Les vitraux de Jacques Le Chevallier pour l'église N.-D. du Cap-Lihou de Granville II : la chapelle de la Vierge et la chapelle Saint-Clément (26,40 m², 1971) du transept. Les 15 verrières hautes du chœur (18 m², 1974).
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Voir le premier article sur les vitraux posés en 1954-1959 :
L'église Notre-Dame du Cap-Lihou (XVe–XVIIe – XVIIIe siècles), située dans la Haute-Ville de Granville, est classée aux monuments historiques depuis 1930.
Une première chapelle est bâtie en granite au XIIe siècle sur le cap Lihou, après que, selon la légende, des marins eurent trouvé, en relevant leurs casiers en 1113 au pied du roc, une statue de la vierge à l'Enfant.
Très vite, cette statue à qui on attribue des miracles attire en pèlerinage les foules venues essentiellement de Bretagne et de Normandie.
Après la prise de possession du cap Lihou par les Anglais, ceux-ci entament en 1440, en même temps qu'ils élèvent l'enceinte de la Haute Ville, une église, dédiée à Notre Dame, dont le granite est amené de Chausey . De cette époque, datent la tour du clocher et les travées situées entre le transept et chœur. Une nouvelle statue de la Vierge est alors réalisée en pierre de Caen, elle est toujours conservée dans la chapelle nord du transept.
La construction du chœur débute en 1628 et s'achève en 1641, l'année d'édification du déambulatoire. La grande nef est érigée entre 1643 et 1655, et ses voûtes en croisées d'ogives en 16492. Les chapelles Saint-Clément et Notre-Dame du Cap-Lihou sont ajoutées respectivement en 1674 et 1676. Près d'un siècle plus tard sont élevées la façade occidentale, en 1767 et la sacristie, en 1771.
Contraints à évacuer la Haute Ville le 16 mars 1943, les habitants emportèrent la statue fondatrice. Ils l'ont remis en place à la Libération en 1944. Cet événement est célébré le dernier dimanche de juillet depuis 1950 lors du Grand Pardon des gens de mer et des corporations, au cours duquel la statue est remontée du port jusqu'à l'église en procession : c'est le sujet de la verrière de la baie 19.
En septembre 1944, deux obus sont tombés sur le parvis de l'église et ont fait exploser les vitraux anciens. Lors de la restauration de l'église, l'architecte en chef des monuments historiques de la Manche, Yves-Marie Froidevaux, confia la conception et l'exécution de nouveaux vitraux à Jacques Le Chevallier car, selon ses dires, « l’œuvre de Le Chevallier, à l'imagerie subtile et aux colorations vigoureuses, s'accorderait très bien au caractère robuste et dépouillé de cette église ».
En collaboration étroite avec le chanoine Georges Hyernard, curé de Granville, qui en définit le programme iconographique centré sur la Vie de la Vierge et l'annonce par les Prophètes de l'avènement d'un Rédempteur d'ascendance royale né d'une vierge (thème de l'Arbre de Jessé), ces nouveaux vitraux furent réalisés de 1954 à 1978, composant le plus grand ensemble de verrières contemporaines de la Manche. Jacques Le Chevallier en a réalisé les cartons et en a exécuté les verrières.
I. Déroulement des travaux.
1°) Les baies du pourtour du chœur en 1954-1959.
Marché du 1er septembre 1955 et avenant de juillet 1958 au profit de Jacques Le Chevallier. Ce marché n°678 pour une surface de 34,180 m² pour 12 baies a été attribué en 1954 par Mr Yves-Marie Froidevaux, Architecte en Chef des M.H., Mr le Chanoine Georges Hyernard étant alors Curé de Notre-Dame, Doyen de Granville. Le tarif pour les baies à figuration était de 50 000 frs/m², il sera majoré ensuite à 54 000 frs/m² tandis que le tarif de 25000 frs/m² s'appliquanit aux baies « à vitrerie » .
Une première baie a été exécutée en août 1954 et posée le 8 septembre 1954, 10 ans après les bombardements. Il s'agissait de la baie d'axe, l'Arbre de Jessé qui porte la mention « Don des Pèlerins de Chartres 9 mai 1954 ». Deux autres verrières ont suivi « immédiatement après », vraisemblablement les deux baies qui l'encadrent. Ces trois baies ont été inaugurées en décembre 1954. Deux maquettes avaient été présentées en octobre 1954 à la Commission d'Art Sacré.
Le chanoine Hyernard rappelait en février 1955 le programme initial : Jessé au centre, puis à gauche la Naissance de Marie, l'Annonciation, la Nativité et l'Assomption et à droite la Présentation de Marie, la Visitation, la Purification ou Jésus parmi les Docteurs, et enfin Marie au Calvaire, laissant le choix entre le Stabat Mater ou la Pietà. C'est le programme qui a été suivi, en plusieurs tranches dépendant de l'arrivée des crédits, et les 12 baies initiales ont été complétées pour atteindre le nombre de 18 :
Tranche A : 6 baies exécutées en juillet 1956 soit 20,64 m²
Tranche B : 2 baies exécutées en avril 1957 soit 11,4 m²
Tranche C : 2 baies exécutées en juillet 1958, 18 m² . 2 autres baies exécutées en juillet 1958, 18 m² .
Les archives mentionnent 3 autres baies exécutées en juin 1959 puis 5 autres vitraux plus petits, dont 2 de 1,10 m² en vitrerie, et 3 de 1,20 m² en figuration, qui ont été exécutés en 1960.
Dés le début, et jusqu'en 1971, le financement a fait appel à des donateurs, dont l'identité est rappelé par des inscriptions : ce sont principalement des familles de Granville et des estivants.
2°) 4 baies des chapelles du transept en 1971.
Le premier devis est proposé dès le 22 septembre 1960.
Il concerne deux baies de la chapelle de la Vierge (transept nord) de13,20 m² et deux baies de même surface de la chapelle Saint-Clément dans le transept sud.
Les devis suivants datent du 30-07-69 puis du 15-02-71. Tarif en 1965 : 850 frs/m²
3°) 15 baies hautes du choeur.
Cet ensemble de 18 m² a été réalisé au printemps 1960 par Jacques Le Chevallier.
4°)10 baies des bas-cotés décembre 1974.
Marché du 20 septembre 1974 attribué par Mr Traverse, Architecte en Chef des M.H., à l'entreprise Le Chevallier (Guy Le Chevallier) alors que l'abbé Bernard Lécureuil est le curé de N.-D. Du Cap-Lihou: étude, exécution et pose de 10 baies en verre antique de couleur sous plomb, grisaille cuite en pleine surface des bas-côtés de la nef soit 20,10 m² au tarif de 2500 frs/m². Des honoraires sont versés à Jacques Le Chevallier. Celui-ci signe les vitraux (en baie 32), les cartons sont donc de Jacques Le Chevallier, tandis que l'exécution par l'Atelier du vitrail de Fontenay est réalisée par Guy Le Chevallier .
5°) Baies hautes de la nef. Mars 1978.
Ce nouveau chantier est précisé par un devis du 15 mars 1978, accepté le 25 mai 1978. Il dépend, pour l'étude, l'exécution et la pose, de l'Atelier du Vitrail de Fontenay dirigé par Guy Le Chevallier, fils de Jacques. Il comporte 8 baies de 1,25 m² soit au total 10,00 m² à 1800 frs/m², avec « répétition du même dessin ».
II. Restauration.
Les baies du transept et collatéral sud ont été restaurées en décembre 1978 par Anne et Guy Le Chevallier de l'Atelier du vitrail de Fontenay.
En 2012, "Sur les cinquante-deux vitraux, 11 baies sont à rénover d'urgence, 19 sont dans un état médiocre et 14 dans un état passable. Deux vitraux en baie ont été refaits en septembre 2011. " (Association des Amis de Notre-Dame).
Certains ont alors été restaurés de 2011 à 2015, sous la direction de François Pougheol, Architecte du Patrimoine, par Henri Helmbold, Maître verrier à CORPS-NUDS (35).
Les vitraux des chapelles du transept ont ensuite été restaurées en 2016.
LES QUATRE VERRIÈRES DU TRANSEPT (26,4 m², 1971).
Verre antique de couleur sous plomb, grisaille cuite en pleine surface. Selon le procédé habituel de Jacques Le Chevallier, le sujet en verres colorés denses se détache sur un fond clair, à trame de plombs et de rehauts de grisaille, avec quelques touches de couleurs vives.
I. LES DEUX BAIES 17 et 19 DE LA CHAPELLE NOTRE-DAME, AU NORD.
A. LA BAIE 17, CÔTÉ EST : Marie, protectrice de la Cité de la Mer.
Les thèmes sont évoqués dès les courriers de mars 1954.
Le modèle en est la Vierge de Miséricorde protégeant son peuple de son manteau, tenu d'un côté par Marie et de l'autre par l 'Enfant, qui bénit le peuple. La Vierge est couronnée, en robe rouge et manteau étoilé bleu, sous un ciel constellé où volent deux anges en adoration.
Le chanoine Hyernard écrivait à Jacques Le Chevallier :
« représentez, dans le groupe du bas, enveloppées dans le manteau de la Vierge, les différentes professions de la cité : maçons, menuisiers, dockers, commerçants, couturières, marchandes de poissons avec panier rustique au bras, pêcheurs et pêcheuses « à pied » avec la grande « bichette » sur l'épaule, etc. L'ancienne tenue de la « Granvillaise » comportait la « bavolette », petite coiffe de lin ressemblant à une serviette pliée sur le haut de la tête, et le « capot », grande cape noire à capuchon souvent doublée de blanc, au moins dans dans les grands jours. Le capuchon se portait pour la pluie ou le vent.
Les « pêcheurs à pied » sont ces pauvres gens qui vont dans les grèves à mer descendante pêcher la crevette grise, la coque ou autres petits crustacés et colportent leur marchandise dans des paniers tressés en châtaignier.
La « bichette » est un immense filet d'au moins deux mètres de large à son bord d'attaque et emmanché de 2 ou 3 mètres. On le pousse sur le sable pour pêcher la crevette.
Sur la carte postale en couleur, réplique de l'affiche du « Pardon » vous trouverez la silhouette des « Bisquines » avec leur voilure telle qu'on les voyait au temps où on ne naviguait qu'à la voile, à Granville et à Cancale. »
Jacques Le Chevallier a suivi scrupuleusement ces souhaits.
Les inscriptions.
a. Inscription liée au sujet : il s'agit d'un extrait du Cantique à la Madone de Granville, chanté lors des processions.
« Veille encore sur ta ville
étoile de la mer
Ecarte de Granville
Un destin trop amer. »
b. Inscription de donation, en bas à droite :
LA VILLE DE GRANVILLE A NOTRE-DAME PROTECTRICE DE LA CITÉ.
B. LA BAIE 19, CÔTÉ OUEST : La procession du Grand Pardon.
Ce Grand Pardon de la Mer et des corporations a lieu depuis 1950 le dernier dimanche de juillet en l'honneur de Notre-Dame du Cap-Lihou, et de sa statue du XVe siècle, mise à l'abri pendant la Seconde Guerre et réinstallée en grande pompe en 11950. Après une bénédiction de la mer et des navires parmi les anciens voiliers (Le terre-neuvas La Marité, la bisquine La Granvillaise) accompagnés des vedettes de transit, des bateaux de pêche et de la SNSM (où est accueilli le clergé), la statue remonte, le soir du port vers la Haute Ville et son église, en procession à la lumière des flambeaux.
Jacques Le Chevallier a peint en registre supérieur la statue à bord d'un navire pavoisé, entouré de voiliers stylisés , avec un paysage marin où se distingue l'église.
En dessous, la statue est conduite en procession parmi les bannières , avec l'évêque en tête, suivi d'un cardinal, d'un enfant de chœur tenant l'encensoir, de chanoines portant leur insigne, et des fidèles en liesse.
Inscriptions.
a. Inscription liée au sujet : il s'agit d'un autre extrait du Cantique à la madone de Granville.
« En toi notre âme espère
Ainsi que nos aïeux
Exauce-nous quand, ô Mère
Nous prions comme eux. »
b) Inscription de donation :
A NOTRE-DAME DU CAP-LIHOU
LA POPULATION GRANVILLAISE
ET SES ESTIVANTS.
Signature.
|J.] LE CHEVALLIER PEINTRE-VERRIER 1971
EXECUTION ATELIER DE VITRAIL DE FONTENAY
I. LES DEUX BAIES 20 et 22 DE LA CHAPELLE SAINT-CLÉMENT, AU SUD.
Programme iconographique.
Saint Clément, pape et martyr, est le patron des Marins. Le programme de cette chapelle est décrit par deux courriers successifs du chanoine Hyernard en 1967, « Deux épisodes de la Vie de Saint Clément d'après la légende du Bréviaire et les repons de l'office ", qui seront cités plus bas.
A. LA BAIE 20 : SAINT CLÉMENT ET LE MIRACLE DE LA SOURCE.
Le chanoine Hyernard écrit à Jacques Le Chevallier ceci :
"Clément, pape, a été déporté par l'Empereur en « Chérsonèse », l'actuelle Crimée. Il y trouve de nombreux chrétiens condamnés aux travaux forcés dans des carrières de marbre. Les compagnons souffrent de la soif.
Alors, selon la Légende du Bréviaire, Clément s'étant mis en prière gravit la colline voisine au sommet de laquelle il voit l'Agneau qui de son pied droit touche une source d'eau douce qui jaillissait en cet endroit. Et tous y vinrent apaiser leur soif. Ou, selon le répons des Matines que j'aimerais voir reproduit dans le vitrail pour en exprimer le sens, saint Clément en prière vit sur la montagne un Agneau debout —autre version, l'Agneau de Dieu lui apparaît — dessous le pied duquel coule une fontaine d'eau vive. Et ce flot qui jaillit réjouit la cité de Dieu.
On ne peut s’empêcher de voir dans ce trait de la légende une allusion baptismale : l'eau jaillit dessous le pied de l'Agneau n'est-elle pas l'eau du baptême, le fleuve de grâce des sacrements qui « réjouit » et fait vivre la cité de Dieu ? C'est pourquoi je verrais comme motif central du vitrail l'image traditionnelle : l'Agneau sur la colline d'où coule les sept fleuves, avec au premier plan saint Clément agenouillé et priant dans l'attitude de « l'orante », et, flanquant le tout, deux groupes de personnages assez analogues à ceux qui figurent dans le vitrail de la Prédication de Jean-Baptiste et occupés à puiser au fleuve de vie. Pour décorer le haut du vitrail un Père éternel et la colombe de l'Esprit entourés d'un groupe ou d'un « vol » d'anges. "
a) Inscription sur le sujet :
CLEMENT S'ETANT MIS EN PRIERE L'AGNEAU DE DIEU LUI APPARUT
DESSOUS SON PIED COULAIT UNE SOURCE D'EAU VIVE
CE FLOT QUI JAILLIT RÉJOUIT LA CITÉ DE DIEU.
b) Inscription de donation : panneau A :
DON DES MARINS ET DE LA POPULATION DU PORT DE GRANVILLE.
Signature :
EXECUTION : ATELIER DU VITRAIL DE FONTENAY
Cette signature complète celle de la baie 19 portant le nom de Jacques Le Chevallier "peintre-verrier", qui s'est chargé de l'étude et des maquettes mais peut-être pas lui-même de l'exécution qu'il a laissé à son atelier de Fontenay-Aux-Roses.
B. LA BAIE 22 : SAINT CLÉMENT ET LE "TOMBEAU SOUS LA MER".
Le chanoine Hyernard présente ainsi cette légende du "tombeau sous la mer".
—Selon la « légende « du Bréviaire : tandis que les chrétiens priaient sur le rivage, la mer se retira jusqu'à trois milles de là. Ils s'y rendirent et trouvèrent un édifice de marbre en forme de temple, à l'intérieur un coffre de pierre où le corps du martyr était déposé et près de lui l'ancre avec laquelle il avait été immergé. Émus d'un tel miracle, les habitants reçurent la foi du Christ.
—Le « répons » de Matines pour servir d'inscription : « Tu as donné Seigneur à ton martyr Clément un tombeau dans la mer comme temple de marbre fait de la main des anges, ouvrant ainsi la voie aux peuples de la terre pour qu'ils racontent tes merveilles ».
C'est le miracle, signe de Dieu et signe de la foi en l'église, qui me semble transparaître dans cet épisode.
Le joli ciborium de Saint-Clément de Rome me semblerait pouvoir offrir une image suggestive pour le « temple de marbre » que je verrai porté et soutenu par 2 ou 4 anges, le saint Clément y étant figuré en gisant dessus. Deux groupes de chrétiens en marche occuperaient le premier plan. Et dans le haut du vitrail des anges porteraient les insignes pontificaux : la tiare, les clefs, la croix pontificale à trois barres inégales, l'ancre et la palme du martyre. »
Une fois encore, le peintre-verrier a exécuté fidèlement le souhait du commanditaire.
Le tombeau du saint, qui apparaît sur fond de mer, est entouré de quatre anges orants. Le peintre a reproduit comme cela lui était suggéré, le ciborium ou dais d'autel de la basilique Saint-Clément de Latran à Rome.
Le chanoine Hyernard s'est sans doute inspiré pour ces vitraux des mosaïques des voûtes de la basilique, où ces deux miracles sont décrits.
Ciborium de la basilique Saint-Clément de Latran, Rome, photo Shawn Tribe
Le saint est couché sur son tombeau ovale, en gisant, mains croisées sur la poitrine.
Sur le rivage, les hommes et les femmes sont émerveillés par ce miracle.
a) Inscription sur le sujet :
TU AS DONNÉ SEIGNEUR À TON MARTYR CLEMENT
UN TOMBEAU DANS LA MER
OUVRANT AINSI LA VOIE AUX PEUPLES
DE LA TERRE POUR QU'ILS
RACONTENT TES MERVEILLES
b) Inscription de donation :
panneau A :
A
LA MEMOIRE DE SES MARINS
HOMMAGE A SAINT CLEMENT
LEUR PATRON
VILLE DE GRANVILLE.
LES BAIES HAUTES DU CHOEUR (Jacques Le Chevallier, 18 m², 1974).
Technique : Verre antique de couleur sous plomb, mais sans grisaille. Fine bordure blanche. Trame formée par les lignes horizontales et verticales des plombs. La clarté est assurée par une forte proportion de verres blancs, ou de couleurs atténuées.
Sur la baie ogivale, le remplage crée une lancette cintrée, communicant par un isthme avec un petit oculus. Le peintre s'est plu à traiter ce dernier en deux couleurs.
Sous le porche de Guimiliau, l'ordre habituel de succession des apôtres, qui suit celui du Credo des apôtres, n'est pas respecté, puisque nous devrions avoir Pierre, André, Jacques, Jean, Thomas, Jacques le mineur, Philippe, Barthélémy, Matthieu, Simon, Jude, Mathias, malgré des variantes après saint Jean. D'autre part, les articles du Credo peints sur les phylactères que tiennent les apôtres sont soit effacés, soit repeints à une période récente.
