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2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 08:26

Zoonymie des Odonates : le nom Anax  parthenope Selys, 1839, l'Anax napolitain.

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

Voir aussi :

 

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

ZYGOPTÈRES

 

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Résumé.
—nom de genre  Anax, Lech, 1815, "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) : Anax vient de l'ancien grec ἄναξ , anax qui signifie « seigneur », « chef [de guerre] » ou « roi [tribal] ». Il est interprété comme qualifiant le comportement dominant d'Anax imperator, la seule espèce décrite par Leach 1815 sous son genre Anax. L'auteur lui-même ne fait aucun commentaire ni sur la justification de son nom de genre, ni sur le comportement de l'espèce qu'il nomme sans la décrire. Néanmoins, les liens unissant  Anax "roi" en grec et imperator "empereur" en latin, sont évidents, comme il est évident que cette espèce est de morphologie  tout à fait royale, par sa taille , l'une des plus grandes des Libellulidae (son envergure peut atteindre 11 cm) ou par les couleurs bleu et noir de l'abdomen des mâles (vert et/ou bleu et noir chez les femelles). Le vol des mâles est également majestueux, lorsqu'ils dominent "de manière impériale un territoire allant d'une simple flaque à une zone atteignant 2400 m2, duquel ils repoussent leurs congénères. Ils patrouillent continuellement au dessus de l'eau, parfois loin des rives" (Grand et Boudot, 2006). 
—nom d'espèce  Anax parthenope Selys, 1839 : Bull. Acad. roy. de Belgique, 6(2):389-391. 

Parthénopé, d'après le nom d'une sirène,  était le nom de cette  colonie grecque de Cumes  fondée au cours du VIIIe siècle avant notre ère en Italie,  qui deviendra ensuite Naples. L'épithète renvoie donc au lieu où Sélys-Lonchamps captura le 10 mai 1838, sur les bords du lac Averne, le spécimen type (mâle), conservé au Musée Royal de Bruxelles.


— Nom vernaculaire français : 1) "L'Anax Parthénope", Sélys 1840 et 1850.  2) "L'Anax napolitain", Jacques d' Aguilar et Jean-Louis Dommanget, 1985, Guide  de libellules d'Europe et d'Afrique du Nord : c'est une habile transcription du nom scientifique, l'adjectif italien partenopeo étant devenu un synonyme littéraire de "napolitain".

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— Noms vernaculaires étrangers :

- Néerlandais : Zuidelijke keizerlibel (Libellule empereur du sud).

- Frison :  Südlike keizerslibel (Libellule empereur du sud),  Sinnekeizer

- Allemand :  Kleine Königslibelle (la petite libellule empereur)
- anglais : The Lesser Emperor [Dragonfly]

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

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I. LE NOM DE GENRE, ANAX, LEACH, 1815.
Voir 
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-anax-leach-1815.html
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II. LE NOM D'ESPÈCE ANAX PARTHENOPE SELYS, 1839.
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Selys Longchamps, E. (de) 1839. Description de deux nouvelles espèces d'Aeshna du sous-genre Anax (Leach). Bulletin de l'Académie royale des Sciences de Belgique, 6(2): 386-383 page 389-391 

https://www.biodiversitylibrary.org/page/15829405#page/413/mode/1up

La description originale : 

N° 2. ÆSHNA (Anax) PARTHENOPE. Nobis. 

Æ. Thorace maculis angulis transversalibus , abdomine strigâ dorsali angulosâ nigrâ, parastigmate alarum subelongalo rufescente ; appendicibus analibus superioribus maris subspathulalis, apice truncatis, inferiori latâ brevissimâ, fœminae lanceolalis

Long. 29 1.; envergure 44 l.; longueur de l'appendice anale inférieure du mâle 1/2 ligne à peine. 

♂. Tête jaune, bouche brune; une tache transverse noire bordée de bleu en arrière sur le haut du front, et une autre petite triangulaire noire devant les ocelles. 
Yeux bleus. Thorax en partie bleu et verdâtre avec des lignes latérales noires. Le devant du thorax traversé par 
deux bandes étroites brunes tout-à-fait parallèles au cou. 

Abdomen déprimé, long, renflé à sa base, étranglé au milieu du 3e segment. Le 1er segment avec deux taches basales et une tache latérale brunes. Une tache transversale sur le 2e et une bande dorsale anguleuse depuis le 3e jusqu'au dernier segment. Cette bande traversée à la base des 3e, 4e, 5e, 6e, 7e et 8e segmens par une raie courte de la même couleur. Derrière la ligne transversale du 2e anneau se trouve immédiatement un petit tubercule dorsal arrondi. 

Observation. — Toutes les bandes et taches de l'abdomen sont noires sur un fond qui, autant que je m'en souviens, était généralement bleu. Je puis au moins l'assurer quant à la partie renflée des trois premiers segments , car c'est à ce caractère que je distinguai au vol cette espèce de la Formosa

Appendices anales brun - noirâtres , les deux supérieures ayant une fois et demie la longueur du dernier segment de l'abdomen, atténuées à leur base, ensuite élargies, puis tronquées à leur extrémité. Une ligne élevée les traverse longitudinalement en dessus. Le bord interne de cette ligne est cilié. L'appendice inférieure égale à peine eu longueur le cinquième des supérieures; elle est peu visible en dessus, tronquée, plus large que longue, à bords renflés. Pieds noirs ; les cuisses en partie ferrugineuses. Ailes teintées de jaunâtre sur leur milieu; parastigma moyen, brun-roussâtre. Membranule accessoriale blanchâtre à la base, cendrée ensuite. La nervure de la côte jaune extérieurement. 



♀. Elle diffère du mâle par la forme des appendices anales qui sont lancéolées, sans lignes élevées, et par la couleur du thorax et de l'abdomen où le bleu ne domine pas et se trouve mélangé de jaune, de verdâtre et de brun. 

Observation. — L'individu que je possédais ayant été détruit parles insectes rongeurs, je ne puis donner de détails plus circonstanciés sur la femelle.

J'ai pris celle espèce nouvelle sur les rives du lac Averne près de Naples, le 10 mai 1838. Elle y était commune et semblait à son époque d'éclosion. Je crois l'avoir revue depuis dans la Campagne de Rome et même dans les marais de Ravennes, vers le commencement de juin. Le mâle diffère de celui de la Formosa par sa taille plus petite, par la tache noire transverse du front et par la couleur bleue des deux premiers segments de l'abdomen 
et d'une partie du thorax qui est, en outre, marqué en avant de doux taches transverses, et par le parastigma qui est plus court que dans la Formosa qui n'a pas non plus 

Le tubercule sur le dos du 2e segment. La femelle se distingue au premier abord de la Formosa par une taille plus petite, la tache du front, etc. Il sera peut-être plus difficile de la reconnaître de la femelle de la Mediterranea, mais celle dernière a les cuisses antérieures d'un jaune clair extérieurement et le parastigma plus allongé. 

 



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ÉTUDE DU NOM.
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Parthénopé est le nom de la  colonie grecque de Cumes (siège de l'antre de la Sibylle) fondée au cours du VIIIe siècle avant notre ère en Italie, et  qui deviendra Naples. Le nom renvoie donc à la localité du type (type locality) de l'espèce, où Sélys-Lonchamps captura le 10 mai 1838, sur les bords du lac Averne, le spécimen type (mâle), conservé au Musée Royal de Bruxelles.

"Naples fut d'abord fondée au cours du VIIIe siècle avant notre ère sous le nom de Parthénope par la colonie grecque de Cumes. Ce premier établissement fut appelé Palaiopolis (la ville ancienne). Lorsqu'une seconde ville fut fondée vers 500 avant notre ère par de nouveaux colons, cette nouvelle fondation fut appelée Néapolis (nouvelle ville), d'où Napoli." (d'après Wikipédia).

Selon les Argonautiques d'Apollonius de Rhodes, la sirène Parthénope (du grec Parthenos, "jeune fille, vierge", soit "celle qui a un visage de jeune fille"), désespérée de n'avoir pu séduire par son chant Ulysse lors de son Odyssée se serait jetée à l'eau. Son corps échoué  devant la future Naples aurait été placé dans un tombeau, et un temple lui aurait été édifié, donnant son nom à l'ancienne cité de Parthénopé, Palaiopolis. 

 "Strabon mentionne que son temple se situait dans la ville de Néapolis (actuelle Naples), où les habitants célébraient des jeux gymniques en son honneur.

 Le lien entre la ville de Naples et Parthénope est très fort. Celle-ci symbolise pour Naples virginité, chant et mort. La sirène a d'ailleurs donné naissance à l'adjectif Partenopeo parfois utilisé en italien à la place de napolitain, par exemple pour la République parthénopéenne proclamée lors de l'occupation par les troupes françaises de la ville lors de la deuxième campagne d'Italie." (Wikipédia)

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.
 
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POITOU-CHARENTE NATURE
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http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/anax-napolitain/

"De Parthenope = ancienne dénomination de Naples, d’où l’espèce a été décrite initialement par Selys-Longchamps."


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DRAGONFLYPIX
http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 

 "Anax parthenope (Selys, 1839) from Grk. Παρθενόπη, an ancient Greek name for today's city of Naples, near which the first specimens were collected."


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D'ANTONIO & VEGLIANTE.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"parthenope (Anax) - Parthenope, es = antico nome di Napoli. Il nome è dovuto alla vicinanza della località tipica della specie (lago Averno)"

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H. FLIEDNER, 2009
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
A. parthenope n'est pas étudié. On peut consulter le site libelleninfo.de qui donne : 

"Anax parthenope: Parthenope - eine der Sirenen, die Odysseus bekehren wollten"

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VAN HIJUM, 2005.
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 
"Anax parthenope Vernoemd naar de sirene Parthenope (wat ‘zij met de meisjesstem’ betekent) die tevergeefs Odysseus probeerde te verleiden en vervolgens stierf ." ("Anax parthenope tire son nom de la sirène Parthenope (qui signifie" celle qui a la voix de la jeune fille ") qui a tenté sans succès de séduire Ulysse puis est morte.")


 
 
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RÉCEPTION.

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Steinmann, World catalogue of Odonata. Numérisation Google, copie d'écran, Eléments sous droits d'auteurs.


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https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

 


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LES NOMS VERNACULAIRES.
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I. LES NOMS VERNACULAIRES FRANÇAIS.
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1°) L'Anax Parthénope Sélys 1840 et 1850

Monographie des Libellulidées d'Europe. 1840  page 119.

Revue des Odonates ou Libellules d'Europe 1850 page 111 :


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Sélys-Longchamps 1840 Numérisation Google

Sélys-Longchamps 1840 Numérisation Google

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Sélys-Longchamps 1850, numérisation Google

Sélys-Longchamps 1850, numérisation Google


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2°) L'Anax napolitain, d'Aguilar et Dommanget 1985.

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Ce nom apparaît pour la première fois en 1970 dans un article de l'Entomologiste, puis à partir de 1983 dans une série de guides sur les Odonates d'Europe, qui reprennent tous les mêmes noms vernaculaires. Le premier ouvrage est anglais, il s'agit de The Dragonflies of Great Britain and Ireland par Cyril Oswald Hammond, ‎Richard Robinson Askew, ‎Robert Merritt - 1983 , et j'ignore si ces auteurs ont créés eux-mêmes le nom français pour compléter leur liste de noms vernaculaires dont "The Lesser Emperor Dragonfly", guère plus ancien.

Il semble pourtant logique de considérer que les auteurs à l'origine du nom d'Anax Napolitain sont les premiers auteurs français mentionnés, Jacques d' Aguilar et Jean-Louis Dommanget, en 1985 dans leur Guide des libellules d'Europe et d'Afrique du Nord, Page 246.

"Anax parthenope Sélys, 1839 Pl. 15 Syn. Anax parisinus Rambur, 1842 Fr. L'Anax napolitain; All. Kleine Königslibelle. Identification Espèce de taille plus faible que A. imperator. "

L'année suivante paraît par les mêmes auteurs une édition anglaise, A field guide to the dragonflies of Britain, Europe and North Africa, Jacques d' Aguilar, ‎Jean-Louis Dommanget, ‎René Préchac - 1986 

"Anax parthenope Selys, 1839 PI. 15 Syn. Anax parisimus Rambur, 1842 Eng. Lesser Emperor Dragonfly; Fr. L'Anax napolitain; Ger. Kleine Königslibelle. Identification Smaller than  A. imperator. " 

Comme cela a été le cas pour les Lépidoptères, c'est donc  la parution de ces guides de vulgarisation, d'abord étrangers, qui a contraint les entomologistes français à combler la grande carence de notre langue en zoonymes vernaculaires.

 

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Le nom choisi, Anax napolitain, montre que les auteurs ont su se démarquer d'une traduction littérale du nom scientifique ou des autres noms vernaculaires étrangers pour rappeler l'équivalence de l'italien parthenopeo avec napoletano,  "habitant de Naples.

 


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II. LES NOMS VERNACULAIRES DANS D'AUTRES LANGUES.

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La nécessité de renouer avec des noms vernaculaires après le mépris que leur portaient les entomologistes et, par ce fait, leur extinction entre 1850 et 1950 tient, je l'ai dit, au développement après la Seconde Guerre Mondiale de guides de terrain pour des entomologistes amateurs, dans le cadre d'un regard plus attentif au milieu naturel.

Dès 1953, un entomologiste  allemand, Hans Schiemenz (1920-1990), conservateur de la partie entomologique du Musée zoologique Humbolt de Berlin a affronté la condescendance et l'opposition de ses collègues en s'attachant à développer un corpus de noms vernaculaires dans sa langue dans une publication, Die Libellen unserer Heimat (les Libellules de notre pays). Il a créé les zoonymes de Große Königslibelle  pour A. imperator, et de Kleine Königslibelle pour A. parthenope.


- Néerlandais : Zuidelijke keizerlibel (Libellule empereur du sud).

- Frison :  Südlike keizerslibel (Libellule empereur du sud),  Sinnekeizer

- Allemand :  Kleine Königslibelle (la petite libellule empereur)
- anglais : The Lesser Emperor [Dragonfly]
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Pour le coup, notre Anax napolitain récolte la médaille d'or, avec son pouvoir évocateur, de tranche napolitaine pour certains, de biscuit fourré pour d'autres, de tarentelles ou de villanelles ou de polichinelles en gilet bleu chantant O Sole mio ou Santa Lucia.

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SOURCES ET LIENS.
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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.
http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html
 
 
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OUTILS DE  ZOONYMIE.
— http://www.dragonflypix.com/etymology.html
 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 
— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU
http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/
— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.
https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum
 
— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34
https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.
https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519
— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 
https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_
— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.
https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies
 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]
http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf
— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".
http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf
— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (Heinrich), (1998): Die Namengeber der europäischen Libellen. Ergänzungsheft zu Libellula - Supplement 1
— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).
https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf
— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147
http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521
— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.
https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s
 
 — SITE Libellen - eine (kleine) Einführung . die Namensgebung

http://www.libelleninfo.de/07.html#buch

http://www.libelleninfo.de/071.html

—SCHIEMENZ, H. (1953): Die Libellen unserer Heimat. Jena: Urania

— WENDLER (A)., A. Martens, L. Müller & F. Suhling (1995): Die deutschen Namen der europäischen Libellenarten (Insecta: Odonata).Entomologische Zeitschrift 105(6): 97-112


 
EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 
 
 

— CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. L. Voss, 180 pages,.
https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s
— DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates
http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique
— DELIRY (Cyrille)  Monographie Anax ephippiger
http://www.deliry.com/index.php?title=Anax_parthenope
 
— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de), 1839, de Selys Longchamps E. 1839 - Description de deux nouvelles espèces d'Aeshna du sous-genre Anax (Leach). Bulletin de l' Acad. royale de Belgique, 6 (2) pages 389-391

https://www.biodiversitylibrary.org/page/15829405#page/413/mode/1up

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.
http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage
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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
27 septembre 2018 4 27 /09 /septembre /2018 19:48

Zoonymie des Odonates : le nom Anax ephippiger Burmeister, 1839, l'Anax porte-selle.

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

 

Voir aussi :

 

GÉNÉRALITÉS

ANISOPTÈRES

ZYGOPTÈRES

 

 

 

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Résumé.

—nom de genre  Anax, Lech, 1815, "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) Anax vient de l'ancien grec ἄναξ anax qui signifie « seigneur », « chef [de guerre] » ou « roi [tribal] ». Il est interprété comme qualifiant le comportement dominant d'Anax imperator, la seule espèce décrite par Leach 1815 sous son genre Anax. L'auteur lui-même ne fait aucun commentaire ni sur la justification de son nom de genre, ni sur le comportement de l'espèce qu'il nomme sans la décrire. Néanmoins, les liens unissant  Anax "roi" en grec et imperator "empereur" en latin, sont évidents, comme il est évident que cette espèce est de morphologie  tout à fait royale, par sa taille , l'une des plus grandes des Libellulidae (son envergure peut atteindre 11 cm) ou par les couleurs bleu et noir de l'abdomen des mâles (vert et/ou bleu et noir chez les femelles). Le vol des mâles est également majestueux, lorsqu'ils dominent "de manière impériale un territoire allant d'une simple flaque à une zone atteignant 2400 m2, duquel ils repoussent leurs congénères. Ils patrouillent continuellement au dessus de l'eau, parfois loin des rives" (Grand et Boudot, 2006). 

— Nom de genre Hemianax Selys, 1883, Synopsis des Aeschines, Bull. acad. roy. Belg. 3, 5 : 723. L'auteur divise le genre Anax en deux sous-genre, Anax et Hemianax, qui diffère du précédent par "l'absence de carènes supplémentaires à l'abdomen". Le suffixe hemi- "demi, moitié" s'applique au nom de genre qui a été divisé en deux sous-genres.

—nom d'espèce  A. ephippiger Burmeister, 1839,  Handb. Ent. 2: 840. Du latin ephippium, "couverture ou selle de cheval" et du verbe gerere "porter", l'épithète doit se comprendre ici au sens de "porteur de chabraque, ou tapis de selle de cheval" car il se réfère à la couleur bleue  du dos du deuxième segment abdominal, et non, comme pour la sauterelle E. ephippiger, à un élément ayant une forme de selle.

— Noms vernaculaires français : L'Anax méditerranéen (Sélys-Longchamps 1839, 1840, 1850). L'Anax Porte-selle (P.-A. Robert, 1958, Dommanget 1985). Ces noms sont des adaptations littérales des noms scientifiques, doublés pour le dernier du contre-sens sur ephippium.

— Noms vernaculaires étrangers :

- Catalan l'EMPERATOR DIVAGUANT, "L'Empereur migrant".

- Néerlandais ZADELLIBEL, " la libellule-selle".

- Allemand :  DIE SCHABRACKENLIBELLE, "la libellule Chabraque",  ou SCHABRACKEN-KÖNIGSLIBELLE, "la libellule royale Chabraque".

- anglais : THE VAGRANT EMPEROR , l'Empereur migrateur.

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

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I. LE NOM DE GENRE ANAX, LEACH, 1815.

Voir 

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-anax-leach-1815.html

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Ibis. LE NOM DE GENRE HEMIANAX, SELYS, 1883

de Selys-Longchamps E. 1883 - Synopsis des Aeschnines. Première partie : Classification. - Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 3me série, 5 : 712-748., pages 722- 723.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/111256#page/746/mode/1up

E. de Sélys-Longchamps décrit le genre ANAX Leach 1815 en deux sous-genres Anax, Leach, et Hemianax Selys,  dont les espèces   se distinguent par l'absence de carènes latérales supplémentaires à l'abdomen. L'espèce-type en est H. ephippigerus Burm.

 Le suffixe hemi- "demi, moitié" s'applique au nom de genre qui a été divisé en deux sous-genres.

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Pour Antonio et Vegliante qui sont les seuls à avoir étudier ce nom,:

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

Hemianax - ημι = metà + Anax. Per la somiglianza al genere Anax : "pour la similitude avec le genre Anax.

 

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II. LE NOM D'ESPÈCE A. EPHIPPIGER, BURMEISTER, 1839.

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1°) Hermann Burmeister (1807-1892). D'après H. Fliedner.

"Hermann Carl Burmeister ( 1807 à Stralsund, † 1892 à Buenos Aires) était un grand zoologiste et explorateur. En 1829, il obtint un diplôme de médecin à Greifswald et un diplôme de philosophie à Halle. Après quelque temps en tant que professeur à Berlin, il fut nommé professeur de zoologie à Halle en 1837.
Alexander von Humboldt lui a permis  d’entreprendre deux
expéditions en Amérique du Sud (1850-1852, 1854-1856). En 1861, il émigra en Argentine où il participa à l'exploration du pays, de sa faune et de sa flore, en construisant le Musée national d'histoire naturelle et la section scientifique de la nouvelle université de Cordoue. Ses publications couvrent un large éventail d'études zoologiques, paléontologiques et géologiques. L’un d’eux est son Handbuch der Entomologie (ou Manuel d’entomologie), vol. 1-5, 1832-1855, qui n’a pas été achevé.
Il était bien préparé à cette tâche, car déjà, en tant qu'étudiant, il s'intéressait à la taxonomie et à l'entomologie, comme le montre le sujet de sa thèse à Halle: De insectorum systemate naturali (Du système naturel des insectes) . Probablement en raison de ces compétences spéciales en 1830-1831, il fut engagé par le banquier et négociant important en insectes Michael Christian Sommer (1775-1868), qui vivait à Altona (maintenant une partie de Hambourg, mais alors une ville rivale appartenant au royaume du Danemark), pour réviser sa grande collection entomologique. Cette collection comprenait des insectes du monde entier, que Sommer avait reçus en tant que «Kommissionär», une sorte d’agent, qui avait collecté des fonds pour permettre à quelqu'un de commencer une expédition à l'étranger ou d'émigrer. Ce crédit devait être remboursé par des «produits de la nature», c’est-à-dire des spécimens botaniques ou zoologiques - souvent des insectes - donnés aux investisseurs ou vendus aux collectionneurs .

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Le deuxième volume du «Handbuch», dans lequel sont traités les Odonates, a été
publié en 1839. A cette époque, il n'existait pas de clés détaillées de libellules et de plus, 
des descriptions suffisantes des espèces exotiques (c'est-à-dire non européennes) n'avaient pas encore été publiées. Par conséquent, quiconque devait faire face aux exigences d'une telle tâche ne pourrait pas faire sans accès aux principales collections d'insectes. Dans ses parties odonatologiques, Burmeister (1839) se repose principalement sur les collections de
Sommer, à qui il était également lié depuis qu'il avait épousé sa fille Elisa Marie en
1836, et de Wilhelm von Winthem (1799-1847), un marchand de Hambourg, qui, comme Sommer était engagé dans le commerce des insectes. Il avait probablement connu cette collection, qui était encore plus grande que celle de Sommer, lors de la révision de celle de son futur beau-père. Une autre collection mentionnée est celle de Ernst Friedrich Germar (1786-1853), un collègue de Burmeister à Halle, qui était un professeur de minéralogie, mais aussi entomologiste passionné, qui, parmi d' autres  publications sur les insectes,  a édité des revues entomologiques entre 1814-1819 et 1839-1844 . De plus Burmeister
mentionne la collection de l'Université de Halle, qu'il développait alors.
Les contributions à cette collection proviendraient d’un certain M. King à Madras, en partie
via un missionnaire nommé Schmidt, dont nous ne connaissons aucun détail, et par ailleurs  de J.C.Graf Hoffmann von Hoffmannsegg (1766-1850) de Dresde, qui était botaniste et
entomologiste et s’est rendu au Portugal pour des voyages de collecte efficaces ; mais il semble aussi avoir eu des connexions spéciales avec Java, pour lesquelles il est fréquemment cité dans le «Handbuch».

La collection entomologique du  Zoologisches Museum  Berlin ', qui est cité comme M.B. (= Musée Berolinense, cf. CALVERT 1898: 51), joue un rôle mineur dans le chapitre sur les odonates que dans les premières parties du Manuiel, sauf  une fois, quand il est fait référence à, Graf Hoffmannsegg . C'est tout à fait naturel, car le développement et la fondation de ce musée étaient due en grande partie à son influence, et ses collections étaient largement basé sur ses dons .
D'autres références sont faites au conservateur du musée de Leiden, W. de Haan (1801-1855), à l'entomologiste suisse J.J. Hagenbach (1801? -1825), qui depuis 1823 avait été conservateur au même musée, en plus des agents de recouvrement de Sommer K.C.A. Zimmermann (1800-1867) de Caroline du Sud  et C.F. Drège, qui a recueilli dans le sud-est de l'Afrique vers 1826-1840 , en outre à G. Thorey (1790-1884), un commerçant d'insectes à Hambourg semblable à Sommer et von Winthem .
Très important pour la présentation des odonates par Burmeister dans le "Handbuch" était
Toussaint de Charpentier (1779-1847), qui était alors «Berghauptmann» à Brieg  en Silésie, c’est-à-dire l’officier minier en chef de Silésie. C'était un entomologiste passionné et spécialisé dans les orthoptères et les odonates. En 1825, il avait publié un volume comprenant 40 espèces européennes d’odonates et avait poursuivi ses études en préparant une monographie illustrée de 61 espèces bien décrites et représentées, qui devait paraître en 1840. Charpentier avait mis à la disposition de Burmeister une ébauche de son traité, ce  qui fait , que certains noms de genre que Charpentier allait introduire ont comme auteur Burmeister  (v.infra). À l'exception de Calepteryx, qu'il a transféré dans Calopteryx, Burmeister n'a pas adopté les noms de genre proposés par Leach (1815), car il ne les estimait pas fondés. Cela pourrait être dû au fait qu’il n’a pas très bien compris les descriptions de Leach, car il n’a pas vu que le genre Diastatomma de Charpentier est synonyme de Gomphus de Leach, qu’il supposait être un genre libellulide.

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Burmeister savait que son traité ne décrivait pas toutes les espèces d’odonates existantes, car il rapportait que 137 espèces d’Anisoptères étaient au musée de Leiden en 1828, alors que son «Handbuch» ne comptait que 119. De même, il écrivait que de nouvelles espèces allait être décrit par Charpentier dans sa prochaine monographie. Pour certaines espèces, il a ajouté des notes comme «des espèces apparentées se trouvent à Dongola et en Amérique du Nord»  ou «de plus, j'ai vu plusieurs espèces similaires dans les collections de von Winthem et Sommer» . Aussi les publications antérieures d'Odonata il a utilisé éclectiquement dans son «Handbuch», nous ne trouvons pas deux des 19 espèces d’odonates de Linnaeus, tandis que des 46 espèces nouvellement décrites de Fabricius 15 sont manquantes; et parmi les  20 espèces  de Drury seulement 18 sont cités, des 12 de Palisot de Beauvois il y en a six, des 40 espèces résumées par Charpentier (1825), sept sont omises, de même que huit des 37 dans Vander Linden (1825). . Cela signifie que Burmeister n’a présenté dans son «Handbuch» que les taxons , dont il était convaincu qu’ils étaient corrects. Alors qu'un catalogue complet des espèces d' odonates connues n’a pas été réalisé de cette manière, une contribution importante à leurs connaissances a été apportée et ce traité - bien qu’il ne soit pas exempt d’erreurs (cf. Hagen 1849: 141sqq.), se présentait comme un solide fondement pour des études ultérieures."

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2°) La publication originale.
 

Aeschna ephippiger, Burmeister (Hermann) 1839 - Handbuch der Entomologie. - Enslin, Berlin : Libellulina : 840.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34110#page/92/mode/1up

La description originale est en latin puis en allemand:

 

  1. A. ephippigera * : viridi-testacea, linea summae frontis nigra; abdominis segmento secundo macula dorsali coerulea; ultimis fuscis, gutta laterali flava; venis stigmatibusque alarum testaceis, radio solo cum sectore secundo et postcosta nigro; pedibus nigris. 

    ♂ cercis triquetris, late lanceolatis, acutis, supra auritis; alis posticis nubecula fulva. Long. 2.1/2. 

    Von Madras ; ein schönes exemplar in der hallenser Sammlung aus der Sendung des herrn King an den vormaligen Missionär hrn Schmidt

Tentative de traduction :

"Anax ephippigera : vert-brun [testaceis : couleur de brique pilée], ligne noire au sommet du front ; tache dorsale bleue sur le deuxième segment de l'abdomen, le reste brun avec des taches en goutte jaunes latérales ; veines et pterostigmas couleur brique-pilée, (radio solo cum sectore secundo et postcosta nigro); pattes noires.

Mâle : cercoïdes triangulaires, larges, pointus, --- ailes postérieures avec un nuage jaune. Longueur 2 1/2.

Provient de Madras : un beau spécimen de la collection [résident] de la mission de Mr King à l'ancien missionnaire Schmidt."

Sur cette collection, voir ici.

Voir aussi Fliedner supra, et Philippe Calvert https://archive.org/stream/jstor-25076685/25076685#page/n29.

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/34110#page/92/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/34110#page/92/mode/1up

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ÉTUDE DU NOM.

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Burmeister reprend ici pour cet Odonate une épithète — ephippiger — bien connue chez les Orthoptères, puisque dès 1784, Fleibnig, à Berlin,  avait baptisé ainsi une sauterelle (Tettigonidae) remarquable à son prothorax coudé en V ressemblant à une selle posée derrière la tête. En 1827, Berthold avait créé, pour les espèces semblables, le genre Ephippiger. Ephippiger ephippiger (ou E. diurnus) porte le nom vernaculaire d'Éphippigère de la vigne , mais aussi de Porte-selle ou de Porte-hotte.

Voir http://www.lavieb-aile.com/article-l-ephippigere-de-la-vigne-en-ponte-110728648.html

C'est donc certainement en ayant ce nom de sauterelle à l'esprit que Burmeister a nommé cette libellule, et il est évident pour chacun, quoique l'auteur ne le dise pas de manière explicite dans sa description, qu'il a considéré que l'emplacement de la tache  bleue proximale de l'abdomen appelait cette comparaison, d'autant qu'elle ne s'étend que sur la face dorsale, le "dos" et ne se prolonge pas sur le ventre de l'abdomen.

Burmeister décrit ensuite (1838), dans le même Handbuch vol.2 part.2 page 678-679  les sauterelles ephippiger groupés dans la sous-famille des Bradoporinae.

 

https://fr.wiktionary.org/wiki/%C3%A9phippig%C3%A8re

Le terme est formé du latin ephippium, latinisation du mot grec ephippios (« couverture ou selle de cheval ») et du verbe gerere (porter). Gaffiot ne traduit pas ephippium par "selle", mais bien par "couverture, housse" de cheval et donne des exemples chez Cicéron et César. Si, pour la Sauterelle ephippiger, la forme concave du prothorax évoque bien une selle, pour l'Odonate il est plus juste d'évoquer une couverture, de couleur bleue.

De même, Lewis & Short donnent en traduction d'ephippium "a pad-saddle, caparison, rug (as a rider's seat)".  Caparison se traduit par "une couverture ornementale pour un cheval. A saddle est " un siège généralement rembourré et recouvert de cuir pour le cavalier d'un animal (tel qu'un cheval)". A rug est "une couverture pour un animal (comme un cheval ou un chien)".

Merriam Webster indique : "New Latin, from Greek ephippion saddlecloth, saddle, from neuter of ephippios for putting on a horse, from epi- + hippios of a horse, from hippos horse."

L'ephippigium latin doit donc être distingué de nos selles de cuir  :

"Ce ne fut que vers le milieu du quatrième siècle, en 340, qu'apparut la selle proprement dite, si préférable et si commode pour le cavalier, non moins avantageuse pour le cheval, et dont le résultat indispensable, complétée par les étriers, était une équitation plus commode, plus sûre, plus solide et plus perfectionnée. Jusqu'alors l'arçon avait été inconnu, et on ne saurait donner le nom de selles à ces siéges d'étoffe rembourrés, ou à ces peaux de bête, en plusieurs doubles, qu'employaient les anciens. Xénophon parle de housses, dont le siége doit être entendu de manière à donner au cavalier une assiette plus ferme sans blesser le cheval. Chez les Romains, cette selle informe, ou plutôt ce panneau, qui était assujetti au moyen de trois sangles, au poitrail, à la queue et au ventre du cheval, portait le nom d'Ephippium, et l'on en voit la forme sur différentes médailles et d'anciens monumens, notamment sur les colonnes trajane, antonine et sur l'arc de Constantin. Toutefois, les fiers Germains, dont le sang se mêla avec celui des Gaulois, par les Francs de race germanique, pour former la nation française, plus attachés aux habitudes guerrières, que disposés à adopter les inventions dues à l'amour de la commodité, méprisaient les adversaires qui se présentaient à eux de la sorte; ils montaient leurs chevaux à nu, comme on le fit dans l'origine, et CÉSAR nous apprend qu'ils jugeaient l'usage de l'éphippium si mou, si lâche et si honteux, que leur mépris pour les cavaliers qui s'en servaient était tel, qu'ils ne craignaient pas de les attaquer, quelques supérieurs en nombre qu'ils fussent ( Commentaires de César, Guerre des Gaules, livre Iv.). En rendant justice aux motifs qui dirigeaient nos braves aïeux, nous les trouvons beaucoup plus mâles que raisonnés, et quelqu'informe que fut l'éphippium auprès de la selle, il offrait encore de grands avantages. Si la position était plus commode, évidemment elle était plus sûre, le cavalier étant plus fixe sur le milieu du dos du cheval, et pouvant mieux se servir de ses armes. Quelqu'habiles cavaliers que fussent les Germains, ils ne pouvaient manquer, dans les brusques mouvemens de la guerre, de se déplacer et d'arriver en glissant sur un poil lisse, trop près du garrot, et surtout de la croupe; de plus, le dos du cheval était plus ménagé, ainsi que le cavalier. L'expérience démontre, en effet, que de longues routes meurtrissent la colonne vertébrale du cheval, monté à nu, et que le cavalier lui-même en est blessé, surtout si l'épine dorsale est aiguë et décharnée; ainsi, tout mâles qu'étaient les motifs de ces braves d'Outre-Rhin, ils n'en étaient pas moins erronés, mais admirons cependant un peuple, qui en agissait de la sorte pour de pareils motifs. L'éphippium en usage ne présentant aucun moyen de suspension solide, il n'est pas étonnant que les anciens ignorassent encore l'usage des étriers ; mais si les exercices du Champ-de-Mars leur faisaient trouver les moyens de triompher de cette difficulté, s'ils parvenaient à s'élancer à cheval et à terre, tout armés, avec la plus grande adresse, il n'en était pas de même, quant au manque des étriers pour les marches; aussi Galien fait-il remarquer, dans plusieurs endroits de ses ouvrages, que la cavalerie romaine était sujette à plusieurs maladies des hanches et des jambes, faute d'avoir ses pieds soutenus à cheval. Environ six siècles avant, Hippocrate avait aussi fait l'observation, que les Scythes qui allaient beaucoup à cheval, étaient incommodés de fluxions aux jambes pour la même cause, et ces affections dûrent être communes à tous les peuples cavaliers." (F. d'Aldéguier 1843, Des Principes qui servent de base et d'instruction à la cavalerie p. 31)

 

 Le terme latin était connu de Linné, puisqu'il l'a utilisé pour le bivalve Anomia ephippium L. 1758,  ou Anomie Pelure d'oignon ou Common saddle-oyster : sans-doute a-t-il choisi ce nom car la bestiole était pliée (rugoso-plicata ...plicis), une valve recouvrant l'autre.

Linné a aussi créé pour un autre bivalve le nom d'Isognomon ephippium L. 1758.

On notera qu'en zoologie, les ephippia sont les œufs produits, toujours par paire, par les Daphnies en reproduction sexuée. Le Poisson-clown à selle se nomme Amphiprion ephippium.

Il ne faut donc pas assimiler, dans la compréhension de l'épithète ephippiger, la coloration bleue de la portion dorsale du deuxième segment de l'abdomen de cette libellule avec une selle, mais bien à un tapis de selle, tapis que je n'hésiterai  pas à qualifier de son nom en usage dans la cavalerie, celui de chabraque ou schabraque. Issu de l'allemand schabraque ou schaberacke, lui-même emprunté au turc  čaprak « couverture de selle".

 

La couleur bleue de la chabraque était, selon Alexandre Dumas, celle du duc d'Aumale :

"Monseigneur, dit une voix à son oreille , il a une chabraque rouge ! Le duc d'Orléans respira à pleine poitrine. Le cheval du duc d'Aumale avait une chabraque bleue. Il se retourna et jeta ses bras au cou de celui qui l'avait si bien compris. " (Les morts vont vite, 1861)

  Il faudrait traduire ephippiger par "Porte-chabraque", ce serait conforme à la réalité entomologique et à l'histoire,  et cela aurait beaucoup de gueule. 

Ma proposition me paraissait extravagante. Mais quelle surprise lorsque, parvenu à mon dernier chapitre sur les noms vernaculaires étrangers, je découvrais le nom allemand ! Ah, je n'en dis pas plus ! Voir infra !

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

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http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/anax-porte-selle/

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Ephippiger de ephippion (gr) = selle et ger (um) (lat) = porter, soit porte-selle : les mâles arborent une tache bleu azuré sur le 2e segment abdominal, dont la forme rappelle celle d’une selle de cheval.

 

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 

"Anax ephippiger (Burmeister, 1839) from Grk. ἐφίππιον = (pad) saddle + Lat. -ger, -gera, -gerum = -bearing for the (light-blue) saddle on S2."

 

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"ephíppiger (Hemianax) - ephippium, ii = sella + gero, ere = portare in sè; che porta in sé una sella. Per la colorazione distintamente blu dei primi segmenti addominali che li fanno somigliare ad una sella. ."

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"-- ephippiger [gr. ephippion - saddle; l. -ger - bearing] has a saddle-like blue mark on the second abdominal segment.."

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"Hemianax Zadellibellen (Hemi = halve; anax = heerser duidt op gelijkenis met de keizerlibellen) Zadellibel Hemianax ephippiger Sealglêzebiter, Sealkeizer ephippiger — ephippion — zadel, gerere dragen Anax Keizerlib "

 

 

 

 

 

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RÉCEPTION.

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https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&printsec=frontcover&hl=fr#v=onepage&q&f=false

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LES NOMS VERNACULAIRES.

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I. LES NOMS VERNACULAIRES FRANÇAIS.

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1°) L'Anax méditerranéenne. Sélys,  1840 et 1850.

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages, page 120.

En 1839, la même année que Burmeister pour A. ephippiger,  Sélys-Longchamps avait décrit Aeshna (Anax)  mediterranea.  
 

Selys Longchamps, E. (de) 1839. Description de deux nouvelles espèces d'Aeshna du sous-genre Anax (Leach). Bulletin de l'Académie royale des Sciences de Belgique, 6(2): 386-383 page 391 https://www.biodiversitylibrary.org/page/15829405#page/415/mode/1up

En 1840, il reprend certes description dans sa Monographie des Libellulidées d'Europe avec un nom français, simple traduction de son nom scientifique : l' Anax méditerranéenne. 

 

https://books.google.fr/books?id=NaI-AAAAcAAJ&dq=Monographie+des+Libellulid%C3%A9es+d%27Europe.&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

https://books.google.fr/books?id=NaI-AAAAcAAJ&dq=Monographie+des+Libellulid%C3%A9es+d%27Europe.&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

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En 1850 Sélys-Longchamps écrit  dans la Revue des Odonates ou Libellules d'Europe:

 

"Le genre ne comprend plus authentiquement que deux espèces  européennes, le formosus Vandert. qui est commun dans tout le centre et le midi et parait étranger aux parties boréales, et le Parthénope de Selys qui n'a été observé jusqu'ici que dans certaines localités de l'Italie, de la France et de la Prusse. Le formosus se trouve dans le nord de l'Afrique. 

On doit supprimer la junia (spiniferus Rambur), qui appartient à l'Amérique septentrionale, et le Mediterraneus de Sélys dont l'existence en Provence et en Sardaigne est plus que douteuse et qui parait ne se trouver réellement que dans l'Afrique tropicale. "

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q/f139.image.texteImage

 

2°) Anax porte-selle, Paul-André Robert 1958 puis d'Aguilar et Dommanget 1985.

Paul-André Robert 1958, Les Libellules (Odonates), Delachaux & Niestlé. Il écrit page 198 : "signification du nom : ephippiger = porte-selle.. Ce nom fait allusion à la splendide tache bleu de ciel qui recouvre le 2ème segment du mâle. Cette tache fait un grand contraste avec tout le reste du corps et ressemble à une plaque d'émail posée sur le dos de la bête, comme une selle.".

Ce nom apparaît à partir de 1983 dans une série de guides sur les Odonates d'Europe, qui reprennent tous les mêmes noms vernaculaires : il semble logique de considérer que les auteurs à l'origine du nom d'Anax Porte-selle sont les premiers auteurs français mentionnés, Jacques d' Aguilar et Jean-Louis Dommanget, en 1985. Comme cela a été le cas pour les Lépidoptères, c'est la parution de ces guides de vulgarisation, d'abord étrangers, qui a contraint les entomologistes français à combler la grande carence de notre langue en zoonymes vernaculaires.

The Dragonflies of Great Britain and Ireland , Cyril Oswald Hammond, ‎Richard Robinson Askew, ‎Robert Merritt - 1983 

Guide des libellules d'Europe et d'Afrique du Nord , Jacques d' Aguilar, ‎Jean-Louis Dommanget - 1985, 

A field guide to the dragonflies of Britain, Europe and North Africa, Jacques d'. Aguilar, ‎Jean-Louis Dommanget, ‎René Préchac - 1986 - 

..— Étude faunistique et bibliographique des Odonates de France , Jean-Louis Dommanget - 1987 -

—  The Dragonflies of Europe - Harley Books, 1988 -

 

Le nom d'Anax  porte-selle est désormais adopté par tous les ouvrages de vulgarisation, ainsi que par l'INPN pour Anax ou Hemianax ephippiger. La comparaison avec les noms vernaculaires catalan, anglais et allemand permet de constater, une fois de plus, combien notre langue a laissé passer sa chance de se doter de noms créatifs, poétiques et signifiants, au lieu de se contenter de traductions littérales des noms scientifiques, et, ici notamment, d'une réflexion critique et philologique  sur le danger des traductions trop rapides. Le contre-sens sur ephippiger et ephippium aurait pu être évité.

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II. LES NOMS VERNACULAIRES DANS D'AUTRES LANGUES.

- Catalan l'EMPERATOR DIVAGUANT, "L'Empereur migrant".

- Néerlandais ZADELLIBEL, " la libellule-selle".

- Allemand :  DIE SCHABRACKENLIBELLE, "la libellule Chabraque",  ou SCHABRACKEN-KÖNIGSLIBELLE, "la libellule royale Chabraque".

- anglais : THE VAGRANT EMPEROR , l'Empereur migrateur.

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SOURCES ET LIENS.

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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

 

— Burmeister H. 1839 - Handbuch der Entomologie. - Enslin, Berlin .

— CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. L. Voss, 180 pages,.

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates

http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique

— DELIRY (Cyrille)  Monographie Anax ephippiger

http://www.deliry.com/index.php?title=Hemianax_ephippiger

 

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1883, Synopsis des Aeschines, Première partie : Classification. - Bulletin de l'Académie royale de Belgique, 3me série, 5 : 712-748 : 722-723

https://www.biodiversitylibrary.org/item/111256#page/745/mode/1up

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
24 septembre 2018 1 24 /09 /septembre /2018 15:59

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Zoonymie des Odonates : le nom Cordulia aenea Linnaeus, 1758.

 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

 

Voir aussi :

 

 

 

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/91785#page/215/mode/1up

http://www.deliry.com/index.php?title=Cordulia_aenea

Résumé.

Nom de genre : Cordulia Leach 1815. Eding. Encycl.: 136. Cordulia  vient du mot grecs κορδύλη, kordylē- "massue, renflement, bosse, gonflement" , du fait de l’épaississement en forme de massue de l’abdomen du mâle. Le genre Cordulegaster, également nommé par Leach, est construit sur le même suffixe kordylē-. 

 

— Nom d'espèce : C. aenea Linnaeus, 1758, Syst. nat. 10e ed, 1:544 : "du latin aeneus, "de bronze" ou "de la couleur du bronze", qui qualifie les reflets métalliques de la teinte vert sombre de l'espèce."

 

— Noms vernaculaires français. Geoffroy baptisa en 1762 dans Hist. abr. ins 2: 227  cette espèce l'Aminthe, du nom d'un héros d'une pastorale du Tasse et de diverses coquettes de nouvelles du XVIIIe. Puis Guillaume-Antoine Olivier la nomma Libellule bronzée par simple traduction du nom scientifique. Edmond de Sélys-Longchamps fit de même en 1840 après la création du genre Cordulia avec le nom de Cordulie bronzée, toujours en usage depuis cette date.

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— Noms vernaculaires étrangers :

  •  En Néerlandais Smaragdlibel : "la libellule émeraude".
  •  En Frison : Grienkopglêzemakker, Grienkopglêzemakker, Brünzen glêzebiter, Knotsglêzebiter, Brunskop
  • En allemand : Die Falkenlibelle, ou Gemeine Smaragdlibelle. "L'émeraude commune".
  • En anglais : The downy emerald = L'Émeraude duveteuse.
  •  En catalan : la Maragda aborrissolada

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

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I. LE NOM DE GENRE, CORDULIA, LEACH, 1815..

— LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [136] (in 1830 edition) – via Biodiversity Heritage Library.

 

Cordulia  vient du mot grecs κορδύλη, kordylē- "massue, renflement, bosse, gonflement" , du fait de l’épaississement en forme de massue de l’abdomen du mâle. Le genre Cordulegaster, également nommé par Leach, est construit sur le même suffixe kordylē-. 

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II. LE NOM D'ESPÈCE LIBELLULA ÆNEA, LINNAEUS, 1758.

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 — LINNÉ ( Carl von,) 1758, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiae : Impensis Direct. Laurentii Salvii, 1758-1759. pages 544.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/566/mode/1up

Description originale.

ænea 8. L. thorace æneo-viridi. 

fn. fvec. 768, 769. L. thorace viridi nitido lineis flavis. | 

Raj. Ins. 49. n. 5. & 140

Rœs. Ins. 2. aqv. 2. t. 5 . f. 2. 

Habitat in Europa. 

Traduction.

[Libellula] ænea. 8. Libellula au thorax vert-bronze.

Fauna suecica n° 768-769 Libellula au thorax vert sombre aux lignes jaunes.

Ray, Historia insectorum page 49 n°5 et page 140.

Roesel, Insecten belustigung, 2, planche 5 figure 2.

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https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/566/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/566/mode/1up

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Commentaire :

Linné a décrit en 1758 18 espèces de ses LIBELLULA, classées parmi les NEUROPTERA. 

Il les divise en deux groupes (* et **) :

  • Alis patentibus acquiescentes [les ailes ouvertes au repos] : les 16 premières, dont L. ænea.

  • oculi distantes remotique [les yeux écartés et distants] : L. virgo et puella

Il indique pour chacune les références à son propre travail, la Fauna suecica de 1746 (Faun. svec) ou description de la faune de Suède, puis aux naturalistes qui l'ont précédé : ici John Ray et August Roesel.

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Références faites par Linné pour L. ænea.

1°) Fauna suecica 1746 page 231 n° 768-769

https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/264/mode/1up

Linné décrit deux espèces, l'une au thorax  vert sombre (viridi-nitido) et à l'abdomen noir (768), l'autre qui est vert-doré (viridi-inaurata). Pour notre sujet, l'étude du nom aenea, il faut remarquer que l'adjectif de couleur n'est pas employé bien qu'il se rapproche du "vert-doré".

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768.LIBELLULA thorace viridi nitido: lineis flavis, alis pallidis, abdomine nigro. 
Raj. inf 49. n. f. Libella maxima, abdomine breviore latioreque caeruleo. 
p. 140 Libella maxima, abdomine breviore  & crassiore latioreque caeruleo
Habitat ad Aquas. 
DESCR. Caput & thorax viridia, nitida. oculi subfusci ; lineae duae flavaea ad latera thoracis. alae flavescente - albae, in quibusdam ad basin flavae. punctum marginale fuscum. Abdomen cylindricum nigrum subtis fllavum
marginis colore dentato. cauda diphylla angusta. 

769 . LIBELLULA viridi~inaurata ; alis pallidis, pedibus nigris. 
Habitat ad Aquas. 
DESCR. Pracedenti simillima, sed alia Mas cauda quadridentata , dentibus superioribus pilosis, inferioribus singulis duplici denticulo. Faemina: cauda foliolis 2 lanceolatis. caput , thorax , abdomen cupreo inaurata. thorax pilosus.absque maculis; margo alarum posticarum pone verfus abdomen macula membranacea. oculi prasini. Labium pallidum. abdomen subtus  hinc inde pallide albescens.

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Zoonymie des Odonates : le nom Cordulia aenea Linnaeus, 1758.

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2°) John Ray, 1710, Historia insectorum page 49 n° 5 et page 140.

La seconde référence renvoie à la description par John Ray d'une grande libellule à l'abdomen petit et large de couleur bleue. Ce qui nous éloigne donc de la couleur vert et métallique de L. aenea.

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/49/mode/1up

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/140/mode/1up

page 49. n. f. Libella maxima, abdomine breviore latioreque caeruleo. 

p. 140  Libella maxima, abdomine breviore  & crassiore latioreque caeruleo

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https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/49/mode/1up

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/49/mode/1up

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3°) August Johann Roesel von Rosenhof, 1749, Insecten belustigung, volume 2 Nuremberg : Insectorum aquatilium Classis II planche V fig.2.

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0259/image

Linné donne en référence la planche V figure 2. Les yeux, le thorax et l'abdomen du spécimen possède une belle couleur verte.

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https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0259/image

https://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0259/image

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ÉTUDE DU NOM ÆNEA.

Aenea est la forme féminine (accordée avec Libellula) de l'adjectif aeneus, a, um, "de bronze, de cuivre" ou "de la couleur du bronze" et donc "bronzé, cuivré". Il dérive du nom aes, aeris, "airain, bronze, cuivre".

K.D.B. Diskstra décrit L. ænea ainsi : "avec un corps entièrement noir métallique aux nuances variées" ou bien pour le mâle : "noter l'abdomen en massue, les reflets bronze et l'absence de marques claires.

D. Grand et J-P. Boudot mentionne la "couleur vert bronzé métallique à noirâtre". 

L'article actuel de Wikipédia précise :

  • Abdomen du mâle élargi en massue au niveau des segments S7 et S8 ; dans les deux sexes, présence de taches claires inférieures (plus blanches chez la femelle).
  • Thorax vert à bronze brillant recouvert de longs poils clairs.

  • Yeux verts (comme ceux des Somatochlora).

  • Taches jaunes de la face absentes sur le front (contrairement aux Somatochlora qui en sont pourvus).

  • Base des ailes jaune-ochracé (tache plus étendue aux ailes inférieures).

Comme toutes les couleurs métalliques, les teintes de L. ænea varient du vert au noir avec des éclats jaunes, mais il est certain que l'épithète latin aenea et sa traduction en français par "bronzé" rendent parfaitement compte de la couleur de l'espèce.

J'adopte pour mon résumé la formulation suivante :

"du latin aeneus, "de bronze" ou "de la couleur du bronze", qui qualifie les reflets métalliques de la teinte vert sombre de l'espèce."

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

Comme souvent, c'est l'analyse de Fliedner qui me semble la plus juste : celle de Poitou-Charente laisse penser que les reflets bronzés sont propres au mâle ; celle des Italiens est trop vague, celle de Van Hijum trop concise.

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulie-bronzee/

cordulia de kordyleia (gr) = massue : du fait de la forme de l’abdomen du mâle ; 

aenea de aeneus (lat) = bronzé : du fait des reflets bronzé du corps du mâle.

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 

"from Lat. aeneus, -a, -um = of copper, bronze, bronze-coloured for the extensive bronze-coloured reflections."

 

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"- aeneus, a, um = bronzeo. Per la colorazione dominante del corpo."

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"- aenea (Linnaeus) [l. made from or, bronze] describes the metallic sheen of the species."

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"aenea= erts, brons"

 

 

 

 


 

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LES NOMS VERNACULAIRES FRANÇAIS.

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1°) L'Aminthe. 1762. Geoffroy.

Louis-Etienne Geoffroy, Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés dans un ordre méthodique volume 2 page 227

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

Comme c'est souvent le cas, Geoffroy renvoie à la description la plus récente et la plus valide de Linné (parue 4 ans avant sa propre publication), mais reprend la diagnose du Fauna suecica, sans-doute car c'est cet ouvrage qu'il a utilisé pour classer ses collections et entreprendre la rédaction de son texte.

Il reprend dans sa description le qualificatif de "vert-doré" qui traduit viridi-inaurata

Le nom d'Aminthe s'inscrit, avec le n°10,  dans la série de prénoms féminins que Geoffroy a réservé aux 14 espèces de "demoiselles" ou libellules qu'il décrit. Il est précédé de "la Sylvie" et suivit de "la Justine". Mais, à l'inverse des premiers prénoms de la série qui honoraient la famille royale de Suède, c'est ici un prénom romanesque, utilisé uniquement dans la littérature du temps. C'était déjà le cas avec son n°8, la Philinte.

Aminta, ou Amynthe, est l'héroïne d'un drame Pastoral du Tasse, l'auteur de la Jérusalem délivrée. Cette pièce en cinq actes fut publié en 1573 à Florence. Mais Amynthas est un homme, petit-fils du dieu Pan ; c'est l'amant de Sylvie. [cf; la Sylvie de Geoffroy, Libellula depressa]. 

1776 https://books.google.fr/books?id=k7qOR7uXUyYC&pg=PA225&dq=aminthe&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj_1ZrY5dPdAhVPrxoKHa-rCPgQ6AEIWDAJ#v=onepage&q=aminthe&f=false

En 1726, dans la Bibliothèque des gens de cour, un auteur donne son nom pour déguiser celui d'une femme dont il mis à l'épreuve la fidélité.

Dans La Fausse prude, l'une des Cent nouvelles de Madame de Gomez (1733), Aminthe est la femme de chambre de Célie, et, après un échange de tenue avec cette dernière, elle s'attache à séduire Lisandre. Dans L'inconséquente, ou le fat dupé (1787), un extrait montre que cette Aminthe est le type de la coquette  : "Aminthe se met du rouge. L'Abbé la regarde amoureusement"

Ainsi, l'Aminthe de Geoffroy rejoint le groupe des noms d'insectes qu'il baptisa du nom d'héros et héroïnes de pastorales, comme Amaryllis, Tircis Myrtil, ou Corydon. 

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10. LIBELLULA viridi-inaurata , alis pallidis , pedibus nigris. Linn. faun. fuec. n. 765.

Linn.Syst. nat. edit. 10 , p. 544, n° 8. Libellula ænea.

L'aminthe.

Longueur 18 lignes.

Cette belle espèce est partout d'un beau vert doré, à l'exception de la lèvre intérieure qui est jaunâtre, & des yeux qui font d'un vert brun. Le corcelet a quelques poils bruns. Les ailes sont un peu jaunâtres, avec les taches marginales brunes au bord extérieur, & de plus les ailes inférieures ont leur base lavée d'un peu de jaune clair. Le mâle a quatre pointes à la queue, dont les deux supérieures sont velues, & les inférieures fourchues. La femelle a les deux appendices de sa queue semblables à des feuillets , ce qui est commun à plusieurs espèces de ce genre.


 

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https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up
https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

https://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/226/mode/2up

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Le nom fut repris en 1785  par de Fourcroy dans sa nouvelle édition de Geoffroy, en 1789 par Charles de Villers dans  Caroli Linnaei Entomologia. Il fut cité en 1792 par Olivier, en 1828 par Pierre Boitard, et jusqu'en 1840 par de Sélys-Longchamps avant de tomber en désuétude.

— Antoine de Fourcroy, 1785,  Entomologia parisiensis vol.2 page 347

https://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n235/mode/2up

— Charles de Villers, 1789, Caroli Linnaei Entomologia , page 6 n°8. 

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=onepage&q&f=false

— Pierre Boitard

https://books.google.fr/books?id=f59bAAAAMAAJ&pg=PA175&lpg=PA175&dq=aminthe+libellule&source=bl&ots=OOayZb9p7E&sig=gX_WwB8kMTn7pg98S35Hc4KeQn4&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiB5MG8htTdAhUCCRoKHSD1CBoQ6AEwAnoECAgQAQ#v=onepage&q=aminthe%20libellule&f=false

Charles de Villers 1789, https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

Charles de Villers 1789, https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

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2°) La Libellule bronzée, 1792, G-A. Olivier.

Guillaume-Antoine Olivier, Encyclopédie méthodique ou par ordre de matières: histoire naturelle ..., Volume 7 , 1792, page 562 n°15.

 

En  1789, puis surtout en 1792, Olivier traduisit en français le nom scientifique linnéen alors en usage, Libellula ænea sous la forme de "La libellule bronzée".

https://books.google.fr/books?id=T00_AAAAcAAJ&pg=PA562&lpg=PA562&dq=aminthe+libellule&source=bl&ots=uRxiNbDYH-&sig=QiZmKKzHyGBG3Ecv_wE2R4fyaDM&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwihwJGTh9TdAhUkxYUKHeZDC1k4ChDoATADegQIBxAB#v=onepage&q=aminthe%20libellule&f=false

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Olivier, Encyclopédie 1792

Olivier, Encyclopédie 1792

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3°) La Cordulie bronzée, 1840, de Sélys-Longchamps.

Leach ayant créé le genre Cordulie, de Sélys-Longchamps traduisit le nouveau nom scientifique Cordulia ænea par le nom de Cordulie bronzée.

Monographie des Libellulidées d'Europe page 67 n°4.

https://books.google.fr/books?id=7TxgAAAAcAAJ&pg=PA67&dq=%22cordulie+bronz%C3%A9e%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiP08qAv9TdAhVNdhoKHVHtC70Q6AEIPDAE#v=onepage&q&f=false

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Zoonymie des Odonates : le nom Cordulia aenea Linnaeus, 1758.

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NOM VERNACULAIRE EN D'AUTRES LANGUES.

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— En Néerlandais Smaragdlibel : "la libellule émeraude"

— En Frison : Grienkopglêzemakker, Grienkopglêzemakker, Brünzen glêzebiter, Knotsglêzebiter, Brunskop

— En allemand : Die Falkenlibelle, ou Gemeine Smaragdlibelle. "L'émeraude commune".

 

— En anglais : The downy emerald = L'Émeraude duveteuse. (en 1937 dans The Dragonflies of the British Isles, par Cu=ynthia Longfiled page 103).

— En catalan : la Maragda aborrissolada

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MES ARTICLES : et PHOTOS :

Cordulie bronzée et libellule fauve à Crozon.

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photographie lavieb-aile

 

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SOURCES ET LIENS.

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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

 

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— BUCHECKER (Henrich), 1876, Henrici Buchecker Systema entomologiae, sistens insectorum classes, genera, species : pars I. Odonata (Fabric.) europ, München : Im Selbstverlag des Verfassers

https://archive.org/stream/henricibuchecke00buch#page/n23/mode/2up

— CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. L. Voss, 180 pages,.

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates

http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique

— DELIRY (Cyrille)  Monographie C. aenea

http://www.deliry.com/index.php?title=Cordulia_aenea

 

 

— GEOFFROY in FOURCROY : FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy.

 http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

 

 

— LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

— LUCAS, W. J. 1900a. British Dragonflies of the older English authors. 1. Moses Harris's 'Exposition of English Insects', 1782. The Entomologist 33: 41-42.

https://archive.org/stream/entomologist33roya#page/42/mode/2up/search/splendens

— LUCAS, W. J. 1900b. British Dragonflies (Odonata). L. Upcott Gill, London, ixv + 356pp.

— RÖSEL VON ROSENHOF  (August Johann) 1749,  Kleemann, Christian Friedrich Carl  ;
Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung (Band 2): ... welcher acht Classen verschiedener sowohl inländischer, als auch einiger ausländischer Insecte enthält — Nürnberg, 1749

.http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

— SCHWARZ (Christian Wilhelm ), 1830, Nomenclator über die in den Röselschen Insekten-Belustigungen und Kleemanschen Beyträgen zur Insekten-Geschichte abgebildeten und beschriebenen Insekten und Würmer: mit möglichst vollständiger Synonymie. Dritte bis Siebente Abtheilung, Volume 3 Raspe, 1830 - 136 pages

https://books.google.fr/books?id=G3BcAAAAcAAJ&dq=libellula+fridrichsdalensis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— VANDER LINDEN, P.L. 1825 - Monographiae Libellulinarum Europaearum. - Bruxellis. 

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
11 juin 2018 1 11 /06 /juin /2018 20:09

Zoonymie des Odonates. Le nom Crocothemis erythraea Brullé, 1832, le Crocothémis écarlate.

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Voir aussi :

 

 

 

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Résumé .

Nom de genre : Crocothemis, Brauer, 1868,  Verh. zool.-bot. Ges. Wien 18 :367 . Du grec krokos "crocus, safran", probablement du fait des larges taches ambrées de la base des ailes postérieures, et themis, du nom de la déesse grecque tenant la balance  de la Justice. Ce suffixe étant propre à de très nombreux genres de Libellulidae, il  pourrait avoir été choisi comme une référence   à l'étymologie alors admise du genre  Libellula, "petite balance".

Nom d'espèce : C. erythraea , Brullé, 1832. Protonyme  Libellula erythraea, Brullé, 1832, Exp. Scient. Morée III, (1, 2) : 102. L'épithète erythraea, du latin erythraeum, a, um "rouge"  dérive du grec ancien  ἐρυθρός, e̍rythrós .  Auguste Brullé a décrit un mâle à la tête "d'un rouge de sang" et à l'abdomen "d'un rouge éclatant, presque carminé." 

 

Noms vernaculaires français. "La Victoire", (Fourcroy 1785), la "Libellule ferruginée" (Olivier 1792), la "Libellule ferrugineuse" (de Sélys 1840), la "Libellule érythrée" (de Sélys 1850), la "Libellule écarlate" J.L Dommanget 1987. C'est en 1958 que le naturaliste suisse Paul-André Robert créa le nom en usage actuellement,  le "Crocothémis écarlate", vraisemblablement par adaptation  du nom vernaculaire anglo-saxon The Scarlet Dragonfly.

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Noms vernaculaires étrangers :

En néerlandais : VUURLIBEL

En frison : FJOERREADE LIBEL, FJOERLIBEL, FJOERBÜK

En allemand : FEUERLIBEL

En anglais : SCARLET DRAGONFLY, BROAD SCARLET, COMMON SCARLET-DARTER, SCARLET DARTER

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

 

 

I. LE NOM DE GENRE, CROCOTHEMIS BRAUER, 1868.

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BRAUER (F.M) , 1868 Verh. zool.-bot. Ges. Wien 18 :367 

Verhandlungen der Kaiserlich-Königlichen Zoologisch-Botanischen Gesellschaft in Wien.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/81414#page/533/mode/1up

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Voir Zoonymie des Odonates. Le nom de genre Crocothemis  Brauer, 1868.

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II. LE NOM D'ESPÈCE C. ERYTHRAEA BRULLÉ, 1832.

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Le contexte.

  Cette espèce a été décrite par  Gaspard Auguste Brullè (1809-1873),  après l'avoir observé en Grèce lors de l'expédition de Morée.

   Cette expédition fut menée par la France de 1828 à 1833 dans le Péloponnèse, la péninsule grecque que l'on nommait alors la Morée pour rappeler sans-doute que les Francs avec Villehardouin y avaient fondé une principauté...en 1248. Après que la flotte franco-russe ait gagné la bataille de Navarrin pour soutenir l'indépendance de la Grèce contre l'empire ottoman et son allié égyptien Ibrahim Pacha, des forces militaires débarquèrent à Coron au sud pour s'assurer de l'évacuation des forces égyptiennes, et s'emparer des places fortes tenues par les turcs. Comme lors de l'expédition de Bonaparte en Egypte, cela fut l'occasion d' y associer une mission scientifique chargée d'un inventaire architectural, archéologique, géologique, et naturaliste de la région.

 Cette mission débarqua le 3 mars 1829 à Navarin. Elle était dirigée par Bory de Saint-Vincent (1778-1846), un naturaliste et officier qui avait à son actif sa participation à l'expédition du capitaine Baudin sur Le Naturaliste en 1800-1804 comme zoologiste.

  Un jeune entomologiste  de vingt ans avait obtenu , grâce au  soutien de Georges Cuvier, de  participer à cette grande oeuvre : Gaspard Auguste Brullè. C'est lui qui décrivit sous le nom de Libellula erythraea, notre Crocothemis écarlate, de même qu'il décrivit les sous-espèces Calopteryx virgo festiva et platycnemis pennipes nitidula, dans le Tome 3, Partie 1 (Zoologie), section 2 (des animaux articulés) de Expédition scientifique de Morée. Section des sciences Physiques (sous la direction de M. Bory de Saint Vincent).Levrault, Strasbourg (et Paris) 1832 : 102.

 

  Outre un ordre, celui des Isoptera (regroupant les termites), Il y décrit aussi des genres et de  très nombreuses espèces nouvelles, dont, entre autres, les suivantes :

-une tenebrionidae, Tentyria rotundata.

-un genre de tenebrionidae,Opatroides, et l'espèce O. punctulatus,

- une sous-espèce de scarabée : Tropinota squalida ssp. pilosa,

- des scarabées,Onthophagus (Palaeonthophagus) ruficapillus Brullé, 1832 et  Onthophagus (Palaeonthophagus) suturellus Brullé, 1832

- Cerambyx velutinus, Vadonia bisignata parmi les Cerambycidae,

-un hémiptère, Miridae, Dionconotus cruentatus Brulle, 1832

-un ciccadellidae, Eusclelis lineolatus,

-des orthoptères:

      _Arcyptera labiata,

      _ Drymadusa dorsalis,

      _ Omocestus (dreuxius) minutissimus,

      _ Omocestus minutus,

      _sous-espèces Acrometopa servillea servillea

                             Chorthippus parallelus tenuis,

      _ synonymes Podisma dimidiata

                           Podisma tibialis

- une arachnide, Alopecosa albofasciata

deux scorpions, Lurus dufoureius, et Mesobuthus gibbosus

- des hymènoptères, Lasioglossum pauperatum, Lasioglossum marginatum, Andrena fulvitarsis, Andrena morio,et dans les Eumenidae Tropidodynerus interruptus

- un Ascalaphe (Neuroptère) Libelloides lacteus, sous le protonyme Ascalaphus lacteus.

- une mante (Mantodea) Empusa fasciata,

- un genre de cerambycidae, Morimus (et non morinus)

- des  coleoptères Un stenopterini : Callimoxys gracilis et un Elateridae, Dicronychus

-   des annelidés  amphinominae Hermodices savignyi

-des lamiinae, Oxylia duponchelii et Helladia flavescens .

 

  En 1833, il devient aide-naturaliste auprès de la chaire des crustacés, des arachnides et des insectes dirigée par Victor Audouin (1797-1841).

En 1838, il devient titulaire de la chaire d'Anatomie comparée et de zoologie de l'université de Dijon. 

                                                          

  C'est l'auteur des ouvrages suivants (non exhaustif):

Brullé, Animaux articulés des îles Canaries, 1838

Audouin et Brullé, Histoire naturelle des Insectes, 1835.

In d'Orbigny : Voyage dans l'Amèrique méridionale 6 (2), 1843

in Webb P.B. & Berthelot, Histoire naturelle des Iles Canaries. 2(2), 1840  : Brullé : Orthoptera

 

  De nombreux naturalistes l'ont honoré en nommant "brullei" les espèces qu'ils découvraient, et je citerais dans le désordre :

Tettigetta brullei (Fieber, 1876), une cigale pygmée,

Crepidodera brullei,

Thorectes brullei Jekel, 1865 : geotrupidae

 Necrophories brullei, un Silphydae,

Bembidion brullei Gemminger & Harold, 1868,

Scymnies brullei Mulsant, 1850 : une punaise,

Camptorrhinus brullei Boheman, 1837,

Colobotheini Colobothea brullei Gaham, 1889,

Perga brullei Westwood, 1880,

Tanusia brullei,

Priophorus brullei (Dahlbom), une tenthrède,

Chloracris brullei Pictet & Saussure, 1892, dans Iconographie de quelques sauterelles vertes,

etc... 

Crocothemis erythraea et l'expédition en Morée.

http://www.lavieb-aile.com/article-crocothemis-erythraea-et-l-expedition-en-moree-74863250.html

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La description originale.

Libellula erythraea, Brullé, 1832, Exp. Scient. Morée III, (1, 2) : 102. 

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8626689s/f326.item.r=Libellula

https://books.google.fr/books?id=oaUxAQAAMAAJ&dq=editions%3ApukWIQNvBS0C&hl=fr&pg=PA101#v=onepage&q&f=false

Auguste Brullé, Expédition scientifique de Morée. Section des sciences physiques.... Tome III, 1ère partie, 2e section. Des animaux articulés, par M. Brullé.   F.-G. Levrault (Paris), 1832-1836 page 102 et pl. 32 fig.4.

 76 LIBELLULA ERYTHREA Br. — Rubra, subtus pallidior, capite anterius sanguineo ; abdomine immaculato ; antennis spinisque pedum nigris ; alis hyabnis, basi aurantiacis, nervis baseos marginisque superioris rubro-flavescentibus, caeteris nigris; parastigmate sublineari, rufescente. — Long. 40 millim. ; lat., alis extensis, 70. Mas. — (Voyez notre Pl. XXXII, fig. 4.) 

DESCR. Devant de la tête d'un rouge de sang ; bouche et partie postérieure de la tête d'un jaune rougeâtre ; antennes noires : un duvet noirâtre peu serré couvre la tête en entier. Corselet d'un rouge un peu jaunâtre, plus pale en dessous, revêtu d'un duvet serré et raide de poils roussâtres. Abdomen d'un rouge éclatant presque carminé, qui passe un peu au brun après la mort; la carène longitudinale légèrement noirâtre sur les deux derniers segmens ; les crochets terminaux un peu velus. Tout le dessous de l'abdomen beaucoup plus pâle et de la même couleur que la poitrine, c'est-à-dire d'un jaune un peu brun, avec la ligne enfoncée noire : bords latéraux de l'abdomen garnis dans toute leur longueur d'une rangée de très-courtes épines. Cuisses postérieures revêtues de semblables épines sur toutes leurs carènes ; les autres cuisses portant en dedans une rangée antérieure de longues épines raides, et une autre postérieure de poils plus longs encore; toutes les jambes armées en dedans de deux rangées d'épines longues; les tarses portant de semblables épines, mais beaucoup plus courtes. La couleur des jambes est rouge, la rangée de poils des cuisses postérieures roussâtre, toutes les épines noires, ainsi que l'extrémité des crochets des tarses. Ailes transparentes, tachées à la base le long du corps de jaune orangé, formant une 
bande assez étroite sur les supérieures, et une autre plus large et un peu ovalaire sur les inférieures ; nervures de la base rouges, celles du bord supérieur jaunâtres, toutes les autres noires; parastigmate très-long, presque linéaire, d'un jaune roussâtre bordé de noir dans sa longueur; membrane de la base des ailes brune. Mâle. 

Hab. En Mai, dans la localité humide où nous campâmes aux environs d'une fontaine à Nisi, en Messénie ; dans l'Archipel au mois d'Août. 

Obs. Cette espèce diffère du L. vulgata Fabr. par ses pattes entièrement rouges et son abdomen sans taches ni lignes noires, et du Ferruginea ibid., par l'absence de lignes noires, et le peu de jaune de la base de ces mêmes ailes. 


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http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8626689s/f326.item.r=Libellula.zoom

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b8626689s/f326.item.r=Libellula.zoom

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ÉTUDE DU NOM.

L'épithète erythraea, du latin erythraeum, a, um "rouge"  dérive du grec ancien  ἐρυθρός, e̍rythrós .  Auguste Brullé a décrit un mâle à la tête "d'un rouge de sang" et à l'abdomen "d'un rouge éclatant, presque carminé." 

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

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POITOU-CHARENTE NATURE

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/crocothemis-ecarlate/

"erythraea de erythraios (gr) vraisemblablement dérivé de erythros (gr) = rouge : couleur générale du mâle."

.

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Crocothemis erythraea (Brullé, 1832) from Grk. ἐρυθραῖος, -α, -ον = red for the mature male's body colour"

.

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"erythraea (Crocothemis) - erithraeus, a, um = rosso. Per la colorazione dominante del

corpo."

.

H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

 

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

 

.

VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

"Crocothemis erythraea erythraea = rood"

 

 

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LES NOMS VERNACULAIRES.

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LES NOMS VERNACULAIRES FRANÇAIS.

1°) La Victoire,  Geoffroy in de Fourcroy, 1785 .

Dans Entomologia Parisiensis, Antoine de Fourcroy reprend en 1785 les descriptions de Geoffroy 1762 dans une forme conforme aux exigences de la taxonomie linnéenne. Mais il y ajoute, signalés par une astérisque, des espèces nouvelles. C'est le cas de cette LA VICTOIRE de la page 348 du tome 2 :

16. L. victoria.

La Victoire.

Long. 15 lignes.

L. corpore flavo, abdomine cylindro, alarum basi flavicante. 

Loc : idem [c'est à dire : habitat amnium ripas.]

La description latine correspond à une libellule au corps jaune, à l'abdomen cylindrique, jaunâtre à la base des ailes. Du fait de cette couleur jaune, ce taxon a été  attribué à Libelllula flaveola par Hagen (1840), de Selys-Longchamps (1850), Kirby (1890) et Lucas (1900). Selon C. Deliry. Néanmoins, C. Deliry souligne que " Bridges (1994) propose de l'attribuer à Crocothemis erythraea et nous nous rangeons à cette opinion (Deliry 2017)."

Par ce nom de La Victoire, Fourcroy poursuit semble-t-il la série des prénoms féminins (la Justine, la Caroline, la Cécile) créée par Geoffroy, et le nom n'est sans-doute pas en relation avec la commémoration d'un évènement, militaire par exemple.

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2°) La Pudique [Villers 1789].

Caroli Linnaei Entomologia, page 12.

 Nom cité par C. Deliry. Charles de Villers donne ce nom à Libellula rubra qui est un synonyme de C. erythraea. Est-ce la Libellula rubra de Müller ?

L'autre  mention de Libellula rubra est faite par Johan Kaspar Fuesslin (Füssli) en 1775 dans son Catalogue des Insectes de Suisse, Verzeichnis der ihm bekannten Schweitzerischen Inseckten, mit einer ausgemahlten Kupfertafel : nebst der Ankündigung eines neuen Inseckten Werkes page 44 n° 861. "

"Libellula rubra. Die Rothe. Ganz roth, die Flügel hell-durchscheinend mit einem rothen breiten Band in der Mitt' und einem Fleck am aussern Rand gegen der Spitze zu. Bey uns selten"

https://books.google.fr/books?id=ucJcAAAAcAAJ&pg=PA44&lpg=PA44&dq=libellula+rubra&source=bl&ots=4WcEPo_FQF&sig=mr3RdOvJao_5wL7Zl3_9TYt7Mw8&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwiB7628xczbAhVJrRQKHcjjAZUQ6AEITDAK#v=onepage&q=libellula%20rubra&f=false

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

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3°) Libellule ferruginée [Olivier, 1792], Enc. meth. tome 7.

Encyclopédie méthodique, Histoire naturelle, Insectes ; article Libellule, page 560.

Olivier traduit ici en français le nom de Libellula ferruginata créé par Fabricius en 1781. Or, Libellula ferruginata est considéré comme un synonyme de C. erythraea.

Il décrit aussi page 565 sous le n°31 une "libellule ferrugineuse" L. ferruginea décrite par Fabricius et vivant en Amérique. Les références sont : Fabricius, Syst.ent page 423 n° 19; Sp. ins. I. page 523 n° 25 et Mant. ins. I, page 338 n°27.

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4°) Libellule ferrugineuse [de Selys-Longchamps, 1840]

Monographie des Libellulidés d'Europe page 42 n°7.

"Bien que connaissant la Libellula erythraea de Brullé, de Selys-Longchamps (1840) utilise Libellula ferruginea l'attribuant d'ailleurs maladroitement à Fabricius.

Il restitue correctement le nom de Libellula erytraea et abandonne la Libellula ferruginea (Sel., olim) en 1850." (C. Deliry).

Il s'agit du nom vernaculaire de l'espèce américaine  n°31 d'Olivier et du nom scientifique de Fabricius.

Description :

N° 7. LIBELLULA FERRUGINEA. (FABR.)

LIBELLULE FERRUGINEUSE.

Diagnose. — Abdomen déprimé, jaunâtre (rouge vif dans les mâles adultes). Les ailes antérieures un peu safranées à leur base ; les inférieures très-largement. Parastigma jaune. Membranule accessoire noirâtre.

Dimensions. — (Voyez le tableau.)

Synonymie. — LIBELLULA FERRUGINEA. Fabr. Oliv. Vander L. Fonscol. Burm. - SERVILIA ? Drury. - ERYTHREA. Brullé, Expédit. de Morée.

o". Adulte. Tête d'un rouge clair. Yeux rougeâtres, variés de bleuâtre en dessous. Thorax rouge-obscur. Abdomen large, déprimé, entièrement d'un rouge cramoisi éclatant, et les côtés un peu transparents. Une petite ligne dorsale noire sur le 9° segment.Appendices anals supérieurs minces, en fuseau, d'un rouge pâle, ayant deux fois la longueur du dernier segment; l'inférieur plus court, triangulaire, recourbé en haut. Pieds d'un rouge clair. Ailes hyalines ; une petite tache à la base des supérieures et un grand espace jaune-safrané à celle des inférieures. Parastigma jaune-rougeâtre. Membranule accessoire noirâtre. Nervure de la côte rougeâtre en dehors.

2. Tête jaunâtre. Yeux bruns, gris en dessous. Thorax jaunâtre avec deux stries humérales contiguës de chaque côté, l'une brune, l'autre blanchâtre. L'espace entre les ailes brunâtre avec une strie jaune. Abdomen d'un gris verdâtre, un peu plus déprimé que chez le mâle, jaune et transparent sur les côtés, avec une Jigne dorsale et une autre un peu effacée sur chaque côté, le bord des segments, deux points postérieurs peu visibles sur les 5°, 4°, 5°, 6° et 7°, et une ligne transverse sur les 2° et 5°, noirs ; dessous de l'abdomen jaune. Appendices anals jaunes, courts, minces, éloignés l'un de l'autre. Pieds jaunes, à dentelures noires. Tarses bruns. Ailes comme le mâle, mais les taches basales d'un jaune un peu plus clair. Nervures de la côte jaunâtre.

Les mâles nouvellement éclos ne sont pas rouges. Cette couleur est remplacée par du jaunâtre qui tire plus ou moins sur l'orange, et les côtés de l'abdomen sont d'un jaune blanchâtre transparent. Souvent on voit une partie de l'abdomen qui a pris déjà la couleur rouge.

Habite l'Italie centrale et méridionale, le midi de la France, l'Espagne, le nord de l'Afrique et une partie de l'Asie. Je l'ai vue à Naples le 10 mai : elle était très-commune dans les fossés de Ferrare et dans les marais de Ravenne vers le 10 juin. Je ne la vis plus à Venise ni dans la Lombardie, et elle semble ne pas s'y trouver, En Provence, M. de Fonscolombe l'indique au mois de juillet et d'août. L'éclat du mâle adulte est tel qu'on ne peut s'en faire d'idée sans l'avoir vu : au soleil il ressemble à un rubis, mais cette couleur s'évanouit après la mort. Il voltige sur l'eau avec une rapidité et une défiance trèsgrandes, mais on le prend facilement dans les fossés à moitié desséchés. Cette espèce est la même à Java.

Par sa coloration, cette espèce se rapproche de celles de la seconde section, mais la forme déprimée de son abdomen l'en distingue facilement, tandis que la base de ses ailes inférieures, largement safranées, la sépare des précédentes."

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5°) Libellule erythrée [de Selys-Longchamps, 1850]

.Mémoires de la Société royale des sciences de Liège  page 24-25

Description :

 

2. LIBELLULA ERYTHRAEA. Brullé.
LIBELLULE ÉRYTHRÉE.

Diagnose. — Abdomen déprimé, jaunâtre (rouge vif chez le mâle adulte), les ailes supérieures un peu safranées a leur base , les inférieures très-largement. Ptérostigma oblong (long d'une ligne trois quart au moins), jaune. Membranule noirâtre. Pieds en grande partie jaunâtres ou roussâtres.

Ajoutez à la description : Une grande échancrure au devant du mésothorax , a peu près comme chez les Uracis. - Vertex d'un rouge vif — Nervure costale ainsi que la 2° et la 5° grande nervure rouge ainsi que les nervules qui y adhèrent. — L'écaille vulvaire de la femelle saillante , relevée presqu'à angle droit avec l'abdomen , a peu près comme chez la vulgata.

Les exemplaires d'Egypte cités dans la synonymie ont le ptérostigma un peu plus long, mais M. Hagen qui les a examinés n'y trouve aucune différence spécifique.

Habitat. Elle s'étend plus au nord qu'on ne l'avait cru d'abord. M. Rambur l'a prise aux environs de Paris. Moi-même je l'ai vue à Montmorency à la mi-juillet, M. Foudras à Lyon, Devillers en Bresse. Se trouve dans la Hongrie méridionale , en Espagne , en Corse , en Sardaigne , en Sicile, en Italie , en Grèce (Messénie, mai.— Archipel , août : Brullé ) et aux Indes orientales , à moins qu'il n'y ait encore une espèce très-voisine confondue avec celle-ci. Elle varie beaucoup pour la taille sans sortir du même climat ; la base des ailes supérieures varie un peu sous le rapport de l'étendue de l'espace safrané. Les individus pris en Algérie par M. Lucas sont de grande taille. La figure du mâle donnée par M. de Charpentier représente le ptérostigma noir. C'est une erreur; il devrait aussi y avoir une nervule dans le triangle des ailes. Ce n'est pas sans quelque répugnance que je change le nom de ferruginea, qui était généralement admis depuis Vanderlinden qui l'avait pris dans Fabricius; mais M. Hagen qui a examiné dans le musée Lund-Schestedt l'exemplaire type de la ferruginea Fab. de l'inde, s'est assuré que c'est la même que la servilia Drury ; ce synonyme est même écrit sur l'étiquette. Le nom de ferruginea doit donc disparaitre et M. de Charpentier s'est trompé en croyant différentes les espèces de Drury et de Fabricius, par la seule raison que ce dernier parle d'un point jaune aux côtés de la bouche. Or Drury ne dit pas qu'il n'y a pas de point. Quant à la ferruginata de Fabricius du Cap, M. de Charpentier l'éloigne de l'erythrœa par ce qu'elle a l'abdomen ferrugineux et les pieds très-ciliés. Le premier caractère est cependant exact sur les exemplaires secs, et le second ne signifie pas grand chose , du moment qu'il n'est pas comparatif avec une autre espèce. La ferruginata est donc synonyme de l'erythrœa à moins qu'il ne s'agisse d'une autre espèce voisine qui habiterait le Cap de Bonne Espérance. La Libellula servilia (Drury. App. vol. 2. 1775) dont nous venons de parler, diffère à peine de l'erythrœa. Généralement elle est un peu plus grande, plus allongée , et le bout des ailes est un peu sali. M. Rambur dit que la tache basilaire safranée des ailes est beaucoup plus petite.Ce caractère semble variable, car je possède des exemplaires où cette tache est en effet plus petite, tandis que chez d'autres elle est plus étendue ; tel est entr'autres celui figuré par Drury et qui à coup sûr doit être considéré comme le type de l'espèce. L'erythrœa a généralement 10 à 11 nervules antécubitales ; chez la servilia il y en a 11 à 12. Le nom de Libellula rubra Devillers n'a pu être attribué à l'erythrœa, attendu que Devillers cite comme type la rubra de Müller qui est du Danemarck , et qui répond sans doute à la flaveola adulte."

 

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Le Crocothémis écarlate", Paul-André Robert 1958.

Notre nom vernaculaire en usage actuellement a été créé par le peintre et odonatologue suisse Paul-André Robert (1901-1977)  dans Les Libellules  (Odonates), publié par Delachaux et Niestlé, coll. "Les beautés de la nature" en 1958.

L'auteur propose aussi le nom de "Crocothémis d'Erythrée", par contre-sens puisque erythrea est un qualificatif de couleur et non géographique.

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L'adjectif "écarlate" qualifie depuis le XVIIe siècle, une étoffe d'un rouge vif, car ces tissus étaient colorés par une teinture à case de cochenille.

Le Wiktionnaire indique :

(XIIe siècle) De l’ancien français escarlate via le latin médiéval scarlatum, au persan سقرلاط, saqirlāṭ, qui désignait une étoffe précieuse, plutôt bleue à l’origine, ornée de sceaux, et qui est issu du grec ancien σφραγίς, sphragís (« sceau »); ou, selon le CNRTL, la version arabe viendrait plutôt d'un grec médiéval σιγιλλάτος, celui-ci d'un bas-latin sigillatus, ce bas-latin étant fait à partir du latin classique sigillum « sceau » (déminutif de signum), et aurait le sens de « tissu recouvert de sceaux »

 

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"La Libellule écarlate" Jean-Louis Dommanget 1987.

Étude faunistique  et Bibliographique des Odonates de France page 66. L'auteur renvoie à Robert 1958.

En réalité, le zoonyme "Libellule écarlate" apparaît pour la première fois, dans le moteur de recherche, en 1983 dans un ouvrage anglais : The Dragonflies of Great Britain and Ireland, vol. 7 partie 1, Harley Books,   de C.O. Hammond, R.R. Askew et R. Merritt.

Comme pour le cas des papillons, c'est sans doute face à la nécessité de proposer systématiquement dans les publications anglo-saxonnes un nom vernaculaire (ici en français et en allemand) pour chaque espèce en parallèle du nom vernaculaire anglais qui a incité les auteurs  à combler la carence de notre langue dans la désignation des espèces d'insectes.

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NOMS VERNACULAIRES EN D'AUTRES LANGUES.

 

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En néerlandais : VUURLIBEL

En frison : FJOERREADE LIBEL, FJOERLIBEL, FJOERBÜK

En allemand : FEUERLIBEL

En anglais : SCARLET DRAGONFLY, BROAD SCARLET, COMMON SCARLET-DARTER, SCARLET DARTER

 

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SOURCES ET LIENS.

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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— BUCHECKER (Henrich), 1876, Henrici Buchecker Systema entomologiae, sistens insectorum classes, genera, species : pars I. Odonata (Fabric.) europ, München : Im Selbstverlag des Verfassers

https://archive.org/stream/henricibuchecke00buch#page/n23/mode/2up

— CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. L. Voss, 180 pages,.

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates

http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique

— DELIRY (Cyrille)  Monographie Crocothemis erythraea

http://www.deliry.com/index.php?title=Crocothemis_erythraea

 

— GEOFFROY in FOURCROY : FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy.

 http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

 

— HÄMÄLÄINEN (Matti), 2008, Ulrique and Louise, Agrion, Newsletter of the worldwide dragonfly association. http://caloptera.com/pdf/Hamalainen%202008a%20Ulrique%20and%20Louise.pdf

— HÄMÄLÄINEN (Matti), ORR (Albert G.) 2017, From Princess Lovisa Ulrika to the Gyalsey, Dragon Prince of Bhutan – Royalty in dragonfly names from 1746 to 2017. Agrion 21(2) - July 2017

https://www.researchgate.net/publication/318562952_From_Princess_Lovisa_Ulrika_to_the_Gyalsey_Dragon_Prince_of_Bhutan_-_Royalty_in_dragonfly_names_from_1746_to_2017

— LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

LUCAS, W. J. 1900a. British Dragonflies of the older English authors. 1. Moses Harris's 'Exposition of English Insects', 1782. The Entomologist 33: 41-42.

https://archive.org/stream/entomologist33roya#page/42/mode/2up/search/splendens

LUCAS, W. J. 1900b. British Dragonflies (Odonata). L. Upcott Gill, London, ixv + 356pp.

— RÖSEL VON ROSENHOF  (August Johann) 1749,  Kleemann, Christian Friedrich Carl  ;
Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung (Band 2): ... welcher acht Classen verschiedener sowohl inländischer, als auch einiger ausländischer Insecte enthält — Nürnberg, 1749

.http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

— SCHWARZ (Christian Wilhelm ), 1830, Nomenclator über die in den Röselschen Insekten-Belustigungen und Kleemanschen Beyträgen zur Insekten-Geschichte abgebildeten und beschriebenen Insekten und Würmer: mit möglichst vollständiger Synonymie. Dritte bis Siebente Abtheilung, Volume 3 Raspe, 1830 - 136 pages

https://books.google.fr/books?id=G3BcAAAAcAAJ&dq=libellula+fridrichsdalensis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— VANDER LINDEN, P.L. 1825 - Monographiae Libellulinarum Europaearum. - Bruxellis. 

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
1 juin 2018 5 01 /06 /juin /2018 12:20

Zoonymie des Odonates: Le nom Calopteryx splendens, (Harris, 1780).

 

 

 

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Voir aussi :

 

 

 

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Résumé .

Nom de genre :  Calopteryx, Leach, 1815,  Brewster's Edinb. Encycl. 9(1): 137. Le nom qui vient du grec kalos "beau" et pteryx "aile" signifie "qui a de belles ailes" en raison de la couleur métallique de celles-ci,  surtout chez les mâles.

— Nom d'espèce : C. splendens, Harris 1780, Exp. Engl. Ins., :99 et pl. XXX fig.1. L'adjectif latin signifie "brillant, de couleur brillante", mais la description originale de  Harris ne permet pas de préciser s'il qualifiait ainsi la tête et le corps "d'un très beau vert" ou le "nuage sombre" des  ailes "d'un charmant bleu foncé". 

— Synonyme : Libellula ludovicea Geoffroy in Fourcroy 1785. Le nom vernaculaire Lovisa donné par Linné en 1746 à l'espèce n°747 du Fauna suecica en l'honneur de la reine Louise-Ulrique de Suède a été adapté en français par Geoffroy en 1762 dans sa description du futur C. splendens. Fourcroy reprendra cette description en 1785 avec une dénomination binominale latine sous la forme de L. ludovicea.

— Noms vernaculaires français. Ces noms ont été d'abord "La Louise" [Geoffroy,1762, Hist. abr. ins. 2 :222], puis la "Caleptéryx Louise" [de Sélys-Longchamps, 1840, Monog. Libell.:131], et enfin le "Caloptéryx éclatant" [de Sélys-Longchamps, 1850, Rev. Odon. :138], nom repris aujourd'hui par tous les auteurs. Le nom de "Caloptéryx splendide" (Wikipédia 2018) est à proscrire, dérivant d'une traduction erronée du latin splendens.

— Noms vernaculaires étrangers :

En espagnol : LA LIBÉLULA AZUL, ou CABALLITO DEL DIABLO VERDE  (Le petit cheval vert du diable).

En néerlandais : WEIDEBEEKJUFFER , "la Demoiselle des ruisseaux des près".

En frison : PRONK-BLAUYNSKE, BLAUWE FLINTERLIBEL,  

En allemand : DIE GEBÄNDERTE -PRACHTLIBELLE. "La libellule superbe à bande".

En anglais : THE BANDED  DEMOISEL, "La Demoiselle à bande".

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

 

 

 

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I. LE NOM DE GENRE, CALOPTERYX LEACH, 1815.

— LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) – via Biodiversity Heritage Library.

Voir http://www.lavieb-aile.com/2018/01/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-calopteryx-leach-1815.htm

 

Calopteryx, Leach, 1815,  Brewster's Edinb. Encycl. 9(1): 137. Le nom qui vient du grec kalos "beau" et pteryx "aile" signifie "qui a de belles ailes" en raison de la couleur métallique de celles-ci,  surtout chez les mâles.

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II. LE NOM D'ESPÈCE SPLENDENS, (HARRIS, 1780).

[Libellula splendens], Harris, M. [1780]. An exposition of English insects. Including the several classes of Neuroptera, Hymenoptera, & Diptera, or bees, flies, & Libellulæ. Exhibiting on 51 copper plates near 500 figures, accurately drawn, & highly finished in colours, from nature. The whole minutely described, arranged, & named, according to the Linnean-system, with remarks. The figures of a great number of moths, not in the Aurelian collection, formerly published by the same author, and a plate with an explanation of colours, are likewise given in the work. - pp. [1], i-viii [= 1-8], 1-166, index [1-4], Tab. I-L [= 1-50]. London. (White, Robson). page 99 et planche XXX fig.1.

Présentation générale :

"Moses Harris (1731-1785) fut le premier auteur à utiliser des noms binomiaux linnéens pour décrire des espèces de libellules d'Angleterre. Son livre An exposition of English Insects (Harris, 1776- [1780]) comprenait 16 espèces (dont 14 étaient nommées) de libellules, illustrées sur 7 planches; voir aussi Lucas (1900a).

Harris a présenté huit nouveaux noms de groupe d'espèces, tous dans le genre Libellula: anguis Harris, 1780 [= Aeshna cyanea (Müller, 1764)], aspis Harris, 1780 [= Brachytron pratense (Müller, 1764)], coluberculus Harris, 1780 [probablement Aeshna mixta Latreille, 1805], fugax Harris, [1780] [= Libellula fulva Müller, 1764], maculata Harris, [1780] [= Libellula quadrimaculata Linnaeus, 1758], minius Harris, 1780 [= Pyrrhosoma nymphula (Sulzer, 1776) ], splendens Harris, 1780 [Calopteryx splendens] et splendeo Harris, 1780 [= Calopteryx virgo (Linné, 1758)].

Il a également fourni une illustration particulièrement fine et précise montrant la femelle du Cordulégastre annelé, mais malheureusement, il a mal interprété le nom linnéen «Libellula forcipata L.», l'actuel Onychogomphus forcipatus (Linnaeus), l'appliquant à la mauvaise espèce, de sorte que L. forcipata sensu Harris, 1780 (nec Linnaeus, 1758) [= Cordulegaster boltonii (Donovan, 1807)]." (Traduction de l'article de M. Hämäläinen 2008)

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Le texte original :

Harris, 1780, Exp. Engl. Ins.,: 99 et Pl. XXX fig.1.

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[167],%22panX%22:0.251,%22panY%22:0.589,%22view%22:%22toc%22,%22zoom%22:0.493}

Planche XXX :

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[166],%22panX%22:0.251,%22panY%22:0.589,%22view%22:%22toc%22,%22zoom%22:0.493}

 

 

"TAB. XXX. LIBELLULAE. Wings closed when at rest.

SPLENDENS : Fig. 1. Mesure près de deux pouces.

La tête, le corselet, & l'abdomen, sont d'un très beau vert. Les jambes sont noires. Les ailes sont bellement réticulées, et ont chacune un large nuage brun obscur, environ la largeur de l'ongle d'un doigt, qui, dans quelques positions paraît d'un charmant bleu foncé. Le libella, à la fig. 2, ne sert qu'à montrer la variété de la nature (qui lui est commune dans le Libella). Elles sont toutes deux de la même espèce et du même sexe. Celles-ci sont femelles. On voit le mâle à la fig.3. Il est entièrement d'un beau vert, excepté les jambes, qui sont noires. Les ailes paraissent comme de la gaze verte."

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Planche XXX figures 1 à 3:

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Zoonymie des Odonates: Le nom Calopteryx splendens, (Harris, 1780).

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Commentaire .

"La planche illustrée en couleur XXX de Harris   illustre deux espèces distinctes qui, dans le texte descriptif adjacent (p.99), ont été nommées Libellula splendens (Figs 1-3) et L. splendeo (Figs 4-6). Dans le texte des figures 1-3, Harris a non seulement inversé les sexes, mais a aussi combiné deux espèces distinctes. La figure 1, qui montre un mâle splendens indéniable, a été décrite comme une femelle splendens .

"L' autre femelle splendens" de la  figure 2 est en fait un mâle de C. virgo. La figure 3 prétend montrer un mâle splendens mâle, mais c'est une femelle splendens. La figure 4 (de splendeo) semble être un mâle immature à ailes brunâtres de C. virgo, tandis que la figure 5 ("mâle" de splendeo) avec des ailes brunâtres semble être une femelle virgo, bien que le texte descriptif corresponde mieux avec une femelle splendens.. La figure 6 représente une larve de Calopteryx. " (Traduction de l'article de M. Hämäläinen 2008)

 

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ÉTUDE DU NOM SPLENDENS.

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L'adjectif latin splendens vient du verbe splendeo, "briller, étinceler, être éclatant, briller d'une vive couleur" (Gaffiot). La description en français de Harris ne permet pas de savoir s'il qualifiait le corps " d'un très beau vert" , ou le "large nuage brun obscur " du milieu des ailes "d'un charmant bleu foncé". La description en anglais ne lève pas le doute en qualifiant le corps of a most beautiful green ou la tache médiane de l'aile : a large dark brown cloud  ...of a lovely deep blue. Harris souligne la beauté des couleurs mais ne mentionne pas spécifiquement leur caractère brillant.

Néanmoins, puisque la tache centrale de l'aile des mâles a semblé d'abord à l'auteur de couleur brun foncé (sur un spécimen de collection), et secondairement et seulement "dans quelques positions" de couleur bleu foncé, je suppose que c'est ce miroitement et ce jeu des couleurs à la lumière qui a provoqué le choix du mot splendens : je considère qu'il qualifie le bleu métallique si remarquable des ailes.

Harris reprend ce nom sous la forme splendeo pour l'espèce qu'il décrit ensuite (L. virgo), dont le mâle possède des ailes bleues "brillantes", d'un éclat métallique.

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

L'ensemble des auteurs donnent la traduction de l'adjectif splendens, "brillant",  certains pensant qu'il qualifie le corps, mais Fliedner précisant qu'il se réfère aux ailes.

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Calopteryx splendens (Harris, 1782), from Lat. splendere, pres. part. splendens = shining, glittering for the glittering blue/green body colours."

 

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"splendens (Calopteryx e Macromia) - splendens, -entis = splendente. Che splende. Per la colorazione generale del corpo."

 

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

"-splendens (Harris) [l. glänzend] verweist auf den metallischen Glanz der Flügel, die diese Art mit den meisten der Gattung gemein hat."

Traduction : splendens (Harris)  [Latin "brillant") se réfère au lustre métallique des ailes, que cette espèce a en commun avec la plupart des autres espèces du genre.

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

"- splendens (Harris) [l. shining] is deduced from the metallic sheen this species shares with most calopterygids."

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"splendens : schitterend, prachtig"

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RÉCEPTION.

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1°) De Sélys-Longchamps 1850, Rev. Odon. p. 136:

"1° Linné dans la première édition de la Fauna suecica, fait quatre espèces (sans les nommer) des différens âges des mâles et des femelles de la virgo et de la splendens. – Harris sépare les deux espèces. – Linné réunit ensuite le tout sous le nom de virgo, et Latreille adopte la dernière manière de voir de Linné.

2° Vanderlinden (1825) confond les deux espèces , mais discerne les mâles des femelles. Il donne comme variétés les différences d’âge

-—Charpentier (1825) suit Vanderlinden, mais donne comme espèce (æanthostoma) une variété femelle méridionale de la splendens.

5° En 1831 , j'ai suivi sans le savoir la première manière de voir de Linné en isolant comme autant d’espèces les âges et les sexes. 

4° En 1839 et en 1840 , j'ai reconnu les deux espèces , mais j’ai donné comme variétés les différences d'âge consistant dans la coloration claire ou foncée des ailes. M. Rambur a suivi ce système.

5° J’ai adopté depuis la manière de voir de M. Toussaint de Charpentier (1840) qui a séparé comme espèces l'âge adulte et le jeune âge , d’apres la coloration des ailes et la forme du 9e segment des mâles.

6° En 1845 (révision des Libellulidées britanniques), j'en reviens à ne voir , comme en 1859 , que deux espèces , mais ce que je regardais comme des variétés ne sont plus en général que des différences d’âge expliquées aujourd'hui d'une manière satisfaisante.

Les auteurs anglais , MM. Stephens et Evans , ont isolé plusieurs âges sous différens noms que l'on trouvera indiqués à la synonymie."

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2°) Hamalainen

"La nomenclature et la taxonomie des taxons européens de Calopteryx ont été confondues pendant un certain nombre d'années. Il est au-delà de la portée de cette note d'essayer de présenter un examen ici. Pour ceux qui s'intéressent à ce sujet, la thèse de Hagen (1840) fournit une bonne référence aux citations et à la nomenclature dans les publications historiques. L'épithète splendens a été établie pour le Calopteryx éclatant seulement dans la seconde moitié du 19ème siècle, après l'utilisation correcte dans  Revue des Odonates de Selys Longchamps & Hagen (1850), le travail  qui servira de référence sur les libellules européennes pendant de nombreuses années. Dans deux grandes publications antérieures sur les libellules européennes, par  Selys Longchamps (1840) et par Charpentier (1840), cette espèce était connue sous le nom de C. ludoviciana et C. parthenias, respectivement. Confusément, Selys avait d'abord mal interprété les noms de Harris, et dans sa monographie de 1840, Selys considérait splendens comme synonyme de C. virgo et splendeo comme synonyme de Ludoviciana. Puis, dans sa  révision bienvenue des libellules britanniques (Selys Longchamps, 1846), deux espèces ont été répertoriées dans le genre Calopteryx: virgo L. et splendeo Harris, ce dernier étant encore un nom incorrect.

 Étonnamment, le premier nom synonymique disponible de C. splendens, à savoir Libellula ludovicea Fourcroy, 1785 est resté inaperçu dans les catalogues de libellules et de révisions depuis 1840 jusqu'à nos jours. Ce nom est également absent de tous les catalogues de la faune mondiale des odonates" Traduction de l'article de M. Hamalainen, 2008)."

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Voir aussi :

James Francis Stephens, 1829, A Systematic Catalogue of British Insects, page 308

Heinrik Steinmann, 1997, World Catalogue of Odonata 1 .

— DELIRY (Cyrille)  Monographie de Calopteryx splendens

 

 

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NOMS VERNACULAIRES FRANÇAIS.

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Ces noms ont été d'abord "La Louise" [Geoffroy,1762), puis la "Caleptéryx Louise" [de Sélys-Longchamps, 1840], le "Caloptéryx éclatant" [de Sélys-Longchamps, 1850], nom repris aujourd'hui par tous les auteurs. Le nom de "Caloptéryx splendide" (Wikipédia 2018) est à proscrire, dérivant d'une traduction erronée du latin splendens.

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I. LA LOUISE [et sa transcription en LUDIVICEA].

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PRÉAMBULE : LINNÉ 1746 puis GEOFFROY 1762.

1. Le préalable linnéen : "Lovisa" et "Ulrica", 1746.

 

​​​​​Linné a donné, dès 1746 dans sa Fauna suecica, des noms "vulgo", des noms en langue vulgaire c'est à dire suédoise qui sont des noms propres pour deux de ses libellules (comme il l'a fait, dans le même ouvrage, pour quelques papillons). Les espèces n° 757 et 758 de la Fauna suecica  sont celles qui deviendront les formes alpha et beta de sa Libellula virgo . Et ces noms sont LOVISA (Louisa) pour le n°757 et ULRICA pour le n°758. 

Il ne les reprendra pas dans le Systema Naturae de 1758, et pas d'avantage dans l'édition 1761 du Fauna suecica,  principalement parce qu'il renonce alors à toute dénomination vernaculaire au profit de la double dénomination latine.

Ces noms honorent les prénoms de LOUISE ULRIQUE DE PRUSSE, (en allemand : Luise Ulrike von Preußen), qui devint reine consort de Suède et de Finlande en 1751, après son mariage en 1744 avec le futur roi Adolphe-Frédéric de Suède, et qui  fonda en 1753 l'Académie Royale de Suède dont fit partie Carl von Linné et soutint les arts et les sciences. 

C'est Linné qui eut en charge l'arrangement et la description des collections d'histoire naturelle de la reine.  Le Roi et la Reine avaient des collections séparées : la première à Ulricksdahl, et  l'autre, qui consistait en insectes et coquilles,  dans le palais de Drottningholm, proche de Stockholm. 

Linné publia à Stockholm en 1764, bien après en avoir rédigé le manuscrit, le catalogue intitulé Museum Ludovica Ulrica Reginae, le Museum de la Reine Louise Ulrique, "dans lequel les animaux exotiques les plus rares, principalement les insectes et les coquilles sont décrits et déterminés". Cette collection se trouve maintenant au Museum zoologique de l'université d'Uppsala. il aurait été amusant que l'on y trouve les spécimens-types de ces libellules, mais ce n'est pas le cas. 

Matti Hämäläinen, un auteur d'Helsinski, a publié en 2008 et 2017 ses travaux, qui recoupent les miens (cf. Zoonymie des Rhophalocères), mais que je découvre en 2018: 

"Au cours de l'été 1744, une grande effervescence s'empara de la haute et moyenne société suédoise. Le 17 juillet, leur prince héritier Adolf Fredrik fut  marié per procura(c'est-à-dire en l'absence de l'époux) à Luise Ulrike, princesse de Prusse à Berlin. Quelques semaines plus tard, la belle et talentueuse princesse de 24 ans (Lovisa Ulrika en suédois) est arrivée en Suède pour rencontrer son fiancé. Le 18 août, le couple royal a été accueilli par le roi Frédéric Ier au palais Drottningholm où a eu lieu la deuxième cérémonie de mariage le même jour, suivie d'un bal d'état et d'une réception du tribunal.

Carl Linnaeus, 37 ans, professeur de médecine à l'Université d'Uppsala, a été pris dans la fièvre. A cette époque, il écrivait le manuscrit de Fauna svecica, synopsis des 1 357 espèces animales connues de Suède, publié en 1746. Il n'avait pas encore développé son système de nomenclature binomiale, mais chaque espèce avait reçu un diagnostic de quelques mots latins suivant le nom du genre. En outre, dans les comptes d'un petit nombre d'espèces, y compris deux libellules (Libellula), Linnaeus a également donné un nom spécial (le Vulgo) destiné à un usage quotidien. L'espèce numéro 757 (actuellement connue sous le nom de mâle de Calopteryx virgo) a été surnommée leLovisa et l'espèce numéro 758 (actuellement connue sous le nom de femelle deCalopteryx virgo) l'Ulrica (figure 2). C'était évidemment une dédicace à la princesse et c'était la première dédicace à une personne individuelle dans les noms d'animaux utilisés par Linné.

Il convient de noter qu'en choisissant cette belle Demoiselle  pour son hommage, il choisit ce qui est sûrement l'insecte le plus magnifiquement vêtu et le plus charmant du nord de l'Europe, qui incarne peut-être le mieux les qualités qu'il admirait chez la princesse.

Dans la Fauna svecica, Linnaeus n'a donné  des noms spécifiques (Vulgo) qu'à 43 espèces d'invertébrés, dont 25 espèces de papillons (Papilio) et 14 espèces de papillons (Phalaena). Certains de ces noms 'Vulgo' étaient binomiaux, tels que 'Papilio canicularis' (pour l'actuel Gonepteryx rhamni), 'Argus oculatus' (= Plebejus argus), 'Brassicaria vulgaris' (= Pieris brassicae), mais la plupart étaient des mots simples, comme 'Alpicola' (= Parnassius apollo), 'Rex' (= Argynnis aglaja), 'Aurora' (=Anthocharis cardamines) et 'Cossus' (= Cossus cossus). Linnaeus utilisa plus tard dix de ces 43 noms «Vulgo», ou une partie des noms comme espèce ou nom de groupe de genre dans le Systema naturae (1758). En 1746, Linné développait encore son système de nomenclature binomiale (qu'il n'avait pas lui-même inventé, mais qu'il consolidait et réglait dans son usage). Cependant, ce processus s'est déroulé progressivement et l'utilisation des noms «Vulgo» (simple ou binomial) n'était qu'un pas en avant." (Hämäläinen & Orr 2017)

 

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2. Les noms en français d'Étienne-Louis Geoffroy : Louise et Ulrique, et la série des prénoms féminins.

Geoffroy (Étienne-Louis), 1762, Histoire abrégée des insectes 2: 222.

http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/222/mode/2up

Les données publiées dans le Fauna suecica de Linné   furent diffusées en France dès 1754 dans le Système naturel du règne animal par classes, familles ou ordres,... de La Chesnaye-Desbois, pages 120-126. L'auteur y donne une traduction en français du texte latin du Fauna suecica

Or, en 1762, le médecin et collectionneur Étienne-Louis Geoffroy publie le tome II de son Histoire des insectes

Il y décrit 14 espèces de libellules, en suivant d'assez près le Fauna suecica de Linné, mais avec la mention des noms binominaux du Systema Naturae de 1758. Il attribue à chaque espèce un nom vernaculaire, un exercice auquel il est très attaché et qui nous a valu nos plus beaux noms de papillons. Mais il suit si bien Linné qu'il nomme ses deux premières espèces la Louise et L'Ulrique  avant de puiser dans les prénoms féminins  pour baptiser ses douze autres espèces suivantes. Ainsi, si la Louise était pour lui la n° 759 de la Fauna, et l'Ulrique Libellula Virgo, il nomme Amélie Libellula puella , puis  une variante la Dorothée, une autre la Sophie, et, parmi ses Anisoptères, L. quadrimaculata la Françoise, L. flaveola l'Eléonore, un autre la Philinte, puis vient la Sylvie, l'Aminthe (L. aenea), la Justine (L. vulgatissima), la Julie (L. grandis), la Caroline (L. forcipata) et une variante la Cécile.

On notera que :

a) la mère de Louise-Ulrique de Prusse se prénommait Sophie-Dorothée.

b) La plus jeune sœur de Louise-Ulrique se prénommait Anne-Amélie, Anna Amalie von Preußen (1723-1787) . (C'est elle qui devait épouser Adolphe-Frédéric de Suède, mais sa sœur aînée s'ingénia à prendre sa place).

c) La reine de Suède avant l'accession au trône de Louise-Ulrique se prénommait Ulrique-Éléonore.

d) Aminthe : cf Aminte, personnage féminin dans l'Amour médecin de Molière, et Philinte, personnage masculin du Misanthrope de Molière, sortent de cette logique.

Ce procédé d'imitation très fidèle au premier Linné (celui de 1746) n'aura guère de succès, bien qu'il sera fidèlement cité au XIXe siècle par les entomologistes. Et il réapparaît encore aujourd'hui, où le Calopteryx virgo se voit encore qualifié de "La Louise" sans trop comprendre pourquoi.

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3. LA LOUISE. La description de la libellule n°759 du Fauna suecica par Étienne-Louis Geoffroy et sa dénomination LOUISE, 1762.  Hist. abr. ins. 2: 222.

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a) Le texte original :

https://www.biodiversitylibrary.org/item/51067#page/231/mode/1up

1. LIBELLULA corpore viridi-cœruleo nitido ; alis medio cœrulescentibus , basi & apice albidis , margine  immaculato. 

-Linn. faun.suec. n. 759. Libellula corpore sericeo nitido , alis inaurato-fuscis, macula nigra. 
Jonft. ins. tab. 3 , fïg. 6. 
-Raj. ins. p. 50, n. 9. Libella média corpore partim viridi, partim caeruleo, alis média parte maculis amplissimis e cœruleo nigricantibus. 
-Raj. ins. p. 140 , n. 1. Libella média corpore partim viridi , partim cœruleo, alis média parte maculis amplissimis è cœruleo nigricantibus oblitis. 
-Hoffnag. Ins. t. 11, f.. ultim. 
-Reaum. ins. tom. VI. tab. n.35 ,f. 7. 
-Rosel. ins. vol. 2 , tab. 9 fig- 7. Insect. aquatil. class. 2 
La louise
Longueur 1 1 lignes. 
Cette belle demoiselle a la tête grosse, les yeux réticulés saillans et bruns, qui ne se touchent point. Dans l'espace qui est entre les deux yeux , on voit les trois petits yeux bruns , posés en triangle. Le col sur lequel la tête est appuyée est court & étroit. Le corcelet est plus gros de couleur brillante verte & bleue. De la partie inférieure de ce corcelet partent les six pattes longues, et chargées d'une double rangée de petites épines ou pointes , ce qui 
est commun à ce genre. De la partie supérieure naissent les quatre ailes, toutes de même grandeur. Ces ailes sont fort réticulées et elles ont dans leur milieu une grande tache d'un brun bleuâtre qui en occupe plus de la moitié.  La base et la pointe sont les seules parties de l'aile qui ne sont point chargées de la même couleur ; elles sont seulement jaunâtres, sur le bord extérieur de l'aile il n'y a aucune tache, ce qui est rare dans ce genre. Le ventre long cylindrique & composé de neuf ou dix anneaux, est d'un bleu quelquefois un peu vert & très-brillant. On trouve ce bel insecte dans les prés au bord des étangs. 

 

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Zoonymie des Odonates: Le nom Calopteryx splendens, (Harris, 1780).
Zoonymie des Odonates: Le nom Calopteryx splendens, (Harris, 1780).

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b) Commentaire.

Geoffroy décrit sous ce nom de "Louise" un C. splendens mâle mature (elles ont dans leur milieu une grande tache d'un brun bleuâtre qui en occupe plus de la moitié.  La base et la pointe sont les seules parties de l'aile qui ne sont point chargées de la même couleur ; elles sont seulement jaunâtres).

Mais loin de suivre Linné à la lettre, il se livre à un complexe travail de recomposition des données. D'une part, il donne en référence linnéenne du  Fauna suecica l'espèce n°759 [repris en 1758 sous le nom de L. virgo var. delta],  alors que Linné avait nommé Lovica son n° 757, [repris en 1758 sous le nom de L. virgo var. beta]. Or, le n°757  ou L. virgo beta (" les ailes, où le point marginal est absent, sont d'un bleu foncé sombre ; la pointe brun pâle ") correspond bien à un mâle splendens, ... tout comme le n°759 "aux ailes brun-doré à tache noire" à condition d'admettre que cette tache noire (macula nigra) représente la zone bleu-foncé sur un spécimen de collection...

D'autre part, il ne suit pas non plus Linné dans les références de ce dernier aux entomologistes précédents :

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Il renvoie [judicieusement] à John Ray, Historia insectorum page 50 n°9  Libella media corpore partim viridi, partim caeruleo, alis media parte maculis amplissimis e caeruleo nigricantibus, qui correspond bien à C. splendens, mais que Linné associait à sa variété L. virgo delta. John Ray reprend cette description dans sa liste des Libellules de taille moyenne (libellae mediae) page 140 n°2.

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Il renvoie ensuite à  Jacob Hoefnagel, 1630,  Diversae insectarum planche 11 dernière figure,qui est effectivement un mâle C. splendens. Linné donnait cette référence pour son n°759 Fauna suecica, mais ne la reprenait pas dans le Systema Naturae.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/86576#page/25/mode/1up

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— Il cite ensuite Réaumur Mém. ins. 6 : planche 35 fig 7. Donné par Linné pour L. virgo var.beta....

https://archive.org/stream/memoirespourserv16ra#page/n683/mode/2up

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Réaumur, Mémoires pour servir à l'histoire des insectes vol.6 pl. 35 fig.7

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— Et enfin Roesel 1749 Insecten Belustigung vol. 2 , tab. 9 fig- 7. Insect. aquatil. class. 2 ... que Linné citait en référence de sa L. virgo var. alpha (F.N. n° 756), et que nous reconnaissons comme C. splendens.

http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0283/image

 

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A. Roesel, Insecten Belustigung 2 pl. IX fig.7.

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En définitive, le travail critique exercé par Geoffroy pour décrire sous le nom de Louise une espèce cohérente, caractérisée par des marques alaires bleu-foncé en bande préservant une base et un apex jaunâtre. Soit le mâle de notre Calopteryx splendens. Cette description, associée à un solide dossier de références iconographiques — qui compense l'absence d'illustration de l'ouvrage de Geoffroy— serait irréprochable et aurait procuré au médecin parisien le statut d'auteur de Calopteryx splendens en 1762, si ce scrupuleux savant n'avait pas omis, quatre ans après la parution du Systema Naturae 10ème ed, d'adopter la règle de la double dénomination latine selon le Genre et l'Espèce.

Il ne reste à Geoffroy que la paternité du nom vernaculaire de "Louise", qui a été utilisé ou mentionné jusqu'en 1850 avant d'être abandonné.

Fourcroy tentera de rattraper cette bévue en 1785, mais trop tard : Müller 1764 et Harris 1780 avaient raflé les places .

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4. L'édition de l'Histoire abrégée des Insectes de Geoffroy par Fourcroy en 1785.

 

Fourcroy (A-F), 1785, Ent. Paris. 2:343-344.

http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n227/mode/2up

En 1785, le médecin Antoine-François Fourcroy publie sous le titre Entomologia Parisiensis une version du travail de Geoffroy, très abrégée mais conforme aux exigences des milieux entomologiques car enrichie  pour chaque espèce d'un nom binominal en latin.

Le nom de Geoffroy n'apparaît, dans le sous-titre, que dans la mention secundum methodum Geoffœanam

La Louise  porte le nom latin de L[ibellula] Ludovicea.

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Zoonymie des Odonates: Le nom Calopteryx splendens, (Harris, 1780).
Zoonymie des Odonates: Le nom Calopteryx splendens, (Harris, 1780).

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II. "[LA] CALEPTÉRYX LOUISE", DE SELYS-LONGCHAMPS, 1840, Monogr. Libell.:131.

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Edmond de Selys-Longchamps, 1840, Monographie des libellulidées d'Europe, 1840 page 131

https://books.google.fr/books?pg=PA134&dq=calepteryx++virgo&id=44VIAAAAYAAJ&hl=fr#v=onepage&q=calepteryx%20%20virgo&f=false

Sélys-Longchamps utilise le nom de genre CALEPTERYX avec la graphie de la publication originale  de Leach en 1815. Puis, selon son usage, il crée en guise de nom vernaculaire la  "traduction" du nom latin en français.

Il nomme l'espèce CALEPTERYX LUDOVICIANA (Leach) et traduit par CALÉPTERYX LOUISE.

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Zoonymie des Odonates: Le nom Calopteryx splendens, (Harris, 1780).

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II. "[LE] CALOPTÉRYX ÉCLATANT", DE SELYS-LONGCHAMPS, 1850, Rev. Odon. :138.

 Selys-Longchamps (Edmond de),  Hagen (Hermann- August), 1850, Revue des Odonates page 138.

https://books.google.fr/books?dq=eclatant+selys+revue+odonates&jtp=136&id=6NAyAQAAMAAJ&hl=fr#v=onepage&q=eclatant%20selys%20revue%20odonates&f=false

De Sélys-Longchamps n'utilise pas dans son texte l'adjectif "éclatant" ; fidèle à son habitude, le nom français est une traduction du nom latin.  Il a donc choisi de traduire splendens par "éclatant" plutôt que par "brillant", qui est plus banal et moins évocateur pour qualifier une couleur. Ce choix s'avère donc judicieux.

Notez la référence à la Louise de Geoffroy.

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Zoonymie des Odonates: Le nom Calopteryx splendens, (Harris, 1780).

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Voir aussi Le Caloptéryx éclatant,  Selys-Longchamps &  Hagen, 1854,  Monogr. calopt. : 36

 Selys-Longchamps (Edmond de),  Hagen (Hermann- August), 1854,  Monographie des calopterygines page 40

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Zoonymie des Odonates: Le nom Calopteryx splendens, (Harris, 1780).

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LE CALOPTÉRYX ÉCLATANT : REPRIS PAR LES AUTEURS CONTEMPORAINS.

Le nom vernaculaire créé par de Sélys-Longchamps en 1850 est repris par les auteurs de guides (Grand et Boudot, Dijkstra, Prédigout, etc.) et par l'INPN

Le nom de "Caloptéryx splendide" (Wikipédia 2018) est à proscrire, dérivant d'une traduction erronée du latin splendens.

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NOMS VERNACULAIRES EN D'AUTRES LANGUES.

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NOMS VERNACULAIRES EN D'AUTRES LANGUES.

 

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En espagnol : LA LIBÉLULA AZUL, ou CABALLITO DEL DIABLO VERDE  (Le petit cheval vert du diable).

En néerlandais : WEIDEBEEKJUFFER , "la Demoiselle des ruisseaux des près".

En frison : PRONK-BLAUYNSKE, BLAUWE FLINTERLIBEL,  

En allemand : DIE GEBÄNDERTE -PRACHTLIBELLE. "La libellule superbe à bande".

En anglais : THE BANDED  DEMOISEL, "La Demoiselle à bande".

 

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SOURCES ET LIENS.

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Bibliographie générale de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

 

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OUTILS DE  ZOONYMIE.

 

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— BUCHECKER (Henrich), 1876, Henrici Buchecker Systema entomologiae, sistens insectorum classes, genera, species : pars I. Odonata (Fabric.) europ, München : Im Selbstverlag des Verfassers

https://archive.org/stream/henricibuchecke00buch#page/n23/mode/2up

— CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. L. Voss, 180 pages,.

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates

http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique

— DELIRY (Cyrille)  Monographie Calopteryx splendens

http://www.deliry.com/index.php?title=Calopteryx_splendens

 

GEOFFROY in FOURCROY : FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy.

 http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

HÄMÄLÄINEN (Matti), 2008, Ulrique and Louise, Agrion, Newsletter of the worldwide dragonfly association. http://caloptera.com/pdf/Hamalainen%202008a%20Ulrique%20and%20Louise.pdf

HÄMÄLÄINEN (Matti), ORR (Albert G.) 2017, From Princess Lovisa Ulrika to the Gyalsey, Dragon Prince of Bhutan – Royalty in dragonfly names from 1746 to 2017. Agrion 21(2) - July 2017

https://www.researchgate.net/publication/318562952_From_Princess_Lovisa_Ulrika_to_the_Gyalsey_Dragon_Prince_of_Bhutan_-_Royalty_in_dragonfly_names_from_1746_to_2017

 

— LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

 

— LUCAS, W. J. 1900a. British Dragonflies of the older English authors. 1. Moses Harris's 'Exposition of English Insects', 1782. The Entomologist 33: 41-42.

https://archive.org/stream/entomologist33roya#page/42/mode/2up/search/splendens

— LUCAS, W. J. 1900b. British Dragonflies (Odonata). L. Upcott Gill, London, ixv + 356pp.

 

— RÖSEL VON ROSENHOF  (August Johann) 1749,  Kleemann, Christian Friedrich Carl  ;
Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung (Band 2): ... welcher acht Classen verschiedener sowohl inländischer, als auch einiger ausländischer Insecte enthält — Nürnberg, 1749

.http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

— SCHWARZ (Christian Wilhelm ), 1830, Nomenclator über die in den Röselschen Insekten-Belustigungen und Kleemanschen Beyträgen zur Insekten-Geschichte abgebildeten und beschriebenen Insekten und Würmer: mit möglichst vollständiger Synonymie. Dritte bis Siebente Abtheilung, Volume 3 Raspe, 1830 - 136 pages

https://books.google.fr/books?id=G3BcAAAAcAAJ&dq=libellula+fridrichsdalensis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— VANDER LINDEN, P.L. 1825 - Monographiae Libellulinarum Europaearum. - Bruxellis. -

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
23 mai 2018 3 23 /05 /mai /2018 14:43

Zoonymie des Odonates : le nom Calopteryx virgo Linnaeus, 1758.

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Voir aussi :

 

 

 

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Résumé .

Nom de genre :  Calopteryx, Leach, 1815,  Brewster's Edinb. Encycl. 9(1): 137. Le nom qui vient du grec kalos "beau" et pteryx "aile" signifie "qui a de belles ailes" en raison de la couleur métallique de celles-ci,  surtout chez les mâles.

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Nom d'espèce : virgo, Linnaeus,1758, Syst. Nat. (Edn. 10) 1 : 545. Du latin "jeune fille, vierge", par adaptation dans cette langue du terme "Demoiselle" qui désignait, en raison de leur finesse et de leur grâce féminine les libellules pour les naturalistes français au XVIIe (1682, traduction de l'Histoire des insctes de Swammerdam) et XVIIIIe (Homberg, Réaumur, De Geer, Geoffroy), terme qui a son équivalence à la même époque en néerlandais (waterjuffer), ou en allemand  (wasserjunfer).  Linné décrit en 1758  plusieurs variétés qui couvrent les âges et les espèces principales d'Europe, et ce n'est qu' ultérieurement que ce taxon a été limité à Calopteryx virgo.

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— Noms vernaculaires linnéens. En 1746, dans le Fauna suecica, Linné attribue des noms vernaculaires ("vulgo") à deux de ses libellules,  LOVICA [Louisa] pour sa n° 757 (le mâle mature de C. splendens), et ULRICA pour sa n° 758 (la femelle de C. virgo). Il abandonnera définitivement cette tentative dans le Systema Naturae de 1758. 

Noms vernaculaires français :

1.L' ULRIQUE. En 1762, le médecin français Étienne-Louis Geoffroy  Hist. abr. ins. 2: 222. reprend le prénom Ulrique et l'associe à Libellula virgo.  (la variété gamma, la femelle).

2.L' AGRION VIERGE. Latreille (P-A), 1804 Hist. nat. crust. 13:16.

3. LA CALEPTÉRYX VIERGE, Sélys-Longchamps, 1840, Monogr. libell. :128.

4.  CALOPTÉRYX VIERGE, Sélys-Longchamps, 1854, Monogr. Calopt :40

5. [LE] CALOPTÉRYX VIERGE : est adopté par tous les auteurs depuis 1854.

Noms vernaculaires étrangers : 

En catalan : LA DAMISEL.LA BLAVA, ou CAVAL DE SERP  (la Demoiselle. La Bleue, ou le Cheval de serpent).

En espagnol : EL CABALLITO DEL DIABLO AZUL (Le petit cheval bleu du diable).

En néerlandais : DE BOSBEEKJUFFER (La Demoiselle des ruisseaux forestiers (?))

En frison : BLAUYNSKE, GRIENE FLINTERLIBEL, BOSKBLAUYNSKE

En allemand : DIE BLAUFLÜGEL-PRACHTLIBELLE. (L'Aile Bleu - La Libellule Superbe).

En anglais : THE BEAUTIFUL DEMOISEL

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LE NOM SCIENTIFIQUE.

 

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LE NOM DE GENRE, CALOPTERYX LEACH, 1815.

— LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) – via Biodiversity Heritage Library.

Voir http://www.lavieb-aile.com/2018/01/zoonymie-des-odonates.le-nom-de-genre-calopteryx-leach-1815.htm

 

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LE NOM D'ESPÈCE VIRGO, LINNAEUS, 1758.

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 — LINNÉ (Carl von,) 1758, Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiae : Impensis . Laurentii Salvii, 1758-1759. pages 545-546.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/565/mode/1up

Texte original :

** Oculi distantes remotique

Virgo, 17. L. alis erectis coloratis. 


-Alpha. Libellula corpore sericeo nitido, alis luteo- fuscis margine immaculatis. Fn. fvec. 756. 
Roes. aqu. 2. t. 9. f. 7. 
Raj. ins. 50. n. 11. 
.
-Beta. Libellula corpore sericeo nitido, alis viridi- caerulescentibus apice fuscis : margine immaculatis. Faun. svec. 757. 
Raj. ins. 50. n. IO. 
Homberg. Act. Paris. 3. p. I45. 
Réaum. ins. 6. t. t.35 f. 7. 

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-Gamma. Libellula corpore viridi-caeruleo, alis subfuscis : puncto marginali albo. Fn. svec. 758. 
Roes. aqu. 2. t. 9. f. 6. 
Raj. ins. 51. n. 12 .
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-Delta. Libellula corpore sericeo nitido, alis inaurato-fuscis: macula nigra. Fn. svec. 759, 
Roes, aqu. 2. t. 9. f. 5. 
Raj. ins. 50. n. 9. & p. 140- n 2. 

Habitat in Europae fluviis. 

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https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/567/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/567/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/568/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/568/mode/1up

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Commentaire. 

Linné a décrit en 1758 18 espèces de ses LIBELLULA, classées parmi les NEUROPTERA. 

Il les divise en deux groupes (* et **) :

  • Alis patentibus acquiescentes [les ailes ouvertes au repos] : les 16 premières.
  • oculi distantes remotique [les yeux écartés et distants] : L. virgo et puella

Il indique pour chacune les références à son propre travail, la Fauna suecica de 1746 (Faun. svec) puis aux auteurs qui l'ont précédé. 

Virgo, avec le n° d'ordre 17, ouvre donc le chapitre des 2 espèces Oculi distantes remotique

La description débute par un critère général, Alis erectis coloratis "les ailes dressées, et colorées" (alors que Puella [Agrion jouvencelle] est défini par des ailes dressées mais hyalines, alis erectis hyalinis).

Puis l'auteur décrit sous quatre lettres grecques quatre variétés αβκδ. Il renvoie aux n° 756 à 759 de la Fauna suecica, et aux publications de August Roesel et de John Ray,  à celles de Wilhem Homberg et de René-Antoine de Réaumur. Ces quatre variétés correspondent aux deux sexes des espèces actuelles C. virgo et C. splendens. Linné témoigne de son hésitation (haesito) à faire de ses variétés des espèces, ou à y distinguer des formes sexuées, comme le proposait Charles de Geer dès  avant 1746. 

Il en est résulté une notable confusion, et comme a tenté de le résumer De Sélys en 1850 (Rev. Odon. page 136, en note ), Linné avait décrit comme quatre espèces dans la Fauna suecica les différents âges des mâles et femelles  de nos virgo et  splendens, sans les nommer en latin, puis avait réuni le tout en 1758 comme les quatre variétés de son espèce Virgo. Il a été suivi par Latreille, alors que Harris avait séparé les deux espèces dès 1776-1780.

 

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Toutes les tentatives de traductions sont de moi, elles sont proposées pour aider le lecteur, sans caution ni validation.

Je vais maintenant présenter les quatre "variétés" pour étudier les références auxquelles Linné renvoie.

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LES QUATRE VARIÉTÉS DE VIRGO LINNÉ 1758 ET LEURS RÉFÉRENCES.

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VIRGO, VARIÉTÉ ALPHA.

Description : 

-Alpha. Libellula corpore sericeo nitido, alis luteo-fuscis margine immaculatis.

"Libellule au corps brillant comme la soie, aux ailes brun-jaune et à la marge [extrémité de l'aile] dépourvue de tache."

 

— Commentaire personnel : Linné décrit ici une femelle, puisque les ailes sont brun-jaune et non bleues. Sa référence à l'illustration de Roesel (ailes à bande sombre) est contradictoire. L'absence de pseudoptérostigma blanc dénote aussi.

Références :

Fn. fvec. 756. 
Roes. aqu. 2. t. 9. f. 7. 
Raj. ins. 50. n. 11.

 

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1°) Fauna  suecica 1746, page 228-229 n° 756. (appartient avec les suivants au groupe des Alis erectis sedentes, Mediae : ailes dressées au repos, de taille moyenne).

Description originale :

756.LIBELLULA corpore sericeo nitido, alis luteo-fuscis : margine immaculatis 

Raj. ins. p.50 n. 11. Libella media, corpore e viridi  caerulescente, alis fulvescentibus absque maculis.

Habitat ad aquas fluentes. [Vit dans les eaux courantes]

DESCR. Corpus mediae magnitudinis , e caeruleo nitens , sive atratum. Alae luteo-fuscae absque ullo puncto obscuro ad marginem exteriorem alarum, uti in omnibus reliquis,exceptis speciebus 757 & 758, quae itaque an vere specie differant , haesito ; forte solae varietates. 

"Description : Corps de taille moyenne, de couleur brillante ou sombre. Ailes jaune-brun, sans point sombre à l'extrémité des ailes, comme dans toutes les autres, à l'exception des espèces 757 et 758, dans lesquelles j'hésite à voir de vraies espèces proprement dit, [car il y a ] de fortes différences individuelles". 

 

 

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Zoonymie des Odonates : le nom Calopteryx virgo Linnaeus, 1758.

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2°) August Johann Roesel von Rosenhof, 1749, Insecten belustigung, volume 2 Nuremberg : Insectorum aquatilium Classis II  planche IX. fig. 7. 

 

http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0283/image

 

 

Cette référence étant postérieure à l'édition de 1746 du Fauna suecica, elle n'y est pas mentionnée.

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http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0283/image

http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0283/image

http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0283/scroll

http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0283/scroll

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3°) John Ray, 1710, Historia insectorum, Londres, page 50 n° 11 .

http://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/50/mode/1up

Libella media, corpore e viridi  caerulescente, alis fulvescentibus absque maculis. Haec maculis prope alas extremas omnino caret, quod paucis commune est.

"Libellule de taille moyenne, au corps vert tirant sur le bleu foncé, les ailes tirant sur le fauve sans taches. Ces taches proches de l'extrémité des ailes manquent chez tous [les spécimens], ce qui est peu commun."

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Zoonymie des Odonates : le nom Calopteryx virgo Linnaeus, 1758.

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VIRGO, VARIÉTÉ BETA.

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— Description : 

Beta. Libellula corpore sericeo nitido, alis viridi-caerulescentibus apice fuscis : margine immaculatis.

"Libellule au corps brillant comme la soie, aux ailes vert-bleuâtre et  brune à la pointe ;  la marge [extrémité de l'aile] est dépourvue de tache."

 

— Commentaire personnel :

Il s'agit d'un mâle, avec ses ailes bleues, et la partition entre la couleur bleue, et la pointe de couleur brune suggère qu'il s'agit du mâle mature de C. splendens.

— Références

-Faun. svec. 757. 
-Raj. ins. 50. n. IO. 
-Homberg. Act. Paris. 3. p. I45. 
-Réaum. ins. 6. t. t.35 f. 7. 

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1°) Fauna  suecica 1746, page 229 n° 757.

757, LIBELLULA corpore caeruleo nitido ; alis viridi-caerulescentibus : apice fuscis : margine immaculatis
Raj. Ins p.50. n. 10. . Libella media, corpore caeruleo, alis fere totis ex caeruleo nigricantibus. 
Vulgo Lovisa. 
Habitat ad Fluvios. 

DESCR. Magnitudo, figura, color, locus & omnia , ut in praecedenti , sed alae, quae etiam puncto marginali carent, nigro-caerulescentes : apice pallide fuscae. cauda unguiculata. 

"La taille, la forme, la couleur et le lieu fréquenté sont identiques à la précédente, mais les ailes, où le point marginal est absent, sont d'un bleu foncé sombre ; la pointe brun pâle. La queue est ongulée."

 

L'élément le plus remarquable, dans cette étude de zoonymie, est la mention Vulgo Lovisa, "Louisa en nom vulgaire". 

J'ai montré qu'il s'agissait du premier prénom de la princesse de Prusse : Louisa Ulrica de Prusse deviendra reine de Suède de 1751 à 1771 (mais avait épousé Adolphe-Frédéric de Suède en 1744). Geoffroy poursuivra ce système de dénomination avec les prénoms Amélie, Dorothée, Sophie, Éléonore, tous rattachés à cette famille ou à cette fonction.

L'une des raisons de ce choix pourrait être que les filles des familles nobles portaient le titre de "demoiselles" (mais les filles des rois portaient le titre de "Madame"). Du moins en France.

 

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Zoonymie des Odonates : le nom Calopteryx virgo Linnaeus, 1758.

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2°) John Ray, 1710, Historia insectorum, Londres, page 50 n° 10 .

http://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/50/mode/1up

 

10. Libella media, corpore cœruleo, alis fere totis ex cœruleo nigricantibus. A praecedente differt, quod alae fere totae atro-purpureae sunt, non media parte tantum.

"Libellule de taille moyenne, au corps bleu foncé, aux ailes presque toutes bleu-noires. Elle diffère de la précédente dont les ailes sont presque toutes pourpre-noir, ----"

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Zoonymie des Odonates : le nom Calopteryx virgo Linnaeus, 1758.

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3°) Guillaume (ou Wilhelm) HOMBERG, 22 août 1699, Observations sur cette sorte d'Insectes qui s'appellent ordinairement Demoiselles, Par M. HOMBERG. In Mémoires, Histoire de l'Académie royale des sciences ... avec les mémoires de mathématique & de physique... tirez des registres de cette Académie, Imprimerie royale (Paris) pages 145-151.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35013/f302.image

La référence de Linné, Homberg. Act. Paris. 3. p. I45. ne renvoie pas à la planche de la page 150 (que je ne résiste pas à proposer au lecteur néanmoins), mais à la description qui ouvre l'article :

"Les mâles et les femelles y sont d'une même grandeur, savoir de vingt lignes environ de long ; le corps de l'un et de l'autre est également grêle ; excepté que le bout de la queue, ou l'extrémité du ventre de la femelle b, est plus gros que n'est celui du mâle a. L'un et l'autre sont d'une grande vivacité, et se tiennent ordinairement sur le bord des rivières.

Les mâles sont de couleur violette luisante par tout leur corps : leur quatre ailes sont transparentes, un peu dorées, avec une grande tache presque au milieu de chaque aile, du même violet que leur corps, ce qui rend cet endroit des ailes opaques. Voyez fig. e.

Les femelles sont par tout leur corps d'un gris doré luisant, tirant sur le vert. Leurs quatre ailes sont transparentes, de la même couleur et sans tache. Voyez fig. f.

Lorsqu'elles sont au repos, ou qu'elles ne volent point, leurs quatre ailes s'approchent et se tiennent si près les unes des autres, qu'elles ne paraissent qu'une seule aile, au lieu que plusieurs autres espèces de demoiselles tiennent toujours leurs ailes étendues, aussi bien au repos que lorsqu'elles volent."

 .

Wilhelm Homberg est un chimiste néerlandais né à Batavia (Java) en 1652 et mort à Paris en 1715. Après avoir exercé comme médecin à Rome, il s'était installé à Paris en 1691 sur invitation de Colbert et fut élu membre de l'Académie des Sciences en 1697. Il épousa la fille du botaniste Denis Dodart, et devint en 1702 le protégé du duc d'Orléans, et son Premier Médecin. Il développa une théorie de la chimie de la lumière. Mais ce chimiste s'intéressa au microscope, par lequel il étudia les araignées (1707). Ces travaux n'échappèrent pas à Réaumur, qui les développa.

À sa mort, son élève le médecin-régent Étienne-François Geoffroy lui succéda comme pensionnaire de l'Académie des Sciences, après y avoir été nommé chimiste en 1699. Or, le fils de cet Étienne-François Geoffroy n'est autre que le médecin-régent Étienne Louis Geoffroy,  l'auteur de l'Histoire abrégée des insectes de 1762 (cf infra Noms vernaculaires).

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Cette référence à Homberg nous permet de découvrir l'une des premières publications en français concernant les libellules, mais ce qui rend très précieux cet article, c'est que Homberg décrit avec précision l'accouplement du mâle et de la femelle. Cela fut souligné par Olivier en 1782 et 1792 : "L'accouplement complet d'une espèce de ces insectes a été très bien vu par Homberg, qui l'a décrite et en a donné une assez bonne figure dans les mémoires de l'Académie en 1699. Il avait été vu longtemps auparavant par Swammerdam, comme il parait dans l'édition de ses œuvres, mais il était réservé à Réaumur de nous donner là dessus les détails les plus nombreux et les plus exacts, comme les plus nombreux et les plus intéressants."

Nous approchons ainsi le milieu de savants naturalistes parisiens du XVIIIe siècle tous membres de l'Académie des Sciences, souvent propriétaires de cabinets de sciences naturelles ou de collections, de grandes bibliothèques, et tous au fait des travaux de leurs collèges et des savants étrangers : Homberg, Réaumur et Geoffroy appartiennent à un petit cercle en inter-relation. Quand au suédois De Geer, il admire tant Réaumur qu'il donne à sa propre publication le même titre que celui des Mémoires pour servir les insectes de son modèle.

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Homberg page 145 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35013/f302.item.zoom

Homberg page 145 : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35013/f302.item.zoom

Homberg page 150 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35013/f308.item.zoom

Homberg page 150 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35013/f308.item.zoom

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4°) Réaumur, 1742, Mém. hist. ins. 6:390.

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RÉAUMUR (René -Antoine Ferchault de) , Mémoires pour servir à l'histoire des insectes Tome VI  : Suite de l'Histoire des Mouches à quatre ailes avec un supplément des Mouches à deux ailes, Imprimerie royale, Paris, 1742, 608 p., 48 pl. ; Planche XXXV fig.7.

Cette planche illustre le Onzième Mémoire : des mouches à ailes nommées Demoiselles (pages 387-456), la figure 7 est décrite pages 390-391. Elle illustre, parmi les "Demoiselles du troisième genre", celles qui ont les ailes dressées lors de leur repos. 

Elle est décrite ainsi : "Demoiselle dont le corps est d'un très beau bleu, et dont les ailes ont de grandes taches d'un noir bleuâtre."

https://archive.org/stream/memoirespourserv16ra#page/n707/mode/2up

"Les différentes espèces de demoiselles aquatiques peuvent être rangées sous trois genres, dont chacun a un caractère très marqué, ce qui le rend aisé à distinguer des autres.

J'appellerai demoiselles à corps court & applati (Pl. 35 fig.1 et 2) celles que je mettrai dans le premier : ce n'est pas que leur corps ne soit long par rapport à celui de la plupart des mouches; mais il est court, comparé avec celui des autres demoiselles , & d'ailleurs autrement conformé : le leur souvent plus large qu'épais , diminue insensiblement de largeur jusqu'à son extrémité.

Celui des demoiselles des deux autres genres, depuis le second anneau jusqu'au dernier inclusivement, a à peu-près le même diamètre en tout sens, il est tout d'une venue, il ressemble à un petit bâton; leur corps est grêle, arrondi, aussi épais que large, et d'un même diamètre dans la plus grande partie de sa longueur. Celles que je place dans le second genre  ont une grosse tête arrondie, qui tient de la figure sphérique; et celles que je mets dans le troisième genre (Pl. 35 fig. 6, 7, 8 et pl. 40 fig. 1, 2, etc) ont proportionnellement une tête plus menue; mais ce qui lui est particulier, c'est qu'elle est courte et large , c'est-à-dire que d'un côté à l'autre, d'un œil à rezeau à l'autre, elle a beaucoup plus de diamètre que de devant en arrière; ces yeux plus détachés, sont plus saillants.

Les demoiselles du premier genre ne différent de celles du second, que par la forme de leur corps ; mais elles différent encore par celle de leur tête, des demoiselles du troisième genre. Toutes celles que je connois du premier du second , portent leurs ailes de la même manière ; lorsqu'elles sont en repos, elles les tiennent toutes quatre perpendiculaires à la longueur du corps, et dans un plan parallèle à celui de position : étant toutes attachées, comme elles le font, à une même hauteur, on ne sauroit les distinguer en supérieures et en inférieures; elles ne doivent l'être qu'en antérieures et en postérieures. Le port des ailes des demoiselles du troisième genre, est plus varié, et peut servir à en déterminer des genres subordonnés ; elles ont, comme les autres mouches et papillons, des ailes supérieures et des aîles inférieures. Quelques demoiselles dans leurs moments de tranquillité, les tiennent toutes quatre appliquées les unes contre les autres (Pl. 35 fig 7 et 8) , elles en forment un paquet très-mince dont le milieu est occupé par les deux supérieures, ce qui fait un angle aigu avec le corps au-dessus duquel il s'élève; d'autres dans un temps semblable portent leurs ailes en toit (fig.4), & arrangées de manière qu'une des supérieures paroît seule de chaque côté, & passe par-delà le corps logé sous le toit: d'autres demoiselles, lorsqu'elles sont en repos, laissent voir leurs quatre aîles qu'elles tiennent alors un peu écartées les unes des autres, un peu élevées au-dessus du corps & inclinées à ses côtés. ".

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Voir aussi la concordance établie par Vallot entre les figures de Réaumur et les descriptions de Linné.

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-Réaum. ins. 6. t. t.35 f. 7.  https://archive.org/stream/memoirespourserv16ra#page/n683/mode/2up

-Réaum. ins. 6. t. t.35 f. 7.  https://archive.org/stream/memoirespourserv16ra#page/n683/mode/2up

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VIRGO, VARIÉTÉ GAMMA.

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Description :

-Gamma. Libellula corpore viridi-caeruleo, alis subfuscis : puncto marginali albo.

"Libellule au corps vert-bleu sombre, aux ailes brunâtres : point marginal blanc. "

Fn. svec. 758. 
Roes. aqu. 2. t. 9. f. 6. 
Raj. ins. 51. n. 12 .

Commentaire.

Les pseudopterigmas blancs et les ailes brunâtres montrent que la variété gamma est une femelle du genre Calopteryx (C. virgo pour M. Hamalainen).  Ce qu'avait remarqué De Geer avant 1746 (cf infra), .

 

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Références : 

1°) Fauna  suecica 1746, page 229 n° 758.

758. LIBELLULA corpore viridi-caeruleo ; alis subfuscis : puncto marginali albo. 
-Raj. Ins p.51. n.12 . Libella media, corpore viridi, alis fulvescentibus maculis parvis albis prope extremum angulum. 
Vulgo Ulrica. 
Habitat ad Fluvios. 
DESCR. Mediae est magnitudinis. Corpus viridi-sericeum, nitidum, minime caeruleum. Pedes nigri. Alae subfuscse puncto marginali albicante oblongo ; Cauda inermis. 
Haec praecedentis faemina. De Geer. 

"De taille moyenne. Corps vert comme la soie, brillant, à peine bleu-azur. Pattes noires. Ailes brunâtres à point marginal blanc allongé. Queue "sans armes". La femelle de la précédente [selon] De Geer."

Commentaire. 

a) Comme pour la variété beta, nommée Louisa, Linné attribue à la variété Gamma un nom vernaculaire (vulgo) choisi parmi les prénoms féminins, celui d'Ulrica. Le second prénom de Louisa Ulrica de Prusse.

b) Dans la Fauna, Linné semble admettre la proposition de De Geer de considérer que la n° 758 est la forme femelle de la n°757. Mais, douze années plus tard,  il resta plus prudent dans le Systema Naturae. Le suédois Charles de Geer (1720-1778) ayant publié les sept tomes de ses Mémoires pour servir à l'histoire des insectes de 1752 à 1778, j'ignore sur quelle source est basée la mention de son nom en 1746 par Linné. Ce ne sont pas les 32 pages de Tal om nyttan, som Insecterne och deras skärskådande, tilskynda oss, ... paru à Stockholm en  1744.

 

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Zoonymie des Odonates : le nom Calopteryx virgo Linnaeus, 1758.

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2°) John Ray, 1710, Historia insectorum, Londres, page 51 n° 12 .

http://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/51/mode/1up

 Libella media, corpore viridi, alis fulvescentibus [flavescentibus D. Willughby]  maculis parvis albis prope extremum angulum. Venter flavescit.  Per scapulas tres lineae sive rugae flavicantes ducuntur.

"Libellule de taille moyenne, au corps vert, aux ailes tirant vers le fauve [vers le jaunâtre pour Maître Willughby], avec une petite tache blanche près de l'angle distal."

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John Ray, 1710, Historia insectorum, , page 51 n° 12  http://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/50/mode/1up

John Ray, 1710, Historia insectorum, , page 51 n° 12  http://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/50/mode/1up

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3°) August Johann Roesel von Rosenhof, 1749, Insecten belustigung, volume 2 Nuremberg : Insectorum aquatilium Classis II  planche IX. fig. 6. 

 

http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0283/image

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Roesel pl. IX, figure 6 à droite.

Roesel pl. IX, figure 6 à droite.

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VIRGO, VARIÉTÉ  DELTA.

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Description :

-Delta. Libellula corpore sericeo nitido, alis inaurato-fuscis: macula nigra.

"Libellule au corps soyeux brillant, ailes brun-doré ; tache noire."

Commentaire personnel.

Une femelle ? Mais la tache noire ? À la réflexion, je propose d'y voir un mâle de C. splendens, où macula nigra qualifierait la bande bleue sombre barrant en bande l'aile, chez un spécimen de collection où ce bleu aurait paru noir à Linné. Les références aux descriptions de John Ray vont dans ce sens, avec la mention d'une tache coeruleo nigrantibus, "bleu noirâtre".

Références

Fn. svec. 759, 
Roes, aqu. 2. t. 9. f. 5. 
Raj. ins. 50. n. 9. & p. 140- n 2. 


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1°) Fauna  suecica 1746, page 229 n° 759.

759. LIBELLULA corpore sericeo nitido ; alis inaurato-fuscis : macula nigra. 
-
Hoffn. ins t. 11. f. ult. 
-
Raj. Ins. 50. n.9. Libella media corpore partim viridi, partim caeruleo, alis media parte maculis amplissimis e caeruleo nigricantibus. 
-
Raj. Ins. p. 140. n. 2. Libella media, corpore partim viridi , partim caeruleo, alis media parte maculis amplissimis e caeruleo nigricantibus oblitis. 
Habitat ad Fluvios. 
DESCR. Corpus caeruleo-nitidum. Pedes nigri. Ala a medio versus apices caerulescente nigra , ipsis apicibus aurato-fuscis ; a medio alae versus ejus basin color inauratus, nullum punctum marginale in hac. 

"Corps bleu-sombre brillant. Pattes noires. Ailes du milieu vers l'apex bleu foncé, la pointe brun-doré. Et du milieu vers la base de couleur dorée, sans aucun point marginal."

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Commentaire : Dans la Fauna suecica, Linné ajoute une référence à Hoefnagel, qui disparait dans le Systema Naturae. Joris Hoefnagel est ce miniaturiste flamand dont les travaux naturalistes ont été publiées sous forme de gravure par son fils Jacob en 1592 sous le titre  Archetypa studiaque Patris. Une nouvelle présentation est parue en 1630 à Amsterdam sous le titre  Diversæ insectarum volatilium icones ad vivum accuratißime depictæ. Je renvoie à mon article Hoefnagel et les entomologistes du XVIIIe siècle. La référence de Linné renvoie  à la planche 11 du Diversae insectarum ... où, au coin inférieur droit, est représenté un Calopteryx splendens (identifié par Marcel Wasscher 2014)

Voir infra : Les illustrations non référencées par Linné 1758.

 

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https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/262/mode/1up

https://www.biodiversitylibrary.org/item/129804#page/262/mode/1up

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2°) August Johann Roesel von Rosenhof, 1749, Insecten belustigung, volume 2 Nuremberg : Insectorum aquatilium Classis II  planche IX. fig. 5. 

 

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http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0283/image

Il ne s'agit pas d'une femelle aux ailes brun-doré, et nous commençons à nous y perdre dans notre tentative de suivre la logique de Linné, si nous n'adoptons pas mon hypothèse de C. splendens mâle.

 

 

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Roesel, 1749, Insecten belustigung, volume 2   pl. IX. fig. 5 (à gauche).

Roesel, 1749, Insecten belustigung, volume 2  pl. IX. fig. 5 (à gauche).

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3°) John Ray, 1710, Historia insectorum, Londres, page 5 n° 9 et page 140 n°2 .

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http://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/50/mode/1up

9. Libella media, corpore partim viridi, partim coeruleo, alis media parte maculis amplissimis é coeruleo nigricantibus [D. Willughby atro-purpureis] oblitis, F.W.

Alae a fundis ad medium fere lutescunt , dein macula magna atro-purpurea succedit : extremitates alarum fundis concolores. Scapulae magis virides, dorsum magis coeruleum, Alae I ½ dig. longae, Maculis versus extremitates alarum caret.

"N°9. Libellule de taille moyenne, au corps en partie vert et en partie bleu foncé, aux ailes, en partie moyenne [remplie de taches ?] et bleu foncé très sombre [noir-pourpre pour Maître Willughby]. Vient de la collection de Francis Willughby.

...

John Ray, 1710, Historia insectorum, Londres,  page 140 n°2 .

http://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/140/mode/1up

Libella media, corpore partim viridi , partim caeruleo, alis media parte maculis amplissimis e caeruleo nigricantibus oblitis. 

Même remarque que pour Roesel : la libellule décrite par John Ray, qui reprend les travaux de son maître Willughby, est un mâle aux ailes partiellement bleues.

John Ray, Historia insectorum page 50 n°9

John Ray, Historia insectorum page 50 n°9

John Ray, Historia insectorum  page 140.

John Ray, Historia insectorum page 140.

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LES ILLUSTRATIONS OU DESCRIPTIONS NON RÉFÉRENCÉES PAR LINNÉ 1758.

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Elles ont sans doute été négligées en raison de l'imprécision des gravures (souvent sur bois). Les miniatures de Joris Hoefnagel étaient inaccessibles. 


 

1°) Jacob  Hoefnagel 1630, Diversae insectarum planche 11 : gravures d'après les enluminures de Joris Hoefnagel. Calopteryx splendens (identification Marcel Wasscher 2014)

https://rkd.nl/en/explore/images/121231?langen=

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN371059488?tify={%22pages%22:[25],%22view%22:%22info%22}

https://www.biodiversitylibrary.org/item/86576#page/25/mode/1up

2°) Jacob  Hoefnagel 1592, Archetypa studiaque  Patris 

Planche I,8 Flos Cinis : Calopteryx sp. femelle

3°) Joris Hoefnagel,  1596, Mira Calligraphiae Monumenta folio 75, miniature sur velin,  Calopteryx femelle.

https://rkd.nl/en/explore/images/record?query=calopteryx&start=2

4°) Joris Hoefnagel, 1575-1585, Ignis Animalia Rationalia Insecta, planche LXIII Flos Cinis, miniature sur velin, Calopteryx splendens (identification Marcel Wasscher 2014)

https://rkd.nl/en/explore/images/record?query=calopteryx&start=3

5°) Joris Hoefnagel,1594, Nature morte avec insectes.

http://www.lavieb-aile.com/2015/02/vanitas-et-vanessa-a-propos-de-nature-morte-avec-des-insectes-1594-d-oxford-par-joris-hoefnagel.html

6°) Joris Hoefnagel, v.1591-1596, Mirae calligraphiae monumenta folio 75. Miniature sur velin. Calopteryx sp. femelle.

Voir ici.

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Capture d'écran, droits : Lee Hendrix, Thea Vignau-Wilberg, Mira Calligraphiae Monumenta: A Sixteenth-Century Calligraphic Manuscript Inscribed by Georg Bocksay and Illuminated by Joris Hoefnagel, Volume 1 Getty Publications, 13 août 1992 - 424 pages Numérisation Google

 

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7°) Thomas Moffet, 1634, Insectorum sive minimorum animalium theatrum

https://www.biodiversitylibrary.org/item/123182#page/98/mode/1up

Prima colore est elegantissimo ; Corpore caeruleo, alis violaceo corpore saturato : interscapulare spacium gemmis quatuor aureis, ceu in nigricante pala fixis ornatur


 

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Thomas Moffet, 1634.

Thomas Moffet, 1634.

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8°) Ulysse Aldrovandi, 1602, De animalibus insectis, libri septem, page 305.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k991248/f315.item.zoom

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Aldrovandi 1602 page 305

Aldrovandi 1602 page 305

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ÉTUDE DU NOM VIRGO, LINNAEUS, 1758 Syst. Nat. (Edn. 10) 1 : 545.

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a) Virgo vient du latin, dont le sens est précisé par F. Gaffiot

Virgo, inis, f. 1. jeune fille, vierge. 2. [en part.] Les Vestales. 3. [en gen.] Jeune fille, jeune femme. 4. La Vierge [constellation]. 5. [adjectif au figuré] : vierge, qui n'a pas servi.

 b) Dans le contexte de son ouvrage, il faut retenir le sens "jeune fille, vierge", que Linné a choisi par adaptation en latin du terme "Demoiselle" qui désignait, en raison de leur finesse et de leur grâce féminine les libellules pour les naturalistes français au XVIIIe (Homberg, Réaumur, De Geer, Geoffroy), terme qui a son équivalence à la même époque en néerlandais (waterjuffer), en allemand  (wasserjunfer), ou en anglais. Le première occurrence de "demoiselle" dans cette acceptation  date de 1682 avec la traduction de l'Histoire générale des insectes de Swammerdam : 

"... une espèce  d'insecte que l'on trouve dépeint plusieurs fois dans la table VIII suivant les divers degrés de sa formation, et à qui le commun peuple donne ce me semble, le nom de demoiselle.". À en croire ce traducteur, le terme serait d'origine populaire. 

C'est par la même référence à la beauté et à l'allure juvénile et féminine des Libellules en général, mais surtout pour Linné des Calopteryx en particulier, qu'il avait choisi d' attribuer aux variantes de L. virgo comme nom vernaculaire les deux prénoms féminins de la future reine de Suède. 

Voir mon article:  Zoonymie des Odonates : le nom "Demoiselle" (1682).

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/zoonymie-des-odonates.le-nom-demoiselle.html

c) Linné exploite la même source d'inspiration pour l'espèce suivante, Libellula puella, du latin signifiant (Gaffiot) "Jeune fille", "bien-aimée, maîtresse".

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

Comme d'habitude, l'auteur le plus attentif, et qui ne se contente pas d'une "étymologie" par traduction du terme latin, mais qui se livre à une réelle interprétation zoonymique, est Heinrich Friedner.

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PRECIGOUT ET PRUD'HOMME / POITOU-CHARENTES-NATURE:

"Virgo du latin virgo = vierge ( ?)"

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DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

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D'ANTONIO & VEGLIANTE.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"virgo (Calopteryx) - virgo, virginis = fanciulla. Nome dato per la struttura esile e graziosa." [jeune fille. Nom donné pour la structure mince et gracieuse.]

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H. FLIEDNER, 2009

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

 

"- virgo (Linnaeus) [l. virgin, maiden] is one of the species names in odonata referring to beautiful womanliness as do popular names in many languages (e.g. Dutch: waterjuffer, French: demoiselle, cf. NITSCH 1965). "

NITSCH, G. (1965): Die Namen der Libelle. In: Wissmann, W. „Wörterbuch der deutschen Tiernamen, Beiheft 3”, Akademie-Verlag, Berlin

Trad :"-virgo (Linnaeus), [latin "vierge, jeune fille" est  l'un des noms d'espèces dans les odonates se référant à la beauté fémine au même titre que les noms vernaculaires attestés dans de nombreuses langues (par exemple, en néerlandais: waterjuffer, en français: demoiselle, voir NITSCH 1965)."

 

Voir aussi H. Fliedner 2012.

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

Virgo = jonge vrouw, maagd .

 

 

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NOMS VERNACULAIRES FRANÇAIS.

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PRÉAMBULE : LINNÉ 1746 puis GEOFFROY 1762.

1. Le préalable linnéen : "Lovisa" et "Ulrica", 1746.

 

​​​​​Linné a donné, dès 1746 dans sa Fauna suecica, des noms "vulgo", des noms en langue vulgaire c'est à dire suédoise qui sont des noms propres pour deux de ses espèces (comme il l'a fait, dans le même ouvrage, pour quelques papillons). Les espèces n° 757 et 758 de la Fauna suecica  sont celles qui deviendront les formes alpha et beta de sa Libellula virgo . Et ces noms sont LOVISA (Louisa) pour le n°757 et ULRICA pour le n°758. 

Il ne les reprendra pas dans le Systema Naturae de 1758, et pas d'avantage dans l'édition 1761 du Fauna suecica,  principalement parce qu'il renonce alors à toute dénomination vernaculaire au profit de la double dénomination latine.

Cela serait anecdotique si nous ne dénichions pas derrière ces noms les prénoms de LOUISE ULRIQUE DE PRUSSE, (en allemand : Luise Ulrike von Preußen), qui devint reine consort de Suède et de Finlande en 1751, après son mariage en 1744 avec le futur roi Adolphe-Frédéric de Suède, et qui  fonda en 1753 l'Académie Royale de Suède dont fit partie Carl von Linné et soutint les arts et les sciences. 

C'est Linné qui eut en charge l'arrangement et la description des collections d'histoire naturelle de la reine.  Le Roi et la Reine avaient des collections séparées : la première à Ulricksdahl, et  l'autre, qui consistait en insectes et coquilles,  dans le palais de Drottningholm, proche de Stockholm. 

Linné publia à Stockholm en 1764, bien après en avoir rédigé le manuscrit, le catalogue intitulé Museum Ludovica Ulrica Reginae, le Museum de la Reine Louise Ulrique, "dans lequel les animaux exotiques les plus rares, principalement les insectes et les coquilles sont décrits et déterminés". Cette collection se trouve maintenant au Museum zoologique de l'université d'Uppsala. il aurait été amusant que l'on y trouve les spécimens-types de ces libellules, mais ce n'est pas le cas. 

Matti Hämäläinen, un auteur d'Helsinski, a publié en 2008 et 2017 ses travaux, qui recoupent les miens (cf. Zoonymie des Rhophalocères), et que je découvre : 

"Au cours de l'été 1744, une grande effervescence s'empara de la haute et moyenne société suédoise. Le 17 juillet, leur prince héritier Adolf Fredrik fut  marié per procura (c'est-à-dire en l'absence de l'époux) à Luise Ulrike, princesse de Prusse à Berlin. Quelques semaines plus tard, la belle et talentueuse princesse de 24 ans (Lovisa Ulrika en suédois) est arrivée en Suède pour rencontrer son fiancé. Le 18 août, le couple royal a été accueilli par le roi Frédéric Ier au palais Drottningholm où a eu lieu la deuxième cérémonie de mariage le même jour, suivie d'un bal d'état et d'une réception du tribunal.

Carl Linnaeus, 37 ans, professeur de médecine à l'Université d'Uppsala, a été pris dans la fièvre. A cette époque, il écrivait le manuscrit de Fauna svecica, synopsis des 1 357 espèces animales connues de Suède, publié en 1746. Il n'avait pas encore développé son système de nomenclature binomiale, mais chaque espèce avait reçu un diagnostic de quelques mots latins suivant le nom du genre. En outre, dans les comptes d'un petit nombre d'espèces, y compris deux libellules (Libellula), Linnaeus a également donné un nom spécial (le Vulgo) destiné à un usage quotidien. L'espèce numéro 757 (actuellement connue sous le nom de mâle de Calopteryx virgo) a été surnommée le Lovisa et l'espèce numéro 758 (actuellement connue sous le nom de femelle de Calopteryx virgo) l'Ulrica (figure 2). C'était évidemment une dédicace à la princesse et c'était la première dédicace à une personne individuelle dans les noms d'animaux utilisés par Linné.

Il convient de noter qu'en choisissant cette belle Demoiselle  pour son hommage, il choisit ce qui est sûrement l'insecte le plus magnifiquement vêtu et le plus charmant du nord de l'Europe, qui incarne peut-être le mieux les qualités qu'il admirait chez la princesse.

Dans la Fauna svecica, Linnaeus n'a donné  des noms spécifiques (Vulgo) qu'à 43 espèces d'invertébrés, dont 25 espèces de papillons (Papilio) et 14 espèces de papillons (Phalaena). Certains de ces noms 'Vulgo' étaient binomiaux, tels que 'Papilio canicularis' (pour l'actuel Gonepteryx rhamni), 'Argus oculatus' (= Plebejus argus), 'Brassicaria vulgaris' (= Pieris brassicae), mais la plupart étaient des mots simples, comme 'Alpicola' (= Parnassius apollo), 'Rex' (= Argynnis aglaja), 'Aurora' (= Anthocharis cardamines) et 'Cossus' (= Cossus cossus). Linnaeus utilisa plus tard dix de ces 43 noms «Vulgo», ou une partie des noms comme espèce ou nom de groupe de genre dans Systema naturae (1758). En 1746, Linné développait encore son système de nomenclature binomiale (qu'il n'avait pas lui-même inventé, mais qu'il consolidait et réglait dans son usage). Cependant, ce processus s'est déroulé progressivement et l'utilisation des noms «Vulgo» (simple ou binomial) n'était qu'un pas en avant." (Hämäläinen & Orr 2017)

 

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2. Les noms en français d'Étienne-Louis Geoffroy : Louise et Ulrique, et la série des prénoms féminins.

Geoffroy (Étienne-Louis, 1762, Histoire abrégée des insectes 2: 222.

http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/222/mode/2up

Les données publiées dans le Fauna suecica de Linné   furent diffusées en France dès 1754 dans le Système naturel du règne animal par classes, familles ou ordres,... de La Chesnaye-Desbois, pages 120-126. L'auteur y donne une traduction en français du texte latin du Fauna suecica. 

Or, en 1762, le médecin et collectionneur Étienne-Louis Geoffroy publie le tome II de son Histoire des insectes

Il y décrit 14 espèces de libellules, en suivant d'assez près le Fauna suecica de Linné, mais avec la mention des noms binominaux du Systema Naturae de 1758. Il attribue à chaque espèce un nom vernaculaire, un exercice auquel il est très attaché et qui nous a valu nos plus beaux noms de papillons. Mais il suit si bien Linné qu'il nomme ses deux premières espèces la Louise et L'Ulrique  avant de puiser dans les prénoms féminins  pour baptiser ses douze autres espèces suivantes. Ainsi, si la Louise était pour lui la n° 759 de la Fauna, et l'Ulrique Libellula Virgo, il nomme Amélie Libellula puella , puis  une variante la Dorothée, une autre la Sophie, et, parmi ses Anisoptères, L. quadrimaculata la Françoise, L. flaveola l'Eléonore, un autre la Philinte, puis vient la Sylvie, l'Aminthe (L. aenea), la Justine (L. vulgatissima), la Julie (L. grandis), la Caroline (L. forcipata) et une variante la Cécile.

On notera que :

a) la mère de Louise-Ulrique de Prusse se prénommait Sophie-Dorothée.

b) La plus jeune sœur de Louise-Ulrique se prénommait Anne-Amélie, Anna Amalie von Preußen (1723-1787) . (C'est elle qui devait épouser Adolphe-Frédéric de Suède, mais sa sœur aînée s'ingénia à prendre sa place).

c) La reine de Suède avant l'accession au trône de Louise-Ulrique se prénommait Ulrique-Éléonore.

d) Aminthe : cf Aminte, personnage féminin dans l'Amour médecin de Molière, et Philinte, personnage masculin du Misanthrope de Molière, sortent de cette logique.

Ce procédé d'imitation très fidèle au premier Linné (celui de 1746) n'aura guère de succès, bien qu'il sera fidèlement cité au XIXe siècle par les entomologistes. Et il réapparaît encore aujourd'hui, où le Calopteryx virgo se voit encore qualifié de "La Louise" sans trop comprendre pourquoi.

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1. L'ULRIQUE. La description de L. virgo par Étienne-Louis Geoffroy et sa dénomination L'Ulrique, 1762.  Hist. abr. ins. 2: 222.

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Geoffroy décrit L. virgo de Linné, mais sans en reprendre les quatre variétés, comme s'il avait  plus travaillé à partir du Fauna suecica

"2. LIBELLULA corpore viridi sericeo , alis subfuscis puncto marginali albo. Linn. Faun. suec. n. 758. 
-Linn. Syst-nat. edit. 10 , p. 545, n. 17. Libellula virgo. 
-Raj. Ins. p. 51 , n. 12. Libella média, corpore viridi, alis fulvescentibus, maculis parvis albis prope extremum angulum. 
-Rosel. ins.vol. 2, tab. 9 fig. 6. Insect, aquatil. class. 2. 
L'ulrique. 
Longueur 10 lignes. 
Cette espèce ressemble beaucoup à la précédente [N° 1 de Geoffroy, "la Louise", notre C. splendens mâle] , seulement sa couleur est plus verte & très-brillante. Ses aîles  n'ont point de taches bleues, mais elles sont d'un jaune un peu brun ; de plus vers l'extrémité du bord extérieur de  l'aile on voit un petit point blanc allongé. 
M. de Geer donne celle-ci pour la femelle de la précédente. Je suis fort porté à le croire n'ayant trouvé que des femelles de cette espèce, & tous ceux de la précédente que j'ai pu rencontrer, étant des mâles. Cependant comme je n'ai point trouvé ces insectes accouplés , je n'ose assurer ce fait. "

Geoffroy suit de très près la description du Fauna suecica n° 758, mais il la met à jour en empruntant à celle de la variété gamma du Systema Naturae la référence à la figure 6 de la planche IX de Roesel. Il décrit donc ici notre C. virgo femelle et lui attribue son premier nom vernaculaire en français, "L'Ulrique". 

Hélas, il négligea un "détail" et, dans son attachement à la dénomination vernaculaire, il ne comprit pas l'importance de la nomenclature binominale introduit en 1758 : ses propres descriptions ne seront pas valides aux yeux de la Commission de nomenclature ou ICZN.

Enfin, bien qu'il considère que La Louise et L'Ulrique avaient pu représenter des mâles et des femelles de la même espèce, puisqu'il n'avait trouvé que des mâles du premier et des femelles du second, il montre une belle rigueur en ne les réunissant pas sous une seule description puisqu'il n'a pas constaté de visu d'accouplement. Nos connaissances lui donnent raison puisque la Louise correspond à Calopteryx splendens.

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http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/222/mode/2up

http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/222/mode/2up

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L'édition de l'Histoire abrégée des Insectes par Fourcroy en 1785.

 

Fourcroy (A-F), 1785, Ent. Paris. 2:344.

http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/344/mode/2up

En 1785, le médecin Antoine-François Fourcroy publie sous le titre Entomologia Parisiensis une version du travail de Geoffroy, abrégée mais conforme aux exigences des milieux entomologiques car enrichie  pour chaque espèce d'un nom binominal en latin.

Le nom de Geoffroy n'apparaît, dans le sous-titre, que dans la mention secundum methodum Geoffœanam

L'Ulrique est décrite après la Louise, qui porte le nom latin de L[ibellula] Ludovicea.

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2. L. virgo.

L'Ulrique Long. 20 lig.

L. corpore viridi sericeo, alis subfuscis puncto marginali albo.

Loc. idem 

 

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Zoonymie des Odonates : le nom Calopteryx virgo Linnaeus, 1758.

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Réception du nom L'Ulrique pour C. virgo.

Le nom Ulrique fut repris dès 1780 (Valmont-Bomare), puis en 1789 (Charles de Villers page 12), en  1789 (G. de Razoumowsky), puis en 1804 par Latreille et en 1817 par Lamarck.

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2. L'AGRION VIERGE, Latreille 1804, Lamarck 1817, Milne-Edwards 1839.

 

Latreille (P-A), 1804 Hist. nat. crust. 13:16. Latreille, le principal entomologiste français du début du XVIIIe siècle, ami de Fabricius, décrit Libellula virgo sous le nom scientifique Agrion virgo Linn. et le nom vernaculaire Agrion vierge. Il décrit quatre variétés dont a-, La Louise Geoffr. et e- L'Ulrique Geoffr.

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Voir ensuite Lamarck ( J-B P A de Monet de), 1817 , Histoire naturelle des animaux sans vertebres Volume 4 

 

 

Zoonymie des Odonates : le nom Calopteryx virgo Linnaeus, 1758.

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3. LA CALEPTÉRYX VIERGE, Sélys-Longchamps, 1840, Monogr. libell. :128

Edmond de Selys-Longchamps, 1840, Monographie des libellulidées d'Europe1840 page 128

https://books.google.fr/books?pg=PA134&dq=calepteryx++virgo&id=44VIAAAAYAAJ&hl=fr#v=onepage&q=calepteryx%20%20virgo&f=false

Sélys-Longchamps utilise le nom de genre CALEPTERYX avec la graphie de la publication originale  de Leach en 1815. Puis, selon son usage, il crée en guise de nom vernaculaire la  "traduction" du nom latin en français.

"N°1. CALEPTERYX VIRGO. Caleptèryx vierge"

Diagnose. - D'un bleu ou d'un vert soyeux bronzé. Le bout de l'abdomen jaunâtre en dessous (souvent d'un rouge terne chez le mâle). Ailes arrondies, assez larges, sans taches chez le mâle ou avec un faux parastigma blanc souvent nul chez la femelle.

Synonymie. - AGRION VIRGO (en partie). Fabr. Latr. Vander L. Charp. Fonscol.
-CALEPTERYX VIRGO. Leach. Curtis. Steph. De Selys.
-LIBELLULA VIRGO. Lin. (partie).
- SPLENDENS. Harris.
-CALOPTERYX VIRGO. Burmeister.

— mâle. En entier d'un vert soyeux chatoyant, à reflets bleus ou dorés en dessus selon le jour. Corps noir en-dessous. Yeux d'un brun foncé.

Le dessous des trois derniers segments de l'abdomen obscur, ou jaunâtre ou saupoudré de rouge terne foncé ainsi que la base des appendices inférieurs ; leur pointe ainsi que les supérieurs noirs ; ceux-ci de la longueur du dernier segment de l'abdomen, semi-circulaires, atténués à la base, élargis et à côte externe dentelée depuis le milieu jusqu'à leur extrémité. Pieds tout noirs. Les ailes présentent trois variétés principales qui semblent passer de l'une à l'autre.

-Var. alpha. Ailes d'un brun un peu roussâtre, colorées également, non opaques (les cellules semblent plus nombreuses et les nervures plus fines que dans les autres; et les veines transversales se bifurquent en beaucoup d'endroits, surtout près de la côte). La nervure de la côte seule d'un vert doré.

-Var. beta. Ailes d'un brun enfumé à reflet bleu foncé surtout au milieu. Cette couleur n'est pas assez épaisse pour rendre l'aile opaque. Nervure de la côte vert-doré.

-Var. gamma. Ailes opaques, d'un bleu foncé brillant ou d'un vert bleuâtre , selon les individus ; leur pointe seule un peu brunâtre, et leur base légèrement transparente. La nervure de la côte vert-doré. Une sous-variété offre un assez grand espace transparent non coloré à la base des quatre ailes, ce qui lui donne une certaine ressemblance avec l'Haemorrhoidalis, surtout que le dessous de l'extrémité de l'abdomen est souvent rougeâtre : mais la forme des ailes et la couleur du corps préviennent toute méprise.

— Femelle. En entier d'un vert soyeux cuivré en dessus. Yeux d'un brun jaunâtre. Un point jaune près des antennes, un autre à la bouche. Poitrine et dessous de l'abdomen bruns ou jaunâtre-obscur. Le dessus des derniers segments d'un vert doré. Une ligne dorsale élevée formant une petite pointe jaunâtre, sur le dernier segment. Les deux appendices anals petits, noirâtres, pointus, plus courts que le dernier segment. Pieds noirs.

Les ailes, qui ne sont jamais opaques, présentent trois variétés principales qui passent de l'une à l'autre ; dans l'état normal, elles ont une petite tache blanche à la place du parastigma , mais dans chaque variété on trouve des individus où elle est peu prononcée et même invisible.

-Var. alpha. Ailes d'un brun roussâtre, colorées également : la nervure costale d'un bleu verdâtre doré ainsi que dans les autres variétés. (Dans cette variété les cellules semblent plus fines et plus nombreuses que dans les autres. ) 

-Var. beta. Ailes d'un brun roussâtre. La dernière moitié des inférieures lavée de brun-noirâtre, surtout à l'extrémité. Cette couleur diminue insensiblement jusqu'à la base. ( De Belgique et de Provence ). 

-Var. gamma. Ailes d'un brun presque verdâtre : les nervures visiblement plus colorées que le fond, qui est hyalin. Cette dernière variété, que l'on pourrait confondre avec la femelle de la Ludoviciana, se trouve en même temps que la sous-var. y du mâle à base des ailes hyaline. Je l'ai prise abondamment près de Fribourg en Suisse, aussi en Lombardie et en Provence. La Var. z. du mâle et de la femelle, qui pourrait bien former une espèce distincte !, se trouve dans toute l'Europe, depuis le nord de l'Italie jusqu'en Suède. Quant aux var. g, je les ai décrites sur des individus de Belgique, mais je n'ai pas de raison de croire que ce soit un mâle et une femelle analogues. Relativement aux deux autres, c'est à dessein que j'ai assigné au mâle et à la femelle les mêmes lettres.

J'ai cru devoir considérer les variétés de la Virgo sous un point de vue nouveau, et ne pas m'occuper de la présence du faux parastigma blanc, qui ne manque jamais complétement si l'on veut l'examiner à la loupe. La division que je propose d'après diverses présomptions n'est qu'un premier pas fait dans cette nouvelle voie. J'espère arriver à des résultats plus positifs en observant attentivement les habitudes, l'accouplement, les époques d'apparition et surtout les larves des diverses variétés.

La Caleptéryx vierge paraît depuis le mois de mai jusqu'en juillet; elle voltige en société dans les bois, sur le bord des eaux, etc. La variété brune semble éclore la première.

 

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4. [LA] CALOPTÉRYX VIERGE.  Selys-Longchamps &  Hagen, 1854,  Monogr. calopt. : 40

 Selys-Longchamps (Edmond de),  Hagen (Hermann- August), 1854,  Monographie des calopterygines page 40

Notez la référence à l'Ulrique de Geoffroy.

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Selys-Longchamps (E. de),  Hagen (H- A), 1854,  Monographie des calopterygines page 40

Selys-Longchamps (E. de),  Hagen (H- A), 1854,  Monographie des calopterygines page 40

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5. CALOPTÉRYX VIERGE, ADOPTÉ AU XX et XXIe SIÈCLE.

Ce nom est adopté, au masculin, par tous les auteurs depuis la seconde moitié du XIXe siècle.

  • Wikipédia 2018 : "Le Caloptéryx vierge (anciennement Agrion vierge)".
  • Dijkstra, 2007, Guide des Libellules : "Caloptéryx vierge".
  • Grand et Boudot, 2007, Les libellules de France, Belgique et Luxembourg, : "Le Caloptéryx vierge".
  • Précigout 2009, Libellules de Poitou-Charentes : "Caloptéryx vierge."
  • Etc.

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NOMS VERNACULAIRES EN D'AUTRES LANGUES.

On évalue mieux combien, en traduisant littéralement les noms scientifiques, Sélys-Longchamps a définitivement stérilisé l'onomastique vernaculaire francophone des Odonates, lorsqu'on découvre les noms vernaculaires en d'autres langues :

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En catalan : LA DAMISEL.LA BLAVA, ou CAVAL DE SERP  (la Demoiselle bleue, ou le cheval de serpent).

En espagnol : EL CABALLITO DEL DIABLO AZUL (Le petit cheval bleu du diable).

En néerlandais : DE BOSBEEKJUFFER (La Demoiselle des ruisseaux forestiers (?))

 

En frison : BLAUYNSKE, GRIENE FLINTERLIBEL, BOSKBLAUYNSKE

En allemand : DIE BLAUFLÜGEL-PRACHTLIBELLE. (L'Aile Bleu - La Libellule Superbe).

En anglais : THE BEAUTIFUL DEMOISEL

 

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SOURCES ET LIENS.

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Bibliographie de ces articles de zoonymie des Odonates : voir ici.

http://www.lavieb-aile.com/2018/01/la-bibliographie-de-mes-articles-de-zoonymie-des-odonates.html

 

— GRAND (Daniel), BOUDOT (Jean-Pierre), 2006 Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg. Collection Parthénope, Biotope 479 pages

https://books.google.fr/books?id=cYwSCwAAQBAJ&dq=inauthor:%22Daniel+Grand%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 — LEACH, W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [137] (in 1830 edition) – 

https://www.biodiversitylibrary.org/page/17493627#page/145/mode/1up

 

— NATIONAL HISTORY MUSEUM

http://www.nhm.ac.uk/our-science/data/uk-species/species/calopteryx_splendens.html

 

 

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OUTILS ZOONYMIE.

— LSJ Site de traduction grec/anglais Liddell  Scott Jones

https://lsj.translatum.gr/wiki/Main_Page

https://lsj.translatum.gr/wiki/LSJ:GreekEnglishLexicon

Derivatio nominis libellularum europaearum (Téléchargement PDF disponible). Available from: https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum[accessed Jan 08 2018].

ZOONYMIE :

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

 — PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

 

— FLIEDNER (H.), 2012, Wie die Libelle zu ihrem Namen kam Virgo, Mitteilungsblatt des Entomologischen Vereins Mecklenburg 15. Jahrgang (2012).

https://www.entomologie-mv.de/download/virgo-15/virg%2015104%20Libelle_Namensherkunft.pdf

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— BUCHECKER (Henrich), 1876, Henrici Buchecker Systema entomologiae, sistens insectorum classes, genera, species : pars I. Odonata (Fabric.) europ, München : Im Selbstverlag des Verfassers

https://archive.org/stream/henricibuchecke00buch#page/n23/mode/2up

— CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. L. Voss, 180 pages,.

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates

http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique

— DELIRY (Cyrille)  Monographie Sympetrum sanguineum

http://www.deliry.com/index.php?title=Calopteryx_virgo

— DE GEER, Charles, 1771, Dixième mémoire Des Demoiselles, in  Mémoires pour servir à l'histoire des insectes. Seconde partie du tome second, Stockholm, Pierre Heisselberg. pages 661, planches XIX fig. 1-18 et XX fig. 1-16 et XXI fig. 1-22. 

Num. Google

https://books.google.fr/books?id=EVRV3Wbg-dQC&dq=charles+de+geer+M%C3%A9moires+pour+servir+%C3%A0+l%27histoire+des+insectes+%22demoiselle%22&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— GEOFFROY in FOURCROY :

— FOURCROY (A. F.) 1785. Entomologia Parisiensis; sive catalogus insectorum quæ in agro Parisiensi reperiuntur; secundam methodam Geoffrœanam in sectiones, genera & species distributus: cui addita sunt nomina trivialia & fere trecentæ novæ species. Pars secunda. Parisiis. (Hôtel Serpente). 2. 232-544. Traduction en latin de l'Histoire des insectes de E.L. Geoffroy.

 http://archive.org/stream/entomologiaparis02four#page/n3/mode/2up

 

— GEOFFROY (Étienne-Louis, Docteur en médecine) 1762. Histoire abrégée des insectes qui se trouvent aux environs de Paris: dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique ; Paris : Durand 1762 Tome second Planches XI à XXII colorées à la main par Prévost gravées par Defehrt. 744p. http://archive.org/stream/histoireabrg02geof#page/n9/mode/2up

— GEOFFROY [Étienne-Louis] 1798-99 Histoire abrégée des insectes dans laquelle ces animaux sont rangés suivant un ordre méthodique. Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée d'un supplément considérable. / par M. Geoffroy, docteur en médecine. A Paris :Chez Calixte-Volland, libraire, quai des Augustins, no. 24 :An VII de la République françoise [1799]. http://www.biodiversitylibrary.org/bibliography/14595#/summary

— HÄMÄLÄINEN (Matti), 2008, Ulrique and Louise, Agrion, Newsletter of the worldwide dragonfly association. http://caloptera.com/pdf/Hamalainen%202008a%20Ulrique%20and%20Louise.pdf

— HÄMÄLÄINEN (Matti), ORR (Albert G.) 2017, From Princess Lovisa Ulrika to the Gyalsey, Dragon Prince of Bhutan – Royalty in dragonfly names from 1746 to 2017. Agrion 21(2) - July 2017


https://www.researchgate.net/publication/318562952_From_Princess_Lovisa_Ulrika_to_the_Gyalsey_Dragon_Prince_of_Bhutan_-_Royalty_in_dragonfly_names_from_1746_to_2017

— HOMBERG (Guillaume), 1699, Observations sur cette sorte d'Insectes qui s'appellent ordinairement Demoiselles, Par M. HOMBERG. In Mémoires, Histoire de l'Académie royale des sciences ... avec les mémoires de mathématique & de physique... tirez des registres de cette Académie , Imprimerie royale (Paris) pages 145-151

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k35013/f302.image

— LATREILLE (Pierre André), 1804,  Histoire des Libellulines, in Histoire naturelle, générale et particulière des crustacés et des insectes..., Volume 13, An XIII [1804] p. 16

https://books.google.fr/books?id=mYo-AAAAcAAJ&pg=PA16&dq=%22latreille%22+ulrique&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjc8cXytJvbAhWDvxQKHapoCJIQ6AEILzAB#v=onepage&q=%22latreille%22%20ulrique&f=false

 — RAY (John), 1710,  Historia insectorum, Londini  pages 47-53 et page 140

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/46/mode/2up

https://archive.org/stream/historiainsector00rayj#page/140/mode/2up

— RÉAUMUR [René-Antoine] de Ferchault 1734-1748 Mémoires pour servir à l'histoire des insectes Paris : Imprimerie Royale, 6 volumes, de 1734 à 1748 [un 7e, copie du manuscrit original, paraîtra en 1928], 267 planches gravées par Simoneau, Lucas, Haussard et Fillioeul. En ligne BHL. Voir aussi VALLOT J.N. 1802. 

Volumes concernant les Odonates : 

Tome IV : Histoire des Gallinsectes, des Progallinsectes et des Mouches à deux ailes, Imprimerie royale, Paris, 1738, 636 p., 44 pl. ;

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65246505.r=m%C3%A9moires%20pour%20servir%20%C3%A0%20l%27histoire%20des%20insectes?rk=21459;2

https://archive.org/details/mmoirespourser04ra

Tome VI  : Suite de l'Histoire des Mouches à quatre ailes avec un supplément des Mouches à deux ailes, Imprimerie royale, Paris, 1742, 608 p., 48 pl. ;

https://archive.org/stream/memoirespourserv16ra#page/n707/mode/2up

 

— RÖSEL VON ROSENHOF 1764-68 De natuurlyke historie der insecten; voorzien met naar 't leven getekende en gekoleurde plaaten. Volgens eigen ondervinding beschreeven, door den heer August Johan Rösel, van Rosenhof, miniatuur-schilder. Met zeer nutte en fraaie aanmerkingen verrykt, door den heer C. F. C. Kleemann ...Te Haarlem, By C. H. Bohn en H. de Wit, boekverkoopers [1764-68] BHL Library

— RÖSEL VON ROSENHOF  (August Johann) 1749,  Kleemann, Christian Friedrich Carl  ;
Der monatlich herausgegebenen Insecten-Belustigung (Band 2): ... welcher acht Classen verschiedener sowohl inländischer, als auch einiger ausländischer Insecte enthält — Nürnberg, 1749

.http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1746ga

— SCHWARZ (Christian Wilhelm ), 1830, Nomenclator über die in den Röselschen Insekten-Belustigungen und Kleemanschen Beyträgen zur Insekten-Geschichte abgebildeten und beschriebenen Insekten und Würmer: mit möglichst vollständiger Synonymie. Dritte bis Siebente Abtheilung, Volume 3 Raspe, 1830 - 136 pages

https://books.google.fr/books?id=G3BcAAAAcAAJ&dq=libellula+fridrichsdalensis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— SELYS-LONGCHAMPS ( Michel Edmond, Baron de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles, 220 pages.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR

 


— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

VANDER LINDEN, P.L. 1825 - Monographiae Libellulinarum Europaearum. - Bruxellis. -

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false


 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
12 mai 2018 6 12 /05 /mai /2018 11:36

Zoonymie des Odonates : l'origine du nom Sympetrum sanguineum Müller, 1764, le Sympétrum rouge sang.

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Voir aussi :

 

 

 

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Résumé .

—Nom de genre  Sympetrum, Newman, 1833, Ent. Mag., 1:511. Des deux suffixes grecs σύμπυκνοςsympiezein   "comprimé" et  ἦτρον, êtron "abdomen" : "qui a l'abdomen comprimé latéralement".  En 1833, l'entomologiste britannique Edward Newman répartit les Libellulidae en  quatre genres selon la forme de leur abdomen (-etrum) : les Sympetrum  "à l'abdomen latéralement comprimé"  comme S. vulgatum, les Orthetrum "à l'abdomen parallèle latéralement" comme O. cancellatum et O coerulescens, les Platetrum "à l'abdomen dilaté et aplati" comme L.depressa, et les Leptetrum "à l'abdomen conique et pointu" comme L. quadrimaculata. Seuls les deux premiers genres ont été conservés, mais la distinction par la morphologie de l'abdomen a perdu de sa pertinence.

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— Nom d'espèce sanguineum Müller 1764, Faun. Frid., 62 et 1767 Enum. Fridr., Nova Acta ...Nat. Curios. 3:128.  Du latin  sanguineus, "sanguin, rouge sang" pour qualifier l’abdomen des mâles matures, comme l'indique Müller dans sa description : dorso sanguineo (en 1764) et Dorsum abdominis totum sanguineum (en 1767).

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— Noms vernaculaires français : 1. "La Ninon", 1789 De Villiers Car. Linn. Ent., 20. 2. "Libellule de Roesel" 1840 par Sélys-Longchamps Monog. Libell. Eur.,47 en traduction de L. roeselii Curtis 1838 car Roesel en a donné une description illustrée dès 1749. 3. "Libellule sanglante" par Sélys-Longchamps Rev. Odon.,:31 en  traduction du nom scientifique donné par Müller. 4. "Sympétrum rouge-sang" 1959 . 5.  "Sympétrum sanguin" 1998. 

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— Noms vernaculaires étrangers : Anglais : "Ruddy darter". Allemand : "Blutrote Heidelibelle". Espagnol : "Libélula flecha roja". Néerlandais: "Bloedrode heidelibel". Polonais: "Szablak krwisty". Finnois (Suomi): "Verikorento"

 

 

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LE NOM DE GENRE SYMPETRUM NEWMAN, 1833.

Entomological Magazine vol. 1, London, F. Westley & A.H. Davis, page 511

Voir :  Zoonymie des Odonates. Le nom de genre Sympetrum, Newman, 1833. 

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LE NOM D'ESPÈCE SANGUINEUM MÜLLER, 1764.

 

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LA DESCRIPTION ORIGINALE.

 

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Sur l'auteur et sa publication, voir la zoonymie de Aeshna cyanea Müller, 1764. Je rappelle néanmoins que le danois Otto Fridrich Müller décrit ici la faune entomologique de la propriété de sa protectrice, la comtesse Schulin à Fridrichsdal —aujourd'hui Frederiksdal — près de Copenhague.

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Müller, O. F. 1764. Favna insectorvm Fridrichsdalina, sive methodica descriptio insectorvm agri Fridrichsdalensis, cvm characteribvs genericis et specificis, nominibvs trivialibvs, locis natalibvs, iconibvs allegatis, novisqve plvribvs specibvs additis. - pp. I-XXIV [= 1-24], 1-96. Hafniae, Lipsiae. (Gleditsch). page 62 n°547.

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN368323110?tify={%22pages%22:[86],%22panX%22:0.523,%22panY%22:0.839,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.346}

 

Texte original : Müller, O. F. 1764. Favna insectorvm Fridrichsdalina, page 62:

 

547.* LIBELLVLA sanguinea, alis hyalinis puncto marginali ferrugineo : dorso sanguineo.

Roes. In aq. 2. t. 8. f. 4.

In aquis.

 

Traduction :

"547* (l'astérisque indique que l'espèce est nouvellement décrite par l'auteur). Libellula sanguinea, ailes hyalines à point marginal brun-rouille ; le dos est rouge sang.

Décrit par Roesel, Insecten Belustigung vol. 2 des Insectes aquatiques planche VIII figure 4.

Vit dans les milieux aquatiques."

 

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Zoonymie des Odonates : l'origine du nom Sympetrum sanguineum Müller, 1764.

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LA DESCRIPTION PAR MÜLLER EN 1767, Enum. Fridr., Nova Acta ...Nat. Curios. 3:128

Comme pour l'ensemble des noms de libellules créés par Müller dans sa publication de 1764, il faut ajouter à cette description  celle, —plus complète —  de l'article publié en 1767 (mais écrit en 1763) et consacré, non plus à l'ensemble de la faune entomologique de Fridrichsdal, mais uniquement aux libellules :   Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Fridrichsdalensis. Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldina-Carolinae Naturae Curiosorum, t. 3. 1767,  page 128 n°15.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/131768#page/170/mode/1up

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15) Libellula sanguinea, alis hyalinis, puncto marginali ferrugineo : abdomine sanguineo. 

Roesel, Ins. aquat. T. 8. f. 4. 

Descript. Facies sanguinea frons fusca. Thorax hirsutus, superne fuscus, latere luteo-rubens. Dorsum abdominis totum sanguineum, 2. ultimis articulis lineola nigra

Traduction : "Libellula sanguinea, ailes hyalines,  à point marginal brun-rouille ; l'abdomen est rouge sang.

Description : face rouge et front brun. Thorax velu, brun au dessus, jaune virant au rouge sur les cotés. La face dorsale de l'abdomen est entièrement rouge sang. Lignes noires sur les deux derniers segments."

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O.F. MÜLLER 1767,  Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Fridrichsdalensis. page 128

O.F. MÜLLER 1767, Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Fridrichsdalensis. page 128

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LA RÉFÉRENCE À LA DESCRIPTION DE  ROESEL.

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http://digi.ub.uni-heidelberg.de/diglit/roesel1749bd2/0279/image

August Johann Roesel von Rosenhof, 1749, Insecten belustigung, volume 2 Nuremberg : Insectorum aquatilium Classis II Planche VIII figure 3.

Cette description a conduit Curtis à nommer cette espèce Libellula roeselii en 1838, puis   De Sélys-Longchamps à la  nommer "Libellule de Roesel" en 1840. En effet, la publication de Müller est restée longtemps méconnue, avant d'être signalée par De Sélys-Longchamps 1850..

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Zoonymie des Odonates : l'origine du nom Sympetrum sanguineum Müller, 1764.

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L'ÉTUDE DU NOM SANGUINEUM.

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Cet adjectif, ou épithète spécifique, est la modification au masculin, pour l'accorder à Sympetrum, de l'adjectif féminin sanguinea, accordé à Libellula par Müller. L'auteur reprend cet épithète de sa description latine ou diagnose, dorso sanguineo (le dos rouge-sang) en 1764, abdomine sanguineo ...Dorsum abdominis totum sanguineum,  (l'abdomen rouge-sang ...la face dorsale de l'abdomen entièrement rouge-sang) en 1767.

Le terme qualifie donc sans ambiguïté la couleur de l'abdomen  de ces libellules, mais il ne s'applique en réalité qu'aux mâles matures.

L'adjectif latin sanguineus, -a, -um dérive de sanguis, "sang" + -eus  et signifie (Gaffiot 1934) "de sang" ou "de couleur du sang". Le Wiktionnaire en français le traduit par "sanguin", alors que le Wiktionary donne trois acceptations : 1. of blood, bloody. 2. bloodthirsty, 3. blood-coloured.

Puisque l'adjectif français "sanguin" n'est un qualificatif de couleur que par métonymie (CNRTL), comme dans "marbre ou porphyre sanguin" (mineralogie), mais plus évocateur au féminin  comme dans "Oseille sanguine", Rumex sanguineus, ou  "orange sanguine",  et quoique cet usage soit déjà attesté au XIIe siècle dans les Lapidaires anglo-normand ("sanguines gutes"), et bien que, là encore, le lien entre la couleur rouge et le sang soit très étroit et très ancien (ca 1130, Paraphrase Cantique des Cantiques : sang : "qui a la couleur caractéristique du sang, de certaines fleurs"), nous sommes conduit à le traduire par "rouge sang" ou "rouge de sang".

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En résumé, sanguineum du latin  sanguineus, "sanguin, rouge sang" pour qualifier l’abdomen des mâles matures, comme l'indique Müller dans sa description : dorso sanguineo (en 1764) et Dorsum abdominis totum sanguineum (en 1767).

 

 

 

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LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE.

 

PRECIGOUT ET PRUD'HOMME / POITOU-CHARENTES-NATURE:

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/sympetrum-sanguin/

"Sanguineum de sanguineus (lat) = sanguin, rouge sang : l’abdomen des mâles matures est rouge clair."

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Sympetrum sanguineum (Müller, 1764) from Lat. sanguineus, -a, -um = blood-red [sanguis = blood] for the blood-red colour of the male's abdomen."

D'ANTONIO & VEGLIANTE.

"Sanguineum (Sympetrum) - sanguineus, a, um = sanguigno, di color sangue. Per la colorazione dominante del corpo."

ENDERSBY & FLIEDNER, 2015

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia's_Dragonflies

 

"sanguinea, Libellula Macleay W.S., 1827: 456 [junior primary homonym of Libellula sanguinea Müller, 1764 Watson in Houston & Watson 1988: 283]

L. sanguineus –a –um = of blood, blood-red.

L. tota sanguinea alis hyalinis stigmate fulvo nervisque sanguineis, posticis basi flavescentibus.” [Dragonfly completely blood-red with hyaline wings with yellow pterostigma and blood-red venation, the hind wings at the base yellowish.] {declinable adjective."

NB : la diagnose latine, qui n'est pas celle de Müller,  provient du Catalogue of insects collected by captain King, par William Sharp  Mac Leay, en appendice du  Narrative of a survey of the Intertropical and Western Coast of Autralia de Phillip P. King, 1827.

 

 

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VAN HIJUM, 2005.

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"Bloedrode heidelibel Sympetrum sanguineum , sanguineum = bloed-dooe. Bloedreade heidelibel Bloedreade heidelibel, Bloed hopke"

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SYNONYMES ET ILLUSTRATIONS.

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1°)  Libellula roeselii, Curtis, John, 1838,  British Entomology 15:712 

2°) Libellula nigripes  Toussaint de Charpentier 1840, Libellulinae Europeae descriptae ac depictae planche X, Libellula [Diplax] nigripes mâle et femelle. Description page 77.

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Zoonymie des Odonates : l'origine du nom Sympetrum sanguineum Müller, 1764.

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3°) L. rufostigma Newman , L. angustipennisStephens, 1835, Illustrations of British Entomology, Manducata 6 : 95

https://www.biodiversitylibrary.org/item/97232#page/105/mode/1up

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— Autres synonymes, cités par De Sélys 1850 :


 Libellula flaveola var. ,  Latreille 

Libellula flaveola Vander Linden, 1825 

Libellula basalis Stephens, 1829 

Sympetrum rufostigma Newman, 1833 

Sympetrum basale Newman, 1833 

Libellula (Sympetrum) angustipennis Stephens, 1835

 

— Mais aussi :

Diplax nigrostigma Buchecker, 1876 :  enrici Buchecker Systema entomologiae, sistens insectorum classes, genera, species : pars I. Odonata (Fabric.) europ, München : Im Selbstverlag des Verfassers page 8 

https://archive.org/stream/henricibuchecke00buch#page/n29/mode/2up

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Diplax nigrostigma mâle (à gauche) et femelle,  Buchecker, 1876 :  Syst. ent.,8.

Diplax nigrostigma mâle (à gauche) et femelle,  Buchecker, 1876 :  Syst. ent.,8.

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RÉCEPTION.

World Catalogue of Odonata, Heinrik Steinmann 1997 page 482 (Numérisé par Google)

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World Catalogue of Odonata, Heinrik Steinmann 1997 page 482 (Numérisé par Google)

World Catalogue of Odonata, Heinrik Steinmann 1997 page 482 (Numérisé par Google)

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LES NOMS VERNACULAIRES FRANÇAIS.

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1°) De Villers 1789 3:20.  "La Ninon".

Le naturaliste Charles de Villers ou Devillers, né à Rennes en 1710 et mort à Lyon en 1810, a publié en 1789 son ouvrage :

Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, &c. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus -quartus:

Le titre rend hommage à la Fauna suecica ou Faune de Suède de Linné (deux éditions en 1746 et 1761), mais la complète des descriptions de Scopoli, de Geoffroy (1762), de De Geer, de Fabricius, de Schrank, mais aussi manifestement de Müller, et de ses observations de la France méridionale, autour de Lyon (De Villers mentionne son appartenance aux académies de Lyon, Marseille et Villefranche). 

Il donne un nom en français à chaque espèce décrite, et, pour les Libellules ou Demoiselles, il reprend la règle initiée par Etienne-Louis Geoffroy de choisir ce nom parmi les prénoms féminins.

Curieusement, alors qu'il cite mot à mot la diagnose de Müller, et qu'il reprenne le nom de Libellula sanguinea, il ne le cite pas en référence pour cette espèce. Pourtant, les autres espèces décrites renvoient fréquemment à l'auteur danois, soit en citant Faun. Frid. soit sans-doute en citant Müll. Linn. Nat. cl. .

De Villers mentionne que l'espèce a été observée (sans doute par lui) près de Lyon, et s'interroge sur le fait qu'il puisse s'agir d'une variété de L. vulgata.

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https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

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2°) "Libellule de Roesel ", de Selys-Longchamps, 1840 Monographie des libellulidées page 47 : 

il s'agit de la traduction de Libellula roeselii Curtis 1838.

Voir aussi Pierre RAMBUR, 1842, Histoire naturelle des insectes : Névroptères, page 102. 

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Libellule de Roesel [de Selys-Longchamps, 1840], numérisation Google

Libellule de Roesel [de Selys-Longchamps, 1840], numérisation Google

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3°) La  "Libellule sanglante" , de Selys-Longchamps et Hermann August HagenRevue des odonates: ou, libellules d'Europe  1850 page 31. Num. Google ,

De Sélys-Longchamps explique en page 33 que "M. Hagen ayant prouvé que notre espèce est clairement décrite par Müller sous le nom de sanguinea , nous avons dû l’appeler ainsi et faire disparaître celui de L. Rœselii."

Ce qui indique une nouvelle fois que la publication de Müller (et peut-être aussi celle de De Villers, qui la mentionne) était passée inaperçue des principaux odonatologistes  jusqu'à 1850.

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Revue des odonates: ou, libellules d'Europe Par Michel-Edmond baron de Sélys-Longchamps, Hermann August Hagen, 1850 page 31 et 32. Num. Google
Revue des odonates: ou, libellules d'Europe Par Michel-Edmond baron de Sélys-Longchamps, Hermann August Hagen, 1850 page 31 et 32. Num. Google

Revue des odonates: ou, libellules d'Europe Par Michel-Edmond baron de Sélys-Longchamps, Hermann August Hagen, 1850 page 31 et 32. Num. Google

Revue des odonates: ou, libellules d'Europe Par Michel-Edmond baron de Sélys-Longchamps, Hermann August Hagen, 1850 page 33. Num. Google

Revue des odonates: ou, libellules d'Europe Par Michel-Edmond baron de Sélys-Longchamps, Hermann August Hagen, 1850 page 33. Num. Google

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4°) Le "Sympétrum rouge sang" : le nom apparaît pour la première fois , dans ma recherche en ligne, dans la revue Alexanor de 1959 page 500. Il est repris dans Les Libellules de France, Belgique et Luxembourg de Daniel Grand et Jean-Pierre Boudot 2006

 

5°) Le "Sympétrum sanguin".1998.

Le nom apparaît d'abord en 1998 dans le Guide des Libellules d'Europe et d'Afrique du Nord chez Delachaux et Niestlé, de Jacques d'Aguilar, Jean-Louis Dommanget et Jean-Pierre Boudot. Il est repris dans le Guide des Libellules de France et d'Europe de K.D.B. Dijkstra 2007, ou  dans les Libellules de Poitou-Charentes paru en 2009, et non dans le titre mais  au sein de l'article spécifique des  Libellules de France, Belgique et Luxembourg de Daniel Grand et Jean-Pierre Boudot 2006.

Aujourd'hui (2018), le site de l'INPN mentionne les deux noms : le Sympétrum rouge sang et le Sympétrum sanguin.

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NOMS VERNACULAIRES ÉTRANGERS.

Anglais : "Ruddy darter"

Allemand : "Blutrote Heidelibelle"

Espagnol "Libélula flecha roja"
Néerlandais: "Bloedrode heidelibel"

Polonais: "Szablak krwisty"
Finnois (Suomi): "Verikorento"

 

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SOURCES ET LIENS.

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 Sur Müller :

 

DAMKAER (D.M), 2002, The Copepodologist's Cabinet: A Biographical and Bibliographical ..., Partie 1 , American Philosophical Society, 2002 - 300 pages, pages 73 et suiv.

https://books.google.fr/books?id=TgUNAAAAIAAJ&dq=comtesse+schulin+M%C3%BCller&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

.

ZOONYMIE :

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

— STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

— BUCHECKER (Henrich), 1876, Henrici Buchecker Systema entomologiae, sistens insectorum classes, genera, species : pars I. Odonata (Fabric.) europ, München : Im Selbstverlag des Verfassers

https://archive.org/stream/henricibuchecke00buch#page/n23/mode/2up

— CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. L. Voss, 180 pages,.

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates

http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique

— DELIRY (Cyrille)  Monographie Sympetrum sanguineum

http://www.deliry.com/index.php?title=Sympetrum_sanguineum

 

— MÜLLER  O.F. 1764 - Fauna insectorum Fridrichsdalina. - Hafnia & Lipsia. -

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN368323110?tify={%22pages%22:[86],%22panX%22:0.042,%22panY%22:0.641,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.288}

— MÜLLER (O.F.), 1767,  Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Friedrichsdalensis. Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldina-Carolinae Naturae Curiosorum, t. 3. 1767, page 125.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/131768#page/166/mode/1up

— NEWMAN, E., 1833, Entomological notes, Entom. Mag. ,London, 1 : 502-514

— SCHWARZ (Christian Wilhelm ), 1830, Nomenclator über die in den Röselschen Insekten-Belustigungen und Kleemanschen Beyträgen zur Insekten-Geschichte abgebildeten und beschriebenen Insekten und Würmer: mit möglichst vollständiger Synonymie. Dritte bis Siebente Abtheilung, Volume 3 Raspe, 1830 - 136 pages

https://books.google.fr/books?id=G3BcAAAAcAAJ&dq=libellula+fridrichsdalensis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

— VANDER LINDEN, P.L. 1825 - Monographiae Libellulinarum Europaearum. - Bruxellis. -

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
4 mai 2018 5 04 /05 /mai /2018 15:59

Zoonymie des Odonates. Le nom de genre Cordulia, Leach,1815.

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Voir aussi :

 

 

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Résumé.

Cordulia Leach 1815. Eding. Encycl.: 136. Cordulia  vient du mot grecs κορδύλη, kordylē- "massue, renflement, bosse, gonflement" , du fait de l’épaississement en forme de massue de l’abdomen du mâle. Le genre Cordulegaster, également nommé par Leach, est construit sur le même suffixe kordylē-. 

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I. LA PUBLICATION ORIGINALE. CORDULIA, LEACH 1815.

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En 1813, William Elford Leach (1791-1836), diplomé en médecine de l'université St-Andrews (Ecosse) après avoir étudié à Edimbourg, devint responsable des collections zoologiques du British Museum. En 1815, il rédigea la première bibliographie, extraordinairement détaillée, de l'entomologie, dans la partie historique d'un article "Entomologie" de l'Edinburgh Encyclopaedia de D. Brewster. Il publia entre 1814 et 1817 ses Zoological Miscellany, mais en 1822, atteint de dépression et de surmenage, il démissionna de son poste pour voyager.

— LEACH , W.E. (1815). "Entomology". In Brewster, David. Edinburgh Encyclopaedia. Vol. 9. Edinburgh: William Blackwood. pp. 57–172 [136] (in 1830 edition) – via Biodiversity Heritage Library.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/17493627#page/144/mode/1up

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GENUS CCCCLXXX. CORDULIA. Leach's MSS. 
LIBELLULA. Linn. Donovan. Panzer, Latreille. 
Posterior wings in the male produced into an angle  at the anal edge. 
Sp. 1. Aenea
Libellula aenea. Linn. Donovan, Panzer, Latreille. 
Cordulia aenea. Leach's MSS. 

 

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Zoonymie des Odonates. Le nom de genre Cordulia, Leach,1815.

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La première référence de Leach va à Libellula aenea, Linnaeus,1758.

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II. ETUDE DU NOM.

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Leach ne justifie pas, directement ou indirectement, son nom de genre dans son texte..

Or, le nom Cordulia est construit sur un suffixe grec,  χορδυλε, εσ,  kordylê qui signifie "gonflement, massue". Ce qualificatif est attribué soit "à la forme générale du corps" (Antonio et Veglante), soit "à la forme de l'abdomen du mâle" ( Fliedner puis Précigout et Prudhomme)

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Voir les auteurs suivants : 

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulie-bronzee/

"cordulia de kordyleia (gr) = massue : du fait de la forme de l’abdomen du mâle"

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum" (PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

"Cordulia - χορδυλε, εσ = clava. Per la forma generale del corpo."

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters "Handbuch der Entomologie", Virgo 9[5-23]

"Cordulia (Adjektiv zu gr. kordylē - Keule] bezieht sich auf die Form des Abdomens der Männchen."

 

 

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III. RÉCEPTION DU GENRE.

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STEINMANN (Henrik), 1997,  World Catalogue of Odonata n° 110  Walter de Gruyter page 253 :

 

 

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ILLUSTRATION du généro-type Cordulia aenea :

 

SOWERBY (James), 1806, The British miscellany, or, Coloured figures of new, rare, or little known animal subjects : many not before ascertained to be inhabitants of the British Isles : and chiefly in the possession of the author, James Sowerby. Coloured figures of new, rare, or little known animal subjects London :Printed by R. Taylor & Co., and sold by the author, J. Sowerby by White, Johnson, Symonds, and all other booksellers,1806. Planche 47 page 99 : Libellula aenea, Metallic Dragon-fly

https://www.biodiversitylibrary.org/item/91785#page/214/mode/1up

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 Libellula aenea, Metallic Dragon-fly, Sowerby 1806.

Libellula aenea, Metallic Dragon-fly, Sowerby 1806.

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SOURCES ET LIENS.

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association)

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/cordulegastre-annele/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

Odonates costarmoricains.

http://www.nature22.com/odonates22/ordresystematique.html

INPN.MNHN

https://inpn.mnhn.fr/espece/cd_nom/65376

 

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
29 avril 2018 7 29 /04 /avril /2018 07:55

Zoonymie des Odonates : le nom Æshna isoceles Müller, 1767.

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Voir aussi :

 

 

 

 

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Résumé.

Æshna Fabricius 1775 Syst. Ent.: 424 Le nom de genre Æshna  ne peut être expliqué, mais l'entomologiste danois a  peut-être été inspiré  par le nom tout aussi mystérieux "Æschna"  donné par Thomas Mouffet en 1634 et 1658 à un de ses Phryganides, sur la même page où il décrivait ses libellules.

isoceles Müller, 1767,  Nova Acta Leop. Carol., 3:125. Du grec isos = égal et skelos = "jambe" et par ext. en géométrie "côté", "triangle isocèle",  du fait du triangle  jaune pâle qui orne les premiers segments abdominaux de la libellule.  L'auteur l'explique dans sa description en latin : basi dorsi triangulo flavo, "un triangle jaune à la base du dos". La forme latine correcte, correspondant au grec isoskeles,  est isoscleles, mais la graphie utilisée par Müller se retrouve dans des ouvrages allemands de son époque. Elle doit être respectée, alors qu'un certain nombre d'auteurs parlent d'A. isoscleles Müller.

— Noms vernaculaires : l'Æschne roussâtre (de Sélys-Longchamps 1840) puis, actuellement,  l'Aeschne isocèle.

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LE NOM DE GENRE ÆSHNA FABRICIUS 1775.

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Voir l'article consacré à ce nom : http://www.lavieb-aile.com/2017/12/zoonymi-des-odonates.le-nom-de-genre-aeshna-fabricius-1775.html

 

Résumé :

 

—  Æshna Fabricius 1775 Syst. Ent.: 424 Le nom de genre Æshna  ne peut être expliqué, mais l'entomologiste danois a  peut-être été inspiré  par le nom tout aussi mystérieux "Æschna"  donné par Thomas Mouffet en 1634 et 1658 à un de ses Phryganides, sur la même page où il décrivait ses libellules.

 Bien que Æshna soit "fautif" s'il s'agissait d'un nom inspiré du grec, un  lapsus calami ou une erreur typographique n'est pas envisageable puisque cette graphie a persisté telle quelle dans les publications écrites et supervisées par l'auteur en 1781, 1789 et 1792.  Il n'est donc pas licite de modifier sa graphie en Æschna comme l'avait proposé Illiger en 1807, mais cette dernière forme, souvent utilisée par les entomologistes jusqu'à la décision de la Commission Internationale de Nomenclature en 1939, est à l'origine de notre nom français actuel, Aeschne. 

— Nom vernaculaire :

En 1803, Olivier ou Latreille écrivaient (Nouveau dict. Hist. Nat.) écrivaient AEshne

En 1805, Latreille, qui en créa le genre, écrivait ÆSHNE, œshne.

Latreille encore, en 1829 (in Cuvier, Le règne animal),  décrivait dans sa famille des Subulicornes   Les Æshnes (Æshna Fabricius).

C'est en 1840 que l'entomologiste belge de Sélys-Longchamps écrit dans sa Monographie des Libellulidés d'Europe AESCHNE.

C'est cette graphie qui est reprise par les auteurs des Guides et Atlas actuels (Dijkstra par Delachaux et Niestlé; Libellules de Poitou-Charentes, Libellules de France, Belgique et Luxembourg, etc).

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LE NOM D'ESPÈCE ISOCELES MÜLLER, 1767.

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I. LA DESCRIPTION ORIGINALE.

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Sur l'auteur et sa première publication de 1764, voir la zoonymie de Aeshna cyanea Müller, 1764.

 

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Müller (Otto Friedrich) 1767,  Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Fridrichsdalensis. Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldina-Carolinae Naturae Curiosorum, t. 3. 1767, n°9 page 125.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/131768#page/166/mode/1up

 

Numérisation BLH  Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldino-Carolinae Naturae Curiosum, Nuremberg :

https://www.biodiversitylibrary.org/item/131768#page/167/mode/1up

 

Rappel et contexte.

1°) En 1764, Otto Friedrich Müller, précepteur du fils de la comtesse Schulin, depuis 1753, donna une description de la faune entomologique de la propriété foncière d'été des Schulin dite Fridrischdal (aujourd'hui Frederickdal) près de Copenhague, au Danemark. Sa Fauna insectorum Fridrichsdalensis fut publiée à Copenhague (Hafnia).  Parmi les Neuroptères, il décrivait 23 espèces de Libellules (n° 531 à 553), dont 9 espèces nouvelles. Il signalait en note page 63 à propos de  ces espèces nouvelles vide in Actis N.C 1764, ce qui renvoie aux Acta Naturae Curiosorum de cette année. Néanmoins, cette publication a sorti son tome 1 en 1757, son tome 2 en 1761 et son tome 3 en 1767. C'est sans doute à cette livraison de 1767 que Müller renvoie.

Dans cette Fauna Fridrichsdalenis, l'espèce Libellula quadrafasciata n'est pas donnée comme "nouvelle", et est divisée en six variétés alpha, beta, gamma, epsilon, eta, zeta.

 

2°) Son article rédigé en 1763 est finalement publié dans les Acta Naturae de 1767 sous le titre    "Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Fridrichsdalensis (*)" Énumération et description des Libellules des champs de Fridrichsdal. L'astérisque renvoie à la note de bas de page : 

Est Praedium, vix duos lapides Hafnia distans, Excellentissimae, & illustrissimae Comitissae a CHULIN, natae a Moesting, historiae naturalis culticis, fautricisque benignissimae.

"C'est la Maison de campagne, à peine à deux jets de pierre de Copenhague, de l'Excellentissime et très Illustre comtesse SCHULIN, née à Moesting, versée en Histoire naturelle dont elle est la protectrice très bienveillante".

Puis vient une introduction où il annonce 18 variétés et 12 nouvelles espèces:

Historiae naturali horis subsecivis per duo lustra intento, novissime in collectione et investigatione Oeconomiae Insectorum praeter alia nova, vel minus cognita, maior numerus Libellularum obtigit, quam qui huc usque notus est, vel in Systemate Viri de re physica optime meriti reperitur. Alia vero Physices parte totum meum otium occupante, tantum temporis nondum his impendere licuit, quantum ad stabiliendum species notandasque veras varietates mihi satis effet. Utriusque sexus in coitu deprehensio, quae ad evitandam specierum augmentationem non parum confert, mihi quidem in plerisque contigit : e qualibet specie et varietate non modo individuum vidi et examinavi, gregem vero offendi, earumque exemplaria servo de natura tamen eiusque varietatibus non est, quod audaster pronunciem. Quid, quod ! e patria ad exteros peregre profecturus, mallem meam qualemcunque publici iuris facere, quam ulteriorem incertam exspectare inquisitionem. En! igitur animalium maxime voracium duodeviginti varietates, duodecimque novas species. Oeconomiam, metamorphosin, qualitates harum qui defiderat, celeberrimos Viros, Roeselium, Reaumur &c quorum experientias veras comperi, adeat.

 

 

L'article se termine par Hafnia Halam missa d. 4 Maiia, 1763 :   Il a été adressé de Copenhague le 4 mai 1763. Müller avait débuté sérieusement ses recherches en 1758 en utilisant le Systema de Linné, et il avait commencé à correspondre avec Linné en 1762. De 1763 à 1764, Müller se rendit à Leipzig avec son jeune élève et y multiplia les visites de naturalistes et de collections. De 1765 à 1767, le duo voyagera en Allemagne, en Suisse, en Italie, en France et en Hollande. Ils revinrent à Copenhague en 1767, et quitta le service des Schulin en 1771.

L'article a donc été sans doute rédigé à Leipzig d'après des observations antérieures.

 

Dans cette article, Müller reprend sa Libellula quadrifasciata (à quatre lignes jaunes sur le thorax) et ses six variétés, qu'il hésite à considérer comme des espèces à part entière. Il donne à chaque variété des noms spécifiques. Il a réalisé que sa variété alpha était la Libellula grandis décrite par Linné en 1758 mais dont il mentionne la description dans le Fauna suecica de 1761 par l'auteur suédois sous le n° 1467 page 374. Sa variété beta prend le nom d'Isocele (avec une majuscule), la variété gamma se nomme Libellula rufa (rousse) [pas d'attribution connue], Epsilon est Libellula ocellata (avec des ocelles), déjà décrit par Linné [Æshna juncea Linnaeus 1758], Êta est Libellula nobilis [syn. A. grandis], la dernière est Libellula plebeia [pas d'attribution connue].

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Texte de la description originale. Je donne l'ensemble des variétés de Libellula quadrifasciata, dont L. isoceles.

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9) Libellula quadrifasciata, thoracis lateribus lineis quatuor luteis ; abdomine longo cylindraceo. 
 

Species, an varietates ? 

Alpha Libellula grandis alis glaucescentibus thoracis lineis quatuor flavis. Faun. Svec. 1467. 

— Beta Libellula
Isoceles alis albentibus: abdomine rufo-fusco, basi dorsi triangulo flavo.

Alae in mare albidae inferiores quidem ad basin incurvatam lutescentes, in foemina alae omnes subflavescentes. Linea thoracis laterales obsoleto - flavae. 

Gamma Libellula rufa alis albentibus: abdomine rufo-fusco, basi dorsi sexlineata. 
Alae totae albidae, minime ad basin lutescentes, punctum marginale fuscum. Basis dorsi abdominis loco trianguli sex lineis nigris inaequalibus notata. 

— Epsilon  Libellula
ocellata alis albentibus: abdomine pulchre variegato. 

Descript.
Facies fusca, flavaque variegatata. Alarum punctum marginale lutescens. Oculi fusci. Thorax subfuscus hirsutus, utrinque lincis duabus latis flavo-virentibus. Abdomen prope basin rotundatum, crassum, maculis lineisque, diversicoloribus, In tribus prioribus articulis maculae laterales sulphureae, secunda & tertia punctulo nigro notatis; in  reliquis reliquis maculae latae albescentes. Ligamenta articulorum nigra. Supra ligamentum quodcunque a tergo duce maculae flavae, oculorum inslar lineola nigra cinctae; hae ad caudam sensim dimminuuntur & albescunt, in medio cujusvis articuli linea transverfalis nigra, cui adsunt striae duae flavae. Abdomen subtus fuscum, linea intermedia nigricante. 

—Êta  Libellula nobilis alis fulvescentibus : abdomine rufo-fusco, prope basin attenuato : maculis lateralibus albo-caeruleis. 
Rai.
Ins. 49, 7. Libella maxima abdomine longo tenuiori, alis fulvescentibus. 
Roesel.
Ins. 2, aqu. T. 4.f. 14. 
In vivis nulli pulchritudine secunda ; morte vero maculae albo-coerulea evanescunt. 

—Delta Libellula
plebeia alis fulvescentibus ; abdomine rufo-fusco basi craflb. 

Descript,
Caput nigro-fuscum; frons lutea. Thorax rufo-fuscus lineis lateralibus 4 flavis; abdomen nigrius novem constans articulis a basi ad apicem decrescentibus. Latere cuiusvis articuli facit lineola nigra cum basi angulum, cui includitur macula coerulescens, post mortem lutea. Abdomen subtus, uti & ligamenta articulorum picea

evd facile crederem veras Libellularum species a praecedentibus diversas, 

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Je reprends la description de Libellula Isoceles :

— Beta Libellula Isoceles alis albentibus: abdomine rufo-fusco, basi dorsi triangulo flavo.

Alae in mare [sic] albidae inferiores quidem ad basin incurvatam lutescentes, in foemina alae omnes subflavescentes. Linea thoracis laterales obsoleto-flavae. 

Tentative de traduction : "Libellule Isoceles, ailes blanchâtres, abdomen roux-brun, triangle jaune à la base de la face dorsale."

"Les ailes du mâle sont blanches virant au jaune à la base des inférieures, chez la femelle les ailes sont entièrement jaunâtres. Les lignes du thorax sont d'un jaune délavé."

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BHL https://www.biodiversitylibrary.org/item/131768#page/167/mode/1up

BHL https://www.biodiversitylibrary.org/item/131768#page/167/mode/1up

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ÉTUDE DU NOM ISOCELES.

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L'épithète spécifique est écrit en latin  avec la graphie Isoceles, avec sa majuscule. Nous rapprochons ce nom du latin isosceles (avec un -s- avant le -c-), pour lequel le dictionnaire Gaffiot donne : Īsoscĕlēs, is, « isocèle ». 

Notre adjectif français est défini ainsi par le CNRTL:

 Emprunté au bas latin   isosceles « isocèle », lui-même emprunté au grec ἰσοσκελής, isoskelês. littéralement « ayant deux jambes égales », en géométrie « ayant deux côtés égaux ».

https://en.wiktionary.org/wiki/isosceles#Latin

https://fr.wiktionary.org/wiki/isoc%C3%A8le

Nous pouvons donc facilement associer cet adjectif à la mention, dans la description originale, du "triangle jaune de la base du dos" ( basi dorsi triangulo flavo. ) et conclure que Müller a choisi ce nom latin isosceles, "isocèle", (du grec isos, "égal" et skelos, "coté",) du fait du triangle jaune pâle qui orne les premiers segments abdominaux de l'insecte. 

Une curieuse graphie.

Il reste à s'interroger sur la "faute" commise par l'auteur danois en écrivant Isoceles et non isoscleles

Je constate l'usage de cette graphie, et de la majuscule, dans un ouvrage de géométrie allemand de 1691 (Jacob Meyer , Geometria theoretica oder Handgriff des Circuls und Lineas 1691), mais surtout dans un lexique de 1775 (Curiöses und reales Natur-Kunst-Berg-Gewerck- und Handlungs Lexicon 1775) en synonyme de Triangulum aequicrurum

Je suggère donc que Müller, en voyage à Leipzig, a pu puiser dans un dictionnaire de langue allemande la désignation latine Isoceles et non isosceles.

 

Ce serait un minuscule point de détail si un certain nombre d'auteurs n'avaient cru nécessaires de corriger cette faute. L'un des articles les plus cités est celui ci : 

Schmidt, E., 1950, Was ist Libellula . . . isosceles O. F. Miiller 1767?, Ent. Ztschr. 60 (1/2), pp. 1-9.

Mais il faudrait citer d'abord la Revue des Odonates de de Sélys-Longchamps et Hagen 1850, page 130.

De même, dans l'édition 1997 du World Catalogue of Odonata d'H. Steinmann, le genre Anaciaeschna de Sélys débute par l'espèce isosceles isoscleles Müller.

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IV . LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE DES ODONATES.

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PRECIGOUT ET PRUD'HOMME / POITOU-CHARENTES-NATURE:

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/aeschne-isocele/

" Isoceles du grec isos = égal et skelos = côté, du fait du triangle isocèle jaune pâle qui orne les premiers segments abdominaux de l’insecte. Le nom français est une adaptation du nom scientifique. "

.

DRAGONFLYPIX

http://www.dragonflypix.com/etymology.html

"Aeshna isoceles (Müller, 1767) from Grk. ἴσος, -η, -ον = same + σκέλος = leg for the yellow mark on S2 in the shape of an isosceles triangle".

.

 ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) 

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

"isosceles (Anaciaeschna) - isosceles, is = isoscele. Per la presenza in entrambi i sessi di un marchio giallo a forma di triangolo isoscele sul secondo tergite "

.

HEINRICK FLIEDNER 2009.

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

isoceles (Müller) [gr. isoskelēs - with equal legs ~ isosceles] most probably evokes the triangular figure on the second abdominal segment. The spelling isoceles in the first description seems to be a lapsus calami or a kind of simplified spelling, as in pronunciation the s is silent. As Müller did not explain the denomination an incorrect original spelling cannot be proved; the spelling of the original publication therefore has to be maintained."

 

 

VAN HIJUM, 2005

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

"Aeshna isosceles isos = gelijk; skelos = been (duidt op de gelijkbenige gele driehoek op tweede achterlijfsegment) " Traduction : "Aeshna isosceles isos = égal, skelos = jambe (se réfère au triangle jaune isocèle sur le deuxième segment de l'abdomen)"

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RÉCEPTION.

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Comme pour les autres espèces décrites par Müller, la diffusion vraisemblablement  d'abord confidentielle de sa Faune de Fridrichsdal a retardé l'adoption de ces descriptions par lea auteurs.

Heinrik Steinmann, (World Catalogue of Odonata 1997) montre que l'espèce a reçu les noms suivants :

 

 

1°) Aeshna grandis Vander Linden 1823 

2°) Aeschna chrysophthalmus Charpentier, 1825 : Horae entomologicae, adjectis tabulis novem coloratis. Wratislaviae. 255 pp. page 33.

3°) Aeschna rufescens Vander Linden, 1825 :  Vander Linden, P. L. 1825. Monographiae Libellullinarum Europaearum Specimen. Bruxelles: 42 pp. page 27

4°) Aeschna isoceles De Selys, 1840; Monographie des Libellulidés d'Europe page 58

5°) Aeschna rufescens De Selys, Revue des Odonates page 129.

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6°)  Aeshna IsocelesAeshna rufescens / Aeshna chrysophthalmus Kirby, W. F. 1890. A synonymic catalogue of Neuroptera Odonata. Guerney & Jackson, London. 202 pp. page 90 / l'auteur propose une synonymie avec isoceles Müller

 

On notera que Kirby respecte scrupuleusement non seulement la graphie, mais aussi la majuscule d'Isoceles.

 

7°) etc.. 1954 Anaciaeschna 

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Zoonymie des Odonates : le nom Æshna isoceles Müller, 1767.

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ILLUSTRATION.

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Planche XXV de Libellulinae europaeae depicta par Toussaint de Charpentier (1840) - sous Aeschna chrysophthalmus

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Aeshna isoceles, sous  Aeschna chrysophthalmus, Planche XXV mâle et femelle ,  Libellulinae europaeae depicta par Toussaint de Charpentier (1840)

Aeshna isoceles, sous  Aeschna chrysophthalmus, Planche XXV mâle et femelle , Libellulinae europaeae depicta par Toussaint de Charpentier (1840)

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NOMS VERNACULAIRES FRANÇAIS.

1°) En 1840, de Sélys-Longchamp avait traduit Aeschna rufescens de Vander Linden par "Aeschne roussâtre" 

2°) Deliry 2008 a proposé l' Aeschne rousse et l'Aeschne aux yeux verts.

3°) Les auteurs contemporains consultés, et l'INPN-MNHN ont adopté l'Aeschne isocèle.

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NOMS VERNACULAIRES ÉTRANGERS.

Norfolk Hawker en anglais,

Bruine glazenmaker en néerlandais, Kylplakbiter en frison.

Die Keilfleck-Mosaikjungfer ou  Keilflecklibelle en allemand.

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SOURCES ET LIENS.

 

Sur Müller :

 

— DAMKAER (D.M), 2002, The Copepodologist's Cabinet: A Biographical and Bibliographical ..., Partie 1 , American Philosophical Society, 2002 - 300 pages, pages 73 et suiv.

https://books.google.fr/books?id=TgUNAAAAIAAJ&dq=comtesse+schulin+M%C3%BCller&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

.

ZOONYMIE :

— http://www.dragonflypix.com/etymology.html

— POITOU-CHARENTE NATURE (Association) / Philippe JOURDE & Olivier ALLENOU

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/leucorrhine-a-front-blanc/

— ANTONIO (Costantino D’), VEGLIANTE (Francesca ) "Derivatio nominis libellularum europæarum"(PDF) (en Italien) Étymologie de 197 noms de Libellules européennes.

https://www.researchgate.net/publication/316791278_Derivatio_nominis_libellularum_europaearum

— PRÉCIGOUT (Laurent), PRUD'HOMME (Eric), 2009, Libellules de Poitou-Charentes, Ed. Poitou-Charentes Nature, 255 pages, 

— ENDERSBY (IAN D. ), 2012,  : Watson and Theischinger: the etymology of the dragonfly (Insecta: Odonata) names which they published  Journal and Proceedings of the Royal Society of New South Wales, vol. 145, nos. 443 & 444, pp. 34-53. ISSN 0035-9173/12/010034-20 34

https://royalsoc.org.au/images/pdf/journal/145_Endersby.pdf

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, Etymology of the Dragonflies (Insecta: Odonata) named by R.J. Tillyard, F.R.S. Proceedings of the Linnean Society of New South Wales 134, 1-16.

https://openjournals.library.sydney.edu.au/index.php/LIN/article/viewFile/5941/6519

— ENDERSBY (IAN D., FRS ), 2012, The Naming of Victoria’s Dragonflies (Insecta: Odonata,  Proceedings of the Royal Society of Victoria 123(3): 155-178. 

https://www.academia.edu/28354624/The_Naming_of_Victoria_s_Dragonflies_Insecta_Odonata_

— ENDERSBY (IAN D. ), 2015, The naming's of Australia's dragonflies.

https://www.researchgate.net/publication/283318421_The_Naming_of_Australia%27s_Dragonflies

 http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_origine_noms_odonates_Australie_Endersby_2015.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), 2009, Die wissenschaftlichen Namen der Libellen in Burmeisters ‘Handbuch der Entomologie’ Virgo 9[5-23]

http://www.entomologie-mv.de/download/virgo-9/Virgo%200902%20Die%20wissenschaftlichen%20Namen%20der%20Libellen%20in%20Burmeisters.pdf

— FLIEDNER (Heinrich), "The scientific names of the Odonata in Burmeister’s ‘Handbuch der Entomologie".

http://dominique.mouchene.free.fr/libs/docs/GENE_Burmeister_Fliedner.pdf

— FLIEDNER (Heinrich),  1997. Die Bedeutung der wissenschaftlichen Namen Europaischer Libellen. Libellula, supplement I. Sonderband zur Zeitschrift der Gesellschaft deutschsprachiger Odonatologen (GdO) e.V. Fliedner, Bremen.

— HIJUM (Ep van ), 2005, Friese namen van libellen , TWIRRE natuur in Fryslan jaargang 16, nummer 4 page 142-147

http://natuurtijdschriften.nl/download?type=document&docid=555521

 

STEINMANN (Henrik), World Catalogue of Odonata, Walter de Gruyter, 6 févr. 2013 - 650 pages . Numérisé Google.

https://books.google.fr/books?id=IaEgAAAAQBAJ&dq=world+catalogue+odonata&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

 

EXTRAIT DE LA BIBLIOGRAPHIE : 

 

BUCHECKER (Henrich), 1876, Henrici Buchecker Systema entomologiae, sistens insectorum classes, genera, species : pars I. Odonata (Fabric.) europ, München : Im Selbstverlag des Verfassers

https://archive.org/stream/henricibuchecke00buch#page/n23/mode/2up

— CHARPENTIER (Toussaint von) , 1840, Libellulinae europaeae descriptae ac depictae. L. Voss, 180 pages,.

https://books.google.fr/books?id=DoIwvgAACAAJ&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— DELIRY (Cyrille) : Bibliothèque des Odonates

http://www.deliry.com/index.php?title=Biblioth%C3%A8que_Odonatologique

— DELIRY (Cyrille)  Monographie Æeshna isoceles

http://www.deliry.com/index.php?title=Aeshna_isoceles

— HARRIS, M. 1776-[1780]. An exposition of English insects. Including the several classes of Neuroptera, Hymenoptera & Diptera, or bees, flies & Libellulæ. Exhibiting on 51 copper plates near 500 figures, accurately drawn & highly finished in colours, from nature. The whole minutely described, arranged & named, according to the Linnean-system, with remarks. The figures of a great number of moths, not in the Aurelian collection, formerly published by the same author, and a plate with an explanation of colours, are likewise given in the work.  White & Robson, London. - [Rééd. complète en 1782 ]. 166 pp.

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[152],%22panX%22:0.515,%22panY%22:0.796,%22view%22:%22thumbnails%22,%22zoom%22:1.541}

 https://www.gla.ac.uk/myglasgow/specialcollections/virtualexhibitions/birdsbeesandblooms/bees/mosesharrisanexpositionofenglishinsects/

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[5],%22view%22:%22info%22}

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[80],%22view%22:%22thumbnails%22}

— MÜLLER  O.F. 1764 - Fauna insectorum Fridrichsdalina. - Hafnia & Lipsia. -

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN368323110?tify={%22pages%22:[86],%22panX%22:0.042,%22panY%22:0.641,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.288}

MÜLLER (O.F.), 1767,  Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Friedrichsdalensis. Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldina-Carolinae Naturae Curiosorum, t. 3. 1767, page 125.

https://www.biodiversitylibrary.org/item/131768#page/166/mode/1up

SCHWARZ (Christian Wilhelm ), 1830, Nomenclator über die in den Röselschen Insekten-Belustigungen und Kleemanschen Beyträgen zur Insekten-Geschichte abgebildeten und beschriebenen Insekten und Würmer: mit möglichst vollständiger Synonymie. Dritte bis Siebente Abtheilung, Volume 3 Raspe, 1830 - 136 pages

https://books.google.fr/books?id=G3BcAAAAcAAJ&dq=libellula+fridrichsdalensis&hl=fr&source=gbs_navlinks_s

— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de) 1840 - Monographie des Libellulidées d'Europe. - Roret, Paris ; Muquardt, Bruxelles.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k370057n/f148.image.r=selys.langFR
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de), 1840b - Enumération des Libellulidées de Belgique. - Bull. Ac. r. Bruxelles, Sér. 1 (7) : 31-43. -
— SELYS-LONGCHAMPS ( E.de),1850 - Revue des Odonates ou Libellules d'Europe. - Bruxelles, Paris.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k26769q.texteImage

 

—  VILLERS (Charles de) 1789, Caroli Linnaei Entomologia, faunae Suecicae descriptionibus aucta; dd. Scopoli, Geoffroy, de Geer, Fabricii, Schrank, andc. speciebus vel in systemate non enumeratis, vel nuperrime detectis, vel speciebus Galliae Australis locupletata, generum specierumque rariorum iconibus ornata; curante and augente Carolo de Villers, ... Tomus primus °-quartus!: 1789 page 10 n°16 et 11 n°20.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=saKZnk3vHvQC&dq=libellula+cyanea+geoffroy&q=libellula#v=snippet&q=libellula&f=false

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Published by jean-yves cordier - dans Zoonymie des Odonates
27 avril 2018 5 27 /04 /avril /2018 15:09

Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.

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 Zoonymie ? L'étude des noms des animaux (zoo). Comme dans Toponymie, Oronymie, Hydronymie, ou Anthroponymie, mais pour les bêtes. 

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Voir aussi :

 

 

 

 

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Résumé.

— Nom de genre Libellula Linnaeus, 1758 Syst. Nat.,1, 543  : diminutif de Libella. Ce nom latin d'outil, "niveau d'arpenteur en T", qui a donné notre "niveau" a été d'abord choisi par Rondelet en 1555 pour désigner les larves de Zygoptères dont les yeux écartés forment avec le corps un T, puis Libella fut  adopté par les naturalistes (Mouffet 1634, Petiver 1695-1703, Ray 1710, Linné 1746) pour qualifier l'ensemble des Odonates.

— Nom d'espèce fulva, Müller 1764 Faun. Frid.:62. Du latin fulvus, "jaune foncé, fauve", qualifiant la coloration de la base des ailes et de l'ensemble du corps du spécimen décrit, une femelle ou une forme immature. Le mâle, dont l'abdomen est en partie bleu, et dont le jaune de l'aile est plus discret, avait été décrit dans la même publication sous le nom de Libellula Fridrichsdenlasis, du nom de la propriété d'origine royale de la comtesse de Schulin, Fridrichsdal, dont Müller  décrit la faune.

M. Harris Exp. Engl. Ins.:46  décrira cette espèce sous le nom (syn.) de L. fugax en 1782, puis J.C. Fabricius Ent. Syst. Suppl. :283 la décrira en 1798 sous le nom de L. conspurcata (syn.) "avec des taches". 

— Nom vernaculaire : Cette espèce a été nommée "La Christine" (L. fulva) et " l'Agathe" (L. Fridrichsdalensis) par De Villers en 1789, "La Libellule salie" par de Sélys-Longchamps Mon. Lib. Eur.:35 en 1840 par traduction de L. conspurcata Fab., et enfin "La Libellule fauve" par de Sélys-Longchamps Rev. Odon. : 9-10 en 1850 lorsqu'il découvrit l'antériorité et la validité de L. fulva de Müller. Ce dernier nom est aujourd'hui le seul en usage.

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LE NOM DE GENRE LIBELLULA, LINNAEUS, 1758.

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Caroli Linnaei...Systema naturae per regna tria naturae :secundum classes, ordines, genera, species, cum characteribus, differentiis, synonymis, locis. Holmiae : Impensis Direct. Laurentii Salvii, 1758-1759. 1, page 543.

https://www.biodiversitylibrary.org/page/727383#page/565/mode/1up

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Voir l'article consacré à la naissance de ce nom Libella puis Libellula :

http://www.lavieb-aile.com/2017/12/zoonymie-pre-linneenne-des-odonates-origine-du-nom-libellula-linnaeus-1758.html

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 LE NOM D'ESPÈCE LIBELLULA FULVA, MÜLLER, 1764.

 

I. LA DESCRIPTION ORIGINALE.

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Sur l'auteur et sa publication, voir la zoonymie de Aeshna cyanea Müller, 1764.

Müller, O. F. 1764. Favna insectorvm Fridrichsdalina, sive methodica descriptio insectorvm agri Fridrichsdalensis, cvm characteribvs genericis et specificis, nominibvs trivialibvs, locis natalibvs, iconibvs allegatis, novisqve plvribvs specibvs additis. - pp. I-XXIV [= 1-24], 1-96. Hafniae, Lipsiae. (Gleditsch). page 62 n°544.

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN368323110?tify={%22pages%22:[86],%22panX%22:0.523,%22panY%22:0.839,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.346}

 

Texte original :

544* LIBELLVLA fulua, alis basi fuluescentibus, macula marginali nigra : thorace abdomineque fuluo.

In aquis.

Traduction.

"Libellula fulva, base des ailes de couleur fauve, taches marginales noires ; thorax et abdomen fauves.

Vit dans les milieux aquatiques."

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Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.

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II. LA DESCRIPTION DE LIBELLULA FULVA PAR MÜLLER EN 1767.

En 1767, O.F. Müller donne une nouvelle description, plus complète, de son espèce dans son article  Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Friedrichsdalensis. Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldina-Carolinae Naturae Curiosorum, t. 3. 1767, n°20 page 129.

Numérisation BLH  Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldino-Carolinae Naturae Curiosum, Nuremberg :

https://www.biodiversitylibrary.org/item/131768#page/171/mode/1up

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20 LIBELLULA fulva alis basi fulvescentibus : thorace abdomineque fulvo. 

Descript. Tota fulva. Frons scil. thorax, abdomen, femora priora. Oculi ex parte fusci, virentesque. Basis alarum, cum nigredine quadam, & costa marginalis fulva; punctum marginale nigrum. Pedes posteriores & tibia anteriorum nigra. In abdomine  linete marginales & macula dorsalis, quae apicem versus augetur, nigra. Foemina differt nubecula nigricante in apice omnium alarum. 

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Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.

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III. LA DESCRIPTION DE LIBELLULA FRIDRICHSDALENSIS PAR O.F MÜLLER 1764.

Libellula fridrichsdalensis décrite dans la même publication et à la même page par O.F.Müller en 1764 est considérée comme appartenant à l' espèce L. fulva par Hagen (1840), de Selys-Longchamps (1850), Kirby (1890), Bridges (1994) et Steinmann (2013). Je la décris donc ici.

Müller, O. F. 1764. Favna insectorvm Fridrichsdalina, sive methodica descriptio insectorvm agri Fridrichsdalensis, cvm characteribvs genericis et specificis, nominibvs trivialibvs, locis natalibvs, iconibvs allegatis, novisqve plvribvs specibvs additis. - pp. I-XXIV [= 1-24], 1-96. Hafniae, Lipsiae. (Gleditsch). page 62 n°549.

https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN368323110?tify={%22pages%22:[86],%22panX%22:0.252,%22panY%22:0.82,%22view%22:%22info%22,%22zoom%22:0.415}

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Texte originale:

549* LIBELLVLA Fridrichsdalensis alis prioribus linea, posticis macula baseos nigricante : abdomine depresso toto caeruleo.

Traduction proposée : "Libellula Fridrichsdalensis,  ailes [antérieures nervurées ?], ailes postérieures marquées à leur base d'une tache noire. L'abdomen est plat et entièrement bleu."

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IV. LA DESCRIPTION DE LIBELLULA FRIDRICHSDALENSIS PAR MÜLLER EN 1767.

En 1767, O.F. Müller donne une nouvelle description, plus complète, de son espèce dans son article  Enumeratio ac descriptio Libellulorum agri Friedrichsdalensis. Nova acta physico-medica Academiae Caesareae Leopoldina-Carolinae Naturae Curiosorum, t. 3. 1767, n°11 page 127.

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Description :

 

11) Libellula Fridrichsdalenfis alis basi nigricantibus, abdomine depresso caeruleo. 

Rai. Ins. 140, 2. Libella maxima abdomine breviore & crassiore latioreque coeruleo. 

Roesel. Ins. aqu. T.7.f 3. 
Mense Iunio grex harum apparuit, post Solstitium nulla. Maculae nigrae baseos alarum flavo permixtae. Punctum marginale  nigrum. Roeselii Libella differt a nostra maculis lateralibus abdominis flavis, quae mihi in nulla visce ; harum loco vero maculae depressae pallidiores reliquo abdominis. 

 

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On voit qu'il se réfère à la Libella maxima de la liste complémentaire page 140 de John Ray (Historia insectorum), et à l'espèce décrite et illustrée par  Roesel dans Insecten Belustigung planche VII figure 3 (en réalité un mâle  L. depressa) tout en mentionnant les différences.

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Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.

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V. ÉTUDE DES NOMS FULVA ET FRIDRICHSDALENSIS O.F. MÜLLER 1764.

L'épithète spécifique latin  fulva correspond, une fois accordé au féminin avec Libellula, à l'adjectif fulvus, "fauve, jaune foncé". Le texte de la description, "base des ailes de couleur fauve, taches marginales noires ; thorax et abdomen fauves", montre que Müller a décrit ici une femelle, et effectivement le fauve, ou jaune foncé, est bien la couleur de la femelle, ainsi que des immatures, tandis que les mâles ont le thorax sombre, les  segments S3 à S7 de l'abdomen couverts d'une prune bleue, et la base des ailes sombres à peine teinté de jaune, tandis que les macules noirâtres des extrémités des ailes y sont très discrètes. 

La forme mâle correspondante est L. Fridrichsdalensis O.F. Müller 1764, avec son corps bleu et la base de son aile postérieure noire. Par ce nom, "de Fridrichsdal", l'auteur l'honore du nom de la riche maison de plaisance des comtes de Schulin, près de Copenhague, puisqu'il était le précepteur des enfants de la comtesse de Schulin, et qu'il consacre son ouvrage à la description de la faune de la vaste propriété foncière.

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VI. SYNONYMES.

  •  Libellula fulva O.F.Müller, 1764 
  •  Libellula fridrichsdalensis O.F.Müller, 1764 
  • Libellula fugax Harris, 1782, Exp. Engl. Ins. : 46. Synonyme de cette espèce  par Hagen (1840), de Selys-Longchamps (1840), Kirby (1890), Bridges (1994) et Steinmann (2013).
  • Libellula conspurcata Fabricius, 1798, Ent. Syst. Suppl :283

Et selon INPN MNHN:

  • Ladona fulva 
  • Leptetrum fulvum .

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1°) Libellula fugax Harris, 1782, Exposition of  England Insects  page 156 et planche XLVI fig.2.

Texte : https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[256],%22panX%22:0.516,%22panY%22:0.32,%22view%22:%22thumbnails%22,%22zoom%22:1.027}

Planche : https://gdz.sub.uni-goettingen.de/id/PPN624677753?tify={%22pages%22:[254],%22view%22:%22thumbnails%22}

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Texte original :

"Fugax. Fig.2 . Déploie ses ailes deux pouces & trois quarts."

"Le nez, le corselet et l'abdomen sont d'un beau jaune brun. L'abdomen est formé comme la première [maculata : « plat, et a trois tranchants comme une épée »]. Les ailes supérieures ont une tache brune aux bouts, & une raie brune étroite proche du corselet. Les ailes inférieures ont aussi aux bouts des taches obscures, & une sur chaque bord abdominal, qui est très obscure, et en forme comme celle de la précédente. Toutes les ailes sont teintes de jaune aux bords tranchans, & proche du corps."

 

Note : l'épithète "fugax" n'est pas explicité dans le texte.

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Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.
Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.

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2°) Libellula conspurcata Fabricius, 1798, Entomologia  Systematica Supplementum t.5  page 283.

 

https://www.biodiversitylibrary.org/page/42138782#page/291/mode/1up

Texte original :

1 — 2. Conspurcata.  L. alis omnibus stria marginali flaua apiceque macula fusca.
Habitat Kiliae Dom. Weber. 
Statura omnino L. 4maculatae at distincta. Os vesiculosum, flauescens. Thorax villosus, 
Abdomen triangulare, flauescens linea dorsali atra. Alae planae, anticae stria ante marginem crassiorem flaua, quae tamenapicem haud attingit. Macula ordinaria marginalis et macula magna fusca alam terminat. Posticae anticis concolores at macula  baseos nigra. 

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L'épithète peut se traduire par "avec des salissures, avec des taches" (latin spurcus "sale, malpropre, immonde"). 

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Zoonymie des Odonates : le nom de Libellula fulva Müller, 1764.

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VII . LES AUTEURS PRÉCÉDENTS EN ZOONYMIE DES ODONATES.

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PRECIGOUT ET PRUD'HOMME / POITOU-CHARENTES-NATURE:

http://www.poitou-charentes-nature.asso.fr/libellule-fauve/