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13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 22:19

Zonymie des Odonates : les noms du Sympetrum vulgatum (Linnaeus, 1758), "le Sympétrum commun". 

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Zoonymie des Odonates.

 

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

 

 

 

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé.

Sympetrum, Newman, 1833, Ent. mag. , 1:511.. Des deux suffixes grecs σύμπυκνος, sympiezein   "comprimé" et  ἦτρον, êtron "abdomen" : "qui a l'abdomen comprimé latéralement".  En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum  "à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

vulgatum, Linnaeus, 1758, Syst. nat.,543 :   du latin vulgatus, a, um "répandu, commun, ordinaire" (mais non "vulgaire"), en raison de sa fréquence en Europe centrale et du nord-est.

 

— nom commun français : 1°) "La Libellule vulgaire", Olivier 1789 ; 2°) "La Claire", de Villiers 1789 ; 3°)"Le Sympétrum vulgaire", Paul-André Robert 1958 (adopté par SFO et INPN) ; 4°) "Le Sympétrum commun" d'Aguilar et Dommanget 1985. 

— noms communs en d'autres langues :

- en catalan : El Pixaví muntanyenc

- en allemand : Die Gemeine Heidelibelle 

en anglais : The vagrant darter "Moustached Darter"

- en néerlandais : De Steenrode heidelibel

-en frison : Gewoane heidelibel Gewoane heidelibel, Hingsnorhopke

-en polonais : Szablak zwyczajny

-en suédois : Tegelröd ängstrollslända 

-en gallois (cymraeg) : Gwäell grwydrol , gweyll crwydrol

- en gaélique (Gàidhlig)   : Picellwr Crwydrol

-en lituanien : Paprastoji skėtė 

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LE NOM DE GENRE SYMPETRUM NEWMAN 1833.

Voir :

Newman, Entomological Magazine vol. 1, London, F. Westley & A.H. Davis, page 511.

 

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-sympetrum-newman-1833.html

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LE NOM D'ESPÈCE S. VULGATUM, (LINNAEUS, 1758).

 

[Libellula vulgata], LINNÉ ( Carl von,) 1758, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis.Holmiae : Impensis Direct. Laurentii Salvii, 1758-1759. page 543 n° 3.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/565/mode/1up

 

Description originale.

vulgata. 3. L[ibellula].

alis albis , corpore fusco ; cauda simplici.

-Faun. svec. 766. 

-Raj. ins. 49. n. 6. 

-Roes. ins. 2. aqu. 2. t. 8. 

Habitat in Europa. 

Traduction : "ailes blanches [transparentes], corps brun, queue simple".

 

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Zonymie des Odonates : les noms du Sympetrum vulgatum, le Sympétrum vulgaire.

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Commentaire :

Linné a décrit en 1758 18 espèces de ses LIBELLULA, classées parmi les NEUROPTERA. 

Il les divise en deux groupes (* et **) :

  • oculi distantes remotique [les yeux écartés et distants] : L. virgo et puella

     

Il indique pour chacune les références, souvent à son propre travail, la Fauna suecica de 1746 (Faun. svec) ou description de la faune de Suède, puis aux naturalistes qui l'ont précédé : ici John Ray et Roesel.

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Références faites par Linné pour  L. vulgata :

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a)  Linné, Fauna suecica 1746 page 230 n°766.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/264/mode/1up

LIBELLULA corpore fusco ; alis albis cauda simplici, 

Raj. Ins 49. n° 6. Libella maxima, abdomine flavo angustore, nullis ad radicem alarum maculis fuscis.

Habitat ad Aquas. 

DESCR. Alae albae, puncto marginali rufo-fusco. Corpus nigricans ; Anus absque appendice. "

trad : Libellule à corps brun ; ailes blanches queue simple. Ray Insectes page 49 n°6 : parmi les libellules les plus grandes, abdomen jaune et étroit, rien à la racine des ailes, taches brunes. Habite les lieux aquatiques. Description : ailes blanches, point marginal roux-brun. Corps noirâtre. 

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b) John Ray, 1710, Historia insectorum page 49 n°6.

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/49/mode/1up

6. Libella maxima, abdomine flavo angustiore, nulllis ad radices alarum maculis fuscis.

F.W.

Alis est pellucidis. Scapulae lanugine rufa hirtae sunt. In anterioribus dorsi annulis par macularum nigricantium : in lateribus scapularum duae latae area virides.

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c) Roesel  1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. t. 8.

Rösel von Rosenhof, August Johann ; Kleemann, Christian Friedrich Carl ; Rösel von Rosenhof, August Johann [Hrsg.] Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung (Band 2): ... welcher acht Classen verschiedener sowohl inländischer, als auch einiger ausländischer Insecte enthält — Nürnberg, 1749

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0279/image

La planche VIII comporte 5 figures, dont deux larves (1 et 2), et trois imagos semblables aux corps jaune (3), rouge (4) et brun 6). Le chapitre porte le titre N° VII Der kleine breit-leibige Nymphen-Wasser-Wurm, mit seiner Verwandlung, tab. VIII. et occupe les pages 38 à 40.

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https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0279/image

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0279/image

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La 12eme édition du Systema naturae de Linné en 1767 pages 901-902 § IV, 234 n°3.

Elle n'apporte aucun changement, hormis la référence à l'édition de 1761 de Fauna scuecica, et celle à Scopoli, publiée entre temps.

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/137240#page/375/mode/1up

vulgata. 3. L. alis hyalinis, corpore griseo, cauda simplici

-Fn. svec. 1461. 

-Scop. carn. 680. 

-Raj. Ins. 49. n. 6. 

-Roef. Ins. 2. aqu. 2. t. 8. 

Habitat in Europa. 

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La référence à Scopoli, Entomologoa Carniolica 1763.

Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763. pages 261-262

https://www.biodiversitylibrary.org/item/79410#page/362/mode/1up

680. LIBELLULA Vulgata, 
— long. umc. i.&Iin. 3. 
LINN. Syst. Nat. p. 543. Faun. Svec. 2. 1461. 
Diagn. Alae basi immaculatae ; lineola flavescente marginali ad apicem. Abdomen triquetrum, postice attenuatum. 
Circa aquas fluentes. 
Variat

1. Thorace abdomineque caeruleis, hujus tamen apice nigro ; lineae marginalis marginibus nigris. 
2. Thorace abdomineque flavescentibus, linea alarum concolore Raj. I. Ins. 49. n. 6.

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On remarque que Scopoli 1°) abandonne la référence à Roesel ; 2°) décrit deux "variétés" l'une bleue et l'autre jaune à ptérostigmas de même couleur.

 

 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/79410#page/364/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/79410#page/364/mode/1up

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Une illustration par Toussaint de Charpentier 1840.

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https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

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ÉTUDE DU NOM VULGATUM.

Vulgatum a succédé au féminin vulgata de Linné pour s'accorder au nom de genre Sympetrum. Il vient du latin vulgatus, a, um "a) habituel, ordinaire" b) répandu, divulgué, ordinaire",  du verbe vulgo "répandre dans le public, faire connaître" qui ne doit pas être confondu avec vulgaris, e "qui concerne la foule, général, commun" issu de vulgus "la foule" : c'est un  "faux-ami" . Sa traduction par "vulgaire" ("du peuple") relève donc d'un singulier contre-sens, hélas très tôt diffusé puis adopté par la majorité des entomologistes . Voir Gaffiot pages 1696-1697. Dans le contexte entomologique, il doit être traduit par "répandu, fréquemment observé".

Linné ne commente pas cette épithète — qui repose sur une évaluation essentiellement suédoise —  dans sa description de 1758, pas plus que dans ses autres publications de 1761 et 1767. C ; néanmoins, le Sympetrum vulgatum est bien reconnu comme "commun" en Europe :

"Sympetrum vulgatum est une espèce commune dont la distribution s’étend de l’Europe de l’ouest au Japon. En France, elle est présente du niveau de la mer à 2000 m d’altitude et moins abondante dans l’ouest du pays. Deux sous-espèces sont actuellement reconnues Sympetrum vulgatum vulgatum et S. v. ibericum." (INPN)

"Eurasiatique : commun en Europe, du nord de l'Espagne, de France (sauf un quart sud-ouest, Bretagne et Normandie). Migre sporadiquement en Angleterre, fréquent jusqu'au sud de la Scandinavie, jusqu'à l'Europe de l'Est et loin en Asie (où il se raréfie vers le sud)." (Wikipédia)

En France, il apparaît sur les Listes rouges ainsi :

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65348/tab/statut

 

LC (Préoccupation mineure (espèce pour laquelle le risque de disparition de métropole est faible) en Alsace 2014, Auvergne 2017, Franche-Comté (2013), Nord - Pas-de-Calais (2012)

VU (vulnérable) en Bourgogne 2015

NA (non applicable) en Aquitaine 2016

EN (en danger) en Centre 2012, Provence-Alpes-Côte d’Azur (2015)

DD (données insuffisantes ) en Picardie (2016) , Ile de France (2014) 

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/sympetrum-vulgaire/

"Vulgatum de vulgatus (lat) = vulgaire, commun, ordinaire : dans de nombreuses régions d’Europe, il s’agit du plus commun des sympétrums."

Les auteurs ajoutent : "Liste Rouge du Poitou-Charentes : Au bord de l’extinction. L’espèce nominale S. vulgatum vulgatum, qui nous concerne, est largement répartie depuis l’Europe de l’ouest jusqu’en Sibérie. En France cet eurosibérien n’est vraiment commun, sans être abondant, que dans l’Est et dans le Massif central."

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. vulgatus, -a, -um = common, widespread, familiar ".

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"vulgatum (Sympetrum) - vulgatus, a, um = comune, noto. Comune nella località tipica."

 

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"vulgatum (Linnaeus) [l. general, ordinary, common] is true for Middle Europe, where it locally is the most common Sympetrum species. "

 

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

" vulgatum = algemeen bekend".

 

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NOMS VERNACULAIRES.

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NOMS COMMUNS EN FRANÇAIS.

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1°) La libellule vulgaire, Olivier 1789.

 "Libellula vulgata, la libellule vulgaire",  OLIVIER (Guillaume-Antoine ), 1789, Histoire naturelle, Discours préliminaire page 560.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

"Elle est presque noire. Les ailes sont transparentes, sans autre tache que le stigmate de l'extrémité de l'aile qui est d'un rouge-brun. Elle n'a point de feuillets apparents à l'extrémité de l'abdomen. Elle se trouve en Europe sur le bord de l'eau."

Incidemment, je note le terme "stigmate" pour rendre compte de ce qui ne porte pas encore le nom de ptérostigma. Sélys utilise le terme de parastigma en 1840 et de ptérostigma en 1850.

Idem Pierre Boitard 1828 ; Sélys-Longchamps, Monographie des Libellulidées 1840 ; Sélys, Revue des odonates, ou libellules d'Europe page 45 n°21.

2°) "La claire", De Villiers 1789.

 VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 3

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

Ce nom ne fait pas référence à la transparence des ailes, mais au parti-pris de l'auteur d'attribuer un prénom féminin aux espèces que Geoffroy, qui avait inauguré cette règle, n'avait pas décrites en 1762.

3°) Le Sympétrum vulgaire. Paul-André Robert 1958 page 281

En 1936, P.A. Robert avait créé le zoonyme "Les Sympètres", et nous pouvions espérer voir surgir sous la plume le nom de "Le Sympètre vulgaire" (à défaut de l'idéal "Le Sympètre commun" qui relève de l'utopie).

Mais en 1958, non seulement l'auteur suisse ne peut se désaffilier du nom de genre scientifique Sympetrum, mais tombe dans le piège de la traduction "vulgatum = vulgaire" (p. 277) et crée le nom de "Sympétrum vulgaire".

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=NDOitQEACAAJ&dq=paul-andr%C3%A9+robert+1958&focus=searchwithinvolume&q=vulgatum+vulgaire

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4°) Le Sympétrum commun Jacques d' Aguilar, ‎Jean-Louis Dommanget - 1985

 

Sans doute convaincus du contre-sens d'une traduction du nom scientifique par "Sympétrum vulgaire", d'Aguilar et Dommanget le corrige en proposant "le Sympétrum commun", ce qui me semble tout à fait juste.

-Jacques d'Aguilar, ‎Jean-Louis Dommanget, ‎René Préchac - 1986, A field guide to the dragonflies of Britain, Europe and North Africa.

Ils reprennent le nom l'année suivante dans : 

-Jacques d' Aguilar, ‎Jean-Louis Dommanget - 1985 -Guide des libellules d'Europe et d'Afrique du Nord- Page 297 : " Fr. Le Sympetrum commun; Angl. The Vagrant Sympetrum, The Vagrant Darter; All. Gemeine Heidelibelle".

Le nom est repris par quelques guides naturalistes, et, en 2019, c'est celui qui figure dans l'article Wikipédia :

-Cyril Oswald Hammond, ‎Richard Robinson Askew, ‎Robert Merritt - 1983 - ‎The Dragonflies of Great Britain and Ireland

-Richard Robinson Askew, 2004, The Dragonflies of Europe.

-Ingrid von Brandt - 2013 Guide Hachette Nature insectes et papillons page 66

 

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5°) "Le Sympétrum vulgaire"

réussit un beau retour en parvenant à être élu nom officiel par nos deux instances, l'INPN et la SFO, et à séduire les auteurs de certains guides naturalistes :  Grand et Boudot 2007, Jourde traducteur de Dijkstra 2007,  ou Précigout, Prud'homme et Jourde 2009.

-LPO : Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.

L'erreur est tenace... mais peut-on exiger des entomologistes d'être des latinistes ou de consulter le Gaffiot ?

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NOMS COMMUNS EN D'AUTRES LANGUES.

Les autres pays se sont tirés d'affaire avec plus d'élégance et de créativité : 

- en catalan : El Pixaví muntanyenc 

- en allemand : Die Gemeine Heidelibelle  : Libellule des bruyères (générique pour les Sympétrum] commune.

en anglais : "The vagrant darter",  "Moustached Darter"

- en néerlandais : De Steenrode heidelibel (Le Sympetrum rouge brique)

-en frison : Gewoane heidelibel Gewoane heidelibel, Hingsnorhopke

-en polonais : Szablak zwyczajny

-en suédois : Tegelröd ängstrollslända ("libellule de prairie rouge-brique")

-en gallois (cymraeg) : Gwäell grwydrol , gweyll crwydrol

- en gaélique (Gàidhlig)   : Picellwr Crwydrol

- en breton (en attente de validation) : flemm aer-baleantour.

-en lituanien : Paprastoji skėtė 

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SOURCES ET LIENS.

 

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— CHARPENTIER (TOUSSAINT DE ), 1840,Libellulinae europaeae ac depictae, L. Voss, 180 pages

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 — LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

OLIVIER (Guillaume-Antoine ), 1789, Histoire naturelle, Discours préliminaire page 560.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

SCOPOLI , 1763, Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/79410#page/362/mode/1up

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 3

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

ULINGER (Robert L.), 1964, The Role of Linnaeus in the Advancement of Entomology, Annual Review of Entomology Vol. 9:1-17 (Volume publication date January 1964) 

https://doi.org/10.1146/annurev.en.09.010164.000245

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
9 janvier 2019 3 09 /01 /janvier /2019 19:09

Zoonymie des odonates : les noms de Leucorrhinia albifrons (Burmeister, 1839), la "Leucorrhine à front blanc".

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 .

Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Zoonymie des Odonates.

 

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

 

 

 

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

Résumé :

— Nom de genre Leucorrhinia , Brittinger 1850,  SitzBer. Akad. Wiss., Wien, 4:333 vient des deux mots grec leukos = blanc et rhinios = nez. C'est une transcription en grec du nom latin albifrons "front blanc" de l'espèce type du genre, décrite par Burmeister en 1839. Cette transcription créée par Charpentier en 1840 sous la forme Leucorhinus a été féminisée (et complétée d'un -r-) par Brittinger, pharmacien et naturaliste de Vienne.

— Nom d'espèce L. albifrons Burmeister 1839 Handb. Ent., 2.:251 : du latin albus, "blanc" et frons, frontis "front", justifié par l'auteur dans sa description originale : L. albifrons : nigra opaca, fronte alba;. "Libellula albifrons : noire sombre, à front blanc.".

— Nom commun en français : "la Leucorrhine à front blanc" Paul-André Robert, 1958.

— Noms communs  en d'autres langues :

- en anglais : The Dark Whiteface

- en allemand : Östliche Moosjungfern  

-en néerlandais : Oostelijke wytsnüt / witsnuitlibel 

-en frison :  Eastlike glêzewasker, Eastlike wytsnüt,

-en polonais : Zalotka bialoczelna  

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

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LE NOM DE GENRE LEUCORRHINIA BRITTINGER, 1850. 

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-leucorrhinia-brittinger-1850.html

Brittinger a défini en 1850, les caractéristiques du genre : le lustre métallique du thorax , la tache noire triangulaire sur la base de l'aile postérieure, le front et la face blancs, ainsi que la forme des appendices du flanc et de l' abdomen . 

 

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LE NOM D'ESPÈCE L. ALBIFRONS (BURMEISTER, 1839).

Libellula albifrons, Burmeister, Handbuch der Entomologie, Berlin, G. Reimer vol. 2 1839, page 851 n°19.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34110#page/103/mode/1up

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Description originale :

19. L. albifrons*: nigra opaca, fronte alba; alis aqueis, posticis in basi fusco-nigris, omnibus nubecula alba post stigmata. 
Long. 11/6 
Variat: pterostigmate quadrato ore cercisque nunc nigris nunc albis, sed macula alba in ipsa ala post stigma semper adest. 
Bei Berlin, auch aus der Schweiz. 


traduction : noire sombre, à front blanc. Ailes transparentes, les postérieures brun-noir à la base, et pour toutes un petit nuage blanc à l'arrière des ptérostigmas. 

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/34110#page/103/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34110#page/103/mode/1up

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Une illustration par Toussaint de Charpentier 1840.

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https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

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ÉTUDE DU NOM ALBIFRONS.

Albifrons : du latin albus, "blanc" et frons, frontis "front", dont l'explication est fournie par Burmeister dans sa diagnose : L. albifrons : nigra opaca, fronte alba;. "Libellula albifrons : noir foncé, front blanc."

C'est effectivement la description donnée par le Plan Odonate :

"Cette leucorrhine présente la particularité d’avoir une face et un front blancs, et un abdomen bleu à la base puis noir (chez le mâle mature). L’abdomen est toujours plus étroit que le thorax et peu élargi à l’extrémité. Celui-ci est noir et jaune chez la femelle. Les cercoïdes sont blancs, et le dessus des ptérostigmas noirs (pour les deux sexes). Elle est plus svelte et élancée que la leucorrhine à large queue (Leucorrhinia caudalis), qui elle est plus petite et présente un abdomen plus large."

http://odonates.pnaopie.fr/wp-content/uploads/2010/12/Fiche_Leucorrhinia-albifrons.pdf

.