Les apôtres s'ordonnent par six de part et d'autre du passage des fidèles sous le porche voûté, sous la statue du Christ Sauveur. Chaque apôtre prend place dans une niche à colonnes ioniques et à dais à découpes flamboyantes et voûte à petite clef pendante. Ces niches conservent leur polychromie ocre rouge, mais les statues en pierre ont perdu leurs couleurs, sauf le phylactère qui a été repeint en voilet.
Le Maître de Plougastel a réalisé, à part les deux statues de Pierre et de Jean de cette série, toute la décoration du porche, aidé de son assistant ou "valet : les termes gainés, le bénitier, les modillons et bases de colonne, et les bas-relief dont la scène du saint Yves en exorciste.
Puis Roland Doré a poursuivi le chantier, et a réalisé les statues de six autres apôtres, tous du côté ouest : Philippe, Barthélémy, Matthieu, Simon, Jude et Thomas, après avoir exécuté les statues des niches extérieures.
Roland Doré, excellent sculpteur de la pierre de kersanton, installé à Landerneau, a sculpté 52 apôtres pour les diocèses de Léon et de Tréguier, et seules deux séries sont complètes, celles de Pleyber-Christ et celle de Plestin-les-Grèves.
Roland Doré (actif de 1618 à 1663) a d'abord travaillé , sans doute comme compagnon de l'atelier du Maître de Plougastel (1570-1621), en 1622 à Saint-Thégonnec pour la croix de Coslen, puis, reprenant un chantier du Maître de Plougastel, il prend le titre de maître à Hanvec en 1621-1622 dans un acte de réparation de la croix du cimetière. Il atteint la maturité de son style lorsqu'il réalise le porche de Guimilau en 1624 (le chantier avait été débuté en 1606 par le Maître de Plougastel).
Les autres statues, dont on peut penser qu'elles sont plus tardives, se trouvent à :
Pleyber-Christ : 12 statues de 0,98 à 1 m de haut, 27 cm de large et 23 cm de profondeur. Roland Doré a aussi réalisé une décollation de saint Pierre au fronton intérieur du porche.
Plestin-les-Grèves: 12 statues de 1,18 à 1,22 m de haut, (et les statues de l'extérieur, un saint Yves et une Marie-Madeleine)
Trémaouézan : 11 statues de 1,60 m de haut. Celles de saint Pierre a été réalisée par le Maître de Plougastel en 1633 sous le rectorat d'Hervé Fily qui signe de ses initiales séparées par un calice sur un blason. Roland Doré a aussi réalisé une Vierge à l'Enfant pour une niche centrale du porche.
Le Tréhou: 4 statues de 0,80 cm, des apôtres Pierre, Jean, André et Thomas, ainsi qu'une statue du Christ Sauveur.
Saint-Thégonnec(1625, 1632 et 1635) : 3 apôtres Jean, Jacques le Majeur et Thomas (Pierre par le Maître de Plougastel). Roland Doré a aussi réalisé une Annonciation et Jean l'évangéliste à l'extérieur du porche.
Plougourvest : Jacques le Majeur. Roland Doré a aussi réalisé un Christ Sauveur au dessus de la porte d'entrée et une Vierge à l'Enfant à l'extérieur du porche.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
1. Saint Pierre , kersanton, Maître de Plougastel, 1606.
Inscription du socle : A : GO.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
2. Saint Jacques, bois, XVIIIe.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
3. Saint Jean, kersanton, Maître de Plougastel, 1606.
Visage imberbe, cheveux taillés mi-longs. Il tient la coupe du poison qu'il bénit de sa main droite. Quatre boutons ronds sur patte. Ceinture plate nouée.
Présence d'un écusson aux armoiries peintes effacées, celles d'un prêtre, voire d'un noble.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
4. Saint André et sa croix en X, bois, XVIIIe.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
5. saint Mathias, bois, XVIIIe.
Attribut (avec un manche rond tenu en pleine paume) perdu.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
6. Saint Jacques le Mineur et son bâton de foulon, bois, XVIIIe.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Le côté ouest (ou côté gauche en entrant dans l'église).
7. Saint Philippe.
8. Saint Barthélémy.
9. Saint Matthieu.
10. Saint Simon
11. Saint Jude.
12. Saint Thomas.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
7. Saint Philippe et sa croix. Kersanton, Roland Doré, 1624.
Inscription S.F (saint Philippe ?) sur le socle.
Grand manteau enveloppant à doubles plis centraux en zig-zag. Phylactère en diagonale. Philippe tient une croix courte en main droite, différente de la croix à longue hampe habituelle dans l'iconographie.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
8. Saint Barthélémy et son couteau à dépecer. Kersanton, Roland Doré, 1624.
Inscription du socle S.B ( initiales du saint ?).
Pupilles creusées. Robe à six boutons ronds. Manteau tombant droit sur les épaules, le pan droit faisant retour vers le poignet gauche.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
9. Saint Matthieu et sa hache. Kersanton, Roland Doré, 1624.
Inscription du socle S.MA.
Pupilles creusées. Barbe peignée. Robe à cinq boutons ronds sur boutonnière en patte ronde, et à ceinture déterminant de nombreux plis serrés en dessous. Pans du manteau réunis sous la gorge par un bouton, le pan gauche faisant retour vers le poignet droit.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
10. Saint Simon et sa scie. Kersanton, Roland Doré, 1624.
Inscription du socle S.S
Pupilles creusées. Robe sans bouton serrée par une ceinture plate. La scie est longue, à double poignée arrondie.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
11. Saint Jude . Kersanton, Roland Doré, 1624.
Inscription du socle S.I pour saint Iude.
Pupilles creusées. Robe à cinq boutons ronds. Manteau à pans trapézoïdaux à plis bouillonnants.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
12. Saint Thomas et son équerre. Kersanton, Roland Doré, 1624.
Inscription du socle : S. M., initiales d'un donateur, d'un fabricien ou prêtre, "à moins que ce soit une confusion pour saint Matthieu, comme on le voit aussi pour Thomas au Tréhou" (E. Le Seac'h p. 227)
Pupilles creusées. Robe à cinq boutons ronds.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Quelques dais à masques de personnages.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
Les Apôtres du porche sud de l'église de Guimiliau. Photographie lavieb-aile.
SOURCES ET LIENS.
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— ABGRALL (Jean-Marie), 1883, L'église de Guimiliau, Bulletin de la Société Archéologique du Finistère.
— CASTEL (Yves-Pascal), 1985, Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du XVIIè siècle) , Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Pages 97 à 156.
— CASTEL (Yves-Pascal), 1996, Du nouveau sur Roland Doré
— CASTEL in DANIEL, (Françoise), 1988, Roland Doré et les enclos paroissiaux : [exposition, Morlaix, Musée des Jacobins, juillet 1988] / [exposition conçue et réalisée par Françoise Daniel] Jacobins, juillet 1988] 1 vol. (56 p.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 30 cm D'après les travaux d'Yves-Pascal CASTEL .
"Doré s'est forgé un style si reconnaissable que certains amateurs se refusent à y déceler ces variations, subtiles mais réelles, qui font d'un simple praticien un artiste véritable qui s'attache à renouveler sa manière.
Les anatomies des personnages se cachent sous des étoffes lourdes, les mains sont stylisées, les pieds nus dépassant la tombée des plis des tuniques se réduisent à un rang de billes inégales... Tout cela pourrait faire illusion sur le talent de l'artiste encore que nous le verrons, on repère des exceptions.
Mais il y a les visages !
Fronts bombés, lisses ou creusés de rides, selon l'âge ou le sexe des personnages, ligne des arcades sourcilières larges et franches, pommettes pleines et arrondies, un visage de Doré se reconnaît presque toujours.
Les yeux, où se réfugient la manière et les intentions de l'artiste, tout comme ses manies et ses tics, sont particulièrement typés. Les paupières en amande ont le sillon palpébral toujours indiqué. En ceci, Doré se démarque franchement du maître du calvaire de Plougastel-Daoulas, qui , supprimant tout sillon, donne toute l'importance au globe oculaire. Au contraire, dans une option naturaliste
, Doré concentre l'intérêt sur l'iris. Il marque la pupille d'un creux expressif, dont la direction invite le regard de l'observateur à une mobilité qui participe à la vie de ces faces minérales.
Le sillon naso-labial est creusé, plus ou moins, s'articulant sur des lèvres relativement fines.
L'étonnant, dans ce traitement des visages, est qu'il contraste, mis à part les traits incisifs des chevelures et des barbes, avec l'agencement des drapés des vêtements et de leurs plis.
Des étoffes opaques qui masquent les corps, nous l'avons dit, dissimulant les anatomies, en quoi Doré s'engage dans un hiératisme qui l'éloigne du style de l'époque dans laquelle il s'insère. Encore que certaines grandes pièces, telle la Vierge de l'Annonciation de Saint-Thégonnec, invitent à tempérer ce jugement.
Les drapés, calmes et amples, se déploient en pans sculpturaux soulignant la majesté des volumes, tels ceux de la Madeleine du groupe de Notre-Dame-de Pitié si fascinant de Senven-Lehart.
Si les drapés sont stylisés, l'origine de leurs plis n'en demeure pas moins naturelle, structurant, en les animant tout à la fois, les silhouettes. Les plis, formés sur des étoffes épaisses et fermes, captent avec vigueur les ombres d'une sculpture destinée à vivre en plein vent, plus qu'à habiller des corps qui se font oublier.
Plis en becs caractéristiques sur les flancs des blocs sculptés. Plis en volutes, simples ou composés, aux lisières latérales. Plis en volutes simples à queue d'aronde, à étages et bouillonnants dans les pans des manteaux rebrassés. Plis couchés et repassés se chevauchant les uns les autres. Plis en accordéon, sur les manches ajustées. Plis en éventail sur les bras qui portent le manteau."
— COUFFON, René, 1961, L'évolution de la statuaire en Bretagne après la guerre de succession du Duché - In: Mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 97 (1961) p. 1-16
— COUFFON (René), LE BARS (Alfred), 1988, Notice sur Guimiliau, Extrait de : Diocèse de Quimper et Léon, nouveau répertoire des églises et chapelles, Quimper, Association diocésaine, 1988. - 551 p.: ill.; 28 cm.
— LE GUENNEC (Louis), Morlaix et sa région. page 268
— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne, les ateliers du XVe au XVIIe siècle , 1 vol. (407 p.) - 1 disque optique numérique (CD-ROM) : ill. en coul. ; 29 cm ; coul. ; 12 cm . Note : Index. - Notes bibliogr., bibliogr. p. 373-395 Rennes : Presses universitaires de Rennes , 2014 Éditeur scientifique : Jean-Yves Éveillard, Dominique Le Page, François Roudaut.
— NANTEUIL (Alfred DE LA BARRE DE ), 1914, Guimiliau (S.F.A. - C.A. 1914) Non consulté.
La statue de saint Matthieu (kersantite, vers 1630) par Roland Doré dans l'église Saint-Houardon de Landerneau.
PRÉSENTATION.
La statue de l'apôtre et évangéliste Matthieu qui a été sculptée par Roland Doré (1618-1663), notre meilleur sculpteur de kersanton en son atelier de Landerneau, est certes connue, puisqu'elle figure sur l'inventaire réalisé par Yves-Pascal Castel, et sur le catalogue raisonné du sculpteur par Emmanuelle Le Seac'h.
Elle est connue, mais elle n'est pas bien connue ; et je n'en découvre qu'une photo en ligne, publiée par Y.-P. Castel (ici, statue n°15, p.42).
Pourtant, moi qui me plait à vagabonder sur les routes de Bretagne à la recherche des œuvres doréennes (ses calvaires notamment), qui n'aime rien tant que de partager mes découvertes (cf liens infra), et qui ait été enfin plusieurs fois visiter l'église Saint-Houardon de Landerneau, (en particulier son porche), j'ai dû constater, hier, que je n'avais pas encore rendu visite à cette statue de l'église de Saint-Houardon, dont j'avais pourtant mentionné l'existence
Roland Doré a sculpté 52 apôtres pour les diocèses de Léon et de Tréguier, et seules deux séries sont complètes, celles de Pleyber-Christ et celle de Plestin-les-Grèves.
Roland Doré a d'abord travaillé , sans doute comme compagnon de l'atelier du Maître de Plougastel (1570-1621), en 1622 à Saint-Thégonnec pour la croix de Coslen, puis, reprenant un chantier du Maître de Plougastel, il prend le titre de maître à Hanvec en 1621-1622 dans un acte de réparation de la croix du cimetière. Il atteint la maturité de son style lorsqu'il réalise le porche deGuimilauen 1624 (le chantier avait été débuté en 1606par le Maître de Plougastel). Sous le porche de Guimiliau, les statues de Pierre et de Jean sont de ce dernier, Roland Doré exécute celles de Philippe, Barthélémy, Matthieu, Simon, Jude et Thomas (quatre autres staues en bois datent du XVIIIe).
Les autres statues, dont on peut penser qu'elles sont plus tardives, se trouvent à :
Pleyber-Christ : 12 statues de 0,98 à 1 m de haut, 27 cm de large et 23 cm de profondeur. Roland Doré a aussi réalisé une décollation de saint Pierre au fronton intérieur du porche.
Plestin-les-Grèves : 12 statues de 1,18 à 1,22 m de haut, (et les statues de l'extérieur, un saint Yves et une Marie-Madeleine)
Trémaouézan : 11 statues de 1,60 m de haut. Celles de saint Pierre a été réalisée par le Maître de Plougastel en 1633 sous le rectorat d'Hervé Fily qui signe de ses initiales séparées par un calice sur un blason. Roland Doré a aussi réalisé une Vierge à l'Enfant pour une niche centrale du porche.
Le Tréhou : 4 statues de 0,80 cm, des apôtres Pierre, Jean, André et Thomas, ainsi qu'une statue du Christ Sauveur.
Saint-Thégonnec (1625, 1632 et 1635) : 3 apôtres Jean, Jacques le Majeur et Thomas (Pierre par le Maître de Plougastel). Roland Doré a aussi réalisé une Annonciation et Jean l'évangéliste à l'extérieur du porche.
Plougourvest : Jacques le Majeur. Roland Doré a aussi réalisé un Christ Sauveur au dessus de la porte d'entrée et une Vierge à l'Enfant à l'extérieur du porche.
Landerneau église Saint-Houardon : saint Matthieu.
DESCRIPTION.
La statue mesure 140 cm.
Le saint est indubitablement un apôtre car il tient un livre et qu'il est pieds nus. Il tient également une lance (brisée) dans la main droite, et c'est cet attribut qui a conduit l'abbé Castel à l'identifier comme saint Matthieu (la lance est parfois aussi, chez d'autres artistes, l'attribut de Thomas). La statue en kersanton provient vraisemblablement d'un porche (celui de Saint-Houardon, dont les niches sont vides ?) et appartient tout aussi vraisemblablement à une série des 12 apôtres du Credo, comme peut en témoigner un phylactère (qui portait l'article du Credo) passant en diagonale au dessus de la lance.
La statue est facile à attribuer à Roland Doré, ne serait-ce que par les pupilles creusées caractéristiques.
Comme d'autres statues de l'église, elle a été scellée sur un dais gothique, récupéré quelque part, mais c'est un usage paradoxal puisque ces dais servaient, comme leur nom l'indique, à coiffer le haut des statues pour les honorer.
(*) Parmi les statues sculptées par Roland Doré à Plestin-les Grèves, si on accepte les déterminations d'E. Le Seac'h, saint Thomas tient une équerre et saint Matthieu une hallebarde, alors que c'est Mathias qui tient une lance.
Il existe deux autres statues en kersanton d'apotres dans l'église, celle de saint Jean (XVIe siècle) et celle, attribuée au Maître de Plougastel, de saint Jacques le Majeur (vers 1600). Une autre statue en kersanton du XVIe siècle, de 90 cm, posée sur un dais, représente un personnage barbu qui tient un cœur dans une couronne d'épines avec l'inscription PVLSATE ET APERIETVR (frappez et on vous ouvrira) : un Christ ?
.
Saint Matthieu (Kersanton, Roland Doré) de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photo lavieb-aile 2024.
Saint Matthieu (Kersanton, Roland Doré) de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photo lavieb-aile 2024.
Saint Matthieu (Kersanton, Roland Doré) de l'église Saint-Houardon, Landerneau. Photo lavieb-aile 2024.
— CASTEL (Yves-Pascal), 1985, Roland Doré, sculpteur du roi en Bretagne et architecte (première moitié du XVIIè siècle) , Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Pages 97 à 156.
— CASTEL (Yves-Pascal), 1996, Du nouveau sur Roland Doré
— CASTEL in DANIEL, (Françoise), 1988, Roland Doré et les enclos paroissiaux : [exposition, Morlaix, Musée des Jacobins, juillet 1988] / [exposition conçue et réalisée par Françoise Daniel] Jacobins, juillet 1988] 1 vol. (56 p.) : ill. en noir et en coul., couv. ill. en coul. ; 30 cm D'après les travaux d'Yves-Pascal CASTEL .
"Doré s'est forgé un style si reconnaissable que certains amateurs se refusent à y déceler ces variations, subtiles mais réelles, qui font d'un simple praticien un artiste véritable qui s'attache à renouveler sa manière.
Les anatomies des personnages se cachent sous des étoffes lourdes, les mains sont stylisées, les pieds nus dépassant la tombée des plis des tuniques se réduisent à un rang de billes inégales... Tout cela pourrait faire illusion sur le talent de l'artiste encore que nous le verrons, on repère des exceptions.
Mais il y a les visages !
Fronts bombés, lisses ou creusés de rides, selon l'âge ou le sexe des personnages, ligne des arcades sourcilières larges et franches, pommettes pleines et arrondies, un visage de Doré se reconnaît presque toujours.
Les yeux, où se réfugient la manière et les intentions de l'artiste, tout comme ses manies et ses tics, sont particulièrement typés. Les paupières en amande ont le sillon palpébral toujours indiqué. En ceci, Doré se démarque franchement du maître du calvaire de Plougastel-Daoulas, qui , supprimant tout sillon, donne toute l'importance au globe oculaire. Au contraire, dans une option naturaliste
, Doré concentre l'intérêt sur l'iris. Il marque la pupille d'un creux expressif, dont la direction invite le regard de l'observateur à une mobilité qui participe à la vie de ces faces minérales.
Le sillon naso-labial est creusé, plus ou moins, s'articulant sur des lèvres relativement fines.
L'étonnant, dans ce traitement des visages, est qu'il contraste, mis à part les traits incisifs des chevelures et des barbes, avec l'agencement des drapés des vêtements et de leurs plis.
