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9 février 2019 6 09 /02 /février /2019 15:19

Zoonymie des Odonates : étude des noms de Somatochlora metallica (Vander Linden, 1825), "la Cordulie métallique" .

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

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Résumé.

— Somatochlora (Sélys-Longchamps, 1871),  Bull. Acad. r. Belg., (2) 31: 279. Du grec sôma = le corps et khlôros = vert : "qui a le corps vert". En 1840, Charpentier avait nommé ce genre Chlorosoma, même sens, mais le nom était déjà utilisé pour un genre de reptile (Wagler, 1830), et  Sélys a du le modifier.

metallica  (Vander Linden, 1825) : Monog. Libell. Eur. ; 18 : du latin signifiant  "métallique", pour les reflets de la  couleur vert-bronze semblable à celle de Cordulia aenea, dont il distingue par ailleurs les différences dans sa diagnose.

— Noms en français : 1°) La Cordulie métallique, Sélys, 1840, par traduction du nom scientifique: c'est le nom retenu par les instances nationales ; 2°) "La Chlorocordulie métallique", Jourde in Dijkstra 2007.

— Noms en d'autres langues.

-en allemand : Die Glänzende Smaragdlibelle

- en néerlandais : De metaalglanslibel

- en frison :  Glanzige glêzemakker, Glansgrienkop

- en croate : Lesklice zelenavá  cestina

- en suédois : Metalltrollslända sued

- en finlandais : Välkekorento

- en hongrois : A fémzöld szitakötő  magyar

- en  norvégien : Vanlig metalløyenstikker

- en slovène :  Kovinski lesketnik

- en anglais : The Brilliant emerald

-en gallois : Gwas gwyrdd gloyw

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NOM SCIENTIFIQUE.

 

NOM DE GENRE SOMATOCHLORA.

Le nom du genre Somatochlora, Sélys-Longchamps 1871.

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LE NOM D'ESPÈCE  SOMATOCHLORA METALLICA (VANDER LINDEN, 1825).

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[Libellula metallica ], Vander Linden (Pierre-Léonard) 1825, Monographiae Libellulinarum Europaearum Specimen. Bruxellis, apud J.Frank, bibliopolam, Via Vulgo de la Putterie : 42 pp. Page 18 n° 13.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

Pierre -Léonard Vander Linden est un médecin et entomologiste belge ( Bruxelles, 12-12-1797/ Bruxelles, 4-04-1831) que les biographies en ligne présentent essentiellement comme un spécialiste des Hyménoptères. Pourtant, il est l'auteur de 7 espèces d'Odonates en 2 publications de 1820 et 1827 . Voir mon article sur I. elegans (Vander Linden, 1820). http://www.lavieb-aile.com/2018/10/zoonymie-des-odonates-le-nom-aeshna-affinis-vander-linden-1820-l-aeschne-affine.html

J'emprunte cette biographie à BESTOR :

Né le 12 décembre 1797, Pierre-Léonard Vander Linden est le fils aîné d’un médecin et est destiné très jeune à poursuivre une carrière médicale. 
Il est inscrit au Lycée de Bruxelles et suit les cours d'Antoine Noël Bachelier, Lallemand et Jean-Baptiste Lebroussart. Pendant cette période, il collectionne les papillons avec plusieurs compagnons, entre autres, Constantin Wesmael et Schuremans.  En 1817, il obtient une des bourses de la fondation Jacobs à l’Université de Bologne. Ces bourses sont octroyées depuis 1650 suite à une initiative de Jean Jacobs, orfèvre bruxellois, pour l’instruction universitaire de jeunes brabançons. 
Il part le 2 octobre 1817 en Italie et profite de son voyage pour prendre contact avec l’entomologiste Pierre-André Latreille (1762-1833) de Paris et pour collectionner les insectes, coquilles, roches et plantes qu’il découvre sur son passage. Pendant ses études, il continue ses observations en Italie et se lie d’amitié avec le zoologue Camillo Ranzani (1775-1841) dont il devient le collaborateur. Il est également remarqué par le clinicien J. Tommasi dont il s’attache à traduire et à faire connaître les travaux. 
Le 17 avril 1821, il est reçu docteur de la faculté de médecine de Bologne.
La même année, il suit les cours de François Broussais (1772-1838) à Paris.
De retour à Bruxelles, il est reçu docteur en médecine de l’Université de Louvain, le 15 juillet 1823. Il est nommé professeur de zoologie au Musée des sciences et des lettres et enseigne les sciences naturelles à l’Athénée de Bruxelles.
Vander Linden est membre de la Société des sciences médicales et naturelles de Bruxelles dont il est d’abord secrétaire adjoint et puis secrétaire perpétuel. Il fait également partie de la Société de flore de Bruxelles. Il est élu membre de l'Académie royale des Sciences et Belles-Lettres de Bruxelles, le 28 octobre 1826. Il décède le 5 avril 1831 des suites d’une gastro-céphalite."

https://www.bestor.be/wiki/index.php/Vander_Linden,_Pierre-L%C3%A9onard_(1797-1831)

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Description originale.

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L[ibellula]  viridi-ænea, abdominis medio incrassato, appendicibus analibus omnibus maris simplicibus, acuminatis; alis lutescentibus, macula marginali lutea.

-Harris. Expos. of Engl. Ins., tab. 27, f. 2. mas. [Libellula aenea]

-Roesel. Ins. II, Aq. II, tab. 5, f. 2. mas.

-Schaeffer. Icon., tab. 1 13, f. 4. fem.

 

- Mas. Caput æneum, fascia frontali arcuata, labii superioris basi, inferiori toto, luteis. Oculi virides, supra rufescentes. Thorax aeneus rufo-tomentosus. Abdomen æneum : secundi segmenti angulis posticis subtùs latè productis : ejusdem margine postico, puncto utrinque, et striga laterali, tertii autem macula utrinque laterali baseos, luteis. Appendices anales acutæ : superiores tenues, basi ab invicem remotæ, externe sinuatæ, longitudine duorum ultimorum segmentorum abdominis : inferior, brevior, crassior, triangularis. Pedes nigri, femoribus anticis basi luteis. Alæ lutescentes, callis nigris luteo maculatis, macula marginali lutea, membranula accessoria albida, posticarum magna, ad marginem internum cinerea,

- Femina. Hujus primum et secundum abdominis segmentum, margine postico et laterali, punctoque utrinque luteis: cætera immaculata. Antepenultimum autem subtùs et posticè in appendicem concavo-acuminatam, productum. Appendices anales duobus ultimis segmentis abdominis longiores. Caput thorax, alæ, pedes ut in mare.

Longit. 22—23 lin. Extens. alar. 34 l.

Habitat Bruxellis. Mus. nostr. ,

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Essai de traduction partielle :

 

— Diagnose : "Libellule vert-bronze, abdomen épaissi au milieu, tous les appendices anaux du mâle simples et pointus ; ailes jaunâtres, tache marginale [ptérostigma] jaune."

— Description du mâle :  "La tête bronze, avec une bande arquée frontale, la base de la lèvre supérieure et toute la partie inférieure, jaunes. Les yeux verts, le dessus tendant vers le roux. Thorax bronze couvert d 'épais poils roux . Abdomen bronze : l'angle postérieur [---] appendices anaux pointus, les supérieurs minces , [---] pattes noires, la base des cuisses antérieures jaunes. Les ailes jaunâtres, nervures (callis?) noires tachées de jaune, tache marginale jaune, membranule accessoire blanche, , grande en postérieur, avec la marge interne gris-cendré."

Curieusement, le critère distinctif principal avec C. aenea, les marques jaunes frontales, n'est pas signalé dans la diagnose, mais dans la description du mâle. 

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Vander Linden signale qu'il reconnait son espèce dans l'illustration donnée par Harris en 1776-1780 sous le nom de Libellula aenea, ou dans celle donnée par Roesel en 1749 dans Insecten Belustigung, ou dans celle de la planche 113 de Schaeffer . Voici les 2 premières illustrations, peu convaincantes à mon sens (je ne vois pas le front jaune), mais c'est pour le plaisir :

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Harris, Exposition des insectes qui se trouvent en Angleterre pl. 27 fig.2 https://www.biodiversitylibrary.org/item/226006#page/152/mode/1up

Harris, Exposition des insectes qui se trouvent en Angleterre pl. 27 fig.2 https://www.biodiversitylibrary.org/item/226006#page/152/mode/1up

Roesel, Insecten Belustigung II, pl.V fig 2  https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0259/image

Roesel, Insecten Belustigung II, pl.V fig 2 https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0259/image

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Toussaint de Charpentier illustre en 1840  la Cordulie métallique dans une planche, dont la reproduction n'est pas excellente.

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https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=metallica&f=false

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=metallica&f=false

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En 1900, le britannique Lucas donne une excellente planche du mâle et de la femelle.

Lucas, W. J. 1900. British dragonflies (Odonata). - pp. i-xiv [= 1-14], 1-356, Pl. I-XXVII [= 1-27]. London. (Gill).

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La femelle S. metallica par Lucas.

La femelle S. metallica par Lucas.

Le mâle S. Metallica par Lucas (animalbase)

Le mâle S. Metallica par Lucas (animalbase)

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE METALLICA.

 : du latin metallicus, a, um "de métal" (Gaffiot, avec des exemples tirés de Pline), donc "métallique", issu du grec ancien metallikos .

https://fr.wiktionary.org/wiki/metallicus

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=metallicus

Cette épithète renvoie à la description de la couleur vert-bronze (viridi-aeneum) de cette libellule. Vander Linden décrit cette nouvelle espèce juste après avoir décrit la Libellula aenea de Linné ainsi :  Libellula tota viridi-aenea . Comme il ne peut reprendre l'épithète aenea, il utilise un synonyme, metallica. On peut s'étonner qu'il n'ait pas songer à la nommer d'après les critères spécifiques qu'il énonce dans sa diagnose, comme les ptérostigmas jaune (et non noirs), les appendices anaux pointus (et non crochus), la forme de l'abdomen épaissie dès le milieu (et non en massue à sa pointe), voire le bandeau jaune frontal qu'il décrit ensuite. L'avantage de son choix est de souligner la proximité de Libellula aenea et de Libellula metallica, l'inconvénient est de ne pas mettre en avant leurs différences.

Résumé : metallica, du latin signifiant "métallique" pour la couleur vert-bronze semblable à celle de Cordulia aenea , dont il distingue par ailleurs les différences dans sa diagnose.

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LES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM :

 Le nom est particulièrement facile à interpréter et le consensus est entier parmi les auteurs. 

 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulie-metallique/

"De metallon (gr) = initialement la mine, puis le métal que l’on y trouve : le corps de cette espèce présente des reflets métalliques."

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

" - metallicus, a, um = metallico. Con riflessi metallici. "

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"metallica (Vander Linden) [l. metallic] describes the spectacular metallic sheen of this species."

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— VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

" metallica = metaalachtig glanzend "

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Corpus.

Le corpus de noms créés par Vander Linden comprend 7 espèces d'Odonates et un genre d'Hyménoptères. Parmi les espèces d'Odonates, nous trouvons 6 épithètes descriptives (dont 3 de couleur)  et  1 taxonomique. 

Ischnura elegans, (Vander Linden, 1820)

Sympecma fusca, (Vander Linden, 1820)

Somatochlora metallica, (Vander Linden, 1825)

Leucorrhinia dubia, (Vander Linden, 1825)

Coenagrion pulchellum, (Vander Linden, 1825)

Lindenia tetraphylla (Vander Linden, 1825)

Lestes viridis, (Vander Linden, 1825)

et le genre d'Hymenoptères  Pryonis, 1827.

 

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LES NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS DE S. METALLICA EN FRANÇAIS.

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1°) "La Cordulie métallique", Sélys 1840.

— Monographie des Libellulidées d'Europe page 64

https://books.google.fr/books/about/Monographie_des_libellulid%C3%A9es_d_Europe.html?id=NaI-AAAAcAAJ&redir_esc=y

— Revue des Odonates page 69

https://books.google.fr/books?id=Xa98vgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Sélys écrit :

"Diagnose. — Vert-bronzé. Une bande transverse sur le devant de la tête et base de la lèvre supérieure jaunes.

[...]

La C. metallica habite probablement toute l'Europe tempérée, mais elle n'est commune nulle part; je l'ai prise en Lombardie au mois de juin et en Belgique au 20 juillet. Toussaint de Charpentier l'indique en Silésie et aux environs de Berlin.

La Metallica se distingue de suite de toutes ses congénères à la bande jaune qui traverse le front. Les individus de Belgique ont souvent les ailes très-lavées de jaunâtre.

On connait la règle d'Edmond de Sélys-Longchamps, qui est de donner après le nom scientifique Cordulia metallica une transcription en français la plus proche de ce dernier, sans se préoccuper le moins du monde de la valeur du nom français qu'il n'utilise pas (parlant de "la metallica") et dont il n'envisage pas qu'il sera utilisé dans les milieux entomologistes.

Le nom disparaît effectivement de la littérature, jusqu'en 1958 où il est repris par Robert (je n'ai pu m'en assurer), en 1959 dans Alexanor, en 1985 par d'Aguilar et Dommanget (Guide des Libellules), etc.. avant d'être officialisé dans la Liste de référence de la SFO 2012 et sur le site INPN du Muséum. 

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65393

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2°) "La Chlorocordulie métallique", Jourde 2007.

 

Dans sa traduction en 2007 du Field Guide to the Dragonflies of Britain and Europe de K.-D. B. Diskstra 2006, Philippe Jourde introduit le nom de "Chlorocordulie métallique", plaçant celui de Cordulie métallique" en retrait.

En toute logique, il adaptait la démarche de traduction du nom scientifique qui, depuis Sélys, était passé de Cordulia metallica à Somatochlora metallica  et il regroupait les noms français du genre Somatochlora Sélys, 1871 (dont Chlorocordulie est la transcription) dans une série homogène : les Chlorocordulies métallique, méridionale, à taches jaunes, arctique, alpestre, polaire, et de Thrace.

Sur le site Poitou-Charente et dans l'ouvrage Libellules de Poitou-Charente (dont Jourde est co-auteur), la "Cordulie métallique" devient le nom principal, et "la Chlorocordulie" n'est plus mentionnée que comme un synonyme. Le nom est néanmoins mentionné dans l'article Wikipédia consulté en 2019.

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LES NOMS DE S. METALLICA EN D'AUTRES LANGUES.


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-en allemand : Die Glänzende Smaragdlibelle

- en néerlandais : De metaalglanslibel

- en frison :  Glanzige glêzemakker, Glansgrienkop

- en croate : Lesklice zelenavá  cestina

- en suédois : Metalltrollslända sued

- en finlandais : Välkekorento

- en hongrois : A fémzöld szitakötő  magyar

- en  norvégien : Vanlig metalløyenstikker

- en slovène :  Kovinski lesketnik

- en anglais : The Brilliant emerald

-en gallois : Gwas gwyrdd gloyw

-en breton : Pick-aer metal-heñvel (la Cordulie — litt. : piquant du serpent—) d'apparence métallique. En attente de validation dans le Dictionnaire KAG.

 

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SOURCES ET LIENS.

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 Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 .

OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— BOUDOT (J.-P.) DOMMANGET (J.-L.) 2012,   Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp. 

