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23 mars 2019 6 23 /03 /mars /2019 18:39

Zoonymie des Odonates : étude des noms de  Coenagrion puella (Linnaeus, 1758), "l'Agrion jouvencelle".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

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Résumé. 

genre Coenagrion, Kirby (W.F), 1890, Syn. Cat. Neur. Odon., London, :148. Du suffixe coen- "commun à, relatif au plus grand nombre, général", accolé au nom de genre Agrion [Fabricius 1775 puis Sélys] 1850, que Kirby réorganise complètement.  Parmi les Zygoptères (nommés alors Agrionidae), Kirby a réservé l'ancien nom de genre Agrion  aux Calopterygidae dans la sous-famille Agrioninae , et il a placé tous les autres (auparavant nommés Agrions) dans la sous-famille des Coenagrioninae  : Coenagrion doit, dans ce contexte, être interprété comme "l'ensemble des Agrions"  à l'exception des Calopterygides. 

puella, Linnaeus 1758 :  du nom latin féminin puella, ae "jeune fille", en raison de la petite  taille et de l'abdomen fin des Zygoptères, mais surtout sous l'influence des noms vernaculaires assimilant celles-ci à des "demoiselles" (attesté dès 1678 en français), et repris par les naturalistes : en hollandais "Juffertjes" Leeuwenhoeck, 1695,  puis en allemand "Jungfer", Frisch, 1738, et en français "Demoiselle" Homberg 1699 et Réaumur,  1742.

— noms communs en français : 1°) "L'Amélie" ou "La Dorothée", Geoffroy, 1762 ; 2°) "La Libellule Amélie", Olivier, 1789 ; 3° L'Agrion jouvencelle Latreille 1800 ; 4°) "L'Agrion fillette", Milne-Edwards in Lamarck, 1835 ; 5°) "L'Agrione vierge", de Sélys, 1840 ; 6°) L'Agrion Jeune fille", Chenu 1860. Depuis de Sélys 1850 et P.-A. Robert 1958, c'est le nom d'"Agrion jouvencelle" de Latreille qui s'est imposé. "Jouvencelle" est une forme vieillie voire médiévaliste, mais élégamment sonore  pour "jeune fille".

— noms communs dans d'autres langues :

Ils mettent en avant la couleur bleue, et le nom de puella = demoiselle, ou la marque en U noir (en fer à cheval) du 2ème segment des mâles.

 

- en anglais The azure damselfly, la Demoiselle (Zygoptères) bleu-azur

- en catalan : El Donzell de la ferradura  : La demoiselle du fer à cheval (marque en S2)

- en néerlandais :De azuurwaterjuffer : la demoiselle des eaux bleu-azur.

-en frison  Blaujufferke : la demoiselle des eaux bleu-azur.

- en allemand : Die Hufeisen-Azurjungfer : La demoiselle bleue au  fer à cheval (marque en S2)

-en russe : Стрелка-девушка, стрелка девушка : (fille-flèche)

- en finnois Eteläntytönkorento : la demoiselle (libellule-jeune-fille) du sud

-irlandais : Béchuil ghormghlas : (bleu-vert)

-en gallois  Mursen las asur : la Demoiselle bleu-azur.

-hongrois Szép légivadász : le beau Coenagrion 

-en lituanien Pasaginė strėliukė

-en letton : Gaišzilā krāšņspāre

-en norvégien  Sørlig blåvannymfe

-en polonais  Łątka dzieweczka

-en slovène  Modra vodendevojčica

-en suédois  Ljus lyrflickslända

 

 

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE COENAGRION, KIRBY 1890.

 

Voir :

http://www.lavieb-aile.com/2019/02/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-coenagrion-kirby-1890.html

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NOM D'ESPÈCE COENAGRION PUELLA (LINNAEUS, 1758). 

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[Libellula puella] Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 1-824.page 546

https://www.biodiversitylibrary.org/page/25034357#page/556/mode/1up

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Description originale.

Puella. 18. L. alis erectis hyalinis. 

— alpha. Libellula corpore sericeo, alis puncto marginali fusco. 

Fn. svec. 760. 
Raj. ins. 51. n. 15. 
Roes. aqu. 2. t. 10, 11. omnes. 
Reaum. ins.  6. t. 40 f. omnes. 

— beta. Libellula corpore incarnato, alis puncto marginali fusco.

Fn. svec. 761. 
Raj. ins 51. n. 16. & 52. n. 17. 
Reaum. ins. 6. t. 3. f. 4. & t. 4. t. II f. 6. 
Roes ins aqu. 2. t. 10, 11. 

—  gamma- Libellula corpore sericeo, alis puncto marginali nigro. 
Fn. svec. 762. 
Raj. ins. 140. n. 1. 

— delta. Libellula corpore caeruleo cinereoque alterno, alis puncto marginali nigro.

Fn. svec. 763. 
Goed. ins 3. p. 29.f. R
List. goed. 228. f 103.

Merian. eur. 78. t. 156. 

Raj. ins. 53. n. 18. 
Reaum. Ins 6. t. 35.f 6.

Frisch. insect. 8. t. 11. 

Habitat ad prata paludosa, victitans Muscis.  Varietates conjunxi, quas copula saepius junctas vidi. 

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Commentaire :

Linné a décrit en 1758 18 espèces de ses LIBELLULA, classées parmi les NEUROPTERA. 

Il les divise en deux groupes (* et **) :

  • oculi distantes remotique [les yeux écartés et distants] : L. virgo et puella : ce sont nos ZYGOPTERA

Il indique pour chacune les références,  à son propre travail, la Fauna suecica de 1746 (Faun. svec) ou description de la faune de Suède, puis aux naturalistes qui l'ont précédé : ici John Ray, Réaumur et Roesel, mais aussi Goedard et Goedard par Lister, Mérian, et Frisch.

Parmi ses deux dernières, qui sont nos Zygoptères, la première correspondra à Calopteryx virgo.  Linné décrit ensuite sous le nom de Libellula puella quatre variétés appariées : deux variétés alpha et beta dont le point marginal des ailes (ptérostigma) est brun (l'une est "soyeuse", l'autre est rouge) et deux autres gamma et delta  dont le ptérostigma est noir (l'une est "soyeuse", l'autre bleu et gris alterné). Dans le texte des références à la Fauna suecica et à John Ray, les espèces "soyeuses" sont décrites avec des couleurs bleu, vert ou "livide". Ces quatre variétés correspondent alors à l'ensemble des zygoptères des collections européennes, aux ailes non colorées !

 

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Zoonymie des Odonates : Coenagrion puella (Linnaeus, 1758).

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Depuis cette description, de très nombreuses autres espèces de libellules aux yeux écartés ont été décrites, l taxonomie a établi le genre Coenagrion aux mâles bleus annelés de noir, et ses 13 espèces européennes. L'espèce Coenagrion puella, l'une des plus communes, se reconnait, pour les mâles  "au U noir du 2ème segment de l'abdomen et aux lignes latérales de l'abdomen".

Illustration par Lucas en 1900 : Coenagrion puella mâle.

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/picture?id=12677

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Source  : animalbase http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/picture?id=12677

Source : animalbase http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/picture?id=12677

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Les références faites par Linné pour Libellula puella.

 

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a) Sa propre Fauna suecica Linné 1746 page 229.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/263/mode/1up

Les quatre variétés y étaient décrites comme quatre espèces n° 760 à 763. Si la diagnose est la même que dans le Systema naturae, la description DESCR y est détaillée, et les références à John Ray sont accompagnées de la citation du texte de cet auteur.

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b) John Ray, 1710, Historia insectorum page 140 et page 50 n°15 16 17 et 18 et page 140 n°1.

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/50/mode/1up

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/139/mode/1up

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c) Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche X et XI . omnes

Rösel von Rosenhof, August Johann ; Kleemann, Christian Friedrich Carl ; Rösel von Rosenhof, August Johann [Hrsg.]
Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung (Band 2): ... welcher acht Classen verschiedener sowohl inländischer, als auch einiger ausländischer Insecte enthält — Nürnberg, 1749

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0295/image

La description des planches est donnée en allemand : Der kleine schmal-leibige Wassernymphen-Wurm mit drey breiten Ruder-Federn, nebst seiner Werwandlung. Tab. X et XI.

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0297/image

Le titre peut se traduire par "La petite larve aquatique à corps mince avec trois "plume-gouvernail" avec sa métamorphose". Le sujet principal du chapitre est la larve, qui est décrite aux quatre premiers paragraphes, et illustrée aux figures 1 et 2 de la planche X et 8 de la planche XI.

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Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche X .

Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche X .

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La figure XI fig.9 montre le masque caractéristique des larves.

Puis les imagos sont décrits au paragraphe  6 et 7 de la planche XI avec le détail des couleurs du corps et des yeux :.  

 

Einige fuhren einen grun, braun und gold schillerenden hinter-Leib ; hingegen aber ist der Worder-Leib zuwelien grûnlicht, zuweilen gelb und obenher dunckel braun ; die beeden Augen aber sind glänzend braun-roth, wie die sechste Figur der XI Tabelle zeiget. Wieder eine andere Art sehen wir in der sibenden Figur eben dieser Tabelle, und selbige wird wohl am häussiggsten gefunden, ist auch eine derer kleinesten Arten.

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0300/image

 

 Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche XI.

Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche XI.

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Sur la planche X fig. 4 et 5, les imagos sont montrés en tandem, les cerques du mâle (fig. 4) placés sur le pronotum de la femelle, en préparation de l'accouplement en cœur de la figure 6.

Voir  paragraphe 5 en renvoyant aux figures 3, 4 et 5 de la planche X.

 Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche X .

Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. planche X .

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c)  Réaumur, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes volume 6 [1742] planche XXXV figure 6 ; référence pour la variété delta.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51203#page/685/mode/1up

 

 

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Réaumur, 1742.

Réaumur, 1742.

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d) Sibylla Merian De europische insecten, 1730, texte page 78 et planche CLVI ; référence pour la variété delta.

 

 

— MERIAN (Anna Maria-Sibylla) De Europische insecten 1730 Jean Marret, M.D. Amsterdam J.F. Bernard https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n3/mode/2up

La libellule est posée sur une grande Jacinthe bleue Hyacinthus orientalis maximus C.B. Pinus 44 (H. orientalis, L. 1753). Son abdomen porte des marques noires et bleues annelées ; le thorax et les yeux sont bleuâtres, et les ptérostigmas sont noirs.

https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n159/mode/2up

https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n161/mode/2up

Dans l'édition française, la planche se trouve page 40, ce qui nous donne accès à la traduction du texte :

— MERIAN (Maria-Sibylla) Histoire générale des insectes de Surinam et de toute l'Europe contenant leur description, leurs figures, leur différentes métamorphoses..., par Mademoiselle Marie-Sybille de Mérian, en deux parties in-folio. Troisième édition, revue, corrigée & considérablement augmentée par M. Buchoz, ... A laquelle on a joint une troisième partie qui traite des plus belles fleurs, telles que des plantes bulbeuses, liliacées, caryophillées... Tome premier [-troisième] traduit par Jean Marret Paris : Desnos, 1771. PDF Bibliothèque de Toulouse, 3 volumes http://tolosana.univ-toulouse.fr/notice/07558171x

https://documents.univ-toulouse.fr/150NDG/T2/PPN07558171X.pdf

"Ces animaux naissants, n'excédant pas la grandeur d'une puce : ils croissent ensuite à vue d'œil, & deviennent beaucoup plus grands. On les trouve dans les fossés, & ils ne se servent d'autre nourriture, si ce n'est qu'ils se mangent les uns les autres. J'ai remarqué qu'un des plus grands a dévoré en peu de temps les plus petits de la même espèce ; d'où vient que ces petits animaux paraissent extrêmement craintifs. De l'un de ces insectes provint cet Animal bleu & ailé, qu'on voit représenté sur la Planche."

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Merian 1730 https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n161/mode/2up

Merian 1730 https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n161/mode/2up

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Merian 1730 https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n161/mode/2up

Merian 1730 https://archive.org/stream/gri_33125008530400#page/n161/mode/2up

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e) Goedart 1662  tome 3 fig. R et Goedaert in Lister 1685 page 228 fig. 103.

— Goedaert (Johannes), Metamorphosis et historia naturalis insectorum, apud Jacobum Fierensium, volume 3, 654 p, page 29 figure R.

La larve est désignée sous le terme général d'Animalcula, et l'imago n'est pas nommé.

https://books.google.fr/books/ucm?id=XYMDFCMqBy0C&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

— GOEDART (Jan), 1685, Johannes Goedartius de Insectis nin methodum redactus cum notularum additione, operâ M. Lister, e Regia Societate Londinensi, Smith : London, 1685 [cf.  page 259 du lien suivant  fig. 103 dans l'édition colorisée : Bibl. Strasbourg]

 

http://docnum.unistra.fr/cdm/compoundobject/collection/coll13/id/64604/rec/1

Dans cette édition colorisée, l'abdomen et le thorax de la libellule sont colorés en bleu entre les anneaux noirs. Cela semble faire l'objet d'un commentaire en italique.

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Goedaert 1662

Goedaert 1662

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Goedaert in Lister 1685.

Goedaert in Lister 1685.

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f) Frisch. insecten, 1730. volume 8. tabellen 11.  référence pour la variété delta.

https://books.google.fr/books?id=78BCHTyXlzkC&dq=jungfer+libella&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Johannes Leonarhd Frisch consacre plusieurs chapitres du tome VIII de son Beschreibung von allerley Insecten von Teutchslands  (Description de toutes sortes d'insectes d'Allemagne), à partir de la page 16.

https://books.google.fr/books?id=xn-G0Q6gi9MC&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

VIII: Von den Libellis oder sogenannten Jungfer. Der grössen Art.

IX. Von einem Wurm voraus eine breitleibige Libella kommt.

X. Von dem Wurm voraus der Langleibige Libella kriechet

XI. Von den Goldgrünen und Goldbraunen kleinen Libella.

C'est vers ce chapitre Sur la petite Libellule vert-doré et brun-doré que renvoie la référence linnéenne.

Homberg cite, pour souligner la différence entre sa propre description et la sienne, un article de Homberg pour les Mémoires de l'Académie royale des Sciences, daté de 1699 (page 145) : "Observations anatomiques sur les insectes apellées ordinairement Demoiselles" où est figuré l'accouplement de Calopteryx [splendens] sous le nom de Demoiselles. J'ai présenté cet article dans la zoonymie de Calopteryx virgo

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35013/f302.image

http://www.lavieb-aile.com/2018/05/zoonymie-des-odonates-le-nom-calopteryx-virgo-linnaeus-1758.html

Il renvoie aussi aux descriptions de Johannes von Muralto (Jean de Murat, médecin de Zurich, 1645-1733)  et de Mentzer

 

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J.L. Frisch, vol. VIII tab. XI.

J.L. Frisch, vol. VIII tab. XI.

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RÉCEPTION DE LIBELLULA PUELLA DE LINNÉ

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La tâche des naturalistes fut, après cette édition du Systema Naturae , de démembrer parmi ces quatre "variétés" (devenues sept dans le SN  , éd. de Gmélin 1789 avec epsilon, eta et chi ) lesquelles étaient les formes sexuées ou immatures de la même espèce, et lesquelles étaient des espèces distinctes. Puis de les corréler avec les descriptions de 3 espèces décrites par Geoffroy en 1762.

Olivier décrit en 1789 six variétés de Libellula puella A à F.

En 1804, Latreille, qui  créa son genre Agrion avec ses deux espèces, virgo (ailes colorées) et puella (ailes non colorées), ne décrit plus que trois variétés a, b, et c de son Agrion puella ou Agrion Jouvencelle .

 

"A. Jouvencelle; agrion puella. Fab. Libellula puella. Lin. Ailes transparentes, sans couleurs.

Var. a. Alternativement bleue et cendrée; un point noir aux ailes. - L'amélie. Geoff. — Roes. insect. tom. II, aquat. clas. 2, tab. 1o , fig. 5, 4.

 Var. b. D'un verd bleu en dessous, brune en dessus ; corselet ayant des bandes brunes et bleuâtres alternes; 'un point noir, marginal, aux ailes. — La dorothée. Geoff. — Rœs. ius. tom. II, aquat. clas. 2, tab. 11 , fig. 7

Var. . d. D'un verd incarnat pâle ; trois bandes noires, longitudinales, sur le corselet; un point brun, marginal , aux ailes. — La sophie. Geoff.

Comme l'on trouve ces variétés réunies pêle-mêle dans leurs amours, il est difficile de savoir si ce sont des espèces."

En 1825, Vander Linden reprend, dans le genre Agrion de Latreille, les deux groupes I Alis coloratis  aux ailes colorées (A. virgo et haemorrhoidalis),  et II Alis albis aux ailes non colorées.

Dans ce groupe II, il décrit 10 espèces :

  • Agrion viridis correspond à Libellula puella alpha de Linné : ce sera Chalcolestes viridis (Vanderlinden 1825)
  • Agrion sanguinea correspond à Libellula puella beta  de Linné. Ce sera Pyrrhosoma nymphula (Sultzer 1776)
  • Agrion pulchella est une description propre de Vander Linden : ce sera Coenagrion pulchellum (Vander Linden, 1825)
  • Agrion puella correspond à l'Amélie et à la figure 7 du tableau XI de Roesel (mais ne renvoie pas aux variétés de Linné). ce sera Coenagrion puella (Linnaeus, 1758)
  • Agrion elegans est une description propre de Vander Linden  : ce sera  Ischnura elegans (Vander Linden, 1820)
  • Agrion platypoda correspond à la variété chi de Libellula puella du  SN Gmelin : ce sera  Platycnemis pennipes (Pallas, 1771) 
  • Agrion analis sera Agrion najas (Hansemann 1823)
  • Agrion rubella sera Cériagrion tenellum ( de Villers, 1789)

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Voir ensuite World catalogue of Odonata, Steinmann

https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA225&dq=%22agrion+puella%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjxvb6-1ZjhAhUtAWMBHdXkABgQ6AEIKTAA#v=onepage&q=%22agrion%20puella%22&f=false

 

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE PUELLA.

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Puella : du nom latin féminin puella, ae "jeune fille". Puer, eri est "un enfant", et puellus "un petit garçon".

a) Dans sa Fauna suecica de 1746 page 229, les 4 variétés de L. puella étaient décrites par Linné comme quatre espèces "alis erectis sedentes, parvae", "se tenant ailes écartées, petites", et 3 d'entres elles appartenaient aux Libella minor (petites Libellules) de John Ray : ce nom de puella renvoie au fait que cette espèce (représentant alors toutes les Zygoptères, je le rappelle) est plus petite que les autres libellules.

b) Parmi ces quatre variétés, la variété alpha renvoie à la n° 760 du Fauna suecica. Dans cet ouvrage, l'espèce n°760 donne en référence John Ray, mais aussi Leewenhoeck et son [Opera magna, seu ] Arcana naturae detecta ope microscopiorum, Delphis Batavorum 1695 , page 18 figure 9. Il n'indique pour cette référence que le mot JUNFFERTIES.  J'ai déjà signalé que c'était une coquille, une erreur de lecture pour JUFFERTIES. Or, ce mot hollandais est  issu de JUFFER, "demoiselle" dont il est le diminutif. Ce nom commun des libellules signifie donc  "petite demoiselle". C'est le seul nom commun (vulgo selon Linné, vulgaire ou vernaculaire) rapporté par Linné pour ses Libellules, et il y a de bonnes raisons de penser qu'il a influencé son choix de donner à la première espèce de petites libellules aux yeux écartés le nom de virgo, "vierge, jeune fille" et à la seconde le nom de puella, "jeune fille".