Des étoffes opaques qui masquent les corps, nous l'avons dit, dissimulant les anatomies, en quoi Doré s'engage dans un hiératisme qui l'éloigne du style de l'époque dans laquelle il s'insère. Encore que certaines grandes pièces, telle la Vierge de l'Annonciation de Saint-Thégonnec, invitent à tempérer ce jugement.
Les drapés, calmes et amples, se déploient en pans sculpturaux soulignant la majesté des volumes, tels ceux de la Madeleine du groupe de Notre-Dame-de Pitié si fascinant de Senven-Lehart.
Si les drapés sont stylisés, l'origine de leurs plis n'en demeure pas moins naturelle, structurant, en les animant tout à la fois, les silhouettes. Les plis, formés sur des étoffes épaisses et fermes, captent avec vigueur les ombres d'une sculpture destinée à vivre en plein vent, plus qu'à habiller des corps qui se font oublier.
Plis en becs caractéristiques sur les flancs des blocs sculptés. Plis en volutes, simples ou composés, aux lisières latérales. Plis en volutes simples à queue d'aronde, à étages et bouillonnants dans les pans des manteaux rebrassés. Plis couchés et repassés se chevauchant les uns les autres. Plis en accordéon, sur les manches ajustées. Plis en éventail sur les bras qui portent le manteau."
— COUFFON, René, 1961, L'évolution de la statuaire en Bretagne après la guerre de succession du Duché - In: Mémoires. Société d'Emulation des Côtes-du-Nord vol. 97 (1961) p. 1-16
— LE SEAC'H (Emmanuelle), 2014, Sculpteurs sur pierre en Basse-Bretagne : les ateliers du XVe au XVIIe siècle. Presses Universitaires de Rennes.
"La précédente église Saint-Germain, dont le clocher-porche portait la date de 1720, se situait au sud-ouest de l’église actuelle. Devenue trop petite pour accueillir la population de Flers, le conseil municipal vote, le 25 janvier 1895, la construction d’un nouveau lieu de culte. L’église est construite à partir de 1910, et le monument est béni en 1922. La même année, l’ancienne église est détruite par la commune. Pour des questions financières, les deux tours du massif sud sont construites quelques années plus tard, entre 1936 et 1937.
L'édifice néogothique de 65 m sur 30 m environ en granite n'est pas orienté, le chœur se situe au nord. L'église possède un massif à deux tours, une nef, quatre collatéraux dont deux fractionnés, un transept, un chœur à chevet polygonal, un déambulatoire et sept absidioles. Au niveau du chevet, l'absidiole abritant la chapelle d'axe est plus importante que les autres. Deux tourelles d'escaliers prennent place au nord de chacun des bras du transept,pour permettre l'accès aux tribunes. L'élévation de la nef est composée de grandes arcades brisées, d'un triforium et de fenêtres hautes ouvragées. Le triforium se prolonge sur les bras du transept et dans le chœur. Une tribune d'orgue prend place en revers du massif sud. A l'intérieur, les murs sont couverts d'un badigeon gris, ce qui contraste avec le blanc des colonnes et des arcs brisées."
L’édifice subit de nombreux dégâts lors de la Seconde Guerre mondiale. Les premiers vitraux réalisés en 1910 par le maître-verrier Charles Lorin, sont notamment détruits. La rosace du massif commandée avant guerre au maître-verrier Jean Chaudeurge est installée à l'issue du conflit, les autres vitraux sont réalisés par Jean Chaudeurge (nef, avant 1960) puis, ce dernier étant tombé malade, par Jacques Le Chevalier. L'édifice, restauré par l’architecte Pierre Meurice, est rendu au culte en 1960.
Il s'agit de vitraux sous plomb en verre antique.
—Jean Chaudeurge a réalisé la rosace ouest n°120 dès 1936, elle ne sera posée qu'en 1947.
-Il a réalisé les baies hautes de la nef et en partie du transept en ?, avant 1957.
—Jacques Le Chevallier a réalisé en 1960-62 :
-Les 12 baies du pourtour du chœur à figuration soit 33,40 m² à 500 frs/m²
-Le pourtour du chœur 15 à 18 en vitrerie soit 13,5 m² à 350 frs /m² (posées en 1960)
-Les 3 baies de la chapelle axiale de 13 m² à 450 frs/m² sur les maquettes (et exécution?) de Jean Chaudeurge. Baie 2 signée J.L.C. 1960.
-Les 4 baies de l'entrée et du baptistère soit 15,70 m² à 350 frs/m² (terminées en janvier 1962)
-Les bas-côtés de la nef et des transepts soit 100 m² à 250 frs/m² (posées en 1960)
—Reprenant le marché établi en 1957 entre J. Chaudeurge et la Coopérative de Reconstruction des églises et édifices religieux sinistrés, Jacques Le Chevallier a réalisé en 1963-64 dans son atelier de Fontenay-aux-Roses sur les maquettes de Jean Chaudeurge, mais aussi avec la participation de ce dernier au sein de l'atelier, à partir de décembre 1962 :
-La vitrerie des 3 baies hautes centrales du chœur n° 100 à 102 soit 24 m² au tarif de 500 frs/m²
-la vitrerie des 4 baies hautes latérales du chœur soit 32 m² au tarif de 200 frs/m²
La pose a été assurée par Guy Le Chevallier, fils de Jacques, avec pour la partie serrurerie Mr Hodiesne Père et Fils, de Flers
—Les baies 3, 5 , et 7, des médaillons héraldiques en demi-lunes des « vieux seigneurs de Flers » ont été offertes, selon l'inscription, par les Amis du Vieux Flers en 1969. Elles sont placées au dessus d'une porte, dans un oratoire « à la mémoire du peuple de Flers, de ses curés et de ses seigneurs ».
—Les baies hautes du transept ont été réalisées plus tardivement en verres pâles par un verrier local.
Les hautes fenêtres de l'église : un plan d'ensemble conçu par Jean Chaudeurge.
Jean Chaudeurge, graveur et peintre verrier français est né le 4 août 1908 à Flers et il est mort le 12 janvier 1968 à Paris. Il obtient le second prix de Rome de gravure le 8 juillet 1936. Il a travaillé , tout comme Jacques Le Chevallier, dans l'atelier du peintre-verrier Louis Barillet.
« Jean Chaudeurge est un méditatif, fin et délicat dont l'âme chrétienne vibre aux sublimes beautés de la foi. Simple comme les grands artistes, laborieux, aimant le travail bien fait, il commença ses premières esquisses en 1939. Quand elles furent bien au point , il présida lui-même à la cuisson et au montage chez le maître - verrier Pierre Pasquier , d'Amiens . retouchant jusqu'à trois fois certaines parties . Enfin , après huit mois de travail effectif , Jean Chaudeurge eut la satisfaction profonde de voir son œuvre goûtée et admirée. » Sa lenteur d'exécution, associée à sa foi, l'ont amené à accompagner sa signature d'un escargot portant une croix.
Dans un croquis et courrier du 1er février 1957 adressé aux commanditaires (« Mr le directeur général et Mr le secrétaire-général des coopératives d'églises », Jean Chaudeurge présente son programme en intégrant les vitraux déjà réalisés (la rosace sud, les 10 fenêtres haute de la nef et les 2 premières fenêtres des transepts) dans un dessin basé sur le corps du Christ en croix, allant de la grande Rose du portail jusqu'à la Vexilla regis (l'étendard royal qu'est la Croix pour les chrétiens) de la baie axiale 100 par un faisceau de lignes rayonnantes à partir du nombril. Le style de l'écriture très inspirée et personnelle de l'artiste se retrouve dans sa riche correspondance avec Guy Le Chevallier (archives).
« Contrairement à d’autres vitraillistes qui avaient des ouvriers, mon père faisait tout, tout seul, de l’esquisse à la pose des vitraux, décrit le fils de Jean Chaudeurge, Jean-François. Il avait un atelier au dernier étage d’un immeuble en face de la Samaritaine, à Paris [1 rue Guénégaud, VIe]. Il devait grimper au 6e, 7e étage pour retrouver sa collection de feuilles de verre et de plombs plus ou moins larges. »
Malade, victime d'un accident en septembre 58, et hospitalisé en sanatorium en février 1959 puis paralysé des jambes, il a dû terminer les vitraux de Saint-Germain, en fin 1962 dans l’atelier de Jacques Le Chevallier. Il avait dessiné les maquettes des roses des transepts, qu'il n’a pas eu le temps de réaliser. On devait y trouver à droite les 12 mois et leurs travaux et les 12 signes du Zodiaque, et à gauche les 12 tribus de Jacob et les symboles de l'Ancien Testament.
Illustration 5: Jean Chaudeurge, Programme des baies hautes de 'église Saint-Germain, archives Jacques Le Chevallier, A.D. Aube.
La signature de Jean Chaudeurge est précédée d’un escargot orné d’une croix. C’est celle qu’il a fini par adopter tant on lui soulignait sa lenteur.
SITUATION DES VITRAUX ET NUMÉROTATION (Corpus vitrearum).
Verrières numérotées selon le Corpus vitrearum, sur un plan d'archive.
DESCRIPTION.
Note : les surfaces indiquées ici ont été déduites des devis, et non mesurées sur place.
Baie
situation
forme
surface
signature
description
0
Chœur baie axiale chapelle du Saint-Sacrement.
Deux lancettes ogivales et une rosace.
4,3 m²
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille.
Instruments de l'Arrestation et de la Passion (Croix, périzonium, tenailles, couronne d'épines, clous, éponge de vinaigre, liens, glaive, lanterne)
1
Chœur baie axiale chapelle du Saint-Sacrement
Deux lancettes ogivales et une rosace.
4,3 m²
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond rouge.Ancien Testament : Sacrifice d'Isaac et Buisson ardent.
2
Chœur baie axiale chapelle du Saint-Sacrement
Deux lancettes ogivales et une rosace.
4,3 m²
J. LE CHEVALLIER
1960
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond rouge. Symboles eucharistiques, le pain et le blé, le calice, le vin et le raisin.
3
Chapelle latérale du chœur transformée.
HORS ATELIER
Demi-lune
Armoiries des seigneurs de Flers DE GROSPARMY 1404-1547 et DE PELLEVÉ 1547-1736
4
Chapelle latérale du chœur
Baie ogivale à lancette unique.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond bleu. Symboles chrétiens et mariaux (tour, étoile).
5
Chapelle latérale du chœur
HORS ATELIER
Demi-lune
Armoiries des seigneurs de Flers DE LA MOTTE ANGO 1736-1806. Inscription de donation des Amis du Vieux Flers 1969.
6
Chapelle latérale du chœur
Baie ogivale à lancette unique.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond bleu.
Annonciation. Corbeille et cruche.
7
Chapelle latérale du chœur
HORS ATELIER
Demi-lune
Armoiries des seigneurs de Flers D'AUNOU 1180-1320 et d'HARCOURT 1383-1404.
8
Chapelle latérale du chœur
Baie ogivale à lancette unique.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond bleu. Symboles chrétiens et mariaux (miroir).
9
Chapelle latérale du chœur
Baie ogivale à lancette unique.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond jaune clair. Verrière à personnage en pied. Saint Marc et son lion.
10
Chapelle latérale du chœur
Baie ogivale à lancette unique.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond jaune clair. Verrière à personnage en pied. Saint Jean et la coupe de poison, et son aigle. Paysage urbain (Éphèse?)
11
Chapelle latérale du chœur
Baie ogivale à lancette unique.
J. LE CHEVALLIER PEINTRE-VERRIER 1962.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond jaune clair. Verrière à personnage en pied. Saint Pierre et ses clefs. Barque de pêche.Vue de Saint-Pierre de Rome.
12
Chapelle latérale du chœur
Baie ogivale à lancette unique.
.Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond jaune clair. Verrière à personnage en pied. Saint Paul et l'épée de sa décollation. Vue de Rome. Navire faisant allusion à ses voyages. Inscription FRATRES sur ses Épîtres.
13
Chapelle latérale du chœur
Baie ogivale à lancette unique.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond jaune clair. Verrière à personnage en pied. Saint Matthieu l'évangéliste et son ange.
14
Chapelle latérale du chœur
Baie ogivale à lancette unique.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond jaune clair. Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond jaune clair. Verrière à personnage en pied. Saint Luc et son taureau ailé. Au dessus, Agneau pascal tenant l'agnel sur le Livre de l'Apocalypse.
15
Chapelle latérale du chœur
Baie ogivale à lancette unique.
3,37m²
J. LE CHEVALLIER PEINTRE-VERRIER 1962.
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles et rectangles rouges et verts.
16
Chapelle latérale du chœur
Baie ogivale à lancette unique.
3,37m²
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles et rectangles rouges, orange, bleus et verts.
17
Chapelle latérale gauche du chœur
Baie ogivale à lancette unique.
3,37m²
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles et rectangles rouges et verts.
18
Chapelle latérale du chœur
Baie ogivale à lancette unique.
3,37m²
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles et rectangles rouges, orange, bleus et verts.
19
Transept gauche
Baie ogivale à lancette unique.
7,20 m²
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles et rectangles.
Un verre cassé.
20
Transept droit
Baie ogivale à lancette unique.
7,20 m²
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des rectangles. Cercles et losanges inscrits en plomb.
21
Transept gauche
Baie ogivale à lancette unique.
7,20 m²
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles et rectangles
22
Transept droit
Baie ogivale à lancette unique.
7,20 m²
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des rectangles. Cercles et losanges inscrits en plomb.
23
Bas-côté nef
Baie ogivale à lancette unique.
7,20 m²
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles et rectangles parfois occupés par des cercles ou losanges inscrits en plomb.
24
Bas-côté nef
Baie ogivale à lancette unique.
7,20 m²
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles jaunes et verts notamment
25
Bas-côté nef côté gauche.
Baie ogivale à lancette unique.
7,20 m²
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles et rectangles parfois occupés par des cercles ou losanges
26
Bas-côté nef côté droit. chapelle du Souvenir des héros de la Résistance
Baie ogivale à lancette unique.
7,20 m²
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles verticaux très aigus, jaunes notamment.
27
Bas-côté nef
Baie ogivale à lancette unique.
7,20 m²
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles et rectangles parfois occupés par des cercles ou losanges
28
Bas-côté nef
Baie ogivale à lancette unique.
7,20 m²
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles verticaux verts notamment..
29
Bas-côté nef
Baie ogivale à lancette unique.
7,20 m²
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles et rectangles parfois occupés par des cercles.
30
Bas-côté nef
Baie ogivale à lancette unique.
7,20 m²
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles verticaux en flammes de navires, bleus rouges et jaunes.
31
Bas-côté nef
Baie ogivale à lancette unique.
7,20 m²
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles et rectangles parfois occupés par des cercles.
32
Bas-côté nef
Baie ogivale à lancette unique.
7,20 m²
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles verticaux en flamme de navire, verts notamment.
33
Chapelle « entrée »
Baie ogivale à lancette unique.
3,90 m²
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles et rectangles.
34
Chapelle des Fonts « entrée »
Baie ogivale à lancette unique.
3,90 m²
Bande centrale verticale d'éléments colorés rouges bleus ou verts, hachurés parfois de traits.
35
Chapelle « entrée »
Baie ogivale à lancette unique.
3,90 m²
Vitrerie colorée Bande centrale verticale d'éléments colorés rouges et orangés, hachurés parfois de traits..
36
Chapelle des Fonts « entrée »
Baie ogivale à lancette unique.
3,90 m²
Bande centrale verticale d'éléments colorés rouges bleus ou verts, hachurés parfois de traits.
100
Baie haute du chœur
Deux lancettes ogivales et une rosace. entre deux écoinçons.
Maquette J. Chaudreuge.
8m²
320 pièces au m². Lancette A dédiée au Sacré-Cœur. Lancette B dédiée à Notre-Dame.
101
Baie haute du chœur
Deux lancettes ogivales et une rosace entre deux écoinçons. Maquette J. Chaudreuge.
8m²
320 pièces au m².
Lancette A : Fête-Dieu et Notre-Dame de Flers.
Lancette B : Jeanne d'Arc
102
Baie haute du chœur
Deux lancettes ogivales et une rosace entre deux écoinçons.. Maquette J. Chaudreuge.
8m²
320 pièces au m². Lancette A : hommage au pape et au concile Vatican II
Lancette B : Saint Germain patron de l'église
104
Baie haute du chœur
Deux lancettes ogivales et une rosace entre deux écoinçons.
Maquette J. Chaudreuge.
8m²
Bande verticale claire à croisillons, sur un fond de carreaux bleus et marron
105
Baie haute du chœur
Deux lancettes ogivales et une rosace entre deux écoinçons.
Maquette J. Chaudreuge.
8m²
Bande verticale claire à croisillons, sur un fond de carreaux bleus et marron
106
Baie haute du chœur
Deux lancettes ogivales et une rosaceentre deux écoinçons .
Maquette J. Chaudreuge.
8m²
Bande verticale claire à croisillons, sur un fond de carreaux bleus et marron
107
Baie haute du transept côté droit
Deux lancettes ogivales et une rosace entre deux écoinçons.
HORS ATELIER , fin XXe début XXIe
8m² ?
Verres translucides ou bleu pâle.
108
Baie haute du transept côté droit
Deux lancettes ogivales et une rosace.
HORS ATELIER , fin XXe début XXIe
Verres translucides ou bleu pâle.
109
Baie haute du transept
Rosace
HORS ATELIER
, fin XXe début XXIe
Cercles concentriques jaune, bleu et rose sur les pétales de la rose
110
Baie haute du transept
Rosace.
HORS ATELIER
, fin XXe début XXIe
Cercles concentriques jaune, bleu et rose sur les pétales de la rose
111
Baie haute du transept
Deux lancettes ogivales et une rosace.
HORS ATELIER
( J. Chaudreuge.)
8m² ?
Vitrerie dorée
croisillons en X
étoile de David dans la rosace
112
Baie haute du transept
Deux lancettes ogivales et une rosace.
HORS ATELIER
( J. Chaudreuge.)
8m² ?
Vitrerie dorée
113
Baie haute de nef
Deux lancettes ogivales et une rosace.
HORS ATELIER
( J. Chaudreuge.)
8m² ?
Vitrerie dorée
croisillons en X
étoile de David dans la rosace
114
Baie haute de nef
Deux lancettes ogivales et une rosace.
HORS ATELIER
8m² ?
Vitrerie dorée
115
Baie haute de nef
Deux lancettes ogivales et une rosace.
HORS ATELIER
( J. Chaudreuge.)
8m² ?
Vitrerie dorée
croisillons en X
étoile de David dans la rosace
116
Baie haute de nef
Deux lancettes ogivales et une rosace.
HORS ATELIER
( J. Chaudreuge.)
8m² ?
Vitrerie dorée
117
Baie haute de nef
Deux lancettes ogivales et une rosace.
HORS ATELIER
( J. Chaudreuge.)
8m² ?
Vitrerie dorée,
croisillons en X
étoile de David dans la rosace
118
Baie haute de nef
Deux lancettes ogivales et une rosace.