 

LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

PRECIGOUT ET PRUD'HOMME / POITOU-CHARENTES-NATURE:

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

.

"Leucorrhinia albifrons : Leucorrhinia  du grec leukos = blanc et rhinios = nez (du fait de la couleur du front) ; albifrons du latin albi = blanc et frons = front. Le nom français n’est qu’une adaptation du nom scientifique.

Remarque : L. albifrons est la seule leucorrhine dont le front peut être très sombre chez certains individus."

 

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Leucorrhinia: Brittinger, 1850 feminine form of an artificial adjective derived from Grk. λευκός = white + ῥίς; ῥινός = nose. Albifrons from Lat. albus, -a, -um = white +
frons = forehead

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HEINRICK FLIEDNER 2009.

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"Leucorrhinia [gr. leukos - white; rhin* - nose] refers to the white frons of its species. -albifrons [l. albus - white; frons - forehead, front] points to the same feature as the genus name. - pectoralis [l. concerning the breast] CHARPENTIER (1825: 46) chose as name because he was wrongly convinced that the thorax showed characteristic features, by which this species might be distinguished from other anisopteran species."

- albifrons [l. albus - white; frons - forehead, front] points to the same feature as the genus name. "

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VAN HIJUM, 2005

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document;docid=555521

"Leucorrhinia Wytsnüt, Wytkopke leukos = wit; rhinios = neuzig
Leucorrhina albifrons albus = wit; frons = voorhoofd "

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NOMS VERNACULAIRES.

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I. NOMS COMMUNS EN FRANÇAIS.

 

La Leucorrhine à front blanc. Paul-André Robert, 1958

Paul-André Robert, Les Libellules (Odonates), Delachaux et Niestlé, 1958 page 310.

https://books.google.fr/books?id=RoS9uwEACAAJ&dq=Paul-Andr%C3%A9+Robert,+Les+Libellules+(Odonates),+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwirr9a76t7fAhUJLBoKHYrxCUIQ6AEIKTAA


L'auteur suisse, fidèle à la ligne établie par le belge de Sélys-Longchamps plus d'un siècle auparavant,  se soucie bien peu  de créativité et se  contente de franciser grossièrement la forme latine par le  très laid néologisme : Leucorrhine. Qu'il associe en toute logique à la traduction d'albifrons : "Leucorrhine à front blanc". Pourquoi s'embêter ?

Il  reprend sans le savoir un terme médical utilisé en homéopathie où Leucorrhine serait un remède issu de la dilution du liquide de la leucorrhée et utilisé (par Héring ?) comme moyen de guérison dans la leucorrhée, la menstruation irrégulière et  les affections spastiques. Heureusement, ce remède est mentionné par un adversaire de l'homéopathie, mais cette souche d'isothérapie n'est pas confirmée, hormis un Leucorrhin 30. Le nom français de notre libellule ne s'en trouve néanmoins pas avantagé.

En 1985, Jacques d' Aguilar et Jean-Louis Dommanget adoptent le nom créé par Robert dans leur Guide des libellules d'Europe et d'Afrique du Nord, Delachaux et Niestlé, 1985 - 341 pages, page 305.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=SPNMAAAAYAAJ&dq=leucorrhinia+albifrons&focus=searchwithinvolume&q=leucorrhine

Le nom, rendu officiel par son emploi dans la liste de référence des Odonates de la France métropolitaine de  la SFO ( [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.] ) et par l'INPN du Museum d'Histoire naturelle, est repris par l'ensemble des auteurs de guides de vulgarisation. 

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II. NOMS COMMUNS EN D'AUTRES LANGUES.

On appréciera comment les entomologistes non francophones ont su utiliser leur nom vernaculaire pour apporter des informations complémentaires susceptibles d'aider les entomologistes amateurs : précision concernant la couleur générale  (noire  sans taches rouges ) et la distribution géographique prédominante à l'est (au nord-est) de l'Europe.

- en anglais : The Dark Whiteface

- en allemand : Östliche Moosjungfern  (tandis que L. caudalis se nomme Zierlichen Moosjungfern, L. pectoralis Große Moosjungfer, L. rubicunda Nordische Moosjungfern   et L. dubia Kleine Moosjungfern) .

-en néerlandais : Oostelijke wytsnüt / witsnuitlibel 

-en frison :  Pompeblêdwytsnüt Eastlike glêzewasker, Eastlike wytsnüt,

-en polonais : Zalotka bialoczelna  [bialoczelna = à front blanc]

- en breton (en attente de validation : fas-gwenn teñval .

 

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SOURCES ET LIENS.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

SOURCES ET LIENS.

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

 

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

 

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— Odonates costarmoricains.

http://www.nature22.com/odonates22/ordresystematique.html

— LIBELLULES DE FRANCE ET D'AILLEURS

http://odonatas69a.blogspot.fr/search?q=albifrons

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
4 janvier 2019 5 04 /01 /janvier /2019 18:18

Zoonymie des Odonates : les noms d'Orthetrum cancellatum (Linnaeus, 1758), "l'Orthétrum réticulé".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Zoonymie des Odonates.

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé.

— genre Orthetrum Newman 1833, Ent. Mag. , 1:511. : Des deux suffixes grecs  orthos  "droit" et êtron "abdomen". En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum " à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

— espèce : O. cancellatum Linnaeus 1758 Syst. nat. :544 du latin cancellatus "treillisser, réticulé"  pour l'entrecroisement des lignes longitudinales et transversales segmentaires de l'abdomen des femelles et des immatures (le spécimen décrit par Linné). 

— Noms communs en français : 1°) "La libellule à treillis", Latreille 1804 ; 2°) "L'Orthétrum cancellé", Paul-André Robert, 1958 ; 3°) "L'Orthétrum réticulé",  Dommanget 1987.

— Noms communs dans d'autres langues :

- en allemand : Der Große Blaupfeil 

- en espagnol :La libélula azul, 

 - en portugais : Ortirum-reticulado

- en suédois : Större sjötrollslända

-en néerlandais :  Gewone oeverlibel

-en frison :  Grutte ringlibel, Kantsitter, Unrêst, Blaupylk

- En anglais The black-tailed skimmer 

- en gaélique : Orthetrum Llinell-duu

-en gallois : picellwyr tinddu

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE ORTHETRUM NEWMAN 1833.

http://www.lavieb-aile.com/2018/03/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-orthetrum-newman-1833.html

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NOM D'ESPÈCE O. CANCELLATUM (LINNAEUS, 1758).

[Libellula cancellata],  LINNÉ ( Carl von,) 1758, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis.Holmiae : Impensis Direct. Laurentii Salvii, 1758-1759, pages 544 n°7.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/566/mode/1up

Description originale :

 

cancellata.-7. L. alis basi immaculatis, abdomine dorso lateribusque  interrupte luteis. 

Habitat in Europa. 

Traduction : Libellula cancellata. Ailes sans aucune tache à leurs bases [à la différence de L. depressa]. Abdomen (entre)coupé de jaune sur le dos et les cotés" (ou "abdomen jaune entrecoupé sur le dos et les cotés").

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Commentaire :

Linné a décrit en 1758 18 espèces de ses LIBELLULA, classées parmi les NEUROPTERA. 

Il les divise en deux groupes (* et **) :

  • oculi distantes remotique [les yeux écartés et distants] : L. virgo et puella

Il indique pour la plupart les références à sa faune de Suède de 1746 et aux auteurs anciens, mais il n'en suggère aucune ici. Les descriptions ultérieures seront-elles plus copieuses ?

 

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Le Fauna suecica, deuxième édition  de 1761.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/100333#page/431/mode/1up

La description est plus détaillée : "face pâle, front noir. Yeux postérieurs à ligne jaune interrompue de noir. Thorax antérieur couleur terre-cuite à deux lignes noires et deux marques jaunes latérales. Abdomen jaune sur la face dorsale avec de chaque coté deux lignes noires longitudinales et les segments bordés de noir (?)".

 

1465. LIBELLULA cancellata alis basi immaculatis , abdomine dorso lateribusque interrupte luteis. 
Habitat ad Aquas. 
DESCR. Facies pallida, fronte nigra. Oculi postice linea flava nigro interrupta. Thorax antice testaceus lineis duabus nigris & lateribus macula duabus flavis. Abdomen dorso flavum utrinque lineis duabus nigris  longitudinalibus & segmentorum marginibus nigris, 

.

La 12eme édition du Systema naturae de Linné en 1767.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/137240#page/376/mode/1up

Il est intéressant de constater que, dans la 12ème édition du Systema naturae daté de 1767, Linné et son équipe ont décrit 3 nouvelles espèces de Libellules, mais aussi qu'ils ont eu le temps d'approfondir les données concernant les espèces décrites en 1758. Ici, la description ne s'enrichit que d'une courte phrase sur "le thorax à lignes jaunes et brunes", et d'une référence à Fauna suecica de 1761 :

cancellata- 7- L. alis basi immaculatis, abdomine dorso lateribusqus interrupte luteis.

Fn. svec. 1465.
Habitat in Europa. 
Thorax luteo fuscoque fasciatus, 

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Le spécimen de la collection de Linné à la Linnean Society:

http://linnean-online.org/19714/

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ÉTUDE DE L'EPITHÈTE CANCELLATUM.

Linné avait accordé son épithète latine avec Libellula (féminin), mais lorsque l'espèce a rejoint le groupe Orthetrum (masculin), elle a été accordée sous la forme cancellatum. L'adjectif cancellatus, a, um est traduit par Gaffiot par "qui a l'aspect d'un treillis ; treillissé de rides". Le nom cancellus, i désigne un treillis, une balustrade ou des barreaux. Le verbe cancello signifie "disposé en treillis". (Et un treillis est un entrecroisement de lattes obturant une ouverture).

Le verbe d'ancien français canceller signifie "croiser" ; au XIIIe siècle, "chanceler" un document, c'est l'annuler par des traits de plume croisés , et le verbe canceller persiste encore aujourd'hui dans cette acceptation.

Encore un exemple ? Dans une église, le cancel ou chancel est la clôture ou la grille autour du chœur ou du maître-autel pour en limiter l'accès.

La traduction par "réticulé" (qui forme un réseau, qui a l'aspect d'un filet) est donc satisfaisante car le mot évoque aussi un entrecroisement de lignes.

Dans ses descriptions, Linné décrit l'abdomen jaune entrecoupé sur la face dorsale et sur les coté (1758), ou marqué de deux lignes longitudinales noires et des marques segmentaires noires également. Il décrit donc une femelle (ou un immature), dans lesquels effectivement, les lignes noires longitudinales se croisent en grille avec les lignes perpendiculaires limitant chacun des segments. 

Linné n'a décrit aucune forme mâle, où cet épithète ne s'applique plus aussi justement .

Latreille a suggéré que L. cancellata était la femelle d'une espèce dont L. depressa était le mâle.

 

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/orthetrum-reticule/

"Cancellatum (lat) = réticulé, treillissé, grillé : les femelles et les jeunes mâles ont l’abdomen marqué de traits noirs dessinant une grille."

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 

"Orthetrum : Newman, 1833 from Grk. ὀρθός = straight, parallel + ἦτρον = abdomen. Newman described Orthetrum species as having the 'abdomen laterally parallel' (as distinct from Sympetrumspecies, which have the 'abdomen laterally compressed')

Orthetrum cancellatum (Linnaeus, 1758) from Lat. cancellatus, -a, -um = latticed, grated [cancellus = grid, lattice, grate] for the criss-cross pattern of black stripes on the yellow abdomen in females and immature males."

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"cancellatum (Orthetrum) – dal participio passato del verbo cancello, as, avi, atum, are, che significa graticolato, per il torace con fasce gialle e brune (Linneo, 1758)."

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"- cancellatum (Linnaeus) [l. latticed] is an allusion to the dark pattern on the back of females and immature males."

 

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"cancellatum = met een traliewerk of rooster (duidt op het zwarte patroon op het achterlijf)"

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NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS COMMUNS EN FRANÇAIS.

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préambule :  "La Sylvie", Geoffroy, 1762.

 GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. page 226 n°9.

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

"9. LIBELLULA thorace viridi nitido , lineis flavis ; alis albis , abdomine nigro cœrulescente.

-Linn. faun. fuec. n. 768, Libellula thorace viridi nitido , lineis flavis , alis pallidis , abdomen nigro,

-Raj. inf. p. 49 , n. 5. Libella maxima , abdomine breviore , latioreque cœruleo.

-Idem. p. 140. Libella maxima abdomine breviore , & crassiore latioreque cœruleo.

-Reaum. ins. tom. ij. Tab.. 3 5 , F. 2.

La sylvie.

Longueur 2 pouces.

Ses yeux sont bruns , sa tête & son corcelet sont verdâtres avec deux bandes jaunes; mais un peu irrégulières sur les côtés du corcelet. Ses pattes sont d'un brun noir. Les aîles, du moins dans celles que j'ai, sont tout-à-fait diaphanes , avec une petite tache brune oblongue au bord extérieur : M. Linnaeus dit qu'elles sont un peu jaunâtres. Le ventre cylindrique & gros est jaune en-dessous , & en-dessus il est noir, mais couvert d'une poussière grise , cendrée & bleuâtre , ce qui fait aisément distinguer cette espèce."

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Le nom de Sylvie s'inscrit, avec le n°9,  dans la série de prénoms féminins que Geoffroy a réservé aux 14 espèces de "demoiselles" ou libellules qu'il décrit. Il est le quatrième de son groupe des Demoiselles à ailes étendues .

Geoffroy décrit un mâle, puisqu'il  signale l'abdomen couvert d'une pruine bleuâtre (première description, antérieure à Scopoli). 

On sait que Geoffroy omit, dans l'ensemble de son entomologie parisienne,  de donner un nom d'espèce en latin, selon les principes linnéens. Cela sera corrigé en 1789 dans l'édition que Fourcroy fit paraître, avec le nom Libellula sylvia ; La Sylvie. (page 346).

https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/346/mode/2up

Le nom de Sylvie est repris par Charles de Villers en 1789 lorsqu'il décrit page 4 :" Libellula depressa (La Sylvie)".

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

Pour Linné en 1767 dans Syst. nat. 12ème ed., la  Sylvie de Geoffroyest identifiée comme étant sa Libellula depressa. Mais dès 1803, les 2 principaux naturalistes français Olivier et Latreille écrivent :  "Il faut rapporter à cette espèce celles que Geoffroy nomme éléonore et philinte , et non la sylvie ou le n° 9, ainsi que l'indique Linnaeus dans sa douzième édition de son Systema naturae." 

En effet, la principale différence entre les genres Libellula et Orthetrum est que les ailes du premier sont pourvues à leur base de taches triangulaires sombres qui sont totalement absentes du second. Or, Geoffroy précise que les ailes de sa Sylvie "sont tout-à-fait diaphanes", c'est donc un Orthetrum, mais le genre ne sera décrit qu'en 1833. En 1827, dans le Dictionnaire des sciences naturelles vol. 51 page 424, Duméril rapproche le premier la Sylvie de Geoffroy d'Orthetrum cancellatum

https://books.google.fr/books?id=lnipvExuYagC&dq=%22cancellata%22+%22sylvie%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

En 1998, Jacques d'Aguilar et Jean-Louis Dommanget reprennent cette identification de la Sylvie avec Orthetrum cancellatum et associent L. depressa avec l'Eléonore de Geoffroy.

En 2019, Cyrille Deliry corrige cette identification et associe La Sylvie avec Orthetrum coerulescens.

http://www.deliry.com/files/libellulasylvia.html

"La Sylvie de Geoffroy (1762) est finalement nommée Libellula sylvia par de Fourcroy (1785). Nous sommes en présence d'un Orthetrum en raison de ses ailes complètement diaphanes et de son abdomen pruineux bleuté. Néanmoins d'anciens auteurs l'avaient associée à tort avec Libellula depressa. En 1985, d'Aguilar et Dommanget la présente comme un Orthetrum cancellatum. Or, la description de Geoffroy (1762) parle de petites taches brunes au bord extérieur des ailes, ce qui est selon nous une indication pour certains mâles d'Orthetrum coerulescens qui présentent cette caractéristique originale partagée avec Libellula fulva mais de manière plus discrète. "

Pour ma part, dans ma lecture de la description de Geoffroy, j'ai interprété " Une petite tache brune oblongue (adjectif crucial pour ma thèse) au bord extérieur des ailes" comme correspondant au ptérostigma (un terme qui n'apparaît qu'au début du XIXe pour des raphididae). Fourcroy décrit "alis puncto marginalis fusco", un point brun de l'extérieur des ailes, ce caractère punctiforme s'opposant à une coloration en plage.
Par contre, effectivement, les pterostigmas d'O. cancellatum sont noirs, et ceux d'O. coerulescens sont bruns, ce qui m'incite à vous suivre avec enthousiasme sur votre assimilation Sylvie = O coerulescens, mais sur cet argument. 
Je ne retiens donc pas La "Sylvie" de Geoffroy comme le premier nom français de l'Orthetrum cancellatum.

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[2°) "La Philis", Charles de Villiers, 1789. Erreur pour la Philinte de Goeffroy ?]

Caroli Linnaei Entomologia page 6

https://books.google.fr/books?id=saKZnk3vHvQC&vq=libellula&dq=libellula+cyanea+geoffroy&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

.

1°) "La libellule à treillis", Latreille, 1804.

P.A. Latreille, Histoire générale et particulière des crustacés et des insectes vol. XIII, suite de la famille des Libellulines page 13.

https://books.google.fr/books?id=p5mc9m09j-oC&dq=%22cancellata%22+libellule+treillis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Le nom est repris par Pierre Boitard, 1828 et par Sélys, Monographie des Libellulidées 1840  page 37

https://books.google.fr/books?id=NaI-AAAAcAAJ&dq=%22cancellatum%22+%22sylvie%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

.

2°) "L'Orthétrum cancellé", Paul-André Robert 1958.

Paul-André Robert, Les Libellules (Odonates), 1958 page 270.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=RoS9uwEACAAJ&dq=%22libellules%22+odonates+P.A.+Robert&focus=searchwithinvolume&q=cancellatum%22

L'auteur suisse se rend coupable d'un barbarisme en "traduisant" le nom de genre Orthetrum par le terme "Orthétrum".

