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9 avril 2018 1 09 /04 /avril /2018 08:28

Zoonymie des Odonates. Le nom de genre Sympetrum, Newman, 1833.

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Voir aussi :

 

 

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Résumé .

Sympetrum, Newman, 1833.Des deux suffixes grecs σύμπυκνος, sympiezein   "comprimé" et  ἦτρον, êtron "abdomen" : "qui a l'abdomen comprimé latéralement".  En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum  "à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

 

 

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I. LA PUBLICATION ORIGINALE. SYMPETRUM NEWMAN 1833 ENT. MAG. , 1:511.

Newman, Entomological Magazine vol. 1, London, F. Westley & A.H. Davis, page 511.

En ligne.

 

 

Genus.—SYMPETRUM (d). Newman.

Caput metathorace latius: propodeon, podeonque in commisura incrassata: segmenta sequentia lateribus compressa: protelum ac adjacentia plus minusve incrassata: tetum minutum: teli appendices notas caeteris distinctas vix praebent: alarum stigma utrinque convexum. [c'est moi qui souligne "comprimé latéralement"]

The remaining species of Dr. Leach's genus, Libellula, widely differ from each other in the form of the posterior segments, and in the length of the superior caudal appendages of the male; but in none of them are these segments compressed as in the genus Sympetrum; they will, in all probability, resolve eventually into three distinct genera, and as such I had once prepared them for publication, together with Sympetrum, as below, (e) but a dislike to name-giving induced me to relinquish them.

............

(d) σύμπυκνος   comprimo, ἦτρον, abdomen.

(e) Sympetrum; abdomen laterally compressed. Ex. Vulgatum, Linn. &c.

 Orthetrum; abdomen laterally parallel. Ex. Caerulescens, Fab. Cancellatum, Linn. 

Platetrum; abdomen depressed and dilated. Ex. Depressum, Linn.Conspurcatum, Linn.

 Leptetrum; abdomen conical and pointed. Ex. Quadrimacutum, Linn. Praenubilum, Newman.

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II. ÉTUDE DU NOM.

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Newman commence par créer le nom Sympetrum, et il en donne l'étymologie : "σύμπυκνος   comprimo, ἦτρον, abdomen.", puis il donne le développement suivant :

"Les espèces restantes du genre du Docteur Leach, Libellula, diffèrent largement l'une de l'autre par la forme des segments postérieurs et par la longueur des appendices caudaux supérieurs du mâle; mais dans aucun d'eux, ces segments ne sont comprimés comme dans le genre Sympetrum; ils se résoudront vraisemblablement en trois genres distincts, et à ce titre, je les avais préparés d'abord pour la publication, avec Sympetrum, comme ci-dessous (e), mais une aversion pour la création de noms m'engage à les abandonner."

Il ajoute ensuite en note :

"(e) Sympetrum; abdomen comprimé latéralement : exemple Vulgatum Linn. &c.

 Orthetrum; abdomen aux bords latéraux parallèles: Ex. Caerulescens, Fab. Cancellatum, Linn. 

Platetrum; abdomen aplati et dilaté  . Ex Depressum, Linn. Conspurcatum, Linn.

 Leptetrum; abdomen conique et pointu. Ex. Quadrimaculum, Linn. Praenubilum, Newman."

Les quatre noms de genre, dont ne resteront que les deux premiers, sont tous composés sur le même suffixe grec  ἦτρον, êtron, abdomen.". Liddell et Scott 1889  indiquent pour êtron : ἦτρον, êtron : the part below the navel, the abdomen, Plat., Xen., etc.  ἦτρον, ου, τό,

En Zoologie, d'autres noms reprennent cette construction en -etrum comme Gymnetrum Agassiz 1846 (le Gymnètre), ou très récemment dans les Libellulidae le genre Trithetrum Dijkstra & Pilgrim 2007. Concernant ce nom, les auteurs précisent dans leur publication : 

"Etymology The name Trithetrum (a neuter) is an analogy to the -hemis names derived from -etrum names (e.g. Orthemis from Orthetrum); the probable origin of the suffix themis, now frequent in Libellulidae (Fliedner 1997). The reversed’ derivation fromTrithemis to Trithetrum conveys the deceptive similarity of T. navasi and T. congoense to Trithemis Brauer, 1868 (red and dark species, respectively) in the field. Trithetrum is also an amalgamation of Trithemis and Sympetrum." Dijkstra, K.-D.B.; Pilgrim, E.M. 2007: Trithetrum, a new genus of African dragonflies formerly placed in Sympetrum (Odonata, Libellulidae). Journal of  Afrotropical zoology, 3: 77–81

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Conclusion .

Sympetrum Newman 1833 : Des deux suffixes grecs σύμπυκνος, sympiezein    "comprimé" et  ἦτρον, êtron "abdomen" : "qui a l'abdomen comprimé latéralement". En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidés en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum " à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

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LES AUTEURS EN ZOONYMIE.

Tous les auteurs sont unanimes dans leur interprétation de ce nom de genre, sauf Précigout et Prud'omme qui, dans Les Libellules de Poitou-Charentes, montrent qu'ils n'ont pas consulté la publication originale de Newman. 

PRECIGOUT ET PRUD'HOMME / POITOU-CHARENTES-NATURE:

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/sympetrum-noir/

 "Etymologie. Du grec sym = avec et petra = pierre, rocher = pour évoquer l'habitude de ce genre à se poser sur les pierres et les rochers. "

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

Sympetrum : Newman,1833 from Grk. συμπιέζω = to squeeze together +
ἦτρον = abdomen
⮎ Newman described Sympetrum species as having the 'abdomen laterally compressed' (as distinct from Orthetrum species, which have the 'abdomen laterally parallel')

ENDERSBY & FLIEDNER, 2015

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia's_Dragonflies

"Orthetrum Newman, 1833: 511 Gr. ὀρθός =straight + ἦτρον = abdomen. Newman (1833) wrote: “The remaining species of Dr. Leach’s genus, Libellula, widely differ from each other in the form of the posterior segments, and in the length of the superior caudal appendages of the male; … they will, in all probability, resolve eventually into three distinct genera, and as such I had prepared them for publication, together with Sympetrum as below, but a dislike to name-giving induced me to relinquish them

Sympetrum; abdomen laterally compressed.

Orthetrum; abdomen laterally parallel.

Platetrum; abdomen depressed and dilated.

Leptetrum; abdomen conical and pointed.” {Neuter}"

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FLIEDNER 2009.

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

"Orthetrum [gr. orthos - gerade; ētron - Unterleib~Abdomen] erhielt den Namen, weil das Abdomen gerade sei. Newman kannte keine Arten von anderer Gestalt.

Aber selbst, wenn ein Name aus dem Griechischen oder Lateinischen hergeleitet ist, bleibt er unverständlich, wenn seine Bestandteile nicht richtig erkannt sind. So ist Sympetrum oft erklärt worden aus gr. sym- [zusammen (mit)] und petros [Stein]. Aber das ist unzutreffend: NEWMAN (1833) weist ausdrücklich darauf hin, dass er es verstanden wissen möchte als gr. sympiezein [zusammendrücken] und ētron [Unterleib~Abdomen]."

Mais même si un nom est dérivé du grec ou du latin, il reste incompréhensible si ses constituants ne sont pas sont reconnus correctement. Ainsi Sympetrum a souvent été expliqué à partir de gr. Sym- [ensemble (avec)] et petros [pierre]. Mais c'est faux: NEWMAN (1833) déclare expressément qu'il a voulu comme gr. sympiezein [comprimer] et ētron [Abdomen ].

Der Name Sympetrum  soll auf ein seitlich zusammengedrücktes Abdomen hinweisen, ein Merkmal, das nicht einmal für alle Arten gilt, die NEWMAN kannte (vgl. HAGEN 1888).  Le nom Sympetrum  devrait se rapporter à des espèces à  l'abdomen comprimé latéralement, une caractéristique qui ne s'applique même pas à toutes les espèces, comme Newman lui-même le savait (voir HAGEN 1888).

 

VAN HIJUM, 2005

 

sym-piezein = samengedrukt; etron = achterlijf (duidt op het smalle achterlijf)
(sym-piezein = compressé; etron = abdomen (se réfère à l'abdomen étroit))

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RÉCEPTION.

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Le genre a longtemps porté le nom de Diplax (Charpentier, 1840). En 1887, De Sélys proposa de le remplacer par Sympetrum, et Hagen en 1888 s'y opposa dans une argumentation particulièrement étayée :

HAGEN, H.A. (1888): On the genus Sympetrum, Newman. Entomologica Americana 4: 31-34. New York.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/42499#page/39/mode/1up

 

Mr. E. Newman, 1833, in Entomological Magazine, vol. I, p. 511 to 514, in a paper named "Entomological Notes," after treating some other subjects, published a new genus Sympetrum, belonging to the genus Libellula of Dr. Leach. Of the British species, belonging to this genus, are described : S. scotica, Donovan ; S. rufostigma, Newman (= L. sanguinea, Muell.) ; S. vulgatum, L. (= non, Linn. ; striolata, Chp.); S. basale, Newm. (= L. sanguinea, Muell.); S. flavolata, Newm. (= L. flaveola, L. ). The remainder of Libellula he divided into three genera, as Mr. Newman states. In a foot note the characters are given as follows :

Svmpetrum, abdomen laterally compressed — Ex. vulgatum, L.

Orthetrum, abdomen laterally parallel-- Ex. coerulescens, F., cancellatum, L.

Platerum, abdomen depressed and dilated — Ex. depressum, L. , consparcatum. E.

Leptetrurn, abdomen conical and pointed — Ex. quadrimaculatum. L. , proenubilum, Newm.

 

"They will," the author adds, "in all probability resolve eventually into three distinct genera, and as such I had once prepared them for publication together with Sympetrum as below, but a dislike to name-giving induced me to relinquish them." I think by this statement it is evident, that the three last genera, which Mr. Newman has himself later, during 43 years, never used, not even mentioned, have certainly no right of priority.

Indeed, Ento. Mag., I, p. 416, he speaks of Libellula proenubila and L.quadrimaculata, and ibid., vol. Ill, p. 151, prints in a paper of his friend Ed. Doubleday, Lib. quadrimaculata, L. depressa, L. proenubila. The characters given for the genus Sympetrum are : Caput metathorace latius (so it is in every species of Odonata) ; propodeon podeonque in commissura incrassata (common to every species of Odonata. but stronger in the males) ; segmenta sequentia lateribus compressa (among the species of Sympetrum only in the females, mostly cylindrical in the males) ; protelum ac adjacentia plus minusve incrassata (common to nearly every species of Odonata, because these parts contain the internal genitals) ; telum minutum (common to all Odonata) ; teli appendices notae caeteris distinctae vix proebent ; alarum stigma utrinque convexum (without value).

Mr. Newman, as far as I am able to ascertain, mentions only twice more the name Sympetrum. In Ento Mag., V, 484, where he concludes : "the species of Sympetrum are perfectly distinct ; the remainder of the genera and species will, I believe, stand."

In Zoologist, 1845, vol. Ill, p. 1044, he mentions Sympetrum rufostigma. Entomologist, vol. I, 1841, p. 159 and p. 205, .S. rubicunde is mentioned by Mr. Doubleday.

I find Mr. Newman's genera only twice quoted by British Scientists. Mr. J. F. Stephens, Mandibulata, vol. IV, 1836, gives not as genera but as subgenera or subgroups the four names with the short characters of

Mr. Newman, and of the new species of the monograph of Sympetrum he quotes only one. Mr. J. O. Westwood, in " Synopsis of the Genera of British Insects,"' 1839, p. 48, after the genus Libellula puts in brackets the four names and one species to each of them. As he has counted for Libellula 15 specimens it is evident that he did not accept Newman's genera.

It is difficult to understand now why some of Mr. Newman's papers were not acknowledged or at least not mentioned bv English Scientists ; however it seems to me out of place to speak here about things happily forgotten fifty years ago.

Mr. W. E. Evans British Libellulinae, London, 1845, uses Diplax from the nomenclature of Charpentier, and mentions nowhere Sympetrum.

It is impossible that this work was unknown to Mr. Newman. Zoologist, 1845, p. 1044, he speaks of the presence "of Mr. Selys in London, engaged in examining the cabinets of the London collectors, for the purpose of correctly ascertaining under what names the various species of Libellula have been described by British Entomologists." Baron De Selys paper, published Annals and Mag. of Nat. Hist.,1846, p. 217, is reprinted by Mr. Newman, Zoologist, 1846, p. 1522, but nothing is said in favor of his genera, which are not even mentioned in this paper.

 

Entomologists nowadays will scarcely be able to understand the difficulties, which impeded the working fifty years ago. There was no connection to speak of between Scientists of Great Britain and the continent.

In 1843 I found Stephens' Brit. Entom. and Curtis wanting in the libraries of Berlin, Vienna, Paris and of the Jardin des Plantes. The only copy in Germany belonged to the Senator von Hayden in Frankfurt a. M., which Erichson was allowed to consult. There did not exist any yearly Record ; the first was published 1834 in Wiegman's Archiv by Burmeister.

The first Presidents Address of the Entomological Society by Mr. Children was published for distribution among the members : the first Adress of the Secretary, Mr Westwood, contain nothing on Sympetrum. The existence of the Entomological Magazine was nearly unknown on the continent. Percheron, Bibliography, p. 225, quotes it ''per Walker the 8 numbers, and in the catalogue of the Library of Victor Andouin, p. 55, we find the same statement. In the catalogues of the libraries of old prominent Scientists, Charpentier. Dejean, Guerin, Meneville, Klug, Lacordaire, Sturm, the Entomological Magazine is wanting. Burmeister, Handbuch, vol. II, p. 14, quotes ilic first volume and one number as seen by him, and this is the only copy mentioned for Germany. The first copy I saw myself, 1839, belonged to Mr. G. Marxlin in Upsala. As it was my custom, I copied for my own use all belonging to Odonata, but by a curious chance out of the copy still before me the part on Sympetrum must have been lost during my travels, and is therefore not quoted in my dissertation, 1840, and in my Review on the recent literature of Neuroptera, Stett. Ento. Zeit., 1849, p. 68, only as not seen by me. 

When in 1857 I went to London by invitation of Mr. J. E. Gray to study the British Neuroptera in the collections, I applied to Mr. E. Newman for the permission to see his own collection and that of the Entomological Club. I will never forget the kindness with which I was received by him. He spent the larger part of a whole day in showing me the collections, and as in the meantime I had made myself thoroughly acquainted with his writings, we had a detailed conversation about them, and of course also on the nomenclature of the Libellula. Zoologist, 1857, p. 5879, he speaks about my visit and says : " the Neuroptera have been recently examined and the nomenclature rectified by Dr. Hagen." 
He did not take any exception to the nomenclature used by De Selys and myself in the Revue, of which, contrary to his former intentions, he has never made a report. So I had the conviction he had relinquished Sympetrum as well as the other genera. I considered the names free and used three of them with a different character, converting them in a femmine combination, to avoid the tedious change of the species name to a neutrum. 
After all, it was not the fate of English papers only to be overlooked in those times. Mr. E. Newman himself, when he published, 1852, his paper on the classification of Neuroptera, entirely overlooked the papers of Klug, Erichson, and Stein published twelve years before. 
The names of Mr. E. Newman have not been used by any one of the many writers on Libellula during the long time since their publication, and ]\Ir. E. Newman has never taken any exception to vindicate his rights, though all important works were well known to him. He has never objected to the use of his names modified and accompanied by a different character by myself in the
Synopsis of the Neuroptera of North America, in 1860. 

Mr. McLachlan introduced these names again in his List of British Neuroptera, and Baron De Selys now in his
Odonates de I'Asie mineure, 1887, has replaced Diplax by Sympetrum ; "quelques facheux que soient actuellement les changements de nomenclature — par une application exagérée du droit de priorité, il me semble juste d'adopter le nom de Sympetrum au lieu de Diplax." 
I have shown before that three of the genera were relinquished bv the author directly, and that the names were never used by himselfor anybody else, and that they could not be consideretl therefore to have the right of priority to supersede other names 37 years later. Concerning Sympetrum the analysis of its characters given shows that the character is entirely insufficient, and that Mr. Newman has never taken an exception against the non-acceptance of this genus by his own countrymen, Stephens, Westwood, Evans, and de Fonscolombe (1837) Baron De Selys, Hagen, and every writer upon Odonata since 1833. Further, that Hagen after conversing with Mr. Newman about this genus had the decided conviction, that it has been relinquished by the author also. It was at least in former years always considered that monographs in preparation, because the plates needed so much tune, had a right to supersede names published during the time. The first plate of Charpentier is dated 1828, and in 1837 Westwood saw in Bonn the big volume of plates, and therefore the name
Diplax was everywhere accepted. Probably Mr. Newman was of the same opinion as he did not object to Baron De Selys papers in 1846 and 1850. 

