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30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 15:01

Zoonymie des Odonates : les noms du Sympetrum meridionale (Selys, 1841), "le Sympétrum méridional".

CECI EST LE  1500ème ARTICLE  DE CE BLOG !! LA VIE EST B AILE !

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

Résumé :

— Sympetrum, Newman, 1833, Ent. mag. , 1:511.. Des deux suffixes grecs σύμπυκνος, sympiezein   "comprimé" et  ἦτρον, êtron "abdomen" : "qui a l'abdomen comprimé latéralement".  En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum  "à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

 

S. meridionale Selys, 1841 Rev. Zool. Cuv.: 245. De l'adjectif latin meridionalis, e signifiant "méridional, du midi". Sélys avait observés cette espèce au Musée de Turin dont le directeur, C.G. Gené,  les avaient capturés en Sicile et en Sardaigne. C'est l'un des  8 épithètes géographiques du corpus des noms scientifiques parmi les  92 espèces observées en France.

— Nom français : 1°) "La Libellule méridionale", Sélys, 1850. 2°) "Le Sympétrum méridional" P.A. Robert 1958.

— Noms en d'autres langues :

- en allemand : Die Südliche Heidelibelle

- en frison : Südlike heidelibel, Sinnehopke

-en néerlandais : Zuidelijke heidelibel

- en catalan :El Pixaví meridional 

- en polonais : Szablak południowy

- en anglais : The Southern Darter 

 

 

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE SYMPETRUM (NEWMAN, 1833).

Voir :

Newman, Entomological Magazine vol. 1, London, F. Westley & A.H. Davis, page 511.

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-sympetrum-newman-1833.html

 

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NOM D'ESPÈCE SYMPETRUM MERIDIONALE (SELYS, 1841).

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n.b : En vertu d'une décision du Code International de Nomenclature Zoologique, on doit écrire le nom de Selys sans accent.

[Libellula meridionalis], SELYS (Edmond Revue Zoologique par la société  cuviérienne, Paris,  vol.4 page 245

https://books.google.fr/books?id=zu9DAQAAMAAJ&pg=PA246&dq=s%C3%A9lys+revue+zoologie+meridionalis&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjXmfX52JXgAhVKCxoKHWRoC94Q6AEIKTAA#v=onepage&q=s%C3%A9lys%20revue%20zoologie%20meridionalis&f=false

Description originale.

"5. Lib. meridionalis, Selys.- Elle diffère de la L. vulgata, en ce qu'elle est plus petite, la tête moindre; les côtés du thorax d'un jaune plus vif avec seulement quelques petits traits noirs très-interrompus; pas de trait dorsal noir sur les 8° et 9 segments de l'abdomen qui est plus court. Il y a un vestige safrané assez vif à la base des ailes. Pieds beaucoup plus jaunes, les cuisses n'offrant pas de ligne noire en dehors, et leur première moitié interne également jaune. L'écaille vulvaire de la femelle non divergente.

Habite la Sardaigne et la Sicile (Musée de Turin). Espèce un peu douteuse, qui demande à être étudiée à l'état adulte."

 

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ÉTUDE DU NOM S. MERIDIONALE.

Du latin meridionalis, e : "méridional" .  De meridies (« midi ») avec le suffixe -alis. En bonne logique dérivative, le mot aurait du faire meridialis ; un rarissime infixe on a été ajouté pour faire le pendant à septentrionalis. (Wiktionnaire)

Voir meridianus, a, um et meridionalis, e dans Felix Gaffiot.

L'article que  "Edme de Selys de Longchamps" fait paraître dans la Revue Zoologique est intitulé Nouvelles Libellulidées d'Europe . Il décrit en quatre pages  8 espèces nouvelles, principalement grâce à l'apport de spécimens venant de Sicile, conservés au Musée de Turin  et communiqués par le Carlo Giuseppe Gené (1800-1847), professeur de zoologie à Turin et directeur du Musée d'histoire naturelle de Turin depuis 1831 (alors que son adjoint est Victor Ghiliani).  C. G. Gené avait rédigé, à la suite de quatre séjours en Sardaigne, des Mémoires pour l'Académie royale des Sciences de Turin en 1824, et ses collections avaient enrichi celles du Musée de Turin. Pour cette raison, Sélys a nommé l'une de ses nouvelles espèces Gomphus genei, [aujourd'hui Paragomphus genei, "le Gomphus de Gené"] en expliquant "Je l'ai dédié au savant professeur Géné [sic] , si connu par ses excellents ouvrages sur les reptiles et les insectes de la Sardaigne, et à l'obligeance duquel je dois la communication qui m'a été faite des Libellules du Musée de Turin." . L'année suivante, en 1842 Rambur lui rendra également hommage avec Ischnura genei, l'Agrion de Gené.

 

Dans World catalogue of Odonata, Steinmann indique ceci : Libellula meridionalis, ... type-sex not given : Museo Torino, type-locality : Sardinia. Mais Sélys écrit dans son article page 246 "la Macrocephala et la Meridionalis, qui viennent toutes deux de Sicile". Et il écrit dans sa decsription originale : "Habite la Sardaigne et la Sicile (Musée de Turin)".

En outre, dans sa description de Libellula meridionalis en 1850 dans la revue des Odonates, il écrit page 39 :

https://books.google.fr/books?id=Xa98vgAACAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=meridionalis&f=false

 

"Habitat. Commune en Belgique depuis le commencement d'août jusqu'au 15 septembre, mais seulement dans quelques localités, principalement dans les marais. Je l'ai prise aussi aux environs de Turin à la fin de septembre, et M. Imhoff l'a trouvée dans les Alpes Suisses. M. Pecchioli me l'a envoyée de Pise, M. Gêné de Sardaigne et de Sicile; M. Rambur l'a recueillie en Espagne, en Corse , en Provence et aux environs de Paris; il dit qu'elle se trouve aussi dans les Alpes. Trouvée en Algérie par M. Lucas; ses exemplaires sont de taille très-variable. M. Brittinger l'a prise à Steyr en Autriche. M. Ménétriés m'en a communiqué un exemplaire de la Russie méridionale , d'où je conclus que cette espèce est répandue dans une grande partie de l'Europe méridionale et tempérée. Enfin j'en ai vu dans la collection de M. Evans un exemplaire qu'il a pris près de Londres."

 

Quoiqu'il en soit, l'épithète meridionalis s'explique par la provenance des spécimens décrits de Sicile et de Sardaigne, deux îles méditerranéennes. 

Les épithètes géographiques sont rares dans les noms scientifiques des 92 espèces françaises d'odonates : j'en retiens 8 au total : Aeshna subarctica elisabethae Djakonov, 1922 , Anax parthenope (Selys, 1839) Anax napolitain ,Somatochlora alpestris (Selys, 1840) Cordulie alpestre, Somatochlora arctica (Zetterstedt, 1840) Cordulie arctique, Somatochlora meridionalis Nielsen, 1935 Cordulie méridionale, Sympetrum meridionale (Selys, 1841) Sympétrum méridional , Orthetrum trinacria (Selys, 1841) Orthétrum de Sicile , et Sympetrum pedemontanum (O. F. Müller in Allioni, 1766) Sympétrum du Piémont.

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Conclusion : meridionalis, adjectif latin signifiant "méridional, du midi". Selys avait eu communication des spécimens de cette espèce par C.G. Gené, directeur du Musée de Turin, qui les avaient capturés en Sicile et en Sardaigne. C'est l'un des  8 noms géographiques du corpus des noms scientifiques parmi les  92 espèces observées en France.

 

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LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/sympetrum-meridional/

"Meridionale de meridies (lat) = méridional : il s’agit d’une espèce du sud de l’Europe."

 

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 from Lat. meridionalis, -is, -e = southern in reference to the species' southern European range"

 

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"meridionalis, e = meridionale. Comune nell’Europa meridionale."

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

non traité

 

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"meridionale = zuidelijk"

 

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NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS FRANÇAIS :

1°) "La Libellule méridionale" Sélys, 1850.

Revue des Odonates ou Libellules d'Europe page 49

https://books.google.fr/books?id=Xa98vgAACAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=meridionalis&f=fals

2°) "Le Sympétrum méridional", Paul-André Robert 1958.

ROBERT (Paul-A.), Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages, page 290.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&focus=searchwithinvolume&q=meridionale+

Ce nom est repris par l'ensemble des auteurs et est validé par la liste de référence de la SFO ou par le site INPN du Muséum.

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LES NOMS DE SYMPETRUM MERIDIONALE EN D'AUTRES LANGUES.

- en allemand : Die Südliche Heidelibelle

- en frison : Südlike heidelibel, Sinnehopke

-en néerlandais : Zuidelijke heidelibel

- en catalan :El Pixaví meridional 

- en polonais : Szablak południowy

- en anglais : The Southern Darter 

- en breton (en attente de validation ) : Flemm-aer ar Su 

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SOURCES ET LIENS.

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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— [BOUDOT J.-P., DOMMANGET J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— ROBERT (Paul-A.), Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 11:20

Zoonymie des Odonates : les noms du Sympetrum fonscolombii (Sélys, 1840), "le Sympétrum de Fonscolombe".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé :

— Sympetrum, Newman, 1833, Ent. mag. , 1:511.. Des deux suffixes grecs σύμπυκνος, sympiezein   "comprimé" et  ἦτρον, êtron "abdomen" : "qui a l'abdomen comprimé latéralement".  En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum  "à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

fonscolombii, Sélys 1840, Monogr. Libell. europ. ; 49. Fonscolombii : "de Fonscolombe", en l'honneur de l'entomologiste français Etienne Boyer de Fonscolombe (1772-1853), et de sa description en 1837 dans sa Monographie des Libellulines des environs d'Aix de cette espèce, sous le nom de L. flaveola.

— Noms français : 1°) "Le Sympétrum de Fonscolombe", Sélys 1840 (INPN et LPO) ; 2°) "Le Sympétrum à nervures rouges ", d'Aguilar et Dommanget 1985, soulignant la couleur caractéristique des nervures principales chez le mâle mature.

— Noms en d'autres langues :

- en allemand : Die Frühe Heidelibelle 

-en néerlandais : De Zwervende heidelibel 

-en frison : Read sinnehopke, Readwjokhopke

- en anglais : The Red-veined darter ; The Nomad

- en gallois : gwäell wythïen goch

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE SYMPETRUM (NEWMAN, 1833).

Voir :

Newman, Entomological Magazine vol. 1, London, F. Westley & A.H. Davis, page 511.

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-sympetrum-newman-1833.html

 

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NOM D'ESPÈCE S. FONSCOLOMBII (Sélys, 1840).

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[Libellula fonscolombii], SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages. page 49 n°11.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

https://books.google.fr/books?id=NaI-AAAAcAAJ&dq=fonscolombii+monographie+des+Odonates&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

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Description originale :

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" No 11. LIBELLULA FONSCOLOMBII. (DE SELYS.)
LIBELLULE DE FONSCOLOMBE.

Diagnose. — Parastigma grand, jaune. La base des ailes inférieures et un vestige à celle des supérieures jaune-safrané. Les cuisses noires, jaunes en dehors. Abdomen à peine plus court que les ailes, jaunâtre (rouge chez les mâles adultes).

Dimensions. — (Voyez le tableau.)

Synonymie. — Libellula flaveola. B. de Fonscol. (Synon. exclus.)
- vulgata. Var. Vander. L.
- veronensis?Steph., Catalog.
- Fonscolombii. De Selys, Catalog.

Diffère principalement de la L. vulgata : 

1° En ce qu'elle est un peu plus grande et que l'abdomen, qui est un peu plus court, n'est pas étranglé au milieu, mais plutôt un peu élargi.

2° La base des ailes est d'un jaune safrané, peu distinct aux supérieures, mais très-visible aux postérieures où cette couleur s'étend à 2 lignes de la base chez le mâle, et à 1 ligne chez la femelle.

3° Le parastigma est plus grand, jaune à tous les âges. La côte est jaune extérieurement, et les grandes nervures qui lui sont parallèles, sont rougeâtres même chez la femelle.

Les pieds sont, comme chez la Vulgata, noirs , largement bordés de jaune extérieurement.

Le mâle de la L. Fonscolombii, diffère de la femelle en ce que le tibia des deux pieds postérieurs n'est pas rayé de jaune, et qu'il y a plus de jaunâtre à la base des secondes ailes. L'abdomen est d'un jaune plus pur que chez la Vulgata, et le mâle adulte est d'un rouge plus éclatant. Cette espèce diffère de la L. Rœselii par ses pieds bordés de jaune, et son parastigma jaune-citron. Ces deux parties sont noires dans la L. Rœselii. Elle se distingue enfin de la Flaveola, qui a le tiers entier de l'aile inférieure jaune, et l'abdomen proportionnellement plus court.

Je me fais un devoir et un plaisir de dédier cette jolie espèce au savant et vénérable M. Boyer de Fonscolombe, qui a rendu tant de services à cette partie de l'Entomologie, par la publication de sa Monographie des Libellules des environs d'Aix en Provence. C'est lui qui a décrit le premier cette espèce sous le nom de Flaveola. Elle est commune en Provence au mois d'août. On la trouve fréquemment accouplée. Je l'ai reprise en Belgique vers le milieu de juillet. Elle se trouve aussi en Espagne, car M. Robyns en a reçu un individu de ce pays.

Elle se trouverait aussi en Angleterre, si c'est la même que la L. veronensis de M. Stephens. Je conserve cependant quelques doutes à cet égard, parce qu'il m'a paru que cette dernière a le parastigma noirâtre.

Les différences que j'ai signalées, et même la diagnose seule, suffisent pour distinguer facilement cette espèce de la Flaveola, de la Rœselii et de la Vulgata. Par le parastigma long et jaune, elle ressemble à la L. olympia femelle, et par la couleur générale à la Ferruginea ; mais la couleur des pieds, sans parler de la forme de l'abdomen, est encore ici un critérium infaillible."

 

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ÉTUDE DU NOM FONSCOLOMBII.

Fonscolombii : "de Fonscolombe", en l'honneur de l'entomologiste français Etienne Boyer de Fonscolombe (1772-1853), comme l'indique Sélys dans sa description :

"Je me fais un devoir et un plaisir de dédier cette jolie espèce au savant et vénérable M. Boyer de Fonscolombe, qui a rendu tant de services à cette partie de l'Entomologie, par la publication de sa Monographie des Libellules des environs d'Aix en Provence.   C'est lui qui a décrit le premier cette espèce sous le nom de Flaveola. "

Sélys rend hommage à l'entomologiste aixois  pour "ses services rendus" à l'Odonatologie . En effet, celui-ci  est l'auteur d'Orthetrum brunneum (Boyer de Fonscolombe 1837), de Boyeria irene (Boyer de Fonscolombe, 1838) — à qui il donne le prénom de son épouse— , de Coenagrion caerulescens (Boyer de Fonscolombe, 1838). Mais surtout, il rend hommage à cet auteur car c'est dans sa collection (ou dans la description de celle-ci ) que Sélys a remarqué la spécificité de L. fonscolombii que Fonscolombe avait rangé sous le nom de Libellula flaveola.  

Le titre exact de la publication de Fonscolombe est Monographie des Libellulines des environs d'Aix et elle était parue dans les Annales de la Société entomologique de France en 1837 : Ann. Soc. ent. France 6:144. Elle est accessible en ligne ici :

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/148/mode/1up

La description des spécimens de sa collection, capturés autour d'Aix (vraisemblablement près de Zacharie, au sud de la montagne Sainte-Victoire, son terrain de prédilection) et rangée sous le nom de Libellula flaveola Linn. est la suivante ( j'ai surligné en gras quelques éléments de distinction avec Sympetrum flaveolum).