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

 — DIJKSTRA  ( K.-D. B.)  & Lewington, (R.) 2015. Guide des libellules de France et d'Europe. Guide Delachaux. Delachaux et Niestlé. Paris. 320 p.

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

GRAND (D.),  BOUDOT (J.-P.). 2007. Les libellules de France, Belgique et Luxembourg. Biotope, Mèze. Collection Parthénope. 480 pp.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

JOBLING (James A.), 2010, Helm Dictionary of Scientific Bird Names, Bloomsbury Publishing,432 pages

https://books.google.fr/books?id=-RfSBAAAQBAJ&dq=metallicus+linnaeus&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— CHARPENTIER (Toussaint von), 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis nomen coloratis ; apud A. Gosohorsky, Wratislaviae. 225 pages, page 24.

HARRIS, Moses, 1731-1785, 1786, Exposition des insectes que se trouvent en Angleterre; comprenant les différentes classes des Neuroptera, Hymenoptera, et Diptera: ou des abeilles, mouches, et Libellulae. Londres, B. White et J. Edwards,1786.

https://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/130967#/summary

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. 
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1848, "Liste  des Libellules d'Europe et diagnose de quatre espèces nouvelles", Revue  Zoologique par la Société Cuvierienne, vol. 9 page 15

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19656#page/23/mode/1up

VANDER LINDEN 1825, Monographiae Libellulinarum Europaearum Specimen. Bruxellis, apud J.Frank, bibliopolam, Via Vulgo de la Putterie : 42 pp. 

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
3 février 2019 7 03 /02 /février /2019 15:15

Zoonymie des Odonates : étude des noms de Leucorrhinia pectoralis (Charpentier, 1825), "La Leucorrhine à gros thorax".

 

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

 

Résumé :

—  Leucorrhinia , Brittinger 1850,  SitzBer. Akad. Wiss., Wien, 4:333 vient des deux mots grec leukos = blanc et rhinios = nez. C'est une transcription en grec du nom latin albifrons "front blanc" de l'espèce type du genre, décrite par Burmeister en 1839. Cette transcription créée par Charpentier en 1840 sous la forme Leucorhinus a été féminisée (et complétée d'un -r-) par Brittinger, pharmacien et naturaliste de Vienne.

pectoralis, Charpentier 1825, Horae Ent.:46.  du latin pectus, oris, "poitrine" avec le suffixe -alis : "pectoral". Charpentier avait jugé  qu'outre les ptérostigmas noirâtres,   la couleur vert bronze et les taches colorées du thorax étaient caractéristiques s pour la distinguer de  L. rubicunda , décrite par Linné comme ayant un thorax noir et des ptérostigma rougeâtres. Ces critères ne sont plus spécifiques.

— Noms en français : 1°) "La Libellule pectorale", Sélys 1850, par transcription du nom scientifique ; 2°) "La Leucorrhine à gros thorax" P.-A. Robert, 1958, un nom injustifié et trompeur mais entériné par tous les auteurs.

— Noms en d'autres langues : 

-en allemand :   "Die Große Moosjungfer" = "la Grande Leucorrhine"

- en frison :  "Grutte glêzewasker, Gielflekglêzewasker, Grutte wytsnüt".

-en néerlandais : "De Gevlekte witsnuitlibel" = "la Libellule à front blanc (alias Leucorrhine) tachetée".

-en estonien : "Suur-rabakiil " "la Leucorrhine tachetée"

-en lituanien : "Šarvuotoji skėtė" 

-en hongrois : "Lápi szitakötő" = Libellule des marais ?

-en norvégien : "Stor torvlibelle" = "Grande Libellule des tourbières ?"

-en suédois : "Citronfläckad kärrtrollslända" : la Leucorrhine à tache jaune-citron"

-en finnois : "Täplälampikorento" = " Libellule des étangs tachetée".

-en anglais : Large White-faced Darter = "la Grande Leucorrhine".

-en polonais : "Zalotka większa" = "Leucorrhine la plus grande"

-en gallois : "Picellwr wynebwyn mawr " = "la Grande Leucorrhine".

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE LEUCORRHINIA (BRITTINGER, 1850).

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-leucorrhinia-brittinger-1850.html

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NOM D'ESPÈCE L. PECTORALIS (CHARPENTIER, 1825).

[Libellula pectoralis] CHARPENTIER (Toussaint von), 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis nomen coloratis ; apud A. Gosohorsky, Wratislaviae. 225 pages, page 46-47.

Numérisé par Google.

 

Description originale :

"Libellula pectoralis.

Lib. alis posticis basi macula atra : thorace viridi-aeneo, flavomaculato: abdomine atro, supra maculis fulvis vel sanguineis.

Habitat in Silesia et Saxonia ad aquas stagnantes.

Statura et magnitudine Libellulae vulgatae, paullo tamen major.

-Os atrum: frons nivea, collositate, pone quam ocelli siti sumt, nigerrima. Oculi brunnei : in postica parte nigra puncto, unico, medio, flavo.

-Thorax cum pectore pilis cinereo-albidis longis obsitus, viridi-aeneus, fulgens: dorso lineis duabus latis fulvis: pectore utrimque maculis tribus punctisque nonnullis minoribus ejusdem coloris. Maculae inter alas fulvae vel sanguineae.

-Abdomen potius cylindricum, quam triquetrum: basi inflatum, undique, inprimis vero subtus albo-pilosum. Segmentum primum maculis triangularibus fulvis pictum: in secundo et tertio segmento est fascia basalis annexaque macula fulva: in quarto, quinto et sexto macula magna dorsalis fulva vel sanguinea. Ultima tota nigra sunt.

-Pedes omnes nigri.

-Alae aqueae, hyalinae, prope basin spatio perparvo fulvae, virgula tenuissima atra. Posticae praeterea ad basin habent maculam parvam nigram, im qua nervi haud aliter colorati sunt. Parastigmata magna, aterrima, quadrata, in foemina vero oblongiora.. Nervus alarum longitudinalis primus, marginem , crassiorem reddens, albus: reliqui nigri. Juxta parastigma autem, versus apicem alarum, nervi longitudinales brevi spatio etiam nivei sunt. Nervi transversales, primum et tertium longitudinalem conjungentes, flavidi, reliqui atri sunt.

Mas instructus est appendicibus caudae duabus superioribus atris, rigidis, convergentibus: inferiore una, breviori, latiori, glabra.

Foemina duabus brevioribus supra, nulla infra.

Specimina vetusta et viva macularum abdominis colorem adipiscuntur fusciorem, ultima macula excepta, quae laete flava remanet.

Diagnosis et quaedam ex descriptione Lib. rubicundae Linnei in Fauna Suecica proposita Libellulae pectorali nostrae conveniunt: sed verba: "thorax niger, alae macula marginali (i. e. parastigmate) ferruginea” prorsus aliam denotant speciem."

 

 

Zoonymie des Odonates : étude des noms de Leucorrhinia pectoralis.
Zoonymie des Odonates : étude des noms de Leucorrhinia pectoralis.
Zoonymie des Odonates : étude des noms de Leucorrhinia pectoralis.

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En 1840, dans ses Libellulinae europaeae descriptae et depictae, pages 85-86 Charpentier donne de son espèce une nouvelle description, accompagnée d'une planche XLIV avec trois figures (mâle, femelle et "variété" et d'une planche XLVII fig. 15 avec l'extrémité abdominale du mâle.

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&dq=Toussaint+1840+caudalis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

La description du thorax (ici nommé truncus) est la suivante :

Truncus. Prothorax niger, opacus, margine antico lineaque flexuosa flavis. Mesothorax atro-viridi-aeneus, nitens, pilis longis, fuscis obsitus. Collare vittis duabus latis, angulosis (postice interdum interruptis), fulvis seu aurantiacis. Ad latera mesothoracis maculae sunt plures irregulares eiusdem coloris. Calli tuberaque interalaria in utroque sexu fulvo-lutea: in maribus haud raro sanguinea. 

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Zoonymie des Odonates : étude des noms de Leucorrhinia pectoralis.

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE  PECTORALIS.

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Pectoralis : de pectus, oris, "poitrine" avec le suffixe -alis : "pectoral".

Gaffiot donne pour pectoralis  "pectoral, de la poitrine" avec comme exemple pectoralis tunicula, "tunique qui couvre la poitrine".

Nous employons le terme "pectoral" en français depuis 1694 comme adjectif ("qui recouvre la poitrine, qui soigne la poitrine") ou comme substantif en paramentique, en anatomie, en pharmacologie ou en ornements des antiquités romaine (cuirasse), égyptienne ou juive. CNRTL.

Pour une meilleure application à notre étude, il faut en indiquer l'adjectif proche, "thoracique", mais je découvre que cet adjectif ne s'est imposé que tardivement, d'abord en anatomie par A. Paré ("thorachique") puis à la suite de son emploi en latin scientifique par Linné sous la forme thoracici : c'est donc un terme très spécialisé (anatomie,  physiologie et zoologie). On trouve l'épithète  thoracicus en entomologie chez Fabricius 1771, Geoffroy in Fourcroy 1785, et, en Odonatologie, Lestes thoracicus chez Laidlaw en 1920.  Alors que Charpentier utilise le terme de latin "thorax" dans sa description, il choisit l'épithète "pectoralis".

Chipotons encore. En anatomie, en zoologie ou même parfois en langue usuelle, thorax et poitrine sont synonymes, désignant la partie située entre la tête et l'abdomen. Mais "poitrine" et "pectoraux" sont souvent réservés à la partie antérieure du tronc, et la poitrine d'une femme renvoie à ses seins. Cependant, cette distinction n'apporte rien dans la suite de notre étude.

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Cette épithète doit se comprendre dans le cadre de la discussion taxonomique exposée par Charpentier à la fin de sa description, où il distingue son espèce de la Libellula rubiconda [notre Leucorrhinia rubiconda] décrite par Linné en 1758, mais pour la description de laquelle il renvoie à la Fauna suecica , dans son édition de 1761 vraisemblablement. [Fn. svec. :372 n°1462]. En effet, la description y est plus précise que dans le Systema naturae 1758.

Il écrit : "La diagnose et la description de la Libellula rubicunda de Linné dans Fauna suecica conviennent à notre Libellula pectoralis, mais les mots "thorax noir et ailes aux parastigma rougeâtres" désignent une autre espèce que la notre". 

Sa description, tout comme cette dernière remarque, ne souligne pas d'autre caractère spécifique du thorax (la "poitrine" = pectoralis) que sa couleur, qui est, dans la diagnose, thorace viridi-aeneo, flavomaculato, "vert-bronze à taches jaunes".

Diagnose : Lib. alis posticis basi macula atra: thorace viridi-aeneo, flavomaculato: abdomine atro, supra maculis fulvis vel sanguineis. = "Libellule avec une tache noire à la base des ailes inférieures. Thorax vert-bronze à taches jaunes ; abdomen noir, avec des taches fauves ou jaunes au dessus."

Dans la description plus détaillée qui suit, nous lisons : 

Thorax cum pectore pilis cinereo-albidis longis obsitus, viridi-aeneus, fulgens: dorso lineis duabus latis fulvis: pectore utrimque maculis tribus punctisque nonnullis minoribus ejusdem coloris. Maculae inter alas fulvae vel sanguineae."Thorax couvert de longs poils pectoraux gris-blanc, et d'un vert-bronze vif ; deux larges lignes dorsales fauves ; des deux cotés du thorax, trois taches et des points, certains de plus petite taille, sont de la même couleur, des deux côtés, une partie des taches de la tribu des lignes et des points. Les taches entre les ailes sont rouge-sang ou fauves. "

Parastigmata magna, aterrima, quadrata, in foemina vero oblongiora : = Les ptérostigmas sont grands, très noirs, carrés, mais il est vrai plus oblongs chez la femelle"

 

 

En 1840, Sélys, dans sa Monographie, ne retient pas la L. pectoralis de Charpentier comme une espèce différente de L. rubicunda, et la présente en synonymie.

Il s'amende en 1850 dans sa Revue des Odonates, et la décrit spécifiquement, au n°25, juste après la rubicundia.  Sa diagnose mentionne les ptérostigmas noirs ; l'absence ou la petite taille de taches noires basale des ailes supérieures ; les appendices anals noirs ; et l'abdomen cylindrique aux taches spécifiques. Pas un mot sur le thorax !

Certes, ce thorax est décrit dans la description générale, mais Sélys n'y présente aucun caractère spécifique pour  différencier pectoralis des autres Leucorrhines,  (et pour expliquer son nom) puisque il conclue ainsi :

"La pectoralis diffère de la rubicunda et de la dubia, 1° en ce que la tête est plus grosse, le corps plus épais, les ailes inférieures plus larges à la base; le ptérostigma toujours noir ou noirâtre (mais notez que la rubicunda femelle a aussi cette partie noire). La tache dorsale du 7° segment est lancéolée , toujours jaune , et occupe ce segment dans presque toute sa longueur; les taches des 4° et 5° segments sont aussi larges que les autres. Chez le mâle les taches de l’abdomen sont toujours ou jaunâtres ou brunes. Les parties génitales du mâle et l’écaille vulvaire de la femelle sont très-différentes.

La pectoralis diffère en outre de la rubicunda, en ce que la tache noire des ailes inférieures est plus large et le ptérostigma plus long. Les femelles .des deux espèces se ressemblent extrêmement, mais celle de la rubicunda a aux ailes supérieures, entre la 4e et la 5e nervure , une virgule noire très-distincte , et son écaille vulvaire est toute différente.

Enfin la pectoralis se distinguera particulièrement de la dubia par la tache noire basale des ailes supérieures petite ou nulle".

Pour Diskstra 2007, c'est cette tache sur S7 qui est le meilleur indice, car "plus jaune que celle de S4 -S6 qui sont bruns-rouges chez le mâle et brun-jaune chez la femelle". C'est aussi la plus grande des Leucorrhines et son abdomen est plus large.

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On me voit sans doute venir : à aucun moment le nom français de "Leucorrhine à gros thorax" ne trouve chez Charpentier ou chez Sélys la moindre justification. Étonnant ! Mais nous n'en sommes pas là.

Conclusion :

Pectoralis : de pectus, oris, "poitrine" avec le suffixe -alis : "pectoral". Charpentier avait jugé  que la couleur vert bronze et les taches colorées du thorax étaient caractéristiques pour la distinguer de  L. rubicunda , décrite par Linné comme ayant un thorax noir et des ptérostigma rougeâtres. Ces critères ne sont plus spécifiques.

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

 

JOURDE, PRECIGOUT ET PRUD'HOMME / POITOU-CHARENTES-NATURE:

"Etymologie: Pectoralis du latin pextus = muscles de la région du thorax."

Je passe...

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. pectoralis, -is, -e = concerning the breast [pectus = breast].  Charpentier believed the coloured spots on the thorax to be diagnostic (considering Linnaeus had described L. rubicunda as having a black thorax)."

Trad : " "du latin  pectoralis, -is, -e = "concernant la poitrine" [pectus = poitrine]. Charpentier pensait que les taches colorées sur le thorax étaient caractéristiques (considérant que Linné avait décrit L. rubicunda comme ayant un thorax noir]."

C'est mon interprétation préférée.

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HEINRICK FLIEDNER 2009.

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"- pectoralis [l. concerning the breast] CHARPENTIER (1825: 46) chose as name because he was wrongly convinced that the thorax showed characteristic features, by which this species might be distinguished from other anisopteran species."

