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31 mars 2021 3 31 /03 /mars /2021 19:41

​Zoonymie des Odonates : Lestes macrostigma (Eversmann, 1836), la "Leste à grands ptérostigmas", ou "Leste à grands stigmas".

  

Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

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BIBLIO :

  • Bibliographie des articles de zoonymie des Odonates.

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Résumé :

— Genre Lestes, Leach, 1815. Entomology, in Brewster's Edinb. Encycl. 9(1): 137. Le nom vient du grec  λῃστής = "voleur, brigand, pirate".  La seule espèce décrite en 1815 étant Agrion barbara de Fabricius, et celle-ci devant son nom à sa provenance du nord-ouest de l’Afrique, région géographique où vivaient les Berbères et dénommée alors Barbarie ou Etats barbaresques, il est logique de considérer que Leach a donné le nom de genre Lestes , "pirate"  par référence aux pirates et corsaires barbaresques basés à Alger.

Espèce Lestes macrostigma Eversman, 1836, Bull. Soc. imp.  mosc . 9 :246 . Du grec  makros  "grand" et stigma "marque". La description originale en latin donne l'explication du choix de l'épithète : magno stigma, "de grands ptérostigmas".  Les ptérostigmas de cette espèce sont noirs et très grands et surmontent deux à quatre cellules sur les ailes antérieures ou postérieures (Selys-Longchamps, 1850 et 1862).

Noms en français.

 

1°) "Lestès à grand stigma",  Revue des Odonates E. de Sélys-Longchamps 1850 page 150.

2°) "Le Leste à grands stigmas", Paul-André Robert, Les Libellules (Odonates), Delachaux et Niestlé, 1958 page 76.

3°) Noms vernaculaires préconisés par l'INPN et le Museum : "Leste à grands stigmas", "Leste à grands ptérostigmas"

4°) Noms en usage : "Leste à grands stigmas" 

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DESCRIPTION PRÉALABLE :

Corps de coloration sombre, thorax entièrement couvert de pruinosité bleue, longs ptérostigmas rectangulaires au dessus de 3 cellules.

-exemples de bons sites :

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65205

http://www.onem-france.org/leste/wakka.php?wiki=LesteId

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I. LE NOM SCIENTIFIQUE.

 

 

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LE NOM DE GENRE LESTES (Leach, 1815).

 

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voir 

Le  nom de genre Lestes Leach, 1815.

 

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LE NOM D'ESPÈCE LESTES MACROSTIGMA (EVERSMANN, 1836).

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Agrion macrostigma, Eversmann 1836,  Libellulinae, Wolgam fluvium inter et montes Uralenses observatae. - Libellululinarum species novae quas inter Wolgam fluvium et montes Uralenses obsevavit. Bulletin de la Société Impériale des naturalistes de Moscou tome 9 page 246

 

https://books.google.fr/books?id=NQMFAAAAQAAJ&hl=fr&pg=PA233#v=onepage&q&f=false

 

Localité type Orenburg (Chkalov), Russie entre la Volga et l'Oural.

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Zoonymie des Odonates : Lestes macrostigma.

 

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L'auteur.

Edouard Friedrich Eversmann (1794-1860) est un naturaliste et explorateur prussien dont le nom est commémoré par découverte un Rougequeue,  ou un papillon, le Parnassien d'Eversmann.  Ayant obtenu son diplôme de médecine et chirurgie en 1817, il voyage dans le sud de l'Oural durant trois années, y récoltant des spécimens d’histoire naturelle qu’il envoie à Hinrich Lichtenstein (1780-1857) de l’université de Berlin.

En 1820, il part pour Boukhara déguisé en marchand, voyage qu’il décrit dans Reise von Orenburg nach Buchara (1823), la partie consacrée à l’histoire naturelle étant de la main de H. Lichtenstein. En 1825, il accompagne l’expédition militaire à Khiva. En 1828, il obtient le poste de professeur de zoologie et de botanique à l’université de Kazan. Durant les treize années suivantes, il fait paraître de nombreuses publications qui le font considérer comme un pionnier de la recherche sur la faune et la flore du sud-est des steppes de la Russie, entre la Volga et l’Oural. Il est considéré aussi comme le pionnier de l’entomologie russe.

https://en.wikipedia.org/wiki/Eduard_Friedrich_Eversmann

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Réception.

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1. Par synonymie :  Selys-Longchamps, 1840,  Lestes Picteti Géné. "Lestes de Pictet", Monographie des Libellulidées d'Europe p. 138, n° 2. 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f138.item

2. Pierre Rambur 1842,  Lestes macrostigma Eversmann., in Histoire naturelle des Insectes : Névroptères, page 249

https://books.google.fr/books?id=LXntrBsX8GgC&hl=fr&output=text&source=gbs_navlinks_s

"8. LESTES MACROSTIGMA , Eversman. Viridi-enea ; thorace abdominisque basi et apice violaceis, in mare pulverulento-cæruleis; appendicibus superioribus maris intus dilatatis , denticulatis , ad basim dente obtuso, inferioribus brevibus , divaricatis, apice crinitis, pterostigmate magno.

Sel., Monogr. Lib., p. 138, n° 2. Lestes Picteti.

Ressemblant beaucoup à la Forcipula , mais un peu plus longue et un peu plus grêle. Tête plus petite. Thorax, et les deux extrémités de l'abdomen d'un bleu violet obscur, couverts d'une poussière bleuâtre chez le mâle. Abdomen très-grêle, plus épais à l'extrémité; appendices supérieurs du mâle très-différents de ceux de la Forcipula, en forme de pince, dilatés dans leur milieu au bord interne, où ils sont denticulés, ayant à la base une dent obtuse , avec une échancrure avant l'extrémité ; les inférieurs courts, épais, divariqués , rugueux, ayant à l'extrémité du côté externe une masse de poils compacte ; dessus du dernier segment un peu en carène, fortement échancré postérieurement ; extrémité abdominale de la femelle entièrement noire, avec les valves génitales plus courtes que dans la Forcipula , mais bien plus fortement dentées ; styles plus courts ; dernier segment fortement échancré postérieurement. Pattes noires, ptérostigma noir, plus grand que dans les autres espèces , plus grand chez la femelle."

3. Sélys-Longchamp, Lestes macrostigma Eversmann, in Revue des Odonates ou Libellules d'Europe page 150

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE MACROSTIGMA.

 

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Du grec  makros  "grand" et stigma "marque". La description originale en latin donne l'explication du choix de l'épithète : magno stigma, "de grands ptérostigmas".

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LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leste-a-grands-pterostigmas/

 

"De makros (gr) = grand et stigma = marque, ici ptérostigma : cette espèce à de très longs ptérostigmas."

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

Lestes macrostigma (Eversmann, 1836) from Grk. μακρός, -ά, -όν = long, large + στίγμα = mark, spot ⮎ for the large pterostigma

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

 

"macrostigma (Lestes) - μαχροσ, α, ον = grande + στιγμα = macchia. Per la presenza di un pterostigma relativamente grande"

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H. FLIEDNER, 1997, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

 

espèce non étudiée

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VAN HIJUM, 2005.

https://natuurtijdschriften.nl/pub/555521

espèce non étudiée

 

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II. LES NOMS DE LESTES MACROSTIGMA                             EN FRANÇAIS.

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1°) "Lestès à grand stigma", Lestes macrostigma Revue des Odonates E. de Sélys-Longchamps 1850 page 150.

 

2°) "Le Leste à grands stigmas", Paul-André Robert, Les Libellules (Odonates), Delachaux et Niestlé, 1958 page 76.

Ce nom est repris par Jean-Louis Dommanget et D'Aguilar en 1986 et 1987 (A Field Guide of Dragonflies), puis en 1998 par les mêmes auteurs dans leur Guide des Libellules d'Europe et d'Afrique du Nord.

 

3°) Noms vernaculaires officiels pour l'INPN et le Museum : "Leste a grands stigmas", "Leste à grands ptérostigmas"

4°) Noms en usage :

Le nom vernaculaire "Leste à grands stigmas" est choisi par Jourde dans Dijkstra (Guide des Libellules de France et d'Europe), par Grand et Boudot (Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg), par l'auteur de l'article Wikipedia ou les différents auteurs.

 

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III. LES NOMS DE LESTES  MACROSTIGMA         EN D'AUTRES LANGUES.

 

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- en anglais : pas de nom vernaculaire

-en polonais : "Pałątka wielkoplama "

-en néerlandais :  "De grote pantserjuffer"  (La grande demoiselle émeraude) 

-en allemand : "Die Dunkle Binsenjungfer" ( la Leste sombre)

- en hongrois : " A nagy foltosrabló" ( Le grand prédateur tacheté )

-en slovène : "Južna zverca"  (la bête du sud)

- en frison occidental : wetterhynderke, Gewoan wetterhynderke,, Hynderke

 

 

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SOURCES ET LIENS.

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— Animalbase

http://www.animalbase.org/

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]
 

— DIJKSTRA (K.-D.B.), et LEWINGTON, (R. ), 2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

— DIJKSTRA (K.-D.B.), et LEWINGTON, (R.) 2015. Guide des libellules de France et d'Europe. Guide Delachaux. Delachaux et Niestlé. Paris. 320 p. [http://www.delachauxetniestle.com/ouvrage/guide-des-libellules-de-france-et-d-europe/9782603021538]

— DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

GBIF

https://www.gbif.org/species/1424076

— GRAND (D.) & BOUDOT (J.P.) ,2007 Les libellules de France, Belgique et Luxembourg. Biotope, Mèze. Collection Parthénope. 480 pp.— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, "Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard", F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I:1-111. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA
— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false
  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 

— DELIRY / Worlds Odonata Words

http://www.deliry.net/odonata/index.php/Lestes_macrostigma

— RAMBUR (Pierre), 1842,Histoire naturelle des insectes: névroptères, n°25 page 277 et planche 7 fig. 4 et 5

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f299.item.texteImage

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6104159n/f19.item.zoom#

 

— SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines,  deuxième légion : Lestes, Extrait des Bulletins de l'Académie royale de Belgique 2. sér., t. XIII, no 4

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/16/mode/1up

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 22:47

Zoonymie (histoire du nom) des Odonates :  Lestes sponsa (Hansemann, 1823), le Leste fiancé.

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

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BIBLIO :

  • Bibliographie des articles de zoonymie des Odonates.

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Résumé :

— Genre Lestes, Leach, 1815. Entomology, in Brewster's Edinb. Encycl. 9(1): 137. Le nom vient du grec  λῃστής = "voleur, brigand, pirate".  La seule espèce décrite en 1815 étant Agrion barbara de Fabricius, et celle-ci devant son nom à sa provenance du nord-ouest de l’Afrique, région géographique où vivaient les Berbères et dénommée alors Barbarie ou Etats barbaresques, il est logique de considérer que Leach a donné le nom de genre Lestes , "pirate"  par référence aux pirates et corsaires barbaresques basés à Alger.

Espèce Lestes sponsa Hansemann, 1823. Du latin signifiant "fiancée, promise". Hansemann, par cet épithète et par ceux des autres espèces décrites dans le même article (A. amazon, pupa, pupilla, najas et nympha), poursuit la liste inaugurée par Linné en 1758 (L. virgo "la vierge", L. Puella "jeune fille") pour filer la métaphore des "Demoiselles" (jeunes filles non mariées), nom vernaculaire des Libellules depuis le XVIIe siècle auprès des naturalistes  européens.  L'épithète n'est pas liée à un caractère de cette espèce  différent des autres Demoiselles, bien au contraire. 

Noms en français.

1°) " [La] Lestes fiancée", De Selys-Longchamps 1840, Monog. Libellulidées, est une transcription du nom scientifique.

2°) "[La] Lestès fiancée ", De Selys-Longchamps 1850, Rev. des Odonates, même chose.

3°) "Le Leste fiancé" apparaît en 1878, 1790 et 1892 dans des ouvrages de vulgarisation. Il témoigne du changement de genre (au masculin) du genre Lestes, affirmé clairement par Kirby 1890. Le nom est repris par  Paul-André Robert  en 1936 et 1958.

5°) "Leste fiancé" est le nom vernaculaire préconisé officiellement par le Museum, et le nom en usage dans les Guides de vulgarisation. Cette forme masculine ne permet plus de comprendre la référence aux Demoiselles, voulue par le nomenclateur.

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DESCRIPTION PRÉALABLE :

 

 

-exemples de bons sites :

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65208/tab/taxo

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/leste_fiance/leste_fiance.html

https://british-dragonflies.org.uk/species/emerald-damselfly/

 

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-Des planches anciennes.

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Lestes sponsa Lucas 1900

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I. LE NOM SCIENTIFIQUE.

 

 

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LE NOM DE GENRE LESTES (Leach, 1815).

 

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voir 

Le nom de genre Lestes Leach, 1815.

 

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LE NOM D'ESPÈCE LESTES SPONSA (HANSEMANN, 1823).

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Johann Wilhelm Adolf Hansemann ( Hambourg 1784-1862), un pasteur à Leese en Basse-Saxe,  fut un entomologiste et  marchand de spécimens d'insectes. Il publia à 39 ans son premier article  dans le Zoologische Magazin de C.R. W. Wiedemann, un périodique édité à Kiel et à Altona (un quartier de Hambourg) de 1817 à 1823. Le titre annonce un "début de catalogue des espèces allemandes d'Agrion", selon le genre créé par Fabricius en 1775. Le titre précise : prediger zu lense in der grafschaft Hona, "prédicateur à Lense [Leese] dans le comté de Hona".

Il publia à la toute fin de sa vie un autre article dans un journal d'agriculture de Leipzig  sur l'extermination des œufs et chenilles d'un Bombyx (L. dispar sans doute) qui ravageait les forêts germaniques.

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Hansemann J.W. 1823 - "Anfang einer Auseinandersetzung der deutschen Arten der Gattung Agrion F. von J.W.A. Hansemann  prediger zu Lense in der grafschaft Hona." - Zool. Magaz. Wiedemann, 2 (1), pages 148-162 pages 159-160. 

https://www.biodiversitylibrary.org/page/14928647#page/163/mode/1up

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Hansemann divise ses huit espèces d' Agrions [qui seront ensuite nos Zygoptères] en trois catégories A, B, et C selon leurs ailes : A = ailes dressées et sessiles sans ptérostigmas (A. virgo) [ce seront nos Calopteryx], ; B= ailes dressées à pétioles, transparentes à ptérostigmas  losangiques [qui entreront dans nos Coenagrionidés ]  avec A. amazon, puella, pupa, pupilla, najas ; et C = ailes écartées à pétiole, transparente aux ptérostigmas rectangulaires [nos Lestidés] avec A. sponsa et A. nympha.

Cette publication lui vaudra d'être reconnu l'auteur du genre Erythromma et de l'espèce E. najas ainsi que de l'espèce L. sponsa.

https://www.lavieb-aile.com/2019/04/zoonymie-des-odonates-les-noms-d-erythromma-lindenii-selys-1840.html

https://www.lavieb-aile.com/2019/04/zoonymie-des-odonates-erythromma-najas.html

 

Traduction sous réserve.

"7. Agrion sponsa. Ailes écartées (ouvertes), à pétioles, transparentes aux ptérostigmas oblongs et noirs, tête sans tâche, dessus du thorax vert avec aucune marque chez le mâle et avec trois lignes chez la femelle."

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Dans sa description en allemand, Hansemann montre comment cette nouvelle espèce diffère de l'Agrion puella (son espèce n°3) mais aussi des autres espèces par différentes particularités.

Elle sera ensuite rapprochée de Libellula puella var. γ  de Linnaeus, 1758 par Stephens 1829. Cette variété gamma avait comme révérence la Libellula n°762  de la Fauna suecica et celle décrite par Ray page140 n°1.

 

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Réception.

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Synonymie :

1°) On a reconnu dans cette sponsa l'Agrion forcipula décrit en 1825 par Toussaint de Charpentier dans Charpentier, T. (von) 1825. Horae entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis. Wratislaviae. page 6 Charpentier donnait d'ailleurs comme référence la description de Hansemann, mais en donnant le nom de l'éditeur (Wiedemann) par erreur comme nom d'auteur.

Forcipula, diminutif du latin forcip-, "forceps", qualifie les appendices caudaux des mâles, que Charpentier décrit (Maris appendices caudales quatuor) etc...et montre dans son illustration de la Planche I figure 16.

2°) Kirby a reconnu aussi la synonymie de l'Agrion picteti décrite par E. L. J. H. Boyer de Fonscolombe en 1838 dans sa  Monographie des Libellulines des environs d'Aix (Troisième partie). Annales de la société entomologique de France, 7(1938): 547-575. page 557. Son nom rendait hommage à "un savant professeur de Genève", François-Jules Pictet de la Rive (1809-1872), titulaire de la chaire de zoologie de l'Académie de Genève ; il publiera une "Histoire naturelle, générale et particulière, des insectes névroptères"  en 1841(J. Kessmann, Genève).

3°) Enfin, la synonymie est reconnue entre L. sponsa et l'Agrion spectrum Kolenati, 1856 : Kolenati, F. A. 1856. Additamenta ad meletematum entomologicorum. Fasciculum V-tum. Bulletin de la Société Impériale des Naturalistes de Moscou, 29(4): 499-502. page 499.

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 Pierre Rambur décrit Lestes sponsa (Histoire naturelle des insectes page 248) en 1842, juste après la Lestes forcipula de Charpentier "à laquelle elle ressemble presque complètement" et une Lestes forficula mihi également très ressemblante...

 

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE SPONSA.

 

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Linné avait séparé en 1758 ses 18 libellules (Libellula ) en deux groupes : 1. Alis patentibus acquiescentes, (aux ailes ouvertes au repos)  avec 16 espèces qui correspondent aux Anisoptères, et 2. Oculi distantes remotique  (aux yeux écartés et distants) qui correspondront aux Zygoptères. 

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/565/mode/1up

Alors que les 16 espèces du premier groupe recevaient des épithètes descriptifs — morphologiques,  de milieu, ou géographiques — ( 4 maculata, flaveola, vulgata, rubicunda,  depressa, vulgatissima, cancellata, aenea, grandis, juncea, forcipata, fasciata, umbrata, dimidiata, chinensis et americana)—, les 2 espèces de nos futures Zygoptères, pour honorer leur ancien nom de "Demoiselles" et la finesse de leur aspect, ont reçu les épithètes de virgo, "la vierge", et de puella, "la jeune fille".

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En 1775, Fabricius a regrouper virgo et puella dans son genre Agrion, alors féminin (Systema entomologiae p.425) . En 1776, Sulzer, sans tenir compte de ce nouveau genre, décrit Libellula nymphula, "petite nymphe" dont l'épithète  se place en évidence en filiation de virgo et puella.

En1798, Fabricius a introduit  dans son genre une nouvelle espèce, Agrion barbara (Entomologia systematica page 286) avec un épithète géographique, "de Barbarie" par référence à l'origine algérienne du spécimen qu''il détenait. Le thème des jeunes filles lancé par Linné est provisoirement abandonné (même si on peut associer cet adjectif à un prénom, "Barbe", dont il est la forme latine).

 Vander Linden nommera en 1820 une espèce nommée Agrion elegans dont l'épithète ne qualifie pas une quelconque coquetterie féminine, mais est d'ordre taxonomique ( latin elegans = "distingué, qui se distingue des autres", choisi).

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Nous en sommes là lorsque Hansemann se lance en 1823 dans sa description des espèces de ce genre Agrion en Allemagne. Peut-être méconnaît-il la publication de Sulzer, et peut-être n'a-t-il pas  dans sa collection la barbara (plus méridionale) de Fabricius, toujours est-il qu'il crée six nouveaux noms en complément de la L. virgo et de la L. puella de Linné. Chacun de ces noms est une variation sur le thème des Demoiselles, que ce soit A. amazon =les femmes guerrières rétives au mariage, A. pupa = "petite fille" (Gaffiot), A. pupilla = "petite fille" (Gaffiot), A. naias ="naïade" , A. sponsa ="fiancée" et A. nympha ="nymphe" (qui sera considéré comme synonyme de A. barbara).

Ces noms seront complétés par l'Agrion pulchella (l'Agrione jolie) de Vander Linden en 1825, puis le thème sera épuisé et les auteurs opteront pour des épithètes souvent descriptifs des formes, des marques et des couleurs, comme pour leurs cousins Anisoptères.

Sponsa est un nom  féminin latin sponsa, ae "la fiancée, celle qui est engagée au mariage" ou le participe du verbe spondeo, es ere "promettre sur l'honneur, s'engager à" vient du latin sponsus, "fiancé).

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=sponsa

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Au total,  Hansemann, par cet épithète et par ceux des autres espèces décrites dans le même article (A. amazon, pupa, pupilla, najas et nympha), poursuit la liste inaugurée par Linné en 1758 (L. virgo "la vierge", L. Puella "jeune fille") pour filer la métaphore des "Demoiselles" (jeunes filles non mariées), nom vernaculaire des Libellules depuis le XVIIe siècle auprès des naturalistes  européens.  L'épithète n'est pas liée à un caractère de cette espèce  différent des autres Demoiselle, bien au contraire. Il n'est pas dû  à  "l'habitude du mâle d'accompagner la femelle pendant la ponte"  comme le proposait P.-A. Robert.

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Note : Linné s'était  déjà essayé à cette veine féminine en 1758 et en 1767 pour nommer des papillons de nuit du genre Noctua  et le thème nocturne l'avait entrainé sur celui des noces : dominula 1758 (Petite dame), Hera (déesse du mariage), matronula 1758 (la petite matrone), ancilla (la Servante), parthenias (de parthenos, "vierge"), materna, sponsa (la Fiancée), nupta (la Mariée), pacta 1758, pronuba 1758 (Demoiselle d'honneur) et paranympha. Série reprise par Denis & Schiffermüller en 1775 avec Noctua promissa, La Promise, puis par Esper 1787 avec Phalaena nymphaea , Phalaena nymphagoga , et Phalaena conversa (la Compagne), Phalaena coniuncta (la Conjointe) suivi de la  Phalaena puerpera Giorna 1791, de Noctua electa (l'Elue) Vieweg 1790, de   Noctua dilecta (la Bien-Aimée) Hübner 1808, de  Noctua optata (la Choisie) Godard 1824, et de Noctua diversa (la Répudiée) Geyer 1828.

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LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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La formulation la plus judicieuse est, une nouvelle fois, celle de H. Fliedner.

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leste-fiance/

"De sponsa (lat) = la promise ou fiancée : le Leste fiancé a changé de sexe en prenant son nom français. Dans la tribu des verts et des barbares, Lestes sponsa doit à la finesse et à l’élégance commune à l’ensemble de sa famille d’avoir hérité d’un vocable logique pour une « demoiselle », à moins que celui-ci ne souligne la durée de leur union, de l’accouplement à la ponte."