Le nom Juffertie est mentionné dans un dictionnaire de 1752 avec la mention "voyez Schillebald [en allemand]" ; mais il faut rectifier en Schillebold, ou Wasserjungfer, Wasserlibelle, termes allemands populaires pour les libellules. Je  trouve Juffertjes  dans une traduction de Rabelais en hollandais, datée de 1682 : Gy spreekt me van jonge Juffertjes te kussen, maer ik sweer je byden heyligen paltrok dien ik draeg, dat ik 'er geefne van ontslagen ben: zorgende dat my gebeuren mogt 't geene den Heer van Guyercharois geschiedde.

Il traduit le passage suivant du Quart Livre : "Vous parlez de baiser damoiselles. Par le digne et sacré froc que je porte, je m'en déporte, craignant que m'advienne ce qu'advint au seigneur de Guyercharois."

On trouve le terme également  en 1642 et en 1655.

Dans l'édition de 1722, le passage occupe la page 18  comme dans l'édition de 1695 ; et la figure (qui porte le n° 4 et non 19) montre ces demoiselles en tandem.

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JUFFERTJES in Leeuvenhoeck, Arcana ... 1722, page 18

JUFFERTJES in Leeuvenhoeck, Arcana ... 1722, page 18

Antonio van Leeuvenhoeck, Arcana ... 1722, figure 4.

Antonio van Leeuvenhoeck, Arcana ... 1722, figure 4.

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c) Si Linné écrit fautivement JUNFFERTJTES au lieu de JUFFERTJES, c'est probablement par contamination par l'allemand JUNGFER "jeune fille". L'équation Libellae = Jungfer figure dès 1738 chez Johannes Leonhard Frisch dans la préface de son Beschreibung von allerlei insecten in Teutschland publié à Berlin. C'est ce même Frisch qui est donné en référence de la variété delta de la puella, et il reprend ce nom de JUNGFER dans son volume VIII. Nous avons vu qu'il citait Homberg et le nom de DEMOISELLE.

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 Johann Leonhard Frisch,  verlegts Christoph Gottlieb Nicolai, 1738

Johann Leonhard Frisch, verlegts Christoph Gottlieb Nicolai, 1738

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JUNGFER, définition : Nouveau dictionnaire de la langue allemande et françoise, 1784

JUNGFER, définition : Nouveau dictionnaire de la langue allemande et françoise, 1784

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d) Si Linné a été influencé dans son choix pour puella par le hollandais JUFFERTJES ("demoiselle") Leeuwenhoeck, 1695, et par l'allemand JUNGFER (même sens) Frisch, 1738,  il l'a été également par le nom que Réaumur donne en 1742  à ses libellules, celui, précisément,  de DEMOISELLE. Il était utilisé depuis cette date par tous les naturalistes français, et donc connu par tous les naturalistes européens. On le trouve dès 1678 dans le Dictionnaire italien et françois de Nathanaël Düez page 126 en traduction de l'italien ba icola : "1. une  brouëtte. 2. une sorte d'insecte appellée demoiselle", puis en 1699 dans le titre de l'article de Guillaume Homberg où il est qualifié d' "ordinaire".

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Conclusion : bien que Linné ait formé son nom de LIBELLULA également sous l'influence de cette tradition populaire voyant dans les libellules de frêles jeunes filles, il restreint cette image, par les deux noms de virgo et de puella, aux espèces les plus petites et les plus fines, qui formeront les Zygoptères.

Puella : du nom latin féminin puella, ae "jeune fille", en raison de la petite  taille et de l'abdomen fin des Zygoptères, mais surtout sous l'influence des noms vernaculaires assimilant celles-ci à des "demoiselles", (attesté dès 1678 en français),  en hollandais "Juffertjes" Leeuwenhoeck, 1695,  puis en allemand "Jungfer", Frisch, 1738, et en français "Demoiselle", Homberg 1699 et Réaumur,  1742.

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/agrion-jouvencelle/

"De puella (lat) = demoiselle, jouvencelle."

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. puella = girl, maiden"

 

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"puella, ae = fanciulla. Vale quanto detto per ancilla" ("jeune fille. La même chose est vraie pour ancilla" )"

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"The species name - puella (Linnaeus) [l. maiden, girl] was one of the two first in modern nomenclature of Odonata to reflect tender femininity."

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

"puella komt van puer (kind. jongen) = jonge vrouw, meisje"


 

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LES NOMS EN LANGUE VERNACULAIRE.

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LES NOMS EN FRANÇAIS.

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1°) L'Amélie, ou la Dorothée, Geoffroy 1762 .

https://www.biodiversitylibrary.org/item/50613#page/236/mode/1up

Etienne-Louis Geoffroy décrit une de ses  14 espèces , la n°3, sous le nom d'AMÉLIE. Sa description, avec ses ptérostigmas noirs, son thorax bleu à trois bandes brunes (disons noires, il décrit des spécimens de collection) et ses segments abdominaux bleus à anneau noir est compatible avec un Coenagrion.  Il l'identifie comme étant la Libellula puella de Linné dans sa variété delta (Fauna suecica n°763) et il renvoie aussi aux figures de la planche X de Roesel.

 

"LIBELLULA corpore cœruleo cinereoque alterno, alis puncto marginali nigro. Linn. faun. suec. n. 763.

Linn. syst. nat. Edit, 10, p. 546, n. 18. Libellula puella. 
Roesel. ins. vol. 2 , tab. 10 , fig. 3 , 4. Insect. aquatil. class. 2. 
L'amélie. 
Longueur 14 lignes. 
Ses aîles sont blanchâtres, finement veinées de noir avec un point noir sur le bord extérieur vers le bout. Sa tête est d'un bleu cendré avec les yeux bruns. Le corcelet qui est bleu, est orné de trois bandes longitudinales brunes, une au milieu , & deux plus étroites sur les côtés. Les segmens du ventre sont bleus, avec un anneau noir vers leur bout postérieur. Ils sont au nombre de neuf, & les deux derniers font plus gros que les autres & tout bruns. On trouve cet insecte dans les prés."

 

.

Il décrit ensuite sous le nom de Dorothée une espèce qui ne diffère de l'Amélie que par une longue raie brune du dessus de l'abdomen. Le dessous du corps est bleu-vert, le dessous brun, le thorax est rayé de brun et bleu alterné, les ptérostigmas sont noirs. Cette longue raie brune dorsale m'a fait douter de l'existence d'anneaux noirs, mais il renvoie à la figure 7 de la planche XI de Roesel qui présente ces anneaux ; Dijkstra décrit pour C. puella, une "ligne longitudinale étroite qui s'étend sur le coté de l'abdomen à partir de chacun de ces anneaux", qui peut correspondre peu ou prou à la ligne brune du dessus du ventre. La forme femelle de couleur verte est également parfaitement compatible avec plusieurs des Coenagrions. "La femelle adulte a des marques semblables à celles du mâle, mais avec une couleur verdâtre au lieu du bleue. Elle a une fine bande noire ininterrompue le long de l'abdomen." (Wikipédia)

"4. LIBELLULA corpore infra cœruleo viridi , supra-fusco, thorace fasciis fuscis , coerulescentibusque alternis , puncto alarum marginali nigro. 
Roesel, ins. vol. 4 , tab. XI, fig. 7. Insect, aquatil. class. 2. 
La dorothée. 
Longueur 14 lignes. 
Je ne vois d'autre différence entre celle-ci & la précédente, que cette raie longue & brune, qui couvre tout le dessus du ventre. Du reste le corcelet & les ailes sont tout-à-fait semblables. Mais ce qu'il faut remarquer , c'est
que dans cette espèce-ci tout ce qui est bleuâtre dans les mâles , est d'un jaune un peu vert dans les femelles. Je 
les ai trouvés souvent accouplés dans les prés. "

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Pour la "variété" de la Dorothée, décrite ensuite, ne s'agit-il pas d'un Sympegma (fusca) ?

"NB. LIBELLULA corpore infra fulvo , supra nigro, thorace fulvo fuscoque vanegato, puncto alarum marginali fusco. 
Celle-ci n'est qu'une variété de la précédente , dans laquelle tout ce qui étoit bleu ou vert dans l'autre se trouve de couleur fauve, tandis que la raie de dessus le corps au lieu d'être brune est noire. Quelquefois aussi les raies du corcelet se trouvent manquer , & ce corcelet pour lors est tout brun , avec les côtés seulement fauves. "


 

 

 


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Enfin, Geoffroy décrit, avant de passer à sa deuxième famille, une espèce qu'il nomme La Sophie, et dont les ptérostigmas sont bruns : je l'écarte donc des Coenagrions, et je ne retiens pas son nom français dans ma liste.
 

5. LIBELLULA corpore viridi pallide incarnato , thorace fasciis tribus longitudinalibus nigrïs , alis puncto marginali fusco . 
Raj. ins. p. yi , n. 19. 
La sophie. 
Longueur 16 lignes. 
Sa couleur est d'un vert un peu rougeâtre & pâle,  elle a seulement trois bandes noires longitudinales sur le corcelet. Le dessus de son ventre est brun, &. quelquefois en-dessus il y a une raie brune longitudinale dans toute 
la longueur , mais elle n'est pas constante. Les aîles sont réticulées &. diaphanes , avec un point brun à l'extrémité 
du bord extérieur. On trouve cette espéce avec les deux précédentes auxquelles elle ressemble beaucoup.

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2°) "La Libellule Amélie", Olivier 1789.

— OLIVIER (Guillaume-Antoine), 1789, Histoire naturelle, discours préliminaire page 568 n°44.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA558&dq=Libellule+Am%C3%A9lie,+Olivier&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjarNX-vpjhAhXR8eAKHU5hDkYQ6AEIOzAD#v=onepage&q=Libellule%20Am%C3%A9lie%2C%20Olivier&f=false

 

Olivier regroupe sous ce nom sept variétés A à F pourtant assez différentes : la A, "d'un beau vert doré" est l'Amélie de Geoffroy, la D est sa Dorothée, la E est sa Sophie. 

Le nom reste en usage en 1792 et jusqu'en 1802.

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3° L'Agrion jouvencelle Latreille 1800 -1804.

LATREILLE, 1800, Histoire naturelle générale et particulière, vol. 91.

LATREILLE, 1804, Histoire naturelle générale et particulière des crustacés et des insectes, Dufart, page 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&dq=puella++jouvencelle&hl=fr&source=gbs_navlinks_s Latreille décrit l'Agrion jouvencelle ou Libellula puella avec ses trois variétés, l'Amélie, la Dorothée et la Sophie de Geoffroy : le genre Agrion se divise en Libellules aux ailes colorées, c'est l'Agrion vierge ou Libellula virgo, et aux ailes transparentes non colorées, c'est l'Agrion jouvencelle.

idem in Cuvier 1817

https://books.google.fr/books?id=kBAOAAAAQAAJ&pg=PA426&dq=libellula+puella+latreille&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjjsLj0v5HhAhXYBWMBHRSmBCsQ6AEIKTAA#v=onepage&q=libellula%20puella%20latreille&f=false

Le nom français "jouvencelle" et son masculin jouvenceau sont des formes vieillies aux colorations médiévales ou ironiques pour désigner une jeune fille ou un jeune homme, depuis le latin populaire juvencellus / juvencella ou du latin chrétien juvenculus /juvencula,  "jeune homme, jeune fille". Sous la plume de Latreille, il témoigne peut-être de l'influence du médiévalisme romantique du début du XIXe siècle; (Ivanhoé de Walter Scott = 1819) préparée par la celtomanie entrainée par les Poèmes d'Ossian (1760-63).

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4°) "L'Agrion fillette", Milne-Edwards in Lamarck, 1835.

Histoire naturelle des animaux sans vertèbres, tome 4 page 432.

https://books.google.fr/books?id=he_ruKcCuPwC&dq=%22agrion+puella%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

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5°) L'Agrione vierge, de Sélys, 1840.

SELYS, 1840, Monographie des Libellulidées d'Europe, page 163 n°8, Agrion puella (Vander Linden).

https://books.google.fr/books?id=8aBIt4TdIM0C&dq=%22agrion+puella%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

.

 

6°) "L'Agrion jouvencelle", Pierre Boitard 1843 puis de Sélys 1850 : reprise du nom donné par Latreille.

SELYS, Revue des Odonates page 200.

https://books.google.fr/books?id=6NAyAQAAMAAJ&dq=%22agrion+%22+revue+s%C3%A9lys&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

7°) L'Agrion Jeune fille", Chenu 1860.

CHENU (Jean-Charles), 1860, Encyclopédie d'histoire naturelle : Annelés , ed. Maresq, page 108.

https://books.google.fr/books?id=oiL4floRm5cC&pg=PA108&dq=%22agrion+jeune+fille%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiIirK12pjhAhVr8-AKHUBFAXUQ6AEIKTAA#v=onepage&q=%22agrion%20jeune%20fille%22&f=false

(et déjà en 1857:

  https://books.google.fr/books?id=ezpJAAAAcAAJ&pg=PA269&dq=%22agrion+jeune+fille%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiIirK12pjhAhVr8-AKHUBFAXUQ6AEIQDAE#v=onepage&q=%22agrion%20jeune%20fille%22&f=false

8°) Actuellement .

Le nom vernaculaire Agrion jouvencelle,  tombé en désuétude a été relevé un siècle plus tard par P.-A. Robert 1958 avec le commentaire puella = jouvencelle (jeune fille), et la citation d'Agrion jeune fille en synonyme,  puis par  Dommanget, 1987, et par l'ensemble des auteurs de guides naturalistes, par l'INPN et la liste de référence de la SFO..

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LES NOMS EN D'AUTRES LANGUES.

Ils mettent en avant la couleur bleue, le nom de puella = demoiselle, ou la marque en U noir (en fer à cheval) du 2eme segment des mâles.

 

- en anglais The azure damselfly, la Demoiselle (Zygoptères) bleu-azur

- en catalan : El Donzell de la ferradura  : La demoiselle du fer à cheval (marque en S2)

- en néerlandais :De azuurwaterjuffer : la demoiselle des eaux bleu-azur.

-en frison  Blaujufferke : la demoiselle des eaux bleu-azur.

- en allemand : Die Hufeisen-Azurjungfer : La demoiselle bleue au  fer à cheval (marque en S2)

-en russe : Стрелка-девушка, стрелка девушка : (fille-flèche)

- en finnois Eteläntytönkorento : la demoiselle (libellule-jeune-fille) du sud

-irlandais : Béchuil ghormghlas : (bleu-vert)

-en gallois  Mursen las asur : la Demoiselle bleu-azur.

-en breton : dimezell c'hlas-oab  : la demoiselle bleu-azur (en attente de validation KAG)

-hongrois Szép légivadász : le beau Coenagrion 

-en lituanien Pasaginė strėliukė

-en letton : Gaišzilā krāšņspāre

-en norvégien  Sørlig blåvannymfe

-en polonais  Łątka dzieweczka

-en slovène  Modra vodendevojčica

-en suédois  Ljus lyrflickslända

 

 

 

 

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https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65141/tab/taxo

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SOURCES ET LIENS.

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 

 

— FABRICIUS, 1775, Systema entomologiae : sistens insectorvm classes, ordines, genera, species, adiectis synonymis, locis, descriptionibvs, observationibvs / Flensbvrgi et Lipsiae :In Officina Libraria Kortii,1775. page 425 :

https://www.biodiversitylibrary.org/item/82400#page/443/mode/1up

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
26 février 2019 2 26 /02 /février /2019 15:25

Zoonymie des Odonates : étude des noms du Coenagrion mercuriale (Charpentier, 1840), "L'Agrion de Mercure".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 

Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé. 

— genre Coenagrion, Kirby (W.F), 1890, Syn. Cat. Neur. Odon., London, :148. Du suffixe coen- "commun à, relatif au plus grand nombre, général", accolé au nom de genre Agrion [Fabricius 1775 puis Sélys] 1850, que Kirby réorganise complètement.  Parmi les Zygoptères (nommés alors Agrionidae), Kirby a réservé l'ancien nom de genre Agrion  aux Calopterygidae dans la sous-famille Agrioninae , et il a placé tous les autres (auparavant nommés Agrions) dans la sous-famille des Coenagrioninae  : Coenagrion doit, dans ce contexte, être interprété comme "l'ensemble des Agrions"  à l'exception des Calopterygides. 

mercuriale, Charpentier 1840,  Libell. europ. Lipsae :159. De l'adjectif latin mercurialis, e, "du mercure, de Mercure", car les mâles portent sur S2 un dessin noir que Charpentier a comparé au symbole alchimique du mercure (☿), lui-même repris du symbole de la planète Mercure en astrologie, tirant son nom du dieu romain ; ce symbole dont la partie haute est en croissant est rapproché du caducée ou du casque d'Hermès.

 

— Nom en français. 1°) L'Agrion mercure, Sélys 1850, par transcription du nom scientifique ; 2°) l'Agrion de Mercure, P.-A. Robert 1958 . Ce nom est adopté par tous.

 

— Noms en d'autres langues.

-en catalan : El Donzell mercurial (Coenagrion mercuriale) , « La Demoiselle mercuriale »

-en allemand: Die Helm-Azurjungfer  « La Libellule bleue à casque »

-en néerlandais : De mercuurwaterjuffer, l'Agrion de mercure"

-en frison : Klynjufferke, Helmjufferke

-en anglais : the southern damselfly,  "la Demoiselle du Sud »

- en espagnol : El Corta narices, « le Nez court »

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE COENAGRION, KIRBY 1890.

 

Voir :

http://www.lavieb-aile.com/2019/02/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-coenagrion-kirby-1890.html

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NOM D'ESPÈCE COENAGRION MERCURIALE (CHARPENTIER, 1840).

[Agrion mercuriale] Charpentier (de Toussaint von), 1840, Libellulinae europaeae ac depictae, L. Voss, 180 pages ​​​​​​, page 159 et planche XLII figure 2 mâle et femelle

Spécimen-type : mâle, Museum National d'Histoire naturelle, Paris. Localité-type : Allemagne.

Description originale :

 

55. AGRION MERCURIALE.
Tab. XLII. Fig.2. mas et foem.

Agr. mas subtus coeruleum (foemina flavescens), superne atroviridi-aeneo-maculatum: maris segmentum secundum macula, signum Mercurii referente, notatum.