HORS ATELIER
( J. Chaudreuge.)
Vitrerie dorée
119
Baie haute de nef
Deux lancettes ogivales et une rosace.
HORS ATELIER
( J. Chaudreuge.)
Vitrerie dorée
étoile de David dans la rosace
120
Baie haute de nef
Deux lancettes ogivales et une rosace.
HORS ATELIER
( J. Chaudreuge.)
Vitrerie dorée
121
Baie haute de nef
Deux lancettes ogivales et une rosace.
HORS ATELIER
( J. Chaudreuge.)
Vitrerie dorée
étoile de David dans la rosace
122
Baie haute de nef
Deux lancettes ogivales et une rosace.
HORS ATELIER
( J. Chaudreuge.)
8m² ?
Vitrerie dorée
124
Rosace de la façade d'entrée Jean Chaudeurge
Rosace et registre inférieur.
HORS ATELIER (Jean Chaudreuge, Jean Peschard, 1947)
JEAN CHAUDEURGE INVENIT ET FECIT
ATELIER ----
Les sept fenêtres du bas représentent, autour de Notre-Dame de Flers, Sainte-Thérèse de l’enfant-Jésus et Saint-Alexis, représenté avec les traits du chanoine Alexis Hervieux. Ce curé doyen de Flers jusqu’en 1953, qui se dépensa sans compter pour la restauration de Saint-Germain, est celui qui a incité Jean Chaudeurge à réaliser des vitraux pour la grande église flérienne.
La chapelle du Saint-Sacrement ou chapelle axiale.
Les baies1, 0 et 2. Jacques Le Chevallier 1960-1962. église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies1, 0 et 2. Jacques Le Chevallier 1960-1962. église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 0, au centre de la chapelle axiale. 4,3 m², Jacques Le Chevallier 1960-1962.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille.
Instruments de l'Arrestation et de la Passion (Croix, périzonium, tenailles, couronne d'épines, clous, éponge de vinaigre, liens, glaive, lanterne).
La baie 0, Jacques Le Chevallier 1960-1962. église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 0, Jacques Le Chevallier 1960-1962. église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 1. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond rouge. Ancien Testament : Sacrifice d'Isaac et Buisson ardent.
La baie 1, Jacques Le Chevallier 1960-1962. église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 1, Jacques Le Chevallier 1960-1962. église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 1, Jacques Le Chevallier 1960-1962. église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 1, Jacques Le Chevallier 1960-1962. église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 2. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond rouge. Symboles eucharistiques, le pain et le blé, le calice, le vin et le raisin.
La baie 2, Jacques Le Chevallier 1960-1962. église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 2, Jacques Le Chevallier 1960-1962. église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 2, Jacques Le Chevallier 1960-1962. église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 2, Jacques Le Chevallier 1960-1962. église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La chapelle à la mémoire "du peuple de Flers, de ses curés et de ses seigneurs".
Les baies 3, 5 et 7.
Les baies 3, 5, 7, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 3.
Armoiries des seigneurs de Flers DE GROSPARMY 1404-1547 (de gueules à deux jumelles d'hermines accompagné en chef d'un lion léopardé du même, couronne de baron) et DE PELLEVÉ 1547-1736 (de gueules à la tête humaine d'argent aux cheveux hérissés d'or, couronne de comte).
La baie 3, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 5
Armoiries des seigneurs de Flers DE LA MOTTE-ANGO 1736-1806.
Écartelé : aux 1 et 4, de gueules à la tête humaine d'argent, posée de profil, les cheveux hérissés d'or ;
aux 2 et 3, de gueules à 9 macles d'or 3, 3, 3 ; sur le tout, d'azur à trois annelets d'or.
Inscription de donation des Amis du Vieux Flers 1969.
La baie 5, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 7.
Armoiries des seigneurs de Flers D'AUNOU 1180-1320 et d'HARCOURT, 1383-1404. Couronnes de baron.
La baie 7, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies 4, 6, et 8.
Les baies 4,6,8. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies 4,6,8. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 4. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond bleu. Symboles chrétiens et mariaux (tour, étoile).
La baie n°4. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 6 : l'Annonciation. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond bleu. Annonciation. Corbeille et cruche.
La baie n°6. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie n°6. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie n°6. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 8. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond bleu. Symboles chrétiens et mariaux (miroir).
La baie n°8. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies 9, 11 et 13.
Les baies 9, 11, 13, Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 9. Saint Marc. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond jaune clair. Verrière à personnage en pied. Saint Marc et son lion.
La baie n°9. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie n°9. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 11. Saint Pierre. Jacques Le Chevallier 1960-1962. Signature.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond jaune clair. Verrière à personnage en pied. Saint Pierre et ses clefs. Barque de pêche.Vue de Saint-Pierre de Rome.
La baie n°11. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie n°11. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie n°11. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie n°11. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie n°11. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 13. Saint Matthieu. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond jaune clair. Verrière à personnage en pied. Saint Matthieu l'évangéliste et son ange.
La baie n°13. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie n°13. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies 10, 12 et 14.
Les baies n° 10,12 et 14. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 10. Saint Jean. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond jaune clair. Verrière à personnage en pied. Saint Jean et la coupe de poison, et son aigle. Paysage urbain (Éphèse?)
La baie n°10. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie n°10. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 12. Saint Paul. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond jaune clair. Verrière à personnage en pied. Saint Paul et l'épée de sa décollation. Vue de Rome. Navire faisant allusion à ses voyages. Inscription FRATRES sur ses Épîtres.
La baie n°12. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie n°12. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 14. Saint Luc. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond jaune clair. Verres colorés figuratifs peints à la grisaille. Fond jaune clair. Verrière à personnage en pied. Saint Luc et son taureau ailé. Au dessus, Agneau pascal tenant l'agnel, sur le Livre de l'Apocalypse.
La baie n°14. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie n°14. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies 15 et 17.
La baie 15. Jacques Le Chevallier 1960-1962. Signature.
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles et rectangles rouges et verts. Signature J. LE CHEVALLIER PEINTRE-VERRIER 1962.
La baie n°15. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie n°15. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie n°15. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 17. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles et rectangles rouges et verts.
La baie n°17. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies 16 et 18.
La baie 16 devant l'escalier. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles et rectangles rouges orange, bleus et verts.
La baie n°16. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 18 en haut de l'escalier. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles et rectangles rouges, orange, bleus et verts.
La baie n°18. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies du transept nord 19 et 21 .
La baie 19. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles et rectangles.
Un verre cassé.
La baie n°19. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie n°19. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 21. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des triangles et rectangles.
La baie n°21. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies du transept sud 20 et 22 .
La baie n°20. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 20. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des rectangles. Cercles et losanges inscrits en plomb.
La baie n°20. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 22. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
Vitrerie colorée à lignes en réseau irrégulier découpant des rectangles. Cercles et losanges inscrits en plomb.
La baie n°22. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies des bas-côtés de la nef, 23 à 32. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
Les baies des bas-côtés de la nef, 23 à 32. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies des bas-côtés de la nef, 23 à 32. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies des bas-côtés de la nef, 23 à 32. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies des bas-côtés de la nef, 23 à 32. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies des bas-côtés de la nef, 23 à 32. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies des bas-côtés de la nef, 23 à 32. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies des bas-côtés de la nef, 23 à 32. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies des bas-côtés de la nef, 23 à 32. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies des bas-côtés de la nef, 23 à 32. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies des bas-côtés de la nef, 23 à 32. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies des bas-côtés de la nef, 23 à 32. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies des bas-côtés de la nef, 23 à 32. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies de l'entrée 33 et 35 .
La baie 33 . Jacques Le Chevallier 1960-1962.
La baie 33. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 35 . Jacques Le Chevallier 1960-1962.
La baie 35. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les baies des fonts baptismaux 34 et 36 .
La baie 34. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
La baie 34. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La baie 36. Jacques Le Chevallier 1960-1962.
La baie 36. Jacques Le Chevallier 1960-1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
LES BAIES HAUTES
LES BAIES HAUTES DU CHOEUR 100 à 106.
Selon les indications données par J. Chaudeurge (cf. Croquis annoté), elles sont liées au chiffre 7, et s'inspirent de l'hymne Vexilla Regis composée au Vie siècle par l'évêque et poète Venance Fortunat, alors que la rosace sud, à l'entrée de l'église, était inspirée par le Te Deum.
Baie haute axiale 100. Jacques Le Chevallier 1960-1962 sur maquette de J. Chaudeurge.
Lancette A : la France dédiée au Sacré-Cœur.
De haut en bas :
-Le blason de Normandie de gueule aux deux léopards d'or
-La colombe de la Paix (et/ou de l'Arche de Noé ) tenant le rameau d'olivier
-Le cœur sacré de Jésus.
-Le coq gaulois des clochers de France
-Couronne au dessus d'un blason bleu et rouge
-Trois cercles de la Sainte-Trinité
-Inscription ST GERMAIN et SAINTE TRINITE PROCE---CURE DE FLERS
-Flamme bleu-blanc-rouge
-Crosse épiscopale
-La lance qui transperça le flanc (symboliquement, le cœur) de Jésus
Lancette B : Notre-Dame Reine de France.
-Oriflamme marial
-Blason portant l'inscription ND DE FLERS, sous une couronne.
-« Rose mystique »
-Cœur rayonnant (ou transpercé) de Marie
-Monogramme marial.
Baies hautes du chœur, Chaudeurge/Le Chevallier 1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Baies hautes du chœur, Chaudeurge/Le Chevallier 1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Baie haute 101. Jacques Le Chevallier 1960-1962 et J. Chaudeurge sur maquette de J. Chaudeurge.
Lancette A : Fête-Dieu et Notre-Dame de Flers.
-Oriflamme de Flers
-Tour du château
-Bannière de la Fête-Dieu
-Vierge couronnée
-Vierge de l'Assomption
Lancette B : Jeanne d'Arc :
-oriflamme de la Pucelle
-Croix de Lorraine
-trois fleurs de lys
-épée
Baies hautes du chœur, Chaudeurge/Le Chevallier 1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Baie haute 102. Jacques Le Chevallier 1960-1962 et J. Chaudeurge sur maquette de J. Chaudeurge.
Lancette A : hommage au pape et au concile Vatican II
Oriflamme vaticane
Croix papale
Lancette B : Saint Germain patron de l'église
Étoile rouge
Le saint en chasuble portant sa crosse et mitre.
Sur le nimbe, inscription ST GERMAIN.
Baies hautes du chœur, Chaudeurge/Le Chevallier 1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Baies 103 , 105, 104 et 106. Jacques Le Chevallier 1960-1962 et J. Chaudeurge sur maquette de J. Chaudeurge.
Elles reprennent, pour J. Chaudeurge, « la coloration et l'esprit des trois verrières centrales, dans leur fonction d'accompagnement, de rappel et de continuité, pour s'y apparenter et en achever le cycle psalmique ».
Baies hautes du chœur, Chaudeurge/Le Chevallier 1962, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
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Rosace du transept nord : baie 109. Atelier anonyme.
Rosace du transept de gauche, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Rosace du transept, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Baies hautes de la nef. Jean Chaudeurge 1936-1957
Baies hautes de la nef, Jean Chaudeurge , église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Baies hautes de la nef, Jean Chaudeurge , église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La rosace sud ou baie 124. Jean Chaudeurge et Jean Peschard 1947-48.
Cette rosace est considérée à juste titre comme le chef d'œuvre de Jean Chaudeurge. Elle a été conçue dès 1936 à la demande du chanoine Hervieu, mais n'a été posée qu'après la guerre, ce qui lui a évité d'être détruite par les bombardements de juin 1944.
Elle s'inscrit, comme nous l'avons vu, dans une conception globale d'aménagement des verrières de l'église, laquelle était assimilée au corps du Christ en croix : la rosace évoque les pieds sanglants puis glorifiés du Crucifié. Les chiffres 7 et 12 s'y retrouvent comme ailleurs dans la nef et le chœur : la rosace a 12 pétales et sept lancettes forment son soubassement.
L'élément central de la rose contient deux cœurs réunis, le cœur rouge correspondant à celui du Christ et le cœur bleu celui de sa mère : on les retrouve dans les deux lancettes A et B de la baie 100.
De ces cœurs partent des rayons de feu qui embrasent les pétales, remplis de formes géométriques. 24 blasons occupent la périphérie, ornés de croix et de diagrammes, mais aussi des armes de Flers de gueules, à deux navettes d'or posées en sautoir accompagnées de trois bobines d'argent 2 et 1, au chef de France. Le blason voisin montre deux abeilles et une croix de Malte.
La rose est couronnée par un ciboire au monogramme IHS, adoré par deux anges allongés.
Rosace sud, Jean Chaudeurge 1947-48, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Rosace sud, Jean Chaudeurge 1947-48, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Rosace sud, Jean Chaudeurge 1947-48, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Rosace sud, Jean Chaudeurge 1947-48, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Rosace sud, Jean Chaudeurge 1947-48, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Rosace sud, Jean Chaudeurge 1947-48, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Les sept fenêtres du bas représentent, autour de Notre-Dame de Flers, Sainte-Thérèse de l’enfant-Jésus et Saint-Alexis, représenté avec les traits du chanoine Alexis Hervieux. Ce curé doyen de Flers jusqu’en 1953, qui se dépensa sans compter pour la restauration de Saint-Germain, est celui qui a incité Jean Chaudeurge à réaliser des vitraux pour la grande église flérienne.
Le premier personnage à gauche, qui semble chanter tient un papier où on lit CANTATE DU JUBILE DE Mr le CHAN. HERVIEUX
Le deuxième personnage est un ange thuriféraire (qui tient l'encensoir).
Le troisième personnage, vêtu d'une cape noire, agenouillé de profil face à la Vierge et tenant sur l'épaule un bâton, porte sur son nimbe l'inscription ST ALEXIS.
Le personnage du milieu, en rouge, mains jointes entre les tours de l'église, est Notre-Dame de Flers, la tête entourée d'étoiles.
Le cinquième personnage, en habit de religieuse est surmonté de trois chérubins. Son nimbe indique STE THERESE DE L'ENFANT-JESUS. Voilée, les yeux baissés, elle tient dans ses bras un crucifix entouré de roses.
Vient ensuite un autre thuriféraire, en aube blanche.
Le dernier est une religieuse voilée et les yeux baissés, tenant devant ses lèvres une flûte de pan (référence à l'orgue ?).
Rosace sud, Jean Chaudeurge 1947-48, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Rosace sud, Jean Chaudeurge 1947-48, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Rosace sud, Jean Chaudeurge 1947-48, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Rosace sud, Jean Chaudeurge 1947-48, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Rosace sud, Jean Chaudeurge 1947-48, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Rosace sud, Jean Chaudeurge 1947-48, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
Rosace sud, Jean Chaudeurge 1947-48, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
La signature de la rosace sud ou baie 124.
JEAN CHAUDEURGE INVENIT ET FECIT ATELIER ---- (PARIS --?)
soit "Jean Chaudeurge a conçu et a réalisé [ceci] dans son atelier" ...
Rosace sud, Jean Chaudeurge 1947-48, église Saint-Germain de Flers. Photo lavieb-aile 2024.
L'’église Saint-Martin est la plus ancienne église de Condé-sur-Noireau. C’était à l’origine un oratoire dédié à St Martin, existant depuis le début du christianisme dans la région. Il fut transformé en église paroissiale au XIe siècle pour desservir le nouveau bourg. L’ancien portail date du XIIIe siècle. Le clocher date du XVe siècle. Vers la fin du XIXe siècle, la façade et la nef abattues et reconstruites dans un style néo roman.
Saint Martin demeure l’unique église paroissiale de la commune jusqu’à la Révolution. Elle est touchée par les bombardements de juin 1944. L’architecte Jean A. Debout en charge de la reconstruction des deux églises condéennes, a valorisé les parties anciennes de l’église épargnées par le bombardement.
L'église après le bombardement de 1944. Archives du Calvados 82Fi/2
L’abside du choeur, éclairé par trois belles fenêtres gothiques flamboyantes, conservait jusqu'en 1944 un vitrail offert par le seigneur de Condé Nicolas Le Pellevé à Elisabeth de Rohan en 1593 a été détruit par les bombardements. Son sujet, un Calvaire, a été repris par Jacques Le Chevallier. C'est le seul vitrail qui est remarqué et décrit en 1844 dans la monographie de l'abbé J. Barette.
L’édifice est orienté au sud. Son plan comporte huit travées et trois vaisseaux. Le chevet du chœur ainsi que la chapelle Saint-Martin, à gauche, sont en contre-bas par rapport à la nef et à l'autel, et sont accessibles par trois volées de marches, décalées (cf. Plan)
Eglise Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Alors que les baies situées en contre-bas sont de style gothique flamboyant, chaque travée de la nef comporte une baie en arc en plein cintre.
La création de nouveaux vitraux en 1953.
Ce chantier a été confié par l'architecte à Jacques Le Chevallier en octobre 1952.
Devis 6 février 1953 adressé à Mr Jean A. Debout, Architecte, Condé-sur-Noireau et Boulogne-sur-Seine et Mr le Chanoine Lecocq, Directeur de la Société Coopérative Diocésaine de Reconstruction des Églises et édifices religieux sinistrés du Calvados, Caen.
Le devis comportait :
1 baie centrale du chevet de 14 m², à figuration, au tarif de 55 000 frs/m²
2 baies latérales du chevet soit 4, 8 m² à figuration au tarif de 55 000 frs/m²
1 baie de la chapelle Saint-Martin, de 4 m² à figuration au tarif de 55 000 frs/m²
4 baies des bas-côtés du chœur, soit 10 m² à 30 000 frs, en « vitrerie très serrée »
12 baies de bas-côté de nef soit 30 m² à 22 000 frs/m² en « vitrerie avec 4 battements de ton »
1 baie isolée de haute-nef de 3 m² à 18 000 frs/m²
10 baies hautes de nef de 18 m² à 18 000 frs/m²
3 baies de tribune soit 6 m² à 16 000 frs/m²
La pose a été achevée en juillet 1953.
Restauration :
Une demande de subvention auprès du conseil départemental a été faite par la Mairie en décembre 2023 pour la restauration des vitraux de Saint-Martin à Condé-sur-Noireau.
SITUATION ET NUMÉROTATION (Corpus vitrearum)
DESCRIPTION
1. Tableau descriptif
Baie
situation
lancette
surface
signature
description
0
Chevet centre
Baie gothique flamboyant à trois lancettes
14 m²
J. LE CHEVALLIER PEINTRE-VERRIER 1953. (angle inférieur droit)
Christ en Croix entre la Vierge et Jean sous la main du Père. Inscription « Le mystère de la Croix rayonne à nos yeux c'est là que la vie a souffert et que la mort nous a donné la vie »
1
Chevet côté nord
Baie gothique flamboyant à deux lancettes trilobées et un tympan à 3 ajours.