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Lestes sponsa (Hansemann, 1823) from Lat. sponsa = bride, betrothed".

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"sponsa (Lestes) - sponsa, ae = promessa sposa, fidanzata; per la colorazione del corpo."

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H. FLIEDNER, 1997, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

"- sponsa (Hansemann) [l. Verlobte, Braut] ist ein weiterer Name, der ein junges weibliches Wesen bezeichnet."

(est un autre nom qui désigne une jeune femme)

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"sponsa (Hansemann) [l. betrothed, bride] is another name that signifies a young female being."

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VAN HIJUM, 2005.

https://natuurtijdschriften.nl/pub/555521

"sponsa = verloofde, bruid

 

 

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II. LES NOMS DE LESTES SPONSA   EN FRANÇAIS.

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1°)  [La] Lestes fiancée"SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1840  Monographie des Libellulidées d'Europe n°4 page 140

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f140.item.

Selys-Longchamps donne comme nom en français la traduction du nom scientifique Lestes sponsa.

Le nom est repris par  Pierre Aimé Millet de la Turtaudière (Recherches des Odonates ou Libellulidées, de Maine et Loire page 55), par Pierre Boitard en 1843, et par divers auteurs jusqu'en 1882 (Bull. SSN Elbeuf).

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f270.image.r=sponsa

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2°) [La] Lestès fiancée"SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris. page 154.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q/f186.image.r=sponsa

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Le changement de genre et le passage au masculin.

Auparavant, tous les genres de Libellulidées étaient féminins, y compris Agrion.

C'est en 1890 que W.F.  Kirby,  A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata. Guerney & Jackson, London. 202 pp., page 160 impose l'accord au masculin du nom d'une trentaine d'espèces de Lestes auparavant accordées au féminin :  Lestes unguiculatus (L. unguiculata), L. uncatus, L. smaragdulus (L. Smaragdula), L. disjunctus (L. disjuncta), L. forcipatus (L. forcipata),   barbarus, etc.

Curieusement, l'épithète sponsa n'est pas transformé en sponsus. Ce point a-t-il fait l'objet d'une discussion ?

Si on estime que sponsa est un participe passé de spondeo, rien n'empêche de le mettre au masculin : Lestes sponsus.

Soit on estime que sponsa, ae "la fiancée" est un nom féminin attesté dans Plaute (mais absent du Gaffiot), et c'est peut-être la raison de l'absence d'accord au masculin avec le genre Lestes

Mais alors, la traduction ou transcription en français (puisque nos naturalistes francophones se sont montrés incapables de se désaliéner des noms scientifiques et de créer de véritables noms vernaculaires) devait être : "Le Lestes (de) La Fiancée", ou plus simplement "La Fiancée".

Il y a donc ici quelque chose qui m'échappe.

 

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L'usage de Lestes au masculin est peut-être antérieur à Kirby, puisque le nom français au masculin "leste fiancé" est retrouvé dès 1578.

 

 

 

3°) Le Leste fiancé , La Demoiselle fiancée Alfred Edmund Brehm , Merveilles de la nature : Les insectes, les myriopodes, les arachnides, édition française par J. Künckel d'Herculais, Baillère 1878 page 493.

Le passage au masculin du genre Lestes se traduit à la fin du XIXe siècle par cette forme, qui fait perdre la trace du sens initial de l'épithète sponsa

https://books.google.fr/books?id=eInsnvyJ7KkC&dq=%22leste+fianc%C3%A9%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

Le nom est repris par Louis Montillot en 1890 dans L'Amateur d'insectes, Baillière, et par Henri Beauregard dans Nos Bêtes Colin 1896

https://books.google.fr/books?id=YXEeAQAAMAAJ&pg=PA156&dq=%22leste+fianc%C3%A9%22&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjP6e7K9LzvAhWRxIUKHeYmD64Q6AEwCHoECAUQAg#v=onepage&q=%22leste%20fianc%C3%A9%22&f=false

https://books.google.fr/books?id=M-JF9I2GAtoC&q=%22leste+fianc%C3%A9%22&dq=%22leste+fianc%C3%A9%22&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwim877a97zvAhUQlxQKHUOODcIQ6wEwA3oECAMQAQ

3° bis) "Le Leste fiancé", Paul-André Robert, Les insectes : Coléoptères, orthoptères archiptères. Delachaux & Niestlé 1936 page 118 puis Les Libellules (Odonates), Delachaux & Niestlé 1958.

L'auteur écrit : "Signification du nom : sponsa =fiancé, à cause de l'habitude du ♂ d'accompagner la ♀ pendant la ponte ; forcipula = à forceps : forme des pinces du ♂ ; autumnalis = d'automne ; neglectum = négligé."

4°) Nomenclature officielle  (INPN/MNHN) : "Leste fiancé"

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65208/tab/taxo

5°) Nom d'usage :

"Leste fiancé" Jourde in Dijktstra. "Le Leste fiancé" Grand et Boudot. "Le Leste fiancé" Wikipedia.

 

 

 

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III. LES NOMS DE LESTES SPONSA EN D'AUTRES LANGUES.

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Une fois de plus, nous constatons que dans les autres langues, les naturalistes ont su créer des noms vernaculaires qui apportent des informations utiles aux néophytes.

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- en anglais : "Emerald Damselfy" ou "Common spreadwing" ou "Green Lestes", ("La Demoiselle vert-émeraude", ou Migratrice commune")

-en polonais : "Pałątka pospolita" ([Leste] commun")

-en catalan : "alaestès fi" (Le Leste fin")

-en espagnol: "El cabalitto del diablo esmeralda" (Le cheval du diable vert-émeraude")

-en suédois : " Pudrad smaragdflickslända",  "allmän smaragdflickslända" ou "grön flickslända"  ("La Demoiselle vert-émeraude poudrée (pruine?), "la Demoiselle vert-émeraude commune", "la Demoiselle verte"

-en norvégien :  "Nordmetallvannymfe" ("La nymphe aquatique [vert] métal du Nord" ?)

-en néerlandais :  "Gewone pantserjuffer"  ("Demoiselle commune")

-en danois : " Kobberglinsende vandnymfe" (La Nymphe aquatique cuivrée commune")

-en allemand : "Gemeine Binsenjungfer"

- en gallois : "Mursen werdd" sous réserve 

-en breton : "Damezell glas-emrodez"  "Demoiselle bleu-émeraude", d'après le nom anglais https://www.brezhoneg21.com/resources/geriadur/skiantBG.pdf

-en letton :

- en hongrois : "Lomha rabló"

en lituanien :  "Paprastoji strėliukė" (La Flèche commune")

-en slovène : "Obvodna zverca"

-en tchèque  : "Šídlatka páskovaná"

- en frison occidental : "wetterhynderke", "Gewoan wetterhynderke", "Hynderke"

-en estonien : "Luhakõrsik"

-en finnois : "Sirokeijukorento"

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SOURCES ET LIENS.

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— Animalbase

http://www.animalbase.org/

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]
— DIJKSTRA (K.-D.B.), et LEWINGTON, (R. ), 2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

— DIJKSTRA (K.-D.B.), et LEWINGTON, (R.) 2015. Guide des libellules de France et d'Europe. Guide Delachaux. Delachaux et Niestlé. Paris. 320 p. [http://www.delachauxetniestle.com/ouvrage/guide-des-libellules-de-france-et-d-europe/9782603021538]

— DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

GBIF

https://www.gbif.org/species/1424076

— GRAND (D.) & BOUDOT (J.P.) ,2007 Les libellules de France, Belgique et Luxembourg. Biotope, Mèze. Collection Parthénope. 480 pp.— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, "Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard", F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I:1-111. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA
— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false
  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

— BURMEISTER  H. 1839 - Handbuch der Entomologie. - Enslin, Berlin [Libellulina : 805-862]. -

https://archive.org/details/handbuchderentom222burm/page/842/mode/2up

 — CHARPENTIER. Horae Entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis. Vratislaviae, 1825, in-4, avec 9 pl. coloriée, 261 pages.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25890#page/7/mode/1up

— CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss .

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— DELIRY / Worlds Odonata Words

http://www.deliry.net/odonata/index.php/Lestes_sponsa

— D'HERCULAIS (J. Künckel), 1878, Alfred Edmund Brehm , Merveilles de la nature : Les insectes, les myriopodes, les arachnides, édition française par J. Künckel d'Herculais, Baillère 1878 page 493.

https://books.google.fr/books?id=eInsnvyJ7KkC&dq=%22leste+fianc%C3%A9%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— RAMBUR (Pierre), 1842,Histoire naturelle des insectes: névroptères,  page 248

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f270.item.r=sponsa

— SCHAEFFER (Jacob-Christian). 1769,  Icones insectorum circa Ratisbonam indigenorum coloribus naturam referentibus expressae... = D. Jacob Christian Schäffers natürlich ausgemahlte Abbildungen Regensburgischer Insecten...   Regensburg, gedruckt bey Heinrich Gottfried Zunkel. [1766-1769] Illustrations par Johann Jakob Haid, (1704-1767). Johann Nepomuk Maag (1724?-1800). G. P. Trautner, . Johann Gottlieb Friedrich, (1742-1809). et Loibel.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1518402b/f1.item

 

— SCHAEFFER (Jacob-Christian). 1804, D. Jacobi Christiani Schaefferi Iconum insectorum circa Ratisbonam indigenorum enumeratio systematica par Georg Wolfgang Franz, Panzer, 1755-1829  (nomenclature systématique) :

https://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/101964

— SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines,  deuxième légion : Lestes, Extrait des Bulletins de l'Académie royale de Belgique 2. sér., t. XIII, no 4

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

— VANDER LINDEN (Pierre Léonard) 

 -1820 Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1

-1823 Aeshnae Bononienses descriptae, Opuscoli scientifici, volume 4 158-167

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

-1825 sa Monographiae Libellulinarum europaearum specimen  de 42 pages.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
14 mars 2021 7 14 /03 /mars /2021 16:19

Zoonymie des Odonates : Lestes barbarus Fabricius, 1798), le Leste sauvage.

 

 

 

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

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BIBLIO :

  • Bibliographie des articles de zoonymie des Odonates.

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Résumé :

Genre Lestes, Leach, 1815. Entomology, in Brewster's Edinb. Encycl. 9(1): 137. Le nom vient du grec  λῃστής = "voleur, brigand, pirate". Le sens " prédateur" n'est pas cohérent puisque tous les Odonates sont des prédateurs. La seule espèce décrite en 1815 étant Agrion barbara de Fabricius, et celle-ci devant son nom à sa provenance du nord-ouest de l’Afrique, région géographique où vivaient les Berbères et dénommée alors Barbarie ou Etats barbaresques, il est logique de considérer que Leach a donné le nom de genre Lestes , "pirate"  par référence aux pirates et corsaires barbaresques basés à Alger.

— Espèce Lestes barbarus Fabricius 1798. La description originale de Fabricius pour son Agrion barbara explique parfaitement le choix de cet épithète géographique : "Habitat in Barbaria, Dom. Rehbinder".  Barbaria désigne alors l'Algérie, où le baron Johann Adam von Rehbinder (Kiel 1757- ?1809), qui a procuré ce spécimen au naturaliste danois Fabricius,  a été  consul du Danemark à Alger de 1780 à 1798. L'épithète devrait se traduire dans ce contexte par "de Barbarie" ou "venant d'Algérie". Sélys-Longchamps signalait dès 1840 qu'on trouvait cette espèce dans tout le midi de l'Europe, mais aussi en Allemagne et en Belgique, et nous savons  aujourd'hui qu'il est présent en Bretagne jusqu'à la pointe du Finistère !

— Noms en français.

 

1°) " [La] Lestes barbare", De Selys-Longchamps 1840, Monog. Libellulidées :142, est une transcription-trahison du nom scientifique.

2°) "[La] Lestès barbare " De Selys-Longchamps 1850, Rev. des Odonates :159, même chose, aggravé d'un barbarisme pour le pseudo grec  "Lestès".

3°) "[La] Lestès de Barbarie", Eugène Desmarest, 1860 in Jean-Charles Chenu, Annelés, Table alph.,  Encycl. Hist. nat., : 34. est le seul nom qui est fidèle à l'épithète géographique de Fabricius. Il ne sera pas retenu.

 

4°) "Le Leste sauvage", Paul-André Robert 1958 Les Libellules (Odonates)  : 82, provient d'une consultation dans le Larousse de l'adjectif "barbare" utilisé à tort par Selys-Longchamps.

5°) "Leste sauvage" est le nom vernaculaire préconisé officiellement par le Museum.

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DESCRIPTION PRÉALABLE :

Le nom scientifique et le nom vernaculaire ne seront d'aucune aide au  néophyte à reconnaitre cette espèce qui n'est ni sauvage ni barbare.  On repérera chez ce Zygoptère des eaux stagnantes ensoleillées par :

  • Les pterostigma bicolores .

  • Les larges rayures antehumérales pâles à l'arrière du thorax.

  • Le corps vert métallique. Pas de coloration bleue.

 

-exemples de bons sites :

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65199/tab/fiche

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/leste_sauvage/leste_sauvage.html

https://british-dragonflies.org.uk/species/southern-emerald-damselfly/

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-Des planches anciennes.

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"Agrion barbarum" Charpentier 1840 pl. XXXV fig. 3 et 4.

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I. LE NOM SCIENTIFIQUE.

 

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LE NOM DE GENRE LESTES (Leach, 1815).

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Le nom de genre Lestes Leach, 1815.

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LE NOM D'ESPÈCE LESTES BARBARUS (FABRICIUS, 1798).

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Agrion barbara  : Fabricius J.C. 1798 - Suplementum entomologiae systemicae. -Hafniae [Copenhagen] apud Proft et Storch,  : 582 pp. page 286.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/42138782#page/294/mode/1up

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Agrion barbara, Fabricius 1798. numérisé par BHL.

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Traduction sous réserve.

Agrion barbara 2-3 Agrion vert au dessus et jaune au dessous, ptérostigma noir et blanc.

Vit en Algérie, Monsieur Rehbinder.

Taille et envergure semblables à celles d'Agrion puella. Tête verte ou jaune. Thorax vert au dessus avec trois lignes dorsales jaunes, et dessous jaune. Abdomen cylindrique, vert au dessus, jaune au dessous. Ailes transparentes, dont les ptérostigmas sont d'ordinaire moitié noirs et blanc.

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"Habitat in Barbaria". : Barbaria désigne alors l'Algérie, où le baron Johann Adam von Rehbinder (Kiel 1757- ?1809)  a été secrétaire du consulat du Danemark à Alger en 1780, puis vice-consul en 1782  et consul de 1784 à 1798 (biographie). Ce dernier est (serait) l'auteur de "Nouvelles et remarques sur l'Etat algérien" Altona 1798., parus de 1798 à 1800 sous le titre Nachrichten und Bermerkungen über des algierischen Staat. J'ignore si ses spécimens entomologiques, que Fabricius explore en 1798, lui ont été adressées, ou étaient réunis dans un cabinet de curiosité (mais la référence serait alors Barbaria mus. Dom ...). Néanmoins, Fabricius décrivit en 1793 un Longicorne,  Saperda vitigera, [Conizonia detrita] dont l'holotype provenant de Rehbinder et  venant de la collection de Fabricius est conservé au Museum zoologique de Copenhague. Je présume que le spécimen de cet Agrion barbara communiqué par Rehbinder appartenait semblablement à la collection de Fabricius mais n'a pas été conservé. Fabricius était enseignant à Kiel (ville natale de Rehbinder) de 1775 à la fin de sa vie, et le prologue de son Supplementum Entomologia porte la mention Kiliae, 10 feb. 1798.

Voir aussi les Diptères Stratiomys flavipes  ou Milesia tomentosa cinerea (Habitat Algiriae Dom. de Rehbinder). Ou Anthrax syphax. Fabricius décrit des espèces venant d'autres correspondants ayant prospecté l'Algérie, comme le professeur Vahl, Desfontaines ou Bose.

Le féminin  s'accorde avec le genre alors en vigueur d'Agrion, déterminé par le groupe Libellula créé par Linné : toutes espèces de Libellules, ces Demoiselles, sont forcément féminines.

Voir : https://www.researchgate.net/publication/254243603_Seasonal_ecology_of_Algerian_Lestidae_Odonata

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Réception.

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— [ S.N. Schaeffer planche CXVII fig. 4 -5 ? (cité par Fonscolombe ; mais ptérostigmas monochromes brun-orange)]

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1518402b/f319.item

— Agrion barbara Vander Linden 1825, Monographiae page 35

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ&printsec=frontcover&hl=fr&source=gbs_ge_summary_r&cad=0#v=onepage&q=agrion&f=false

— Charpentier 1825
 

— Agrion barbara Boyer de Fonscolombe, 1838, Monographie des Libellulines des environs d'Aix. Troisième partie.  page 354 n°3

https://books.google.fr/books?id=pgBMAQAAMAAJ&dq=Boyer+de+Fonscolombe+1838+Monographie+des+Libellulines+des+environs+d%27Aix.+Deuxi%C3%A8me+et+troisi%C3%A8me+parties.&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

—  Agrion barbarum Charpentier 1840

— Lestes barbara "Lestes barbare" De Selys-Longchamps, , M. E. (1840), Monographie des Libellulidées d'Europe n°4 page 142

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f142.item

Lestes barbara "Lestes barbare", Boitard 1843; Nouveau manuel complet d'entomologie.

— Lestes barbara  "Lestès barbare", De Selys-Longchamps, , M. E. (1850) : Revue des Odonates ou Libellules d’Europe page 159 n°6.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q/f191.item.texteImage

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Synonymie 

  • Agrion nympha Hansemann, 1823, Hansemann, J. W. A. 1823. Anfang einer Auseinanderseßung der deutschen Arten der Gattung Agrion F. Zoologisches Magazin, Wiedemann, 2(1) page 161 

    https://www.biodiversitylibrary.org/page/14928647#page/164/mode/1up

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE BARBARUS.

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La description originale de Fabricius explique parfaitement le choix de cet épithète : "Habitat in Barbaria, Dom. Rehbinder".  Barbaria désigne alors l'Algérie, où le baron Johann Adam von Rehbinder (Kiel 1757- ?1809), qui a procuré ce spécimen au naturaliste danois Fabricius,  a été  consul du Danemark à Alger de 1780 à 1798. Pour d'autres espèces, Fabricius écrit " "Habitat in Algiriae, Dom. Ehlbinder". Les cartes de de Jode (1583), d'Ortelius (1592) et de Mercator (1590) désignent sous ce nom de Barbaria le nord-ouest de l’Afrique. Il reprend le latin barbaria, ae, "pays barbare", "pays étranger, inculte, sauvage" et a donné  "Berbérie" (1860), "Berbère", Barbarie ou Etats barbaresques. 

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BARBARIA, Carte de Mercator

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Le latin barbarus "étranger" d'après l'usage grec qui désignait ainsi tous les pays en dehors de la Grèce, a qualifié tous les autres pays et les autres peuples que les Romains parlant une autre langue qu'eux.

Il a donné par l'italien barbaresco l'adjectif "barbaresque" qui a désigné les pirates musulmans qui opéraient depuis les ports d'Alger, de Tunis, de Tripoli et de Salé. On se souvient de Cervantes resté captif à Alger de 1575 à 1580.

L'épithète doit donc se traduire dans ce contexte par "de Barbarie" ou "venant d'Algérie". On parlerait alors de ce "Lestes de Barbarie" comme on le fait du "Figuier de Barbarie" Opuntia ficus indica, très répandu en Afrique du Nord bien qu'il provienne du Mexique.

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Sélys-Longchamps signalait dès 1840 qu'on trouvait cette espèce dans tout le midi de l'Europe, mais aussi en Allemagne et en Belgique, et nous savons  aujourd'hui qu'il est présent en Bretagne jusqu'à la pointe du Finistère (Cléden-Cap-Sizun et Île Molène) !

Distribution en Bretagne  : http://51.83.44.201/atlas/espece/65199

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:1630_barbarie_mercator.jpg

https://books.google.fr/books?id=lCRkAAAAcAAJ&pg=PA86&dq=barbaria+g%C3%A9ographique&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwjry-HHra_vAhV3DGMBHfFMDr8Q6AEwAHoECAUQAg#v=onepage&q=barbaria%20g%C3%A9ographique&f=false

 

 

"On a cru à tort cette espèce propre uniquement au nord de l'Afrique. Elle est commune dans tout le midi de l'Europe , et se trouve aussi , quoiqu'en plus petit nombre, en Allemagne et en Belgique. Je l'ai prise aux environs de Naples, le 20 mai; en Lombardie, vers la mi-juin ; à Baden , le 25 juillet. M. Putzeys la retrouvée aux environs d'Arlon (Belgique), le 24 août. Elle a aussi été observée près de Bruxelles par M. Robyns. En Provence, elle vole également en août et septembre." (Selys-Longchamps Monographie 1840)

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"Patrie . La Lestes barbara est une espèce qui semble commune aux côtes du bassin de la Méditerranée. Elle devient rare et locale dans L'Europe centrale, et n’existe pas en Scandinavie. Belgique , très-rare, observée dans quelques parties de Liège, du Luxembourg et du Brabant en août (De Selys, Putzeys). - Allemagne , Hanovre, du 15 juin au 24 septembre (Heyer); Prusse orientale, Koenigsberg, très-rare (Hagen); Silésie, très-commune en juin (Charpentier, Schneider); Bavíère, commune (Schœlfer, De Siebold); Vienne (Kollar); Baden, le 25 juillet (De Selys). - France , très commune en aoút et septembre et en mai; en Provence et en Languedoc (Rambur, Guinard, De Fonscolombe ); Angers (Millet); Lyon (Foudras)." (Selys-Longchamps ,Revue 1850)

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L'épithète est resté accordé au féminin tant avec le genre Agrion de Fabricius jusqu'au Agrion barbarum de Charpentier 1840. Il est également au féminin avec le genre de Lestes de Leach, car tous les genres des "Libellulidées" étaient féminins. On trouve "Lestes barbara" jusqu'à la fin du XIXe siècle. C'est en 1890 que W.F.  Kirby,  A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata. Guerney & Jackson, London. 202 pp., page 162) impose le masculin Lestes barbarus.

 

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LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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Tous les auteurs relient l'épithète barbarus à l'origine géographique en Afrique du Nord, et à la localité-type de l'espèce. L'analyse de Fliedner est la plus précise.

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leste-sauvage/

"Lestes (gr) = brigand, pirate ; barbarus (gr/lat) = barbare. Cette espèce a été décrite du nord-ouest de l’Afrique, région géographique où vivaient les Berbères et dénommée Barbarie ou Etats barbaresques jusqu’au début du XIXe siècle."

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"after the Barbary coastal region of North Africa ('Barbaria' in Fabricius' description), from where the specimens he described originated"

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"barbarus (Lestes) - Dalla località tipica (Barbaria), regione del Nord-Africa."

 

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H. FLIEDNER, 1997, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"Wie schon erwähnt ist Lestes (lateinische Aussprache!) ein gr. Wort für ‘Räuber’. Einen Grund für die Wahl dieses Namens gibt Leach (1815) nicht an. Er gibt auch keinerlei diagnostische Hilfsstellung, da alle Libellen räuberisch leben.

- barbarus wurde als erste Art der Gattung beschrieben. Der Name besagt nicht, dass diese Kleinlibellen Barbaren von besonderer Brutalität wären; sondern die Exemplare, anhand derer Fabricius die Art beschrieb, stammten aus Nordwestafrika, einer Gegend, die damals unter dem Namen ‘Barbarei’ bekannt war. Diese Bezeichnung leitet sich von den dort lebenden ‘Berbern’ her. Und der Ursprung dieser Benennung liegt in der römischen Antike, in der die Völker, die ablehnten, die lateinische Sprache zu übernehmen, ‘barbari’ [- Fremde, Barbaren] genannt wurden."

"As already quoted Lestes [Latin pronunciation] is a Greek word for ‘robber’. Why LEACH (1815) chose this name he did not say. It does not give any diagnostic clue either because all Odonata are predators.

- barbarus was the first species of this genus to be described. The name does not say that these Zygoptera are barbarians of special brutality, but that the specimina, on which Fabricius founded his description, were from north western Africa which region was then known as ‘Barbary’, derived from the Berbers living there. And the origin of their denomination is in late Roman antiquity, when the people who refused to accept Latin as their language were called barbari [aliens, barbarians]."

 

 

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VAN HIJUM, 2005.

https://natuurtijdschriften.nl/pub/555521

"barbarus = afkomstig uit Barbarije (NW-Afrika; hier zijn ook de woorden ‘barbaar’en ‘berber’ van afgeleid)"

 

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II. LES NOMS EN FRANÇAIS.

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1°) " [La] Lestes barbare", De Selys-Longchamps 1840, Monog. Libellulidées :142.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f142.item

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Fidèle à lui-même, le belge de Selys-Longchamps ne se soucie pas de créer un nom français qui ait du sens, mais de transcrire le nom scientifique Lestes barbara au plus près. Il a transcrit  le nom scientifique de genre : "Lestes" par "Lestes".  Il ouvre avec ce nom de "Lestes barbare", la porte à tous les contre-sens. 

Il est d'autant plus désinvolte avec les noms (mal) francisés qu'il n'en fait pas usage, et qu'il parle, en langage courant, de "la lestes barbara" en 1840, 1850 et 1862 ; comme l'ensemble de ses collègues.

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2°) "[La] Lestès barbare " De Selys-Longchamps 1850, Revue des Odonates :159.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q/f191.item.texteImage

L'accent aigu placé par Selys-Longchamps n'est pas une coquille, puisqu'il se retrouve pour la traduction du nom de genre et pour toutes ses espèces. Cette forme est reprise par l'auteur en 1862 dans son "Synopsis des agrionines, seconde Légion : Lestès". 

Il est probablement la reprise d'une graphie de la forme grecque lestès. Mais cette graphie grecque me semble ici incorrecte.

ληστης –  vient de 'leizomai' (piller) Du grec ancien λῃστής, lêistếs, masculin, 1. "Voleur, brigand". 2. (En particulier) "Pirate".

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N'est-ce pas ici l'occasion de donner la définition du barbarisme ? C'est "une faute de langue qui enfreint les règles de la morphologie, non celles de la syntaxe. Il consiste à importer dans une langue donnée des formes qui sont usuelles dans une langue étrangère. Ce mot s'emploie surtout pour les fautes de traduction dans les langues anciennes." Suivez mon regard.

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3°) "[La] Lestès de Barbarie", Eugène Desmarest, in Jean-Charles Chenu, 1860, Annelés, Table alphabétique,  Encyclopédie d'Histoire naturelle, Paris, page 34.

https://books.google.fr/books?id=B7QzpayI2voC&vq=lest%C3%A8s&dq=%22Lest%C3%A8s%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

https://www.biodiversitylibrary.org/item/246156#page/44/mode/1up

S'il reprend la forme Lestès de Selys-Longchamps, le médecin aide-major et naturaliste français Jean-Charles Chenu (1808-1879) se montre plus soucieux d'une traduction correcte de l'épithète barbara par "de Barbarie".

La table analytique a en réalité été  dressée par "M. E. Desmarest, du Museum d'Histoire naturelle, secrétaire à la Société entomologique de France, l'un des collaborateurs de M. le docteur Chenu pour diverses parties de l'Encyclopédie" (Avis introductif). C'est donc au crédit d'  Eugène Desmarest que doit être porté cette heureuse création de nom... qui n'aura pas de suite.

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4°) "Le Leste sauvage", Paul-André Robert 1958 Les Libellules (Odonates)  : 82

C'est le Suisse Paul-André Robert qui supprime la -s finale pour la transcription dans notre langue du genre Lestes.

Il donne dans son guide de vulgarisation de la collection de Delachaux et Niestlé la signification suivante  :

"barbarus = "étranger, sauvage" (1ère signification de "barbare" dans Larousse)".

C'est ainsi que  s'est introduit dans notre langue un zoonyme qui trahit le nom scientifique, et propage un contre-sens laissant croire que l'épithète décrit un tempérament de cette espèce alors qu'il s'agit d'un épithète géographique.

Si P.-A. Robert avait lu la description originale de Fabricius plutôt que d'ouvrir son Larousse et de choisir, parmi les significations proposées, la plus discutable, il aurait, au moment où c'était encore possible, pu créer le nom de "Leste de Barbarie". Le Petit Larousse de 1964 donne pour barbare en 1 "étranger" et en 2 "sauvage", mais le Petit Larousse illustré de 1919 donne effectivement page 101 : -barbare, adjectif et nom, (grec barbaros "étranger") Peu civilisé, sauvage"

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3°) Nomenclature officielle : "Le Leste sauvage", INPN/ MNHM consulté le 9/03/2021.

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65199

Le Museum a choisi, sur le site INPN, de valider le zoonyme "Leste sauvage", et ne cite même pas en seconde position "Leste barbare" (qui pouvait encore bénéficier d'une certaine polysémie).

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4°) Nom d'usage actuels.

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Dijkstra emploie "Leste barbare"  et en synonyme "Leste sauvage", Grand et Boudot donnent  "Le Leste sauvage" . Wikipedia : "Le Leste barbare ou sauvage". Précigout (Libellules de Poitou-Charentes) donne "Le Leste sauvage" mais ensuite le synonyme "Le Leste barbare".

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III. LES NOMS DE LESTES BARBARUS EN D'AUTRES LANGUES.

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Loin de les égarer comme en français, de nombreux noms vernaculaires donnent aux néophytes des renseignements utiles sur cette espèce, soit sur sa couleur verte "émeraude", soit (surtout pour les pays du Nord de l'Europe qui l'ont vu gagner du terrain depuis les années 1990) sur son comportement migrateur venant du sud.

Le faux-ami barbarus a néanmoins été "traduit" par "Shy" (sauvage, timide) dans l'un des trois noms anglais.

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- en anglais : "Migrant Spreadwing", "Southern Emerald Damselfly",  "Shy Emerald Damselfly" . (La migratrice du Sud,  Demoiselle émeraude du sud", "Demoiselle émeraude sauvage").

-en polonais : "Pałątka południowa" ("La Leste du Sud")

-en catalan : "Alaestès verd", ("le Lestès vert").

-en espagnol: "Caballito del diablo esmeralda", "Emeraude cheval du diable"

-en suédois : "Vandrande smaragdflickslända", ("La Demoiselle émeraude migratrice")

-en norvégien : Metallvassnymfer (pour les Lestidés]

-en néerlandais :  "Zwervende pantserjuffer"

-en dannois : "Sydlig Kobbervandnymfe"

-en allemand : "Südliche Binsenjungfer"

- en gallois : "Mursen werdd y de" sous réserve 

-en breton : "Dimezell [g]ouez " ("Demoiselle sauvage" composé d'après le français ) en attente validation

-en letton : "Migrējošā zaigspāre" "Libellule migratrice"

- en hongrois : "Foltosszárnyjegyű rabló" ("le voleur aux ailes tachetées")

en lituanien : "Pietinė strėliukė"

-en slovène : "Grmiščna zverca"

 

- en frison occidental :  "Strün hynderke", "Brüns hynderke" "Swalkhynderke"

-en estonien : "Lõunakõrsik" (--- du Sud)

-en finnois : "Kalveakeijukorento"

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SOURCES ET LIENS.

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

Animalbase

http://www.animalbase.org/

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]
 

— DIJKSTRA (K.-D.B.), et LEWINGTON, (R. ), 2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

— DIJKSTRA (K.-D.B.), et LEWINGTON, (R.) 2015. Guide des libellules de France et d'Europe. Guide Delachaux. Delachaux et Niestlé. Paris. 320 p. [http://www.delachauxetniestle.com/ouvrage/guide-des-libellules-de-france-et-d-europe/9782603021538]

— DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

— GBIF

https://www.gbif.org/species/1424076

— GRAND (D.) & BOUDOT (J.P.) ,2007 Les libellules de France, Belgique et Luxembourg. Biotope, Mèze. Collection Parthénope. 480 pp.— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I:1-111. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA
— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false
  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 — CHARPENTIER. Horae Entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis. Vratislaviae, 1825, in-4, avec 9 pl. coloriée, 261 pages.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25890#page/7/mode/1up

— CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss .

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

DELIRY

http://deliry.net/odonata/index.php/Lestes_barbarus

— RAMBUR (Pierre), 1842,Histoire naturelle des insectes: névroptères, n°25 page 277 et planche 7 fig. 4 et 5

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f299.item.texteImage

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6104159n/f19.item.zoom#

 

— SCHAEFFER (Jacob-Christian). 1769,  Icones insectorum circa Ratisbonam indigenorum coloribus naturam referentibus expressae... = D. Jacob Christian Schäffers natürlich ausgemahlte Abbildungen Regensburgischer Insecten...   Regensburg, gedruckt bey Heinrich Gottfried Zunkel. [1766-1769] Illustrations par Johann Jakob Haid, (1704-1767). Johann Nepomuk Maag (1724?-1800). G. P. Trautner, . Johann Gottlieb Friedrich, (1742-1809). et Loibel.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1518402b/f1.item

 

— SCHAEFFER (Jacob-Christian). 1804, D. Jacobi Christiani Schaefferi Iconum insectorum circa Ratisbonam indigenorum enumeratio systematica par Georg Wolfgang Franz, Panzer, 1755-1829  (nomenclature systématique) :

https://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/101964

— SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines,  deuxième légion : Lestes, Extrait des Bulletins de l'Académie royale de Belgique 2. sér., t. XIII, no 4

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— VANDER LINDEN (Pierre Léonard) 

 -1820 Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1

-1823 Aeshnae Bononienses descriptae, Opuscoli scientifici, volume 4 158-167

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

-1825 sa Monographiae Libellulinarum europaearum specimen  de 42 pages.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
9 mars 2021 2 09 /03 /mars /2021 21:21

Zoonymie des Odonates : Ischnura pumilio (Charpentier, 1825), l' Agrion nain ou Ischnure naine.

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

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BIBLIO :

  • Bibliographie des articles de zoonymie des Odonates.

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Résumé :

Ischnura, Charpentier 1840, Libell. Europ. Lipsiae :9 :  du grec ίσχνός ischnos ["maigre, mince"]  et ούρά  oura [ "queue" soit pour les insectes "abdomen"]  en raison, selon Charpentier lui-même,  de "la finesse remarquable de l'abdomen, surtout en son milieu." Le qualificatif se justifie surtout pour la première des espèces placées par l'auteur dans son sous-genre, Agrion speciosum, dont la minceur de l'abdomen est effectivement remarquable, mais  qui sera rangée ensuite dans le genre Nehalennia

pumilio Charpentier 1825,  du latin signifiant "nain" ; Charpentier le décrit alors comme "Le plus petit de tous les Agrions européens". L'espèce mesure 26 à 31 mm de long, mais le plus petit Zygoptère d'Europe est Nehalennia speciosa, avec 24-26 mm de long.

— Noms en français :

1°) "L'Agrione naine",  de Sélys-Longchamps 1840.

2°) "L'Agrion pumilion", de Sélys-Longchamps 1850.

3°) "L'Agrion nain" Paul-André Robert 1958, syn. "L'Ischnure naine".

 

 

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DESCRIPTION PRÉALABLE :

 

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-exemples de bons sites :

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65115/tab/fiche

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/agrion_nain/agrion_nain.html

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-Des planches anciennes.

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Agrion pumilio mâle, Charpentier 1840 planche XXXIX. Source BHL.

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Agrion pumilio femelle et variété, Charpentier 1840 planche XXXIX

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Planche par Lucas 1900

 

 .

Pierre Rambur, 1842. Gallica.

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I. LE NOM SCIENTIFIQUE.

 

 .

LE NOM DE GENRE ISCHNURA CHARPENTIER, 1840.

Ischnura, CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss page 9 et page 20. https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Lire :  http://www.lavieb-aile.com/2019/04/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-ischnura-charpentier-1840.html

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LE NOM D'ESPÈCE ISCHNURA PUMILIO (CHARPENTIER, 1825).

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 Charpentier, T. de 1825. Horae entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis. - pp. I-XVI [= 1-16], 1-255, [1-3], Tab. I-IX [= 1-9]. Wratislaviae. (Gosohorsky). page 22Tableau I fig. 27.

 

.

Toussaint von Charpentier, 1825, De Libellulinis europaeis In Horae entomologicae, page 22.

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Toussaint von Charpentier, 1825, De Libellulinis europaeis In Horae entomologicae, page 23.

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La description originale.

 

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Traduction (sous réserve) : "Agrion peint de couleur bronze, blanc pâle et bleu ; collier marginal du dernier segment légèrement arrondi. Vit en Hongrie, et en Italie du nord.

Le plus petit de tous les Agrions européens, mon spécimen étant jusqu'ici le seul notifié. C'est un Agrion semblable à A. tuberculatum," etc.

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Réception et illustrations.

-Charpentier reprendra sa description en 1840 sous le nom d'Agrion pumilio (Libellulinae europaeae  ...) pages 154-155 n°52 et  planche 39 : mâle, femelle et variété femelle. : "Agrion vert-bronze au dessus, blanc ou bleu au dessous, ...)

https://www.biodiversitylibrary.org/page/60211815#page/155/mode/1up

-De Sélys le décrira en français en 1840 sous le nom d'Agrion pumilio dans sa Monographie des Libellulidées d'Europe puis en 1850 dans sa Revue des Odonates. Il emploiera le nom Ischnura pumilio en 1872 (Matériaux pour une faune névroptérologique de l'Asie p. 17.

Il avait en 1837 décrit la variété aurantiaca comme une espèce nouvelle sous le nom d'"Agrione orangée" Agrion aurantiaca dans le Tableau des Libellulines précédant son Catalogue des papillons de Belgique. Cette forme orange correspond à la couleur des femelles immatures.

Enfin, il décrivit dans la Revue zoologique de 1840 page 214, comme espèce nouvelle, l'Agrion cognata.

-Pierre Rambur le décrit sous le nom d'Agrion pumilio en 1842 dans son Histoire naturelle des insectes n°25 page 277 avec deux illustrations en planche 7.

Aujourd'hui, l'INPN/MNHN donne comme synonymes à Ischnura pumilio  : 

  • Agrion aurantiaca Selys, 1837
  • Agrion cognata Selys, 1840

  • Agrion pumilio Charpentier, 1825)

 

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ÉTUDE DE L'EPITHÈTE PUMILIO.

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Gaffiot donne le nom masculin latin pumilio, onis, "[un] nain", à coté de pumilus, i,  "[un ] nain". Le suffixe -io se retrouve dans ovilio ("berger") et tabellio "clerc". Mais pumilio a été concurrencé puis évincé par nanus, même sens. 

De même que le substantif "nain" a été adjectivé dans notre langue dès le XIIIe siècle, pumilio a été adjectivé comme épithète en  Sciences naturelles, par exemple par Pitton de Tournefort en 1700 avec sa tulipe naine Tulipa pumilio. Puis viendra le Coq nain Gallus pumilio de Brisson, etc. Voir aujourd'hui en zoologie la grenouille dendrobate de 2 cm  Oophaga pumilio  Schmidt 1857 et en botanique Pinus mugo Pumilio.

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=pumilus

http://www.perseus.tufts.edu/hopper/text?doc=Perseus:text:1999.04.0059:entry=pumilio

 

Résumé : pumilio, du latin signifiant "nain" ; Charpentier écrit dans sa description de 1825 "Le plus petit de tous les Agrions européens". L'espèce mesure 26 à 31 mm de long, mais le plus petit Zygoptère d'Europe est Nehalennia speciosa, avec 24-26 mm de long.

 

 

Les plus petits individus d'Ischnura pumilio sont de la même taille que Nehalennia speciosa, connue comme la plus petite Libellule d’Europe. Dijkstra la qualifie de l'une des plus petites espèces d'Europe.

 

LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/?s=pumilio

"De pumilio (lat) = "nain" ; il s’agissait du plus petit odonate connu par Charpentier jusqu’en 1825."

 

.

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. pumilio = "dwarf" :  the smallest species then known to Charpentier"

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"pumilio (Ischnura) - pumilio, onis = "nano". Per la taglia più piccola rispetto alla congenere elegans."

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"pumilio [lat. "Zwerg"] ist die kleinste Art in CHARPENTIER (1825)."

"- pumilio [lat. "dwarf"] was the smallest species Charpentier then knew."

 

.

VAN HIJUM, 2005.

https://natuurtijdschriften.nl/pub/555521

"pumilio , - dwerg"

.

.

II. LES NOMS EN LANGUE VERNACULAIRE.

.

 

 

LES NOMS D'ISCHNURA PUMILIO EN FRANÇAIS.

 

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[Pour mémoire, "L'Agrione orangée" pour une femelle considérée comme espèce nouvelle par De Sélys-Longchamps 1837.]

.

1°) "L'Agrione naine", de Sélys-Longchamps  1840, Monographie des Libellulidées d'Europe page 156.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f156.item.r=selys.langFR

En 1840, de Sélys-Longchamps introduit parmi ses Libellulidées  le genre "Agrione", Agrion Fabricius, au féminin comme les Lestes, les Sympecma et les Calépteryx. Il y admet 11 espèces d'Agrione. Le genre (invalidé) Agrion de Fabricius était féminin, avec deux espèces décrites sous le genre Libellula  par Linné,  Agrion virgo et Agrion puella.

Fabricius, J. C. 1775. Systema entomologiae, sistens insectorvm classes, ordines, genera, species, adiectis synonymis, locis, descriptionibvs, observationibvs. - pp. [1-31], 1-832. Flensbvrgi, Lipsiae. (Kort). Page 425

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN578515547?tify={%22pages%22:[425],%22panX%22:0.424,%22panY%22:0.779,%22view%22:%22thumbnails%22,%22zoom%22:0.363}

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN578515547

.

2°) "L'Agrion pumilion", de Sélys-Longchamps  1850   Revue des Odonates  page 182

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q/f216.item.r=pumilio

En 1850, le genre Agrion est masculin. De Sélys donne au nom scientifique Agrion Pumilio la forme francisée Agrion Pumilion, selon son principe d'une transcription au plus près du nom scientifique, sans aucun souci d'éviter, bien au contraire, les barbarismes et néologismes. 

 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q/f222.item

Le nom scientifique adopté par de Sélys est bien Agrion pumilio, le nom de genre Ischnura Charpentier 1825 n'ayant été appliqué à cette espèce, au plus tôt, qu'en 1876 (Bull. Acad. Royale Sciences Lettres et des Beaux-arts de Belgique p. 276), alors même que Sélys-Longchamps la place en 1850 dans le quatrième groupe Ischnura de Charpentier.

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Je donne ici une transcription du texte :

 

Revue des odonates ou libellules d'Europe - Page 182

"6. AGRION PUMILIO. (Charp.) AGRION PUMILION.

Diagnose. — Occiput noirâtre , avec deux points arrondis clairs, peu marqués chez la femelle; dessus de l'abdomen bronzé; extrémité du 8è segment et le 9è en entier bleus chez le mâle seulement; tubercule du 10e bifide , peu saillant ; lobe postérieur du prothorax un peu élevé, arrondi , pas en crête saillante. Appendices anals supérieurs du mâle courts, arrondis en dessus, courbés vers les inférieurs qui sont plus longs, cylindriques, courbés en dedans.

Var. Y aurantiaca. Derrière de la tête, côtés du thorax et les deux premiers segmens de l'abdomen orangés , nervures roussâtres.

Agrion pumilio. De Selys , Monogr., p. 156. Appendices du mâle, pl. 4 , fig. 36.

Agrion aurantiaca. De Selys , Monogr. p. 159 (var. femelle ).

ADDITIONS.

-Agrion pumilio. Charp. 1840, p. 154 , tab. xxxix. Mâle, femelle et variété femelle.Ramb., No 25.

Hagen , No 7.

-Evans. aurantiacum. Hagen , N° 8.

- venustum. Kollar, Mus. Vienne ( var. Femelle).

- cognata. De Selys , Revue Zool. 1841.

- rubellum. Curt., pl. (varietas aurantiaca). 

-xanthopterum. Steph. Evans. (varietas aurantiaca ).

J'ajouterai ce qui suit à la description :

. Des deux lignes bronzées du devant de la tête, celle du nasus est toujours bien marquée, mais celle de la lèvre supérieure est parfois oblitérée. M. Rambur décrit ainsi les appendices anals : bord du dernier segment un peu saillant, bifide ; appendices anals supérieurs un peu saillans à leur base en dedans, ensuite dilatés et courbés sur la base des inférieurs, ayant une forme elliptique, arrondis supérieurement , jaunes , velus antérieurement, avec une bande noire ; les inférieurs cylindriques, coniques , allongés, un peu courbés surtout par en haut , jaunes, noirs à l'extrémité. Le ptérostigma est jaunâtre, celui des ailes supérieures, qui est plus petit, a sa moité interne noirâtre.

. La ligne bronzée de la lèvre supérieure est réduite à un point. Les deux taches rondes du derrière de la tête sont verdâtres ou jaunâtres, et, en général, confondues avec le reste du derrière de la tête qui est de même couleur. Le devant du thorax n'offre qu'une seule bande dorsale vert bronzé, le reste du devant et des côtés est olivâtre ou bleuâtre, sans ligne humérale. Le dessus du 9e segment n'est jamais clair, il est bronzé comme tous les autres, excepté les deux premiers où le bronzé se fond dans la couleur olivâtre.

Var. q aurantiaca. En 1839 , j'avais supposé que si ce n'était pas une espèce distincte, ce pourrait être une variété de l'elegans (pupilla). J'étais dans l'erreur; c'est une femelle du pumilio et je l'ai souvent trouvée accouplée avec des mâles ordinaires. La description que j'en ai donnée dans la Monographie est bonne , et faite sur le vivant.

Les exemplaires de l’A. pumilio que l'on trouve en Belgique, sont de taille plus forte que la plupart de ceux de la Provence et de l'Italie. Les nervures des ailes sont plus robustes et plus noires; les transversales un peu plus nombreuses surtout vers l'extrémité des ailes, qui n'ont pas de reflet irisé ; enfin, le dessus de l'abdomen est d'un brun bronzé moins métallique. C'est d'après ces différences que j'avais cru pouvoir décrire comme espèce, ces individus , sous le nom d'Agrion cognatum, mais j'ai bientôt reconnu que ce n'est qu'une légère modification septentrionale du pumilio ; on peut encore ajouter que dans le midi , surtout à Alger , le prothorax du mâle est bien bordé de bleu , tandis qu'en Belgique, cette bordure est en général très-incomplète.

Patrie. Le midi et le centre de l'Europe ; pas observée au nord de Lunebourg , ni à l'est de Breslau. Cependant un exemplaire m'a été envoyé comme de la Russie. — Angleterre, dans le sud locale , à Cambridge (Jenyns); dans le Dorset (Dale). — Irlande, près de Belfast (Haliday). — Belgique, locale sur les flaques d'eau marécageuses en juin , juillet et août ; j'en ai pris un individu le 14 septembre. — France, rare à Paris (Rambur); commun dans le midi à Lyon (Foudras); en Provence ( de Fonscolombe); à Montpellier (Guinard); dans les Pyrennées ( Castex ). - Italie, en Lombardie (Charpentier); à Turin en septembre (De Selys). -Hongrie, (Charpentier). — Allemagne , locale : en Hanovre (Hansemann); Silésie très-rare près de Breslau (Schummel); Autriche (Kollar);

Turquie , Constantinople (Loew). - Madeire (Rambur). Algérie, rapporté par M. Lucas.

Egypte ? Museum de Paris.
Asie mineure , à Smyrne et Stanchio (Loew.)

Il est bon de faire observer que partout où l'espèce type a été trouvée, on a aussi observé la variété femelle orangée qui n'est pas en général très-rare. Il ne faut pas confondre cette variété avec les variétés analogues des espèces voisines; on l’en distinguera par le dessus du 8e et du 9e segment bronzé, par les trois premiers orangés, et par la forme du prothorax. Le prothorax , la bande dorsale unique du thorax, et le 8 et le 9° segmens bronzés , distinguent aussi la femelle type de celle des trois autres espèces.

Quant au mâle, le 9° segment bleu empêche de le confondre avec aucun autre de ce groupe."

 

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3°) "L'Agrion nain", Synonyme : "l'Ischnure nain". P.-A. Robert 1958. Les Libellules (Odonates), Delachaux & Niestlé page 99. 

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+%28Paul-A.%29%2C+Les+Libellules%3A+%28Odonates%29%2C+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9%2C+1958&focus=searchwithinvolume&q=Ischnure+%C3%A9legant

Paul-A. Robert, après avoir remplacer le barbarisme "pumilion" de Sélys-Longchamps par la traduction littérale du nom scientifique, donne ensuite, pour ce nom et ses synonymes,  "la signification  : pumilio = nain. ; aurantiacum = doré; xanthopterum = ailes jaunes ; cognata = parent."

 

 

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3°) Nomenclature officielle : "L'Agrion nain", INPN/ MNHM consulté le 9/03/2021.

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65115/tab/fiche

 

4°) Nom d'usage.

 

Dijkstra emploie" Ischnure naine" et en second "Agrion nain", Grand et Boudot donnent :  "L'Agrion nain". Wikipedia : "L'Agrion nain". Précigout (Libellules de Poitou-Charentes) donne "L'Agrion nain" mais ensuite le synonyme "L'Ischnure naine"

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LES NOMS D'ISCHNURA PUMILIO EN D'AUTRES LANGUES.

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- en anglais : Scarce Blue-tailed Damselfly "Rare Demoiselle à queue bleue"

-en polonais : Tężnica mała

-en catalan : El Llantió menut "La petite Lanterne".

-en suédois : Mindre kustflickslända 

-en néerlandais :  Tengere grasjuffers

-en allemand : Die Kleine Pechlibelle "La petite libellule couleur de brai"

- en gallois : mursen dinlas fach 

-en breton : Dimezellig penn-lost glaz "Demoiselle à l'extrémité de queue bleue"

- en hongrois : Apró légivadász

en lituanien : Mažoji strėliukė

-en slovène : Bledi kresničar

- en frison occidental :  Koweskaad Koweskaad Lyts blausturtsje

-en estonien : Väike-pigiliidrik

-en finnois : Keritytönkorento

.

.

 

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SOURCES ET LIENS.

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— Animalbase

http://www.animalbase.org/

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]
 

— DIJKSTRA (K.-D.B.), et LEWINGTON, (R. ), 2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

— DIJKSTRA (K.-D.B.), et LEWINGTON, (R.) 2015. Guide des libellules de France et d'Europe. Guide Delachaux. Delachaux et Niestlé. Paris. 320 p. [http://www.delachauxetniestle.com/ouvrage/guide-des-libellules-de-france-et-d-europe/9782603021538]

— DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

GRAND (D.) & BOUDOT (J.P.) ,2007 Les libellules de France, Belgique et Luxembourg. Biotope, Mèze. Collection Parthénope. 480 pp.— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA
— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false

  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 — CHARPENTIER. Horae Entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis. Vratislaviae, 1825, in-4, avec 9 pl. coloriée, 261 pages.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25890#page/7/mode/1up

— CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss .

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— DELIRY

http://www.deliry.net/odonata/index.php/Ischnura_pumilio_(de_Charpentier,_1825)

— RAMBUR (Pierre), 1842,Histoire naturelle des insectes: névroptères, n°25 page 277 et planche 7 fig. 4 et 5

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f299.item.texteImage

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6104159n/f19.item.zoom#

 

SCHAEFFER (Jacob-Christian). 1769,  Icones insectorum circa Ratisbonam indigenorum coloribus naturam referentibus expressae... = D. Jacob Christian Schäffers natürlich ausgemahlte Abbildungen Regensburgischer Insecten...   Regensburg, gedruckt bey Heinrich Gottfried Zunkel. [1766-1769] Illustrations par Johann Jakob Haid, (1704-1767). Johann Nepomuk Maag (1724?-1800). G. P. Trautner, . Johann Gottlieb Friedrich, (1742-1809). et Loibel.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1518402b/f1.item

 

SCHAEFFER (Jacob-Christian). 1804, D. Jacobi Christiani Schaefferi Iconum insectorum circa Ratisbonam indigenorum enumeratio systematica par Georg Wolfgang Franz, Panzer, 1755-1829  (nomenclature systématique) :

https://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/101964

— SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

— VANDER LINDEN (Pierre Léonard) 

 -1820 Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1

-1823 Aeshnae Bononienses descriptae, Opuscoli scientifici, volume 4 158-167

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

-1825 sa Monographiae Libellulinarum europaearum specimen  de 42 pages.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
5 mars 2021 5 05 /03 /mars /2021 11:41

Zoonymie des Odonates :les noms d' Ischnura elegans (Vander Linden, 1820), "L'Agrion élégant", "l'Ischnure élégante".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

  • Bibliographie des articles de zoonymie des Odonates.

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Résumé :

Ischnura, Charpentier 1840, Libell. Europ. Lipsiae :9 :  du grec ίσχνός ischnos ["maigre, mince"]  et ούρά  oura [ "queue" soit pour les insectes "abdomen"]  en raison, selon Charpentier lui-même,  de "la finesse remarquable de l'abdomen, surtout en son milieu." Le qualificatif se justifie surtout pour la première des espèces placées par l'auteur dans son sous-genre, Agrion speciosum, dont la minceur de l'abdomen est effectivement remarquable, mais  qui sera rangée ensuite dans le genre Nehalennia

elegans Vander Linden, 1820, du latin signifiant "distingué, de bon goût, délicat."  Vander Linden ne donne dans sa description aucune indication sur le choix de son épithète. C'est donc à nous de rêver. Au chic que confère cette bague turquoise du 8ème segment de l'abdomen, ce bijou de prince, et un signe de  grande distinction. Mais c'est un contresens, car l'adjectif dérive du verbe eligere, "choisir, trier, élire" et donc "sélectionner" : l'épithète signale que cette espèce se distingue ainsi des autres aux yeux des taxonomistes. 

— Noms en français : 

1°) L'Agrion élégant, de Sélys 1850.

2°) L'Agrion élégant, P.-A. Robert 1958, synonyme "L'Ischnure élégant".

3°) INPN/MNHM : "l'Agrion élégant". Le contresens est entériné. J'aurais préféré "L"Agrion distingué".

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DESCRIPTION PRÉALABLE :

deux bons sites :

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/agrion_elegant/agrion_elegant.html

http://www.dragonflypix.com/speciespages/ischnura_elegans_fi.html

Planches.

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Ischnura elegans, Lucas 1900

 

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Agrion elegans, Rambur 1842, Gallica

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 LE NOM SCIENTIFIQUE.

 

LE NOM DE GENRE ISCHNURA CHARPENTIER, 1840.

Ischnura, CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss page 9 et page 20.

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Lire :  http://www.lavieb-aile.com/2019/04/zoonymie-des-odonates-le-nom-de-genre-ischnura-charpentier-1840.html

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LE NOM D'ESPÈCE ISCHNURA ELEGANS (VANDER LINDEN, 1840).

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Vander Linden, P. L. (1820) Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1..

L'auteur belge y décrit les libellules qu'il a observées et collectionnées à Bologne, lorsqu'il menait ses études de médecine.

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La date de la description originale est celle de 1820 ; mais l'INPN ne précise pas la publication en cause, et renvoie, dans son onglet taxonomie, à KIRBY 1890. Or cet auteur donne, page 142 d'A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata,  la date de 1823.

http://biodiversitylibrary.org/page/4431633

 

En effet, la publication de 1820 (une brochure de 11 pages et 1 planche ?)  est rare, et non consultable en ligne. Il faut se référer à la publication de 1823, Opuscoli scientifici, numérisée par Google, dans son chapitre Agriones bolonienses [Agrions de Bologne]. Dans celui-ci, Vander Linden décrit 7 espèces ; il est l'auteur de trois d'entre elles :

  • Agrion virgo [Calopteryx virgo (Linnaeus, 1758)]
  • A. viridis. [Chalcolestes viridis ? (Vander Linden, 1825)]
  • A. fusca [Sympegma fusca, ( Vander Linden, 1820)].
  • A. platypoda [Platycnemis pennipes (Pallas, 1771) ]
  • A. puella [Coenagrion puella (Linnaeus, 1758)]
  • A. elegans [Ischnura elegans, (Vander Linden, 1820)]
  • A. rubella [Ceriagrion tenellum (de Villers, 1789)].

 

  Vander Linden, P. L. (1823) Opuscoli scientifici, IV, p.104, n°6, tab. 4 fig. 5.

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

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La description originale.

6. Agrion Elegans.

A. supra fusca, subtus virescens, puncto post oculum utrumque, lineaque utrinque longitudinali in thorace, caeruleis aut viridibus: penultimo abdominis segmento in mare, (aliquando in femina) caeruleo Tab. III. fig. 5. mas.

Schaeff. Icon. Tab. CXXI., fig. 4, 5?

Descr. Mas supra niger, puncto post oculum utrumque, linea utrinque longitudinali in thorare penultimoque abdominis segmento et nonnunquam etiam in primo caeruleis. Subtus, caput, oculi, pectus pallide caerulescentia, abdomen virescens apice caeruleo. Pedes pallidi, femoribus supra nigris . Alae albae macula marginali obscura , saepius puncto nigro notata.

Femina supra fusca puncto post oculum utrumque, lineaque longitudinali in thorace viridi luteis: subtus virescens. Saepe penultimum. abdominis segmentum pallidius est, aliquando punctis duobus caerulescentibus notatum. Femina etiam aliquando mari simillima est, abdomine lantum crassiori.

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Traduction périlleuse et commentaires :

"Agrion brun au dessus, verdâtre au dessous, un point derrière chaque œil, lignes longitudinales sur le thorax, bleu ou vert , avant-dernier segment abdominal bleu chez le mâle (et parfois la femelle)."

Vander Linden cite ensuite en référence la publication en 1769 par Jacob Christian Schaeffer de son  Icones insectorum circa Ratisbonam indigenorum planche CXXI figure 4-5.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1518402b/f323.item

 

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Jacob Christian Schaeffer (1718-1790) est un botaniste, entomologiste, mycologue, ornithologue  et inventeur (un peu comme notre Réaumur, avec lequel il est en correspondance) dont le cabinet de curiosité à Ratisbonne (Regensburg en allemand), le Museum Schaefferianum, est célèbre.   En 1779, il fait paraître les trois volumes des Icones insectorum circa ratisbonam indigenorum coloribus naturam referentibus expressae, comprenant 280 planches gravées sur cuivre et coloriées à la main, illustrant environ 3 000 insectes. En 1789, il fait paraître une introduction à l’entomologie sous le titre de Elementa entomologica.  Il est membre correspondant de l’Académie des sciences de Paris.

Les deux spécimens des figures 4 et 5 de la planche CXXI sont désignées en latin comme Libellula alis erectis et en allemand comme Jüngferchen mit aufgerichteten flügeln. Puis, la nomenclature systématique  de ces Icones, parue en 1804 les désignent page 181 comme Agrion puella ou Libellula puella.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1518402b/f272.item

https://www.biodiversitylibrary.org/item/181857#page/160/mode/1up

 

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Jacob Christian Schaeffer,.  Icones insectorum circa Ratisbonam (1769) CXXI f.4 & 5. Droits BnF Gallica.

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La qualité de cette planche peinte à l'aquarelle par Loibel et gravée par Johann Gottlieb Friedrich, (Nuremberg 1742- Copenhague 1809) compense la médiocrité de la planche de Vander Linden telle qu'elle est numérisée en noir et blanc. Mais les yeux rouges, entre autre, ne correspondent pas à la description.

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Suite de la traduction.

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Description. Mâle. Dessus noir, un point derrière chaque œil, lignes longitudinales sur les deux cotés du thorax. Avant-dernier segment abdominal et parfois même le premier, bleu. Le dessous, la tête, les yeux sont d'un bleu pâle. L'abdomen est verdâtre à pointe bleue. Les pattes sont pâles, le haut des fémurs noirs. Les ailes ont une tache marginale blanche parfois marquée d'un point noir.

Femelle. Dessus noir,  un point derrière chaque œil, la lignes longitudinale sur les deux cotés du thorax est vert-jaune; Le dessous est  verdâtre. L'avant-dernier segment abdominal est souvent blanchâtre, mais parfois marqués de deux points bleus. La femelle est très proche du mâle, mais son abdomen est plus épais.

 

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ÉTUDE DE L'EPITHÈTE ELEGANS.

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Comme nous l'avons vu, Vander Linden ne donne dans sa description aucune indication sur le choix de son épithète, et ne fait aucun commentaire sur l'esthétique de sa nouvelle espèce. Le qualificatif est un adjectif latin signifiant "distingué, de bon goût, délicat."  Vander Linden ne donne dans sa description aucune indication sur le choix de son épithète, et ne fait aucun commentaire subjectif sur sa nouvelle espèce. C'est donc à nous de rêver. Au chic que confère cette bague turquoise, ce bijou de prince. Un signe de  grande distinction.

Mais traduire elegans par "élégant" est un contresens qui nous évoque, surtout depuis George Brummel et les dandy, une exigence et un raffinement vestimentaire. Mais même dans notre langue, l'adjectif n'a été employé pour désigner une personne qu'au XVIII avec les substantifs "un élégant, une élégante" (1771). Et le sens continue à dériver, puisque le Wiktionnaire le traduit par "trop élégant, efféminé". Si les naturalistes utilisent depuis Linné des épithètes en latin, c'est pour se référer à un sens stable et faisant consensus quelque soit la langue d'usage. 

La lecture de l'article du Dictionnaire de Felix Gaffiot nous délivre de l'équivalence elegans "élégant" et élargit notre point de vue. L'adjectif dérive du verbe eligere, "choisir, trier, élire" et donc "sélectionner" : il a donné electus "choisi" et nos "élu", "élection". Il faut penser aussi au verbe legere, "ramasser, cueillir" puis "choisir" (puis "lire").

On voit comme cet épithète, si on se laisse emporter par le réseau de proxémie lexicale, concerne l'entomologiste, à la fois dans sa cueillette sur le terrain d'une espèce remarquable, et à la fois dans sa démarche en taxonomie de recherche du caractère spécifique : cueillir (les libellules d'un coup de filet avisé), puis choisir (dans le lot l'insecte qui sort du lot) et enfin élire (ce spécimen au rang de l'espèce nouvelle). Et enfin le nommer, d'un terme qui, en faisant illusion au vulgaire, résumera ses efforts et les couronnera.

Voir CNRTL

https://www.cnrtl.fr/definition/%C3%A9l%C3%A9gant

Le site Dicolatin donne pour elegans en latin classique (Cicéron) les sens suivants : "châtié, correct, délicat, de bon goût, exquis (pour les choses) "

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L'épithète est très couramment utilisé par les naturalistes. Voir liste ici. Et liste animalbase ici. Ainsi, Caenorhabditis elegans Maupas 1900, un nématode d'un millimètre de long,  doit sa célébrité à avoir été le premier animal dont le génome a été entièrement séquencé, en 1998. Sa simplicité l'a imposé comme modèle de laboratoire dans l'étude de l'apoptose et du vieillissement. Doit-il son épithète à son "élégance" ? Non, bien-entendu, mais peut-être à sa finesse. Nous remarquerons qu'aucun nom vernaculaire ne lui a été appliqué.

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LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/agrion-elegant/

elegans (lat.) : élégant.

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 

"Du latin elegans, "élégant""

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"elegans (Ischnura) - elegans,-antis = elegante. Per l’aspetto del corpo"

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

 

"elegans (Vander Linden) [l. - elegant, geschmackvoll] ist ein weiterer Name, der den Bezauberungseffekt von Libellen reflektiert.

"- elegans (Vander Linden) [l. elegant] is another name to describe the charming effect of Odonata."

.

VAN HIJUM, 2005.

Ep van Hijum. (2005). Friese namen van libellen. Twirre, 16(4), 142–147.

https://natuurtijdschriften.nl/pub/555521

"elegans : "mooi, gracieus"

.

.

 

 

.

Synonymie (d'après INPN):

[Source de la synonymie] Kirby (1890) : 142. . A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata. Guerney & Jackson, London. 202 pp. [http://biodiversitylibrary.org/page/4431625]

.

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LES NOMS EN LANGUE VERNACULAIRE.

 

LES NOMS D'ISCHNURA ELEGANS EN FRANÇAIS.

 

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1°) "L'Agrion élégant", Sélys 1850. Revue des Odonates page 188.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q/f222.item

Le nom scientifique adopté par de Sélys est bien Agrion elegans, le nom de genre Ischnura n'ayant été appliqué à cette espèce, au plus tôt, qu'en 1876 (Bull. Acad. Royale Sciences Lettres et des Beaux-arts de Belgique p. 276)

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Le belge Edmond de Sélys est ici fidèle à sa règle de donner comme nom vernaculaire  une traduction ou transposition littérale du nom scientifique, sans se préoccuper du sens. 

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2°) "L'Agrion élégant", Synonyme : "l'Ischnure élégant". P.-A. Robert 1958. Les Libellules (Odonates), Delachaux & Niestlé page 99. 

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+%28Paul-A.%29%2C+Les+Libellules%3A+%28Odonates%29%2C+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9%2C+1958&focus=searchwithinvolume&q=Ischnure+%C3%A9legant

Paul-A. Robert donne ensuite, pour ce nom et ces synonymes,  "la signification du nom : elegans = élégant, fin. ; tuberculatum = tuberculé, bosse du prothorax ; pupilla = petite fille ; zonatum = zoné, annelé, 8ème segment bleu".

C'est lui qui valide le nom proposé par de Sélys, mais en commettant le contre-sens dans la traduction du faux-ami elegans. J'aurai choisi "l'Agrion distingué", qui restait fidèle au latin tout en laissant ouverte la polysémie d'évocation.

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3°) Nomenclature officielle : "L'Agrion élégant", INPN/ MNHM consulté le 3/03/2021.

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65109/tab/taxo

4°) Nom d'usage.

Grand et Boudot donne :  L"Agrion élégant". Wikipedia : L'Agrion élégant. Précigout (Libellules de Poitou-Charentes) donne L'Agrion élégant" mais ensuite le synonyme "L'Ischnure élégante"

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LES NOMS D'ISCHNURA ELEGANS EN D'AUTRES LANGUES.

 

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Ces noms nous montrent que, plutôt que de donner une transcription erronée du nom latin, nous aurions pu trouver un nom imagé, facilitant la mémorisation des caractéristiques de l'espèce. Mais tant-pis,  le plus important pour un nom n'est pas d'être juste, mais d'être adopté par les locuteurs, et de faciliter les échanges.

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- en anglais : The blue-tailed damselfly or common bluetail [Demoiselle à queue bleue, ou Queue bleue commune]

-en polonais : Tężnica wytworna

-en catalan El llantió nansat [la lanterne]

-en suédois : Större kustflickslända [grande Demoiselle côtière]

- en norvégien : Kystvannymfe [Nymphe des zones côtières]

-en néerlandais :  "De lantaarntjes" ("lanternes", à cause du segment bleu allumé à l'extrémité de l'abdomen sombre), ou "grasjuffers" 

-en allemand : Die Große Pechlibelle  [La grande Demoiselle couleur de brai (de pech = brai, poix, à cause de l'abdomen à prédominance noire)]. 

- en gallois : Mursen dinlas gyffredin [L'épine commune ?]

-en gaélique : Béchuil earrghorm

-en breton : Dimezell penn-lost glaz (par similitude avec le nom anglais)

- en hongrois : Kék légivadász [Chasseur aérien bleu]

en lituanien Elegantiškoji strėliukė [La Flèche élégante]

-en slovène : Modri kresničar [Luciole bleue]

- en frison occidental : Reade wetterjuffer ; Blaukontjufferke, Blaupuntjufferke, Blausturtsje

-en estonien Suur-pigiliidrik

-en finnois Hoikkatytönkorento

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SOURCES ET LIENS.

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/agrion_vanderlinden/agrion_vanderlinden.html

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— Animalbase

http://www.animalbase.org/

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

 

— DIJKSTRA (K.-D.B.), et LEWINGTON, (R. ), 2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

— DIJKSTRA (K.-D.B.), et LEWINGTON, (R.) 2015. Guide des libellules de France et d'Europe. Guide Delachaux. Delachaux et Niestlé. Paris. 320 p. [http://www.delachauxetniestle.com/ouvrage/guide-des-libellules-de-france-et-d-europe/9782603021538]

— DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

— GRAND (D.) & BOUDOT (J.P.) ,2007 Les libellules de France, Belgique et Luxembourg. Biotope, Mèze. Collection Parthénope. 480 pp.— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
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— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA
— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false

  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 — CHARPENTIER. Horae Entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis. Vratislaviae, 1825, in-4, avec 9 pl. coloriée, 261 pages.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25890#page/7/mode/1up

— CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss .

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— VANDER LINDEN (Pierre Léonard) 

 -1820 Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1

-1823 Aeshnae Bononienses descriptae, Opuscoli scientifici, volume 4 158-167

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

-1825 sa Monographiae Libellulinarum europaearum specimen  de 42 pages.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

— RAMBUR (Pierre), 1842,Histoire naturelle des insectes: névroptères, 

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f296.item.texteImage

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6104159n/f19.item.zoom#

 

— SCHAEFFER (Jacob-Christian). 1769,  Icones insectorum circa Ratisbonam indigenorum coloribus naturam referentibus expressae... = D. Jacob Christian Schäffers natürlich ausgemahlte Abbildungen Regensburgischer Insecten...   Regensburg, gedruckt bey Heinrich Gottfried Zunkel. [1766-1769] Illustrations par Johann Jakob Haid, (1704-1767). Johann Nepomuk Maag (1724?-1800). G. P. Trautner, . Johann Gottlieb Friedrich, (1742-1809). et Loibel.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k1518402b/f1.item

 

— SCHAEFFER (Jacob-Christian). 1804, D. Jacobi Christiani Schaefferi Iconum insectorum circa Ratisbonam indigenorum enumeratio systematica par Georg Wolfgang Franz, Panzer, 1755-1829  (nomenclature systématique) :

https://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/101964

— SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
1 juin 2020 1 01 /06 /juin /2020 21:50

La libellule Fauve Libellula fulva O.F. Müller 1764 en accouplement à Crozon. Le ruisseau de Kerloc'h.

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Voir sur ce blog :

Zoonymie des odonates : l'origine des noms de Libellula fulva.

 

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PRÉLUDE.

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1. L'étang de Kerloc'h.

Depuis 2010, j'ai exploré l'étang de Kerloc'h, à Crozon, pour y faire mes petits débuts en entomologie. C'est ainsi que cette année-là, fier comme Artaban, j'ai rédigé l'article Mes libellules du mois de mai. J'y trouvai, comme aujourd'hui, le  Calopteryx vierge, la Petite Nymphe à corps de feu, l'Ischnure élégante, L'Agrion Porte-coupe, et, parmi les Anisoptères (la chasse aux Gros) la Libellule fauve mâle, que j'identifiai comme une Déprimée, et la Libellule fauve en accouplement, ou le Gomphe gentil.

Ce fut un choc, et j'ai encore parfaitement en mémoire l'émerveillement devant les cœurs copulatoires des petites libellules, ou Zygoptères.

En 2011 je piaffai d'impatience, et dès le 3 avril je découvrai les Nymphes à corps de feu:

Premières libellules à Crozon : les nymphes à corps de feu.

En 2012, j'affichai à mon palmarès, au même endroit, (l'embarcadère des pêcheurs sur cet étang), la Cordulie bronzée (et encore la Libellule fauve)

Cordulie bronzée et Libellule fauve à Crozon.

En 2018, j'étais fidèle au rendez-vous, et j'observai un papillon, le Petit Sylvain, sans doute exactement là où, cette année 2020, je l'ai retrouvé. Et de la même façon, je photographiai le Crocothemis écarlate, et sa dame, que je viens de re-photographier cette année.

Crocothemis erythraea ou Crocothémis écarlate à l'étang de Kerloc'h, Crozon.

Cherchant à varier mon point d'observation sur l'étang, je découvris le beau spot de l'Ancienne gare de Perros et je le fréquentai régulièrement. Que de beaux souvenirs entomologiques : Cordulie bronzée, Petite Nymphe à corps de feu, Poliste, Point-de-Hongrie, Grémil prostré, etc.

En mai 2010, à Kermoal (lande sèche dominant l'étang), j'avais observé un accouplement d'Oxycordulie à corps fin,  qui prouvait au monde entier que l'espèce se reproduisait bien sur ce site.

À cette exception près, tout cela est bien modeste, puisque ces espèces sont communes, tandis que le site abrite des espèces rares, "dont l’Aeshne isocèle (Aeschna isoceles), une espèce très rare et hors de son aire : la Cordulie bronzée (Cordulia aenea), et deux espèces d'intérêt communautaire : la Cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii) observée à plusieurs reprises, ainsi que l’Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale)." (ZNIEFF).

 

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2. Le Pont Gaulois.

En 2013, j'avais découvert le "Pont Gaulois" de Crozon, mais c'était dans un but archéologique, si je peux me hausser du col ainsi, pour admirer sa "pierre à cupules".

Le Pont Gaulois de Kervon à Crozon.

Mais ce n'est que cette année que, cherchant à diversifier mes points d'observation à Crozon (Poraon, Tromel, et cet étang), je m'avisai que ce Pont Gaulois enjambait allègrement, de sa portée de 3 mètres environ, le ruisseau de Kerloc'h.

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3. Le Ruisseau de Kerloc'h.

Quel choc, quelle découverte encore ! Ce ruisseau, qui alimente l'Etang de Kerloc'h avant de déboucher sur la plage du nord de l'Anse de Dinan, sur les limites communales  Camaret-Crozon suit un trajet de 16,8 km orienté strictement est-ouest et barre ainsi la Presqu'île parallèlement avec la Rivière de l'Aber, le deuxième principal cours d'eau. Il prend sa source sur l'autre versant de la presqu'île, celui qui donne sur la Rade de Brest, sous le manoir d'Hirgars (Crozon), à une altitude de 54 mètres, soit une pente de 0,003 m/m. On comprend que le débit sera faible, surtout en période chaude.

Il forme en son tiers moyen la limite entre les communes de Lanvéoc au nord et de Crozon.

 

On voit sur la carte l'ovale du site de Guenvenez, bien connu pour abriter les têtes nucléaires de l'île Longue, mais qui nous intéresse car il forme un noyau dense et élevé que le ruisseau contourne.

Selon B. Hallégouet,  la rivière de Kerloc'h  devait s'écouler, dans un passé vraiment lointain, en direction de la rade de Brest par la vallée du Fret avant sa capture par le ruisseau qui drainait l'emplacement de l'anse de Dinan.

Les eaux y sont douces, sauf dans la partie avale de la roselière de l'étang, en raison d'entrées d'eaux maritimes aux marées de vive-eaux, mais sans entraîner de plantes halophiles. Dans l'étang, les eaux sont qualifiées d'eutrophes, c'est à dire (eaux riches en nutriments et pauvres en O2 , turbides avec présence d’algues filamenteuses, présence de vase.

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La libellule Fauve en accouplement à Crozon.

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Il suffit d'accentuer le zoom pour faire apparaître une douzaine d'affluents, de simples rus qui soulignent néanmoins par leur trajet les pentes d'une vallée.

Si on continue à zoomer sur la carte, nous voyons que le ruisseau traverse un paysage de champs labourés, ou de prairies entourés de haies d'arbres et d'arbustes, avec quelques troupeaux, une douzaine d'exploitations agricoles, quelques manoirs (Hirgars, Kerdreux et Kerberiou à l'est, Lanvagen, Gassus  et  Keramprovost-Pennandreff au centre, Lescoat et Goandour à l'ouest), mais aucun moulin à eau, confirmant la nature nonchalante du cours d'eau. Il exista pourtant, juste à la fin du parcours du ruisseau (au nord-ouest du pont actuel où passe la route D8)  probablement au XVIe siècle un moulin à eau douce dont il ne reste qu'une plate-forme inaccessible à cause de la végétation (archives départementales 7 S 49, plans levés en 1842). C'était un moulin à foulon (Didier Cadiou).

 La pêche y est pratiquée, et j'ai cru voir passer quelques truites ; on y signalait du vairon et du chabot. "La pêche se pratique sur le cours d'eau de Kerloc'h et son étang. La pêche est ouverte toute l'année exceptée pour le brochet (1er à fin janvier et mi-avril au 31 décembre). Ce site n'est fréquenté essentiellement que par des habitués (5-6 pêcheurs) et n'est accessible que par un endroit au sud du périmètre (donc faible pression). Cette activité est gérée par l'Association Agréée pour la Pêche et la Protection du Milieu Aquatique (AAPPMA) de Crozon qui dépend de la fédération départementale."

Le trajet du cours d'eau est marqué sur la carte par un couvert d'arbustes, le plus souvent large de quelques mètres entre les parcelles agricoles .

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La libellule Fauve en accouplement à Crozon.

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POUR CETTE ANNÉE, UN GRAND CHANGEMENT.

Pour ce printemps 2020, je décidai de procéder autrement. Plutôt que d'aller sur le site choisi et d'y photographier ce que je voyais, puis d'identifier mes prises, j'allai mieux tenter de comprendre à la fois le milieu environnant, et le comportement des individus.

Je n'étais ni pêcheur, ni chasseur, mais il me fallait adopter ce comportement de pisteur, non pour mieux les capturer, mais pour mieux les apprécier.

 

 

Je rappelle le postulat de ce blog : aborder en naïf des sujets sur lesquels je n'ai aucune compétence, ni naturaliste ni photographique, armé de ma seule curiosité.

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1. Le site d'observation : le Ruisseau de Kerloc'h au Pont Gaulois.

Ce pont est placé sur le Kerloc'h juste après l'arrivée d'un affluent qui passe sous la route par une buse. Le ruisseau  s'oriente vers le nord-ouest entre l'exploitation de Kervon et le village de La Boissière (toponyme indiquant la présence de Buis). Plus à l'ouest, les lieux-dits Lesvern Vras et Lesvern Bihan tiennent leur noms des aulnes (champ des aulnes), et signalent ainsi, à 200 m du lit du ruisseau, un lieu humide.

Coordonnées Lambert II : X 96990 Y 2383855.

Plan du cadastre napoléonien 3P 45/2/55 section 25-3 de Kervon: ce plan de 1831 montre que les parcelles de lanières très étroites se succèdent perpendiculairement au ruisseau (donc dans le sens de la pente du vallon). Il montre aussi le chemin reliant Kervon et La Boissière.

L'altitude est de 22 mètres, soit la moitié de celle de la source.

Je le choisis essentiellement pour son accessibilité, et pour le féliciter de son accueil et, comme pour les grandes tables, pour sa "carte". J'y ai passé de longues journées ensoleillées.

Il a ici un mètre de large, voire deux,  et il est, en ce mois de mai peu profond (10 à 20cm , jamais plus), laissant voir un fond de cailloux jaunâtres. De part et d'autre, la rive, meuble ou spongieux, est peuplée d'orties ou de fougères, parfois de joncs et sur les endroits ensoleillés, des larges feuilles retombantes des carex. La surface de l'eau accueille soit des feuilles mortes, soit des plantes ovales ou en lanières dont j'ignore le nom, mais qui font le bonheur des petites libellules pondant en tandem.

Il serait amusant d'y décrire, avec plus de compétences que les miennes,  une stratification horizontale depuis le fond, avec les têtards, les larves, les éphémères, la zone de ponte de -5cm  à 5 cm de la surface (des Zygoptères, des Calopterix, des Libellulidés), la zone de 30 cm qui est celle des tiges de hélophytes où se perchent et s'accouplent les mêmes libellules, et qui est aussi celle de beaucoup de papillons et d'autres insectes, puis la zone des branches des aulnes et saules, sur laquelle il faut savoir rechercher les libellules qui s'y réfugient (Calopterix ++), puis la frondaison qui cachent de nombreux oiseaux qui restent invisibles  mais dont j'entends le chant qui se mêle au frais chuchotis de l'eau qui s'écoule.

Je serai aussi curieux d'entendre décrire la vie de ce petit théâtre depuis le matin jusqu'au soir, tandis que le soleil le balaye tel un projecteur et rétrécit progressivement la zone lumineuse vers le bord du chemin : quels espèces sont du matin, quels événements surviennent ensuite, quels sont les rythmes, les successions de passage et de prise de possession temporaire des lieux. Quel est l'heure de l'apparition de la première libellule — et laquelle est-ce—, quelle est l'heure du départ de la dernière, et qui étaient la lumière en partant. À défaut de ce guide idéal, je tente d'observer la scène.

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La libellule Fauve en accouplement à Crozon.

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Mon sujet : la Libellule fauve, Libellula fulva.

 

Ce fut elle qui me choisit : elle était au menu du jour, et ses mâles s'exposaient au soleil.

C'est la première chose que j'avais à comprendre pour étudier les libellules : il fallait du soleil, le moins de vent possible, et de l'eau. (Pas de pluie ; nébulosité faible ; force du vent < 5 beaufort. température > 17° ; 10h-17h) Une libellule fauve est d'abord un œuf, puis une larve aquatique qui traverse plus de dix stades marquées par autant de mues. Pendant deux ans, vivant au fond de l'eau  enfouie dans des débris végétaux ou dans la vase, elle respire dans l'eau du ruisseau par des branchies. Puis, par une journée chaude dès la fin avril, elle sort, grimpe sur une tige, respire en mode aérien par les stigmates de son thorax, reprend quelques bains puis émerge définitivement, laissant sa vieille peau (l'exuvie) accrochée au porte-manteau de quelque plante de la rive. C'est son "vol imaginal". Dès lors, dans cette vie hors de l'eau, elle n'a plus que deux mois à vivre. Au grand maximum : elle vole de début mai à fin juillet, alors que les émergences, synchronisées sur un lieu donné à 100% en quelques jours, surviennent pour une zone plus vaste jusqu'à fin mai. Dolny a calculé une durée de vie maximale des spécimens adultes de 16 à 26 jours en 2002 et 2003.

 

Elle doit d'abord passer les deux premières semaines à acquérir sa maturation sexuelle. Lors de cette phase, elle restera discrète mais se livrera, assez loin des rivières, à la chasse (comme elle le faisait déjà comme larve) en croquant mouches, moucherons ou moustiques. Si l'aspect de la femelle ne change alors peu, celui du mâle change radicalement. Orange vif à l'émergence, il devient bleu-gris et noir une fois mature.

Vient alors la phase d'Imago reproducteur. Avec deux buts obsessionnels très différentes selon le sexe : pour la femelle, pondre, pondre, pondre et restée cachée. Pour le mâle, 1.capturer une femelle et s'accoupler, 2 chasser les concurrents.

Le mâle, désormais reconnaissable par sa livrée bleu, va se poster au dessus du meilleur  site de ponte (au soleil, abrité du vent) et attendre, juché sur l'extrémité d'une tige sèche ou d'une feuille de carex, qu'une femelle se montre dans son champ de vision. Il s'attribue un territoire d'une cinquantaine de mètres sur le cours du ruisseau et de temps à autre, il en fait le tour, vérifiant qu'une femelle ne se dissimule pas dans un coin sombre et humide. Si un mâle arrive, il l'attaque derechef, en fonçant sur lui et en le percutant. Puis il revient sur son perchoir, où sur un ou deux autres de rechange, délogeant tout insecte qui s'y serait installé. Pour des raisons qui m'échappe, il a le droit de changer de territoire dans la journée, ou au bout de quelques jours, ou encore il peut réduire la taille de ce territoire si la densité de population augmente. Ou bien, il peut opter pour une stratégie non territoriale. Les accouplements auront lieu en général à partir du début d'après-midi.

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La Libellule fauve se voit dans tous les départements bretons, mais (dans l'attente des résultats de l'Atlas des Odonates de Bretagne), elle est moins fréquente en Finistère et Côtes d'Armor qu'en Morbihan ; en presqu'île de Crozon, elle est donnée comme peu fréquente, et en 2017, la maille UU94  correspondant au ruisseau de Kerloc'h n'était même pas renseignée !

Elle affectionne les eaux faiblement courantes (ou stagnantes à alimentation régulière) des rivières et ruisseaux encadrés de saules et d'Aulnes qui assure la fraîcheur, mais pose deux conditions : l'existence de tronçons ensoleillés ( d'où l'intérêt de l'entretien des ruisseaux pour les dégager de l'excès d'arbustes) et malgré tout l'existence d'une bordure fournie d'hélophytes (qui vit dans la vase mais dont les feuilles sont au dessus,  comme les joncs, les Carex, les Iris, la menthe aquatique, parfois des Phragmites et des Typha ), souvent surplombante. Elle préfère disposer de plantes hydrophytes immergées, auxquels les œufs adhèrent grâce à leur épaisse couche de mucus. En un mot, elle est plus exigeante sur la qualité de l'eau que la Libellule déprimée ou que celle à quatre-tâches, et l'importance d'une riche végétation rivulaire est soulignée par tous.

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Les libellules partageant les mêmes terrains se regroupent pour les naturalistes en "cortèges", groupant les espèces fréquemment rencontrées ensemble. C'est une notion fluctuante dans le temps et l'espace, mais néanmoins on cite pour les eaux courantes des ruisseaux Calopteryx virgo (ce qui se vérifie ici dans les endroits ensoleillés), Coenagrion mercuriale (signalé sur l'étang de Kerloc'h), Cordulegaster boltonii (que j'ai vu au Pont Gaulois), l'ubiquitaire Pyrrhosoma nymphula (exact !) . Dommanget a donné plus de précision dans son Etude faunistique de 1987.

Le "cortège" que j'ai observé était  en mai au Pont-Gaulois : Calopteryx virgo, Pyrrhosoma nymphula, Coenagrion puella, Libellula fulva, rares L. depressa, et enfin Cordulegaster boltonii, les quatre premières espèces en accouplement.

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DESCRIPTION.

Les libellules fauves sont parmi les Odonates des Anisoptères, de gros gaillards qui se posent avec les quatre ailes étalées (à la différence des zygoptères ou Demoiselles qui sont fines comme des aiguilles à tricoter et gardent leurs ailes fermées au repos). On peut les distinguer en Patrouilleurs (sillonnant la surface des eaux, comme les Aeschnes, les Cordulégastres, par exemple) et Percheurs. À l'évidence, les libellules fauves sont, avec tous les Libellulidés, des Percheurs (même si elles patrouillent un peu). Dans leur famille des Libellulidés (Libellula, Orthetrum, Crocothemis, Sympetrum), les mâles sont bleus et les femelles rouges ou oranges (avec les exceptions à chaque fois pour nous énerver). Ce bleu est en fait une pruine d'aspect cireux ou poudreux comme sur les prunes ou les raisins, et si on le frotte, il disparaît au profit (au dépit) d'une teinte noirâtre. Un mâle qui a connu la forte étreinte d'une femelle reste marque, au milieu de l'abdomen, par deux cupules noirâtre.

Face à un mâle bleu costaud, je regarde la base des ailes : si elle est marquée d'une tache sombre, c'est— dans mon coin et en schématisant) une Libellula et non un Orthetrum. Et, parmi ces Libellula, j'ai le choix entre celle à quatre taches (ces quatre marques noires la rendent facile à déterminer), la depressa, et la fulva.

Comme je me suis fait avoir, je fais attention. La Libellule déprimée (la L. depressa) a un abdomen très large (d'où son nom), avec des marques jaunes sur le coté et, surtout, les taches noires de la base des ailes sont larges. La libellule fauve a un abdomen plus fin, sans marques jaunes, et surtout, ses marques noires de la racine des ailes sont modestes (sur l'aile antérieure, c'est une simple barre noire). En outre, la pointe de l'abdomen bleu des mâles est noire sur trois segments.

On ne retiendra qu'avec prudence le critère de la tache sombre de la pointe des ailes , car il est absent chez de très nombreux mâles, et n'est fiable que pour les femelles.

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Pour commencer par cette distinction, voici un mâle de Libellule déprimée. En fait, cette espèce n'est montrée bien plus rare sur mon site.

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Libellule déprimée mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule déprimée mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Le mâle Libellula fulva.

Ils sont décrits dans les guides, auxquels je renvoie. Ils mesurent 42 à 45 mmm, ont le thorax velu, les yeux gris-bleu puis gris, l'abdomen noir couvert d'une pruine bleue sur S3-S7 et deux marques noires sur S5, après accouplements et les trois derniers segments  S8-S10 noirs. Ce sont des mâles puisque les appendices anaux sont rapprochés à la base (et inversement, écartés chez les femelles) ; ils ont la forme de deux S étirés parallèles.

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Ils sont perchés dès le matin sur leur tige "vue sur berge", les yeux rivés vers le ruisseau, quand ils n'en sont pas chassés ou menacés de l'être par un concurrent ou un autre insecte qui les attaquent en piqué-frôlé, ou bien font leur tour jusqu'à leur résidence secondaire, un perchoir subsidiaire placé à une vingtaine de mètres. Je ne sais pas  photographier en vol ces bolides bleus très affairés. Je ne sais pas non plus comprendre (sauf cas évident) s'ils patrouillent parce que je les ai dérangés de leur site, parce qu'ils chassent pour se nourrir, parce qu'ils attaquent un concurrent ou un autre insecte, ou parce qu'ils inspectent les cachettes des femelles.

Il y a un piège, le mâle immature : il est orange (thorax et abdomen), avec une bande mediodorsale sur l'abdomen. Pour ne pas le confondre avec une femelle, je regarde les pièces anales, qui se touchent à leur implantation. Mais j'en ai vu très peu ou pas du tout au bord de l'eau.

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Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Si je me mets devant eux pour montrer leur face noire, ils se mettent à hocher la tête comme s'ils aboyaient contre moi. 

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Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Les appendices anaux du dernier segment S10 : les cercoïdes ou appendices anaux supérieurs les plus grands et visibles, et les appendices anaux inférieurs ou cerques :

Appendices anaux des Anisoptères copyright SFO 2007

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Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve mâle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LES FEMELLES.

Elles sont orange avec l'extrémité des ailes salies d'une cupule sombre. Et surtout, elles ont le talent de passer inaperçues. Contrairement aux mâles, les femelles n'apparaissent qu'à midi, de sorte que l'accouplement ne peut être observé qu'à la fin de la matinée.

Leurs yeux sont souvent décrits comme bruns, tandis que j'ai observés des yeux gris-bleus.

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Libellule fauve femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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Une vieille femelle.

Avec l'âge, elles s'assombrissent et leur abdomen devient brun et mat.

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Libellule fauve femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve femelle, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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L'ACCOUPLEMENT.

Toute femelle repérée par un mâle est approchée, en vol, et saisie sans parade ou préludes, par l'arrière de la nuque grâce aux cercoïdes, ces pinces anales qui s'ajustent comme une clef dans une serrure (et qui ne s'ajusteraient pas à une autre espèce). La femelle replie alors son abdomen avec une angulation très accentuée entre thorax et abdomen. Elle enlace son partenaire avec ses pattes postérieures. Le duo  vole ainsi rapidement vers une feuille, proche de l'eau : c'est souvent le perchoir qui avait été sélectionné auparavant par le mâle.

Le mâle agrippe de ses pattes la tige, tandis que la femelle y appuie toute la longueur de la face dorsale de  son abdomen. C'est la "roue d'accouplement", Paarungsrad en allemand.

Ils vont rester ainsi durant quinze minutes à une demi-heure, non sans être embêtés par les autres mâles qui n'hésitent pas à se poser juste devant ou juste derrière eux, voire même à placer (photo) l'abdomen sur la tête du mâle. Ils seront aussi dérangés par les autres insectes, et soit ils bougeront de quelques centimètres, soit ils changeront de perchoir. Parfois une dizaine de fois!

Reprenons.

Les guides m'ont fourni les explications suivantes : L'accouplement est précédé, pour le mâle, par "la recharge de la vésicule séminale". Le sperme est sécrété par la pore génitale ou organe génital primaire du 9ème segment, presque à l'extrémité de l'abdomen, en wagon de queue. Ce sperme doit venir recharger l'organe copulateur (la vésicule séminale et le penis) qui se trouve, lui, pour le mâle, en S2, dans les wagons de tête; Le mâle doit donc replier son abdomen en boucle pour aboucher ou accoler S9 avec S2. Il procéde à cette opération en vol nuptial, après la formation du tandem. J'aurai bien aimer photographier cet instant, ou, à défaut, en trouver une photo ou un schéma pour la Libellule fauve. Mais cela dure une ou deux secondes!  J'aurai aussi aimé photographier ces deux organes. Mais les individus que j'ai photographié étaient posés sur une tige, me masquant ces détails anatomiques. Le site Mes Libellules fournit des clichés pour des zygoptères :

http://meslibellules.fr/pagesweb/lestidae/viridis/lestes-viridis-accouplement-5.php

http://www.meslibellules.fr/blog/category/vietnam/platystictidae/

Puis la femelle en repliant son abdomen place son propre organe copulateur (qui lui, est en S9) contre celui du mâle (le pénis), dont nous avons compris qu'il se trouve en S2. Le mâle élimine tout d'abord le sperme des accouplements antérieurs de la femelle, resté dans sa cavité spermatique "avec l'aide de sortes de petits plumeaux" (Précigout p.22), puis féconde les œufs de la  femelle.

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Enfin le couple se sépare, la femelle reste dans la végétation quelques minutes avant de pondre les œufs par paquets enduits de mucus dans les partie peu profondes des berges tandis que le mâle n'accompagne pas la femelle mais écarte agressivement tous les rivaux.

 

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Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

 

 

 

 

 

 

 

Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve  en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

Libellule fauve en accouplement, Pont Gaulois, Crozon. Photographie lavieb-aile mai 2020.

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LIENS ET SOURCES.

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LES SITES SUR LIBELLULA FULVA.

— http://aramel.free.fr/INSECTES7-5.shtml

http://meslibellules.fr/pagesweb/libellulidae/libellula/fulva/libellula-fulva-accueil.php

— Site du Museum

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65265

— Nature22.com

http://www.nature22.com/odonates22/anisopteres/libellule_fauve/libellule_fauve.html

— PREBOGGION.IT

https://www.preboggion.it/Odonata_SP_Libellula_fulva.htm

— Wikipedia, photo de Christian Fischer

https://en.wikipedia.org/wiki/Scarce_Chaser?oldid=540736794#/media/File:LibellulaFulvaCopula.jpg

https://de.wikipedia.org/wiki/Spitzenfleck

— British Dragonfly Society : les photos et la video

—  https://british-dragonflies.org.uk/species/scarce-chaser/

— ZIMMERMANN (Matthias)

http:/:www.natur-lexicon.com

http://www.natur-lexikon.com/Texte/MZ/001/00086-Spitzenfleck/MZ00086-Spitzenfleck.html

— Pierre DEFONTAINES 2012, Richesse odonatologique d'une mare artificielle,Martinia

 

http://www.libellules.org/fra/pdf/683_pagesdynadocs57e7840fc9030.pdf

 

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LES SITES OUTILS.

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— ZNIEFF ETANG DE KERLOC'H

https://inpn.mnhn.fr/zone/znieff/530030157/tab/commentaires

Descriptif synthétique : étang littoral avec fonds de vallée sauvages.

Milieux principaux : étang eutrophe à végétations aquatique flottante et submergée (dont tapis immergés de characées), avec roselières en partie sur bordure dunaire, cladiaie importante sur la rive sud, et saulaies marécageuses, et localement un groupement amphibie à littorelle, et plusieurs rus et ruisseaux d’alimentation. En bordure, par places : des landes humides à tourbeuses atlantique, des landes sèches et mésophiles sur buttes et versants, et de la prairie - pelouse sur remblais à influence dunaire, des fourrés à prunelliers, à ajonc d’Europe et ptéridaies. Quelques secteurs boisés avec chênaie maigre ou ormaie-frênaie littorale.

Espèces remarquables :

- Flore: 10 espèces protégées, dont 9 au niveau national, sont présentes ou ont été signalées après 1990 : les rossolis intermédiaire et à feuilles rondes (Drosera intermedia et D. rotundifolia), la littorelle des étangs (Littorella uniflora), la pulicaire commune (Pulicaria vulgaris) dont c’est l’unique donnée récente pour le Finistère mais qui n’a pas été revue après 1992, la grande douve (Ranunculus lingua), le grémil prostré (Lithodora prostrata), et quatre orchidées : le spiranthe d’été (Spiranthes aestivalis) en tourbière acide, l’orchis punaise (Orchis coriophora), le sérapias à petites fleurs (Serapias parviflora) et l’ophrys araignée (Ophrys sphegodes). Une quinzaine d’autres plantes rares ou menacées du Massif armoricain sont aussi présentes, dont plusieurs très localisées ou en forte régression dans le Finistère comme l’ophrys sillonné (Ophrys sulcata), la fougère des marais (Thelypteris palustris) ou la petite utriculaire (Utricularia minor).

Est à signaler un herbier de characées, et particulièrement l’espèce Nitellopsis obtusa découverte dans ce site en 2011 et constituant ici un herbier de grande taille et forte densité ; c’est une redécouverte pour le Finistère car l’unique donnée précédente est ancienne et non revue (Etang de St-Vio en Baie d’Audierne) pour une espèce rare dans le Massif armoricain.

- Faune : nombreuses espèces d'odonates recensées avec plusieurs espèces rares et en limite d'aire dont l’Aeschne isocèle (Aeshna isoceles), une espèce très rare et hors de son aire : la Cordulie bronzée (Cordulia aenea), et deux espèces d'intérêt communautaire : la Cordulie à corps fin (Oxygastra curtisii) observée à plusieurs reprises, ainsi que l’Agrion de Mercure (Coenagrion mercuriale).

De nombreuses espèces de mammifères ont été inventoriées dont les espèces d'intérêt communautaire : la loutre d’Europe (Lutra lutra) présente en permanence sur le bassin versant du Ruisseau de Kerloc’h, et le Grand rhinolophe (Rhinolophus ferrumequinum) qui a un gîte de reproduction à proximité immédiate de ce site.

 

— Atlas de répartition provisoire des Odonates de Bretagne, 2017, Bretagne Vivante.

https://cdnfiles2.biolovision.net/www.faune-bretagne.org/pdffiles/news/Odonatesmars2017-5597.pdf

— Pré-atlas des Odonates d'Aquitaine

https://www.cen-aquitaine.org/www/sites/default/files/files/Pre_Atlas_Odonates_Aquitaine_042017.pdf

— Atlas de Picardie

http://www.picardie-nature.org/IMG/pdf/atlas_odonates_1960_2013.pdf

— Atlas de l'Indre

https://www.indrenature.net/documents/odonates/Bilan_odonates_2013.pdf

— GEOPORTAIL réseau  hydrographique

https://www.geoportail.gouv.fr/donnees/reseau-hydrographique

—PRESQU-ILE DE CROZON

https://www.presqu-ile-de-crozon.com/curiosites/ruisseau-001.php

 

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LES GUIDES.

— DIJKSTRA (K.-D. B.), 2007, Guide des Libelllules de France et d'Europe, Delachux et Niestlé.

—GRAND (Daniel), BOUDOT (Jean-Pierre), 2006, Les Libellules de France, Belgique et de Luxembourg, coll. Pathénope, ed. Biotope, Mèze.

—PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charente, ed. Poitou-Charente Nature.

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LES ARTICLES.

Elisabeth Cabon, Benjamin Le Mell (Stagiaires de Bretagne Vivante – SEPNB) et David HEMERY (expertise naturaliste), Diagnostic du site de Kerloc'h,  Plan national d'actions du « Phragmite aquatique » 2010 – 2014 Conservation du Phragmite aquatique en Bretagne Déclinaison du plan d'actions – année 2013

file:///I:/05%20=%20mai%202020/CROZON%20LE%20KERLOCH/Diagnostic%20ACROLA%20de%20Kerloc%E2%80%99h%202013.pdf

"Parmi les oiseaux, Bouscarle de Cetti , Bruant des roseaux , Cisticole des joncs, Locustelle luscinioïde , Phragmite aquatique , Busard des roseaux , Râle d'eau, Phragmite des joncs, Panure à Moustaches."

 

—BOANO (Giovanni) &Antonio Rolando, 2003, Aggressive interactions and demographic parameters in Libellula fulva (Odonata, Libellulidae), Ecology & ethologyItalian Journal of Zoology vol.70 p. 159-166 2003

— DOLNY ( A.), Matějka P. 2007, : A contribution to population biology of Libellula fulva (Odonata: Libellulidae) on coal sludge sedimentation pond (Karviná – Czech Republic). Ekológia (Bratislava), Vol. 26, No. 4, p. 341–351, 2007.

— DOMMANGET (Jean-Louis), 1987, Etude faunistique et bibliographique   des Odonates de France, INRA, Museum d'Histoire Naturelle fascicule 36.

 

http://www.libellules.org/fra/pdf/595_pagesdynadocs567836e6c68f4.pdf

— HALLÉGOUET (Bernard), 1976, Les formations de remblaiement des vallées mortes de la presqu'île de Crozon  [note critique], Norois  Année 1976  92  pp. 615-622

https://www.persee.fr/doc/noroi_0029-182x_1976_num_92_1_3544

— HALLÉGOUET (Bernard), Alain Henaff, L'engraissement des plages de l'anse de Dinan à l'ouest de la presqu'île de Crozon en Bretagne occidentale ,Norois  Année 1995  165  pp. 131-152

https://www.persee.fr/doc/noroi_0029-182x_1995_num_165_1_6616

— MACAGNO (Anna L. M. ), Giovanni Boano, Claudia Palestrini, Marco Stassi, Antonio Rolando, 2008, Movement and Demographics of Libellula fulva (Odonata, Libellulidae), Environmental Entomology, Volume 37, Issue 5, 1 October 2008, Pages 1145–1153, 

— NAGY (B.) et al., 2005, Site fidelity and fluctuating asymmetry in males of Libellula fulva (Odonata: Libellulidae), Entomol.rom., 10: 59-64, 2005 ISSN 1224 - 2594 Beáta Nagy, Annamária Székely, Noémi Szállassy .

— NAGY (B.) et al., 2008, Site fidelity, satellite tactics and mating success in Libellula fulva (Müller) (Anisoptera: Libellulidae), Odonatologica 37(3): 203-211 September I. 2008 B.H. Nagy¹*, N. Szállassy² and G. Dévai¹

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=592629

—  NAGY (H. B.) et al. 2011, Population size effects on the behaviour of Libellula fulva (Odonata: Libellulidae) males, a five year study   North-western Journal of Zoology,  7 (1): pp.39-46 

https://www.researchgate.net/profile/Zoltan_Laszlo/publication/234135264_Population_size_effects_on_the_behaviour_of_Libellula_fulva_Odonata_Libellulidae_males_a_five_year_study/links/02bfe50f7a04447f4d000000/Population-size-effects-on-the-behaviour-of-Libellula-fulva-Odonata-Libellulidae-males-a-five-year-study.pdf

 

— NAGY 2009 Survival of dragonfly Libellula fulva males according to their mating status: a four year study Noémi Szállassy, Zoltán D. Szabó, Beáta H. Nagy

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Published by jean-yves cordier - dans Crozon Zoonymie des Odonates
24 avril 2019 3 24 /04 /avril /2019 17:30

Zoonymie des Odonates : le nom de genre Ischnura Charpentier, 1840.

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

  • Bibliographie des articles de zoonymie des Odonates.

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Résumé :

— Ischnura, Charpentier 1840, Libell. Europ. Lipsiae :9 :  du grec ίσχνός ischnos ["maigre, mince"]  et ούρά  oura [ "queue"]  en raison, selon Charpentier lui-même,  de la finesse remarquable de l'abdomen, surtout en son milieu." Le qualificatif se justifie surtout pour la première des espèces placées par l'auteur dans son sous-genre, Agrion speciosum, dont la minceur de l'abdomen est effectivement remarquable, mais  qui sera rangée ensuite dans le genre Nehalennia".

— Noms vernaculaire du genre Ischnura

-en anglais : "Forktail" ("queue fourchue")

- en allemand : "Die Pechlibellen" (de pech = brai, poix, à cause de l'abdomen à prédominance noire). 

 

-en  français :  "Ischnures" 

- en néerlandais : "De lantaarntjes" ("lanternes", à cause du segment bleu allumé à l'extrémité de l'abdomen sombre), ou grasjuffers 

 

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LE NOM DE GENRE ISCHNURA.

Ischnura, CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss page 9 et page 20.

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

Présentation :

Dans son paragraphe DE LIBELLULINARUM SUBGENERIBUS (page 9), Charpentier divise la classe ou famille (classis seu familia) des Libellulinae en trois genres : A. Libellulis ; B. Aeshnis ; C. Agrionis.

Chaque genre est classé en sous-genres , et le genre Agrionis se répartit ainsi : 

1. Epallage [créé par Charpentier]

2. Calopteryx [créé par Burmeister 1839].

3. Anapetes [créé par Charpentier, mais prévalence du genre Lestes de Leach] .

4. Sympycna [créé par Charpentier — ou erreur de graphie —, car prévalence du genre Sympecma de Burmeister 1839 ] .

5. Pyrrhosoma, [créé par Charpentier].

6. Erythromma [créé par Charpentier].

7. Ischnura [créé par Charpentier].

8. Agrion [créé par Fabricius], sous-genre qui deviendra notre genre Coenagrion.

9. Platycnemis [créé par Burmeister 1839].

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Le sous-genre ISCHNURA est ensuite décrit page 20, et son nom créé par l'auteur est explicité :

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Description originale :

 7. ISCHNURA.

Nomem e Graeco ίσχνός et ούρά compositum, ob abdominis eximiam tenuitatem.

Signa distinctiva huius subgeneris sunt: abdomen, praecipue medium, valde attenuatum seu angustum, caput minus latum, quam in reliquis subgeneribus: alae, habita longitudinis corporis ratione, perbreves. Caeterum ultimum abdominis segmentum in dorso vel ad marginem posticum mucronibus aut tuberculis munitum est.

Species nonnullae exoticae Agrionidum ad hoc subgenus fortasse haud iniuste referendae, quae abdomine longissimo praeditae sunt, e. g. Agrion lineare Fabr. et aliae.

Foeminae quarundam specierum Europaearum recens exclusae , colorem capitis, pedum, thoracis et reliquarum partium, qui in adultis laete viridis aut flavo-viridis est, habent croceum seu aurantiacum, qui interdum et in venis seu nervis alarum invenitur, et adeo post mortem animalis remanet.

Traduction :

"Le nom est composé du grec ίσχνός, ischnos   et ούρά,  oura  en raison de la finesse remarquable de l'abdomen.

Les caractères de ce sous-genre sont les suivantes : l'abdomen surtout au milieu est très mince voire même étroit. La tête est moins large que dans les autres sous-genres. Les ailes sont très courtes compte tenu de la longueur du corps. De plus, le dernier segment abdominal est renforcé de lames ou protubérances sur la face dorsale ou sur la partie postérieure des cotés." Etc.

Puis, à la page 24, Charpentier place dans le sous-genre Ischnura 3 espèces : tuberculata, speciosa, et pumilio. 

Ensuite, les trois espèces seront décrites aux pages 151 à 154 sous les noms d'Agrion speciosum [Nehalennia speciosa], Agrion tuberculatum [Ischnura elegans] et Agrion pumilio [Ischnura pumilio] .

Et enfin, elles seront dessinées et peintes ( descriptae ac depictae) dans les planches 38 et 39.

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RÉCEPTION DU GENRE.

Agrion (ischnura), le sous-genre Ischnura, du genre Agrion, a été repris par Sélys & Hagen 1850 (avec A. elegans comme espèce-type) avant de céder la place au nom Agrion (ceratura) dans les Synopsis des Agrionines de Sélys 1876, puis de devenir le genre Micronympha de Kirby 1890, Ceratura Kirby 1890, Ischnosoma Wallengren, 1894, mais aussi Celaeneura 1920, Anomalura 1920, etc. 

https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&dq=genus+Anapetes&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

Sélys considère Ischnura comme un genre propre en 1870, puis en 1887-1888.

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ÉTUDE DU NOM ISCHNURA.

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L'étymologie du nom du sous-genre Ischnura est donnée par Charpentier dans sa description : "Le nom est composé du grec ίσχνός ischnos ["maigre, mince"]  et ούρά  oura [ "queue"]  en raison de la finesse remarquable de l'abdomen." puis "Les caractères de ce sous-genre sont les suivantes : l'abdomen surtout au milieu est très mince voire même étroit." 

  Mais comme cette finesse de l'abdomen ne caractérise pas vraiment Ischnura par rapport autres genres de Zygoptères et notamment de la plupart des Coenagrionidae ( Coenagrion, Sympecma, Erythromma), Pyrrhosoma),  des Lestidae et des Platycnemidae, H. Fliedner, qui a le premier étudié ce zoonyme, écrit qu'il ne se justifie que par comparaison avec le genre Calopteryx. J'y ajoute le genre Epallage (Euphadeidae), au corps robuste. Néanmoins, comme rien n'indique, dans les descriptions de Charpentier, qu'il distingue Ischnura par rapport à Calopteryx ou Epallage, cette interprétation de Fliedner ne résoud pas vraiment le choix de ce nom.

C'est en considérant que la première espèce de la liste de Charpentier est Agrion speciosum, aujourd'hui Nehalennia speciosa (Charpentier 1840), que ce choix s'éclaire : en effet, la Néhalennie précieuse est décrite par K.-D. B. Dijkstra comme "cette minuscule demoiselle, sans doute le plus fragile odonate d'Europe du fait de son vol peu vigoureux, de sa constitution fragile [...], le plus petit zygoptère de ce guide [...] outre sa petitesse, il se caractérise par sa minceur et ses ailes courtes à ptérostigmas clairs."

Parmi les deux autres espèces placées par Charpentier dans ce sous-genre, Ischunura pumilio, l'Ischnure naine, est également, après N. speciosa, l'une des plus petites demoiselles européennes.

Résumé : "Ischnura, du grec ίσχνός ischnos ["maigre, mince"]  et ούρά  oura [ "queue"]  en raison, selon Charpentier lui-même,  de la finesse remarquable de l'abdomen, surtout en son milieu." Le qualificatif se justifie surtout pour la première des espèces placées par l'auteur dans son sous-genre, Agrion speciosum, dont la minceur de l'abdomen est effectivement remarquable mais  qui sera rangée ensuite dans le genre Nehalennia".

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LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/agrion-elegant/

"de ischnos (gr) = maigre, mince et ura (gr) = ventre du fait de la finesse de l’abdomen (comparé à celui des Calopteryx spp.) "

 

 

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Grk. ἰσχνός = thin, slender +οὐρά = tail, for the slender abdomen (compared to e.g. Calopteryx species) "

 

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"Ischnura - ισχηοσ = gracile + ουρα, ασ = coda; dalla coda gracile. Per la forma esile dell’addome."

 

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"Ischnura [gr. ischnos - thin, lean; ura - tail, in insects: abdomen] is a name only suitable, if this genus is compared with Calopteryx; for in comparison to other coenagrionid genera known to Charpentier the abdomen is not significantly leaner."

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"ischnos = dun/mager; ura = staart "

 .

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NOM VERNACULAIRE DU GENRE ISCHNURA.

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-en anglais : Forktail ("queue fourchue")

 " Ischnura is a genus of damselflies known as forktails in the family Coenagrionidae. Forktails are distributed worldwide, including various oceanic islands. The males have a forked projection at the tip of the abdomen which gives the group their common name.

Forktails are small or very small damselflies. The compound eyes of mature individuals have a dark upper region and contrasting lower part. The thorax is often green and may have lateral stripes and the abdomen in males is black with a blue tip. Females of some species are polymorphic, some being orangish and darkening with age, while others resemble the male."

  • Ischnura asiatica (Brauer, 1865) – Redtail

  • Ischnura aurora Brauer, 1865 – Aurora Bluetail

  • Ischnura barberi Currie, 1903 – Desert Forktail

  • Ischnura cervula Selys, 1876 – Pacific Forktail

  • Ischnura damula Calvert, 1902 – Plains Forktail

  • Ischnura demorsa (Hagen, 1861) – Mexican Forktail

  •  Ischnura denticollis (Burmeister, 1839) – Black-fronted Forktail

  • Ischnura elegans (vanderLinden, 1823) – Blue-tailed Damselfly

  • Ischnura erratica Calvert, 1895 – Swift Forktail

  • Ischnura gemina (Kennedy, 1917) – San Francisco Forktail

  • Ischnura genei (Rambur, 1842) – Island Bluetail

  • Ischnura hastata (Say, 1839) – Citrine Forktail

  • Ischnura heterosticta (Burmeister, 1839) – Common Bluetail

  • Ischnura kellicotti Williamson, 1898 – Lilypad Forktail

  •  Ischnura perparva Selys, 1876 – Western Forktail

  •  Ischnura posita (Hagen, 1861) – Fragile Forktail

  • Ischnura prognata (Hagen, 1861) – Furtive Forktail

  • Ischnura pruinescens (Tillyard, 1906) – Colourful Bluetail

  • Ischnura pumilio (Charpentier, 1825) – Small Bluetail or Scarce Blue-tailed Damselfly

  • Ischnura ramburii (Selys, 1850) – Rambur's Forktail

  • Ischnura senegalensis (Rambur, 1842) – Marsh Bluetail

  •  Ischnura verticalis (Say, 1839) – Eastern Forktail

 

 


- en allemand : Die Pechlibellen (de pech = brai, poix, à cause de l'abdomen à prédominance noire. 

  • Ischnura elegans (Vander Linden, 1820) – Große Pechlibelle
  • Ischnura hastata (Say, 1840) – Rätselhafte Pechlibelle
  • Ischnura pumilio (Charpentier, 1825) – Kleine Pechlibelle

  • Ischnura senegalensis (Rambur, 1842) – Senegal-Pechlibelle

-en  français : les Ischnures (Ischnura elegans  Ischnure élégante, Ischnura genei tyrrhénienne, Ischnura graellsii Ischnure maghribérique, Ischnura sarahensis  Ischnure saharienne, Ischnura fountaineae Ischnure des déserts, Ischnura pumilio Ischnure naine, Ischnura hastata Ischnure  citrine)  mais les espèces portent un nom composé à partir d'Agrion (Agrion élégant, Agrion de Géné, Agrion de Graëlls, Agrion du Sahara,  Agrion de Fountaine, Agrion nain ).

 

- en néerlandais De lantaarntjes , ("lanternes", à cause du segment bleu allumé à l'extrémité de l'abdomen sombre), ou grasjuffers  ou grasjuffers 

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 .


SOURCES ET LIENS.

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/agrion_vanderlinden/agrion_vanderlinden.html

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— DIJKSTRA K.-D.B., et Lewington, R. (2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

— DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 — CHARPENTIER. Horae Entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis. Vratislaviae, 1825, in-4, avec 9 pl. coloriée, 261 pages.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25890#page/7/mode/1up

— CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss .

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

— VANDER LINDEN (Pierre Léonard) 

 

 -1820 Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1

-1823 Aeshnae Bononienses descriptae, Opuscoli scientifici, volume 4 158-167

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

-1825 sa Monographiae Libellulinarum europaearum specimen  de 42 pages.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

— RAMBUR (Pierre), 1842,Histoire naturelle des insectes: névroptères, page 264 et Planche 6, fig. 2,b : lindeni ♂

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f286.image.texteImage

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6104159n/f17.item.zoom

 — SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
14 avril 2019 7 14 /04 /avril /2019 21:37

Zoonymie des Odonates : les noms d'Erythromma viridulum (Charpentier, 1840), "la Naïade au corps vert".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

  • Bibliographie des articles de zoonymie des Odonates.

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Résumé :

 

—  Erythromma, Hansemann, 1823 Wiede. Zool. Mag. 2(1).  Du grec erythros "rouge" et ómma "œil", en raison des yeux rouges des mâles de l'espèce-type E. najas décrite par Hansemann. Tous les Erythromma ont des yeux soit rouges, soit bleus mais tous de couleur vive et non surmontés de noir, contrastant avec la tête noire.

viridulum (Charpentier, 1840), Libell. Europ. Lipsiae. : 149  diminutif issu du latin viridis, "vert", donc ici "petit vert, verdelet", car l'espèce est plus petite que E. najas, et que la couleur verte y est présente, soit dans les reflets vert-bronze des parties sombres de l'abdomen des deux sexes, soit, dans la teinte des yeux, du thorax et du dessous de l'abdomen chez la femelle.

— noms en français : 1°) "L'Agrion verdelet", Sélys, 1850 ; 2°) "La Naïade au corps vert", P.-A. Robert, 1958.

— noms en d'autres langues :

- en anglais : The small red-eyed damselfly  (la petite demoiselle aux yeux rouges)

-en polonais Oczobarwnica mniejsza 

-en catalan L'Ullroig petit

-en suédois : Mindre rödögonflickslända 

-en néerlandais : de kleine roodoogjuffer

-en allemand : Das Kleine Granatauge 

- en gallois : Mursen lygatgoch fach

- en hongrois : A zöld légivadász 

- en frison occidental : Lytse hynstepoat

 

 

 

LE NOM SCIENTIFIQUE.

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LE NOM DE GENRE ERYTHROMMA (HANSEMANN, 1823).

Voir 

http://www.lavieb-aile.com/2019/04/zoonymie-des-odonates-les-noms-d-erythromma-lindenii-selys-1840.html

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LE NOM D'ESPÈCE E. VIRIDULUM (CHARPENTIER, 1840).

[Agrion viridulum],  CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss page 149 n°49.

 

Description originale.

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49. AGRION VIRIDULUM. Tab. XXXVII. Fig. infer. mas et foem.

Agr. superne fusco-aeneum, subtus coerulescens: maris viventis oculis rubris, foeminae viridibus: in collari utriusque sexus strigis duabus fulvis.

Habitat in Silesia.

Praecedenti aliquanto minus, gracilius, oculis maris rubris, formaque appendicum illi affine. 

Caput. Os, genae et frons rutilo-flava: nasus, vertex et totum occiput atro-viridia, cupreo-subsplendentia. Os valde prominens, pilis parvis, flavidis sparsum. Oculi magni, marium rubri, foeminarum virescentes.

Truncus. Prothorax parvus, globularis, viridi-aeneus, antice coeruleus, cum macula laterali flavida. Foeminarum macula prothoracis antica et margo posticus tenuissime flavida sunt. Alitruncus ad latera coerulescens, cum linea sesquialtera atra. Collare atro-viride, aenei vel cuprei splendoris, cum strigis duabus fulvis, plerumque continuis: foeminarum latioribus et in viridem colorem transeuntibus.

Alae subbreves, hyalinae, ad apicem paullulum acuminatae; parastigmata rhombea, fuscescentia.

Pedes cum tarsis flavidi: femoribus in exteriore, tibiis in interiore latere atris.

Abdomen cylindricum, longiusculum, gracile; maris subtus coerulescens, superne aeneum, idque in hunc modum: segmentum primum laete coeruleum, cum macula basali quadrata, atro-viridi: secundum coeruleum, margine postico et macula magna, basin non attingente, versus eam latiore et postice quasi stylo, cum margine postico cohaerente, atro-viridi. Segmentum tertium et sequentia usque ad septimum superne macula maxima, atro-viridi, anticam segmentorum singulorum partem non attingente, et ante marginem posticum ad latera coarctata. Ultima tria segmenta pulchre coerulea seu azurea, octavum et decimum cum macula magna dorsali, atra, quae in medio valde coarctata est. Margo posticus segmenti ultimi in medio paullulum excisus est, et in latere ventrali flavus.

— Foeminarum abdomen simili modo coloratum, colore coeruleo magis in viridem abeunte, et penultima duo segmenta superne atro-viridia, Ultimi segmenti margo posticus profunde excisus est.

Appendices maris speciei praecedenti similes, ultimi segmenti longitudinem-aequantes, compressae, valde divergentes, ad basin latae, quasi membranam luteam efficientes, et ad marginem crassiores, atrae, ad apicem bifidae: inferiores in abdomine absconditae; foeminarum brevissimae, conicae, obtusae, atrae.

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La planche 37 figure inférieure : mâle et femelle.

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Zoonymie des Odonates : Erythromma viridulum.

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE VIRIDULUM.

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L'épithète viridulum est un diminutif de l'adjectif latin viridis, "vert" et Sélys le traduira astucieusement par "verdelet" . Il  n'apparaît que chez les naturalistes, à partir de la fin du XVIIIe siècle,  à la suite de Linné qui, en Botanique, a donné le nom de Bryum viridulum à une mousse de son Herbier, le "Dicrame verdoyant".  Il est repris par Fabricius en 1780 pour un gastéropode marin,   Tritonium viridulum, Fauna groenlandica 1780 p. 402, nom synonyme d'Admete viridula. On trouve aussi en 1810  un mousse nommée  Lycopodium viridulum Bory  ex Willd. En 1810 toujours, Péron et Lesueur ont décrit La "Dianée viridule" Dianea viridula, une hydro-méduse connue aujourd'hui sous le nom d'Eirene viridula . D'autres exemples pourraient être fournis, comme Hyalinia viridula Mencke, 1830, mais globalement, cette épithète est rare et plutôt choisi pour des espèces, on l'admettra, de second ordre.

Mais l'emploi d'un adjectif latin sous une forme diminutive peut s'expliquer sous la plume de Charpentier de deux façons :

a) la nécessité, lorsqu'il faut choisir un adjectif de couleur, d'éviter les reprises d'épithètes déjà utilisés. En 1825, Vander Linden avait créé le nom d'Agrion viridis, le Leste vert aujourd'hui du genre Chalcolestes, ainsi que celui d'Agrion virens, "le Leste verdoyant" (Lestes virens). Dans sa publication de 1840, Charpentier a décrit Aeshna virens (syn. Aeshna viridis).

b) l'attrait des diminutifs pour qualifier des espèces animales, les Zygoptères, remarquables par leur taille fine et leur assimilation à des Demoiselles.

Charpentier avait donné en 1825 à Bratislava une première publication de 261 pages et 9 planches, Horae entomologicae, où le chapitre qui nous concerne, De Libellulinis Europaeis, décrit 43 espèces dont 15 Agrions. Parmi ceux-ci, page 14, il décrit  "Agrion chloridion",  une espèce reconnue ensuite comme synonyme d'Erythromma najas, la "Naïade aux yeux rouges", décrite 2 ans auparavant par Hansemann. Chloridion vient des mots  grecs chloros "vert-jaune" et ion "allant", soit "tirant vers le vert". Effectivement, l'auteur décrit l'abdomen vert-bronze sombre. 

https://books.google.fr/books?id=knlIAAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

En 1840, Charpentier décrit à nouveau cet "Agrion chloridion",  puis son Agrion viridulum avec laquelle il la compare : Praecedenti aliquanto minus, gracilius, "plus petite, plus fine que la précédente" avant de mentionner les points communs : oculis maris rubris, formaque appendicum illi affine,  "les yeux rouges du mâle et la forme des appendices anaux". Dans la diagnose initiale, il la décrit comme "un Agrion brun-bronze au dessus, et bleu en dessous, le mâle vivant avec des yeux rouges et la femelle des yeux verts" (viridibus).

Cette mention de la couleur verte des yeux des femelles est reprise dans la description, mais avec l'adjectif virescentes : "verdâtre, verdissant" : Oculi magni, marium rubri, foeminarum virescentes. "les yeux grands, rouge .chez les mâles, tirant vers le vert chez les femelles".

L'adjectif revient ensuite pour qualifier certaines parties de la tête atro-viridi  vert-sombre, cuivré, ; puis le prothorax viridi-aeneus "vert-bronze", le collier du tronc vert-sombre comme le bronze ou le cuivre, les marques des segments de l'abdomen du mâle atro-viridi vert-sombre, bien que les taches des trois derniers segments soient d'un beau bleu azur.

Enfin, l'abdomen des femelles possède les mêmes couleurs, mais "le bleu y vire plutôt au vert, et les deux derniers segments sont vert-sombre au dessus" :  colore coeruleo magis in viridem abeunte, et penultima duo segmenta superne atro-viridia.

On voit qu'il est difficile de dire exactement pourquoi Charpentier nomme son espèce viridulum, mais c'est soit pour qualifier la couleur verte propre — selon l'auteur — aux yeux des femelles ou à leur abdomen, soit pour qualifier la couleur du dessus de l'abdomen des deux sexes, si on admet que le vert-sombre bronze correspond au noir des auteurs actuels . 

Conclusion : viridulum, diminutif issu du latin viridis, "vert", donc "petit vert, verdelet", car l'espèce est plus petite que E. najas, et que la couleur verte y est présente, soit dans les reflets vert-bronze des parties sombres de l'abdomen des deux sexes, soit, dans la teinte des yeux, du thorax et du dessous de l'abdomen chez la femelle.

Voir les images de l'article du site Odonates Costarmoricains

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/naiade_vert/naiade_vert.html

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LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

.

 

.

POITOU-CHARENTE NATURE.

"Viridulum, diminutif de viridis (lat) = vert, verdâtre. La femelle a souvent le thorax teinté de vert."

 

 

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"from Lat. viridulus, -a, -um = somewhat green, presumably for the greenish reflections on the black parts of the abdomen."

 

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"- da viridis, e = verde. Per la colorazione dominante del corpo."

 

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

non étudié
 

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"viridulum — groenig, beetje groen"

 

.

 

 

.

.

 

LES NOMS EN LANGUE VERNACULAIRE.

 

 

LES NOMS D'ERYTHROMMA VIRIDULUM EN FRANÇAIS.

.

1°) "L'Agrion verdelet", Sélys 1850.

Revue des Odonates page 175 n°2. Sélys donne ici une traduction particulièrement bien inspirée de viridulum, puisque, en reprenant l'un des surnoms du Verdier d'Europe, elle en rappelle la forme diminutive ou atténuée (CNRTL verdelet = "vert tendre, un peu vert, qui tire vers le vert").

2°) "La Naïade au corps vert", P.-A. Robert 1958.

Robert nomme les espèces du genre Erythromma des "Erythrommes", mais un heureux remords l'amène à y substituer le nom de Naïade : Naïade aux yeux rouges pour E. najas, et Naïade au corps vert pour E. viridulum.

Ce nom a été adopté par tous depuis lors, "Naïade" devenant en quelque sorte le nom commun du genre Erythromma en français.

 

 

 

LES NOMS D'ERYTHROMMA VIRIDULUM EN D'AUTRES LANGUES.

 

.

 

- en anglais : The small red-eyed damselfly  (la petite demoiselle aux yeux rouges)

-en polonais Oczobarwnica mniejsza 

-en catalan L'Ullroig petit

-en suédois : Mindre rödögonflickslända 

-en néerlandais : de kleine roodoogjuffer

-en allemand : Das Kleine Granatauge 

- en gallois : Mursen lygatgoch fach

-en breton : Dimezellig daoulagad ruz (la petite demoiselle aux yeux rouges) (en attente de validation)

- en hongrois : A zöld légivadász 

- en frison occidental : Lytse hynstepoat

.

 

 

 

SOURCES ET LIENS.

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/agrion_vanderlinden/agrion_vanderlinden.html

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— DIJKSTRA K.-D.B., et Lewington, R. (2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

— DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 — CHARPENTIER. Horae Entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis. Vratislaviae, 1825, in-4, avec 9 pl. coloriée, 261 pages.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25890#page/7/mode/1up

— CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss .

https://books.google.fr/books?id=inVPAAAAYAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

VANDER LINDEN (Pierre Léonard) 

 

 -1820 Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1

-1823 Aeshnae Bononienses descriptae, Opuscoli scientifici, volume 4 158-167

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

-1825 sa Monographiae Libellulinarum europaearum specimen  de 42 pages.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

— RAMBUR (Pierre), 1842,Histoire naturelle des insectes: névroptères, page 264 et Planche 6, fig. 2,b : lindeni ♂

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f286.image.texteImage

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6104159n/f17.item.zoom

 — SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
9 avril 2019 2 09 /04 /avril /2019 22:06

Zoonymie des Odonates : étude des noms d' Erythromma najas (Hansemann, 1823, "La Naïade aux yeux rouges".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

  • Bibliographie des articles de zoonymie des Odonates.

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Résumé :

najas, Hansemann 1823, Wiede. Zool. Mag. 2(1) : 158, du latin naias, "naïade". Hansemann a choisi ce nom désignant les nymphes des sources et fontaines parce que cette espèce fréquente les eaux calmes et stagnantes où les mâles se posent sur des feuilles flottantes, mais certainement aussi parce que les zygoptères (alors groupées dans le genre féminin Agrion) ont reçu depuis Linné des noms les assimilant à des Demoiselles. Najas appartient donc à la série virgo, puella, nymphula, à laquelle Hansemann ajoute dans sa publication, outre najas, les épithètes de sponsa (fiancée), et d'autre qui ne sont plus valides comme amazon, pupa (fillette), et pupilla (petite fille).

noms en français : 1°) L'Agrione naïade", Sélys, 1840 ; 2°) « L'Agrion naïade", Sélys, 1850 ; 3°)"La Naïade aux yeux rouges", P.-A. Robert 1958.

noms en d'autres langues.

- en allemand : Das Große Granatauge

- en suédois Större rödögonflickslända

- en néerlandais : De grote roodoogjuffer 

-en finnois : Grutte hynstepoat

- en anglais : The red-eyed damselfly

- en gallois : mursen lygatgoch fawr

 

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

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LE NOM DE GENRE ERYTHROMMA (HANSEMANN, 1823)

Voir 

http://www.lavieb-aile.com/2019/04/zoonymie-des-odonates-les-noms-d-erythromma-lindenii-selys-1840.html

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LE NOM D'ESPÈCE E. NAJAS (HANSEMANN, 1823).

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[Agrion najas], Hansemann, 1823,  Anfang einer Auseinandersetzung der deutschen Arten der Gartung Agrion F. von J.W. A Hansemann, prediger zu Lense in der Grafschaft Hoya [Début d'une discussion sur les espèces allemandes du  genre   Agrion par F. von J.W. Hansemann, prédicateur à Lense dans le comté de Hoya] , Wiedemann's Zoologisches Magazin 2(1) : 158-159.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51678#page/162/mode/1up

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Description originale.

 

6. Agrion Najas. 

A. alis erectis petiolatis hyalinis, earum interstilio laete coeruleo, stigmatibus rhombeis fuscis, capite immaculato, thorace maris supra immaculato , foeminae sub-bilineato. 


"Diese nur einzeln vorkommende, besonders beim männlichen Beschlechte ausgezeichnete Art sicht man in den Frühlings-monaten über stillstehenden Gewässern flattern, und sie entfernt sich selten weit vom Ufer.

Sie hat die Länge der vorigen Arten, ist aber in allen Theilen gedrungener.

Seltsam stechen die auf der hinterseite graublauen Augen des Männchens durch ihre kirschrothe Farbe ab. Die Mundtheile sind gelbraun. Der oen ungefleckte Kopf ist arünlich schwarz mit mattem Kupferschimmer. Die Fühler sind schwarz, das halschild desgleichen. Das oben zeichnungslose, erz oder kupferschimmernd schwarz gemischt. Die beiden ersten Gelenke des hinterleibes sind hochblau, wie die folgenden bis zum achten oben bei kaum verhärteten Exemplaren grünlich schwarz, späterhin aber mit einem milchblauen Reise mehr oder weniger überzogen. In der Mitte sind die Seiten gelblich schattirt. Die drei letzen Gelenke sind hochblau, das achte mit zwzi dreieckligen Pünctchen besetzt. Am ende zeigt sich nur das obere Paar der häkchen, weit abstehend, kurz, dick, stumpf und bräunlich. Die Flugel sind bedeutend länger und laufen spitzer zu, als die Arten drei, vier und fünf. Das Adernetz ist schärzlich, die Menbran bläulich wasserhell, das Stigma etwas grösser und länglicher, als bei obigen und schwarzbraun. Die startken deutlich gefranzten Füsse sind schwärlich, milchblau berift, innen und an der Basis heller gefärbt.

- Das Weibchen macht sich, als zu dieser Art gehörig, durch den hochblauen Zwischenraum der Flügel kenntlich, weicht aber vom Männchen sehr ab. Ihm fehlt der bläuclichweisse Reif. Die Augen sind grünlich dunckelbraun, welches nach unten in's Gelbe übergeht. Die Mundtheile sind hellgelb, die sogenannte Oberlippe mit einem schwarzen Queerstreif. Das Bruststück hat fast immer zwei verloschen und hell olivengrüne Längsstreiche, welche nicht bis an di Flügel reichen. Doch steht ost, wie bei A. Puella m., noch ein Punct darüber. Die Seiten des Brusttheils und des oben grünlich schwarzen hinterleibes sind hellgrün, meist trüb mit Gelb germischt. Die Gelenke sieben bis neun sind hinten schmal hell-blau gerandet. . Das Stigma nist braungrau. Die Füsse sind blasser gefärbt, zweilen die Schienen, wie bei den drei vorigen Arten hell, doch trüber."

.

Je laisse chacun traduire ce texte, après l'avoir laborieusement transcrit depuis sa typographie gothique. Je soulignerai seulement la qualification rouge-cerise des yeux ( ihre kirschrothe Farbe), et surtout, pour les besoins de la zoonymie, je tenterai de rendre  la première phrase en langue vernaculaire : " Cette espèce se rencontre souvent individuellement, notamment les mâles qui se posent sur les eaux calmes et s'éloignent rarement de la rive."

.

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ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE NAJAS.

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najas : du latin naias, adis (du  grec ancien Ναϊάς, Naïás  ) : "Naïade" (nymphe des fontaines et des fleuves.

L'étude de cet épithète choisi par Hansemann ne peut s'en tenir là. Il faut considérer la liste des 8 espèces citées dans sa publication. Ce sont : 

1. Agrion Virgo : c'est notre Calopteryx virgo Linnaeus, 1758

2. Agrion Amazon  (nom créé par Hansemann : aujourd'hui synonyme de Pyrrhosoma nymphula (Sulzer, 1776))

3. Agrion Puella : Linnaeus, 1758

4. Agrion Pupa (nom créé par Hansemann : aujourd'hui synonyme de C. puella (Linnaeus, 1758).)

5. Agrion Pupilla (nom créé par Hansemann : aujourd'hui synonyme d' Ischnura elegans (Vander Linden, 1820).)

6. Agrion Najas (nom créé par Hansemann)

7. Agrion Sponsa (nom créé par Hansemann, c'est notre Lestes sponsa)

8. Agrion Nympha (nom créé par Hansemann : aujourd'hui synonyme de Lestes barbarus Fabricius, 1798))

.

Au moment où Hansemann écrit, le genre Agrion renferme tous les Zygoptères. Linné, en nommant les deux premières  Libellula virgo et puella, a montré la voie assimilant ces libellules fines aux yeux écartés et aux ailes fermées au repos à des Demoiselles : "vierge" dans la premier cas, "jeune fille pour le second. Sulzer a suivi le Maître suédois en nommant son espèce Libellula nymphula, "petite nymphe" (avec un écho de Libellula et puella).  Fabricius est le seul  à avoir déroger à ce qui sera une règle pour les premiers auteurs et a nommé une espèce Libellula barbarus en 1798, puis Vander Linden a exploité la même veine en 1820 avec Agrion elegans (l'Agrione élégante, car Agrion est alors, bien entendu, féminin). Nous en sommes là lorsque Hansemann se lance dans sa description des espèces de ce genre Agrion en Allemagne. Peut-être méconnaît-il la publication de Sulzer, et peut-être n'a-t-il pas reconnu dans sa collection la barbarus de Fabricius, toujours est-il qu'il crée six nouveaux noms en complément de la L. virgo et de la L. puella de Linné. Chacun de ces noms est variation sur virgo et puella, sur "vierge" et "jeune fille", que ce soit amazon (les femmes guerrières rétives au mariage), Pupa = "petite fille" (Gaffiot), Pupilla = "petite fille" (Gaffiot), naias "naäide), sponsa "fiancée" et nympha "nymphe".

https://www.lexilogos.com/latin/gaffiot.php?q=pupa

Ces noms seront complétés par Agrion pulchella (l'Agrione jolie) Vander Linden 1825, puis le thème sera épuisé et les auteurs opteront pour des épithètes souvent descriptifs des formes, des marques et des couleurs.

.

Mais les Libellules ont reçu dans les différentes langues des noms vernaculaires évoquant la féminité, mais aussi leur milieu aquatique. Le choix de "najas" associe par la référence aux nymphes des eaux douces ces deux évocations.

Voir en langue souabe Fröschenhüeter [allemand Froschen Hütter = mère des grenouilles"), en France du sud gardo d'aigo , en Istrie   guardia del pozzo, paron d'aqua "gardien de l'eau" , en France du sud Trenco-l'aigo = tranche-eau (Gard) , Gira-panta (Ascoli-Piceno) Rota-cibbie (Rogliano), Pissa-in-fontana (Pirano) Cura-pess "Le pêcheur" (Comasco), en  Istrie . S. Pietro (cf. Saint-Pierre le pêcheur) et  Marinara (Reggio di Calabria).

http://www.lavieb-aile.com/2018/02/zoonymie-des-odonates.les-noms-vernaculaires.html  

Cet attrait pour le milieu aquatique est bien souligné dans la description originale, où Hansemann décrit les mâles posés sur les eaux calmes à proximité immédiate des berges. K.-D. B. Dijkstra décrit en 2007 "les mâles généralement posés sur des feuilles flottantes, effectuant de brefs vols au dessus de l'eau", puis ajoute qu'il s'observe classiquement posé sur une feuille de nénuphar, ou il apparaît gris sombre avec trois taches colorées, yeux rouges, thorax et extrémité de l'abdomen bleu-vif".

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Conclusion : najas, Hansemann 1823, Wiede. Zool. Mag. 2(1), du latin naias, "naïade". Hansemann a choisi ce nom désignant les nymphes des sources et fontaines parce que cette espèce fréquente les eaux calmes et stagnantes (il le souligne d'emblée dans sa description) où les mâles se posent sur des feuilles flottantes, mais certainement aussi parce que les zygoptères (alors groupées dans le genre féminin Agrion) ont reçu depuis Linné des noms les assimilant à des Demoiselles. Najas appartient donc à la série virgo, puella, nymphula, à laquelle Hansemann ajoute dans sa publication, outre najas, les épithètes de sponsa (fiancée), et d'autre qui ne sont plus valides comme amazon, pupa (fillette), et pupilla (petite fille). D'autres suivront, comme scitula (mignonne) de Rambur 1842 ou  dryas (Kirby, 1890), les dryades étant des nymphes des arbres .

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LES AUTRES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

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POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/naiade-aux-yeux-rouges/

"Najas de naïades, déesses grecques protectrices des sources et rivières."

 

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

" after Ναιάς = Naiad, a freshwater nymph in Greek mythology "

 

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

 

"- Najas, Najades = Naiade, ninfa delle fonti. Nome mitologico "

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf


"najas (Hansemann) [gr. naias - water nymph] suits very well a creature being nice and bound to water. "

 

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"najas : waternymph"

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LES NOMS EN LANGUE VERNACULAIRE.

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LES NOMS EN FRANÇAIS.

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1°) L'Agrione naïade", Sélys, 1840.

Monographie des libellulidées page 151 n°2.

https://books.google.fr/books?id=8aBIt4TdIM0C&dq=najas+agrione&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

2°)L'Agrion naïade, Sélys 1850.

Sélys et Hagen, Revue des Odonates page 177 n°3. Le genre Agrion, d'abord féminin lorsqu'il fut créé par Fabricius, et dans la Monographie de Sélys 1840, est devenu neutre lorsque Sélys le décrit avec Hagen en 1850.

https://books.google.fr/books?redir_esc=y&hl=fr&id=Xa98vgAACAAJ&q=viridulum#v=snippet&q=viridulum&f=false

 

3°) "La Naïade aux yeux rouges", Paul-André Robert 1958.

Ce nom a été adopté par tous les auteurs, et validé par la SFO et l'INPN.

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LES NOMS d'E. NAJAS  EN D'AUTRES LANGUES.

- en allemand : Das Große Granatauge

- en suédois Större rödögonflickslända

- en néerlandais : De grote roodoogjuffer 

-en finnois : Grutte hynstepoat

- en anglais : The red-eyed damselfly

- en gallois : mursen lygatgoch fawr

- en breton : Dimezell daoulagad ruz « Demoiselle aux yeux rouges » (en attente de validation)

et selon http://www.hlasek.com/erythromma_najas.html

UK:  Large Red eye

DK: Rødøjet Vandnymfe

IT: Ninfa dagli occhi rossi

PL: Oczobarwnica większa

CZ: Šidélko rudoočko

SE: Rödögonflickslända

NO: Rødøyevannymfe

RU: Стрелка красноглазая

UA: Червоноочка-наяда

SI: Veliki rdečeokec

HU: Fürge légivadász

JP: ゴトウアカメイトトンボ

 

 

 

,"

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SOURCES ET LIENS.

 

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

— DIJKSTRA K.-D.B., et Lewington, R. (2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

— DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
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— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 

— HANSEMANN 1823,  Anfang einer Auseinandersetzung der deutschen Arten der Gartung Agrion F. von J.W. A Hansemann, prediger zu Lense in der Grafschaft Hoya [[Début d'une discussion sur les espèces allemandes du  genre   Agrion par F. von J.W. Hansemann, prédicateur à Lense dans le comté de Hoya] , Wiedemann's Zoologisches Magazin 2(1) : 148-161

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51678#page/152/mode/1up  

 

 — SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
6 avril 2019 6 06 /04 /avril /2019 16:11

Zoonymie des Odonates : les noms d'Erythromma lindenii (Sélys, 1840), "La Naïade aux yeux bleus".

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Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. La "zoonymie populaire" (et volontiers extra-européenne) était  jusqu'à présent la seule branche un peu développée de cette science à peine née.

 

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 ZOONYMIE DES ODONATES.

 Les articles précédents : 10 articles de généralités et 41 études de noms d' Anisoptères.

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ZYGOPTÈRES

BIBLIO :

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Résumé :

 Erythromma, Hansemann, 1823 Wiede. Zool. Mag. 2(1).  Du grec erythros "rouge" et ómma "œil", en raison des yeux rouges des mâles de l'espèce-type E. najas décrite par Hansemann.Tous les Erythromma ont des yeux soit rouges, soit bleus mais tous de couleur vive et non surmontés de noir, contrastant avec la tête noire.

lindenii (Sélys, 1840) Monog. Lib. Eur. :167, du nom de l'entomologiste belge Pierre Léonard Vander Linden (1797-1831) auteur de 9 Odonates entre 1820 et 1825, dont 5 Zygoptères, comme l'indique Sélys dans sa description : "Décrite sur un seul individu de Belgique que je dédie à la mémoire de Vander Linden, mon compatriote, qui , le premier, a éclairci l'histoire des Agriones d'Europe.".

— Noms en français :  1°) L'Agrione de Vander Linden, Sélys, 1840 ; 2°) L'Agrion de Vander Linden, Paul-André Robert, 1958 ; 3°) Naïade aux yeux bleus, Jourde in Dijkstra 2007.

— Noms en d'autres langues :

-en catalan : L'Ullprès comú 

-en anglais, Goblet-marked damselfly, Blue-eye

-en néerlandais : Kanaaljuffer

- en allemand : Die Pokaljungfer, Pokal-Azurjungfer, das Saphirauge 

-en polonais :  Łątka jeziorna, oczobarwnica jeziorna 

-en russe : Стрелка Линдена

- En tchèque Šidélko azurové

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NOM SCIENTIFIQUE.

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NOM DE GENRE ERYTHROMMA, HANSEMAN, 1823.

Voir :

http://www.lavieb-aile.com/2019/04/zoonymie-des-odonates-les-noms-d-erythromma-lindenii-selys-1840.html

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NOM D'ESPÈCE E. LINDENII (SELYS, 1840).

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[Agrion lindenii], SELYS-LONGCHAMPS (baron Edmond de), 1840, Monographie des libellulidées d'Europe n°10 pages 167-169.

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Description originale.

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N° 10. AGRION LINDENII. (Nobis.)

AGRIONE DE VANDER LINDEN.

Diagnose. — Le bord postérieur du collier presque droit ; une tache oblongue derrière chaque œil et l'abdomen du mâle azurés; les segments annelés de noir; le second avec une tache noire un peu en croix , touchant les deux bords du segment. Appendices anals supérieurs grands, semi-circulaires (mâle).

Dimensions. — (Voyez le tableau.)
Synonymie. — (Espèce inédite.)

. Tête comme chez Pulchella et Hastulata. Collier comme celui d'Hastulata, mais le bord postérieur encore moins prolongé et un peu plus relevé. Thorax comme Hastulata. Abdomen à peu près comme Hastulata, mais le premier segment avec une grande tache noire en-dessus; la tache dorsale noire du deuxième segment prolongée depuis le bord antérieur jusqu'au postérieur, croisée par une sorte de tache de même couleur qui rappelle la tête du T de l'A. hastulata. Les autres segments colorés à peu près comme Hastulata, avec cette différence que la tache noire postérieure des 5°, 4° et 5° offre un prolongement ou pointe dorsale antérieure qui occupe les 3/4 du segment. Le dixième segment un peu échancré. Les deux appendices anals supérieurs aussi longs que le dernier segment , noirs, semi-circulaires ou en forme de cornes tournées en dedans , leur pointe mousse , un peu fléchie en bas ; les deux inférieurs ayant à peine le tiers des supérieurs, réniformes, blancs , à pointe noire tournée en dedans. Pieds et ailes comme A. hastulata, mais le parastigma d'un brun jaunâtre.

♀. Je ne connais pas la femelle, mais j'ai reçu de M. Curtis une note sur un individu qui pourrait bien la désigner. Le collier est noir , légèrement prolongé; en entier bordé de bleu comme celui du mâle. Le premier segment de l'abdomen est bleu avec une bande dorsale noire; le deuxième de même , mais la bande rétrécie au milieu ; le dixième bleu , noir à la base, assez échancré à son bord postérieur. Les deux appendices anals coniques , rapprochés, à pointes noires. M. Curtis pensait que c'était la femelle de l'A. annulare de Leach , qui répond, je crois , à Puella ou Pulchella.

Décrite sur un seul individu de Belgique que je dédie à la mémoire de Vander Linden, mon compatriote, qui , le premier, a éclairci l'histoire des Agriones d'Europe.

Cette espèce est sans doute fort rare , car je n'en ai encore trouvé qu'un seul individu. Sa coloration se rapproche de celle de l'A. hastulata, mais la forme des taches dorsales noires l'en distingue ainsi que des deux espèces précédentes. Les appendices anals supérieurs sont aussi tout différents, et rappellent, par leur forme semi-circulaire. ceux du genre Lestes. Dans l'A. hastulata, les appendices inférieurs sont semi-circulaires et plus grands que les supérieurs : dans l'A. Lindenii, le contraire a lieu. Cette proportion ne se retrouve dans aucune autre Agrione de ce groupe.

 

.

Illustration : Rambur 1842 :

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Rambur 1842, Erythromma lindenii mâle, planche 6 fig2

Rambur 1842, Erythromma lindenii mâle, planche 6 fig2

.

RÉCEPTION.

Le Lindenii, d'abord placé dans le genre Agrion puis Coenagrion  KiRBY, Syn. Cat. Neur.-Odon. London: 150 , a  été rangé en 1907 comme générotype  dans le genre Cercion par Navas (Broteria 6:55). Le nom Cercion dérive de cercus, "cerque", car Navas base sa création sur des critères de cerques et sur la nervation alaire. Il se trouve que les cercoïdes d'E. lindenii sont remarquables par leur longueur et leur visibilité.

"Many black-and-blue coenagrionids were originally lumped into the genus Agrion, later renamed Coenagrion. Things changed when NAVAS (1907: 55) placed Coenagrion lindenii, described by SELYS (1840) in honour of VanderLinden and with Belgium as type locality, in a new monotypic genus, Cercion. He founded this move on the fact that in lindenii males, the superior appendages are longer than the inferiors. In a footnote he explains the name of the new genus as meaning: “close to Agrion but with forcipate superior appendages, resembling those of a Lestes”. Many authors originally rejected this position, and kept lindenii in Agrion, later Coenagrion. They argued that, if such a character was to be given generic rank, species like C. armatum and C. glaciale would also needto be moved to different genera. Only alter 1970 (ST. QUENTIN, 1970) the name Cercion gained a wider acceptance, and it is currently used in a variety of local and European faunas. " P.H.H. Weekers* and H.J. Dumont, 2004, A molecularstudy of therelationship betweenthecoenagrionid generaErythromma andCercion, with thecreationof Paracercion gen.nov. fortheEast Asiatic “C ercion” (Zygoptera: Coenagrionidae), Odonatologica33(2): 181-188 June 1, 2004

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document;docid=592469

"Selon HEIDEMANN et SEIDENBUSCH (2002) et WEEKERS & DUMONT (2004), cette espèce appartient au genre Erythromma par plusieurs caractères morphologiques (adultes et larves) et génétiques. En 2012, il était toujours placé dans le genre Cercion dans la Fauna Europaea, qui n'a pas été mise à jour." (Dommanget et Boudot 2012)

.

.

ÉTUDE DE L'ÉPITHÈTE LINDENII.

.

lindenii : du nom de l'entomologiste belge Pierre Léonard Vander Linden (1797-1831), comme l'indique Sélys dans sa description : "Décrite sur un seul individu de Belgique que je dédie à la mémoire de Vander Linden, mon compatriote, qui , le premier, a éclairci l'histoire des Agriones d'Europe.". Pierre Léonard Vander Linden  est un entomologiste belge (1797-1831). Il obtint son doctorat en médecine à Bologne en 1821, puis à l’université de Louvain en 1823, puis devint  le premier professeur de zoologie de Belgique. Sa première publication concernant les Odonates, en 1820 comprend 11 pages et a été éditée à Bologne, puis elle a été republiée dans cette ville en 1823 :

 -1820 Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1

-1823 Aeshnae Bononienses descriptae ..., Opuscoli scientifici, volume 4 158-167

On y trouve, en latin,  une description — complétée par une Note —, sur les Agrions de Bologne (Agriones Bolonienses) avec 7 +1 espèces, puis une description des Aeschnes de Bologne (Aeshnae bolonienses) avec 7 espèces.

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

Enfin, il publia en 1825 sa Monographiae Libellulinarum europaearum specimen  de 42 pages.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

.

On lui doit 9 espèces d'Odonates dont 5 Zygoptères :

-Aeshna affinis Vander Linden, 1820

-Sympecma fusca (Vander Linden, 1820),

-Ischnura elegans(Vander Linden, 1820),

-Onychogomphus forcipatus unguiculatus Vander Linden, 1823 (Gomphe à pinces méridional) 

-Coenagrion pulchellum (Vander Linden, 1825),

-Leucorrhinia dubia(Vander Linden, 1825),

-Chalcolestes viridis (Vander Linden, 1825),

-Somatochlora metallica(Vander Linden, 1825),

-Somatochlora flavomaculata (Vander Linden, 1825),

.

.

 

LES AUTEURS AYANT ÉTUDIÉ CE NOM.

.

POITOU-CHARENTE NATURE.

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/agrion-de-vander-linden/

"Lindenii vient du nom de l’entomologiste P.L. Vander Linden (1797-1831). "

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"after Pierre Léonard Vander Linden (1797-1831), Belgian entomologist"

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearu

"in onore del prof. Pierre Leonard Vander Linden (1797 - 1831), naturalista fiammingo."

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

non étudié.
.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

".-vernoemd naar P.L. v.d. Linden"

.

.

 

NOMS EN LANGUES VERNACULAIRES.

 

.

 

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NOM D' ERYTHROMMA LINDENII EN FRANÇAIS.

.

1°)" L'Agrione de Vander Linden", Sélys, 1840.

Monographie des Libellulidées page 167. Le nom de genre scientifique Agrion étant alors féminin depuis Fabricius et  Latreille, Sélys le traduit par "Agrione".

2°) "L'Agrion de Vander Linden", Paul-André Robert, 1958.

Le genre Agrion étant devenu neutre, il est traduit en français par "Agrion" par le naturaliste suisse P.A. Robert.

.

3°) "Naïade aux yeux bleus", Jourde in Dijkstra 2007.
 

Dans la traduction par Philippe Jourde en 2007 du Guide des Libellules de K.-D. B.  Dijkstra,  le nom des espèces du genre Erythromma se composent à partir du dénominatif commun "Naïade", certes inspiré par l'espèce-type (najas : du latin naias, "nymphe des eaux douces"), mais rappelant, tout comme le nom "Nymphe" commun aux espèces du genre Pyrrhosoma, la très ancienne comparaison entre les Zygoptères et les Demoiselles. Il nomme ainsi   E. najas "la Naïade aux yeux rouges", E. viridulum "la Naïade aux corps vert" , et  E. Lindenii  "la Naïade aux yeux bleus".

L'avantage est de créer des ensembles cohérents par genre : tandis que les 3 espèces du genre Erythromma sont nommées "Naïades", que celles du genre Ischnura sont nommées "Ischnures", que les deux espèces d'Enallagma décrits dans ce Guide sont nommées "Porte-coupe", le nom français d' "Agrion" est réservé aux 13 espèces du genre  Coenagrion.

La SFO n'a pas adopté ce nom et utilise celui d'"Agrion de Vander Linden". L'INFN donne les deux noms.

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/645873

 

.

NOMS D'ERYTHROMMA LINDENII  EN D'AUTRES LANGUES.

.

 

-en catalan : L'Ullprès comú (coquille commune)

-en anglais, Goblet-marked damselfly, Blue-eye

-en néerlandais : Kanaaljuffer

- en allemand : Die Pokaljungfer, Pokal-Azurjungfer, das Saphirauge (Oeil de saphir)

-en polonais :  Łątka jeziorna, oczobarwnica jeziorna 

-en russe : Стрелка Линдена

- En tchèque Šidélko azurové

-en breton : Dimezell daoulagad c'hlas (Demoiselle aux yeux bleus)

.

.

.

 

SOURCES ET LIENS.

http://www.nature22.com/odonates22/zygopteres/agrion_vanderlinden/agrion_vanderlinden.html

Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici :
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

OUTILS DE  ZOONYMIE.

— A Dictionary of Prefixes, Suffixes, and Combining Forms from Webster!s Third New International Dictionary, Unabridged ! 200

http://www.mrjonathan.com/mxrm9files/GrammarPages/prefixes%20&%20Sufixes%20Dictionary.pdf

 

— [Boudot J.-P., Dommanget J.-L., 2012. Liste de référence des Odonates de France métropolitaine. Société française d’Odonatologie, Bois-d’Arcy (Yvelines), 4 pp.]

http://www.libellules.org/fra/pdf/503_pagesdynadocs519e54424a6f7.pdf

DIJKSTRA K.-D.B., et Lewington, R. (2006). Field guide to the Dragonflies of Britain and Europe. British Wildlife Publishing, 1-320.

DIJKSTRA K.-D.B., LEWINGTON, R. et JOURDE (P.), traducteur (2007), Guide des Libellules de France et d'Europe, Delachaux et Niestlé.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), JOURDE (Philippe) 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
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https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— KIRBY, W. F. (William Forsell), 1890 A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata, or dragon-flies. With an appendix of fossil species. London,Gurney & Jackson; [etc. etc.]1890.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/25894#page/5/mode/1up

— ROBERT (Paul André), 1936, Les Insectes, coléoptères, orthoptères, archiptères, nevroptères,Delachaux et Niestlé .

 

 — ROBERT (Paul-André), 1958, Les Libellules: (Odonates), Delachaux & Niestlé, - 364 pages

https://books.google.fr/books?id=jvQVvAEACAAJ&dq=ROBERT+(Paul-A.),+Les+Libellules:+(Odonates),+Delachaux+%26+Niestl%C3%A9,+1958&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjpiuPbl7zgAhWOnhQKHURrDboQ6AEIKTAA


— STEINMANN (Henrik), 1997, World Catalogue of Odonata, Zygoptera Walter de Gruyter, - 521 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=JMR-HkoVtvAC&pg=PA307&dq=tenellum,+World+Catalogue+of+Odonata,&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwilrrz33bjgAhVD2OAKHbcWAsUQ6AEILDAA#v=onepage&q=tenellum%2C%20World%20Catalogue%20of%20Odonata%2C&f=false


  — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE GÉNÉRALE : 

 

— CHARPENTIER, 1840, (Toussaint von) Libellulinae Europaeae descriptae ac depictae, Lipsiae, Leopold Voss page 21.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/28491#page/518/mode/1up

— VANDER LINDEN (Pierre Léonard) 

 

 -1820 Aeshnae Bononienses descriptae, adjecta ejusdem annotatione ad Agriones Bononienses., Typographiae Annesii de Nobilibus, Bononiae 1-11, incl. pl. 1-1

-1823 Aeshnae Bononienses descriptae, Opuscoli scientifici, volume 4 158-167

https://books.google.fr/books?id=kcQ-AAAAYAAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

-1825 sa Monographiae Libellulinarum europaearum specimen  de 42 pages.

https://books.google.de/books?id=vxIOAAAAQAAJ

— RAMBUR (Pierre), 1842,Histoire naturelle des insectes: névroptères, page 264 et Planche 6, fig. 2,b : lindeni ♂

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k61025298/f286.image.texteImage

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6104159n/f17.item.zoom

 — SELYS-LONGCHAMPS (Michel Edmond, Baron de), 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 — SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  première légion : Pseudostigma

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1860 Synopsis des Agrionines,  dernière légion :  Protonevra.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132906#page/1/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1862 Synopsis des Agrionines, deuxième légion : Lestes.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/132902#page/3/mode/1up

 

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
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