A claro Entomologo Lunaeburgensi, illustr. Heyer, sub illo nomine mecum communicatum, in illis regionibus degit.

Agrio interrupto et Agr. furcato paullo brevius, magnitudine sequentibus speciebus accedit.

-Caput ut in praecedentibus; temporibus valde tumidis, vertice atro-viridi, maculis duabus lateralibus et linea intermedia coeruleis (aut virescentibus) in occipite.

-Truncus. Prothorax perbrevis, antice angustatus, postico margine in media parte paullisper ascendente, atro-viridis, undique coeruleo-marginatus. Alitruncus ut in Agr. furcato.

-Abdomen maris coeruleum, superne maculis atro-viridibus, in aeneum colorem conversis. Segmentum primum maculam quadratam, magnam habet. Secundum insigne est macula magna, antice cornua tria referente, medio brevissimo, lateralibus longioribus, curvatis (vid. figuram fundamentalem, Tabulae XLII. adiectam): postice quasi petiolo armata, et ad marginem segmenti ipsum dilatata, quae haud inepte cum signo Mercurii chemico comparari potest. Segmentum tertium postice macula magna, biloba, lobo anteriore angustiore, acuminato. Quartum, quintum et sextum macula magna postica, antice triacuminata; in his segmentis intermediis macula atro-viridis dimidiam fere dorsi partem implet. Septimum superne atro-viride fere totum. Octavum coeruleum, punctis duobus posticis atris.. Ultima segmenta superne atra. -

-Foeminae abdomen subtus virescens, superne atro-viridi-maculatum: in segmento primo macula magna, quadrata, atra. Secundum macula magna, oblonga, biloba, marginem anticum non attingente, instructum est: reliqua segmenta maculis dorsum fere implentibus, in medio paullulum angustioribus.

-Species, cum pauca tantum eius exempla examinare potuerim, non penitus a me cognita.

 

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La Planche XLII figure 2, Agrion mercuriale mas. et foem.

 

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Zoonymie des Odonates : étude des noms du Coenagrion mercuriale.

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LES DEUX PLANCHES DE LUCAS, 1900.

1°) Le mâle.

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http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/picture?id=12767

Zoonymie des Odonates : étude des noms du Coenagrion mercuriale.

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2°) La femelle.

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/picture?id=12766

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Zoonymie des Odonates : étude des noms du Coenagrion mercuriale.

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE MERCURIALE.

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mercuriale, issu de l'adjectif du latin classique mercurialis,e "de Mercure" (Gaffiot), le dieu romain messager des dieux, dieu du commerce, de l'éloquence . 

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=Mercurialis

Mais une référence à la planète en latin classique peut être imaginée, puisqu'elle a été nommée par les Grecs du nom du dieu Hermès, puis par les Romains selon le dieu Mercure, parce qu'elle se déplaçait plus vite que les autres et leur rappelait ainsi le dieu aux sandales ailées.

Enfin, à l'époque médiévale, par développement de la pensée alchimiste reprenant la science des Chaldéens, les éléments chimiques furent chacun associés à une planète. Le cercle (soleil) est l'or, le croissant (lune), est l'argent. Le signe du cuivre reprend le miroir de Vénus, celui du mercure reprendrait la forme du caducée.

L'épithète serait un peu ambiguë (le dieu ? la planète ? l'élément chimique ?)  s'il n'était accompagné, dans la description originale, de la mention dans la diagnose : maris segmentum secundum macula, signum Mercurii referente, notatum , "la marque du 2ème segment est remarquable par sa ressemblance avec le signe de  Mercure.

Charpentier précise cela dans sa description :  

Secundum insigne est macula magna, antice cornua tria referente, medio brevissimo, lateralibus longioribus, curvatis (vid. figuram fundamentalem, Tabulae XLII. adiectam): postice quasi petiolo armata, et ad marginem segmenti ipsum dilatata, quae haud inepte cum signo Mercurii chemico comparari potest.

"Le deuxième segment se distingue par une grande marque, avec une partie antérieure comparable en avant  à trois cornes, celle du milieu plus courte, et celles des cotés plus longues, (voyez la planche 42) et une partie caudale quasiment comme un pétiole [un petit pied]  armé [barré]  et dilaté sur la marge du segment, marque qu'il n'est pas absurde de comparer au symbole de l'élément chimique Mercure".

C'est donc clair : mercuriale fait référence au symbole alchimiste de l'élément chimique mercure, qui reprend lui-même celui de la planète. Il est donc logique que Charpentier n'attribue pas à son épithète une majuscule (dans la légende de sa planche XLII), réservée aux noms propres et non aux adjectifs. La traduction en français serait donc soit "mercuriale" (mais le terme a déjà une acceptation autre), soit plutôt "du (métal) mercure" pour être fidèle au texte de Charpentier en latin scientifique post-linnéen, ou "de Mercure" en latin classique.

Le symbole ☿ est rapproché du caducée d'Hermès, ou de son casque. Il associe un croissant cornes vers le haut au symbole de Vénus ♀ (un miroir : un cercle et une croix).

Conclusion : De l'adjectif latin mercurialis, e, "du mercure, de Mercure", car les mâles portent sur S2 un dessin noir que Charpentier a comparé "au symbole de l'élément chimique Mercure", lui-même repris du symbole de la planète Mercure en astrologie, tirant son nom du dieu romain ; ce symbole est rapproché du caducée ou du casque d'Hermès.

 

 

 

 

Cette épithète appartient à la catégorie des adjectifs descriptifs morphologiques. Le dessin de la marque de S2 donne aussi son nom, chez les Zygoptères,  à  :

  • Enallagma cyathigerum  (Charpentier 1840) (en forme de coupe) ,

  • Coenagrion ornatum (Sélys, 1850)  (ornée d'une pointe de broche ou d'ailes),

  • Coenagrion lunatum (Charpentier 1840) (en forme de croissant de lune),

  • Coenagrion hastulatum (Charpentier 1825) (en fer de lance hasté) .

et parmi les Anisoptères à :

  • Aeshna isocèle
  • Anax epiphigger

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René Ponot, Les signes alchimiques, Communication & Langages  Année 1971  12  pp. 65-79 https://www.persee.fr/doc/colan_0336-1500_1971_num_12_1_3903

René Ponot, Les signes alchimiques, Communication & Langages  Année 1971  12  pp. 65-79 https://www.persee.fr/doc/colan_0336-1500_1971_num_12_1_3903

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/agrion-de-mercure/

 

"mercuriale de mercurialis (lat) = qui appartient à Mercure : le dessin noir du 2ième segment abdominal ressemble au symbole de Mercure."

.

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Coenagrion mercuriale (Charpentier, 1840) after the Mercury symbol (☿)  for the shape of the black mark on the male's S2

 

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"mercuriale (Coenagrion) - Mercurialis, e = di Mercurio. Per la presenza sul secondo tergite di un disegno che ricorda il simbolo di Mercurio"

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

Non traitée

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"van mercurius = kwik (dit metaal is genoemd naar de Romeinse"


 

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LES NOMS EN LANGUE VERNACULAIRE.

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LES NOMS EN FRANÇAIS.

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1°) L'Agrion mercure, Sélys 1850.

Sélys, Revue des Odonates page 221. L'auteur décrit le 2ème segment de l'abdomen "avec une tache dorsale arrondie , appuyée en arrière sur le bord postérieur de même couleur, et prolongée en avant en trois cornes à-peu-près comme le signe de la planète Mercure ".

Comme à son habitude, Sélys-Longchamps propose comme nom français une traduction littérale du nom scientifique. Or, Charpentier n'avait pas placé de majuscule à son Agrion mercuriale (dans la légende de sa planche XLII).  Dans le texte de Sélys, tout  le nom est écrit en majuscule, ce qui ne permet pas de préciser s'il entend L'Agrion Mercure ou l'Agrion mercure.De toute façon, ce nom vernaculaire n'apparaîtra plus dans aucune publication depuis celle de 1850.

Sélys-Longchamps reprend en 1860  la description d'Agrion mercuriale sans nom français dans le Synopsis des Agrionines

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/271/mode/1up

 

2°) l'Agrion de Mercure, P.-A. Robert, 1958.

ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages  page 120

Par l'introduction de l'article "de", et d'une majuscule pour Mercure, Paul-André Robert reprend la traduction donnée par Gaffiot, et on ne peut lui donner tort, bien qu'il trahisse un peu la référence au métal mercure de Charpentier. Il faut comprendre : "L'Agrion du signe de Mercure" ...

Ce nom a été repris en 1985 par d'Aguilar et Dommanget, puis par tous les auteurs, avant d'être officialisé par la Liste de référence de la SFO en 2012 et par le site INPN. 

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LES NOMS EN D'AUTRES LANGUES.

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-en catalan : El Donzell mercurial (Coenagrion mercuriale) , « La Demoiselle mercuriale »

-en allemand: Die Helm-Azurjungfer  « La Libellule bleue à casque »

-en néerlandais : De mercuurwaterjuffer, l'Agrion de mercure"

-en frison : Klynjufferke, Helmjufferke

-en anglais : the southern damselfly,  "la Demoiselle du Sud »

- en espagnol : El Corta narices, « le Nez court »

 

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 SOURCES ET LIENS.

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 

— CHARPENTIER (Toussaint von), 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis nomen coloratis ; apud A. Gosohorsky, Wratislaviae. 225 pages, page 24.

Numérisé par Google.

— CHARPENTIER (TOUSSAINT DE ), 1840, Libellulinae europaeae ac depictae, L. Voss, 180 pages

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

CORBET (P.S° , 1991, Adv. Odonatol. 5 : 21-44 December, 1991 A brief history of odonatology P.S. Corbet Departmentof Zoology, University ofEdinburgh, Edinburgh, EH9 3JT, United Kingdom

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document;docid=593082

FABRICIUS, 1775, Systema entomologiae : sistens insectorvm classes, ordines, genera, species, adiectis synonymis, locis, descriptionibvs, observationibvs / Flensbvrgi et Lipsiae :In Officina Libraria Kortii,1775. page 425 :

https://www.biodiversitylibrary.org/item/82400#page/443/mode/1up

HÄMÄLÄINEN (Matti), 2017, Agrion 21(1) - January 2017 Stories from social and cultural odonatology: The genus name Kirby-Gomphus – the ironic culmination of Ferdinand Karsch’s critical polemic on W.F. Kirby’s work Matti Hämäläinen [matti.hamalainen@helsinki.fi]

http://www.caloptera.com/pdf/Hamalainen%202017%20The%20genus%20name%20Kirby-Gomphus.pdf

KIRBY (, W.F.) 1889. A revision of the Subfamily Libellulidae, with descriptions of new genera and species. Transactions of the Zoological Society of London 12(9): 249–348, pls. 51–57 excl.

http://www.biodiversitylibrary.org/ item/97233#page/393/mode/1up

 

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890, A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London, Gurney & Jackson; page 148 .

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/164/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. 
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1848, "Liste  des Libellules d'Europe et diagnose de quatre espèces nouvelles", Revue  Zoologique par la Société Cuvierienne, vol. 9 page 15

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19656#page/23/mode/1up

SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1854, Synopsis des Caloptérygines, Bulletins de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. n°20

https://www.biodiversitylibrary.org/page/2728662#page/1/mode/1up

SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1858, Monographie des Gomphines

https://www.biodiversitylibrary.org/item/123072#page/11/mode/1up

SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1871, Synopsis des Gomphines

https://www.biodiversitylibrary.org/page/5497402#page/248/mode/1up

SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
20 février 2019 3 20 /02 /février /2019 12:36

Zoonymie des Odonates : le nom de genre Coenagrion, Kirby, 1890. 

 

 

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

 

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ZYGOPTÈRES

Calopterygidae

 

Coenagrionidae.

BIBLIO :

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Résumé :

— genre Coenagrion, Kirby (W.F), 1890, Syn. Cat. Neur. Odon., London, :148. Du suffixe coen- "commun à, relatif au plus grand nombre, général", accolé au nom de genre Agrion [Fabricius 1775 puis Sélys] 1850, que Kirby réorganise complètement.  Parmi les Zygoptères (nommés alors Agrionidae), Kirby a réservé l'ancien nom de genre Agrion  aux Calopterygidae dans la sous-famille Agrioninae , et il a placé tous les autres (auparavant nommés Agrions) dans la sous-famille des Coenagrioninae  : Coenagrion doit, dans ce contexte, être interprété comme "l'ensemble des Agrions"  à l'exception des Calopterygides. 

— Nom commun en français : "Agrion" Jourde in Diskstra 2007, adopté par tous.

— Noms communs en d'autres langues : 

Leur élément commun est de souligner leur couleur, majoritairement  bleue. : "Die Azurjungfern "en allemand, "the Bluets" en anglais.

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

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LE NOM DE GENRE COENAGRION KIRBY, 1890.

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890, A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London, Gurney & Jackson; page 148 .

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/164/mode/1up

 

1°) Présentation de l'auteur, William Forsell Kirby (Leicester 1844-Londres 1912).

William Forsell Kirby est un entomologiste britannique, né le 14 janvier 1844 à Leicester et mort le 20 novembre 1912 à Londres.

Il fait ses études auprès d’un précepteur et très tôt s’intéresse aux papillons. Il fait paraître, dès 1862, un petit Manual of European Butterflies. En 1867, il devient conservateur du muséum  de la Société royale de Dublin. Kirby fait paraître en 1871 un Synonymic Catalogue of Diurnal Lepidoptera qu’il complète en 1877. En 1879, il rejoint le personnel du British Museum comme assistant après la mort de Frederick Smith (1805-1879). Il fait paraître alors plusieurs catalogues d’espèces comme Rhopalocera Exotica (1887-1897) ainsi qu’un Elementary Text-book of Entomology. Il prend sa retraite en 1909.

Ses types sont aujourd’hui conservés au Muséum d'histoire naturelle de Londres et une partie de sa collection au muséum national de Dublin.

Les principales contributions de William Forsell Kirby à l'odonatologie ont été une révision de la sous-famille des Libellulidae (Kirby 1889) et son Catalogue synonymique des Odonates du monde (Kirby 1890). La première publication classait les membres de la « sous-famille » des Libellulidés (pour nous, la famille) dans 88 genres, dont 39 nouveaux, et où  53 nouvelles espèces y ont été décrites.

Le catalogue synonymique mondial des odonates de Kirby (1890) donne la liste des quelques 1800 espèces existantes et de 103 espèces fossiles. Pour le rédiger, il a compilé les ouvrages de 122 auteurs (dont 24 auteurs spécialisés dans les fossiles d'Odonates). Il y introduit 

Kirby est également l'auteur pour les Odonates, outre le genre Coenagrion, des genres Devadatta et Caconeura ou  de l'espèce Lestes dyas, mais aussi du genre Somabrachys pour les Lépidoptères (en 1892), ou de 7 noms de Phasmatodea. (source : Animalbase)

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2°) Rappel de taxonomie au XIXe siècle avant Kirby.

Les Odonates forment un Ordre propre depuis Fabricius 1793, ou plutôt, ils ne sont encore alors qu'un sous-ordre des Nevroptera.  Ce sous-ordre est séparé en trois familles, les Libellulidae (2 sous-familles,  Libellulinae et Cordulinae), les Aeshnidae (s.-f. Aeshninae et Gomphinae) et les Agrionidae (s-f. Agrioninae et Calopterynae).

L'entomologiste belge de Sélys-Longchamps (1813-1900), après avoir rédigé la Monographie des Libellulidées d'Europe en 1840 et la Revue des Odonates en 1850,  a consacré une série de monographies ou de Synopsis à ces sous-familles. Ce furent les Synopsis des Calopterygines, en 1853, des Gomphines en 1858, et des Cordulines en 1871  ; et en 1860-1864, il a décrit les  les  Agrionines qu'il divise en trois Légions, les Pseudostigma, les Lestes et les Protonevra.

Kirby reprend la division  en 3 familles Libellulidae / Aeshnidae / Agrionidae, mais il  sépare les AGRIONIDAE en deux sous familles, les Agrioninae (33 genres) et les Coenagrioninae (85 genres). 

Les Agrioninae débutent par le genre Agrion Fabricius 1775, synonyme de ce qui est notre genre Calopteryx. Aucun des noms des 32 autres genres n'est bâti sur le nom Agrion

Les Coenagrioninae sont divisés en Pseudopterostigmatina (5 genres, dont Pseudostigma) et Normostigmatina  (80 genres). Le genre Coenagrion qui donne son nom à la sous-famille occupe la 56ème place de ces 80 genres. Il accueille 43 espèces mondiales, dont  C. puella Linnaeus 1758 qui est l'espèce-type du genre. Un grand nombre des noms des Normostigmatinae (17 d'entre eux) est composé sur -Agrion en final.
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Les Odonates réparties par Kirby

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Description originale :

Genus 56. Coenagrion. 

†  Agrion, Fabr. Syst. Ent, p. 425 (1775); Leach, Edinb. Encycl. ix. p. 137 (1819); Steph. 111. Brit. Ent., Mand. vi. p. 71 (1836) ; Charp. Lib. Eur. p. 21 (1840) ; Selvs, Mon. Lib. Eur. p. 146 (1840); Rev. Odon. p. 171 (1850) ; Bull. Acad. Belg. (2) xli. p. 1246 (1876). 

Puis suit les 43 espèces mondiales.

 

Le détail important est la petite croix ou obèle placée au début . En tête d'ouvrage, Kirby indiquait que cette obèle "denotes that the section of the genus to wich it is prefixed is not regarded as typical". Cela concerne :

  • 1775 Agrion Fabricius, Syst. Ent. :425
  • 1815 Agrion  Leach Edinb. Encycl. 9 :137
  • 1836, Agrion, Stephens, Ill. Brit. Ent. 6:71
  • 1840, Agrion, Charpentier, Lib. Eur. :21
  • 1840, Agrion, Selys, Monog. Lib. :146
  • 1850, Agrion,  Selys et Hagen, Rev. Odon. :171
  • 1876, Agrion, Selys, Bull. acad. Belg. 41:1246.

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/164/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/164/mode/1up

 

 

 

ÉTUDE DU NOM COENAGRION.

Du suffixe coen- "commun à, relatif au plus grand nombre, général", accolé au nom de genre Agrion Fabricius 1775 puis Sélys 1850, que Kirby réorganise complètement. 

Les suffixes coen- ou coeno- ou aussi cen- ou ceno- ou caen- ou caeno- proviennent du grec   koin-, koino-,  "koinos"  signifiant "commun, général"  comme dans coenoblaste, ou coenocyte, dans   coenesthesie ou cénesthésie (sensibilité commune), dans cénobite (vivant en commun), etc.. L'exemple le plus connu de l'emploi du terme grec est celui de la koinè , langue commune du monde grec aux époques hellénistique et romaine, et, par extension, toute langue véhiculaire commune à des locuteurs ayant des langues maternelles différentes.

Kirby a accolé au nom de genre Agrion de Fabricius ou de Sélys,   le suffixe coen- qui signifie "commun, général, rassemblé". C'est un nom "taxonomique", choisi pour des motifs de progression de la classification, et non "descriptif",  qu'il ne faut pas interpréter en traduisant les deux mots coen- et agrion (du grec agrios, "agreste") par : "répandu dans les champs".  Si on tient compte du fait que ce genre donne son nom à la sous-famille des Coenagrioninae, ou qu'il appartient à un groupe de 17 genres dont le nom est aussi construit sur un suffixe précédant "-agrion" (Pseudagrion, Megalagrion, Leptagrion, Leptagrion, Anisagrion, Argiagrion, Cénagrion, etc.), il me semble que Coenagrion doit être interprété comme "la plus grande partie des Agrion dénommés auparavant par Fabricius, Stephens ou Sélys" . Voir infra l'interprétation de Fliedner pour qui " Coenagrion, du grec Koinos, "commun" devait remplacer le nom Agrion de Fabricius en raison des vives dissensions pour savoir lesquels des Zygoptères avaient le droit de revendiquer ce nom". Initialement, le nom  Agrion de Fabricius comprenait tous nos Zygoptères. Puis ce genre a été divisé en de nombreux autres, dont beaucoup se terminaient par -agrion. Mais plus tard, des controverses ont éclatés pour savoir si le nom d'Agrion devait être attribué aux seules  Calopterygides ou aux autres Demoiselles. Pour mettre fin à tous les malentendus, Kirby a nommé Agrion les Calopterygides, et Coenagrion tous les autres genres. Mais le nom de genre Calopteryx était bien établi depuis Burmeister 1839, et le nom de genre Agrion de Kirby a finalement été invalidé."

 En résumé : Parmi les Zygoptères (nommés alors Agrionidae), Kirby a réservé l'ancien nom de genre Agrion  aux Calopterygidae dans la sous-famille Agrioninae , et il a placé tous les autres (auparavant nommés Agrions) dans la sous-famille des Coenagrioninae  : Coenagrion doit, dans ce contexte, être interprété comme "l'ensemble des Agrions"  à l'exception des Calopterygides. Mais il est bien difficile d'exprimer en une seule phrase la complexité de ces changements de portefeuilles.

Aujourd'hui, le sous-ordre Zygoptera comprend les super-familles des Calopterygoidea et des Coenagrionoidea, mais aussi des super-famille des Lestoidea et des Hemiphlebioidea. Parmi les  Coenagrionoidea se trouve la famille des Coenagrionidae Kirby, 1890, qui comprend, dans  la sous-famille des Coenagrioninae Kirby, 1890,  13 genres dont Coenagrion, Erythromma, Pyrrhosoma et Nehalenniale .

 

 

 

 

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/agrion-de-mercure/

 

"Coenagrion de coen dérivation probable de koinos = ensemble ; les Coenagrionidae volent souvent en tandems, et agrion, d’agrios = qui vit dans les champs ; en période de maturation, ces insectes fréquentent souvent les prairies."

Je ne partage pas cette interprétation.

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Coenagrion: Kirby, 1890 from Grk. κοινός = common, widespread + ἄγριος = wild, living in the fields."

Je ne partage pas cette interprétation, avec un contre-sens sur "commun" : coen- ne signifie pas "commun" au sens B du CNRTL, "répandu, habituel, banal" mais "partagé par tout un ensemble".

 

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"Coenagrion - κοινος, η, ον = nuovo, recente + αγριος = agrestis (Agrion). Nuovo genere simile ad Agrion (v. Cercion)"

Je ne partage pas cette interprétation, pourtant séduisante, car il n'est pas attesté que le suffixe coen- puisse se traduire par "neuf, recent". 

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"Coenagrion [gr. koinos - common] was to replace the name Agrion Fabricius because of a heavy dissension which Zygoptera had a right to claim that name ."

"Agrion was a name by Fabricius to comprise all Zygoptera. It is derived from gr. agrios [living on the fields, wild] and it might have been chosen, because zygopterans unlike e.g. flies do not live in the domestic area. This genus was split into numerous others many of which got names ending in -agrion. But later on controversies arose whether calopterygids or the other damselflies were the true agrionids. So to end all misunderstandings KIRBY (1890: 148) proposed the genus name Coen-agrion [gr. koinos - common] for all genera that were no calopterygids. But the name Calopteryx was well established since BURMEISTER (1839): so the elder name Agrion eventually was repressed (cf. FLIEDNER 1997: 41 sq.)."

Voir supra.

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"koinos = gewoon: agrios = landelijk"

 

La traduction que j'obtiens de gewoon est "ordinaire, courant" ;  la traduction littérale de Coenagrion passe à coté de son  sens taxonomique.

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NOM VERNACULAIRE DU GENRE COENAGRION.

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LE NOM EN FRANÇAIS : COENAGRION.

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La communauté des entomologistes francophones choisit, depuis Sélys,  son nom commun français au plus près du nom scientifique : on s'attendait à ce qu'elle choisisse de "traduire" Coenagrion par Coenagrion ou Cénagrion. Mais non : elle a choisi "Agrion". 

Dans l'annexe 3 du Guide de Jourde traducteur de Dijkstra, qui est la Liste des espèces traitées dans le guide, les choix nomenclaturaux de ces auteurs apparaissent clairement, avec des noms vernaculaires formés sur le moule binominal. Un "nom de genre" vernaculaire, en un seul mot,  est décliné selon les espèces de ce genre avec des qualificatifs idoines. La correspondance entre noms de genre scientifique et noms de genre vernaculaires est régulière et s'adapte aux changements taxonomiques survenus depuis Sélys. 

Ainsi, parmi les Coenagrionidae, toutes les espèces du genre Coenagrion portent le nom commun d'Agrion, etc, avec les translations suivantes :

  • Coenagrion = Agrions (13 espèces) dont Agrion de mercure, Agrion jouvencelle, Agrion exclamatif, Agrion mignon, etc.
  • Ceriagrion = Ceriagrions (2 espèces)
  • Ennalagma = Portecoupes (2 espèces)
  • Erythromma = Naïades (3 espèces)
  • Ischnura = Ischnures (7 espèces)
  • Nehalennia = Nehalennie (1 espèce)
  • Pseudagrion = Pseudagrion (1 espèce)
  • Pyrrhosoma = Nymphes ( 2 espèces)

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NOMS EN D'AUTRES LANGUES.

Leur élément commun est de souligner leur couleur, majoritairement  bleue.

 

-en allemand : "Die Azurjungfern" = "les demoiselles bleues ou Demoiselles d'azur" . Dans cette langue, les Zygoptères sont "les petites libellules" (der Kleinlibellen), et  les membres de la famille des Coenagrionidae "les libellules minces" (der Schlanklibellen).

-en néerlandais le nom de genre est le même que le nom de la famille des Coenagrionidae : "De waterjuffers" .

-en frison  : les  Coenagrioidae sont nommées "Smelle libellen". 

- en catalan, pas de nom commun générique , mais toutes les espèces de Coenagrion sont composés sur le modèle Donzell + qualificatif : 

  • Donzell del ratpenat (Coenagrion pulchellum).
  • Donzell de la ferradura (Coenagrion puella).

  • Donzell mercurial (Coenagrion mercuriale).

  • Donzell del trinxant (Coenagrion scitulum).

  • Donzell del gat (Coenagrion caerulescens).

  • Donzell llancer (Coenagrion hastulatum).

-en anglais : le nom commun du genre Coenagrion n'est pas univoque.  Ce serait  pour certains"the Eurasian Bluets". Quoiqu'il en soit,   le nom commun de "Bluets" apparaît dans le nom composé de nombreuses espèces de Coenagrion . Voir  la liste suivante :

 

  • Coenagrion armatum (Charpentier, 1840) – Norfolk Damselfly or Dark Bluet

  • Coenagrion angulatum Walker, 1912 – Prairie Bluet

  • Coenagrion caerulescens (Fonscolombe, 1838) – Mediterranean Bluet

  • Coenagrion hastulatum Charpentier, 1825 – Northern Damselfly, Spearhead Bluet

  • Coenagrion hylas (Trybom, 1889) – Siberian Bluet

  • Coenagrion intermedium Lohmann, 1990 – Cretan Bluet

  • Coenagrion interrogatum (Hagen in Selys, 1876) – Subarctic Bluet

  • Coenagrion johanssoni (Wallengren, 1894) – Arctic Bluet

  • Coenagrion lunulatum (Charpentier, 1840) – Irish Damselfly,Crescent Bluet

  • Coenagrion lyelli (Tillyard, 1913) – Swamp Bluet

  • Coenagrion mercuriale (Charpentier, 1840) – Southern Damselfly, Mercury Bluet

  • Coenagrion ornatum (Selys, 1850) – Ornate Bluet

  • Coenagrion puella (Linnaeus, 1758) – Azure Damselfly

  • Coenagrion pulchellum (Van der Linden, 1823) – Variable Damselfly

  • Coenagrion resolutum (Hagen in Selys, 1876) – Taiga Bluet

  • Coenagrion scitulum (Rambur, 1842) – Dainty Damselfly, Dainty Bluet

  • Coenagrion syriacum (Morton, 1924) – Syrian Bluet

 

 

 

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 SOURCES ET LIENS.

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

[Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 

— CHARPENTIER (Toussaint von), 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis nomen coloratis ; apud A. Gosohorsky, Wratislaviae. 225 pages, page 24.

Numérisé par Google.

— CORBET (P.S° , 1991, Adv. Odonatol. 5 : 21-44 December, 1991 A brief history of odonatology P.S. Corbet Departmentof Zoology, University ofEdinburgh, Edinburgh, EH9 3JT, United Kingdom

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document;docid=593082

— FABRICIUS, 1775, Systema entomologiae : sistens insectorvm classes, ordines, genera, species, adiectis synonymis, locis, descriptionibvs, observationibvs / Flensbvrgi et Lipsiae :In Officina Libraria Kortii,1775. page 425 :

https://www.biodiversitylibrary.org/item/82400#page/443/mode/1up

— HÄMÄLÄINEN (Matti), 2017, Agrion 21(1) - January 2017 Stories from social and cultural odonatology: The genus name Kirby-Gomphus – the ironic culmination of Ferdinand Karsch’s critical polemic on W.F. Kirby’s work Matti Hämäläinen [matti.hamalainen@helsinki.fi]

http://www.caloptera.com/pdf/Hamalainen%202017%20The%20genus%20name%20Kirby-Gomphus.pdf

— KIRBY (, W.F.) 1889. A revision of the Subfamily Libellulidae, with descriptions of new genera and species. Transactions of the Zoological Society of London 12(9): 249–348, pls. 51–57 excl.

http://www.biodiversitylibrary.org/ item/97233#page/393/mode/1up

 

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890, A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London, Gurney & Jackson; page 148 .

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/164/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. 
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1848, "Liste  des Libellules d'Europe et diagnose de quatre espèces nouvelles", Revue  Zoologique par la Société Cuvierienne, vol. 9 page 15

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19656#page/23/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1854, Synopsis des Caloptérygines, Bulletins de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. n°20

https://www.biodiversitylibrary.org/page/2728662#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1858, Monographie des Gomphines

https://www.biodiversitylibrary.org/item/123072#page/11/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1871, Synopsis des Gomphines

https://www.biodiversitylibrary.org/page/5497402#page/248/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
17 février 2019 7 17 /02 /février /2019 14:11

Zoonymie (étude du nom) des Odonates de l'Ouest de la France. Liste des articles rédigés.

 

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 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES. n=41

Libellulidae : n=19

 

Aeshnidae : n=10

 

Gomphidae n=7

 

Cordulegastridae n=1

Corduliidae, n=4.

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
16 février 2019 6 16 /02 /février /2019 00:58

Zoonymie des Odonates : étude des noms du Ceriagrion tenellum (de Villers, 1789), "le Cériagrion délicat".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

 

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé :

Ceriagrion, Selys, 1876 : Bull. Acad. Belg. 41:1235. Sélys distingua en 1876 plusieurs [sous-]genres du genre Agrion parmi lesquels Ceriagrion, Leptagrion et Pseudagrion. Ceriagrion se comprend comme  "Agrion d'un  jaune de cire" (du latin cereus, a, um, à la couleur de cire")", car les noms de l'espèce-type du genre,  C. Cerinorubellum Bauer 1865,  et  son synonyme junior A. cerinum Rambur 1842 se fondent sur cette étymologie.

tenellum, de Villiers 1789, Linn. Ent. 3:15 :  diminutif du latin tener = tendre, délicat ", que la description originale ne justifie pas  ; l'allure frêle est celle de tous les Zygoptères . Peut-être pour la délicatesse de la couleur rouge ? 

— Noms en français : 1°) "La Thérèse" (Villers, 1789) ; 2°) "L'Agrion tendre", Sélys, 1850 ; 3°) "L'Agrion délicat" P.-A. Robert, 1958 ; 4°) "le Cériagrion délicat", Jourde in Diskstra 2007.

— Noms en d'autres langues :

-en catalan : El Ferrer cama-roig 

-en allemand : Die Scharlachlibelle (Libellule écarlate) uch Zarte Rubinjungfer ( délicate Rubinjungfer) oder Späte Adonislibelle  (  libellule Adonis tardive )

- en néerlandais : De koraaljuffer 

-en frison :  Read hopke Read hopke, Simmerfjoe

- en anglais : The small red damselfly 

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

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LE NOM DE GENRE CERIAGRION SELYS, 1876.

[Sous-genre Cériagrion] Sélys-Longchamps, 1876, "Synopsis des Agrionines, le grand genre Agrion, Seconde partie" Bulletins de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique, 2ème série tome 42, Bruxelles, M. Hayez, 1876 pages 525-526

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1°)Préalable a) la classification des sous-genres d'Agrion :

tome 41 pages 247-322 et 1233-, page 1235

https://www.biodiversitylibrary.org/item/28491#page/1271/mode/1up

"Les huit sous-genres à ailes plus pétiolées appartiennent exclusivement, au contraire, aux contrées tropicales et australes, savoir, dans l'ancien continent: Pseudagrion, Xanthagrion, Ceriagrion et Argiagrion; et dans l'Amérique: Anisagrion, Telagrion, Leptagrion et Erythragrion.

Dans les huit premiers sous-genres, munis d'une épine vulvaire, et décrits plus haut dans la première partie du grand genre Agrion, une répartition géographique analogue se retrouve, l'hémisphère boréal froid et tempéré ne possédant que les Ischnura et Enallagma, à ailes peu pétiolées, représentées aussi par quelques groupes voisins dans les autres zones, savoir, les Cerutura, Anomalagrion et Anphyagrion de l'Amérique chaude.

Quant aux sous-genres de la première partie, à ailes plus pétiolées, ils sont exclusivement tropicaux; les Oxyagrion et les Acanthagrion en Amérique, et les Xiphiagrion en Malaisie.

1° Section : Secteur inférieur du triangle naissant avant la nervule basale postcostale (sous-genres habitant surtout l'hémisphère boréal tempéré).

A. Des taches postoculaires claires circonscrites.

a. Abdomen extrêmement grêle, son dessin presque semblable dans les deux sexes; coloration vert métallique .  Nehalennia.

b. Abdomen moins grêle, son dessin différent selon le sexe; coloration moins métallique . Agrion.

B. Pas de taches postoculaires circonscrites.

a. Coloration rouge Pyrrhosoma.

b. Coloration bronzée sur fond bleu ou jaunâtre.  Erythromma.

2° Section : Secteur inférieur du triangle naissant à la nervule nasale poscostale, ou à peine auparavant.

§ 1". — Sous-genres de l'ancien continent:

A. Des taches postoculaires claires circonscrites. Abdomen grêle ou médiocre à dessin différent selon le sexe.

a. Prothorax de la femelle muni au bout de deux tiges renversées en avant Pseudagrion.

b. Prothorax de la femelle simple : Xanthagrion.

B. Pas de taches post oculaires circonscrites.

Abdomen médiocre a dessin presque semblable dans les deux sexes.

a. Coloration jaune ou rougeâtre. Cils des tibias médiocres :  Ceriagrion.

b. Coloration verte et noire. Cils des tibias longs, très-divariqués (♂ inconnu) : Argiagrion.

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2°) la description originale   : 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/107938#page/533/mode/1up

.

"Sous-genre 15. — CERIAGRION , de Selys. 
Agrion, Fab., Ramb., Burm. 
Secteur inférieur du triangle naissant à la nervule basale postcostale (ou un tant soit peu auparavant), cette nervule placée plus près de la 1ère- que de la 2e antécubitale. Ptérostigma en losange, semblable aux quatre ailes; 10-15 nervules postcubitales. 
Pas de taches postoculaires circonscrites. 
Lèvre inférieure fendue dans son tiers apical environ, à branches un peu distantes. 
Tête, thorax et abdomen médiocres. 
Coloration générale jaunâtre orangée sans taches, ou mélangée d'olivâtre. Cils des tibias médiocres, peu divariques (5-6 aux postérieurs en dehors). Onglets à dent inférieure plus courte que la principale. 

10e segment échancré. Appendices anals supérieurs courts, épais; les inférieurs subcylindriques, un peu plus longs. 
♀ Pas d'épine vulvaire. Coloration presque semblable. 
Patrie : Afrique et Asie Tropicale. Malaisie. 
C. cerinorubellum, — glabrum. — Coromandelicinum (et race? melanurum). 

NB, Les Ceriagrions sont reconnaissables à l'uniformité de leur livrée. Le noir et le bronze n'entrent pour rien dans leur coloration, excepté sur les quatre derniers segments de la race melanurum du coromandelianum
Ils ont du rapport arec les Xantagrions de l'Australie; mais chez ces derniers le noir entre dans le dessin, délimite des raies postoculaire, et  se montre aussi sur I'abdomen; enfin cette dernière partie, chez les femelles , est autrement coloriée que chez les mâles. "


 

 

 

 

ÉTUDE DU NOM DE GENRE CERIAGRION.

Sélys a distingué en 1876 plusieurs sous-genre du genre Agrion créé par Fabricius en 1775 (invalide) en plaçant devant le nom Agrion un suffixe, créant ainsi  Pseudagrion, Xanthagrion, Ceriagrion et Argiagrion ; et dans l'Amérique : Anisagrion, Telagrion,  Leptagrion  et  Erythragrion. L'origine du suffixe ceria- n'est pas à rechercher directement dans le latin cereus, a, um "en cire" ou "couleur de cire" bien que l'auteur souligne la coloration générale jaunâtre orangée sans taches, ou mélangée d'olivâtre, et qu'il ajoute que "les Ceriagrions sont reconnaissables à l'uniformité de leur livrée", sans  noir ni bronze . Ce suffixe renvoie à l'espèce-type du genre, cerinorubellum décrite par  Bauer.

Or, celui-ci renvoyait dans sa description à deux autres espèces :  Agrion cerinum de Rambur et Agrion tenellum de de Villers : "

"Ich hielt diese Art für Ag. cerinum Rbr., doch gibt Rambur bei diesem die unteren Anhänge kurz an. Aehnlich sind die Anhänge von Ag. tenellum De Vill. gebildet." (Bauer, "Auf der Fregatte Novara gesammelte Libellulen" , in  Verhandlungen der Zoologisch-Botanischen Gesellschaft in Österreich:, Die Gesellschaft, 1865 Volume 15 page 511.

https://books.google.fr/books?id=rXFRAQAAMAAJ&dq=brauer+1865+++%22cerino-rubellum%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Bauer a réunit en un seul nom les espèces Agrion cerinum (Rambur)  et Agrion rubellum (Vander Linden).

 C'est dans l' Agrion cerinum décrit en 1842 par P. Rambur, (Hist, nat. Ins. Neuropt., Paris: 279) que nous trouvons la référence explicite à la couleur jaune de la cire :

 

"27. AGRION CERINUM, mihi.

Flavum; appendicibus superioribus truncatis brevissimis, crassis, inferioribus brevibus conicis, sabacutis, incurvis.

Ressemblant au Rubellum, mais plus grand ; d'un jaune un peu obscur et verdâtre sur le thorax. Tête ayant en dessus une large bande d'un brun roux, peu marquée. Bord postérieur du prothorax arrondi, peu élevé; thorax d'un jaune verdâtre ou bleuâtre, un peu bronzé en dessus, d'un jaune blanchâtre en dessous, n'ayant pas de lignes ou bandes apparentes. Abdomen d'un jaune de cire ; un peu obscur sur les derniers segments; bord postérieur du dernier beaucoup plus profondément échancré, et d'une manière circulaire, que chez le Rubellum ; appendices ressemblant un peu à ceux de cette espèce, les supérieurs très-courts, tronqués, épais, ayant la forme d'un tubercule , beaucoup moins larges; les inférieurs courts, mais beaucoup plus longs que chez le Rubellum, presque coniques, un peu courbés en dedans, terminés en pointe un peu courbée par en haut. Pattes jaunes. Ailes transparentes ; ptérostigma d'un jaunâtre sale. Du Sénégal et de Bombay. M. Guérin me l'a communiqué de Pondichéri. Je n'ai pas vu la femelle."

https://books.google.fr/books?id=TPoVPPS8I0QC&dq=rambur+Agrion+cerinum&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

C'est donc en se fondant sur des données historiques valides que nous pouvons écrire :

Sélys distingua en 1876 plusieurs [sous-]genres du genre Agrion parmi lesquels Ceriagrion, Leptagrion et Pseudagrion. Ceriagrion se comprend comme  "Agrion d'un  jaune de cire" (du latin cereus, a, um, à la couleur de cire")", car les noms de l'espèce-type du genre,  C. Cerinorubellum Bauer 1865,  et  son synonyme junior A. cerinum Rambur 1842 se fondent sur cette étymologie.

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Zoonymie des Odonates : étude des noms du Ceriagrion tenellum.
Zoonymie des Odonates : étude des noms du Ceriagrion tenellum.

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LE NOM D'ESPÈCE TENELLUM, VILLERS, 1789.

[Libellula tenella]  VILLERS (Charles de) 1789, 

Villers, C. de 1789. Caroli Linnaei entomologia, faunæ Suecicæ descriptionibus aucta; DD. Scopoli, Geoffroy, De Geer, Fabricii, Schrank &c. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliæ Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata. Tomus tertius. - pp. [1], 1-657. Lugduni. (Piestre & Delamollière), page 15.

https://books.google.fr/books?id=-sJ9Goxa4DMC&pg=PP7&lpg=PP7&dq=Caroli+Linnaei+entomologia,+faun%C3%A6+Suecic%C3%A6+descriptionibus+Tomus+tertius&source=bl&ots=JiGx3ApH3X&sig=ACfU3U345rBjODkcXDdhAM-PuBzVkM8TfA&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiBkd3C4LjgAhXR8eAKHUm6D8cQ6AEwCXoECAEQAQ#v=onepage&q&f=false

BIOGRAPHIE DE CHARLES DE VILLERS  (librement écrite d'après la Notice d'Etienne Mulsant)

Une amie de sa mère.

Charles Joseph de Villers (ou Devillers) est né à Rennes le 24 juillet 1724, mais ce n'est pas la Bretagne qui bénéficia de ses talents, car après le décès de sa mère et le remariage de son père, il eut à souffrir, alors qu'il n'avait pas dix ans, de la jalousie de la nouvelle épouse qui exigea son expulsion vers la capitale avec trois écus en poche. Heureusement, une amie de sa mère lui prodigua à Paris la tendresse nécessaire, ainsi que l'instruction qui le mena, dès ses dix-huit ans, à enseigner la physique. 

Madame Veuve Meynard.

Il perdit sa bienfaitrice mais le hasard fit qu'en 1753, il entreprit un voyage à Lyon ; "Son séjour dans cette ville devait être de huit jours seulement; une circonstance heureuse l’y retint pour le reste de sa vie. Il avait rencontré, dans Mme veuve Maynard , un nouvel ange tutélaire; il avait retrouvé près d’elle ces soins généreux dont les savants, les hommes de lettres et les artistes, ordinairement oublieux des intérêts matériels , sentent plus que tous les autres le besoin.

 "De Villers, né avec une âme noble, un cœur sensible aux bienfaits, éprouva de nouveau un de ces attachements vivaces qui survivent à la perte de l’objet qui les inspire. Long—temps après la mort de cette dame, à laquelle il se plaisait à donner le doux nom de mère, ses yeux se mouillaient de larmes de reconnaissance au souvenir de ses bontés."

Le voilà dégagé de tout souci domestique et  financier : il papillonne, s'enthousiasmant pour "ces corps célestes qui tournent au dessus de nos têtes" avec Fontenelle, puis avec l'abbé Pluche aux secrets de la petite araignée, de l'industrieuse abeille et du rusé fourmilion. Il se pique de sciences naturelles.

Veuve Meynard lui ouvre dès 1753 la porte de la Société des Beaux-Arts de Lyon. En 1764, celle de l'Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon s'ouvre à son tour devant lui.

Il botanise dans le Lyonnais , il pousse ses excursions avec Fleurieu de La Tourette, Gilibert, Tissier, Le Clerc de la Colombière jusqu'à la Grande-Chartreuse et à Grenoble. 

On lui présente les sommités locales, comme le P. Lefèvre,  l'érudit oratorien , ou de Laurencin , ou les illustres frères  Montgolfier, inventeur des aérostats (Villers en rend compte en 1784 à l'Académie) , mais aussi le minéralogiste Courvoisier,, et surtout  Commerson, le célèbre botaniste dont il avait suivi les pas. Il devient leur ami. 

Il se plait à élever, parmi les oiseaux, ceux qui causent.

Ayant vendu en rente viagère  pour 200 fr son magnifique cabinet de curiosité parisien, il en  constitue un autre  à Lyon qui fait l'admiration de tous. Il ouvre aussi un cabinet de physique en 1788.

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Mademoiselle Chantepinot.

Est-ce elle qui l'initie à la chasse aux papillons ? L'Histoire ne le dit pas, mais, une fois devenue son épouse, c'est elle qui épingle les insectes et les classe inlassablement dans des boites en carton à double vitre. De Villers avait un cabinet meublé de haut en bas de ces sortes de petites châsses , sur les tranches desquelles était inscrit le nom de l’individu qui s’y trouvait enclos. C'est encore la Chantepinot qui  rédige de son élégante écriture les étiquettes, Charles ayant horreur de ce qu'il nommait des pattes de musca. Et c'est sans doute en sa charmante  compagnie qu'il se rend la nuit au château de Montribloud (sur la commune de Saint-André de Corcy dans l’Ain) chez son riche ami Christophe-François Nicolau de Montribloud, receveur général des deniers communs, dons et octrois de la Ville et communauté de Lyon, c’est-à-dire : trésorier municipal. Là,  dès que les ombres commençaient à couvrir la terre , il allume un certain nombre de flambeaux dans une des chambres le plus favorablement tournées vers les bois et les prairies , et attire, par ce procédé peu usité encore, une foule de lépidoptères nocturnes. Les espèces nombreuses qu’il se procure par ce moyen, lui permirent de fournir des matériaux précieux pour l'ouvrage qu’écrit le Père Engramelle, et dont M. Gigot d’0rcy, fermier général, amateur éclairé des sciences, se charge de faire les frais.

Voir mon article sur Engramelle :

http://www.lavieb-aile.com/article-histoire-des-noms-francais-de-papillon-ii-engramelle-119754156.html

 

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Devillers mène ses grandes manœuvres entomologiques si activement et avec un tel engouement pour les idées de Linné que Lyon devient bientôt le second bastion du linnéisme après Montpellier. 

Dans son esprit  un projet est depuis longtemps arrêté  :  publier la partie entomologique du Systema naturae de Linné, y ajouter les paries du Fauna suecica, et  ajouter aux descriptions des espèces connues du Pline du Nord, celles de tous les insectes découverts jusqu’alors par les naturalistes qui avaient marché sur ses traces. Autrement dit, un Etat actuel de la science entomologique. En 1780, il fait paraître le prospectus de cet ouvrage. Un riche négociant de Lyon, possesseur d’une collection rapidement grossie, grâce à de nombreuses relations, M. Imbert Colomès, veut bien mettre à sa disposition tous les trésors de son cabinet. Le savant et respectable curé de Toussieux en Dauphiné, M. Villars, apporte aussi quelques pierres à l’édifice qu’il se propose d’élever; et bientôt  l’ouvrage sur lequel devaient reposer ses principaux titres de gloire touche à sa fin :je veux parler de l’Entomologie de Linnée, dans laquelle il avait refondu les parties de la Faune de Suède qui y ont_rapport, et ajouté les découvertes faites dans la science par Geoffroy, Scopoli, de Géer, Schranck, Fabricius et par lui-même. Il met la dernière main à ce travail en 1788. Las, son manuscrit était en français; le libraire Piestre et Delamollière , pour s’en charger, exigea sa transcription en latin, comme étant la langue le plus généralement employée parmi les savants (on sait que l'ouvrage de Geoffroy, publié en 1762 sans noms latins binominaux, a du être republié en 1785 par de Fourcroy) . Charles se soumet à cette condition , et, quelques mois après, les 4 tomes de son livre vit le jour sous le titre de Caroli Linnæi Entomologia. Son Praeloquium expose en xv pages les grands traits de l'histoire de la jeune science autour de cette idée :  Insectorum inquisitio valde laboriosa  (page xij)

Selon Animalbase, il est l'auteur de 19 espèces . Parmi lesquelles un seul Odonate.

La postérité lui ouvre ses portes : il peut mourir tranquille. Il attendra le  3 janvier 1810. 

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Description originale.

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Tenella, 27. L[ibellula] (la Thérese) alis hyalinis, puncto marginali minimo. Abdomine rubro, rubellove, thorace viridi lineato vel non lineato. V.

Hab. In Europa. In Gallia

Traduction : Libellula tenella, "La Thérèse. Ailes transparentes, point marginal de petite taille. abdomen rouge, ----- thorax aux lignes vertes, ou sans lignes. V. Vit en Europe. [observé en France. "  V. signifie « Villers »

Seul le mystérieux (et délicat) rubellove résiste à ma traduction. Il apparaît d'ailleurs en cette année 1785 dans les Sciences naturelles (dans les éditions tardives du Systema naturae), comme adjectif de couleur, en Zoologie ou en Mycologie, puis en Botanique (Arum Cretarum). On devine qu'il est un atténuatif de rubro, "rouge".

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Zoonymie des Odonates : étude des noms du Ceriagrion tenellum.

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RÉCEPTION DE L'ESPÈCE TENELLUM.

Sélys l'avait classée en 1840 en synonymie (?) d'Agrion rubella, puis en 1850 comme une espèce propre  parmi son genre Agrion comme Agrion tenellum "l'Agrion tendre",   puis en  1876 parmi les Pyrrhosoma (mais avec un point d'interrogation). En 1890, Kirby le classe comme  Pyrrhosoma  tenellum. Ris, en 1916, en fait un Ceriagrion tenellum.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/28491#page/1332/mode/1up

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ILLUSTRATIONS.

Images Lucas 1900

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/picture?id=12694

 

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Ceriagrion tenellum par Lucas 1900.

Ceriagrion tenellum par Lucas 1900.

Ceriagrion tenellum par Lucas 1900.

Ceriagrion tenellum par Lucas 1900.

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE TENELLUM.

Du  latin  tenellum,a, um, diminutif de tener, "tendre, délicat". Voir Gaffiot :

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=tener

Je remarque que le nom de Libellula tenella  succède à Libellula Puella avec lequel il répond par jeu de rime. Linné et ses disciples ont créé de nombreux diminutifs pour leurs Libellules, comme nymphula ou pulchella, et cela d'autant plus facilement peut-être lorsqu'il s'agissait de Zygoptères.

Les traductions de tenella par "tendre, délicat" ne rendent pas compte du diminutif, et il faudrait, à défaut d'une forme diminutive de ces adjectifs en français, traduire l'épithète par "petit tendre, petit délicat". L'adjectif "mignon" serait judicieux, s'il n'était déjà pris, pour la traduction de Coenagrion scitulum.

Rien, dans le bref texte de la diagnose, ne justifie le choix de ce terme et je ne trouve aucun indice de ce que l'auteur a pu trouver d'attendrissant ou de mignon, sauf dans cette couleur rubellove de l'abdomen. Mais comme cet adjectif latin est lui-même inusité et de sens imprécis, l'indice est insuffisant.

Jourde et Dijkstra décrive cette espèce comme une "Demoiselle fragile au vol frêle".

 

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/agrion-delicat/

"Ceriagrion : Du latin cerinus = cireux et du grec agrios = qui vit dans le champ, champêtre : l’espèce sud-est asiatique qui a servi à décrire le genre, C. cerinorubellum, présente un corps d’allure cireuse ; 

- tenellum, diminutif du latin tener = fragile."

 

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Ceriagrion: Selys, 1876 : probably a reference to the type species Agrion cerinorubellum Brauer, 1865

- tenellum : from Lat. tener, dimin. tenellus, -a, -um = delicate, tender"

 

 

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"tenellus, a, um = delicato, diminutivo di tenero. Per la forma del corpo."

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

 

"SELYS (1876) separated several genera from the genus Agrion, among these Ceriagrion, Leptagrion and Pseudagrion. Ceriagrion probably was named after the species Agrion cerinorubellum Brauer, which had its name from species names that were younger synonyms, i.e. A. cerinum Rambur [l. waxen](= C. coromandelianum (Fabricius) [l. from Coromandel]) and Agrion rubellum (Vander Linden) [l.- reddish]

(= C. tenellum (de Villers) [l. very tender])."

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"Ceriagrion :" cerinum (komt van Grieks keros) = van was ; agrion = (Grieks agrios) =wild, landelijk"

"Ceriagrion tenellum : tenellum = tengBr, teder, fijntjes"

 

 

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LES NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS DE CERIAGRION TENELLUM EN FRANÇAIS.

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1°) La Thérèse, de Villers 1789.

Charles de Villers a adopté pour les espèces de son ouvrage la règle que s'était fixé Geoffroy en 1762, de donner à toutes les "Demoiselles" (le nom français de l'époque pour les Libellules), un prénom féminin. Il a  ainsi baptisé la Laïs, la claire, la Lisette, la Gertrude, la Ninon, la Rosalie, l'Agathe, la Catherine, la Lise, tout en choisissant aussi  des surnoms féminins  comme La Piémontoise, la Danoise, la Bergère, la Pudique, ou La Victoire.

Si nous savons qui portait les prénoms Lovisa et Ulrica donnés par Linné et repris par Geoffroy sous la forme Louise et Ulrique (la reine de Suède Louisa-Ulrica), nous ignorons qui portait celui de Thérèse. 

Nous ignorons  d'ailleurs aussi le prénom de mademoiselle de Chantepinot, précieuse épouse de Charles de Villers.

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2°) L'Agrion tendre, Sélys, 1850.

https://books.google.fr/books?id=L9c5AAAAMAAJ&pg=PA180&dq=libellula+tenella&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjZo4fxlLzgAhWHmBQKHWfyDaAQ6AEIRjAF#v=onepage&q=libellula%20tenella&f=false

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3°) L'Agrion délicat. P.-A. Robert, 1958

"Synonyme l'Agrion rougeâtre"

 

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Nom adopté par d'Aguilar, Dommanget et Boudot depuis 1985 et 1987, puis par  l'INPN, et la SFO.

Jacques d' Aguilar, ‎Jean-Louis Dommanget, ‎Jean-Pierre Boudot – 1998, Guide des libellules d'Europe et d'Afrique du Nord.

Jacques d' Aguilar, ‎Jean-Louis Dommanget - 1985 , Guide des libellules d'Europe et d'Afrique du Nord Page 209

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/653286

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4°) Le Cériagrion délicat. Jourde in Dijkstra 2007.

Les choix  de Philippe Jourde et Dijkstra sont exposés en Annexe 2 :

"Nous avons considéré qu'il était important d'attribuer un nom vernaculaire à chaque espèce décrite dans ce guide. L'utilisation de noms communs, conjointement aux noms scientifiques, facilite une première approche vers l'entomologie." Pour certains odonates, dénués d'appellations commune, il a été nécessaire de créer de nouveaux noms ; pour d'autres, les appellations existantes ont été reprises directement ; pour d'autres encore, des choix ont été formulés (quand plusieurs noms vernaculaires existent ) ou de nouvelles propositions faites (quand les noms francophones actuels posent problème).

Il est impossible de commenter ici tous les choix effectués. Afin d'éviter toute décision arbitraire et de conserver la meilleure cohérence possible dans l'attribution des noms, nous avons suivi les règles suivantes :

  • utiliser les noms les plus usités quand ceux-ci ne posent pas de problèmes particuliers,
  • préférer les appellations génériques vernaculaires qui s'accordent avec la systématique : il est aberrant, par exemple, de dénommer "agrion" des espèces appartenant à des familles aussi différentes que les Coenagrionidae ou les Platycnemididae,
  • préférer les appellations courtes (idéalement deux mots : à Pseudagrion couleur de lait, nous préférons Pseudagrion laiteux, par exemple, 
  • éviter, tant que faire ce peut, les traductions directes des noms scientifiques quand elles n'apportent aucun élément pertinent (et surtout quand elles induisent en erreur). Nous dérogeons à cette règle quand des appellations de genre composant une même famille s'articulent autour d'une même racine. Ce type de dénomination permet intuitivement de classer une espèce dans la bonne famille, sans même la connaître. À cet égard, le cas des Gomphidae est exemplaire : Gomphes, Paragomphes, Ophiogomphes, Onychogomphes.
  • etc (5 autres paragraphes)

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Dans l'annexe 3 qui est la Liste des espèces traitées dans le guide, les choix nomenclaturaux apparaissent clairement, avec des noms vernaculaires formés sur le moule binominal. Un "nom de genre" vernaculaire, en un seul mot,  est décliné selon les espèces de ce genre avec des qualificatifs idoines. La correspondance entre noms de genre scientifique et noms de genre vernaculaires est régulière et s'adapte aux changements taxonomiques survenus depuis Sélys. 

