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13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 13:53

Comme les autres baies du chœur de la cathédrale de Quimper, la baie 103 a été vitrée en 1415-1420 pendant l'épiscopat de Bertrand de Rosmadec alors que Jean V et Jeanne de France étaient duc et duchesse de Bretagne. Avec en vis-à-vis la baie offerte par la famille du Juch (n°104), elle ferme latéralement le rond-point à cinq pans autour de la baie axiale de la Crucifixion (n°100) et les baies où le duc et son fils François (baie n°101), la duchesse et sa fille Isabelle (baie n°102) figurent comme donateurs et affirment leur influence politique.

Ces cinq baies caractérisées par leur 3 lancettes (les 8 autres fenêtres hautes du chœur en ont 4)  forment-elles une unité théologique ou politique ? Le programme de cette baie n° 103 s'intègre-t-il dans le projet de mobilisation des édifices cultuels au service de la propagande des Monfort et de l'élite qui se met à leur service ?

 

 

 

 

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Les 5 vitraux du rond-point du chœur, ajoutés à un plan de Chaussepied publié in Couffon et Le Bars 1988.

Les 5 vitraux du rond-point du chœur, ajoutés à un plan de Chaussepied publié in Couffon et Le Bars 1988.

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Cette baie mesure 4,80 m de haut et 2,20 m de large et dispose de 3 lancettes trilobées, composées chacune de 4 panneaux, et d'un tympan de 6 ajours (2 trilobes et 4 quadrilobes).  Il faut lever les yeux au delà des arcades, du triforium et de la galerie de circulation à quadrilobes pour voir, avec  de bonnes jumelles, les trois saints qui nous observent de haut dans leurs niches architecturés : saint Paul, saint Jean-Baptiste et saint Pierre. Plus haut, le tympan est une copie de la création de Lusson (tous les tympans du XVe ont été détruits à la Révolution), avec ses anges musiciens inspirés de l'Arbre de Jessé de la cathédrale d'Autun.

"Du vitrail d'origine, il ne reste que très peu de pièces : la majeure partie de la composition est l'œuvre de Lusson en 1867-1869 " (Tanguy Daniel, 1995). les socles et dais sont l'œuvre de Le Bihan en 1992-1993, ou, plus précisément, le dais est "conservé à gauche [lancette A], restauré au centre, et moderne à droite" (Gatouillat, 2005).

En 1820, Aymar de Blois écrit que "l'une des lancettes est détruite et que les deux autres représentent des éléments  des apôtres St Pierre et St Paul ».

Guilhermy, qui visita Quimper en 1848 et 1862, décrit : "Saint Jean-Baptiste et saint Pierre".

  En 1877, Le Men la décrit ainsi page 24 : " Trois panneaux. 1er Panneau — Saint Paul, apôtre. 2e Panneau. — Saint Jean-Baptiste (panneau neuf(*)). 3e Panneau. — Saint Paul, apôtre." . (*) Pour Katia Macias-Valadez, Le Men n'a pas pu vraiment observer les verrières démontées dans l'atelier, et il se trompe en croyant que saint Jean-Baptiste est "neuf" alors que c'est le personnage qui contient le plus de parties anciennes. 

Puis l'abbé Thomas corrige : " Saint Paul ; 2. Saint Jean-Baptiste ; 3. Saint Pierre. ". 

Le verrier Louis Ottin (1880, publié en 1896) qui a travaillé sur ce chantier, donne des informations plus fiables : "1°) St Paul. – 2°) St Jean-Baptiste. – 3°) St Pierre avec l'inscription sur un listel qu'il tient à la main : Ecce agnus Dei qui tollit peccata mundi. L'architecture basse et trapue de cette fenêtre qui comporte des têtes d'anges avec de longues plumes en guise de corps est des plus sauvages."

Jean-Jacques Gruber signale en 1952 que "toutes les restaurations du XIXe siècle, dont la grisaille n'avait pas été fixée à la cuisson, ont dû être reprises et recuites".

Nous disposons du témoignage précieux de Jean-Pierre Le Bihan, qui donne dans son blog des indications sur sa restauration de 1992-1993.

Selon Katia Macias-Valadez 1997 :

"La baie 103 semble en fait être une verrière remaniée. En effet, les dais d'architecture, surmontés de séraphins aux ailes plumées dans les têtes de lancette, ne se raccordent pas avec le registre suivant. Il manque toute une section architecturale entre les dais et les personnages puisque les gâbles des trois pans sont coupés dans le bas. Et comme les socles ont été entièrement refaits, il est difficile de savoir s'ils étaient aussi importants dans la lancette et, par conséquent, de savoir s'ils enlevaient de la place dans les dais, comme c'est le cas dans les baies 110 et 112.

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Coup d'œil vers la baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Coup d'œil vers la baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Coup d'œil vers la baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Coup d'œil vers la baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

LA LANCETTE A : SAINT PAUL.

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Le socle à carrelage noir et blanc est moderne (restauration en 1993 par l'atelier Jean-Pierre Le Bihan). C'est la lancette qui comporte le moins de pièces anciennes, ceux-ci se trouvant dans la tunique jaune, dans le manteau bleu du saint et dans le dais. 

Selon le blog de Jean-Pierre Le Bihan

"Le personnage de saint Paul est entièrement de 1992-1993 si ce n'est cinq  petites pièces. Visage barbu surmonté d'un nimbe vert , il est vêtu d'une robe jaune sous un manteau bleu où la pièce d'origine en est la pointe.
 De la main gauche, il tient  la poignée de son épée, ici effilée,  dont l'extrémité se découpe sur le rideau de damas au fond rouge. Un livre à fermeture est présenté de la main droite.
Etat du vitrail en 1992
Dans les premières années du XIXième siècle, les  écrits des historiens citès plus haut, signalent que "l'une des lancettes est détruite et que les deux autres représentent des éléments  des apôtres St Pierre et St Paul »
Lors de la dépose de cette baie et des travaux de restauration en 1992,par l'atelier de jean pierre le bihan,il n'a été trouvé, du saint Paul,    comme pièce d'origine, que la poignée de son épée, la pointe du manteau bleu, entourée de  trois pièces de sa robe jaune, une pièce de colonnette et sept pièces d'architectures du dais dont l'angelot formant fleuron."

 

 

 

Saint Paul, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Saint Paul, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Le dais.

Ce serait le seul ancien des trois. Comment le décrire ? J'y vois une forme hémi-hexagonale encadrée de pilastres, avec trois gâbles à crochets, le gâble central étant triangulaire et couronné d'un séraphin et les deux latéraux en forme lancéolée, et couronnés d'un fleuron. Il forme au dessus de la tête nimbée une niche à trois arcades rythmées par des fleurons à quatre pétales et des culots à perles. Eh eh, pas facile ! Aurais-je la moyenne ?

Ah, je trouve la description de Le Bihan. Comment s'y prend-il ?

"Des dais, qui ont le grand avantage d'être identique. il  restait, en 1992-1993, juste assez de pièces d'origine pour établir un spécimen type.
Il s'agit donc d'un dais trapu, présentant au premier et seul étage, trois côtés dont deux fuyants. Deux colonnes adossées, avec cul de lampe, à base carrée, et surmontées d'un chapiteau, les séparent.
Sur chaque  face est dessiné un gable à l'angle plus ou moins aigu, les deux à gauche et à droite, se terminant par un fleuron, le central par un socle supportant un ange habillé de plumes. Le ciel qui apparaît derrière eux est bleu pour les deux de côtés et rouge pour le central. "

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Saint Paul, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Saint Paul, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Saint Paul, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Saint Paul, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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La tête de saint Paul n'a peut-être pas été perdue, car Katia Macias-Valadez signale qu'elle pourrait correspondre à celle d' "un médaillon avec une tête de saint barbu dont le regard est dirigé vers le bas"  conservé au Musée d'art de Pittsburgh, en Pennsylvanie, et dont la corrosion par cratère et dont les mesures correspondraient  au portrait-robot. Elle serait reproduit dans Stained glass before 1700 in American Collections : Mid-Atlantic and Southeastern Seabord States (Corpus Vitrearum Checklist 2), Washington, National Gallery of art, 1987, p. 182. Françoise Gatouillat confirme en 2009 cette information et précise que cette tête avait été achetée à Paris en 1922. Mais je n'ai pas trouvé d'illustration de cette tête paulinienne.

On admirera aussi les fonds, caractéristiques des fenêtres hautes du chœur à l'exception des trois baies à fonds damassés : leurs larges feuilles profondément indentées qui montent verticalement le long du personnage sont particulièrement décoratives ici.

 

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Saint Paul, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Saint Paul, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Enfin, on admirera le socle réalisé par Le Bihan en parcourant son blog :

"Des socles, comme on l'a dit plus haut,  il ne restait  donc que les pièces dix-neuvième du vitrail du  peintre verrier Lusson, pièces dont il ne restaient plus que le graphisme des plombs,des grisailles aux traits et au lavis complètement délavées.  Il a été donc été décidé, lors de notre restauration de 1992-1993, de reprendre  la composition que ce peintre verrier avait proposée. Tout nous fait penser à croire qu'il en ait eu entre les mains quelques pièces, peut-être irrécupérables à l'époque.
 Les sols sont  donc à base de demis losanges  et d'un damier noir et blanc, présenté de face, puis de biais "

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Socle, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Socle, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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LANCETTE B : SAINT JEAN-BAPTISTE.

"La lancette centrale est plus haute  de quelques centimètres et donne ainsi au saint Jean-Baptiste une stature plus importante que les deux autres apôtres. qui sont saint Paul et saint Pierre. Cette importance est peut être voulue, il est celui qui annonce la venue du Messie. Il porte l'Agneau, nimbé, sur le bras gauche, sa jambe gauche sort d'une peau de chameau dont il est vêtu. Une robe rouge, couleur du martyr, comme son nimbe, descend sur la droite. Un phylactère où il est écrit : Ecce Agnus Dei, qui tollit peccata mundi  (voici l'Agneau de Dieu qui efface le péché du monde) court autour de la partie haute du personnage " (Jean-Pierre Le Bihan, Blog, 2007)

Selon Françoise Gatouillat (2005), les panneaux sont peu restaurés, avec un grand nombre de pièces anciennes, alors que Le Bihan ne signale avoir trouvé lors de sa restauration qu' "un élément de son genoux entouré de sa peau de bête jaune".

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Lancette B, saint Jean-Baptiste, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, saint Jean-Baptiste, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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L'image suivante est extraordinaire. Elle trouve sa source dans le texte de l'Évangile de Matthieu suivant lequel  ipse autem Iohannes habebat vestimentum de pilis camelorum et zonam pelliciam circa lumbos suos esca autem eius erat lucustae et mel silvestre, " Jean avait un vêtement de poils de chameau, et une ceinture de cuir autour des reins. Il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage". Nous passons ici du vêtement en poils de chameau à la peau de chameau elle-même, et c'est la queue du camélidé qui serpente sans vergogne entre les jambes augustes du Précurseur.

Lancette B, saint Pierre, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, saint Pierre, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, saint Jean-Baptiste, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, saint Jean-Baptiste, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Le dais restauré.

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Lancette B, dais à séraphin, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, dais à séraphin, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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LA LANCETTE C : SAINT-PIERRE.

 

 

 

 

Lancette C, saint Pierre, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette C, saint Pierre, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Selon le blog de Jean-Pierre Le Bihan (2007) :

"A sa gauche,  saint Pierre, présenté de profil, est tourné vers lui [Jean-Baptiste].  
Cette tête ayant disparu nous l'avons refaite suivant un dessin du livre du verrier Ottin.  De sa robe jaune et de son manteau vert nous n'avions qu'une seule pièce  d'origine, comme il est indiqué plus bas.
Avec ses deux clés, il a le pouvoir d'ouvrir et de fermer les portes du paradis. Le plus souvent, il porte ces deux clés l'une contre l'autre et rarement comme ici, l'une tournée vers le sol, l'autre vers le ciel. Ce personnage, n'est pas sans rappeler, mais plus trapu, par sa pose de profil,par le tombé de son manteau vert et son épaule jaune, le saint Jean de la baie 100. Même atelier ? on ne peut être certain, mais même esprit.

Chez saint Pierre,pour les pièces du XV°, nous avons trouvé: la clé ascendante, un  petit élément de la clé descendante, deux éléments de la tenture à damas rouge, la partie haute de sa robe jaune ainsi que la partie basse.Il en était ainsi d'un petit élément  haut de son manteau vert, d'un petit élément du sol carrelé noir et blanc, de trois pièces de colonnettes. "

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Louis Ottin, copie par calque de la tête de saint Pierre de la baie 103, Le Vitrail page 168 fig.163.

Louis Ottin, copie par calque de la tête de saint Pierre de la baie 103, Le Vitrail page 168 fig.163.

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Lancette C, saint Pierre, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette C, saint Pierre, baie 103, chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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CONCLUSION.

1. Hommage aux verriers.

Je commencerai en admirant le travail des restaurateurs, et notamment de l'atelier de Jean-Pierre Le Bihan, car si chaque détail est remarquablement dessiné et peint, l'ensemble est parfaitement composé. Six couleurs sont utilisées, le bleu, le rouge et le jaune, le pourpre, le bleu-vert et le vert. La fidélité à l'œuvre ancienne est optimale, basée chez Lusson et Ottin sur des copies soigneuses des verres trop encombrés de plombs de casse et trop encrassés et corrodés pour être (à l'époque *) reposés en prenant le soin de réaliser des calques, et basée chez Le Bihan sur une longue expérience des vitraux bretons, une érudition et une étude attentive des textes et des indices. * Jusqu'en 1970, le seul moyen de réparer un verre brisé était de glisser un plomb dans la fente.

Pour accroître encore cette admiration, on peut examiner une seconde fois les photographies en s'intéressant à la maîtrise de la disposition des barlotières et vergettes ( la tringlerie ou serrurerie) qui fixent les panneaux en contournant les plombs. Dans l'ouvrage Les Vitraux de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper, Le Bihan explique :

"Pour permettre la mise en place de doubles verrières, —vitrail ancien et verrière de doublage — et pour des raisons d'équilibre et de résistance au flambement, une option à balancier à doubles pannetons traversant le fer central et les feuillards a été adoptée. Ces barlotières doubles ont été exécutées en fer galvanisé peint de trois couches glycero. Un fer à T, dans le bas de chaque lancette, maintenant le premier panneau, assure l'ouverture de la ventilation basse. Pour la ventilation haute, en plus des aérations ouvertes à chaque barlotières, une ou deux des pièces du sommet de la lancette ont été posées de biais, cachant ainsi l'ouverture."

Il faut réaliser d'abord le travail de dépose des verres, de suppression des plombs de casse (le vitrail passe alors en moyenne de 21 kg/m2 à 13 kg/m2) et de collage, de nettoyage par bains successifs, bain de chlorure de potassium, utilisation d'acide oxalique, de doublage de verres trop brisées, de thermoformage d'un verre de doublage, de remise en plombs, de masticage à l'huile de lin et au blanc de Meudon, sur les deux faces et plomb par plomb, de créations de pièces de verres neuves peintes à la grisaille et au jaune d'argent. Puis la repose, la protection extérieure par une seconde verrière de doublage posée, comme pour la verrière ancienne, avec des vergettes en forme. 

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2. Réflexion sur le programme iconographique.

Je reviens à un détail : saint Pierre est tourné non vers le Christ en croix de la baie 100, comme l'ensemble des autres personnages de ces verrières, mais vers l'ouest. Vers Jean-Baptiste.

Saint Jean-Baptiste, le Précurseur annonçant le Christ, est représenté 10 fois dans les  verrières du XVe siècle. Après le Christ (25 occurrences) et la Vierge (13 fois ) mais avant Jean l'Évangéliste (7 fois) et saint Pierre (7 fois), il est présent bien d'avantage que saint Corentin, le patron de la cathédrale qui n'est représenté que 4 fois.

Nous sommes donc amenés à considérer saint Jean-Baptiste comme le saint de premier plan pour la cathédrale de Quimper au XVe siècle. 

Une hypothèse simple peut faire le lien entre ce saint et les prénoms du duc Jean V et de son épouse Jeanne de France, qui sont chacun présentés autour de la baie n°100 l'un par Jean l'Évangéliste et l'autre par Jean-Baptiste. Jean-Baptiste viendrait inscrire le prénom et le pouvoir ducal par sa représentation dix fois répétée, comme un emblème au même titre que la cordelière et le culte de saint François pour le duc François. 

Mais, dans la mesure où le saint est représenté non pas lorsqu'il baptise le Christ, mais de façon stéréotypée, tenant l'Agneau de la Rédemption, cela conduit à s'interroger sur une affirmation théologique sous-jacente, par une influence du chapitre cathédrale, de l'évêque, ou en relation avec les enseignements et prédications du début du XVe siècle. 

On avouera que cela dépasse mes compétences. Je note que le polyptyque de l'Agneau mystique des frères van Eyck, achevé en 1432, a été commandé et débuté à peu près à la même époque, et que le registre supérieur montre le trio Marie / Père trinitaire /Jean-Baptiste  (alors que les Crucifixions et Poutre de Gloire montrent le trio Marie / Christ / Jean l'Évangéliste), et que le registre inférieur est centré par l'adoration de l'Agneau Mystique. 

Cette théologie de l'Agneau passe par la lecture de l'évangile de Jean 19:31-37 qui renvoie à Zacharie 12:10-14, ainsi qu'à la lecture de l'Apocalypse 1:7.

Cela va m'inciter à examiner la baie n°107, dans laquelle Jean-Baptiste coiffé d'une peau de bête et un donateur retrouve saint Pierre et saint Paul devant le Père trinitaire ( Trône de grâce). Je ne vous en dis pas plus.

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SOURCES ET LIENS.

Cathédrale Saint-Corentin de Quimper. Inauguration du portail occidental, 12 décembre 2008   : http://www.sdap-finistere.culture.gouv.fr/fichiers/dossiers/mon8-fasciculecathedrale2008v2ds.pdf

ANDRÉ (Augustin), 1878, De la verrerie et des vitraux peints de l'ancienne province de Bretagne, Rennes, Plihon, in-8°, 281 p.  (Extr. des Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, t. XII.) page 299-304.

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077642/f326.image

— AYMAR DE BLOIS (1760-1852), vers 1820. On doit à ce neveu du chanoine de Boisbilly une description des vitraux vers 1820. 

A. de Blois, héritant de ce registre de Boisbilly, en fait don à l'évêque André, le 5 janvier 1804, mais le ré-annote en 1820 et 1821 et donne alors la description des vitraux et leur état. Il le remit de nouveau à l'évêque de Quimper, Mgr Graveran, le 5 septembre 1842 "pour l'usage de la cathédrale ". Il rajoute  "malade d'une fluxion, charge son fils Louis de le remettre à l'évêque". (J-P. Le Bihan) 

 BOISBILLY (Jean-Jacques-Archibald le Provost de la Boexière ,Chanoine de), vers 1770, Registre de Boisbilly, Arch. Dioc. Quimper,  ,

 Jean-Jacques Archambault Provost de Boisbilly (1735-1786). Docteur en théologie de la Sorbonne, vicaire général du diocèse de Rennes, il était abbé commandataire du Tronchet et chanoine de Quimper. Il possédait une des plus érudites bibliothèques de Quimper et on lui doit par ailleurs un plan de la cathédrale dressé en 1770 qui est une des sources les plus importantes sur la cathédrale avant la Révolution. Il avait dessiné l'architecture des fenêtres de la cathédrale en pleine page de 1770 à 1772. Ce travail  devait être complété par la suite avec les dessins des vitraux, mais il fut malheureusement appelé à d'autres fonctions.

"La cathédrale de Quimper, qui figure au nombre des Monuments historiques du département du Finistère, n’a été jusqu’ici l’objet d’aucune publication de quelque importance. Vers l’année 1770, l’abbé de Boisbilly, syndic du chapitre de Quimper, avait, en vue d’une histoire de ce monument, réuni de nombreuses notes, et fait dresser un plan de l’église avec ses chapelles et ses autels. Dans sa réunion générale du 14 mai 1772, le chapitre le « pria de continuer l’ouvrage qu’il avait commencé sur la description détaillée de l’église cathédrale, » et décida « qu’il en serait fait un registre particulier. » (1)1 Sur ces entrefaites, l’abbé de Boisbilly fut appelé à Rennes pour prendre part aux travaux de la Commission intermédiaire des États de Bretagne dont il faisait partie. Les affaires importantes et multipliées de la Province ne lui permirent pas de mener à bonne fin son entreprise. Ses notes furent perdues, et il n’est resté comme souvenir du projet qu’il avait formé, qu’un registre grand in-folio, qui contient avec le plan de la cathédrale, les dessins au trait de ses fenêtres, dessins qui devaient être complétés par la peinture des vitraux. M. de Blois (de Morlaix), neveu de l’abbé de Boisbilly, a fait hommage de ce registre à Mgr l’évêque de Quimper, le 5 septembre 1849. Avant de s’en dessaisir, il avait pris le soin d’écrire au-dessous des dessins des fenêtres, une description sommaire des vitraux qu’elles contenaient encore en 1820 et 1821, mais à cette époque beaucoup étaient entièrement détruits. " (R-F. Le Men)

— BONNET (Philippe) 2003, Quimper, la cathédrale, Zodiaque, Paris 

— COUFFON (René), 1963,  « Etat des vitraux de la cathédrale Saint-Corentin au milieu du XIXe siècle par le baron de Gulhermy », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, tome LXXXIX, p. XCVII-CII

 COUFFON (René) LE BARS ( Alfred) 1988,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/Quimper.pdf

 DANIEL (Tanguy), (dir.), Anne Brignandy, Yves-Pascal Castel, Jean Kerhervé et Jean-Pierre Le Bihan, 2005,  sous la direction de, Les vitraux de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper,  Presses Universitaires de Rennes / Société Archéologique du Finistère,  287 p. (ISBN 978-2-7535-0037-2).

— GALLET (Yves), Les ducs, l’argent, les hommes ? Observations sur la date présumée du chevet rayonnant de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper (1239) p. 103-116 http://books.openedition.org/pur/5315

— GALLET (Yves), 2009, "Quimper, cathédrale Saint-Corentin. L'architecture, (XIIIe-XVe sièle)",  Actes du Congrès Archéologique de France  2007 de la Société Française d'Archéologie. 

 — GATOUILLAT (Françoise), 2013,  "Les vitraux de la cathédrale" , in Quimper, la grâce d'une cathédrale, sous la direction de Philippe Bonnet et al., La Nuée Bleue, Strasbourg, page 185-203, 

 — GATOUILLAT (Françoise), 2009, "Quimper, cathédrale Saint-Corentin. Les vitraux anciens."Actes du Congrès  Archéologique de France 2007 de la Société Française d'Archéologie. 

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 172.

 

 GUILHERMY (Ferdinand de), 1848-1862,  Notes sur les diverses localités de France, Bnf, Nouv. acquis. française 6106 folio 335v et suivantes.

Le baron de Guihermy, membre de la Commission des Arts, visita Quimper le 2 octobre 1848 et rédigea un mémoire d'après ses notes. Nommé membre de la Commission des Monuments Historiques en 1860, il entreprit un voyage en France et séjourna à Quimper du jeudi soir 28 octobre 1862 au samedi 30 à midi et compléta alors ses premières notes. 

LAFOND (Jean), 1962," Le Christ en croix de la cathédrale de Quimper à Castelnau-Bretenoux",  Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France p. 36-38. 

 — LA VALLÉE, 1847,  "Essai sur les vitraux existant dans les églises du canton de Quimper", Bulletin archéologique de l'Association bretonne, t.I, p. 263-277.

— LE BIHAN (J.-P.), J.-F. Villard (dir.), 2005,  Archéologie de Quimper. Matériaux pour servir l’histoire, t. 1 : De la chute de l’Empire romain à la fin du Moyen Âge, Quimper, 2005.

— LE BIHAN (Jean-Pierre.) 1993,, -"Gravures de repère sur les vitraux bretons des XVe et XVIe." Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXII 

ou blog du 10 février 2010 : 

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-les-vitraux-et-leurs-gravures-de-repere-en-bretagne-44640076.html

LE BIHAN (Jean-Pierre), 1995, « La restauration des verrières hautes de la cathédrale de Quimper, » Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXIV, p.524-525

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 1997,« La verrière n°100 de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXVI, p. 175-201.

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 2007,  Blog sur la baie n°103

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-6774151.html

— LE MEN (René-François), 1877, Monographie de la cathédrale de Quimper [XII-XVe siècle], Quimper. p.21,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1e08593c46eb46336af146045b16d0f4.pdf

— MACIAS-VALADEZ (Katia), 1997, "Les vitraux des fenêtres hautes de la cathédrale de Quimper : un chantier d'expérimentation et la définition d'un style quimpérois", Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, t. LXXV, p. 204-242. 

— OTTIN (Louis), Le Vitrail, son histoire, ses manifestations diverses à travers les âges et les peuples, Librairie Renouard, H. Laurens éditeur, Paris, s.d. [1896] In-4°, 376 pages,  4 planche en couleurs, 15 phototypies, 12 planches en teinte hors texte, 219 gravures, de signatures, marques et monogrammes. 

https://archive.org/stream/levitrailsonhist00otti#page/42/mode/2up

 THOMAS (Abbé Alexandre), 1892, Visite de la cathédrale de Quimper. Arsène de Kerangal, Quimper 170 pages,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c9d5dca31c276caf2782d0a4b99a85ce.pdf

 — THOMAS (Abbé Alexandre) 1904,  La cathédrale de Quimper, 1904, J. Salaun, 97 pages, p.51

— YEURCH (Bertrand) 2012, "Les premières entrées épiscopales en Bretagne ducale", Britannia Monastica  16, 2012, p. 93-161. https://www.academia.edu/1949697/Les_premi%C3%A8res_entr%C3%A9es_%C3%A9piscopales_en_Bretagne_ducale

 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Quimper
13 mars 2016 7 13 /03 /mars /2016 11:05

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Je poursuis mon étude des 13 vitraux du début du XVe siècle (vers 1417) des fenêtres hautes du chœur de la cathédrale de Quimper : j'ai commencé par les 3 vitraux du rond-point offerts par le duc et la duchesse de Bretagne. Les dix autres ont été offerts par diverses grandes familles du diocèse, qui ont fait appel à 5 ou 6 peintres-verriers différents (Macias-Valadez, 1997 ; Gatouillat, 2015), dont la "main" peut être suspectée, par exemple selon la forme des dais, l'usage de grisailles (100, 109 et 111), les fonds damassés (100 et 109), le jaune d'argent en touche sur le visage (110 et 112), ou sur l' iris des yeux (109, 106 et 108). C'est ce dernier détail que je propose de découvrir sur les deux baies 106 et 108.  Un autre point commun les réunit, la présence de marques de repères gravées sur la face extérieure des verres, signalés par le maître-verrier quimpérois jean-Pierre Le Bihan :

 

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I. LA BAIE 106. Troisième travée du chœur coté sud.

La baie à 4 lancettes et tympan à 3 trilobes et 6 quadrilobes mesure 4,50 m de haut et 2,60 m de large. Elle date des années 1417-1424 et a été largement restaurée par Lusson vers 1867-1869, puis par Messonnet de Quintin en 1992.

Elle est décrite comme " vitrail de la baronnie de Pratanras (Pennars)" en raison de la présence en lancette C et D d'un couple portant les armoiries de la famille de Lezongar, seigneur de Pratanras, mais on y trouve aussi un seigneur de Tréanna en lancette A et de Bodigneau en lancette B. Les saints personnages sont saint Yves, sainte Marie-Madeleine, l'apôtre Bartholomé et sainte Catherine.

Les lancettes diffèrent, parfois, par leur ordre et par leur contenu, de la description donnée par la Monographie de Le Men en 1877 reprise par Thomas en 1892 (après la restauration par Lusson), et  de celle de Couffon et Le Bars(1988) avant la restauration de 1992 , mais aussi parfois de celle de Gatouillat (2005) et de Yves-Pascal Castel (2005) publiée après ces restaurations. Des modifications et interversions de panneaux sont donc intervenues depuis, comme en témoigne cette indication de Françoise Gatouillat 2013 p. 186 : "Les alliances figurées n'aident guère à préciser leur identité [des donateurs] d'autant que l'ordre primitif des portraits a pu être changé : deux chevaliers, l'un à cotte timbrée de la macle d'azur des Tréanna, présenté par un saint tonsuré [actuelle lancette A de la baie 106], l'autre portant les armes de Bodigneau et protégé par saint Hervé [actuelle lancette D de la baie 108], ont notamment été intervertis en 1993 pour équilibrer les compositions des baies n°s 106 et 108 ". Mais même cette précision est difficile à interpréter. Aucune des descriptions des différents auteurs que je viens de citer ne correspond à l'état actuel, et la synthèse des différents textes aboutit à un imbroglio inextricable. 

 Je donne ici la description de Le Men (1877) :

 

N° 25. Dixième fenêtre (sud). Vitrail de la seigneurie de Pratanras, en la paroisse de Penhars. Quatre panneaux.

1er Panneau. — Chevalier armé. à genoux, vêtu d’une cotte de sable chargée d’une aigle impériale d’argent membrée et becquée d’or, présenté par un saint. Ce panneau est une restauration moderne. On y voyait autrefois l’image de saint Guénolé, premier abbé de Landévennec.

2e Panneau. — Dame à genoux, vêtue d’une robe bleue à corsage jaune, partie bleue au lion d’argent, qui sont les armes du Juch, et partie noire (ou sable) à l’aigle impériale d’argent becquée et membrée d’or. Ces dernières armes sont, celles de la seigneurie de  Bodigneau. La dame est présentée par sainte Catherine.

3e Panneau. Chevalier armé à genoux, vêtu d’une cotte d’arme d’azur chargée d’une croix d’or cantonnée à dextre d’une fleur de lys de même, présenté par un saint armé d’une épée [Le couteau de saint Bartholomé ?]. Ce sont les armes des Lezongar, seigneurs de Pratanras.

4e Panneau. — Dame à genoux vêtue d’un surcot bleu portant les mêmes armes. C’est une restauration moderne. Il ne restait dans ce panneau, de l’ancien vitrail, qu’un fragment représentant le buste de sainte Catherine. [Thomas : " Une dame portant les mêmes armoiries. Armes de Pratanras: d'azur à la croix d'or cantonnée à dextre d'une fleur de lys de même.". Couffon : " dame portant les mêmes armoiries".]

Les soufflets ou compartiments du tympan de cette fenêtre contenaient trois écussons des armes pleines ou en alliance des seigneurs de Pratanras, c’est-à-dire : 1° d’azur à la croix d’or ; 2° parti des mêmes armes et de sable à la fasce échiquetée d’argent et de gueules ; 3° parti de Pratanras et d’azur à trois mains dextres appaumées d’argent chargées d’une cotice de gueules (brisure de Guengat)."

 

Baie 106, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Baie 106, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Baie 106, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Baie 106, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

La présence de marques  gravées sur la face extérieure des verres, a été signalée par le maître-verrier quimpérois jean-Pierre Le Bihan ; elles étaient destinées à faciliter le repérage des pièces lors de la fabrication et du montage.

" ces marques de  repère, une par pièce d'origine. parfois, la même marque dans  tout un panneau. d'autre fois, tout au long de la lancette, chaque lancette ayant ainsi son signe de reconnaissance. Ceci est relevé  dans les fenêtres 106, 108 et 110; on découvre aussi sur un panneau, la marque d'un restaurateur du XIX°siècle, qui est un M entouré d'un 0.   Pour la 106, il est proposé un e, un c, un O barré d'un l au centre, ainsi qu'un triangle. Sur la 112 deux O dont un couronnant une croix, ainsi qu'un 6 . " 

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Extrait de l'article de Jean-Pierre Le Bihan, Bull. S.A.F 1993.

Extrait de l'article de Jean-Pierre Le Bihan, Bull. S.A.F 1993.

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BAIE 106, LANCETTE A. Saint Yves et le seigneur de Tréanna.

La niche architecturée est occupée par un saint dont la tonsure et l'habit blanc nous indique qu'il s'agit d'un moine, ou du moins d'un écclesiastique.L'inscription en lettres gothiques indique S. yvo : il s'agit donc de saint Yves. Le rapprochement se fait avec la lancette C de la verrière n°112 étudiée précedemment, et à propos de laquelle j'avais montré que l'habit blanc et la graphie Yvo étaient attestés dans le Livre d'Heures d'Anne de Mathefelon, un manuscrit d'origine bretonne datant de 1425. J'avais aussi montré le lien associant saint Yves avec la famille de Tréanna, dont l'ancêtre fondateur est Yves de Tréanna. Il n'est pas inutile de compléter ce point de vue par un  éclairage sur l'importance accordée au culte de St Yves par le duc Jean V, soit à la cathédrale de Nantes où un portail entier est dédié sur son ordre  à Yves Hélory de Kermartin (canonisé en 1347), soit à la cathédrale de Tréguier. Fait prisonnier en février 1420 par les Penthièvre, et détenu pendant cinq mois, le duc Jean V  fit vœu, s’il sortait sain et sauf, d’offrir à saint Yves son poids d’argent, destiné à lui édifier un tombeau. Peu après sa libération, il entreprit la construction dans la cathédrale de Tréguier de la chapelle connue sous le nom de chapelle du Duc, qui devait abriter les reliques de saint Yves. Jean V  y fut inhumé en 1451, selon son souhaît énoncé en  1421  en raison de" la très singulière dévotion que nous portons au très glorieux Monseigneur saint Yves, duquel le corps gist en l'église de Tréguier " 

 Dès 1890, La Borderie avait donné une interprétation pertinente de la pensée politique du duc Jean V : « mettre le triomphe des Montforts sous le patronage du grand official (saint Yves, official de Tréguier], et donner pour témoin, pour garant, pour appui au bon droit de cette dynastie l'incorruptible champion de la justice et du droit » .

On a remarqué depuis longtemps que ce saint est tourné de manière incongrue vers l'ouest, du coté opposé au centre du chœur, ce qui ne peut s'expliquer autrement que par une transposition depuis les verrières du coté nord.

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Lancette A, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette A, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Saint Yves est représenté en grisaille ; il est vêtu de la longue robe blanche à manches évasées, il désigne de l'index droit un livre  tandis qu'il présente le donateur de la main gauche ; à son bras gauche est suspendu un sac à procès. C'est le seul attribut qui le distingue dans sa fonction, à défaut du rouleau de parchemin, ou du bonnet de recteur.

http://fonds-saintyves.fr/IMG/jpg/st-yves_alain_bouchard.jpg

Plusieurs croix en X sont retrouvés disséminés sur le verre .

Selon Gatouillat 2005, "saint diacre en chape verte (inscription nominative ?)  présentant un chevalier à cotte d'argent au meuble illisible (buste de celui-ci ancien, comme le vêtement du saint, dont la tête d'origine est conservée hors du monument). "

 

 

Lancette A, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette A, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette A, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette A, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Le seigneur est figuré en grisaille dans la posture de donateur stéréotypée de tous ces vitraux du chœur : en armure, portant l'épée, agenouillé sur un sol à carrelage bicolore, mains jointes, tourné vers le centre du chœur et la Crucifixion de la baie 100. Ses cheveux blonds (jaune d'argent) sont coupés selon la mode "au bol" de l'époque. Il porte au dessus d'une cotte de maille un tabard blanc portant un grand losange bleu dans lequel s'inscrit un autre losange blanc. Cette marque bleue est la "macle", du latin macula "petite tache" mais aussi "marque", et ici, maille en losange tirant sa forme des cottes de maille. Elle inscrit ici les armoiries  des Tréanna   Ce sont les armes d'argent à macle d'azur des seigneurs de Tréanna, dont la devise était : Sine macula macla  "la macle sans flétrissure". 

 

Lancette A, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette A, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Le dais, le socle et le fond.

Dais couronné de 9 tourelles en poivrière, perlées, où flottent 4 étendards. Rehauts de jaune d'argent sur les fenêtres à petits losanges, la toiture des tourelles et leur culot. Cette partie évoquant une batisse fortifiée se prolonge par les montants des panneaux sous-jacents, lesquels s'appuient sur un socle  hexagonal au sol quadrillé en losanges noirs et blancs.

Mais ces allures fortifiées contrastent avec la partie inférieure du dais, qui évoque l'intérieur d'un édifice religieux, avec des voûtes à larges nervures, une clef de voûte (jaune d'argent), un quadrilobe et des fenêtres au vitrage losangique (surtout visible sur la lancette C). 

Les fonds des quatre lancettes sont successivement bleu, vert, rouge et bleu, en verre uni altéré par la corrosion. Ce fond fait figure d'une tenture derrière les personnages, ornée dans sa partie haute d'une bordure jaune à motifs géométriques.

Tout ces éléments n'avaient pas resisté au temps et ont été créés par Lusson au XIXe siècle. Il s'est inspiré  des dais de la baie 107.

 

Lancette A, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette A, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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BAIE 106, LANCETTE B. Sainte Marie-Madeleine.

La sainte n'est pas mentionnée par les auteurs du XIXe siècle, alors que son nom s'inscrit clairement en lettres gothiques Ma / mada / le / nne. Elle est reconnaissable par sa longue chevelure blonde et par son flacon de parfum. 

Selon Gatouillat 2005 : "Sainte Madeleine (tête moderne, inscription nominative de part et d'autre) présentant une donatrice (tête moderne, vêtement ancien, armorié parti du Juch et Botigneau ?)".

Lancette B, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette B, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette B, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette B, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Marie-Madeleine, lancette B, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Marie-Madeleine, lancette B, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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La donatrice, aux cheveux ramassés sur les tempes par une résille sous un touret orné de perles, est vêtue d’une robe à corsage jaune au dessus des armoiries d'azur au lion d'argent,  qui sont les armes du Juch, et parti  de gueules à l’aigle impériale d’argent becquée et membrée d’or, armes erronées de la seigneurie de  Bodigneau puisque d'une part l'aigle esployée de leurs armoiries est becquée et membrée de gueules, et qu'elles se détachent sur un champ de sable (et non de gueules comme ici).

Les seigneurs du Juch sont figurés principalement dans la baie 104. Les armoiries de Bodigneau et du Juc'h figuraient ensemble, et avec celles de Tréanna sur les vitraux et sculptures de l'église de Clohars-Fouesnant, paroisse dont sont originaires les seigneurs de Bodigneau. On trouvait aussi l'association Bodigneau-Juc'h sur les vitres de la chapelle du Perguet à Bénodet.

Le vitrail ancien a été copié par calque par Louis Ottin lors de sa dépose et de son remplacement par une copie vers 1869.

 

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Louis Ottin, Le Vitrail, figure 48.

Louis Ottin, Le Vitrail, figure 48.

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Lancette B, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette B, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette B, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette B, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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BAIE 106, LANCETTE C. Saint Bartholomé.

L'apôtre Bartholomé est identifiable par son attribut, le coutelas par llequel il fut dépecé, et par l'inscription indiquant S. Bartho / lo / me[us]. Il s'agit sans-doute du saint portant une épée décrit par Le Men.

Selon Gatouillat et Hérold 2005 : 3e lancette: saint Barthélemy (tête moderne) présentant un donateur en cotte aux armes de Pratanras, « d'azur à la croix d'or » (tête originale conservée hors du monument). .

 

 

Lancette C, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette C, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette C, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette C, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette C, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette C, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette C, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette C, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Le seigneur qu'il présente est remarquable par l'iris de ses yeux teintés au jaune d'argent. Son tabard porte les armoiries d'azur à la croix d'or cantonnée à dextre d'une fleur de lys de même de la famille de Lezongar, seigneurs de Pratanras. La "fleur de lys" est ici réduite à un losange.

 

Lancette C, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette C, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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La tête ancienne qui a servi de modèle est sans-doute celle qui, vendue par l'atelier de Lusson, a été montée dans la partie médiane basse d'un panneau d'antiquaire (collection particulière, Paris) :

 

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Le dais architecturé.

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Lancette C, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette C, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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BAIE 106, LANCETTE D. Sainte Catherine.

Selon Gatouillat et Hérold 2005 : "  sainte Catherine (figure moderne sauf le buste et la roue), et une donatrice dite Catherine de Botigneau (tête moderne, celle d'origine conservée hors du monument) ."

L'inscription en lettres gothiques indique S./  Kathe / ri / na. Sainte Catherine d'Alexandrie se reconnaît à sa couronne, à sa roue de supplice équipée de lames d'acier, 

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Lancette D, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette D, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

V.

 

Lancette D, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette D, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette D, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette D, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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La donatrice est comparable à celle de la lancette B, mais sa robe porte les armoiries de Lezongar  d'azur à la croix d'or cantonnée à dextre d'une fleur de lys de même, Mais, ici plus encore que dans la baie C, la fleur de lys est réduite à un losange jaune. Rappellons qu'il s'agit d'une restauration du XIXe siècle.

 

 

Lancette D, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette D, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette D, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette D, baie 106, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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II. LA BAIE n° 108. Quatrième travée du chœur coté sud. Les seigneurs de Tréanna et de Bodigneau.

Comme la précédente, il s'agit d'une baie de 4,50 m de haut et 2,70 m de large, composée de 4 lancettes et  d'un tympan à 10 ajours, datant de 1417-1424, restaurée par Antoine Lusson en 1867-1869 puis par Messonnet en 1992. Elle porte les couleurs des seigneurs de Tréanna, d'argent à la macle d'azur, famille originaire d'Elliant, à 20 km à l'est de Quimper, et celle des seigneurs de Bodigneau, de Clohars-Fouesnant, à 15 km au sud de Quimper.

Le Nobiliaire et Armorial de Pol de Courcy indique :

Tréanna (de), sr dudit lieu et de Botbodern, par. d’Elliant, — de Lanvilliau, par. de Ploraodiern, - de Moros, par. de Lanriec, — du Leuré et de Penanes’h, par. de Saint-Nic, — de Kervern, par. de Dirinon, — de Brignon, — de la Bouêxière, — de Pensornou, par. de Carantec, — de Coëtlespel, par. de Plouédern. -Anc. ext. chev., réf. 1668, huit gén.; réf. et montres de 1426 à 1)62 , par. d’Elliant, Plomodiern, Lanriec, Dirinon et Plouédern, év. de Cornouaille et Léon.

D’argent à la macle d’azur.

Yves, vivant en 1400, épouse Amice de Kerbescat ; Yves, combattit à la bataille de Formigny en 1450 et était capitaine de Concarneau en 1177 ; un chevalier de l’ordre en 1022 ; un page du Roi en 1741.

La branche aînée a porté la seigneurie de Tréanna dans la famille deTinténiac, puis Harquin et Muzillac ; la branche de Pensornou, fondue en 1755 dans Coëtlosquet ; la dernière branche fondue dans Kergariou.

A l'époque de la réalisation de ces vitraux, Jean II de Tréanna était  chanoine du chapitre de Quimper  (de 1394 à 1424) ; le 26 juillet 1424, il assiste à la fondation des tours de la cathédrale en présence de l'évêque Bertrand de Rosmadec. La macle qui figure à la voûte du chœur sur la nervure de gauche du rond-point (dans un éventail autour des armoiries du duc Jean V) lui correspond vraisemblablement. Avant lui, Yves était official (juge écclesiastique) du chapitre entre 1328 et 1348 et Jean I entre 1330 et 1342. Cette famille a participé à la donation des baies 106, 107, 108, 110, 112, pour la première campagne de création de vitraux dans le chœur, et des baies 116 et 124 lors de la campagne de réalisation des vitraux du transept et de la nef 70 ans plus tard. La baie 116, précisément, a été offerte en 1496 par Geoffroy de Tréanna, chanoine de Quimper et recteur de Crozon. Lors de l'édification de la façade occidental, les armoiries familiales furent sculptées au dessus du tympan au coté de celles de trois autres grands vassaux de l'évêque Bertrand de Rosmadec. 

 Les saints invoqués pour leur patronage sont deux saints évêques ( saint Nicolas et saint [P-van]), un saint non identifié et un saint moine (saint Hervé).

N° 26. Onzième fenêtre (sud). Vitrail de la seigneurie de Tréanna, en la paroisse d’Elliant,. Quatre panneaux.

1er Panneau. — Chevalier armé, à genoux, vêtu d’une cotte blanche chargée d’une macle d’azur, présenté par un saint évêque. Ce sont les armes des seigneurs de Tréanna, dont la devise était : Sine macula macla. Il ne restait dans ce vitrail, avant sa restauration, que la parti e inférieure des personnages.

2e Panneau. — Chevalier armé, à genoux, vêtu d’une cotte blanche chargée de trois fasces ondées d’azur (fascé, ondé d’argent et d’azur ?), présenté par un saint qui tient une bannière aux mêmes armes. Comme la partie supérieure de ce panneau manquait avant sa restauration, le fragment que l’on a pris pour une hampe de bannière était probablement le bâton d’une crosse.

3e Panneau. — Chevalier dans l’attitude des précédents, vêtu d’une cotte blanche portant de sable à l’aigle impériale d’argent becquée et membrée de gueules (Bodigneau), présenté par un saint évêque.

4e Panneau. — Chevalier vêtu comme celui du premier panneau, et portant, comme lui, une macle d’azur sur sa cotte blanche, présenté par un saint religieux, peut-être saint Bernard.

 

Selon Thomas :

Onzième fenêtre. - 1"· Vitrail de Tréanna

1. Un seigneur de Tréanna présenté par un saint évêque ;

2. Un chevalier portant armoiries et bannière sorties de l'imagination du peintre-verrier ;

3. Un seigneur de Bodigneau présenté par un saint évêque ;

4. Un seigneur de Tréanna présenté par un saint moine vêtu de blanc ; probablement saint Maurice de Carnoët. 

Selon Couffon et Le Bars :

108 vitrail de la seigneurie de Tréanna

a un évêque présentant un chevalier à genoux à la cotte blanche chargée d'une macle d'azur - sine macula macla - de Tréanna (panneau de Lusson).

b saint à la bannière armoriée présentant un chevalier à genoux à la cotte blanche chargée de trois fasces ondées d'azur.

c saint évêque présentant un chevalier aux armes des Bodigneau cf 106 a.

d saint Maurice de Carnoët (?) présentant un seigneur de Tréanna. 

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Comme dans la baie n°106, ce vitrail a été fort détérioré, et il ne restait avant la restauration d'Antoine Lusson, que la partie inférieure des personnages de la lancette A et B, ainsi que la plus grande partie de la lancette C. 

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Baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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BAIE 108, LANCETTE A. 

"Saint évêque (buste moderne)  présentant un chevalier (assez bien conservé)" (Gatouillat 2005). 

Baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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a) Saint évêque. 

L'inscription en lettres gothiques indique S. ni / a / o / lois. Yves-Pascal Castel propose judicieusement d'y lire le nom de saint Nicolas. 

 

Saint Nicolas, Baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Saint Nicolas, Baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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b) donateur.

Chevalier en armure, au visage jeune, mains jointes, agenouillé devant une tenture verte, et portant sur son tabard la macle d'argent à l'intérieur d'une macle d'azur le désignant comme un membre de la famille des Tréanna.

 

Baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Le modèle copié par Louis Ottin alors qu'il travaillait à la restauration de la verrière avec Lusson :

 

Louis Ottin, Le vitrail, figure 43.

Louis Ottin, Le vitrail, figure 43.

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Louis Ottin, le Vitrail figure 167.

Louis Ottin, le Vitrail figure 167.

Lancette A, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette A, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Dais.

Dais rehaussé de jaune d'argent, à trois gables couronnés d'un fleuron et centrés par un quadrilobe ou multilobe, au dessus d'une voûte à croisée d'ogives et de fenêtres à verres losangiques. 

Dais de la lancette A, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Dais de la lancette A, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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BAIE 108, LANCETTE B. 

Gatouillat et Hérold (2005) la décrivent comme "un saint barbu tenant un étendard et présentant un seigneur (têtes modernes)" alors que Le Men   suggère de voir dans la hampe de la bannière la restauration d'une probable crosse d'évêque ; Yves-Pascal Castel ajoute " cela cadrerait avec l'inscription S. DE / RIE.(saint Derrien ?) ". Pour ce dernier auteur,   le chevalier revêt une cotte blanche chargée de trois fasces ondées d'azur. Ce pourrait être la reproduction incorrecte des armes de la famille des Langueouez : fascé ondé d'or et d'azur au chef de gueules. Ces dernières armes se remarquent à la voûte de la nef de la cathédrale.

Lancette B, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette B, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette B, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette B, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette B, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette B, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette B, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette B, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette B, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette B, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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BAIE 108, LANCETTE C. 

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Gatouillat 2005 : "Saint évêque présentant un seigneur de Bodigneau selon Thomas (assez bien conservé ; cheveux teintés de jaune d'argent)".

"Chevalier vêtu d'une cotte blanche portant de sable à l'aigle impériale d'argent becquée et membrée de gueules (Bodigneau) présenté par un saint évêque  inscription S:P---DAU ou VAN (?)" (YPC 2005)

 

Lancette C, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette C, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette C, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette C, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette C, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette C, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette C, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette C, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette C, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette C, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette C, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette C, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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BAIE 108, LANCETTE D. 

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"Saint diacre tourné vers l'ouest (inscription SY ?...; tête d'origine conservé en dehors du monument), et un seigneur de Tréanna en cotte armoriée "d'argent à la macle d'azur " (assez bien conservé." (Gatouillat 2005 p.177). 

"Le chevalier, vêtu comme celui du premier panneau et portant comme lui une grande macle d'azur sur sa cotte blanche, est présenté par un moine, un livre dans la main droite dont l'identité semble confirmé par l'inscription SH / ERV / US. Saint Hervé ..." (Yves-Pascal Castel 2005 p.65).

Aucune de ces deux descriptions ne correspond à l'état actuel de la lancette, même en tenant compte de l'interversion avec la lancette A de la baie n°106.

L'inscription est délicate à décrypter mais la leçon de Y-P. Castel est inexacte, et on lit S: her / ve / us, si on accepte d'interpréter la première lettre du prénom comme un -h- et  les lettres -n- comme des -v- ou des -u-.  Mais dans ce cas, le saint ermite aveugle  breton serait dépourvu de ses attributs caractéristiques : son bâton, son guide Guiharan et son loup apprivoisé. 

 

Lancette D, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette D, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette D, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette D, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette D, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette D, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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La tête ancienne du saint,  (au centre de la rangée supérieure) conservée sur un "panneau d'antiquaire", Paris , collection privée.

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Sa copie en calque par Louis Ottin lorsqu'il travaillait avec Lusson à la restauration des baies :

Calque d'une tête, Louis Ottin, Le Vitrail,  figure 165.

Calque d'une tête, Louis Ottin, Le Vitrail, figure 165.

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Lancette D, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette D, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Lancette D, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Lancette D, baie 108, chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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SOURCES ET LIENS.

Cathédrale Saint-Corentin de Quimper. Inauguration du portail occidental, 12 décembre 2008   : http://www.sdap-finistere.culture.gouv.fr/fichiers/dossiers/mon8-fasciculecathedrale2008v2ds.pdf

ANDRÉ (Augustin), 1878, De la verrerie et des vitraux peints de l'ancienne province de Bretagne, Rennes, Plihon, in-8°, 281 p.  (Extr. des Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, t. XII.) page 299-304.

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077642/f326.image

 

— AYMAR DE BLOIS (1760-1852), vers 1820. On doit à ce neveu du chanoine de Boisbilly une description des vitraux vers 1820. 

A. de Blois, héritant de ce registre de Boisbilly, en fait don à l'évêque André, le 5 janvier 1804, mais le ré-annote en 1820 et 1821 et donne alors la description des vitraux et leur état. Il le remit de nouveau à l'évêque de Quimper, Mgr Graveran, le 5 septembre 1842 "pour l'usage de la cathédrale ". Il rajoute  "malade d'une fluxion, charge son fils Louis de le remettre à l'évêque". (J-P. Le Bihan)


 

— BOISBILLY (Jean-Jacques-Archibald le Provost de la Boexière ,Chanoine de), vers 1770, Registre de BoisbillyArch. Dioc. Quimper,  ,

 Jean-Jacques Archambault Provost de Boisbilly (1735-1786). Docteur en théologie de la Sorbonne, vicaire général du diocèse de Rennes, il était abbé commandataire du Tronchet et chanoine de Quimper. Il possédait une des plus érudites bibliothèques de Quimper et on lui doit par ailleurs un plan de la cathédrale dressé en 1770 qui est une des sources les plus importantes sur la cathédrale avant la Révolution. Il avait dessiné l'architecture des fenêtres de la cathédrale en pleine page de 1770 à 1772. Ce travail  devait être complété par la suite avec les dessins des vitraux, mais il fut malheureusement appelé à d'autres fonctions.

"La cathédrale de Quimper, qui figure au nombre des Monuments historiques du département du Finistère, n’a été jusqu’ici l’objet d’aucune publication de quelque importance. Vers l’année 1770, l’abbé de Boisbilly, syndic du chapitre de Quimper, avait, en vue d’une histoire de ce monument, réuni de nombreuses notes, et fait dresser un plan de l’église avec ses chapelles et ses autels. Dans sa réunion générale du 14 mai 1772, le chapitre le « pria de continuer l’ouvrage qu’il avait commencé sur la description détaillée de l’église cathédrale, » et décida « qu’il en serait fait un registre particulier. » (1)1 Sur ces entrefaites, l’abbé de Boisbilly fut appelé à Rennes pour prendre part aux travaux de la Commission intermédiaire des États de Bretagne dont il faisait partie. Les affaires importantes et multipliées de la Province ne lui permirent pas de mener à bonne fin son entreprise. Ses notes furent perdues, et il n’est resté comme souvenir du projet qu’il avait formé, qu’un registre grand in-folio, qui contient avec le plan de la cathédrale, les dessins au trait de ses fenêtres, dessins qui devaient être complétés par la peinture des vitraux. M. de Blois (de Morlaix), neveu de l’abbé de Boisbilly, a fait hommage de ce registre à Mgr l’évêque de Quimper, le 5 septembre 1849. Avant de s’en dessaisir, il avait pris le soin d’écrire au-dessous des dessins des fenêtres, une description sommaire des vitraux qu’elles contenaient encore en 1820 et 1821, mais à cette époque beaucoup étaient entièrement détruits. " (R-F. Le Men)

 

— BONNET (Philippe) 2003, Quimper, la cathédrale, Zodiaque, Paris 

 BRUNEL (Christian), 2004, La réédification du tombeau de saint Yves : l’histoire au service de l’Église. In Saint Yves et les Bretons: Culte, images, mémoire (1303-2003), sous la direction de Jean-Christophe Cassard et Georges Provost, Presses Universitaires de Rennes p. 111-123 http://books.openedition.org/pur/22403?lang=fr

— COUFFON (René), 1963,  « Etat des vitraux de la cathédrale Saint-Corentin au milieu du XIXe siècle par le baron de Gulhermy », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, tome LXXXIX, p. XCVII-CII

— COUFFON (René) LE BARS ( Alfred) 1988,  Diocèse de Quimper et de Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988, 551 p.  http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/Quimper.pdf

— DANIEL (Tanguy), (dir.), Anne Brignandy, Yves-Pascal Castel, Jean Kerhervé et Jean-Pierre Le Bihan, 2005,  sous la direction de, Les vitraux de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper,  Presses Universitaires de Rennes / Société Archéologique du Finistère,  287 p. (ISBN 978-2-7535-0037-2).

— GALLET (Yves), Les ducs, l’argent, les hommes ? Observations sur la date présumée du chevet rayonnant de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper (1239) p. 103-116 http://books.openedition.org/pur/5315

 GALLET (Yves), 2009, "Quimper, cathédrale Saint-Corentin. L'architecture, (XIIIe-XVe sièle)", " Actes du Congrès Archéologique de France  2007 de la Société Française d'Archéologie. 

 — GATOUILLAT (Françoise), 2013,  "Les vitraux de la cathédrale" , in Quimper, la grâce d'une cathédrale, sous la direction de Philippe Bonnet et al.La Nuée Bleue, Strasbourg, page 185-203

 — GATOUILLAT (Françoise), 2009, "Quimper, cathédrale Saint-Corentin. Les vitraux anciens."Actes du Congrès  Archéologique de France 2007 de la Société Française d'Archéologie. 

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 172.

 

— GUILHERMY (Ferdinand de), 1848-1862,  Notes sur les diverses localités de France, Bnf, Nouv. acquis. française 6106 folio 335v et suivantes.

Le baron de Guihermy, membre de la Commission des Arts, visita Quimper le 2 octobre 1848 et rédigea un mémoire d'après ses notes. Nommé membre de la Commission des Monuments Historiques en 1860, il entreprit un voyage en France et séjourna à Quimper du jeudi soir 28 octobre 1862 au samedi 30 à midi et compléta alors ses premières notes. 

LAFOND (Jean), 1962," Le Christ en croix de la cathédrale de Quimper à Castelnau-Bretenoux",  Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France p. 36-38. 

 — LA VALLÉE, 1847,  "Essai sur les vitraux existant dans les églises du canton de Quimper", Bulletin archéologique de l'Association bretonne, t.I, p. 263-277.

 

— LE BIHAN (J.-P.), J.-F. Villard (dir.), 2005,  Archéologie de Quimper. Matériaux pour servir l’histoire, t. 1 : De la chute de l’Empire romain à la fin du Moyen Âge, Quimper, 2005.

— LE BIHAN (J.-P.) 1993,, -"Gravures de repère sur les vitraux bretons des XVe et XVIe." Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXII 

ou blog du 10 février 2010 : 

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-les-vitraux-et-leurs-gravures-de-repere-en-bretagne-44640076.html

LE BIHAN (Jean-Pierre), 1995, « La restauration des verrières hautes de la cathédrale de Quimper, » Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXIV, p.524-525

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 1997,« La verrière n°100 de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXVI, p. 175-201.

 

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 2007,  Blog 

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-7003763.html

 

 LE MEN (René-François), 1877, Monographie de la cathédrale de Quimper [XII-XVe siècle], Quimper. p.21,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1e08593c46eb46336af146045b16d0f4.pdf

 MACIAS-VALADEZ (Katia), 1997, "Les vitraux des fenêtres hautes de la cathédrale de Quimper : un chantier d'expérimentation et la définition d'un style quimpérois", Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, t. LXXV, p. 204-242. 

 OTTIN (L.), Le Vitrail, son histoire, ses manifestations diverses à travers les âges et les peuples, Librairie Renouard, H. Laurens éditeur, Paris, s.d. [1896] In-4°, 376 pages,  4 planche en couleurs, 15 phototypies, 12 planches en teinte hors texte, 219 gravures, de signatures, marques et monogrammes. 

https://archive.org/stream/levitrailsonhist00otti#page/42/mode/2up

— THOMAS (Abbé Alexandre), 1892, Visite de la cathédrale de Quimper. Arsène de Kerangal, 170 pages,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c9d5dca31c276caf2782d0a4b99a85ce.pdf

 — THOMAS (Abbé Alexandre) 1904,  La cathédrale de Quimper, 1904, J. Salaun, 97 pages, p.51

— YEURCH (Bertrand) 2012, "Les premières entrées épiscopales en Bretagne ducale", Britannia Monastica  16, 2012, p. 93-161. https://www.academia.edu/1949697/Les_premi%C3%A8res_entr%C3%A9es_%C3%A9piscopales_en_Bretagne_ducale

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Published by jean-yves cordier - dans Quimper
12 mars 2016 6 12 /03 /mars /2016 21:59

L'une des caractéristiques les plus intéressantes des vitraux bretons est l'utilisation du jaune d'argent pour teinter les iris des personnages, comme dans la baie 106 et 107, ou d'un dragon, comme dans la baie 109. Mais l'utilisation qui est faite du pigment jaune dans les baies 110 et 112 est si originale que Katia Macias-Valadez a désigné leur auteur sous le nom de "Maître du jaune d'argent".

 

LA BAIE 110. 

Elle mesure 4,50 m de haut et 2,60 m de large et comporte quatre lancettes trilobées et un tympan de 10 ajours. Ce serait, d'après Le Men et Thomas, un don de la famille Bodigneau, de Clohars-Fouesnant. 

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LANCETTE A.

Un saint évêque en chape pourpre galonnée. La mitre est ancienne. La tête a été copiée par Lusson sur un modèle encore conservé dans une collection privée parisienne, et ces deux documents permettent d'affirmer  que le jaune d'argent qui souligne les sourcils, la paupière supérieure, la narine gauche, et le menton sont bien dûs au pinceau de l'artiste du début du XVe siècle.

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Tête d'évêque du vitrail d'origine, coll.privée, in Gatouillat 2009

Tête d'évêque du vitrail d'origine, coll.privée, in Gatouillat 2009

Copie de la tête du vitrail d'origine par Antoine Lusson, dépôt de la cathédrale, in Gatouillat 2009

Copie de la tête du vitrail d'origine par Antoine Lusson, dépôt de la cathédrale, in Gatouillat 2009

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L'évêque présente une donatrice coiffée d'un petit atour de tête vert ou bleu turquoise sur des cheveux temporaux postiches (truffeaux) ramassés par une résille en et vêtue d'une robe verte à plastron blanc. Tête moderne, jupe complétée. Selon Le Men, page 29 : "Dame à genoux, vêtue d’une robe blanche portant parti au 1 : d’argent à la mâcle d’azur (Tréanna) ; au 2 : d’argent à la bande engreslée de sable. ". Seule la bande engrêlée de sable est aujourd'hui visible.

Puisque les vitraux anciens encore conservés nous permettent de vérifier que les vitraux "modernes" (vers 1869) de Lusson sont fidéles aux verres anciens qu'il a déposés, nous pouvons supposer que les touches de jaune d'argent du visage de la donatrice (sourcil, narine, lèvre, menton) sont conformes à la peinture du verrier du XVe siècle, à moins que le visage de la noble donatrice ait été détruit (sous la Révolution?) et que Lusson ait procédé par extrapolation du visage de l'évêque.

 

Lancette A, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.
Lancette A, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette A, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Donatrice Lancette A, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Donatrice Lancette A, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Lancette A, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette A, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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LANCETTE B.

Fond rouge très restauré.

Saint Jean l'Évangéliste nimbé de vert porte un manteau blanc drapé, au dessus d'une robe bleu-vert. Les cheveux blonds bouclés et l'absence de barbe permettent d'identifier l'apôtre Jean, comme surtout le calice d'où sortent six serpents-dragons faisant référence au miracle racontés dans la Légende Dorée de Jacques de Voragine : Pour prouver à Aristodème et aux Éphésiens la supériorité du christianisme sur le culte des idoles, Jean, sommé de boire une coupe de poison, en avale le contenu d'un trait et n'en est absolument pas incommodé, tandis que les deux goûteurs désignés pour tester ce poison s'écroulent foudroyés en quelques secondes (ils seront ensuite ressuscités par le saint).

 

 

Saint Jean présente un chevalier en armure,  portant l'épée, et  sur son tabard les armes de la famille de Bodigneau, de sable à l’aigle impériale d’argent becquée et membrée de gueules. Le fief de cette famille se trouve dans la paroisse de Clohars-Fouesnant (à 15 km au sud de Quimper), où s'élève le château de Bodigneau, ou Botigneau, Bodignio ou Bodinio. Le Nobiliaire ou Armorial de Bretagne de Pol Potier de Courcy indique :

Botigneau (de), sr dudit lieu et de Kergoat, par. de Clohars-Fouesnant, — de Brunault, par. de Trébrivant. Réf. et montres de 1426 à 1562, par. de Clohars, év. de Cornouaille.

D’azur à l’aigle éployée d’or. Devise : À l’adventure.

Le nom ancien de cette famille est Droniou ; Jean Droniou, épouse Louise du Vieux-Chatel, dame de Brunault, dont : Alain, marié en 1562 à Marie de Kergorlay, père et mère de Jeanne, fille unique héritière, épouse de François de Kerc’hoënt.

En 1426, le domaine de Botigneau  est tenu en 1426 par Jehan Droniou.

Vers 1500, cette famille fit édifier les vitraux de l'église Saint-Hilaire de Clohars-Fouesnant, avec leurs armes en supériorité, et Pierre de Bodigneau et Marie de Tréanna s'y font représenter en donateurs (Abgrall, Notice).  Voir Iconographie de saint Christophe.

En 1424, lors de la construction de la façade occidentale, le blason du seigneur de Bodigneau est sculpté sur le tympan du portail, avec celle des trois autres nobles qui ont le privilège de porter le siège de l'évêque Bertrand de Rosmadec : les seigneurs de Nevet (Plogonnec), de Guengat et Du Quélennec (Le Faou). C'est dire qu'il s'agit alors d'une famille de tout premier plan en Cornouaille. Par contre, en 1480, lors de l'entrée épiscopale de Guy de Bouchet, les quatre seigneurs qu'accueillirent dans la cathédrale étaient Jean du Quélennec, Henri,seigneur de Névet, Guillaume, seigneur de Ploeuc,  et Guyomarch, seigneur de Guengat. Bodigneau avait donc laisser la place à de Ploeuc.

Les verres du chevalier, avec sa coupe de cheveux caractéristique de l'époque, sont bien conservés, hormis le panneau inférieur où la zone des genoux et le socle sont modernes. Les mêmes rehauts de jaune d'argent se remarquent au mêmes endroits du visage que sur la lancette A, les sourcils, la narine, la paupière, la lèvre et le menton.

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Lancette B, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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LANCETTE C.

Elle est similaire à la lancette B, mais c'est ici saint Jean-Baptiste qui présente le donateur. Ce saint est, en fréquence, le premier représenté dans les vitraux du XVe siècle, avec dix occurences, très souvent en binôme avec Jean l'Evangéliste (sept occurences), et je me demande si il faut y voir l'influence du couple ducal de Jean V et de Jeanne de France. Ces dix représentations sont assez identiques, Jean tenant un agneau lui-même porteur de l'oriflamme de la ressurection et la croix du sauveur du Monde dont il clamait l'avènement. Ici, comme ailleurs (baie 115, 123, 124), l'agneau est disposé sur un livre. Partout, l'artiste n'omet pas de faire valoir le vêtement fait d'une peau de bête (poils de chameau selon l'Évangile, peau de lion souvent ) : le saint vit dans la solitude du désert entourant le Jourdain, où il baptise par immersion, il se nourrit de miel et de sauterelles (Mt 11:18). Membre d'une famille sacerdotale (il est le fils de Zacharie), il prône la purification du corps et il est peut-être assimilable à un nazir ou nazaréen, qui a fait vœu d'ascétisme selon les prescriptions bibliques de Nombre 6: 1-21 ; ainsi, il observerai la règle "Un rasoir ne passera pas sur ta tête", et ce serait le sens des cheveux longs et de la barbe représentés sur le vitrail. 

La robe en poil de chameau (on voit des bouclettes qui évoquent un pelage d'animal)  du saint est teintée de jaune d'argent. Sa partie inférieure disparaît sous une tenture bleue (son manteau ??) devant laquelle se détache le donateur.

Lancette C, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette C, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette C, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette C, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Le seigneur de Bodigneau est identique à la lancette B, mais ses armoiries sont assez bien conservées.

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Lancette C, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette C, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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LANCETTE D.

Les têtes de la Vierge et de son Enfant sont modernes, mais on y remarque le même emploi de jaune d'argent sur les traits des visages. 

La Vierge est très proche de la sainte Catherine de la baie 112, mais cela sera comparé plus loin.

 

Lancette D, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette D, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette D, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette D, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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L'Enfant tient dans les mains un objet jaune et blanc que je n'ai pas identifié.

Lancette D, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette D, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

La donatrice est coiffée d'un touret vert vêtue d'un corsage pourpre-brun. Sa jupe armoriée parti Bodigneau et Tréanna inciterait à découvrir, vers 1417, un mariage entre ces deux familles, mais je n'ai trouvé que celui, mentionné vers 1500, du couple figurant sur la verrière de la chapelle nord de l'église de Clohars-Fouesnant entre Pierre de Bodigneau et Marie de Tréanna selon l'aveu de Cheffontaine de 1758. 

Son visage est le seul à ne pas bénéficier du jaune d'argent.

Lancette D, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette D, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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LES DAIS.

Ils sont sensiblement identiques dans les quatres lancettes, et sont divisés en trois pinacles aigus, à quadrilobes, sans rehauts de jaune d'argent.

Il y a absence de continuité et de cohérence du décor entre le fond de la niche composée du socle, des montants et des fonds d'une part, qui s'arrête avec la barlotière, et d'autre part les dais, qui semblent incomplets puisqu'on n'y trouve pas la retombée des voûtes et le remplage habituel.

Les socles sont anguleux.

Les fonds.

Ils alternent la couleur rouge et la couleur bleue, avec un motif en large feuille découpée de profondes digitations, grimpant verticalement.

Dais de la lancette A, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Dais de la lancette A, baie n°110, coté sud du chœur de la cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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II. LA BAIE 112. CHOEUR COTÉ SUD.

Les chercheuses Françoise Gatouillat et Katia Macias-Valadez ont souligné que cette baie 112 forme un ensemble avec la baie 110 : non seulement on y retrouve les mêmes familles de donateurs, mais encore le même usage du jaune d'argent, les mêmes dais architecturaux qui semblent amputés de leur partie inférieure et se raccordent mal avec les registres sous-jacents. De plus, le même carton me semble avoir été utilisé pour leur lancette D.

Comme la précédente, elle mesure 4,50 m de haut et 2,60 m de large et comporte quatre lancettes trilobées et un tympan (à 12 ajours ici).  Ce serait selon le relevé de Le Men en 1877 un don des familles de Bodigneau, de Tréanna et de Trémic.

Mais il existe une différence de taille : les personnages sont traités majoritairement en grisaille (comme les baies n°109 et 111), les pièces colorées étant réservées à certains vêtements, aux fonds et au contre-fond uni des têtes de lancettes. La source d'inspiration des peintres sur verre a largement été puisée dans les enluminures des Livres d'Heures et autres livres de dévotions, ou les saints figurent dans des niches ou devant des fonds quadrillés, sur un sol carrelé, et où le livre débute souvent en présentant le couple de donateur et ses armoiries, mais à la fin du XIVe et le début du XVe siècle, les artistes adoptèrent volontiers la technique en grisaille, à l'instar des peintres flamands sur le dos des volets des retables (L'Agneau Mystique de Van Eyck date de 1432).

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Baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.
Baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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LANCETTE A.

L'apôtre Jacques le Majeur, en robe pourpre, porte un manteau blanc qui forme un pan bizarre en avant de la donatrice. Il n'est identifiable que par la coquille de son chapeau.

Le jaune d'argent est utilisé pour le livre, le chapeau du saint avec coquille en réserve, le galon de son col sur la pièce du cou, 

 

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Lancette A, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette A, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Lancette A, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette A, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Lancette A, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette A, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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La donatrice est vêtue d'une robe blanche qui porte des motifs héraldiques en forme d'étoiles rouges à centre jaune, et aussi un triangle blanc inscrit dans un triangle bleu. Le Men y a reconnu "une demi-mâcle d’azur et une molette de gueules" , et les a attribués à "une alliance des familles de Tréanna et de Lanros. Cette dernière seigneurie était dans la paroisse d’Ergué-Armel."

Les armoiries de Tréanna sont d'azur à la macle d'argent et celle de Lanros d'or à une molette de gueules

Le jaune d'argent est utilisé ici pour les cheveux de la dame, ramassés par une résille sous son touret coloré.

 

 

Lancette A, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette A, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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LANCETTE B. 

 

1°) Sainte Anne, sa fille et son petit-fils.

L'archiviste Le Men voyait ici "la Vierge, tenant l’Enfant Jésus dans ses bras", mais il s'agit en réalité d'un groupe dit  d'Anne trinitaire (figure de la sainte moderne, Vierge et Enfant ancien), correctement  reconnu par Gatouillat et Hérold 2005,  Philippe Bonnet 2003, mais difficilement et dubitativement par Yves-Pascal Castel 2005. 

Un examen attentif découvre d'abord que la sainte porte la guimpe, attribut de la Mère de la Vierge alors que Marie porte traditionnellement les cheveux libres ou couverts d'un voile qui n'encadre pas le visage. Puis on constate que l'enfant qu'elle tient porte une couronne ; malgré l'aspect corrodé du verre, on admire ses traits gracieux et féminins : il s'agit de Marie, aux cheveux blonds ondulants. Enfin, une paire de jambes, un dos et un bras indiquent la présence de l'Enfant-Jésus, de taille inférieure à celle de sa mère Marie. La tête se devine, portant un nimbe crucifère.

Des touches de jaune d'argent sont appliquées sur la paupière, la narine, le menton de sainte Anne (composition par Antoine Lusson). Le pigment colore aussi les cheveux, la robe et la couronne de Marie, et aussi une pièce de verre placée près de la main de l'Enfant.

Ainsi recomposée et dégagée mentalement des scories de l'altéraion du verre ancien, le dessin du groupe trinitaire acquiert une beauté exceptionnelle.

Voir mes articles sur les groupes d'Anne trinitaires de Bretagne :

Dans la vallée de l'Aulne. (29)

Au Musée de Quimper (29)

A l'église de Plourin-les-Morlaix (29)

A l'église de Plougasnou

A l'église de Guimaëc

L'église du Vieux Bourg à Lothey : Anne trinitaire.

La chapelle Sainte-Anne à Daoulas.(29)

A la cathédrale de Burgos (Espagne)

A l'église de Bannalec (29)

A Saint-Hernin (29)

Voir aussi la belle collection du Musée des Trésors de la Basilique Sainte-Anne-d'Auray (56)

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Lancette B, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Sainte Anne trinitaire, lancette B, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Sainte Anne trinitaire, lancette B, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Vient ensuite le chevalier (très restauré) en armure, agenouillé, mains jointes, vêtu d’une cotte bleue et d'un manteau blanc sur lequel Le Men décrit une rose de gueules (Trémic). Signalons que Le Men , dont la Monographie paraît en 1877, n'a pas vu les vitraux qu'il décrit et dont il a demandé la réalisation par Lusson. Thomas décrit, en suivant Le Men, "un seigneur de Trémic, présenté par Notre-Dame".

 

Lancette B, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette B, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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LANCETTE C.

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Nous voyons un saint religieux,  qui porte un habit composé d'une longue robe blanche et, recouvrant les épaules et les bras, d'un capuce.

Le buste est ancien. On relève le jaune d'argent sur les cheveux du saint, sur la tranche du livre, mais non sur le visage.

Une banderole indique un nom, mais sa lecture est ardue. Elle débute à gauche par ST~S, "SANCTUS", puis se poursuit à droite par  -' IIUO. 

Les saints religieux honorés en Bretagne, et notamment par le duc Jean V sont saint Vincent-Ferrier et saint Yves. Ce dernier était mentionné à l'époque sous le nom de Sanctus YVO. Dans le Livre d'Heures d'Anne de Mathefelon, un manuscrit d'origine bretonne, l'oraison O Yvo incola britannie "O Yves qui résida en Bretagne" montre la graphie en usage en 1425. En outre, l'enluminure montre un saint Yves très proche du saint du vitrail quimpérois.

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Bourges, Musée du Berry Ms 1924-4-1 folio 98 : Anne de Mathefelon priant saint Yves.

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N.b : Dans la baie 106, saint Yves est figuré présentant, comme ici, un seigneur de Treanna ; mais son identification est claire : il est tonsuré, la banderole porte les mots S. YVO et le saint porte un sac contenant des manuscrits, propre à sa fonction d'official du diocèse de Tréguier.

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Lancette C, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette C, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Lancette C, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette C, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Lancette C, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette C, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Lancette C, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette C, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

I.

Saint Yves présente le seigneur de Treanna (son tabard porte une mâcle d'argent sur fond d’azur) en armure, l'épée ceinte, à genoux. Le visage de l'ecuyer porte les rehauts de jaune d'argent habituels sur le sourcil, la paupière, le menton.

Le prénom Yves est répandu (ou vénéré) dans la famille de Treanna. Un extrait des registres de la Chambre de reformation de 1668 concernant Jean de Treanna indique que cette famille se tenait comme descendante d'Yves de Treanna et d'Amou de Querbescat, proprietaire de la terre et seigneurie de Quervern, qui vivoient en l’an 1409, [...] dont issut Yves de Treanna, qui épousa Jeanne de Coatenezre , etc

 

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Lancette C, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette C, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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LANCETTE D.

Le panneau supérieur de cette lancette est assez bien conservé. On y voit sainte Catherine, et, devant son épaule gauche, tenue dans la main drapée par la manche, la roue de son supplice, représentée, avec un luxe de détail, avec les lames qui y sont fixées. "Les pupilles et narines des personnages sont teintés de jaune d'argent" (Gatouillat et Hérold 2005). Le pigment s'étale même sur l'œil gauche de la sainte, touche la lèvre  et la pointe du menton.

 

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Lancette D, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette D, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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La donatrice est à genoux, vêtue d’une robe blanche parti au 1 : de sable à l’aigle impériale d’argent becquée et membrée de gueules (Bodigneau) ; au 2 : d’argent à la rose de gueules (Trémic). 

 

Selon le Nobiliaire et Armorial de Pol Potier de Courcy, 

Trémic (de), sr dudit lieu, par. de Combrit, — de Kcranysan et de Lespervez, par. de Plonéour,— de Peuanrun.

Anc. ext., réf. 1669, neuf gén. ; réf. et montres de 14?6 à 1536, dites par., év. de Cornouaille.

D’argent à la rose de gueules.

Alain, croisé en 1248 (cab. Courtois) ; Henry, vivant en 1144, père d’lVon, vivant en 1460, marié à Jeanne de Saint-Juzel ; Henry, fils des précédents, époux d’Hélène le Gallou, père et mère de Christophe, marié à Louise le Coing, dame de Keranysan ; Jean, chevalier de l’ordre, épouse en 1633 Renée l’Honoré ; un contre-amiral honoraire en 1825.

Fondu dans Boisberlhelot.

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Lancette D, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette D, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Lancette D, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette D, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Lancette D, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Lancette D, baie n°112, coté sud du chœur, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Comparaison de la Vierge de la lancette D de la baie 110 et de sainte Catherine de la lancette D de la baie 112.

Si on compare ces deux lancettes, on constate qu'un seul carton a pu être utilisé, et que la tête de l'Enfant, cerclée du nimbe, de l'une a laissé place à la roue de l'autre. Si on s'en tient aux seules têtes, les traits du visage sont les mêmes, la chevelure et la couronne également, et la forme en raquette de la pièce de verre est identique.

 

 

Comparaison de la Vierge de la lancette D de la baie 110 et de sainte Catherine de la baie 112.
Comparaison de la Vierge de la lancette D de la baie 110 et de sainte Catherine de la baie 112.

Comparaison de la Vierge de la lancette D de la baie 110 et de sainte Catherine de la baie 112.

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Dais gothiques rayonnants: niches hérissés de pinacles, de structure lourde, aux voûtes apparentes (en verre blanc non teinté de jaune d'argent).

Fonds : à larges motifs de feuillages. Alternance traditionnelle de la couleur bleue et rouge, mais la lancette B fait exception puisque le rouge laisse la place à un pourpre pâle.

Socles polygonaux  sols dallés vus en perspective en grisaille et jaune d'argent .

Marques de repère. Selon le maître-verrier Jean-Pierre Le Bihan, "Les fenêtres hautes du choeur présentent sur la face extérieure ces marques de  repère, une par pièce d'origine. parfois, la même marque dans  tout un panneau. d'autre fois, tout au long de la lancette, chaque lancette ayant ainsi son signe de reconnaissance. Ceci est relevé  dans les fenêtres 106,108 et 110; on découvre aussi sur un panneau, la marque d'un restaurateur du XIX°siècle, dui est un M entouré d'un 0  Pour la 106, il est proposé un e, un c, un O barré d'un l au centre, ainsi qu'un triangle. Sur la 112 deux O dont un couronnant une croix, ainsi qu'un 6 ".

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CONCLUSION.

Je citerai Katia Macias-Valadez (p. 226-227) :

"...l'usage spécial du jaune d'argent pour rehausser les sourcils, les paupières, le bout du nex, les lèvres et parfois le menton sur certains visages. Cette particularité qui reste des plus fascinantes étant donné son originalité révèle une bonne maîtrise de la technique de la peinture sur verre. En effet, le jaune d'argent est constitué de sels d'argent contenus dans un colorant ocre ; translucide lors de son application sur le revers de la pièce de verre, il devient jaune à la cuisson. [...] Le jaune d'argent est très pratique puisqu'il permet de représenter sur la même pièce de verre deux couleurs différentes sans avoir à recourir au plomb. Apparu au début du XIVe siècle, il est généralement utilisé pour faire les cheveux, les barbes et parfois l'iris des yeux et des motifs ornementaux. A Quimper, les artistes en ont fait un usage, que l'on ne retrouve dans aucun autre exemple, français, anglais ou breton, qui nous soit parvenu. Voulaient-ils suggérer le volume de ces parties ? Ou tout simplement caractériser davantage leurs personnages ?"

Dans les baies 106 et 108, ce sont les iris (j'utilisais, à tort sur le plan anatomique, le mot "pupille" repris à F. Gatouillat) des personnages qui sont teintés aux sels d'argent, et dans la baie 109 ce sont les iris du dragon diabolique terrassé par saint Michel. Mon hypothèse concernant ces "pupilles" jaune d'or, développée à propos de cet usage à Runan et à Malestroit, est qu'il s'agit de montrer la nature spirituelle ou sacrée, saintes, des personnages. Si on doit expliquer aussi son emploi pour le dragon, je dirai que ces yeux dorés rendent explicite le fait que nous ne sommes pas dans le monde naturel d'ici-bas, mais dans le monde surnaturel des Cieux. Les touches jaunes des visages viennent également, sur un mode original, placer  les personnages dans cet autre monde : les saints tutélaires parce qu'ils s'y trouvent déjà, les donateurs parce qu'ils sont irradiés et spiritualisés par leur patronage, parce qu'ils accèdent  dans le chœur (le centre des énergies spirituelles de la cathédrale, jadis fermé aux laïcs par un jubé), et parce qu'ils sont agenouillés tournés vers la scène centrale de la Crucifixion, où le Christ en croix leur assure leur rédemption.

Cet emploi du jaune d'argent renvoie donc, à mon sens, à un procédé analogue à celui des fonds dorés par les peintres des icones orthodoxes, ou pour rester dans la chrétienté catholique, par les peintres primitifs italiens de Florence ou de Sienne comme Cimabué, ou encore à l'usage du nimbe doré autour de la tête des saints.

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SOURCES ET LIENS. 

 

 

Cathédrale Saint-Corentin de Quimper. Inauguration du portail occidental, 12 décembre 2008   : http://www.sdap-finistere.culture.gouv.fr/fichiers/dossiers/mon8-fasciculecathedrale2008v2ds.pdf

ANDRÉ (Augustin), 1878, De la verrerie et des vitraux peints de l'ancienne province de Bretagne, Rennes, Plihon, in-8°, 281 p.  (Extr. des Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, t. XII.) page 299-304.

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077642/f326.image

 

— AYMAR DE BLOIS (1760-1852), vers 1820. On doit à ce neveu du chanoine de Boisbilly une description des vitraux vers 1820. 

A. de Blois, héritant de ce registre de Boisbilly, en fait don à l'évêque André, le 5 janvier 1804, mais le ré-annote en 1820 et 1821 et donne alors la description des vitraux et leur état. Il le remit de nouveau à l'évêque de Quimper, Mgr Graveran, le 5 septembre 1842 "pour l'usage de la cathédrale ". Il rajoute  "malade d'une fluxion, charge son fils Louis de le remettre à l'évêque". (J-P. Le Bihan)


 

— BOISBILLY (Jean-Jacques-Archibald le Provost de la Boexière ,Chanoine de), vers 1770, Registre de BoisbillyArch. Dioc. Quimper,  ,

 Jean-Jacques Archambault Provost de Boisbilly (1735-1786). Docteur en théologie de la Sorbonne, vicaire général du diocèse de Rennes, il était abbé commandataire du Tronchet et chanoine de Quimper. Il possédait une des plus érudites bibliothèques de Quimper et on lui doit par ailleurs un plan de la cathédrale dressé en 1770 qui est une des sources les plus importantes sur la cathédrale avant la Révolution. Il avait dessiné l'architecture des fenêtres de la cathédrale en pleine page de 1770 à 1772. Ce travail  devait être complété par la suite avec les dessins des vitraux, mais il fut malheureusement appelé à d'autres fonctions.

"La cathédrale de Quimper, qui figure au nombre des Monuments historiques du département du Finistère, n’a été jusqu’ici l’objet d’aucune publication de quelque importance. Vers l’année 1770, l’abbé de Boisbilly, syndic du chapitre de Quimper, avait, en vue d’une histoire de ce monument, réuni de nombreuses notes, et fait dresser un plan de l’église avec ses chapelles et ses autels. Dans sa réunion générale du 14 mai 1772, le chapitre le « pria de continuer l’ouvrage qu’il avait commencé sur la description détaillée de l’église cathédrale, » et décida « qu’il en serait fait un registre particulier. » (1)1 Sur ces entrefaites, l’abbé de Boisbilly fut appelé à Rennes pour prendre part aux travaux de la Commission intermédiaire des États de Bretagne dont il faisait partie. Les affaires importantes et multipliées de la Province ne lui permirent pas de mener à bonne fin son entreprise. Ses notes furent perdues, et il n’est resté comme souvenir du projet qu’il avait formé, qu’un registre grand in-folio, qui contient avec le plan de la cathédrale, les dessins au trait de ses fenêtres, dessins qui devaient être complétés par la peinture des vitraux. M. de Blois (de Morlaix), neveu de l’abbé de Boisbilly, a fait hommage de ce registre à Mgr l’évêque de Quimper, le 5 septembre 1849. Avant de s’en dessaisir, il avait pris le soin d’écrire au-dessous des dessins des fenêtres, une description sommaire des vitraux qu’elles contenaient encore en 1820 et 1821, mais à cette époque beaucoup étaient entièrement détruits. " (R-F. Le Men)

 

— BONNET (Philippe) 2003, Quimper, la cathédrale, Zodiaque, Paris 

 COUDOUIN (André), 1981, « L'âge d'or de la soierie à Tours (1470-1550) » Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1981  Volume 88  Numéro 1  pp. 43-65

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1981_num_88_1_3035

— COUFFON (René), 1963,  « Etat des vitraux de la cathédrale Saint-Corentin au milieu du XIXe siècle par le baron de Gulhermy », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, tome LXXXIX, p. XCVII-CII

— COUFFON et LE BRAS,  http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/Quimper.pdf

— DANIEL (Tanguy), (dir.), Anne Brignandy, Yves-Pascal Castel, Jean Kerhervé et Jean-Pierre Le Bihan, 2005,  sous la direction de, Les vitraux de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper,  Presses Universitaires de Rennes / Société Archéologique du Finistère,  287 p. (ISBN 978-2-7535-0037-2).

— GALLET (Yves), Les ducs, l’argent, les hommes ? Observations sur la date présumée du chevet rayonnant de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper (1239) p. 103-116 http://books.openedition.org/pur/5315

— GALLET (Yves), 2009, "Quimper, cathédrale Saint-Corentin. L'architecture, (XIIIe-XVe sièle)", " Actes du Congrès Archéologique de France  2007 de la Société Française d'Archéologie.

 — GATOUILLAT (Françoise), 2013,  "Les vitraux de la cathédrale" , in Quimper, la grâce d'une cathédrale, sous la direction de Philippe Bonnet et al.La Nuée Bleue, Strasbourg, page 185-203

 — GATOUILLAT (Françoise), 2009, "Quimper, cathédrale Saint-Corentin. Les vitraux anciens." Actes du Congrès  Archéologique de France 2007 de la Société Française d'Archéologie. 

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 172.

— GRODECKI (Louis), Baudot Marcel, Dubuc René, 1968, -"Les vitraux de la cathédrale d'Évreux."  In: Bulletin Monumental, tome 126, n°1, année 1968. pp. 55-73. doi : 10.3406/bulmo.1968.4898 http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1968_num_126_1_4898  

— GUILHERMY (Ferdinand de), 1848-1862,  Notes sur les diverses localités de France, Bnf, Nouv. acquis. française 6106 folio 335v et suivantes.

Le baron de Guihermy, membre de la Commission des Arts, visita Quimper le 2 octobre 1848 et rédigea un mémoire d'après ses notes. Nommé membre de la Commission des Monuments Historiques en 1860, il entreprit un voyage en France et séjourna à Quimper du jeudi soir 28 octobre 1862 au samedi 30 à midi et compléta alors ses premières notes.  Les baies n'y sont pas numérotées et distribuées en cinq lieux : Vitraux de la chapelle des fonts, vitraux de la Nef, vitraux du transept, vitraux du chœur, vitraux de la chapelle terminale. 

LAFOND (Jean), 1962," Le Christ en croix de la cathédrale de Quimepr à Castelnau-Bretenoux",  Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France p. 36-38. 

 — LA VALLÉE, 1847,  "Essai sur les vitraux existant dans les églises du canton de Quimper", Bulletin archéologique de l'Association bretonne, t.I, p. 263-277.

 

— LE BIHAN (J.-P.), J.-F. Villard (dir.), 2005,  Archéologie de Quimper. Matériaux pour servir l’histoire, t. 1 : De la chute de l’Empire romain à la fin du Moyen Âge, Quimper, 2005.

— LE BIHAN (J.-P.) 1993,, -"Gravures de repère sur les vitraux bretons des XVe et XVIe." Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXII

LE BIHAN (Jean-Pierre), 1995, « La restauration des verrières hautes de la cathédrale de Quimper, » Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXIV, p.524-525

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 1997,« La verrière n°100 de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXVI, p. 175-201.

 

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 2007,  Blog 

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-7003763.html

 

 LE MEN (René-François), 1877, Monographie de la cathédrale de Quimper [XII-XVe siècle], Quimper. p.21,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1e08593c46eb46336af146045b16d0f4.pdf

 MACIAS-VALADEZ (Katia), 1997, "Les vitraux des fenêtres hautes de la cathédrale de Quimper : un chantier d'expérimentation et la définition d'un style quimpérois", Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, t. LXXV, p. 204-242. 

 OTTIN (L.), Le Vitrail, son histoire, ses manifestations diverses à travers les âges et les peuples, Librairie Renouard, H. Laurens éditeur, Paris, s.d. [1896] In-4°, 376 pages,  4 planche en couleurs, 15 phototypies, 12 planches en teinte hors texte, 219 gravures, de signatures, marques et monogrammes. 

https://archive.org/stream/levitrailsonhist00otti#page/42/mode/2up

— THOMAS (Abbé Alexandre), 1892, Visite de la cathédrale de Quimper. Arsène de Kerangal, 170 pages,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c9d5dca31c276caf2782d0a4b99a85ce.pdf

 — THOMAS (Abbé Alexandre) 1904,  La cathédrale de Quimper, 1904, J. Salaun, 97 pages, p.51

— YEURCH (Bertrand) 2012, "Les premières entrées épiscopales en Bretagne ducale", Britannia Monastica  16, 2012, p. 93-161. https://www.academia.edu/1949697/Les_premi%C3%A8res_entr%C3%A9es_%C3%A9piscopales_en_Bretagne_ducale

 



 

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Published by jean-yves cordier - dans Quimper
11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 10:01

Les vitraux du chœur de la cathédrale de Quimper II.

Les fonds damassés des vitraux du chœur de la cathédrale de Quimper (vers 1417). Baie 100 et 109. Recension d'autres fonds semblables sur les vitraux de la fin du XIVe et début du XVe siècle. Illustrations par des lampas de Lucques.

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Voir aussi :

Voir d'autres fonds damassés :

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Je consacrerai aux  vitraux du chœur de la cathédrale de Quimper les articles qu'ils méritent, mais le sujet est trop vaste, et je veux me "limiter" (c'est, pourtant, un sujet infini) aux fonds des vitraux du début du XIVe siècle inspirés des soieries italiennes.

Ils sont exposés de la manière la plus ostensible aux visiteurs ou aux fidèles, puisqu'ils occupent les  trois lancettes de la fenêtre d'axe, ou  baie 100,  qui dominent le chœur, dans l'axe principal du sanctuaire. Mais ce sont  les fenêtres hautes de la cathédrale, et leur examen exige une bonne paire de jumelles, ou ...le reportage photo réalisé ici au téléobjectif (Canon 400mm + multiplicateur de focale x 2, ou, mieux,  Leica V-lux 114 ).

La baie 100 est une copie du vitrail d'origine réalisé vers 1417 sous le duc Jean V, principal commanditaire. L'original est conservé aujourd'hui au château de Castelnau-Bretenoux. Nous sommes donc certains d'avoir affaire au décor ancien.

Cette baie de la Crucifixion est composée de trois lancettes, A, B et C, occupées par la Vierge (sur fond bleu), le Christ en croix (fond rouge) et saint Jean (fond rouge), dans une alternance des fonds bleus et rouge déjà habituelle dans les enluminures médiévales.

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Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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L'examen des fonds permet d'identifier un motif de base, reproduit par pochoir sur l'ensemble de la surface. Ce motif associe :

  • deux oiseaux à huppe, tenant chacun dans son bec une banderole,
  • une palmette,
  • une couronne présentée par deux aigles tenant dans leur bec un rinceau.

Le verrier Jean-Pierre Le Bihan, qui a créé le vitrail actuel, donne sur son blog le relevé par calque suivant, provenant du vitrail d'origine :

Puis-je être plus précis ? Les oiseaux ébouriffés peuvent être des perroquets ou des griffons, et je choisis cette dernière hypothèse. J'aimerais faire de la couronne une couronne ducale, rendant hommage au commanditaire Jean V, mais elle s'apparente plus à une couronne de marquis, selon la représentation héraldique. La palmette est épanouie en trois étages, elle s'associe aux rinceaux. Le verre bleu est badigeonné de grisaille sauf à l'endroit des pochoirs, et les dessins ainsi mis en réserve sont peints au trait de grisaille, selon deux variantes, le trait simple et le quadrillé. 

En voici un exemple qui nous servira d'archétype, pris sur la lancette A :

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Fond damassé, lancette A, Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Fond damassé, lancette A, Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Une fois que l'œil est formé pour reconnaître ces éléments, il l'identifie rapidement malgré sa fragmentation imposé par le personnage central et le décor associé.

Mieux, il le reconnaît aussi sur la robe de la Vierge, assez complet dans la partie basse entre les pans du manteau, mais présent aussi dans la partie haute.

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Robe de la Vierge, lancette A, Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Robe de la Vierge, lancette A, Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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La Vierge, lancette A, Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

La Vierge, lancette A, Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Ah, l'examen des vitraux devient tout de suite plus amusant, et, assis avec vos jumelles sur une des chaises assemblées devant l'autel, vous poussez des grognements gourmands et des piaffements excités : vos voisines et voisins vous dévisagent sévèrement.

Allons voir la lancette B, vous dites-vous in petto.

C'est pire : au plaisir d'admirer le dessin superbe du visage du Christ s'ajoute désormais le charme de la reconnaissance d'un décor familier. Heimlich en allemand. 

Plaisir décuplé par le manque et l'esthétique du fragment. For-Da, c'est le jeu de la bobine, coucou le voilà / il n'est plus là.

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Crucifixion, lancette B, Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Crucifixion, lancette B, Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Crucifixion, lancette B, Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Crucifixion, lancette B, Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Crucifixion, lancette B, Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Crucifixion, lancette B, Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Vite, à la lancette C, celle de saint Jean !

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Saint Jean, lancette C, Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Saint Jean, lancette C, Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Crucifixion, lancette B, Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.
Crucifixion, lancette B, Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Crucifixion, lancette B, Baie 100, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Eh, où courez-vous, Philinte ? Je vous devine : vous allez  observer, sur les vitres voisines, comment les fonds sont faits. Par lesquelles allez-vous commencer ? Par les baies qui encadrent la baie centrale ? C'est peine perdue, ces baies 101 et 102 sont des créations du XIXe siècle, et de longues feuilles à digitations y flottent comme en des champs de laminaires.  Par les deux autres baies du rond-point , la 103 et la 104 ? Mauvaise pioche encore, ce ne sont que feuilles de philodendron. Tournez, Philinte, tournez autour du déambulatoire et levez les yeux vers les huit autres baies du chœur et vous m'en direz des nouvelles ! Ces fonds princiers de la baie 100 ne peuvent être imités et vous perdrez votre temps, voyons !

Quoi ? Vous me tirez la manche, vous me conduisez vers le coté sud, vous tendez le doigt  vers une baie nord de la deuxième travée ? 

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La Baie n°109.

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Baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

Baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

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Cette baie a été vitrée lors de la même campagne de 1417 environ, et elle appartient aux huit baies à quatre lancettes (les baies du rond-point, 100 à 105, n'en n'ont que trois). Du coté nord du chœur, nous trouvons principalement un seul saint personnage, alors qu'au sud les saints présentent des donateurs. Donc, ici, nous trouvons deux saintes (Catherine et Marguerite) et deux saints (Julien (?) et Georges).  Trois d'entre eux appartiennent à la liste des 14 "saints auxiliateurs", dont l'intercession est sollicitée lors de dangers mortels, sainte Catherine d'Alexandrie vierge et martyre protégeant des dangers de la grossesse, sainte Marguerite d'Antioche vierge et martyre de ceux de la délivrance, et saint Georges de Lydda, martyr, étant le patron des chevaliers. Leur présence est constante dans les Livres d'Heures, et ce coté nord du chœur peut être assimilé aux pages de ces livres d'oraison, dont il reprend les principales enluminures.

Précisément, dans les enluminures des Livres d'Heures du début du XVe siècle, les saints et saintes sont figurés de façon stéréotypée, avec leurs attributs (la roue et l'épée pour sainte Catherine, le dragon et le crucifix pour Marguerite, le dragon pour Georges à cheval et en tenue de chevalier) : ils se tiennent fréquemment sur un sol carrelé, et se détachant devant une tenture damassée. 

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Baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

Baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

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L'alternance de la couleur bleue et rouge des fonds n'est pas rigoureuse ici, mais elle est présente.

 

Maintenant que nous disposons d'une vue rapprochée des vitraux, nous reconnaissons notre motif archétypal, celui du fond damassé de la baie 100, mais il est encore plus morcelé. C'est, néanmoins, le même pochoir qui a été utilisé.

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Baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

Baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

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Baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

Baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

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Le fait que nous retrouvions ici le même fond que sur la baie d'axe oblige d'une part à renoncer à l'hypothèse qui suggérait que ce décor luxueux distinguait, par un honneur particulier, la scène de la Crucifixion de toutes les autres représentations de saints. Mais par ailleurs, ce fait crée entre les deux baies 100 et 109 des liens privilégiés. Sont-ils seulement issus du même atelier de verriers ? 

Mais, voilà Philomène qui nous rejoint, avec sa paire de jumelles. Que vient-elle faire ?

— Je m'intéresse à ce n° 109. Avez-vous remarquez la beauté du verre ? Comme je l'ai lu sous la plume de Françoise Gatouillat, pour cette verrière, comme pour la n°111, les personnages sont traités largement en grisaille et jaune d'argent, (à l'exception du  verre bleu  de la tunique de saint Julien), et ces personnages, comme les niches sont faites dans un verre blanc nacré peu sensibles aux altérations. 

— Autrement dit, nous avons un point commun reliant le n°100 et le n°109, et un autre, le verre blanc nacré en grisaille, qui relie les n° 109 et 111. Mais le n°111 comporte 4 donateurs présentés par saint Antoine et son cochon, saint Jacques le Majeur, et la Vierge.  Climène, Climène, viens nous aider !

— Vous aider ? Moi, je suis ici pour les pupilles jaunes, peintes au jaune d'argent, que j'ai vu à Kerdevot (Ergué-Gabéric), à Runan, au Mans dans la baie 217,  à Malestroit, à Sées (Orne), que j'ai découvert ici dans la baie 107 dans les yeux de saint Jean-Baptiste et de saint Pierre, et que je viens de découvrir dans cette baie n° 109... dans les yeux du dragon terrassé par saint Georges ! Débrouillez-vous avec ça !

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Lancette A. Sainte Catherine.

 

Sainte Catherine, baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

Sainte Catherine, baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

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Lancette B. Sainte Marguerite.

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Sainte Marguerite, baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

Sainte Marguerite, baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

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Lancette C. Saint chevalier 

Le fond de la lancette C ne semble pas comporter le motif aux oiseaux et à la couronne qui nous préoccupe. C'est un saint chevalier portant sur sa cotte de maille un tabard bleu marqué d'une croix et de fleurs de lis d'or. Il tient une lance où flotte un oriflamme aux mêmes couleurs que le tabard, et on les retrouve aussi sur l'écu.

 

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Saint "Julien", baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

Saint "Julien", baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

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Saint Georges, baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

Saint Georges, baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

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Saint Michel (considéré communément comme saint Georges).

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Saint Georges, baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

Saint Georges, baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

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Lancette D, baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

Lancette D, baie n°109, 2ème travée, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

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—Tiens, voici notre ami grec Virgile Damétas ! Alors, toujours passionné par les dais, Virgile ? 

— Bien-sûr, car ils permettent des regroupements qui donnent matière à réflexion. Ici, nous avons des dais à trois pans avec des gables, des fleurons et des quadrilobes ; Ces motifs sont rehaussés au jaune d'argent selon un dessin en double chevron. Ces traits sont propres aux dais des baies 100, 105, 109 et 111. Or, je vous rappelle que le fonds damassé réunit le n°100 et 109, la qualité des verres les n° 109 et 111,  la grisaille les n° 100, 109 et 111. 

—Toujours fasciné par les bulles ?

— Oui, ces dais ont un autre point commun, c'est d'être orné de doubles perles peintes au jaune d'argent, que l'on trouve aussi sur les montants et sur les socles, mais qui envahissent ici le dais comme des bulles de savon ! Et appréciez aussi la densité différente du jaune, qui va de l'or à l'orange.

— Ah, montre-nous des images, quand même !

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Dais de la baie n°109, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.
Dais de la baie n°109, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

Dais de la baie n°109, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

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Dais de la baie n°109, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.
Dais de la baie n°109, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

Dais de la baie n°109, nord du chœur, cathédrale de Quimper, lavieb-aile.

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DISCUSSION

Résumé : les  fonds damassés créés vers 1417  sur la baie 100 et la baie 109 de la cathédrale de Quimper,  se rapprochent de ceux des vitraux d'autres cathédrales réalisés au début du  XVe siècle, à Évreux, Bourges, Le Mans, Caen, Saint-Lô, ou à Saint-Maclou de Rouen, à Louviers, à Saint-Germain-village (Eure). Les pochoirs qui ont servi à les réaliser  (à Quimper,  motifs de couronnes, de rubans, de feuillages et d'oiseaux affrontés), sont inspirés par les luxueuses soieries de Toscane et notamment par les lampas de Lucques.

 

1. Les fonds damassés au pochoir des vitraux du XVe siècle.

"Les damas sont les grands dessins à ramages qu'on mettait sur les vêtements des personnages ainsi que sur les tentures et les draperies, à l'époque surtout qui nous occupe. Ces ornements étaient alors obtenus, le plus fréquemment, à l'aide d'une simple teinte unie qui, enlevée par place, donnait l'aspect d'une étoffe damassée, c'est-à-dire dont le dessin serait brillant tandis que le fond paraîtrait mat. Le motif d'ornementation le plus souvent employé pour cet usage est une sorte de grenade, se répétant à droite et à gauche en diagonale. Certains damas sont faits au trait, d'autres se détachent en jaune sur fond blanc, d'autres encore sont gravés sur verre rouge ou d'autre couleur, mais plus rarement. Ce mode de décor est d'une grande richesse. Certains damas sont faits au pochoir. Le pochoir est une feuille de cuivre très mince, percée à jour suivant un dessin, et à l'aide de laquelle l'artiste enlève, sur les vitraux, la couche de grisaille qui y a été couchée préalablement. Il lui suffit pour cela de brosser vigoureusement, avec une brosse courte et dure, et seulement aux places où le cuivre n'existe pas. Les Suisses, pour faire les damas de fond de leurs armoiries, se sont souvent servis du pochoir. " (Louis Ottin page 66)

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Quelques exemples.

Katia Macias-Valadez fait observer que le motif des baies 100 et 109 de Quimper "peut être observé aussi à la cathédrale d'Évreux, dans la baie 205, où sont représentés saint Thibaut de Marly, abbé cistercien, et saint Taurin. La coule de l'abbé et la chape de l'évêque sont décorées de rinceaux et d'oiseaux aux ailes déployées, motif que l'on retrouve aussi sur le fond des lancettes". Je trouve une illustration de la baie 203  (dite de Bernard Cariti)  dans l'article de Louis Grodecki 1968  page 63 (auteur qui suggère une datation de 1415-1420, alors que Gatouillat et Hérold proposent 1408-1415) , puis dans un article Image Wikipédia: la figure de l'oiseau aux ailes déployées et mordant la tige du rinceau est très proche de celle de Quimper, mais il n'y a pas de couronne. Notons que l'évêque représenté est assimilé à Thibaud de Malestroit, évêque de Tréguier puis évêque de Quimper de 1384 à 1408, juste avant Gatien de Monceaux qui fit construire les voûtes du chœur de la cathédrale.  

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Puis, Katia Macias-Valadez signale aussi les fonds damassés "très raffinés avec des oiseaux  à la cathédrale de Bourges (chapelle Trousseau) et à la maîtresse-vitre de l'église de Runan (Côtes-d'Armor)".

Concernant l'église de Runan, il me suffit de me reporter à ma description de la maîtresse-vitre  : on commencera à constater les points communs avec Quimper (datation proche, même influence du pouvoir ducal de Jean V, même programme iconographique associant une Crucifixion entre la Vierge et saint Jean à sainte Catherine et sainte Marguerite). Tous les fonds ne sont pas facilement examinables, car les verres rouges sont assombris, mais la lancette où figure saint Pierre comporte un oiseau très proche de celui de Quimper.

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La chapelle fondée par le chanoine Trousseau  vers 1403-1404 dans la cathédrale de Bourges, (source images ici) et Article Wikipédia ici , est éclairée par  la baie n°27 , dont le vitrail à quatre lancettes a dû être réalisé entre 1404 et 1409. Il représente une Vierge assise avec l'Enfant sur ses genoux. Devant elle, agenouillée et priante, la famille Trousseau présentée par saint Jacques le Majeur (lancette C), un saint diacre (lancette B) et une sainte martyre couronnée et tenant une palme (lancette A).

Lancette C, Chapelle Trousseau, Bourges

 

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Je trouve d'autres informations sur ces fonds sous la plume de Martine Callias Bey et ‎Véronique David dans Les Vitraux de Basse Normandie, 2006. Et justement, à propos des vitraux de Saint-Lô (Manche)‎, je lis page 153:

   "La verrière des apôtres [baie 10, vers 1420-1425] présente des figures isolées, de proportion moyennes, comparables aux figures de la verrière du Vast des années 1410, avec laquelle elle présente de nombreux points communs, notamment la figure de saint Jean-Baptiste. Les fonds sont damassés sur des modèles tirés des tissus lampassés ornés d'oiseaux fantastiques affrontés d'inspiration orientale, très caractéristique du début du premier quart du siècle ; le dessin est précis et dépouillé de lavis annexes. Une comparaison de style s'impose avec les verrières hautes de la cathédrale de Quimper, datées des années 1410-1415." [Notons, dans cette baie 10, les pupilles colorées au jaune d'argent de l'agneau de Jean-Baptiste, comme dans la baie 107 de Quimper, ou comme à Runan, Ergué-Gaberic, Malestroit, etc..]

Page 39, je lis encore :

"Le développement de l'industrie textile et de la broderie à la fin de la guerre de Cent Ans, notamment à Saint-Lô, à Caen, à Louviers ou à Rouen, induit un goût prononcé pour les tissus brodés et damassés utilisés pour les vêtements ou les tentures de fond, rappelant les courtines qui étaient tendues dans les églises aux jours de fête. Les motifs pouvaient être répétés au moyen de pochoirs rigides ou de planches dessinées et calquées sur les vêtements réels. Ces damas reproduisaient les tissus d'inspiration orientale, fabriqués à Lucques, en Italie, dès la fin du XIIIe siècle, et exportés dans toute l'Europe ; ces dessins de feuillage stylisés, fleurs, cygnes, perroquets, ou créatures fabuleuses affrontées, se retrouvent autour de 1400 et dans le premier quart du XVe siècle, notamment à Notre-Dame de Saint-Lô, à Saint-Maclou de Rouen, à la cathédrale et à Saint-Taurin à Évreux ; l'observation des différentes sortes de damas facilite la datation des verrières, entre le début du XVe siècle où ils représentent de petits animaux fantastiques affrontés au milieu de rinceaux végétaux sinueux "enlevs" sur la grisaille, et la seconde moitié du siècle, caractérisés par de plus grands motifs simplifiés, peints au pochoir, ou parfois cernés de plombs."

Ai-je parlé trop rapidement, pour les damas de Quimper, de l'emploi de pochoirs ?

Les mêmes auteures ajoutent (je pense en le lisant aux baies 100, 109 et 111 de Quimper caractérisées par ses personnages en grisailles) que "la prédilection pour les camaïeux de la miniature parisienne contemporaine, les "portraits d'encre" et les "demi-grisailles" illustrés par le Maître de Bedford vers 1420-1430 ou le Maître de Dunois vers 1460, trouve un relais dans la vogue croissante des verrières en grisaille".  J'ajouterai l'influence plus précoce des grisailles d'André Beauneveu dans les 24 enluminures qui ouvrent le Psautier de Jean de Berry (entre 1386 et 1400).

Dans le même ouvrage, page 41, on lit :

"Les motifs de phénix aux ailes déployées, tournés alternativement vers la droite ou vers la gauche, mordant de leur bec des rinceaux végétaux entrelacés, sont réalisés d'après des soieries fabriquées à Lucques sur des modèles orientaux ; nous les avons déjà évoqués à Notre-Dame de Saint-Lô et à la cathédrale d'Évreux et nous les retrouvons aussi dans le fond des verrières de Simon Aligret et de Pierre Trousseau à la cathédrale de Bourges (Cher) au début du XVe siècle, à Saint-Germain-Village (Eure) ou encore à Saint-Corentin de Quimper. Les voyages des artistes et des œuvres d'art, la circulation de recueils de modèles peuvent expliquer ces ressemblances."

Cet inventaire semble, par sa précision, exhaustif, mais j'ai déjà décrit les fonds de la baie n°217 de la cathédrale du Mans consacrée au Credo apostolique et datée de 1430-1435. 

Même remarque concernant la baie 17 de la cathédrale de Sées (Orne) mais le vitrail date de 1370, ce qui le place presque en tête de la liste chronologique. Il représente le chapelain donateur Oudin de Troyes, venu à Sées avec son évêque confesseur du roi Jean, au pied des saint Nicolas. Le motif du lampas repose sur deux oiseaux à huppe postérieure et longue queue, affrontés autour de rinceaux.

Enfin, dans un texte de 2009 (Congrès archéologique de France), Françoise Gatouillat signale aussi ces fonds dans l'abbatiale normande de Bonport. Je retrouve une photographie RMN d'un dessin de Gustave Moreau sous le titre  Vitrail de l’abbaye de Bonport représentant Gilles Malet et sa femme , Le Magasin pittoresque, 1861, p. 236, mais le dessin original de Fichot est beaucoup plus intéressant. L'église de l'abbaye , une abbaye de cisterciens fondée en 1190, n'existe plus aujourd'hui, mais le vitrail fut « dessiné et gravé par E. Hyacinthe Langlois de Pont de l'Arche d'après un vitrail de l' abbaye de Bonport conservé par lui ». Cette gravure est datée de 1814 dans le Musée des monuments français d'Alexandre Lenoir (Musée des monuments français, Paris 1821, in 8°, t. VIII, p. 93, p. 289. ). Un demi-siècle plus tard, Charles Fichot en fit une nouvelle reproduction d'après « un dessin original colorié » communiqué à Guiffrey par Albert Lenoir, fils d'Alexandre, qui avait hérité les portefeuilles de son père. Mais en 1861 déjà, on ignorait le sort de cette verrière. (J.B. de Vaivre,page 229, 1978).  Gilles Malet était bibliothécaire de la Librairie royale de Charles V de 1369 jusqu'à sa mort en 1411, mais le vitrail a été offert en 1383, si on se fonde sur l'information que "Le 23 octobre 1383, Gilles Malet et Nicole de Chambly firent dans cette abbaye une fondation à laquelle ils affectèrent 33 livres, 6 sols et 8 deniers de rente, assise sur les halles et les moulins de Rouen" (Bibl. nat., ms. fr. 26283, f° 108, in J.B. de Vaivre ). Nous obtenons donc une double information, temporelle (celle de la date à laquelle ces tentures étaient à la mode), et spatiale désignant la cour royale  parisienne, comme lieu de cette mode.

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 Vitrail de l’abbaye de Bonport (Eure) représentant "Gilles Malet et sa femme", Le Magasin pittoresque, 1861, p. 236,  dessin de Charles Fichot  . Google books

Vitrail de l’abbaye de Bonport (Eure) représentant "Gilles Malet et sa femme", Le Magasin pittoresque, 1861, p. 236, dessin de Charles Fichot  . Google books

 

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Si nous récapitulons, nous avons la liste chronologique suivante : 

  • Cathédrale d'Évreux, chapelle du Rosaire, baies 15, 17 et 19 : 1360-1370. 
  • Cathédrale de Sées,  baie 17 (1370)
  • Abbatiale normande du Bonport, Pont-de-l'Arche (Eure) (1383)
  • Sainte-Chapelle de Bourges (1390-1400) et les relevés des fonds par Des Méloizes 1891.
  • Chapelle Saint-Jacques de Saint-Léon, Merléac (Cötes d'Armor), baie 0, 1402 : panneaux de la Flagellation et de la Crucifixion ; panneau de la Prédication de saint Jacques. 
  • Cathédrale de Bourges chapelles Trousseau (vers 1409) et Aligret (avant 1415).
  • Cathédrale d'Évreux, baies 203 et  205 (1408-1415) 
  • Église Saint-Taurin d'Évreux 
  • Église de Saint-Germain-Village (Eure) 
  • Cathédrale de Quimper (vers 1417)
  • Église Notre-Dame de Runan (Côtes-d'Armor), baie 0, 1423.
  • Église Notre-Dame de Saint-Lô (1420-1425)
  • Cathédrale du Mans baie n° 217 (vers 1430)
  • Saint-Maclou à Rouen (Baie 5, baie 21 par ex.) (1437-1517)

​La forte prédominance de la région Ouest (Normandie et Bretagne) ne doit être considérée qu'avec prudence car elle peut être affectée par un biais de recrutement. 

A titre indicatif, les fonds des volets du Retable de Flémalle de Robert Campin   daté entre 1425 et 1428 offrent un bel exemple de décor inspirés des lampas de Lucques.

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LES SOIERIES ITALIENNES ; LES LAMPAS DE LUCQUES.

Maintenant que nous avons bien étudié le sujet, il reste à découvrir les étoffes qui ont servi de modèle aux peintres-verriers. Ce sont des soieries luxueuses, dont la fabrication n'était pas encore maîtrisée en France au début du XVe siècle. En 1466 Louis XI tente sans succès de créer une manufacture de soie à Lyon, mais l'industrie lyonnaise ne débutera que sous François Ier. En 1470, Louis XI obtient un meilleur résultat à Tours, et l'âge d'or des soieries tourangelles durera de 1470 à 1550 (A. Coudouin, 1981).

Donc, vers la fin du XIVe et le début du XVe siècle, les soieries parviennent en France par les grandes foires, comme celles de Champagne et de Lyon. Mais les trésors des cathédrales conservent avec un soin jaloux des vêtements plus anciens, offerts par des princes : ces étoffes (byzantines, perses ou arabes) peuvent aussi avoir servi de modèle aux artistes. 

Rappel : 

La technique de fabrication du fil de soie à partir du cocon de ver à soie est découverte en Chine  sous la dynastie des Shang (XVII° -XI° siècles av JC). Les motifs chinois sont les phenix, les dragons et les bancs de nuages.  Longtemps demeurée monopole chinois, elle est importée à grand frais par l'Empire romain jusque vers le VI° siècle av. J.C. 

Au IIe siècle et surtout au IVe-Ve siècle, où le métier "à la tire" permet de fabriquer des étoffes plus larges et de nouveaux motifs,  l'Iran sassanide contrôle la partie occidentale de la route de la soie et exporte la soie brute ("soie grège") et la culture du ver à soie sur le mûrier.  Les décors s'organisent en médaillons ou dans des réseaux de losanges encadrant des oiseaux. Une grande place est laissée au répertoire animal, les animaux portant fréquemment des rubans flottants (pativ), symboles de pouvoir royal. Il existe aussi des motifs purement ornementaux (palmettes ailées, composites, grecques, en forme de pique), grenade (symbole de fertilité), rinceaux simples, méandres, zigzags, arcs végétaux. Certains motifs peuvent se rapporter à une symbolique royale , comme les oiseaux -faisans, paons, aigles, canards- portant le pativ dans le bec ; Enfin, quelques motifs sont simplement des sujets plaisants, comme peut-être le couple de canards portant un même pativ dans leur bec, que l'on peut lier avec le motif chinois du couple de canard symbole de félicité conjugale. 

 

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Musée national d'Iran

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_la_soie

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La soie existe en Europe depuis le IVe siècle dans le monde byzantin (l'Égypte est byzantine jusqu'en 640). La technique du tissage de la soie est ensuite transmise à la civilisation musulmane, où elle prospère durant le Moyen Âge. C'est par ce biais que le tissage de la soie est introduit dans le monde médiéval chrétien. Quand Roger de Hauteville conquiert la Sicile musulmane, dans la deuxième moitié du XIe siècle, il en conserve en partie la culture et il se crée alors une civilisation originale, nommée culture arabo-normande. Le royaume sicilien de Frédéric II s'effondre en 1250, et alors que jusqu'au XIIIe siècle, le tissage de la soie en Europe chrétienne se limitait à la Sicile, elle se diffuse vers Lucques, Venise, et d'autres villes italiennes. Un autre canal de transmission est l'Espagne musulmane.

L'Italie contrôle le commerce de la soie du XIVe au XVIe siècle. Au XIe siècle a lieu une première tentative de séricuture dans la vallée du Pô, puis à Salerne, alors que les mûriers sont cultivés par les immigrants juifs, grecs et arabes. Ce sont les juifs de l'Italie du sud qui introduisent l'art du tissage à Lucques à partir de l'an 1000, mais la ville connaît la prospérité au XIIe siècle et exporte ses soieries en France par les foires de Champagne.

Les motifs sont d'abord des cocardes (médaillons) contenant des animaux et oiseaux stylisés représentés par paire, puis les cocardes disparaissent ; une des spécialités est le galon de petits motifs répétitifs d'oiseaux ou autres animaux. Au XIVe siècle les soies chinoises mongoles Yuan introduisent les palmettes, qui se développeront à type de grenades et de chardons, d'ananas et d'artichaut.

Lucques n'est pas la seule ville italienne renommée pour ses soieries, et Florence se rend célèbre pour son Sendal, un velours rouge écarlate car teinté par le kermès. Elle utilise aussi la teinture rouge  "oricello"  à base d'algues de Méditerranée. Venise privilégie bien-sûr le commerce de la soie, et Gênes est célèbre par le velours polychrome qui porte son nom.

Les noms des étoffes sont riches : on distingue les samits , les damas, les brocards, les taffetas ou les baldachins. Lucques est connue pour ses "lampas".

- Samit (Larousse) Tissu de soie uni ou façonné présentant à l'endroit et à l'envers des flottés de trame régulièrement liés en sergé. (Venus d'Orient, ces tissus, très en faveur aux XIVe et XVe s., étaient fabriqués en Italie dès le XIIe s.)

- lampas (Larousse) Tissu façonné, en soie, à riches décors formés par des flottés de trame régulièrement liés par une chaîne supplémentaire dite de liage.

- Le lampas (Wikipédia) est une étoffe assemblant des fils de soie, et souvent d'or et d'argent, dont les motifs sont en relief. Cette étoffe somptueuse est façonnée sur des métiers à la tire. 

Le lampas est un cousin germain du damas, dont la particularité est l'emploi de deux chaînes ayant deux structures distinctes, une pour le décor à dominante trame et une pour le fond de satin à dominante chaîne de liage. 

 

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Afin de documenter ma recherche sur les motifs retrouvés sur les vitraux de Quimper ou de l'Ouest de la France, j'ai longtemps cherché des images d'échantillons de lampas de Lucques. La meilleure source en ligne  est la collection du Musée de Cluny. J'ai repris les échantillons les plus évocateurs à mes yeux du sujet que je me suis fixé, et j'ai porté notamment mon attention sur les oiseaux (griffons ou non) tenant dans leur bec un rinceau ou, mieux, un ruban flottant que je suis fier de nommer désormais de son nom sassanide de "pativ". 

 

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— Châsse de saint Potentien,  Trésor de la cathédrale de Sens, samit, provenant d'Istanbul, XIIe siècle. Le décor bleu et rouge, sur fond violacé, se compose de médaillons à la couronne ornée de caractères pseudo-kufiques. À l'intérieur se présentent des oiseaux affrontés qui se retournent ainsi que des griffons, adossés de part et d'autre de fleurons. D’autres oiseaux disposés de chaque côté d'un arbre de vie meublent les écoinçons 

http://www.qantara-med.org/qantara4/public/show_document.php?do_id=945

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— Etoffe iranienne. Tissu en velours de soie lamé de fils d’or d’inspiration Sassanide (double lion ailé et arbre de vie, le "Homa", dans des médaillons ronds, avec des oiseaux affrontés à huppe entre les médaillons). Le tissage précieux de velours de soie bleue lamée de fils d’or sur un fond crème est très fin. XV-XVIIe siècle iranien ?

http://www.furnishyourcastle.com/fr/antiquites-a-vendre-moyen-oriental/objet-art-tous-styles/sassanide/antiquite-etoffe-iranienne-tissu-de-velours-de-soie-precieux-inspiration-sassanide-homa-lion-et-oiseaux-9960.php

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—. Lampas Wikipédia Musée de Cluny XIVe siècle

 

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— Musée de Cluny 3061

Fragment de lampas à décor de phénix insérés entre des rangées de palmettes contresemplées

http://www.photo.rmn.fr/C.aspx?VP3=SearchResult&VBID=2CO5PC7SJS3FM&SMLS=1&RW=1066&RH=516

 

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— Musée de Cluny CL22537Lampas diapré broché d'or, Lucques, XVe  Aigles affrontés

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Lampas diapré broché d'or, Lucques, vers 1400

Musée de Cluny CL3065 Egypte Syrie lampas 

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Musée de Cluny CL21858b  Lampas Iran 2ème moitié  XIVe. Phenix et pampre d'or sur fond bleu

 

 

— Musée de Cluny  CL13278 Lampas broché d'or de Sicile XIVe siècle 

 

 

 

CL3060 Gazelles adossées Italie 4e quart 13e siècle-1er quart 14e siècle ; fragment de diapre blanc broché d'or à décor de gazelles, perroquets et de palmettes.

 

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—CL3063 textile BROCHé Lucques baudequins (?) aux antilopes et aux chiens au milieu de végétaux stylisés

 

— Musée de Cluny CL3086

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CONCLUSION.

a) Le motif du fond des vitraux de la baie 100 et 109 de Quimper se révèle être partiellement d'origine sassanide, avec ses oiseaux affrontés tenant dans leur bec un ruban flottant , le "pativ". Ce thème a été repris dans les lampas de Lucques, et ce sont ces soieries qui ont été à la mode en France dans le dernier quart du XIVe et le premier quart du XVe siècle, notamment à la cour du roi Charles VI. Les spécimens de lampas de Lucques de cette époque permettent de retrouver ce thème des oiseaux affrontés tenant soit des tiges végétales, soit plus rarement des rubans, et celui des palmettes et des rinceaux. Seule la couronne n'est pas retrouvée, ce qui peut suggérer qu'il s'agit d'un ajout délibéré du peintre-verrier, peut-être à la demande du commanditaire, le duc de Bretagne Jean V et son épouse.

b) Les exemples d'un décor analogue, à oiseaux affrontés et végétaux, sont attestés dans les vitraux de douze édifices de 1370 à 1437, en Normandie (possession des rois de France), dans le duché de Bretagne de Jean V, gendre du roi de France, et à Bourges, capitale du duché du Berry de Jean Ier, fils du roi de France Jean II. Dans cinq cas, les vitraux se trouvent dans des cathédrales.

c) Au sein de ce groupe de dix sites, d'autres regroupements peuvent être effectués autour de différents points communs : les pupilles jaunes du dragon de la baie 109 se retrouvent à Runan, à Sées, au Mans. Les apôtres, enrubannés d'un phylactère, de la baie 217 du Mans évoquent ceux d'autres baies de Quimper. 

c) Une hypothèse, encore parfaitement gratuite (c'est le privilège d'un blog) est de voir dans l'intégration de ces lampas de Lucques comme modèle de fond de vitrail un usage né dans les ateliers parisiens sous l'influence de la cour du roi Charles VI, étendu aux édifices normands, repris par rivalité mimétique par les ducs Jean de Berry et Jean V de Bretagne, comme si ces motifs étaient réservés aux princes ou à leur entourage proche par privilège. La duchesse Jeanne de France, épouse du duc Jean V depuis 1396 mais fille de Charles VI, a pu être attaché à ce type de décor et l'imposer  dans les édifices que le duc fit bâtir pour affirmer son pouvoir. 

d) Une hypothèse plus audacieuse serait de proposer que les trois baies du rond-point de Quimper (100 à 103) aient résulté des décisions du couple ducal (il y est représenté avec deux enfants), mais que la duchesse Jeanne de France ait commandité la baie 109. L'absence de donateur sur cette baie est un argument accessoire, la présence de deux saintes particulièrement invoquées par les femmes est un argument plus sérieux. La fonction première d'une duchesse (ou d'une reine ou d'une épouse d'un membre de la noblesse) étant alors de donner naissance à un fils héritier du titre, la recherche de protection contre les dangers de la grossesse et de l'accouchement était une affaire de premier plan. Plus encore, ces saintes avaient atteint un statut quasi officiel de protection du pouvoir royal, comme en témoigne indirectement que le fait que ce soient leurs voix (avec celle de saint Michel) que Jeanne d'Arc aient entendues en 1425 pour délivrer la France et aider le "roi de Bourges". Notons que les dernières des quatre filles du couple furent prénommées Marguerite (1412 † 1421) et Catherine (1417 † ap. 1444). Notons aussi que le portail sud de la cathédrale de Quimper est nommé Portail de la Duchesse Jeanne, parce qu'il porte ses armoiries : mais on le nomme aussi Portail Sainte-Catherine, en raison de la statue de la sainte à la roue, placée à sa gauche.

 Surtout, l'identification communément admise pour les deux autres saints me semblent mériter discussion. Celui que l'on présente comme saint Georges pourrait bien être saint Michel, car l'examen attentif montre la présence d'une paire d'ailes derrière l'armure. Le personnage de la lancette C est désigné comme étant saint Julien, contre toute vraisemblance. Ce saint chevalier  portant les couleurs d'azur aux fleurs de lys d'or du royaume  de France, et une grande croix d'or sur son tabard et son écu évoque difficilement un autre saint que saint Louis. Ce dernier est présent sur la baie 127 de la cathédrale du Mans, baie plus tardive mais dont les points communs avec les vitraux de Quimper sont notables. 

http://www.lavieb-aile.com/article-le-vitrail-du-credo-apostolique-de-la-cathedrale-du-mans-ou-baie-217-du-transept-nord-123658379.html

Certes, en 1417, les relations entre le duc Jean V et le dauphin Charles sont complexes, conduisant au coup dans le dos du Traité de Saint-Maur en septembre 1418 conclu avec le duc de Bourgogne Jean Sans Peur. 

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SOURCES ET LIENS.

 

 

—Cathédrale Saint-Corentin de Quimper. Inauguration du portail occidental, 12 décembre 2008   : http://www.sdap-finistere.culture.gouv.fr/fichiers/dossiers/mon8-fasciculecathedrale2008v2ds.pdf

ANDRÉ (Augustin), 1878, De la verrerie et des vitraux peints de l'ancienne province de Bretagne, Rennes, Plihon, in-8°, 281 p.  (Extr. des Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, t. XII.) page 299-304.

 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077642/f326.image

 

— AYMAR DE BLOIS (1760-1852), vers 1820. On doit à ce neveu du chanoine de Boisbilly une description des vitraux vers 1820. 

A. de Blois, héritant de ce registre de Boisbilly, en fait don à l'évêque André, le 5 janvier 1804, mais le ré-annote en 1820 et 1821 et donne alors la description des vitraux et leur état. Il le remit de nouveau à l'évêque de Quimper, Mgr Graveran, le 5 septembre 1842 "pour l'usage de la cathédrale ". Il rajoute  "malade d'une fluxion, charge son fils Louis de le remettre à l'évêque". (J-P. Le Bihan)


 

— BOISBILLY (Jean-Jacques-Archibald le Provost de la Boexière ,Chanoine de), vers 1770, Registre de BoisbillyArch. Dioc. Quimper,  ,

 Jean-Jacques Archambault Provost de Boisbilly (1735-1786). Docteur en théologie de la Sorbonne, vicaire général du diocèse de Rennes, il était abbé commandataire du Tronchet et chanoine de Quimper. Il possédait une des plus érudites bibliothèques de Quimper et on lui doit par ailleurs un plan de la cathédrale dressé en 1770 qui est une des sources les plus importantes sur la cathédrale avant la Révolution. Il avait dessiné l'architecture des fenêtres de la cathédrale en pleine page de 1770 à 1772. Ce travail  devait être complété par la suite avec les dessins des vitraux, mais il fut malheureusement appelé à d'autres fonctions.

"La cathédrale de Quimper, qui figure au nombre des Monuments historiques du département du Finistère, n’a été jusqu’ici l’objet d’aucune publication de quelque importance. Vers l’année 1770, l’abbé de Boisbilly, syndic du chapitre de Quimper, avait, en vue d’une histoire de ce monument, réuni de nombreuses notes, et fait dresser un plan de l’église avec ses chapelles et ses autels. Dans sa réunion générale du 14 mai 1772, le chapitre le « pria de continuer l’ouvrage qu’il avait commencé sur la description détaillée de l’église cathédrale, » et décida « qu’il en serait fait un registre particulier. » (1)1 Sur ces entrefaites, l’abbé de Boisbilly fut appelé à Rennes pour prendre part aux travaux de la Commission intermédiaire des États de Bretagne dont il faisait partie. Les affaires importantes et multipliées de la Province ne lui permirent pas de mener à bonne fin son entreprise. Ses notes furent perdues, et il n’est resté comme souvenir du projet qu’il avait formé, qu’un registre grand in-folio, qui contient avec le plan de la cathédrale, les dessins au trait de ses fenêtres, dessins qui devaient être complétés par la peinture des vitraux. M. de Blois (de Morlaix), neveu de l’abbé de Boisbilly, a fait hommage de ce registre à Mgr l’évêque de Quimper, le 5 septembre 1849. Avant de s’en dessaisir, il avait pris le soin d’écrire au-dessous des dessins des fenêtres, une description sommaire des vitraux qu’elles contenaient encore en 1820 et 1821, mais à cette époque beaucoup étaient entièrement détruits. " (R-F. Le Men)

 

— BONNET (Philippe) 2003, Quimper, la cathédrale, Zodiaque, Paris 

 COUDOUIN (André), 1981, « L'âge d'or de la soierie à Tours (1470-1550) » Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1981  Volume 88  Numéro 1  pp. 43-65

http://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1981_num_88_1_3035

— COUFFON (René), 1963,  « Etat des vitraux de la cathédrale Saint-Corentin au milieu du XIXe siècle par le baron de Gulhermy », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, tome LXXXIX, p. XCVII-CII

— COUFFON et LE BRAS,  http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/Quimper.pdf

— DANIEL (Tanguy), (dir.), Anne Brignandy, Yves-Pascal Castel, Jean Kerhervé et Jean-Pierre Le Bihan, 2005,  sous la direction de, Les vitraux de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper,  Presses Universitaires de Rennes / Société Archéologique du Finistère,  287 p. (ISBN 978-2-7535-0037-2).

— GALLET (Yves), Les ducs, l’argent, les hommes ? Observations sur la date présumée du chevet rayonnant de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper (1239) p. 103-116 http://books.openedition.org/pur/5315

— GALLET (Yves), 2009, "Quimper, cathédrale Saint-Corentin. L'architecture, (XIIIe-XVe sièle)", " Actes du Congrès Archéologique de France  2007 de la Société Française d'Archéologie.

 — GATOUILLAT (Françoise), 2013,  "Les vitraux de la cathédrale" , in Quimper, la grâce d'une cathédrale, sous la direction de Philippe Bonnet et al.La Nuée Bleue, Strasbourg, page 185-203

 — GATOUILLAT (Françoise), 2009, "Quimper, cathédrale Saint-Corentin. Les vitraux anciens." Actes du Congrès  Archéologique de France 2007 de la Société Française d'Archéologie.

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 172.

GRODECKI (Louis), Baudot Marcel, Dubuc René, 1968, -"Les vitraux de la cathédrale d'Évreux."  In: Bulletin Monumental, tome 126, n°1, année 1968. pp. 55-73. doi : 10.3406/bulmo.1968.4898 http://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1968_num_126_1_4898 

— GUILHERMY (Ferdinand de), 1848-1862,  Notes sur les diverses localités de France, Bnf, Nouv. acquis. française 6106 folio 335v et suivantes.

Le baron de Guihermy, membre de la Commission des Arts, visita Quimper le 2 octobre 1848 et rédigea un mémoire d'après ses notes. Nommé membre de la Commission des Monuments Historiques en 1860, il entreprit un voyage en France et séjourna à Quimper du jeudi soir 28 octobre 1862 au samedi 30 à midi et compléta alors ses premières notes.  Les baies n'y sont pas numérotées et distribuées en cinq lieux : Vitraux de la chapelle des fonts, vitraux de la Nef, vitraux du transept, vitraux du chœur, vitraux de la chapelle terminale. 

LAFOND (Jean), 1962," Le Christ en croix de la cathédrale de Quimepr à Castelnau-Bretenoux",  Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France p. 36-38.

 — LA VALLÉE, 1847,  "Essai sur les vitraux existant dans les églises du canton de Quimper", Bulletin archéologique de l'Association bretonne, t.I, p. 263-277.

 

— LE BIHAN (J.-P.), J.-F. Villard (dir.), 2005,  Archéologie de Quimper. Matériaux pour servir l’histoire, t. 1 : De la chute de l’Empire romain à la fin du Moyen Âge, Quimper, 2005.

— LE BIHAN (J.-P.) 1993,, -"Gravures de repère sur les vitraux bretons des XVe et XVIe." Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXII

LE BIHAN (Jean-Pierre), 1995, « La restauration des verrières hautes de la cathédrale de Quimper, » Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXIV, p.524-525

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 1997,« La verrière n°100 de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXVI, p. 175-201.

— LE BIHAN (Jean-Pierre), 2007,  Blog 

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-7003763.html

 

 LE MEN (René-François), 1877, Monographie de la cathédrale de Quimper [XII-XVe siècle], Quimper. p.21,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1e08593c46eb46336af146045b16d0f4.pdf

— MACIAS-VALADEZ (Katia), 1997, "Les vitraux des fenêtres hautes de la cathédrale de Quimper : un chantier d'expérimentation et la définition d'un style quimpérois", Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, t. LXXV, p. 204-242.

 OTTIN (L.), Le Vitrail, son histoire, ses manifestations diverses à travers les âges et les peuples, Librairie Renouard, H. Laurens éditeur, Paris, s.d. [1896] In-4°, 376 pages,  4 planche en couleurs, 15 phototypies, 12 planches en teinte hors texte, 219 gravures, de signatures, marques et monogrammes. 

https://archive.org/stream/levitrailsonhist00otti#page/42/mode/2up

— THOMAS (Abbé Alexandre), 1892, Visite de la cathédrale de Quimper. Arsène de Kerangal, 170 pages,  p.117,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c9d5dca31c276caf2782d0a4b99a85ce.pdf

 — THOMAS (Abbé Alexandre) 1904,  La cathédrale de Quimper, 1904, J. Salaun, 97 pages, p.51

— VAIVRE (Jean-Bernard de), 1978, Monuments et objets d'art commandés par Gilles Malet, garde de la librairie de Charles V Journal des savants,Volume 4  Numéro 1 pp. 217-239

http://www.persee.fr/doc/jds_0021-8103_1978_num_4_1_1376


 

 

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Published by jean-yves cordier - dans Quimper
11 mars 2016 5 11 /03 /mars /2016 09:49

Le chevet de la cathédrale de Quimper comprend un chœur de quatre travées droites, accompagné d'un bas-coté et de chapelles rectangulaires, puis un rond-point à cinq pans, contourné par un déambulatoire desservant cinq chapelles rayonnantes. L'élévation est à trois niveaux : arcades, triforium, fenêtres hautes à réseaux rayonnant. (Y. Gallet, 2009).

Les vitraux de la cathédrale de Quimper peuvent être répartis en trois ensembles selon leur date : les vitraux des 13 fenêtres hautes du chœur (numérotées de 100 à 112) datant de  1417-1419 et commandités par le duc Jean V sous l'épiscopat de Gatien de Monceaux (1408-1416) puis de Bertrand de Rosmadec ; ceux des 16 fenêtres hautes du transept et de la nef, datant de 1495-1497 sous le règne de Charles VIII et d'Anne de Bretagne (n°113 à 116 et 118 à 132); et ceux des verrières basses, datant de la fin du XIXe et du XXe siècle (n° 0 à 35 ; 117 et 118).

Les vitraux du chœur appartiennent donc à la liste assez courte des vitraux bretons du début du XVe siècle, avec la maîtresse-vitre de Runan, la baie 1 de l'église Saint-Gilles de Malestroit,  la chapelle Saint-Jacques de Merléac, et des fragments inclus dans la nef de la Collégiale de Guerche-de-Bretagne.

Voir :

 

Ces verrières témoignent — à l'exception de celle de Merléac, commanditée par le connétable de France Olivier de Clisson et Marguerite de Rohan—du mécénat du duc Jean V. Sorti vainqueur de la Guerre de Succession qui l' opposait aux Penthièvre et au saint Charles de Blois, son père Jean IV de Monfort s'était montré fort déterminé à assurer son pouvoir politique par un vaste programme de construction de sanctuaires. Jean V et son épouse Jeanne de France poursuivirent ce projet. Soucieux d'affirmer un pouvoir quasi royal sur le duché de Bretagne, le duc impose partout son image  coiffé de la couronne d'or des rois de Bretagne, et revêtu de la parure d'hermine ; il place ses armoiries d'hermine plain en sommité des maîtresse-vitres (associées à celles aux fleur-de-lys de son épouse, fille du roi Charles VI). A Quimper, la cathédrale porte ses armoiries sur les trois portails. Sur le porche occidental,  son blason  tenu par le lion de Monfort casqué, est encadré par les armes de Jeanne de France, par celles de ses trois fils,  celles de l'évêque Bertrand de Rosmadec   et enfin celles de ses quatre principaux vassaux, les seigneurs de Nevet (Plogonnec), de Botigneau (Clohars-Fouesnant, de Guengat, et Du Quélennec (Le Faou). 

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Chœur de la cathédrale de Quimper. Les trois baies du "rond-point". Photographie lavieb-aile.

Chœur de la cathédrale de Quimper. Les trois baies du "rond-point". Photographie lavieb-aile.

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  Le programme iconographique des vitraux du chœur ne se comprend bien qu'en examinant d'abord comment les baies s'intègrent au réseau des  nervures de la voûte, à 20 mètres du sol, et surtout en s'intéressant aux clefs armoriés qui s'y trouvent réparties. En sommité, au point de convergence des huit nervures de l'abside, se trouve les armes du duc Jean V. Derrière elles, celles de son épouse la duchesse Jeanne. Puis, échelonnés en position plus basse sur les nervures rayonnantes, six armoiries, celles de l'évêque Gatien du Monceaux et de cinq de ses chanoines. Le pouvoir ducal s'affirme donc (en domination ou en protection) au dessus du pouvoir de l'évêque et de celui du chapitre cathédrale. J'ai repris la numérotation de Renè-François Le Men qui les a décrit ainsi en 1877 :

N° 1. Première clef de voûte à partir du rond-point : Targe d’hermines timbrée d’un casque taré de profil, sommé du lion de Montfort assis entre deux cornes de bœuf ; le casque orné de lambrequins ; l’écu soutenu par deux anges ; — Jean V de Montfort,, dit le Bon, duc de Bretagne (1399-1442), marié à l’âge de cinq ans à Jeanne de France, fille de Charles VI roi de France. 

 Autour des armoiries du souverain du pays sont groupés, sur les nervures secondaires de la voûte, les six écussons suivants, qui portent les armoiries de l’évêque qui occupait le siège de Quimper, lors de la construction des voûtes du chœur, et celles de cinq de ses chanoines.

N° 2. Écu triangulaire timbré d’une crosse et soutenu par un lion, portant : d’azur à la fasce d’argent accompagnée de trois étriers d’or ; — Gatien de Monceaux, évêque de Quimper. Cet écu est le plus rapproché de celui du duc Jean V.

N° 3. Écu triangulaire portant : trois têtes de renard. — Alain de Penquelennec, reçu chanoine en 1394, vicaire général et archidiacre de Cornouaille en 1400. Le manoir de Penquelennec, construction du XVe siècle, existe encore dans la commune de Pemeurit. Sur le manteau de la cheminée de la grande salle, est un écusson en relief portant les mêmes armes surmontées d’un lambel à trois pendants. Plusieurs chanoines de ce nom, entre autres Raoul de Penquelennec, reçu en 1399, figurent dans les titres du chapitre de Quimper, au XIVe et au XVe siècle.

N° 4. Écu triangulaire : pallé d’argent et d’azur de six pièces ; — Bertrand de Rosmadec, reçu chanoine de la cathédrale, en 1408 , et qui fut depuis évêque de Quimper, de 1416 à 1445.

N° 5. Écu triangulaire portant : une croix pattée, accompagnée à senestre de deux roses ou quintefeuilles ; sur le tout un lambel à trois pendants ; — Rolland de Lezongar, seigneur de Pratanras, chanoine en 1418.  Ces armes diffèrent peu de celles de la seigneurie de Pratanras, en la paroisse de Penhars, qui sont : d’azur à la croix d’or cantonnée à dextre d’une fleur de lys de même.

N° 6. Écu triangulaire : d’argent à la macle d’azur ; — Jean de Tréanna, chanoine en 1418.

N° 7. Écu triangulaire portant : d’argent au croissant de gueules accompagné de trois étoiles de même ; — Glazren de Pendreff (Penandreff), reçu chanoine le 29 janvier 1399.

N° 8. Écu triangulaire parti de Bretagne et de France, tenu par une femme dont on ne voit que, la tête et les mains ; — Jeanne de France, fille du roi Charles VI, femme de Jean V, duc de Bretagne.

 



 

 

 

Blasons des voûtes du chœur photographie lavieb-aile.

Blasons des voûtes du chœur photographie lavieb-aile.

Blason n°1 : Écu d’hermines timbré d’un casque taré de profil, sommé du lion de Montfort assis entre deux cornes de bœuf ; le casque orné de lambrequins ; l’écu soutenu par deux anges ; — Jean V de Montfort, dit le Bon, duc de Bretagne (1399-1442), photographie lavieb-aile.

Blason n°1 : Écu d’hermines timbré d’un casque taré de profil, sommé du lion de Montfort assis entre deux cornes de bœuf ; le casque orné de lambrequins ; l’écu soutenu par deux anges ; — Jean V de Montfort, dit le Bon, duc de Bretagne (1399-1442), photographie lavieb-aile.

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Armoiries de la duchesse de Bretagne Jeanne de France, parti de Bretagne et de France  : clé de voûte du chœur, photo lavieb-aile

Armoiries de la duchesse de Bretagne Jeanne de France, parti de Bretagne et de France : clé de voûte du chœur, photo lavieb-aile

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En poursuivant  la nervure médiane vers la nef, on trouve les armoiries de François, qui deviendra duc de Bretagne à la mort de sn père Jean V le 29 aoüt 1442. Puis viennent les armoiries de Kergloaguen puis ensuite la volumineuse clé de voûte portant l'écu échiqueté d’argent et de gueules, timbré sur son angle senestre d’un casque taré de profil, orné de lambrequins, et sommé de deux cornes de bœuf pour cimier de Jehan de Poulmic, gouverneur de Quimper en  1404 et pendant les années suivantes. Il trouva la mort le 6 mars 1426 lors du siège de St-James de Beuvron.

Armoiries de François, fils du duc Jean V : selon Le Men (1877)

 N° 9. Écu, triangulaire couché, portant d’hermines plein, tenu par un personnage dont on ne voit que la tête, les mains et les pieds ; — le prince François, âgé de deux à trois ans, fils de Jean V de Montfort, et de Jeanne de France, qui fut duc de Bretagne sous le nom de François Ier, de 1442 à 1450. 

L'archiviste de Quimper ne mentionne pas le lambel de gueules à trois pendants, placé en chef, caractéristique des armoiries du fils aîné du vivant de son père.

 

 

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Armoiries de François II de Bretagne  : clé de voûte du chœur, photo lavieb-aile

Armoiries de François II de Bretagne : clé de voûte du chœur, photo lavieb-aile

Blason échiqueté d'argent et de gueules,  timbré sur son angle senestre d’un casque taré de profil, orné de lambrequins, et sommé de deux cornes de bœuf pour cimier,  de Jehan, sire de Poulmic, gouverneur de Quimper en 1404 et les années suivantes. Photographie lavieb-aile

Blason échiqueté d'argent et de gueules, timbré sur son angle senestre d’un casque taré de profil, orné de lambrequins, et sommé de deux cornes de bœuf pour cimier, de Jehan, sire de Poulmic, gouverneur de Quimper en 1404 et les années suivantes. Photographie lavieb-aile


Le chœur à quatre travées droites avec bas-côté et chapelles latérales est prolongé par un rond-point avec déambulatoire ouvrant sur cinq chapelles rayonnantes et une chapelle axiale consacrée à la Vierge, le tout mesurant 30 mètres de long.  

"Le chœur ouvre sur ses bas-côtés par treize arcades en ogive portées sur de gros piliers cylindriques ou à pans coupés, les uns cantonnés, les autres enveloppés de colonnettes rondes engagées. Les cinq arcades du rond-point sont en lancette ; les huit autres sont des ogives équilatérales" (Le Men)

AncreAncre Les 13 verrières hautes du chœur relèvent du même parti-pris stylistique : "autour du grand Calvaire placé dans l'axe, une suite de niches blanches tendues de damas colorés devant lesquels sont campés des figures de saints. Ces personnages sont largement traités en grisaille et jaune d'argent sur verre blanc, avec un emploi dosé de verres teintés dans la masse pour certains vêtements et accessoires. Ceux du coté sud protègent les donateurs laïcs, [...] quelques membres du clergé dont un évêque sont agenouillés aux pieds de certains saints au nord " (Gatouillat, 2005 p.28). Nous trouverons donc au sud, du chœur vers la nef les familles du Juch, de Bodigneau, de Lezongar, de Tréanna de Trémic-Bodigneau, et au nord, l'évêque Bertrand de Rosmadec, les chanoine Olivier de l'Hôtellerie, Pierre du Quinquis, Jacques Buzic et Jean de Tréanna. Les armoiries de ces bienfaiteurs de la cathédrale ont occupés les  tympans des vitraux jusqu'aux destructions de 1793, et en leur absence, les identifications des personnages sont sujets à caution et incomplètes, basées sur les descriptions d'Aymar de Blois et de R-F. Le Men.

Parmi ces 13 verrières, les cinq arcades du rond-point accueillent cinq baies qui forment un sous-ensemble homogène, mais dans lequel il faut encore isoler les trois baies centrales, les seules qui soient visibles depuis la nef ou le transept :  la baie 100 au centre et les deux baies latérales 101 et 102 . Les trois verrières y donnent à voir le duc Jean V (à gauche) accompagné de son fils François et guidé par saint Corentin, et la duchesse Jeanne accompagnée de sa fille et précédée par la Vierge, encadrant une Crucifixion. 

 

La datation des verrières du chœur se fonde sur celle à laquelle la voûte a reçu sa polychromie, en août 1417 : on estime que les vitraux ont attendu cette peinture pour être mis en place. Françoise Gatouillat suggère qu'ils pourraient néanmoins être antérieurs de quelques années, en tenant compte par exemple de la présence présumée en baie  103 de la fille du duc Jean V, Anne : celle-ci est morte avant avril 1415.

 

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Plan de la cathédrale et de ses verrières numérotées (fenêtres hautes en vert) : le cadre rouge montre le rond-point. D'après Chaussepied, in Couffon et Le Bras.

Plan de la cathédrale et de ses verrières numérotées (fenêtres hautes en vert) : le cadre rouge montre le rond-point. D'après Chaussepied, in Couffon et Le Bras.

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Voûte et fenêtres hautes du chœur, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Voûte et fenêtres hautes du chœur, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Un autre préalable à la découverte des vitraux du chœur est la compréhension de la formidable aventure humaine qui mène de leur création vers 1417 aux verrières actuellement visibles. 

Le roman des trois verrières (d'après Gatouillat, 2005).

En 1842, le fond ancien des vitraux est comptabilisé : "sur les 47 lancettes du chœur, 34 possèdent encore leur panneau d'origine, et 3 autres peuvent être encore complétés". Quatorze  ans plus tard, la restauration des trois baies centrales, considérées comme prioritaires, est confiée au verrier tourangeau  Julien-Léopold Lobin. La baie 100 est presque entière (seul manque le panneau inférieur de la lancette de saint Jean), mais les verres sont trop altérés pour les moyens de restauration de l'époque.  Lobin décide de le déposer et de le remplacer par un sujet similaire. Quand aux baies 101 et 103, elles sont très mutilées, et Lobin les remplace également par des verrières neuves. Les vitraux originaux sont remisés dans les magasins de la cathédrale. 

Dix ans plus tard, afin de poursuivre les restaurations du chœur, la fabrique s'adresse à Antoine Lusson, le restaurateur de la Sainte-Chapelle ; mais, le travail achevé, on constate qu'il ne s'intègre pas avec le style du rond-point :

"M. Lobin de Tours exécuta trois verrières qui n'étaient point sans mérite, mais ne cadrèrent plus avec les vieux vitraux adjacents quand ceux-ci eurent été restaurés ; ces œuvres modernes furent données à la nouvelle église de Châteaulin et remplacées par les trois verrières que je viens de décrire ; celles-ci furent faites d'après les indications autrefois laissées par M. de Blois (de Morlaix). On s'accorde à en regarder l'exécution comme une très heureuse imitation du Moyen-Age. " (A. Thomas).

Lusson fait valoir qu'il est en mesure de produire des copies fidèles des verrières primitives mises en réserve, mieux accordées au  fond ancien que les œuvres de son confrère. Une seconde verrière du Calvaire est aussitôt réalisée pour la fenêtre centrale, datée de 1869 et explicitement signée, et ses deux voisines sont également refaites. L'architecte Bigot, qui dirige les travaux de la cathédrale, prévoit de remployer les verrières de Lobin à  l'église Saint-Idunet de Châteaulin, dont il vient de donner les plans. Seul le Calvaire de la baie n°100 y trouvera place, dans la grande baie du bras gauche du transept, et on ne sait ce qu'il est advenu des deux autres. 

 Lusson prend modèle sur les panneaux anciens déposés  et stockés dans la cathédrale, les reproduit par calques (actuellement conservés dans une tour de l'édifice), et les raccorde à des parties manquantes par des pièces de son invention. Le travail achevé, la fabrique lui abandonne , selon une pratique courante à l'époque, les panneaux et fragments non réutilisés, qui ont probablement fait partie du fonds d'atelier jusqu'à la disparition de l'entreprise. 

Au décès d'Antoine Lusson, en 1876, l'atelier est dirigé par Léon Lefèvre, puis, en 1880, par Pierre-Georges Bardon, mort en 1905 sans successeur signalé. Sans-doute est-ce à cette époque que les vitraux provenant de Quimper se sont trouvés dans le commerce d'art parisien. En 1986, le  chanteur de l'Opéra-Comique Jean Mouliérat  acquiert le château de Castelnau-Bretenoux, (Lot) et y accumule une importante collection d'art, qui sera léguée à l'État en 1936. Dans la chapelle du château ou "oratoire", il fait monter la Crucifixion de la baie axiale de Quimper, où elle est toujours admirée aujourd'hui par les visiteurs (diverses photographies en ligne). C'est Jean Lafond qui l'identifie en 1962 grâce aux dessins publiés par Ottin (qui travaillait avec Lusson) dans son ouvrage Le Vitrail de 1896.

En 1992-1993, à l'occasion de la restauration fondamentale menée sur le chœur entre 1989 et 1993 sous la direction de Benjamin Mouton, la restauration de la baie 100 et des baies nord 103 à 111 est confiée à l'atelier Le Bihan de Quimper, et celle de la baie 101 et des baies sud 102 à 112 à l'atelier de Michaël Messonnet ( élève d'Hubert de Sainte-Marie qui a repris l'atelier de Quintin). Jean-Pierre Le Bihan et son fils Antoine redécouvrent l'article de Jean Lafond, se rendent à Castelnau-Bretenoux où ils procèdent à un relevé photo de la baie dont "personne ne connaissait la provenance". Un second voyage permet de procéder aux calques de l'œuvre de 1417 ; j'emprunte ces photos au blog de Jean-Pierre Le Bihan, qui est aussi l'auteur d'un article sur cette restauration :

 http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-29890629.html

 

 

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Quatorze calques sont réalisés par Antoine Le Bihan ; une photo de détail du vitrail ancien est proposée sur le blog, permettant d'admirer la fidélité du travail qui va suivre.

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En effet, Antoine Le Bihan réalise alors pour la cathédrale une copie du vitrail : c'est celle-ci que nous pouvons admirer aujourd'hui. L'ancienne copie de Lusson est conservée en dépôt dans la salle de l'étage de la tour sud, avec tous les morceaux de plus de 10 cm en même temps retirés aux fenêtres voisines. 

 Résumé :

  • Vers 1417 : réalisation des verrières hautes du chœur.
  • 1842 : la baie 100 est presque intacte, les baies 101 et 102 sont très mutilées
  • 1856 : Lobin crée trois verrières neuves, librement "copiées" de l'ancien. L'ancienne baie 100 est conservée.
  • 1869 : Lusson dépose les vitraux de Lobin et les remplace par ses créations, copiées fidélement par calques des anciens. Les calques sont conservées.
  • 1941 : les vitraux de la cathédrale sont démontés et stockés dans la chapelle Saint-Guénolé d'Ergué-Gabéric. Ils sont remontés après la guerre.
  • 1987 : les vitraux du chœur sont tous déposés pour restauration.
  • 1993 : Antoine Le Bihan crée pour la baie 100 une copie fidèle du vitrail ancien, retrouvé à Castelnau-Bretenoux. La baie n°100 actuelle date donc de 1993 mais reproduit fidèlement le vitrail de 1417 (sauf le panneau inférieur de la lancette de saint Jean).

 http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/page/10

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Nota bene : dans un message de mars 2018, Anne Ripeau signale que c'est elle qui fut, au début des années 1990, chargée par Messonnet de peindre les panneaux  des baies 101 et 102.

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La suite du roman : les verrières des baies 101 et 102 

Rappel : les vitraux anciens, très mutilés, ont été remplacés par ceux de Lobin (actuellement perdus) puis ceux de Lusson. Des calques ont été publiés par Ottin en 1896 dans Le Vitrail

Les fragments anciens de l'ensemble des vitraux du chœur, conservés par Lusson, lui ont permis de confectionner des panneaux composites pour un antiquaire normand. Françoise Gatouillat les a identifié en 1993 dans des collections privées parisiennes (après un séjour  dans le château de Conches -en-Ouche jusqu'en 1942),  par confrontation aux calques d'Ottin et aux copies intégrées aux vitraux par Lusson. Il s'agit de six têtes de saints et donateurs provenant des baies sud et deux têtes des baies 101 et 102.

 

Ces dernières, de petite taille, sont vraisemblablement celles des enfants du duc Jean V. On y trouve aussi de menus débris d'architecture.

Ces pièces médiévales ont eu le mérite d'assurer que Lusson s'est montré scrupuleusement fidèle aux modèles originaux dans ses créations de 1867.

Hélas, la qualité de la grisaille employée au XIXe siècle s'est avérée bien moins résistante aux altérations que celle employée au début du XVe, et les ateliers Messonnet et Le Bihan ont du remplacer de nombreuses pièces des vitraux de Lusson, en s'attachant à conserver au maximum les éléments originaux.

En résumé, les baies actuelles 101 et 102 sont celles de Lusson en 1867, restaurées ou partiellement remplacées par Messonnet et Le Bihan et 1993, mais dont des éléments fragmentaires permettent de penser qu'elles sont le plus proche possible des vitraux d'origine. 

 

L. Ottin, Le Vitrail, figure 42 :https://archive.org/stream/levitrailsonhist00otti#page/42/mode/2up

Calque de la verrière d'origine de la baie n°100, tracé par Ottin en 1869.

Calque de la verrière d'origine de la baie n°100, tracé par Ottin en 1869.

Chœur de la cathédrale de Quimper. Les trois baies du "rond-point". Photographie lavieb-aile.

Chœur de la cathédrale de Quimper. Les trois baies du "rond-point". Photographie lavieb-aile.

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LA BAIE N°  100, FENÊTRE D'AXE : CRUCIFIXION.

Il s'agit donc de la copie en 1993 par Antoine Le Bihan du vitrail d'origine. 

Sur les fonds damassés inspirés des soieries dites lampas de Lucques, voir l'article cité en introduction.

Crucifixion, Baie d'axe n°100, Chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.
Crucifixion, Baie d'axe n°100, Chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Crucifixion, Baie d'axe n°100, Chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Crucifixion, Baie d'axe n°100, Chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Crucifixion, Baie d'axe n°100, Chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

LANCETTE A : la Vierge.

La Vierge éplorée, Baie d'axe n°100, Chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

La Vierge éplorée, Baie d'axe n°100, Chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Calque tracé par Louis Ottin sur le vitrail de 1417, in Ottin 1896 figure 49.

Calque tracé par Louis Ottin sur le vitrail de 1417, in Ottin 1896 figure 49.

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Lancette B. Le Christ en croix.

Un cartel posé de biais sous la croix indique : Ministère de la culture / Restauration des verrières hautes / du c[h]œur //Nord, J.P. et A. Le Bihan / Quimper. // Sud, H.S.M. M. Messon[n]et / Quintin // Architecte B. Mouton // 1992.

 

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Crucifixion, Baie d'axe n°100, Chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Crucifixion, Baie d'axe n°100, Chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Lancette C. Saint Jean.

Saint Jean, Baie d'axe n°100, Chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

Saint Jean, Baie d'axe n°100, Chœur de la cathédrale de Quimper. Photographie lavieb-aile.

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Le tympan.

Style gothique flamboyant : 

On y voit des anges portant les instruments de la Passion : colonne de la Flagellation, échelle, couronne d'épines. Un ensemble associant le glaive de saint Pierre à la lame duquel est accroché l'oreille du serviteur du grand prêtre, le fouet de la Flagellation, trois clous et la lance. Et le soleil et la lune personnalisé. 

Ottin, dans sa description page 173, se contente de signaler "des anges tenant les instruments de la Passion" : ces astres étaient-ils présents sur le vitrail initial ?

Tympan de la baie n°100, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.
Tympan de la baie n°100, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Tympan de la baie n°100, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Tympan de la baie n°100, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

Tympan de la baie n°100, cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile.

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Le soleil et la lune sont semblables à ceux qui figurent sur une Crucifixion de l'église Saint-Georges de Chevrières (Oise), vitrail daté de 1545 et attribué à Nicolas Leprince. Il a été restauré en 1860 par Lefèvre, et c'est sans doute à cette occasion que Louis Ottin en a levé un calque qu'il reproduit à la page 4 de son ouvrage. 

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/0/0f/Chevri%C3%A8res_%2860%29%2C_%C3%A9glise_Saint-Georges%2C_verri%C3%A8re_n%C2%B0_0_-_Crucifixion_et_R%C3%A9surrection_du_Christ.JPG

Mais ce motif se trouve déjà chez Engrand Leprince en 1522 dans le Jugement Dernier de Saint-Étienne de Beauvais : 

Diaporama (cliquez):

Lune et soleil à Chevrières, in Louis Ottin, 1896,  Le Vitrail, page 4. // Engrand Leprince en 1522, Jugement Dernier de Saint-Étienne de Beauvais, photo lavieb-aile
Lune et soleil à Chevrières, in Louis Ottin, 1896,  Le Vitrail, page 4. // Engrand Leprince en 1522, Jugement Dernier de Saint-Étienne de Beauvais, photo lavieb-aile
Lune et soleil à Chevrières, in Louis Ottin, 1896,  Le Vitrail, page 4. // Engrand Leprince en 1522, Jugement Dernier de Saint-Étienne de Beauvais, photo lavieb-aile
Lune et soleil à Chevrières, in Louis Ottin, 1896,  Le Vitrail, page 4. // Engrand Leprince en 1522, Jugement Dernier de Saint-Étienne de Beauvais, photo lavieb-aile

Lune et soleil à Chevrières, in Louis Ottin, 1896, Le Vitrail, page 4. // Engrand Leprince en 1522, Jugement Dernier de Saint-Étienne de Beauvais, photo lavieb-aile

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LA BAIE 101 DU DUC DE BRETAGNE.

 

Baie 101 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

Baie 101 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

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La lancette A: le futur duc François Ier présenté par saint François. 

 

Lancette A, le futur duc François II,  Baie 101 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile
Lancette A, le futur duc François II,  Baie 101 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

Lancette A, le futur duc François II, Baie 101 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

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La lancette B : le duc Jean V présenté par saint Jean l'Évangéliste.

Lancette B, le duc Jean V,  Baie 101 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile
Lancette B, le duc Jean V,  Baie 101 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

Lancette B, le duc Jean V, Baie 101 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

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Lancette B, le duc Jean V,  Baie 101 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

Lancette B, le duc Jean V, Baie 101 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

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Lancette C. Saint Corentin, patron de la cathédrale..

"Saint Corentin, d’abord solitaire, puis premier évêque de Quimper, et patron de la cathédrale. Sous ses pieds est représenté un poisson en fasce. Cet attribut rappelle un miracle opéré par ce saint et rapporté en ces termes, par Albert le Grand : « Pour sa nourriture et sustentation en ceste solitude, Dieu faisoit un miracle admirable et continuel : car, encore qu’il se contentast de quelques morceaux de gros pain, qu’il mendioit quelques fois es villages prochains, et quelques herbes et racines sauvages, que la terre produisoit d’elle-même, sans travail ny industrie, lui envoya un petit poisson en sa fontaine, lequel tous les matins se présentoit au saint qui le prenoit et en coupoit une pièce pour sa pitance, et le rejetoit dans  page l’eau, et tout à l’instant, il se trouvoit tout entier, sans lésion ni blessure, et ne manquoit tous les mati-ns, à se présenter à saint  Corentin, qui faisoit toujours de mesme. » (R-F. Le Men 1877 pages 24-25 ).

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Lancette c, saint Corentin tenant son poisson,  Baie 101 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile
Lancette c, saint Corentin tenant son poisson,  Baie 101 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

Lancette c, saint Corentin tenant son poisson, Baie 101 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

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Baie 102, verrière de la Duchesse Jeanne de France.

 Baie 102 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile
 Baie 102 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

Baie 102 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

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Lancette A : la Vierge à l'Enfant.

Lancette A, Vierge à l'Enfant,  Baie 102 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile
Lancette A, Vierge à l'Enfant,  Baie 102 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

Lancette A, Vierge à l'Enfant, Baie 102 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

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Lancette B. Jeanne de France, duchesse de Bretagne (1399-1433) présentée par saint Jean-Baptiste.

Lancette B. Jeanne de France, duchesse de Bretagne (1399-1433) présentée par saint Jean-Baptiste.Baie 102 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile
Lancette B. Jeanne de France, duchesse de Bretagne (1399-1433) présentée par saint Jean-Baptiste.Baie 102 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

Lancette B. Jeanne de France, duchesse de Bretagne (1399-1433) présentée par saint Jean-Baptiste.Baie 102 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

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Lancette C. Anne de Bretagne présentée par sainte Anne.

L'atelier Lusson a repris ici le carton de la lancette précédente en l'adaptant pour figurer Anne de Bretagne, la fille aînée du duc Jean V et de Jeanne, présentée par une sainte . Cette dernière est identifiée comme sainte Anne par l'inscription S. ANNA. Elle tient une banderole où est écrit .S. anna ora pro nobis. Il  n'est pas attesté que sainte Anne figurait dans le vitrail original. Mais lorsque Lusson a réalisé cette lancette, le culte de sainte Anne était en plein développement, comme en témoigne par exemple la reconstruction de la chapelle de Sainte-Anne-La-Palud en 1864, et la construction de la basilique de Sainte-Anne-d'Auray de 1866 à 1872. 

Parmi les fragments des baies 101 et 102 conservés par Lusson et commercialisés, se trouve la tête d'une fillette correspondant selon toute vraisemblance à l'une des filles du couple ducal.

 

  •   Anne, l'ainée, est  née en 1409 mais décédée en avril 1415. Le 19 juillet 1412, un contrat de mariage fut conclut avec le fils aîné du duc de Bourbon.
  • Isabelle (1411 † 1442), 

  • Marguerite (1412 † 1421)

  • Catherine (1417 † ap. 1444)

​On ne peut donc exclure, et cela semble même beaucoup plus logique,  que la fillette peinte dans le vitrail d'origine soit plutôt Isabelle, âgée en 1417 de 6 ans, et qui épousera le 1er octobre 1430 Guy XIV de Laval, devenant ainsi comtesse de Laval, et baronne de Vitré . Elle est aussi désignée sous le nom d'Isabeau de Bretagne, qu'il ne faut pas confondre avec son homonyme fille du duc François II et sœur d'Anne de Bretagne.

Voici la tête ancienne, publiée par Françoise Gatouillat 2009.

 

In Gatouillat 2009 figure 8.

In Gatouillat 2009 figure 8.

Lancette C. Anne de Bretagne présentée par sainte Anne.  Baie 102 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile
Lancette C. Anne de Bretagne présentée par sainte Anne.  Baie 102 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

Lancette C. Anne de Bretagne présentée par sainte Anne. Baie 102 du rond-point du chœur de la cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

 

 

 

 

SOURCES ET LIENS.

 

 

CATHÉDRALE SAINT-CORENTIN DE QUIMPER. INAUGURATION DU PORTAIL OCCIDENTAL, 12 décembre 2008   : http://www.sdap-finistere.culture.gouv.fr/fichiers/dossiers/mon8-fasciculecathedrale2008v2ds.pdf

ANDRÉ (Augustin), 1878, De la verrerie et des vitraux peints de l'ancienne province de Bretagne, Rennes, Plihon, in-8°, 281 p.  (Extr. des Mémoires de la Société archéologique du département d'Ille-et-Vilaine, t. XII.) page 299-304.

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2077642/f326.image

 

— AYMAR DE BLOIS (1760-1852), vers 1820. On doit à ce neveu du chanoine de Boisbilly une description des vitraux vers 1820. 

A. de Blois, héritant de ce registre de Boisbilly, en fait don à l'évêque André, le 5 janvier 1804, mais le ré-annote en 1820 et 1821 et donne alors la description des vitraux et leur état. Il le remit de nouveau à l'évêque de Quimper, Mgr Graveran, le 5 septembre 1842 "pour l'usage de la cathédrale ". Il rajoute  "malade d'une fluxion, charge son fils Louis de le remettre à l'évêque". (J-P. Le Bihan)


 

— BOISBILLY (Jean-Jacques-Archibald le Provost de la Boexière ,Chanoine de), vers 1770, Registre de BoisbillyArch. Dioc. Quimper,  ,

 Jean-Jacques Archambault Provost de Boisbilly (1735-1786). Docteur en théologie de la Sorbonne, vicaire général du diocèse de Rennes, il était abbé commandataire du Tronchet et chanoine de Quimper. Il possédait une des plus érudites bibliothèques de Quimper et on lui doit par ailleurs un plan de la cathédrale dressé en 1770 qui est une des sources les plus importantes sur la cathédrale avant la Révolution. Il avait dessiné l'architecture des fenêtres de la cathédrale en pleine page de 1770 à 1772. Ce travail  devait être complété par la suite avec les dessins des vitraux, mais il fut malheureusement appelé à d'autres fonctions.

"La cathédrale de Quimper, qui figure au nombre des Monuments historiques du département du Finistère, n’a été jusqu’ici l’objet d’aucune publication de quelque importance. Vers l’année 1770, l’abbé de Boisbilly, syndic du chapitre de Quimper, avait, en vue d’une histoire de ce monument, réuni de nombreuses notes, et fait dresser un plan de l’église avec ses chapelles et ses autels. Dans sa réunion générale du 14 mai 1772, le chapitre le « pria de continuer l’ouvrage qu’il avait commencé sur la description détaillée de l’église cathédrale, » et décida « qu’il en serait fait un registre particulier. » (1)1 Sur ces entrefaites, l’abbé de Boisbilly fut appelé à Rennes pour prendre part aux travaux de la Commission intermédiaire des États de Bretagne dont il faisait partie. Les affaires importantes et multipliées de la Province ne lui permirent pas de mener à bonne fin son entreprise. Ses notes furent perdues, et il n’est resté comme souvenir du projet qu’il avait formé, qu’un registre grand in-folio, qui contient avec le plan de la cathédrale, les dessins au trait de ses fenêtres, dessins qui devaient être complétés par la peinture des vitraux. M. de Blois (de Morlaix), neveu de l’abbé de Boisbilly, a fait hommage de ce registre à Mgr l’évêque de Quimper, le 5 septembre 1849. Avant de s’en dessaisir, il avait pris le soin d’écrire au-dessous des dessins des fenêtres, une description sommaire des vitraux qu’elles contenaient encore en 1820 et 1821, mais à cette époque beaucoup étaient entièrement détruits. " (R-F. Le Men)

 

— BONNET (Philippe) 2003, Quimper, la cathédrale, Zodiaque, Paris 

— COUFFON (René), 1963,  « Etat des vitraux de la cathédrale Saint-Corentin au milieu du XIXe siècle par le baron de Gulhermy », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, tome LXXXIX, p. XCVII-CII

COUFFON et LE BRAS,  http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/Quimper.pdf

— DANIEL (Tanguy), (dir.), Anne Brignandy, Yves-Pascal Castel, Jean Kerhervé et Jean-Pierre Le Bihan, 2005,  sous la direction de, Les vitraux de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper,  Presses Universitaires de Rennes / Société Archéologique du Finistère,  287 p. (ISBN 978-2-7535-0037-2).

GALLET (Yves), Les ducs, l’argent, les hommes ? Observations sur la date présumée du chevet rayonnant de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper (1239) p. 103-116 http://books.openedition.org/pur/5315

— GALLET (Yves), 2009, "Quimper, cathédrale Saint-Corentin. L'architecture, (XIIIe-XVe sièle)", " Actes du Congrès Archéologique de France  2007 de la Société Française d'Archéologie.

 — GATOUILLAT (Françoise), 2013,  "Les vitraux de la cathédrale" , in Quimper, la grâce d'une cathédrale, sous la direction de Philippe Bonnet et al.La Nuée Bleue, Strasbourg, page 185-203

 — GATOUILLAT (Françoise), 2009, "Quimper, cathédrale Saint-Corentin. Les vitraux anciens." Actes du Congrès  Archéologique de France 2007 de la Société Française d'Archéologie.

— GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD (Michel), 2005,  Les vitraux de Bretagne, Corpus Vitrearum, France VII, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, p. 172.

— GUILHERMY (Ferdinand de), 1848-1862,  Notes sur les diverses localités de France, Bnf, Nouv. acquis. française 6106 folio 335v et suivantes.

Le baron de Guihermy, membre de la Commission des Arts, visita Quimper le 2 octobre 1848 et rédigea un mémoire d'après ses notes. Nommé membre de la Commission des Monuments Historiques en 1860, il entreprit un voyage en France et séjourna à Quimper du jeudi soir 28 octobre 1862 au samedi 30 à midi et compléta alors ses premières notes.  Les baies n'y sont pas numérotées et distribuées en cinq lieux : Vitraux de la chapelle des fonts, vitraux de la Nef, vitraux du transept, vitraux du chœur, vitraux de la chapelle terminale. 

LAFOND (Jean), 1962," Le Christ en croix de la cathédrale de Quimepr à Castelnau-Bretenoux",  Bulletin de la Société Nationale des Antiquaires de France p. 36-38.

— LA VALLÉE, 1847,  "Essai sur les vitraux existant dans les églises du canton de Quimper", Bulletin archéologique de l'Association bretonne, t.I, p. 263-277.

 

— LE BIHAN (J.-P.), J.-F. Villard (dir.), 2005,  Archéologie de Quimper. Matériaux pour servir l’histoire, t. 1 : De la chute de l’Empire romain à la fin du Moyen Âge, Quimper, 2005.

— LE BIHAN (J.-P.) 1993,, -"Gravures de repère sur les vitraux bretons des XVe et XVIe." Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXII

LE BIHAN (Jean-Pierre), 1995, « La restauration des verrières hautes de la cathédrale de Quimper, » Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXIV, p.524-525

LE BIHAN (Jean-Pierre), 1997,« La verrière n°100 de la cathédrale Saint-Corentin de Quimper », Bulletin de la Société Archéologique du Finistère, T.CXXVI, p. 175-201.

LE BIHAN (Jean-Pierre), 2007,  Blog 

http://jeanpierrelebihan.over-blog.com/article-7003763.html

 

 LE MEN (René-François), 1877, Monographie de la cathédrale de Quimper [XII-XVe siècle], Quimper. p.243-244,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1e08593c46eb46336af146045b16d0f4.pdf

MACIAS-VALADEZ (Katia), 1997, "Les vitraux des fenêtres hautes de la cathédrale de Quimper : un chantier d'expérimentation et la définition d'un style quimpérois", Mémoires de la Société d'histoire et d'archéologie de Bretagne, t. LXXV, p. 204-242.

OTTIN (L.), Le Vitrail, son histoire, ses manifestations diverses à travers les âges et les peuples, Librairie Renouard, H. Laurens éditeur, Paris, s.d. [1896] In-4°, 376 pages,  4 planche en couleurs, 15 phototypies, 12 planches en teinte hors texte, 219 gravures, de signatures, marques et monogrammes. 

https://archive.org/stream/levitrailsonhist00otti#page/42/mode/2up

— THOMAS (Abbé Alexandre), 1892, Visite de la cathédrale de Quimper. Arsène de Kerangal, 170 pages,  p.117,

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/c9d5dca31c276caf2782d0a4b99a85ce.pdf

 — THOMAS (Abbé Alexandre) 1904,  La cathédrale de Quimper, 1904, J. Salaun, 97 pages, p.51



 

 

LE MEN

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1e08593c46eb46336af146045b16d0f4.pdf

 

 

N° 1. Première clef de voûte à partir du rond-point : Targe d’hermines timbrée d’un casque taré de profil, sommé du lion de Montfort assis entre deux cornes de bœuf ; le casque orné de lambrequins ; l’écu soutenu par deux anges ; — Jean V de Montfort,, dit le Bon, duc de Bretagne (1399-1442), marié à l’âge de cinq ans à Jeanne de France, fille de Charles VI roi de France. 22 (1) Il y a, entre ma description des armoiries des voûtes du chœur et leur état actuel, des différences très notables dans les émaux et même dans les pièces des écussons. Ces différences proviennent de ce que le peintre, chargé de leur restauration, au lieu de se conformer aux instructions qui lui étaient données de la part de Mgr Sergent, n’a pris le plus souvent pour guide que sa fantaisie. Autour des armoiries du souverain du pays sont groupés, sur les nervures secondaires de la voûte, les six écussons suivants, qui portent les armoiries de l’évêque qui occupait le siège de Quimper, lors de la construction des voûtes du chœur, et celles de cinq de ses chanoines. N° 2. Écu triangulaire timbré d’une crosse et soutenu par un lion, portant : d’azur à la fasce d’argent accompagnée de trois étriers d’or ; — Gatien de Monceaux, évêque de Quimper. Cet écu est le plus rapproché de celui du due Jean V. N° 3. Écu triangulaire portant : trois têtes de renard. — Alain de Penquelennec, reçu chanoine en 1394, vicaire général et archidiacre de Cornouaille en 1400. Le manoir de Penquelennec, construction du XVe siècle, existe encore dans la commune de Pemeurit. Sur le manteau de la cheminée de la grande salle, est un écusson en relief portant les mêmes armes surmontées d’un lambel à trois pendants. Plusieurs chanoines de ce nom, entre autres Raoul de Penquelennec, reçu en 1399, figurent dans les titres du chapitre de Quimper, au XIVe et au XVe siècle (1)23. N° 4. Écu triangulaire : pallé d’argent et d’azur de six pièces ; — Bertrand de Rosmadec, reçu chanoine de la cathédrale, en 1408 (2)24, et qui fut depuis évêque de Quimper, de 1416 à 1445.

N° 5. Écu triangulaire portant : une croix pattée, accompagnée à senestre de deux roses ou quintefeuilles ; sur le tout un lambel à trois pendants ; — Rolland de Lezongar, seigneur de Pratanras, chanoine en 1418. [p. 20] Ces armes diffèrent peu de celles de la seigneurie de Pratanras, en la paroisse de Penhars, qui sont : d’azur à la croix d’or cantonnée à dextre d’une fleur de lys de même. N° 6. Écu triangulaire : d’argent à la macle d’azur ; — Jean de Tréanna, chanoine en 1418.

N° 7. Écu triangulaire portant : d’argent au croissant de gueules accompagné de trois étoiles de même ; — Glazren de Pendreff (Penandreff), reçu chanoine le 29 janvier 1399 (1)25.

N° 8. Écu triangulaire parti de Bretagne et de France, tenu par une femme dont on ne voit que, la tête et les mains ; — Jeanne de France, fille du roi Charles VI, femme de Jean V, duc de Bretagne.

N° 9. Écu, triangulaire couché, portant d’hermines plein, tenu par un personnage dont on ne voit que la tête, les mains et les pieds ; — le prince François, âgé de deux à trois ans, fils de Jean V de Montfort, et de Jeanne de France, qui fut duc de Bretagne sous le nom de François Ier, de 1442 à 1450.

N° 10. Écu triangulaire lisse. No 11. Écu triangulaire lisse timbré d’une crosse — l’évêque Gatien de Monceaux.

N° 12. Écu couché arrondi à sa partie inférieure échiqueté d’argent et de gueules, timbré sur son angle senestre d’un casque taré de profil, orné de lambrequins, et sommé de deux cornes de bœuf pour cimier ; — Jehan, sire du Poulmic, gouverneur de Quimper en 1404 et pendant les années suivantes. N° 13. Écu carré fascé de six pièces d’argent et de sable ; — Jean de Kergroazez (Kergroadez), reçu chanoine en 1384 (2)26. N° 14. Sur la nervure voisine de cet écusson : écu semblable au n° 11. N° 15. Semblable au n° 7. 

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6 mars 2016 7 06 /03 /mars /2016 22:11

Orphano tu eris adiutor : des armoiries épiscopales dans la cathédrale de Quimper.

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Voir ici :

iconographie de saint Christophe dans les vitraux de la cathédrale de Quimper

Un petit article simple pour nous reposer. Chaque fidèle assistant à un office dans la cathédrale de Quimper, chaque visiteur se plaçant sous la croisée du transept voit, sur les deux piliers encadrant l'estrade où est placé l'autel, les deux armoiries qu'une crosse permet d'attribuer à un évêque. Sa devise est également inscrite : "Orphano tu eris adiutor". De quoi s'agit-il ?

 

Armoiries de l'évêque Jean de Lespervez, pilier gauche du transept, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Armoiries de l'évêque Jean de Lespervez, pilier gauche du transept, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Armoiries de l'évêque Jean de Lespervez (1451-1472), pilier droit du transept, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Armoiries de l'évêque Jean de Lespervez (1451-1472), pilier droit du transept, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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La réponse se trouve dans la Monographie de la Cathédrale de Quimper de Renè-François Le Men, datant de 1877 :

page 118-119 : "Au-dessus de ces statues [de la Vierge et de saint Corentin] sont sculptés dans la pierre deux larges écussons carrés, ou en bannière, supportés par deux lions, et timbrés d’une mitre et d’une crosse, autour desquelles s’enroule sur un cartouche la devise : Orphano tu eris adjutor. Ces armoiries ayant été grattées pendant la Révolution, et la devise qui les accompagne n’étant pas connue il pouvait exister quelques doutes sur leur attribution, lorsque j’ai été assez heureux pour retrouver aux Archives du Finistère, au bas d’un testament de Jean de Lespervez, sur grand sceau en cire rouge, qui porte, avec la devise et les accessoires mentionnés plus haut, les armes de cet évêque qui sont : écartelé aux 1 et 4 : de sable à trois jumelles d’or, (Lespervez) ; au 2 d’or à deux fasces d’azur accompagnées de huit merlettes de gueules (Briquebec) ; au 3 : d’or au lion de sinople armé, lampassé et couronné de gueules (Painel-Hambye). À défaut d’autres renseignements, ces écussons prouveraient que cette partie de la cathédrale a été, faite par Jean de Lespervez, et non par Bertrand de Rosmadec, comme on le pensait généralement."

La source de la devise est facile à trouver : c'est le verset 38 du psaume 10  : ides quoniam tu laborem et dolorem consideras ut tradas eos in manus tuas tibi derelictus est pauper orfano tu eras adiutor

"Tu regardes cependant, car tu vois la peine et la souffrance, pour prendre en main leur cause ; c’est à toi que s’abandonne le malheureux, c’est toi qui viens en aide à l’orphelin."

Les mêmes armoiries, et la même devise, se voient aussi dans le tympan de la verrière de la baies 120, dans le bras sud du transept, coté ouest : voici sa description par Le Men (1877, id. page 138)

" Quatrième fenêtre (côté ouest). Quatre panneaux. 1er Panneau. — Notre-Seigneur Jésus-Christ. 2e Panneau. — Saint Jean l’Évangéliste présentant l’évêque placé dans le panneau suivant. 3e Panneau. — Un évêque à genoux devant un prie-dieu, sur lequel est un écusson portant : sable à trois jumelles d’or. — Jean de Lespervez, évêque de Quimper de 1451 à 1471. 4e Panneau. — Saint François d’Assise. Dans le compartiment supérieur du tympan, écusson triangulaire timbré d’une mitre et d’une crosse et portant les armes de l’évêque Jean de Lespervez, de sable à trois jumelles d’or. Au milieu du tympan, armoiries en bannière du même évêque, portant : écartelé aux 1 et 4, de sable à trois jumelles d’or ; au 2, d’or à deux fasces d’azur accompagnées de merlettes de gueules (de Briquebec) ; au 3, d’or au lion de sinople armé, lampassé et couronné de gueules (Painel-Hambie), l’écusson soutenu de deux lions d’or, timbré d’une mitre et d’une crosse, et accompagné d’un cartouche portant la devise de l’évêque Jean de Lespervez : Orphano tu eris adjutor. À l’exception du premier panneau, cette vitre a été entièrement refaite."

 

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Baie n°120, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

Baie n°120, cathédrale de Quimper, photo lavieb-aile.

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Jean de Lespervez succéda à son oncle Alain de Lespervez sur le trône épiscopal de Quimper et l'occupa de 1451 à 1472. Il était le fils de Charles de Lespervez, seigneur de Persquen conseiller du duc François Ier et premier président de la cour des comptes de Bretagne, et de Guillemette  Paynel, qui appartenait à la famille normande des barons d'Hambye (on admire encore l'abbaye d'Hambye dans la Manche) et de Bricquebec, sieurs de Bricqueville. Doyen de Dol à dix-sept ans (1441), chanoine et scholastique de Tréguier en 1444, doyen de Nantes la même année, archidiacre de Quimper en 1449, notaire apostolique,  il fut nommé à l’évêché de Quimper le 16 janvier 1451, sur la résignation d’Alain de Lespervez, son oncle ; comme il n'avait pas l'âge canonique il dut bénéficier d'une dispense pontificale (D'après Tanguy Daniel, Les Vitraux de la Cathédrale de Quimper, 2005, p. 95). 

Voir dans Le Men 1877 page 174-180 les pages consacrées à ce prélat "qui fut inhumé dans la chapelle de Saint Benoît, qui occupait le croisillon sud du transsept qu’il avait fait construire."

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/1e08593c46eb46336af146045b16d0f4.pdf 

Cet évêque fut, après Bertrand de Rosmadec, un de ceux qui firent le plus de bien à leur église. Outre le croisillon sud du transsept, qu’il fit construire, il contribua à l’achèvement de la nef et à son raccordement avec le chœur. Il ne  borna pas ses libéralités à la durée de son épiscopat, car il légua, par testament, à l’église de Quimper, tous ses biens, en réservant sur sa terre de Glomel, une somme de mille livres pour les réparations de sa cathédrale. 

Le site suivant donne une chronographie de la construction de la cathédrale :

http://diocese-quimper.fr/images/stories/bibliotheque/pdf/pdf-Couffon/Quimper.pdf

CATHEDRALE ACTUELLE

Evêque RAINAUD 1218-1245

1239 Reconstruction du choeur avec le rattachement de la chapelle Notre-Dame de la Victoire qui devient abside.

Evêque YVES CABELLIC 1267-1280

1280 Bas-côté Nord. Le choeur est reconstruit.

Evêque ALAIN RIVELAIN 1290-1320 (dit Morel, de Riec)

1285-1295 Reconstruction de la chapelle absidiale. Consécration de l'autel.

Evêque ALAIN GONTIER 1334-1335 1335

Construction du collatéral Sud du choeur.

Evêque GATIEN DE MONCEAUX 1408-1416

1408-1416 Construction des voûtes du choeur.

Evêque BERTRAND DE ROSMADEC 1416-1444

1417 Peinture des voûtes par Jestin.

Pose de vitres "coloriées".

1424 Début construction de la NEF.

1424 Le 26 juillet pose de la 1ère pierre des tours.

Evêque JEAN DE LESPERVEZ 1451-1472

1460 Nef terminée.

1464 Voûtes des bas-côtés de la nef.

1467 Croisillon Sud du transept est couvert. Raccordement nef et choeur.

1469 Construction du clocher en bois recouvert de plomb. 50 pieds au dessus du transept.

Evêque THEBAUD DE RIEUX 1472-1479

1475 Début construction du croisillon Nord du transept, terminé en 1486.

Evêque ALAIN LE MAOUT 1484-1493

1487-1493 Construction des voûtes du transept et nef.

Evêque RAOUL LE MOEL 1493-1501

1494 Construction des meneaux des hautes fenêtres de nef, des balustres, des galeries, des pinacles, etc... Vers cette époque : Vitres peintes par Jean Sohier.

 

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Travaux pratiques pour demain : 

à quoi correspond cette sculpture du pilier du chœur, coté sud ?

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Cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

Cathédrale de Quimper, photographie lavieb-aile

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  • : Le blog de jean-yves cordier
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