Dans le même souci, il colle au plus près de l'épithète linnéen en "traduisant" cancellatum par "cancellé" ; mais par bonheur, l'adjectif existait dans notre langue.

 Avait-il  été frappé comme je l'ai été  par la richesse sémantique et métaphorique  de notre adjectif "cancellé", avec ses images de barrière, de treillis, de clôture de chœur, du nom de "chancelier" — celui qui se tient à la barrière  séparant la cour de justice du public — mais aussi ses liens avec son sens encore actuel (annuler une lettre par des croisillons). N'était-il pas charmant d'imaginer cet acte biffé, ce courrier aux termes regrettés, ce remords d'écriture, cette faute d'un enfant étourdi crayonné de rouge par le maître,   s'envoler sur nos rives pour y patrouiller ? De voir désormais cet insecte sillonnant le territoire des berges comme un garde-barrière gribouillé, ou flétri d'un coup de plume vengeur ? 

Las, c'était ignorer l'opposition des odonatologistes francophones depuis Sélys vis-à vis de toute fantaisie et de tout langage poétique et imagé.  Voire de l'irruption du grand public sur leurs berges. 

 

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3°) "L'Orthétrum réticulé", Jean-Louis Dommanget 1987.

Étude faunistique et bibliographique des Odonates de France, Secrétariat de la faune et de la flore page 65.

https://books.google.fr/books?id=JgJNAAAAYAAJ&q=%22Orth%C3%A9trum+r%C3%A9ticul%C3%A9%22&dq=%22Orth%C3%A9trum+r%C3%A9ticul%C3%A9%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj51vaxiNXfAhUCUBoKHfZdA14Q6AEIVzAJ

Ce nom bien quadrillé fait désormais autorité, c'est le nom officiel de la liste de la Société Française d'Odonatologie et du Muséum d'Histoire naturelle sur le site INPN, ou des guides de vulgarisation. 

Ici comme pour la plupart des noms de libellules, notre langue est la seule à n'avoir pas su créer un nom délivré de l'emprise du nom scientifique.

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NOMS COMMUNS DANS D'AUTRES LANGUES.

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- en allemand : Der Große Blaupfeil 

- en espagnol : La libélula azul, 

 - en portugais : Ortirum-reticulado

- en suédois : Större sjötrollslända

-en néerlandais :  Gewone oeverlibel

-en frison :  Grutte ringlibel, Kantsitter, Unrêst, Blaupylk

- En anglais The black-tailed skimmer 

- en gaélique : Orthetrum Llinell-duu

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/orthetrum%20cancellatum.html?lang=gd

-en gallois : picellwyr tinddu

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/orthetrum%20cancellatum.html?lang=cy

-en breton (en attente de validation : broud-aer lost-du.

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SOURCES ET LIENS.

 

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

.

OUTILS DE  ZOONYMIE.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— GEOFFROY in FOURCROY : FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy.

 http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. 

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

 

 

— LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

OLIVIER (Guillaume-Antoine ), 1789, Histoire naturelle, Discours préliminaire page 560.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
3 janvier 2019 4 03 /01 /janvier /2019 12:45

Zoonymie des Odonates : les noms de Libellula depressa (Linnaeus, 1758), "la libellule déprimée".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Zoonymie des Odonates.

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé.

— Libellula Linnaeus, 1758, Syst. nat. :543, est le nom créé par Linné pour désigner les Odonates. C'est un diminutif de  Libella,  nom latin qui désigna d'abord dans les temps anciens et médiévaux le « niveau », un instrument des charpentiers en forme de T. Ce nom avait été choisi par le naturaliste français Guillaume Rondelet en 1554 pour nommer le requin-marteau (libella marina « niveau marin ») en raison de la similitude de la forme en T de la ligne des yeux excentrés. Rondelet repris en 1555 ce nom pour désigner par libella fluviatilis, « niveau des cours d'eau » les larves des zygoptères dont les yeux sont également déportés latéralement. À partir  de Thomas Moffet en 1634, les naturalistes ont étendu l'usage de Libella  à tous les Odonates adultes.

Linné a utilisé la première fois Libellula dès la première édition du Systema naturae (Leyde, 1735), en donnant comme synonyme  Perla (Aldrovandi 1602) et  Virguncula . Ce dernier nom, « petite vierge », suggère que Linné a créé une forme diminutive de Libella sur les modèles virgo /virguncula, puella/puellula, "fillette, demoiselle" et à travers eux domina/domnicella "Demoiselle" par condensation et contamination de l'image métaphorique des noms vernaculaires comparant ces insectes à des jeunes filles (français) ou des fées malicieuses (anglais ou allemand).

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L. depressa  Linnaeus, 1758, Syst. nat.:543 ;  du latin depressus " enfoncé, aplati", renvoyant à la description, abdomine depresso-lanceolato  de l'espèce dont  l’abdomen est court, large, lancéolé et aplati dorso-ventralement .

— Les noms communs en français. 1°) "L'Éléonore" (la femelle) et "La Philinte" (le mâle), Geoffroy, 1762 ; 2°) "La Libellule déprimée", Olivier 1789 ; 3°) "La Libellule applatie", Olivier et Latreille 1803 ; "La Libellule aplatie", Sélys 1840. En 1936, P-A. Robert reprend le nom de "Libellule déprimée", qui est depuis cette date le nom consensuel et officiel.

Les noms communs en d'autres langues :

 

-en catalan : El Cabot.

-en espagnol : La libélula de vientre plano

-en allemand : der Plattbauch

-en néerlandais : de Platbuik

en frison :  Platte glêzewasker,  Platte glêzewasker, Wespbükje

-en anglais : the Broad-bodied chaser ou Broad-bodied darter,

-en gallois : Pycellwyr praff (Picellwr Praff, , Picellwr Boliog),

-en gaélique : Ruagaire Leathann, Ruagairean Leathann, 

 

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I. LE NOM DE GENRE LIBELLULA LINNAEUS, 1758.

Voir :

http://www.lavieb-aile.com/2017/12/zoonymie-pre-linneenne-des-odonates-origine-du-nom-libellula-linnaeus-1758.html

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II. LE NOM D'ESPÈCE LIBELLULA DEPRESSA (LINNAEUS, 1758).

 — LINNÉ ( Carl von,) 1758, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis.Holmiae : Impensis Direct. Laurentii Salvii, 1758-1759. pages 544 n°5.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/566/mode/1up

Description originale.

depressa. 5- L.- alis omnibus basi nigricantibus, thorace lineis duabus flavis, abdomine depresso-lanceolato lateribus flavescente. 
Raj. Ins. 140. & 49. n 4,5

Reaum. Ins. 6 t.35 f. I.
Roes. Ins 2. aqv. t, 6. f. 4. et t.7 f. 3
Habitat in Europa. 
Haec interdum abdominis tergo coerulescente occurit.

 

Traduction. 

n°5 : Libellula depressa. Toutes les ailes noirâtres à la base, deux lignes jaunes sur le thorax, abdomen aplati en lance et jaune sur le coté.

[...]

Vit en Europe.

Il arrive parfois  que la face dorsale de l'abdomen soit bleuissant.

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Zoonymie des Odonates : les noms de Libellula depressa (Linnaeus, 1758).

 

 

 

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Commentaire :

Linné a décrit en 1758 18 espèces de ses LIBELLULA, classées parmi les NEUROPTERA. 

Il les divise en deux groupes (* et **) :

  • oculi distantes remotique [les yeux écartés et distants] : L. virgo et puella

Il indique pour chacune les références, souvent (mais non ici) à son propre travail, la Fauna suecica de 1746 (Faun. svec) ou description de la faune de Suède, puis aux naturalistes qui l'ont précédé : ici John Ray, Réaumur et Roesel.

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Références faites par Linné pour L. depressa.

 

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a) John Ray, 1710, Historia insectorum page 140 et page 49 n°4 et 5.

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/49/mode/1up

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/140/mode/1up

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4. Libella maxima abdomine breviore latioreque flavo,

F.W. AD radicem singularum alarum macula magna e fusco-flavicans, sed major in inferioribus. Ubi alas corpori adhaerent linea albicans in parte inferiore. Alae reticulatae & versus extremum mala fusca notate. Scapulae utrinque area latae coeruleo-alba pinguntur.

5 Libella maxima abdomine breviore latioreque caeruleo.

F. W.  MAS est figurae latae. Appendices cauda breviores habet. Ad alarum fundos macula magna fusca, quae omnes ad corpus linea alba desinunt. Alae reticulatae unica tantum macula fusca versus extremum notate. Dorsum pulcherrime coerulescit, & ad latera ejus maculae flavae.

"F.W" signifie que John Ray décrit les spécimens de son maître et ami Francis Willughby (1635-1672)

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b)  Réaumur, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes volume 6 [1742] planche XXXV figure 1

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51203#page/684/mode/1up

Cette référence a également été donnée par Linné pour sa Libellula 4-maculata, ce qui témoigne d'un certain flottement dans sa classification... ou dans l'identification de l'illustration de Réaumur.

 

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/51203#page/684/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51203#page/684/mode/1up

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c) Roesel, 1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. t. 6. f. 4. et t.7 f. 3

La figure 4 de la planche VI représente une femelle et la figure 3 de la planche VII un mâle, mais Linné ne possède pas ces clefs, ou ne les détaille pas.

 

Rösel von Rosenhof, August Johann ; Kleemann, Christian Friedrich Carl ; Rösel von Rosenhof, August Johann [Hrsg.]
Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung (Band 2): ... welcher acht Classen verschiedener sowohl inländischer, als auch einiger ausländischer Insecte enthält — Nürnberg, 1749

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0265/image

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0281/image

La description des planches est donnée en allemand :

Die braune und gelbe breit-leibige Wasser-nymphen

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0269/image

Der platte und breit-leibige Wasser-nymphen

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0274/image

 

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.

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0265/image

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0265/image

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https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0271/image

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0271/image

 

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La 12eme édition du Systema naturae de Linné en 1767.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/137240#page/376/mode/1up

Il est intéressant de constater que, dans la 12ème édition du Systema naturae daté de 1767, Linné et son équipe ont décrit 3 nouvelles espèces de Libellules, mais aussi qu'ils ont eu le temps d'approfondir les données concernant L. depressa, principalement en l'enrichissant de 4 références supplémentaires. La diagnose reste inchangée mais surtout la phrase  "Il arrive parfois  que la face dorsale de l'abdomen soit bleuissant." reste identique, sans que les sexes mâle et femelle soient décrits clairement.

Description :


 

depressa. L. :  alis omnibus basi nigricantibus , thorace lineis duabus flavis., abdomine lanceolato lateribus flavescente. 

Fn. svec. 1413.

Scop. Carn. 678. 

Raj.ins. 140. & 49- n°4.5.

Reaum. inf 6. t. 1

Roes. Ins. 2 aqu. t.6 f.4 et t.7. f.3.

Edw. av. t. 333.

Geoffroy. Paris. 2. p. 226 n.9.

Habitat in Europa. 

Haec interdum abdominis tergo coerulescente occurrit. 

Pour les références, la première constatation est que Linné fait le lien entre L. depressa et l'espèce décrite dans Fauna suecica de 1761 sous le n° 1413, erreur pour 1463. 

a) fauna suecica 1761.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/100333#page/430/mode/1up

La référence vers la 2ème édition de Faune de Suède, rédigée par Linné en 1761, nous fait retrouver la description de 1758, avec une réduction du nombre de références, mais une description finale plus précise.  "Face jaunâtre. Thorax velu aux cotés verdâtres, avec des lignes jaunes antérieures. Marques noirâtres sur l'extrémité marginale des ailes, alors que toutes sont noir-ferrugineux à la base ; marge blanche intérieure. Abdomen lancéolé, gris-vert,  avec les segments 3 à 7 colorées de jaune sur le coté et que l'extrémité est rouille sombre. Racine des cuisses blanchâtre, pattes noires."

Néanmoins, nous n'y trouvons plus la description d'une forme à abdomen bleuissant.

1463. LIBELLULA depressa alis omnibus basi nigricantibus , thorace lineis duabus flavis; abdomine depresso lanceolato lateribus flavescente. 
Raj. ins. 49. n. 5 Libella maxima , abdomine breviore latioreque coeruleo. 

DESCR. Facies lutescens, Thorax villosus, pallido virens, antice linea flava. Alae macula marginali atra ; & omnes basi nigro-ferrugineae: intimo margine albo. Abdomen lanceolatum , cinereo-virescens, segmenti 3,4,5,6, 7 lateribus luteis ; apice obscure ferrugineo ; ano setis duabus subulatis brevissimis, femora basi livida, Pedes nigri. 

 

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b) Scopoli, 1763.

Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/79410#page/362/mode/1up

On connait l'originalité de Jean-Antoine Scopoli, qui,  contrairement à Carl von Linné qui a utilisé la structure des ailes à la base de sa classification et à Johan Christian Fabricius qui a lui utilisé la structure des pièces buccales,  utilise une méthode plus holistique et défini un système bien plus proche du classement phylogénétique actuel. Dans son Entomologie carniole (de l'actuelle Slovénie), il décrit Libellula depressa avec une précision remarquable, renseignant l'habitat (les eaux stagnantes), décrivant longuement les larves,  en détaillant quatre "variétés". La première est celle que Roesel a peint planche 6 figure 4 avec la couleur brun-jaune de l'abdomen, la deuxième est brune également. [Ce sont les femelles et les immatures], les deux dernières ont l'abdomen bleuâtre [ce sont les mâles], et Scopoli rapproche la n°3 de la figure de Roesel planche 7 fig.3, à l'abdomen bleu. Il donne une belle description de la pruinosité gris-bleu  : abdomen pulvisculo caerulescente adspersum , "aspergé d'une poudre bleuâtre". 


 

678- LIBELLULA Depressa. 

— long. unc. I. lin. 41/2. 

Diagn. Abdomen lanceolatum triquetrum. Alae singulae ad apicem linea nigra; basi nigricante aut flava macula notatae. 
Habitat in aquis stagnantibus. 
Larva in humo spongiosa impalpabili lutosa degens, tardigrada, ore bivalvi : valvis virescentibus rostro inflexo maxilloso , abdomine trigono: subtus fulvescente, pedibus ciliatis.

Insectum cui alae anticae latitudo in medio lineae ad apicem collocatae desumpta, aequalis est latitudini abdominis segmenti quinti aut tertii. 

Variat.

I. Libellula abdomine lanceolato triquetro fusco : basi lateribusque flavescentibus. 

Linn. Syst. Nat. p. 544. depressa. & Faun. Svec. 2. 1463. 
Roesel. Ins. aquat. CI. II. Tab. 6. fig. 4. 
Abdomen colore maculae baseos alae singulae nigro variegatae, sed margine linea dorsali & segmentis  (3-4) ultimis in medio nigricantibus. Alios colores habet Linn. sed maculae & lineae alarum nostram indicant. 

2. Libell. abdomine lanceolato, triquetro, fusco; segmentis singulis macula fulva laterali. Maculae alarum fuscae, 
rufis venulis reticulatae, lineaque rufa longitudinali. 
3 . Libell. abdomine lanceolato, triquetro, caerulescente. 
Roesel.. Ins. aquat. Cl. II. Tab. 7. fig.3. 
Varietatem hanc ad Libell. suam
depressam retulit ill[ustris]. Linnaeus, cui alarum maculae ut in priore. 
4. Libell. abdomine lanceolato, triquetro, caerulescente ; segmentis, 3. 4. 5.  fuscescentibus. Huic & priori abdomen pulvisculo caerulescente adspersum; haec vero segmentis tribus dictis macula laterali flavescente utrinque notatis. 

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c. Edwards 1764.

C'est l'une des belles rencontres de ces études zoonymiques : la référence laconique renvoie à :

 

EDWARDS (George), 1764, Gleanings of Natural History, Exhibiting Figures of Quadrupedes Glanures de L'histoire Naturelle consistant en figures de quadrupédes, d'oiseaux, d'insectes, de plantes &c. ..., Partie 3..., illustration suivant la page 258.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/201008#page/83/mode/1up

Tenons-nous bien, c'est "le père de l'Ornithologie britannique" ! En 1733, sur la recommandation de Sir Hans Sloane, il était devenu le bibliothécaire  du Royal Collège of Physicians à Londres, comme Christopher Merrett 70 ans auparavant. Et Merrett, c'est l'auteur du Pinax de 1667 !  Que du beau monde.

 

La superbe planche colorée datée du 9 mars 1761 est titrée  The spotted Woodpecker and the Libellula fly, drawn from life of their  natural size.

Le texte de l'ouvrage est bilingue, en anglais avec une traduction en français sur la colonne droite, ce que nous découvrons en page 259 au chapitre CXXIII. La Planche porte alors le n° 333 et est titrée : The Yellow wood-pecker with Blacks Spots / Le Pivert ou Grimpereau Jaune avec des Taches Noires. 

Ce qui intéresse l'auteur, c'est l'oiseau à qui il consacre une longue description. Puis  il ajoute avec nonchalance :

"La Mouche est de l'espèce appelée Libellula : c'est un insecte Anglais , et sa figure a été ajoutée ici à celle de l'Oiseau que par  manière d'ornement , et parce je n'aime pas à voir de grands vides sur les planches . 
La tête, le corps, et les jambes, sont d'un brun sombre : deux lignes courbées , étroites et jaunes passent de la tête en bas sur le corps : la partie inférieure du corps, ou la queue, est bleue au milieu avec des taches jaunes sur les cotés : les ailes sont d'un brun clair et transparent, avec des taches d'un brun plus foncé, comme on le voit dans la figure."

Et cette désinvolture à l'égard de cette "mouche" ne dispense pas le naturaliste d'une description entomologique détaillée.

 

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/201008#page/87/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/201008#page/87/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/201008#page/87/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/201008#page/87/mode/1up

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d) Geoffroy, 1762.

La dernière référence du Systema naturae de 1767 est en réalité la plus précoce pour les auteurs "post-1758". Elle nous concerne au premier chef puisqu'il s'agit d'un auteur français, majeur pour l'entomologie, mais je le présenterai au chapitre suivant. La référence du tome 2 de l'Histoire abrégée des insectes ...autour de Paris page 226 concerne une libellule que Geoffroy baptise "La Sylvie", et l'important est de vérifier que Linné y reconnaisse  sa Libellula depressa. Mais attendons la fin ...

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ETUDE DU NOM L. DEPRESSA.