2,4 m²
Symboles eucharistiques et chrétiens
2
Chevet côté sud
Baie gothique flamboyant à deux lancettes trilobées et un tympan à 3 ajours.
2,4 m²
Monogramme S.J.
Etabli et outils de charpentier, fleurs de lys, étoile, colombes, fruits.
3
Chœur bas-côté nord
1 lancette cintrée
2,5 m²
Composition colorée à verres non peints. La trame des lignes délimite des rectangles emplissant toute la surface.
4
Chœur bas-côté sud
id
2,5 m²
id
5
Chœur bas-côté nord
id
2,5 m²
id
6
Chœur bas-côté sud
id
2,5 m²
id
7
Chapelle St-Martin chœur nord
baie ogivale
4 m²
Verre coloré peint à la grisaille. Saint Martin en officier romain, au manteau partagé.
8
Nef bas-côté sud
2,5 m²
Composition colorée avec 4 battements de tons. Lignes droites entrecroisées.
9
Nef bas-côté nord
2,5 m²
Composition colorée avec 4 battements de tons. Lignes droites entrecroisées.
10
Nef bas-côté sud
2,5 m²
Composition colorée avec 4 battements de tons. Lignes droites entrecroisées.
11
Nef bas-côté nord
2,5 m²
Composition colorée avec 4 battements de tons. Lignes droites entrecroisées.
12
Nef bas-côté sud
2,5 m²
Composition colorée avec 4 battements de tons. Lignes droites entrecroisées.
13
Nef bas-côté nord
2,5 m²
Composition colorée avec 4 battements de tons. Lignes droites entrecroisées.
14
Nef bas-côté sud
2,5 m²
Composition colorée avec 4 battements de tons. Lignes droites entrecroisées.
15
Nef bas-côté nord
2,5 m²
Composition colorée avec 4 battements de tons. Lignes droites entrecroisées.
16
Nef bas-côté sud
2,5 m²
Composition colorée avec 4 battements de tons. Lignes droites entrecroisées.
17
Nef bas-côté nord-ouest
2,5 m²
Composition colorée avec 4 battements de tons. Lignes droites entrecroisées.
18
Nef bas-côté sud
2,5 m²
Composition colorée avec 4 battements de tons. Lignes droites entrecroisées.
20
Nef sud-ouest
2,5 m²
Composition colorée avec 4 battements de tons. Lignes droites entrecroisées.
101
Nef baies hautes nord
Baie de plein cintre
1,80 m²
Les baies hautes se distinguent des baies basses par deux bandes verticales de couleur plus denses.
102
Nef baie haute isolée sud
id
3 m²
idem
103
Nef baie haute nord
id
1,80 m²
idem
104
Nef baie haute sud
id
1,80 m²
idem
105
Nef baie haute nord
id
1,80 m²
idem
106
Nef baie haute sud
id
1,80 m²
idem
107
Nef baie haute nord
id
1,80 m²
idem
108
Nef baie haute sud
id
1,80 m²
idem
109
Nef baie haute nord
id
1,80 m²
idem
110
Nef baie
haute sud
id
1,80 m²
idem
112
Nef baie
haute sud
id
1,80 m²
idem
111
Tribune orgues
id
2,00 m²
3 baies semblables ton jaune.
114
Tribune orgues
id
2,00 m²
id
116
Tribune orgues
id
2,00 m²
id
2. Description complémentaire.
La baie 0
Le volume Les Vitraux de Basse-Normandie du Corpus vitrearum donne en page 111 (« vitraux disparus ») la description de cette baie avant le bombardement, avec dans la partie supérieure des trois lancettes le Calvaire, la Vierge et saint Jean, la colombe du Saint-Esprit, le soleil et la lune, datant de la seconde moitié du XVIe siècle. Dans les têtes de lancettes 1 et 3 se trouvaient des cartouches émaillés avec monogramme du Christ et de la Vierge et au tympan Dieu le Père et des anges sur fond bleu . Dans la partie inférieure une vitrerie peinte en grisaille et jaune d'argent présentait deux blasons centraux, l'un « de gueules à la tête d'argent chevelée d'or qui est Pellevé », l'autre « parti de Pellevé et de Rohan ». Cette verrière pourtant classée en 1908 n'a pas été démontée et mise à l'abri lors de la Seconde Guerre. Elle a été décrite par Jean Lafond dans une Note manuscrite de 1923 (avec cliché) et dans une publication de 1963.
On constate que Jacques Le Chevallier a repris les divers éléments de l'ancien vitrail, hormis les panneaux héraldiques, remplacés par l'inscription. Les trois saints personnages se détachent sur un fond rouge, sous les étoiles, les astres, des rayons de lumière, la colombe du Saint-Esprit et la main de Dieu le Père. Sous la croix sont représentés quelques instruments de la Crucifixion.
Les têtes des trois personnages (photos de détail) sont traités dans un style résolument moderne à traits vifs et anguleux.
Verres colorés peints à la grisaille et montés sur plombs.
Baie axiale 0 du chevet. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie axiale 0 du chevet. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Le tympan.
Baie axiale 0 du chevet. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie axiale 0 du chevet. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie axiale 0 du chevet. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie axiale 0 du chevet. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie axiale 0 du chevet. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie axiale 0 du chevet. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
L'inscription.
Inscription : Le texte « Le mystère de la Croix rayonne à nos yeux, c'est là que la vie a souffert et que la mort nous a donné la vie » est une traduction de l'Hymne latine Vexilla regis de Venance Fortunat, grand poète du VIe siècle : ….Fulget Crucis mysterium, qua vita mortem pertulit, et morte vitam pertulit.
Baie axiale 0 du chevet. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
La signature, difficile à trouver dans l'angle inférieur droit.
Baie axiale 0 du chevet. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
La baie 1 de la chapelle de gauche.
Baie gothique flamboyant à deux lancettes trilobées et un tympan à 3 ajours. Verre coloré peint à la grisaille.
Symboles eucharistiques (blé, pain, raisin et calice) et chrétiens (poissons, colombes).
.
Baie du chevet n°1. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie du chevet n°1. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie du chevet n°1. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
La baie 2 éclairant l'autel de saint Joseph.
Baie gothique flamboyant à 2 lancettes trilobées et un tympan à 3 ajours. Verre coloré peint à la grisaille.
Monogramme S.J. (Saint Joseph)
Etabli et outils de charpentier, fleurs de lys, étoile, colombes, fruits.
Baie du chevet n°2. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie du chevet n°2. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie du chevet n°2. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
La baie 3 et la baie 5 du chœur côté gauche.
Baies cintrées.
Elles sont proches par leur coloris et leur composition. La trame des lignes délimite des rectangles avec une dominance rouge (flammée) et bleue. Verre antique coloré non peint.
Baies basses du chœur. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baies basses du chœur. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Les baies 4 et 6 du côté droit du chœur.
Baies cintrées. Elles aussi sont assez semblables entre elles. Dominance rouge et jaune. Verre antique coloré non peint.
Baies basses du chœur. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baies basses du chœur. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
La baie 7 de la chapelle Saint-Martin à gauche du chœur.
Baie ogivale.
Comme c'est souvent le cas pour les figurations de Jacques Le Chevallier, le personnage et son décor se détachent sur un fond aux pièces claires ombrés à la grisaille.
Le saint, en officier romain, tenant son glaive, porte un manteau vert dont le pan gauche est coupé, pour rappeler l'épisode du partage du manteau à un pauvre, en plein hiver. Les traits du visage, mais aussi le fond (paysage urbain) et le costume, sont peints à la grisaille sur les verres colorés.
Baie 7. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie 7. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
12 baies des bas-côtés de la nef.
Baies de plein-cintre. La composition en mosaïque de rectangles colorés laisse se détacher une bande verticale plus dense.
Verres antiques colorés non peints montés sur plomb. 3 barlotières et vergettes.
Baie 8.
Baies basses de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie 9
Baies basses de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie 10
Baies basses de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie 11
Baies basses de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie 12
Baies basses de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
baie 13
Baies basses de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
baie 14
Baies basses de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
baie 15
Baies basses de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie 16.
Baies basses de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie 17 (fonts baptismaux)
Baies basses de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baies basses de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baies basses de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
baie 18
Baies basses de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie 20 (façade ouest)
Baies basses de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
10 baies hautes des bas-côtés de la nef.
Elles se distinguent des baies basses par deux bandes verticales de couleur plus denses.
Baies hautes nef côté gauche. Photo lavieb-aile.
Baies hautes nef côté droit. Photo lavieb-aile.
Baie 101
Baies hautes de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie 102
Baies hautes de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie 103
Baies hautes de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie 104.
Baies hautes de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie 105
Baies hautes de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie 106
Baies hautes de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie 107
Baies hautes de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie 108.
Baies hautes de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie 109 (tribune)
Baies hautes de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baies hautes de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie 110
Baies hautes de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Baie 112 (tribune).
Baies hautes de la nef. Église Saint-Martin de Condé-sur-Noireau. Photo lavieb-aile août 2024.
Cimetière et art macabre : le cimetière (Cosimo Fanzago, 1623) des Chartreux de la Certosa San Martino à Naples.
Cimetière des Chartreux, grand cloître, Certosa di San Martino, Naples. Photographie lavieb-aile 2024.
Histoire.
La Certosa di S.Martino est la deuxième chartreuse construite en Campanie, après la Certosa di Padula construite 19 ans plus tôt.
En 1325, Charles d'Anjou, duc de Calabre, voulut construire un monastère pour les moines chartreux sur la colline de Sant'Erasmo. Bien que les 13 premiers Chartreux se soient installés au monastère en 1337, la Certosa di San Martino ne fut consacrée qu'en 1368, sous le règne de Jeanne d'Anjou.
Au XVIème siècle la chartreuse fut dédiée à Saint Martin de Tours.
Une phase d'agrandissement de la Chartreuse eut lieu en 1581 par Giovanni Antonio Dosio .
En 1623, Cosimo Fanzago entreprit la transformation définitive de la chartreuse en style baroque et y travailla jusqu'en 1656, étant responsable de la décoration de la façade et de l'intérieur de l' église et des pièces annexes, ainsi que de l' appartement du Prieur .
On lui attribut aussi des bustes du portique et de certaines statues de la balustrade du Grand Cloître, mais enfin, pour ce qui nous concerne, du cimetière chartreux situé à l'intérieur de ce cloître.
En 1799, les Chartreux furent expulsés et l'Ordre supprimé par les Français qui occupèrent la chartreuse.
Les Chartreux y revinrent ensuite pour une courte période (1804/1812), puis laissèrent définitivement le site aux militaires qui le transformèrent en Maison des Invalides de Guerre (jusqu'en 1831).
Devenu propriété de l'État, en 1866, le Musée National de S. Martino fut installé dans ces murs .
Plan du grand cloître de San Martino. En 2, la colonne torse du XIVe siècle.
Le cimetière.
Comme le veut la règle des Chartreux, l'inhumation des moines dans le périmètre du cimetière était strictement anonyme. Les moines étaient enterrés sans cercueil, leur corps attaché à une planche de bois et descendu dans la terre nue, pour ensuite être recouvert et il n'y avait aucun symbole reconnaissable au point d'enterrement. La seule exception est ici une croix en bois sans identification ni date de naissance et de décès.
Néanmoins, au centre est érigée une colonne torse avec croix angevine, dédiée au prieur Don Pedro de Villa Mayna (mort en 1363).
Le petit cimetière chartreux est entouré d'une balustrade sur laquelle se dressent des crânes, au nombre de sept sur un côté, et sept de l'autre. On en trouve aussi deux sur les piliers entourant le petit portail.
Ce sont des crânes très réalistes, à la précision anatomique, dépourvus de mandibules, et dont les orbites sont parfois explorées par des fourmis nonchalantes.
Deux seulement, en position centrale de chaque long côté, sont ornés d'une couronne : couronne de glorieux lauriers d'un côté, avec ses baies bien mûres en guise de boucles d'oreilles posthumes, sur un front anonyme mais surement vertueux, ou bandeau plus soble, et seulement frisé de denticules, du côté opposé. Je n'ai pu m'empêcher de coiffer l'un de ces memento mori de mon chapeau de paille, afin de lui inculquer le sens fort romain de l'otium, et lui, il n'a pu se retenir d'en rire.
Cimetière des Chartreux, grand cloître, Certosa di San Martino, Naples. Photographie lavieb-aile 2024.
Cimetière des chartreux, grand cloître, Certosa di San Martino, Naples. Photographie lavieb-aile 2024.
Cimetière des chartreux, grand cloître, Certosa di San Martino, Naples. Photographie lavieb-aile 2024.
Cimetière des chartreux, grand cloître, Certosa di San Martino, Naples. Photographie lavieb-aile 2024.
Cimetière des chartreux, grand cloître, Certosa di San Martino, Naples. Photographie lavieb-aile 2024.
Cimetière des chartreux, grand cloître, Certosa di San Martino, Naples. Photographie lavieb-aile 2024.
Cimetière des chartreux, grand cloître, Certosa di San Martino, Naples. Photographie lavieb-aile 2024.
Pour être complet, je décrirai un carré d'herbes et de mousses, devant le portail, sous lequel on devine une plaque tombale qui nous interroge : par quelle dérogation à la Règle cartusienne un quidam a-t-il bénéficié de cette plaque ?
Ici fut inhumé, conformément à son testament, Don Diego Manriquez, marquis de Casellae et chatelain du Château Sant-Elmo (tout voisin), qui, parce que ce jour-là il se trouvait à la Chartreuse, avait survécu à la foudre qui, le 12 décembre 1587, s'était abattu sur le château, faisant sauter la poudrière ce qui entraîna la destruction des bâtiments, des quartiers militaires et de l'église, fit sauter une bonne partie de la forteresse, tuant 150 hommes et causant des dégâts dans le reste de la ville.
Il fut délogé — du moins sa plaque tombale— en 1859, lorsque le Père Prieur Francesco Ferreira de Mathos (1859-1867) décida de consacrer un cénotaphe à Raffaele Tufari, historien de la Chartreuse, lequel mourut un peu plus tard à Gaeta le 3 février 1876.
Le site qui révèle cette histoire l'illustre d'une photo ancienne, qui est bien précieuse, bien qu'elle ne soit pas datée : je lui emprunte.
Les deux Sibylles de la crèche (bois polychrome, 1478-1484, Pietro et Giovanni Alamanno) de l'église San Giovanni a Carbonara , exposée à la Chartreuse San Martino de Naples.
La Sibylle Persica figure, tenant le texte de sa prophétie annonçant qu'une vierge donnera naissance à un Sauveur, parmi les 14 personnages d'une crèche napolitaine, commandée en 1478 et achevée en 1484 : ces dates correspondent au tout début de la période d'explosion du thème iconographique des Sibylles, ces prophétesses païennes auxquelles la chrétienté attribua la prédiction de la naissance et de la Passion du Christ. Les sculpteurs sur bois, Pietro et Giovanni Alamanno, étaient originaires d'Ulm, en Allemagne, ville où sont attestées pour la première fois les douze Sibylles, sur les stalles de la cathédrale. Une autre Sibylle, qui a perdu son attribut, est également présente, à côté de deux prophètes, dont probablement Isaïe. Il n'est pas impossible qu'à l'origine, d'autres Sibylles et d'autres Prophètes étaient figurés dans cette crèche, qui comportait plus de quarante personnages sur le contrat initial.
Cette crèche du XVe siècle provient de la chapelle Recco de l'église San Giovanni a Carbonara de Naples et est l'une des plus représentatives de l'art napolitain de confection de crèches.
D'après les documents retrouvés, la crèche a été commandée par Jaconello Pepe le 30 juin 1478 à Petrus Alamanus et Johannes Alamanus (Biblioteca del museo Filangeri BMF II H 7339), avec une Madone portant couronne sur la tête ; Jaconello Pepe (ou peut-être Pipe) était un commerçant en épice ou parfumeur (« aromatorio ») du duc de Calabre. Mais il ne pourra jamais voir sa belle crèche : les sculptures furent achevées en 1484, et le contrat pour la dorure et la peinture des statues sera en effet signé le 22 mars 1484 par son épouse désormais veuve, Antonietta de Gennaro, au profit du doreur Francesco Felice.
Pietro et Giovanni Alamanno sont alors des ébénistes très appréciés à Naples par les familles nobles, spécialisés dans les groupes sculpturaux de « crèches » commandés et présents à la même époque que celle de Recco, à Santa Maria la Nova, Sant'Eligio et all'Annunziata .
L'atelier de Pietro et de son fils Giovanni Alamanno, était l'un les plus raffinés de la période aragonaise. Ces artistes étaient d'origine autrichienne et furent, comme tant d'autres d'origine française, flamande et germanique, attirés par la luxueuse capitale de l'empire d'Aragon. Ils étaient selon le site Partenope@, originaires d'Ulm , dans le sud-ouest de l'Allemagne, et issus d'une culture nourrie du goût et de l'expérience flamande-bourguignonne, comme le laisse deviner la grammaire stylistique précise de la broderie des robes de la Vierge.
Il ne faut pas confondre ce sculpteur avec un peintre presque homonyme ("alemanno" signifie seulement "d'Allemagne) dont on peut voir sur les nombreuses réalisations de cet atelier l'article dédié de Wikipédia
Du groupe originel sculptées en bois polychrome et doré, seules 14 ont été conservées, dont la plupart presque de grandeur nature.
À l'origine, la représentation devait comprendre quarante et un personnages, selon le document de commande remis aux sculpteurs Pierre et Jean Alamanno.
Les sculptures manquantes ont probablement été détruites en raison de problèmes de conservation et certaines, ces dernières années, ont été volées.
Autour de la Vierge et de Joseph agenouillés (l'Enfant-Jésus est perdu) et de l'âne et du bœuf, sont réunis deux anges orants, deux prophètes et deux sibylles. Au dessus, et en taille plus réduites, trois anges musiciens entourent un ange central. L'un joue du luth, l'autre de la flûte double, le troisième de la harpe.
La crèche (bois polychrome, 1478-1484, Pietro et Giovanni Alamanno) de l'église San Giovanni a Carbonara , exposée à la Chartreuse San Martino de Naples. Photo lavieb-aile 2024.
La Sibylle Persica.
La Sibylle porte une robe violette descendant sur ses pieds, une chape dorée aux pans réunis par une chaînette d'or, aux dessus de chaussures brunes à l'extrémité pointue.
Elle est coiffée d'un balzo, bourrelet alors à la mode en Italie, entourée de spires d'un voile d'or foncé, qui retombe sur son épaule droite. Ses cheveux, non visibles, sont réunis par une résille, et par un linge blanc qui entoure la gorge sous le menton.
Ce bourrelet évoque le turban, et oriente vers une origine orientale. Mais cet indice est accentué par la forme très effilée des yeux.
Ces deux indices ne sont pas suffisants, et cette ligne des yeux se retrouve dans la sculpture du XVe siècle, notamment dans les Vierges, par souci de rendre la beauté et l'intériorité du personnage. C'est ce que nous observons ici sur les deux autres personnages féminins, la Vierge et l'autre Sibylle.
Ses sourcils sont épilés, autre critère de raffinement. Sa tête est inclinée vers la gauche, et elle regarde vers la bas, comme plongée dans ses pensées et ses ressentis.
Elle tient dans ses mains un phylactère sur lequel sont écrits ces mots : Gremium virginis erit salus populi,littéralement "le sein d'une vierge sera le salut du peuple", formule que nous pouvons comprendre comme "d'une vierge naîtra un Sauveur". Ce texte permet de l'identifier comme étant la Sibilla Persica.
Cette Sibylle persique ou babylonienne devait être présentée avec des traits, ou du moins une coiffure, orientalisante/ Voir la Sibylle persique du Guerchin, peinte en 1647
La date de réalisation de cette crèche, commandée en 1478 et achevée en 1484, correspond au tout début de la période d'explosion du thème iconographique des Sibylles, ces prophétesses païennes auxquelles la chrétienté attribua la prédiction de la naissance et de la Passion du Christ. Leur nombre, le texte de leur vaticination, leur attribut et même leur costume sont fixés à partir d'un ouvrage du dominicain italien Filippo Barbieri publié en 1481. Elles figurent sur le pavement de la cathédrale de Sienne en 1481-1483, et au début des Heures de Louis de Laval vers 1489, et leur nombre de douze permettra de les associer soit aux apôtres, soit surtout aux prophètes de l'Ancien Testament dans de vastes compositions.
Les six premières sont associées à la Nativité
1. La Persique tenant la lanterne et foulant un serpent annonce la Vierge foulant le serpent (le démon).
2. La Libyque tenant un cierge, annonçant la Vierge et l'Enfant apportant cette Lumière.
3. L'Erythréenne tenant la fleur faisant allusion à l' Annonciation et à la conception virginale.
4. La Cuméenne tenant un bol (une boule) annonce la Virginité (ou la Venue d'un enfant) et la naissance dans une crèche.
5. La Samienne tenant un berceau prophétise la naissance dans une crèche, et donc la Nativité.
6. La Cimmérienne tenant une corne (biberon) annonce l' allaitement de l'Enfant par la Vierge
Dans les Heures de Louis de Laval, la Sibylle Persique est présentée en premier. L'enluminure la représente la tête coiffée d'un turban-voile, tenant la lanterne, foulant le serpent et désignant la lanterne de l'index pour soulignre sa prophétie. Le texte de celle-ci est indiquée en dessous d'elle : Ecce bestia conculcaberis et gignetur Dominus in orbe terrarum, et gremium virginis erit salus gentium et pedes ejus erunt in valitudine [sic] hominum. "La Sibylle Persique est vêtue d'une robe dorée avec sa tête couverte d'un voile blanc, et elle proclame : "Voici que le serpent sera foulé sous ton talon, que le Seigneur sera enfanté sur le globe de la terre, et le sein de la Vierge deviendra le salut du monde ; le verbe invisible sera palpable ."
Dans un Missel à l'usage de Paris de 1492 Paris, Bibl. Mazarine, 0412 f. 017, la Sibylle Persica tient un phylactère avec le même texte : Ecce bestiam conculcaberis et gignetur dominus in orbem terrarum et gremium virginis erit salus gentium
Mais c'est sur les stalles sculptées par Jörg Syrlin (1449-1491) pour la cathédrale d'Ulm que huit (ou dix) Sibylles apparaissent pour la première fois entre 1469 et 1474. Or, Pietro Alamanno venait, dit-on, d'Ulm.
Celles-ci sont représentées en buste, face à huit philosophes, au dessus du texte de leur vaticination : ce sont les Sibylles phrygienne, de Cumes, cimérienne, tiburtine, hellespontique, delphique, samienne , érythréenne et libyenne. Le premier buste n'a pas de phylactère, et selon les historiens de l'art, il est censé représenter la Sibylle persique. Les Sibylles samienne, Hellepontique et d'Erythrée, voire delphique portent un turban de type balzo alors que d'autres, italiques (Cumes, Tibur) ou moins orientales (Lybienne), portent des coiffes européennes. Les yeux des femmes ne sont pas effilés.
Les panneaux en bas-relief du dais (ou baldaquin) portent également les portraits des Sibylles tenant leur attribut et un phylactère
Sibylle Persica, crèche (bois polychrome, 1478-1484, Pietro et Giovanni Alamanno) de l'église San Giovanni a Carbonara , exposée à la Chartreuse San Martino de Naples. Photo lavieb-aile 2024.
Sibylle Persica, crèche (bois polychrome, 1478-1484, Pietro et Giovanni Alamanno) de l'église San Giovanni a Carbonara , exposée à la Chartreuse San Martino de Naples. Photo lavieb-aile 2024.
Sibylle Persica, crèche (bois polychrome, 1478-1484, Pietro et Giovanni Alamanno) de l'église San Giovanni a Carbonara , exposée à la Chartreuse San Martino de Naples. Photo lavieb-aile 2024.
La seconde Sibylle.
Puisqu'elle est présente dans une Nativité, elle est la Libyque, ou l'Erythréenne ou la Cuméenne, ou la Samienne tenant un berceau ou enfin la Cimmérienne tenant le biberon. Si (mais c'est hasardeux), nous ne retenons que les Sibylles orientales, en raison de la coiffure en turban et voile, nous pouvons écarter la Sibylle de Cumes. Nous ne disposons d'aucun autre indice.
Nous retrouvons les yeux très effilés, les sourcils et cheveux épilés, et la beauté du visage. La robe est mauve, mais l'encolure, près du cou sans décolleté, est soulignée d'un galon doré. Le manteau est doré, fendu en V en haut et en bas, révélant une doublure verte. Le bourrelet est entouré d'une étoffe bleu-azur damassée d'un motif doré en bouquet.
Le regard est moins pensif que pour la Persique, et semble contempler l'objet tenu en mains. Le nez est droit, la bouche petite, aux commissures marquée, et avec une petite moue.
Sibylle, crèche (bois polychrome, 1478-1484, Pietro et Giovanni Alamanno) de l'église San Giovanni a Carbonara , exposée à la Chartreuse San Martino de Naples. Photo lavieb-aile 2024.
La Vierge.
La Vierge porte un manteau doré doublé de couleur rouge-bordeaux ou mauve (la même alliance de couleur que pour les Sibylles) et une robe bleue damassée du même motif que le balzo de la seconde Sibylle. Cette robe est serrée par une ceinture de tissu brodé.
Ce manteau de la vierge : elle est agenouillée et plusieurs plis du somptueux haussement d'épaules et de la robe, tomber au sol créant un mouvement ferme, une sorte de base pyramidale qui la cloue à l'enfant perdu, les mains jointes.
Comme le souligne le site parthenope@, (trad. google)
"la crèche de Recco, malgré la dispersion des pièces, reste un document iconographique très précieux de cette Naples qui aimait décorer les églises des années 1400 et 1500 avec des crèches dorées. Les magnifiques tissus représentés nécessitaient la contribution d'un décorateur spécialisé, comme le montrent les paiements différés et le nom de l'artisan, et nous dirions cela à la page , c'est-à-dire qu'il devait être informé des nouveaux goûts contemporains, de dont la Vierge de la nativité de San Giovanni a Carbonara devient le témoin.
Une précieuse réussite de mode : les femmes ne portent plus de robes unicolores, criardes mais pas riches et opulentes : ce sont des robes de cour, représentatives, brodées d'or, qui relient l'ancien goût gothique-flamand aux innovations de l'époque. La belle Madonna Recco présente des broderies d'or et des fils de soie qui suivent des jeux géométriques rigoureux mais non moins capricieux que ceux que devaient porter les dames contemporaines : une robe bordée de rubans brodés qui ressemblent à des bijoux le long du décolleté rigoureux de la poitrine, tout en exhibant un teint rose dans son visage rebondi et bien nourri. Les tresses de Marie tombent sur ses épaules : comme les anges avec la couronne de cette crèche, tout est en accord avec la dernière tendance mode de coiffure. La Madone de la Nativité de Recco (1478-1484) est donc une Vierge à la mode, car elle ne peut être que le carrefour d'une culture européenne, flamande-italo-bourguignonne, comme le fut la cour de Naples dans la seconde moitié du XVe siècle : avec un fond d'or, le fond plat (?) du gothique est remplacé par une flamboyante « chryso-broderie » de la pleine et brillante Renaissance."
Vierge de la crèche (bois polychrome, 1478-1484, Pietro et Giovanni Alamanno) de l'église San Giovanni a Carbonara , exposée à la Chartreuse San Martino de Naples. Photo lavieb-aile 2024.
Un des deux prophètes.
Il peut s'agir d'Isaïe, et de sa prophétie 7:14 Ecce virgo concipiet et pariet filium, verset omniprésent dans les compositions rassemblant les prophéties démontrant que la naissance du Christ et la virginité de sa Mère avait été annoncés dans l'Ancien Testament, selon la démarche typologique. Isaïe est toujours cité dans les Arbres de Jessé ou dans les Credo prophétiques.
Dans cette liste des prophètes se trouve aussi Jérémie, peut-être le deuxième prophète présent ici.
Nous retrouvons la réunion des couleurs mauve, et or, comme si le peintre avait élu celles-ci pour leur caractère sacré, ou s'il avait recherché une unité parmi les personnages. Seul Joseph se distingue, avec son manteau rouge, comme s'il était tenu à l'écart de cette dignité.
Le chapeau, les cheveux et la barbe gris et longs, ou le manteau du prophète, visent à souligner l'appartenance du prophète au peuple hébraïque. Ce même choix s'applique à la tenue vestimentaire et au visage du prophète de gauche.
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Prophète de la crèche (bois polychrome, 1478-1484, Pietro et Giovanni Alamanno) de l'église San Giovanni a Carbonara , exposée à la Chartreuse San Martino de Naples. Photo lavieb-aile 2024.
RESTAURATION.
La restauration a été menée en 2003 par R.O.M.A Consorzio. Le site de cette entreprise publie d'excellentes photos des statues, et indique sa méthodologie :
"Notre intervention n'a pas complètement effacé les interventions passées. En effet, il a été décidé de ne pas retirer les intégrations plastiques imputables à la dernière intervention. S'agissant d'ajouts disgracieux et dans de nombreux cas trompeurs, il est préférable de ne pas les retirer. Les exigences du musée, la continuité avec l'intervention déjà réalisée sur la Madone et Saint Joseph ont été les principales raisons de ce choix. Le nettoyage a été effectué en éliminant couche par couche les substances déposées sur le topo et les dépôts superficiels. Une fois la peinture de restauration retirée, il a été commencé à évaluer correctement l'état de conservation réelle du film pictural.
Le soulèvement de la couche picturale a été consolidé avec de la colle animale.
L'intégration a été réalisée en minimisant la reconstruction plastique et chromatique des lacunes. Ils n'ont pas réalisé de véritables reconstructions plastiques sur la gravure en bois mais seulement des reconnexions limitées des fissures et des cavités les plus profondes produites par l'action des insectes xylophages.
Les intégrations plastiques réalisées lors des restaurations précédentes ont été traitées, après avoir éliminé la réintégration chromatique déjà très altérée, avec une tonalité claire qui les rend aujourd'hui clairement distinguables de celles d'origine.
Le tableau a été réalisé en augmentant progressivement l'application en fonction des zones de polychromie."
SOURCES ET LIENS.
—GAETA (Letizia), 2011, Sculture in legno a Napoli lungo le rotte mediterranee della pittura. Da Alfonso a Ferrante d’Aragona, in “Kronos”, n. 14, 2011, pp. 63-96.
La Marie-Madeleine pénitente (huile sur toile, 1630-1635, collection Sursock) d'Artemisia Gentileschi exposée devant la fresque de Marie-Madeleine au pied de la croix du couvent de Santa-Chiara de Naples.
Retrouver, parmi les 2200 articles de ce blog, surtout consacré au patrimoine breton, ceux qui concernent la figure de Marie-Madeleine tiendrait de la gageure, puisqu'il faudrait citer tous ceux décrivant les calvaires, les maîtresse-vitres des Passions du XVIe siècle, les Déplorations, les Mises au tombeau, les représentations du Noli me tangere, les Apparitions du Christ ressuscité, les Trois Maries etc, etc.
Mais ce n'est pas essentiel, puisque la figure de Marie-Madeleine qui y est présentée est principalement celle qui a été en faveur, notamment sous l'impulsion des franciscains, avant la Contre Réforme, exemple de la mystique des larmes versées devant le sang versé par le Christ en croix, ou celle, portant le flacon d'aromates, des soins tendres apportés au corps du Christ.
Celle-ci est bien différente de la Madeleine repentante qui prédominera à partir de la fin du XVIe siècle , et que nous pourrions nommer Madeleine du Renoncement (au Monde et à ses lucres, à la beauté, aux richesses, aux plaisirs et aux sens).
Cette Marie-Madeleine-là est une femme pécheresse, qui, après une conversion, un bouleversement, adopte les valeurs de la solitude, de l'ascèse et de la prière et devient, dans les œuvres des peintres, une figure de dénonciation de la Vanité, parallélement aux tableaux de natures mortes.
Ce modèle de mortification, bien triste, a permis aux meilleurs peintres de l'art baroque de nous laisser des chefs-d'œuvres, et le premier d'entre eux est le Caravage, qui saisit l'occasion de détourner la leçon de morale au profit de peintures pleines d'érotisme d'une femme exaltée et troublée.
Marie-Madeleine repentante, 1593-1594, Le Caravage, Galerie Doria Pamphili, Rome
Artemisia Gentileschi (Rome 1593-Naples v. 1656), après avoir vécu une dizaine d'années à Rome, s'installa en 1630 à Naples, une ville d'une extraordinaire vivacité artistique.
Elle était une disciple du Caravage, et on lui attribuait jusqu'à présent quatre Madeleine pénitente :
Mais en 2022, deux nouveaux tableaux sont attribués à la peintre, deux œuvres jusqu'alors anonymes qui se trouvaient dans le palais Sursock à Beyrouth, fortement endommagées par les explosions dévastatrices de 2020. Hercule et Omphale, et ... une Madeleine pénitente datée vers 1630-1635, peu après l'arrivée d'Artemisia à Naples, période pendant laquelle les tons jaunes et bleus abondent dans ses peintures.
Moins endommagée que l'Hercule et Omphale qui dut être longuement restauré au Getty Museum, la toile fut l'une des pièces maîtresses de l'exposition Maddalena, il mistero e l'imagine organisée en 2022 par les Musées de San Domenico de Forlì. En 2024, elle est exposée dans l'une des salles du monastère de Santa-Chiara à Naples. Elle devrait rejoindre Beyrouth et le Palais Sursock , en cours de restauration.
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La Madeleine repentante (huile sur toile, 102 x 118 cm, vers 1630-1640) d'Artemisia Gentileschi.
C'est la seule toile exposée dans cette salle, à l'opposé de la peinture murale de la Crucifixion. La toile diffère beaucoup du tableau homologue du Caravage, où la sainte qui semble effondrée est peinte après son geste de dépouillement, le visage en larmes retombant sur la poitrine, tandis que le collier rompu, ses bijoux et son flacon de parfum sont posés sur le sol.
Ici, la sainte est représentée dans un moment de dialogue avec le divin, ses yeux, certes rougis ne sont pas pleins de larmes mais brillants d'exaltation, et c'est une aspiration intérieure, plutôt qu'un tourment, qui la conduit consciemment au geste du renoncement à la vanité, représenté par le collier de perles au fil rompu, mais encore en place. De même, les boucles d'oreilles n'ont pas été arrachées, comme sur la toile du Caravage. Les narines sont frémissantes de désir de transformation, nous sommes très proches de l'extase. La foi n'est pas un sacrifice pénitentielle, mais un élan mystique de don, voire d'amour.
Les cheveux châtain sont détachés, signes de liberté et non d'ascèse : ces cheveux dénoués, et non sagement coiffés et recouverts, sont l'un des attributs de la sainte et signent sa vie mondaine. Ils retombent dans le dos, derrière la robe de drap (velours?) jaune doré aux manches très courtes mais bouffantes. Une petite rangée de boutons montre combien cette robe est aisément dégrafée. Sous la robe, au bustier ajusté et au large décolleté, la chemise blanche est animée de plis mouvementés.
Le manteau bleu-outremer est presque entièrement rejeté en arrière, n'étant retenu par le pan sur le bras droit et celui qui entoure tel un serpent la cuisse gauche.
Les tons incomparables de jaune d'or foncé et de bleu outremer sur lesquels se détache la blancheur de la chemise sont soulignés par la puissance du clair-obscur, ce qui n'empêche pas une splendeur claire des parties lumineuses. La sainte, dont le regard extatique traduit la gratification du passage à une nouvelle vie soutenue par la foi, semble dialoguer mentalement avec le divin, tandis que derrière elle sont placés les bijoux et le vase de onguents pour souligner l'abandon de l'existence antérieure.
La main droite vient de rompre le fil du collier, mais elle s'attarde, sans la moindre violence mais avec tendresse, sur le bord de la chemise frisée de dentelle, à l'émergence des seins.
Le bras gauche est plein d'expression, décidé, actif, mais la main, en extension, esquisse un geste d'enrobement, qui rappelle celui des Noli me tangere, soutendu par plus de désir, voire de ravissement, que de renoncement.
À côté de Madeleine se trouvent le vase de parfum (plutôt que d'onguent, déplacé dans ce contexte) sur la table derrière elle, les bijoux et ce qui semble être un miroir dans un panier, détail iconographique déjà présent dans sa Madeleine du Palais Pitti (1617-1620).
Le personnage est vu d'un point légèrement abaissé, assis et émerge avec véhémence du fond sombre. Artemisia fait appel à un registre cher à l'art baroque, énoncé par Rudolf Wittkower en 1958 : le drame subtil donné par cette torsion vers sa gauche, l'expression qui révèle un état de transe dû au dialogue intérieur avec le Divin, qui ne choque pas mais réconforte le saint. La lumière, à forte valeur spirituelle, investit la figure imposante, accentuant l'effet de mouvement du drapé. (Francesco Trasacco, 2023 d'après source).
Note : les reflets indésirables n'ont pu être évités lors de ma prise de vue.
Madeleine repentante, v. 1633-1640, Artemisia Gentileschi, collection Sursock, exposée au monastère Santa-Chiara de Naples. Photo lavieb-aile 2024.
Madeleine repentante, v. 1633-1640, Artemisia Gentileschi, collection Sursock, exposée au monastère Santa-Chiara de Naples. Photo lavieb-aile 2024.
Madeleine repentante (détail), v. 1633-1640, Artemisia Gentileschi, collection Sursock, exposée au monastère Santa-Chiara de Naples. Photo lavieb-aile 2024.
Madeleine repentante (détail), v. 1633-1640, Artemisia Gentileschi, collection Sursock, exposée au monastère Santa-Chiara de Naples. Photo lavieb-aile 2024.
Madeleine repentante (détail), v. 1633-1640, Artemisia Gentileschi, collection Sursock, exposée au monastère Santa-Chiara de Naples. Photo lavieb-aile 2024.
Madeleine au pied de la croix, Crucifixion, fresque vers 1700.
Dans un paysage mi-rural mi- urbain (Jérusalem), Marie-Madeleine est agenouillée , nimbée, les cheveux dénoués, étreignant de ses bras le bois de la croix, sur lequel elle appuie son visage en larmes. Ce visage est situé juste au dessus des pieds du Christ, et le sang des plaies s'écoule devant lui. On ne peut mieux représenter ce lien très étroit, dans l'iconographie et dans la mystique chrétienne, et notamment franciscaine, entre Madeleine et sa chevelure d'une part, et les pieds de Jésus, mais surtout entre l'écoulement de ses larmes et l'écoulement du sang versé "pour le rachat des péchés" et la rédemption de l'Humanité, selon le dogme catholique.
Les larmes, au nombre de deux sous chaque paupière inférieure, sont précisément représentées.
Le Christ sous le titulus Iesus Nazaren Rex Iudeorum est tout entier environné d'anges pleurant dans les nuées basses, et de chérubins dans les nuages supérieurs. Mais néanmoins, son visage aux yeux clos est incliné vers le bas et semble comntempler la sainte.
On remarquera l'absence de Marie et de Jean : l'accent est mis sur le personnage de Marie-Madeleine.
Malgré la réalisation de cette peinture postérieure au tableau d'Artemisia (mais peut-être reprenait-il une œuvre antérieure), le thème de l'élan de chagrin et de gratitude et du "don des larmes" face au sang versé est très ancien, et dans la scène de la réception des stigmates par saint François d'Assise , ce dernier est représenté en adoration devant le crucifix portaé par des anges. Angèle de Foligno et saint Bonaventure (Lignum vitae) proneront cette contemplation, et les franciscains institueront le Chemin de Croix au XIVe siècle.
Voir, outre ces articles, celui de Daniel Russo 1984Saint François, les franciscains et les représentations du Christ sur la croix en Ombrie au XIIIe siècle. Recherche sur la formation d'une image et sur une sensibilité esthétique au Moyen-Âge.
En 1700, cette représentation de Marie-Madeleine est démodée par rapport aux Madeleines pénitentes.
Marie-Madeleine au pied de la croix, fresque vers 1700, monastère Santa-Chiara de Naples. Photo lavieb-aile 2024.
Marie-Madeleine au pied de la croix, fresque vers 1700, monastère Santa-Chiara de Naples. Photo lavieb-aile 2024.
Marie-Madeleine au pied de la croix, fresque vers 1700, monastère Santa-Chiara de Naples. Photo lavieb-aile 2024.
Marie-Madeleine au pied de la croix, fresque vers 1700, monastère Santa-Chiara de Naples. Photo lavieb-aile 2024.
ANNEXE. L'HISTOIRE PASSIONNANTE ET DRAMATIQUE DE LA "MADDALENA SURSOCK".
La vie d’Artemisia Gentileschi (née à Rome en 1593, décédée à Naples en 1656) est particulièrement fascinante. Fille du peintre Orazio Gentileschi, disciple du Caravage, elle fut l’une des premières artistes femmes à réaliser de grandes compositions historiques et religieuses. Avec autant de maîtrise – sinon plus – que nombre de ses condisciples masculins. Reconnue et respectée tout au long de sa vie, celle qui fut notamment peintre à la cour des Médicis et à celle du roi Charles Ier d’Angleterre a été presque totalement occultée des récits historiques de l’art après sa mort, jusqu'à sa re-découverte au cours des années 1970-80. Son histoire personnelle, marquée par un viol à l’âge de 17 ans, aura eu une influence certaine sur sa peinture, lui faisant privilégier les thématiques de femmes puissantes (Judith et Holopherne...), car elle fut une féministe avant l’heure, qui toute sa vie se battra pour être l’égale de ses condisciples masculins. Une femme en avance sur son XVIIe siècle qui n’hésitera pas à dénoncer son violeur, son précepteur le peintre Agostino Tassi, dans un « infamant » procès public intenté devant le tribunal papal…
Cette Madeleine repentante fut réalisée dans les premières années de son arrivée à Naples en 1630, peut-être pour la famille Serra , ducs de Cassano. Naples, d’où sont issus les Serra di Cassano, était alors sous domination espagnole ».
Elle fut acquise, tout comme Hercule et Omphale (une toile de très grande dimension, 192 x 241 cm datant également du début des années 1630), en 1920 par Alfred Sursock lors d’un séjour à Naples, juste avant son mariage avec Donna Maria Teresa Serra di Cassano, fille unique de Francesco Serra, 7ème duc de Cassano. Mais aucune de ces deux toiles n'étaient encore attribuée à Artemisia.
Alfred Bey Sursock, le plus jeune fils de Moussa Sursock ( à la fortune colossale), est l'héritier (tout comme son cousin Nicolas qui épousa Victoria Serra di Cassano, et créateur du Musée Nicolas Sursock de Beyrouth), de l'une des plus grandes familles grecques chrétiennes orthodoxes, installée à Beyrouth depuis 1714.
https://en.wikipedia.org/wiki/Sursock_family
Une rue de Beyrouth, et non la moindre, porte leur nom, car la famille y possédait, et possède encore les demeures des plus somptueuses : La rue Sursock , dans le quartier d'Achrafieh à Beyrouth.
Alfred Bey Sursock évolua, comme son père, dans les cercles titrés d'Europe. Il est à l'origine, à Beyrouth, de l'hippodrome (1921), du Casino ou Sawfar Grand Hôtel, et de la Résidence des Pins (parc de 600 000 m²), où se situe aujourd'hui l'Ambassade de France au Liban. Il épousa Donna Maria Teresa Serra di Cassano, fille de Francesco Serra, 7e duc de Cassano, qui venait d'une vieille famille princière italienne de Naples. Leur fille Yvonne épousa Sir Desmond Cochrane , 3e baronnet, en 1946, et porta le nom de Lady Cochrane. Elle eut quatre enfants.
Incidemment, les Sursock ont puissamment contribué à la colonisation sioniste en Palestine, en vendant au Fonds national juif une grande part des 240 km² qu’ils y possédaient.
Alfred Sursock fit installer sa collection, qui comprenait des œuvres de plusieurs artistes napolitains du XVIIe siècle, tels que Luca Giordano et Andrea Vaccaro dans les salons du fameux Palais Sursock à Beyrouth ou
" Le Sursock Palace, une somptueuse demeure du XIXe siècle située rue Sursock près du port fait face au musée Nicolas-Sursock, un bâtiment du XIXe siècle légué à la ville de Beyrouth en 1961.
Certaines pièces font neuf mètres de hauteur, dotées de plafonds ouvragés, de colonnes de marbre ou encore de murs en stuc. La collection privée du palais est riche en objets d’art, par exemple des tapisseries flamandes du XVIe siècle ou des statues de femmes dénudées rapportées de Paris.
Le palais est entouré de 8000 m² de jardins. Sa conception est innovante pour l’époque : la maison est ouverte sur le parc et non pas close sur un patio. L'escalier central est également novateur, l'usage du métal allégeant la structure. C'est un symbole de la riche histoire de la famille Sursock."
https://fr.wikipedia.org/wiki/Palais_Sursock
L'explosion au port de Beyrouth le 4 août 2020 qui a fait 207 morts et environ 7 000 blessés, et qui a dévasté une grande partie de la capitale libanaise, dévaste le Palais Susrock et détériore les toiles de la collection.
"C'est dans ce palais , dans le grand hall à triple arcade caractéristique de l’architecture libanaise, que Lady Yvonne Cochrane, la propriétaire du palais Sursock, avait pour habitude de se poster pour savourer les derniers rayons du soleil. Elle était âgée de 98 ans, ce tragique 4 août 2020. En contrebas, dans les jardins, une réception de mariage battait son plein. Mais c’est un autre spectacle qui, ce jour-là, suscite l’étonnement de Lady Cochrane. En face d’elle, à 300 mètres à vol d’oiseau, s’élève une colonne de fumée noire en provenance du port. A 18 heures passées de sept minutes, le mystérieux tourbillon noir se transforme en un champignon géant, et la déflagration ravage tout à des kilomètres à la ronde.
D’une violence inouïe, le souffle de l’explosion projette le fauteuil roulant de la vieille dame plusieurs mètres en arrière. Autour d’elle, les portes et les vitres se brisent en des milliers d’éclats, les boiseries précieuses sont déchiquetées, les tentures et les fauteuils tapissés sont lacérés, les plafonds et les murs se soulèvent, traversés par la puissance du souffle, éparpillant leurs débris sur le sol. Les jambes tailladées par des éclats de verre, Lady Cochrane est évacuée, inconsciente. Elle s’éteindra quelques semaines plus tard, le 31 août, à la veille du centenaire du Grand Liban, sans réaliser l’étendue du désastre."
Elle était une fervente défenderesse de l’art et du patrimoine, ayant été présidente du Sursock Museum et fondatrice de l’Association pour la protection des sites naturels et des bâtiments anciens (APSAD) en 1960.
Deux toiles, qui sont à l'époque attribuées à des peintres anonymes, sont frappées par les conséquences des explosions : un Hercule et Omphale et une Madeleine repentante .
« Ces deux tableaux faisaient partie de notre décor depuis toujours. Et comme dans toutes les maisons familiales, on n’y prêtait plus vraiment attention », confie à un journaliste Roderick Sursock Cochrane, petit-fils d'Alfred Sursock et fils de Lady Cochrane. « D’autant que ces peintures – que nous savions de grande qualité, certes, comme toutes celles que mon grand-père, grand esthète et mécène, avait acquises – n’étaient pas considérées comme les plus importantes de notre collection. Celle-ci comportait plusieurs œuvres de grands peintres baroques comme Luca Giordano, Andrea Vaccaro et Jusepe Ribera (José de Ribera)… Sans compter un tableau de Guercino (le Guerchin) que ma mère a vendu durant la guerre et qui trône aujourd’hui au Metropolitan Museum of Art », ajoute l'actuel propriétaire du palais.
Gregory Buchakjian fait reconnaître alors son attribution de l'Hercule et Omphale et la Madeleine repentante à Artemisia Gentileschi, proposée en 1990.
Au milieu des années 1990, Gregory Buchakjian, alors jeune étudiant en histoire de l’art à la Sorbonne, qui avait choisi d’axer son master sur la collection privée du palais Sursock, avait mentionné à Lady Yvonne Sursock Cochrane la possibilité que ces deux toiles soient attribuées à la fameuse Artemisia Gentileschi. Une hypothèse que Buchakjian avait mis deux ans à développer, à l’issue d’intenses recherches au sein du Centre de documentation et d’archives du musée du Louvre, mais qu’en tant qu’étudiant, il n’avait pas osé porter devant des experts. « Ces deux tableaux avaient dès le départ fortement attiré mon attention. C’était de la très grande peinture. Il s’en dégageait une puissance peu commune », souligne celui qui est aujourd’hui directeur de l’École des arts visuels de l’Académie libanaise des beaux-arts.
« J’avais donc mentionné Artemisia dans mon mémoire de master. En me basant sur différents indices, comme la similarité des visages féminins dans les deux tableaux, que l’on retrouve dans d’autres œuvres d’Artemisia, mais aussi la richesse des étoffes peintes et certains détails des bijoux.
"il s’agissait encore d’un travail d’étudiant. Lorsque j’ai discuté de ma thèse, mes professeurs m’ont dit qu’elle était très convaincante et que je devais poursuivre mes recherches et la publier. Mais je ne l’ai pas fait, parce qu’à l’époque, après mon retour à Beyrouth, j’étais complètement choqué par ce qui se passait dans la ville et j’ai oublié Artemisia [la guerre civile libanaise venait de se terminer. Mes priorités étaient la ville, la reconstruction, etc. Le « découvreur » de ces deux toiles, ne les reverra à nouveau que 25 ans plus tard, dans les jours qui suivront l’explosion au port :
« Entraîné par mes amis Camille Tarazi et Georges Boustany qui faisaient la tournée des palais dévastés de la ville, je me suis rendu au palais Sursock mû par la curiosité de voir ce qu’il était advenu de sa collection. Et là, je constate l’ampleur des dégâts. De nombreuses œuvres avaient été endommagées, dont la grande pièce Hercule et Omphale. Elle comportait de multiples lacérations, dont une d’un demi-mètre, ainsi que des trous et des incrustations d’éclats de verre. La Marie-Madeleine était beaucoup moins abîmée, mais il m’a fallu faire quasiment des manœuvres acrobatiques pour la sortir de sous les gravats qui la recouvraient sans la détériorer plus amplement », relate Buchakjian.
Ce dernier tente alors de profiter de la médiatisation de la tragédie de Beyrouth pour attirer l’attention des institutions internationales sur les dommages subis par le palais Sursock. Une photo prise avec Audrey Azoulay, la directrice générale de l’Unesco accourue au chevet de Beyrouth, devant Hercule et Omphale et postée sur les réseaux sociaux sera un premier déclencheur. Elle provoquera la curiosité de nombreux professionnels du monde de l’art."
Cette attribution est aujourd'hui acceptée par tous les experts.
La Madeleine a été prêtée pour l’exposition Le signore dell’arte à Milan (Palazzo Reale), et l’attribution a été confirmée par Riccardo Lattuada, spécialiste d’Artemisia Gentileschi. L’attribution a été confirmée par Riccardo Lattuada, spécialiste d’Artemisia Gentileschi, et par l’érudite Sheila Barker, selon laquelle certains éléments (tels que le type de bijoux, les types de visage, les tissus) renvoient aux manières typiques d’Artemisia.
« La Madeleine devrait faire partie dans les prochains mois d’une rétrospective consacrée à Artemisia Gentileschi à Naples, la ville où cette artiste a passé les 15 dernières années de sa vie », signale Roderick Cochrane. Lequel, à partir de là, pourra enfin commencer à concrétiser son rêve de toujours. Celui de faire de sa demeure patrimoniale « un musée privé ouvert aux touristes comme à tous les Libanais ». Le chantier de restauration du palais Sursock devrait s’achever, en principe – et avec l’aide de l’Unesco –, en 2025, indique son propriétaire.
Le cloître du couvent des Clarisses de Santa-Chiara (fondé en 1310 par la reine Sancia, épouse du roi Robert de Naples) est orné de fresques, qui ont été peu étudiées (du moins dans les sources disponibles en ligne). Elles remplaceraient, dans la première moitié du XVIIe siècle, celles du XIVe siècle, détruites des le XVIe, de Giotto. Elles sont attribuées à un artiste appartenant probablement à l'école de Belisario Corenzio. La première moitié du mur à droite de l'entrée en est dépourvue, car elles ont été détruites par le bombardement du 4 août 1943.
La meilleure source de renseignements et d'images me vient de ce site :
Amputée par le percement d'une porte, on voit une Vierge à l'Enfant entourée de saint André et de saint Jacques.
Sur les autres murs, ces fresques sont consacrées, nous dit-on, à des scènes de l'Ancien Testament (mais je crois reconnaître le Massacre des Innocents présentés à Hérode), mais sur le troisième mur, le récit biblique s'interrompt pour laisser place à un double registre figuratif : le registre inférieur présente différents saints, dont saint François prêchant au loup, et saint Onuphre l'anachorète ( sant Onofrio). Au registre supérieur se trouvent des vertus théologales (je déchiffre au dessus de saint François Sincerita, et au dessus d'Onuphre Iustizia).
Parvenus à l'extrémité de ce mur sud-est, nous trouvons la scène de la Conversion de saint Paul, sous les figures de Saint Michel (S. MICHELIS) terrassant un dragon ailé, et d'un personnage singulier désigné par l'inscription SILENZIO. C'est cet ensemble qui a retenu mon attention.
Fresque de la Conversion de Paul au couvent de Santa-Chiara à Naples. Photographie lavieb-aile 2024.
Fresque de la Conversion de Paul au couvent de Santa-Chiara à Naples. Photographie lavieb-aile 2024.
La fresque de la Conversion de saint Paul est amputée d'un bon quart, mais on reconnaît facilement saint Paul, tombant de son cheval parmi d'autres cavaliers romains effrayés, et, dans les nuées, le Christ tendant la main vers le futur apôtre et lui adressant la phrase fameuse SAVLE, SAVLE, QVID ME PERSEQVERIS ? (Actes 9:5), "Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu ?".
L'inscription est écrite non seulement de façon rétrograde de droite à gauche (ce qui est assez logique pour rendre l'effet qu'elle est énoncée par le Christ et qu'elle descend vers Paul), mais aussi, de façon spéculaire, comme l'écriture "secrète" de Léonard de Vinci. Elle n'est pas directement lisible, il faut la déchiffrer, elle n'est accessible qu'aux initiés (même si l'épreuve n'est pas bien difficile, même sans miroir).
Fresque de la Conversion de Paul au couvent de Santa-Chiara à Naples. Photographie lavieb-aile 2024.
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Le registre supérieur est-il indépendant ? Il ne poursuit pas en tout cas la série des Vertus isolées, puisqu'il associe à Saint Michel, figure du combat du Bien contre le Mal ou de Dieu contre Satan, et Silenzio.
Ce dernier est singulier. Il est jeune, il est légèrement vêtu d'une tunique laissant ses jambes et ses bras nus, il est coiffé d'un chapeau en cloche, qui peut difficilement passer pour un casque. Il pose son index sur sa bouche, avec un air sentencieux, et c'est cela qui, ajouté à l'inscription de son nom, le fait figurer en illustration de l'article "Silence" de Wikipédia.
On notera qu'il reprend la posture d'Harpocrate, figure héllénisé du dieu égyption Horus enfant, fils d'Isis et Osiris, et que cette posture invite moins au silence qu'à la compréhension des mystères, au déchiffrement des secrets.
Mais deux autres détails (qui n'en sont pas) éloignent cette figure d'une simple allégorie du Silence.
D'une part, les deux yeux peints sur ses épaules. Peut-on les considérer comme une incitation à la clairvoyance ?
D'autre part, les yeux baissés, et le bras gauche tendu vers le bas. Silenzio semble bien désigner du regard et de l'index la Conversion de saint Paul.
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Fresque de la Conversion de Paul au couvent de Santa-Chiara à Naples. Photographie lavieb-aile 2024.
Fresque de la Conversion de Paul au couvent de Santa-Chiara à Naples. Photographie lavieb-aile 2024.
Ma réflexion est que ce Silenzio, tel qu'il est retrouvé en ligne sur Alamy et dont la photo illustre divers articles sur Wikipédia avec la légende Il Silenzio, ou Alégoria del Silenzio, ne doit pas être réduit, malgré l'inscription, à cette allégorie, car c'est aussi une allégorie de la clairvoyance (voire du déchiffrement de sens cachés), et ne doit pas être séparé de son contexte qui le relie à saint Michel luttant contre le Mal, et surtout à saint Paul accédant, par une fulguration, à la conversion au christianisme.
La suite du texte des Actes des Apôtres est la suivante :
7 Les hommes qui l'accompagnaient demeurèrent stupéfaits; ils entendaient bien la voix, mais ils ne voyaient personne. 8 Saul se releva de terre, et, quoique ses yeux fussent ouverts, il ne voyait rien; on le prit par la main, et on le conduisit à Damas.
Elle décrit d'une part la stupéfaction des soldats romains, qui entendent, mais ne voient pas, et de Saul/Paul, qui ne voit rien, jusqu'à l'intervention par imposition des mains d'Ananias, à Damas, dont Saul a été averti par une vision :
"Au même instant, il tomba de ses yeux comme des écailles, et il recouvra la vue. Il se leva, et fut baptisé"
Autrement dit, c'est la vue, et non l'audition ou la parole, qui est au centre de ce récit , d'abord occultée, puis miraculeusement rendue. C'est la clairvoyance, la vision intérieure (au delà du trouble, ou des apparences) qui est primordiale, ce sont les deux yeux supplémentaires de Silenzio qui donnent la clef de la Conversion.
Existe-t-il un lien entre cette fresque et la mystique franciscaine, notamment dans son interprétation du chemin de Damas ? Je l'ignore, mes recherches sur ce point étant restées vaines.
Peut-on retrouver, dans l'iconographie du Silence, des figures comparables, au XVIIe siècle ou auparavant? Je l'ignore également.
"A Saint-Maurice d'Angers, c'est d'abord pour la restauration des verrières anciennes que Jacques Le Chevallier est intervenu entre 1947 et 1956. Outre le nettoyage et le renouvellement de la mise en plomb dans les panneaux anciens, le peintre verrier a procédé au remplacement des pastiches du XIXe siècle par des panneaux modernes et des vitreries libres composées pour relier les fragments anciens. Il a montré là à quel point il refusait le pastiche car dans les scènes complémentaires situées à la base de la verrière d'axe du chœur, il a inséré des personnages contemporains.
Les six verrières du côté sud de la nef constituent les principales créations, réalisées entre 1957 et 1959 pour remplacer celles qui n'avaient pu être sauvées pendant la guerre. Les sujets, choisis par le chanoine Brangeon, archiprêtre de la cathédrale, et par l'archiviste départemental se rapportent à la vie des saints locaux.
Voici pour donner un exemple des contraintes auxquelles l'artiste a du se soumettre, le courrier que lui a adressé l'archiprêtre concernant la Bienheureuse Jeanne Dalanoue : « Jeanne Delanoue fut surtout célèbre par sa charité […] _Scène à représenter . Au bas du coteau que domine le château, ou tout près de la chapelle des Ardillers dont on peut apercevoir la silhouette, une cave creusée à même la pierre, et dans cette cave Jeanne Delanoue soigne les malades, reçoit des pauvres ou catéchise les enfants. _Ci-joint deux images de la Bienheureuse Jeanne Delanoue. Une carte postale représentant sa vie ».
Les compositions solidement établies sur une trame horizontale à dominante bleue et rouge, comme les colorations et l'échelle des verres, s’harmonisent avec celle des verrières de la fin des XII-XIIIe siècle qui leur font face, au côté nord de la nef. Elles ont été réalisées, comme le précise leur auteur, « dans un large esprit dégagé de toute réminiscence des divers styles représentés dans la cathédrale. Mais le choix des verres résulte d'une connaissance directe des verres anciens, affirmée par le lent travail d'analyse et de remise en téta des verrières qui m'avaient été confiées. » (Françoise Perrot, in Jacques Le Chevallier, la lumière moderne, 2007)
Historique de ces baies modernes
La Seconde Guerre Mondiale.
Les vitraux de la cathédrale d'Angers, comme la majorité des grands ensembles vitrés du Nord de la France, furent déposés pendant la Seconde Guerre Mondiale, mais de façon désordonnée (K. Boulanger). Les vitraux les plus précieux furent mis en caisses en décembre 1943, "tandis que plusieurs verrières restèrent en place, faute de verre pour boucher les fenêtres". Le 2 mai 1944, 56 caisses furent entreposés dans l'ancien évêché. Neuf verrières restèrent en place, les baies 110, 118, 119, 120, 122, 124, 126, 128 et 130. Les baies 119 et 120 avaient été créées au XIXe siècle par Tournou et Beaumont. Les baies 122 et 126 ne contenaient plus que quelques panneaux anciens du XVIe siècle (Vie de saint André et de l'Enfance du Christ), la baie 128 conservait une bordure du de la fin du XIIe siècle.. Le 28 mai, Angers fut bombardé et tous les vitraux du côté sud de la nef furent soufflés, ainsi que deux vitraux du XVIIIe siècle du transept sud, les baies 110 et 118.
Jacques Le Chevallier précise dans une note l'état des baies de la nef avant son intervention :
-baie 9 (124) : mélanges sans coordination. projet : saints
-baie 10 (126) : mélanges sans coordination. projet : saints
-baie 11 (128) : mélanges, détruits. Projet Saint Maurille.
-Baie 12 (130) : saint Maurice, XVIe siècle, détruit. Projet : saint Maurice.
Il ajoute : « Dans la nef, à droite, ensemble de 6 verrières modernes. On ne s'est pas attaché à garder une unité d'échelle qui ne se retrouve pas dans les verrières des diverses époques. Une coloration assez neutre est prévue pour les deux premières baies 11 et 12 [128 et 130], une dominante rouge pour les baies 9 et 10 [124 et 126] des saints particulièrement vénérés en Anjou, une dominance bleue pour les baies 7 et 8 [120 et 122] ». Il précise ensuite que "les divers fragments provenant des baies de la nef sud ont été remis dans les petites verrières de la Chapelle N.D. De la Pitié". Ce fut le cas d'un saint Maurice du XV-XVIe siècle provenant de la baie 122.
En 1947, la restauration des vitraux de la cathédrale furent confiés à Jacques Le Chevallier, qui avait fondé en 1946 son atelier de Fontenay-aux-Roses. Ce fut l'objet d'un troisième et quatrième marché, qui seront suivis d'un cinquième et sixième.
"Au début de l'année 1952, la restauration du chœur et du transept était achevée.
En 1953 et 1954, Jacques Le Chevallier restaura les vitraux de la nef. On décida alors d'unifier la vitrerie en rassemblant tous les vitraux anciens côté nord. Dans la baie 129, on réunit la Vierge à l'Enfant et une bordure très abîmée du début du XIIIe siècle provenant de la baie 127. Dans la baie 127, on plaça ce qui subsistait de l'Enfance du Christ de la baie 126 en ôtant de ce vitrail les deux panneaux intrus du XVIe siècle. Dans la baie 119, on enleva ce qui restait du vitrail de Beaumont datant de la première moitié du XIXe siècle et on y installa le vitrail de sainnt André.
Pour le côté sud, on commanda à Jacques Le Chevallier de nouveaux vitraux figuratifs, dont la création s'échelonna entre 195 et 1959, représentant de grands personnages ayant joué un rôle dans l'histoire de l'Anjou et de la cathédrale." (K. Boulanger p. 85)
SITUATION ET NUMÉROTATION
Les verrières paires 120 à 130 sont groupées par deux du côté sud de la nef.
DESCRIPTION.
Entre parenthèse, la numérotation de Jacques Le Chevallier dans ses devis, plans et courriers.
Baie
situation
date
surface
lancette
inscription
signature
Description.
Baie 120 (baie 7)
Nef sud
1954
15,74m2
cintrée
Registre médian : J. LE CHEVALLIER PEINTRE VERRIER
Paraboles :L'Enfant Prodigue/Les Talents : Les ouvriers de la Dernière heure
Baie 122
(baie 8)
Nef sud
1956
13,10 m²
cintrée
Paraboles : Les Vierges sages et les Vierges folles / le Bon Samaritain / Le Festin de noces.
Baie
124
(baie 9)
Nef sud
01/06/58
cintrée
St L.M.Grignon de Monfort /Bienheureux Noël Pinot.
L'évêque de Beaumont / L'évêque Ulger
Saint Grignon de Monfort / Bienheureux Noël Pinot.
L'évêque Guillaume de Beaumont / L'évêque Ulger
Baie 126
(baie 10)
Nef sud
01/06/58
cintrée
Ste Jeanne de la Noue / Ste M-Euphrasie Pelletier.
Roi René / Yolande d'Aragon.
Sainte Jeanne de la Noue : Sainte Marie-Euphrasie Pelletier
Le Roi René d'Anjou et sa mère la reine Yolande d'Aragon
Baie 128
baie 11
Nef sud
01/07/59
16m²
cintrée
St Maurille
Saint Maurille
Baie 130
(Baie 12)
Nef sud
01/07/59
16 m²
cintrée
St Maurice
Saint Maurice
Baie 132
Au dessus des orgues
1959
cintrée
Composition géométriquecolorée
Description baie par baie.
1. La baie 120 : trois paraboles des Évangiles. Jacques Le Chevallier 1954.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
1°) Parabole de l'Enfant Prodigue.
Jacques Le Chevallier a choisi de représenter la scène finale de l'accueil les bras ouverts du père qui pardonne à son fils, lequel tient en main son bâton de voyage ou de mendicité. Sous un toit, deux personnages (la mère et le frère sans doute) observent la scène.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
2°) Parabole des Talents.
Un homme vêtu de rouge et coiffé d'un turban lève les bras, tandis qu'une femme (?) est agenouillée, devant un soldat romain.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
La signature J. LE CHEVALLIER. Registre médian, baie 120
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
3°) Parabole des ouvriers de la Dernière heure.
Le maître, en jaune, accueille les derniers ouvriers, baluchon sur l'épaule, tandis qu'un vendangeur lui tourne le dos et témoigne de son mécontentement de ne pas recevoir un salaire plus élevé qu'eux.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
2. La baie 122 : trois paraboles des Évangiles. Jacques Le Chevallier 1956-58.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
La parabole se conclue sur le verset célèbre 25:13 "Veillez donc, car vous ne savez ni le jour, ni l'heure".
Le Christ est au centre, chassant les cinq Vierges folles qui n'ont pas pensé à prévoir une réserve d'huile pour leur lampe pour veiller, tandis les cinq Vierges sages, tenant bien haut leur lampe à la lumière vive, se réjouissent d'être auprès de l'époux.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
2°) le Bon Samaritain. Lc 10:25-37.
Tandis qu'un prêtre et un lévite passent sans s'arrêter suivant leur cheval, un Samaritain porte secours à un voyageur qui a été détroussé et laissé pour mort par des bandits, et lui donne à boire.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
3°) Le Festin de noces.
Évangile selon Matthieu, 22 : 1-14.
Dans sa parabole, Jésus compare le royaume à des noces organisées par un roi, qu'on voit ici, drapé de rouge. Ses serviteurs ont été sur les routes inviter ceux qu'ils trouvaient, bons ou mauvais. Nous les voyons attablés. Mais parmi eux, un seul (en vert) n'a pas revêtu d'habits de noces : sur ordre du roi, il est ligoté, fouetté et rejeté dans les ténèbres.
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Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
3. La baie 124 : Saints et évêques d'Anjou, Jacques Le Chevallier 1956-58.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
Registre supérieur : Saint Grignion de Monfort et le Bienheureux Noël Pinot.
Le chanoine Brangeon a donné des consignes au peintre-verrier, en se faisant aider de l'archiviste départementale. Il lui a procuré des images pieuses et des photos de statues.
Louis-Marie Grignion de Monfort.
Grignion de Monfort (1673-1716) est un prêtre catholique né en Ille-et-Vilaine et qui a évangélisé le Maine et le Poitou ; il fonde la Compagnie de Marie en 1705.
Jacques Le Chevallier a représenté le saint en surplis et étole, tenant le crucifix, et, dans la vignette inférieur, il a peut-être suivi la demande du chanoine de représenter "à la fin d'une mission, le P. de Monfort faisant ses adieux au curé et aux fidèles de la Séguinière et leur laissant comme souvenir la statue de N.D de Toute Patience."
Documentation fournie au verrier.
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Le Bienheureux Noël Pinot.
Il est vénéré comme "prêtre martyr de la Révolution" ayant refusé de prêter serment. Le peintre l'a représenté en chasuble violon, tenant le calice de l'Eucharistie. La vignette le montre montant à l'échafaud, comme le suggérait l'archiprêtre.
Image pieuse fournie au peintre-verrier.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
Registre inférieur : les évêques Guillaume de Beaumont et Ulger.
Guillaume de Beaumont fut évêque du diocèse d'Angers de 1202 à 1240. C'est sous son épiscopat que fut agrandie et achevée la cathédrale. On lui doit notamment l'agrandissement du transept et l'abside du chœur entre 1210 et 1240. On le voit, sur la vignette, entre des soldats, des chanoines, et une nef.
Ulger fut évêque d'Angers de 1124 à 1149. Il participa à la reconstruction de la nef. Il fut enterré dans la nef, où son tombeau occupe la deuxième travée côté sud. La vignette du vitrail le montre diriger, plan en main, les travaux.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
Vue d'ensemble des baies 124 et 126.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
4. La baie 126 : Deux saintes d'Anjou, Jeanne de la Noue et sainte Euphrasie Pelletier. René d'Anjou et Yolande d'Aragon, Jacques Le Chevallier 1958.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
Registre supérieur : sainte Jeanne de la Noue et sainte Euphrasie Pelletier.
Là encore, le chanoine Brangeon, et l'archiviste de l'évêché, fournissent une documentation pieuse au peintre-verrier, et des suggestions précises pour orienter son dessin.
Pour Jeanne de la Noue, l'abbé Brangeon envoie en 1958 au peintre l'image d'"une vieille maison creusée dans le tuffeau du coteau de Saumur dans laquelle Jeanne de la Noue accueille vieillards et enfants." La vignette correspond à cette scène.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
Registre inférieur : le duc René d'Anjou et sa mère la reine Yolande d'Aragon.
René d'Anjou (Angers 1409-Aix-en-Provence 1480) et sa mère Yolande d'Aragon (1381-1442) ont fait reconstruire le Château d'Angers. Jacques Le Chevallier fut chargé en 1951 de vitrer les baies de la chapelle, et d'y insérer un vitrail ancien montrant René d'Anjou et son épouse Jeanne de Laval.
La représentation des personnages est ici très stylisé. On identifie René d'Anjou par son inscription, plus que par son bonnet et par son collier de l'Ordre de Saint-Michel, inspiré d'un portrait qui lui avait été remis en documentation. Dans la vignette, il rend visite aux miséreux.
Pour Yolande d'Aragon, Jacques Le Chevallier est parti d'une gravure du Bulletin archéologique de 1899 la montrant agenouillée mains jointes, en robe aux armes jaune et rouge d'Aragon, d'or à quatre pals de gueules. La vignette la montre face à Jeanne d'Arc, qui reprit Angers aux Anglais en 1429. Yolande d'Aragon aurait favorisé Jeanne à la cour du Dauphin, où elle était influente.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
5. La baie 128 : Saint Maurille, Jacques Le Chevallier 1958.
La baie 109, la plus proche du chœur dans le bras nord du transept, et réalisée par André Robin vers 1451 et 1454, montre dans son registre supérieur, sur fond de tenture bleue damassée, saint Maurice, en armure, l'épée au côté gauche, tenant une lance et un bouclier aux armes du chapitre de la cathédrale (de gueules aux raies d'escarboucle d'or fleurdelisées), et saint Maurille en évêque à chape rouge ornée de jaune, manipule au poignet, tous les deux debout de trois-quarts, semblant conversé l'un avec l'autre. La cathédrale conservait des reliques de ces deux saints, et la chasse de saint Maurille reposait dans le chœur. Cette baie 109 a été restaurée par Jacques Le Chevallier entre 1949 et 1951, puis en 2023 avec pose d'une verrière de doublage. Elle contient de nombreuses pièces modernes. De nombreux plombs de casse altèrent leur lecture.
Les deux baies voisines 128 et 130 font écho à cette baie 109.
Cathédrale d'Angers, baie 109, registre supérieur, saint Maurice et saint Maurille, André Robin 1551-1554. Photo lavieb-aile 2024.
Par ailleurs, dans le chœur, la lancette A de la baie 102 datée de 1230-1235, montre sur sa série de médaillons les épisodes de la vie de saint Maurille.
Saint Maurille, né vers 363 à Milan, et mort à Angers en 453, fut le quatrième évêque d'Angers.
Le saint mitré et tenant sa crosse est représenté par Jacques Le Chevallier la tête inclinée, proche de la main droite qui esquisse une bénédiction, au dessus de l'inscription de son nom. Il n'a aucun attribut distinctif. Au dessus de lui, une colombe tient en son bec un rameau d'olivier.
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Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
6. La baie 130 : Saint Maurice, Jacques Le Chevallier 1958.
Saint Maurice est le patron de la cathédrale.
Il est représenté sous la maquette de sa cathédrale bien reconnaissable, en armure et vêtu d'une cape rouge, tenant une épée et levant la main droite.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
7. La baie au dessus des orgues, Jacques Le Chevallier. Composition colorée où prédominent le rouge et le bleu. Vers 1961.
Verrières modernes de la cathédrale d'Angers, Jacques Le Chevallier. Photographies lavieb-aile 2024.
SOURCES ET LIENS.
— ARCHIERI (Jean-François) 2007 sous la direction de, « Jacques Le Chevallier, la lumière moderne », Gourcuff Gradenigo ed.
— BOULANGER (Karine), 2010, Le vitraux de la cathédrale d'Angers, Corpus vitrearum, CthS, Paris, 360 pages.
—CALLIAS BEY (Martine ), Louis Grodecki, Françoise Perrot , 1981, Les vitraux du Centre et des Pays de la Loire - Page 295 1981 ·
—HAYWARD (Jane), Louis Grodecki, 1966, Les vitraux de la cathédrale d'Angers Bulletin Monumental Année 1966 124-1 pp. 7-67
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1) Une étude détaillée des monuments et œuvres artistiques et culturels, en Bretagne particulièrement, par le biais de mes photographies. Je privilégie les vitraux et la statuaire. 2) Une étude des noms de papillons et libellules (Zoonymie) observés en Bretagne.
"Il faudrait voir sur chaque objet que tout détail est aventure" ( Guillevic, Terrraqué). "Les vraies richesses, plus elles sont grandes, plus on a de joie à les donner." (Giono ) "Délaisse les grandes routes, prends les sentiers !" (Pythagore)