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Long. 0,035. 
Enverg. 0,065. 
Le mâle. Sa forme est à peu près la même que la Lib.olympia , l’abdomen étant cependant linéaire et plus étroit, 
avec sa base un peu élevée et gibbeuse. La tète est rouge- jaune , et tachetée de noir derrière les yeux; ceux-ci sont roussâtres, un peu bleuâtres dans leur partie inférieure; le menton est aussi roussâtre. Le corselet, en dessus, est pubescent-roussâtre ; les côtés, sous les ailes, sont d’un gris livide ou d'un roussâtre sale, avec des taches et des bandes d’une couleur plus claire , et les lignes flexueuses ordinaires noires. La poitrine est bleuâtre. 
L’abdomen est d’un rouge écarlate : le premier et le dernier segment sont marqués, en dessus, d’une tache ou ligne noire, longitudinale. Le ventre est rouge pâle, avec une ligne longitudinale noire au milieu. Les secondes ailes sont rousses à leur base ; cette couleur s’aperçoit à peine à la base des premières : dans toutes, les nervures du bord externe sont roussâtres ; le stigmate est jaunâtre, entouré d’une nervure noire. Les pattes sont noires,  marquées en dessus d’une ligne jaune. 
La femelle. Sa tête est d’un vert-grisâtre pâle , le menton presque jaune, les yeux d’un vert-grisâtre, le derrière de la tête comme dans le mâle. La couleur de tout le corps est d’un vert-grisâtre ou jaunâtre, plus foncé et un peu nébuleux sur le milieu de l’abdomen, dont les côtés sont plus jaunâtres. Les côtés du corselet ont les lignes flexueuses ordinaires noires. Sa partie antérieure a, de même que chez l’espèce précédente, deux petites lignes latérales blanchâtres, comme transparentes.  La base du premier segment de l’abdomen est noirâtre, et le second marqué d’une ligne transverse noire ; les trois  premiers et les trois derniers segments en ont une longitudinale dorsale. Sur les côtés de tous, on voit une ligne noire  assez grande.  Les ailes sont comme chez le mâle ; les pattes d’un vert-jaunâtre en dessus , noires en dessous , les cils noirs. 
Cette espèce est très-commune au mois d’août; on la trouve fréquemment accouplée. 

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Fonscolombe est également honoré par le genre Boyeria Mc Lachlan 1896, et, dans la famille des Pseudococcidae, par le genre Fonscolombia Lichtenstein 1877.

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/sympetrum-de-fonscolombe/

"Sympetrum fonscolombii (Sélys, 1840). Sympétrum de Fonscolombe. Syn. Sympétrum à nervures rouges Sympetrum, assemblage de Sym-piezein (gr) = compressé et êtron = abdomen : les sympetrum ont un abdomen étroit, compressé, par rapport aux autres genres de libellulidés ;

fonscolombii en l’honneur de Boyer de Fonscolombe, entomologiste français (1772-1853)."

 

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

" Sympetrum fonscolombii (Selys, 1840) : after Étienne Boyer de Fonscolombe (1772-1853), French entomologist"


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.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"fonscolombei (Sympetrum) - in onore del dr. E. L. J. H. Boyer de Fonscolombe (1772-1853), entomologo francese. "

 

 

 

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.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

non traité

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

fonscolombii = vernoemd naar de Franse entomoloog Fonscolombe ".

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LES NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS EN FRANÇAIS.

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1°) Le Sympétrum de Fonscolombe, Sélys 1840.

Le Sympétrum de Fonscolombe, nom qui accompagne la publication originale de Sélys en 1840 et qui  est la traduction littérale du nom scientifique,  a été repris par Paul-André Robert en 1958 avec le commentaire : "Signification du nom : Fonscolombei = de Fonscolombe : Boyer de Fonscolombe est un auteur qui a déterminé plusieurs Libellules.". Il a été ensuite repris par presque tous les auteurs (Grand et Boudot 2007) et a été validé officiellement par la liste de référence de la SFO et par le site de l'INPN.

Paul-A. Robert, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages page 285.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&focus=searchwithinvolume&q=fonscolombe

 

INPN : https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65335

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2°) "Le Sympétrum à nervures rouges", d'Aguilar et Dommanget 1985.

- Jacques d'Aguilar et Jean-Louis Dommanget 1985, Guide des Libellules d'Europe et d'Afrique du Nord, page 293.

- Dommanget (Jean-Louis ), 1987, Etude faunistique et bibliographique des Odonates de France page 71.

- Jourde in Dijkstra, Guide des Libellules de France et d'Europe Delachaux et Niestlé 2007 p. 278.

Philippe Jourde, dans son adaptation et traduction du guide naturaliste de K.-D. B. Dijkstra, le Guide des Libellules de France et d'Europe  a placé le nom "Sympétrum à nervures rouges " en nom principal, accompagné en second par la mention  "S[ympétrum]. de Fonscolombe". Il s'agit de la traduction du nom anglais, "The Red-veined Darter" qui souligne que cette espèce se distingue des autres par "des nervures principales jaunes à la base des ailes, devenant rouge vif chez les mâles matures" , car "l'étendue et l'intensité de cette coloration sont caractéristiques, [même si ] d'autres Sympetrum peuvent avoir des nervures claires ou rougeâtres" (Jourde in Dijkstra, p. 278).

Le même auteur, dans sa participation à Libellules de Poitou-Charentes paru en 2009, inverse les hiérarchies et place Sympétrum de Fonscolombe en premier, accompagné de la mention :  Syn. "Sympétrum à nervures rouges " .

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NOMS EN D'AUTRES LANGUES.

Ces noms soulignent trois caractéristiques du Sympétrum de Fonscolombe, qui est migrateur ; plus précoce que les autres espèces du genre ; et aux ailes veinées de rouge chez le mâle :

"Migrateur au long cours, il se répand parfois en masse vers l'Europe du Nord, il se répand parfois en masse vers l'Europe du Nord au début de l'été, alors que les autres Sympetrum sont en cours d'émergence." (Jourde in Dijkstra 2007).

 

- en allemand : "Die Frühe Heidelibelle" :  le Sympétrum (Heidelibell = libellule des landes)  précoce.

-en néerlandais : "De Zwervende heidelibel" : le Sympétrum (heidelibel) migrateur.

-en frison : "Read sinnehopke", "Readwjokhopke". 

- en anglais : "The Red-veined Darter" ; The Nomad : le Sympétrum (darter = dard) veiné de rouge, le Nomade.

- en gallois : "Gwäell wythïen goch" :  le Sympétrum (gwäell = dard ; tige [en métal] ;  aiguille [ à tricoter]) veiné de rouge. 

- en breton : "Flemm-aer gwazhied ruz " : le Sympétrum (flemm-aer = dard [du serpent]) veiné de rouge.

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SOURCES ET LIENS.

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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— FONSCOLOMBE (Etienne Hippolyte Boyer de ), 1837 et 1838, Monographie des Libellulines des environs d'Aix, Annales de la Société entomologique de France  6:129 et  7:75-106.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/133/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/page/15643737#page/559/mode/1up

ROBERT (Paul-A.), Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
26 janvier 2019 6 26 /01 /janvier /2019 11:27

Zoonymie des Odonates : les noms de l'Orthetrum coerulescens (Fabricius, 1798), "L'Orthétrum bleuissant".

 

 

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

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Résumé.

genre Orthetrum Newman 1833, Ent. Mag. , 1:511. : Des deux suffixes grecs  orthos  "droit" et êtron "abdomen". En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum " à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

espèce : O. cœrulescens (Fabricius, 1798), Ent. Syst. Suppl. : 285. Cœrulescens, "devenant bleu" — dérivé tardif du latin caeruleus, a, um "bleu" — qualifie les changements de la couleur bleutée de l'abdomen du mâle due à la pruinescence qui lui est propre.

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— Noms en français : 1°) "La Sylvie", Geoffroy, 1762 ; 2°) "La Libellule bleuâtre", Sélys 1840. 3°) "L'Orthétrum bleuissant", Paul-André Robert, 1958. Synonyme : "La Libellule du Mont-Olympe" P.A Robert  (Libellula Olympia Fonscolombe 1837).

— Noms en d'autres langues.

- en allemand : Der Kleine Blaupfeil 

- en catalan : El Parot estudiant,

- en suédois : Mindre sjötrollslända

-en néerlandais :   De beekoeverlibel 

-en frison :    Lytse ringlibel, Kwelsitter

- En anglais : The keeled skimmer, 

-en gallois : llwyr cribog

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE ORTHETRUM NEWMAN 1833.

http://www.lavieb-aile.com/2018/03/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-orthetrum-newman-1833.html

.

NOM D'ESPÈCE O. COERULESCENS (FABRICIUS, 1798).

[Libellula cœrulescens], Johann. Christian Fabricius, 1798. Joh. Christ. Fabricii hist. nat. oec. et cameral. p.p.o. societ. Hafn. ... Entomologia systematica : emendata et aucta, secundum classes, ordines, genera, species, adjectis synonimis, locis, observationibus, descriptionibus. - pp. [1-3], 1-572. Hafniae. (Proft & Storch). page 285.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/82436#page/291/mode/1up

 

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Description originale :

 

Cœrulescens 18-19.. L[ibellula] alis hyalinis: stigmate marginali fusco, corpore coerulescente,

Habitat in Italia Dr. Allioni. 

Media. Os flauescens fronte nigricante. Corpus coerulescens, immaculatum. Alae basi immaculatae.

Traduction  personnelle :

Libellula Cœrulescens, 18-19, ailes transparentes, tache marginale brune, corps bleuâtre.

Vit en Italie Dr Allioni

Bouche jaunâtre, front noir. Corps bleuâtre, sans taches. Bases des ailes sans taches.

Le spécimen décrit (un mâle) vient de la collection de Carlo Allioni (1728-1804) de Turin, auteur du Manipulus insectorum tauriniensium en 1762-1765 et directeur du Jardin Botanique de Turin. On lui doit la description de Sympetrum pedemontanum (O. F. Müller in Allioni, 1766).  Fabricius lui rendit visite en 1768 :

http://www.lavieb-aile.com/article-coquebert-121084031.html

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Zoonymie des Odonates : les noms de l'Orthetrum coerulescens.

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ÉTUDE DE L'EPITHÈTE  COERULESCENS.

Cœrulescens ou caerulescens dérive du latin caeruleus, a, um "bleu, bleu sombre, " (lui-même dérivé de caelum, "ciel" et prend le sens de "bleuâtre, bleuissant" .

https://fr.wiktionary.org/wiki/caerulus#la

Gaffiot : http://micmap.org/dicfro/search/gaffiot/caeruleus.

En réalité, il est plus exact d'écrire, avec J.A Jobling : "

"Unattested L. caerulescens, caerulescentis  bluish (neither caerulescere nor caerulescens have been found in Classical Latin, but their existence may be inferred from caeruleus  azure-blue, by the example, among others, of rufus  red, ruddy, giving rufescere  to become reddish, and rufescens, rufescentis  reddish). "

- Caerulescens apparaît, exclusivement sous la plume des naturalistes, en 1748 et 1752  en Ornithologie (Edwards, Coccothraustes caerulescens ; Hill, Turdus totus caerulescens) et en 1753 en minéralogie (Borax crudus caerulescens) .

- Coerulescens apparaît en 1743 à propos d'un fossile ; en  1753 en minéralogie chez Wallerius avec la traduction de "bleuâtre" : "minera ferri cœrulescens solida / la mine de fer bleuâtre à points brillans" . On le trouve en 1754 en Entomologie : Cerambrix viridi-cœrulescens, "Capricorne d'un verd-bleu".

Cet épithète appartient à la description originale et qualifie le corps du spécimen. Nous l'associons à la teinte bleuâtre du thorax et de l'abdomen, teinte que nous qualifions de "pruine" (du latin pruina, "gelée blanche") car elle a cet aspect cireux, poussiéreux et blanchâtre qui se retrouve aussi sur les fruits tels que les prunes ou les raisins.

La couleur bleue n'est donc pas franche, elle est atténuée et voilée, mais aussi mouvante ou changeante ce qui justifie ce qualificatif de "bleuissant" dans le sens de "tirant sur le bleu" plutôt que dans le sens de "devenant bleu".

.

Synthèse des dénominations des Odonates 1758-1798 :

Dans son Systema naturae inaugural de 1758 (10e éd) , Linné avait décrit 18 espèces, dont 13 espèces européennes : 

 

  • Libellula quadrimaculata 
  • Libellula depressa 
  • Cordulia aenea 
  • Aeshna juncea 
  • Aeshna grandis
  • Gomphus vulgatissimus 
  • Onychogomphus forcipatus 
  • Sympetrum vulgatum
  • Sympetrum flaveolum
  •  Orthetrum cancellatum 
  • Coenagrion puella 
  • Leucorrhinia rubicunda 
  • Calopteryx virgo

 .

Entre 1758 et 1789, avant la publication de Fabricius de 1798, 14 autres espèces européennes ont été décrites :

 

  • Aeshna cyanea (O. F. Müller, 1764)
  • Brachytron pratense (O. F. Müller, 1764)
  • Libellula fulva O. F. Müller, 1764
  • Sympetrum sanguineum (O. F. Müller, 1764)
  • Sympetrum pedemontanum (O. F. Müller in Allioni, 1766)
  • Aeshna isoceles (O. F. Müller, 1767)
  • Platycnemis pennipes (Pallas, 1771)
  • Anax junius (Drury, 1773)
  • Pyrrhosoma nymphula (Sulzer, 1776)
  • Sympetrum danae (Sulzer, 1776)
  • Calopteryx splendens (Harris, 1780)
  • Aeshna caerulea (Ström, 1783)
  • Ophiogomphus cecilia (Geoffroy in Fourcroy, 1785)
  • Ceriagrion tenellum (Villers, 1789)

.

Fabricius y a ajouté en 1798 Orthetrum coerulescens et Lestes barbarus .

La première leçon de ce récapitulatif est que les épithètes cyanea (bleu foncé, bleu azur) et caerulea (id.) avaient déjà été employées pour le genre Libellula de l'époque. Fabricius devait donc moduler l'adjectif de couleur pour s'en démarquer.

D'autre part, parmi ce qui deviendra les Orthetrum, seul O. cancellatum a été décrit, par Linné, sous sa forme femelle jaune. La couleur bleue d'O. cœrulescens suffisait donc alors à la distinguer. Mais Fabricius souligne que cette couleur bleue du corps est sans tache (immaculatum), et cette absence de noir au bout de l'abdomen la distingue d'O. Cancellatum mâle. Tout comme la couleur des ptérostigma, fusco (brun, disons jaune) et non noirs. Enfin, les ailes également sans tache la distingue des espèces du genre Libellula actuel (L. depressa, fusca et quadrimaculata alors décrites).

.

Conclusion :

Cœrulescens, "devenant bleu" dérivé tardif du latin caeruleus, a, um "bleu" qualifie les changements de la couleur bleutée de l'abdomen du mâle due à la pruinescence qui lui est propre.

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/orthetrum-bleuissant/

Coerulescens de caeruleus (lat) = bleu ciel : l’abdomen du mâle est d’un bleu gris très clair."

.

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 

"from Lat. caerulescere, pres. part. caerulescens = becoming blue, somewhat blue  probably in reference to the increase in blue pruinescence in maturing males." 

(du latin caerulescere, participe caerulescens = devenant bleu, avec quelque chose de bleu, en référence avec la pruine bleue des mâles matures".

.

 

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"  coerulescens (Orthetrum) - caeruleus, a, um = azzurro. Per la colorazione dominante del corpo ."

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"-coerulescens (Fabricius) [l. becoming blue] describes the changing of colour in the males due to pruinescence.

Mature males of  -pruinosum [l. covered with hoarfrost, pruinous] show a bloom, which is not blue, as in the European libellulid species, but reddish violet.." [Orthetrum  pruinosum (Burmeister, 1839)]

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"caeruleus  (bijvoegelijk naamwoord van caelum - hemel) = blauwe"

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ILLUSTRATIONS.

LUCAS 1900.

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/picture?id=12753

Le mâle :

Zoonymie des Odonates : les noms de l'Orthetrum coerulescens.

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La femelle :

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Zoonymie des Odonates : les noms de l'Orthetrum coerulescens.

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LES NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS EN FRANÇAIS.

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1°) "La Sylvie", Geoffroy, 1762.

 GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. page 226 n°9.

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

"9. LIBELLULA thorace viridi nitido , lineis flavis ; alis albis , abdomine nigro cœrulescente.

-Linn. faun. fuec. n. 768, Libellula thorace viridi nitido , lineis flavis , alis pallidis , abdomen nigro,

-Raj. inf. p. 49 , n. 5. Libella maxima , abdomine breviore , latioreque cœruleo.

-Idem. p. 140. Libella maxima abdomine breviore , & crassiore latioreque cœruleo.

-Reaum. ins. tom. ij. Tab.. 3 5 , F. 2.

La sylvie.

Longueur 2 pouces.

Ses yeux sont bruns , sa tête & son corcelet sont verdâtres avec deux bandes jaunes; mais un peu irrégulières sur les côtés du corcelet. Ses pattes sont d'un brun noir. Les aîles, du moins dans celles que j'ai, sont tout-à-fait diaphanes , avec une petite tache brune oblongue au bord extérieur : M. Linnaeus dit qu'elles sont un peu jaunâtres. Le ventre cylindrique & gros est jaune en-dessous , & en-dessus il est noir, mais couvert d'une poussière grise , cendrée & bleuâtre , ce qui fait aisément distinguer cette espèce."

.

Le nom de Sylvie s'inscrit, avec le n°9,  dans la série de prénoms féminins que Geoffroy a réservé aux 14 espèces de "demoiselles" ou libellules qu'il décrit. Il est le quatrième de son groupe des Demoiselles à ailes étendues .

Geoffroy décrit un mâle, puisqu'il  signale l'abdomen couvert d'une pruine bleuâtre (première description, antérieure à Scopoli). 

On sait que Geoffroy omit, dans l'ensemble de son entomologie parisienne,  de donner un nom d'espèce en latin, selon les principes linnéens. Cela sera corrigé en 1789 dans l'édition que Fourcroy fit paraître, avec le nom Libellula sylvia ; La Sylvie. (page 346).

https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/346/mode/2up

Le nom de Sylvie est repris par Charles de Villers en 1789 lorsqu'il décrit page 4 :" Libellula depressa (La Sylvie)".

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

Pour Linné en 1767 dans Syst. nat. 12ème ed., la  Sylvie de Geoffroyest identifiée comme étant sa Libellula depressa. Mais dès 1803, les 2 principaux naturalistes français Olivier et Latreille écrivent :  "Il faut rapporter à cette espèce celles que Geoffroy nomme éléonore et philinte , et non la sylvie ou le n° 9, ainsi que l'indique Linnaeus dans sa douzième édition de son Systema naturae." 

En effet, la principale différence entre les genres Libellula et Orthetrum est que les ailes du premier sont pourvues à leur base de taches triangulaires sombres qui sont totalement absentes du second. Or, Geoffroy précise que les ailes de sa Sylvie "sont tout-à-fait diaphanes", c'est donc un Orthetrum, mais le genre ne sera décrit qu'en 1833. En 1827, dans le Dictionnaire des sciences naturelles vol. 51 page 424, Duméril rapproche le premier la Sylvie de Geoffroy d'Orthetrum cancellatum

https://books.google.fr/books?id=lnipvExuYagC&dq=%22cancellata%22+%22sylvie%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

En 1998, Jacques d'Aguilar et Jean-Louis Dommanget reprennent cette identification de la Sylvie avec Orthetrum cancellatum et associent L. depressa avec l'Eléonore de Geoffroy.

En 2019, Cyrille Deliry corrige cette identification et associe La Sylvie avec Orthetrum coerulescens.

http://www.deliry.com/files/libellulasylvia.html

"La Sylvie de Geoffroy (1762) est finalement nommée Libellula sylvia par de Fourcroy (1785). Nous sommes en présence d'un Orthetrum en raison de ses ailes complètement diaphanes et de son abdomen pruineux bleuté. Néanmoins d'anciens auteurs l'avaient associée à tort avec Libellula depressa. En 1985, d'Aguilar et Dommanget la présente comme un Orthetrum cancellatum. Or, la description de Geoffroy (1762) parle de petites taches brunes au bord extérieur des ailes, ce qui est selon nous une indication pour certains mâles d'Orthetrum coerulescens qui présentent cette caractéristique originale partagée avec Libellula fulva mais de manière plus discrète. "

Pour ma part, dans ma lecture de la description de Geoffroy, j'ai interprété " Une petite tache brune oblongue (adjectif crucial pour ma thèse) au bord extérieur des ailes" comme correspondant au ptérostigma (un terme qui n'apparaît qu'au début du XIXe pour des raphididae). Fourcroy décrit "alis puncto marginalis fusco", un point brun de l'extérieur des ailes, ce caractère punctiforme s'opposant à une coloration en plage.
Par contre, effectivement, les pterostigmas d'O. cancellatum sont noirs, et ceux d'O. coerulescens sont bruns, ce qui m'incite à vous suivre avec enthousiasme sur votre assimilation Sylvie = O coerulescens, mais sur cet argument. 
Je ne retiens donc pas La "Sylvie" de Geoffroy comme le premier nom français de l'Orthetrum cancellatum.

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2°) La "Libellule bleuâtre", Sélys 1840.

Monographie des Libellulidées page 38 n°5.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f40.item.r=selys

Libellula caerulescens [sic] Fab., LIBELLULE BLEUÂTRE

Sélys décrit chez le mâle l'abdomen "en entier d'un bleu cendré-clair pulvérulent en dessus, noirâtre en dessous", les appendices anals "saupoudrés de bleus", les pattes "noir-bleuâtre", la réunion des ailes avec le thorax "brune, saupoudrée de bleu" ; et cette précision du vocabulaire des couleurs témoigne du caractère complexe de la couleur bleue lorsqu'elle s'associe à la pruine.

Les mêmes noms sont repris en 1850 dans la Revue des Odonates.

"La Libellule Olympie", synonyme.

Dans sa Monographie, Sélys a décrit en n°6  Libellula Olympia "la Libellule Olympie", que Fonscolombe  a cru bon de distinguer de L. cœrulescens en 1837. Annales de la Société Entomologique de France VI, page 139 Pl. 6 figure 2.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/143/mode/1up

La nouvelle espèce tire son nom du Mont Olympe (819 m), à Trets (Bouche-du-Rhône), au nord de Saint-Zacharie où la famille Fonscolombe possédait une propriété, le domaine du Moulin-Blanc.

https://www.google.com/maps/place/Mont+Olympe/@43.4379556,5.6415572,12z/data=!4m5!3m4!1s0x12c9761a25f51651:0xed6f8278c9b383e1!8m2!3d43.431008!4d5.738546!5m1!1e4

Rambur, en 1842, détaille aussi cette L. Olympia page 67.

https://books.google.fr/books?id=tORfAAAAcAAJ&dq=%22libellula+olympia%22+fonscolombe&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Mais en 1850, Sélys la place en synonyme de L. Caerulescens. dans sa revue des Odonates page 22

https://books.google.fr/books?id=L9c5AAAAMAAJ&dq=Libellula+olympia&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

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3°)"L'Orthétrum bleuissant", Paul-André Robert 1958.

Paul-André Robert, Les Libellules (Odonates), 1958 page 263.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=RoS9uwEACAAJ&dq=%22libellules%22+odonates+P.A.+Robert&focus=searchwithinvolume&q=coerulescens

L'auteur suisse se rend coupable d'un barbarisme en "traduisant" le nom de genre Orthetrum par le terme "Orthétrum". C'est lui qui rompt avec la traduction de cœrulescens en  "bleuâtre" par Sélys,  pour choisir "bleuissant".

"L'Orthétrum bleuissant" a été adopté par la SFO, l'INPN, et les auteurs des guides naturalistes.

 

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4°) Synonyme : "La Libellule du Mont-Olympe" (Robert 1958)

P.A. Robert  cite dans le même paragraphe, comme synonyme de O. cœrulescens,  la Libellula Olympia de Fonscolombe, à laquelle il donne  le charmant nom de Libellule du Mont-Olympe.

Les illustrations de Fonscolombe 1837 pl. VI:

Le mâle :

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/659/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/659/mode/1up

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La femelle :

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/659/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/659/mode/1up

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LES NOMS EN D'AUTRES LANGUES.

- en allemand : Der Kleine Blaupfeil 

- en catalan : El Parot estudiant,

- en suédois : Mindre sjötrollslända

-en néerlandais :   De beekoeverlibel 

-en frison :    Lytse ringlibel, Kwelsitter

- En anglais : The keeled skimmer, 

-en gallois : llwyr cribog

-en breton (en attente de validation) : broud-aer kof-glas

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SOURCES ET LIENS.

 

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— JOBLING (James A. ), 2010, Helm Dictionary of Scientific Bird Names Bloomsbury Publishing, 30 juin 2010 - 432 pages

https://books.google.fr/books?id=-RfSBAAAQBAJ&dq=caerulescere,&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

https://www.hbw.com/dictionary/key-to-scientific-names-in-ornithology?name=&page=433

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— GEOFFROY in FOURCROY : FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy.

 http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. 

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

 

 

— LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

— OLIVIER (Guillaume-Antoine ), 1789, Histoire naturelle, Discours préliminaire page 560.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
22 janvier 2019 2 22 /01 /janvier /2019 15:24

Zoonymie des Odonates : les noms du Sympetrum danae (Sulzer, 1776), "le Sympétrum noir".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

 

 

 

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé.

— Sympetrum, Newman, 1833, Ent. mag. , 1:511.. Des deux suffixes grecs σύμπυκνος, sympiezein   "comprimé" et  ἦτρον, êtron "abdomen" : "qui a l'abdomen comprimé latéralement".  En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum  "à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

danae, Sulzer, 1776, Abh. Gesch. :169, et II. tab. XXIVfig.3. Danae, nom de l'héroïne de la mythologie grecque fécondée par Zeus sous la forme d'une pluie d'or, et mère de Persée. Ce choix témoigne d'une fidélité de Sulzer à la tradition des naturalistes (ou des peuples) créant une comparaison entre les Odonates et les jeunes filles vierges. Cf. entre autre le nom "Demoiselle" en français et "Wasserjungfer" en allemand, ou ceux de  L. Phyllis et L. nymphula, Sulzer 1776, ou L. virgo, Linnaeus 1758.

Noms en français : 1°) "Le Sympétrum noir", P.-A. Robert, 1958. C'est le nom qui fait consensus aujourd'hui, il qualifie la couleur sombre des mâles matures, au corps, aux ptérostigmas, aux pattes et aux yeux noirs. 2°) (en synonyme par référence à Libellula scotica (Donavan 1811) : "Le Sympétrum écossais", P.-A. Robert, 1958.

Noms en d'autres langues : tous signalent la couleur noire :

 

-en anglais :  the black darter or black meadowhawk 

-en allemand : Schwarze Heidelibelle

-en néerlandais : De zwarte heidelibel 

-en suédois : Svart ängstrollslända

-en gallois : gwaell ddu

- en frison : Swarte heidelibel, Swart hopke

 

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Libellula danae, Sulzer, Johann Heinrich,  1776. Abgekürzte Geschichte der Insecten nach dem Linnaeischen System. Erster Theil. - pp. I-XXVIII [= 1-28], 1-274. Winterthur. (H. Steiner) page 169.

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN574026746?tify={%22pages%22:[197],%22panX%22:0.4,%22panY%22:0.345,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.934}

1°) L'auteur : Johann Heinrich Sulzer (1735-1814).

Ce médecin et entomologiste de Winterthour (canton de Zurich au nord-est de la Suisse)   fut l'auteur de deux des premiers livres sur les insectes qui utilisaient le système de Linné :

 

  • Die Kennzeichen der Insekten, nach Anleitung des Königl. schwed. Ritters und Leibarzts Karl Linnaeus, durch XXIV.  Zürich,Heidegger und comp.,1761 : (« Les caractères des insectes selon la nomenclature de Linné » ). La description des Libellules sous le nom de wassernymphe se trouve page 42 et sur la planche XVII fig. 101 (L. aenea) et 102 (L. puella ?).
  • Abgekurzte Geschichte der Insecten nach dern Linnaeischen System (1776) (« Histoire abrégée des insectes d'après la méthode de Linné. »). Cet ouvrage comprend deux cahiers dont le premier comporte le texte et le second apporte 32 planches colorées.

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2°) L'ouvrage Abgekurzte Geschichte de Sulzer.

Dans l'introduction de son Abgekurtze, il retrace un panorama de l'histoire de l'entomologie, dans lequel il cite successivement Aldrovandi, Konrad Gessner, Thomas Mouffet, Jonston,Hoefnagel et Goedart, Lister, Blansard, Schmaeerdam, Lewenhoef, Sibylla Merian, John Ray, Albin, Frisch, Réaumur, Von Geer, Roesel,, Wilfes, Admiral, Alers, Schaeffer, le parisien Geoffroy (bas de p. IX), d'Aubenton et le cabinet des vélins du roi en France, Muller, Scopoli, Forster, Cramer, Fabricius, Ellis, Sloane, et Drury. Cela témoigne du caractère exhaustif de sa bibliothèque et de ses connaissances.

 

https://books.google.fr/books?id=12xcAAAAcAAJ&dq=roth,+der+leib+gelb,+an+den+Seiten+braun&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

L'auteur décrit alors les espèces (de sa collection) parmi lesquelles 92 taxons sont des primo-descriptions portant aujourd'hui son nom. Ce sont entre autres 30 Lépidoptères, 23 Coléoptères et 6 Araignées, :

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/list/taxa?from_reference=1551

.

3°) Le chapitre sur les Libellules.

La description de Sulzer s'intègre dans un chapitre sur les Libellules dont le titre donne leur nom  allemand ("Wasserjungfer" ou "la vierge des eaux")  des Libellules , puis leur nom français en vigueur depuis Réaumur en 1740, puis  leur nom latin depuis Linné en 1758. Mais ce chapitre ne décrit que 5 espèces, dont trois parmi les anisoptères aux ailes écartées au repos ; chacune est désignée d'abord par son nom en allemand, puis par son nom scientifique selon les règles de Linné.

NB: Wasserjungfer est cité 3 ans auparavant  par Johann Georg Krünitz en 1773 dans son Encyclopédie. avec comme synonyme Breitjungfer [forme de Brautjungfer ou "demoiselle d'honneur "?], et en 1754 dans un dictionnaire Suisse français-allemand en traduction de Demoiselle avec comme synonyme Schillebold et comme traduction "ein ungeziefer" (une vermine).

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Chapitre Die Wasserjungfer. La Demoiselle. Libellula.

I. Ruhen mit ausgebreiteten Flügeln. [avec les ailes déployées au repos]

-Der Haspel ["le moulinet, le rouet à filer"], , L. Harpedone. ("aus Bündten" : république confédérée de Suisse)

-Phyllis, L. Phillis (de l' Inde)

-Danae, L. Danae.

II. Nympha, mit weit auseinander frehenden augen [avec les yeux écartés l'un de l'autre]

-Lucretia, L. Lucretia , Drury, (Cap de Bonne-Espérance), cf. Lestes lutetia Dru Drury, Ill. Exotic Ent. page 97 : c'est notre actuel    Mecistogaster lucretia.

-Das Nymphchen, L. Nymphula. (de Zürich)

Cette dernière espèce est également une première description : Pyrrhosoma nymphula.

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4°) La Description originale page 169 :

Danae. L. Danae. Die augen sint roth, der leib gelb, an den Seiten braun, die Flechten am ende der flügel sind gelb.

Aus der Vallée du Lac de Joux in dem Païs de Vaud.

Tab. XXIV fig.3

Trad : "Les yeux sont rouges, le corps est jaune, les côtés sont bruns, les taches au bout des ailes sont jaunes."

.

Sulzer décrit l'illustration de la planche 24 plutôt qu'un spécimen. Le Lac de Joux, dans le Canon de Vaud, longe la frontière avec la France, au nord du Lac Léman.

.

 

 

 

 

 

Zoonymie des Odonates : les noms du Sympetrum danae.

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La planche XXIV et sa figure 3. Volume 2 page 405.

 

Source : Zentralbibliothek Zürich  :

https://www.e-rara.ch/zuz/content/zoom/14108544

Les planches ont été gravées par Johann Rudolf Schellenberg (Bâle, 1740 -Töss en Winthertour 1806), dont l'illustration du premier ouvrage de Sulzer avait été son premier travail entomologique. Il réalisera ensuite plus de 3800 dessins entomologiques (pour Füssly ou pour ses propres publications) et est surtout l'auteur des planches du célèbre Physiognomischen Fragmenten de Lavater en 1775-1778.

https://de.wikipedia.org/wiki/Johann_Rudolph_Schellenberg

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La qualité de la gravure et de sa colorisation est remarquable, mais les reproches qui ont pu être adressés à la figure 3 sont discutés infra. Il pourrait s'agir d'un mâle immature, aux ptérostigmas pâles, aux yeux rougeâtres, au corps jaune portant des marques latérales noires sur toute la longueur de l'abdomen, avec des pattes entièrement noires.

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https://www.e-rara.ch/zuz/content/zoom/14108544

https://www.e-rara.ch/zuz/content/zoom/14108544

Zoonymie des Odonates : les noms du Sympetrum danae.

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ÉTUDE DU NOM DANAE.

Ce nom est à la fois transparent et opaque.

Il est simple de dire que l'épithète latine Danae  renvoie à l'héroïne d'une célèbre histoire d'amour de la mythologie grecque, racontée par Apollodore, Diodore de Sicile, Hérodote, ou en latin dans les Fables d'Hygin, dans les Métamorphoses d'Ovide et l'Énéide de Virgile : on en retient souvent comment elle fut fécondée par Zeus sous l'apparence d'une pluie d'or, et comment elle donna naissance à Persée.

Voir Danae in Gaffiot. 

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=Danae

Par contre, il est plus délicat de comprendre pourquoi Sulzer a choisi ce nom, qui ne trouve pas sa justification dans le texte de la description originale.

1°) Replacer ce nom dans le contexte du chapitre.

Dans son chapitre sur les Libellules, Sulzer a créé 4 des 5 noms d'espèce : Harpedone, Phyllis, Danae, et Nymphula. Parmi ces 4 noms, un seul, Harpedone,  est un intrus, car il ne se réfère pas à la mythologie. 

 Avant de l'écarter, donnons-nous le plaisir de l'étudier :

a) Harpedone.

 Der Haspel, Harpedone. L. Harpedone. Der Leib ist roth ; die vordern Flügel schmäler, die Bänder derselben sind braungelb, die Randsieken y ochroth. 

Wie man an einem Haspel, dessen Arme braunroth gezeichnet wären, beim herumdrehen gleichsam nur einen braunen Ring sieht, so stellen diese Bänder, wenn das Insekt fliegt, einen braunen Ring vor.

Traduction : Der Haspel désigne un moulinet ou un rouet, et Harpedone un rhombe (qui siffle en le faisant tourner) ou un rouet à dévider (qui chante en tournant). "Le corps est rouge, les ailes antérieures plus petites, les bandes sont brun-jaune, Tout comme sur un rouet, dont les bras seraient peints en brun rougeâtre, on pourrait voir un anneau brun, ainsi ces bandes forment-elles, lorsque l'insecte s'envole, un anneau brun."

Ce nom est une belle image métaphorique en rapport avec la disposition des couleurs des ailes en bande. [C'est aussi une allusion au désir féminin, mais  le poème de Goethe Marguerite au rouet, dans le drame de Faust, date de 1808 et  le lieder de Schubert de 1814 ]

b) Phyllis : Phyllis, de grec phullis "feuille" est l'héroïne d'une histoire d'amour de la mythologie grecque , racontée entre autre par Hygin et par Ovide dans les Héroïdes. Amante d'un des fils de Thésée, elle attend en vain son retour et se pend.

c) Nymphula : diminutif créé sur le même schéma que Libellula à partir du latin nympha, ae. Chez Ovide, il désigne soit les nymphes, divinités des bois et des fontaines ; soit l'épouse ou la maîtresse ; soit les jeunes filles.

Enfin, le 5eme nom, créé par Drury, est celui de Lucrèce, une héroïne des Fastes d'Ovide : violée, elle se suicide pour sauver son déshonneur à l'égard de son mari.

Nous voyons que, mis à part l'intéressant Harpegone, les quatre autres noms, dont trois créés par Sulzer, sont ceux d'héroïnes de la mythologie grecque ou latine issus de la poésie d'Ovide. Dans les quatre cas, dans de tragiques histoire d'amour. Trois sont des noms propres. C'est la première unité de ce corpus de noms propres. 

2°) Replacer ce nom parmi les 92 noms créés par Sulzer.

Sultzer a choisi pour les autres insectes des épithètes souvent descriptives, sauf pour les Papilio où il a suivi Linné qui leur donne des noms de la mythologie grecque ou latine. L'unité des noms de Libellules autour d'une héroïne amoureuse de l'Antiquité se renforce donc par opposition aux noms d'Hyménoptères, de Coléoptères ou Araignées.

3°) Replacer ce nom dans le contexte des choix de noms des Libellules au XVIIIe siècle.

Mais ce thème est en rapport direct avec le nom général de ces insectes , que ce soit en français (Demoiselle), ou en allemand (Jeune fille des eaux) et même partiellement en latin (Libellula est liée partiellement à virguncula "petite vierge") .

C'est cette association ancienne ("Demoiselle" a été relevé par Réaumur en 1742) de ces insectes avec l'image de jeunes filles à la taille svelte qui avait déjà conduit Linné à choisir deux prénoms féminins en nom vernaculaire de deux espèces de sa Fauna suecica de 1746 ; c'est la même idée qui a été reprise par le médecin parisien Geoffroy pour choisir pour toutes ses espèces de "Demoiselles" des prénoms féminins.

Même si la contamination avec l'évocation des Danaïdes, les 50 filles du roi Danaos,  est possible ou plaisante à imaginer, Sulzer a bien écrit, en allemand et en latin Danae et non Danaos ou Danaides.

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Au total : Danae, du nom de l'héroïne de la mythologie grecque fécondée par Zeus sous la forme d'une pluie d'or, et mère de Persée. Ce choix témoigne d'une fidélité de Sulzer à la tradition des naturalistes (ou des peuples) créant une comparaison entre les Odonates et les jeunes filles vierges. Cf. entre autre le nom "Demoiselle" en français et Wasserjungfer en allemand, ou  L. Phyllis et L. nymphula, Sulzer 1776, ou L. virgo, Linnaeus 1758.

 

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/sympetrum-noir/

"Dans la mythologie grecque, Danaé est la mère de Persée et fille d’Acrisios, roi d’Argos, et d’Eurydice. ."

 

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

" after Δανάη, daughter of Akrisios and mother of Perseus in Greek mythology "


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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"danae (Sympetrum) - Non si conosce l’origine; forse da Danae, madre di Perseo, le cuiancelle, le Danaidi, vivevano presso le sorgenti dei corsi d’acqua; Fraser (1954) pensa che derivi dal nome di Donovan, entomologo inglese del XVIII-XIX secolo. Potrebbe anche derivare da Δαναισ, ιδοσ = figlia di Danao, ninfa delle sorgenti del paese Argivo."

 

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

Non traité; On trouve seulement : 

"Gomphus vulgatissimus (Linnaeus) [l. most ordinary, most common] is a statement no longer valid. But the sagacious hypothesis of SCHMIDT (1989), that this species name originally had been given to Sympetrum danae, the damaged type specimen of Linnaeus however had erroneously been replaced by the species bearing the name now, is not necessary to explain the denomination, because there is evidence that in earlier centuries the species was very common (BURMEISTER 1839: 854; FLIEDNER 1998b: 206)."

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 "danae = vernoemd naar prinses Danaë (duidt op heldergele tekening van jonge zwarte heidelibellen)".

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LA LIBELLULA SCOTICA DECRITE PAR DONOVAN EN 1811.

ou Sympetrum scoticum (Leach in Donovan 1811).  Elle doit être décrite ici puisqu'elle est actuellement un synonyme de S. danae, après avoir été la seule connue au XIXe siècle. C'est également l'occasion de découvrir l'illustration.

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La description originale de Donovan.

The natural history of British insects : explaining them in their several states, with the periods of their transformations, their food, œconomy, &c. together with the history of such minute insects as require investigation by the microscope : the whole illustrated by coloured figures, designed and executed from living specimens vol. 15 London :Printed for the author, and for F. and C. Rivington, 1811, pages 29-30 et planche 73.

 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/102995#page/86/mode/1up

 

PLATE DXXIII  LIBELLULA SCOTICA.  SCOTCH LIBELLULA. 

Neuroptera. 

GENERIC CHARACTER. 

Mouth armed with more than two jaws : lip trifid : antennae very thin, filiform, and shorter than the thorax : wings expanded : tail of the male furnished with a forked process. 

SPECIFIC CHARACTER. 

LIBELLULA SCOTICA. Thorax with two oblique yellow bands. 

Male. Wings transparent with deep black stigma: abdomen blackish. 

Female. Wings transparent with deep black stigma, and yellow base : abdomen yellow, with two black lines on each segment. 

§§§§
We have been recently favoured with specimens of this new species ,of Libellula by W. E. Leach, Esq. from whom it received the trivial name of Scotica, in reference to the country in which it appears only to have been hitherto discovered. This gentleman informs us it is common in the bogs of Scotland : he first observed it near Lock-awe, in Argyleshire, and afterwards in the bog of Bannock-bourn, in which latter place it occurs in great abundance. 

Libellula Scotica is an insect of the middle size, in general appearance resembling the specics vulgata. The male is uniformly dusky except the wings, which are transparent : the female is more remarkable for its gaiety, the head, thorax, and abdomen being yellowish, varied with brown, and little lines of black and the wings transparent, 
with the base yellow. 

 

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La planche DXXIII de Donovan.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/102995#page/84/mode/1up

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/102995#page/84/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/102995#page/84/mode/1up

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la femelle.

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/102995#page/84/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/102995#page/84/mode/1up

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Le mâle.

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/102995#page/84/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/102995#page/84/mode/1up

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RÉCEPTION DE LA DESCRIPTION DE SULZER.

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Alors que les deux ouvrages de  Sulzer ont été lus par les naturalistes européens, et qu'ils sont cités en référence par Olivier en 1789 (pour Harpedone entre autre), par Sélys en 1840 (pour L. nymphula , L. Harpedone assimilée à Pedemontana et pour L. Aenea )  ou par Rambur en 1842 (pour L. Phyllis), nous ne trouvons pas de mention de sa Danae durant tout le XIXe siècle. L'espèce correspondante fut connue par les descriptions de ses synonymes (cf. H. Steinmann 1997 pages 469-470):

1811, Libellula scotica, Donovan,

1825, L. veronensis, Charpentier.

1835, Sympetrum scoticum, Newman, 

1835 Libellula nigricula Eversman

1835, Libellula pallidistigma Stephens

1840, Libellula nigra, Charpentier.

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C'est en 1911 que l'odonatologiste suisse Friedrich  Ris, dans Collections zoologiques du baron Edm. de Selys Longchamps. Catalogue systématique et descriptive publié par les soins de ses fils, Volumes 12 à 13 Bruxelles, Hayez, page 620, identifie un spécimen de la collection Sélys en la nommant Sympetrum danae. Il se livre ensuite à une analyse de la méconnaissance de la description de Sulzer, qui peut s'expliquer par l'ambiguïté de la figure qu'il en donna planche XXIV : "pour ses illustrations des Libellules, Schellenberg n'était pas dans un bon jour : comparez par exemple les nervures des ailes avec celle des illustrations de Roesel, dont la précision relative des lithographies n'est pas encore égalée aujourd'hui ". 

Pour Ris, la figure 3 montre une femelle immature (aux ptérostigmas pâles) ; "Néanmoins, — écrit-il — la Libellula danae de Sulzer me semble presque parfaitement interprétée".

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Die Figur XXIV, 3 lässt durch ihre Farbengebung kaum einem Zweifel Raum über die dargestellte Art und zwar ist ein nicht  adultes ♀ (mit hellem Pterostigma) dargestellt ; der Text gibt offenbar nur eine Beschreibung der Figur, nicht des Objektes selbst und fügt bei « aus der Vallee du Lac de Joux in dem Pais de Vaud ». Ich habe schon angedeutet dass der Schellenberg bei der Zeichnung der Libellenntafel keinen guten Tag hatte : man vergleiche z. B. die Flügeladerung mit den Bildern bei RÖSEL, deren relative Genauigkeit die Lithographen auch heute noch nicht zu Stande bringen. Trotzdem scheint mir Sulzer's [Libellula dumm beinahe einwandfrei gedeutet und damit, unter  Berücksichtigung des eben über Linne und Muller gesagten, prioritätsberechtigt. Die spätere Synonymie bedarf keiner weitern Diskussion : sie ist durch Hagen und Selys genügend bezeugt "

https://books.google.fr/books?redir_esc=y&hl=fr&id=6x1BnQEACAAJ&focus=searchwithinvolume&q=danae

En outre, le spécimen examiné par Ris avait été capturé au lac Ter, dans la Vallée de Joux, la localité-type de l'espèce.

 

 

En 1934, Cowley reprend cette discussion dans The Entomologist, vol. 68 page 156  : "Sympetrum danae (Sulzer, 1776). Ris, 1911, Cat. Coll. Selys, 13 : 646, identified Libellula danae Sulzer, 1776, Abgekflrzte Geschqlchte der Insecten : 169, pl. xxiv, fig. 3 (“Vallée du Lac de Joux”), as a female of Sympetrum scoticum (Donovan, 1811) . Campion,, 1912, Entomologist , 45 :151-152, however submitted that the figure of danae was a male of the same species."

La même année 1934, un Committee on Generic Nomenclature de la Royal Entomological Society of London, est réuni. Son sous-comité ad-hoc conclut :

"The sub-committee is of the opinion that the Libellula danae of Sulzer, 1776, is, as stated by Ris, 1911, Cat. Coll. Selys 13 : 646, a ♀ of the same species as L. scotica Leach in Donovan, 1811, and that therefore danae should be the valid name. Sulzer's figure is undoubtedly bad and probably drawn  from a distorted teneral specimen, and possibly from specimens of both sexes (vis gynandrous!)"

L'un de ses membres déclare :  

 " I myself, and the members of the Neuropteroids Sub-committee, are of the opinion that the anal appendages of the figure are undoubtedly those of a male [this differs from the opinion expressed in the Sub-committee's report], but that the abdominal colour-pattern better represents that of a female of ..."

J.G. Needham, en 1930, puis  Friedrich Dahl, en 1932, désignent des spécimens sous le nom de "Sympetrum danae", puis en 1938 le canadien Léon Provancher signale sous le même nom  dans Le Naturaliste canadien ses captures au bord du lac "Violon" .

En résumé, le nom de Sympetrum danae (Sulzer, 1776) ne remplaça celui de Libellula scotica (Donovan 1811) / Sympetrum scoticum qu'à partir de 1935 environ.

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LES NOMS EN LANGUES VERNACULAIRES.

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LES NOMS DE SYMPETRUM DANAE  EN FRANÇAIS.

Eu égard à la réception tardive par les entomologistes de l'espèce danae décrite par Sulzer, les noms propres qui lui furent donnés en français (ou dans d'autres langues) n'apparurent que dans la deuxième moitié du XXe siècle. Ils furent précédés par celui de Libellule écossaise Sélys 1840, liée à la synonymie avec L. scotica de Donovan.

-"La Libellule écossaise" Libellula scotica, Sélys, 1840

Monographie des libellulidées  d'Europe, page 53.

https://books.google.fr/books?id=44VIAAAAYAAJ&pg=PA53&dq=libellule+%C3%A9cossaise&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi6l_fZtoHgAhXl4IUKHaAGDz0Q6AEIRDAF#v=onepage&q=libellule%20%C3%A9cossaise&f=false

-Idem, Sélys 1850.

Revue des Odonates

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q/f72.image.texteImage

 

 

1°) "Le Sympétrum noir", Robert 1958.

  Paul-A. Robert, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages page 277.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&focus=searchwithinvolume&q=%22fasci%C3%A9%22

Ce nom s'est imposé aujourd'hui aux instances officielles (INPN et LPO) et à tous les auteurs de guides de vulgarisation.  

Il qualifie la couleur sombre des mâles matures, au corps, aux ptérostigmas, aux pattes et aux yeux noirs. 

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2°) "Le Sympétrum écossais", Robert, 1958.

ce nom est proposé par Robert en synonymie, parallèlement à la synonymie S. danae / Libellula scotica.

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LES NOMS DE SYMPETRUM DANAE DANS D'AUTRES LANGUES.

-en anglais :  the black darter or black meadowhawk i

-en allemand :Schwarze Heidelibelle

-en néerlandais : De zwarte heidelibel 

-en suédois : Svart ängstrollslända

-en gallois : gwaell ddu [gweyll du Picellwr Du]

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/sympetrum%20danae.html?lang=gd

-en breton : flemm-aer du (dard-serpent noir) (en attente de validation) 

- en frison : Swarte heidelibel, Swart hopke

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SOURCES ET LIENS.

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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— CHARPENTIER (TOUSSAINT DE ), 1840, Libellulinae europaeae ac depictae, L. Voss, 180 pages

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— OLIVIER (Guillaume-Antoine ), 1789, Histoire naturelle, Discours préliminaire page 560.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

 

— LUCAS (Hippolyte), 1849, Histoire naturelle des animaux articulés 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/101772#page/66/mode/1up

— ROBERT (Paul-A.), Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
18 janvier 2019 5 18 /01 /janvier /2019 14:23

Zoonymie des Odonates : étude des noms du Sympetrum striolatum (Charpentier 1840), "le Sympétrum fascié".

 

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

 

 

 

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé.

— Sympetrum, Newman, 1833, Ent. mag. , 1:511.. Des deux suffixes grecs σύμπυκνος, sympiezein   "comprimé" et  ἦτρον, êtron "abdomen" : "qui a l'abdomen comprimé latéralement".  En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum  "à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

S. Striolatum , Charpentier, 1840, Libell. europ:  78; cette forme atténuée du latin striatus, a, um signifie "qui est légèrement strié". La description originale ne permet pas de préciser si l'épithète se réfère aux pattes (jaunes à ligne noire sur toute la longueur) ou au thorax (à deux bandes jaunes), mais le caractère discret fait pencher plutôt vers les pattes (les deux "fasces" du thorax sont larges et franches).

— Noms communs en français : 1°) "La Libellule striolée", Sélys 1850. 2°) "Le Sympétrum fascié", Paul-André Robert 1958,  retenu par la LPO et l'INPN ; 3°) "Le Sympétrum strié", Jourde in Dijkstra 2007 et Précigout-Prudhomme 2009. 

 

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— Noms communs dans d'autres langues :

-en espagnol : La Libélula flecha roja 

-en néerlandais : De bruinrode heidelibel  

-en frison :  Grutte heidelibel, Hjersthopke

-en allemand : die Große Heidelibelle

-en anglais : Common Darter.

- en gallois : Gwäell gyffredin

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE SYMPETRUM NEWMAN, 1833.

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Voir :

Newman, Entomological Magazine vol. 1, London, F. Westley & A.H. Davis, page 511.

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-sympetrum-newman-1833.html

 

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NOM D'ESPÈCE S. STRIOLATUM (CHARPENTIER, 1840).

Charpentier (de Toussaint von), 1840, Libellulinae europaeae ac depictae, L. Voss, 180 pages ​​​​​​, page 78 et planche X fig. 1 et 2.

 

Description originale.

11. LIBELLULA STRIOLATA. Tab. X. Fig. 2. mas et foem.

Lib. corpore cylindrico, lutescens: abdomine maris rufo, foeminae luteo, in lurido-virescens abeunte: pedes in utroque sexu lutei, nigro-lineati, fronte maris flavida.

 Habitat in Silesia.

Haec Lib.praecedente paullulo maior, et in utroque sexu eiusdem magnitudinis est.

Caput globosum, flavidum: maris adulti frons semper flavida. Oculi gilvi, superne rufo-brunnei. Tempora flava, glabra, maculis nonnullis minus distinctis nigris,

Truncus. Prothorax ater, opacus, postice in lobos duos semiorbiculares elevatus: margine antico et postico flavo. Alitruncus lurido-luteus, in lateribus sulphureus, lineis nonnullis atris. Collaris margo anticus colore vix nigro terminatus, Tubercula interalaria maris adulti rufa.

Alae hyalinae, ad basin non coloratae: maris venis rufis, foeminae luteis: illius parastigmate fusco, huius lutescente.

Pedes flavo-lutei, femoribus utroque latere, tibiis interno linea atra pictis.

Abdomen teres, cylindricum, ad basin subglobosum, in medio leviter attenuatum, versus apicem crassius, et in summo apice demuo attenuatum, id quod etiam de foemina valet.

Color abdominis maris idem est, atque in Lib. nigripede. Foeminae color e luteo aliquantulum in lurido-viridem transit, et macula nigra in segmento octavo et nono tam magna et dilatata plerumque est, ut totum fere segmentum impleat, et in medio utriusque lateris disculus maneat luteus. Caeterum margines omnes ac suturae linea tenui, atra terminantur. In ipsis segmentorum lateribus, praecipue mediorum, adiacet lineola longitudinalis, atra, abbreviata, basin singulorum segmentorum non attingens.

Valva aperturae oviparae incumbens, in margine antico paullulum excisa.

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Zoonymie des Odonates : étude des noms du Sympetrum striolatum (Charpentier 1840).

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La planche X (peinte et dessinée par Charpentier ) montre les deux formes mâle et femelle dans les figures 1 et 2. Aucun indice ne  nous aide dans notre étude zoonymique.

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Zoonymie des Odonates : étude des noms du Sympetrum striolatum (Charpentier 1840).

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ÉTUDE DU NOM S. STRIOLATUM.

Le terme latin striolatus n'est pas attesté en latin avant son usage en sciences naturelles au début du XIXe siècle. Le terme latin est celui de  striatus, a, um : participe passé du verbe strio , signifiant "Cannelé, strié": Gaffiot page 1484.

Il semble avoir été construit par les naturalistes sur les modèles linnéens d'atténuation d'épithètes latins valides : libellula sur libella, flaveola sur flava : Striolatus, Olivier 1801, Striolata 1813 ; Gyrinus striolatus Guerin 1830.

En 1834, Jourdan, dans son Dictionnaire raisonné, étymologique des sciences naturelles, le cite  avec cette définition :

"STRIOLÉ, adj. striolatus (stria, "strie") : qui est légèrement strié, comme les élytres du Passalus striolatus."

Ce Passalus est un coléoptère décrit en 1829 par Eschschlotz (celui qui a découvert l'Eschscholtzia)(INPN https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/748786)

En français, l'adjectif "striolé" est employé par les naturalistes comme nom vernaculaire  ("Bruant striolé", "Synnalaxe striolé", "Moiré striolé") ou comme adjectif dans des descriptions d'espèce, surtout depuis la fin du XIXe, alors qu'il n'est pas reconnu par le CNRTL , sauf comme un "synonyme" de "strié". Nous verrons qu'il est apparu sous la plume de Sélys en 1850, précisément pour traduire le striolatum de Charpentier.

Voir :https://en.wiktionary.org/wiki/striatus#Latin

Novo Acta Leopoldina 1727 (striolatus) et 1757 (striolata)

Striolatus, Olivier 1801

https://books.google.fr/books?id=CmZdL4Rr1tgC&pg=PA417&dq=striolatus&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjtuueUkfPfAhVEXhoKHVVJAlMQ6AEIKTAA#v=onepage&q=striolatus&f=false

Quoiqu'il en soit, chacun admettra que ce néologisme propre aux sciences naturelles a été employé par l'allemand Toussaint von Charpentier avec le sens de "strié".

Néanmoins, dans sa description latine pourtant détaillé, l'auteur n'emploie à aucun moment l'adjectif striolatus, et pas davantage celui de striatus. Dans sa diagnose inaugurale, là où il doit indiquer tous les caractères spécifiques, il écrit Lib. corpore cylindrico, lutescens: abdomine maris rufo, foeminae luteo, in lurido-virescens abeunte: pedes in utroque sexu lutei, nigro-lineati, fronte maris flavida : "libellule au corps cylindrique, jaunâtre ; abdomen roux chez le mâle,  jaune chez la femelle avec des amorces jaune-pâle ; pattes jaune dans les deux sexes, à lignes noires ; front du mâle jaunâtre.".

Faut-il voir dans ce nigro-lineati qualifiant les pattes l'origine de l'épithète striolatum ? En toute logique, oui, mais cela choque nos habitudes de voir les auteurs choisir des déterminants des ailes ou de l'abdomen pour nommer leur espèce.

Et puis, ce caractère des pattes ne  permet pas de distinguer, parmi les Sympetrum, S. striolatum de S. flaveolum ou de S. vulgatum.

Certes, mais si nous estimons que l'épithète se rapporte à l'abdomen ou au thorax, il n'est pas non plus spécifique et discriminant.

La description originale ne permet donc  pas de préciser si l'épithète se réfère aux pattes (jaunes à ligne noire sur toute la longueur) ou au thorax (à deux bandes jaunes), mais le caractère discret (striolatum = "strié légèrement")  fait pencher plutôt vers les pattes (les deux "fasces" du thorax sont larges et franches)

Nous verrons que Paul-André Robert a attribué le qualificatif au thorax ou à l'abdomen, puisqu'il écrit en 1958 : "Signification du nom : striolatum = coté ou flanc strié, ou bien coupé par des lignes ou des rainures, c'est-à-dire fascié. "

 

LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/sympetrum-strie/

"Striolatum de striolatus (lat) = strié, marqué de petits traits : du fait de la présence d’une ligne noire latérale interrompue le long de l’abdomen."

 

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Sympetrum striolatum (Charpentier, 1840) from Lat. striolatus, -a, -um = with little furrows [stria = furrow],  presumably for the furrowed underside of the abdomen "


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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

striolatum (Sympetrum) – diminutivo di striatus, a, um = striato, provvisto di piccole striature. "

 

 

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

Non traité

 

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"striolatum van striola = streepje  "

 

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NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS EN FRANÇAIS.

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1°) "La Libellule striolée",  Sélys, 1850.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q/f64.image.texteImage

On sait que l'habitude d'Edmond de Sélys-Longchamps est de former des néologismes pour les noms français d'Odonates, par décalque du nom scientifique. C'est le cas pour l'adjectif "striolé", qu'il introduit ici dans notre langue. (Je trouve tout de même un précédent en 1826 pour un Cône , un autre en 1830 (le Gyrin striolé) ,  un autre encore en 1840, toujours en sciences naturelles)

La description ne permet pas de dire si Sélys comprend le terme "striolé" comme se rapportant aux stries du thorax ou aux lignes des pattes ; c'est néanmoins à propos du thorax qu'il utilise le nom "stries" ; et il décrit celles-ci avec précision.

20. LIBELLULA STRIOLATA. Charp. 

LIBELLULE STRIOLÉE. 

Diagnose. Ailes non sensiblement colorées à la base ; ptérostigma médiocre ; pieds jaunes en dehors, lignés de noirs. Côtés du thorax jaunâtres, avec trois stries obliques noires (et une bande brune chez l'adulte). Abdomen jaunâtre ( rouge chez le mâle adulte , etc. 
[....]
Thorax olivâtre en avant et en dessus, avec les attaches des ailes rouges, jaune olivâtre sur les côtés avec trois raies noires obliques étroites, terminées en dessous par des taches noires bien marquées et confluentes ;  l'espace avant la première et celui entre la 2° et la 3* stries sont marron-rougeâtre et forment une bande oblique bien marquée le dessous du thorax olivâtre, tacheté de noir et de marron (ou de rouge chez les très-adultes).
Pieds noirs, ['extérieur des cuisses et des tibias  étroitement jaunâtre. Les cuisses ont en outre sur le jaune une ligne noire plus  ou moins distincte.

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2°) "Le Sympétrum fascié", P-A. Robert 1958 

  Paul-A. Robert, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages page 277.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&focus=searchwithinvolume&q=%22fasci%C3%A9%22

L'auteur écrit : "Signification du nom : striolatum = coté ou flanc strié, ou bien coupé par des lignes ou des rainures, c'est-à-dire fascié. ". Il a donc attribué le qualificatif au thorax marqué de deux larges bandes jaunes. Son adjectif "fascié" est  défini par le CNRTL ainsi : "Zoologie : qui est marqué de bandes" (en conchioliogie dès 1743), puisque le nom "fascie" désigne une bande. En héraldique, la fasce est une bande horizontale. 

Le terme choisi par Robert a le premier inconvénient de ne pas être compréhensible pour tout le monde (mais c'est aussi sa valeur), mais surtout de miser sur l'une des deux interprétations de l'épithète striolata, car "fascié" ne peut plus s'appliquer aux pattes jaunes à lignes noires.

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Depuis, le nom a été adopté par tous les auteurs et est le nom officialisé par la LPO et l'INPN, et par les guides de Grand et Boudot. .

INPN : https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65344

3°) "Le Sympétrum strié", Jourde in Diskstra 2007.

Pour des raisons que j'ignore, Jourde, dans sa traduction du Guide des Libellules de France et d'Europe de K.-D. B. Dijkstra choisit de ne pas suivre Robert, et d'adopter la traduction "Sympétrum strié". Il reprendra ce nom en 2009 dans Libellules de Poitou-Charentes (Précigout, Prud'homme et Jourde).

C'est aussi le nom mentionné dans l'article Wikipédia (2019).

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Symp%C3%A9trum_stri%C3%A9

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LES NOMS EN D'AUTRES LANGUES.

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-en espagnol : La Libélula flecha roja 

-en néerlandais : De bruinrode heidelibel  

-en frison :  Grutte heidelibel, Hjersthopke

-en allemand : die Große Heidelibelle

-en anglais : Common Darter.

- en gallois : Gwäell gyffredin

- en breton (en attente de validation) : Flemm-aer boutin

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SOURCES ET LIENS.

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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— CHARPENTIER (TOUSSAINT DE ), 1840,Libellulinae europaeae ac depictae, L. Voss, 180 pages

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

LUCAS (Hippolyte), 1849, Histoire naturelle des animaux articulés 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/101772#page/66/mode/1up

ROBERT (Paul-A.), Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
15 janvier 2019 2 15 /01 /janvier /2019 11:52

Zoonymie des Odonates : les noms du Sympetrum flaveolum (Linnaeus, 1758),  "le Sympétrum jaune d'or".

 

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

 

 

 

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé.

— Sympetrum, Newman, 1833, Ent. mag. , 1:511.. Des deux suffixes grecs σύμπυκνος, sympiezein   "comprimé" et  ἦτρον, êtron "abdomen" : "qui a l'abdomen comprimé latéralement".  En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum  "à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

 

— Flaveolum Linnaeus, 1758, Syst. nat. :543, diminutif créé par Linné à partir du latin  flavus = jaune, doré", du fait de la couleur des taches situées à la base des ailes. 