I think therefore the names of the genera given by Mr. Newman should not be accepted. "

 

 

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Heinrik Steinmann, World Catalogue of Odonata n° 110 .

Heinrik Steinmann, World Catalogue of Odonata n° 110 .

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SOURCES ET LIENS.

[Sympetrum sp.] Etymolotest pour odonatologiste

https://www.insecte.org/forum/viewtopic.php?t=106647

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

SOURCES ET LIENS.

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulegastre-annele/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie 

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

— Odonates costarmoricains.

http://www.nature22.com/odonates22/ordresystematique.html

— INPN.MNHN

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/199694/tab/taxo

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
5 avril 2018 4 05 /04 /avril /2018 20:40

Zoonymie des Odonates : le nom du genre Oxygastra Sélys-Longchamps, 1870.

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, Patronymie,  ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Voir aussi :

 


 

 

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Résumé:

Oxygastra, Selys-Longchamps,  Ann. Soc. ent. Belgique 1870, vol.14 page v.

Du grec oxys, " fin, aigu, pointu" et gaster, "ventre"  du fait de l’étroitesse de l’abdomen du mâle ou de ce que "le 10ème segment abdominal des mâles [est] prolongé en une pointe longue penchée en bas." (description originale de Sélys).

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I. LA PUBLICATION ORIGINALE. OXYGASTRA, SÉLYS-LONGCHAMPS 1870.

 

Oxygastra, Sélys-Longchamps,  Ann. Soc. ent. Belgique 1870, vol.14. C.R. page v.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/44639#page/143/mode/1up

"2° Sous-genre : Oxygastra, Sélys. — Cordulia (pars) Auct. 
Tous les triangles libres. Le discoïdal des supérieures à côtés presque égaux ; celui des inférieures court. Secteurs de l'arculus naissant séparés aux quatre ailes. Le 10ème segment abdominal des mâles prolongé en une pointe longue penchée en bas. "

.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/44639#page/143/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/44639#page/143/mode/1up

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ÉTUDE DU NOM OXYGASTRA.

Du grec oxys, "étroit, fin, aigu, pointu" et gaster, "ventre"  du fait de l’étroitesse de l’abdomen du mâle ou de ce que "le 10ème segment abdominal des mâles [est] prolongé en une pointe longue penchée en bas." (description originale de Sélys).

Sur le même suffixe oxys, aigu, pointu, acide,  voir l'Oxyrhinque, mais aussi Oxygène, Oxyde, Oxydase, Dioxyde, Protoxyde, Hydroxyle, Oxyure (Nématodes dont l'arrière du corps est pointu),

 Oxime ; Oxymore, Paroxysme ; Oxalique, Oxalis, Oxamide, Anoxie ; Amphioxus, Désoxyribose, Désoxyribonucléique. Oxyton (mot dont l'accent est placé sur la dernière syllabe)

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Précigout & Prud'homme, Libellules de Poitou-Charentes.

"Oxygastra de oxys (gr) = étroit, fin, aigu, pointu et gaster (gr) = ventre : du fait de l’étroitesse de l’abdomen du mâle ou de la présence d’une carène aiguë sur le 10° segment abdominal du mâle"  

Dragonpix :

"Oxygastra: Selys, 1870. Latinized feminine form from Grk. ὀξύς = sharp, pointed + -γαστρος = -bellied : for the male's elongated, downward-pointed abdominal segment 10"

Antonio & Végliante :

"Oxygastra - οξυσ, οξεϕα, οξυ = aguzzo, appuntito + γαστηρ, γαστροσ = ventre. Per la forma del ventre"

 

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III. RÉCEPTION.

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The World Catalogue of Odonata, Heinrik Steinmann 2010 page 285. 

Zoonymie des Odonates : le nom du genre Oxygastra Sélys, 1870

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SOURCES ET LIENS.

 

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulegastre-annele/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— Odonates costarmoricains.

http://www.nature22.com/odonates22/ordresystematique.html

— INPN.MNHN

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/199694/tab/taxo


 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
29 mars 2018 4 29 /03 /mars /2018 20:09

Zoonymie des Odonates. Le nom de genre Orthetrum, Newman 1833.

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Voir aussi :

 

 

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Résumé .

Orthetrum Newman 1833 : Des deux suffixes grecs  orthos  "droit" et êtron "abdomen". En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum " à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

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I. QUI ÊTES-VOUS EDWARD NEWMAN ?

 

"Edward Newman est un entomologiste, un botaniste et un écrivain britannique, né le 13 mai 1801 à Hampstead et mort le 12 juin 1876 à Peckham près de Londres.

Ses parents, des quakers passionnés d’histoire naturelle, l’encouragent dans son intérêt pour le monde naturel. Il quitte l’école de Painswick à seize ans pour rejoindre l’entreprise paternelle de Guildford. Il part à Deptford en 1826 pour prendre une affaire de cordonnerie. Là, il rencontre de nombreux entomologistes dont Edward Doubleday (1810-1849) et participe à la fondation de l’Entomological Club. En 1832, il est élu au poste d’éditeur du journal du club, The Entomological Magazine. L’année suivante, il devient membre de la Société linnéenne de Londres et l’un des fondateurs de la Société entomologique de Londres.

En 1840, Newman se marie et fait paraître la première édition d’A History of British Ferns and Allied Plants. Il devient un associé d’une entreprise d’impression de Londres, Luxford & Co. Il devient imprimeur et fait paraître des livres d’histoire naturelle et de sciences. Il devient l’un des plus importants éditeurs dans ce domaine avec la parution de The Field, de The Entomologist, il est coéditeur de The Zoologist. Parmi ses livres, il faut citer Birds-nesting (1861), New Edition of Montagu's Ornithological Dictionary (1866), Illustrated Natural History of British Moths (1869) et Illustrated Natural History of British Butterflies (1871).

Il définit, dans sa publication de 1834, “Attempted division of British Insects into natural orders”, de nombreuses familles d’insectes et marque une étape importante dans leur classification. (Wikipédia)

On lui doit, selon Animalbase, 3 noms de genre, Orthetrum 1833 et Sympetrum 1833 (Odonata), et Myrmecopsis 1850 (Lepidoptera), mais, il faut aussi citer un nom d'espèce, Athous campyloides, 1833 (Coleoptera)

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II. LA PUBLICATION ORIGINALE. ORTHETRUM NEWMAN 1833 ENT. MAG. , 1:511.

Newman, Entomological Magazine vol. 1, London, F. Westley & A.H. Davis, page 511.

En ligne.

Le genre est créé par une note en bas de page dans la description du genre SYMPETRUM.

 

Genus.—SYMPETRUM (d). Newman.

Caput metathorace latius: propodeon, podeonque in commisura incrassata: segmenta sequentia lateribus compressa: protelum ac adjacentia plus minusve incrassata: tetum minutum: teli appendices notas caeteris distinctas vix praebent: alarum stigma utrinque convexum.

The remaining species of Dr. Leach's genus, Libellula, widely differ from each other in the form of the posterior segments, and in the length of the superior caudal appendages of the male; but in none of them are these segments compressed as in the genus Sympetrum; they will, in all probability, resolve eventually into three distinct genera, and as such I had once prepared them for publication, together with Sympetrum, as below, (e) but a dislike to name-giving induced me to relinquish them.

............

(d) σύμπυκνος   comprimo, ἦτρον, abdomen.

(e) Sympetrum; abdomen laterally compressed. Ex. Vulgatum, Linn. &c.

 Orthetrum; abdomen laterally parallel. Ex. Caerulescens, Fab. Cancellatum, Linn. 

Platetrum; abdomen depressed and dilated. Ex. Depressum, Linn.Conspurcatum, Linn.

 Leptetrum; abdomen conical and pointed. Ex. Quadrimacutum, Linn. Praenubilum, Newman.

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Zoonymie des Odonates. Le nom de genre Orthetrum, Newman 1833.

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Voici la note en bas de page où apparaît le nom Orthetrum :

Zoonymie des Odonates. Le nom de genre Orthetrum, Newman 1833.

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II. ÉTUDE DU NOM.

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Newman commence par créer le nom Sympetrum, et il en donne l'étymologie : "σύμπυκνος   comprimo, ἦτρον, abdomen.", puis il donne le développement suivant :

Les espèces restantes du genre du Docteur Leach, Libellula, diffèrent largement l'une de l'autre par la forme des segments postérieurs et par la longueur des appendices caudaux supérieurs du mâle; mais dans aucun d'eux, ces segments ne sont comprimés comme dans le genre Sympetrum; ils se résoudront vraisemblablement en trois genres distincts, et à ce titre, je les avais préparés d'abord pour la publication, avec Sympetrum, comme ci-dessous (e), mais une aversion pour la création de noms m'engage à les abandonner.

Il ajoute ensuite en note :

(e) Sympetrum; abdomen comprimé latéralement : exemple Vulgatum Linn. &c.

 Orthetrum; abdomen aux bords latéraux parallèles: Ex. Caerulescens, Fab. Cancellatum, Linn. 

Platetrum; abdomen aplati et dilaté  . Ex Depressum, Linn. Conspurcatum, Linn.

 Leptetrum; abdomen conique et pointu. Ex. Quadrimaculum, Linn. Praenubilum, Newman.

Les quatre noms de genre, dont ne resteront que les deux premiers, sont tous composés sur le même suffixe grec  ἦτρον, êtron, abdomen.". Liddell et Scott 1889  indiquent pour êtron : ἦτρον, êtron : the part below the navel, the abdomen, Plat., Xen., etc.  ἦτρον, ου, τό,

En Zoologie, d'autres noms reprennent cette construction en -etrum comme Gymnetrum Agassiz 1846 (le Gymnètre), ou très récemment dans les Libellulidae le genre Trithetrum Dijkstra & Pilgrim 2007. Concernant ce nom, les auteurs précisent dans leur publication : 

Etymology The name Trithetrum (a neuter) is an analogy to the -hemis names derived from -etrum names (e.g. Orthemis from Orthetrum); the probable origin of the suffix themis, now frequent in Libellulidae (Fliedner 1997). The ‘reversed’ derivation from Trithemis to Trithetrum conveys the deceptive similarity of T. navasi and T. congoense to Trithemis Brauer, 1868 (red and dark species, respectively) in the field. Trithetrum is also an amalgamation of Trithemis and Sympetrum.


 

Dijkstra, K.-D.B.; Pilgrim, E.M. 2007: Trithetrum, a new genus of African dragonflies formerly placed in Sympetrum (Odonata, Libellulidae). Journal of Afrotropical zoology, 3: 77–81

.

Connaissant le sens de la seconde moitié du nom Orthetrum, et la définition de Newman "abdomen aux bords latéraux parallèles, il est facile de trouver le premier suffixe grec, ortho, "droit".

Conclusion .

Orthetrum Newman 1833 : Des deux suffixes grecs ὀρθός,  orthos  "droit" et  ἦτρον, êtron "abdomen". En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidés en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum " à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

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LES AUTEURS.

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FLIEDNER.

Orthetrum [gr. orthos - gerade; ētron - Unterleib~Abdomen] erhielt den Namen, weil das Abdomen gerade sei. Newman kannte keine Arten von anderer Gestalt.

 

PRECIGOUT ET PRUD'HOMME :

"Orthetrum de orthos (gr) = droit et êtron (gr) = abdomen : les orthétrums ont l’abdomen étroit, aux côtés plus ou moins parallèles (droits), ce qui les différencie du genre Libellula à l’abdomen large, dont les côtés sont courbés ."

DRAGONFLYPIX

 

Orthetrum: Newman, 1833 from Grk. ὀρθός = straight, parallel + ἦτρον = abdomen. Newman described Orthetrum species as having the 'abdomen laterally parallel' (as distinct from Sympetrumspecies, which have the 'abdomen laterally compressed')

ENDERSBY

 

Orthetrum Newman, 1833: 511 Gr. ὀρθός =straight + ἦτρον = abdomen. Newman (1833) wrote: “The remaining species of Dr. Leach’s genus, Libellula, widely differ from each other in the form of the posterior segments, and in the length of the superior caudal appendages of the male; … they will, in all probability, resolve eventually into three distinct genera, and as such I had prepared them for publication, together with Sympetrum as below, but a dislike to name-giving induced me to relinquish them

Sympetrum; abdomen laterally compressed.

Orthetrum; abdomen laterally parallel.

Platetrum; abdomen depressed and dilated.

Leptetrum; abdomen conical and pointed.” {Neuter}

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III. RÉCEPTION.

 https://books.google.fr/books?id=gLZvT_njEF4C&pg=PA408&lpg=PA408&dq=orthetrum+newman+1933&source=bl&ots=1APw6o5Ugm&sig=gr7zki7DnNLZg_vOK5ofV_ea3q0&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwju1tqen5LaAhWCcRQKHYUnBu0Q6AEIVzAI#v=onepage&q=orthetrum%20newman%201933&f=false

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Heinrik Steinmann, World Catalogue of Odonata n° 110 page 408

 

 

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IV. DESCRIPTION.

Aujourd'hui, la clef de détermination (Grand & Boudot) des Anisoptères n'attribue aucun intérêt à la forme de l'abdomen et s'appuie sur la couleur et la nervation des ailes, la couleur des ptérostigmas, etc .

Pour K.D. B Dijkstra, "quasiment tout odonate pruineux bleu gris dont la base des ailes est hyaline est un mâle d'Orthetrum".

.

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SOURCES ET LIENS.

— [Sympetrum sp.] Etymolotest pour odonatologiste

https://www.insecte.org/forum/viewtopic.php?t=106647

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

SOURCES ET LIENS.

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulegastre-annele/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

Odonates costarmoricains.

http://www.nature22.com/odonates22/ordresystematique.html

INPN.MNHN

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/199694/tab/taxo

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
24 mars 2018 6 24 /03 /mars /2018 15:46

Zoonymie des Odonates : le nom de genre Cordulegaster Leach 1815.

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Voir aussi :

 

 

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Résumé.

Cordulegaster Leach 1815. Eding. Encycl.: 136-137. Cordulegaster vient de deux mots grecs κορδύλη, kordylē- "massue, renflement, bosse, gonflement"; et gastēr - "abdomen", du fait de l’épaississement en forme de massue de l’abdomen. Le genre Cordulie, également nommé par Leach, est construit sur le même suffixe kordylē-. 

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I. LA PUBLICATION ORIGINALE. LEACH 1815.

 

En 1813, William Elford Leach (1791-1836), diplomé en médecine de l'université St-Andrews (Ecosse) après avoir étudié à Edimbourg, devint responsable des collections zoologiques du British Museum. En 1815, il rédigea la première bibliographie, extraordinairement détaillée, de l'entomologie, dans la partie historique d'un article "Entomologie" de l'Edinburgh Encyclopaedia de D. Brewster. Il publia entre 1814 et 1817 ses Zoological Miscellany, mais en 1822, atteint de dépression et de surmenage, il démissionna de son poste pour voyager.

LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [136-137] (in 1830 edition) – via Biodiversity Heritage Library.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/17493627#page/145/mode/1up

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GENUS CCCCLXXXI. CORDULEGASTER. Leach's MSS. 

LIBELLULA. Linn. Donovan. 
AESHNA. Latreille. 
Hinder wings of the male angulated at their anal edge. Abdomen of the male clavate, of the female with an acuminated process. 

Sp. 1. Annulatus
Libellula forcipata. Harris. 
Aeshna annulata. Latreille. 
Libellula Boltonii. Donovan. 
Cordulegaster annulatus. Leach's MSS. 

Inhabits Yorkshire, Devonshire, Dorsetshire, Somersetshire, and Cornwall. It likewise occurs amongst the lakes, in the north of England ; amongst the Pentland hills, near Edinburgh ; and on Loch Lomond and Loch Katrine. 