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Depressa vient du latin depressus, participe passé du verbe deprimo "presser de haut en bas, abaisser, enfoncer" (Gaffiot) . Par extension, il indique une action vers le bas, voire tout ce qui est bas et vil, mais au XVIIIe siècle depressus  garde ce sens d'abaissé, enfoncé, profond ou bas (Joubert, 1725) . Je ne le vois pas utilisé par les naturalistes dans leurs description.  Linné ne l'utilise ailleurs  en 1758 au masculin que pour Homalinotus depressus et au féminin pour  l'arthropode Omosita depressa.  Les mots français "dépression" ou déprimer" sont assez récents.

Il est donc trop rapide d'écrire que le latin depressus, a, um signifie "aplati"  avant que Linné ne l'utilise, ainsi que le verbe deprimo et la forme depresso, dans ses descriptions. C'est ici le cas puisque Linné caractérise cette espèce par les mots abdomine depresso-lanceolato . Avec lanceolato, il reprend un terme latin de botanique (Gaffiot), "lanceolé, à feuilles en fer de lance". J'admire la concision de la diagnose qui exprime parfaitement en deux mots la forme courte,  et aplatie, à l'extrémité ovale et effilée de l'abdomen de l'espèce.

Il y a bien des précédents de depresso ou depressa en sciences naturelles, puisqu'en 1742, dans la Division générale des coquillages de D'Argenville, qui écrit Cochlea ore depresso, "les Limaçons à bouche applatie" . De même, en 1754, De la Chesnaye-Desbois cite successivement l'épithète depresso pour un Ciron, un Scarabée, une Araignée, et une Mouche à tarière. Et nul doute qu'un examen plus attentif des ouvrages pourraient trouver d'autres exemples précoces. 

Néanmoins, c'est surtout  l'usage qu'en fait Linné en 1758 qui va introduire cette acceptation du verbe latin et de ses participes au sens d'"aplati". Fabricius l'emploie pour baptiser sa Buprestis depressa, et les auteurs français usent du terme "déprimé" en Botanique et Zoologie ; notons précisément qu'ils ne traduisent pas Libellula depressa par "libellule aplatie" (ce qu'ils auraient sans doute faits si le sens du terme latin leur était familiers), mais par "Libellule déprimée".

C'est donc par souci de concision que j'écris ma conclusion : L. depressa  Linnaeus, 1758, Syst. nat.:543 ;  du latin depressus " enfoncé, aplati", renvoyant à la description, abdomine depresso-lanceolato  de l'espèce dont  l’abdomen est court, large lancéolé et aplati dorso-ventralement .

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/libellule-deprimee/

"depressa vient du latin depressus = déprimé, aplati, enfoncé : l’abdomen de cette espèce est court, large et aplati dorso-ventralement."

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 

"from Lat. deprimere, past part. depressus, -a, -um = flattened, for the broad, flattened shape of the abdomen".

 

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

L. depressa ne s'y trouve pas. "depressum (Platetrum) - depressus, a, um = depresso. Per la forma appiattita dell’addome."

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"depressa (Linnaeus) [l. depressed, flat] refers to a feature of the broad abdomen."

 

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"depressa = afgeplat, platgedrukt"

 

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LES NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS COMMUNS EN FRANÇAIS.

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1°) "La Sylvie", Geoffroy, 1762.

 GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. page 226 n°9.

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

"9. LIBELLULA thorace viridi nitido , lineis flavis ; alis albis , abdomine nigro cœrulescente.

-Linn. faun. fuec. n. 768, Libellula thorace viridi nitido , lineis flavis , alis pallidis , abdomen nigro,

-Raj. inf. p. 49 , n. 5. Libella maxima , abdomine breviore , latioreque cœruleo.

-Idem. p. 140. Libella maxima abdomine breviore , & crassiore latioreque cœruleo.

-Reaum. ins. tom. ij. Tab.. 3 5 , F. 2.

La sylvie.

Longueur 2 pouces.

Ses yeux sont bruns , sa tête & son corcelet sont verdâtres avec deux bandes jaunes; mais un peu irrégulières sur les côtés du corcelet. Ses pattes sont d'un brun noir. Les aîles, du moins dans celles que j'ai, sont tout-à-fait diaphanes , avec une petite tache brune oblongue au bord extérieur : M. Linnaeus dit qu'elles sont un peu jaunâtres. Le ventre cylindrique & gros est jaune en-dessous , & en-dessus il est noir, mais couvert d'une poussière grise , cendrée & bleuâtre , ce qui fait aisément distinguer cette espèce."

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Le nom de Sylvie s'inscrit, avec le n°9,  dans la série de prénoms féminins que Geoffroy a réservé aux 14 espèces de "demoiselles" ou libellules qu'il décrit. Il est le quatrième de son groupe des Demoiselles à ailes étendues .

Geoffroy décrit un mâle, puisqu'il  signale l'abdomen couvert d'une pruine bleuâtre (première description, antérieure à Scopoli). 

On sait que Geoffroy omit, dans l'ensemble de son entomologie parisienne,  de donner un nom d'espèce en latin, selon les principes linnéens. Cela sera corrigé en 1789 dans l'édition que Fourcroy fit paraître, avec le nom Libellula sylvia ; La Sylvie. (page 346).

https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/346/mode/2up

Le nom de Sylvie est repris par Charles de Villers en 1789 lorsqu'il décrit page 4 :" Libellula depressa (La Sylvie)".

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

1bis Discussion : La Sylvie, L'Eléonore ou la Philinte ?

Pour Linné en 1767 et pour Fonscolombe, Sylvie de Geoffroy = L. depressa. Mais dès 1803, les 2 principaux naturalistes français Olivier et Latreille écrivent :  "Il faut rapporter à cette espèce celles que Geoffroy nomme éléonore et philinte , et non la sylvie ou le n° 9, ainsi que l'indique Linnaeus dans sa douzième édition de son Systema naturae." 

En effet, la principale différence entre les genres Libellula et Orthetrum est que les ailes du premier sont pourvues à leur base de taches triangulaires sombres qui sont totalement absentes du second. Or, Geoffroy précise que les ailes de sa Sylvie "sont tout-à-fait diaphanes", c'est donc un Orthetrum, mais le genre ne sera décrit qu'en 1833. En 1998, Jacques d'Aguilar et Jean-Louis Dommanget l'identifient avec Orthetrum cancellatum. et associent L. depressa avec l'Eléonore de Geoffroy. Allons à sa rencontre.

 

1ter. "L'Éléonore" Geoffroy, 1762 : L. Depressa, la femelle.

C'est, à la page 225, la numéro 7 de l'auteur, suivi de La Philinte et de la Sylvie.

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/224/mode/2up

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"7. LIBELLULA alis albis basi luteis, abdomine lutescentee. Planch. 13 , fig. 1.

Linn. faun. fuec. n 765. Libellula alis albis basi luteis.

Linn. Syst. nat edit. 10 , p. 543 ,n. 1, Libellula flaveola.

Raj. Ins.p. 49 , n. 4. Libellula maxima , abdomine breviore latioreque flavo.

Réaum. ins. Vol. vj. Tab. 35, f- l.

Roesel, ins.vol. 2, tab. 6. Insect. aquatil. class, 2.

L'éléonore.

Longueur 16 lignes.

Les yeux de cette espèce font fort gros, de couleur brune & se touchent vers le dessus de la tête. C'est au-devant de cette jonction des deux yeux, que se trouvent les trois petits yeux lisses, qui ordinairement sont à la partie postérieure de la tête; le corcelet large est d'un brun noirâtre & velu, avec deux plaques jaunes un peu verdâtres, une de chaque côté. Les pattes sont noires & épineuses. Le ventre large, court, applati & composé de neuf anneaux, est noir en dessous & jaune en-dessus. Les aîles diaphanes & claires ont à leur pointe une tache oblongue noire placée au bout du bord extérieur , & à leur base il y a une assez grande tache d'un jaune brun. On trouve cette grande demoiselle dans les prés , & proche les rivières. Elle vole très-vite."

Malgré la référence à Libellula flaveola de Linné, l'identification à une femelle ou immature de L. depressa s'appuie sur la description, et sur la figure signalée par l'auteur planche XIII figure 1 (c'est la seule illustration d'Odonate, —gravée par Defehrt— dans l'ouvrage de Geoffroy). 

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n765/mode/2up

Le nom d'Éléonore sera régulièrement  rapproché de L. depressa durant le XIXe siècle.

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https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n765/mode/2up

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n765/mode/2up

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1.quarto. "La Philinte" Geoffroy 1762 : L. Depressa, le mâle.

C'est, pages 225-226, le n°8.

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/224/mode/2up

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8 LIBELLULA alis albis , basi luteis ; abdomine supra pulvere cinereo-coerulescente consperso.

Roesel. Ins. vol. 2 , tab. 7 , fig. 2, 3. Insect. aquatil. Class.2

La philinte.

Je crois celle-ci variété de la précédente. Elle n'en diffère que parce que son ventre elle couvert en-dessus d'une poussière cendrée bleuâtre. Pour tout le reste elle lui ressemble tout-à-fait.

Il est vraiment curieux de voir les naturalistes, Linné en tête, passer complètement à coté de la notion de formes mâles et femelles morphologiquement différentes et décrire ces formes comme des "variétés". Jusqu'au XIXe siècle.

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2°) La  Libellule déprimée", Olivier, 1789.

Guillaume-Antoine OLIVIER, 1789, Histoire naturelle, Discours préliminaire page 560.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

Olivier donne pour cette espèce toutes les références données dans la 12eme édition du Systema naturae, mais aussi :

  • 3 références à Fabricius (Syst. ent. 1 p.420 n°2 ; Spec. ins. p.519 n°2 ; Mans. ins. 1 p.336)
  • Fourcroy Entomologia parisiensis 2 p. 346 n°10  : Libellula Sylvia 
  • Lesk. it. p. 50 A n°15, qui renvoie à : Zschach, Johann Jacob. 1788: Museum N. G. Leskeanum. Pars Entomologica ad systema entomologiae Cl. Fabricii ordinata cura I. I. Zschachii, M. Bacc. - Lipsiae, I. G. Müller [2]+136 p., 3 col. Taf. [Leipzig]. Je n'ai trouvé que cette page :  https://www.biodiversitylibrary.org/item/256042#page/90/mode/1up

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Il donne la description suivante :

"Elle a les yeux gros et bruns, le corcelet vert, avec deux lignes longitudinales jaunes ; l'abdomen est bleuâtre dans les mâles seulement, & d'un brun verdâtre dans les femelles.

Tous deux ont les bords de l'abdomen jaune. Les ailes sont diaphanes avec un point oblong à leur extrémité, sur le bord antérieur ; elles ont à leur base une tache jaune, oblongue sur les ailes antérieures, et triangulaires sur les ailes postérieures. Les pattes de l'insecte sont noires & la base des cuisses jaunes."

Est-il le premier à attribuer la couleur bleue aux mâles et le brun-vert aux femelles ? Fabricius, ou d'autres auteurs étrangers l'a-t-il précédé ?

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

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Le nom "Libellule déprimée"est repris par Henri Milne-Edward in Lamarck, en 1817 page 225 et en 1839.

https://books.google.fr/books?id=U8oQAAAAIAAJ&dq=%22libellula%22+depressa&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

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3°) "La Libellule applatie", Olivier et Latreille, 1803.

Olivier et Latreille, 1803, article LIBELLULE, Nouveau dictionnaire appliqué aux arts, Déterville, vol. XIII LAU-Man page 136.

https://books.google.fr/books?id=8OVfAAAAcAAJ&pg=PA136&dq=depressa+sylvie&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwixq-ycltDfAhUlyIUKHTtSDpMQ6AEIXTAJ#v=onepage&q=depressa%20sylvie&f=false

"LIBELLULE APPLATIE, Libellula depressa Linn. [...] Cet insecte a environ seize lignes de longueur. Ses yeux sont fort gros, bruns, et contigus postérieurement. Le corcelet est d'un brun noirâtre, avec deux taches d'un jaune verdâtre , en forme de plaques , une de chaque côté. Les ailes sont transparentes, avec une grande tache d'un jaune brun, à leur base, et une petite tache oblongue, noire, au bout du bord extérieur; l'abdomen est large, court, applati, noir en dessous et jaune en dessus , ou quelquefois d'un cendré bleuâtre ; les pattes sont noires. Elle est très-commune en Europe."

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4°) "La Libellule aplatie", Sélys 1840.

Monographie des Libellulidées, Roret, Paris, Bruxelles  page 34 n°2.

https://books.google.fr/books?id=8aBIt4TdIM0C&dq=fonscolombe+depressa&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

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5°) Le nom "La Libellule déprimée" Olivier 1789 est adopté comme nom vernaculaire par le suisse francophone Paul-André Robert en 1936 et 1958 : il sera suivi par l'ensemble des auteurs contemporains.

C'est désormais le nom "officiel" de la liste de la SFO, de l'INPN du Museum, et des guides naturalistes de Jourde/Dijkstra, Grand et Boudot, etc. .

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LES NOMS COMMUNS EN D'AUTRES LANGUES.

-en catalan : El Cabot.

-en espagnol : La libélula de vientre plano

-en allemand : der Plattbauch

-en néerlandais : de Platbuik

en frison :  Platte glêzewasker,  Platte glêzewasker, Wespbükje

-en anglais : the Broad-bodied chaser ou Broad-bodied darter,

-en gallois : Pycellwyr praff (Picellwr Praff, , Picellwr Boliog),

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

-en gaélique : Ruagaire Leathann, Ruagairean Leathann, 

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

-en breton : Nadoz-aer kofek (nom provisoire en attente de validation définitive) : aiguille-ventrue serpent.

 

 

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SOURCES ET LIENS.

 

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— EDWARDS (George), 1764, Gleanings of Natural History, Exhibiting Figures of Quadrupedes Glanures de L'histoire Naturelle consistant en figures de quadrupédes, d'oiseaux, d'insectes, de plantes &c. ..., Partie 3...,

https://www.biodiversitylibrary.org/item/201008#page/83/mode/1up

— GEOFFROY in FOURCROY : FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy.

 http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. 

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

 

 

— LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

— OLIVIER (Guillaume-Antoine ), 1789, Histoire naturelle, Discours préliminaire page 560.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

— Réaumur, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes volume 6 [1742] planche XXXV figure 1

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51203#page/684/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— SCOPOLI , 1763, Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/79410#page/362/mode/1up

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

— ULINGER (Robert L.), 1964, The Role of Linnaeus in the Advancement of Entomology, Annual Review of Entomology Vol. 9:1-17 (Volume publication date January 1964) 

https://doi.org/10.1146/annurev.en.09.010164.000245

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
31 décembre 2018 1 31 /12 /décembre /2018 23:57

Zoonymie des Odonates : les noms de Libellula quadrimaculata (Linnaeus, 1758), la "libellule à quatre taches".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Zoonymie des Odonates.

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé.

Libellula Linnaeus, 1758, Syst. nat. :543 , est le nom créé par Linné pour désigner les Odonates. C'est un diminutif de  Libella,  nom latin qui désigna d'abord dans les temps anciens et médiévaux le « niveau », un instrument des charpentiers en forme de T. Ce nom avait été choisi par le naturaliste français Guillaume Rondelet en 1554 pour nommer le requin-marteau (libella marina « niveau marin ») en raison de la similitude de la forme en T de la ligne des yeux excentrés. Rondelet repris en 1555 ce nom pour désigner par libella fluviatilis,  « niveau des cours d'eau » les larves des zygoptères dont les yeux sont également déportés latéralement.  A partir  de Thomas Moffet en 1634, les naturalistes ont étendu l'usage de  Libella  à tous les Odonates adultes.

Linné a utilisé la première fois Libellula dès la première édition du Systema naturae (Leyde, 1735), en donnant comme synonyme « Perla » (Aldrovandi 1602) et « Virguncula ». Ce dernier nom, « petite vierge », suggère que Linné a créé une forme diminutive de Libella sur les modèles virgo /virguncula, puella/puellula, "fillette, demoiselle" et à travers eux domina/domnicella "Demoiselle" par condensation et contamination de l'image métaphorique des noms vernaculaires comparant ces insectes à des jeunes filles (français) ou des fées malicieuses (anglais ou allemand).

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quadrimaculata Linnaeus, 1758, Syst. nat.:543, écrit 4-maculata dans la publication originale, associe le préfixe quadri  "quatre"  au latin  maculatus  "taché" : cette espèce a sur ses ailes 4 marques noires, 2 au niveau du nodus s'ajoutant aux 2 ptérostigmas.

— Noms communs en français : 1°) "La Françoise", Geoffroy 1762 ; 2°) "La Libellule quadri-maculée", Olivier, 1789, Latreille 1792 ; 3°) "La Libellule à quatre taches", Latreille, 1804 ; 4°) "La Libellule quatre-taches", Duméril 1823 ; 5 °) "La Libellule à quatre points" 1899, Bull. Soc. des Sc. nat. de Saône-et-Loire ; 6°) "La libellule quadrimaculée", P.-A. Robert 1958. Aujourd'hui, depuis Dommanget 1987, l'unanimité est faite (SFO, INPN, guides de vulgarisation) autour de "la Libelllule à quatre taches" de Latreille.

— Noms communs en d'autres langues : ils signifient tous "libellule à quatre taches".

- en frison 1981 : Fjouwerplakjes libel, Fjouwerplakjeslibel, Flekbükje

-en allemand : Der Vierfleck

- en anglais : the Four-spotted chaser

-en catalan : El Cabot quadrimaculat 

-en espagnol : La libélula de cuatro puntos 

-en italien : la libellula dalle quattro macchie

-en néerlandais : de viervlek 

- en néerlandais : Viervlek

-en gallois : picellwyr pedwar nod [picellwr pedwar nod]

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

 

 

 

 

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I. LE NOM DE GENRE LIBELLULA LINNAEUS, 1758.

Voir :

http://www.lavieb-aile.com/2017/12/zoonymie-pre-linneenne-des-odonates-origine-du-nom-libellula-linnaeus-1758.html

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II. LE NOM D'ESPÈCE LIBELLULA QUADRIMACULATA (LINNAEUS, 1758).

 

 — LINNÉ ( Carl von,) 1758, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis.Holmiae : Impensis Direct. Laurentii Salvii, 1758-1759. pages 543.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/565/mode/1up

Description originale.

4-maculata 1. L. alis posticis basi omnibusque medio antico macula nigricante. 

Fn. fvec. 764. L. alis macula marginali duplici. 

Raj. inf. 49. n° 3. 

Reaum. inf. 6. t. 35 . f. 1 , 2. 

 

Habitat in Europa.

 

Traduction.

 

Zoonymie des Odonates : les noms de Libellula quadrimaculata.

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Commentaire :

Linné a décrit en 1758 18 espèces de ses LIBELLULA, classées parmi les NEUROPTERA. 

Il les divise en deux groupes (* et **) :

  • Alis patentibus acquiescentes [les ailes ouvertes au repos] : les 16 premières, dont la première, L. 4.maculata.

  • oculi distantes remotique [les yeux écartés et distants] : L. virgo et puella

Il indique pour chacune les références à son propre travail, la Fauna suecica de 1746 (Faun. svec) ou description de la faune de Suède, puis aux naturalistes qui l'ont précédé : ici John Ray et Réaumur.

.

Références faites par Linné pour L. quadrimaculata.

a) Fauna suecica 1746 page  230  n° 764.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/264/mode/1up

 

764. LIBELLULA alis macula duplici marginali. 
Raj . Ins . 72, n° 3 Libella maxima, abdomine longo tenui laevi viridi-splendente ad initium & finem  intumescente. 
Habitat Upsaliae rarior
DESCR. Nomen Raji nil valet, descriptio bona est. Thorax crassus, cinereus, a vergo hirsutus. Abdomen attenuatum ex lato principio. Alae albae, versus basin lutea:, sed inferiores infra luteum colorem nigrae. latera abdominis cana; cauda duabus appendiculis teretibus utrinque attenuatis. Nota essentialis, qua haec species ab omnibus distinguitur , consistit in puncto marginali , quod ut in reliquis versus extremitates nigrum est sed praeter hoc punctum, fusca f. nigra alia macula, ad marginem anteriorem , in mediao alae singula ; adeoque puncta quasi duo marginalia in omni ala. 

.

Zoonymie des Odonates : les noms de Libellula quadrimaculata.

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b) John Ray, 1710, Historia insectorum page 49 n°3.

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/48/mode/1up

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3, Libella maximam abdomine longo, tenui laevi viridi-splendente, ad initium & finem intumescente.

Thorax pilis crebris hirtus est , supine e viridi & cupreo mixto, subtus cupreo colore pilos tralucence splendens. Abdomen longum ut in hoc genere, tenue, laeve, ad exortum a thorace & ad caudam intumescens. Alae membranaeae pellucidae ad exortum luteo tintae, duplici in margine exteriore lineola nigra, una majore prope  extremum , altera transversa minima & vix discernenda circa mediam partem notatas.

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Zoonymie des Odonates : les noms de Libellula quadrimaculata.

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c)  Réaumur, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes volume 6 [1742] planche XXXV figures 1 et 2.

Linné se réfère aux 2 premières  illustrations de la planche XXXV, dont la description est placée en page 390 :

"Les différentes espèces de demoiselles aquatiques, peuvent être rangées sous trois genres, dont chacun a un caractère très-marqué, ce qui le rend aisé à distinguer des autres.

J'appellerai demoiselles à corps court & applati celles que je mettrai dans le premier : ce n'est pas que leur corps ne soit long par rapport à celui de la plupart des mouches; mais il est court, comparé avec celui des autres demoiselles , & d'ailleurs autrement conformé : le leur souvent plus large qu'épais , diminue insensiblement de largeur jusqu'à son extrémité. "

 

.

La tache sombre au nodus est peu ou pas visible sur ces illustrations.

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Zoonymie des Odonates : les noms de Libellula quadrimaculata.

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ÉTUDE DU NOM QUADRIMACULATA.

L'épithète spécifique, que Linné écrit 4-maculata dans la publication originale, associe le préfixe quadri  "quatre"  au latin  maculatus  "taché" : cette espèce a sur ses ailes 4 marques noires, 2 au niveau du nodus s'ajoutant aux 2 ptérostigmas.

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/libellule-a-quatre-taches/

"Quadrimaculata de quadri dérivé de quattuor (lat) = quatre ; maculatus (lat) = taché, maculé : cette espèce a ses quatre ailes marquées de taches au niveau du nodus.

.

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 

Libellula: Linnaeus, 1758 dimin. of Lat. libella, the word which in Linnaeus' time was used for dragonflies in general.

Libellula quadrimaculata Linnaeus, 1758, from Lat. quadri- = four times + maculatus, -a, -um = spotted, for the four spots at the wing nodes "

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"Libellula - libella, ae = bilancia oppure da libellulus, i=piccolo libro.

quadrimaculata (Libellula) - quadri- = quattro volte + maculo, as, avi, atum, are = macchiare; con quattro macchie. Per la presenza di quattro macchie sulle ali."

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"-Libellula was the name by which Linnaeus summed up all Odonata. It is a diminutive of l. libella which among other things means: spirit level, an instrument of carpenters T-shaped in ancient and medieval times. This name the French naturalist Guillaume Rondelet (1505- 1566) had chosen for the hammerheaded shark (libella marina - libella from the sea) because of similarity and later transferred to zygopterous larvae (libella fluviatilis - libella belonging to the rivers). From the 17th century onwards adult Odonata were also thus named by scientists.

- quadrimaculata (Linnaeus) [l. four-spotted] refers to the black marks at the nodus of each wing which together with the pterostigmata make eight spots. "

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"libella = waterpas (een waterpas had een T-vorm, zoals het hoofd van een hamerSubfamilie Leucor

Libellula quadrimaculata quater = viermaal; maculata = gevlekt "

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LES NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS COMMUNS EN FRANÇAIS.

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1°) La Françoise, Geoffroy 1762.

 

— Louis-Etienne Geoffroy, Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés dans un ordre méthodique volume 2 page 214 n°6

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/224/mode/2up

Le nom de Françoise s'inscrit, avec le n°6,  dans la série de prénoms féminins que Geoffroy a réservé aux 14 espèces de "demoiselles" ou libellules qu'il décrit. Il est le premier de son groupe des Demoiselles à ailes étendues ;

 

6. LIBELLULA alis macula duplici marginali. Linn. faun. fuec. n. 764.

Linn. syst. nat. edit. lo , p. 543 , n. i. Libellula quadrimaculata.

Raj. ins, p. 49, n. 3. Libella maxima ; abdomine longo tenui laevi viridi splendente , ad initium & finem intumescente.

La françoise.

Longueur 19 lignes.

Sa tête est brune & le devant au-dessus des mâchoires est d'un jaune verdâtre. Le corcelet est brun , mais couvert en dessus de poils gris. Le ventre est large en haut, mais il va en diminuant par le bas & il se termine par deux appendices cylindriques. Sa couleur est brune , en haut il est un peu velu sur les côtés. Les quatre ailes font jaunes à leur base & le long d'une partie du bord extérieur , & de plus les inférieures ont au-dessous de cette couleur jaune , une une tache d'un brun noir. Mais ce qui fait aisément distinguer cette espèce de toutes les autres, c'est qu'elle a deux taches marginales au bord extérieur de chaque aîle, une vers le bout à l'endroit ou les autres espèces en ont une, &; une seconde presqu'au milieu du bord extérieur qui dans cet endroit a un étranglement. Toutes deux sont d'un brun noir. Cette espèce est rare ici.

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Zoonymie des Odonates : les noms de Libellula quadrimaculata.

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2°) Libellule quadri-maculée, Olivier, 1789, Latreille 1792

Guillaume-Antoine Olivier Histoire naturelle : discours préliminaire, 1789

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA559&dq=%22libellula+fran%C3%A7oise&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwirlt3Ui8vfAhWDz4UKHaNKDZ8Q6AEIPzAE#v=onepage&q=%22libellula%20fran%C3%A7oise&f=false

Encyclopédie méthodique page 559

https://books.google.fr/books?id=KIMPAAAAQAAJ&pg=PA559&dq=%22libellula+fran%C3%A7oise&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwirlt3Ui8vfAhWDz4UKHaNKDZ8Q6AEILzAB#v=onepage&q=%22libellula%20fran%C3%A7oise&f=false

.

.

2°) Libellule à quatre taches, Latreille, 1804.

Latreille, Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 11.

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

3°) Libellule quatre-taches, Duméril 1823

Dictionnaire des sciences naturelles 1823 page 245

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4°) Libellule à quatre taches, Sélys, 1840.

Monographie des Libellulidées d'Europe page 32 

L'auteur belge cite le nom de Geoffroy sous la forme erronée "La Française".

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5°) Libellule à quatre points, 1899, Bull. Soc. des Sc. nat. de Saône-et-Loire

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6°) La libellule quadrimaculée, P.-A. Robert 1936 et 1958.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=mp8eAQAAMAAJ&dq=%22gomphe+%C3%A0+pinces%22&focus=searchwithinvolume&q=quadrimacul%C3%A9e

 

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=RoS9uwEACAAJ&dq=LES+LIBELLULES+%28ODONATES%29+robert&focus=searchwithinvolume&q=quadrimaculata

.

Dommanget revient à "Libellule à quatre taches" en 1987.

Aujourd'hui, le nom vernaculaire officiel est : la Libellule à quatre taches.

- Jourde in Dijkstra

- Grand et Boudot

-Précigout, Prudhomme, Jourde

- INPN (MNH)

- Wikipédia

-etc.

 

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LES NOMS COMMUNS EN D'AUTRES LANGUES.

- en frison 1981 : Fjouwerplakjes libel Fjouwerplakjeslibel, Flekbükje

-en allemand :Der Vierfleck

- en anglais Four-spotted chaser

-en catalan El Cabot quadrimaculat 

-en espagnol La libélula de cuatro puntos 

-en italien : la libellula dalle quattro macchie

-en néerlandais : de viervlek 

- en néerlandais : Viervlek

-en gallois : picellwyr pedwar nod [picellwr pedwar nod]

-en breton : nadoz-aer pevar tarch (forme suggérée mais pas encore validée)

 

.

 

 

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SOURCES ET LIENS.

 

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

.

OUTILS DE  ZOONYMIE.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— BUCHECKER (Henrich), 1876, Henrici Buchecker Systema entomologiae, sistens insectorum classes, genera, species : pars I. Odonata (Fabric.) europ, München : Im Selbstverlag des Verfassers

https://archive.org/stream/henricibuchecke00buch#page/n23/mode/2up

— CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. L. Voss, 180 pages,.

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates

http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique

— DELIRY (Cyrille)  Monographie C. aenea

http://www.deliry.com/index.php?title=Cordulia_aenea

 

 

— GEOFFROY in FOURCROY : FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy.

 http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

 

 

— LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— VANDER LINDEN, P.L. 1825 - Monographiae Libellulinarum Europaearum. - Bruxellis. 

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
29 décembre 2018 6 29 /12 /décembre /2018 16:31

Zoonymie des Odonates : les noms d'Ophiogomphus cecilia (Geoffroy in Fourcroy, 1785), "le Gomphe serpentin".

 

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Zoonymie des Odonates.

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

 

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À PROPOS D' ÉTIENNE-LOUIS GEOFFROY :

 

 

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Résumé.

— Genre Ophiogomphus Sélys, 1854 Synopsis des Gomphines :39. Le préfixe ophio- , du grec ancien ὄφις, óphis (« serpent ») est associé  au nom du genre Gomphus car Sélys place dans son genre l'espèce que Charpentier avait décrite en 1825 sous le nom d'Aeschna serpentina en raison de son abdomen étroit et coloré évoquant un serpent. Cette espèce sera ensuite nommée O. cecilia Fourcroy 1785.

—Nom d'espèce O. cecilia :  cecilia est la transcription en latin, in Fourcroy Entomologia Parisiensis 1785 (2).:348, du nom d'espèce "La Cécile" créé par Geoffroy en 1762 dans une série de 14 libellules recevant des prénoms féminins, par référence à la fois aux noms Louise et Ulrique attribués par Linné à deux libellules en 1746, et à la fois au nom de genre français des Libellula, "Les Demoiselles".

— Noms communs en français : 1°) "La Cécile", Geoffroy 1762 ;  2°) "Le Gomphus serpentin", Sélys 1840 ;  3°) "Le Gomphe serpentin", P.A. Robert, 1958 suivi par la majorité des auteurs actuels ; 5°) "l'Ophiogomphe serpentin" (Jourde 2007) .

— Noms communs en d'autres langues : ils soulignent la dominance verte de la teinte :

 

- en allemand :Die Grüne Flussjungfer 

- en néerlandais : De Gaffelibel

- en suédois : Grön flodtrollslända

- en anglais : the green snaketail, green gomphid, or green club-tailed dragonfly

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NOM SCIENTIFIQUE.

 

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LE NOM DE GENRE OPHIOGOMPHUS (SELYS, 1854).

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http://www.lavieb-aile.com/2018/12/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-ophiogomphus-selys-1854.html

 

 

 

LE NOM D'ESPÈCE OPHIOGOMPHUS CECILIA (GEOFFROY IN FOURCROY, 1785).

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Libellula cecilia,  FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544., page 348.

https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/348/mode/2up

 

 

La publication originale.

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15. L. cecilia,

La Cécile.

L. thorace virescente abdomine fusco caracteribus flavis.

Loc, Idem. (habitat amnium ripas)

 

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https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/348/mode/2up

https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/348/mode/2up

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La publication source, Geoffroy 1762.

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. page 229.

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/228/mode/2up

14. LIBELLULA thorace virescente , abdomine fusco , characteribus flavis. [thorax verdâtre, abdomen brun, marques jaunes

La cécile.

Celle-ci plus grande que la précédente, pourroit bien n'en être qu'une variété. Elle a comme elle la tête jaune & de gros yeux bruns , le ventre brun avec des taches jaunâtres sur les côtés, ainsi que vers le bas & le haut de chaque anneau. La seule différence consiste dans le corcelet & le premier anneau du ventre qui sont d'un vert jaunâtre sans mélange d'aucune autre couleur. Les pattes sont brunes & les aîles quelquefois un peu colorées de jaune , avec la tache oblongue du bord un peu cendrée.

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https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/228/mode/2up/search/sylvie

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/228/mode/2up/search/sylvie

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ÉTUDE DU NOM OPHIOGOMPHUS CECILIA.

En 1762, quatre ans après la parution de la 10ème édition du Systema naturae de Linné, le médecin français Étienne-Louis Geoffroy a publié les deux tomes de son Histoire abrégée des insectes qui vivent aux environs de Paris, catalogue des insectes parisiens dont l'un des modèles est la Fauna suecica (faune suédoise) de Linné paru en 1746.

Dans le tome 2 de cet ouvrage, Geoffroy décrit aux pages 217-229 14 espèces 14 espèces de libellules dont 10 reprennent des descriptions de Linné.

Parmi les quatre autres ( la Sophie, la Philinte, la Dorothée, la Cecile) , certaines ont été depuis considérées comme se rattachant à une espèce décrite par Linné : La Sophie = l'Amélie [ = Dorothée] = coenagrion puella. La Philinte = Libellula depressa femelle. 

Au lieu de suivre la taxonomie et la nomenclature établie par le Systema naturae de 1758 (qu'il a du lire alors qu'il avait déjà rédigé les notes préparatoires et la structure de son ouvrage)  , il suit plutôt la manière de Fauna suecica, en faisant suivre chaque espèce d'un numéro, du nom LIBELLULA, d'une description en latin (diagnose"), des références des auteurs antérieurs, d'un nom en français, de la taille et enfin d'une description en français.

Alors qu'il avait créé pour les papillons des noms pleins de poésie et d'images, il nomme ses libellules selon des prénoms féminins, se confortant ainsi à l'exemple de Linné qui, dans Fauna suecica, avait nommé deux espèces Lovisa et Ulrica, les deux prénoms de la reine de Suède Louise-Ulrique.

Voici la liste de ces noms : chacun est suivi du nom scientifique actuel de l'espèce correspondante :

Demoiselles à aîles relevées.

La louise. Calopteryx splendens

L'ulrique. Calopteryx virgo.

L'amélie.  Coenagrion puella

La dorothée. Coenagrion puella 

La sophie. Coenagrion puella

Seconde Famille. Demoiselles à aîles étendues.

La françoise. Libellula quadrimaculata.

L'éléonore. Sympetrum flaveolum.

La philinte. Libellula depressa femelle

La sylvie.  Libellula depressa mâle.

L'aminthe. Cordulia aenea.

La justine. Gomphus vulgatissimus.

La Julie. Aeshna grandis.

La Caroline. Onychogomphus forcipatus.

La cécile. Ophiogomphus cecilia

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Cet ouvrage ne se conforme donc pas à la dénomination binominale puisqu'il ne fait pas suivre le nom "de genre "Libellula" d'un nom d'espèce en latin : dès lors, l'ensemble de ses descriptions originales ne sont pas valides pour la Commission internationale de nomenclature en zoologie ICZN. Ce défaut a été corrigé en 1785 par une réédition ou plutôt une nouvelle édition publiée sous le nom de A[ntoine] F[rançois] de Fourcroy .

Dans sa préface (Tome 1) , ce dernier écrit :

Jam a viginti annis prodiit celeb Geoffroy de insectis opus eximium , quod multo favore prosecuti funt historiaenec naturalis cultores. Dudum a plurimis expectabatur manuale Compendium quod nomenclaturam & methodum , complectens omissa scilicet historiae parte rus deferri posset. Non ergo ingratum entomophylis fore arbitratus est illustris autor si catalogus insectorum quae circa Parisios reperiuntur typis parva forma.mandaretur Botanicon Parisiensis ad instar. Felicissimae apud cives suos praexeos medicae curis distractus , hoc quod susceperat opus omnino absolvere non votuit. Entomologiae olim deditus & sutoris auxilio fretus , hunc catalogum publici juris facere non timui. Methodum illustris Geoffroy , genera , species , descriptivas sententias , religiose servavi . Trivialia, saepius Linneana , ipse autor addidit, quae in magno opere neglexerat. Hac simul data occasione quaedam in methodo. sua emendavit , adjecit plurima. Sic genus Eutophi post Tenthredines omnino omissum est , cum sedula attentione facta , Eulophus nihil aliud fit quam verus Cynips antennis ramosis. Hinc insectum illud inter cynipes nunc incedit. Praeterea multae a viginti annis novae - in agro Parisiensi detectae sunt insectorum species , quae ad sua quaeque genera revocatae sunt ; sed ut novae illae species quae ducentum & quinquaginta superant a caeteris in historia Insectorum in 4° descriptis  distinguantur, singulas asterico notandas curavi. Specierum dimensiones & habitationum loca adjeci , sic ergo quoad numerum specierum nomenclaturam, hic catalogus multo auctior & emendatior magno opere in-4° prodit & hanc illustrationem celebris Geoffroy omnino deberi fateor. Levia quaedam vel addidi, vel mutavi tantum quae hic commemorare supervacuum duco ; simplicis igitur editoris munus suscepi , utilitatis potius quam gloriae spe ductus.

https://archive.org/details/b28756642/page/n5

 

Le passage qui nous concerne est le suivant :

Trivialia, saepius Linneana , ipse autor addidit, quae in magno opere neglexerat.  "Trivalia" désigne nos épithètes spécifiques, et on trouve dans la littérature "nomina generica et trivalia" pour décrire le binôme linnéen. Je traduis par :

"L'auteur (Fourcroy] a ajouté les épithètes spécifiques, souvent selon Linné, qui avaient été négligés [par Geoffroy] dans son grand ouvrage".

Cette nouveauté se retrouve dans le titre : ...cui addita sunt nomina trivialia".

Dans Entomologia Parisiensis ; sive catalogus insectorum quae in agro Parisiensi reperiuntur, de Fourcroy ajoute le nom spécifique latin, abrège les descriptions, et introduit de nouvelles espèces découvertes aux environs de Paris dans les vingt années séparant les deux publications. Pour les libellules, il décrit deux espèces, Libellula adelais l'Adélaïde (n°6) et Libellula victoria "La Victoire" (n°16). 

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En résumé, cecilia est la transcription en latin, in Fourcroy 1785, du nom d'espèce "La Cécile" créé par Geoffroy en 1762 dans une série de 14 libellules recevant des prénoms féminins, par référence à la fois aux noms Louise et Ulrique attribués par Linné à deux libellules en 1746, et à la fois au nom de genre français des Libellula, "Les Demoiselles".

La règle est  d'écrire Ophiogomphus cecilia (Geoffroy in Fourcroy 1785) comme le fait le Museum sur le site INPN et la SFO dans la liste de référence.

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65243

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

Mais on trouve encore Ophiogomphus cecilia (Fourcroy 1785) comme dans l'article Wikipédia qui  place cette formulation en synonyme , mais aussi dans bon nombre d'articles scientifiques :

https://scholar.google.fr/scholar?hl=fr&as_sdt=0%2C5&q=Ophiogomphus+cecilia++%28Fourcroy%2C+1785%29&btnG=

C'est également cette formulation qui apparaît dans le Guide des Libellules de Dijkstra traduit par Jourde, Il est donc nécessaire de développer ce point  de taxonomie.

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Ophiogomphus cecilia (Geoffroy in Fourcroy 1785) : l'article de Jacques d'Aguilar et Fabien Raimbault, 1990.

https://lentomologiste.fr/wp-content/uploads/1990-46/lentomologiste_1990_46_1.pdf

NOTES DE BIBLIOGRAPHIE ENTOMOLOGIQUE par Jacques d'AGUILAR

Geoffroy, Fourcroy et l'article 51 du Code de Nomenclature avec Fabien RAIMBAULT

"L'œuvre essentielle du médecin Étienne-Louis GEOFFROY (1727- 1810) comporte deux éditions différentes. Chacune de ces éditions compte des rééditions dont seul le titre a parfois subi des modifications. Les planches, dépliantes, sont identiques dans toutes les éditions mais les planches coloriées n'apparaissent qu'à la deuxième édition. Voici la description des différents tirages :

Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris, dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. [publié anonymement] 1762, Paris, Durand in-4° T. 1, l-XXVIII, 1-523, pl. 1-X T. Il, 1-690, pl. XI-XXII.

Histoire abrégée des insectes, dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; par M. GEOFFROY, Docteur en médecine. 1764, Paris, Durand in-4° [réimpression]

Histoire abrégée des insectes, dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; par M. GEOFFROY, Docteur en médecine. An VII (1799), Paris, Calixte-Volland, Rémont in-4° T. 1, l-XXVIII, 1-556, pl. 1-X. T. Il, 1-744, pl. XI-XXII. Cette seconde édition est une simple réimpression de la première édition (au point que la page finale de l'édition précédente porte la même « signature» qui, de ce fait, ne présente aucune utilité) à laquelle on a ajouté, à chaque volume, un supplément et une liste d'errata: T. 1, pp. 514-545 (soit 104 espèces), T. II, pp. 681-734 (soit 152 espèces). Le binôme linnéen de Fourcroy (1785) est repris dans ces suppléments.

Il existe également un tirage in-quarto jésus, en quatre volumes, avec grandes marges sur papier filigrané «papeterie du Marais De Lagarde Laîné et Compagnie ». Seules les pages de titre sont recomposées. T. 1, en deux parties: 1re pp. 1-336 ; 2e pp. 337-556, pl. 1-X, coloriées. T. II, en deux parties : 1re pp. 1-448 ; 2c pp. 449-744, pl. XI-XXII coloriées.

Même titre que le précédent An 9-1800, Paris, Delalain [réimpression]

 

Entre ces deux éditions (1762, 1764 et 1799, 1800) un autre médecin, Antoine François DE FOURCROY (1755-1809) publie en latin, en 1785, un petit ouvrage en deux volumes.

• Entomologia parisiensis; sive Catalogus Insectorum quae in Agro Parisiensi reperiuntur ; secundum methodum Geoffraeanum in sectiones, genera et species distributus : Cui addita sunt nomina trivialia et fere trecentae novae species. 1785, Paris, Hôtel Serpente in-18° Pars 1, l-VII (VIII), 1-231 ; Pars 2, 233-544.

C'est en fait un abrégé de l'œuvre de GEOFFROY auquel sont intégrées plus de 250 espèces supplémentaires. En fait FOURCROY a repris les noms vernaculaires de la première édition en leur ajoutant un binôme linnéen et en conservant les diagnoses latines Sur le plan de la nomenclature, un problème s'est posé concernant la paternité des noms proposés par FOURCROY. Longtemps cette paternité n'a pas fait de doute et, plus récemment sont apparues des notations comme Macrophya annulata Geoffroy, 1785 (L. BERLAND, Faune de France, 47, Hym. Tenthrédoïdes, p. 166) ou Melanotus villosus Geoffroy in Fourcroy, 1785 (P. LERAUT, L'Entomologiste, 1981, 37: 95-98). Nous sommes donc remontés aux sources et, nous référant au Code de Nomenclature, nous avons relu l'introduction latine de l'ouvrage de FOURCROY dont voici la traduction :

 

« Au lecteur entomophile Avertissement du rédacteur [Fourcroy écrit EDITORIS (traduit ici par rédacteur) et non AUCTORIS (comme il l'emploie pour Geoffroy) ce qui suppose qu'il ne se considère pas comme le véritable auteur. ]

Depuis vingt ans déjà est paru le remarquable ouvrage sur les insectes de l'illustre GEOFFROY, qu'ont suivi avec beaucoup de profit ceux qui pratiquent l'histoire naturelle. Depuis longtemps on attendait un manuel qui, comportant une nomenclature et une méthode avec une partie biologique [Nous utilisons ce mot pour histoire naturelle au sens du XVIIIe siècle ] généralement délaissée, puisse être emporté sur le terrain. Ce n'est donc pas à l'illustre auteur que les entomologistes pourraient reprocher la parution du Catalogue des insectes qui se trouvent aux environs de Paris avec de petits caractères à l'instar du Botanicon parisiense [Il s'agit vraisemblablement de l'ouvrage de S. Vaillant, Botanicon parisiense, operis majoris prodiluri prodromus, volume in-12 de 131 p. publié à Leyde en 1723 ]. Détourné par ses activités médicales, si bénéfiques pour ses concitoyens, il n'a pu parachever l'œuvre dont il s'était chargé. M'étant consacré depuis longtemps à l'entomologie et comptant sur l'aide de l'auteur, je n'ai pas craint de soumettre ce catalogue au public. J'ai suivi scrupuleusement la méthode de l'illustre GEOFFROY, les genres, les espèces et les phrases descriptives. L'auteur lui-même [Donc Geoffroy et non Fourcroy. ] a ajouté les noms vulgaires, souvent linnéens, qu'il avait négligé dans son grand ouvrage (Hist. abreg. des Insectes, par Geoffroy, 2 vol. in-4·, Paris, 1764. ). Par la même occasion il a apporté à sa méthode quelques corrections et de nombreuses additions. Ainsi le genre des Eulophes, après les Tenthrèdes, a tout à fait disparu vu que si l'on porte une attention minutieuse l'Eulophe ne serait rien d'autre qu'un vrai Cynips aux antennes ramuleuses. En conséquence cet insecte prend maintenant place parmi les Cynips.

En outre, depuis 20 ans ont été découvertes dans la campagne parisienne de nombreuses nouvelles espèces d'insectes qui sont rattachées chacune à leur genre; pour distinguer ces nouvelles espèces, qui dépassent 250, de celles décrites dans l'Histoire des insectes in-4·, j'ai pris soin de les marquer d'un astérisque. J'ai ajouté les dimensions des espèces et leur habitat; ainsi ce Catalogue présente un plus grand nombre d'espèces et une nomenclature révisée relativement au grand ouvrage in-4· et je reconnais que cette amélioration est essentiellement le fait du célèbre GEOFFROY [Et hanc illustrationem celeb. Geoffroy omnino deberifateor]. J'ai apporté des additions de peu d'importance qu'il est inutile de mentionner ici ; j'ai pris par conséquent la simple fonction de rédacteur [simplicis igitur editoris munus suscept] conduit par l'espoir de l'utilité plutôt que de la gloire. Fait à Paris le mois d'avril 1785."

 

Cette traduction, dans laquelle nous avons conservé les phrases déterminantes dans leur rédaction originale, confirme la paternité de GEOFFROY. L'article 51 du Code international de Nomenclature zoologique (1985), examinant la question de la citation du nom de l'auteur, précise, dans la recommandation 51B, que si la responsabilité d'un nom scientifique incombe non à l'auteur de la publication qui le contient mais à une autre personne, l'auteur du nom devrait être cité sous la forme « B in A». C'est à l'évidence notre cas. On devrait donc écrire par exemple : Magdalis armigera (Geoffroy in Fourcroy, 1785), et non Magdalis annigera (Fourcroy, 1785), ni Magdalis armigera (Geoffroy, 1785)."

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Note personnelle : la traduction de trivalia par "noms vulgaires" dans la phrase "L'auteur lui-même [Donc Geoffroy et non Fourcroy. ] a ajouté les noms vulgaires, souvent linnéens, qu'il avait négligé dans son grand ouvrage" s'éloigne un peu de la mienne et laisse planer une certaine ambiguïté.

La même discussion avait déjà été soulevée en 1893 par Friedlander:

https://books.google.fr/books?id=dqoeAQAAMAAJ&q=Trivialia,+saepius+Linneana&dq=Trivialia,+saepius+Linneana&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwim-sTklMXfAhUNz4UKHbi3BjIQ6AEIKzAA

Enfin, il reste à souligner le point suivant : non seulement Fourcroy n'est pas l'auteur des descriptions entomologiques de l'Entomologia parisiensis de 1785, mais il n'est pas non plus vraiment  l'auteur des nomina trivalia, des noms d'espèce en latin, puisque ceux-ci sont les traductions des noms français créés par Geoffroy. On  peut s'étonner que Geoffroy lui-même n'est pas fait paraître cette mise à jour et mise aux normes de son ouvrage, pour des raisons personnelles ou historiques à débattre.

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Le point de vue d'ANIMALBASE.

Nous y lisons :

"On the title page Fourcroy was indicated as the author, who established a system based on Geoffroy's method. This alone would not mean that Geoffroy is the author of the descriptions of the names of taxa in this work. On pp. IV-V Geoffroy's role in this work was explained, but Fourcroy did not say directly that the text and the descriptions were authored by Geoffroy. Fourcroy was a chemist and Geoffroy a specialist in insects, but this is secondary evidence and Art. 50.1.1 requires that the identity of the author must be clear from the contents of the work itself. 
Fourcroy seems to have escaped a direct statement on Geoffroy's role, perhaps there were conflicts between Geoffroy and Buffon, who knows.
According to D'Aguilar & Raimbault 1990 (L'Entomologiste 46 [1]: 37-40), the new names should be attributed to Geoffroy in Fourcroy.
Google hits Feb 2010: "geoffroy-1785" 639 sites (49 %), "geoffroy-in-fourcroy-1785" 271 (21 %), "fourcroy-1785" 659 = fourcroy alone 388 (30 %). 
Digitized by Gallica from Museum Leiden (?) (link inactive in 2014). Also digitised by NCSU Libraries (archive.org).
SUB Göttingen <8 ZOOL VI, 3358> (volume not present in historical library)."

C'est mal connaître les entomologistes français de la fin du XVIIIe siècle que de penser que "Fourcroy et Geoffroy étaient peut-être fâchés, allez savoir" , alors que Fourcroy privilégie, en 1791,  le classement des insectes de Geoffroy par rapport à celui de Fabricius, qu'il honore le médecin français dans sa préface, etc. 

Voir en tête d'article mes articles sur Geoffroy.

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/gomphe-serpentin/

pas d'étymologie.

 

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 DRAGONFLYPIX
http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Ophiogomphus : Selys, 1854, from Grk. ὄφις = snake + connecting vowel -ο-+ γόμφος = bolt, rivet, peg

Ophiogomphus cecilia (Geoffroy in Fourcroy, 1785) after the French girl's name Cécile, a name apparently randomly chosen by Geoffroy"


 


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D'ANTONIO & VEGLIANTE.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

"-Ophiogomphus - ophion, onis = ofide, serpente + Gomphus. Per l’aspetto serpentiniforme di questi gonfidi.

-cecilia (Ophiogomphus) - da caecilia = Anfibi Apodi. Probabilmente, per la somiglianza del lungo addome serpentiniforme con il corpo degli Apodi."

 

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H. FLIEDNER, 2009
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

 

 "Notes on some elements of genus names It is well known that since the eighteen forties more and more dragonflies were described due to the progress of worldwide exploration (cf. FLIEDNER 1997: 21sq.). Therefore old genera were split into new ones, which often kept the previous names as a constituent of a compound name, combined with an allusion to a species, that seemed to be characteristic for the new genus: e.g. Ophio-gomphus consists of Gomphus Leach and gr. ophis - serpent, derived from Gomphus serpentinus (Charpentier) [currently O. cecilia (Fourcroy)].

Ophiogomphus [gr. ophis - serpent] has its name after O. serpentinus (Charpentier), a junior synonym of the following species which was in use when Selys established the genus. - cecilia [l. female member of the Caecilii-clan (the most famous of whom being St. Cecily, the patroness of music)] was named in non-Linnean manner by Geoffroy, who used to give French girls names to all odonate species, whether they already had a name or not. This name later was validly published by Fourcroy in 1785."

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VAN HIJUM, 2005.
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"Ophiogomphus Ophios = slang, vermoedelijk afgeleid van serpentinus = slangachtig Ophiogomphus cecilia

Cecilia = meisjesnaam"

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NOMS VERNACULAIRES

 

LES NOMS FRANÇAIS.

 

 

1°) La cécile, Geoffroy 1762.

Cf supra.

2°) Le Gomphus serpentin, Sélys 1840

Edmond de Sélys-Longchamps, Monographie des libellulidées d'Europe page 91.

Sélys, qui a créé le genre Gomphus, est aussi celui qui a imposé l'adoption de noms français littéralement traduits du nom scientifique, et qui a créé le néologisme ou barbarisme "le gomphus" pour toutes les espèces de son genre.  En 1840, lors de la création de ce genre, il place en n° 6 Gomphus serpentinus ,Charpentier c'est-à-dire l'Aeshna serpentina décrit en 1825 par l'allemand Toussaint de Charpentier.

Charpentier, Toussaint de, 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis /Wratislaviae :apud A. Gosohorsky,1825.

https://books.google.fr/books?pg=PA25&id=knlIAAAAYAAJ&hl=fr#v=onepage&q&f=false

 

Ce dernier avait choisi cet épithète en raison de l'abdomen long et étroit des Aeschnes, nom qui, selon lui, venait (par le grec??) de "serpent". (voir mon article sur le genre Ophiogomphus avec le radical ophio-, "serpent").

Sélys ignore manifestement tout de l'ouvrage de Fourcroy ou de celui de Geoffroy. Il donne donc à cette espèce le nom français de "Gomphus serpentin", associant ainsi à son barbarisme de Gomphus un contre-sens sur la traduction de serpentinus "de serpent, se rapportant à un serpent" , puisque nous entendons plus volontiers par l'adjectif "serpentin" l'évocation d'une forme sinueuse que celle d'un abdomen long et fin. (voir CNRTL).

De toute façon, le nom français était si méprisé par les entomologistes qu'il parlaient entre eux d'un "gomphus", d'un "serpentinus" et que l'éviction de la langue "vulgaire" ou "vernaculaire" (un synonyme pour eux) dura pendant plus d'un siècle.

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3°) Le Gomphe serpentin, P.A. Robert, 1958.

Le Suisse Paul-André fut le premier à se soucier de parler correctement ; son premier souci fut de donner à chaque espèce un nom en notre langue, le deuxième fut de corriger les barbarismes de l'auteur belge : il renomma "Gomphes" tous les Gomphus de Sélys.

 https://books.google.fr/books?hl=fr&id=RoS9uwEACAAJ&dq=LES+LIBELLULES+%28ODONATES%29+robert&focus=searchwithinvolume&q=serpentin

En 1959, le nom est repris dans un numéro d'Alexanor.

https://books.google.fr/books?id=ewpOAAAAYAAJ&q=%22Gomphe+serpentin%22,&dq=%22Gomphe+serpentin%22,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjeq97lhrHfAhUtxIUKHUfrAU8Q6AEIMjAC

Cet effort fut vite apprécié par les auteurs de guides de vulgarisation en entomologie. Le "Gomphe serpentin" de P-A. Robert fut repris en 1985 par Jacques d' Aguilar et ‎Jean-Louis Dommanget dans le Guide d'identification des libellules de France et d'Afrique du Nord : ils écrivaient "Pour les noms communs, rarement utilisés en France, nous avons suivi dans la majorité des cas ceux employés par P.A. Robert.".

En 1987, Jean-Louis Dommanget écrivait  dans son Etude faunistique et bibliographique des Odonates de France "Chaque espèce est suivi de son nom vernaculaire. Celui-ci  correspond dans la plupart des cas au nom utilisé dans l'ouvrage de P. A. ROBERT(1958). Pour les autres Odonates, le nom vernaculaire a été donné en fonction de leur répartition, de leurs caractéristiques ou bien encore de leur nom latin (traduction)." Mais on le surprend page 45  à nommer Ophiogomphus cecilia "le Gomphus serpentin". Abyssum abyssum invocat ! Erratum fluctuat nec mergitur !!

Grand et Boudot, Précigout, Prud'homme et Jourde, reprennent dans leurs guides ce nom vernaculaire de "Gomphe serpentin", de même que le site INPN consulté ce jour.

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5°) l'Ophiogomphe serpentin (Jourde 2007) .

Jourde, dans sa traduction du Guide des Libellules de Dijkstra (Delachaux et Niestlé 2007)  choisit ce nom, sans-doute par souci de suivre plus scrupuleusement le souci de Sélys de faire du nom "français" une ombre fidèle du nom scientifique et de ne laisser s'introduire aucune liberté de ton.

.



 

 

 

 

.

NOMS COMMUNS DANS D'AUTRES LANGUES :

ils soulignent la dominance verte de la teinte :

- en allemand :Die Grüne Flussjungfer 

- en néerlandais : De Gaffelibel

- en suédois : Grön flodtrollslända

- en anglais : the green snaketail, green gomphid, or green club-tailed dragonfly

.

 SOURCES ET LIENS.

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.
— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521
— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=gLZvT_njEF4C&pg=PA173&dq=steinmann+onychogomphus+forcipatus&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjJ6bqArLreAhVKExoKHb9cC34Q6AEILDAA#v=onepage&q&f=false
 
 — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544., page 348.

https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/348/mode/2up

 

— GEOFFROY (Etienne-Louis), 1762,  Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris. Chez Durand, à Paris 1762, in-4 (4) xxviij, 523pp. et (4), 2 volumes reliés.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991697/f615

— GEOFFROY (Etienne-Louis), 1799 Histoire abrégée des insectes, dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Tome 2 / par M. Geoffroy, C. Volland / Rémond (Paris)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1043241t/f227.image

http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/216/mode/2up/search/sylvie

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. page 229.

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/228/mode/2up

 

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

Edmond de Sélys-Longchamps, Monographie des libellulidées d'Europe page 91.

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
16 décembre 2018 7 16 /12 /décembre /2018 11:23

Zoonymie des Odonates : le nom de genre Ophiogomphus (Sélys, 1854).

.

 

.

 

Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

.

 

 

Zoonymie des Odonates.

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé : 

Genre Ophiogomphus Sélys, 1854 Synopsis des Gomphines :39. Le préfixe ophio- , du grec ancien ὄφις, óphis (« serpent ») est associé  au nom du genre Gomphus car Sélys place dans son genre l'espèce que Charpentier avait décrite en 1825 sous le nom d'Aeschna serpentina en raison de son abdomen étroit et coloré évoquant un serpent. Cette espèce sera ensuite nommée O. cecilia Fourcroy 1785.

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LE NOM DE GENRE OPHIOGOMPHUS

 

Ophiogomphus, Sélys, 1854, "Synopsis des Gomphines", Bulletins de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. Vol.21 pages 23-112,  page 39

https://www.biodiversitylibrary.org/page/36937548#page/620/mode/1up

 

La publication originale.

Sélys divise son genre Ophiogomphus en sous-genres Ophiogomphus et Ceratogomphus. Le sous-genre Ophiogomphus renferme les espèces Menestrisii, crotalinus, colibrinus, serpentinus et cerastis, la seule espèce européenne étant O. serpentinus décrite par Toussaint de Carpentier en 1825.

 

"Genre 3. — OPHIOGOMPHUS, De Selys.

Gomphus, Ramb., De Selys.
Diastatomma, Burm.
Aeshna , Charp.

Appendices anals supérieurs du mâle de la longueur du dernier segment; l'inférieur très-fourchu, à branches contiguës ou presque contiguës.

Patrie : Europe, Asie, Afrique, Amérique.

Sous-genre 3. — OPHIOGOMPHUS, De Selys.

Thorax jaune avec six bandes foncées en avant. Abdomen noir à taches dorsales lancéolées jaunes. Appendices anals aussi longs que le 10e segment, qui est la moitié plus court que le 9e.

♂ Appendices supérieurs fusiformes simples ; l'inférieur égal, à branches contiguës, à pointe mousse.

♀ Écaille vulvaire médiocre échancrée.

Patrie : Europe, Asie, Amérique.

1er groupe : (CROTALINUS.)

Ptérostigma jaune. Tête et thorax jaunes à dessins roux peu distincts.

♂ Appendice inférieur très-courbé en haut. ♀ Occiput droit sans cornes submédianes.

20. Ophiogomphus? Menetriesii, De Selys.

Abdomen environ 35. Aile inférieur 29.

Tète jaune, excepté l'espace des ocelles, celui entre les yeux et le bord cilié de l'occiput, qui sont noirs. Devant du thorax jaune, avec deux raies médianes contiguës, presque effacées, une antéhumérale et une humérale équidistantes roussâtre pâle.

♂ (Appendices manquent.)

♀ Inconnue.

Patrie : Brésil? (Musée de St-Pétersbourg.)

21. Ophiogomphus Crotalinus, Hagen. Abdomen ♂ 36, ♀33. Aile inférieure ♂ 31, ♀ 29.

Tête jaune olivâtre, excepté une marque brune entre les ocelles et une bordure presque nulle de même couleur au sommet cilié de l'occiput. Devant du thorax jaune, avec apparence de deux bandes médianes et d'une humérale roussâtre pâle.

♂ Appendice inférieur jaune, fortement recourbé en haut à son extrémité.

♀ Appendices jaunes, bruns au bout, pointus, un peu plus longs que le dernier segment, séparés par une forte protubérance jaune. Écaille vulvaire échancrée.

Patrie : Mexico. (Musée de Berlin.)

2ème groupe : (SERPENTINUS.)

Ptérostigma brun. Tête et thorax jaunes, à dessins noirâtres bien marqués.

♂ Appendice inférieur presque droit.

♀ Occiput avec deux petites cornes submédianes.

§1. Bandes noires du thorax étroites; les deux médianes linéaires.

22. Omphiogomphus colubrinus , De Selys. Abdomen 35. Aile inférieure 29.

Face jaune avec une ligne noire bien marquée au bas du front et une autre au bas du nasus. Lèvre supérieure distinctement bordée de noir en avant et à la base. Devant du thorax avec six raies brun noirâtre assez étroites; les médianes contiguës, touchant le bord antérieur par un prolongement médian, non confluentes avec l'antéhumérale, qui est presque contiguë à l'humérale, dont elle n'est séparée que par une ligne jaune, très-étroite.

♂ Appendice inférieur jaune bordé de noir en dehors.

♀ Inconnue.

Patrie : Territoire de la baie d'Hudson. (Collect. Selys.)

23. Ophiogomphus Serpentinus . Charp.

Aeshna Serpentina Charp.

Aeshna spectabilis , Eversm.

Gomphus serpentinus  , Ramb. de Sélys."

 

 etc...

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ETUDE DU NOM OPHIOGOMPHUS.

Le préfixe ophio- , du grec ancien ὄφις, óphis (« serpent ») indique un rapport avec les serpents dans de nombreux termes de zoologie.

Il est ici associé  au nom du genre Gomphus de Leach (du grec γόμφος = massue, rivet) , Ce suffixe ophio- est choisi d'après  Aeshna serpentina de Charpentier (Horae  Entomologicae :25, 1825), synonyme junior de O. cecilia.. En 1840, dans sa Monographie des libellulidées, Sélys l'avait d'abord placé dans son genre Gomphus et l'avait rebaptisé Gomphus serpentinus, "le Gomphus serpentin".

 

Le genre Ophiogomphus contenait à sa création les espèces  Menestrisii, crotalinus (aujourd'hui Erpetogomphus crotalinus), colibrinus, serpentinus et cerastis parmi lesquelles nous retrouvons les noms du serpents Eryx colubrinus Linnaeus 1758, de la sous-famille des serpents à sonnette Crotalinus, de la vipère à cornes Cerastes cerastes

Le nom de serpentina n'a pas été attribué par Charpentier en raison des  deux petites cornes submédianes de l'occiput de la femelle, mais parce qu'il considère que le nom  Aeschna signifie "serpent" et que ce nom est lié à la forme étroite de l'abdomen et de son aspect et peinte [colorée] (bien que cette signification du nom Aeschna sembla avoir échappé à Linné et aux autres auteurs  : Aeschnam, cui nomen Serpentinae propter abdominis tenuitatem et picturam imposui, nec Linneus nec alii scriptores accuratius cognovisse videntur.

Charpentier, Toussaint de, 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis /Wratislaviae :apud A. Gosohorsky,1825.

https://books.google.fr/books?pg=PA25&id=knlIAAAAYAAJ&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Aeschna serpentina : A. thorace flavido, characteribus nigris, abdomine utriusque sexus attenuato: maculis dorsalibus lateralibusque flavis: appendicibus maris et foeminae quatuor flavidis, subtus atris. • Schaeff. Icom. Tab. 190. fig. 3. Habitat im Silesia. Species quatuor distinctae et diversae, quamvis valde affimes. Aeschnam, cui nomen Serpentinae propter abdominis tenuitatem et picturam imposui, nec Linmeus nec alii scriptores accuratius cognovisse videntur. Altera, quam A. flavipedem adpello, maximopere cum A. forcipata convenit et semper cum hac confusa esse videtur; igitur solummodo de symonymia Aeschmarum forcipatae et hamatae agendum est. Aeschmam forcipatam Linneus primus in Fauna Suecica sub momime Libellulae forcipatae descripsit, et tam accurate et egregie, ut descriptio melior mom possit inveniri, et animalculum ex ea optime dignoscatur. Erravit vero, ut mihi videtur, vir praestantissimus, cum icones Reaumurianas [Tom. IV. Tab. 10. fig. 4. et Tom. V. Tab.

 

 

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LES AUTEURS EN ZOONYMIE.

 

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DRAGONFLYPIX
http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Ophiogomphus : Selys, 1854, from Grk. ὄφις = snake + connecting vowel -ο-+ γόμφος = bolt, rivet, peg

 


 


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D'ANTONIO & VEGLIANTE.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

"-Ophiogomphus - ophion, onis = ofide, serpente + Gomphus. Per l’aspetto serpentiniforme di questi gonfidi.

 

 

.
H. FLIEDNER, 2009
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

 

 "Notes on some elements of genus names It is well known that since the eighteen forties more and more dragonflies were described due to the progress of worldwide exploration (cf. FLIEDNER 1997: 21sq.). Therefore old genera were split into new ones, which often kept the previous names as a constituent of a compound name, combined with an allusion to a species, that seemed to be characteristic for the new genus: e.g. Ophio-gomphus consists of Gomphus Leach and gr. ophis - serpent, derived from Gomphus serpentinus (Charpentier) [currently O. cecilia (Fourcroy)].

Ophiogomphus [gr. ophis - serpent] has its name after O. serpentinus (Charpentier), a junior synonym of the following species which was in use when Selys established the genus. 

.
VAN HIJUM, 2005.
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"Ophiogomphus Ophios = slang, vermoedelijk afgeleid van serpentinus = slangachtig Ophiogomphus cecilia

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SOURCES ET LIENS.
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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

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4 décembre 2018 2 04 /12 /décembre /2018 10:01

Zoonymie des Odonates : les noms de Gomphus vulgatissimus (Linnaeus, 1758), le Gomphe vulgaire.

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Zoonymie des Odonates.

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé.

— Genre Gomphus, Leach, 1815. Entomology, in Brewster's Edinb. Encycl. 9(1): 137. Il doit son nom au latin gomphus, issu de grec gomphos, "clou, coin, cheville", du fait de la forme en massue  de l'abdomen des mâles. (Fleidner, 2009 ; Endersby 2012). La racine gomph- se retrouve ailleurs, avec le même sens de "en forme de clou", en Zoologie, en Mycologie et en Botanique.

— espèce Gomphus vulgatissimus Linnaeus, 1758, Syst. nat. 12e  :544 . L'épithète vulgatissimus est la forme superlative de l'adjectif vulgatus, " répandu, connu partout". Il doit donc se comprendre, vu le contexte, comme "très répandu", ce qui était vrai du temps de Linné mais moins de nos jours où elle est menacée par la pollution et l’aménagement des cours d’eau.

— Nom en français : 1°) "la Justine", Geoffroy, 1762 ; 2°) "La Libellule très-commune", Latreille 1802 ; 3°) "Le Gomphus très-commun", Sélys 1850 ; 4°) "Le Gomphe vulgaire", Paul-André Robert 1936, puis tous les auteurs contemporains. Il s'agit malheureusement d'un contre-sens que les auteurs précédents avaient évité. 5°) "Le Gomphe à pattes noires", Jourde in Dijkstra, 2007, a le mérite d'éviter cette confusion et d'apporter une information utile au grand public.

 

— Noms communs en d'autres langues :

-Espagnol : La libélula vulgar

-Allemand : Die Gemeine Keiljungfer , Schiemenz, 1953

-Néerlandais :   Beekrombout

-Frison : Tongerbout ,Beektongerbout

-Suédois : Sandflodtrollslända

-Anglais : The common clubtail.

 

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NOM SCIENTIFIQUE.

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I. LE NOM DE GENRE GOMPHUS, (LEACH, 1815).

 Le genre Gomphus, Leach, 1815.

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B. LE NOM D'ESPÈCE GOMPHUS VULGATISSIMUS, LINNAEUS, 1758.  

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[Libellula vulgatissima],  Linnaeus, Carl. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 1-824 : 544.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/25034355#page/554/mode/1up

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Description originale :

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6. vulgatissima. L. thorace strigis octo flavicantibus. 

-Fn. fvec. 767. 

-Swamm. quart. t. 8. f. 6.

-Roes. aquat. 2. t. 5. f. 3. 
Habitat in Europa. 

Traduction : "N°  6. Libellula vulgatissima. Thorax à 8 sillons jaunâtres. [références à trois auteurs] Habite en Europe."

Voir le Spécimen de la collection linnéenne : http://linnean-online.org/19713/

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Zoonymie des Odonates : les noms de Gomphus vulgatissimus (Linnaeus, 1758).

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LES RÉFÉRENCES DE LINNÉ POUR LIBELLULA VULGATISSIMA.

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1°) Fauna suecica 1746 n°767.

Il s'agit de la "Faune suédoise" rédigée par Linné, et dans laquelle la dénomination binominale n'est pas encore adoptée. On constate que les références y renvoient à John Ray (1710) alors que la référence à Roesel n'est pas mentionnée. La diagnose est différente : "Libellula aux cotés jaunes et aux ailes blanches". La description de l'habitat, ad aquas vulgaris  "commune dans les milieux aquatiques" est peut-être une indication pour le choix de l'épithète vulgatissimus dans le Systema natura de 1758.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/263/mode/1up

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767, LIBELLULA lateribus flava ; alis albis. 
-Raj. Ins. 50, n. 7. Libella major, praecedenti congener, 
-Swam. quart. t. 8 f. 6 
Habitat ad Aquas vulgaris
DESCR, Latera thoracis & abdominis flava; Ala albae, nullo modo flavescentes ut in Rajana ; a dorso longitudinaliter fusca. puncta marginalia alarum fusco-ferruginea

Traduction : côtés du corselet et de l’abdomen jaunes; ailes blanches, et point du tout jaunâtres, comme dans l’espèce de Ray  ; dos brun longitudinalement;, taches marginales des ailes d’un ferrugineux brun.

 

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2°) Swammerdam, 1738 

Swamm. quart. t. 8. f. 6.

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3°) Roesel , Insecten belustigung tome II planche V figure 3  (Roes. aquat. 2. t. 5. f. 3.) 

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN369099737?tify={%22pages%22:[275],%22panX%22:0.253,%22panY%22:0.529,%22view%22:%22thumbnails%22,%22zoom%22:1.05}

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Roesel, Insecten belustigung 2, planche V fig. 3

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ÉTUDE DU NOM : G. VULGATISSIMUS.

L'épithète vulgatissimus est la forme superlative de l'adjectif vulgatus, "a) habituel, ordinaire, b) répandu, divulgué, connu partout" (Gaffiot). Il doit donc se comprendre, vu le contexte, comme "très commun et très répandu", mais en aucun cas comme "vulgaire".  

Dijkstra 2007  présente effectivement ce gomphe comme "le plus commun et le plus réparti des gomphes de notre région" (France et Europe), justifiant  ainsi les deux acceptations de l'épithète spécifique.

Gomphus vulgatissimus est bien encore " l’espèce de gomphe la plus fréquente en Europe du Nord et centrale", mais pour l'auteur de l'article Wikipédia,  elle  est menacée de déclin par la pollution (produits phytosanitaires, polluants industriels ...) et l’aménagement des cours d’eau (empierrement des berges, suppression de la ripisylve, creusement et rectification du lit ...). Elle est inscrite sur la liste rouge régionale des odonates du Nord-Pas-de-Calais comme espèce en danger.

La forme superlative vulgatissima permet aussi à Linné de distinguer cette espèce de sa Libellula vulgata (notre Sympetrum vulgatum) décrite au numéro 3 de sa liste.

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

On appréciera l'analyse de Fliedner, qui ne se contente pas d'une traduction de l'adjectif, mais justifie son choix au XVIIIe siècle.

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/gomphe-vulgaire/

"Vulgatissimus = très commun ; l’essentiel d’une population se transforme en quelques jours et l’espèce devient alors très abondante."

 

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 DRAGONFLYPIX
http://www.dragonflypix.com/etymology.html

" Gomphus vulgatissimus (Linnaeus, 1758) from Lat. vulgatus, superl. vulgatissimus, -a, -um = most widespread, most familiar".


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D'ANTONIO & VEGLIANTE.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"vulgatissimus (Gomphus) - superlativo di vulgatus, a, um = comune, noto. Molto comune nella località tipica."

 

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H. FLIEDNER, 2009
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

 

"- vulgatissimus (Linnaeus) [l. most ordinary, most common] is a statement no longer valid. But the sagacious hypothesis of SCHMIDT (1989), that this species name originally had been given to Sympetrum danae, the damaged type specimen of Linnaeus however had erroneously been replaced by the species bearing the name now, is not necessary to explain the denomination, because there is evidence that in earlier centuries the species was very common (BURMEISTER 1839: 854; FLIEDNER 1998b: 206)."

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VAN HIJUM, 2005.
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 "vulgatum =algemeen bekend, verspreid"

 

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NOMS VERNACULAIRES.

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II. NOMS COMMUNS EN FRANÇAIS. 

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1°) La Justine, Geoffroy 1762.

 

Étienne-Louis GEOFFROY, 1762, Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris ; dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Tome second,  A Paris, chez Durand, rue du Foin, le premiere porte cochere en entrant par la rue S. Jacques, au Griffon. M. DCC. LXII. Avec approbation et privilège du Roi. pages 227

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51067#page/236/mode/1up

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1043241t/f238.item

 

.

11. LIBELLULA lateribus flava , alis albis. Linn. 

faun. fuec. n. 767. 

Linn. syst . nat. edic. 10 , p. 744  n. 6. Libellula vulgatissima. 

Raj. ins. p. 50,n. 7. Libella major, praecedenti congener. 

Swammerd. 4n° . p. I71 T.8, f.6 

La justine. 

Longueur 17 lignes. 

Elle est brune , mais son front est jaune , ainsi que les côtés de sa poitrine & de son ventre. Ses ailes font très- diaphanes , & n'ont que la petite tache du bord extérieur, qui est oblongue , d'une couleur brune un peu cendrée , avec les bords noirs , ce qui fait le caractère spécifique de cette espèce , que l'on trouve avec les précédentes. 

 

Pour nommer en français ses 15 espèces de Libellules, Geoffroy a commencé par reprendre les noms données par Linné, dans Fauna suecica, à deux espèces rendant hommage à la reine Louise-Ulrique de Suède, puis il a poursuivi cette veine des prénoms féminins, avec des intentions parfois devinables. Ce n'est pas le cas ici.  Le plus probable est que Geoffroy reprend le prénom d'un personnage de théâtre  ou de roman.

Geoffroy latin par Fourcroy : https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n235/mode/2up

Le nom est repris par Charles de Villers 1789 : https://www.biodiversitylibrary.org/item/45855#page/19/mode/1up

 

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2°) "La Libellule très-commune", Latreille [1797] et 1802.

Pierre André Latreille, 1802, Histoire naturelle: générale et particulière des crustacés et des insectes, Volume 13, F. Dufart, an x-an xiii, page 10.

Précédé par les planches dessinées par Olivier en 1797 pour l'Encyclopédie méthodique page 30 et planche 94 : la libellule est copiée de l'illustration de Roesel. 

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Latreille et Olivier, Encyclopédie méthodique, 1797, numérisation Google

 

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Latreille, la plus haute autorité française en entomologie à l'aube du XIXe siècle, fait clairement le point sur la description de Linné, et sur l'embarras qu'elle suscite pour celui qui tient compte de la description (diagnose) confrontée aux 3  références proposée par l'auteur suédois. 

https://books.google.fr/books?id=9ZZTAAAAcAAJ&dq=%22Libellule+tr%C3%A8s-commune%22+latreille&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

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"Linnæus , dans la première édition de sa Faune suédoise, l’avait ainsi caractérisée: côtés du corps jaunes; ailes blanches. C’est d’après cela que Geoffroy y a rapporté l’espèce qu’il nomme justine. Linnæus a ensuite changé sa phrase spécifique de cette autre manière : « corselet jaune à huit raies noires. » Il n’a point modifié la description, et il a cité de plus une figure de Rœsel, qui ne convient qu’à l’aeschne à tenailles. La figure de Swammerdam, que Linnæus a toujours citée , ne peut lever l'embarras qui naît de cette ambiguité ; le synonyme de [John] Ray ne peut s’appliquer à la libellule de Linnæus, puisque l’auteur anglais dit, en parlant de son espèce, que les ailes sont jaunâtres, et que le naturaliste suédois assure que celles de son insecte sont blanches, et qu’il contredit à cet égard Ray ; il s’ensuit que de tout cela il est presque impossible de savoir quelle est l’espèce que Linnæus nomme vulgatissima. Celle que Geoffroy prend pour telle pourrait bien être la libellule à treillis, cancellata. Voici, au reste la description donnée par Linnæus de sa libellule très-commune : côtés du corselet et de l’abdomen jaunes; ailes blanches, et point du tout jaunâtres, comme dans l’espèce de Ray (n° 7) ; dos brun longitudinalement;, taches marginales des ailes d’un ferrugineux brun."

 

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Zoonymie des Odonates : les noms de Gomphus vulgatissimus (Linnaeus, 1758).
Zoonymie des Odonates : les noms de Gomphus vulgatissimus (Linnaeus, 1758).

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3°) "Le Gomphus très-commun", de Sélys, 1850.

Selys-Longchamps, Edmond de (1813-1900), 1850, Revue des odonates ou libellules d'Europe / par Edmond de Selys-Longchamps,... ; avec la collaboration de M. le Dr H. A. Hagen,...ed C. Muquardt (Bruxelles), Roret (Leipzig), page 82.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q/f126.image

Comme nous l'avons déjà vu avec les autres espèces, Sélys, toujours soucieux de traduire-transcrire le nom scientifique dans une forme française qui lui est identique, s'autorise le barbarisme ou néologisme "Gomphus" , mais il traduit correctement l'épithète vulgatissimus par "très-commun". 

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4°) Le  Gomphe vulgaire, P.A. Robert 1936 et 1958 .

ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères, Delachaux et Niestlé page 106.

https://books.google.fr/books?id=mp8eAQAAMAAJ&q=%22gomphe+vulgaire%22&dq=%22gomphe+vulgaire%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjJgs-oh4bfAhVIxhoKHdkeDMkQ6AEINzAD

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=NDOitQEACAAJ&dq=ROBERT+%28Paul+Andr%C3%A9%29+libellules+1958&focus=searchwithinvolume&q=vulgaire

 

Paul-André Robert (1901-1977) était un artiste et naturaliste suisse. Paul-André Robert est né en 1901, en Suisse, près d'Orvin, au «Jorat». D'une famille de peintres - Léopold, son grand-père ; Aurèle, son grand-oncle, Léo-Paul, son père - Paul-André Robert, neuvième enfant d'une famille de dix, commença très tôt à dessiner. Son père, non seulement l'initia à l'art mais l'encouragea aussi à l'observation des petites bêtes. Il avait aménagé dans sa maison une véritable «cité de cages à chenilles» qu'il présenta, avec son fils, à des expositions.  Dès l'âge de 16 ans il avait commencé à travailler sur une monographie monumentale sur les larves de libellules d’Europe . Très jeune, séduit par la lecture de Fabre, Paul-André observe avec passion les insectes et, en particulier, les libellules sur lesquelles il publiera un livre de qualité qui lui vaudra, en 1973, le titre de Docteur honoris causa de l'université de Neuchâtel.
En Europe, on le connaît principalement pour son ouvrage Les Libellules, paru en 1958.

C'est le premier auteur a se soucier de créer des noms vernaculaires d'insectes en langue française au XXe siècle, bien avant les efforts de H. SCHIEMENZ, en 1953, pour proposer des noms de libellules en allemands.

Hélas, c'est lui qui commet cette erreur de traduction du latin vulgatissimus par "vulgaire", tombant dans le piège de ce "faux-ami" de l'adjectif "vulgatus" que Latreille et Sélys avait brillamment évité. 

Ce nom est malheureusement repris actuellement par de nombreux auteurs contemporains, notamment Grand et Boudot 2006,  Boudot et Dommanget 2012 pour la SFO, et  pour l'INPN/ MHN ( site consulté ce jour).

 

— Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— INPN

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65225/tab/taxo

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5°) Le Gomphe à pattes noires (Jourde in Dijkstra, 2007).

Jourde in Dijkstra 2007 p. 182 propose ce nom  et place "le gomphe vulgaire" en position de synonyme. Ce nom est astucieux puisqu'il répond au "Gomphe à pattes jaunes" (G. Flavipes) et place en évidence un caractère plus utile, pour la vulgarisation, que celui d'être "commun".

Jourde in Précigout et Prud'homme 2009 reprend ce nom mais le place en deuxième place, comme synonyme de "Gomphe vulgaire"

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LES NOMS COMMUNS EN D'AUTRES PAYS.

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-Espagnol : La libélula vulgar

-Allemand : Die Gemeine Keiljungfer , Schiemenz, 1953

-Néerlandais :   Beekrombout

-Frison : Tongerbout ,Beektongerbout

-Suédois : Sandflodtrollslända

-Anglais : The common clubtail.

 

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SOURCES ET LIENS.
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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html
 
 
.
OUTILS DE  ZOONYMIE.
— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521
— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=gLZvT_njEF4C&pg=PA173&dq=steinmann+onychogomphus+forcipatus&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjJ6bqArLreAhVKExoKHb9cC34Q6AEILDAA#v=onepage&q&f=false
 
 — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

— LINNÉ 1758 Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 1-824

http://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/494/mode/1up

 

SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— VILLERS (Charles de) 1789 Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta : DD. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c., speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galli australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante & augente Carolo de Villers .. Lyon : Pietre et Delamollière, (1789). 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/45855#page/15/mode/1up

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
28 novembre 2018 3 28 /11 /novembre /2018 16:54

Zoonymie des Odonates : les noms de Gomphus simillimus (Sélys, 1840), "le Gomphe semblable".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

 

 

 

Zoonymie des Odonates.

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé.

Genre Gomphus, Leach, 1815. Entomology, in Brewster's Edinb. Encycl. 9(1): 137. Il doit son nom au latin gomphus, issu de grec gomphos, "clou, coin, cheville", du fait de la forme en massue ("clavate") de l'abdomen des mâles. (Fleidner, 2009 ; Endersby 2012). La racine gomph- se retrouve ailleurs, avec le même sens de "en forme de clou", en Zoologie, en Mycologie et en Botanique.

espèce Gomphus simillimus Sélys, 1840 Monogr. Libell. Eur. :85. L'épithète latin simillimus superlatif de similis "semblable" est traduit par l'auteur lui-même par son nom en français, "Gomphus très-semblable", et il en donne l'explication :"Cette espèce est tellement semblable au G. Pulchellus qu'il faut un œil exercé pour les distinguer.". C'est à partir d'un spécimen de la collection de Boyer de Fonscolombe, capturé près d'Aix-en-Provence et adressé par ce dernier, que Sélys-Longchamps s'est livré à une comparaison avec G. pulchellus,.

Nom en français : 1°) "[Le] Gomphus très-semblable" , Sélys 1840, Monogr. Libell. Eur. page 85. 2°) "Le Gomphe semblable", Grand et Boudot, 2006.

Noms communs en d'autres langues :

-allemand  : "Gelbe Keiljungfer"

-catalan : "el Rodadits groc"  (groc = jaune)

-néerlandais : De gele rombout" 

-gallois : "Gwas neidr o deulu'r " 

-anglais : "Yellow clubnail "

 

 

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE GOMPHUS.

Voir http://www.lavieb-aile.com/2018/01/zoonymie-des-odonates-le-genre-gomphus-leach-1815.html

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NOM D'ESPÈCE GOMPHUS SIMILLIMUS  (SELYS, 1840).

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 Selys-Longchamps, (Edmond de) 1840. Monographie des Libellulidées d'Europe. Roret, Paris. 220 pp. + 4 pls. page 8(

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n

Description originale.

 

"N° 5. GOMPHUS SIMILLIMUS. (Nobis.)

GOMPHUS TRÈS-SEMBLABLE.

Diagnose. - Thorax jaune avec six raies noires courbées en dessus. Abdomen dilaté à son extrémité, noir avec une ligne dorsale jaune prolongée jusqu'à l'extrémité. Pieds jaunes, rayés de noir. Tous les tarses noirs. Appendices anals supérieurs du mâle noirs; l'inférieur double, presque jaune, de la longueur du dernier segment. Parastigma court, long de 1 ligne #.

Dimensions. —(Voyez le tableau.)

Synonymie. - AESCHNA FORCIPATA. B. de Fonscol. (Exclusis synonymis.)

Cette espèce est tellement semblable au G. Pulchellus qu'il faut un œil exercé pour les distinguer. Voici les seules différences que j'aie trouvées sur les individus mâles :

1° Les tarses postérieurs sont tout noirs comme les antérieurs. (Ils sont jaunes en dehors dans le G. pulchellus.)

2° Le parastigma est plus court, brun, presque noirâtre , et la coupe du bord anal des secondes ailes est un peu différente.

3° L'extrémité de l'abdomen vers les 7me, 8me et 9me segments est dilatée sur les côtés, et il y a un petit cercle jaune à la base de chacun : enfin, vers ces segments, la ligne jaune dorsale est très-étroite, excepté vers le neuvième où elle forme une tache ovale, assez large. (Dans le Pulchellus, l'abdomen n'est pas élargi, mais cylindrique, et la raie dorsale est à peu près égale partout.)

4° Les deux branches de l'appendice anal inférieur ne sont pas plus écartées que les appendices supérieurs, leur pointe est à peine noirâtre et les supérieurs sont cylindriques, terminés subitement en une petite pointe aiguë bien visible à la loupe. (Dans le Pulchellus l'appendice inférieur a ses deux branches terminées de noir, plus divergentes que les appendices supérieurs, qui sont terminés en pointe arrondie, et dont les côtés portent un sillon enfoncé bien visible à la loupe.)

La femelle, d'après M. de Fonscolombe, est analogue au mâle.

C'est entièrement à M. Boyer de Fonscolombe que je dois la découverte de cette espèce, puisque je n'ai pu constater les différences minutieuses qui la séparent du G. pulchellus qu'après avoir pu lui comparer chez moi l'individu mâle qu'il a eu l'obligeance de m'envoyer. M. de Fonscolombe m'écrit que tous les individus qu'il a pris , ont les tarses noirs , et le caractère tiré de la forme des appendices supérieurs suffit pour prouver à l'évidence la différence spécifique. On peut s'en convaincre en examinant les dessins que j'en donne. Par cette forme et la dilatation des derniers segments de l'abdomen , le G. simillimus ressemble étonnamment au G. flavipes. Mais ce dernier à les tarses postérieurs jaunes en dehors, l'appendice inférieur en partie noir, le bord de la côte noir, le parastigma allongé et la coloration du thorax et du front très-différente.

Le Gomphus simillimus se trouve aux environs d'Aix en Provence, dans les endroits les plus secs et éloignés des eaux. D'après M. de Fonscolombe il est peu commun.

Après avoir écrit cet article, j'en ai reconnu un individu en tout semblable dans la collection de M. Robyns, qui l'a pris dans la forêt de St-Germain, près de Paris, ce qui prouve qu'il est répandu dans toute la France. Il vole à la même époque que le G. pulchellus."

A propos de la collection de Robyns, à Bruxelles, voir mon article sur Somatochlora flavomaculata.

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ÉTUDE DU NOM SIMILLIMUS.

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L'épithète latin simillimus superlatif de similis "semblable" est traduit par l'auteur lui-même par son nom en français, "Gomphus très-semblable", et il en donne l'explication :"Cette espèce est tellement semblable au G. Pulchellus qu'il faut un œil exercé pour les distinguer.".

C'est à partir d'un spécimen de la collection de Boyer de Fonscolombe, capturé près d'Aix-en-Provence et adressé par ce dernier, que Sélys-Longchamps s'est livré à une comparaison avec G. pulchellus,.  "C'est entièrement à M. Boyer de Fonscolombe que je dois la découverte de cette espèce, puisque je n'ai pu constater les différences minutieuses qui la séparent du G. pulchellus qu'après avoir pu lui comparer chez moi l'individu mâle qu'il a eu l'obligeance de m'envoyer. M. de Fonscolombe m'écrit que tous les individus qu'il a pris , ont les tarses noirs , et le caractère tiré de la forme des appendices supérieurs suffit pour prouver à l'évidence la différence spécifique. On peut s'en convaincre en examinant les dessins que j'en donne. Par cette forme et la dilatation des derniers segments de l'abdomen , le G. simillimus ressemble étonnamment au G. flavipes. Mais ce dernier à les tarses postérieurs jaunes en dehors, l'appendice inférieur en partie noir, le bord de la côte noir, le parastigma allongé et la coloration du thorax et du front très-différente.'

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Voir les auteurs suivants : 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/gomphe-semblable/

"De similimus (lat)=extrêmement semblable, Sélys-Longchamps, le descripteur faisait référence à Gomphus pulchellus."

 

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

".simillimus (Gomphus) - superlativo di similis, e = simile. Molto somigliante al congenere pulchellus."

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NOMS EN LANGUE VERNACULAIRE.

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I. LES NOMS COMMUNS EN FRANÇAIS.

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1°) "[Le ] Gomphus très-semblable", Sélys, 1840.

Monographie des Libellulidées d'Europe, page 85.

Comme il le fait pour les 7 espèces que Sélys place dans son genre Gomphus, l'auteur belge fait suivre le nom scientifique de sa  transcription  littérale en français au prix d'un barbarisme (*) : "Gomphus très-semblable".

(*) ou du moins, d'un néologisme désagréable car entaché d'une terminaison latine incongrue.

Le nom est repris en 1843 par Pierre Boitard . Sélys-Longchamps reprend ce nom dans sa Revue des Odonates de 1850, page 89, et dans sa Monographie des Gomphines de 1857 page 134.

Puis le nom français tombe en désuétude (le moteur de recherche le trouve, presque par inadvertance, dans une publication de 1990 de Boudier et Levasseur pour Martinia).

Il échappe, en 1958,  à l'effort du suisse Paul-A. Robert  de proposer un nom en langue vernaculaire pour les francophones (ce dernier ne décrit pas G. Simillimus dans son guide Les Libellules, ou Odonates).

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2°) Le Gomphe semblable, Grand et Boudot 2006.

En 2006-2007, la parution d'ouvrages grand-public entraîne la correction de "Gomphus"en "Gomphe", et la simplification du superlatif , avec la forme "Gomphe semblable". Quel en est le créateur exact ? 

—Grand et Boudot, Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg, avril 2006 page 338

— Jourde traducteur de Dijkstra, , Guide des Libellules,  avril 2007, page 186

— Précigout, Prud'homme et Jourde, novembre 2009, Libellules de Poitou-Charente.

C'est désormais le nom commun admis pour les auteurs français par la SFO (Boudot & Dommanget 2012), mais uniquement "lors des opérations de sensibilisation et de vulgarisation", ainsi que par l'INPN/MNHN ("nom latin ou vernaculaire").

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II. LES NOMS COMMUNS EN D'AUTRES LANGUES.

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-allemand  : "Gelbe Keiljungfer"

-catalan : "el Rodadits groc"  (groc = jaune)

-néerlandais : De gele rombout" 

-gallois : "Gwas neidr o deulu'r " 

-anglais : "Yellow clubnail "

-breton (en cours de validation) : lost penngod melen (queue renflée jaune)

 

 

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SOURCES ET LIENS.

[BOUDOT J.-P., DOMMANGET J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.] 

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

INPN;

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/653291/tab/taxo

ROBERT (Paul-A.), 1958, Les Libellules (Odonates), Delachaux et Niestlé, 364 pages.

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Derivatio nominis libellularum europaearum (Téléchargement PDF disponible). Available from: https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum[accessed Jan 08 2018].

LISTE DES LIBELLULES DE BRETAGNE

https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_des_libellules_de_Bretagne

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
27 novembre 2018 2 27 /11 /novembre /2018 16:14

Zoonymie des Odonates : les noms de Gomphus pulchellus, (Selys, 1840), "le Gomphe joli".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

 

 

 

Zoonymie des Odonates.

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