— Nom en français : 1°) "La Libellule flavéole", Latreille 1803 puis Sélys 1850 ; 2°) "Le Sympétrum jaune d'or", Paul-André Robert 1958.

— noms en d'autres langues : 

 

-en allemand : Die Gefleckte Heidelibelle

-en anglais : The Yellow-winged darter

-en néerlandais : Geelvlekheidelibel

-en frison (1981) Bünte heidelibel ; en frison : Gielbünte heidelibel,Gielbünt hopke

-en gallois : gwäell asgell aur 

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE SYMPETRUM (NEWMAN, 1833).

Voir :

Newman, Entomological Magazine vol. 1, London, F. Westley & A.H. Davis, page 511.

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-sympetrum-newman-1833.html

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NOM D'ESPÈCE SYMPETRUM FLAVEOLUM (LINNAEUS, 1758). 

Libellula flaveoa Linnaeus, C. 1758. Systema naturæ per regna tria naturæ, secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Editio decima, reformata. Holmiæ. (Salvius). Tomus I: 1-824 : 543. 

https://www.biodiversitylibrary.org/page/25034354#page/553/mode/1up

Description originale.

flaveola. 2. L. alis basi luteis.

Fn. svec. 765. 

Raj. ins 49. n°.4. 

Roef ins. 2. aqv. 2. t. 5. f. 4. 

Habitat in Europa. 

Haec inter minores : variat rarius alis absque basi lutea ; forte sexu. 

Trad : . n°2 : Libellula flaveola. Base des ailes jaunes. [...] Vit en Europe. Elle figure parmi les plus petites. 

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Zoonymie des Odonates : les noms du Sympetrum flaveolum.

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Les trois références de Linné.

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1°) Linné, Fauna suecica 1746 page 230 n° 765.

 

745 . LIBELLULA alis albis : basi luteis. 

-Raj. Ins. 49, n° 4. Libella maxima abdomine breviore latioreque flavo .

Habitat frequens ad Aquas in Uplandia. 

DESCR. Dorsum luteum; subtus tota nigra; Thorax niger utrinque lineis duabus obliquis flavis. Pedes nigri ; Frons virescens. Oculi grisei. Alae basi ferrugineae. 

"Habitat : fréquent dans les espaces aquatiques d'Uplandia".

Uplandia, l'Uppland, est une province historique de l'est de la Suède correspondant au comté d'Uppsala (l'université de Linné ) et au nord du comté de Stockholm. 

"Dos jaune, tout le dessous noir ; thorax noir marqué sur le coté de deux lignes jaunes. Pattes noires, front jaunâtre, yeux gris. Base des ailes couleur rouille."

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2°) John Ray, 1710, Historia insectorum, page 49 n°4.

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/49/mode/1up

4. Libella maxima abdomine breviore latioreque flavo,

F.W

Ad radicem singularum alarum macula magna e fusco-flavicans, sed major in inferioribus. Ubi alas corpori adhaerent linea albicans in parte inferiore. Alae reticulatae & versus extremum malâ fuscâ notatae. Scapulae utrinque areâ latâ coeruleo-albâ pinguntur.

 

 

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3°) Roesel, 1749, Insecten Belustigung planche V fig. 4.

Rösel von Rosenhof, August Johann ; Kleemann, Christian Friedrich Carl ; Rösel von Rosenhof, August Johann [Hrsg.] Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung (Band 2): ... welcher acht Classen verschiedener sowohl inländischer, als auch einiger ausländischer Insecte enthält — Nürnberg, 1749

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0259/image

Le chapitre s'intitule Die etwas kleinere art derer schmalleibigen Libellen oder Wasser-Nymphen, nebst ihrent breiten Wurm, und der Art seiner Verwandlung, Tab. V. La planche comporte 4 figures, reconnue ensuite pour les deux premières (dont la larve) comme Cordulia aenea, pour la n° 3 comme Aeshna forcipata 

La figure 4 référencée par Linné est verte aux ailes entièrement transparente, elle ne correspond pas du tout à la description de sa L. flaveola.

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Zoonymie des Odonates : les noms du Sympetrum flaveolum.
Zoonymie des Odonates : les noms du Sympetrum flaveolum.

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Le spécimen de la collection de Linné. Linn 2318

http://linnean-online.org/19709/

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Linné dans le Fauna suecica de 1761 page 372 n°1460.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/80015#page/426/mode/1up

Pas de changement, hormis la référence à Roesel qui disparaît .

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.

Linné dans la douzième édition du Systema naturae de 1767.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/137240#page/375/mode/1up

La référence à Roesel revient, et deux autres auteurs, dont les ouvrages sont parus depuis 1758, sont cités : Geoffroy et Schaeffer.

flaveola. 2. L. alis basi luteis.

-Fn. fuec. 1460.

-Raj. ins. 49. n. 4. 

-Roef ins 2. aqv. 2. t. f, f. 4. 

-Geoffr. paris 1. p. 225. n. 7. t. 13. f .t. 

-Schaeff. ins. t.4 f. 1. 

Habitat in Europa. 

Haec inter minores : variat rarius alis abstque basi lutea; forte sexu .Thorax basi maculis punctisque luteis. 

 

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ÉTUDE DU NOM S. FLAVEOLUM .

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Flaveolum, masculin de flaveola par accord avec le genre Sympetrum, est un diminutif de l'adjectif flavus, a, um "jaune" créé par Linné. Flaveolus n'appartient pas au latin dans le dictionnaire Gaffiot, et semble, selon mes recherches, avoir été créé par Linné pour qualifier notamment des oiseaux. Dans ces emplois linnéens, je n'ai trouver que la forme féminine flaveola.

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=Flavius

Coereba [Certhia] flaveola Linnaeus, 1758 = Sucrier à ventre jaune.

Sicalis flaveola Linnaeus, 1766 : Sicale Bouton-d'or = Fringilla flaveola Linnaeus, 1766 : 

Cypraea flaveola Linnaeus, 1758

Emberiza flaveola Linnaeus, 1758

Parmi les Papillons :

Phalaena flaveola Linnaeus, 1758

Parmi les Libellules :

L. flaveolata Linnaeus 1761

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En 1834 Jourdan en donne la traduction de "jaunâtre, qui tend à devenir jaune" dans son Dictionnaire raisonné étymologique des termes des Sciences naturelles.

L'Helm dictionary of scientific Birds names indique aussi : diminutif du latin flavus "doré, jaune".

 

Le Wiktionary (en) donne également pour flaveolus yellowish, donc "jaunâtre".

La traduction par "jaune d'or" ne traduit donc pas cette forme diminutive que donnerait "jaunet", ou cette atténuation de valeur de la couleur ("jaunâtre, jaunissant") mais peut trouver sa justification partielle puisque Gaffiot donne pour le nom flavus, i "pièce d'or" et pour l'adjectif flavus jaune, Virgile Géorgiques 1,316  flava arva " campagnes dorées", bond. 

Le Wiktionnaire donne "jaune, blond, doré" en renvoyant à Gaffiot et en précisant "de l’indo-européen commun *bhlē-u̯o-s (« couleur claire ») qui donne aussi le français bleu via une racine gotiquee.

 

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/sympetrum-jaune/

"Flaveolum diminutif latin de flavus = doré, jaune d’or, du fait de la couleur des taches situées à la base des ailes. "

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Sympetrum flaveolum (Linnaeus, 1758) from Lat. flaveolus, -a, -um = somewhat golden yellow [flavus = golden yellow] for the large yellow wing patches."


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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"flaveolum (Sympetrum) - flavus, a, um = giallo. Per l’estesa macchia gialla sulle ali "

 

 

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

" [l. little yellow one] refers to the yellow tinge of the wings bases, which may expand well over the nodus in females "

 

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

" flaveolum = beetje geel ".

 

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NOMS VERNACULAIRES.

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LES "NOMS COMMUNS" EN FRANÇAIS.

On sourira du paradoxe amenant à désigner par "noms communs" les noms propres en langue vernaculaire des insectes pour se conformer à certains usages.

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Un premier nom est cité (entre crochets) pour l'écarter aussitôt. En effet, bien que Geoffroy soit appelé en référence de L. flaveola par Linné en 1767 (et encore associé à cette libellule par Olivier en 1789), et qu'inversement Geoffroy cite en référence la flaveola de Linné, son Eléonore n°7 n'est pas un Sympetrum flaveolum, mais une Libellula depressa ; son illustration (à laquelle Linné se réfère pourtant aussi) est sans appel, de même que la mention d'un abdomen aplati, ou celle de ptérostigmas noirs.

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[1°) L'Éléonore, Geoffroy, 1762.]

GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p.

Nouvelle édition, An VII / 1799, A Paris : Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 : Rémont, libraire, no. 41. quai des Augustins, tome second  page 225 n°7 :

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/224/mode/2up

 

"7. LIBELLULA alis albis basi luteis abdomine lutescente. Planche. 13 , fig. 1.

-Linn. faun. fuec. n 765. Libellula alis albis basi luteis.

-Linn. syst. nat edit. 10, p. 543, n. 1, Libellula flaveola.

-Raj. Ins.. page 49, n. 4. Libellula [erroné pour libella] maxima , abdomine breviore latioreque flavo.

-Réaum ins. tom. vj. tab. 35 , f- l.

-Roesel, ins. vol. 2, tab. 6. Insect. Aquatil.. class, 2.

L'éléonore.

Longueur 16 lignes.

Les yeux de cette espèce font fort gros, de couleur brune & se touchent vers le dessus de la tête. C'est au-devant de cette jonction des deux yeux, que se trouvent les trois petits yeux lisses, qui ordinairement font à la partie postérieure de la tête; le corcelet large est d'un brun noirâtre & velu, avec deux plaques jaunes un peu verdâtres, une de chaque côté. Les pattes sont noires & épineuses. Le ventre large, court, applati & composé de neuf anneaux, est noir en dessous & jaune en-dessus. Les aîles diaphanes & claires ont à leur pointe une tache oblongue noire placée au bout du bord extérieur , & à leur base il y a une allez grande tache d'un jaune brun. On trouve cette grande demoiselle dans les prés , &c proche les rivières. Elle vole très-vite."

 

L'illustration planche XIII fig. 1 montre Libellula depressa femelle:

https://archive.org/details/histoireabrg02geof/page/n765

 

Voir mon article sur Libellula depressa : http://www.lavieb-aile.com/2019/01/zoonymie-des-odonates-les-noms-de-libellula-depressa-linnaeus-1758.html

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1° bis) La Libellule jaune, Olivier, 1789.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

Je ne retiens pas non plus ce nom de "Libellule jaune" d'Olivier, qui mêle les références linnéennes avec le texte de la description de Geoffroy.

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1° ter) La Libellule jaunâtre, Latreille 1804.

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

Je ne retiens pas non plus ce nom, pour les mêmes raisons.

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1°) La Libellule flavéole, Latreille 1803

Nouveau dictionnaire d'Histoire naturelle, Deterville, article LIBELLULE:

je n'y trouve qu'une brève mention sans description, mais je retiens ce nom propre comme valide puisqu'il est la  traduction du nom scientifique.

"Nous avons figuré la libellule flavéole. Son corps et la base des ailes sont rougeâtres. (L.)"

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2°) "La Libellule jaunette", Sélys, 1840.

Monographie des Libellulidées page 45

https://books.google.fr/books?id=NaI-AAAAcAAJ&printsec=frontcover&dq=%22+libellulid%C3%A9es+%22+s%C3%A9lys&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc2t2J4-3fAhVHgxoKHRScBIkQ6AEIKzAA#v=onepage&q=flaveola&f=false

 

N° 9. LIBELLULA FLAVEOLA. (LIN.) LIBELLULE JAUNETTE. Diagnose. - Parastigma rouge ou brun. La base des ailes supérieures et le tiers au moins des inférieures jaune-safran. Pieds noirs, rayés de jaune. Abdomen notablement plus court que les ailes, jaune (rouge dans le mâle adulte).

Dimensions. — (Voyez le tableau.)

Synonymie. — LIBELLULA FLAVEOLA. Lin., Syst. nat. Fabr. Latr. Charp. Vander L. Steph. De Selys. Burm. - FLAVEOLATA. Lin., Fau. suec. Curtis.

Les Libellula flaveola, Roeselii et Fonscolombii étant extrêmement voisines de la Vulgata, j'aurais dû répéter bien des fois les mêmes caractères : j'ai cru faire une chose plus utile pour la détermination, en me bornant à donner les diagnoses de ces espèces et en signalant ensuite les différences en prenant la Vulgata (n° 12) pour terme de comparaison.

La L. flaveola diffère de la Vulgata :

1° Par son abdomen beaucoup plus court que l'aile inférieure, comprimé, d'un jaunâtre clair (rouge vif dans le mâle adulte ) :

2° Par la couleur de ses ailes, la base des supérieures et le tiers des inférieures, à partir de la base, étant d'un jaune safrané chez le mâle. Chez la femelle, cette couleur jaune s'étend même jusqu'à la moitié de la côte de chaque aile, et forme souvent un espace lavé de jaunâtre près du parastigma. La nervure costale est aussi jaunâtre extérieurement. Les pieds sont noirs avec une ligne étroite jaune en dehors : la membranule accessoire petite, blanchâtre.

Habite une grande partie de l'Europe septentrionale et tempérée. Elle semble étrangère au Midi, car M. de Fonscolombe ne l'a pas observée en Provence, et je ne l'ai pas vue en Italie. Je crois qu'elle ne se trouve pas non plus en Suisse. En Belgique, elle est très-commune dans les bois, dans les champs et les prairies depuis la fin de juillet jusqu'en septembre. On en trouve encore quelques individus à la fin d'octobre.

La grande tache jaune de la base des ailes inférieures au moins, distingue suffisamment cette espèce de ses congénères à abdomen également cylindrique ou comprimé.

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3°) "La libellule flavéole"  Sélys  1850

Revue des Odonates page 33.

https://books.google.fr/books?id=L9c5AAAAMAAJ&pg=PA33&dq=%22libellula+flaveola%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi4-b-I4e3fAhUN-YUKHWWTB6gQ6AEISzAG#v=onepage&q=%22libellula%20flaveola%22&f=false

 

17. LIBELLULA FLAVEOLA. L.
LIBELLULE FLAVÉOLE.

Diagnose. - Ptérostigma jaune ou rouge; la base des ailes supérieures et le tiers basal des inférieures jaune safrané.Pieds noirs, lignés de jaunâtre cn dehors. Abdomen jaunâtre (rouge chez le o" adulte).

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♂ adulte. Tête jaunâtre foncé ; front rouge laque ; lèvre inférieure rouge ; le lobe intermédiaire et les bords des latéraux noirs ; œil rougeâtre obscur ; tempes avec quatre ou cinq taches noires; vertex précédé du côté du front d'une bande d'un noir d'acier qui descend notablement le long des yeux. Prothorax roussâtre, taché de noir sur les côtés. Thorax roux foncé en avant et en dessus, avec les attaches des ailes rouges ; rouge obscur sur les côtés, avec trois raies noires obliques étroites, terminées en dessous par trois taches noires bien marquées et confluentes; rougeâtre taché de noir en dessous.Abdomen court, cylindrique, étranglé vers le 4° segment , d'un rouge vif en dessus, noir tacheté de rouge en dessous. Le 1" segment presque tout noir ainsi que la base du 2e; un petit trait dorsal noir aux 8° et 9e segments ; les 5e, 6e, 7e, 8e et 9e avec le bord latéral noir. Appendices anals supérieurs en fuseau irrégulier, roussâtres à pointe noire, l'inférieur coloré de même , notablement échancré et comme fourchu. Pieds noirs, avec une fine ligne jaunâtre sur l'extérieur des cuisses et des tibias. Ailes hyalines; le premier quart des supérieures et le tiers au moins des inférieures d'un jaune safrané; la nervure costale rougeâtre en dehors; ptérostigma médiocre, rouge, entre deux nervures noires; membranule d'un blanc grisâtre.

♀ adulte. Ptérostigma rouge comme chez le mâle , mais tout le reste du corps en dessus olivâtre clair, excepté le dessus des yeux qui est marron ; les côtés du thorax jaunes avec les taches noires ordinaires. L'abdomen comprimé, est en partie blanc pulvérulent en dessous. L'écaille vulvaire non saillante.Les appendices anals une fois plus long que le dernier segment, colorés comme ceux du mâle. Le reste comme chez le mâle, excepté que le ptérostigma est un peu plus long, et que la tache basale safranée occupe en général plus de la moitié des ailes.

Les mâles nouvellement éclos ressemblent à la femelle quant à la coloration du corps. Les mâles et les femelles à cet âge ont le ptérostigma d'un jaune clair d'abord , puis gris-jaunâtre plus ou moins foncé avant de devenir rouge.

L'espace des ailes coloré en safrané, varie plus ou moins en étendue et en intensité. En général les femelles ont un espace isolé de cette nuance vers le point cubital des ailes supérieures , et la tache basale des mêmes ailes petite. D'autres fois les deux taches sont réunies et forment une longue bande ; aux inférieures l'espace peut occuper depuis le tiers jusqu'au deux tiers de l'aile.

M. Hagen a reçu de Casan de M. Eversmann deux variétés femelles remarquables : chez l'une le jaune des ailes inférieures s'étend depuis la base jusqu'entre le point cubital et le ptérostigma , mais il y a une large bande oblique hyaline incolore à une ligne et demie de la base. Chez l'autre la seconde partie jaune est beaucoup plus petite. - Tous deux ont une tache médiane jaune aux ailes Supérieures.

Enfin je possède une variété femelle, très-remarquable en ce que la tache basale des supérieures est réduite à un vestige, et que celle des inférieures n'a guère que deux lignes en long et en large. Je l'ai prise à Hologne-sur-Geer (Prov. des Liege) accouplée avec un mâle ordinaire, M. Hagen a pris deux femelles adultes 'nlui n'avaient même aucun vestige de jaune aux ailes supérieures , et un espace d'une ligne # seulement aux ailes inférieures. On pourrait au premier abord confondre ces variétés avec la L. Fonscolombii, mais cette dernière a le ptérostigma plus grand , plus large, les pieds plus jaunes, l'abdomen plus long , le jaune de la base des ailes inférieures un peu moins étendu, et la plupart des grandes nervures rouges ou jaunâtres.

Habitat. Se trouve communément dans l'Europe tempérée et septentrionale. Pas encore observée dans le midi (car il n'est pas certain que la flaveola prise en Morée par M. Brullé soit cette espèce). Commune en Belgique depuis la fin de juin jusqu'à la fin de septembre, souvent même en octobre et quelquefois jusqu'au commencement de novembre ; on la trouve dans les marais et sur les champs de trèfle. Très-rare en Lapponie ; très-commune en Suède, en Russie , en Danemarck , en Angleterre, et en Ecosse (pas encore observée en Irlande). Se trouve en Allemagne, dans le nord et le centre de la France, entre le Volga et les Monts Ourals; aussi dans les parties basses de la Suisse. Elle habiterait aussi les Pyrénées, l'Espagne et le Portugal, si l'espèce que j'ai nommée luteola n'en est qu'une variété."

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4°) Le Sympétrum jaune d'or, Paul-André Robert 1958.

Paul-A. Robert, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages page 292.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&focus=searchwithinvolume&q=%22jaune+d%27or+%22

Depuis, le nom a été adopté par tous les auteurs et est le nom officialisé par la LPO et l'INPN.

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NOMS COMMUNS EN D'AUTRES LANGUES.

-en allemand : Die Gefleckte Heidelibelle

-en anglais : The Yellow-winged darter

-en néerlandais : Geelvlekheidelibel

-en frison (1981) Bünte heidelibel ; en frison : Gielbünte heidelibel,Gielbünt hopke

-en gallois : gwäell asgell aur 

https://cy.wikipedia.org/wiki/Gw%C3%A4ell_asgell_aur

-en breton  (attente de validation) : Flemm-aer eskell aour .

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SOURCES ET LIENS.

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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

CHARPENTIER (TOUSSAINT DE ), 1840,Libellulinae europaeae ac depictae, L. Voss, 180 pages

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— GEOFFROY in FOURCROY : FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy.

 http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. 

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

 — LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

— OLIVIER (Guillaume-Antoine ), 1789, Histoire naturelle, Discours préliminaire page 560.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

— ROBERT (Paul-A.), Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— SCOPOLI , 1763, Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/79410#page/362/mode/1up

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 3

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

— ULINGER (Robert L.), 1964, The Role of Linnaeus in the Advancement of Entomology, Annual Review of Entomology Vol. 9:1-17 (Volume publication date January 1964) 

https://doi.org/10.1146/annurev.en.09.010164.000245

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
13 janvier 2019 7 13 /01 /janvier /2019 22:19

Zonymie des Odonates : les noms du Sympetrum vulgatum (Linnaeus, 1758), "le Sympétrum commun". 

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Zoonymie des Odonates.

 

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

 

 

 

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé.

Sympetrum, Newman, 1833, Ent. mag. , 1:511.. Des deux suffixes grecs σύμπυκνος, sympiezein   "comprimé" et  ἦτρον, êtron "abdomen" : "qui a l'abdomen comprimé latéralement".  En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum  "à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

vulgatum, Linnaeus, 1758, Syst. nat.,543 :   du latin vulgatus, a, um "répandu, commun, ordinaire" (mais non "vulgaire"), en raison de sa fréquence en Europe centrale et du nord-est.

 

— nom commun français : 1°) "La Libellule vulgaire", Olivier 1789 ; 2°) "La Claire", de Villiers 1789 ; 3°)"Le Sympétrum vulgaire", Paul-André Robert 1958 (adopté par SFO et INPN) ; 4°) "Le Sympétrum commun" d'Aguilar et Dommanget 1985. 

— noms communs en d'autres langues :

- en catalan : El Pixaví muntanyenc

- en allemand : Die Gemeine Heidelibelle 

en anglais : The vagrant darter "Moustached Darter"

- en néerlandais : De Steenrode heidelibel

-en frison : Gewoane heidelibel Gewoane heidelibel, Hingsnorhopke

-en polonais : Szablak zwyczajny

-en suédois : Tegelröd ängstrollslända 

-en gallois (cymraeg) : Gwäell grwydrol , gweyll crwydrol

- en gaélique (Gàidhlig)   : Picellwr Crwydrol

-en lituanien : Paprastoji skėtė 

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LE NOM DE GENRE SYMPETRUM NEWMAN 1833.

Voir :

Newman, Entomological Magazine vol. 1, London, F. Westley & A.H. Davis, page 511.

 

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-sympetrum-newman-1833.html

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LE NOM D'ESPÈCE S. VULGATUM, (LINNAEUS, 1758).

 

[Libellula vulgata], LINNÉ ( Carl von,) 1758, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis.Holmiae : Impensis Direct. Laurentii Salvii, 1758-1759. page 543 n° 3.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/565/mode/1up

 

Description originale.

vulgata. 3. L[ibellula].

alis albis , corpore fusco ; cauda simplici.

-Faun. svec. 766. 

-Raj. ins. 49. n. 6. 

-Roes. ins. 2. aqu. 2. t. 8. 

Habitat in Europa. 

Traduction : "ailes blanches [transparentes], corps brun, queue simple".

 

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Zonymie des Odonates : les noms du Sympetrum vulgatum, le Sympétrum vulgaire.

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Commentaire :

Linné a décrit en 1758 18 espèces de ses LIBELLULA, classées parmi les NEUROPTERA. 

Il les divise en deux groupes (* et **) :

  • oculi distantes remotique [les yeux écartés et distants] : L. virgo et puella

     

Il indique pour chacune les références, souvent à son propre travail, la Fauna suecica de 1746 (Faun. svec) ou description de la faune de Suède, puis aux naturalistes qui l'ont précédé : ici John Ray et Roesel.

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Références faites par Linné pour  L. vulgata :

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a)  Linné, Fauna suecica 1746 page 230 n°766.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/264/mode/1up

LIBELLULA corpore fusco ; alis albis cauda simplici, 

Raj. Ins 49. n° 6. Libella maxima, abdomine flavo angustore, nullis ad radicem alarum maculis fuscis.

Habitat ad Aquas. 

DESCR. Alae albae, puncto marginali rufo-fusco. Corpus nigricans ; Anus absque appendice. "

trad : Libellule à corps brun ; ailes blanches queue simple. Ray Insectes page 49 n°6 : parmi les libellules les plus grandes, abdomen jaune et étroit, rien à la racine des ailes, taches brunes. Habite les lieux aquatiques. Description : ailes blanches, point marginal roux-brun. Corps noirâtre. 

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b) John Ray, 1710, Historia insectorum page 49 n°6.

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/49/mode/1up

6. Libella maxima, abdomine flavo angustiore, nulllis ad radices alarum maculis fuscis.

F.W.

Alis est pellucidis. Scapulae lanugine rufa hirtae sunt. In anterioribus dorsi annulis par macularum nigricantium : in lateribus scapularum duae latae area virides.

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c) Roesel  1749,  Insecten belustigung, 2. aqv. t. 8.

Rösel von Rosenhof, August Johann ; Kleemann, Christian Friedrich Carl ; Rösel von Rosenhof, August Johann [Hrsg.] Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung (Band 2): ... welcher acht Classen verschiedener sowohl inländischer, als auch einiger ausländischer Insecte enthält — Nürnberg, 1749

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0279/image

La planche VIII comporte 5 figures, dont deux larves (1 et 2), et trois imagos semblables aux corps jaune (3), rouge (4) et brun 6). Le chapitre porte le titre N° VII Der kleine breit-leibige Nymphen-Wasser-Wurm, mit seiner Verwandlung, tab. VIII. et occupe les pages 38 à 40.

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https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0279/image

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0279/image

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La 12eme édition du Systema naturae de Linné en 1767 pages 901-902 § IV, 234 n°3.

Elle n'apporte aucun changement, hormis la référence à l'édition de 1761 de Fauna scuecica, et celle à Scopoli, publiée entre temps.

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/137240#page/375/mode/1up

vulgata. 3. L. alis hyalinis, corpore griseo, cauda simplici

-Fn. svec. 1461. 

-Scop. carn. 680. 

-Raj. Ins. 49. n. 6. 

-Roef. Ins. 2. aqu. 2. t. 8. 

Habitat in Europa. 

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La référence à Scopoli, Entomologoa Carniolica 1763.

Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763. pages 261-262

https://www.biodiversitylibrary.org/item/79410#page/362/mode/1up

680. LIBELLULA Vulgata, 
— long. umc. i.&Iin. 3. 
LINN. Syst. Nat. p. 543. Faun. Svec. 2. 1461. 
Diagn. Alae basi immaculatae ; lineola flavescente marginali ad apicem. Abdomen triquetrum, postice attenuatum. 
Circa aquas fluentes. 
Variat

1. Thorace abdomineque caeruleis, hujus tamen apice nigro ; lineae marginalis marginibus nigris. 
2. Thorace abdomineque flavescentibus, linea alarum concolore Raj. I. Ins. 49. n. 6.

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On remarque que Scopoli 1°) abandonne la référence à Roesel ; 2°) décrit deux "variétés" l'une bleue et l'autre jaune à ptérostigmas de même couleur.

 

 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/79410#page/364/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/79410#page/364/mode/1up

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Une illustration par Toussaint de Charpentier 1840.

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https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

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ÉTUDE DU NOM VULGATUM.

Vulgatum a succédé au féminin vulgata de Linné pour s'accorder au nom de genre Sympetrum. Il vient du latin vulgatus, a, um "a) habituel, ordinaire" b) répandu, divulgué, ordinaire",  du verbe vulgo "répandre dans le public, faire connaître" qui ne doit pas être confondu avec vulgaris, e "qui concerne la foule, général, commun" issu de vulgus "la foule" : c'est un  "faux-ami" . Sa traduction par "vulgaire" ("du peuple") relève donc d'un singulier contre-sens, hélas très tôt diffusé puis adopté par la majorité des entomologistes . Voir Gaffiot pages 1696-1697. Dans le contexte entomologique, il doit être traduit par "répandu, fréquemment observé".

Linné ne commente pas cette épithète — qui repose sur une évaluation essentiellement suédoise —  dans sa description de 1758, pas plus que dans ses autres publications de 1761 et 1767. C ; néanmoins, le Sympetrum vulgatum est bien reconnu comme "commun" en Europe :

"Sympetrum vulgatum est une espèce commune dont la distribution s’étend de l’Europe de l’ouest au Japon. En France, elle est présente du niveau de la mer à 2000 m d’altitude et moins abondante dans l’ouest du pays. Deux sous-espèces sont actuellement reconnues Sympetrum vulgatum vulgatum et S. v. ibericum." (INPN)

"Eurasiatique : commun en Europe, du nord de l'Espagne, de France (sauf un quart sud-ouest, Bretagne et Normandie). Migre sporadiquement en Angleterre, fréquent jusqu'au sud de la Scandinavie, jusqu'à l'Europe de l'Est et loin en Asie (où il se raréfie vers le sud)." (Wikipédia)

En France, il apparaît sur les Listes rouges ainsi :

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65348/tab/statut

 

LC (Préoccupation mineure (espèce pour laquelle le risque de disparition de métropole est faible) en Alsace 2014, Auvergne 2017, Franche-Comté (2013), Nord - Pas-de-Calais (2012)

VU (vulnérable) en Bourgogne 2015

NA (non applicable) en Aquitaine 2016

EN (en danger) en Centre 2012, Provence-Alpes-Côte d’Azur (2015)

DD (données insuffisantes ) en Picardie (2016) , Ile de France (2014) 

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/sympetrum-vulgaire/

"Vulgatum de vulgatus (lat) = vulgaire, commun, ordinaire : dans de nombreuses régions d’Europe, il s’agit du plus commun des sympétrums."

Les auteurs ajoutent : "Liste Rouge du Poitou-Charentes : Au bord de l’extinction. L’espèce nominale S. vulgatum vulgatum, qui nous concerne, est largement répartie depuis l’Europe de l’ouest jusqu’en Sibérie. En France cet eurosibérien n’est vraiment commun, sans être abondant, que dans l’Est et dans le Massif central."

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. vulgatus, -a, -um = common, widespread, familiar ".

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"vulgatum (Sympetrum) - vulgatus, a, um = comune, noto. Comune nella località tipica."

 

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"vulgatum (Linnaeus) [l. general, ordinary, common] is true for Middle Europe, where it locally is the most common Sympetrum species. "

 

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

" vulgatum = algemeen bekend".

 

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NOMS VERNACULAIRES.

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NOMS COMMUNS EN FRANÇAIS.

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1°) La libellule vulgaire, Olivier 1789.

 "Libellula vulgata, la libellule vulgaire",  OLIVIER (Guillaume-Antoine ), 1789, Histoire naturelle, Discours préliminaire page 560.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

"Elle est presque noire. Les ailes sont transparentes, sans autre tache que le stigmate de l'extrémité de l'aile qui est d'un rouge-brun. Elle n'a point de feuillets apparents à l'extrémité de l'abdomen. Elle se trouve en Europe sur le bord de l'eau."

Incidemment, je note le terme "stigmate" pour rendre compte de ce qui ne porte pas encore le nom de ptérostigma. Sélys utilise le terme de parastigma en 1840 et de ptérostigma en 1850.

Idem Pierre Boitard 1828 ; Sélys-Longchamps, Monographie des Libellulidées 1840 ; Sélys, Revue des odonates, ou libellules d'Europe page 45 n°21.

2°) "La claire", De Villiers 1789.

 VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 3

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

Ce nom ne fait pas référence à la transparence des ailes, mais au parti-pris de l'auteur d'attribuer un prénom féminin aux espèces que Geoffroy, qui avait inauguré cette règle, n'avait pas décrites en 1762.

3°) Le Sympétrum vulgaire. Paul-André Robert 1958 page 281

En 1936, P.A. Robert avait créé le zoonyme "Les Sympètres", et nous pouvions espérer voir surgir sous la plume le nom de "Le Sympètre vulgaire" (à défaut de l'idéal "Le Sympètre commun" qui relève de l'utopie).

Mais en 1958, non seulement l'auteur suisse ne peut se désaffilier du nom de genre scientifique Sympetrum, mais tombe dans le piège de la traduction "vulgatum = vulgaire" (p. 277) et crée le nom de "Sympétrum vulgaire".

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=NDOitQEACAAJ&dq=paul-andr%C3%A9+robert+1958&focus=searchwithinvolume&q=vulgatum+vulgaire

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4°) Le Sympétrum commun Jacques d' Aguilar, ‎Jean-Louis Dommanget - 1985

 

Sans doute convaincus du contre-sens d'une traduction du nom scientifique par "Sympétrum vulgaire", d'Aguilar et Dommanget le corrige en proposant "le Sympétrum commun", ce qui me semble tout à fait juste.

-Jacques d'Aguilar, ‎Jean-Louis Dommanget, ‎René Préchac - 1986, A field guide to the dragonflies of Britain, Europe and North Africa.

Ils reprennent le nom l'année suivante dans : 

-Jacques d' Aguilar, ‎Jean-Louis Dommanget - 1985 -Guide des libellules d'Europe et d'Afrique du Nord- Page 297 : " Fr. Le Sympetrum commun; Angl. The Vagrant Sympetrum, The Vagrant Darter; All. Gemeine Heidelibelle".

Le nom est repris par quelques guides naturalistes, et, en 2019, c'est celui qui figure dans l'article Wikipédia :

-Cyril Oswald Hammond, ‎Richard Robinson Askew, ‎Robert Merritt - 1983 - ‎The Dragonflies of Great Britain and Ireland

-Richard Robinson Askew, 2004, The Dragonflies of Europe.

-Ingrid von Brandt - 2013 Guide Hachette Nature insectes et papillons page 66

 

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5°) "Le Sympétrum vulgaire"

réussit un beau retour en parvenant à être élu nom officiel par nos deux instances, l'INPN et la SFO, et à séduire les auteurs de certains guides naturalistes :  Grand et Boudot 2007, Jourde traducteur de Dijkstra 2007,  ou Précigout, Prud'homme et Jourde 2009.

-LPO : Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.

L'erreur est tenace... mais peut-on exiger des entomologistes d'être des latinistes ou de consulter le Gaffiot ?

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NOMS COMMUNS EN D'AUTRES LANGUES.

Les autres pays se sont tirés d'affaire avec plus d'élégance et de créativité : 

- en catalan : El Pixaví muntanyenc 

- en allemand : Die Gemeine Heidelibelle  : Libellule des bruyères (générique pour les Sympétrum] commune.

en anglais : "The vagrant darter",  "Moustached Darter"

- en néerlandais : De Steenrode heidelibel (Le Sympetrum rouge brique)

-en frison : Gewoane heidelibel Gewoane heidelibel, Hingsnorhopke

-en polonais : Szablak zwyczajny

-en suédois : Tegelröd ängstrollslända ("libellule de prairie rouge-brique")

-en gallois (cymraeg) : Gwäell grwydrol , gweyll crwydrol

- en gaélique (Gàidhlig)   : Picellwr Crwydrol

- en breton (en attente de validation) : flemm aer-baleantour.

-en lituanien : Paprastoji skėtė 

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SOURCES ET LIENS.

 

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— CHARPENTIER (TOUSSAINT DE ), 1840,Libellulinae europaeae ac depictae, L. Voss, 180 pages

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 — LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

OLIVIER (Guillaume-Antoine ), 1789, Histoire naturelle, Discours préliminaire page 560.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

SCOPOLI , 1763, Ioannis Antonii Scopoli Med. Doct. S.C.R. ... Entomologia Carniolica exhibens insecta Carnioliae indigena et distributa in ordines, genera, species, varietates : methodo Linnaeana. Vindobonae :Typis Ioannis Thomae Trattner ...,1763.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/79410#page/362/mode/1up

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 3

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

ULINGER (Robert L.), 1964, The Role of Linnaeus in the Advancement of Entomology, Annual Review of Entomology Vol. 9:1-17 (Volume publication date January 1964) 

https://doi.org/10.1146/annurev.en.09.010164.000245

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
9 janvier 2019 3 09 /01 /janvier /2019 19:09

Zoonymie des odonates : les noms de Leucorrhinia albifrons (Burmeister, 1839), la "Leucorrhine à front blanc".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Zoonymie des Odonates.

 

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

 

 

 

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

Résumé :

— Nom de genre Leucorrhinia , Brittinger 1850,  SitzBer. Akad. Wiss., Wien, 4:333 vient des deux mots grec leukos = blanc et rhinios = nez. C'est une transcription en grec du nom latin albifrons "front blanc" de l'espèce type du genre, décrite par Burmeister en 1839. Cette transcription créée par Charpentier en 1840 sous la forme Leucorhinus a été féminisée (et complétée d'un -r-) par Brittinger, pharmacien et naturaliste de Vienne.

— Nom d'espèce L. albifrons Burmeister 1839 Handb. Ent., 2.:251 : du latin albus, "blanc" et frons, frontis "front", justifié par l'auteur dans sa description originale : L. albifrons : nigra opaca, fronte alba;. "Libellula albifrons : noire sombre, à front blanc.".

— Nom commun en français : "la Leucorrhine à front blanc" Paul-André Robert, 1958.

— Noms communs  en d'autres langues :

- en anglais : The Dark Whiteface

- en allemand : Östliche Moosjungfern  

-en néerlandais : Oostelijke wytsnüt / witsnuitlibel 

-en frison :  Eastlike glêzewasker, Eastlike wytsnüt,

-en polonais : Zalotka bialoczelna  

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

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LE NOM DE GENRE LEUCORRHINIA BRITTINGER, 1850. 

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-leucorrhinia-brittinger-1850.html

Brittinger a défini en 1850, les caractéristiques du genre : le lustre métallique du thorax , la tache noire triangulaire sur la base de l'aile postérieure, le front et la face blancs, ainsi que la forme des appendices du flanc et de l' abdomen . 

 

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LE NOM D'ESPÈCE L. ALBIFRONS (BURMEISTER, 1839).

Libellula albifrons, Burmeister, Handbuch der Entomologie, Berlin, G. Reimer vol. 2 1839, page 851 n°19.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34110#page/103/mode/1up

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Description originale :

19. L. albifrons*: nigra opaca, fronte alba; alis aqueis, posticis in basi fusco-nigris, omnibus nubecula alba post stigmata. 
Long. 11/6 
Variat: pterostigmate quadrato ore cercisque nunc nigris nunc albis, sed macula alba in ipsa ala post stigma semper adest. 
Bei Berlin, auch aus der Schweiz. 


traduction : noire sombre, à front blanc. Ailes transparentes, les postérieures brun-noir à la base, et pour toutes un petit nuage blanc à l'arrière des ptérostigmas. 

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/34110#page/103/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34110#page/103/mode/1up

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Une illustration par Toussaint de Charpentier 1840.

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https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

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ÉTUDE DU NOM ALBIFRONS.

Albifrons : du latin albus, "blanc" et frons, frontis "front", dont l'explication est fournie par Burmeister dans sa diagnose : L. albifrons : nigra opaca, fronte alba;. "Libellula albifrons : noir foncé, front blanc."

C'est effectivement la description donnée par le Plan Odonate :

"Cette leucorrhine présente la particularité d’avoir une face et un front blancs, et un abdomen bleu à la base puis noir (chez le mâle mature). L’abdomen est toujours plus étroit que le thorax et peu élargi à l’extrémité. Celui-ci est noir et jaune chez la femelle. Les cercoïdes sont blancs, et le dessus des ptérostigmas noirs (pour les deux sexes). Elle est plus svelte et élancée que la leucorrhine à large queue (Leucorrhinia caudalis), qui elle est plus petite et présente un abdomen plus large."

http://odonates.pnaopie.fr/wp-content/uploads/2010/12/Fiche_Leucorrhinia-albifrons.pdf

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

PRECIGOUT ET PRUD'HOMME / POITOU-CHARENTES-NATURE:

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

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"Leucorrhinia albifrons : Leucorrhinia  du grec leukos = blanc et rhinios = nez (du fait de la couleur du front) ; albifrons du latin albi = blanc et frons = front. Le nom français n’est qu’une adaptation du nom scientifique.

Remarque : L. albifrons est la seule leucorrhine dont le front peut être très sombre chez certains individus."

 

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Leucorrhinia: Brittinger, 1850 feminine form of an artificial adjective derived from Grk. λευκός = white + ῥίς; ῥινός = nose. Albifrons from Lat. albus, -a, -um = white +
frons = forehead

.

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HEINRICK FLIEDNER 2009.

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"Leucorrhinia [gr. leukos - white; rhin* - nose] refers to the white frons of its species. -albifrons [l. albus - white; frons - forehead, front] points to the same feature as the genus name. - pectoralis [l. concerning the breast] CHARPENTIER (1825: 46) chose as name because he was wrongly convinced that the thorax showed characteristic features, by which this species might be distinguished from other anisopteran species."

- albifrons [l. albus - white; frons - forehead, front] points to the same feature as the genus name. "

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VAN HIJUM, 2005

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document;docid=555521

"Leucorrhinia Wytsnüt, Wytkopke leukos = wit; rhinios = neuzig
Leucorrhina albifrons albus = wit; frons = voorhoofd "

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NOMS VERNACULAIRES.

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I. NOMS COMMUNS EN FRANÇAIS.

 

La Leucorrhine à front blanc. Paul-André Robert, 1958

Paul-André Robert, Les Libellules (Odonates), Delachaux et Niestlé, 1958 page 310.

https://books.google.fr/books?id=RoS9uwEACAAJ&dq=Paul-Andr%C3%A9+Robert,+Les+Libellules+(Odonates),+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwirr9a76t7fAhUJLBoKHYrxCUIQ6AEIKTAA


L'auteur suisse, fidèle à la ligne établie par le belge de Sélys-Longchamps plus d'un siècle auparavant,  se soucie bien peu  de créativité et se  contente de franciser grossièrement la forme latine par le  très laid néologisme : Leucorrhine. Qu'il associe en toute logique à la traduction d'albifrons : "Leucorrhine à front blanc". Pourquoi s'embêter ?

Il  reprend sans le savoir un terme médical utilisé en homéopathie où Leucorrhine serait un remède issu de la dilution du liquide de la leucorrhée et utilisé (par Héring ?) comme moyen de guérison dans la leucorrhée, la menstruation irrégulière et  les affections spastiques. Heureusement, ce remède est mentionné par un adversaire de l'homéopathie, mais cette souche d'isothérapie n'est pas confirmée, hormis un Leucorrhin 30. Le nom français de notre libellule ne s'en trouve néanmoins pas avantagé.

En 1985, Jacques d' Aguilar et Jean-Louis Dommanget adoptent le nom créé par Robert dans leur Guide des libellules d'Europe et d'Afrique du Nord, Delachaux et Niestlé, 1985 - 341 pages, page 305.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=SPNMAAAAYAAJ&dq=leucorrhinia+albifrons&focus=searchwithinvolume&q=leucorrhine

Le nom, rendu officiel par son emploi dans la liste de référence des Odonates de la France métropolitaine de  la SFO ( [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.] ) et par l'INPN du Museum d'Histoire naturelle, est repris par l'ensemble des auteurs de guides de vulgarisation. 

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II. NOMS COMMUNS EN D'AUTRES LANGUES.

On appréciera comment les entomologistes non francophones ont su utiliser leur nom vernaculaire pour apporter des informations complémentaires susceptibles d'aider les entomologistes amateurs : précision concernant la couleur générale  (noire  sans taches rouges ) et la distribution géographique prédominante à l'est (au nord-est) de l'Europe.

- en anglais : The Dark Whiteface

- en allemand : Östliche Moosjungfern  (tandis que L. caudalis se nomme Zierlichen Moosjungfern, L. pectoralis Große Moosjungfer, L. rubicunda Nordische Moosjungfern   et L. dubia Kleine Moosjungfern) .

-en néerlandais : Oostelijke wytsnüt / witsnuitlibel 

-en frison :  Pompeblêdwytsnüt Eastlike glêzewasker, Eastlike wytsnüt,

-en polonais : Zalotka bialoczelna  [bialoczelna = à front blanc]

- en breton (en attente de validation : fas-gwenn teñval .

 

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SOURCES ET LIENS.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

SOURCES ET LIENS.

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

 

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

 

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— Odonates costarmoricains.

http://www.nature22.com/odonates22/ordresystematique.html

— LIBELLULES DE FRANCE ET D'AILLEURS

http://odonatas69a.blogspot.fr/search?q=albifrons

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
4 janvier 2019 5 04 /01 /janvier /2019 18:18

Zoonymie des Odonates : les noms d'Orthetrum cancellatum (Linnaeus, 1758), "l'Orthétrum réticulé".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Zoonymie des Odonates.

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé.

— genre Orthetrum Newman 1833, Ent. Mag. , 1:511. : Des deux suffixes grecs  orthos  "droit" et êtron "abdomen". En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum " à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

— espèce : O. cancellatum Linnaeus 1758 Syst. nat. :544 du latin cancellatus "treillisser, réticulé"  pour l'entrecroisement des lignes longitudinales et transversales segmentaires de l'abdomen des femelles et des immatures (le spécimen décrit par Linné). 

— Noms communs en français : 1°) "La libellule à treillis", Latreille 1804 ; 2°) "L'Orthétrum cancellé", Paul-André Robert, 1958 ; 3°) "L'Orthétrum réticulé",  Dommanget 1987.

— Noms communs dans d'autres langues :

- en allemand : Der Große Blaupfeil 

- en espagnol :La libélula azul, 

 - en portugais : Ortirum-reticulado

- en suédois : Större sjötrollslända

-en néerlandais :  Gewone oeverlibel

-en frison :  Grutte ringlibel, Kantsitter, Unrêst, Blaupylk

- En anglais The black-tailed skimmer 

- en gaélique : Orthetrum Llinell-duu

-en gallois : picellwyr tinddu

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE ORTHETRUM NEWMAN 1833.

http://www.lavieb-aile.com/2018/03/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-orthetrum-newman-1833.html

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NOM D'ESPÈCE O. CANCELLATUM (LINNAEUS, 1758).

[Libellula cancellata],  LINNÉ ( Carl von,) 1758, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis.Holmiae : Impensis Direct. Laurentii Salvii, 1758-1759, pages 544 n°7.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/566/mode/1up

Description originale :

 

cancellata.-7. L. alis basi immaculatis, abdomine dorso lateribusque  interrupte luteis. 

Habitat in Europa. 

Traduction : Libellula cancellata. Ailes sans aucune tache à leurs bases [à la différence de L. depressa]. Abdomen (entre)coupé de jaune sur le dos et les cotés" (ou "abdomen jaune entrecoupé sur le dos et les cotés").

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Commentaire :

Linné a décrit en 1758 18 espèces de ses LIBELLULA, classées parmi les NEUROPTERA. 

Il les divise en deux groupes (* et **) :

  • oculi distantes remotique [les yeux écartés et distants] : L. virgo et puella

Il indique pour la plupart les références à sa faune de Suède de 1746 et aux auteurs anciens, mais il n'en suggère aucune ici. Les descriptions ultérieures seront-elles plus copieuses ?

 

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Le Fauna suecica, deuxième édition  de 1761.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/100333#page/431/mode/1up

La description est plus détaillée : "face pâle, front noir. Yeux postérieurs à ligne jaune interrompue de noir. Thorax antérieur couleur terre-cuite à deux lignes noires et deux marques jaunes latérales. Abdomen jaune