 

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https://www.biodiversitylibrary.org/page/17493627#page/144/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/page/17493627#page/144/mode/1up

.

Descriptions auxquelles Leach fait référence :

1°) Libellula forcipata Harris.

Moses Harris  fut le premier à illustrer et à décrire cette espèce, mais l'identifia à tort comme Libellula forcipata (maintenant Onychogomphys forcipatus), une espèce différente que Linné avait décrite en 1758 . Harris devina la couleur des yeux en bleu; les spécimens vivants ont les yeux verts, les spécimens séchés sont bruns.
Voir la Planche XXIII datée de 1779, dans  "An exposition of English insects ...minutely described, arranged, and named, according to the Linnaean system" London: 1782. Le mâle de   Cordulegaster boltonii est peint en haut, celui d'Aeshna cyanaea en dessous. Source de l'image Université de Glasgow.

 

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Moses HARRIS, "An exposition of English insects",Pl. XXIII,  https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/45/Moses_Harris01.jpg

Moses HARRIS, "An exposition of English insects",Pl. XXIII, https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/45/Moses_Harris01.jpg

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Moses HARRIS, "Libellula forcipata" (sic) "An exposition of English insects",Pl. XXIII,  https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/45/Moses_Harris01.jpg

Moses HARRIS, "Libellula forcipata" (sic) "An exposition of English insects",Pl. XXIII, https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/4/45/Moses_Harris01.jpg

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2°) Aeshna annulata. Latreille.


 Latreille, P. A. 1805. Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes. Ouvrage faisant suite a l'histoire naturelle générale et particulière, composée par Leclerc de Buffon, et redigée par C. S. Sonnini, membre de plusieurs sociétés savantes. Tome treizième. F. Dufart, Paris. 432 pp. page 6.
https://www.biodiversitylibrary.org/page/15701601#page/12/mode/1up

Latreille renvoie lui-même à la planche XXIII fig. 3 d'Harris.

Pierre André Latreille a décrit le premier en 1805 l'espèce-type du genre, notre Cordulegaster bolti=onii, sous le nom d'Aeshna annulata. cependant, ce nom était un homonyme invalide, puisque Johann Christian Fabricius l'avait déjà attribué à une espèce indienne du même genre en 1798. Le plus ancien des noms valides selon les règles de la nomenclature zoologique est celui de Libellula boltonii, à suivre.

 

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3°) Libellula Boltonii Donovan.

L'entomologiste Edward Donovan (1768-1837) a décrit en 1807 cette espèce dans le volume 12 de son  Histoire naturelle des insectes britanniques, The Natural History of British insects.

Le nom scientifique de l'espèce a été choisi par Donovan en l'honneur de William Bolton (1722-1778) de Halifax (West Yorkshire) . Comme son jeune frère James Bolton, il était un zoologiste amateur avide et un collectionneur naturaliste.

 

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II. ETUDE DU NOM.

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Leach ne justifie pas son nom de genre dans son texte, mais on peut trouver sa source dans la description qu'il en donne : Hinder wings of the male angulated at their anal edge. Abdomen of the male clavate, of the female with an acuminated process., "Le bord anal des ailes postérieures du mâle est anguleux. L'abdomen des mâles est en forme de massue, celui des femelles présente un élément pointu".

Or, le nom Cordulegaster se décompose en deux suffixes grecs,   kordylê qui signifie "massue" et gastêr qui signifie "ventre". Les auteurs de "Libellules de Poitou-Charente" (L. Précigout et al.) ont considéré que cela faisait allusion à   "l’épaississement en forme de massue de l’abdomen" du mâle. C. D'Antonio et H. Fliedner sont plus vagues en écrivant que ce nom se réfère "à la forme typique du corps" de ces Libellules. 

En effet, lorsque W.E. Leach écrit abdomen of the male clavate, et qu'il emploie le terme clavate, il reprend un terme souvent utilisé en entomologie pour qualifier le renflement distal des antennes (de coléoptères), une partie nommée en anglais  clavus, ou club (Glossaire) . Mais le mot latin clavus signifiait "clou", "cheville" [tout comme gomphus ]. Leach fait-il allusion à la "massue" de l'extrémité de l'abdomen, ou bien à la forme plus générale  de l'abdomen, qui évoque celle d' un clou par le rétrécissement qui suit l'ékargissement des oreillettes de S2 ?

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Voir les auteurs suivants : 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulegastre-annele/

 Cordulegaster : de kordylê (gr) = massue et gastêr (gr) = ventre : du fait de l’épaississement en forme de massue de l’abdomen ; boltonii en l’honneur de James Bolton (1733-1799), qui a découvert l’espèce dans le Yorkshire.

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

Cordulegaster - χορδυλε, εσ = clava + γαστερ = ventre; ventre a clava. Per la forma generale del corpo.

boltoni (Cordulegaster) – in onore del sig. Bolton che la scoprì per primo nello Yorkshire a inizio secolo XIX [… in compliment to Mr. Bolton, the gentleman to whom we are indebted for is discovery. (Donovan, 1807)].

Cordulia - χορδυλε, εσ = clava. Per la forma generale del corpo.

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

Cordulegaster [gr. kordylē - Keule/ Beule, Geschwulst; gastēr - Bauch ~ Abdomen] beschreibt die typische Körperform dieser Libellen. - boltonii (Donovan) trägt ihren Namen zu Ehren des englischen Malers und Naturkundlers James Bolton († 1799), von dem das Exemplar in Drurys Sammlung stammte, nach dem die Art beschrieben wurde.

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III. RÉCEPTION DU GENRE.

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STEINMANN (Henrik), 1997,  World Catalogue of Odonata n° 110  Walter de Gruyter page 243

Genus Cordulegaster Leach 1815 Cordulegaster Leach, Edinb. Encycl.. 9: 136. Type-species: Aeschna annulata Latreille, 1805 (designated by Kirby. 1890, Syn. Cat. Neur.-Odon., London: 80).

- 1840 Aeschna (Thecaphora) Charpentier (nec Selys, 1854), Libell. Europe. Paris: 14. Type-species: Aeschna lunulata Charpentier, 1825 (monotypy).

- 1854 Cordulegaster - Selys. Synopsis des Gomphines: 82 (with subgenera: Anotogaster, Cordulegaster s.str.

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Steinmann, World Catalogue of Odonata p.243 https://books.google.fr/books?id=gLZvT_njEF4C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=cordulegaster&f=false

Steinmann, World Catalogue of Odonata p.243 https://books.google.fr/books?id=gLZvT_njEF4C&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=cordulegaster&f=false

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IV. DESCRIPTION.

Parmi les Anisoptères, ce sont des individus de grande taille (70-100 mm), dont les yeux ne se touchent qu'en un seul point (ce qui les diffèrent des Gomphes et des Aeshnes), et de couleur noir et jaune.  L'angle anal des ailes postérieures des mâles est accentué et non arrondi.

Les mâles ont  des oreillettes latérales sur le deuxième segment de l'abdomen (caractère des  mâles de Cordulegastridae).

La lame vulvaire des femelles  est "acuminée" en forme de dague, dépassant nettement l'extrémité de l'abdomen. Elle sert d'ovipositeur  pour déposer les œufs dans les sédiments des ruisseaux ou dans les parties peu profondes des rivières lors de la ponte.

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SOURCES ET LIENS.

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulegastre-annele/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— Odonates costarmoricains.

http://www.nature22.com/odonates22/ordresystematique.html

— INPN.MNHN

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/199694/tab/taxo

.

 

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20 mars 2018 2 20 /03 /mars /2018 20:05

Zoonymie des Odonates. Le nom de genre Brachytron Evans, 1845.

.

Voir aussi :

 

 .

Résumé.

— Brachytron Evans, Brit. Libell.: 22, 1845. Le nom est expliqué par l'auteur dans sa description : "Nommé à partir du grec brachynô = "court" et êtron= "abdomen"  par allusion à son corps court et trapu" ; ce qui, associé à la forme distincte des ailes et au caractère pileux du corps, m'a conduit à le séparer du genre Aeshna".

Ce genre est monotypique (il ne contient qu'une seule espèce, B. pratense). Evans renvoie à la description d'Aeshna  vernalis de Vanderlinden (Opusc. scient. 4: 159, mais l'espèce avait été décrite sous le nom de Libellula pratensis (Libellule des près) par Müller en 1764 dans Faun. Insect Fridr.:62.  Evans renvoie aussi à Aeshna pilosa ou Aeschne velue de Charpentier ( Hor. ent. 37), et pour une variante, à Libellula aspis de la figure 3 de la  planche XVII de Exposition of English Insect

 

.

.

I. LA PUBLICATION ORIGINALE.

 

Evans, W. F. (William Frederick), British libellulinae, or, Dragon flies : illustrated in a series of lithograph drawings, with a brief description of the insects, times of appearance, &c., printed for private circulation, London : Printed by J.C. Bridgewater 1845

 

https://archive.org/stream/britishlibelluli00evan#page/22/mode/2up

Named from ---, to abbreviate,---- , abdomen, in allusion  to its being short and stout ; which, together with the different shape of its wings, and the pilose body, has induced me to separate it from AEshna. 


BRACHYTRON vernalis. Vander Lin. plate 13, Jig. 1. mâle 
Figured as pilosa. Charp. Tab. 2L 
Ann. de la Soc. Ent. tome VII., Tab. 5,f. 2. femelle
var, as aspis. Harr. Exp. Eng. Ins. pl. 27,f. 3. 

Length of body, 2 inches to 2 inches 3 lines. 
Expanse of wings, 2 inches 8 lines to 3 inches. 
This species is found in the neighbourhood of London, at Hertford, and near Heme, Kent, during the month of June. 
It appears to be rather variable as regards the brightness of the markings on the body. 
The female has the wings yellow, and the thorax brown, and without the green marks thereon, which characterize the male. 

"Nommé à partir du grec brachynô = "court" et êtron= "abdomen, bas-ventre" [chez Rufus d'Éphèse]    par allusion à son corps court et trapu ; ce qui, associé à la forme distincte des ailes et au caractère pileux du corps, m'a conduit à le séparer du genre Aeshna"

Ce genre est monotypique (il ne contient qu'une seule espèce). Evans renvoie à la description d'Aeshna  vernalis de Vanderlinden (Opusc. scient. 4: 159, mais l'espèce avait été décrite sous le nom de Libellula pratensis  ou Libellule des près  par Müller en 1764 dans Faun. Insect Fridr.:62.  Evans renvoie aussi à Aeshna pilosa ou Aeschne velue de Charpentier ( Hor. ent. 37), et pour une variante, à Libellula aspis de la figure 3 de la  planche XVII de Exposition of English Insect

.Longueur du corps 2 inches à 2 inches 3 lignes

envergure des ailes 2 inches 8 lignes à 3 inches. Cette espèce se trouve dans le voisinage de Londres à Hertford et près de Herne (Kent) durant le mois de juin.

Elle semble être assez variable quand à l'éclat des marques de son corps.

La femelle a les ailes jaunes, et le thorax brun, et sans les marques vertes au dessus, qui caractérisent les mâles.

.

 

.

Evans accompagne sa description d'une illustration (lithographie par l'auteur) d'un mâle  en planche 13 -1 :


.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/53510#page/57/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/53510#page/57/mode/1up

.

Voici la Libellula aspis de la figure 3 de la planche XVII de Harris :aujourd'hui considérée en synonymie :

.

 

 

 HARRIS, M. 1776-[1780]. An exposition of English insects, planche XVII fig 3, GDZ.

HARRIS, M. 1776-[1780]. An exposition of English insects, planche XVII fig 3, GDZ.

.

.

II. RÉCEPTION DU GENRE :

.

Steinmann 1997 :

.

World Catalogue of Odonata, Numéro 110 par Henrik Steinmann 1997 page 68

.

 

.

III. DESCRIPTION.

La plus petite des Aeshnidés d'Europe.

Période de vol printanier, plus précoce que les autres Aeschnes.

Abdomen massif non étranglé au niveau du troisième segment, mais au contraire cylindrique.

Dessin caractéristique du thorax : cotés verts barrés de deux lignes noires complètes (et non une).

Angle anal des ailes postérieures des mâles à peine marqué.

Corps velu, thorax  particulièrement velu.

Nervation : une ou deux rangées de cellules entre les nervures IR3 et Rspl d'une part, M et Mspl d'autre part

.

IV. NOMS VERNACULAIRES.

Nom vernaculaire : pour l'espèce, Aeschne-velue, Aeschne-velue printanière (Diskstra), Aeschne printanière (Grand et Boudot). Voir plutôt  la zoonymie de B. pratense

Néerlandais : Glassnijder

Anglais : Hairy dragonfly, Hairy hawker, Spring hawker

.

.

SOURCES ET LIENS.

 

 

ZOONYMIE :

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

.

EXTRAIT de BIBLIOGRAPHIE DES ODONATES.

CHARPENTIER (Toussaint de), 1825 - De Libellulinis europaeis In Horae entomologicae. - Wratislaviae. -

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25890#page/7/mode/1up

DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates

http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique

DELIRY (Cyrille)  Monographie Brachytron pratense :http://www.deliry.com/index.php?title=Brachytron_pratense

— GEER, (Charles de), 1771 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes , Stockholm : Hesselberg, .Tome 1 [1]-[15] 707 pages, 37 planches, Gallica . Tome second première partie 616 pages, ; Tome second deuxième partie pages 617 à 1175, 43 planches gravées par Bergquist. Gallica.

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

HARRIS, M. 1776-[1780]. An exposition of English insects. Including the several classes of Neuroptera, Hymenoptera & Diptera, or bees, flies & Libellulæ. Exhibiting on 51 copper plates near 500 figures, accurately drawn & highly finished in colours, from nature. The whole minutely described, arranged & named, according to the Linnean-system, with remarks. The figures of a great number of moths, not in the Aurelian collection, formerly published by the same author, and a plate with an explanation of colours, are likewise given in the work.  White & Robson, London. - [Rééd. complète en 1782 ]. 166 pp.

 

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[152],%22panX%22:0.515,%22panY%22:0.796,%22view%22:%22thumbnails%22,%22zoom%22:1.541}

 

"Parallel English and French texts printed in two columns.
Digitized in 2010 from SUB Göttingen RMAG <4 ZOOL VI, 3423>. In the Göttingen volume, "plate with explanation of colours" is not present. In the Göttingen volume the title page carries the date 1782.
All taxa listed by Sherborn for 1776. Names of taxa established in this work are often associated with the date 1782, but it seems that the work was first published in 1776. "Text sheets were reissued in 1781; the 1782 edition is reset. With an additional engraved titlepage, dated 1782." (Source: National Library of Australia Catalogue, http://catalogue.nla.gov.au/Record/4848612 [04/2011]).
The 1782 edition of this work was obviously a reprint with probably identical content. We did not see the 1776 edition. It seems that the pages in both editions were either cut differently, or that Sherborn 1902 overlooked a generic name on p. 160 where the 1782 edition says "Tipulae continued", because Sherborn combined the new specific names with the genus Sylvicola from p. 159, and not with the genus Tipula with which we have combined the involved new specific names following the arrangement in the digitised copy.
Sherborn's 1902 extract of taxon names contained many corrections or subsequent misspellings (examples: Musca semulater -> M. semulator, coeo -> coco, ludeus -> ludens, compunctus -> compunctor, Apis vereor -> A. vereror, tacitus -> tasitus, etc.). It is possible that Sherborn had the 1776 edition and that the names were spelled differently there. It is also possible (and seems likely to us) that Sherborn tried to correct errors which we would not correct today under Art. 32.5 because these were not inadvertent errors. If the names were misspelled in the original source because the author did not know correct Latin, the original spelling (in the uncommon or incorrect orthography) must stand, so these putative errors are not to be interpreted as inadvertent errors under Art. 32.5. Only Art. 32.5 allows to correct errors in original spellings.
Species listed in the index were often spelled differently from the names that were established in the text before. This occurs especially with names that were described in the genus Musca. Taxa were entered following the spelling of their first occurrence in the text. Different spelling in the index were mentioned in the comments' field." (Animalbase)

https://www.gla.ac.uk/myglasgow/specialcollections/virtualexhibitions/birdsbeesandblooms/bees/mosesharrisanexpositionofenglishinsects/

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[5],%22view%22:%22info%22}

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[80],%22view%22:%22thumbnails%22}

MÜLLER  O.F. 1764 - Fauna insectorum Fridrichsdalina. - Hafnia & Lipsia. -

SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles. http://www.deliry.com/selys1840.pdf
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris. http://www.deliry.com/selys1850.pdf

.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
11 mars 2018 7 11 /03 /mars /2018 12:09

Zoonymie des Odonates : le genre Boyeria, Mac Lachlan 1896.

.

 

.

 

 

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Voir aussi :

 

 

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Résumé :

— Boyeria, Mac Lachlan 1896. En 1883, de Sélys avait créé pour ce genre le nom de Fonscolombia en écrivant "J'ai dédié ce genre à feu Boyer de Fonscolombe, qui le premier en France (1837) a étudié sérieusement les Odonates, et découvert l'irene et d'autres espèces." L'entomologiste londonien Robert Mac Lachlan, président puis trésorier de la Société Entomologiste de Londres, à qui de Selys avait dédié l'espèce japonaise Fonscolombia maclachlania, a du modifier le nom générique, qui avait déjà été utilisé par Lichtenstein en 1877 pour une cochenille. Il utilisa alors la première partie, Boyer, du nom d'Étienne de Fonscolombe. Ce dernier avait décrit l'espèce-type du genre Aeschna irene en 1838.

C'est le seul nom de genre des Odonates de France qui se réfère à un nom propre ; pour les Odonates d'Europe, il est rejoint par Selysiothemis Ris, 1897.

.

 

 

 

.

 

I. La publication originale. Mac Lachlan 1896.

Cette publication est parue  dans le  The Annals and magazine of natural history; zoology, botany, and geology, London,Taylor and Francis, Ltd.

Mc Lachlan (Robert), 1996, "On some Odonata of the subfamilies Aeshnius,"  Ann. Mag. nat. Hist., (6) 17 page 424 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/61862#page/470/mode/1up

Cette "description" du genre Boyeria est très courte, car c'est en réalité une re-dénomination, presque une formalité taxinomique.

.

 

 

 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/61862#page/470/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/61862#page/470/mode/1up

.

On y lit  : 

BOYERIA (new name). 

 

Fonscolombia, Selys (1883), preoccupied by Lichtenstein in Hemiptera (1877). 

The genus remains named in honour of E. L. J. H. Boyer de Fonscolombe. 

"Fonscolombia, Selys, nom attribué antérieurement par Lichtenstein en 1877 dans l'Ordre des Hémiptères. Le genre reste nommé en l'honneur d'E. L. H. Boyer de Fonscolombe.". Ce dernier est le descripteur de l'espèce-type Aeschna irene en 1838.

.

a) La description du genre Fonscolombia par Jules Lichtenstein concerne une cochenille nuisible aux céréales :

En effet, Jules Lichtenstein (Montpellier 1816-Montpellier 1886) avait décrit (*) en 1877 un genre d'Hemiptères sous le nom de Fonscolombia. Lichtenstein est un entomologiste amateur qui a travaillé avec son beau-frère Jules-Émile Planchon sur la zoologie agricole après que ce dernier ait découvert le Phylloxera en juillet 1868.

(*) Lichtenstein, J. 1877. " M. J. Lichtenstein adresse la note qui suit:" Bulletin des séances de la Société entomologique A5 N12 du 27 juin page 148-149 . 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5554163p/f4.item

 

"Les Pucerons des racines des céréales ayant attiré cette année-ci l'attention des agriculteurs, je me mets à les étudier. Le plus grand se rapporte au Coccus radicum-graminis Fonscolombe. Il a été confondu avec plusieurs autres, et M. V. Signorel n'a pu lui assigner exactement sa place dans son grand travail sur les Coccides. Ayant découvert le mâle, qui est aptère, chose très-rare chez les Cochenilles et que je ne connais que chez un seul genre, Gossyparia, je crois pouvoir créer avec 
lui le genre Fonscolombia, et je nomme l'espèce Fonscolombia graminis ; provisoirement son principal caractère sera : mâle aptère, à longs filets caudaux. Chez les Gossyparia le mâle, aptère aussi, n'a pas de filets ;  M. Signoret l'a figuré comme nymphe, trompé par l'absence des ailes.  Je suis, quant à moi, sûr de mon fait, j'ai vu l'accouplement. Le mâle de  la Cochenille de l'orme, dont Latreille a parlé, s'applique à un autre insecte "

Lichtenstein ne dit pas les raisons de son choix, mais on peut remarquer qu'Étienne Boyer de Fonscolombe, à part son intérêt pour les Odonates, se préoccupait des nuisances entraînés par les insectes sur les cultures : il avait publié en 1840 dans les Mémoires de l'Académie d'Aix  "Des insectes nuisibles à l'agriculture principalement dans les départements du Midi de la France ".

.

b) Le belge Edmond de Selys-Longchamps avait décrit le genre Fonscolombia en 1883 en ignorant la publication de Lichtenstein.

SELYS, 1883 Bull. Acad. royal  Belg. (3) 5:736.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/111256#page/759/mode/1up

"N.B. Se distinguent facilement des deux autres sous-genres à secteur sous-nodal non bifurqué (Gomphaeschna et Allopetalia) par le ptérostigma long et l'espace basilaire constamment réticulé, et de toutes les Aeschnines à espace basilaire réticulé par le secteur sous-nodal non bifurqué.

J'ai dédié ce genre à feu Boyer de Fonscolombe, qui le premier en France (1837) a étudié sérieusement les Odonates, et découvert l'irene et d'autres espèces."

Dans sa démarche de taxonomie des Aeschnines à espace basilaire réticulé, De Selys avait créé deux sous-genres, dont celui des Amphiaeschna reservé aux espèces de l'Ancien Monde. En 1883, il en retire une espèce, Aeshna irene,  pour laquelle il crée un genre propre, Fonscolombia, différant des Amphiaeschna par le secteur sous-nodal non bifurqué et le ptérostigma long. 

 

c) La même année 1883, Selys avait nommé Fonscolombia machlachlani une espèce japonaise de sa collection.

Annales de la Société entomologique de Belgique, SELYS, 1883, Les Odonates du Japon Ann. Soc. ent. Belg. ,27:126 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/81196#page/490/mode/1up

.

Une synthèse est publié dans le World Catalogue of Odonata 1997 :

Henrik Steinmann World Catalogue of Odonata, Numéro 110 Walter de Gruyter, 1997

.

c). En 1896, pour respecter les règles de taxonomie , Robert Mac Lachlan remplace le nom Fonscolombia par celui de Boyeria.

Il reste ainsi fidèle à l'hommage rendu par de Selys au descripteur en 1838 de l'espèce-type du Genre, Aeschna irene : Etienne Laurent Joseph Hippolyte Boyer de Fonscolombe. 

 

McLachlan (1837 -1904) était le fils d'un shipchandler de Londres, Hugh Mac Lachlan. Il fait ses études principalement à Ilford et fait un héritage suffisant pour lui permettre de se consacrer à l’étude de l’histoire naturelle et de voyager. Il se consacre d’abord à la botanique avant de se spécialiser dans l’étude des neuroptères. Il est le premier éditeur de la revue Entomologists’ Monthly Magazine. Mac Lachlan devient membre de la Société entomologique de Londres en 1858, son secrétaire de 1868 à 1872, son trésorier de 1873 à 1875 et de 1891 à 1904 et son président de 1885 à 1886. Il est également membre de la Société linnéenne de Londres en 1862, de la Royal Society en 1877, de la Société zoologique de Londres en 1881 et de la Société royale d'horticulture en 1888. Il est également membre du conseil de la Ray Society et membre de diverses sociétés savantes britanniques et étrangères. (Wikipédia)

 

Parmi ses 150 publications, il faut citer :

  • Monograph of the British species of caddis-flies (1865).

  • Monograph of the British Neuroptera-Planipennia (1868).

  • Monograph British Psocidæ (1866-1867).

  • Catalogue of British Neuroptera (1870).

  • Monographic revision and synopsis of the Trichoptera of the European fauna (deux volumes, 1874 et 1880).

 

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Boyeria est un genre appartenant à la famille des  Aeshnidae. Il est nommé     Spectre ou Aeschne en français, Spotted Darners en anglais, Schemerlibellen en néerlandais, Geisterlibelle en allemand. 

Le genre contient huit espèces dont une seule est observée en France :

  • Boyeria cretensis Peters, 1991 – Spectre de Crète, Cretan spectre

  • Boyeria grafiana Williamson, 1907 – Ocellated darner

  • Boyeria irene (Fonscolombe, 1838) – l'Aeschne paisible, Spectre paisible, Aeschne Irène,  Western spectre, Westliche Geisterlibelle.

  • Boyeria jamjari Jung, 2011

  • Boyeria karubei Yokoi, 2002

  • Boyeria maclachlani Selys, 1883

  • Boyeria sinensis Asahina, 1978

  • Boyeria vinosa (Say, 1840) – Fawn darner

La caractéristique du genre est la présence de nervures transverses dans l'espace médian des ailes, entre la base et l'arculus.

 

 

"Le nom du genre honore Étienne Laurent Joseph Hippolyte Boyer de Fonscolombe (1772 - 1853), entomologiste et collectionneur, issu d'une vieille famille établie à Aix-en-Provence, qui fit la détermination de cette espèce en 1838 sous le nom d’Aeshna irene. Il avait choisi l’épithète spécifique d’après Irène, fille de Zeus et Thémis, l'une des trois Heures et qui incarne la Paix dans la mythologie grecque. (Εἰρήνη / Eirếnê) aux cotés d’Eunomie et Dicé, c'est-à-dire le Bon Ordre ou la Législation et la Justice. C’est sans doute le caractère peu craintif de cet odonate qui a orienté le scientifique vers ce choix. Outre Boyeria irene qui nous intéresse, Boyer de Fonscolombe (dont la famille est l'ancêtre, côté maternel, d'Antoine de Saint-Exupéry) aura laissé son nom associé à Orthetrum brunneumCoenagrion caerulescens... et, sous la plume de Selys, à Sympetrum fonscolombii."  Régis Krieg-Jacquier et Cyrille Deliry


.

 

.

SOURCES ET LIENS :

— Toute ma bibliographie sur les Odonates: 

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

— https://fr.geneawiki.com/index.php/Famille_de_Boyer_de_Fonscolombe

— Régis Krieg-Jacquier et Cyrille Deliry

https://www.biodiversite-savoie.org/ressources/article_2014-02

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1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 21:29

Zoonymie des Odonates : l'épopée de Atra-Hasis (XVIIIe siècle av. J.C).

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Voir aussi :

 

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 I. PRÉSENTATION GÉNÉRALE.

L'épopée akkadienne d'Atrahasis ou Poème du Très Sage est, comme l'épopée de Gilgamesh, un récit de la mythologie mésopotamienne décrivant la Création puis la destruction de l'Humanité par les Dieux sous l'effet d'un Déluge, et la survie, grâce à la construction d'une arche, d'un élu (Atrahasis le "Très Sage" dans l'épopée éponyme, et Uta-Napishtim dans celle de Gilgamesh) qui repeuplera la Terre. 

Des parties de l'épopée d'Atra-Hasis sont citées dans la tablette XI de l' Épopée de Gilgamesh (1150 av. J.-C.), qui lui est donc postérieure ou relève d'une source commune et dans les écrits de Bérose (250 avant J.-C.).

 

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Ma présentation générale sera un copier-coller (en retrait) des informations en ligne.

Rédigée en langue sémitique akkadienne, elle date probablement du XVIIIe siècle av. J.-C.

— Recension Paleobabylonienne. (OB pour Old Babylonian) "Le conte d’Atra-Hasīs dont le titre originel, retenant les premiers mots du texte, était inūma ilū awīlum « Lorsque les dieux faisaient l’homme », nous est connu principalement par l’une de ses éditions, rédigée sur trois tablettes d’argile de huit colonnes (quatre au recto, quatre au verso), provenant vraisemblablement de la ville de Sippar sur l’Euphrate. Grâce à leur colophon, nous savons qu’elles furent copiées par un certain Kasap-aya ou Nūr-aya ou Ipiq-aya sous le règne du roi d’Ammisadūqa de Babylone (1646-1626 av. J.-C.), quatrième successeur du grand Hammurabi. Divers détails, nous encouragent cependant à supposer que le texte fut composé près d’un siècle auparavant. Ses caractéristiques rédactionnelles révèlent, en effet, une composition typique de l’époque, laissant peu de probabilités à l’existence d’un antécédent sumérien dont elle serait, du moins, sous cette forme, la traduction.

Ces tablettes ont été découvertes en 1876 à Sippar, en Irak. Les tablettes 1 et 3 se trouvent au British Museum, la tablette 2 à New-York

A cette édition paléobabylonienne, il convient, par ailleurs, de joindre trois autres copies réalisées à la même période. L’une d’entre elle, malgré quelques variantes orthographiques, appartient incontestablement à la même recension que les documents précédents. Les deux autres présentent, en revanche, des différences notables, relevant vraisemblablement d’une autre tradition textuelle.

— MB = Middle Babylonian : Sans lien évident avec la version paléobabylonienne, sont également à signaler deux autres fragments datant de la seconde moitié du IIe millénaire. Le premier, où ne surnage que le récit du Déluge, découvert sur le site de l’antique cité d’Ougarit en Syrie, le second, provenant, quant à lui, du site de Nippur en Iraq.

— Version assyrienne : Enfin, pour achever cet inventaire, il faut encore mentionner quatorze fragments de tablettes d’époque néoassyrienne, provenant tous de la bibliothèque dite d’Assurbanipal à Ninive. Ces documents ne constituent pas un ensemble homogène et peuvent être regroupés en trois familles. La première, comportant neuf fragments, issus d’une tradition très proche de la version paléobabylonienne dont ils se distinguent par quelques variantes dialectales propres à la langue assyrienne ainsi que par certaines amplifications ou simplifications du texte principal ; la seconde, sans grandes relations avec les sources précédentes, représentée seulement par deux bouts de tablette d’origines différentes ; la troisième, enfin, formant ce que nous appelons la recension assyrienne, regroupant trois ensembles de longueur respectable ayant probablement appartenus, à l’origine, à deux tablettes d’une même série. Quelques menus débris seraient encore à mentionner mais ils ne présentent que peu d’intérêt dans le cadre de cette présentation.

Dans l’ensemble, sur la base de cette documentation assez hétéroclite, seuls les deux tiers des quelques 1245 vers qui composaient, à l’origine, la version paléobabylonienne de ce texte, ont pu être restitués à ce jour. Cette version restituée du conte d’Atra-Hasīs se présente comme une composition poétique répondant à des critères esthétiques souvent bien éloignés des nôtres. Si chaque ligne correspond approximativement à ce que nous appelons un vers, la métrique akkadienne est, quant à elle, fondée sur des principes qui n’ont point d’équivalents chez nous. Le premier de ces principes est d’ordre sémantique : chaque vers peut être précisé par la répétition de la même idée sous une forme différente, voire, en lui opposant une expression plus ou moins antithétique. Le deuxième principe relève, quant à lui, de la rythmique et consiste en l’alternance de syllabes en nombre fixe, prononcées avec plus ou moins d’intensité."

 

Dans sa version la plus complète, l'épopée d'Atrahasis est écrite sur trois tablettes en akkadien , la langue de l'ancienne Babylone.

"Œuvre rédigée en langue akkadienne, qui comptait quelque 1 250 vers à l'origine et qui présente un réel effort de réflexion sur la création et sur le destin de l'homme (cf. traduction in R. Labat, Les Religions du Proche-Orient, Paris, 1970). Elle fut rédigée en Babylonie, peut-être au - XVIIe siècle ; mais, malgré le grand nombre de témoins qu'on en possède et dont les plus récents datent du - VIIe siècle, le texte en reste, encore aujourd'hui, lacunaire, d'autant que des remaniements importants sont intervenus entre ces deux dates.

À l'origine, Anu, Enlil et Enki se partageaient le monde ; les autres dieux, en revanche, étaient soumis à un travail harassant. Excédés, ils brûlèrent leurs outils et firent le siège du palais d'Enlil, le maître de la Terre. Pour apaiser les esprits, tous décidèrent de créer l'homme, pour qu'il prenne leur place. Aidée des conseils d'Enki, le dieu sage, une déesse mère le modèle avec de l'argile et du sang d'un dieu mis à mort. Mais l'humanité prospère tellement que son bruit importune Enlil. Par trois fois, celui-ci décide sa destruction, par la peste ou la famine. Par trois fois, Atra-hasis (l'Infiniment Sage), un roi humain, déjoue ses plans, avec la complicité d'Enki, resté favorable à sa création. C'est encore grâce à ce dernier qu'Atra-hasis échappe au déluge qui noie l'univers, avec sa famille et les bêtes qu'il a embarquées. Les dieux, reconnaissant leur erreur, décident alors de laisser renaître une nouvelle humanité.

Les sources écrites de ce poème sont inconnues ; tout au plus remarque-t-on la parenté étroite avec un récit du déluge en sumérien et le déluge de L'Épopée de Gilgamesh, qui s'en est peut-être inspirée. Les éléments qu'il met en œuvre paraissent appartenir plus simplement à une tradition du Proche-Orient, dont on trouve l'écho au début de l'Ancien Testament."

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Les traductions sont celles de :

— Lambert et Millard 1969, en anglais 

— Bottéro et Kramer, en français

— Wolfram von Soden, en allemand

— Forster (B.R) 2005, en anglais.

 

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Tablette British Museum 78941+78943, première tablette d'Atrahasis par le scribe Kasap-aya, vers 1635 av. J.C.

Tablette British Museum 78941+78943, première tablette d'Atrahasis par le scribe Kasap-aya, vers 1635 av. J.C.

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II. LA TROISIÈME TABLETTE / LE RÉCIT DU DÉLUGE.

 

C’est là que commence à proprement parler le récit du Déluge. Appartenant à la troisième tablette de la version paléobabylonienne du scribe Kasap-aya , rédigée sur huit colonnes, elle est enregistrée sous la cote BM 78942+78971+80385 au British Museum.

Atrahasis, averti par le dieu Enki de la décision de détruire l'Humanité par un déluge, a construit une arche et y a fait monter ses gens et un couple de chaque animal. Avant l'heure H, il organise un banquet pour "ses gens" et sa famille :

 

"Lui, (cependant), entrait et sortait, (jamais) il ne s’asseyait, ni ne (prenait le temps pour) s’accroupir, tant son cœur était brisé et son âme pleine d’amertume. (soudain, le temps changea, Adad tonna dans les nues. Lorsqu’il entendit les grondements d’Adad, Il se fit apporter du bitume pour obturer l’écoutille, puis il verrouilla sa porte. (Alors de nouveau) Adad tonna dans les cieux et en un instant le vent fut d’une telle violence  qu’il rompit les amarres et libéra le bateau." (Troisième tablette colonne 2)

Le déchaînement de la tempête se lit sur la colonne 3 :

"[...] la tempête [...] attelés [Anzû de] ses griffes déchirait les cieux [de ] ses [se]rres. [...] le pays. Soudain interrompant la rumeur comme on brise un pot, [...] le Déluge survint, et sa fureur, [dévastatrice comme la guerre], s’abattit sur les hommes. Les uns perdaient de vue les autres, l’on ne reconnaissait personne dans cette catastrophe.

Le Déluge mugissait pareil à un taureau,

le vent [hurlait] comme le cri de l’aigle,

et les ténèbres se firent profondes (lorsque le) soleil disparut.

[les gens ( ?) mourraient ( ?)] comme des mouches .

[...] du Déluge [...] [...] [...] le fracas du Déluge épouvantait ( ?) les dieux (eux-mêmes). "

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Le récit décrit ensuite l'indignation du dieu Enki , de la déesse-mère Nintu  et de la sage-femme  Mami face à la destruction des humains qu'ils ont créés :

 

 "Enki était effaré, voyant ses fils emportés sous ses yeux. Les lèvres de Nintu la Grande-Dame trahissaient son angoisse,  tandis que les Annunakū, les grands dieux étaient là, accablés par la soif et la faim. Lorsqu’elle vit cela la déesse pleura. Alors la sage-femme des dieux, l’experte Mami, (s’écria) : « puisse ce jour connaître (enfin) un soir  et soit englouti par les ténèbres. Au sein de l’assemblée des dieux comment ai-je pu (en accord) avec eux, ordonner une telle destruction ? Enlil n’est-il, pas las de ses ordres inconséquents,  pareil à cette Tiruru, (Chacun de ses) arrêts sont porteurs de malheurs. Et (maintenant) pour avoir accepté (cet ordre), ma blessure est d’avoir entendu leurs cris.

Impuissante, (j’ai laissé massacrer) comme une (simple) mouche,  ma progéniture. Quant à moi, pareille à l’habitante d’une maison en deuil, j’étouffe mes pleurs. Puisais-je (désormais) monter au ciel, ores, il m’est impossible de vivre en cette maison funeste.  Où s’en est donc allé Anu (nôtre) chef, aux ordres duquel les enfants divins obéissaient ? Lui qui sans réfléchir provoqua le Déluge et fut à l’origine de la destruction de l’humanité."  (Troisième tablette colonne 3)

 

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Nous constatons que l'auteur fait appel à de nombreuses métaphores animales que j'ai placé en caractères gras. D'une part, les expressions  "de ses serres", "pareil à un taureau", "comme le cri de l'aigle" témoignent de la puissance des Dieux mésopotamiens, assimilés aux animaux nobles comme l'Aigle et le Taureau. À l'opposé, les humains sont assimilés à  des insectes, et plus particulièrement  à des Mouches.

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III. LA COLONNE 4 DE LA TROISIÈME TABLETTE : LES LIGNES 6-9. 

" kima kulili im-la-a-nim näram

(ou, précédé du vers précédent) '"enuma elisch abumaan ulda gallata tiamata kima kulili imlaanin na- raam" .

Attention, je m'aventure sans aucune connaissance sur la toile, où je tente d'obtenir réponse à mes questions. Je copie ces phrases sans les comprendre, bien-sûr. Je reconnais néanmoins le nom kulili, proche du kulili de l'Épopée de Gilgamesh tablette X ligne 22 [ku-li-li i[q]-qé-lép-pa-a ina nari / So that dragonflies drift on the river, et traduit soit par "dragonfly", soit par "Éphémère". Ou la proximité des noms relevés dans l'Harra=Hubullu et traduits par Libelle ("libellule") par Landsberger. 

C'est la ligne 6 de cette colonne 3 qui concerne (ou concernerait ) les libellules. Tout dépend de la traduction. Les auteurs anglais comprennent "dragonfly", "libellules", là où les français entendent "moucherons". Cette ligne doit être comprise dans le contexte des lignes 7-9 qui suivent.

1°) Les traductions anglo-saxonnes.

— Lambert et Millard :

"covered the canal like dragonflies"

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— Tigay :

"Like dragonflies they [dead bodies] have filled the river. Like a raft they have moved in to the edge [of the boat]. Like a raft they have moved in to the riverbank." [«Comme les libellules, elles [les cadavres] ont rempli la rivière, comme un radeau qu'elles ont déplacé vers le bord [du bateau] Comme un radeau, ils se sont installés sur la berge.]

 Tigay a attaché une importance particulière à ces lignes, car pour lui, elles présentent le déluge comme le raz-de-marée d'une rivière mais non comme un Déluge de toute la Terre. Au contraire, il constate que, dans l'Épopée de Gilgamesh, elle est transformée en "Like the spawn of fishes, they fill the sea"  "Comme le frai des poissons, ils remplissent la mer."  Tigay soutient que nous pouvons voir ici le travail du mythe en cours ici, changeant une inondation locale de fleuve dans un déluge d'océan. La plupart des autres auteurs interprètent le déluge d'Atrahasis comme universel. AR George, et Lambert et Millard montrent clairement que l'intention des dieux dans Atrahasis est «d'éliminer l'humanité».  Le déluge détruit "toute la terre". L'utilisation d'une métaphore comparable dans l'épopée de Gilgamesh suggère que la référence aux "libellules [remplissant] la rivière" est simplement une image évocatrice de la mort plutôt qu'une description littérale du déluge  Cependant, l'inondation locale dans le récit d' Atrahasis pourrait accomplir la destruction de tous "l'humanité" et "toute la terre" si la portée de "l'humanité" est limitée à toutes les personnes vivant sur "toute la terre" des plaines inondables dans la vallée inférieure de fleuve connue par l'auteur d'Atrahasis. (d'après l'article Wikipédia en)

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— Benjamin R. Forster :

Nintu was wailing [

". .. gave birth to (?) .. .*

"As dragonflies a watercourse, they have filled the sea.*

"Like rafts they lie against the e[dg]e,

"Like rafts capsized they lie against the bank.

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Stephanie Dalley :  

 

   (3 lines missing at beginning of column)

"Nintu was wailing [

'Would a true father (?) have given birth to the [rolling (?)] sea

(So that) they could clog the river like dragonflies ?

They are washed up (?) like a raft on [a bank (?)], They are washed up like a raft on a bank in open country!

I have seen, and wept over them!

Shall I (ever) finish weeping for them?'

She wept, she gave vent to her feelings,

Nintu wept and fuelled her passions.

The gods wept with her for the country.

She was sated with grief, she longed for beer (in vain).

Where she sat weeping, (there the great gods) sat too,

But, like sheep, could only fill their windpipes (with bleating).

Thirsty as they were, their lips

Discharged only the rime of famine.

For seven days and seven nights

The torrent, storm and flood came on."

— Carlos Betoret (cf en Annexe son article en entier) :

They have filled up the river as a cloud of dragonflies
As a raft they have arrived to the limit as a raft, they have arrived to the edge
I have seen it and I have cried by their cause;  I have finished my deploration by them.

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2°) Les traductions françaises.

 

 

— Remo Lugnaioni :

 

"Ainsi se lamentait (encore) Nintu :

5. « Quoi ? Ont-ils donné naissance à ce raz-de-marée

pour que tels des moucherons, les hommes emplissent les rivières ?

Pareils à des morceaux de bois ils s’échouent sur les berges,

pareils à des épaves, ils couvrent les plages.

10. Lorsque je les vis (ainsi) les larmes me coulèrent

jusqu’à ce que pour eux, se tarissent mes pleurs.

Ainsi se lamenta-t-elle jusqu’à ce que son cœur fut apaisé.

Ainsi Nintu gémissait et manifestait sa douleur."

 

— Bottéro / Kramer

Qui a produit ce Déluge ? Les hommes remplissent la mer comme les mouches la rivière ! Tels des morceaux de bois, les voici entassés sur la plage ! En les voyant je verse des larmes, je ne finis pas de me lamenter sur eux !”, 

 .

Nous voyons donc, comme déjà pour  l'Epopée de Gilgamesh, des divergences de traduction entre auteurs anglais et français concernant le nom akkadien kulili ou kulilu, traduit systématiquement par "dragonfly" c'est à dire "libellule" en anglais alors que les français traduisent par "mouche" ou "moucheron". 

Il faut reconnaître que les Odonates ne "remplissent " pas les rivières. Et que, par rapport au contexte où à deux reprises les hommes étaient assimilés à des mouches par opposition aux dieux comparés à des taureaux ou des aigles, il est plus logique que cette métaphore des mouches, insectes méprisables, a plus de sens que s'il s'agit de libellules.

Une fois de plus, nous ne pouvons pas affirmer avec certitude que les Odonates ont été mentionnés dans les anciens textes mythologiques de l'époque amorrite, et qu'ils ont inspiré des images poétiques aux auteurs les plus anciens de l'Humanité.

 

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Note.

J'ai tenté de trouver comment s'écrit ce fameux  kulili en caractères cunéiformes. Je n'ai trouvé que ce qui suit, qui concerne les noms d'oiseaux  avec le commentaire kulilu (var. kulili), is expressed by the groups an exceedingly difficult word. Society of Biblical Archæology (London, England) - 1885 -

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Zoonymie des Odonates : l'épopée de Atra-Hasis.

 

 

 

 

 

 

 


ANNEXE : Two Odonata Citations in Ancient Mesopotamian Literature by Dr. Carlos Betoret, Bonet
Valencia, SPAIN

https://www.insects.orkin.com/ced/issue-1/ancient-mesopotamian-literature/

The greek word “Mesopotamia” (land between the rivers) names the territory between the Euphrates and Tigris River. Actually the Republic of Iraq and the eastern part of the Republic of Syria bore the site of the oldest historical civilization of Sumeria. Forming a foundation for the Babylonian and Assyrian civilizations, this area was occupied from approximately 3500 to 500 B.C. Mesopotamian civilizations are well known for their wonderful masterpieces of art; many of which can be seen in famous museums like the Louvre, the British Museum, and the Iraq Museum. Perhaps less well known is the extraordinary literary production of these people preserved on thousands of clay tablets discovered in archeological ruins including Uruk, Babylon, and Nineveh. Within this literature, citations of odonates (dragonflies) can be found in the Poem of Gilgamesh and the Poem of Atrahasis.

ancient mesopotamian tablet

The Poem of Gilgamesh is a summary of five older Sumerian poems compiled by Babylonian and Assyrian clerks. The Sumerian poems were named Gilgamesh and Agga of Kish, The Death of Gilgamesh, Gilgamesh and the land of the living ones, Gilgamesh and the celestial bull, and Gilgamesh Enkidu and the hell. This summary also includes a Babylonian version of an older Sumerian universal flood poem. The Poem of Gilgamesh tells of the hero Gilgamesh, ruling the Sumerian city of Uruk in the 28th century B.C. The poem describes Gilgamesh and the hero Enkidu befriending and traveling to the wood of the cedars, where they kill the monster Humbaba. Ishtar, the goddess of the love, takes vengeance by killing Enkidu, and Gilgamesh, in fear of death, travels in search of the immortality. Finding the sole survivor of the great food, Utnapishtim explains how to get immortality by eating a plant from the bottom of the sea. Gilgamesh fails when a snake eats the plant of immortality and the hero returns to the city of Uruk. The citation the Odonata is contained within the speech of Utnapishtim, when he explains to Gilgamesh how it is impossible to be immortal:

Do we build for ever our houses,
and forever do we steal of properties?
Perhaps the brothers do divide their part for ever.
Perhaps the hate does divide for ever
Perhaps does the river always grow and make inundations.
Does the dragonfly leave its skin?
And its face can only see the face of the sun?

In the original text of the Assyro-Babylonian language is written “ku- li- li- ki- lip- pa.” Modern specialists believe that this means skin of the dragonfly nymph, when it leaves its pupal case to become a flying adult insect.

The incomplete poem of Atrahasis is also a summary of ancient Sumerian poems made by the Assyrians and the Babylonians. The poems portray legends, gods, the origin of mankind, the flood, and other matters. The poem describes the gods fighting between themselves as they build the world, create men, and latter send a flood to destroy mankind. The poem tells of the hero Atrahasis struggling to save the men from destruction. The citation of the Odonata is in a speech by the Mother Goddess Nintu, deploring the sending of the flood. What? Do they give origin to the brave sea?

They have filled up the river as a cloud of dragonflies
As a raft they have arrived to the limit as a raft, they have arrived to the edge
I have seen it and I have cried by their cause;  I have finished my deploration by them.

Perhaps this part of the poem draws similarity between the river filling up with bodies and swarms of dragonflies, flying in the sky.

Both of these citations of ancient Mesopotamian literature, clearly shows that these people, regardless of their scientific awareness, were touched enough by the wonders of insects, including dragonflies, to reference them within the literature of their time."

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SOURCES ET LIENS.

—Le mythe du déluge c) les akkadiens.

http://mapetiteencyclopedie.skynetblogs.be/archive/2014/08/13/theme-1-le-mythe-du-deluge-c-les-akkadiens-8256763.html

— MUGNAIONI (Remo ), Université de Provence et IREMAM, Le Conte d’Atra-Hasīs et le mythe de la création des hommes en Mésopotamie

 

http://agap.mmsh.univ-aix.fr/04vie/doc/bulletin/2009/7.remo_mugnaioni.pdf

— BOTTÉRO (Jean ), KRAMER (Samuel Noah) 1989 Lorsque les dieux faisaient l'homme . Mythologie mésopotamienne. Avec une carte. Collection Bibliothèque des Histoires, Gallimard. Parution : 13-04-1989. pages 527-564.

— DALLEY (Stephanie), Myth from Mesopotamia

http://geha.paginas.ufsc.br/files/2017/04/Atrahasis.pdf

— FORSTER (Benjamin.R) 2005, Before the Muses. An anthology of akkadian literature; Bethesda, Maryland. 3ème édition.

https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=sites&srcid=c3RmcmFuY2lzc2Nob29sLm9yZ3xiYWJ5bG9ufGd4OjI0YjE4YjlhYWRjOWE0YTg

— KVANVIG (Helge ) 2011,  Primeval History: Babylonian, Biblical, and Enochic: An Intertextual Reading BRILL,  - 610 pages page 27

https://books.google.fr/books?id=e1hnJYbShWMC&dq=W.G.+LAMBERT+MILLIARD+(A.R)+Atra-h%C3%A2sis,+.&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

—LECLERCQ-NEVEU, 2006, La mythologie mésopotamienne et les récits du Déluge

http://www.normalesup.org/~pcuvelier/wwwmythes/Exposemythologiemesopotamienne.pdf

— LAMBERT (W. G.) MILLARD (A.R), 1969,  Atra- hasîs. The Babylonian Story of the Flood. With The Sumerian Flood Story, by M. Civil. Clarendon Press, Oxford, 1969. xn + 198 pages et 11 planches in-4°.

http://www.persee.fr/docAsPDF/syria_0039-7946_1971_num_48_1_8528_t1_0224_0000_3.pdf

— SMITH George, 1876 : The Chaldean Account of Genesis, New-York 

https://archive.org/stream/chaldeanaccounto00smit#page/n9/mode/2up

— SODEN (Wolfram von), 1990,  : Der altbabylonische Atramḫasis-Mythos In: Otto Kaiser u.a.: TUAT, Band III – Weisheitstexte, Mythen, Epen: 3.1 Weisheitstexte . Gütersloher Verlaghaus Mohn, Gütersloh 1990,

— Texte intégral en traduction anglaise:

http://www.noahs-ark.tv/noahs-ark-flood-creation-stories-myths-epic-of-atra-hasis-old-babylonian-akkadian-cuneiform-flood-creation-tablet-1635bc.htm#three

 

 

Pritchard James B.  Ancient Near Eastern Texts – Relating to the Old Testament

 

 

KRAMER (Samuel Noah) Kramer: Reflections on the Mesopotamian Flood 

www.penn.museum/sites/expedition/reflections-on-the-mesopotamian-flood/ 

Stephanie Dalley: Myths from Mesopotamia: Creation, the Flood, Gilgamesh, and Others.  (Atrahasis extract available at:www.gatewaystobabylon.com/myths/texts/enki/atraha1.htm )

www.bibliotecapleyades.net/serpents_dragons/boulay03e_a.htm

John A. Halloran: Sumerian Lexicon (Online version available at:www.sumerian.org/sumerlex.htm )

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
1 mars 2018 4 01 /03 /mars /2018 21:07

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I. GÉNÉRALITÉS : HAR.RA=HUBULLU.

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Le lexique bilingue zoologique le plus important des périodes Sumériennes (2900-2334 B.C.) et Akkadienne (2334-2154 B.C.) se trouve dans une série de 24 tablettes  d'argile rédigées en écriture cunéiforme nommée Har.ra=Hubullu du nom de son incipit « prêt à intérêt », parce que la première ligne de son premier chapitre présente des termes juridiques et commerciaux. Le premier spécimen de cette série a été découvert à Ninive dans la Bibliothèque Royale  d'Assurbanipal  (668-627 B.C.) en Mésopotamie.

 

C'est, parmi les Listes lexicales, la liste de mots la plus importante thématiquement arrangée, environ 3300 lignes et comprenant six sous-listes thématiques et 9.700 entrées.

La tablette IV traite des véhicules navals, la V des véhicules terrestres, la XVI (un exemplaire est conservée au Louvre, photo infra) des pierres, la XVII des plantes et la XXII donne le nom des étoiles.

Les tablettes XIII à XV donnent le dénombrement systématique des noms d'animaux domestiques, d'animaux terrestres et d'oiseaux (y compris les chauves-souris).

La tablette XIV de cette série contient les noms de 396 à 410 (selon les auteurs) animaux terrestres. Elle est d'un grand intérêt entomologique alors que la table XIII comprend plutôt des animaux domestiques, et la tablette XV concerne les oiseaux.

 

La majeure partie de la collection a été compilée dans la période Paléo-babylonienne, ou Période Amorrite selon D. Charpin  (début du IIe millénaire av. J.-C entre 2000 et 1595), à partir de de la compilation d'anciens livres liturgiques et d'autres ouvrages Sumériens précédant le troisième millénaire. Comme d'autres glossaires canoniques, l'Harra = hubullu était souvent utilisé pour la pratique des scribes pour servir de base pour l'apprentissage du sumérien, désormais langue morte mal comprise par les akkadophones, ce qui nécessite la rédaction de listes bilingues, expliquant le sens des logogrammes sumériens.

Bien qu'ancienne dans ses origines, cette compilation a du être réalisée à une date assez tardive, car plusieurs noms Sumériens sont interprétés de manière erronée. La séquence des chapitres et des noms suit probablement une certaine tradition, mis à part celle qui est entrainée par les préfixes dénominatifs Sumériens.

 

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Musée du Louvre : 16e tablette ( sur les pierres et objets en pierre) de  l'Harra = hubullu, Lexique sumérien-akkadien, en 24 tablettes sur les pierres et les objets en pierre. Argile, milieu 1er millénaire avant JC (copie d'un original plus ancien). Provenance : Warka, l'ancien Uruk.

Musée du Louvre : 16e tablette ( sur les pierres et objets en pierre) de l'Harra = hubullu, Lexique sumérien-akkadien, en 24 tablettes sur les pierres et les objets en pierre. Argile, milieu 1er millénaire avant JC (copie d'un original plus ancien). Provenance : Warka, l'ancien Uruk.

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II. L'ENTOMOLOGIE ET L'HARRA=HUBULLU.

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La 14ème tablette de l'har.ra=hubullu vise à inclure tous les noms des mammifères sauvages terrestres. La plupart des animaux domestiques sont cités dans la 13ème tablette. Les oiseaux (y compris les chauves-souris) et les poissons (incluant probablement d'autres créatures des eaux douces ou salées) sont énumérées ensuite.

Elle contient 179 noms de Mammifères, 75 noms de reptiles et Amphibiens. (F.S. Bodenheimer), 32 noms d'invertébrés .

La liste de la tablette XIV donne aussi   111 noms d'insectes, répartis en 12 Coléoptères,  25 Orthoptères, 33 "pest" (Vermines des humains, des greniers et des produits agricoles), 8 Lépidoptères, 31 Diptères et  Hyménoptères , 4 Odonates et 8 Fourmis. Les noms de chaque insecte sont inscrits en Sumérien dans une colonne et en Akkadien dans l'autre. Les Sumériens font appel à un préfixe dénominatif que n'emploient pas les Akkadiens : buru pour la plupart des Orthoptères, mul pour les Mollusques, girish pour les Lépidoptères, za + ush pour les larves et chenilles, num pour les Diptères et Hyménoptères, et kuli pour les odonates.

Comme le remarque Landsberger 1934, l'identification de la plupart des insectes est très difficile. Par exemple, de nombreux insectes sont indiqués sous le nom de buru (Sumérien) ou e-ribu (Akkadien) pour les criquets (et/ou locustes). Tandis qu'en Sumérien buru est employé comme préfixe pour d'autres insectes comme les libellules, les criquets et les mantes, en Akkadien le nom apparaît comme spécifique. Notamment, dans cette langue, les criquets sont identifiés par deux noms différents. Pourtant, bien que pour une étude de la faune de la Mésopotamie ancienne le terme Akkadien soit en général le plus intéressant, l'étude des deux langages s'impose. En utilisant ces deux langues, on estime le nombre d'espèces d'insectes à une centaine. La mention des insectes utilisés en médecine, d'ailleurs, peut donner quelques indices ; ainsi le « zizanu » n°235, 236 

« Le criquet [ou la locuste] des champs a des pattes sauteuses (ou éventuellement des antennes) particulièrement plus longues que le criquet [ou la locuste] des forêts, et son cou est [plus] long. » Cela évoque à Bodenheimer un Tettigonidé.

Suivant l'étude de Langsberger 1934, les Sumériens [et Akkadiens] connaissaient les larves et les chenilles ainsi que leurs stades de développement.

L'étude critique de l'ensemble des tablettes a été menée par l'assyriologue germanophone Benno Landsberger, et son étude de la tablette XIV a été publiée à Leipzig en 1934. 

B. Landsberger, Die Fauna des alten Mesopotamien nach der 14. Tafel der Serie Har-ra hubullu (Leipzig: S. Hirzel, 1934).

La partie zoologique a été détaillée par F. Simon. Bodenheimer en 1972 dans Animal and Man in Bible Lands: Supplement :

"Les principes taxonomiques étaient plutôt simplistes et ressemblent à ceux utilisés par Pline. Ils sont beaucoup moins élaborés que ceux de la taxonomie de la Grèce ancienne, tels que présentés par Aristote. Les conceptions taxonomiques des Sumériens, tels qu'ils sont exposés ici, furent longtemps en suage en Moyen-Orient. La zoologie du Talmud est entièrement basée sur eux. Et selon une rapide analyse des auteurs médiévaux Arabes, il apparaît 'ils semblent encore accepter d'une manière générale la base de ces dispositions taxonomiques. Il est néanmoins possible que les connaissances des anciens Sumériens, des Babyloniens et des Assyriens étaient bien supérieures à l'impression donnée par l'analyse de cette simple liste de noms."

 

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.

III. LES ODONATES DANS LA TABLETTE XIV.

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Les libellules, "Libelle" dans la publication de Landsberger, sont mentionnées pour la Tablette XIV pour 3 termes sumériens, les n° 234, 347 et 348.

1°) n°234 page 19 Buru5.id.da (Sumérien) -->Ku-li-lum

Libelle.

 

Notez le suffixe buru- du nom Sumérien, utilisé pour les Mantes ,les Criquets et les Libellules.

 Pour Peter Landolt et  ‎Michel Sartori (Ephemeroptera & Plecoptera : biology, ecology, systematics - 1997 - 

"Landsberger's (1931) translation of the Akkadian name Ku-li-lum as a dragonfly seems to be obviously a mistake. Although some large dragonfly species correspond to locusts in body size, their body and wing colouration is quite different. Although some types of intraspecific associations have been described, they have never been observed in mass emergence or mating activity. Dragonflies mate individually and thanks to their extreme mobility in flight they easily escape our attention"

Bodenheimer note p.114 :

 No. 233a, 234 "river locust" (S) has, as Assyrian equivalent, "river locust" in the former, dragonfly  in the second case. The former may refer to the larvae of Odonata or to fresh water shrimps. Possibly they refer to the large Ephemerid Palingenia euphratica Mos.

Trad :"233a, 234 "buru5.id,   locuste de rivière"  en Sumérien a un équivalent Assyrien qui est "erib-na-a-ri, locuste de rivière" pour 233a, et ku-li-lum "Libellule" pour 234. Le premier pourrait correspondre aux larves d'Odonates ou de crevettes. Elles peuvent se référer aux grandes Éphémères Palingenia euphratica Mos., qui, en raison des énormes troupes qu'elles forment lorsqu'elles émergent sur le fleuve aurait bien pu  être insérer dans ce groupe ."

 

2°) n° 347 ku.li.la.an.na (Sumérien) -->ku-li-li-ti (Akkadien) [C: ku-li-li-tum. D : ki-li-li-u

Braut (Freunlich) des Himmels "Jeune épouse (Aimée) du ciel".Bräutchen (Libelle).

 Pelio Fronzaroli (Etymologies) remarque ceci : "De la même manière que d'autres noms d'insectes sont dérivés avec le suffixe d'appartenance -ī-, dans la forme au féminin -īt- comme ≠abubītu "abeille", "l'insecte qui bourdonne", de *≠bb "murmurer", la libellule kulilītu est une re-détermination à partir de kulīlu "libellule", "la petite épouse", diminutif de kallatu d Šamaš."

 

3°) n° 348. é.gi4.a. dUD (Sumérien) -->kal-lat ilSamas

Braut der Sonne "jeune épouse du Soleil" (Libelle)

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"1. kulilitu, « Bräutchen ». 2. kallat Samas, «Sonnenbraut » knüpft schon an die altsumerische Bezeichnung kuli.anna (SL 536,102 = kuliltu), « Genossin des Himmels » an, wobei der Namensgleichklang mit akk. Kuliltu oder kulilitu (Deminutiv zu kallatu) entscheidend ist.

Das Z.347 gegebene Ideogramm ist eine unter akkadischem Einfluss erflogte Abänderung des altsumerischen. Vgl. Auch Med. Komm v5 und variante D zu Zeile 347 killilû .

Als « flussheuschrecke » schon Z.234 in der form kulilu aufgeführt, vgl. Damit das Ideogramm von Z. 350 (auch K 4229 Rs.6 in RA 17,141).

Als mythische Gestalt s.§ 24b unter den Trophäen des Ningirsu.

Kulili wird durch üÜberschwemmungen ins Land gebracht : Gilgamesh Tafel X . Kol. VI 30 ; Virolleaud, Samas XIV 14 ; Istar II 51 ; (vgl Virolleaux , Babyl. 3, 207 Anm.4) ; Thompson Reports 243,3 ; CT 39, 19, 110-119 (dazu Nötscher, Orient. 51-54, 144) ; « Lippe eines kulilu » CT 28,14,3 ; Kommentar dazu « rechts und links sind [die Lippen] lang ». Als Pflanze : SAI 8022. Die Göttin Kilili hat kaum tewas mit der Libelle zu tun, vgl. Zimmern OLZ 1928, 2 ; issur kilili (CT 40, 49, 39) wohl = kililu (Vogel) (CT 14,7,8, mit ku-li-li erklärt)."

Trad : 

"1. kulilitu," petite épouse" 2. Kallat Samas," épouse du soleil " sont construits déjà sur le nom en Sumérien ancien de  kuli.anna (SL = 536,102 kuliltu)," amie du ciel",   à l'unisson de nom avec STH. Kuliltu ou kulilitu ( Diminutif de kallatu).

L'idéogramme donné en n°.347 est une altération de l'ancien-sumérien sous l'influence akkadienne. Voir aussi Med.  v5 [page 44] et la variante D à la ligne 347 killilû.

Comme "locuste ou sauterelle de rivière", la forme kulilu a été  listée déjà sous le n°.234 , cf. Ainsi l'idéogramme de n°. 350 (aussi K 4229 Rs.6 dans RA 17,141).

En tant que figure mythique voir § 24b  les trophées de Ningirsu.

Kulili est introduit dans le pays par les inondations: Gilgamesh Tablette X Col. VI 30; Virolleaud, Sam. XIV 14; Istar II 51; (cf Virolleaux , Babyl 3, 207 note 4); Thompson Reports 243.3; CT 39, 19, 110-119 (voir Nötscher, Orient 51-54, 144); «Lèvre d'un kulilu» CT 28,14,3; Kommentar à «droite et à gauche sont [les lèvres] longues».

En tant que plante: SAI 8022.

La déesse Kilili n'a presque rien à voir avec la libellule, cf. Zimmern OLZ 1928, 2; issur kilili (CT 40, 49, 39) bien = kililu (oiseau) (CT 14,7,8, avec ku-li-li expliqué). "

 

 

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Landsberger B. 1934. — Die Fauna des alten Mesopotamien nach der 14. Tafel der Serie Ḫar-ra = ḫubullu.

Landsberger B. 1934. — Die Fauna des alten Mesopotamien nach der 14. Tafel der Serie Ḫar-ra = ḫubullu.

Landsberger B. 1934. — Die Fauna des alten Mesopotamien nach der 14. Tafel der Serie Ḫar-ra = ḫubullu.

Landsberger B. 1934. — Die Fauna des alten Mesopotamien nach der 14. Tafel der Serie Ḫar-ra = ḫubullu.

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COMMENTAIRE.

Déterminer, fut-ce au niveau de la Famille ou de l'Ordre, l' insecte désigné par le seul mot écrit, à partir de tablettes cunéiformes du début du deuxième millénaire avant notre ère, comportant des termes Sumériens en vigueur au troisième millénaire, relève sans-doute de la gageure, tant que ce mot n'est pas associé à une illustration. L'Entomologiste soucieux de retrouver les traces les plus précoces des descriptions humaines de Libellules devra conserver une certaine réserve, mais il ne peut faire mieux que de se fier aux conclusions des  meilleurs spécialistes de l'étude de ces tablettes. 

L'Har.ra=hubullu  possède une valeur patrimoniale capitale dans l'étude du vocabulaire entomologique ancien. Nous considérerons donc que ku-li-lum, ku-li-li-ti, ku-li-li-tum ou Kallat Samas sont les noms données aux Odonates par les Akkadiens sur les rives du Tigre et de l'Euphrate entre 2000 et 1600 avant J.C. Avec leurs variantes kulilu,  kulliltu, killilu.   Précédés par le charmant ku.li.la.an.na sumérien "Ami du paradis".

Sur un plan purement poétique, il me plait de retrouver dans ces allitérations en -l une résonance, un écho rétrospectif du Libellula créé par Linné en 1758. Ou li.be.llu.la si vous voulez.

De même, il me plait de retrouver dans les "traductions" de ces noms Sumériens, telles que  Jeune épousée du Ciel, Jeune épousée du Soleil et Amie du Paradis la même pensée allégorique ou analogique humaine qui, de tout temps, voit dans ces insectes agitant gracieusement leur quatre ailes ou faisant miroiter les éclats de bronze de leurs corps des "Demoiselles". La même pensée qui leur donnera le nom de Fiancée (Lestes sponsa), de Jouvencelle (Coenagrion  puella) , de Nymphes (Pyrrhosoma nymphula), de Naïades (Erythromma najas)  de Vierges (Calopteryx virgo), et d'Élégantes (Ischnura elegans). 

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SOURCES ET LIENS.

— ABIVARDI (Cyrus) 2001  Iranian Entomology - An Introduction: Volume 1: Faunal Studies. Volume 2: Applied Entomology Springer Science & Business Media, 3 juil. 2001 - 1033 pages.

— BODENHEIMER, ( Friedrich Simon ) 1972,  Animal and Man in Bible Lands: Supplement. Brill Archive, 1972 - 232 pages 

— FOSSEY (Charles), 1901, Syllabaire cunéiforme, Paris, E. Welter ed. https://archive.org/details/syllabairecunif00fossgoog

— CIVIL (Miguel), 1973, THE ASSYRIAN DICTIONARY of the Oriental Institute of the University of Chicago

http://www.bulgari-istoria-2010.com/Rechnici/Assyrian%20dictyionary_9.pdf

 Fronzaroli (Pelio), Etymologies 

http://www.aulaorientalis.org/AuOr%20escaneado/AuOr%2023-2005/AuOr%2023%20PDF/5-Fronzaroli-def.pdf

— LANDOLT Peter et  ‎Michel Sartori (Ephemeroptera & Plecoptera : biology, ecology, systematics - 1997

-—Landsberger B. 1934. — Die Fauna des alten Mesopotamien nach der 14. Tafel der Serie Ḫar-ra = ḫubullu. Abhandlungen der philologisch-historischen Klasse der Sächsischen Akademie der Wissenschaften 42 (6), 144 p.

 

http://digital.slub-dresden.de/werkansicht/dlf/7517/14/

http://digital.slub-dresden.de/fileadmin/data/302433244/302433244_tif/jpegs/302433244.pdf

— Landsberger B. 1960. — The fauna of ancient Mesopotamia, first part, tablet XIII. Materialien Zum Sumerischen Lexicon VIII (1), 103 p.

— Landsberger B. 1962. — The fauna of ancient Mesopotamia, second part, HAR-ra = Hubullu tablets XIV and XVIII. Materialien Zum Sumerischen Lexicon VIII (2), 180 p

 — LANDSBERGER (Benno) (1957). The Series HAR-ra = hubullu. Tablets I-IV (MSL V). Pontificium Institutum Biblicum.

 — LANDSBERGER (Benno)(1958). The Series HAR-ra = hubullu. Tablets V-VII (MSL VI). Pontificium Institutum Biblicum.

 — LANDSBERGER (Benno), 1959. The Series HAR-ra = hubullu. Tablets VIII-XII (MSL VII). Pontificium Institutum Biblicum.

 — LANDSBERGER Benno ; Anne Draffkorn Kilmer; Edmund I. Gordon (1960). The Fauna of Ancient Mesopotamia. First Part: Tablet XIII (MSL VIII/1). Pontificium Institutum Biblicum.

 — LANDSBERGER (Benno), Anne Draffkorn Kilmer (1962). The Fauna of Ancient Mesopotamia. Second Part: HAR-ra = hubullu. Tablets XIV and XVIII (MSL VIII/2). Pontificium Institutum Biblicum.

 — LANDSBERGER (Benno), M. Civil (1967). The Series HAR-ra = hubullu. Tablet XV and Related Texts. Ugu-mu. List of Diseases. With Additions and Corrections to MSL II, III, V, and VII (MSL IX). Pontificium Institutum Biblicum.

 — LANDSBERGER (Benno); E. Reiner; M. Civil (1970). The Series HAR-ra = hubullu. Tablets XVI, XVII, XIX and Related Texts (MSL X). Pontificium Institutum Biblicum.

— 

Brigitte Lion, Cecile Michel. Criquets et autres insectes à Mari. J.-M. Durand et J.-C. Margueron. Mari Annales de Recherches Interndisciplinaires, ERC ADPF, pp.707-724, 1997, MARI 8. https://halshs.archives-ouvertes.fr/halshs-00821266/document

— REINER (E.) , M. Civil (1974). The Series HAR-ra = hubullu. Tablets XX-XXIV. Miscellaneous Geographical Lists (MSL XI). Pontificium Institutum Biblicum.

— LISTES LEXICALES.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Listes_lexicales

— LISTES DE NOMS D'ANIMAUX EN AKKADIEN.

http://oracc.museum.upenn.edu/dcclt/ebla/corpus

 Forme écrite :gu₂-li-lu-um. Forme normalisée ::kulīlum (gu₂-li-lu-um). : dragonfly

— Corpus numérique cunéiforme

http://oracc.museum.upenn.edu/dcclt/lexicalliststypology/index.html

http://oracc.museum.upenn.edu/dcclt/ebla/corpus

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
27 février 2018 2 27 /02 /février /2018 17:22

Zoonymie du nom de genre Onychogomphus, Selys 1854.

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Dans cette série Zoonymie des Odonates, voir : 

 

 

 

..

 

 

I. LA PUBLICATION ORIGINALE

 

SELYS-LONGCHAMPS (Edmond de), 1854, Synopsis des Gomphines, Bulletins de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. t.XXI(2) pp 23-112 page 33

https://www.biodiversitylibrary.org/page/36937548#page/605/mode/1up

 

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Genre 2. — ONYCHOGOMPHUS, De Selys. 
Gomphus, Leach, Ramb., De Selys. 
Diastatoma, Burm. 
Appendices anals supérieurs des mâles ayant à peu près la  longueur des deux derniers segments; l'inférieur très-fourchu , à branches contiguës. 
Patrie : Europe, Asie, Afrique. 

Edmond de Sélys divise son genre en trois sous-genres, O. Uncatus, O. forcipatus et O. cognatus. Il écrira en 1758 : "Pour la subdivision des Onychogomphus en groupes , je me suis servi d'abord, comme on le voit dans le tableau synoptique, de la forme des appendices anals des mâles, ainsi de que celle de l'occiput des femelles. J'ai tenu compte , en seconde ligne, du dessin du thorax et du dessin de l'abdomen."

. Les noms qu'il a créé sont fondés sur la forme des appendices des mâles. Mais à aucun moment de ses descriptions, il ne se livre à des descriptions imagées qui viendraient fonder l'étymologie de  ses noms. 

.

II. ÉTUDE DU NOM SCIENTIFIQUE.

 Onychogomphus vient du grec ὄνυξ, ónyx  (onux, onukhos)  "ongle, serre, griffe" , associé à  -gomphus. Il signifie donc   :  "gomphus à ongle, gomphus à crochet " du fait de la forme des appendices anaux des mâles . (Je rappelle que gomphus vient du grec  gomphos = "clou, coin, cheville" du fait de la forme en massue de l'abdomen des mâles). 

Le radical "onycho" sert à la construction de nombreux termes médicaux concernant les ongles : onychophagie, onychoptose, onychomycose, onychodysplasie, onyxis, perionyxis,  etc.

La distinction entre O. uncatus et O.  forcipatus poursuit cette idée en précisant dans l'épithète spécifique la forme de "l'ongle" soit en crochet (uncatus), soit en pince (forcipatus).

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III. ETUDE DES NOMS VERNACULAIRES DU GENRE ONYCHOGOMPHUS.

Le nom vernaculaire français Onychogomphe est affligeant en se contentant de  transcrire  le latin sans le rendre compréhensible.  

Les anglais ont su créer le nom de Pincertail, "queue en pince", directement évocateur à ceux qui ne possèdent pas la maîtrise des racines grecques et latines. Il le déclinent en Large Pincertail pour O. uncatus, Small Pincertail pour O. Forcipatus, Dark Pincertail pour O. assimilis, Faded Pincertail pour O. costae  etc.

Les Néerlandais ont créés Tanglibellen "libellule à pince", avec le même bénéfice. La famille des Gomphidae porte le nom de Rombouten.

Les Catalan ont le nom très intéressant de Tallanassos "Coupe-nez" [ou Nez court] déjà attesté en 1911 par Eugène Rolland dans sa Faune populaire de la France tome XIII. Tallanassos gros est O. uncatus, Tallanassos petit est O. forcipatus, et Tallanassos d'Areny est O. costae.

 

 

IV. DESCRIPTION.

"Les mâles se reconnaissent facilement à leurs appendices anaux en pinces à sucre" (K.-D. B. Dijkstra).

Comme les Dalton : À l'exception d'O. costae, toutes les espèces ont un abdomen annelé de noir et de jaune  (alors que les Gomphus ont sur l'abdomen une ligne quasi continue jaune) et un thorax jaune rayé de bandes noires .

  • Corps atteignant 80 mm de long.
  • Yeux largement séparés : ce sont des Gomphidés

  • Abdomen dilaté à l'extrémité et muni chez les mâles, de trois crochets (pince anale) de taille imposante. Ces crochets sont recourbés à angle droit vers l'intérieur.

  • Base de l'aile postérieure anguleuse chez les mâles et arrondie chez les femelles. (Wikipédia)

V.Bibliographie : voir ici

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
18 février 2018 7 18 /02 /février /2018 21:12

Zoonymie des  Odonates. Kulilu dans l'Épopée de Gilgamesh .

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Voir aussi :

 

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En 1991, dans son excellent article A brief history of Odonatology, Philip S. Corbet écrivait :

" ‎As early pictorial and written records become available, we obtain tantalising glimpses of dragonflies in literature and art. Thus adult dragonflies feature in prehistoric art of the Late Bronze Age from the Aegean region (Younger, 1983) and of the American Indians in British Columbia (Cannings & Stuart, 1977) whereas larvae are portrayed on Incan or pre-Incan pottery from Chile and Peru (Kennedy, 1947).

If the word ‘dragonfly’ is translated correctly we read in The epic of Gilgamesh –a renowned Mesopotamian king. (ca 3,000-2,000 B.C.)  that adult dragonflies emerge from aquatic larvae (Sandars, 1972).

Dragonflies are among the insects referred to in the oldest known book on zoology — the Sumerian and Akadian (Babylonian) Hubulla tablets from the 18th Century B.C. (Harpaz, 1973);"

Il signalait ainsi avec concision à la fois la présence de la mention des Libellules dans l'Épopée de Gilgamesh, mais aussi les incertitudes sur la traduction par "libellule" du mot inscrit en caractères cunéiformes sur les tablettes d'argile.

Pour l'étude de la Zoonymie (étude des noms) des Odonates, il est important de rechercher d'une part quel est le nom utilisé en akkadien dans l'un des textes les plus anciens de l'Humanité, et d'autre part dans quel contexte il apparaît, et enfin quelles sont les discussions sur sa traduction.

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I. Le nom "libellule dans l'Épopée de Gilgamesh.

Cette épopée est relatée dans douze chapitres, dont la majorité furent découverts au XIXe siècle à Ninive dans les ruines du temple de Nabou, et dans la bibliothèque du palais d'Assourbanipal.

C'est dans la tablette X qu'il serait question de libellules.  Hanté par la mort de son ami Enkidu, le roi Gilgamesh s'est rendu auprès d'Outa Napishtim  pour obtenir l'immortalité.  Il apprend de ce dernier (qui a survécu au Déluge) que la mort est inévitable : 

 

 

"OutaNapishtim dit à Gilgamesh : « Gilgamesh pourquoi cette douleur dans ton cœur toi qui portes en toi la chair des dieux ? La mort est cruelle et sans merci. Qui de nous bâtit des maisons indestructibles ? Qui de nous scelle des contrats éternels ? Les frères héritent, partagent. Quel héritage est perpétuel ? La haine, même la haine existera-t-elle dans le pays pour toujours ? Est-ce que le fleuve monte et amène la crue pour toujours ? 

"La libellule à peine sortie de la lumière, entrevoit le soleil et atteint à son terme.

"Depuis les temps les plus anciens, hélas ! rien ne dure, le dormeur et le mort se ressemblent, les deux n'ont-ils pas l'aspect de la mort ? Qui, la mort venue, peut distinguer entre le serf et le maître ?. Les Anounnaki, les grands dieux tiennent conseil avec eux, Mammitoum la “créatrice des destins” pour décider ensemble des destins, ils répartissent la vie et la mort ils révèlent les jours de la vie mais de la mort ils ne révèlent pas le jour." (Trad. Abed Azrié)

.

.

Onzième tablette de l'Epopée de Gilgamesh, British Museum, provenant de la bibliothèque du palais d'Ashurbanipal à Ninive, 7eme siècle avant notre ère.

 

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Selon W.G. Lambert , le relevé de la tablette X pour les lignes qui nous concernent (avec la traduction littérale) serait :

 

21 im-ma-ti-ma naru is-sà-am-ma mi-la ub-lu  For how long has the river risen and brought the flood?

22 ku-li-li i[q]-qé-lép-pa-a ina nari / So that dragonflies drift on the river

23 pa-nu-sâ i-na-at-ta-lu pa-an samsti / Their faces staring into the face of the sun god?

24 ul-tu ul-la-nu-um-ma ul i-ba-às-si mim-ma /  Suddenly there is nothing.

 

25 sal-lu u mi-tum ki-i pi a-ha-mes-ma / The prisoner and the dead are alike,

26 sà mu-ti ul is-si-ru sa-lam-su / Death itself cannot be depicted,

Le terme traduit par Libellule est celui de ku-li-li ou kulili .

Lambert indique en note concernant la traduction des lignes 23 et 24 :

 

"The rendering given presumes that kulilu is feminine. There seems to be no clear evidence elsewhere on this point. Then the lesson from the dragonfly is continued: they drift down the river with their big eyes looking upwards, but suddenly they disappear beneath the surface and exist no more. Without this continuation lines 21-22 seem to have no purpose. For ultu ullanumma with the idea of suddenness, note Descent of lstar 63 (R. Borger, BAL II 90): iS-tu ul-la-nu-um-ma *is-tar a-na erset la tari li-ri-du "As soon as Istar had gone down to the underworld." Most translators have taken lines 22 and 23 together, whatever the details of their renderings. V.S., however, takes 23 and 24 together: "Ein Antlitz, das in die Sonne sehen konnte, Gibt es se.it jeher nicht." This is excellent grammar, but seems to give no meaning." .

.

Dans un article concernant les Odonates, Carlos Bonet Betoret  présente en 1993 ce passage ainsi :

"The citation the Odonata is contained within the speech of Utnapishtim, when he explains to Gilgamesh how it is impossible to be immortal:

Do we build for ever our houses,
and forever do we steal of properties?
Perhaps the brothers do divide their part for ever.
Perhaps the hate does divide for ever
Perhaps does the river always grow and make inundations.
Does the dragonfly leave its skin?
And its face can only see the face of the sun?

In the original text of the Assyro-Babylonian language is written “ku- li- li- ki- lip- pa.” Modern specialists believe that this means skin of the dragonfly nymph, when it leaves its pupal case to become a flying adult insect."

.

.

II. LES CHOIX DE TRADUCTION.

.

La traduction de ce passage de L'Épopée de Gilgamesh peut tout changer pour Libellule, qui cherche ses racines mésopotamiennes.

En anglais, la publication qui faisait référence était celle de N.K Sandars, parue en 1960 chez Penguin's. Elle a le défaut de transformer en prose la versification de l'Épopée. Il y a aussi Classic Myths from Mesopotamia, de Stephanie Dailey, (1989, révisée en 2000), en vers, qui a pris le parti de "moderniser" le texte en le débarrassant de ces détails et tournures désuètes.

Et enfin, il y a celle d'Andrew George The Epic of Gilgamesh : a new translation, parue chez Penguin Classics en 1999 et révisée en 2003. La version babylonienne est connue depuis plus d'un siècle, mais les linguistes déchiffrent encore de nouveaux fragments en akkadien et sumérien. La "nouvelle traduction magistrale" d'Andrew George ( The Times ) combine brillamment ces derniers dans un récit fluide et sera longtemps comme le Gilgamesh anglais définitif. 

 Andrew R. George (né en 1955) est un universitaire britannique connu pour son édition et sa traduction de l' épopée de Gilgamesh . Andrew George est professeur de Babylonien dans le Département des langues et des cultures du Proche et du Moyen-Orient à l' École des études orientales et africaines SOAS de l' Université de Londres. Dans le domaine de la recherche sur Gilgamesh, ses travaux ont révolutionné les choses autant que la parution de The Evolution of  the Gilgamesh Epic de J.H. Tigay en 1982.

.

1°) Andrew George 2003.

La plupart des  traducteurs anglo-saxons et  français donnent la leçon "libellule" pour ce passage, mais Andrew R. George préfère traduire le terme kulili  par "éphémère" (Ephemera Linnaeus 1758, Mayfly, Mouche de mai) :

The ephemeral nature of the mayfly is proverbial, and for this reason (as well as the Arabic cognate) I prefer to take kililu as "mayfly" rather than the customary "dragonfly". As Dalley notes (Afw/w,p. 133, n. 121), the image evokes a passage of Atra-hasis in which the mother goddess likens those  drowned in the Deluge to mayflies borne along by a river: ki-ma ku-li-li im-la-a-nim na-ra-am, 'they fill the river like mayflies' (OB Atram-hasTs in iv 6) A. R. George, The Babylonian Gilgamesh Epic: Introduction, Critical Edition and Cuneiform ... 2003

Voir sa traduction des vers 311-315 de The Babylonian Gilgamesh Epic, vol. I page 697 .

311 At some time feuds arise in the lands.

312 At some time the river rose (and) brought the flood,

313 the mayfly floating on the river

314 Its countenance was gazing on the face of the sun,

315 then all of a sudden nothing was there.

Trad littérale :"A un moment donné, des querelles surgissent dans les terres.
À un certain moment la rivière s'est levée (et) a apporté le déluge,
l'éphémère flottant sur la rivière
Son visage contemplait le visage du soleil,
puis tout d'un coup rien n'était là."

.

2°) Les traducteurs français postérieurs à Andrew George.

En 1979, Abed Azrié a publié L’épopée de Gilgamesh : texte établi d’après les fragments sumériens, babyloniens, assyriens, hittites et hourites, traduit de l’arabe et adapté par Abed Azrié, éd. Berg international, 1979 . J'ai cité plus haut son texte : 

Est-ce que le fleuve monte et amène la crue pour toujours ? La libellule à peine sortie de la lumière, entrevoit le soleil et atteint à son terme. Depuis les temps les plus anciens, hélas ! rien ne dure, le dormeur et le mort se ressemblent, les deux n'ont-ils pas l'aspect de la mort ? 

 

En 1982, Jean Bottéro a publié L'Epopée de Gilgamesh chez Gallimard. Je ne l'ai pas consulté. En 2009, M. Laffon a publié Gilgamesh chez Bellin d'après la traduction de Bottéro. Voici la traduction du passage qui nous intéresse :

« Nous sommes tous comme des éphémères emportés par le courant : de nos visages qui voyaient le soleil, brusquement il ne reste plus rien. Endormi, mort, c’est la même chose ! Personne n’a jamais pu représenter la mort. Pourtant, depuis ses origines, l’homme en est prisonnier. Depuis que les grands dieux, et Mammitu, la grande déesse mère, la faiseuse des destins, ont arrêté ensemble les destinées des hommes, ils nous ont imposé la mort comme la vie, nous laissant seulement ignorer le moment de notre mort » (M. Laffon pp. 74-75)

 On trouve aussi en ligne : "Tels des éphémères [insectes] emportés par le courant, des visages qui voyaient le soleil, tout à coup il ne reste plus rien. Endormi et mort, c'est tout un" (Gilgamesh X, VI, 6-25)

La thèse argumentée d'A. George semble donc avoir été convaincante. Les Odonatologistes ont-ils pris la mesure de ce bouleversement , qui les priveraient d'une glorieuse entrée en matière dans le récit de l'histoire des relations entre les hommes et les Odonates ?

 

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III. LE MOT KULILU .

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1°) Dans le Lexique sumérien-français (textes traduits dans Attinger, ), 2017

 

gu5-li-an-na-k s. litt. "compagnon d'An", un insecte (souvent traduit par "libellule") vaincu par Ninµirsu/Ninurta Gud. Cyl. A 26:10, Angim 36, 58, Lugale 129; non-st. ku6-li-an-na Angim 58 aA (mA) gu5-ul = gu-ul

2°) Dans l' Assyrian Dictionary anglais-assyrienAssyrian -English -Assyrian Dictionary je lis :

kuliltu nf fish-woman; dragonfly; mermaid*

kulilu n. 1 fish-man, merman; mayfly; ---->. - * dragonfly

— Samas n. sun-god; -->. kaIlat -* dragonfly;

 

 

3°) Je trouve sur Wikipédia :

 

 In Babylonian mythology, Kulilu is a destructive spirit, half man, half fish.[1][2]

 

4°) Le Manuel d'Épigraphie Akkadienne de  R. Labat et F. Malbran-Labat, le manuel de signes cunéiformes le plus utilisé par les étudiants, donne : 

kallat Samas libellule 324 (E-Gi 4 -A- d UTU).

 

4°) Le Sumerian Compound -Sign Words donne :

ku-li-an-na: friend of heaven; dragonfly ('friend' + 'sky' + genitive).

5°) Dans A Concise Dictionary of Akkadian, de Jeremy A. Black,Andrew George,J. N. Postgate, 2000

je lis :

Kulilu I, kulilû, "dragonfly" JB [Akkadien néobabylonien, Ier millénaire], mil k."flood bearing dragonfly (corpses)"

 

 

6°) Le Dictionnaire Assyrien de CIVIL (Miguel) GELB (I.J) The Assyrian dictionary 1971 indique 

Buru-Gal-Edin-Na : Dragonfly

http://www.aina.org/cad/cad_k.pdf

7°) En Sumérien, le terme est connu grâce au plus ancien dictionnaire bilingue Sumérien-Akkadien, l'Harra-Hubulu datant de l'époque Paléo-babylonienne. Voir mon précédent article, et voir Landsberger n° 234, 347 et 348.

 n° 234 burus5-id-da), en Sumérien, ku-lîl-um en Akkadien, Il est traduit en allemand par Landsberger par  Libelle,  « libellule ».

n° 347 : ku.li.la.an.na en Sumérien, ku-li-li-ti en Akkadien. Il est également traduit en allemand par Landsberger par  Libelle,  « libellule ».

n° 348 e.gi4.a.dUD, Sumérien, kal.lat ilSamat  en Akkadien. Il est traduit en allemand par Landsberger par  Libelle,  « libellule ».

 

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DISCUSSION.

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Il semble que le même mot, ou un mot homonyme, qui désigne une femme-poisson ou un homme-poisson soient aussi traduit comme "une libellule" . Pour Michael Ford

 A “Ku-li-li” is a “Fish Woman” and “Kulilu is “dragonfly”. This god seems associated with the Ku-li-an-na or “Kililtu” which is “friend of Anu”. The Kulilitu is an insect or “little bride” which according to Wiggerman in “Mesopotamian Protective Spirits” may have been blended in translations. (in Maskim Hul: Babylonian Magick)

Le seigneur Ku-li-an-na ou Kulinanna, "ami d'An" désigne par épithète  Dumuzi (Tammuz), roi-berger après son mariage sacré avec la déesse Innana Ishtar.

La complexité de ces proxémies est illustrée par cet extrait (j'ai laissé passer quelques erreurs de graphie) de  Mesopotamian Protective Spirits: The Ritual Texts de F. A. M. Wiggermann page 182

— Kulullû, « Fish-Man ». a Word : that KU6.LU.ULU -lu is to read kulullû appears from the Göttertypentext where the word is spelles ku-lu-ul-lu (MIO 1 80:12). A long -û is demanded by Sumerian lù-ùluu, from which lullû is borrowed, but none of the lullù words is spelled with an additionnal vowel indicating length, and thus, counter to etymology, actiual usage indicates a short vowel (the dictionary assume a short vowel). A by-form kulil(l)u is attested in KAR 162 Rev.4. (Ee, spelled ku-li-li). This kulil(l)u is to kept distinct from

a) Ku-li-li, variant of dKi-li-li (Landsberger Fauna 136, Frankena Takultu 97, CAD K 357a), a female figure, possibiy apotropaic as well (III.B.13=n)

b) kulilu (Sum.: burus(-id-da), "dragonfly ".

 

c) ku-li-an-na= kuliltu. The SB bilingual text of Angim 58 trans* lates ku-li-an-na, "friend of heaven/ An", denoting one of the trophies of Ninurta/Ningirsu, with ku-lil-ta. What ku-li-an-na denotes in the OB text is not known; it was hardly Dumuzi, who is sometimes called "friend of An". Etc..

Ou encore :

F. A. M. Wiggermann - 1992 - ‎History

The SB text apparently associates "friend of An" with the Akkadian loanword ku-li-li-an-na, "little bride of An" = Akkadian kulil(l)tu, an insect since it appears among other insects ... "little bride" (an insect) and kuliltu, "fish-woman" are not related linguistically, they may have been fused in the mind of the late translator of Angim

De même on peut lire les propos de Jerrold S. Cooper et Eugen Bergman 1978 concernant KU-LI-AN-NA .

 Wilcke, ZA 59 99107 distinguishes between k u — li — a n — n a : “dragonfly”, and the k u — li— a n — n a  under discussion here, but since both appear as kuliltu in Akkadian, the reason for this distinction is unclear, unless Wilcke considers the Akkadian translation to be erroneous for the ku-li-an-na trophy. If one could be certain that ku-li-an-na did indeed mean « dragonfly », (cf CAD s.v kulilitu « an insect »), there would be no reason to hesitate in so translating the word here, since a dragonfly would be no more bizarre than several other of Ninurta's trophies... The habitat of ku—li—an—na, according to 1. 36, is an— 5 a r k i — s a r “the limits of the universe, everywhere”, which might, with some imagination, be used to support an insect identification, but in reality tells us little. The spelling k u6 — 1 i — a n — n a in aA is unique, probably derived from confusion with k 1.16 — 1 1'1 — ll x — 1 u : kulilu/kulullu “fish-man”. There is no apparent relationship between this k u — li — a n — n a and the homonymous epithet of Dumuzi (“friend of An”; ...; see Wilcke, ZA 59 69).

CAD = The Assyrian Dictionary of the Oriental Institute of the University of Chicago

 

 

 

 

Datation.

On suppose que le règne historique supposé de Gilgamesh a été approximativement 2700 BCE . Les premiers poèmes sumériens de Gilgamesh datent de la troisième dynastie d'Ur (2100-2000 avant notre ère). Les premières versions akkadiennes de l'épopée unifiée datent de ca. 2000-1500 avant notre ère .  En raison de la nature fragmentaire de ces versions Old Babylonian, il n'est pas clair qu' elles aient inclus un compte rendu élargi du mythe de l'inondation; bien qu'un fragment inclut  l'histoire du voyage de Gilgamesh pour rencontrer Utnapishtim . La version "standard" akkadienne, débutant par  a été compilée par Sin-liqe-unninni entre 1300 et 1000 avant notre ère. C'est elle qui a été retrouvée par Hormuzd Rassam en 1853 sur les 11 tablettes en akkadien de la bibliothèque du palais d'Ashurbanipal datant du VIIe siècle. Traduite en anglais par George Smith en 1872,  porte le nom de son incipit "Celui qui a vu la profondeur" (ša naqba īmuru). Seuls les 2/3 des 3600 vers de l'épopée nous sont connus.

La mention d'une "libellule" dans la tablette X doit donc être datée entre 1300 et 1000 avant notre ère. 

Valeur allégorique.

Dans ce texte, la libellule est donnée en exemple à Gilgamesh pour qu'il réalise la finitude de toute chose : elle émerge, elle contemple le soleil, puis elle disparaît, emportée par les flots. Ce courant qui entraîne la libellule avec lui, pour l'Homme, c'est le Temps qui le mène à la mort.

C'est exactement le même souci rhétorique qui amènera les peintres flamands à peindre des Vanités avec des fleurs, des papillons, des libellules, des bougies qui fument et des crânes parmi les bijoux. Tout passe ici bas.

Mais si Kulilu est traduit par Ephémère, la démonstration est encore plus forte, puisque ces insectes ont une vie adulte très brève, au cours de laquelle ils se reproduisent, puis meurent. Ephemerida signifie "qui ne vit qu'un seul jour".

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CONCLUSION.

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Au terme de cette enquête, je peux dire que le nom par lequel les Babyloniens (les Néo-bab et les Paléo-bab) désignaient les Odonates était quelque chose comme KULILU, malgré les difficultés de transcription des caractères cunéiformes. Je peux aussi dire que ce mot figure sur la Xeme tablette d'argile retrouvée dans le palais d'Ashurbanipal à Ninive, dans cette partie du récit  de l'Epopée de Gilgamesh écrite entre 1300 et 1000 avant notre ère, qui raconte comment le roi Gilgamesh avide d'éternité reçoit de l'immortel Outa Napishtim cet exemple : l'homme est destiné à mourir tout comme les libellules sont emportées par les flots sur lesquels ils viennent d'émerger.

Mais je suis convaincu que cette méditation sur la brièveté et l'insignifiance de la vie des insectes s'applique mieux encore si le terme akkadien est traduit par "mayfly", l'Éphémère.

Philip S. Corbet avait été fort prudent d'écrire : If the word ‘dragonfly’ is translated correctly we read in The epic of Gilgamesh –a renowned Mesopotamian king. (ca 3,000-2,000 B.C.)  that adult dragonflies emerge from aquatic larvae (Sandars, 1972). Si le mot "libellule" en est la traduction correcte, nous pouvons lire dans l'Epopée de Gilgamesh que les libellules adultes émergent de larves aquatiques.

Finalement, je sais que je ne suis plus sûr de rien, et j'en suis bien instruit. J'en garde quelques traductions lapidaires comme des silex :

Pour combien de temps le fleuve monte-t-il pour amener la crue? Une libellule glisse sur le fleuve, Sa face faisant face au soleil, À la fin, il n'y a rien ! 

Ou bien :

 Le fleuve s'élève-t-il sans cesse pour amener sa crue ? La libellule ne sort de son cocon Que pour voir un moment la face du soleil.

Ou , dans la BD de Jens Harder :

Un jour, le fleuve monte en crue. Seule la libellule qui sort de son cocon, elle seule reverra le soleil après la catastrophe"

Tout et son contraire, telle est la vérité sous le soleil.

 

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SOURCES ET LIENS.

—LABAT (René), 1976,  Manuel d'Épigraphie Akkadienne de  R. Labat et F. Malbran-Labat, 5º édition; Paris 1976

https://archive.org/details/LabatR.ManuelDEpigraphieAkkadienne5Ed1976

— GEORGE Andew Gilgamesh

http://eprints.soas.ac.uk/1603/1/George%20Babylonian%20Gilgamesh%201.pdf

— BETORET (Carlos Bonet), 1993, Two Odonata Citations in ancient Mesopotamia literature

https://www.insects.orkin.com/ced/issue-1/ancient-mesopotamian-literature/

https://www.insects.orkin.com/ced/

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates

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  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
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