of the House] the genus might be named from its dominant behaviour in its territory."

      .

      VAN HIJUM, 2005.

      http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

      "anax= heerser "

       

      .

      .

      III. DÉBOIRES ET RÉCEPTION DU GENRE ANAX.

      .

      1°) Le genre de Leach fut adopté par MM. Curtis, Stephens 1829, Westwood,

      2°) En 1840, Edmond de Selys-Longchamps refusait à Anax le statut de genre, et le réduisait à celui de sous-genre d'Æshna. Il y plaçait deux espèces, Æshna formosa Vander Linden 1820 (qui se substituait à Anax imperator)  et A. parthenope Selys-Longchamps :

      "Description de deux nouvelles espèces d'Aeshna du sous-genre Anax (Leach).

      Par Michel-Edmond baron de Sélys-Longchamps, 1840, 8 pages, extrait du tome VI n°10 des Bulletins de l'Académie royale de Bruxelles https://books.google.fr/books?id=fjMqAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q&f=false

       

       

      "Le genre AEshna, après en avoir écarté, sous le nom de Petalura, les espèces dont les yeux sont éloignés l'un de l'autre comme chez les Agrions, et les Cordulœgaster où ils se touchent à peine, se subdivise encore-en deux sections caractérisées par des différences qui ne sont bien sensibles que dans les mâles. C'est ce qui m'empêche d'adopter le genre Anax de Leach., fondé sur celles dont les ailes inférieures sont semblables et arrondies dans les deux sexes, tandis que l'auteur anglais réservait le nom d'AEshna aux espèces dont les mâles ont le bord anal des secondes ailes subitement anguleux, caractère qui est commun aux Petalura, aux Cordulœgaster et aux Cordulia du même auteur. Je pense donc que cette coupe d'Anax doit être présentée comme un simple sous-genre propre a faciliter le classement des espèces. Il présente encore la particularité, que les mâles n'ont pas sur les côtés du second segment abdominal ces deux petits renflemens qui caractérisent plus ou moins les autres AEshnes.

      C'est à Vander Linden que l'on doit la distinction de la seule espèce indigène d'Anax qui était connue jusqu'ici. Il la décrivit sous le nom d'AEshna formosa et la croyait particulière à l'Italie. Je l'ai retrouvée depuis en Belgique. Aujourd'hui je ferai connaître deux nouvelles espèces européennes que j'ai recueillies dans le midi et qui sont surtout caractérisées par leur taille, ainsi que par une forme très-différente dans les appendices anales des mâles, comme on peut en juger par les figures que j'en donne ici. Les côtes équatoriales fournissent plusieurs espèces du même groupe, qui semble exclu des contrées froides.

      ESPÈCES.N° 1 .(AEshna (Anax) Formosa. Vander Linden, 1820. — B. De Fonscol. — Steph. — Curtis.

      M. Thorace virescente immaculalo, abdomine strigâ dorsali angulosâ nigrâ , parastigmate atarum valdè elongato rufescente; appendicibus analibus maris subspalhulatis, inferiori subquadralâ; fœminae lanceolatis.

      Long. M. 34 1. F. 32 | ; envergure 46 à 48 1.; longueur de l'appendice anale inférieure du mâle 1 ligne.

      Synonymie : Oeshna Azurea, Toussaint de Charpentier, 1825. Anax imperator , Leacb.

      cf. Tête jaune, bouche brune; une tâche transverse bleue sur le haut du front et une autre petite triangulaire noire devant les ocelles; yeux verts à fond bleu. Thorax d'un beau verdâtre clair sans taches, à l'exception des deux plaques latérales supérieures qui précèdent le bouclier et sont bleues, et séparées par une ligne dorsale jaunâtre. Le dessous entre les pieds roussâtre. Abdomen déprimé, long, renflé à sa base, étranglé au milieu du 3e segment. Le 1" segment verdâtre avec deux taches basales brunes; la base du 2e verdâtre; tous les autres d'un bleu brillant en dessus avec les bords noirs. Une tache transversale noire sur le 2°, et une bande dorsale anguleuse depuis le 3e jusqu'au dernier segment. Cette bande traversée à la base des 3e, 4e, 5e, 6e, 7e et 8e segmens par une raie courte également noire. Appendices anales brun-noirâtres. Les deux supérieures ayant deux fois la longueur du dernier segment, atténuées à leur base, ensuite élargies, puis tronquées à leur extrémité. Une ligne élevée les traverse longitudinalement en dessus. Le bord interne de cette ligne est cilié. L'appendice inférieure égale à peine en longueur le tiers des supérieures. Elle est à peu près carrée , recourbée en haut