Trad : [du latin concernant la poitrine]. "CHARPENTIER (1825: 46) a choisi comme nom parce qu'il avait été convaincu à tort que le thorax présentait des traits caractéristiques qui permettraient de distinguer cette espèce des autres espèces d'anisoptères."

 

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VAN HIJUM, 2005

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document;docid=555521

pectoralis van pectus = borst.  De witneuzige libel met de kenmerkende Borsttekening " = "Pectoralis de pectus, "poitrine". La Leucorrhine ave le dessin caractéristique de la poitrine"

 

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NOMS VERNACULAIRES.

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NOMS EN FRANÇAIS.

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1°) "La Libellule pectorale", Sélys, 1850.

Revue des Odonates page 56 .

https://books.google.fr/books?id=6NAyAQAAMAAJ&dq=s%C3%A9lys+revue+1850&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

2°) "La Leucorrhine à gros thorax" , P.-A. Robert, 1958.

 page 314

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&focus=searchwithinvolume&q=pectoralis+

De façon stupéfiante, et parfaitement injustifiée, comme nous l'avons vu, le naturaliste suisse chevronné choit de "traduire" pectoralis par "à gros thorax".

Et de façon encore plus stupéfiante, il va être suivi par l'ensemble des odonatologistes francophones, dans la revue Alexanor dès 1959, dans le Guide des Libellules d'Europe de d'Aguilar et Dommanget en 1985, dans l'Etude faunistique et Bibliographique des Odonates de France de Dommanget en 1987, dans les Guides successifs de Dijkstra traduit par Jourde en 2007, de Grand et Boudot la même année, ou de Jourde pour Libellules de Poitou-Charentes en 2009, sur la Liste de référence de la SFO en 2012, ou sur le site INPN du Muséum consulté en 2019 et sur l'article de Wikipédia, sans que personne ne se préoccupe de la diffusion auprès du grand public de cette incongruité.

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Nous allons voir que les autres pays ont été plus respectueux de leur public.

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NOMS EN D'AUTRES LANGUES.

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La principale caractéristique soulignée dans les autres langues, précieuse sur le terrain pour les amateurs devant identifier une Leucorrhine qu'ils auront reconnu à sa face sombre contrastant avec son corps sombre, est sa grande taille ; encore faut-il disposer d'un élément de comparaison.

Le nom le plus judicieux est peut-être celui de "Leucorrhine tachetée", pour rappeler la valeur de la tache jaune de S7. Mais ce sont les suédois que j'appelle au sommet du podium pour leur Citronfläckad kärrtrollslända qui précise la couleur de cette tache du 7ème segment abdominal.

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-en allemand :   "Die Große Moosjungfer" = "la Grande Leucorrhine"

- en frison :  "Grutte glêzewasker, Gielflekglêzewasker, Grutte wytsnüt".

-en néerlandais : "De Gevlekte witsnuitlibel" = "la Libellule à front blanc (alias Leucorrhine) tachetée".

-en estonien : "Suur-rabakiil " "la Leucorrhine tachetée"

-en lituanien : "Šarvuotoji skėtė" 

-en hongrois : "Lápi szitakötő" = Libellule des marais ?

-en norvégien : "Stor torvlibelle" = "Grande Libellule des tourbières ?"

-en suédois : "Citronfläckad kärrtrollslända" : la Leucorrhine à tache jaune-citron"

-en finnois : "Täplälampikorento" = " Libellule des étangs tachetée".

-en anglais : Large White-faced Darter = "la Grande Leucorrhine".

-en polonais : "Zalotka większa" = "Leucorrhine la plus grande"

-en gallois : "Picellwr wynebwyn mawr " = "la Grande Leucorrhine".

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Source : https://pl.wikipedia.org/wiki/Zalotka_wi%C4%99ksza

 

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SOURCES ET LIENS.

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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— BOUDOT (J.-P.) DOMMANGET (J.-L.) 2012,   Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp. 

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

 

 

DIJKSTRA  ( K.-D. B.)  & Lewington, (R.) 2015. Guide des libellules de France et d'Europe. Guide Delachaux. Delachaux et Niestlé. Paris. 320 p.

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

GRAND (D.),  BOUDOT (J.-P.). 2007. Les libellules de France, Belgique et Luxembourg. Biotope, Mèze. Collection Parthénope. 480 pp.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

— ROBERT (Paul-A.), Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

CHARPENTIER (Toussaint von), 1825, Horae entomologicae, adjectis tabulis nomen coloratis ; apud A. Gosohorsky, Wratislaviae. 225 pages, page 24.

Numérisé par Google.

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. 
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1848, "Liste  des Libellules d'Europe et diagnose de quatre espèces nouvelles", Revue  Zoologique par la Société Cuvierienne, vol. 9 page 15

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19656#page/23/mode/1up

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
2 février 2019 6 02 /02 /février /2019 16:26

Zoonymie des Odonates : les noms d'Orthetrum albistylum (Selys, 1848), "l'Orthétrum à stylets blancs".

 

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

 

 

 

Résumé.

— Orthetrum Newman 1833 : Des deux suffixes grecs  orthos  "droit" et êtron "abdomen". En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum " à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

albistylum, Selys 1848 , Rev. Zool. :15 : du latin albus "blanc" et stilus "objet en forme de tige pointue"  en latin classique ou, ici, "appendice anal". En effet, l'auteur caractérise son espèce par "les deux appendices anals supérieurs qui sont blanchâtres dans les deux sexes" ce qui la distingue d'O. cancellatum.

— Noms en français : 1°) La Libellule à styles blancs Sélys, 1850 ; 2°) "l'Orthétrum à stylets blancs" P.-A. Robert, 1958.

— Noms en d'autres langues.

-en allemand : "Östliche Blaupfeil "

- en néerlandais : " De witpuntoeverlibel"  

-en anglais : "The White-Tailed Skimmer"

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE ORTHETRUM NEWMAN 1833.

 

Voir : http://www.lavieb-aile.com/2018/03/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-orthetrum-newman-1833.html

 

..

 

NOM D'ESPÈCE : O. ALBITYLUM (SELYS, 1848).

[Libellula albistyla], Edmond de Sélys-Longchamps, 1848, "Liste  des Libellules d'Europe et diagnose de quatre espèces nouvelles", Revue  Zoologique par la Société Cuvierienne, vol. 9 page 15

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19656#page/23/mode/1up

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Description originale.

1 . Libellula albistyla De Selys. — Très-voisine de la L. cancellata dont elle diffère surtout par les deux appendices anals supérieurs qui sont blanchâtres dans les deux sexes. Il y a aussi de bons caractères dans les parties génitales antérieures du mâle, l'écaillé vulvaire delà femelle, le dessin du thorax, la plus grande longueur du pterostigma. 

Habite les environs de Lyon (M. Poudras), Steyr en Autriche (M. Brittinger), l'Italie ? (Vander L). 

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En 1850, Sélys précise qu'il décrit cette espèce d'après un couple qu'il a reçu de Mr Foudras à Lyon, venant d'une localité à proximité de Lyon ; elle a aussi été prise à Styer en Hongrie par Mr Brittinger, et il en existe deux autres spécimens mâles dans la collection de Vander Linden, provenant sans doute d'Italie.

Le correspondant lyonnais est très probablement l'avocat Antoine-Eugène Foudras, co-fondateur avec Lacène de la société linnéenne de Lyon en 1822, auteur en 1860 d'une Monographie des Altisides et dont la  Collection a été déposée au Musée Guimet d'Histoire naturelle de Lyon. Il sembla avoir été actif de 1842 à 1859, ce qui est cohérent avec la description de Sélys. (Falcoz L., 1912. — Notes d'Entomologie rétrospective. Les chasses de Foudras dans la région lyonnaise de 1842 à 1859.)

 

[Clary Joël, Allemand Roland, Richoux Philippe. L'école entomologique lyonnaise du XIXe siècle. In: Bulletin mensuel de la Société linnéenne de Lyon, 57ᵉ année, n°9, novembre 1988. pp. 287-293; doi : https://doi.org/10.3406/linly.1988.10848 https://www.persee.fr/doc/linly_0366-1326_1988_num_57_9_10848]

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ÉTUDE DU NOM ALBISTYLUM.

.

albistylum, du latin albus "blanc" et stylus ou stilus "objet en forme de tige pointue"  en latin classique (Gaffiot) ou, ici, "appendice anal". En effet, l'auteur caractérise son espèce par "les deux appendices anals supérieurs qui sont blanchâtres dans les deux sexes" ce qui la distingue d'O. cancellatum.

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=stilus

.

 

 

.

AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉS CE NOM.

.

 

.

POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/orthetrum-a-stylets-blancs/

 

"de albus (lat) = blanc et stilus (lat) = style, poinçon, tige : cette espèce a des appendices anaux blanchâtres. "

 

.

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Orthetrum albistylum (Selys, 1848) from Lat. albus, -a, -um = white + stilus = pointed stick, pen, stylus (the latter word is used in entomology to refer to the upper appendages) for the male's white upper appendages "

 

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

albistylum (Orthetrum) - albus, a, um = bianco + stylum = bacchetta appuntita. Per l’addome terminante a punta e con le appendici anali."

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

non traité

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

non traité

.

 

 

.

NOMS VERNACULAIRES.

.

LES NOMS EN FRANÇAIS.

.

1°) "La Libellule à styles blancs", Sélys, 1850.

Revue des Odonates pages 13-14.

https://books.google.fr/books?id=6NAyAQAAMAAJ&dq=%22revue+%22+selys+1850&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Ce nom en français ne sera plus employé par la suite.

Note : Ne pas confondre avec  le nom de "Libellule à stylets blancs",  attribué par d'Aguilar et Dommanget en 1985, pour désigner Brachythemis leucostica (Burmeister 1839).

https://en.wikipedia.org/wiki/Brachythemis_leucosticta

2°) "L'Orthétrum à stylets blancs", P.-A. Robert, 1958.

ROBERT (Paul-A.), Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages page 209. 

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&focus=searchwithinvolume&q=stylets+blancs

 

Ce nom a été adopté par tous les auteurs et figure sur la Liste de référence de la SFO (2012) comme sur le site INPN du Muséum.

 

 

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65282

.

LES NOMS EN D'AUTRES LANGUES.

 

-en allemand : "Östliche Blaupfeil ", l'Orthétrum de l'Est.

Remarque : les autres  Orthetrum portent en allemand les noms suivants :

  • "Südlicher Blaupfeil" Orthetrum brunneum

  • "Großer Blaupfeil" Orthetrum cancellatum

  • "Rahmstreif-Blaupfeil" Orthetrum chrysostigma

  • "Kleiner Blaupfeil" Orthetrum coerulescens

  • "Gelbader-Blaupfeil" Orthetrum nitidinerve

  • "Schlanker Blaupfeil" Orthetrum sabina

  • "Zierlicher Blaupfeil" Orthetrum taeniolatum

  • "Langer Blaupfeil" Orthetrum trinacria

.

- en néerlandais : " De witpuntoeverlibel"  

-en anglais : "The White-Tailed Skimmer"

-en breton :  Broud-aer gwenn-ha-du . ( en attente de validation pour  Kreizenn ar Geriaoiuñ KAD)

 

 

.

SOURCES ET LIENS.

.

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

.

OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

BOUDOT (J.-P.) DOMMANGET (J.-L.) 2012,   Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp. 

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

 

 

— DIJKSTRA  ( K.-D. B.)  & Lewington, (R.) 2015. Guide des libellules de France et d'Europe. Guide Delachaux. Delachaux et Niestlé. Paris. 320 p.

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

—GRAND (D.),  BOUDOT (J.-P.). 2007. Les libellules de France, Belgique et Luxembourg. Biotope, Mèze. Collection Parthénope. 480 pp.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

— ROBERT (Paul-A.), Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. 
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1848, "Liste  des Libellules d'Europe et diagnose de quatre espèces nouvelles", Revue  Zoologique par la Société Cuvierienne, vol. 9 page 15

https://www.biodiversitylibrary.org/item/19656#page/23/mode/1up

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
1 février 2019 5 01 /02 /février /2019 15:08

Zoonymie des Odonates : les noms d'Orthetrum brunneum (Fonscolombe, 1837), "L'Orthétrum brun".

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 .

Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

.

 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

.

ZYGOPTÈRES

BIBLIO :


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Résumé.

— Orthetrum Newman 1833 : Des deux suffixes grecs  orthos  "droit" et êtron "abdomen". En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum " à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

brunneum Fonscolombe, 1837, Ann. Soc. entomol.  fr. 6:141-142. Du latin tardif (post-linnéen) brunneus, "brun", mais l'auteur donne dans sa diagnose Libellula brunneo-lutescens, "brun-jaunâtre". Fonscolombe a décrit cette espèce  à partir d’un imago immature (qui est de couleur brune), prenant les mâles adultes bleus pour une autre espèce nommée L. coerulescens. Néanmoins, les ptérostigmas sont brun-rougeâtre chez cette espèce.

— Noms en français : 1°) "La Libellule brune", Sélys 1850 ; 2°)"L'Orthétrum brun" 

— Noms en d'autres langues :

-en allemand : "Der Südliche Blaupfeil".

- en frison : "Südlike ringlibel", "Blauwe ringlibel", "Sinnesitter"

- en néerlandais : "Zuidelijke oeverlibel"

-en anglais : "The Southern Skimmer"

 

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NOM SCIENTIFIQUE.

 

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NOM DE GENRE ORTHETRUM NEWMAN 1833.

 

Voir : http://www.lavieb-aile.com/2018/03/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-orthetrum-newman-1833.html

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LE NOM D'ESPÈCE O. BRUNNEUM (FONSCOLOMBII, 1837).

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[Libellula brunnea], Etienne Hippolyte Boyer de Fonscolombe, 1837, "Monographie des Libellulines des environs d'Aix", Annales de la Société entomologique de France Paris, volume 6 pages 141-142   Ann. Soc. entomol.  fr. 6:141-142.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/144/mode/1up

 

 Boyer de Fonscolombe, entomologiste mort en 1853, à l’âge de plus de quatre-vingts ans  fut un des fondateurs de l’Académie d’Aix, ville aux environs de laquelle il possédait le château de Fonscolombe et, dans le Var, le domaine du Moulin-Blanc. 

C'est donc bien naturellement que sa monographie est consacrée aux Odonates "des environs d'Aix". Il possédait au Puy-Sainte-Réparade,  à 30 km au nord d'Aix,  le domaine familial du château de Fonscolombe, qui a été décrit plus tard ainsi : "Le parc de Fonscolombe, situé au nord du département des Bouches-du-Rhône, non loin des rives de la Durance, présente surtout des essences de pays tempérés ; arrosé par des eaux abondantes, il a de plantureux herbages qui lui donnent l’apparence d’un coin de la Normandie transporté sous le ciel de Provence.". Mais il faut souligner que ce domaine borde la rive sud de la Durance, avec ses multiples îles et ses bancs sableux, que l'entomologiste explorait. Dans son Calendrier ... des environs d'Aix de 1845, il précise que son rayon d'observation comprend "les environs d'Aix", mais aussi Marseille, ainsi que, dans le Var, le massif de Sainte-Baume et Saint-Zacharie : c'est là qu'il possédait le domaine du Moulin-Blanc, et son parc arborié où "il y a aussi des eaux vives et des herbages, mais à côté on admire les palmiers et les autres plantes des pays chauds.", mais qu'il abandonnait pour les pentes du Mont Olympe par exemple. 

Ce premier article sera suivi de deux autres dans les mêmes Annales en 1838, consacrés aux genres "Aeshna" et  "Agrions".

 Dans cet article, Fonscolombe décrit 10 espèces d'Anisoptères, du genre Libellula d'alors, et dont il rattache sept à des espèces déjà décrites :  L. depressa, L. quadrimaculata, L. cancellata, L. cœrulescens, L. ferruginea, L. flaveola (plus tard rectifiée en L. fonscolombii par Sélys), et L. vulgata.

Il décrit aussi sous son nom (nobis) trois espèces :  L. olympia, L. brunnea, L. nitens. Mais L. nitens sera reconnue comme Cordulia curtisii (Dale 1834) et L. olympia comme une femelle d'Orthetrum coerulescens.

.

Description originale.

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6. Libellula brunnea (nobis). 
Lib. Brunneo-lutescens, puncto bino-dorsali et margine cujusque segmenti, nigris ; alis albis, macula marginali luteâ; membranulâ accessoriâ albâ (mas. et fem.). 
Long. 0,04. 
Enverg. 0,065 . 
_ Mâle. Entièrement d’un jaune-grisâtre ; le devant de la tête et des yeux gris-verdâtre ; le derrière des yeux jaune, obscurément taché de brun. Le devant du corselet est marqué de deux bandes gris-blanchâtre , suivies sur les côtés d’une autre bande brune. Le milieu des côtés, sous les ailes, est gris-glauque au devant, puis brunâtre, sans séparation bien distincte; et sous les secondes ailes, vers l’abdomen, le reste de ces côtés est d'un gris-glauque ; le dessus du corselet entre les ailes est jaune-sombre , avec quelques taches blanchâtres. 
L’abdomen est un peu caréné, jaunâtre, marqué, sur l’arête, d’une ligne noire, et sur le côté de chaque segment, d’une bande ou nuance d’un gris-violâtre : ils sont terminés  postérieurement par une ligne noire, précédée aux quatrième, cinquième, sixième, septième et huitième segments, de deux points rapprochés au milieu du dos: le coté inférieur de chacun est aussi marqué d’une ligne noire longitudinale. Le ventre est taché de quelques nuances légèrement bleuâtres. Les pattes sont jaunâtres,, avec les cils noirs ; les ailes entièrement transparentes, les nervures noires, le stigmate jaune bordé de noir. La membranule accessoire est blanche. 
- La femelle est plus jaunâtre que le mâle ; le devant de sa tête est jaunâtre; les côtés des segments abdominaux sont marqués d’une tache ou bande longitudinale plutôt brune que violâtre , qui se perd insensiblement dans la couleur du fond. Elle diffère peu de la femelle de la Lib. cœrulescens : elle est seulement un peu plus jaune, nullement saupoudrée de pollen bleuâtre , et le stigmate est jaune. 
Le 22 mai, au bord de l’Arc, en quantité, tant mâles que femelles. 
Nota. Serait-ce la var. roussâtre du mâle de la Lib. cœrulescens, que cite Vanderlinden? En effet je l’ai prise assez 
nouvellement née, et il y avait au même endroit, et en même temps des Lib. cœrulescens mâles. Je la crois néanmoins une espèce très-distincte. 

La localisation de la nouvelle espèce est (relativement) précise, sur les rives de l'Arc, fleuve qui se jette dans l'Étang de Berre par un petit delta. Il prend sa source au pied du mont Aurélien, Saint-Maximin-la Sainte-Baume . L'autoroute A8 le longe, au sud de la Montagne Sainte-Victoire et au nord de Saint-Zacharie. Fonscolombe y signale plusieurs fois des découvertes dans son Calendrier, ainsi qu'au Pont-de-l'Arc (au sud immédiat d'Aix).

https://fr.wikipedia.org/wiki/Arc_(%C3%A9tang_de_Berre)

.

 

 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/145/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/145/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/146/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/146/mode/1up

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ÉTUDE DU NOM BRUNNEUM.

1°) L'épithète brunnea accordée au genre Libellula est devenue brunneum en s'accordant au genre Orthetrum

Elle reprend le latin  brunneus, a, um "brun". Cet adjectif n'est pas donné dans le dictionnaire latin-français  Gaffiot, car il relève d'un latin tardif, scientifique, propre au milieu des  naturalistes et principalement depuis son emploi par Linné en 1746.

Cet adjectif de couleur (l'un des 21 de la liste des espèces françaises)  renvoie à la diagnose de la description originale :  Lib. Brunneo-lutescens, c'est à dire "Libellule brun-jaunâtre". Pourtant, dans le corps de la description, l'adjectif brun n'est que secondaire et ponctuel  puisque le mâle est "entièrement d’un jaune-grisâtre"  et que les teintes mixtes abondent : "gris-verdâtre" "jaune, obscurément taché de brun""gris-blanchâtre", "gris-glauque" ou "jaune-sombre , avec quelques taches blanchâtres", "gris-violâtre"" quelques nuances légèrement bleuâtres" .
Quand à la femelle, "plus jaunâtre que le mâle" ses couleurs ne sont pas plus franches :  "jaunâtre"; "une tache ou bande longitudinale plutôt brune que violâtre , qui se perd insensiblement dans la couleur du fond" , " un peu plus jaune, nullement saupoudrée de pollen bleuâtre" .

Finalement, toutes ces couleurs atténuées donnent sans doute, une fois mélangées,  le brun de son nom, sans doute plus exactement "brunâtre".

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2°) La contribution de Sélys en 1850.

Sélys et Hagen, Revue des Odonates page 18.

https://books.google.fr/books?id=6NAyAQAAMAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Dans sa revue des Odonates, Edmond de Sélys-Longchamps fusionne sous le nom de Libellula brunea Fonscol. la Libellula caerulescens, une espèce bleue comme son nom l'indique qu'il avait décrite en 1840 dans sa Monographie (sous le n°5) et la Libellula brunnea de Fonscolombe, pour la distinguer de Libellula cœrulescens décrite par Fabricius en 1798 (notre Orthetrum œrulescens).   

Son abdomen est déprimé, olivâtre, bleu pulvérulent en entier chez le mâle, les ptérostigmas sont bruns olivâtre, les pièces génitales sont spécifiques, les pattes sont beaucoup plus noires. Un tableau dresse les différences entre les deux espèces.

Au total, le nom scientifique , et sa traduction trop servile en français, deviennent des "faux-amis" pour une espèce d'Orthetrum aux mâles dont l'abdomen est entièrement bleu , comme cœrulescens, chrysostigma, nitidiverve, et taeniolatum, dont elle sera identifiée d'avantage par élimination que sur un vrai critère distinctif  à distance. (Dijkstra p. 250 et 256)

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AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉS CE NOM.

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/orthetrum-brun/

 

"Brunneum (lat) = brun : Fonscolombe a décrit cette espèce en 1837 à partir d’un imago immature (qui est de couleur brune), prenant les mâles adultes bleus pour une autre espèce."

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. brunneus, -a, -um = brown for the colouration of immature animals; mature, pruinescent males were initially believed to be a separate species."

 

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

" dal tardo latino brunneus, a, um = bruno. Per la presenza di segni di colore bruno-lutescente che la distingue dalla congenere coerulescens."

 

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

non traité

 

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"brunneum = bruin (naam duidt op onberijpte exemplaren)"

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NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS EN FRANÇAIS.

.

1°) "La libellule brune", Sélys 1850.

Revue des Odonates page 18

https://books.google.fr/books?id=6NAyAQAAMAAJ&dq=libellule+br%C3%BBne&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

.

2°) "L'Orthétrum brun" Paul-André Robert 1958.

ROBERT (Paul-A.), Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages page 266. 

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&focus=searchwithinvolume&q=brunneum

 

Ce nom a été adopté par tous les auteurs et figure sur la Liste de référence de la SFO (2012) comme sur le site INPN du Muséum.

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LES NOMS EN D'AUTRES LANGUES.

Tous mettent en avant le caractère méridional de l'espèce, car celle-ci n'est pas observée sur les Îles Britanniques, aux Pays-Bas, au nord de l'Allemagne ou en Europe du Nord, alors qu'elle est commune autour de la Méditerranée; toutefois, "cette espèce thermophile étend son aire vers le nord depuis les années 1990" (Dijkstra) et s'observe désormais dans toute la France .

-en allemand : "Der Südliche Blaupfeil".

- en frison : "Südlike ringlibel", "Blauwe ringlibel", "Sinnesitter"

- en néerlandais : "Zuidelijke oeverlibel"

-en anglais : "The Southern Skimmer"

-en breton : Broud-aer tal gwenn. (sources : Kreizenn ar Geriaoiuñ KAD)

 

 

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SOURCES ET LIENS.

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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— BOUDOT (J.-P.) DOMMANGET (J.-L.) 2012,   Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp. 

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

— ROBERT (Paul-A.), Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

FONSCOLOMBE (Etienne Hippolyte Boyer de ), 1837 et 1838, Monographie des Libellulines des environs d'Aix, Annales de la Société entomologique de France  6:129,   7:75-106 (Aeshna) et 7:547-575 (Agrions) .

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/133/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/page/15643737#page/79/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/page/15643737#page/559/mode/1up

 

— FONSCOLOMBE (Etienne Laurent Joseph Hippolyte Boyer de), 1845, Calendrier de faune et de flore pour les environs d'Aix ou première apparition des principaux insectes et première floraison des végétaux qui s'y trouvent, Mme Veuve Tavernier, 1845 - 370 pages

https://books.google.fr/books?id=7e4XAAAAYAAJ&dq=%22boyer+de+fonscolombe%22+zacharie&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 15:01

Zoonymie des Odonates : les noms du Sympetrum meridionale (Selys, 1841), "le Sympétrum méridional".

CECI EST LE  1500ème ARTICLE  DE CE BLOG !! LA VIE EST B AILE !

 .

Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

.

ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

Résumé :

— Sympetrum, Newman, 1833, Ent. mag. , 1:511.. Des deux suffixes grecs σύμπυκνος, sympiezein   "comprimé" et  ἦτρον, êtron "abdomen" : "qui a l'abdomen comprimé latéralement".  En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum  "à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

 

S. meridionale Selys, 1841 Rev. Zool. Cuv.: 245. De l'adjectif latin meridionalis, e signifiant "méridional, du midi". Sélys avait observés cette espèce au Musée de Turin dont le directeur, C.G. Gené,  les avaient capturés en Sicile et en Sardaigne. C'est l'un des  8 épithètes géographiques du corpus des noms scientifiques parmi les  92 espèces observées en France.

— Nom français : 1°) "La Libellule méridionale", Sélys, 1850. 2°) "Le Sympétrum méridional" P.A. Robert 1958.

— Noms en d'autres langues :

- en allemand : Die Südliche Heidelibelle

- en frison : Südlike heidelibel, Sinnehopke

-en néerlandais : Zuidelijke heidelibel

- en catalan :El Pixaví meridional 

- en polonais : Szablak południowy

- en anglais : The Southern Darter 

 

 

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE SYMPETRUM (NEWMAN, 1833).

Voir :

Newman, Entomological Magazine vol. 1, London, F. Westley & A.H. Davis, page 511.

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-sympetrum-newman-1833.html

 

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NOM D'ESPÈCE SYMPETRUM MERIDIONALE (SELYS, 1841).

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n.b : En vertu d'une décision du Code International de Nomenclature Zoologique, on doit écrire le nom de Selys sans accent.

[Libellula meridionalis], SELYS (Edmond Revue Zoologique par la société  cuviérienne, Paris,  vol.4 page 245

https://books.google.fr/books?id=zu9DAQAAMAAJ&pg=PA246&dq=s%C3%A9lys+revue+zoologie+meridionalis&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjXmfX52JXgAhVKCxoKHWRoC94Q6AEIKTAA#v=onepage&q=s%C3%A9lys%20revue%20zoologie%20meridionalis&f=false

Description originale.

"5. Lib. meridionalis, Selys.- Elle diffère de la L. vulgata, en ce qu'elle est plus petite, la tête moindre; les côtés du thorax d'un jaune plus vif avec seulement quelques petits traits noirs très-interrompus; pas de trait dorsal noir sur les 8° et 9 segments de l'abdomen qui est plus court. Il y a un vestige safrané assez vif à la base des ailes. Pieds beaucoup plus jaunes, les cuisses n'offrant pas de ligne noire en dehors, et leur première moitié interne également jaune. L'écaille vulvaire de la femelle non divergente.

Habite la Sardaigne et la Sicile (Musée de Turin). Espèce un peu douteuse, qui demande à être étudiée à l'état adulte."

 

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ÉTUDE DU NOM S. MERIDIONALE.

Du latin meridionalis, e : "méridional" .  De meridies (« midi ») avec le suffixe -alis. En bonne logique dérivative, le mot aurait du faire meridialis ; un rarissime infixe on a été ajouté pour faire le pendant à septentrionalis. (Wiktionnaire)

Voir meridianus, a, um et meridionalis, e dans Felix Gaffiot.

L'article que  "Edme de Selys de Longchamps" fait paraître dans la Revue Zoologique est intitulé Nouvelles Libellulidées d'Europe . Il décrit en quatre pages  8 espèces nouvelles, principalement grâce à l'apport de spécimens venant de Sicile, conservés au Musée de Turin  et communiqués par le Carlo Giuseppe Gené (1800-1847), professeur de zoologie à Turin et directeur du Musée d'histoire naturelle de Turin depuis 1831 (alors que son adjoint est Victor Ghiliani).  C. G. Gené avait rédigé, à la suite de quatre séjours en Sardaigne, des Mémoires pour l'Académie royale des Sciences de Turin en 1824, et ses collections avaient enrichi celles du Musée de Turin. Pour cette raison, Sélys a nommé l'une de ses nouvelles espèces Gomphus genei, [aujourd'hui Paragomphus genei, "le Gomphus de Gené"] en expliquant "Je l'ai dédié au savant professeur Géné [sic] , si connu par ses excellents ouvrages sur les reptiles et les insectes de la Sardaigne, et à l'obligeance duquel je dois la communication qui m'a été faite des Libellules du Musée de Turin." . L'année suivante, en 1842 Rambur lui rendra également hommage avec Ischnura genei, l'Agrion de Gené.

 

Dans World catalogue of Odonata, Steinmann indique ceci : Libellula meridionalis, ... type-sex not given : Museo Torino, type-locality : Sardinia. Mais Sélys écrit dans son article page 246 "la Macrocephala et la Meridionalis, qui viennent toutes deux de Sicile". Et il écrit dans sa decsription originale : "Habite la Sardaigne et la Sicile (Musée de Turin)".

En outre, dans sa description de Libellula meridionalis en 1850 dans la revue des Odonates, il écrit page 39 :

https://books.google.fr/books?id=Xa98vgAACAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=meridionalis&f=false

 

"Habitat. Commune en Belgique depuis le commencement d'août jusqu'au 15 septembre, mais seulement dans quelques localités, principalement dans les marais. Je l'ai prise aussi aux environs de Turin à la fin de septembre, et M. Imhoff l'a trouvée dans les Alpes Suisses. M. Pecchioli me l'a envoyée de Pise, M. Gêné de Sardaigne et de Sicile; M. Rambur l'a recueillie en Espagne, en Corse , en Provence et aux environs de Paris; il dit qu'elle se trouve aussi dans les Alpes. Trouvée en Algérie par M. Lucas; ses exemplaires sont de taille très-variable. M. Brittinger l'a prise à Steyr en Autriche. M. Ménétriés m'en a communiqué un exemplaire de la Russie méridionale , d'où je conclus que cette espèce est répandue dans une grande partie de l'Europe méridionale et tempérée. Enfin j'en ai vu dans la collection de M. Evans un exemplaire qu'il a pris près de Londres."

 

Quoiqu'il en soit, l'épithète meridionalis s'explique par la provenance des spécimens décrits de Sicile et de Sardaigne, deux îles méditerranéennes. 

Les épithètes géographiques sont rares dans les noms scientifiques des 92 espèces françaises d'odonates : j'en retiens 8 au total : Aeshna subarctica elisabethae Djakonov, 1922 , Anax parthenope (Selys, 1839) Anax napolitain ,Somatochlora alpestris (Selys, 1840) Cordulie alpestre, Somatochlora arctica (Zetterstedt, 1840) Cordulie arctique, Somatochlora meridionalis Nielsen, 1935 Cordulie méridionale, Sympetrum meridionale (Selys, 1841) Sympétrum méridional , Orthetrum trinacria (Selys, 1841) Orthétrum de Sicile , et Sympetrum pedemontanum (O. F. Müller in Allioni, 1766) Sympétrum du Piémont.

.

Conclusion : meridionalis, adjectif latin signifiant "méridional, du midi". Selys avait eu communication des spécimens de cette espèce par C.G. Gené, directeur du Musée de Turin, qui les avaient capturés en Sicile et en Sardaigne. C'est l'un des  8 noms géographiques du corpus des noms scientifiques parmi les  92 espèces observées en France.

 

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LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/sympetrum-meridional/

"Meridionale de meridies (lat) = méridional : il s’agit d’une espèce du sud de l’Europe."

 

 

.

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 from Lat. meridionalis, -is, -e = southern in reference to the species' southern European range"

 

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"meridionalis, e = meridionale. Comune nell’Europa meridionale."

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

non traité

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"meridionale = zuidelijk"

 

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NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS FRANÇAIS :

1°) "La Libellule méridionale" Sélys, 1850.

Revue des Odonates ou Libellules d'Europe page 49

https://books.google.fr/books?id=Xa98vgAACAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q=meridionalis&f=fals

2°) "Le Sympétrum méridional", Paul-André Robert 1958.

ROBERT (Paul-A.), Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages, page 290.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&focus=searchwithinvolume&q=meridionale+

Ce nom est repris par l'ensemble des auteurs et est validé par la liste de référence de la SFO ou par le site INPN du Muséum.

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LES NOMS DE SYMPETRUM MERIDIONALE EN D'AUTRES LANGUES.

- en allemand : Die Südliche Heidelibelle

- en frison : Südlike heidelibel, Sinnehopke

-en néerlandais : Zuidelijke heidelibel

- en catalan :El Pixaví meridional 

- en polonais : Szablak południowy

- en anglais : The Southern Darter 

- en breton (en attente de validation ) : Flemm-aer ar Su 

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SOURCES ET LIENS.

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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— [BOUDOT J.-P., DOMMANGET J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— ROBERT (Paul-A.), Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

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30 janvier 2019 3 30 /01 /janvier /2019 11:20

Zoonymie des Odonates : les noms du Sympetrum fonscolombii (Sélys, 1840), "le Sympétrum de Fonscolombe".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

.

 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé :

— Sympetrum, Newman, 1833, Ent. mag. , 1:511.. Des deux suffixes grecs σύμπυκνος, sympiezein   "comprimé" et  ἦτρον, êtron "abdomen" : "qui a l'abdomen comprimé latéralement".  En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum  "à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

fonscolombii, Sélys 1840, Monogr. Libell. europ. ; 49. Fonscolombii : "de Fonscolombe", en l'honneur de l'entomologiste français Etienne Boyer de Fonscolombe (1772-1853), et de sa description en 1837 dans sa Monographie des Libellulines des environs d'Aix de cette espèce, sous le nom de L. flaveola.

— Noms français : 1°) "Le Sympétrum de Fonscolombe", Sélys 1840 (INPN et LPO) ; 2°) "Le Sympétrum à nervures rouges ", d'Aguilar et Dommanget 1985, soulignant la couleur caractéristique des nervures principales chez le mâle mature.

— Noms en d'autres langues :

- en allemand : Die Frühe Heidelibelle 

-en néerlandais : De Zwervende heidelibel 

-en frison : Read sinnehopke, Readwjokhopke

- en anglais : The Red-veined darter ; The Nomad

- en gallois : gwäell wythïen goch

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE SYMPETRUM (NEWMAN, 1833).

Voir :

Newman, Entomological Magazine vol. 1, London, F. Westley & A.H. Davis, page 511.

http://www.lavieb-aile.com/2018/04/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-sympetrum-newman-1833.html

 

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NOM D'ESPÈCE S. FONSCOLOMBII (Sélys, 1840).

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[Libellula fonscolombii], SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages. page 49 n°11.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

https://books.google.fr/books?id=NaI-AAAAcAAJ&dq=fonscolombii+monographie+des+Odonates&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

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Description originale :

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" No 11. LIBELLULA FONSCOLOMBII. (DE SELYS.)
LIBELLULE DE FONSCOLOMBE.

Diagnose. — Parastigma grand, jaune. La base des ailes inférieures et un vestige à celle des supérieures jaune-safrané. Les cuisses noires, jaunes en dehors. Abdomen à peine plus court que les ailes, jaunâtre (rouge chez les mâles adultes).

Dimensions. — (Voyez le tableau.)

Synonymie. — Libellula flaveola. B. de Fonscol. (Synon. exclus.)
- vulgata. Var. Vander. L.
- veronensis?Steph., Catalog.
- Fonscolombii. De Selys, Catalog.

Diffère principalement de la L. vulgata : 

1° En ce qu'elle est un peu plus grande et que l'abdomen, qui est un peu plus court, n'est pas étranglé au milieu, mais plutôt un peu élargi.

2° La base des ailes est d'un jaune safrané, peu distinct aux supérieures, mais très-visible aux postérieures où cette couleur s'étend à 2 lignes de la base chez le mâle, et à 1 ligne chez la femelle.

3° Le parastigma est plus grand, jaune à tous les âges. La côte est jaune extérieurement, et les grandes nervures qui lui sont parallèles, sont rougeâtres même chez la femelle.

Les pieds sont, comme chez la Vulgata, noirs , largement bordés de jaune extérieurement.

Le mâle de la L. Fonscolombii, diffère de la femelle en ce que le tibia des deux pieds postérieurs n'est pas rayé de jaune, et qu'il y a plus de jaunâtre à la base des secondes ailes. L'abdomen est d'un jaune plus pur que chez la Vulgata, et le mâle adulte est d'un rouge plus éclatant. Cette espèce diffère de la L. Rœselii par ses pieds bordés de jaune, et son parastigma jaune-citron. Ces deux parties sont noires dans la L. Rœselii. Elle se distingue enfin de la Flaveola, qui a le tiers entier de l'aile inférieure jaune, et l'abdomen proportionnellement plus court.

Je me fais un devoir et un plaisir de dédier cette jolie espèce au savant et vénérable M. Boyer de Fonscolombe, qui a rendu tant de services à cette partie de l'Entomologie, par la publication de sa Monographie des Libellules des environs d'Aix en Provence. C'est lui qui a décrit le premier cette espèce sous le nom de Flaveola. Elle est commune en Provence au mois d'août. On la trouve fréquemment accouplée. Je l'ai reprise en Belgique vers le milieu de juillet. Elle se trouve aussi en Espagne, car M. Robyns en a reçu un individu de ce pays.

Elle se trouverait aussi en Angleterre, si c'est la même que la L. veronensis de M. Stephens. Je conserve cependant quelques doutes à cet égard, parce qu'il m'a paru que cette dernière a le parastigma noirâtre.

Les différences que j'ai signalées, et même la diagnose seule, suffisent pour distinguer facilement cette espèce de la Flaveola, de la Rœselii et de la Vulgata. Par le parastigma long et jaune, elle ressemble à la L. olympia femelle, et par la couleur générale à la Ferruginea ; mais la couleur des pieds, sans parler de la forme de l'abdomen, est encore ici un critérium infaillible."

 

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ÉTUDE DU NOM FONSCOLOMBII.

Fonscolombii : "de Fonscolombe", en l'honneur de l'entomologiste français Etienne Boyer de Fonscolombe (1772-1853), comme l'indique Sélys dans sa description :

"Je me fais un devoir et un plaisir de dédier cette jolie espèce au savant et vénérable M. Boyer de Fonscolombe, qui a rendu tant de services à cette partie de l'Entomologie, par la publication de sa Monographie des Libellules des environs d'Aix en Provence.   C'est lui qui a décrit le premier cette espèce sous le nom de Flaveola. "

Sélys rend hommage à l'entomologiste aixois  pour "ses services rendus" à l'Odonatologie . En effet, celui-ci  est l'auteur d'Orthetrum brunneum (Boyer de Fonscolombe 1837), de Boyeria irene (Boyer de Fonscolombe, 1838) — à qui il donne le prénom de son épouse— , de Coenagrion caerulescens (Boyer de Fonscolombe, 1838). Mais surtout, il rend hommage à cet auteur car c'est dans sa collection (ou dans la description de celle-ci ) que Sélys a remarqué la spécificité de L. fonscolombii que Fonscolombe avait rangé sous le nom de Libellula flaveola.  

Le titre exact de la publication de Fonscolombe est Monographie des Libellulines des environs d'Aix et elle était parue dans les Annales de la Société entomologique de France en 1837 : Ann. Soc. ent. France 6:144. Elle est accessible en ligne ici :

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/148/mode/1up

La description des spécimens de sa collection, capturés autour d'Aix (vraisemblablement près de Zacharie, au sud de la montagne Sainte-Victoire, son terrain de prédilection) et rangée sous le nom de Libellula flaveola Linn. est la suivante ( j'ai surligné en gras quelques éléments de distinction avec Sympetrum flaveolum).

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Long. 0,035. 
Enverg. 0,065. 
Le mâle. Sa forme est à peu près la même que la Lib.olympia , l’abdomen étant cependant linéaire et plus étroit, 
avec sa base un peu élevée et gibbeuse. La tète est rouge- jaune , et tachetée de noir derrière les yeux; ceux-ci sont roussâtres, un peu bleuâtres dans leur partie inférieure; le menton est aussi roussâtre. Le corselet, en dessus, est pubescent-roussâtre ; les côtés, sous les ailes, sont d’un gris livide ou d'un roussâtre sale, avec des taches et des bandes d’une couleur plus claire , et les lignes flexueuses ordinaires noires. La poitrine est bleuâtre. 
L’abdomen est d’un rouge écarlate : le premier et le dernier segment sont marqués, en dessus, d’une tache ou ligne noire, longitudinale. Le ventre est rouge pâle, avec une ligne longitudinale noire au milieu. Les secondes ailes sont rousses à leur base ; cette couleur s’aperçoit à peine à la base des premières : dans toutes, les nervures du bord externe sont roussâtres ; le stigmate est jaunâtre, entouré d’une nervure noire. Les pattes sont noires,  marquées en dessus d’une ligne jaune. 
La femelle. Sa tête est d’un vert-grisâtre pâle , le menton presque jaune, les yeux d’un vert-grisâtre, le derrière de la tête comme dans le mâle. La couleur de tout le corps est d’un vert-grisâtre ou jaunâtre, plus foncé et un peu nébuleux sur le milieu de l’abdomen, dont les côtés sont plus jaunâtres. Les côtés du corselet ont les lignes flexueuses ordinaires noires. Sa partie antérieure a, de même que chez l’espèce précédente, deux petites lignes latérales blanchâtres, comme transparentes.  La base du premier segment de l’abdomen est noirâtre, et le second marqué d’une ligne transverse noire ; les trois  premiers et les trois derniers segments en ont une longitudinale dorsale. Sur les côtés de tous, on voit une ligne noire  assez grande.  Les ailes sont comme chez le mâle ; les pattes d’un vert-jaunâtre en dessus , noires en dessous , les cils noirs. 
Cette espèce est très-commune au mois d’août; on la trouve fréquemment accouplée. 

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Fonscolombe est également honoré par le genre Boyeria Mc Lachlan 1896, et, dans la famille des Pseudococcidae, par le genre Fonscolombia Lichtenstein 1877.

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/sympetrum-de-fonscolombe/

"Sympetrum fonscolombii (Sélys, 1840). Sympétrum de Fonscolombe. Syn. Sympétrum à nervures rouges Sympetrum, assemblage de Sym-piezein (gr) = compressé et êtron = abdomen : les sympetrum ont un abdomen étroit, compressé, par rapport aux autres genres de libellulidés ;

fonscolombii en l’honneur de Boyer de Fonscolombe, entomologiste français (1772-1853)."

 

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

" Sympetrum fonscolombii (Selys, 1840) : after Étienne Boyer de Fonscolombe (1772-1853), French entomologist"


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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"fonscolombei (Sympetrum) - in onore del dr. E. L. J. H. Boyer de Fonscolombe (1772-1853), entomologo francese. "

 

 

 

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.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

non traité

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

fonscolombii = vernoemd naar de Franse entomoloog Fonscolombe ".

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LES NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS EN FRANÇAIS.

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1°) Le Sympétrum de Fonscolombe, Sélys 1840.

Le Sympétrum de Fonscolombe, nom qui accompagne la publication originale de Sélys en 1840 et qui  est la traduction littérale du nom scientifique,  a été repris par Paul-André Robert en 1958 avec le commentaire : "Signification du nom : Fonscolombei = de Fonscolombe : Boyer de Fonscolombe est un auteur qui a déterminé plusieurs Libellules.". Il a été ensuite repris par presque tous les auteurs (Grand et Boudot 2007) et a été validé officiellement par la liste de référence de la SFO et par le site de l'INPN.

Paul-A. Robert, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages page 285.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&focus=searchwithinvolume&q=fonscolombe

 

INPN : https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65335

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2°) "Le Sympétrum à nervures rouges", d'Aguilar et Dommanget 1985.

- Jacques d'Aguilar et Jean-Louis Dommanget 1985, Guide des Libellules d'Europe et d'Afrique du Nord, page 293.

- Dommanget (Jean-Louis ), 1987, Etude faunistique et bibliographique des Odonates de France page 71.

- Jourde in Dijkstra, Guide des Libellules de France et d'Europe Delachaux et Niestlé 2007 p. 278.

Philippe Jourde, dans son adaptation et traduction du guide naturaliste de K.-D. B. Dijkstra, le Guide des Libellules de France et d'Europe  a placé le nom "Sympétrum à nervures rouges " en nom principal, accompagné en second par la mention  "S[ympétrum]. de Fonscolombe". Il s'agit de la traduction du nom anglais, "The Red-veined Darter" qui souligne que cette espèce se distingue des autres par "des nervures principales jaunes à la base des ailes, devenant rouge vif chez les mâles matures" , car "l'étendue et l'intensité de cette coloration sont caractéristiques, [même si ] d'autres Sympetrum peuvent avoir des nervures claires ou rougeâtres" (Jourde in Dijkstra, p. 278).

Le même auteur, dans sa participation à Libellules de Poitou-Charentes paru en 2009, inverse les hiérarchies et place Sympétrum de Fonscolombe en premier, accompagné de la mention :  Syn. "Sympétrum à nervures rouges " .

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NOMS EN D'AUTRES LANGUES.

Ces noms soulignent trois caractéristiques du Sympétrum de Fonscolombe, qui est migrateur ; plus précoce que les autres espèces du genre ; et aux ailes veinées de rouge chez le mâle :

"Migrateur au long cours, il se répand parfois en masse vers l'Europe du Nord, il se répand parfois en masse vers l'Europe du Nord au début de l'été, alors que les autres Sympetrum sont en cours d'émergence." (Jourde in Dijkstra 2007).

 

- en allemand : "Die Frühe Heidelibelle" :  le Sympétrum (Heidelibell = libellule des landes)  précoce.

-en néerlandais : "De Zwervende heidelibel" : le Sympétrum (heidelibel) migrateur.

-en frison : "Read sinnehopke", "Readwjokhopke". 

- en anglais : "The Red-veined Darter" ; The Nomad : le Sympétrum (darter = dard) veiné de rouge, le Nomade.

- en gallois : "Gwäell wythïen goch" :  le Sympétrum (gwäell = dard ; tige [en métal] ;  aiguille [ à tricoter]) veiné de rouge. 

- en breton : "Flemm-aer gwazhied ruz " : le Sympétrum (flemm-aer = dard [du serpent]) veiné de rouge.

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SOURCES ET LIENS.

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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— FONSCOLOMBE (Etienne Hippolyte Boyer de ), 1837 et 1838, Monographie des Libellulines des environs d'Aix, Annales de la Société entomologique de France  6:129 et  7:75-106.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/133/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/page/15643737#page/559/mode/1up

ROBERT (Paul-A.), Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
26 janvier 2019 6 26 /01 /janvier /2019 11:27

Zoonymie des Odonates : les noms de l'Orthetrum coerulescens (Fabricius, 1798), "L'Orthétrum bleuissant".

 

 

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

 

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Résumé.

genre Orthetrum Newman 1833, Ent. Mag. , 1:511. : Des deux suffixes grecs  orthos  "droit" et êtron "abdomen". En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum " à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

espèce : O. cœrulescens (Fabricius, 1798), Ent. Syst. Suppl. : 285. Cœrulescens, "devenant bleu" — dérivé tardif du latin caeruleus, a, um "bleu" — qualifie les changements de la couleur bleutée de l'abdomen du mâle due à la pruinescence qui lui est propre.

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— Noms en français : 1°) "La Sylvie", Geoffroy, 1762 ; 2°) "La Libellule bleuâtre", Sélys 1840. 3°) "L'Orthétrum bleuissant", Paul-André Robert, 1958. Synonyme : "La Libellule du Mont-Olympe" P.A Robert  (Libellula Olympia Fonscolombe 1837).

— Noms en d'autres langues.

- en allemand : Der Kleine Blaupfeil 

- en catalan : El Parot estudiant,

- en suédois : Mindre sjötrollslända

-en néerlandais :   De beekoeverlibel 

-en frison :    Lytse ringlibel, Kwelsitter

- En anglais : The keeled skimmer, 

-en gallois : llwyr cribog

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE ORTHETRUM NEWMAN 1833.

http://www.lavieb-aile.com/2018/03/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-orthetrum-newman-1833.html

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NOM D'ESPÈCE O. COERULESCENS (FABRICIUS, 1798).

[Libellula cœrulescens], Johann. Christian Fabricius, 1798. Joh. Christ. Fabricii hist. nat. oec. et cameral. p.p.o. societ. Hafn. ... Entomologia systematica : emendata et aucta, secundum classes, ordines, genera, species, adjectis synonimis, locis, observationibus, descriptionibus. - pp. [1-3], 1-572. Hafniae. (Proft & Storch). page 285.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/82436#page/291/mode/1up

 

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Description originale :

 

Cœrulescens 18-19.. L[ibellula] alis hyalinis: stigmate marginali fusco, corpore coerulescente,

Habitat in Italia Dr. Allioni. 

Media. Os flauescens fronte nigricante. Corpus coerulescens, immaculatum. Alae basi immaculatae.

Traduction  personnelle :

Libellula Cœrulescens, 18-19, ailes transparentes, tache marginale brune, corps bleuâtre.

Vit en Italie Dr Allioni

Bouche jaunâtre, front noir. Corps bleuâtre, sans taches. Bases des ailes sans taches.

Le spécimen décrit (un mâle) vient de la collection de Carlo Allioni (1728-1804) de Turin, auteur du Manipulus insectorum tauriniensium en 1762-1765 et directeur du Jardin Botanique de Turin. On lui doit la description de Sympetrum pedemontanum (O. F. Müller in Allioni, 1766).  Fabricius lui rendit visite en 1768 :

http://www.lavieb-aile.com/article-coquebert-121084031.html

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Zoonymie des Odonates : les noms de l'Orthetrum coerulescens.

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ÉTUDE DE L'EPITHÈTE  COERULESCENS.

Cœrulescens ou caerulescens dérive du latin caeruleus, a, um "bleu, bleu sombre, " (lui-même dérivé de caelum, "ciel" et prend le sens de "bleuâtre, bleuissant" .

https://fr.wiktionary.org/wiki/caerulus#la

Gaffiot : http://micmap.org/dicfro/search/gaffiot/caeruleus.

En réalité, il est plus exact d'écrire, avec J.A Jobling : "

"Unattested L. caerulescens, caerulescentis  bluish (neither caerulescere nor caerulescens have been found in Classical Latin, but their existence may be inferred from caeruleus  azure-blue, by the example, among others, of rufus  red, ruddy, giving rufescere  to become reddish, and rufescens, rufescentis  reddish). "

- Caerulescens apparaît, exclusivement sous la plume des naturalistes, en 1748 et 1752  en Ornithologie (Edwards, Coccothraustes caerulescens ; Hill, Turdus totus caerulescens) et en 1753 en minéralogie (Borax crudus caerulescens) .

- Coerulescens apparaît en 1743 à propos d'un fossile ; en  1753 en minéralogie chez Wallerius avec la traduction de "bleuâtre" : "minera ferri cœrulescens solida / la mine de fer bleuâtre à points brillans" . On le trouve en 1754 en Entomologie : Cerambrix viridi-cœrulescens, "Capricorne d'un verd-bleu".

Cet épithète appartient à la description originale et qualifie le corps du spécimen. Nous l'associons à la teinte bleuâtre du thorax et de l'abdomen, teinte que nous qualifions de "pruine" (du latin pruina, "gelée blanche") car elle a cet aspect cireux, poussiéreux et blanchâtre qui se retrouve aussi sur les fruits tels que les prunes ou les raisins.

La couleur bleue n'est donc pas franche, elle est atténuée et voilée, mais aussi mouvante ou changeante ce qui justifie ce qualificatif de "bleuissant" dans le sens de "tirant sur le bleu" plutôt que dans le sens de "devenant bleu".

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Synthèse des dénominations des Odonates 1758-1798 :

Dans son Systema naturae inaugural de 1758 (10e éd) , Linné avait décrit 18 espèces, dont 13 espèces européennes : 

 

  • Libellula quadrimaculata 
  • Libellula depressa 
  • Cordulia aenea 
  • Aeshna juncea 
  • Aeshna grandis
  • Gomphus vulgatissimus 
  • Onychogomphus forcipatus 
  • Sympetrum vulgatum
  • Sympetrum flaveolum
  •  Orthetrum cancellatum 
  • Coenagrion puella 
  • Leucorrhinia rubicunda 
  • Calopteryx virgo

 .

Entre 1758 et 1789, avant la publication de Fabricius de 1798, 14 autres espèces européennes ont été décrites :

 

  • Aeshna cyanea (O. F. Müller, 1764)
  • Brachytron pratense (O. F. Müller, 1764)
  • Libellula fulva O. F. Müller, 1764
  • Sympetrum sanguineum (O. F. Müller, 1764)
  • Sympetrum pedemontanum (O. F. Müller in Allioni, 1766)
  • Aeshna isoceles (O. F. Müller, 1767)
  • Platycnemis pennipes (Pallas, 1771)
  • Anax junius (Drury, 1773)
  • Pyrrhosoma nymphula (Sulzer, 1776)
  • Sympetrum danae (Sulzer, 1776)
  • Calopteryx splendens (Harris, 1780)
  • Aeshna caerulea (Ström, 1783)
  • Ophiogomphus cecilia (Geoffroy in Fourcroy, 1785)
  • Ceriagrion tenellum (Villers, 1789)

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Fabricius y a ajouté en 1798 Orthetrum coerulescens et Lestes barbarus .

La première leçon de ce récapitulatif est que les épithètes cyanea (bleu foncé, bleu azur) et caerulea (id.) avaient déjà été employées pour le genre Libellula de l'époque. Fabricius devait donc moduler l'adjectif de couleur pour s'en démarquer.

D'autre part, parmi ce qui deviendra les Orthetrum, seul O. cancellatum a été décrit, par Linné, sous sa forme femelle jaune. La couleur bleue d'O. cœrulescens suffisait donc alors à la distinguer. Mais Fabricius souligne que cette couleur bleue du corps est sans tache (immaculatum), et cette absence de noir au bout de l'abdomen la distingue d'O. Cancellatum mâle. Tout comme la couleur des ptérostigma, fusco (brun, disons jaune) et non noirs. Enfin, les ailes également sans tache la distingue des espèces du genre Libellula actuel (L. depressa, fusca et quadrimaculata alors décrites).

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Conclusion :

Cœrulescens, "devenant bleu" dérivé tardif du latin caeruleus, a, um "bleu" qualifie les changements de la couleur bleutée de l'abdomen du mâle due à la pruinescence qui lui est propre.

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/orthetrum-bleuissant/

Coerulescens de caeruleus (lat) = bleu ciel : l’abdomen du mâle est d’un bleu gris très clair."

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 

"from Lat. caerulescere, pres. part. caerulescens = becoming blue, somewhat blue  probably in reference to the increase in blue pruinescence in maturing males." 

(du latin caerulescere, participe caerulescens = devenant bleu, avec quelque chose de bleu, en référence avec la pruine bleue des mâles matures".

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"  coerulescens (Orthetrum) - caeruleus, a, um = azzurro. Per la colorazione dominante del corpo ."

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"-coerulescens (Fabricius) [l. becoming blue] describes the changing of colour in the males due to pruinescence.

Mature males of  -pruinosum [l. covered with hoarfrost, pruinous] show a bloom, which is not blue, as in the European libellulid species, but reddish violet.." [Orthetrum  pruinosum (Burmeister, 1839)]

 

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"caeruleus  (bijvoegelijk naamwoord van caelum - hemel) = blauwe"

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ILLUSTRATIONS.

LUCAS 1900.

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/home/picture?id=12753

Le mâle :

Zoonymie des Odonates : les noms de l'Orthetrum coerulescens.

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La femelle :

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Zoonymie des Odonates : les noms de l'Orthetrum coerulescens.

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LES NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS EN FRANÇAIS.

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1°) "La Sylvie", Geoffroy, 1762.

 GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. page 226 n°9.

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

"9. LIBELLULA thorace viridi nitido , lineis flavis ; alis albis , abdomine nigro cœrulescente.

-Linn. faun. fuec. n. 768, Libellula thorace viridi nitido , lineis flavis , alis pallidis , abdomen nigro,

-Raj. inf. p. 49 , n. 5. Libella maxima , abdomine breviore , latioreque cœruleo.

-Idem. p. 140. Libella maxima abdomine breviore , & crassiore latioreque cœruleo.

-Reaum. ins. tom. ij. Tab.. 3 5 , F. 2.

La sylvie.

Longueur 2 pouces.

Ses yeux sont bruns , sa tête & son corcelet sont verdâtres avec deux bandes jaunes; mais un peu irrégulières sur les côtés du corcelet. Ses pattes sont d'un brun noir. Les aîles, du moins dans celles que j'ai, sont tout-à-fait diaphanes , avec une petite tache brune oblongue au bord extérieur : M. Linnaeus dit qu'elles sont un peu jaunâtres. Le ventre cylindrique & gros est jaune en-dessous , & en-dessus il est noir, mais couvert d'une poussière grise , cendrée & bleuâtre , ce qui fait aisément distinguer cette espèce."

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Le nom de Sylvie s'inscrit, avec le n°9,  dans la série de prénoms féminins que Geoffroy a réservé aux 14 espèces de "demoiselles" ou libellules qu'il décrit. Il est le quatrième de son groupe des Demoiselles à ailes étendues .

Geoffroy décrit un mâle, puisqu'il  signale l'abdomen couvert d'une pruine bleuâtre (première description, antérieure à Scopoli). 

On sait que Geoffroy omit, dans l'ensemble de son entomologie parisienne,  de donner un nom d'espèce en latin, selon les principes linnéens. Cela sera corrigé en 1789 dans l'édition que Fourcroy fit paraître, avec le nom Libellula sylvia ; La Sylvie. (page 346).

https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/346/mode/2up

Le nom de Sylvie est repris par Charles de Villers en 1789 lorsqu'il décrit page 4 :" Libellula depressa (La Sylvie)".

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

Pour Linné en 1767 dans Syst. nat. 12ème ed., la  Sylvie de Geoffroyest identifiée comme étant sa Libellula depressa. Mais dès 1803, les 2 principaux naturalistes français Olivier et Latreille écrivent :  "Il faut rapporter à cette espèce celles que Geoffroy nomme éléonore et philinte , et non la sylvie ou le n° 9, ainsi que l'indique Linnaeus dans sa douzième édition de son Systema naturae." 

En effet, la principale différence entre les genres Libellula et Orthetrum est que les ailes du premier sont pourvues à leur base de taches triangulaires sombres qui sont totalement absentes du second. Or, Geoffroy précise que les ailes de sa Sylvie "sont tout-à-fait diaphanes", c'est donc un Orthetrum, mais le genre ne sera décrit qu'en 1833. En 1827, dans le Dictionnaire des sciences naturelles vol. 51 page 424, Duméril rapproche le premier la Sylvie de Geoffroy d'Orthetrum cancellatum

https://books.google.fr/books?id=lnipvExuYagC&dq=%22cancellata%22+%22sylvie%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

En 1998, Jacques d'Aguilar et Jean-Louis Dommanget reprennent cette identification de la Sylvie avec Orthetrum cancellatum et associent L. depressa avec l'Eléonore de Geoffroy.

En 2019, Cyrille Deliry corrige cette identification et associe La Sylvie avec Orthetrum coerulescens.

http://www.deliry.com/files/libellulasylvia.html

"La Sylvie de Geoffroy (1762) est finalement nommée Libellula sylvia par de Fourcroy (1785). Nous sommes en présence d'un Orthetrum en raison de ses ailes complètement diaphanes et de son abdomen pruineux bleuté. Néanmoins d'anciens auteurs l'avaient associée à tort avec Libellula depressa. En 1985, d'Aguilar et Dommanget la présente comme un Orthetrum cancellatum. Or, la description de Geoffroy (1762) parle de petites taches brunes au bord extérieur des ailes, ce qui est selon nous une indication pour certains mâles d'Orthetrum coerulescens qui présentent cette caractéristique originale partagée avec Libellula fulva mais de manière plus discrète. "

Pour ma part, dans ma lecture de la description de Geoffroy, j'ai interprété " Une petite tache brune oblongue (adjectif crucial pour ma thèse) au bord extérieur des ailes" comme correspondant au ptérostigma (un terme qui n'apparaît qu'au début du XIXe pour des raphididae). Fourcroy décrit "alis puncto marginalis fusco", un point brun de l'extérieur des ailes, ce caractère punctiforme s'opposant à une coloration en plage.
Par contre, effectivement, les pterostigmas d'O. cancellatum sont noirs, et ceux d'O. coerulescens sont bruns, ce qui m'incite à vous suivre avec enthousiasme sur votre assimilation Sylvie = O coerulescens, mais sur cet argument. 
Je ne retiens donc pas La "Sylvie" de Geoffroy comme le premier nom français de l'Orthetrum cancellatum.

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2°) La "Libellule bleuâtre", Sélys 1840.

Monographie des Libellulidées page 38 n°5.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f40.item.r=selys

Libellula caerulescens [sic] Fab., LIBELLULE BLEUÂTRE

Sélys décrit chez le mâle l'abdomen "en entier d'un bleu cendré-clair pulvérulent en dessus, noirâtre en dessous", les appendices anals "saupoudrés de bleus", les pattes "noir-bleuâtre", la réunion des ailes avec le thorax "brune, saupoudrée de bleu" ; et cette précision du vocabulaire des couleurs témoigne du caractère complexe de la couleur bleue lorsqu'elle s'associe à la pruine.

Les mêmes noms sont repris en 1850 dans la Revue des Odonates.

"La Libellule Olympie", synonyme.

Dans sa Monographie, Sélys a décrit en n°6  Libellula Olympia "la Libellule Olympie", que Fonscolombe  a cru bon de distinguer de L. cœrulescens en 1837. Annales de la Société Entomologique de France VI, page 139 Pl. 6 figure 2.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/143/mode/1up

La nouvelle espèce tire son nom du Mont Olympe (819 m), à Trets (Bouche-du-Rhône), au nord de Saint-Zacharie où la famille Fonscolombe possédait une propriété, le domaine du Moulin-Blanc.

https://www.google.com/maps/place/Mont+Olympe/@43.4379556,5.6415572,12z/data=!4m5!3m4!1s0x12c9761a25f51651:0xed6f8278c9b383e1!8m2!3d43.431008!4d5.738546!5m1!1e4

Rambur, en 1842, détaille aussi cette L. Olympia page 67.

https://books.google.fr/books?id=tORfAAAAcAAJ&dq=%22libellula+olympia%22+fonscolombe&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Mais en 1850, Sélys la place en synonyme de L. Caerulescens. dans sa revue des Odonates page 22

https://books.google.fr/books?id=L9c5AAAAMAAJ&dq=Libellula+olympia&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

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3°)"L'Orthétrum bleuissant", Paul-André Robert 1958.

Paul-André Robert, Les Libellules (Odonates), 1958 page 263.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=RoS9uwEACAAJ&dq=%22libellules%22+odonates+P.A.+Robert&focus=searchwithinvolume&q=coerulescens

L'auteur suisse se rend coupable d'un barbarisme en "traduisant" le nom de genre Orthetrum par le terme "Orthétrum". C'est lui qui rompt avec la traduction de cœrulescens en  "bleuâtre" par Sélys,  pour choisir "bleuissant".

"L'Orthétrum bleuissant" a été adopté par la SFO, l'INPN, et les auteurs des guides naturalistes.

 

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4°) Synonyme : "La Libellule du Mont-Olympe" (Robert 1958)

P.A. Robert  cite dans le même paragraphe, comme synonyme de O. cœrulescens,  la Libellula Olympia de Fonscolombe, à laquelle il donne  le charmant nom de Libellule du Mont-Olympe.

Les illustrations de Fonscolombe 1837 pl. VI:

Le mâle :

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/659/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/659/mode/1up

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La femelle :

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/659/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34582#page/659/mode/1up

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LES NOMS EN D'AUTRES LANGUES.

- en allemand : Der Kleine Blaupfeil 

- en catalan : El Parot estudiant,

- en suédois : Mindre sjötrollslända

-en néerlandais :   De beekoeverlibel 

-en frison :    Lytse ringlibel, Kwelsitter

- En anglais : The keeled skimmer, 

-en gallois : llwyr cribog

-en breton (en attente de validation) : broud-aer kof-glas

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SOURCES ET LIENS.

 

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— JOBLING (James A. ), 2010, Helm Dictionary of Scientific Bird Names Bloomsbury Publishing, 30 juin 2010 - 432 pages

https://books.google.fr/books?id=-RfSBAAAQBAJ&dq=caerulescere,&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

https://www.hbw.com/dictionary/key-to-scientific-names-in-ornithology?name=&page=433

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— GEOFFROY in FOURCROY : FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy.

 http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. 

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

 

 

— LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

— OLIVIER (Guillaume-Antoine ), 1789, Histoire naturelle, Discours préliminaire page 560.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
22 janvier 2019 2 22 /01 /janvier /2019 15:24

Zoonymie des Odonates : les noms du Sympetrum danae (Sulzer, 1776), "le Sympétrum noir".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

 

 

 

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé.

— Sympetrum, Newman, 1833, Ent. mag. , 1:511.. Des deux suffixes grecs σύμπυκνος, sympiezein   "comprimé" et  ἦτρον, êtron "abdomen" : "qui a l'abdomen comprimé latéralement".  En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum  "à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

danae, Sulzer, 1776, Abh. Gesch. :169, et II. tab. XXIVfig.3. Danae, nom de l'héroïne de la mythologie grecque fécondée par Zeus sous la forme d'une pluie d'or, et mère de Persée. Ce choix témoigne d'une fidélité de Sulzer à la tradition des naturalistes (ou des peuples) créant une comparaison entre les Odonates et les jeunes filles vierges. Cf. entre autre le nom "Demoiselle" en français et "Wasserjungfer" en allemand, ou ceux de  L. Phyllis et L. nymphula, Sulzer 1776, ou L. virgo, Linnaeus 1758.

Noms en français : 1°) "Le Sympétrum noir", P.-A. Robert, 1958. C'est le nom qui fait consensus aujourd'hui, il qualifie la couleur sombre des mâles matures, au corps, aux ptérostigmas, aux pattes et aux yeux noirs. 2°) (en synonyme par référence à Libellula scotica (Donavan 1811) : "Le Sympétrum écossais", P.-A. Robert, 1958.

Noms en d'autres langues : tous signalent la couleur noire :

 

-en anglais :  the black darter or black meadowhawk 

-en allemand : Schwarze Heidelibelle

-en néerlandais : De zwarte heidelibel 

-en suédois : Svart ängstrollslända

-en gallois : gwaell ddu

- en frison : Swarte heidelibel, Swart hopke

 

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Libellula danae, Sulzer, Johann Heinrich,  1776. Abgekürzte Geschichte der Insecten nach dem Linnaeischen System. Erster Theil. - pp. I-XXVIII [= 1-28], 1-274. Winterthur. (H. Steiner) page 169.

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN574026746?tify={%22pages%22:[197],%22panX%22:0.4,%22panY%22:0.345,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.934}

1°) L'auteur : Johann Heinrich Sulzer (1735-1814).

Ce médecin et entomologiste de Winterthour (canton de Zurich au nord-est de la Suisse)   fut l'auteur de deux des premiers livres sur les insectes qui utilisaient le système de Linné :

 

  • Die Kennzeichen der Insekten, nach Anleitung des Königl. schwed. Ritters und Leibarzts Karl Linnaeus, durch XXIV.  Zürich,Heidegger und comp.,1761 : (« Les caractères des insectes selon la nomenclature de Linné » ). La description des Libellules sous le nom de wassernymphe se trouve page 42 et sur la planche XVII fig. 101 (L. aenea) et 102 (L. puella ?).
  • Abgekurzte Geschichte der Insecten nach dern Linnaeischen System (1776) (« Histoire abrégée des insectes d'après la méthode de Linné. »). Cet ouvrage comprend deux cahiers dont le premier comporte le texte et le second apporte 32 planches colorées.

.

2°) L'ouvrage Abgekurzte Geschichte de Sulzer.

Dans l'introduction de son Abgekurtze, il retrace un panorama de l'histoire de l'entomologie, dans lequel il cite successivement Aldrovandi, Konrad Gessner, Thomas Mouffet, Jonston,Hoefnagel et Goedart, Lister, Blansard, Schmaeerdam, Lewenhoef, Sibylla Merian, John Ray, Albin, Frisch, Réaumur, Von Geer, Roesel,, Wilfes, Admiral, Alers, Schaeffer, le parisien Geoffroy (bas de p. IX), d'Aubenton et le cabinet des vélins du roi en France, Muller, Scopoli, Forster, Cramer, Fabricius, Ellis, Sloane, et Drury. Cela témoigne du caractère exhaustif de sa bibliothèque et de ses connaissances.

 

https://books.google.fr/books?id=12xcAAAAcAAJ&dq=roth,+der+leib+gelb,+an+den+Seiten+braun&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

L'auteur décrit alors les espèces (de sa collection) parmi lesquelles 92 taxons sont des primo-descriptions portant aujourd'hui son nom. Ce sont entre autres 30 Lépidoptères, 23 Coléoptères et 6 Araignées, :

http://www.animalbase.uni-goettingen.de/zooweb/servlet/AnimalBase/list/taxa?from_reference=1551

.

3°) Le chapitre sur les Libellules.

La description de Sulzer s'intègre dans un chapitre sur les Libellules dont le titre donne leur nom  allemand ("Wasserjungfer" ou "la vierge des eaux")  des Libellules , puis leur nom français en vigueur depuis Réaumur en 1740, puis  leur nom latin depuis Linné en 1758. Mais ce chapitre ne décrit que 5 espèces, dont trois parmi les anisoptères aux ailes écartées au repos ; chacune est désignée d'abord par son nom en allemand, puis par son nom scientifique selon les règles de Linné.

NB: Wasserjungfer est cité 3 ans auparavant  par Johann Georg Krünitz en 1773 dans son Encyclopédie. avec comme synonyme Breitjungfer [forme de Brautjungfer ou "demoiselle d'honneur "?], et en 1754 dans un dictionnaire Suisse français-allemand en traduction de Demoiselle avec comme synonyme Schillebold et comme traduction "ein ungeziefer" (une vermine).

.

 

 

Chapitre Die Wasserjungfer. La Demoiselle. Libellula.

I. Ruhen mit ausgebreiteten Flügeln. [avec les ailes déployées au repos]

-Der Haspel ["le moulinet, le rouet à filer"], , L. Harpedone. ("aus Bündten" : république confédérée de Suisse)

-Phyllis, L. Phillis (de l' Inde)

-Danae, L. Danae.

II. Nympha, mit weit auseinander frehenden augen [avec les yeux écartés l'un de l'autre]

-Lucretia, L. Lucretia , Drury, (Cap de Bonne-Espérance), cf. Lestes lutetia Dru Drury, Ill. Exotic Ent. page 97 : c'est notre actuel    Mecistogaster lucretia.

-Das Nymphchen, L. Nymphula. (de Zürich)

Cette dernière espèce est également une première description : Pyrrhosoma nymphula.

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4°) La Description originale page 169 :

Danae. L. Danae. Die augen sint roth, der leib gelb, an den Seiten braun, die Flechten am ende der flügel sind gelb.

Aus der Vallée du Lac de Joux in dem Païs de Vaud.

Tab. XXIV fig.3

Trad : "Les yeux sont rouges, le corps est jaune, les côtés sont bruns, les taches au bout des ailes sont jaunes."

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Sulzer décrit l'illustration de la planche 24 plutôt qu'un spécimen. Le Lac de Joux, dans le Canon de Vaud, longe la frontière avec la France, au nord du Lac Léman.

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Zoonymie des Odonates : les noms du Sympetrum danae.

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La planche XXIV et sa figure 3. Volume 2 page 405.

 

Source : Zentralbibliothek Zürich  :

https://www.e-rara.ch/zuz/content/zoom/14108544

Les planches ont été gravées par Johann Rudolf Schellenberg (Bâle, 1740 -Töss en Winthertour 1806), dont l'illustration du premier ouvrage de Sulzer avait été son premier travail entomologique. Il réalisera ensuite plus de 3800 dessins entomologiques (pour Füssly ou pour ses propres publications) et est surtout l'auteur des planches du célèbre Physiognomischen Fragmenten de Lavater en 1775-1778.

https://de.wikipedia.org/wiki/Johann_Rudolph_Schellenberg

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La qualité de la gravure et de sa colorisation est remarquable, mais les reproches qui ont pu être adressés à la figure 3 sont discutés infra. Il pourrait s'agir d'un mâle immature, aux ptérostigmas pâles, aux yeux rougeâtres, au corps jaune portant des marques latérales noires sur toute la longueur de l'abdomen, avec des pattes entièrement noires.

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https://www.e-rara.ch/zuz/content/zoom/14108544

https://www.e-rara.ch/zuz/content/zoom/14108544

Zoonymie des Odonates : les noms du Sympetrum danae.

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ÉTUDE DU NOM DANAE.

Ce nom est à la fois transparent et opaque.

Il est simple de dire que l'épithète latine Danae  renvoie à l'héroïne d'une célèbre histoire d'amour de la mythologie grecque, racontée par Apollodore, Diodore de Sicile, Hérodote, ou en latin dans les Fables d'Hygin, dans les Métamorphoses d'Ovide et l'Énéide de Virgile : on en retient souvent comment elle fut fécondée par Zeus sous l'apparence d'une pluie d'or, et comment elle donna naissance à Persée.

Voir Danae in Gaffiot. 

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=Danae

Par contre, il est plus délicat de comprendre pourquoi Sulzer a choisi ce nom, qui ne trouve pas sa justification dans le texte de la description originale.

1°) Replacer ce nom dans le contexte du chapitre.

Dans son chapitre sur les Libellules, Sulzer a créé 4 des 5 noms d'espèce : Harpedone, Phyllis, Danae, et Nymphula. Parmi ces 4 noms, un seul, Harpedone,  est un intrus, car il ne se réfère pas à la mythologie. 

 Avant de l'écarter, donnons-nous le plaisir de l'étudier :

a) Harpedone.

 Der Haspel, Harpedone. L. Harpedone. Der Leib ist roth ; die vordern Flügel schmäler, die Bänder derselben sind braungelb, die Randsieken y ochroth. 

Wie man an einem Haspel, dessen Arme braunroth gezeichnet wären, beim herumdrehen gleichsam nur einen braunen Ring sieht, so stellen diese Bänder, wenn das Insekt fliegt, einen braunen Ring vor.

Traduction : Der Haspel désigne un moulinet ou un rouet, et Harpedone un rhombe (qui siffle en le faisant tourner) ou un rouet à dévider (qui chante en tournant). "Le corps est rouge, les ailes antérieures plus petites, les bandes sont brun-jaune, Tout comme sur un rouet, dont les bras seraient peints en brun rougeâtre, on pourrait voir un anneau brun, ainsi ces bandes forment-elles, lorsque l'insecte s'envole, un anneau brun."

Ce nom est une belle image métaphorique en rapport avec la disposition des couleurs des ailes en bande. [C'est aussi une allusion au désir féminin, mais  le poème de Goethe Marguerite au rouet, dans le drame de Faust, date de 1808 et  le lieder de Schubert de 1814 ]

b) Phyllis : Phyllis, de grec phullis "feuille" est l'héroïne d'une histoire d'amour de la mythologie grecque , racontée entre autre par Hygin et par Ovide dans les Héroïdes. Amante d'un des fils de Thésée, elle attend en vain son retour et se pend.

c) Nymphula : diminutif créé sur le même schéma que Libellula à partir du latin nympha, ae. Chez Ovide, il désigne soit les nymphes, divinités des bois et des fontaines ; soit l'épouse ou la maîtresse ; soit les jeunes filles.

Enfin, le 5eme nom, créé par Drury, est celui de Lucrèce, une héroïne des Fastes d'Ovide : violée, elle se suicide pour sauver son déshonneur à l'égard de son mari.

Nous voyons que, mis à part l'intéressant Harpegone, les quatre autres noms, dont trois créés par Sulzer, sont ceux d'héroïnes de la mythologie grecque ou latine issus de la poésie d'Ovide. Dans les quatre cas, dans de tragiques histoire d'amour. Trois sont des noms propres. C'est la première unité de ce corpus de noms propres. 

2°) Replacer ce nom parmi les 92 noms créés par Sulzer.

Sultzer a choisi pour les autres insectes des épithètes souvent descriptives, sauf pour les Papilio où il a suivi Linné qui leur donne des noms de la mythologie grecque ou latine. L'unité des noms de Libellules autour d'une héroïne amoureuse de l'Antiquité se renforce donc par opposition aux noms d'Hyménoptères, de Coléoptères ou Araignées.

3°) Replacer ce nom dans le contexte des choix de noms des Libellules au XVIIIe siècle.

Mais ce thème est en rapport direct avec le nom général de ces insectes , que ce soit en français (Demoiselle), ou en allemand (Jeune fille des eaux) et même partiellement en latin (Libellula est liée partiellement à virguncula "petite vierge") .

C'est cette association ancienne ("Demoiselle" a été relevé par Réaumur en 1742) de ces insectes avec l'image de jeunes filles à la taille svelte qui avait déjà conduit Linné à choisir deux prénoms féminins en nom vernaculaire de deux espèces de sa Fauna suecica de 1746 ; c'est la même idée qui a été reprise par le médecin parisien Geoffroy pour choisir pour toutes ses espèces de "Demoiselles" des prénoms féminins.

Même si la contamination avec l'évocation des Danaïdes, les 50 filles du roi Danaos,  est possible ou plaisante à imaginer, Sulzer a bien écrit, en allemand et en latin Danae et non Danaos ou Danaides.

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Au total : Danae, du nom de l'héroïne de la mythologie grecque fécondée par Zeus sous la forme d'une pluie d'or, et mère de Persée. Ce choix témoigne d'une fidélité de Sulzer à la tradition des naturalistes (ou des peuples) créant une comparaison entre les Odonates et les jeunes filles vierges. Cf. entre autre le nom "Demoiselle" en français et Wasserjungfer en allemand, ou  L. Phyllis et L. nymphula, Sulzer 1776, ou L. virgo, Linnaeus 1758.

 

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/sympetrum-noir/

"Dans la mythologie grecque, Danaé est la mère de Persée et fille d’Acrisios, roi d’Argos, et d’Eurydice. ."

 

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

" after Δανάη, daughter of Akrisios and mother of Perseus in Greek mythology "


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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"danae (Sympetrum) - Non si conosce l’origine; forse da Danae, madre di Perseo, le cuiancelle, le Danaidi, vivevano presso le sorgenti dei corsi d’acqua; Fraser (1954) pensa che derivi dal nome di Donovan, entomologo inglese del XVIII-XIX secolo. Potrebbe anche derivare da Δαναισ, ιδοσ = figlia di Danao, ninfa delle sorgenti del paese Argivo."

 

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

Non traité; On trouve seulement : 

"Gomphus vulgatissimus (Linnaeus) [l. most ordinary, most common] is a statement no longer valid. But the sagacious hypothesis of SCHMIDT (1989), that this species name originally had been given to Sympetrum danae, the damaged type specimen of Linnaeus however had erroneously been replaced by the species bearing the name now, is not necessary to explain the denomination, because there is evidence that in earlier centuries the species was very common (BURMEISTER 1839: 854; FLIEDNER 1998b: 206)."

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 "danae = vernoemd naar prinses Danaë (duidt op heldergele tekening van jonge zwarte heidelibellen)".

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LA LIBELLULA SCOTICA DECRITE PAR DONOVAN EN 1811.

ou Sympetrum scoticum (Leach in Donovan 1811).  Elle doit être décrite ici puisqu'elle est actuellement un synonyme de S. danae, après avoir été la seule connue au XIXe siècle. C'est également l'occasion de découvrir l'illustration.

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La description originale de Donovan.

The natural history of British insects : explaining them in their several states, with the periods of their transformations, their food, œconomy, &c. together with the history of such minute insects as require investigation by the microscope : the whole illustrated by coloured figures, designed and executed from living specimens vol. 15 London :Printed for the author, and for F. and C. Rivington, 1811, pages 29-30 et planche 73.

 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/102995#page/86/mode/1up

 

PLATE DXXIII  LIBELLULA SCOTICA.  SCOTCH LIBELLULA. 

Neuroptera. 

GENERIC CHARACTER. 

Mouth armed with more than two jaws : lip trifid : antennae very thin, filiform, and shorter than the thorax : wings expanded : tail of the male furnished with a forked process. 

SPECIFIC CHARACTER. 

LIBELLULA SCOTICA. Thorax with two oblique yellow bands. 

Male. Wings transparent with deep black stigma: abdomen blackish. 

Female. Wings transparent with deep black stigma, and yellow base : abdomen yellow, with two black lines on each segment. 

§§§§
We have been recently favoured with specimens of this new species ,of Libellula by W. E. Leach, Esq. from whom it received the trivial name of Scotica, in reference to the country in which it appears only to have been hitherto discovered. This gentleman informs us it is common in the bogs of Scotland : he first observed it near Lock-awe, in Argyleshire, and afterwards in the bog of Bannock-bourn, in which latter place it occurs in great abundance. 

Libellula Scotica is an insect of the middle size, in general appearance resembling the specics vulgata. The male is uniformly dusky except the wings, which are transparent : the female is more remarkable for its gaiety, the head, thorax, and abdomen being yellowish, varied with brown, and little lines of black and the wings transparent, 
with the base yellow. 

 

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La planche DXXIII de Donovan.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/102995#page/84/mode/1up

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/102995#page/84/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/102995#page/84/mode/1up

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la femelle.

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/102995#page/84/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/102995#page/84/mode/1up

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Le mâle.

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/102995#page/84/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/102995#page/84/mode/1up

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RÉCEPTION DE LA DESCRIPTION DE SULZER.

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Alors que les deux ouvrages de  Sulzer ont été lus par les naturalistes européens, et qu'ils sont cités en référence par Olivier en 1789 (pour Harpedone entre autre), par Sélys en 1840 (pour L. nymphula , L. Harpedone assimilée à Pedemontana et pour L. Aenea )  ou par Rambur en 1842 (pour L. Phyllis), nous ne trouvons pas de mention de sa Danae durant tout le XIXe siècle. L'espèce correspondante fut connue par les descriptions de ses synonymes (cf. H. Steinmann 1997 pages 469-470):

1811, Libellula scotica, Donovan,

1825, L. veronensis, Charpentier.

1835, Sympetrum scoticum, Newman, 

1835 Libellula nigricula Eversman

1835, Libellula pallidistigma Stephens

1840, Libellula nigra, Charpentier.

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C'est en 1911 que l'odonatologiste suisse Friedrich  Ris, dans Collections zoologiques du baron Edm. de Selys Longchamps. Catalogue systématique et descriptive publié par les soins de ses fils, Volumes 12 à 13 Bruxelles, Hayez, page 620, identifie un spécimen de la collection Sélys en la nommant Sympetrum danae. Il se livre ensuite à une analyse de la méconnaissance de la description de Sulzer, qui peut s'expliquer par l'ambiguïté de la figure qu'il en donna planche XXIV : "pour ses illustrations des Libellules, Schellenberg n'était pas dans un bon jour : comparez par exemple les nervures des ailes avec celle des illustrations de Roesel, dont la précision relative des lithographies n'est pas encore égalée aujourd'hui ". 

Pour Ris, la figure 3 montre une femelle immature (aux ptérostigmas pâles) ; "Néanmoins, — écrit-il — la Libellula danae de Sulzer me semble presque parfaitement interprétée".

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Die Figur XXIV, 3 lässt durch ihre Farbengebung kaum einem Zweifel Raum über die dargestellte Art und zwar ist ein nicht  adultes ♀ (mit hellem Pterostigma) dargestellt ; der Text gibt offenbar nur eine Beschreibung der Figur, nicht des Objektes selbst und fügt bei « aus der Vallee du Lac de Joux in dem Pais de Vaud ». Ich habe schon angedeutet dass der Schellenberg bei der Zeichnung der Libellenntafel keinen guten Tag hatte : man vergleiche z. B. die Flügeladerung mit den Bildern bei RÖSEL, deren relative Genauigkeit die Lithographen auch heute noch nicht zu Stande bringen. Trotzdem scheint mir Sulzer's [Libellula dumm beinahe einwandfrei gedeutet und damit, unter  Berücksichtigung des eben über Linne und Muller gesagten, prioritätsberechtigt. Die spätere Synonymie bedarf keiner weitern Diskussion : sie ist durch Hagen und Selys genügend bezeugt "

https://books.google.fr/books?redir_esc=y&hl=fr&id=6x1BnQEACAAJ&focus=searchwithinvolume&q=danae

En outre, le spécimen examiné par Ris avait été capturé au lac Ter, dans la Vallée de Joux, la localité-type de l'espèce.

 

 

En 1934, Cowley reprend cette discussion dans The Entomologist, vol. 68 page 156  : "Sympetrum danae (Sulzer, 1776). Ris, 1911, Cat. Coll. Selys, 13 : 646, identified Libellula danae Sulzer, 1776, Abgekflrzte Geschqlchte der Insecten : 169, pl. xxiv, fig. 3 (“Vallée du Lac de Joux”), as a female of Sympetrum scoticum (Donovan, 1811) . Campion,, 1912, Entomologist , 45 :151-152, however submitted that the figure of danae was a male of the same species."

La même année 1934, un Committee on Generic Nomenclature de la Royal Entomological Society of London, est réuni. Son sous-comité ad-hoc conclut :

"The sub-committee is of the opinion that the Libellula danae of Sulzer, 1776, is, as stated by Ris, 1911, Cat. Coll. Selys 13 : 646, a ♀ of the same species as L. scotica Leach in Donovan, 1811, and that therefore danae should be the valid name. Sulzer's figure is undoubtedly bad and probably drawn  from a distorted teneral specimen, and possibly from specimens of both sexes (vis gynandrous!)"

L'un de ses membres déclare :  

 " I myself, and the members of the Neuropteroids Sub-committee, are of the opinion that the anal appendages of the figure are undoubtedly those of a male [this differs from the opinion expressed in the Sub-committee's report], but that the abdominal colour-pattern better represents that of a female of ..."

J.G. Needham, en 1930, puis  Friedrich Dahl, en 1932, désignent des spécimens sous le nom de "Sympetrum danae", puis en 1938 le canadien Léon Provancher signale sous le même nom  dans Le Naturaliste canadien ses captures au bord du lac "Violon" .

En résumé, le nom de Sympetrum danae (Sulzer, 1776) ne remplaça celui de Libellula scotica (Donovan 1811) / Sympetrum scoticum qu'à partir de 1935 environ.

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LES NOMS EN LANGUES VERNACULAIRES.

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LES NOMS DE SYMPETRUM DANAE  EN FRANÇAIS.

Eu égard à la réception tardive par les entomologistes de l'espèce danae décrite par Sulzer, les noms propres qui lui furent donnés en français (ou dans d'autres langues) n'apparurent que dans la deuxième moitié du XXe siècle. Ils furent précédés par celui de Libellule écossaise Sélys 1840, liée à la synonymie avec L. scotica de Donovan.

-"La Libellule écossaise" Libellula scotica, Sélys, 1840

Monographie des libellulidées  d'Europe, page 53.

https://books.google.fr/books?id=44VIAAAAYAAJ&pg=PA53&dq=libellule+%C3%A9cossaise&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwi6l_fZtoHgAhXl4IUKHaAGDz0Q6AEIRDAF#v=onepage&q=libellule%20%C3%A9cossaise&f=false

-Idem, Sélys 1850.

Revue des Odonates

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q/f72.image.texteImage

 

 

1°) "Le Sympétrum noir", Robert 1958.

  Paul-A. Robert, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages page 277.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&focus=searchwithinvolume&q=%22fasci%C3%A9%22

Ce nom s'est imposé aujourd'hui aux instances officielles (INPN et LPO) et à tous les auteurs de guides de vulgarisation.  

Il qualifie la couleur sombre des mâles matures, au corps, aux ptérostigmas, aux pattes et aux yeux noirs. 

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2°) "Le Sympétrum écossais", Robert, 1958.

ce nom est proposé par Robert en synonymie, parallèlement à la synonymie S. danae / Libellula scotica.

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LES NOMS DE SYMPETRUM DANAE DANS D'AUTRES LANGUES.

-en anglais :  the black darter or black meadowhawk i

-en allemand :Schwarze Heidelibelle

-en néerlandais : De zwarte heidelibel 

-en suédois : Svart ängstrollslända

-en gallois : gwaell ddu [gweyll du Picellwr Du]

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/sympetrum%20danae.html?lang=gd

-en breton : flemm-aer du (dard-serpent noir) (en attente de validation) 

- en frison : Swarte heidelibel, Swart hopke

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SOURCES ET LIENS.

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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=gd

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/libellula%20depressa.html?lang=cy

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

— CHARPENTIER (TOUSSAINT DE ), 1840, Libellulinae europaeae ac depictae, L. Voss, 180 pages

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— OLIVIER (Guillaume-Antoine ), 1789, Histoire naturelle, Discours préliminaire page 560.

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA560&dq=%22+depressa%22+libellula&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjuoP6H_czfAhUNzhoKHfb2Bg4Q6AEIKzAA#v=onepage&q=%22%20depressa%22%20libellula&f=false

 

— LUCAS (Hippolyte), 1849, Histoire naturelle des animaux articulés 

https://www.biodiversitylibrary.org/item/101772#page/66/mode/1up

— ROBERT (Paul-A.), Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, 1958 - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=Paul-A.+Robert+libellules&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj08vudxe_fAhXyxoUKHZQqAiIQ6AEIKTAA

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840 - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
18 janvier 2019 5 18 /01 /janvier /2019 14:23

Zoonymie des Odonates : étude des noms du Sympetrum striolatum (Charpentier 1840), "le Sympétrum fascié".

 

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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 Zoonymie des Odonates.

 GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES