Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
10 février 2022 4 10 /02 /février /2022 21:38

La verrière de la Vie de saint Pierre (v.1520-1530), baie 1 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen, provenant de l'église Saint-Vincent.

.

 

Voir :

Le vitrail des Chars ou verrière du Triomphe de la Vierge (Jean et Engrand Le Prince, v.1522-1524), baie 3 de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc de Rouen, provenant de l'église Saint-Vincent.

.

 

 

 

PRÉSENTATION.

.

Les 13 verrières provenant du chœur de l'église Saint-Vincent de Rouen  et magnifiquement remontées  en 1979 dans l'église Sainte-Jeanne-d'Arc, sont parfaitement présentées en ligne sur le site patrimoine-histoire.fr. La description de référence, dont je m'inspire largement,  est celle du volume du Corpus Vitrearum consacré aux Vitraux de Haute-Normandie.

.

L'église Saint-Vincent a été détruite par les bombardements de 1944, mais ses verrières avaient été mises à l'abri dès la fin 1938. Cette paroisse connue depuis le XIIIe siècle était devenue l'une des plus riches de Rouen, notamment grâce au privilège sur la vente du sel accordé en 1409 par Charles VI. L'église fut réaménagée à partir de 1458, et notamment en 1470 sous l'impulsion d'Ambroise Harel, puis de 1478 à 1483 sous celle de Thomassin et à partir de 1512 sous la direction de Guillaume Touchet secondé par Vincent Gaillard.

Le fenestrage de la chapelle Saint-Nicolas est repris de 1512 à 1514, puis un nouveau chœur est conçu ; au sud, la chapelle Saint-Anne est terminé en 1519 et le déambulatoire l'est en 1523.

En 1519, avant la démolition de la dernière partie du chœur, abattue à mesure que progressaient les fondations, Richart Le Voirrier a désassemblé les vitres de l'église et les a remis en état. En 1523, les fenêtres sont vitrées avant l'achèvement des voûtes, et la fabrique verse 20 livres "au gendre Barbe (*), verynier, pour deux verrières assise aux galeries". 

(*) On reconnait sous cette désignation Olivier Tardif, qui épousa vers 1525 Jeanne Barbe, fille du verrier Jehan Barbe.

https://www.wikiwand.com/fr/Guillaume_Barbe

Avant la dédicace de l'église le 1er août 1531, l'église est nettoyée et le peintre verrier Maure Heurtault reçoit plus de 10 livres pour la réfection de toutes les verrières brisées.  En en 1528-1529 les verrières ont été  qui déposées puis reposées.

Les verrières basses du chœur de Saint-Vincent, qui avaient été posées entre 1520 et 1530, ont été remontées à l'église Sainte-Jeanne-d'Arc, construite en 1979 sur la Place du Vieux-Marché par l'architecte Louis Arretche en forme de carène renversée. Elles sont toutes placées au nord et numérotées de 1 à 13 de gauche à droite. Ces treize verrières avaient été réalisées par deux ateliers, dont le plus célèbre est celui des Le Prince de Beauvais. on retrouve les initiales d'Engrand Le Prince sur le vitrail des Chars.

.

Liste des vitraux.

 

  1. Verrière de la Vie de saint Pierre,  atelier rouennais, 1520-1530, don des Boyvin, seigneurs de Bonnetot . Provient de la baie 11 de Saint-Vincent, au nord. 

  2. Verrière de Sainte Anne, 1520-1530, œuvre de Jean (?) Le Vieil et probablement offerte par la confrérie de Compostelle ; Provient de la baie n°8 de Saint-Vincent, au Sud

  3. Verrière du Triomphe de la Vierge ou vitrail des Chars, commandée en 1515 et réalisée vers 1522, œuvre de Jean et Engrand Le Prince ; Provient de la baie n°10 de Saint-Vincent, au Sud

  4. Verrière de la Parenté de sainte Anne, atelier rouennais,  1520-1530 ; Provient de la baie n°6 de Saint-Vincent, au Sud

  5. Verrière de la Vie de saint Jean-Baptiste, réalisée en 1525-1526, œuvre d'Engrand Le Prince ; Provient de la baie n°13 de Saint-Vincent, au Nord.

  6. Verrière des Œuvres de Miséricorde, réalisée en 1520-1530, œuvre d'Engrand et peut-être de Jean Le Prince ; Provient de la baie n°7 de Saint-Vincent, au Nord

  7. Verrière de Saint Antoine de Padoue, atelier rouennais,  1520-1530, seule verrière uniquement en grisaille et jaune d'argent ; Provient de la baie n°5 de Saint-Vincent, au Nord

  8. Verrière des Saints, atelier rouennais,  1520-1530 ; Provient de la baie n°9 de Saint-Vincent, au Nord

  9. Verrière de l'Enfance et de la Vie publique du Christ, atelier rouennais,  1520-1530, don des Le Roux de Bourgtheroulde ; Provient de la baie n°3 de Saint-Vincent, au Nord.

  10. Verrière de la Passionatelier rouennais, 1520-1530 ; Provient de la baie n°1 de Saint-Vincent, au Nord.

  11. Verrière de la Crucifixionatelier rouennais, 1520-1530, ancienne verrière axiale ou baie 0 de l'église Saint-Vincent ;

  12. Verrière de la Vie glorieuse du Christatelier rouennais, 1520-1530 ; Provient de la baie n°2 de Saint-Vincent, au Sud

  13. Verrière du martyre de saint Vincentatelier rouennais, 1520-1530, don des Le Roux, seigneurs de l'Esprevier. Provient de la baie n°4 de Saint-Vincent, au Sud.

.

.

"L'atelier rouennais".

"Cet atelier regroupe en réalité l'œuvre de plusieurs peintres verriers dont le seul identifié est le rouennais Le Vieil auteur de la verrière de sainte Anne n°2. Ce pourrait être Jean Le Vieil, ancêtre des peintres verriers qui ont travaillé au XVIIe siècle à Saint-Vincent, et qui est mentionné à Saint-Maclou en 1519 et 1520.

Des caractères communs rassemblent ces verrières comme la densité des compositions, la vivacité de la gamme colorée ou l'emploi de verres soufflés en plateau (nombreuses traces de cives). Des techniques savantes sont mises en œuvre, notamment dans la verrière de saint Vincent, la plus richement travaillée de la série : ainsi la chape de l'évêque Valère est ornée de petites figures de saints gravés, la colonne de la comparution est faite en verre vénitien et même les fleurs sont l'occasion de raffinement technique puisqu'elles sont montées en chef d'œuvre.

Selon un procédé courant, l'atelier emploie souvent les mêmes cartons pour exécuter plus rapidement les anges symétriques des tympans ou pour reprendre des silhouettes, comme celle de l'enfant jouant avec un chien, utilisées à la fois dans la verrière de la Passion et dans celle de saint Vincent.

Ces peintres verriers ont repris des formules mises au point par Arnoult de Nimègue pour les types de personnage et le répertoire ornemental, hérité de Gaillon. Ainsi dans la verrière de la Crucifixion, les petits anges, les rinceaux peuplés de putti et de chimères ou bien, dans la verrière des saints, le décor du registre supérieur animé de putti et de pots à feu, les visages au contour hésitant, le traitement des carnations à la sanguine pure ou mêlée de grisaille, rappellent la verrière de l'Arbre de Jessé à l'église Saint-Godard de Rouen ou celle des Trois-Marie à l'église Notre-Dame de Louviers peintes par Arnoult de Nimègue.

Il serait vain de vouloir distinguer une personnalité distincte à l'origine de chacune de ces verrières ; plusieurs artistes peuvent collaborer à la même œuvre, comme on peut l'observer de façon spectaculaire , sur la verrière des saints où les deux registres inférieurs sont traités beaucoup plus simplement que le registre supérieur,...

... ou encore sur la verrière de saint Pierre où les deux scènes pleines de verve et de rivalité de saint Pierre et de Simon le Magicien contrastent avec celles, beaucoup plus placides, de la vocation de saint Pierre et de la pêche miraculeuse." (Callias-Bay & al. Corpus Vitrearum, page 403)

 

.

 

 

 lavieb-aile 2022.

lavieb-aile 2022.

.

.

L'examen du plan  de situation des verrières de Saint-Vincent montre la cohérence du programme iconographique de l'ancienne église : au centre l'abside du chœur est consacrée, de gauche à droite n°3, 1, 0 , 2, à la Vie et à la Passion du Christ, et enfin n°4 au saint patron de l'église, saint Vincent.

Le coté sud est réservé à sainte Anne (n°6 et 8) avant la verrière des Chars ou Triomphe de la Vierge.

Le coté nord est consacré aux saints, avec successivement saint Antoine (n°5), les Oeuvres de Miséricorde (n°7), les 6 Saints dont saint Nicolas (n°9), saint Pierre (n°11) et saint Jean-Baptiste (n°13).

.

 lavieb-aile 2022.

lavieb-aile 2022.

.

.

DESCRIPTION.

.

La baie n°1 de l'église Jeanne-d'Arc mesure 6,60 m de haut et 3,36 m de large. Ses 4 lancettes trilobées  s'organisent en deux registres soit 4 épisodes de la Vie de saint Pierre, tandis que les 6 soufflets et 6 mouchettes du tympan moderne (1869) proposent d'autres épisodes, entourés d' anges.

À la partie inférieure, trois écus attribuent la donation de cette verrière aux Boyvins, seigneurs de Bonnetot. 

.

 

La verrière a été restaurée par Guillaume Le Vieil en 1721 et par Duhamel-Marette en 1869 (cf. inscription infra dans l'écu du bas de la 3ème lancette).

.

 

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

LE REGISTRE INFÉRIEUR.

.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

1. La vocation de saint Pierre et de saint André.

.

La tête des apôtres a été restituée.

La Vie de saint Pierre commence par le début : comment il fut, avec son frère André, appelé par Jésus alors qu'il pêchait ,comme le raconte l'Évangile de Matthieu 4:18-20, sur le lac de Galilée,  :

 Un jour qu'il marchait au bord du lac de Galilée, il vit deux frères: Simon (qu'on appelle aussi Pierre), et André, son frère, qui lançaient un filet dans le lac, car ils étaient pêcheurs.  Il leur dit:
    ---Suivez-moi et je ferai de vous des pêcheurs d'hommes.

Ils abandonnèrent aussitôt leurs filets et le suivirent.

On comparera ce panneau, de même que le suivant, à ceux de la baie n°16 de l'église Saint-Etienne de Beauvais, réalisé par l'atelier Le Prince en 1548. 

.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

En arrière-plan, un navire (pas du tout adapté à la navigation sur le Lac de Tibériade ...) est représenté.

C'est une "galée" portant trois mâts chacun gréé d'une voile ferlée sur une antenne ou une vergue. Les châteaux avant et arrière sont excessivement élevés. Ce qui est remarquable, c'est la précision de tracé des haubans, où la garniture de protection des voiles contre le ragage est figurée. 

Ce navire rappelle que saint Pierre est le saint patron des marins-pêcheurs. Mais il témoigne aussi de la vocation commerciale maritime et fluvial de Rouen dans les échanges de draps, de pastel ou de guède, et de vins. Le port du Havre est créé en 1517 par François Ier comme avant-port sur la Seine.

On trouve aussi à Beauvais sur la verrière de la baie N°16 des paysages maritimes similaires en arrière-plan, et j'avais déjà indiqué lors de ma description un certain nombre de données auxquelles je renvoie.

 

.

"L'essor économique de la ville à la fin du xve siècle est dû essentiellement aux draperies, mais aussi à la soierie et à la métallurgie.

Les pêcheurs de Rouen allaient jusqu'à Terre-Neuve pêcher la morue et en Baltique pêcher le hareng. Le sel venait du Portugal et de Guérande.

Les draps étaient vendus en Espagne, qui fournissait alors la laine, et les Médicis ont fait de Rouen le principal point de revente de l'alun romain.

Au début du XVIe siècle, Rouen est devenue le principal port français de commerce avec le Brésil, principalement pour les colorants de draperies. En effet, les manufactures de Rouen utilisent des teintures directement importées du Nouveau Monde, le rouge tiré de l'essence du bois-brésil, le bleu issu de la culture et la transformation de l’indigo. Cette fonction teinturière de la ville est confirmée par la présence des Florentins qui en font la plaque tournante de l'alun romain dans le Nord de la France. L'alun est un minéral permettant la fixation des pigments sur les textiles. " (Wikipedia)

Rouen dispose d'un chantier naval : le "port aux Galées", même si la fondation du Havre mit un terme à son activité, le dernier bateau a en être sorti datant de 1532.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Clos_aux_gal%C3%A9es

Malgré son caractère schématique, cet arrière-plan est  un document ethnographique qui peut être rapproché des autres documents iconographiques concernant les navires du XVIe siècle, provenant par exemple des enluminures, mais aussi des graffiti normands, ou des sculptures sur pierre et sur bois des édifices religieux.

.

.

La Grande vue de Rouen, 1525, vue du faubourg d'Emendreville (Saint-Sever). Le Livre des Fontaines de Jacques le Lieur, planche 15.

.

Frédéric Vivien, Le Clos aux Galées de Rouen

.

Une caravelle et son équipage, verrière datée de 1586.église Saint-Aubin de Neuville-les-Dieppe.

.

Navire de la verrière de Neuville-les-Dieppe.

.

Voir les graffiti normands :

-Dives-sur-mer, église : 400 graffiti

-Saint-Vaast la Hougue, chapelle des Marins, graffito,  XVIe

http://www.saintvaast.fr/pageLibre000125fc.aspx

-Vatteville-la-rue graffiti des murs de l'église

http://www.jpdugene.com/camping_car/normandie_2012/2012-08-07.htm

-Fécamp, abbatiale Ste-Trinité, graffiti

http://www.unicaen.fr/recherche/mrsh/sites/default/files/forge/vignettes/abbatialeFecamp.jpg

-Région de Fécamp :

http://www.fecamp-terre-neuve.fr/GalerieGraffiti.html

-Honfleur, Maison Erik Satie, graffiti XVIe-XIXe

-Eglise d'Hénouville:

http://perso.numericable.fr/~arnaudser/serander/Henouville/Graffiti.htm

-Dreux, beffroi, graffiti de 1537 :

https://www.sagaphoto.com/photo.asp?from=liste&id=PF008391#.XlEHBWhKiM8

-Couvent Sainte-Barbe de Canteleu près de Rouen:

https://rouen.blogs.com/photo/2007/11/o-trouver-ce-gr.html


.

 

Voir  sur les carvelles ou les embarcations de pêche sculptées sur pierre en Finistère : 

Voir les embarcations de pêche sculptées sur bois sur les sablières du Finistère:

 .

 

 

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

2. La pêche miraculeuse.

.

Jésus, en bleu, est figuré derrière les deux frères Pierre et André qui remontent leurs filets bien remplis.

 

 

 

 

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

Derrière la tête du Christ, nous retrouvons figurés trois navires, et une barque à trois rameurs. Aucun navire  n'est entièrement représenté, mais par contre, nous découvrons des détails très vivants, comme des haubans rompus par la tempête et qui battent au vent, un matelot en train de ferler la voile en bout de vergue, tandis qu'un équipier monte, par l'échelle disposée entre deux haubans pour accéder au poste de vigie en forme de panier (gabion) .

 

 

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

3. Chute de Simon le Magicien.

.

Bien que les Actes des Apôtres (Ac 8. 4-25) mentionnent Simon le Magicien, sa conversion et son baptême, l'épisode représenté trouve sa source dans un texte apocryphe, les Actes de Pierre, selon lequel Simon aurait séduit la foule en s'envolant dans le ciel (Actes de Pierre, 32). L'Apôtre Pierre aurait alors invoqué le nom de Jésus et provoqué sa chute. 

"Selon les Actes des Apôtres (VIII, 9-24), Simon était un magicien, qui opérait en Samarie et se faisait appeler la Puissance de Dieu, la Grande. Converti par la prédication de Philippe, il reçut le baptême. Mais, quand il offrit de l'argent à Pierre pour obtenir le pouvoir de donner lui aussi le Saint-Esprit en imposant les mains (de là vient le nom de simonie), Pierre le repoussa violemment. Les discussions de Simon avec Pierre et leur fin dramatique sur le Forum sont une légende qui remonte aux livres apocryphes intitulés Actes de Pierre et aux romans pseudo-clémentins, plus connus sous le nom d'Homélies pseudo-clémentines. Ces dernières résument la doctrine (III, 2) que Simon prétendait démontrer par les Écritures : le Dieu suprême est un dieu autre que celui qui a créé le ciel et la terre ; il est inconnu et ineffable et il pourrait être appelé le Dieu des dieux. Irénée et Hippolyte font de lui le père du gnosticisme et le fondateur d'une secte gnostique ; mais on peut se demander s'il s'agit du même personnage." (Universalis.fr)

.

Le peintre a représenté Pierre levant la main (une des postures rhétoriques de l'Orateur) tandis que Simon qui s'était envolé retombe dans le Ciel, tête et mains dirigées vers le sol, environné de trois démons. Trois disciples contemplent la scène.

En partie basse, à une échelle plus petite, un homme vêtu (comme les "disciples") comme un bourgeois ou noble de Rouen à la Renaissance fait face à un démon enflammé et s'en protège de la paume.

.

Plusieurs détails sont remarquables :

-le verre rouge gravé à l'acide du démon, qui permet de rendre les reflets éclatants du vermillon métallique de la créature bestiale (ailes de chiroptères, échine épineuse du dragon, oreilles d'âne et doigts ou orteils dilatés de  crapaud) .

-Le verre rouge gravé d'un rond pour figurer le médaillon du bonnet d'un disciple.

-Les verres bleus gravés qui, après peinture au jaune d'argent, donnent les coloris verts.

-Le réseau de plomb, qui est traité par le peintre comme des branchages sur lesquelles il peint des ramifications et de petites feuilles.

-l'architecture du fond (détail infra), censé représenter un monument romain, mais dans laquelle nous serions tenter de reconnaître un monument local, exercice auquel invitent aussi les vitraux des Le Prince ici ou à Beauvais. 

-

 

 

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

4. Dispute de Pierre et de Simon le Magicien en présence de la foule.

.

Scène qui précède l'épisode précédent. Saint Pierre reprend là aussi une posture de l'éloquence rhétorique , celle de l'exposé des arguments. Simon déchire ou piétine des livres.

Le livre à reliure rouge présente le double intérêt d'une part d'être en verre gravé, et d'autre part de porter un motif Renaissance, celui des "dauphins" affrontés. Un décor introduit en Normandie sur les pilastres du château de Gaillon pour Georges d'Amboise, archevêque de Rouen entre 1502 et 1509.

.

Le fond architecturé montre une vue d'une cathédrale, qu'on comparera aux églises de sur la Grande Vue  du Livre des fontaines de Jacques Le Lieur, contemporaine de cette verrière. La Querrière y reconnait par sa tour "l'église de l'abbaye de Saint-Ouen, et à coté à main droite une autre église ressemblant à Saint-Maclou".

Mais Saint-Ouen n'était-elle pas en pleine reconstruction? Voir les images suivantes :

http://www.rouen-histoire.com/Eglises_Rouen/Ste-Croix_St_Ouen.php

http://www.rouen-histoire.com/Saint-Ouen/Saint-Ouen/Abbaye_Saint-Ouen.htm

.

.

 

.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Grande vue de Rouen, Jacques de Lieur, 1525, Le livre des fontaines, BM de Rouen Gallica

.

La tour de l'église de l'abbaye de Saint-Ouen.

.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

Les armoiries des donateurs, et le cartel de la restauration.

.

La lancette B montre, présentées par un ange, des armoiries d'azur , à Trois croisettes d'or , 2 et 1 qui sont celles des Boyvin seigneurs de Bonnetot.

La lancette A montre deux anges présentant les mêmes armoiries en alliance avec d'autres, d'azur à trois [?] d'argent. 

La lancette D montre les armes des Boyvin en alliance avec d'autres, d'or à deux ou trois merlettes de sable.

.

Les informations sur la famille de Boyvin ou Boisvin que je réunis ici sont postérieures à la date de cette verrière. 

 

 

 

On lit dans l'Histoire de la ville de Rouen divisée en six parties, Volume 1 de François Farin, et dans le Dictionnaire de la Noblesse de La Chesnaye des Bois  ceci :

 

"BOYVIN, Seigneur de Saint-Ouen & de Tourville en Normandie, Généralité de Rouen, famille maintenue dans sa Noblesse le 28 Août 1668. On trouve dans l'Hift. de Rouen , que Noel Boyvin, Sieur de Tourville, obtint des Lettres de Noblesse en 1574. Messire Noël de Boyvin, II. son fils, Seigneur de Tourville, Saint, Claville & de Boisguilbert, fut reçu Président en la Chambre des Comptes de Rouen, l'an 1582. Jena-baptiste Boyvin, Seigneur de Bonnetot, fut Premier Président de la même Chambre des Comptes en 1692. Il avoit épousé Marie Mallet de Graville. Charles Boyvin, Seigneur de Canonville, l'aîné de cette famille est mort au service du Roi, Capitaine de Vaisseau, & fut tué dans un combat naval. Il avoit épousé Antoinette de Nicolaï, fille d’Antoine de Nicolai, Premier Président de la Chambre des Comptes de Paris. Ses freres, Guillaume & Antoine Boyvin, furent tués au siège de Namur, & à la bataille de Nerwinde, Lieutenans dans le Régiment des Gardes. Les armes : d'azur , à trois croix d'or, 2 & 1."

 

Bin qu'aucun rapport n'ait été établi entre cette famille et l'enlumineur Robert Boyvin, je ne peux éviter de noter les informations qui concernent ce dernier :

"Robert Boyvin appartient à une famille de gens du livre rouennais installés depuis au moins le début du xve siècle. Un Jean Boyvin, écrivain et vendeur de livre est en effet installé à proximité de la cathédrale Notre-Dame de Rouen, du côté du portail des libraires. C'est le cas également d'un Thomas Boyvin, mentionné dans les sources en 1479, à nouveau un Jean Boyvin en 1487-1488 puis, sans doute son fils, Robinet (petit Robert) à partir de 1487. Il occupe alors la quatrième échoppe du côté de l'archevêché. Il est indiqué sur place jusqu'en 1502. Son mariage est également documenté en 1480 avec la fille du libraire Jean Coquet.

À partir de 1503, il est indiqué comme prestataire pour Georges d'Amboise, archevêque de Rouen dans les comptes de son château de Gaillon.  Les plus anciens manuscrits attribués à Robert Boyvin permettent de dire que ce dernier a probablement été formé au sein de l'atelier du Maître de l'Échevinage de Rouen, le plus important enlumineur rouennais du milieu du xve siècle. "(Wikipedia)

Cf Elliot Adam :

 https://www.academia.edu/36296926/Retour_sur_l%C5%93uvre_de_Robert_Boyvin_enlumineur_%C3%A0_Rouen_vers_1500

.

Je ne peux accéder à la généalogie  de ces  Boyvin seigneurs de Bonneville à l'époque qui nous concerne, ce qui ne me permet pas d'élucider les alliances des écus mi-parti.

.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

 

Inscription de restauration dans un écu.

 

 

Texte : "Cette verrière a été restaurée et complétée à l'aide des deniers de M. B.L [Bernard Leduc] pour lors membre de la fabrique de S. Vincent. 1869."

.

 

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

Lancette D : armoiries des Boyvin et alliance.

.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

LE REGISTRE SUPÉRIEUR.

.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

4. Prédication de saint Pierre.

.

Depuis une chaire de l'intérieure d'un édifice d'inspiration romaine, et à galerie, saint Pierre expose ses arguments à quatre hommes en tenue de riches bourgeois de Rouen(verre rouge gravée d'une toque et d'une aumônière).

.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

Dans les galeries de l'édifice (dont on aimerait que les érudits rouennais recherchent des modèles dans les hôtels particuliers ou autres construction Renaissance), des personnages apparaissent aux rampes des balustrades à colonnes,  tandis qu'une niche contient une statuette.

Une femme, à sa fenêtre, réalise un tableau charmant, très vivant par son impromptu, mais réservé aux curieux armés de jumelles. 

.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

Dans la partie inférieure est peinte une scène qui semble un peu étrangère à la scène principale, dans laquelle une femme, assise contre la chaire, tient un enfant qui regarde vers le haut, ou qui est aveugle. Il tend le bras gauche vers un personnage accroupi, peut-être un artisan, qui sort d'un panier en osier au couvercle rabattu une planchette indistincte, peut-être un jouet.

Les bandes jaunes des manches et le galon de l'encolure sont gravés sur le verre rouge, et peints au jaune d'argent.

Comment sont faites les bandes jaunes et noires du plastron de l'enfant ?

.

.

 

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

 

.

.

.

5. Miracles opérés par saint Pierre.

.

Le peintre semble décidé à nous présenter, à travers Pierre, une part du catalogue des gestes décrits dans le De institutione oratoria (De l’institution oratoire) de Quintilien.

— Catherine VERMOREL, « De la rhétorique au geste : l’actio dans le portrait peint de la Renaissance italienne », Laboratoire italien [En ligne], 25 | 2020, mis en ligne le 14 décembre 2020, consulté le 10 février 2022. URL : http://journals.openedition.org/laboratoireitalien/5357 ; DOI : https://doi.org/10.4000/laboratoireitalien.5357

Car le geste qu'il adopte à l'égard des scrofuleux, des paralytiques tenant leur béquille, d'un aveugle à la longue canne, et d'autres encore, n'est pas exactement un geste de bénédiction.

.

Les prouesses techniques et les détails à découvrir abondent :

-verre rouge gravé de la culotte "à crevés" (dont la mode débute) et de la bourse du mendiant, ou du bol rouge à reflets du paralytique.

-verre rouge ponceau de la masse de feuillage s'éclaircissant en périphérie en  rose.

-verre bleu gravé du buisson aux dégradés de verts et de bleu.

-feuilles rondes bourgeonnants autour des plombs.

-façade gothique vieux rose, et sa fenêtre où paraît un vieillard (??)

-scène d'extérieur en jaune d'argent dans laquelle un homme barbu court en portant sur ses épaules un homme handicapé, devant un pauvre homme s'aidant de deux béquilles d'aisselles,

-architecture civile, etc.

.

 

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

6. Remise des clés à saint Pierre.

.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

7. Apparition du Christ à  saint Pierre.

.

Tête de saint Pierre restituée.

.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

Le fond bleu nous réserve encore une vue architecturée, une "fabrique", en ruine ou en construction, devant laquelle passe, une main sur la hanche et s'appuyant à un long bâton, un homme. Mon imagination, que ces détails enchantent, y voit un soudard, un soldat barbu, casqué et éreinté.

.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

Baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre, Rouen 1520-1530), de l'église Sainte-Jeanne-d'Arc. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

.

LE TYMPAN (DUHAMEL-MARETTE, 1869).

.

 

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

Saint Pierre marchant sur les flots.

.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

Ange présentant les clefs emblématiques.

.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

 

.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

Résurrection de Tabitha.

.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

Crucifiement de Saint Pierre .

.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

Rencontre du Christ et de saint Pierre.

.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

Saint Pierre délivré de prison par un ange.

.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

Ange tenant un cartouche : PASCE AVES MEOS (Jn 15:17 Pais mes brebis).

.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

Ange tenant un livre.

.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

Saint Pierre dans une gloire entouré d'anges.

.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

Tympan de la baie n°1 (verrière de la Vie de saint Pierre), Duhamel-Marette 1869. Photographie lavieb-aile 2020.

.

.

.

SOURCES ET LIENS.

.

— BLONDEAU (Caroline), "L'escu de voirre", le vitrail à Rouen 1450-1530

— CALLIAS-BEY (Martine), CHAUSSÉ (Véronique), GATOUILLAT (Françoise), HÉROLD ( Michel) 2001,  Les vitraux de Haute-Normandie, Corpus Vitrearum -p. 399-411, Monum, Éditions du patrimoine, Paris, 2001 (ISBN 2-85822-314-9) ; p. 495

DAVID (Véronique), 2004, Rouen, église Sainte-Jeanne d'Arc : les verrières, Connaissance du patrimoine de Haute-Normandie, coll. « Itinéraires du patrimoine », 16 p. (ISBN 2-910316-03-3)

— DELSALLE (L.), 1998, "A St-Vincent de Rouen, vitrail dit des Œuvres de Miséricorde", Bull. CDA, 1998, p. 119-130.

— LAFOND (Jean), 1958, "Les vitraux de l'église St-Vincent et l'aménagement du Vieux-Marché",  Bull. AMR, 1958-1970, p. 147-167.

— LAFOND (Jean), 1908, "Un vitrail de Engrand Leprince à l'église Saint-Vincent", Bull. AMR, 1908, p. 22, 23, 157-167.

 

LANGLOIS (E.H), 1832, Essai historique et descriptif sur la peinture sur verre, Rouen, page 67-68.

LAQUERRIERE (E. De) 1843, Eglise Saint-Vincent de Rouen, les vitraux,  Revue de Rouen et de Normandie vol.11 page 359.

https://books.google.fr/books?hl=fr&id=FNYwAQAAIAAJ&dq=bas-reliefs+de+la+%22rue+de+l%27Ecureuil%22+rouen&q=boyvin#v=onepage&q=pierre&f=false

— PALISSY (Base) https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM76003098

— PERROT (Françoise ) 1995, Vitraux retrouvés de Saint-Vincent de Rouen, Catalogue d'exposition Musée des Beaux-arts, Rouen, 190 p.

— PERROT (Françoise ), « Les vitraux de l'ancienne église Saint-Vincent remontés place du Vieux-Marché » , Bulletin des Amis des monuments rouennais, 1979, p. 49-98

— PROUIN (Norbert), PRÉAUX (André), JARDIN (Anne), 1983, Rouen place du Vieux-Marché, L'Église Jeanne-d'Arc et ses vitraux, Charles Corlet, 36 p.

RIVIALE (Laurence), 2007, Le vitrail en Normandie, entre Renaissance et Réforme (1517-1596), Presses universitaires de Rennes, coll. Corpus Vitrearum .

RIVIALE (Laurence), 2003, « Les verrières de l’église Saint-Vincent de Rouen remontées à Sainte-Jeanne d’Arc », Congrès archéologique de France, 161e session, 2003, Rouen et Pays de Caux, Paris, Société archéologique de France, 2006, p. 262-268.

— TANGUY (Jacques) 2003. Rouen-histoire.com

http://www.rouen-histoire.com/SteJA/fenetre_01.htm

Divers

 

http://www.rouen-histoire.com/SteJA/index.html

http://www.rouen-histoire.com/Eglises_Rouen/St-Vincent.htm

https://www.patrimoine-histoire.fr/Patrimoine/Rouen/Rouen-Sainte-Jeanne-d-Arc.htm

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_Sainte-Jeanne-d%27Arc_de_Rouen

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Vitraux Héraldique
7 février 2022 1 07 /02 /février /2022 18:22

 

 

.

.

 

.

Voir sur Guengat :

 

.

.

 PRÉSENTATION.

.

Cette plaque gravée est vissée (au moins depuis 2011) sur le mur à la gauche de l'enfeu nord et du gisant du couple de Saint-Alouarn. Elle était auparavant conservée au presbytère, selon Pérennès (1941) cité par C. Jouin. 

.

J'emprunterai à René Couffon son relevé :

 "Une plaque de cuivre, frappée des armes de Guengat, porte l'inscription :"Nous, haut et puissant Messire Charles, Joseph François Quemper, chevalier, Seigneur de Lanascol, de Guengat et autres lieux, permettons au général de la paroisse de Guengat de baisser notre tombe, existant au milieu du choeur de l'église de Guengat, à la hauteur de deux pieds et demi, et de la mettre au ras du pavé. Mais la pierre supérieure sera mise en même état au niveau des autres pierres du dit pavé, nous réservant la faculté de la rétablir à notre volonté à la hauteur où elle est aujourd'hui. A Lanascol, le 4 juillet mil sept cent quatre vingt un. Charles Quemper comte de Lanascol, Hamon recteur, Louboutin curé, Alain Le Garz fabrique."

.

Il faut compléter cette description en précisant que les armes des Guengat, d'azur à trois mains dextres appaumées d'argent en pal 2.1, sont timbrées de la couronne de marquis et ornées de lambrequins principalement végétaux.

Ni Diverrès en 1891 ni   Abgrall en 1906 n'en font  mention.

.

Elle pose à mon sens trois petites énigmes aux curieux.

1°) Pour quelles raisons ce sont les armes des premiers seigneurs prééminenciers de l'église, la famille de Guengat, qui figurent ici, et non celles des Quemper de Lanascol, d'argent au léopard de sable à  trois coquilles de même en chef ?

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Blason_Famille_Quemper_de_Lanascol.svg

.

2°) Qui est ce "Messire Charles, Joseph François Quemper, chevalier, Seigneur de Lanascol, de Guengat et autres lieux" ? 

A priori, la réponse est facile, mais à condition de bien vouloir modifier les prénoms et y substituer Charles Claude Yves Joseph Quemper, chevalier , comte de Lanascol, lieutenant des maréchaux de France, colonel de la maréchaussée, grand voyer de Bretagne, né le 11 juillet 1723 à Keraudy, Ploumiliau, Côtes d'Armor et décédé le 4 novembre 1781 au château de Lanascol, même lieu.

La plaque datée de juillet 1781 précède de peu celle du décès du comte.

Il est le fils d'Yves Joseph  Jacques Quemper, chevalier , seigneur de Lanascol, et de Marie Marquise de Cleuz.

https://gw.geneanet.org/hamety?lang=en&iz=3808&p=yves+joseph+jacques&n=quemper

https://man8rove.com/fr/profile/spf8bqvh9-charles-claude-yves-joseph-de-quemper-de-lanascol

Et c'est le père de Jacques Yves Joseph Marie, seigneur marquis de Lanascol, dont le nom apparait sur la cloche de 1773.

 

.

3°) Pour quelle raison ce seigneur accepte-t-il d'abaisser la pierre tombale familiale, dont nous apprenons l'existence par cette inscription, et qui était placée au milieu du chœur, surélevée de 75 centimètres, pour la placer au ras du sol ? Pour des raisons pratiques qui s'imposent par leurs nécessités ? Par un nouvel équilibre des prétentions des trois Etats ?

.

Les co-signataires :

— Le recteur HAMON est déjà en poste en 1773, puisque son nom apparaît sur la cloche ; son curé (vicaire) est alors un certain Kerlen.

— Le curé est Nicolas Louboutin, sur lequel les archives rapportées par Christian Jouin apporte de nombreuses informations. C. Jouin indique qu'il est né à Guengat le 1er mai 1754, qualifié de prêtre le 24 octobre 1778, et qui signe un baptême dès le 13 mars 1783. Il prêta serment, puis se rétracta en 1791 en même temps que son recteur Le Gorgeu. "Mais il se refusa à émigrer. Il resta sur le terrain, cinq années (de 1792 à 1797) durant, caché, exerçant un ministère clandestin". (C. Jouin)

— Alain Le Garz est sans doute celui que mentionnent les généalogistes : né le 2 septembre 1735 à Langolen (29), et marié le 5 février 1760 à Kerfeuteun avec Jeanne Thomas, il est décédé le 13 mars 1787 à Crinquellic, Guengat. Mais les généalogies sont confuses :

https://gw.geneanet.org/herveline29?n=le+garz&oc=&p=alain

https://gw.geneanet.org/jeannettepelliet?n=le+garz&oc=&p=alain

  •  

 

 

 

 

 

 

Plaque de 1781 apposée dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Plaque de 1781 apposée dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Plaque de 1781 apposée dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Plaque de 1781 apposée dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

 

.

SOURCES ET LIENS.

.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1911, Notice sur la paroisse de Guengat, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, BDHA, Quimper

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/344

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988,  Notice sur les paroisses,...

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/GUENGAT.pdf

 

 

— DILASSER (Maurice), 1979 : Locronan et sa région (Paris, 1979)

DIVERRÈS (Henri), 1891,  "Monographie de la commune de Guengat ", Bull. S. A. F., pages 42-61).

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f115.image

 

— JOUIN (Christian), s.d, Tout sur l'histoire de Guengat.

https://www.guengat.com/

 

 

PÉRENNÈS (Henri), 1941 : Guengat (Rennes) non consulté

— POP.CULTURE

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00089983

— WAQUET (Henry ), 1957,  Guengat (S.F.A. - Congrès archéologique de France CXVe session 1957 Cornouaille.) -

— WAQUET (Henry ), 1942, Art breton, 2è éd., 1942, pp.145-151

— Site Infobretagne : http://www.infobretagne.com/guengat.htm

http://www.guengat.fr/patrimoine/leglise

 

— WIKILAND

https://www.wikiwand.com/fr/Guengat

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Héraldique
4 février 2022 5 04 /02 /février /2022 14:02

Les sculptures extérieures des façades sud et ouest de l'église de Guengat. Les gargouilles, et crossettes (granite, XVIe siècle). Les  inscriptions (1557 et 1706). Les cloches (1773 et 1872).

 

.

 

.

Voir sur Guengat :

 

.

 

 

.

— Cet article appartient à une étude des crossettes du Finistère (ou de Bretagne) destinée à permettre des comparaisons et à dégager des constantes stylistiques et thématiques. On consultera sur ce blog :

 

 

.

 

 

 

.

L'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

L'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

L'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

L'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

LES TROIS GARGOUILLES.

.

Rappel : les gargouilles servent à l'évacuation des eaux pluviales afin qu'elles ne ruissellent pas sur les murs ou qu'elles ne favorisent l'humidité des fondations. Elles diffèrent donc par leur fonction des crossettes, pierres d'amortissement à l'union du toit et des murs.

Dans son Dictionnaire raisonné,  Eugène-Emmanuel Viollet-le-Duc a consacré à la gargouille (ou « gargolle, guivre, canon, lanceur ») une notice détaillée et illustrée.  « Beaucoup de ces gargouilles sont des chefs-d’œuvre de sculpture ; c’est tout un monde d’animaux et de personnages composés avec une grande énergie, vivants, taillés hardiment par des mains énergiques et sûres. Ces êtres s’attachent étroitement aux larmiers, se soudent à l’architecture et donnent aux silhouettes des édifices un caractère particulier, marquant leurs points saillants, accusant les têtes des contre-forts, faisant valoir les lignes verticales » (Dictionnaire raisonné de l’architecture française du XIe au XVIe siècle, Paris, A. Morel, 1868, tome VI p. 22).

 

.

1°) Un dragon ailé.

.

La gargouille est creusée ici en canalisation sur sa face supérieure, et elle reçoit les eaux pluviales par un trou du mur, communiquant avec les  toitures des deux premières chapelles, puisqu'elle est placée au dessus du contrefort séparant les deux pignons.

Le motif du dragon (ou animal fantastique ailé) des  gargouilles est certainement le plus courant.

Date-t-elle de la construction initiale (XVIe) ou de la restauration de 1706 ? 

.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Deux écuyers jumeaux enlacés.

.

C'est l'un des éléments sculptés les plus remarquables de cette façade, par son originalité.

La situation au dessus d'un contrefort séparant le pignon de la première chapelle de celui du porche et de sa chambre d'archives, est semblable à celle de la gargouille précédente, mais est plus élevée.

Une canalisation rectangulaire (recevant les eaux par un orifice du mur) est soutenue par deux personnages identiques. Ils évoquent les écuyers armés d'une épée et allongés horizontalement avec une jambe fléchie qui se retrouvent (mais sans ce doublement gémellaire) sur nos édifices en tant que crossettes, à Landerneau, Plougourvest, Notre-Dame-de-Berven, Le Tréhou, Locmélar et Saint-Servais.

Ils évoquent aussi les "acrobates" qui ont la même posture, mais tenant sa cheville empoignée, à La Martyre, en "acrobate lubrique" (Dirinon, Confort-Meilars, chapelle Saint-Nicodème de Ploéven, Doyenné du Folgoët) et en "acrobate-buveur" à Pontivy ou Roscoff.

Leur coude extérieur est fléchi, et je ne parviens pas à préciser si la main tient la poigne d'une épée ou d'une dague.

Ils n'ont d'autre coiffure que leurs cheveux mi-longs, mais sont vêtus d'un pourpoint dont l'encolure à larges rabats est bien visible.

 .

Le plus surprenant n'apparait que pour le visiteur qui se place juste en dessous et observe la face inférieure de la gargouille. On découvre que leurs bras (gauche pour celui de gauche et droit pour celui de droite) se croisent si bien que les mains se retrouvent au niveau de la ceinture ... ou un peu en dessous. Cet enlacement est-il d'ordre érotique ?

L'iconothème des jumeaux est présent sur les édifices de Bretagne, mais il n'y est pas fréquent. Pourtant, à l'intérieur même de l'église de Guengat, deux masques jumeaux sont sculptés en bois comme blochet de la chapelle Saint-Michel. Faut-il rappeler l'ancienneté du mythème des jumeaux divins  cavaliers proto-indo-européens et la présence des Dioscures Castor et Pollux? J'avais trouvé dans le duo des saints Côme et Damien, duo presque jamais séparé en iconographie bretonne, un premier début de réflexion sur ce sujet.

.

 

 

 

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

3°) Une gargouille anthropomorphe lubrique. Pignon ouest.

.

Le thème érotique est ici incontestable. Un homme nu (?) porte un doigt de la main gauche au coin de sa bouche, tandis que sa main droite est placée dans l'entrejambe ; le sexe n'est pas visible.

Les exemples identiques sont fréquents, à Brasparts notamment. Et d'une manière générale, les gargouilles sont souvent inconvenantes, ce qui assure un fond de commerce à de nombreux auteurs sûrs de trouver leur public.

.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Gargouilles de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

LES CROSSETTES : TROIS LIONS.

.

Les "lions de crossettes", comme je les nomme, sont légions en Bretagne, et particulièrement en Basse-Bretagne. Ils tiennent parfois un petit être, une "âme" entre leurs pattes ou dans leur gueules. 

Ici, l'un tient un écu qui portait peut-être jadis les armes de Guengat.

.

1. Lion de l'angle sud-est.

.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

2. Lion de la façade sud.

.

En dessous de l'extrémité des gables des pignons du porche et de la première chapelle, au dessus des écuyers jumeaux. 

Le lion semble tenir quelque chose entre les pattes.

.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

3. Lion tenant un écu.

.

On peut penser que cet écu (comme celui placé au faîte du pignon de la chapelle Saint-Michel) portait les armes des seigneurs de Guengat, comme s'en réclame Jacques de Kergorlay dans son aveu de 1681.

.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Lions de crossettes de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

L'inscription de l'ossuaire.

.

 

1557 RESPICE FINEM.

.

https://www.guengat.com/8/eglise02.html

 

Ossuaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Ossuaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Ossuaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Ossuaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

L'inscription du  pignon de la troisième lucarne, correspondant à la chapelle du Rosaire (1706) .

.

1. Sur la première pierre , sur trois lignes  en réserve dans un cartouche à cupule latérale :

V : ET : D : MI :

I : LHOSTIS :

RECTEVR

soit : "« Vénérable et Discret Messire Jean LHOSTIS, recteur"

.

2. Sur la pierre rectangulaire placée dans le prolongement, et également sur trois lignes  en réserve dans un cartouche à cupule latérale :

V : MI : M : QVEMENER : C

UR  : MI : F : IVZEAV : P :

G : LIZEN : F : LAN : 1706

Soit : 

Ce qui signifierait : « Vénérable Messire M. QUÉMÉNER, curé ; Messire F. JUZEAU, prêtre - G. LIZEN, fabrique - l'an 1706  » .

 

.

J'ai modifié le relevé (la "leçon") donnée par les auteurs précédents.

Comme l'indique C. Jouin, cette année là, au cours d'un orage, le clocher s'effondra, endommageant fort le bas-côté sud. Une inscription, sur le pignon de la chapelle du Rosaire, rappelle les travaux de restauration qui durent y être effectués .

a) Le recteur Jean L'Hostis n'a pu être clairement identifié ; On mentionne un Jan L'Hostis, prêtre, décédé à 45 ans à Plounéaour-Trez en 1710.

 

https://forum.cgf.bzh/forum/phpBB3/viewtopic.php?t=30356

b) Ma lecture de l'initiale du prénom du curé, M, est fiable. La famille QUEMENER est bien attestée à Guengat,ais je ne trouve aucun Michel (par exemple) QUEMENER à Guengat à cette époque sur Geneanet.

c) La famille LUZEAU est bien attestée à Guengat, et les généalogistes signalent  François LUZEAU né en 1675 à Guengat :

https://gw.geneanet.org/fazery?n=juzeau&oc=&p=francois

d) Le membre de la fabrique Guillaume LIZEN est parfaitement cerné par le forum CGF : il réside   sans doute à Keranmarrec, Guengat, il est né de Yvon et de Adelice KERLEGAN,  a été baptisé le 18 juillet 1660 à Plogonnec (paroisse voisine de Guengat), est mentionné comme parrain en 1697 et  comme témoin de décès en 1705 ou de mariage en 1710, ou du décès de son beau-père en 1719. Il a épousé Marin (Marie) ROLLAND de Guengat le 9 février 1706 au Juch, et est décédé à Guengat, village de Keramarec.*

https://gw.geneanet.org/loicleroy?n=lizen&oc=&p=guillaume

Il est mentionné sous le nom de Guillaume Le LIGEN, décédé en 1719, marié avec Marie ROLLAND (1664-1708), dont un fils Jean marié en 1711 avec Catherine LE MOENNER

https://gw.geneanet.org/momos?n=rolland&oc=&p=marie

Voir toutes les mentions :  ici https://forum.cgf.bzh/forum/phpBB3/viewtopic.php?t=30356

Les cartes mentionnent Kergaradec et Keramarch, Kermarc.

https://remonterletemps.ign.fr/comparer/basic?x=-4.189278&y=48.041867&z=14&layer1=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.CASSINI&layer2=GEOGRAPHICALGRIDSYSTEMS.PLANIGNV2&mode=doubleMap

.



 

 
Inscription de 1706 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Inscription de 1706 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Inscription de 1706 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Inscription de 1706 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Inscription de 1706 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Inscription de 1706 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

LES CLOCHES (1773 et 1872).

.

Leur inscriptions ont été fidèlement relevées par Diverrès en 1871 et Pérennès en 1941 puis plus complètement par  C. Jouin. Je complète ces informations par des photographies de la partie visible depuis l'ouest. Cela permet d'en préciser le décor et notamment les médaillons.

.

Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

 

1. La petite cloche de 1773.

.

La date la fait appartenir à la liste assez restreinte des cloches du Finistère qui ont échappé aux ordres de faire fondre les cloches lors de la Révolution. Elle est donc fort précieuse.

.

Elle porte, selon les auteurs,  l'inscription sur les deux lignes supérieures :

« F. PAR JACQUES Y. L. M. QUIMPER. 1773. C. DE LANASCOUET. LOUIS CADIC. ALÉNO DE SAINT-ALOUARN. M. HAMON. RECTEUR. P. KERLEN. CURE »

 (B.S.A.F. : 1890 - p. 284 ; DIVERRÈS (H.) : Monographie de la commune de Guengat - B.S.A.F. 1891 )

Je lis pour ma part (il faut débuter les lignes par la petite main à l'index tendu) :

LAN 1773 J'AI ETE NOMMEE PAR IACQUES --------

HAMON RRE ------------------------- ALENO DE ST ALOUARN

 

Et sur la ligne inférieure :

 J.FS GUILLAUME F.

 

 


Soit : L'an 1773, j'ai été nommée par Jacques L. Y. M. QUIMPER DE LANASCOL, Marie-Sophie ALÉNO DE SAINT-ALOUARN, HAMON : Recteur, KLEN : Curé, Louis CADIC, Jean QUÉAU : Fabriques, J. Fs Guillaume F.(fondeur)" ( in PÉRENNES (H., Chanoine) : Guengat - Rennes, 1941)

.

Il est mentionné dans les registres : « 29/VIII/1773 a été bénite la deuxième cloche nommée Marie-Renée-Sophie-Jacquette, par Monsieur Jacques QUIMPER DE LANASCOL, représenté par Monsieur DE KERGADIO, et par Sophie ALÉNO DE SAINT-ALOUARN, qui ont signé. Ont signé en outre : Alain DE ROSMADEC, BARBIER DE LESCOET (*), de Reymond NOEL DE CARNE, J. LE GALL, recteur de Plonéis » " (C. Jouin)

 (*)BARBIER : Seigneur de Lanarnuz (en Tréflez), Marquis de Kerjan en 1618 (en Saint-Vougay), Seigneur de Lanorgant (en Plouvorn), de Nernaou et de Quilimadec (en Ploudaniel), de Landouzan (au Drénec), Vicomte de Trouzilit (en Plouguin), Châtelain de Lescoët en 1656 (en Lesneven), Seigneur de Mezarnou (en Plounéventer), de Kerc'hoënt (en Minihy), de Rodalvez (en Languengar), de Kernatoux (en Ploudalmézeau), du Lescoat (en Lanarvily), de Kergoff et de Tromelin (en Kernouëz), de Kerhuon, de Kerannou, de Lesquiffiou (en Pleyber-Christ), de Kerally, de la Fontaine-Blanche, de Coëtmenec'h (en Plouider). In POTIER DE COURCY (DE) (Pol) : Nobiliaire et armorial de Bretagne - t. I. - p. 39 )

.

Le fondeur "J. FS GUILLAUME".

Il s'agit sans doute  de :

Jean-François GUILLAUME,  Fondeur à Morlaix. Il fit, entre autres, en 1769, une cloche à Kersaint-Plabennec, en 1772, une cloche pour les Etats de Bretagne réunis à Morlaix, et une cloche pour Saint-Thégonnec ; en 1775, une cloche pour Locmaria-Plouzané, une pour Le Ponthou .. et une pour Plogastel-Saint-Germain (J.F. MA FAIT) ; en 1776; une pour Treflez ; en 1777, une pour Guilers Brest et une pour Milizac ; en 1778, une pour Plouézoch et une pour Kergloff ; en 1779, une cloche pour Saint-Mathieu ; en 1783, une pour Saint-Houardon de Landerneau ; en 1784, une :pour Le Ponthou ; en 1785, une pour Saint-Servais ; en 1791, une pour Saint-Jean-du-Doigt.

Voir :

Les fondeurs de cloche actifs dans le Finistère sous l'Ancien-Régime.

 

 

.

Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Le médaillon armorié.

.

Malgré le téléobjectif, il est difficile d'en avoir une image parfaite, mais néanmoins, nous avons la certitude que ce médaillon est surmonté d'une couronne de marquis (fleurons et perles), et que les meubles sont assez effacés pour qu'on ne distingue que deux ou trois traits horizontaux non alignés.

Ces armes ne peuvent se rapporter qu'aux familles citées sur la cloche:

— QUEMPER DE LANASCOL : D'argent, au léopard de sable, acc. de trois coquilles du même, rangées en chef

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fichier:Blason_Famille_Quemper_de_Lanascol.svg

Jacques Yves Joseph Marie Quemper , chevalier marquis de Lanascol, est né en 1759 à Keraudy, Côtes d''Armor, et décédé en 1813 à Guingamp. Il émigra en 1791, combattit la France en 1792 dans les armées des princes et revint en France en 1801. Il épousa en 183 Marie Françoise  Julie de la Boessière, d'où huit enfants.

En 1773, date de la cloche, il avait donc 14 ans.

https://gw.geneanet.org/hamety?lang=en&pz=jeanne&nz=biard&p=jacques+yves+joseph+marie&n=quemper

— ALÉNO DE SAINT-ALOUARN :  D'argent à trois hures de sanglier de sable, arrachées de gueules 

https://man8rove.com/fr/blason/17xx7h2-alleno

Marie-Renée Sophie Aléno de Saint-Alouarn, fille de Louis, et de Marie Drouallen, est née à Quimper en 1763 et décédée en 1849. Elle épousa en 1791 François Pierre Marie Le Veyer. 

https://gw.geneanet.org/ckerjosse?lang=en&pz=claude&nz=kerjosse&p=francois+pierre+marie&n=le+veyer

https://gw.geneanet.org/henribernard?lang=en&pz=alexis+stephane&nz=bernard&p=marie+renee+sophie&n=alleno+de+saint+alouarn

.

Et moins probablement aux familles suivantes, citées dans les archives :

—DE KERGADIO (représentant de Jacques de Lanascol) : D'argent au lion morné de sable, accompagné de trois molettes de même.

—DE ROSMADEC, palé d'argent et d'azur

https://man8rove.com/fr/blason/cwcqm22-rosmadec

—BARBIER DE LESCOET : d'argent à deux fasces de sable.

DE CARNE, d'or à deux fasces de gueules.

https://man8rove.com/fr/blason/rgqxb13-carne

 

.La seule figure compatible serait celle des armoiries de la marraine, Sophie Aléno de Saint-Alouarn (Quimper 1763-Saint-Pol-de-Léon 1849, les trois traits horizontaux étant alors les bases des hures de sanglier.

Néanmoins la couronne de marquis  impose le choix du parrain,  Jacques-Yves-Joseph-Marie DE QUEMPER, IIème du nom, marquis, de Lanascol et du Guérand, seigneur de Kerhallin, de la châtellenie de Lanascol, de la Lande, de Ploumilliau, de Guengat et Lezarcoet, du Gage, du Cleux, de Chemillé, de Kermartin et de beaucoup d'autres lieux dont l'énumération serait trop longue, fils du précédent, naquit le 25 septembre 1759, et épousa, le 28 avril 1783, Marie-Marguerite-Françoise-Julie de la Boessière, fille de Bertrand-Pierre-Marie, IIIème du nom, marquis de la Boessière, seigneur de Lennuic, etc. et de Marie-Jeanne de Tavignon, dont les armes sont : de sable, au sautoir d'or.

.

Un indice que j'ai omis de remarquer jusqu'alors est que ce blason est un losange, c'est un blason féminin.

Ce ne peut être celui de l'épouse de Jacques Quemper de Lanascol, car celui-ci se maria en 1783. Ni celui de sa mère, décédée en 1749.

.

.

Enfin, il est intéressant de rapprocher ce motif héraldique de celui que porte une plaque en cuivre datée du 4 juillet 1781 et portant le nom de  "Charles Joseph François Quemper, chevalier seigneur comte de Lanascol de Guengat et autres lieux", personnage que les généalogistes ignorent, du moins dans cette séquence de prénom. Les armes sont celles de Guengat et la couronne est celle de marquis.

Les trois marques verticales des armes de la cloche pourraient être compatibles avec la base des paumes.

.

Photo lavieb-aile 2022.

.

 

 

.

La mise en ligne des descriptions des cloches du Finistère est très incomplète, et éparpillée sur de très nombreux sites. Dans le meilleur des cas, on trouve le relevé (plus ou moins fidèle) des inscriptions, mais bien plus rarement la description, pourtant très précieuse, des médaillons et des décors. 

La documentation photographique est encore plus souvent absente.

Je ne peux me baser que sur mon expérience pour indiquer que ce médaillon armorié est un cas unique, sauf à y ajouter les armoiries abbatiales de Landévennec sur la cloche de l'église de cette paroisse.

.

Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

 

2. La grande cloche de 1872.

.

Selon Christian Jouin : 

"Réparée en 1866, car elle était fêlée, il fallut cependant la refondre en 1872, pour 480,62 francs ( Délibérations du conseil de fabrique - A.D.F. - V. Dépôt Guengat 1. ). Il fut même question de la remplacer (« Achat d'une cloche pour la tour en place de celle qui est fêlée » : (Budget et comptes de fabrique (1860-1879) - A.D.F. - V Dépôt Guengat 3 )). Cette cloche porte les inscriptions suivantes (H. Pérennes PÉRENNES 1941) :

Parrain : Jean-Louis NIHOUARN

Marraine : Marie-Catherine PHILIPPE

Recteur : Jean ROHOU

Maire : Jacques PLOUZENNEC

1872

Jean : Fondeur à Quimper."

.

.

a) Le début des trois lignes supérieures est indiqué par une main tenant une couronne, et tournée vers la droite.

Première ligne :PARRAIN JEAN-[LOUIS NIHOUARN ]----------[PLOUZENNEC] JACQUES MAIRE 1872

Les autres lignes ne sont pas visibles du coté ouest.

b) La ligne inférieur montre bien JEAN  FONDEUR / A QUIMPER, de part et d'autre d'un crucifix.

.

Jean, fondeur à Quimper, est le nom du fondeur de cloches, comme l'atteste un moulage en plâtre d'une marque d'une cloche de Morlaix fondue en 1862.

L'église de Trégarvan, toute proche, possède deux cloches de Jean Fondeur, l'une de 1859 et l'autre nommée Marie Joseph Anna, de 1880.

Voir la cloche de la chapelle Saint-Jean de Saint-Nic, datant de 1875 :

 

 

.

 

Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches  de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Cloches de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

SOURCES ET LIENS.

 

— ABGRALL (Jean-Marie), 1911, Notice sur la paroisse de Guengat, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, BDHA, Quimper

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/344

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988,  Notice sur les paroisses,...

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/GUENGAT.pdf

"En 1706, la chute du clocher causa de graves dégâts, notamment aux pignons des chapelles sud dont les fenestrages furent brisés - d'où leurs réseaux simplifiés. L'inscription de l'aile sud se rapporte aux travaux de restauration : "V. ET. D. MI. LHOSTIS. RECTEVR. / V. M. QVEMENER. C. Y. M. F. IVZEAV / P. G. LIZEN. F. L. AN. 1706.". Le clocher ne fut reconstruit qu'en 1892 par le spécialiste Le Naour sur les plans du chanoine Abgrall ; galerie à balustrade classique, chambre de cloches et flèche octogonale à crochets. Le porche est voûté sur ogives avec liernes. Les arcs s'appuient sur des colonnettes couronnées de petits chapiteaux, mais dont le profil est prismatique. Il est surmonté d'une chambre d'archives A l'ouest du porche et accolé également à la façade ouest, est un ossuaire surmonté d'une chambre à laquelle on accède par un escalier extérieur. Il porte la date de 1557 et l'inscription : "RESPICE FINEM". Deux baies jumelées avec accolades simplement moulurées s'ouvrent sur sa face sud ; il porte à la base une plinthe à talon bien moulurée. Vue de l'ouest, l'église paraît être à trois nefs; le comble ne pouvait couvrir sous deux rampants continus le vaisseau élargi. Des arcs en accolade couronnent les cintres brisés des fenêtres du chevet et de la chapelle sud.

Cloche datée "LAN 1773... J Fs. GVILLAVME. F.". - L'acte de baptême :" le 29 août a été bénite la 2ème cloche nommée Marie Renée Sophie Jacquette, parrain Jacques Quimper de Lanascol, représenté par M. de Kergadio et par Sophie Aleno de Saint-Alouarn qui ont signé. Ont signé en outre : Alain de Rosmadec, Barbier de Lescoët, de Raymond, Noël de Carné, J. Le Gall, recteur de Ploneis." La grosse cloche de 1872 de Jean, fondeur à Quimper, a remplacé une précédente de 1790."

"

— DILASSER (Maurice), 1979 : Locronan et sa région (Paris, 1979)

DIVERRÈS (Henri), 1891,  "Monographie de la commune de Guengat ", Bull. S. A. F., pages 42-61).

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f115.image

Infobretagne

http://www.infobretagne.com/guengat.htm

— JOUIN (Christian), s.d, Tout sur l'histoire de Guengat.

https://www.guengat.com/

— KERGORLAY (Jacques de), 1681, Extrait de l'aveu de Jacques DE KERGORLAY :1681 : [AN P/1689] - Quimper (Finistère, France) - Terriers | 1678 - 1682 - Geneanet

« A cause de laquelle terre et Seigneurie de guengat cy devant déclarées ledit Seigneur déclarant est patron fondateur et le premier préminancier de l'églize parroissialle de guengat, laquelle parroisse a tousiours porte le nom de la Maison de guengat comme estants Véritablement les seigneurs patrons et fondateurs d'Icelle, ainsy qu'il Se Justiffie par la déclaration cy devant où l'on a employé plusieurs tenues Situées audit bourg appartenantes audit Seigneur déclarant, en laquelle Église parroissialle de guengat tant en la maistresse Vitre aux plus haults Soufflets tant en la Maistresse Vitre, qu'aux autres Vitres de ladite Église et chapelles d'Icelle, mesme en bosse et relief autour des murailles tant par dehors que au dedans en plusieurs endroicts et en la tour et clocher d'Icelle Sont les arbres timbrés et alliances de ladite Maison de guengat et dans le coeur &  chanceau de ladite Église, au milieu proche le balustre du grand autel est Un tumbeau de pierre de taille Enlevé de terre d'Environ deux pieds et demy armoyé par dessus et à l'entour des Armes et timbres de ladite Maison de guengat, Lequel tumbeau est l'ancienne Sépulture et Enfeu prohibitif des Seigneurs de guengat proche duquel tumbeau du costé de l'Évangille est Un banc à queue et Accoudouers Aussy Armoyé des Armes de ladite Maison appartenant audit Seigneur déclarant lequel et Ses prédécesseurs Seigneurs de guengat Sont En droict et possession Immémorialle de faire mettre Une ceinture et Lizière avec leurs Armes tant par dedans que par dehors à l’entour d'Icelle Églize parrochialle de guengat à chaque décéds des Seigneurs de guengat"

 

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.

http://www.pur-editions.fr/couvertures/1409573610_doc.pdf

— LE SEAC'H (Emmanuelle), 1997, Les crossettes et les gargouilles dans quatre cantons du Finistère : Landerneau, Landivisiau, Ploudiry, Sizun. Mémoire de maîtrise d’histoire,  2 vol. 359 p. + 135 p. : ill. ; 30 cm. 

PÉRENNÈS (Henri), 1941 : Guengat (Rennes) non consulté

— WAQUET (Henry ), 1957,  Guengat (S.F.A. - Congrès archéologique de France CXVe session 1957 Cornouaille.) -

— WAQUET (Henry ), 1942, Art breton, 2è éd., 1942, pp.145-151

— Site Infobretagne : http://www.infobretagne.com/guengat.htm

http://www.guengat.fr/patrimoine/leglise

— WIKILAND

https://www.wikiwand.com/fr/Guengat

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Gargouilles et crossettes Inscriptions Héraldique
2 février 2022 3 02 /02 /février /2022 15:51

Les ailes des moulins de "Pontaven[t]" et le nom de Pont-Aven selon Proust : un malentendu au départ ?

Voir :

 

.

 

 

Chacun connait  sans doute la rêverie onomastique de Proust concernant Pont-Aven,  et la citation figure en grandes lettres au Musée de cette ville :

"Pont-Aven, envolée blanche et rose de l’aile d’une coiffe légère qui se reflète en tremblant dans une eau verdie de canal." (Recherche du temps perdu ed. Pleiade  I, Nom de Pays : le Nom, Du côté de chez Swann, 1913,   page 382).

.

Pourtant, si nous nous référons aux avant-textes, nous lisons (< > désigne un ajout) : (c'est moi qui surligne en gras) :

1.« Comment ce rêve, cette douce image < en camaïeu > blanche de Lamballe, cette image fraîchement verdie de Pontaven, obscurément murmurante de Quimperlé elles existent. [...] Pont Aven, aile blanche et rose et d’une coiffe bre (trégorroise ?) qui tremble au vent et se reflète dans l’eau secrète et verdie de ta rivière, entre les ailes des moulins, Ponta Ven Benodet, noms à peine amarrés < aux >, noms qui flottent entre les algues, Quimperlé qui ruisselle s’emperle [...]  » (Cahier 29, f° 25r°   ) ;

Ou pour le même cahier, la transcription de C. Quémar  où les mots et les phrases barrés par Proust sont en italique. Les ratures successives sont séparées par des barres obliques. 2) Les additions sont placées entre soufflets : < >. 3) Les crochets droits [ ] encadrent un fragment de mot restitué par l'éditeur, ou bien un mot ajouté par lui pour une meilleure compréhension. 4) Le passage d'un folio à l'autre est indiqué dans le texte par une double barre verticale. L'indication du folio figure à hauteur dans la marge. 5) La ponctuation est toujours respectée. :

" Comment ce rêve, cette douce image blanche en camaïeu blanc de Lamballe, cette image fraîchement verdie de Pontaven, obscurément murmurante de Quimperlé elles existent. [...] Pont Aven, aile blanche et rose et d’une coiffe bre (trégoroise ?) qui tremble au vent et se reflète dans l’eau secrète et verdie de ta rivière, entre les ailes des moulins, Ponta Ven Benodet, noms à peine amarrés , noms qui flottent entre les algues, Quimperlé qui ruisselle s’emperle [...]  Pont Aven Quimperlé il va y avoir un moment réel de ma vie, demain presque à l'heure du dîner où f° 26r° j'entrerai, Quimperlé, dans le || gazouillis emperlé de vos charmes du moyen-âge, de vos délices romans, restés si divinement frais, où, Pontaven, sauté en bas du wagon, je respirerai enfin l'air qui circule entre vos syllabes et les fait tourner doucement, toutes verdies — Pont-Aven... — comme les ailes de vos moulins. […] Et de là nous irions aux pays poétiques (PEUT-ÊTRE METTRE ICI PONTAVEN ETC. APRÈS AVOIR MIS VITRE) nous irions aux pays poétiques, passant en souriant en jetant sur le chemin un sourire à ces lieux naïfs qui y sont éparpillés [tels] que de blanches oies, comme des béjaunes, de vulgaires auberges, Pontorson, Questambert! < METTRE ICI SEULEMENT LES NOMS BRETONS > "

 

.

2. « [...] j’arrivais enfin < un soir à aux Pontaven, à Benodet à Quimperlé ! > : Pont Aven, aile légère d’une coiffe légère blanche et rose qui se reflète en tremblant dans l’eau < secrète et > verdie de la rivière, aux sept moulins < de Benodet >, où < Quimperlé, Benodet [en marge] > Pontaven, Benodet, noms à peine amarrés que semble vouloir entraîner la rivière au milieu de ses algues, Quimperlé mieux assis fixé [...] » (Cahier 32, f° 9r°  ) 

.

3.«[...] Même à Pontaven comment retrouver l'atmosphère verdie par la sonorité unie de la dernière syllabe [...]» (Cahier 32, f° 15r°  ).

.

4.« [...] < Benodet, nom à peine amarré que semble vouloir entraîner la rivière au milieu de ses algues, Pontaven aile envolée blanche et rose de l’aile d’une coiffe légère qui se reflète en tremblant dans l’eau verdie en tremblant dans une eau verdie d’un canal, [en marge] > [...] » (Cahier 20, N. a. fr. 16660, f° 8r°   ).

.

Le cahier 29 et le cahier 32,  sont datés par C. Quémar de 1910 : "ces brouillons datent d'une époque où le roman proustien avait déjà bien progressé dans son voyage au long cours (qui a dû commencer pendant le premier semestre de 1909). Il est probable qu'ils ont été rédigés tous les deux en 1910."

.

 

Remarques.

.

1°) Dans le cahier 29, Proust fait une erreur notable en évoquant dans son premier avant-texte "les ailes des moulins", puisque les 14 moulins proverbiaux de Pont-Aven  sont des moulins à eau, et non à vent. Les meules sont entrainées par des roues verticales, et non par des ailes. Les moulins sont situés sur le cours de l'Aven ou de ses affluents.

Il est probable à mes yeux que Proust ne connaissait cette ville que par ces lectures, qu'il ne l'a jamais visité (*), qu'il situait même d'abord Bénodet et Pont-Aven sur la même rivière et que sa connaissance de ces villes ne se basait que sur la lecture des guides Joanne. Lisant dans l'édition de 1905 "nombreux moulins", il aurait imaginé des moulins à vent.

(*) C. Quémard est convaincue du contraire, tandis que S. Kawamoto est sceptique. Certes Marcel séjourna à Beg-Meil, au Finistère sud, en septembre - octobre 1895, mais il ne reverra plus la Bretagne malgré les aspirations dont témoignent ses lettres, sauf lors d’une visite à Saint-Malo, Dinard et Dinan après une croisière autour du Cotentin en août 1904. 

 

Dès les brouillons suivants, il corrige cette erreur, mais conserve l'image des moulins, désormais au nombre de sept. Pourtant, ces moulins ne participent plus (sauf dans la  trace mnésique du premier brouillon) à l'évocation du vent, qui est, nous allons le voir, centrale avec la reprise de "l'aile légère d'une coiffe légère", laquelle, en dépit de l'absence de toute logique, "se reflète en tremblant dans l'eau secrète et verdie de la rivière". Seules, dans la réalité, pourraient se refléter dans l'eau de la rivière les roues des moulins, à moins d'imaginer une bretonne en coiffe penchée au dessus du pont. 

Claudine Quémar, pour expliquer cette bévue, imagine que cette mention dans les guides des moulins de Pont-Aven, associée à l'image sonore du vent,  a attiré ici un paysage de Hollande, ses moulins à vent, et ses canaux.

Ce qui expliquerait la présence d'un canal dans le troisième brouillon.  Par celui-ci (qui dissimule la Hollande), la trace des moulins à vent persiste en filigrane. (S. Kawamoto ouvre la possibilité que ce "canal" puisse désigner en réalité le "bief" d'un moulin, même si celui-ci a totalement disparu de la citation.)

 

.

2°) La deuxième "erreur" est encore plus surprenante et témoigne elle aussi des connaissances purement livresques de Proust. Car, si on croit Claudine Quémar, la métaphore centrale du nom de Pont-Aven est le vent. Ses arguments sont extrêmement convaincants, presque imparables,  mais ils supposent que Marcel Proust prononçait, dans sa lecture du nom, celui-ci comme Pontavant et non comme Pontavène ( en phonétique :  pɔ̃.ta.vɑ̃ et non la forme correcte pɔ̃.ta.vɛn).

.

Ce qui montre une méconnaissance totale du lieu, de son environnement, de sa vocation, et une incompréhension ou un refus de l'étymologie (très simple) du toponyme, "Pont-Aven", le pont sur la rivière Aven. Ce n'est pas un hasard si il écrit le plus souvent Pontaven, un peu comme Pouliquen et Ségalen, Rosporden et Elven [in], sans se douter des particularités des prononciations bretonnes où Kernascleden et Pont-Aven  requièrent le [ènn] et Tréffendel le [an]. 

.

C. Quémar souligne que Proust orthographie « Benodet » au lieu de Bénodet, et elle y voit à l’origine une assonance en [ɛn] avec « Pont-Aven».  Kawamoto 2015  renvoie à son étude exhaustive sur les correspondances phonétiques et graphiques entre les « Noms », où il note un « Questambert » au lieu de Questembert.

.

Voici ce que nous apprend Erwan Vallerie :

"En français, -en se prononce [an]. Que ceux qui en douterait prennent la peine de voir ce qu'il en est dans la phrase suivante : j'ai entendu cent fois la sentence de ces gens qui vilipendent le renvoi d'ascenseur mais n'en pensent pas moins". Fort bien, dira-t-on, mais examen, lichen. ? Eh oui, il existe quelques mots français où -en se prononce [in] ; examen, pentagone, benjoin ... et quelques autres où il se prononce [ènn] : lichen, abdomen, pollen ... mais ces mots ont tous un point commun : ils n'appartiennent pas au vieux fonds roman de la langue : ce sont des mots savants empruntés à diverses époques au latin ou au grec, parfois à d'autres langues."

.

La direction de Pontavent ? Dessin de Nono

.

.

Revenons à la réflexion de C. Quémar :

 

.

"On aura remarqué le jeu graphique auquel Proust se livre sur ce Nom dans cet avant-texte I. Il l'écrit en effet de quatre manières différentes : outre la graphie correcte « Pont-Aven » et celle très proche de « Pont Aven », on trouve « Pontaven » (qui pourrait s'expliquer par une simple négligence, à la rigueur), mais aussi « Ponta Ven » (car il n'y a là aucun doute possible quant au déchiffrement : la syllabe « Ven » est nettement séparée et commence bien par une majuscule). De ces quatre manières d'écrire le Nom, la plus intéressante est évidemment cette dernière : « Ponta Ven », parce que la plus fantaisiste; donc la plus ludique; et par là même la plus significative : celle qui montre à l'évidence l'importance pour Proust des éléments proprement phoniques du Nom. Cette graphie isole dans « PontAven » la syllabe « ven », au mépris et de l'étymologie, et de la réalité géographique qui la fonde; c'est-à-dire en détruisant, en faisant éclater le Nom de la rivière sur laquelle est située la ville, l'Aven. Ainsi détachée, affectée d'une majuscule, bref devenue autonome, la syllabe « Ven » prend une valeur sonore nouvelle [va] (et non plus [van]), grâce à laquelle elle évoque irrésistiblement l'idée du « vent ». Rapprochement qui par ailleurs est favorisé sur le plan visuel par la présence des mêmes lettres dans l'unité « Ven » et le vocable « vent ». Or dans l'image de Pont-Aven, telle qu'elle se dessine et s'organise au fil de l'avant-texte I, nous avions constaté la prédominance précisément du sème « vent ». Si ce sème se développe par la suite à travers des expressions diverses (« l'air qui circule » et « fait tourner » les syllabes comme des ailes de moulin), notons qu'il est introduit d'abord, et très vite, par le signifiant « vent » lui-même : « qui tremble au vent ». Il nous semble donc assez manifeste que le traitement ludique auquel l'écrivain a soumis le Nom de « Pont-Aven », dans l'écriture ou/et dans l'imaginaire, a fait de la ville, à la lettre, un « pont » sur une rivière, que balaye le « vent » : un pont où souffle un vent perpétuel, « Ponta Ven », « Pont a Ven », « Pont à Vent »."

 

.

Le rapprochement de "pontaven" avec  "vent" est-il d'abord sonore, ce qui suppose une méconnaissance de la prononciation usuelle, ou visuelle en glissant de la graphie pontaven à pontavent, le pont aux vents faisant tourner les ailes des moulins ?

 .

.

Il est quand même amusant, et même ironique, que le logo littéraire formé par Proust —et que la ville revendique comme une bannière— trouve sa source cachée sur une image fantasmée de l'envol d'une   coiffe sur fond d'un plat pays où le vent fait tourner les ailes de moulins ... à vent. Et sur une prononciation erronée du toponyme. Et sur un rejet , par fragmentation/destructuration de ce dernier (Pont-Aven devenant Ponta -Ven prononcé Ponta-Vent), de la rivière Aven, laquelle ne subsiste que dans l'image d'un canal aux eaux verdies, suprême  flétrissure faite à  l'image touristique d'une rivière capricieuse traversant la ville en rebondissant entre de gros blocs arrondis de granite, traversée par des passerelles secrètes, alimentant des lavoirs,  des biefs complexes et les roues de moulins aux pierres dorées.

.

Paul Gauguin, Moulin à Pont-Aven (1894), Paris, musée d'Orsay.

.

Je souhaite seulement souligner ce paradoxe, pour le plaisir du sourire intérieur qu'il suscite.

Aller plus avant, c'est explorer le champ immense et passionnant de la critique littéraire concernant ces rêveries onomastiques. Je vous ai conduit au seuil.

.

COMPLÉMENTS.

.

1°) Consulter les manuscrits (cliquez).

.

Cahier 29 f°15r

.

Cahier 29 f°26r

.

Cahier 32 f°9r

.

Cahier 32 f°15r

.

.

 

 

3°) Si Le chemin de fer arrive dans le sud de la Bretagne et le Finistère le 8 septembre 1863, lors de l'ouverture de la section de Lorient à Quimper, via la gare de Quimperlé, la ligne Quimperlé-Concarneau ne fut mise en service par tronçons que de 1903 à 1909. Les 21 km de Quimperlé à Pont-Aven furent mises en service en  mars 1903. Pont-Aven n'était pas desservie par le train lors du séjour de Proust à Beg-Meil.

En 2021, Kasuyoshi Yoshikawa a montré comment les références de Proust à la Peinture (Giotto, Watteau, Botticelli, Mantegna, Vermeer, etc. etc.) trouvaient leur support dans les reproductions de monographies des " Grands artistes" publiés chez Laurens. Mais il ajoute :

"Qu'il s'agisse de tableaux ou d'autres objets de rêverie, l'événement déterminant n'est pas la première rencontre [avec le tableau, l'objet], mais son ressouvenir après des années d'oubli. Les plus belles rêveries ne sont pas le fruit de l'expérience du pays réel, mais le produit de l'indicateur de chemin de fer. C'est à l'évocation du train d'"une heure vingt-deux que le jeune protagoniste se berce des plus beaux rêves poétiques sur plusieurs villes de Normandie et de Bretagne" (RTP,I,381-382)

.

Pourtant ce train qui combine les itinéraires du Chemin de fer de l'Ouest et ceux de la Compagnie du chemin de fer de Paris à Orléans (P.O) est entièrement fictif. Voici la citation :

 

 

« J’aurais  voulu prendre dès le lendemain le beau train généreux d’une heure vingt-deux dont je ne pouvais jamais sans que mon cœur palpitât lire, dans les réclames des Compagnies de chemin de fer, dans les annonces de voyages circulaires, l’heure de départ : elle me semblait inciser à un point précis de l’après-midi une savoureuse entaille, une marque mystérieuse à partir de laquelle les heures déviées conduisaient bien encore au soir, au matin du lendemain, mais qu’on verrait, au lieu de Paris, dans l’une de ces villes par où le train passe et entre lesquelles il nous permettait de choisir ; car il s’arrêtait à Bayeux, à Coutances, à Vitré, à Questembert, à Pontorson, à Balbec, à Lannion, à Lamballe, à Bénodet, à Pont-Aven, à Quimperlé, et s’avançait magnifiquement surchargé de noms qu’il m’offrait et entre lesquels je ne savais lequel j’aurais préféré, par impossibilité d’en sacrifier aucun. Mais sans même l’attendre, j’aurais pu en m’habillant à la hâte partir le soir même, si mes parents me l’avaient permis, et arriver à Balbec quand le petit jour se lèverait sur la furieuse, contre les écumes envolées de laquelle j’irais réfugier dans l’église de style persan.[« Du coté de chez Swann, III ». Page.378, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris 2009. ] »

"Donc nous partirions simplement de Paris par ce train de une heure vingt-deux que je m'étais plu trop longtemps à chercher dans l'indicateur des chemins de fer où il me donnait chaque fois l'émotion, presque la bienheureuse illusion du départ, pour ne pas me figurer que je le connaissais."

Le narrateur le reconnaît : 

"bien que [son] exaltation  eût pour motif un désir de jouissances artistiques, les guides l'entretenaient encore plus que les livres d'esthétiques, et, plus que les guides, l'indicateur de chemin de fer." (RTP,I)

.

Et je me plais à penser que le narrateur Marcel, grand amateur de jeunes laitières, puisait l'inspiration de ses rêveries dans les indicateurs, mais aussi dans les affiches des compagnies ferroviaires :

.

.

 

.

.

2°) Présence ou absence de la synopsie ? Blanc, rose et vert.

La synopsie, c'est selon Robert une " forme de synesthésie appelée aussi audition colorée dans laquelle le sujet perçoit un son associé à une couleur déterminée."

Elle est associée au cratylisme dont Proust se réclame dans sa théorie des Noms Propres. Si nous nous référons au propos de Socrate dans le  Cratyle de Platon " Tous les objets n’ont-ils pas une forme et un son ; la plupart n’ont-ils pas aussi une couleur ? [...] Ne penses-tu pas que chaque objet a son essence, aussi bien que sa couleur et que les autres qualités dont nous venons de parler ? Et d’abord la couleur et le son n’ont-ils pas eux-mêmes leur essence, ainsi que toutes les autres choses qui méritent le nom d’êtres ?" (Trad. Victor Cousin)

.

Son influence sur la rêverie onomastique proustienne suppose donc que l'auteur ait entendu ("audition") un interlocuteur prononcer le nom "Pont-Aven". Cette hypothèse peut être exclue, ou presque, car un locuteur breton aurait respectée la prononciation en usage.

À moins de l'appliquer à la prononciation intérieure que suscite la lecture. Mais dans ce cas, l'audition ne peut être séparée de la vision.

Plutôt que de synopsie, il faudrait parler de cratylisme : chaque Nom Propre a une forme, un son, et parfois une couleur.

Proust choisit (ou ressent) trois couleurs : le blanc, le rose et le vert.

.

Le blanc et le rose.

Les deux premières qualifient l'envolée de l'aile de la coiffe. Elle sont liées (suscitées ?) à une image féminine. Dans La Recherche, ces couleurs, et notamment le rose, sont extrêmement communes et liées aux aubépines, à la sensualité et la sexualité. Elles sont donc très peu propres à Pont-Aven.

.

Le vert.
Le vert est affaibli par le choix de la forme "verdie" des cinq textes. Gérard Genette a remarqué le lien phonique avec "ven", et

le Cahier 32 (f° 15 r°) prouve bien que c'est à la dernière syllabe « ven » que se rattache le sème du « vert » : « Même à Pontaven comment retrouver l'atmosphère verdie par la sonorité unie de la dernière syllabe ». Proust semble  hésitee entre plusieurs prononciations de cette fameuse dernière syllabe et y entendre désormais le son [vɛ] de vert, qui se répète en triple assonance au cahier 29 dans  « image frchement verdie de Pontaven ».

Selon Jean-Paul Richard, la couleur verte est reliée chez Proust aux notions de fraicheur, d'éclairement, de clarté lumineuse.

.

Pour C. Quémar, (note 48) Proust qui pratiquait les Guides Joanne a pu lire par exemple cette présentation de Pont-Aven dans l'Itinéraire général de la France : la Bretagne de Paul Joanne (Hachette, 1904, p. 350) : « Pont-Aven [...] est bâti dans une charmante situation, au fond d'une vallée agreste, dont les coteaux boisés et verdoyants sont de-ci, de-là hérissés de blocs de granit. La rivière, aux eaux vives et limpides, arrive à Pont-Aven à travers les charmants ombrages du Bois d'Amour; elle court dans un lit encombré de gros rochers arrondis et d'Ilots touffus. Sur ses bords se succèdent sans interruption des moulins, ombragés d'aulnes et de peupliers, fort pittoresques avec leurs vieilles roues, leurs vannes [...] ». Signalons toutefois que dans ce guide (comme dans d'autres) Quimperlé est présenté comme un lieu tout aussi verdoyant : comme « l'Arcadie de la Basse-Bretagne».

Mais si Proust a lu ce texte, il n'a aucune raison de croire que Pont-Aven soit remarquable par ses moulins à vent. À moins qu'il n'en ait mémorisé que ces qualificatifs soulignant la fraîcheur, les ombrages verdoyants, en oubliant les eaux limpides (et non "verdies") et .. les vieilles roues des moulins.

L'influence de ces guides est attestée :

 

« Et, bien que mon exaltation eût pour motif un désir de jouissances artistiques, les guides l’entretenaient encore plus que les livres d’esthétique et, plus que les guides, l’indicateur des chemins de fer» (RTP, I, p. 384)

Dans une lettre de juillet 1907, on trouve une mention avec quelques noms bretons, mais sans précisions de titre ni de série : «Princesse, demander des titres à moi qui ne lis rien depuis des années, que des guides Joanne, des géographies, des annuaires de châteaux, tout ce qui me permet de combiner des voyages, de rechercher des villes et... de ne pas partir"  (Cf. Corr., VII, p. 224. Lettre datée du « 20 ou peu après » juillet 1907 à Mme de Caraman-Chimay 

.

 

.

.

SOURCES ET LIENS.

 

— QUÉMAR (Claudine), 1977, "Rêverie(s) onomastique(s) proustienne(s) à la lumière des avant-textes", Littérature pp.77-99.

https://www.persee.fr/doc/litt_0047-4800_1977_num_28_4_2077

— JOANNE (Paul), 1909, Bretagne, les routes les plus fréquentées. Un volume, 224 pages ; 11 cartes, 6 plans. In-32.

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5529707v/f342.item.texteImage.zoom

— JOANNE (Adolphe), RICHARD,1905, Guide  du voyageur en France. Réseau de l'Ouest. 2 volumes in-16

https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57014397/f158.item.r=pont%20aven.zoom#

— KAWAMOTO (Shinya), 2016, "La réalité géographique de la rêverie onomastique : Proust, lecteur de Guides-Joanne et de Par les champs et par les grèves" , Gallia. 55 P.75-P.84

https://ir.library.osaka-u.ac.jp/repo/ouka/all/61961/gallia_55_075.pdf

— KAWAMOTO (Shinya), 2015, Poétique toponymique proustienne ̶ l’organisation des noms de villes dans la rêverie onomastique », Gallia, no 54, bulletin de l’université d’Osaka, 2015.

RICHARD (Jean-Pierre), 1974, , Proust et le monde sensible, Seuil, page 77.

— VALLERIE (Erwan), La prononciation des noms de lieux bretons.

http://bcd.bzh/becedia/fr/la-prononciation-des-noms-de-lieux-bretons

—s.n. Marcel Proust et ses trains imaginaires et réels.

https://trainconsultant.com/2019/04/21/marcel-proust-et-ses-trains-imaginaires-et-reels/

— S.n, Marcel Proust le plus enivrant des romans d'amour, l'indicateur des chemins de fer.

https://marcel-proust.com/extrait/701

— SITE DE PONT-AVEN ; LES MOULINS

https://www.pontaven.fr/Les-moulins

"Le Finistère a compté jusqu’à 3000 moulins à eau dont des moulins à farine, à poudre, à huile, à papier, à tan, à teiller le lin, à foulon, des scieries, des usines électriques et environ 600 moulins à vent et une centaine de moulin à marée.

Parmi tous les sujets d’étonnement que procure aux voyageurs le site de Pont-Aven, le plus frappant était certainement l’accumulation, en un espace restreint, d’un nombre imposant de moulins. "Bro goz ar milinou, le vieux pays des moulins" ou « Pont-Aven, ville de renom, 14 moulins, 15 maisons. » En amont et en aval du pont principal s’échelonnaient une quinzaine de moulins. Ainsi bien avant les peintres, ce sont les moulins et leur étonnante concentration qui ont fait la réputation de Pont-Aven.

Descendant des Montagnes noires, l’Aven voit sa course ralentie par d‘énormes blocs de granit formant des barrages naturels. Profitant de cette situation idéale, de nombreux moulins se sont installés et ont travaillé à plein régime jusqu’au début du XXème siècle – le dernier a fermé en 1925. Une minoterie perpétue encore la tradition des meuniers à Pont-Aven. Les ouvrages de pierre et aménagements ingénieux du cours de l’Aven composés de biefs, chaussées, déversoirs… sont un ensemble hydraulique sans doute unique en Bretagne."

— MOULIN A PAPIER KERMENTEC

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/moulin-a-papier-kermentec-pont-aven/4b86c252-6cb9-4e6e-9fef-9e20447a13ab

— LES 14 MOULINS DE PONT-AVEN

https://www.deconcarneauapontaven.com/decouvrir/moulins-pont-aven/#:~:text=Les%20moulins%20proches%20du%20viaduc%20de%20Pont%2DAven&text=Plus%20connu%20sous%20le%20nom,voie%20de%20chemin%20de%20fer.&text=Il%20a%20%C3%A9galement%20%C3%A9t%C3%A9%20peint,au%20Mus%C3%A9e%20de%20Pont%2DAven.

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier
30 janvier 2022 7 30 /01 /janvier /2022 16:41

.

PRÉSENTATION.

.

Le calvaire de Guengat est remarquable par son ancienneté puisqu'il date du XVe siècle. Alors que les sculpteurs de l'atelier ducal du Folgoët utilisait alors déjà le kersanton (porches de la cathédrale de Quimper 1424-1433) , il est en granite, ce qui le rattache (E. Le Seac'h) à la production de l'atelier qui a réalisé vers 1470, en granite et kersanton, le calvaire monumental de Tronoën à Saint-Jean-Trolimon en Cornouaille, à 25 km plus au sud.

Mais ce rattachement n'est pas étroit, et le sculpteur de Guengat, à qui ce seul calvaire est attribué, est qualifié par Le Seac'h de "suiveur de Tronoën" — comme celui du calvaire de Quéménéven et de Langonnet, ou des croix de Guiscriff et Quéménéven — sans qu'on y retrouve, notamment, les "anges de compassion" et "anges eucharistiques" très caractéristiques de l'atelier de Tronoën (mais qu'il a pu emprunter au calvaire de Rumengol issu de l'atelier du Folgoët). La Déploration de Guengat, par exemple, n'a pour moi pas grand chose à voir avec la Vierge de Pitié de Tronoën, malgré l'assertion de Le Seac'h jugeant que son " style est inspiré de l'atelier de Tronoën". Mais on retrouvera peut-être d'autres traits stylistiques, comme "les têtes rondes" et, malgré l'érosion du granite, les "barbes au menton glabre et qui s'arrête au philtrum" (Joseph d'Arimathie et Nicodème ?).

Il n'y a pas non plus beaucoup de trait commun, hormis le matériau, entre la Déploration à 6 personnages de Guengat et celle, à 4 personnages, de Guengat, bien plus compacte.

 

.

 

 

 

 

.

Denis Parcou, "Le Maître de Tronoën", Wikipedia. Le calvaire de Guengat n'y figure pas.

.

 Il a été restauré par le chanoine Abgrall au XIXe siècle (date ? Abgrall a reconstruit le clocher en 1892). En 1891, Diverrès avait décrit "les débris d'un ancien calvaire" dont le Christ en croix était déjà moderne, les deux larrons, et la Déploration, sans mentionner d'autres statues.   La statue de saint Fiacre a été ajoutée après 1908 (photos et tableaux).

En 1911, Abgrall écrivait :

"Dans le cimetière, assez près du porche, se trouve un calvaire de granit comprenant : la croix de Notre-Seigneur, travail de la fin du XIX siècle. — Sujets anciens : les deux larrons; Notre-Dame-de-Pitié et les trois Marie; sur un angle, l'Ecce-Homo; derrière, saint Jean-Baptiste et saint Fiacre. — Autrefois, on y voyait aussi saint Michel, qui a été renversé et brisé."

On  trouve une  description antérieure à  celle de Le Seac'h dans l'Atlas des croix et calvaires du Finistère d'Yves-Pascal Castel n°600 : il en indique la taille (7,40 m) et la date (XVe) avant de décrire le massif architecturé complexe sur lequel se dressent les croix des larrons, la croix centrale et des statues: groupe de N.-D. de Pitié, Christ roi avec une croix à écots, statue de saint Fiacre. Et la Croix centrale au fût à pans, à chapiteau et à croix fleuronnée portant crucifix (moderne). 

.

 

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

LA FACE PRINCIPALE ORIENTÉE VERS L'OUEST.

.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

Le Christ en croix (moderne).

.

Le calvaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

Les larrons sur leur gibet.

.

Par une erreur probable de restauration, les deux larrons regardent vers le Christ (alors qu'en règle, le Mauvais Larron se reconnaît à ce qu'il détourne la tête et le regard du Sauveur). Ils ont chacun une jambe repliée (pour rappeler le passage de l'Evangile où il est indiqué qu'on leur brisa les jambes pour achever leur agonie) et l'autre jambe liée par une corde au gibet, et ils adoptent une  position symétrique, le Bon Larron ayant la jambe gauche repliée et le Mauvais, la jambe droite. Une autre corde fixe en même temps les bras, sous la traverse, et la jambe repliée. Ils portent un pagne à l'entrejambe généreux ; l'un a les cheveux longs et bouclés, et l'autre est coiffé d'un curieux turban lisse.

On remarquera que les Larrons de Tronoën, en kersanton, n'ont pas la jambe repliée.

.

Le Bon Larron à droite du Christ.

.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

Le Mauvais Larron à gauche du Christ.

.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

Sur le massif architecturé au pieds des croix : le Christ Sauveur, le groupe de la Déploration, et saint Fiacre.

.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

Le Christ Sauveur ou Christ-Roi, couronné, bénissant, et tenant un bâton écoté (une croix brisée ?).

.

Il est pieds nus, vêtu d'un grand manteau, et la couronne pourrait être la couronne d'épines, ce qui explique qu'on ait pu y voir un Ecce Homo. Mais le geste de bénédiction n'est pas cohérent avec cette hypothèse. Le tronc écoté pose problème, ne permettant pas d'y voir la colonne de la Flagellation. 

.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

 .

Saint Fiacre du coté gauche.

.

Cette statue est signalée en 1911 par le chanoine Abgrall, mais du coté est du calvaire, à côté de saint Jean-Baptiste. Effectivement, les tableaux et photographies du début du XXe siècle (vers 1908) du calvaire, face principale, ne la montre pas tandis qu'elle apparait sur les documents et descriptions de 1980 (Castel puis Couffon).

Le saint patron de l'église est représenté en habit monastique, tête nue et tonsurée, tenant la bêche en main droite et le livre en main gauche.

.

.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

La Déploration à six personnages. Joseph d'Arimathie, Jean, Marie, Marie-Madeleine, Nicodème autour du Christ.

.

Voir  (classé par ordre chronologique approximatif) :
 

 

.

 

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

Joseph d'Arimathie soutient la tête du Crucifié. En arrière-plan, Jean assiste Marie.

.

Joseph d'Arimathie, membre respecté du Sanhédrin, ayant réclamé à Pilate le corps de Jésus afin de le déposer dans un tombeau avant le repos pascal, a acheté un linceul pour envelopper le corps. (Marc 15:42-47). Le sculpteur indique l'appartenance de Joseph aux notables Juifs par la barbe, les cheveux longs, le chapeau (une toque), le camail et la robe descendant jusqu'aux pieds.

Il soutient le corps défunt par une main droite placée sous la tête. L'autre main soutient le bras gauche sous l'aisselle.

La barbe forme comme deux favoris descendant assez bas et s'interrompant sur le menton et entre les lèvres supérieures (le "philtrum"), un trait stylistique du Maître de Tronoën, qui se retrouve sur Nicodème. L'érosion du granite (ou la médiocrité de mes photos) ne me  laissent qu'un léger doute. Je compare avec le Christ de la Flagellation de Tronoën :

.

.

.

Calvaire de Tronoën. Photo lavieb-aile

.

 

.

Saint Jean est peu visible, mais suffisamment pour que nous puissions vérifier qu'il est imberbe : c'est bien lui.

.

 

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

La vierge, la tête recouverte d'un long voile, place une main sous le thorax de son Fils et place la main gauche au dessus ; elle est légèrement penchée et tournée vers la droite, et donc vers le visage de Jésus. Il est impossible de dire si elle est debout, ou demi-assise pour mieux soutenir le corps sur ses cuisses.

Nous ne discernons pas de guimpe. Le corsage est, selon la mode du temps, très ajusté aux volumes de la poitrine, tandis que la jupe retombe en plis parallèles jusqu'aux pointes des chaussures. 

Le corps du Christ est émacié, ses côtes sont encore visible malgré l'usure de la pierre. La tête s'incline franchement sur le coté droit. La barbe, très érodée, ne permet pas d'y rechercher les particularités tronoënesques...

Le bras droit tombe horizontalement tandis que le bras gauche,  vertical est soutenu  par Nicomède. Les plaies des mains et des pieds sont visibles, ainsi que celle du flanc droit.

Les jambes, sous le pagne, forment une diagonale rejoignant les pieds de Nicodème. Les jambes ne sont pas croisées et restent parallèles, mais le pied droit recouvre le pied gauche, tourné vers l'intérieur.

.

 

 

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

Juste après la Vierge, et en retrait, vient Marie-Madeleine. Tient-elle, sur le côté droit, derrière la Vierge, le flacon d'aromates, comme l'un de mes clichés me le laisse penser ?

.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

Enfin, Nicodème, le corps un peu incliné sur sa gauche, soutient la main gauche de Jésus. Lui aussi est, comme Joseph, représenté en Juif, avec chapeau, cheveux longs, barbe, robe serrée par une ceinture, et, détail significatif, l'aumônière.

On sait que dans les Dépositions, c'est lui qui, armé de tenailles, ôte les clous de la Croix. On a cru que le  sculpteur avait représenté de (longue) tenailles passées à sa ceinture, dans son dos. Mais c'est à mon sens le nœud de sa ceinture. J'appuierai mon avis sur ce détail  de la Mise au tombeau (attribué au Maître de Jouvenel) des Heures à l'usage d'Angers (1450-1455) BnF NAL 3211 : c'est clairement une ceinture nouée à l'arrière qui y est peinte.

D'ailleurs les prétendues tenailles forment une boucle, et non deux mors distincts.

.

Nicodème, Mise au Tombeau (Maître de Jouvenel, v. 1450-1455), Heures à l'usage d'Angers BnF NAL 3211.

.

.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

LA FACE  ORIENTÉE VERS L'EST.

.

Seuls les personnages disposés sur la plateforme nous retiendront, puis le côté oriental de la croix n'est pas peuplé de figures.

.

 

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

1. Saint Jean-Baptiste. 

.

Il est vêtu d'un manteau fermé sous le menton par une attache, et d'une robe, dont le bord inférieur  irrégulier sur les pieds nus cherche à évoquer le vêtement en poils de chameau de l'homme du désert. Il désigne de son index l'agneau posé sur un livre, illustrant ainsi les paroles Ecce Agnus Dei, Voici l'Agneau de Dieu, voici celui qui ôte le péché du monde de l'Évangile de Jean (Jn,1:29), tandis que le livre, dont les 7 sceaux ne sont pas figurés, renvoient au livre de l'Apocalypse (de Jean l'Evangéliste) où l'Agneau immolé et rédempteur est la figure centrale.

.

Jean-Baptiste a sans doute été le premier patron, ou le co-patron de la paroisse, avec saint Divy et le patron actuelle saint Fiacre, puisque le Baptême du Christ par Jean figure au tympan du porche, que Jean-Baptiste est peint sur le cabochon de la croix processionnelle, et que sa statue est actuellement placée dans la niche du chœur, côté épître tandis que saint Fiacre occupe la niche la plus honorable côté de l'évangile.

La barbe semble bien montrer ce V inversé dégageant les lèvres et le menton qui confirme l'attribution proposée par Le Seac'h.

.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

Saint Michel archange terrassant le dragon.

.

En 1911, la statue était brisée. Elle a été remontée (par qui ?) mais on lui a attribué une tête qui n'est peut-être pas la sienne. Avec son turban, ses cheveux longs et son visage poupon, elle conviendrait plus à Marie-Madeleine. Tenant son flacon.

Ce qu'il reste de l'archange  porte sous une vaste cape  l'armure, tient une hampe, pose le pied droit sur la bête du Mal et en comprime la gorge avec le bord de son bouclier. Rebondissement, le dragon saisit ce dernier et redresse la tête. Comment ce combat finira-t-il ?

.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

Les bustes d'un saint évêque et de Marie-Madeleine.

.

Le saint est mitré (les fanons retombent sur ses épaules), il bénit et et porte la crosse épiscopale. Puisque nous sommes à Guengat, qui voue un culte ancien à saint Divy, pourquoi ne pas l'identifier ici ?

À ses côtés pour les besoins de la restauration, la sainte ne peut être que Marie-Madeleine, puisqu'elle tient son attribut, le flacon d'aromates ? 

.

Toutes ces statues sont de la même pierre, un granite clair (leucogranite) à grain moyen. Les visages sont ronds, et tout particulièrement ceux de ce côté est.

.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le calvaire (granite, fin XVe siècle "suiveur de l'atelier de Tronoën") de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

CONCLUSIONS.

.

L'examen attentif de ce calvaire me convainc de la justesse de détermination d'Emmanuelle Le Seac'h, et de sa datation à la fin du XVe siècle. Il m'apprend à mieux en estimer la valeur. 

Espérons que la municipalité et les autorités de tutelle sauront le préserver des lichens et des mousses vertes qui, déjà, en altèrent la lecture.

.

DOCUMENTS ICONOGRAPHIQUES.

.

 

 

Ecole Française début Xxème « Calvaire de Guengat », miniature à l’aquarelle, monogrammée « HC » bas droite, située bas gauche et datée « 24 janvier 1908 », 13 x 4,5 cm (sous verre 19,5 x 10 cm). Quimper.enchères.com

 

.

Carte postale E. Hamonic, cliché Jean-Marie Le Doaré 1906-1909 :

.

 

.

Fin XIXe-début XXe. Coll. chanoine Abgrall.

 

.

Liens :

Photographie du XXe siècle au Musée départemental breton:

https://musee-breton.finistere.fr/fr/search-notice/detail/1998-7-44-gueng-24d8d

https://www.dastum.bzh/notice/guengat-le-calvaire/

Max Jacob : 

https://www.wikiart.org/en/max-jacob/le-calvaire-de-guengat

Norbert Lambart Inventaire vers 1981 : calvaire de face

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5319812900757x/cc8706df-3bec-4893-9d3a-5d9cc9c30a2a

Idem, vers 1981 revers du calvaire

Inventaire, cliché couleur Sn :

 http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5319812900762za/038c3b4b-46c1-4fbf-89dc-b68191adfe84

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/illustration/ivr5319812900749x/7df01793-0bea-412f-b460-7291a93fe85c

.

.

.

SOURCES ET LIENS.

.

 

— ABGRALL (Jean-Marie), 1911, Notice sur la paroisse de Guengat, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, BDHA, Quimper

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/344

 

ABGRALL (Chanoine Jean-Marie), 1902, Les croix et les calvaires du Finistère , Bulletin Monumental  Année 1902  66  pp. 176-209

https://www.persee.fr/doc/bulmo_0007-473x_1902_num_66_1_11302

"Notre-Seigneur en croix (travail nouveau). Les deux larrons. Notre-Dame-de-Pitié et les trois Marie. Sur un angle, Ecce Homo. Derrière, saint Jean-Baptiste et saint Fiacre. Autrefois saint Michel qui a été renversé et brisé."

—CASTEL (Yves-Pascal, 1980-1984 : Notice IA00005871 et IA00005871-01 de l'Inventaire Général

 

http://inventaire-patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/public/annexes/IA00005871_01.pdf

http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/dossier/eglise-paroissiale-saint-fiacre-guengat/7b67b318-39ed-451e-9ea5-48923998fa4c

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988,  Notice sur les paroisses,...

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/GUENGAT.pdf

— DILASSER (Maurice), 1979 : Locronan et sa région (Paris, 1979)

DIVERRÈS (Henri), 1891,  "Monographie de la commune de Guengat ", Bull. S. A. F., pages 42-61).

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f115.image

—Infobretagne

http://www.infobretagne.com/guengat.htm

— JOUIN (Christian), s.d, Tout sur l'histoire de Guengat.

https://www.guengat.com/

http://www.guengat.com/8/eglise05.html.


 

LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculptures sur pierre en Basse-Bretagne. Les ateliers du XVe au XVIIe siècle, Presses Universitaires de Rennes, Rennes, 2014. pages 128 et 323.

 

PÉRENNÈS (Henri), 1941 : Guengat (Rennes) non consulté

 

— WAQUET (Henry ), 1957,  Guengat (S.F.A. - Congrès archéologique de France CXVe session 1957 Cornouaille.) -

— WAQUET (Henry ), 1942, Art breton, 2è éd., 1942, pp.145-151

— Site Infobretagne : http://www.infobretagne.com/guengat.htm

http://www.guengat.fr/patrimoine/leglise

— WIKILAND

https://www.wikiwand.com/fr/Guengat

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Calvaires Sculpture Chapelles bretonnes. Déploration.
27 janvier 2022 4 27 /01 /janvier /2022 21:45

Les statues, culots  et masques de l'église de Guengat.

.

.

 

.

Voir sur Guengat :

 

.

 

.

I. LE PORCHE. LE BAPTÊME DU CHRIST. Granite, XVIe siècle.

.

Aucune inscription ne permet de dater ce porche. L'ossuaire qui s'y adosse à l'ouest porte l'inscription en lettres gothiques Respice finem 1557. Je postule donc pour le porche la première moitié du XVIe siècle.

.

La porte de plein cintre à trois rangs de moulures est soulignée par une accolade à crochets et pilastres gothiques. À la place du fleuron, un groupe de deux anges portant un écu et deux phylactères sert de console à un Baptême du Christ.  Jean Baptiste se tient à gauche, barbu, pieds nus, vêtu d'un manteau et d'une robe, tient un livre ; le bras droit, qui devait s'élever pour verser l'eau du Jourdain, est absent. Le Christ mains jointes, vêtu d'un pagne, est plus bas, car plongé jusqu'aux cuisses dans le fleuve. Un ange ailé tient sur ses avants bras la robe du Christ.

À droite de l'accolade, un ange tient un glaive enflammé, tandis qu'à gauche, un dragon ailé montre ses dents.

Dans l'aisselle de l'accolade est sculpté une tête de jeune homme, coiffé par un bonnet "florentin".

Un écu muet occupe l'intersection des huit nervures de la  voûte, mais on trouve aussi sur ces nervures des sortes d'écus très allongés.

.

 

.

 

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

..

.

À L'INTÉRIEUR DE L'ÉGLISE : LES STATUES.

.

LA VIERGE À L'ENFANT. Granite polychrome, XVIe siècle.

.

Classée Mh 24 juin 1988 . Base Palissy PM29004388

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004388

.

 

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

.

.

LA VIERGE À L'ENFANT EN BOIS POLYCHROME (XVIIe siècle).

.

Classée Mh au 24 juin 1988, elle mesure 1,10 m de haut, 35 cm de large et 37 cm de profondeur.


PM29004390

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004390

.

 
Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

.

LA VIERGE DE PITIÉ.

.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

.

.

LE CHRIST SAUVEUR. Granite polychrome.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004394

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

.

.

LE CRUCIFIX DE LA NEF, MUR NORD.

.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

.

.

SAINTE MARGUERITE ISSANT DU DRAGON.

.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

.

.

SAINTE CATHERINE.

.

Coté nord de la nef. Elle tient la roue de son supplice.

.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

.

.

SAINTE BARBE.

 angle nord-est de la chapelle Saint-Roch.

C'est la statue que j'admire le plus.

.

.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

.

.

SAINT FIACRE. Calcaire polychrome

.

 

H = 121 ; la = 40 ; pr = 26

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004385

.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

.

.

SAINT DIVY

.

Photographié dans cette niche en 2014. Aujourd'hui, la statue est déposée et mise en attente dans la chapelle du Rosaire.

.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

.

.

SAINT VINCENT FERRIER. Bois polychrome, XVIe siècle.

.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004392

 

Saint Vincent Ferrier (Sant Visant en breton), moine dominicain, est honoré à Vannes. Le prénom Visant vient de "vincere" qui en latin signifie vaincre . Il est vêtu de la robe blanche des dominicains et du scapulaire brun. Il tient un bojet (un cœur) dans la main droite et un livre dans la main gauche. On y lit Ecce Agnus Dei miserere nobis.

 

.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

.

.

SAINT ROCH.

Le saint pèlerin (bourdon, chapeau frappé de la coquille, pèlerine), atteint par l'épidémie, et qui s'est isolé,  est assisté par un ange qui lui apporte un pain rond, et par un chien, le fidèle Roquet.

.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

.

.

SAINT HERBOT. Pierre polychrome, XVIe siècle.

.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004391

.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

.

.

SAINT MICHEL. Calcaire polychrome, XVIe siècle.

.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004393

L'archange menace de son épée le dragon qu'il terrasse sous son pied. 

.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

.

.

JEAN-BAPTISTE. Pierre polychrome.

.

Dans sa niche, à droite du maître-autel de l'église.

Saint Jean-Baptiste porte sous le bras gauche le livre sur lequel est couché l'agneau. La statue mesure 1,37 m de haut, 47 cm de large et 41 cm de profondeur.

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004393

 

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

.

.

BAS-RELIEFS DES PANNEAUX DU CHOEUR. SAINT FIACRE ET SAINT JEAN-BAPTISTE.

.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

.
.
AUTEL DE LA CHAPELLE NORD.

.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

.

.

LES MASQUES ET CULOTS. Granite, XVIe.

.

Personnage tenant un écu muet.

.

 

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

.

.

 

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

Sculptures figuratives de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile.

 

 

.

SOURCES ET LIENS.

.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1911, Notice sur la paroisse de Guengat, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, BDHA, Quimper

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/344

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988,  Notice sur les paroisses,...

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/GUENGAT.pdf

 

"en pierre :

- en pierre polychrome : saint Fiacre (chevet) calcaire , coiffé, en robe et scapulaire et tenant une bêche - 1 m -, Vierge à l'Enfant voilée et couronnée qui tient son enfant sur le bras gauche - 1 m.-,

le Christ "Saint Sauveur" du monde provenant de la chapelle détruite du Saint Sauveur : couronné d'épines, barbe longue, manteau rouge, tient contre lui un globe surmonté d'une croix et lève l'index droit - 1 m.4O -,

saint Herbot, cheveux et barbe ondulés, forte corpulence, tient un livre de la main gauche - 1 m.75 -

saint Michel terrassant le dragon : de la main droite il brandit une épée, de la gauche il tient son écu sur le cou du monstre,

sainte Catherine - O m.65 -;

- en bois polychrome : groupe du Christ en croix entre la Vierge et saint Jean - Christ 1 m.80 aux bras horizontaux et à la chevelure retombant sur l'épaule droite, Vierge inclinant la tête à droite, retenant son manteau d'une main et désignant son fils de l'autre et Jean levant le visage vers le Christ, tenant son manteau d'une main et son livre de l'autre. 1 m.2O - (cf la Crucifixion d'Ergué-Gabéric) ,

Pietà, XVIe siècle ; la Vierge porte sur ses genoux le Christ au torse dressé, à la tête rejetée, le bras droit pendant; elle le tient sous l'aisselle droite et lui prend le bras gauche -1 m.10 (C.),

autre Vierge à l'Enfant à la longue chevelure ondulée et au grand manteau; de la main droite elle présente à son fils un fruit (pomme ou grenade) - 1 m. -,

saint Jean-Baptiste (chevet) - 1 m.10 -,

saint Roch au chapeau sans rebord orné d'une coquille, cheveux longs et barbe, manteau et bottes, tient un bâton; un ange en dalmatique agenouillé touche la plaie de sa cuisse droite; un chien assis à sa gauche lève la tête vers lui - 1 m.15 -,

Sainte Barbe (XVIe siècle) à la coiffure retenue par un turban qui revient sous le menton, tresses, robe au drapé élégant, ceinture, tient un livre ouvert de la main droite et s'appuie sur sa tour - 0 m.7O - ,

saint Ivy en évêque - 1 m.50 -,

saint Vincent Ferrier dit "Sant Visant" en robe avec scapulaire qui tient un livre et lève le bras droit - 1 m.20 -.

Autres statues : sainte Marguerite, saint Joseph, sainte Thérèse, sainte Anne, Notre-Dame de Lourdes (plâtres)

 

— DILASSER (Maurice), 1979 : Locronan et sa région (Paris, 1979)

DIVERRÈS (Henri), 1891,  "Monographie de la commune de Guengat ", Bull. S. A. F., pages 42-61).

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f115.image

 

— JOUIN (Christian), s.d, Tout sur l'histoire de Guengat.

https://www.guengat.com/

http://www.guengat.com/8/eglise05.html.

 

 

PÉRENNÈS (Henri), 1941 : Guengat (Rennes) non consulté

— POP.CULTURE

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004858

— WAQUET (Henry ), 1957,  Guengat (S.F.A. - Congrès archéologique de France CXVe session 1957 Cornouaille.) -

— WAQUET (Henry ), 1942, Art breton, 2è éd., 1942, pp.145-151

— Site Infobretagne : http://www.infobretagne.com/guengat.htm

http://www.guengat.fr/patrimoine/leglise

 

— WIKILAND

https://www.wikiwand.com/fr/Guengat

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Chapelles bretonnes.
26 janvier 2022 3 26 /01 /janvier /2022 16:10

L'armoire à bannières ( 2ème moitié du XIXe siècle) de l'église de Guengat. La croix processionnelle de 1584. Les bannières de procession (XIXe).

 

 

.

 

.

Voir sur Guengat :

 

.

Voir sur les bannières :

 

.


 

 

PRÉSENTATION.

 

.

La Bretagne conserve dans ses églises un certain nombre d'armoires permettant le rangement et la protection des bannières paroissiales lorsque celles-ci n'étaient pas utilisées lors des processions (fêtes et pardons) ou pour pavoiser le chœur.

L'Inventaire Général et la base Palissy en recensent plusieurs, toutes globalement sur le même plan, celui d'une armoire à deux battants.

.

Certaines sont anciennes, comme celle de Melesse (1579) de La Martyre (1633), Hédé (1663), de Locmélar (XVIIe siècle) ou de Lassy (XVIIe), de Sizun (XVIIe), d'Esquibien (milieu XVIIe), de Carnac (fin XVIIe) ou de Baulon (fin XVIIe-début XVIIIe) , ou celle de la chapelle Saint-Tugen en Primelin (1703) de Vignoc (1773) d'autres datent du XIXe siècle, comme celles de Moutiers, de Cornillé (1845) ou Erbrée (non datée), Visseiche (id).

À Locmélar, ce sont deux armoires qui sont côte à côte.

.

Elles ne semblent pas très différentes des autres armoires conservées en Normandie, Pays de Loire, ou Rhône-Alpes sur la base Palissy.

.

Leur recensement n'est pas complet, et il n'est pas rare d'en découvrir lors de nos visites. J'en ai donné la photographie de quelques-unes ici (Dirinon). Il faudrait en dresser une typologie, et le premier critère que je me forge est de séparer des autres celles qui ont, en soubassement, un long coffre plus ou moins étroit et vertical où se logent les hampes, comme à Sizun ou Moutiers. Le meuble a alors une forme en T.

.

Armoire à bannière de Locmélar. Photo lavieb-aile.

 

.

Dans les autres cas, soit elles reposent sur le sol, ou au dessus d'un coffre, soit elles sont suspendues. Elles sont équipées  de crémones, et de serrures.

Elles sont parfois très banales comme à Moulins (35).

Leurs panneaux sont souvent à caissons, ou sont peints (Saint-Tugen) et portent très rarement, comme celle que nous allons découvrir, des sculptures figuratives. Celle de Cornillé comporte l'inscription Vexii ia regis pro devnt.

.

.

En fait, je n'ai trouvé jusqu'à présent aucune armoire à panneaux en bas-reliefs comparables à celle de Guengat.

.

L'armoire à bannière de Guengat daterait de la deuxième moitié du XIXe siècle, et serait ainsi presque contemporaine des confessionnaux de 1840 et de la chaire à prêcher de 1843 (dont les panneaux subsistent dans l'autel face au peuple) dont le nom du menuisier a été conservé, Vincent Garrec. Comme ces derniers, l'armoire est remarquable par ses panneaux soigneusement sculptés en bas-relief. Elle a été classée au titre d'objet le 15 juin 1999 et fait l'objet d'une notice PM29004858.

.

Elle mesure 2,10 m de haut, 1,80 m de large et 44 cm de profondeur. L'essence utilisée est très probablement le chêne. Elle est soutenue par deux supports en équerre. Les hampes passent par un évidement du fond jusqu'à terre. Elle est adossée au mur nord de la "chapelle de Lanascol", au bas-côté nord, à côté du confessionnal n°2.

Il existe une deuxième armoire à bannière, dans l'ossuaire (fermé au public) avec des bannières de moindre valeur.

.

 

 

 

.

 

.

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

.

.

Les panneaux supérieurs : dessin inspiré de baies gothiques à six lancettes et tympan.

.

C'est un rappel stylisé de la baie axiale de Guengat et de ses six lancettes, mais avec des différences notables dans le remplage de la baie, et l'adjonction de rangs de quadrilobes.

.

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

.

.

Le panneau sculpté en bas à gauche : la croix processionnelle de 1584.

.

La logique du sculpteur (ou du commanditaire, la fabrique ou le recteur) est évidente : évoquer les processions avec en tête la croix, suivie de la bannière du saint patron de l'église Saint-Fiacre.

Ces processions avaient lieu lors des fêtes  les plus marquantes (deux processions du Saint-Sacrement) et lors des six  pardons.

« Il y a foire à Guengat une fois par an, le dernier lundi de Février.

Les pardons sont : Saint-Yvi, le deuxième dimanche de mai ; Saint-Jean, le 24 juin ; la fête patronale, le dernier dimanche d'août ; Saint-Fiacre, le dimanche qui suit le 3 septembre ; et celui du Rosaire, le premier dimanche d'octobre. Il y a aussi le pardon de la chapelle de Sainte-Brigitte, qui se célèbre le deuxième dimanche d'octobre." (H. Diverrès)

.

« Il n'y a à Guengat que deux processions du Saint-Sacrement. Le premier dimanche la procession va à un quart de lieue du bourg et là il y a un reposoir. Le second dimanche la procession va à trois quarts de lieue d'une chapelle dédiée à sainte Brigitte et sur la route il y a toujours deux reposoirs. La bannière que l'on porte est rouge et porte d'un coté l'image de la sainte Vierge et de l'autre l'image de saint Fiacre.

Confréries. Il n'y a à Guengat que la confrérie du Rosaire qui est suivie avec ferveur et la confrérie des trépassés. La confrérie du Rosaire remonte à 1830 à l'occasion d'une mission. (Abbé Jean Keranguéven, recteur de Guengat, “Enquête diocésaine sur le culte marial en 1856 : réponse de la paroisse de Guengat)

 

.

Le sculpteur a représenté de façon fidèle la croix processionnelle de 1584 conservée dans le "trésor", ou armoire vitrée sécurisée de l'église. Il y a associé l'image d'un chapelet, entourant la croix, certainement pour rappeler l'importance du culte du Rosaire à Guengat. Ce culte a été diffusé par le dominicain breton Alain de la Roche dès 1473, en Flandres, entrainant le développement de confréries, sous l'effet de larges indulgences accordées par le pape Sixte IV. Le pape Pie V attribua à Notre-Dame du Rosaire sa victoire inattendue sur les Ottomans à Lépante en 1571. Son importance a pu se développer en Bretagne  avec l'implantation du couvent dominicain de Quimperlé, et après  le "vœu de Louis XIII" en 1638. Mais rien n'indique qu'une confrérie du Rosaire existait à Guengat au XVIe siècle lorsque la croix fut offerte à la paroisse.

Outre ce chapelet, des lacs à glands de passementerie sont placés dans les angles.

.

La croix cylindrique à extrémités en boules à godrons est fidèlement représentée, ainsi que le croisillon en chandelier portant la Vierge et Jean (moins identifiable bien-sûr que sur le modèle) et le médaillon qui en occupe le nœud (avec une ressemblance avec le crâne et les ossements entrecroisés évoquant le Golgotha). Le soubassement à trois étages est également conforme, avec ses deux niches, bien que les saints personnages que celles-ci abritent ne soient pas identifiables ici.

Voir infra les clichés de la croix elle-même.

La croix est encadrée en bas par deux ceps portant feuilles de vigne et grappes, en un évident symbole eucharistique.

.

.

.

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

.

.

Le panneau sculpté en bas à droite : la bannière de saint Fiacre.

.

La bannière est figurée de façon réaliste avec son motif (le saint patron tenant sa bêche et son livre, dans une niche) et ses rinceaux,  avec sa hampe, avec sa traverse à extrémités pommées, ses trois lambrequins frangés, et ses sept glands de passementerie. Elle est entourée de trois fleurs de lys et de six hermines.

.

 

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Armoire à bannière (XIXe) de l' église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

.

.

.

La croix processionnelle de 1584. Argent doré repoussé et âme de bois.

Classée au 18 janvier 1891.

René Couffon la décrit ainsi : "Croix processionnelle de type finistérien, en argent doré ( 1 m.32 ), tige et bras cylindrique, portant les statuettes de la Vierge et de saint Jean sur des consoles; au-dessous un gros noeud formé de deux étages de niches à coquilles occupées par les 12 apôtres; au pied du Christ , un médaillon ovale avec un gros cabochon. Elle est marquée du poinçon Y.S. et, au haut de la niche de la face antérieure, de la date de 1584. Cette dernière, postérieure au décès de l'amiral Alain de Guengat, prouve que celui-ci n'en fut pas le donateur, ainsi qu'il est souvent répété."

Les initiales Y.S. également présentes sur un reliquaire de Lennon (F. Salet 1965) n'ont pu être attribuées à un orfèvre.

La notice Palissy : https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29000322

 

"Bras cylindriques, terminés par de grosses boules, garnis de deux consoles latérales qui portent les figures de la Vierge et saint Jean, portant une clochette, suspendue à chaque bras et reposant sur un noeud hexagone à deux étages. La face de la croix est ornée du Christ couronné d'épines, fixé par trois clous. Sur le revers, un saint évêque est fixé sur la hampe sous un dais. Date (au-dessus de la niche de la face antérieure) : 1584. Poinçon non identifié : les initiales YS. H = 132 ; la = 77."

 

 

.

 

On consultera : 

—Yves-Pascal Castel, Denise Dufief-Moirez, Jean-Jacques Rioult et al., Les orfèvres de Basse Bretagne, Rennes, Association pour l'Inventaire de Bretagne, coll. « Inventaire générale des monuments et richesses artistiques de la France, Région de Bretagne », 1994, 440 p

— Wikipedia, "Croix de procession finistériennes". https://fr.wikipedia.org/wiki/Croix_de_procession_finist%C3%A9rienne

— L'excellente description de Christian Jouin, Tout sur l'église de Guengat

.

Je n'ai pas trouvé en ligne comment les occupants des niches ont été identifiés. Je propose ici quelques pistes.

.

 





 

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

.

.

Le médaillon et sa peinture polychrome : saint Jean-Baptiste et l'inscription IOANNES BAPTISTA.

.

.

Cliché C. Jouin

.

 

.

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

.

.

Saint Pierre. La date de 1584.

.

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

.

.

Saint Jacques le Majeur tenant le bourdon et la pèlerine.

.

Mais l'objet tenu dans la main gauche reste à déterminer. Un livre selon ce site. Ce qui est plausible.

.

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

.

.

Saint Jean identifié par la coupe de poison qu'il bénit. Poinçon YS.

.

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

.

.

Saint André doit se trouver à proximité de saint Pierre sur une autre face.

.

Sur les niches du rang supérieur. Pas de suggestion d'identification.

.

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

La croix processionnelle de 1584. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

.

.

 

LES BANNIÈRES DE PROCESSION.

.

Les bannières de Guengat ne sont pas classées Mh, et ne présentent aucun élément de datation facile, tel que des armoiries épiscopales ou papales. La bannière principale ou "banniel braz", associant sur une face la figure de saint Fiacre et sur l'autre celle du Rosaire, date néanmoins sans doute du XIXe siècle, puisque l'enquête de Monseigneur Sergent sur les bannières de son évêché en 1856 la mentionne (Guillou 2013 page 209). Et les visites canoniques de 1847 indiquent 3 bannières en 1847 dont deux passées, et en 1852 2 bannières usées. En outre, l'abbé Abbé Jean Keranguéven, recteur de Guengat, mentionne en 1856 que "La bannière que l'on porte est rouge et porte d'un coté l'image de la sainte Vierge et de l'autre l'image de saint Fiacre.".

 

 

 

.

 

.

LA BANNIÈRE DE SAINT FIACRE.

.

Saint Fiacre est le patron de la paroisse, et des statues (dans le chœur, sur le calvaire, etc.), des statuettes des autels, des bas-reliefs des sablières, lui sont consacrés, ainsi qu'une fontaine datée de 1666 , où sa statue porte un écu sur le bas de la robe.

.

Les archives de l'évêché conservent deux cantiques en breton dédiés à saint Fiacre, la Gwerz Sant Fiakr et Meuleudi ha peden da zant Fiacr

.

Il est possible (C. Jouin) qu'il ait succédé comme saint patron  à saint Jean-Baptiste, qui est représenté baptisant le Christ sous le porche du XVIe siècle.

.

Croquis de la fontaine Saint-Fiacre par Yves-Pascal Castel. Courrier du Léon.

.

Croquis de l'écu du saint, en la fontaine Saint-Fiacre par Yves-Pascal Castel. Courrier du Léon.

.

Cette bannière est de velours rouge, principale couleur des "banniel braz". Le saint, en motif peint sur étoffe rapporté au centre, occupe un médaillon entouré de rinceaux brodés au fil d'or, et de  l'inscription en breton SANT FIAKR PATRON AR BARREZ SIKOURIT AC'HANOMP : "Saint Fiacre patron de la paroisse secourez-nous".

Les trois lambrequins (où des clochettes étaient traditionnellement dissimulées) sont frangés de cannetille dorées. Les deux bras sont terminés par des glands frangés.

Il s'agit sans doute d'une production semi-industrielle, où, sur un schéma de base,  la figure du saint est rapportée, et l'inscription est adaptée. Cette figure est peinte sur tissu (visage, mains jointes) sur un corps en étoffe rembourrée et ponctuée de rouelles dorées. La cape qui entoure ses épaules est rare dans son iconographie, où seule l'habit monastique de bure ceint d'une cordelière est habituelle.

.

 

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

.

.

LA BANNIÈRE DU ROSAIRE.

.

.

Voir sur ce thème :


.

C'est à la fois une bannière mariale, et une bannière de confrérie :

" Il n'y a à Guengat que la confrérie du Rosaire qui est suivie avec ferveur et la confrérie des trépassés. La confrérie du Rosaire remonte à 1830 à l'occasion d'une mission." Abbé Jean Keranguéven, recteur de Guengat, 1856.

.

Ses couleurs sont celles de la Vierge, le blanc et le bleu, et elle est frappée en bas du monogramme MA.

Au centre, la Vierge, les pieds sur des nuées, remet un chapelet du Rosaire à saint Dominique, agenouillé, tandis que son Fils en remet un à sainte Catherine de Sienne, selon une iconographie très habituelle. Les personnages sont placés dans une niche dorée et entourée des 15 médaillons des Mystères joyeux, douloureux et glorieux du Rosaire, dans des rinceaux aux fleurs à cinq pétales.

.

Leur dénomination se succède en français dans des médaillons : L'Annonciation. La Visitation. La Nativité. La Présentation. Le Recouvrement. L'Agonie. La Flagellation. Le Couronnement d'Epines. Le Portement de Croix. Le Crucifiement. La Résurrection. L'Ascension. La Pentecôte. L'Assomption. Le Couronnement de la Vierge.

.

Deux anges volent mains jointes au dessus de la scène du Don du Rosaire.

.

 

 

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

.

.

LA BANNIÈRE DE SAINT DIVY.

.

Voir sur ce saint :

.

 

 

 

.
 

 

 

.

Le culte de saint Divy (nommé par certains Yvi) est ancien à Guengat, puisqu'à Pont Kervern,  une Fontaine de saint Divy y porte la date de 1560 ainsi que les armoiries de Jacques de Guengat et Jeanne de Talhouët dame de Langueouez, qui se sont mariés en 1529.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/10332

http://patrimoine.bzh/gertrude-diffusion/dossier/fontaine-de-devotion-saint-yvi-pont-kervern-guengat/c2a5317b-085f-4b85-acd2-edf4864af9f3

 

 

.

Fontaine de saint Divy à Guengat. Croquis d'Yves-Pascal Castel.

.

Armoiries Guengat/Talhouët sur la fontaine (1560) de Saint-Divy. d'azur à trois mains dextres appaumées d'argent ; à senestre armories famille de Langueouez : fascé ondé d'or et d'azur au chef de gueules .Croquis Y.-P. Castel.

.

Certains y voient le premier patron de la paroisse. J. Gaultier du Mottay, en 1869, signale qu'il existait une chapelle qui était dédiée à saint Yvi. Ce serait une "chapelle" votive de l'intérieur de l'église. Le co-patronage Fiacre/Divy expliquerait qu'en 2011, nous trouvions dans les niches du chœur à gauche (côte de l'Evangile, côté noble) saint Fiacre, et du côté de l'épître à droite saint Divy, en évêque comme sur la bannière. Sa statue a été mise au rebut (dans un coin de la chapelle du Rosaire) et remplacée par celle de Jean-Baptiste.

 

.

Statue de saint Divy en évêque, chœur de l'église. Photo lavieb-aile.

 

 

.

La bannière de velours rouge porte le monogramme SD sur le lambrequin central, brodé al d'or parmi des rinceaux.

Une inscription en breton indique SANT DIVY PEDIT EVIDOMP, "Saint Divy priez pour nous".

.

.

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

.

.

J'ai dans mes archives une photo plus ancienne (15-11-2011) d'une bannière assez proche.

.

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2011  .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2011 .

.

.

 

.

LA BANNIÈRE DES JEUNES FILLES. LA VIERGE (IMMACULEE CONCEPTION ?).

.

Drap blanc, rinceaux, personnage traité comme le saint Fiacre de la bannière.

.

 

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022  .

Bannières de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022 .

 

 

.

SOURCES ET LIENS.

.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1911, Notice sur la paroisse de Guengat, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, BDHA, Quimper

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/344

— ABGRALL (Jean-Marie), 1914, excursion à Guengat,la croix processionnelle, Bull. SAF page 236.

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1914_0283_0309.html

— CASTEL (Yves-Pascal), 1982, Pèlerinage aux sources. Fontaines à Guengat, Courrier du Léon du 4 septembre 1982.

0114 Pèlerinages aux Sources - Fontaines à Guengat. 4.09.82.,” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2022, https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/1594.

 

 
 

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988,  Notice sur les paroisses,...

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/GUENGAT.pdf

— DILASSER (Maurice), 1979 : Locronan et sa région (Paris, 1979)

DIVERRÈS (Henri), 1891,  "Monographie de la commune de Guengat ", Bull. S. A. F., pages 42-61).

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f115.image

GUILLOU-HERMELIN (Christiane) 2016, « Les bannières de Basse-Bretagne, ed. Les amis de Louis Le Guennec.

GUILLOU (Christiane) 2010," Les bannières religieuses en Basse-Bretagne aux XIXe et XXe siècles : Les ”vieilles” bannières." 2010. ffhal-00546728v2f

https://hal.univ-brest.fr/hal-00546728/document

GUILLOU (Christiane) 2013," Les bannières religieuses : une approche du catholicisme bas-breton 1805-2012."

 

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01231402/file/These-2013-SHS-Histoire-GUILLOU_Christiane.pdf

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-01231402

http://www.theses.fr/2013BRES0070

 

— JOUIN (Christian), s.d, Tout sur l'histoire de Guengat.

https://www.guengat.com/

http://www.guengat.com/8/eglise05.html.

 

— KERANGUÉVEN (Jean), 1856,  “Enquête diocésaine sur le culte marial en 1856 : réponse de la paroisse de Guengat,”, Abbé Jean Keranguéven, recteur de Guengat, Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2022, https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/10332.

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/10332

” Collections numérisées – Diocèse de Quimper et Léon, consulté le 23 janvier 2022, https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/10332.

— LE GUENNEC, Note sur quelques orfèvres bas-bretons, Bull. SAF 1928 p. 82

https://societe-archeologique.du-finistere.org/bulletin_article/saf1928_0143_0155.html

PÉRENNÈS (Henri), 1941 : Guengat (Rennes) non consulté

— POP.CULTURE

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004858

— WAQUET (Henry ), 1957,  Guengat (S.F.A. - Congrès archéologique de France CXVe session 1957 Cornouaille.) -

— WAQUET (Henry ), 1942, Art breton, 2è éd., 1942, pp.145-151

— Site Infobretagne : http://www.infobretagne.com/guengat.htm

http://www.guengat.fr/patrimoine/leglise

 

— WIKILAND

https://www.wikiwand.com/fr/Guengat

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Sculpture Chapelles bretonnes. Bannières.
22 janvier 2022 6 22 /01 /janvier /2022 12:33

Le mobilier de l'église de Guengat : le confessionnal de 1840, l'autel "face aux fidèles" et ses panneaux de 1843,  et leurs inscriptions en "ancien breton".

.

 

.

.

 

.

Voir sur Guengat :

 

.

 

.

PRÉSENTATION.

.

 En 1840, le menuisier Vincent Garrec construisit un confessionnal pour l'église de Guengat, et orna les panneaux de sculptures et d'inscriptions en français et en "ancien breton" énigmatique.

 

.

Trois ans plus tard, le menuisier Vincent Garrec, de Guengat, sculpta les panneaux d'une chaire à prêcher avec un corpus d'inscription en "ancien breton" et les data de 1843. Aucun auteur ne décrit cette chaire, mais René Couffon signale que ses panneaux furent réutilisés pour "l'autel face au peuple" (qu'imposèrent les nouvelles règles liturgiques du concile Vatican II à partir de 1965). Le corpus d'inscriptions de cet autel, qui se répartit sur quatre panneaux, permet de mieux comprendre les inscriptions du confessionnal. C'est pourquoi je le décrirai en premier.

Christian Jouin me communique deux clichés de cette chaire :

.

Cliché communiqué par C. Jouin.

 

.

 

.

.

.

 

.

.

.

I. L'AUTEL FACE AUX FIDÈLES DU XXe SIÈCLE ET SES PANNEAUX DE 1843.

.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

​.

.

Les inscriptions.

.

L'abbé Yves-Pascal Castel, du Service de l'Inventaire Général, les a étudiées et ses conclusions ont été publiées paru dans le Courrier du Léon du 12 mai 1986.

.

"Il y a sur le maître-autel de l'église de Guengat  une inscription étrange qui a attiré récemment l'attention des chercheurs de l'Inventaire général de Rennes. Pendant un certain temps, l'énigme que posaient les caractères sybilliens (sic) demeurèrent indéchiffrables. Mais grâce à la publication d'un dessin dans le bulletin de la Société archéologique du Finistère, les éclaircissements arrivèrent de toute part. On aurait pu s'épargner un tel déploiement de force !

À Guengat même, quelqu'un connaissait le sens des signes gravés sur l'autel : Jérôme Garrec en avait soigneusement fait le relevé par la méthode du frottis  et communiqué depuis longtemps au cercle de ses intimes la signification des caractères mystérieux. Il le savait par tradition familiale, étant le petit-fils de Vincent Garrec, le menuisier lettré qui exerçait son art au bourg de Guengat au milieu du XIXe siècle.

 

Vincent GARREC ne manquait  pas de talent. La chaire à prêcher et le confessionnal qu'il fournit en 1840 et 1843 à l'église paroissiale sont dans le pur style rocaille florissant au XVIIIème siècle et dont l'engouement se prolongea, on le voit ici, jusque dans le milieu du XIXème siècle. Le témoignage le plus ancien attestant des signes mystérieux utilisés par le menuisier de Guengat se trouve consigné dans la Grammaire du Père MAUNOIR, datée de 1659 qui l'appelle l'Alphabet des anciens Bretons Armoriques. D'après MAUNOIR, il est tiré « partie d'un ancien calice de l'abbaye de Landévennec, partie de quelques anciens bâtiments et monuments de la Bretagne ».  (Castel 1986)

"Alphabet des Anciens Bretons Armoriques, tiré d'un ancien Calice de l'abbaye de Landevenec, d'une Croix de Pierre en Plou-Sané, à deux lieues de Breft, du Château de Lezafcoët près de Doüarnenez, dans les pierres de taille que j'ai vu en place en 1701 étoient toutes marquées de ces Caractères & de quelques autres Anciens monuments de la Bretagne."

 

 

.

Julien Maunoir, 1659, Grammaire page 4

 

.

 

"On voudrait bien en savoir plus sur ce fameux alphabet, dont on ne trouve de traces gravées que par Vincent Garrec deux siècles plus tard.

Entre temps, les auteurs de Dictionnaires bretons, Grégoire DE ROSTRENEN en 1732, et Dom LE PELLETIER en 1752 , ont redonné l'alphabet armoricain, dans leurs ouvrages. Par chance, le premier indique, pour ce qui est des monuments sur lesquels on le trouve, en plus du calice disparu, les pierres du château de Lezarscouet près de Douarnenez, affirmant qu'il les avaient vues en 1702."

.

 

Dictionnaire françois celtique ou françois breton... par le P. F. Grégoire, de Rostrenen, 1732 page 30

.

 

"Si l'on ne possède aucune description des caractères du calice de Landévennec, BACHELOT DE LA PYLAIE donne le dessin des glyphes de Lezarscouët, comme il les appelle dans les planches ses « Études archéologiques et géographiques ».

Or ces glyphes ne ressemblent guère aux tableaux donnés par Grégoire DE ROSTRENEN ou Louis LE PELLETIER. Ce sont tout simplement des marques de tailleurs de pierre. Les glyphes ressemblent fort aux signes relevés par nous sur les pierres de taille des façades du manoir de Moëlien, en Plonévez-Porzay. Il n'y a guère de doute et chacun peut en faire la vérification lui-même.

.

BACHELOT DE LA PYLAIE , glyphes de Lezarscoët relevés en 1845, planches « Études archéologiques et géographiques ».

 

.

Ainsi l'on n'est guère à notre connaissance très documenté sur ce curieux sujet de l'alphabet armoricain.

Mais ce qu'il y a de plus curieux, c'est de savoir comment Vincent GARREC de Guengat a pu être au courant de ces caractères, dits armoricains. Est-ce le fait d'un recteur érudit qui possédait dans sa bibliothèque la Grammaire de MAUNOIR ou bien l'un des dictionnaires que nous avons cité plus haut, qui aurait communiqué au menuisier local l'alphabet ?

En examinant le relevé que nous donnons on remarquera que GARREC en use très librement. Pour certaines lettres, il utilise l'alphabet romain qui est, tout simplement, le nôtre. Par exemple, le MU de l'abréviation du mot menuisier est parfaitement compréhensible pour nous... Cet intérêt de Vincent GARREC pour l'alphabet armoricain témoigne d'un goût pour un ésotérisme, qui a toujours fasciné, à toutes époques et que nos contemporains, avides de mystères au milieu d'un monde en proie à la rationalité, sont en train de redécouvrir." (CASTEL (Y.P.) :Esotérisme ? L'Alphabet Armoricain. Une curiosité peu connue - In Progrès de Cornouaille - 12/V/1986.). https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/files/original/27060aae6f0ed8a6bcba4b01005569a4.jpg

.

.

Yves-Pascal Castel  donne la transcription suivante des signes gravés sur la chaire à prêcher de 1843 transformée en autel :

.

Yves-Pascal Castel 1986

 

.

Traduction de la première inscription.

.

​PHILIPPE GUEGUEN

ADJOINT TRESORIER

.

Il faut sans doute comprendre : "PHILIPPE, adjoint. GUEGUEN, trésorier". En effet, les généalogistes ne mentionnent aucun Philippe Guéguen, mais par contre, de nombreux habitant de Guengat portent le patronyme PHILIPPE au XIXe siècle. Enfin, une inscription de 1838 à la voûte du chœur indique : "MARCHAND, Recteur. LE QUÉAU, Maire. PHILIPPE, adjoint. GUÉGUEN, trésorier 1660-1838".

 

 

 

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.
.

Traduction de la deuxième inscription.

.

 


LE QUEAU MAIRE.

.

 

Cette inscription  mentionne le nom de  Jean-Louis LE QUÉAU, né le 17 mai 1801 à Le Merdy, Guengat, et décédé le 9 avril 1849  à Guengat. Il fut maire de Guengat de 1836 à 1846.

https://gw.geneanet.org/kerangal?n=le+queau&oc=&p=jean+louis

.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

Traduction de la troisième inscription :

.
GARREC VINCENT MU [MENUISIER] 1843.

.

Vincent Garrec est le fils de Guillaume Le Garrec, (Plonéis,1785-1840), menuisier (acte de mariage 1831) et de  Marie Anne Perrine Jugeau (1787-1866). Il est né à Lezmel, Plogonnec  le 22 juin 1807 et est décédé le 8 février 1878 à Lestraon, Guengat. Sa profession de menuisier est précisée dès son premier acte de mariage en  1831. Il épousa en 1831  Marie Catherine Coadou 1797-1836,  dont il eut deux enfants Marie-Anne et Vincent, puis il épousa le 19 septembre 1836, à Guengat, Marie Catherine Lozachmeur ?1814-1887 dont huit enfants.

 

https://gw.geneanet.org/aaannagenea3?n=garrec&oc=&p=vincent+jean

https://www.geneanet.org/archives/actes/actesenligne/4925809

 

.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

Traduction de la quatrième inscription :

MARCHAND RECTEUR.

.

Cette inscription  renvoie à Clet-Marie MARCHAND, de Cléden-Cap-Sizun, recteur de Guengat de 1834 à 1849 (Abgrall). Il peut être assimilé au prêtre  Clet Marchand, Trouguer en Cléden-Cap-Sizun 25 juillet 1799/ Bourg de Cléden-Cap-Sizun 9 août 1884.

https://gw.geneanet.org/mjcoat?n=marchand&oc=1&p=clet

.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Panneau (1843) de l'autel (XXe siècle) de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

.

II. LE CONFESSIONNAL DE 1840.

.

Le confessionnal de 1840, classé au titre d'objet au 15-06-1999 a été décrit en 1984 par Yves-Pascal Castel qui en a déchiffré les inscriptions. La base Palissy le décrit comme "confessionnal n°2" dans sa notice PM290004857, en indique les mensurations avec sa hauteur de 3,90 m, sa largeur de 2,50 m et sa profondeur de 1,30 m. Il a été restauré en 1992.

Il est placé contre le mur nord de la chapelle du bas-côté nord, à côté de l'armoire à bannières.

Il est de cette forme à trois pans, traditionnelle en France, où une loge centrale équipée d'un siège et réservée au prêtre est accessible par une porte. Elle est entourée de deux compartiments ouverts, équipés d'une tablette (et jadis d'un prie-Dieu). Les compartiments communiquent, au gré du confesseur, avec l'isoloir par un double guichet grillagé à volet d'obturation coulissant, sorte de "boîte à lettres de la conscience". Il est couronné par un demi-dôme.

La porte est ornée de deux panneaux sculptés dont le principal est ajouré. Les montants latéraux et supérieurs de la porte sont aussi décorés, tout comme le dôme.

Les inscriptions mentionnent en français le nom du fabrique, du recteur et du maire, et en alphabet "ancien breton" celui du menuisier Vincent Garrec avec la date de 1840.

L'église conserve deux confessionnaux, dont un au fond de la nef. Jadis, l'un était réservé aux femmes et l'autre aux hommes, mais j'ignore si cet usage répandu est attesté à Guengat. Je présenterai, pour être complet, le confessionnal "n°1" en fin d'article.

.

 

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

Le panneau ajouré de la porte : le monogramme christique IHS sur un cœur et sous un pavillon frangé.

.

 

 

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

Composition aux feuilles de chêne.

.

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

Les inscriptions en français.

.

Sur le bâti du coté gauche :

PHILIPPE ADJOINT FABRIQUE

soit, en s'aidant de l'inscription de la chaire, "Philippe , adjoint au Maire et membre de la fabrique" ?

.

Sur le haut de la porte, du coté gauche :

MARCHAND : RECTEUR.

Cette inscription présente en "ancien breton" sur la chaire  renvoie à Clet-Marie MARCHAND, de Cléden-Cap-Sizun, recteur de Guengat de 1834 à 1849 (Abgrall)

.

Sur le haut de la porte, du coté  :

JEAN : LOIUS [sic] : LE QUÉAU : MAIRE.

Cette inscription présente en "ancien breton" sur la chaire  mentionne le nom de  Jean-Louis LE QUÉAU, né le 17 mai 1801 à Le Merdy, Guengat, et décédé le 9 avril 1849  à Guengat. Il fut maire de Guengat de 1836 à 1846.

https://gw.geneanet.org/kerangal?n=le+queau&oc=&p=jean+louis

.

 

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

Les deux inscriptions en ancien breton.

.

Elles se rapprochent de celle de l'ancienne chaire à prêcher, qui  ont été déchiffrées, nous l'avons vu, en 1986,  par l'abbé Castel .

En s'aidant de ce relevé, Christian Jouin a déchiffré l'inscription de gauche ainsi :

 

IAN : KAVAV

VAL : FABRIQ

UE : ROSERE

soit "Jean Keraval fabrique du Rosaire".

La mention "fabrique du Rosaire" est obscure. Il existe alors une confrérie du Rosaire, mais pas de fabrique propre au Rosaire.

Ce nom est attesté par les généalogistes : par exemple pour un tailleur d'habit et cultivateur (1805-1878) :

https://gw.geneanet.org/duport1?n=keraval&oc=&p=jean

En 1894, un Keraval pose une balustrade pour l'église (C. Jouin)

.

 

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

 

Pour l'inscription de droite, je transcris :

VINCENT GA

 MU 1840

, soit "Vincent Garrec Menuisier 1840" :

.

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°2 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

Le confessionnal n°1.

.

Il est comparable au confessionnal n°1, mais ne comporte aucune inscription.

.

Confessionnal n°1 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°1 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

Panneau sculpté de la porte : les emblèmes papaux (tiare et clés).

.

Confessionnal n°1 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°1 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°1 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°1 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°1 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Confessionnal n°1 de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

 

 

.

SOURCES ET LIENS.

.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1911, Notice sur la paroisse de Guengat, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, BDHA, Quimper

 

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/344

 

— CASTEL (Yves-Pascal), 1984, " Eglise Saint-Fiacre, inscriptions sur un confessionnal et sur l'autel" Bull. Société archéologique du Finistère page 327.

— CHUTO (Pierrick), 2010, «Le maître de Guengat».

"Au hameau de la Croix de mission, René Kéraval, le forgeron vit avec sa femme et ses sept enfants aux âges très rapprochés. Comme si cela ne suffisait pas, le couple accueille trois enfants de l'hospice. Cette pratique est courante à Guengat et permet aux ménages de gagner quelque argent.

À Lestraon, Vincent Garrec, menuisier et sa seconde femme, Catherine Lozachmeur, élèvent cinq enfants. Celle-ci a accouché d'Hervé le petit dernier, à 41 ans. Elle allaite également Marie-Louise Philomène, nourrisson abandonné à Quimper. "

https://www.letelegramme.fr/local/finistere-sud/ouest-cornouaille/dzregion/guengat/livre-le-maitre-de-guengat-de-pierrick-chuto-23-02-2010-796261.php

Voir aussi :

https://www.histoire-genealogie.com/L-alcoolisme-au-XIXe-siecle-en-Basse-Bretagne

 

 

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988,  Notice sur les paroisses,...

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/GUENGAT.pdf

"Nouvel autel face au peuple, fait de panneaux provenant de la chaire à prêcher de 1843 ; l'inscription subsiste, en alphabet artisanal, dont le nom du recteur Marchand, du maire Le Quéau, de l'adjoint Philippe, du trésorier Guéguen et du menuisier, Vincent Garrec Mu. Ces noms se retrouvent dans une inscription peinte sur la voûte pour signaler une réfection du lambris.

Deux confessionnaux du XIXe siècle ; celui du sud porte la date de 1840 et une inscription dans les mêmes caractères que l'ancienne chaire."

 

— DILASSER (Maurice), 1979 : Locronan et sa région (Paris, 1979)

DIVERRÈS (Henri), 1891,  "Monographie de la commune de Guengat ", Bull. S. A. F., pages 42-61).

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f115.image

— JOUIN (Christian), s.d, Tout sur l'histoire de Guengat.

https://www.guengat.com/

— JOUIN (Christian),  2021, twitter Estelle Boudillet

PÉRENNÈS (Henri), 1941 : Guengat (Rennes) non consulté

— POP.CULTURE

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29004857

 

 

— WAQUET (Henry ), 1957,  Guengat (S.F.A. - Congrès archéologique de France CXVe session 1957 Cornouaille.) -

— WAQUET (Henry ), 1942, Art breton, 2è éd., 1942, pp.145-151

— Sites divers :

http://www.guengat.com/8/eglise05.html.

— Site Tout sur l'église : http://www.guengat.com/8/eglise07.html

— Site Infobretagne : http://www.infobretagne.com/guengat.htm

http://www.guengat.fr/patrimoine/leglise

 

— WIKILAND

https://www.wikiwand.com/fr/Guengat

Wikipédia 

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Inscriptions Chapelles bretonnes. Sculpture
19 janvier 2022 3 19 /01 /janvier /2022 15:45

 

L'enfeu nord, et le  gisant (granite, après 1524 ?)  de Jean de Saint-Alouarn et Marie de Trégain dans l'église de Guengat.

.

.

 

.

Voir sur Guengat :

 

.

Voir sur l'art tumulaire hors Bretagne:

 

.

Sur les gisants de Bretagne, voir (approximativement par ordre chronologique) :

.

 

.

 

.

.

Contre la porte de la sacristie précédant la chapelle Saint-Roch au nord du chevet, un enfeu est occupé par un gisant.

En position symétrique du coté sud (chapelle Saint-Michel) se trouve un autre enfeu, vide, et dont, comme ici, l'accolade à crochets et fleurons s'appuie sur deux écus muets (sans doute martelé à la Révolution). 

On attribue, en toute logique, ces enfeus (déverbal d'"enfouir") à chacune des principales familles de la paroisse, Guengat et Saint-Alouarn. Et selon l'Aveu de Jacques de Kergorlay, héritier des prééminences après le mariage de son père René avec Louise de Guengat, l'enfeu "du côté de l'évangile" donc au nord est celui des seigneurs de Guengat (cf. Sources).

Ce n'est qu'au XXe siècle que l'enfeu nord reçut le monument funéraire qu'on y trouve aujourd'hui, et que les armoiries attribuent à la famille de Saint-Alouarn.

Celui-ci est l'un des rares gisants doubles (couple) de Bretagne avec celui d'Olivier de Clisson et de Marguerite de Rohan, un siècle auparavant.

.

Les tribulations du gisant de Saint-Alouarn.

.

Ce gisant proviendrait des ruines du manoir (?) de Saint-Alouarn à Guengat, lequel disposait d'une chapelle seigneuriale, et fut vendu à la Révolution après la fuite de la famille à Jersey.(H. Torchet )

Selon Christian Jouin, qui cite toutes ses sources, il fut placé ensuite dans la chapelle Lanascol (bas-côté nord), puis dans le cimetière jusqu'en 1881, puis dans l'ossuaire attenant à l'église juste avant le porche. Une photo de Jos Doaré datant de 1968 (site POP. Culture) le montre, posé au sol, sans soubassement, contre le mur d'un local qui est sans-doute l'ossuaire. https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29000324. C'est donc vers le dernier quart  du XXe siècle qu'il fut placé dans cet enfeu.

.

Description.

.

L'enfeu associe à l'accolade gothique à crochets et fleurons retombant sur deux écus martelés une pierre plus haute (réemploi ??) où deux anges portent un écu également muet.

.

Le gisant  est a priori celui de Jean de Saint-Alouarn et son épouse Marie de Trégain . On identifie clairement la famille par le griffon du blason placé entre les époux  et qui renvoie aux armes d'azur au griffon d'argent  de Saint-Alouarn.  L'animal est dressé, toutes griffes dehors, ses ailes sont visibles ainsi qu'une queue hérissée de spicules.

 

.

SanglierT — Travail personnel Wikipedia

.

.

Entre les deux époux, deux anges ont placé ce blason parfaitement lisible. De l'autre main, ils caressent les cheveux des défunts, et nous incitent à observer ces coiffures du XVIe siècle. Mais le plus admirable est la robe de la défunte, très ajustée, aux plis réguliers ne débutant que sous le bassin, mais dont le pli médian remonte sous forme d'une tresse serpentine jusqu'à l'amorce des seins.

Jehan de Saint-Alouarn est en armure. La ceinture est décorée de cabochons losangiques.  La cuirasse est recouverte d'un tabard frangé à l'extrémité basse. Le bras droit est en bonne partie brisé, tout comme la hanche droite. Le seigneur ne porte pas d'épée, mais c'est peut-être un poignard qui a été brisé sur la hanche.

Ses pieds sont posés sur un lion (ce qui est conforme à un usage répandu) tandis que ceux de son épouse reposent sur un chien, dans lequel on peux imaginer l'habituel lévrier malgré les destructions.

.

.

Données biographiques.

.

Pol Potier de Courcy indique :

Saint-Alouarn (de) : seigneur dudict lieu et de Kervéguen, paroisse de Guengat . Référence et montres de 1423 à 1536 pour la dite paroisse, évêché de Cornouaille. D'azur au griffon d'argent (Armorial de l'Arsenal). Fondue dans Alleno.
.

Cette fusion avec Alleno date de 1550, par le mariage de Claudine , nièce de René de Saint-Alouarn (présent à la montre de 1536) avec Pierre Alléno de Kersalic, conseiller du roi au Présidial de Quimper. 

Dans cette famille, on connaît Daniel et Guillaume (montre de 1356), Jean (capitaine de Concarneau en 1393, René (1420), Hervé (montre de 1426), Jean (1470), Prigent (fondateur d'une chapelle Notre-Dame de Guengat en 1502, maître d'hôtel de Claude de Rohan en 1488), René (montre de 1536) et Daniel ( dernier abbé de l'abbaye de Quimperlé à partir de 1521, décédé en 1553).

.

Le couple Jehan de Saint-Alouarn et Marie Trégain.

-Leur promesse de mariage date du 28 novembre 1471. Le 28/11/1471 mariage d'Alain de Kerraoul avec Marie du Fou fille  d'Hervé du Fou. (Le même jour : promesse de mariage de Jehan le fils âgé de moins de 14 ans d'Alain de Kerraoul de Sainct Alouarn avec Marie Tregayn la fille aînée de Jehan de Trégayn et  Marie du Fou."
 

"Aveux de Kerraoul: Jean Trégain décédé avant 1471 époux de Marie du Fou ( qui se remariera avec Alain de Kerraoul)
D’ou    Catherine de Trégain épouse d’Hervé Mazéas." et    Marie épouse en 1479 Jan de Kerraoul de St Alouarn, né en 1558.

-Leur mariage date du 14 décembre 1479.

 

http://www.laperenne-zine.com/articles.php?lng=fr&pg=534

http://www.laperenne-zine.com/articles.php?lng=fr&pg=670

http://www.laperenne-zine.com/articles.php?lng=fr&pg=677

-Jehan de Sainct-Allouarn fait partie, à la Montre de 1481, des "Nobles et annoblis deffaillans et non comparoissans"

https://www.tudchentil.org/IMG/pdf/Montre_de_1481_en_Cornouaille.pdf

-Le manuscrit BnF 22318 indique page 172 que Marie Trégain est veuve en 1510 (évocation de Prigent de Saint-Alouarn contre Marie Trégain veuve de Jehan de Saint-Alouarn).

Le même manuscrit indique page 214 que Marie Trégain est encore vivante en 1517 ("1517, Marie Trégain contre Guillaume de Trégain son frère aîné sur la succession de leur père).

Elle est également vivante, sauf homonymie, en 1524 : id. page 723 : 1/X/24, Marie Trégain contre Guillaume Trégain.

.

Datation.

-Selon les documents :

-La date la plus précoce serait celle du mariage : 1479

-La date plus probable, si le monument est commandé par la veuve, qui s'y fait figurer (ce n'est pas rare) est celle qui suit le décès de Jean de Saint-Alouarn  : peu avant 1510

-La adte la plus probable est celle qui suit le décès de sa veuve : après 1524

-Selon les armoiries : celles-ci ne donnent aucune précision en dehors de la désignation de la famille du défunt.

-Selon les  costumes : ces informations sont à prendre avec précaution, les défunts se faisant représenter selon des conventions, dans leur âge et leurs  atours idéaux. Néanmoins des spécialistes des armures, ou de l'habillement féminin, pourraient apporter d'utiles précisions.

.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'enfeu nord, et le  gisant (granite, après 1524 ?)  de Jean de Saint-Alouarn et Marie de Trégain dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

L'enfeu nord, et le  gisant (granite, après 1524 ?)  de Jean de Saint-Alouarn et Marie de Trégain dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

L'enfeu nord,  dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

L'enfeu nord, dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

L'enfeu nord dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

L'enfeu nord dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

L'enfeu nord, et le  gisant (granite, après 1524 ?)  de Jean de Saint-Alouarn et Marie de Trégain dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

L'enfeu nord, et le  gisant (granite, après 1524 ?)  de Jean de Saint-Alouarn et Marie de Trégain dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le  gisant (granite, après 1524 ?)  de Jean de Saint-Alouarn et Marie de Trégain dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le  gisant (granite, après 1524 ?)  de Jean de Saint-Alouarn et Marie de Trégain dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le  gisant (granite, après 1524 ?)  de Jean de Saint-Alouarn et Marie de Trégain dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le  gisant (granite, après 1524 ?)  de Jean de Saint-Alouarn et Marie de Trégain dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le  gisant (granite, après 1524 ?)  de Jean de Saint-Alouarn et Marie de Trégain dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

Le  gisant (granite, après 1524 ?)  de Jean de Saint-Alouarn et Marie de Trégain dans l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile janvier 2022.

.

.

Document : Musée départemental breton (non exposé) R. 2001.15.1 et 2.

Une pierre en deux morceaux est conservée au Musée. Sur la première moitié de la pierre, un écusson est sculpté représentant un animal ailé de profil à tête d'aigle et pattes de lion (griffon) . Un blason entier et un demi se trouvent sur la deuxième moitié.

"Catalogue du Musée Archéologique et du Musée des Anciens Costumes Bretons de la ville de Quimper" / SERRET (A.).- Quimper : éd.Société Archéologique du Finistère ; Quimper, imprimerie Cotonnec, 1901. p.109, n°19-24

"Bulletin de la Société Archéologique du Finistère", 1894, tome XX, Séances du 22 février et 26 avril 1894 : "une troisième pierre porte à chaque extrémité un écusson aux armes de Saint-Alouarn : d'azur au griffon d'argent."

 

Pierre aux armoiries des Saint-Alouarn - Fragment de pierre tombale. Granit, XVIe siècle.

.

.

 

 

.

SOURCES ET LIENS.

.

ABGRALL (Jean-Marie), 1911, Notice sur la paroisse de Guengat, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, BDHA, Quimper

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/e296d04e82cd30c9fa97fe5d8508bc81.pdf

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/344

"Au bas, la nef latérale Nord s'élargit sur l'espace de trois travées, de manière à former une vaste chapelle, autrefois chapelle seigneuriale des Lanascol ou Quimper. On y trouvait une tombe de cette famille avec deux gisants, couchés côté à côte, qui représentent, selon M. Pol de Courcy (Bret. Cont.) Hervé de Saint-Alouarn et sa femme, vivant en 1426. Cette tombe est maintenant transportée dans l'ancien ossuaire, au bas du collatéral sud."

 

—CHUTO (Pierrick), 2010, Le manoir de Saint-Alouarn de 1792 à 1834 à Guengat en Basse-Bretagne.

https://www.histoire-genealogie.com/Le-manoir-de-Saint-Alouarn-de-1792-a-1834-a-Guengat-en-Basse-Bretagne

"Le 30 mars 1792, un décret confisque les biens des ennemis de la Révolution. Le 27 juillet, un autre décret en ordonne la vente. La famille Aléno de Saint-Alouarn, propriétaire d’un immense domaine à Guengat, petite commune rurale à deux lieues environ de Quimper, émigre à Jersey. Depuis de nombreuses années, la famille ne séjournait que rarement au manoir. Le superbe hôtel de la rue Saint-Mathieu à Quimper et le manoir de La Villeneuve en Plomeur avaient ses préférences.

Deux jours de suite, ils parcourent les terres. Avant de quitter les lieux, ils entrent dans la salle au rez-de-chaussée de la maison de Saint-Alouarn, donnant à gauche de l’entrée et « aperçoivent au-dessus de la cheminée, les armes imprimées de morceaux de grappes blanches de la ci-devant noblesse ». François Morvan est chargé de monter sur une échelle et d’enlever les armes à l’aide d’un levier de fer. Il les a en garde jusqu’au moment où Laurent Ollivier se charge de les faire transporter par charrette à Quimper."

 

— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988,  Notice sur les paroisses,...

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/GUENGAT.pdf

— COURCY (Pol Potier de), Nobiliaire :

https://www.google.fr/books/edition/Histoire_de_l_Abbaye_de_Sainte_Croix_de/27wGAAAAQAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=Saint+-+Alouarn+griffon&pg=PA381&printsec=frontcover

 

DILASSER (Maurice), 1979 : Locronan et sa région (Paris, 1979)

DIVERRÈS (Henri), 1891,  "Monographie de la commune de Guengat ", Bull. S. A. F., pages 42-61).

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f115.image

JOUIN (Christian), s.d, Tout sur l'histoire de Guengat.

https://www.guengat.com/

— KERGORLAY (Jacques de), 1681, Extrait de l'aveu de Jacques DE KERGORLAY :1681 : [AN P/1689] - Quimper (Finistère, France) - Terriers | 1678 - 1682 - Geneanet

« A cause de laquelle terre et Seigneurie de guengat cy devant déclarées ledit Seigneur déclarant est patron fondateur et le premier préminancier de l'églize parroissialle de guengat, laquelle parroisse a tousiours porte le nom de la Maison de guengat comme estants Véritablement les seigneurs patrons et fondateurs d'Icelle, ainsy qu'il Se Justiffie par la déclaration cy devant où l'on a employé plusieurs tenues Situées audit bourg appartenantes audit Seigneur déclarant, en laquelle Église parroissialle de guengat tant en la maistresse Vitre aux plus haults Soufflets tant en la Maistresse Vitre, qu'aux autres Vitres de ladite Église et chapelles d'Icelle, mesme en bosse et relief autour des murailles tant par dehors que au dedans en plusieurs endroicts et en la tour et clocher d'Icelle Sont les arbres timbrés et alliances de ladite Maison de guengat et dans le coeur &  chanceau de ladite Église, au milieu proche le balustre du grand autel est Un tumbeau de pierre de taille Enlevé de terre d'Environ deux pieds et demy armoyé par dessus et à l'entour des Armes et timbres de ladite Maison de guengat, Lequel tumbeau est l'ancienne Sépulture et Enfeu prohibitif des Seigneurs de guengat proche duquel tumbeau du costé de l'Évangille est Un banc à queue et Accoudouers Aussy Armoyé des Armes de ladite Maison appartenant audit Seigneur déclarant lequel et Ses prédécesseurs Seigneurs de guengat Sont En droict et possession Immémorialle de faire mettre Une ceinture et Lizière avec leurs Armes tant par dedans que par dehors à l’entour d'Icelle Églize parrochialle de guengat à chaque décéds des Seigneurs de guengat"

PÉRENNÈS (Henri), 1941 : Guengat (Rennes) non consulté

POP.CULTURE

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00089983

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29000324

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/memoire/AP29W01734

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/palissy/PM29000324

Photo Yann Celton 2019 :

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/memoire/OA029_192900645

.

—TORCHET (Hervé) , Famille de Saint-Alouarn

http://www.laperenne-zine.com/articles.php?lng=fr&pg=670

 

— WAQUET (Henry ), 1957,  Guengat (S.F.A. - Congrès archéologique de France CXVe session 1957 Cornouaille.) -

— WAQUET (Henry ), 1942, Art breton, 2è éd., 1942, pp.145-151

— Sites divers :

http://www.guengat.com/8/eglise05.html.

— Site Tout sur l'église : http://www.guengat.com/8/eglise07.html

— Site Infobretagne : http://www.infobretagne.com/guengat.htm

http://www.guengat.fr/patrimoine/leglise

 

— Bull. SAF 1968 ...sition de fonds qui appartenoit à la Maison de St Alloarn ) les armoiries de la Maison de Saint - Alouarn et le ... Et le soufflet du milieu au plus bas desdits soufflets a aussy un griffon des armes de Saint - Alouarn les autres vitrages estans de verres peints et en assez bon estat a l'exception de deux petits trous qu'il  faut reparer , avons ..

— Daniel de Saint-Alouarn, dernier abbé régulier de l'abbaye de Quimperlé vers 1538, mort en 1553 :

https://www.google.fr/books/edition/Histoire_de_l_Abbaye_de_Sainte_Croix_de/27wGAAAAQAAJ?hl=fr&gbpv=1&dq=Saint+-+Alouarn+griffon&pg=PA381&printsec=frontcover
 

WIKILAND

https://www.wikiwand.com/fr/Guengat

—Wikipédia (donne la date de 1426 erronée)

https://de.wikipedia.org/wiki/St-Fiacre_(Guengat)#/media/Datei:Guengat_%C3%89glise_Saint-Fiacre_Gisants_516.jpg

 

 

 

 

 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Gisants Chapelles bretonnes. Héraldique Sculpture
17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 23:14

La charpente sculptée ( sablières, engoulants et abouts de poinçons) de l'église Saint-Fiacre de Guengat.

.

Sans craindre le travers de la méticulosité, nous avons plutôt tendance à penser que seule la minutie est vraiment amusante. Thomas Mann, "La montagne magique", 1924.

 

.

 

 

.

 

.

PRÉSENTATION.

.

Si les premières mentions de scènes des sablières de Guengat datent de 1891 avec la tentative d'interprétation de H. Diverrés qui y voient des armes parlantes (Lièvre blanc = Guengat, sanglier pistant un renard = Saint Alouarn), puis de 1911, date à laquelle le chanoine Abgrall reprend ces interprétations, et décrit les scènes les plus remarquables, et si ces sablières ont été ensuite rapidement décrites par Couffon en 1959 (réed. 1988) et étudiées mais non décrites par Sophie Duhem dans sa thèse générale sur les sablières de Bretagne (17 références dans l'index), leur première description  exhaustive, et prudente dans ses interprétations, est donnée par Christian Jouin dans son remarquable site "Tout sur Guengat". Mon article de 2014 tendait vers l'exhaustivité (sans y parvenir), reprenait comme argent comptant les interprétations de la littérature, et donnait aux internautes un premier relevé photographique du corpus. En 2019, un album sur les Trésors cachés des sablières de Bretagne proposait, pour les scènes les plus pittoresques, quatre photographies rutilantes  d' A. P. Standford.

Je souhaite aujourd'hui donner un nouveau relevé photographique, cette fois-ci complet et détaillé, des pièces sculptées, et y associer les autres éléments sculptés figuratifs de la charpente que sont les engoulants du bas-côté nord et les abouts de poinçon du chœur. 

Je veux aussi, après avoir décrit une trentaine de sablières de Bretagne, reprendre d'un œil plus critique les interprétations qui en sont données.

.

Datation.

"Fin XVIe-début XVIIe siècle" selon S. Duhem.  J'aurai opté pour une datation plus précoce, en raison du bestiaire très médiéval, de la quasi absence d'influence de la Renaissance, et de la ressemblance des dragons avec ceux du Maître de Plomodiern (vers 1564), mais sur un mode moins poussé. On rêve d'une étude dendrologique.

.

Restauration (sous réserve).

-En 1838 (d'après C. Jouin) 

-En 1991.

-En 2010 par l'entreprise Savina de Plouhinec.

-Hiver-printemps 2012, restauration complète de la charpente de la chapelle du Rosaire par Le Ber (Sizun). Dossier iconographique 25 clichés.

-En 2021, "mise en place d'une étude sur la rénovation du mobilier" demandée par la DRAC, Matthieu Bargain, conseiller au patrimoine, pour 17 statues classées (priorité pour saint Ivy et sa niche), un retable, un panneau peint et divers mobiliers.

Toute la charpente est lambrissée et peinte en bleu clair avec des nervures soulignées d'un bleu plus foncé et sculptées en frise de motifs géométriques rouges et noirs.

Les pièces de sablière sculptées se trouvent des deux cotés de la nef, dans une chapelle sud dédiée au Rosaire (quatre pièces) et dans la chapelle Saint-Roch  (deux pièces) au nord du chœur.

Remarque : D'une façon générale, nous ne pouvons nous fier aux couleurs actuelles, qui ne doivent pas être les couleurs d'origine. Il nous faudrait un rapport d'expertise dressé lors d'une restauration. 

.

.

Description.

Je débuterai par la périphérie et le coté sud...
.

 

 

 

.
.

.
I. LES SABLIÈRES DE LA CHAPELLE DU ROSAIRE OUVRANT DANS LE BAS-CÔTÉ SUD.

.

Les deux côtés est et ouest de la chapelle  sont ornés de sablière. De chaque côté,  un entrait engoulé sépare les sablières en deux pièces. 

Chaque pièce est soulignée à sa partie inférieure par une frise de godrons rythmée par des têtes d'angelots ailés.

D'après le dossier de l'atelier Le Ber, la part de la restauration de novo en 2012 est considérable, tant pour la charpente proprement dit que pour les éléments sculptés ornementaux, mais j'ignore quels sont les relevés de l'état pré-restauration.

.

.

LE COTÉ OUEST.

.

Le côté ouest, première pièce. Quatre "chevaux" autour d'une rosace.

.

Le blochet  en forme de volutes est sculpté de manière non figurative.

Quatre animaux entourent une rosace centrale. Malgré une facture grossière, on reconnaît à gauche deux chevaux, séparés par une cloison de stalle d'écurie ; celui de droite semble doté d'un panier dont rien n'indique qu'il est suspendu à la tête, mais qui peut faire office de mangeoire à grains.

Les deux queues sont différentes, celle de l'animal de gauche est excessivement longue, celle de celui de droite est retroussée.

Les oreilles sont dressées et longues à gauche.

Le ventre du cheval de droite, dilaté, pourrait indiquer une jument ; le sexe de celui de gauche n'est pas représenté.

Aucune pièce d'harnachement n'est figurée.

.

 

 

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

De l'autre coté de la rosace, nous pouvons hésiter entre chevaux, ânes ou mulets. Les robes sont différentes. Le "cheval" de droite est un mâle. Les pattes postérieures de celui de gauche sont à demi fléchies, ce qui a pu inciter à voir là une scène d'accouplement.

.

Conclusion. 

Nous ne pouvons tirer de ces quatre "chevaux" aucune interprétation renvoyant à une saynète, un proverbe, une légende, etc. La réunion de ces quatre équidés n'a aucun sens, elle est une décoration animalière, tout au plus  à visée  de distraction des fidèles en rapport avec leur environnement rural.

 

.

.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Le côté ouest, deuxième pièce. Un homme (chasseur ?), un chien (de chasse ?), une oie (?) / Un taureau et une vache.

.

 

 

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Du coté gauche de la rosace. Un homme portant un objet allongé et un chien.

.

Les vêtements de l'homme ne sont pas détaillés. Il pourrait être nu, mais à cela s'oppose le fait qu'il semble chaussé de sabots. Il est imberbe et porte les cheveux longs, couleur auburn. Sa jambe gauche est avancée, dans l'attitude de la marche.

 

L'objet qu'il tient est élargi en crosse à l'extrémité tenue par la main droite. L'autre extrémité est soutenu par la main gauche. L'hypothèse d'un fusil est plausible. Ce serait alors un chasseur, accompagné par son chien.

Le chien ne porte pas de collier, ce qui est conforme au style général où les détails d'habillement et harnachement sont absents. Les oreilles longues sont cohérentes avec l'hypothèse d'un chien de chasse.

Ce chien fait face à une oie (ou à un gibier d'eau, palmipède, mais l'attitude face à face ne plaide pas pour une poursuite ou à un arrêt).

.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Du coté droit de la rosace, un taureau et une vache ; un lapin (ou lièvre).

.

Aucune suite logique avec la partie de gauche, hormis le thème animalier. Aucune cohérence non plus dans la confrontation de la vache avec un lapin.

.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

 

 

LE COTÉ EST.

.

Le blochet sud-est. Un homme aux bras écartés.

.

Le personnage est remarquable et pittoresque, mais il est néanmoins impossible de l'identifier. Cet homme barbu, cheveux longs, aux mains écartées comme un "ravi" de crèche, nous intrigue par son chapeau semblable à un fez oriental. Ce chapeau, la tunique mi-longue et les braies sont rouges, seuls deux boutons et un col sont verts.

.

 

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Première pièce à l'est. Arabesque de feuillages autour d'un masque d'homme barbu.

.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Deuxième pièce à l'est. Animaux et blason des Guengat.

.

Coté droit. Un coq mangeant un tas de [grains ?] ; un animal [renard ??] mangeant un objet [poisson ? poule ?].

.

On pense à un coq en raison de la queue aux plumes faisant éventail. Il se penche sur un objet  pyramidal marron.

Le quadrupède est doté d'une queue très long s'achevant par une boucle. La peinture forme des taches sombres sur cette queue et des rayures sur la crinière. Les oreilles sont longues et dressées. L'animal aux pattes postérieures fléchies tient par ses antérieures une proie qui ressemble autant à une poule (si c'est un renard) ou un poisson. En réalité, les caractéristiques sont trop incohérentes pour identifier un animal précis si on ne s'aide pas, avec les risques que cela comporte, de son intuition.

.

 

 

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Le blason des Guengat.

L'indentification est assurée, car les trois paumes caractéristiques s'inscrivent dans un écu, et que ces armes sont bien connues ici tout comme à Plogonnec.  Ce sont celles des seigneurs de Guengat, d'azur à trois mains dextres appaumées d'argent en pal. Mais les couleurs du fond (marron et non bleu) et des paumes (rose chair et non blanches) ne respectent pas les données de l'héraldique.

.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

 

Coté gauche. Un animal sonnant de la trompe. Une croix pommée verte et jaune à l'extrémité d'un "calvaire" vert à trois degrés.

.

L'animal est identique à celui du coté droit. Ceux qui ont opté alors pour un renard peuvent reprendre ici leur interprétation. Il souffle dans une trompe qui peut être rapprochée, si on veut, d'une trompe de chasse.

.

 

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Engoulant de l'entrait.

.

Engoulant de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Engoulant de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

About de poinçon faisant fonction de poulie.

.

About de poinçon de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

About de poinçon de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

About de poinçon de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

About de poinçon de la chapelle du Rosaire de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

II.  LA CHAPELLE DE SAINT-MICHEL   AU SUD DU CHOEUR.

.

Sablière du coté oriental. Frise végétale semblable à la première pièce orientale de la chapelle du Rosaire, mais dont des parties ont été remplacées par des panneaux peints d'écu à motif floral, fantaisiste.

Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Blochet sud-est. Tête d'homme coiffé d'un bonnet et montrant les dents.

.

 

Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Blochet sud-ouest. Masque de deux têtes masculines jumelées, bouche ouverte sur une langue rouge.

.

La partie haute ou "bonnet" forme presque un culot.

 

.

Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Sablière du coté occidental. Frise végétale symétrique à la pièce orientale  : deux feuilles d'acanthe encadrent, de part et d'autre de l'entrait engoulé,  des panneaux peints d'écu à motif floral, fantaisiste.

Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

About de poinçon : une tête de dragon montrant les dents.

Tous les abouts de poinçon de la charpente sont peints en bleu dans la même teinte que le lambris.

.

Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Pièces de charpente de la chapelle Saint-Michel de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

.
.

.
III. LA SABLIÈRE ET L'ENTRAIT DE LA CHAPELLE DE SAINT-ROCH   AU NORD DU CHOEUR.

.

Au dessus de l'arcade séparant le chœur de la chapelle Saint-Roch se trouve une première pièce. Il s'agit d'un entrait à engoulant, transformé et intégré à la cloison. Un masque d'homme  barbu crache des rinceaux serpentiformes délimitant des loges à éventails floraux.

.

Entrait  de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Entrait de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Entrait  de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Entrait de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Entrait  de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Entrait de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Entrait  de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Entrait de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

La sablière du mur ouest de la chapelle : deux dragons à queue céphalisée menacent de dévoration une femme nue aux cheveux blonds. 

.

Les dragons au corps verruqueux (coups de gouge en V) sont dotées de pattes-nageoires et d'appendices supérieures en plume. Le museau de leur gueule largement ouverte sur une copieuse dentition est retroussé. La langue est tendue vers la proie. Les oreilles sont rondes. La queue se transforme en une deuxième tête identique à la tête principale.

Tous ces caractères sont ceux des dragons des sablières du Finistère, et notamment de celles de l'atelier du Maître de Plomodiern actif à Plomodiern, Saint-Nic, Pont-Croix et Cap-Sizun au milieu du XVIe siècle, mais tous les traits stylistiques de cet atelier (cartouches ...) ne se retrouvent pas à Guengat, et les transformations végétales des dragons sont ici plus timides.

La partie basse du buste du personnage central est détruite. La tête est rasée mais une natte (ou corde ?) l'entoure du côté gauche. On peut deviner un bras gauche dressé et les épaules.

Les personnages dont la tête est placée entre les gueules de deux dragons abondent dans la production du Maître de Plomodiern et autres sculpteurs de sablières, et on en trouve aussi un très bel exemple sur le coté sud de la nef.

.

 

Sablière de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablière de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablière de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablière de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablière de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablière de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablière de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablière de la chapelle Saint-Roch de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

.

IV. SABLIÈRES DE LA NEF ET DU CHOEUR, CÔTÉ NORD.

.

Description du chevet vers la nef, et donc de la droite vers la gauche.

.

Frise de rinceaux fleuris (roses ?) sculptée ou en partie peinte. Quatrefeuilles peint.

.

Note. Les quatrefeuilles se retrouvent à intervalles réguliers, toutes les quatre nervures, et me semblent peints sur les sections d'anciennes poutres (entraits) qui auraient été supprimées, puisqu'on les retrouve au même endroit du coté sud.

.

Les sablières de l'église de Guengat.
Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Deux licornes affrontées autour d'un feuillage stylisé en arbre.

.

Ces deux licornes, qu'on retrouve en vis à vis du coté sud, sont encadrées par des feuillages stylisés en petits arbres(come sur les peintures sur verre et enluminures médiévales), et s'affrontent de part et d'autre d'une tige fleurie, dotée de deux branches repliées en bras, autour d'un ovale. Cette tige, légèrement anthropomorphe, ou évoquant un emblème symbolique, peut être vue comme un arbre de la symbolique médiévale, comme celui du Paradis, et, du moins, interpelle par ses particularités.

.

Dans son ouvrage, Sophie Duhem décrit la présence de ce thème des licornes sur les sablières bretonnes :

"Ce que nous avons observé pour la sirène [ provenant de l'imagerie bas-médiévale européenne] s'avère valable pour les centaures et les licornes.

Ces dernières apparaissent sur une trentaine de sablières sous l'apparence commune de chevaux dotés de cornes frontales. Si quelques licornes sont représentées isolées (chapelle Saint-Hervé à Gourin, Malestroit, Plouaret, chapelle Saint-Eloi en Saint-Nicolas-du-Pélem, chapelle de Burtulet en Saint-Servais ), la plupart sont insérées dans des saynètes classiques de l'iconographie médiévale.

L'image de la licorne affrontée au lion, qui apparaît par exemple sur la célèbre tapisserie conservée au Musée de Cluny, orne également les sablières bretonnes : à Châtelaudren, Grâces-Guingamp, Trémeur et Locmalo (Ch. De Kerlénat). Le thème est toujours d'actualité un siècle plus tard, repris en 1652 à Ploërdut par l'artiste de la chapelle de Crénénann. Sur quelques poutres, le lion est remplacé par une hydre ou un dragon, comme à Kerpert, Grâces-Guingamp et Saint-Gilles-Pligeaux (Ch. Saint-Laurent) .Une autre variante existe à Lanmérin, sous la forme d'une licorne pourchassée par une meute de chiens.

Les artisans actifs autour de Kerlénat ont préféré la représentation moins classique de deux licornes affrontées, disposées de part et d'autre d'un homme en buste tenant leur barbiches.

Ce thème est illustré sur les charpentes de Locmalo, de Bieuzy, de Baud, de Guern (Chapelle Saint-Jean), et il semble qu'il ait également inspiré les sculpteurs de Cléguérec (chapelle de la Trinité), de Melgven (chapelle de la Trinité), de Guengat et du Tréhou. La plupart des représentations sont donc relativement stéréotypées, et conformes aux sujets en circulation à partir de la fin du XVe siècle. Deux exemples, qu'il faut rattacher aux nouveautés du répertoire renaissant, s'écartent des modèles habituels : à Confort-Meilars, l'animal sort d'une corne d'abondance, et, à Pleyben, son corps est végétalisé. "(S. Duhem p. 169 et notes p. 199)

.

Remarques :

—Je n'ai pas su voir de licorne sur les sablières lors de ma visite de l'église Saint-Gilles de Malestroit. Je doute de sa présence à Confort-Meilars où je ne l'ai pas reconnue. La "licorne " de Pleyben est en réalité un cheval dont l'oreille est saillante.

—Une très belle scène d'affrontement de deux licornes attelées est présente sur les sablières de Bodilis.

— Je peux reprendre ici ce que j'ai écrit à propos des licornes affrontées des sablières de Le Tréhou :

"Je remarque que cette scène n'a rien de commun avec le thème (religieux ou mystique issu du Physiologus)  de la Licorne de l'Annonciation, ni avec celui de la Chasse de la Licorne, tous deux en relation avec la croyance que la licorne, pour être chassée, devait être "appâtée" par une jeune fille vierge.

Voir l'Annonciation à la licorne ou  Chasse mystique de Schongauer à Colmar (v.1480) et 

Le vitrail de l'Arbre de Jessé de la cathédrale de Sens.

Au contraire, nous sommes ici dans le domaine profane et ornemental qui recherche dans les créatures chimériques, imaginaires ou exotiques des sujets distrayants propres à séduire l'imagination. Malgré notre avidité à trouver du sens à ces images, et malgré notre réticence à accepter que le sacré voisine avec les drôleries (ou les obscénités), nous sommes invités à accepter les changements de point de vue et  à découvrir ceux de  nos ancêtres : ce n'est pas la moindre des aventures auxquelles la visite d'une église bretonne nous convie."

—Voir :

.

.

 

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Un sanglier, un chien et un lapin blanc devant un feuillage.

.

C'est ce groupe qui a incité H. Diverrès en 1891 à décrire "un lièvre blanc, par allusion au nom de Guengat" puis "un sanglier suivant un renard à la piste" en considérant qu'il s'agit "d'une plaisanterie du nom de saint Alouarn, l'un des seigneurs de l'endroit, qui portait des hures de sanglier  San ar louarn ("sent le renard").

Ces propositions ont été reprises par tous les auteurs.

.

Pourtant, la première proposition doit être tempérée par le fait qu'on trouve des lapins blancs sur d'autres sablières (comme à Trémalo) sans qu'ils ne trouvent leurs justifications sur un jeu de mots : c'est une figure courante du bestiaire de l'iconographie. D'autre part, je ne suis pas sûr que les seigneurs de Guengat aient apprécié ce jeu. L'étymologie du toponyme Guengat serait bien fantaisiste, et Deshayes indique que le nom est composé avec le terme -cat, "combat".

Pour l'autre proposition, la principale critique , outre qu'il est rare que les sangliers pistent les renards, est que le deuxième animal est un chien. Même chez un sculpteur animalier aussi peu enclin à s'inspirer des  modèles naturalistes, comme nous l'avons vu sur le bas-côté sud, un renard se reconnaît à sa queue, longue (70% de la longueur de son corps), épaisse, duveteuse et touchant le sol lorsqu'il est debout. Ajoutons à ce portrait-type le pelage roux,  les oreilles dressées et pointues et le museau fin.

L'animal ici présent est de pelage fauve (clair) tacheté de noir, son museau est carré, ses oreilles arrondies, et, surtout, sa queue est dressée en fouet au dessus de son dos. Ses pattes portent une fourrure. C'est un mâle (comme le "lapin" d'ailleurs).

Même le "sanglier" est fort étonnant. Au lieu d'une queue de cochon, sa queue est longue et traîne presque jusqu'au sol. Surtout, son échine est hérissée de spicules, jusqu'à la queue, comme certaines représentations de dragons, mais sans rapport avec les soies des sangliers.

.

Je n'ai pu trouver l'expression" sant al louarn" attestée en langue bretonne. F. Favereau donne pour sant : 1 "saint" et 2. "Sensation".

Le chanoine Abgrall, pourtant très averti, aggrave les choses en parlant des deux grands seigneurs de la paroisse, dont "Guengat, dont les armes portaient des hures de sanglier", ce qui est erroné.

Couffon recopie Diverrès : "On y distingue en effet au nord des animaux affrontés, un lièvre blanc (Guengat) un sanglier (armes des Saint-Alouarn : hures de sangliers) poursuivant un renard ("sant al louarn" "sur la piste du renard" ).

Sophie Duhem écrit "Une des sablières, sculptée en 1660 par Yan Hamoun, représente un lièvre blanc (en breton Gwen Gat, à l'origine du nom de la paroisse) flairant l'arrière-train d'un renard".

Christian Jouin est à la fois plus précis et plus prudent : "-Un sanglier. Il peut être une allusion aux ALÉNO, seigneur de SAINT-ALOUARN, qui blasonnait : « D'argent à trois hures de sanglier de sable, arrachées de gueules »,- Un renard. Il peut être une allusion aux SAINT-ALOUARN : « louarn » en breton = renard, - Un lièvre. Il peut être une allusion aux DE GUENGAT : en breton « gwenn » = blanc et « gad » = lièvre. "

.

En outre, il ne me semble pas que les seigneurs, très scrupuleux sur leur renom, sur la figuration de leurs armes sur les vitraux, au titre de leurs prééminences, ou sur leurs gisants et sur les multiples écus placés sur les lieux stratégiques du sanctuaire, puissent admettre que leur nom, ou les meubles de leurs armes, soient détournées pour amuser la galerie, surtout sur un lieu aussi peu noble que les sablières.

.

Émile Mâle, dans L'art religieux du XIIIe siècle en France, page 64 nous a  jadis avertis « Il ne faut pas chercher partout des symboles ...Jamais nos vieux artistes ne furent aussi ingénieux que leurs exégètes modernes. ». En tout cas, nous constatons que les "exégèses" des érudits les dispensent d'une description attentive des œuvres, et qu'elles fonctionnent de façon virale en se reproduisant d'auteur en auteur sans remise en cause.

.

Nous devons nous contenter de décrire ici  une séquence de trois animaux (ou cinq pour l'ensemble de la pièce), naturels ou fantastiques, pas toujours identifiables et encore moins  en terme naturaliste (lièvre ou lapin ?), dont rien n'indique un contexte cynégétique ou une relation signifiante  réunissant les animaux.

Au mieux, lorsque sera constitué un corpus iconographique complet des motifs sculptés des sablières, numérisé et indexé, que les traits stylistiques pourront définir, précisément ou non, des ateliers, que ce corpus pourra être comparé à une recension identique du bestiaire des sculptures sur pierre (crossettes par exemple), nous pourrons repérer (comme S. Duhem l'a fait pour les licornes) des répétitions de motifs identiques et leurs réunions en saynètes signifiantes.

Nous avons affaire à Guengat, jusqu'à preuve du contraire, à la juxtaposition d'éléments isolés d'un bestiaire commun aux ymagiers (donc ne trouvant pas sa justification au niveau local), et où nos rares clefs solides d'interprétation basées sur les fables et les proverbes ne fonctionnent pas.

Il nous faut apprendre à observer avant d'interpréter, et à admirer et être touché par le cœur plus que par l' intelligence raisonneuse, qui fait obstacle à nos sens. 

.

 

 

 

 

 

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Pièce suivante. Cinq personnages et un tonneau. Inscription.

.

Cette pièce, la plus connue, semble vouloir me donner tort dans ma prudence d'interprétation. Et pourtant, il faut soumettre les  écrits des auteurs de référence à une critique semblable.

.

Un des éléments remarquables, et pleins de promesse, et l'inscription gravée IAN HAMOUN.

Il s'agit bien évidemment d'un patronyme, et IAN renvoie à notre Jean moderne. On pense à un Jean Hamoun, forme peut-être de Jean Hamon.

Sophie Duhem considère que les noms inscrits sur les sablières sont ceux des sculpteurs. Cette opinion est largement reprise (Monumentum, Wikipedia, Maurice Dilasser, C. Jouin ...). Pourtant, je ne peux la suivre que dans les cas où le nom est suivie d'une mention explicite de sa profession, ou de sa revendication ("a fait", "a sculpté"), car en sculpture sur pierre, les noms sont le plus souvent ceux des fabriciens, et après le XVIe siècle, parfois de leurs recteurs.

Ici, il me semble prudent de ne pas qualifier ce Ian Hamoun de sculpteur (il faudrait retrouver son nom sur d'autres œuvres, ou dans les archives, ou dans une pièce paroissiale précisant sa profession), mais sans aller plus loin pour lever le doute.

Les données généalogiques ne donnent aucune donnée à Guengat ou à Plogonnec avant le XVIIIe siècle avec le patronyme Hamon ou celui d'Hamoun.

https://gw.geneanet.org/pjcv?n=hamon&oc=&p=etienne

En élargissant au Finistère, on obtient avec Jean Hamon 28 données.

.

Albert Deshayes ne mentionne pas la forme HAMOUN en Bretagne, mais HAMON, HAMOUNIC (dans le Léon), HAMONOU.

En conclusion, cette inscription ouvre à plus d'incertitudes que de renseignements.

.

 

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Le tonneau est de belle taille (longueur =deux fois celle des humains), c'est (?) un foudre (800 à 1000 litres), ses douelles sont entièrement cerclés aux collets — comme ceux du bas-relief de Colonzelle (Drôme)— par des gaulis généralement en noisetier. Le robinet inséré dans le trou de perce, visible à droite, est bizarrement placé en haut du récipient. Il est légitime de penser que ce tonneau est rempli de vin.

.

Un homme en costume traditionnel se tient face à nous, main droite sur la hanche mais la main gauche placé contre le fond du foudre. Il est coiffé d'un chapeau rond noir, porte une veste bleue, cintrée et courte, et des hauts de chausse (les fameux bragou braz) noirs, plissés et bouffants descendant sous les genoux. On imagine ensuite des housseaux et on voit bien les sabots noirs.

Je peux, au mieux, imaginer qu'il se livre ici à une farce : l'homme, en obturant la bonde de son doigt, dissimulé par le ventre du tonneau, empêche la femme de remplir son pichet. Ce serait très comique, mais est-ce plausible ?

.

 

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Une femme remplit un broc métallique au robinet en se penchant légèrement. Elle porte la coiffe courte et blanche, un gilet bleu à manches longues, et une robe plissée blanche, sans le tablier traditionnel. Elle est chaussée de sabots (ou de souliers noirs ?).

.

On comparera cette scène au tonneau, non pas aux multiples buveurs à tonnelets, mais à la sablière nord de l'église Saint-Thomas de Landerneau et de Bodilis , ainsi qu'à la chapelle du Grouanec à Plouguerneau, où , dans les trois cas, une truie tente de débonder le foudre.

Mais ici, comme si toute la production de ce sculpteur se voulait être issue d'une pensée blanche, objective se dérobant à toute interprétation, il n'y a aucune anecdote, aucune leçon ou description d'ivrognerie, aucune narration.

.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Vient en suite un deuxième homme, de face comme le premier, et de tenue assez analogue ; mais ses cheveux sont longs, il porte une petite barbiche, et tient la poignée de son épée, suspendue au côté gauche. En outre, il n'a pas de bragou braz, mais des hauts de chausse ajustés au dessus de bas rouge. C'est donc un seigneur.

R. Couffon a vu "un sac d'écus", que je ne vois pas.

Il n'accomplit aucune autre action que celle de nous regarder, comme un acteur qui se présente ;  encore une fois, il ne participe à aucune narration. Il est là.

.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Son voisin est un prêtre, puisqu'il tient son attribut, le calice, et son bréviaire, et qu'il porte la barrette des recteurs, ou bonnet carré des docteurs en théologie. Lui aussi tient sa place dans cette galerie de personnages.

.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Enfin, fermant le rang, le dernier personnage est saint Fiacre, patron de l'église. Il s'identifie non seulement à sa bêche (ce pourrait être un jardinier), mais aussi à sa tonsure monastique, à son épais livre relié, et à sa robe, serrée par une ceinture. 

Toujours pas d'autre action, il se montre afin que nous le reconnaissions.

Christian Jouin fait remarquer que cette galerie est celle des trois Etats (le couple de paysans ou bourgeois représentant le Tiers-État, puis la Noblesse, et enfin le Clergé). C'est en tout cas une condensé de la paroisse et de ses notables derrière son saint patron.

.

 

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières nord du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

.

V. SABLIÈRES DE LA NEF ET DU CHOEUR, CÔTÉ SUD.

.

Description de l'est vers l'ouest, du chœur vers la nef.

.

.

.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Première pièce. Frise de rinceaux produisant des épillets (ou grappes) sculptée. Quatrefeuilles peint.

.

La pièce est identique à celle du nord, mais les "roses" que j'y voyais sont des grappes ou épillets.

.

 

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Deuxième pièce. Deux licornes affrontées. Lapin blanc crachant un feuillage. Un chien ; un sanglier.

.

Cette pièce est la copie (ou inversement) de son homologue au nord, mais on peut jouer au jeu des sept erreurs. Le lapin "crache" les feuillages ; le chien a un museau plus proche de celui d'un renard (mais toujours sa queue en fouet). Le "sanglier" n'a plus l'échine dentelé (mais sa queue est toujours longue et non en tire-bouchon).

 

.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Troisième pièce. Tête d'un homme, dont les oreilles sont menacées par les gueules de deux dragons.

.

Nous retrouvons le motif de a sablière de la chapelle Saint-Roch, mais la femme laisse la place à un homme, imberbe, coiffé d'un chapeau noir. Ses oreilles sont protégées de la dentition gloutonne des monstres par une épaisse tignasse. Le chapeau en tronc de cône explique un peu mieux la forme en fez du blochet de la chapelle du Rosaire.

Les dragons ont une queue longue et effilée, mais non céphalique. Les écailles du corps sont traitées soigneusement par des "pointes de diamant". Les échines sont hérissées de dent (comme le "sanglier" du nord). Le sourcil du dragon de droite est délicatement sculpté de fines rides.

.

 

.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Dernière  pièce. Frise géométrique centrée par des médaillons d'entrelacs.

.

C'est l'un des rares motifs trahissant l'influence de la Renaissance, comme l'indique Sophie Duhem : " influence possible d'un maître italien tel que Nicoletta da Modena [1480-1538], apprécié des ornemanistes."

.

Un Nicolas de Modène a travaillé à Fontainebleau pour François Ier.

.

 

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

Sablières sud du chœur de l'église de Guengat. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

.

VI . LES ABOUTS DE POINÇONS DU CHOEUR.

.

Parmi la douzaine d'abouts de poinçon de la nef et du chœur, les premiers sont des feuillages. Puis vient une rosace délicatement travaillée, puis un support de poulies dont l'extrémité est sculpté en mâchoires se fermant sur une tête d'enfant , puis un écu au lion rampant, puis un dernier abouts dont l'écu porte les trois paumes des de Guengat. La nervure médiane s'achève au dessus de la maîtresse-vitre sur une tête d'homme.

.

 

.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

Ecu au lion.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Armorial_au_Griffon#/media/Fichier:Madier_de_Montjau.svg

On attendrait ici plutôt le griffon de la famille de Saint-Alouarn (d'azur au griffon d'argent), bien visible sur le gisant de l'enfeu nord. Mais les ailes du griffon ne sont pas visibles. 

.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

Abouts de poinçon du chœur. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

.

VII . LES ENTRAITS ENGOULÉS DU BAS-CÔTÉ NORD.

.

Entraits engoulés du bas-côté nord. Photographie lavieb-aile 2022.

Entraits engoulés du bas-côté nord. Photographie lavieb-aile 2022.

Entraits engoulés du bas-côté nord. Photographie lavieb-aile 2022.

Entraits engoulés du bas-côté nord. Photographie lavieb-aile 2022.

.

.

LES SABLIÈRES ET BLOCHETS : SYNTHÈSE.

.

Les blochets :

Le blochet sud-est. Un homme aux bras écartés.

Blochet sud-est. Tête d'homme coiffé d'un bonnet et montrant les dents.

Blochet sud-ouest. Masque de deux têtes masculines jumelées, bouche ouverte sur une langue rouge.

 

.

Chapelle du Rosaire au sud.

Le côté ouest, première pièce. Quatre "chevaux" autour d'une rosace.

Le côté ouest, deuxième pièce. Un homme (chasseur ?), un chien (de chasse ?), une oie (?) / Un taureau et une vache.

Première pièce à l'est. Arabesque de feuillages autour d'un masque d'homme barbu.

Deuxième pièce à l'est. Animaux et blason des Guengat.

Coté droit. Un coq mangeant un tas de [grains ?] ; un animal [renard ??] mangeant un objet [poisson ? Poule ?].

Coté gauche. Un animal sonnant de la trompe. Une croix pommée verte et jaune à l'extrémité d'un "calvaire" vert à trois degrés.


.

La chapelle Saint-Michel au sud-est.

 

Sablière du coté oriental. Frise végétale semblable à la première pièce orientale de la chapelle du Rosaire, mais dont des parties ont été remplacées par des panneaux peints d'écu à motif floral, fantaisiste.

Sablière du coté occidental. Frise végétale symétrique à la pièce orientale  : deux feuilles d'acanthe encadrent, de part et d'autre de l'entrait engoulé,  des panneaux peints d'écu à motif floral, fantaisiste.

.

La chapelle Saint-Roch au nord-est

Au dessus de l'arcade séparant le chœur de la chapelle Saint-Roch se trouve une première pièce. Il s'agit d'un entrait à engoulant, transformé et intégré à la cloison. Un masque d'homme  barbu crache des rinceaux serpentiformes délimitant des loges à éventails floraux.

La sablière du mur ouest de la chapelle : deux dragons à queue céphalisée menacent de dévoration une femme nue aux cheveux blonds. 

.

Nef et chœur, coté nord (du chœur vers la nef)

Frise de rinceaux fleuris (roses ?) sculptée ou en partie peinte. Quatrefeuilles peint.

Deux licornes affrontées autour d'un feuillage stylisé en arbre.

Un sanglier, un chien et un lapin blanc devant un feuillage.

Cinq personnages et un tonneau : un homme, une femme, un « seigneur », un prêtre, et saint Fiacre. Inscription non datée Ian Hamoun.

.

Nef et chœur, coté sud (du chœur vers la nef)

 Frise de rinceaux produisant des épillets (ou grappes) sculptée. Quatrefeuilles peint.

Deux licornes affrontées autour d'un feuillage stylisé en arbre.

Lapin blanc crachant un feuillage. Un chien ; un sanglier.

Tête d'un homme, dont les oreilles sont menacées par les gueules de deux dragons.

Frise géométrique centrée par des médaillons d'entrelacs.

.

Décompte.

.

25 animaux au total :

-11 Animaux domestiques :

4 chevaux. 3 chiens ; une oie ; un taureau ; une vache ; un coq ;

-2 Animaux sauvages :

2 sangliers.

-4 animaux non classés :

2 quadrupèdes (renards ou chiens ou autre ?). 2 lapins (domestiques ou sauvages?)

-8 animaux fantastiques

4 licornes . 4 dragons ;

.

10 personnages sur les sablières:

5 hommes ( 1 chasseur, un homme près du tonneau ; un seigneur ; un prêtre ; saint Fiacre)

1 femme près du tonneau

trois têtes d'hommes, dont deux masques

un buste de femme.

3 têtes d'hommes et un homme en pied sur les blochets.

.

5 frises végétales

.

Un écu armorié identifiable (Guengat.

.

Conclusion.

.

On peut conclure à la prévalence des animaux sur les humains et les végétaux. 

Les 8 animaux fantastiques composent des tableaux où ils sont affrontés par paires spéculaires, les 4 dragons participant à des tableaux de menace de dévoration autour d'un humain.

Les deux séquences sangliers-chiens-lapins peuvent difficilement s'intégrer à des scènes cynégétiques, vu l'ordre de poursuite. À l'inverse, le chien qui suit un homme armé d'un fusil semble participer à une chasse, mais à laquelle les animaux suivants ( oie, vache et taureau) sont étrangers.

.

Si on excepte la "scène de village" autour du tonneau (qui n'est néanmoins pas limpide), et les scènes de dévoration par les dragons (souvent retrouvées ailleurs), les autres  compositions résistent à une interprétation honnête. Ce sont des éléments d'un discours muet, soit de façon délibérée dans un souci seulement ornemental, soit parce qu'ils se réfèrent à des mythes, des schèmes narratifs que nous ignorons.

Dans tous les cas, malgré la présence de saint Fiacre, ce monde principalement animalier reste totalement étranger au culte catholique, à sa liturgie, à son Histoire Sainte et à ses traditions. Ce lieu de transition entre ciel (toiture) et terre (murs) est un Autre Monde, dont  l'Enigme est sans doute  l'identité principale, qui se briserait de vouloir être résolue.

Surtout, l'étude de ces éléments sculptés présuppose avant toute interprétation leur relevé photographique exhaustif et numérisé, rassemblé en une base de donnée indexée, au minimum régionale. 

 

.

 

 

 

.

SOURCES ET LIENS.

.

— ABGRALL (Jean-Marie), 1911, Notice sur la paroisse de Guengat, Bulletin diocésain d'histoire et d'archéologie, BDHA, Quimper

http://diocese-quimper.fr/bibliotheque/files/original/e296d04e82cd30c9fa97fe5d8508bc81.pdf

https://bibliotheque.diocese-quimper.fr/items/show/344

"Les sablières du chœur sont ornées de sculptures assez grossières, dans lesquelles on reconnaît un lièvre blanc, guen gad, jeu de mot sur le nom de la paroisse. On y voit également : 1° un sanglier poursuivant un renard, allusion aux deux grands seigneurs de la paroisse, Guengat, dont les armes portaient des hures de sanglier, et saint Alouarn, al louarn, le renard ; 2° Un prêtre tenant d'une main un livre et de l'autre un calice ; saint Fiacre, portant un livre et une pelle ; 3° Un homme portant un sac d'écus ; 4° Un tonneau en perce des deux bouts ; d'un côté, une femme emplit un broc, de l'autre, un homme emplissant le même office."

 

— ARLAUX (Claire), 2019, Trésors cachés des sablières de Bretagne. Photographies Andrew Paul Standford. Impressions du Ponant Equinoxe, 150 pages.

CASTEL (Yves-Pascal), 1984, " Eglise Saint-Fiacre, inscriptions sur un confessionnal et sur l'autel" B.S.A.F. .

COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988,  Notice sur les paroisses,...

 

https://www.diocese-quimper.fr/wp-content/uploads/2021/01/GUENGAT.pdf

"L'église, du type à nef obscure, est lambrissée, sans entraits, avec sablières sculptées d'un grand intérêt. On y distingue en effet au nord des animaux affrontés, un lièvre blanc (Guengat) un sanglier (armes des Saint-Alouarn : hures de sangliers) poursuivant un renard ("sant al louarn" "sur la piste du renard" ), saint Fiacre et sa bêche, un prêtre tenant un calice (clergé), un homme avec une épée et un sac d'écus (noblesse), un homme et une femme autour d'un tonneau en perce (tiers état) et l'inscription : "IAN. HAMOUN.". Au sud, chevaux affrontés, lièvre blanc, renard, sanglier, tête entre deux crocodiles."

 

 

— DILASSER (Maurice), 1979 : Locronan et sa région (Paris, 1979)

DIVERRÈS (Henri), 1891,  "Monographie de la commune de Guengat ", Bull. S. A. F., pages 42-61).

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k207615d/f115.image

.

.

— DUHEM (Sophie), 1997, Les sablières sculptées en Bretagne: images, ouvriers du bois et culture paroissiale au temps de la prospérité bretonne (XVe-XVIIe s.), Presses universitaires de Rennes, 1997 - 385 pages, pages 2 ;12 (descriptions précoces) ; 62 (illustration) ; 169 (un paragraphe et la fig. 88 : les licornes) ; 179 (nudité d'une femme accroupie qui a été varlopée) ; 191-192 (les vitraux) ; 195 (frise de motifs géométriques, figure 121, influence possible d'un maître italien tel que Nicoletta da Modena [1480-1538], apprécié des ornemanistes); 209 (« Quelques factures originales. Les décors des sablières de Trémeur, de Guengat et de la chapelle des Cieux à Huelgoat sont étonnants, constitués d'un enchevêtrement d'entrelacs et de motifs qu'on a parfois du mal à décrypter." ) ; 222; 231-234 (fig. 152 : le Noble, le Prêtre et le Paysan (ou saint Fiacre ?)) . Vêtement des laboureurs, une tunique longue serrée par une ceinture; 241 ("des chevaux s'accouplent à Guengat"); 269 (fig. 159 : figure avalée par deux dragons comme à Bieuzy, Plouhinec, Pont-Croix, etc.); 291 (figures de saints, rares sur les sablières, comme celles de "Guengat (1660) avec un saint Fiacre et une sainte Véronique").

Page 231, S. Duhem considère que IAN HAMOUN est le nom de l'artiste : "À Guengat, Ian Hamoun, sculpteur à Guengat, fait exception en choisissant de faire le portrait des représentants de la paroisse" etc.

 

— DUHEM (Sophie), 1998, « Quant li goupil happe les jélines... », ou les représentations de Renart dans la sculpture sur bois bretonne du XVe au XVIIe siècle Annales de Bretagne et des pays de l'Ouest  Année 1998  105-1  pp. 53-69

https://www.persee.fr/doc/abpo_0399-0826_1998_num_105_1_3972

 

 

— DUHEM (Sophie), 2012  Impudeurs et effronteries dans l'art religieux breton (xve siècle - xviiie siècle), éditions Le Télégramme, 2012.

"Une des sablières, sculptée en 1660 par Yan Hamoun, représente un lièvre blanc (en breton Gwen Gat, à l'origine du nom de la paroisse) flairant l'arrière-train d'un renard".

— DUHEM (Sophie), 2013,  Introduction, "Passeurs des âmes, passeurs des arts", Presses universitaires du Midi.

https://books.openedition.org/pumi/31428

— JOUIN (Christian), s.d, Tout sur l'histoire de Guengat.

https://www.guengat.com/

—PÉRENNÈS (Henri), 1941 : Guengat (Rennes) non consulté

— POP.CULTURE

https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00089983

WAQUET (Henry ), 1957,  Guengat (S.F.A. - Congrès archéologique de France CXVe session 1957 Cornouaille.) -

"   Il y a des raisons de conjecturer que Guengat, quoique portant un nom qui était un nom d’homme, au pays de Galles, n’est pas une paroisse primitive, et qu’elle dépendit d’abord de la vaste paroisse de Plogonnec. Ainsi la 1e église n’aurait été qu’une chapelle de dévotion. Le château, aujourd’hui complètement ruiné, de la seigneurie de Guengat, s’élevait très près de la limite actuelle des 2 communes. Le seigneur comptait parmi les principaux de Cornouaille. L’un d’eux, Alain, chambellan du Roi, vice-amiral de Bretagne, capitaine de la ville et du château de Brest, combattait à Pavie au côté de François 1er ; et partagea sa captivité.
    A la fenêtre à 3 meneaux, du bras sud, du faux transept, se voient entremêlées des scènes de la vie du Christ, (divers saints), présentant des donateurs et donatrices, seigneurs et dames des familles de Kérigny, de Kerdrein, et de Bruère-Ducran. Malheureusement les incertitudes des généalogies de ces familles ne permettent pas de proposer fermement une date ; il faut s’en tenir à une approximation : environ l’an 1500."

WAQUET (Henry ), 1942, Art breton, 2è éd., 1942, pp.145-151

 

Sites divers :

http://www.guengat.com/8/eglise05.html.

Site Tout sur l'église : http://www.guengat.com/8/eglise07.html

Site Infobretagne : http://www.infobretagne.com/guengat.htm

http://www.guengat.fr/patrimoine/leglise

— WIKILAND

https://www.wikiwand.com/fr/Guengat

.


 

Partager cet article
Repost0
Published by jean-yves cordier - dans Sablières Chapelles bretonnes.

Présentation

  • : Le blog de jean-yves cordier
  • : 1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
  • Contact

Profil

  • jean-yves cordier
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué).  "Les vraies richesses, plus elles sont  grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)
  • "Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)

Recherche