Ainsi, parmi les Coenagrionidae, toutes les espèces du genre Coenagrion portent le nom d'Agrion, etc, avec les translations suivantes :

  • Coenagrion = Agrions (13 espèces)
  • Ceriagrion = Ceriagrions (2 espèces)
  • Ennalagma = Portecoupes (2 espèces)
  • Erythromma = Naïades (3 espèces)
  • Ischnura = Ischnures (7 espèces)
  • Nehalennia = Nehalennie (1 espèce)
  • Pseudagrion = Pseudagrion (1 espèce)
  • Pyrrhosoma = Nymphes ( 2 espèces)

Dans la cohérence de ce système qui se voulait "une contribution à l'établissement d'une future liste de référence des noms vernaculaires du monde", l'adoption d'un nom vernaculaire différent d'Agrion pour le genre Ceriagrion se justifie complètement. Mais ce choix n'a pas été suivi par les auteurs de la Liste de référence de la Société Française d'Odonatologie de 2012, pour lesquels "Les noms français ne doivent être utilisés qu'aux opérations de sensibilisation et de vulgarisation (essentiellement vers le grand public). Les noms proposés ici reprennent, dans la mesure du possible et avec quelques modifications mineures, ceux utilisés par Robert (1958). Cet auteur est le premier à avoir utilisé de manière avisée des noms français."

 

 

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LES NOMS DE CERIAGRION TENELLUM EN D'AUTRES LANGUES.

-en catalan : El Ferrer cama-roig 

-en allemand : Die Scharlachlibelle (Libellule écarlate) uch Zarte Rubinjungfer ( délicate Rubinjungfer) oder Späte Adonislibelle  (  libellule Adonis tardive )

- en néerlandais : De koraaljuffer 

-en frison :  Read hopke Read hopke, Simmerfjoe

- en anglais : The small red damselfly

- en gallois : gallois : mursen lygatgoch fach, sous réserve  (Geiriadur Enwau A Thermau)

- en breton : dimezellig ruz (petite demoiselle rouge) (en attente de validation pour Kreizenn ar Geriaouiñ KAG)

 

 

 

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 SOURCES ET LIENS.

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


 
 — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— CHARPENTIER (Toussaint von), 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis nomen coloratis ; apud A. Gosohorsky, Wratislaviae. 225 pages, page 24.

Numérisé par Google.

 

— FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544., page 348.

https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/348/mode/2up

 

— GEOFFROY (Etienne-Louis), 1762,  Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris. Chez Durand, à Paris 1762, in-4 (4) xxviij, 523pp. et (4), 2 volumes reliés.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991697/f615

— GEOFFROY (Etienne-Louis), 1799 Histoire abrégée des insectes, dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Tome 2 / par M. Geoffroy, C. Volland / Rémond (Paris)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1043241t/f227.image

http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/216/mode/2up/search/sylvie

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. page 229.

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/228/mode/2up

 

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. 
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1848, "Liste  des Libellules d'Europe et diagnose de quatre espèces nouvelles", Revue  Zoologique par la Société Cuvierienne, vol. 9 page 15

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19656#page/23/mode/1up


 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
11 février 2019 1 11 /02 /février /2019 16:15

Zoonymie des Odonates : étude des noms d'Onychogomphus uncatus (Charpentier, 1840), le "Gomphe à crochets".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

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Résumé :

Nom de genre Onychogomphus, Sélys, 1854 :  vient du grec ὄνυξ, ónyx  (onux, onukhos)  "ongle, serre, griffe" , associé à  -gomphus. Il signifie donc   :  "gomphus à ongle, gomphus à crochet " du fait de la forme des appendices anaux des mâles ;  -gomphus vient du grec  gomphos = "clou, coin, cheville" du fait de la forme en massue de l'abdomen des mâles. 

Nom d'espèce O. uncatus , Charpentier, 1840, :123 :  du latin uncus "crochet" signifie  " en crochet, recourbé", pour qualifier les appendices anaux mâles dans leur distinction avec ceux de O. forcipata "en forme de tenaille", même si cette distinction entre "crochet" et "pince" est plus nomenclaturale qu'opérante . Charpentier a modifié l'épithète d'Aeshna unguiculata (pourvu d'ongle) décrit par Fonscolombe en 1838. 

— Noms en français : 1°) Le Gomphus à crochets" Sélys, 1850 ; 2°) 'Onychogomphus à crochets", Sélys, 1857 ; 3°) Le Gomphe à crochets", P.-A. Robert 1958 ; 4°) "l'Onychogomphe à crochets". 

— Noms en d'autres langues :

Ils soulignent tous la différence de taille entre forcipatus (plus petit) et uncatus  .

- en allemand : Die Große Zangenlibelle

-en néerlandais : De grote tanglibel 

-en catalan : el Tallanassos gros,

- en anglais : The Large pincertail , ou The Blue-eyed hook-tailed dragonfly

 

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

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LE NOM DE GENRE ONYCHOGOMPHUS, SELYS, 1854.

 

http://www.lavieb-aile.com/2018/02/zoonymie-du-nom-de-genre-onychogomphus-selys-1854.html

SELYS-LONGCHAMPS (Edmond de), 1854, Synopsis des Gomphines, Bulletins de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. t.XXI(2) pp 23-112 page 33

https://www.biodiversitylibrary.org/page/36937548#page/605/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/page/36937548#page/612/mode/1up

 

 .

LE NOM D'ESPÈCE O. UNCATUS, (CHARPENTIER, 1840).

[Aeshna uncata], 1840,  Charpentier (Toussaint von ) Libellulinae europaeae descriptae ac depictae , L. Voss, Lipsiae  page 123 et planche 46 mâle et femelle.

selon Steinman : Type mâle : Mus. Nat. Hist. Nat. Paris, type-locality Gallia

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&dq=Toussaint+1840+caudalis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

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"52. AESCHNA UNCATA.
Tab. XLVI. mas et foem.

Aesch. nigra, flavo-maculata: maris appendicibus superioribus citrinis, angulosis, apice integro, compresso : foeminae temporibus aequalibus.

Annales de la Société Entomologique. Paris. 1838. Tom.VII. p. 104. Aesch. unguiculata.

Habitat in Gallia. — Ab amicissimo Prof. Kunze, Lipsiensi, Montispessulae in copula captus benigne mecum communicatus uterque sexus.

Praecedenti tam similis est, ut tantum signa hic enarraturus sim, quibus ab Aesch. hamata distincta est.

Maculae abdominis flavae multo maiores sunt, et dorsum segmenti octavi et noni in mare non nigrum, sed ad basin macula flava pictum.

-Appendices maris, praesertim superiores, non fuscae, sed laete citrinae: superiores apicibus minus horizontaliter flexis, sed paullum deorsum versis, parte flexa compressa, oblongula (quasi spatulata), et fossulis duabus seu impressuris longitudinalibus insignes: integrae, neutiquam bifidae. Inferior ut in Aesch. hamata comparata, fusca, im medio flavida, et, ut videtur, minus fissa.

-Foeminae tempora oculorum habent glabra, aequalia, et omni tuberculo carent, quod in corniculorum locum succedat, quae sunt praecedenti speciei. Sunt atra, et a medio ad os plaga quadam magna, longa, maculari, flava distinguuntur. Abdomen minus crassum. Sed de unico exemplo difficile est recte in universum statuere et iudicare.

Fabrica appendicum maris, et defectus cornuum in foeminae temporibus satis hanc speciem a praecedenti distinguunt.

[Adnot. Verba illustr. Boyer in Annales etc. l. c. appendices maris flavas esse, et superiorum apices non bifidos, omnem dubitationem eximunt, clarum virum de hac Aeschna, neque de Aesch. hamata (Aesch. unguiculata, Van der Lindem), locutum esse.]"

 

 

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE UNCATA.

Uncatus, du latin uncus "crochet" avec le suffixe -atus, signifie " en crochet, recourbé". Le latin classique connaît l'adjectif uncatus, a, um "recourbé, crochu" ainsi que  l'adjectif uncus, a, um, "recourbé, crochu" et les noms uncinus, i et uncus, i "crochet, grappin, ancre". 

Voir uncinus,i , uncus, i ,m. et uncus, a, um dans Gaffiot : 

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=uncatus+

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=uncus

.

Ni l'adjectif ni le nom latin ne se retrouvent dans la diagnose de Charpentier, ou dans sa description également en latin, mais l'épithète reprend à l'évidence le nom attribué par Vander Linden en 1823 et Fonscolombe en 1838 à une espèce citée en référence,  Aeshna unguiculata. Cellle-ci dérive du nom latin unguiculus, i "ongle" avec le suffixe -atus.

On trouve ce dernier terme, qui n'existe pas en latin classique, défini en 1803 par Philibert en Botanique ainsi : Unguiculatus, ungulatus, "onguiculé, ongulé, pourvu d'un onglet :  ou qui a quelque partie pourvue d'un Onglet. ". La première occurrence française du terme "onguiculé" se trouve en Zoologie chez Brisson en 1756 dans dans le sens "pourvu de petits ongles".    http://www.cnrtl.fr/definition/onguicul%C3%A9

Charpentier modifie le sens de l'épithète en passant de unguiculatus "pourvu d'un ongle" à uncatus "pourvu d'un crochet", mais sans trahir Fonscolombe, car ce dernier renvoie, dans le texte français, à la forme en crochet des appendices anaux du mâle. D'ailleurs, l'adjectif latin uncatus suit immédiatement, dans le dictionnaire, le nom uncatio, onis "courbure des ongles".

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2°) Une épithète déjà employée : unguiculata.

Source de la synonymie :  Kirby, W. F. 1890. A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata. Guerney & Jackson, London. 202 pp. page 58.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/4431547#page/74/mode/1up

"5. L. Uncata, Charp. (AEshna U.) 1. c. p. 123, t. 46 (1840) ; Gomph. Uncatus, Selys, Rev. Odon. p. 96 (1850) ; Onych. U., Selys, Bull. Acad. Belg. xxi. (2) p. 32 (1854); Mon. Gomph. p. 26 (1857). 

// AEshna Unguiculata, Fonsc. Ann. Soc. Ent. France, vii. p. 104 (1838). 
Gomph. Occitanicus, Ramb. Ins. Nevr. p. 165, t. 4. f. 3 c (1842). "

Dans sa préface, Kirby indiquait : "// denotes that the name so marked is preoccupied. "

J'ignore, puisque ni Kirby, ni Toussaint de Charpentier ne l'indiquent, quelles sont les espèces dont le nom est "pré-occupant" : Lestes unguiculatus Hagen 1861 est plus tardif ; il existe un Scarabeus unguiculatus Gmelin 1790,  Copris unguiculatus Olivier 1790, un Nautilus unguiculatus Gmelin 1791, mais en réalité, le motif semble être  que Aeshna unguiculata Fonsc. a été ramené au titre de variété puis de sous-espèce de Ae. forcipata.

 

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3°) Aeshna unguiculata Boyer de Fonscolombe 1838.

 

Aeshna unguiculata,  Boyer De Fonscolombe, E. L. J. H. 1838. Monographie des Libellulines des environs d'Aix. Annales de la société entomologique de France, 7(1838): 75-106. page 104

https://www.biodiversitylibrary.org/page/15643257#page/108/mode/1up

 

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10. AEshna unguiculata , Vanderl. 

AE. thorace luteo, suprà strigis sex incurvis, nigris; abdomine nigro, maculis dorsalibus subquadratis, luteis ; appendicibus analibus maris tribus, recurvis, ultimo segmento longioribus, macula marginali alarum nigrâ. 
VANDERL. AEshn. Bonon., n° 7, f. 6, mas. 

Lib. forcipata , Linn., Syst. nat, edit. 12e, 1, 903, 11. 
Gmelin, Sp. nov., 1, 2625, ii {exclusis synonymis). 
Lib. Viridi-cincta, DEGÉER., Mém. II, 2, p. 186, t. xxi , f1, mas. 
SCHOEFF,, Icon. Ins. , t. lxxxviii , f. 1? maris varietas? 

Long. 0,05. Enverg. o,o63. 

--Mâle. La tête est verte, la bouche noire. Le chaperon séparé du front par une ligne noire. Une autre ligne transverse coupe le front. Le sommet de la tête est noir en avant, entre les yeux, quelquefois avec une tache verte dans le milieu ; il est jaunâtre en arrière. Les yeux sont vert-grisâtre. Le corselet est d'un vert- jaunâtre ; il y a en dessus, sur le devant, une bande anguleuse, coupée longitudinalement par une ligne jaune, ouverte, et quatre à cinq lignes obliques, courbes sur les côtés, sous les ailes; ces bandes sont  noires. 

L'abdomen est moins épais que dans les Aeshna maculatissima , mixta , etc.; il est noir, avec une tache verdâtre, 
grande, anguleuse, lancéolée, sur le dos de chaque segment; cette tache est coupée transversalement dans son milieu par une ligne noire. L'oreillette du deuxième segment est verte, grande et remarquable. Les deux derniers segments ont à la place de cette tache trois petites taches placées transversalement , ou le bord postérieur de la même couleur, sinué en avant. Le ventre et les côtés de l'abdomen sont tachetés de vert -jaunâtre. Les derniers segments, comme dans l'espèce précédente, sont dilatés latéralement vers le ventre. L'extrémité de l'abdomen est plus grosse et plus large que le reste. L'anus est largement tronqué postérieurement. Il est terminé par trois appendices fort grands ; les deux supérieurs épais, recourbés en crochet en bas à leur extrémité, jaunes ; l'inférieur est de la même grandeur, recourbé en crochet en haut; sa base a deux petites dentelures; elle est profondément fendue en deux, ordinairement brune , quelquefois roussâtre. Les deux supérieurs ne m'ont pas paru bifides à leur extrémité, comme le dit Vanderlinden. 
Le côté interne de la base des ailes est tronqué net et brusquement , et l'angle anal presque aigu et bien marqué. 
Les ailes sont transparentes. Le stigmate noir. La côte jaunâtre. 
Les pattes sont noires; la base des cuisses d'un vert-jaunâtre. 

--La femelle diffère du mâle par les appendices anals très-courts, simples, droits, jaunes ; par les taches vertes des côtés de l'abdomen plus grandes; l'avant-dernier segment marqué d'une bande jaune, avec une seule tache noire, et le dernier tout jaune; point d'oreillettes au deuxième segment.

Fort commune l'été. Elle vole ordinairement le long des sentiers, dans des endroits secs, et loin des eaux. "

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4°) Aeshna unguiculata Vander Linden 1823.

L'espèce décrite par   Vander Linden a  actuellement le statut de sous-espèces de O. forcipatus :

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65253/tab/taxo.

Dans sa description en latin, 

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=unguiculata&f=false

Vander Linden décrit dans sa diagnose  maris appendicibus tribus, recurvis ("les trois appendices du mâle recourbés", puis dans le texte, qui renvoie à des descriptions de Latreille et de Gmelin, appendices abdominis tres, majores quam in Aeshna forcipata, uncinatae, rufescentes "trois appendices abdominaux, plus grands que chez Aeshna Forcipata, en crochet, roussâtres" , et enfin Distinguenda tamen est: namque mas AEshinae unguiculatae tres gerit appendices uncinatas , bifidas: mas vero AE. forcìpatae quatuor habet nec uncinatas, nec bifidas; "Cependant, il doit être distingué ; car il porte  le mâle AEshinae unguiculatae possède  trois appendices griffus  et fourchus (bifides), tandis que le mâle AE. forcipatae en possède quatre qui ne sont ni griffus ni fourchus."

Nous constatons donc un glissement sémantique de Latreille et Gemlin à Vander Linden, puis Fonscolombe et enfin Charpentier de divers adjectifs recurvis, uncinatus, unguiculatus, ou uncatus, autour de la même  constatation morphologique d'appendices anaux mâles pourvus d'ongle /en forme d'ongle / en forme de griffe [les ongles des animaux] / griffu / crochu / en forme de crochet, même si ces auteurs ne décrivaient finalement pas les mêmes espèces.

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Conclusion :  uncatus, du latin uncus "crochet" signifie  " en crochet, recourbé", pour qualifier les appendices anaux mâles dans leur distinction avec ceux de O. forcipata "en forme de pince", même si cette distinction entre "crochet" et "tenaille" ou"pinces" est nomenclaturale plutôt qu'opérante.  (Des dessins sont plus efficaces que des descriptions). Charpentier a modifié l'épithète d'Aeshna unguiculata (pourvu d'ongle) décrit par Fonscolombe en 1838. 

 

Un chapitre un peu ardu à débrouiller, et encore plus ardu à résumer.

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LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/gomphe-a-crochets/

" De uncatus (lat) = muni de crochets, les appendices anaux des onychogomphes sont en forme de crochets, de pinces ou de tenailles. "

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 DRAGONFLYPIX
http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 


 "from Lat. uncatus, -a, -um = armed with a hook or hooks [uncus = hook] for the shape of the male's appendages".

 


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D'ANTONIO & VEGLIANTE.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"uncatus (Onychogomphus) - uncatus, a, um = curvato. Per la presenza dei cerci curvati ad uncino"

 

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H. FLIEDNER, 2009
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

non décrite.

 

.
VAN HIJUM, 2005.
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

non décrite.

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NOMS VERNACULAIRES.

 

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LES NOMS D'ONYCHOGOMPHUS UNCATUS EN FRANÇAIS.

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1°) "Le Gomphus à crochets", Sélys 1850 

Revue des Odonates page 96

https://books.google.fr/books?redir_esc=y&hl=fr&id=Xa98vgAACAAJ&q=uncatus#v=snippet&q=uncatus&f=false

Traduction de Gomphus uncatus, nom scientifique alors en usage, au prix d'un néologisme que j'ai déjà signalé pour les autres Gomphus et Onychogomphus.

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2°) "L'Onychogomphus à crochets" Sélys, 1857

 

Monographie des Gomphines 1857

https://www.biodiversitylibrary.org/item/123072#page/44/mode/1up

Même principe, seulement adapté à la création par Sélys de son genre Onychogomphus.

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3°) "Le Gomphe à crochets", Robert 1958 page 214

P.A. Robert, sans doute choqué comme moi par le barbarisme  Gomphus et son aggravation en Onychogomphus pour des noms en français, a corrigé ceux-ci en les regroupant sous les noms de Gomphe. 

C'est le nom retenu pour la Liste de référence de la SFO et pour l'INPN.

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4°) "L'Onychogomphe à crochets", Jourde in Dijkstra 2007.

En 2007, Philippe Jourde, certainement pour coller au plus prêt de la taxonomie, a souligner la distinction entre les Gomphes (neuf espèces françaises), les Ophiogomphes (une espèce), les Onychogomphes (sept espèces) et les Paragomphes (deux espèces) pour sa traduction du guide de K.-D. B. Diskstra. 

Dans sa participation à Libellules de Poitou-Charente, le même auteur reprend le nom de Gomphe à crochets, mais place Onychogomphe à crochets en synonyme.

 

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LES NOMS D'ONYCHOGOMPHUS UNCATUS EN D'AUTRES LANGUES.

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Ils soulignent tous la différence de taille entre forcipatus (plus petit) et uncatus  .

- en allemand : Die Große Zangenlibelle

-en néerlandais : De grote tanglibel 

-en catalan : el Tallanassos gros,

- en anglais : The Large pincertail , ou The Blue-eyed hook-tailed dragonfly

-en breton : Lost-meud bihan (« grande queue pince") en attente de validation pour le dictionnaire technique breton GAK

 

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https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65254/tab/taxo

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SOURCES ET LIENS.

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 Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 .

OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— BOUDOT (J.-P.) DOMMANGET (J.-L.) 2012,   Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp. 

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

 — DIJKSTRA  ( K.-D. B.)  & Lewington, (R.) 2015. Guide des libellules de France et d'Europe. Guide Delachaux. Delachaux et Niestlé. Paris. 320 p.

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

GRAND (D.),  BOUDOT (J.-P.). 2007. Les libellules de France, Belgique et Luxembourg. Biotope, Mèze. Collection Parthénope. 480 pp.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 


 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— CHARPENTIER (Toussaint von), 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis nomen coloratis ; apud A. Gosohorsky, Wratislaviae. 225 pages, page 24.

Numérisé par Google.

— CHARPENTIER (Toussaint von), 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae , L. Voss, Lipsiae 

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&dq=Toussaint+1840+caudalis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— FONSCOLOMBE (  E. L. J. H. Boyer de-),1838. Monographie des Libellulines des environs d'Aix. Annales de la société entomologique de France, 7(1938): 75-106., page 104.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/15643286#page/108/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. 
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1848, "Liste  des Libellules d'Europe et diagnose de quatre espèces nouvelles", Revue  Zoologique par la Société Cuvierienne, vol. 9 page 15

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19656#page/23/mode/1up

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 15:19

Zoonymie des Odonates : étude des noms de Somatochlora metallica (Vander Linden, 1825), "la Cordulie métallique" .

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

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Résumé.

— Somatochlora (Sélys-Longchamps, 1871),  Bull. Acad. r. Belg., (2) 31: 279. Du grec sôma = le corps et khlôros = vert : "qui a le corps vert". En 1840, Charpentier avait nommé ce genre Chlorosoma, même sens, mais le nom était déjà utilisé pour un genre de reptile (Wagler, 1830), et  Sélys a du le modifier.

metallica  (Vander Linden, 1825) : Monog. Libell. Eur. ; 18 : du latin signifiant  "métallique", pour les reflets de la  couleur vert-bronze semblable à celle de Cordulia aenea, dont il distingue par ailleurs les différences dans sa diagnose.

— Noms en français : 1°) La Cordulie métallique, Sélys, 1840, par traduction du nom scientifique: c'est le nom retenu par les instances nationales ; 2°) "La Chlorocordulie métallique", Jourde in Dijkstra 2007.

— Noms en d'autres langues.

-en allemand : Die Glänzende Smaragdlibelle

- en néerlandais : De metaalglanslibel

- en frison :  Glanzige glêzemakker, Glansgrienkop

- en croate : Lesklice zelenavá  cestina

- en suédois : Metalltrollslända sued

- en finlandais : Välkekorento

- en hongrois : A fémzöld szitakötő  magyar

- en  norvégien : Vanlig metalløyenstikker

- en slovène :  Kovinski lesketnik

- en anglais : The Brilliant emerald

-en gallois : Gwas gwyrdd gloyw

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NOM SCIENTIFIQUE.

 

NOM DE GENRE SOMATOCHLORA.

Le nom du genre Somatochlora, Sélys-Longchamps 1871.

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LE NOM D'ESPÈCE  SOMATOCHLORA METALLICA (VANDER LINDEN, 1825).

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[Libellula metallica ], Vander Linden (Pierre-Léonard) 1825, Monographiae Libellulinarum Europaearum Specimen. Bruxellis, apud J.Frank, bibliopolam, Via Vulgo de la Putterie : 42 pp. Page 18 n° 13.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

Pierre -Léonard Vander Linden est un médecin et entomologiste belge ( Bruxelles, 12-12-1797/ Bruxelles, 4-04-1831) que les biographies en ligne présentent essentiellement comme un spécialiste des Hyménoptères. Pourtant, il est l'auteur de 7 espèces d'Odonates en 2 publications de 1820 et 1827 . Voir mon article sur I. elegans (Vander Linden, 1820). http://www.lavieb-aile.com/2018/10/zoonymie-des-odonates-le-nom-aeshna-affinis-vander-linden-1820-l-aeschne-affine.html

J'emprunte cette biographie à BESTOR :

Né le 12 décembre 1797, Pierre-Léonard Vander Linden est le fils aîné d’un médecin et est destiné très jeune à poursuivre une carrière médicale. 
Il est inscrit au Lycée de Bruxelles et suit les cours d'Antoine Noël Bachelier, Lallemand et Jean-Baptiste Lebroussart. Pendant cette période, il collectionne les papillons avec plusieurs compagnons, entre autres, Constantin Wesmael et Schuremans.  En 1817, il obtient une des bourses de la fondation Jacobs à l’Université de Bologne. Ces bourses sont octroyées depuis 1650 suite à une initiative de Jean Jacobs, orfèvre bruxellois, pour l’instruction universitaire de jeunes brabançons. 
Il part le 2 octobre 1817 en Italie et profite de son voyage pour prendre contact avec l’entomologiste Pierre-André Latreille (1762-1833) de Paris et pour collectionner les insectes, coquilles, roches et plantes qu’il découvre sur son passage. Pendant ses études, il continue ses observations en Italie et se lie d’amitié avec le zoologue Camillo Ranzani (1775-1841) dont il devient le collaborateur. Il est également remarqué par le clinicien J. Tommasi dont il s’attache à traduire et à faire connaître les travaux. 
Le 17 avril 1821, il est reçu docteur de la faculté de médecine de Bologne.
La même année, il suit les cours de François Broussais (1772-1838) à Paris.
De retour à Bruxelles, il est reçu docteur en médecine de l’Université de Louvain, le 15 juillet 1823. Il est nommé professeur de zoologie au Musée des sciences et des lettres et enseigne les sciences naturelles à l’Athénée de Bruxelles.
Vander Linden est membre de la Société des sciences médicales et naturelles de Bruxelles dont il est d’abord secrétaire adjoint et puis secrétaire perpétuel. Il fait également partie de la Société de flore de Bruxelles. Il est élu membre de l'Académie royale des Sciences et Belles-Lettres de Bruxelles, le 28 octobre 1826. Il décède le 5 avril 1831 des suites d’une gastro-céphalite."

https://www.bestor.be/wiki/index.php/Vander_Linden,_Pierre-L%C3%A9onard_(1797-1831)

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Description originale.

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L[ibellula]  viridi-ænea, abdominis medio incrassato, appendicibus analibus omnibus maris simplicibus, acuminatis; alis lutescentibus, macula marginali lutea.

-Harris. Expos. of Engl. Ins., tab. 27, f. 2. mas. [Libellula aenea]

-Roesel. Ins. II, Aq. II, tab. 5, f. 2. mas.

-Schaeffer. Icon., tab. 1 13, f. 4. fem.

 

- Mas. Caput æneum, fascia frontali arcuata, labii superioris basi, inferiori toto, luteis. Oculi virides, supra rufescentes. Thorax aeneus rufo-tomentosus. Abdomen æneum : secundi segmenti angulis posticis subtùs latè productis : ejusdem margine postico, puncto utrinque, et striga laterali, tertii autem macula utrinque laterali baseos, luteis. Appendices anales acutæ : superiores tenues, basi ab invicem remotæ, externe sinuatæ, longitudine duorum ultimorum segmentorum abdominis : inferior, brevior, crassior, triangularis. Pedes nigri, femoribus anticis basi luteis. Alæ lutescentes, callis nigris luteo maculatis, macula marginali lutea, membranula accessoria albida, posticarum magna, ad marginem internum cinerea,

- Femina. Hujus primum et secundum abdominis segmentum, margine postico et laterali, punctoque utrinque luteis: cætera immaculata. Antepenultimum autem subtùs et posticè in appendicem concavo-acuminatam, productum. Appendices anales duobus ultimis segmentis abdominis longiores. Caput thorax, alæ, pedes ut in mare.

Longit. 22—23 lin. Extens. alar. 34 l.

Habitat Bruxellis. Mus. nostr. ,

.

Essai de traduction partielle :

 

— Diagnose : "Libellule vert-bronze, abdomen épaissi au milieu, tous les appendices anaux du mâle simples et pointus ; ailes jaunâtres, tache marginale [ptérostigma] jaune."

— Description du mâle :  "La tête bronze, avec une bande arquée frontale, la base de la lèvre supérieure et toute la partie inférieure, jaunes. Les yeux verts, le dessus tendant vers le roux. Thorax bronze couvert d 'épais poils roux . Abdomen bronze : l'angle postérieur [---] appendices anaux pointus, les supérieurs minces , [---] pattes noires, la base des cuisses antérieures jaunes. Les ailes jaunâtres, nervures (callis?) noires tachées de jaune, tache marginale jaune, membranule accessoire blanche, , grande en postérieur, avec la marge interne gris-cendré."

Curieusement, le critère distinctif principal avec C. aenea, les marques jaunes frontales, n'est pas signalé dans la diagnose, mais dans la description du mâle. 

.

Vander Linden signale qu'il reconnait son espèce dans l'illustration donnée par Harris en 1776-1780 sous le nom de Libellula aenea, ou dans celle donnée par Roesel en 1749 dans Insecten Belustigung, ou dans celle de la planche 113 de Schaeffer . Voici les 2 premières illustrations, peu convaincantes à mon sens (je ne vois pas le front jaune), mais c'est pour le plaisir :

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Harris, Exposition des insectes qui se trouvent en Angleterre pl. 27 fig.2 https://www.biodiversitylibrary.org/item/226006#page/152/mode/1up

Harris, Exposition des insectes qui se trouvent en Angleterre pl. 27 fig.2 https://www.biodiversitylibrary.org/item/226006#page/152/mode/1up

Roesel, Insecten Belustigung II, pl.V fig 2  https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0259/image

Roesel, Insecten Belustigung II, pl.V fig 2 https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0259/image

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Toussaint de Charpentier illustre en 1840  la Cordulie métallique dans une planche, dont la reproduction n'est pas excellente.

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https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=metallica&f=false

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=metallica&f=false

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En 1900, le britannique Lucas donne une excellente planche du mâle et de la femelle.

Lucas, W. J. 1900. British dragonflies (Odonata). - pp. i-xiv [= 1-14], 1-356, Pl. I-XXVII [= 1-27]. London. (Gill).

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La femelle S. metallica par Lucas.

La femelle S. metallica par Lucas.

Le mâle S. Metallica par Lucas (animalbase)

Le mâle S. Metallica par Lucas (animalbase)

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE METALLICA.

 : du latin metallicus, a, um "de métal" (Gaffiot, avec des exemples tirés de Pline), donc "métallique", issu du grec ancien metallikos .

https://fr.wiktionary.org/wiki/metallicus

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=metallicus

Cette épithète renvoie à la description de la couleur vert-bronze (viridi-aeneum) de cette libellule. Vander Linden décrit cette nouvelle espèce juste après avoir décrit la Libellula aenea de Linné ainsi :  Libellula tota viridi-aenea . Comme il ne peut reprendre l'épithète aenea, il utilise un synonyme, metallica. On peut s'étonner qu'il n'ait pas songer à la nommer d'après les critères spécifiques qu'il énonce dans sa diagnose, comme les ptérostigmas jaune (et non noirs), les appendices anaux pointus (et non crochus), la forme de l'abdomen épaissie dès le milieu (et non en massue à sa pointe), voire le bandeau jaune frontal qu'il décrit ensuite. L'avantage de son choix est de souligner la proximité de Libellula aenea et de Libellula metallica, l'inconvénient est de ne pas mettre en avant leurs différences.

Résumé : metallica, du latin signifiant "métallique" pour la couleur vert-bronze semblable à celle de Cordulia aenea , dont il distingue par ailleurs les différences dans sa diagnose.

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LES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM :

 Le nom est particulièrement facile à interpréter et le consensus est entier parmi les auteurs. 

 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulie-metallique/

"De metallon (gr) = initialement la mine, puis le métal que l’on y trouve : le corps de cette espèce présente des reflets métalliques."

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

" - metallicus, a, um = metallico. Con riflessi metallici. "

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"metallica (Vander Linden) [l. metallic] describes the spectacular metallic sheen of this species."

.

— VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

" metallica = metaalachtig glanzend "

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Corpus.

Le corpus de noms créés par Vander Linden comprend 7 espèces d'Odonates et un genre d'Hyménoptères. Parmi les espèces d'Odonates, nous trouvons 6 épithètes descriptives (dont 3 de couleur)  et  1 taxonomique. 

Ischnura elegans, (Vander Linden, 1820)

Sympecma fusca, (Vander Linden, 1820)

Somatochlora metallica, (Vander Linden, 1825)

Leucorrhinia dubia, (Vander Linden, 1825)

Coenagrion pulchellum, (Vander Linden, 1825)

Lindenia tetraphylla (Vander Linden, 1825)

Lestes viridis, (Vander Linden, 1825)

et le genre d'Hymenoptères  Pryonis, 1827.

 

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LES NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS DE S. METALLICA EN FRANÇAIS.

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1°) "La Cordulie métallique", Sélys 1840.

— Monographie des Libellulidées d'Europe page 64

https://books.google.fr/books/about/Monographie_des_libellulid%C3%A9es_d_Europe.html?id=NaI-AAAAcAAJ&redir_esc=y

— Revue des Odonates page 69

https://books.google.fr/books?id=Xa98vgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Sélys écrit :

"Diagnose. — Vert-bronzé. Une bande transverse sur le devant de la tête et base de la lèvre supérieure jaunes.

[...]

La C. metallica habite probablement toute l'Europe tempérée, mais elle n'est commune nulle part; je l'ai prise en Lombardie au mois de juin et en Belgique au 20 juillet. Toussaint de Charpentier l'indique en Silésie et aux environs de Berlin.

La Metallica se distingue de suite de toutes ses congénères à la bande jaune qui traverse le front. Les individus de Belgique ont souvent les ailes très-lavées de jaunâtre.

On connait la règle d'Edmond de Sélys-Longchamps, qui est de donner après le nom scientifique Cordulia metallica une transcription en français la plus proche de ce dernier, sans se préoccuper le moins du monde de la valeur du nom français qu'il n'utilise pas (parlant de "la metallica") et dont il n'envisage pas qu'il sera utilisé dans les milieux entomologistes.

Le nom disparaît effectivement de la littérature, jusqu'en 1958 où il est repris par Robert (je n'ai pu m'en assurer), en 1959 dans Alexanor, en 1985 par d'Aguilar et Dommanget (Guide des Libellules), etc.. avant d'être officialisé dans la Liste de référence de la SFO 2012 et sur le site INPN du Muséum. 

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65393

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2°) "La Chlorocordulie métallique", Jourde 2007.

 

Dans sa traduction en 2007 du Field Guide to the Dragonflies of Britain and Europe de K.-D. B. Diskstra 2006, Philippe Jourde introduit le nom de "Chlorocordulie métallique", plaçant celui de Cordulie métallique" en retrait.

En toute logique, il adaptait la démarche de traduction du nom scientifique qui, depuis Sélys, était passé de Cordulia metallica à Somatochlora metallica  et il regroupait les noms français du genre Somatochlora Sélys, 1871 (dont Chlorocordulie est la transcription) dans une série homogène : les Chlorocordulies métallique, méridionale, à taches jaunes, arctique, alpestre, polaire, et de Thrace.

Sur le site Poitou-Charente et dans l'ouvrage Libellules de Poitou-Charente (dont Jourde est co-auteur), la "Cordulie métallique" devient le nom principal, et "la Chlorocordulie" n'est plus mentionnée que comme un synonyme. Le nom est néanmoins mentionné dans l'article Wikipédia consulté en 2019.

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LES NOMS DE S. METALLICA EN D'AUTRES LANGUES.


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-en allemand : Die Glänzende Smaragdlibelle

- en néerlandais : De metaalglanslibel

- en frison :  Glanzige glêzemakker, Glansgrienkop

- en croate : Lesklice zelenavá  cestina

- en suédois : Metalltrollslända sued

- en finlandais : Välkekorento

- en hongrois : A fémzöld szitakötő  magyar

- en  norvégien : Vanlig metalløyenstikker

- en slovène :  Kovinski lesketnik

- en anglais : The Brilliant emerald

-en gallois : Gwas gwyrdd gloyw

-en breton : Pick-aer metal-heñvel (la Cordulie — litt. : piquant du serpent—) d'apparence métallique. En attente de validation dans le Dictionnaire KAG.

 

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SOURCES ET LIENS.

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 Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 .

OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— BOUDOT (J.-P.) DOMMANGET (J.-L.) 2012,   Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp. 

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

 — DIJKSTRA  ( K.-D. B.)  & Lewington, (R.) 2015. Guide des libellules de France et d'Europe. Guide Delachaux. Delachaux et Niestlé. Paris. 320 p.

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

GRAND (D.),  BOUDOT (J.-P.). 2007. Les libellules de France, Belgique et Luxembourg. Biotope, Mèze. Collection Parthénope. 480 pp.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

JOBLING (James A.), 2010, Helm Dictionary of Scientific Bird Names, Bloomsbury Publishing,432 pages

https://books.google.fr/books?id=-RfSBAAAQBAJ&dq=metallicus+linnaeus&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— CHARPENTIER (Toussaint von), 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis nomen coloratis ; apud A. Gosohorsky, Wratislaviae. 225 pages, page 24.

HARRIS, Moses, 1731-1785, 1786, Exposition des insectes que se trouvent en Angleterre; comprenant les différentes classes des Neuroptera, Hymenoptera, et Diptera: ou des abeilles, mouches, et Libellulae. Londres, B. White et J. Edwards,1786.

https://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/130967#/summary

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. 
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1848, "Liste  des Libellules d'Europe et diagnose de quatre espèces nouvelles", Revue  Zoologique par la Société Cuvierienne, vol. 9 page 15

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19656#page/23/mode/1up

VANDER LINDEN 1825, Monographiae Libellulinarum Europaearum Specimen. Bruxellis, apud J.Frank, bibliopolam, Via Vulgo de la Putterie : 42 pp. 

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 15:15

Zoonymie des Odonates : étude des noms de Leucorrhinia pectoralis (Charpentier, 1825), "La Leucorrhine à gros thorax".

 

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

 

Résumé :

—  Leucorrhinia , Brittinger 1850,  SitzBer. Akad. Wiss., Wien, 4:333 vient des deux mots grec leukos = blanc et rhinios = nez. C'est une transcription en grec du nom latin albifrons "front blanc" de l'espèce type du genre, décrite par Burmeister en 1839. Cette transcription créée par Charpentier en 1840 sous la forme Leucorhinus a été féminisée (et complétée d'un -r-) par Brittinger, pharmacien et naturaliste de Vienne.

pectoralis, Charpentier 1825, Horae Ent.:46.  du latin pectus, oris, "poitrine" avec le suffixe -alis : "pectoral". Charpentier avait jugé  qu'outre les ptérostigmas noirâtres,   la couleur vert bronze et les taches colorées du thorax étaient caractéristiques s pour la distinguer de  L. rubicunda , décrite par Linné comme ayant un thorax noir et des ptérostigma rougeâtres. Ces critères ne sont plus spécifiques.

— Noms en français : 1°) "La Libellule pectorale", Sélys 1850, par transcription du nom scientifique ; 2°) "La Leucorrhine à gros thorax" P.-A. Robert, 1958, un nom injustifié et trompeur mais entériné par tous les auteurs.

— Noms en d'autres langues : 

-en allemand :   "Die Große Moosjungfer" = "la Grande Leucorrhine"

- en frison :  "Grutte glêzewasker, Gielflekglêzewasker, Grutte wytsnüt".

-en néerlandais : "De Gevlekte witsnuitlibel" = "la Libellule à front blanc (alias Leucorrhine) tachetée".

-en estonien : "Suur-rabakiil " "la Leucorrhine tachetée"

-en lituanien : "Šarvuotoji skėtė" 

-en hongrois : "Lápi szitakötő" = Libellule des marais ?

-en norvégien : "Stor torvlibelle" = "Grande Libellule des tourbières ?"

-en suédois : "Citronfläckad kärrtrollslända" : la Leucorrhine à tache jaune-citron"

-en finnois : "Täplälampikorento" = " Libellule des étangs tachetée".

-en anglais : Large White-faced Darter = "la Grande Leucorrhine".

-en polonais : "Zalotka większa" = "Leucorrhine la plus grande"

-en gallois : "Picellwr wynebwyn mawr " = "la Grande Leucorrhine".

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE LEUCORRHINIA (BRITTINGER, 1850).

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-leucorrhinia-brittinger-1850.html

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NOM D'ESPÈCE L. PECTORALIS (CHARPENTIER, 1825).

[Libellula pectoralis] CHARPENTIER (Toussaint von), 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis nomen coloratis ; apud A. Gosohorsky, Wratislaviae. 225 pages, page 46-47.

Numérisé par Google.

 

Description originale :

"Libellula pectoralis.

Lib. alis posticis basi macula atra : thorace viridi-aeneo, flavomaculato: abdomine atro, supra maculis fulvis vel sanguineis.

Habitat in Silesia et Saxonia ad aquas stagnantes.

Statura et magnitudine Libellulae vulgatae, paullo tamen major.

-Os atrum: frons nivea, collositate, pone quam ocelli siti sumt, nigerrima. Oculi brunnei : in postica parte nigra puncto, unico, medio, flavo.

-Thorax cum pectore pilis cinereo-albidis longis obsitus, viridi-aeneus, fulgens: dorso lineis duabus latis fulvis: pectore utrimque maculis tribus punctisque nonnullis minoribus ejusdem coloris. Maculae inter alas fulvae vel sanguineae.

-Abdomen potius cylindricum, quam triquetrum: basi inflatum, undique, inprimis vero subtus albo-pilosum. Segmentum primum maculis triangularibus fulvis pictum: in secundo et tertio segmento est fascia basalis annexaque macula fulva: in quarto, quinto et sexto macula magna dorsalis fulva vel sanguinea. Ultima tota nigra sunt.

-Pedes omnes nigri.

-Alae aqueae, hyalinae, prope basin spatio perparvo fulvae, virgula tenuissima atra. Posticae praeterea ad basin habent maculam parvam nigram, im qua nervi haud aliter colorati sunt. Parastigmata magna, aterrima, quadrata, in foemina vero oblongiora.. Nervus alarum longitudinalis primus, marginem , crassiorem reddens, albus: reliqui nigri. Juxta parastigma autem, versus apicem alarum, nervi longitudinales brevi spatio etiam nivei sunt. Nervi transversales, primum et tertium longitudinalem conjungentes, flavidi, reliqui atri sunt.

Mas instructus est appendicibus caudae duabus superioribus atris, rigidis, convergentibus: inferiore una, breviori, latiori, glabra.

Foemina duabus brevioribus supra, nulla infra.

Specimina vetusta et viva macularum abdominis colorem adipiscuntur fusciorem, ultima macula excepta, quae laete flava remanet.

Diagnosis et quaedam ex descriptione Lib. rubicundae Linnei in Fauna Suecica proposita Libellulae pectorali nostrae conveniunt: sed verba: "thorax niger, alae macula marginali (i. e. parastigmate) ferruginea” prorsus aliam denotant speciem."

 

 

Zoonymie des Odonates : étude des noms de Leucorrhinia pectoralis.
Zoonymie des Odonates : étude des noms de Leucorrhinia pectoralis.
Zoonymie des Odonates : étude des noms de Leucorrhinia pectoralis.

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En 1840, dans ses Libellulinae europaeae descriptae et depictae, pages 85-86 Charpentier donne de son espèce une nouvelle description, accompagnée d'une planche XLIV avec trois figures (mâle, femelle et "variété" et d'une planche XLVII fig. 15 avec l'extrémité abdominale du mâle.

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&dq=Toussaint+1840+caudalis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

La description du thorax (ici nommé truncus) est la suivante :

Truncus. Prothorax niger, opacus, margine antico lineaque flexuosa flavis. Mesothorax atro-viridi-aeneus, nitens, pilis longis, fuscis obsitus. Collare vittis duabus latis, angulosis (postice interdum interruptis), fulvis seu aurantiacis. Ad latera mesothoracis maculae sunt plures irregulares eiusdem coloris. Calli tuberaque interalaria in utroque sexu fulvo-lutea: in maribus haud raro sanguinea. 

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Zoonymie des Odonates : étude des noms de Leucorrhinia pectoralis.

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE  PECTORALIS.

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Pectoralis : de pectus, oris, "poitrine" avec le suffixe -alis : "pectoral".

Gaffiot donne pour pectoralis  "pectoral, de la poitrine" avec comme exemple pectoralis tunicula, "tunique qui couvre la poitrine".

Nous employons le terme "pectoral" en français depuis 1694 comme adjectif ("qui recouvre la poitrine, qui soigne la poitrine") ou comme substantif en paramentique, en anatomie, en pharmacologie ou en ornements des antiquités romaine (cuirasse), égyptienne ou juive. CNRTL.

Pour une meilleure application à notre étude, il faut en indiquer l'adjectif proche, "thoracique", mais je découvre que cet adjectif ne s'est imposé que tardivement, d'abord en anatomie par A. Paré ("thorachique") puis à la suite de son emploi en latin scientifique par Linné sous la forme thoracici : c'est donc un terme très spécialisé (anatomie,  physiologie et zoologie). On trouve l'épithète  thoracicus en entomologie chez Fabricius 1771, Geoffroy in Fourcroy 1785, et, en Odonatologie, Lestes thoracicus chez Laidlaw en 1920.  Alors que Charpentier utilise le terme de latin "thorax" dans sa description, il choisit l'épithète "pectoralis".

Chipotons encore. En anatomie, en zoologie ou même parfois en langue usuelle, thorax et poitrine sont synonymes, désignant la partie située entre la tête et l'abdomen. Mais "poitrine" et "pectoraux" sont souvent réservés à la partie antérieure du tronc, et la poitrine d'une femme renvoie à ses seins. Cependant, cette distinction n'apporte rien dans la suite de notre étude.

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Cette épithète doit se comprendre dans le cadre de la discussion taxonomique exposée par Charpentier à la fin de sa description, où il distingue son espèce de la Libellula rubiconda [notre Leucorrhinia rubiconda] décrite par Linné en 1758, mais pour la description de laquelle il renvoie à la Fauna suecica , dans son édition de 1761 vraisemblablement. [Fn. svec. :372 n°1462]. En effet, la description y est plus précise que dans le Systema naturae 1758.

Il écrit : "La diagnose et la description de la Libellula rubicunda de Linné dans Fauna suecica conviennent à notre Libellula pectoralis, mais les mots "thorax noir et ailes aux parastigma rougeâtres" désignent une autre espèce que la notre". 

Sa description, tout comme cette dernière remarque, ne souligne pas d'autre caractère spécifique du thorax (la "poitrine" = pectoralis) que sa couleur, qui est, dans la diagnose, thorace viridi-aeneo, flavomaculato, "vert-bronze à taches jaunes".

Diagnose : Lib. alis posticis basi macula atra: thorace viridi-aeneo, flavomaculato: abdomine atro, supra maculis fulvis vel sanguineis. = "Libellule avec une tache noire à la base des ailes inférieures. Thorax vert-bronze à taches jaunes ; abdomen noir, avec des taches fauves ou jaunes au dessus."

Dans la description plus détaillée qui suit, nous lisons : 

Thorax cum pectore pilis cinereo-albidis longis obsitus, viridi-aeneus, fulgens: dorso lineis duabus latis fulvis: pectore utrimque maculis tribus punctisque nonnullis minoribus ejusdem coloris. Maculae inter alas fulvae vel sanguineae."Thorax couvert de longs poils pectoraux gris-blanc, et d'un vert-bronze vif ; deux larges lignes dorsales fauves ; des deux cotés du thorax, trois taches et des points, certains de plus petite taille, sont de la même couleur, des deux côtés, une partie des taches de la tribu des lignes et des points. Les taches entre les ailes sont rouge-sang ou fauves. "

Parastigmata magna, aterrima, quadrata, in foemina vero oblongiora : = Les ptérostigmas sont grands, très noirs, carrés, mais il est vrai plus oblongs chez la femelle"

 

 

En 1840, Sélys, dans sa Monographie, ne retient pas la L. pectoralis de Charpentier comme une espèce différente de L. rubicunda, et la présente en synonymie.

Il s'amende en 1850 dans sa Revue des Odonates, et la décrit spécifiquement, au n°25, juste après la rubicundia.  Sa diagnose mentionne les ptérostigmas noirs ; l'absence ou la petite taille de taches noires basale des ailes supérieures ; les appendices anals noirs ; et l'abdomen cylindrique aux taches spécifiques. Pas un mot sur le thorax !

Certes, ce thorax est décrit dans la description générale, mais Sélys n'y présente aucun caractère spécifique pour  différencier pectoralis des autres Leucorrhines,  (et pour expliquer son nom) puisque il conclue ainsi :

"La pectoralis diffère de la rubicunda et de la dubia, 1° en ce que la tête est plus grosse, le corps plus épais, les ailes inférieures plus larges à la base; le ptérostigma toujours noir ou noirâtre (mais notez que la rubicunda femelle a aussi cette partie noire). La tache dorsale du 7° segment est lancéolée , toujours jaune , et occupe ce segment dans presque toute sa longueur; les taches des 4° et 5° segments sont aussi larges que les autres. Chez le mâle les taches de l’abdomen sont toujours ou jaunâtres ou brunes. Les parties génitales du mâle et l’écaille vulvaire de la femelle sont très-différentes.

La pectoralis diffère en outre de la rubicunda, en ce que la tache noire des ailes inférieures est plus large et le ptérostigma plus long. Les femelles .des deux espèces se ressemblent extrêmement, mais celle de la rubicunda a aux ailes supérieures, entre la 4e et la 5e nervure , une virgule noire très-distincte , et son écaille vulvaire est toute différente.

Enfin la pectoralis se distinguera particulièrement de la dubia par la tache noire basale des ailes supérieures petite ou nulle".

Pour Diskstra 2007, c'est cette tache sur S7 qui est le meilleur indice, car "plus jaune que celle de S4 -S6 qui sont bruns-rouges chez le mâle et brun-jaune chez la femelle". C'est aussi la plus grande des Leucorrhines et son abdomen est plus large.

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On me voit sans doute venir : à aucun moment le nom français de "Leucorrhine à gros thorax" ne trouve chez Charpentier ou chez Sélys la moindre justification. Étonnant ! Mais nous n'en sommes pas là.

Conclusion :

Pectoralis : de pectus, oris, "poitrine" avec le suffixe -alis : "pectoral". Charpentier avait jugé  que la couleur vert bronze et les taches colorées du thorax étaient caractéristiques pour la distinguer de  L. rubicunda , décrite par Linné comme ayant un thorax noir et des ptérostigma rougeâtres. Ces critères ne sont plus spécifiques.

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

 

JOURDE, PRECIGOUT ET PRUD'HOMME / POITOU-CHARENTES-NATURE:

"Etymologie: Pectoralis du latin pextus = muscles de la région du thorax."

Je passe...

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. pectoralis, -is, -e = concerning the breast [pectus = breast].  Charpentier believed the coloured spots on the thorax to be diagnostic (considering Linnaeus had described L. rubicunda as having a black thorax)."

Trad : " "du latin  pectoralis, -is, -e = "concernant la poitrine" [pectus = poitrine]. Charpentier pensait que les taches colorées sur le thorax étaient caractéristiques (considérant que Linné avait décrit L. rubicunda comme ayant un thorax noir]."

C'est mon interprétation préférée.

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HEINRICK FLIEDNER 2009.

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"- pectoralis [l. concerning the breast] CHARPENTIER (1825: 46) chose as name because he was wrongly convinced that the thorax showed characteristic features, by which this species might be distinguished from other anisopteran species."

Trad : [du latin concernant la poitrine]. "CHARPENTIER (1825: 46) a choisi comme nom parce qu'il avait été convaincu à tort que le thorax présentait des traits caractéristiques qui permettraient de distinguer cette espèce des autres espèces d'anisoptères."

 

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VAN HIJUM, 2005

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document;docid=555521

pectoralis van pectus = borst.  De witneuzige libel met de kenmerkende Borsttekening " = "Pectoralis de pectus, "poitrine". La Leucorrhine ave le dessin caractéristique de la poitrine"

 

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NOMS VERNACULAIRES.

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NOMS EN FRANÇAIS.

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1°) "La Libellule pectorale", Sélys, 1850.

Revue des Odonates page 56 .

https://books.google.fr/books?id=6NAyAQAAMAAJ&dq=s%C3%A9lys+revue+1850&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

2°) "La Leucorrhine à gros thorax" , P.-A. Robert, 1958.

 page 314

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&focus=searchwithinvolume&q=pectoralis+

De façon stupéfiante, et parfaitement injustifiée, comme nous l'avons vu, le naturaliste suisse chevronné choit de "traduire" pectoralis par "à gros thorax".

Et de façon encore plus stupéfiante, il va être suivi par l'ensemble des odonatologistes francophones, dans la revue Alexanor dès 1959, dans le Guide des Libellules d'Europe de d'Aguilar et Dommanget en 1985, dans l'Etude faunistique et Bibliographique des Odonates de France de Dommanget en 1987, dans les Guides successifs de Dijkstra traduit par Jourde en 2007, de Grand et Boudot la même année, ou de Jourde pour Libellules de Poitou-Charentes en 2009, sur la Liste de référence de la SFO en 2012, ou sur le site INPN du Muséum consulté en 2019 et sur l'article de Wikipédia, sans que personne ne se préoccupe de la diffusion auprès du grand public de cette incongruité.

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Nous allons voir que les autres pays ont été plus respectueux de leur public.

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NOMS EN D'AUTRES LANGUES.

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La principale caractéristique soulignée dans les autres langues, précieuse sur le terrain pour les amateurs devant identifier une Leucorrhine qu'ils auront reconnu à sa face sombre contrastant avec son corps sombre, est sa grande taille ; encore faut-il disposer d'un élément de comparaison.

Le nom le plus judicieux est peut-être celui de "Leucorrhine tachetée", pour rappeler la valeur de la tache jaune de S7. Mais ce sont les suédois que j'appelle au sommet du podium pour leur Citronfläckad kärrtrollslända qui précise la couleur de cette tache du 7ème segment abdominal.

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-en allemand :   "Die Große Moosjungfer" = "la Grande Leucorrhine"

- en frison :  "Grutte glêzewasker, Gielflekglêzewasker, Grutte wytsnüt".

-en néerlandais : "De Gevlekte witsnuitlibel" = "la Libellule à front blanc (alias Leucorrhine) tachetée".

-en estonien : "Suur-rabakiil " "la Leucorrhine tachetée"

-en lituanien : "Šarvuotoji skėtė" 

-en hongrois : "Lápi szitakötő" = Libellule des marais ?

-en norvégien : "Stor torvlibelle" = "Grande Libellule des tourbières ?"

-en suédois : "Citronfläckad kärrtrollslända" : la Leucorrhine à tache jaune-citron"

-en finnois : "Täplälampikorento" = " Libellule des étangs tachetée".

-en anglais : Large White-faced Darter = "la Grande Leucorrhine".

-en polonais : "Zalotka większa" = "Leucorrhine la plus grande"

-en gallois : "Picellwr wynebwyn mawr " = "la Grande Leucorrhine".

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Source : https://pl.wikipedia.org/wiki/Zalotka_wi%C4%99ksza

 

 

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SOURCES ET LIENS.

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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— BOUDOT (J.-P.) DOMMANGET (J.-L.) 2012,   Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp. 

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

 

 

DIJKSTRA  ( K.-D. B.)  & Lewington, (R.) 2015. Guide des libellules de France et d'Europe. Guide Delachaux. Delachaux et Niestlé. Paris. 320 p.

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

GRAND (D.),  BOUDOT (J.-P.). 2007. Les libellules de France, Belgique et Luxembourg. Biotope, Mèze. Collection Parthénope. 480 pp.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

— ROBERT (Paul-A.), Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

CHARPENTIER (Toussaint von), 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis nomen coloratis ; apud A. Gosohorsky, Wratislaviae. 225 pages, page 24.

Numérisé par Google.

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. 
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1848, "Liste  des Libellules d'Europe et diagnose de quatre espèces nouvelles", Revue  Zoologique par la Société Cuvierienne, vol. 9 page 15

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19656#page/23/mode/1up

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
2 février 2019 6 02 /02 /février /2019 16:26

Zoonymie des Odonates : les noms d'Orthetrum albistylum (Selys, 1848), "l'Orthétrum à stylets blancs".

 

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

 

 

 

Résumé.

— Orthetrum Newman 1833 : Des deux suffixes grecs  orthos  "droit" et êtron "abdomen". En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum " à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum